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lieux communs (et autres fadaises)
17 février 2021

poulailler 46

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le photographe de l'Est Répu s'est posté au bord du Lac de V. au petit matin...

*

(les phrases du carnet)

Quand j'allais au cinéma "en vrai", de temps en temps, pendant le film, passait une phrase que j'avais envie de noter, et je sortais alors  à tâtons de mon sac mon carnet pour y noter, un peu à l'aveuglette, la phrase en question. maintenant que je regarde les films sur mon écran d'ordinateur, j'ai continué cette pratique, mais sur un autre carnet, un peu dans tous les sens, et je me suis amusé à recopier chacune des phrases que j'y ai recueillies, depuis quelques (semaines ? mois ?), dans l'ordre où elles apparaissent (qui n'est pas forcément celui où je les ai écrites)

"- Des biscuits bio sans sucre et sans gluten...
- Des biscuits uniquement délivrés sur ordonnance ?"

 

"Les pigeons, on les voit jamais petits, ils sont tout de suite grands..."

 

"Le pire dans l'insomnie, c'est de ne pas rêver."


"Cette douleur me fait l'effet d'un nuage vu par satellite."

"Le gardien du sommeil, affolé, les déguise avec ce qu'il a sous la main..."

"Mais enfin, Bastien, on n'appelle pas son zizi Pompidou!"

"Certains hommes n'ont été ni semés ni labourés."

"Alors, peut-être que ça n'existe pas, mais en tout cas il y a une porte qui y mène."

"Des souvenirs que je crois précis, et je me rends compte qu'ils sont contredits par une photo, un enregistrement..."

"Si la réponse à la demande ne vient pas, alors on rentre dans le manque, la frustration..."

"Et je ne comprends pas comment je peux être encore vivante, alors que tous les gens autour de moi dans la rame sont morts"


"J'ai joui, avec toute ma tristesse."

"Une beauté que ni l'art ni la nature ne peuvent atteindre seuls, mais qui est possible par leur union."

*

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bientôt le retour des beaux jours
(dès la mi-février je me prends à espérer...)

*

Wow! j'ai dormi 6h40 d'affilée, ce qui ne m'est pas arrivé depuis des lustres...

*

 

 

 

15 février 2021

poulailler 44

 *

"...que si je me couchais après ving-trois heures, trente, et quelques, la certitude que je dormirais mal, passé minuit rien ne va plus (comme les gremlins ou cendrillon) que ce soit difficultés d'assoupissement, pourtant inhabituelles, à chaque fois à l'instant où j'allais basculer dans le sommeil une soudaine mini-apnée, comme une inspiration, un hoquet sans hoquet, un spasme, voilà, un spasme, m'empêchait de basculer "dans les bras de Morphée", et clic! les yeux ouverts - façon de parler- dans l'obscurité, à nouveau les pieds -figurés- dans l'herbe froide (c'est la nuit) dans l'herbe froide donc du réveil. Resté du mauvais côté de l'assoupissement. A quai. Ou bien, autre hypothèse, endormi cette fois sans souci, bienheureux, et soudain éveillé en fanfare (tambour et trompette) avec la machine à apnée qui souffle dans vos bronches (déjà le larynx et le pharynx, plutôt) comme une forcenée, ce n'est pas l'apnée qui vous a reveillé, c'est juste la machine qui était censée y remédier. Ou encore, rien de tout ce qui précède, endormi sans problème, normalement, et réveillé, tout aussi normalement, deux heures après, règlementaire(s), par l'envie de pisser y aller, puis y on se recouche, d'habitude, à peine la tête posée sur l'oreiller et le masque ajusté sur le pif pour en conforter l'adhérence, et voilà que "ça" ne vient pas (le sommeil je veux dire) et si par mégarde alors on toussotte juste un peu, c'est la soudaine presque panique (on l'a, on est atteint, on est malade, on va mourir et s'asphyxier -ou plutôt le contraire, s'asphyxier et mourir semble bien plus logique-) tandis que dans la tête cavalcadent non pas des moutons qu'on serait d'ordinaire là supposé compter mais tout un tas, un troupeau vague d'informulées vagues angoisses (idées noires dirait Franquin) qui divaguent et se chevauchent, vaguement, sétirent, dérivent puis, si on n'y prête pas trop d'attention, finissent par s'effilocher et disparaître, comme la brume sur les champs au petit matin quand le soleil point."

(trois heures vingt-quatre, texte insomniaque ainsi produit, consécutif à la lecture d'Une petite forme, -les dessins en moins-, dans la même rythmique respiratoire en tout cas, et sa conjonction avec plusieurs épisodes -trop, sans doutes- d'En thérapie.)

*

En thérapie, justement.
Ca faisait un petit moment que ça me trottait dans l'arrière-tête, et soudain le souvenir est revenu très précisément : IN TREATMENT, série HBO, trois saisons (2008, 2009, 2010) que j'avais découverte un peu par hasard, et fait découvrir à mes voisins d'en face à Coulevon, Christine et Jean-Fran. Un psy (Gabriel Byrne) et cinq de ses patients en analyse, plus sa "superviseuse". Bingo!
C'est la même! (toutes deux sont adaptées de la même série israélienne BETIPUL

B9726048248Z

la version française

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la version américaine

in-treatment-cast

... et j'ai découvert qu'il y avait aussi une version italienne!

*

télé, encore

DSC07711

Tiens, au fait, mercredi c'était le début de la nouvelle saison de TOP CHEF, qui meubla pas mal de mercredis soirs lors du premier concon (finement)...

*

Un premier cas de réinfection grave par le variant sud-africain détecté en France titre twitter avec cette photo :

EuF-ezMXIAIKEPH

(mais bon ce n'est pas le malade que je regarde...)

*

EuFNlxrWgAIRsim

*

5 février 2021

poulailler 34

"Refus d’asile

C'était au mitan des années 90, au pire moment de la guerre civile en Algérie. On escortait jusqu'à Marseille un ancien policier algérien à qui la France avait refusé l'asile. Il devait être expulsé de l'autre côté de la Méditerranée. On était trois collègues et lui dans le break Mondeo blanc de la PAF. Sur "l'autoroute du soleil", comme on dit. Tiens, c'était un jour de soleil blanc d'hiver, comme aujourd'hui où je vous écris. De ma vie de flic, je n'ai jamais été aussi mal à l'aise. Pire que quand on croisait la "faucheuse" sur une scène de crime. On savait tous qu'on emmenait au casse-pipe cet homme, qui n'en finissait pas de contempler les paysages de la Provence. Le silence était plombant comme celui d'une morgue. Le collègue conduisait pied au plancher, sur la file de gauche de l'autoroute. Il m'avait soufflé "Plus vite on ira, plus vite ce sera terminé". Sur le coup, je lui aurai bien foutu mon poing dans la gueule. Mais à sa façon d'épier nerveusement notre homme dans le rétroviseur, j'ai bien compris que le collègue était salement emmerdé.

Cafés

Je ne sais plus sur quelle aire d'autoroute nous nous sommes arrêtés. Nous avons pris de l'essence. Notre "débouté du droit d'asile", comme on disait, a demandé s'il pouvait faire quelques pas. Machinalement, bêtement, je lui ai soufflé : "Tu fais pas le con." Puis les deux collègues l'ont accompagné, tandis que j'allais chercher des cafés. J'ai commandé une crêpe aussi. Avec beaucoup de Nutella. D'emblée, je savais que c'était pour lui. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais toujours pas, et pour tout dire, je n'ai pas envie de savoir. J'ai posé la crêpe sur le bout de la table en bois de l'aire de pique-nique. Notre homme ne m'avait pas vu venir car il me tournait le dos. Il était debout, fumait face à la garrigue que faisait frissonner le vent. Quand il s'est retourné et qu'il a vu la crêpe à sa place, j'ai soigneusement évité son regard et je me suis carapaté pour aller pisser.

Gosse

Quand on est remonté dans la bagnole, il a murmuré "merci". Quelques semaines plus tard, quand on a appris qu'il avait été tué en Algérie, mon collège m'a juste soufflé : "Il avait mangé ta crêpe comme un gosse." Alors oui, je vais faire des crêpes. Mais pas sûr que j'en mange."

(j'aurais dû vous la mettre le 2, pour la Chandeleur, cette belle histoire de crêpe qui m'a mis les larmes aux yeux, dûe à la plume de ce toujours très cher Jacky Durand, in Tu mitonnes / Libé, mais j'ai oublié, alors la voici, juste avec un peu de retard)

*

ce matin Manue est passée boire le café "sur ma terrasse" (= dans ma cuisine), et elle a de plus permis d'entrer à un très joli facteur rebeu qui m'apportait deux paquets : un coffret de 7 dvd de Hang Sang-Soe et un colis en provenance des Ducs de Gascogne, contenant quelques terrines apéritives (comme résumait Manue "comment se faire plaisir...". Merci gentil joli facteur, rapportez-moi donc des paquets chaque fois que vous avez envie...

*

Clermont : aujourd'hui, vu

F2

SOGNI AL CAMPO
de Mara Cerri et Magda Guidi

Capture d’écran (1513)

Un film à l'animation que j'ai trouvée magnifique (pastels ?), l'histoire d'un gamin et d'un chat roux...

LES MAUVAIS GARCONS
d'Elie Girard

Capture d’écran (1519)

En quarante minutes, une histoire de trois potes (dont on verra deux beaucoup plus que le troisième) quie est sans doute le film que j'ai préféré de la journée. Les copains d'abord, en version plus intime. Cyprien et Guillaume se consolent de voir Vincent moins souvent. Leur point de ralliement : Les Mille et une nuits, dont ils semblent être les seuls clients... C'est simple, fort, pudique, touchant, même si ("en principe") très hétéro-normé (clic clic Pépinou) et les deux acteurs principaux sont juste parfaits.

SALEM
de Sophie Beaulieu

Capture d’écran (1520)

Un court grinçant avec des "vedettes" (qui ont leur nom au générique avant les "autres") pour une histoire de famille où deux femmes, "pièces rapportées",  foutent le bordel dans une famille bourgeasse et s'emploient à secouer un peu les vieilles habitudes et les conventions, justement, familiales...

DIEU N'EST PLUS MÉDECIN
de Marion Le Corroller

Capture d’écran (1522)

Un film surprenant, centré sur une jeune stagiaire aux Urgences : au début on croit voir venir un constat sur la surcharge de travail et le manque de moyens en milieu hospitalier, et le film dévie soudain sur autre chose, un genre de fantastique un peu inattendu dans ce mileu médical traité de façon hyper reéaliste (la fameuse 'inquiétante étrangeté"), on pourrait penser, d'assez loin, à Grave, (et on est content, en tout cas, de retrouver Maryline Canto en chef de service...)

L5

SANTIAGO 1973 2019
de Paz Corona (France)

Capture d’écran (1525)

Documents d'archive en split-screen qui tendraient à prouver que, de 73 à 79, de Pinochet à Piñera, c'est toujours la merde au Chili, et les méthodes de la police, ici comme ailleurs, n'ont pas changé non plus...

THE UNSEEN RIVER
de Lân Phạm Ngọc (Vietnam)
Dormi / Pas de photo / à revoir

Capture d’écran (1562)

(Revu ce matin et j'ai bien fait, un film à l'ombre de Bouddha, au fil de la rivière, comme un petit cousin un peu tatoué d'Apichatpong... Hypnotique et méditatif, et véritablement immersif... Fascinant)

PUSH THIS BUTTON IF YOU BEGIN TO PANIC
de Gabriel Böhmer (Royaume-Uni)

Capture d’écran (1535)

Une animation de papier canson, qui, même si virtuose,  m'a laissé un peu froid

MENSCHEN AM SAMSTAG
de Jonas Ulrich (Suisse)

Capture d’écran (1529)

Juxtaposition / Cohabitation de saynètes minuscules mettant en scène des gens. Très "Suisse".

K'S ROOM THE CREATION AND DESTRUCTION OF THE WORLD
de Wei-Lin Hung (Taiwan)

Capture d’écran (1532)

Un intriguant -et très réussi- vrai/faux manuel de conversation, en split-screen aussi. Plaisant.

EMPTY PLACES
de Geoffroy de Crécy (France)

Capture d’écran (1539)

La perle de ce programme, une animation "en boucle" (lignes claires et couleurs franches),  qu'on ne se lasserait pas de regarder sans fin, sur "la mélancolie des objets", partant du détail pour reculer jusqu'au plan d'ensemble. Acidulé et attendrissant.

F1

ABADA
de Jean-Benoît Ugeux

Capture d’écran (1543)

Retrouvailles (et rapprochement) entre père et fils, autour d'une BD réalisée par le fils et qui parle de son père, qu'il lui a envoyée et que son père n'a pas voulu lire

EVA VOUDRAIT
de Lisa Diaz

Capture d’écran (1545)

Le plus long (56', mais on ne voit pas le temps passer) des films vus jusqu'ici en compèt', dont l'héroïne, Eva,  doit aller à Bruxelles faire congeler ses ovules, et va rencontrer des gens sur son trajet, avec une escale conséquente à Boulogne, en fanfare. Très réussi,avec une actrice magnifique, Caroline Ferrus.

JEUNESSE PERDUE
de François Zabaleta

Capture d’écran (1546)

Sur des images qu'on suppose d'époque le réalisateur évoque en voix-off ses vingts ans, quand il est parti à San Francisco... Touchant  mais un peu court.

