Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
lieux communs (et autres fadaises)
18 septembre 2022

micro 195

"Même si le bonheur t'oublie un peu, ne l'oublie jamais tout à fait." (Jacques Prévert)

*

"Les personnes de plus de 65 ans ont le bonheur plus facile que les jeunes, pour des raisons biologiques (psychologiques et sociales d’abord) mais aussi neurobiologiques : les gens âgés qui n’ont pas de maladies sécrètent beaucoup de dopamine, neuromédiateur de l’action, et des endorphines. Des petites choses auparavant considérées comme fades et sans goût peuvent être source d’une sensation de bien-être incroyable : un petit déjeuner réussi, la lecture d’un journal, la visite d’un enfant ou la discussion avec un voisin… Tout cela participe à la sécrétion d’endorphines." (Boris Cyrulnik)

*

(à la clinique) le demi-gourbi que j'ai occupé le matin de mon intervention (pas une chambre, puisqu'il n'y avait pas de lit) s'appelle "box commun" et est tout de même facturé 30€. Et toc!

*

(au restau) : le papa, la maman, quatre filles identiquement blondes (entre 3 et 12 ans) finissent leur repas (de famille, donc) SAUF QUE arrive une autre dame, à ce moment celle que je prenais pour la maman se lève pour aller la rejoindre, et fait se lever une des filles qui part alors avec elles, puis elle dit au revoir au monsieur en lui disant "Vous n"avez pas changé..." avec un charmant sourire, et s'en va, avec sa fille et la nouvelle arrivante, laissant le papa se débrouiller avec les trois gamines restantes (la plus petite me fixe effrontément -un peu comme dans ce film d'horreur norvégien ou danois-, ou plutôt elle fixe chacune des frites que je mange...)

*

Jean Cocteau participe à un dîner très ennuyeux.
Arrive un moment de silence qu'un invité comble avec la phrase de circonstance :
- Un ange passe.
Cocteau :
- Attrapez-le vite, qu’on l’encule !
Nouveau silence de mort.
Alors Cocteau :
- Il doit aimer ça, il est revenu.

*

"Quel que soit le degré sur lequel on prétend se positionner, on n'en demeure pas moins, toujours, au premier degré. On dit toujours ce qu'on pense réellement, même, ou plutôt surtout, lorsqu'on précise qu'on déconne. Les blagues racistes sont racistes, les blagues homophobes sont homophobes et Pierre Desproges est antisémite. Basta. Circulez." (Jacky Schwartzmann, Allez vous faire foot)

*

Le champion de TLMVPSP (plus de 100 victoires et de 70000€) a été éliminé par un jeunot de 18 ans, qui a refusé une offre de 9000€ et préféré prendre le fauteuil parce qu'il "avait envie de jouer".

*

"Qui donc, pour contredire Jacques Lacan ?
Eh bien le supporter de foot. Oui, Monsieur. Le supporter de foot se dresse sur la pointe de ses petits crampons, il soutient du regard n'importe quel psychanalyste, et il affirme, haut et fort : "Le supporter de foot n'est pas lacanien." Parce qu'il est tout entier imprégné de second degré." (Jacky Schwartzmann, idem)

*

en persan, pour exprimer un profond instant de bonheur, il existe l'expression "ghand too-ye delam âb mishod", qui signifie littéralement "du sucre a fondu dans mon cœur"

*

"Nous vivons tous, ici-bas, à bord d'un navire parti d'un port que nous ne connaissons pas et voguant vers un autre port que nous ignorons ; nous devrions avoir les uns envers les autres l'amabilité de passagers voyageant ensemble." (Fernando Pessoa, Le Livre de l’intranquillité)

*

"On est jeune. Puis on n'est plus rien." ( Georges Perros, Papiers collés 3)

*

"Chez les uns le cœur vieillit d'abord, chez les autres l'esprit. Et quelques-uns sont vieux dans leur jeunesse, mais quand on est jeune très tard, on reste jeune très longtemps." (Nietzsche)

*

Le film NOVEMBRE sortira le 4 octobre.

*

"Tout l’automne tombe dans mon cœur ; j’ai l’âme d’une ancienne dame effacée ; une âme en taffetas couleur de feuilles mortes." (Anna de Noailles à Maurice Barrès, septembre 1904)

*

Cet échange dans un cimetière entre Sacha Guitry et Yvonne qui fut un temps sa femme : "Tu sais, un jour on écrira sur ta tombe : ‘Yvonne Guitry, enfin froide" Et l’intéressée de répondre aussi sec : "Et sur la tienne, on mettra : ‘Sacha Guitry, enfin raide".

*

"Vous qui pénétrez dans mon cœur, ne faites pas attention au désordre." (Jean Rochefort dans Un éléphant ça trompe énormément )

*
la mort de Godard me laisse de glace d'une force mais alors d'une force...

*

Si tu pars de Yerres aujourd'hui et que tu fais une pause avant Thiers, tu seras à Hyéres demain !

Fcwapm4WYAI3_El

*

 

 

 

2 septembre 2022

micro 194 (ex CMFUBJ spécial rentrée)

(je reprends donc "officiellement" la série des "micro" en lieu et place des CMFUBJ)

*

Un boulevard en ville, somme toute plutôt passant, mais là à cette heure ça va... Un couple, avec poussette, engagé sur le passage piéton, est arrivé presque au milieu, comme je ne vais pas très vite je m'arrête et juste je les regarde passer, paisiblement, quand tout à coup mon regard doit croiser celui du mec, derrière ses lunettes de soleil, qui s'immobilise alors et commence à m'apostropher assez agressivement (je n'entends pas ce qu'il me dit à cause de la musique, et puis mes vitres sont fermées), il continue en terminant de traverser, et  même encore une fois arrivé sur le trottoir, j'entends juste les mots "la route...", tandis que je redémarre, toujours impassible, en me disant que j'aurais pu, par exemple,  baisser ma vitre pour lui répondre "Mais je me suis arrêté pour te laisser passer, connard! Qu'est ce que tu aurais voulu de plus ? Que je m'agenouille et que je te déroule le tapis rouge en me prosternant ?" (mais en aurait-ce vraiment valu la peine ?)

*

FbSE5xqWQAg9ErP

*

les subventions en faveur de la chasse ont augmenté de 42000% (oui, quarante-deux mille pour cent) depuis 2017...

*

FbbLegdWQAEWu5e

*

"C'est lui qui m'a dit que j'avais mal commencé, qu'il fallait commencer autrement. Moi je veux bien. J'avais commencé au commencement, figurez-vous, comme un vieux con."  (Samuel Beckett, Molloy)

*

FbRW8gNWIAAei0r

*

rendez-vous à 10h15 avec un jeune (et joliet) anesthésiste,  torse-nu sous sa blouse verte échancrée en v (par là on voit le frisottis des jolis poils de son torse) : 10mn / 50€ Et bim!

*

FbU4Df7WAAEldkD

*

"Est condamnée à 2 ans de prison ferme la mère qui se marie avec sa propre fille de 27 ans, dont elle avait perdu la garde dix ans plus tôt car elle s'était mariée avec son fils." (Tribunal du comté de Stephens (Texas, USA), janvier 2018)

*

FbUV4WjUUAAk9Wu

*

"La vie est faite de morceaux qui ne se joignent pas" (Muriel, Les Deux Anglaises et le Continent, François Truffaut, 1971)

*

FbOjaUlXwAEnjRc

(c'était affiché à l'entrée du bureau d'un écrivain ou d'un poète, j'ai hélas oublié de noter lequel et j'ai donc oublié, peut-être Apollinaire mais je ne suis pas certain...)

*

" Vladimir : Dis, je suis content.
Estragon : Je suis content.
Vladimir : Moi aussi.
Estragon : Moi aussi.
Vladimir : Nous sommes contents.
Estragon : Nous sommes contents. (Silence.) Qu’est-ce qu’on fait, maintenant qu’on est content  ?"
(Samuel Beckett)

*

FbNBN_JXoAMApRv

*

" L'âge n'y fait rien. Le cœur ne vieillit jamais, et le vide, l'absence qui l'ont marqué, demeurent et ne font que grandir." (Romain Gary)

*

FbeJV58XgAIfTKM

*

"La meilleure preuve qu'il existe une forme d'intelligence extraterrestre, c'est qu'elle n'a pas essayé de nous contacter." (Pierre Dac)

*

FbbqroGXEAAsHTl

*

"Vivre sans lecture c’est dangereux, il faut se contenter de la vie, ça peut amener à prendre des risques." (Michel Houellebecq, Plateforme)

*

FbVhkrkWQAAX6_g

*

"Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes." (Georges Perec, Espèce d’espaces)

*

FXiYGm9XkAAnmnZ

*

"Sais-tu bien que, lorsqu’on a de la sensibilité, on est toujours un peu poète ?" ( Octave Mirbeau, Journal d’une femme de chambre)

*

shellac-gigi-la-legge-poster-5742

*

"Si ça se trouve, à force de rechercher l'imam volatilisé, ils vont trouver Dupont de Ligonnès. Ou le coffre de Benalla." (Ornikar, retouitté par Swâmi Petaramesh)

*

FbeECJhXEAErxYl

*

dans la série "les grandes phrases qui me font bien pisser de rire" : "Le travail est la clé de l'émancipation et de la dignité" (par notre première ministre) Waouh!

*

Fbe1lFUXwAMZ62d

*

 

26 août 2022

lanterne

140
EVOLUTION
de Kornél Mundruczó

Rattrapage,  on pourrait dire.
J'étais allé voir le film au Victor hugo chéri à sa sorti, j'avais vu le premier segment  (plutôt éprouvant), le troisième (moins anxiogène) mais je n'avais pratiquement rien vu du milieu, à part les premières et les dernières images. Donc j'y allais surtout pour ce fameux segment central... J'étais très bien réveillé pour le premier, que j'ai donc revu en intégralité, j'étais très bien réveillé pour le troisième, que j'ai donc revu idem, mais mais mais hélas très mais, j'ai un (tout) petit peu repiqué du nez au milieu (mais vraiment un tout petit peu hein... Il s'agit d'une mère et de sa fille, la mère est très vieille, on apprend que c'est elle le bébé de la première partie, qu'elle a des problèmes de santé (une longue scène d'essuyage de caca), et le final aquatique est toujours aussi surprenant (j'espérais avoir des explications à son propos mais non...)
Un film, comme j'ai déjà dit malaisé / malaisant, que le réalisateur a conçu et réalisé avec son épouse... Un film qu'on pourrait, finalement qualifier d'optimiste, puisque, d'une partie à l'autre les choses vont un peu mieux (sont moins pire serait plus juste)
Le plus étonnant, c'était dans la salle : sont venus s'asseoir, à quelques minutes d'intervalle, deux couples d'ados (enfin, de jeunes, quoi) desquels j'étais prêt à jurer qu'ils s'étaient trompés de salle (surtout le dernier, avec une demoiselle et son copain casquette à l'envers et tenue streetwear de rigueur -et les baskets posées sur le siège de devant-) et qu'ils allaient se lever dès les premières images (un film hongros en VO qui évoque la Shoah, pensez donc...) Et bien je suis un idiot : ils sont restés jusqu'au bout, très sagement, (lui à commencé à chuchoter un peu ô très légèrement vers la fin, mais j'étais dans un étât d'acceptation et de mansuétude absolues, prêt à tout endurer, à tout leur pardonner, et je n'ai absolument pas réagi... Bravo les jeûnots, en tout cas!

5867331

7 août 2022

CMFUBJ (avant le quinze août)

"Je veux faire avec toi ce que le printemps fait avec les cerisiers." (Pablo Neruda, “XIV” − Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée)

*

FZH01WeUYAAZjng

*

"Avec quelle rapidité le flot nous porte de janvier à décembre. Nous sommes entraînés par le torrent des choses ; et ces choses nous sont devenues si familières que nous n’apercevons pas leur ombre. Nous flottons sur la surface du fleuve." (Virginia Woolf)

*

FYwxfF1XEAYTBtM

*

(curiosités juridiques) "Est justifié le licenciement de la salariée qui, entre autres, demande à un collègue "ce fils de pute, d'aller se faire enculer par sa mère"." Cour d'appel de Paris, 12 janvier 2022, n°17/14540

*

FYLHOQaXEAEF14G

*

(curiosités juridiques) "Ne commet pas de harcèlement moral le supérieur qui dit "lâche ton téléphone sinon je le mets dans ton cul, gros enculé", au salarié déjà en dépression avant l'arrêt maladie suivant à cette altercation." Cour d'appel de Lyon, 19 mai 2022, n° 21/01432

*

FYsQI7tWIAA8QvP

*

 (curiosités juridiques) "Est condamné à 6 mois de prison avec sursis le chasseur qui, alors que les enfants des voisins jouent à cache-cache en silence dans la rue, menace de leur tirer dessus avec un fusil tout en tirant plusieurs coups en l'air". Tribunal correctionnel de Nantes, 22 juillet 2022

*

FZBEVA2XkAgB64w

*

"Il arrive parfois — et c'est toujours de façon presque soudaine — qu'au beau milieu de mes sensations surgisse une lassitude terrible de la vie, si forte que je ne peux même pas imaginer un moyen quelconque de la surmonter." (Fernando Pessoa, Le Livre de l'intranquillité)

*

FY_Fi2JWAAAhBm1

*

"Dieu a donné un cerveau et un sexe à l'homme mais pas assez de sang pour irriguer les deux à la fois." (Pierre Desproges)

*

FZDYklCXEAAVmmE

*

(curiosités juridiques) "Est justifié le licenciement du salarié qui, notamment, indique à une collègue qu'il va " la remplir de sperme jusqu’à ce qu’elle en meure "." Conseil de prud’hommes de Créteil, 18 octobre 2019

*

FZDoxqQXgAYov3J

*

(curiosités juridiques) Doit payer une amende de 20.000€ l'influenceuse qui explique sur Snapchat qu'un site d'investissement en cryptomonnaies est une valeur sûre pour gagner beaucoup d'argent sans indiquer qu'elle a été payée par le site. Répression des fraudes (DGCCRF), 28 juillet 2022

*

FZGFG7AWQAAv4zR

*

"Je ne suis ni gai ni triste. Mais je peux être tout l’un ou tout l’autre avec excès." (Jean Cocteau, La Difficulté d’être)

*

FZALUrdXoAQyYbp

*

"Je ne suis pas contradictoire, je suis dispersé." (Roland Barthes)

*

FZPs2vVX0AAExrr

dépénalisation  de l'homosexualité

*

"On revient de sa jeunesse comme d'un pays étranger."  (Federico García Lorca)

*

FZTdM7XaUAEoccE

Martin Parr

*

"Il souffrait de mélancolie. Tu sais ce que c'est la mélancolie ? Tu as déjà vu une éclipse ? Et bien c'est ça : la lune qui se glisse devant le cœur, et le cœur qui ne donne plus sa lumière."  (Christian Bobin, La folle allure)

*

FZOrzcxXwAEflXp

Marie Rivière chez Eric Rohmer

*

(curiosités juridiques) "Est justifiée l'hospitalisation sous contrainte de celle qui explique qu'elle n'entend pas des voix mais qu'elle capte les conversations des gens qui espionnent dans sa tête via satellite pour le compte de son ex-mari." Cour d'appel d'Aix-en-Provence, 14 juin 2019, n°19/00066

*

FZIlh-IXkAAUSCP

*

"Écrire n'a rien à voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, même des contrées à venir." (Gilles Deleuze et Félix Guattari)

*

e8bb9ab9d8653a51d8c06f8bc3b01b96

oui, il fait chaud...

