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lieux communs (et autres fadaises)
27 août 2007

un samedi à la campagne

Hmmm, il ya des journées comme ça, on ne sait pas vraiment pourquoi, qu'on aimerait replier avec soin et tendresse, et les ranger soigneusement dans son porte-feuille, entre la photo de *, le ticket de cinéma de **, ou le petit mot de ***, pour pouvoir les redéplier et les regarder à loisir, les jours de pas trop de soleil, les sjours de les pieds dans la merde. Oui, des journées qui n'avaient a priori (chaque fois que j'écris désormais a priori, je pense à mon ami Philippe...) rien de spécial, rien de particulier, rien de sensationnel, mais dont on découvre, rétrospectivement, qu'elles furent simplement délicieuses.
Ainsi, ce samedi : au départ sur l'agenda, il n'y avait rien, mais un message sur le répondeur avait prévenu la veille qu'il y aurait ce repas de midi, chez une amie, proposé par une autre amie, et que si on voulait on pouvait venir.
Bien sûr on avait voulu, on était venu, et c'était tellement bien qu'on était même resté jusqu'au soir! Une journée ensoleillée (la première depuis ououououh!) déjà ça ça faisait du bien, une journée à manger dehors donc encore mieux, à boire de la très bonne Clairette pour l'apéro, et des grillades, et des framboises du jardin et du crumble maison, et le  café qu'on boit lentement, on a le temps. Une journée de hamac et de sieste dans le jardin, une journée de crème de cassis et de picon-bière,  une journée de se promener (un peu) et de rentrer le bois (juste un peu aussi, à peine de quoi se procurer une petite suée), une journée de ciel bleu et de nuages blancs...
Une journée à avoir envie de tout photographier.
Une journée calme, qui se déroule lisse et paisible, une journée sans aspérités ni rebords coupants, une journée simple, facile, à parler et à rire, simplement être là, entre souvenirs de jeunesse récits de vacances et projets divers.
On était reparti dans la nuit estivale, (il y avait  des étoiles), sans même avoir peur de tomber en panne d'essence (pourtant la jauge disait zéro, mais on s'était fait le pari qu'on arriverait à bon port, et d'ailleurs on y arriva.)
Une journée qui, à y repenser, n'avait rien de plus qu'une autre, mais c'est de celle-là pourtant dont on se souviendra...

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19 août 2007

intellos = chochottes

La preuve :

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C'est-y-pas mimi ? C'est ce que m'a donné la libraire lorsque je suis allé dépenser mon chèque cadeau (John Cheever + Charles d'Ambrosio) en me disant avec un demi-sourire (narquois ? ) qu'elle n'avait plus de petits sachets comme d'habitude mais qu'elle allait me donner  celui-là.
C'est ce que le Livre de Poche offre (ou offrait) pour l'achat de quelques volumes. Faut pas déconner, prennent-ils leurs lecteurs (trices) pour des gourdasses ? Les couleurs sont discrètes, s'pas ? ce rouge et ce rose, hmm ça me rehausse le teint, et en plus ça rappelle mon gloss. Ton sur ton, quasi.
Je suis donc sorti de la librairie la tête haute, mes livres dans mon sac (celui-là même que sur la photo), ledit sac en bandoulière (qui faisait plutôt bosse puisque j'avais déjà mon sac à dos, qui n'était hélas pas assez grand pour contenir l'autre) et j'avoue que j'ai failli un instant me prendre pour Serrault dans la Cage aux Folles (ne me manquaient plus que le déhanchement et les lunettes de soleil à monture strassée).

Mais j'ai assumé, courageusement, jusqu'au parking (un genre de coming out littéraire ?)

Bon ça devait être la journée... Un peu plus tôt, dans un magazin de z'habits, au rayon hommes (non non, pas au rayon gourdasses) j'étais tombé sur un t-shirt... viril : noir, coupe bûcheron, avec ce simple (mais profond) slogan : Penser tue
J'aurais dû l'acheter, tiens...

20 mars 2007

squash

MA PLACE AU SOLEIL
de Eric de Montalier

Un film choral, mais qui chante faux. Dommage Pourtant un casting que du bon (Nicole Garcia, Jacques Dutronc, André Dussolier, Valeria Golino, François Cluzet, Elodie Bouchez, Gilles Lellouche, Hippolyte Girardot, Mélanie Doutey) mais une partition pas à la hauteur. Historiettes de couples mais un peu maldroitement agencées. Pas désagréable mais  bancal, un peu mou du genou.
Dommage, ça ne prend pas...
Restent une séquence fantasmée de tango entre Nicole Garcia et André Dussolier, un plan sympa de Gilles Lellouche sortant de la douche, une porte ouverte sur une salle remplie d'anges gardiens vêtus de noir, les cheveux de Valeria Golino, les talons de Mélanie Doutey, et Dutronc enfilant sa casquette Just married.

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22 août 2007

voisin voisine

CE QUE JE SAIS DE LOLA
de Javier Rebollo

Vu il y a quelques temps (déjà! soupir...) A Paris. Titillé par la combinaison de salles (le s est excédentaire, puisque le film n'est sorti que dans une seule et unique salle, le St André des Arts) et le début de la critique de Libé ("le film que personne n'ira voir cette semaine...")
Découvert, dès le générique, qu'y tenait le rôle principal un nommé Michaël Abiteboul (peut-il vraiment devenir célèbre avec un nom pareil ?), déjà repéré à plusieurs reprises dans des courts-métrages ou des seconds rôles (voire les deux à la fois), parce que ce mec a (dans sa tête et dans son corps) quelque chose qui me touche (pour tout dire il ressemble à quelqu'un que j'aime bien)
Le film est étrange (je dirais même étrangement étrange) : un nommé Léon vit avec sa mère infirme, dont il s'occupe avec dévouement. Il n'a pour se distraire que l'indiscrétion (il lit le courrier de ses voisins) et le voyeurisme. Il tient aussi un journal, au stylo-bille et dans un cahier d'écolier, où il raconte méticuleusement chacune de ses.journées (des fois il dit la vérité, des fois il ment un peu). Le monde est étrangement vide, quasiment off. Puis sa mère meurt, tandis qu'une jolie voisine vient s'installer sur le même palier. Lola (car c'est elle bien sûr) va devenir l'objet exclusif du voyeurisme de Léon, qui va la suivre désormais heure après heure, jour après jour... L'unique objet de son affection. Une drôle d'histoire d'amour, furtive et muette.
Léon ne vit quasiment qu'à travers sa contemplation attentive et fervente, il n'existe que par sa fonction de voyeur (c'est d'ailleurs l'invraisemblance première du film qu'il faut accepter : si un rouquin mastoc silencieux passait ses journées à vous observer à tout bout de champ, vous ne vous douteriez vraiment de rien, vous ?), sa vie par procuration, c'est juste ce que vit Lola. Et le spectateur-voyeur,  par la force des choses, prolonge la mise en abyme, en observant Léon en train d'observer Lola...
Mimétisme affectif : Lola boit, il boit, Lola vend des casseroles, il lui achète une batterie de cuisine, Lola a besoin de fric, il lui en fait trouver, Lola veut voir la mer, il va voir la mer, Lola va en Espagne, il va en Espagne, ainsi de suite... (le film étant une coprod, et le réalisateur español, on aurait pu penser qu'il se passerait là-bas, mais, pas du tout, le voyage en question n'occupant qu'une partie du film (et pas forcément la plus réussie.)
Il y a le même décalage entre l'aspect massif de l'acteur et sa voix neutre, calme,  (quasiment une voix d'enfant sage, de gentil fiston) qu'entre la folie froide du film et le traitement trop sage qui lui a été appliqué.  Mais bon, tel quel, ce drôle (?) de film, avec ses plaies et ses bosses, ses manques et ses redondances, ses invraisemblances et ses maladresses, suscite la curiosité, l'intérêt, face à la singularité de l'entreprise... Le monsieur assis derrière moi (qu'à un moment de la séance j'ai d'ailleurs entendu ronfler fort... voluptueusement) n'a-t-il pas déclaré, à la fin, à son voisin "Hay cosas interesantes..."
Intemporel (un film avec des francs et sans portable... hmmm quel bonheur!) mais pourtant pas situé dans le passé (un film donc qui serait situé dans un présent différent ?) Graphique (le film est semble-t-il plus à l'aise dans la plupart de ses respirations, ses plans fixes, que dans pas mal de ses phases narratives, parfois bancales, ou pataudes, ou artificielles.) Drôlement fichu mais surprenant. Et puis c'est quand même un plaisir certain d'assister à une séance en se disant que personne d'autre dans le monde au même moment ne peut faire ça...

