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lieux communs (et autres fadaises)
13 novembre 2011

"celui qui tient le pot de miel...

IL ETAIT UNE FOIS EN ANATOLIE
de Nuri Bilge Ceylan

... il se lèche les doigts..." C'est un proverbe local, entendu dans le film (et recopié à tâtons dans le noir pour ne pas l'oublier), et c'est ce que j'ai fait pendant deux heures trente, tellement j'ai aimé ce film. Bon, certes, je ne suis peut-être pas tout à fait impartial, et, si ce film se fût passé, au hasard, en Nouvelle-Zélande ou au Burkina-faso,  je l'aurais peut-être reçu avec moins d'enthousiasme gourmand (ou de gourmandise enthousiaste) à propos de ses autochtones. Que voulez-vous, j'ai pour ces beautés moyen-orientales un appétit certain, (je devrais mettre "beautés" au masculin, pour être plus exact), et c'est vrai que, pendant toute la première partie du film (il y en a, grosso-modo, deux, qu'on pourrait nommer "la nuit" et "le jour"), pendant la nuit, donc, on va voyager sur des routes cahotantes et anatoliennes en compagnies de divers spécimens de la faune virile locale standard : des rondouillards, pileux et mal rasés, bref, juste comme je les aime (sauf le "héros", qui, s'il est aussi moustachu et mal rasé, est juste beau).
Beau, le film l'est aussi, incontestablement, considérations pileuses mises à part, et j'avais tellement envie de ne pas en perdre une miette que j'ai résisté à l'envie d'aller aux toilettes pendant la projection. Oui, déjà, plastiquement, c'est une merveille. Les scènes d'ouverture (un gros plan à travers une vitre sale, puis un extérieur crépuscule devant un garage) m'avaient déjà "harponné", et les suivants ne font que confirmer. Le cinéma de Nuri Bilge Ceylan me fascine et me comble. Les paysages anatoliens y sont pour quelque chose, certes, mais pas que.
Toute la première partie  est une forme de road-movie turc nocturne et minimal (3 voitures, dans lesquelles sont entassés : des sommités  (un procureur, un commissaire, un médecin -c'est lui le "héros"-), des flics, des hommes à tout faire, et un meurtrier) à la recherche d'un cadavre enterré par le susdit meurtrier qui ne se rappelle plus où. Lumière des phares, pénombres, visages fatigués, conversations fractionnées, arrêts répétitifs, interrogations, exaspérations... C'est plus que la recherche d'un cadavre qui se joue, ici, quelque chose de plus profond, de plus ample, et à la fois de plus simple. Juste des hommes ensemble, et, comme écrivait Léo Ferré "avec des problèmes d'hommes, des problèmes de mélancolie"...
Dans la nuit les voitures tournent un peu en rond (ils n'auront fait au matin qu'une trentaine de kilomètres) et ainsi font dans les bagnoles les petites ritournelles existencielles de chacun. Le procureur bonhomme, le commissaire sanguin, le docteur tristounet, chacun s'entr'ouvre un peu à l'autre, les histoires se frottent, les demi-mots flottent, c'est mystérieusement et continuellement passionnant (comme dirait Dominique, "avec un sujet pareil, on aurait pu/dû s'ennuyer, mais pas du tout...") On allume des cigarettes, qu'on fumera ou pas, on s'arrête pour pisser, on rigole... Choses simples, c'est la vie. Le réalisateur à partir d'un matériau de base plutôt brut, presque trivial, façonne on ne sait comment une étoffe narrative lyrique dans sa simplcité. Fascinante.
Les hommes vont alors faire une pause et s'arrêter dans un village pour casser la croûte. Belle scène de repas, conversations croisées, leur hôte est aussi une sommité, c'est le Maire du village, dont la fille venant servir le thé à la fin du repas va fournir au film une scène sublime (c'est le premier personnage féminin qui apparaît dans le film, et c'est vraiment, au sens strict, d'une apparition qu'il s'agit.)
Le jour s'est levé, mais le film n'est pas terminé, et entame sa deuxième partie, d'abord autour du corps du défunt (qu'on a enfin retrouvé) lors d'une scène curieusement en équilibre entre le cocasse et le flippant, puis retour en ville où il sera surtout question du médecin. (C'est lui le héros). Tout seul, puis avec le commissaire, puis en salle d'autopsie. Là encore, à partir de pas grand chose, la narration de Nuri Bilge Ceylan fait des merveilles...
J'ai presque tout raconté, mais ça n'a pas vraiment d'importance, le récit est presque un prétexte, c'est à un autre niveau que les choses se jouent. Les scènes se suivent et s'agencent fluidement, superbement, (j'avais envie d'écrire "s'enchâssent", pour le sentiment admiratif, presque religieux qu'elles provoquent, comme des objets précieux qu'on manipulerait avec précaution, alors que non, justement, il n'y a là-dedans rien que de très simple, de profondément humain.), on écoute, on regarde, on perçoit, on reçoit (on tente de reconstituer ce qui manque, ce qui n'a pas été dit, on se fait sa propre histoire, on cherche son pourquoi). Ce qui compte, peut-être, c'est ce rapport très particulier au temps qu'induit le réalisateur : sans vraiment dilater la durée, il prend le temps, il prend à chaque fois le temps spécifiquement nécessaire à chaque plan. C'est difficile à expliquer, mais le plaisir qu'on éprouve tient à cette qualité, à cette justesse-là.
On les a accompagnés, on a du mal à les quitter... On a envie de les revoir, oui. (Ca sera dans le bôô cinéma, mais pas avant décembre, hélas.)

Oui, ce film m'a fait forte impression.
Top 10

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(le titre est trompeur, mais l'affiche aussi, je trouve...)

 

10 août 2011

pièces manquantes

NOW'S THE TIME
de John Harvey

Voilà, j'ai fini les dix volumes de la saga Charlie Resnick, et je me sens comme quand on doit quitter à regret un vieil ami. Heureusement l'aventure n'est pas tout à fait terminée, il me reste encore COLD IN HAND, paru beaucoup plus tard (et que je viens d'acheter chez Gibert à Dijon mais que je me garde "pour la bonne bouche") et ce volume-ci, paru en même temps que Derniers sacrements, le dernier volume de la série.
celui-là donc, je le savoure, d'autant plus qu'il n'est pas tout à fait comme les autres, puisqu'il s'agit d'un recueil de nouvelles, publiées ça et là, mettant en scène Charlie Resnick , certes, mais pas tout à fait sur le devant.
On a en effet le plaisr d'y retrouver des personnages qu'on a rencontrés une fois ou deux, au fil des romans, dans des histoires assez courtes mais qui, justement, viennent éclairer des zones d'ombre, ou expliciter des faits évoqués en deux ou trois lignes dans les "vrais" romans. remplir des creux, quoi.
Et c'est du petit bonheur, donc, à déguster comme une récompense méritée après avoir lu tout ceux qui précèdent...

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(Nicolas, ça devrait te plaire, ça n'arrête pas de parler de jazz...)

 

22 juin 2011

accident

OU VA LA NUIT
de Martin Provost

Un film amer. Portait d'une femme qui après (au bout de) trente-deux ans de mariage se révolte soudain et passe à l'acte. Et tue volontairement son salopard de  mari. Avec la même voiture  que celle avec l'aquelle il a tué une autostoppeuse. Et au même endroit. La femme est jouée par Yolande Moreau, et c'est comme d'habitude un bonheur de la voir. Elle joue comme ensourdine, en demi-teinte, et elle n'a presque rien à faire pour qu'on soit, d'emblée, conquis.
Une histoire de famille (mari cogneur, femme soumise, fils homo) abimée, décomposée. Une histoire d'amitié, aussi (Edith Scob, toujours magnifique elle aussi), avec un plan citation / hommage / référence à Thelma et Louise (mais c'est une fausse piste). Une histoire de respect, aussi (le personnage du flic.)
Des maladresses parfois (on a de temps en temps que le film marche à la fois en gros sabots mais à trop petits pas). Le personnage du fils (j'avais écrit "du film"!), notamment, ne me semble pas complètement crédible. Mais on suit avec intérêt cette fuite dont on soupçonne d'emblée la non-issue inéluctable.