*

"Nous restions immobiles. Ainsi doit être le bonheur." (Raymond Radiguet, Le diable au corps)

*

 

28 juillet 2022

double programme "je finis ma carte"

129
132
LA NUIT DU 12
de Dominik Moll

J'ai été quel bonheur sidéré durant tout le film, de la première à la dernière image. En apnée, béat d'admiration. Je connais le réalisateur depuis 1993 (le magnifique INTIMITÉ) et j'ai vu tous ses films (7 en presque 30 ans, c'est plus que raisonnable!). Déjà SEULES LES BÊTES, en 2019, frappait fort, mais celui-ci lui est encore supérieur. Par le duo en tête d'affiche (les excellents Bastien Bouillon et Bouli Lanners), par le fait que, dès les premières images, on sait (on est prévenu) qu'il s'agit d'une affaire non résolue, par le traitement du quotidien d'une équipe de flics (on pense au très beau L627 de Bertrand Tavernier) , qu'un personnage résume ainsi "le combat du bien et du mal, mais avec une photocopieuse en panne", et par l'apparition plus que touchante, vers la fin, d'Anouk Grinberg en juge entêtée.
J'ai été, oui, séduit d'un bout à l'autre (quel plaisir de voir -enfin- Bastien Bouillon en tête d'affiche (il jouait déjà un gendarme dans SEULES LES BÊTES, mais je le connais depuis le très touchant 2 AUTOMNES, 3 HIVERS, de Sébastien Betbeder),  les relations humaines au sein du beau duo qu'il compose avec le toujours juste et touchant Bouli Lanners (là non plus je ne suis pas objectif...), une enquête d'hommes sur un crime d'homme(s), un crime dégueulasse, où ce sont peut-être, oui, justement, tous les hommes qui sont coupables, la rigueur (la rectitude) de la mise en scène, et la place attribuée aux femmes : c'est une femme qui a été assassinée, c'est une femme qui insistera pour faire redémarrer l'enquête, c'est une femme qui apportera du nouveau, et c'est une femme qui résumera (synthétisera) la situation...).
Si j'ai été stressé pendant tout AS BESTAS, là j'ai été, je le re-redis, sidéré pendant tout le film. Sa simplicité apparente, sa force, sa mélancolie (son spleen).  Sa formidable justesse. Bastien Bouillon et Bouli Lanners composent des personnages très justes. Des mecs justes parce que "réalistes", fissurés juste ce qu'il faut. cabossés meurtris comme tout un chacun. L'enquête on la mène, on la suit, il est plutôt question d'une procession de procédure(s), ça n'est pas important, ça n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est ce qu'on ne voit pas, qui ne sera pas dit, pas forcément montré non plus. Que le réalisateur a l'intelligence (la délicatesse) de ne pas nous dévoiler trop explicitement. Un film en même temps brutal et d'une grande douceur.
Un grand film, que j'aurai grand plaisir à revoir la semaine prochaine dans le bôô cinéma.
Top 10 m'a chuchoté mon petit coeur de cinéphile.

5737649

pour la logique du film, il fallait absolument que ce soit cette affiche-ci

lanuit du 12

plutôt que celle-là, même si je l'aime beaucoup...

(J'y suis rettourné comme annoncé quelques jours plus tard dans le bôô cinéma, où il est programmé mesquinement cette semaine pour 5 séances, dans la plus petite salle (alors qu'hier soir nous y étions plus de trente !) et je suis toujours aussi enthousiasmé : voilà, j'aime tout dans ce film, je ne peux pas mieux résumer, et peut-être, là, particulièrement le personnage interprété par Bastien Bouillon, dont on sait finalement assez peu de choses, et qui gardera jusqu'au bout son opacité, tout en renouvelant mes yeux doux à Bouli L. et tout autant à Anouk G. aussi par-faits l'un que l'autre)

130
LA PETITE BANDE
de Pierre Salvadori

(on change d'ambiance radicalement ; celui-ci vu juste après le précédent, et, là, j'étais tout seul dans la salle...)

Pour commencer, un truc qui m'interroge : pourquoi absolument personne (ni le réalisateur ni les critiques), à aucun moment, n'évoque le film du même titre réalisé par Michel Deville (cinéaste exquis désormais, semble-t-il, "un peu injustement oublié", comme dirait Téléramuche, après avoir, pourtant, enchanté depuis nos années 70 jusqu'aux années 2000, avec le très beau UN MONDE PRESQUE PAISIBLE), sorti en 1982, qui était l'histoire, plutôt drôle, d'un groupe d'enfants,  sept jeunes anglais, et de leurs aventures en France, aventures qui avaient la particularité d'être totalement muettes -le problème de la langue-, ce que le cinéaste avait malicieusement souligné en créditant au générique à la rubrique dialogues Yann Apas et Jean Népami...). Quarante ans après, les enfants de Salvadori (dit Pierre Salade de riz dans un générique lui aussi malicieusement détourné) sont juste un peu plus âgés (la douzaine... il y en a même un qui a une ombre de moustache), ils ne sont que cinq (presque quatre et demi hihi) mais eux par contre parlent beaucoup, beaucoup plus...
Ils ont, pour des raisons diverses, constitué une bande, et décidé de faire péter l'usine locale, qui pollue leur rivière, et se lancent dans une épopée (plaisante) à mi-chemin entre la bibliothèque verte (le Club des cinq contre la méchante usine qui pollue) et la bande dessinée... Une bande de bricolos, entre Bibi Fricotin et les Pieds Nickelés (en moins laid : quand j'étais petit je trouvais les Pieds Nickelés insupportablement moches). Une idée superbe : les masques d'animaux (j'ai toujours eu un faible pour les films avec des masques d'animaux, même si ce sont le plus souvent des films d'horreur...). Oui, les masques d'animaux, ça a de la gueule.
Le film a un narrateur (ce qui n'était pas forcément indispensable,) qui s'avère être la "pièce rapportée" de la bande, un personnage un peu paradoxal (souffre-douleur, tête de turc, bouc émissaire et j'en passe), qui m'a un peu gêné par le systématisme des agressions dont il est victime (mais c'est comme ça dans la vie, hein, les gros tapent sur les petits, et leur volent lurs goûters). Les péripéties qui s'enchaînent sont suffisamment abracadabrantesques pour qu'on ne s'ennuie jamais ; c'est drôle, c'est attachant, c'est sympathique, et on a le plaisir de (re)voir Pio Marmaï le temps d'une courte scène "pédagogique"... La critique de Libé a fait sa petite moue dédaigneuse, sa bouche en cul de poule  qui m'agace tant (et hop! machine à gifles), et donc c'est une raison supplémentaire d'aller voir le film et de l'applaudir bruyamment.
En plus, les "hasards de la programmation" font que ça entre pas mal en résonnance tiens tiens  avec Stranger Things que je regarde en ce moment... Ca, ça n'était pas prévu du tout...

1686393

304325

3384454

1583277

1623891

22 juillet 2022

ça balance pas mal

122
EL BUEN PATRON
de Fernando León de Aranoa

Sacré Javier Bardem! Cet homme-là est décidément trop fort... Avec ses lunettes, sa bonne bouille, son attitude bonnasse, paternaliste, il est pourtant presqu'aussi létal que le tueur à gages (à coiffure de Mireille Mathieu) qu'il incarnait dans NO COUNTRY FOR THE OLD MAN... Tuer quelqu'un ? Tout est dans la façon de faire. Il est ici Blanco,  patron d'une usine de fabrication de balances, une entreprise "familiale" ou presque, et vient d'apprendre qu'une commission doit venir visiter prochainement son usine, pour l'attribution d'une nième récompense (la seule qui lui manque sur le mur du salon, d'ailleurs), et va donc tout faire pour que tout se passe bien (ou le mieux -ou le moins pire- possible). Au début du film, à la première scène, on se demande presque si on ne se serait pas trompé de salle (des jeunes qui se bastonnent), puis on comprend qu'un des jeunes est le fils d'un des employés du Buen patron, qui va lui demander d'intervenir en sa faveur... Blanco a de l'entregent et va s'en occuper. Mais ce n'est que le début d'une cascade d'emmerdements, puisque plusieurs autres problèmes, causés par plusieurs autres personnes, toutes en rapport avec l'usine, vont venir compliquer la situation, obligeant le buen patron à ne pas être aussi bueno en réalité que ce qu'il voudrait faire croire en apparence... Une comédie sociale noire sans complexes (sans morale et sans compromis), ou Bardem étincelle en salopard multirécidiviste. Mais, comme on dit, à salopard, salopard et demi, et même lui va trouver son maître es saloperie...
Je m'étais vraiment fait violence pour ressortir pour aller voir cette dernière séance du film par nous programmé (mardi 20h15) - sur suggestion d'Hervé, qu'il en soit une fois de plus remercié)- et j'ai drôlement bien fait, joder!

Capture d’écran (2159)

Capture d’écran (2158)

Capture d’écran (2157)

Capture d’écran (2156)

Capture d’écran (2155)

 

15 juillet 2022

plutôt l'ours ou le crocodile ?

116
IRRÉDUCTIBLE
de Jérôme Commandeur

J'avais vu la bande-annonce, que j'avais trouvée sympathique (même si un chouïa trop explicative), j'aime plutôt bien le bonhomme, j'avais envisagé vaguement d'aller le voir, sans me fixer d'échéance, et c'est finalement un appel d'Emma, et un concours de circonstances idoine, qui ont fait que nous y sommes allés dimanche à 18h (mon deuxième film de la Fête du C., donc).
On a passé un assez bon moment, il faut le reconnaître, le réalisateur est assez doué pour metre en place des situations qui prêtent à sourire, voire, à l'occasion, à pouffer carrément... Les dialogues font le job, et on était plutôt de bonne humeur, avec Emma, à la fin de la séance, "un bon film de fête du cinéma, pour passer un bon moment de divertissement" avons-nous conclu. N'empêche que, une semaine plus tard (j'ai commis l'erreur de ne rien écrire dessus tout de suite, à chaud) tout le film ou presque s'est évaporé.
Me restent les interventions vocales du réalisateur (au début du générique de debut, vous savez, le moment où s'empilent (s'enquillent) les différentes petites animations correspondant aux différentes sociétés qui ont donné des sous, et à la fin du générique de fin, où il intervient pour mettre son grain de sel à propos de tout et de rien, pour meubler, parce qu'il n'avait pas assez de sous pour mettre de la musique jusqu'au bout), que j'ai trouvé assez plaisantes. On a bien compris le pitch en voyant la bande-annonce : un fonctionnaire qui refuse son indemnité de licenciement est successivement envoyé dans des lieux (et des fonctions) de plus en plus en improbables. On a aussi le plaisir de voir Laetitia Dosch qui fait grave sa Laetitia Dosch, et on a quelques "avec la participation de" plaisamment complices (Christian Clavier en délégué syndical! Depardieu en amoureux de la France au J-T, et Valérie Lemercier, moins lyrique, qui parle avec gourmandise des chiens qui reniflent la bite...). Ca dégomme tous azimuths les fonctionnaires, les DRH, les supérieurs hiérarchiques, les délégués syndicaux, les ministres, les tribus dans la jungle, les indemnités de licenciement, les unions libres à partenaires multiples, les familles recomposées, dans un spectre assez large de rigolardise allant du caustique au franchouillard...
Pas indigne, mais pas inoubliable. Voilà, un "film sympa pour la Fête du Cinéma", quoi...

1621379

 

18 juillet 2022

bananas et gin tonic

117
LES MINIONS 2
de Kyle Balda, Brad Ableson, Jonathan Del Val

Bof bof! Parti pour voir le film d'Ozon et réalisant qu'il ne passait qu'à 16h, j'en ai profité pour. Première séance, quand je suis entré dans la salle j'ai eu un petit coup au coeur en repensant aux séances scolaires : beaucoup de gamins, joyeux, qui rebondissent sur leurs sièges dzoïng dzoïng, papotent, popcornent, posent des questions, ont envie de faire pipi au(x) mauvais moment(s), etc., (j'ai d'ailleurs envoyé un sms à Catherine pour lui évoquer la situation). Je n'ai vu aucun film de la série Moi moche et méchant mais je suis assez sensible à la poésie burlesque et décalée des Minions. Là il est question de la jeunesse de Gru, de son apprentissage en tant que méchant, mais j'ai trouvé l'histoire complexe pour des enfants, sans vraiment réussir à m'y intéresser, la musique fatiguante (ouhlala les seventies...), et tout ça en regrettant que les meilleurs gags figurent dans la bande-annonce. Bref, bof bof bof...

 

2431585

5606812

118
PETER VON KANT
de François Ozon

Déjà, les deux modèles différents de l'affiche (référencés Warhol), qui me ravissent. Le film se revendique comme "librement inspiré par" Les Larmes amères de Petra Von Kant, de R.W Fassbinder, (1972 : j'étais encore "trop petit" cinéphiliquement et je ne l'ai pas vu). Ozon prend la pièce et "transpose" la distribution, et hop! Petra Von Kant devient Peter. Et de dessinatrice de mode devient réalisateur de cinéma. Et Peter est incarné par un Denis Ménochet carrément monumental. La Petra de l'histoire originelle avait une secrétaire à tout faire qu'elle surexploitait, et tombait amoureuse d'une troublante jouvencelle qui allait la tournebouler complet, (mais les aventures saphiques m'ont toujours bien moins intéressé que leurs homologues gaies) et donc notre Peter a un secrétaire Karl, aussi amoureusement que silencieusement dévoué (c'est un rôle muet), et va se faire rouler dans la farine amoureuse par Amir, un jeune apollon frisotté. D'où les larmes du titre de la pièce, qui, si elles ne figurent pas explicitement dans celui du film, y figureront pourtant en bonne place... Peter a aussi une muse, Sidonie (Adjani dans ses grandes oeuvres, soumise -impassiblement- à des dialogues sur le refus de vieillir et la jeunesse éternelle...) celle justement qui lui a présenté Amir.
Une pièce filmée donc, dans un appartement dont on ne sortira que très peu (régulièrement, juste, depuis l'autre côté de la fenêtre,  pour figurer les saisons -et le temps- qui passent, ainsi que deux scènes presque à la toute fin, qui ajouteront encore un petit je ne sais quoi de plus à la cruauté de cette histoire d'amour(s).) Hormis les quatre personnages pré-cités, nous ferons aussi la connaissance de la fille de Peter (qui, époque oblige, est coiffée comme Mireille Mathieu), et, sublime entre les sublimes, cette toujours très chère Hanna Schygulla, qui joue la mère de Peter (et qui, pour mémoire, jouait aussi dans la Petra von Kant  originelle, mais le rôle de la jeunette).
Le film est implacablement (impeccablement) fascinant, comme le rouge très rouge d'isabelle Adjani, on s'y aime, on s'y ment, on s'y fait des cadeaux,on y casse les cadeaux, on s'y hurle dessus, on s'y déchire et on s'y rabiboche, mais, impitoyablement, à la fin, on n'a plus qu'à tirer le rideau, sur cette histoire triste et simple (et "normale") comme la vie... On retrouve, minutieux, le sens du théâtre filmé qu'Ozon avait déjà manifesté dans 8 Femmes, ce sens du glamour, de l'artifice et de la représentation.
Je n'ai donc pas de moyen de comparaison avec l'original, mais, sur tw*tter a eu lieu récemment une intense campagne de dénigrement et de détestation du film d'Ozon, par une bande de fassbinderolâtres échevelés hurlants et bavants, qui m'a quand même bien agacé. Eh oh! Du passé faisons table basse (celle-ci je ne m'en lasse pas...).Il est tout à fait possible de voir le film (et de succomber à son charme, certes, d'une certaine façon, suranné, mais de façon, justement, pleinement assumée) sans avoir vu l'original de R.W-F (que d'aucun(e)s semblent pieusement conserver sous cloche, en le qualifiant de "meilleur du monde" et en pleurant devant chaque matin...)  Sans forcément comparer. Restons calme(s)!
J'avoue qu'en sortant du film je me sentais un peu partagé (souvent, Ozon, c'est vrai, c'est un peu les montagnes russes...) Aimé ? Pas aimé ? Plus aimé que ? Moins que ? Et bien, après quelques jours, le plaisir (souvenu) du film excède largement les eventuels incorforts générés et/ou ressentis lors de son visionnement. Ozon revendique sa passion pour Fassbinder (témoin cette très touchante photo en fin de générique...) et s'est donc fait plaisir (et nous a fait plaisir) en lui concoctant ce petit hommage de derrière les fagots, et je ne pense pas que Rainer W. s'en serait beaucoup formalisé (mais, de toute façon, il est mort, eh!).
C'est un (très) bel objet (trop, peut-être ?), brillant de mille feux (d'artifice(s)), luxueux, oui, ostentatoire, sans aucun doute, et à l'image, finalement, de cette chère (très chère) Isabelle A. : un produit marketing de haut vol. De grand luxe.

