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lieux communs (et autres fadaises)
1 avril 2022

mars 2022

mardi 1er

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non seulement il y avait des beignets pour le dessert, mais on a pu boire le café à la cafét', qui venait de réouvrir, comme avant il y a longtemps, et en plus on a eu droit à des petites meringues (sans compter le plaisir du retour des travailleurs au bar, même si vu de loin)

mercredi 2

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en passant devant le Victor Hugo (mais ce jour-là je suis allé au cinéma au Beaux-Arts)

jeudi 3

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retour au FJT, jeudi oblige, cette fois c'est choucroute (et toujours  le plaisir des travailleurs au bar)

vendredi 4

"Le lourd break démarre et, après le cédez-le-passage, s'engage sur la route qui rentre à Cornécourt. Puis Christophe jette un coup d'oeil au ciel au-dessus d'eux où passent quelques nuages gris. Mais il répond que oui, bien sûr, c'est une bonne idée un barbecue. Le premier de l'année. Ils échangent encore quelques mots, un baiser, la conversation s'achève comme ça, et il appuie fort sur l'accélérateur, le coeur en miettes. A l'arrière, le petit garçon surpris par la vitesse lance gaiement :
- Allez les petits gars."
(Connemara, Nicolas Mathieu)

samedi 5

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j'aime bien ce jeune homme avec un badge "EN FORMATION", et dont le ticket de caisse m'apprend qu'il se prénomme Arthur

dimanche 6

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la routine : w8 (ou consorts) (cette jolie faute si parlante)

lundi 7

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la routine : l'oxalys à midi (même chu, toujours aussi délicieusement graphique)

ou bien

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la disparition : happy birthday G.P!

mardi 8

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la routine : koh lantuche (devinez où il va cacher le collier...)

ou bien

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un petit tea-time aussi délicieux qu'impromptu...

mercredi 9

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la routine : au fjt à midi

ou bien

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Aurore Clément pleure silencieusement en taxi dans Les rendez-vous d'Anna

jeudi 10

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la routine : le pôv'Libé dans la boîte

ou bien

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les fleurettes du printemps, au Jardin Anglais, en allant à pied au FJT

vendredi 11

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la routine : allons-y pour un nouveau petit test antigénique pour être sûr que... (il s'avèrera négatif)

samedi 12

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du bonheur : PARLOR SNAKES à la Rodia

ou bien

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re-du bonheur : THE LIMIÑANAS à la Rodia

dimanche 13

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chatons & jardiniers, au fond, penchés sur le bébé-gingko

lundi 14

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ça doit être l'émotion, mais toutes les photos que j'ai prises ce midi, avec Catherine & Marie, étaient floues (remarquez il y avait de quoi -être ému(e)- : c'était la première fois depuis des mois et des mois qu'on se retrouvait là tous les trois, comme "avant", sans masque et sans passe, ( comme si sans covid, sans guerre, sans recontaminations, et le gas-oil qui coûte trois fois rien...)

ou bien

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tiens, celle-ci par contre était beaucoup plus nette...

mardi 15

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sable du Sahara : vue d'ensemble

ou bien

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sable du Sahara, détail ("Sable du Sahara, mon cul!" comme aurait dit Zazie)

mercredi 16

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la routine : oxalis et tickets de ciné

ou bien

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silhouette "animée" en agrumes pressés

jeudi 17

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un routier s'étire...

ou bien

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 un autre se penche (plus flou, mais le coeur y est...)

vendredi 18

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dessert du midi au fjt (tout seul)

ou bien

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dessert du soir au Moloco avec les copines (Lombre et Cabadzi)

samedi 19

Suivant les derniers diktats capillaires (rasés sur le tour buissonnants sur le dessus) les ados arborent désormais de plaisantes têtes d'arbustes, et, dès lors qu'ils sont en groupes, figurent d'agréables jardins paysagers arborés.

dimanche 20

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sur l'écran de la télé (la fin de France-Angleterre)

ou bien

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sur l'écran de l'ordi (I don't want to dance)

lundi 21

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juste à côté du Victor Hugo

mardi 22

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la routine : le repos des guerriers

ou bien

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"Fermons la fenêtre et laissons les volets clos
le gond vient de tomber..."
(d'après Nicoletta)

mercredi 23

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la routine : oui j'aime bien ce Wilfried

ou bien

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la routine aussi : oui j'aime bien prendre le bus pour aller à Besac (deux fois en 3 jours!)

jeudi 24

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question ?

ou bien

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réponse ! (L'autre côté de l'espoir, de Kaurismaki)

vendredi 25

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fierté -légitime- au cinéma huhuhu

samedi 26

j"ouvre les yeux, le réveil indique 6h, l'écran de ma machine m'annonce que j'ai dormi 6h10 (d'affilée, ce qui me met plutôt de bonne humeur) à la cuisine la pendule du micro-ondes affiche 6h et quelques aussi, et je me dis alors que bon sang mais c'est bien sûr j'ai dormi en réalité une heure de moins, parce que nous sommes passés à l'heure d'été pendant la nuit, je n'ai donc dormi que cinq heures, et cinq heures c'est pas mal, mais lorsque je vois la pendule d'Alain, sur le frigo, qui avec ses petites aiguilles indique aussi 6h et quelques, j'ai un doute, elle n'a pas pu changer d'heure toute seule comme une grande : le passage à l'heure d'été c'est ce soir! (et j'ai donc bien dormi six heures...)

dimanche 27

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avec les travaux divers (perpétuels ?) le bas de ma rue est difficilement praticable (j'allais écrire "ressemble à un champ de bataille", mais l'image est peut-être maladroite -et inappropriée- en ces temps poutinassiers...)

lundi 28

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un gentil maçon (ils étaient deux, en fait) est venu resceller le gond de ma fenêtre (photo furtive)

mardi 29

comme je commence à être bloqué du dos, il faut que je continue à bouger (et que je me change les idées)

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la routine -de dos-, au fjt

mercredi 30

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l'arrivée du nouveau bébé-oxalis,élevé par Pépin, que j'ai posé à côté de son grand frère

jeudi 31

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 à la boulangerie, le respect des distances

6 mars 2022

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ça me parle...

*

dans la boulangerie, un jeune ouvrier rebeu barbu à bonnet (rigolard en plus, parfait quoi), grimpé sur un escabeau, en train de bidouiller des trucs au plafond dans l'espace libéré par une dalle de polystyrène portant des néons, me gratifie sans en être conscient d'un show fort plaisant (la "totale" : courbe du joli bedon poilu visible sous le t-shirt quand il s'étire, et élastique du caleçon -un levi's bordeaux- quand il se penche), tout ça à quelques centimètres de moi, me frustrant juste de ne pas pouvoir "décemment" (= discrètement) le prendre en photo.

*

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il était très mimi ce chef d'orchestre à la barbe pailletée à la soirée des César...

*

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(il lui a préparé 366 mots d'amour, à lire quotidiennement, pour leur deuxième année passée ensemble...)

*

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(tiens, une autre affiche)

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Jean Yanne dans le parfait Regarde les hommes tomber...

*

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(elle s'allonge chaque jour...)

*

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(merci le musée Grévin...)

*

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(oh oh souvenir des bozarts, 2005...)

*

inéluctable

le temps passe
la barbe pousse
la glace fond
les patates germent

 
*

j'achète des bouquins compulsivement

*

 

 

 

22 février 2022

supplément ouiqinde du mardi

Dans le Lot-et-Garonne, un couple souhaitant protéger la faune et la flore de son terrain a signé une «obligation réelle environnementale». Créé en 2016 mais très peu utilisé, ce type de contrat permet d’associer à un patrimoine un engagement de préservation écologique pouvant aller jusqu’à 99 ans.

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rafraîchir le vin au congel

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un film que j'ai envie de voir

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je kiffe Robert Pattinson

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no comment

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Liberté la nuit de Philippe Garrel

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ça fait pile cinquante ans qu'est sorti le premier album de Véronique Sanson

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Je tremble, ô matador

*

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en anglais, cock peut se traduire par bite et handler par manipulateur

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le coup du révolver

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le vertige

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j'adore cette image tellement elle est improbable

*

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"face-à-face" (!) Haddock / Alcazar

*

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19 février 2022

RR

EN ATTENDANT DOGO
de Jean-Bernard Pouy

Mmmmmh je viens de le reposer, fini, et j'ai eu un peu de mal à le lâcher, à m'en séparer...
Le dernier roman de l'ami J-B, à La Noire (nrf) (c'est la même chose que la Série Noire ou c'est autre chose ? faut que je me renseigne...*). L'ai trouvé à prix réduit ("incitatoire")chez gibertuche, et donc hop illico dans l'escarcelle, et je l'ai même commencé dans la foulée (mais bon j'avais commencé plusieurs autres livres aussi,  dans la foulée, et j'avais du mal à les continuer...).
Pouy, j'éprouve une grande tendresse pour lui (depuis le temps!). J'ai assisté à sa naissance, en 1984, avec Nous avons brûlé une sainte (Série Noire n° 1968, ça ne s'invente pas...) et je lui suis resté indéfectiblement fidèle (même si parfois un peu plus de loin en loin), mais, ce qu'il y a de bien avec lui, c'est qu'il écrit, qu'il écrit beaucoup, comme une poule pond (cloc! cloc! c'est le bruit d'une poule qui pond...) et donc, en fouinant un peu,  c'est toujours un plaisir d'en trouver un que je ne connaissais pas (dernières acquisitions, pas encore lues : LA MERE NOIRE, co-écrit avec Marc Villard, en Série Noire, et le grandiose (par le titre) L'ANGOISSE DU BANC DE TOUCHE AU MOMENT DU COUP D'ENVOI).
Je l'ai commencé (et poursuivi) par fragments, le soir, avant de dormir, et c'est une très mauvaise idée. oui, une très mauvaise idée de fractionner n'importe quel bouquin de la sorte... Et j'avais du mal, je trouvais donc que ça patinait un peu, cette histoire de Simone, infirmière, qui recherche son frère Etienne qui a disparu, et ne lui a laissé que quatre-vingt-dix-huit débuts de romans en guise de piste à suivre. Piste qu'elle va suivre, en guise de dernier espoir...
Je dois dire qu'au début (fragmenté) je n'étais pas enchanté, mais je me suis entêté : je n'allais pas abandonner un bouquin de Pouy, diantre! Et j'ai foutrement bien fait. Ce qui a suivi m'a confirmé que ce qui coinçait, ce n'était pas son écriture, mais mon mode de lecture! Je l'ai continué de jour, d'après-midi plus tôt, en blocs beaucoup plus conséquents, et là miracle! ça fonctionnait!, je ne pouvais plus le lâcher, et je l'ai fini en deux jours...
Enchanté.
C'est absolument, parfaitement, merveilleusement, délicieux. Qu'il parle des tribulations de Simone à la recherche du frangin, des aventures de trois zozos marionnettistes (mais pas que) nommés Guignol Gnafron et Madelon, ou de l'état de notre beau cocorico! pays avant les élections (tiens donc), plus ça va, plus on avance, et plus on se délecte (il y a, en plus, beaucoup de clins d'oeil littéraires, de complicités, de connivences), et comme tout ça est construit avec beaucoup d'intelligence; selon une pente ascendante (qui monte, qui monte, comme la bébête), qui va culminer, vertigineusement, dans une série de scènes dont je ne vous dirai rien pour ne pas gâcher votre plaisir, et plus on a le sourire...
Un gros bonheur de lecture, anar, libertaire, extrême-gauchiste, zadiste, anti-systémiste, altermondialiste et que sais-je encoriste... Bref, tout pour plaire!

En-attendant-Dogo

 

* La Noire et la Série Noire sont deux choses distinctes : La Noire a été créée en 1992 (Premier volume paru : Un pour marquer la cadence, de James Crumley, le 10 avril 1992). Sa couverture était un clin d'oeil à "La blanche", même maquette, sauf que le fond est noir. La Série noire, créée en 1945, est passée au grand format (et a abandonné la numérotation) en 2005, (avec photo n&b), avec un dernier changement de maquette pour fêter les 70 ans de la collection (avec liseré blanc et photo couleur)

*

sans rapport avec ce qui précède (quoique...) un petit cadeau pour vous :

(il s'appelle Roman Frayssinet)

et, tiens, un autre encore,

18 février 2022

ghosts

029
RÉPERTOIRE DES VILLES DISPARUES
de Denis Côté

Oh oh c'est MUBI qui m'a gentiment prévenu ce matin que ce film que j'avais souhaité voir était désormais disponible, et je suis donc allé le regarder. Mais dimanche après-midi n'est pas un très bon moment, surtout quand on n'a pas la fibre, et les vingt dernières minutes ont été très pénibles à regarder, l'image se figeant sans cese (et j'ai carrément dû attendre le soir pour voir "normalement" les cinq dernières minutes!
Le film est sorti en salles au Québec en 2019, il est d'ailleurs en québecois pur jus dans le texte (ce qui est plus ou moins facile à décrypter, surtout moi qui suis un peu sourdingue), et j'ai dû donc opter pour des sous-titres pour pouvoir tout comprendre (sauf que il n'y a pas de sous-titres français, et donc je me suis rabattu d'abord sur des sous-titres anglais -mais ça faisait bizarre, éthiquement parlant-, et j'ai basculé ensuite en español, et là tout allait bien, ça rajoutait même un petit aspect décalé pas du tout désagréable.)
Le film débute par un accident de voiture, à Irénée-les-Neiges, petit patelin québecois (218 habitants), la mort d'un jeune homme, Simon, et des répercussions qu'elle va avoir sur les membres de sa famille, mais aussi sur l'ensemble de la communauté, d'autant que font leur apparition des silhouettes bizarrement masquées (ou pas).