MARTIN EST TOMBE D'UN TOIT
de Matias Ganz

Oups j'ai dormi. Pas de photo. Je revois c'est promis

Capture d’écran (1556)

(Voilà je l'ai revu et j'ai bien fait (enfin, plutôt "vu" puisque il m'en manquait quasiment les trois quarts, de ce joli film), Martin avec son plâtre et sa copine Jeanne enceinte de beaucoup dans un genre de comptine ironiquement affectueuse (affectueusement ironique) rythmée par des souffles de bandonéon.)

4 février 2021

poulailler 33

"Ce dimanche 31 janvier, vers 16 h 30, des agents de police secours ont été prévenus de la présence d’un homme, rue Saint-Georges, à Vesoul, vêtu dans le plus simple appareil, un foulard noué autour de la taille. Ce dernier, âgé de 52 ans, connu pour des antécédents psychiatriques, lançait du pain sur les voitures qui passaient.
L’homme qui tenait des propos incohérents, a été escorté par les policiers jusqu’à l’hôpital où il devait être pris en charge en psychiatrie."
(L'Est Répu)
C'est mon voisin d'en face!
(et merci à Co qui m'a transmis l'info!)

 *

programme du jour Clermont :


I4

NANTONG NIGHTS
de Leopold Dewolf & Emma Qian-Xu (Chine)

Capture d’écran (1475)

Un chauffeur ramène chez lui un client bourré qui veut absolument qu'on le conduise au commissariat... Le téléphone sonne et c'est la fille du monsieur bourré qui demande au chauffeur de passer auparavant la prendre à la clinique... Un mini-polar impeccable (avec des linges ensanglantés et une porte de coffre coincée...)

THE PEEPUL TREE
de Sondja Feldmeier (Suisse, mais Inde)

Capture d’écran (1480)

J'ai pensé très fort à Auntie Christine devant ce film filmé en Inde, où il s'agit de couper un gigantesque figuier, pris sur le vif, avec tous ces mecs maigrichons et souriants qui fixent l'objectif au fond des yeux et s'affairent comme des fourmis autour du tronc absolument gigantesque de cet arbe a priori sacré (on saura par une note explicative à la fin le pourquoi du comment... Trop forts, ces indiens!)

PAYDOS
de Öykü Orhan (Turquie)

Capture d’écran (1481)

Une fiction (mais quasi-documentaire) réaliste et plutôt tristounette sur la vie d'une mère de famille qui rame au boulot et se débat pour le bien-être de ses enfants...

HAPPY ENDING
de Mei-Liu (Etats-Unis)

Capture d’écran (1483)

Un gros bonhomme tristoune et revêche (et un peu asocial) va se laisser tenter par un prospectus  trouvé et réussir à rentrer dans un salon de massage

SPRÖTCH
de Xavier Serron (Belgique)

Capture d’écran (1485)

On retrouve avec plaisir l'humour très noir de Xavier Serron (Je me tue à le dire, qu'on programma en son temps) avec l'histoire d'un couple gay avec enfant dont l'un des papas -d'où le Sprotch du titre- va en écraser malencontreusement un en reculant avec sa voiture (mais tout est bien qui finit bien âmes sensibles soyez rassurées)


L2

IN THE AIR TONIGHT
de Andrew Norman Wilson (USA)

Capture d’écran (1490)

(la capture d'écran permet de saisir des images quasi subliminales, comme celle-ci, qui n'a pratiquement rien à voir avec le récit, qui est une plaisante élucubration autour de Phil Collins et de sa chanson qui donne son titre au film)

AUGAS ABISAS
de Xacio Baño (Espagne)

Capture d’écran (1494)

Hybride et intime. Un film qui évoque l'histoire d'un personnage de la famille du réalisateur, un grand-oncle qui a fait la Guerre d'Espagne, et dont subsistent des lettres et "une photo mitée", hybridée avec des documents sur des poissons des grandes profondeurs qui subsistent dans l'obscurité totale grace à une petite loupiote bactérienne personnelle qu'ils trimballent devant eux pour y voir un peu plus clair... Complexe, mais intéressant

HIDE
de Daniel Gray (Hongrie / Canada)

Capture d’écran (1496)

Un film dont j'ai vraiment beaucoup aimé le graphisme, l'animation, et la colorisation (juste l'histoire d'un gamin qui se cache dans un placard et qui, par la porte qu'il entrouvre régulièrement, voit passer le temps et la vie...

VAGALUMES
de Leo Bittencourt (Brésil)

Capture d’écran (1499)

Avertissement : ce film peut contenir des scènes susceptibles de heurter la sensibilité de certains spectateurs disait le texte de présentation. La belle affaire : un parc à Rio de Janeiro et ce qui s'y passe de jour et de nuit (c'est la nuit qui provoque l'avertissement -mais bon pas de quoi fouetter un chat : juste ce qui se passe (enfin, se passait) la nuit dans les parcs (à mon souvenir -Ououououh placer là le cri du loup- une pipounette dans la pénombre et hop! un petit coup pudique debout contre un tronc

GRAMERCY
de Jamil Mc Ginnis & Pat Heywood (USA)

Capture d’écran (1507)

Honte sur moi c'était le dernier de la sélection et j'ai un peu (beaucoup) dormi, je souviens qu'il y avait des jeunes gens, de beaux jeunes gens, et une très belle image finale de station-service la nuit assez Hopperienne. J'essaierai de le revoir promis)

Capture d’écran (1510)

*

Je n'ai pas vu F2 comme initialement programmé (par moi, ce qui est bien c'est qu'avec cette édition "en ligne" on peut voir -et même revoir- les films quand on en a envie) parce qu'à la place j'ai d'abord préféré jouer au tarot en ligne avec Malou, puis après le repas mettre le blog à jour, et finalement faire quelques parties de Scrabble, que j'ai alors perdues avec une belle constance (contre des 9900 méprisants qui ne disent même pas bonjour et gardent toujours la bonne lettre à la fin pour réussir in extremis à vous battre de quelques points, ce qui me donnerait à chaque fois une irrépressible envie de les traiter de noms d'oiseaux et autres joyeusetés) jusqu'à ce que, à force d'obstination je finisse tout de même par en gagner une, et décider que je pouvais alors aller me coucher ce qui est, je le reconnais un comportement assez bêta (il était presqu' une heure du mat)

3 février 2021

poulailler 32

(Angers fini, Gérardmer fini -c'est Possessor qui a gagné, Bertrand Bonnello et son jury ont eu bon goût...- ne reste plus que Clermont, avec pas mal de pain sur la planche, pour toute la semaine... l'avantage incontestable, avec ce "rythme Festival", c'est qu'on perd complètement contact avec la réalité, les journaux télévisés, les taux de contamination et tutti quanti, et ça fait sacrément  du bien d'oublier tout ça de s'oxygéner un peu la tête c'est moi qui vous le dis...)

*

EtAfbeUU0AEM_Am

(manif de teufeurs)

*

EsY0CoEVEAEEJRA

(twitté par Jamie Lee Curtis -c'est elle qui est figurée à gauche-)

*

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(extrait du Libé tout en bd)

cjpg
(extrait du Libé tout en bd)

*

programme du jour :

(CLERMONT) :

F3
(un programme excellent !!!)

THE NIGHTWALK
d'Adriano Valerio

Capture d’écran (1431)

Un jeune homme part en Chine pour étudier. Dès son arrivée, la fac le prévient qu'il n'est plus autorisé à quitter son appartement : c'est le début du confinement...

JUSTE A NANTES
de Marjolaine Grandjean

Capture d’écran (1435)

Une jeune fille qui fait du stop monte dans la BX de Claude, quadragénaire, bonne pâte (bonne poire ?) et c'est le début d'une série de trajets, avec ou sans les copines, qui se terminera à la mer...

SOUVENIR SOUVENIR
de Bastien Dubois

Capture d’écran (1438)

Un film d'animation(s) à double niveau, puisqu'il raconte l'histoire d'un jeune homme (le réalisateur) qui veut faire un film sur la Guerre d'Algérie, à condition que son grand-père veuille bien accepter de lui en parler... (et donc avec technique(s) mixtes)

MALABAR
de Maximilian Badier-Rosenthal

Capture d’écran (1442)

Le choc de la rencontre -fortuite et nocturne-  de Mourad et Harrison (deux lascars, un black et un rebeu) avec Marcel, papy vietnamien (et de tout ce qui découle dudit choc) ... un incontestable bijou de tendresse d'humanité et de drôlerie... Ma friandise du jour (comme son titre l'indique)

*

International 14

CUMBRES Y CENIZAS
de  Fernando Criollo (Pérou)

Capture d’écran (1445)

"Pourtant que la montagne est beeeeelle..." Processions, congrégations, chants, danses rituelles, pénitents, dans un très très beau noir et blanc (mais bon le mysticisme m'inquiète toujours un peu...)

NOSHTNA SMYANA (Travail de nuit)
de Yordan Petkov et Eddy Schwartz (Bulgarie)

Capture d’écran (1448)

un héros solitaire et barbu (et à l'air pas commode) trouve un boulot -de merde et mal payé- ("avant c'étaient les animaux qui faisaient ça") en équipe avec un autre mec qu'il lui faudra ensuite remplacer (exploitation, raisme, cynisme, capitalisme, en Bulgarie comme ailleurs)

LA FEMME INCOMPLETE
de Su-Young Huh (Corée du Sud)

Capture d’écran (1449)

Les morceaux du corps de la femme se sont séparés et partis chacun de leur côté, reste la main gauche qui raconte l'histoire...


PORTUGAL PEQUENO
de Victor Quintanilha (Bresil)

Capture d’écran (1453)

Le papa est religieux, le fils est aspirant-star, et demande à son papa de prier pour lui (et le papa répond "je le fais chaque jour..." (Je croyais que c'était un doc mais c'est une fiction)

GRAB THEM
de Morgane Dziurla-Petit (Suède)

Capture d’écran (1454)

(Je croyais que c'était un doc, je me suis posé des questions pendant tout le film, mais c'est bien une fiction) Sally a des soucis parce qu'elle ressemble à Donald Trump (mais dans le bus, elle trouvera enfin l'amour...)


L1

MAD MIETER
de M+M (Allemagne)

Capture d’écran (1458)

La vie sentimentale et affective de madame et monsieur Mante religieuse, en décors réalistes

TRAQUER
de Noelle Bastin et Baptiste Bogaert (Belgique)

Capture d’écran (1460)

La réalisatrice est antispéciste, son cousin est chasseur, et pourtant elle le filme parce que des années plutôt il lui a donné une patte de lapin. Quarante minutes, quand même, dans un beau noir et blanc, avec incrustations de texte, bleu pour elle, jaune pour lui, avec en prime (j'ai failli vomir) l'éviscération en plan-séquence d'un sanglier (j'ai failli vomir)

NIGHT CLUB
de Davoud Rangkhaneh (Iran)

Capture d’écran (1466)

Quatre jeunes et jolis barbus iraniens se retrouvent la nuit pour aller en voiture au bord de la rivière. ils se retrouvent autour d'un feu et envoient l'un d'eux chercher de l'eau pour le thé, celui-ci aura un echange sybillin avec un pêcheur (à propos de la rivière, justement) avant de retourner auprès du feu, puis de sortir de la rivière... Métaphorique ?

NIGHT BUS
de Joe Hsieh (Taïwan)

Capture d’écran (1467)

Une maman singe et son bébé, d'abord, puis un groupe de gens qui prennent un bus de nuit, et la rencontre entre les deux (un choc, comme dans Malabar) va produire une réaction en chaîne et une hécatombe gore. Ca charcle et ça gicle, et presque tout le monde meurt (sauf les amoureux, heureusement)

31 janvier 2021

poulailler 29

(festivals : on rentre ds le dur!)

programme de la journée :
(c'est beau l'ubiquité...)

13h : à Clermont (F12, pour être sûr de pouvoir voir On n'est pas des animaux, avec Vincent Macaigne -à cause de la limitation de la jauge "pour des questions de droits'-)
15h : à Gérardmer (Possessor)
18h : à Angers (La lévitation de la Princesse Karnak)
20h30 : à Angers (Digger) pour la dernière fois -déjà- en "présentiel/compétition" (me reste encore le pass "rétrospectives" sur la Cinétek, pour revoir, notamment, les films de Chantal Akerman)

*
vaccination : bonne nouvelle!

vaccin

(pour résumer, si vous êtes fatigués de lire, je me ferai vacciner entre septembre 21 et février 22)

*

météo : mauvaise nouvelle
(mais bon avec la météo on n'est jamais vraiment sûr...)

la-meurthe-et-moselle-les-vosges-la-haute-saone-le-doubs-le-jura-l-ain-la-haute-savoie-la-savoie-l-isere-hautes-alpes-et-les-deux-departements-corses-sont-en-vigilance-orange-capture-meteo-france-1611846600

(alerte orange crues / mais, vérification faite, finalement, "ici", (ma géolocalisation), on n'est pas vraiment vraiment concernés)

*

bilan du soir : programme exécuté presque en entier

13h et quelques : CLERMONT 
Programme F12
: en entier
cinq courts-métrages, vus surtout pour le dernier (que je ne voulais surtout pas manquer)

Capture d’écran (1259)

BRUITS BLANCS de Thomas Soulignac
Un magnétophone à cassettes et des chochotements d'esprits. Plutôt drôle

Capture d’écran (1260)

ECOUTEZ LE BATTEMENT DE NOS IMAGES de Audrey et Thomas Jean-Baptiste
Des souvenirs d'enfance, en Guyane et plus particulièrement à Kourou

Capture d’écran (1262)

L'EFFORT COMMERCIAL de Sarah Arnold
Du concret curieusement "abstractisé" sur la difficulté du métier de caissière ("d'après des faits réels")

Capture d’écran (1265)

