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lieux communs (et autres fadaises)
29 mai 2021

CMFUBJ 47

(P38 2)

L'ENNEMI
de Stephan Streker
avec Jérémie Rénier, Alma Jodorowski, Félix Maritaud, Emmanuelle Bercot, Zacharie Chassériaud
(sortie : 29 septembre 2021)

Le plaisir de revoir un film belge (quand je vois se dessiner le logo BELGIAN CINEMA MADE IN WALLONIA BRUSSELS mon coeur déjà  frétille d'aise...) d'un réalisateur déjà programmé dans notre Semaine Belge (pour Noces) avec en plus une distribution inoxydable -Jérémie Rénier, comme ses copains cités précédemment Anthony Bajon, Tommy Lee Jones, Matthias Schoenaerts (c'est bien d'enfoncer le clou) est toujours aussi bien, mais il faut cette fois lui adjoindre l'intégralité de la distribution  (toutes / tous sont intenses) dans un film ambitieux (pourtant  librement inspiré de faits réels), l'histoire d'un homme politique célèbre accusé du meurtre de sa femme, mi-film d'amour et mi-film de zonzon (avec Maritaud comme voisin de cellule idoine, en crapule poly-tatouée et fumeur de bédos), un film tout aussi idoinement ambigu (et qui n'hésite pas à enfoncer le clou entre flamand et wallon, comme tout film belge digne de ce nom). Une réussite qui donne envie de refaire illico une Belge Semaine 4...

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"Si quand les nègres sont persécutés, tu ne te sens pas nègre, si quand les femmes sont méprisées, ou les ouvriers, tu ne te sens pas femme ou ouvrier, alors, toute ta vie, tu auras été un pédé pour rien." (Jean Genet, cité par Jérémie Rénier dans le film)

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EVERY BREATH YOU TAKE
de David Murray
avec Casey Affleck, Michelle Monaghan
(sortie en e-cinéma : 04 juin 2021)

Casey Affleck, je l'aime depuis Gerry (2002) de Gus van Sant (la plus belle histoire d'errance qui soit) et Gone baby gone (2007) de Ben Affleck (le polar à la conclusion la plus sibylline qui soir, où, tiens tiens il était déjà en couple avec Michelle Monaghan), et là, encore une fois il est très bien (comme Anthony Bajon, Tommy Lee Jones, Matthias Schoenaerts, Jérémie Rénier, oui oui...) en psy jusque là tranquillou quoiqu'affecté d'un problème familial (son jeune fils est mort dans un accident de voiture) qui va soudain se doubler d'un autre, professionnel (une de ses patientes vient de se suicider)... Et voilà qu'il fait la connaissance du frère de la demoiselle en question... Et voilà que les choses vont soudain aller de mal en pis (le travail de deuil va s'avérer bien plus compliqué -et douloureux et même contondant- que prévu...), que l'univers planplan du psy va commencer à se lézarder de toutes parts, et que le prototype du personnage de PPP (pervers polymorphe psychopathe) a encore de beaux jours devant lui sous les cieux hollywoodiens. Même si, comme le mentionne l'unique critique spectateur sur allocinoche, "tout ça est très cousu de fil blanc", j'ai regardé jusqu'au bout, un bon climax carabiné où on trouvera notamment l'illiustration littérale de l'expression "donner un grand coup de patin" pour mettre un point final une action...

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BOÎTE NOIRE
de Yann Gozlan
avec Pierre Niney, Lou de Laâge, André Dussolier, Dominique Rabourdin
(sortie : 8 septembre 2021)

Pierre Niney (lui aussi très bien, comme Anthony Bajon, Tommy Lee Jones, Matthias Schoenaerts, Jérémie Rénier, Casey Affleck avant lui) joue ici un acousticien (un monsieur avec un casque et une oreille hypersensible qui déchiffre (décrypte) les enregistrements figurant sur les boîtes noires des avions qui se sont crashés, la jolie Lou de Laâge (qui s'est fait ici la tête de Naomi Watts) joue sa femme, Olivier Rabourdin son supérieur, et André Dussolier son chef. Et voilà qu'un avion (le Paris/Dubaï) se crashe dans les montagnes, avec 300 passagers à son bord, que Pierre Niney ne bosse pas sur ce décrytage parce qu'il s'est pris la tête avec son supérieur, mais quand même si finalement, puisque le supérieur en question a aussi sec mystérieusement disparu... Et voilà qu'en décryptant la bande-son de la fameuse boîte noire, notre héros va commencer à trouver des trucs chelous, de plus en plus, et, comme Travolta dans BLOW OUT va mener sa propre enquête qui va déboucher sur un super giga méga complot contre l'humanité non je déconne vous verrez bien quoi par vous même non mais hé... Un thriller aéronautique informatique qui, de révélation en rebondissement, tient ses deux heures et quelques sans mollir... (et le méchant est -tadam!- démasqué publiquement à la fin, ce qui fait toujours plaisir).

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8 mai 2020

CCCC53

l'esprit des murs 1 :

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(les histoires de marins, ça m'a toujours fait rêver)

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vieilles habitudes

"Ils se sont pris à espérer un changement durable des pratiques, mais fin avril, les vieilles habitudes ont resurgi. "Depuis cinq jours, on vit d’un seul coup une espèce de douche froide", confie Agnès Hartmann, diabétologue à la Pitié Salpêtrière à Paris.

"Les patients atteints du Covid-19 sont partis de mon bâtiment, et on a de nouveau des tableaux Excel, pousuit la diabétologue. On calcule notre activité sur mars-avril et, comme on n’est pas du tout comme d’habitude, on nous pointe qu’on est en négatif."

Pour les soignants, la crise sanitaire a prouvé la légitimité de leurs revendications, et la nécessité de faire passer les besoins des patients avant la logique budgétaire. "On commence à compter les lits vides et on devient à nouveau obsessionnel des plannings, explique Agnès Hartmann. Soit les gestionnaires ont reçu d’autres directives, ce qui serait assez inquiétant, soit ils ont repris leurs vieux réflexes."

Un retour en arrière qui "préoccupe" cette médecin : "Pour les patients atteints du Covid-19, on nous a fait évaluer la charge en soins, le nombre d’infirmières ou d’aides soignantes. Si pour les patients non atteints du coronavirus on ne nous demande pas ça, je trouve que ça pose une vraie question éthique."

À l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, où tout le monde s’est mobilisé au service des malades, Hélène Gros, médecin infectiologue, redoute, elle aussi, un retour en arrière. "Vous vous battez pendant dix ans pour avoir une psychologue dans un service qui accompagne les malades parce que cela fait partie du soin et de la qualité de la prise en charge des malades", raconte l'infectiologue.

Hélène Gros explique que cette psychologue, qui "ne compte pas ses heures", est venue tous les jours pendant l’épidémie en faisant deux heures de vélo par jour à cause du manque de transports. "Elle soutient tout le monde, c’est-à-dire les équipes ou les malades coupés des familles, décrit Hélène Gros. Et puis finalement, on sort de la crise, ça se calme, et on lui renouvelle un CDD pour un mois et on ne lui dit pas : 'On vous garde'. C’est typique de ce qui va mal à l’hôpital."

Pour ces soignants, plus question de se résigner. Certains se disent prêts à quitter l’hôpital public s’ils ne sont pas écoutés."

(franceinfo)

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 l'esprit des murs 2 :

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(comme les marins)
plus jamais ça ?
re-bientôt ça!
:o)

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"La vie, comme dit l'autre, a repris tous ses droits..." (Les deux oncles, Georges Brassens)

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"Avant d’aller au lit, je sors dans la nuit calme où bourdonnent les engins qui posent un nouvel enrobé au bout de notre rue. Eux seuls, leurs phares, les uniformes fluorescents de quelques ouvriers que je distingue mal. Il est minuit passé, la chatte m’a suivi. Je fais quelques photos, elle me précède au retour. Un masque abandonné au beau milieu du trottoir, déjà…" (Philippe Soriano / JDF 50)

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Cocovirus : quatre questions sur les militaires français qui pensent avoir été contaminés dès le mois d'octobre

Si la contamination de militaires était établie, cela signifierait que la circulation du virus a débuté bien plus tôt que ce qui était admis jusqu'à présent." (franceinfo)

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 conconfinement > déconconfinemment > reconconfinemment > redéconconfinement > rereconconfinement > reredéconconfinement > rerereconconfinement...

