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lieux communs (et autres fadaises)
31 janvier 2010

avanti popolo

VINCERE
de Marco Bellochio

Encore une autre fois (oui oui je sais j'ai pris du retard dans mes chroniques ciné...) merci pour le festival Téléramuche!
Vincere, vu dans le bôô cinéma, devant une salle inhabituellement pleine (le tarif de 3€ expliquant peut-être cela, des gens à la sortie de la salle disant "Tiens, on n'avait jamais entendu parler de ce film..."), un film historique, une chronique épique, un spectacle magnifique qui m'a enfin réconcilié avec le cinéma de Bellochio (aïe je ne vais pas me faire que des amis...) qui m'a bien souvent soit excédé, soit au contraire barbé... voire parfois les deux en même temps.
Là, pas du tout, dès le départ, on est embarqué. La musique, les personnages, le bruit et la fureur, l'ampleur de la reconstitution et la grandeur des moyens visiblement mis en oeuvre, tout concourt à cet effet de sidération, d'autant plus que l'utilisation des images d'archives, est extrêmement intelligente, ainsi que  la façon dont elles sont intégrées au film lui-même.
J'ignorais tout de l'histoire de cette première femme de Mussolini et de son fils, par lui assez rapidement répudiés, puis internés, sans autre forme de procès. Cette femme qui jusqu'au bout (l'enterrement dans une fosse commune) essaiera de se battre, d'être reconnue, d'obtenir réparation, persuadée qu'elle est que le Duce veut juste l'éprouver... Une femme forte et une actrice (Victoria Mezzogiorno) dotée de la même puissance.
Bellochio  a fait de son combat une oeuvre dense, épique, lyrique, grandiose, entre Wagner et Verdi (revenons en Italie tout de même), où l'ambition et l'ascension politique transforment un homme "normal" en monstre, de plus en plus abstrait, de moins en moins réel plus les années passent : D'homme de chair, il deviendra statue, puis image d'archive, à la télévision ou au cinéma (le film se double d'une passionnante -et, encore une fois, o combien intelligente- réflexion sur le cinéma lui-même).
C'est un genre de sythèse qu'a réussi Marco Bellochio, entre le drame historique, à costumes et froufrous, le mélodrame amoureux avec larmes et fracas, bref, le cinéma "spectacle" et grand-public d'une part, et , d'autre part, ce qu'on pourrait appeler un cinéma plus exigeant, plus "intello," , par un travail magistral sur les codes, sur la matière du film lui-même (j'écrirais bien  une  mise en abyme du genre, si les termes n'étaient pas si galvaudés...)
Ce pourrait être une créature hybride à la Frankenstein, pleine de vis et de boulons, un monstre se déplaçant avec peine et provoquant davantage la pitié qu'un intérêt véritable, mais c'est au contraire une formidable bête de cinéma, altière, arrogante, fascinante, hargneuse, attendrissante, qui ne peut laisser le spectateur que pantois, époustouflé, et tout échevelé d'avoir senti ainsi, avec tant de force, passer au-dessus de lui le souffle de l'Histoire, et battre fort le coeur du cinéma.

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26 janvier 2010

où les vrais hommes se rasent les jambes une fois par an

LA MERDITUDE DES CHOSES

J'aurais du voir ce film le 30 décembre, et ç'aurait  été alors le dernier film de l'année. Bien m'en a pris, ça m'aurait fait une drôle de fin d'année. J'en sors et je n'ai pas aimé. Ou plutôt ça m'a mis (très) mal à l'aise. J'ai même failli sortir en cours de projection c'est dire.
Je n'ai pas vraiment de deuxième degré, je l'ai déjà dit, et j'ai donc pris tout ça sans aucun recul, au premier, en pleine figure. La triste -mais hélas plutôt réaliste- histoire de ce gamin vivant avec un père et trois oncles qui passent leur temps à glander et à se biturer m'a juste rappelé des choses un peu équivalentes vues autour de moi. En vrai. Et que des gens dans la salle puissent en rire grassement, ça m'a encore plus levé le coeur.
Car le film n'est pas du tout la grosse farce souriante et anticonformiste que promet l'affiche (j'avoue que j'étais un peu allé pour ça, la fameuse course cycliste à poil : on la voit, mais assez rapidement -pour les amateurs, oui oui c'est un FAQV... enfin, un peu V-) c'est juste une chronique de la misère humaine contemporaine, telle que, sans fioritures, forçant juste un peu le trait sur la bière, le vomi et autres joyeusetés alcooliques.  Pathétiquement désespéré, et désespérément pathétique.

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20 novembre 2009

... après l'heure c'est trop tard

(je me suis engagé à chroniquer tous les films que je voyais, mais bon là ça commence à s'accumuler, alors comme Zvezdo je vais tenter de faire bref)

RIVERS AND TIDES
de Thomas Riedelsheimer

Un documentaire apaisant (dixit Marie) sur les travaux du land-artist Andy Goldsworthy. La nature, l'eau, les pierres... Des moments vraiment beaux.(oserais-je mettre sur le même plan un serpent de feuilles qui dérive dans un ruisseau et un gros maçon torse nu en caleçon fleuri ? Non, je plaisante...)

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LETTRE D'UNE INCONNUE
de Max Ophuls

Je voulais absolument revoir ce film. Finalement, (soyons cruel) ce n'est que l'histoire d'une gourdasse amoureuse d'un bellâtre. Classiquement joli. (et joliment classique). A la fois un peu "too much" et le genre d'histoire qui ne peut qu'extrêmement me toucher ("je vous ai aimé en secret toute ma vie...") .Trouvé hélas les deux acteurs principaux peut-être un peu fadasses...

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A CÔTE
de Stéphane Mercurio

Un documentaire poignant sur la prison, mais "sans prisonniers et sans gardiens", juste avec des femmes (épouses et mères de détenus) principalement, et ce qu'est leur vie (les parloirs, l'administration pénitentiaire, l'attente, l'espoir, le désespoir...), avec une mise en forme intéressante (tout ce qui se passe "dehors" est traité en images fixes) et une indéniable recherche plastique.

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Z32
d'Avi Mograbi

Un documentaire qui n'aurait presque plus de documentaire que le nom, tant la forme prime sur le fond (un soldat israélien témoigne -à visage numériquement caché- qu'il a participé a une expédition punitive contre des policiers palestiniens). Le réalisateur (un habitué) traite ça sous forme de comédie musicale yiddish distanciée dans son salon. Bluffant, mais sacrément "questionnant".

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(tiens et pour faire bon poids, un spectacle de danse)

FRESQUE, FEMMES REGARDANT A GAUCHE
de Pacon Decina (et sa compagnie)

La danse, c'est fragile, il suffirait de peu pour qu'on ne voit plus que des gens qui se tortillent ou qui font de la gymnastique. Ici, on a un peu peur de ça au début : plateau nu, pas de musique (puis "ou presque..."), et on se laisse progressivement contaminer par cette douceur, cette... simplicité, cette extrême fluidité des mouvements et, oui osons le mot, cette grâce.