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16 août 2007

véhicules

LE FILS DE L'EPICIER
d'Eric Guirado

A l'image du camion de l'épicier en question. Un machin, solide, costaud, pas d'une originalité folle a priori, mais qui, bon, a fait ses preuves, qui a peut-être du mal à démarrer, qui patine des fois dans les montées, qui négocie hasardeusement quelques embardées scénaristiques, qui bringuebale et cahote mais finalement arrive à (très ? trop ?) bon port.
Un film qui  se promène dans le département 26, (en voie de désertification et c'est peu de le dire), dans une histoire de famille comme on en connaît tous, nouée, grippée, rouillée, pour laquelle il faudra bien, après tout ce temps, mettre les mains dans le cambouis (ou de l'huile sur les rouages ?), et dans une histoire d'amour (un grand couillon maladroit est amoureux de sa voisine qui ne le sait pas...), et dans une histoire de rédemption, (de réadaptation ?), aussi. 
Plaisir de voir la jolie petite gueule (longtemps) butée de Nicolas Cazalé s'épanouir soudain comme une fleur de lotus, et le mutin minois de Clotilde Hesme illuminer tout ça de son sourire craquant. Plaisir aussi de l'attention portée par le réalisateur à chacun, même des seconds rôles. Attachant, oui. Et un excès d'optimisme n'a jamais fait de mal à personne... (Trahirai-je un secret en disant que ça finit vraiment plutôt très bien de chez très bien, et que in extremis, tout le monde, oui, tout le monde - même le sale vieux con d'empaffé de sa race - est gentil ? ) "Allez,tiens, il y en a un petit peu plus (d'idyllique ou d'idéaliste ?), je vous le mets quand même ?" Oui, oui, c'est cadeau. Prenons des forces, positivons avant la rentrée, qui je ne vous apprend rien, s'annonce sous le double signe du saumâtre et de l'avarié.

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JINDABYNE, AUSTRALIE
de Ray Lawrence

On passe sans transition de la camionnette hors-d'âge au 4x4 poussiéreux  qui en a sous le capot pour cette adaptation d'une nouvelle de Raymond Carver (Tant d'eau si près de la maison) qui nous revient à la sauce australienne, (ce qui est en même temps une bonne chose et peut-être une fausse bonne idée.) par le réalisateur d'un Lantana qu'on avait plutôt apprécié par ici.
C'est l'histoire de potes qui sont partis pour se payer un week-end de pêche entre hommes (les meilleurs, ndc), qui à leur arrivée dans leur éden piscicole découvrent le cadavre d'une jeune fille y flottant, et qui, après un léger flottement, continuent leur week-end de pêche comme prévu. "De toutes façons, elle était déjà  morte..." Quelle erreur !
La nouvelle de Carver faisait à peine dix pages toute mouillée, le film, lui, dure deux heures. La découverte du cadavre n'arrivant qu'à moitié du film, le propos en a donc été comme on dit étoffé, en amont comme en aval d'ailleurs. Le couple principal  et ses multiples problèmes (Stewart -Gabriel Byrne impec comme d'hab'-, et Claire -Laura Linney, à mi chemin entre Jodie (Foster) et Julianne (Moore), c'est dire -) constitue bien entendu la matière première principale du récit, enrichi (alourdi ?) par le fait que la jeune fille assassinée soit aborigène, les problèmes des autres couples, les histoires entre les deux enfants, le rapport des différents personnages à la mort, un serial-killer... (qui ô surprise à la relecture figurait déjà dans la nouvelle!), Stop! n'en jetez plus!
Et on se dit qu'on a peut-être finalement un peu trop chargé le baudet.  Parce que du coup c'est dur de tenir tous les différents récits. Peut-être, pour les gens qui ne connaissent pas le texte original, ça n'aura aucun mal à passer, mais c'est vrai que j'ai trouvé que, pour l'histoire qui nous intéressait -les pêcheurs et la noyée- c'était vraiment trèèès long à démarrer!.
Tout ça est est d'une tonalité plutôt sombre, malgré le grand soleil australien, et fera froncer de perplexité démoralisée les sourcils au spectateur, qui venait pourtant d'être guillerettisé par le film précédent...

 

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18 juin 2007

vide/plein

A midi j'ai du descendre en ville pour bouffer car la caf' du Resto U était fermée toute la semaine pour nettoyage. Ayant réussi à me garer, je suis parti vers le restau où j'avais envie de manger, non sans en profiter au passage pour mater quelques ouvriers torse-nu en majesté solaire (mais quand on passe tout près, on peut juste les regarder.Je crois que si à ce moment-là je sortais l'appareil juste sous leur nez pour les prendre en photo, ils se rueraient sur moi pour me rentrer dans le bitume à coups de pelles mais bon je m'écarte de mon sujet initial)
J'arrive au restau prévu : fermé. Le suivant (solution de repli) idem, et le troisième pareil, je pense alors me rabattre sur une crêperie où j'allais manger quand j'étais plus jeune, et ce faisant je passe devant un bar que j'aime bien, qui fait restauration à toute heure (plat du jour saucisse de toulouse purée miam, c'est mon côté enfant qui ressort!) mais qui est parfaitement vide, juste à côté d'un restau de patates, qui est plein archi plein, et quand j'arrive à la crêperie : closed, bien entendu!
Je reviens sur mes pas, et je rentre dans le troquet vide, où la patronne est debout solitaire au comptoir, face aux tables vides. Pourtant j'aime vraiment cet endroit, il y a tous les journaux du jour à disposition, derrière les tables sur une étagère des bouquins variés sont à disposition, au-dessus du bar un calendrier de rugbymen tout nus d'une équipe du coin (je le connais, j'ai le même) et en plus c'est calme. Je commande le plat du jour, avec un petit verre de gaillac.
Et je philosophe sur l'existence côte à côte de ces deux établissement, un vide et l'autre plein. Et je n'en tire aucune conclusion. Juste, je m'interroge...
(ah que voilà un billet propre à l'endormissement.... zzz)

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24 février 2007

prévisionnement

Quatre films vus en avant-première, avec des réactions mitigées :

DANS LES CORDES (de Magaly Richard-Serrano) sortie prévue le 04 avril
L'univers de la boxe française (et féminine) à travers la vie d'un petit club, et des histoires de famille. Richard Anconina en entraîneur, Maria de Medeiros c'est la maman, et deux jeunes boxeuses qui en veulent. Ca cogne juste, mais pas toujours où il faut. Pas mal...

AU-DELA DE LA HAINE (d'Olivier Meyrou) sortie prévue le 14 mars
Un documentaire poignant parce que très digne et sobre sur une famille dont le fils, homosexuel,  a été agressé mortellement par trois skinheads. A propos de deuil, de haine, de pardon, de dignité. Avant, pendant, et après le procès. Très fort.

NETTO (TOUT IRA BIEN) (de Robert Thaleim) sortie prévue le 07 mars
Marcel, divorcé, vie ratée, rêve de devenir bodyguard. Le retour de son fils Sebastian, quinze ans,  va chambouler sa vie. Malgré une image extrêmement laide (vidéo gonflée), une histoire qui parvient -à la fin, en ce qui me concerne- à être touchante.

ANGEL (de François Ozon) sortie prévue le 14 mars
Surprenant. Le Ozon nouveau, en costumes et en anglais, et aussi un (malicieux ?) catalogue des clichés du cinema romantique (l'ascension d'une jeune fille belle mais pauvre qui devient riche et célèbre, mais finit triste et seule) Tout y est. On en rit parfois, sans trop savoir sur quel pied danser...

