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lieux communs (et autres fadaises)
11 mai 2021

CMFUBJ 29

encore un peu mieux dormi cette nuit : d'abord de 22h30h à 2h30, puis une petit pause insomniaque, et re de 3h30 à 5h30... bon, on dirait qu'on va vers le beau...

*
(petit matin)

le bien fou que ça fait... la musqiue, les clips, passé deux heures ce matin à regarder y*utube
tout est parti de cette chanson, avec laquelle je me suis réveillé ce matin, LE TRAIN FATAL, un sommet de chanson tragico-réaliste dont je voulais récupérer les paroles, et là je m'aperçois qu'il manquait un morceau dans la version qu'on connaissait jusqu'ici, celle de Bérard, (celui que j'ai repassé en rouge, qui vaut son poids de cacahuètes, et qui explique d'ailleurs un peu mieux les faits)

"Dans la campagne verdoyante
Le train longeant sa voie de fer
Emporte une foule bruyante
Tout là-bas, vers la grande mer
Le mécanicien Jean, sur sa locomotive
Regarde l'air mauvais Blaise, le beau chauffeur
La colère dans ses yeux luit d'une flamme vive
De sa femme chérie, Blaise a volé le coeur !!

Roule, roule, train du plaisir
Dans la plaine jolie
Vers ton bel avenir
D'amour et de folie
L'homme rude et noir qui conduit
Cette joyeuse foule
Sent de ses yeux rougis
Une larme qui coule
Des heureux voyageurs, on entend les refrains
Suivant les rails et son destin
C'est le train du plaisir qui roule

(Le pauvre Jean, perdant la tête,
Rendu fou par la trahison,
Sur son rival soudain se jette
Criant :"Bandit, rends-moi Lison !"
Le chauffeur éperdu fait tournoyer sa pelle
Jean lui sautant au cou, l'étrangle comme un chien
Et tous les deux rivés par l'étreinte mortelle
Tombent de la machine, abandonnant leur train !

Roule, roule, train du malheur
Dans la plaine assombrie
Roule à toute vapeur
D'un élan de folie
Les paysans, saisis, te voyant
Tout seul fendant l'espace
Se signent en priant
Et la terreur les glace !
Des heureux voyageurs on entend les refrains
Suivant son terrible destin
C'est le train du malheur qui passe .)

Tiens, la chose est vraiment bizarre
On devait s'arrêter ici !
Le train brûle encore une gare
Ah, ça, que veut dire ceci ?
Alors du train maudit, une clameur s'élève
On entend des sanglots et des cris de déments
Chacun revoit sa vie dans un rapide rêve
Puis c'est le choc, le feu, les appels déchirants

Flambe, flambe, train de la mort
Dans la plaine rougie
Tout se brise et se tord
Sous un vent de folie
Les petits enfants, leurs mamans
S'appellent dans les flammes
Les amoureux râlant
Réunissent leurs âmes
Pourquoi ces pleurs, ces cris, pourquoi ces orphelins
Pour un simple, un tout petit rien :
L'infidélité d'une femme !!!!"

(si vous voulez l'entendre, interprétée par Anny Flore,c'est )

du coup comme j'étais sur y*utube, j'ai eu envie de clips de Bashung, et comme les choses ici sont bien faites, je suis arrivé sur le mix que Mr Algorithme de Chez Y*utube avait concocté spécialement pour moi, avec des choses que je regarde souvent, d'autres que je ne connais pas, et d'autres encore que je n'ai pas du tout envie d'entendre ni de regarder...
je suis tombé sur quelques perles qui m'ont fait du bien aux oreilles et aux yeux :

SI BIEN DU MAL (clip spécial confinement) de Hervé
OU VA LE MONDE de La Femme
JE ME JETTE A TON COU de Gaétan Roussel
MONOGRAMME de Magenta
LENTEMENT de Bertrand Belin (avec Barbara Carlotti)
TOUT CE QU'ON VEUT DANS LA VIE de Louis Chédid
PUISQUE TU PARS (live) de J-J Goldman (qui me bouleverse toujours autant)
LA FORÊT de Lescop
TERRITORY de The Blaze
VIRILE de The Blaze
THE LOOK de Metronomy
BLEU SOUS-MARIN de Flavien Berger

(bon, et à un moment il faut avoir la force d'arrêter sinon on pourrait y passer la journée...)

*

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*

(midi)
mon infirmier vient de passer (très en retard, je commençais à m'inquiéter mais il m'a expliqué que ils avaient été débordés ce matin), et c'est en quelque sorte une visite de courtoisie, il a jeté un coup d'oeil à ma jambe, un peu à distance, pour lui les croûtes ont meilleure allure, l'oedème est lié à l'érysipèle, et donc, son (leur) intervention va s'arrêter là, il m'a recommandé de prendre les antibios jusqu'au bout, et de passer de la crème au moins deux fois par jour, et si d'aventure il y avait un souci, "ils" restent à ma disposition, je le remercie, et nous nous disons "pas au revoir" (comme avec l'autre infirmier) "ou alors dans d'autres circonstances..." Ba-baille donc les infirmiers! J'attends donc les résultats de mes analyses pour faire le point avec mon médecin...

*

(soir)

ouch! voilà ma philantropie qui revient au galop (je ne pensais pas mon estomac /mes intestins capables de produire de tels bruitages et sensations) mais bon , tiens, on va gérer...

*

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(à chaque problème sa solution)

*

16 février 2024

le mur

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LA ZONE D'INTÉRÊT
de Jonathan Glazer

Je suis allé spécialement à Besac pour le voir (en fait j'avais trois places qui arrivaient bientôt à expiration donc j'étais un peu obligé...), même si j'avais a priori plus envie de rester sur mon lit à ne rien faire en attehndant que ma cicatrice cicatrise...
Séance de 13h30 samedi : quelle surprise (heureusement je suis arrivé tôt) : une soixantaine de personnes sont venues s'asseoir dans la salle! Je suis même salué par les C., déjà installés, un couple ami spécialement venu de Vesoul pour l'occasion... J'ai rarement vu autant de monde à une première séance!
J'ai découvert le réalisateur en 2013 avec son sidérant UNDER THE SKIN, où Scarlett Johansson joue une extra-terrestre (même si je suis moins fan de la toute dernière partie du film). Mais bon celui-là, de par son thème je n'étais pas sûr sûr que ça allait le faire. Ca commence "fonctionnellement" avec plusieurs minutes (j'avais écris cinq, un critique en a compté trois, en tout cas c'est long) d'écran noir avec musique contemporaine ad hoc, sur laquelle on va entendre monter progressivement des chants d'oiseaux, qui accompagnent la première scène "visible" : une baignade familiale, (qu'on peut supposer dominicale), où l'on va faire la connaissance de Rudolf (le papa), Hedwig (la maman), et de leurs nombreux enfants (quatre ou cinq je ne suis plus sûr, mais ça n'a pas vraiment d'importance...).
Vie de famille : tous habitent dans une belle grande maison, avec un grand et beau jardin (c'est Madame qui s'en est occupée). Au fond du jardin il y a un mur, tout autour de la propriété, et, immédiatement derrière ce mur, ce qui ne sera jamais vraiment nommé, (ni montré) le camp d'extermination d'Auschwitz, dont Monsieur est directeur.
On n'en verra que ce qui dépasse au-dessus du mur : les toits des baraquements, une (ou des) cheminée(s), mais on en entendra par contre beaucoup plus (un travail extraordinaire a été fait (et revendiqué) sur la bande-son). La famille donc, vit sa vie, "paisiblement", sa vie de petite famille modèle, comme si de rien n'était. (Il sera quand même plusieurs fois question de fermer la fenêtre...).
Expérience particulière, qui ne m'arrive que rarement : j'ai vu le film constamment "de l'extérieur", depuis l'autre côté de l'écran, ayant conscience, pendant tout le visionnement ou presque, du public autour de moi, des autres spectateurs, en train de regarder ce qui se passait sur l'écran, de leur silence et de leur immobilité, d'être devant un film, mais refusant de rentrer dedans. En restant "à distance". Cela se produit en général lorsque je m'ennuie devant un film, que mon cerveau (ou mon corps) me font revenir fissa aux réalités et contingences de la salle de cinéma, mais là ce n'était pas le cas, je ne m'ennuyais pas, pas du tout, au contraire, puisque, formellement, le film est une réussite. Incontestable. Comme l'était UNDER THE SKIN. Et j'en reviens alors au bon vieux dilemne ("conversation de café du commerce" m'avait appris quelqu'un il y a longtemps) de la forme et du fond. de ce qu'on veut dire et de comment on le dit. Il serait davantage question de morale (ou d'éthique), et de réussir à comprendre ce que le réalisateur avait en tête, quel message il voulait faire passer, quelle réaction il entendait susciter (le "cahier des charges" de l'oeuvre). Plastiquement, il nous fait des propositions fortes. Intenses.
Et c'est en ça que je dis que j'en suis sorti (à la fin du film) en ne sachant pas quoi en penser.
D'autant plus que, lorsque les les lumières de la salle se sont -enfin- rallumées (le projectionniste nous a facétieusement laissés un peu dans le noir, et il se trouvait en bas de la salle pour nous en condamner l'accés, nous somme donc tous sortis à la queue-leu-leu, en file indienne, comme si nous n'étions pas encore tout à fait sortis du film (personnellement, il me faut, en général "un certain temps" pour revenir à la réalité (contrairement à, par exemple, ma copine Dominique), j'ai toujours besoin d'un genre de sas. Et la dernière partie du film ne fait rien pour nous laisser partir en paix. Au contraire.
Je n'avais pas envie d'échanger avec le projectionniste, qui, avant le film, m'avait fait part de son enthousiasme. Je demandais du temps.
Je suis reparti avec ces sentiments mêlés, ces interrogations, ces doutes, mais, tout autant cette fescination...

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 Je trouve l'affiche redoutablement efficace (efficacement redoutable)

7 septembre 2020

axolotl

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POISSONSEXE
d'Olivier Babinet

Un film que j'ai qualifié d'"amniotique", à la sortie, à la caissière interrogative du regard du Victor Hugo chéri. Un film avec beaucoup d'eau, en petit et en grand, des aquariums, de la plage et de la mer, avec aussi une baleine (la dernière) appelée Miranda, un couple de petits poissons (les derniers), prénommés Adam et Eve, et... un axolotl, baptisé Nietzsche, voici pour la faune...
Lui c'est Daniel (Gustave Kervern, tout comme j'aime) scientifique lunaire bossant dans un institut tentant de (re)donner aux poissons l'envie de se reproduire (et donc de s'accoupler), et, dans le privé, est décidé lui aussi à avoir un enfant (et donc à se reproduire), institut où bosse tout un aréopage de scientifiques tout aussi... lunaires que Daniel, sous la férule d'une maîtresse femme chignonnée et vaguement germanique (genre Ilsa la tigresse du goulag en version un peu plus soft, mais l'esprit demeure).
Elle c'est Lucie (India Hair, délicieuse), elle travaille dans le snack d'Eric (Alexis Manenti, qu'on est content de retrouver après Les Misérables) où Daniel vient breakfaster (un donut et un café) chaque matin,elle livre de la nourriture, et elle sait aussi réparer les stores...
Elle suit la progression de la baleine Miranda, qui se rapproche des côtes françaises, tandis que Daniel s'échine devant le bocal ou Adam et Eve semblent avoir du retrad dans l'allumage du désir... Le hasard va les faire se rencontrer, et, sur la plage, faire la connaissance d'un amphibien étrange (un axolotl! je crois que je n'en avais jamais vu en vrai) qu'ils vont prénommer Nietzche (c'est ce que le médecin a conseillé à Lucie pour lutter contre ses insomnies) et qui va se révéler doté de pouvoirs insoupçonnés (et, lui aussi, de l'envie de se reproduire...)
Amniotique, oui, aquatique, drôlatique, et fantastique aussi. Atypique aussi (même si la rime est moins riche). Une délicate fantaisie de plus de la part d'un réalisateur qui nous a déjà donné Robert Mitchum est mort et Swagger, tout de même, et nous plonge doucement, affectueusement, dans cet aimable bouillon, plus d'affect que de culture... Comme les protagonistes de l'histoire, on a le nez contre la paroi de l'aquarium, on observe l'eau bleue et les créatures marines qui y évoluent, l'histoire a la nonchalance et la grâce des anémones de mer. Mais comme dans tout aquarium qui se respecte, il est fatal qu'au bout d'un moment on finisse par tourner un peu en rond, et c'est aussi  ce que va faire le film, tant les enjeux narratifs sont infimes, (mais c'est vrai que, dans un aquarium, on n'a pas vraiment le choix, n'est-ce pas... Peut-être qu'on aurait juste souhaité parfois un truc un peu plus agité du bocal...)
Mais on ne peut s'empêcher d'aimer profondément ce film hurluberlu et doux qui prend le temps de s'écouler jusqu'à un dénouement sur la plage qu'on attendait/espérait depuis belle lurette (le début, en fait).

