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lieux communs (et autres fadaises)
13 juillet 2020

jeunes gens

056
NUS MASCULINS
de François Reichenbach

C'est grâce à Henri que je l'ai découvert... Henri, le site des incunables que la Cinémathèque a cocommencé à mettre en ligne pendant le coconfinement, où je me promenais hier après-midi la truffe au vent... Le titre bien entendu m'a attiré l'oeil, et j'ai cliqué pour le visionner (et vérifier si c'était publicité mensongère ou non...)
Et bien non, pas mensonger, le film tient les promesses de son titre. Voui voui voui. Il s'agit d'une sorte de journal intime, filmé en 16mm et en ektachrome (si je ne me trompe pas), silencieux, en plus, mettant en scène des jeunes gens. pas mal de jeunes gens, tous de sexe masculin (et qui nous le montrent assez vite, contrairement à ce que j'aurais eu tendance à croire...). des jeunes gens et des fleurs, des jeunes gens et des statues grecques, des éphèbes qui s'affeuillent en souriant à la caméra d'un air complice, avant que tout ce monde ne se rhabille pour aller traïner (sans doute) à New-York, aille promener son chien dans un parc où d'autres jeunes gens aussi promènent leur(s) chien(s) et tous ont envie de se frotter la truffe, avant de revenir à nouveau dans la forêt complice pour se promener la zigounette à l'air...
C'est... mignon. c'est improbable, c'est champêtre, c'est voluptueux, et c'est surtout très kitsch, délicieusement kitsch, préfigurant le travail de Pierre et Gilles et leur iconographisme gay... Je connais très peu François reichenbach, je ne sais même pas si j'ai déjà vu un film de lui, je l'imaginais en documentariste sérieux et hétéro centré, je n'imaginais pas clic clic qu'il jouait dans mon équipe, et je remercie donc encore vivement Henri pour cette sympathique découverte...

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Capture d’écran (324)

(le genre de film à garder au chaud pour les prochaines soirée solitaires et glacées d'hibernage et de conconfinement...)

 

4 juillet 2020

unas cervezitas

055
LE COLOCATAIRE (UN RUBIO)
de Marco Berger

Celui-là, Optimale (le distributeur) nous l'avait gentiment accordé, très en avant-première, pour notre désormais mort-née Semaine Latino 9. Le cocovirus en a décidé autrement, la sortie du film a été décalée au 1er juillet, et voilà que non seulement Optimale nous le repropose en sortie nationale mais que l'exploitant le programme en "film A" (plus de 20 séances pour la semaine...). J'y suis donc allé (et c'était en plus mon "retour" dans le bôô cinéma) pour la première séance, mercredi à 15h40, escomptant, par ce beau temps, une séance privée mais non, nous y fûmes deux...
J'ai déjà dit, à maintes reprises, tout le bien que je pense de Marco Berger, et ce depuis son premier film, Plan B (2010), et j'ai d'ailleurs vu tous ses films, même (et surtout) ceux sortis directement en vidéo (Hawai, Sexual tension : volatil, et Taekwondo), et même ses premiers courts, chopés sur Y*utube (Una última voluntad, El reloj)... Je peux dire que je possède donc assez bien le sujet...
Marco Berger est argentin et gay, et ses films sont à cette image duelle : il y est à chaque fois question de deux hommes entre lesquels va se nouer quelque chose (amour, amitié, va savoir...) bref un rapprochement (avec un grand D comme désir). Oui, Marco Berger est un cinéaste du désir (comme, on dirait avec la voix de Frédéric Miterrand, "Franck Capra est le cinéaste du bonheur..."). Bref le jeu du chat et du chat (il n'y a plus de souris ou bien elle est très périphérique à la narration), deux matous qui se tournent autour et semblent avoir envie d'aller goûter dans la gamelle du voisin. En tout bien tout honneur (j'en avais fait le leitmotiv d'un précédent post sur un autre film du même). En général, chaque film se cristallise autour d'une montée progressive dudit désir, portée jusqu'à l'incandescence, jusqu'à un happy-end où les deux finissent par concrétiser, juste à la fin du film, et s'envoient -enfin- joyeusement en l'air (en hors-champ) et hop!

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Il y a aussi -surtout- la façon de filmer les corps masculins qui me ravit : Marco Berger fait ça à merveille, d'une caméra aimablement voyeuse en nous gratifiant régulièrement de gros plans "subjectifs" sur les beautés cachées (à peine) de ses protagonistes (ah, les jeunes gens qui dorment dans le même lit, ETBTH*, dans Plan B) en slip, en maillot de bain, en caleçon, en jean, en jogging, et ces plans récurrents (et muets) sont comme des petites ampoules qui clignotent, complices, sur la guirlande du récit... On sait donc à quoi, peu ou prou, s'attendre, quand on va voir un film de Marco Berger (et on sait ce qu'on espère / on a envie d'y voir).
Et voilà que dans ce Colocataire (le titre français n'est pas très affriolant) -à chaque fois je pense à coloscopie, par exemple- il change -légèrement- la donne : deux hommes, certes, un brun (Juan) et un blond (Gabriel, dit Gabo) qui partagent un grand appartement, le brun est un queutard plutôt désinhibé (il reçoit régulièrement ses copines), le blond est père d'une fillette qui vit loin chez sa grand-mère et qu'il va voir régulièrement le week-end, hétéro macho 1 et hétéro macho 2, donc,a priori. L'un parle beaucoup et l'autre très peu, et pourtant ce qui devait arriver arrive, regards, frôlements, mouvements d'approche, plus proche, encore plus encore et bam,  les voilà qui s'ébattent, mais, mais mais, on est à un tiers du film seulement, alors que d'habitude c'est "ça" qui le conclut...
D'habitude, il n'est question que du désir (et c'est justement ça que j'adore), tout ce qui se passe dans la tête avant, tandis que la concrétisation, le passage à l'acte, ce n'est visiblement pas ce qui intéresse le plus le réalisateur, qui préfère allumer des mèches à combustion lente et observer de près comment le feu se met aux poudres. Que va-t-il donc se passer après ?
Pour la première fois, dans un film de Marco Berger on va voir... la suite! Ce qu'i se passe entre les points de suspension. La vie de couple, donc, si on veut (ils sont amants et ils habitent ensemble) de "presque" couple puisqu'elle n'existe qu'entre les murs de l'appartement. Et que lorsqu'ils sont seuls, ce qui n'arrive pas souvent. Entre les ex-copines de Juan, les potes qui défilent, les moments d'intimité sont rares (même si le désir pointe régulièrement le bout de son museau), surtout que Juan se comporte un peu comme un ado, égoïste et capricieux (mais tous ceux qui passent dans le salon, à se vautrer devant la télé en buvant des bières des matés ou en bouffant des pizzas se comportent aussi comme des ados, et l'omniprésence de la télé en off (matches de foot, séries, films), en rajoute encore dans ce sens.)
Juan et Gabo vont faire l'expérience de la vie de couple, hauts et bas, espoirs et déceptions, et leur relation évolue, tangue,  de l'amour il y en a, c'est sûr,  mais pas toujours quand on voudrait, comme on voudrait (un problème de synchronicité) ce qui rend les choses de plus en plus... délicates et compliquées (d'autant plus que Gabo est quasiment mutique et n'extériorise rien ou presque de ce qu'il ressent.) "Dans un couple, il y en a toujours un qui souffre et un qui s'ennuie..." Et l'autre phrase, c'était quoi, déjà ? Ah oui "Aimer c'est vouloir donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas..." Pile-poil!
Le récit (et le montage du film, assuré aussi par le réalisateur) souffle le chaud et le froid, comme la relation entre les deux hommes, et j'aime cette chronologie heurtée et pourtant rectiligne, ces ellipses, ces trous d'air, ces embrasements... et Berger boucle là une belle chronique sensible sur cette histoire d'amour, qui m'a finalement beaucoup touché (même s'il ne s'y passe rien de vraiment inimaginable, c'est la vie, quoi, oui, juste c'est comme la vie) aidé par  la qualité de l'interprétation des deux acteurs principaux (Gaston Re et Alfonso Baron) et  la force que leur conviction donne à leurs personnages (ils ont d'ailleurs tous les deux co-produit le film...)
Si le relatif désenchantement de cette vie de couple est indiscutable, il est pondéré par des petites touches d'optimisme, de la tendresse, des scènes douces, de la complicité (même si on est en droit de trouver in fine inacceptable la lâcheté d'un des deux -j'ai bien sûr pensé alors au délicat Maurice de James Ivory...). Le film laisse un goût (un peu) plus amer que les autres de Marco Berger (juste parce qu'il a le courage -les couilles ?- d'aller plus loin dans la topographie d'une histoire amoureuse), mais il est incontestablement aussi fort...
Et vaut cent fois mieux que ne voudrait le laisser croire la critique proprement dégueulasse que j'en ai lue dans Libé (et qui méritait presque le désabonnement).

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(je préfère l'affiche originale à l'affiche française...)

 

16 mai 2020

DDDD6

 "C’est ça, se réinventer ?

On allait voir ce qu’on allait avoir. Macron avait promis pas moins que de se réinventer. Il avait expliqué que le "monde d’après" n’aurait rien à voir avec celui d’avant. Que rien n’était tabou. Il avait même évoqué les "jours heureux" qui reviendraient, et tous ceux qui savent à quoi font référence ces mots s’étaient interrogés. Il ne va pas oser quand même ? En guise de réinvention, on a droit une énième fois à Sibeth Ndiaye, sorte de mètre étalon du mensonge décomplexé, ­annonçant qu’une médaille de l’engagement face à l’épidémie serait attribuée "à tous les Français qui auront été en première ligne". Une médaille ? Une fucking médaille ? Une prime aux hospitaliers, une incitation des salariés à leur refiler leurs RTT, une médaille, un Chocapic, une branlette et dodo ? C’est ça, la réinvention, Président ? On se croirait pendant la Première Guerre mondiale. Nous, les soignants, la piétaille, nous nous sommes retrouvés au front sans armes, sans protections, soumis aux directives ubuesques, aux injonctions contradictoires de nos chefs. Beaucoup d’entre nous ont été contaminés, tous ont souffert, certains sont morts. Je le répète, ce ne sont pas des héros, pas des martyrs. Ce serait trop commode pour vous. Les héros, on leur file une médaille, une prime, ils saluent et retournent à l’anonymat. Les martyrs, on leur file une médaille à titre posthume, on checke avec le coude leur veuve éplorée, leurs enfants, et on les renvoie à leur infini chagrin. Et normalement, ça se passe bien. Loin à l’arrière, n’ayant rien su de ce qui se passait au front, impatient de reprendre le cours d’une vie normale, le peuple en liesse applaudit, puis oublie. Mais pas cette fois. Parce qu’une grande majorité d’entre nous ont réalisé quelque chose pour la première fois de leur vie : nous n’avons pas eu besoin de vous. On a fait sans vous. Moi, soignant, j’ai fait sans vous. Pourtant, la chose politique ne me dégoûte pas, je vote aux élections, je respecte les institutions. Je ne nique même pas la police, c’est dire. Enfin, quand c’est la police, pas la milice de votre préfet qui ment. J’ai fait sans vous. Je me suis tourné vers les élus locaux, qui ont répondu présent. J’ai été aidé par des feignasses de fonctionnaires. J’ai été approvisionné en masques, en sur-blouses, en gel par mes patients, mais aussi par des gens qui ne me devaient rien. Et, ensemble, nous avons réalisé que nous pouvions faire France. Que nous partagions une communauté de destin et que, c’est ballot, vous n’en faisiez pas partie. Parce que normalement, dans un cas comme ça, le peuple devrait se tourner vers le gouvernement, y trouver des directives claires, des informations honnêtes, comprendre la stratégie proposée. Nous avons eu droit à un flux d’injonctions contraires, à une marée de mensonges destinés, en vain, à couvrir vos erreurs politiques. Rien. Vous n’avez apporté que la confusion. Je n’ai pas vraiment de conseil à vous donner, sinon celui de l’humilité et de la prudence. Je ne sais pas qui a pensé amadouer les indigènes avec de la verroterie, mais une mutation à l’ARS de Saint-Pierre-et-Miquelon me semblerait un excellent plan de carrière. Le monde d’avant essaie de reprendre ses marques comme si rien ne s’était passé. Les mêmes médecins de plateau ridicules viennent, après un mea culpa vite torché, nous resservir leur incompétence en prime-time, en espérant que ça passe. Les mêmes seconds couteaux de la politique se frottent les mains en espérant que les affaires reprennent. Ouvrez les yeux, il est encore temps. On ne veut pas vos médailles, de vos primes, on ne veut pas deux-trois modifications de façade et le retour aux commandes des mêmes incompétents. La situation dans le pays a été quasi insurrectionnelle pendant des mois, pendant lesquels au lieu d’acheter des protections pour le peuple et les soignants, vous avez stocké des armes de guerre. N’espérez pas nous amadouer avec des verroteries. Je finirai avec Game of Thrones, qui dit beaucoup sur la quête du pouvoir. C’est l’histoire d’un jeune homme imbu de lui-même qui veut être roi. Pour cela il est prêt à vendre sa propre sœur pour prendre le contrôle d’une tribu de guerriers à moitié nus qu’il méprise. Mais un jour, il va trop loin, et ces gens, "qui ne sont rien", prennent les médailles dorées dont il les a affublés, les jettent dans un chaudron pour les faire fondre et.... Pardonnez-moi, je ne voudrais pas vous divulgâcher la suite. ­Disons que selon les mots d’un autre personnage de la série, Ramsay Bolton, "si vous pensez que ceci va avoir une fin heureuse, vous n’avez pas suivi les événements.""
(Christian Lehmann/Libé)

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l'esprit des murs :

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tiens un peu de musique, une "installation sonore" très réussie
(installez-vous cosy prenez le temps y en a pour 38 minutes et quelques)
Pandémix de Léonie Pernet

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"Nul n’est méchant volontairement, disait Platon… Aujourd’hui, Platon est contredit par les dirigeants et cadres et sous-cadres des grandes enseignes… Ils ont claironné leur générosité au début du confinement, la main sur le cœur. "Nous verserons une prime de 1 000 euros à tous nos salariés héroïques grâce auxquels le pays va survivre et grâce auxquels nous continuerons à nous engraisser en restant protégés derrière nos écrans…" Deux mois plus tard, ils rivalisent d’ingéniosité pour tenir leur parole sans la tenir tout en la tenant… Cela fera des débats obscènes sur les chaînes d’info pour abuser les citoyens… Donc pas de suppression des primes, mais des primes au prorata du temps de travail, seulement aux permanents ou seulement aux plus exposés, transformées en bons d’achat… Il ne devrait y avoir aucun débat… Ils ont menti… et ils l’ont fait volontairement. Ce sont des salauds. A l’arrivée, aucun salarié n’aura 1 000 euros sonnants et trébuchants. Gardez vos 1 000 euros. Mais voilà deux mois, c’était la guerre… Celle de 14-18, puisqu’on nous a parlé d’union sacrée… Il fallait que les pauvres gens montent au front et souvent y meurent… Les dirigeants politiques, économiques, militaires restés à l’arrière ont, dès la paix revenue, dressé la liste, village par village, des héros morts pour la patrie et ont prononcé des discours émouvants et en fanfare devant les monuments aux morts pour la France… Ces pauvres ouvriers et paysans sont morts pour rien, ou plutôt ils sont morts pour sauver les profits des maîtres du monde. Des primes pour s’exposer à la maladie et à la mort et être glorifiés ensuite par ceux qui en ont profité… C’est le triste sort des pauvres gens. Gardez vos 1 000 euros… Qu’ils étouffent vos éloges dans vos gorges. Les héros veulent des augmentations de salaire… Les héros exigent que vos capitaux soient taxés comme nos efforts… Les héros savent que si vous n’y êtes pas contraints, votre cupidité reprendra toujours le dessus. Une réforme de la fiscalité serait un premier signe de la nécessaire réinvention du monde dont même notre Président a eu la révélation. les soignants. Plus qu’une médaille, il réclame pour l’après de vrais changements." (Robert Guédiguian / Libé)

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et glou et glou

"Au moins 10 millions. C’est, en nombre de litres, la quantité de bière qui va partir au caniveau, alertaient la semaine dernière les Brasseurs de France. Pour le syndicat, qui regroupe 300 adhérents, soit 98% de la production française, «la fermeture brutale des cafés, restaurants, l’arrêt des activités touristiques et l’annulation de tous les festivals et salons a laissé plus de 10 millions de litres de bière, majoritairement en fûts, en souffrance». Contrairement au vin ou aux spiritueux, qui peuvent supporter deux mois de confinement sans que leur qualité ne soit altérée (voire ils y gagnent), les bières très houblonnées, comme l’IPA, ne se conservent guère plus de deux ou trois mois. Au-delà, elles perdent leur saveur. Avec ce confinement, la santé du secteur des brasseries, dont presque un quart est à l’arrêt total et dont près des trois quarts déclarent avoir perdu au moins la moitié de leur chiffre d’affaires depuis l’annonce du confinement, est mise à mal. C’est plusieurs millions d’euros qui vont s’envoler avec la destruction des stocks, qui concerne les fûts déjà entreposés dans les bars fermés et non ceux destinés à la consommation à domicile. Faudra-t-il pour autant redoubler de lever de coude lorsque les bistrots rouvriront? On ne saurait vous le conseiller, par respect pour vos organes. Mais privilégier les bières locales peut être une bonne idée." (Tu Mitonnes / Libé)

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16

 J+5

 

11 mai 2020

CCCC56 qui devient DDDD1

Digressions Diverses Durant le Déconconfinement


(en gros -!- on prend les mêmes et on recommence, quoi!)
puisqu'officiellement les choses ont changé
(nous sommes à présent des déconconfinés, yeah!)

