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lieux communs (et autres fadaises)
18 octobre 2020

encore

XYZ
ou comment parvenir à ses fins
de Georges Appaix

Comme l'a résumé Manue à la fin, le dernier spectacle "en salle" (avant le conconf') était le magnifique concert des Tindersticks à la Rodia, le 11 mars ou quelque chose comme ça, et là c'était le premier, après le déconconf, (sept mois tout de même), et ça faisait du bien redémarrer avec autant de panache (sur scène) et d'enthousiasme (dans la salle), avec un niveau égal de bonheur de spectateur, dans un k comme dans l'autre...
Je tenais particulièrement à voir celui-ci, parce que c'était le dernier (dans tous les sens) proposé par Georges Appaix et sa compagnie La Liseuse, parce que c'était une façon de clore une aventure au long cours, et parce que Georges Appaix, tout simplement.
J'adore ce bonhomme (lapsus : j'avais tapé bonheur), sa bonhomie, sa rondeur, sa légèreté, sa désinvolture (c'est Emma qui la première -en 1985!- avait utilisé les termes de danse désinvolte), dont on est allé voir chaque nouvelle chorégraphie chaque fois qu'on en avait l'occasion, toujours avec le même plaisir.
ET là, XYZ c'était -visiblement- la fin, un spectacle doublé d'une jolie publication (comme l'indique le nom de la compagnie - La Liseuse- il est question de corps et de mots, de danse et d'écriture) et vraiment j'étais enchanté d'être là, assis entre Manue (à ma gauche) et Emma et Dominique (à ma droite, au beau milieu d'une assistance essentiellement féminine -c'est bien connu hihi les mecs, c'est plutôt la chasse et le foot-) au milieu d'un public à peine moins nombreux que d'hab' (distanciation sociale ? mouais) mais tout le monde rigoureusement et scrupuleusement masqué.
Plateau nu ou presque, en cour un gros entassement / enchevêtrement des lettres de l'alphabet (comme on a deviné, elles y passeront toutes), au fond un portant avec des bandes de papiers parallèles qui permettent d'ntrer et sortir (et, accessoirement, de projeter des images dessus) de l'autre côté des machins en fer qui permettent de fixer les lettres dessus et de les déplacer, en jardin un écran suspendu (pour y projeter aussi des trucs) et un moniteur vidéo, et c'est parti!
A : Ah! fait le maître de cérémonie lorsque dégringole des cintres, juste à côté de lui, un gros A vert en mousse, chaque lettre étant rattachée à un mot, ou plusieurs, et sujet/prétexte à des évolutions chorégraphiques, à un(e), à deux, à tout le monde, du mouvement mais des mots aussi, utilisant le double langage (celui des paroles et celui des mouvements) et c'est vraiment un extrême plaisir qu'on y prend (autant que les danseurs sur la scène). Ils sont sept, quatre danseuses et trois danseurs. Ca galope, ça se chamaille, ça s'interpelle, ça se poursuit, ça se rejoint, ça plaisante, ça surprend, pendant une heure on essaie de ne pas en predre une miette, car parfois ça se passe un peu partout.
La force de la charge émotionnelle est pour moi incontestable (j'en aurai les larmes aux yeux plusieurs fois pendant le spectacle), et le bonheur donc, l'est tout autant (incontestable).
Jeux de mots, jeux de corps, jeux d'espace... J comme jubilation, voilà.

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(le cas du Q, comme chantait Nougaro...)

23 février 2007

micros et caméras

JE CROIS QUE JE L'AIME
de Pierre Jolivet

Je l'ai vu cet après-midi, j'y suis allé parce que j'aimais bien le titre (en voilà un argument qu'il est de poids!), parce que j'aime bien Jolivet, que je gardais un très bon souvenir de son ZIM AND CO, et puis, voilà je me sentais bien de voir une petite chose légère avant le marathon Eastwood prévu ce soir.
Pierre jolivet, s'il change de milieu social et (un peu) de créneau narratif, reste fidèle au cahier des charges de la comédie genre Opposite attracts. A ma droite le PDG pour qui l'argent n'est jamais un problème, et à ma gauche la céramiste douée mais qui rame un peu (mais bon pas trop quand même) question pépètes. Elle doit créer un fresque dans le hall de son immeuble à lui, et le film va durer juste ce temps-là.
Bien entendu ils se plaisent quasi au premier coup d'oeil, et on se demande assez rapidement de quel côté va se manifester l'obstacle qui va les séparer provisoirement avant de les faire retomber à la fin dans les bras l'un de l'autre (oui oui je l'ai dit, le cahier des charges de la romance est ce qu'il est : on sait que.) C'est à cause de la technique et de certaines méthodes dignes du contre-espionnage de certain personnage que le bât va blesser...
Lui c'est Lindon, avec son air de bon gros toutou (à ce propos, m'est venue l'envie de revoir très vite le très beau Vendredi soir, de Claire Denis, avec le même et Valérie Lemercier), et elle c'est l'exquise Sandrine Bonnaire. Je ne sais pas ce qui se passe, mais, quand je la vois sourire, cette demoiselle, je me suespecterais presque d'être un hétérosexuel refoulé... Et il y a François Berléant en responsable de la sécurité, deus in (et ex) machina, lui aussi c'est plus fort que moi, je l'aime beaucoup, cet homme-là. Surtout quand il est drôle, comme ici. Et aussi Guilaine Londez, parfaite en secrétaire attentionnée, et Kad Merad en meilleur ami, jamais aussi bien que quand il est sobre (au niveau du jeu, je voulais dire).
Voilà, vous savez le principal, l'histoire finit bien, les dialogues, comme disent les critiques, font mouche (et  Téléramuche rajouterait qu'ils sont jubilatoires), ça pétille, ça croustille, ça scintille, et l'on sort de la salle nimbé dans une sorte d'ozone euphorique, oui, comme marchant sur un petit nuage. Délicieux.

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30 mai 2021

CMFUBJ 48

(P38 3)

STORIA DI VACANZE
de Fabio et Damiano d'Innocenzo
avec Elio Germano, Barbara Chichiarelli, Lino Musella, Gabriel Montesi, Max Malatesta, Tommaso Di Cola, Giuletta Rebeggiani, Justin Korovkin, Giulia Melillo, Laura Borgioli
(sortie : "prochainement")

Tiens, un film italien, pour changer un peu (et suit préparer la prochaine Settimana italiana ?). Quand je vois le logo de LE PACTE puis celui de THE MATCH FACTORY, je sais que je risque de voir quelque chose qui me plait beaucoup... j'ai commencé le visionnage tard le soir, ai commencé à piquer du nez au bout d'une quarantaine de minutes), et l'ai donc repris le lendemain matin. Un film surprenant (la voix off -masculine- raconte qu'elle a trouvé le journal intime d'une petite fille, et le film va illustrer le dit journal, anodin en apparence, en remplissant les blancs et les non-dits), et l'objet final ressemble à une créature hybride Des parents et des enfants, des vacances, du soleil des gelati et des pizze, mais, en-dessous, un profond malaise... Si les parents pourraient être des personnages de Dino Risi, les enfants par contre seraient à mi-chemin de ceux du Village des Damnés ou du Ruban blanc. Sucré et insouciant en apparence mais empoisonné dedans. Une drôle d'expérience.

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*

BERLIN ALEXANDERPLATZ
de Burhan Qurbani
avec Welket Bungué, Jella Haase, Albrecht Schuch
(sortie : 18 aôut 2021)

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Je ne connais pas le film de Fassbinder et je n'ai pas lu le roman d'Alfred Döblin, je n'ai donc aucun moyen de comparaison (je connais par contre SHAHADA, 2009, film du même réalisateur, dont j'ai le dvd, sans être absolument certain de l'avoir vu), donc je l'ai vu sur tout l'après-midi du 28 (le film dure 3h03 tout de même) et je dois dire que, peut-être parce que j'avais autre chose en tête,  je l'ai trouvé un peu longuet. la mise en forme est somptueuse, cinq chapitres denses entre un prologue et un épilogue, pour raconter le destin de Francis / Franz, venu de Guinée Bissau jusqu'en Allemagne, de sa rencontre avec Rheinold, un petit truand ambigu qui le prend sous son aile (dans un premier temps), et de la blonde Mieze avec qui il va vivre une histoire d'amour... (c'est elle qui raconte rt commente en voix-off les chutes successives de Francis. Et la façon dont il encaisse et se relève, à chaque fois). C'est souvent très beau, parfois agaçant, d'autres fois presque convenu... peut-être pas le bon film au bon moment, simplement.