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19 août 2020

alerte rouge

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LIGHT OF MY LIFE
de Casey Affleck

Dans la salle 5, à 18h, on était trois pour la séance en V.O (à 7,50€, tout de même) pour ce film dont la bande-annonce, vue avec Dominique, m'avait donné plutôt envie de le voir. Ecrit et réalisé (et interprété) par Casey Affleck (à qui j'ai déjà tiré plusieurs fois mon chapeau : scénariste et acteur de Gerry (2002), acteur -sous un drap- dans A Ghost story (2017), réalisateur de I'm Still here (2010) le vrai-faux doc sur Joaquin Phoenix), qui est un jeune homme intéressant...
Qui se met donc en scène dans cette histoire d'un père et de sa fille, dans un road-movie post-apocalyptique (où la majorité des femmes ont disparu, emportées par une mystérieuse pandémie).
La bande-annonce est (un peu) menteuse puisqu'elle nous présente le film comme un genre de thriller vitaminé (avec la musique qui va avec), alors qu'en réalité le rythme du film est beaucoup plus... calme (plan-plan). (J'ai d'ailleurs regardé ma montre à plusieurs reprises). Centré sur la relation fusionnelle entre (je l'ai déjà dit mais je vais faire comme le film, insister) une fille et son père (qui est obligé de la faire passer pour son fils tant la denrée est devenue rare et susceptible d'attirer les convoitises testostéronées -on les parque dans des bunkers, dans des camps...-) Bien sûr on pense au film La Route (d'après le roman du même nom de Cormac mc Carthy) dont le thème -et l'affiche- sont tout de même assez voisins (cf plus bas)...
Le film va son petit bonhomme de chemin (on s'y déplace souvent à pied), dans un genre de faux-calme (le papa est vraiment attentif et sur la défensive, mais les menaces "réelles" ne sont pas si fréquentes...) mais les situations sont assez répétitives et, oui, on s'ennuie un peu (le regardage de montre est un signe, et j'ai même -o horreur- allumé mon téléphone pour chercher la durée du film, c'est dire...) Et , des fois, on souhaiterait que ça bouge (et vibre) un peu plus. Je pensais à cette expression qui m'avait ravi lorsque j'étais plus jeune : "c'est mou du genou..."
Par exemple, lors de la très loooooongue séquence d'ouverture (le papa et sa fifille sont sous la tente, et il lui raconte son histoire pour s'endormir, et ils ont beau être sympathiques tous les deux (critique pas très cinématographique : j'adore les BAB -barbus à bonnet- et Casey Affleck, je le reconnais, en est ici un magnifique spécimen, et justifierait à lui tout seul que je témoignasse au film une indulgence coupable, mais bon le plaisir des yeux ne fait pas tout, n'est-il pas ?), n'empêche que ça dure des plombes... Et celà se reproduira à plusieurs reprises, en fait après chaque découverte d'une nouvelle coquille vide dans laquelle papounet et fistonne vont jouer les bernard-l'hermite...
Un récit qui manque à la fois de racines et d'envergure.
Bref, un film pas indigne mais pas complètement enthousiasmant non plus (mais que je n'ai pourtant pas envie de descendre, eu égard à ses interprètes ,cCasey Affleck (BAB) et la jeune Anna Pniowsky, proprement époustouflant(e)...)

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ce film-ci

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... et l'autre

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père et fil(le)s

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l'autre film

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celui-ci

 

2 août 2020

bretagne 2020

à partir de Rennes c'est de la quatre voies / sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés... / Pors Theolen / le ricoré en sticks / huile d'argan / Port de Brezellec /  la Bretagne est passée au rouge / aire de la Réserve / le jean de mécanicienne / ça colle sur le plan de travail / aire de la Mayenne / les ports-abris / un galet en coeur / les fruits secs ça fait péter / on dirait un eskimo / le yucca géant / c'est pas des tomates, c'est des gratte-cul! / aire de la Ferté-Bernard / Pointe du Van / le joli bol avec les poissons / les moules-frites / tu montes devant ? / Pointe du Raz / la chaise pliante bleue / les verrines pour Pacoune / le drap-housse qu'on a dû se mettre à trois pour l'enfiler correctement / Baie des Trépassés / le tarot mexicain / le barbu / tu restes là, Robert ? / Pont-Croix / moi je monte pas là / la fouine / le sentier côtier / Le Safran / les hortensias / j'ai le vertige / petite rue chère / grande rue chère / j'ai perdu ma carte / j'ai mangé un vieux fjord / qu'est-ce qu'on fait des bananes ? / le café bio sur l'autoroute / dans la petite poche de mon gilet / chez Alain / la crêpe caramel beurre salé / marcher dans la mer / j'ai fini mon bouquin / la balnéo et les sables mouvants / la Rose de Berne et la Noire de Crimée / la Dorée bio (à 0,99€) / du thé noir english breakfast mais pas aromatisé à la bergamotte / le chouchenn / le Vespetro / les poissons fumés / les sardines / les gènes de la vaisselle et du ménage / les parties de scrabble pendant que Catherine se lavait les pieds / dzo / woh / qing / be et ba / ça, ça va au compost ? / Les pilleurs d'épaves / la lumière des phares la nuit / crumble chaud de sardines / tu as déjeuné à quelle heure ? / la camionnette verte pas garée devant chez Claude / la grosse mouche quotidienne / on aurait du prendre du vinaigre de cidre bio / les fauteuils suspendus / la sophrologie / les bulles de lumière / le galet en raie des fesses / on se pose un peu pour lire au soleil ? / le kouign amann individuel à 3,80€ / je cherche une boîte à sel / vous avez vos masques / (Mael est-il malade ?) / je t'ai entendue ronfler / les yaourts Malo (nature ou citron) / y avait du monde comme un 14 juillet sur les champs-élysées / le réveil à 6h le dernier matin / le zesteur / le lieu jaune fumé / Audierne / la fausse boîte à sardines avec de la friture dedans (mais bio) / comme une envie de tablette (mais pas concrétisée) / Joe de Larry Brown / les salades de tomates fleuries de Catherine / je vais faire le café / c'est surtout que j'étais fâchée avec ma soeur / Le lambeau de Philippe Lançon / je vous ai fait des crêpes à emporter / je vais aller arroser / Seules les bêtes de Colin Niel / Monsieur Papier / je vais prendre un cidre / Le grand marin de Catherine Poulain / c'est couvert / ça va se lever / c'est juste un grain / la boulangerie rouge et la boulangerie jaune / Plogoff / Cleden / les vieilles cartes postales (merci Alain!) / le risotto aux courgettes / le Viognier / les agapanthes au coin de la terrasse du bistrot de Pors Theolen / les jeunes gens qui sautent dans l'eau et gambadent dans les rouleaux / t'as photographié les trous-du-cul ? /des capsules de bière pour Christine / il faut que j'enlève mes lentilles / Pors Loubous / est-ce que vous auriez du shampoing ? / les trémières / le beurre blanc / la Pointe du Millier / le Moulin par la grande Boucle / les coins-à-pipi / qu'est-ce qui fait tourner la roue du moulin ? / qu'est-ce qu'on mange à midi ? / on s'arrête à la prochaine aire ? / la musique du vent dans les goulots des canettes sur la terrasse de Pors Theolen

(à propos d'une semaine délicieuse en Bretagne, tout là-bas, avec deux colocataires tout aussi délicieuses...)

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(regardez bien la petite poche...)

19 juillet 2020

anosmie

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LES PARFUMS
de Grégory Magne

Oh le charmant film. En ce moment, j'ai (re)pris le rythme d'un film par jour, et cet aprèm' c'était celui-ci (encore une fois on était peu dans la salle). Une romcom (comédie romantique)à la française, qui tient ses promesses : un couple vedette bien sûr soigneusement désassorti  : Emmanuelle Devos, que j'aime toujours autant,  impériale en diva réfrigérante, face à Grégory Montel, découvert dans Dix pour cent, toujours aussi craquant dans le rôle du mâle à poil dur mais au coeur tendre, bref super nounours contre super nez. (Allez-y vous comprendrez).
Tandis que ces deux-là s'apprivoisent de charmante façon, elle de son côté affronte son agente (elle a perdu son nez) tandis que lui a plutôt affaire à la juge, pour récupérer la garde de sa fille une semaine sur deux, et, vous vous en doutez, chacune des histoires finira bien (je ne spoile rien du tout, hein), sous la bénédiction tutélaire de Gustave Kervern par ici et de Sergi Lopez par là (tous les deux sont formidables, comme d'hab). Mais pas forcément comme on aurait pu le croire. Anne (Devos) et Guillaume (Montel) vont se rapprocher de plus en plus, mais comme les petits hérissons : assez près pour se réchauffer, mais assez loin pour ne pas se piquer. Pas de baisers fiévreux, pas d'étreintes farouchement passionnées, non. Il sera juste question d'amitié, et ce n'est pas si fréquent.
Bref un film pudique et élégant.
Dominique m'avait dit avoir été un peu déçue, mais je me suis dit qu'on n'avait pas forcément les mêmes goûts, hein, et donc j'ai bien fait puisque moi, je ne l'ai pas été et que je suis sorti de la salle plutôt réjoui.
Et puis ce n'est pas tous les jours qu'un film utilise l'anosmie (dont je souffre depuis un certain temps) comme ressort dramatique.
En plus, Gaétan Roussel a composé une jolie musique, qui ressemble au film.
Et à la fin, quel bonheur, Grégory Montel a retrouvé sa barbe...

QMTBO

 

1 juin 2021

mai 2021

samedi 1er

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ma jambe en l'état

dimanche 2

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"la plume, dit-on, est plus puissante que l'épée."

lundi 3

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à Monop

mardi 4

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l'heure de la chicorée

mercredi 5

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bouquet d'arum séché

jeudi 6

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du film
Martyr

vendredi 7

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la lune

samedi 8

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colza forever

dimanche 9

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d'un repas qu'on dirait quasiment printanier

lundi 10

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Kiarostami reframed sur ma télé

mardi 11

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rue Georges Genoux

mercredi 12

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retour à Repr* System

jeudi 13

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repas ton sur ton

vendredi 14

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petit repas pour fêter l'annonce que je suis diabétique

samedi 15

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les nouveaux voisins d'en face

dimanche 16

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à Cuse

lundi 17

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cablage

mardi 18

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Antidisturbios

mercredi 19

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première terrasse avec les copines

jeudi 20

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au 12...

vendredi 21

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tea-time chez Co & Pépin

samedi 22

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je ne sais pas comment il a fait pour arriver là...

dimanche 23

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aux Bâties

lundi 24

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Karl

mardi 25

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en revenant des courses

mercredi 26

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(P38 1)


jeudi 27

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(P 38 2)


vendredi 28

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fleurs d'ail chez Catherine

samedi 29

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(P 38 4)

dimanche 30

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(P 38 5 et fin)

lundi 31

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ma jambe en l'état

 

17 juillet 2020

"est-ce que je suis un connard?"