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19 juillet 2007

micro32

"Tu danses faux."

*

"En plus, il n'y a pas de différentiel..."

*

Passer plus de douze minutes à écouter la voix synthétique d'une hotline qui vous répète que votre durée d'attente est estimée à moins de 4 minutes.

*

Une moitié de lune posée de travers sur le bord de la nuit

*

Un couple qui va faire ses courses au supermarché bio en 4x4

*

Je ne suis pas très "majuscules"

*

Rêver parfois épuise

*

Avons croisé un chat noir, à minuit, un vendredi 13.

*

On avait presque oublié que le soleil pouvait chauffer.

*

Regarder la télé m'endort irrémédiablement

*

L'amour, comme le saumon : à l'unilatérale.

*

Cette phrase dont j'étais assez fier, polie roulée comme un galet dans le demi-sommeil, et dont je fus, bien évidemment, tout à fait incapable de me souvenir, au réveil.

*

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27 mai 2007

(b)rêves de comptoir ?

RECONSTRUCTION
de Christoffer Boe

Voilà, j'avoue : ce film danois, pourtant caméra d'or en 2003, je n'en avais jamais entendu parler. (Smiley aux joues roses de honte). Ayant eu récemment l'occasion de le voir, j'en ai profité. Et bien m'en a pris.
Bien que le réalisateur soit inconnu à mon bataillon (et il me semble d'ailleurs que le nom fourni par allociné point freu ne soit pas le même exactement que celui qui figurait au générique, qui était, me semble-t-il du genre "Boe & Co") son acteur principal ne l'était pas : ce Nikolaj Lie Kaas, je l'ai déjà croisé plusieurs dans mes périples cinématographiques nordiques (Adam's apples, Brothers, Open hearts) et c'est un visage que j'apprécie.
Reconstruction ne ressemble pas à grand-chose de connu : pendant la projection me sont venus successivement en tête les noms de Lars Von Trier (pour le grain de l'image et la caméra à l'épaule), d'Hitchcock (pour la théorie du complot), de  Spike Jonze (pour le scénar barré), de Raul Ruiz (pour l'aspect ludique de la chose), voire de Godard (pour l'adresse au spectateur ) and so on
Cette expérimentation narrative (narration expérimentale ? et même expérimentée ?) c'est un peu comme sauter dans l'eau glacée en sortant du sauna (pour rester dans les métaphores fjordiques) ça vous surprend, ça vous rafraîchit, ça vous tonifie, ça vous fait vous demander où vous êtes... Et quand les lumières se rallument (et que la boucle est bouclée) on reste là assis, surpris, fasciné, ravi...
Reconstruction c'est un peu, à la base, une ligne unique (et bien connue) de scénario: Boy meets girl. Mais le boy en question, qui rencontre la girl au comptoir d'un bar pour l'inviter à partir avec lui pour Rome (alors qu'une voix off nous prévient que ce n'est pas vraiment le début du film et qu'il va falloir revenir en arrière...) l'a peut-être déjà croisée dans le métro, alors qu'il était pourtant avec sa copine (mais qui n'est peut-être pas sa copine) et qu'elle (la girl du comptoir) le connait peut-être déjà, et peut-être qu'ils ont fait l'amour à l'hôtel, et peut-être qu'elle est déjà mariée, peut-être, sans doute, à quelqu'un qui est peut-être le deus in machina qui fabrique peut-être toute cette histoire. Mais peut-être pas.
Les jeux de l'amour et du bizarre, quoi.
Bref, questions neurone(s), ça s'agite. C'est un bonheur que d'avoir à se titiller un peu les méninges, de chercher à emboîter les pièces, d'émettre des hypothèses, devant cette histoire qui n'est pas livrée pré-mâchée (voire pré-digérée). C'est brillant, c'est bluffant, malgré (ou justement grâce à) une économie de moyens certaine. Econome, donc, mais pas avare, non! Au contraire, presque trop généreux, à lancer tant de lièvres sur la piste de course de la narration qu'il a de la peine à les suivre tous.
Film de montage donc (de démontage et de remontage), bref un genre de mécano mental plutôt fascinant. Très recommandé pour l'oxygénation du bulbe si par hasard quelque grosse bouse (genre Prix à payer...) vous a précemment encrassé le neurone.
(Par contre euh je ne suis pas sûr qu'il passe encore dans une autre salle en France que la nôtre... Smiley confus... Mais bon ça doit être encore un coup de l'U*M*P)

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6 juin 2007

ski de fond

LOIN D'ELLE
de Sarah Polley

Faire un film à propos d'Alzheimer n'est pas un exercice facile. Certains s'y sont cassé les dents, et de redoutable façon. Sarah Polley s'en sort relativement pas mal. C'est sûr, elle a quand même Julie Christie (je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans...) avec elle, ça aide!
Un couple "normal" (blanc, hétéro, pas dans la misère, ayant certainement bien voté aux dernières élections...), construit depuis 40 ans et, soudain,  "elle" commence à "partir" : pertes de mémoire, etc... "Je suis en train de disparaître" nous dit-elle, expliquant que quand on perd la notion d'une chose, on perd la chose aussi. C'est elle-même qui demande à se faire "interner", et lui qui renâcle à l'idée, mais finit par céder... Il va assister au début de son déclin, irrémédiablement, se causant au passage quelques blessures (d'amour-propre ?) et tentatives de remise en question.
On sent bien ce que la réalisatrice a voulu faire, on est touché par cette dynamique l'amour plus fort que la maladie, avec les réserves inhérentes à ce genre de projet : tout ça reste très propre, très poli,(on n'est que dans les premières phases de la maladie), parfois même trop décoratif ou démonstratif (les traces de ski, l'illustration mot à mot de certains dialogues : la maison qui s'éteint, l'islande...), voire même parfois gênant (la scène finale, en ce qui me concerne, un peu trop happy end youp la boum même malade et amnésique je t'aimerai toujours...)
Sarah Polley a réussi à faire en quelque sorte rebondir son sujet (le monsieur dont la femme a la maladie d'Alzheimer devient copain avec la dame dont le mari, qui a aussi la même maladie, est devenu l'objet de l'affection de sa femme à lui...) mettant en quelque sorte le récit en porte-à-faux, d'autant que la construction, en flashes-back enchâssés les uns dans les autres met -au moins au début- l'attention du spectateur à rude épreuve.
Je m'en fous, dès le début je pleurais comme une madeleine, mais je ne suis pas sûr que c'était 100% à cause du film, j'étais toujours dans mon processus de chiffonnage évoqué dans le post précédent... Et, paradoxalement, au fur et à mesure du film, j'ai repris peu à peu figure humaine, et que je ne pleure plus, et que je ne renifle plus, et que je ne me mouche plus, et que je me prends dans les dents quelques répliques bien senties (de la part du personnage interprété par Olympia Dukakis, ou de delui de l'infirmière...)
Comment c'était, déjà ? Ah oui, par exemple "Devenez ce que vous auriez dû être"...Hmmm c'est tout moi, ça!

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10 mai 2007

brochet

Oui, comme les brochets : tout dans la gueule ! c'est de moi que je veux parler, bien sûr, vous l'aviez deviné. Moi qui avais annoncé, m'étais solennellement promis, avais juré craché promis ptoui! que si l'autre, là, était élu, je prendrais ma petite valise et je m'en irais...

(idéaliste, va...)

Oui, je suis toujours là. Les Turcs m'attendront (j'avais en effet dit que je partirais une semaine en Turquie, juste pour faire le point au calme sur ma condition de blogueur faire un peu de tourisme. Non non, pas (encore) pour demander l'asile politique, pour ça j'aurais plutôt envisagé l'Espagne, je crois...