*

THE SLAUGHTERHOUSE
de Abbas Animi
avec Amirhossein Fathi, Mani Haghighi, Hassan Pourshirazi, Baran Kosari
(sortie : "prochainement")

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(le propriétaire de l'abattoir, qui a, je trouve, des airs de ressemblance avec un ancien président français tellement honni que je ne veux pas écrire son nom)

Un film qui commence dans un abattoir et finit dans une chambre froide... Un soir, Amir (un grand barbu au visage plutôt fermé) est appelé à l'aide par son père Abed dans l'abattoir où il travaille comme gardien : il vient de découvrir dans une des chambres froides les corps de trois hommes, morts de froid.  Le propriétaire de l'abattoir, Motevalli, les aide à se débarasser des corps. mais très vite, la famille d'un des disparus vient avec insistance demander de ses nouvelles... Le spectateur sait ce qui s'est passé, mais les personnages vont progressivement le découvrir (en même temps grâce à Motevalli qui s'est pris d'amitié pour lui, qu'Amir s'initie à l'achat des brebis gestantes et au trafic des dollars...). Trafics, mensonges, non-dits... Un film âpre et tendu, turquissime, avec un personnage central à son image, et, en prime, un beau personnage de femme forte, qui aura le dernier mot de cette histoire très noire. Une réussite.

*

(parcours santé)
Retourné voir le médecin, à cause de cette cloque et de cette nouvelle rougeur apparue au-dessus de la précédente. M'a confirmé que "ça" semblait avoir redémarré, pris ma température et trouvé un peu de fièvre, re-prescrit des antibiotiques et des analyses de sang, m'a dit que j'avais bien fait de venir... A propos du diabète, m'a conseillé d'essayer de consulter à Besac, par exemple, et m'a prescrit le lecteur de glycémie dont Emma m'avait parlé... Le moral d'abord un peu dans les cho7, suis passé chez Catherine me faire payer une chicorée et parler un peu, ce qui m'a fait du bien, avant d'aller faire ma prise de sang ("Au labo ou à domicile ?" m'avait demandé mon médecin, et j'ai répondu "Au labo, je peux y aller à pied...".) Reçu les résultats en fin d'après-midi, CRP à 5,2 (elle était à 8 la dernière fois), ce qui n'indiquerait pas vraiment une nouvelle flambée et me rasssure un chouïa...

5 octobre 2006

23 décembre

DANS PARIS
de Christophe Honoré

Celui-là je l'attendais.
Et j'avais bien raison.
On n'en sort pas extatiquement hilare comme dans Little Miss Sunshine, c'est un peu différent. On en sort léger, apaisé. Un film doux, mais pas mou, un film en équilibre, parfois en apesanteur et parfois en vertige, et pourtant un film terrien, des fois adulte des fois gamin, des fois tout et des fois rien.
Rien que pour la scène finale, déjà, je l'aurais aimé (pour des raisons qui me sont doublement -voire triplement- personnelles) Et pour tout le reste aussi.
De Christophe Honoré je connaissais Ma mère tentative plutôt ambitieuse mais hélas "pas totalement aboutie" du roman de Georges Bataille que je pensais (et que je pense toujours) inadaptable. Pas entièrement convaincant. Entendre Isabelle Huppert répéter "je suis une chienne" était un peu agaçant, mais il y avait de bien belles choses dans le film, et, notamment, déjà, le p'tit Loulou Garrel... Je n'ai pas vu 17 fois Cécile Cassard mais je l'ai enregistré, alors, promis, là, je m'y mets, illico, dès que je peux!
Pourquoi alors j'attendais Dans Paris avec autant d'impatience ? Son passage à Cannes avait été nimbé par un bruissement louangeur ; vous savez, comme, avant,  quand la salle de cinéma s'éteignait et qu'on entendait alors un aaahhh collectif de bonheur. Certains se mettent tout le monde à dos, Christophe Honoré lui, avait réussi le contraire (tout le monde à ventre ?). Quelques entretiens, quelques photos de tournage, dans les journaux spécialisés, Louis Garrel et Romain Duris en frères, les mots "nouvelle vague" qui revenaient souvent ; ne restait plus donc qu'à attendre ce fameux 4 octobre.

Bingo!

Deux frères, donc. Paul (Romain Duris) et Jonathan (Louis Garrel). Le grand frère et le petit. Le tristounet (Paul revient au bercail "vivre sa dépression" -dixit Jonathan- après une tentative - ratée ?-  de grand amour en province) et le guilleret (Louis Garrel compose ici un personnage léger, moqueur, drôle, enfant -non, on ne peut pas ne pas penser à Antoine Doinel- bref, à des kilomètres des rôles un peu torturés qu'on a pu lui connaître. Ils habitent donc tout deux dans l'appart de leur père (Guy Marchand). Maman (Marie-France Pisier) est partie... Pour sortir Paul de sa léthargie, Jonathan lui fait le Pari(s) que s'il réussit à rallier Le Bon Marché en une demi-heure, Paul devra se lever et venir l'y rejoindre... Voilà pour l'anecdote (mais bon, c'est vrai, l'anecdote, on s'en tape un peu!)

Qu'est-ce qu'ils sont bien, tous! Qu'est-ce qu'il est bien Louis Garrel, en pois sauteur ! Qu'est-ce qu'il est bien Romain Duris en pov'machin en peignoir et vieux calbute tout dépressif ! Qu'est-ce qu'elle est bien Joanna Preiss en copine je t'aime je t'aime pas mais je t'aime quand même ! Qu'est-ce qu'il est bien Guy Marchand en papa Mirko ridé, coco tendance Moscou ne croit pas aux larmes!  Qu'est-ce qu'elle est bien, Alice Buthaud, qui pourrait sortir tout droit des Nuits de la Pleine Lune ! Qu'est-ce qu'elle est bien, Marie-France Pisier, retrouvée, simplement impériale, grave et moqueuse à la fois, parfaite, comme dans mes souvenirs (pour moi elle est particulièrement une reine de cinéma, il faudra que je fasse un jour un petit post là-dessus) . Qu'est-ce qu'ils sont bien, tous. Qu'est-ce qu'ils sont beaux. En plus, c'est miraculeux, ils ne sont pas juste justes, ils sont exacts.

Liberté de ton, liberté formelle. Simplicité. Sourire. Ca aurait pu s'appeler Une histoire simple. Ou L'un chante l'autre pas (quoique...) ou Family Life. Un vrai film d'hauteur en tout cas (oui oui, j'assume, mais c'est vrai qu'il y sera, à plusieurs reprises question de pont, de balcon, de chute...) Il n'y a pas une  ligne unique, plate, de narration, elle se compose de plusieurs brins, ténus, avec des parties plus denses (tout le début -entre le préambule et le  démarrage en trombe de Jonathan) qui nous narre l'avant de Paul, son histoire d'amour avec Anna, est un petit film dans le film, avec son rythme spécifique, ce mixage, cet empilement badaboum de oui non mais si  peut-être), des appels d'air, des bifurcations, (les rencontres de Jonathan), des clins d'oeil (les regards-caméra de Jo, ses adresses au spectateur, revendiquées comme telles), des blancs, des omissions, des vraies/fausses impros, des petits moments baroques. L'amour c'est gai l'amour c'est triste... C'est versicolore mais pas tape-à-l'oeil, dense (danse ?) sans être brouillon ni -au contraire- lourdement démonstratif ; ça part dans tous les sens (au petit trot) sans paraître bordélique ou artificiel...

Hommages, références, citations, (directes ou indirectes) sont un petit bonheur  supplémentaire (mais ne vous inquiétez pas on peut très bien apprécier le film sans ça). Friandises, gâteries, que ces successifs clins d'oeil, ou appels du pied, à François Truffaut, à Jean Eustache, à Jacques Demy, voire à Eric Rohmer, (plus certainement encore pas mal d'autres...) Un film riche, riche en émotions, de tous ordres (esthétiques avant tout, vous me connaissez ; c'est un FAQV : au début, on aura le plaisir de lorgner ces jeunes corps masculins, dans ta face de Romain Duris (qu'on a connu moins timide et qui nous refait quasi la scène d'ouverture d'Exils mais sans se retourner) et dans ton pile de Louis Garrel ( ouououh il est vraiment très gracieux ce jeune homme, avec un kiki à son image -aussi joufflu et coiffé en pétard que lui...) mais chaque scène fait mouche (c'est peut-être la partie Paul en campagne qui est la plus raidos), mais quel bonheur, quel bonheur ! (le réveil, la chanson de Kim Wilde, la discussion pendant l'épluchage des carottes, la lecture au lit, la déclaration au téléphone, l'album de Solotareff...) oui, quel bonheur!

