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lieux communs (et autres fadaises)
18 septembre 2021

trop cool

LES MÉCHANTS
de Mouloud Achour & Dominique Baumard

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Patrick et Sébastien

On y est allés avec Manue dimanche matin à la séance de 11h15. Et on a eu la salle 12 (celle où les fauteuils s'allongent en chaises-longues) pour nous tout seuls! On était heureux comme des gamins, et le film y contribuait : l'histoire improbable d'une journaliste sur une chaîne d'info -coucou France!- (Ludivine Sagnier, délicieuse) qui flaire le scoop juteux grâce à deux zozos Patrick et Sébastien (Roman Frayssinet et Djimo, délectables) dont l'un à giflé en direct un rappeur-star, Carceral (Anthony Bajon, toujours aussi bon!)
Un plaisir régressif, incontestablement, additif, coloré et sucré comme les crocodiles Harib*, tiens, provoquant régulièrement des pics de glycémie de rigolade, un film de potes (Mouloud Achour, pour lequel j'ai énormément de sympathie et de respect, a battu le rappel, Alban Ivanov, Mathiu Kassovitz, Kyan Khojandi, Samir Nacéri, Alexis Manenti, Pierre Palmade... et c'est pas triste!) un film qui appelle (fait appel) à la complicité, à l'esprit de bande, au clin d'oeil, aux private jokes, aux phrases cultes, un film qui invite à lâcher prise, à se laisser aller, et à déguster, allongé dans sa chaise longue, en rigolant bêtement comme si on avait fumé un pét', à être indulgent, complice, solidaire... C'est idiot mais on adore ça (et le tandem vedette nous compose un numéro de folie entre l'hyper speederie de Frayssinet et l'hyper-giga-coolitude de Djimo (wouahhhh je voudrais trop être placide comme ça).
Un film, enfin, qui remplit parfaitement l'objectif qu'on lui avait assigné : nous faire rigoler. Du bonheur, vous dis-je. Du bonheur benêt peut-être mais qu'est-ce que ça fait du bien! Merci Mouloud! On attend Les Méchants 2!

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11 août 2021

bulgarie : et de deux!

FÉVRIER
de Kamen Kalev

Avec LA SAVEUR DES COINGS je pensais voir mon premier film bulgare, il ne sera pas resté seul bien longtemps... Du réalisateur, on avait déjà vu ici-et beaucoup aimé-, en 2009,  le beau et tourmenté EASTERN PLAYS, ). Les critiques étaient carrément dithyrambiques, ***** ou ****, sauf, étrangement, Les Fiches Cinéma qui le qualifie mesquinement : "cet usinage satisfait, empreint d’un kitsch spirituel mécanique, et bien loin de la fraîcheur d’une escapade vers la beauté primitive.", faisant tomber la moyenne avec un sec *.)
Un tryptique centré sur un seul personnage, à trois époques de sa vie, l'enfance (où il garde les chèvres avec son grand-père), le début de l'âge adulte (au service militaire -j'étais surpris d'apprendre qu'il y avait des marins en Bulgarie, mais quel idiot fais-je- où il est fasciné par les goélands), et la vieillesse (où il est un papy qui élève des chèvres et se préoccupe de la santé de sa vieille soeur).
Un film ample, méditatif, élégiaque où la nature et les éléments jouent un rôle important, mais, tout autant, la vie intérieure.  Un film qui cite Camus (je l'ai découvert au générique), qui résume toute vie en quelques photos jaunies, un film qui ne vous emmène jamais vraiment tout à fait où on aurait pu le croire, bref un très beau film.

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24 août 2021

un homme et une flemme

Eh oui! Voilà qu'il m'est venu un genre de grosse fatigue, depuis notre retour, mercredi dernier, du Perche joli. (On n'est pas resté très longtemps, mais c'était prévu ainsi ...). Une fatigue bloguesque, estivale, et, n'eût été ce commentaire de Riri la Gâchette (que, entre parenthèses, je suis très content de voir rôder à nouveau par ici, et à qui j'aurais presque été sur le point d'écrire que je m'inquiétais un peu à son sujet...) peut-être n'aurais-je pas encore eu le courage / l'énergie de m'y remettre...
Voilà, c'est dit c'est fait.

"Le Perche", c'était une grande belle fête estivale, à la campagne, dans l'herbe et sous les parasols (ou sous les arbres), avec une soixantaine d'invités, ceux de Céline et David qui, en ce 14 août se re-mariaient -ils l'avaient déjà fait "pour de vrai" quelques mois auparavant en Egypte- et donc remettaient les petits plats dans les grands pour ceux qui n'avaient pas pu y venir, (et pour les autres aussi d'ailleurs) - et donc on avait eu la chance d'y être invités, à cette belle grande fête, en nous disant qu'on serait sans doute installés à la table des vieux... Et on a donc, bien sûr, répondu présents! Les seules choses demandées par les "organisateurs" étaient une bouteille de champagne par personne (et croyez-le ou non, toutes ont été bues!) d'une part et un pass sanitaire (ou un test récent), ce qui était très bien.

Ce qui a été extraordinaire, d'abord, c'est le temps : les 14 et 15 août, il a fait, contrairement aux jours d'avant (et à ceux d'après) un temps radieux, avec du soleil à tous les étages, et rien que ça, déjà c'était trop bien. Pour le repas, installés sous les arbres (Céline avait fait un plan de table) on était bien. un barnum avait même été prévu, en cas d'intempérie récalcitrante, mais il n'a du coup pratiquement pas servi... Le seul petit souci c'était le soir, dès que le soleil était couché, la température chutait au fur et à mesure que l'humidité montait... mais pour le reste de la journée (des deux jours, des trois jours) c'était top.

Les invités étaient censés arriver à partir de 13h, mais nous on était là depuis la veille et on a pu, dès notre arrivée d'ailleurs, donner un coup de main à Malou (c'était la grande prêtresse de la cuisine, et même si c'était du boulot hein..., elle en a l'habitude, mais là, c'est comme si elle était démultipliée, volant sur tous les fronts, comme ces déesses indiennes à quarante-six bras...), et le lendemain matin aussi, dans une ambiance de joyeuse convivialité et de rigolade... Il y avait un tableau sur le frigo qui récapitulait les tâches, et il nous suffisait donc de faire ce qu'on nous disait de faire... (C'était agréable de jouer les petites mains...)

Puis les invités ont commencé à arriver (je connaissais très peu de monde en fait, juste la famille proche) et j'étais stupéfait par le nombre de gays (et de gayettes), tous un peu bâtis sur le même modèles : parisiens, mariés, barbe soigneusement taillée, cheveux idem, à tel point que j'avais l'impression, quand ils ont commencé à arriver, d'avoir du mal à les déconnaître... Etles premières bouteilles de champagnes ont été ouvertes, et la fête a commencé...

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28 juillet 2021

double séance

(oups! j'avais oublié de poster...)

HOSPITALITÉ
de Kôji Fukada

Un film japonais sympathique et plutôt souriant (on ne peut pas ne pas penser à PARASITE), dans une petite salle du bôô cinéma, (avec tout de même une douzaine de personnes...) sympathique mais hélas un peu mollet (j'étais sans doute fatigué j'ai un peu beaucoup dormichouné, et quand je ne dormais pas je gigotais parce que ma jambe faisait des siennes et je ne savais pas comment la mettre et j'avais très envie de gratter sous la chaussette de contention...)

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KAAMELOTT Premier Volet
d'Alexandre Astier

Et là par contre je n'ai pas dormi du tout (séance à 22h15 pourtant, dans une grande salle pas mal remplie où je devais être sans problème le plus VIEUX, je pense qu'aucun(e) ne devait avoir plus de, disons... 30 ans) avec plein de belle jeunesse donc, qui en short, qui à barbounette, qui à chignon de samouraï, qui avec tout en même temps, dont une grande partie entraient dans la salle lestées de jattes de popcorn et de diverses boissons en bouteille, mais qui, passés les applaudissements après le gimmick sonore intial qui dans le noir annonce en dolby stéréo a donf le début des réjouissances, se sont très sagement tenus (sauf les deux tourtereaux juste devant moi dont j'ai trouvé qu'ils discutaient un peu beaucoup mais comme le son était TRES FORT je ne les entendais pas trop) jusqu'à la fin.
(Il y a quand même des rebelles -ils sont jeunz c'est normal -qui se la sont jouée sans masque... -sans masque du tout, même pas avec le masque sous le menton, non- est-ce bien raisonnable ?)
Je n'ai pas dormi du tout, parce que pendant les deux heures, je me suis régalé (il n'y a pas d'autre mot) devant le grand spectacle que nous présente Alexandre Astier... Je suis un assidu de la série qui repasse en boucle sur W8 et c'est fréquent que, en zappant je tombe dessus et j'en regarde une palanquée, et donc la bande-annonce, déjà jouait sur l'effet "Coucou c'est nous, tu nous reconnais ?", donc j'y suis allé (j'ai préféré) dès l'avant-première...
Ca se passe dix ans après grosso-modo... Lancelot est devenu roi, avec un look assez réussi de méchant à la Bilal, car c'est un méchant très méchant, qui a enfermé Guenièvre "dans un endroit où personne ne la retrouvera jamais" et qui depuis dix ans a envoyé obstinément ses sbires à la recherche d'Arthur obstinément disparu, que d'aucuns disent morts mais mieux vaudrait en être sûr, car Excalibur attend toujours un (nouveau) prétendant qui la sortira (à nouveau) du rocher.
Tout le monde est là ou presque, et c'est comme des potes qu'on serait ravi de retrouver après un certain temps, et les retrouvailles sont aussi complices que joyeuses. Elles/ils ont tous vieilli (comme nous) de dix ans aussi dans l'intervalle, certain(e)s pour qui c'est un petit peu plus visible, et d'autres pas du tout.
Oui, grand spectacle (on sent que ça a dû coûter bonbon) et pendant deux heures, on ne s'ennuiera pas une seconde, (on n'aura pas le temps) : visuellement (j'avais écrit visiblement, ça marche aussi) c'est très réussi, les costumes (j'ai un -gros- faible pour les Burgondes et leurs panoplies fluo chamarrées clinquantes orientalisantes, mais les autres ne sont pas en reste... les soldats de Lancelot, par exemple, sont magnifiques) et les décors idem.
Pour ce qui est des péripéties on est un ptit peu en terrain de connaissance, (il s'agit quand même de réussir à intégrer tous les personnages qu'on a vu(e)s dans la série) tout comme les dialogues, qui régulièrement vous font claquer à la face quelques formules bien senties, du plus pur jus astérien. ("Y aurait moyen de réduire un peu la voilure sur la connerie ?") On revoit à peu près tout ceux qu'on aime.
Celle qui a le plus changé (et c'est très bien) c'est Guenièvre (interprétée par Anne Girouard) dont le personnage acquiert un peu plus d'épaisseur et de force, comme si elle avait mûri (quelque chose d'à peine différent au niveau de la voix et des intonations), et la scène "de la tour" (la dernière) confirme que quelque chose de... nouveau avec elle pourrait -enfin ?- s'envisager...
Bref, tout ça est plutôt bien goupillé, plié, ficelé, jusqu'au clinquant packaging publicitaire offrant une affiche à chacun des personnages principaux. les grands moyens, vous dis-je...