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"2017: il me vient la nécessité étrange d’écrire un album solo. Le piano et moi, personne d’autre. J’ignore totalement pourquoi.
Je décide alors de m’auto-confiner chez moi. Un tout petit appartement niché au dessus du Parc de Belleville. Je ne sors presque pas. Je cherche le sens de cet appel du Solo. "Solo". Seul. Je pense à Wyatt, à Daniel Johnston, à Monk, à Mal Waldron. Je cherche à traverser la solitude certainement mais je n’y trouve rien d’autre qu’elle.
Il y a, tous les matins en dessous de ma fenêtre des dames chinoises qui s’exercent à la danse sur le terrain de basket, sous les arbres. Je commence à les épier puis à les filmer tous les jours pendant 1 an avec mon téléphone.
(...)
2020: me voilà reconfiné mais cette fois nous sommes des milliards derrière nos fenêtres. Personne sur les terrains de basket sauf les arbres et les oiseaux. De toute manière je n’y habite plus.
J’aimerais croire que ce film et ces chansons leur feront passer le temps.
« je chante pour passer le temps, comme on dessine sur le givre, comme on se fait le coeur content » (Aragon)" babX

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des bonnes nouvelles sur Téléramuche : un film et un nouvel album de babx, Les saisons volatiles, et la sortie en vod de Monos de Alejandro Landes, et La cravate d'Etienne Chaillou et Mathias Théry, que nous avions tous deux programmés (le premier dans le cadre de notre Semaine latino, et le second dans le cadre du Festival diversités) et que j'avais (que j'ai toujours) très envie de voir

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"Haute-Saône (70)

Dans le département de la Haute-Saône, 97 personnes étaient toujours hospitalisées au 5 mai, dont 8 en réanimation, en lien avec le Covid-19. Ce nombre était à son maximum le 27 mars, avec 23 patients en réanimation. Ramené à la population, le nombre de personnes en réanimation dans ce département est inférieur à la moyenne nationale. Cette donnée est particulièrement intéressante car elle "reflète la cinétique de l'épidémie et son impact le plus préoccupant", selon Jérôme Salomon, directeur général de la santé.
Le nombre total de décès liés au coronavirus dans les hôpitaux de ce département s’élève à 73 depuis le début de l’épidémie, soit 31,3 décès pour 100 000 habitants. À titre de comparaison, la moyenne nationale est de 24 décès à l'hôpital liés au Covid-19 pour 100 000 habitants. Dans le même temps, 181 personnes sont retournées à domicile dans le département.
Enfin, le nombre de décès totaux, toutes causes confondues, sur la période du 1er mars au 20 avril 2020 dans le département de la Haute-Saône représente une surmortalité de 42% par rapport à 2019, selon l'Insee. Au niveau national, cette surmortalité est de 27%." (franceinfo)

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16h : re-mauvaise pioche
(il semblerait que ce soit à cause du nombre insuffisant de lits dans nos hopitaux, mais à qui donc est-ce la faute, hein, je vous le demande...)

carte rouge et vert

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08

J-3 ?

 

 

1 mai 2020

CCCC46

Jean-Michel Blanquaramba, encore raté

Tel est le théorème de Blanquer : si Blanquer = x et Réalité = y, alors y ≠ x. Autrement dit : lorsque le ministre de l’Education nationale s’avance sur la suite des événements liés au Covid-19, c’est généralement l’inverse qui se produit. (Libé/ChezPol)

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l'esprit des murs :

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Screenshot_2020-04-30 Meteociel - Prévisions météo pour Coulevon ( 70000 ) - Météo Coulevon - Météo 70000

(finalement ça n'a pas été si pire)

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"À la fin des années 70, selon l’adage « En mai, fais ce qu’il te spray », le graffitiste bruxellois Roger Avau avait un aphorisme fétiche qu’il bombait au hasard de ses flâneries : Arrêtez le monde, je veux descendre… L’ayant sans doute vu en photo dans un fanzine, je l’avais recopié mot pour mot au-dessus de mon lit, en écoutant l’album Alertez les bébés d’Higelin. La devise allait bientôt faire des petits dans ma tête, en la rapprochant de celle du film L’An O1 : "On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste". Et nous y voilà, à l’arrêt, sauf que là c’est malgré nous, via un virus qui nous confine à l’absurde, nous télé-travaille de l’intérieur, renforce les ségrégations urbanistiques, les inégalités de sur-vie. De quoi vacciner la population, se réjouissent nos experts en "distanciation sociale", cette maladie servira d’antidote contre tout esprit de démobilisation générale, de "grève des gestes inutiles" comme disait l’anarchiste Libertad durant le Belle Époque, sinon d’un farniente à temps choisi, décidé d’un commun accord anti-productiviste pour mieux se répartir les tâches entre bonnes volontés coopératives, sans carottes ni bâtons, ni gâchis ni profit.

Pris en étau par le chantage ultra-binaire de nos gouvernants (de drauche & groite confondus) – stopper la pandémie vs relancer l’économie –, nous ne sommes plus confrontés qu’à des doubles injonctions culpabilisantes : ne plus sortir pour s’en sortir du côté des télé-employés et bosser en-deçà du minimum sanitaire quand on est au bas de l’échelle salariale, ou pire encore, pointer aux banques alimentaires bien qu’on soit déjà en déficit immunitaire chronique, etc. Tous les ministres et DRH qui depuis des décennies ont mis à sec les précaires pour renflouer les actionnaires, coupé les fonds de l’hôpital public pour préserver les fric des rentiers, mis en coupe réglée le droit du travail pour mieux fournir aux Big Uber Brothers une main d’œuvre corvéable au doigt et à l’œil, sous prétexte d’auto-entreprenariat, vont bientôt nous déconfiner au compte-goutte, une fois les mômes renvoyés à un simulacre de halte-garderie, et puis viendra le temps de rembourser la dette, et de courber l’échine sous la trique austéritaire. On connaît la musique – la «stratégie du choc» – : après les appels martiaux à la "guerre contre un ennemi invisible", d’autres métaphores officielles nous contraindront à remplir nos devoirs de citoyens pour "retrousser nos manches ", "bosser plus dur en touchant moins" et arrêter de "vivre au-dessus de nos moyens", comme on l’a tant répété aux Grecs à bout de souffle déjà il y a une douzaine d’années.

D’où l’urgence à ne pas nous plier au séquençage propagandiste du pouvoir en place, à ouvrir des brèches dès maintenant dans leur scénario de reprise d’activité, à déserter les rengaines des médias dominants, à faire perdurer nos entraides informelles, nos réflexes critiques, nos refus d’un retour à la case départ, à renforcer nos solidarités envers tous les confinés d’office de l’ordre social qui vivent ce huis clos domestique depuis belle lurette, et ça en fait du monde, ces mis à l’écart qui ne mettent le nez dehors que pour bosser le plus souvent sous le seuil de pauvreté. Deux échéances s’offrent à nous aujourd’hui : populariser la «grève des loyers» qui a déjà pris de l’ampleur en Espagne, Italie ou au USA et ne pas manquer de faire entendre nos voix discordantes dans la rue (dûment masqués mais sans contact) le 1er mai prochain, en rejoignant certaines initiatives de proximité. Bref, si l’on veut que toutes les victimes de l’hécatombe pandémique ne soient pas "morts pour rien", il faut conjurer nos chagrins et fatigues, se méfier des syndromes paralysants – entre sidération et résignation – et sans attendre conspirer ensemble à à empêcher les lendemains qui déchantent et remettre au jour certaines utopies concrètes, en se souvenant de cette phrase empruntée à Kierkegard par Gilles Deleuze en 1969 dans Logique du sens : "Du possible, du possible, sinon j’étouffe" et qui réaparaîtra sous sa plume et celle de Félix Guattari en 1984 dans "Mai 68 n’a pas eu lieu", tirant les conséquences du virage pragmatico-gestionnaire de la gauche de gouvernement dont nous n’avons toujours pas fini de payer les roses fanées."
(Pense-bête le blog de ce très cher Yves Pagès -là!-)

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"Jean-Claude Manuguerra, chercheur à l’Institut Pasteur : “Le Comité de lutte contre la grippe a été sacrifié”