j'écris ceci à l'ancienne ère pour moi c'est aujourd'hui pour vous ce sera hier
mais qu'est-ce que ça change, hein ?

plus de papier ausweis bitte ça c'est à peu près la seule chose qui m'intéresse (je l'ai déjà dit), pour le reste...

je voulais pour aujourd'hui ne mettre que des images (post précédent) mais j'avais envie de dire deux ou trois choses, sans qu'il soit question de bilan, puisque rien ne s'arrête et que juste quelque chose se transforme presque en autre chose mais pas tout à fait

les gens, d'abord
un merci aux suiveuses et aux suiveurs :

merci à Alex, Anne-Marie, Annette, Babeth, Blaireau 58, Brigitte (ma soeur),  Catherine, Catherine P., Christine C., Christine P., Claude W., Coralie, Dominique, Dominique B., Emma, Fran, Francette, Hervé, Isa & Fan, Isa T., Loulou, Malou, Manue, Maria, Marie, Martial, Mimi T., Nelly B., Pascal, Pépin, Philou, Régis, René, Sylvain, Thierry G., Véro, Yann, Yvain, Zabetta,

qui m'ont rendu, chacun(e) à sa façon ce conconfinement plus agréable (qui m'ont, comme chante Barbara "rendu la vie un peu moins monotone..." )

avec Dominique, on a réalisé qu'avec notre appel quotidien depuis le premier jour du conconfinement on avait passé environ 55 heures à parler...   deux jours entiers plus encore une matinée, ça fait drôle quand même

et donc, tiens, récapitulons :

j'ai préparé une bisque de homard, une omelette aux fleurs de pissenlit (deux, en fait), des champignons farcis, des quenelles,  quelques risottos (on ne devrait pas dire risotti ?) un gâteau châtaignes chocolat d'abord sans cuisson puis avec, quelques quiches, deux soupes aux fanes de radis, des lentilles en salade, du fenouil à l'orange,  cuisiné beaucoup plus assidûment vers le début que vers la fin, préparé environ deux bouteilles de kéfir par semaine, liquidé le ratafia de coings de Yves R., son vin de noix auparavant, bu en apéro  du cidre, du kir breton, du Viognier, de la bière à la châtaigne, de la Guinness, aux repas une bouteille de Rully dont je n'ai pas noté l'année (offerte l'an dernier par Philou), une d'Arbois Poulsard 2004 (dont je me demande encore d'où elle provenait), une d'Alsace qui me venait de Dominique, une  de Sauvignon (présentement pas tout à fait vide encore) quelques litres de jus d'orange, un de pomme/framboise, dix-huit litres de lait, deux de lait de chèvre, une bière bio sans gluten, manqué de pain, été ravitaillé en pain, puis eu trop de pain, fait un pudding avec le pain en trop (dont je n'ai mangé que la moitié, trop poufpouf), petit-déjeuné avec des biscottes sans sel, des biscottes complètes, du wasa bio complet, du pain grillé bio de chez la boulangère, des tartines craquantes multi-céréales, du pain de mie toasté, de la baguette idem, du méteil ibidem, oh et puis on s'en fout puisque ça va continuer dans la même veine (oh FJT de mon coeur où es-tu ? Dis, quand reviendras-tu ? -comme chantait, encore, Barbara-...)

*
(la preuve que ça continue tout pareil :)
Orne : 33
Nièvre : 25
Haute-Saône : 74
Doubs :134
(il y en a plus  dans le Doubs que dans les trois autres départements réunis : 134 >33+25+74)

*

le journal de confinement de Pierre-Emmanuel Barré snif c'est fini aujourd'hui avec le numéro 58

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dernière minute (6h55) : finalement je ne suis pas sorti ce matin, à l'heure où blanchit la campagne, pour respirer le grand air de la liberté, et courir au ralenti dans le vent comme un grand goéland, comme je l'avais un peu romantiquement (un peu naïvement aussi) imaginé : il pleut comme vache qui pisse (ce gouvernement qui n'est pas très doué visiblement pour anticiper les choses aurait-il , pour une fois, réussi à faire le bon choix, en choisissant précisément le jour où la météo était carrément la plus pourrie de toute la décennie pour dire aux gens : "allez-y mes biquets, allez-y sortez, vous pouvez circuler librement!") donc, je reste au chaud, comme d'hab', je petit-déjeune, et ensuite je retourne me coucher

*

11

 

 J!

6 mai 2020

CCCC51

"Les retours en arrière ne font pas avancer, dit un ministre à la radio.
Aux récentes nouvelles, les personnes convaincues de rendre prioritaires la santé, l’éducation, la recherche et la culture sont qualifiées d’irresponsables et ne dépassent pas les dix pour cent des habitants de Notre-Ville.
Pendant le confinement, une partie de la population continue de travailler pendant que l’autre partie vit un dimanche sans fin.
Un dimanche sans fin, voilà le cauchemar de certains habitants en train de se réaliser. Le monstre en pâte molle envahit votre personnalité, parfois à votre insu.
Beaucoup se sentent couler, s’échapper d’eux-mêmes.
D’autres se charpentent, échafaudent des techniques de survie, combattent l’abattement par des programmes ou de la rage.
C’est le grand succès du court métrage de l’indigné en pyjama sur canapé, planqué au fond de l’abri, en conversation avec révolté chaussé de pantoufles en cuir rebelle." (Jean-Pierre Ostende, blog Histoire sauvage, )

*

Hier, je n'ai posté que de l'info, ou presque, parce que j'étais fébrile (j'ai même dû décaler l'heure du téléphone quotidien avec Dominique, c'est dire), à cause de la préparation, en flux tendu (l'invit' est partie dimanche soir pour le lundi, c'est dire si on avait peu de temps pour se retourner -d'ailleurs l'exiguité de nos boiboites de conconfinement ne permet généralement pas trop ce genre de mouvement-) je veux parler de l'anniversaire du colza (le 36ème du nom) dont seuls mes proches ont entendu parler...
D'habitude, un lieu  secret très précisément géo-localisé, un champ de colza (jamais le même) sélectionné par notre GTDC (Grand Timonier Du Colza), du champagne, des textes lus par chacun "à voix haute dans le champ", un pique-nique, un rdv pour co-voiturage, et (sauf exception), 5 personnes, les 5 mêmes depuis le début, (dont votre serviteur)
SAUF QUE
en 2020 on fait rien comme avint (avec l'accent québecois, c'est mieux pour la rime), et, adoncques, conconfinement oblige, nicht sortie, nicht pique-nique serrés sur la foutah (ou la bâche où le plaid ou le tapis de sol ou le kilim ça dépendait des années), nicht embrassades und nicht covoiturage (Ausweis, bitte!)
il fallait rebondir, et notre GTDC nous proposa un rdv virtuel (et conconfiné) pour ce trente-sixième colza's birthday, (un cocolza,quasiment) via zoom (dont je découvris à cette occasion que je l'avais déjà installé sur mon ordi, pourtant, comme moi, d'âge canonique), et donc à 18h pétantes (une fois réglés les problèmes techniques, je n'avais pas de son parce que je n'avais pas poussé assez loin le curseur asthmatique du volume sonore de mon ordi, ahahah) on se retrouva tous les 5 devant nos cams et nos écrans avec nos verres à la main (et je mentirais en disant que je n'étais pas un peu ému touché tourneboulé, n'ayant pas pratiqué cet exercice depuis le début du conconfinement (bientôt deux mois donc).
Catherine a lu du Perre Lemaître (le tome 3 de sa "saga", pas encore lu), Françoise du Annie Ernaux (Les Années), Christian du Sylvain Tesson (les escaliers en colimaçon de Notre-Dame), Philou du Louis Dubost (le colza étant  absent de son abécédaire jardinier, furent lu les chapitres entre lesquels il aurait du s'intercaler, soit coing et compost), et moi après avoir longuement hésité -une heure le matin-même à voleter comme une mite alimentaire affolée entre les différents bouquins de ma bibli- , avoir failli lire le dernier volume du Chemin -celui tout frais du jour, signé Maylis de Kérangal, j'étais revenu à mon idée première, une compilation des occurrences du colza dans ce blog.
Ainsi fut dit, ainsi fut fait, ainsi fut lu ainsi fut bu, on nous avait avertis "40 minutes" mais on tint finalement plus d'une heure...
J'avais bu un peu plus de la moitié de ma bouteille de 65cl de bière bio sans gluten (qui se referme aisément d'un clic  pour conserver les bulles) lorsque congé fut pris, et j'étais vraiment ravi de tout cela (ayant eu le plaisir supplémentaire d'apprendre à mes co-religionnaires comment effectuer des captures d'écran.)
"S'amuser en s'instruisant, s'instruire en s'amusant" telle toujours fut (et longtemps restera) notre devise...
Et je me prends d'ores et déjà à rêver de ce que sera le colza 2021...

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"En Turquie, les seniors de plus de 65 ans et les jeunes de moins de vingt ans, soumis à un confinement obligatoire respectivement depuis le 21 mars et le 4 avril, seront autorisés à sortir de chez eux une fois par semaine pour une durée de quatre heures." (france info)

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(déconconfinement)

je pense à lui :

 

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(chiens de prairie, nous sortirons de nos terriers, hébétés, éberlués, éblouis, maladroits, plissant les yeux face à la lumière du jour, et nous pourrons à nouveau galoper)

 

 

et à lui aussi 

 

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"Hiroo Onoda est mort tranquillement dans son lit à Tokyo à 91 ans. Rien que de très banal sauf que cet ancien soldat japonais a vécu caché dans la jungle aux Philippines jusqu'en 1974, pensant que la guerre n'était pas finie. Durant près de trente ans après la capitulation de l'empire nippon, cet officier de renseignement et spécialiste des techniques de guérilla a résisté sur l'île philippine de Lubang, près de Luzon.
On l'y avait envoyé en 1944 avec un ordre formel: ne jamais se rendre et tenir jusqu'à l'arrivée de renforts. Avec trois autres soldats, il a obéi à cette instruction pendant des années après le conflit, ignorant que le combat était fini. Leur existence fut découverte en 1950 lorsque l'un d'eux décida de sortir de la forêt et de rentrer au Japon." (Libé)

, situés chacun à une extrémité sur l'axe du romantisme échevelé (en sortir ou ne pas en sortir, that is the question)

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pissenlit-graines

aigrettes

le monsieur de la MGEN (section de Besançon) a rappelé cet aprèm pour prendre de mes nouvelles et je lui ai confirmé que, non seulement je n'étais pas mort, mais en plus j'étais en train de faire mes courses (ça l'a réjoui)

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le couscous de mon boucher/traiteur habituel était tellement salé que, bu, juste après, un grand verre de St Yorre semblait un verre d'eau plate

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dans le couscous, la semoule ne m'intéresse pas

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je n'ai rien trouvé d'intéressant à photographier en sortant cet après-midi pour faire les courses (en réalité, surtout pour poster un bouquin vendu sur priceministruche)

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toujours sur priceministruche j'ai dû annuler une vente (un bouquin vendu 5€ a envoyer aux Etats-Unis pour la somme de 25€, sur laquelle on me remboursait la moitié : je veux bien être bon, mais pas être con)

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A St Pierre et Miquelon, ils se confinent aussi, et la déchèterie est ouverte sur rendez-vous (infos régionales sur France O)

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variation d'épiderme : peau de confinement ou peau d'échappement ? (hihi)

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 J-5?

 

4 mai 2020

CCCC49

 rions un peu en attendant le 11 mai

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l'esprit des murs :

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je ne sais pas à quoi ça tient, mais ce matin j'ai eu envie de chanter (mes amies -et collègues- savent que c'est plutôt bon signe) ça m'a pris sous la douche, mais j'ai continué après, je ne sais plus par quoi j'ai commencé, mais je sais que j'ai terminé par J'attendrai, et bien sûr par Où sont tous mes amants ?

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l'esprit des murs 2 :

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un site où vous pouvez feuilleter, par exemple toute une collection de HARA-KIRI (journal bête et méchant) depuis les années 70!

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waouh, solidarité! :

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Bonne nouvelle! Le(s) tueur(s) de Scream, Zorro, Mishima, Les Rapetout, Phantom of Paradise, Michael Myers, l'Homme au masque de cire, Le Masque de fer, le Fantôme de l'Opéra, Belphégor, V,  Le Bourreau de Béthune, The Mask, Jason Voorhees, Fantômette, Dark Vador, Agamemnon, et même Fantômas, tous ont déclaré qu'ils étaient prêts, aucun(e) n'a hésité à venir proposer son aide et sa contribution pour nous dépanner, au cas où les fameux masques tant attendus (de marque "l'Arlésienne" ou "Godot") finiraient par ne pas arriver... On les en remercie!

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Je continue de regarder chaque jour le Journal de confinement de Pierre-Emmanuel Barré, aujourd'hui avec le n°50 il retrouve, me semble-t-il, le top niveau, alors qu'il avait accusé une petite baisse ces derniers temps (mais j'adore toujours autant ce mec), et je suis conscient que c'est pas toujours facile de pondre un oeuf parfait chaque jour (personnellement, je me souviens de fois où je me suis dit en me relisant "Tu as déjà été meilleur...")

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"A mesure que nous voyons les petits points ­rouges se multiplier sur les cartes de nos pays et s’étendre à la planète entière, nous prenons conscience qu’il n’est plus de refuge. Nous n’avons même plus besoin de faire travailler ­notre imagination pour craindre le pire. Nous suivons des yeux les noirs convois des camions militaires charriant les cadavres des petites ­villes italiennes jusqu’aux crématoriums des environs, comme si nous assistions ­à notre propre cortège funéraire.

Et pourtant, l’effroi que nous éprouvons est étranger à notre imagination et à notre individualité propres ; il révèle à quel point la fragilité de nos existences et cette humanité que nous avons en partage sont proches. C’est une découverte. La peur, comme l’idée de la mort, nous esseule, mais la conscience que nous sommes tous soumis à la même angoisse nous arrache à notre solitude.

Savoir que toute l’humanité, de la Thaïlande à New York, partage nos peurs – quand et comment utiliser un masque, comment manipuler les produits que nous venons d’acheter à l’épicerie, à quel moment se mettre en quarantaine volontaire ? – nous rappelle sans cesse que nous ne sommes pas seuls et engendre une solidarité nouvelle. Nous cessons d’être mortifiés par ­notre peur, et nous découvrons en elle une humilité qui favorise la compréhension mutuelle." Orhan Pamuk écrivain, Prix Nobel de littérature
(Libé)

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"Cela aurait pu être vu comme la simple recension des différents articles de fact-checking publiés par différents médias sur l’épidémie de Covid-19. Mais en un tweet de la porte-parole du gouvernement, Sibeth N., voilà l’exécutif accusé de rétablir un "ministère de l’Information" et de vouloir "certifier" la "vérité", comme dans 1984 de George Orwell…" (franceinfo)

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(envoyé par un vieil amant)

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Orne : 28
Nièvre : 23
Haute-Saône : 70 (je propose qu'on en reste là)
Doubs : 118

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04

J-8 ?

 

28 avril 2020

CCCC43

*
4h du matin, cette scène qui m'intrigue  quand je passe devant la fenêtre (j'allais pisser) : une voiture qui arrive devant notre porche, la portière s'ouvre, le conducteur en descend (le moteur tourne toujours), avance sous le porche (ça dure quelques secondes) remonte dans la bagnole, ferme la portière, fait marche arrière et repart sur les chapeaux de roues... je suis tellement intrigué que je sors de l'appart et que je descend en pyjama pour voir ce qu'il aurait pu déposer : rien, juste la sensation, à cet instant d'un silence absolu (assourdissant).

