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lieux communs (et autres fadaises)
9 février 2015

madame irma ?

Yessss...
Qui est-ce qui a remporté le Grand prix du jury en Selection Nationale cette année à Clermont ?

TON COEUR AU HASARD
de Aude-Léa Rapin

Prix ADAMI d'interprétation, Meilleure Comédienne (2015) - Julie Chevallier ,   
Mention Spéciale du Jury (2015) à l'interprète masculin Jonathan Couzinié ,   
Grand Prix (2015)

Eh eh... Ma boule de cristal en rosit d'émotion...

Ton-coeur-au-hasard-2

7 février 2015

mes prix

un petit mot,quand même, en direct de
(j'avais commencé ça, un matin, sur place, mais c'est tout ce que j'ai pu écrire c'est dire)

donc plus exactement, un petit mot, juste en arrivant de (6h de train quand même!) avec la crève mais bon c'est la vie, (j'avais écourté mon séjour pour pouvoir assister ce soir au concert de Nasser, puis appris entre temps qu'il y avait tarot chez maryse ce même soir, et finalement ce sera rien du tout, voilà - Nasser, ça ne sera que le troisième fois que je les rate, la prochaine sera la bonne j'en suis sûr)

donc de retour de ce festival pour lequel j'ai une certaine tendresse (en réalisant quand même que ça faisait 10 ans que je n'y étais pas venu!) parce que c'est... très particulier : on ne voit pas voir des films, comme dans les autres, on va voir des programmes, des séries de films (avec une "thématique" et un code pour les repérages : les séances internationales sont des I quelque chose, les françaises des F, les labo des L, et ainsi de suite  : les transversales cette année étaient le vélo (V quelque chose) et la Chine (CH, vous avez compris le principe...) à vous ensuite de composer votre programme, puisque vous avez tous les lieux, tous les horaires (sur deux pages : les pairs et les impairs), chaque programme passant entre 6 et 8 fois. il y a aussi d'autres petites thématiques (une sur la Palestine (P), une autre de cinéma mexicain, sans oublier la séance spéciale polar/sncf (POL)
Au début, c'est simple, on y a à l'aveuglette, comme ça vient, mais plus les jours passent et plus ça se complique (c'est mathématique), et il y aura, forcément, à la fin, des séances magnifiques que vous aurez ratées, alors que vous aurez assisté à d'autres qui étaient plus dispensables...

Alors, avant la proclamation du palmarès ce soir, lors de la soirée de clôture, voilà juste un petit survol personnel : dans chacune des séances, mon (ou mes) film(s) préférés(s) :

POL : LOCKED UP (GB, 7')
3 bras-cassés, après un hold-up, bloqués dans la voiture dont le conducteur a perdu la clé...

I1 : INSPECTION (Russie, 16')
Une visite d'"assistantes sociales" au domicile d'une femme alcoolique et de sa fille
I2 : A MILLION MILES AWAY (US, 27')
Une chorale féminine d'adolescentes, face à leur nouvelle prof...
I3 : COUNTY STATE, USA : SWEET CORN (US, 23')
Un polar à rebondissements multiples, avec un hold-up, un fermier, de la citronnade et un vieux pick-up pourri
I4 : RETURN (NZ, 14')
Soirée en famille d'un mec "de retour", entre ses potes et son père, avec bières et jacuzzi...
I5 :
PILOTS ON THE WAY HOME (Estonie/ Canada, 16')
Film d'animation à QV, avec une femme en morceaux dans trois valises et des aviateurs en mal d'amour
HJONABANDSSAELA (Islande, 14')
Deux vieux potes (le gros et le maigre). arrive une dame dans leur piscine...
I6 : HOLE (Canada, 15')
Un handicapé sollicite son infirmier pour parvenir à jouir...
I9 : THE BRAVEST, THE BOLDEST (US, 16')
Dernier film vu cette année, et mon Grand Prix  International perso! (dernière larme de la compèt')
I12 : A SINGLE LIFE (Pays-Bas, 2')
Au milieu d'une sélection plombante, un bijou aussi drôle que court : un 45 tours, une vie...
I14 : PRENDS-MOI (Canada/Québec, 10')
Un infirmier aide un handicapé à avoir des rapports sexuels (ma première larme de la compèt')

L2 : SMALL PEOPLE WITH HATS (GB, 7')
Animation, non-sense total, delicious
L3 : TEHRAN-GELES (France, 18')
Sur une musique minale et répétitive, des vues nocturnes de téhéran, auxquelles se superposent d'autres, de los angeles, avec des témoignages oraux d'iranien(ne)s. Hypnotique et  jusqu'auboutiste (le rouge à l'image et la note finale) Mon grand prix Labo
L5 : CAMS (Suède, 13')
Paysages en plan-séquence sans aucune présence humaine, mais avec de drôles de machins noirs. Qui passent furtivement ou bougent soudain. Inquiétant...

F1 : TERREMERE (32')
Des frangins rebeus partent au Sénégal dans une vieille bagnole avec un cercueil sur le toit pour y enterrer leur père
F2 : JE REPASSERAI DANS LA SEMAINE (8')
Une animation sur deux potes et la mort du grand-père d'un des deux
F3 : TISINA MUJO (11')
un gamin, un ballon de foot, un  cimetière, une femme...
F4 : TON COEUR AU HASARD (39')
Portrait d'un loser affectif en trois actes (la caissière / la grand-mère, l'españole) qui ne s'en sortira jamais avec les femmes. L'acteur principal (Jonathan Couzinié) y est magnifique. Mon grand prix National
F5 :
MON BRAS ARME (4')
Un genre de clip de flics sur techno minimaliste
BEACH FLAGS, UNE EPREUVE DE SAUVETAGE (14')
Animation, avec une compétition de maîtresses-nageuses Iraniennes...
F8 : MON HEROS (30')
Deux frangins, un costume de poulet, des chinois, une bétaillère, des bières... Pendant longtemps ce fut mon préféré, avant d'être détrôné in extremis par Ton coeur au hasard...
F9 :
LEFTOVER (14')
Animation magnifique sur le thème des restes, avec plusieurs petites histoires dont on pense qu'elles vont se rejoindre, mais pas du tout...
LE DERNIER DES CEFRANS (30')
Encore un film de jeunes et de rebeus (il y en eut pas mal, cette année, tout de même...)
F11 : K-NADA (22')
Deux frangins en bagnole pour Amsterdam, l'un pour ramener de la dope et l'autre pour passer un cocnocurs de d-j...
F12 :
SECHEUR (23')
Un film simple et doux, juste une journée où deux copains sèchent l'école...

V1 : VIVE LE TOUR! (Fr,18')
Un doc restauré sur le tour de france dans les années soixante : Chapeaux en papier Poulain, Poulidor, etc. un autre temps (il est quand même question, in extremis, du dopage...)

P :
DISNEY RAMALLAH (Fr, 17')
Un père et son fils, qui voudrait désespérérément aller à D*sneyland. Ma deuxième larme cette année. (pas la fin, non, juste la scène de l'anniversaire)
THE WARREN (US/ Pal, 11')
Pes soldats israéliens font irruption dans l'appartement d'une famille palestinienne pour y débusquer...

 

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(Tehran-Geles)

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(The bravest, the boldest
)

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(Ton coeur au hasard)

allez, et je rajoute mon "Prix du jury" :

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(Mon héros)

18 décembre 2014

lunettes noires

OF MEN AND WAR
de Laurent Bécue-Renard

Après le magnifique De guerre lasses (la guerre du point de vue des femmes) Laurent Bécue-Renard a donc réalisé le second volet de ce qu'il envisage comme une trilogie : la guerre encore, cette fois du point de vue des hommes. Pas n'importe quelle guerre ni n'importe quels hommes. Il s'agit de soldats américains de retour d'Irak et  victimes de syndromes post-traumatiques : si le physique est indemne, le mental en souffrance. Ces hommes ont vécu là-bas des trucs effroyables, qu'ils portent en eux,  dont ils n'arrivent parfois même pas à parler.
On les suit au Pathway home, un centre d'accueil (et de "rééducation" pour anciens combattants) lors de séances de groupe où chacun à son tour est appelé à prendre la parole s'il le désire, et à partager avec ses coreligionnaires le(s) trauma(s) qui l'habite(nt). C'est très émouvant de voir ces corps de soldats, de combattants (muscles, tatouages) conçus pour endurer, résister, soudain mis en échec  par leurs propres rouages intérieurs, et ces hommes se mettre à pleurer,  ou même être sur le point de vomir, à l'évocation de ce qu'ils ont vécu, parce que, justement, cette parole-là est, au sens propre, inexprimable.
Le film alterne les scènes de groupe, de thérapie, au Pathway home, et les moments familiaux privés, où chacun des soldats est filmé dans sa vie quotidienne, avec sa femme, ses enfants, s'en exprime, et le va-et-vient entre les deux états (le soldat en souffrance / le père de famille en voie de guérison) est d'autant plus impressionnant qu'à première vue, il est difficile de voir combien (et comment) ces hommes souffrent, cela n'est manifesté que par la parole (la leur ou celle de leurs proches.
Ils ont tué, volontairement ou par accident, d'autres êtres humains, amis ou ennemis, ils les ont vu mourir, et ce qui les hante désormais les a aussi profondément changés. Crises de violence, pétages de plombs, perte de contrôle, c'est désormais d'eux-mêmes qu'ils ont peur. Comment vivre, pouvoir envisager de continuer de vivre, avec ces choses épouvantables cadenassées à l'intérieur de soi , comment s'en défaire, comment s'alléger enfin de ce poids, se débarrasser du barda militaire, se reconstruire en tant qu'homme, père, mari, juste quidam, average guy ?
Le dispositif adopté par le réalisateur est aussi fort qu'il est extrêmement simple : la caméra est posée, elle est là, au milieu d'eux, près d'eux, présente, elle enregistre. Elle retranscrit. Et on suit sans que l'attention faiblisse ces hommes, pendant les deux heures vingt que dure le film, et c'est passionnant, c'est bouleversant, c'est révoltant aussi. La façon dont ces paroles individiuelles se provoquent, s'unissent, s'entrecroisent, s'entraident. L'armée, la guerre, les combats, les ennemis, la violence, la "virilité". Les dommages (causés), et les réparations (hypothétiques).
Ca m'a remis en tête ce que chantait Maxime Le Forestier, il y a longtemps, dans la chanson Parachutiste ...