FXDszsWXwAA0Vpg

FVXlYJ7WYAEyBLK

(j'aime beaucoup les deux affiches...)

*

Capture d’écran (2095)

Capture d’écran (2097)

Capture d’écran (2093)

Capture d’écran (2090)

Capture d’écran (2089)

Capture d’écran (2099)

Capture d’écran (2098)

Capture d’écran (2096)

 

17 juillet 2022

faire sonner le portique

115
ENTRE LA VIE ET LA MORT
de Giordano Gederlini

On l'avait en film A, puis on ne l'a plus eu, et finalement avec la fête du cinéma on a pu le voir pour encore moins cher (4€!). Un film intriguant : une belle affiche bleue, un nom de réalisateur qui sonne plutôt italien (pas du tout en fait il est français d'ascendance chilienne), un casting international : Antonio de la Torre, une grosse pointure espagnole (El reino, Que dios nos perdone, La Isla Minima) du polar burné, Marine Vacth (découverte dans Jeune et jolie, de François Ozon, en 2013) et Olivier Gourmet, qu'on ne présente plus depuis toutes ces années (depuis La Promesse, des frères Dardenne, en 1995). Un premier long-métrage a priori en forme de polar, mais qui finalement n'est pas tout à fait ce qu'on pensait qu'il allait être. Un film franco-espagnol qui se passe en Belgique, qui démarre comme un fait divers (un incident de personne dans le métro) et finit dans un hall de départ, après quelques scènes de -entre autres- furieuse pyrotechnie.
Une première mort qui n'est pas non plus vraiment ce qu'elle a l'air d'être, touchant un conducteur de métro dans le même cas, puis une inspectrice, puis un commissaire, qui vont nouer et dénouer des liens qui s'avèreront autant familiaux que strictement polardeux. Peut-être même plus, d'ailleurs.Le "conducteur de métro" est très impressionnant (il y a de quoi), (presqu'un peu trop d'ailleurs au début pense-t-on, mais la suite justifiera pourquoi...). Vacth et Gourmet le secondent efficacement, dans ce film qui, sans que cela pose vraiment problème, a tout de même un peu le cul entre deux chaises cinématographiques : l'action pyrotechnique et burnée et l'introspection familiale (le sous-texte affectif en contrepoint).
Merci la Fête du Cinéma!

5826585

Capture d’écran (2082)

Capture d’écran (2081)

Capture d’écran (2079)

Capture d’écran (2076)

Capture d’écran (2074)

8 juillet 2022

laver des plats dans un torrent

120
AU TRAVERS DES OLIVIERS
d'Abbas Kiarostami

(grâce à MUBI)
Qu'est-ce c'est bien! Mais qu'est-ce que c'est bien!
Commencé la journée avec ce film, et c'était vraiment une excellente idée. J'ai vu ce film à sa sortie, en 1994, et je me souvenais jsute, grosso modo, de sa scène finale (qui m'avait époustouflé, et continue encore de). Je me souvenais aussi de ce comique de répétition (la même scène jouée et rejouée , parce que la demoiselle ne veut pas parler au damoiseau...) mais j'avais oublié (ou peut-être pas complètement compris) à peu près tout le reste.
Et tout est bien, tout me plaît dans ce film (et je n'ai qu'une envie, voir ET LA VIE CONTINUE)...

Capture d’écran (2020)

Capture d’écran (2021)

Capture d’écran (2025)

Capture d’écran (2030)

Capture d’écran (2033)

Capture d’écran (2034)

Capture d’écran (2036)

Capture d’écran (2035)

 

29 juin 2022

PARLONS D'AMOURS 1

106
MOFFIE
d'Olivier Hermanus

Ca faisait un certain temps qu'il figurait sur ma liste de souhaits de programmation (depuis juillet 2021 pour être précis), avec rajouté au bout Semaine gay ?
Et bien voilà, mes voeux ont été doublement exaucés :
1) cinq jours de films LGBT dans le bôô cinéma (organisés par Zabetta)
2) et le film était programmé cet après-midi à la première séance!
Nous avions déjà programmé son premier film, BEAUTY (2011) que j'avais qualifié de glacé (et glaçant).

Moffie n'est pas le (sur)nom du héros, c'est juste un mot du dialecte local qui signifie pédé. les choses donc sont claires. Notre jeune héros part faire son service militaire (nous sommes en 1981), censé "faire lui un homme un vrai". Et c'est vrai que ça ne rigole pas et qu'on se retrouve quasiment en plein FULL METAL JACKET, avec sergent instructeur spécialement gueulard et sadique (la "mise en route est si éprouvante que j'ai même envisagé à un moment de quitter la salle.
(je n'y avais pas vraiment pensé, mais en lisant les Inrocks je me dis mais oui bon sang mais c'est bien sûr, qui qualifient MOFFIE de 'film regardant un autre film" (en l'occurence, ledit FULL METAL JACKET), et c'est vrai que les structures des films sont assez semblables : (la préparation des recrues / un suicide / l'épreuve du feu) même si Olivier Hermanus réussit à tirer, heureusement, sa coda vers un je ne sais quoi de plus... affectif (affectueux ?) -mais bon l'eau est froide... Un film dur (que la fascination homo-érotique générée par les ambiances de chambrées "bourrins entre eux" rend -honteusement ?- plus facilement regardable) mais, bon, en Afrique du Sud ça ne rigole pas trop avec la gayitude...

imagesmoffie

107
LE CHOIX D'ALI
d'Amor Hakkar

Je suis venu mi par "solidarité" (et aussi parce qu'on avait déjà programmé le film, en présence du réalisateur, mais que je n'avais pas pu y assister) et mi par curiosité : bonne surprise, il y a finalement eu une trentaine de spectateurs (dont certains étaient venus aussi pour David Belliard, qui dédicaçait son roman)). Le film est, curieusement, présenté par son réalisateur comme s'il avait "fait de son mieux", mais que le résultat n'était pas probant. Le réalisateur, "régional de l'étape" (il est bisontin) raconte l'histoire d'un jeune maghrébin bisontain et gay qui revient chez lui, àbesançon, à l'annonce de l'AVC de sa mère (le réalisateur souligne bien le fait que lui-même n'est pas du tout homosexuel), et va se trouver le cul entre plusieurs chaises (un peu comme le scénario du film), homosexualité, famille, religion, qu'en-dira-t-on, interdits, normalité, port du voile, etc. Les acteurs sont bien, et sonnent juste, mais l'histoire hélas se prend un peu les pieds dans le tapis (de prière, justement). Des acteurs justes pour une histoire qui ne l'est pas. (le fait qu'Ali, à peine débarqué dans sa famille, ne prend plus la peine de penser à son copain (qui l'a accompagné pourtant) ni de répondre à ses appels, ni même de venir à son aide alors que le pauvre se fait tabasser dans la rue juste sous ses yeux, tout ça me semble parfaitement invraisemblable. Jusqu'à une fin aussi expéditive qu'injustifiée, scénaristiquement. "Ah qu'ils sont jolis les garçons de mon pays..." mais bon ça ne suffit pas. Un film louable mais bancal.

Ali-mariage-1280x528

108
FIST COW
de Kelly Reichardt

Samedi 15h45, pour la projection de ce film que j'avais suggéré à Zabetta parqu'il était sorti chez le même distributeur que celui de la Queer Palm (qu'elle avait réussi à obtenir) pour remplacer, dans un premier temps, une avant-première qu'on n'était pas sûrs d'avoir -et qu'on n'a, dailleurs, finalement pas eue-), parce que c'est l'histoire d'une "belle amitié entre hommes" (et plus si affinités, même si aucun signe de rapport physique n'est donné). L'histoire de Cookie Figowitz et de King-Lu, que j'ai déjà vue un certain nombre de fois (sur grand et sur petit écran), et qui me fascine toujours autant (je pense que je suis quasiment amoureux de ce film, ou, plus, précisément du personnage de Cookie, (interprété par John Magaro), chez qui j'aime tout : son apparence, son comportement, sa quiétude, sa douceur, son phrasé, sa tessiture, et, surtout, son sourire... J'ai réalisé que je connaissais le film quasiment par coeur (dans son déroulement), même si j'y découvrais encore des choses que j'y avais pas encore remarquées... (notamment les multiples apparitions de celui par qui la fin va arriver...) Bref, deux heures de pur bonheur cinématographique (comment peut-on ne pas aimer ce film , comment peut-on le trouver ennuyeux ?). bien raconté, bien construit, bien filmé, bien tout, quoi. Pour un peu je le remettrais dans mon top10 2022...
Pour la majorité des spectateurs, il est question d'une belle amitié entre deux hommes, à contrepied de l'atmosphère viriliste / bourrine de la légende ricaine, mais je ne suis pas entièrement convaincu (A la question d'un journaliste "sont-ils gay ," la réalisatrice n'a pas répondu, en disant que "ça n'était pas ça qui l'intéressait", les deux acteurs, à la même question, ont répondu en utilisant le terme de romance..., qui en français peut se traduire par romance mais aussi par amour(s), nous voilà donc bien avancés...). Un film toujours aussi magnifique.

5f0551e3b26e8

109
KOKON
de Léonie Krippendorf
(en avant-première)

Une très jolie surprise que ce film "de filles" allemand, vu juste après FIRST COW (et je craignais un peu le chaud et froid après mon film chéri-chéri...). Ca commence fort avec images filmées au téléphone, adotes en goguette qui parlent comme des charretiers, me faisant craindre le pire (appréhender, en tout cas, la suite du film), et puis non, finalement, la réalisatrice soudain dépose (un peu) les armes, en centrant son histoire sur deux soeurs, Jule, l'ainée, et Nora, la cadette, et leur groupe de copains/copines, en été, tous ados et titillés par leurs hormones, bien sûr. Le Kokon du titre évoque les chenilles dont Nora fait l'élevage dans sa chambre (et comme je suis perspicace ohoh j'avais deviné qu'à la toute fin il y aurait un papillon... bim gagné!). Pour la jeune Nora ce sera l'été de toutes les découvertes (bonheurs et malheurs de l'adolescence), le corps et le coeur, dans un filmage élégant et tonique... Du coup non seulement  je n'ai pas fermé l'oeil mais je ne bougonnais pas du tout à la sortie (comme j'aurais pu le craindre... ) Le film sortira en octobre, et il est très recommandable...

2793486

110
JOYLAND
de Saim Sadiq
(en avant-première)

Dernier des quinze films proposés dans ce premier festival LGBTQI+ dans le bôô cinéma, il s'agit -carrément- de la Queer Palm à Cannes 2022 (également prix du Jury Un certain regard).Un film pakistanais (ce qui est plutôt rare) très touchant, centré sur une famille pakistanaise -assez nombreuse- donc (ça ressemble beaucoup à l'Inde, quand même, hein), et plus précisément du jeune (et joli) Haider, et de sa jeune (et jolie) épouse Mumtaz... Au début du film Haider est "homme au foyer" et cherche vaguement un job, à la fin du film il prend -enfin- un bain de mer (séquence qui nous a beaucoup fait discuter à la fin devant le cinéma, tant elle peut être interprétée doublement...). La famille, la religion, les interdits, le qu'en-dira-t'on, le désir, la morale, la problématique est assez proche de celle du film Le choix d'Ali (le film aurait pu s'intituler Le choix d'Haider, ou, tout aussi justement Le choix de Mumtaz, tant leur deux histoires sous-tendent fifty-fifty le film), mais là s'arrête la ressemblance, tant le dépaysement fait bien les choses, et la réalisation, même s'il s'agit d'un premier film, a plus de force, plus de saveur. De profondeur et d'humanité. Le film sortira fin décembre prochain

Joyland

12 juin 2022

dissocié

101
MEN
de Alex Garland

(Je suis allé le voir à Besac parce qu'il y passait aussi en VO (alors que dans le bôô cinéma il ne passe -tsss!- qu'en VF).
Et j'y ai vécu du coup quasiment une expérience métaphysique. J'ai vu le film tout seul dans une salle en compagnie de 8 ados perchés en haut au tout dernier rang (là où je m'assoie d'habitude) et qui tapaient un joyeux bordel quand je suis arrivé, avant que le film commence, ce qui m'a un peu inquiété pour la suite... (j'avoue que j'ai envisagé le pire...) et tout au début du film, où ça continuait de discuter et de rigoler (et de popcorner), je me suis retourné (je m'étais installé deux rangs plus bas, étant donné que certains avaient carrément foutu les pieds sur le dossier du siège de devant) et je les ai -poliment, j'ai dit s'il vous plaît- priés de se taire, ce à quoi ils ont obtempéré d'assez bonne grâce, étonnament, après que le plus bavard, celui tout au bout du rang, ait tout de même rajouté un genre de commentaire ironique, histoire d'avoir le dernier mot. Ils se sont tous ensuite plutôt bien tenus dans l'ensemble (les filles alternantles gloussements complices et les chut! à l'adresse de leurs coreligionnaires ) mais le fameux celui du bout se manifestait régulièrement lors des scènes inquiétantes avec des commentaires à haute voix "la tête de ma mère" et autres "sa mère la pute" qui venaient donc soulignerce qui se passait à l'écran.
J'avais donc un film devant moi, sous les yeux, et un second derrière, via les oreilles... A un moment où je trouvais qu'il commençait à en faire un peu trop, je me suis retourné et j'ai vu qu'il se cachait carrément les yeux derrière son t-shirt, et quand il a vu que je le regardais, avant que je ne lui fasse une remarque, il m'a fait un geste montrant qu'il était désolé, mais qu'il n'y pouvait rien. Il avait la TROUILLE, ce jeune homme!).
D'ailleurs, à la fin, quand ils sont descendus pour sortir de la salle, ils sont passés devant moi, celui du bout en dernier,  m'a marmonné  de vagues excuses, en souhaitant ne pas m'avoir trop dérangé, sur ce je lui ai dit qu'au contraire, il m'avait fourni un deuxième film pour le prix d'un, ça l'a fait rigoler, et du coup il s'est arrêté pour me demander si j'avais tout compris du film, et je l'ai rassuré en disant que non...)

Un film d'un réalisateur que je ne connaissais pas (je n'ai vu ni Ex Machina ni Annihilation, que les critiques ont l'air de tenir en assez haute estime, mais dont all*ciné m'apprend qu'il a été le scénariste du splendide  Never Let me Go, ce qui me le rend immédiatement plus sympathique). Un film pour lequel ce même all*ciné a du mal à trouver une catégorie (horreur ? épouvante ? fantastique ? science-fiction ? ). Un film qui démarre très très doucement et qui va, très progressivementaussi  monter, en puissance jusqu'à un final complètement délirant (je me suis presque senti revenir trente ou quarante ans en arrière, devant les délires gore de Stuart Gordon (ReAnimator, ce genre...), et même au-delà.
L'héroïne est une jeune femme qui, lors de la première scène, voit son mari passer par la fenêtre (par sa fenêtre, oui, elle le voit passer), après une dispute conjugale (ils étaient sur le point de divorcer), et part donc se mettre au vert, pour tenter de digérer ce trauma, en louant un cottage cossu dans une bourgade de trou du cul du monde britannique. Au vert est tout à fait adapté, tant est si green la campagne so british où elle va faire de grandes balades (les rêveries de la promeneuse solitaire), oui ce vert flashy  comme celui des petits pois surgelés, qui ne sont pas, d'ailleurs, forcément british). Elle a été accueillie à son arrivée par Geoffrey, le propriétaire, presque trop attentionné, et va ensuite, au cours de ses balades, faire la connaissance des différents autochtones de ce trou perdu, dont aucun (de ces hommes) n'est a priori véritablement sympathique, -car tiens c'est vrai il n'y a que des hommes dans ce village, et dans ce film, la seule autre femme que notre héroïne étant sa meilleure copine avec qui elle échange au téléphone (en visio)- ). On est sur ses gardes, d'autant qu'on a vu en bas de l'affiche, ce slogan sibylin  Le mâle engendre le mal, qui nous met déjà dans l'ambiance. Car c'est bien de ces  mâles que vont venir les soucis de notre héroïne, au fil des face-à-face successifs que le réalisateur va mettre en place, générant de plus en plus de malaise, puis d'inquiétude, et carrément ensuite de TROUILLE (les fameux "la tête de ma mère" de mon jeune voisin de derrière).
C'est là que je vais ronchonner contre les critiques (ceux qui en quelques mots vous ruinent le plaisir de voir un film, il y en a qui sont vraiment trop forts pour ça...) et qui révèlent gratuitement une clé du film qu'il eût été plus judicieux que le spectateur découvre par lui-même, et qui gâchent un peu -beaucoup- le plaisir (c'est comme si un critique de Psychose avait écrit -attention spoil !- "Dommage que le rôle de sa mère soit tenu par le fils...", oui en effet c'est dommage de l'écrire, et donc je nen dirai pas plus ici...). Oui, dommage.
Le film qui, hormis le prologue, avait démarré comme dirait Dominique "à 2 de tension" finit furieusement avec tous les voyants dans le rouge (et même au-delà) .
Tout ça est bien ficelé, avec pas mal de  scènes flippantes rigoureusement mises en scène -et d'autant plus anxiogènes-, même si je ne suis moins fan de la dernière partie (que les mêmes critiques goujats auraient pu commenter par "le mâle engendre le mâle" hihihi). Un film étonnant (que certains critiques -pas les mêmes, d'autres- ont qualifié de "premier film d'horreur féministe"...) De belle facture, en tout cas.