"À vrai dire, nous savions qu’il y aurait une nouvelle pandémie grippale depuis longtemps. On s’y prépare pratiquement depuis... 1993. Ce sont des chercheurs français qui l’avaient annoncé, prévenant qu’il fallait s’y préparer. En 2003, s’est constitué le Comité de lutte contre la grippe, un groupe indépendant sous l’autorité directe du directeur général de la Santé et que j’avais l’honneur de présider. Il existait au moment de la grippe aviaire, en 2006, et était toujours en place pour le H1N1 en 2009. Il a disparu quelques mois plus tard, victime expiatoire des précautions qui avaient été prises — trop de masques, d’antiviraux, etc. Après sept ans de présidence de ce comité, et surtout après la pandémie de 2009, j’avoue que j’étais assez content d’arrêter…
Mais, effectivement, le comité a été sacrifié. C’est drôle, quand on songe aux reproches qui s’étaient abattus sur la ministre de la Santé Roselyne B.. Elle avait fait tout son possible au cas où l’épidémie de H1N1 se serait avérée dévastatrice. On l’a beaucoup critiquée pour avoir pris des précautions. Aujourd’hui, nos gouvernants sont critiqués pour ne pas en avoir pris assez. Peut-on jamais gagner ? Toujours est-il qu’il y a onze ans, nous savions comment faire des vaccins, parce que ce virus-là, nous le connaissions."
(Téléramuche)


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Manue souhaitait un café-escalier, j'ai préféré lui préparer un café-palier, histoire d'être tous les deux sur un pied d'égalité : je lui avais sorti le petit tabouret en bois de chez Mélac, et j'ai enfin trouvé une utilité à cette étagère blanche qui est posée là depuis le déménagement et que je n'ai pas eu le courage de monter jusqu'au grenier : coffee table! juste la place pour poser deux tasses, quasiment à distance réglementaire, elle dehors, moi dedans (chaque fois que je rentrais chercher un truc la porte se refermait) et nous avons donc bu notre café "quasiment" comme d'hab', ainsi, à distance respectueuse (c'est mieux que réglementaire, non ?) en papotant... oui, du petit bonheur (en plus elle m'avait apporté du pain frais!). nos bonheurs sont peut-être minuscules, mais ils sont parfaitement proportionnés avec les tailles de nos vies actuelles, tout aussi minuscules...

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"Les bars, les restaurants et les lycées resteront fermés jusqu'au 11 mai." (FR3, 19h30)

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"Confinement, jour 45: un certain relâchement culinaire commence à se faire sentir. Où sont passées vos belles ambitions de bœuf bourguignon? Les auriez-vous déjà sacrifiées sur l’autel de la sauce industrielle? Heureusement, un jeune Australien est là pour vous coller une tape vigoureuse sur l’arrière du crâne. Il s’appelle Nat, il ne supporte pas la merde en boîte, et il le fait savoir avec force jurons sur sa chaîne Y*uTube. Depuis sa cuisine, ce fervent défenseur des bons produits vous rappelle qu’une carbonara, c’est simple comme putain, et que le respect de soi passe par un simple bloc de parmesan, de la pancetta fraîche, du sel, du poivre, quelques jaunes d’œuf, et avec les blancs, faites ce que vous voulez, par exemple "revivez votre jeunesse dépressive, foutez-les sur vos cheveux, modelez-vous un iroquois de merde et faites genre vous êtes punk rock". Et la cuisson? "Laissez cuire jusqu’à ce que ce soit cuit, putain". Voilà, c’est pas compliqué. M.K."
(LibéCulture)

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rouge !

(on est dans le)

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01

 

 

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J-13 ?

 

 

 

 

13 juin 2021

CMFUBJ 62

(fin du rêve de cette nuit)

je suis élève aux Beaux-Arts, je vais passer l'examen (de fin de première année ?)
J'ai réalisé un livre, plutôt grand, format à l'italienne, à propos d'un artiste allemand, pluri-disciplinaire, qui travaillait la photo, l'écriture, le collage, le graphisme, et qui a rencontré un (artiste ?) brésilien (avec lequel (à propos duquel ?) il a travaillé, or il s'avère que le mec en question est un sale bonhomme...

on est dans l'effervescence des derniers jours avant la soutenance, chacun met la dernière main à ce qu'il a préparé, chacun est fébrile, j'ai des problèmes avec la couverture et la première page du livre, ce que j'ai fait ne me convient pas vraiment, j'essaie de modifier cette page (et d'apprendre à prononcer correctement le nom du mec)

je vois les autres aussi en pleine activité, mais je réalise que je ne sais absolument pas comment ça va se passer, avec le jury, les étudiants m'expliquent que non, non, je ne dois rien montrer, je dois juste parler, expliquer

ça me contrarie, je pensais juste avoir à montrer mon bouquin, je ne suis pas doué pour théoriser,  je demande "et parler de quoi ?" on me répond que le point de départ de mon exposé doit être les réponses aux questions qui m'auront été posées au préalable

je sais que j'en ai une, et une seule, qui m'a été posée par une femme, que je comprends être brésilienne, et qui voudrait savoir pourquoi avoir choisi justement ce sale bonhomme de brésilien pour en parler dans mon bouquin

(je la rencontre en effet à ce moment, par hasard, je suis en même temps dans un "lotissement" composé de petites maison accolées, quand on fait le tour, à chaque fois qu'on passe un angle, on est devant une nouvelle maison (comme les quatre faces visibles d'un cube) et dans cet ensemble il y a la maison de Za, où je dois prendre des affaires (il faut des chaussures, une veste, me raser, etc.) et faire le nécessaire pour me préparer

et la dame de la maison suivante est justement cette brésilienne avec qui j'en profite pour expérimenter (et structurer un peu) l'introduction de mon exposé (on est assis dans son jardin)

je travaille sur la première page, avec le titre, que j'ai refaite, (l'exemplaire sur lequel je travaille est la copie de mon livre, l'original est je ne sais pas où, je me dis que finalement je vais utiliser la première page que j'avais faite au début, je vais dans une salle immense, avec plein d'étudiants qui courent dans tous les sens, il y a aussi des gens qui discutent (des profs ? le jury ?), quand je retrouve enfin mon bouquin (l'original) je découvre que la fameuse première page en question a été arrachée par (?) mon directeur de mémoire ou un truc de ce genre-là

je vais voir (?) et lui demande ce qu'il a fait de la page, c'est Wim Wenders, il me répond, agacé, qu'il ne se souvient pas, qu'il a dû probablement la jeter à la poubelle... devant mon énervement un étudiant apporte une grosse poubelle dont il retourne le contenu sur le sol, je me dis que je vais tout devoir fouiller pour retrouver cette fameuse page froissée, dont j'aimerais utiliser la photo que je projetterais à la place de la nouvelle page

Wenders me regarde fouiller, il a mis son manteau et se dirige vers la porte, je réalise qu'il était assez pressé et qu'il voulait juste pouvoir s'en aller

je suis dans le métro, et je dois rentrer à temps aux Beaux-Arts, les gens parlent une langue étrangère, et, en réponse à mes questions, me font comprendre que la station pour descendre aux Beaux-Arts est très loin, peut-être même la dernière de la ligne...

je suis en même temps dans le lotissement avec les maisons en carré et dans le bâtiment des B-A, j'aperçois au-dessus un escalier qui monte vers les étages supérieurs, où s'entassent déjà plein de gens qui viennent probablement assister à la soirée du concours (je me dis que je ne peux plus passer par là pour entrer, mais que je dois faire le tour et entrer par l'autre côté (je ne connais pas le chemin))

sort de la salle de bains un étudiant que je connais, il me dit que je peux (je dois) aller me raser

il y a Thomas (je suis très content de le revoir), et une histoire de message sur son téléphone, qu'il laisse à ma disposition)

je suis en bas dans une des petites maisons, très encombrée (petites pièces, beaucoup de bazar, beaucoup de monde) je dois aller pisser, j'ouvre des petites portes hautes et étroites ouvrant sur des pièces petites comme des cabinets à l'ancienne, avec un pot de fleurs (fleuri) à la place de la cuvette des toilettes, et je ne pense pas  qu'il soit fait pour pisser dedans, néanmoins je vois des messieurs d'un certain âge qui en sortent, en discutant et en rigolant

l'heure avance, je ne suis pas prêt (et je ne pourrai jamais l'être à temps) je demande à un étudiant si j'ai la possibilité de déclarer forfait pour ce soir, il me dit que oui, mais que je devrai redoubler ma première année (et que donc, pense-je, je ne serai plus avec eux)

il y a (encore) Thomas, sur des échasses qui arrive en rigolant, en disant "qu'il a voulu prendre un peu de hauteur"

dans la petite maison, je suis assis dans le salon, arrive Za, la mine un peu fermée, qui me tend un stylo, un feutre noir, des chaussettes, un rasoir, (tout ce dont j'ai besoin), et repart, je comprends qu'elle eet triste parce qu'elle ne pourra pas se présenter à l'examen (alors que moi si)

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(suite au post d'hier)

ÉPILOGUE ?