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(encore une fois, une affihce plutôt laide, et qui dessert le film)

 

19 janvier 2015

comme des bêtes

LES NOUVEAUX SAUVAGES
de Damian Szifron

Miam! Un film à sketches férocement noir qui nous arrive d'Argentine! (Qui aurait eu sa place dans notre Semana Latina 4, mais non le directeur du bôô cinéma en a décidé autrement, puisqu'il le passe cette semaine, en VF et en VO. Tant pis, dommage, car on n'a pas trop trop l'occasion de se gondoler avec la plus grande partie du cinéma sud-américain, il faut bien le reconnaître,j et cette bouffée de "comédie" aurait été la bienvenue...)
Deux heures, six histoires qui racontent que la vengeance est un plat qui se mange... à diverses températures. Un avion, un snack-bar, une voiture, une contravention, un accident, et un mariage. Voici les six lieux/prétextes/causes de chacune des  histoires. la première, celle qui ouvre le récit, est un peu à part, puisqu'on n'en verra jamais le protagoniste central, mais les autres fonctionnent sur le même thème (basique) : une "victime" (d'une injustice) qui souhaite se venger. Action / réaction. Et chaque récit est conçu comme une surenchère, à la fois dans sa logique interne mais aussi dans la place qu'il occupe dans le récit, l'importance étant donnée à la chute de chacun des segments (et l'ensemble pourrait évoquer, par son aspect bête et méchant, et violent, les délicieux et italiens Nouveaux monstres, (dans les années 70 et quelques, oui, oui, quand il y avait encore des dinosaures, et que les téléphones étaient des machins lourds avec des fils tortillonnés) et leur mauvais esprit -même si ceux-ci étaient -en apparence- moins violents.) L'ambiguité de la ressemblance avec Les nouveaux monstres est d'ailleurs entretenue par le titre français, alors que l'original n'évoquait que des Récits sauvages.
Bon, évidemment, on n'est pas dans un cinéma d'auteur esthète minutieux et que sais-je d'autre. L'important est ce qui est montré, beaucoup plus que comment ça l'est. C'est filmé avec énergie, on n'est pas là pour admirer la rigueur dans la composition des plans ou la sublimité des mouvements d'appareil. Du cinoche efficace, avec des cojones, qui devrait plaire au plus grand nombre (qui ira d'ailleurs le voir, je le crains, en version doublée hélas), nappé d'un humour jusqu'auboutiste (il y est très souvent question d'en arriver aux dernières extrémités) comme son aîné transalpin de jadis. Et il n'y a pas que les mecs qui se vengent! (Et, question violence, les femmes sont tout à fait à la hauteur!) Cette violence, c'est vrai, on y était tout de même habitués, elle est presque toujours présente dans les différents films sud-américains qu'on a pu voir ces dernières années (à quelques exceptions près...), et la voir ainsi utilisée à la louche, en tant que ressort comique, dans la surenchère et l'exagération -quoique oh si peu...-, a quelque chose de plaisant et d'assez joyeusement régressif.

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11 novembre 2014

hors cadre

NATIONAL GALLERY
de Fred Wiseman

Fred Wiseman, c'est un camarade de longue date. Un de ceux d'ailleurs qui m'ont fait aimer le "documentaire". (Pour moi, quand j'étais jeune et fougueux con, et que je découvrais le cinéma, je pensais qu'un "vrai" film ne pouvait être qu'une oeuvre de fiction, et certains, heureusement, m'ont prouvé le contraire.) Avec Nicolas Philibert, par exemple, dont le travail n'est pas si éloigné, pour ce film notamment. Chacun son musée : lui avait choisi le Louvre,  Wiseman la National Gallery. Une même démarche, un même esprit d'appréhender un "lieu" de culture (de culte culturel, hihi) dans son intégralité, par toutes ou presque ses entrées possibles : les lieux eux-mêmes, les oeuvres, bien sûr, les spectateurs,(indispensables!) mais également   tout ce (ceux) qu'on ne voit généralement pas (ou quasiment jamais) : l'à côté, avec les "dirigeants", les concepteurs, les réfléchissants, les organisateurs, et, à l'autre extrémité, les "exécutants" : les accrocheurs, les installateurs, les réparateurs, les nettoyeurs, tout aussi (sinon plus)  indispensables que les susdits. Les têtes et les mains, en gros.
Comme Philibert, Wiseman ne parle pas. Il laisse à entendre ceux qui parlent dans son film, sur les lieux où il a posé sa caméra, ceux qu'il montre, ceux qu'il nous apprend. La seule différence, ce serait peut-être au niveau de la durée : là où Philibert s'était cantonné à une "raisonnable", Fredounet, comme d'hab', s'est lâché, et hop, carrément nous offre (la durée de) deux films pour le prix d'un. Et même qu'à la fin on n'est pas rassasié, et on en redemande.
Le film volète (volette ?) dans le temps et dans l'espace sans jamais donner le sentiment de s'apesantir, consacrant à chaque séquence le temps qui lui est le plus adapté (ainsi quelques discussions quelque peu arides ou moins intéressantes auront ainsi juste le temps idéal pour qu'on puisse s'y endormir quelques instants, débrancher les neurones et baisser les paupières) tandis qu'on ne se lasserait pas d'écouter par exemple la dame qui raconte aussi bien les tableaux à un auditoire tout aussi captif et attentif que nous dans la salle.
Car dans cette gallery, le plus important ce sont tout de même les tableaux. Ceux qui y sont accrochés (ou décrochés) et que Wiseman montre dans leur intégralité, et leur environnement. Comme en vrai. Et ceux qu'il recadre, qu'il découpe, dont il extrait un élément, souvent un visage, et de plus un visage qui nous regarde, qui nous contemple en train de le dévisager (ou qui nous dévisage en train de le contempler, eh eh) dans une somptueuse litanie de peinture et du beau temps qui a passé...
Des films et des effets qu'ils produisent : si, par exemple, en sortant de Still the water on se sent paisible, serein, rasséréné, en sortant de  National Gallery, on se sent... intelligent, éclairé, rempli de tout ce savoir qu'on vient d'absorber pendant les  presque trois heures du film. Un vrai film de maître.

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10 novembre 2014

ballons blancs

LES HERITIERS
de Marie-Castille Mention-Schaar

Volià un film qui ne commençait pas sous les meilleurs auspices, reconnaissons-le. Le lycée dans la zone, la classe de seconde multi-ethnique (et multi-têtes à claques, aussi) et bordéleuse, la prof (d'histoire) charismatique qui décide de l'inscrire à un concours national sur le thème de la déportation des enfants et des adolescents pendant la seconde guerre mondiale, tout ça d'après une histoire vraie, en plus, on sent venir le syndrome Will Hunting ou Le cercle des poètes disparus à plein nez, préparez vos mouchoirs, d'autant plus qu'on a vu l'excellent La cour de Babel peu de mois mois auparavant, sur un sujet quand même très proche...
On est... méfiant, le début du film est quand même assez cahotant, et puis, clic clic clic les petits engrenages se mettent à cliqueter, les choses démarrent, pour un trajet dont on connait déjà l'issue, dont on (re)connaît chacune des étapes, dont on on identifie assez vite la trajectoire de chacun des personnages, mais, allez savoir pourquoi, on ne peut s'empêcher de continuer, par que c'est une histoire comme on les aime, un conte réaliste qui finit trop bien, tellement youp la boum qu'on se dit que tout ça ne pourrait avoir lieu que dans un film (mais c'est arrivé en vrai, et c'est d'ailleurs un des élèves de la classe qui a contacté la réalisatrice pour qu'elle fasse un film avec leur histoire à tous) tellement juste et poignant à certains moments (beaucoup) qu'il vous tire des larmes (j'y ai pleuré d'assez bonne grâce je dois avouer), même si à d'autres moments ce sont les maladresses qui vous font un peu tiquer (ou ricaner, c'est selon, je pense que d'autres n'ont pas dû s'en priver).
Histoire "édifiante" a donf, super feel good movie, chronique sans doute un peu idéalisée où tout ce qui finit par arriver et qu'on avait anticipé depuis un moment (avec le mutique, avec la rebelle, avec le converti, etc.) devrait a priori agacer alors que non. On joue le jeu. Quand il y a de l'amour de l'espoir et de la justesse, ça fait oublier le reste. Au début les ados sont cons et présentés comme tels (ça semble juste et réaliste), à la fin c'est tout le contraire (presque trop le contraire diront certains). Mais bon, ça s'est passé comme ça aussi en vrai (sans doute pas si idylliquement ricaneront les mêmes certains).
C'est vrai que tout ce qui a trait à la déportation et à la Shoah me fait immanquablement perdre mes moyens, mais il y a façon et façon de traiter le sujet.  Je me souviens d'être sorti quasiment dans le même état lacrymal de La guerre d'un seul homme, d'Edgardo Cozarinsky. (C'est au moment de parler avec les gens, à la sortie, que ça s'est manifesté de la façon la plus forte...)
Car il y a aussi les réactions physiques, incontestables, pendant le film : Plusieurs fois j'ai ressenti dans le ventre ce petit spasme , qui apparaît sans prévenir, au détour d'une scène, qui coupe un peu le souffle, qui signale un soudain trop-plein émotif, mais qui ne se manifeste , tout compte fait, que face à très peu de films. Là, ça s'est produit, plusieurs fois, (et j'étais content de m'être installé sur le côté, et de ne pas risquer de gêner mes voisins par ces sursauts imprévisibles.)
En tant qu'enseignant (même si ex) je ne peux pas m'empêcher de savourer ce genre d'histoire (ahlala ces profs d'exception, iconiques et sacerdotaux, qu'on a tous à un moment rêvé d'être, qui sont à l'éducation ce que St Louis rendant la justice sous son chêne est à l'histoire de France, ou Les contes du chat perché à la littérature,  ou encore  la Pavlova sur la carte des desserts : des références, des exemples, des trucs qui font plaisir, qui font du bien, que tout le monde adore...)
Et finalement j'étais un peu coupé en deux pendant tout ce film : les tripes (l'affect) qui ouvraient régulièrement les vannes et faisaient pleurer chaque fois qu'il fallait pleurer, et le cerveau (l'intellect) qui commentait en même temps qu'on pleurait "tiens, là, le contrechamp sur la larme qui coule sur la joue, c'est peut-être trop, quand même, non ?" ou "ohlala  et lui qui parle pour la première fois pour dire que, justement, ils ne savent pas s'exprimer, c'est aussi trop...". Vous le savez, je prends souvent les choses au premier degré, et ce fus le cas là aussi, mais, en même temps, j'étais sur un "deuxième niveau de lecture" où je me regardais en train de pleurer (je me serais bien tendu un kleenex, tiens), en décortiquant, en temps réel,  les effets du film. Un poil schizoïde, comme exercice. mais plutôt plaisant (et libérateur ?).
Bref, un film très attachant, concluera-t-on, (ce qui fait qu'on s'y retrouve pieds et poings liés).