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LA CRAVATE
de Mathias Théry et Etienne Chaillou

Ces deux-là, ils m'avaient enchanté avec leur premier film, La sociolgue et l'ourson (2016), un doc sur le Mariage pour tous (et les remous sociétaux que ce projet de loi avait suscités) mais réalisé uniquement avec des ours en peluche, des poupées et des jouets. j'avai tellement aimé ça que je l'avais mis dans mes films de l'année...
Et les voilà qui reviennent avec un projet centré sur un autre genre de nounours, un jeune militant fn (j'ai vraiment du mal à mettre des majuscules sur ce sigle-là) et son parcours au sein du parti en question (de la même façon, je n'avais pas voulu mettre l'affiche du film sur notre prog, parce que je ne voulais pas y laisser figurer le visage -même flou- de la cheffe actuelle du parti en question...).
Le film met en place un dispositif plutôt astucieux : un fauteuil dans lequel va s'asseoir le jeune homme, à qui on confie le script de ce que va être le film (d'après les éléments biographiques qu'il a au préalable confiés lors d'entretiens aux deux réalisateurs), et nous retrace donc toute son histoire personnelle au sein du susdit parti.
Mais le jeune homme ne fait pas que lire et commenter, on le voit en action, puisqu'il a aussi été filmé par les deux réalisateurs et la présence de la caméra, en principe invisible par définition, est à plusieurs reprises soulignée notamment par les "supérieurs" du jeune homme, (très) méfiants dans un premier temps, puis capables de mettre un frein à leur discours pour rester conformes à ce à quoi voudrait faire croire l'entreprise dite "de dédiabolisation" (le loup déguisé en grand-mère).
Et c'est un peu le paradoxe de l'entreprise que de réussir à nous le rendre sympathique, ce jeune homme, parce que d'une sincérité désarmante, malgré (ou à cause de) la foi indéfectible qu'il porte aux idées de son parti. Et la prise de conscience progressive qu'il ne pourra jamais, hélas, parvenir aux hautes destinées politiques qu'il avait espérées au sein dudit parti... (la cravate et le costard ne suffisent pas).
Et je suis très reconnaissant aux réalisateurs d'avoir eu la présence d'esprit de couper systématiquement le son (j'adooooooore...) des orateurs/trices  lors des scènes de meetings et autres  grands-messes efféniennes, en se concentrant surtout sur les réactions du public.
Un film malin, honnête, un film "juste", quoi...

 

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l'affiche

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le jeune homme (le dispositif)

30 juin 2020

il était un foie...

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UN FILS
de Mehdi M. Barsaoui

Le retour au "vrai" cinéma ne s'est pas fait dans le bôô d'ici comme je l'avais supposé mais très loin, dans un autre (très) beau cinéma, le Rex à Nogent-le-Rotrou, avec Dominique et Malou. Premier point positif : on peut se garer juste devant (et c'est bien parce que, un peu à cause de moi on était ric-rac pile à l'heure). On a mis nos masques (obligatoires) on a payé nos places (6,80€) et on est entré dans la salle, qui était entièrement vide. (On s'est installés serrés en plein milieu).
Un film que j'aurais pu voir en avant-première quand le monsieur du Festival Lumières d'Afrique était venu le présenter dans le bôô cinéma justement, quelques mois auparavant (mais je n'avais pas pu).
Un film dense et triste ("Mais avec quand même un happy-end..." avait rajouté Malou) qui démarre avec un jeune couple (une joyeuse petite famille plus exactement, papa, maman, fiston) en voiture qui chante à tue-tête et rigole joyeusement en choeur sur la route de Tataouine, on pressent qu'il va arriver quelque chose, et le quelque chose de terrible se produit : une embuscade de terroristes (?) dans laquelle le fiston est gravement blessé...
On le conduit à l'hôpital où les ennuis vont commencer vraiment...
C'est la seule chose que je pourrais reprocher au réalisateur, c'est qu'il a voulu un peu trop en mettre, sur les problèmes de la Tunisie aujourd'hui, à travers ce couple qu'on trouvait au début si joli et si joyeux (et si insouciant), sur lequel vont dégringoler à peu près toutes les misères du monde... paternité, religion, poids des traditions, trafic d'organes, guerre, et bim et bim et bim comme on dit par chez nous "ça tombe comme à Gravelotte..." et c'est le papa (joué par un excellent Sami Bouajila qui y a d'ailleurs gagné un Prix d'Interprétation à Venise) qui est au centre de la tourmente... Et il va avoir fort à faire pour que le film finisse bien. Mais comme il est très fort il va y arriver...
Malou, Dominique et moi  étions tous trois attentifs, concentrés, tenus en haleine, et personne n'a fermé le moindre oeil pendant le film, ce qui est plutôt bon signe...
Un très bon premier film, qui va nous donner envie d'attendre le suivant de Mehdi M. Marsaoui...

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30 mai 2020

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"Le passage de la France entière en zone verte – sauf l’Ile-de-France – prélude à sa mise au vert, est donc accueilli comme une excellente nouvelle. Une levée d’écrou. Certains marxistes attardés diront encore que l’on choisit l’économie contre la santé. Faible critique : on choisit en fait la vie contre son atrophie. Qu’est-ce que la vie, en effet, sans école, sans cafés, sans restaurants, sans cinémas, sans magasins, sans voyages, sans réunions de famille, sans dîners entre amis, sans relations professionnelles sinon par des écrans ? Une vie en cage. Cette cage est désormais ouverte, pour l’essentiel. La liberté reprend ses droits, avec des angoisses, ses contraintes, avec la responsabilité, qui est sa condition d’existence, mais avec sa grandeur, qui consiste à affronter la vie sans tuteur ni sauveur suprême." (Laurent Joffrin / Libé)

*

Grâce à LibéCulture suis allé de bon matin... Quelle exquise façon de commencer la journée que de regarder cette représentation de La Cerisaie, mise en scène par Peter Brook, en 1981 -en ce temps-là je ne me souviais ni de Tchekhov ni de Peter Prook-, avec un casting irréprochable (et la curieuse duplication créée par mon propre souvenir d'une autre Cerisaie, celle de Bussang, en 2002, "il y a longtemps...")

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"La vie est passée, c'est comme si je ne l'avais pas vécue..."

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Connaissez vous le bostock ?

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j'en raffole...

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"VAILLANT GINGEMBRE
Il faut bien l’avouer, parfois, le bio nous enquiquine. Trop cher, trop snob, trop élitiste dans des boutiques où l’on vous vante des produits ultra-marketés pour notre égotisme. Et puis il arrive que le naturel revienne au galop sans crier gare. Durant le confinement, on a ainsi oublié un bout de gingembre fripé dans un recoin de la cuisine. Et voilà que l’autre jour, on le retrouve, rhizome pimpant en train de nous faire des pousses vertes. Il avait vécu sa vie tout seul en brave petit soldat du bio, non traité à l’inhibiteur de croissance et de germination avec lequel, ailleurs, on asperge par exemple les patates. On a replanté notre gingembre en pot, lui souhaitant longue vie en se disant que le bio, mais aussi que le laisser-faire, a du bon. Ce printemps, on a ainsi vu s’épanouir les herbes folles en des lieux habituellement policés par la main de l’homme. Aujourd’hui, d’aucuns s’empressent de ratiboiser ces friches en fleurs et de tailler au cordeau les haies et autres buissons qui avaient pris leurs aises. C’est d’autant plus dommage qu’un rond-point fleuri par les marguerites est beaucoup plus chatoyant qu’un cercle d’herbes rases cerné de bitume. Il attire aussi une foultitude de petites bébêtes qui ont bien besoin de jachères inattendues pour leur survie. Alors laissons faire la nature plutôt que d’encourager la course morbide des SUV le long de routes, de rues et autour de ronds-points rasés comme un appelé de contingent. Sinon ce sera l’impasse, comme celle de la poubelle où nous aurions eu tort de jeter notre bout de gingembre si vivant. ♦︎" (Jacky Durand / TU MITONNES / Libé)

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(deux aigrettes avec finalement et tête-en-l'air)

finalement les gens sont très honnêtes (et moi très tête-en-l'air) : ma voiture est restée stationnée pendant au moins deux jours dans la rue avec la vitre passager complètement ouverte -côté chaussée-, et rien n'a été touché dedans! (heureusement, il n'a pas plu non plus)

*

ces cerises que j'hésitais à acheter parce que je les trouvais plutôt chères, finalement j'ai bien fait de les prendre : la caissière (un peu tête-en-l'air) a oublié de me les facturer (alors que je lui avais pourtant posé la question)

*

37 (O)
27(N)
77 (H-S)
148 (D)

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(un truc étrange : que voyez-vous au dessus ? rien, enfin je pourrais dire "un carré blanc sur fond blanc", et c'est une assez exacte représentation (figuration) de ce qui reste de ces presque deux mois de conconfinement : rien
de ce temps confisqué, configuré, congelé, confit, l'esprit ne conserve (!) qu'un espace vide, un intervalle de néant, il ne s'est rien passé, rien n'est arrivé, et c'est donc normal qu'il n'en reste rien (a priori)

*

30

J+19

 

 

26 avril 2020

CCCC41

Screenshot_2020-04-24 Liseuse - Libération
Si on m'avait dit qu'un jour Libé titrerait sur la vacance...
(ah, la vacance...)

*

sixième semaine et demie... chacun(e) s'est installé(e) dans sa zone de confort de confinement, le rythme affolé des premiers temps s'est ralenti, apaisé, le temps passe mais comme si pas vraiment, on est installé chacun dans le hamac de son existence, suspendu, indolent, à regarder au ciel les nuages passer, la terre tourner, et le téléphone aussi sonne moins souvent, avec moins de frénésie que dans les premiers jours, où on l'avait à coeur de confirmer aux autres qu'on existait, et par là même qu'eux aussi nous le confirment

*

tiercé-libé du jour : il fallait jouer
1) Philou (8h18)
2) Catherine (11h13)
3) Yvain (11h31)

*

"Cette enquête révèle que plus d'un Français sur dix (13%) considère avoir été infecté par le virus. Mais rien n'est moins sûr. En effet, seuls 1% d'entre eux ont été diagnostiqué par un test de dépistage, 3% déclarent avoir eu des symptômes et consulté un médecin, 5% disent avoir ressenti les symptômes mais n'ont pas consulté et 3% n'ont pas eu de symptômes mais sont persuadés avoir été contaminé.
Par ailleurs, plus d'un sondé sur six (17%) affirme avec certitude avoir été en contact avec une personne diagnostiquée par un test de dépistage.

Les sondés estiment par ailleurs bien respecter les gestes barrières, essentiels pour limiter la propagation du coronavirus. 87% des personnes interrogées assurent pas serrer la main, ni embrasser leurs proches, 85% évitent les regroupements, 72% maintiennent une distance d'un mètre avec les autres personnes. Néanmoins, seuls 68% se lavent les mains plusieurs fois par jour à l'eau et au savon, 67% utilisent des mouchoirs à usage unique et 55% toussent ou éternuent dans leur coude ou un mouchoir. 