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(je trouve l'affiche confuse et pas assez lisible)

19 juin 2011

la troisième compagnie

INFILTRATION
de Dover Kosahsvili

Celui-là, je l'avoue, je l'attendais trop. J'avais reçu les précédents, Mariage tardif et Cadeau du ciel, comme de sonores et viriles paires de baffes, envoyées avec une jubilation féroce. Sonné mais admiratif, j'étais, et donc j'attendais celui-ci de pied ferme, avec le souhait de m'en prendre encore une bonne... D'autant plus que Zvezdo (me) l'annonçait come un "vraiment bon film". J'avoue que j'en suis sorti un peu perplexe, et sans savoir illico dans quelle case je pourrais le ranger. Disons que je l'ai reçu d'une façon moins évidente que les deux précédents.
Parce que c'est un film pluriel (on suit tout un groupe d'hommes), parce que c'est un film historique (l'action se passe en 1956), parce qu'il s'agit de l'adaptation d'un best-seller israélien dans lequel il a fallu élaguer beaucoup, parce que c'est filmé apparemment, comment dire... simplement ? platement ? frontalement ? désinvoltement ? parce qu'enfin le gros grain de la pellicule est quand même un peu attristant à la longue.
Et aussi parce qu'on ne sait pas sur quel pied danser, et ça il faut le mettre sans conteste au crédit du réalisateur, qui réussit à nous mettre mal à l'aise de différentes façons, et qui le fait très bien.
Le quotidien de la "formation" d'un groupe de jeunes gens, d'origines multiples, dont le seul point commun est qu'ils sont a priori "inaptes" (médicalement, psychologiquement, physiologiquement) de façons variées.
D'ordinaire, c'est vrai que j'ai un faible pour les films de bidasses (euh les films "militaires", je devrais plutôt dire, tant le mot de "bidasse" renvoie à de sinistrissimes pantalonnades aussi franchouillardes que seventies) : concentration de corps masculins, testostérone, promiscuité, ambiance de chambrée (en plus c'est vrai que le treillis, en général -mais même en simple soldat d'ailleurs hihihi-, ça vous fait de ces petits culs d'enfer...), etc.
Je pourrais citer Beaufort, Streamers, (pas Full metal jacket que je trouve vraiment too much), Ordinary people, Jarhead... oui, j'aime bien quand il i a beaucoup d'hommes et pas trop de guerre ou de violence dedans... Ce qui est tout à fait le cas de Infiltration. La formation qu'on impose à ce mecs est d'autant plus absurde que la plupart d'entre eux ne sont absolument pas destinés à devenir de "vrais" soldats. Parmi tout cette "meute" on va suivre plus en détail l'histoire de trois soldats, chacun avec une problématique différente, mais avec ceci de commun que, par leur comportement (l'entêtement, l'insoumission ou la lascivité), ils s'opposent au chef de section, un petit mec à lunettes à l'air gentil comme tout mais qui s'avèrera bien cacher son jeu. Il y en a quelquers autres qui reviennent de façon péridodique, mais plus en tant que silhouettes (ou running gags) que comme vrais personnages : le culturiste en short qui passe tout le film torse-poil, le grand barbu épileptique, celui qui a une maladie de peau, etc.
On suit donc ces journées répétitives (crapahuts, garde-à-vous, pompes, corvées, brimades et autres joyeusetés) jusqu'à un shabbat où presque tous partent en perm (l'entêté reste, le lascif aussi, malheureusement avec un caractériel dont je n'ai pas encore parlé parce qu'on ne le voit qu'un peu qui a des comptes à régler avec lui). Parallèlement, l'insoumis va vivre, dans une soirée salonnarde quasiment rohmérienne, une rencontre amoureuse, et le contraste (le décalage) est fort avec le quotidien troufionnesque. retour à la caserne après cet intermède urbain, et re-manoeuvres, vexations et marches forcées, jusqu('à un triple épilogue (chacun des trois lascars qu'on a suivis pendant le film, vous l'aviez deviné) qui nous surprend plus ou moins.
J'adore Dover Kosashvili, je le dis et je le répète, mais encore une fois aussi je m'interroge. Le cynisme est patent, avec lequel il observe ses personnages (impossible de s'identifier à qui que ce soit) et l'ironie amère du constat rend l'ensemble un peu dur à avaler. Pour dire quoi, en réalité ? Mariage tardif était ironique, Cadeau du ciel aussi, tous les deux étaient forts en gueule et sévèrement couillus si l'on peut dire, mais tous les deux aussi  s'attachaient à leurs personnages, les défendaient, en quelque sorte. Ici, rien n'est moins sûr...
La musique aussi, volontairement pompière/troupière distancée, vient rajouter encore un peu d'aigre-doux au constat.
Il me restera de ce film une belle scène de danse du ventre par un nounours torse-poil au ventre aussi arrondi que velu, une autre scène, plus tard, où le même interprète, sous la pluie, et en français s'il vous plaît, une Marseillaise impeccable (c'est drôle,quand même,  pourquoi me suis-je attaché au pédé plutôt qu'au bellâtre ou à l'aspirant-para ?) une autre belle scène pluvieuse et nocturne d'insoumission collective, ainsi qu'une jolie scène finale de remise de lettres.
Et aussi la façon impitoyable qu'a le réalisateur, à plusieurs reprises, de couper net en plein dans une scène, et d'enchaîner direct sur autre chose, désamorçant ainsi quasi-sytématiquement les effets "dramatiques". Raide mais efficace (c'est comme ça qu'on devrait aimer les hommes, hihihi).

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18 juin 2011

cui-cui & coin-coin

POURQUOI TU PLEURES
de Katia Lewkowicz

Oh la bonne, l'excellente surprise! L'affiche ne m'inspirait pas vraiment, je ne savais rien ou presque de l'intrigue, à part la présence de Benjamin Biolay  (qu'il serait difficile d'ignorer, publicitairement parlant), mais, dès les premières secondes -des mecs qui parlent face caméra pour décrire leur pote-, ça a fonctionné (syndrome "ohlala qu'est-ce que c'est bien..."), et ça a continué comme ça sur sa lancée, jusqu'à la fin (qui referme la parenthèse du film exactement de la même façon).
Tout pour plaire. Question interprétation, déjà : Benjamin B., le cheveu idéalement gras et l'oeil idéalement bas, est par-fait, comme sont par-faites Emmanuelle Devos en grande soeur un peu stressée, Nicole Garcia en maman un peu borderline, Valérie  Donzelli en future épousée un peu à éclipses, Sarah Adler en grain de sable, comme sont par-faits tous les mâles de la distribution : les potes (une bande de joyeux branleurs idéalement pileux -oui je sais ce n'est pas un argument cinématographique-), la belle-famille folklo yiddish (avec un faible pour le gros tonton serreur), sans oublier les ouvriers (qui pataugent dans le futur appartement nuptial...
Question filmage aussi : si le pitch (les quatre dernières nuits de célibat d'un mec qui va se marier et qui est -on le serait à moins- furieusement -mais assez mollement- en proie au(x) doute(s)) n'est pas a priori ni d'une originalité ni d'une intensité folle, le traitement en est véritablement accrocheur : mise en place intriguante, montage nerveux, dialogues percutants, répliques vachardes, humour acide,  personnages aussi touchants qu'énervants, aussi attachants que méritant des claques (qu'ils reçoivent d'ailleurs, parfois), bande-son... décalée (?) revue et corrigée par le señor Biolay himself (ça commence par un remix de La chatte à la voisine et ça finit par une ré-interprétation d'Enrico Macias, c'est dire...), rythme qu'on pourrait qualifier d'alerte (ça va et vient, ça zigzague, ça rebondit sans arrêt, et, surtout en parvenant à soutenir l'allure -juste une petite perte de vitesse un peu vers la fin mais bon...-.
C'est drôle, c'est décalé, c'est attendrissant, c'est malin, c'est original, c'est...
Bref rien de rien à reprocher, bien au contraire, juste plein de compliments, et l'espoir simplement que ça passera, par exemple, dans le bôô cinéma pour la Fête du même nom, pour avoir le plaisir de retourner le voir...

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13 juin 2011

la vérité ou presque

UNE SEPARATION
de Ashgar Farhadi

Curieusement, la projection commença sous le signe de la contestation et de la friction sociale. Il y avait juste devant nous trois insupportables bourgeasses pétasses qui ne cessaient de jacasser et ricanasser avant le début de la séance, mais qui firent mine de continuerpendant le générique, provoquant un "voulez-vous bien vous taire? " de la part d'une spectatrice devant elles, et un "chttt" de la mienne, ce à quoi l'une des trois ricanassa dans le noir "tiens, y a des instits..." avant que -heureusement- d'obtempérer...
C'est donc dans un silence quasiment... religieux (!) que passèrent les deux heures du film. Une séparation est le troisième film d'Ashgar Farhadi, et, comme La fête du feu ou A propos d'Elly, c'est d'abord un film de gens, un film sociétal plus qu'un film d'esthète contemplatif (non que je n'aime pas les films "d'esthètes  contemplatifs iraniens", bien au contraire!)
Des gens avec des problèmes de gens (la fidélité conjugale dans la Fête du feu, la middle-class iranienne dans A propos d'Elly...). Ici, le film débute avec un couple devant le juge, dont l'épouse souhaite divorcer.  Et ce simple fait : l'épouse retourne quelques temps "vivre chez sa mère", va provoquer par un effet boule de neige un enchaînement de faits assez complexe, mettant en cause deux familles,  pour que tous ces gens se retrouvent à nouveau devant le juge, mais pour des faits autrement plus graves.
Le film est suffisamment bien fait pour que cette situation soit véritablement inextricable, tellement chacun des protagonistes n'est ni tout blanc ni tout noir, et a quelque chose à se reprocher, à un moment ou à un autre. Chacun est coupable, d'une certaine façon, et chacun est responsable, aussi, exactement de la même façon...