PRINCESSES de Margaux Elouagari
Deux copines vont passer une nuit passablement agitée. Beucoup de "Tu me casses les couilles". Girl power ? Sympathique

Capture d’écran (1274)

ON N'EST PAS DES ANIMAUX de Noé Debré
(il y a Vincent Macaignechounet, et ça suffit pour mon bonheur, hihihi, mais aussi son gros copain barbu qu'il va aider à tenter de reconquérir sa dulcinée après trois ans de séparation. Girl power aussi ? très plaisant en tout cas)

* GERARMER 3

POSSESSOR de Brandon Cronenberg

Capture d’écran (1277)

Capture d’écran (1276)

Un thriller de science-fiction, matiné d'horreur "graphique" (le sang coule -parfois- énormément) sur une histoire assez tarabiscotée de contrôle de l'esprit (une agente secrète -impressionnante Andrea Riseborough- a pour mission d'entrer dans l'esprit des gens, via une machine et une superviseuse (Jennifer Jason-Leigh, qu'on a beaucoup de plaisir à retrouver), et de les "diriger" pour leur faire commettre des crimes) où les choses en apparence simples (qui est qui, qui fait quoi, on est où) vont progressivement se complexifier...  Après une première "mission" qui ne s'est pas tout à fait déroulée (terminée) comme prévue (celle qui débute le film), Tas (l'héroïne) est chargée de s'introduire dans l'esprit de Tate (le mimi Christopher Abbott) pour programmer un double meurtre, et prendre le contrôle d'une multinationale, mais (bien sûr) les choses ne vont pas être aussi simples, surtout que dans l'esprit de Tas/Tate ça commence à yoyoter de plus en plus furieusement... (après le qui et le quoi, il faudrait aussi parler du quand). Complexe, glacé/glaçant, gore juste ce qu'il faut quand il faut (l'hémoglobine y est assez esthétique), bref parfait pour Gérardmer! (sans doute mon préféré des trois vus jusqu'à présent). Très impressionnant, mais mériterait une re-vision car je ne suis pas sur d'avoir tout compris...
Demain : Mosquito State

* ANGERS 7
LA LÉVITATION DE LA PRINCESSE KARNAK
d'Adrien Genoudet
L'incontestable coup de coeur de la journée
Un film en format 4/3 tourné en DV (Digital Vidéo) pour un rendu assez "brut" (j'adore ce grain de l'image dès que la lumière baisse un peu...), aussi humble dans sa matière qu'imposant (sidérant) dans son propos. Le film commence dans un bar, une soirée d'anniversaire entre potes, avec notamment un mec qui fait des tours de magie (ça devrait plaira à Pépin...) et qui en parle très bien, où l'on fait la connaissance de tout un tas de personnes dont -plan de coupe "cinq ans plus tard"- on ne va suivre que deux des protagonistes, Camille et Paul, qui, suite à ce qui est arrivé ("ça", on n'en saura guère plus, qui a conduit à l'évacuation de Paris) partent on the road again pour aller retrouver le frère de Paul, quelque part dans un village italien... Qui dit road-movie dit étapes et dit rencontres, divisant ainsi le film en plusieurs chapitres ("l'ermite", "l'ogre") qui sont à chaque fois l'occasion d'échanges magnifiques -c'est rare que j'aie envie de recopier autant de phrases en regardant un film- ou chacun a son mot à dire, et nous fait partager sa façon de voir les choses, au fur et à mesure que nos deux héros s'éloignent de leur vie passée, jusqu'à arriver -enfin- dans la maison du frère de Paul (joué par le metteur en scène himself), mais (comme j'aime à l'écrire rituellement) "les choses ne font que commencer..." Un (très) beau film sur le goût de la vie (et de ses plaisirs "simples" manger boire échanger partager etc) mais aussi sur la disparition (dans tous les sens du terme), et peut-être, surtout, le fait de l'accepter, bref un film perpétuellement à fleur de peau et d'image (j'ai fait beaucoup de captures d'écran, que je trouve toutes magnifiques), un film somptueux qui m'a bouleversé (et j'ai tout autant aimé la discussion qui a suivi, la rencontre avec le réalisateur -chez lui, en compagnie d'un des deux personnages principaux du film (son copain ?) qui emprunte plein de directions (donne plein de pistes), et a duré presque jusqu'au film suivant

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* ANGERS 8
DIGGER
de Georgis Grigorakis
qui le pauvre du coup a pâti de se trouver non seulement en fin de journée mais juste après mon film préféré du jour, et que je n'ai donc hélas pas pu (je le regrette) regarder jusqu'au bout... (Pourtant un film avec des arbres pareils, j'aurais dû être immédiatement séduit, sauf que non, et c'est dommage) Peut-être trop pour la même journée ? Un ermite bourru au milieu des bois (on est en Grèce) qui se bat contre "le monstre" (une compagnie minière qui le harcèle) voit soudain réapparaître son fils (à moto) parti depuis très longtemps avec sa mère, et qui a la mort de celle-ci vient réclamer sa part de l'héritage : la moitié des terres de son père. Ca a du mal à passer (il faudra une demi-heure de film pour qu'on voit un des deux -le fils- sourire) et là j'ai un peu décroché (les choses me semblaient prévisibles), mais je pense que j'ai eu complètement  tort. Et je n'ai pas vu la fin. La sortie du film est annoncée pour fin février par allocinoche, (mais peut-on encoire y croire ???) et je me dois absolument de lui donner une seconde chance.

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(pardon)

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*

 

28 janvier 2021

poulailler 26

LE DERNIER JOUR DU JEÛNE
de, mis en scène par, et avec (entre autres) Simon Abkarian

Ah... Simon Abkarian. Il y a longtemps que je l'aime. dès sa première apparition au cinéma (Ce qui me meut, de Cédric Klapisch, en 1989), et j'ai vu ensuite la plupart des films où il jouait, toujours avec le même plaisir de le retrouver (même si son personnage émarge souvent, au départ, au registre des malfrats, gangsters, et autres voyous, il va ensuite, heureusement, connaître de belles échappées (chez Deville, chez Ronit et Shlomi Elkabetz, chez Cédric Klapisch, encore, chez Robert Guediguian), prouvant qu'il peut tout jouer ou presque.
Je connaissais mal (ou très peu) son activité théâtrale (il écrit, il joue, il met en scène, et a obtenu trois molère en 2020 -celui de l'auteur francophone vivant, celui du metteur en scène d'un spectacle de théâtre public et celui du théâtre public pour sa pièce Electre des bas-fonds), et voilà que Téléramuche, il y a quelques jours, me conseille de voir Le Dernier jour du Jeune (disponible encore plusieurs mois sur France Télévision ()) dont je découvre (sérendipitons...) qu'il fait partie, avec L'envol des cigognes d'un dyptique, Au-delà des ténèbres (8h avec entractes) qui a été joué chez Ariane Mnouchkine.
Mais je ne savais pas tout ça quand j'ai commencé à regarder la captation (très réussie) de ce Dernier jour du Jeûne. Ca commence, micro-décor réaliste au milieu du plateau, avec un monologue d'une femme qui se présente comme "la folle", suivi de l'apparition d'Ariane Ascaride, (que j'étais étonné d'entendre parler avec l'accent marseillais), en mère de famille et de ses deux filles (aux tempéraments très différents), puis de leur jeune frère... Le père (Simon Abkarian) apparaîtra plus tard.
Une histoire de famille, avec l'accent du midi (comme dirait Gérard Lefort "qui sent bon la farigoulette") mais, à écouter ce qui se dit (ce qui a été écrit par Simon A.) on est, très vite, fortement impressionné par la puissance de sa langue, la richesse des métaphores, le lyrisme des envolées, et la crudité du langage aussi, et c'est comme si Pagnol s'inclinait devant Shakespeare, avec un indéniable parfum de tragédie grecque,  bref par la force évidente de l'ensemble (ce qui fait que j'ai commandé illico le texte de la pièce, publié chez Actes Sud Papiers) qui sera encore transcendée par l'ensemble de la distribution (elles/ils sont tous extraordinaires, et j'ai découvert, avec surprise, en lisant la distribution qu'une même actrice interprétait deux personnages..).
Si le démarrage pouvait laisser appréhender une pagnolade boulevardière, la suite nous prouve que non. Bien au contraire. Dès la première transition entre deux scènes, qui se fait à vue et en lumière bleue avec déplacement des modules du décor, avec l'accent (!) mis au premier plan sur un personnage avec douche de lumière blanche en train de danser, on se dit que ça devient diablement intéressant, on est happé, harponné, et on le restera jusqu'à la fin. Scotché. Devant cette "tragi-comédie de quartier" (comme la définit son auteur). Dont je ne vous dirai rien de plus, pour vous laisser le plaisir de la surprise...

*

"Vava : Le démon qui a dessiné ton esprit n’a pas signé son oeuvre, pourquoi à ton avis ?
Nouritsa : Parce qu’il a honte pardi !
Sandra : Parce que celui qui a dessiné ton masque il a signé peut être ?
Vava  : Et d’abord, de quoi est-ce que tu parles toi ? Tu ne connais les hommes que par les récits. Tant que la queue d’un homme n’a pas frétillé dans l’antre de ton ventre, tu ne peux rien dire. Et je te parle d’une bonne bite en chair et en chair, généreuse, gorgée de vie et de sang, non pas d’un objet contendant que tu t’enfiles d’une main coupable.
Astrig : Pourquoi tu dis coupable ? Le désir de la femme a ses propres mystères, il n’a pas de conscience, ni de morale.
Sandra  : Laisse, Madame a fait la faculté des sciences du cul. Donne-moi l’adresse, j’irai m’inscrire.
Nouritsa  : Bon, quand vous aurez fini le colloque des ventres libres, on pourra se mettre au travail ? Astrig, sur le toit tu ramasses le linge. Zéla et Sandra vous épluchez les oignons, quant à toi Vava tu rentres, tu te changes et tu reviens avec ton fils. Ne me regarde pas comme un cyclope des cavernes. C’est aujourd’hui ou c’est pas aujourd’hui que vous venez nous parler ?
Vava  : Et parler de quoi ?
Nouritsa : De ton cul sur la commode. De venir cueillir la rose de notre jardin !
Astrig  : Quoi ?
Nouritsa : Astrig ! En quelle langue je te le dis ? Va ramasser le linge !
Astrig sort furieuse. Zéla va chercher les oignons.
Nouritsa : Moi je vais chez le boucher chercher la viande. Elle crie vers la chambre de son mari. Théos, je vais chez le boucher, ton café est prêt !
Vava  : Oh putasse avaleuse de verge ! Le boucher, j’ai oublié la commande. Je peux téléphoner ?"

*

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"Que s’abstiennent également les amateurs de solutions faciles, les viragos du genre et les défenseurs d’une parité bienséante ! Comme Cézanne revendique une "peinture couillarde" en regrettant au milieu des salonards parisiens son bastidon et le vin de Provence, Abkarian ose un théâtre couillard : le Grand Siècle, mieux policé, eût appelé cela un théâtre du cœur. Et du courage et de la philanthropie, il y en a chez Theos et les siens ! Que l’on offre sa fille à l’étranger, marchand de musique ambulant, que l’on coupe les pouces de celui qui cogne sa femme, que l’on tue celui qui a violé sa fille. Voilà le paradoxe revenu de cette pièce complexe au propos si profond. Abkarian n’est pas politiquement correct, mais l’authentique justesse avec laquelle il décrit la situation faite aux femmes et la phallocratie imbécile dépasse les catégories de la morale au cul pincé. L’humour et la lucidité des exploitées sont aussi efficaces que leurs discours revendicatifs, et la bêtise et la méchanceté des hommes sont poignantes et hilarantes." (Catherine Robert)

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29 janvier 2021

poulailler 27

15h : Gérardmer 1

TEDDY de Ludovic et Zoran Boukherma
avec Anthony Bajon

Anthony Bajon est un jeune homme auquel je porte un intérêt certain depuis La prière (Cédric Khan, 2018, pour lequel il a obtenu L'ours d'argent du meilleur acteur à Berlin) dans lequel je l'ai trouvé vraiment extraordinaire, et donc je suis, depuis, sa carrière (revu dans Merveilles à Montfermeil, de Jeanne Balibar, et Tu mérites un amour, de Hafsia Herzi). Le voici dans un "film de genre" réalisé par les frères Ludovic et Zoran Boukherma, dont le premier avait co-réalisé le plutôt... particulier Willy 1er, que nous avions programmé... il y a très longtemps me semble-t-il (du temps où on programmait des trucs appelé "films" qui étaient projetés dans des lieux appelés "salles de cinéma", fermons la parenthèse nostalgique.)
Hier avec Simon Abkarian c'était la farigoulette, là ce serait plutôt le piment d'Espelette, puisque le film se passe dans le sud sud-ouest. Une chronique villageoise avec l'accent, pour une histoire (l'affiche n'en fait pas mystère) de loup-garou, qui suit donc le déroulement "habituel" des histoires de loups-garous (on pense fort au Loup-garou de Londres, de John Landis, qui serait un peu le mètre-étalon du genre), exposition, morsure, premiers symptomes, etc., dans une montée progressive de la tension, qui culmine dans un climax qui évoquerait, de loin, le final de Carrie de Brian de Palma. On saura gré aux réalisateurs d'avoir levé le pied sur les effets spéciaux (et on leur sera reconnaissants d'avoir su laisser la "créature"  dans une semi-pénombre, un peu loin, évitant ainsi haut la main les risques de ridicule et de ricanements. Anthony Bajon confirme tout le bien qu'on pense de lui (et l'étendue de sa palette de jeu - ce gars-là est très fort pour devenir, subitement, très inquiétant), et c'est une autre excellente idée des réalisateurs que le cadre de vie qu'ils ont trouvé à leur personnage de Teddy... (et, tiens c'est le deuxième film, en quelques semaines, avec un personnage nommé pépin, raison de plus de mértier la sympathie...)
Bref, une très bonne entrée en matière pour ce (mon) premier Festival de Gérardmer. Quasiment "en douceur"...
Demain : La Nuée de Just Philippot

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18h : Angers 3
GHOSTS
de Azra Deniz
(Turquie)

A la séance de 18h, une dystopie stambouliote, plaisante quoiqu'un peu brouillonne (quatre personnages principaux, trois femmes et un homme -l'homme est vraiment le pourri de service, cumulant les saloperies, et d'ailleurs il ne l'emportera pas au paradis et c'est bien fait pour lui et toc...-) qu'on suit pendant ce qui se révèlera n'être qu'une seule journée, avec un montage particulièrement touffu, qui passe et repasse par les mêmes "noeuds" temporels (sans qu'on n'en comprenne vraiment, tout le temps, forcément l'utilité), avec ce que je nommerais des "coquetteries stylistiques", un film plein d'énergie de musique et de mouvement, et de rage aussi, contre l'omniprésence policière, contre le statut réservé aux femmes et aux LGBT, contre les magouilles immobilières, contre le conservatisme et l'immobilisme du pouvoir, bref, "punk" (comme l'a revendiqué la -jeune- réalisatrice lors de la discussion qui a suivi le film, avec une très jolie séquence finale de danse urbaine nocturne mettant en scène l'héroïne dans les rues d'Istanbul au petit matin (on a le droit de penser à Carax...)