Certains gestes, comme l'utilisation du gel hydro-alcoolique (20%) et le port de masques (6% tout le temps, 15% souvent), sont encore moins systématiques mais s'expliquent également pour des raisons liées à leur faible disponibilité." (actu.orange)

*

quarante-et-quelquième jour de conconfinement et si j'avais respecté les prévisions que je m'étais faites tout au début (chaque jour un livre chaque jour un film) je devrais en être donc peu ou prou à mon quarante-et-quelquième bouquin (les films je n'ose même pas en parler j'y reviendrai plus tard), mais que nenni point du tout je dois en être au quatrième à tout casser (je parle des vrais livres en vrai papier avec des vraies pages qui se tournent, je ne compte même pas par exemple les petits bouquins en pdf de chez gallimarduche de la collection Le chemin (d'élégants opusculets de 12 pages, que je télécharge et stocke comme un écureuil les noisettes pour l'hiver (comme pour les chroniques de Pierre-Emmanuel Barré -- (y êtes vous allés ?) il y en a un nouveau chaque jour et ils sont numérotés, chez Le Chemin on en est au n° 13 (Aux enfants de Noé, de Jacques Réda, en date du 24 avril) tandis que chez Barré on en est au 43 -j'ai tout regardé, j'adore ce mec, je le redis et je vais fermer là cette parenthèse digressive je dirais même folâtreuse, qui s'en va (dis)courant gaiement dans les hautes herbes, puisqu'à l'origine je voulais vous parler de Terry Pratchett, je ferme donc là pour passer à la phrase suivante.
Terry Pratchett, donc, et Les Annales du Disque-Monde.
j'ai lu de la SF quand j'étais jeune, pas mal, beaucoup même, et d'un coup ça s'est un peu tari, les vieux ne m'intéressaient plus et les jeunes ne m'intéressaient pas, j'avais un peu de mal avec l'heroic fantasy (j'ai dévoré le trilogie de John Varley, Titan / Sorcière / Démon qui n'en était peut-être pas vraiment, et j'ai bien aimé aussi des bouquins de Orson Scott Card, que m'avait fait découvrir Régis et puis l'intérêt s'est tari et je suis passé à autre chose...)
Et puis voilà que le rédacteurenchef de mon blog de polar préféré, qui m'a fait découvrir tant de belles choses (Hiaasen, Dorsey, Haskell-Smith, Larry Brown -je lui dois quelques belles fières chandelles) revenait avec insistance sur le plaisir que lui procurait la re-lecture des volumes de la série (commencée en 83, il y en a à présent une quarantaine) et donc, mine de rien, j'ai commencé à acheter par-ci par-là les bouquins de cette série, en essayant de commencer par les premiers... et donc conconfinement aidant voilà que je m'y suis mis.
J'ai commencé par le premier :

La_Huitieme_Couleur

C'est une écriture très dense, qui décrit par le menu un univers complètement délirant et loufoque, (furieusement loufoque), avec tout l'éventail des créatures requises pour ce genre d'aventures (un mage raté, des voleurs de grand-chemin, des dragons, des dieux qui jouent à des jeux de société, un coffre qui marche, une épée qui parle, et j'en passe... et c'est magnifiquement drôle...

*

Screenshot_2020-04-25 Coronavirus qu'est-ce que le stop and go , l'une des stratégies à l'étude pour gérer l'après 11 mai

*

espoir
  1. 1.
    Fait d'espérer, d'attendre (qqch.) avec confiance.
    J'ai le ferme espoir, j'ai bon espoir qu'il réussira.
    Synonymes :
    espérance
    • C'est sans espoir
      c'est désespéré.
    • Ses espoirs se sont réalisés
      ce qu'il espérait.
    • Personne sur laquelle on fonde un espoir.
      Vous êtes notre seul espoir.
  2. 2.
    Sentiment qui porte à espérer.
    Être plein d'espoir.

*

O : 27
N : 22
H-S : 66
D : 112

*

26

J-15 ?

*

 

23 avril 2020

CCCC38

Et hop! Sixième semaine! on a déjà fait le plus gros (hihi c'est le cas de le dire) Bon on s'emmêle un peu dans les comptes vu qu'on (= je) avait tablé sur un cocofinement de 10 semaines comme in China, et que le 11 mai ça ne fera "que" neuf semaines, où l'école reprendra un peu pour certain et pas trop pour d'autres (et voilà que on réutilise ce terme délicieux de "rentrée échelonnée"... mais qui là fait un peu froid dans le dos, vu que, comme dans un dessin de Willem, des petits personnages courent dans tous les sens, affolés, en criant "on reste calme! on reste calme!" s'apostrophant, postillonnant, se contredisant, en criant de plus en plus en plus fort "ON SAIT! ON SAIT CE QU'IL FAUT FAIRE! ON SAIT CE QUI EST BON POUR VOUS! CROYEZ NOUS!" alors que nous (= le peuple, les gens, vous, moi) on les regarde, un peu sidérés, passer en courant, dans un sens puis dans l'autre, depuis les fenêtres de nos appartements (on peut ouvrir les fenêtres ou pas ?) et (cette dernière parenthèse fut démesurée et confuse, un peu comme certain discours de certain premier ministre) non seulement l'école (on parle des GS, des CP et des CM2 pour ce qui concerne le primaire) mais aussi certains magasins (lesquels ? lesquels ? bah celui-ci là, et peut-être celui-là tiens, mais pas celui qui est entre les deux...) selon le même principe de galopades, de confusion, d'approximations et de contradictions...
Bon moi le 11, je ferai comme si rien du tout. Comme si de rien n'était du tout. J'attendrai la semaine du 18 (la dixième semaine) où mon cortex m'enverra alors des ondes positives et mon cerveau sera comme un gros chat qui ronronne.

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slip masque

slip masque 2

 (désolé les filles je n'ai que la version "garçon")
(et je précise , comme Coralie me l'a conseillé, que c'est moi qui ai fait le bidouillage tout seul avec mes petites mains)

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pappus (on devrait dire "pappi") ou aigrettes :

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(enfin, des petits machins de rien qui s'envolent dans le vent...)

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la livraison des courses de Super U ce matin a été effectuée par un jeune homme souriant et barbu aux yeux clairs, avec un bermuda fleuri et un petit tatouage sur l'intérieur du poignet, il s'appelle Romaric (et j'ai même son 06, quand il m'a appelé pour me prévenir de son arrivée), il a porté tous les sacs d'un coup, il n'avait pas de masque mais je ne me souciais pas des distances de sécurité

*

ce matin, en dessous de la boîte aux lettre trois petites crottes disposées en triangle dont Nelly (ma propriétaire), pelle et balayette en main, m'a assuré qu'il s'agissait de crottes de fouine(s), et que ce n'était pas la première fois qu'elles venaient là pour ce faire

*

ils sont très réactifs à Libé, j'ai écrit la semaine dernière pour leur dire que j'avais changé d'avis et que finalement je voulais de nouveau l'avoir dans ma boîte, et hop! ce matin il y était

*

c'est la première fois que j'enregistre un arbre en train de craquer, de façon répétitive, comme s'il exprimait sa souffrance (d'ailleurs il a été dument sanglé pour ne pas s'ouvrir complètement)

*

je suis allé à pied jusqu'au Super U pour chercher du gel hydro-alcoolique de production locale (la distillerie de Fougerolles) dont Nelly venait de m'annoncer l'arrivage (dilemne : quelle case cocher sur l'attest' ?)

*

oui, quand je vais faire les courses à pied (hihi), je suis tellement flippé que je dois marcher trois fois à ma vitesse habituelle

*

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Il y a cette fleur solitaire qui a poussé de l'autre côté de la rue,  en face, juste sous la fenêtre de droite des gentils gays du rez-de-chaussée ... Je me demande si ce ne serait pas par hasard un clin d'oeil botanique... Dis, Philou, ça serait-y pas du colza, par hasard ?

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Orne : 27
Nièvre : 21
Haute-Saône : 62
Doubs : 99

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22

(Tintin en Turquie)

 

J-18

 

19 avril 2020

CCCC34

l'esprit des murs (?) :

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(comme en ce moment ils n'en ont plus guère, d'esprit, les murs, je suis allé un peu fouiner pour vous en dégoter queq'z'uns...

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(jouons un peu avec le dictionnair

a comme asphyxie, asthme
b comme bronchite, bronchite asthmatiforme
c comme cocovirus, coryza
d comme détresse respiratoire
e comme emphysème, essoufflement
g comme grippe
i comme influenza
l comme laryngite
o comme oedème pulmonaire
p comme pleurésie, pneumonie
r comme rhinite, rhume
t comme toux, trachéite, tuberculose

...oui ça m'obsède un peu)

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l'esprit des murs :

Taxol-ad-Lobica

*

"Cocovirus : les enfants sont-ils moins vecteurs de la maladie qu'on ne le pensait ?" (franceinfo)

alors là quelle coïncidence, non ? c'est drôle de poser la question en ces termes justement maintenant, à trois semaines et quelques de la réouverture annoncée des crèches, écoles maternelles, écoles primaires etc. Qu'est-ce que ça tombe bien!

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l'esprit des murs :
(celle-là je l'ai vraiment vue affichée, et j'avais mis du temps pour la comprendre...)

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rubrique gastro

(exprès pour Dominique)

Screenshot_2020-04-18 Bouffons la vie contre le Covid-19 des asperges blanches panées

asperges blanches panées :

"Elles sont du genre à prendre leur temps. A ne pas trop se presser à mettre leur nez, ou leur tête, dehors. Ça les ferait rire, sans doute, de nous voir paniquer à l’idée de rester confinés encore quelque temps, elles qui mettent trois ans à pousser. Chaque année, l’arrivée des asperges dans nos assiettes est une source de réjouissance. Elles sont le signe du printemps qui s’installe et de l’été qui arrive. Les vertes, on les sert avec une vinaigrette comme Guy Savoy, on les cuisine en risotto, on les fait gratiner "à la milanaise", on les habille de coppa émincée et de copeaux de parmesan.

Quant aux blanches, le chef Taku Sekine, dont on vous a déjà donné la recette de crème caramel à tomber, livre cette recette d’entrée, facile et rapide à réaliser. Pelez des asperges blanches, passez chacune d’elles dans une assiette de farine, puis une assiette d’œufs battus, puis dans une assiette de chapelure (toute faite ou que vous pouvez réaliser vous-même en passant du pain rassis au blender). Faites-les frire dans de l’huile, dans une poêle pas trop remplie (il est inutile d’utiliser un contenant trop profond ou de mettre trop d’huile)."
(Libé / Tu mitonnes / Kim Hullot-Guiot / recette du jour)

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jouer au(x) con(s)
(plus ou moins) finement

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erreur 404

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(de bonnes nouvelles d'allemagne)

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(german soldiers)
la fin du confinement ? (hihihi)

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aujourd'hui un peu a minima
hier matin c'était les courses, le stress en 55' chrono
du coup ce matin c'était relâche, repos, tranquillou, relax
et la journée pareil (ni télé ni téléphone)
je ne suis même pas sorti pour aller au jardin joli
beaucoup joué au scrabble sur le ouaibe
et c'est à peu près tout
(cuisiné, quand même : une salade d'agrumes, un cake au citron et à l'huie d'olive,
la prochaine fois j'ai envie de tenter la préparation d'une brioche)
le train-train, quoi
l'acmé de ma vie sociale a eu lieu aux environs de 18h : j'étais assis devant la fenêtre ouverte, au téléphone avec Dominique, j'ai vu dans la rue passer les K. (nous sommes presque voisins), qui remontaient la rue pour leur promenade vespérale (et je suppose dûment attestationnée), nous avons échangé quelques mots, j'ai repris ma conversation avec Dominique, à nouveau assez vite tinterrompue par l'arrivée en contrebas de Coralie et Pépin, qui descendaient la rue pour leur promenade vespérale, et m'apportaient la grosse miche qu'ils avaient gentiment acheté pour moi à la biocoop.

*

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*

Orne : 23
Nièvre : 14
Haute-Saône : 58
Doubs : 93

*

18

J- 23 ?

(mais bon ça dépend pour qui...)