Je me suis présenté à la pharmacie à la première heure, c'était un jeune homme à la caisse, à qui j'ai expliqué ma situation, qui l'a expliquée à sa collègue, qui m'a expliqué que ce matin ils n'étaient que deux et ne pouvaient donc s'occuper de moi, mais que vu le nombre de tiques, je devais absolument consulter, mais comme j'expliquais que mon toubib ne consultait pas le samedi, le jeune pharmacien m'a conduit à la maison médicale juste à côté, où il a expliqué ma situation à la jeune toubib qui se tenait derrière le guichet à côté de sa secrétaire, qui a dit que bon vu la situation elle allait me prendre juste après la petite fille qui était déjà dans la salle d'attente, en précisant au jeune pharmacien qu'il ne pouvait pas comme ça amener des patients à l'improviste, qu'elle avait déjà son emploi du temps rempli, puisqu'elle était seule ce jour pour le cabinet...

Elle m'a examiné très soigneusement partout, en a retiré trois (sous le ventre, cuisse droite, et pli du genou droit (celui que j'avais cru sentir hier sur la fesse n'était qu'un bouton anodin), a examiné celui que j'avais charcuté à la pince à épiler et a conclu qu'il ne restait que patte,  m'a conseillé de faire attention pendant six semaines à l'apparition d'une rougeur "en cible", qui signifierait la prescription immédiate d'antibiotiques, et quand je lui ai demandé si je pourrais revenir la voir un peu plus tard dans un contexte plus "calme", m'a expliqué qu'elle ne prenait plus de nouveaux patients, que son carnet de rendez-vous était déjà surchargé, qu'elle souhaitait "faire de la médecine, et non de l'abattage"... Tant pis, dommage!

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ce matin (et tout le reste de la journée, d'ailleurs, le quasi-unique sujet de conversation était le match Djokovic-Nadal (j'ai dû chercher sur le web pour être sûr de ne pas me tromper dans les noms), match que je n'ai pas vu (et que je n'avais pas envie de voir)

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Besac, en bus (bondé et familial), pour me changer un peu les idées : repas en terrasse au R*yal (bof) ciné avec Emma, passage à Reservoir Books pour le chèque-cadeau de Régis, et perrier-rondelle en terrasse avec Emma et Dominique, avant retour en bus (tout aussi bondé que celui du matin)

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et pour finir, le soir au cinéma pour voir Médecin de nuit, (festival Télérauche, toujours) avec ce très cher Vincent Macaigne (et ce non moins très cher Pio Marmaï) (post suivra, (comme d'hab) mais ça commence à en faire une flopée qui attendent)

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covid 12 juin

enfin ça y est! on est en vert!

 

16 avril 2020

CCCC31

FLOU ARTISTIQUESortir du flou pour rentrer dans le brouillard, c’est à peu près l’expérience cognitivo-sensorielle de groupe déclenchée par le discours d’Emmanuel M. hier soir pour un milieu de la culture déjà fortement secoué depuis un mois par les annulations d'événements en série. Le calendrier fixé par le président de la République – déconfinement progressif à partir du 11 mai sans réouverture des lieux publics tels que les cinémas, salles de spectacles, musées, et aucun festival rassemblant des foules avant la mi-juillet, au plus tôt –, tout cela a certes scellé le destin d'Avignon et de Cannes (qui a annoncé mardi soir ne pouvoir se tenir en 2020, du moins «sous sa forme initiale»), mais a également inscrit dans un temps prolongé une suspension d’activité historiquement inédite depuis 1945. L’inquiétude, l’angoisse, sinon la panique, est totale dans un secteur qui connaît un gros pic d’activité au printemps/été et sur tout le territoire, dans une alliance objective des pôles du tourisme, des loisirs et de la culture. Créations scéniques, expositions, raouts sectoriels, sorties cinéma vacancières, tout cela s’édifie sur un travail d’élaboration en amont et au long cours. S’il est, certes, moins périssable qu’une récolte ruinée en agriculture, ce travail encaisse mal les reports sine die, les frontières fermées et un pilotage à vue, y compris en direction de salles à jauge réduite, de festivals à programme exclusivement européen, voire franco-français, ou de projets alternatifs sous camisoles prophylactiques à ce jour, par ailleurs, aléatoires. «C’est l’avenir même de notre modèle culturel qui est en jeu», déclarait déjà Franck R., ministre de la Culture, le 18 mars 2020. Un mois plus tard, avec la tentative présidentielle d'esquisser un horizon rassérénant de sortie de crise, l’alerte vient de franchir un nouveau cap. (Libé Culture)

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des deux sens du mot répétition :
chaque jour peut être envisagé  comme une répétition du jour précédent, mais, tout autant, comme une répétition pour le jour suivant.

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l'esprit des murs 1 :

 

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l'esprit des murs 2 :

 

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*

(panier de crabes)

"La droite française est devenue un parfait repère de gauchistes qui s'insurgent dès que le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux ou sa numéro 2 la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher estiment qu'il faudra travailler plus après la crise sanitaire. Après Xavier B. et, dans une moindre mesure Guillaume Peltier, c'est au tour de l'ex-LR Valérie P. de s'indigner. Dans une interview aux Echos publiée hier après-midi, la présidente d'Ile-de-France prévient : "Nous allons devoir affronter une montée forte du chômage et, avec elle, de la pauvreté. Dans ce contexte, faire de la hausse du temps de travail une priorité me paraît assez maladroit.". Voilà qui est épatant pour celle qui a longtemps soutenu François F.. Oui, le même F. qui faisait de la hausse du temps de travail l'un des piliers - avec la baisse des cotisations et la hausse de la TVA - du redressement de l'économie." (Libé/ Chez Pol)

 

*

(transmis par l'excellent Blaireau 58)

"Le ministre de la Santé va rendre obligatoire le port du masque mais il n'y pas de masques.
Néanmoins, le masque n'est pas la seule solution. La plume dans le cul est aussi un moyen sûr qui peut s'ajouter aux gestes barrière. On pourra pallier la pénurie de plumes dans le cul - essentiellement produites en Chine- en fabriquant soi-même sa plume dans le cul grâce à des tutos qui suivent les consignes Afnor.
Et puis l'effort industriel français va se réorienter vers la plume dans le cul et on peut espérer atteindre la production hebdomadaire de 30 millions de plumes dans le cul d'ici quelques semaines à quelques années.
Merci de votre attention."

(du blog Feu sur le quartier général ,)
*

mon amie Emma m'a envoyé ça :

 

porche 1

 

porche 2

et j'ai trouvé ça superbe...
et j'ai eu envie que vous le voyiez

*

 

"Mi-avril, les données restent insuffisantes pour estimer la part jouée par les personnes asymptomatiques dans la propagation de l'épidémie, et encore moins celle des enfants asymptomatiques." (CheckNews)

*

 

(encore un lien transmis par l'ami Blaireau, une excellente chronique intitulée Ce virus n'est une bonne chose  pour rien ni pour personne, par Camille Islert, dans le blog Lignes de Force (là) chronique que je trouve excellente et forte et lucide et juste jusqu'au bout, et quand j'arrive au bout,  justement je m'aperçois que cette chronique est parue dans Libé du 12 avril, où elle aurait dû me sauter aux yeux si je l'avais lu attentivment (le Libé), comme quoi on ne peut pas être attentif à tout. Don't act comme dit l'autre.