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oh oh les affichistes manqueraient-ils singulièrement d'imagination ? Ca ne vous fait pas penser à ça :

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ou encore à ca ??

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6 novembre 2014

...qui donnent envie d'autre chose...

Je pense souvent à ces mots de Foule sentimentale, de Souchon :
"le rose qu'on nous propose
d'avoir des quantités d'choses
qui donnent envie d'autre chose..."

Surfer, coq-à-l'âner, c'est exactement le principe : on est sur une page, qui vous renvoie à une autre page, qui renvoie, etc., avec à chaque fois des sujets d'intérêt, et donc des objets d'envie
Ainsi hier, simplement en surfant, j'ai eu envie de

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...qui donnent envie d'autre chose...

 

2 novembre 2014

wild wild west

FAILLIR ÊTRE FLINGUE
de Céline Minard

Waouhh! je viens de le terminer (c'est de ma faute, j'avais plusieurs livres sur le feu, et je n'arrivais pas à me décider) et j'avoue que j'ai versé ma petite larme. C'est surprenant, plutôt loin de nous dans l'espace et dans le temps, et c'est un western. Enfin, ça parle de cow-boys. Et un western dont le héros s'appelle Zébulon (même si par la suite souvent on le réduit et l'américanise en Zeb) mérite forcément que l'on s'y intéresse...
Je l'ai un peu trop fractionné au début, et c'est dommage, parce qu'il y a une sacrée flopée de personnages (presqu'autant que dans un jeu des sept familles : famille Pionniers, famille Garçons Vachers, famille Indiens, famille Bandits, famille En Ville, famille Saloon, etc.) que les histoires de chacun(e) sont au départ très fragmentées, et qu'il faut donc un minimum d'attention. Mais je m'y suis attelé (il y a une paire de boeufs, aussi!) consciencieusement, et je l'ai fini en deux fois.
Tout cela aurait pu ne se résumer qu'à un bout-à-bout laborieux d'archétypes ("Dictionnaire des passages obligés du Western") mais Céline Minard s'est vraiment donné la peine d'incarner chacun de ses personnages, de leur donner corps, de leur donner vie, une vraie épaisseur, comme une vision stéréoscopique dans un vieux viewmaster. Ce qui était tout plat à première vue, du papier découpé, des silhouettes, acquiert soudain une sidérante profondeur, et on fait ooooooh. Comme dans un pop-up. Hop! ça ce redresse, ça bouge et ça prend vie. Les portraits de chacun(e) sont au diapason : on n'est pas dans une bluette aseptisée et inodore : les cow-boys, c'est crade, ça pue, ça ne se lave qu'exceptionnellement, et le bouquin ne se prive pas de nous le rappeler.
On pourrait penser aux récents La dernière caravane de Kelly Reichardt ou Gold de Thomas Arslan pour trouver un équivalent cinématographique à cette veine relectrice "réaliste le nez dedans" du western (car il me semble qu'il n'existe pas, pour ce que j'en sais du moins, d'équivalent littéraire, dans la littérature française tout au moins, sans doute, peut-être chez Jim Harrison ou Cormac Mac Carthy ? Mais c'est vrai qu'a priori les histoires de cow-boys ne me passionnent pas...) de ce mélange d'extrême réalisme et pourtant de romanesque echevelé pourrais-je dire, puisqu'il y est si souvent question de scalp...
Car là on a tout, tout sous la main, devant les yeux, la crasse et la boue, d'accord, mais les grands espaces, les grands espoirs, les rêves fous, les vengeances, les trahisons, et la magie, le lyrisme, la violence, la générosité, l'humour aussi, et la tendresse parfois...
L'humanité, quoi...
Chaque personnage est hyper attachant, dans son trajet personnel et dans sa relation aux autres (qui cherche qui, qui vole qui, qui poursuit qui, qui aide qui, qui aime qui) et se tressent ainsi sous nos yeux les liens de la toile -brillante- qu'aura tendu patiemment Céline Minard sous nos yeux, le long de ces trois-cent pages formidables, qui font qu'à la dernière ligne de la dernière page on est comme pris de regrets, on n'a pas envie que le voyage s'achève, on ne veut pas avoir le sentiment d'être tout à coup ainsi abandonnés...

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31 octobre 2014

pariscope 7

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THE TRIBE
de Myroslav Slaboshpytskiy (vive le copier-coller!)

Celui-là, on peut dire que j'aurai hésité jusqu'au bout avant d'y aller! J'vais lu les critiques, je connaissais l'état d'esprit général, mais je craignais surtout l'extrême violence de la dernière scène (à propos de laquelle je n'ais que des éléments épars et sibyllins). Donc, un film entièrement en langage des signes, mais au début duquel le réalisateur prévient le spectateur que tout cela ne sera ni sous-titré ni doublé ni traduit (ce qu'on peut considérer tout de même un peu comme désinvolte, voire méprisant  envers cette langue, non ?). Ah, Ukraine joyeuse (je suggère au spectateur curieux - et particulièrement de bonne humeur- de voir en double programme celui-ci et Leviathan, par exemple), plaine ma pleine, rien ne manque, la neige, le froid, la vodka, la misère, les magouilles, les combines, la violence, les menaces, et leurs mises à exécution, sauf que tout ça se passe dans un institut pour sourds-muets, où débarque, un beau matin, notre héros, avec sa petite valise à la main. C'est vrai qu'on comprend l'essentiel, les situations (j'avais écrit les sentiments hihihihi!) mais, dans les échanges un peu plus longs, on a un peu de difficultés à saisir les subtilités linguistiques des insultes que nos jeunots s'envoient joyeusement à la face. On le suit de près, (caméra à l'épaule) dans sa découverte de la maison et de son fonctionnement. il comprend vite, notre héros (!) Il en veut! Racket, prostitution, tabassages, vols, plaies et blessures, j'en passe et des moins joyeuses. J'avais tellement peur de ne pas supporter (et tellement peur tout court) que du coup, avec le recul, j'aurais tendance à avoir un jugement finalement plus positif que ce que je craignais -cette fameuse scène finale n'est finalement pas si horrible, alors que celle de l'avortement, si!-, et que je vais essayer de retenir le nom du réalisateur, histoire de voir la suite...

 

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LE DERNIER METRO
de François Truffaut

Je n'avais pas forcément prévu, mais c'est l'Expo Truffaut à la Cinémathèque, vue l'après-midi même, qui m'en a donné l'idée (et l'envie). Manque de bol, c'était au MK2 6 (heureusement j'étais arrivé assez tôt) et la salle était PLEINE. La copie est magnifique, et le film aussi. Deneuve (aaah) Depardieu (oooh) Poiret (eeeh) et tous les autres, aussi. Le cinéma, le théâtre, la guerre, l'amour, la haine, tout y est. Quel plaisir de revoir ce film (que j'avais vu à sa sortie!, c'est à dire, pour certains spectateurs présents, quasiment au temps des dinosaures!) qui a excellemment vieilli. Le désir, la sexualité, le sentiment amoureux... Chacun des personnages a un rapport unique à "l'amour" (Depardieu est charnel, Deneuve sentimentale et Bennent intellectuel, pour faire court, mais chacun des autres aussi (Andréa Ferréol, Sabine Haudepin, Jean Poiret Maurice Risch représente une des facettes de ce sentiment amoureux. Et même László Szabó!). Un art certain du romanesque, et surtout un grand soin apporté à la caractérisation de chacun des personnages.  Du cinéma "classique" (tout autant que l'était celui que Truffaut s'employa à dénigrer et à atomiser lors de ses fougueux débuts critiques). La nouvelle vague est loin, sans doute, mais cette "vieille vague"-ci est plaisante et goûteuse comme un boeuf mironton. Patrimoniale gastronomie cinématographique (c'est dans les vieux pots...) et Deneuve est sublimissime. Oui, oui, oui...

6 octobre 2014

80%

Dans mon N*Z chéri, il ya eu la semaine dernière (ou juste un peu avant) un arrivage de bôô bouquins neufs de chez La Martinière à 80% de réduc! certains en plusieurs exemplaires, d'autres en un seul... il fallait faire des choix, et vite!
j'ai craqué sur un bouquin MA-GNI-FI-QUE : Magnum : Planches-Contact. un objet énorme et sublime qui valait à sa sortie, en 2011, 100€ (c'était marqué dessus) et ne m'en a donc coûté que 20... (c'est drôle les maths, pourquoi, pour savoir à quoi équivaut 80% de réduction sur le prix de quelque chose, il suffit de diviser ledit prix par 5, incroyable, non ?)

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Il y en avait trois, j'en ai donc choisi un (je suis allé tout de suite prévenir mon ami Philou de l'aubaine, et on y est d'ailleurs retournés sur le champ) Ce bouquin est sublime (iconographie, mise en page, impression), et comme il est vraiment monumental, on ne peut le lire que religieusement, posé sur un luthrin une table
J'ai pris aussi

sexpress

mais il n'y en avait qu'un (ce livre qui m'a fait revivre un peu de ma jeunesse justement, puisque bon nombre de magazines journaux et fanzines  qui y sont évoqués, je les ai justement lus, feuilletés, ou même achetés...)

et en revenant avec Philou, j'ai craqué pour

encyclo photo

(magnifique aussi)

 

...et voilà qu'en y revenant aujourd'hui, en farfouillant dans le même rayon (qui s'est beaucoup beaucoup clairsemé), je tombe sur celui-là

sans gravité

... un livre avec un monsieur tout nu qui saute en l'air , je serais passé à côté de ça, et encore, plusieurs fois de suite , Tss tss... ou bien ils ont réapprovisionné ? Arghhh! Et dans ce cas, à côté de quoi suis-je passé ? je l'ai donc acheté, hein, à tout hasard, on ne sait jamais...