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22 juillet 2021

CMFUBJ

(parcours santé)

je me suis lancé, hier matin, et "avant même de mettre le pied par terre", comme me l'avait recommandé expressément la doctoresse de bellou, j'ai, chose pas trop commode, mis ma grosse jambe (qui soyons honnête, ne l'est pas tant que ça le matin) dans une chaussette de contention (c'est physique!) et du coup fait pareil pour l'autre, et je les ai gardées toute la journée, vaillamment (non j'exagère, ça n'a rien du tout à voir avec la vaillance, et ça serait même plutôt agréable)

je l'ai dit à mon infirmier, et rajouté qu'au moins ça avait l'avantage de cacher cette saleté de ma jambe, et il a souri en disant que ça servait à bien d'autres choses

c'est vrai que c'était bien de le faire, au débotté (!), le jour le plus chaud de l'été, je me suis rendu compte que ça n'était pas si terrible que ça, et le soir, sur mon ca'pé, quand je le aies enlevées, ma jambe a repris illico sa taille habituelle (et il faut que je me retienne de me gratter, car ça démange assez férocement

*

j'ai arrêté le permanganate de potassium prescrit par le docteur C. pour me la laver le matin dans un seau (ça tache), j'ai arrêté la pâte à mettre dessus parce que ça crée un emplâtre impossible à nettoyer quand c'est sec autrement que sous la douche, j'ai arrêté les différentes crèmes pommades onguents baumes prescrits par les médecins successifs ("faut pas trop les mélanger..." m'a conseillé aussi  l'infirmier) et je ne mets plus que du lait hydratant (c'est vraiment très sec)

*

J'ai rendez-vous chez ma diététicienne dans deux jours et à l'hôpital (bilan diabète) dans 15.

*

j'ai attendu l'infirmier de 8h45 à 12h45... (agaçant) quand j'ai fini par appeler le cabinet et laisser un message, il m'a aussitôt rappelé pour s'excuser : il m'avait complètement zappé parce qu'il ne m'avait pas marqué sur son planning...

*

(du coup il est venu dans les dix minutes)

*

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(sur tw*tter)

*

covid 1807

covid 2007

 

 

 

1 août 2021

juillet 21

jeudi 1er

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ce qu'on ne lit pas forcément

vendredi 2

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la boîte aux lettres des B.

samedi 3

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pluvieux à Cuse

dimanche 4

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bestiole sur la route, en revenant de la boîte à livres

lundi 5

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mina lobata devant chez Catherine

mardi 6

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encore privé de dessert

mercredi 7

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en allant à Besac (en bus)

jeudi 8

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devant la pharmacie

vendredi 9

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pas si
duckling que ça


samedi 10

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La Cerisaie

dimanche 11

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à Villefrancon

lundi 12

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la tarte à la rhubarbe

mardi 13

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en revenant des courses

mercredi 14

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à Arc-et-Senans

jeudi 15

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First Cow on MUBI

vendredi 16

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la promenade trop courte

samedi 17

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Apichatpong remerciements

dimanche 18

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elle est bien malade, la girafe du transfo...

lundi 19

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en majesté solaire

mardi 20

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sur le départ (les mêmes!)

mercredi 21

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une petit café et un grand crème en terrasse

jeudi 22

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retour des bonnes habitudes

vendredi 23

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dans un camion de sable...

samedi 24

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la pastèque est aussi belle que bonne

dimanche 25

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les jolies fesses du pongiste français

lundi 26

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voisin d'en face (joliment musclé)

mardi 27

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nature très morte (sur le parking)

mercredi 28

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en partant au FJT

jeudi 29

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en revenant du FJT

vendredi 30

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avant de partir en pension pour quinze jours

 samedi 31

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(ben voyons...)

 

3 juillet 2021

CMFUBJ

(bougonneries)

Grincheux

J'ai une nouvelle fois désinstallé le logiciel de Scr*bble (après avoir perdu 80 points depuis hier soir en une quinzaine de parties), quand je me suis vu, encore une fois, me mettre en colère contre des gens simplement parce qu'ils avaient gagné (et que moi, je ne l'avais pas), que je me suis trouvé ridicule et que je me suis dit que vraiment tout ça était très con (de ma part), et donc il valait mieux mieux éviter de l'être à nouveau. Et hop!

*

"Ne t'aigris pas" m'avait dit un jour Philou, alors que je vitupérais contre je ne sais plus qui (ou quoi). Sage conseil, soit, mais pas toujours facile à mettre en application.

*

Le Chat (de Gelluck), lui, dit "Plus je grossis, et plus je m'aigris". Ca aussi, j'aime bien (je l'ai déjà dit ici, je crois).

*

C'est sans doute le mois de juillet qui produit cet effet-là (juin, je ne le vois jamais passer, et juillet m'énerve -août, lui, m'attristerait plutôt...)

*

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(antidotes)

"L'ÉDITO DE JACKY DURAND

LA MADELEINE DES URGENCES

C’est juste une madeleine dans un sachet plastique que l’on tend doucement aux patients avec un verre de boisson sucrée. Autant dire des "horreurs industrielles" condamnées au gibet de la malbouffe par les tenants du bien-manger et de la diététique. Et pourtant, ça se passe à l’hôpital, cela dit pas spécialement réputé pour sa gastronomie. Mais dans un service bien précis : les urgences psychiatriques. Là où convergent tous les mal-être du monde qui ont encore davantage enflé depuis le Covid-19. On y vient quand le verre de la souffrance psychique déborde. On imagine déjà la grosse piquouze chimique, voire les liens de la contention physique, autant dire l’urgence de l’urgence quand le danger est imminent en soi. Mais là, dans ce cas précis, rien de tout cela. Que vous soyez assis ou couché sur un brancard, une soignante, un soignant vient d’abord vous proposer un gâteau et un soda alors que l’on imaginait que la priorité serait donnée aux cachetons d’anxiolytiques. Tout est dans leurs gestes et leurs voix. Un mélange juste de politesse et de fermeté. La bonne distance et une forme d’élégance. Jusqu’au café que l’on apporte dans une vraie tasse en vous demandant si vous voulez du sucre. Pas un gobelet en plastique de distributeur automatique qui vous rappellerait, qu’après tout, vous n’êtes qu’un numéro de sécurité sociale. Encore une fois, on se dit que le boire et le manger, c’est beaucoup plus que remplir un gosier et un estomac. En l’occurrence, ici, c’est installer un peu de réconfort et de confiance dans un univers pas vraiment folichon.♦" (c'était dans Libé ce matin et j'ai trouvé ça très beau)

*

"Periphery of the Night"
d’Apichatpong Weerasethakul
à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne-Rhône-Alpes,
du 2 juillet au 28 novembre.

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*

17 juin 2021

jokari

PETITE MAMAN
de Céline Sciamma

Vu avec Emma après avoir échangé un ticket daté du 29 octobre 2020! c'était bon de se retrouver dans cette petite salle du Victor hugo, où, croyant un moment qu'on y serait seuls, on a même oté nos masques! (mais bon on les a remis quand d'autres gens -que des dames - et même une avec ses deux fillettes!- sont entré(e)s). Cataloguisme : on est chez Céline Sciamma (que je suis depuis Naissance des pieuvres (et de Adèle Haenel) jusqu'au splendide Portrait de la jeune fille en feu (et encore de Adèle Haenel, cette dame a de la suite dans les idées...)) et donc ça va être un film de filles. Eh oui, y en a des qui font des films de mecs, (avec du poil des éructations des guns et -à la rigueur- des amitiés viriles (j'adore schématiser de mauvaise foi) et d'autres des films de filles (qui a priori m'intéressent moins, je suis horriblement sectaire je sais), avec des dentelles des petits cheveux sur des nuques grâciles, des pâmoisons, des couleurs pastel (re schématisons de mauvaise foi).
Film de filles, Petite Maman l'est (doublement, au moins!), et le revendique.

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Au début du film, on voit Nelly, la fille de Marion, avec sa mère et son père, en train de vider la maison de la grand-mère qui vient de mourir, et où Marion (la maman) a passé son enfance... Juste après que cette maman (Marion) s'en soit allée parce qu'elle était trop triste, et la laisse seule avec son papa pour finir de vider la maison, Nelly va rencontrer, dans les bois (magnifiquement automnaux), une autre petite fille qui lui ressemble et s'appelle Marion... Ensemble, dans les bois, elles vont construire une maison, comme celle que construisait Marion (la maman) quand elle était petite.Et devenir amies.
Un film "mystérieux" (comme l'a dit Emma à la sortie), où le réalisme s'acoquine avec le fantastique, mais de façon très simple, intime, pudique. Le temps, c'est à la fois de la mémoire et de l'espoir, et les plans épurés et doux de Petite Maman viennent juste nous prendre par la main, nous déboussolant juste ce qu'il faut pour qu'on accepte de perdre pied juste ce qu'il faut dans cette jolie histoire qui évoque, pudiquement, l'amertume de, peut-être, la fin de l'enfance. "Je n'ai pas inventé ma tristesse..." dira l'une des personnages.
Un film doux-amer, vaporeux, envoûtant, un beau récit sur l'enfance (les enfances, plutôt), et l'importance (la pérénnité) des relations filiales (mère/fille). Touchant.

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9 juin 2021

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mardi c'est le jour des visites...