Capture d’écran (3810)
(j'adore ces masques)

L'accent québécois, la neige, les paysages, les apparitions, tout cela crée un univers singulier, attirant, un film choral hivernal qui vire progressivement vers le fantastique (chacun des personnages gère le problème à sa façon), jusqu'à une dernière partie qui hélas ratatine un peu maldroitement (sans prendre de gants) toute la tension que le récit avait progressivement mise en place, comme si le réalisateur ne savait plus vraiment quoi faire de ses revenants... Ils ne sont pas violents, Ils n'ont pas les yeux rouges qui s'allument, ils ne sont pas pourris, ils ne veulent ni tuer ni manger les humains (ça s'est vu par le passé), ils ne parlent pas, ils ne demandent rien, ils sont juste là. Juste là. Et c'est un peu juste comme ressort dramatique. Et un peu dommage (un peu frustrant aussi...)
Peut-être juste le considérer comme un documentaire romancé sur les petits patelins québecois du trou du cul du monde en hiver ? Dans cette optique-là, ça fonctionne...
(mais bon, c'est vrai, il est très mignon ce jeune barbichu à casquette, hein, et ça fait que du coup on reste intéressé jusqu'au bout...)

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1 mars 2022

février 2022

mardi 1

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mercredi 2

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ARTHUR RAMBO, photographié directement depuis la salle (c'est pour ça que c'est flou)

jeudi 3

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une histoire assez énervante de four micro-ondes revenu de réparation avec un  pied disparu (je n'irai plus jamais chez D*rty)

vendredi 4

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l'entrée du Musée du Temps

samedi 5

(retour de marché) j'ai fait en sorte qu'il me dépasse en m'arrêtant devant le magasin de jouets, et j'ai donc désormais tout loisir de le contempler de dos, marchant, son joli cul surtout, le téléphone qui dépasse de la poche arrière droite, et la coupe ajustée du  501 qui en souligne aimablement les formes, d'autant plus que la couture centrale le partage à la perfection, et le définit encore mieux...

dimanche 6

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je scanne des vieux livres d'école...

lundi 7

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la visite du chauffagiste (version objective)

ou bien

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la visite du chauffagiste (version subjective -et floue-)

mardi 8

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le plaisir, chaque matin renouvelé, d'ouvrir la boîte aux lettres et d'y trouver le Libé frais du jour, délicatement déposé -avec amour-  là par le gentil facteur (la gentille factrice)

mercredi 9

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travaux sur le parking du Super U (des traces)

jeudi 10

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les beignets du FJT sont incontestablement parmi les meilleurs que je connaisse

ou bien

"Il faudra sans doute se débrouiller tout seul(s), comme on pourra..." (dernière phrase de LATERNA MAGICA, vu au théâtre ce soir)

vendredi 11

Il faisait vraiment très beau quand je suis reparti de Gy, et j'étais d'excellente humeur parce que Marcello venait de me réparer ma dent (comme il l'avait fait déjà il y a plus de 30 ans!), et j'ai entendu successivement C'EST COMME CA des Rita Mitsouko, C'EST DANS LA VALLÉE (x2) de Rodolphe Burger, C'EST L'AMOUR de Léopold Nord et vous, C'EST CA L'AMOUR (version Cendrillon Disney) et C'EST DANS L'AIR de Mylène Farmer, et hop! déjà j'étais arrivé... (oui, dans mon TGM -Très Grand Mix-, les morceaux sont rangés par ordre alphabétique)

samedi 12

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il est... impressionnant, Tom Mercier, dans SYNONYMES (de Nadav Lapid), non ?

dimanche 13

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(cuisine) soleil de midi sur essuie-tout froissé

lundi 14

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Oh oh vous l'avez reconnue ? Et c'était dans quel film, hein ? (2002)

mardi 15

comme j'allais sortir de la boulangerie (un sac de beignets un peu gras à la main) j'ai vu derrière la vitrine un groupe de personnes, avec un monsieur en tête,  qui attendaient, pour rentrer, que j'aie quitté la boutique, j'étais masqué, le monsieur était masqué, nos regards se sont croisés et il a fait "oh!" et c'était Thierry, avec Aude son épouse, ses deux filles, et son beau-père, et on a discuté quelques minutes, après un hug affectueux...

mercredi 16

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ou bien

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(le retour de Top Chef...)

jeudi 17

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l'oxalis, toujours,  dans tous ses états

vendredi 18

" Bien sûr elle aimait le cul avec les mecs. leurs corps lourds, leurs poils partout, leur odeur copieuse. Ils vous retournaient, vous enfermaient dans leurs bras, vous faisaient sentir toute petite et crever de bonheur sous leur poids. Elle aimait ça, et même les déceptions recélaient en général leur petit quelque chose de piquant. N'empêche, cette chose-là, toute personnelle, délicate et sans vergogne, l'emploi de son sexe, l'usage facile de son plaisir, elle n'en cédait rien." (Connemara, Nicolas Mathieu)

samedi 19

pierre ollaire / bière l'Atypée / velouté de céleri / moricettes / motey-besuche / moche sept de carreau / perdre avec les 3 bouts (x3) / "Mon papa, il disait..." / petits biscuits à la noisette / le très bon café (mélange spécial arabica avec un chouïa de robusta) (le bonheur retrouvé d'une soirée tarot où on joue jusqu'à 4h du mat')

ou bien

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elle dort, la petite...

dimanche 20

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rajouter un peu de couleur à cette recrue de la BAC interceptée dans une quelconque émission de c8 ou w9...

lundi 21

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"Fais le kangourou..." (Migraine) -je ne m'en lasse pas!-

mardi 22

"Cet étonnant mardi 22 février qui se lit dans les deux sens a une autre particularité, il peut ne s’écrire qu’avec un seul chiffre (22/2/22). Et pour ceux dont le radio-réveil indique le jour en plus de l’heure, ne vous couchez pas avec les poules : une grosse heure après le début de Koh-Lanta, il affichera 22/2/22 22:22. Neuf fois le même chiffre, vous ne le reverrez jamais." (Libé, 20/02/2022)

ou bien

 

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devant Koh Lanta, justement... grosso-modo à l'heure annoncée

mercredi 23

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j'étais sorti faire des courses sans mon appareil-photo, et je suis revenu à l'appart juste pour pouvoir photographier ça...

jeudi 24

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l'anthurium d'Evelyne

vendredi 25

resultat test covid

ou bien

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(au Lion, en terrasse, vingt minutes avant, en attendant les résultats...)

samedi 26

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tout est bien qui finit bien (merci monsieur au revoir monsieur...)

dimanche 27

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trio devant le cinéma (entre deux séances)

lundi 28

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même le Libé du jour en est tout chiffonné

26 janvier 2022

festival téléramuche

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LA FRACTURE
de Catherine Corsini

Le plaisir d'y retourner, avec Catherine en plus, dans la plus petite salle du bôô cinéma, mais avec un public "pas habituel" et donc des comportements tout aussi inhabituels : ça discutait, devant, un peu plus loin sur la droite aussi, et surtout, surtout, deux greluches à ma gauche, de l'autre côté de l'allée, qui non seulement jacassaient, mais, surtout ricanassaient, de façon presque ininterrompue (à tel point que je finissait par me demander si je ne souffrais pas d'acouphènes... Mais bon, comme ça fait souvent du bruit dans le film, j'essayais de ne pas y faire trop attention... Bruni-Tedeschi, Coulloc'h, Diallo Sagna, Foïs, Marmai, un toujours aussi plaisant quintet... Bien sûr j'ai trouvé que le film était presque trop rempli, que ça débordait un peu (j'ai repené à cette blague qui concerne à la fois les bouchers et Rocco Siffredi : "Y en  a un petit peu plus, je vous le mets quand même ?", non celle-là, je ne m'en lasse pas...) mais je reconduis mon enthousiasme initial... Et confirme et signe (et ce CRS gentil il est vraiment vraiment trop mimi...).

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+

2462505

=

4639860

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(et elle a droit à une photo plus grande pour elle toute seule, car elle la mérite...)

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UN AUTRE MONDE
de Stéphane Brizé
(en avant-première)

C'était "l"'avant-première du Festival Téléramuche (une sur six!) et il ne fallait donc pas la louper... J'ai mangé en vitesse (bien trop vite) après LA FRACTURE (dans un endroit que -presque- tous mes camarades cinéphiles méprisent -les vieux je veux dire, hihi) et donc je suis revenu en avance, et ballonné (ceci a peut-être influé sur ma perception (et mon "ressenti") à propos du film... Je connais le cinéma de Stéphane Brizé et sa trilogie sur le travail avec le toujours excellent Vincent Lindon (c'est un pack), je mentirais en disant que c'est tout à fait le cinéma qui m'enthousiasme, mais bon, il y avait aussi au générique  la toujours aussi excellente Sandrine Kiberlain, et le toujours excellent Anthony Bajon (je ne persifle pas, je suis réellement admiratif devant eux), ce qui faisait donc trois bonnes raisons d'y aller (pour le troisième film sur la trilogie, ça tombait bien...). Ca commence en parlant gros sous entre ex-mari, ex-femme via leurs avocats respectifs, puis ça continue à l'usine où Lindon (qui cette fois-ci est patron) est sommé par la hiérarchie de sa boîte d'effectuer une nouvelle coupe dans le personnel (58 personnes) alors que la boîte en question s'est joyeusement fait des couilles en or, sur son dernier exercice. Ca continue avec un rendez-vous sur un parking avec son ex-femme qui éclate en sanglots, puis un appel d'un médecin pour lui annoncer que son fiston (Bajon n'a semblé aussi jeunet) vient d'être admis en HP après avoir pété les plombs en cours... Bam, bam, et bam... Notre Vincent Lindon, marmoréen, tente de rester stoïque, mais on a envie de gueuler avec lui (ce que lui n'ose pas faire) "Eh! Oh! Ca suffit! n'en jetez plus, la cour est pleine!". Mais bon il est comme ça, pugnace, et il va se battre, particulièrement à une cheffe (en france), spécialement salope et un chef-chef (aux Amériques) encore plus plein de morgue et de mépris. Le monde délétère et dégueulasse de l'entreprise, des actionnaires, du profit, des dividendes, des faux-culs, des menteurs, des salopards, des traitres... Pendant une heure trente on va patauger dans le marigot et mouiller la chemise en même temps que Vincent, et à serrer les fesses, et à rentrer la tête dans les épaules en fermant les yeux en attendant le bruit de l'explosion en vol... On morfle, on morfle, et il ya tout de même une minuscule leur d'espoir, une once de dignité, un sursaut, qui sauve un des personnages, mais pour combien de temps, et à quel prix.
Un film de combat, certes, mais peut-être un peu raide dans sa facture. Du cinéma sage, appliqué, bon élève, bien peigné. Le genre de film très très amer qui vous met le moral dans les chaussettes, mais qui n'est, hélas, que le triste (et sans doute encore hélas aseptisé) reflet du marigot plus vaste dans lequel pataugent avec délectation tous les salopards de crocodiles en costard-cravate des mondes de la phynance (rendons à Ubu ce que de droit...).

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MADRES PARALELAS
de Pedro Almodovar

Après muchas hesitaciones, j'ai fini par y aller, fort des recommandations de toutes les copines (et curieux de savoir ce qui  pouvait ainsi émouvoir Pascal), pour une séance de samedi 18h dans la plus petite salle du bôô cinéma, du coup archi-bondée. Je connaissais grosso-modo le pitch, à force de lire des bouts de critiques par ci par là, mais j'ai quand même eu deux ou trois surprises, dans ce nouveau mélo flamboyant autout de la maternité de l'ami Pedro. D'abord, un peu par surprise, j'ai eu les larmes aux yeux assez rapidement, le plaisir déjà d'entendre parler español, puis la première évocation des disparus (et de la fosse commune) puis hop! mes larmes se sont taries, et j'ai suivi poliment cette histoire de mamans et de bébés, de mères et de filles, avec au milieu juste un élément mâle, le géniteur du bébé de Pénélope, qui est aussi, ça tombe bien, celui qui va superviser les travaux de fouilles à l'ouverture de la fosse commune, tout à la fin, à ce moment précis où les larmes sont revenues aussi sec (Malou m'a confirmé que c'était bien à ce moment que Pascal avait été ému). Un film agréable, joliment coloré, bien ficelé (où on a de plus le plaisir de retrouver la si plaisante et singulière Rossy de Palma) mais hélas je le crains dont les couleurs vont s'estomper assez vite (c'est à peu près tout le temps comme ça pour moi, l'effet-Almodovar...).Un bon moment, quoi...

l'affiche originale

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que je trouve bien plus forte (et judicieuse) que l'affiche française

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que je trouve plutôt laide...