29 septembre 2014

living theatre

SHIRLEY
de Gustav Deutsch

La bande-annonce était vraiment bluffante : un film qui reconstitue précisément des tableaux d'Edward Hopper avec des vrais gens dedans, ho ho! J'y suis donc allé avec Emma, à l'unique séance quotidienne, au Victor Hugo.
Et alors ? (l'auditoire, impatient...) Eh bien... il y a les tableaux, effectivement, et il n'y a que ça, que les tableaux. Chacun fait l'objet d'une petite saynette, avec une introduction visuelle (lieu et date) et sonore (des actualités à la radio de l'année en question, par un speaker américain, concernant différents pays du monde). Ils sont classés chronologiquement (de 1932 à 1963 si je ne m'abuse), et racontent vaguement (en pointillés) l'histoire de Shirley, la dame qu'on voit justement sur les tableaux ou bien l'histoire de l'héroïne d'un roman d'Emiliy Dickinson que la femme (Shirley) lit dans le premier tableau qui est aussi le dernier (livre dans lequel le réalisateur nous fait entrer véritablement.)
Les reconstitutions des tableaux sont époustouflantes, mais le lien entre les différentes historiettes, ces différents moments de la vie d'une femme sont plutôt lâches, la voix off féminine systématique ressassante rajoutant un petit côté durassien précieux plutôt  affecté et un franchement peu agaçant à la longue (il est question de théâtre -amateur-, puis du Living Theatre, d'Elia Kazan et d'engagement politique, de Cape Cod, de Joan Baez et de Platon aussi.) Ces discours intérieurs successifs nuisent à l'intérêt qu'on porte à ce qui se passe à l'intérieur de chacun de ces tableaux, ou, du moins ne renforcent pas l'intérêt en question., rendant tout ça (de plus en plus) très artificiel, très formel.
Un film peut-il être en même temps tout aussi fascinant et ennuyeux ???
J'ai fouiné sur le ouaibe parce que j'avais envie de reconstituer ici la succession des tableaux utilisés, mais je me suis rendu compte que ce blog de cinéma, quasi-professionnel, semble-t-il, l'avait déjà fait, et donc rendons à César...

(Ce qui est très plaisant, dans le film, c'est, pour chacun des tableaux, puisqu'il ne s'agit pas des oeuvres les plus connues d'Hopper, d'essayer de trouver le moment exact du tableau, et ce n'est pas si facile...)

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12 septembre 2014

a dream within a dream

ENEMY
de Denis Villeneuve

Je n'avais pas tellement aimé le premier film du monsieur (Incendies) que je trouvais... manipulateur (l'adjectif vaut ce qu'il vaut, faute de mieux), j'ai zappé le deuxième (Prisoners), et suis donc pourtant allé voir celui-ci lundi à 13h45 et en VO, surtout pour étrenner mon statut de "jeune sénior" (j'y étais d'ailleurs tout seul dans la salle), alors que je n'en avais pas a priori forcément très envie, mais Pépin me l'avait vanté à demi-mot avec une mine gourmande, et je lui ai donc fait confiance...
C'est... étrange.
Après une scène d'ouverture dont on comprendra (peut-être) à la fin le pourquoi, on rencontre le héros (Jake Gyllenhaal, qui, n'en déplaise à l'ensemble des critiques, ne livre pas une double prestation si extraordinaire que ça), prof d'histoire, qui se découvre un double parfait en visionnant un dvd. C'est le début des embêtements... (mais qui est vraiment l'enemy du titre ?)
Filmé beigeasse, jaunâtre, cotonneux, poisseux. Une sensation générale de vague torpeur, d'engourdissement, avec parfois l'impression de déjà-vu, ou de ne pas comprendre ce qu'on voit, comme ces rêves avec des scènes qui se répètent en boucle, des gestes qu'on n'arriverait pas à accomplir, des choses abominables qu'on devine plutôt qu'on ne les voit (mais ce qu'elles suggèrent est peut-être encore plus abominable), des éléments apparemment disjoints qui pourtant se rejoignent (ou peut-être le contraire), des fausses pistes, des chausse-trapes, des pièces mystérieuses, des enveloppes scellées "personnel et confidentiel", des rêves, des rêves dans le rêve, des réveils, des endormissements,  bref un magma sans doute un peu psy -mental serait plus juste- (les critiques évoquent souvent Lynch et Cronenberg, ils n'ont sans doute pas tort) dont on ne peut pas  parler trop précisément sans risquer de déflorer le sujet (et donc de gâcher le plaisir du spectateur).
Car le plaisir, ici, serait de réagencer tous les éléments disparates dont on dispose pour reconstituer chacun sa propre petite histoire, avec ses bon sang mais c'est bien sûr!, ses failles, ses incohérences (et le plus drôle c'est que chacun pourrait bien avoir raison. ) Comme dans ces puzzles de hmmm milliers de pièces, des fois on tient deux morceaux dont on est certain qu'ils s'emboîtent nickel, et pourtant pas du tout.
Le sentiment que, chez Lynch ou Cronenberg, le malaise résulte d'une nécessité interne, une soigneuse (in)cohérence, alors qu'ici, (mais qui suis-je pour juger, hein ?) on n'en est pas trop sûr, tout ça pourrait n'être qu'esbrouffe dolanesque ou jemenfoutisme... (là mettez le qualificatif qui vous agrée), on se laisse mener en bateau, mais pour aller où ?
Non on n'est vraiment sur de rien (un ? deux ? et Mélanie Laurent ? et l'araignée ? et la mère ?), mais, comme conclut Pierre Murat dans Téléramuche (et, pour une fois je suis plutôt d'accord avec lui) "mais on s'en fout"...

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23 février 2021

poulailler 52

Tiens, pour commencer,  une triste nouvelle pour ceux qui le connaissaient (ou l'avaient connu) au temps de sa splendeur:

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Robert, au temps de sa splendeur

Robert est mort.
Je veux parler, bien sûr, de Robert, le papyrus qui était dans ma classe jusqu'en 2014 (c'est Sophie M. qui me l'avait confié bébé, quelques années auparavant), qui y est encore resté jusqu'au départ de Catherine en retraite, (je l'avais baptisé papyrobert, j'allais lui rendre visite de temps en temps) et que j'ai récupéré ensuite chez moi dans mon nouveau logement, après un séjour de cure et de soins à la campagne chez Tata Manue (qui lui avait refait une santé et une beauté).
C'est un peu de ma faute, sans doute, car je pense qu'il a un peu manqué de lumière, et a commencé à dépérir, solitaire dans la pénombre de ma "salle d'attente", dès l'automne 2020, à péricliter inexorablement, jusqu'à ce que je finisse par ratiboiser toutes les pousses jaunissantes  en espérant que ce traitement (de choc) lui donnerait, justement, un choc salutaire, mais hélas que nenni... Tout le contraire.
R.I.P Robert, donc.

*

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autre nouvelle (un peu moins)triste (quand même) :
il aura tenu pas plus que ce que vivent les roses, Aurélien, le nouveau champion de TLMVPSP : un jour
(il avait battu Machin qui avait battu Trucmuche qui avait battu Bidule, qui avaient aussi tenu un jour (des fois deux) et il a été évincé par une jolie jeune fille, qui en est, au jour où j'écris, à sa deuxième victoire

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j'aurais trop aimé qu'il reste...

*

autre nouvelle, encore moins triste

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première montée
(simplement de la revoir, mes jambes et mon coeur le ressentent

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deuxième montée
(idem)

(juste pour moi, en plus, en fait) :
j'avais décidé de monter à la Motte par ce bel après-midi ma foi délicieusement ensoleillé, je savais que la montée était rude, hein, mais, ma fois il suffit d'y aller doucement : il y a, jusqu'au parking, d'abord deux montées successives (Philou pourrait me dire c'est des combien pour cent), puis une dernière, à angle droit, la dernière, qui va jusqu'au parking, en pente plus douceâtre. Après plusieurs arrêts tellement j'avais la sensation que mon coeur allait exploser (en plus je montais sans masque, sinon je serais directement mort), je suis enfin -tout de même- parvenu jusqu'au parking, qui était plein (j'ai réalisé qu'on était dimanche, qu'il faisait soleil, et que cinquante familles avaient eu la même idée, comme me l'avaient déjà suggéré dans la montée les différents promeneurs croisés redescendant, à pied où en voiture. Et j'ai aussi réalisé qu'ils étaient encore plus sur le sentier qui va du parking à la chapelle (le "chemin de croix", que je faisais en courant quand j'étais môme), et du coup j'ai arrêté là mon élan (bien modéré, vous vous en doutez), je me suis dit à quoi bon ? devant la première station (JESVS EST CONDAMNE) alors que je m'étais promis d'aller au moins jusqu'à JESVS TOMBE POUR LA PREMIERE FOIS (c'est là que, enfant,  j'avais découvert, perplexe que le U s'écrivait V).
Donc voilà je n'ai pas réalisé mon projet jusqu'au bout, mais ce n'était pas vraiment de ma faute (et il n'y a que moi que ça puisse -un peu- attrister)

*

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Tiens! Un nouvel Esprit des murs, québécois cette fois

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let's be happy!