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(le titre apparait au bout d'une heure de film)

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(un émouvant choeur LGBT -clandestin-

20h30 : Angers 4
MIA MISSES HER REVENGE
de Bogdan Theodor Olteanu
(Roumanie)

Un film roumain (tout de suite donc je suis dans de bonnes dispositions) qui se révèlera aussi rempli de "coquetteries stylistiques" que son prédecesseur turc. Soit Mia, une jeune fille, qui vient de retourner chez maman parce qu'elle s'est disputée avec son petit copain, qui lui a donné une gifle "particulièrement inadmissible" et qui décide de tourner une vidéo où elle ferait l'amour avec un autre mec, qu'elle montrerait à son ex pour le rendre jaloux (et le faire revenir à de meilleurs sentiments.) Le film est constitué de séquences séparées par des noirs (des beaux noirs bien profonds et bien abrupts), séquences hétéroclites, plus ou moins intéressantes (les discussions entre copines, par exemple, ne me semblent pas être vraiment indispensables) le marivaudage quasi rohmérien avec le jeune acteur choisi pour tourner la fameuse scène de baise l'étant beaucoup plus... (tout comme le contrepoint des discussions avec la mère dans ce coin-cuisine immaculé). Sympathique et plaisant (mais pas complètement accompli).

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22h30 : Cinetek / (Angers)
SAUTE MA VILLE
de Chantal Akerman

En treize minutes, en 1968, le tout premier court-métrage de Chantal Akerman (elle avait 18 ans!) où l'on peut déjà deviner (apercevoir) un peu tout ce qui fera son univers... (c'est quand même, déjà, même sur le mode "burlesque" l'histoire d'une jeune fille qui se suicide...)

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19 janvier 2021

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(JPB2)

"Il était une fois un duo presque comique, elle juive tunisienne, clown blanc qui de la scène édicte la règle volubile, lui juif algérien, l’Auguste, le pitre triste qui se prête au spectacle dans une (mauvaise) grâce infinie. Un quatre mains de partenaires de vie et de travail. Lui disait d’eux deux : «Notre histoire de cinéma est déjà un conte de fées.» Elle, encore hier : «Mes consolateurs avaient pour noms Barbara, Schubert, Haendel, Colette ou Jane Austen. Ils ont beaucoup compté et m’ont fait me sentir moins seule. Et voilà que Jean-Pierre surgissait et avait ce même effet.» Jean-Pierre Bacri a disparu comme il avait surgi, comédien hors de sa boîte investissant son rôle d’acariâtre charmant et ruant comme un beau diable, au bout du conte." (Libé)

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'Le public vous identifie beaucoup à vos rôles de râleurs. Est-ce quelque chose contre quoi vous luttez ?
Je ne lutte pas, le public me voit d’une certaine façon, je ne peux rien y faire. Mais ça ne veut pas dire que je dois être d’accord ou me conformer à cette image. Les gens trouvent que je joue toujours la même chose? Tant mieux pour eux! Je pourrais leur prouver le contraire. Mais j’ai franchement autre chose à foutre. Je connais la névrose des gens, à vouloir tout ranger dans un tiroir. Donc rien d’extraordinaire, il y a des clichés sur moi comme il y en a sur tous les sujets. Je n’ai jamais aimé jouer les héros. Les gars très sympathiques et merveilleux à qui le monde fait des misères, je trouve ça abject. Ça n’existe pas. Pour moi, l’être humain est hyper faillible et vulnérable. Je trouve ça dégueulasse de faire croire aux gens que le monde est binaire. Les gentils d’un côté, les méchants de l’autre… Ça ne m’intéresse pas, c’est toujours la même chose. Je cherche des personnages humains. Pour certains, quand on n’est pas en train de sourire tout le temps, on est un rabat-joie. Eh bien, soit!" (Jean-Pierre Bacri / Trois Couleurs)

*

 

 

 

4 décembre 2020

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simple, mais efficace

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emploi du temps d'un homme à femmes

mercredi 2 décembre

8h : Anne-Marie (mon aide ménagère) je lui offre un café (c'est rituel)

10h : j'envoie un sms à Catherine pour savoir si on jouera au scrabble tout à l'heure et un autre à Emma pour savoir si elle est à Belfort

11h : Manue passe pour boire un café (elle m'apporte des poireaux de son jardin), on parle de musique et de cocovirus...

13h : Catherine me répond qu'on jouera "plus tard" dans l'après-midi

16h appel de Dominique (comme au premier concon, on s'appelle tous les jours) on parle de livres, de séries, de films, de cuisine, et de tous ces petits riens qui font une journée

* message whatsapp de Malou qui demande si on jouera au tarot ce soir, je réponds sibyllinement "peut-être" (je suis au tel avec Dominique, puis (après le coup de fil), je confirme et lui donne rdv là-bas à 18h

17h : Catherine rappelle, elle est dispo, je me connecte et nous faisons une partie (qu'elle gagne), en discutant au téléphone

18h : je retrouve Malou, nous faisons une partie à 4, puis tentons une partie à 5 (interrompue)

19h : Emma passe prendre un café en rentrant de Belfort, comme annoncé prédédemment par sms (elle m'apporte des marrons glacés)

19h45 : je mange une très bonne soupe poireaux/pommes de terre (avec les poireaux de Manue) et un marron glacé d'Emma pour le dessert

20h55 : je regarde le touchant PETITE FILLE de Sébastien Lifshitz sur arte

Quelle journée, mais quelle journée de patachon ! (Que vont penser les voisins???)

*

VGE est mort (et je précise bien que je m'en tape...)
En 1974, quand il a été élu, j'avais 18 ans et pour moi c'était juste un vieux con point barre
mais, allez savoir pourquoi, je me souviens...


je me souviens de cette une de Charlie Hebdo (que j'ai encore dans mon grenier au fond d'un carton)

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je me souviens qu'il avait été auparavant ministre des finances, qu'il jouait de l'accordéon, qu'il invitait les éboueurs à l'Elysée pour le petit-déj

je me souviens qu'il y a eu l'affaire "des diamants de Bokassa" (qui lui a coûté sa réélection)

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Giscard diamant

je me souviens d'un de mes premiers slogans de manif ( "Valéry, au tri, Anne-Aymone au téléphone!", a priori ça devait avoir à voir avec les télécoms...) que j'ai, d'ailleurs, régulièrement repris par la suite

je me souviens que, bien plus tard, il me faisait pisser de rire avec Chirac, en marionnettes aux Guignols de l'Info ("le monsieur te demande...")

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je me souviens du film 1974, une partie de campagne, qu'il avait commandé à Raymond Depardon et qui est très longtemps resté interdit

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je me souviens de "Vous n'avez pas le monopole du coeur..."

je me souviens du (long) plan sur la chaise vide après son "Adieu..."  face aux caméras de l'ORTF sur fond de Marseillaise, en 81

*

contrairement à ce que j'ai cru pendant longtemps, j'ai découvert récemment que j'aimais beaucoup les câpres

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(article 24)

J'ai googlé la question "c'est quoi en fait, l'article 24 ?", et j'ai atterri (carrément) sur le site de l'assemblée nationale, (là) où j'ai recopié ceci :

ARTICLE 24

Rédiger ainsi cet article : 

 I. – Le paragraphe 3 du chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse est complété par un article 35 quinquies ainsi rédigé :

 « Art. 35 quinquies. – Sans préjudice du droit d’informer, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel, d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale, lorsque ces personnels agissent dans le cadre d’une opération de police.

 II. – Les dispositions de l’article 35 quinquies de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne font pas obstacle à la communication, aux autorités administratives et judiciaires compétentes, dans le cadre des procédures qu’elles diligentent, d’images et éléments d’identification d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale. »

Exposé sommaire

La rédaction de l’article 24 est précisée afin de mettre en évidence que ce nouveau délit ne porte pas atteinte au droit d’informer et qu’il n’est constitué que si est manifeste le but de porter atteinte à l’intégrité physique et psychique. En outre, elle est enrichie pour y intégrer les agents de police municipale.

(bon je ne peux pas dire que je sois vraiment plus avancé...)

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(c'est vrai que ça caille...)

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26 novembre 2020

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"De son côté, le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) s'est montré plus concret dans ses recommandations. "On coupe la bûche de Noël en deux et papy et mamie mangent dans la cuisine et nous, dans la salle à manger, a-t-il préconisé sur franceinfo, mardi. Il ne faut pas manger avec papy et mamie, même à Noël, même si on a pris des précautions avant", a-t-il ajouté. Et d'insister : "On peut aller chez papy et mamie à Noël, mais on ne mange pas avec eux. Si je transmets le virus à papy et mamie, c'est pire que tout.""

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Oh oh Téléramuche aime les barbus (moi aussiça tombe bien) et m'en offre deux cette semaine

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Félix Moati en couv'

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et Vincent Macaigne en couv' du supplément Sortir
Merci Téléramuche!

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(novembre 68)

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 novembre 2020
(Eric Pessan)

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 aujourd'hui, on a réussi à se  retrouver à 3 pour jouer...
(c'est Malou qui a gagné)

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(esprit de noël hihihi)

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"LA CULTURE ENTRE DEUX CHAISESAlors comme ça, "la culture est essentielle à notre vie de citoyennes et de citoyens libres". C’est le Président qui l’a dit, lors de son allocution mardi soir, rompant plusieurs semaines de mutisme à l’endroit du secteur culturel, ses métiers, ses acteurs. Ce qui tend à confirmer que les arts et les pratiques qui s’y rapportent ne sauraient se concevoir, du moins en Macronie, qu’en temps d’accalmie, une fois dans le creux de la crise, à l’heure du dessert, des confettis, des bonnes nouvelles. Des bonnes nouvelles, Emmanuel Macron en avait quelques-unes à dispenser au secteur culturel après avoir cherché à pallier les travers oublieux de sa communication récente. Et celles-ci n’ont pas manqué de donner un coup de fouet à l’optimisme de bon nombre de gens de cinéma ou de théâtre, qui se voyaient redonner enfin quelques fragiles perspectives. 

Mais toute euphorie reste à tempérer, si ce n’est du côté des libraires, disquaires et galeries d’art qui rouvriront samedi, après n’avoir, pour les marchands de livres et de disques, finalement pas tant souffert économiquement de ce reconfinement, au prix d’une vocation sociale très amoindrie et d’efforts souvent colossaux pour se mettre à l’heure du click & collect et de la vente à distance – histoire de ne pas abandonner un boulevard trop vaste aux multinationales en ligne. Pour les autres, quand le calendrier existe, il reste soumis à conditions et clause de revoyure assez drastiques. 

Les salles de cinéma, de spectacles, d’expositions devraient rouvrir le 15 décembre, mais sous réserve que la pente actuelle des contaminations quotidiennes poursuive sa course déclinante pour atteindre le seuil des 5000 cas par jour et soulager les services hospitaliers – et ce, dans un contexte de détente plus ou moins maîtrisable des usages des Français, entre shopping de Noël, messe de la Saint-Nicolas et bousculade au rayon bûches surgelées. En attendant d’être assurés de leur reprise, exploitants de cinéma et de théâtre peuvent se réjouir que l’horizon d’un nouveau couvre-feu soit éclairci par la mise en place d’un dispositif dit d’"horodatage", permettant aux spectateurs de quitter les salles jusqu’à 21 heures, munis de leur ticket en guise de laisser-passer jusque chez eux. De quoi assouplir un brin des mesures sanitaires (jauges, masques, distanciation) qui demeureront très strictes après la deuxième lame qu’a été le reconfinement pour des industries qui entamaient seulement le début d’une rémission lorsqu’il fallut éteindre à nouveau la lumière. Malgré un couvre-feu strict imposé dans 54 départements mi-octobre, le box-office cinéma enregistrait ainsi sa meilleure semaine de fréquentation (un peu plus de 3 millions d’entrées), et de loin, à la veille de la refermeture, et une tendance semblable pouvait s’observer dans nombre de musées. 