*
(bout de rêve) je suis dans une grande maison avec un couple et une petite fille
Françoise arrive, elle voudrait ma dernière canette de coca zéro, je suis embêté, je lui dis que le frigo est dans la chambre de la petite fille et que je ne voudrais pas la réveiller...
(plus tard) j'y vais, la chambre est vide, le frigo en question est une petite table de nuit en acajou un peu vieillotte, avec des ferrures, quand j'ouvre la porte, le volume intérieur est ridiculement réduit, et il n'y a aucune canette de coca
(pendant la nuit) je me retrouve dans le couloir avec le propriétaire des lieux (Jean-Louis D.) Il est dans une encoignure (tiens mais c'est le couloir de la maison où j'ai passé mon enfance) me regarde je me rapproche et comme dans un film nous commençons à nous embrasser (mais je me dis qu'il y a un problème, comme si nous ne savions plus vraiment -pas encore ?- le faire, un problème de langue(s) qui tourne(nt),
et ça me chiffonne qu'il y ait de la lumière dans la cuisine, je tends la main pour appuyer sur l'interrupteur, il y en a deux côte à côte, j'appuie sur celui de gauche et J-L commence à s'énerver, en criant que celui-là ne fonctionne pas
(réveil)

*
"C'est pas parce qu'on tousse qu'on a forcément le cocovirus..."
("C'est pas parce qu'on a le cocovirus qu'on tousse forcément...")
moralité : Tout est dans toux
(et dans non-toux)
(et réciproquement)

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Lozère forever

"J'ai un terrain de 2 000 m2 à l'entrée d'un vieux village, je peux voir les arbres et les collines, le clocher de l'église au loin et les champs de blé en train de pousser..." Pour Gilles Sieutat, habitant de La Canourgue, en Lozère, les mesures de confinement instaurées le 17 mars n'ont pas provoqué de chamboulement dans son quotidien. La vie suit son cours, paisiblement. "Je me déplace deux fois par semaine pour faire des courses, acheter des journaux, etc. Le reste du temps, je bricole, je jardine, je passe du temps sur internet... raconte-t-il au téléphone. C'est un univers très agréable, incontestablement." (franceinfo)

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 2 : C’est le nombre de fermes à visons bouclées dans la région du Brabant-du-Nord dimanche par les autorités néerlandaises après la découverte d’animaux testés positifs au cocovirus qui avaient montré des difficultés à respirer. Ils ont probablement été infectés après un contact avec des humains, plusieurs employés présentant des symptômes. Une étude chinoise a montré que le Sars-Cov-2 peut s’installer dans le corps des furets, qui font partie de la famille des mustélidés comme les visons. Le virus touche aussi les chats et d’autres félins comme les tigres et les lions, mais pas les chiens, ni les cochons, les poulets ou les canards. (Libé)

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S'amuser à un EVJF & EVG | Enterrement de vie de célibataire
(rions un peu)

"Hier, Jean-Michel B. se lève comme un dimanche, lit le JDD et est tout content de voir un article expliquer pourquoi le Danemark rouvre déjà ses écoles. Ni une ni deux, le ministre se dit que c’est une bonne matière "pour nourrir la réflexion", comme il le tweete, et répondre aux critiques nombreuses et variées sur le retour en classe, certes progressif, le 11 mai. Bizarrement (bis), ce tweet sera ensuite supprimé. L’exemple danois n’était peut-être pas le plus pertinent pour soutenir une réouverture précoce des écoles françaises. La situation hexagonale (nombre de cas avérés de contaminations au Covid et nombre de décès) est bien plus proche de celle de l’Italie (26 000 morts) que du Danemark (418 morts). Le jour même, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte annonçait lui que "l’école rouvrira en septembre", pour ne pas mettre "en jeu la santé des enfants", soulignant que "tous les scénarios préparés par un comité d'experts prévoyaient des risques élevés de contagion en cas de réouverture avant septembre"." (Libé/ChezPol)
(Sacré Jean-Mimi, hein)

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tiercé Libé :
1) Dom (7h40)
1) Pépin (8h11)
3) Sylvain (9h40)

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zic : du bonheur grâce à Dernière Bande, la boîte de prod de Rodolphe Burger, à la liste de diffusion dont à laquelle je me suis inscrit, mais là c'était vraiment Rodolphechounet qui m'a écrit, une grande lettre, avec plein de bonnes nouvelles : son prochain album Environs, sortira fin juin, album dont le premier extrait est déjà en ligne, un morceau intitulé Bleu bac, dont on peut visionner le clip sur y*utube..., un morceau très burgérien, qui me tombe bien dans l'oreille (un mec qui écrit une phrase comme "j'ai vu le chocolat tenter de me convaincre d'arrêter" ne peut pas être tout à fait mauvais hihi), et, l'avantage avec youtubemuche (et les algorithmes ?) c'est que à droite de l'écran il me propose une liste de clips, et je découvre quelques merveilles, en très peu de temps : un duo Burger/Christophe sur La Chambre, dans un beau noir et blanc, puis un autre duo avec Christophe sur La Man, lors d'une soirée d'hommage à Rachid Taha, puis une version live de Eisbar avec OlivierCadiot et Stephan Eicher, une version "confinée" (germaine) de Radioactivity, puis un Home Studio (confiné aussi) de Que sera votre vie ?, suivie par la découverte (si on n'arrête pas ça s'enchaîne tout seul et ça ne s'arrête jamais) d'un autre Home Studio, celui d'Emilie Loizeau, magnifique

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“Entre le divertissement futile et l’ennui profond, il y a une place pour la culture” (Michaël Fœssel, philosophe)

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Printania Vesoul


A Monop, cet aprèm', on a frisé l'incident diplo : une seule caisse ouverte, est en train d'y passer un bonhomme qui a visiblement fait des courses pour jusqu'à bien après le 11 mai, la dame derrière est tellement prudente qu'elle est restée à au moins 5m de distance, c'est trèèèès long tout de même, nous sommes encore deux derrière elle ; s'ouvre alors la deuxième caisse où va s'installer, changeant de file, la dame qui était à 5m, mais ne semble plus se préoccuper de la proximité de la caissière, et passe donc illico, suivie par une (jeune) cliente qui était derrière moi et a senti le vent tourner (comme elle n'a que deux bricks de lait ça va aller vite, alors hop! je change de file), et j'assiste à la violation de l'espace Schengen de la dame qui était devant moi avant (à la première caisse), qui est en train de poser ses emplettes sur le tapis roulant, par une jeunette, siblement rebelle, sans masque, eye-liner noirissime pli mauvais à la bouche, qui vient se coller carrément contre elle, juste derrière et poser des sacs de fruits et légumes dans le panier posé par terre juste devant la caisse, donc à moins de 10cm de l'autre dame, qui se retourne alors , et lui explique tant bien que mal, à travers son masque, qu'elle doit reculer et respecter les distances requises, ce à quoi la jeune ronchonne entre ses lèvres un genre de "mmmmmgrumpf je vais pas te contaminer..." peu amène, et je suis en train de poser mes courses devant ma caissière en me demandant si elles vont en venir aux mains ou genre guerre atomique, mais la dame a tourné les dos, et la jeune a préféré battre en retraite et changer de caisse (elle est venue se placer derrière moi mais en restant cette fois à distance respectable), tandis que, devant, le premier monsieur (celui qui faisait ses courses jusqu'à après le déconconfinement) est toujours en train de ranger ses trucs et ses machins dans ses sacs...

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aigrettes

* la libraire de Vesoul serait-elle moins courageuse que ses collègues bisontins (qui ont rouvert en formule drive) ? Elle a carrément mis sur sa porte un papier s'adressant à ses lecteurs et leur disant qu'en tant que lecteurs ils devaient avoir bien des livres à livre et que ce n'était pas la peine de commander des livres maintenant...

* les pharmacies sont autorisées à vendre des masques au public dès lundi, mais lundi y a pas de masques...

* sur l'échope du barbier, un papier annonce qu'il réouvrira aux alentours du 11 mai, et qu'en attendant il souhaite aux gens de se porter bien (mais, en regardant derrière le papier on distingue qu'il y a de la lumière à l'intérieur, et quelqu'un est d'ailleurs installé en train de s'y faire raser...

* le chocolatier champion du monde a de nouveau fermé sa boutique (c'était juste pour Pâques ?) -ou bien juste parcequec'est lundi ?-

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"La seule de mes partenaires féminines avec laquelle je n'ai pas couché, c'est Jack Lemmon." (Tony Curtis)

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Orne : 27
Nièvre : 22
Haute-Saône : 67
Doubs : 113

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28

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J-15 ?

21 avril 2020

CCCC36

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(vies minuscules)

rétro : une journée "de folie" :

ce soir regardé le quatrième épisode de la saison 5 du Bureau des Légendes (tandis que passaient sur au même moment Canal en live les épisodes 5 et 6) -le retour de Marina!

à 19h petit repas du soir "frugal" (avocat / soupe de lentilles / restes de jambon de la raclette d'hier)

à 18h le sacro-saint rituel appel téléphonique quotidien avec Dominique (que nous respectons depuis le premier soir, tout tout premier soir...) une sorte de passage obligé de la journée, comme qui dirait la clé de voûte de notre -minuscule , cf plus haut- édifice quotidien, ce qu'on a fait ce qu'on a vu ce qu'on a dit ce qu'on a mangé ce qu'on pense ce qu'on espère etc., en général prélude à l'apéro et/ou aux infos régionales

à 16h j'étais en train de faire (enfin) le grand ménage de la cuisine et du plan de travail, avec les fenêtres ouvertes, de la musique, et le voisin en face du dernier étage qui m'observait benoîtement (enfin, comme il observe benoîtement, posté à sa fenêtre,  tout ce qui se passe dans la rue en contrebas (il a la chance d'avoir la vue "sur le 15") au cinéma la caméra aurait fait un zoom arrière, pour resituer ma fenêtre ouverte parmi les autres fenêtres -ouvertes ou pas- de la façade)

(avant) insectes : une invasion de grosses mouches bruyantes in the kitchen, disparues après que j'ai tout nettoyé et les fenêtres ouvert + une grosse guêpe qui a passé quelques heures contre le carreau supérieur de la salle de bain, avec obstination

avant, reçu une page de Philou qui m'a particulièrement touché et spécialement mis en joie, parce que James Salter, parce que L'Ami Américain, parce que les camions garés, parce que les NNV manifestent soudain un semblant d'attention pour les autres, parce que les photos de la fin, page que j'ai savourée en plus à une heure inhabituelle (d'habitude c'est plutôt à celle de l'apéro)

encore un peu avant retrouvé Marie comme tous les lundis pour jouer au scrabble virtuellement, et (un peu) réfléchi -ça m'arrive-  pour finir par me dire que hein cette histoire de score et de points et de classement, ça n'avait aucun sens, et que je devrais bien ne rien en avoir à foutre hein

et avant à midi j'ai enfin mangé ces côtelettes d'agneau à propos desquelles Dominique m'avait fait tellement envie l'autre jour (avec des flageolets)

et encore avant  comme presque tous les jours le plaisir de partager avec Emma au téléphone (pour une fois c'est moi qui ai appelé) qui a vaillamment terminé le rangement de leur bibliothèque gyloise (avons évoqué Kundera et Cortazar, Dickson Carr, les horribles couvertures bleuâtres en J'ai Lu des Ellery Queen oh notre jeunesse lectrice...)

bref, comme ça s'est chanté, un lundi au soleil...

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en france on en a 3

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(11,12, et 13 mai) >>>>>> argh 11 mai... bon sang mais c'est bien sûr!

en italie ils en ont 4!

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mais bon :

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(la St Urbain, c'est le 25 mai!)
(et quand on sera là on aura fait 10 semaines comme j'avais marqué depuis le départ sur mon calendrier hebdomadaire :

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l'esprit des murs 1 :

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discussion potatoes avec Manue :

Amandine / Charlotte / Pompadour (à Argirey)
+ Belle de Fontenay à Authoison (tiens tiens pourquoi les patates ont toutes un nom féminin ? pourquoi on ne planterait du Beau de Fontenay, du Louis XV, du Gros Marcel ou du Petit Kévin, hein ?)

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l'esprit des murs 2 :

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un américain a déclaré que "le mois de mars 2020 était le mois où il y avait eu le moins de tueries de masse depuis mars 2002..." (je sais qu'il faut citer ses sources, mais je ne suis hélas pas parvenu à retrouver le post, il me semble que c'était sur tumblr)

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Cocovirus : pourquoi de nouveaux cas apparaissent encore après plus d’un mois de confinement ?

>Parce que le confinement n’est pas totalement hermétique

>Parce que des Français continuent de travailler

>Parce que le nombre de tests a beaucoup augmenté

>Parce que la maladie peut se transmettre sans se sentir malade."

(franceinfo) , je mets juste les grands titres hein

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la date d'ouverture des écoles a été fixée -en principe- le 11 mai : c'est la St Mamert
La date de sortie pour les vieux a été, elle, fixée à la St Glinglin -toujours en principe, bien sûr-.

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tiens, pour les joueurs de scrabble (et les autres aussi) : il s'agit de trouver les 6 anagrammes de REANIME (et sans tricher, hein? je l'ai fait tout seul avec mes petits neurones)
réponses demain s'il y en a que ça intéresse

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R0

"«Nous avons évoqué ce concept un peu technique, mais absolument essentiel, qu’on appelle le R0 […] : le nombre de personnes qu’un malade infecte ; la transmission de la maladie à partir d’un malade, vers combien de malades. Si on ne fait rien, parce que cette maladie est assez contagieuse, on observe un taux de l’ordre de 3 à 4 […]. Pour réduire l’épidémie, il faut que le R0 […] soit égal ou inférieur à 1. C’est comme ça que nous sommes capables de réduire la circulation du virus […] et d’éteindre l’épidémie progressivement. Grâce au confinement, les épidémiologistes estiment que nous avons réussi à faire passer ce R 0 [à une valeur voisine de] 0,6. C’est-à-dire que dix malades n’infectent que six nouvelles personnes.»

(...) Le taux de reproduction de base d’une maladie est une notion centrale en épidémiologie. Elle permet de caractériser le potentiel épidémique d’une maladie. Pour estimer précisément ce taux il est possible de prendre en compte de très nombreux facteurs. Toutefois, dans sa version la plus simple, le calcul dépend de trois paramètres essentiels.
Premier facteur : la période durant laquelle la maladie est contagieuse (s’exprime généralement en jours).
Deuxième facteur : le nombre de personnes différentes avec lesquelles on est en interaction durant une période donnée (s’exprime généralement en «nombre de contacts par jour»).
Le dernier facteur est celui de la probabilité de transmission, autrement dit la facilité avec laquelle une contamination peut survenir à l’occasion de chaque «contact». Cette variable peut être influencée par différentes mesures de protections (lavage des mains, port de masque, etc.).
En multipliant les deux premiers facteurs, on obtient le nombre de contacts potentiellement exposés au cours de la durée de contagiosité. En multipliant par le dernier facteur, on dispose d’une estimation du nombre de personnes qu’un individu infecté est susceptible de contaminer. Autrement dit : notre taux de reproduction de la maladie.
Si un malade peut en infecter plus d’un autre, la maladie se déploie rapidement. Dans le cas d’un R0 de 2, un individu en contaminera deux, chacun d’eux en contaminant deux autres, qui en contamineront eux-mêmes deux autres… 1, 2, 4, 8, 16, 32 : non seulement la maladie se déploie, mais elle se déploie vite.
Lorsque l’on parle de R0 inférieur à 1, cela signifie que si l’on prend un grand nombre de personnes infectées, on constate qu’elles n’ont réussi à contaminer qu’un nombre inférieur d’individus. Si ces nouveaux malades contaminent eux aussi un nombre encore plus petit de malades… la contagion finit par cesser d’elle-même." (Libé, CheckNews)

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(les 3 facteurs)

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(prix négatif)

Le baril de 159 litres de pétrole brut coté à New York, qui s'échangeait encore à 60 dollars en début d'année et à 18,27 dollars vendredi soir, a finalement terminé à -37,63 dollars après un plongeon épique, jamais vu sur le marché pétrolier.

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Orne : 25
Nièvre : 18
Haute-Saône : 60
Doubs : 95

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J-20?

 

8 avril 2020

CCCC23

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mesas de sacrificio : c'est le mot que j'avais en tête (qui m'est venu) en me réveillant ce matin vers 7h (j'ai dû finir par m'endormir vers 4h je crois) . Dans mon demi-sommeil j'avais cette image d'un grand nombre de petites tables de pierre, des petits autels, comme celles pour les sacrifices incas (La nuit face au ciel, de Julio Cortazar) mais de taille beaucoup plus réduite, à peine une trentaine de centimètres, très proches les unes des autres, où les gens, vous, moi, tout un(e) chacun(e), venaient déposer quelque chose, comme un tribut à la collectivité, un partage, une mise en commun, (pour que les autres puissent y prendre ce dont ils avaient besoin, pour réussir à s'endormir par exemple), et cela faisait comme une immense ligne (de mesas) qui sinuait à perte de vue,  comme la muraille de Chine...

corollaire : (essayer de comprendre) : c'est un problème d'endormissement (c'est au moment où je commence à m'endormir (vous savez, ce moment assez agréable et plutôt floconneux où  on perd pied dans le sommeil (d'ordinaire je me suis toujours endormi très facilement) c'est là que les choses se gâtent : au lieu de basculer hop! et de m'endormir, j'ai un espèce de spasme qui me réveille, un truc au niveau du plexus, ou des poumons, comme si je manquais d'air, et me réveille en sursaut (un appel d'air) et je recommence, je tente de me rendormir et à ça recommence : cette sensation de ne plus respirer, qui ne dure que le temps de me réveiller, et je change de position, j'enlève la machine à respirer, je la remets, je change parfois même de masque pour la machine, je tente la technique de Catherine P. (rester rigoureusement immobile), je pense à autre chose, rien n'y fait, et je finis par me lever, sortir de la chambre, boire un coup, observer par la fenêtre la rue silencieuse et immobile, manger une pomme, pisser, regarder le téléphone, tenter de lire un peu...
Et puis j'y retourne, je respire calmement (j'essaye, 4/4/4/4), je fais une dernière tentative et en général c'est la bonne...
Ca peut durer de plusieurs minutes à quelques heures, c'est comme si j'avais peur de m'endormir, comme si m'endormir c'était peut-être m'asphyxier, risquer de mourir, un genre de terreur enfantine et irraisonnée...

alors que le reste de la journée, rien à dire, tout va vraiment très bien (aussi vraiment très bien qu'on peut aller dans cette situation)

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l'esprit des murs 1

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parler de ce qu'on ne connaît pas :

"Sexe : le confinement nuit-il à la sexualité des couples ?