*

 

(...) "On s’habitue à tout depuis le début de cette crise sans exemple. Pourtant il faut une nouvelle fois considérer, en prenant un peu de recul, l’extraordinaire décision prise par les gouvernements de la planète pour enrayer la pandémie : voici des pouvoirs qu’on dit obsédés par la croissance, la prospérité, la bonne marche des affaires, et qui n’ont pas hésité plus de quelques jours à jeter bas leur économie pour limiter les pertes humaines entraînées par la pandémie. Décision inouïe, dans tous les sens du terme. Il y a un siècle, la «grippe espagnole», autrement plus meurtrière, avait été dissimulée aux peuples, et n’avait suscité que des réactions faibles et disparates, malgré un bilan humain de quelque trente millions de morts.
En 1969, un autre virus, celui de la "grippe de Hongkong", avait parcouru le monde en tuant un million de personnes, dont environ 40 000 en France. Aucun gouvernement n’avait réagi, sinon par des mesures ténues et parcellaires ; la presse y avait consacré quelques entrefilets, mi-rassurants mi-désinvoltes, et l’opinion, en dehors des familles endeuillées, ne s’est aperçue de rien. Personne ou presque, en France, pas même l’ancienne génération, ne se souvient qu’en 1968 et 1969, un fléau comparable à celui du coronavirus avait frappé le pays." (Laurent Joffrin / Libé)

*

15

 

 J-26 ? (allez, à + ou - quelques jours, ne chipotons pas...)

 

 

15 mars 2021

poulailler 72

Me suis aperçu hier avec Manue (en discutant pendant que nous prenions notre café en terrasse dans ma cuisine du samedi) que j'avais oublié de célébrer l'anniversaire du dernier "vrai" concert vu avant le (premier) confinement, THE TINDERSTICKS, à la Rodia, le lundi 9 mars 2020 à 20h.
Une bougie, donc,

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*

A part ça ? Bof RAS depuis un dimanche pluvieux (gibouleux plutôt là il fait soleil) de merde (qui, il faut bien le reconnaître n'incite guère à yoplaboumer...) Sans grande inspiration, donc... Arghhh!  l'angoisse de la page de blog blanche


Que m'apprend de beau (et de montrable) twitt*r ce jour ? Allons-y donc voir...

vie des quartiers :

dans les "quartiers populaires", le gramme de chardonneret coûte plus cher que le gramme de shit (ce mignon oiseau fait l'objet d'un trafic aussi intense que rémunérateur, je viens juste de l'apprendre)

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la météo :
neige à Plancher-les-Mines (hier)

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neige à la Planche des Belles filles (aujourd'hui)

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neige dans le Haut-Doubs (aujourd'hui)

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les accidents :

une sortie de route à Doubs

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un hangar en feu à Bolandoz (25)

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et un autre à Chariez (70)

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international :

ça chauffe à Londres

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(les femmes manifestent, suite à l'enlèvement et l'assassinat de Sarah, par un policier, et la police réprime violemment)

la page des sports :

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l'industrie aéronautique :

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la météo des plages:

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le point(gouvernemental) sur les vaccinations :

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("j'ai une pathologie à très haut risque de forme grave"... sinon ferme ta gueule et attend qu'on te sonne, hein... Et moi ? J'y ai droit ? J'y ai droit quand ? Hein, hein, quand ? Où ? Avec Qui, Hein ? Hein ? Mmmmh Dominique m'a appris qu'on peut se faire désormais vacciner par les pompiers... Ah booon? Je vais directos à la caserne, alors ? Je peux choisir qui me pique ? Hein, hein ? Tout ça est confus, non ?)

heureusement :

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exposition ETEL ADNAN (galerie Lévy Gorvy, 75003, jusqu'au 20 mars)

*

et tiens une petite recette pour finir, celle du gâteau à la Guinness que j'avais fait pour les César...

25cl de Guinness
200g de sucre
240g de farine
200g de beurre
60g de cacao non sucré
70g de bon chocolat noir
4 oeufs
levure
sel

* préchauffez le four à 175°

* dans une casserole mettez le beurre et le chocolat en petits morceaux, versez le guinness, portez à ébullition quelques minutes, mélangez le tout et laissez refroidir

* dans un saladier versez la farine la levure le cacao le sel (tout le "sec") et mélangez

* dans un autre saladier cassez les oeufs, versez le sucre et fouettez jusqu'à ce que blah blah mélange mousseux vous connaissez le topo (le "liquide")

* versez le liquide dans le sec, mélangez (la pâte est épaisse, c'est normal)

* versez le mélange bière / beurre / chocolat (qui aura eu le temps de refroidir) et mélangez avec amour (ça devrait aller nettement mieux...

* beurrez un moule (dans la recette originale ils préconisaient plutôt un moule  avec un trou au milieu, mais plus chichiteux que le moule à savarin, et plus bas que le moule à  kouglof bref ce genre là mais vous prendrez bien ce que vous voudrez hein...)

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* mettez au four environ 45 minutes (ça dépend de votre four, mais bon, ça dépend de vous aussi!)

* le plus difficile : laissez refroidir, avant de vous jeter là-dessus comme un sauvage (dans la recette ils disent qu'il est encore meilleur le lendemain...)

* la recette originale suggérait éventuellement un glaçage

  • 200 g de fromage frais (Philadelphia ou Saint-Moret par exemple)
  • 100 g de mascarpone
  • 80 g de sucre glace
  • 2 cas de whisky

mais bon là j'ai fait l'impasse...

*

 

11 mars 2021

poulailler 68

sous la paille (du poulailler), la plage

*

rêve de rendormissement (entre 7 et 8h)

J'héberge les deux mecs du groupe Arab Strap

(début flou)

une histoire de repas : il est 13h et nous n'avons pas mangé -et je me dis que j'aurais dû sans doute leur préparer à bouffer- et nous discutons (en anglais!) pour savoir s'ils ont faim, et à quelle heure on va manger, il semble que 18h soit une bonne heure (je pense "bien une heure de british pour manger")

nous sommes dans un genre de bar avec plein plein de monde, je me sens un peu perdu, comme à mon habitude quand il y a beaucoup de gens, nous somme d'abord accoudés tous les trois à un bar, et je réalise que l'autre mec d'Arab Strap, le blond (dans la réalité il est rouquin) parle un excellent français (j'avais oublié qu'il était lecteur, ou prof de français, ou traducteur, et je pense à tous les efforts que j'ai fait précédemment pour lui parler en anglais, et que jusque là d'ailleurs il n'avait pas dit un mot...)
Je veux lui dire alors qu'il parle un français excellent (mais je ne sais plus si je lui dis en français ou en anglais...) mais je vois qu'il est très occupé à parler avec un autre blond (qui lui ressemble beaucoup), d'ailleurs, et qu'ils sont en grande conversation, je m'éloigne, d'autant plus que le gros barbu a disparu dans une pièce du dessus (je pense qu'il a trouvé une copine)

je suis appuyé à ce qui semble être une barrière de champ pour empêcher les vaches de passer (trois rangs de barbelés avec un piquet au bout), de l'autre côté j'aperçois, posé sur ce qui semble être un bas de cheminée, quelques objets de merchandising d'Arab Strap (des vinyles, des maxis, et même des badges) et pour mieux les voir il faut que je franchisse la barrière sur laquelle je suis grimpé, comme est en train de le faire mon voisin de droite (passer la jambe par-dessus et la poser de l'autre côté, en faisant attention de ne pas s'accrocher -les couilles notamment-), je me mets à sautiller sur place sur mon fil mais je me rends compte que ça le gêne quand il essaye de passer de l'autre côté, il me lance d'ailleurs un regard peu amène.

quand il est passé, je descend, et je soulève simplement le piquet du bout pour pouvoir rentrer dans l'enclos, je regarde les objets, mais je me dis que je ne vais tout de même pas acheter un badge...