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30 octobre 2009

épreuve de pureté par le feu

SITA CHANTE LE BLUES
de Nina Paley

Encore une fois Hervé l'avait dit, et encore une fois il avait raison (pfff il devient agaçant celui-là à deviner comme ça à l'avance ce qui va me plaire). Et comme hélas il ne passe que trois fois dans le bôô cinéma, j'ai du réaliser des prodiges d'emploi du temps pour réussir à aller le voir.
Et j'en sors, avec un sourire large de deux fois une oreille à l'autre. On était quatre dans la salle, tant pis pour les autres. C'est vraiment un petit bijou. (Et pourquoi "petit", d'abord, hein ?). Ok, un bijou tout court. D'abord parce qu'il se démarque singulièrement de toutes les dernières animations 3D récemment vues : si les techniques d'animation de Sita sont multiples, elles se caractérisent par une technique "old fashioned" : papiers découpés, dessins, ombres chinoises alternent dans ce  petit théâtre à plat, simple, artisanal, kitsch, exquis (cochez les cases correspondantes), alliant la candeur de l'esprit Bollywood des aventures d'une princesse de légende au... réalisme des aléas sentimentaux -et autobiographiques- d'une demoiselle américaine contemporaine
A chacun des trois niveaux de narration (1) Nina  se fait larguer par son mec 2) des jeunes Indiens confrontent leurs souvenirs du Ramayana 3) l'histoire de Ramachounet et de Sitachounette) correspondent une ambiance, une musique et une technique différente (dessin au trait / ombres chinoises / papier découpé) allant du très simple au très kitsch, en passant par le très drôle... D'autant plus que la partie "Rama/Sita" est bâtie autour des chansons d'une certaine Annette Hanshaw (du blues, donc, des années 20, et re-donc d'où le titre), créant a priori un délicieux décalage entre ce qui est chanté et les aventures à l'écran de notre pure et virginale héroïne et de son -finalement- bellâtre bleu...
L'ensemble est vraiment plaisant, le sous-texte du film me plaisait (j'y ai même pour ça envoyé Marie) et, même si certains ont fait la fine bouche devant la "rusticité" parfois de l'animation., moi je me suis régalé. Et enfin un film qui exploite intelligemment les possibilités du dolby (le dernier en date pour moi était L'échelle de jacob), dans la scène de l'intermission (on avait vraiment l'impression que la salle était pleine de gens qui discutaient en se baladant), en temps réel...) Moi, ça m'a tellement plu que j'y suis retourné, à deux jours d'intervalle. Et ça risque bien d'être "mon" film d'animation de l'année!

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(pour la petite histoire, savez-vous que la France est le seul pays au monde dans lequel le film soit sorti en salle ? Les ayant-droit d'Annette Hanshaw ayant demandé une somme tellement énorme (l'équivalent du budget du film) pour la diffusion en salles, la réalisatrice a préféré diffuser le film directement sur Internet, vous pouvez d'ailleurs le trouver ...)

4 septembre 2009

endives braisées

NON MA FILLE TU N'IRAS PAS DANSER
de Christophe Honoré

Une chose est sûre : mieux aurait valu que je voie ce film un autre soir, en tout cas pas la veille de la rentrée, mon jugement en eut peut-être été autrement nuancé... Je savais que l'ambiance ne serait pas légère légère, mais bon, Les chansons d'amour + Chiara Mastroianni, ça faisait quand même deux belles raisons d'y aller, non ?
J'adore Chiara Mastroianni (et sa voix tout particulièrement), qui est me semble-t-il meilleure à chaque film (dernièrement elle était excellente dans Un chat un chat de Sophie Fillières), mais là, (me semble-t-il encore une fois), elle avait une tâche quasiment insurmontable, celle de défendre un personnage plutôt énervant, exaspérant, même de par ses atermoiements, son indécision perpétuelle, son incapacité à faire des choix, et qui plus est, pas aidé par le scénario, qui n elui permet pas d'évoluer, et fait  hélas assez vite du surplace et tourne en rond.
Les autres acteurs pourtant sont très très très bien aussi (Marina Foïs en frangine et Julien Honoré en frangin (doublement), Jean-Marc Barr en ex-mari, Marie-Christine Barrault et Fred Ulysse en parents, Louis Garrel en amant, Martial Di Fonzo Bo en beau-frère... aux petits oignons je vous dis), hélas eux aussi pris en otage de cette histoire qui n'en est pas vraiment une, de cette chronique familiale détricotée lâche où chacun existe seul, fait son numéro indépendamment des autres,  de ces fragments bout-à-boutés qui se transforment parfois en grumeaux et d'autres fois retombent quasiment en poussière.
On ne saisit pas (enfin, je) de quoi exactement il retourne, où est-ce que le réalisateur veut en venir...
Et la petite bretonnerie bretonnante en costumes sise en plein milieu du film ne sert à mon avis pas à grand-chose, sinon  hélas à agacer encore un peu plus.
Et le gamin est, ( me semble-t-il toujours), plutôt horripilant, non ?
Et l'accroche sur l'affiche ("VIVEZ LIBRE") résonne aussi putassièrement que ne l'avait fait en son temps, par exemple, le "PUTAIN DE FILM!" sur celle de Tenue de soirée.)

Mais bon, même si je ne suis pas rentré dans la danse ce coup-ci (j'ai préféré garder le sac de ma copine), je continue d'aimer beaucoup Chiara Mastroianni, et j'irai sans doute voir le prochain film de Christophe Honoré (même si, somme toute et tous comptes faits, celui-ci m'agacerait plus qu'il ne m'enthousiasme, finalement...)

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27 août 2009

last days

J'aime bien cette période, finalement. Les derniers jours du monde des vacances... Les jours qui passent  impassibles, le compte à rebours qui est lancé... dernier lundi, dernier mardi, etc. Le temps des rangements des tris des constats  des bilans. J'ai fait j'ai pas fait j'aurais du j'aurais mieux fait de pas. Ca ne sert pas à grand-chose mais ça occupe. (et pendant ce temps-là, on ne fait pas ce qu'on devrait vraiment faire.)

Ces vacances-là furent globalement agréables, comme des vacances se doivent en principe de l'être. On n'est pas censé être malheureux, pendant les vacances, hein ? (Quoique.)  On voyagea, on défit ses bagages, on séjourna, on refit ses bagages... on revint, on repartit. La Bretagne, Vesoul, Bussang, Paris, Vesoul... On fut à quatre, à deux, tout seul, à quatre-vingt... bref, on varia les configurations.

C'est l'heure des derniers jours d'août, les plus précieux peut-être, l'heure de prendre quelques photos nostalgiques comme qui dirait de fin d'été : fleurs, bord de piscine, travailleurs torse-nu, framboises, cieux...
De regarder les autres aussi (photos), celles prises auparavant, tout au long de ces deux mois, l'occasion de sourire, de se rappeler, d'être ému, de soupirer, mais pas de regretter, non pas de regretter.