19 février 2020

laver le carrelage

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ROMA
d'Alfonso Cuaron

(petite larme d'émotion : mon premier film Netflix, hihi). Un beau film en noir et blanc, primé à Venise en 2018, et bardé de médailles et de récompenses, 3 Oscars tout de même!). Un plan d'ouverture impressionnant dans son minimalisme et sa répétitivité (un sol qu'on lave à grande eau, en gros plan, le reflet sur ce sol mouillé d'une fenêtre, et dans le rectangle blanc, un avion qui passe... Tout pour me plaire.
Le film entier sera à l'image de ce premier plan-séquence : virtuose, brillant, impeccable, irréprochable. Cuaron nous raconte l'histoire d'une famille bourgeoise à Mexico dans les années 70, famille au service de laquelle travaille la jeune fille qu'on va découvrir, à la fin du générique, en train de laver le sol... Elle s'appelle Cleo, et c'est un peu son histoire qu'on va suivre, parallèlement à celle de la famille qui l'emploie. Cuaron ne cache pas que le film est autobiographique et que sa matière provient des propres souvenirs du réalisateur.
J'ai été en même temps, comment dire, subjugué et un peu déçu.
Le film est long (2h15) et j'ai fractionné son visionnement parce que je le regardais toujours le soir, et comme chaque fois que je m'assoie sur le canap' devant la télé, eh bien irrémédiablement je m'endors, et donc, à chaque fois (j'ai du le regarder en quatre ou cinq fois) je m'endormais devant (une des premières fois, je me suis réveillé en sursaut -sixième sens ?- devant une scène splendide de QV -une démonstration d'arts martiaux en chambre, si je me souviens bien...).
Oui, le film est absolument magnifique, et pourtant je m'y suis un peu ennuyé.
Comme s'il avait quelque chose de désespérément parfait.

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3 janvier 2020

les citronniers

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IT MUST BE HEAVEN
d'Elia Suleiman

Le "dernier film de l'année", ça n'est pas rien... C'est souvent une surprise (quelquefois, un film dont je ne connaissais rien quelques heures auparavant), quelquefois une confirmation, ici un souhait, là un hasard, en tout cas, presqu'à tous les coups un grand bonheur. C'est le dernier mot du livre, la cerise sur le gâteau, déjà bien décoré, du Nouvel An, l'étoile joliette qu'on pose -en dernier- tout en haut du sapin de l'année cinématographique, le, bref, une place qui se mérite.
C'est pour ça que, lorsque j'avais vu que le film d'Elia Suleiman était programmé, dans le bôô cinéma, pour la semaine du 25 décembre au 1er janvier (de fête à fête, donc), je m'étais dit que a) ce n'était peut-être pas la semaine de l'année la plus propice à lui assurer une visibilité optimale, b) ce serait donc probalement le dernier film que je verrais de l'année et c) qu'il allait falloir faire fissa pour rentrer du Perche joli où je passe -rituellement- les fêtes de Noyel puisque la dernière séance en était programmée le lundi 30...
Ce qui fut fait. A ving heures et quelques j'étais dans la salle, pour cette dernière friandise cinéphilique de l'année. Ce que le film est précisément. Une gourmandise. Elia Suleiman, on l'aime depuis son premier film (Chronique d'une disparition, 1996, qui, étrangement, a justement disparu de la filmo du réalisateur sur allocinoche) qu'il était venu présenter à Vesoul (et il avait voyagé en compagnie d'Amos Gitaï qui venait lui aussi présenter un film...) et tous les deux avaient d'ailleurs co-réalisé à cette occasion un film qui s'appelait Guerre et paix à Vesoul...
Vingt-trois années plus tard, revoilà notre palestinien préféré, toujours devant et derrière la caméra. Qui récolte ce qu'il s'aime. C'est un univers particulier, spécifique, suleimanesque pourrait-on dire, où Elia Suleiman réalisateur filme Elia Suleiman acteur dans le rôle d'Elia Suleiman personnage. Triple jeu. Comme le film, divisé lui aussi en trois parties, la première à Nazareth (Palestine), la seconde à Paris et la troisième à New-York, carrément. On l'a dit et je le redis, il y a du Tati dans le personnage que s'est composé E.S. Le chapeau de paille, l'impassibilité (qui relèverait, elle plutôt du keatonien) et les yeux grands ouverts derrière les grosses lunettes, il observe. L'environnement immédiat, le quotidien, ce qui se passe , juste devant lui (histoires de voisins), l'état du monde auquel il assiste. Les autres parlent mais pas lui. Il est juste témoin, témoin de scènes drôles, décalées, délicieuses, impeccablement cadrées et mises en scène (et en image), qui se succèdent (cohabitent) se télescopent même parfois. Qui surprennent, font sourire, émeuvent, questionnent, Le spectateur qui est, bien souvent, aussi ébahi que le personnage qu'il oberve en train d'observer.
J'ai beaucoup ri devant ces histoires improbables, absurdes, nonsensiques mêmes parfois, qui savent cacher leur jeu, ces petits riens narratifs qui en disent beaucoup plus long que ce qu'ils prétendent juste montrer. Cette apparente candeur, cette façon de voir mine de rien, qui sait pourtant pointer du doigt, par exemple, l'omniprésence policière, le bras armé de la loi (et l'obsession sécuritaire) en la chorégraphiant (que ce soit à Nazareth, à Paris, ou à New-York, Ouh ouh méfions-nous les flics sont partout...).
Oui, le film est jouissif, comme l'a dit Hervé en sortant (nous avions tous de larges sourires et des petites étoiles qui clignaient dans les yeux), dans sa façon de nous présenter le monde entier comme une Palestine (en même temps que la Palestine comme un monde tout entier : le voisin qui cueille les citrons, celui qui va à la chasse et raconte une histoire (un magnifique papy), le père et le fils qui dialoguent, celui qui est poursuivi... on a envie d'habiter Nazareth et d'y être le voisin d'Elia Suleiman. Je dois avouer que c'est la partie du film que je préfère, la plus forte, celle où Suleiman est le plus dans son élément. Dans son environnement, "dans son jus" dirait ma copine Christine.
Après un intermède "Monsieur Hulot Suleiman prend l'avion" nous voilà à Paris sur les pas de notre clown blanc toujours aussi médusé (dans une partie en trois parties qu'on pourrait résumer par "plein/vide/plein" -la partie centrale est assez bluffante-), puis sans transition à New-York/ Montréal (je pensais que c'était mais au générique il est dit que c'est filmé ici) pour un dernier petit tour -un peu essoufflé-  avant de revenir à Nazareth et de constater que rien de neuf sous le soleil palestinien.
J'adore la façon dont Elia Suleiman se nous la joue mine de rien, et tout ça m'a fait penser au très bel album de Katy Couprie et Antonin Louchard Tout un monde : une suite d'instantanés qui sont autant de façons de voir, et proposent à chacun d'interpréter les choses comme il en a envie... Le terre-à-terre, le réel, le banal, l'ordinaire, le trivial, le craignos, ne demandent qu'à prendre leur envol, à nous porter, à nous faire rêver, en partant d'une situation qui au départ n'y prêterait pas forcément (toutes les scènes avec les flics, par exemple).
Non décidément, je ne pouvais pas imaginer meilleure façon de conclure cette année ciné 2019...
Et j'ai juste trop envie de le revoir.

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la très belle affiche

Elia+Suleiman+Fadi+Sakr+Must+Heaven+Photocall+Ck3uNg7SnTil

E.S et ses voisins (celui qui chasse et celui du citronnier)

13 décembre 2019

comment on a fait pour en arriver là?

204
TERMINAL SUD
de Rabah Ameur Zaïmèche

Aaaaah... (soupir de satisfaction) revoilà enfin un nouveau film de RAZ. On a programmé tous ses films, depuis Wesh Wesh qu'est-ce qui se passe ? (2001) et Rabah Ameur Zaimèche est non seulement un réalisateur dont j'aime tous les films (6 en 18 ans), mais aussi un homme que je respecte profondément. Respect, oui c'est le mot qui m'est venu. Respect par rapport à l'oeuvre, et aussi (surtout) respect par rapport à l'homme.
J'aime énormément son cinéma, parce que, à chaque fois, il réussit à me surprendre, à m'étonner, à me faire vibrer, et tout ça avec ce qu'on pourrait qualifier de "peu". RAZ fait des films "économes", avec peu de moyens (il le revendique), mais ce cinéma-là est, du coup, pour son auteur, (cliché) aussi celui de la liberté. Un cinéma que d'aucuns qualifieront de "radical" (et j'ai toujours été séduit par les partis-pris forts de mise en scène de RAZ, qui génèrent un univers cinématographique aussi terriblement simple que violemment poétique -et je lui suis redevable à chaque fois d'émotions fortes d'ordre esthétique, relatives, notamment, au montage, et à la durée des plans, déstabilisant le spectateur "moyen", en déséquilibrant les valeurs (comme si parfois il amputait la durée (tranchant dans le "muscle" du plan),  et d'autres la jusqu'au-boutisait -j'adore ces plans qui durent jusqu'à l'épuisement).
Il est ici question d'un médecin (Ramzy Bedia, vraiment très bien, sobre, simple, juste) qui fait son travail de médecin, dans une ville jamais nommé, dans un pays qui ne sera jamais nommée, à une époque qui ne sera non plus jamais nommée (ah fait le lecteur, un peu perplexe), un pays qui vit semble-t-il sous une dictature, dans un climat de violence omniprésente, et d'omniprésence militaire (ou assimilé, comme dit un témoin "n'importe qui peut mettre un treillis..."), attentats, check-points, fouilles à corps, arrestations, exécutions, rafles, tout y est, tout peut arriver n'importe quand n'import où, entretenant chez le spectateur une tension et une inquiétude croissantes.
On est toujours sur le qui-vive (alors que sur l'écran, les personnages seraient plutôt toujours sur le qui-meurt).
Un film pour lequel le réalisateur (qui, pour une fois, ne joue pas dedans -j'aimais pourtant beaucoup l'homme au bob orange-) est resté fidèle à son éthique, et auquel il a apporté la même tendresse et la même intensité qu'à chacun de ces films précédents (je suis très sensible au regard -cinématographique- de RAZ, à sa façon de raconter les choses, de rester près des personnages -des scènes que j'ai adorées -celles dite "des éboueurs" qui n'en finit plus de ne plus finir, celle après l'enterrement, avec ce moment incroyable où le personnage se met à chanter a capella Les pêcheurs de perles de Bizet ("Je crois entendre encore...." j'ai eu les larmes aux yeux direct) celle, cruciale, et presqu'insupportable, du tête-à-tête entre le médecin et le militaire...-, mais c'est l'ensemble de la "pâte" narrative du film qui m'enthousiasme...
Terminal Sud est plus qu'une histoire individuelle, c'est un constat, aussi lucide que pessimiste, sur l'état du monde, de la sempiternelle et désolante (et obstinée) connerie des hommes. L'approche de Rabah Ameur Zaïmèche a encore gagné en gravité, mais il faut bien, encore et encore, enfoncer le clou. Cette violence, de plus en plus omniprésente, qui contamine tous les rapports humains (il y a une scène de torture traitée heureusement hors-champ, qui m'a soudain évoqué le très beau Libera me d'Alain Cavalier, dans ce rapport oblique qu'il avait eu aussi, à l'époque, avec la représentation de la violence..)

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7 juin 2021

CMFUBJ 56

un nouveau jour qui commence mieux que le précédent :
glycémie matinale à 112
une nuit plus calme (moins démangeante)
allez hop, petit-dej'
"... et tout ira bien!" (comme disait Puck)

*
(le dernier rêve de la nuit, si on n'en saisit pas prestement l'extrémité au réveil pour le retenir, se dissout aussitôt, et  redisparaït  dans les limbes.)

