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lieux communs (et autres fadaises)
17 mars 2013

peine perdue

LES JEUX DES NUAGES ET DE LA PLUIE
de Benjamin de Lajarte

Hiam Abbass et Alain Chamfort, main dans la main... C'est un des couples a priori improbables que met en place ce premier film élégant et cosmopolite, à l'image de l'hôtel où s'en déroule une bonne partie. Une nuit, une ville, de la pluie... Un monsieur chinois qui gifle sa femme, un détective privé américain, une serveuse de bar, un couple de magiciens, vont ainsi se croiser, se rencontrer, s'entrecroiser, s'approcher, s'éloigner, se quitter, se trouver au cours (au coeur) de cette même nuit (et de la journée qui la précède).
Un film assez fondamentalement (et joliment) triste, mais avec une sérénité assez zen. Un film basé sur l'incompréhension et l'incommunicabilité, en plusieurs langue (le français, l'américain, le chinois - mandarin ou cantonais -) avec (ou pas) traduction simultanée (une jolie trouvaille), un film précieux et fragile, pas complètement abouti (certain critique écrivit "trop sûr de ses effets"), avec, par exemple, le personnage de la serveuse, pas raccord, qui détonne  avec le reste de la distribution , comme s'il n'était "pas juste". Trop "en force", dans cet univers relativement ouaté et soyeux, de la qualité qu'on prêterait, par exemple, aux vêtements de ce charmant vieux dandy d'Alain Chamfort.
Des mots, de leur sens, et des différentes façons de les utiliser. Des blessures et des cicatrices, des guérisons et des rechutes. Des rencontres et des séparations. Des outils de communication. De la cristallisation des sentiments.

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13 mars 2013

bouillavé

GIMME THE LOOT
d'Adam Leon

Un délice. Qui m'a laissé hilare et béat comme si j'avais abusé des cigarettes qui font rire. Hihihi ça m'a rappelé ma jeunesse... Quelques fois les petits films indie m'exaspèrent, et d'autres ils me ravissent. Il y a les péibles et les jubilatoires. Là, c'était vraiment ça. On avait déjà eu le plaisir d'en voir une vingtaine de minutes, samedi, avant qu'on ne nous fasse sortir du ciné parce qu'il y avait le feu... Et le peu qu'on en avait vu donnait indéfectiblement envie d'en savoir davantage sur ces deux tourtereaux new-yorkais, graffeurs du Bronx et démerdards, en quête de 500$ pour concrétiser un improbable et grandiose projet graffatoire. Un vrai film de New-York, new-yorkais dans l'âme, de l'intérieur, des "petites gens", de la zone, de la fumette, des grosses baskets et des combines. New-ork "du bas" (socialement) et pourtant New-York "du haut" (géographiquement) avec des dialogues d'une réjouissante crudité (j'adore quand il ya plein de gros mots, mais un peu comme en prononceraient les enfants, avec bonheur et gourmandise... je n'avais pas été à pareille fête linguistique depuis Clerks de Kevin Smith) un humour, une tendresse, et surtout, surtout un plaisir de tous les instants. un truc tout simple pourtant, mais qui dégage un tel attrait que c'en est difficile à expliquer.
Le réalisateur nous montre ses personnages tels que, justement, sans apitoiement ni commisération, mais au contraire avec une complicité, une légèreté qui ne peuvent que vous mettre en orbite sur un petit nuage (comment s'appelait donc cet autre film indie, sur une jeune voleuse à la dire, mais qui m'avait, lui, parfaitement exaspéré ?). C'est pourtant filmé assez cracra (tant le matos que la lumière) mais pourtant on est scotché par cette simplicité, cette poésie urbaine, ce manifeste goguenard de la démerde nowadays in the Big Apple.
On y parle beaucoup d'argent (les biffetons circulent de façon quasi-ininterrompue) mais pas que, aussi de sentiments, rassurez-vous, avec une bande-son aux chromes resplendissants (même s'ils ne constituent pas mon habituelle tasse de thé). Oui, comme une beuh d'excellente qualité : du grand art, oui, simplement... du bonheur.
Top 10 sans doute.

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30 janvier 2013

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(une nouvelle vie pour les vieilles photos argentiques qui traînent dans des boîtes ou des albums, et que j'ai donc re-phtographiées, assez sommairement, puis re-bidouillées tout aussi sommairement sur picasa... je trouve le résultat sur certaines assez plaisant, et je vais donc en diffuser un certain nombre... C'était qui ? C'était quand ? C'était où ?)

 

9 février 2013

quand on aime...

c'est toujours un grand plaisir de découvrir un groupe mer-veil-leux qu'on ne connaissait pas (ou, du moins, qu'on connaissait de nom mais pour lequel on n'aurait jamais poussé la curiosité jusqu'à l'écouter), mais c'est un setniment d'allégresse qui se nuance d'un autre (ou de plusieurs : agacement ? énervement ? orgueil mal placé ?), comme on verserait juste quelques gouttes de pastis dans une citerne d'eau, qaund on s'aperçoit qu'il s'agit d'un groupe qui existe depuis quasiment vingt ans, et qui a donc produit une pléthore d'albums...

c'est ce qui vient de se passer, grâce à mon ami régis, pour le groupe YO LA TENGO

voici donc ce que je viens de recevoir (dûment commandé tout à fait légalement sur le ouaibe) :

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et ceux en attente :

 

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C'est un groupe... surprenant, puisqu'il est capable d'à peu près tout faire : folk, rock, pop, noisy, lo-fi, jazzy, ambient, etc.
(donc tout le monde est susceptible d'y trouver quelque chose qu'il aime, et, fatalement, il y a des morceaux qu'on aime plus, et d'autres moins...)

je vous en reparle dans quelques semaines, quand j'aurai eu le temps de tout écouter!

 

19 janvier 2013

voeux

c'est grâce à Jean-Robert que je peux vous présenter mes voeux (il n'est jamais trop tard), sous forme d'une élégante variation typographique (et dire que je n'y ai même pas pensé tout seul!)

en deux temps :

 

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là, on lit l'année, normal...

mais il suffit que le 3 final se déplace légèrement vers la gauche...

et on ne lit plus du tout la même chose...

 

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(mmm j'adore!)