Ce qui a été a été, par définition (ce n'est pas pour rien que ce blog s'appelle Lieux communs...) Chaque situation donnée fuit suivie par une autre, en rupture ou en continuation, ou en autre chose encore, sait-on jamais. On appréhende toujours mieux une situation donnée, en plan d'ensemble, lorsqu'on en est extérieur, et qu'on peut la regarder, avec un certain détachement, comme on regarderait une photographie, heureuse (en général, on prend surtout des photographies heureuses, non ? des gens qui sourient, des situations qu'il fera bon se rappeler, des gestes de la main face à l'objectif, des photos de groupe, des instants fixés avant le départ ou la fin de quelque chose...)

Il y a quelque chose d'un peu mélancolique, certes, dans l'égrènement de ces derniers jours (oui oui bien sur on pense à ceux qui ont déjà repris, et à ces autres qui n'ont qu'un seul mois, mais bon ça n'aide pas vraiment à franchir le cap). On aimerait que ça ne s'arrête jamais, tout simplement..

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14 mai 2009

youp la boum

Quand c'est mercredi midi et qu'on se dit que chouette il reste encore un immense bout de journée,
C'est bon signe...

Quand on achète deux poignées de cerises, qu'elles sont de saison, (et qu'on sait qu'on va les grignoter, dans le sac, d'ici à la maison),
C'est bon signe...

Quand on n'a pas trouvé à la librairie le livre dont on avait précisément envie, mais qu'à la place on en achète deux autres (La fenêtre panoramique et Chroniques de l'oiseau mécanique),
C'est bon signe...

Quand on sort de chez le super marchand de fruits et légumes local avec trois barquettes de mangues, ananas et kiwis séchés (et qu'en plus on y a rencontré une collègue-chérie),
C'est bon signe...

Quand on sourit bé(a)tement en regardant un ou deux petits mots "de croisement" laissés au fil de la journée sur MSN,
C'est bon signe...

Quand on téléphone à 19h à l'autre-collègue-chérie pour lui demander si c'est bien ce soir qu'elle va voir Millenium et que oui on pourrait y aller ensemble, hein,
C'est bon signe...

Quand on se fait tremper pat une super rabasse à la sortie du ciné, qu'on arrive trempé à sa bagnole et qu'on prend ça en rigolant parce que c'était comme une averse de cinéma,
C'est bon signe...

Quand on entend, en plus, à la radio, en rentrant, Video killed the radiostars suivi de C'est comme ça...
C'est bon signe...

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30 avril 2009

piano piano

TOKYO SONATA
de Kiyoshi Kurosawa

A quelques heures d'intervalle, une autre histoire de famille japonaise. A priori, un peu étonnante de classicisme, dans l'oeuvre un peu glauque de l'autre Kurosawa. Une première partie (les 3/4 du film) très propre sur elle, bien peignée, impeccable : le papa est viré de son boulot, l'aîné souhaite s'engager dans l'armée américaine, le cadet vole l'argent de la cantine pour se payer en douce des cours de piano, la maman rêve vaguement d'autre chose, bref, ça se désagrège doucement, implacablement, lorsque soudain, le film opère une sorte de demi-tour au frein à main, se décoiffe furieusement, se néglige, pourrait-on dire, commence quasiment à sentir sous les bras... Ca part en vrille, on pense que ça va aller très très mal pour quasi tout le monde, lorsque -hiiiiiiii crissement de freins- ça redémarre tout à coup en sens inverse pour un final encore plus plus propre sur lui et encore mieux peigné. Surprenant mais pas complètement convaincant.

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1 avril 2009

ouvriers

24 CITY
de Jia ZangKhe

Une splendeur. De documentaire, certes, mais une splendeur. Le réalsateur continue sur la ligne  de son (déjà splendide) Still life mais s'est encore allégé en abandonnant le fil (ténu) de la narration. Une usine a été transportée ailleurs et remplacée par une luxueuse cité. Le réalisateur interviewe des gens, ouvriers (anciens ou "nouveaux") de l'usine en question. Le film alterne ainsi plans séquences de monologues (les gens qui parlent), gros plans ou plans d'ensemble (de la goutte d'eau sur un bout de verre aux bulldozers en train de progresser -les choses-) et des plans sublimes de "photographies filmées" où les protagonistes juste nous font face, immobiles, en silence, nous regardant dans les yeux, comme un ultime album-photo qu'on feuilletterait (oh cette image attendrissante de deux ouvriers dont l'un a poséla main sur l'épaule de son camarade, et le caresse légèrement dans le cou avec son pouce, juste -pense-r-on- pour le faire sourire et perdre la pose) .
La question à la sortie, en discutant devant le bôô cinéma, fut de savoir s'il s'agissait ou non de propagande. Elle ne fut pas tranchée d'ailleurs, chacun restant, bien évidemment, sur ses arguments, et j'avoue que là n'était pas vraiment ma proccupation.
Je l'ai pris juste comme un document, un témoignage composé de multiples voix, et la mise en images d'une sensiblité entrant indiscutablement en résonnance avec la mienne, tant cette façon de voir les choses est bien au-delà de ce que les simples sensations oculaires peuvent retransmettre. Bien au-delà.

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28 mars 2009

"pas de femme, pas de troupeau"

TULPAN
de Sergey Dvortsevoy

Mon problème principal avec le cinéma kazakh, c'est que tous les jeux de mots possibles avec yourte ont déjà été faits. L'autre problème, c'est que je ne suis pas certain que ce cinéma-là, je veux parler du cinéma ethno, soit véritablement ma tasse de thé... Sur la durée, tout du moins. C'est sûr qu'on ne peut a priori éprouver que de la tendresse pour ce cinéma fait avec trois bouts de ficelles (de yourte ?) , rustique, aussi "nature" que  "naturel", brut de décoffrage, où le bruit du vent prend autant d'importance que les dialogues (qu'il couvre aussi d'ailleurs de temps en temps), où la steppe est pelée, l'horizon quasiment circulaire et les tempêtes aussi violentes que fréquentes (si j'évoque les paysages mêêêrveilleux, certains vont dire que je me moque, mais pas du tout, je vous assure qu'il me reste au fond de l'oeil certain plan d'orage lointain plutôt superbe et surtout garanti 100% authentique).
Voilà pour le décor. L'intrigue est, comme disait mon amie Dominique à la sortie, plutôt mince (pour avoir son propre troupeau, Asa doit avoir une femme, mais pas de bol, Tulpan, la seule disponible à des kilomètres à la ronde, ne le trouve pas à son goût, à cause de ses oreilles... Pas de bol!) et donc le film se concentre sur (et nous narre par le menu) le mode de vie de ces bergers nomades, avec ses traditions plus ou moins rigolotes et ses passages obligés (la "visite chez les beaux-parents", le rentrage du troupeau à cause de la tempête, les engueulades avec le beau-frère, le pressage des points noirs par le fiston qui récite les infos radio, le démontage de la yourte, le chameau qui pleure -si si!-, et, surtout, deux accouchements de brebis à mains nues et quasiment en temps réel, dont l'un avec bouche à bouche avec agneau mort-né qui a fait détourner les yeux à l'affreux occidental petit-bourgeois que je suis...)
Oui, on ne peut qu'être attendri par ce cinéma-là, même si on trouve ça parfois un peu longuet et mal fichu, mais il y a là-dedans, indiscutablement, une sacrée belle énergie, qui, comme la tornade  dans le film, soulève tout sur son passage...