L’ambiance est-elle au non-cul ? Que devient le sexe chez les couples confinés ? Disparaît-il forcément ? Se transforme-t-il ? Agace-t-il ? Le sexe est-il frivole ? Comment la gravité s’invite-t-elle entre deux personnes ? A-t-on besoin de relâcher ses angoisses dans le plaisir sexuel ? Confinée à Paris avec son ami Giovanni*, producteur d’huile d’olive, Elisa*, 30 ans, journaliste, a vite déchanté : “Je pensais qu’on allait le faire comme des lapins, mais pas du tout.”
Dans leurs 50 m2, la parole a remplacé les actes physiques. Le couple partage ses sentiments, ses rêves, ses peurs, et reste pendu au téléphone avec ses familles respectives. Sa mère à elle travaille en tant qu’aide-soignante en Allemagne, ses parents à lui vivent dans une région italienne particulièrement touchée par le virus. “La Terre entière parle de maladie et de mort, pas vraiment la meilleure condition pour bander, ni mouiller sa culotte. Mais disons qu’on reprend lentement mais sûrement du poil de la bête… Le secret ? Couper la wifi !”" (les Inrocks)

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symptomes : ah ils me font doucement rigoler avec leur description clinique et l'énumération des signes éventuels du cocovirus : l'anosmie et l'agueusie, bonne nouvelle, ça fait des années que j'en suis affligé, l'essoufflement aussi (ça fait des années que j'ai abandonné tout effort physique ou presque), la toux ça m'arrive régulièrement, les difficultés à respirer aussi (cf plus haut), finalement il n'y a guère que la fièvre que je n'ai pas... (bon c'est déjà ça, mais comme dit Christine P. "On peut très bien l'avoir sans avoir de fièvre")

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l'esprit des murs 2

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accessoires :
je fais partie des nuls du conconf' : je n'ai pas de masque, je n'ai pas de gants, et je n'ai pas de gel.
(version bis : je n'ai pas de mari (ou de femme), je n'ai pas d'enfants, je n'ai pas de jardin)

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les deux jeunes gays qui se cococonfinent dans l'appartement d'en face au rez-de-chaussée (celui aux toujours étranges lumières nocturnes) avaient ouvert les fenêtres pour faire le ménage.
Après avoir terminé leur petit ménage, ils sont sortis devant chez eux, et, au lieu de s'installer sur les marches devant la porte d'entrée, se sont assis carrément au bord du trottoir, entre deux bagnoles garées, avec une petite bière et une petite cigarette (après l'effort...) Passe alors une voiture marquée Police, pas très vite, qui redescend la rue, et disparaît alors de mon champ de vision, les deux jeunes gens ont tendu le coup et regardé vers la gauche d'un air inquiet, ça n'a pas loupé : s'approche alors d'eux un mec avec un polo blanc marqué POLICE, qui leur dit quelques mots (eux se sont relevés) avant de tourner les talons. Eux ont plié bagage fissa et sont rentrés chezeux (ils ont même précipitamment fermé les fenêtres qui étaient restées jusque là -petit ménage- grandes ouvertes, non sans avoir jeté un coup d'oeil vers la gauche, où les mecs avec le polo blanc POLICE étaient en train de contrôler un autre passant (une attestation a été posée contre le mur, à hauteur de visage, pour y être dument remplie et signée (le mec, visiblement, tentait d'argumenter).

*

et donc voilà j'ai déclarée ouverte la 4ème (quatrième! ) semaine de cococonfinement...
Trois semaines déjà on a passé ? Waouh vous êtes sûr ? trois fois sept égale vingt-et-un jours, et quand on regarde en arrière, par-dessus son épaule, quoi-t-est-ce donc qu'on voit ? Rien. Rien de vraiment tangible : trois attestations ou quatre dûment remplies datées signées pliées en quatre (que je destinais vaguement à un éventuel recyclage "graphique", mais dont deux ont servi à noter le rêve de la veille.) Des gros sacs en plastique pour les courses, vides, que j'ai laissés un moment en décontamination et que j'ai fini par replier parce que ça prend de la place, à part ça tout à l'air à peu près normal... D'habitude, c'est vrai, j'ai autant de boîtes de sardines dans mon placard (j'adore les sardines) et sans doute un peu moins de 1/2 boîtes de cassoulet, et pas toujours forcément une bouteille de pinard ouverte non plus (comme c'est le cas aujourd'hui) .
Quoi de neuf ?
On vit une période qui sort de l'ordinaire, et finalement on est forcé(s) de gérer les choses infra-ordinairement. Plus comme d'habitude que ça tu meurs (enfin, façon de parler). Ce qui rend les choses encore plus étranges c'est qu'on est (en principe) tous en train d'expérimenter cette situation inédite en même temps. Dans le même temps, et chacun dans son (même) espace. De faire les mêmes choses en même temps, de les vivre en même temps, même si pas forcément de la même façon.
Les films comiques et les émissions de variétoche  à la télé, comme un antidote aux nouvelles flippantes rachachées par les J.T et les chaînes d'info en continu, les divertissements et les jeux télé qui ont été enregistrés bien avant mais continuent imperturbablement d'être diffusés, les émissions spéciales avec les spécialistes de tous poils qui glosent sur tout et rien et donnent doctement leur avis ("Le poumon, vous dis-je, le poumon..."), et puis, tout ce qui relève de la connexion et du lien social : les sms, les émaux (comme dit mon ami Philou) les appels téléphoniques, les échanges sur whatsapp ou skype, la multiplication, la saturation des communications inter-personnelles (et je ne parle pas des big réseaux sociaux adolescents à l'écart desquels je me tiens très prudemment) sans oublier toutes les news, tous les flashes, tous les communiqués et toutes les recommandations, toutes les injonctions, les prescriptions les restrictions, toutes les interdictions les verbalisations les pénalisations qui grignotent petit à petit mais aussi sûrement qu'un morceau de sucre qui fond nos libertés individuelles. On n'y coupe pas. Et je crains qu'on ne coupe pas non plus à ce qui va suivre...
Oui, on a fait (déjà ?) fait trois semaines, et on peut se dire qu'on va re-faire les mêmes trois semaines, et re-re trois autres encore les mêmes, avant de tenter de faire le point pour y voir un peu plus clair... (moi je table au minimum pour dix...)
En route donc pour les semaines 4, 5, et 6! Hisse et ho! Santiaaaaaano...

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Cocovirus : après deux mois et demi de confinement, le bouclage est levé dans la ville chinoise de Wuhan, foyer de l'épidémie (France Info)

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"Les révolutions? Parlons-en! Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer parce qu'elles vous servent, parce qu'elles vous ont toujours servi..." (Il n' a plus rien, Léo Ferré)

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Orne : 11
Nièvre :7
Haute-Saône : 45
Doubs : 58

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08

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J-26 ?

3 avril 2020

CCCC18

Tombé hier soir par hasard en zappant sur ces jeunes gens qui chantent, et ça finit comme ça :

"Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, je n'en ai vraiment
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, on verra bien
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, je n'en ai vraiment
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, on verra bien
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, je n'en ai vraiment
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, on verra bien
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, je n'en ai vraiment
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, on verra bien
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, je n'en ai vraiment
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien, on verra bien
Rien à foutre de rien, rien à foutre de rien" (Nekfeu)

(mais dans les clips de rap j'aime bien y a souvent des jolis BAB (barbus à bonnet) (j'adôôôre les barbus à bonnet)

nekfeu

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l'esprit des murs :

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Cocovirus : un "déconfinement" régionalisé, lié à des tests ou en fonction de classes d'âge ? Les hypothèses envisagées par Edouard P.
Le Premier ministre estime qu'il est "probable" que la fin du confinement en France se fasse par étapes.

(francetvinfo.fr)

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(encore une chronique comme j'aime... je vous en fais profiter :

" Virus : les privilégiés et les autres

Ils ont d’abord été fiérots, les testés positifs. Les politiques Franck Riester, Brune Poirson, Emmanuelle Wargon, Christian Jacob, Christian Estrosi ou le footballeur Blaise Matuidi. Ils ont fièrement annoncé l’événement sur leurs réseaux sociaux. Chers followers, chers concitoyens, j’ai été testé positif. Dans cette épreuve, je me suis placé de moi-même en quarantaine, en quatorzaine, pour ne pas contaminer mes proches. Mais ne craignez rien, je vais bien et suis à mon poste. Voyez comme je suis sage. Comme je suis exemplaire.
Et les confinés ! Comme ils ont été fiers, les pionniers du confinement. Leïla Slimani, prix Goncourt, a d’abord fièrement exhibé dans son «journal de confinement» du Monde le règne végétal de sa maison de campagne. L’herbe verglacée, le camélia, les bourgeons sur les tilleuls. Et puis, son désarroi. «Nous sommes confinés. J’écris cette phrase, et elle ne veut rien dire.» Voyez comme ma sidération est littéraire, puisqu’elle est jugée publiable par le Monde ! Voyez comme moi, prix Goncourt, célébrée, je suis incapable d’écrire, comme la première réfugiée sanitaire venue. Et derrière elle, Marie Darrieussecq, réfugiée au Pays basque et dans les pages du Point, dissertant sur l’hostilité des autochtones. «14 heures. Nous planquons au garage notre voiture immatriculée à Paris et prenons la vieille que nous gardons ici. Je sens qu’il n’est pas bon de rouler avec un 75 aux fesses…» Voyez comme les campagnards manquent de bienveillance, je suis obligée de cacher ma voiture avec la plaque 75. Heureusement que mes ados sont sages, et ont accepté de se lever avant 10 heures.
Elles aussi, Slimani et Darrieussecq, croyaient faire partager la banalité de leur quotidien. Elles croyaient donner une leçon de «riches comme pauvres, tous égaux devant le virus». Ça aurait pu marcher, si ces magnifiques exhibitions d’humilité étaient restées confinées aux pages complaisantes des magazines de papier glacé. Mais elles ont eu le malheur de tomber sur les réseaux sociaux. Et sur les réseaux sociaux, les attendaient les multitudes de contaminés potentiels victimes de la pénurie de tests, et de confinés des grandes cités, avec enfants dans les pattes et vue sur l’arrière-cour ou le parking. Les sans-test, les sans-masque, les sans-jardin, les sans-tilleul, tous ceux qui n’ont pas pu filer à Belle-Ile ou à Noirmoutier, bouillonnant dans leur colère. Silence, les privilégiées de la parole, dans vos grandes baraques. Et vos tests, vous les ministres ? Comment, par quels passe-droits, avez-vous obtenu vos tests, alors que les soignants eux-mêmes ne sont pas testés ? Dans quels hôpitaux réservés aux nomenklaturistes ?
Tous égaux devant l’épidémie, c’est une blague. Les épidémies frappent les pauvres plus que les riches. La grande peste de 1347, le choléra de 1832, les riches les ont affrontées derrière leurs hauts murs. «Partir tôt, partir loin, partir longtemps», conseillait, paraît-il, Avicenne à ceux qui en avaient les moyens. Mais on vous voit désormais, les riches, puisque vos tweets passent par-dessus vos hauts murs. On veut bien être projetés dans la grande Histoire, tenir dignement notre rôle, remplir les attestations dérogatoires, obéir aux consignes, mais dans l’égalité. Et puisque l’heure est officiellement au vocabulaire martial, à l’union sacrée aux premières, aux troisièmes lignes, à ceux qui sont au front, aux héros et aux traîtres, il faut écouter l’historien Nicolas Patin, rappelant sur Rue89 la haine des Poilus de 14 contre les planqués de l’arrière. On envoie des travailleurs sans masque comme on envoyait les soldats en pantalon garance.
Sur la grande agora de l’égalité qui s’appelle Twitter, tout manquement est repéré, retweeté, signalé à la foule. Tandis que le gouvernement chuchote poliment au CAC 40 de modérer ses dividendes, voyez comme il envoie les soignants des Ehpad sans protection, voyez comme il envoie sa police fouiller les chariots, à la recherche des biscuits qui ne seraient pas «de première nécessité». Voyez cette Pénicaud, qui traite de «défaitistes» les petits patrons du bâtiment soucieux d’épargner leurs salariés.
Dans une distribution de l’info qui serait bornée par Gilles Bouleau et Anne-Sophie Lapix, tous ces manquements passeraient inaperçus, seraient expédiés en quelques secondes, après la litanie quotidienne patriotico-mobilisatrice à la gloire des soignants (ceux-là mêmes qu’ignoraient les mêmes Lapix et Bouleau quand ils manifestaient pour prévenir de la ruine de l’hôpital). Mais ces bornes ont sauté depuis longtemps. Les privilèges sont à nu."

Daniel Schneidermann

(Libé / lundi 30 mars)

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l'esprit des murs 2

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(j'adore...)

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"La période de confinement actuelle générant une baisse significative des accidents de la route, nous avons décidé de faire bénéficier l’ensemble de nos sociétaires détenteurs d’un contrat d’assurance automobile* des économies réalisées durant cette période de confinement. Le montant total que nous estimons à date s’élève à environ cent millions d’euros.  

Si vous êtes concerné, vous aurez la possibilité de percevoir la somme vous revenant ou de la reverser :

  • au profit des soignants, via la Fondation des Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France,
  • au profit de la recherche, via l’Institut Pasteur,  
  • ou au profit de l’action sociale, via le Secours Populaire.  

Vous recevrez d’ici quelques jours un nouveau message vous informant des modalités pratiques pour bénéficier de cette mesure."

(reçu ça de la MAIF... Waouh! Alors ça... Comme me le fait remarquer Marie, des choses seraient-elles en train de changer ?)

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l'esprit des murs 3

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(tiens, on y revient...)

(ça n'est pas un "vrai" graf, mais bon ça me plaît...)

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"Dans la revue de littérature parue dans The Lancet, un passage est consacré à cette éventuelle nécessité d’une limitation de l’exposition aux informations, car elle peut provoquer des effets psychologiques délétères. Comme toujours, c’est une affaire de degré : aucune, ou trop peu d’informations et c’est l’angoisse, le sentiment d’être trompé, manipulé, pris pour un imbécile. L’Inverse, trop d’informations non-stop, et c’est la saturation, le sentiment trop fort de la pression, qui peuvent provoquer des troubles obsessionnels de comportement, une sorte d’agitation permanente, une forme d’épuisement, de vigilance décervelée."
(Cynthia Fleury, in Téléramuche)

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Orne : 7
Nièvre : 4
Hte-Saône : 28
Doubs  : 35

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(pour les inquiets) : J'ai des images de Capitaine Haddock (mais plus forcément avec perroquet) pour au moins jusqu'au 15 mai ! Qu'on se le dise...

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03

*

 -31 ?

1 avril 2020

CCCCC16

là on boucle la première quinzaine (fin du premier gros rouleau de pq)

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aujourd'hui un très beau Libé,  je trouve, (mais virtuel) qui parle des gens (je tu il elle nous vous ils elles) et du cocovirus, dont voici juste l'édito...

"LES AUTRES
La tragédie, qu’elle soit intime ou
collective, est souvent un révélateur : impossible, avant d’y être confronté, de savoir comment on réagira. Certains s’effondrent, d’autres redoublent de combativité, certains s’isolent, d’autres multiplient les connexions ­sociales. Il n’y a aucune règle, chacun fait comme il le peut, avec les moyens dont il dispose."Film d’horreur", "cauchemar", "irréel" : ce sont des mots qui ­reviennent souvent ces temps-ci, comme si le cerveau peinait à ­accommoder la situation actuelle au réel. D’où l’angoisse, quand on comprend que l’on ne s’est pas ­endormi devant une série télé ou un film d’anticipation, quand on ouvre sa fenêtre et que l’on (re)découvre les rues désertes, comme frappées par une bombe à neutrons (qui tue les hommes mais préserve les infrastruc­tures). Il n’est d’ailleurs pas anodin que les réseaux sociaux et les conversations téléphoniques regorgent de recettes de cuisine et d’images de plats : si l’on ne peut plus toucher, on peut manger, ­occupation facile et agréable qui nous ramène à la réalité et apaise nos angoisses. Car celles-ci vont crescendo, rythmées par la litanie des chiffres des contaminations et des décès. Et le pire, ce ne sont pas ces chiffres, mais le plongeon dans l’inconnu, ­l’impossibilité de nous projeter dans un avenir proche. Si même les scientifiques ne savent pas, alors à qui se référer, à qui se fier, à qui s’en remettre ? Il nous reste l’autre ou les autres, tous logés à la même enseigne : le voisin, proche ou de l’autre côté de la rue, qui devient familier ; les personnes âgées que l’on négligeait et dont on prend soudain des nouvelles plus souvent ; l’inconnu(e) qui poste sur des réseaux sociaux redevenus fréquentables une vidéo qui nous fait hurler de rire ; et surtout ces soignants que l’on ­célèbre chaque soir en chœur à 20 heures. Voilà qui recrée du collectif là où on l’avait perdu. Dans cette crise,
c’est ça qui nous tient." 
Alexandra Schwartzbrod (Editorial, Libération 31 mars)

du beau travail...

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ça aussi, qui m'a touché (larmichette larmichette)
https://www.youtube.com/watch?v=Sj4pE_bgRQI
(une version du Boléro enregistré par les musiciens de l'Orchestre national de France, chacun jouant chez lui...)

Capture d’écran (78)

 

*

alors que je lui envoyais le test que venait de me transmettre Dominique (tuvascraquer.fr), Martial m'a rappelé (et, miracle Whats*pp fonctionnait alors) depuis le Pas-de-Calais où il a la chance de se confiner au grand air, et, via la vidéo, il m'a fait profiter de sa promenade quotidienne avec Myrtille sa chienne... un beau moment qui fait du bien, un chemin qui va loooooin, du vert, des arbres, un faisan qui passe, des lapins, un tas de fumier, bref un moment délicieux et salutaire d'oxygénation...

*

... immédiatement suivi par un appel d'Anne-Marie (mais elle préfère qu'on l'appelle Marie) , mon aide-ménagère, qui me touche par sa gentillesse et ses attentions (et son bon sens)

*

je suis un peu étonné (pas vraiment étonné, à vrai dire, je dirais plutôt déçu) que le chapitre sur la masturbation n'ait provoqué absolument aucun écho aucun remous, calme plat étang étal... rien de rien (hormis un commentaire téléphonique de Dominique)... incroyable ! comme si tout le monde avait alors regardé ailleurs en sifflotant. Personne n'est concerné ? no comment ? tout particulièrement en ces temps de cococonfinement, en plus ? Bon, je fais le premier pas (et je n'en ferai pas mystère, ni tout un plat, d'ailleurs, oeh bien oui, j'avoue, ça m'arrive, je me masturbe (le mot est laid, entre copains du ouaibe ou d'ailleurs, on préfère parle de branle et de branlette), et si je voulais être tout à fait exhaustivement exhaustif dans le compte-rendu de mes journées, ladite activité manuelle devrait bien évidemment y figurer en plus ou moins bonne place... On n'en parle jamais (surtout entre mecs) C'est quand même un des derniers tabous ça...  et votre silence à tou(te)s est éloquent... Non ?
Je remets donc quelques illustrations d'"époque" pour relancer la machine...

