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lieux communs (et autres fadaises)
31 octobre 2018

chèque-cadeau

Trois bouquins dont j'avais très envie et que j'ai pu m'offrir tout de suite (sans être obligé attendre qu'ils atteignent le petit prix que j'avais fixé en souhait sur Priceministruche). trois bouquins très différents : un roman court (ou une nouvelle longue), enfin une novella comme disent les Américains), un polar couillu avec une paire de héros que j'aime depuis leurs débuts, et un... euh... recueil de nouvelles, de fragments, d'éclats, d'un écrivain qui me fascine toujours autant, trois bouquins dont le point commun est d'être américains, et donc de parler, chacun à sa manière, des habitants de ce pays.

1) EDEN SPRINGS
de Laura Kasishke

C'est Christine qui m'avait fait découvrir la dame (Rêves de garçons, 2009) et qui m'a donné envie de lire tous ses autres romans. J'aime son goût du malaise diffus, de la cruauté en sourdine, de la manipulation du lecteur (une succession d'incontestables réussites, comme Les Revenants, La vie devant ses yeux, A moi pour toujours, En un monde parfait) et j'étais trop content de la retrouver (elle est désormais publiée chez Page à page, qui a déjà publié d'elle un volume de poésie et un recueil de nouvelles). Soyons franc celui-ci m'a un tout petit poil déçu. Il est question d'un gourou, d'une communauté, de jeunes filles habillées en blanc, et d'une qu'on a  retrouvée morte dans un cercueil qui était censé être celui d'une vieille dame... D'après une histoire vraie. Comme un reportage, en des chapitres très courts, ouverts à chaque fois avec des extraits d'articles de journaux de l'époque. On y retrouve incontestablement la patte (la griffe) de l'auteur, mais on est aussi frustré par ce sentiment de brièveté et de fragmentation (augmenté aussi par le fait, sans doute, que je l'ai, en plus, encore plus fragmenté dans ma lecture d'une page ou deux chaque soir avant de m'endormir).

2) HONKYTONK SAMOURAÏS
de Joe R.Lansdale

Quel plaisir de retrouver Hap & Léonard! c'est le neuvième volume de leurs aventures traduit en France (et je viens de voir qu'il y en a encore au moins quatre qui ne sont pas traduits, deux avant et deux après celui-ci, le bonheur!) que j'ai lus à peu près dans l'ordre (Série Noire, Folio policier, pour les poches, puis Outside/Alphée et Denoël pour les grands volumes) et auxquels j'ai pris à chaque fois autant de plaisir. C'est hénaurme, mais ça fonctionne à chaque fois, imparablement. Une belle paire, oui, de potes : un blanc hétéro et narrateur (Hap Collins) et un black gay (Leonard Pine) qui affrontent des méchants très méchants dans des histoires qu'on pourrait qualifier de jubilatoirement bourrines (on est dans le Texas profond, tout de même), et celui-ci ne déroge pas à la règle : ça commence avec un mec (un sale con) qui tape sur son chien (j'ai toujours un faible pour la façon dont démarrent leurs histoires) et, de fil en aiguille, bien évidemment ça va faire boule de neige, jusqu'à l'affrontement final avec un groupe de tueurs spécialement gratinés... C'est très plaisant à lire, même si l'auteur semble avoir mis la pédale douce (hihi) pour ce qui est de l'intrigue... Joe R Lansdale a le sens de la formule qui fait mouche eet du dialogue qui cingle (qui flingue). Un sacré bonheur de lecture, même si on peut pichenoter en se disant qu'on a le sentiment que ce (gros) bouquin-là est quand même un peu déséquilibré dans son écriture (la mise en route est trèèès longue et le dénouement semble bresque un peu bâclé). Mais bon, c'est hap & Léonard, hein, et on attend avec impatience la suite...

3) LES MARTYRS ET LES SAINTS
de Larry Fondation

Quatrième volume de cet auteur découvert grâce à mes deux blogs "polar" préférés (Actu du Noir et Encore du noir), qu'ils en soient -encore une fois- remerciés. Des volumes assez brefs, d'abord deux jaquettés en noir (Fayard) puis deux en blanc (Lusitala) mais toujours aussi cinglants. Los Angeles, ses quartiers en déshérence, les laissés-pour-compte qui y vivent. Ce qu'ils y font. Des textes brefs, voire très brefs, organisés "thématiquement" par l'auteur, chacun avec son titre, fragments de vies souvent, bien souvent, parfaitement désespérés. Larry Fondation écrit sec, frappe fort. Quand on a lu les précédents on n'est pas dépaysé, on sait à quoi s'attendre, mais cette fois-ci c'est encore plus rude. Encore plus craspec, plus cul, plus violent, plus dégueulasse  (une grande partie du bouquin rassemble des textes autour de personnages de soldats ou de vétérans.)  C'est souvent brutal, mais la façon dont c'est écrit, construit, tirerait souvent, paradoxalement ces flashes du côté de la poésie. Oui oui. Paradoxal, oui, intense, mais toujours avec un certain détachement, une certaine objectivité de la mouise. Incorfortable, tout autant qu'indispensable.

eden springs honky tonk les martyrs et les saints

 

18 octobre 2018

l'éclipse, mon cul!

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LE JEU
Fred Cavayé

J'ai voulu y aller pour Grégory Gadebois (ce nounours-là je l'adore), et j'ai donc profité de l'avant-première -inhabituelle- du lundi (d'hab' c'est plutot le lendemain avec un ticket orange, mais demain, justement, c'est la nôtre, d'avant-première). L'idée semblait sympathique : pendant un diner réunissant 3 couples + 1 tout seul, dont les hommes sont des amis d'enfance, un jeu est proposé : tous les participants posent leur portable sur la table et tout ce qui arrive pendant le repas (appel, sms, photo) devra être montré aux autres, et partagé par tous. C'est aussi, accessoirement, le moment d'une éclipse de lune (et on n'arrête pas de nous répéter, à la télé que "pendant une eclipse de lune, tout peut arriver..."). Hin hin bonjour la groooosse ficelle scénaristique. "Attention il va se passer quelque chose d'extraordinaire!" ok, on est prévenu, on attend, on est suspendu, comme les personnages, à la moindre sonnerie de portable, puisque, visiblement, le repas n'est pas passionnant (pour les convives).
Et ça commence à sonner. Et les petites histoires des un-e-s et des autres remontent à la surface les unes après les autres, comme des bulles de méthane à la surface d'un marigot (celle-là, -plop!- elle m'est venue comme ça), les petits secrets, les petites coucheries, les petites cachotteries (on est dans une optique résolument boulevardière) : qui se fait refaire les seins, qui voit une psy, qui a visité un hospice, pardon, une résidence, qui offre des boucles d'oreilles et à qui, qui est enceinte, qui reçoit des photos de cul, qui a enlevé sa culotte au début du repas (ça on le savait déjà, on l'a vu), et, -finalement- qui est pédé, tandis que le repas se délite de plus en plus et que l'ambiance devient de plus en plus délétère. On est insensiblement passé de "comédie" à "dramatique", mais toujours option cul et coucheries.
On avait démarré façon un dîner presque parfait et on se retrouve devant Strip-tease. Ou presque. Toutes et tous, ils sont graves. Sept personnages, trois femmes (Bérénice Béjo, Suzanne Clément, Doria Tillier, chacune très bien dans son registre) et quatre hommes (Stéphane de Groodt, Vincent Elbaz, Grégory Gadebois et Roschdy Zem, pareils, chacun son genre, mais vous savez vers lequel penche mon coeur) et sept téléphones pour un huis-clos façon Jeu de massacre. On s'y prend, au jeu, on accepte les ficelles, on ferme les yeux sur les facilités, on apprécie le montage (chaque scène a été re-tournée sept fois, chacune pour les réactions de chaque personnage). Oui, on joue le jeu (même si la partie semble de plus en plus truquée et prévisible).
Jusqu'à ce qu'un artifice scénaristique absolument innommable (injustifiable) ne vienne changer tout ça.
Pour une fin aussi inacceptable qu'incompréhensible. 
Oui, l'éclipse mon cul.

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16 octobre 2018

rimbaud

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SAUVAGE
de Camille Vidal-Naquet

Il y a des films, comme ça, qui vous vous prennent au dépourvu. Qui vous coupent les pattes, qui vous retournent l'estomac, qui vous fendent le coeur. Et vous donnent l'envie, le besoin, impérieux, d'un petit remontant. Quand je suis sorti de la salle, je marchais à petits pas, tellement j'étais désorienté. Le plan final est en même temps infiniment doux et infiniment terrible. Il y a des films, comme ça, qui vous font sortir les larmes avec effet-retard.
Sauvage (dont je n'ai compris qu'à la toute fin dans quel sens on doit prendre le qualificatif) m'a secoué. En tant que spectateur, d'abord, en tant que mec ensuite, et aussi en tant que gay, et in fine en tant que vieux. Boum et boum et boum et boum, comme quatre déflagrations simultanées (j'aurais pu en ajouter une cinquième, mais je ne suis pas sur du mot, en tant qu'aimant, ou aimeur, ou  amoureux, le fait d'aimer, quoi... la façon d'aimer, plutôt).
Mais revenons au commencement : dans la première scène, le jeune Léo (Félix Maritaud l'interprète et est absolument ahurissant dans le rôle) passe un examen médical, dont la suite nous révèlera qu'il n'était pas exactement ce qu'on croyait voir (il y en aura deux autres dans le film, vers le milieu et vers la fin, avec des médecins différents, qui seront à chaque fois aussi touchants, mais pas pour les mêmes raisons). On comprend que ce jeune homme se prostitue, qu'il pratique son job avec un certain enthousiasme, en extérieur (à l'entrée d'un bois), en compagnie d'autres tapins, dont un qu'on va vite connaiître un plus en détail, Ahd (Eric Bernard, très impressionnant). Léo aime Ahd (le mot ne sera jamais dit) mais la relation entre les deux jeunes hommes est très particulière, instable : Ahd refuse tout signe extérieur d'affection et se sert plus volontiers de ses poings (que ce soit pour rabrouer Léo ou, au contraire, le protéger). Et tous les deux rejouent le fameux ni avec toi ni sans toi, qui m'a déjà apporté tant d'émotions au cinéma.
Le film pourrait passer pour un documentaire, on suit Léo (il est de tous les plans) quand il tapine, quand il attend le client, quand il baise, quand il danse (très impressionnantes -et électro- scènes de clubbing), quand il se défonce (au crack de préférence), quand il dort dehors, (oui, son quotidien est plutôt rude) mais aussi quand il va avec ses copains tapins faire un break pour regarder s'envoler les avions, quand il vole une pomme à l'étal d'un épicier (irascible), ou quand il s'endort dans les bras de Ahd (après que celui-ci l'ait rabroué parce qu'il se branlait contre son cul : "On n'est pas des animaux...") ou même ceux d'un client, un vieux bibliophile solitaire... Car Léo envisage son "métier" d'une façon bien particulière, moins pour l'argent que pour le sexe, ou, mieux, le contact humain (s'endormir dans les bras de quelqu'un) la chaleur. Il y a quelque chose de candide, d'enfantin presque, dans son attitude, dans sa façon d'être seul et de le vivre simplement.
Le film est sans concession, dans la crudité de ses dialogues et dans la frontalité avec laquelle il aborde les scènes "physiques", (où le réalisateur pousse même parfois le bouchon un peu loin, au sens propre, vous comprendrez en voyant le film, une scène qui m'a fait me cacher les yeux comme un film d'horreur). Mais il est honnête (le film) dans sa façon de montrer la vie ce ce mec, de ces mecs. la circulation du désir (et de l'argent aussi).
La vie jusque là cahin-caha de Léo va devenir encore un peu plus difficile lorsque Ahd (qui se définit comme "même pas pédé, et qui compte bien ne pas sucer des bites toute sa vie") se "range" en se maquant avec un vieux. Et envoie bouler Léo, une fois, deux fois... Léo a du mal à combler ce vide, et de plus en plus de mal, même. Même si le terme d'amour  ne sera jamais reconnu, par aucun des deux.
Par imitation, pourrait-on dire, Léo recontre lui-aussi un "vieux", Antoine, qu'il commence par rejeter  ("parce que t'es vieux, parce que t'es moche, parce que je t'emmerde..."), avant que d'être, un peu plus tard, carrément sauvé par lui. Mais les choses ne sont pas si simples, et les projets jamais si sûrs...
Oui, Sauvage est un film d'amour. Et avec un des plus beaux personnages masculins récemment vus au cinéma.
Et une affiche magnifique.