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23 juin 2009

perfusion

LA FENÊTRE
de Carlos Sorin

A une semaine d'intervalle, un autre moment de bonheur cinéphile venu d'Argentine. A des années-lumière de La sangre brota. Probablement un des plus beaux films vus cette année. Au bout de quelques minutes, j'avais déjà les larmes aux yeux, c'est dire. Un film très calme, très doux, très simple, pour parler du dernier jour de la vie d'un vieillard. Unité de temps, unité de lieu, nous serons face à la même bâtisse de l'aube au crépuscule.
Un papy malade dans son lit, donc, les deux femmes qui s'occupent de lui, un médecin qui vient faire sa visite, voilà pour l'essentiel, le quotidien. Pour l'extra-ordinaire, un accordeur de piano,  venu pour remettre en état le vieux piano du salon, sur lequel personne n'a  joué depuis longtemps,  pour une bonne raison : le fils du papy alité est parti il y a bien longtemps, c'est désormais un pianiste de renom, et il doit revenir aujourd'hui rendre (une dernière) visite à son père.
Un papy dans son lit, le lit dans la chambre, et pour à la fois l'isoler et le rapprocher du dehors, le rectangle magique de la fenêtre (qui donne à juste raison son titre au film). C'est un  beau jour d'été (la lumière est superbe), un rayon de soleil qui passe entre les contrevents, un souffle d'air, une mouche égarée qui bourdonne, et voilà la vie, le monde du dehors qui vient chatouiller, titiller, le vieillard... L'appel du dehors. Sa perfusion à la main, le voici qui s'aventure à l'extérieur, avec sa veste sur les épaules et son panama sur la tête, dans le jardin d'abord, puis le voilà qui se hasarde un peu plus loin, et un peu plus loin encore... dans un genre de road-movie au ralenti, une expédition minuscule, un voyage presque immobile mais d'autant plus touchant (j'étais peut-être particulièrement réceptif, mais j'avais régulièrement  les yeux mouillés...)
On aurait souhaité que le film se déroule, comme ça, paisiblement, jusqu'à a fin (que le spectateur connaît des les premières images), simplement, mais peut-être que Carlos Sorin n'a pas "osé" tenir la même note  jusqu'au bout de son historia minima. La deuxième partie est donc un peu plus "narrative", et, en ce qui me concerne, émotionnellement moins forte (mais heureusement peut-être...) En tout cas une touchante façon de parler de la mort (et peut-être un peu du cinéma aussi, non? la "fenêtre" en question faisant  tout de même assez penser à ce rectangle d'images virtuelles qui s'ouvre soudain dans le noir, à ce rayon de lumière qui nous attire  vers un au-delà ectoplasmique qui n'est peut-être pas la vie, mais qui y ressemble parfois rudement...)

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20 juin 2009

huhuhu

Dans la série "geignons il en restera toujours quelque chose..."
Tandis que mes "chroniques autant de retentissement que la chute d'une crotte de chauve-souris au fin fond du gouffre de Padirac, voilà-t-y donc pas qu'un billet contenant un courrier que je ne fais que retransmettre parce qu'il m'a fait sourire provoque ici-bas un émoi aussi incomparable qu'imprévu. 
Rendez-vous compte : cinq commentaires! Oui, comme les doigts de la main. Whaou, Comme ça d'un coup, sans prévenir, et sans même que le mien n'y figure! Autant en une seule fois que quasiment toute la production de commentaires depuis le début du mois, j'ai frôlé de peu l'attaque vasculaire...
C'est donc ce que je devrais faire, dorénavant, recopier ici des extraits de courrier... Ca tombe bien, c'est bientôt les vacances!


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19 juin 2009

compassé ?

CHERI
de Stephen Frears

Un film bien mieux que ce que j'en attendais (et c'était pas grand chose à vrai dire). Colette, à part les "dialogues de bête"... C'est toujours pareil, chez Stephen Frears y a toujours quelque chose qui me plait. il est fort, le bougre. Là, d'une histoire surannée (vieillotte et un peu cucul-la praline), il arrive à trousser un machin ironique en costumes et "à grand spectacle" en donnant le sentiment qu'il le filme en même temps au premier degré et au nième, au moins. En même temps dedans et complètement extérieur.
L'histoire, à vrai dire on s'en contrefiche un peu. La vieille chose (encore bien néanmoins pour son "âge canonique") et le jeune godelureau, je t'aime, je ne t'aime plus, je n'aime que toi, reviens va-t-en, ni avec toi ni sans toi, etc;, on connaît la musique. Le réalisateur aussi (semble s'en ficher un peu) à la façon dont il nous expédie l'épilogue via une voix off plutôt désinvoltement. Mais bon, il y a des bonnes choses...
D'abord, Mimichounette Pfeiffer, qui, il y a "quelques années" jouait la jeune oie blanche dans les Dangerous Liaisons (déjà une adaptation du french litterary patrimony) et qu'on retrouve ici dans un rôle de , n'ayons pas peur des mots, "vieille belle". (Bon, pas si vieille, quand même!)
Ensuite, Kathy Bates, grandiose, dans un de ses meilleurs rôles, en vieille copine, vieille cocotte vieille gossip girl, vieille peau, et accessoirement mère du jeune Chéri en question.
Sans oublier, pour l'enrobage, un super chef-op' (Darius Khondji), qui nous a concocté quelques vues sublimes dites "de Biarritz" du plus "carte postale de la belle-époquesque" effet (avec un bleu maritime hmmmm beau à s'y vautrer)
Mais comme disait mon copain Gilles à la sortie, "pour faire du beau comme ça, il faut du monde..." Témoin en est un générique-fleuve (qui dure presque la moitié du film -oh j'exagère à peine!-)où n'est pas oublié le moindre cireur de bouton de bottines, à tel point que ça en devient drôle tellement il a fallu de monde et tellement personne n'est oublié... Ah les fastes of the Belle-Epoque...