*

passé un certain temps ce matin à faire un nouveau mix (avec beaucoup de choses nouvelles, quelques vieux "classiques", quelques raretés aussi, pas mal d'énergie, autant de légèreté, et l'indispensable zeste de mélancolie...) :

1) LES FONTAINES DU CASINO (Yves Simon)
2) MONTAGE HALLOWEEN ARTE (?)
3) LA ISLA BONITA (Madonna)
4) SUR LE QUAI MALAQUAIS (du film PAS SUR LA BOUCHE d'Alain Resnais)
5) HORIZONS DORÉS (Dani)
6) MACRON TU CREUSES (Les Sales Majestés)
7) LE ZIZOU DE ZOUZOU (Annie Girardot, du film URSULE ET GRELU)
8) MELANCO (Cabadzi)
9) GOTTINGEN (version allemande) (Barbara)
10) SUR LES ONDES (Emilie Marsh & Dani)
11) COMPARTIMENT 23 (Mireille Darc)
12) MAHBOUB GALBI (Emna)
13) ELLA ELLE L'A (remix spécial GB) (France Gall)
14) SI BIEN DU MAL (Hervé)
15) FOUTRE LE BORDEL (La Femme)
16) LES PARADIS PERDUS (Malik Djoudi et Philippe Katherine)
17) PHO (Mr Giscard)
18) C'EST COMME CA (les Rita Mitsouko)
19) GERANIUM (Odezenne)
20) RIONE SANITA (Ralph P.)
21) ALICE ET JUNE (Indochine)
22) BAISE-MOI (Terrenoire)
23) GUEST ROOM (The National)

dont je suis assez content

*

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(CLOSE UP d'Abbas Kiarostami)

En ce moment, sut tw*tter, c'est l'effervescence autour de ce cher Abbas (c'est vrai qu'on en parle beaucoup, avec sa rétrospective à Beaubourg, son exposition, les (ré) éditions de dvd), il y a même un monsieur qui a lancé un sondage "quel est votre film de Kiarostami préféré ?" J'ai répondu Au travers des oliviers, parce que c'est le premier de lui que j'ai vu, et, surtout, à cause de son incroyable et magnifique plan-séquence final, mais c'est Le goût de la cerise qui a gagné (que j'avais aussi beaucoup aimé). j'ai fouillé dans mon placard à dvd et j'ai retrouvé SHIRIN, du même Kiarostami, que j'avais trouvé sur ebaymuche il y a quelques années, pour pas très cher, du temps où on pouvait y trouver des copies frauduleuses chinois et les acheter pour trois fois rien en tout bien tout honneur. Un film "conceptuel" dirons-nous, où une centaine et quelques de femmes sont filmées chacune en plan rapproché, dans l'obscurité d'une salle de cinéma, en train de regarder (dans la continuité) un film qui s'appelle SHIRIN, dont on n'entendra que la bande-son... j'avoue que je ne savais même pas que le film était sorti en France, le dvd est d'ailleurs en iranien sous-titré en anglais et point barre. On y aperçoit même cette chère Juliette (Binoche) et cette tout aussi chère Golshifteh (Farahani)...

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12 novembre 2019

popcorn

169
MONROVIA, INDIANA
de Frederick Wiseman

Premier film de notre cher Mois Du Doc, et première séance, une ptite dizaine de spectateurs, pas mal pour un film de 2h30 programmé à 20h15, surtout qu'aucun des horaires de séances pour ce film -horaires pourtant fournis par le bôô cinéma lui-même en personne si je peux dire, et donc ainsi annoncés à nos adhérents- n'était juste, ni le jour ni l'heure, quand même il faut le faire... Oui, j'en suis toujours énervé!).
Fred Wiseman, observateur de l'Amérique. Un petit patelin de l'Indiana observé, donc à la loupe. Le montage alterne des successions de plans très brefs, souvent de quelques secondes (souvent les lieux et les choses) et des plans-séquences beaucoup plus longs (et ressentis parfois comme (beaucoup) trop longs), présentant en général les hommes et les institutions.
God bless America...
C'est vrai que, comme le faisait remarquer goguenard un spectateur à la sortie, God est là souvent...
Comme il l'avait fait il y a pile vingt ans avec Belfast, Maine (mais là en 4h08) a posé ici sa caméra et a tout enregistré, ou presque. Tout ce qu'on voit, tout ce qu'on fait, tout ce qu'on dit. Sauf une chose. Une seule, mais énorme.
Qui est un peu le paradoxe du film : en voyant Monrovia, Indiana sans avoir rien lu dessus, le spectateur lambda (en ce qui me concerne, je serais plutôt le spectateur mu ou nu hihihi) verra un portrait objectif de l'amérique profonde, bien profonde oui, rurale, agricole, bigote, obèse, bien-pensante, puritaine, portée sur les armes la malfouffe grasse et les bondieuseries, l'amérique de tout-un-chacun, moyenne, quoi.
Sauf que.
Cette ville-là n'a pas été choisie tout à fait par hasard par le réalisateur. On apprend dans le dossier de presse (et dans les critiques des journaux) qu'à Monrovia, Indiana, aux dernières présidentielles, on a voté Trump à 76%. Ce qui laisse peu de place à la rigolade, n'est-ce pas ? Du coup le fameux spectateur mu ou nu regarde tout ça avec un oeil un peu plus critique, cherchant de quelle façon cet éclairage nouveau modifie sa perception des choses (et de repenser, alors, par la tangente à hannah Arendt et sa banalisation du mal...)
Le film est fascinant (même si certaines scènes peuvent en sembler un peu longuettes, je pense à celle de l'intronisation chez les Francs-Maçons, ou celle de l'opération vétérinaire, ou celle de l'homélie funèbre) en ce qu'il nous présente toutes les choses sur un pied d'égalité (de neutralité).
Et donc pour conclure ("quand les hommes vivront d'amour...") je ne me priverai pas du plaisir de citer, sur un pied d'égalité (de neutralité) Les Cahiaîs : "Par cette insistance discrète du regard Wiseman parvient à déstabiliser la cohérence du mythe de l’américanité, et non simplement à le retourner, en y ramenant une part de mouvement, d’étrangeté surnaturelle qui fait se fissurer l’image d’un « monde » tournant sur lui-même."
et Popositif : "La grande réussite de Monrovia, Indiana est d'être un grand film politique qui n'aborde jamais frontalement son sujet. Avec son sens de l'esquive non dénué d'humour, le cinéaste poursuit son impressionnant portrait de l'Amérique contemporaine et confirme que son dispositif est aussi pertinent au champ qu'à la ville.", pour une fois d'accord, étreinte fraternelle avec chacun leurs ***** de rigueur, regardant ensemble dans la même direction (oui, c'est du Love story).
Rien que pour cet exploit, bravo Wiseman!

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17 septembre 2019

this side of paradise


The midnight oyster bellies bug you
From inside you want to scream
The comic cut is your arrival
Your reflection is obscene

Well you're looking for another end
Doing time
But you still can't turn away
Well you're looking for a real friend
Any kind
who wants to play the games you play

On this side of paradise
Wher you're never going to go through twice
Stay tuned at any price
To this side of paradise

Cylinder dreams passing in stages
Lethargic grins left to bare
Broadway windows cubical cages
Where escape is fairly rare

Well you're looking for another end
Any Time
But you still can't turn away
Well you're looking for a real friend
Any kind
That wants to play the games you play

On this side of paradise
You're never going to go through twice
Stay tuned at any price
To this side of paradise

You've got to keep yourself well amused
Pay no attention to the faulty news
Set yourself on automatic cruise
Sometimes you just got to lose

On this side of paradise
You're never going to go through twice
Stay tuned at any price
To this side of paradise

On this side of paradise
On this side of paradise
(Ric Ocasek)
Je viens d'apprendre qu'il y est passé, on the other side of paradise
et ça m'a rendu un peu nostalgique...

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(un album que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup écouté... -particulièrement ce morceau-)

26 août 2019

géodrilologie

134
PERDRIX
d'Erwann Le Duc

Encore une délicieuse surprise. Un film vraiment enthousiasmant. J'avais juste l'avis (très enthousiaste) de Marie (mais on n'aime pas toujours les mêmes choses...) et un autre avis, modulé mais cannois, de Zabetta... Dès les premières secondes, j'ai eu ma petite larme : d'abord la voix de Fanny Ardant, dans le noir, qui vous parle d'amour fou, ça vous met en condition, et, tout de suite après, l'invitation en musique de Gérard Manset, Entrez dans le rêve, qui est une chanson "de ma jeunesse" qui me tient toujours à coeur... Ramenez le drap sur vos yeux, entrez dans le rêve... Et le générique, ensuite,  est une succession délicieuse d'actrices/teurs d'horizons divers mais tout autant chers à mon coeur, qui s'allument cling cling cling comme les étoiles d'une nouvelle constellation : Maud Wyler, découverte dans le tant aimé 2 automnes 3 hivers (de Sébastien Betbeder), Swann Arlaud portant encore des échos qui résonnent de Petit paysan et Ni le ciel ni la terre, Nicolas Maury le halo flamboyant de sa présence singulière dans Les Rencontres d'après minuit puis Le Couteau dans le coeur, Fanny Ardant, donc, évoquée en première ligne, pour toujours La femme d'à côté ou celle de Vivement Dimanche!, avec sa voix ineffable et précieuse qui nous fait du bien, et un petit dernier, joliment mal rasé, dont j'ai du attendre le générique de fin puis la consultation d'allocinoche pour savoir où j'avais déjà vu ses beaux yeux, et bingo : Alexandre Steiger, tout droit venu de Queen of Montreuil... Comme une extraordinaire configuration de films bonnes fées marraines qui se seraient penché(e)s sur le berceau de ce nouveau-né cinématographique. Tutélaires, et de meilleurs augures...
Une famille, donc, les Perdrix, vivant paisiblement dans une petite ville des Vosges, Maman Perdrix (Fanny) et ses deux fils Perdrix, Swann et Nicolas, (et la jeune fille de Nicolas), dont la vie tranquille de sous-préfecture va être chamboulée par l'irruption d'une charmante emmerdeuse (Maud), qui vient de se faire voler sa voiture (et le contenu de toute sa vie) par une nudiste rebelle, et a débarqué, pour le déclarer, à la gendarmerie  dans laquelle, justement, Swann est capitaine... Choc thermique -le feu et l'eau qui dort, l'ours et la poupée- (un parfum lointain de Katherine Hepburn et Cary Grant) immédiat dans cette gendarmerie aussi planplan que même parfois rantaplan, d'ailleurs. L'univers "codifié" de la comédie romantique, pense-t-on illico, tranquillou dans ses pantoufles de spectateur, mais que le réalisateur va bim bim bim! dynamiter tous azimuths, sans pitié (et pour notre plus grand plaisir (pas tous/toutes : deux spectatrices ont quitté la salle au bout de dix minutes de film...) et le sien visiblement aussi.
L'univers bizarro (c'est écrit dans le film à propos de la famille Perdrix) d'Erwann Le Duc est posé, façon de parler car instable, ne cessera plus de nous surprendre et de zigzaguer sur sa lancée jusqu'à la fin du film. Beaucoup d'adjectifs pourraient être évoqués (et mérités) : burlesque, loufoque, déjanté, atypique (ça c'est pour appâter Pépin), bref un véritable manuel des Castors Juniors de la folie douce, mais filmé avec une impressionnante maîtrise (rigueur) qui laisse le spectateur en même temps hilare et baba (clignoterait alors dans la nuit là-haut dans le ciel l'étoile bienveillante et tutélaire d'un Wes Anderson, par exemple...) Sous le charme, en tout cas, tout le temps (ou presque).
Boy meets girl, bien sûr, mais aussi des nudistes, des vers de terre, un char d'assaut, un défunt envahissant, une joueuse de demi-ping-pong, des amitiés franco-allemandes, avec un sens du décalage certain (et du détail qui fait mouche) : chacun des personnages cherche quelque chose (et trouvera peut-être autre chose), et le spectateur se laisse entraîner à leur suite sur les routes du Jura* profond (et ses forêts jolies) et il en redemande, tant tout dans le film ou presque est prétexte à faire son bonheur (et la musique, aussi, est magnifique).
Sous le charme, quoi.