15 janvier 2013

les misères de lisbonne

LES LIGNES DE WELLINGTON
de Valeria Sarmiento

J'en sors, encore décoiffé par le souffle de l'Histoire er le vent des boulets. C'est que ça ne rigole pas, au Portugal, au début du XIXème, quand les troupes françaises (commandées par Masséna) projettent de l''envahir (le Portugal, justement) tandis que les troupes anglaises, commandées par Wellington, aidées des autochtones,s'y opposent. Wellington, qui a donné son nom aux fortifications du même nom (qui donnent  au film son titre) mais également à une délicieuse recette de boeuf en croûte (d'ailleurs donnée dans le film, et que j'essaierais bien).
Wellington c'est John Malkovich, et Masséna c'est Melvin Poupaud, mais on verra aussi passer en coup de vent Piccoli, Deneuve, Huppert, Mastroianni - Clara - (juste pour le plaisir, dirait-on) dans cette histoire de guerre et d'amour(s), de stratégies et de mystifications, de coups-fourrés et d'altercations, de bottes secrètes et de révélations, où s'entrecroisent, en plus des "famous people" les destins d'un certain nombre de "petites gens" (bien plus intéressants à suivre d'ailleurs, parce que peut-être, justement moins esquissés).
Le fait que les portugais parlent parfois anglais, et réciproquement, ne facilite pas forcément la compréhension du spectateur lambda, (que je me plais à représenter), qui doit donc sans cesse être attentif ("bon, çui-là, il est vraiment copain avec çui-là d'autre, ou bien il fait juste semblant ?) des généraux plein de morgue, des fantassins pleins de bravoure, des belles dames au coeur d'artichaut, des amants vénaux et/ou  peu scrupuleux, des religieuses au grand coeur, des blessés à la tête, des dames nobles qui deviennent folles, des femmes qui recherchent follement leur défunt mari... on se laisse avec délices embobiner par ce grand tourbillon narratif aussi voluptueusement coloré que précisément reconstitué (comme ces amateurs qui peignent avec la plus grande minutie - et le plus fin des pinceaux - chacun des petits soldats de plomb qu'ils vont installer au coeur de la bataille de leur salle de jeux.
Bref, du bruit, de la fureur, de la passion, de la mort, des mystères (on n'est pas très loin de Lisbonne, hihihi), tout ce qu'on aime, quoi...
Valeria Sarmiento est la compagne de Raul Ruiz, à qui le film est dédié, et dont on apprend en début de générique qu'il a participé à sa préparation. On y sentirait presque sa respiration. Tout à son honneur, et tout pour notre bonheur.
Splendide.

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(ouahhh pas moins de trois affiches pour le film! je ne résiste pas au plaisir de vous les mettre toutes!)

22 décembre 2012

calendrier d'avent 22 : train

le plaisir de prendre le train à quinze heures et quelques pour aller passer le rituel "noël à champlitte à paris"

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(il pleut mais on s'en fout, j'ai dans mon sac le Libé du jour - avec le supplément week-end -, Pariscope pour faire le programme ciné, et un roman intitulé Fuck America!, acheté il y a longtemps, mais commencé seulement hier...)

20 décembre 2012

flammes

APRES MAI
d'Olivier Assayas

On en ressort tout nostalgiques, en se disant "nous aussi, on a été jeunes...". Une évocation plaisante, donc, et qui plus est  autobiographique, d'Olivier Assayas, qui nous raconte comment il a fini par devenir cinéaste (en fait, le film s'arrête juste avant...) après être passé, ado puis jeune adulte, par la révolution puis la peinture (et les destinées sentimentales, aussi).
Le film commence par une scène de manif plutôt violente (les CRS de l'époque n' y allaient vraiment pas de main-morte!) et continue avec la lutte (c'est normal, la lutte continue) entre nos jeunes révolutionnaires (d'obédience gauchiste, mais chacun avec sa sensibilité nettement marquée ; communistes, trotskystes, maoïstes, etc., chacune affrontant l'autre avant que de combattre l'ennemi commun : ces gros fachos de droite, le capitalisme, les médias à la botte du pouvoir, les réactionnaires, les petits bourgeois, and so on... Bref toutes les nuances du rose à l'extrême rouge dans des AG aussi fumeuses qu'enfumées.
Tout ça nimbé (assaisonné) dans le nuage de contre-culture post soixante-huitard (Actuel, Hara-Kiri, Rouge) avec toutes ses déclinaisons de propositions ; les AG enfumées, l'expression artistique, les bombages suavages, le cinéma militant, le voyage au Népal, les drogues plus ou moins douces, et, bien sûr, les histoires d'amour, celles de notre Olivier (qui ne se prénomme pas comme ça dans le film mais c'est tout comme), et de ses copains (et copines) aussi.
Le projet est sympathique, et pourrait être taxé de nombriliste - c'est d'ailleurs ce que j'ai pensé dès le début, qu'il ya vait dans le projet quelque chose de complaisant (de l'autobiographie à "regardez comme j'étais bien..." il n'y a qu'un pas), s'il n'y avait cette façon (un peu agaçante) de filmer, à maintes reprises, tout ça à travers les arbres, mais depuis le dessus, en descendant en  travelling vertical (façon de dire, pour Assayas, qu'il prend de la distance, ou bien, plutôt, qu'il prend tout ça de haut ?)
Les gens de ma génération passeront un agréable moment, à suivre ces pérégrinations, tout en guettant d'un oeil aguerri la justesse des reconstitutions et le soin apporté aux détails.

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10 décembre 2012

calendrier d'avent 10 : neige

le plaisir de la première neige : qu'elle tombe (que c'est joli, cf "retrouver son âme d'enfant") mais, surtout, après QU'ELLE S'EN AILLE!
J'entretiens avec la neige une relation aussi compliquée que celle avec Françoise Hardy : elle m'émeut et elle m'énerve en même temps. Quand je la vois tomber, installé bien au chaud chez moi, c'est très bien, et quand je sors pour marcher dans une étendue de neige fraîche et que ça fait krchh krchh, très bien aussi, et quand je prends des jolies photos (que je magnifierai avec la touche "j'ai de la chance" de Picasa, tout le monde sait que les photos de neige sont en général grisâtres), toujours très bien...
MAIS quand il faut que je sorte par obligation (travail, courses, spectacle) et qu'alors il neige, c'est l'horreur : dès que la route n'est plus parfaitement "noire"(et sèche), je panique (oui, je sais, c'est une très mauvaise idée alors d'habiter dans l'Est, mais, je vous le demande, m'a-t-on vraiment donné le choix ??)
Oui dès qu'il commence à neiger, je n'ai qu'une envie, courir au supermarché, faire des tonnes de courses, rentrer chez moi au grand galop, fermer les portes et les fenêtres, jeter la clé, et, hop!, hiberner! Dedans, au chaud, sans souci, et la regarder tomber, oui oui quel plaisir. Dès que ça commence à tenir, je n'ai plus en tête que  glissades, dérapages, têtes-à-queues (? pas très sûr du pluriel), accidents mortels, embouteillages, gens coincéd dans leur voiture toute la nuit, et bien sûr les suites, après une bonne nuit de gel,  verglas, congénères, re-dérapages, re-accidents mortels, hôpital, etc.
Je trouve que c'est très beau mais j'ai la trouille, voilà.