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18 juin 2009

boîte en fer

LA SANGRE BROTA
de Pablo Fendrik

Une baffe. De temps en temps, un film vous fait cet effet-là. Un film qui déboule sans prévenir, auquel on ne s'attendait pas. Un film qui préexiste au spectateur en tant que système autonome, en circuit fermé, un film qu'on découvre, qu'on visite, qu'on appréhende, dans lequel on s'immerge, on s'enfonce, on tâtonne, plutôt qu'une simple trame narrative dont on suivrait benoîtement le fil(m) tendu depuis son point initial i jusqu'à son point final f, et basta.
Le film de Pablo Fendrik est doté, et c'est rien de le dire, d'une forte personnalité. L'Amérique du sud (et l'Argentine notamment) nous envoie régulièrement des objets étranges, des alcools forts, des formes pas formatées. La sangre brota se range au confluent de ces catégories.
C'est un film (chromatiquement) bleu (ou plutôt viré au bleu, et tirant -paradoxalement- vers le glacial l'incandescence qui semble régir cette fourmilière speed de Buenos Aires). C'est un film hargneux, teigneux, où la façon de filmer (le plus souvent, pour les scènes urbaines, en caméra sur l'épaule) rejoint la violence et la fébrilité qui sous-tendent les rapports des différents personnages. C'est un film mystérieux, aussi, dans la façon qu'il a de livrer en pâture (de jeter à la figure ?) au spectateur des pièces éparses,des éléments disparates, des personnages plus ou moins opaques, mais de très naturelle et dynamique façon. Fendrik ne construit pas volontairement du mystère, il ne fait que livrer une réalité brute, complexe, et multiple.
Chaque personnage (et son histoire) pourrait faire l'objet d'un film à lui tout seul, et le mélange des tous ces univers crée un méta-récit encore plus oppressant. Deux personnages se détachent  : Arturo, chauffeur de taxi quadragénaire, mutique et bridgeur, et Leandro, un jeunot destroy partagé entre sex, drugs et quasiment rock'n'roll (sauf qu'ici ça serait plutôt de la techno). Il s'avèrera au bout d'un certain temps que ces deux-là sont père et fils et que l'unique point commun (ou presque) qu'ils auront dans le film est une boîte en fer contenant les économies d'Arturo. Si le film met le spectateur dans un tel état,  ce n'est pas tant par ses scènes de violence (qui, si elles  sont paroxystiques, ne sont néanmoins pas traitées sous l'angle du réalisme gore mais plutôt "stylisées") que par le malaise permanent (et un peu paranoïaque) dans lequel il est plongé : chaque personnage, chaque situation, est source d'inquiétude, d'appréhension, on redoute à chaque fois le pire, parfois il survient,  et parfois c'est le contraire...
Si un mot pouvait résumer le film, ce serait peut-être "menace". Mais, encore une fois, ce n'est pas tant l'histoire (à la limite, le scénario n'est qu'un prétexte) que le traitement. qui importe Et là, chapeau! Vraiment, c'est techniquement (et donc esthétiquement) sidérant. Un cinéma qui vibre, qui court, qui pulse, qui halète,  parfois presque s'asphyxie mais repart aussi sec. Zigzaguant entre gestes délicats (un cheveu qu'on enléve d'une épaule une épaule qu'on masse...) et images choc (un bébé qu'on abandonnerait dans une poubelle, une langue qu'on sectionnerait d'un baiser, un visage qu'on écrabouillerait...)
Le visage androgyne de Leandro (c'est quasiment comme une fille avec une ombre de moustache) et ses cheveux emmêlés face au visage fermé et atone d'Arturo. Le sang, bien sûr. La rage. Et toutes ces combines, ces magouilles, ces trafics, ces addictions  qui grouillent tout au long  du film, le creusant de part en part (les courses, le bridge, l'ecstasy...) comme autant de galeries d'économie souterraine...
On sort de là impressionné, c'est indiscutable, et le film longtemps après passe encore dans la tête.

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2 mai 2009

magané(e)

ROMAINE PAR MOINS TRENTE
d'Agnès Obadia

La bande-annonce (vue à chaque séance à Paris) faisait plutôt envie. J'y suis donc allé (pour finir ma carte, et oh voilà qu'un ange à gros yeux m'a filé en douce une entrée gratuite car ladite carte était périmée, y compris les deux places qui restaient dessus...) On était peu dans la salle (pourtant c'est un film dont on parle, non ? je pensais que les gens se ruaient pour voir les films dont on parle... et bien pas tous!)
J'aime beaucoup Sandrine Kiberlain, et aussi (quoiqu'un peu moins, on ne peut pas aimer autant un acteur mâle qu'une actrice fille huhuhu) Pascal Elbé, et, de ce point de vue là, je n'ai pas été déçu. Sandrine fait sa grande Duduche nunuche en doudoune et chnobottes (c'est private joke local, vous pouvez pas comprendre...) comme j'aime et lui son Pascal-tellement-mimi (à la fin, il a même une barbe encore plus mimi avec de la glace dedans, mmhhh...), il ya même quelques canadiens sympathiques et mal rasés, quelques canadiennes délurées et bavardes, une hôtesse de l'air trouillarde, et bien entendu beaucoup de neige, de glace et autres joyeuseries hivernales (l'essentiel du film se passe à Montréal)
C'est un peu loufoque, un peu laborieux, un peu paresseux, bref on sourit en suivant les péripéties de Bécassine à Montréal sans sans réel déplaisir mais sans enthousiasme délirant non plus. il manque un peu de ... corps ? Un bon point néanmoins pour la chute finale...
(On mange un chocolat glacé : c'est agréable, un peu rafraîchissant mais quand même un peu trop sucré, et après, hop, on jette le bâton. Et c'est fini!)

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(c'est drôle, sur l'affiche, on a l'impression que c'est le même illustrateur que les livres de Martine...)