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9 octobre 2018

m'emboucaner

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SHEHERAZADE
de jean-Bernard Marlin

C'est Hervé qui nous a proposé ce film que je ne connaissais pas du tout : réalisateur inconnu, acteurs non professionnels, Marseille, quartiers sensibles, jeunesse difficile, prostitution, caïdat,cacous, et des wesh et des frère et des gros et des on s'en bat les couilles comme s'il en pleuvait. Au début j'ai eu un peu peur j'avoue.
Zak, un jeune, sort de prison et n'a qu'une idée, retourner chez sa mère (qui ne s'est même pas dérangée pour venir le chercher) , aussi sec, il fugue du foyer ou il est censé être hébergé, retourne voir son cousin (et sa bande) qui dit qu'il ne peut pas l'aider, rencontre une jeune prostituée, Shéhérazade, avec qui il se met plus ou moins en ménage (sans jamais vouloir s'avouer ni même reconnaître qu'il l'aime) et dont il devient le mac (c'est bien plus simple comme ça). Et que les vrais ennuis commencent.
On pouvait craindre le pire, et la porte ouverte à tous les excès (film à thèse sur la jeunesse en perdition comme La tête haute, ou, à l'opposé, comédie avec l'accent, bluette ado de jeunes turgescents, histoires de came avec dérapages en taxi, etc.) mais pas du tout.
Le réalisateur emprunte une voie surprenante (inattendue), celle du lyrisme. Un lyrisme qui aurait néanmoins emprunté à Bourdieu son titre de La misère du monde, car c'est vrai qu'à ce niveau-là la barque est plutôt chargée, mais lyrisme incontestablement, une belle histoire d'amour, un bel itinéraire de rédemption d'un jeune chien fou, servis par une interprétation impressionnante et une imise en images qui l'est tout autant (à partir d'un matériau très terre-à-terre, très prosaïque, le réalisateur s'échappe dans des ambiances nocturnes à la poésie électrique -avec la complicité de son directeur de la photo Jonathan Ricquebourg, qui a aussi fait Mange tes morts, de Jean-Charles Hue, La mort de Louis XIV, d'Albert Serra, et Fils de, de HPG, bref, du beau linge...).
Un film tendu, brutal, fiévreux. Mais pas complètement désespéré. La tête haute, quoi (même si le final peut sembler un peu trop "optimiste" par rapport à tout ce qui s'est passé avant). Une sacrée belle baffe, en tout cas. Le réalisateur s'en explique et l'entretien est passionnant (on apprend, tiens, qu'il a le même producteur que Samuel Collardey, et, donc, la même ligne directrice "domentaire fictionnarisé", même s'il reconnaît avoir plus tiré vers la fiction).
Les acteurs sont brutalement justes (normal, ils jouent leur personnage de la vraie vie ou presque) et sont pour beaucoup dans l'énergie générée et l'admiration que suscite le film.

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2 octobre 2018

détonation 2.0

On s'était promis, l'année dernière,  avec Manue, qu'on y reviendrait et aussi qu'on y amènerait Catherine, ce fut chose faite... Et deux jours en plus! (et même sans pluie du tout... Bon c'était un peu frisquet plus la nuit avançait, mais on avait nos épaisseurs successives, et on n'a pas eu -trop- froid...)

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vendredi 28

C'était annoncé complet, et effectivement, on en a vu du monde (jeune, voire très jeune, en majorité, et saoul ou enfumé pas mal aussi...) On arrive très tôt, 19h et quelques, à l'ouverture, on passe après s'être faits palper, on prend nos repères, les quatre scènes sont là, même si certaines ont changé de nom, voire changé tout court (la plus petite, dite désormais Kool Scène, est toujours collée à la grande mais son installation s'est un peu améliorée, elle ressemble désormais à une vraie -petite- scène, tandis que la scène Etincelle, à notre grand regret, a perdu son chapiteau, où il faisait bon s'abriter...). On commence par manger une galette en écoutant, assis à table -le public est encore clairsemé- le début du set de Holy Two. Puis on bouge pour aller voir ce qui se joue sur la peite scène, où on découvre la dark électro de Sombre Sabre, qui sera, mais on ne le sait pas encore, ce qu'on verra de mieux dans la soirée. Un batteur, un guitariste, et trois mecs sur table à l'électronique. Des belles montées en puissance, une passionnante matière sonique,  pour un set impressionnant de maîtrise qui se finira hélas très sec. (tellement on en aurait voulu encore!)
Puis commencent les déambulations et les allées et venues entre les différents espaces, avec pour moi, assez vite, un objectif : réussir à m'asseoir dans un des transats rouges sponsorisée par la bière tigre machin, et qui sont régulièrement squattés... Grace à Manue j'y aurai droit à intervalles réguliers.
On assiste au début des Svinkels, qui bourrinent (déception) devant un public nombreux et jeunet qui leur est acquis, trois morceaux et on s'éloigne,puis  un peu de techno (Ghetto 25) à la Friche, qui a commencé à (bien) se remplir, puis début de Kaviar Spécial (des bien belles guitares, mais, comme résume assez bien Manue, "C'est dommage qu'ils chantent...") puis un peu de M.I.L.K (qui ne me convainc pas), et finalement  c'est vautré allongé dans un transat rouge que j'entendrai le début de Thérapie Taxi, que Manue va voir "en vrai" un peu, avec son public de minettes survoltées en pâmoison (pas mon truc, Catherine non plus)... On patiente, et un peu plus tard on assiste, pendant qu'on est là, au début de Grand Singe sur la petite scène (trois mecs seuls en scène qui rappent avec des masques d'animaux sur la tête) -pas mal-

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mais on va voir un peu de Kazy Lambist (pas mal aussi), avant de retourner à la grande scène écouter (pour moi, dans un transat, décidément) et en vrai (pour les filles) Caballero et Jeanjass, pour un concert que je trouve -à l'oreille- plutôt morne et répétitif, je ne connais rien de leur répertoire mais le public semble ravi, puisqu'il reprend les textes à la place des chanteurs...
On se lève (adieu mon transat...), tandis que le froid, lui, tombe, et on en profite pour aller se réchauffer un peu au concert d'Arnaud Rebotini (de la bonne techno qui cogne) avant -dilemne- de devoir choisir entre Tshegue (sur la scène chapiteau sans chapiteau) et Blackshift (sur la petite scène). On commence à trois à Backshift, mais mes copines préfèrent repartir vers Tshegue, où elles resteront jusque'à la fin...
On décide de ne pas rester pour le concert d'Ann Clue (il est presque 3h, quand même...) et on rentre sagement.
Bilan de la soirée : incontestablement à l'unanimité Sombre Sabre pour tous les trois... puis Tshegue pour Catherine et Manue, et Backshift pour moi.

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samedi 29

Retour le lendemain même endroit même heure mais à quatre cette fois (JH a réussi a obtenir une place pour samedi). On commence, comme la veille, avec bière et galettes, avec, assis à table, le début d'Otzeki, puis, en faisant le déplacement celui de Hookahbuzz (au design beaucoup plus convaincant que leur musique... encore un peu jeune, peut-être... mais ça fait des jolies photos...)
On revient s'installer devant la grande scène pour être bien placés pour Arno, et on fait bien parce qu'il va nous livrer un show enthousiasmant, méchamment rock, avec le groupe Tjens matic, pied au plancher, époustouflant, sans temps mort (les morceaux s'enchaînent sans prendre le temps de souffler). Catherine dit qu'il fait un peu penser à Yolande Moreau, et ça n'est pas faux (mais qu'est-ce qu'il faisait donc avec son mixer à soupe ?), bref un set d'anthologie.... (même s'il nous en rabote cinq minutes, j'ai l'oeil...) Du coup, juste après, ni Miel de montagne (trop doux) ni les Melvins (trop hardos) ne réussissent à me passionner, ni même la techno de Sonic crew...
Encore une bière et on s'installe pour Morcheebah, (comme beaucoup de monde), dont je quitterai le set au quatrième morceau parce que ça ne me fait pas plus vibrer que ça (trip-hop chamallow). Je réussis à fendre latéralement le public de la grande scène, et vais m'écrouler dans ... un transat rouge (conquis de haute lutte), d'où j'écouterai la suite du concert (que je continue à trouver moumou), en attendant le début de Mnnqns là-bas et de Féroces sur la petite scène. Mais ça n'en finit pas... Je ronchonne, lorsqu'ils me rejoignent, auprès de Manue Catherine et JH du fait que Morcheebah n'a pas joué une heure comme les autres, mais bien plus, et Manue finira par me montrer que c'était annoncé sur le programme...
Début, enfin, de Féroces (postrock à la Mogwai sur fond d'extraits de films, j'aime beaucoup, autant, la musique et la formule), mais on repart assez vite voir comment c'est Mnnqns (prononcer Mannequins), des fois qu'on rate le truc du siècle... C'est speed, ça court et ça saute, ça me plaît, mais il faut choisir, et je préfère retourner à Féroces,pour voir tout leur concert, où je serai d'ailleurs rejoint un peu plus tard par les trois autres... et j'aime vraiment vraiment beaucoup ça.
Encore une bière (il faut écluser les tickets car ils ne sont pas remboursés) et on se met en place pour le début de Moodoïd, avec des belles guitares mais hélas une voix de chanteur difficilement supportable... Trois morceaux et c'est marre. Direction la techno, histoire de se réchauffer un peu, (il fait soudain un peu plus froid qu'hier) et on assiste à un bout du set de AZF (une dame qui bastonne boum boum boum merveilleusement), avant le début des deux derniers concerts entre lesquels il faut, encore une fois, faire un choix : Mauskovic (où on remarque tous comme le batteur a l'air de se faire chier) un peu Toure koundesque,  et Thé vanille à la charismatique chanteuse mais dont la musique ne m'enchante pas vraiment (je dois être un peu fatigué). Ca sera thé vanille pour tous. Manue dans un transat et somnole, je ronge mon frein, tandis que Catherine et JH ont l'air de bien apprécier.
Et voilà on se propose de partir. On fait l'impasse sur la techno de Manu le malin, et on s'en va dignement (en résistant à l'envie de voler un transat rouge en le lançant par-dessus le grillage pour le récupérer de l'autre côté...)
Bilan de la soirée : à l'unanimité, Arno, (et, pour moi,aussi, Féroces).

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20 septembre 2018

la baguette, 25 euros

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BONHOMME
de Marion Vernoux

J'ai toujours eu un faible pour Nicolas Duvauchelle, son animalité, son côté rebelle, le phrasé, les tatouages, la barbounette... Là, il est en couple avec Ana Girardot,  (un couple qui rappelle un peu celui qu'il avait avec Mélanie Thierry dans l'impressionnant Je ne suis pas un salaud, d'Emmanuel Finkiel) mais ils ont un accident de voiture, et sa tête (à lui) heurte le pare-brise... Coma, et lorsqu'il se réveille il n'est plus tout à fait  le même. Comme le précisera plus tard le Docteur Rollin devant le juge, "Il a 5 ans là (la tête) et 15 ans là (la bite), et toute la vie devant lui pour se reconstruire..."
J'ai beaucoup de tendresse pour Marion Vernoux dont j'ai suivi assez fidèlement la carrière depuis l'initial -et par moi chéri chéri- Personne ne m'aime (mon dieu 1993 déjà...) et son goût pour les films choraux, avec à chaque fois de très beaux -et attachants- portraits de femmes, fortes le plus souvent (mais pas toujours).
Cette fois le film est un peu moins choral (quoique on a quand même du monde : le couple central, donc, la meilleure copine, le collègue attentionné, et la mère d'elle, qui donne le plaisir de revoir cette chère Béatrice -Dalle-) et plus duel (dans tous les sens du terme). Piotr (Duvauchelle) oscille entre les 5 ans (mentaux) et les 15 ans (testostéronés) et passe de l'un à l'autre sans préavis. Il n'a plus de barrière, plus de notion de "ce qui se fait" ou pas, et donc y va, joyeusement. Surtout que sa copine l'a repris avec elle, à la maison, pour contrer l'envie de sa mère (à lui) de le reprendre avec elle. Il dit et il fait ce qui lui passe par la tête. C'est difficile.
Pendant un moment, j'avoue, j'ai été un peu mal à l'aise, avec le sentiment que ça n'était pas très "moral" de faire rire en évoquant le handicap, que ça partait un peu dans tous les sens, que le film par instant perdait presque le cap et naviguait à vue...Et puis les choses se mettent en place, et Marion Vernoux peut se permettre d'aborder l'aspect comédie de sa comédie dramatique.
Il faut saluer la performance de Nicolas Duvauchelle (mais, bon, ça, je n'aurais même pas du l'écrire, tellement ce bonhomme-là m'épate à chaque fois...) et, parallèlement, même si elle est moins "visible", celle de sa partenaire, Ana Girardot.
Comme ressort de comédie, un mec qui se comporte comme un gamin, et, dans le même temps, ne pense qu'à baiser, c'est un peu mince. Et malaisant. Mais grâce aux personnages (et, surtout à celles/ceux qui les incarnent) on surmonte la gêne qu'on pourrait avoir devant un mec qui ne pense qu'à sa bite (ou ne pense qu'avec sa bite), mais sans penser à mal, juste, comme ça, parce qu'il en a envie. Et Duvauchelle est vraiment parfait dans ce (double) rôle-là, sans jamais en faire des caisses. Sur le fil, avec son sweat rose à capuche, ses tongs, et ce visage à la fois adulte et enfantin (c'est quelque chose de très curieux qu'il a réussi là).
Marion Vernoux fait du Marion Vernoux, elle va jusqu'au bout de son idée, même si ça peut démanger, déranger, ou faire grincer des dents, certaines ou certains, et on en est content.
Même si le film n'est pas parfait (certains personnages sont un peu sous-employés, voire pas utilisés de façon cohérente (je pense surtout à Kevin le collègue/ supérieur/copain/ amoureux d'Ana Girardot, certaines situations sont un peu répétitives, certaines scènes flottantes) on sort de là avec le sourire, beaucoup plus qu'avec les larmes, et c'est très bien comme ça.