(J'ouvre ici une petite parenthèse, à propos de la façon un peu éhontément abusive dont le film nous est survendu. La ribambelle d'épithètes dithyrambiques a de quoi laisser un peu pantois. Certes, le film a raflé à Berlin l'Ours d'or du meilleurs film, ainsi que deux prix d'interprétations collectifs, pour l'ensemble des actrices et l'ensemble des acteurs, ce qui reconnaissons-le n'est pas peu, et voilà que tout le monde tombe soudain à genoux, les bras levés dans la lumière céleste de la révélation ultime : Une séparation est "le" chef-d'oeuvre du cinéma iranien, et Ashgar Farhadi est son prophète, prosternons-nous, prosternez-vous. On pourrait rappeler à la majorité de ces mêmes critiques qui aujourd'hui s'extasient avec des sanglots dans la voix qu'ils furent moins bavards sur le film précédent du même réalisateur, A propos d'Elly... , auquel ils n'accordèrent pas beaucoup plus d'intérêt que s'il se fût agi de, mettons, une bouse de gnou séchée. Fin de la parenthèse)

Farhadi conduit son récit linéairement, s'autorisant quelques ellipses, et, comme dans chacun de ses films précédents, tout ou presque pourrait en apparence  se résumer à une seule question. Pour La fête du feu c'était "A-t-il ou non trompé sa femme avec la voisine ?", et pour A propos d'Elly ç'aurait pu être "Qui était vraiment cette jeune fille ?". Ici, la question qu'on se pose pendant deux heures c'est "Est-ce qu'il l'a poussée ou pas ?", sauf qu'on y a apporté une certaine quantités de sous-réponses et de sous-questions. Qui générent à leur tour d'autres sous-questions, etc.
Toute la deuxième partie du film est essentiellement procédurale (les plaignants / le juge, l'accusé / le juge, les témoins / le juge) genre que -je ne sais pourquoi- j'affectionne particulièrement, sauf qu'ici, on n'est pas dans La défense Lincoln (le système judiciaire iranien semble plus rustique -on peut s'en remettre au juge mais il semble aussi qu'on peut se mettre d'accord directement pour retirer sa plainte contre un tas de pépettes),et, spectateur,  on se sent d'emblée à l'étroit, mal à l'aise, dans cette pièce minuscule remplie de tant de gens (dont certains font tant de bruit...). Car le réalisateur affectionne visiblement les intérieurs, les huis-clos, les espaces réduits, sans tomber dans  la théâtralisation, tant il reste près de ses personnages, simplement, à l'affût  de chaque frémissement, de chaque réaction.
Et on ne peut s'empêcher de s'en poser, justement, des questions, et de changer d'opinion régulièrement à propos des personnages (comme je l'ai dit, personne n'est tout à fait blanc, ni tout à fait noir.) Et le réalisateur parvient même à glisser quelques allusions (il ne serait pas forcément facile de vivre en Iran...) en enfonçant encore une fois le clou à propos du poids (et c'est rien de le dire) de la religion, des coutumes et des traditions, qu'elles soient sociales ou familiales, du choc entre entre les différentes classes, et de l'impossiblité, en fin de compte, de régler tout ça parfaitement,  en son âme et conscience, se payant le luxe, dans un très beau plan final, de laisser en suspens la question à laquelle tout autre mélodramatiste aurait cru bon de devoir répondre pour que, justement, le spectateur s'en aille un peu rassuré. Ce qu'il ne sera pas.
Du très beau travail, décidément.
Et j'apprend que les deux films précédents d'Ashgar Farhadi ressortent très prochainement en salle (décidément, voici un distributeur et/ou une attachée de presse qui font un boulot du tonnerre!)

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30 mai 2011

retors

LA DEFENSE LINCOLN
de Brad Furman

 longtemps que je n'avais pas vu Mathiew mc Trucmuche (mon dieu je n'arriverai jamais à mémoriser son nom) La dernière fois, c'était dans Ed tv (dans la scène d'ouverture il se -me semble-t-il me souvenir- grattait virilement (et voluptueusement) les couilles à peine réveillé. (je viens de vérifier, c'était en... 1999! autant dire que depuis, je l'avais un peu perdu de vue!
Le voilà donc qui a revient, il a perdu sa jolie barbe frisottée, il a  vieilli (il pourrait quasiment être son père!), il a mûri, il est vraiment  parfait dans ce rôle d'avocat roué, friqué,  cynique et désabusé, retors, spécialisé dans les acquittements tout aussi retors pour vices de procédure, entourloupes coups-fourrés et autres enculages de mouches justicielles. Il est très fort, le gars, mais voilà-t-y pas qu'il va tomber sur  accusé infiniment plus roué que lui. un os, quoi.
Tiré d'un roman de Michael Connelly (un des derniers, que je n'ai pas lu. J'ai adoré Connelly, au début, jusqu'à ce qu'il se mette à nous pondre, avec une régularité de pondeuse justement des ouvrages qui devenaient de moins en moins intéressants... Ah, Le poète, Ah Le dernier coyote...DONC celui-là je l'avais zappé.)
Il faut reconnaître que c'est très bien ficelé, qu'on est en domicile connu : Los Angeles, meurtre sordide, procès,  erreur judiciaire, coups tordus non seulement entre l'accusation et la défense, mais aussi entre les avocats et leur client, pour nous donner un film à goût double : un film de tribunal comme je les aime, doublé d'un thriller solidement charpenté, qui met les gaz progressivement mais que, une fois qu'il a bien embrayé, vous ne pourrez plus  lâcher... Des meurtres, des accusations,   des témoins, des flingues, des couteaux, des battes de base-ball, du suspense, de la violence, des rebondissements, et même de l'humour , que demander de plus, franchement, hein ?

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21 mai 2011

pitbull

LE GAMIN AU VELO
de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Au début c'est presque un peu agaçant, tant on sait tout de suite qu'on est chez les frères Dardenne. Rosetta n'avait qu'une idée en tête : trouver du travail, eh bien, ici, Rosetton (en vrai,dans le film, il s'appelle Cyril) n'a qu'une idée en tête, retrouver son père, qui l'a planté dans un foyer avec la vague promesse de revenir le chercher un de ces quatre...
Rosetta marchait vite et la caméra à l'épaule la suivait, de dos, Cyril aussi est très speed et n'arrête pas de courir sur les traces de ce père évanoui. On le suit. A pied d'abord, puis en vélo. Car sa route va croiser celle de Samantha, une jeune coiffeuse, qui va d'abord lui rapporter son vélo (que son salaud de père avait revendu) et le prendre sous son aile -et accessoirement chez elle- tous les week-ends, l'aider dans cette quête, jusqu'à lui organiser un rendez-vous avec ledit père, qui a visiblement d'autres chats à fouetter. Bref, une vraie de vraie gentille, ce qui n'est pas si courant dans le DardenneLand. Révolte, misère, coups tordus, violence sociale et familiale, relation fils/père,c'est sûr, on est en terrain connu, et pourtant, plus le film avance, plus on se prend à dire que c'est plutôt bien fichu, que c'est vraiment du cinéma (la première apparition de Cyril en chrysalide enroulée dans ses draps, par exemple, fait mouche), et que , finalment ce petit  rayon de soleil, cette note d'espoir, fait du bien dans l'univers habituellement beaucoup plus noirâtre et glacé des deux frères...
Je suis ensuite tombé sur une interview des réalisateurs, et je dois dire que l'intelligence et la simplicité de leurs propos m'ont tout à fait séduit (ces gars-là ne ressemblent pas du tout à leur cinéma, ils rigolent!) ils ont parlé d'un conte, ce qu'avait aussi évoqué Cécile de France dans une autre interview (en ce moment, on voit beaucoup d'interviews Cannesques...), qui a été engagée comme Fée bleue de ce Pinocchio belge (et aussi -dixerunt les Dardenne- pour savoir si la greffe était possible entre une actrice "célèbre" et leur univers, et que - dans un éclat de rire commun- ben oui, c'était possible!)
En y regardant bien, c'est stricto sensu une structure de conte qu'ils ont donné à ce Gamin au vélo (le héros, la quête, la bonne fée, les méchants, l'objet magique, le lieu magique, les épreuves...) mais très habilement, dardennesquement, quoi, camouflée sous un épiderme de vraie réalité, avec des gifles, des sandwiches, des signatures de papiers chez le juge, et des robinets qu'on refuse d'arrêter de faire couler...
Côté interprétation, il faut, bien évidemment saluer le gamin, Thomas Doret, petit animal buté, raidi dans le déni (au début, on a envraiment envie de lui filer des baffes) et progressivement apprivoisé,  et la simplicité souriante de Samantha / Cécile de France, personnage d'autant plus attachant que rien n'est explicité des raisons qui la poussent à agir comme elle le fait. Les compères habituels (Jérémie Rénier, Olivier Gourmet,) répondent présent (Rénier -encore!- en père faible et lâche, Gourmet en barman), et on sort de là plutôt ragaillardi et souriant.
Mérité-ce pour autant une troisième Palme d'Or ??? A voir...