 

25 juillet 2014

elevator

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Oh oh
Voilà, c'est fini.
La saison 4 de Louie, 14 nouveaux épisodes que j'ai tenté de fair durer le plus longtemps possible, mais, même en se restreignant, les meilleures choses ont forcément une fin...
Exit la chanson ("Louie Louie Louie Louaaah") du générique de debut, il n'y a plus qu'un sobre "Louie" en blanc sur fond noir qui s'inscrit sur l'écran.
On l'avait laissé en Chine (à la fin de la saison 3), mais depuis il est revenu à NY, est toujours comedian, a toujours deux filles, une ex-femme, des potes avec qui il joue au poker, et des femmes dont il tombe amoureux. (Enfin, il n'y en a pas tant que ça, quatre au plus je pense, dont une tout au long de 6 épisodes! (Dans cet "arc", intitulé "elevator" (ascenseur) il fait la connaissance d'une jeune hongroise qui vit avec sa tante dans un appartement voisin, cette cellule familiale étant particulièrement émouvante cinéphiliquement parlant, puisque Louis C.K fait cohabiter dans cet appart' en tant que tante et nièce deux membres de deux autres familles de cinéma célèbres : Ellen Burstyn, (la maman de L'exorciste) et Eszter Balint, (la cousine de Stranger than paradise) qui se termine par un épisode -et une scène- d'anthologie tellement ça réussit à être touchant sans, justement, forcer du tout sur le lacrymal). Tout en délicatesse, dans un restaurant hongrois...
Oui, c'est très particulier, cette façon de remplir chaque épisode avec une, deux, trois histoires qui n'ont pas forcément grand-chose à voir (et sont toujours coupées avec un abrupt délicieux) ou bien au contraire de décliner la même problématique sur deux (les balances) trois (paméla) voire, six (elevator) épisodes consécutifs. Avec ce ton que j'adore vraiment,  alternant cet humour vache (plus lorsqu'il est sur scène que dans sa "vraie" vie), et ses déclinaisons : noir, absurde, à froid, vulgaire, incorrect, mais toujours avec, juste à côté, des grosses bouffées de tendresse et d'émotion qui vous font vous retrouver, fondant et rose comme un gros chamallow, la larme à l'oeil devant votre écran.
Louie met en scène sa vie, ou quelque chose qui y ressemble, et l'exercice d'auto-fiction est périlleusement maîtrisé, de par les libertés qu'il s'autorise (autant avec ce qui est montré qu'avec ce qui est dit, et même avec le rythme proprement dit). En ne semblant parler que de lui, ou presque, il réussit pourtant à élargir  le cadre, d'une façon impressionnante. Quasiment vertigineuse.
Louie a mal au monde, et le monde a mal à Louie. Gentiment, mais systématiquement. La famille, les potes, les enfants, les conquêtes, les spectateurs, les collègues, les voisin(e)s, les docteurs, les serveurs, les dealers, les proviseurs, les profs de science, les ex, tout y passe (en revue) mais sans qu'il (Louie) prétende pourtant à chaque fois y apporter une solution (ou un remède). Ce qui coince, ce qui grince, ce qui dérape, ce qui fait défaut... Le constat est drôle, la plupart du temps,  dérangeant parfois, émouvant souvent, mais toujours unique, en tout cas.
Oh Louie, je croise les doigts pour la season 5!

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11 août 2014

cruciformes

GAUDI
ou LE MYSTERE DE LA SAGRADA FAMILIA
de Stefan Haupt

Les hasards de la programmation et ceux de mon emploi du temps ont fait que, entre le restau à midi avec Dominique et l'avant-première NuriBilgeCeylanesque de 20h, il fallait meubler. (cinématographiquement, je veux dire.) Et comme la personne qui programme les heures des séances au Victor-Hugo semble atteinte d'une curieuse maladie (les horaires sont fait de telle sorte que vous ne puissiez pas voir, en général, les deux films que vous aviez prévus), j'avais le choix, à 13h30 entre revoir Maestro ou Boyhood, ou bien juste voir ce doc-là qui ne m'enthousiasmait pas outre mesure. J'ai pourtant choisi la raison, et ai donc pris mon billet pour ce Gaudi-là (le titre español, lui a préféré Sagrada).
Séance privée, puisque j'étais tout seul dans la grande salle. Ca commence plutôt bien, on voit des travailleurs au travail (j'aime les mecs avec des casques de chantier, vous devez commencer par le savoir, depuis le temps que je vous en rebat les oreilles), sur ce chantier commencé depuis plus d'un siècle et de la date de fin duquel  on n'est toujours pas sûr. On nous montre plein de choses,  on nous en apprend aussi (à part le nom de Gaudi, je n'en savais pas grand-chose), mais assez vite les choses se gâtent un peu : d'abord à cause de la voix-off (j'ai passé tout le film à essayer en vain de l'identifier, le générique m'a appris que c'était celle de Jean-Luc Bideau) qui vous débite un texte très écrit, mi-didactique, mi-pontifiant, et qui devient assez vite un peu agaçante (on se prend à rêver de ce qu'auraient pu faire un Philibert ou un Wiseman), mais on la regrette presque lorsque se mettent à défiler devant la caméra les interviewés défilant : chef de chantier enthousiaste, sculpteur inspiré, prof de théologie, concepteur des vitraux, spécialistes variés, ingénieurs et informaticiens divers, nous représentant toutes les nuances de la palette des témoins : depuis les scientifiques (ou officels, ou financiers) austères et barbants aux artistes, créateurs cogiteurs et autres doux illuminés (pour parler de vitraux, ça tombe bien, hihihi!), dont l'empilement des paroles successives produit hélas une mise à distance de plus en plus somnolative. Alors que les images sont magnifiques. (J'en ai même repris mes vieilles habitudes et failli m'endormir plusieurs fois).
On sort de là sans doute un peu moins bête (encore faut-il avoir été capable de digérer la masse des informations qu'on vient d'ingurgiter) et un peu vacillant du vertige que provoquent ces clochers à la hauteur démesurée autant que la folle entreprise de cet homme et de ce monument proprement hors-normes.  Émerveillé, abasourdi, sans doute, et un peu curieux à propos de tout ça, mais aussi un peu las.

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JEUX INTERDITS
de René Clément

Je ne l'avais jamais vu, si si promis juré! J'en connaissais juste la musique (mais bon je n'ai jamais joué de guitare) et la participation de Brigitte Fossey, qui est incroyablement mignonne il faut bien le reconnaître... Mais je ne savais pas vraiment de quoi ça parlait. Le voilà qui ressort en copie neuve restaurée, allons donc! (Je ne le savais pas, mais j'allais continuer sur ma lancée de "croix" commencée avec le précédent Gaudi).
Le début est impressionnant, débâcle, exode des civils, bousculades, panique, bombardements, où l'on fait connaissance, sur un pont,  de la fillette, de ses parents et de son chien, qu'elle va perdre assez vite, pour être recueillie dans une famille de paysans où elle va sympathiser avec le plus jeune fils de la famille.
C'est touchant, c'est vraiment bien fait, une narration en équilibre entre la chronique paysanne, joviale, "folklorique", ses accents comiques, terriens, presque caricaturaux par instants, et ce qui se joue entre les deux enfants, la justesse, la simplicité, la tendresse, l'émotion devant ces "jeux interdits" du titre qui concernent principalement le vol de quatorze croix dans un petit cimetière de campagne, et l'utilisation des fameuses croix. Les deux gamins sont comme saisis dans une autre gamme, dans un autre esprit, avec un pinceau beaucoup plus fin,  tant ce qui se passe entre eux relève à la fois du naturalisme le plus simple et du lyrisme le plus délicat  (et les deux interprètes, Georges Poujouly et Brigitte Fossey, y sont pour beaucoup...)
La musique a hélas un peu souffert d'avoir été crincrinée pendant tant d'années, mais elle est juste assez parcimonieuse pour que ça ne devienne pas agaçant. Très beau noir et blanc. Des images qui restent, les scènes d'ouverture, le cheval fou avec sa carriole, le regard de Brigitte Fossey, le cimetière improvisé dans le moulin...
La fin est très belle (à partir de l'arrivée des gendarmes) intelligente aussi, et René Clément se paie le luxe, pas si courant à cette époque, d'une absence de happy-end, ou, du moins, d'une fin ouverte. (Qui semble d'ailleurs arriver très brutalement). Et vous (me) laisse coi sur votre fauteuil. Fin que ça s'écrit soudain sur l'écran, et hop rallumez les lumières, et circulez!

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21 juillet 2014

pointe de flèche

BLUE RUIN
de Jeremy Saulnier

Ce film avec une très belle affiche, je l'avais depuis quelques temps déjà dans mon 'dinateur (mon dieu mon dieu comment était-il arrivé là ?) je l'avais pris sans trop savoir ce que c'était, et Hervé avait un peu éclairé ma lanterne en me précisant qu'il l'avait vu à Câânnes l'année précédente, et que c'était "quelque chose"... j'en avais même regardé un peu le début (il y était question d'un sdf qu'une fliquesse gentille vient réveiller un matin dans la voiture pourrie dans laquelle il dort pour lui apprendre que le mec qui a tué ses parents vient d'être libéré de prison...)
Et je m'étais arrêté là.
(C'est mieux de découvrir les films en vrai dans le bôô cinéma -ou un autre-.) Et comme il passait à Besançon, nous y sommes allés, avec Dominique. Pas de surprise, ça commence bien pareil, c'était bien le même film, bon, une histoire de vengeance, sauf que déjà le mec qui veut se venger, il est... pathétique. Pas du tout genre Bronson ou Steven Seagal ou Bruce Willis (les gros biscotos et la tronche burinée, bardés d'explosifs, de certitudes, et de testostérone), non non, pas du tout. Ce mec-là, il a ce truc qui lui tombe dessus (l'obligation viscérale de se venger) et pour lui alors c'est très compliqué, parce qu'il ne sait pas trop comment faire, ni comment se procurer une arme, ni s'en servir, ni viser correctement : il est exactement comme moi je serais si je devais me venger et trouver un flingue pour ce faire). Le principe de réalité est strictement respecté.
Le film  démarre au petit trot, on suit ce pauvre zigueà la trace, les choses, bien entendu, ne se passent jamais vraiment comme prévu, mais, bon, le méchant est occis (pas très proprement), sauf qu'on en est à peine à 20 minutes de film, et qu'on se demande alors comment le réalisateur va bien pouvoir remplir le temps qui reste...
Fort logiquement, il va le faire.
Dans cette Amérique où la vengeance appelle la vengeance et le fait d'être armé est quasiment un devoir. Et la famille une institution primordiale. Car si Dwight, notre héros, en a une, résiduelle (ne restent plus que sa soeur et l'enfant de celle-ci), le tueur lui aussi en a une, mais bien vivante elle, mère, frères, soeurs, un vrai nid de vipères (et vipéreaux) qui vont récupérer  avec fureur cette hache de guerre qui vient d'être déterrée, pour la renvoyer à qui de droit, tout aussi furieusement. Avec un peu plus d"éaln, même. Un genre de lutte tribale va donc se mettre en place, où à un mauvais coup ping! d'un côté va répondre aussi sec un autre, pong! venant d'en face. Et, bien évidemment, plus ça progresse, et plus ça s'envenime, et plus on est scotché. A la fois par les surprises et autres retournements de situation, qu'ils soient juste scénaristiques ou complaisamment sanglants (souvent les deux, d'ailleurs), mais aussi -surtout, et plus subtilement- par la façon dont  le réalisateur conduit son récit (et de la façon dont il met en scène ses personnages, mais comment il les observe aussi ).
On serait quasiment à première vue dans une chronique hyper-réaliste sur les déshérités de l'Amérique profonde (bâillements...), sauf que pas exactement. Parce que traitée d'une façon qui fait y regarder à deux fois : c'est malin, c'est roublard, c'est très intelligent et surtout terriblement efficace! (Et ça donne très envie de voir le premier film de Jeremy Saulnier, Murder party, jamais sorti chez nous). Une couche de réel, une couche de violence, une couche d'humour (noir), et on recommence...
Mais si le travail du réalisateur mérite des compliments, il ne faudrait pas non plus oublier l'acteur principal, Macon Blair, qui "porte" le film sur ses petites épaules maigrichonnes, et nous livre une performance bluffante, de bout en bout.  Cet aspect désespérément "Monsieur tout-le-monde" (une fois qu'il a quitté sa défroque initiale de sdf) accentue encore la fragilité du personnage, et c'est sans doute ce qui fait sa force affective. Au milieu de ce  catalogue des armes, des munitions, et des différentes façons de faire bien mal à son prochain, il s'avère réellement... désarmant!