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17 septembre 2018

les sangliers c'est des enculés

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GUY
d'Alex Lutz

Une excellente surprise.
J'ai beaucoup de sympathie pour Alex Lutz, et je venais là surtout par curiosité. L'histoire d'un vieux chanteur des années 70, mouais... Un faux documentaire sur un chanteur vieillissant qui n'existe pas, incarné par le réalisateur lui-même. Un documentaire tourné par un jeune homme qui pense qu'il est peut-être le fils caché du vieux chanteur en question. Le jeune homme en question est incarné par Tom Dingler, complice habituel d'Alex Lutz notamment sur sa série Catherine et Liliane (et qui est justement, ô coïncidence, le fils d'un vieux chanteur des années 80 Christian Dingler, de Cookie Dingler ("Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, être une femme libérée tu sais c'est pas si facile...") et se cache derrière la caméra (on entendra sa voix et on percevra quelquefois son reflet).
Un objet intriguant, donc, que ce faux-documentaire sur un faux-chanteur. Il faut d'abord saluer la prestation hallucinante d'Alex Lutz dans l'incarnation de ce vieux mec un peu agaçant, un peu pathétique, coincé dans son histoire, son passé, bref  une certaine forme de déni de la réalité (le chanteur has-been coincé dans une bulle des années 70). Puis saluer toutes les partenaires féminines dont il s'est entouré, et qui mériteraient un prix d'interprétation collectif (Pascale Arbillot, Nicole Calfan, Elodie Bouchez, Dani, Brigitte Roüan, et même, je ne l'avais pas reconnue en blonde mais c'est mon copain jean-Luc qui me l'a dit, Marina Hands...) tellement elles sont bien. Un homme à femmes, donc, et à fans aussi.
Et c'est très malin, et très fort, de la part des réalisateurs (pourrait-on dire, à la fois celui du "vrai" film (Lutz) et celui du film dans le film (Dingler)) que de non seulement réussir à tenir la note de leur chansonnette aigre-douce, mais aussi, mieux, de la prolonger en nous amenant vers des lieux narratifs qu'on n'attendait pas forcément.
Et on y croit.
Et on ressort de la salle en chantonnant des ritournelles de Guy Jamet comme si elles avaient toujours fait partie du paysage variétoche français.
Alex Lutz s'est visiblement fait plaisir en incarnant ce personnage aujourd'hui (vieux, donc), mais, tout autant en recréant tout son passé musical discographique et télévisuel (on a droit à des clips, des extraits de concerts, des émissions de variétoche(s) avec Mimi Drucker, reconstituées avec tout autant de soin.)
Et tout ça fonctionne, incontestablement. Non seulement Alex Lutz réalise un sacré numéro d'acteur (une performance césarisable ?) mais aussi un sacré numéro de film. Tout parait vrai, même si rien n'est vrai. Guy pratique le parler cru (et je ne peux qu'aimer ça) et le filmer juste (j'ai craint un moment l'irruption du lacrymal et de "Je suis ton père..." mais non. Impeccable.
Et c'est... touchant de voir qu'il a donné le rôle de son fils à Bruno Sanchez, (méconnaissable en mec), son/sa partenaire de Catherine et Lilane). Malgré ses aspects parfois rentre-dedans, (l'acidité parfois à la limite de l'agressivité) au fond, Guy est un tendre. Et j'étais tristounet de le voir quitter l'affiche aussi vite (en deuxième semaine il n'avait déjà plus qu'une unique séance quotidienne, en milieu d'après midi) : les vieux chanteurs, ça n'intéresse personne ?

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19 août 2018

mister freeze

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LE MONDE EST A TOI
de Romain Gavras

Contrairement au morceau de Kool Shen (2005, j'ai des lettres) L'avenir est à nous, le titre ici se conjugue au singulier, les choses sont claires : chacun pour sa gueule. Et dans ce beau panier de crabes (et de crabesses), ça joue dur de la pince, chacun(e) pour s'en sortir mieux que le voisin  n'hésitant pas à marcher sur le museau du copain/de la copine, sans états d'âme ni remords ni regrets. Moi je. Festival de tromperies, de bluffs, de feintes, de mensonges, de trahisons, de coups bas, et autres empapaoutages divers.
Au centre de l'histoire, François (Karim Leklou, que j'aime beaucoup et que j'étais content de voir enfin en haut de l'affiche, il le mérite bien...) un petit trafiquant qui rêve de se ranger du trafic de shit en bas des immeubles pour devenir le concessionnaire exclusif de Mister Freeze au Maroc. Pour sa mise de fonds, il doit négocier avec Poutine, le caïd local aux méninges passablement grillées (Sofian Khammes, très bien) mais surtout avec Danny, sa mère (isabelle Adjani, dans ses -très- grandes oeuvres), plus quelques autres bâtons dans les roues : Henry, un ex-taulard copain de mère (Vincent Cassel, parfaitement extraordinaire dans la sobriété et le sous-jeu...) et la jeune Lamya (Oulaya Amamra, toujours aussi délicieuse, découverte dans Divines) qu'on pourrait poliment qualifier de gourgandine.
Voilà les ingrédients principaux de ce cocktail estival passablement frappé : rajoutez deux petites frappes (un black et un rebeu) speedées, un trafiquant américain et sa fille grassouillette, pas mal d'argent en liquide, pas mal de shit en tonnes, pas mal de flingues aussi, et hop, secouez secouez et dégustez ce catalogue d'embrouilles ce bal de faux-culs et d'entourloupes. Tout le monde cherche à le faire à l'envers (cette expression revient très souvent, en ce moment dans les films et les bandes-annonces) à tout le monde, et tout le monde y réussit, à un moment ou à un autre, avant d'y passer à son tour.
C'est peut-être François le moins salaud de l'histoire (à moins que ce ne soit, finalement, le plus retors) et Karim Leklou incarne à la perfection ce mec un peu mou, un peu lâche, un peu veule, qui n'arrête pas de s'en prendre plein la gueule par les un(e)s et par les autres, mais qui suit, finalement son petit chemin pépère, et parviendra, au bout du compte,  à réaliser son petit rêve pépère (délicieuse image finale)...
Un film en dents de scie, souvent très drôle, et très grinçant aussi d'autres fois (parfois ce sont les mêmes), qui, même s'il a le cul comme posé sur plusieurs tabourets fictionnels (l'humour, l'action, le film de genre, le polar) sait plutôt bien jouer aux chaises musicales (parlons-en, tiens, de la musqiue...) et réussit, plutôt intelligemment à ne jamais se casser la gueule. Bien vu.
Applaudissements pour l'ensemble du casting (en redisant la bonne surprise de la performance atone de Cassel).

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 trois en bleu...

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trois en jaune...

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 trois en rose...

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et deux de plus en bleu
ça c'est de la campagne d'affichage...

 

5 août 2018

sucer la bite

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A GENOUX LES GARS
d'Antoine Desrosières

Pour parler crument... c'est ce que fait le film. Ou, plutôt, les quatre personnages principaux : Rim et Yasmina, deux soeurs, et Majid et Salim, leurs petits copains respectifs. Le titre du post aborde franchement (frontalement) le sujet principal du film et je me devais de l'aborder de la même façon.
Soient deux beurettes (Souad Arsane et Inas Chanti, sensationnelles) qui parlent, et qui nous parlent de ce que c'est qu'être une beurette aujourd'hui. Sans voile et sans fard. A cru. Elles jouent deux frangines complices, une plus agée -qui débute le film en mimant à sa soeur un orgasme- et une plus jeune qui "débute" dans la vie affective et sexuelle, et que sa grande soeur va présenter au pote de son copain à elle. Les deux mecs sont potes et s'appellent "frère", et tout le monde d'ailleurs s'appelle "frère", même les deux soeurs.
Rim avec Majid, et, donc, Yasmina avec Salim.
Un film de parole, de tchatche de bagout. Sidérant. Un concours d'éloquence destinée à justifier, le plus souvent, le recours à la pratique sexuelle évoquée dans le titre de ce post. Rim refuse de sucer Majid, tandis que Yasmina n'a pas refusé ce plaisir à Salim. Tout va se compliquer lorsque, Rim partie en voyage scolaire - à Auschwitz!-, Salim profite de l'occasion pour demander à Yasmina d'accorder toujours ce même plaisir à Majid, parce qu'il est seul et abandonné, et que comme ça ça "ne sortira pas de la famille", plutôt qu'il risque de tromper Rim avec une inconnue...
Bonne pâte, Yasmina finit par accepter, sauf que Salim profite de l'occasion pour filmer la scène, et se livre à un chantage auprès de la jeune fille, la menaçant de diffuser la vidéo si elle n'accepte pas de fluncher avec lui (je vous laisse voir le film pour trouver le sens de l'expression) quasiment ad vitam aeternam, jusqu'au mois de février suivant, en tout cas.
Galère.
Au retour de Rim, la situation devient encore plus confuse et explosive entre les deux soeurs. Et avec les deux gars.
Jusqu'à un dénouement absolument jubilatoire, où les filles réussissent à boucler astucieusement la boucle (les commentateurs de foot auraient commenté ça comme "la réponse du berger à la bergère", sauf que c'est le contraire, voyez le film, vous dis-je).
Les deux actrices principales sont aussi co-dialoguistes et co-scénaristes, et elles figuraient déjà dans le précédent moyen-métrage du réalisateur, Haramiste. (en fouillant dans la filmo d'Antoine Desrosières, j'ai découvert qu'il avait été producteur, en 1998, de l'excellent court-métrage Mon copain Rachid, qui m'avait fort ému en son temps).
Un film speed, trash, soulant, qui a le mérite d'aborder de l'intérieur la condition -pas facile- des demoiselles "de cité", la pose de domination mâle, et la faible marge de manoeuvre qu'elles ont pour y remédier (entre les interdits familiaux et les diktats d'internet).
Un film culotté, impertinent, bouillonnant, porté par deux comédiennes qui le sont tout autant : culottées, impertinentes, bouillonnantes.
Rendons au féminin ses prérogatives.

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PS (je pourrais aussi dire appendice -hihihi-): au téléphone Hervé me fait remarquer, à très juste titre,  que, dans ma précipitation enthousiaste, j'ai quand même oublié de mentionner une des plus mémorables QV (la seule, en fait, qu'on voit dans le film, celle du jeune black) de l'année, au naturel et en majesté. Joli(e). Rendons à César...