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21 avril 2011

coutures de sièges

WE WANT SEX EQUALITY
de Nigel Cole

Une histoire de femmes. Basée sur des faits réels (ou comment, en 1968, les femmes ouvrières chez Ford firent grève pour obtenir l'égalité des salaires avec les hommes et finirent par obtenir gain de cause). Comme on connaît la fin dès le début, on a un peur de s'ennuyer, et on se demande comment le réalisateur va "tenir" tout le film. d'autant que quasiment dès les premières minutes, la grève est votée...
Et bien, il s'en sort très bien (le réalisateur). Une mise en jambes très british (le fameux "cinéma social" mi-Loach mi-Frears) et très sixties (les choucroutes, le mascara, les tubes de l'époque -le jerk et autres danses tribales- les mini-shorts) plante le décor et nous met assez vite dans le bain. On suit Rita (Sally Hawkins, aussi attachante ici qu'elle était agaçante dans le Be happy de Mike Leigh), une des ouvrières, qui va oser prendre la parole et devenir, justement, le porte-parole du mouvement.
L'encadrent plusieurs autres portraits de femmes (la vieille déléguée syndicale dont le mari perd les pédales, la blonde qui rêve de devenir mannequin, l'autre blonde, hyper-classe et cultivée idem que son mari traite comme une courge, et, last but not least, la "rousse incendiaire", Ministre du travail -on retrouve ici avec plaisir la so british Miranda Richardson-) amenant chacun(e) sa pierre à l'édifice dans les revendications du combat, ou, si l'on préfère son éclairage particulier sur la situation (dû à sa couleur de cheveux sans doute ? non non, je plaisante...).
Les hommes, là-dedans font tous plus ou moins honte, ce ne sont que machos, bornés, réacs, veules, lâches, pleutres, méprisants, j'en passe et des meilleurs (seul le -gentiment poupin- mari de Rita s'en sort à peu près avec les honneurs, et encore faut-il attendre la dernière partie du film! Et Bob Hoskins aussi, qui est quand même celui qui met le pied à l'étrier à Rita...)...
Ce que pouvait faire craindre l'application de la reconstitution historique (et le didactisme y afférant) est balayé par l'humanité de toute cette histoire (et le bien-fondé de cette lutte, évidemment) et l'enthousiasme qui va avec. Plus ça avance, et plus on est touché (le film culminant pour moi, question larme à l'oeil, dans la scène du discours que fait Rita aux représentants des syndicats tandis que son mari, venu la rejoindre à l'improviste et en moto, assiste au dit discours, et la scène suivante où il affirme à sa femme son soutien inconditionnel...)
Bien sûr, il y a peut-être dans tout ça une certaine "idéalisation", un aspect idyllique et youp la boum de la vie de l'entreprise, de la vie politique et du prolétariat, mais, comme pour La nostra vita, j'ai juste envie de rétorquer "Et alors ?" (dans le cas précis, ça serait plutôt "so what ?") Car le ton résolument alerte et positif du discours dissimule quand même une sacrée amertume, sans que jamais le pathos ne puisse prendre le dessus...

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29 mars 2011

oeufs durs

SI U MEURS JE TE TUE
de Hiner Saleem

J'aime les films fragiles, j'aime les films doux, j'aime les films buissonniers, pour lesquels la ligne droite n'est pas forcémùent le plus court chemin narratif. J'aime ces films attendrissants par leur maladresse même ; des fois ils sont un peu flageolants sur leurs petites pattes (je vais arrêter de filer la métaphore, voilà que j'ai dans la tête des images de la naissance de Bambi, faudrait tout de même pas pousser...), bref ces films qui prennent un peu la clé des champs cinématographique(s). Les chemings deu traverseu.
Le cinéma d'Hiner Saleem m'a irrésistiblement évoqué celui d'Otar Iosseliani, la même apparente désinvolture, le même mélange de sourires et de larmes, la même humanité (qui rimerait avec entraide et solidarité), et le même attachement, visible et viscéral,  pour un peuple (les Géorgiens pour Otar, et les Kurdes pour Hiner).
Au début du film, il pleut fort (il pleuvra aussi fort à la fin), un homme sort de prison, il s'appelle Philippe (incarné par un acteur que j'adore, Jonathan Zaccaï). Il croise à un comptoir, au détour d'un oeuf dur, Avdal, un kurde venu à paris pour exécuter un contrat (tuer un tueur) se lie d'amitié avec lui, et finit même par l'héberger. Il y a dans cette première partie, pour le pervers incorrigible que je suis, tout un sous-texte gay plutôt éloquent et troublant, bien vite dissipé lorsqu'entre en scène la mignonnissime fiancée de Avdal, Siba (Golshifteh Farahani)
Avdal, qui a eu la mauvaise idée de décéder soudainement, laisse au pauvre Philippe, désemparé, le soin de s'occuper des funérailles et de prévenir la famille... Tous ça va encore se compliquer avec l'apparition du père de Avdal, venu en France pour récupérer les cendres de son fils, et, espère-t-il, la jeune fiancée qu'il pense marier à son autre fils, avec pour interprète(s) (le français ne parle pas le kurde, ni les kurdes le français, sauf la jeune fiancée) une portée de six frangins, kurdes bien entendu, qui vont encore ajouter à la pagaille environnante...
Le film se promène dans Paris (que, visiblement, le réalisateur aime et qu'il aime filmer)  prend le bus,  le métro, la voiture, marche, flâne, musarde, et prend plaisir à ajouter à cette narration itinérante, déjà bien vagabonde, des petites escapades ici et là, des respirations, des "rien à voir mais on prend quand même le temps de le regarder"...
Et on prend un vrai plaisir à tout ça, toujours un peu entre la drôlerie (la bouffonnerie) et le sérieux (la gravité), passant parfois sans transition d'un état à l'autre, ex abrupto. Des personnages secondaires attachants -parfois juste esquissés, mais comme en acquérant du coup une certaine épaisseur- peuplent agréablement les bords de cette histoire. (de ces histoires).
Le film a énervé Les Inrocks, c'est tout à son honneur, et n'en a donc que plus de mérite (des fois, eux aussi, ils m'énervent très fort : les reproches formels qu'ils font au film, ils auraient pu les faire de la même façon, à, disons Oncle Boonmee, que pourtant ils ont -comme moi, cette fois- adoré. Va comprendre, hein, et reprends donc un oeuf dur...)

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3 mars 2011

meth

WINTER'S BONE
de Debra Granik

Un film qui me parvenait précédé d'une louangeuse réputation, avant même sa sortie française. Je suis donc allé sans rien en lire à l'avant-première de mardi soir.
Un film comme un chien méchant, attaché court, qui grogne et montre les dents. Un film pas aimable. Tourné "réalistement" dasn le quart-monde américain, en plein Missouri, avec les ploucs locaux qui n'ont pas une vie facile mais ne vous la rendent pas non plus.
Où une demoiselle (Ree, qui pourrait être une version plus agée de la demoiselle des frères Coen) qui éleve seule ses deux jeunes frère et soeur, et sa mère qui a viré légume, doit soudain remuer ciel et terre pour retrouver son père (ou ce qu'il en reste) sous peine de perdre la maison et le terrain qu'elle occupe, et met le nez dans des combines familiales et claniques de plus en plus fangeuses et violentes.
Un film où le seul sourire apparaît à la toute toute fin du générique de fin. Un film où la réalisatrice se réclame des Dardenne, Dumont, et autres Olmi, mais déclare avoir utilisé des vraies maisons de pauvres et même des vrais habits de pauvres (en plus des vrais mots de pauvres!) pour faire plus "vrai".
Un film qui met mal à l'aise, tient à distance. Gens difficiles, vies de merde, couleurs froides hivernales, désespoir glaçant. Misère, violence, coups de cueules, re-violence, re-misère, etc.
"Y a quand même du déesepoir, oui, y a quand même du désespoir..."
Déplaisant. (En tout cas, le genre de film qui ne convient pas, à moi le midinet plus à l'aise avec les "films de filles" -mais pourtant ceci en est un- habituels.) Pourtant beaucoup crient au génie : "extraordinaire" "magistral", "coup de maître", etc.
Mouais.

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31 décembre 2010

bilan ciné

(vus à paris)

LIBRE-ECHANGE
de Serge Gisquière

Une comédie sympathique, qui vaut surtout par son duo d'actrices : Carole bouquet impériale en pute de luxe un feu fatiguée et Julie Depardieu hélas un tout petit peu trop suremployée en bobonne nunuche (Malou dit que la coupe chez le coiffeur n'est pas vraisemblable). Les dialogues font mouche, surtout les scènes entre filles, et quelques répliques feront date ("Je vais vous aspirer cinq minutes, au moins je ne serai pas venue pour rien..."). Le sous-texte politique du scénar est moy-moy. Agréable, rafraîchissant et futile  comme une coupette.

ALAMAR
de Pedro Gonzales-Rubio

Je continue ma carte au Latina commencée au mois d'août! Très dépaysant, que ces quelques jours de vacances qu'un père divorcé offre à son fils dans un lagon de rêve, très loin là-bas au Mexique. Au menu , pêche, fruits de mer,  cabane sur pilotis, apprivoisage de héron pique-boeuf, vie simple et saine, entre mer et ciel. Tout dans le bleu. Une chronique quasiment de rêve,donc,  proche du doc, réchauffante quand on s'aperçoit à la sortie de la salle qu'il neige à gros flocons!