je monte dans la pièce du dessus en espérant y retrouver le gros barbu, mais je suis surpris de découvrir, sur le (petit) palier, que la pièce de gauche a été "fermée" à mi-hauteur par un genre de comptoir, et, au-dessus une paroi en platique dont je dois soulever le coin pour mieux voir, mais c'est une salle de lecture ou une bibliothèque enfantine, avec des enfants et des adultes installés par terre en train de bouquiner, dans une ambiance très calme, silencieuse, et pas de trace du gros... je rabats doucement le plastique et je redescend

je déambule dans une foule assez compacte, des gens partout, et je suis abordé par une fille blonde qui me parle de mes photos, on lui a dit que je faisais des belles photos, et elle me demande si je pourrais lui en montrer, en vue d'une publication ultérieure (c'est son copain qui s'en occuperait) je sors donc mon appareil, et j'assaye de trouver des photos à lui montrer (je ne peux pas lui montrer "toutes" mes photos, bien sûr, il y en  a que je dois lui cacher, c'est très compliqué parce qu'il ya tellement de monde que je suis régulièrement bousculé, et j'ai du mal à trouver des "bonnes" photos à lui montrer - je ne veux pas lui montrer celles avec des messieurs tout nus- je me déplace un peu pour me sentir plus à mon aise

toujours autant de monde, c'est comme un genre de festival, et je suis installé près de la petite scène où un concert est en train de se préparer, je suis au bout d'un banc et je continue de parler avec la blonde et son copain, qui sont assis tout près, mes photos sont désormais dans un gros classeur bleu que j'ai posé à côté de moi sur une autre banquette, perpendiculaire, face à la scène où beaucoup de machinos s'agitent, et malgré que je sois tout près, j'ai du mal à entendre ce que me dit le mec à propos de la publication, je comprends juste qu'il s'agit d'une seule photo, et que c'est en remplacement de quelqu'un qui s'est désisté

quand je me tourne pour reprendre mon classeur bleu, il n'est plus sur la banquette, je commence à le chercher, je demande à une fille si elle n'a pas vu mon classeur, elle sait peut-être qui l'a pris mais elle m'éclate de rire au nez, du genre "si tu crois que j'ai que ça à faire, m'occuper de ton classeur..." je me lève donc en me disant que je vais aller demander à qui de droit... peut-être à l'accueil ? je repars donc (toujours autant de foule dans les allées) vers la sortie pour essayer de trouver l'accueil, ou un autre stand officiel

à un moment je me dis que j'ai fait fausse route, et que je dois repartir dans l'autre sens, mais, bizarrement, quand je fais demi-tout, je m'aperçois que l'endroit dont je viens juste de sortir se trouve désormais très loin, au sommet d'une colline, tout là-bas, au bout d'un sentier rectiligne que je vois monter à perte de vue, et que je vais donc devoir refaire tout ce chemin

il y a beaucoup de gens autour de moi qui marchent sur ce sentier, et juste à côté de moi je reconnais Marie-Noëlle, qui se tourne vers moi et me demande si je la reconnais, et je lui réponds que oui bien sûr, que sans le masque c'est bien plus facile (personne n'a de masque)

la fin du rêve est marquée par la répétition obsédante et sans fin d'un titre d'album d'Arab Strap, Monday at the hug and pint, que je n'arrête pas de répéter (mais je ne suis pas sûr que dans le rêve ça soit exactement dans le bon ordre, je me rappelle des mots Monday hug et pint)

en me réveillant, j'ai la formulation exacte, mais elle disparaît -plop!- dès que j'ouvre les yeux

*

tout ça parce qu'entre mon premier réveil (5h et quelques) et mon rendormissement (7h), j'ai regardé des clips (deux) du dernier album d'Arab Strap...

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la pochette

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les gaillards

*

Hier soir, au cinéma deux fois (ce qui n'était pas raisonnable)

* à 20h au Méliès (à Montreuil) pour

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(avec discussion -en présence du réalisateur- à l'issue de la séance)

un film très impressionnant (et très bien fichu : les documents visuels -relatifs aux violences policières- sont ceux fournis par les gens qui les ont filmés avec leur téléphone et transmis au réalisateur, et sont montrés à -et commentés par- des gens dont la particularité (et ce qui fait la force du film) est de ne jamais être nommés ni étiquetés, sauf au générique de fin, où ils ont droit chacun au même traitement : leur visage, leur identité et leur qualification...) A revoir aussi en salle dans un avenir proche (si si j'espère)

 

*à 22h à la soirée d'ouverture du Festival Italien de Festival Scope (là) avec

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Mais j'ai trop présumé de mes forces, déjà un peu cligné de l'oeil au premier film, (vers la fin), mais un peu plus au deuxième qui avait a priori (trop) tout pour me plaire : un couple de gays qui bat un peu de l'aile (au bout de 15 ans, pensez...), une amie commune (elle les rejoint dans le lit la nuit) qui leur apporte ses deux enfants à garder car elle doit se faire opérer, des voisins charmants (dont un couple dont le mari est atteint d'Alzheimer), des infidélités, des engueulades, des réconciliations sur l'oreiller ou pas, des grandes tablées, des pizze, bref ritalissime (quoique) mais bon j'ai un peu dormichouillé vers le milieu, alors j'ai -honteusement je le confesse- zappé un petit quart d'heure pour voir quand même la fin... J'aime bien Ferzan Ozpetek, (Ozpetek tout court écrivent les Italiens qui veulent en faire leur Almodovar local...) etdonc  j'irai le revoir en salle quand on le programmera dans notre prochaine Settimana Italiana en octobre (si si, j'y crois...)

*

soupe improbable du jour :

eau de cuisson des asperges
+ reste de légumes de couscous
+ 1 petite boîte de maïs
+ 1 petite boîte de champignons émincés

j'en ai mangé un bol et mis le reste en bouteille au fridge

*

Terminé ce jour LUNE NOIRE de Anthony Neil Smith, un polar très sévèrement burné, raconté par son personnage principal, Billy Laffite, un flic ripou juste ce qu'il faut, viré de la Nouvelle Orléans pour "exemptions" et (voies de) faits pas très catholiques, et à qui son beau-frère, Graham shérif dans le Minnesota (et, lui, très catholique) va donner une nouvelle chance en l'engageant comme adjoint. Passé, donc,  du chaud de la Louisiane au froid et à la neige du Minnesota (Fargo, des frères Coen, c'était là que ça se passait...) et pas très joyeux de l'être. Surtout quand sa copine l'appelle à l'aide et que la tâche demandée ne va pas du tout se révéler aussi facile que prévu... Un roman aussi furieux que l'ouragan Katrina (dont il sera question à plusieurs reprises), violent, sanglant, avec des armes variées (du couteau de chasse eu fusil à pompe), avec toute une flopée de meurtres qui vont s'enchaîner (tout ça commence par un jeune con qui s'est fait marquer au fer rouge sur le cul), une sacrée galerie de connards,  et notre brave Billy Laffite dans l'oeil du cyclone, toujours prêt a faire une connerie... Un "discours intérieur", une écriture, qui justifient à eux seuls la lecture du bouquin, avec cet humour très (très) noir qui vient adoucir l'ensemble, une auto-dérision comme une chantilly qui napperait presque en douceur l'amertume et la la force du breuvage (qui aurait pu s'avérer imbuvable, mais non, justement).

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Un deuxième volume, BÊTE NOIRE, est d'ores et déjà paru...)

*

 

9 mars 2021

poulailler 66

"Je serais incapable de repérer le moindre sous-entendu même s'il se matérialisait soudain pour m'enculer à sec." (Barry Graham)

*

C'est l'excellent Radu Jude (La fille la plus heureuse du monde, Aferim!, Papa vient dimanche, Peu importe si l'histoire nous considère comme des barbares) qui a été primé à Berlin :

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(Babardeală cu buclucsau porno balamuc, en version originale)

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(annoncé "prochainement", comme 250 000 autres films, sur allocinoche)

*

"Dès lors mon âme torturée
ne connut plus que d'affreux jours
la rue du désir fut barrée
par les gravats de notre amour"
(Marie Dubas, Tango stupéfiant)

*

"entre chien et loup"

Capture d’écran (1867)

"L’image finira par devenir habituelle, mais elle sera toujours aussi ridicule. Paris, samedi après-midi, les forces de l’ordre évacuent la population sur les quais de Seine. Il fait beau, bien qu’un peu froid, les Parisiens veulent sortir un instant de leurs appartements trop petits et… un mur de gendarmes les repousse. Interdiction de s’arrêter un instant au bord de l’eau faire le plein de vitamine D. Cette scène a déjà eu lieu dans la capitale ou sur les différentes plages de France. Et il ne faut surtout pas qu’on s’y habitue, car cela pourrait signer des restrictions pérennes de liberté.

Pendant ce temps-là, dans le Marais, à 200 mètres, il était possible de se serrer dans les petites rues ou de s’amasser dans les magasins, sans que cela soit interdit. C’était même plutôt encouragé : c’est bon pour l’économie donc ce n’est pas dangereux. Alors que des jeunes, par groupe de trois ou quatre, qui ont acheté un pack de 12 et se posent en plein air, c’est très grave.