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Orne : 1
Nièvre : 0
Hte-Saône : 14
Doubs : 26

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apéritif :

après avoir terminé le vin de noix d'Yves R. (cadeau), ouvert depuis longtemps (il n'en restait qu'un fond) puis le Pommeau de Bretagne (acheté longtemps, idem un fond) j'ai entamé ce soir le Ratafia de Coings d'Yves R. (autre cadeau pour services rendus) : ça a une très jolie couleur, et c'est délicieux...

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la dame qui a battu la championne de TLMVPSP (qui est partie avec 147000€) a refusé les 8000€ que lui offrait la championne et a préféré prendre le fauteuil, qu'elle a perdu 2 jours plus tard, (elle est partie avec 1900€) battue par une jeune fille qui a pris le fauteuil sans enthousiasme, et a elle-même perdu le jour suivant (elle est partie avec 1000€, ça m'a rappelé un conte d'Andersen, avec un paysan qui part au marché...)

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01

J-33 ?

 

 

31 mars 2020

CCCC15

Rassemblement évangélique de Mulhouse :
"Une bombe atomique que l'on n'a pas vue venir"

(plus d'infos )

*

suis allé ce matin faire les courses à Monop "en serrant les fesses" comme je l'écrivais à Manue... 9h, Monop complètement désert (à part les gens du magasin), j'ai fait mes courses rapidos en suivant ma liste, tout en ne cessant de me répéter "protège tes mains, ne touche pas ta bouche ne touche pas ton nez ne touche pas tes yeux" plus, en boucle, le code ma carte Fissa que j'avais peur d'oublier...
Me voilà paré, et donc je ne sors plus pendant quinze jours (chaque jour 1/3 de contaminés en plus = chaque jour 33% de chances en plus de se faire contaminer, fermons là la parenthèse anxiogène et courons joyeusement en pensée dans des prés très verts, avec plein de coquelicots et un putain de magnifique soleil d'été, comme dans une pub pour la joie de vivre et la margarine allégée, par exemple)

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(je n'ai trouvé aucune image publicitaire dans ce goût-là, et donc je reviens aux classiques...)

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courses en décontamination quelques heures dans le couloir

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ce midi  salade de fenouil cru et cuit à l'orange (j'envoie même des photos sur Insta pour souhaiter bon appétit)

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(plus tôt) Emma, en route vers Belfort pour aller s'occuper de sa maman, s'est arrêtée à Vesoul (et plus précisément en bas de chez moi) très gentiment pour me déposer des noix (que lui avais demandées), et j'ai même eu peur pour elle l'espace d'un instant (qu'elle ne se fasse emboutir tellement elle s'était garée "désinvoltement")

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ce cococonfinement aura eu pour moi au moins un effet bénéfique : la découverte de tout ce que mon micro-ondes peut faire : depuis mon aménagement je ne l'utilisais que de façon basique, juste micro-onder quoi, chauffer le lait du matin (ça pour moi c'est la qualité primordiale de ce genre d'engin : qui n'a pas eu à nettoyer chaque matin une casserole dans laquelle a cuit du lait me comprendra) donc, en plus de micro-onder le lait, la soupe, voilà-t-y pas qu'en me plongeant un peu dans le manuel d'utilisation (quand même assez succinct, je découvre qu'il a une fonction chef menu, une fonction crisp, une fonction steam, une fonction grill, voir même combi-gril, avec pour chacune des fonctions des accessoires dédiés que je découvre et que j'étrenne... Wouah la découverte! Je suis séduit... Mon 'cro-ondes et moi, désormais c'est une vraie histoire d'amour! A chaque jour sa découverte...

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ce sentiment, soudain, fallacieux, en ce milieu d'après-midi, que tout va bien, que tout est normal, que tout est comme d'hab'.. En regardant par la fenêtre, en regardant dans l'appartement, en me regardant, la différence ne saute pas aux yeux... Aujourd'hui, vu de l'intérieur, était un 30 mars presque comme tous les autres 30 mars, pour un observateur un peu distrait... Bien sûr il faut un peu de volonté pour réussir à s'extraire de la "vraie" réalité (comme dirait Philou mieux vaut avoir une vie intérieure riche...), par exemple, couper le son des journaux téléviser, s'abstraire du flux redondant anxiogène et complaisant... C'est donc, ce que je fais, avec régularité, depuis quelques jours, et mon souffle s'en trouve mieux...
j'ai conscience d'avoir su depuis longtemps être plus solitaire que solidaire (depuis, en fait, que je l'avais vu comme titre d'un album de Robert Charlebois) et je ne fais donc que faire perdurer un certain état d'esprit.
Avoir conscience que ça ressemble un peu à ces histoires de science-fiction que je lisais dans les années soixante-dix, des catastrophes planétaires, des invasions extra-terrestres, des pandémies épouvantables (et il ya a toujours un petit groupe de gens qui ne sont pas touchés, qui sont immunisés (j'avais écrit indemnisés et je ne trouvais plus le mot juste), des fois même un seul (dans le genre, je me souviens d'avoir été très impressionné par Je suis une légende de Richard Matheson) et évidemment quand je les lisais, je m'identifiais à ceux qui étaient sauvés... Et là, eh bien, c'est un peu pareil, non?

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le facteur ne passera plus que les mercredis, jeudis, et vendredis... (ça leur laisse quatre jours pour souffler, ils le méritent vu les risques qu'ils prennent chaque jour)

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Comment c'était déjà, ce morceau de R.E.M ? Ah oui :

It's the end of the world as we know it (I had some time alone)
It's the end of the world as we know it (I had some time alone)
It's the end of the world as we know it and I feel fine (time I had some time alone)
I feel fine (I feel fine)
*
Orne : 1
Nièvre : 0
Hte-Saône : 10
Doubs : 25
*
appels :
entrants : Emma, la dame de chez Maxim*, Dominique
sortants : Pépin & Co

31

J-34 ?

30 mars 2020

CCCC14

Cocovirus : pendant le confinement, la masturbation est conseillée pour «renforcer notre système immunitaire» et «combattre les infections»

Non, il n’y a pas que la lecture, la télévision ou l’ordinateur pendant cette période de confinement liée au coronavirus. De plus, selon les médecins, la masturbation pourrait être exactement ce dont vous avez besoin pour le moment.
En cette période de confinement, toutes les activités sont les bienvenues pour s’occuper. Repos, lecture, télévision, balade, Netflix, Smartphone… Les possibilités restent nombreuses. À cette liste, vous pourriez peut-être y rajouter… la masturbation. Car celle-ci ne vous donnera pas seulement quelque chose à faire. Elle vous aidera aussi à rester en bonne santé !
En effet, comme l’explique le Dr Jennifer Landam au Sun, la masturbation renforce les défenses naturelles de votre corps. Elle stimule votre système immunitaire et augmente votre nombre de globules blancs, qui aident à lutter contre les infections. C’est en tout cas ce qu’a permis de démontrer une étude menée par le département de psychologie médicale de la clinique universitaire d’Essen en Allemagne.
Qui plus, les orgasmes aident également à vous détendre et à mieux dormir. Et qui dit plus de sommeil, dit plus de temps pour votre corps afin de mieux récupérer.
Mais attention à ne pas trop en abuser, comme le souligne Rocco Siffredi. En cette période de confinement, la star du X a distillé ses bons conseils en expliquant qu’il ne fallait pas trop répéter l’exercice sous peine d’attraper une cystite chronique !

Sudinfo.be (merci nos amis belges !)

*

"La masturbation est une pratique d’autoapaisement comme une autre. La méditation est une pratique ancestrale qui inverse la biologie du stress. Mais, concernant la masturbation, je crains qu’au contraire cette pratique n’ait aucun effet sur la biologie du stress sur le long terme." (Le Monde, quand même, qui ne se mouille pas trop)

*
(sans rapport avec ce qui précède)
deux jeunes maigrichons barbus à capuche descendent de concert la rue St Georges, en direction de la place du marché, soudain l'un d'eux tourne les talons sans prévenir et remonte la rue (revenant vers le croisement qui est en face de chez moi), jusqu'à arriver à l'angle de la rue, où il jette un regard en direction de l'autre (que je ne peux plus voir), qui a continué son chemin et disparu de mon champ visuel, maigrichon 1, après avoir hésité, continue son chemin en remontant ma rue (vers la gauche) , se ravise, revient, regarde à nouveau vers le bas de la rue St Georges, et finit par tourner les talons en disparaissant vers  la gauche...
(quelques minutes plus tard, alors que je regarde à nouveau par la fenêtre, j'aperçois maigrichon 2, qui a remonté la rue St Georges et est revenu lui aussi au croisement (mais par le trottoir opposé), et regarde anxieusement en face, là ou maigrichon 1 a disparu auparavant, et part sur ses traces...

*

tiens ça y est il pleut (plutôt il neige fondouille) c'est bien les gens au moins n'auront pas envie de sortir

*

menu de ce dimanche midi :

radis du jardin de chez Morel /beurre
filet de boeuf aux girolles (de mon boucher/traiteur)
fraises du jardin de chez Morel (avec sucre vanillé et un trait de citron vert)
café (et ses deux gaufrettes au chocolat bio)

et du dimanche soir :

potage aux fanes de radis
salade d'endives (le reste d'hier)
fraises (le reste de midi)

*

"en prendre son parti"

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des liens :

- nos amis belges encore qui mettent à disposition, , 200 numéros/reportages du magazine "Strip-Tease"
- une chaine youtube consacrée uniquement aux films coréens
- , My French film Festival "Stay Home Edition" (des courts, encore)
- encore des courts ? proposés par le Festival de Clermont, six par semaines, ici, c'est Intérieur Court

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ne plus écouter du tout les journaux télévisés (ou alors si, mais en coupant le son)

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je m'étais dit "dimanche, relâche, pas de téléphone" je me suis juste encore bien pris la tête avec whatsapp, dont je ne comprends pas pourqquoi il s'obstine à fonctionner ainsi, par intermittence, aléatoirement (ça m'éneeeeerve! figurez-vous que de l'avoir installé sur mon ordi,  ça ne change rien, à part qu'on voit mieux...) des fois oui des fois non, à la normande, de façon imprévisible, comme ça lui chante, wifi ou nonfi, couci-couça, de manière approximative...  mais ça finit toujours par marcher, et, finalement, c'est un genre d'école de l'espoir et de la patience, comme nos vies en ce moment : quand ça finit par marcher, je suis content comme un môme

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appels :
Catherine (de Noidans), Dominique (de Besançon) et Emma (de Gy)

*

30

J-35 ?

 

28 mars 2020

CCCC12

(mon morceau de bravoure de la journée d'hier)

Tadam! Hier je suis sorti! Je suis allé voir mon médecin, à pied (faisant d'une pierre deux coups , consultation et exercice physique, en plus il faisait beau, le bonheur), ma NNA (nouvelle nouvelle attestation clic clic Philou) en poche, j'ai fait mon petit kilomètre virgule cinq dans des rues parfaitements désertes (en piétons, par contre il y avait quelques bagnoles).
J'avais appelé le matin pour avoir une consultation, et donc j'étais là à 11h30 comme annoncé (on frappe et la secrétaire -masquée- vient vous ouvrir, ça fait un peu club privé : un patient avec et le médecin et un autre en salle d'attente.) C'est drôle -et inhabituel- d'être assis seul dans cette salle d'ordinaire surpeuplée et où il m'est parfois arrivé d'attendre carrément une heure...
Je voulais être fixé, j'étais conscient que ces problèmes respiratoires qui m'affligent étaient davantage des trucs dans la tête, j'ai expliqué mon cas au médecin, mes petits tracas (j'ai d'ailleurs même pleuré un peu, je suis un hyper-émotif, mais me suis vite repris),  il m'a écouté, a jeté un oeil sur mon dossier dans son ordi, et m'a ensuite examiné,  a pris ma température (devant à droite à gauche 36°6), écouté ma respiration, pour conclure que je n'avais rien de grave, juste une petite rhinite saisonnière...
Ah bon
Et voilà pourquoi je me sentais beaucoup plus guilleret en sortant de son cabinet... c'était bien ce que j'avais supposé mais j'avais seulement besoin de l'entendre, et par mon médecin surtout.
Je lui ai demandé s'il pouvait me prescrire un petit truc contre les moments de flip, il a dit bien sûr et il m'a donné une boîte de cachetons ("c'est très léger") à utiliser au cas où...
A la pharmacie, on sentait que c'était la guerre et que tout un tas de mesures de précautions avaient été prises, plaques de plexi avec juste un petit guichet pour passer la main pour introduire soi-même sa carte verte dans la machine, et, à la fin de la transaction, récupérer ses médicaments. "Ma" pharmacienne était jeune souriante et masquée... Combien je vous dois ? Zéro euro, merci madame au revoir madame (les autres clients attendent à distance respectable).
Me voilà rassuré, un peu plus tard, repartant avec à la main mon sac en papier de la pharmacie contenant mon petit assortiment... une  voiture de flics est passée mais ne s'est même pas arrêtée, je me sentais... joyeux léger léger, en repartant chez moi, il faisait soleil, comme quoi parfois  ça ne tient pas à grand-chose, hein...

*

Le Montmarin était désert, comme vidé, pas de gamins en vélo, pas d'ados qui "tiennent la Poste" en se roulant -et en fumant- des pétards, pas de kakous en bagnoles avec la musique à fond, pas d'ado(te)s en groupes bruyants penchés sur leurs téléphones, pas de mamans flanquées de leurs moutards, pas de papas qui roulent les mécaniques, pas de papys assis en terrasse à siroter un thé et qui fument pensifs non rien de rien, personne, ça c'était étonnant, et je n'ai même pas eu envie de prendre de photos

*

Est-ce que ça vous arrive d'avoir des chansons dans la tête ? Moi oui, très, souvent, et, encore plus souvent des chansons idiotes (tiens il faudra que je fasse un jour une Liste des chansons qui me passent par la tête (et j'avais été très content de rencontrer chez Carl Hiaasen, dans Jackpot je crois, une héroïne avec le même problème (qui n'en est pas vraiment un, mieux vaut ça qu'avoir des acouphènes) sauf qu'elle avait en général deux morceaux différents en même temps, qui se mélangeaient...

*

J'ai relevé à moitié  le petit store merdique (mais bon c'est moi qui l'ai posé) de la petite fenêtre de la chambre, en face de mon lit, pour avoir chaque matin le (grand) plaisir de voir le jour se lever, ce moment de bascule où ce n'est plus tout à fait la nuit et pas encore tout à fait le jour

*

façons de mesurer le temps qui passe :
- rouleaux de PQ : j'utilise les "U nature / papier toilette compact / 4 rouleaux = 12 rouleaux / Ecolabel", un rouleau me "fait" environ une semaine, et j'ai 9 rouleaux sur l'étagère du bas dans la salle de bains, ce qui devrait me mener à peu près à la fin du cococonfinement...
- médicaments : un comprimé d'aerius (antihistaminique) à prendre chaque matin pendant 30 jours / la boîte contient 30 comprimés, quand elle sera vide nous serons le 27 avil (yesssss!)

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subtilités de la ponctuation :
la différence entre laisser aller et laisser-aller
(étonnant, non ?)

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trouvé un tuto pour les filles sur "pas de laisser-aller pendant le confinement" (se maquiller se parfumer s'épiler se pomponner) elles doivent rester ni-ckel, quelles que soient les circonstances, mais bon que pour les filles (les mecs, eux, ben c'est pas prévu, ils ont le droit de traîner toute la journée, en slip, sur le canapé, pas rasés, à regarder la téloche en fumant et en sifflant des bières etc.

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La Haute-Saône fait partie de la quarantaine de départements "moyens" qui n'ont pas aucun décès (comme les Alpes-de-Haute-Provence, les Ardennes, l’Ariège, le Cantal, la Charente-Maritime, la Creuse, la Dordogne, le Gers, le Jura, les Landes, le Loir-et-Cher, la Haute-Loire, le Lot, la Lozère, la Nièvre, le Puy-de-Dôme, la Guyane, la Réunion et Mayotte), mais, au 26 mars, en comptent néanmoins moins de 10

 

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appels
- entrants : Brigitte (ma soeur), Evelyne (qui semblait en pleine forme), Marie (pour le scrabble), Babeth (en verve aussi), Dominique (pour notre échange quotidien) , Christine P. (après le repas),
(remarque : je suis un pédé qui n'a quasiment que des filles dans son répertoire téléphonique)
- sortants : Marie, Babeth, Dominique, Christine

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 J-36?

29 février 2020

"there's a bomb in centennial park..."

(arghhhhh! post effacé malencontreusement, et, m'explique canalblog, voilà que cette opération est hélas irréversible... je vais donc essayer de le réécrire de mémoire...)