4890195

 Capture d’écran (1854)

Capture d’écran (1862)

Capture d’écran (1860)

Capture d’écran (1856)

Capture d’écran (1857)

 

6 juin 2022

LGBT

(sur MUBI)
096
SUMMER VACATION
de Hofesh Gadol

Un joli court-métrage comme j'aime : Coquillages et crustacés sauce yiddish : la plage, la mer, le soleil, le mari, la femme et l'amant (mais l'amant de qui donc ? huhuhu). Sympathique et ensoleillé.

Capture d’écran (1791)

*

(grâce à Zabetta 1)
097
MON AMOUR
de David Teboul

Capture d’écran (1799)

Capture d’écran (1802)

Pour PARLONS D'AMOURS, le Festival LGBT qu'elle organise du 22 au 26 juin dans le bôô cinéma (mon dieu! une quinzaine de films de pédés et de gouines, vous imaginez le séisme ?), Zabetta avait besoin d'un avis sur ce film, pour lequel (entregent...) elle m'avait fait parvenir un lien de visionnage. Par une drôle de coïncidence, c'est précisément la critique de ce film qu'Hervé m'avait fait miroiter à notre dernière réunion, parue dans P*sitif avec la photo ci-dessus (il connaît mon goût pour les QV, le bougre...). MON AMOUR, c'est un documentaire de 2h52 (la longueur est rédhibitoire...). Je pensais ne pas connaître le réalisateur, mais allocinoche me dit que si, que son documentaire Banya, (date de sortie inconnues) m'avait en son temps affriolé (presqu'une heure d'hommes au(x) bain(s), vous imaginez l'émoi...) et il faudrait bien, tiens, que je le retrouve...
Le film démarre dans la neige (c'est magnifique) de la Sibérie, où la voix-off du réalisateur nous apprend que celui-ci est allé s'installer à la mort de son ami/amant (je ne sais pas comment il faut dire). Il est parti là-bas, et y filme les autochtones (des deux sexes), qu'il interviewe en leur posant des questions sur leur couple, leur rencontre, leur désir, bref en les faisant parler d'amour, et en intercalant des séquences plus intimes où il parle de son amour à lui... Ca fait comme deux films en un.
Si le film est très touchant, il est aussi hélas très long, (et il faut un certain temps pour arriver à faire le lien avec la Sibérie (et ses habitants) et l'amour défunt du réalisateur, et j'ai donc livré mon compte-rendu -succinct- et mon avis : pas vraiment adapté pour cette première éditions de PARLONS D'AMOURS (mais tout à fait envisageable, par exemple, hihihi, pour le Mois du Doc!)

*

(grâce à Zabetta 2)
098
VENT CHAUD
de Daniel Nolasco

Toujours en prospectant pour PARLONS D'AMOURS, j'avais évoqué à Zabetta EL CAZADOR, de Marco Berger (un réalisateur que j'adore et dont j'ai vu tous les films qu'il est possible de voir), annoncé chez Optim*le, distributeur de films LGBT qu'elle a contacté, mais dont le responsable au téléphone n'a pu lui proposer qu'un lien (entregent) vers ce film-là en précisant (oups!) qu'ils demandaient 300€ de MG. Petit poucet curieux, j'ai donc suivi le lien (le film était passé rapidement à Besac -genre une semaine avec uniquement des séances à 22h- et j'avais regretté de ne pouvoir le voir...)
Waouh! C'est brésilien et c'est vraiment chaud, très chaud (le titre ne ment pas!). Le héros, Sandro, est un nounours barbu et poilu (très poilu, même dans le dos) qui travaille dans une entreprise agro-alimentaire, il a un amant (barbu aussi) Ricardo, qui travaille dans la même boîte que lui, et ils s'envoient des sms en service pour se retrouver après le travail dans la forêt d'eucalyptus pour de viriles étreintes (et de tendres -mais énergiques- câlins).
Mais Sandro, à la piscine, est tombé amoureux du beau Maicon (qui ne le regarde même pas), et voilà que non seulement Maicon vient travailler dans la même boîte, mais que Sandro le surprend avec Ricardo en train de se faire du bien, dans "leur" forêt d'eucalyptus... Ah mais, on va voir ce qu'on va voir... Vengeance!
Le réalisateur aime les hommes, et les regarde (les montre) comme des objets de convoitise (gros plans sur des maillots de bains ou des shorts de foot, j'adore), se complaît à traîner dans les vestiaires (ça aussi c'est délicieux, toutes ses zigounettes à l'air en tout bien tout honneur) et sous les douches, et n"hésite pas à nous exposer quasiment tout le catalogue des actes sexuels entre hommes (le film est interdit aux moins de 16 ans avec avertissement) : pelles, pipes, branlettes, sodomies, ce qui fait déjà beaucoup (et aurait été suffisant à mon goût) mais voilà qu'il en rajoute encore dans l'imagerie homoérotique avec une série de rêves que fait Sandro, avec homme-chien arnaché de cuir, maître-chien arnaché idem, bordel d'hommes avec panoplie(s) fétichiste(s) (uniformes, casquettes, pinces à seins, etc.) le film alors -et c'est dommage- en devient carrément too much...  Je n'ai jamais été attiré par toute cette quincaillerie... (et Sandro a une facheuse tendance à vouloir lécher tout ce qu'il trouve : joue, blouson, bottes, et même par terre me semble-t-il).
Le film est "rééquilibré" par la présence féminine (limite virile, quand même) de la cheffe d'équipe de Sandro, louvoie par un suicide qu'on n'avait pas vraiment vu venir (vu qu'il s'agit d'un personnage "secondaire") et se conclue par une apothéose virile de gros câlins (et un, et deux, et trois!)
Je ne suis pas sûr que notre bon public vésulien soit vraiment prêt pour ça. Mais ça fait de jolies captures d'écran...

Capture d’écran (1803)

Capture d’écran (1807)

Capture d’écran (1818)

Capture d’écran (1834)

Capture d’écran (1804)

 

3 juin 2022

polyphonies corses

094
I COMETE
de Pascal Tagnati

Oh le beau film!
Séance de 15h45 au bôô cinéma : tous les gens, à la caisse, semblaient aller voir T*PGUN (de mes fesses), et moi,dans la salle 9 j'étais tout seul, j'étais le roi (tant pis pour eux tant mieux pour moi! )
Oh le beau film inattendu! (inespéré ?)
Je connaissais le morceau de critique que j'avais copié/collé dans notre plaquette (from Libé, qui avait a-do-ré mais bon des fois je me méfie), et qui ressemblait autant à une critique que ce film, justement, ressemble à un film : "de loin".
De "films corses"  je connaissais surtout ceux  de Thierry de Peretti (Les Apaches (2013), Une vie violente (2017)) âpres, épineux, maquisards) qui m'avaient beaucoup impressionné. J'avais aussi l'avis de Dominique qui avait réussi à le voir pendant sa très fugace exploitation bisontine, et qui avait "plutôt bien aimé". Et je savais que le film était passé par Belfort et Entrevues où il avait décroché quelque chose... (le prix "Films en cours", qui consistait en une aide à la post-production).
La Corse j'y connais rien (une visite il y a 40 ans quand Môve y était, dont m'est juste restée la phrasel(que j'avais eu beaucoup de mal à comprendre) "Ajaccio-Bastia je le fais en une heure...", c'est peu). J'ai abordé le film avec dans les yeux quasiment la candeur d'un nouveau-né. Au début j'ai pensé qu'il s'agissait d'un genre de  documentaire sur un village corse en été, et j'ai pensé à Ce cher mois d'août de Miguel Gomes (2h30, où je m'étais quand même un peu emmerdouillé...).

Un film qui, dans ses premières répliques, parle (en corse) de tarte au concombre et de couilles bénéficiera automatiquement, chez moi, d'un a priori sympathique (voire très sympathique). Cette première scène (en plan fixe), entre des enfants et un vieux qui vient râler, sera suivie de beaucoup d'autres (2h07), toujours en plan fixe (c'est la marque de fabrique du film), pour nous montrer des gens, dans la chaleur estivale de ce village corse aussi imaginaire que jamais nommé, au fil de scènes plus ou moins longues, plus ou moins dialoguées, plus ou moins audibles et/ou compréhensibles ((je pense notamment à un échange entre deux mecs en boîte de nuit  sur fond de musique boumboum, où on comprend qu'il est question de fellation et des différentes catégories de demoiselles qui la pratiquent -le film est très hétéronormé, normal, on est en Corse, et je ne m'en offusquerai pas plus que ça...-, et la pipe semble d'ailleurs être un sujet d'intérêt récurrent pour les mâles locaux -il en sera question à au moins trois reprises-...). De mâles, il en sera beaucoup question, dans tous leurs états, mais pas que, du tout du tout. Le réalisateur ratisse large et sa caméra tendrait à être la plus objective possible : femmes, enfants, ados, adotes, parents, célibataires, papys, mamies, autochtones, touristes, défileront ainsi sous nos yeux (et la caméra bienveillante de Pascal Tagnati).
Un certain rythme alors se crée, de par la durée des plans et leur enchaînement, un peu indolent / estival dans un premier temps, et le spectateur se laisse porter par la succession et l'enfilade comme s'il assistait à tout ça depuis son transat au bord de la piscine (ou par la fenêtre ouverte de sa chambre la nuit), spectateur donc  attentif (plus ou moins) ainsi à chaque scène (ce qui s'y joue, ce qui s'y dit, ce qui pourrait), jusqu'à ce que se remarque la réapparition de certains personnages, pas toujours dans les mêmes lieux, chacun(e) dans son histoire, mais voilà que certaines histoires semblent s'ajuster (plus ou moins précisément), et c'est donc à chaque spectateur de faire l'effort, s'il en a l'envie (et l'énergie), de tenter de reconstituer et d'agencer ces bouts d'histoire(s), certaines qui se répondent et d'autres qui sont autonomes, parfois juste pour leur propre plaisir interne (le pianiste, les pompiers...), et parfois pour la façon dont elles se raccrochent (rapprochent) à un fragment déjà vu auparavant, et plus on progresse, et plus le film nousaccroche, nous appâte, nous tient en haleine (que va-t-il se passer ensuite ?) mais, en même temps, se déguste au présent, au coup par coup, bouchée par bouchée (c'est vraiment la première fois que j'avais ce sentiment quasiment gustatif en sortant de la salle : un film qui, comme un dessert délicieux, laisse dans la bouche un goût très agréable, et qui dure longtemps... I comete est un film long en bouche (et ne voyez là aucune allusion graveleuse, quoique que si, peut-être finalement, en y réfléchissant un peu mais bon chacun(e) voit midi à sa porte, hein... et il n'est alors question que de plaisir!)

Le réalisateur est aussi acteur (il joue dans le film), il est corse, et en parle ainsi dans Libé :
"Quand je dis mon village, c’est celui que j’ai dans la tête, c’est mon image du village. Contrairement à beaucoup de Corses, je n’ai plus de village de famille. J’ai grandi dans une commune qui s’appelle Alata, proche d’Ajaccio, presque une banlieue. C’est rural, mais ce n’est pas le village tel qu’on le voit dans le film, dans les terres, quasiment désert l’hiver, repeuplé le temps de l’été. C’est donc un village imaginaire, et qui n’est jamais nommé. On a filmé au village de Tolla, mais je n’ai rien pris de son histoire. Cette histoire reste aux Tollais, je ne voulais pas la leur prendre, l’intégrer de façon documentaire dans mon film. Bien sûr, je capte un décor, un réel, et les habitants ont joué le jeu. Celui de l’accueil et de la confiance, ce qui n’est pas rien, et celui de la figuration, naturelle, ils passent, ils restent sur un muret. Ils participent à la vie mais je ne capture pas leur vie. Non qu’elle ne soit pas passionnante, mais c’est mon histoire que je raconte avant tout. Celle de personnages qui sont des images de ma vie, de mes rêves"

Le film revendique sa corsitude intrinsèque (celle du réalisateur, des villageois) mais sans en faire un manifeste gueulard, juste un état de fait (et je ne connais peut-être pas, je le répète, tout à fait assez la Corse pour apprécier pleinement (comprendre parfaitement) tout ce qui en fait la spécificité. Finalement (j'en reviens au gustatif) ce serait peut-être comme déguster une spécialité régionale, s'en délecter, et même lécher l'assiette tellement on a apprécié ça...

Certains critiques ont évoqué Tati, d'autres Elia Suleyman, ce que je trouve beaucoup plus pertinent, pour essayer  de rattacher ce style de narration insulaire à un continent répertorié dans les atlas de la cinématographie mondiale, tellement elle est inhabituelle (par exemple, j'étais un peu étonné de voir le mot "scénario" au générique, tant un oeil un peu inattentif pourrait croire à un simple empilement de vignettes, et tout autant d'apprendre, de la bouche du réalisateur, que les dialogues étaient très écrits -pour 80%, et laissant les 20% restants à l'improvisation des acteurs, parmi lesquels -nouvelle précision du réal'- évoluaient côte à côte "vrais" acteurs et "vrais amateurs"-).

J'ai donc été incontestablement enthousiasmé (je n'ai pas fermé l'oeil une seconde!), il y a juste un moment où j'ai regardé l'heure (de l'avantage d'être seul dans une salle!), il devait encore rester quarante minutes, qui sont passées très (trop ?) rapidement, jusqu'au plan final (l'homme devant la fenêtre ouverte) qui m'a cueilli dans un état de ravissement...

Je me disais bien que film serait clivant, et donc je suis allé faire un tour dans (me délecter de) les critiques spectateurs sur allocinoche, en voici une, (elle le mérite) une perle à zéro * et demi :

"Ce film est une succession de saynettes sans intérêt, dont on ne comprend ni l’utilité, ni même souvent la signification (on ne comprend souvent qu’un mot sur deux, soit parce qu’il n’est pas traduit – du corse –, soit parce la bande son est d’une effroyable qualité). Le peu que l’on perçoit des dialogues est d’une affligeante banalité. Le vide reste du vide, même lorsqu’il est tourné en Corse. Ce n’est évidemment pas un documentaire paysager, tant le réalisateur est avare d’images, l’essentiel du film étant tourné en plan fixe. Et l’on s’ennuie, on s’ennuie… Deux scènes de masturbation explicites, l’une masculine, l’autre féminine, sont à peu près les seules scènes d’action du film. Pourquoi pas mais on a du mal à comprendre leur articulation dans le film. Un (beaucoup trop long) métrage, que l’on aura vite oublié et auquel on n’aurait rien perdu à ne jamais penser."