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casi todos los protagonistas

14 janvier 2022

pavarotti

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MES FRERES ET MOI
de Yohan Manca

J'aime beaucoup Judith Chemla (depuis Camille redouble, 2011), sa belle présence à la fois fragile et combattive.
J'aime beaucoup voir les jeunes rebeus qui jouent au foot torse-nu sur la plage.
J'aime beaucoup la musique de Bachar Mar-Khalifé.
Et hop, triple bingo, voilà un film, déboulant de nulle part, avec Judith Chemla (en professeure de chant), avec des jeunes rebeus qui jouent au foot torse-nu sur la plage (dans la scène d'ouverture, ce sont les frangins de Nour, le héros du film qui les observe et commente pour nous), et ce sur une musique de Bachar Mar-Khalifé! Ou comment débuter un film sous les meilleurs auspices!
Nour a 14 ans, le film le cueille au début des grandes vacances (et le lâchera d'ailleurs pile à la fin), pour des TIG qui s'annoncent pas très passionnants (sous les ordres de Pietro, interprété par Luc Schwartz, que je suis sûr d'avoir déjà vu quelque part mais je n'arrive pas à retrouver dans quoi...) mais qui vont lui permettre de faire la rencontre de Sarah, une jeune prof de chant, qui va lui permettre d'exprimer et d'accepter la passion qu'il a pour l'art lyrique... Un peu comme Billy Elliott, mais en version rebeu et bel canto...
Quatre frérots qui habitent ensemble dans un appartement avec leur mère en phase terminale, quatre tempéraments différents mais tout aussi affirmés les uns que les autres (qui l'autorité, qui la drague, qui la gonflette, et tous les petits commerces divers pour régler les factures du ménage et les médicaments de la mamma), mais avec un point commun : qu'est-ce que c'est que cette nouvelle lubie de Nour de vouloir chanter ? C'est un truc de gonzesse, non ?
La distribution est parfaitement impeccable chacun des grands frangins (Dali Benssalah, Sofian Khammes,  Moncef Farfar) assure sa partition comme un chef, autour d'un benjamin (Maël Rouin Berrandou)  saisissant de naturel et de justesse.
Le dosage comédie sociale / film d'apprentissage / mélo / chronique estivale est plutôt réussi (efficace, en tout cas) et le film évite habilement le happy end trop flagrant et trop youp la boum (et trop BillyElliotesque). Un film plaisant à plus d'un titre (et donc susceptible de plaire d'autant plus...). Charmeur et charmant. Désarmant.

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15 janvier 2022

pinochet

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LA PIECE RAPPORTÉE
d'Antonin Peretjatko

J'y allais à pas prudents... (j'avais détesté La fille du Quatorze Juillet, mais un peu mieux aimé La loi de la Jungle et j'étais donc circonspect -sur une toile cirée-) et j'ai été plutôt agréablement surpris (Balasko / Demoustier / Lebghil / Lopez / Katherine -qui fait ici ce qu'il sait le mieux faire, son Philippe Katherine) / la distribution est parfaite (complétée par les apparitions de deux ex-Deschiens, Philippe Quesne et Olivier Broche, qui en détective et qui en... en quoi déjà ? avocat ?), devant  cette histoire de pauvre jeune fille qui devient l'épouse riche d'un riche héritier, celui de la famille Château-Têtard (escaliers et monte-escaliers en tous genres, de ceux de la Tour Eiffel à celui, familial et privé,  affectueusement surnommé Pinochet (et réservé à l'usage exclusif de Mme Château-Têtard, surnommée "la Reine-Mère" (Balasko, parfaite), qui déteste sa belle-fille (demoustier, tout aussi parfaite), qu'elle a surnommée "la petite pute". Et qu'elle fait suivre par un détective privé (Lebghil, perfecto lui aussi) qui tombe illico amoureux de la belle (et invente donc des faux rapports de filatures.
De même qu'il y a des mâles alpha, il doit y avoir aussi des films alpha. La pièce rapportée (comme les deux films précédents de Peretjatko) se contente -et l'assume pleinement- d'être un film bêta. Oui, bêta. benêt, nunuchon à tendance burlesque. Idiot, quoi. Délicieusement et volontairement idiot. Concon à double fond (qui nous regarde en train de le regarder être con.)
Et susceptible donc de provoquer des réactions épidémiques et très tranchées. J'ai croisé en très peu de temps de personnes qui m'ont dit combien elles l'avaient détesté et trouvé "très con"
Eh bien moi, j'ai plutôt aimé ça (comme a dit T. à D. "de toute façon Chori il aime tout..."). Oui oui, pour celui-là, je confirme.
J'ai souri, j'ai ri, et j'absous. ("et absous, c'est pas cher...")

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11 janvier 2022

arte kino festival (oups!)

c'est catherinechounette qui m'y a fait penser, j'avais complètement zappé
Et ça fait 12 films à voir d'ici le 31 décembre

 

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UPPERCASE PRINT
de Radu Jude

Juste au moment de la sortie de son dernier film au titre impossible (BAD LUCK BANGING OR LOONY PORN), voici qu'arte nous présente son avant-dernier, une "technique mixte" d'après un fait-divers (un adolescent a écrit des trucs à la craie sur les murs et la Securitat le harcèle) des années 80, d'après la reconstitution théâtrale qui en avait été faite, d'après les rapports de ladite Securitat (plans fixes, regards-caméra, immobilité, éclairages artificiels), en alternance avec des "vraies" images de la télévision roumaine de l'époque (Ceaucescu en bon petit père du peuple ahahah), servile et lèche-cul (et folklorique) comme il se doit. Impressionnant et efficace. Sans doute aussi caustique que son successeur (Bad luck banging or loony porn), mais avec une approche formelle sensiblement (!) différente.

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GLI ULTIMI A VEDERLI VIVERE
de Sara Summa

Un objet curieux que cette production allemande d'un film italien (d'une réalisatrice franco-italienne).Dès  les premières images la réalisatrice nous annonce que la famille qu'on va voir a été assassinée par des cambrioleurs, et qu'on va donc assister à leur dernière journée (en se demandant avec inquiétude si on va avoir droit à la captation du massacre, ce que Haneke aurait sans doute tenté). mais ce n'est pas du tout l'intention de la réalisatrice (et on l'en remercie) qui se consacre juste à la vie, de ces quatre personnages, ce dernier jour, avec des scènes régulièrement en écho (vécues simultanément par l'un ou l'autre personnage)..L'entretien avec la réalisatrice proposé par arte en accompagnement du film est extrêmement intéressant.

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LOMO, THE LANGUAGE OF MANY OTHERS
de Julia Langhof et Thomas Gerhold

Dès les premières images, un film brillant (voire un peu tape-à-l'oeil)
(mais je n'ai pas pu le terminer et à présent il est trop tard!!! Décembre n'est décidément pas un bon mois pour un festival de cinéma... Tant pis, et à l'année prochaine!)

 

15 décembre 2021

se nourrir de lumière

LA MEILLEURE VERSION DE MOI-MÊME
de Blanche Gardin

J'avais vraiment très envie de le voir (je l'attendais impatiemment), et j'ai donc regardé les 9 épisodes en deux fois...
Les trois premiers sont plutôt du côté du caca, du côlon, des problèmes de digestion et de la coloscopie qui va avec (ok, on est au parfum, Blanche nous en a déjà parlé sur scène...). Dès le premier épisode on a bien vu le reflet du caméraman et la perche dans le reflet du miroir de la loge de Blanche G., ok, on a bien vu la photo de Louis C.K (que j'aime toujours autant) punaisée au mur de la même loge, ok donc on est dans un vrai-faux documentaire sur Blanche avec des trucs vrais, des trucs qui ressemblent à des trucs vrais, des trucs qui font semblant d'être vrais, et d'autres pour lesquels on se pose, en définitive, la question...
On a bien vu qu'au générique, la mère de Blanche G., sa soeur, son beau-frère (j'avais écrit faux-frère hihi, et tiens c'est Jean-Christophe Meurisse, celui d'ORANGES SANGUINES qui l'interprète,  d'ailleurs...), son frère et assistant personnel, sont joués par des comédiens, et donc, un peu comme dans Louie (la délicieuse série de Louis C.K) ce qui est présenté comme vrai ne l'est pas forcément (et même, souvent, pas du tout)... il n'y a donc que Blanche et Louis qui soient "vrais" (et peut-être Rita, la chienne de Blanche ? je n'en suis même pas sûr...).
Ce qui m'a un peu dérangé c'est que la série a été présentée par certain(e)s critiques comme "follement hilarante" (et j'avoue qu'en commençant, c'est un peu ce que j'espérais), mais bon, au moins dans les trois premiers épisodes ce n'est pas franchement la grosse gaudriole ni la franche marrade.
Le personnage Blanche a des problèmes intestinaux, va consulter, et décide, sur les conseils de son spécialiste (naturopathe ? je ne suis plus sûr) d'arrêter la scène, de ne plus faire rire les gens à ses dépens, et c'est d'ailleurs ça qui lui a pourri les entrailles de l'intérieur... Elle change donc son mode de vie, et en même temps qu'une alimentation plus saine, découvre (?) le féminisme, la sororité, les cercles de femmes, les guérisseuses genre philippines -sauf que celle-ci est italienne- (vous souvenez-vous de ce reportage il y a une vingtaine d'années sur les "guérisseurs philippins" qui opéraient "à mains nues" et retiraient du corps de leurs patients, sans les avoir ouverts, des trucs dégueulasses - qui s'étaient ensuite avérés être des abats de poulets ?-), les gouroutes, et devient elle-même gouroute, s'improvise organisatrice de week-ends/séminaires (quoique le terme ici soit sans doute spécialement mal choisi) de jeûne et de partage entre femmes... On est au quatrième (ou cinquième) épisode, et on réalise que, à la façon du Journal d'Edith, de Patricia Highsmith, l'écart se creuse entre l'apparente objectivité de ce qui est filmé (de façon continue semble-t-il dans la fiction) et la réalité "réelle", écart qui ne va aller qu'en se creusant, inexorablement, jusqu'à un dernier épisode ou Blanche Gardin-réalisatrice met en scène et nous montre une Blanche Gardin-personnage au mieux malaisante et au pire terrifiante, comme si elle avait voulu aller jusqu'au bout du bout de son propos...
Bref non seulement j'ai été déstabilisé mais je me suis posé beaucoup de questions (qui sont restées en suspens).  Je pense que, comme d'habitude, j'ai un peu de mal avec le second degré (je vous l'ai déjà dit, je suis primaire...) Hélas.
J'ai beaucoup d'estime pour Blanche Gardin mais malgré ça tout ça je n'ai pas été convaincu, voilà.

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15 octobre 2021

CMFUBJ

Octobre... on s'achemine inexorablement vers "un temps de Toussaint" et tout ce qui s'ensuit.
Fini les joyeux travailleurs en short et/ou débardeur assis sur le perron du 12, idem les mêmes (ou d'autres) au FJT... Tant pis (temps pis, plutôt). Prenons notre mal (notre mâle, idem) en patience : six mois ça n'est pas si long (mi-avril, ça re-devient bon...)

*

J'ai (acte manqué ?) manqué le Salon du livre de CSDSS (acronyme que je ne peux traduire ici, juste oralement à celles/ceux qui me sont proches) samedi aprèm', et surtout l'occasion d'y croiser Jacky SCHWARTZMANN qui en était l'invité d'honneur. (J'en aurai peut-être des nouvelles par Pépin ?). Le pire c'est que je ne sais même plus ce que j'ai fait à la place...

(un blanc)

ah si j'ai regardé le dernier épisode de la saison 2 de MYTHO (épisode 6 qui ne ressemble pas vraiment à une fin de saison, tellement les divers personnages y sont pratiquement tous dans l'attente d'une connerie d'une décision) et donc, comme pour les shorts et les débardeurs (cf plus haut), je vais prendre mon mal en patience pour la saison 3

*

hier après-midi, j'ai bien fait de ne pas retourner voir le film italien devant lequel je m'étais inexorablement endormi la veille : je m'y serais  tout aussi inexorablement rendormi aujourd'hui (j'ai fait une bonne heure de sieste, jusqu'à 14h30) à la place j'ai fait un peu de tri dans les papiers, photos, photocopies, factures, cartes postales, affichettes, dossiers de presse, trucs à garder, trucs à ranger dans "divers" et je n'ai fait finalement qu'en déplacer la plupart, (pour la plupart de façon plus "logique"), et je n'en ai pas jeté tant que ça (à suivre)

*

j'ai conservé pieusement les trois choses "de moi" parues dans Libé, au courrier des lecteurs : une photo (de Pascal V.), une première lettre (à propos de Laurent B.) et une seconde (à propos de Maurice B.). Je me souviens que j'avais ressayé d'en envoyer d'autres à Libé, mais que les suivantes, à mon grand dam, n'ont plus jamais été publiées (notamment  je me souviens de celle à propos du "pâtissier".)

*

c'est vrai que, sans chaussettes de contention, les orteils se portent beaucoup mieux. (ou alors avec celles sans orteils, mais je n'en ai qu'une paire...)