11 janvier 2009

un grand angle mort

MOSCOW, BELGIUM
de Chris Van Rompaey

Une "comédie sociale flamande", hmmm... voilà  un intitulé a priori pas très... titillant, et pourtant, et pourtant! C'est la première fois je crois que je voyais un film en cette langue-là  et je dois dire que j'ai été plutôt séduit.
Un film qui commence au piano (j'ai toujours eu un faible pour ces musiquettes au piano solo mélancolique, aussitôt je sentirais presque la larmichette poindre) se poursuit à l'accordéon (re-je ne sais pas pourquoi, mais c'est un instrument qui m'émeut) pour se terminer en fanfare. Une dame fait les courses, cheveux défaits et l'air morose, avec deux de ses enfants, dans un supermarché (avec le piano qui musiquette mélancoliquement, donc) lorsque, sur le parking dudit supermarché, en faisant marche arrière, elle va heurter le parce-choc d'un gros camion jaune. Aïe! La dame dans la voiture, c'est Matty, la quarantaine, deux enfants, attendant un mari parti avec une petite jeune depuis bientôt six mois et ne sachant pas bien s'il va réintégrer ou non le domicile conjugal, et le monsieur dans le camion c'est Johnny, un hurluberlu barbu rouquin, dix ans de moins, dont la femme (il a son prénom tatoué sur le torse dans un coeur forever) s'est barrée avec son avocat et qui en a conçu une certaine amertume. Entre les deux, ça commence donc plutôt forte, sur les chapeaux de roue : vociférations, insultes, constat pas du tout à l'amiable et autres gracieusetés.
Et puis voilà que...
Il la rappelle, elle raccroche. Il vient chez elle pour lui réparer son coffre gratos (mais à mon avis pas que pour). Elle refuse d'abord, puis finit par l'inviter à manger (ce jour-là, c'est du boudin. On aura ainsi dans le film plusieurs scènes de repas, chacues plus ou moins bouffonnes, autour d'un plat typique -car Matty est une bonne cuisinière- boudin, carbonade, waterzooi... car le film est construit comme un calendrier, où les dimanches -et donc les repas dits dominicaux-  donnent le rythme) et, de fil en aiguille, ils iront prendre un verre, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'elle rentre à la maison avec son t-shirt à l'envers, sous l'oeil désapprobateur de son aînée (une ado rebelle, avec des faux airs de Cate Blanchett) qui ne voit pas cette histoire d'un  -justement- très bon oeil (mais qu'elle a plutôt joli, d'ailleurs.)
Matty est perplexe : elle attend / elle espère le retour de son mari, elle cède à Johnny en se disant que c'est une aventure sans lendemain, un coup d'un soir, mais hésite à le croire lorsqu'il lui dit qu'il l'aime, bref elle ne sait plus quoi faire. La situation se complique encore lorsque son mari -un bellâtre bien intentionné- lui fait part des antécédents juridiques de Johnny et de ses différents conjugaux (soutenu par l'adolescente) et tout devient soudain très compliqué. Souvent femme varie...  Elle va semettre à osciler, entre les deux mon coeur balance, entre folie et raison, entre popote et aventure, sans réussir à prendre une décision. Rajoutez à tout ça une paire de chaussures italiennes un peu trop petites, un fût de bière dans un pare-brise, deux assiettes de waterzooi renversées, un karaoké un peu embarrassant, et vogue la galère...
(Comme on est dans une comédie sociale, on sait -on espère- que l'amour le vrai finira par triompher, hein, on ne se refait pas, midinet on est né, midinet on reste...et, euh, on ne sera pas déçu ?) Le film a, dans tous les sens du terme, une bien jolie musique. Les dialogues sont affûtés (on rit au moins autant que l'on est attendri.) Et les deux interprètes principaux sont extrêmement attachants (j'y rajoute aussi l'ado rebelle qui réussira à surprendre tout son monde lors de la scène dite "du waterzooi"). Et puis, personnellement, j'ai toujours une certaine tendresse pour les cabines de bahut, vues de l'intérieur -surtout si le routier est assis à poil au volant, je n'invente rien même si c'est très fugace- mais ceci n'est pas vraiment un argument critique objectif, n'est-il pas ?)
Un film au diapason des plats qu'il évoque : une cuisine rustique, solide, des recettes ayant fait leurs preuves, (ne tablant donc pas sur l'originalité), aguerries, mais élaborées par un chef avec son coup de patte personnel, utilisant des ingrédients suffisamment goûteux, et les épiçant assez subtilement pour réjouir le palais le plus aguerri. Avec, en prime des conseils judicieux sur l'utilisation de la moutarde.

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7 avril 2009

"faut faire quelque chose de spécial quand on sort ensemble ?"

MORSE
de Tomas Alfredson

Un film étrange. Générique silence complet, de la neige qui tombe... L'histoire d'amour (?) d'un blondinet et d'une brunette, d'une douzaine d'années environ, sauf que le blondinet en question est un maigrichon à lunettes souffre-douleur de ses camarades d'école et que la brunette lui avouera avoir douze ans "depuis un certain temps" et s'avèrera n'être rien de moins qu'une vampirette.
Un film très très loin du folklore habituel (pas la moindre gousse d'ail ni, encore moins, la moindre canine saillante en vue) juste une métaphore sur la rencontre de deux solitudes urbaines contemporaines (enfin, le film est censé se passer dans les années 70...) d'une lenteur et d'une sobriété assez fascinantes, suffisamment pour que les quelques "images-choc" (un visage défiguré à l'acide, un corps qui s'embrase) n'en apparaissent que plus déplacées, et presque injustifiées.
C'est scandinave, et donc plutôt givré (ça devient un peu une habitude) mais plutôt dans le genre cotonneux glacé hypnotique que dans le nonsense loufoque et brise-glace (quoique la dernière scène, celle de la piscine...)
Quelques jours après l'avoir vu subsiste surtout le souvenir d'une histoire d'amour un peu maladroite, de neige qui crisse, de bouche barbouillée, quelque chose de, paradoxalement, aussi doux qu'amer. Atypique.

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9 avril 2009

"tous mes amis qui faisaient du sport sont morts"

IL DIVO
de Paolo Sorrentino

Un film complexe. Italiennement complexe. D'autant plus que, je le confesse, je suis une burne en histoire, et en histoire politique italienne spécialement. On reçoit une rafale de noms et de dates, encore  plus complexes puisqu'il y a des flash-backs, et, comme on (je) est vite perdu, on se laisse aller, on accepte de ne pas vraiment tout comprendre, et on se laisse fasciner par la forme (un peu comme on l'avait été par celle de Gomorra). Le "héros" s'applle Giulio Andreotti, il est au pouvoir depuis presque cinquante ans si j'ai bien compris, et, dans le film, il est aussi expressif que la marionnette de Mitterrand aux Guignols (à laquelle il fait d'ailleurs furieusement penser). Il a le charisme d'une sole avariée et, autour de lui, ça dégomme dur (corruption et Mafia obligent). Le film est un catalogue de morts violentes et d'images fortes, avec un enrobage musical "ironique" (ironiquement rital ?) mais fichtrement efficace (c'est un plaisir que de s'en prendre autant dans les oreilles). Une forme brillante, ludique presque (le réalisateur joue avec les sous-titres rouges qui annoncent les personnages, par exemple) "agréable", au service d'un sujet somme toute beaucoup moins ragoûtant mais beaucoup plus inquiétant... Car, comme l'a dit le monsieur qui animait le débat "Rien dans le film n'est faux." Aldo Moro, la loge P2, les Brigades rouges... souvenirs souvenirs...
Euh, au fait il divo, c'est le mari de la diva ?

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3 décembre 2008

comme les rois mages...