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* remplacer par "des Vosges", bien sûr (merci Marie!)

19 juin 2019

la chemise dans le pantalon!

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GENESE
de Philippe Lesage

C'est québecois (et donc, ça ça me fait toujours sourire,  parfois sous-titré quand ils parlent trop vite), et le fait qu'il s'agisse d'une chronique, québecoise donc, sur les amours adolescentes avec une bande-son qui pulse bien pourrait raviver le souvenir du pop  Amours imaginaires de l'adulé acidulé Xavier Dolanchounet chéri par un tout un chacun (par moi pas tant que ça je le redis), mais Robert Lesage est assez fort (et son film assez lumineux) pour sortir de l'ombre tutélaire de XD, et réussir à exister par lui-même, sans souffrir de ce voisinage.
Un tryptique, nous dit-on, mais d'une construction assez singulière : les deux premières parties se déroulent en même temps (les amours -un peu- malheureuses d'un grand dadais très touchant (Guillaume) et, parallèlement, celles d'une brunette jolie (Charlotte), qui se retrouveront in fine dans le même lit, puisqu'ils sont frère et soeur -ou demi?- pour se consoler), tandis que la troisième, qui est d'un seul bloc, vient après, et concerne deux personnages juste un poil plus jeunes, Félix et Sandrine, qui expérimentent, eux, le "premier amour" (de vacances).
La structure m'a fait penser à ça :

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ce qui m'a fait penser à ça...

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me ramenant ainsi à ma propre adolescence...
(je pensais que ceci était le symbole de la liberté mais c'est celui de la paix... mais oui bien sûr peace and love!).
Si le film est love, il n'est pas très peace... Ah La confusion des sentiments,  Les souffrances du jeune Werther, Portnoy et son complexe, Lettres à un jeune poète... Adolescence, émois, grandes espérances, mal-être rimbaldien, on est en terrain connu. C'est l'âge  des grands élans, des déchirements, entre la soif d'amour (absolu, éternel, illimité, infini) et les pulsions charnelles, entre le bouillonnement des hormones (pour les gâs), et celui des mille questions sans réponse. L'inquiétude, la terra incognita de l'autre, la timidité quand il s'agit de faire le premier pas, les grandes manoeuvres, les échecs, les trahisons... oui c'est à la fois délicieux et terrible.
Chacun souffre / expérimente à sa manière, et avec ses moyens... Guillaume découvre qu'il est amoureux de son meilleur pote, Charlotte flippe quand son amoureux lui dit que leur histoire pourrait peut-être ne pas durer éternellement et du coup va voir ailleurs mais tombe sur bien pire, Félix et Sandrine tâtonnent avec prudence dans leur premier balisage de la Carte du Tendre, et tout ça est traité avec attention (attentivement, ou, mieux, affectueusement) par Philippe Lesage, dont c'est (merci allocinoche) le deuxième long-métrage de fiction (je n'ai pas vu le premier, Les Démons) après trois films documentaires dont les titres (Pourrons-nous vivre ensemble ?, Ce coeur qui bat et Comment savoir si le petits poissons sont heureux ?) semblent bien confirmer l'orientation affective du propos du réalisateur.
Le film appartient sans conteste à la catégorie "films d'ados" (à la maison, en cours, au bar) mais peut-être n'est-ce qu'un leurre,   car traité avec un éclairage sensiblement (!) différent, une certaine façon de dire et surtout de montrer : des détails viennent régulièrement aiguillonner les histoires racontées, comme des petits chocs électriques qui dynamiseraient la fiction ( l'absence  des parents (comme dans le très aimé It follows), la façon d'enseigner d'un des profs de Guillaume, l'attitude du nouveau copain de Charlotte avec son ex, les shorts des jeunes éléves filmés frontalement avec une complaisance qui ne peut pas relever du hasard, un pique-nique filmé comme une scène de Hitchcock, un viol sous la pluie à la façon d'un polar sud-coréen voire d'Apocalypse now, la version québecoise de La jument de Michaux...) . Le film m'a autant surpris et plu que, il y a quelques années, le plaisant Tu dors Nicole ? qui nous venait déjà du même endroit...
En plus, je le répète, la bande-son est superbe (on passe du temps dans les bars ou les boîtes), et le fait de bénéficier quasi d'une séance spéciale (j'étais tout seul dans la salle et ai donc pu prendre mes aises) ne m'a fait qu'apprécier encore davantage la chose.
Un très bel objet de cinéma.

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12 juin 2019

soutane

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LA MESSE EST FINIE
de Nanni Moretti

C'est le hasard qui finalement a décidé. A cette heure-là je ne pouvais voir que ça. Je l'avais vu à sa sortie, il y a longtemps, sans doute à Dijon à l'Eldo (car le souvenir de ce film est pour moi rattaché à ma copine Mimi...) et je pense que c'était le premier film de Nanni Moretti que je voyais. Je me souviens aussi que ça m'avait bien plu, mais c'était quelques années avant le choc de Journal Intime, qui devait vraiment installer Nanni au sein de mes réalisateurs chéris. Souvenirs souvenirs, on allait voir des films italiens (Bellocchio, Luchetti, Taviani Fratelli surtout) et c'était souvent Nicola Piovani qui faisait la musique... Comme ici, tiens, justement, quel plaisir!
Mais j'avoue que j'avais quand même un peu peur, avant, que le film ait mal vieilli... J'appréhendais la déconvenue, les rêves de jeunesse démantibulés, les illusions envolées, le pathos, la poussière... Quelle (bonne) surprise ce fut! A part le visage juvénile du réalisateur (qui joue aussi le rôle principal), le film n'a pas pris -c'est le cas de le dire- une ride. Quel bonheur!
Un jeune prêtre (mais, attention on n'est ni dans Léon Morin Prêtre, ni dans Le journal d'un curé de campagne, ni dans Sous le soleil de Satan, ni même, ça aurait pu, dans Don Camillo, hein...) , un jeune prêtre, donc, un fringant jeune prêtre, "revient" (on ne sait pas tout à fait d'où, d'une île, peut-être, on l'a juste vu partir à la nage...) là où il a passé sa jeunesse, il vient d'être nommé dans une paroisse lointaine des faubourgs de (Rome ?) en pleine déréliction : église en piteux état, paroissiens qui se sont fait la malle dans les paroisses voisines, précédent curé défroqué, bref notre nouveau berger va avoir fort à faire pour ramener les brebis égarées au bercail (et les pécheurs dans le droit chemin),et  remettre les choses en place, malgré qu'il semble être doté d'une détermination sans faille, au moins aussi grande que sa foi. Il retrouve sa famille, il retrouve ses amis, mais  rien ne va aller comme il faut... De mal en pis, même.
Il y aurait comme une certaine volonté d'exhaustivité dans l'arc-en-ciel de problém(atiqu)es abordés : tel ami est en prison pour avoir fricoté avec les terroristes, tel autre fraye avec les communistes, celui-ci  ne souhaite rien que se retirer du monde, et passe ses journées à dormir derrière sa porte close, tandis que cet autre ding ding dong!  vient de se découvrir une foi toute nouvelle, et a envie de devenir prêtre... D'autant plus que, en ce qui concerne la famille, ça ne va guère mieux : son père trompe sa mère, sa soeur est enceinte et souhaite se faire avorter, sa mère souffre en silence... Oui, le pauvre Don Giulio a fort à faire. Il s'attelle à la tâche, et part vaillamment au combat, prêt à sauver le monde entier...
Ça pourrait être juste sinistrement sérieux, ce vain combat (car perdu d'avance et rien d'autre),  mais, au contraire, c'est juste extrêmement drôle (même si le film est plutôt sombre, dans le fond) tant tous les personnages (ou presque : excepté notamment le vieux connard en grosse bagnole qui lui mettra trois fois de suite la tête dans la fontaine) sont attachants, et traités d'ailleurs humainement, avec tendresse. Et on ne serait pas si loin, en fin de compte, du si beau Nous nous sommes tant aimés, d'Ettore Scola, sorti dix ans plus tôt.
Chacun a sa vie, et chacun la réalisera de la façon qui lui convient le mieux (Don Giulio y compris), et, comme dans les rengaines, l'amour triomphera... Et Dieu dans tout ça ? Il est très bien là où il est, et qu'il y reste ! (j'ai prononcé ceci avec une intonation à la Muriel Robin, avec ce qu'elle peut avoir de définitif, vous entendez ?) Et tout ça fait sacrément du bien (je ne pensais pas en entrant que je sortirais aussi souriant...) Carissimo Nanni...

affiche

 

10 juin 2019

ma môme

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LA FLOR Partie 4
de de Mariano Llinás

Mes mômes, plutôt, faudrait-il dire (et chanter), puisqu'elles sont quatre. Les quatre actrices magnifiques de ce film au long cours, dont on a vu ce soir la dernière partie (puisque la -jusqu'ici- judicieuse séance du vendredi 13h30, à laquelle nous étions restés fidèles pour les trois premières parties est, on se demande pourquoi, passée hop! à la trappe cette semaine).
Nous étions dix dans la salle 10 (aux fauteuils plutôt inconfortables, avons-nous tous reconnu), dix complices, dix conjuré(e)s réunis par cette même envie de savoir la suite (et la fin) de l'histoire (des histoires plutôt), avec chacun(e) cette même préoccupation "J'espère que je ne vais pas m'endormir...". (Et le sentiment, aussi, d'avoir le privilège d'assister à un événement assez exceptionnel, et de le partager.)
Nous étions restés en suspens (CONTINUARA...) devant une voiture perchée dans un arbre et le film redémarre grosso modo à ce moment, mais dans l'Episode 2 ("les lettres de Gatto") où on va continuer l'histoire mais en changeant de point de vue, via le regard d'un autre narrateur, Gatto, (celui qui était arrivé pour étudier les phénomènes arboricoles top secreto). Qui se retrouve dans la chambre 333 d'un motel mi-bunker mi-asile, à correspondre avec Smith via internet (ah le bruit ineffable de mise en route du modem, qui nous ramène 20 ans en arrière...), à propos des passagers de la fameuse voiture perchée, qu'on a retrouvés complètement zinzins, excepté celui qui conduisait et dont on n'a pas retrouvé la trace, et à essayer de reconstituer ce qui a bien pu leur arriver... (celui qui manque, bien sûr, c'est le réalisateur...), on suit ses courriels, jour après jour, jusqu'à bifurquer soudain sur une nouvelle histoire, celle de Casanova et de ses quatre maîtresses successives qu'il poursuit à travers l'Europe et qui se refusent à chaque fois in extremis à lui (et s'avéreront être des sorcières, celles vues précédemment) qui est le film que tournait notre réalisateur colérique et barbu préféré (celui qui, justement, est porté manquant...).