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3 décembre 2012

bédouins

SHARQIYA
d'Ami Livne


Un film formellement superbe (film de lumière et d'espace, le désert est toujours aussi parfaitemement cinégénique) et foncièrement humain. Une combinaison qui force à la fois le respect et l'admiration. Encore une fois, Hervé avait raison, qui nous l'a chaudement recommandé. et encore un témoignage sur les abysses que peut atteindre la connerie humaine.
Il ne s'agit pas ici de génocide comme dans Le sommeil d'or, non, juste de bureaucratie et d'inhumanité. Où l'on s'acharne sur des bédouins, vivant dans le désert depuis la nuit des temps (bien avant 1948), parce qu'ils n'habitent pas dans des villages répertoriés mais dans des campements de bric et de broc, de planches et de tôles ondulées, qu'on s'entête à raser au bulldozer (sous l'observation d'une forte présence policière) et qu'ils (eux, les bédouins) s'entêteront à reconstruire à chaque fois, il le faut bien, puisque leur vie est là...
Le film se développe autour d'une de ces démolitions, d'un de ces "villages", en s'attachant parallèlement aux portraits de deux frères qui y vivent, avec l'épouse du premier, un pur et dur qui refuse l'"intégration" et préfère rester sur place, à l'écart, tandis que l'autre fait, matin et soir des kilomètres et des kilomètres à pied et en bus pour aller "en ville" exercer son job d'agent de sécurité dans une gare routière et ramener ainsi un peu d'argent.
Intégration ? désintégration ?
On marche dans le désert, le ciel est implacablement beau (ces plans-séquences solitaires et superbes, béants et répétitifs, fascinants,  m'ont fait venir, au début,  comme un goût de Gerry -film que je place extrêmement haut dans mon ciné-musée perso -). Mais Sharqiya n'est pas que ça, beau et contemplatif. Il se pose en observateur, en témoin, en défenseur de ces existences dont bien peu parlent (et j'avoue que, jusqu'à ce film, j'en ignorais l'existence),  de ces gens qui ne gênent personne mais dont on s'obstine à vouloir faire semblant d'améliorer le sort.
Et le dernier regard de Kamel est, à cet égard, extrêmement troublant...

(Top 10 ?)

 

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21 octobre 2012

bref

ou "on ne voit que ce qu'on veut bien voir..."

(histoire sans grand intérêt, mais, au moins, tant que j'écris ça je ne fais pas de conneries!)

L'an dernier, j'ai voulu acheter un coffret de 10dvd de courts-métrages "Bref, la petite collection", pour rémunération en nature de services rendus. J'ai différé l'achat une première fois, lui préférant l'intégrale Wenders (les premières années, du moins). La seconde fois qu'il s'est agi de rémunération, j'ai repensé à ce coffret. Las! Pfuitt! Fini! Définitivement indisponible! m'ont répondu les différents marchands on line. j'ai donc ravalé mes sanglots, et acheté autre chose. (end of part one)

récemment, j'ai décidé de me faire un petit plaisir (parce que je l'avais bien mérité), et, fouinant en ligne, je m'aperçois que vient de sortir le coffret "Bref, la petite collection, volume 2", sur le site de son éditeur, Chalet Pointu (faisons marcher le petit commerce, promouvons (-meuvons ?) ces gens-là qui font du bon boulot), et je décide donc de me l'offrir. Il n'y en a qu'un seul exemplaire disponible. Mais le coffret n'est pas vendu sur leur site, mais sur celui d'Amaz*n.  Je commande donc (en payant les frais de port, contrairement à ce qui se fait d'habitude sur le site, mais bon, aidons le p'tit commerce...) et j'attends.

Je commence à m'impatienter au bout de quelques temps sans nouvelles ("cet article va être envoyé prochainement" me ressasse Amaz*n) d'autant plus que le gros vendeur (Amaz*n, donc) diffuse lui aussi et depuis peu ledit coffret, à 1€ de moins, et sans frais de port ("dépêchez-vous, il reste encore 10 articles disponibles!" m'enjoint-il d'ailleurs). J'avoue que je suis presque à deux doigts d'annuler ma commande chez Chalet pointu, mais je reste pourtant fidèle à mes engagements initiaux (petit commerce, etc.)

Enfin, on m'annonce que ledit article a été expédié. Joie! Sautillements d'allégresse ! je le reçois enfin (le paquet est plus petit que je ne le pensais (pensez! dix dvd ça doit faire une sacrée boîte!) et je suis un peu désappointé quand je le déballe et que j'ouvre le boîtier pour y découvrir lesdits 10 dvd rangés dedans comme des pois dans une cosse.) Bah, mais c'est pas grave, j'ai les courts-métrages du coffret 2, au moins, je ne les aurai pas manqués, comme ceux du coffret 1 -ô à jamais indisponible n'insistons pas sinon mon ceur va resaigner... -

En lisant la liste des films, je suis étonné de ne pas y voir le titre d'un de ceux que j'avais vu annoncer (et le seul que je connaissais quasiment "c'est gratuit pour les filles"), mais bon, pas grave, c'est peut-être juste une erreur, et je remets le coffret dans son paquet...

Quelques jours plus, tard, un matin où je me suis levé très tôt (sans aucune relation de cause à effet), je ressors le coffret de son enveloppe, et un détail alors me saute aux yeux : les dvd sur la jaquette arrière sont numérotés de 1 à 10 -alors qu'ils auraient dû l'être de 11 à 20 - et surtout nulle part n'est écrit "volume 2 / 11 à 20" (mentions qui figurent sur le coffret que j'ai commandé (ou que je pensais avoir, et je réalise, je m'aperçois, que je suis en réalité, grâce à Chalet Pointu, entré en possession -mystérieusement ,- du 1er coffret de la série, (celui que je pensais définitivement épuisé) et que, alors que j'avais la chose sous les yeux, les mots écrits noir sur blanc, à aucun moment je n'avais douté d'avoir reçu le coffret 2, puisque c'était celui-là que je croyais avoir commandé...

Alleluïa! Mes yeux se sont dessillés! C'est un miracle! J'ai en fin de compte ce coffret que je pensais que je n'aurais jamais!

(fin de l'histoire)

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(le jeu des différences)

30 août 2012

la cabane dans les bois

COMME UN HOMME
de Safy Nebbou

De temps en temps, ça me rassure de ne pas aimer un film... Des fois j'ai peur d'être un genre de "lou ravi" cinématographique, applaudissant des deux mains à tout ce qu'il voit en disant "han han c'est bôô". Donc, je n'ai pas aimé Comme un homme. pour des raisons de sensiblerie, sans doute : je n'aime pas ce qui éprouvant, j'ai un problème avec les histoires de séquestrations (pendant que je lisais Le silence des agneaux, bien avant que le film existe, j'étais tellement terrifié que j'ai un peu regardé vite fait à la fin pour savoir si la june fille kidnappée était toujours vivante, en me disant "si elle est morte, je ne le lis pas...". Bon je l'ai lu, et jusqu'au bout), je ne supporte pas la violence infligée volontairement à autrui (alors les scènes de viol je ne vous en parle même pas, je serais capable de quitter directement la salle), et tout le début de Comme un homme n'est que ça : deux ados ont enlevé une jeune fille, ligotée, bâillonnée, qu'ils séquestrent dans une baraque au milieu du marais poitevin (plutôt joliment paysagé, d'ailleurs, le marais). on comprend vite que c'est surtout l'un qui a fait le coup, l'autre n'étant là que pour lui "prêter main forte" (et accessoirement les clés du cabanon en question qui appartient à ses parents. Ca, c'est une moitié du film, l'autre étant l'étude des rapports du deuxième jeune homme (celui qui accompagne) avec son père, veuf (ceci a son importance) qui est aussi proviseur de l'établissement scolaire que fréquente(ent) les deux jeunes gens. Bien entendu, tout va aller mal, de mal en pis, et le scénario (d'après un vieux bouquin de Boileau & Narcejac) va faire en sorte de faire assumer au deuxième jeune homme les conséquences d'un acte qu'il n'avait, au départ, même pas envisagé. escalade, "engrenage fatal", pas d'issue, donc que faire ?
Le détail intéressant du film est que le père et le fils fictionnels sont joués par la famille Berling, père et fils, Charles et Emile, donc. Le jeune est, il faut le dire, assez impressionnant, dans le genre ado mutique prêt à exploser (j'ai pensé à vincent rottiers), et, paradoxalement, en face de lui, son doublement papa semble singulièrement manquer d'épaisseur et de profondeur, à nous la jouer ainsi très light.
Bon, c'est vrai, on n'était que tous les deux dans la salle, avec Dominique, et donc, au bout d'un moment, on s'est permis quelques commentaires et ricanements que nous eussions, dans d'autres circonstances, sûrement gardés pour nous-même, ce qui fait que je me suis progressivement détaché du film, n'en acceptant plus les enjeux, ni les ressorts dramatiques, ni les rebondissements. Plouf! donc. Un coup dans l'eau. (Mais ça n'engage que moi).