Bref ne nous voilons pas la face, ne tergiversons pas, je ne suis pas parti, je reste là, je stagne. Je suis un gros limaçon,  un pauvre vieux chose ramolli, inerte même si anxieux. Mais conscient (enfin, un peu encore, me semble-t-il)

Finalement je suis soudain curieux, curieux de voir ce qui va se passer, de voir comme les choses vont s'enchaîner, de voir jusqu'où ça va aller, de voir à quel rythme ça va pleuvoir les catastrophes (chez nous on dit "ça tombe comme à Gravelotte" ) les saloperies les magouilles les provoc' les trahisons les coups en vache les ignominies. Tiens, vu comme c'est parti (de campagne hihi) on pourrait même commencer à dresser une liste : Fouqu*t's, M*lte, Boll*ré... and so on (comme on dit chez Georges Bouche)

Lisons encore Libé, lisons le Canard, et Charlie, consolons-nous, serrons-nous les coudes, tenons-nous chaud, faisons circuler des mails comme ceux que je reçois régulièrement et de plus en plus (lettre d'Ariane Mnouchkine, Michel Onfray qui raconte sa garde à vue rencontre avec N.S) organisons-nous, bref, pour la résistance, car l'hiver va être long long je le crains...

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Mais positiver quand même (sinon on meurt), oh juste des petites choses : le plaisir de revoir J'attends quelqu'un de Jérôme Bonnell, avec plus de trente personnes dans la salle, et de l'apprécier encore plus que la première fois (quelle tendresse...) le plaisir de retourner aux bozarts, de revoir les djeun, d'avoir indirectement des nouvelles de qui-je-sais, le plaisir de voir commencer à se concrétiser le petit bouquin que j'ai fait avec Emma, le plaisir de recevoir des SMS complices (merci Malou, merci Isa...), le plaisir de faire une réunion des Zamis du Cinéma et de réussir à rester calme sans parler de qui-vous-savez, le plaisir d'aller voir Irina Palm (j'y reviens bientôt), le plaisir de me dire que je vais voir ce soir Oncle Vania à la campagne par le Théâtre de l'Unité, le plaisir d'avoir commencé à préparer une lecture à dix-sept de L'exercice de la raison de J-L Lagarce (merci Pépin), le plaisir d'être plongé dans Le script, de Rick Moody, le plaisir de manger ce soir chez des amis, le plaisir d'écouter Blonde Redhead, le plaisir d'aller aujourd'hui à une journée de prévisionnement avec mon ami Hervé, le plaisir de penser que c'est bientôt le mois de juin...

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15 janvier 2007

expédition

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Une expérience... Dans le Théâtre, en bois sans chauffage (et encore, il ne neigeait ni ne gelait dehors, c'est dommage que la météo n'ait pas été pire!), imaginez sept cent personnes en doudounes, combinaisons de ski, gros manteaux, etc..., assises par terre, les fesses posées sur des carrés de polystyrène (ça isole!), les têtes couvertes de bonnets et écharpes diverses, le reste enfoui sous des plaids polaires, tous réunis pour assister à un objet glacial conçu par Pierre Guillois, (metteur en scène en résidence à Bussang), à savoir l'évocation de l'affaire Henry et Vincendon, deux jeunes alpinistes morts dans le massif du Mont Blanc pendant l'hiver 1956, héros d'un invraisemblable branle-bas médiatiques et victimes d'un intense cafouillage logistique (entre les guides de Chamonix, l'armée qui ne veut pas envoyer d'hélicoptère, les tergiversations bureaucratiques...) qui leur coûta la vie, au terme de neuf nuits de bivouac à -30°, et ce malgré un incroyable instinct de survie.
L'affaire est impressionnante, le texte est précis, mais -dommage- il s'avère qu'il s'agira plutôt d'une lecture que d'une véritable création théâtrale. Lecture à quatre voix, deux hommes et deux femmes, mise en espace sur 4 podiums alignés sur toute la longueur de la salle, qu'ils vont occuper successivement, au milieu des spectateurs. Malgré les cafouillages techniques et/ou humains,il reste  néanmoins de  beaux moments, grâce à une progression dramatique bien conçue, qui a la bonne idée de finir dans l'obscurité complète, avec juste ces quatre voix qui nous offrent, sans effets, les derniers mots de la tragique histoire. (avec un  moment spécialement marquant (et légèrement pervers ?) lorsque les quatre acteurs expliquent par le menu à des spectateurs, par encore transis mais qui pourraient bien le devenir, le processus de la mort par le froid. Hypothermie, hypoxie, gelure. Ou comment le corps sacrifie d'abord les extrémités pour garder le coeur au chaud, car, si par malheur ce dernier vient à se refroidir, couic!)
A la sortie, il semble que dehors il fait plus chaud que dedans, on se désemmitoufle, on se découverturise, on se déplaidpolarise. On range le polystyrène et les chaufferettes magiques. On est vivant, des braseros ont été allumés, on sert du vin chaud et du chocolat itou. Que demande le peuple ?

1 janvier 2007

sur le toit

LIBERO
de Kim Rossi STUART

Le dernier film de l'année... En général j'ai pour lui une certaine tendresse (l'an dernier c'était le très beau BE WITH ME d'Eric Khoo), mais celui-ci n'est pas en reste, surtout que je l'attendais depuis un certain temps (depuis qu'à Paris, avec Malou, on avait eu tous les deux les larmes aux yeux dès la fin de la bande-annonce...)

Histoire d'une famille ban(c)ale : Papa, une fille, et un garçon (plus jeune). Mamma ? E partita, comme on l'apprendra assez vite (enfin, surtout au moment où on la verra revenir!) Famille, prise dès le matin, au réveil, au tout début du film, donc, avec sa vie de, ses petites histoires, ses engueulades, ses réconciliations, ses jeux et ses rites. C'est très vrai, très juste, très réel : le quotidien, les détails,  la clé de la porte d'entrée qu'on cache dans le pot de fleurs, le boulot pour l'adulte, l'école pour les enfants... Cahin-caha hauts et bas mais surtout le ciment de l'affect pour maintenir debout cet édifice parfois un peu vacillant. Dans cette famille, le garçon s'appelle Tommy. Et le film va s'attacher un peu plus précisément à lui. On suit la vie au jour le jour, et au plus près, de ce gamin comme les autres mais pourtant singulier (le jeune Alessandro Moracce compose un personnage inoubliable), jusqu'au jour où...
Jusqu'au jour où la maman, blonde, en larmes, suppliante, revient, et veut reprendre sa place. On comprend, à l'attitude de chacun, que ce n'est pas la première fois, qu'il faut composer avec ce genre d'évènement, et, comme dit le gamin "de toute façon, elle va repartir..." La famille se "recompose" provisoirement, les choses ne sont pas faciles, de part et d'autre. Il s'agit de refaire fonctionner le mécanisme, il y a des doutes, des hésitations, des appréhensions, des refus, des fragilités, des colères. Jusqu'au jour où...


Kim Rossi Stuart a mis en scène et interprété (il joue -très fort- le rôle du père) cette histoire ordinaire, de gens ordinaires, mais qui jusqu'au bout vous tient dans votre fauteuil, entre le sourire, les larmes, l'angoisse même parfois, avec une minutie, une force, une justesse, peu communes. Le retour de la mère n'est pas le ressort unique de cette histoire, c'est juste l'un de ses éléments, tout comme la relation du fils avec sa mère ne constitue pas forcément le plus important des problèmes que celui-ci doit affronter. Il s'agit pour chacun de tenir sa juste place. Pour l'adulte, être père (à défaut d'être mari), avec toute la difficulté qu'il y a à être un père jeune, à trouver un juste milieu entre les rigolades et les chatouilles copain-copain et les coups de gueule et de désespoir c'est moi qui commande et c'est difficile. Pour l'enfant, il s'agit à la fois d'être fils de, mais aussi, simplement, enfant.Il y a des moments, touchants, où on ne sait plus quel est l'adulte et quel est l'enfant, entre les deux...
Et l'enfance c'est tout ça aussi, grimper sur le toit en cachette, mettre un billet dans le cahier d'une fille pour lui dire qu'on l'aime, être fasciné par un camarade sourd, tirer la tronche quand on est obligé de manger de la langue, prendre part à une compétition de natation contre son gré, avoir envie d'aller aux sports d'hiver avec le fils des voisins, pleurer dans le bus en lisant une lettre de sa mère...
Un beau film.