*

j'attends avec impatience mes nouvelles lunettes -bleues- (une vraie folie mais bon) - reconnaissance éternelle à Serge Z.-

*

Rabalaire

1000 et quelques pages... j'en suis à la page un peu plus de 300 de l'énorme RABALAÏRE de ce très cher Alain Guiraudie (dont je n'avais pourtant pas du tout aimé le premier roman ICI COMMENCE LA NUIT -qui avait pourtant remporté le Prix Sade- : trop de caca pour moi...) mais là on se fait happer insensiblement par la loghorrée gigantesque (plus de mille pages d'un seul bloc, il faut prendre sa respiration) du narrateur -un mec qui fait du vélo, dans la région centre, qui rencontre des gens, plus ou moins bizarres, dans des endroits reculés, en désire certain(e)s, concrétise ou pas, qui assiste à un attentat revendiqué par Daech au centre-ville de Clermont, passe à riom, à Brioude, pousse jusqu'à Limoges, redescend à Rodez-, dans un périple aussi géographique qu'amoureux (les hommes et les femmes) en vélo, en bagnole, à pied même parfois, parcourant un univers par lequel ceux qui ont vu ses films ne devraient pas être trop dépaysés...

*

la coiffeuse m'a donné les coordonnées d'un barreur. Je vais tenter.

*

Ce midi je suis retourné au FJT à pied (je n'aurais eu aucune excuse valable pour ne pas y aller de cette façon tellement il faisait beau).

*

" Anton regarda chaleureusement Herbert. "Tu vas me manquer, Herbert. Surtout tes crêpes aux myrtilles."
Herbert baissa les yeux, ému. "Balivernes, elles n'étaient jamais à ton goût, mes crêpes."
"Justement", dit Anton en souriant.
C'étaient des échanges dont la ferveur les mit un peu dans l'embarras tous les deux. Et ils arrêtèrent les effusions pour ce soir-là"
(Jorn Riel, La circulaire et autres racontars)

 *
(à s'étouffer d'indignation)

"J'aime l'industrie parce que c'est l'un des rares endroits au XXIe siècle où l'on trouve encore de la magie, a-t-elle estimé. La magie de l'atelier où l'on ne distingue pas le cadre de l'ouvrier, on ne distingue pas l'apprenti de celui qui a trente d'expérience, où l'on ne distingue pas celui qui est né en France il y a quarante ans et celui qui est arrivé par l'accident d'une vie il y a quelques jours. La fierté de travailler dans l'entreprise, la fierté de travailler dans l'usine, pour qu'on dise que lorsque tu vas sur une ligne de production, c'est pas une punition, c'est pour ton pays, c'est pour la magie et c'est ça que vous pouvez rendre possible". (Agnès Pannier-Runnacher, ministre de l'Industrie)

 *

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"Nous assumons notre refus d'un désarmement sanitaire." Le gouvernement va se laisser la possibilité de prolonger le pass sanitaire jusqu'au 31 juillet 2022, a annoncé mercredi 13 octobre le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en présentant le projet de loi de prolongation du régime de sortie de l'état d'urgence sanitaire.' (france info)

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"Le mektoub* est un putain de faiseur d'embuscades. Il éteint et rallume la lumière ; fait fleurir et faner les roses blanches quand bon lui semble. Parfois, il fourre les instants avec la ganache du bonheur ; parfois il les enrobe avec l'amertume du cacao brut. Mais, tout cela, c'est toujours du chocolat n'est-ce pas ?" (Jacky Durand / Tu mitonnes / Libé/ 24 mai)

* le destin, la fatalité

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11 octobre 2021

double séance : QV!

Les hasards de la programmation ont fait que les deux films que je suis allé voir cet après-midi à Besac avaient, contre toute attente, une thématique commune, que je vous laisse deviner!

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GAZA MON AMOUR
de Tarzan & Arab Nasser

Le frérots palestiniens, chevelus barbus et kholés, qu'on avait découverts en 2016 via le plaisant DÉGRADÉ, reviennent nous attendrir avec cette touchante histoire d'amour du troisième âge (un papy pêcheur, Salim Daw, splendide, est amoureux d'une couturière, Hiam Abbas, magnifique) , dont l'intrigue est assez simple : il l'aime, va-t-il réussir à oser la demander en mariage ? Parallèlement on suivra les tracasseries policières infligées à ce même pêcheur, qui a remonté dans ses filets une statue d'Apollon (en pleine majesté virile, justement, mais dont l'organe fièrement dressé ne survivra pas à une chute malencontreuse (c'est fragile, ces petits choses-là, n'est-ce pas), avec en toile de fond, toutes les tracasseries "habituelles" que vivent quotidiennement les gazaoui-e-s, habitant dans les camps ou hors des camps, au sein d'un univers subtilement grisé.
Un film tout simplement délicieux (un feel-good movie palestinien, il fallait oser le faire) que les deux réalisateurs dédient à leur père. L'histoire de l'Apollon est "d'après une histoire vraie", et vient, assez finement, rajouter une dimension mythologique (d'aucuns diront quasiment psychanalytique), phallique, en tout cas,  à cette histoire de gens simples, avec des problèmes "simples" (l'amour, l'amitié, le mariage, le qu'en-dira-t-on, les problèmes d'argent, les sentiments fraternels) et des plaisirs qu'on pourrait qualifier de tout aussi simples.
Un film qui finit par un triple éclat de rire, tout est bien qui finit bien certes mais une façon aussi pour les réalisateurs d'affirmer qu'ils ne sont néanmoins pas dupes, en nous faisant ce clin d'oeil aussi gazaoui qu'optimiste (d'aucuns diraient irréaliste ?) qui nous rend du coup nous aussi joyeux (et irréalistes ?).

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A BIGGER SPLASH
de Jack Hazan

Là c'est une autre histoire. Lieu, époque, on change tout. Londres, 1971, David Hockney (oui, le peintre) filmé par Jack Hazan, le réalisateur, pendant trois années, qui en tire ce portrait documentaire mais pas tout à fait (mais pas seulement), un film dont j'ai entendu parler dès ma prime jeunesse (j'avais 18 ans alors, si si) parce qu'il était sorti avec une interdiction aux moins de 18 ans (ce qui en accentuait le côté sulfureux, et donc attractif), et que je m'étais résigné, à l'époque, à ne pas pouvoir (le) voir avant des lustres (ce qui fut effectivement le cas, mais, entretemps, j'avais un peu oublié quand même).
Interdit aux moins de 18 ans ? La censure ne rigolait pas à l'époque. Le motif ? Une scène d'amour, surtout, où deux éphèbes se font des mamours tout nus sur leur lit, relativement soft, les zizis sont un peu visibles mais sont au repos, voilà ce qu'il y a de plus brûlant dans les deux heures du film. Bon, on y aperçoit aussi, à intervalles réguliers,  un nombre non négligeables de QV appartenant aux divers jeunes gens bourdonnant (bzzz) dans l'entourage du peintre, notamment celui du peintre himself, (qui, tiens, décide soudain de prendre une douche et de nous en faire profiter, pour induire la filiation métaphorique (et aquatique) avec le bigger splash du titre), jusque là rien qui pousse à fouetter quelque chat que ce soit...
On voit aussi David Hockney au travail (ça c'est intéressant) ou pas (ça l'est un peu moins, on est en droit de les trouver un peu vains ces monologues alanguis et/ou envapés), il est à l'époque plutôt jeune et joli (il a alors trente-quatre ans) et m'a fait penser à un autre acteur du swinging London de juste un peu avant, le David Hemmings de BLOW-UP (1966) (retrouvé -curieusement- dans LES FRISSONS DE L'ANGOISSE d'Argento en 1975)

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Donc résumons, une scène d'amour gay, des QV diverses et variées, des tableaux de Hockney, le même Hockney au travail, tout ça était déjà très bien, et aurait déjà fait un film agréable et joli, sauf que est venu se rajouter à tout ça un compte-rendu des états d'âme du peintre (fort marri à l'époque d'avoir été abandonné par son amant), ses atermoiements, et surtout ses échanges avec Celia Birtwel, artiste elle-aussi, dessinatrice de mode, amie de longue date, modèle et muse, la compagne d'Ossie Clark, créateur de mode, lui-aussi dans le film (à noter que tous les personnages du film jouent leur propr rôle), et cette mystérieuse Celia vampirise un peu (trop) la seconde moitié du récit (que le montage hâché -et chichiteux- ne rend pas forcément facile à comprendre, mais d'ailleurs qu'y aurait-il vraiment à comprendre ?) dans une dernière partie que j'ai trouvée beaucoup moins intéressante. D'autant plus que, si l'image du film a fait véritablement l'objet d'une restauration somptueuse, celle de la bande-son l'est moins (beaucoup de sons agressivement métalliques, et récurrents, des cordes stridentes, encore et encore, j'ai fini par me boucher les oreilles).
Donc j'étais heureux d'avoir enfin pu combler les attentes du jeune homme de 18 ans que j'étais en 1974, même si je ne me sentais pas tout à fait aussi comblé que j'aurais pu le croire (bon, soyons honnête, je pense qu'en 74, ça m'aurait sans doute fait bander, hein...).

 

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dans Libé il y a longtemps...

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... et dans Libé ce ouiqinde!

*

Pour les gens intéressés, le ciné-club de Caen a fait un très beau boulot de présentation du film () avec découpage et photogrammes, chapeau!, que je vous recommande...

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7 octobre 2021

(...) le feu aux poudres*

DUNE
de Denis Villeneuve

* tout d'abord, un petit jeu : une petite récompense pour le premier/la première qui trouvera pour faire quel jeu de mot tout pourri j'ai choisi ce titre-là... (qu'est-ce qui va avant) mais bon je vous préviens c'est vraiment tout pourri!

Bon, Emma m'ayant appris que ça passait en VO dans le bôô cinéma (à des horaires "de vieux", pensez donc, 13h30), nous nous y sommes donc retrouvés, cet après-midi ... à deux dans la 8 (une des plus grandes, dite aussi par moi (coucou Malou & Pascal!) "la salle des bourrins" puisque c'est là déjà qu'on avait vu BAC NORD, hihi...)! et du coup c'était cool, qui pour ôter le masque, qui pour commenter à voix haute, qui pour ricanasser, qui pour se lamenter en se mettant les doigts dans les oreilles à cause du NIVEAU SONORE INSUPPORTABLEMENT ELEVÉ (oui, insupportable est vraiment le mot juste) dans la salle (ç'avait déjà été la même chose pour Bac Nord).
Bon, je n'ai jamais lu le roman (que dis-je, la saga) DUNE de Franck Herbert -pourtant j'adorais ça la S-F, ni même vu aucun film de la série STARWARS, et donc les Empires (qu'ils contre-attaquent ou pas) galactiques, les planètes mystérieuses, les clans qui s'y affrontent, les jeux de pouvoirs, d'alliances et de trahison, les méchants très méchants qui combattent, venus du fin fond de l'espace les gentils très gentils, les pouvoirs mystérieux, les créatures surnaturelles (bon, à part Alien quand même, hein), les Jedis (ou assimilés) et autres machins, tout ça bof bof, direct au désintégrateur cosmique!
Donc quand ça commence je suis circonspect... L'écran est gigantesque, la musique est TRÈS TRÈS FORTE, Timothée Chalamet est très joliet, et bon, on est attentif, on se laisse guider (d'autant plus qu'au début il y a une voix-off féminine qui essaie d'expliquer bien comme il faut la genèse de l'histoire, avec plein de noms de gens ou de peuples compliqués que c'est difficle de les retenir tous en même temps mais bon...).
L'Empereur a confié au père de Timothéechounet la gérance d'une planète hostile (du sable, des rochers et de la sècheresse), Dune,  sur laquelle est extraite l'Epice, une chouette drogue dont le trafic assure des couilles en or à celui qui s'en occupe, mais sur place officie déjà le Baron (méchant entre les méchants) qui veut la peau de tout le monde y compris celle des Frémens, autochtones de la planète qui vivent cachés sous terre (wikipedioche résume tout très bien ). Là c'est grosso modo le premier quart d'heure, et tout va être mis en place par le réalisateur pour qu'on en prenne plein les yeux et (surtout, dans le bôô cinéma) PLEIN LES OREILLES. Batailles, ripostes, attaques, trahisons (un personnage est "très fourbe et très cruel", saurez-vous deviner lequel ?), rebondissements, assassinats (dont un, pas mal, à l'aide d'une dent creuse, qui m'a fait crier frénétiquement  "La dent! la dent!" -et figurez-vous que le personnage sur l'écran m'a entendu!-) sans oublier l'apparition -par deux fois- du fameux ver des sables géant, ou la tempête Coriolis, bref on en a pour ses 7,50€...
Même si à un certain moment (je l'ai vérifié avec Emma) c'est comme si on se mettait le cerveau en pilotage automatique, renonçant à comprendre qui attaque qui, et pour quelle raison, et onlaisse filer, juste  admire les effets spéciaux, la pyrotechnie, et, si on avait du popcorn on s'allongerait sur son siège, béat, et on plongerait dans le seau... Oui, c'est du cinoche, du grand spectacle, et on ne peut qu'être pris...
Pendant tout le film je me suis posé deux questions  :
1) est-ce que c'est Charlotte Rampling ?
2) Est-ce que c'est Javier Bardem ?
La réponse aux deux questions est oui. (Par contre je n'avais pas du tout reconnu Stellan Skarsgård dans le rôle du méchant Baron...)

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2 octobre 2021

guerre froide (double séance)

(USA l'après-midi et USSR le soir, pas de jaloux!)

