frida k.
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TU MÉRITES UN AMOUR
de Hafsia Herzi
hafsia herzi, on la connaît quasiment depuis qu'elle est toute petiote (La graine et le mulet) et on la suit avec assez d'assiduité, comme une cousine qu'on aime bien, et à qui on est prêt à pardonner ses (éventuels) défauts... oui, je l'aime beaucoup, mais j'avoue qu'il m'est arrivé quelquefois d'avoir quelques réserves (ou doutes) sur son jeu...
Là il s'agissait de son premier film en tant que scénariste, réalisatrice, actrice principale (quand même, ça fait du taf, hein!), et on y allait prudemment, en s'autorisant- à l'avance- quelques doutes. Premier étonnement, (et bonne surprise) : l'unanimité enthousiaste de la critique (allocinoche annonce un *****, dix-huit **** et sept ***, et rien de rien en dessous, aucun soupir de dédain ni ricanement de hyène, ce qui est quand même extrêmement flatteur et encourageant pour un premier long-métrage...), et j'y allais donc avec curiosité cette fois.
quand ça commence, on en serait déjà presque à soupirer non mais pour qui elle se prend... : film écrit, et réalisé, par Hafsia Herzi, avec Hafsia Herzi (dans le rôle de Hafsia Herzi ricanerait-on presque, et la première scène nous donnerait presque raison, elle marche dans la rue cheveux aux vents (regardez comme j'ai des cheveux magnifiques, et c'est vrai d'ailleurs) et la voilà qui fait le siège d'une porte à digicode où elle voudrait bien rentrer, d'abord en vain, puis, lorsqu'elle est parvenue à ses fins, pour sonner à un appartement où viendra lui ouvrir un godelureau en marcel et à anneaux multiples, dont on comprendra vite petit un qu'il vient ou plus ou moins de la quitter comme un malpropre et petit deux qu'elle elle l'aime toujours, et qu'elle aimerait bien le reconquérir...
Et voilà qu'on va rapidement déposer les armes de ricaneur, et qu'on va simplement la suivre, attentivement, affectueusement, en abandonnant toutes les réserves et les oui mais qu'on avait pourtant tenus prêts.
Lila est amoureuse, Lila est malheureuse, son ex-copain en plus part deux mois en Amérique Latine pour "faire le point" (le point mon cul comme dirait Zazie), et on la suit, elle, dans cette chronique d'une reconstruction (c'est vrai qu'elle est pratiquement de tous les plans) on la suit de très près (de par les choix de cadrage qui restent, justement, au plus près des visages et des corps), dans ses différentes tentatives de (re)trouver l'amour.
C'est simple, et c'est très beau. Simplement, justement.
On voit passer (brièvement) Sylvie Verheyde (réalisatrice de Stella et de Sex Doll) dans le rôle de la mère de Lila, puis (toujours brièvement) Samir Guesmi, on est content, et on l'est encore plus lorsqu'apparaît, au détour d'un comptoir de bar, le très aimé Anthony Bajon (qu'on avait découvert dans, très aimé justement grâce à lui, La prière, de Cédric Khan), dans un très joli rôle d'aspirant-photographe amateur de Frida Khalo, avec son visage poupin, sa barbounette, sa timidité, sa gaucherie, (bref, on adore... ce gars-là a une belle carrière devant lui on l'espère), pendant que Lila continue de faire face (ou essaye de), émet des hypothèses sur ce qu'est une rencontre amoureuse, et que défilent face à elle quelques types de types (le menteur, l'ennuyeux, l'indécis, et même le bisexuel, dans une longue scène où l'insistance à filmer des baisers baveux en gros plan tirerait presque le film vers le documentaire sur les gastéropodes...).
On ne peut pas parler des personnages sans souligner, celui, flamboyant, excessif, insupportable mais indispensable, du copain gay (et rebeu), excellemment tenu par Djanis Bouzyani (dont allocinoche m'apprend qu'il a débuté avec un petit rôle dans le Bonhomme de Marion Vernoux) jeune homme auquel on souhaite, si les petits cochons ne le mangent pas, les mêmes bonnes choses qu'à Anthony Bajon), et qui m'a fait penser à l'autre personnage de copain-rebeu-gay tenu par Lakhdra Dridi dans Une fille facile) - y aurait-il là un nouveau créneau de personnage (qui me réjouit, dailleurs, doublement) ? Affaire à suivre...
Et on sort de la salle très content, avec juste sur notre plaisir l'ombre de l'égacement causé par le fait que le -toujours facétieux- projectionniste, nous ait carrément sabré le générique de fin (peut-être pour lui générique de faim parce qu'il était pressé de rentrer chez lui casser la croûte ?) mais bon, on est dans le bôô cinéma, on a l'habitude...















