Pour les autres, les mondes des concerts de musiques actuelles, des arts festifs et de la nuit principalement, soit les pratiques culturelles les plus largement partagées, le tunnel s’étire depuis huit mois sans issue tangible dans le discours présidentiel. L’annonce de la mise à disposition prochaine d’un vaccin aurait pu permettre d’esquisser un calendrier même hypothétique de remise à feu – notamment pour les grands rendez-vous festivaliers et salons –, mais musiciens, DJ et ceux qui les accompagnent semblent voués à demeurer dans l’incertitude de leur sort pour de longs mois encore. Sauf peut-être à se produire lors d’offices religieux. 

La réouverture des églises, synagogues et mosquées dès ce week-end interroge sur les logiques à l’œuvre dans l’agenda d’un déconfinement qui ne dit pas son nom, puisque rien dans la documentation scientifique existante des modes de transmission et des clusters n’indique qu’aller à la messe serait moins propice à la contamination qu’une séance de cinéma, ou une déambulation au milieu des toiles de Matisse – ce serait même plutôt l’inverse. Dans la course à l’échalote hautement inflammatoire de l’essentiel et de l’inessentiel, cette priorité dévolue à la pratique religieuse en ce pays laïc, dit de l’exception culturelle, relève soit d’une aberration, soit d’un arrangement politicien à tout le moins discutable. Le hiatus de deux semaines entre réouverture des lieux de culte et celle, encore virtuelle, de la majorité des lieux de culture, réduit sévèrement le champ des nourritures spirituelles et nous renvoie pour quinze jours au Moyen Âge, quand l’art ne pouvait s’admirer qu’au prisme des vitraux et au son de l’orgue, dans les églises. Vivement la Renaissance." (Libé Culture) 

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le mercredi 2 décembre à 20h55 sur arte
PETITE FILLE de Sébastien Lifshitz

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9 novembre 2020

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(Novembre passe au ralenti, au compte-goutte, comme à regret...)

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11

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(bah, c'est dimanche, quoi...)

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catégorie "Et mon cul, c'est du poulet ?"

"Covid-19 : le gouvernement écarte un confinement imposé aux personnes âgées

Le gouvernement n'imposera pas un confinement aux seules personnes âgées pour freiner la progression du coronavirus, a expliqué dimanche 8 novembre le porte-parole du gouvernement, Gabriel A.
"Il n'est pas question pour nous d'avoir un confinement imposé pour les personnes âgées", a assuré Gabriel A.
"D'abord parce qu'éthiquement, ce serait objectivement compliqué", a-t-il souligné. "Ensuite parce que c'est parfois méconnaître la situation de beaucoup de personnes âgées qui ne vivent pas seules et qui vivent avec parfois plusieurs générations de la même famille dans le même appartement", a-t-il ajouté.
Le porte-parole a par ailleurs rappelé que 30% des personnes actuellement en réanimation ont moins de 60 ans. "On voit bien que, y compris avec des personnes plus jeunes, les réanimations pourrait progressivement se retrouver saturées", a-t-il indiqué.
Gabriel Attal a reconnu que la situation des personnes âgées lors du reconfinement de cet automne est "très dure". "Elles sont bien souvent isolées", a-t-il souligné." (actu.orange.fr)

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 (Eric Pessan)

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quoi qu'a dit ? quoi qu'a fait ?

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a mangé son chocolat, qu'était au café

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(et glou et glou)

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Quand je bois du Viognier, je pense à Charlie
Quand je bois du Guignolet avec un glaçon et une rondelle de citron, je pense à Malou
Quand je bois une infu, je pense à Catherine
Quand je bois de la limonade, je pense à Babeth
Quand je bois du Jerez, je pense à Pépin
Quand je bois du Vichy St-Yorre, je pense à Emma
Quand je bois du Cerdon, je pense à Catherine P.
Quand je bois du champ' Mumm Cordon rouge, je pense aux Noëls chez Malou
Quand je bois du Rasteau, je pense à Pascal
Quand je bois du Saumur-Champigny, je pense à Frédérique
Quand je bois du Double Pot Occitan, je pense à Philou
Quand je bois une Mauresque, je pense aux vacances (qui ne finiront jamais)
Quand je bois de la Charteuse verte, je pense aux soeurs Chapelain
Quand je bois de la bière bretonne bio je pense à Manue
Quand je bois un café froid, je pense à Marie
Quand je bois une bière que je ne connaissais pas, je pense à Catherine
Quand je bois un Kir-châtaigne, je pense à Régis
Quand je bois du Southern Comfort, je pense à Momo
Quand je bois du Bailey's je pense à Serge D.
Quand je bois du jus de clémentine pressée, je pense à Pacoune
Quand je bois de la Cuvée de Patrick, je pense à Philou
Quand je bois du Fernet-Branca, je pense à Pépin
Quand je bois du jus de légumes, je pense à Thierry R. et à son copain
Quand je bois du Gewurztraminer, je pense à Dominique
Quand je bois du Tropicana, je pense à New-York
Quand je bois de la framboise, je pense à une nuit de tarot à Membrey
Quand je bois un "petit vélo", je pense à l'année du bac
Quand je bois un White Russian, je pense à the Big Lebowski
Quand je bois du rhum arrangé je pense à Christian D.
Quand je bois du genièvre, je pense à Philou
Quand je bois de la vodka-orange je pense à Françoise
Quand je bois du vin de noix, je pense à Pépin
Quand je bois du ratafia de coings, je pense à Yves R.
Quand je bois de la Clairette de Die, je pense à Claude R.
Quand je bois de la Mortuacienne, je pense à Thierry G.
Quand je bois du chouchen je pense à la Crêperie (de l'Eglise)
quand je bois du lambrusco je pense à Pépin
Quand je bois du prosecco, je pense à Zabetta
Quand je bois du Zoup (mais ça n'arrive pas), je pense à Thierry G.
Quand je bois du Lagavullin, je pense à Pascal
Quand je bois une Guinness, je pense à l'Irlande
Quand je bois du Tariquet, je pense à Dominique
Quand je bois du Vespetro, je pense à Catherine et Manue
quand je bois une Pilsner urquell, je pense à Hervé
Quand je bois du lassi, je pense à Christine
Quand je bois du limoncello, je pense à Jean-Fran
Quand je bois un mojito, je pense à François
Quand je bois du beaujolais nouveau je pense à l'AG des ADC

(à continuer...)

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7 novembre 2020

RCC8

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(ah... le polaroïd de notre jeunesse...)

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bonne nouvelle pour les amateurs : DEUX nouveaux albums

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de Manu Larcenet!
(un que je viens de commander, et l'autre que je n'achèterai pas...)

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à part ça ? Eh bien j'en parlais encore hier justement avec mes correspondant(e)s téléphoniques, c'est vachement (!) plus calme que lors du premier con(con)finement, vous ne trouvez pas ? On était, c'est vrai, confronté-e-s à une situation inédite,inattendue, inimaginable, et du coup on s'agitait, on bruissait, on effervesçait (oui, une agitation quasi microbienne, bactérienne, comme quand on regarde au microscope une goutte d'eau croupie) et du coup c'était nous les micro-organismes en panique sous l'oeil de je me demande quel super-observateur dans son microscope géant... Tout était bon pour s'exprimer, s'interroger, s'encourager, s'informer (et se dés-) : téléphone, mails, whatsapp, skype, zoom et j'en passe (je parle pour moi, je ne suis ni tweeter ni facebook) bref ça y allait, et dans tous les sens...
Et là ?

Rien. L'atonie, le niveau zéro, le silence radio. Chacun cherche son chat reste chez soi, dans son quant-à-soi. L'inertie et la résignation face à la contamination et au confinement. Comme si on n'avait plus envie de rire (c'est vrai qu'à permière vue la situation ne s'y prête pas vraiment, hein) comme si on avait baissé les bras, comme si on n'en avait plus rien a faire, à battre, à foutre. A branler. La majorité des gens que je connais sont désormais plus ou moins du même âge. Avec des intérêts et des soucis de gens de nos âges. faut pas se leurrer, le plus gros du boulot a déjà été fait. Plus qu'à profiter et à attendre vous savez bien quoi. Et autant que ça se passe bien, non ? Et je ne peux pas m'empêcher de penser qu'en fin de compte (justement!), avec ce reconcon, c'est nous, les retraités, qui sommes le plus pénalisés (quoique pas les plus à plaindre).
On ne peut plus aller où on veut quand on veut comme on veut, et juste ça c'est très énervant. Remplir le papier, signer le papier, plier le papier, prendre le papier, mais bon sang pourquoi la france est-elle (à nouveau) un des seuls pays au monde à demander une putain d'attestation ?
On est vieux, eh oh, cessez de nous traiter comme des enfants!

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Ca yest. c'est confirmé de source sûre : la 35ème édition d'ENTREVUES,
le festival de cinéma de Belfort, est annulée.
(Mais la compétition est maintenue, et les prix seront décernés.)

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(Eric Pessan)

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J'ai fait mon Erri de Luca aujourd'hui, c'était le genre de journée propice à collecter les petits bonheurs :

- ce matin, au petit déj', le soleil qui donnait à plein sur la table de la cuisine, presque excessivement

- le constat que ma "grosse oreille" est presque revenue à des dimensions raisonnables

- le bouclage en un temps record d'un petit livre "foutoirs 2004/2007" (à -50%) qui attendait cette occasion depuis longtemps (des dessus de table, du temps où j'habitais rue Théodule Ribot)

- la visite d'Emma qui est passée boire le café, comme au bon vieux temps (distance règlementaire, masque, gel, et tout le bazar), avec le plaisir de voir quelqu'un(e) "en vrai", en plus elle a apporté du gâteau au chocolat (qu'elle a fait hier soir)

- du coup je n'ai mangé que ce soir mon chocolat quotidien (sans café du coup), je les choisis d'habitude au jugé dans la boîte sans les voir, mais là j'ai un peu triché en reconnaissant sous mes doigts la petite queue d'une cerise à la liqueur

- et ce soir, là, justement, cerise supplémentaire, un joli comm' de Sylvain qui me fait venir une larmichette

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1 novembre 2020

RCC2

Le reconcon, c'est comme les vacances scolaires : le premier week-end, ça n'est pas encore commencé, ça ne compte pas vraiment. En vrai, ça commence lundi.

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tôt le matin la première attestation donnait ça :

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(c'est moi qui ai ajouté le oooh pour signifier l'indignation devant la faute d'orthographe... ils ont encore dû embaucher un stagiaire au ministère pour corriger la vieille attest' de mars, et, le pôvre, comme il devait avoir de la buée sur ses lunettes à cause du masque il a laissé passer le s à école, à moins que ce soit juste un rebelle qui l'ai fait délibérément ? Ou parce qu'il trouvait ça joli? Mais de toute façon la formule est boîteuse je trouve," à l'école et à l'occasion de..." , non ?)

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Celle que j'ai imprimée pour sortir avait été corrigée (mais elle ne m'a pas servi). Sorti pour quoi ? Juste pour aller à Monop' pour acheter des frites surgelées (nutriscore A), c'est Dominique qui m'en avait donné l'envie... Tout un sport de réusir à sortir sans oublier ni mon ausweis bitte, ni mes sous, ni mon sac, ni mon masque (je suis quand même remonté trois fois de suite à l'appart', mon dieu déjà mon cerveau se ramollit...

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Le monsieur s'appelle Eric Pessan, il a un blog sur tumblr intitulé "parfois je dessine dans mon carnet", il publie -en ce moment- un dessin tous les jours, voici celui d'hier et celui d'aujourd'hui :

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c'est vrai que, à ce moment précis, (surtout sans radio et sans journaux télévisés), "tout ça" semble (encore) un peu abstrait, un peu irréel, un peu loin... on en reparle lundi, hein

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le chocolat n° 2 (avec le café n°2), ce midi,  était un petit carré plat de noir fourré d'une fine feuille de nougatine

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l'esprit des murs
(on prend les mêmes et on recommence, j'ai le sentiment de remettre mes vieilles pantoufles...)

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(et le plus drôle, enfin, relativement, c'est que, même si la fin de ce reconcon n'est pas encore fixée (Décembre ? Noël ? "Trève des confineurs" a évoqué à la télé un monsieur qui m'a fait sourire) les personnels autorisés évoquent déjà (posent les jalons) le rereconcon suivant, celui du printemps -ce qui est une bonne nouvelle puisque ça veut dire qu'entretemps on sera sortis-)

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7 octobre 2020

porcellone

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SEXE FOU
de Dino Risi

Settima Settimana 5.
Vu juste après Il mio corpo, un changement radical, d'époque, de sujet, de traitement... Un film a sketches du début des années 70, dans la grande tradition du film à skeyches italien des années 70 : affreux, sales et méchants (et bêtes) pour la gent masculine (représentée principalement par Giancarlo Giannini, qui s'en donne visiblement à coeur joie avec les perruques et les déguisements) et sexy et affriolante pour la gent féminine  -c'est sans doute sur ce point que le film a le plus (mal) vieilli- incarnée ici quasi exclusivement par la belle Laura Antonelli, qui était à l'époque, les critiques l'assurent -moi j'étais trop petit, et pas vraiment apte pour juger de la chose-, un véritable sex-symbol.
Bon, on ne va pas se mentir, tout ça a quand même, dans l'ensemble, pris un sacré coup de vieux (et c'est trop long). J'ai eu un faible pour le sketch du donneur de sperme et de son fantasme sur la bonne soeur (et de l'allemand d'opérette qu'ils parlent), celui-là m'a réjoui... Bon thème, bonne interprétation, bon timing. Pour les autres, il y a toujours un truc qui ne va pas...

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ps (par rapport au titre du post ) j'ai découvert que porcellone (qu'on entend prononcé dans le film) ne veut pas dire gros porc comme je le supposais, mais petit cachottier...