1177911

Capture d’écran (1715)

Capture d’écran (1711)

Capture d’écran (1712)

Capture d’écran (1713)

Capture d’écran (1714)

Capture d’écran (1718)

Capture d’écran (1716)

Capture d’écran (1720)

Capture d’écran (1722)

Capture d’écran (1717)

27 mai 2022

masturbation(s)

091
BRUNO REIDAL
de Vincent Le Port

Un film puissant.
Que j’appréhendais un peu étant donné ce que j’en connaissais. La représentation d’un crime à l’écran est toujours –pour moi- délicate, surtout, comme ici, quand il est question de découper une tête. (et d’autant plus que ça nous sera montré deux fois (une fois au tout début, et une autre à la fin.))
Un film placé à la confluence de plusieurs réalisateurs. René Allio a été d’abord évoqué (pour son Moi Pierre Rivière…, que je n’ai pas vu. Nous avions programmé le Retour en Normandie, de Nicolas Philibert, qui lui faisait suite, que j’ai vu mais dont je ne garde que très peu de souvenirs, y ayant beaucoup dormi -oui, cela m’arrivait déjà même il y a longtemps…-) Des critiques ont évoqué la grande ombre de Bresson (Robert) mais je n’en ai pas vu assez pour établir la comparaison (j’ai vu à sa sortie l’Argent, puis Le diable probablement, et il me semble juste que, adolescent, ça m’avait un peu agacé, ou bien que je n'avais pas tout compris) et je sais désormais que la référence à Bresson est au cinéma ce que la référence à Claude Régy l’est au théâtre…
Personnellement, je suis parti sur d’autres chemins : si j’ai d’abord pensé à Bruno Dumont (pour la brutalité et la frontalité de la scène d’ouverture), je me suis dit assez vite que c’était une fausse piste, et une autre référence s’est très vite imposée, à Thérèse, d’Alain Cavalier, pour ce portrait de  meurtrier qui converse avec Dieu, pour l’épure (l’ascèse) de ses intérieurs, pour cette tentative de figurer l’infigurable, Bruno Reidal pouvant alors être considéré comme un double "en négatif" de la solaire et lumineuse Thérèse (vous rappelez-vous combien Catherine Mouchet y était sublime ?) C'est la même flamme intérieure qui illumine (qui consume) ces deux êtres.
Une ultime référence ensuite a clignoté, de par l’accent du jeune homme en question, la beauté des extérieurs (le Cantal et la douceur de sa lumière), et surtout le portrait attentif ("objectif") d’un "salaud", qui nous laisse fascinés et pleins de questions, c’est Lacombe Lucien, de Louis Malle, que je n’avais pas pu/voulu voir lors de sa sortie mais qui a été un véritable choc, une déflagration, lorsque j’ai bien voulu m’en donner la peine, des années plus tard…
Le film de Vincent Le Port appartient à la même catégorie, sans hésiter, celle des films qui terrassent. Il réussit à évoquer a minima (il y a quand même un moment où je me suis un peu caché les yeux) les pulsions sadiques (homo-érotiques) d'un jeune homme, sans tomber dans le voyeurisme ni la complaisance. Sans juger ni condamner non plus. Toujours sur la ligne blanche.
Vraiment très très impressionnant (à l'image de Dimitré Doré, le jeune acteur qui incarne -véritablement- Bruno Reidal , (et que, pour ce, je césariserais illico si ça ne tenait qu'à moi...) ainsi que du jeune Roman Villedieu, qui le joue enfant, tout aussi intensément).

5866624

5662067

les deux affiches sont magnifiques et très justes

*

Capture d’écran (1699)

Capture d’écran (1692)

Capture d’écran (1691)

Capture d’écran (1694)

Capture d’écran (1698)

Capture d’écran (1696)

Capture d’écran (1697)

13 mai 2022

cigarette roulée

077
GREAT FREEDOM
de Sebastian Meise

J'ai finalement fait le déplacement jusqu'à Besac pour -enfin- voir ce film que j'attendais depuis un certain temps. Encore une fois, merci au Kursaal de l'avoir programmé! Un film allemand, qui traite du fameux et honni paragraphe 175, et de la façon particulièrement dégueulasse dont furent traités les homosexuels, particulièrement à partir de 1945...
Le film va s'échelonner sur une vingtaine d'années, presqu'uniquement  en prison (à part son épilogue), et le héros en est joué par Franz Rogowski, acteur que j'aime beaucoup (et que je trouve incroyablement séduisant...)
On y apprend notamment que les homosexuels qui avaient réussi à survivre aux camps de concentration (où ils étaient affectés d'un triangle rose), quand ils ont été libérés (des camps), ont illico été réincarcérés (au titre du fameux et infamant paragraphe 175) pour finir de purger leur peine... Et hop!
On va donc suivre Hans au fil des années. (Le film est peut-être handicapé par un construction un peu complexe de flashes-back enchâssés) Toujours de retour en prison (comme dans la chanson de Cloclo "Ca s'en va et ça revient...") à cause de son besoin d'amour (comme tout un chacun mais pas de bol lui il est gay, alors paragraphe 175 et bingo retour à la case prison, d'autant plus que -la scène d'ouverture l'atteste- la polizei est assez perverse pour installer des caméras derrière des glaces sans tain dans les toilettes publiques!)
Film de prison, donc, mais film d'amour aussi. Car Hans, avec sa belle petite gueule (je ne suis pas objectif, c'est Franz Rogowski) a repéré un autre "paragraphe 175" (un jeune instituteur!) avec lequel il va tenter de roucouler avec les moyens du bord (relativement réduits, mais l'ingéniosité humaine est sans limite quand il s'agit d'obtenir des calins...).
Avec une autre histoire, finalement d'amour elle-aussi, avec Viktor, un camé homophobe et assez violent (au début), incarcéré pour longtemps, que Hans va retrouver assez régulièrement au fil de ses ré-incarcérations successives, histoire qui va courir tout au long du film.
Jusqu'à une scène finale plutôt inattendue (surprenante) qui voit Hans, après un parcours dans des caves et souterrains dignes de l'Enfer de Dante (sur, ironiquement, "l'amour toujours l'amour" de Mouloudji) se rouler tranquillement une clope assis sur le trottoir en attendant...
Vous ne passez pas par la case départ, vous ne recevez pas 20000 francs...

1125017

Capture d’écran (1559)

Capture d’écran (1557)

Capture d’écran (1556)

Capture d’écran (1555)

Capture d’écran (1553)

 

1 juin 2022

mai 2022

dimanche 1

la barbe pousse
les nuages passent
les chiens pissent
les vaches paissent
le temps presse
(le bleu de Prusse ?)

lundi 2

Le bus retour de 18h10 c'est un bon plan, il est souvent à moitié vide (en plus le chauffeur est un barbu mimi rebelle qui ne met même pas de masque, et l'a visiblement remplacé par un genre de rideau de douche ...)

ou bien

DSC00172

le chauffeur (du bus) à l'arrêt (du bus)

mardi 3

au verso de l'imprimé à remplir, on précise les pièces à joindre : un justificatif de domicile et une photocopie du passeport (ou de la carte d'identité), et quand on arrive devant la dame responsable et qu'on lui donne les papiers, devant la photococpie du passeport, elle demande si elle peut en voir l'original ou à défaut notre carte d'identité, qu'on lui sort et qu'elle part illico photocopier... (surtout, rester calme)

ou bien

DSC00181

le plaisir retrouvé d'avoir un gros zoom (x30) qui visiblement ne passe pas inaperçu

mercredi 4

DSC00208

l'après-midi : depuis la terrasse du Lion, avec Manue, j'observe le "mec du monument"

ou bien

DSC00237

le soir : bon cette fois ça semble sûr hélas : byebye Wilfried!

jeudi 5

20220505_125711-1

en tenant compagnie à Marie, qui fume sa cigarette...

vendredi 6

(le colza, comme la vie...)

DSC00343

* comme on l'aurait souhaité "au moins..."

DSC00344

* comme il était "en vrai"...

samedi 7

20220507_160201

les iris de Cuse

dimanche 8

la rue de l'école de musique (celle qui monte chez Co & Pépin et aura ma peau un jour) compte, d'une bordure de trottoir à l'autre, 323 pas en montant, et 298 en descendant...

lundi 9

20220509_230659

l'ombre et le reflet (juste avant d'aller me coucher)

mardi 10

DSC00434

Bon, encore un peu K*h-Lanta, juste pour dire que, mais le coeur n'y est plus, vraiment...

ou bien

20220510_123924

(inqualifiable) ce qu'ils ont fait de ces sous-bois où j'aurai passé tant d'heures à batifoler...

mercredi 11

20220511_165144

(en bus) de l'autre côté de l'allée

ou bien

20220511_121455

(en bus) de l'autre côté de la vitre

jeudi 12

20220512_151919

je tenais absolument à avoir cette image de Nathanaël dans ALLONS ENFANTS... Comme on n'était que deux dans la salle, j'en ai profité

vendredi 13

20220513_132655

deux façons de dire merci

samedi 14

DSC00527

du monde inhabituel pour un samedi : trois qui pelletaient (en pause) et le papy hyper-actif, qui passe et repasse par là quelle que soit l'heure à peu près...

dimanche 15

(en allant à Gy) mes premiers coquelicots de l'année, entr'aperçus en traversant Mailley (un groupe de plusieurs, puis un tout seul), hélas inphotographiables à l'aller comme au retour (mais en rentrant je m'aperçois qu'il y en avait en ville, devant cette boulangerie où je ne vais plus)

lundi 16

DSC00563

le retour des beaux jours sur les parkings...

mardi 17

DSC00585

pour une belle allée, c'est une belle allée n'est-il pas...

mercredi 18

(images complexes)

DSC00645

ou bien

DSC00605

jeudi 19

(les plus belles photos sont celles qu'on n'a pas prises) alors que je passe en voiture avec Marie derrière Cora pour aller au FJT (c'est moi qui conduis aujourd'hui) j'aperçois soudain, comme une apparition sur fond de ciel très bleu (il fait déjà très chaud) deux ou trois gaillards, torse-poil, en train de s'affairer sur le parking à je ne sais quoi (impossible de s'arrêter), et comme je le regrette, Marie me rassure en me disant que lorsque je repasserai tout à l'heure ils seront toujours là, ils en ont pour un moment, ils viennent juste de commencer... (bien entendu quand je repasse, quelques heures plus tard, il n'y a plus personne, ni aucune trace de quoi que ce soit...)

vendredi 20

DSC00762

fleurs comme ci (jardin d'Evelyne)

ou bien

DSC00737

fleurs comme ça (Expo Charles Belle / Arc-et-Senans)

samedi 21

Capture d’écran (1664)

 "La caméra enregistre beaucoup plus que le réel." (André Bonzel / J'aime à la fureur)

dimanche 22

il fait très chaud dehors, et donc les volets sont fermés et je passe ma première journée à poil tranquillou à l'intérieur (je joue beaucoup au tarot en ligne).

lundi 23

20220523_100718

enfin l'orage... (mine de rien, là, il est dix heures du matin!)

mardi 24

DSC00811

langueurs viriles à K-L

mercredi 25

Capture d’écran (1704)

ou bien

Capture d’écran (1709)

Pablo Pauly dans ses oeuvres (Lascars sur My Canal)

jeudi 26

20220526_120751

un petit apéritif estival quasiment, chez Dominique dans le jardin

vendredi 27

20220527_173258

probablement la plus belle QV de l'année dans le bôô cinéma (et la plus inattendue!)

samedi 28

20220528_101923

photo prise pour Malou, le Merveillon et de sa maman

dimanche 29

les mots du jour à Gy :

20220529_144558

"engobe"

20220529_184615

"mélilot"

lundi 30

comme un fait exprès, j'ai dû retourner  mettre un peu de sauce sur mes crudités en slalomant dans la queue du fjt,, à contresens,  au milieu de tout un groupe de mecs de l'équipement joyeux et bruyants en bleu, jaune, et orange fluo, les frôlant, et résistant à l'envie de poser au passage la main sur ces solides culs enjolivés en couleur (en trouvant tout à fait approprié qu'on les appelle "joufflus")

mardi 31

Capture d’écran (1772)

j'aime tout particulièrement la scène de danse dans la voiture de HIT THE ROAD

 

30 avril 2022

CMFUBJ I see dead people

(les mois d'avril sont meurtriers...)

21 avril :

Jacques Perrin
(1941/2022)

7a106b372eb880c0543d47313c3e820f

Je n'étais pas fou des films de Jacques Demy (je ne le suis d'ailleurs toujours pas très) donc ni le jeune marin (des Demoiselles de Rochefort)  ni le Prince Charmant (de Peau d'Âne -à ce propos je vous renvoie illico pour un délicieux "Peau d'Âne en 6 minutes" de Blow-Up) ne m'ont vraiment chaviré, je n'ai pas vu Le Crabe-Tambour, il n'y a donc guère que Cinéma Paradiso qui m'ait fait venir une larmichette...
Mais l'homme est touchant,et  le producteur respectable... Honneur à lui!

e2e23449616d89038a5c3ea849af221f

 
23 avril :

Arno
(1949/2022)

"je ne suis pas une communiste
je ne suis pas une cycliste
je ne suis pas une catholique
je ne suis pas une footbaliste

allez allez circulez
avec ton cul de pédé
j'aime les femmes
j'aime les garçons
et comme j'ai déjà dit
j'aime les zizis"
(Putain putain)

J'avoue, j'y suis venu assez tard, il y avait pourtant ses disques chez Régis & Emma, mais je craquais juste pour une chanson par ci par là, j'admirais l'homme de loin, et il a fini par m'apprivoiser sur le tard, et je suis d'autant plus content d'avoir assisté à son magnifique concert de 2018, dans le cadre de Détonation (un sacré beau concert du feu de Dieu) , oui l'homme est touchant, dans sa belgitude flamboyante, sa prestance cabossée, son humanité et sa voix, sa voix... Honneur à lui!

2326012-le-dimanche-ideal-darno-web-tete-0602706201048

Arno

EDSPV2RKBZGBTCLCI72V65OZPI

51gnkHV9RYL

et puis je l'avais beaucoup aimé dans son "duo" avec Bashung dans le vénéré J'AI TOUJOURS RÊVE D'ÊTRE UN GANGSTER de Samuel Benchetrit

18889735

 

26 avril :

Klaus Schulze
(1947/2022)

71Bsxk379vL

medium_2022-04-27-1bd3bbd13f

C'est surtout pour moi  l'homme d'un disque, mais quel disque! TIME WIND (1975) mes 19 ans... (waouh c'est loin mais finalement pas tant que ça), à l'époque je ne sais pas encore ce que c'est que de fumer des pétards (j'y viendrai sensiblement plus tard) mais il y a ce disque-là, musique électronique, que des synthés, dans la lignée du Phaedra de Tangerine Dream que j'ai juste découvert l'année précédente, deux faces monumentales de 30 minutes chacune (Bayreuth Return et Wahnfried 1883) -et voilà que j'apprends par wikiped que le disque est ressorti avec trois morceaux bonus que je vais m'empresser d'aller écouter...- Honneur à lui!