 

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25 août 2012

cadre de vie

A PERDRE LA RAISON
de Joachim Lafosse

Si les deux films précédents de Joachim Lafosse (le fraternel Nue propriété et l'éducatif Eleve libre) pouvaient être légitimement qualifiés d'inconfortables, ce nouveau film l'est encore davantage, et ce bien  après la projection... la chronique implacablement (impeccablement) mise en scène d'une histoire (d'amour, de famille, de pouvoir, de dépression) dont on connaît, dès les premiers plans, l'issue, et dès lors, plus aucune issue possible, le film progresse inexorablement, s'échafaude, s'achemine, (au choix descente aux enfers, chemin de croix, calvaire, toutes images impliquant l'idée d'une trajectoire (humaine) vers un indicible point de non-retour), mais aussi une histoire simple, avec des gens et des mots de tous les jours, famille, repas, courses, factures, penser à fermer la porte, prendre des médicaments, des gens progressivement broyés par une situation qui les dépasse, la faute à qui, la faute à chacun, la faute à tout le monde, semble dire Joachim Lafosse...
La mise en scène est magistrale, avec un travail formel rigoureux de cadrage et de compositon des plans, qu'il tient jusqu'au bout. Dans la majorité des scènes, la vue est partielle, il en manque un morceau sur le bord, plus ou moins important, c'est comme si le réalisateur interposait sciemment un obstacle dans le champ, entre les spectateurs et les personnages, comme si ceux-ci étaient épiés par la caméra, observateur omniprésent, omniscient, qui ne révélerait jamais tout à fait sa présence. Comme si les scènes étaient sous la menace d'on ne sait trop quoi, comme si elles ne pouvaient pas être jouées / vécues totalement. Cette réduction  de l'espace est encore consolidée par la présence obsédante de lignes verticales qui viennent un peu plus fractionner cet espace déjà exigu où évoluent, en vase clos, ces trois personnages, dont il serait d'ailleurs temps de parler : Murielle et Mounir (les tourtereaux) et André, le père adoptif de Mounir, chez qui lesdits tourtereaux viennent "par la force des choses" d'emménager.
Mounir et André sont joués par Tahar Rahim et Niels Arestrup, recomposant (d'une certaine façon) le rapport (de force) qu'ils avaient dans Un prophète, (et pouvant par la même infulencer le spectateur qui a déjà vu le film) à la différence qu'ici, rien n'est jamais dit  sur ce qui se joue vraiment dans cette relation entre un Tahar Rahim étonnamment juvénile (on dirait qu'il a 10 ans de moins que dans Un prophète) et un Niels Arestrup qui nous la joue sobrissime, médecin affable, attentionné, attentif, mais surtout parfaitement opaque. Une relation indiciblement forte, dont Murielle (Emilie Dequenne) est, dès le départ, explicitement exclue, sans que cet état de fait puisse à aucun moment être remis en question.
Le film va donc suivre le personnage de Murielle et son impressionnante évolution physique (de la solaire demoiselle frisée qui rit aux éclats dans la voiture tout au début à la triste maman à djellabah et visage tiré de la fin), au fil de ses grossesses successives et de la détérioration de sa condition. Il faut ici saluer l'impressionnante partition d'Emilie Dequenne, qui éclipse quasiment ses deux partenaires (qui sont pourtant déjà excellents), dans ce portrait qui reste pourtant, toujours, d'une sobriété confondante.  On reste là, scotché sur son siège, crispé, témoin impuissant, compatissant (car le regard du réalisateur, ainsi qu'il l'explique brièvement sur ses intentions dans un carton final, est volontairement "décentré", par rapport au fait-divers dont le film est tiré : il ne s'agit ni d'une reconstitution ni d'une démonstration, ni même d'une justification,  simplement  d'essayer de comprendre comment quelqu'un de "normal" peut être amené à commettre un acte aussi inimaginable.)
Même la scène finale, terrifiante, et à laquelle on repensera longtemps après le film, l'est encore plus parce qu'elle est traitée en off,sans effet, sans un bruit, sans rien. Je suis resté figé sur mon siège un certain temps après la fin du générique, d'ailleurs (et j'enviais presque Dominique qui me surprend à chaque fois par la facilité avec laquelle elle sort des films, sans s'y attarder.) Même en étant nul en classique, j'avais deviné que la musique, alors, ne pouvait être qu'un Stabat mater...

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21 juillet 2012

avant-premières : des retours...

GEBO ET L'OMBRE
de Manoel de Oliveira

Etrange sentiment, a posteriori... (hmmm oui je suis toujours in the parisian mood)
Pendant la projection, se dire que ohlala ça n'est pas un Oliveira qu'on va aimer (La lettre, Singularités d'une jeune fille blonde, L'étrange affaire Angélica...) mais plutôt un Oliveira qui va -et il sait si bien le faire aussi- nous énerver (Porto de mon enfance, Je rentre à la maison, Belle toujours...), et tous les ingrédients semblent réunis pour ce faire : un texte vieillot scrupuleusement dit par ses interprètes, des scènes à deux en général, un à droite et l'autre à gauche, assis, avec une caméra centrée et rigoureusement immobile, une intrigue pas des plus palpitantes... pendant la projection on soupire et on change de position, certains quittent la salle, on ne peut s'empêcher de trouver le temps long, mais on se dit en même temps que, tout de même, Michael Lonsdale, Claudia Cardinale, Jeanne Moreau, ça ne peut pas être vraiment un hasard de la distribution... Cette histoire de famille, de comptes (Michael L. passe son temps à faire des additions) et de contes ne peut pas n'être que ce "rez-de-chaussée" apparent de la narration, théâtre filmé, mots raplaplas, péripéties rabougries et coups de théâtre en trompe-l-oeil, ou peut-être si, justement, complètement, tellement totalement  que c'est comme si le réalisateur nous faisait un clin d'oeil complice, en nous disant " je serais capable de vous faire gober quasiment n'importe quoi, n'est-il pas ?", et on sort de la salle, paradoxalement, avec un sourire amusé, le temps, bien sûr, de digérer un peu tout ça... j'aurais juré, pendant la projection, que je n'avais pas aimé, et, finalement, je n'en suis plus si sûr que ça : la preuve, je serais prêt à retourner le voir (quand il passera dans le bôô cinéma) -au moins pour comprendre la fin-, car il me semble, oui oui, que j'ai un peu piqué du nez quelques instants, juste avant la dernière scène (à laquelle je n'ai donc -évidemment- rien compris...) Ah Manoel, Manoel...