3 octobre 2020

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UNA PROMESSA
de Gianlucca et Massimiliano de Serio

Settima settimana 2.
On avait démarré, à 18h, en douceur et avec le sourire, (Citoyens du Monde), là on change d'univers, pour la soirée d'ouverture, avec ce film grave en avant-première (sortie prévue le 14 octobre). Au départ, une famille se réveille, mais seule la mamma part travailler, en bus, aux aurores (on comprend assez vite que le père a un accident du travail)  (on comprend aussi qu'il s'agit d'un travail de merde, travailleurs clandestins dans les champs et les vergers,  avec un contremaître dégueulasse qui passe son temps à aboyer sur tout le monde, aux ordres d'un patron encore plus dégueulasse, on l'apprendra assez vite). La maman ne rentrera pas, elle a fait un arrêt cardiaque sur son lieu de travail, et voilà père et fils dans la mouise complète,  qui partent trouver du travail, et vont se faire embaucher sur le lieu de travail de la mère, un travail harassant et mal payé (et (on va l'apprendre vite aussi) dangereux. où des hommes et des femmes se font exploiter sans états d'âme, traiter comme du bétail (voire pire) et on ne peut que penser au mot esclavagisme...
Comme le réusmait Benoït à la sortie "De l'intérêt de consommer bio et local...". Un film dur, et même de plus en plus dur (le propriétaire tout-puissant est en plus un salopard de pervers, ce qui va occasionner, au bout de son fusil, quelques scènes "pénibles"...) et c'est vraiment de plus en plus dans la mouise que se débattent le fiston et son papa. Les brutalités et les désillusions s'enchaînent jusqu'à la très impressionnante dernière scène...
Un film violent, de plus en plus violent, et qui, hélas, ne serait probalement pas très loin hélas  de la réalité.
Brutal, glaçant. Nécessaire.

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27 septembre 2020

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EMA
de Pablo Larrain

Ema est un film duel (et c'est lui qui choisit les armes). Hétérogène (mais pas hétéronormé, hihi). Et la bande-annonce l'a bien compris, avec son mash-up de mélodrame familial et de danse contemporaine, qui, déjà, laisse perplexe. Du lard ou du cochon ? C'est rare, en plus, de voir dans un film argentin (ou, carrément, latino) une demoiselle aussi peroxydée et aussi... opaque. Dans une histoire qui, pendant un certain temps, l'est tout autant. Et ce n'est qu'à la fin que tout se met en place (la toute dernière scène est jubilatoire, mais ni Téléramuche ni Libéchounet, par exemple, n'ont jubilé).
Ce qu'on comprend, petit à petit : Ema (Mariana Di Girólamo, -incandescente à plus d'un titre-, impressionnante oui oui) est une jeune danseuse, mariée à Gaston un chorégraphe célèbre (Gabriel Garcia Bernal, que j'ai trouvé, comment dit-on ici... "reintri"). Ils ont adopté un jeune garçon (Polo) qu'ils ont fini par rendre (ça m'a fait penser à une planche des Frustrés, de Claire Brétécher), à cause de la violence du môme (il a notamment brûlé au visage la soeur d'Ema). Mais Ema regrette cet abandon, et ne va pas hésiter à faire tout ce qu'elle peut (payer de sa personne par tous les bouts) pour récupérer Polo.
Je penserai pendant longtemps que le fameux Polo est comme le quatrième homme de Police, d'Anne Fontaine, un prétexte, un leurre, un macguffin, jusqu'à ce que le film finisse par vraiment le prendre en compte, et le traiter en tant que "vrai" personnage, mais il faudra du temps...)
Le film, pendant un certain temps, est quasiment abstrait, et propre (propice) à toutes les interprétations, comme peut l'être, justement, une chorégraphie. Où le spectateur se raconte l'histoire qu'il veut bien se raconter. Par les couleurs, par l'éclairage, par la musique (très bonne scène où Garcia Bernal explique sa vision de la musique techno et son rapport avec la prison) par le montage, on a souvent l'impression de se trouver dans un clip géant. Géant comme le soleil qui trône en fond de scène lors d'un ballet récurrent.
Le film n'est pas aimable pendant un certain temps (les visages sont souvent fermés, les scènes de sexe sont filmées comme des bagarres, notamment une, essoufflante -presque terrifiante- où tout le monde baise littéralement avec tout le monde),  comme un rubik's cube dont on aurait pendant une heure quarante tournicoté et re les faces (violemment) colorées dans tous les sens, et qui finirait in extremis par reconstituer une image unie -et plausible- (et compréhensible).
Le film est excessif, agressif, rentre-dedans, (entre facticité et toxicité) mais Pablo Larrain ne nous a jamais habitués à la douceur (je frémis encore en repensant à El Club, que j'avais adoré), et, comme il est prouvé ici, la fin justifie les moyens...

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16 septembre 2020

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LA DARONNE
de Jean-Paul Salomé

Jean-Paul Salomé est un réalisateur dont j'ai vu un seul film (Je fais le mort) et dont je n'ai pas eu l'envie (ou l'occasion) de voir les autres,  (Arsène Lupin, Belphégor) c'est comme ça. Un réalisateur, comme dirait mon ami Philou, sur lequel je n'ai aucune opinion. On peut l'étiqueter comme réalisateur de films "grand public", ce qui fait de La Daronne un film... questionnant. Et donc intéressant. D'autant plus que déséquilibré : d'un côté "la " Huppert (que je continue d'aimer contres vents et marées), je devrais d'ailleurs plutôt dire "au centre", tant elle est le pivot de l'histoire, et de l'autre, tout le reste. Et elle parvient sans peine à faire contrepoids, à elle toute seule (alors qu'elle est toujours gaulée comme une crevette ou une brindille, au choix...) Elle règne, sur l'histoire, sur les autres personnages, probablement aussi sur le réalisateur, bref sur le film tout entier.
Et comme c'est une comédie, elle se lâche, sans en faire des caisses, mais parfois c'est vrai juste à la lisière du surjeu. a la lisière (àla légère chantait Birkin), pas besoin de plus. Le look qu'elle a sur l'affiche (et donc, dans le film) est une des raisons qui m'a (m'ont ?) donné envie d'y aller (allez savoir pourquoi, justement, la toute première fois que j'ai vu l'affiche en question, -il y a assez très longtemps d'ailleurs, le film devait sortir initialement mi-mars je crois- j'ai cru que c'était l'autre Isabelle, la copine Adjani qui s'y collait -qu'on a bien plus souvent l'habitude de voir avec des lunettes de soleil format roues de brouette-, mais non c'était bien elle, cette très chère Isabelle H.)

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(elle est magnifique, non ?)


Le film est l'adaptation de La daronne, de Hannelore Cayre, que je n'ai toujours pas lu, malgré les critiques élogieuses, notamment de mon blog polar préféré (des nouvelles du noir, là).
L'histoire d'une veuve à petits revenus, employée par la police comme interprète (elle est bilingue franco-arabe) pour traduire les conversations de, principalement, ceux qui dealent et qui trafiquent (les rebeus, donc, ne refaisons pas le monde). Elle contribue à leurs arrestations, avec le minimum d'états d'âme requis, beaucoup plus investie qu'elle est dans le bouclage de son budget mensuel (notamment le règlement mensuel de l'EHPAD où a été "accueillie" sa mère -Liliane Rovère, qu'on a toujours autant de plaisir à retrouver...-).
Jusqu'au jour où un enchaînement de circonstances (et un franchissement de ligne blanche éthique, mais visiblement pas trop difficile à effectuer pour elle) va la mettre en possession d'une quantité énorme de shit, qu'elle va s'employer à écouler aussi vite qu'elle le peut (mais il y en a vraiment beaucoup hein), en utilisant sa connaissance de la langue arabe, et des réseaux de ceux qui la pratiquent. La voilà devenue La Daronne, poursuivie par la police (et notamment le commissaire de la brigade où elle bosse -joué par le toujours bien Hyppolite Girardot- qui la pousuit même deux fois : une en tant que Daronne (mais sans savoir que c'est elle) et l'autre en tant que Patience, qu'il poursuit, là, de ses assiduités...) mais aussi les gros méchants trafiquants, investissant (comme s'il s'agissait d'un cours de sophrologie ou de macramé) le créneau du petit grand banditisme "de proximité" en caftan haute-couture  et foulard léopard -et lunettes fumées-, elle va se frotter d'abord aux petits dealers, Scotch et Chocapic (une paire d'adorables idiots, Laurel et Hardy beurs avec toute la panoplie sape et tchatche) , pour écouler la marchandise, mais aussi -et plus brutalement- aux grands méchants vénères et brutaux -ceux qu'elle a, par la force des choses, dépouillés, et qui entendent bien récupérer "leur" bien-,  et, bien sûr, plus le film avance et plus l'étau se resserre autour de notre Daronne adorée, et plus les menaces diverses se rapprochent et se précisent.
Mais on est dans un dispositif narratif équilibré -comme une glace à deux boules (50% polar et 50% comédie)-, les flics se comportent en flics, enquêtes poursuites filatures et tout le tralala (c'est patience qui assure les écoutes) mais on sait d'avance que ça va se terminer en Caramba! Encore raté! à chaque fois, et c'est agréable, cette forme de polar qui ricane plutôt que de rouler des mécaniques, et la fantaisie l'emporte sur le pathos, bien sûr. Et le film fonctionne, incontestablement (grâce à Huppert bien sûr, mais il yne faudrait pas oublier madame Fo, la logeuse chinoise de l'immeuble, en même temps très philosophe ("Parler ne fait pas cuire le riz...") et très... pragmatique (notamment sur les techniques de blanchiment de l'argent de la drogue, et, par exemple, de l'opportunité ou pas d'appeler la police ("Il ne viennent jamais...")), et, enfin, ADN, un chien de la Brigade des Stups, prématurément mis à la retraite, à qui Patience va permettre de reprendre du service... (et qui va l'aider à faire ses petites affaires...
Le polar et la comédie vont leur cours, on se laisse aller dans le fauteuil, ça va bon train, c'est bon enfant, et voilà-t-y pas que même on nous rajoute un chouïa de constat social (la mère du jeune dealer qui a perdu sa cargaison de shit est aussi l'infirmière qui bichonne la maman de patience à l'EHPAD, voyez-vous ça...)
Bref un film plus que plaisant, mais qui, avec un réalisateur plus... couillu aurait pu être encore plus fort... (et nous ravir bien davantage)

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 ps : (juste pour le plaisir) le film est produit par Les films de la greluche...

 

9 septembre 2020

expulsion(s)

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POLICE
d'Anne Fontaine

Cas d'école. Pendant le film, tout va bien, c'est plutôt bien goupillé, j'aime bien cette idée de nous faire revoir la (les) même(s) scène(s) sous tous les angles, Efira, Gadebois, Sy en flics, un trio qui peut sembler surprenant sur le papier mais qui fonctionne à l'écran (même si la romance Sy/Efira semble plaquée un peu artificiellement), les scènes s'enchaînent, le timing fonctionne, on est tendu quand il faut, énervé quand il faut, souffle coupé quand il faut, on verse même presque une petite larmichette, et quand on arrive au bout, que les lumières se rallument (même pas trop tôt, pour une fois), bref, on est un spectateur content, qui vient de passer une bonne heure quarante de sa vie de spectateur... Bon, tout n'est pas parfait, hein, il y a des facilités, des maladresses, voire des invraisemblances, et puis les choix musicaux semblent un chouïa too much, mais bon on sort la tête légère et d'assez bonne humeur, on en a eu pour ses sous (de spectateur) ...
Et voilà que, sitôt dans le hall, on se retrouve comme dans les aventures de Tintin, avec un ange sur l'épaule droite et un diablotin sur la gauche. L'ange, encore sous le charme, continue de passer de la pommade (c'était vraiment bien, hein ?) mais le diablotin,  pas dupe, le zyeute avec ses petits yeux rouges, et commence à donner des coups de fourche en ricanant (mon pauvre mais tu t'es fait rouler dans la farine, manipuler dans les grandes dimensions...), et on se sent soudain un peu perplexe, spectateur le cul entre deux sièges, l'ange met du baume et lance des pétales, et le diablounet lance du poivre dans les yeux, greville avec sa fourchette, et vous souffle à nouveau au creux de l'oreille, en vous re-piquant,  que oui vous vous êtes fait ma-ni-pu-ler... Ah bon ?
Ah mais non rétorque le chérubin, pas du tout, c'est un film qu'il faut percevoir et accepter dans sa dualité (il y a deux parties nettement marquées : avant la nuit et pendant la nuit, avec même une coda, tiens, après la nuit, mais ce n'est pas de ça que cause l'angelot : il veut parler du grand écart entre film populaire et film d'auteur) dualité mon cul persifle encore le mini méphisto en fourchicotant encore un peu, et en rajoutant que s'il y a bien deux parties la réalisatrice s'est aussi complètement vautrée dans l'une (Martine flic) que dans l'autre (Martine a un cas de conscience), ce à quoi le white angel, perdant son angélique patience, fait pffff! n'importe quoi! en haussant les épaules et en se retournant pour ne plus le voir...
Voilà, on n'est pas plus avancé, on est quand même assez d'accord avec l'un comme avec l'autre... comment trancher ?
Pour se faire une idée plus précise, on va alors sur allocin*che voir les critiques des spectateurs (c'est un test imparable) : sur les 86 critiques (à l'heure où ces lignes sont écrites) il y a 6 ***** et 20 zéro étoile... trois fois plus de trolls (qui d'ailleurs en majorité dézinguent plutôt Omar Sy que le film lui-même...) Y a pas à tortiller, je suis spontanément toujours du côté du faible et de l'opprimé et je vais donc le défendre, et donc tendre la main à mon angelot en lui donnant raison, et balancer l'autre d'une pichenette.
Les choses ne sont pas si simples, bien sûr. Anne Fontaine (dont certains critiques ont écrit -à raison- qu'elle a une carrière en dents de scie) serait plutôt ici sur une pointe que dans un creux : un film impressionnant, des acteurs (quoiqu'en pensent les trolls) qui assurent (même si les deux sur l'affiche -Efira et Sy- ne se reconnaissent pas immédiatement, et le troisième (Gadebois) ne se ressemble pas tout à fait -dans le film-), des parti-pris culottés (le début multi-angles, le huis-clos dans la bagnole, le choix d'intégrer un personnage opaque (qui ne parle pas - enfin, que personne ne comprend-), un angle d'attaque intéressant (les flics -et fliquettes- dans leur vie privée sont aussi malheureux que vous et moi, bon, Ladj Ly l'a fait il n'y a pas si longtemp dans Les Misérables, hein), mais la réalisatrice se trompe en en rajoutant dans le pathos (l'avortement) et la bluette (la roucoulade Omar et Virginie).
Avec la question du quatrième personnage (présenté en tant que tel dans le film, il a droit comme les trois autres a son prénom en grand, Tohirov) un beau ténébreux (interprété par Payman Maadi, découvert -avec barbe- chez Ashgar Farhadi dans A propos d'Elly (2009) et Une Séparation (2011), merci Imdb, je me disais bien que son visage me disait quelque chose...) qui n'est, finalement, qu'un Macguffin hitchcockien : un élément exotique, extérieur, mystérieux, (il est tadjikh) dont on ne comprendra jamais hélas ce qu'il était vraiment et ce qu'il voulait dire (à quoi bon alors le faire parler ?) mais qui permet au scénario (au film) d'exister (sans lui on perdrait 50% de l'intérêt que présente l'histoire...).
Un bon film, puissant quand il est noir et dolent quand il est rose, qu'en fin de compte j'aurais envie de revoir (ce qui est plutôt bon signe!)