 

15 avril 2022

god is god

069
LE DISCIPLE
de Kiril Serebrennikov

Le premier film du réalisateur sorti en France (2016), mais jamais parvenu jusqu'à nos contrées provinciale. un film, qui plus est, qui n'existe pas en dvd, et dont j'avais boté la séance sur la page de mon calendrier. Retour au Kursaal,, encore à "ma" place, avec en plus le plaisir d'y avoir Mimi pour voisine.
Un film puissant, glaçant, terrifiant presque.  L'histoire d'un ado, (tête à claques) aussi sympathique, souriant et ouvert que le Benny de Benny's Video, de Mickael Haneke, (sauf que lui n'a pas de camescope mais une Bible) et qui soudain fait sa crise d'ado, vire mystique, ne lit plus que cette fichue Bible, qu'il cite régulièrement (les noms des auteurs de chaque citation s'inscrivent sur l'écran) à tout bout de champ, et qu'il veut mettre strictement en pratique. Absolument.
Tout commence parce qu'il ne veut plus aller aux séances de piscine (parce qu'il est écrit dans la Bible que les femmes ne doivent pas être en bikini), il y a même fait un scandale en sautant dans l'eau tout habillé. Sa mère, convoquée, rencontre "l'équipe éducative" (consituée en majorité de matrones), ne mâche pas ses mots, dans un grand accès maternel de mauvaise foi (cette même mauvaise foi qui, à la maison, pousse son fils à se retrancher dans sa chambre qu'il a sauvagement vidée -meubles jetés, papier arraché, fenêtres occultées- et convertie en cellule de moine, et à entamer avec sa mère un combat de citations bibliques, condamnant, par exemple, son divorce et la vouant aux flammes éternelles), protégeant son fils, maternellement, bec et ongles. Ce n'est pas sa faute à lui, c'est celle de tous les autres...
Le fils en question veut se mêler de tout, intervient dans les cours d'une jeune prof de biologie qu'il perturbe systématiquement (en se foutant à poil, en se déguisant en singe pour contester la théorie de l'évolution, en clouant au mur une croix gigantesque, toujours au nom de cette foutue bible, et se met donc en tête d'incarner un genre de petit christ local, affrontant les Marie-Madeleine pécheresses locales, mais, surtout en recrutant un disciple, le souffre-douleur local, lui-aussi, un ado avec une jambe plus courte que l'autre, qu'il va se mettre en tête de guérir en faisant un miracle... Mais les miracles, bien sûr, ça n'arrive que dans la bible, pas dans la réalité...
Pendant ce temps, la jeune prof de bio s'est elle aussi plongée à corps perdu dans la lecture de cette maudite bible, au grand dam de son copain le prof de sport, et les choses vont s'envenimer jusqu'à un genre de conseil de discipline où les matrones, contre toute attente (quoique, tiens, souvenez-vous du conseil de classe à la fin de Bad luck banging or loony porn, le molotov roumain de Radu Jude, qui était aussi le procès d'une jeune prof, même si pas pour les mêmes raisons), finiront par donner raison au jeune -et dangereux- illuminé (au nom du pouvoir de la sacro-sainte Religion et de Saint Poutine réunis).
Le film est russissime, le constat, hélas, l'est aussi. Sans appel. Et sans espoir. Entre le pope et la milice, comme entre le marteau et l'enclume. Allez grattouiller là-dedans, racler avec les ongles, pour y trouver un peu d'espoir.
On a déjà vu des ados perturbés au cinéma, mais celui-là restera spécialement mémorable. Froid dans le dos (normal, on est en Russie, et tout le monde en prend pour son grade, les estropiés, les gays, les Juifs, les profs de bio progressistes, tout ça sous le portrait du président à vie affiché sur les murs comme un Big Brother dont antisémitisme et homophobie seraient les deux mamelles).
Serebrennikov se fait les griffes.
Et, tiens, les Cahiaîs en ont presque rigolé :
"Le film est certes assez lourd, assez démonstratif, mais sa virulence satirique et laïque, non dénuée d’humour (…) permet d’exorciser cette menace toujours et de plus en plus vive d’un effondrement des socles de la vie en commun sous les coups de bélier du délire religieux."

499795

Capture d’écran (1233)

Capture d’écran (1232)

Capture d’écran (1227)

Capture d’écran (1229)

7 avril 2022

en bateau

063
ILS SONT VIVANTS
de Jérémie Elkaïm

Peu de temps après le délicieux Ali et Ava, voici un film qui aurait pu s'appeler Béatrice et Mokhtar. Nous ne sommes plus in England, mais presque, justement : en France, à Calais, et, plus précisément, et dans ce lieu de toutes les hontes qu'on nomme la Jungle. Il y est aussi question d'une histoire d'amour, un homme et une femme, une française très blonde et un iranien très brun (très barbu et très beau, mais suis-je vraiment objectif ?), de différentes différences sociales (et politiques) qui vont créer des frottements -et des étincelles- au sein de cette love story (qui est, je l'avais oublié, tirée d'une histoire réelle, celle de Béatrice Huret, jugée -deux fois- parce que soupçonnée d'avoir organisé "le passage d'étrangers au Royaume-Uni et en assurant leur prise en charge (...) en bande organisée", mais -heureusement- relaxée).
C'est Marina Foïs qui avait acheté les droits du livre de Béatrice Huret, et demandé ensuite à Jérémie Elkaïm (co-auteur du très réussi La guerre est déclarée, avec son ex-compagne Valérie Donzelli).
A rebrousse-poil.
Le film déroute d'emblée, avec une scène d'enterrement qui vire presque comique (le cercueil est trop large pour entrer dans le caveau, et il faut donc l'attaquer au burin pour l'élargir), avec une Marina Foïs à la fois blondissime et opaque (très fermée), dont on apprendra assez vite que son défunt mari était, accessoirement, un CRS d'obédience FN, et, surtout, un parfait salaud. Et qu'elle aussi l'est donc, par osmose, sympathisante (je ne veux pas écrire une seconde fois le nom de ce parti honni). 
Et voilà que le hasard d'un lot de vêtements de son mari dont elle est venue se débarrasser auprès des bénévoles de la Jungle va lui faire croiser la route (et le regard) d'un iranien aux lèvres cousues, allumant instantanément la mèche d'un coup de foudre (qui va s'avérer relativement à mèche lente, tant il faudra un certain temps pour que ça s'embrase, mais alors quand finalement  ça s'embrase, "C'est bleu c'est rouge c'est Broadway!" comme aurait dit un héros de Reiser). Béatricealors  découvre un nouveau monde, un nouveau bonheur, remettant complètement en cause toutes ses certitudes, sa petite vie bien rangée, comme sa maison où elle vit avec sa mère et son fils, va se retrouver chamboulée, et elle va devoir "faire avec"...
Au réalisme des situations (même s'il est difficile de filmer ce qui se passe dans cette fichue Jungle) répond celui du rapprochement entre elle et lui (et leur façon de réussir à communiquer sans parler du tout la même langue)
La force du réalisateur est de donner les mêmes chances à tous les personnages, de ne pas juger (personne n'est ni tout blanc ni tout noir et c'est, justement, cette zone grise qui est la plus intéressante...) même si le traitement de certains personnages (celui de Laetitia Dosch par exemple) peut sembler parfois légèrement maladroit.
Un film dont on est content de ne comprendre le titre qu'à sa quasiment toute fin.
Si Marina Foïs (une fois de plus) est excellente, il faut saluer Seear Kohi (mon dieu qu'il est beau, je fonds) dans un rôle très... physique (mais pas que).

4843413

Capture d’écran (1015)

Capture d’écran (1014)

 

1 mai 2022

avril 2022

vendredi 1

DSC05754

marronnier : le désherbage à la Bibliothèque Municipale (manquent sur la photo 4 bd)

samedi 2

DSC05757

marronnier !a neige du coucou

dimanche 3

Capture d’écran (907)

En Thérapie c'est reparti : j'essaie d'y aller "raisonnablement" mais j'en ai quand même vu 7 d'affilée la nuit de samedi à dimanche (j'en suis donc à 10 sur 35)

lundi 4

20220404_164712

j'ai passé la journée à la fenêtre, l'appareil-photo à la main, pour observer un événement "exceptionnel" (qui n'est donc pas près de se reproduire) : le changement du revêtement de la chaussée, de 7h30 à 18h, (et pour m'instruire,aussi, bien sûr) et je me suis régalé...

mardi 5

"Je n'ai jamais voulu d'enfant, pour la simple raison que les enfants sont des créatures ingrates, d'une innocence frôlant l'inconscience, qui n'ont aucune espèce d'idée de l'angoisse qui vous étreint chaque fois que vous les regardez partir pour l'école avec leur sac à dos en forme de chat ou de canard, et qui ne savent pas, lorsqu'ils ont grandi, que c'est encore cette image qui s'impose à vous quand ils prennent le chemin de l'université dans l'auto chargée de bagages, l'image d'une petite silhouette maladroite emportant ses crayons de bois et son cahier ligné dans le ventre d'un canard dont le bec barbouillé sourit au soleil d'un passé qu'ils s'apprêtent stupidement à rayer de la carte du ciel.
Je ne voyais d'ailleurs pas l'utilité de mettre un enfant au monde si c'était pour lui crever dans les bras, se tirer à bout portant quand il avait encore les plumes mouillées ou l'envoyer paître dans une famille comportant déjà trois autres gamins n'ayant jamais connu le nom du salaud qui avait baisé leur putain de mère."
(Lazy Bird, Andrée A. Michaud)

mercredi 6

DSC06876

c'est une bouchée de blanc de dinde qui aura causé l'élimination de ce très cher Wilfried. Dommage. mais du coup je ne sais pas si j'aurai encore envie de regarder T*p Chef (ou bien faut que je me trouve un autre poulain...)

jeudi 7

"Y en a qu'ça excède, d'autres que ça vexe,
Y en a qui exigent que j'revienne dans l'axe
Y en a qui s'exclament que c'est un complexe,
Y en a qui s'excitent avec tous ces X dans l'texte..."
(Carla Bruni, eh oui)

 vendredi 8

Capture d’écran (389)

commencé un nouveau livre de photos, avec juste des captures d'écran concernant des travailleurs (ici, russes) en train d'exercer leur métier, plus ou moins vêtus...

samedi 9

20220409_134939

Printemps au parking (Isembart) (il ne restait plus qu'une seule place libre) avant d'aller au cinéma (x2)

dimanche 10

(premier tour des élections, et tiens, justement, je lis ça)

"Où se trouve-t-elle donc, cette majorité ? Tout le monde sans exception vote ? Non, tout le monde ne vote pas! Le mécanisme actuel des élections, c'est une illusion de participation à la vie du pays, et en plus beaucoup de gens ne veulent même pas y participer, à cette illusion. De toute façon seule une partie de la population vote, sur cette partie seule une partie vote pour un candidat précis. Où est-elle donc cette majorité ? L'émergence des pouvoirs entre les mains d'élites illusoires, n'est-ce pas une illusion ? La sacralisation du pouvoir, n'est-ce pas un immense tour de passe-passe ? Elever la redistribution des revenus de l'État au niveau de la connaissance divine, ça dépasse l'entendement. Qu'est donc ce fameux parlement ? Une plate-forme de discussion entre gens élus dans différentes régions qui se soucient idéalement du bien-être de leurs administrés. En réalité le bien-être de leur région ne les préoccupe que de manière idéale, c'est le lobbying de je ne sais quelle connerie qui les intéresse, le combat pour la moralisation et le populisme. Ce n'est pas une division régionale qu'il nous faut, mais un échantillonnage de différentes couches de la population, il est grand temps de réformer de fond en comble ces chiottes, sinon Dieu seul sait où tout cela nous mènera."
(Les Petrov, la fièvre, etc. de Alexei Salnikov)

lundi 11

20220411_130120

(le pauvre Libé) oh oh  le facteur avait l'air d'être un peu énervé, non ? (on se demande bien pourquoi)

mardi 12

DSC06887

(libé, suite) encore un peu énervé, mais ça va mieux quand même...

mercredi 13

20220411_145015

affiche(s) électorale(s) (détail), devant le Victor Hugo

jeudi 14

DSC06955

oh oh hier soir la surprise (pourtant j'avais dit que je ne regarderais sans doute plus) du retour inopiné de ce cher Wilfried dans T*p Chef (ici photographié comme Mac Cartney sur la pochette d'Abbey Road, avec le "signe des morts")

vendredi 15

DSC06966

une triste nouvelle : mon vaillant appareil-photo Sony cybershot hx50 n'est plus, et a rejoint le cimetière des éléphants vaillants appareils-photo, voici l'utime photo qu'il a prise avant de rendre l'âme ("éteignez puis rallumez" s'affichait  et re, désespérément sur l'écran de contrôle)

samedi 16

Capture d’écran (1316)

Capture d’écran (1315)

En Thérapie, c'est fini! (regardé cet aprèm' toute la dernière semaine...)

dimanche 17

20220417_111320-1

Ding ding donc (c'est Pâques) un charmant cycliste pascal, juste sous mes fenêtres

lundi 18

20220418_124656

lundi de Pâques à Cuse : les provisions

ou bien

20220418_154504

lundi de Pâques à Cuse : les jeux

ou bien

20220418_172256

lundi de Pâques à Cuse : la visite au cimetière

mardi 19

20220419_153317

Pris avec mon téléphone ! Sans appareil-photo (et surtout sans zoom x30) je me sens comme empêché, dépossédé, décontenancé... A quoi bon observer si je suis dans l'incapacité de conserver ? (Heureusement, le nouveau est annoncé pour jeudi...)

mercredi 20

20220420_175127

Comme d'hab' je suis allé à la réunion des ADC à pied (facile, c'est toujours tout droit...)

jeudi 21

20220421_161652

profité du grand soleil pour aller faire un tour, et pensé très fort à mon ami Philou...

vendredi 22

20220421_134931

(juste pour faire la circulation, à cause d'un camion à double remorque qui s'était imprudemment engagé dans les ruelles du vieux centre et bloquait toute la circulation) (mais il était mimi)

samedi 23

les fruits de la passion en provenance du Vietnam se choisissent en fonction de leur poids (et non de leur aspect fripé) m'a confié la vendeuse du marchand de primeurs, qui le tenait elle-même d'une ressortissante du pays en question (donc, bien placée pour en parler...)

dimanche 24

pour faire passer le temps en attendant les résultats, j'ai fait une montagne de crêpes (un montón, en espagnol) parfumées au rhum, (en discutant avec les ami.es sur whats*pp) crêpes que j'ai ensuite mangées goulument, accompagnées d'une Guinness, (soyons fou) juste après l'annonce des résultats : ouf la GGS est battue, mais bon c'est reparti pour 5 ans avec l'autre paltoquet

lundi 25

20220424_195613

force de la volonté : être là devant et ne pas ouvrir le bocal

mardi 26

20220426_131304

dix jours ou presque que je n'étais pas allé au fjt : en plus Catherine a répondu favorablement à mon invite, et, re-en plus, il y avait du foie de veau! (et beaucoup de travailleurs/plaisir des yeux : ça méritait bien une petite "composition artistique"...)

mercredi 27

Pourtant je suis parti à pied, pourtant je me suis arrêté à la poste pour expédier un paquet, pourtant j'ai pris le temps d'échanger avec Madame L. qui m'a annoncé rosissante qu'elle prenait sa retraite fin juin, pourtant j'ai encore discuté, devant la poste, avec une autre nana (une copine de Christine), qui déplorait le manque de qualité des films projetés dans le bôô cinéma, même ceux programmés par "comment s'appelle déjà votre assoc' ?", conversation que j'ai cavalièrement écourtée en expliquant que je devais aller prendre mon bus, pourtant je me suis arrêté à la gare pour acheter le Canard, pourtant malgré tous ces "pourtant" je suis tout de même arrivé à la gare routière (pardon, au"pôle multimodal") avec 35 minutes d'avance!

ou bien

20220427_153255

en sortant de "Au chocophile heureux" (4 barres pralinées, 11,80€), et avant d'entrer à "L'Intranquille" (Petit Eloge du bleu, 2€)

jeudi 28

Capture d’écran (1440)

le film n'est pas très bon, je confirme, mais bon,  juste pour cette scène, je lui pardonne hein...

vendredi 29

Enfin ça y est! le remplaçant de mon valeureux appareil-photo est arrivé! j'ai réussi à retrouver exactement le même, sur eb*y et j'en suis ravi... et je l'ai donc testé illico :

DSC00036

sur le terrain

DSC00084

sur mon canapé...

samedi 30

Capture d’écran (1449)

 un petit café bienvenu chez les Soria, pour chasser les mauvaises vibrations, après le crématorium et la visite à Maryse...

30 mars 2022

deux fois merci à mubi

056
L'AUTRE CÔTÉ DE L'ESPOIR
d'Aki Kaurismaki
Grand merci à Mubi (je pourrais vraiment y passer mes journées) où j'ai revu ce film que je trouve quasiment parfait (et qui est à ce jour -et peut-être définitivement- le dernier de son réalisateur.) tout le bien que j'en ai pensé quand je l'ai vu à sa sortie. Une belle histoire d'amitié entre  Wikhström et Khaled. Un finlandais et un syrien. L'un qui vient de quitter sa femme, et l'autre qui cherche à retrouver sa soeur... Tout ça est magnifique, tout simplement. J'aimerais bien vivre dans un film de Kaurismaki...