LE CHANT DES OISEAUX
d'Albert Serra

C'était la première "délocalisation" du Festival belfortain Entrevues dans notre bôô cinéma. A 18h on projeta La vieille fille, que je n'ai hélas pas eu l'occasion de revoir, et, à la séance suivante, le lauréat de l'édition 2008, Le chant des oiseaux, d'Albert Serra.
Serra avait déjà été primé en 2006 pour Honor de cavalleria, ce qui prouve l'attachement du festival à l'oeuvre de cet homme (quand même, deux films du même réal' primés en deux ans, c'est un peu étonnant, non ?) Disons le franchement, je n'avais pas aimé Honor de cavalleria. Disons que je m' y étais ennuyé, copieusement, somptueusement, ascétiquement, enfin bref d'un bout à l'autre. Il s'agissait d'une "relecture" de Don quichotte, montrant juste les allées et venues de celui-ci avec son écuyer, Sancho.
Aujourd'hui, rebelote. Serra a cette fois-ci choisi pour héros les rois mages  et nous relate leurs pérégrinations minimal(ist)es, entre le moment de leur rencontre, et jusqu'à leur adoration de Jésus. J'ai plutôt bien aimé la première scène, mais, assez vite, (paradoxalement), on sait où on va. J'ai eu le sentiment d'être devant un Honor de Cavalleria 2 : le retour, tant les deux films sont pour moi proches dans leur démarche (!) (et le fait de reprendre les deux acteurs du film précédent n'arrange rien.) Le film enfonce le clou du film de déambulation. Il dure 1h20, mais il pourrait en durer cinquante (c'est d'ailleurs parfois le sentiment qu'il donne), ça n'a plus d'importance. Je m'attendais tellement à m'ennuyer que je n'ai pas été déçu. J'ai soupiré, ronchonné intérieurement, échangé avec mon jeune voisin ("Finalement, Bresson, c'était commercial..." m'a-t-il chuchoté), j'ai quelquefois été touché par la beauté d'un plan, la composition d'une image, je me suis parfois laissé transporter (certain escaladage de dune aussi étiré et hypnotisant pour moi que certaine montée et descente par une ouvreuse boîteuse de salle de cinéma vide dans Goodbye Dragon Inn, de Tsai Ming Liang,ou certaine poursuite de deux points dans le vert lors de la scène finale d' Au travers des oliviers, de l'ami Kiarostami) mais souvent, la plupart du temps, je me suis retenu de regarder ma montre.
J'étais pourtant d'humeur à rédiger un billet indulgent, sur ce cinéma radicalement radical (et extrêmement extrémiste!), quand je suis tombé  (là) sur une interview du réalisateur qui m'a mis de très mauvaise humeur. Interview ui m'a semblé être un sommet de prétention, de mauvaise foi, de chevilles gonflées et quasiment de mépris.  On lui avait (trop) vanté les dialogues de son premier film ? Il les supprime. On lui avait dit que les paysages étaient jolis ? Il les éradique. Les acteurs ? Bah, interchangeables (dans le film) mais il "a repris les mêmes parce qu'ils sont bons et que ce sont les seuls qu'il connaît". Le scénario ? A quoi bon. Le montage ? quelle importance. Tout ça pour se figer dans une pose auteuriste et messianique genre ohlala z'avez vu j'ai fait le film le plus religieux de tous les temps...
Alors la, pour le coup, ça m'énerve vraiment.

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28 novembre 2008

installation

MUSEE HAUT, MUSEE BAS
de Jean-Michel Ribes

Nous étions quelques-uns hier soir, dans la salle 3 du bôôô cinéma, à avoir envie de nous changer les idées, envie d'une bonne rigolade pour lutter contre le novembresque et cinglant spleen. Mais, une fois de plus, il fut prouvé que c'est 'achement plus dur de rire quand on est cinq dans la salle en question plutôt que quand on y est 350! Le rire est le propre de l'homme ? Plutôt celui des hommes (quoique, je me souviens pourtant d'avoir été le seul ou presque à m'esclaffer à la projection  de Two days in Paris, par exemple, et de m'être dit que peut-être les autres n'osaient pas, parce qu'ils n'étaient pas sûrs que c'était une comédie...)
Bref, ça n'a pas énormément rigolé. Mais on a souri. On était peu, certes, mais le film y est tout de même pour quelque chose. Ca commence un peu bancalement, et ça se termine un peu idem (il est question de perspective) avec entre les deux scènes l'incroyable fourre-tout (pêle-mêle, déballage, entassement...) d'une succession de vignettes (historiettes, sketches, tableaux, appelez-ca comme vous voulez) en rapport plus ou moins avec l'art (on pourrait bien appeler ça des Lieux Communs, huhuhu), qu'on pourrait -pour le moins- qualifier d'hétéroclite. Plusieurs personnages ou groupes de personnages qu'on suivra ainsi de façon récurrente tout au long du film, (et du musée en question), avec des passages plus ou moins passionnants et / ou drôlatiques (ainsi, l'exposition de quéquettes est plutôt sympathique...).
Ainsi, tandis que je commençais à me ratatiner (me morigénant presque un peu de rester ainsi de glace ou quasi), est survenue la scène dite des "gardiens de mammouths" qui m'a agréablement titillé. Puis rebelote le ratatinage consternatoire jusqu'à la scène de la descente de croix, et ainsi de suite... C'est vraiment ça, jusqu'à la fin : musée haut, musée bas, un coup up et l'autre down un coup, je suis touché et un coup je ronchonne... Inégal, quoi.
Avec, en plus, une distribution quatre étoiles (là aussi avec des hauts et des bas, des choses bien et d'autres plus convenues...), et vraiment beaucoup d'idées (je me dis que j'aurais vraiment voulu voir ce que ça donnait sur une scène de théâtre...) plus ou moins heureusement exploitées (des fois ça fait whizzzz! et des fois ça fait pschhhhht..)
Mais, finalement, on n'a pas envie d'être (trop) méchant envers ce joyeux bordel : même si c'est (trop) parisien, même si c'est  (trop) bobo, même si c'est (trop) inégal, même si c'est ... (à vous de compléter!)
Veuillez rester groupés, s'il vous plaît, et n'oubliez pas le guide

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25 novembre 2008

frimas

Tout ça est ridicule, tout ça est lamentable, tout ça est grotesque, tout ça est à pleurer : le PS vire à la cour de récré, avec deux gamines en train de se tirer sur les nattes pour avoir la première place : pendant ce temps-là,ça évite d'avoir à penser à (et prendre position sur ) autre chose...
Par exemple tout ce mon ami JR recense (exhaustivement) ici (cette histoire de doigt me plaît beaucoup) ou ce qu'on peut entendre (merci Swâmi P.)
A part ça ? On entre dans l'hiver, (enfin, plutôt je, donc, en ce qui me concerne) et chaque jour vient ajouter différents sujets d'inquiétude, ou de mécontentement, ou d'énervement, ou d'impuissance (ou tout à la fois...)

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(et on se sent tout seul peut-être mais peinard et on se sent floué par les années perduuuuues
alors, vraiment, avec le temps on n'aime plus...)