21 juillet 2018

forêt noire

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THE CAKEMAKER
de Ofir Raul Graizer

Ce n'est pas si souvent qu'on a l'occasion de voir un film germano-israélien (ou israélo-allemand, question de point de vue).Une histoire entre Berlin et Jérusalem, une histoire d'amour entre deux hommes : Thomas, un pâtissier berlinois (tout en rondeur et en blondeur) qu'on étiquette gay, et Oren, un homme d'affaires israélien, marié, en visite à Berlin pour affaires tous les mois ou presque, et bi donc. L'ouverture  du film nous présente le début de la relation entre les deux hommes, de façon assez rapide et pudique (ah ce fondu au noir au moment de leur premier baiser...), comme si ce n'était pas le plus important de ce que le réalisateur voulait raconter, jusqu'à l'annonce, tout aussi rapide, de la disparition d'Oren dans un accident de voiture, à Jérusalem (après qu'il ait oublié, chez Thomas, qui tentera en vain de le rappeler, ses clés et les biscuits à la cannelle habituels pour sa femme...).
La suite ("un an plus tard") nous présente Thomas, à Jérusalem. Après une surveillance assidue et des manoeuvres d'approche, il réussit à entrer en contact avec Anat, la veuve d'Oren, qui tient un café, et va réussir à s'y faire embaucher comme employé. Anat est joué par la touchante Sarah Adler, vue récemment dans Foxtrot, et dont le beau visage triste convient parfaitement au rôle. et là commence véritablement la partie de l'histoire qui intéresse surtout le réalisateur. Comment va évoluer la relation entre ces deux personnages, basée sur tellement de non-dits, d'incertitudes, et de mensonges par omission.
Thomas trouve sa place dans le café d'Anat, ils deviennent de plus en plus proches, en dépit des obstacles. En premier lieu le fait que thomas est non-juif et, étant employé par Sarah, risque de lui faire perdre son certificat kasher. d'autant plus qu'un ami de la famille joue les tontons intégristes et s'occupe du fils d'Oren et, de plus en plus, des affaires de Sarah.
Il sera beaucoup question de cuisine, (pas mal de gâteaux, bien sûr, mais aussi, notamment, une leçon de cuisine sur les poivrons farcis, donnée à Thomas par la mère d'Oren, dont on réalisera que, fine mouche, elle a peut-être mieux compris la situation que les autres...), mais d'amour aussi il sera question, et de sentiments. De Thomas et d'Oren, d'abord, puis de Thomas et de Sarah, sans oublier, triangle oblige, ceux de Sarah et Oren. l'amour, les preuves d'amour, les promesses, les mensonges, les regrets... ("et les regrets aussi..." comme dit la chanson).
Un film élégant, appétissant, qu'on prend plaisir à déguster (comme les gâteaux que fait Thomas, même s'ils ne sont pas kasher) à la petite cuillère, le chocolaté des sentiments, le crémeux du plaisir, le sucré de la romance, une composition gourmande plutôt bien équilibrée qui n'a eu qu'un seul tort, être proposée immédiatement après le superbe Trois visages de Jafar Panahi, qui venait de m'enchanter, et d'avoir, donc, hélas, un tout petit peu souffert de la comparaison.
Hautement recommandable toutefois, je le répète.

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19 juillet 2018

saltimbanque

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TROIS VISAGES
de Jafar Panahi

Quel bonheur! Quel grand bonheur que ce cinéma-là. Jafar Panahi on l'a aimé soutenu et programmé dans le bôô cinéma (et même dans le vieux d'avant) depuis le tout début, et on l'a encore plus aimé soutenu et programmé depuis qu'il a été interdit quitter son pays, et de tourner pour vingt ans par les autorités de son pays, en 2010 et n'a plus été hélas chez nous qu'un siège vide à son nom dans les différents festivals où chacun de ses nouveaux films, parvenus de mystérieuse façon, était projeté et applaudi. Et récompensé.
Il y a eu Ceci n'est pas un film, en 2011, puis Taxi Téhéran, en 2015. Et avec ce film-ci, Jafar Panahi boucle symboliquement la boucle, puisque le film évoque irrésistiblement (et jouissivement) Abbas Kiarostami, qui était l'auteur du scénario du Ballon blanc, le premier long-métrage, justement, de Jafar Panahi. Kiarostami qui est aussi un immense réalisateur iranien. A l'univers très spécifique (le réel et le cinéma, le documentaire et la fiction, le goût de l'errance, l'importance de la nature et des extérieurs, le dialogue avec les gens) auquel, justement ce film-ci ne peut pas ne pas faire penser. Et c'est un grand ravissement.
Panahi reste fidèle à son éthique et à sa ligne cinématographique. Il fait, indiscutablement, du Panahi, mais pourtant se dépasse (autant qu'il se déplace) en quittant Téhéran pour le nord-ouest de l'iran, la région des azéris (ethnie dont il fait partie) qui ont la particular_ité de parler iranien et turc aussi.
Comme dans Taxi Téhéran, Jafar Panahi fait le chauffeur, cette fois pour une unique passagère : Behnaz Jafari, une actrice célèbre en Iran (qui joue ici son propre rôle), qui a fait appel à lui après avoir reçu un mms où une jeune fille l'appelle au secours et met fin à ses jours, semble-t-il, en se pendant dans une grotte, décision motivée par le fait que ses parents ne veulent pas l'autoriser à faire des études au Conservatoire de Téhéran. Vidéo authentique, ou mystification ? pour en avoir le coeur net, les voilà partis tous les deux, direction ? (je n'ai pas réussi à retrouver le nom du village, mais c'est vraiment le trou du cul du monde du Turmenistan iranien.
Je ne vais pas vous raconter le film, mais j'ai trouvé ça absolument magnifique. Que ce soit l'histoire qui est racontée ou la façon dont elle est racontée (et la multiplicité des niveaux de lecture qu'elle propose) ce film est d'une beauté et d'une intelligence folles, et l'ami Kiarostami n'a pu que s'en retrourner dans sa tombe de bonheur.
Le fait que chaque personnage porte son vrai nom est déjà intéressant. Car le personnage qu'on voit dans le film et qui porte le nom de l'acteur qui l'interprète n'est pas tout à fait le vrai personnage de la vraie vie qui porte le même nom (plusieurs fois ces derniers temps que je tiens ce genre de propos : Une année polaire, The Rider...) et c'est comme si le "vrai" personnage (celui de la réalité) laissait à son double de cinéma la possibilité de respirer un peu et de vivre sa vie de personnage du film.
Les trois visages du titres représentent, bien sur, les trois personnages d'actrices de l'histoire : celle d'aujourd'hui, la star qui accompagne Panahi, celle de demain (la jeune fille qui a envoyé la vidéo et sait déjà se mettre en scène) et la troisième, peut-être la plus magnifique parce que la plus absente, c'est l'actrice du passé, qui s'est retirée à la campagne, celle qu'on ne verra qu'en ombre chinoise, ou de dos, de loin, dans un pré, en train de peindre... Trois images de femmes, trois facettes d'une même condition féminine, pas si facilement vivable aujourd'hui en Iran (Comme l'a résumé Catherine, "Ils traitent mieux leurs génisses que leurs femmes...").
Le fil conducteur de la recherche de la jeune Marziyeh est le fil blanc qui surpique le récit, et va permettre à Jafar P et à "Madame Jafari" de rencontrer beaucoup de gens de cette communauté azérie, de parler beaucoup, et de croiser beaucoup de petites histoires magnifiquement iraniennes et de personnages incroyablement attachants (même le gros frère hurlant de Marziyeh l'est, attachant).
Une route étroite où on doit communiquer avec celui qui arrive éventuellement de l'autre côté de la colline par un code complexe de coups de klaxons (et tiens, j'ai trouvé incroyablement beau le papy qui gère, justement, le code klaxonnesque), un taureau reproducteur blessé gisant en travers de la route, un prépuce pieusement conservé dans le sel avant d'être confié à qui de droit, trois papys locaux (qui m'ont fait penser aux joyeux fantômes de Milagro) qui souhaitent aider Jafar Panahi décidé à passer la nuit dans sa voiture, une petite maison où on n'entrera jamais "parce qu'il n'y a pas assez de place", mais où on verra les ombres de trois femmes qui dansent, oui chaque scène est un bonheur, un grand bonheur de cinéma comme je l'écrivais en ouverture.
Et le film s'offre une dernière scène  qui touche au sublime, parvenant à évoquer deux fois l'ami Kiarostami : la route et la voiture de Le vent nous emportera, et la course finale de Au travers des Oliviers. Avec une sacrée belle note d'espoir, lorsqu'on voit la jeune fille, partie à la poursuite de son aînée qui marche sur la route, enlever son tchador blanc et le laisser tomber.
Oui j'ai été subjugué.
Et chaque article que je lis me fait aimer le film un peu plus chaque fois. Incontestablement le meilleur film de son réalisateur (qui est pourtant déjà doté d'une filmographie à mes yeux inoxydable...) Où comment, l'air de rien, simplement, avec douceur, avec tendresse, il réussit à parler de plein de choses : des actrices, bien sûr, du cinéma, d'une façon beaucoup plus large, de la situation de son pays aujourd'hui, et de sa propre situation, de politique, de religion, de traditions, et de modernité, et d'espoir... un film où ce que l'on voit n'est que la partie émergée de l'iceberg de ce qu'il raconte... Eblouissant, quoi.
Non seulement Top 10 mais en plus une place tout en haut...

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24 juillet 2018

de sperme et d'eau fraîche (re)

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UN COUTEAU DANS LE COEUR
de Yann Gonzalez

On en a parlé au moment de Cannes, où il figurait dans la sélection française, avec des critiques plutôt très tranchées (ceux qui adorent ici et ceux qui détestent là) puis on a vu Vanessa Paradis et Nicolas Maury plusieurs fois en promo (très bien), et voilà qu'il est sorti au Victor Hugo en sortie nationale, mais avec séances irrégulières, (ce qui n'est pas très bon signe) bien avant le bôô cinéma (où on le verra -au mieux- dans la programmation estivale...)
Nous étions 4 donc, à la séance de 13h30 (et plus que 3 à la sortie, il faut le dire). J'avais adoré, du même réalisateur,  Les rencontres d'après Minuit (avec, notamment, un Nicolas Maury d'anthologie, un des personnages les plus troublants que j'ai vu depuis longtemps), et j'ai pu récemment voir -ou revoir- ses courts-métrages grâce à Uncut, et donc j'étais impatient, surtout après l'enthousiasme qu'avait manifesté Hervé, de retour de Cannes, pour ce film.
Un couteau dans le coeur se revendique film de genre(s), et justement c'était plutôt drôle  de le voir juste après les bandes-annonces pour la reprise estivale de cinq films de Dario Argento (dont Suspiria), plus celle des Frissons de l'angoisse (en resortie copie neuve aussi), films auxquels plusieurs plans ou ambiances ou scènes ou idées de scénario ou de mise en scène du film font explicitement référence, ou clin d'oeil, clic clic).
Une réalisatrice de pornos gay (Vanessa Paradis, blondie) -on est à la fin des années 70- est plaquée par sa monteuse (Kate Moran, de tous les films de Yann Gonzalez), et en éprouve une certaine tristesse (et colère aussi), d'autant plus qu'un mystérieux tueur au masque de cuir entreprend de trucider, avec un couteau-quéquette (ou une quéquette-couteau), les étalons de ses productions maison (dont De sperme et d'eau fraîche, qui donne son titre à ce post). Elle est secondée par un assistant pittoresque et dévoué  (Nicolas Maury, blondie aussi), qui fait aussi l'acteur dans ses films maison. Et elle fait des rêves récurrents (comme dans les films de Dario Argento), en négatif, qui lui apporteront la clé de l'énigme du mystérieux tueur au masque de cuir. Elle est donc obligée de chercher en même temps à reconquérir sa copine enfuie et à démasquer le meurtrier.
C'était d'autant plus touchant, pour moi, que la scène finale ou presque se passe au Far-West, cinéma gay parisien, que je n'ai personnellement connu que quelques années plus tard, sous le nom de Far-West Vidéo Club (ou Boy je ne suis plus sûr), auquel je dois quelques brûlants et enthousiastes souvenirs de tâtonnements aussi virils que torrides (j'étais jeune...).
Le film est donc, au départ, un hommage au giallo (et je trouve cette partie-là plutôt réussie), avec un respect des codes du genre (éclairages, armes blanches, rouge sang, musique accompagnatrice et connotée, morts violentes) mais aussi au cinéma porno gay des années 70, à la marge, la frange gay, la mouvance hybride et bouillonnante de ces années-là où je découvrais avec stupeur et révissement le FHAR (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) et où je rêvais devant les petites affiches en noir et blanc dans Pariscope pour les films gays projetés à Paris et dont je me demandais si je pourrais les voir un jour (j'avais vingt ans, oui oui...)
C'est un genre de créature filmique hybride (comme les travelos qu'on suit dans le film), un film transfilm, qui serait déguisé en un autre film, ou qui voudrait nous faire croire qu'il veut se faire passer pour autre chose (la proposition est complexe, mais la matière du film l'est tout autant). Tout ça est très attachant, et la présence inattendue de guest-stars aussi référencées qu'attachantes, justement (Bertrand Mandico en chef-op', Yann Colette en flic, Jacques Nolot en aubergiste, Romane Bohringer en fille d'aubergiste, Florence Giorgetti en dame-pipi) en rajoute encore dans l'affectif.
Et c'est cet affectif là, justement, débordant, qui va réussir à faire passer outre (à enjamber, quoi) les faiblesses de la chose, certaines scènes un peu mal fagotées, ou mal jouées, ou mal montées (!), que sais-je. mais bon, à chaque fois, ça passe. (Oui, passer outre). C'est vrai que j'adore tellement le début (ce qu'on appelle, à très juste titre, un montage alterné (montage pouvant tout à fait, et c'est même recommandable, être pris -je m-enfonce- ici au sens biblique du terme) qu'ensuite il est normal que ça retombe un peu, et même que ça patauge parfois, un chouïa...) Un couteau dans le coeur est un film divinement imparfait mais parfaitement fascinant.
Yann Gonzalez aime ses personnages, tous, et nous fait partager cet amour, ce désir, cette tendresse (J'en éprouve une toute particulière, par exemple, pour le technicien dodu surnommé Bouche d'Or, qui remet les étalons d'équerre...), c'est vrai qu'on aurait pu souhaiter qu'il ait eu, idéalement, autant de tendresse à l'égard de son scénario, par exemple. Mais bon on s'en fout un peu quand même, finalement, que ça ne soit pas parfaitement parfait, parce qu'on y prend vraiment du plaisir, on regarde de tous ses yeux, on écoute de toutes ses oreilles, on est à l'affût, aux aguets, au guignol, à la fête, on frémit, on sourit, on pâlit aussi, parfois, on reprend son souffle lorsque Yann Gonzalez nous fait passer sans transition d'une scène bouillante à une autre glacée. Comme le métal en fusion dans l'eau glacée. Et on prend plaisir à cataloguer les clins d'oeil, les hommages, les citations, les interférences, et c'est plutôt jouissif, ce bonheur supplémentaire.
Un film, donc, qui divise, et qu'on aura le plaisir de vous présenter au sein de notre programmation estivale, dans le bôô cinéma...