STILLWATER
de Tom Mc Carthy

Une unique séance en VO à 16h (ça doit être plus laborieux à comprendre en vf, puisque l'essentiel du film se passe en France, à Marseille pour être précis...) et donc j'y suis allé. J'avais déjà vu la bande-annonce (en VF!) un nombre incalculable de fois et donc je connaissais grosso-modo le projet...
Matt Damon joue ici un tough guy, un redneck, un plouc 100% ricain from Oklahoma, venu en France pour rendre visite à sa fille en prison. Accusée d'avoir poignardé la fille qu'elle aimait, et purgeant sa peine en répétant qu'elle est innocente. Et demandant à son père de transmettre une lettre à son avocate pour tenter de faire réouvrir l'affaire.
Bill (le personnage qu'incarne Matt Damon) est en même temps très réaliste et très attirant (la casquette, les sunglasses, le bouc) bref un vrai de vrai feedcorn hunk (comme ils disent là-bas). Bill va devoir se débrouiller par ses propres moyens pour suivre une piste, aidée par une jeune française (notre Camille Cottin nationale, ici semblerait-il sur le marchepied d'une carrière internationale, très bien, très juste), tout ça avec en toile de fond la ville de Marseille (et ses quartiers cosmopolites...).
Un polar solide, à l'image de son personnage principal, un bon frileur comme on dit là-bas, avec son quota de rebondissements et de scènes fortes (le match de foot), avec une jolie montée d'inquiétude dans sa dernière partie...
La vérité, oui, mais à quel prix ? c'est un collier, marqué Stillwater justement, qui va se révéler être la clé de toute l'affaire...
Un film bilingue (bilingual), avec ses variations franco-américaines sur le thème de la famille monoparentale.
(Je me demande juste ce que peut donner le même film en VF, pas mal de scènes étant censées fonctionner sur l'incompréhension mutuelle de la langue...)

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mmmh,... mimi, non ?

*

CHERS CAMARADES!
d'Andrey Konchalovsky

Cet après-midi, notre cher Bill ricain avait des problèmes avec sa fille, et ce soir c'est Liouda, soviétique pur jus, qui en a avec la sienne ... En 1962, dans un beau noir et blanc et un non moins beau format carré (1,33), et une reconstitution historique hyperchiadée. Cet aprèm' la question était "Est-elle coupable ou innocente ?" et ce soir c'était plutôt "Est-elle morte ou vivante ?" Avec, pour chacun des films, une réponse en deux temps.

Je vais laisser la parole à allocinoche pour résumer la situation :

Synopsis

Une ville de province dans le sud de l’URSS en 1962. Lioudmila est une fonctionnaire farouchement dévouée au Parti Communiste. Sa fille décide de participer à la grève d’une usine locale et les événements prennent une tournure tragique. Les autorités dissimulent la violence de la répression. Lioudmila se lance alors dans une quête éperdue à la recherche de sa fille disparue.

(Tiens, elle a changé de nom...)
... et si je laissais plutôt la parole à Libé :

""Si on ne peut plus croire au communisme, alors il nous reste quoi ?" c’est la question du film, explicitement posée, à l’heure du plus grand désespoir, par son personnage, Liouda (Ioulia Vyssotskaïa), fonctionnaire soviétique, au départ fervente défenseuse, malgré quelques doutes bien cachés, de la ligne du Parti. Nous sommes en juin 1962, Liouda est membre du comité municipal de la ville de Novotcherkassk au moment où a lieu le massacre du même nom – alors soigneusement dissimulé par les autorités, révélé trente ans plus tard, et depuis entré dans l’histoire : celle de la répression de toute contestation populaire (ici, la grève des ouvriers de l’usine de métallurgie contre la hausse des prix et la baisse des salaires) dans l’URSS des années de déstalinisation."

Bon là les choses sont plus claires et plus explicites... Bien que la suite de l'article (de Libé) s'interroge sur l'objectivité (et l'utilité)  de la reconstitution, terminant même sur

"Toujours est-il que la question initiale, celle du film et celle de Liouda, en cache évidemment une autre, sa doublure de chaque instant. Si on ne peut plus croire au cinéma, alors il nous reste quoi ? Ou bien rien, ou bien quelque chose. Ce n’est pas ce film qui tranchera."
Comme dans son précédent Michel-Ange le vieux maître Konchalovsky (84 ans au compteur) a fait preuve de didactisme et de pédagogie, mettant en image des faits qu'on ignorait -peut-être- (ce qui était mon cas) mais qu'on va du coup prendre pour argent comptant.
Le film m'a plu, plastiquement impressionnant (j'ai déjà évoqué les émois que me procure le noir & blanc) les deux heures annoncées passent sans  temps mort, de la grande histoire à la petite, et on trottine derrière l'héroïne pendant toute la deuxième partie, on s'angoisse pour le sort de sa fille, on est content de voir un chouïa ses certitudes vaciller, on découvre (ah bon ?) que les mecs du KGB, en fin de compte, c'était quasiment la crème de la crème des hommes, et hop, alors que tout espoir était perdu (et enterré) voilà que non non, qui retrouve-t-elle donc à la fin, sur le toit, je vous le donne en mille ?
(de toute façon je ne spoile rien, vu que le film ne passe plus nulle part, pas dans le bôô cinéma en tout cas...)
Bref, j'en suis sorti ravi (ainsi l'était mon voisin d'accoudoir Martial), par les indéniables qualités cinématographiques du film, et sans même que nitchevo, idéologiquement, ne me poil-à-gratte...
Cinéma rrrusskoff trrrrès bon et très vrrrrai! Da, da!

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l'affiche originale...

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et l'affiche française...

(deux façons de voir les choses!)

22 septembre 2021

polaroïd

L'ORIGINE DU MONDE
de Laurent Laffite

C'est comme ça, je vais voir tous les films dans lesquels joue Vincent Macaigne (le prochain, ce sera celui de Benchétrit). Dans celui-là, on le voit sur l'affiche, il est glabre. C'est dommage, mais on ne va pas ne pas se déballonner pour ça, hein. D'autant que déjà, au départ, je suis un peu partagé. Mais bon, hop zou au bôô cinéma dès la première séance. A la 12 (les chaises-longues), et on est deux dans la salle (une fille à cheveux courts que je ne connais pas), et à 2, forcément, on est a priori moins stimulés pour rigoler que si on y est 50, mais bon... je ne me suis pas privé de le faire quand j'en avais envie, elle non plus, (une seule fois on a ri ensemble, et très fort, vers la fin, la scène du piano).
Je savais tout au fond de moi qu'il ne falllait pas que je le loupe, ce film, je le sentais confusément et, lorsque j'ai vu Laurent Laffite et Vincent Macaigne, assis sur le canapé de part et d'autre d'Hélène Vincent, commencer à ôter leurs chaussures, déboutonner leur chemise, l'ôter, se lever, déboucler leur ceinture, ouvrir leur pantalon, passer derrière le canapé, descendre leur caleçon, l'ôter, et revenir s'asseoir sur le canapé comme si de rien n'était, je me suis dit que mon cerveau reptilien ne m'avait pas trompé, que oui, j'allais avoir droit à mon petit cadeau, et double, même : non pas une mais deux QV. Celle de Laurent L., bien sûr, joliette, mais je n'avais d'yeux que pour l'autre, celle de Vincent M. (qui l'a vraiment très charmante...). Rien que pour ça, cette scène-là, le film devenait pour moi immanquable.
Cette scène-là, il faut tout de même y arriver... Un rapport conjugal dans le noir avec orgasme simulé de madame (jouée par Karin Viard, qu'on a plaisir à revoir dans son créneau de blonde bècebège), suivi d'un autre au bois avec un travesti qui en perd sa perruque (et donc toujours pas d'orgasme), avant que notre héros, (Laurent Laffite d.l.c.f -mention obligatoire- ) ne découvre, grâce à son ami vétérinaire (Vincent Macaignechounet, ma-gni-fi-que en loser glabre à lunettes) que son coeur ne bat plus, et, grâce à la gouroute de sa femme (Nicole Garcia, impériale dans la dinguerie glacée) apprennne que pour le refaire démarrer, il doit lui apporter une photo du sexe de sa mère ("et pas numérique"!)
Voilà le pitch qui pourra sembler à certain(e)s -dont moi- inconfortable : comment réussir à prendre au polaroïd la zézette de sa maman (qui est ici jouée par la toujours excellente Hélène Vincent)? Jean-Louis, aidé de Valérie (son épouse) et Michel (son copain) va tout mettre en place pour tenter d'y parvenir, et fissa, car il n'a que trois jours pour ce faire. sinon il sera vraiment mort.
C'est très écrit, très joué (très dirigé) et chacun(e) mouille la chemise (Vincent Macaigne y confirme un incontestable talent comique), j'ai souri souvent, ri aussi, et même éclaté de rire à une ou deux reprises  (la scène du piano, dont j'ai déjà parlé plus haut.) Mais je ne peux pas dire que le film m'ait tout à fait séduit (à part, bien sûr, la scène des QV).  C'est quand même, régulièrement l'origine théâtrale du film qui remonte à la surface, et qui le fait comme un peu radoter. Théâtre filmé grinçant, certes, scabreux, pourquoi pas, sympathique dans sa volonté de choquer la rombière (ou le rombier) en lui faisant affronter le "tabou ultime", mais sans doute pas totalement accompli (ni, donc, entièrement convaincant).
Mais bon, c'est pas tous les jours que j'aurai le plaisir de voir la zigounette à Vincentchounet, hein...

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(vivement que le film soit visible en dvd (ou en vod), que je puisse faire quelques captures d'écran -et vous en faire profiter!-)

14 septembre 2021

double séance

SERRE MOI FORT
de Mathieu Amalric

Un film "à nous", et un autre "pas à nous". (Qu'on paye donc plus cher). On s'est installé pour le film de Mathieu Amalric dans une petite salle du bôô cinéma. De ce film je n'en savais pratiquement rien, à part que Zabetta m'avait dit qu'elle l'avait détesté à Cannes, plus juste deux lignes rapidement entrelues dans Téléramuche, suffisantes pourtant pour qu'un idiot de critique (comme, il y a longtemps, pour Les Autres, d'Amenabar, où, tiens, il était déjà question de mort(s)) "vende la mèche" et me gâche la moitié de mon plaisir de spectateur.
Eh oui. Une histoire de famille, donc. Maman, Papa, fille, garçon, un matin comme les autres, à la maison, réveil, petit déjeuner, "je veux que maman me prépare mon chocolat chaud...", sauf que, très vite ce petit-déjeuner se fractionne, se fragmente, se diffracte, rendant le spectateur un peu perplexe, perdu, dans un territoire mouvant, constitué de fragments instables, et s'y déplaçant un peu au hasard, comme sautant de l'un à l'autre. On n'est, au début, sûr de rien. Souvenirs ? Réalité ? fantasmes ? Extrapolations ?
On est juste sûr de Clarisse et de Marc (les parents), de Lucie et de Paul (les enfants). Et encore.Il est question d'un départ, peut-être, d'une cassure, sans doute, d'une séparation, probablement, et la caméra de Mathieu Amalric (et sa mise en scène) parviennent avec maestria à faire co-exister ces univers juxtaposés, comme parallèles ou pluriels...
Bon j'avais les mots du journaliste de Télémuche qui tournicotaient dans un coin de ma tête, mais j'en venais même à me demander si j'avais bien lu (bon, finalement, j'avais très bien lu...). Vicky Krieps compose une Clarisse (comme Mrs Dalloway ?) impressionnante (il y a peu de temps encore, j'ignorais tout de cette artiste, et voilà que je l'ai vue coup sur coup dans Old, Bergman Island, et à présent chez Amalric..., tandis qu'allocinoche me rappelle que je l'ai découverte, somptueuse, dans le pervers Phantom Thread de P.T Anderson).
Elle est pour beaucoup dans le charme insidieux (véneneux ?) que génère / distille le film, elle possède cet  incontestable charme franco-germain qui m'avait fait craquer pour la délicieuse Paula Beer. Elle le "porte" littéralement sur ses jolies épaules, et, spectateur, on a grand plaisir à se faire prendre par la main dans l'obscurité de ce labyrinthe intime. On la suit séance tenante, on se laisse mener par le bout du nez, tandis que la structure du film se tabilise progressivement, que l'image générale en devient plus nette, que se confirme (ou s'infirment) les hypothèses et supputtations de chacun(e).
Un film mouvant, sinueux, fascinant. Un film incontestablement réussi.