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LE CAS RICHARD JEWELL
de Clint Eastwood

Au début, il faut le reconnaître, personne n'est vraiment sympathique , parmi les personnages présentés : un agent de sécurité lourdaud et tatillon (procédurier), un avocaillon arrogant, un mec du FBI déplaisant, et une journaliste arriviste (ambitieuse). On se demande comment on va bien pouvoir s'intéresser à eux (surtout qu'on est dans le terrain marécageux du "d'après une histoire vraie"), mais cette chère vieille baderne (réac') de Clintounet est un vrai réalisateur, il sait y faire, et nous voilà embarqués, lorsque l'agent de sécurité, (toujours zélé), découvre accidentellement sous un banc un sac à dos qui pourrait bien contenir une bombe (on a vu auparavant une main anonyme l'y déposer), et ce dans l'enceinte bondée d'un concert public pendant les festivités des JO d'Atlanta, il fait ce qu'il peut pour faire dégager un maximum de gens, et devient un genre de héros national pour avoir signalé ledit sac à dos suspect aux autorités compétentes (qui, au début, s'en foutaient d'ailleurs assez royalement, mais ont changé d'avis lorsqu'a été reçu un appel anonyme signalant la bombe dans le sac et l'explosion imminente), bref Richard Jewell devient famous du jour au lendemain, hélas pour lui, car le FBI du coup s'intéresse à lui (il faut bien pouvoir désigner un coupable), et, suite à une fuite de l'agent du FBI énervant au creux de l'oreille de la journaliste chaudasse, le journal dès le lendemain fait ses gros titres (et ses choux gras) en le désignant en toutes lettres comme le coupable potentiel, alors, du coup, Richard J. n'a plus qu'à faire appel à l'avocat (tiens, qui est joué par l'acteur qui jouait le "gentil nazi" dans Jojo Rabbit) pour qu'il le défende, dans la partie compliquée qui s'engage...
Affolement des médias, magouilles dégueulasses des gars du FBI (décidément il semblerait que Clintounet ne puisse pas les encadrer), manipulation de l'opinion, mauvaise foi, coups bas, mensonges, acharnement des journalistes, on se retrouve a priori dans un récit "procédural" classique, tandis que Richard est de plus en plus mis à mal (malgré le soutien de  sa maman, jouée par l'excellente Kathy Bates). Mais notre bon vieux Clint va faire encore mieux que ce qu'on attend de lui, dans une montée impressionnante de la tension, qui va culminer dans une dernière partie impeccable (qui va aligner plusieurs morceaux de bravoure, la déclaration de la mère de Richard, puis l'audition de Richard par le FBI (une séquence que j'ai trouvée magnifique, et qui justifierait à elle seule d'aller voir le film), et enfin la scène dans le diner où le salopard du FBI apporte la lettre à Richard...) avant une coda très happy-end.
Il faut insister sur le fait que  la force du film, et l'émotion ressentie ont beaucoup à voir avec la qualité (et l'intelligence) de la  prestation de Paul Walter Hauser, qui incarne Richard Jewell. Cet homme-là est très fort.
Téléramuche a publié un classement de la quarantaine de  films de Clint Eastwood, du pire (Le 15h17 pour Paris) au meilleur (Impitoyable), et, sans trop se mouiller, range celui-ci à la 20ème place... N'ayons pas peur de le reconnaître, je trouve que ce Richard Jewell fait indiscutablement partie des "bons" films de Clintounet.

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26 février 2020

marinade

(oh oh en faisant le ménage je retrouve ce post que j'ai oublié de publier ...)

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THE LIGHTHOUSE
de Robert Eggers

Re. Je voulais absolument le revoir dans le bôô cinéma (la salle 3 du Victor Hugo n'étant tout de même pas "optimale"...) et voir si je comprenais mieux ce qui se passe (ou si d'autres hypothèses se vérifiaient -ou pas-). S'il est un film pour lequel l'expression "dans son jus" s'applique, c'est bien celui-ci. Marinade virile à deux poiscails saisis dans leur quintessence mâle (le réalisateur ne nous épargne rien, jus de chique, alcool, pets, pots de chambre, branlette, et n'hésite jamais à en remettre une louche pour faire plus que bonne mesure (comme chez le boucher : "Y en a un peu plus... je vous le mets quand même ?").
Un film sacrément secoué (dans tous les sens du terme) et Dafoe autant que Pattinson y font merveille. A deuxième vision, c'est sûr que le film ne fait pas "peur"... Il incommode, il dérange, il interroge, avec ce sentiment d'être redevenu un gamin, entre frayeur et émerveillement, en train de lire un Contes et légendes de la mer et des marins.
On s'en prend plein la figure, tout de même : de la flotte, des noyé(e)s des sirènes des tentacules des mouettes agressives des chansons de marin du poisson avarié, et encore quelques rabasses d'eau salée, un chouïa de tempête, une bonne rasade de tord-boyaux, et c'est reparti pour un tour de manège maritime (tempête sous un crâne) : qui est mort, qui est fou, qui a tué qui, qui veut voir la lumière et qu'est ce qu'il y a bon de dieu de bon dieu dedans.
Sacrément secoué, oui.

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25 juin 2021

CMFUBJ 68

24 juin : comme annoncé je suis rentré

(contrairement à la météo annoncée la semaine dernière "c'est le seul jour où il va faire beau..." avait dit Dominique, il pleut comme vache qui pisse quand je sors du bus Besançon/Vesoul, dernière étape de mon périple, et je rentre, vaillamment, comme le petit cheval dans le mauvais temps, sous un genre d'averse tropicale qui me trempe entièrement (hop, tout direct dans la machine à laver...) et me donne la sensation que plus je me rapproche de chez moi et plus elle devient forte...)

DONC il serait temps d'un nouveau compte-rendu des aventures jambières de votre serviteur (eh oui c'est comme l'amour ça n'est jamais tout à fait fini...)

VENDREDI 18 :
à l'issue d'un trajet nickel sans problème, je remarque, grâce à Dominique, que vient d'apparaître, quasiment en gare de Nogent-le-Rotrou où Malou vient nous chercher, une grosse cloque (3 cm environ) sur ma jambe rouge, et j'en conçois un assez vif désappointement, puisque nous venons à peine d'arriver
Malou m'invite à consulter les médecins locaux (le premier n'a pas de rdv avant le 24 juin, la seconde, sur place, n'a rien avant lundi et nous invite à aller plutôt aux Urgences, la troisième, celle de B., me donne rdv en fin de journée)
Nous allons donc à B., la toubib me prend au bout d'une heure, me laisse raconter mon histoire, et tranche en me disant qu'il faut reprendre les antibiotiques (elle m'en prescrit carrément pour six semaines!) et me met carrément dehors en m'expliquant qu'elle est là depuis 8h ce matin sans pouvoir ôter son masque et merci monsieur au revoir monsieur
Oups! le pharmacien de B. à qui j'avais déjà eu affaire (il est très bien) me confirme que six semaines c'est excessif, me donne donc trois boîtes... et m'invite à aller faire plutôt un tour à l'hôpital, aux Urgences...
Nous décidons de passer cette première soirée tranquille à la maison et d'y aller demain matin...

SAMEDI 19 :
Nous voici donc à la première heure aux Urgences de Nogent-le-Rotrou, où je suis admis pendant que Malou et Dominique en profitent pour aller au marché. Je reste toute la matinée, ECG, analyses de sang, tout le monde a l'air de s'alerter quand je parle des piqûres de tiques, le médecin est perplexe (que ma jambe soit encore rouge après tant de temps, pour lui c'est signe d'une réaction allergique mais il ne sait pas à quoi...) deande une nalyse bactério du contenu du phlyctène (j'apprend que c'est comme ça que ça s'appelle), me met sous perfusion d'antibiotique (amoxycilline), l'infirmière me met un joli pansement et je sors vers 13h avec une ordonnance d'antibiotique (augmentin) et de matériel pour faire les pansements, et l'infirmière qui me dit qu'elle a fait un tout petit trou dans la cloque pour les prélèvements, mais qu'elle risque de se reformer, et m'invite alors à reconsulter

DIMANCHE 20 :
comme nous n'avons pas eu le temps de passer à la pharmacje samedi et que l'infirmière m'en a donné deux "pour dépanner" (et que je sais que nous irons à la pharmacie demain) je décide de commencer le traitement à l'augmentin (en prévenant les autres que ma voisine de Coulevon avait fait un choc anaphylactique avec ce même antibio, et que donc si je deviens bleu il faut appeler les pompiers...) Deux heures parès le repas, je commence à me sentir nauséeux, de plus en plus, jusqu'à aller carrément vomir (avec de grosses difficultés au début tellement les spasmes sont brutaux), une fois, puis une autre, (les autres sont allés se coucher, je monte la garde près des toilettes, et à l'alerte suivante, je vidange des deux côtés à la fois, avec une belle énergie graphique (et me voilà à deux heures du mat' en train de nettoyer la porte des toilettes... les vomissements ont cessé faute de combattant (je n'ai plus que de la bile) et les dernières diarrhées ne sont plus que de la flotte... je vais me coucher vers 3h 1/2, je réussis à dormir deux heures

LUNDI 21 :
pendant la nuit je m'étais demandé si c'était l'augmentin ou une gastro, mais vu que je remange -prudemment- au petit-dej' et que mon estomac l'accepte, je penche pour l'augmentin, et, donc, à la pharmacie je ne prend que le matos pour les pansements (la pharmacienne insiste pour que je consulte un nouveau médecin, que si on m'en a prescrit, c'est que j'en ai besoin...)

j'ai laissé un message sur le répondeur du cabinet d'infirmières pour le pansement, mais l'une d'elles  me rappelle en m'expliquant que c'est trop tard pour aujourd'hui, qu'elle viendre demain et mercredi mais que je dois absolument changer celui qu'on m'a posé aux urgences, et donc, quand je l'ôte je m'aperçois que l'ampoule s'est vidée (ça n'est pas très joli ça ressemble au toutes premières que j'avais eu sur la jambe) je désinfecte et je me débrouille pour bricoler un pansement...

ça tombe bien, Malou au téléphone a réussi à me négocier un rendez-vous le soir même avec la docteur G. qui nous avait renvoyés vers les urgences le premier soir, et j'y vais à 18h. Je suis très impressionné par la toubib en question, une petite dame qui ne mâche pas ses mots, qui vous bombarde de questions, observe ma jambe, prend le phlyctène en photo, me fait une ordonnance pour un antibio (amoxycilline) et de l'ultralevure, me dit qu'elle va se procurer le résultat de mes examens au urgences, qu'elle va contacter une dermato à Chartres pour avoir son avis, et que ça serait bien qu'on se revoit le lendemain

MARDI 22 :

l'infirmière est venue me faire un pansement un peu "désinvolte", voit la plaie,  et me dit que ce n'est pas la peine qu'elle revienne le lendemain

la toubib me rappelle (en numéro masqué) en me disant de ne pas commencer le traitement antibios, de faire de nouvelles analyses de sang, (je n'ai qu'à passer à son cabinet le soir et elle me donnera l'ordonnance) et de prendre rdv illico chez mon médecin traitant

j'espère en profiter pour avoir plus d'explications, mais, le soir venu, elle me tend juste l'ordonnance de prise de sang depuis l'entrée comme si j'étais contagieux, et je dois lui arracher deux trois phrases avant qu'elle ne referme la porte

MERCREDI 23 :
l'infirmière est passée de bonne heure pour la prise de sang (et me refaire mon pansement, j'en ai profité pour lui montrer l'état du précédent)

j'appelle le docteur pour avoir de plus amples informations, elle me dit que la dermato n'avait pas de certitudes, mais que, SURTOUT, je dois ABSOLUMENT mettres des bandes de contention le matin avant même d'avoir posé le pied, qu'elle attend les réusltats de ma prise de sang, qu'elle comparera avec ceux des Urgences (de samedi, que, personnellement je n'arrive pas à récupérer mais dont la secrétaire m'apprend qu'elle, la médecin, les a) me demande à quelle heure je pars jeudi (7h du matin, ça complqiue les choses) et qu'éventuellement elle me contactera en fin de journée via numéro masqué pour un éventuel rdv à 20h45 / 21h, mais je n'aurai pas de coup de fil le soir

(en plus Pascal vient de rentrer et c'est donc une assez joyeuse soirée qui se joue - Dominique rafle tout au Triomino- chez Malou)

JEUDI 24 :
Malou nous ramène à Nogent, où on prend notre train, comme prévu, à 8h12...

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8 février 2015

froides sueurs

PHOENIX
de Christian Petzold

Hitchcock avait adapté pour son Vertigo un roman de Boileau-Narcejac (D'entre les morts) que j'ai lu quand j'étais jeune, et Christian Petzold vient d'adapter pour son Phoenix un autre "vieux" polar français de la même trempe, Le retour des cendres, d'Hubert Monteilhet, que j'ai lu aussi quand j'étais jeune...
Une homme et une femme. Une femme morte. Un homme qui utilise une femme pour la faire ressembler à celle qui est morte. Il y a entre les deux histoires d'interrogeantes similitudes. Chez Hitch, c'était Kim Novak, dans les deux rôles, chez Petzold c'est -bien entendu s'en réjouiront -et bruyamment- certains- l'iconissime Nina Hoss.
Elle commence le film assez mal en point. Rescapée des camps,  elle est méconnnaissable, le visage couvert de pansements (ça n'est jamais bon signe, dans un film, un personnage -surtout féminin- avec le visage bandé).

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Elle est prise en charge par une amie, confiée à un chirurgien qui lui refait le visage "comme elle était avant", et, de retour dans sa ville, la voilà qui cherche son mari, dont on lui annonce pourtant qu'il l'aurait lui-même dénoncée et livrée aux nazis. Mari qu'elle retrouve dans un cabaret, le Phoenix, figuré à l'écran par un rectangle rouge. Un Johnny du genre "Fais-moi mal Johnny..." ou "Johnny tu n'es pas un ange..." Sauf qu'il ne la reconnaît pas. Mais décide de la "prendre en main". Pour essayer de la faire ressembler à sa (qu'il croit défunte) femme  (elle-même, donc), pour arnaquer les assurances et récupérer un gros paquet de fric (l'héritage de sa femme). Sauf qu'il trouve qu'elle ne s'y prend pas très bien et n'est pas trop ressemblante.
Le film opère une impressionnante condensation, comme si Hitchcock avait été réécrit par Pirandello, scénographié par Brecht, et filmé par Fassbinder. (Toutes références qui me sont ainsi venues pendant la projection). Sueurs froides, c'est évident, sauf que la motivation n'est absolument pas la même (l'amour fou d'un côté, la cupidité de l'autre). Brecht pour le contexte (Allemagne, après-guerre, misère, violence) un peu daté, stylisé, Pirandello pour les jeux de miroir sur l'identité et le modus operandi, et Fassbinder pour les mêmes raisons que Brecht, mais cinématographiques (Ah, Le mariage de Maria Braun...) et l'énergie sèche qui va de plus en plus irriguer le film, à partir de ce point de départ convenu ("théorique") et quand même assez invraisemblable), et cette mise en route laborieuse de la fiction, pour l'élever "en douceur" vers une scène finale (deux, même : la gare, puis la chanson) magnifique.
(J'avais arrêté là la rédaction de ce post il y a une dizaine de jours, avant de partir pour Clermont, et il serait difficile que je le continuasse ainsi, et je le livre donc en l'état.)

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(l'affiche française, que je trouve -pour une fois- plus judicieuse que l'affiche originale...)

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6 janvier 2015

en corée encore

THE INTERVIEW
de Seth Rogen et Evan Goldberg

oui oui c'est mal je sais, et illégal en plus, mais je n'ai pas pu m'en empêcher : j'ai regardé The interview, suite à l'interminable et harassant battage médiatique qui entourait (préparait ? ) sa non-sortie ou pas. Je l'ai regardé sur mon nordinateur, tout d'abord dans une version insupportable où les sous-titres avaient été directement traduits de l'anglais tels que, mot à mot, genre goo*gle translate  -oui, insupportable- puis dans une version un peu mieux sous-titrée (mais, quel est donc l'équivalent français réel à "miel-bite", qui revient assez souvent dans les dialogues ?)

soyons franc, je n'ai pas hurlé de rire, d'accord, j'ai souri quelquefois, ok, j'ai baillé un peu quelquefois aussi, mais bon, ça se regarde, nonchalamment certes (un bon film pour un premier janvier, par exemple, avec les derniers restes de champagne qui s''éliminent lentement de vos neurones surchargés, et vous laissent avachi en peignoir sur le canapé en grignotant les derniers chocolats, l'esprit nappé d'une jourdelanière indulgence) mais ça se regarde, il y a beaucoup de choses bien pires et bien moins regardables

le couple Seth Rogen / James Franco, d'abord : là, question sous-texte gay, les deux n'y vont pas avec le dos de la cuillère (à miel-bite ?), et que je t'étreins, et que je te roule une pelle, et que je te hug, et que je t'articule muettement I love you, ohlala c'est vraiment des bons amis, c'est comme s'ils officialisaient officieusement le "couple de potes qui adorent jouer à poil ensemble mais qui sont pas pédés non non" qu'ils ont déjà survendu aux médias. Bon, ça, ça ne me gène pas du tout, bien au contraire, vous imaginez bien : Seth Rogen, je l'adore il me fait... beaucoup d'effet : le genre gros -et encore il a perdu du poids pour être conforme aux standards zhollywoodiens- nounours poilu, barbu, miam, par contre James Franco est beaucoup moins ma tasse de thé, surtout quand, comme ici, il compose, en force,  un personnage un peu concon horripilant, ceci dit il suffit que Sethchounet apparaisse à l'écran pour que les choses du coup deviennent beaucoup plus... regardables (oui oui, je ne suis pas objectif)

l'humour ? ça commence très bien avec la chanson de la petite fille coréenne, ensuite il y a comme un flottement avec l'"interview" d'Eminem (qui fait son coming out), mais ensuite, euh, le côté blagues de cul -et de choses qu'on met dedans-, de teub qui pue, et j'en passe, bref, le genre ado attardé qui a été jusque la marque de fabrique, sympathique et attendrissante dans les films de Seth R., ne me dérange pas certes mais c'est hélas pratiquement les seuls ressorts comiques qu'utilise le film, ce qui fait que, quand ça ne parle pas de branlette, d'anus ou de bite, on a le sentiment de s'ennuyer un peu

le scénar ? aïe... un interviewer vedette de la télé ricaine (Franco) et son producteur (Rogen) vont en Corée officiellement pour interviewer le dictateur Kim Jong Un (mais ils sont en réalité chargés par la CIA de l'assassiner au moyen d'une languette imprégnée de poison et transmise lors d'une poignée de mains). Tout va bien évidemment se gâter à cause de Franco (dont le personnage est vraiment très très con, la languette en question étant prise pour un chewing-gum par les gardes du corps dès la fouille des sacs à l'aéroport, et mâchouillée en tant que telle, obligeant la CIA à en renvoyer par drone express une autre, non, deux autres, qui seront réceptionnées à la James Bond par Seth Rogen, avec un gag -qui fait long feu- de chose à se carrer dans le trou de balle pour échapper à la fouille...)

on va ensuite suivre, parallèlement les roucoulades de Franco avec le dictateur (qui se trouvent mutuellement sympathiques et plein de points communs), et celles de Rogen avec une Garde-Rouge (qui va se révéler beaucoup plus ardente que ce que son attitude glaciale martiale laissait supposer)

On a le sentiment que les scénaristes se sont de moins en moins concentrés sur le scénario à partir de ce moment-là (ou ont commencé à fumer de plus en plus de cigarettes qui font rire), car le film va progressivement se déliter, patiner, surplacer, jusqu'à la fameuse interview qui donne son nom au film, et qui redonne au film un peu de vigueur (je n'ai pas dit rigueur) et d'énergie

pendant que Franco dit en direct ses quatre vérités à l'affreux dictateur, devant des millions d'auditeurs (les réactions desdits auditeurs, qu'ils soient coréens -militaires et peuple- ou américains -CIA ou marines- étant montrées au fur et à mesure de l'interview) se déroule dans le studio une bataille assez violente et de plus en plus gore entre ceux qui veulent arrêter la retransmission et ceux qui font tout pour que, justement, elle continue, et, on se rapprocherait, là, enfin d'une folie un peu gentiment furieuse

après, la fin du film, à vrai dire, on n'en a pas grand-chose à faire, même si on assiste à la mort du dictateur en question, mais c'est bien de rester jusqu'au bout parce que le générique de fin, par contre, avec illustrations à la façon propagande communsite est, lui, très réussi...