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31 juillet 2006

ménage

(je me rends compte que pour ces ouacances en bretagne, j'aurais pu remplacer la catégorie "fadaises" par la catégorie "falaises" mais bon il est un peu trop tard pour ça !)

ultimes bribes, comme les grains de sable restés au fond du sac à dos qu'on retrouve bien plus tard

ce matin, on fait le ménage, (la première voiture des revenantes doit arriver vers 14 heures) : on range on trie on lave on aspire on nettoie on jette on entasse on balaie on refait les lits à neuf on aère on fait sécher on commence à mettre des trucs dans le coffre on écrit les ultimes cartes postales, on planifie les derniers repas, on commence un peu à faire place nette, à effacer nos traces

*

Petite chose rigolote/émouvante  que je ne peux pas ne pas raconter : M., en grattouillant sur les rochers(c'est la plus enthousiaste et la plus motivée des grattouilleuses de plage que je connaisse !) pour subvenir à notre pitance quotidienne (hmm, sa soupe de moules est un bonheur!) s'est fait au fil des jours un petit copain, un gamin blondinet qui, quand elle lui a demandé son prénom, lui a dit qu'il s'appelait ... ***! (oui, exactement comme mon *** à moi!) ce qui fait que, en revenant sur ladite plage, elle ne peut s'empêcher de me dire malicieusement "J'espère que je vais retrouver mon petit ***" (et je ne peux m'empêcher à chaque fois d'avoir l'image mentale de mon *** qui m'attendrait -surprise !- allongé au soleil sur sa petite serviette, en train de dorer son petit bedon...)
Mais, bien entendu, quand j'arrive sur la plage, il n'y a personne... enfin, je veux veux dire, personne de la sorte, de l'étoffe dont les rêves sont faits...

et la mer efface sur leu sableueueueueueueu...

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(photo à postériori 16)

16 avril 2007

tableau(x) de famille

LE VIEUX JARDIN
de Im Sang-Soo

Le vieux jardin reprend à peu près les choses où The President's last bang les avait laissées. Après l'assassinat du dictateur ont éclaté des révoltes étudiantes qui ont été violemment réprimées par les forces de l'ordre (comme on dit... et en ces temps de pré-élections et de qu'est-ce qui risque de  nous tomber sur la gueule après c'est comme qui dirait paradoxalement salutaire de nous montrer ça juste maintenant : votez Talonnette Premier, et vous verrez!), le héros du film est un de ces étudiants, qui a passé pour ça (pour quoi ?) dix-sept ans en prison.
Au début du film, donc,  tout juste libéré, il va retrouver la vie civile, sa liberté, son pays qui a changé, et ses souvenirs, car la demoiselle (très belle, très artiste) avec qui il vécut une histoire d'amour dans les montagnes (c'est pas moi qui l'invente) aussi brève que passionnée est hélas morte dans l'intervalle (faut reconnaître que 17 ans, quand même, ça fait une sacrée paye à attendre!). Précisons que notre héros aurait pu rester avec elle (pour vivre heureux vivons cachés) mais qu'il a préféré -le niais !- retourner à Séoul pour refaire de la politique (et se faire coffrer illico!)
Le film -comme notre héros- va donc suivre son petit bonhomme de chemin buissonnier entre aujourd'hui (que reste-t-il de nos amours ? de nos révolutions ? de nos illusions ?) et hier (voire avant-hier, car il y a parfois une deuxième couche dans les strates mémorielles) et c'est superbement bien fait (à l'image de ce travelling qui s'envole littéralement lorsque le héros téléphone pour la première fois à sa fille.)
Mélange de douceur (le souvenir de l'amour, mais aussi le bonheur d'en retrouver les traces -à la fois matérielles (les tableaux) mais aussi humaines (Eun-Gyul, la fifille, qui en est en quelque sorte la continuation), et aussi de violence (la révolte estudiantine, la répression) sans que jamais ça soit trop lourd ni d'un côté ni de l'autre. Sucré/salé juste à point. Avec la quantité d'alcool indispensable à tout film coréen digne de ce nom.
J'avoue, j'ai dû vérifier sur mes tablettes que c'était bien le même réalisateur (j'ai tendance à confondre quelques réalisateurs coréens) que celui qui avait fait Une femme coréenne (que j'avais eu un peu de mal à suivre) et The President's last bang, (que j'avais eu un peu de mal à comprendre) tant on se sent ici sur un autre terrain narratif. Plus convenu (?) diront certains, grincheux comme d'hab. Oui oui, bien sûr il y aurait deux trois choses à redire : le héros qui est stricto sensu exactement le même au bout de 17 ans (on lui a quand même mis des cheveux gris pour qu'on puisse le reconnaître), ou la prison (17 ans tout de même! et je me souvenais avec un certain effroi du prisonnier de Old Boy) qui ne lui a pas laissé plus de traces qu'une thalasso moyenne, par exemple, mais bon, ça fait partie du jeu, non ? et les mêmes grincheux qui parlent dans leurs articles de l'utilisation de toutes les ficelles du mélo (si si j'ai lu ça quelque part) n'ont qu'à aller se faire voir railleurs. (hmmm j'ai presque honte de celui-là. Presque, je dis bien...) Bref, ce sont juste des codes, des codes narratifs, allez circulez!
Je n'avais pas vu ça comme ça (les ficelles du mélo ?) mais c'est peut-être alors que j'aime ça, le mélo. Je suis un mélomane, en Corée toujours ! (bon bon j'arrête je sens qu'il y en a qui vont me battre, si ça continue!) Pour moi il est surtout là-dedans question d'espoir. D'espoir(s) déçu(s), (comme d'illusions perdues) peut-être, mais non, quand même, à la fin, il y en a un vrai, un peu ténu peut-être, mais indéniablement il existe, et c'est ça qui importe!

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7 mai 2007

demolition men

STILL LIFE
de Jia Zhan Ke

Le premier des trois films chinois vus dans mon MK2 Beaubourg chéri (oui oui je suis un peu en retard dans mes chroniques, mais j'ai des excuses non ?). Mon ami Hervé m'en avait fait une pub dithyrambique. Et encore une fois il avait raison. Ce film est (plastiquement, et donc cinématographiquement) splendide.
Deux histoires sans aucun rapport (sauf qu'elles se passent dans la même région, et, qu'à un instant, leurs deux protagonistes vont se croiser sur l'écran, mais sans même se remarquer, puisqu'ils ne se connaissent pas!), celle d'un homme, San Ming, qui revient chez lui seize ans plus tard pour tenter de retrouver sa femme et sa fille, et celle d'une femme, Shen Hong, qui cherche à retrouver son mari qui a fui quelques temps auparavant. Tout ça se passe à Fengje, dans la Vallée des Trois Gorges (des trois Georges était tout de même plus rigolo, hein, Malou ?), où la construction du plus grand barrage hydroélectrique du monde a fait déplacer plus d'un million d'habitants dont les maisons ont été détruites puis englouties. (Celle de San Ming, notamment)
Ces derniers vestiges d'un monde disparu (ce qui fut englouti dans la première tranche), ou en train de disparaître (des équipes de démolisseurs sont embauchés pour mettre à bas les bâtiments),  entre métaphore politique (L'ancienne Chine communiste disparaît au profit de la nouvelle Chine capitaliste) et humaine (que reste-t-il de nos amours ?) sont saisis avec une grande élégance visuelle et/ou narrative.
Oui, c'est constamment fascinant, même si (ou justement parce que) le rythme est lent, voire très lent. Beauté des décors (le réalisateur reconnaît n'avoir rien inventé, n'avoir fait que fixer sur l'image une réalité, celle des démolisseurs) et des corps aussi (il fait visiblement toujours très chaud et lourd, là-bas, d'où les torses nus, la sueur, les muscles saisis dans l'effort, je sais je sais je ne suis pas objectif)
La nostalgie, omniprésente, liée à l'acuité du constat social, pourrait devenir oppressante, si elle n'était, à intervalles réguliers, comme cisaillée par des éclats, éclats de rire, de violence, ou même parfois de poésie surréaliste. Comme des aérations dans un vêtement ou des fenêtres ouvertes sur la façade d'un immeuble, ouf on respire mieux.
Une sacrée belle musique mélancolique, en tout cas, qui perdure longtemps après que les lumières de la salle se soient rallumées.