WE ARE FOUR LIONS
de Chris Morris

Alors celui-là, j'avoue que j'ai adoré, et qu'il a raté de peu l'entrée dans le top 15 de l'année. J'ai vraiment rigolé comme une grosse baleine à maintes reprises devant les aventures de ces Pieds-nickelés apprentis-terroristes vraiment très très fabuleusement cons, force est de le reconnaître. C'est très british, très "channel four", très drôle, très destroy et très noir.  Furieusement destroy. Là où le bât blesse un peu c'est -effectivement- qu'il s'agit de terroristes, et que le "héros", le plus sympathique de la bande (moi, mon cœur battait, bien sûr, pour le grand très con et très barbu...) est tout de même un intégriste fanatique, dont les motivations ne seront jamais précisées. Il y a comme un malaise, d'autant que le personnage -comme le réalisateur, n'hésite pas à aller complètement jusqu'au bout, jusque là où, soudain, on ne rit plus du tout (ou alors très très jaune).

ANOTHER YEAR
de Mike Leigh

Un autre film so british, encore vu aux séances matinales de l'UGC Les Halles (où nous allâmes beaucoup).Un couple swimming into happiness, entouré de copains célibataires et/ou mal dans leurs pompes. C'est là que j'ai réalisé combien j'étais naïf (et "premier degré"), et comment je serais passé complètement à côté du vrai sujet du film sans les éclairages de Malou et son indignation envers certains personnages. Ici aussi, le plan ultime est glaçant, et force le spectateur à reconsidérer ce qu'il vient de voir..

DES FILLES EN NOIR
de Jean-Paul Civeyrac

Retour à mon MK2 d'amour dont de mauvaises langues avaient annoncé, à tort qu'il n'accordait plus de réduc aux séances du matin. Que nenni. il faisait partie des "séances de rattrapage" prévues. Ca m'a tellement touché que je ne suis allé rien voir d'autre de la journée (j'avais envisagé Mardi après Noël et Cabeza de vaca). Sur un sujet qui -sur le papier- aurait pu prêter à ricaner (deux adolescentes gothiques décident de se suicider), Civeyrac livre un  film sobre, digne, frémissant, habité.  Qui tangue dangereusement à un certain moment, manque de perdre son bel équilibre, et se reprend. Superbe.   

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(Oups! -rétrospectivement- : en reprenant mon carnet, je m'aperçois que j'en ai oublié un :

LES EMOTIFS ANONYMES
de Jean-Pierre Améris

Vu dans la graaaaande salle de l'UGC Les Halles, un matin. Gentillet. Mais tellement transparent qu'il m'était sorti de la tête. L'idée est sympathique, mais le problème c'est qu'il n'y en a qu'une, étirée sur 1h30 : ils sont timides. (Ah non il y en a une autre : ils sont dans le chocolat....) Isabelle Carré est délicieuse, Benoît Poolvorde sobrement bien, oui, tous les deux sont excellents mais bon... Il manque un ingrédient, un tour de main, pour transformer cette boîte de chocolats "standard" en quelque chose de plus précieux, de plus raffiné, de plus audacieux...Enfin, j'aurai tout de même eu le -rare- plaisir de revoir mon Philippe Fretun chéri (Philippe, si tu lis ces lignes,ouououououh!), c'est déjà ça, hein ?

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-fin de la parenthèse!)

1 août 2010

le chien et les vaches

TAMARA DREWE
de Stephen Frears

Encore une sacrée belle surprise : je m’attendais à un truc genre Vera Drake ou Raining Stones, bien âpre, bien social, bien flippant, un portrait de femme solitaire se battant courageusement contre la funeste adversité et les inégalités sociales dans un univers black black qui pue les fish and chips et la sueur des dockers le soir au fond des pubs… Eh bien pas du tout du tout !
Stephen Frears a, cette fois-ci, adapté une BD (que je ne connaissais absolument pas). (Il le reconnaît lui-même, cet homme est un
adaptant.)Une histoire -au départ- théâtralement bucolique et agreste : un home d'écrivains (genre chambre d'hôtes à la campagne pour écrivaillons en panne à ressourcer) créé dans un village (qualifié de "trou du cul du monde" par une de ses -jeunes- habitantes) riant, vert et bouseux juste ce qu'il faut, par un couple "modèle" (lui écrivain auteur de polars à succès / elle s'occupant de tout le reste, les poules, les hôtes, l'entretien de la maison, le ménage, les pages du jour à taper de son mari, les gâteaux pour les petits quatre heures, oui, bref, de vraiment tout le reste...)
L'époux trompe son épouse, elle l'apprend, s'nsuit une scène de ménage et d'anthologie dont sont d'ailleurs témoins -repas du soir oblige- tous les écrivains hébergés (dont un certain quinqua, américain et de surcroît spécialiste de Thomas Hardy.

Arrive juste après (en sautant la barrière) la jeune Tamara (celle du titre) dans son petit short en jeans, partie bien des années plus tôt à London, et revenue (avec le nez refait) au village pour (pour quoi au juste, déjà ? ah oui, revendre la maison de sa mère, maison dont s'occupe un robuste ... métayer (?) qui nous aura d'ailleurs fait pour la scène d'ouverture du film un numéro de bûcheronnage torse-poil tout ce qu'il y a d'agreste et de viril -et de cin d'oeil cartepostalesque ?-.) s'occuper donc de cette fameuse maison (qui est aussi celle où le robuste bûcheron a vu le jour), mais, surtout, à vrai dire, on va s'en rendre compte assez vite, foutre un sacré joyeux bordel.

Tout ça est observé par deux gamines dans toute la splendide horreur de l'adolescences (à vrai dire, c'est d'ailleurs plutôt elles qui vont foutre un joyeux bordel, mais bon, c'est quand même Tamara qui est le pivot de tout ça.)

Ajoutez un batteur (de groupe de rock) en Porsche jaune, dont une des adolescentes est raide amoureuse, le chien dudit batteur, et la voisine aussi (qui a un troupeau de vaches). Un ordinateur aussi, et tout peut démarrer.

Et pour démarrer, ça démarre. Je parlais de théâtralement, et c'est vrai qu'il y a un peu de ça, dans la présentation des personnages, la mise en place de(s) l'actions(s), (qui entre, qui sort, c'est impeccablement scénographié / chorégraphié) car bien vite tout ça va incroyablement se compliquer (qui aime qui, qui trompe qui, qui fait quoi...) dans un méli-mélo -comme dirait Téléramuche- de plus en plus
jubilatoire.
Bref, une rafraîchissante comédie estivale.
Avec tous les ingrédients pour vous faire passer un bon moment : scènes de ménage à la campagne, fornications bucoliques, promenades bou(s)euses, personnages en surchauffe, répliques assassines, herbe verdoyante et grasse à souhait, bons mots non expurgés, et, pour enrober tout ça, un ineffable sens du rythme et de la mise en scène, qui saura dans une même scène vous couper le rire gras sous le pied et quasiment vous y faire venir la larme à l'oeil (ce qui -anatomiquement parlant- semblerait a priori plutôt incompatible mais bon...)

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(bon, c'est vrai que si j'vais un peu regaré l'affiche avant, j'aurais vu que ça promettait un film... léger)

12 juin 2010

(vieux) cinéma

Emu... tout à l'heure, en lisant, dans le Premi*re n°400 (où plein de personnalités donnent des listes de cinq films préférés à un titre ou à un autre) que l'un des cinq films majeurs pour Apichatpongounet est ... Goodbye, Dragon Inn, de Tsai Ming Liang, que je place personnellement aussi très haut dans ma cinémathèque personnelle...
Voilà, c'est tout...

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1 juin 2010

gel (et grosse pluie)

DESPUES DE LA REVOLUCION
de Vincent Dieutre

Ne pouvant réussir à voir le film en salle (je suis sûr qu'il doit passer au MK2 Beaubourg) j'ai -en bon provincial- décidé de me payer le coffret de 4 dvd dont ce film fait également partie. Quatre films, autour de 4 villes où le cinéaste se rend et dont il nous parle.
Il est ici question de Buenos Aires.
A partir d'un matériel vidéo au départ assez banal (scènes de rues, séquences intérieures en chambre(s), plans fixes urbains) le réalisateur parvient, par l'ajout d'une voix-off -la sienne-, à élaborer un document intime, personnel, touchant, exotique  pourtant dirais-je pour le petit pédé provincial que je suis par l"univers évoqué, d'artistes, de Biennales, de séminaires et autres performances. Le réalisateur raconte, se souvient, Des poèmes argentins sont dits par une voix de femme.
Très artiste, très intellectuel, très "présent/absent" (comme disait un ancien metteur en scène) et pourtant, finalement très humain.
Vincent Dieutre pousse l'honnêteté morale à ne rien nous laisser ignorer de ses pratiques sexuelles, dans des scènes toutefois pas filmées tout à fait comme le reste (la caméra n'est pas du tout posée, et elle en gesticule tant que ça vous donnerait un peu le tournis, juste pour ne pas nous permettre d'en voir trop.)
Quant à la mention TOUS PUBLICS figurant au dos du coffret, je dis qu'y' faudrait quand même pas pousser. Ni ebzagérer, oh!  C'est vrai que tout ça n'est pas vraiment passable dans notre bôô cinéma, hein... Soupir

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8 mai 2010

ni tout à fait le même...

Chaque soir, juste après le maquillage, j'avais mis en place un petit rituel ; je me prenais en photo (mais à chaque fois j'avais enlevé la photo du jour précédent pour ne pas avoir de point de comparaison) voici donc ces quatre self-portraits...