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21 février 2021

poulailler 50

(arghhh!)

je ne sais pas ce qui s'est passé mais ce post a été effacé par erreur! (alors que j'avais mis des plombes à le faire...) et je m'en rends compte à vingt-trois heures...

il y était question des festivals de l'été (et de Roselyne B...)

je peux peut-être retrouver l'essentiel via twitter ? tentons

ça c'était le premier truc:

"Les festivals attendaient des instructions sur les conditions de jauges pour leurs événements, après les nombreux reports de 2020 et une attente importante de la part du public. Leurs espoirs viennent d’être douchés lors d’une réunion tenue ce jeudi en visioconférence entre Roselyne Bachelot et les organisateurs des festivals. "Nous sommes pour beaucoup abasourdis, sous le choc, pour ne pas dire désespérés, la France est le seul et premier pays du monde à avoir décidé de limiter l’été prochain la jauge à 5 000 places assises distanciées, c’est extrêmement grave, un coup de tonnerre, déclare Rémi Perrier, vice président du comité festival du syndicat Prodiss et créateur du festival Musilac à Aix-Les-Bains. Il n’y aura pas de festivals debout, beaucoup de festivals vont être contraints d’annuler. Cependant, les concerts d’expérimentations restent éminemment pertinents, car le but du jeu c’est le coup d’après, à l’automne pour savoir si on pourra organiser ces concerts debout."

"On en sait un peu plus pour le cadre général, mais il reste des zones de flou, ce qui est sûr c’est que la saison des festivals 2021 ne sera pas comme les autres", a indiqué Aurélie Hannedouche du Sma. La question de l’autorisation des zones bar/restauration dépendra par exemple de la réouverture "dans le secteur de la restauration".
Le festival des Vieilles Charrues (270 000 spectateurs en 2019) a confirmé qu’il était prêt "à s’adapter". Le festival parisien Solidays (228 000 personnes en 2019) a en revanche déjà jeté l’éponge, sans attendre cette réunion de jeudi, car il sert à financer des actions de Solidarité Sida et ses organisateurs redoutaient qu’il ne soit pas viable." (L'Est Répu)

*

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(photo est Répu)

*

après il y avait l'article sur les Eurocks :

"Jeudi soir, l’équipe belfortaine ne cachait pas son incrédulité et une bien mauvaise "surprise" : "On est sous le choc ". "On demandait un cadre, on a un carcan qui exclut de fait toutes les esthétiques que nous défendons", résume son directeur Jean-Paul Roland. Lui qui attendait que soit donné "un calendrier glissant" pour préparer au mieux cette édition 2021 , n’a pourtant pas voulu décider à la va-vite. "Aux Eurockéennes, nous ne prenons pas de décision précipitée, à chaud, nous allons nous revoir avec d’autres festivals", avait-il précisé à l’AFP à la sortie de la rencontre."""
Depuis, les réunions s’enchaînent avec les partenaires, l’équipe, les différents partenaires. Le conseil d’administration se réunira aussi pour dresser l’état des lieux et prendre la « meilleure des décisions ». Et pour l’heure le festival n’a pas encore complètement fermé la porte, même si on n’arrive pas à imaginer les Eurockéennes en configuration assise avec 5 000 personnes.
"Ce qui est sûr c’est qu’on ne sacrifiera pas l’esprit du festival", poursuit le directeur qui voit dans ce cadre l’image de "Playmobil qu’on fait s’asseoir. Ne manque plus que de savoir le montant de l’amende pour celui qui se lèverait. Défendre l’esprit des festivals, c’est aussi défendre l’esprit debout et donc défendre nos collègues des salles. "
Plus largement, Jean-Paul Roland se dit "triste comme une pierre pour la jeunesse. Cette décision est incompréhensible. Le festival ne vaut pas une séance de psy mais pas loin. Là c’est un signal mortifère qui est envoyé.
L’espoir du début d’année a donc été sévèrement douché. Pour autant, Jean-Paul Roland souligne l’importance encore plus grande des expérimentations scientifiques dans le cadre d’un concert, autrement dit les concerts tests. "Ce chiffre de 5 000 avait déjà été donné par Édouard Philippe en avril dernier. Il est quand même étonnant que ce chiffre réapparaisse encore alors qu’on se targue d’avoir une meilleure gestion que nos voisins européens", remarque-t-il. « Nous avons donc besoin de réponses scientifiques, car rien n’est prouvé sur ce chiffre de 5 000 et surtout afin de préparer la rentrée de septembre 2021 et la saison 2022. »

et après, celui sur Rencontres & Racines :

""On ne pourra pas faire comme d’habitude" : pour Mathieu Sabarly, en charge, pour le compte de la Ville d’Audincourt, du festival Rencontres et Racines, les récentes annonces de la ministre de la Culture n’ont pas été un nouveau coup de massue. Ni cependant une bonne surprise : elles ont simplement entériné le fait que le festival des cultures et musiques du monde, qui existe depuis plus de 30 ans et a rassemblé en 2019 plus de 39 000 festivaliers , ne se déroulera pas comme prévu.

Exit Katerine
Pas question d’annuler – "Deux ans sans festival seraient une catastrophe pour le public" - mais pas question non plus d’organiser des concerts assis, avec une jauge, en distance, à 5 000 personnes. "C’est contraire à l’esprit de Rencontres et Racines, contraire aussi à celui des musiques actuelles". Économiquement, cela n’est non plus pas viable : caractérisé par son budget relativement modeste (700 000 €, valorisation communale comprise) et par ses tarifs d’entrée bon marché (35 € les trois jours par exemple), le rendez-vous ne peut assumer des têtes d’affiche - comme Philippe Katerine, prévu - et sa vingtaine de groupes internationaux avec trois fois moins de spectateurs.

On en saura plus courant mars
Annulé en 2020 , le festival, qui génère plus de 1,5 million d’euros de retombées économiques dans l’agglomération du Pays de Montbéliard, ne l’est cependant pas officiellement cette année. "Il nous manque encore des éléments - notamment sur la place des associations (70 participent au rendez-vous), la possibilité de buvettes et de restauration - nous travaillons sur une forme plus légère. J’en saurai plus, notamment sur la programmation courant mars ", poursuit Mathieu Sabarly.
Une certitude : la manifestation, le dernier week-end de juin, sera bien plus modeste que d’habitude. "On va faire comme on peut, en visant non pas le monde mais le côté festif, sympa".

*

puis je finissais par une série de photos-doudous des Eurocks :

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oui voilà, comme ça! assis
(mais à deux mètres!)

*

Ah, et pour commencer il y avait un petit texte en ouverture, sur le fait que ce post était (déjà) le poulailler 50 et que dans cinquante jours on en serait à poulailler 100 et que rien n'aurait sans doute changé à propos du couvre-feu, mais bon il est trop tard à présent pour le re-pondre... Tant pis!



28 juin 2014

fleurs jaunes

LES FEMMES DE VISEGRAD
de Jasmila Žbanic

 

Un film bosniaque, réalisé par une femme, avec pour personnage central une autre femme, australienne, performer, qui, en visite en Bosnie, découvre que l'hôtel où, touriste, elle réside, fut le théâtre d'atrocités (viols et crimes) commises contre des femmes, pendant "la" guerre, et dont tout un chacun sur place semble avoir décidé de perdre le souvenir, tout cela fait un certain nombre de bonnes raisons d'avoir envie de le voir, et, mieux, de le soutenir.
Claude W. l'avait vu en prévisionnement et, depuis, n'arrêtait pas de nous le recommander avec force, souhaitant même l'inclure dans la prochaine programmation, ce qui fut donc fait (nous sommes une assoc' démocratique)
Après avoir failli ne pas le voir, (une sombre histoire de tarif préférentiel non programmé, qui fut heureusement réglée téléphoniquement - merci Hervéchounet - ) je me suis donc enfin tout de même installé dans la salle (nous étions 6, les 5 autres à part moi étant des femmes), appareillant immédiatement pour une Bosnie enneigée (le film est construit suivant deux strates temporelles : la première visite, estivale, et la seconde, hivernale) et fort cinégénique ma foi (la -vraie- neige est toujours bien au cinéma...).
Bouleversée par ce qu'elle apprend par hasard de retour dans son pays, la jeune femme décide d'y retourner pour en savoir plus, pour savoir pourquoi personne n'en parle, pour tenter de témoigner à sa façon, de le faire savoir...
Dans quelle mesure l'esthique (tiens je viens d'inventer une nouvelle branche de la philo, entre l'éthique et l'esthétique) l'esthétique, donc, voulais-je dire peut-elle faire bon ménage avec la morale ? (My god, me mettrais-je, comme Mister Jourdain, à faire de la philo sans le savoir ? Ca y est j'ai le neurone en ébullition). Le scénario a été en quelque sorte écrit par la performer, Kym Vercoe, puisqu'il est l'adaptation de la pièce qu'elle avait écrite sur le même sujet, cette histoire qui lui est vraiment arrivée (et qu'elle revit donc) sous la caméra de la réalisatrice).
Sensible, touchant, le film l'est certainement, d'autant plus que le titre original évoque "ceux qui ne peuvent plus raconter l'histoire", un peu plus déroutant est son statut véritable (quasi-documentaire recomposant une quasi auto-narration, basée sur une réalité immontable /indicible) qui pourrait amener le spectateur à être encore plus attentif à ce qu'il est vraiment en train de regarder.
Et la fin, c'est vrai, est absolument magnifique. (un jour, il faudra que je compte le nombre d'occurences de "magnifique" sur ce blog...)
Un petit gros bémol, pourtant : c'est dommage de voir l'affiche avant d'aller voir le film...