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BAC NORD
de Cedric Jimenez

Et nous n'avons eu qu'une dizaine de minutes pour changer de salle (et complètement d'univers). D'abord on s'est retrouvé dans une salle gigantesque (où nous n'étions que 3, pourtant frileusement serrés sur un demi mètre-carré), avec un son très fort (qui semblait assez mal réglé puisque dès les premières minutes, nous avons convenu tous les deux "qu'il était pourri"... Très souvent, on avait du mal à comprendre tout les mots qu'un acteur prononçait dans une phrase (oui,impossible de comprendre une réplique entière!)
J'avais échangé quelques mots avec Malou qui m'avait dit au téléphone l'avoir beaucoup aimé, ce à quoi j'avais dit que j'appréhendais de le voir parce que beaucoup le qualifiaient de bourrin, et qu"elle avait rebondi en disant qu'elle aimait ce qui était bourrin... Et toc! Je me sentais donc moralement obligé d'y aller, au moins pour me faire une idée.
Je n'ai pas été "rassuré" au début (en constatant  qu'effectivement, je trouvais ça bourrin), puis encore (un peu plus) mal à l'aise lors d'une looongue scène d'intervention musclée en téci qui ne pouvait pas ne pas faire penser à son équivalent dans Les misérables, de Ladj Ly -plusieurs situations sont quasiment décalquées-,( et ce, pas à l'avantage de Bac Nord.)
A ce moment, on a heureusement eu le temps (comme dans Les Misérables), de s'attacher au trio de flics de cette Bac Nord, de Gilles Lellouche très plausible en chef sanguin qui nous la joue aussi sévèrement burné que mal rasé de trois jours (c'est comme ça qu'on l'aime), de François Civil en chien fou aussi con (c'est ses collègues qui le disent) que peroxydé, et, surtout, surtout, l'excellent Karim Leklou, qui n'arrête pas de m'intéresser de film en film. Le principal intérêt du film, ce sont ses trois personnages principaux. C'est, on ne peut pas le contester un film de (grosses) couilles (Adèle Exarchopoulos -que j'adore- y a tout de même une fonction "décorative"...), au langage fleuri et lourdement chargé (ah tous les  "Va te faire enculer..." de ces gros machos), un film qui sent le bonhomme, quoi.
Et puis (heureusement) il y a cette troisième partie que je n'avais pas vu venir, celle qui se passe en prison, qui "casse" la superbe de nos héros couillus (on est presque dans un autre film), qui reprend à son compte pas mal des clichés sur le films -couillus!- dits "de prison" (mais ouf! on n'est pas non plus dans Un Prophète, de Jacques Audiard), en se recentrant sur les heurts et malheurs en gros plan de nos trois lascars (Karim Leklou, encore une fois, étincelle particulièrement),  la question étant "Va-t-il finir par donner le nom de son informatrice ?", mais heureusement ouf! tout est bien qui finit bien, et la vérité triomphe darmaninesquement. Et ils sortent de prison. Et on entend la musique de début du Pénitencier de Johnny. Et on se pince en se disant que non quand même il n'a pas osé... mais non, finalement il a pris la version originale (mais l'idée est là, quand même...).
Bref, ce n'est pas vraiment "mon cinéma" (Les Misérables avait tout de même une toute autre classe, non ?) et en plus ça fait très mal aux oreilles tellement c'était fort.

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Libé a la dent dure :
""Alors la zone, ça dit quoi ?" Pour commencer, big up à Fiachra Gibbons, le journaliste irlandais et ironique qui a inauguré la conférence de presse de Bac Nord au Festival de Cannes  en félicitant l’équipe d’avoir fait un film aussi "fort" pour inciter son public à voter pour Marine Le Pen. Netflix l’a acheté aussi sec. Ça n’a fait rire que Gilles Lellouche (comme toujours, désolé frérot), mais il faut rendre justice à Bac Nord, préciser qu’il n’est pas que fasciste. Tendance cinquante nuances de droite, il déplie l’éventail complet, en fidèle portrait de son pays : non pas de sa réalité, mais du discours qui le décrit partout où la police vous parle, à toutes les heures sur toutes les chaînes – adapté en fiction qui tabasse, certaine de son impunité, se permettant même, en art engagé, quelques piques à la hiérarchie des flics en col blanc, pour un peu plus de démagogie."
(mais, tiens, pour une fois, je suis d'accord)

7 septembre 2021

tatouages

PASSION SIMPLE
de Danielle Arbid

J'y suis allé in extremis, le dernier soir. Laetitia Dosch + Danielle Arbid + Annie Ernaux (+ Caroline Ducey dans le rôle de la copine, comme un clin d'oeil au Romance de Catherine Breillat, où on la découvrit en compagnie de Rocco Sifreddi, dans une histoire finalement pas si éloignée de celle-ci). Film de femme(s), donc, et portrait d'une (femme) amoureuse. Amoureuse d'un bellâtre russe aux yeux clairs et aux multiples tatouages (j'ai vérifié sur le ouaibe, ce sont les véritables tatouages de l'acteur, Sergei Polunin, danseur-étoile de son état dans le civil, qualifié de sulfureux dans les magazines féminis et/ou people), et à l'appétissant organe (QV, visible par deux fois, rapidement mais incontestablement) qui la baise bien, comme il veut et quand il veut. Il a posé ses conditions viriles. Et elle l'attend.
"A partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi."
Le roman d'Annie Ernaux avait fait parler de lui à l'époque de sa sortie (je ne suis pas sûr de l'avoir lu alors). J'avoue n'avoir jamais été un inconditionnel de l'écriture de la dame (exception faite du plus récent mais incontournable Les Années). Et le thème du film me touchait tout particulièrement : attendre un homme (jeune, mais un peu plus tard aussi, j'ai toujours aimé avec la même intensité et la même maladresse). Donc, comme Sound of metal a pu me faire revivre mes premières séances de LSF, Passion simple m'a renvoyé directement à certains expériences affectives (plutôt que aventures amoureuses) passées douloureuses. Sensibles, disons. Attendre me fait mal, et j'ai l'impression que je me mettais exprès dans des situations affectives "compliquées" qui m'y menaient directement.
Mais revenons au film, Laetitia Dosch est très bien (son ami russe aussi) mais je n'étais pas sûr d'être parfaitement enchanté de la dernière partie du film, ni de comprendre tout à fait ce que la réalisatrice (et, au départ, la romancière) voulaient exprimer...
Comme si, en me laissant sur sa fin, le film me laissait aussi sur ma faim.

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2 septembre 2021

quatre étés

LEURS ENFANTS APRES EUX
d'après Nicolas Mathieu
mis en scène par Simon Delétang
Théâtre du Peuple (Bussang)

Ca a été un peu compliqué à mettre en place, mais finalement l'expédition rituelle à Bussang a fini par avoir lieu ce jeudi 26, en compagnie d'Isa et de Catherine. La météo ne s'annonçait pas engageante (16° / pluvieuse) mais on a pris nos petites laines et vaillamment on est partis, pour voir l'adaptation théâtrale de ce bouquin qu'on avait lu -et beaucoup aimé- tous les trois.
Je me posais beaucoup de question sur la façon dont le livre avait pu être adapté pour la scène, et j'avoue avoir été légèrement décontenancé pendant les premières minutes du spectacle en réalisant que c'était le texte original de l'écrivain qui était utilisé, dit, joué, polyphonié, par les jeunes pousses de l'ENSATT (treize jeunes actrices et acteurs, époustouflants), mais en réalisant juste après que c'était, logiquement,  la manière la plus simple et la plus évidente de respecter les mots de Nicolas Mathieu, en les donnant ainsi à entendre -et à voir-.
La construction du livre (en quatre étés, 1992, 1994, 1996 et 1998) est respectée, deux avant l'entracte et deux après, sauf que la première partie dure 2h40 et la seconde (avec l'ouverture du fond de scène qui fait soupirer d'aise aaaaaaaaaah! le public, n'en dure que 35! C'est presque un peu frustrant, il faut bien le reconnaître.
Si le texte de l'auteur a été respecté à la virgule près (ça c'est magnifique) le metteur en scène a bien été obligé d'élaguer dans la richesse et le foisonnement de la matière narrative originelle, et nous présente donc "sa" lecture, recentrée, resserrée, du roman de Nicolas Mathieu. Ce sont des jeunes gens qui sont sur scène, et ils interprètent des jeunes gens. Dans une interview, l'auteur parle du "bouillonnement d'hormones". (rarement le vénérable Théâtre du peuple aura entendu retentir autant de "queue" et de "chatte" surtout dans une pièce dite "de l'après-midi'. beaucoup de personnages adultes ont quasiment disparu. Chaque fois qu'intervient l'un d'eux, ce sera généralement par la voix d'un acteur/personnage volontairement de dos, non "figuré" donc. La pièce conserve les personnages principaux du roman, Anthony, Steph, le cousin, Hacine, Vanessa et se concentre sur eux. Mais au détriment de certains (l'affrontement Hacine / Anthony, qui était un des éléments-clé du roman est ici beaucoup moins fort, le personnage de hacine étant, par exemple absent de l'année 1994) le destin du père d'Anthony est aussi complètement effacé (évoqué en quelques mots en 1994), mais bon il était impossible de tout avoir n'est-ce pas (quoiqu'une pièce de douze heures n'eût pas été pour me déplaire dans ces conditions.
D'après la plaquette, les jeunots ont tout géré : le jeu, la scénographie, le son, la lumière, les costumes, il serait inétressant de savoir s'ils ont également pris part au choix des parties du textes retenues ou pas pour la mise en scène (avisée) de Simon Delétang. C'est vrai que j'ai pensé à la jeune troupe qui avait monté les "trois Molière" qu'on avait vus en enfilade avec Dominique, qui avaient l'avantage d'être encore plus libres (un texte écrit pour se jouer) et donc encore plus joueurs.
Pour moi, en tout cas, un vrai bonheur (comme un gamin avec les interdits, ça me fait toujours plaisir d'entendre le mot queue sur scène, un peu moins bien sûr que de voir l'objet du délit verbal "en vrai" sur la scène, mais bon on ne peut pas avoir des QV sur scène tous les ans, hein...).

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(photos de presse trouvées sur le ouaibe)

*

 

6 août 2021

comme avant?

(Je suis retourné "sur les parkings"... )

Pour un dimanche, le temps s'y prêtait, et j'ai été étonné du nombres de véhicules qui y stationnaient... Etonnant, oui, surout pour un dimanche d'été. Plus étonnant encore, j'ai reconnu plusieurs des mecs garés là (ils ont dû se dire la même chose en me voyant...) 
Ca faisait plusieurs années que je ne m'étais pas consacré à cette activité (ça faisait tellement longtemps, d'ailleurs, que je n'étais même plus sûr du modus operandi...) j'ai voulu savoir si "ça" se pratiquait toujours, si la pandémie et les mesures-barrières avaient changé les habitudes.
Mais, visiblement, non.
Ceux qui restent obstinément dans leur voiture, ceux qui au contraire en sortent pour aller prospecter de plus ou moins discrète façon successivement tous (ou presque) les véhicules et leurs conducteurs, ceux qui entament la conversation, ceux qui attendent qu'on fasse le premier pas (ou dise le premier mot), ceux qui vous attirent (qui en général se sont pas intéressés par vous, ceux qui au contraire vous poursuivent de leurs assiduités insistantes mais par qui on n'est pas du tout intéressé, ceux qui ne font rien, ceux qui font semblant (de téléphoner, de faire pipi, de ne pas savoir de quoi il s'agit) ceux qu'on surveille du coin de l'oeil, mais sont déjà, justement, hélas, en train d'en surveiller eux-mêmes d'autres du coin de l'oeil, qui eux-mêmes à leur tour etc., je l'ai déjà écrit, et je trouve toujours ça aussi juste : il y a là-dedans quelque chose de très tchékhovien (à propos de la circulation des sentiments plus que des mots, bien entendu).
Ce jour-là j'étais dans ma voiture, sur une minuscule place ombragée, j'avais des vues sur un routier qui était sorti un peu plus tôt de son camion en short joliment torse-nu, était allé se cacher derrière son camion pour faire pipi, puis était revenu traîner un peu devant le temps de fumer une cigarette en s'étirant, avant de finir par remonter dans son camion aux rideaux tirés. Game over.
J'étais dans ma voiture et j'attendais que la pluie vienne que le routier sorte, et j'avais heureusement, pour passer le temps, de la lecture... Le très beau Un jour ce sera vide, d'Hugo Lindenberg, offert par Catherine (et conseillé par l'autre Catherine) Prix du Livre Inter 2021 (vous n'imaginez pas la quantité de livres merveilleux que j'ai ainsi dévorés, au fil des ans, ainsi assis tranquillou au soleil dans ma voiture...)
Mais ça se passe rarement comme on aurait envie que ça se passe... Est alors arrivé dans un nuage de poussière un super pick-up noir (juste poussiéreux ce qu'il faut justement) dont s'est extrait un genre de mâle alpha boule à zéro bermuda et baskets, qui s'est garé à quelques dizaines de mètres devant le camion, puis une vieille bagnole (avec encore une vieille immatriculation avec le numéro du département, conduite par un papy visiblement encore plus chenu que son véhicule, lequel, contre toute attente (il était garé de l'autre côté,) a traversé le parking pour aller discuter avec le mâle alpha. ils ont piapiaté un petit moment, appuyés au hayon arrière du pick-up, et je me disais que, finalement, j'aurais pu sortir et aller me joindre à eux (envisageable), quand est arrivée une petite voiture italienne dont par la vitre ouverte je devinais le conducteur (avec des lunettes à la Marcel Achard) qui s'est garée entre le pick-up et le bahut, et qu'à ce moment le male alpha laisse tomber le papy comme une vieille chaussette pour se diriger vers le nouvel arrivant, avec qui il discute brièvement, avant que son interlocuteur ne sorte de son pot de yaourt et que tous deux se dirigent illico vers les buissons buissonnants qui bordent et surplombent le parking, pour aller s'y livrer à ces actions "répréhensibles" que commettent habituellement ensemble les mecs qui vont se cacher ensemble dans les buissons buissonnants (enfin, cachés, pas vraiment, puisqu'à travers les trouées végétales on pouvait les voir s'agiter, faire des choses, changer de position, on devinait des parties de corps...). Au bout d'un certain temps, le papy, abandonné, a fini par entrer à son tour sous les frondaisons, et, piqué par la curiosité,  je me suis dit "Tiens, allons-y donc!". J'ai traversé le parking, suis entré sous les halliers, au bout de quelques mètres j'ai trouvé le papy, de dos, tout seul,  qui a tourné son visage vers moi et m'a gratifié d'un sourire triste, tandis que je distinguais, au bout du sentier, au dessus de la végétation la tête ronde et chauve du male alpha, qui regardait dans ma direction, et dont je n'arrivais pas à décider s'il me faisait signe d'approcher ou, au contraire de déguerpir, et j'ai trouvé ça très bête (aussi bête que je trouve ça depuis des années) et j'ai donc rebroussé chemin pour retourner dans ma voiture...
Il ne me restait plus que trois chapitres.