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mmmmh ils sont-y pas mimi ?

 

14 décembre 2014

je crois entendre encore

NUITS BLANCHES SUR LA JETEE
de Paul Vecchiali

Alors qu'on annonce pour début 2015 la resortie d'un paquet de ses films (surtout le magnifiquissime Corps à coeur et le porno Change pas de main "introducing Jean-Christophe Bouvet") l'entregent de notre assoc' nous a permis de visionner avant sa sortie  (28 janvier) son dernier film, projeté cet été à Locarno.
Un film parlé, oui, juste un homme et une femme qui (se) parlent, plusieurs nuits de suite, sur un coin de jetée. Elle c'est Astrid Adverbe, que je ne connaissais pas, aussi juste que lui, et lui c'est Pascal Cervo, qui prouve une fois de plus quel acteur magnifique et scandaleusement sous-employé il est. Le film est tiré d'une nouvelle de Dostoievski (d'ailleurs elle s'y prénomme Natacha, et lui Fédor) il est question d'amour (d'amour en question aussi bien que de questions en amour) dans une langue très écrite (entre Rohmer pour les élans et Marivaux pour les incertitudes, ou bien le contraire). Un préambule de jour (et un peu hors-jeu) met en présence Pascal Cervo et Paul Vecchiali (se créditant au générique du rôle du "vieux"), et un très joli générique chanté et dansé (en surimpression) viendra refermer un peu mélancoliquement l'ensemble (à la fin de la nuit).
On retiendra l'extrême justesse de la direction d'acteurs, beaucoup de mots mais assez peu de mouvements, et un intérêt qui se maintient tout au long de manière assez miraculeuse (il y aurait peut-être juste un petit ralentissement avant la toute fin, avant l'ultime sonnerie de téléphone, qui laissera d'ailleurs le spectateur aussi pantois que le personnage concerné (et qui laisse à penser que s'il y avait eu des téléphones portables du temps de Marivaux, celui-ci n'aurait pas hésité à les utiliser de la sorte, pour harponner soudain la bienveillance convenue (la convention bienveillante) de l'aventure amoureuse, pour en déchirer soudain la trame, y créer une béance pour qu'y passe un souffle d'air iodé (sans doute, on est sur le port, après tout).
Oui le film se clôt avec une ironie un peu cruelle, mais c'est sans doute ce qui fait, paradoxalement, encore plus sa force. Il est question d'aimer, d'attendre, de rendez-vous non honorés, de promesses non tenues, de l'objet de l'affection, qui pourrait bien à point nommé être remplacé par un autre hop! comme ça (à moins que), du jeu et de ses règles ("à une condition : ne tombez pas amoureux de moi"), des circonvolutions (circonlocutions ?) du désir, du ballet des sentiments, tout ça dans une langue magnifique, servie, je le répète par des acteurs qui le sont tout autant.

Oh nuit enchanteresse
Divin ravissement
Oh souvenir charmant,
Folle ivresse, doux rêve!

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(mmm je ne suis pas sûr que cette affiche soit très attractive...)


(le réalisateur et ses deux acteurs, à Locarno)

... et je rajoute quelques mots pour dire que j'ai oublié de parler de la musique (on y entend différentes versions lo-fi des Pêcheurs de perles de Bizet, le morceau qui donne son titre au post, que j'ai découvert il n'y a d'ailleurs pas très longtemps, chanté par Catherine Frot et André Dussolier si ma mémoire is good) réorchestré notamment pour piano-jouet (j'étais fier, j'ai reconnu quasiment tout de suite).

24 novembre 2014

paris novembre two

mardi 18

8) TIENS-TOI DROITE **
(Proj de presse)
Dans la salle, Roselyne Bachelot (derrière) et Audrey Pulvar (à ma gauche) pour un film moyennement enthousiasmant (pourtant j'adore Noémie Lvovsky, Marina Foïs, Michael Abiteboul -vous allez finir par vous y habituer- et Jonathan Zaccaï, les acteurs ne sont pas en cause), parce que trop brouillon (très difficile d'y rentrer) et confus : trois statuts de femmes (j'ai oublié de citer Laura Smet), archétypes singuliers au départ qui s'unissent un peu confusément in fine dans  une histoire de "poupée pas blonde pas à gros seins". Quelques détails plutôt embarrassants (à propos des gamines notamment). J'avais beaucoup plus aimé son précédent Pourquoi tu pleures ?



9) QUI VIVE ***
(MK2 Hautefeuille)
Le sujet ne m'attirait pas particulièrement, mais Reda K et Adèle E, c'était alléchant. Si Reda est de presque tous les plans, Adèle est un poil sous-employée, et c'est bien dommage. Un film "sociétal", (la banlieue, les djeunz qui zonent et foutent le bordel, les trucs tombés du camion, les embrouilles) le portrait juste dun homme juste et de son combat pour s'en sortir (les états d'âme du vigile)...La dernière scène (la reconstitution) est magnifiqueet fait venir les larmes aux yeux.



10) WHITE GOD **
(avant-première UGC Les Halles) 
La dernière fois que je vais à une avant-première là, à 20h30 (salle archi-bondée, chauffage à fond, voisin qui tousse, impossible de bouger les jambes) pour un film hongrois pas mal mais bon. Un peu schématique et prévisible (mais comment s'appelle donc ce film de Samuel Fuller d'après Romain Gary ?) un film qui montre les dents (mais le réalisateur dit que c'est pour jouer) et aussi comment l'amour peut venir à bout de la rage, (et la trompette des aboiements) avec une ultime scène impressionnante (imettant en scène 300 chiens ou presque...)

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mercredi 19

11) ET MAINTENANT ? ****
(MK2 Beaubourg)
Un grand bonheur en portugais, de 2h45. Une ample et précieuse chronique autobiographique (le réalisateur est malade du SIDA depuis une dizaine d'années et nous évoque ses thérapies successives, mais pas que du tout.) La maladie, le Portugal, l'amour (Il a aussi un mari, magnifique barbu qui "a dû troquer le heavy metal contre la fanfare des pompiers"), le travail aussi (il a fait le son dans les films des autres, qu'il évoque, Ruiz, Monteiro), il nous  parle de tout ça, et de plein d'autres choses encore. Un film gourmand, gourmand de la vie, de la mémoire, de l'amour, du cinéma... Magnifique.

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12) EDEN *
(UGC Les Halles)
Je suis sorti avant la fin tellement ça m'a inintéressé. Pourtant Vincent Macaigne (mais sans barbe, ce qui était déjà mauvais signe). Chronique-hommage à la scène (et un groupe de) garage music, dans les années 90/00. Vie nocturne, clubs, défonce, et musique, bien sur. (c'est d'ailleurs lors de ces scènes là que lles gens sortaient...)

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jeudi 20

13) LES OPPORTUNISTES***
(UGC Les Halles)
Un film à la structure comme j'aime : la même histoire racontée trois fois de suite en suivant trois personnages différents. En plus en italien, et avec Valeria Bruni-Tedeschi en Carla (!) grande-bourgeoise dont la vie est soudain déstabilisée par une série d'évènements fâcheux. Il est beaucoup question d'argent (un peu d'amour aussi quand même) et le ton du film est délicieusement cruel. le titre italien évoque Le capital humain, et l'explicite dans l'épilogue. Efficace et plaisant.


14) '71 ***
(UGC Les Halles)
Plus qu'un film politique, un thriller (un soldat, une nuit, Belfast, des catholiques en colère, des protestants en colère, des cathos qui se déguisent en protestants, des protestants qui défendent des catholiques, et l'armée qui sème sa zone, et attise encore plus les pulsions des belligérents, au bout d'un moment on on ne sait plus trop qui est pour ou contre qui, on ne peut que continuer à courir dans la nuit aux basques de ce soldat (qui va vraiment de Charybde en Scylla),  on est jusqu'au bout tenu en haleine par ce baptême du feu mené tambour battant. on n'a qu'une hâte, que le soleil se lève. Haletant.

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15) PRAIA DO FUTURO ***
(Proj de presse)
Un beau film germano-brésilien : les amours d'un maître-nageur (chef des pompiers) brésilien et d'un moto-crosseur germain : en trois chapitres aux titres poétiques. Avec l'intervention du petit frère du maître-nageur. plage ici et plage là-bas (rien à voir). On passe des vagues idyllique aux frimas berlinois (la coproduction est scrupuleusement respectée), la mise en scène assure, le son est (au début et à la fin) poussé au maximum, dans une volonté délibérée d'en mettre plein les oreilles, mais c'est plutôt jouissif. Un beau triangle viril.

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vendredi 21

16) FELICIDAD ***
(Luminor)
Premier film argentin de la journée (sans Ricardo Darin!) Une histoire d'amitié entre deux associés (sous-texte gay, yes), amis d'enfance, dont l'un disparaît tout à coup, et où le "restant" va se mettre à enquêter en compagnie de la femme du disparu (qui souhaiterait le remplacer), avec l'aide d'un gastronome amateur de nourriture arménienne... Cherchez la femme... Plutôt très agréable, mais avec hélas une scène (et une musique)  finale(s) bien trop violonneuse et longuette (et attendue)...

17) CAÑADA MORRISON ***
(Luminor)
Deuxième argentin (toujours sans Darin) : une fillette s'obstine à vouloir retrouver son père dont elle ne connaît même pas le prénom, à partir d'une plaque métallique rouillée trouvée sur une antenne. Roadmovie en zone assez inhospitalière (qu'est-ce qu'on a l'air de se peler!) avec cette gamine au début assez énervante, mais qui s'adoucit et s'assouplit au fur et à mesure de sa quête (elle est accompagnée de son institutrice) Des rencontres, des surprises, des kilomètres, de l'émotion, contrat rempli.

18) HISTORIA DEL MIEDO ****
(L'Archipel)
Troisième argentin d'affilée (oui oui toujours sans RD) et, dès le départ, on déguste, on savoure, on jubile -un moment sublime dans un fast-food qui m'a fait venir les larmes aux yeux (le jeune homme qui danse)- Un film au départ en fragments, qui pourrait évoquer Les bruits de Recife, un film qui porte bien son titre, sur toutes les différentes formes de peurs qu'on peut ressentir, avec une longue scène finale très réussie dans le noir, où les choses se nouent (se dénouent) et une conclusion peut-être pas tout à fait à la hauteur...

19) FILS DE **
(Luminor)
HPG, où le cinéma prêche le vrai (faux) pour savoir le faux (vrai), Faux rapports, faux tournage, faux sperme, et vrais doutes, vraies interrogations. Brouillon, frondeur, rebelle,  et finalement contre mauvaise fortune bon coeur. Du cinéma "à côté" avec quand même un côté, justement, "ma petite entreprise (auto- comme dans autoportrait mais aussi auto-analyse). Où il serait qaustion de vanité (dans tous les sens du terme).

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samedi 22

20) CANAILLES CONNECTION ***
(Reflet Médicis)
Malgré son titre nunuche (et pas vendeur il faut bien le reconnaître) j'avais envie de le voir, parce que c'est israélien, une comédie de surcroît, et de plus une histoire de hold-up foireux perpétré par une bande de papys cacochymes avec déambulateurs, pacemakers, et tout l'équipement ad hoc, menés par un gamin surdoué (qui se fait persécuter par ses copains d'école)... C'est drôle, c'est tendre, et ça fonctionne!

21) TRAINS ETROITEMENT SURVEILLES ****
(Reflet Médicis)
Je ne connaissais que le titre du bouquin de Hrabal (une nouvelle, en fait) et la resortie en copie neuve et restaurée a fait le reste : un noir et blanc magnifique pour un film très... tchèque, dans une gare où le chef élève des pigeons, le sous-chef tamponne les fesses des jeunes filles et le stagiaire (c'est lui le héros) aimerait que son flambeau viril "ne soit pas fripé comme une fleur de lys" quand il en a besoin (il est puceau). C'est de l'humour plutôt noir (et blanc) puisque tout ça se passe pendant la deuxième guerre mondiale. Une excellente découverte.Hautement recommandé.

Trains étroitement surveillés : Affiche


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4 décembre 2014

caldavquatre : lumières

ah les illuminations...    silence éloquent    elles font partie intégrante des "réjouissances" supposées imposées de ce mois de décembre (je me suis déjà par le passé assez longuement exprimé sur le sujet pour ne pas avoir à redire ici combien tout ça m'afflige) cette débauche de watts de diodes de leds ces ruissellements de clignotis cette surenchère d'ampoules cette guerre des lumières car c'est bien d'affrontement qu'il est question, de suprématie dans le marquage de territoire je veux parler clic clic des décos des maisons individuelles, pas de ces -non moins- infâmes décorations urbaines et collectives qu'on nous suspend dans nos rues et à nos ronds-points dès la mi-novembre, oui il est ici question des initiatives individuelles qui réapparaissent ça et là dans les rues, de ces maisons où pas un centimètre de la façade du toit ou du jardin (ni même de la grille ou de la cheminée voire de la porte du garage) n'est laissé dans l'ombre propice des douces nuits et autres saintes nuits de décembre voire bien davantage (certains s'y prennent bien en amont et ne baissent les bras (ou le rhéostat) que bien après les re-festivités dites de la nouvelle année) pour nous en mettre plein la vue, aux passants certes mais surtout aux voisins car il est surtout question d'en remontrer aux autres, d'être le mâle dominant de la meute, le chef de section, celui qui a la plus grosse qu'on voit de le plus loin, et pour marquer ainsi son territoire, plus question de pisser furieusement dans les coins, non, il faut que ça se remarque, il faut que ça brille dans le noir, que ça se voit de loin, qu'il y en ait plus, plus fort, plus longtemps (je me suis toujours demandé -prosaïque- l'incidence de cette débauche sur la facture d'électricité)

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21 novembre 2014

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HAWAII
de Marco Berger

C'est dommage, on ne pourra pas le passer dans notre prochaine semaine latino, ce troisième long-métrage de Marco Berger dont j'ai découvert, en cherchant sa trace (je savais qu'il y avait eu un tournage, financé en partie grâce au crowfunding) et sa date éventuelle de sortie, qu'il l'était déjà, au mois de mars, sorti, et directement en vidéo.
C'est dommage, mais je ne sais pas si ça aurait intéressé beaucoup d'autre monde que moi... J'avais adoré (et j'adore toujours) son premier, Plan B, j'avais été un peu moins enthousiasmé par le second, Absent, surtout à cause d'une musique pas vraiment adaptée, et me voilà tout à fait ravi par ce Hawaii, on l'on retrouve d'ailleurs le fort mimi Manuel Vignau, qu'on avait découvert dans Plan B ( qui a un peu changé depuis mais a gardé le même sourire craquant).
Ici, pas  besoin d'argument scénaristique un peu trop tordu comme dans Plan B (ou un mec décidait de draguer "pour de rire" le nouveau copain de son ex-copine et finissait par en tomber amoureux)  ni de prétexte pour mettre en jeu (c'est toujours la même chose, et c'est sans doute ce qui m'enchante) les hésitations et les atermoiements de deux mecs qui tomberont finalement dans les bras l'un de l'autre. Dans le premier il s'agissait d'hétéros flexibles (jeunes gens chevelus et barbus avec des t-shirts de foot), ici on apprend, au milieu du film, qu'il y a un hétéro et un gay. Mais le résultat est le même. Deux hommes et le désir.
Marco Berger filme amoureusement le corps de ces hommes, avec une sensualité attentive, attentionnée, qui nous en montre un peu sans jamais ou presque dévoiler l'essentiel. Rien de pornographique, que de l'affectif. Du suggéré, des effleurements, des regards, des tentatives. Des hésitations.
Et on se laisse aller à cette douceur, à cette langueur, qui nimbent le duo d'Hawaii (il n'y a d'ailleurs pratiquement pas d'autres personnages que ces deux gaillards mal rasés qui se tournent autour avec des pudeurs et des effarouchements de demoiselles sans que ce soit jamais ridicule ou forcé.). Avec beaucoup de regards en coin ou indirects sur l'objet de leur affection. De toute leur attention.
Oui, vraiment, j'adore ça (et j'ai même acheté le dvd sur amaz*n, et je n'ai pas pu attendre, et l'ai  visionné avec gourmandise le soir même.) C'est délicieux ce pas de deux, entre irréaliste et idéaliste peut-être, mais, vraiment, avec moi en tout cas, ça marche à tous les coups. Marco Berger regarde ces hommes (ses hommes) exactement comme j'aime le faire. Sous des dehors velus et sexy, battent aussi des petits coeurs sensibles et palpitants. Comme quoi le macho argentin moyen pourrait avoir à l'occasion des joues roses de midinette (c'est pour ça qu'il se laisse pousser la barbe, pour qu'on ne puisse pas le voir au premier coup d'oeil...)
Les scènes de lit de Plan B étaient délicieusement troublantes (jeunes gens en slip dormant dans le même lit en tout bien tout honneur huhu), et c'est comme si Marco Berger avait agrandi ça à l'échelle du film entier. Comme dans le film Le cousin du programme Sexual tension : volatil (en ai-je parlé ici déjà ?). Il n'est peut-être bon qu'à (il n'a peut-être envie que de) raconter ça, mais qu'est-ce qu'il le fait bien!  Comme ici, élégamment, tendrement, solairement, sans le côté doloriste et la boursouflure musicale de Absent. Oooh jeunes gens en sous-vêtements, prenez le temps, prenez tout votre temps, de vous montrer et de vous regarder, de vous entredésirer...
Avec, comme d'habitude, la référence à l'enfance, à l'innocence de, aux souvenirs, à la mémoire, au temps qui passe... (soupir) Una vez mas, Marco!