Philou est passé en fin de matinée
on a discuté
Marie en début d'après-midi
on a joué au scrabble
Pépin en mileu d'après-midi
on a joué au scrabble

et je n'avais rien écrit

(je crois qu'il ya une nouvelle de Cortazar qui s'appelle La visite aux malades)

j'ai fait des courses j'ai cuisiné
ça prend un certain temps pour préparer un taboulé
mais j'aime bien faire ça, ça me vide l'esprit
(et le lendemain on est surpris, ça n'a jamais exactement le même goût)

j'ai joué au tarot avec Malou et Micheluche
mais je n'avais encore rien écrit

et le soir est arrivé
et je n'avaistoujours rien écrit
(ça arrive)

j'ai fait tellement de choses que je n'ai même pas eu le temps de lire le Libé du jour ni le Téléramuche, j'ai juste feuilleté le livre que je venais de recevoir, l'édition en tirage limité des Mots croisés de Georges Perec, en folio

et j'ai reçu un coup de fil de Dominique,

ce fut, oui, une belle journée, mais bon je n'ai pas eu vraiment le temps d'écrire

alors je vous mets juste une jolie image de tw*tter

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(bon mercredi!)

 

4 juin 2021

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KAJILLIONAIRE
de Miranda July

De la même réalisatrice, on avait déjà programmé MOI, TOI, ET TOUS LES AUTRES (2005) -dont j'ai été infoutu de retrouver la critique sur ce blog-, que j'avais trouvé étonnamment agréable (agréablement étonnant). C'est à nouveau le cas. Une histoire de famille fonctionnellement dysfonctionnelle (à moins que ce ne soit l'inverse) : Maman (Debra Winger) et Papa (Richard Jenkins, découvert au cinéma dans le très beau THE VISITOR) forment avec leur fille Old Dolio (Evan Rachel Wood, qui livre ici une performance keatonesque) un trio d'arnaqueurs, qui ne vivent d'aileurs que par et pour l'arnaque. Ils "habitent" dans une sorte de hangar industriel des murs duqel suintent une espèce de mousse rose venue de l'usine à côté (dont ils ajournent sans cesse le paiement du loyer). Toujours sur la brèche pour trouver une nouvelle idée d'arnaque, un mouveau moyen de récupérer des dollars, de truander, d'obtenir des choses sans payer, les voilà qui prennent l'avion pour New-York avec le projet de monter une arnaque pour se faire rembourser les bagages de Old Dolio. Là ils sympathisent avec une jeune fille, Mélanie, et Old Dolio (qui, de toute façon, tire toujours la tronche) semble souffrir du fait de l'irruption de ce nouveau personnage dans leur trio... Le film va ensuite se cristalliser autour d'un chèque de 1575$ (le remboursement des bagages "perdus") et de la façon de le partager -ou pas- et du besoin d'amour familial soudain exprimé par Old Dolio, par rapport à ses parents, somme toute assez monstrueux... Le récit progresse par paliers successifs, et chaque nouvelle scène apporte une nouvelles (pas forcément bonne, enfin ça dépend pour qui) surprise. Comme des déflagrations successives qui viendraient secouer le récit. Il est tout de même question d'une certaine cruauté dans les rapports humains, mais tout ça est enrobé, paradoxalement, d'une certaine douceur, presque enfantine. Et font se questionner le spectateur : finalement, qu'est ce qui est vrai ? qu'est ce qui compte vraiment ? Qu'est ce qui compte, en fin de compte (pendant qu'en arrière-plan, une caissière, justement, additionne des chiffres jusqu'au montant -magique- q'on avait espéré) c'est l'amour. c'est l'amour mour mour... Etonnant, détonnant.

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Il est juste dommage que si peu de gens aient fait le déplacement, aient fait l'effort d'avoir la curiosité de tenter l'expérience (on était 3 à la séance...)

1 juillet 2021

juin 2021

mardi 1er

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réaction allergique (début)

mercredi 2

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le monsieur avec le masque sur l'oreille qui voletait (c'est flou mais c'était bien)

jeudi 3

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pour la première fois depuis longtemps, les lumières des voisins d'en face étaient éteintes

vendredi 4

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la chenille de l'hôtel-de-ville

samedi 5

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livreur

dimanche 6

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l'oxalis a des vues sur le pot de menthe

lundi 7

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la terrasse et les canards

mardi 8

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scarifications sur une courgette

mercredi 9

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le dessert

jeudi 10

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Allée des Quinze Tiques

vendredi 11

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chez le pharmacien (dans l'arrière-boutique) : première récolte

samedi 12

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Besac : Etudiant / Révolution / Festival

dimanche 13

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Clip de Touch the leather (Fat White Family)

lundi 14

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Rue de la Ressorte

mardi 15

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cinéma

mercredi 16

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le gingembre est parti en vacances chez Catherine

jeudi 17

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tapettes (suite)

vendredi 18

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le Petit Poucet et le gant de l'Ogre (gare Montparnasse)

samedi 19

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Malou et Dom m'attendant dehors (vues du dedans)

dimanche 20

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coquelicots du matin

lundi 21

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l'Huisne, évidemment

mardi 22

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dans le très beau jardin de la dame avec les accroche-coeurs

mercredi 23

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ce toujours aussi beau mur dans la rue de l'église à Bellou

jeudi 24

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il y a souvent des mecs en survêt assis sur l'escalier du 12... (club de rencontres ?)

vendredi 25

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Papy P. et le Merveillon

samedi 26

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petit goûter à Gy (on débarasse...)

dimanche 27

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Les Séminaristes (au cinéma) (l'image ne figure pas dans le film)

lundi 28

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mon bébé-gingembre a bien poussé chez Tata Catherine...

mardi 29

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reflets au FJT

mercredi 30

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le paquet-cadeau d'Emma

11 janvier 2016

qui êtes au cieux

LES PREMIERS LES DERNIERS
de Bouli Lanners

Semaine Belge 2.1
Pour le premier soir, une avant-première, que le distributeur nous a imposée  séance unique. Très peu d'informations ont filtré. Mystère. C'est dire si j'attendais ça avec impatience (le film sortira fin janvier).

Bouli, j'ai déjà dit combien je l'aimais. Et je peux rajouter combien on l'aime, tant il semble que ce sentiment était unanime, quand on a discuté à la sortie de la salle. On a programmé tous ses films ou presque ds le bôô cinéma (en tant que réalisateur, tous sauf Ultranova, en tant qu'acteur on a dû en louper quelques uns, tant sa carrière a été  boostée ces dernières années). Mais en parlant d'Eldorado, des Géants, ceux qui l'ont vu, on a des petites étoiles qui s'allument dans les yeux. Non seulement ce mec est adorable, mais le cinéma qu'il fait lui ressemble très fort.

Ici, Bouli réalise, mais il y joue aussi, Gillou, un genre de chasseur de primes un peu sur le déclin, qui bosse en tandem avec Cochise (joué par un Albert Dupontel sublimement -étonnament ?- sobre). Ils sont chargés par un mystérieux commanditaire de récupérer son téléphone, auquel il semble beaucoup tenir. Lequel téléphone (on l'apprendra vite) est en possession du jeune Willy, un jeune barbu (incroyablement beau), qui fuit en compagnie de la jeune Esther (dont on comprend assez vite qu'elle est un peu déficiente, ce qui sera un peu plus long à apparaître chez son compagnon) parce qu'il craint la fin du monde, et qu'ils ont tous les deux quelque chose à accomplir avant.

Le téléphone peut-être localisé grâce à un gadgetos électronique, et il va, au cours du film, changer maintes fois de mains. mais ce n'est pas, contrairement aux apparences, l'élément le plus important du film. Juste , à la limite, un genre de témoin, qu'on n'arrête pas de se passer.

Dès le début, la première image pré-générique, je soupirais déjà d'aise face à un ciel sublimement chargé (et j'ai dû soupirer "déjà la c'est beau...") reconnaissant immédiatement la patte (et le talent) de l'ami Bouli. Son sens de l'espace, du cadrage, de la composition est toujours aussi éclatant. Incontestable. Criant. Même si le contexte est cette fois légèrement différent de celui des films précédents, qui s'inscrivaient "clairement" dans une réalité contemporaine "normale", transcendée par le scope et les longues focales, mais toujours rassurante, d'une certaine façon. Étiquetée. Tandis qu'ici on n'est sûr de rien. Ni de où ni de quand. (On pourrait juste avancer "pas très loin" et "dans pas très longtemps", mais difficile d'être plus précis. Les cieux menaçants, les décors hallucinés (surtout ce monorail impressionnant où le réalisateur fait évoluer ses personnages), les friches industrielles, rien de tout ça ne semble particulièrement attractif. Comme le sentiment d'une menace diffuse mais perpétuelle. Comme s'il y avait, avant le début du film, eu un blanc (ou un noir) : quelque chose s'est passé, dont on ne parle pas, mais qui a laissé des traces. Bouli-dystopie ? (maintenant que je connais le mot -merci Dominique- il faut que je l'amortisse...)

On se retrouve dans un genre de western mâtiné  (légèrement teinté) d'anticipation (et peut-être un tout petit peu de fantastique ?) avec un "shérif", des bandits, une Calamity Jane gentille, un méchant très méchant, un gentil très mystérieux, bref tout un folklore cinématographique connoté, mais transbahuté ailleurs dans un no-man's land franco-belge, une quintessence west/terne où les chevaux seraient remplacés par des pick-ups (c'est là que réside la plus grosse différence) dans un pays à l'abandon ou presque, où il fait froid et humide, où chacun semble se démerder pour assurer sa survie et ne compter que sur lui-même (sauf le couple de tourtereaux fuyards en vestes de chantier et, symétriquement, la paire de chasseurs de primes, qui font mine d'un peu de considération pour l'autre) .