Capture d’écran (93)

Capture d’écran (92)

Capture d’écran (95)

Capture d’écran (89)

 

058
THE LONG DAY CLOSES
de Terence Davies

Et re-grand merci à Mubi (encore une fois) qui m'a permis de redécouvrir ce film, que j'avais vu à sa sortie (1992) à l'Eldo à Dijon (avec Michèle T. ?), que j'avais beaucoup aimé, qui figure dans ma liste de films chéris mais que je n'avais pas eu l'occasion de revoir (je trouve que Terence Davies est un réalisateur scandaleusement sous-estimé...), dont je n'avais gardé que très peu de souvenirs ("un film où ça chante tout le temps") et voilà que Mubi m'avertit que ce film quittera l'affiche dans 4 jours, et donc vite je le regarde, un matin, tranquillou... Effectivement ça chante beaucoup, souvent, tout le temps presque (avec deux types de sous-titres : plus petits quand ce sont les personnages du film, et un peu plus gros quand il s'agit de chansons ou de dialogues de films -mais comment donc les Britanniques, eux, faisaient-ils alors la différence ?-). Une histoire de famille et, encore, une histoire d'enfance, celle du jeune Buddy, dans les années 50; de sa mère aimante, (et aussi de ses frère, soeur, beau-frère, belle-soeur), de son goût pour le cinéma (et, me semble-t-il aussi, de la fascination pour les corps masculins), du coup j'aimerais bien revoir Distant voices, le précédent film de Terence Davies, basé sur le même principe (une famille où ça chante beaucoup, sauf que là il y avait le personnage du père qui était vraiment un salopard.)

Capture d’écran (126)

Capture d’écran (130)

Capture d’écran (129)

Capture d’écran (127)

Capture d’écran (123)

31 mars 2022

semaine latino 10

055
SOY CUBA
de Mikhail Kalatozov

On s'est posé la question, puis on s'est dit pourquoi ne pas oser le patrimoine, dans cette Semaine Latino 10 ? La re-sortie en copie neuve restaurée de ce légendaire Soy Cuba nous a permis d'assouvir -et de légitimer- notre fringale cinéphilique, et on s'est lancé(s). Beaucoup de curiosité d'abord face à cet objet assez singulier : la première collaboration (1964) entre l'URSS et Cuba, pour ce qui devait être un film de propagande, en noir et blanc, de deux heures vingt, en quatre histoires indépendantes (mais Hervé a repéré un lien entre la première -la copine du marchand d'oranges- et la dernière -les guerilleros dans la montagne-
Dans la plaquette de présentation, j'avais copié/collé ça, qui me semblait très juste :

"La tâche semble à priori insurmontable : convaincre le public d’aujourd’hui de se coltiner un long film en noir et blanc de propagande russe sur le Cuba pré-Castriste, et ce sur près de deux heures et demi... Même à une époque où Wim Wenders convie des centaines de milliers de spectateurs dans son Buena Vista Social Club et où les concerts d’Eliades Ochoa font salle comble dans le monde entier, la perspective d’un film signé d’un certain Mikhail Kalatozov consacré à la vie de petites gens dans le Cuba des années 50 a effectivement de quoi faire fuir jusqu’à certains cinéphiles reconnus. Tant pis pour eux. Ils passeront tout simplement à côté d’un des films majeurs de l’histoire du cinéma, rien de moins." (dvdclassik.com)

Effectivement le film est somptueux, grandiose, et le travail du chef-opérateur véritablement sensationnel (vu le poids du matériel à l'époque, certains plans-séquences semblent -encore aujourd'hui- pratiquement irréalisables et pourtant il les a faits! Le monsieur en question s'appelle Sergei Urusevsky -et il a bossé aussi sur les autres films de Kalatozov : Quand passent les cigognes et La lettre inachevée- que, du coup, j'ai très envie de voir).
Quatre segments, donc (la prostitution, l'agriculture, la révolte, puis la révolution) reliés par une voix-off féminine incarnant Cuba, disant un poème où reviennent à chaque fois les mots Soy Cuba.
J'ai eu un peu de mal dans la scène du début (boîte de nuit très très jazzy, cigarettes alcool et p'tites pépées -comme chantait ce cher Eddy Constantine- groupe d'américains puants se comportant en propriétaires, avec, surprise! Jean Bouise en french lover...) mais tout s'arrange ensuite (pour moi) dès que la musique baisse un peu... Et on se laisse aller à crapahuter (gambader ne serait pas vraiment le terme juste) à la suite du réalisateur et de son chef-op'. Et on ne peut s'empêcher d'admirer les qualités originelles du film, encore mieux mises en valeur par une restauration de haute volée. Du "film de propagande" Soy Cuba a gardé quelques candeurs et/ou maladresses accidentelles du propos (la scène de la colombe), qui pourraient prêter à sourire, mais que l'élan et le souffle (et l'ampleur) du film parviennent sans peine à transcender et à faire oublier.
Du grand cinéma.(Merci à Scorsese et à Coppola qui ont oeuvré à sa restauration et à sa resortie!)

affiche

Capture d’écran (108)

Capture d’écran (109)

Capture d’écran (110)

Capture d’écran (111)

Capture d’écran (112)

Capture d’écran (113)

057
LA LÉGENDE DU ROI CRABE
de Alessio Rigo de Righi & Matteo Zoppis

Oh oh oh que voilà un film très très (très) barré : deux réalisateurs pour un premier film qu'on pourrait dire au goût double : une heure en italien (et en Italie), suivies de quarante minutes en español (en Argentine), avec le même personnage central : Luciano, un ivrogne barbu. Un héros de légende(s). La partie italienne est en fait une vieille histoire que se racontent en picolant  des vieux mecs avec des tronches rubicondes pas possibles (c'est sûr ils ne sucent pas de la glace), une histoire de prince et de paysans, de porte close, d'amour impossible, de soudards, de révolte des gueux, (tout ça en italien, avec des chansons qui viennent couper le récit à intervalles réguliers). Jusqu'à ce que pfffft! comme un coup de baguette magique (ou de machette, plutôt, c'est plus contondant), revoilà notre Luciano mais costumé en prêtre, au milieu d'une troupe dépenaillée de pirates et de chercheurs d'or, à la recherche d'un trésor...
La première partie était une reconstitution agreste a minima, à la fois ritalissime et universelle, dans la mouvance de ce cinema povera, bucolique et mystérieux (et barré),  dont nos amis transalpins nous envoient régulièrement des spécimens (Le Quattro Volte, 2010, mais tout autant La Pivellina (2010 aussi), sans oublier le très singulierTotò qui vécut deux fois -1998-) des films à la marge, de la marge. Un cinéma de corps, de tronches, de récits et de chansons.
Tout cela hop! escamoté dans la deuxième partie du film. On a toujours un festival de tronches mais au service d'une légende hallucinée, celle du crabe, et de la quête qui va avec, un trésor au fond d'un lac de montagne mystérieux, dont le plan d'accés était décrit dans un petit carnet obtenu auprès d'un prêtre mourant, dont le héros a d'ailleurs repris l'identité et la soutane, carnet que ledit héros transporte pieusement avec lui, non sans en avoir, au préalable mangé les deux pages qui contenaient les ultimes précisions géographiques. Comme il le résume à ses coreligionnaires (une bande de soudards hirsutes et avinés) "Je suis la carte, et le crabe est notre boussole...", lors d'une épopée cahotique et flingueuse, quelque part entre El Topo de Jodoroswki (un western "baroque" et très sanglant, où j'étais d'ailleurs sorti avant la fin) et les délires amazoniens style Aguirre d'Herzog (et de Kinski), dans une narration qui s'épure d'elle-même au fur et à mesure que ses personnages s'entretuent, pour atteindre à une sorte de sublime lyrique (avec retour à l'italien et à la prima donna du début, pour que la boucle soit bouclée, et que la conclusion vous laisse, pantelant et hagard sur votre siège tandis que les lumières se sont rallumées et que se déroule le générique de fin...)

la-legende-du-roi-crabe-affiche-1419510

l'affiche française (qui dessert plutôt le film je trouve)

AFFICHE_ROI_CRABE_page-0001

celle-ci était plus juste

jqpbgsspsjjfyzh1d1bjfrl8vua-142

et celle-là aussi...

Capture d’écran (114)

Capture d’écran (115)

Capture d’écran (116)

Capture d’écran (117)

Capture d’écran (118)

Capture d’écran (119)

Capture d’écran (120)

Capture d’écran (121)

059
MEDUSA
de Anita Rocha da Silveira

Un film qui m'a laissé de glace. Je m'y suis copieusement ennuyé. Je l'avais un peu vu venir puisque le distributeur, qui a un peu fait le forcing pour qu'on le lui prenne, nous avait même -gentiment- fourni un lien de visionnement, qui m'avait permis de regarder le début du film, qui ne m'avait pas captivé plus que ça (une "dystopie pop", ok...), mais je m'étais dit que c'était juste parce que c'était sur petit écran, et que ça serait sûrement plus claquant sur le grand.
J'avais donc coché la séance de 13h30, et dans la salle on était deux (2!). Si le bouche à oreille a fonctionné, il ne l'a sûrement pas fait dans le bon sens, (mais bon il reste encore une dernière séance à 18h demain). J'ai pensé (je vais encore me faire taxer d'affreux macho réac et tout et tout...) "film de filles", film féministe (ce qui n'apparaîtra que progressivement) sur la condition féminine dans un Brésil affreusement actuel) utilisant certains codes des films de genre (éclairages baroques à la Dario Argento, musique électro à la John Carpenter), mais, oserais-je dire, pour rien. Pour presque rien. All*cinoche le classe en "fantastique / épouvante / horreur", eh faudrait voir pas pousser, quand même hein! Moi je classerais plutôt ça en teen movie (teene, plutôt, puisqu'il s'agit de filles). Bande de filles, mais de filles cathos, pieuses, évangélisées, qui sortent en bande la nuit, masquées, pour bastonner les "pêcheresses", qu'elles obligent à se confesser et à regretter publiquement, sur les réseaux sociaux... Il y a, autour de l'héroïne (et de sa copine, elles chantent dans un groupe intitulé Michelle & les Précieuses) tout un gloubi-boulga de fils d'intrigues, d'enquêtes, de soupçons, de révélations, d'émois sensuels, de baisers fougueux, de crêpages de chignons, de concours de t-shirts mouillés, non j'exagère, mais il y a même des tutos de maquillage pour dissimuler les bleus (ça peut toujours servir, hein, les copines...) bref toute une accumulation, une succession, un entassement, de scènes qui pourraient commencer à être effectivement inquiétantes, et qui sont systématiquement désamorcées, souvent par des nunucheries. Comme si la réalisatrice (et avec elle la personne qui a fait le montage) n'arrivaient pas à se décider de sur quel pied cinématographique danser. Bon, malgré des qualités techniques évidentes (une scène extraordinaire, celle où toutes les femmes se mettent à crier), un film qui ne m'a pas du tout fait vibrer (sans doute parce que je manque de, je vous l'ai déjà dit et répété, second degré. Et j'en suis le premier marri, croyez-le bien).

Mais mais mais pendant tout le temps il y avait un truc qui me chiffonnait, ça m'évoquait  un autre film, je n'arrivais pas précisément à mettre le doigt dessus... J'ai fouilli sur le ouaibe (et dans mes archives), et j'ai fini par trouver :  nous avions déjà programmé le film précédent de la réalisatrice (MATE ME POR FAVOR, critique ) qui m'avait déjà mis dans le même état...

Capture d’écran (142)

Capture d’écran (138)

Capture d’écran (139)

Capture d’écran (136)

pourtant ça jette au niveau de l'image...

Donc je conclus : Anita Rocha da Silveira, ça n'est définitivement pas du cinéma pour moi...

060
JE TREMBLE, Ô MATADOR
(ex TENGO MIEDO TORERO)
de Rodrigo Sepulveda

Il faut remercier le distributeur, Outplay, qui l'a mis aimablement à notre disposition très en avant-première (le film ne sortira que le 15 juin!). J'avais déjà eu le plaisir de le voir en ligne, lors du festival Cinélatino de Toulouse, en 2020 (finalement c'était bien le confinement, quand je pouvais assister à tous les Festivals devant mon ordi...) où il avait gagné les prix de la Critique et du Public.
Le film est centré sur la performance d'Alfredo Castro en vieux travelo (sans nom et sans âge) qui tombe amoureux d'un jeune et barbu révolutionnaire mexicain, ce au nom de quoi (cette formulation est-elle grammaticalement correcte ?) il va se prêter à toutes les folies (selon le fameux "quand on aime on ne compte pas"). Au Chili, sous la dictature de Pinochet, ça ne rigole pas... Et pourtant le film réussit à nous embarquer follement, derrière les talons-aiguilles dorés de La Loca (c'est comme ça qu'il se fait appeler). Et sur grand écran c'est, forcément, encore plus fort, et j'ai eu, à plusieurs reprises les larmes qui me sont montées, tellement le sujet me touche et me concerne (le pédé amoureux de l'hétéro, au départ, mais qui évolue doucement, tendrement vers l'étude d'une situation plus générale : que peut être, comment peut se vivre, une relation entre deux mecs ?) et tellement il est traité avec simplicité, tact et dignité. Alfredo Castro y est -véritablement- prodigieux, dans son jeu d'une extrême finesse, mais le personnage du révolutionnaire (et l'acteur qui l'incarne, Leonardo Ortizgris) est tout aussi formidablement -et symétriquement- campé : au départ un hétéro à poil dur (qui ne supporte pas qu'un autre mec le touche) qui va délicieusement se nuancer (se "déboutonner") au fil du film (jusqu'à cette ultime scène, sur la plage, qui pourrait tirer des larmes à un caillou, et ça tombait très bien de finir là-dessus cette Semaine Latino 10...
Le film, en plus, était idéal pour y figurer comme icône : une coproduction entre le Chili et l'Argentine, avec un héros (le révolutionnaire) qui vient du Mexique, et qui, à la fin du film, (re)part pour Cuba (et la boucle est bouclée...)
Et je me dis que le film est tellement formidable qu'on pourrait le reprendre pour la semaine LGBT dans le bôô cinéma bientôt, non ?

 

Capture d’écran (1983)

Capture d’écran (1982)

Capture d’écran (1981)

Capture d’écran (1980)

Capture d’écran (1979)

Capture d’écran (1984)

 

 

14 mars 2022

allez les petits gars!