(un autre jour, sur un autre parking)

Rien de vraiment notable, excepté le fait que ça m'a fait plaisir de retrouver D., un monsieur que je n'avais pas vu depuis un certain temps (deux ans au moins!) -je n'arrivais plus à me souvenir de son prénom et j'ai fini par le lui demander-, un camarade amateur de routiers, avec qui j'ai donc discuté un moment (nous avons évoqué certains souvenirs communs agréables, nocturnes, et estivaux, notamment avec certain routier belge -c'était il y a au moins dix ans!-) avant de constater que ce satané virus n'avait pas arrangé les choses, sur les parkings (et les petits camions polonais non plus)...

(encore un autre jour)

une séance... intéressante avec ce routier blond en short rouge et t-shirt gris, qui, après s'être précisément garé, est descendu de son bahut pour aller vers chacun des autres camions garés pour demander quelque chose à chacun des chauffeurs, il a même réveillé celui qui était garé juste en face de moi, de l'autre côté du parking, qui par la fenêtre lui a finalement tendu quelque chose que l'autre a pris et ramené dans son bahut. Il est remonté, a fermé la portière, et je croyais l'affaire terminée, quand je l'ai vu redescendre au bout de quelques minutes, une bouteille (que je supposais de bière) à la main, et revenir vers l'autre bahut. Il s'est arrêté pour pisser à quelques mètres de sa destination, puis a entamé la discute avec le collègue à sa fenêtre (qui ne s'était donc pas rendormi) et qui a fini par descendre pour continuer cette conversation, avec lui aussi une bouteille à la main, (qui me paraissait être aussi une bière, mais format "sérieux" de 75cl). Ils ont discuté et rigolé le temps de finir leurs bouteilles respectives et de fumer quelques cigarettes (j'en ai profité pour les photographier sans vergogne). Puis le mec en short rouge est reparti vers son bahut (je l'ai vu de loin aller fort civiquement déposer sa bouteille dans la poubelle), l'autre est remonté dans le sien, et j'ai donc décidé que pour moi aussi c'était l'heure de rentrer.
Quand je suis passé à hauteur du camion de l'homme au short rouge, il m'a offert la vision fugitive -et attendrissante- d'un torse nu tout en rondeurs, par la vitre du conducteur (il s'était mis à l'aise), et j'ai failli du coup m'arrêter à nouveau mais à quoi bon... et j'ai continué (en regrettant de n'avoir pu le photographier à ce moment-là d'intimité cabinesque...)

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21 février 2020

ficâââ 2020


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A DARK, DARK MAN *****
de Adilkhan Yerzanov
par le réalisateur de La tendre indifférence du monde, un vrai bonheur de cinéma dans une histoire où ils sont tous plus pourris les uns que les autres

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HOTEL BY THE RIVER ****
de Hong Sang-soo
la nouvelle livraison de Tonton Hong sang soo, en noir et blanc avec de très jolies images de neige, entre un vieux poète, ses deux fils et deux jeunes filles, beaucoup de mots et autant de soju... Bavard (et un peu confus)

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(non fica)

journée "des exploitants" :

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DANS UN JARDIN QU'ON DIRAIT ETERNEL ****
de Omori Tatsushi
le film qui a fait se pâmer et roucouler de contentement touts les dames du festival, sur la cérémonie du thé, très zen, très charmant (avec "la" mamie du cinéma japonais)

 

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WET SEASON ****
de Anthony Chen
"le soja en herbe" à Singapour entre une prof de chinois malheureuse dans son couple et un de ses jeunes élèves (il n'y a pas que la season qui est wet...)

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027
BALLOON ****
de Pema Tseden
premier film thibétain de la sélection, une histoire de famille et de capotes (et de limitation des naissances) gentiment folklorique et aimable (ah le thé au beurre rance...)

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MISHIMA **
de Paul Schrader
déception (mais j'y allais surtout pour la musique de Phil Glass) une rutilante ineptie qui se voulait d'avant-garde à l'époque mais a pris un sacré coup de vieux

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JAFFA ***
de Keren Hedaya
j'ai réalisé très vite que je l'avais déjà vu et j'ai trouvé que le film avait vieilli (un mélo mollasson autour d'un personnage de pauvre jeune fille qui n'a vraiment pas de chance)

après-midi "changement(s) de salle(s)" :

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JONCTION 48 ****
de Uti Aloni
un film puissant autour d'un rappeur palestinien, avec toute la fougue et l'energie de la jeunesse, mais non dénué d'une certaine candeur

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INVISIBLE ****
de Michal Aviad
un inédit avec la grande Ronit Elkabetz, autour de deux femmes qui s'intéressent au serial violeur qui les a violées et vient d'être libéré... Touchant

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ALA CHANGSO ***
de Sonthar Gyal
deuxième tibéthain vu par la force des choses (changements de salle), un peu comme le premier, avec une famille dont la maman part en pèlerinage à lhasa à pied mais meurt en route, et son mari contiue à a place avec son fils et un âne... Très "tibéthain".

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LE HEROS *****
de Satyajit Ray
un film long du matin, noir et blanc, dans une copie impeccable, sur une star de cinéma (un monsieur) dans un train qui se rend à Delhi pour y recevoir une récompense, et rencontre des gens (dans le train) Impeccable

après-midi "inconnus au bataillon 1" :

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MILLENIUM ACTRESS *****
de Satoshi Kon
Un film d'animation vu "par la force des choses" et pourtant une excellentissime surprise (une histoire d'actrice, un hommage au cinéma japonais, j'ai même pleuré à la fin) Splendide

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DUNIA ***
de Jocelyne Saab
(quand rien ne me vient au moment d'écrire, c'est mauvais signe... ah oui, la poésie soufie, la danseuse du ventre, le poète aveugle qui recouvre la vue inch'allah... je m'y suis un peu ennuyé oui oui)

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ZAYA SAMURAI ****
de Matsumoto Hitoshi
conseillé par Isabelle, un film parfaitement délirant, autour d'un samouraï à lunettes, entre Kitano et les Monty Python, à l'humour très noir, et qui va jusqu'au bout de son propos (seppuku). Très déjanté

journée "inconnus au bataillon 2" :

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LES SALAUDS DORMENT EN PAIX *****
d'Akira Kurosawa
autre film (long) du matin, un polar au noir et blanc sublime dans une copie qui l'est tout autant, autour de patrons sans scrupules poussant leurs sous-fifres au suicide, et c'est le super salaud qui s'en sort... Incroyablement d'actualité

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ATTENTE *****
de Rashid Masharawi
je pense que je l'avais déjà vu dans un autre ficâââ mais j'ai vraiment beaucoup aimé (un réalisateur désabusé qui part en repérage et en casting en Jordanie, Syrie, Liban, etc. avec une assistante et un troisième larron qui ressemble à Joaquin Phoenix) Métaphorique.

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PIROSMANI ***
de Georgui Chenguelaia
un souvenir de mes premiers émois en lisant La revue du cinéma Image et son, un film georgien et mythique qui a fait se pâmer beaucoup de spectatrices mais m'a hélas copieusement ennuyé...

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LES ENFANTS DU TEMPS ****
de Shinkai Makoto
recommandé par une connaissance, un plaisant manga écolo où une fille-soleil se sacrifie pour arrêter la pluie, au grand dam de son jeune amoureux. Très mignon (mais doté d'une musqiue agaçante à la longue)

après-midi chinois(e) :

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041
VIVRE ET CHANTER *****
de Johnny Ma
peut-être la meilleure surprise de cet année (un film dont je ne savais absolument rien) qui m'a ému jusqu'aux larmes, sur une troupe de vieux acteurs d'opéra dont le théâtre va bientôt être détruit (ah le ballet des pelleteuses...) Magnifique

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042
THE ASSASSIN *****
de Hou Hsiao Hsien
Revu et c'est toujours aussi parfait (un enchantement à regarder) et mystérieux (comme une calligraphie dont on admirerait la perfection du tracé sans en comprendre vraiment le sens)

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SOEURS DE SCENE **
de
ouh la... un mélo édifiant presque en couleurs (en marron et lie-de-vin plutôt) qui suit sur plus de ving ans deux "soeurs" dans le milieu de l'opéra (deux fois le même jour...) plus que chiche en sous-titres, mais bon... édifiant, oui

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JUST LIKE THAT ****
de Kislay
une spectatrice amie m'a dit "C'est comme la vieille dame indigne..." un joli portrait de veuve et de la façon dont elle s'en sort, insérée dans un histoire de famille où chacun a son problème spécifique, et que le réalisateur a voulu donc traiter... Touffu (et donc frustrant)

après-midi "Ronit en famille" :

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ZION ET SON FRERE ****
de Eran Merav
Ronit a deux fils, qui s'entendent comme chien et chat (j'aime ces ambiances testostéronées de jeunes gens  en débardeur ou torse-poil qui s'insultent et se grimpent dessus pour un oui pour un non) le grand est chiant mais le petit aussi...

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MABUL****
de Guy Nattiv
terrain connu : Ronit a deux fils, un qui est mentalement déficient et l'autre qui fait des trafics de devoirs dans les toilettes (et un mari aviateur suspendu pour fumage de pétards)

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PRENDRE FEMME****
de Ronit et Shlomi Elkabetz
le premier de la trilogie de Ronit et Schlomi, qu'on avait pas passé mais que j'ai beaucoup aimé : Ronit est marié à Simon (Abakarian) qui est très pieux (et donc très chiant), ils mettront d'ailleurs 10 ans pour divorcer!

(et fin du ficâââ 2020)

20 février 2020

paquetes

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TAEKWONDO
de Marco Berger

J'ai fini par commander ce dvd (en me demandant pourquoi je ne l'avais pas fait plus tôt, je craignais même, allez savoir pourquoi, de l'avoir effectivement acheté et de l'avoir revendu parce que ça ne m'avait pas plu... mais non, je m'étais fait un film...hihi) pour pouvoir le voir, avant qu'on ne prenne éventuellement le nouveau (Le Co-locataire en français et Un Rubio -un blond- en argentin) pour notre prochaine semaine latino... (du 1er au 7 avril prochain).
Marco Berger et moi, c'est une  histoire qui dure, depuis le délicieux Plan B, son premier film, en 2010. Avec ses plans qui m'avaient fort... ému de jeunes gens endormis en slip côte à côte (ETBTH en tout bien tout honneur, bien sûr) mais filmés de façon à ce que l'objet du délit (de mon émotion, je voulais dire) se retrouve toujours au premier plan, présenté comme un vrai fruit de la passion... Passons. Mes lecteurs gays qui ont eu l'accasion de dormir ainsi, en slip (et ETBTH ) avec un pote hétéro comprendront mon émoi...
Marco Berger, c'est toujours plus ou moins ça : deux (jeunes) hommes, qui font copain-copain, (ETBTH), et qui n'hésitent pas à traînasser en slip dans des postures indolentes, si bien qu'à la fin les pré-supposés hétéros ne le sont plus autant que ça... Avec ce côté  des Argentins à la fois très viril et en même temps hétéro flexible (tout pourrait arriver, et en général, juste, ça arrive. Et ça finit généralement avec, oui, un baiser... Et j'adore ça.)
Il y a eu ensuite Absent, (2011) puis Hawaï, (2014, mais sorti direct en dvd) qui reprenaient la même thématique, jeunes gens, postures indolentes, regards, frôlements, sous-vêtements (ETBTH) pour, je l'avoue, mon plus grand plaisir (coupable, bien sûr). Marco Berger aime les hommes, en tout cas il aime filmer leurs corps, et il nous le montre. L'attraction et la circulation du désir.
Et voici donc ce Taekwondo (sorti en dvd en 2017), avec deux garçons, Fer (Fernando) et Ger (German), pratiquant tous deux le même sport (qui donne son titre au film), et le premier a invité le second à l'accompagner en vacances dans la maison -de vacances, donc- qu'il partage avec ses potes... Mmmmh, ok, on devine déjà le tableau, on sait assez vite que l'invité est gay et qu'il se demande si l'autre n'est pas insensible à son charme ou l'a juste invité en tout  bien tout honneur, sauf que les deux garçons se retrouvent au milieu d'un groupe de potes, donc, en vacances eux aussi, avec toute l'indolence et le lâcher-prise qui caractérise les groupes mâles (surtout en vacances) : avec tout ce soleil, la piscine, le jacuzzi, difficile de rester tout le temps habillé, hein ?
Et donc le réalisateur nous fait partager l'intimité de ces jeunes gens...
Le scénario a, lui aussi, une certaine indolence estivale, mais le spectateur sait très bien qu'il n'est pas venu là chercher une intrigue shakespearienne. Des garçons en bande, en short en maillot de bain (ou sans rien du tout) qui traînent, qui plaisantent, qui s'amusent, (les vacances, quoi...) avec une minusculissime interrogation du spectateur : "Bon, ils s'embrassent quand, hein ?", à laquelle le réalisateur répondra touououout à la fin, in extremis, comme s'il s'acquittait d'une formalité.
Mais bon Marco Berger filme toujours aussi bien les hommes, et moi je me suis régalé...