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QUEEN OF MONTREUIL
de Solveig Anspach

J'y allais les yeux fermés, à la fois sur le nom de la réalisatrice, et surtout de ma côte d'amour pour Florence Loiret-Caille. J'aime bien l'univers de Solveig Anspach (celui de Haut les coeurs, et de Back soon, surtout, dont on retrouve ici d'ailleurs l'actrice principale), un univers un peu bordélique, borderline peut-être aussi, enfumé (surtout avec les cigarettes qui font rire...), légèrement loufoque, mais surtout, surtout,  profondément et chaleureusement  humain. Un microcosme improbable qui s'agite, des actions / réactions / interactions simples, justes,  plaisantes, entre les différents protagonistes : une jeune veuve, deux islandais, un voisin nounours, un grutier poète, un tenancier de laverie, sans oublier un phoque, (dans Back soon, c'était une oie qui semait sa zone, ici, c'est un phoque, et c'est beaucoup plus encombrant...), un gardien de zoo, et, last but not least, une urne funéraire...
Florence Loiret-Caille joue la jeune veuve avec une simplicité enfantine, délicate, bouleversante, et la tribu qui l'entoure (car de tribu il s'agit bien ici -ils sont venus, ils étaient tous là, le soir de la l'avant-première, sur scène, avec leurs fausses moustaches, vous comprendrez pourquoi quand vous aurez vu le film-) est au diapason : des gens comme vous et moi, ou presque, avec des histoires (des problèmes) de gens comme vous et moi ou presque, mais si divinement mis en scène que c'en est un bonheur. On rit (normal, avec les cigarettes qui font rire), on est attendri, ému, une phrase qui fait mouche, un bisou qu'on espérait, on repart pour un éclat de rire, ou au contraire une scène tellement improbable qu'on n'aurait pas espéré l'attendre... tout ça c'est du bonheur, et, visiblement, ce qui s'est passé pendant le tournage est répercuté sur la pellicule, et, encore mieux, dans la salle et au coeur des spectateurs... juste ce qu'il faut de douceur, de fantaisie, de simplicité, de lucidité, de chaleur... Vivement 2013 ! (et Eric Caruso me semble un acteur... prometteur!)

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22 août 2012

apparitions

COURNOUAILLE
de Anne Le Ny

J'avoue, au vu de l'affiche et du nom de Vanessa Paradis (après le souvenir malheureux de Je me suis fait tout petit) je craignais une nunucherie, et avais, a priori, décidé de zapper le film. Et puis j'ai vu le nom de la réalisatrice, dont j'avais plutôt bien aimé les films précédents (Ceux qui restent et Les invités de mon père), et puis j'ai eu un écho plutôt favorable de Gigis, qui y est allé, et le peu qu'il m'en a dit m'a finalement décidé...
J'y suis allé hier soir, eh bien, pas nunucherie du tout... D'abord Vanessa Paradis m'a vraiment bluffé dans ce personnage d'Odile (loin des facilités et approximations de ses rôles précédents, peut-être parce qu'ici elle était - enfin - "dirigée" ?) un rôle de maturité qu'elle interprète avec une force et une sobriété confondantes. Oui, elle est parfaite dans ce rôle. Ensuite, parce que la demoiselle est bien entourée : d'un côté Jonathan Zaccaï, pour qui j'ai une grande tendresse, et de l'autre Samuel Le Bihan, pour qui j'ai eu une grande tendresse (ah, Vénus Beauté Institut !), même s'il s'est ensuite fourvoyé dans pas mal de merdouillasses (ah, Total western...). Le cadre, non plus, n'est pas étranger à mon goût pour ce film : si je vous dis Finistère, Audierne, Cleden, ça ne provoque peut-être rien chez vous, mais en ce qui me concerne, mes yeux s'allument, en souvenir de plusieurs délicieux séjours estivaux dans cette Bretagne du bout tout à fait de la carte, que la réalisatrice aime visiblement et sait magnifier d'émouvante et grandiose façon (le film est plastiquement superbe).
Si vous ajoutez à celà l'histoire d'une maison familiale héritée, où s'entassent des souvenirs et se baladent les témoins bienveillants d'un passé qui n'est plus, maison avec laquelle Odile se retrouve bien empêtrée (je la vide / je la vends / mais tout n'est peut-être pas aussi simple...), mais qui va être aussi pour elle l'occasion d'une véritable catharsis (hmmm c'est la première fois que je réussis à mettre ce mot dans un post, et j'espère que c'est à bon escient, je vais aller tout de suite vérifier.... - après vérification, oui oui c'est pas mal ça me convient... -) dans un univers où soudain les frontières deviennent floues entre les souvenirs et les apparitions, où la ligne de fuite  entre fantasme  et réalité devient de plus en plus mince, où les souvenirs reprennent vie en même temps que des choix - de vie, justement - prennent corps de façon imprévisible.
Odile aura grandi, changé, d'un bout à l'autre du film, dans un univers mouvant, tiraillé entre le "réalisme" des interprètes (tous sont merveilleux de justesse et de simplicité), le "terre-à-terre" (même si c'est paradoxal pour un film breton ; pourrait-on créer le néolégisme "mer-à-mer" ?) de l'environnement, des situations, et le... fantastique léger (parfois tirant juste un peu trop sur la corde du folklorico-breizh) qui vient nimber l'ensemble...
Ah, les parents... Guérit-on un jour vraiment de sa famille ? En voici en tout cas une très jolie illustration de plus (avec le plaisir de revoir Aurore Clément...)

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15 août 2012

endorphine

CHERCHER LE GARCON
de Dorothée Sebbagh

Ca faisait un certain temps que je ne n'étais pas allé au ciné "pour de vrai". Il y avait ce soir la foule (et donc la file d'attente) des grands jours au Kursaal... heureusement "nos" places (celles où on n'a personne devant et où on peut donc étendre ses jambes) étaient libres!
Film que j'avais raté quand on l'avait passé ds le bôô cinéma parce que j'étais à Paris. Film dit "de fille(s)" (Letourneur, Donzelli, Fillières, pour situer mes goûts en la matière) que j'avais envie de voir. "Agréable film estival" avait même précisé Hervé...
Une demoiselle cherche  le mec (de sa vie ?) sur un site de rencontres, et la réalisatrice nous fait profiter de son carnet de rendez-vous, justement. C'est sympathique, drôle, léger, avec une bande-son agréable et acidulée. Le catalogue des différents spécimens mâles est assez plaisant, juste et bien vu (le pressé, le romantique, le pervers, le bonhomme, le touchant, etc.) et la brieveté du film (70') ne laisse pas au spectateur le temps de s'ennuyer, juste celui de sourire, de s'attendrir, et de constater que, oui, effectivement, il vaut mieux laisser faire le hasard... Pourrait être vu comme une autre facette (un prolongement) du Monde dans femmes, de Guillaume Brac, ou du Marin masqué, de Sophie Letourneur, ou planerait l'ombre bienveillante de... Rohmer, disons, au hasard... Marivaudage estival, hétéronormé certes, mais ne boudons pas notre plaisir, avec les mots à la fois comme arme et comme armure, les corps qui font ce qu'ils peuvent, et Cupidon qui s'en fout...
Mention spéciale au générique de fin, qui revisite le film à travers une chouette petite animation.