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J'y suis retourné ce vendredi avec Catherine (qui a désormais le loisir d'aller au cinéma autant qu'elle veut...), et toujours avec grand plaisir. Et mes sentiments restent les mêmes.Tout le début du film est fort, tenu, troublant, drôle, flippant, solide, haletant, rien à redire, et commence un peu à donner des signes de faiblesse (d'essoufflement) à partir de la scène du pique-nique, où le film commence un peu à perdre pied, ou à ne plus savoir sur quel pied, justement, danser. Des lézardes qui deviendraient des fissures. L'encombrement (l'entassement) des scènes finales (au Far-West) déséquilibre hélas un peu l'ensemble (pour le spectateur rationnel et tatillon), et l'ultime explication en voix-off et en noir et blanc par Kate Moran n'était franchement pas indispensable, mais heureusement la toute dernière scène (sur laquelle défile le générique) reprend du poil de la bête (et le film de la hauteur) en nous reconstruisantt un délicieux petit cinéma immaculé (séraphique et élégiaque) , in paradisum, vraiment.
Je parlais dans le premier post des apparitions référencées (Nolot, Bohringer, Mandico), j'en avais oublié une, que je n'ai reconnue qu'à la deuxième vision, il s'agit d'Ingrid Bourgoin, qui fut pour marie-Claide Treilhou une inoubliable Simone Barbès  (ou la vertu), dans le film du même nom, qui apparaît en barmaid dans le cabaret lesbien (scène qui est, je pense, un clin d'oeil supplémentaire à ce même film).
Ca nous a permis d'échanger, dans le couloir, au sortir de la salle, et ça c'était vraiment agréable.

7 mai 2021

CMFUBJ 25

Suite au commentaire d'Hervé, je suis parti à la chasse en googlant genre Dupont Toulouse rugby cul nu mais je n'ai hélas ramené que ça dans mes filets

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Mouais... j'ai aussi une petite vidéo mais qui a été filmée de derrière (!) ce qui fait qu'on n'y voit pas grand-chose...

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(ô douce nuit)

la nuit passée fut assez... rock'n roll (enfin, pas plus que d'habitude...) j'ai dormi par tranches de une heure, grosso-modo

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(parcours santé)

je suis retourné voir mon médecin cet aprèm, il a confirmé les remarques de l'infirmier, que les améliorations relatives au nouvel antibio avaient disparu, que c'était reparti comme en 40, que tout ça était bien enflé, que de nouveau ça re-coulait, il m'a pris ma tension (18! ) m'a prescrit une analyse de ce qui coule illico au labo d'en face (la jeune biologiste à longues jambes a doucement soulevé une croûte pour récupérer un peu de ce qui coulottait, et a confimé qu'en cas de diabète, ça compliquait les choses en ce qui concerne la guérison) car diabète il y aurait, puisque, suite aux dernières analyses, mon médecin m'a re-prescrit de nouvelles analyses, j'ai appelé mon trio d'infirmiers, ce sera   demain matin à jeun pour le vérifier...

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bref temps de merde, journée de merde, tout était bien au diapason

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3 mai 2021

CMFUBJ 21

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dès le petit matin, ça fait du bien, une nouvelle (via tw*tter) qui vous met de bonne humeur : l'arrivée de LA FLOR sur arte tv... Quatorze heures et quelques de bonheur cinématographique (en 4 films et 6 histoires) !!!

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à part ça ?
un dimanche très "peût" comme on dit en franc-comtois (il est peût / elle est peute), gris, froid, mouillé, automnal, livide, blême, blafard, lugubre, en dessous des normales saisonnières, avant l'arrivée d'une nouvelle perturbation, d'ailleurs (c'est un signe) on ne voit quasiment personne passer dans la rue, alors que tout le monde ou presque devrait y être, en train de danser la carmagnole, vive le son vive le son..., vu ce que les journaux télévisés de ce midi n'arrêtent pas de nous rabâcher, en gros, "demain vous êtes liiiiiiiiiiiibres!". Mouais.

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quel plaisir au scrabble : j'ai battu un (super) connard :

liste noire

et ça m'a ravi...
(et je l'ai rajouté en liste noire, il en est donc désormais à 394...)

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"Pol s'interrogeait sur la différence des sexes tout en se dirigeant lourdement vers les toilettes des enseignantes. Elle n'ignorait pas que les hommes sont des êtres faibles, circonspects et timorés qui ont constamment besoin d'être cajolés, câlinés et cocottés sans être plus fiables pour autant. Pourquoi faut-il alors que le monde s'obstine à les ménager ?  Pourquoi faut-il que, quoi qu'ils fassent, leurs entreprises soient toujours jugées plus intéressantes et plus importantes que celles des femmes ? Jusqu'au jardinage et à la cuisine qui acquièrent quelque prestige à partir du moment où c'est un homme qui prend les choses en main. Qu'une femme plante des fleurs, et puis après ? Mais qu'un homme se mette à planter des iris, et l'entreprise devient poétique, lui-même devient un artiste.
A quoi donc attibuer ce sentiment tumescent de leur propre importance ? qu'est-ce qui peut bien nourrir ainsi leur autosatisfaction ? LES COUILLES. Leurs couilles. Ils en crèvent de fierté toute leur vie. Ca les excite d'avoir des couilles, et que la moitié du monde en ait aussi n'entame que très partiellement leur enthousiasme.
Mais c'est aussi la raison pour laquelle ils vivent moins longtemps que les femmes. L'effort que leur demande le silence qu'ils observent sur le seul sujet qui les intéresse ert les étonne vraiment, qui leur apporte un plaisir sans cesse renouvelé -leur queue et leurs boules - les épuise totalement. Ils tournent autour du pot - dans une sorte de masturbation verbale - évitant avec un succès plus ou moins égal le sujet central : le fait d'avoir entre les jambes un bout de chair extensible ou rétractile à volonté. Ils n'en sont pas pour autant plus efficaces à la maison. cet amour qui n'ose se donner un nom fait des hommes des dissimulateurs.
(...)
Le mieux serait de les priver de toute distraction autre que ce thème central et de les laisser contempler leurs fameuses couilles toute la sainte journée. Au même titre que les faux bourdons, pourquoi ne pas les mettre en réserve et s'en servir comme de simples pourvoyeurs génétiques ? Côté inefficacité, ils n'ont pas leur pareil. Les femmes sont autrement performantes."

(Lucy Ellmann / PETITS DÉSASTRES DE LA VIE ORDINAIRE)

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Capture d’écran (2190)

en traînant sur MUBI et me demandant quoi voir ce soir, je tombe sur 2 AUTOMNES 3 HIVERS de Sébastien Betbeder, film que j'aime énormément, et pas seulement parce qu'on y voit Vincent Macaigne... C'est un film qui me fait du bien. J'en regarde une quarantaine de minutes, alors que je le connais en détail, et je saute jusqu'à la scène finale, celle du dernier métro, qui me touche toujours autant...

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covidtracker

 

22 avril 2021

CMFUBJ 10

(que dire ?)

les nuits sont agitées je dors très mal à cause de cette foutue jambe que je ne sais pas comment mettre pour être bien, d'autant plus que je me couche trop tôt parce que je ne sais pas comment me mettre (c'est le soir que ma jambe est la plus grosse) donc je finis par me coucher vers 22h, en général là je m'endors, ce qui fait que mon premier réveil a lieu avant minuit et après ça va être rondelles de sommeil consécutives de une à deux heures (je rêve même que je vais chez le médecin ou le pharmacien et qu'il me prescrit des médicaments!), ce qui était déjà souvent le cas avant la grosse jambe, mais bon disons que ça n'arrange pas du tout les choses (j'ai pris un efferalgan 1000 à 1h du mat), et là l'infirmier joliet vient de passer et comme moi  il a constaté que ça n'avait pas beaucoup évolué  depuis avant-hier, donc il essaie un nouveau truc et m'a massé avec de la fucidine (pommade antibiotique) et tiens il m'a proposé aussi de me faire l'autre jambe ("ça ne peut pas faire de mal...") et il est reparti, joyeux, en me conseillant de garder le moral...

*

deux trois louchettes de Schwartzmann (Pension Complète), tiens, pour me mettre un peu de bonne humeur...

"La famille avait un point commun : les tatouages. Ils évoluaient en portant sur eux les autocollants de frigo de leurs convictions, des messages si obscurs qu’ils devaient certainement passer des heures à expliquer le sens des c’est Post-it qu’ils se trimbalaient. Genre leur prénom traduit en dialecte inca. Et comment on dit Kevin en Maya, hein ? Et Cindy, en aztèque ? J’imaginais qu’ils devaient aussi avoir des slogans quelque part, sur un quelconque tibia, sur un bout de fesse. Un cri de ralliement de la contre-culture d’il y a trente ans. D’où j’étais, je pouvais reconnaître sur l’épaule de la mère, une mésange. Enfin ce qui avait dû être une mésange, à l’époque, ressemblait maintenant davantage à un chapon. [...] 
Dans les quelques bungalows alentour, les gens civilisés nous avaient imités. Sortis sur leur terrasse, le café à la main et l'agacement sur le visage, à la fois fascinés et effrayés par cette peinture d'Edward Hopper version Leader Price."

"[A] chaque fois la même scène m’avait sidéré : les milliardaires dans leurs yachts qui regardent sur le quai les pauvres les regarder. Scène surréaliste d’une armée de bermudas qui a sacrifié une journée de plage pour venir admirer quelques nantis. Je n’ai jamais compris ce que les Nadine et les Jean-Paul et les moutards venaient chercher ici. Le type sur son yacht ne mérite pas qu’ils s’arrêtent pour le mater. Le simple fait qu’il choisisse de venir ici étaler son bateau fait de lui un abruti. J’en étais arrivé à la triste conclusion que c’étaient les mêmes beaufs, des deux côtés du quai, les mêmes riens, qui croient que l’on mesure une vie en argent. Pourquoi tous les bermudas ne montent-ils pas à bord des yachts pour balancer les propriétaires à la flotte et prendre leur place ?"

"Les vieux sont sympathiques, en général. Même ceux qui, plus jeunes, étaient des crevures. On ne peut d’ailleurs jamais savoir comment ils étaient, avant, car ils finissent tous en mode friendly. Étant donné qu’il n’y a pas neuf humains sur dix de bienveillants, on peut en déduire que nos chers aînés s’assagissent avec l’âge. D’une certaine façon ce sont des faussaires, des fourbes, à l’image de tous ces dignitaires qui ont terminé leur vie en Argentine et qui s’appelaient Müller. Après avoir bien pourri leur monde, ils se détendent. La raison en est très simple : ils se retrouvent en position de faiblesse. Fini l’autorité, fini les décisions et fini le permis de conduire, tiens, plus rien, tu demandes à ta fille pour aller pisser et t’es bien content qu’on te sorte à Noël. La peau comme du carton mouillé, le ventre gonflé, les pommettes tout en bas, les cheveux violets des femmes et le pue-de-la-bouche des hommes. Un naufrage."