Bref, un film infiniment séduisant, séducteur, (dont je ne pourrai jamis trancher s'il s'agit d'un monument de sincérité ou de roublardise, et je m'en fous) mais jamais racoleur, dans ses choix et dans ses hésitations, dans ce dosage désinvolte de légèreté et de mélancolie, dans ce sur-place  apparent narratif, dans son habileté, finalement,à ne jamais en faire des tonnes. Ce qu'on pourrait appeler la grâce.

(je comptais  finir comme ça, mais me voilà forcé d'utiliser le conditionnel, vu que  je viens de voir que ce sont les mots même ("la grâce") de -arghh- L'Express, pour la pub du film. Trouvons donc autre chose ? ) Je verrai demain.

Et puis non finalement je ne trouve pas mieux.

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l'avis de niklas ici

10 octobre 2006

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LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA
de David Frankel

(Ce coup-ci, on va faire concis)
Film de filles (d'ailleurs j'y ai accompagné des copines), pour les filles  par les filles, et avec des filles. Z'habits, escarpins, accessoires, bijoux, sous-vêtements, manteaux, défilés, photographes, press-book, shooting, Paris, New-York, rêves de midinettes, maquillage, ongles peints, rivalités genre cheveux tirés,régimes,  batailles de polochons en sous_vêtements, tout y est, Mesdames et Mesdemoiselles...
D'après le best-seller mondial de mademoiselle je ne sais plus qui.
Une (anti) success story, donc.
Plutôt sans surprise, mais plutôt agréable, rythmé, assez bien monté (!), efficacement musiqué, avec une Meryl Streep en plutôt grande forme, un Stanley Tucci (qu'est-ce que je l'aime bien, ce mec) en demi-teinte, et un message final (mieux vaut être pauvre moche et mal fagotée mais rester fidèle à sa ligne morale que le contraire) qui vaut son pesant de sacs griffés et de chaussures à talons coordonnées...

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12 octobre 2006

coup double

Ca fait plusieurs fois que je voulais en parler. Et puis j'y pense et puis j'oublie.

Il s'agit de la nouvelle campagne de pub de N*ke, célèbre fabricant de chaussures de sports. Un montage hyperléché de sportifs et sportives dans l'exercice de leur art, images superbes, composées, épurées, lissées, mais toujours dans une perspective de mise en espace, et que je saute et que je tourne et que je m'élance, beaux gestes, beaux corps, beaux mouvements, beaux ralentis, prises de vues inversées, perte des repères, tête en bas, dessus-dessous, apesanteur, bref tout est parfait, avec le slogan final un peu plus de légéreté, lorsqu'un pied chaussé d'une desdites baskets vient (toujours au ralenti, me semble-t-il) se poser moelleusement dans le reflet d'une jolie flaque urbaine. Et partir vers la droite.

Une autre fois, je revois cette même pub, que je trouve toujours aussi joliette, et voilà, quelques instants après, une autre pub, de sport aussi, mais pas du tout dans le même esprit: autres images (de la vidéo comme il y a longtemps, avec plein de grain, du souffle, du bruit, et tout et tout), autres  thème  (des sportifs, certes, mais dans l'effort, dans la douleur, dans l'excès : chute, violence, colère, gerbe...), autre musique (un truc chanté, genre blues, en tout cas du tout  le genre zique éthérée de l'autre), bref rien à voir.

Sauf que. On se dit oooh la la, voilà deux  baskettiers qui ont vraiment choisi deux voies diamétralement opposées pour nous vendre leurs machins. Si le premier c'est Nahiqui, le deuxième c'est peut-etre Ribouque ou bien Haddidhasse ? (ah ouais, 'achement plus viril...) Lorsque apparaît à l'écran le slogan conclusif un peu moins de souffrance, exactement dans la même typo que dans l'autre pub, au même endroit, sur fond cette fois de demoiselle qui court -vers la gauche-, la parenthèse est fermée. On comprend qu'on s'est fait avoir. En beauté. Oui, raté, c'est le même!

Pourquoi deux, alors ? Le blanc et le noir ? L'inné et l'acquis ? L'effort et le réconfort ? Avant et après ? Perdre et gagner ? Up and down ? Le beurre et l'argent du beurre ? Ou simplement le genre on est tellement malin et tellement fort qu'on en a fait deux pour le prix d'une ? Ou bien "le Spore c'est tellement bien que c'est à la fois tout et son contraire ?" Totalitarisme du message...

Plus de légèreté
Moins de souffrance
Rhaaa lala
(et je ne sais pas trop comment terminer ce post, puisque je ne sais pas vraiment ce que je voulais y raconter!)

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4 octobre 2006

séquences

Liste d'ouvrages de Duane Michals que je possède moi je à moi personnellement je :

* VRAIS RÊVES
(initialement, je l'avais offert à P., mais en partant de chez elle je l'ai disons... récupéré)
* TAKE ONE AND SEE THE FUJI YAMA
(racheté l'an dernier sur ebay, mais je le regrettais depuis 1976)
* CHANGEMENTS
(offert par un ex-ami avec la dédicace "à R., frère dans l'errance")
* EROS & TANATHOS
(acheté neuf il n'y a pas très longtemps sur le ouaibe)

* DUANE MICHALS, PHOTOGRAPHE DE L'INVISIBLE
(un de mes premiers achats sur ebay, la version américaine, un peu abimé lors du transport en avion, que j'ai ensuite offerte à Nicolas D., parce que j'avais trouvé à Maxilivres l'édition française pour un prix ridicule)
* DUANE MICHALS, (Photopoche)
(porte la mention manuscrite -de ma main- paris 12/04/84)
* HOMMAGE TO CAVAFY
(André M. m'avait fait baver en le rapportant des USA. Je l'ai finalement acquis, sans me rappeler où ni comment)
* MERVEILLES D'EGYPTE
(Le magazine Photoreporter offrait chaque mois quelques exemplaires dédicacés d'ouvrage photo en vente au même prix que les autres. C'est ce que j'ai fait.)

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(ps : les photos ne sont absolument pas à l'échelle)

4 octobre 2006

gorge

Voui, j'ai mal à la gorge (pfff... petite laryngite m'a dit mon docteur d'un ton badin et quasi moqueur, tout juste s'il n'a pas ajouté "de chochotte") après que je lui eusse expliqué que ça faisait deux nuits que je ne dormais qu'en pointillés, réveillé toutes les heures et tousse tousse et khof khof (c'est un bruit de toussage vraisemblable ?  on sent bien la toussation sèche et douloureuse qui vous dévaste l'arrière-gorge, vous ruine le larynx, vous explose la trachée,  à croire à chaque fois que vous allez finir par cracher votre pomme d'adam ?)

Bref il m'a prescrit une panoplie de remèdes (que je soupçonne aussi d'être de chochotte), et notamment un sirop -justement contre les toux sèches et d'irritation, la vie est bien faite- dont je suis censé absorber une cuillère à soupe toutes les six heures. Et c'est en détaillant la boîte de ce sirop qu'on stipule -en grosses lettres- être expressément pour adulte (comme un film pour adultes, oui oui...) que mon oeil s'est dilaté d'effroi lorsque j'ai vu ceci :

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J'ai donc continué ma lecture et -ô épouvante- appris ainsi que (c'est eux qui le mettent en majuscule) "ATTENTION LE TITRE ALCOOLIQUE DE CE MEDICAMENT EST DE 2%, SOIT 0,369G D'ALCOOL PAR CUILLERE A SOUPE". Comment comment donc ? Si je compte bien, avec deux cuillères à soupe, 0,369 + 0,369 = 0,738 grammes d'alccol dans mon sang joli ? Et si un contrôle diligent de la maréchaussée avec soufflation dans la baudruche hop je suis bon police menottes prison retrait de permis déchéance des droits civils photo dans le journal avec veste sur la tête et fessée ?

Arghh que choisis-je : je ne me soigne pas (et je deviens zinzin à force de ne plus dormir) et je peux profiter de la bagnole pour aller faire du shopping, des rallyes, des courses de côte , ou bien j'absorbe -très respectueusement- les dites cuillères à soupe qui me furent prescrites, et je vis désormais comme un HORS-LA-LOI, ne sortant plus que la nuit, rasant les murs, et affublé d'un masque de cochon pour qu'on ne puisse pas me reconnaître inopinément ?
Cornélien, non ?