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7 décembre 2011

tout le monde sait ramer

LES GEANTS
de Bouli Lanners

Depuis juillet qu'on nous faisait languir, avec la sortie de ce film, mystérieusement repoussée puis ajournée. On avait tellement aimé son Eldorado qu'on se languissait en attendant le troisième film en tant que réalisateur de "notre" Bouli L.
Et le voilà enfin, oh, juste pour deux soirs, sur les écrans de nôtre bôô cinéma. une séance de 18h, à la suavette (je voulais écrire sauvette, mais finalement suavette n'est pas mal non plus!), attrapée de justesse grâce à Marie (merci à elle).
Premiers plans (juste de l'herbe qui bouge, pourtant), j'avais déjà les larmes aux yeux : cet homme a un sens de l'espace inné, un sentiment géographique de la composition ahurissant. Dans un scope qui laisse respirer les paysages, verts, bleus, humides, aériens, il narre les aventures de trois gamins, mi-petits cochons mi-pieds nickelés, aux prises avec des adultes plus épouvantables les uns que les autres, dans un récit aussi goguenard qu'attendri, entre le conte et la fable. La Belgique, le "petit peuple", les tronches, le road-movie, on est en terrain de connaissance, le terreau fertilisant à histoires de "notre" Bouli (c'est qu'on l'aime, cet homme).
Là il n'a pas placé la barre "plus haut", il l'a juste mise ailleurs. En suivant ces trois enfants, il nous raconte encore une fois un peu la même histoire (défection parentale, force de l'amitié, chronique d'apprentissage) en opposant viscéralement pourrait-on dire le monde de l'enfance (ou du début de l'adolescence) à celui, sans espoir semble-t-il de l'état d'adulte. Ce sont trois versions masculines d'Alice au pays des pas merveilles du tout, sommés de grandir peut-être un peu trop vite, et contre leur gré aussi. Et nos trois Aliçons sont forcés d'aller sans cesse de l'avant, de fuir à chaque fois un peu plus loin.
Au sein de paysages amoureusement scénographiés (n'y aurait-il eu que ceux-ci que le film aurait déjà été magnifique), c'est un peu une cavale sans espoir qui se met en place (et on en veut presqu'un peu au réalisateur de les abandonner, ainsi, dans une fin ouverte et aquatique qui sous des apparences de calme idyllique n'est rien moins qu'inquiétante, tout de même. Oui, c'est le mot qui m'est venu : dommage qu'il les abandonne ...) en même temps qu'une chronique lumineuse (une comptine ?) oscillant perpétuellement entre la rigolade et le serrement de coeur.

Les trois gamins sont parfaits, avec une mention spéciale pour le petit, avec ses yeux de chien battu et ses bonnes joues, qui doit ressembler à Bouli quand il était petit, tellement il m'y a fait penser... Les adultes sont soit étranges (le personnage joué par marthe keller), soit absents (la mère, qu'on ne verra jamais), soit affreux (tous les autres). Grandir, ça veut forcément dire ressembler à ca ? On comprend que les gamins aient les boules et préfèrent prendre la poudre d'escampette...

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Je viens de voir sur allociné (c'est maintenant aussi une chaîne de canals*t) une interview promo de Bouli himself, barbu hirsute, casquette, lunettes de soleil frime, bref total look fondant pour moi... Quest-ce qu'il est bien cet homme!

11 juillet 2011

virages

AVANT L'AUBE
de Raphael Jacoulot

Je n'avais pas pu le voir à sa sortie, (malgré les commentaires élogieux faits par des proches) et donc là, pour la fête du cinéma à 3E (avec la carte de Marie) et qui plus est en présence du réalisateur, je n'allais pas manquer ça! Bien m'en a pris ! Autant son précédent Barrage m'avait laissé sur une appréciation mitigée, autant celui-ci est véritablement "tenu" d'un bout à l'autre (avec en plus  une fin "juste avant le happy end" dont j'apprécie particulièrement l'élégance.)
Une voiture, la route, la neige. Le film démarre en suivant Vincent Rottier qui arrive sur son lieu de stage, un hôtel en pleine montagne (c'est pas parce que je suis né là-bas, mais je trouve que le paysage est vraiment cinégénqiue) tenu par Jean-Pierre Bacri. Assez rapidement, on va comprendre qu'il s'est passé quelque chose, concernant un client de l'hôtel disparu, quelque chose à quoi est mêlé le fils de l'hôtelier, que son père tente de couvrir, tandis que le petit jeunot stagiaire est au courant de ce dont il ne devrait pas être courant.
Une trame de film noir, prétexte à une étude de personnages. Comment ces deux-là se rapprochent (le père de l'un est absent, le fils de l'autre est un sale con) pour recréer -illusoirement ,- un lien qui leur fait défaut.
On a tout de même un peu peur : tout est un peu trop : Bacri est "trop" Bacri, Vincent Rottiers est "trop" fermé/buté, Sylvie testud (la fliquette qui mène l'enquête) est "trop" fofolle et colorée, mais le réalisateur nous empaquète et nous ficèle si bien tout ça qu'on arrête vite de s'inquiéter et qu'on ne pense même plus à ronchonner.
C'est très bien fait, et le fait d'avoir le réalisateur dans la salle pour nous parler -fort intelligemment- de son film était encore un plaisir supplémentaire.

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(dsl, je finis un peu précipitamment un post commencé il ya trop longtemps...)

10 mai 2011

sybillin

Mon ami Philippe, lors d'une après-midi d'ailleurs délicieuse, m'a fait remarquer que "mon blog ne parlait plus que de cinéma" (ou presque, c'est tout comme). "C'est assez vrai, lui ai-je répondu, mais de quoi d'autre voudrais-tu donc que je parlasse ?" (j'emploie ici l'imparfait du subj, mais en vrai on ne parle pas comme ça, hein,  d'autant plus qu'on était au moins à deux grammes cinq d'alcooco...)
Il m'a parlé des "événements minuscules" , dont je suis assez un peu fier, en me conseillant de les compiler (ce que j'avais déjà envisagé de faire, mais pas avant le numéro 100), et de fil en aiguille de la conversation, je reconnus que c'est vrai que, via les posts du blog, on tombe assez vite dans le domaine de l'intime, et donc -ou non- de la pudeur, du dicible (ou de l'in-) et de quoi parler ou pas.
Ah oui, cette conversation avait commencé avant quand, au fait avancé par lui qu'il "ne pouvait pas écrire chaque jour", j'avais répondu que moi non plus, et que justement ce blog était la façon dont j'essayais de me maintenir "à flot" question écriture (et nous avons alors évoqué les "blogs d'écrivains", qui étaient "plus ou moins bien", et parlé d'un que nous fréquentions tous deux, celui d'Eric Chevillard, et que nous trouvions très bien.
Puis, deux grammes dix aidant, nous avons parlé d'autre chose.
Il faut bien écrire vivre...

(sans rapport avec ce qui précède, quoique...

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ma première rose...)