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7 février 2020

lacets

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JOJO RABBIT
de Taika Waititi

J'ai vu la bande-annonce dans le bôô cinéma, sans avoir rien entendu du film, et je l'ai trouvée très drôle. j'ai ensuite lu (en diagonale) quelques critiques pour m'en faire une idée plus précise (le film me posait un problème moral), et toutes disaient que le film ne ressemblait pas tout à fait à ce à quoi voulait nous faire croire sa bande-annonce, et les mots feel-good movie revenaient aussi souvent... J'y suis donc allé, y entraînant à ma suite Emma (à ma gauche) et Dominique (à ma droite), qui n'en savaient pas plus que moi (moins, même, me semble-t-il...)
C'est l'histoire d'un gamin en Allemagne en 1943, d'un gamin qui veut devenir nazi, d'un bon aryen (mais un peu nunuchon, et qui s'est choisi comme ami imaginaire Adolf Hitler, mais un Adolf Hitler d'opérette, -comme dirait Dominique "légèrement efféminé..."-, qui est interprété, de plus, par le réalisateur en personne) et là était ma question première "A-t-on le droit de rire de tout ?" (en l'occurrence, est-ce que je peux rire de ça, ici, Hitler, les nazis -et les juifs-).
Après quelques instants de flottement moral, je me suis laissé allé à rire sans plus d'arrière-pensées, le film est fait (pensé) pour ça et il y a beaucoup de scènes qui sont drôles, voire très drôles, surtout dans la première partie du film, ensuite, après ce qu'on ne peut pas raconter mais qui fera partir le film vers autre chose, ce sera moins drôle (mais avec toujours des gags qui explosent ça et là sans prévenir comme des gros obus. Baoum!)
(allez le voir vous comprendrez...)
Le gamin est très bien, sa maman aussi (qui n'est autre que Scarlett Johansson, qui change une nouvelle fois d'apparence), et le film navigue quelque part dans les eaux territoriales de Wes Anderson (le soin apporté aux personnages aux décors et au costumes -ah les pyjamas à pois ton sur ton de la mère et du fils...-) avec un peu de Toto le héros (pour sa façon de regarder le monde à travers les yeux d'un enfant).
La "réalité" du film, traitée souvent en nuances pastel, nous est clairement présentée comme irréelle -voulue comme telle-  (stylisation d'une situation insupportable pour la rendre "présentable" (acceptable) via le vernis de l'humour) et le réalisateur tient plutôt bien le cap (pendant tout le film, j'ai eu le sentiment qu'on progressait tel un fildefériste, toujours en équilibre instable -un pas de côté et on se casse la gueule- et pourtant on réussit à joindre sans casse l'autre bord.) Même si la dernière partie est plus "attendue" (convenue) que ce que le départ pouvait laisser espérer (ou craindre, c'est selon).
Un film, finalement, gentil, dont on peut espérer que le message qu'il délivre puisse se graver au burin  dans le coeur de nos chères  têtes blondes (les autres aussi, d'ailleurs).

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3 février 2020

lus en janvier

dans la nuit

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LA NUIT DU 4 AU 15
de Didier Da Silva

Commencé l'année dernière, et lu le soir à petites gorgées, ce livre d'un écrivain que son préfacier -Jean Echenoz tout de même- décrit comme un chronopathe. Une chronique pour chaque jour du calendrier, plus ou moins longue, qui met dans le même sac (dans la même phrase, dans la même ligne, dans le même paragraphe) des événements dits "marquants" (naissances, décès, de gens "célèbres", faits historiques, faits divers, découvertes diverses) qui s'y sont déroulés. (Co-incidences, donc, pourrait-on dire). L'auteur a peaufiné ses phrases au petit poil, et a donc fait de cet almanach un ouvrage extrêmement plaisant et agréable à lire (ou chaque mot compte...).

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père et fils

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PERE ET FILS
de Larry Brown

Après le jubilatoirissime L'usine à lapins, terminé à Bellou, j'ai aussi sec enchaîné celui-ci. J'adore décidément l'écriture humaniste de cet homme, qui prend pour héros un jeune homme tout juste sorti de prison, après avoir, en voiture, tué accidentellement un enfant en état d'ivresse... C'est son frère (qui est flic) qui vient le chercher, mais le jeune homme en question n'est pas dans les meilleures dispositions, et ceux qui l'attendent, dehors, non plus... Une atmosphère pesante (de plus en plus), une tension qui va crescendo, jusqu'à un dénouement implacable (après une longue scène particulièrement impressionnante...) oui c'est sûr Larry Brown est un grand...

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FAIRE FRONT
de Larry Brown

A peine reposé le précédent, j'ai attaqué celui-ci, un recueil de nouvelles initialement paru à La Noire, et qui a la particularité (c'est le seul des bouquins de Larry Brown) de ne jamais avoir été réédité nulle part (ce qui explique que des margoulins le proposaient avec des prix de vente à trois chiffres, les enfoirés), mais bon je l'ai acheté dès qu'il fut sur priceministruche à un prix raisonnable. Des nouvelles dans le style désormais familier de l'auteur : des histoires douces-amères (lucides mais jamais apitoyées) de couples qui tanguent, d'alcoolisme, de pick-ups, de "petites gens" (l'ami Carver ne serait pas loin...). L'Amérique profonde comme on la voit souvent, mais avec un sacré supplément d'âme. Bref encore un sacré plaisir de lecture.

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LA VÉRITÉ SUR DIX PETITS NEGRES
de Pierre Bayard

C'est Pépin qui m'a prêté ce bouquin sur lequel je lorgnais depuis un certain temps... Un des personnages du célébrissime Dix petits nègres prend la parole pour expliquer que, non, ce n'est pas le Juge qui a fait le coup, comme a pu l'écrire et l'expliquer -laborieusement- Agatha Christie (personellement j'ai toujours trouvé cette histoire de lorgnon élastique et de révolver un peu tirée par les cheveux) mais que c'est lui/elle (il/elle n'est pas genré/e et ne dévoilera son identite qu'à la fin) le/la "vraie/e" coupable. Et il nous explique pas à pas le pourquoi et le comment (et le qui, bien sûr). Brillantissime. Se lit comme un vrai polar, et je l'ai terminé en une soirée, tellement je ne pouvais pas le lâcher...

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COUP DE VENT
de Mark Haskell Smith

Je l'ai acheté d'occase, dès qu'il a été à un prix décent. J'ai découvert l'auteur sur mon blog/polar préféré (ici), en compagnie de ses deux acolytes que j'aime tout autant et dont j'ai aussi tout lu : Carl Hiaasen et Tim Dorsey, et j'ai, comme il se doit, tout lu de lui. Comme les deux sus-cités, il pratique l'humour, la violence, le politiquement incorrect, jusqu'à plus soif (jusqu'à la garde aussi, car la boisson et le sexe ne sont jamais oubliées non plus), et j'adore ça.  Ca commence sur un bateau qui dérive (un mec déshydraté et un gros gros tas de billets dans des sacs) et ça finit presque au même endroit (après un long flash-back)... Un véritable -et joyeux- jeu de massacre, et un final tout aussi joyeusement amoral (immoral ? je ne sais jamais...) Délicieux.

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VIE DE GÉRARD FULMARD
de Jean Echenoz

Jean Echenoz le retour. Après Envoyée Spéciale, que j'avais beaucoup aimé, je l'attendais un peu au tournant... Un signe : je n'ai pas couru l'acheter dès le premier jour. On était dans le registre du roman d'espionnage, et nous voilà dans les coulisses de la politique politicienne. Dans les rouages d'un parti populiste qui pourrait évoquer certain parti populiste bien connu chez nous... D'un côté le parti et ses grenouillages, et de l'autre le Gérard Fulmard du titre (qui vont finir par se croiser, bien sûr). La narration alterne plusieurs voix, celle de Gérard F., et celle d'un narrateur qui nous refait le coup de la méta-narration, déjà pratiquée dans Envoyée Spéciale) mais allez savoir pourquoi ici ça fonctionne moins bien. Parce qu'il est question de gens au mieux méprisables et au pire haïssables... Il y a des choses bien (plein, même) mais, globalement, on a connu J.E mieux inspiré (et moins content de lui)...

26 octobre 2019

trichage

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MATTHIAS ET MAXIME
de Xavier Dolan

Oh la la...
Le film est indiqué "1h59" mais à mon horloge interne il durait bien bien plus. Oui j'ai trouvé ça interminable (je devrais, peut-être, en fin de compte, arrêter d'aller voir les films de Xavier Dolan, puisque je ne les aime pas ils ne me correspondent pas... cessons donc d'être maso, non ?). Là, évidemment, j'avais été appâté par le titre qui laissait présager une romance homo-érotique (miam), la bande-annonce avait déjà légèrement tempéré  mon enthousiasme, mais piqué ma curiosité (pourquoi donc s'est-il collé une tâche de vin sur le visage ?) mais bon, on venait juste  de voir Chambre 212, je jubilais, et, après Honoré, Dolan ne semblait pas un si mauvais choix (j'étais de bonne humeur)...
Ca démarre fort avec des scènes aux dialogues carabinés (je parle du débit, et sans doute des volontés de dézingage vocabularistique des locuteurs), en joual, sous-titrées comme il se doit (quoique, si on est extrêmement attentif on peut percevoir -comprendre- quelques mots par ci par là). Déjà, ça, a priori, ça me saoule.
On fait la connaissance de Matthias et Maxime, ou Matt - le mimi Gabriel d'Almeida Freitas- et Max - X comme Xavier himself- deux potes qui font partie d'une bande de potes, et qui passent des soirées comme on en passe entre bandes de potes du monde entier (la fumette et la buvette ne sont pas le seul apanage du Québec). Et dans cette soirée, déjà, agaçante eu égard aux susdits échanges verbaux, intervient soudain un personnage encore plus énervant : une demoiselle qui parle franglais -bravo pour ceux qui rédigent les sous-titres-, (avec "genre" tous les trois mots dans chacune de ses phrases), damoiselle qui tourne un film arty dans lequel elle réquisitionne pour une scène les deux amis (M&M's) qui doivent juste se rouler une pelle. La belle affaire , (On sait déjà par la bande-annonce, qu'ils l'ont déjà fait quand ils étaient plus jeunes, chose que Matthias par contre  ne veut absolument pas reconnaître).
J'adore la façon dont Xavier D. nous frustre du baiser en question en coupant très sec la scène juste au moment de l'action fatidique. Couic! (and cut).
Mais à partir de cet instant -nous dit le résumé d'allocinoche -et donc, probalement du press-book- "Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l'équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences."
Tadam!
(Diantre.)

A partir de ce moment vont se mettre en place trois histoires parallèles (trois arcs, comme on dit dans les séries ?) : celle des deux garçons, celle du groupe de chums, d'une part, et (arghhhh!) celle de Max (X comme Xavier) avec... (noooon, pitié!)  sa mère, qui lui cause bien des tracas, comme il se doit, et, toujours comme il se doit, excessive, possessive, médicamentée (et jouée comme il se doit par Anne Dorval), avec des scènes qui se déroulent toujours selon le même schéma : on parle gentiment / on s'énerve / on se tape dessus / on pleure... Pfououh ! Je n'avais pas aimé Mommy (et je ne l'aime toujours pas), et cette nouvelle pièce ajoutée à l'édifice Maman c'est toi la plus belle du monde m'a je dois dire un peu échauffé les oreilles...
Pour ce qui est de l'histoire des garçons (ce qui m'intéressait  le plus a priori), les choses n'allaient guère mieux, tant la situation faisait du yoyo (surtout de la part de Matthias) :une forme de relation "amoureuse" bipolaire. Il semble posé que Max est celui qui aime, tandis que l'objet de ses voeux n'arrive pas semble-t-il à se décider franchement, effectuant une sorte de valse hésitation -un pas en avant, deux pas en arrière, échangez vos cavalièr(e)s-  qui ira en s'amplifiant, jusqu'à la toute fin du film.
(A la sortie nous étions trois, et nous n'étions pas d'accord sur la dernière scène, je crois que j'étais le seul à avoir l'interprétée de façon négative -si vous allez le voir, j'aimerais avoir votre avis là-dessus-). Et même si ce qu'on voit arrive vraiment, il est évident que, vu le comportement du personnage en question, ça ne signifie absolument rien sur la suite des événements... Et qu'il va continuer sa danse trois pas sur l'côté, trois pas d'l'aut'côté...
Je me suis ennuyé, même si je reconnais toujours à Xavier Dolan un talent certain pour la mise en scène, autant que dans le choix de ses musiques... Contentons-nous donc de ce dont nous pouvons nous contenter. (la musique, donc, la joliesse de Gabriel d'Almeida Freitas, et le sens du montage frustratoire de Dolan, qui coupe systématiquement ses scènes très cut, juste avant la fin, ce que je trouve assez jubilatoire...)
Mais donc, oui, voilà, globalement, j'aurais -sincèrement- aimé adorer, mais j'étais content que ça se termine.

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Matthias et Max juste avant le bisou

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