29 septembre 2006

re(qué)quêtes

J'ai une fréquentation irrégulière. (et des mauvaises fréquentations ? tss tss, rien à voir)
Ca ne dépend pas de la quââlité de mes billets, c'est... autre chose. Alors que la courbe idéale devrait être -ainsi l'avais-je rêvée- celle d'une explosion exponentielle (parti du zéro, on croît chaque jour un peu plus vers l'infiniiiiiiiiiii), en réalité, pas du tout, badabam, ça n'a ni forme ni allure. Ca se maintient, cahin-caha, autour du noyau dur (très petit, mais très dur) de mes lecteurs/trices chéris chéris habituels, avec de temps en temps, un accident, une embardée de la courbe, un genre de pic, comme un cou de girafe éberluée perçant la canopée (tu me lis, Christian ?), lorsque débarque  à grand fracas, via trans-gougueul-express un car de suisses-allemands -ou autres, d'ailleurs!- bruyants et braillards qui gueulent qu'ils veulent voir des gr*sses t*ubs, ou bien des c*uilles r*sées (beurk quelle horreur ndc) voire des r*gbymen à p*il sous la d*uche.
Non mais, je vous demande un peu. Mais quidonc ohmondieu quidonc leur a donné cette adresse ?

(Chez Chori, maison honnête)

Je croyais que c'était plutôt clean, par ici. Ou du moins que ça en avait l'air. En apparence, oui, avec les cochonneries balayées en hâte avant que les invités n'arrivent, et cachées en vitesse sous le tapis hop ni vu ni connu. Eh bien pas du tout du tout... Le sale fouineur de moteur de recherche,  il sait même regarder tout au fond sous le tapis, et passer le doigt en gant blanc au-dessus des plinthes, et fouiller -toujours en gants blancs- dans la poubelle au secours pour ressortir des vieux trucs que vous pensiez y avoir balancé(s ? ) depuis des lustres (avec des toiles d'araignée par-dessus), que ça fait tellement longtemps que même votre arrière-arrière-grand mère elle était pas encore née alors hein bon quand même faudrait voir à pas ebza ecsa ezgagérer quand même hein (et quand on apprend de plus que ce même moteur de recherches se serait servi - hu hu uniquement à titre d'expérience bien sûr- du micro intégré à votre pc joli pour vous épier, oui oui, & en savoir encore plus sur vos, vos petites manies, alors comme ça on  écoute H*ng up de M*donna comme bande-son sur des films g*y lat*nos, hein, coquinou ? , les plus paranoïaques d'entre vous (et même les moins, d'ailleurs) apprécieront...)

Bon dieumerci y a quand même -heureusement- des gens qui arrivent ici en tapant poussepied, foire aux livres, duane michals ou paroles de ta kathy t'a quitté. Ouf ! Sauvé par les apparences de respectabilité (j'ai du mal avec les mots de plus de douze lettres) que donne le vernis culturel dont j'orne les doigts de pieds de mon blog. Comme un coup de ripolin pour cacher la misère (oui oui je sais... la politesse du désespoir.) Mais bon, finalement, ici, ça me ressemble, je m'y reconnais, j'assume. Totally. Grave. (sauf que je ne me mets jamais de vernis sur les doigts de pied).

La Cultura, c'est plus fort que moi. Petit c'était les bouquins, plus grand ça a été le cinéma. Addict. Yes, je fais partie sans doute de ceux qui rêvent leur vie (en ce moment le pourcentage fiction/réalité est en train de comme qui dirait basculer) et si je vous raconte des films, c'est p'têtre bien parce que j'ai rien de mieux (d'avouable, en tout cas) à vous raconter, hein? Car le reste aussi, c'est plus fort que moi ne nous voilons point la face (je ne parle pas de la partie -Tura, pour ceux qui suivent).

Oui, deux faces. Janus bifrons. (J'ai déjà du l'écrire, tout au début, mais j'aime vraiment cette expression, alors ne nous privons pas, hein ?) Bon ça démarrait bien et ça finit un peu en c*uille je trouve...

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(ps : ce post était le 500 ème de ce blogchounet! Comme quoi...)

27 septembre 2006

rémi et colette

Parmi les gens que j'aime beaucoup et dont je vous ai déjà parlé, après Laurie Anderson, Philippe Fretun, Rick Moody, Duane Michals, Jorn Riel, voici une nouvelle roue au carosse de mon admiration, qui a pour nom René Bresson.

(silence dans l'auditoire)

Ce nom ne vous dit sans doute rien, mais la fascination que j'éprouve pour cet homme a ses racines très très loin dans le passé... Si je vous montre quelques images, ça vous évoquera peut-être quelque chose (je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans...)

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Oui, René Bresson est un illustrateur (et illustre inconnu aussi, à voir vos mines perplexes) qui a beaucoup oeuvré, dans les années cinquante/soixante et dans les manuels pédagogiques. On trouve beaucoup de ses images dans les manuels d'apprentissage de la lecture, mais aussi dans les bouqins d'histoire, de géo, de science... il a tout fait, le bonhomme. Et, je ne sais pas pourquoi, mais je suis vraiment passionné, (ému, aussi sans doute) par son travail.

C'est grâce à Pita et à son blog Agence eureka (ainsi que sa succursale Grenouille Plus) que j'ai re-découvert mon ami René B. (Pita aussi l'aime beaucoup). Allez vous balader    et , ça mérite le détour (enfin, moi , je m'y régale!)

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29 juillet 2006

fruits de mer

De même que Le Cap est tout au bout de la carte, le 29 juillet est presque tout au bout de ces vacances bretonnes. Ca sent l'iode mais aussi comme qui dirait ça sent la fin...

D. est repartie ce matin, avec dans son coffre la moitié de mes bagages (puisque je rentre avec M., mardi, jusqu'à Paris, et ensuite je prendrai le train back to vzoul ; ce qui a d'ailleurs eu l'air de rendre un peu perplexe le voisin passé hier soir prendre l'apéro : pourquoi donc, si venu avec l'une, repars-je avec l'autre ? il n'a néanmoins posé aucune question)

quelques jours donc, à deux avec M., avant que ne revienne P., la locataire légitime, lundi (locataire qu'on a, d'ailleurs,  l'espace d'un instant, envisagé d'exproprier et d'empêcher de rentrer chez elle en nous barricadant dans sa maison mais il paraît que ce genre de choses ne se fait pas)

hier soir le coucher de soleil à la Baie des Trépassés (faudra que j'y retourne) après re-passage à la crêperie ou le gentil serveur de l'autre soir, avec sa touffe ébouriffée et sa barbe de quelques jours ne s'est hélas pas occupé de nous (et j'ai d'ailleurs résisté à l'envie de le prendre en photo...)

l'appareil dont le gros memory stick continue d'enfler et de se gaver (quasi 600 images à l'heure présente et il n'est plein qu'à moitié !)

dernières allées et venues (années et velus ??) : plage, café des embruns, jardin de l'école, bord de mer, écomarché, biscuiterie, fête du goémon, petit boucher, pointe du millier, vide-greniers... on en profite!

comme disait à son copain le monsieur croisé hier à la Pointe de Brezellec, remontant le sentier :
"T'as vu comme elles sont heureuses les sardines, ici ? Ca doit être bien d'être sardine dans le coin..."
ou comme m'a dit le restaurateur de Pont-Croix :
"Ben, avec tout ça, z'êtes bien gréé!"

kenavo!

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27 mai 2006

macarons

MARIE-ANTOINETTE
de Sofia Coppola

Au début, c'est vrai, je n'avais pas trop envie... : film "en costumes" / tournage médiatique / effet d'annonce / présentation cannoise... Et puis qu'est-ce qui m'a décidé ? Lorsque j'ai entendu à la radio que le film, lors de sa première et matinale projection cannoise avait reçu un accueil glacial... Ah ah! Contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre, j'ai fait mienne cette devise de je-ne-sais-plus-qui, et donc si la critique était unanimement méchante, ça sentait la cabale, la conspiration, l'entente illicite de Ceux-Qui-Critiquoient (pour faire plus "historique"), j'ai donc décidé que j'allais faire mon chevalier Bayard, et voler illico au secours de la gente dame sur le blanc destrier de ce blog.
Clataclop clataclop.

Résultat (des courses) ? Ben, tout faux. Enfin, je veux dire, les vilains critiques ont tout faux. Ce film mérite tout sauf un accueil glacial. Un applaudissement des deux mains, un jeté d'éventail avec cris ad hoc, une canonnade virile et enthousiaste, une haie d'honneur de marquis et marquises poudrées, un galop festif  en escarpins et perruque d'époque, bref un sortage de grosse artillerie enthousiaste. Pendant les deux heures et quelques que dure la chose, je me suis ré-ga-lé! Je me dépêche donc vite vite de rédiger ce post à chaud avant de lire quoi que ce soit d'autre dessus, et de voir de quel côté penchouille la balance critique écrite...