La préfecture de police répondra que boire dans certaines rues, et notamment sur les quais de Seine, c’est interdit. Les autorités veulent montrer qu’elles agissent contre le Covid-19. Plutôt que de lutter dans les clusters en lieux clos, eux bien documentés, notamment dans les établissements scolaires, les hôpitaux, ou les repas au travail, elles doivent inventer de nouvelles mesures plus coercitives et spectaculaires qu’efficaces. La culture, les jeunes, les fêtards, les soiffards en sont les victimes. Mais qu’attendre d’autre de Didier Lallement, le préfet de police, qui a toujours détesté ces espaces de liberté un peu bordéliques et dont on imagine très bien qu’il rêverait de voir ces interdits gravés dans le marbre.

La nouvelle mode désormais est, chaque semaine, de rajouter des rues où il est interdit de boire, de 11 heures à 18 heures, pour lutter contre le fameux et non prouvé "effet apéro". Les premiers lieux à être visés ont été des endroits estudiantins connus. Ces pintes de bière dans le froid sont l’un des rares espaces de sociabilité encore existant, surtout quand on n’a pas de grandes pièces ou de jardins pour recevoir. Evidemment, ce n’est pas idéal, ni en termes de plaisirs d’apéro, ni peut-être pour lutter contre le Covid. Mais, au bout d’un an de contraintes, ces moments sont un peu une respiration nécessaire. Ils permettent de dire bonjour à ses amis et de décompresser un chouïa en se disant que la vie est presque normale (ce qui est un mensonge, on sait bien que boire un verre de rouge à 16h30 au lieu de 19h30, ce n’est pas comme avant). En ces temps de misères sexuelles et de couples brisés, ils sont aussi une possibilité pour les célibataires de rencontrer leurs matchs Tinder dans un espace à peu près safe, à la vue de tous, plutôt que de recevoir directement chez soi.

Interdire de boire dans la rue amène également le risque que les urbains aillent les uns chez les autres, à l’abri de la police, mais ainsi plus exposés à être contaminés, dans des lieux clos.

Fin avril, début mai dernier, quelques commerçants de la rue Marcadet, dans le XVIIIe arrondissement, avaient décidé de servir des bières et autres Spritz, jouant sur ce qui était autorisé entre les lignes par l’attestation. La rumeur s’était vite répandue et, tous les soirs, quelques joyeux lurons venaient boire sur les trottoirs ou assis dans les escaliers, les visages éclairés par le soleil se couchant avec bonhomie pile dans l’axe de l’artère. Tandis qu’un artiste peignait sur une façade un nouveau blason de quartier, avec une guitare, des coupes de champagne et un slogan, "entre chien et loup". Très vite, la pratique s’est étendue à de nombreux quartiers de Paris. Les noms des bons coins, ceux où les voitures de police ne passent pas trop, s’échangeaient sous le manteau.

Dans la nouvelle liste des rues interdites par la préfecture, diffusée vendredi, on a vu apparaître le nom de la rue Marcadet. Cela fait déjà un moment qu’il n’est plus vraiment possible d’y boire, à force de coups de pression de la police. Les alcoolos-sociables du XVIIIe se sont déportés ailleurs mais on a eu tout de même un pincement au cœur de voir cette rue ainsi condamnée. Elle avait été le signe du renouveau à la fin du premier confinement. Elle est le symbole désormais d’une politique sans queue ni tête." (Libé)

*

Q : Mais qu'est donc devenu Riri-La Gâchette? Il me manque...

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*
(sans rapport avec ce qui précède)

Vous avez dit LGBT ?
Aux Etats-Unis, le sigle le plus long est LGBTTQQIAAP : lesbian, gay, bisexual, transgender, transexual, queer, questioning (des personnes qui se questionnent sur leur sexualité), intersex, asexual, allies (les alliés hétérosexuels de la cause), pansexuels (qui revendiquent une attirance pour n'importe quel genre)
(je me revendiquerais plutôt G (gay) et deuxième Q (questioning))

*

 

 

30 juin 2021

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FALLING
de Viggo Mortensen

(vu à Nogent avec Malou et Alix,a priori un peu "faute de mieux"...) Et, à l'arrivée, une bonne surprise. Je pensais que l'essentiel du film allait consister en l'affrontement du père homophobe et du fils gay, mais Viggo Mortensen (vu comme acteur il n'y a pas si longtemps -2015- dans le très beau JAUJA de Lisandro Alonso), pour sa première réalisation (en tant qu'acteur je l'ai toujours trouvé plutô intense) a choisi de jouer plutôt la "reconstitution" historique, avec des belles scènes rétro où on voit le père jeune, flashes-back où se construit l'histoire de ce fils (qu'on sent toujours en état de sidération face à son paternel) et surtout son rapport à ce père (qui avant d'être un vieux con a été un sacré jeune con), partant d'une image idyllique (le premier flash-back), quasiment une icône, en profite pour y instaurer immédiatement un petit truc qui gratte, qui démange, qui dérange.
Nous avons en rentrant écouté la critique (les critiques) du film au Masque et la plume, que j'ai trouvé dans l'ensemble d'une extrême mauvaise foi (le plaisir de descendre, de faire un bon mot) et affreusement parisiennes.
Le film est long, c'est vrai, et il fonctionne pendant longtemps sur le même schéma (Lance Herricksen en père imbuvable est effectivement de plus en plus insupportable, surtout face à l'apathie que pendant longtemps son fils affichera, et on attend depuis longtemps "la" scène où il va -enfin- se révolter, quand elle finit enfin par arriver.
J'aime beaucoup la scène du repas, au milieu du film, où toute la famille se trouve réunie, même si elle a suscité de nombreux débats, questionnements, interprétations, interrogations, suppositions.
Un premier film dense, intense, ou le réalisateur a certainement mis beaucoup de choses personnelles (jusqu'à quel point ?), et qui, même s'il fait montre d'un certain "classicisme"(qu'on pourrait qualifier de rassurant) dans sa forme n'en est pas moins un témoignage fort sur une certaine Amérique brutale et conservatrice (et homophobe) face à laquelle Viggo Mortensen semble suggérer que la jeune génération n'a plus peur...

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affiches : une série de variations sur la verticalité...

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et un nouveau venu -impressionnant- choisi par le réalisateur pour s'incarner jeune, Sverrir Gudnason...

3 décembre 2020

RCC34

je suis un peu obsédé par les gifs en ce moment (calendrier d'avent oblige!)

en voici un récupéré tout chaud ce matin sur le site de libé

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qui me semble assez... de circonstance!

*

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(moyen, l'effet d'aujourd'hui, non ?)

*

(et tiens puisqu'on est dans le "ce qui ne sent pas très bon", remettons-en une couche, deux même, tiens...)

"ACTION PAS DISCRETE Gérald D. a vraiment fait tout son possible pour faire adopter la proposition de loi Sécurité globale et son très polémique article 24. On apprend ce matin dans l’Express que le cabinet du ministre de l’Intérieur a même "appelé plusieurs syndicats policiers... pour qu'ils se sentent vraiment libres de mettre la pression sur les députés". Un encouragement au lobbying qui a toutefois manqué de discrétion. Les syndicalistes en question s’en sont en effet ouverts au prédécesseur de D. à Beauvau, Christophe Castaner, nouveau président du groupe LREM à l’Assemblée et visiblement toujours un des hommes les mieux informés de France.

(…)

MYTHO DE L'INTÉRIEUR

Ça balance pas mal à Paris, paraît-il. Ça mythone aussi. Du moins du côté de la place Beauvau où le locataire a passé beaucoup de temps hier, devant la commission des Lois de l'Assemblée, à malmener la vérité. Par deux fois au moins, Gérald D. a en effet menti.

Premier mensonge lorsque le ministre de l'Intérieur parle de l'agression de Michel Zecler par des policiers. D. assure que les policiers et la préfecture n'avaient pas d'images de l'agression avant leur diffusion par Loopsider, jeudi 26 novembre. "Le ministre de l'Intérieur, le préfet de police, le directeur général de la police nationale, n'ont pas eu accès à des images. Ces images, elles ont été mises en ligne par le site informatif", indique-t-il. Une version contredite par le journaliste de Loopsider mais également par le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz. Dimanche, lors d'un point presse, ce dernier avait indiqué que les vidéos de l'agression avaient été saisies et exploitées par les policiers dès le lundi 23 novembre, soit deux jours après les faits et trois jours avant la mise en ligne par Loopsider.