Pourquoi j'ai donné ce titre à ce post ? Parce que, très intelligemment, Anne Fontaine joue sur les trois significations proposées par notre cher Larousse:

Expulsion :

1. Mesure administrative obligeant un étranger en situation irrégulière, ou dont la présence peut constituer une menace pour l'ordre public, à quitter le territoire national.

2. Action et procédure qui ont pour but de libérer des locaux d'un occupant sans droit ni titre ou ayant perdu tout droit à se maintenir dans les lieux.

3. Évacuation par les voies naturelles d'un élément contenu dans le corps.

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... et rose (Quand Omar rencontre Virginie)

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Le quatrième homme (Tohirov)

28 août 2020

entropie

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TENET
de Christopher Nolan

S  A  O  R
A  R  P  O
T  E  N  E  T
O  P  R  A
R  O  A  S

Et voilà.
(Ca devrait suffire).
Je connais la formule depuis mon adolescence, sans bien savoir à quoi ça se réfère ni à quoi ça pourrait servir. Et voilà que Christopher Nolan l'a fait (je m'en doutais un peu depuis que j'ai appris le titre du film...) Comme le film ne sera projeté qu'en VF dans le boo cinéma, autant aller le voir en avant-première, n'est-ce pas ? C'était dans la 8 (aïe mauvais présage, c'était la salle de Div*rce Club), et, effectivement, il y avait dans la salle -qui est vraiment très grande- un peu plus de monde que d'habitude (bon, pas encore au point de ne pas pouvoir respecter la distance minimale d'un fauteuil entre spectateurs, hein, mais il y avait du mieux...)
Et ça a démarré, et on constaté tout de suite que le son était TRES FORT, et, tout de suite après, que le montage aussi, et on se prend dans les mirettes une scène d'attentat à l'Opéra par un ou plusieurs groupes inconnus, une scène d'ouverture pleine de mecs uniformés et masqués, de flingues maousses, de violence et de pyrotechnie qui démarre genre James Bonderie, pour nous donner l'occasion de découvrir le héros du film, celui qui va sauver le monde (Bruce Willis, ton temps est révolu hihi). Il (il n'a pas de nom) est black, est interprété par John David Washington (le fils de Denzell), sapé comme jamais, et -hélas- est doué d'autant d'expressivité et de charisme que, disons, Steven Seagal dans ses meilleurs jours (il a les mâchoires serrées comme s'il avait un appareil dentaire particulièrement occlusif, mais bon, quand on doit sauver le monde, on a sûrement autre chose à penser que de sourire et faire des mamours, n'est-il pas ?).
Pour sauver le monde, il a un adjoint, Neil, un blondinet trop cool joué par Robert Pattinson himself, décidément cet homme peut tout faire - les deux dernières fois qu'on l'a vu c'était dans The Lighthouse de Robert Eggers, et dans High Life, de Claire Denis-, et il joue le bras droit un peu rigolard (le Laverdure de son Tanguy sauveur de monde) faire-pas si valoir que ça, en fin de compte.
Et il y a bien sûr en face un méchant très méchant qui envisage de détruire le monde, Sator (clic clic!), un mafieux russe, interprété par Sir Kenneth Brannagh (j'ai dû attendre le générique de fin pour avoir confirmation de ma supputation) qui est vraiment oui oui affreusement méchant, (à côté de lui le Requin des Dents de la mer, c'est Bambi...), incarné un chouïa en force (ce que le doublage français n'arrange pas vraiment...)
Un héros, un méchant, et il faut bien sûr, entre les deux, une princesse à délivrer... Elle est blonde, elle s'appelle Kath (pour Katherine), elle est interprétée par la délicieuse Elizabeth Debicki, (dont on devrait bientôt reparler) qui compose un des personnages les plus intéressants du film... c'est l'épouse du méchant très méchant, et, devinez un peu qui va tomber illico raide dingue d'elle, hein?
Et le macguffin ? le truc pour lequel tout le monde se bat mais qui est -hitchcokiennement- un prétexte à la mise en place de l'histoire  ? Au début on croit que ça va être du plutonium 241, mais c'est un leurre! Le machin en question c'est le temps. Le temps c'est de l'argent bien sûr, mais le temps à l'envers c'est encore plus que ça! Et c'est là-dessus que va se construire le film, de morceaux de bravoure en morceaux de bravoure (un combat dans un port franc, une course-poursuite avec des voitures qui vont -vraiment- dans tous les sens, une confrontation de part et d'autre d'une vitre, une opération militaire avec les rouges à l'endroit et les bleus à l'envers -allez-y vous comprendrez mieux-) qui vous clouent incontestablement sur votre fauteuil (avec les mains sur les oreilles tellement c'est toujours aussi FORT, à savourer votre plaisir -régressif- de regardeur de blockbuster, yeux comme le loup de Tex Avery, mâchoire pendante et surtout, oui surtout, le cerveau en ébullition.
Carrément.
Car si, par certains côtés, on est en plein dans la bourrinerie (grosses burnes, grosse artillerie, grosses  bagnoles, gros bras, grosse camaraderie virile et j'en passe) clinquante et bien bourrinante (film d'action et d'espionnage, dira-t-on), voilà que le manteau de l'histoire se révèle nanti d'une doublure scientifique version hard-science, physique quantique, entropie, paradoxes temporels etc. vous voyez le genre, le genre justement qui vous fait froncer les sourcils et apparaître sur le front les rides dites "d'intense réflexion", (hounga hounga moi bas de plafond essayer de comprendre...) qui fait inexorablement monter la température de vos méninges jusqu'à ce que vous ayez, par instants, le sentiment d'avoir, oui, le cerveau qui frit.
Donc il vaut mieux alors passer en automatique et s'enfoncer béatement dans son fauteuil moëlleux en soupirant d'aise tranquillou et les regarder tous se foutre sur la gueule, sans plus essayer de chercher la petite bête ni de comprendre comment, par exemple, une même attaque peut avoir lieu en même temps à l'endroit et à l'envers (je n'en suis toujours pas revenu...)
Comme d'habitude chez Christopher Nolan (je me base sur ceux que j'ai vu : Interstellar, Following, Le Prestige, Memento) l'intrigue est virtuosement tarabiscotée, le scénario est tortueusement intelligent, le film vous traîne sans ménagement dans sa complexité paradoxale, où l'on a, en plus de la cinégénie, le plaisir de voir de temps en temps se confirmer une hypothèse de spectateur, tandis que le récit se retourne comme un doigt de gant, ou que le réalisateur nous permet de (re)voir la scène sous un autre angle (ça se produira plusieurs fois)... Dans Interstellar, par exmple, on revoyait, à deux moments du film,  une même scène, vécue de part et d'autre d'une bibliothèque, à des années (-lumière) d'écart, mais là, c'est carrément tout le film qui se revoit (et renvoie à lui-même), de part et autre d'un centre de symétrie spacio-temporel (le N de TENET), en avant et en arrière -simultanément!-.
Comme si le nouvel ennemi de James Bond, mieux que Goldfinger, se nommait à présent Schrödinger*
Bref (2h30, tout de même! ) le film est et n'est pas. Dans le même temps (!). Pas un chef-d'oeuvre impérissable, c'est sûr, mais un sacré moment de cinoche, c'est tout aussi certain...
Je ne suis pas certain que, en l'état, ça puisse renflouer les tiroirs-caisses des cinoches comme l'espéraient ceux de la profession désormais exsangue et sinistrée jouez hautbois résonnez musette (et tiroirs-caisses),  le quantique des quantiques... (et j'avoue qu'en fait je m'en fous un peu...)
Comme le conseille Téléramuche, (re) voyez plutôt Memento, Le Prestige, et Interstellar, du même, encore plus réussis...

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deux façons de voir...

* "Le chat de Schrödinger est une expérience de pensée imaginée en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger afin de mettre en évidence des lacunes supposées de l'interprétation de Copenhague de la physique quantique, et particulièrement mettre en évidence le problème de la mesure." (voir la suite sur wikipedioche)

23 août 2020

au théatre cette nuit

rue bb

(le cadre)

*

le point de vue est limité, car la scène est observée par l'espace entre les volets de la fenêtre du salon
la rue BB est en pente, et descend de la gauche vers la droite
quand il est quesion du "15", il s'agit d'un numéro un peu plus bas, invisible depuis la fenêtre

*

l'heure : entre 3h et 4h du matin

*

personnages :
JFO : la jeune fille en orange (avec une boîte de bière genre 8.6 à la main)
JF 2 : la jeune fille qui parle doucement
JH : le jeune homme avec le t-shirt  blanc
CO : Comparses 1 et 2
CO 2 : Comparses 3 et 4
CH : L'homme au chien

*



la scène commence plateau vide, on entend juste des éclats de voix indistincts qui se rapprochent
JFO apparait, remontant la rue en soliloquant, s'arrête au milieu du carrefour vide, et parle, sans se retourner
JFO : ... et retourne chez ta femme!
elle reprend sa marche et disparaît côté cour (mais on entend ses ronchonnements qui continuent, mais de façon indistincte.
Apparait JH qui surgit de l'endroit d'où venait JFO, marche dans la même direction, comme s'il la suivait (il ne dit rien) il avance encore, s'arrête au niveau du porche, sous lequel il avance (l'éclairage automatique qui se déclenche alors permet de supposer, au vu de son ombre, qu'il est en train d'y pisser (joli effet de lumière), et pendant ce temps montent des bruits de voix de CO1 et CO2, qui, venus du fond,  remontent la rue S.V et qui, lorsqu'ils l'aperçoivent, apostrophent en rigolant JH (on entend des choses comme "petit pédé" semble-t-il, maisamicalement, sur le ton de la vanne). JH sort du porche et s'avance vers eux tout en refermant sa braguette, il est de dos, au milieu de la rue, arrive une voiture de la rue S.V qui tourne à droite, et JH alors, au milieu du carrefour, lui fait signe de passer
C1 : Tu fais la circulation...
La voiture tourne, les autres se marrent, JH répond indistinctement, il fait l'idiot en s'accrochant au panneau de sens unique  et en tournant autour à bras tendu...
Les comparses 1 et 2 continuent leur chemin, tournent à droite et disparaissent en cour...
Arrive alors JF2 qui s'approche de JH, lui parle doucement, le prend par le bras, et l'emmène doucement vers la droite (en direction du 15? ) Tous deux disparaissent.

Soudain il pleut...

Réapparaît alors JFO, toujours avec se boîte de bière à la main, qui revient (plutôt calmement) sur ses pas et finit par rentrer au 15...

Passent alors, suivant le même trajet, deux mecs en noir qui discutent de façon un peu exaltée, mais "gentiment", d'un autre mec (peut-être JH ?) C3 a un petit chignon / queue de cheval, il virevolte et sautille un peu en parlant
C3 :La tarlouze, le petit bâtard... (et variations sur le même thème)
C4 acquiesce
ils continuent de descendre la rue tout en continuant de traiter le mec de tous les noms

Repasse une nouvelle fois JFO, toujours la bière en main, elle repart vers le haut de la rue B.B en grommelant, indistinctement

(passent plusieurs voitures)

Réapparaît JH, avec CH (et son chien -genre pit, en laisse) Ch court après Jh, ils se poursuivent autour d'une voiture en stationnement, et reprennent leur chemin vers le haut de la rue
CH (hurlé) : Farah*!
(il part en courant -avec le chien- vers la gauche, JH le suit, en courant aussi, puis repasse assez vite dans l'autre sens, toujours en courant, il s'arrête et revient ramasser quelque chose qu'il a laissé tomber, et repart en courant, vers le bas de la rue
pendant ce temps on entendait indistinctement au loin les mots échangés par JFO et CH, ponctués d'ailleurs d'aboiements du chien, comme s'il voulait prendre part à l'échange...
Puis réapparaît CH, tenant JFO par la main, la tirant plutôt
JFO : Youcef*!!!
(puis, à à CH) Il est où ?
CH : Il est là... (il tend le bras vers le 15)
JH alors réapparaït et revient vers eux, tous les trois se retrouvent pile sous la fenêtre, et repartent en criant fort (le chien aussi continuera d'aboyer par à-coups) , on ne comprend que
CH J'ai mal à la bouche! J'AI MAL A LA BOUCHE!