J'avoue que les reconstitutions historiques à priori me barbent un peu. Ca me fait souvent penser (smiley aux joues roses de honte) au clips de Mylène Farmer. Mais bon il y a en général des belles robes, des chapeaux rigolos, des calèches (ou autres draisiennes, en tout cas moyens de locomotion obsolètes) des décors impressionnants de réalisme, (je scrute avec attention pour dénicher dans le champ un fil électrique ou une trace de montre qui auraient échappé à l'oeil de lynx de la script), des épées qu'on tire de leur fourreau, des hauts-de-chausses, des méchants avec du poison dans leurs bagues, des jardins à la française admirables, etc... mais en général les faits narrés, et la fin surtout, on les connaît à l'avance, alors le plaisir est un peu gâché...

Sofia Coppola l'a joué très fin sur le coup. On a, sur l'écran, peu ou prou ce à quoi on s'attendait question costumes et décors (Kirsten Dunst porte dans le film encore plus de robes ébouriffantes que Maggie Cheung dans In the mood for love) mais tout ça est cuisiné à la petite sauce perso de la réalisatrice. Aigre-doux. L'histoire (avec un grand et un petit h) est celle donc de la Reine en question, et on suit le parcours de cette gamine diaphane depuis la Cour d'Autriche à celle de France, où elle atterrit dans un premier temps un peu comme un investissement, un bien mobilier, en tout cas comme une valise diplomatique de luxe, pendant quelques années (ne me demandez pas combien, je suis nullos en chronologie!) jusqu'à un peu avant sa décapitation.
C'est une adolescente aussi frêle que blonde (et le choix de Kirsten Dunst est un coup de génie : autant elle m'avait semblé nunuche falote et -oui je l'avoue- inconsistante dans Spiderman, autant là elle touche à la grâce et frôle le sublime du bout de son éventail, ah cette pâleur translucide, ce rose aux joues quasi-enfantin, ces moues divines et cette gorge d'albâtre...) qui est parachutée dans un milieu clos, superficiel et hypocrite, (celui de la noblesse et de Versailles) et va devoir apprendre à y vivre.

On se dit "oh la la finalement, c'est chiant contraignant d'être reine..." L'étiquette, les courtisans, les jalousies et les rivalités, les mateurs, les fâcheux, les convenances, l'emploi du temps millimétré, tout ça pèse. Marie-Antoinette met donc des belles robes, se fait choucrouter grave les perruques, s'envoie des kilos de macarons et autant de litres de champagne, fait la teuf chaque soir, au casino ou bal masqué incognito, bref elle s'amuse comme une petite folle. Elle n'a que ça à faire. Et il faut bien qu'elle se change les idées, pour oublier que chaque soir le royaume entier retient son souffle, l'oreille collée au royal baldaquin, en attendant que son Dauphin d'époux veuille bien se décider à planter sa Royale Graine, alors que,  pauvrette, elle n'a droit au mieux qu'à un malheureux et chaste bisou, ou un "pas ce soir chérie j'ai la migraine j'ai chassé comme un fou toute la journée."

Bref, pendant que son Louis dort, elle, elle se morfond. D'autant que tout le monde la rend responsable de la situation, depuis sa maman, qui l'abreuve de lettres autrichiennement amères, jusqu'à l'ensemble de la Cour qui la taxe de frigidité, et de non-stimulation de son Epoux, alors que son Loulou s'intéresse davantage au manuel du parfait serrurier qu'au mode d'emploi détaillé de son Royal Plantoir. Jason Schwartzman (que je n'avoue ne pas connaître, mais que je trouve très bien sur le coup) est tout à fait mimi en Louis XVI. Pas très beau, mais touchant, un peu rond, attendrissant dans sa fragilité. Comme son épouse, c'est encore un gamin, timide, maladroit, qui visiblement préfère tirer des coups avec ses potes chasseurs plutôt qu'en la galante compagnie de son Epouse, et qui aura besoin des conseils conjugaux éclairés du propre frère de Marie-Antoinette, venu tout exprès d'Autriche, pour se motiver et parvenir à tremper son Royal Biscuit.

Bref tous ces gens-là n'ont grosso modo qu'à se laisser vivre, entre fêtes, chasses et banquets (et ils n'ont même pas le souci de faire le ménage le lendemain matin!) Et la caméra de Sofia Coppola les accompagne avec un plaisir non dissimulé. C'est léger, virevoltant, frivole, roublard même, mais on est définitivement séduit. D'autant plus que la dame a choisi la tactique du contre-pied pour la bande-son qui accompagne le film: On a du Rameau, bien sûr, évidemment, mais aussi (et plus souvent) des musiques plus... actuelles et donc par la-même furieusement anachroniques : Aphex Twin, New order, Cure, The Strokes, pour emballer le tout en faisant s'entrechoquer les strates temporelles (ah ce sublime bal...) et ça fonctionne super!

Et lorsque finalement la caméra va prendre encore un peu de recul pour enfin nous laisser voir  ce dont on n'a même pas soupçonné l'existence pendant une grande partie du film, puis qu'on n'a commencé par entendre qu'en bruit de fond avant que de le voir : le peuple ; le discours va, tout aussi naturellement se dépouiller un peu de sa frivolité clinquante, mais tout en gardant sa joliesse, au fur et à mesure que la situation se détériore, pour gagner en gravité, mais sans que la note soit forcée. (la réalisatrice attend vraiment le dernier moment pour nous montrer les révolutionnaires, qui n'apparaîtront que comme une masse confuse, braillarde, en colère, face à laquelle Marie-Antoinette n'aura d'autre ressource que de sortir sur son balcon et de les saluer d'une révérence aussi profonde que théâtrale.
Et aussi silencieuse qu'impuissante (Comment dit-on en autrichien E finita la comedia ?)

La fin de l'histoire, oui, on la connaît, et heureusement on ne la verra pas dans le film.  La dernière partie du film est exemplaire de retenue. Les ultimes scènes, entre les deux époux enfin "rapprochés", sont touchantes parce qu'épurées, apaisées, et surtout d'une grande dignité. Elégance ultime qui paraphe à la perfection ce portrait d'une femme-enfant, sans doute  trop vite obligée de grandir.
Après les oripeaux de l'adolescence, la provoc, les excès, la chandelle par les deux bouts c'est le temps d'un habit plus sage, de nuits plus calmes, des souvenirs et des regrets aussi...
L'exactitude historique ? On s'en tamponne, allez, là n'est pas le problème! Vive la jeunesse, vive l'insouciance, vive l'insolence!

...Vous reprendrez bien un  petit macaron ???

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21 août 2006

lettre en souffrance

Pour le titre, j'hésitais entre "accusé de reception" et "fin de non-recevoir", et finalement j'en ai pris un troisième.
A propos du paquet que j'ai envoyé le 7 août, et des livres qu'il contenait, et de la réaction que ceux-ci étaient censés produire...
Sur le coup, m'a dit merci, que c'était le plus beau cadeau qu'il ait reçu, et qu'il me dirait ce qu'il pensait des bouquins.

Bon, qu'il ne m'aime pas, je peux encore comprendre et excuser. Mais qu'il n'aime pas Jorn Riel et les racontars arctiques, et surtout qu'il n'ose pas me le dire, AH NON!

Là j'ai vraiment du mal à accepter...

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19 août 2006

autruche

Hmmm ça faisait longtemps qu'on l'évitait soigneusement, la p'tite introspection nombrilistique. Cinéma (et re) par ci, le temps par là, la fin des vacances et hop ni vu ni connu j't'embrouille
Fin août presque et plop plop voilà qu'éclatent comme des colchiques toutes les choses que j'aurais du faire et que j'ai pas, le genre de machins qui reviennent tourner dans la tête exprès au moment où t'aimerais bien lâcher prise et pouvoir t'endormir

toutes les bonnes raisons de

en quinze jours, retrouvé les habitudes retombé dans les mêmes travers (mes travers de porc je pourrais écrire hihihi je sais de quoi je parle)

oh bien sûr y a toujours une raison de positiver, comme il y en aura toujours une aussi bonne pour se couvrir la tête de cendres, déchirer ses vêtements et partir dans le désert en hurlant dans la nuit (certes j'ai peut-être la mélancolie un peu démonstrative)

non non rien n'a changé, pendant ces ouacances (encore une fois) pourtant au début on se disait peut-être que, oui, à chaque fois on ne peut pas s'empêcher de

(même plus capable de dire je)

c'est rien c'est rien ça va passer

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10 août 2006

en avion

Je suis comme les planeurs en balsa : je me démonte facilement.
(variante : on me casse facilement).