21 novembre 2008

ferrailleurs

CHOP SHOP
de Ramin Bahrani

Willet's point, le "triangle de fer", à New-York, un genre d'immense garage à ciel ouvert, plutôt de magasin général de pièces détachées où l'on vient faire réparer sa bagnole pour "moins cher" que dans un garage conventionné, à condition de ne pas être trop regardant sur l'origine desdites pièces détachées ... C'est là que vit et travaille le jeune Alejandro, hébergé par Rob, un de ces "garagistes", qui l'emploie également, à la fois comme rabatteur de clients et comme mécano d'occasion.
Alejandro est démerdard et volontaire. Au début du film, il sort vraiment de nulle part : pas de background, pas d'explications. Simplement il est là, il en veut, il avance... Dès qu'il aura trouvé cet hébergement, il en fera profiter Isamar, sa grande soeur, avec qui il va partager une mezzanine exigüe (mais comme dit Alejandro "il y a un lit, un frigo et même un micro-ondes!")
Encore un film dans cette nouvelle lignée celle du documentaire à peine scénarisé. C'est le décor-même qui a donné envie au réalisateur d'y tourner une histoire, tandis que les "garagistes" (et les autres personnages) tiennent leur vrai rôle et portent leur vrai prénom, et que le jeune héros, Alejandro, a effectivement bossé six mois dans cette joyeuse (?) zone mécanique pour se mettre dans la peau de son personnage...
Je n'ai pu dans le film m'empêcher de penser à Khamsa, vu récemment dans ce même bôô cinéma : un tout juste ado (pas tout à fait complètement extrait de l'enfance), décidé à s'en sortir à la force du poignet dans un monde adulte et brutal, sans concessions. Survivre et plus si affinités. Même vitesse, même force, même volonté chez les deux jeûnots, avec, pour chacun,  un genre de rêve lointain qui permet de tenir, d'aller de l'avant (pour Khamsa c'était devenir boulanger, pour Alejandro c'est acheter et retaper un van pourri pour y vendre les spécialistés culinaires de sa soeur)... Et, dans les deux cas, il est question de laissés-pour-compte, de ferraille, de précarité, de fric à amasser, et même de baskets neuves!
Le film est plein de cette même belle énergie, il suit sa ligne, jamais il ne s'auto-apitoie, jamais il ne larmoie. Et se permet même le luxe de nous planter là, cut, sec, au détour d'une scène qu'on pourrait presque pu trouver joliette et anodine dans n'importe quel autre film, mais qui permet, avec une extrême économie de mots et de sentiments, de  terminer le film comme il l'avait commencé...

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24 janvier 2009

l'inspecteur de derrick

THERE WILL BE BLOOD
de Paul Thomas Anderson

Je ne l'avais pas vu à sa sortie parce qu'il n'était passé ici qu'en VF, dans le bôô cinéma. J'ai donc profité du Festival Télérama pour combler cette lacune, en VO cette fois, et pour 3€! Et alors ? Alors, rien. Ca ne m'a pas plu, ça m'a agacé, quasiment énervé (je sais, je sais, en ce moment j'ai facilement tendance à.)
Histoire de pétrole, donc, success story d'un homme détestable (joué par un acteur que j'aimais beaucoup à ses débuts -Ah, My beautiful Laundrette...- mais qui, là, fait tout son possible pour justifier son Oscar) dont le destin croisera plusieurs fois celui d'un jeune prédicateur illuminé (pendant tout le film, je me suis demandé où je l'avais déjà vu, sans trouver la réponse. Et le nom au générique de fin, Paul Dano, ne m'apporta aucune révélation, mais, merci allociné point freu, j'ai eu la réponse : c'était l'ado mutique de Little Miss Sunshine!), cause de plusieurs scènes (en ping-pong) que je qualifierais de pénibles, mais que certains de mes voisins eurent l'air de trouver... drôles.
Daniel Day Lewis en fait beaucoup, le réalisateur (qui ne m'avait, déjà, pas totalement convaincu dans Magnolia, et encore moins dans Punch-Drunk Love) tout autant, et quant à la musique, c'est encore deux fois plus! Les cordes à tout-va, à toutes les sauces, ça stridule ça pizzicate ça grince et ça grandiloque, et que je te surligne les scènes à grand coup de fluo orchestral, trop, c'est TROP! (tiens voilà que je me mets moi aussi à hurler!) une musique originale, certes, mais  une musique trop m'as-tu-entendue...
Bon, ne nous méprenons pas, je ne dis pas que c'est une daubasse immonde, je dis que, bon, je n'ai pas envie de hurler au génie ultime, et quand je lis la pleine page d'étoiles critiques dans allociné point freu, je me sens bien seul ! Ce ne sont pratiquement que des quatre étoiles tout du long... Hé ho faudait pas ebzagérer tout de même! Tiens, pour une fois, je serais d'accord avec mon Sergeounet Kaganski des Inrocks (qui d'habitude m'énerve un peu), lorsqu'il parle de "faux chef-d'oeuvre"...

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25 octobre 2008

tio(s)

ECHO PARK, L.A
de Richard Glatzer et Wash Westmoreland

Un cas de figure plus si courant : un film raté en salle, enregistré à la télé, et regardé idem. Sur un quartier latino de Los Angeles, et plus précisément centré sur une de ses familles. J'avais l'impression de voir l'autre côté des films latinos que je vois d'habitude (smiley aux joues roses de honte), le genre de films que je ne chronique jamais par ici (pour les gens intéressés, ils s'agit des films du LFC*, mais, chut!) Une famille, donc, où, manque de bol et concentration scénaristique, le fiston (hijo) a té chassé par son père pour cause de gayitude (et c'est vrai qu'il est plutôt tout mimi, en débardeur blanc et baggy, muscles tatouages et barbichette -mais, contrairement aux "autres" films latinos, il ne montrera rien-) tandis que la demoiselle (hija), sur le point de fêter sa quinceañera (quoi, vous ne savez pas ce que c'est ? remarquez que, avant le début du film, moi non plus) se retrouve enceinte alors qu'elle est toujours vierge, et se fait donc aussi chasser par son père, incrédule. tous deux sont récueillis par leur vieil oncle célibataire, jusqu'à ce que.
Une chronique sensible (d'un quartier qu'on pourrait dire idem), touchante plus par le naturel des interprètes (en grande majorité des non-professionnels) que par l'épaisseur et la densité de son scénario. On s'y ennuierait même presque un petit peu des fois, mais on reste, pourtant, jusqu'au bout (et on y va même de sa larmichette, si si), ému et convaincu par cette authenticité et cette humanité.

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13 octobre 2008

charrette

FRERE ANIMAL
d'Arnaud Cathrine et Florent Marchet

Une soirée gratos, offerte par les Libraires de la ville (merci à eux) pour découvrir sur scène ce "roman musical"  (écrit et musiqué par Arnaud Cathrine et Florent Marchet) en dix-neuf chansons, avec sur scène les deux susnommés, plus Valérie Leulliot (Autour de Lucie) et Nicolas Martel. Une histoire ancrée dans le milieu pas très glamour du monde du travail et de l'entreprise, avec deux frangins que tout oppose, un père licencié, une fiancée, un DRH, une fiche de renseignements... Sur des textes d'Arnaud Cathrine (qui vient aussi pousser la chansonnette), s'élabore un univers à la fois physique (la musique, les instruments, les petites chorégraphies) et abstrait (on peut élaborer chacun sa propre histoire), étonnamment proche des thèmes habituels des chansons de Florent Marchet (il aurait pu ici entonner sans problème Je n'ai pensé qu'à moi ou Levallois-Perret).
La salle était comble (il y avait même plein de gens installés sur les marches), le public (un majorité de "vieux" mais aussi des djeunz, que les organisateurs ont reconnu publiquement avoir souhaité séduire) fut conquis, vues la chaleur et la quantité des rappels. Vous l'avez bien mérité, vous n'l'avez pas volé...

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