*

cette nuit à trois heures et des brouettes, j'ai commencé à regarder Madame de..., de Max Ophuls, que je n'avais jamais vu, sur la recommandation de Dominique, puisqu'il figure dans la sélection du mois de la Cinétek. Je n'étais peut-être pas dans l'état d'esprit idéal (optimal) pour ce faire, mais bon je me suis lancé... Danielle Darrieux y est une sublime comtesse, mariée à un Charles Boyer généralissime à monocle et brandebourgs au petit poil, et qui va tomber amoureuse ("Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas...") de Vittorio de Sica (dont je ne savais même pas qu'il avait été acteur) en embassadeur ritalissime, oeil de velours et gomina. Mais, plus encore que d'amour, il va être question de boucles d'oreilles, une paire de boucles d'oreilles en diamants qui vont voyager de mains en mains et de coffret à bijoux à coffrets à bijoux, de mensonge en mensonge, au fil des soirées mondaines, des bals, des opéras, des réceptions, des chasses à courre, oui, tout un monde très... mondain et virevoltant, champagne!, bref de la légèreté et de l'insouciance, des pâmoisons et des évanouissements, des aveux et des lettres enflammées, jusqu'à une fin que, candide que je suis, je n'avais pas vraiment vue venir... Du grand art.

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*

21 avril 2021

CMFUBJ 9

(que dire)

pas très bien dormi, réveillé souvent, l'efferalgan pris au coucher n'a aucun effet, mais bon, même si la jambe reste grosse elle n'a plus coulé (ça c'est bon signe) et semble être en bonne voie de cicatrisation (même si ça reste très moche...)

*

Je me délecte avec le nouveau Schwartzmann que je suis en train de lire, Pension Complète, (que Dominique m'avait prêté il y a un certain temps, que j'avais passé à Pépin, qui me l'a rendu accompagné de Kasso, son tout dernier, que je lirai ensuite), c'est toujours aussi jubilatoire (dirait Téléramuche) dans l'humour froid et noir  (un tout petit peu moins que Mauvais coûts, tout de même) -quelques pages notamment sur les Luxembourgeois, par exemple, valent leur poids de cacahuètes...- bref encore du plaisir de lecteur.

*

Capture d’écran (2130)

une capture d'écran très agréable à l'oeil du court-métrage Le cas Perrot, de Rony Tanios, joliment onirique, sur le site de Bref, qui présente par ailleurs, , "40 films incontournables" parmi lesquels je reconnais avec grand plaisir quelques-uns de mes chouchous, Foutaises, Le petit bal, Ce n'est pas un film de cow-boys, Du soleil en hiver, Emilie Muller, mais pas mal  d'autres encore que je ne connais pas et que je vais donc me faire un plaisir de regarder... merci, Bref!

*

je me suis fait livrer ce matin mes courses du S*per U, (pratique que j'avais découverte l'année dernière, pratiquement au même moment, lors du premier concon') après avoir passé commande hier, à l'heure précise est arrivée une charmante jeune fille à qui j'ai eu quelques scrupules à faire ainsi monter tous mes sacs, mais bon grosse jambe oblige,  (elle les posait sur le paillasson, et  a tout de même fait quatre voyages...), je l'en ai donc vivement remerciée...

*

cet aprèm', sur ma méridienne, j'ai regardé DIEU SAIT QUOI de Jean-Daniel Pollet, qu'on avait programmé, entre autres, dans notre mort-né Mois du Doc 2020, mais que, allez savoir pourquoi, j'avais tout de même acheté en dvd, dans la très belle édition livre/dvd (coédition Editions de L'Oeil / La Traverse), comme pas mal d'autres films du même réalisateur... J'avais insisté pour qu'on le programme car le film était annoncé "d'après des textes de Francis Ponge" qui plus est "dits par Michael Lonsdale", ce qui faisait deux bonnes raisons... j'avais essayé hier soir et je m'étais endormi illico, j'ai donc ressayé aujourd'hui, mais je suis triste d'annoncer que je m'y suis un peu ennuyé (le film annonce 1h30 mais j'en aurai compté deux fois plus en temps subjectif. Pollet a sélectionné des textes de Ponge, puis il a filmé... Parfois ça fonctionne, et d'autres pas. Il est aussi pas mal question de la Grèce, via des extraits de films de Jean-Daniel Pollet diffusés via un poste de télévision, dans un décor de maison qui pourrait être celle du réalisateur. il est question de Ponge, de Provence, d'une table, d'un verre d'eau, de galets, d'un mur de pierres sèches, du regard de l'artiste aussi, certaines choses sont dites, d'autres sont filmées, parfois les deux en même temps, parfois c'est vraiment magnifique mais souvent on s'ennuie un peu...

Dieu-sait-quoi-DVD

*

et un grand bonheur d'autant plus grand qu'inespéré : j'ai -enfin!- retrouvé cette fameuse petite comptine composée pour la fameuse soirée arte théma halloween (c'est une comptine comme celle de dix petits nègres, sauf qu'il s'agit de Ten little Pumpkins, comptine à élimination, de dix jusqu'à un (à moins que ce ne soit le contraire, de un jusqu'à dix...) ... Little pumpkins where have you been, little pumpkins it's Halloween...

*

 

 

11 avril 2021

poulailler 99

(que dire ?)

(un peu) mieux dormi, plus de fièvre en tout cas (ou, au moins, moins) autant de réveils pour aller pisser, et je me rends compte que je bouge beaucoup la nuit, puisque je me révaille avec des des taches d'éosine sur le genou gouche, alors que je n'en ai enduit que le mollet droit (eh oui il y a toujours quelque chose qui coule je retournerai en parler au toubib lundi matin... (comme un léger sentiment de découragement )

en partant faire un bref tour au marché (et acheter Les Cahiaîs spécial 70ans, avec liste de 70 films injustement oubliés -j'y reviendrai- ) je croise Manue en voiture qui montait chez moi pour me déposer quelque chose, mais ne voudra pas s'arrêter longuement parce qu'elle vient juste de se faire vacciner et qu'elle aspire à retourner au calme

je marche comme un petit vieux (ce que je suis, d'ailleurs)et j'achète juste du chinetoque et un demi-épautre, avant de remonter et de trouver devant la porte un petit paquet amoureusement fait avec au fond des cocos tout frais et au-dessus des petits... financiers ? j'en souris d'aise

*

et voilà que, dans les mails, un m'informe du nouveau thème mensuel de la CINETEK :

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et oh oh je me dis que c'est parfait (j'ai toujours été un "homme de lettres") je vérifie, mon abonnement six-mestriel court jusqu'à, justement, le mois de mai, je vais pouvoir en profiter et je commence par une "lettre de cinéaste", signée par Wim Wenders (probalement pour Cinéma Cinémas), de 1982, qu'il expédie depuis New-York, où il est venu assister au(x) montage(s) de HAMMETT. Lettre que je trouve très touchante, où je note deux choses : le titre d'un bouquin d'Emmanuel Bove, Mes Amis, que Wim est en train de lire, et cette citation de Cézanne : "Toute chose est appelée à disparaïtre. Nous devons nous dépêcher si nous voulons les voir.".
En regardant ces belles dix-sept minutes et quelques, j'ai moi-même griffonné
(jusqu'ici) aucun
disease, aucun bobo dont un peu de cinéma ne puisse venir à bout

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Wim W. avec Francis Ford Coppola

Capture d’écran (2114)

j'aime beaucoup cette phrase...

C'est vrai, comme Apichatpong hier, Wim m'a... rasséréné

*

"J’écris à la place une lettre d'amour – que je n’envoie pas.
Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux

En avril, LaCinetek se fait votre messagère. Nos films-lettres transmettent des mots d’amours, mêlent l’intime au politique, reflètent leur époque et donnent des nouvelles du monde. Attendues, lues en secret ou à voix haute, cachées ou déchirées, ces traces calligraphiques et les évènements qu’elles recèlent hantent les personnages et leurs récits.

"Je suis entre vos mains. Ce papier c’est ma voix, cette encre c’est mon sang, cette lettre c’est moi." Épopée épistolaire en alexandrins, Cyrano de Bergerac (1990) est servi par la puissance de jeu de Gérard Depardieu, le raffinement littéraire de Jean-Claude Carrière et le formidable sens du spectacle de Jean-Paul Rappeneau. 

C’est à une autre épopée, romanesque, délicate et crue, que nous convie François Truffaut dans Les Deux Anglaises et le continent (1971). Le continent, incarné par Jean-Pierre Léaud, ne cesse de correspondre avec ses deux sœurs de plume et de passions du Pays de Galles. Sous la lumière de Nestor Almendros, les sensualités mélancoliques des trois jeunes gens sont portées à leur point d’incandescence. 

Dans ce même Paris 1900, vu par Max Ophüls en 1951, la superficielle Madame de… (Danielle Darrieux), se révèle une romantique épistolière : "mes lettres, d’innombrables lettres qui vous auraient dit la profondeur et l’importance de mon amitié, qui est devenu mon amour…"

Dans Le Messager (1970) de Joseph Losey, le transport amoureux et le transport des lettres ne font qu’un. Mercure malgré lui, un jeune adolescent est initié à l’érotisme par deux amants qui lui confient leurs billets, lors d’un été anglais au début du siècle.

Mettre en mots le désir anime également Marguerite Duras dans Agatha et les lectures illimitées (1981). Une lettre d’amours interdites, lue à deux voix par la cinéaste et son amant Yann Andréa, sur des images de Bulle Ogier qui arpente un hôtel, esseulée.

Chez Claude Sautet, les lettres sont autant de coups de théâtre qui disent les aventures de Pierre (Sami Frey), César et Rosalie (Yves Montant et Romy Schneider). Elles écrivent un singulier ménage à trois, immortalisé par le cinéaste en 1972 et orchestré par la musique de Philippe Sarde.

S’écrire parce qu’on ne peut plus s’aimer ? L’idylle charmante du jeune couple des Parapluies de Cherbourg (1964) est brisée par les missives qu’impose l’ordre militaire, durant la guerre d’Algérie. Après le bonheur, Catherine Deneuve et Nino Castelnuovo chantent la douleur de la séparation. Jacques Demy signe un bouleversant mélodrame enchanté, sublimé par la musique de Michel Legrand.

Autre guerre, autres lettres. Le Corbeau (1943) d’Henri-Georges Clouzot relate un fait divers sur une épidémie de lettres anonymes qui attaquent un médecin "faiseur d’anges" (Pierre Fresnay). Dans le contexte de délation des années d’Occupation, ce film est un brûlot. 

Et si l’on ne sait pas écrire ? On s’en remet à un écrivain public, comme Dora (fabuleuse Fernanda Montenegro) dans Central Do Brasil (1998). Sauf que Dora aime mieux se moquer des lettres et en faire des confettis, plutôt que les envoyer… Walter Salles signe une fable drôle et touchante, sur une femme retrouve le chemin de sa sensibilité.

Enfin, avec Chris Marker, la lettre voyage. Le mystérieux reporter de Sans soleil (1982) adresse ses lettres filmées de par le monde à une inconnue qui les lit. Elles racontent la "zone", un lieu où la mémoire imagée de la terre se conserve, vit et se transforme. C’est si beau que, comme la narratrice, l’on s’interroge avec crainte : "Y aura-t-il un jour une dernière lettre ?"

Ce mois-ci, dix films écrits en lettres de feu, d’or ou de sang, qui cherchent à correspondre avec nous, à nous lire, à nous relier. Ils ne resteront pas lettre morte."
La Cinetek c'est

(perso j'y aurais bien ajouté Lettre d'une Inconnue (Max Ophuls, 1948) et Les Liaisons dangereuses (Stephen Frears, 1989) -je viens juste de revoir je ne sais plus où -sans doute tweetmuche- un bref extrait de la scène où Glenn Close se démaquille et qui m'a donné l'envie de le revoir sur le champ)

*

le JEJI (jeune et joli infirmier) voyant mon autre jambe (pas celle de l'érysipèle, celle avec la tâche) m'a dit que ça lui  évoquait plutôt des problèmes de retour veineux (et donc de possible plaie variqueuse) que d'eczéma, et m'a donné quelques conseils d'entretien

*

(et ça coule toujours)

 

 

7 avril 2021

poulailler 95

avec ce quatre-vingt-quinzième jour de poulailler coïncide  le premier jour du reste de ta vie du nouveau re-re-re-conconfinement mais qui ne veut pas s'appeler justement comme ça, il s'agit juste de  "nouvelles mesures de freinage de l’épidémie", nuance...