CONNEMARA
de Nicolas Mathieu

Je viens de le finir, à regret, j'ai pourtant fait durer la lecture autant que je pouvais le supporter, pour en profiter le plus longtemps possible. Savouré. Je l'ai refermé, reposé, j'ai essuyé une larmichette (on ne se refait pas...) Au revoir Hélène, au revoir Christophe, au revoir Cornécourt...
J'avais lu, un peu par hasard LEURS ENFANTS APRES EUX et j'avais été enthousiasmé (le mot est faible, je m'étais pris une sacrée belle claque), et j'adore ces grand bonheurs-là (de lecteur) qui ne trompent pas, qui donnent, régulièrement, au fil du roman, envie de recopier des passages entiers ; les lire, jubiler, les relire, jubiler encore plus, et se dire "Oui, c'est ça, c'est juste, c'est exactement ça...". Une écriture somptueuse, précise, riche, dense avec un sens aigu du mot qui va donner soudain à la phrase un air de feu d'artifice, je pourrais même oser la qualifier de poétique (si si), tout autant que son voisin de dictionnaire (j'avais écrit de calendrier...), politique...
J'avais été séduit dès la première page, les premières lignes, (cette histoire de baguette et de vache qui rit), happé. Et cette façon de parler d'ados (de les faire parler, de les regarder vivre, de leur (re)donner la parole) était spécialement séduisante).
J'ai tout de suite acheté Connemara (heureuse coïncidence, un chèque-cadeau bienvenu, juste à point) et je l'ai commencé assez vite (je sortais de En attendant Dogo, de Jean-Bernard Pouy, qui m'avait -finalement- donné beaucoup de plaisir) en me demandant si le miracle allait se reproduire (bien qu'ayant déjà ça et là des échos  louangeurs, promettant même "encore mieux que le précédent..." waouh je nourrissais donc de grandes espérances mais en restant prudent...)
Il est, au début, question d'une femme, Hélène, la quarantaine, puis au chapitre suivant d'un homme, Christophe, la quarantaine idem, tous deux originaires de Cornécourt, une petite ville (imaginaire) de l'est (comme l'auteur en avait déjà inventé une autre pour son précédent roman), à la seule différence qu'elle (Hélène) en est partie dès qu'elle l'a pu  tandis que lui y est resté (n'a pas essayé d'aller voir ailleurs), et qu'un hasard romanesque bienvenu (ils se connaissaient étant ados) va faire se rencontrer à nouveau, après tout ce temps...
Et le roman embraye doucement, et on est toute ouïe, (façon de parler, on ouvre grand les yeux) et on voit se déployer la grand-voile (claquante, la métaphore est sonore) de l'écriture somptueuse de Nicolas Mathieu, et on a les cheveux dans le vent (comme quand, gamin, on lisait du Jules Vernes allongé sur son lit), et pourtant ça ne parle que de gens, mais on se laisse aller au grand bonheur de cette lecture (de cette écriture) affûtée, lyrique, brillante, terrienne, qu'on a tant de plaisir à retrouver...
Une femme, un homme, et chabadabada ? Un peu de, mais pas que, car l'auteur a l'intelligence d'alterner les phases temporelles (l'adolescence notamment, où on se dit qu'Hélène et Christophe auraient pu devenir copains -dans l'absolu- avec les protagonistes de Leurs enfants après eux, s'ils s'étaient retrouvé par hasard avec eux dans le même bahut imaginaire, ou au moins dans le même patelin, puisque l'époque est la même..., fermons là cette parenthèse imaginaire...) de revenir à cette jeunesse qui était tout le terreau de Leurs enfants après eux, de la mettre en perspective, de voir de quelle(s) façon(s) les différentes petites graines y ont germé
Roman humain, familial, social, Nicolas Mathieu furète dans tous les coins de la narration, pose, au fil des chapitres (un pour elle un pour lui) son regard attentionné et précis sur chacun des deux axes (Hélène, Christophe) de cette belle ellipse, et de leur entourage (les parents, les enfants, les copines, les potes).
Leurs enfants après eux se construisait sur quatre ans (92, 94, 96, 98), et autant de "fêtes", tandis que Connemara surfile l'année 2017 d'allers-retours temporels, d'âges de la vie, d'événements marquants, d'univers spécifiques de part et d'autre (le monde de l'entreprise ici, celui du sport là), dans une vaste et attachante chronique sociétale (sentimentale aussi) -on pourrait parler de politique-, qui va se conclure en grandes pompes, sous les doubles auspices pétaradants de (le même week-end) un mariage et une élection présidentielle! (Nicolas Mathieu aime bien les fêtes!)
Avec un détail supplémentaire qui augmente encore mon plaisir de lecteur : si il sait très bien parler des gens, il a aussi une façon, quasi photographique (sensorielle, en tout cas), de parler des hommes (bien que le récit soit très très "hétéro-normé"), des hommes dans tous leurs états :

"Les premiers levés émergèrent de leurs tentes vers neuf heures du matin, l'air de sortir d'un abri antiatomique après le cataclysme. Tout d'abord ils se mirent à errer dans les prés, les cheveux en bataille, portant souvent la même chemise que la veille, mais en pantalon de survêt et des tongs aux pieds, certains la clope au bec, beaucoup avec des lunettes de soleil sur le nez. On fit bientôt la queue dans les sanitaires. Des hommes allèrent même jusqu'à se raser. Le soleil frappait déjà fort."

*

"Ils burent comme cela deux verres cul sec en échangeant des paroles solennelles sur l'amitié et le temps qui passe. C'était l'heure virile du contentement de soi, de la lourde ivresse, quand on s'autorise des accolades et que la cravate ne tient plus qu'à un fil."

*

"Là il se vidait la tête et patinait jusqu'à l'épuisement. Après l'entraînement, assis à poil dans le vestiaire, il se regardait dans le miroir, sa queue qui pendait entre ses cuisses épaisses, les épaules endolories et massives, ses cheveux trempés de sueur, son ventre soulevé par l'essoufflement et ses muscles tous dessinés, du cou au nombril et jusqu'au jarret. Il constatait alors cette vitalité tellement visible en lui, qui lui passait par la peau, rouge aux joues, brûlante par tout le corps."

*

"Sur la nappe blanche les bouteilles laissaient une empreinte circulaire bien nette. C'était du linge épais, comme on en faisait jadis, d'increvable matière, des savoir-faire enviés et capables de parcourir des générations. Elle avait beaucoup servi cette nappe, des dimanches et à Noël, pour le gigot pascal, des occasions et des fêtes. Elle avait vu des hommes boire des vins de garde et bâfrer des viandes en sauce, des hommes avec leurs grosses pattes, leurs engueulades politiques, des rires d'ogres, le cul vissé à leur chaise tandis que des épouses tempérantes et soucieuses faisaient la navette de la salle à manger vers la cuisine, se retrouvant finalement pour la vaisselle et papotant alors à leur aise, le rire facile et la dent dure, alors qu'avachis, la ceinture ouverte et s'offrant des coups de gnôles locales, les hommes tentaient une parole définitive en écrasant un mégot au fond d'une tasse à café."

(et tout autant dans les scènes de sexe, aussi fiévreuses que dans Leurs enfants après eux)

Nicolas Mathieu est un romancier ample doublé d'un styliste remarquable.

"Ils quittèrent la pièce avec sur leur talons le chat qui n'avait pas lâché le père d'une semelle depuis qu'il était arrivé. Hélène resta donc seule dans sa robe superbe, avec son reflet et l'immensité du printemps que la fenêtre ouverte contenait à grand-peine."

Remarquable, oui

(même si, si je peux me permettre un petit bémol, je trouve que la couverture du livre est moy-moy...)

Connemara

10 mars 2022

deux films avec un magnétophone à K7

036
VOUS NE DÉSIREZ QUE MOI
de Claire Simon

C'est toujours un grand plaisir de retrouver Claire Simon, à chaque nouveau film (récemment il y a eu LE FILS DE L'EPICIERE, LE MAIRE, LE VILLAGE ET LE MONDE, en septembre 2021, en salle, et, auparavant, j'avais pu voir GARAGE, DES MOTEURS ET DES HOMMES, en juillet 2021 sur France 3 -et ensuite en streaming sur France.tv-, ce qui fait un rythme de travail assez soutenu, celui-ci, VOUS NE DÉSIREZ QUE MOI, est daté de 2020, tandis qu'un prochain, LE CORPS DES FEMMES, est d'ores et déjà annoncé...
Ce projet est un peu à part puisqu'il met en scène des acteurs "connus" (Emmanuelle Devos et Swann Arlaud) au service d'un texte "réel", préexistant, un peu comme dans Claire Simon l'avait fait dans le magnifique LES BUREAUX DE DIEU (2008) où elle avait utilisé des vrais textes d'entretiens pour les faire rejouer par des (magnifiques) actrices, dans cette touchante évocation d'un Centre du Planning Familial.
Ici, le texte pré-existant est une retranscription de cassettes audio, enregistrées en 1982 par Michèle Manceaux, journaliste et romancière, qui était allée interviewer, à sa demande, Yann Andréa, le jeune amant de Marguerite Duras, car celui-ci souhaitait, justement, évoquer Marguerite et la relation qu'il avait avec elle. Tout ça dans une pièce de leur maison de Neauphle-le-Château,  tandis qu'à l'étage inférieur, Guiguitte (je me permets de l'appeler ainsi, amicalement, bien que n'ayant jamais été un inconditionnel de la dame, ni dans ses livres, ni dans ses films, mais étant, par elle, tout de même fasciné) s'agite, s'agite (et lui craint d'ailleurs qu'elle ne finisse par monter) et manifeste sa présence.
Deux cassettes seront ainsi enregistrées, lors de deux entretiens consécutifs (un par jour). C'est le texte intégral de ce qu'a dit Yann Andréa qui sera joué scrupuleusement par un Swann Arlaud très impressionnant dans son incarnation, face à une Emmanuelle Devos / Michèle Manceaux impériale (comme à son habitude).
Claire Simon a filmé leur échange avec beaucoup d'intelligence et de finesse (et toute la sensibilité qu'on lui connaît) en de longs et patients (et périlleux) plans-séquences. La réalisatrice reste très près des deux comédiens, attentive, à l'affût. Proximité fait loi.
Deux k7 donc, avec un entre-deux, comme une respiration, qui (ne) suivra (que) la journaliste, dans un morceau de sa vie extérieure à la maison de Neauphle, une soirée paisible, une cheminée, un whisky, et le beau visage songeur d'Emmanuelle Devos.
La gageure était comment figurer la présence de Marguerite, comment la re-présenter ? (comme aurait dit quelqu'un que je connais "elle ne pourra pas venir car elle est morte..."), et Claire Simon relève le défi honnêtement (il me semble qu'elle utilise juste une fois la figuration, de façon très fugitive et floue, derrière une fenêtre, une silhouette, un pull beigeasse, de trois-quarts dos, lorsque Michelle M. quitte la maison le premier soir, mais n'en suis-je même pas très sûr), en insérant des extraits durassiens (je devrais écrire durassiennissimes), de films (India Song et sa fameuse Anne-Marie Stretter, et la blanche voix-off qui l'évoque /qui l'invoque) mais aussi de vraies vidéos d'époque montrant Duras herself (interviews, et même une scène de tournage de L'homme atlantique je crois, où elle malmène (c'est vraiment le mot) Yann Andréa, justement.)
Car leur relation est quand même assez hors-norme : hormis la différence d'âge (comme dirait le même quelqu'un que je connais : "Je suis atypique! ma femme est beaucoup plus vieille que moi!"), il sera aussi question de l'intensité de la passion qui les unit, mais tout autant de l'inexorable mainmise qu'exerce Marguerite D. sur son jeune amant (comme a dit Fanny en sortant : "Aujourd'hui on l'aurait qualifiée de perverse narcissique...") homosexuel à qui elle interdit tout de même de l'être!.( sans doute est-ce ce que Guigitte nomme La maladie de la mort...)
Interviennent aussi, en tant qu'inserts (autant poses que pauses) un certain nombre d'aquarelles érotiques, splendides, signées Judith Fraggi, évoquant réalistement, en contrepoint, les rapports -physiques- des deux amants. (c'est vrai que j'avais beaucoup de mal à imaginer M.D en train de faire l'amour...)
Et le spectateur moyen (moi, donc) de se laisser porter par la délicatesse (et la fragilité) de cette reconstitution, de l'attention portée aux moindres détails (le reflet des mains dans la fenêtre, les cris d'oiseaux dans la bande-son en amorce annonciatrice de ceux d'India Song), de ces quatre-ving quinze minutes à la fois décomptées et suspendues...
Un sublime (forcément sublime) objet de cinéma, qui ne peut pas laisser indifférent, en témoignent ces deux critiques aux antipodes :

"Grâce à l’intensité de jeu d’Arlaud et Devos, ce film étrange réussit à pousser les meubles du portrait d’écrivain pour faire place à une parole rare et peut-être scandaleuse : l’intelligence de l’homme détruit et, inextricablement, construit par cet amour." (les Cahiaîs)

"Les banalités s'enchaînent sur un ton assez docte. Swann Arlaud s'en tire comme il peut. Emmanuelle Devos ne fait rien. Duras, elle, reste au rez-de-chaussée. Elle a bien raison." (le Figaraud)

 

3016477

4596624

037
MEMORY BOX
de Joana Hadjithomas & Khalil Joreige

Après le magnéto à cassettes de Michèle Manceaux, voici celui de Maïa, (on change de lieu mais pas forcément d'époque, enfin si mais pas tout le temps, vous comprendriez mieux si vous l'aviez vu...), la mère d'Alex, installée avec elle au Canada (elle a quitté le Liban) et qui reçoit, la veille de Noël un très gros carton en provenance de Beyrouth et de son passé, contenant ses journaux d'adolescente et les photos les lettres et les cassettes qu'elle envoyait à sa meilleure amie, lorsque celle-ci s'était expatriée, une trentaine d'années auparavant... Maïa refuse dans un premier temps d'affronter ce passé (son passé) mais c'est sa fille qui s'y plonge alors, en cachette, découvrant quelle adolescente a bien pu être sa mère, qui a toujours refusé de lui parler de son passé...
C'est le principe de l'omelette norvégienne, de faire coexister un Canada d'aujourd'hui, particulièrement hivernal et enneigé, avec la chaleur et le soleil et l'énergie d'un Liban d'hier (d'un Liban adolescent), et celà produit le même revigorant et plaisant choc thermique (et émotif).
Le film est enthousiasmant, dans cette façon de nous replonger, via les yeux d'une adolescente contemporaine, dans ce que fut l'adolescence de sa propre mère, et surtout de nous faire revivre, "de l'intérieur", cette guerre imbécile et fratricide (comme le sont toutes les guerres), cette guerre civile (merci wikipedia) qui ravagea le pays entre 1975 et 1990.
D'autant plus que les cahiers en question sont ceux de la réalisatrice, Joana Hadjitomas, et cette histoire donc, sa propre histoire...
Le film commence dans la neige et finira en plein soleil, dans une scène magnifiquement émouvante (oui, j'ai versé une larmichette) où, à n années de distance, les mêmes personnages dansent -avec la même joie- sur One way or another de Blondie (j'avoue que, contrairement à beaucoup d'autres morceaux de la B.O, j'ai dû shazamer en douce pendant le film pour savoir de qui et de quoi donc il s'agissait).
A propos de B.O, tout au long du film, j'avais les oreilles et le coeur qui frétillaient, à reconnaître, souvent dès les premières notes, des morceaux -souvent des tubes- que moi-même j'avais beaucoup écoutés (et aimés) pendant la même période, celle de mon adolescence (en tout cas ma prime jeunesse). Je prenais plaisir à en donner les titres à Catherine chaque fois que je le pouvais...
On aime ici beaucoup le travail de Hadjithomas / Jaureige (on a déjà programmé leur splendide  et étonnant Lebanese Rocket Society, (2013) mais celui-ci est encore plus fort, par la richesse, la multiplicité, (le foisonnement), des technique utilisées (en fait, tous les registres de l'image) et le travail titanesque qui a été accompli (car contrairement à ce que j'ai dit plus haut, et de façon plutôt écervelée, et avant qu'Hervé ne me gourmande, le film n'est que "basé sur" les cahiers de Joana Hadjitomas, et ceux (j'avsis quand même eu un léger doute) que l'on voit dans le film ne sont pas les siens, et il a donc fallu en fabriquer de nouveaux, en utilisant les photos des actrices et des acteurs...), ce qui rend le film encore plus admirable.
Un film formidable, bardé d'émotion, d'énergie, d'espoir, bref, tout à fait ce dont on a besoin en ces temps troublés mortifères et poutinassiers...
Allez vous faire du bien, courez-y!

0664176

2626624

2654705

"Dans le film circulent les époques, les générations mais aussi les technologies,le passage du temps s’éprouvant autant dans le récit, dans ce que vivent les personnages d’une époque à l’autre, que dans la matière même du film. Ce jeu libre avec les régimes d’images et de sons est-il le coeur de tout votre travail, y compris dans ce film qui semble tout récapituler ?

JH - Nous n’aimons ni frontières ni définitions. On aspire à une grande liberté, la possibilité de pouvoir se mouvoir en faisant des films de cinéma,des documentaires, des vidéos d’art, des installations photographiques, des performances, des sculptures… Cela dépend vraiment de notre intérêt, notre inspiration, notre recherche… Dans Memory box, on a cherché à transformer nos recherches artistiques et formelles en quelque chose de cinématographique et d’accessible, quelque chose de jouissif pour le spectateur." (dossier de presse du film, passionnant, consultable , chez leur distributeur, Haut et court)

Archives
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 394 470