16 avril 2011

chirurgie

RIO SEX COMEDY
de Jonathan Nossiter

Comme je l'ai dit à mes voisins en sortant, accompagné d'un large sourire, "ça faisait longtemps que je n'ai pas autant apprécié quelque chose qui vient de là-bas..." (ils connaissent mon aversion -viscérale- pour, notamment, la musique brésilienne et ça les a fait sourire).
Nossiter n'est pas à proprement parler un réalisateur qui déclenche l'hilarité, et pourtant, ici, contrairement, par exemple à un Philippe Claudel, il réussit sa comédie. Improbable, mais il la réussit. C'est réussi,avec tout du long comme un nuage de gaz doucement hilarant. Rio n'avit pas jusque là, je pense été le centre et l'épicentre d'un aussi aimable délire marivaudant... Il est question d'amour, bien sûr, de sexe, bien évidemment (on est à Rio, tout de même, et le film peut se targuer d'entrer dans la catégorie, pas ouverte à tout le monde, des FAQV qui me sont si chers...) d'adultère et d'épreuves de fidélité, mais aussi de chirurgie esthétique, de politique, d'ethnologie même -on visite plusieurs favelas, on se précoccupe du sort des indiens, on se fait refaire le nez, on drague un(e) transexuel(le), on tourne un documentaire chez les petites gens...- dans une joyeuse et bordélique salade mêlée, entre aigre-douce et plutôt salée, qui a de plus la bonne idée de brouiller encore un peu plus les frontières -déjà bien poreuse  et chahutée - entre fiction documentarisée et documentaire fictionnarisé...
Délicieux  à tous point(s) de vue, ce chassé-croisé entre un ambassadeur américain en goguette, une anthropologue documentariste, son mari et le frère de son mari, un barbu allumé amoureux d'une jeune indienne, une chirurgienne esthétique renommée, son fils qui joue de la guitare mais qui n'est pas le bienvenu, etc etc. On se régale...
Tant pis pour ceux qui n'y allèrent pas! 

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22 avril 2011

la contrevisite

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Je suis un incorrigible sentimental (un benêt, quoi). Ainsi, les lieux dits "de drague" (enfin, ce qu'il en reste, la tendance étant à la déforestation sauvage et à l'éradication rasibus), lieux par définition des rencontres furtives et -re par définition- sans lendemain, c'est plus fort que moi, quand je rencontre quelqu'un "digne d'intérêt", c'est plus fort que moi, faut que j'y retourne! Le lendemain.
Par exemple, le monsieur d'avant-hier soir, qui débarqua aux alentours de 18h, sortit de sa vieille grosse voiture poussiéreuse, et s'avança sous les frondaisons en me jetant au passage des coups d'oeil furtifs. Son apparence ne pouvait que me sembler sympathique : un grand mec, tête carrée cheveux courts, et sa tenue aussi : un vieux t-shirt, un pantalon visiblement "de travail" et des pompes idem.
Je suis donc sorti de ma voiture, voir si je pouvais lui donner un coup de main (ou, si, encore mieux, nous pouvions) et me suis engagé dans le sous-bois.
Il s'avéra que le monsieur en question était en plus mal rasé c(est un argument décisif pour moi), et agréablement pourvu de ce qu'il fallait là où il fallait. Nous nous ébattîmes.
Après avoir conclu, et tout en reprenant une plus civile apparence, nous avons échangé quelques banalités.
Moi : "tu viens souvent par ici ?
Lui : "de temps en temps ça m'arrive..."
Moi : "ben je t'y reverrais avec grand plaisir. A la prochaine!"
(Et de nous serrer virilement la pogne, tout en repartant vers nos véhicules respectifs.)
J'ai redémarré avant lui, encore sous le charme de cette brève rencontre

Et le lendemain, je n'ai pu m'empêcher de revenir au même endroit, à la même heure, dans les mêmes conditions, au cas où (tout en étant bien conscient qu'il y avait 999 999 chances sur 1 000 000 pour qu'il ne revînt pas). Je lui ai laissé jusqu'à 18h15...


Et je suis reparti, bredouille bien entendu (il ne me reste que le numéro de sa voiture...)

18 avril 2011

chantier

LA NOSTRA VITA
de Daniele Luchetti

J'y suis allé suite à une double recommandation sur ce blog (Zvezdo et Mimi). Merci donc à eux. Même s'ils avaient tous deux usé d'un mot "fort" (adorer pour Zvezdo et exceptionnel pour Mimi) et donc que forcément le résultat fut un poil en-deçà de  mes espérances.
Le plaisir de voir un film 100% rital (j'adore ce mot, beaucoup plus parlant qu'italien, et je précise que sous ma plume il n'est absolument pas péjoratif...), à donf, et pas qu'à moitié, comme dans le Claudel,  était indiscutable (bizarrement -?-, en tant qu'espagnol de souche, j'ai autant de plaisir à entendre parler italien que de déplaisir à entendre le portugais...).
Une histoire de famille, qui démarre dans la joie, avec une caméra qui bouge bien (d'aucuns diront un peu beaucoup), peut-être un poil trop... (dans le sens du poil ?)  idéaliste (moralité 1: même quand t'es dans la merde, il suffit d'avoir une famille idéale pour t'en sortir, moralité 2 : l'argent ne fait pas le bonheur -mais quand même ça aide...-), centrée autour d'un acteur qui gagna là son prix d'interprétation à Cannes (et qui le mérite, ne serait-ce que pour la scène de la chanson à l'enterrement...) et de -donc- sa "famille", au sens large.
La galerie de personnages qui gravite autour de lui est suffisamment riche (étoffée) pour que ce récit haut en couleurs (et en éclats de voix -j'aime toujours bien entendre les stronzo et autres va fan culo...) emporte l'adhésion facilement.
Et le titre -pour une fois ?- dit justement et très exactement les choses. La nostra vita, notre vie à nous tous, quoi, par le petit bout de la lorgnette, pâtes refroidies, crises de fou-rire, supermarché, dettes, repas de famille, accouchement, projets de vacances, enterrement, et chansons italiennes (à tue-tête et faux) pour rire et pour pleurer (la même, en plus)...
On suit tout ça avec grand bonheur, d'utant que le réalisateur n'y est pas allé avec le dos de la cuillère de la main morte, (au risque d'en mettre trop plutôt que pas assez, et, conséquemment, de ne pas exploiter assez les multiples pistes qu'il lance). La générosité latine.
En plus des histoires familiales (un deuil à gérer, un frère qui n'y arrive pas avec les femmes, une séparation àchez la "nounou", deux gamins et demi ...) notre héros doit faire face à des problèmes financiers, professionnels, éthiques, moraux, affectifs, etc. La totale, quoi.
Il y a même un chantier, un cadavre "oublié", un patron véreux, un genre de chantage, des ouvriers de toutes nationalités (hmmmm pensais-je a priori mais non finalement pas la moindre scénette affriolante...), de la corruption, et des histoires de fric, de fric, et de fric (pas seulement caractéristiques de la Berlusconie), qu'on emprunte, qu'on doit, qu'on fait semblant de rendre, qu'on prête, etc. 
Et même une famille de roumains, où chacun des membres, le père, la mère, le gros fils, aura son rôle à jouer, et c'est d'ailleurs le fils de la famille en question qui aura, en quelque sorte, le mot de la fin, et donnera le bon conseil ultime, comme à la fin de The crossing guard, pour faire revenir notre héros -qui s'en sera pris un peu plein la gueule dans tous les sens pendant tout le film- aux vraies valeurs de la vie. Et lui faire penser à ce qu'il avait un peu perdu de vue.
Un mélo  ? Oui, et alors ? Traité de façon manichéenne ? Oui, et re-alors ? Irrealiste ? J'ai eu les larmes aux yeux quelques fois (la performance d'Elio Germano est vraiment à saluer..., mais tous les autres aussi) c'est ça qui compte. J'ai été attendri, ému, révolté, etc. Les Inrocks et les Cahiaîs ont fait la gueule, raison de plus pour accueillir La nostra vita avec les bras grands ouverts, et le serrer contre soi avec forces manifestations d'affection viriles et sonores genre grandes claques dans le dos.
Ritalissimo!