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12 novembre 2020

RCC13

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films en N&B : pour ceux que ça intéresse, voilà la liste des réalisateurs :
ALLEN / BENCHETRIT / COEN / CORBIJN / CORTI / COSTA / CUARON / EGGERS / HAYNES / JARMUSCH / KASSOVITZ / LYNCH / PAWLIKOWSKI / REITZ / SMITH / VEIROJ / TARR / WENDERS
(oui oui, bien observé, il y a moins de réalisateurs que de films...)

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zen dès le matin :
dès que j'entame un pack de 6l de lait, il est déjà -virtuellement- terminé

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petit-déjeuné avec une tranche de brioche perdue (comme le pain du même nom, mais avec de la brioche à la place, j'aime les recettes simples)

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Brassens chantait
"le jour du quatorze juillet
je reste dans mon lit douillet..."
et moi je chanterai sur le même air
"et le jour du onze novembre
je rest' bien au chaud dans ma chambre"

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Capture d’écran (524)

Hier soir, à 21h tapantes, j'étais au Théâtre de la Ville pour assister en direct à la retransmission de la captation d'un des derniers filages -qui avait eu lieu plus tôt (c'était donc du différé en live)- de Royan, une pièce de Marie Ndiaye (qu'elle a écrite spécialement pour Nicole Garcia)  avec Nicole Garcia, mise en scène par Frédéric Bélier-Garcia, un "seule-en-scène" très impressionnant autour de Gabrielle, une prof de français dont une élève s'est suicidée...
Mais ce n'est pas "toute la pièce", la vraie pièce, puisqu'elle est ici jouée sans spectateurs, c'est plutôt "autour de Royan" comme le dit Nicole Garcia dans un interview à Téléramuche... Un sacré beau moment de théâtre, en tout cas.

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les bons conseils de Tantine France Info :

Confinement : cinq conseils pour mieux vivre cette période, et ne pas sous-estimer ses conséquences psychologiques

1) Comprendre ses émotions, et la façon dont elles évoluent

2) Ne pas avoir peur de demander de l'aide

3) Garder un quotidien structuré

4) Trouver des activités qui vous font du bien

5) Maintenir le contact avec vos proches

(l'article complet est )

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les marchands de sapins, les magasins de jouets, les producteurs de cidre...
les dealers devraient aussi aller se plaindre à qui de droit pour manque à gagner et difficulté d'écoulement des stocks, non ?

 

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(Eric Pessan)

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j'aurai vécu ce mercredi entier en ayant le sentiment qu'on était dimanche...

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oups j'avais oublié le chocolat du jour
(alexandrin instantané)

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11 novembre 2020

RCC12

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eh ouais, comme chaque matin, on y retourne!

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"En France, soit on n’a pas le même virus. Soit on n’a pas les mêmes enfants. Soit on n’a pas le même gouvernement… On est en tout cas un des rares pays où l’on fait semblant de croire que l’enfant n’est pas contaminant… On sait pourquoi !" (Christian Lehmann cité dans L'Humanité)

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réveil en douceur : j'ai dormi sept heures (3+4), en pyj' je vaque et navique longtemps sur le ouaibe, (je sérendipite, en fait) tout  en écoutant (et ré-) Vie Etrange le dernier album de Dominique A., effectivement très beau (et doux), j'ai -enfin-trouvé un exemplaire de La Marmite par Albin de la Simone, que je commande illico, en compagnie de deux autres livres (un de Dominique A, justement, et un autre sur Perec -dont j'ignorais l'existence!-)

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une curiosité : par La Maison Tellier, (qu'on vit ici, par le passé, dans les concerts des Estivales), une re-visite de Désenchantée de Mylène Farmer, qui en acquiert du coup un genre de re-légitimation alternative... Perso, j'eus préféré que cela pêchat plus...

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courses "y a pas y a pas" :
chez mon traiteur il n'y a pas de moules marinières (il n'y a plus rien dans la vitrine, en fait, excepté un solitaire gratin dauphinois), à Monop il n'y a ni moules marinières, ni coings, et chez mon marchands de primeurs il n'y a pas de coings non plus (à part les quatre de la boutique me dit la vendeuse très en verve)

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3 reportages consécutifs aux infos qui me font venir une larmichette : l'interview d'un jeune trisomique employé au "drive" d'une grande surface / l'annonce de la réouverture de (certains) restaus pour les routiers / et une ballerine españole atteinte d'Alzheimer qui retrouve un peu de mémoire  en écoutant Le Lac des Cygnes

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Covid-19 : les chiffres de Jean-Michel Blanquer sur les contaminations des élèves sont-ils mensongers ?

Le ministère de l'Education a évoqué vendredi 3 528 élèves atteints par le Covid-19, et suggéré une stabilité des chiffres depuis mi-septembre. Mais ces données sont très partielles, et ne traduisent pas du tout la dynamique de l'épidémie chez les jeunes.

"Bonjour,

Vous avez été nombreux à nous interroger sur les chiffres communiqués par Jean-Michel Blanquer, vendredi dernier sur RTL, selon lesquels 3 528 élèves (sur 12 millions) auraient été testés positifs dans toute la France sur les quatre premiers jours de novembre. Des chiffres peu élevés mais qui, comme l’ont remarqué certains internautes, apparaissent très éloignés des données de Santé publique France, qui font état, sur seulement trois jours, de plus de 25 000 contrôles positifs de Français entre 0 et 19 ans, entre le 2 et le 4 novembre. Pire, les statistiques ministérielles, quand on les observe sur la durée depuis septembre, masquent la nette progression de l’épidémie chez les jeunes, dont témoignent les remontées des laboratoires. Explications.

Interrogé vendredi matin sur RTL, Jean-Michel B. avait pourtant présenté un tableau rassurant de l’épidémie en milieu scolaire : «Aujourd’hui, on est à 3 528 élèves qui ont été testés positifs. A rapporter à 12 millions d’élèves. C’est un chiffre qui est maîtrisé.»

Les données proviennent du point hebdomadaire publié chaque vendredi par le ministère. On retrouve dans le dernier, en date du 6 novembre, les chiffres cités par Jean-Michel B..

Problème, ces chiffres sont en effet très différents des données qu’on trouve sur le portail de Santé publique France (ou le site data.gouv.fr) et qui remontent du Système d’informations de dépistage (SI-DEP) qui renseigne sur le résultat des tests PCR pratiqués en France.

Pour la seule journée du 2 novembre, 1 849 jeunes de 0 à 9 ans ont été infectés, et 8 116 jeunes de 9 à 19 ans. Trois fois plus que le nombre d’élèves contaminés en quatre jours selon le ministère. Ces données étaient respectivement de 1 515 et 6 703 le 3 novembre, et de 1 376 et 5 637 le 4 novembre.

En trois jours, 25 196 cas positifs de jeunes de 0 à 19 ans ont donc été enregistrés en France… quand Jean-Michel B. assure, lui, que seulement 3 528 élèves (de la maternelle au lycée) ont été contaminés en quatre jours.

(…)

Dans les académies de Dijon et Besançon, un rapport de 1 à 20

Les divergences statistiques observées au niveau national se retrouvent dans les données régionales, parfois jusqu’à la caricature. Ainsi, en région Bourgogne Franche-Comté, les académies de Dijon et Besançon ont communiqué le 6 novembre (comme quasiment tous les rectorats) sur le nombre d’élèves contaminés. Au total, 50 cas positifs chez les élèves, sur les sept derniers jours, pour chacune des deux académies. Soit un total de 100 cas sur la semaine écoulé. Pour 520 000 élèves. Un taux dérisoire, qui «montre l’efficacité du protocole appliqué depuis la rentrée», selon la rectrice Nathalie Albert-Moretti lors de la conférence de presse tenue avec le préfet et le directeur de l’ARS.