Et c'est fascinant comme tout ça fonctionne bien. (je viens de voir la bande-annonce sur allo-cinoche, et j'en avais les larmes aux yeux). Comme tout ça est bien mis en place, cet espace (j'adore les cadrages surprenants de Bouli Lanners, ses changements d'échelle, son optimisation (optimalisation ?) du scope), ces personnages (il faudrait tous les nommer, tous les féliciter, tellement ils donnent, tous, et tant l'homogénéité de leur performance consolide encore le film, en fait un casting rutilant : les deuc chasseurs, bien sûr - Bouli Lanners s'est donné un personnage malade, vieilli, très touchant, dont Dupontel se fait le contrepoint taiseux- , les deux jeunes aussi (j'ai déjà parlé de la beauté de David Murgia, et j'ai découvert qu'il m'avait déjà impressionné une fois, lors de la précédente Semaine belge, dans le sympathique Je suis supporter du Standard, de Riton Liebman, quant à sa partenaire, Aurore Broutin, elle m'a encore plus impressionné par l'intensité de son jeu. Philippe Rebbot, quant à lui (pas mal vu aussi ces derniers temps), nous la joue sans lunettes (pour se démarquer de ses personnages habituels) et tout en retenue (je vous laisse découvrir son personnage, mais "Je voudrais du chatterton et des colliers serflex...", ça va risque de me rester longtemps). Comme tout se répond dans cette Semaine Belge 2, on a -comme dans Je suis à toi- une actrice venue de chez Xavier Dolan, la très belle Suzanne Clément -dont on pourrait regretter un peu qu'elle ne soit que ça, dans le film, très belle- avec, en face, tout une galerie de méchants pas piqués des hannetons : Serge Riaboukine, Lionel Abelanski, Virgile Bramly -où l'on entraperçoit même même, barbu et furtivement, Fabrice Adde, le voleur trouillard d'Eldorado, du même Bouli-, qui tiennent consciencieusement (à la fois sérieusement et cartoonesquement) leur rôle de méchants, de Daltons dérangés et sans Rantanplan (quoique...), sans oublier, au zénith, magnifique clin d'oeil (enfin, clins d'yeux puisqu'ils sont deux), les deux cerises sur ce gâteau  cinématographique : Michael Lonsdale et Max von Sydow ("Il y a mes deux grands-pères qui m'attendent..." fait dire Bouli Lanners à son personnage) dans une très belle scène, et je crois que j'aurai presque tout dit sur la distribution et que je vais fermer là cette parenthèse interminable...), cet univers réfrigérant, angoissant,  où l'on est sans cesse en quête de la moindre petite étincelle de chaleur humaine.

Chaleur humaine (ça y est je vais encore pleurnichouiller), ça pourrait parfaitement résumer Bouli Lanners, (le bonhomme et le cinéaste). Ce qui fait que les sentiments, l'attention qu'on porte aux autres, l'amour, l'amitié tout ça, nous aident à supporter le reste. sans qu'il soit besoin de trop en dire.

Le film, je sais que je retournerai le voir quand il sortira "en vrai". Et je sais aussi que c'est le premier à entrer dans mon top 10 de cette toute jeune année 2016.

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un film où on pourrait croire que tout va par deux... c'est pour ça que je vous mets trois photos...

 

17 décembre 2015

les suédois

(fin de rêve)

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En traversant ce bâtiment immense (un bateau ?) je repasse dans cette pièce (où je suis déjà passé plus tôt dans ce même rêve) où un groupe de gens d'un certain âge (les hommes en costard et les femmes en robes un peu "années 60") sont en train de danser au son d'une musique peut-être un peu "années 60" aussi.
C'est comme une fête d'anniversaire (ils ont des chapeaux pointus en carton sur la tête) mais ce n'est pas vraiment joyeux, presque même un peu pathétique (et la pièce est assez petite, il faut se frayer un passage au milieu d'eux, en plus ce n'est pas très bien éclairé.). Ce sont des Suédois, je le sais.
En passant parmi eux, je réalise qu'il s'agit d'une danse précise : ils ont aussi des chapeaux pointus  sous les pieds, pointe en bas, et il faut donc danser -un genre de jerk- en gardant l'équilibre. L'un d'eux s'approche de moi, et, mettant la main sous mon menton, fait le geste de me tortiller en pointe le peu de barbe que j'y ai, ce qui n'est pas très agréable et me fait grimacer (ça fait un peu mal parce que ça tire les poils).
S'approche alors une dame qui me montre la suite de la petite danse, il s'agit de faire le même geste avec la main mais au-dessus de la tête. Je me passe donc la main au-dessus de la tête et j'y entortille mes cheveux pour en faire une petite mèche verticale, et là, la dame sourit, et je réalise qu'en faisant ce geste, j'ai réussi à conserver mon équilibre (car je prends alors conscience que j'avais moi aussi  des chapeaux pointus sous les pieds) et que j'ai donc "réussi" la danse (et que je peux donc sortir de la pièce).

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6 décembre 2015

entrevues 2015 (suite et fin)

(jeudi 3)
Journée "exploitants"

avant-première de
LE BOIS DONT LES RÊVES SONT FAITS
de Claire Simon
(en sa présence)
Un grand grand bonheur de cinéma, (2h24!) un film documentaire sur le bois de Vincennesau fil d'une année, de celles et ceux qu'on y rencontre, qui y vivent ou ne font qu'y passer, qu'on y croise, avec qui on échange, oui, un beau  sur lequel je reviens en détail, et à part, très vite

le temps de manger un sandwich et de boire un verre de rouge de Touraine, (et de voir s'attabler un peu plus loin et faire peu ou prou la même chose messieurs Nolot Jacques et Goupil Romain...)

puis

LES SOVIETS PLUS L'ELECTRICITE
de Nicolas Rey (175'!)
Une curiosité, filmée en super-8 et projetée en 16 (si j'ai bien tout compris) (le réalisateur a voyagé, comme il le dit lui-même "avec une caméra super-8 dans une poche et un dictaphone dans l'autre", avec un stock de chargeurs super-8 "soviétiques, et donc, périmés". Romain Goupil (re!) y est assis juste devant moi, mais il ne le sait pas (il partira d'ailleurs 1/2 h avant la fin.) c'est plutôt plaisant (même si je dois reconnaître que j'y ai assez copieusement dormi, surtout au début).

puis l'avant-première de
LE TRESOR
de Corneliu Porumboiu
Un petit plaisir de cinéma roumain comme on aime, (qui fut apprécié diversement par les spectateurs de la bande). C'est... sans surprise (quoiqu'on se demande au début comment il va pouvoir "tenir" sur la durée avec un début de scénar si ténu...) mais inattaquable non plus. J'adore le cinéma roumain, je le redis.

suivie d'une autre avant-première, coup de coeur de l'ACID :
PURSUIT OF LONELINESS
de Laurence Thrush
Le résumé n'incitait pas à sauter de joie, mais les présentateurs de la soirée, si! Un joli film doux en noir et blanc, une histoire de vieille dame, de mort, de solitude, d'anonymat, avec juste le bon dosage fiction/doc, et une approche plastique passionnante.

On rejoint nos copines dans la salle pour la fin du débat autour de Mourir à 30 ans, de (et en présence de) Romain Goupil (re-re, donc!) qui confirme ses indéniables qualités d'orateur (j'essaie de le photographier mais ça ne donne pas grand-chose)

(vendredi 4)
Je ne viens pas puisqu'il faut bien que quelqu'un se dévoue pour la programmation et la convocation à l'AG, et après les horaires de trains ne correspondent plus, ils me feraient arriver à Belfort trop tard et ne me permettraient de voir que la séance de 20h. Donc je reste à la maison -et il me semble que je m'endors sur le ca'pé devant le nième re-visionnement des Nuits de la pleine lune...

(samedi 5)
j'hésite une bonne partie de la matinée : j'y vais ? J'y vais pas ? et je me décide finalement à aller plutôt à Besac, où je vois Les Cowboys et 21 nuits avec Pattie, post suivent...

(dimanche 6)Bon le charme est rompu, j'ai découvert en ligne les films primés, j'ai hésité un moment, avant qu'une invitation à Boire le café chez les Soria en début d'après-midi ne vienne mettre un terme à mon indécision...
A l'année prochaine, Entrevues!

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27 novembre 2015

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IN THE FAMILY
Patrick Wang

Ca y est, j'ai enfin réussi à le voir.
J'ai même bravé les éléments pour mériter cette séance à 14h au Kursaal (que j'avais inscrite sur mon agenda pour être sûr de ne pas l'oublier). je savais que le film était long (3h!), je connaissais les réticences d'Hervé concernat la seconde partie, mais, vous savez bien, il vaut toujours mieux se faire son avis propre, n'est-ce-pas ?
J'ai déjà dit ici tout le bien que je pensais des Secrets des autres, et ce premier film de Patrick Wang m'a mis quasiment dans le même état  d'enthousiasme cinéphilique et de surchauffe laudative.
(adresser ici une triple paire de gifles à Peauzitif, Les Cahiaîs, et le Mmonde, qui l'ont honteusement flingué, sans autre forme de procès que leur condescendance hautaine et méprisante.)

Le quotidien d'une petite famille, déjà. Sauf qu'ici le gamin (Chip) a deux papas : papa et papou. Sans en faire une montagne et en banalisant au maximum, il a deux papas, voilà. La maison, l'école, les week-ends, les repas de famille, l'histoire du soir, la nounou, juste le quotidien, simplement, quoi. Filmé avec grâce et attention.
Sauf que, bien sûr,  ça serait trop simple. Un des deux papas a un accident de voiture et laisse l'autre, Papou, tout seul avec l'enfant. Et ça pourrait continuer tout aussi simplement, sauf que. Le papa décédé n'a pas pensé a rédiger un testament et donc c'est sa soeur qui récupère tout : les comptes bancaires, la maison, tout, même la garde de Chip. La situation s'envenime rapidement entre Papou qui veut récupérer celui qu'il considère comme son fils, Chip, et les autres, qui le lui ont soustrait et comptent bien le garder. Chacun s'arc-boute sur ses positions. La situation se grippe inexorablement.
Dans le même temps, le réalisateur en profite pour, en quelques flash-backs judicieux (et très délicatement intégrés), nous raconter toute l'histoire de Papa, Papounet et Chip, depuis le début. La même façon de procéder (prière d'insérer pourrait-on dire dans le domaine de l'édition) sera utilisée, avec tout autant de bonheur, dans Les secrets des autres, avec juste un peu plus de procédés stylistiques (surimpressions, surtout).

Le film est long, mais jamais longuet. L'histoire est linéaire, quasiment rectiligne (hormis les quelques retours en arrière déjà évoqués) la narration en est simple et élégante (la façon de filmer le moment où papounet apprend l'accident de son compagnon, en est un exemple parfait), et le déminage de la situation est provoqué par un deus ex machina grisonnant et bonhomme, un avocat à la retraite, qui va prendre Papounet sous son aile, et voler à son aide, avec du papier et un stylo, en l'aidant à faire le point  pour organiser une audition (une confrontation) en présence de la partie adverse (sa soeur et son beau-frère et leur avocat, -abominable-).
C'est cette fameuse scène qui fait grincer des dents Hervé, et c'est vrai qu'elle est comme un bloc un peu lourd, de texture hétérogène,  inséré presque de force dans la fluidité du reste du récit. Une longue scène d'intérieur autour d'une table, bavarde, statique, certes, mais, pour moi, indispensable. Conventionnelle, -dans l'esprit des films de procès, elle donne la parole d'abord au méchant (l'avocat de la partie adverse) pour des questions affreuses, puis au gentil (l'avocat de Papounet), pour des questions qui vont rééquilibrer la balance-, mais formellement efficace (je me demande comment aurait pu se boucler le film sans en passer par là).