Put your hands over your eyes.
Jump out of the plane.
There is no pilot.
You are not alone.
Standby.
(Laurie Anderson)

Comme un avion sans ailes... (CharlElie Couture)

I saw a plane today,
flying low over the island,
but my mind was
somewhere else.
And if you ever get this letter.
Thinking of you.
Blue pacific.
Signin off.
(Laurie Anderson)

Dans mon aéroplane blindé... (Jacques Higelin)

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12 juin 2006

bestioles

Avec des températures au-dessus des normales saisonnières mon appart est passé sans transition de " beaucoup trop froid" à " bien trop chaud" ; il était temps donc d'envisager ma première trempette en piscine de l'année, chez mes amis de C. J'entretien avec les piscines une relation spéciale, de haine/amour pourrait-on dire. Avec une température extérieure de 30°, une température corporelle de 37° et quelques, une piscine, même à 25°, fait figure de bérézina, de baltique, détroit de behring, et autres b glacés. Quand faut y aller...

Au bout de 5 bonnes minutes à faire la grenouille météo sur l'échelle, j'ai réussi à m'immerger (j'allais écrire immoler rendez-vous compte!). Puis j'ai fait un aller/retour, et j'ai commencé à m'ennuyer (d'habitude, je passe mon temps à flotter, mais hélas aucun accessoire ludique n'avait encore été sorti). Je me suis donc intéressé aux diverses bestioles qui flottaient, et j'ai joué à Mère Thérésa de la Piscine. Oui, n'écoutant que mon grand coeur, j'ai entrepris de voler (de nager, plutôt) au secours des divers insectes en train de barboter dans l'eau chlorée.

Et je me disais, en rejetant sur le bord un espèce de machin rouge et noir (pas une coccinelle), de forme allongée (pas un gendarme) que si elle avait une conscience, même minuscule, elle devait être en train de se dire que ses jours allaient s'arrêter là, (peut-être même d'ailleurs qu'elle était en train de revoir toute sa vie en accéléré, tout en cherchant une dernière parole qui ferait mouche) et hop! soudain un miracle se produisait, sous la forme d'une main géante provoquant un tsunami qui la rejetait sur le rivage bétonné du bord de la piscine... Miracle miracle je suis vivante! a-t-elle du s'écrier, en repartant triomphalement.

J'étais en train de faire le parallèle avec ce qui nous arrive parfois, dans la vraie vie humaine, qu'on pense être en train de couler, tout est fini, aucune issue et que tout à coup, hop! quelque chose arrive, qu'on attendait pas, quelque chose dont on ne soupçonnait même pas l'existence, qui vous pousse et vous rejette sur le bord, au sec. Sain et sauf.

J'ai interrompu net ma rêverie en contemplant ce qui se passait avec le sauvetage suivant : je rejette sur le bord un petit machin noir (pas une fourmi), à peine a-t-elle le temps de s'ébrouer, de se sécher les pattes et de reprendre un peu ses esprits que surgit de dessous le rebord de la piscine un joli lézard qui se dirige droit sur elle avec l'intention visible de la boulotter. La vie est cruelle, non ? Je viens à peine de la sauver qu'elle est en nouveau en danger. Que faire ? Je provoque un nouveau mini raz-de-marée pour faire fuir le lézard ; manoeuvre réussie, seulement ce faisant j'ai aussi à nouveau submergé la bestiole noire qui git désormais sur le dos, les pattes en l'air. RIP. Oui, la vie est très cruelle...

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20 février 2006

bits & pieces

(dans la série "rions un peu avec notre dictionnaire analogique"...)

abattu
abîmé
accablé
affligé
anéanti
annihilé
blessé
bouleversé
brisé
broyé
cabossé
cassé
crashé
déchiqueté
déchiré
décomposé
déconstruit
découragé
démantibulé
démonté
désagrégé
désespéré
désintégré
désolé
détruit
disjoint
disloqué
en miettes
en pièces
ébréché
éclaté
émié
éparpillé
épuisé
éreinté
érodé
explosé
fêlé
fendu
fini
foutu
fracassé
fracturé
fragmenté
froissé
harassé
hors-service
hors d'usage
lézardé
meurtri
morcelé
pulvérisé
ratatiné
scindé
terminé

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(retour de la veine saumâtre ? non non juste exercice de style dirons-nous...)

1 avril 2006

premier degré

Ce matin, j'ouvre mon courrier et je reçois ça :

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Resituons le contexte : 7h du mat, petit matin blême, z'yeux à moitié ouverts, neurone encore froid (oui, oui mon neurone est diesel, il me fait penser un peu à la 405 préhistorique que le garage m'avit prêtée...) si à ce moment là j'avais avalé une gorgée de café, je pense que je l'eus à ce moment aussi sec recrachée sur mon bel écran et mon joli clavier, heureusement, je ne bois jamais de café le matin, et qui plus est devant l'ordi (je suis plutôt du genre à boire un bol de lait chaud+ricoré -la même chose depuis 40 ans !- debout devant l'évier -comme ça le bol est tout de suite rangé-)
Je lis un peu en biais, je vois "télechargement", "illégal", "amende", c'est le grand matin je le répète, je me sens aussitôt coupable (le syndrome police/menottes/prison !) non que j'ai spécialement rien à me reprocher (je sais que le téléchargement c'est mal  -smiley avec sourire de faux-derche et auréole au-dessus de ses blonds cheveux angéliques-) tout un éventail d'eventualités (du vent ! ) se déploie  alors très vite dans ma pauvre tête : reformatage de disque dur à la masse ou à l'acide sulfurique, jetage d'ordinateur par la fenêtre,  avalage massif de cyanure et/ou de cigüe, arrêtage par la maréchaussée (non, plutôt interventionnage du GIGN) photographiage dans le journal avec menottes aux mains et veste sur la tête pour que la foule en colère ne reconnaisse pas mon visage et ne puisse me lyncher à la sortie du palais de justice, ou plutôt du bagne où je vais aller croupir pour les 50 ans à venir...
Mais SURTOUT ce qui m'exaspère, c'est cet appel à la délation... Je clique donc sur le lien proposé pour protester énergiquement et là, je vois -sur l'écran et sous mes yeux hagards- un poisson qui frétille, me rappelant la date du jour...
(Quand je vous disais que je n'ai aucun deuxième degré, hein ? Vous me croyez maintenant ???)

Merci Isa !

14 décembre 2005

ronchon

Soir où "on" fait moins le malin.
Comme un soufflé en train de se ratatiner. Plof, ça retombe.
Qui donc parlait de larmes, il n'y a pas si longtemps ?
Ben là, "on" serait presque au bord. Où plutôt ce sont elles (les larmes) qui seraient tout près, là, juste au bord. Sur le point de. Pas du chagrin, non ; de la rage ? de l'énervement ? du ras-le-bol ? Syndrome Caliméro à fond les manettes, c'est trop'inzuste, monde cruel, tout se ligue contre, plus rien ne va et glou et glou...

Jours comme ça ( ya des)
Raisons ? Décembre, on approche des fêtes, période -très- (trop ?) sensible, il suffit de presque rien (nytroglycérine mentale) pour mettre le feu aux poudres de la mauvaise humeur. A cran, instable. Pas content. Insatisfait. Au départ, une histoire d'agenda : je suis allé le récupérer ce matin, et je suis contrarié, consterné : il m'a tiré ça comme un sagouin. Le papier est joli, certes, du couché mat comme j'avais demandé, mais, sur les cent et quelques photos, trente-deux (et en étant indulgent!) sont du n'importe quoi : le moindre à-plat gris se transforme en faisceau de lignes horizontales et verticales qui quadrillent l'image, c'est dégueulasse. (J'avais trouvé bizarre qu'il me fasse payer une somme si ridicule, la moitié de ce que je paye d'habitude..., mais bon j'avais pas insisté!)
Cet après-midi, parti donc auc Bozarts (pas de cours, mais il ya un pot de Noël prévu ce soir... organisé par APP!) La circulation en ville est é-pou-van-table (courses de noël obligent), les parkings sont pleins à ras-bord, les rues aussi, ça se bouscule autant  sur les trottoirs qu'aux feux rouges, et je tourne désespérément pendant deux heures sans trouver ce que je cherche (en plus ce n'est pas pour moi!)