Or, sur Geodes, le nombre de cas positifs diagnostiqués chez les jeunes de 0 à 19 ans dans la région sur six jours entre le 30 octobre et le 4 novembre était de 2079 (370 pour les 0-9 ans, et 1709 pour les 10-19 ans). Vingt fois plus que les chiffres du rectorat. 

Mais ce n’est pas tout. A en croire les deux académies de Dijon et Besançon, le nombre de cas positifs d’élèves sur la semaine précédant le 6 novembre a nettement chuté par rapport au dernier bilan du 16 octobre. On serait passé de 287 élèves positifs (sur sept jours également) à 100 cas, donc. Une division par trois, qui montre, là encore selon la rectrice, les «véritables effets» du protocole sanitaire. Mais là encore, Geodes pulvérise cette communication rassurante. Depuis la mi-octobre, le nombre de cas positifs diagnostiqués dans la région a quasiment triplé sur la période, que ce soit sur les 0-9 ans, ou sur les 10-19 ans. 

(…)

Ces augmentations ne sont pas plus fortes que celles des autres classes d’âge, mais elles infirment largement les données du ministère suggérant une stabilité dans le taux de contamination des jeunes, et donc des élèves. Faisant du chiffre donné par le ministre un indicateur doublement trompeur. En valeur absolue, mais aussi en dynamique.

Cordialement." 

(Cédric Mathiot / Checknews/ Libé)

(dsl j'ai coupé par ce que c'était très long, parce que très documenté)

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(c'est drôle j'en parlais avec Pépin, et voilà que je trouve la page

... 1984 c'est Big Brother,
mais c'est aussi la naissance de l'ordimini!
("appuie sur la case rouge...")
celui-ci est fourni avec 20 fiches,
mais je me souviens qu'il y avait aussi un genre de memory, que je ne retrouve pas ici
("ro-bot", "ba-lai", etc., avec cette voix ineffable)

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Une lectrice attentive me fait remarquer qu'hier il n'y a pas eu de chocolat du jour.
C'est que le chocolat était moyen, et la photo aussi... Mais bon le voici donc :

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(noir/café)

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et du coup (attention au pic de glycémie)
Voici celui d'aujourd'hui

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qui ne payait pas de mine avec ses airs de galet
et qui cachait bien son jeu
(sous une fine coque croquante,
un coeur de chocolat praliné)
mais que j'ai beaucoup apprécié

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 (Eric Pessan)

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14 février 2007

émeu

CONGORAMA
de Philippe Falardeau

Une bonne surprise et une -ô, si légère légère- déception. Ce film venu de nulle part (ou de partout, ce qui revient un peu au même : belgique, france, québec, congo...) nous était vendu par (un peu) la pub et (surtout) le bouche à oreille comme une comédie un peu foutraque et déjantée. Comédie, yes, mais pas si tant tellement autant déjantée que ça.
La structure n'en est pas si fréquente : la même histoire, vue successivement par chacun des deux personnages principaux pour les part un et part deux, chapeautée d'une troisième partie commune tous les deux. La première fois, "ils" se bousculent dans un aéroport. Au vu de la seconde partie, on comprend -ou on voit d'un autre oeil- ce qui s'est passé vraiment, et on commence à remplir certains vides.
Il est question (à chaque fois, donc, quasiment en double) d'inventeur plus ou moins raté, de recherche d'un père, d'exposition universelle, d'un accident de voiture avec un émeu, d'un moteur révolutionnaire, de diamant(s), de brevet(s)... tout ça moitié en Belgique et moitié au Québec.
Et en plus il y a Olivier Gourmet (message personnel et private joke pour l'ami Hervé s'il passe par là : c'était avant son régime extraordinaire dont tu parles si souvent, donc il a son bedon habituel d'Olivier Gourmet...) : ce mec-là, moi, je n'y peux rien, mais je l'adore... Et il est comme d'habitude, superbe, et, ce qui ne gâche rien, dans un rôle pas spécialement noir noir... Mais les autres, autour de lui, sont sur la même longueur d'onde, dans la catégorie "humain trop humain", ne vous inquiétez pas...
Un film sympa, comme on dirait "un copain sympa", qui vous accompagne pour passer une excellente soirée, et qui en plus finit bien.
Souriez... Ca sentirait presque le printemps!

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10 octobre 2006

dilettante

LE PRESSENTIMENT
de Gérard Darroussin

Juste avant de partir, j'ai failli ne pas y aller. Mollesse, fatigue, syndrome Ismène J'irai demain. Je me suis comme on dit fait violence.
Mouais. Comment dire, j'étais fatigué, j'ai trouvé que ça démarrait bizarrement, que c'était long à démarrer, que ça continuait bizarrement, j'ai un peu soupiré, somnolé...
Un film dont on reste à distance, à cause de la mise en scène, de la construction, du sujet.
Un film un peu trop fade, un peu trop plat, un peu trop droit.
Avec des faux cheveux, des murs lépreux, des robes en synthétique.
Un côté vieillot contemporain, décalé, (volontaire ?)
Une comédie pince-sans-rire ou un drame en mineur. Ou rien de tout celà.
Simple, simplet, ou simpliste ?
Des gens qui parlent, qui articulent.
Etrange théâtralité. Naturel artificiel. Maladresse touchante.
(3 scènes avec Nathalie Richard)
J'ai du mal à rassembler mes idées.
(Il a pourtant un  sourire bonhomme)

ah, si, un programme qui me plaît "Vivre au jour le jour et écrire de la poésie que personne ne lirait" (c'est dans le film)

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(Jean-Pierre Darroussin et Nathalie Richard)

8 août 2006

azzuro

J'ai posté lundi matin un petit paquet.
Comme un parrain de guerre pour son petit soldat au front, j'y avais empaqueté quelques douceurs : les quatre premiers volumes des Racontars Arctiques, de Jorn Riel, (des bouquins dont je raffole) et un autre petit livre charmant "Pas facile l'amitié" (édité -il y a quelques années déjà- au défunt Sourire qui mord). Parce que c'était son anniversaire. Eh oui, il a 23 ans le moustique.
Et dans le paquet, aussi, juste un mot, imprimé sur un papier photo, le même que j'avais envoyé en réponse à chaque ami venu à ma teuf de 50 ans.
Et c'est tout, je ne voulais/pouvais rien dire d'autre.
Je me sens un peu léger, un peu en paix, comme si ce livre, celui de cette petite histoire, ze story with ***, je le refermais doucement, je le rangeais (j'ai toujours eu un penchant coupable pour les souvenirs) sur l'étagère, avec les autres petites histoires...