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(28 avril)
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(29 avril)
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(30 avril)
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(1er mai)

Pfou lalah! Déjà une semaine... Me reviennent des bribes de phrases, comme des échos assourdis... Seuls entre les créatures... Alors c'est toi le monstre... Tu viens de quelle planète... et gentiment lui loger une balle dans la tête... enfant je te nomme mien... fuis, cache-toi dans les ruines... Au lit, sa chaleur... Je suis du deuxième choix.. T'sors avec moi ce soir ? Il y aura des dissensions... Ca n'absorbe pas... construire votre maison avec des briques qui avaient déjà pris feu...l'écureuil roussi... Je vois mon père au coin de la rue... MADAME ALISON!

"La vie comme dit l'autre a repris tous ses droits..." (comme chantait G.B), mais, comme au moment du salut, j'ai souvent envie de juste me retourner, et de vous regarder par-dessus mon épaule...

27 avril 2010

roulottes

LIBERTÉ
de Tony Gatlif

Bon, certes, je suis réceptif, mais au bout de dix secondes de générique, j'avais déjà les larmes aux yeux... et à la fin du générique de fin (étonnant, musicalement, puisqu'à une chanson de Catherine Ringer succède une superbe création sonore dont j'ai vainement cherché l'auteur dans le -justement- susdit générique), je les avais toujours (même si mes yeux ne l'avaient pas été continuellement pendant le film -mouillés-, ça vous donne une idée...)
J'avoue que d'ordinaire le cinéma de Gatlif ne m'attire pas spécialement (c'est comme ces musiques-là, je l'avoue, assez vite ça me saoule...) Et là, je ne sais pas pourquoi, je me suis lancé...
Premier effet pervers : après Mammuth et son image grave-cracra, Liberté prendrait presque, dans un premier temps   des airs de film hyper-léché : plans composés, lumière superbe, image parfaite, cadrages soignés, on se dit, "c'est trop joli" mais non, on se dit juste après, c'est juste du "vrai" bon cinéma, fait avec les tripes et le coeur.
Et du coeur, il en a à revendre Tony Gatlif. Il nous parle de ce qu'il connaît, de ceux qu'il aime, les Roms, les tziganes, les bohémiens, les voleurs de poules, les non-sédentarisés (ça dépend de ceux qui en parlent). D'une famille de Roms, donc, en 1944, de ses démêlés avec la police française, les officiers allemands, les collabos, les autochtones, et deux personnages de "justes" : le maire et l'institutrice de la commune  où ils débarquent au début du film.
Il  y a deux axes narratifs,ce qui fait donc un peu bringuebaler la carriole du récit. A hue et à dia comme on dit. Autant la partie "rom" est flamboyante, tonitruante, échevelée, baroque, superbe, autant, par comparaison celle qui parle des "français" semble un peu raide, compassée, bien repassée, didactique, appliquée, quoi.
La "liberté" du titre semblerait bien ne s'appliquer qu'à une moitié du récit, la seconde l'étant sans conteste beaucoup moins. Les gentils le sont vraiment trop, et les méchants aussi, et même l'histoire d'amour (le maire et l'institutrice) y semble bien plus empesée que celle, symétrique, qui lui répond (Taloche et l'institutrice).
La partie "reconstitution" est bien moins intéressante que l'autre.
Mais tout ça tourbillonne et vous envoie valdinguer le coeur le ventre et le reste, et on ne peut que  réagir comme le gamin du début (et de la fin) et courir de toutes ses forces derrière les roulottes, pour les accompagner. (En plus -ceci n'est absolument pas cinématographique mais plutôt esthétique-  qu'est-ce qu'ils sont beaux! Ce sont vraiment des farouches guerriers, oeil de braise et barbe hirsute... Hmmm celui qui a les petites nattes de chaque côté...)

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(tiens et je vous rajoute une tite photo pour vous montrer comme ils sont beaux... mon préféré c'est celui tout à gauche..)

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31 mars 2010

bons et loyaux services

Bon d'accord, elle était vieille.
Bon d'accord elle avait fait son temps.
Bon d'accord elle ne pouvait plus rouler, même avec la meilleure volonté du monde...
N'empêche que ce matin, après un ultime nettoyage, en lui faisant faire son dernier trajet, puis en la laissant là sur le parking du garage,toute seulette comme ça, promise à une mort certaine, je me serais presque senti comme le chasseur quand il va abandonner Blanche-Neige au milieu des bois, à la merci des bêtes sauvages.

In memoriam ma 306 (1997/2010)

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(vue d'ensemble)

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(détail -flou mais attendrissant-)

16 janvier 2010

"c'est quoi, ton cerveau, un photocopieur à conneries ? "

UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES
d'Alfred Lot

Alors ça c'est curieux...
(1) Je suis entré dans la salle en étant persuadé que j'allais voir un film de Michel Blanc... Pas du tout!
Alors ça c'est curieux... (2) Les deux derniers films que j'ai vus pourraient grosso modo avoir le même résumé. La ressemblance avec La famille Wolberg est assez sidérante : une histoire de famille (x), centrée autour d'un père (x), qui est malade (x), avec deux enfants , une fille (x) et un garçon (x), que sa femme trompe (x), avec une scène de fête à la fin (x) où il fait une déclaration (x) où il est question de vie et de mort (x) Quoique, si l'on y regarde à deux fois, même si la matrice scénaristique semble au départ identique, le traitement en fait deux films quasiment opposés.
Les dialogues de celui-ci sont tout aussi "écrits" que ceux de l'autre, encore plus acides et percutants peut-être (plusieurs fois je me suis dit "oh celle-là il faut que je la retienne"), ils sont mis dans la bouche d'acteurs plus connus (et reconnaissables), et de plus sympathiques (le fameux capital sympathie) : Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey, Gilles Lellouche (je n'y peux rien, lui, il me fait toujours autant craquer, d'autant  que je trouve qu'il se sort plus que très bien de son rôle pas facile de pas si con). Avec en prime deux apparitions d'Eric Caravaca et même de Nathalie Richard!
Des dialogues brillants, des acteurs convaincants, mais une mise en scène hélas plutôt plate. Mollasse, indécise. Boulevardière (ouch). C'eut pu-t-être alors du théâtre radiophonique ? Hélas oui, quasiment! Bons mots et gros sabots. Le père somatise, la mère démon-de-midise, la fille veut se (re)marier, et le fils est pédé (oh le personnage de pédé agaçant, alibi, bonne conscience, récupérateur, regardez comme je suis transgressif, etc.). La famille Wolberg, elle, n'affiche pas cette volonté d'épater, d'aguicher, de "choquer".  A côté, c'est de la dentelle au petit point! Autant on était là-bas du côté de l'humain, du frémissement, de l'émotionnel,  de la voix basse, autant ici on serait dans la convention et la pantalonnade, le tonitruant.
Autant j'ai trouvé ça sympa au début (je précise que j'ai rigolé maintes fois, ne boudons pas notre plaisir et soyons honnête) autant plus ça va et plus les situations s'émoussent, s'affadissent (les hésitations de chacun -meurs-je ou pas,  trompe-je ou pas , me marie-je ou pas , suis-je con ou pas, m'engage-je ou pas ?- à ne faire que se répéter, virent pénibles) et le film s'aplatit progressivement. Avec en plus une insupportable et catastrophique enfilade finale de happy end(s) style oui oui l'amour finit toujours par triompher (ou la moralité so petit-bourgeoise...)
Et je crois que Michel Blanc , quand il n'est pas chez Téchiné (ou chez lui même) finit par m'agacer, il faut le reconnaître.

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("Les copains de Philippe, après six bières, soit ils nous arrosent d'essence, soit ils nous demandent de les sucer..." -le fils pédé à son copain-. Oui oui, ça m'a fait rire...)

31 décembre 2009

24... works

(encore une fois, je pense que ce ne sont pas vraiment les films qu'on aime, mais plutôt les souvenirs qu'on en a...)

Voici donc "mes" quatorze films pour 2008 :

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Oui, en 2009 j'ai aimé des "gros machins" (Tarantino, Allen, Resnais, qui m'ont, dans chaque cas, réconcilié avec leur auteur par rapport au(x) film(s) précédent(s) que je n'avais pas aimé(s), voire détestés), et des "petits trucs" ( questions moyens financiers je veux dire : Adieu Gary, Inland, La fenêtre, Sita,Tu n'aimeras point, A travers la poussière étant le plus extrême, film kurde vu par environ quinze spectateurs... Tous ceux-là sont "petits" mais sacrément costauds!), j'ai aimé des films de réalisateurs que j'aimais déjà beaucoup avant (Still Walking, La Femme sans tête, 24 city) et d'autres de réalisateurs que je ne connaissais pas encore (le bal des actrices, Sita, Tu n'aimeras point) ou même de réalisateurs que je n'étais pas sûr d'aimer, (35 rhums), je me suis forcé à aller voir des films que j'ai vraiment beaucoup aimés (Sita, Quatre nuits, Adieu Gary, La femme sans tête)...
J'ai aimé une résidence, un papillon sur un mur, un conducteur de train, un rice-cooker, une friche industrielle, un fils à l'oeil de gazelle, des soldats kurdes, des résistants et des nazis d'opérette, un topographe, une conductrice amnésique, un vieillard qui meurt, des actrices, qui s'amusent, joey starr, un voyeur nocturne, une déesse hindoue, une famille japonaise, des amants ultra-orthodoxes, un vieux con grincheux..., au Majestic (Vesoul), au Plazza Victor Hugo (Besançon), au(x) MK2 Beaubourg, Bibliothèque, Quai de Seine etc., au (zut je ne me souviens plus du nom de la salle où j'ai vu A travers la poussière...)