*

comme chaque fois depuis des mois, on nous annonce que "les semaines à venir vont être particulièrement éprouvantes", qu'on nous demande un nouveau sacrifice, mais qu'après tout ira bien (on rouvrira tout et on rasera gratis) et on verra "la lumière au bout du tunnel" (de mon cul, bien entendu)

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Tiens, un nouveau Festival en ligne! :

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(15€, je me suis zinscrit, ça commence demain)

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j'ai regardé le premier épisode de HIPPOCRATE 2, mais je crois que je vais m'arrêter là pour le moment... Dans cet épisode on voit une très grosse dame qui avait été admise aux urgences à cause de son apnée du sommeil, qui a perdu connaissance et commence à suffoquer, et le docteur (Boulichounet) a du mal à l'intuber (mais il va bien sûr y parvenir et la tirer d'affaire...)

*

 

1 avril 2021

poulailler 89

(que dire ?)

ah si : suis allé faire des courses ce matin, et il y a des signes qui ne trompent pas : j'ai vu un gaillard  sortir du S*per U avec trois paquets de PQ en bandoulière... Ca sent le rerereconcon...

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LA MAMAN DES POISSONS
(de et par Bobby Lapointe)

Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde
Quand ils s'oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette
La maman des poissons elle est bien gentille
Elle ne leur fait jamais la vie
Ne leur fait jamais de tartine
Ils mangent quand ils ont envie
Et quand ça a dîné ça redîne
La maman des poissons elle a l'œil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron
La maman des poissons elle est bien gentille
S'ils veulent prendre un petit vers
Elle les approuve de deux ouïes
Leur montrant comment sans ennuis
On les décroche de leur patère
La maman des poissons elle a l'œil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron
La maman des poissons elle est bien gentille
S'ils veulent être maquereaux
C'est pas elle qui les empêche
De se faire des raies bleues sur le dos
Dans un banc à peinture fraîche
La maman des poissons elle a l'œil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron
La maman des poissons elle est bien gentille
J'en connais un qui s'est marié
À une grande raie publique
Il dit quand elle lui fait la nique
Ah, qu'est-ce qui tu me fais, ma raie
La maman des poissons elle a l'œil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron
Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde
Quand ils s'oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette
La maman des poissons elle est bien gentille

*
(Toulouse Toulouououse...)
deux films plus... légers :

AVANZARÉ TAN DESPACIO (QUE TE PARECERA QUE RETROCEDO)

de Natalia SOLÓRZANO

Un doc à la fois drôle et terrifiant, sur le "fonctionnariat" dans toute sa splendeur (et, donc, toute son horreur) avec des gens (beaucoup de gens) qui font la queue, en général très patiemment, pour obtenir, à un certain guichet,  certains papiers qui leur permettront d'obtenir d'autres papiers, mais pour lesquels il est parfois nécessaire (indispensable) d'avoir un autre papier, à un autre guichet, pour lequel il faudra refaire la queue, etc. etc., dans le Bureau d'Immigration de Costa Rica. Le titre et l'affiche donnent une idée assez juste de la problématique du film...

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EL JUEGO DE LA SILLA
d'Ana KATZ

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Sympathique comédie argentine de 2002, autour d'un fils exilé au Canada qui fait un bref passage dans sa famille en Argentine, où sa mère a fait tout ce qu'elle pouvait pour rendre ces quelques heures inoubliables... Un quasi huis-clos familial où l'on parle beaucoup, où on se chamaille, et où on joue beaucoup aussi (et, au jeu des chaises musicales, la maman est très mauvaise perdante...) Je m'étais fait tout un film sur un éventuel SSTG (sous-sous-texte gay) par rapport au héros, mais non pas vraiment (enfin, quoique...) mais, même sans,  tout ça est vraiment plaisant (et le jeune frère en short a quasiment des airs botticelliens...)

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dernière minute : ben voilà ça y est!

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(avec des coeurs roses c'est quand même plus joli, non ?)

 

31 mars 2021

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le plaisir de recevoir une carte postale des Soria (de la série "Les Alpes pittoresques")

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3 fois Bruno Ganz dans L'Ami Américain

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j'apprends aujourd'hui (un peu tard donc) l'existence du Festival AFLAM

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festival du film arabe en ligne du 26 mars au 04 avril

(films gratuits)

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une vieille une des Inrocks (1998) exhumée sur twitter

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"Vous savez quoi ? L’autre nuit, on a fait le rêve le plus fou depuis un bail : pensez donc, on prenait l’apéro sur le zinc. Sans masque, ni gel hydroalcoolique. Et là, on ne vous parle pas d’un gorgeon levrette entre les courses du marché et le Lavomatic.

Chardonnay

Non, on vous cause d’un vrai apéro avec autant de brèves de comptoir que de biberons ; un marathon de la causette ; un biathlon où tu glisses sur le chardonnay et que tu tires sur la pompe à bière. Un truc où tu bois avec des copains, quoi, où tu planques la lutte des classes derrière la licence IV quand le milord côtoie le cave, l’apache, la bourgeoise, le ronchon, le philanthrope. Mais si, mais si, ça existe encore. Suffit de flairer les bons abreuvoirs. Bon d’accord, on ne vous parle pas ici des lounges pièges à gogos où la musique d’ambiance est aussi fade que les cocktails à remplir les tiroirs-caisses.

Loufiat

Non, là, on vous jacte des rades où le percolateur ronfle de bonne heure à l’embauche quand les voix sont râpeuses comme du papier de verre ; quand le loufiat pas réveillé est aussi accueillant qu’une mine Claymore. A cette heure-là, les fauves ont la queue basse comme l’horizon. Ils n’aspirent qu’à une chose : s’en revenir le soir pour se rincer l’humeur de l’ennui de la journée.

Schopenhauer et Beyoncé

L’apéro, c’est la douche qui vous décrasse des emmerdes avec le gant de crin du pastis, du demi et du ballon de pif. Il suffit d’un tour de chauffe sur le comptoir pour faire monter le deux temps à bavasser. Tout y passe : les gars, les filles, le chien, le chat, le canari, la réforme des retraites, la dernière paire de Nike tombée du camion, Schopenhauer et Beyoncé. Pas besoin d’attestation de sortie de route pour lâcher des conneries, y a prescription jusqu’à la dernière gorgée.

Petits mâchons

Alors, forcément, quand un fâcheux regarde sa toquante pour s’excuser qu’il a soufflé au fromage ce soir, on le noie à l’aligoté comme une portée de chatons. C’est qu’on est là pour "manger liquide" comme on dit chez les moblos (gendarmes mobiles) après les grandes manœuvres. Enfin, "manger liquide", presque. Car le taulier veille au grain. Pour faire durer la verticale de muscadet, faut des munitions solides sinon on risque l’accident industriel sur le carrelage et dans les commodités. Tout gargotier qui se respecte a toujours quelques provisions de bouche pour éponger les trop-pleins. On ne vous parle pas ici des affreuses cacahouètes et autres saloperies salées, pièges à cons pour vous faire picoler davantage. Non, ici, il est question de vrais petits mâchons où le radis fait chonchon avec le saucisson, la rillette, le pain grillé et la tapenade et pourquoi pas la harissa pour les gones qui savent se tenir.

Cubi esseulé

Parmi le beau linge, on appelle ça apéro dînatoire. Mais pour nous, les traîne-savates du bitume, c’est plutôt le casse-croûte des zonards du mektoub. Et vingt dieux qu’ils nous manquent ces apéros de bistrots car, sans eux, la vie est triste comme un cubi esseulé dans une cuisine Ikea depuis cette satanée pandémie. Alors on l’attend comme le petit Jésus dans la crèche, ce jour béni où l’on retrouvera le comptoir. Et promis Madame la ministre Marlène Schiappa, il n’y aura ni "chaos" ni "décompensation éthylique" comme vous le redoutez. Juste du bonheur."
(l'irremplaçable Jacky Durand / Libé)

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Et quelle meilleure date, quand on y pense, pour annoncer un re-re-re-concon que le premier avril, hein ?

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24 mars 2021

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un joli titre de Libé, hier
LES THÉÂTRES VAQUENT À LEURS OCCUPATIONS

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Festival Variations :
le festival Variations propose, pendant plusieurs jours, de multiples concerts pour mettre en valeur la richesse créative du clavier dans le domaine des musiques classiques, jazz, électroniques, expérimentales, improvisées ou traditionnelles.
Le festival Variations est maintenu en streaming du 20 au 28 mars 2021.
Au programme : des concerts gratuits, en livestream ou enregistrés par les artistes spécialement pour l'événement.
tout le programme

Bachar Mar Khalifé en concert ("On/off"),gratuit le 25 mars à 20h (il ne fait pas partie des recommandations de Libé)

les recommandations de Libé :

"Pour l’édition 2021, et quelques mois seulement après une manifestation 2020 certes réduite mais miraculeusement tenue en chair et en os au mois d’octobre, consacrée au clavier dans son immense variété, l’excellent festival nantais Variations se déroulera entièrement sur YouTube, gratuitement. Un vrai cadeau, d’autant que la programmation a de beaux atours débridés. Outre les inévitables géants du minimalisme Glass (ses Enfants terribles, adapté par les sœurs Labèque) et Reich (son classique Drumming, pour percussions et voix, était au programme de samedi, par l’Ensemble Links), on se branchera sans faute pour les performances en live (ou différé) du Serbe Abul Mogard, ancien ouvrier en aciérie qui a profité de la retraite pour se lancer dans un néo-classique délicat, ou du trio français Orgue Agnès, au sein duquel on retrouve notamment Ernest Bergez alias Sourdure, et qui semble avoir refondu la techno dans une poterie auvergnate vieille de 10 000 ans. Surtout, on ne ratera sous aucun prétexte la création mondiale d’une pièce inédite de Kali Malone, organiste et compositrice américaine installée à Stockholm, dont la musique abyssale et faussement sereine nous a beaucoup accompagné ces dernières années. D’autant qu’elle sera rejointe par un chœur de quatre chanteurs et de Stephen O’Malley, de Sunn O))), à qui l’on doit cette invitation, à la faveur d’une carte blanche."

Visiblement, on peut tout revoir sur y*utube. J'ai regardé, ce matin,  le début de Drumming, et aussi celui de Music for airports de Brian Eno par l'ensemble Social Silence (tous en bleu de travail!), et, juste là, celui de Grand Veymont (un duo français assez hypnotique) Persistance et changement

*

A part ça,
Comment bien commencer la journée ?
par un joli documentaire sur Françoise Hardy la discrète ()
Merci arte!

*

(de Toulouse)
SINFONIA DA NECROPOLE
de Juliana Rojas

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(focus "le goût du rire")
On a déjà programmé plusieurs films de Juliana Rojas dans "notre" Semaine Latino (le très étrange TRABALHAR CANSA, co-réalisé avec Marco Dutra, en 2012, et le non moins étrange LES BONNES MANIERES, en 2018, co-réalisé idem), celui-ci date de 2014, elle l'a réalisé toute seule comme une grande, et, question étrangeté, il ne dépare pas au milieu de sa filmo... C'est l'histoire de Deodato (un joli barbu mimi comme tout), apprenti-fossoyeur trop sensible, qui commence juste à bosser dans le cimetière où son oncle bosse déjà, et va rencontrer quelques difficultés à embrasser pleinement ses nouvelles fonctions. Lui qui tourne de l'oeil quasiment chaque fois qu'il pense à un pauvre cadavre tout seul dans son cercueil va avoir fort à faire avec Jacqueline, qui vient pour réorganiser le cimetière et faire de la place pour les nouveaux morts en virant les anciens des tombes "non réclamées"... D'autant plus que Deodato tombe (bien sûr) amoureux de Jacqueline, mais, surtout que tout ça est traité en... comédie musicale (régulièrement les personnages arrêtent de parler et se mettent à chanter, le premier morceau, les trois fossoyeurs avec leurs pelles, est, bien sûr le plus surprenant,  alors que l'est sans doute moins le grand final, avec tous les morts qui viennent confier leurs états d'âme et leur colère d'être ainsi dépossédés). Surprenant, plus décalé que vraiment "drôle", mais du coup attendrissant. Plaisant.

Capture d’écran (1989)

Capture d’écran (1990)

Capture d’écran (1992)

Capture d’écran (1993)

 *

(les nouveaux départements sur la sellette)

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(ouf  on n'y est pas...
de peu, mais on n'y est pas
-pas encore ?-)

*

21 mars 2021

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aujourd'hui on a vu ça :

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eh bien à la même heure à peu près, je faisais la même chose! (la secrétaire de mon médecin m'a téléphoné pour me prévenir qu'une candidate à la vaccination venait de se désister pour cause de maladie, et m'a demandé si j'étais intéressé pour profiter de la dose laissée vacante, et j'y suis donc allé et j'ai reçu ma première dose! (et rdv est même pris pour le rappel dans 9 semaines (et demie) le vendredi 21 mai à 15h

*

(Caliméro achète du CBD)

Ce matin j'ai reçu ça :

"Nous vous contactons au sujet du retard de votre commande.
Nous avons malheureusement été impactés par l’incendie des serveurs d’OVH survenu dans la nuit du 9 au 10 mars.
Un des serveurs gérant notre logistique a été touché et a brulé.