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12 juin 2014

comme une volée de moineaux

BIRD PEOPLE
de Pascale Ferran

C'est comme ça, j'adore les films de Pascale Ferran.
Et celui-là me faisait tout particulièrement envie. Sans rien en savoir, à part le titre (et le lieu : un aéroport) . La première fois que j'ai vu la bande-annonce, j'ai eu les larmes aux yeux, avant même la fin des trois minutes... Elle semblait annoncer quelque chose de doux et de tendre. C'était donc un mercredi cinément délicieux qui s'annonçait, puisque j'enchaînais Tristesse club et Bird people...

Quel bonheur!
Oui, ce film est un vrai bonheur, un vrai gros bonheur de cinéma. Où il serait  question, d'abord, de la grâce d'Anaïs Demoustier (la dernière fois qu'une demoiselle travaillant comme femme de chambre dans un grand hôtel m'avait autant ému dans un film, c'était Virginie Ledoyen dans La fille seule, de Benoit Jacquot).
Il y a, donc, surtout, un aéroport, avec son trafic humain quotidien, ses avions qui s'envolent, et un grand hôtel dans ses environs immédiats. Grand hôtel où se déroulent les deux parties du film, chacune portant le prénom d'un de ses protagonistes : Gary et Audrey. Le premier est un business-man américain dont le séjour à Paris n'est qu'une parenthèse, puisqu'il doit s'envoler pour Dubaï dès le lendemain matin, tandis que la seconde est une étudiante, employée comme femme de ménage dans le même hôtel. Deux mondes a priori parfaitement disjoints, susceptibles de se croiser uniquement dans les couloirs, où à la rigueur dans la chambre, l'une y venant pour faire le ménage de l'autre).
Il y a donc deux histoires, distinctes (nos deux héros), comme deux fils tirés dans l'énorme pelote d'une multiplicité d'histoires individuelles (la magnifique scène d'ouverture, qui m'a -déjà !- mis les larmes aux yeux en m'évoquant celle, tout aussi magnifique, d'ouverture aussi des Ailes du désir, sauf que, dans le film de Wenders, c'étaient les anges qui nous permettaient d'entendre les pensées des différents personnages, tandis qu'ici Pascale Ferran nous confère d'entrée de jeu le statut d'ange(s), et les oreilles adéquates, permettant de saisir les gens au vol, au fil de leurs pensées...) : un américain qui va, soudain, décider de tout plaquer, tout, du jour au lendemain, et une jeune française qui va soudain jouer la fille de l'air... (ici je ne peux être qu'implicitement explicite, pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte de chaque spectateur...)
Si la première partie -Gary- est "terre à terre", réaliste, pragmatique : un homme décide de ne pas partir pour Dubaï comme prévu ni pour où que ce soit d'autre et va donc assumer -consécutivement- les conséquences de cette décision avec : ses associés, son avocat, sa femme, par téléphone, par mail, par webcam, principalement depuis sa chambre d'hôtel..., la seconde -Audrey- pourraît en être le symétrique parfait, où, aux mêmes effets (voir soudain les choses d'un oeil neuf ) correspondraient des causes totalement opposées. Une aventure où elle va soudain (re) découvrir les lieux et les gens sous un angle nouveau, et qui est, bien évidemment le noeud affectif du film, son petit coeur battant...
Un film de gens (mais peut-être aussi, dans son genre, film de genre), attentif, qui s'attache, bec et ongles, à décrire une réalité parfois douce (le jeune japonais) parfois poignante (le monsieur dans sa voiture) avec de splendides et magistrales ambiances nocturnes aéroportuaires...
Oh je l'aime ce cinéma humain trop humain, cette juxtaposition de deux destins, au même endroit, la même nuit, de deux façons de "on arrête tout, on recommence, et c'est pas triste" (comme l'écrivaient certains journaux gauchistes post-soixantuitards) dont l'une plaira davantage à certains forcément que l'autre (et vice-versa), dont l'une est moins définitive que l'autre (va savoir...) dont l'autre est plus exaltante que l'une (va savoir idem), la deuxième partie, en ce qui me concerne, frôlant de peu le ravissement total. C'est surprenant, c'est drôle, c'est tendre, c'est magnifique, c'est la moitié claire qui viendrait complémenter celle, obscure, dans le symbole dy yin et du yang. Opposés et indissociables, le haut du bas, le près du loin, le mouvement de l'immobile, l'envol de l'atterrissage, la fenêtre ouverte de la fenêtre fermée (option que semble souligner l'affiche)...
Merci, Pascale Ferran, de tout coeur merci.

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20 février 2021

poulailler 49

(Oups dsl... ce post, écrit le 18 et planifié pour le 20  a été publié par erreur le 18 (le fameux choix dans la date, bien évidemment), donc ne vous étonnez pas si vous l'avez vu et commenté (cf Hervé) et qu'il a ensuite mystérieusement disparu des radars pfuit! ... non non vous n'êtes pas fou-e-, vous n'avez pas rêvé, simplement il est (ap)paru malheureusement pas quand il fallait -ce qui faisait quand même deux poulaillers pour le même jour- , et je l'ai donc rangé au frais dans les limbes, le temps que son heure soit vraiment venue, le 20. Et elle est donc arrivée!)

*

(spécial pour Deloin)

2019-10-Jacques-Dupont-Concours-Lentraide

la philantropie de l'ouvrier charpentier
(elle est doublement triple)

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oh quelle belle journée!
(quand vous lirez ça ce sera "il y a deux jours", aujourd'hui nous sommes le jeudi 18 février)

parce que rien n'était prévu de ce qui s'est passé

je n'avais pas prévu que je viendrais à Gy au cabinet de Marcello pour une visite "préventive" à propos de cet abcès que je sentais poindre (et que la radio a confirmé), et du coup j'en reparte avec une ordonnance et un détartrage

je n'avais pas prévu que je serais invité à manger ensuite, toujours à Gy, chez Emma et Régis, un petit repas sur le pouce et délicieux rien que nous trois, et que j'y observerais un tarin des aulnes spécialement bien portant

je n'avais pas non plus prévu qu'ensuite, en arrivant à Vesoul, je m'arrêterais chez les Soria pour boire le café et leur remettre à chacun un livre, L'Anomalie pour Fran (qui venait de Gy) et Un hiver à Wuhan pour Philou (qui venait de chez moi) et que Philou me ferait voir ses trois derniers bouquins-photos, et que même à un moment en feuilletant le premier, une larmichette m'en viendrait aux yeux...

je n'avais toujours pas prévu qu'à la pharmacie où je suis allé chercher mes médicaments, salué de loin à mon entrée (par mon prénom) par une ancienne élève avec un grand sourire (Anissa A.), je m'en émeuve aussitôt auprès de l'employée -jeune- qui me servait, et qu'elle me réponde alors, avec un tout aussi grand sourire "Mais moi aussi je suis une de vos anciennes élèves..." (il s'agit d'Inès J., la cousine de la précédente)

je n'avais pas -enfin- vraiment prévu d'aller faire un tour à l'Espace Culturel Leclermuche, mais que rien ne s'y passerait comme je l'avais anticipé : ce bouquin de chez gallimard dont je ne me souvenais plus du titre ni du nom de l'auteur (Un bref instant de splendeur, d'Ocean Vuong) n'y était pas, l'Intégrale complète des Idées Noires de Franquin, n'y était plus, et, par contre, cette fois il y avait tous les bouquins de Damasio (ré)édités en Folio, mais suite à notre échange avec Gigis ce midi, je n'en ai pris aucun, et finalement je suis sorti avec un coffret Groland à 3€ (3 dvd)

Idees-noires

et je n'avais pas du tout du tout prévu, d'être, en fin de soirée, sur arte concert, dans le cadre du Laboratoire Bevilacqua, concert en hommage à Christophe, très très ému par une splendidissime version des Paradis perdus, par Malik Djoudi et Philippe Katherine (et un final au saxo -mais est-ce vraiment un saxophone ?- d'anthologie d'Adrien Soleiman)

*

Capture d’écran (1758)

Capture d’écran (1759)

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T*p Chef ça continue
J'aime bien ce candidat (moins qu'Adrien l'année dernière)
qui est déjà allé deux fois "sur la sellette"
(et donc a eu deux fois chaud aux fesses)

*

 

 

4 mai 2014

back from paris : quelques points de vue(s)...

DSC02581samedi : tiens, ils ont prévu des sièges exprès pour moi...

DSC02631lundi : tiens, il y a un chantier juste en face de chez Malou...

DSC02707lundi : tiens, l'expo Bill Viola...

DSC02686mardi : tiens, le chantier de la Canopée...

DSC02938mercredi : tiens, les toilettes du Club Marbeuf...

DSC02940mercredi soir : tiens, une nature morte dans mon assiette...

DSC02953jeudi : tiens, il pleut...

DSC02961jeudi soir : tiens, des gouttes panoramiques parisiennes...

DSC03045vendredi : tiens, à bientot la Canopée...

DSC03069vendredi : tiens, ils ne font pas le pont...