Quant à moi, je regretterai juste la rapidité du dénouement (j'ai pensé à la fin du poème de Victor Hugo : "Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà.") mais cet arrêt sur image pour couper une scène en plein élan est, réflexion faite, tout aussi justifié -et pesé- que le reste.

Voilà un film qui m'a (pudique euphémisme) beaucoup touché, par cette simplicité et cette justesse, cette façon de parler de l'amour en général et entre hommes en particulier, et j'avais les yeux rouges et je reniflais lorsque les lumières se sont allumées, mais ma voisine aussi, et les copines de ma voisine qui sont arrivées ensuite pour discuter aussi (les vrais hommes, ça va pas au cinéma, et ça y pleure encore moins, non ? hihihi).

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21 novembre 2015

les quatre soeurs

NOTRE PETITE SOEUR
de Hirokazu Kore-Eda

je voulais que ça s'intule LES TROIS QUATRE SOEURS, mais avec l'éditeur de titres ça n'est pas possible.
Le nouveau film, donc, de Mr Kore-Eda, qui fait partie des réalisateurs que je suis depuis leurs débuts ou presque, tellement j'apprécie leur travail. Avec des films que j'adore plus ou moins, c'est normal. (Et je réalise, en révisant sa filmo sur all*ciné qu'on ne nous en a pas tout montré en France, mais mais qu'est-ce à dire ?)
Les récents étaient plutôt sympathiques, le dernier que j'ai adoré était Still Walking, (2008, déjà tout de même) une histoire de famille (comme d'hab) bienveillante en apparence mais nimbée d'une imperceptible -et délicieuse- cruauté.
Ici, il sera encore question de famille, où trois soeurs vont à l'enterrement de leur père, parti bien des années plus tôt avec une autre femme, et y font la rencontre de leur jeune soeur, qu'elle ne connaissaient pas. jeune soeur avec qui elles sympathisent immédiatement, lorsqu'elles apprennent que c'est elle qui s'est dévouée pour accompagner les derniers jours de leur père, ce que n'a pas su faire leur belle-mère (la seconde compagne de leur père).
Le divorce, la maladie, la mort, le film, on le voit, se bâtit sur des thèmes pas très guillerets mais construit sur ces bases a priori doloristes une histoire pleine de tendresse de lumière et de chaleur. C'est la principale différence de ce film avec Still walking, de rester toujours du côté du positif, du lumineux, de la douceur.
Les trois soeurs invitent la plus jeune à venir habiter chez elles, la prennent sous leur aile, elles vivent ensemble dans la maison familiale dont leur mère à elles, qui est aussi partie ailleurs "vivre sa vie", envisagerait peut-être la vente...
Et la vie passe, dans la maison, et c'est juste ça le film, la vie de ces "quatre soeurs", les détails, le quotidien, retranscrits avec délicatesse, entre estampe et hai-ku. C'est très japonais, très Kore-Eda, très délicieux. Le post aurait pu aussi s'intituler "Liqueur de prunes et cerisiers en fleurs" tellement le réalisateur nous rend sensibles -attentifs- à toutes les perceptions, tous les petits bonheurs -typiques ou pas- de la vie, et ça m'énerve beaucoup (ah, un sentiment négatif, le premier dans ce post) lorsqu'il apparaît que plusieurs critiques (les Cahiaîs, notamment) utilisent le terme de mièvrerie (mais c'est juste parce qu'ils sont jaloux (affreux machos, oui) que ce film ne soit "tenu" que par des femmes, voilà pourquoi). Pour une fois qu'il est question de pardon plutôt que de vengeance, de vivre ensemble plutôt que de se séparer, de sourires plutôt que de gros flingues, de jeunes filles en fleurs -de cerisier- plutôt que de yakuzas, de traders ou de serial-killers, laissons-nous aller, passons le pont qui mène à ce jardin japonais sur lequel se clôt le film -avec des Hana-bi, hihi, ça veut dire feux d'artifice en japonais, mais vous le saviez déjà depuis Kitano, no?-, sans craindre les fantômes qui pourraient venir à notre rencontre, et, surtout, surtout, ne boudons pas notre plaisir...

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15 octobre 2015

flippé ma race

THE VISIT
de M Night Shyamalan

Bon, si je n'avais pas eu un code orange pour le jour où, justement la séance était offerte aux adhérents, je n'aurais peut-être pas fait le forcing pour y aller (quoique) et puis ça tombait bien, Marie était d'accord (quoiqu'un poil réticente) et hop, allons-y donc pour la séance (de retraités) de 13h45, d'autant plus que le caissier, qui nous connaît depuis le temps et sait ce qu'on va voir d'hab' s'est un peu étonné de, et nous a cer-ti-fié en rigolant que non non ça ne faisait absolument pas peur (ah le chien, il peut numéroter ses abattis).
On était tout seuls à la 4, désinvoltes, quand ça a commencé. C'était en VF (on était prévenus), et la VF était épouvantable (enfin rien que le fait de savoir que c'était en VF la faisait sonner épouvantable). Déjà, c'est (on venait de voir la bande-annonce de Paranormal activity 5 qui nous avait comme qui dirait mis dans l'ambiance) filmé en "caméra subjective", comme tous ces films dont les jeunes raffolent, étiquetés épouvante-horreur dans all*ciné, à base de found footage, d'ordinateur, de webcam etc., où tout ce qu'on voit se revendique comme filmé par un appareil filmant.
Ouverture : plan sur une maman filmée par sa fille, (on essaie de ne pas remarquer que ce qu'elle dit ne correspond pas vraiment avec les mouvements de sa bouche) elle raconte qu'elle n'a pas vu ses parents depuis des lustres, depuis qu'elle s'est sauvée de la maison quand elle était plus jeune, mais qu'elle a décidé de leur envoyer ses deux enfants en visite (qui n'ont jamais vu les grands-parents en question), comme ils lui en ont fait la demande, et ça l'arrange bien en fin de compte, histoire de partir s'éclater en croisière avec le nouveau bellâtre qu'elle vient de rencontrer (le père des enfants les a abandonnés à leur naissance.). La gamine continue de filmer (c'est une adote blondinette) dans la voiture, se chamaille avec son frère (un gamin blondinet avec une coiffure en kouglof qui, de plus, se pique de rapper (et son rap en VF est assez énervant).
Toujours filmant, les voici donc récupérés à la sortie du train par les fameux grands-parents, et conduits à la maison (où, donc, leur maman a passé son enfance). La fillette a décidé de réaliser un film pour sa mère, et se met donc au travail (et le petit frère a récupéré un appareil avec lequel il filme aussi (pratique pour la vraisemblablité des contrechamps lors des dialogues ).
Jusque là tout allait bien, même pas peur ah ah ah,  et je ricanais un peu en moi-même (je faisais le malin). Et voilà que le réalisateur commence à nous mettre la pression, lentement, petit à petit, avec des bruits nocturnes bizarres, des détails inquiétants, des moments où la musique fait BOUM! et tu ne peux pas t'empêcher de sauter en l'air dans ton fauteuil (je crois que ça s'appelle des jump scares et c'est énervant, d'autant plus que le réalisateur ne s'en prive pas, et semble même y prendre plaisir), bref, il t'a empoigné, et ne va plus te lâcher jusqu'à la fin du film.  Tiens, la grand-mère qui vomit la nuit, tiens le grand-père qui va fiare des trucs en cachette dans la resserre, tiens... Ca va monter, monter, ralentir un peu en arrivant en-haut, comme dans les montagnes russes, pour, selon la formule consacrée, repartir de plus belle, (accrochez-vous) et monter en puissance, comme on se doutait bien, quand même, que ça allait finir par se passer (on savait bien que ça ne serait pas La petite maison dans la prairie, hein). Au départ avec du pas grand-chose, et ensuite avec du pire en pire.
Mais je l'ai déjà dit, je suis vraiment bon public (et il semblerait que Marie aussi), et, à partir d'un certain moment, (il y a un joli twist) j'étais vraiment noué par la trouille. M Night Shyamalan utilise toutes les ficelles de ce genre de film (de genre), mais avec une distance légèrement narquoise (puisque la demoiselle a un discours de cinéaste, et des remarques sur son film en train de s'élaborer -celui qu'on est en train de voir, donc.-) comme s'il disait au spectateur "je ne suis pas dupe, je sais que vous n'êtes pas dupes, vous vous attendez à ce que je vous fasse flipper, et je vais le faire, regardez bien..."
Et il faut reconnaître que c'est bien fait, que c'est efficacement fait (avec, en prime chaque jour des plans superbes sur des arbres sans rapport avec l'intrigue mais vraiment plaisants aux yeux) avec tout une partie finale (le moment climax) assez croquignolette, un déchaînement nocturne et cinématographique certes inscrit dans le cahier des charges de ce type de productions mais très efficacement flippant, sans une goutte de sang pourtant, ou presque, et même, tiens,  un happy end chabadabada, (avec bien la musique nunuche que la fille avait choisi pour la fin de son film), qui fait craindre un BOUH! final avec un machin horrible qui déboulerait tout d'un coup en gros plan... mais non, même pas, on a juste droit en prime à un ultime rap du frérot sur le générique de fin...
Bon, avec le ticket orange et le prix de la place partagé, on en a eu pour nos sous, hein...

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(l'affiche française est un peu vague...)

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(je préfère l'américaine...)

27 février 2021

poulailler 56

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 (à suivre)

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encore une très belle journée (pas tout à fait aussi ensoleillée qu'hier mais c'était bien quand même) où j'ai pris ma voiture pour aller à Besac (chose que je n'avais pas faite depuis la fin 2020 (phase "début du poulailler") pour aller souhaiter bon anni à Dominique (et faire un petit goûter d'anni, poulailler, justement, oblige), en chemin comme hier je me suis arrêté sur un parking pour pique-niquer, mais là aussi c'était moins glamour, (qu'hier):  parking tout petit, gros camion pas loin, j'ai grignoté dans la voiture (et le sandwich aussi était moins goûteux)

*

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sur la poubelle du parking

 

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l'arrivée des invités

(c'est drôle, je n'ai pris aucune autre photo, mais c'est vrai qu'entre les nounours en guimauve, les beignets, la salade d'oranges, la clairette (bio), le café, le gâteau au chocolat, on avait  tout de même les mains très occupées ! On était là, en petit comité (Emma Régis René et moi) dans le petit salon de Dominique, à manger des bonnes choses, à discuter et à rire, et tout ça faisait un bien fou...