Nous avions 2 sauvegardes dont une chez OVH qui nous aurait permis de reprendre les préparations de commande dans un délai de quelques heures.
Malheureusement OVH étant très sollicité, il nous a été impossible de les contacter pour activer cette sauvegarde. Nous avons donc dû récupérer notre 2 ème sauvegarde chez un prestataire externe et tout réinstaller.
Cela devait nous prendre au maximum une journée mais nous avons été confrontés à plusieurs problèmes techniques.
Tout cela nous a amené à un retard plus important que que nous le prévoyions.
Nous avons du entrer manuellement de nombreuses données et notre stock a été faussé car nous avons perdu une journée de sauvegarde.
Nous sommes sincèrement désolés pour le retard qu’ont pris vos commandes, même si tout cela est indépendant de notre volonté.
Notre équipe est mobilisée ce jour et samedi jusqu’à 22 heures afin de rattraper notre retard.
Concernant ce désagrément, nous vous accordons une remise de 20% valable 1 mois à valoir sur tout le site avec le code OVH20.

Nous vous remercions par avance de votre compréhension et vous souhaitions une excellente journée.

L’équipe de La Ferme du CBD"
(no comment)

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Séance (gratuite) d'ouverture du Festival Latino de Toulouse

LA ODISEA DE LOS GILES
de Sebastián Borensztein

3695022)

(dans le film los Giles est traduit par les Couillons...) Un sympathique feel-good movie (surtout la fin, mais bon ça fait du bien) sur une équipe de Giles qui montent un hold-up pour récupérer l'argent dont ils ont été injustement spoliés par un banquier pourri et un avocat véreux, lors de la crise économique argentine de 2001 ("el Corralito"). C'est très agréable (le film m'a évoqué, de loin La loi du plus faible de Lucas Belvaux), Ricardo Darin a toujours d'aussi beaux yeux (c'est la troisième fois qu'il tourne avec le réalisateur, depuis El Chino, qu'on avait d'ailleurs programmé dans un de nos premières Semaines Latinos) et la troupe qui l'entoure est parfaitement à la hauteur (vive les papys!). Une très bonne séance d'ouverture, donc, joyeuse, plaisante, parfaite donc pour se mettre dans le (grand) bain toulousain...

Capture d’écran (1956)

Capture d’écran (1954)

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le voisin d'en face qui avait été arrêté manu militari par la maréchaussée parce qu'il distribuait, cul nu, du pain aux passants dans la rue St Georges, et sans doute conduit vers des confinements psychiatriques et/ou médicamenteux, a été libéré, mais ça n'a pas l'air d'aller vraiment mieux puisque je l'ai aperçu, hier soir,,aux environs de minuit, assis sur le coin du trottoir en train de faire des incantations à la lune...

*

 

 

 

16 mars 2021

poulailler 73

(tiens j'ai été au cinéma, au cinéma italien)

deux films, très différents  (on le voit tout de suite dès l'affiche)

5012489

(une chronique sociale âpre & réaliste)

I_predatori

(une comédie satyrique trash)

et bon c'est vrai que j'ai fait un peu l'impasse sur le premier (adolescente rebelle et tatouée, père cancéreux, grand-père berger, maman brebis morte, bébé mouton tout seul, tonton ferrailleur, omniprésence militaire) que j'ai regardé (je l'avoue) un peu en zappant, mais je pense qu'il sera pourtant très bien j'en suis sûr à notre prochaine SETTIMANA ITALIANA, et par contre je me suis abandonné avec délices devant le second, une comédie chorale bien acide -au début on a un peu de mal à comprendre, d'autant que le réalisateur, nous fait le coup de, me semble-t-il, Bunuel dans LE FANTÔME DE LA LIBERTÉ -si mes souvenirs sont bons-) mais, progressivement, les fragments d'apparence très (très) disparates du début vont s'agencer pour reconstituer une image d'ensemble au final pas si inattendue que le début ne le laissait penser..- chorale dont je n'ai pourtant pas perdu une miette (et sur laquelle j'ai effectué pas mal de captures d'écran, parce que j'en trouvais les dialogues aussi jubilatoires que ritalissimes, tous azimuths :

Capture d’écran (1902)

Capture d’écran (1904)

Capture d’écran (1905)

Capture d’écran (1906)

Capture d’écran (1909)

Capture d’écran (1910)

Capture d’écran (1911)

Capture d’écran (1912)

Capture d’écran (1913)

Capture d’écran (1915)

et tutti quanti... Le film a été réalisé par le petit jeune à lunettes qu'on voit sur les photos 3 et 4, qui y joue un fiston un peu  (bipolaire ? schizophrène ?) en tout cas un peu malade mental sur les bords, et sous cachetons, et qui plus est un peu obsédé aussi par Friedrich Nietzsche, la chose on le verra, a son importance. On pourra juste regretter que la machinerie, virtuose au début, vraiment génératrice de plaisir du spectateur, s'essouffle un peu au bout d'un moment (comme si le réalisateur réfrénait soudain ses ardeurs nihilistes), on a peur que le film devienne trop gentil, mais heureusement Pietro Castellitto en a gardé un peu sous le pied et balance encore quelques salves, mais bon, chassez la gentillesse...  je pense (et je regrette) que la toute toute fin ne soit pas tout à fait hélas à la hauteur du reste parce que soudain trop lénifiante. (Et on regrette aussi que la boucle ne soit pas bouclée avec la réapparition in fine du tout premier personnage vu en tout début du film, avec son grand et franc sourire de faux-derche...)
La verdeur des dialogues serait-elle rédhibitoire pour notre Settimana ? Faudra qu'on en recause à notre prochaine réunion (en 2050 ? hihihi...)

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mathieu-boogaerts-8-ans_0

"Quand j’ai eu 12 ans, comme un copain de mes parents avait entreposé sa batterie dans notre cave, j’ai commencé à en jouer et j’ai pris des cours pendant un an. Très vite, avec mes copains de classe de cinquième, nous avons monté un groupe, Made in Cament (ou "médicament", un jeu de mots un peu gratuit). Je jouais du clavier, je chantais et j’écrivais les chansons. Le groupe a duré quatre ans et a beaucoup bougé. À une période, j’en ai été le bassiste. J’aimais jouer en groupe, mais j’avais quand même l’ambition et le désir d’avoir mon propre projet. À 16 ans, nous avons donné un concert en coplateau avec le groupe Les Poissons Rouges, composé de Matthieu Chedid, Julien Voulzy et Pierre Souchon. Ils étaient parisiens et nous banlieusards, ce qui nous impressionnait un peu. Nous nous sommes extrêmement bien entendus, particulièrement avec Matthieu, avec qui nous avons décidé de former un duo sous le nom de Tam-Tam (Mat-Mat en effet miroir). Je composais les chansons, il jouait de la guitare et nous produisions ensemble. À 18 ans, je me suis acheté un magnétophone quatre pistes qui m’a permis d’enregistrer et d’arranger mes chansons tout en gagnant ma vie en travaillant pour des instituts de sondage. À 24 ans, lorsque j’ai trouvé que mes chansons étaient dignes d’être proposées à une maison de disques, j’ai pris un rendez-vous et ça a marché." (Mathieu Boogaerts / Téléramuche)

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(moi je dis ça je dis rien...) cette nuit quand je me suis réveillé à 2h pour aller pisser, la fenêtre des voisins était éteinte (c'est quasiment la première fois depuis que je suis là, j'ai même eu le réflexe de prendre une photo, mais bon, photgraphier une fenêtre éteinte la nuit sur une façade où toutes les autres fenêtre sont aussi éteintes, ça n'était pas trop top question éclairage... je suis donc retourné me coucher, mais lorsque je suis repassé devant la fenêtre, vers 5h, la fenêtre des voisins était rallumée... (mais bon je répète, hein, je dis ça je dis rien...)

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et au fait CA Y EST! je vais me faire vacciner : j'ai un rendez-vous, chez mon médecin, le 2 avril (bon, le 1er eût été plus drôle...) en début d'après-midi et, visiblement tout-un-chacun peut le faire, la secrétaire ne m'a rien demandé comme justificatif ou quoi que ce soit d'autre... j'ai juste deux recommandations : penser à apporter ma carte verte et penser à prendre du paracétamol avant (le matin et à midi) et après.

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6 mars 2021

poulailler 63

Tiens c'est drôle... une grosse moto suréquipée marquée gendarmerie qui s'arrête juste en bas de chez moi, un motard, en uniforme, en descend  (d'habitude, c'est comme les couilles, ils vont par deux, non ?) et s'avance sous le porche (...) quelques minutes après, le motard ressort, se rassied sur sa (grosse) bécane, redémarre et repart, toujours tout seul...
Je sors pour vérifier de quoi il retourne, s'il n'aurait pas par hasard juste pissé sous le porche (comme un gros dégueulasse) mais non, rien,  aucune trace, c'est  sec partout... Bizarre bizarre, non ?

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"Y cuando me iban a matar, me desperté..."*

Cria-cuervos-Galeria-III

Cria-cuervos-Galeria-II

Cria-cuervos-Cuerpo-II

Cria-cuervos-Portada

* "et au moment où ils allaient me tuer, je me suis réveillée..."

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3 mars 2021

poulailler 60

vyvmg

(tiens, si quelqu'un devine pourquoi j'ai mis cette photo, il aura un cadeau!)

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(tiens, pour changer un peu des "je me souviens"...)

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j'ai du mal à dormir dans une chambre ou il y a une porte de placard entrouverte

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j'ai du mal à imaginer ce qu'il y avait avant le big bang

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j'ai du mal à ne pas pisser dès qu j'arrive sous la douche

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j'ai du mal à couper (longitudinalement) un morceau de baguette en deux parties égales

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j'ai du mal à m'arrêter quand je commence à manger du beurre de cacahuètes (à la petite cuillère)

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j'ai du mal à dormir 5 ou 6 heures d'affilée

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j'ai du mal à me projeter dans l'avenir (surtout en ce moment)

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j'ai du mal à parler à quelqu'un que je ne connais pas (sur un lieu de drague)

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j'ai du mal à (m')expliquer ce qu'est la comorbidité

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j'ai du mal à conduire la voiture de quelqu'un d'autre, surtout si le quelqu'un en question y est aussi

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j'ai du mal à différencier Cary Grant et James Stewart

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j'ai du mal à réagir promptement dans une situation d'agression verbale (j'ai "l'esprit de l'escalier")

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j'ai du mal à monter sur un escabeau sans avoir le vertige quand je suis au dessus (trois marches, pourtant)

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j'ai du mal avec le tapioca

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j'ai du mal à croire que ça fait déjà cinq mois qu'on n'est pas retourné(es) manger au FJT

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j'ai du mal à faire un créneau si je n'ai pas trois places libres (et encore plus si quelqu'un me regarde)

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j'ai du mal avec les plats salés-sucrés (surtout ceux avec de l'ananas)

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j'ai du mal avec les gros connards gens qui se garent sur les places "handicapé" et qui ne le sont pas

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j'ai du mal à comprendre à quoi sert une messe d'enterrement

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j'ai du mal à ne pas convertir systématiquement en francs tous les prix que je vois affichés en euros

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j'ai du mal avec le vomi (le mien autant que celui des autres)

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j'ai du mal à ne pas trouver malhonnêtes les gens de chez Tr*picana, qui ont changé leur packaging juste pour vendre désormais des bouteilles de 90cl au même prix que celles qui contenaient auparavant un litre

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j'ai du mal avec les ribs

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j'ai du mal avec les gens qui truandent dans les files d'attente

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j'ai du mal avec la palette à la diable

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j'ai du mal à m'endormir, parfois, juste à cause de ma machine, parce qu'elle souffle trop

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j'ai du mal à ouvrir correctement les paquets de Wasa (le pain grillé suédois)

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j'ai du mal à rester sérieux en scandant les slogans des manifs

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j'ai du mal à me souvenir du numéro de ma nouvelle carte bancaire (alors que je connaissais par coeur celui de la précédente)

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j'ai du mal avec les manifs de retraités (surtout celles sous la pluie)

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j'ai du mal avec ceux qui, après avoir pissé, laissent la lunette relevée (autant qu'avec ceux qui abaissent le couvercle)

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j'ai du mal avec Amélie Nothomb

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j'ai (toujours eu) du mal avec les ministres de l'éducation

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j'ai du mal avec novembre et février

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(à suivre, et vous aussi, si le coeur vous en dit)

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Capture d’écran (1818)

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