J'arrive aux Boz' un peu après quatre heures.  Ca va mieux, je vois du monde, ça discute et ça bosse... en peinture, il y en a qui font vraiment des trucs superbes... Je fais part de mon désarroi agendatistique à Bernard en lui donnant le sien (j'ai des scrupules... devrais-je offrir une ristourne aux gens ???)
Bon , heureusement, après, il y a le vin chaud, des gens verre à la main plein le couloir (surtout des 1ere et 2ème année), et puis APP qui s'approche, puis va me chercher un verre, et  on parle un peu longuement. Je lui ai prêté hier (sans vous en parler d'ailleurs, cachottier que je suis parfois, et plus souvent d'ailleurs que vous ne pourriez le croire...) le DVD de Stranger Than Paradise, et, est-ce pour me faire plaisir, mais il me dit que ça lui plaît vraiment...
Il est là, tout près, dans son t-shirt rouge, il se tapote le ventre, il sirote, et, entre vesoul, montbé, les expos de peinture,  il me confirme qu'il a vingt-deux ans et que oh non il ne m'en aurait jamais donné cinquante et je m'agrippe fermement à mon verre, j'ai très envie de le toucher, oh juste de l'effleurer, mais non non je ne le fais pas.
Stoïque de chez stoïque.
Je ne dirai rien.
Juste lui transmettrai demain comme promis ma liste de dvd.
Comme dit Tchékhov sur le calendrier de Pépin reçu hier (encore une coïncidence ?) :
"Non, l'incertitude c'est mieux. Il reste encore l'espoir."
Le virtuel, donc. Les limbes.

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28 décembre 2005

mary et femme(s)

MARY
d'Abel Ferrara
GENTILLE
de Sophie Fillières

Derniers films de l'année...
Encore une fois je finis sur un grand écart.
A une extrémité MARY et à l'autre GENTILLE.
Quand je parle d'extrémité(s), je ne me situe pas sur une échelle du goût (j'ai aimé pratiquement les deux films autant l'un que l'autre, et hmmm il s'en est même fallu de peu que, l'un comme l'autre, ils figurassent dans mon listing des mouviz ov zeu yeur - à ce titre les films qui sortent fin décembre sont un peu handicapés : on hésite à les mettre dans la liste un peu rapidement, comme ça, juste après à peine deux trois jours, tandis qu'il ya des films qui attendent depuis plus de onze mois, pensez donc! -) mais plutôt sur une échelle cinématographique (du comment c'est fait et de quoi ça parle)
D'un côté, Abel Ferrara cinéaste américain déjanté notoire, agité et convulsif dirons-nous, incontrôlable diraient d'autres, et tous en choeur : "capable du meilleur (Bad Lieutenant, Snake Eyes, Nos Funérailles) comme du pire (certains autres que je nommerai pas forcément )". En face, Sophie Fillières, quatre films au compteur comme réalisatrice (je n'ai vu que le dernier, AÏE, avec sa délicieuse soeurette Hélène) et trois de plus comme scénariste (ça devient un peu plus surprenant puisqu'il s'agit de UN HOMME UN VRAI, SOMBRE, et OUBLIE-MOI, ces deux derniers n'étant pas précisément -dans mon souvenir- à mourir de rire...) bref, un tempérament aussi, cette damoiselle., dans le registre "décalé".
Ferrara filme Juliette Binoche, Matthew Modine et Forrest Whitaker, Fillières elle aussi a choisi le même trio (une femme / deux hommes, sinon rien) mais à la sauce french touch : Emmanuelle Devos, Bruno Todeschini et Lambert Wilson.
Il est question (comme bien souvent chez Ferrara) de rédemption et de foi dans MARY : un cinéaste arrogant et manipulateur qui a tourné un film sur la vie de Jésus (en s'y attribuant le rôle principal), une actrice touchée par la grâce (celle qui jouait Marie-Madeleine dans le même film) qui est partie en terre sainte, et un présentateur de télé athée (qui anime une émission sur la vie de Jésus, où il donne la parole à différents théologiens éminents).en sont les trois pôles principaux, chacun inter-agissant avec les deux autres. Entre New-York et Jerusalem, entre la faute et le pardon, entre l'église et le studio télé (et, fatalement, entre la vie et la mort...) Mais il ne s'agit absolument pas de La dernière tentation de Marie-Madeleine, rassurez-vous. Ni hagiographie ni bondieuseries sadiques melgibsonesques. Pour le mécréant athée que je suis, ce film sombre (on serait bien plus souvent dans le noir ici que dans le rouge) et -par rapport aux films précédents d'Abel F.- quasiment "paisible", pourrait bien avoir quelque chose à voir avec la grâce. Si Binoche est superbement habitée (mais peut-être hélas un peu sous-utilisée ?), et Matthew Modine odieux juste comme il faut, Forrest Whitaker, quant à lui, une fois de plus, frôle le sublime...

L'univers de GENTILLE est à cent mille lieues de ça. Nous voilà à Paris, sur les pas d'une demoiselle nommée Fontaine Leglou, anesthésiste de son état (Emmanuelle Devos, qui me confirme encore une fois ici tout le bien que je pense d'elle) elle-même sur les pas d'un mec qu'elle accuse de la suivre, et qu'elle finira par inviter à prendre un café... 
Suite de rencontres, de quiproquos, d'interrogations et d'hésitations... C'est tout simple : Fontaine va-t-elle ou non dire oui à son chéri Michel S.(Bruno Todeschini) qui la demande -enfin- en mariage, ou va-t-elle succomber au charme intriguant de Philippe P. (Lambert Wilson), le psy en traitement psy ?
Ca démarre fort, sur les chapeaux de roues, ça joue sur les mots, ça fuse, ça pétarade, ça tac-au-taque, ça ping-pongue, entre nonsense et folie douce, mais sans que jamais ça devienne pesant ou sur-signifié. La première moitié du film est virtuose, culminant dans une scène de repas familial  tellemnt hilarante que j'en avais mal aux mâchoires. La dernière partie est un peu plus planplan, mais gagne en tendresse ce qu'elle perd peut-être en franche drôlerie.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas ri de si bon coeur au cinéma (avec en plus, mais c'est un critère d'appréciation très personnel et éminemment subjectif, une scène sympathique ou un des acteurs nous gratifie, assez généreusement d'ailleurs, de son kiki, ma foi plutôt joli, ce qui ne gâche rien!!!) et je suis sorti de là heu-reux (mes amies malou et dominique aussi, d'ailleurs!

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28 décembre 2005

offensive

Ah lala... J'ai HORREUR de ça! De quoi ? Ben ça dehors, et que je te neige, et que je te gèle et que je te verglace et que je te re-neige encore par là-dessus!
Le sentiment d'être pris en otage.
Il a commencé à neiger hier dans la nuit (sans doute pour fêter mon retour joyeux de paris!!!) et depuis ça n'a quasiment pas arrêté. Comme ils ont dit hier soir aux infos "la neige a pris tout le monde par surprise. Même les gens de l'Equipement." Ben on a vu.
Hier à onze heures du mat', c'était toujours pas dégagé dans mon quartier. Bon ils ont fini par passer mais comme il a continué à neiger, imperturbablement, inexorablement, inhumainement (allons-y gaiement!) ça n'a pas servi à grand grand chose, vu qu'ensuite, le soir, ça s'est mis à geler illico. Et une toute petite neige très fine et insidieuse qui continuait de voleter, narquoise, dans la lumière des réverbères. Comme nous aimons à dire "Un froid sec est sain."
Certes.
Mais la plaisanterie hivernale a ses limites (je sais, je sais, pourquoi donc je m'obstine à continuer d'habiter ici ?) En plus (Calimero) je me serais bien senti ces temps-ci comme des envies de folâtrer champêtrement (ou ailleurs) je sais je sais aussi, c'est toujours quand on a le plus envie qu'on n'est pas en mesure de.
Alors je grogne et je ronchonne, ça doit tenir chaud...
C'est donc volets fermés voiture au garage  vin chaud soupe grosses chaussettes chocolat et vieux dvd pour soutenir le siège. Hibernation.
Je me console en me disant qu'heureusement il n'y en a plus que pour quatre mois...
Ah, le climat continental...