*

Juste avant j'étais passé en ville, à la librairie plus précisément, celle où j'avais 3 chèques-cadeaux à utiliser (heureusement ils ont une durée illimitée), d'abord j'ai commandé La fabrique du pré, puis j'ai tourné tournicoté dans les rayons et finalement j'ai acheté le dernier John Harvey et le dernier Mathias Enard (et, plus tard,  ça m'a un tout petit peu agacé lorsqu'en arrivant chez moi j'ai vu dans mes mails que Priceministruche m'informait que mon souhait était réalisé pour Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs, et que si je voulais je pouvais l'avoir pour 5€... Trop tard, tant pis!

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*

(sans rapport avec ce qui précède)

"Aujourd’hui, on vous propose une réjouissante recette de "boulettes haddock-choux de Bruxelles" dénichée dans le brillant livre les Boulettes de nos rêves de Déborah Dupont-Daguet. L’autrice, pilier de la Librairie gourmande à Paris, explique : "J’avoue une passion pour le haddock, avec son goût fumé et sa texture qui se prête à beaucoup de préparations. Le mariage avec le chou de Bruxelles est un classique pour ce poisson. C’est un légume que l’on pense trop rarement à émincer et cuire rapidement à la sauteuse, mais qui agrémente ainsi particulièrement bien les risottos. Voici donc une association qui donne des boulettes goûteuses, complètes, parfaites pour un apéritif dînatoire.»

Pour sa recette, il vous faut : 250 g de choux de Bruxelles ; 200 g de haddock ; 20 g + 35 g de beurre salé ; 25 cl de lait + 10 cl pour le pochage ; 120 g de riz à risotto (riz rond type arborio) ; 35 g de farine ; de l’aneth, du persil plat ; du poivre ou de la muscade.

Faites fondre 20 g de beurre dans une sauteuse. Retirez les feuilles extérieures des choux de Bruxelles en coupant le bout du trognon. Coupez-les en deux et émincez-les. Ajoutez-les dans la sauteuse et faites-les revenir une quinzaine de minutes. Pendant ce temps, pochez le haddock dans un mélange d’eau et de lait frémissant. Egouttez-le, retirez la peau et les éventuelles arêtes et émiettez-le. Faites cuire le riz le temps indiqué sur le sachet (cela diffère selon les marques).

Dans une casserole, faites fondre 35 g de beurre, ajoutez la farine et mélangez pour obtenir une sorte de panade. Versez alors 25 cl de lait petit à petit, en délayant au fouet pour éviter les grumeaux, et cuisez la béchamel à feu doux jusqu’à ce qu’elle épaississe. Poivrez.

Dans un grand saladier, mélangez le riz, les choux de Bruxelles et le haddock. Ajoutez la béchamel, de l’aneth et du persil ciselés. Mélangez soigneusement et laissez refroidir au réfrigérateur. Ce temps de pause est important, car il permet aux boulettes de se tenir à la cuisson.

Préchauffez votre four à 210 degrés. A l’aide d’une grosse cuillère à glace, façonnez des boulettes de la taille d’une clémentine. Disposez-les sur une plaque à pâtisserie et enfournez quinze minutes et tournant à mi-cuisson." (Tu Mitonnes / Libé)

*

13 février 2021

poulailler 42

Tiens, petit retour à (détour par) Clermont (les films primés sont visibles encore quelques jours)
et donc vu :

GRAMERCY
de Jamil McGinnis et Pat Heywood

Capture d’écran (1700)

Comme c'était le dernier film du dernier programme, j'y avais copieusement dormi, ne m'en reqtaient qu'un beau visage de mec et une tout aussi belle image de station-service la nuit. Un jeune homme mélancolique revient dans son quartier après 6 mois d'absence. et retrouve ses potes.  Comment "faire son deuil". Un film puissant, racé, sensible, qui mérite sans conteste sa récompense (Grand Prix "Labo")
(dans une interview, Pat, un des réalisateurs, déclare "J’ai vu récemment un film chinois qui date de quelques années intitulé An Elephant Sitting Still. C’était génial. Un film très triste, et un test d’endurance sous certains aspects, mais pour ceux qui ne craignent pas le cinéma un peu ardu, ce sont quatre heures qui sont loin d’être perdues. J’ai vu pas mal de films de Apichatpong Weerasethakul, des films taïwanais des années 1980 et 1990. Cette île a donné naissance à quelques géants tels que Hou Hsiao-hsien, Tsai Ming Liang, Edward Yang. Yi Yi est un des plus beaux films de tous les temps. Il est d’une humanité à vous couper le souffle."
Dans mes bras, Pat)

revu :

LETTERS FROM SILVIRI
de Adrian Figueroa

Capture d’écran (1701)

Revu encore une fois ce plan-séquence tournant panoramique de 1800°. Toujours aussi magistral et bluffant

vu  :

LES ARBRES
de Ramzi Bashour

Capture d’écran (1705)

Celui-là je ne l'avais pas vu venir avant le palmarès, et je suis extrêmement content, grâce à lui, de l'avoir découvert. Ce Prix spécial du jury nous vient du Liban, et son héros, revient dans son village pour l'enterrement de son père (Comment faire son deuil, aussi) et découvre que les oliviers sont malades. Et s'en émeut. Où pourrait passer l'ombre tutélaire (et bienveillante) d'Elia Suleiman. Excellent.

AFFAIRS OF THE ART
de Joanna Quinn

Capture d’écran (1708)

Même chose que le précédent (je ne l'avais pas vu venir). un film d'animation so british, aussi féroce que tendre, autour de la famille de la narratrice, dont les membres (son mari, sa soeur, son fils) sont aussi frappés les uns que les autres... Un film plutôt couillu et surprenant, utilisant un trait plutôt "album de jeunesse'" (un clin d'oeil au Bonhomme de neige, avec lénine à la place du bonhomme en question) pour raconter tranquillement des horreurs...

HILUM
de Don Josephus Raphael Eblahan

Capture d’écran (1712)

Des Philippines, ce Prix Etudiant + Mention spéciale du Jury International, accompagne son héroïne qui veut apprendre à pleurer pour devenir pleureuse professionnelle comme sa mère et va donc voir pour ce (ou plus exactement pour comprendre pourquoi elle n'arrive plus à pleurer depuis l'âge de 6 ans, et, tiens, curieusement, réapparaîtra pour la troisième fois le thème de Comment faire son deuil...)

AL-SIT
de Suzannah Mirghani

Capture d’écran (1715)

(Prix Canal+et Ciné+)
Mariage arrangé (par ses parents) pour Nafisa (15 ans) mais contrecarré par la grand-mère Al-Sit, marabouteuse et fileuse de coton (il sera beaucoup question de coton dans le film. Et de sucre, aussi). Sympathique et optimiste ("L'amour finit toujours par triompher...")

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Il fait un froid de gueux

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Le Finistère est le premier département à repasser en vert (sous la barre des 50). Breizh!

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grâce à Priceministruche (le site), Ammareal (le vendeur), et la Médiathèque Florian de Rambouillet (l'établissement où cet ouvrage en prêt est tout à coup passé au pilon), j'ai réussi à me procurer pour quasiment trois fois rien cet opuscule sur lequel je lorgnais en vain depuis un certain temps - à  prix décent j'entends- parce qu'il représente l'unique collaboration entre deux écrivains que j'apprécie  beaucoup quand ils sont seuls, Didier da Silva (le chronopathe de Dans la nuit du 4 au 15) et François Matton (le gribouillonneur -ceci n'est absolument pas péjoratif-  exquis de Autant la mer, découvert par hasard il y a quelques années à la Foire aux Livres - à la quoi ???-) et donc, j'étais curieux de voir ce qu'allait être cette collaboration : eh bien 100 et quelques pages avec des textes de l'un et des petits dessins de l'autre, et cett quatrième de couv' intriguante "J'auscultais le coeur de la nuit et son pouls était faible". A déguster très bientôt (dès que j'aurai fini le très déjanté Franck Sinatra dans un mixer).

*

 

 

 

21 avril 2015

ce qui restera de nous

UNE BELLE FIN
d'Uberto Pasolini

Un clin d'oeil, en titre, au court-métrage de Vincent Macaigne, qui m'avait plutôt exaspéré mais dont le titre convient parfaitement à ce film-ci, même s'il ne lui ressemble absolument pas. Autant le premier tonitruait, provoquait, à-bras-le-corpsait, épate-bourgeoiseait, autant celui-ci reste calme, mesuré, ouaté, so british. Serein en apparence mais bon... Presque trop, presque.
Porté par un acteur central, Eddie Marsan (que les critiques découvrent et sur lequel ils s'exxxxxxtasient), vu dans pas mal de films et séries, souvent au deuxième rang, au second plan, qui joue ici John May, un homme dont le métier consiste à retrouver les éventuelles relations (familiales, sociales, amoureuses, amicales) de gens qui sont morts seuls, et à l'enterrement desquels il assiste, seul lui aussi. Ces gens qui sont morts seuls, ont été enterrés seuls, sont veillés avec entêtement ("Je fais mon travail", dit-il) et affection par cet homme à l'existence réglée, millimétrée, et aux manies, millimétrées elles aussi, de "vieux garçon".
Eddie Marsan compose un personnage en retrait, presque en creux tellement il s'est effacé derrière ce "job" qui est devenu toute sa vie, qui lui sert de famille, de souvenirs, de substitut relationnel, d'existence par procuration. Bien morne(et pâlichonne) existence, d'ailleurs (il faudra attendre longtemps, dans le film, pour voir son visage s'éclairer d'un sourire...)
Il y a tous ces morts que tout le monde a oubliés, et qui attendent patiemment, chacun dans son urne, que Mr May puisse clore leur dossier, et accomplisse la dispersion de leurs cendres. Chacun d'eux a laissé au moins une trace, une photo que John May colle méticuleusement dans un énorme album-photo où chacun d'entre eux, au fil des ans, aura finalement trouvé sa place. et échappé un peu à l'oubli.
Un film très british et donc plutôt mélancolique (il y a pour moi une incontestable nuance de mélancolie dans la britannicité, qui n'apparaît pas toujours au premier coup d'oeil mais finit presque  toujours par affleurer, et je repense souvent à ce splendide Never let me go, de Mark Romanek, qui constitue sans doute pour moi le mètre-étalon de la britannique mélancolie), ce que souligne encore plus la jolie musique au piano qui l'accompagne (qui le nimbe).
J'avoue que je ne connaissais que le pitch du film, et que, d'après le qu'en-dira-t-on critical, je m'attendais plutôt à voir une comédie sociale et rigolarde à l'anglaise : fish and chips, cups of tea, beuveries au pub and so on. Eh bien pas vraiment (voire même pas du tout). Une grosse partie du film va concerner un cas précis (et un peu particulier) de "mort tout seul", et le travail méthodique de John May pour tenter de reconstituer son existence (et, du coup, les rencontres occasionnées par la recherche de "liens" vieux d'une vingtaine d'années, rencontres dont certaines d'ailleurs pourraient bien bousculer certaine(s) existence(s), de part et d'autre si le hasard...)  Comment la mort de quelqu'un peut "contaminer" l'existence de quelqu'un d'autre qui ne le connaissait même pas (ou presque). Eddie Marsan est de tous les plans ou presque, et c'est bien. Juste.
Le générique final m'a cueilli avec les larmes aux yeux (les scènes finales sont magnifiques...) Non, vraiment, tout ça n'est pas excessivement drôle. Et je n'ai pu m'empêcher de me poser la question : Et pour moi, comment ça sera ?