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17 avril 2011

sequel(les)

SCREAM 4
de Wes Craven

Il est des plaisirs coupables... ceci en est un. J'avais déjà vu les trois premiers de la série, il y a... un certain temps, et l'envie donc me titillait d'aller voir ce quatrième, d'autant plus que la majorité des critiques étaient plutôt enthousiastes.
Fêter le début des vacances dites "de Pâques" était un bon prétexte, et donc ce soir j'y suis allé. J'aime bien ce mélange pervers, et plutôt malin, de slasher-movie basique (un tueur masqué poignarde des djeunz) et de réflexion ironique au trente-sixième degré sur le film-d'horreur-en train-de-se-faire-sous-nos-yeux et tous les poncifs du genre y afférant, les protagonistes passant notamment leur temps à nous le répéter qu'ils n'y sont pas, justement, dans un film, et que s'ils y étaient vraiment ça serait différent. sauf que bien sûr, justement, ils y sont...  Du Pirandello, quoi, avec des couteaux et du sang en plus.
Oui, Wes Craven (et surtout son scénariste Kevin Williamson) est un gros malin. Un roublard. Qui joue à la fois sur le beurre et l'argent du beurre. C'est très perceptible pendant le film, on l'apprécie simultanément de deux manières différentes, l'une au niveau du ventre, on a toujours les tripes un peu serrées parce que c'est un film qui fout quand même les jetons, et ça fonctionne plutôt bien, autant dans l'attente -la tension- de ce qui va arriver que dans le bouh fais-moi peur!, le gros coup de musique qui te fait sursauter, le truc qui surgit du côté où tu ne l'attends pas, et l'autre plutôt au niveau du cerveau, cette jouissance intellectuelle face à l'ironie de cet objet -le film d'horreur- qui se regarde le nombril en miroir et nous fait profiter de ses multiples réflexions avec private jokes, phrases définitives, perspectives faussées, mises en abîme, bref un petit jeu  (les djeunz vont-ils pouvoir le comprendre ???) plutôt excitant. (le début et la fin sont, à cet égard extrêmement réussis...)
Bon j'avoue que j'avais un peu oublié l'original (à part le début et la fin...) et il semblerait bien que celui-ci soit un "genre de" remake du 1, dont il suit la structure grosso modo mais en la commentant, en en faisant un genre de work in progress, où l'on serait à la fois et dedans et dehors (et même quelquefois aux deux endroits à la fois), jouant l'actualisation, la "modernisation", et, bien entendu une certaine distance ironique, mais, comme il est dit vers la fin "On ne déconne pas avec l'original..."

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28 mars 2011

dommages corporels

CARANCHO
de Pablo Trapero

Dans mon dernier post, je me laissais aller (un peu excessivement je le reconnaissais d'ailleurs) à évoquer Bambi .Ici, changement total d'humeur, thriller argentin oblige, on serait plutôt dans quelque chose entre la barre à mine et le piège à loup (le plus gros, celui qui fait le plus mal...) Il y a des films doux, et il y a des films forts. et celui-là est un des trucs les plus forts que j'ai vu depuis longtemps...
Un film qui pratiquement vous asphyxie tellement il vous empêche de reprendre votre souffle, que quand on croit que le pire est arrivé, hé ben le réalisateur vous en remet une louche, et en pleine figure, et une autre, et une autre encore! On ne fait que ça, attendre la catastrophe suivante, tant l'histoire des amours entre cette urgentiste qui se pique pour tenir le coup et cet ex-avocat devenu spécialiste des arnaques à l'assurance semble "mal barrée" et sans espoir dès le départ, et ne fait que confirmer ce sentiment.
Quel espoir peut-il y avoir, dans cette Argentine corrompue jusqu'à la moëlle ? Chacun des personnages a au-dessus de lui un autre, plus pourri, et la chaîne ainsi constituée semble sans fin : avocats, flics, médecins, ambulanciers,  plaignants, tous pourris, tous tous tous...
Le héros essaye de "s'en sortir", en réalisant une dernière opération, ça ne va pas évidemment tourner comme il l'espérait (et le spectateur aussi). il y aura du sang, qui dit tromperie dit représailles (plusieurs scènes vous obligent à détourner le regard de l'écran), jusqu'au choc final.
Un film véritablement... percutant, qu'on vit comme une épreuve physique (dès le début, le metteur en scène nous met en condition, nous plonge dans cette espèce d'hystérie survoltée et bruyante, hypernerveuse, qui irradie tout au long des images : musique violente, très forte) et vous laisse, pendant le générique de fin, hurlé lui aussi, pantelant sur votre siège.
Longtemps qu'un film ne m'avait pas, comme ça, coupé les pattes.

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10 mars 2011

neuf femmes

NINE LIVES
de Rodrigo Garcia

Alors là... (raclement de gorge) euh,  le fait est assez rare pour être souligné : un film dont je n'avais jamais entendu parler, oui, duquel j'ignorais totalement l'existence, dont le réalisateur est pourtant le fils de Gabriel Garcia-Marquez, un film qui a pourtant obtenu le Léopard d'or à Locarno en 2005, mais qui n'est hélas jamais sorti sur nos écrans. Directos en dvd. C'est Pépin qui l'a acheté chez Noz, pour trois fois rien, et me l'a prêté ensuite.
Neuf vies, donc, neuf instantanés de la vie de neuf femmes diffférentes, qui ont la particularité technique d'être tournés en plan-séquence. Comme des chapitres, qui portent à chaque fois un prénom en titre.
Neuf moments particuliers dans neuf lieux spécifiques (une prison, un super-marché, une maison, un appartement, un funérarium, un motel, un hôpital, un cimetière...) mettant à chaque fois en scène une femme précise (mais les chapitres ne sont pas hermétiquement cloisonnés, et on retrouve ainsi quelques-uns des personnages centraux qui interviennent secondairement dans un autre segment que le leur.) dans une situation mettant en cause (en scène) l'amour et ses différentes manifestations (différents états ?) :le couple, la famille, l'adultère, le début de l'amour, le premier amour, la mort...
Malgré ce que le procédé peut avoir de théorique ((et de "mathématique" sur le papier), on est passionné par tout ça, d'autant que le réalisateur a l'intelligence de couper cut chacune de ces histoires, en plein élan pourrait-on dire, à un moment où on ne l'aurait pas forcément attendu, nous laissant en général dans une situation de tension (plutôt que de relâchement) pour aborder l'histoire suivante.
Excellent! (et aiguisant ma curiosité pour voir les autres films du même réalisateur.) et avec un casting aux petits oignons (le plaisir de revoir Sissy Spacek, Glenn Close, Holly Hunter, Robin Wright Penn, Joe Mantegna, Aidan Quinn...)
Merci Pépin...

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