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l'affiche

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l'ambiance


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3 octobre 2014

la groupie du pianiste

ELLE L'ADORE
de Jeanne Herry

Mais qu'est-ce qu'ils ont donc à vouloir forcément nous vendre comme des comédies des films qui n'en sont pas ? Parce que les gens ont 'achement envie de voir des comédies ? et qu'ils vont juste au cinéma pour se décontracter les zygomatiques ?? C'est vrai qu'il manque peut-être une catégorie de films, entre les comédies d'un côté , et les tragédies de l'autre.  Rien au milieu. On parle alors de comédie dramatique (tiens, et jamais de drame comique), mais on pourrait peut-être, entre les deux, inventer la neutrédie (et ça vaudrait pour pas mal de films, d'ailleurs, non ?)
Il s'agirait plutôt d'un polar (il y a tout ce qu'il faut : cadavre, meurtrier, et complice, sans oublier flics à la pelle -mais il y a un autre personnage qui est à la pelle aussi hihihi-) sur fond de rencontre entre deux personnages  "en principe pas vraiment appelés à vraiment se rencontrer mais c'est ça qui fait justement tout le sel de l'histoire": le chanteur à succès (qu'on n'entend jamais, et c'est très bien comme ça) et la fan de base aussi assidue et énamourée que légèrement mytho (qu'on entend beaucoup, par contre et c'est très bien comme ça aussi).
Lui c'est LaurentLaffitedela ComédieFrançaise, et elle c'est Sandrine Kiberlain, et c'est pour elle que j'allais voir cette avant-première (on était mardi soir) sous les lazzi et quolibets d'ailleurs de mon ami Hervé... Elle y tient ses promesses (l'aviez-vous vue dans le 9 mois ferme de Dupontel ? Elle y faisait déjà merveille), masi le film a du mal à tenir les siennes.
LaurentLaffitedela ComédieFrançaise lui campe un salopard de première mais on n'en prend conscience que petit à petit. Le film  nous égare dans un premier temps temporellement (une suite d'actions filmées comme si elles s'étaient produites réellement alors qu'elles ne sont qu'énoncées, puis les mêmes actions refilmées quand elles se produisent pour de bon, mais pas tout à fait (où on ne sait pas jusqu'à quel point) de la même façon, et on sent bien qu'il s'est passé quelque chose qu'on a sciemment omis de nous dire). Et c'est dommage d'avoir un peu chargé la barque (mais peut-être est-ce la comédie ?) avec un couple de flics (elle/lui) un peu excessifs dont les engueulades et le ni avec toi/ni sans toi trop systématiques sont assez vite lourdingues et déséquilibrent le film vers un comique vaguement pataud sans qu'on en soit très sûr.
C'est pas mal (ohlala j'ai déjà oublié la fin, la toute fin je veux dire) mais bon voilà pas de quoi hurler à la lune, ni à se relever pour, une nuit sans.
(S.Kiberlain, C.Deneuve, F.Loiret-Caille, J.Binoche, K.Stewart, C.Mastroianni, C.Gainsbourg... mais qu'est-ce que j'ai tout d'un coup, moi, à craquer comme ça pour les actrices ? Serais-je en train de changer d'équipe ?? uh uh uh)

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3 septembre 2014

cinéparis

Le Grand paysage d'Alexis Droeven : Affiche

LE GRAND PAYSAGE D'ALEXIS DROEVEN
de Jean-Jacques Andrien
Le "film de Nicolas".  un film patrimoine, aussi. Une distribution étonnante : Maurice Garrel y est paysan, c'est le frère de Nicole Garcia, le père de Jerzy Radzilovicz ("l'homme de marbre") et le copain de Jan Decleire (une très jolie scène d'oie et de poursuite). Une magnifique chronique paysanne et filiale, sur fond de révolte, de répression, de déchirements inter-communautaires, avec des dialogues de Franck Venaille. Un film brumeux, glaiseux, taiseux, une splendide (re)découverte.

Sils Maria : Affiche

SILS MARIA
d'Olivier Assayas
Un jeu de miroirs à la vache-qui-rit (pour ne pas dire "mise en abyme" comme tout le monde, avec ce y prétentieux) plutôt brillant : Juliette Binoche joue une actrice d'un certain âge confrontée à une actrice bien plus jeune, qui est censée reprendre le rôle qu'elle avait joué à 28 ans, celui d'une jeune fille confrontée à une femme plus agée, tandis qu'elle (l'actrice mûre) reprendrait l'autre rôle (celui de la plus âgée). Mais le personnage de Binoche est secondé par une jeune assistante (Kristen Stewart, fabuleuse) et toutes ces dualités se font écho, magnifiquement, dans ce monde de limousines, chauffeurs, palaces et paparazzi. Pour les germanophiles, on voit aussi passer Hans Zichler (Au fil du temps) et Angela Winkler. Brillant.

Le Sel de la terre : Affiche

LE SEL DE LA TERRE (PP)
de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado
Partir de photos  magnifiques, ça aide pour réaliser un documentaire tout aussi magnifique sur l'auteur de ces photos. Wim Wenders s'y colle, et nous parle en français dans ce portrait de Sebastiao Salgado, co-réalisé par le fils de celui-ci, Juliano. On suit chronologiquement le travail de création de Salgado, au fil de ses livres (et engagements) successifs, illustré somptueusement de ses photos, et musiqué majestueusement par Laurent Petitgand. Impressionnant.

La Dune : Affiche

LA DUNE
de Yossi Aviram
Niels Arestrup et Guy Marchand en vieux couple, le beau Lior Ashkenazy en joueur d'échecs mutique, un passage-éclair de Mathieu Amalric, Jean-Quentin Châtelain en collègue d'Arestrup (il est flic) : c'est un film d'hommes, incontestablement (et une histoire assez fortement autobiographique, semble-t-il). Emma de Caunes est un peu surnuméraire, mais fort joliment.  on a assez vite compris le pourquoi du comment (ou alors je suis hyper intelligent mais ça m'étonnerait), mais ça n'est pas gênant du tout. Touchant.

Léviathan : Affiche

LEVIATHAN (PP)
d'Andrei  Zviaguintsev
Wouah! Pour clôre ce mercredi "en beauté", un film asphyxiant de noirceur et de pessisimisme, mais chronique quasi documentaire de l'état des lieux en Russie aujourd'hui. "Feu de bois, grillades, vodka et tir" (pour résumer un week-end), l'itinéraire d'un homme, en forme d'escalier du malheur (que dévalerait une barrique d'au moins un hectolitre de vodka). Un triangle amoureux inséré une attaque en règle du pouvoir (du fric, de la politique et de la religion). Entre deux parenthèses sublimes de paysages sur du Phil Glass. Glaçant, justement.

Boys Like Us : Affiche

BOYS LIKE US (PP)
de Patric Chiha
Un film charmant : les déambulations de trois pédés en Autriche (avec chaussures de marche et valises à roulettes). Trois potes, trois états d'âme : celui qui vient de se faire plaquer, celui qui téléphone à sa psy, et celui qui drague. Celui qui voudrait tout organiser, celui qui cherche son amour perdu, celui qui a envie de baiser. Les "trois mousquetaires" dans une Autriche plus vraie que nature (montagnes, shorts en peau et panneaux d'interdiction). C'est tendre, bien écrit, gentiment vachard, beaucoup plus "léger" que le premier film de Patric C., et ça devrait faire du bien à tous les pédés (aux autres aussi). Un film beaucoup plus fin qu'il pourrait paraître à première vue. Adorable.

Hippocrate : Affiche

HIPPOCRATE (PP)
de Thomas Lilti
Un joli film, encore, sur le milieu hospitalier, très autobiographique. L'arrivée d'un jeune (Vincent Lacoste) interne dans le service de son père (jacques gamblin), qui bosse avec un autre nouvel interne (Reda Kateb) sous les ordres d'une infirmière-chef (Marianne Denicourt) pas forcément commode. La découverte "sur le tas", les erreurs, les relations entre collègues, avec les patients. Du vécu, de l'humain, du vraisemblable toujours, du réalisme idem (le manque de moyens, le principe de rentabilité, la réduction des effectifs, le mépris des gestionnaires envers le personnel médical et soignant...) Beaucoup de tendresse, d'humour, d'émotion, et de sourires aussi.  Un film irréprochable.

La Famille Bélier : Affiche

LA FAMILLE BELIER (A-P)
d'Eric Lartigau
Une très avant-première (le film sortira en décembre). Une belle idée : dans une famille de sourds-muets paysans et fromagers (papa Damiens et maman Viard) une adolescente est la seule parlante et entendante. Elle va au lycée, découvre l'amour, envisage de passer un concours pour intégrer la maîtrise de radio-France, mais elle sert aussi d'interprète et de porte-parole à toute la famille. Le scénario envisage plusieurs pistes (les élections, le petit copain, le frère avec la copine) mais finalement n'en suit qu'une jusqu'au bout, la plus nunuche et la plus attendue : le concours de chant. C'est plaisant à regarder, chacun se donne au maximum (Viard et Damiens sont impressionnants, et la jeunette aussi), mais on ne peut s'empécher de trouver ça un poil démago et sens du poil (et le fait que le réalisateur ne puisse répondre correctement à aucune des questions du public est un peu embarrassant). Gentillet.

3 coeurs : Affiche

3 COEURS (PP)
de Benoît Jacquot
La bande-annonce m'avait plu : Poelvorde entre deux soeurs : Charlotte G. et Chiara M., filles de Catherine D (la reine-mère est impériale, et elle finit par donner faim, à manger comme ça pendant tout le film.)J'ai repensé à ce que Charlie avait dit, il y a très longtemps, en sortant des Ailes de la colombe, du même Benoit J. : "Tout le monde est très beau, très riche, très malheureux..." c'est un peu ça, mais ça fonctionne. Jacquot qualifie son film de "thriller amoureux", et les liens forts tissés entre les personnages dès le départ (qu'ils soient amoureux ou familiaux, ou sociaux) ne peuvent évoluer que vers une issue fatalement fatale. La musique de Bruno Coulais renforce encore ce sentiment d'inévitablité (?), et, en même temps, d'impossiblité à régler "simplement" le conflit. Des violons ombrageux, des étreintes, des mensonges, et même, au coeur de tout cela, un miroir quasiment magique. Passionnel.

Bande de filles : Affiche

BANDE DE FILLES (A-P)
de Céline Sciamma
Encore une avant-première à l'UGC Les Halles (dans la "semaine de la comédie", hum hum...) Le troisième film de Céline Sciamma, qui suit la ligne des deux précédents. Céline Sciamma filme aussi attentivement les demoiselles que je photographie les messieurs.(...) Des filles, comme l'indique le titre, la banlieue, le quotidien, la "petite vie" avec son lot de vexations, d'interdits, d'envies, de révoltes, de désillusions, avec une troupe d'actrices non-professionnelles sidérantes (de naturel, d'énergie de force). En plus, Céline Sciamma a un don inné pour la composition graphique de ses plans (tout comme Para One a le même pour  la composition musicale, ici il nous refait quasiment du Steve Reich et c'est TROP BIEN, toutes les scènes musicales sont a tomber tellement ça fonctionne bien -et la larme à l'oeil je vous dis pas...-) Enthousiasmant.

Trap street : Affiche

TRAP STREET
de Vivian Qu
Un film étrange qui commence comme une comédie gentillette naturaliste (bien qu'un peu confuse) et vire ensuite au thriller paranoïaque. Chine, terre de contrastes, avec géomètre, rue qui n'existe pas officiellement, femme mystérieuse, laboratoire encore plus mystérieux, police secrète, caméras de surveillance aïe aïe aïe et après on perd un peu pied (le héros aussi, visiblement).

The Salvation : Affiche

THE SALVATION
de Kristian Evring
Après le western-spaghetti et le western-choucroute, le western-smørrebrød! Un western brutal et consciencieux à la fois. Qui respecte scrupuleusement tous les codes (poncifs ?) du genre, à part le fait que le héros s'exprime parfois dans cette langue mystérieuse. Avec en plus (progrès techniques obligent) des extérieurs nuit(s?) d'une beauté grandiose. Madds Mikelsen est le héros (normal, c'est danois), Eva Green y joue une guérillère mutique (normal, on lui a coupé la langue), et notre oooh aaah Cantona national y joue un desperado ma foi tout à fait honorable (mais un comparse). Saignant

Aimer, boire et chanter : Affiche

AIMER BOIRE ET CHANTER
d'Alain Resnais
Les critiques louangeaient, les amis qui l'avaient vu m'avaient quasi unanimement refroidi, mais bon, là, à 4€ je ne pouvais pas ne pas tenter l'aventure. Les critiques avaient peut-être raison, mais les amis aussi, et je m' y suis assez copieusement ennuyé. Une fois qu'on a accepté les fantaisies (travelling avant en voiture, dessin du lieu, l'essentiel de l'action en hors-champ, décor en penderillons) répétitives, il ne reste plus qu'a écouter les dialogues des personnages (entre le boulevard et Ionesco) et attendre que le temps passe... Pfouh! Joueur, mais je n'ai pas joué le jeu.

Pride : Affiche

PRIDE (A-P)
de Matthew Warchus
Le coup de coeur, inattendu (et en très gros plan, j'étais au premier rang!) de cette "semaine de la comédie et des avant-premières". Un film comme les britanniques savent parfaitement les faire (Full Monty, Les virtuoses...) avec du social, des affrontements (avec les flics ou d'autres) des engueulades, des tronches, des cup of tea, de l'humour, de la tendresse, des scénes de pub, de manifs, de liesse ou de hargne, bref, deux heures quasiment de bonheur à l'état pur. Un feel very good movie, qui vous laisse, quand les lumières se rallument, à la fois avec les yeux rouges et un sourire béat. So british (well...  so welsh!)

Boyhood : Affiche

BOYHOOD
de Richard Linklater
revu avec Véro et son fils. je  trouve ça toujours aussi bien (ficelé) et émouvant

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WHITE BIRD (PP)
de Greg Araki
Tiens, un deuxième film avec Eva Green, complètement transformée (elle joue une femme plus vieille que son âge) dans une adaptation (la première me semble-t-il) de Laura Kasischke (d'un roman que je n'ai pas lu, Un oiseau blanc dans le blizzard) dont la narratrice est une adolescente dont la mère a un jour mystérieusement disparu, un récit transposé dans les années 90 avec, Araki oblige, une bande-son furieusement dansante, des jeunes gens torse nu sur la pelouse, des "laissés-pour-compte" (c'est lui qui le dit), Une reconstitution furieusement (délicieusement) maniériste (ou Eva green ne serait pas très loin de la Julianne Moore de The hours). Araki assagi, mais avec le zeste de perversité fantastique de Kasischke.

Flore : Affiche

FLORE (PP)
de Jean-Albert Lièvre
Un documentaire poignant, autour de la mère du réalisateur, atteinte de la maladie d'Alzheimer, le récit d'une expérience (comment lui et sa soeur ont préféré sortir leur mère de l'institution où elle déclinait inéluctablement et la ramener en Corse, dans leur maison familiale, avec toute une équipe dévouée, pour lui permettre de revenir à la vie).

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METAMORPHOSES
de Christophe Honoré
Celui-là oh que je l'attendais, et quand on attend trop, on risque d'être déçu. J'en sors et ce fut un peu le cas, je crois. Ce qui est certain c'est que ce n'est pas l'engouement fou, spontané, immédiat, qu'avaient provoqué Les chansons d'amour ou Les bien-aimés. Pan a une très jolie flûte (c'est un FAQV, tout au moins au début, après ce sont plutôt les dames qui paient de leur personne), Jupiter aussi, et ma foi tout ça fait une bonne occase de revoir un peu sa mythologie (et de rêver à ce que ça aurait pu donner vraiment).

Pan pleure pas : Affiche

PAN PLEURE PAS
de Gabriel Abrantes
Heureusement que j'ai jeté un oeil ce matin dans l'officiel, "au cas où" : il passait justement ce soir (la seule et unique séance de la semaine!) Un programme de trois courts de Gabriel Abrantes, qui me reconcilieraient définitivement avec le Portugal... Qu'on pourrait qualifier de "décalés" ou de "surprenants", de "barrés" : un voleur de viagra dans le premier, un poète portugais dans le second, et tout un aréopage loufoque dans le dernier (dont Edith Scob). Parfois contemporain (mais pas ici) parfois en costumes (mais toujours pas ici) parfois on ne sait ni quand ni où... Idéale cerise sur le gâteau cinématographique de ces dix jours. Mon "jubliatoire" à moi de cette semaine et demie. Délicieux (et improbable).

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