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29 mars 2015

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Premier jour. Un joli film cubain "né sous une bonne étoile". Très, oui, très joliment filmé (et on voudrait nous faire croire qu'à Cuba ils sont pauvres!), l'histoire d'un joli couple (elle -dixit Joseline est "belle de partout"- tandis que lui -les yeux la barbe les frisettes- est mimi joli tout plein, et bien tout autant joli de partout qu'elle en ce qui me concerne, j'aimerais bien avoir un profesor comme lui) un peu à l'étroit dans sa maisonnette-hangarounet, où s'entassent les lits de la grand-mère un peu acariâtre et de la (grosse) fillette née d'un premier mariage de elle (à tel point qu'ils sont obligés d'aller forniquer ailleurs, les pauvres, même pas tranquilles chez eux), et un peu à l'étroit aussi dans ses finances : l'argent est rare et tous les moyens sont bons pour le faire rentrer, même ceux "que la morale réprouve" (ou que la policia verbalise). Elle travaille dans une usine vide, qui "attend sa réouverture prochaine", lui est instit et apprend, notamment à nager à ses élèves sur des chaises au fond d'une piscine sans eau... Un film doux, coloré, ensoleillé, verdoyant, épicé, tendre... Un peu indolent aussi, question scénar (tout est pratiquement joué dès le début, et pas grand chose ne sera solutionné à la fin, la vie continue, l'herbe est verte et les tracts continuent de pleuvoir), où quelques péripéties joueraient le rôle de glaçons dans un cocktail genre Cuba libre,  parfait pour ouvrir cette semaine sud-américaine.

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Là, c'est le deuxième jour, et ça rigole déjà nettement moins. Un film expérimental brésilien (si si) qu'on annonce de 1h35 mais qui m'a paru en durer deux. L'histoire d'un conducteur de tram et d'une surveillante vidéo du trafic, "librement adaptée d'une nouvelle d'Edgar Poe", et filme en -petit- format carré (arrondi dans les coins) format parfait par exemple, pour une scène de photos style photomatons ("changez de coiffure"). On s'ennuie assez longuement et assez longtemps (Il est seul, il est taciturne, ils se croisent, elle le draguouille, il ne répond pas à ses avances...), le format et le cadrage insistent sur la solitude et la mornitude et la démoralitude du héros (et donc du spectateur), oui on s'ennuie, et pourtant, et pourtant...  Soudain joue un certain effet de sidération, (à partir, me semble-t-il d'un plan magnifique de deux visages qui se croiseront jamais) où le spectateur (moi, donc) se sent moins exclus, et est comme pris par la main. Ou peut-être accepte de jouer le jeu. Il y a des chansons brésiliennes (qu'en principe j'abhorre, mais qui là sont tellement décalées qu'elles en deviennent savoureuses, une sur "quel bonheur" et l'autre sur "il est bon de se rappeler qu'un verre vide est rempli d'air") qui font penser que peut-être l'imperturbable et keatonien sérieux du récit (et de son personnage principal) ne seraient en fin de compte qu'un clin d'oeil complice déguisé. Ca vous donne en tout cas envie de lire cette fameuse nouvelle.

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Là c'était gala, un film en sortie nationale, on avait même réussi à avoir une actrice présente pour rencontrer les spectateurs (mais ce qui n'a pas été un argument décisif pour augmenter leur nombre et leur motivation, tant pis pour eux). Téléramuche l'avait chroniqué-expédié en quelques lignes à la limite du mépris, mais bon ça n'est pas tous les jours qu'on a la chance de voir un film péruvien!, et on s'était donc lancés. le film a été -assez idiotement  je trouve- retitré Un octobre violet à Lima (qu'on pourrait davantage supputer chronique lysergique et hallucinatoire) et raconte les histoires de plusieurs personnages (un flic et sa femme malade, un supporter de foot et son copain en prison, un faux-monnayeur et son envie de participer à la Procession du Seigneur des miracles) toutes histoires qui vont se croiser bien sur lors de la séquence finale, celle de ladite procession filmée "en vrai" (ambiance qu'on pourrait rapprocher de celle de la Bataille de Solférino, par le nombre et la ferveur de ses participants). Si le film a l'énergie, le rythme et les cojones, il pêche néanmoins par quelques maladresse(s) (flottements question interprétation, complexification inutile de la temporalité, utilisation insupportable de l'Adagio d'Albinoni pour "dramatiser" la scène finale..., surgissement réguliers des poncifs qu'on se doit de trouver dans tout bon mélodrame) mais comme je le disais, on n'a pas tous les jours une actrice péruvienne, et toute mimi de surcroît, qui vous fait la gentillesse de se déplacer, alors n'imitons pas Téléramuche, et indulgeons, et attendons donc le prochain film du réalisateur!

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Troisième jour : Une avant-première ! Le nouveau film de Lisandro Alonso, qu'on aime énormément ici et dont on a passé tous les films ou presque dans le bôô cinéma (et qui sortira le 22 avril!). J'avoue que sur le papier ça me faisait un peur : Viggo Mortensen, des dialogues en danois, co-production d'une demi-douzaine de pays, le film avait-il vraiment sa place dans la semaine latino ? Dès le début, je dois dire que j'ai été rassuré et conquis. D'abord par le nombre de spectateurs à la séance, qui confirmait donc qu'on avait bien fait de prendre le risque, mais, surtout, par le film lui même. Dès le premier plan, on est happé. Sous le charme. Séduit. Un format pas courant (rectangulaire arrondi dans les coins, comme les vieilles diapos en kodachrome 64, dont il a d'ailleurs le rendu magnifique des couleurs), une caméra qui se pose et reste encore même quand le personnage a quitté le cadre (de très longues focales, pour de très longs plans, c'est ça le bonheur cinématographique, exacerbé chez Lisandro Alonso). C'est Viggo Mortensen qui est au centre du  projet -et y a  aussi apporté des sous- (il a même composé la -parcimonieuse- musique), et c'est  normal qu'on ne voit que lui ou presque pendant une grande partie du film. L'ambiance rappelle, par exemple, celle de La dernière piste de Kelly Reichardt (film "en costumes" mais minimalisé, western "déchenillé", comme on dirait ici). Ici, la Patagonie, la fin du XIXème, des soldats, argentins, danois.  Mortensen joue un gradé danois dont la fille s'est enfuie pendant la nuit avec un jeune soldat, et qui part donc à sa recherche à travers la pampa. Et c'est sublime. (quand je suis enthousiaste, je suis enthousiaste!). d'autant plus que la toute dernière partie vous oblige soudain, spectateur béat,
-1) à remonter votre mâchoire avec votre main pour arrêter de baver d'admiration
-2) à reconsidérer tout ce que vous venez de voir et à vous interroger
Ca, c'est du cinéma, et du grand!

 

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J'ai vu celui-ci juste après Jauja, et c'était peut-être une erreur. D'abord parce que Jauja m'avait fait vraiment beaucoup d'effet, et ensuite parce que celui-ci, même s'il a obtenu le prix de la meilleure photo à Venise, est tout de même très très aride, quasiment documentaire à peine scénarisé, et que, étant fatigué, j'ai donc hélas eu du mal à résister et oui j'ai honte j'y ai pas mal dormi. Je me suis réveillé sur une image finale qui m'a fait me poser des questions, une image rétrospectivement glaçante. Ah, c'est un film chilien, qui parlent de dames qui élèvent des chèvres et font du fromage dans la misère, et apprennent que, par décision gouvernementale, lesdites chèvres doivent être abattues parce qu'elles bouffent toute l'herbe. On est au temps de Pinochet, mais, là où vivent les trois soeurs, tous ces évènements se déroulent très loin, et leur écho n'en parvient que très assourdi. Du cinéma incontestablement courageux, pour ne pas dire vaillant. Chapeau, donc.

14 avril 2015

louie louie louie louaaaaaaaaah

Bonne nouvelle! Il est de retour mon gros rouquin préféré... Oui, la saison 5 de Louie vient de débuter sur FX, et je n'ai pas pu résister au plaisir de voir immédiatement le 1er épisode. Ce sera une saison courte (seulement 8 épisodes prévus) mais je trouve toujours ça aussi bien...

Louie-season-5

On retrouve Louie décidé à se rendre à un "repas de parents d'élèves" (potluck en vo), tout seul donc (ni Pamela ni enfants), où il tient, contre l'avis de l'hôtesse, à apporter un plat de son fameux poulet frit. mais, bien entendu, rien ne se déroulera tout à fait comme c'était prévu...
Toujours ce même plaisant système de petits segments narratifs plus ou moins indépendants, reliés entre eux -tiens c'est nouveau- par les images d'un joueur de banjo... L'épisode commence en parlant des aliens et se termine en évoquant les racistes, et toujours avec ce ton aussi inimitable. Funny, not hilarious.  Louie s'est laissé un peu pousser la barbe et n'a pas maigri, mais c'est comme ça, vraiment, qu'on l'aime! Mmmmh...