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31 mars 2007

crêpes

ENSEMBLE C'EST TOUT
de Claude Berri

Le problème, c'est qu'on hésite entre "Ensemble c'est doux" ou "Ensemble c'est mou", entre "un film de gentils" et "un film gentil", entre (allons jusqu'au bout) "simple" et "simplet".
Claude Berri adapte le bouquin d'Anna Gavalda (que, sur les conseils impératifs de mon amie Christine, et eu égard à mon statut de midinet multirécidiviste, j'avais dévoré et qui bien sûr m'avait fait foooondre en flaque la crème glacée qui me tient lieu de coeur.) Soit 1h30 pour 600 pages, soit (GB va être content) 6,66 pages à la minute. Ce qui fait rapide. Bon l'essentiel y est : les personnages, l'intrigue, mais à la fin on (je) reste sur sa faim. C'est gentil, certes, mais c'est ausi un peu édulcoré, un peu affadi. C'est grand public, quoi, a dit mon amie Evelyne, en sortant...
Je ne vais pas réenfoncer certaines portes ouvertes sur les différences entre littérature et cinéma, mais c'est sûr que l'avantage du bouquin, c'est qu'on peut se fabriquer ses propres illustrations, et qu'on a plus le temps pour expliquer (ou comprendre) les choses. Alors que là, hélas, durée oblige, on est soumis à la vision -réductrice forcément- du metteur en scène (qui d'ailleurs ne met pas grand-chose, avouons-le : niveau mise en scène, plus planplan tu meurs... d'ailleurs paraît que c'est Dupeyron qui a fini le film pour cause deréitération de nervous breakdown de Berri), et on se sent un peu pris en otage. comme des touristes visiteriaent un musée au pas de charge. Allez hop! hop! on pass! suivant! Du bouquin Berri a  fait bouillir la plupart des ingrédients, ne surnage plus quasiment que le sucré, à la longue ça peut virer un peu écoeurant.
Guillaume Canet est infiniment agréable à regarder, il a un sourire craquantissime, il est tout doudou, mais il me semble qu'à priori j'aurais vu un Franck un peu plus bourrin. Audrey Tautou est bien aussi (j'aurais bien aimé voir Charlotte Gainsbourg qui était initialement prévue) même si elle n'est pas forcément avantagée par ses successives aventures capillaires. Laurent Stocker est par-fait en Philibert. Les autres acteurs sont très bien aussi. Et on a (j'ai) même l'immense plaisir de revoir la non moins immense Hélène Surgère (ah... Corps à coeur, ah... Les belles manières) dans un petit rôle de mamie...
Même si on n'a pas lu le bouquin, on sait bien comment ça va finir, que Guillaumeet Audrey vont finir par s'aimer, et que tout finira très bien de chez encore mieux ; alors on regarde, on attend, on se laisse porter, c'est un peu sans surprise. Mais pas du tout désagréable.
On sort de là mi-figue mi-raisin, le sourire oui, mais en se disant une fois de plus que y a que dans les films que ça finit bien comme ça...

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27 mars 2007

chacun cherche son chien

J'ATTENDS QUELQU'UN
de Jérôme Bonnell

J'aime ce film parce qu'il est doux. J'aime ce film parce qu'il est attentif. Jérôme Bonnell a, comment dire, depuis LES YEUX CLAIRS, quelque peu arrondi les angles, adouci l'amertume initiale de son cocktail narratif. Et ça passe tout seul. Et on en redemande.

Des gens ordinaires, normaux, dans une petite ville, avec des histoires simples : un patron de bar, un jeune autostoppeur, une institutrice, un comptable... Le patron de bar (Gérard Darroussin) est divorcé, il aime beaucoup les femmes, et voit régulièrement une professionnelle (Florence Loiret-Caille) pour des ébats tarifés. Mais pas du tout que pour ça. L'autostoppeur (Sylvain Dieuaide) rentre chez lui après quelques années d'absence pour régler une histoire qui serait comme dirait restée en suspens. Le couple (Emmanuelle Devos en maîtresse un peu fofolle et Eric Caravaca en comptable un peu coinç-coinç) est sans enfant mais hérite à l'improviste d'un gros chien noir...

Et ça suffit pour faire notre bonheur. Jérôme Bonnell conjugue ses trois historiettes avec adresse, avec tendresse, avec humanité. Il sait rester proche, proche des personnages, de leur visage, de leur corps, de leur peau, mais aussi de leurs émotions, de leurs délires, de leurs hésitations, de leurs chagrins... Sans pathos, sans excès. C'est simple (je le redis), c'est touchant, ça tombe toujours juste. La vie, quoi, le bordel (comme chantait Higelin), avec ses hauts ses bas, et ses moments de flottement où on ne sait plus très bien de quel côté on se place...

L'écriture est précise, la mise en scène fluide, le timing perfect avec quelques running gags (dont la présence de Nathalie Boutefeu, égérie du cinéaste (elle a joué dans tous ss films précédents) en dame aux petits chiens.) et autres clins d'oeil. Une merveille de tendresse, où les comédiens -comme un vin qu'on laisse décanter pour en exalter le bouquet- se laissent aller, donnent le meilleur, se bonifient, se magnifient. On aimerait vraiment habiter près de chez eux, croquer des carottes avec Emmanuelle Devos, ou des bananes avec Marc Citti, boire des bières avec Sylvain Dieuaide ou Florence Loiret-Caille, promener le chien avec Eric Caravaca, ou relire (pour la quatrième fois!) L'Education sentimentale avec Gérard Darroussin...

C'est vraiment bien bien.

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28 septembre 2006

jour de grève

Eh oui! Je fais partie du pas beaucoup de gens qui ont fait grève aujourd'hui, comme ils ont dit à la radio c'est de plus en plus difficle de mobiliser le monde enseignant (quand on voit ce qu'on s'est pris dans les dents -et je suis poli- avec les retraites, c'est sûr, on hésite...) Pour vous dire, d'habitude, on ferme l'école, et là, y a avait que moi tout seul, mes deux collègues chéries sont allées bosser, bravement. Et je dois vous avouer aussi que j'ai lu un peu distraitement la (longue) liste des revendications, car j'avais depuis le début décidé de la faire, cette grève,  pour une (bonne ?) raison : ne pas être dans ma classe ce jour-là, simplement. Oui, juste ça. Souffler. C'est dire.

Je me suis donc offert un jour pour moi. A soixante-quinze euros, ça doit faire le prix d'une séance de psy, non ? (je n'ai aucune notion des tarifs). Donc, autant en profiter. Coup de bol, il faisait soleil, et j'ai donc entrepris, après une matinée juste un peu studieuse, de partir faire ce que j'avais envie de faire.

Photocopies des deux prochains numéros des Lieux Communs (85 : ne rien faire, et 86 : les t-shirts) puis parti lire le Libé du jour au grand air, histoire de faire quelques photos et pourquoi pas aussi quelques rencontres plus ou moins champêtres et bucoliques (...) Ensuite direction Besac pour quelques emplettes et éventuellement un ciné, arrêté en route pour manger sur une aire de repos très ensoleillée un repas extrudé arrosé de soda sans sucre soi-disant aux extraits naturels, avec en décor quelques camions dont les chauffeurs faisaient eux aussi leur pause-repas, en tout bien tout honneur!

Arrivé en ville, trouvé une place de parking (yess!) , payé pour deux heures (re!), puis déniché à la librairie le livre exact que je voulais offrir à la personne exacte pour son anniversaire de bientôt (plus un autre pour moi -une dame finlandaise- très énergiquement recommandé par la libraire), juste avant failli acheter des baskets bleu fluo mais non finalement, puis cinéma comme prévu (Les amitiés maléfiques, j'y reviens), et hop  18h déjà, revenu jusqu'au parking (pas de pv!), en passant devant le nouvel appart de *** (même pas mal!) et retour chez moi, en m'arrêtant au magasin de sacs à dos (juste à côté du magasin à madeleines), même que j'ai respecté les limitations de vitesse!

Changeant de sac à dos (le précédent fut bien déniapé cet été en Bretagne), retrouvé aussi mon petit carnet clairefontaine qui était presque terminé, et le plaisir d'écrire dedans idem.

Voilà, c'était juste un beau jour de grève, pas de stress, pas de manif', pas de soucis...

Et en plus, ce soir, sur arte, ils passent Urga...

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2 février 2007

festival (trois)

Oups les choses s'accélèrent. Plus de gens, plus de files d'attente, plus de conseils échangés, et plus de choix à faire. Il faut savoir précisément ce qu'on ne veut pas rater et ce qui est dispensable, et s'organiser en fonction des ultimes séances dsponibles (pas trop tard, pas trop loin) pour planifier ses derniers choix avant la séance de clôture, samedi 18 heures. Je continue toujours à mon petit rythme (oui oui je vieillis) de quatre à cinq séances par jour (certains vont jusqu'à sept!)
On est un peu (complètement) hors du temps, de la réalité réelle. Je ne sais plus ce qui se passe d'important en France ou ailleurs (pas de télé, pas de journaux, hormis le quotidien du Festival).
On fait la queue, on boit des films, on va boire un café, on vérifie sur son programme, on repart faire la queue, etc...
Ce soir je tenterai de me livrer au petit jeu des pronostics, ou plutôt de me faire mon petit classement à moi.

Désolé, toujours pas d'images pour illustrer ces posts, j'ai bien pris l'appareil photo mais pas le cable pour relier à l'ordi, alors ce seront des photos à posteriori...

(photo à posteriori :)

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