Les échanges continuent, el niveau sonore décroît au fur et à mesure qu'ils s'éloignent

La scène est vide, elle reste vide, et il se met à pleuvoir, très fort cette fois

Ca reprendra un peu plus tard (les gueulantes et vociférations) mais moins fort (j'ai fermé presque toutes les fenêtres) mais je me suis recouché et je n'ai plus le courage de me re-lever...

* les prénoms ont été changés...
il s'avère que JH est un de mes anciens élèves et JFO sa tante, "bien connue des services sociaux"...

21 août 2020

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071
EFFACER L'HISTORIQUE
de Benoît Delépine et Gustave Kervern

(Joyeusement nihiliste)
Voilà deux zozos (dodos? allez-y vous comprendrez...) dont on a programmé tous les films, dans le bôô cinéma (et dans le vieux moche avant, aussi, puisque le premier Aaltra, date de 2003.). Si j'ai bien compté sur allocin*che, celui-ci est le 9ème.
J'avoue que j'y allais tout de même avec un petit chouïachounet d'inquiétude, les deux précédents, I feel good et Saint Amour, m'ayant  laissé un peu sur ma faim (enfin, plutôt sur ma soif, dans le cas présent), un léger goût de bâclage et de va-comme-je-te-poussisme. Delépine & Kervern les joyeux bricolos quoi...
Il y avait une avant-première, dimanche après-midi, dans la salle 5 du bôô cinéma, ce qui ajoutait encore un peu à mon inquiétude (la dernière, je le rappelle -oui oui fouettez moi- c'était Div*rce Club), mais là,  je me suis senti tout de suite mieux en entrant dans la (grande) salle : j'y étais tout seul (ce qui était donc tout à fait bon signe, et me mettait déjà dans de meilleures dispositions...). (Comme si ça confirmait mon intuition que les gens préfèrent de loin aller aux avant-premières cons...) Donc, une avant-première princièrement pour moi tout seul, dans la salle où les sièges font chaise-longue (en plus)...
Blanche Gardin, Corinne Masiero, et, entre les deux, Bruno Podalydès. Ca commence bien : Blanche Gardin (de dos, mais on sait que c'est elle) rentre de faire des courses (elle tient un sac en plastique), et fait une pause en se grattant la raie contre un jeune tronc, il y a des zigouigouis qui volent... (c'est beau et simple comme du Reiser... )comme une pause bienvenue avant de retourner affronter les emmerdes. 
Trois voisins d'un lotissement pavillonnaire démoralisant (comme souvent chez D&K) n'importe où à côté de nulle part  : une chômeuse, une chauffeuse de taxi et un serrurier, qui se sont connu(e)s sur un rond-point ("leur" rond-point) l'année d'avant en tant que gilets jaunes, et qui, au début du film, ont chacun des soucis d'informatique et de téléphonie (dirons-nous). En plus des soucis "normaux" et ordinaires propres aux petites gens... Problèmes qu'ils u'ils vont finir par mettre en commun (mutualiser) pour tenter de les résoudre (et faire appel à rien mins qu'à Dieu, qui, comme chacun sait, vit caché dans une éolienne...).
Oui, autant les deux précédents films du tandem m'avaient semblé un peu... flottants, autant pour celui-ci ils semblent avoir retrouvé la gniaque (gnaque ? niaque ?) et la pugnacité des grands jours. Ca dézingue à tout va, et c'est plutôt jouissif. C'est cruel sans être méchant. C'est acide, très acide, ça attaque carrément les gencives mais c'est salutaire. C'est le genre de film qu'il faudra impérativement revoir pour appréhender des choses et des finesses (oui oui) qui vous avaient échappé la première fois... Tellement il y en a de ces détails fignolés/pignolés, comme si le tandem avait entrepris de dresser la Liste des trucs qui sont faits pour bien vous faire chier. Avec des personnages principaux beaucoup moins esquissés que d'hab',  fignolés je dirais même, des personnages pas tout d'un bloc mais amoureusement crayonnés, (même si parfois le trait paraît un peu chargé et que la mine du crayon a fait un trou dans la feuille...)
Non seulement les trois solistes (Gardin Masiero Podalydès) tiennent leur rôle jubilatoirement (on regrettera juste que Corinne Masiero, enfin son personnage, soit un peu sous-employé face à Miss Gardin, qui emporte tout sur son passage), mais, pour faire bonne mesure ("Y en a un petit peu plus je vous le mets quand même ?") les réalisateurs n'ont pas résisté au plaisir d'inviter des comparses-clins d'oeil pour pimenter la sauce (Jacky Berroyer, Vincent Lacoste, Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners, Vincent Dedienne, et le toujours fascinant -en tant qu'acteur- Michel Houllebecq  -le générique évoque aussi Jean Dujardin et les critiques Yolande Moreau mais j'avoue ne pas les avoir reconnu(e)s...-). Toute la misère du monde (chère à Bourdieu) à la sauce grolando-pavillonnaire, c'est sûr que ça tache un peu les doigts. Mais voir notre trio de Robins des Boi(e)s partir vaillamment à l'assaut des moulins à vent des multinationales informatiques et rézo-sociales (comme s'ils s'étaient trompés d'histoire) ça fait du bien... Vraiment les D/K ont mérité leur Ours d'Argent spécial 70ème édition du dernier Festival de Berlin!
Ce film, c'est de l'oxygène pur (pour vous aérer les neurones) avec un chouïa de protoxyde d'azote (pour les zygomatiques) et juste ce qu'il faut de monoxyde de carbone (au cas où vous auriez envie d'en finir avec la vie), bref le mélange gazeux parfait!
(Nihilistement joyeux).

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17 août 2020

en francs

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LA HAINE
de Mathieu Kassowitz

Re-sortie en copies neuves restaurées pour fêter les 25 ans du film. (Quand je l'ai vu, à sa sortie, j'avais presque 40 ans et j'en ai à présent bien plus que 60... Le temps passe, quoi...)
La restauration est magnifique (d'autant plus que le film commence par des scènes d'émeute retransmises à la téloche où l'on se dit que la qualité est moy-moy et on s'inquiète pour la suite, à tort, puisque lorsque ça démarre "vraiment", on est scotché par la qualité de l'image et du son (car le son aussi est extrêmement important dans le film) et techniquement le film est assez époustouflant (on sent -justement- qu'il a été fait pour ça, pour être percutant . Comme doit l'être hinhin un percuteur sur un revolver. Parce que bam bam).
Film percutant donc, et film à charge (comme dans "charge d'explosifs" ou "charge de CRS") clairement contre les flics. Nique la police etc. Percutant, à charge et explosif, pour l'époque (95) ça faisait peut-être beaucoup. (En 95 on manifestait -avec détermination- contre le Plan "droit dans ses bottes" Juppé... En 95 Debré était à l'Intérieur, succédant à -tiens!- Pasqua, et précédant -tiens tiens!- Chevènement...) Mais revenons à nos banlieues...
Pieds Nickelés et emblêmes, trois potes de téci (le langage et le verlan ont semble-t-il, comme les acteurs d'ailleurs, légèrement vieilli, mais ça n'est pas désagréable, cette patine banlieue) : le petit rebeu volubile et dragueur, le grand black boxeur et taiseux, et le feuj un peu concon (ça serait quand même un peu lui le Rantanplan de la team) mais gentil quand même, trois zozos dont on va suivre les aventures, chronologiquement (le marquage temporel qui redouble le fameux "jusqu'ici tout va bien...") de la téci à  la capitale, et retour. Du matin à la nuit et retour aussi. Et bam bam.
Ce qui est drôle, c'est que, grosso modo, justement, le film, jusqu'à la séquence finale, est plutôt drôle et enlevé, il met le public en confiance, l'amadoue, le fait sourire par son sens de la répartie, son goût de l'épate, il le caresse bien dans le sens du poil, quoi, jusqu'à ce que bam bam, il le cueille par surprise (on ne l'avait pas vraiment vu venir, le scénar est bien ficelé). Après une pénultième séquence (celle avec le skin, joué par Kasso himself) toute en tension, le retour au petit matin dans un train de banlieue vide où les trois se font la gueule semble boucler en douceur la fiction. Mais non. "Ce qui compte, c'est l'atterrissage...".
Et bam bam.

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15 août 2020

ayacucho

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CANCION SIN NOMBRE
de Mélina León

Un beau noir et blanc fuligineux (après vérification le mot ne signifie pas tout à fait ce que je pensais, mais il est tout de même cité dans les synonymes de brumeux, alors ça va...), qui, à plusieurs reprises, m'a fait penser à Béla Tarr (surtout les plans de la maisonnette à flanc de colline), ce qui est un compliment.
Un beau film austère, parfois (souvent) quasi-documentaire, "d'après des faits réels", qui évoque le Pérou des années 80, la dictature, la crise économique,  le terrorisme, bref une situation de crise(s) à tous les étages, à travers les personnages de Georgina, jeune paysanne pauvre qui se fait dépouiller de son bébé dès la naissance par des salopards, et de Carlos, jeune journaliste qui grâce à elle va mettre à jour un trafic international de bébés dans lequel sont impliqués des notables. Mais aussi de Leo, le père du bébé disparu, et Isa, un charmant jeune barbu qui viendra -de façon inattendue- rajouter un contrepoint romantique (et homo) -et pas tout à fait abouti- à cette très triste histoire... (Décidément, si notre Semaine Latino 9 avait eu lieu, elle aurait été incontestablement la plus gaie de toutes...)
Les deux trames narratives (la vie de Georgina et, à peine en retrait, celle de Carlos) sont comme des fils inclus dans une trame plus ample (avec un accent mis sur la vie des paysans à Ayacucho à cette époque (la pauvreté extrême, les fêtes "folkloriques", les expédients pour s'en sortir), mais aussi la situation politique à cette même époque, la lutte -perdue d'avance- des classes, le Sentier Lumineux...) mais assez, je l'ai déjà dit, uniformément tristounette.
Le film est quasiment autobiographique, il est basé sur l'histoire du père de la réalisatrice, et le noir et blanc cotonneux (l'image, je le répète est magnifique) ainsi que le petit format étriqué sont ceux des souvenirs non seulement de la réalisatrice, mais de ceux qui l'accompagnent dans le film...
Un  beau film juste et triste, quoi.

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l'affiche

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la petite maison comme chez Béla T.



4 août 2020

tatouage de requin

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LUCKY STRIKE
de Kim Yong-Hoon

Un sac plein de billets. Qui déchaîne les convoitises d'une flopée d'individu(e)s plus ou moins caractériel(le)s. Et passe de mains en mains. De façon plus ou moins violente. On avait déjà vu ça en 2018, made in China et en animation, dans le jubilatoire et tonitruant Have a nice day de Liu Jian.
Eh bien on remet le couvert, d'aussi jubilatoire façon, mais en "vraies" images cette fois , et made in (South) Korea dans un premier film à couper le souffle (malgré un titre français contrevenant à la loi Evin -interdit de faire directement de la pub pour des clopes, tandis que le titre original Beasts clawing at straws (bêtes qui griffent la paille) avait tout de même un autre cachet -et un autre sens de l'accroche, justement-) d'un jeune réalisateur dont on peut penser qu'on reparlera bientôt.
C'est malin, c'est drôle c'est violent c'est roublard, genre polar survitaminé à la sauce sud-coréenne (on est loin -très loin- de Hong Sang-Soo mais c'est tout aussi plaisant, dans un autre genre : si ça parle -un peu- moins ça décime beaucoup plus) pied au plancher pendant 1h48, qui ne vous laisse pratiquement pas le temps de reprendre votre respiration tellement la narration est speedée, et (surtout) très intelligemment emberlificotée : alors qu'on avait l'impression de suivre une narration (chorale) chronologique, on réalise au bout d'un moment que la temporalité de ladite narration a été sciemment biaisée (illusion d'optique), et qu'on est parvenu (revenu) à la scène d'ouverture du film, qui n'était donc pas du tout le début de l'histoire, comme on avait (aurait) pu le croire, mais qu'après cette boucle, ce n'est pas fini du tout, et que le réalisateur n'hésite pas à en remettre une couche, et, comme à la fête foraine, c'est reparti pour un tour!
Une galerie de personnages hauts en couleur : un agent de l'immigration plutôt veule, un mafieux trop joyeux, un tueur à sale gueule, un employé de sauna trop gentil qui vit avec femme et sa mère acariâtre, et last but not least, une salope ultime comme seul le cinéma sait en produire, aussi mimi (en apparence) qu'elle est cracra (en dedans). De l'humour et de l'amoralité en veux-tu en voilà.Le sac siglé et sa cargaison vont connaître plusieurs mains successives (et plusieurs casiers de consignes aussi) dans un récit àqui se permet la violence graphique tellement décomplexée qu'elle en devient irréaliste (et drôle). Un cocktail de Tarantino et de Coen brothers, pour vous préciser l'esprit de la chose, avec un emballage bluffant.
Un film d'été idéal, quoi!

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