"Il y a, à la fin du quatrième épisode de La Flor, qui arrive au tiers de la quatrième et dernière partie, juste avant l’ultime interlude annonçant les cinquième et sixième épisodes, une sublime coda. Vous n’avez rien compris ? C’est normal, du moins si vous n’avez pas encore vu le film. La raison pour laquelle on insiste néanmoins sur cette séquence, c’est parce que, telle une clef de voûte, elle fait tenir ensemble toutes les pierres de la cathédrale – et aussi parce que se sentir perdu dès la première phrase d’une critique de La Flor est assez fidèle à l’expérience de son visionnage. Cette séquence, n’ayez crainte, nous ne la déflorerons pas ; tout juste dirons-nous qu’elle permet de saisir ce qui fascina Mariano Llinás le jour où il découvrit, dans un petit théâtre de Buenos Aires, ces quatre actrices géniales que sont Elisa Carricajo, Valeria Correa, Pilar Gamboa et Laura Paredes, au point de vouloir réaliser, sur elles, pour elles et avec elles, une fiction de quatorze heures, tournée pendant dix ans, divisée en six épisodes, de genres et de durées différentes."
(Les Inrocks)

Celui de la Flor, par contre, (le "vrai") on le retrouve alors, au même endroit qu'au début de la Première partie,  à sa table de pique-nique, qui vient nous annoncer que, eh bien, là, il reste encore la cinquième et la sixième partie et qu'après ahem ça sera fini, et le voilà qui récupère tout son petit bazar, carnet, stylo, verre, bouteille d'eau, et fait table nette avant de lever le camp et de nous laisser là en plan (il part dans sa voiture mais nous a fait un signe d'adieu)

vivre deux expériences de cinéma successives inédites (et inouïes) : la partie V est un remake (un hommage) à Une partie de campagne, de Jean Renoir, une re-création argentine (avec des gauchos) dans un noir et blanc sublime, d'un film dans une version totalement muette (et silencieuse aussi) excepté une scène où il aura conservé les dialogues de la version originale de Renoir (mais, paradoxe, plus du tout les images). C'est rare de passer, au cinéma,  autant de temps dans un silence total, où chacun ne perçoit que les bruits intimes /infimes des autres spectateurs, tandis que la fiction recréée (la partie de campagne) cède soudain  provisoirement la place à une observation du réel, prise au vol, c'est le cas de le dire, par le réalisateur (d'abord avec les dialogues de Renoir puis à nouveau dans le grand silence blanc).

avant que de repartir ailleurs, et que la partie VI (Les prisonnières) ne nous fasse reculer encore d'un bond dans l'histoire du cinéma (après le noir et blanc muet, voilà carrément le cinéma des origines, pour un épisode filmé entièrement en camera oscura (ce procédé rudimentaire et primordial, en gros une boite avec juste un petit trou en son centre qui laisse passer la lumière et capture les images à l'envers), générant des images un peu brumeuses, à la façon des autochromes de Lartigue, élégamment floues, consacrées une dernière fois- uniquement à nos quatre actrices, qui se mettent à nu, tandis que des intertitres (disposés manuellement devant la caméra) nous relatent en parallèle un récit de voyage écrit par une femme en 1900, à propos d'étrangère(s)...

et c'est fini (ou presque) car déjà commence le générique (et quel générique!), à la façon de la camera oscura, donc, reproduit à l'envers (la tête en bas, aux antipodes, normal), où on voit (de façon affectivement documentaire) s'activer dans un genre de ballet gracieux, à peine un peu ralenti, l'équipe technique en train de ranger tout le matos, tandis que sur l'écran défilent (écrits à la main) les noms des centaines et des centaines de personnes qui ont participé (contribué) à cette épopée cinématographique, pendant trente-cinq minutes, tout de même!, tout ça accompgné avec voix et guitare par le musicien du film (une "chanson" originale interprétée et re-, y compris, en plein milieu une version -en français avec accent argentin puis en argentin du cru- de Ma môme (oui, celle de Ferrat)-, une chanson de générique  qui se répète, bifurque, louvoie, sinue et se réinvente (à l'image du film lui-même), jusqu'aux tout tout derniers remerciements, qui donc nous accompagne, tandis que la caméra, finalement, a repris ses esprits, s'est remise à l'endroit, et s'attarde sur un jeune homme assis sur une chaise longue rouge et blanche au milieu de la pampa (qui était d'ailleurs là depuis le tout début du générique) tandis que la nuit descend

(que la nuit descend)

et puis voilà c'est vraiment fini, et se rallument les lumières sur les visages complices des spectateurs à la fois visiblement réjouis, bienheureux, et un peu perdus de retrouver la réalité, comme se demandant ce qui vient de se passer... Il est minuit passé nous sommes les derniers à quitter le cinéma (qui d'ailleurs s'éteindra derrière nous quand nous aurons franchi les portes...)

"S’il était donné de rendre compte de l’expérience parcourue d’une phrase, La Flor est le roman-photo des vies qui l’ont fabriqué. Telenovela ouverte aux quatre vents aussi réflexive qu’introspective, qu’on dirait filmée simultanément par : Godard (les gros plans des visages en amorce, le merveilleux usage dramatique de la musique – de Gabriel Chwojnik – et du son en général fait de ventriloquie, de désynchro post-synchro), Oliveira (rapport avant et arrière-plans, flous qui s’ensuivent, narrateurs en voix off et «techno des enfers»), Rivette et Lang, et Feuillade (jeux de l’oie, réseau d’espions, filles du feu en cuir, sociétés secrètes), Hugo Santiago, Ruiz, Fassbinder, Arrieta, et cætera." (Libé)

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 Pour conclure, allez voir le très beau et juste texte de Philippe Lefait (et des mots de minuit).

26 juin 2019

may b

116
MAGUY MARIN  L'URGENCE D'AGIR
de David Mambouch

C'est vrai que j'ai été gâté, pour cette programmation spéciale "Fête de la Musique" avec deux films qui me tenaient spécialement à coeur : celui-ci, sur Maguy Marin, réalisé par son fils, et celui sur Rodolphe Burger, Good, réalisé par Patrick Mario Bernard, et je m'étais donc composé un programme de rêve : Maguy M. à 18h10 et Rodolphe B. à 20h30. Du bonheur et du re-bonheur...
Commençons donc par Maguy. On y découvre, quasi chronologiquement, la série des chorégraphies qu'on lui doit, depuis ses débuts chez Béjart, et la façon progressive dont elle s'est approprié la danse, "sa" danse, en tant qu'expression, revendication,  protestation,  révolte. Des "entrechats" (j'utilise à dessein le cliché) considérés comme un acte politique. Le film mêle des extraits de pièces, de répétitions, entrecoupés de prises de paroles, de Maguy Marin elle-même, mais aussi de beaucoup de gens qui l'ont cotoyée, qui ont fait (et qui font toujours, c'est affaire de fidélité) partie de la Compagnie Maguy Marin.
David Mambouch évoque l'histoire de sa mère (et de la mère de sa mère) et la sienne propre aussi, dans une touchante affaire familiale. Comme un corps dont l'épine dorsale (et en même temps le coeur battant) serait May B, la "pièce fondatrice". Une pièce créée (dixit wikipedioche) en 1981, une pièce pour dix personnages, inspirée par les textes de Samuel Beckett (Fin de partie, notamment, nous explique Maguy, qui nous raconte sa rencontre avec Samuel), une pièce forte, huée à sa sortie, mais qui a acquis au fil des ans une aura de pièce maîtresse, via des re-créations (neuf si je me souviens bien) au fil des ans, comme on remonterait au front, on repartirait à l'attaque. May B que j'ai découvert , justement lors d'une de ses recréations sur la scène du théâtre à Vesoul (pas la dernière celle de 2015, la précédente, celle de ?)
Parmi le nombre imposant de créations de Maguy Marin et de sa compagnie, je n'ai pu en voir que quelques-unes : Cortex, à Vesoul (1992), Waterzoï, à Belfort, (1993) puis, beaucoup plus tard Points de fuite à Montbéliard (je ne suis plus sûr ni de la date ni du lieu ni du titre, juste qu'il y avait beaucoup d'agitation dans la salle pour cause de djeunz laissés livrés à eux-mêmes par un encadrement professoral défaillant), puis Salves, à Besançon (2014), et, in fine, Ligne de crête, ici, l'ultime jusqu'auboutisme, il y a quelques mois. C'est fort peu, mais ce fut à chaque fois un choc et un grand bonheur de spectateur.
On connaissait Maguy Marin en tant que danseuse et chorégraphe, on la découvre en tant que mère et même en tant que fille (sa maman a eu cent ans), et on est heureux de retrouver la militante, qui a su garder au fil de sa carrière (et de ses créations) la même intransigeance, le même goût de la révolte, de l'inconfortable, du non-consensuel.
Et la boucle est joliment bouclée lorsqu'on apprend, vers la fin, qu'elle a demandé à son fils de danser sur la dernière version de May B (et c'est très touchant la façon dont lui, en voix off nous en parle).
Et j'avais oublié combien ils sont magnifiques, ces dix interprètes de May B (une bonne partie du film leur est consacrée), sous les oripeaux et sous la glaise, et le film nous donne la chance de les voir de plus près, de tout près, presque à les toucher...
Un très beau moment d'émotion plastique, chorégraphique, cinématographique...

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27 juin 2019

Will you dance ?

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GOOD
de Patrick Mario Bernard

A peine sorti du film sur Maguy Marin, juste le temps de manger liquide (de prendre une bière, quoi) et me voilà parti à la rencontre de Rodolphe Burger, dans ce film-portrait qui lui est consacré. Rodolphe B. est un grand bonhomme (dans tous les sens du terme) que j'ai découvert assez tardivement (et rétrospectivement : "à l'époque" -les années 90- je ne goûtais guère Kat Onoma, son groupe, que je n'avais jamais vraiment écouté, et ce malgré les chaudes recommandations, à l'époque, de cette très chère Françoise Hardy, et ce n'est que dix ans après, minimum, que je m'y suis mis, grâce à un morceau, Sing, qui figurait sur le mini-album Cheval-Mouvement) mais la ferveur de mon admiration a compensé le retard à l'allumage. j'ai acheté les cd de Kat Onoma, y découvert des morceaux qui m'enchantaient, mais que, plus que tout j'aimais la voix de Rodolphe et, surtout, le son de sa guitare, Rodolphe que j'ai ensuite suivi indéfectiblement, j'ai acheté les albums, je l'ai vu en concert (Rodia, CDN quelques années plus tôt) l'ai croisé dans des films fort aimés (Rabah Ameur-Zaïmèche, Pedro Costa), et même au théâtre en musicien live (Ludwig un roi sur la lune) bref il ne manquait plus que ce Good à ma panoplie d'inconditionnel...
Et j'avoue y avoir pris énormément de plaisir. On attaque sur Long-legged fly, un morceau que j'adore, et on va ensuite voleter, et suivre Rodolphe B. pendant une quatre-vingtaine de minutes, ici et là, en activité, en pause, en public, et un peu en privé même aussi.Rien que faisant des choses simples, à taille très humaine. Le bonhomme n'est pas excessivement bavard, et on n'en saura, finalement, pas grand-chose de plus sur lui à la fin du film que ce qu'on en savait au début.
Mais tel n'était pas le propos du film, de nous décrypter le personnage, et juste, donc, on le voit vivre, dans une multiplicité de fragments (d'éclats).
J'aime beaucoup la façon de filmer de Patrick-Mario Bernard, cette façon d'alterner séquences "documentaires", plus ou moins explicites, et "plans de coupe", ici, ou là-bas, ou ailleurs, avec un rythme de montage, une "musique" des plans qui souvent me ravissent.
Avec, bien sûr, en fil -électrique- conducteur la guitare ineffable (et la voix aussi, rajouter donc un s à ineffable) de Mister Burger (j'ai déjà écrit plusieurs fois combien elle me touchait, et même me procurait un véritable plaisir physique, si si), et la présence (et les mots) des gens qui passent par là (Jeanne Balibar, Rachid Taha, Philippe Poirier, Olivier Cadiot, Rachida Brakhni) plus ou moins fugitivement, parce qu'ils ont vu de la lumière...
Du plaisir, donc.
Mon unique regret (j'en parlais à Hervé en sortant) : qu'il n'ait pas interprété Will you dance ? qui est une de mes chansons favorites (du splendide album "Jouent kat Onoma", avec Philippe Poirier). Mais bon, hein, on ne peut pas tout avoir...

("Like a long-legged fly upon the stream
Her mind moves upon silence.")

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