26 avril 2014

la dernière pièce du puzzle

UNE PROMESSE
de Patrice Lecomte

Celui-là, soyons franc, je n'avais pas véritablement l'intention de le voir, MAIS COMME c'était le lundi de pâques, qu'il pleuvait, que tout en ville était fermé ET QUE j'avais hélas un trou entre les deux films que je voulais voir (Pepper Land et Tom), j'ai donc regardé à quoi correspondait la séance intercalaire : un film d'animation (bof) le Resnais (mouais) et tiens un Lecomte en anglais, avec des acteurs anglais, et d'après Stefan Zweig... c'est donc pour celui-là que j'ai opté, en me disant (le lâche) "De toute façon, au pire,  si ça m'ennuie je m'endors, et basta..."
Bon j'avoue que j'ai un tout petit peu dormichouillé au début, mais comme disait Livchine "Ce n'était pas un sommeil hostile...". Après, dès que j'ai eu l'oeil ouvert, je ne l'ai quasiment plus refermé . C'est... très Zweig : le mari et la femme, dans une maison très grande et très belle, lui beaucoup plus vieux qu'elle (hum hum) mais ils ont un enfant... Arrive une jeune homme, jeune, donc, comme il est annoncé, et beau, et les hormones ne tardent pas à bouillir de part et d'autre (pas le mari, bien sûr, joué par Alan Rickman, que, il y a quelques décennies j'appréciai énormément dans un rôle d'amant défunt : Truly, Madly, Deeply... mais bon là il est vieux, et il ne pense pas à la rigolade, il ne pense qu'à son usine, et ça tombe bien :  le jeune homme doit être ingénieur stagiaire ou un truc dans le genre , désolé c'est au début que ça s'est dit et je dormais...) surtout quand le mari décide d'embaucher le jeune homme comme secrétaire particulier et quasi bras droit de l'entreprise, et en même temps de l'héberger dans sa grande maison, au lieu de la minable chambre de bonne sous les toits qu'il  occupe en ville... Un jeune homme, une jeune dame, une passion portée à incandescence qui ne peut pas éclater au grand jour, des frémissements, des regards, des pâmoisons silencieuses, on est vraiment chez Zweig... Au bout d'un moment, quand il commence à y avoir anguille sous roche, le mari décide d'envoyer le jeune homme au Brésil pour une durée indéterminée, ce qu'il est bien obligé d'accepter, d'où souffrance douleur déchirement vase brisé larmes et -enfin!- échange de la promesse qui donne son titre au film.
C'est très impeccablement réalisé, un peu corseté ("un peu trop amidonné, peut-être" pensais-je) mais cette rigidité formelle est plutôt en adéquation avec celle, morale, de l'époque et du récit. L'histoire d'une passion zweigienne (le feu/la glace pour résumer, et le carcan des conventions par dessus), avec tous ses passages obligés et/ou attendus (ah, cette confession à mi-voix du mari expirant) et même -attention spoiler - une happy-end nunuchissime dont je ne suis pas certain qu'elle soit dans le texte original, connaissant Stefan Z., mais, comme je ne l'ai pas lu, je ne peux rien affirmer!
Bon, toujours est-il qu'on a déjà vu Lecomte plus inspiré et plus personnel, me semble-t-il...

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22 avril 2014

paris by night

AU BORD DU MONDE
de Claus Drexel

Vu dans le cadre de la Quinzaine de la Diversité. Et en présence du réalisateur, un grand échalas très sympathique. De ce film assez unanimement louangé je me méfiais un peu pourtant (comment peut-on esthétiser la vision des sdf à paris la nuit ???). Effectivement, les choix du réalisateur sont forts (ses "parti-pris esthétiques") : filmer la nuit, uniquement, dans un Paris qui plus est entièrement vide, exceptés les sdf qui témoignent de leur(s) vie(s) dans ce qui semble un dialogue avec le réalisateur (on entend quelquefois ses questions), filmés en plans plus ou moins serrés (les premières fois, on ne les "voit" pas vraiment, chacun(e) en train de dormir (ou d'essayer de) comme essayant de se fondre dans le paysage urbain environnant, de s'abstraire : des paquets, des enveloppements, des formes, anonymes d'abord, puis à qui le réalisateur va donner, tour à tour, la parole, et les nommer. Chrysalides. La photographie du film est absolument somptueuse : nuit, lumières, un univers nocturne urbain "transcendé", virant onirique ou cauchemardesque, c'est selon. Chacun des personnages du film s'exprime (ou pas). (Il n'y a pas forcément besoin de mots pour exprimer la vérité, la terrible réalité, d'une condition.) Pour le réalisateur (il nous l'a dit) il s'est agi d'abord d'une découverte, la prise de contact avec ce monde contigu au notre, mais pas forcément proche. Pour le spectateur, il s'agit avant tout d'un constat, dont le réalisateur souhaiterait qu'il aboutisse à une prise de conscience. Nos habitudes de confort (notre "petit confort") sont bien évidemment secouées violemment (quoique sans violence et sans cris) par ce film qui résonnera encore longtemps dans les yeux et dans la tête. Magnifique et salutaire.

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17 avril 2014

ça tourne!

HANS WAS HEIRI
De Zimmermann & De Perrot

Et de trois! c'est la troisième création de ces deux-là que je vois (après Gaff Aff et Öper Öpis, déjà chroniqués laudativement ici), pour la première fois au Théâtre Musical (pour cause de dispositif scénique trop haut), alors que pour moi, ce sont bien évidemment des "gens de l'Espace" (c'est là-bas que je les ai découverts, et c'est là-bas que je les aime!)
Il y a deux entités dans ce tandem : un blond assez impassible, Dimitri de Perrot, keatonien quasi, c'est celui qui mixe en direct (et dont j'adore la production) et un brun assez électrique, celui qui danse et qui chorégraphie, Martin Zimmermann. Le premier officiant uniquement aux platines, le second investissant tout le reste. Il était question de carton dans Gaff Aff, de plateau instable dans Öper öpis, il sera ici beaucoup question de bois (celui avec lequel on fabrique des choses : cadres, caisses, encadrements) et de maison (carrément une "maison" carrée, de 4 appartements communicants, installée sur une structure qui la fait tourner!). Comme pour leur précédente création, les Zimm/dePerr ne sont plus seuls, et se sont entourés de 5 "circassiens" (normalement, ce terme devrait me faire fuir, mais là, bizarrement, pas du tout) parfaitement époustouflants, deux femmes (une grande blonde genre impassible et une petite brune genre contorsionniste) et trois hommes (jolis barbus) aussi doués pour yodler que pour acrobatiser en tous genres et dans toutes les situations. Et toutes les positions. Oui, c'est é-pous-tou-flant!
La maison qui tourne est judicieusement exploitée (dehors, dedans, en haut, en bas, dans tous les sens), même quand elle ne tourne pas d'ailleurs, et pendant que Zimmermann et ses acolytes courent sautent dansent crient vocifèrent borborygment, se poursuivent se rattrappent chantent glissent tombent se récupèrent, Dimitri de Perrot, en bord de scène, mixe, et c'est beau beau beau (j'étais content de constater qu'Emma à la fin était tout aussi enthousiaste que moi sur ce point!).
Toute cette belle énergie est complètement fascinante, qui plus est sans un mot, et la virtuosité de ses interprètes ne peut que forcer l'admiration, chacun d'eux étant appelé, successivement, à venir faire son "numéro" sur le devant de la scène (comment "tenir" dix minutes, par exemple, juste en essayant de s'assoir sur un tabouret... Pépin m'a appris en rentrant que ces numéros-là s'appelaient des lazzi...) mais tout aussi joussivement à deux, à trois, à quatre, voire tous ensemble. Oui, on se régale!

zimmdeperr1(la maison qui tourne, en entier)

zimmdeperr3(la maison qui tourne, détail)

zimmdeperr5(la maison qui tourne, détail)

zimmdeperr4(Les Zimmermann/de Perrot faisant les idiots)

zimmdeperr2

(les mêmes, au naturel)

28 mars 2014

essorage (semaine latino 1)

LES BRUITS DE RECIFE
de Kleber Mendonça Filho

Il y a certains films où on a du mal a rentrer, et d'autres qui vous happent, dès le générique, irrémédiablement (et jubilatoirement) et c'est le cas de ce très sonore et cinématographique Les bruits de Recife. Une scène d'ouverture très forte avec juste des photographies en noir et blanc de gens qui vous regardent dans les yeux, accompagnée d'une musique obsédante et de plus en plus forte, qui vous laisse augurer un film... qui n'est pas du tout ce que vous allez voir, mais vous met illico dans une sorte de transe, un état de réceptivité optimale pour ce qui va suivre.
Un film choral, dense, intense, avec plein de personnages en rapport ou pas les uns avec les autres, et une multitude de vignettes, de micro-incidents, qui viennent ajouter leur petite musique propre, leur petit bruit à eux, aux joyeux (?) vacarme ambiant. Tout ça dans une zone urbaine à la superficie assez réduite,  à peine un quartier, juste quelques rues qui en font le tour. Une femme qui a du mal à dormir à cause d'un chien qui aboie, un jeune homme qui cherche à savoir qui a piqué l'auto-radio dans la voiture de sa nouvelle copine avec qui il vient de passer la nuit, des vigiles qui prospectent chacun des habitants de la rue s'ils souhaitent qu'on assure leur protection, voilà quelques lignes de résumé(s) qu'on pourrait faire.
Mais le film est beaucoup plus que ça, brassant tout  un tas d'images plutôt réalistes et contemporaines, "prosaïques", rassurantes, et les enrobant dans une pâte sonore extrêmement (et brillamment) travaillée (le film a récolté des prix un peu partout dans tous les festivals où il a été projeté avant qu'on daigne le sortir en France), mais en y instillant, progressivement, insidieusement, des éléments "fantastiques" (d'abord de brèves images inquiétantes, puis des séquences carrément terrifiantes) qui viennent contaminer, irradier cette masse narrative qu'on pourrait presque, sans cela, qualifier de banalement chorale.
Comme l'an dernier, ce sera le premier film vu de cette troisième semaine latino qui en restera le souvenir le plus fort).
Incontestablement, un film ambitieux, fascinant, qui pousse au maximum, en même temps que le bouton du son, le rhéostat de nos petites angoisses urbaines civilisées. ("Et j'ai pu dire en sortant "c'est mon film brésilien préféré de tous les temps...")

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