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23 novembre 2005

à l'ancienne

Aujourd'hui, un mercredi pas comme d'habitude (enfin, je veux dire pas comme la nouvelle habitude)...
Je me suis levé tôt comme d'hab, parti un peu à la bourre comme d'hab (heureusement gagné du temps par rapport à hier : bagnole dans le garage, et donc rien à gratter... le bonheur! )
Arrivé aux bozarts on m'annonce que la session info de cette semaine (indesign) est annulée faute de combattants (tous les autres sont partis en car voir un musée du papier peint si je me souviens bien) DONC me voilà libre, au début d'une grande journée sans remplissage préétabli, un mercredi pas formaté, blank, à l'ancienne...
Passé en ville, zoné un peu soldeurs de cd (acheté 1) et bouquiniste, puis retour chez moi en ligne droite et sans jouer au Chaperon Rouge...
Courrier "de mercredi" (Super U et Valeurs Mutualistes) et répondeur "de mercredi" idem, puisqu'il ya un message de P. mon copain routier que je n'ai pas revu depuis ououououhh! ... un certain temps! dommage, tant pis, hein, il rappellera, j'en suis plus à une semaine près!
Après-midi de mercredi aussi , scope à réparer, achats de noël (oui oui quelques-uns déjà c'est très tôt pour un procrastinateur comme moi!) A la sortie de la librairie, je tombe sur B., une amie de 30 ans, pas vue depuis quelques temps, et on va se boire un p'tit beaujolais nouveau, pour parler de nous comme au bon vieux temps...
(Pour moi le temps est centripète, c'est tellement plus facile de re-visionner que de se projeter!) On s'est séparé dans la froidure en se donnant rendez-vous dans 10 ans...Ca m'a fait vraiment un immense plaisir de la revoir...
Retour à la maison pour ranger un peu et manger un peu (j'avais en principe tout l'aprèm' pour le faire!) car ce soir je vais écouter Joel Egloff lire des extraits de ses bouquins... Et une autre rasade de nostalgia en écoutant le cd que j'ai acheté ce matin : le best of daho live : Sortir ce soir... Midinet ? c'est vrai que "Week-end à rome", "Tombé pour la France", "Bleu comme toi", ça fait comme des petites passerelles directos vers le passé (mais hélas je n'ai pas retrouvé le morceau que je cherchais...) et j'aurais presque écrasé une larme furtive en mastiquant mes raviolis chinois vapeur...

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24 novembre 2005

danette

"Ya que les imbéciles qui ne changent pas d'avis..." Donc j'ai le droit (hi hi!) de changer d'avis sur Joel Egloff (cf hier soir)

Bon, j'avais lu son bouquin ("L'étourdissement", Prix Inter 2005) et j'avais aimé, disons, ... moyen. Cet univers atroce, abominable, sans lumière et sans espoir, je me l'étais pris de plein fouet avec mon petit premier degré habituel (révélation embarassante : je pense que je n'ai pas de deuxième degré... sad, isnt'it ?), et quand je l'ai refermé, avec un peu mal au coeur ("vous je sais pas, mais moi je vais aller faire un tour..." ) j'ai été vraiment très surpris en lisant, sur la quatrième de couv', les mots humour irrésistible pour qualifier ce bouquin ; comme quoi j'avais dû passer à côté de quelque chose... Ah bon ? J'ai donc décrété que j'aimais pas et que j'irais pas à cette soirée et voilà.
Mais les choses ont fait que, après un échange de mails avec une certaine demoiselle, j'ai changé d'avis. Bien m'en a pris. Cette soirée à la bibliothèque de Pusey, je l'avais déjà vécue l'année dernière (c'était Annie saumont qui était venue lire) et  j'avais même épinglé au mur la photo parue dans le journal local où je trônais fièrement au premier rang (d'ailleur, en la consultant avant de partir, j'ai réalisé que j'avais exactement le même pull que l'an dernier! tant pis s'il y a des lecteurs attentifs...) J'aime bien cette ambiance plutôt bonne enfant qu'intello, plus familiale que sociale.
Il s'avère que Joel Egloff est un grand machin sympathique comme tout, avec un sourire craquant, une dégaîne quasi-adolescente, et que la façon dont il nous a lu, comme on se jette à l'eau, les deux premiers chapitres de L'étourdissement (sur un ton très neutre, monocorde, pince-sans-rie, avec un petit côté Droopy très craquant...) m'a fait revoir mon jugement : c'était effectivement affreux mais très drôle , ce qu'il lisait. Affreusement drôle. Peut-être l'effet de groupe a-t-il joué, mais c'est vrai, dès le début, les gens riaient...
La "première partie" a continué ainsi, de lectures en questions/réponses, il a lu des extraits de ses autres bouquins (il en écrit 4, et chacun d'eux a reçu un prix!) avant de finir un peu abruptement à 22h15 quand quelqu'un a décidé que c'était l'heure et qu'il fallait rallumer les lumières de la salle...
Ensuite, ont été proposés simultanément un buffet et une table avec des piles de livres à acheter et faire dédicacer. Chacun a donc choisi suivant ses priorités (suis d'abord allé aux bouquins, en ai acheté trois, dont deux pour moi, et le 3ème pour la fille dépressive d'une amie).
J'ai pu donc accéderà sa table (ah, la solitude du dédicaceur de fond...) assez vite, échangé quelques mots (je lui ai parlé  de "Les Saisons" de Maurice Pons, bouquin qui, je pense, n'est pas très éloigné de L'étourdissement, mais l'humour en moins...) puis obtenu mes dédicaces illico (il est gaucher et tient son stylo bizarrement, comme beaucoup de gauchers ; mais, je ne sais pas pourquoi, j'adore regarder écrire un gaucher, alors...) et fort sympathiquement. C'est un homme attentionné, je trouve.
J'ai donc pu ensuite l'abandonner pour aller un peu mondaniser près des amis et du buffet...  (juste un tout petit peu plus à boire eut sans doute été nécessaire mais bon...les brownies et le cake aux épices étaient par-faits! )
A l'année prochaine, donc... on espère!

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9 octobre 2005

sunday sweet sunday

Dimanche donc (et week-end) délicieux.
Bon, on n'a rien gagné (je l'avoue, j'espérais quand même, au fond de moi, un tout petit peu, au moins le 3ème prix (le Louis de bronze) Mais non. Tant pis donc. On a joué hier soir à 21h (match France-Suisse) devant une salle pas mal remplie et ce matin à 11h (heure de la messe) devant une salle... clairsemée, et le fait qu'il n'y avait pas ce matin de membres du jury dans la salle (ils étaient 3 hier soir) nous a fait penser que le bouche-à-oreille n'avait pas été (trop) favorable et que donc macache.
Enfin, l'accueil est vraiment très bien, les organisateurs sont des pros (j'te dis), tout est pensé (le festival en est à sa 19ème édition!), c'est donc un vrai bonheur (un honneur) que d'être invité ici (on est même hébergés et nourris, avec frais de déplacement remboursés!!!)... Royal!
En plus, visité au Musée Fernet-Branca (si si, je vous jure!) une exposition Paul Rebeyrolle, très impressionnante (par le nombre et la qualité des oeuvres exposés, qui offrait un large panorama de son oeuvre (une soixantaine de tableaux exposés) Je préfère les tableaux les moins "violents" (spécialement une série de grosses têtes et une autre sur les saules), les moins agressifs... (ça doit être mon âme de midinet) Drôle de réaliser que c'est ce bonhomme doux barbu et silencieux (on peut voir en intégralité une vidéo, dont je n'ai pu hélas visionner que quelques minutes...) qui peint ces (parfois) atrocités... J'ai acheté (pourquoi avais-je écrit ajouté ?) le catalogue!

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12 mai 2021

CMFUBJ 31

(que dire)

aujourd'hui fut une journée -ensoleillée- très "programmation" et presque pas "jambe"

(et la satisfaction, là, à 16h38 de rentrer en mi casa avec la satisfaction du devoir accompli)

24 films, pour la période du 19 mai au 23 juin, à caser sur 4 pages A4, avec changements de dernière minute juste quand je viens d'apporter les pdf à imprimer et que je dois donc rentrer chez moi pour modifier (et j'ai l'impression que ça soulage bien la demoiselle de l'accueil qui ne maîtrise pas complètement la bécane, et va profiter que je ne suis pas là pour se faire dépanner par la graphiste par téléphone...)

bon ça c'est fait, après il faut les envoyer (de lundi à mercredi c'est short, et il faut donc acheter (4 feuilles + l'enveloppe, ça fait 27g) des enveloppes A5 pré-affranchies pour que ça arrive vite SAUF QUE ma copine la chef de la Poste revient au bout d'un long moment pour me dire qu'elle n'en a pas assez en stock... elle appelle les autres chefs des autres postes, Besac, Pontarlier, Gray, etc. Que nenni tout le monde est sur répondeur (pré-Ascensionnel), on complètera donc avec des timbres autocollants qu'elle me choisit jolis mais bon avec  tout ça il y en a quand même pour plus de 550€!

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Les coques à gram positif sont responsables d'infections à pneumocoques, à staphylocoque doré, à streptocoque… Les bacilles à gram positifs sont responsables d'infections comme l'anthrax, la diphtérie ou encore la listériose. Elles sont généralement plus résistantes aux antibiotiques.
(c'est ce que la biologiste a trouvé dans ce qui coulait de la jambette)

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les 3 films que j'attends le plus de notre prochaine prog :

5178731

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