19 novembre 2009

scarabée

A L'ORIGINE
de Xavier Giannoli

"C'est un drôle de truc de pouvoir aider les gens..." 
Au cinéma, j'ai toujours un peu peur peur face aux histoires d'imposture, (les "sérieuses", sinon c'est plutôt sympa) surtout quand un petit panneau annonce "d'après une histoire vraie". L'emploi du temps, de Laurent Cantet m'avait glacé, donc, j'étais au début, dans mes petits souliers.
François Cluzet (parfait) incarne un petit escroc, qui vit de petites combines (amasser le plus d'argent le plus vite possible et de disparaître). Au début du film, il arrive dans une région "sinistrée", laissée exsangue et chômageuse par les délocalisations diverses et l'arrêt prématuré d'un chantier énorme concernant un tronçon d'autoroute, entre Je ne Sais pas où et Là-bas Nulle part. Le voilà qui met le doigt dans un engrenage qu'il ne soupçonnait pas : l'espoir. En se faisant passer pour un mec d'une société Z filiale de la grosse boîte Trucmuche qui justement avait abandonné le chantier, voilà que viennent à lui, comme par enchantement, tous ceux qui s'étaient sentis floués, exclus, abandonnés, et que l'arnaque va se monter quasiment toute seule, grâce à la ferveur, au besoin de croire, (aux illusions balzaciennement perdues puis retrouvées) que lui témoignent tout ceux qui l'approchent, dans un effet de contamination quasi pandémique. Une femme de chambre, son jeune copain, les proprios d'une boîte de location de matériel, un gros chef de chantier, tous sont touchés les un après les autres, jusqu'à la mairesse (Emmanuelle Devos, sublime, qui n'a jamais été filmée aussi amoureusement -surtout ses yeux-) , ses adjoints, et même le banquier local, oui, tous vont venir lui manger dans la main, pour remettre en chantier ce tronçon autoroutier...
Jusqu'au jour où...
Le film est très intelligemment fait. Philippe Miller (l'arnaqueur) sait qu'il a trois mois pour amasser le maximum d'argent avant que le pot-aux-roses soit découvert. Donc, au début, consciencieusement, il fait tout pour entasser des billets et des billets dans son petit coffre-fort, (billets qu'il repasse d'ailleurs amoureusement), tout en regardant malgré tout -avec un début d'inquiétude- grossir démesurément la bulle de l'arnaque qu'il a mise -presque malgré lui- en place, et qu'il contrôle d'ailleurs de moins en moins. Les machines sont là, les ouvriers aussi, et tout se met en branle, inexorablement pourrait-on dire.
Car chaque jour qui passe, même s'il représente des mètres supplémentaires sur le tronçon routier, le rapproche aussi inexorablement de la date du 28 novembre, à laquelle il sait que toutes ses magouilles vont être dévoilées (même si, avant, courent déjà ça et là quelques interrogations, soupçons, et autres inquiétudes). Que la baudruche va se dégonfler, l'édifice va s'écrouler (déjà il se lézarde), la réalité va le rattraper. Oui, que tout va se casser la gueule.
Et voici qu'au moment où il commence à paniquer, vide son petit  coffre et décide de s'enfuir, le récit effectue une genre de demi-tour au frein à main, quand, justement, il s'arrête, comme pris de remords, pour prendre en stop le jeune homme qui lui sert de chauffeur, sous une pluie de tous les diables. Et passe de l'autre côté du miroir de son arnaque ?
Voici que ce personnage d'arnaqueur à la petite semaine va soudain se nimber d'une aura quasi messianique. Ce que les autres ont entrepris avec ferveur sous l'impulsion de ces petites magouilles et mensonges, voilà qu'à son tour il va se mettre à y croire, et tout faire pour que ce chantier soit réellement mené à son terme, que ce tronçon soit terminé dans les délais, en dépit des intempéries, en dépit du manque d'argent, en dépit de son irréalité... Il ira jusqu'à payer de sa personne, face un Gégé Depardieu en deus ex machina, monstrueux (dans tous les sens du terme), et pas seulement de sa personne, mais aussi jusqu'au dernier cent de son précieux petit coffre. Bien entendu, ça ne finira pas très bien (quand c'est "d'après une histoire vraie", en général ça ne finit pas bien...)
Le film est un film de visages et de corps, un film de souffles et de sueur (et donc bien entendu de boue  -à défaut de sang- et de larmes, Xavier Giannoli connaît la chanson...) Un film sur l'espoir et le désespoir, sur l'illusion (qu'elle soir amoureuse ou financière), bref un film d'homme(s).  Avec des acteurs magnifiques (Cluzet tout en sobriété, Emmanuelle Devos lumineuse, Vincent Rottiers rugueux juste ce qu'il faut, et tous les autres à l'avenant) pour une histoire qui ne l'est pas moins...

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26 octobre 2009

let's dance

FISHTANK
de Andrea Arnold

La demoiselle s'appelle Mia. D'emblée, elle nous est présentée comme pas commode. Bon, elle a des excuses : sa mère est une pouffe, une blondasse qui fume qui picole et se tape des mecs qu'elle ramène à la maison.  Cohabitant (vivre serait trop aimable) avec cette mère et sa jeune soeur, au langage fleuri de charretier., Mia passe dans cet appartement comme on traverserait un champ de mines.
Angleterre à terre, petites gens  qui flippent, mal dans leur peau, chômage, insultes comme du tout-venant et baise et défonce comme lien social, on connait un peu le tableau (les anglais savent très lucidement se représenter au cinéma, n'est-ce pas messieurs Loach, Frears, Meadows...) Là c'est une dame qui est aux manettes (on avait vu il y a quelques temps son splendide Red Road) mais l'univers reste - désespérément, c'est le cas de le dire- le même. Et gris et moche et fuck et gin, vive la vie made in England!
Mia n'a même pas 16 ans, et sa vie semble déjà toute tracée. Son seul espoir d'avenir, sa seule projection, son seul intérêt c'est danser, danser sur du r'n'b, danser seule et furieusement, en rêvant aux mirages d'une carrière de star. Jusqu'à ce que que débarque à la maison le nouveau petit copain de sa mère, qu'elle va découvrir en même temps que nous, spectateurs ébahis (j'avais sur le coup je l'avoue, un peu la mâchoire qui tombe et la bave aux lèvres, tant ce mec torse poil, descendant nonchalamment l'escalier avec son petit jean ouvert très taille basse sur un petit cul à la cambrure d'enfer et que devant on y voit presque les poils pubiens est filmé amoureusement par la réalisatrice) pour lequel elle va nous jouer le numéro "la haine est l'antichambre de l'amour" (comme on disait quand on était en 6ème) tant il est évident que celui-là non seulement est moins pire que les autres mais qu'il a l'air de vouloir rester, et  pourrait quasiment suppléer au père manquant qu'elle n'a visiblement jamais eu.
Voilà Mia donc plus aussi pas commode que par le passé, se surprenant même à esquisser de ci de là un sourire, et quasiment apprivoisée par le jeune homme en question. Ce qui provoque force ricanements chez  sa mère et sa frangine. On n'en est alors qu'à vingt minutes de film et donc je ne vais pas tout vous raconter, bien que toute la suite soit assez logique, mais sachez juste que ce n'est pas aussi noir ni violent que j'ai un instant pu le croire. Il y a quelques moments dans le film où l'on a vraiment la trouille au ventre, et quelques autres aussi, à l'opposé, où il pourrait être question de tendresse, de douceur, de chaleur humaine, et n'en sont que plus touchantes.
Andrea Arnold filme tout ça très bien, une caméra proche, un montage plutôt nerveux, avec ce que j'avais déjà beaucoup aimé dans Red Road : des plans de coupe superbes (et sans rapport direct avec le sujet d'ailleurs) des respirations, des parenthèses "naturalistes", des ouvertures donnant au récit (et au spectateur) quelques appels d'air au moment où il en a le plus besoin. Les acteurs sont au diapason. Avec une mention spéciale, il va sans dire, pour la jeune Katie Jarvis ainsi que pour Michael Fassbender (qui nous avait déjà scotchés dans Hunger.) qui ont tous les deux la particularité d'avoir une physionomie variable (tout dépend de la façon dont ils sont filmés, de l'angle de prise de vue : parfois ils sont juste quelconques, et parfois ils sont sublimes) .