10 avril 2015

nous qui désirons sans fin

REVOLUTION ZENDJ
de Tariq Teguia

Le troisième film du monsieur (on a déjà passé les deux premiers dans le bôô cinéma). J'avais mis Rome plutôt que vous dans mes films de l'année. Puis j'avais mis aussi Inland dans mes films de l'année. Et je mettrai encore Revolution zendj dans mes films de l'année. Du cinéma qui m'émerveille, me fait venir les larmes aux yeux et palpiter le plexus , oui, qui m'enchante et me fait ronronner cinéphiliquement de contentement.
Le début, par exemple, est fracassant : du blanc cramé sur l'écran (Tariq Teguia aime les blancs cramés), on devine un homme qui marche (j'ai pensé au topographe d'Inland), qui se rapproche de nous, doucement, flouement (je suis obligé d'inventer des adjectifs) tandis que monte lentement un son de guitare(s) qui lui aussi m'électrise (je n'ai pas réussi à voir au générique de fin de qui il s'agissait) et que viennent s'inscrire sur l'écran les petites polices (Tariq Teguia aime les petites polices) des noms du générique, sur fond rouge-orangé me semble-t-il, jusqu'au très graphique titre, découpé en carré.
On est ensuite dans le film, le même homme qui marche, d'autres hommes, des visages enturbannés, filmés frontalement, cadrés splendide. Qu'est-ce que tu fais là ? lui demandent-ils (et ils semblent alors le faire au spectateur aussi.) Ils le laissent passer. Nous aussi.On le suit, on les suit. (J'avais presque du mal à reprendre mon souffle tellement je jubilais.) Et on passe à autre chose, ailleurs. Oui, la première chose qui frappe c'est l'ahurissante perfection plastique. Tout le temps, à chaque plan, à chaque image. Sans personnages dedans, déjà, chaque cadre (tableau) leur préexiste, de toutes ses forces. Couleurs, textures, composition, angle de prise de vue, focale, chaque plan mérite la contemplation. L'admiration. Le temps qu'on prend.
Passé(e) cette fascination initiale (qui perdurera pendant tout le film, jusqu'à la dernière seconde), le spectateur doit (peut) ensuite être attentif, car y  paraissent des personnages (certains devant, d'autres plus fuyants, parfois même fantômatiques), qui y disent (se disent, nous disent) des choses, et qu'il s'agit alors de reconstruire le propos (ou à chacun de se reconstruire son propos, de par les éléments que le réalisateur nous propose -ou pas-) de tenter d'organiser toute cette fulgurance, -mais est-il vraiment indispensable de vouloir donner du sens à toute proposition plastique  ?- de mettre en place puis de baliser, s'il le souhaite, des petits sentiers transversaux de compréhension. Ou bien d'accepter de se laisser porter, envahir, transporter. De perdre pied, de lâcher prise. D'être voyagé plutôt que voyageant. Ici ou là, quels sens, quelles directions, quels choix. Le film devient alors un atlas fascinant où chacun voyage à sa guise. Mieux qu'un musée, un état des lieux, contemporain,vivant, remué, retracé, distordu, revisité...
Avec ce troisième film, on commence à avoir (un peu) l'habitude de ce que Tariq Teguia nous donne à voir. De ces fragments narratifs, visuels, chromatiques. De ces notes (aussi bien être celles du carnet que celles de la portée.). Propositions, installations, détournements, situations. Il semble que cette fois que le propos se soit -géographiquement- encore élargi. Il est question de l'Algérie, toujours (le "personnage principal" est un journaliste algérien) mais il sera aussi question du Liban, de la Grèce (le deuxième personnage principal est une jeune fille, grecque, qui nous emmenènera d'ailleurs jusqu'à Athènes, dans un final rageusement rouge et noir), de l'Irak (où l'on verra le troisième personnage principal en plein délire de reconstructions commerciales et lucratives) et même des Etats-Unis. Beyrouth Bagdad Bassorah (j'ai retenu les villes en B. même si on finira sur une ville en A).
Question aussi de révoltes, de soulèvements, de répression, de révolution, oui ("La révolution, ça veut dire tourner... " Béjart, samplé par Hugues Le Bars). De foyers de. D'épicentres. d'insurrections qui viennent. Le "zendj" du titre est celui d'une tribu d'esclaves noirs qui se seraient révoltés au XIème siècle en préférant la mort à la soumission, et c'est à leur recherche que s'est lancé le journaliste algérien). C'est dommage, le film ne passe plus (il n'était projeté que deux fois, dont l'une où je ne pouvais pas être là) et je ne pourrai donc pas le revoir dans l'immédiat (peut-être à Paris à la fin du mois ?).
Hervé, me semble-t-il avait émis quelques réserves, historiques peut-être, ou sur la définition de certains personnages, je ne suis plus sûr. Moi, presque rien. (Peut-être juste sur le pourquoi de la nécessité de remettre deux fois la même scène (le "théâtre moderne" des jeunes grecs) filmée quasiment de la même façon.) Je me suis juste laissé allé, comme un bout de bois entrainé par le courant, flottant admirativement, ballotté baladé entre élégie et épopée, me disant, à la fin, ébloui, "oui, pour moi, c'est ça le cinéma, c'est vraiment ça, c'est tout à fait ça."

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10 mars 2015

back from india

Pffffhhh !
(je souffle un peu pour chasser les toiles d'araignée(s) qui se sont installés sur cette page d'ouverture de mon blog chérichéri). Oui oui, elles se sont accumulées, pendant ces quinze jours où je n'étais pas là (et aussi depuis que je suis revenu, puisque voilà que j'étais privé d'internet (et de téléphone aussi...) Un petit sevrage dominical, auquel SFR vient de mettre un terme en me mettrant un web trotter -j'ignorais ce que c'était jusque'ici- et ce jusqu'à ce que France Télécom veuille bien rétablir ma ligne (qui a mystérieusement -et scandaleusement- été coupée le 27 février) et qui devrait l'être -rétablie- "sous peu"...)
J'ouvre un peu les fenêtres du blog, qui sent un peu le renfermé, et, tiens! je vais même passer un petit coup de plumeau, ou, pour rester dans le ton, de ce fameux balai sans manche indien qui se passe en même temps avec concentration et avec indolence (oui, une désinvolture très consciencieuse)
Quinze jours en Inde, donc, pour la troisième fois. En petit comité (4 plus le chauffeur : un vrai couple, et l'autre, celui des "faux-époux Turange" (mais qui dorment quand même dans la même chambre), comme on se surnomme, Christine et moi...
Delhi / Bharatpur / Gwalior / Orchha / Khajuraho / Chitrakoot / et Benarès pour terminer. Tout en voiture sauf le retour Bénarès-Delhi en avion (le jour de Holy!!!).
Ce voyage, je ne l'avais pas vraiment prévu, c'est juste Christine, qui, il y a quelque mois, était venu me faire une "proposition malhonnête" : faire le quatrième dans cette nouvelle (la dixième pour elle) expédition en Inde. j'ai dit oui assez vite, et je suis donc parti les yeux fermés ou c'est tout comme, lui faisant une confiance absolue pour le déroulement du voyage (je connaissais ses talents d'organisatrice (ou de tour operator), et ne me suis, donc, par exemple, intéressé plus en détail à l'itinéraire et au programme qu'à peine quelques jours avant le départ). Pour moi c'était un voyage "je te suivrai, où tu iras j'irai, fidèle comme une ombre, jusqu'à destination..." (air connu), et j'étais résolu à faire en sorte que tout se passe le mieux possible dans le meilleur des mondes...

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(la première photo prise en Inde, qui n'a d'autre intérêt que d'être, justement,la première)

18 février 2015

Les festivals se suivent... De retour de

Les festivals se suivent...

De retour de Clermont, j'ai enchaîné avec Vesoul (ça facilite les choses quand on y habite) : classiquement, sans accrédit', en payant scrupuleusement 71€ pour un "pass"... (oui oui j'ai ma conscience pour moi)

Un débit plus "modéré" qu'à Clermont (les enchaînements sont moins faciles, l'édition des places pour chaque séance est plus fastidieuse, l'énergie est -c'est vrai- sans doute un peu moins inentamée : si je suis bien là aux séances du matin (même si je m'y endors de temps en temps), je zappe par contre celles du début de soirée).


MERCREDI 11 :
10h : SUZHOU RIVER (Lou Ye) ***
14h : CHIEN ENRAGE (Akira Kurosawa) ****
16h : FILATURES (Yau Nai-Hoi) ***
18h : LE LOTUS ROUGE (Som Ock-Southiponh) **

JEUDI 12 :
10h : UNE NUIT DE GLACE (Que Wen) **
14h : RAINY SEASONS (Majid Barzegar) **
16h : DON'T THINK I'VE FORGOTTEN ( John Pirozzi) ****
18h : THE LAST STEP (Ali Mossafa) ****

VENDREDI 13 :
10h : AVANT L'AUBE (Balaji K.Kumar) ***
12h : ARE VAH! (Micha Patault) **
14h : HAPPY TIMES (Zhang Yimou) ***
16h : BETHLEEM (Yuval Admer) ****

SAMEDI 14 :
9h30 : LES MANUSCRITS NE BRÛLENT PAS (Mohammad Rasoulof) *****
14h : SONG OF THE PHOENIX (Wu Tianming)***
16h : EXIT (Chienn Siang) ***
18h : XIAO-WU (Jia Zhang-ke)***

DIMANCHE 15 :
9h45 : JE NE SUIS PAS LUI (Tayfun Pirselimoglu)****

LUNDI 16 :
10h : SUNEUNG (Shin Su-wong)***
14h : A CAPELLA (Lee Su-jin) ***18h : I AM NOT ANGRY (Reza Dormishian)***

MARDI 17 :
9h45 : ENTRE LE CIEL ET L'ENFER (Akira Kurosawa) ***13h45 : BLINDSHAFT (Li Yang)***
16h : PLEASE DO NOT DISTURB (Mohsen Abdolvahab)***
18h : UNE FAMILLE RESPECTABLE (Massoud Bakshi) ***

Six films iraniens, un turc, un israélien, j'ai fait dans le mâle à poil dur et à cil de gazelle. J'ai été surtout très... impressionné  par l'acteur anonyme qui incarne un tueur barbu à bonnet (et sans émotion ou presque) dans le très dur Les manuscrits ne brûlent pas. Il y a eu aussi les mineurs de Blindshaft, la très rapide QV de Xiao-Wu, et l'appétissant papa turc de Je ne suis pas lui (quand il a encore la moustache)...

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