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12 octobre 2009

comme sauter à l'élastique

HUMPDAY
de Lynn Shelton

La critique de Libé titrait Enfilés mignons, ce qui est joli, certes, mais finalement mensonger, vu le propos du film. On a évoqué aussi, avec justesse je trouve, Sexe, mensonges et vidéo, puisque c'est tout à fait ce dont il est question ici , sauf que ce film-ci se prend beaucoup moins au sérieux que son prédécesseur (tu le détestes, toujours autant, Pépin ?)
Deux potes se retrouvent après quelques années, Andrew et Ben, A et B pour faire court.  A débarque chez B en pleine nuit. A a une belle barbe, un chapeau d'aventurier et des cheveux en pétard, il joue encore à Kerouac, tandis que B a désormais tout l'attirail du parfait sédentaire : la femme, la voiture, la maison, et bientôt le bébé (sa femme fait tout pour, et surveille avec attention sa courbe de températures). Les deux potes, lors d'une soirée bibine/fumette  (les habitudes reviennent vite) prennent, fumeusement, la décision de tourner, tous les deux, un film porno gay pour le Hump Festival local.
Bon, ils sont tous les deux hétéros, mais ça ne devrait pas constituer un obstacle majeur puisqu'il s'agit d'art. Toute la dernière partie du film, celle qui se passe dans la chambre d'hôtel où ils sont censés passer à l'acte, est bien entendu la plus intéressante (la plus titillante ? bien qu'ici -hélas- pas la moindre QV (quéquette visible) ne fasse son apparition) et on aurait souhaité qu'elle durât plus longtemps (elle aurait même du constituer l'essentiel du film). L'affiche laissait supposer un genre de La Maman et la putain, version mâle et à deux, et, si le début est touchant, avec la maladresse réciproque, les hésitations, la pelle roulée après avoir compté jusqu'à 5, le déshabillage, le rhabillage, puis l'échange sur le pieu qui va tenter de justifier ce non-rapport, on reste finalement un peu sur sa faim tant tout ça reste un peu timide et convenu (pfff ils n'ont même pas ôté leurs caleçons!).
Car, bon, on le voit gros comme une maison dès le début, ces deux coqs-là ne (se) passeront pas (mutuellement) à la casserole (d'ailleurs, qui aurait cuisiné qui ?), ils ne dîneront même pas ensemble., tellement ils semblent un peu honteux/gênés de ce qui aurait pu se passer (ou tristes/déçus de ce qui justement ne s'est pas passé ? petite voix de Jiminy Crickett gay)... B. est bien trop pressé d'aller retrouver sa chère et tendre pour rentrer dans le droit de chemin, tandis que A, reste seul dans la chambre...
Peut-être va-t-il se jeter sur le lit et se mettre à sangloter hystériquement, en murmurant "Ben, oh Ben..." , peut-être va-t-il se déshabiller, se jeter sur le lit et se masturber sauvagement, finissant ainsi tout seul ce qu'ils avaient commencé à deux, peut-être va-t-il s'asseoir simplement sur le lit et y commencer une poignante confession face caméra expliquant au spectateur ce qu'il ressent pour  Ben depuis tout ce temps ? Oui, on espère qu'il va se passer un petit quelque chose de plus, mais non, le voilà qui refait son sac, prêt à partir lui aussi, et juste avant de sortir,  ramasse le caméscope laissé par Ben (un signe ? c'est si bon d'être ainsi toujours à l'affût dans la broussaille du sous-texte gay) et revisionne ce qui a été filmé de leur impérissable échange. Et juste il rit...
Oui, hélas, la réalisatrice en reste là, sur cet éclat de rire (qu'il a d'ailleurs très communicatif) et on a le sentiment, nous spectateur, qu'elle nous a un peu laissé là en plan, le bec dans l'eau, roulé dans la farine... Peut-être y aura-t-il un Humpday 2 ("ils reviennent et ils vont baiser comme des malades" ?)

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(en plus l'affiche est mensongère : Andrew n'a pas du tout la même barbe (ou bien l'a-t-il rasée après, en signe de soumission virginale ?), et on ne les voit jamais dans le lit comme ça tous les deux  -ou bien la suite aurait-elle déjà été tournée ??- )

21 septembre 2009

zum zum zum

BOOGIE
de Radu Muntean

On pardonnera l'affiche accrocheuse (et finalement menteuse) : un monsieur marche tout nu sur la plage, face à nous, son fils sur les épaules, et seul le titre du film vient, juste à propos, nous dissimuler sa zigounette qu'on suppose, allez savoir pourquoi, joviale et sautillante. Quand on voit la température qu'il fait dans le film, on se dit que l'affiche en question fut sans doute conçue -après coup- pour un autre film, ou du moins sa version estivale, genre Boogie 2 : il revient et il a chaud!
Une chronique frisquette, venteuse et finalement tristounette d'un Premier mai dans une ex-station balnéaire naturiste  et chérie des Ceaucescu, à la splendeur enfuie,  où Bogdan, un trentenaire, venu passer là le week-end au calme avec femme et enfant(s) (la dame est enceinte et un peu ronchonne, cela explique-t-il ceci ?) va retrouver par hasard deux de ses potes de "jeunesse" avec lesquels il va tout à trac décider de passer la nuit (et redevenir ainsi Boogie, celui qu'il était auparavant avec eux) contre l'avis de madame, moyennement enthousiaste sur le coup, puisque renvoyée à l'hôtel pour coucher le gamin et l'y attendre...
Virée entre hommes, quoi, avec bowling, boissons diverses, cigarettes, dancing, et finalement une pute qu'ils ramènent dans la chambre d'hôtel des deux comparses, pour une baisette triste (chacun son tour avec la demoiselle, et pendant ce temps les deux autres qui se les gèlent sur le balcon...)
Tout ça enrobé de beaucoup (trop ?) de mots (le film est très loquace, pour ne pas dire bavard) les souvenirs et les regrets aussi, que ce soit entre Bogdan/Boogie et ses copains, ou entre sa femme et lui... Où il serait peut-être question de la difficulté de se résigner à devenir adulte et responsable, et de celle à réussir à faire comprendre à l'autre  ce qu'on avait vraiment envie de lui dire, en utilisant les bons mots...

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22 août 2009

scalps

INGLORIOUS BASTERDS
de Quentin Tarantino

Y a que les imbéciles qui changent pas d'avis...
Après son précédent opus que j'avais détesté (Boulevard de la mort) et le précédent-précédent que je n'avais pas voulu voir (Kill Bill 1 et 2) j'avais qualifié ce monsieur de "faiseur surestimé"... A ces deux mots, je peux désormais ajouter celui d'efficace. LeTarentino que j'aime et son cinoche sont de retour! Alive and well!
La première scène met tout de suite les points sur les i (de résistant et de nazi), face à face morriconien entre un bûcheron français et un chasseur de juifs (Christoph Waltz, aussi brillant que terrifiant), où celui-ci soupçonne celui-là de cacher des juifs, où Tarantino, d'entrée, joue, en même temps que la stylisation, l'étirement à outrance, par un découpage très comics (mais pas vraiment comique).
On continue ensuite avec le groupe des basterds, des soldats américains qui ont pour mission de tuer le plus (et le plus méchamment) de nazis possible (sans oublier  de les scalper), groupe dirigé par Brad Pitt, bizarrement (comicsement ?) affublé d'un accent lourdingue et nasillard de mâcheur de gomme yankee.
Et hop! On est ainsi tout de suite happé, embringué, embrigadé, dans cet univers très personnel, cette vision. très... subjective de la deuxième guerre mondiale. Et c'est parti pour 2h30 de spectacle. A la Tarentino, avec ces excès qui le caractérisent (le sang, les fusillades, la violence physique) les changements de rythme incroyables (qui font craquer la boîte de vitesses), et ce regard amusé, "distancié", cet espèce de clin d'oeil ironique qu'il semble faire en permanence à son histoire, à ses personnages, et à ses spectateurs... D'autant plus que c'est découpé en chapitres, (des fois qu'on se perdrait dans la chronologie ou les rebondissements) car l'intrigue est riche, et les personnages nombreux (Tarentino a même supprimé une partie de l'histoire -ce qui arrive à Shosannah entre la fuite de la cabane et la devanture du cinéma- sinon le film aurait fait 4h (mais je ne pense pas que je m'en serais plaint!)
Même si tout ça est revendiqué carton-pâte et glamour d'opérette, imagerie d'Epinal (ou peut-être de Vichy ?) et humour sanguinolent, le scénario s'élabore comme le mécanisme d'horlogerie d'une machine infernale, et met tout en place pour préparer "la" scène, celle  qui va nous péter à la gueule, le moment de gloire (d'un film qui en comporte tout de même quelques autres joyeusement furieux -ou le contraire-) : l'attentat du cinéma. C'est... grandiose!  (Vous verrez par vous même...) Et dans cette apocalypse par les flammes,  notre Mélanie Laurent nationale s'en tire avec tous les honneurs (mais c'est l'ensemble de la distribution qu'il faudrait clapclaper...) de la patrie reconnaîssante... (eeuh, ne raconte-je pas un peu n'importe quoi, là ?)
Comme dans la Vache qui rit, Tarantino a mis dans son film de nazis un autre film de nazis (à l'intérieur duquel on pourrait même en apercevoir un troisième...), utilisant la mise en abyme comme une distance supplémentaire (et cette fois-ci, pas dans l'ironie, mais plutôt dans l'émotion. Il se permet de réécrire l'histoire car, comme il le dit : " Mes personnages changent le cours de la Seconde Guerre mondiale, parce que justement ils n'existent pas. Et tout ce qui se passe devient possible, vraisemblable."
Le film commence bien, en effet, par il était une fois...

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