Deuxième mensonge lorsque Gérald D. évoque le cas d'un autre policier pas franchement raccord avec les valeurs de la République. "L’un de mes premiers gestes en tant que ministre de l’Intérieur a été de ne pas garder dans la police un agent qui avait porté un écusson qui rappelait le IIIe Reich", assure-t-il. Sauf que non. Comme l'a souligné une journaliste de Mediapart, D. avait simplement suspendu la promotion de ce CRS qui, avant l'intervention du ministre, devait être promu brigadier-chef. Le ministre s'en était d'ailleurs vanté sur Twitter : "Conformément à ce que j’ai demandé au Directeur général de la police nationale, cet agent ne sera pas promu", avait-il indiqué le 30 juillet. Une légère différence, donc. Le CRS avait en revanche été suspendu 15 jours en 2015 pour avoir porté l'insigne de la 12e Panzer SS - un blason qui fait un peu plus que "rappeler le IIIe Reich". Il s'était défendu en avançant sa passion pour le matériel militaire, "meilleur du côté allemand", d'après lui." (Chez Pol /Libé)

*

(ça schlingue, suite,
ou "Faites ce que je dis mais pas ce que je fais...")

"21h30, un vendredi soir de novembre à Bruxelles. Rue des Pierres, quartier gay du centre historique, des riverains passent un coup de fil au commissariat central tout proche pour se plaindre de tapage nocturne chez les voisins. Rien que de très courant, sauf que le confinement limite les rassemblements à quatre personnes et que le couvre-feu, qui interdit les sorties entre dix heures du soir et six heures du matin, approche. En ouvrant la porte de l’appartement situé au-dessus d’un bar, les policiers bruxellois tombent sur une vingtaine de personnes. Essentiellement des hommes, souvent nus. "On a interrompu un gang-bang", assure un proche du dossier à la Dernière heure, le journal belge qui a sorti l’affaire ce mardi. 

Dans la panique, l’un des fêtards prend la fuite par la fenêtre et le long de la gouttière, sa grosse barbe au vent. Quand les policiers le rattrapent, il a les mains en sang et des pilules d’ecstasy dans son sac à dos. Pas de papiers d’identité, mais il clame être protégé par l’immunité parlementaire. Ramené chez lui, il présente un passeport diplomatique hongrois. Le fêtard en fuite n’est autre que József Szájer, 59 ans, eurodéputé du Fidesz, le parti conservateur du Premier ministre hongrois Viktor Orbán. 

Après le récit que la presse belge a fait de cette soirée qui s’est déroulée le 27 novembre, il a reconnu aujourd’hui avoir participé à la soirée puis tenté de prendre la fuite. "Je suis désolé d’avoir violé les règles sanitaires, c’était irresponsable et j’accepterai les sanctions», écrit-il dans un communiqué. «Je n’ai pas consommé de drogues, j’ai proposé aux policiers de me soumettre à un test mais ils ne l’ont pas fait. L’ecstasy que la police dit avoir trouvée ne m’appartient pas", affirme-t-il aussi. 

Elu au Parlement européen depuis 2004, et l’adhésion de la Hongrie à l’UE, József Szájer est un poids lourd du Fidesz, qu’il a contribué à fonder. De 1994 à 2002, il dirige le groupe du parti au parlement hongrois. En 2011, un an après le retour au pouvoir de Vikor Orban, il devient l’un des architectes de la nouvelle Constitution, qu’il affirme avoir écrit en grande partie lui-même, "sur son iPad". Le texte, qui définit strictement le mariage comme une union entre un homme et une femme et reconnaît "la vertu unificatrice de la chrétienté pour notre nation", pose les bases du tournant conservateur et autoritaire imposé par Viktor Orbán. 

Le 30 novembre, deux jours avant que le scandale n’éclate, József Szájer avait présenté sa démission de son mandat d’eurodéputé. "La participation quotidienne à la lutte politique et à ses échanges acharnés est devenu un fardeau de plus en plus lourd,  prétextait-il alors. Ceux qui sont sur le champ de bataille doivent être prêts pour le combat". Le parti l’avait chaleureusement remercié "d’avoir joué un rôle crucial en permettant au conservatisme hongrois et à la démocratie chrétienne de prendre la place qui leur était due sur la scène politique européenne". 

Pour le Fidesz, le scandale tombe mal. Le parti vient de lancer une nouvelle offensive contre la communauté LGBT. Un projet d’amendement de la Constitution a été déposé le 10 novembre dernier pour inscrire dans la constitution que "la base de la relation familiale est le mariage ou la relation parent-enfant. La mère est une femme, le père est un homme" et pour interdire tout changement de sexe à l’état civil. Un autre projet de loi déposé le même jour vise aussi à rendre impossible l’adoption aux couples gays et aux célibataires."   (Libé)

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(ce matin la couche -de l'info- est vraiment pleine de caca à ras bord...)

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paroles amies :

"Je ne suis pas très cocotte en fonte..." (Dominique)

"Je vais pas m'obliger à être désagréable, parce que j'y arrive très facilement..." (Manue)

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tout fout le camp : Gibert Jeune (Place St Michel) va mettre la clé sous la porte, en mars prochain

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Eric Pessan

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esprit(s) de noël(s)
(chacun son truc)

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23 novembre 2020

RCC24

25

effet deux couleurs (jaune/bleu)

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"PAS ENCORE Le gouvernement a du mal à parler de déconfinement et le fait que celui de mai dernier, géré par l'actuel Premier ministre, ait été un échec, n'y est sans doute pas pour rien. Macron ne devrait ainsi pas l'utiliser la semaine prochaine lors de sa prise de parole, sur les recommandations de ses conseillers selon le Parisien hier. Mais pour autant, le mot n'est pas tabou, non non non. "Je n'ai pas de problème à prononcer le mot 'déconfinement' pour dire qu'on n'y est pas", souffle ce dingo de Gabriel Attal ce matin sur France Info. Qui, par la suite, va user de tous les stratagèmes de com' pour expliquer que non, on ne va pas se déconfiner tout de suite mais ne sautez pas par la fenêtre s'il vous plaît, ça va aller. "On n'y est pas. [...] Mais il y a une amélioration et c'est important de dire aux Français qu'ils ne font pas des efforts pour rien", commence le porte-parole du gouvernement avant de dire que peut-être, mais ce n'est pas sûr, qu'on verra bientôt si on peut penser à évoquer l'idée d'un possible plan pour établir un éventuel déconfinement. Du moins, "autour du 1er décembre", on en saura plus. Tout est dans le "autour". Ah c'est un métier, communiquant."(Libé / Chez Pol)

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tarot

(pas tout à fait comme dans la vraie vie : après avoir gagné trois gardes sans consécutives...)

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pas de dessin d'Eric Pessan aujourd'hui, alors je vous mets l'adresse de son blog sur tumblr

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la politique, même avec, c'est toujours sans...

 

Capture d’écran (160)

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"Commerçants, restaurateurs, oppositions, élus locaux… L'exécutif doit faire face à la grogne d'une bonne partie des Français depuis qu'il a décidé de reconfiner le pays pour tenter d'enrayer la deuxième vague de nouveau coronavirus. Plus étonnant, les critiques dépassent même les frontières. Pour preuve, un article de l'hebdomadaire allemand Die Zeit, publié le 12 novembre, dézingue la politique sanitaire conduite par Emmanuel Macron et son Premier ministre Jean Castex.
Son autrice, la correspondante en France Annika Joeres, s'étonne notamment de voir les Français obligés de remplir une attestation pour aller chercher leurs enfants à l'école ou pour acheter du sirop pour la toux. Elle s'amuse aussi de voir la grande distribution obligée de retirer les produits dits "non essentiels" de ses rayons. Et Die Zeit de renommer la France : "Absurdistan ".
La journaliste poursuit son réquisitoire avec un portrait au vitriol d'Emmanuel Macron, un chef d'État " quasi monarchique " qui régnerait en maître sur un Parlement déclassé au profit du conseil de défense. Comble de l'ironie selon le magazine : malgré ces règles répressives et ce président de la République omnipotent, la France compte plus de morts du nouveau coronavirus que la Suède qui, elle, n'oblige même pas ses concitoyens à porter le masque en toutes circonstances." (Le Point)

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(celui-là, je ne m'en lasse pas...)

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"Chez les hétéros,mais aussi pour les gays, le porno, serait un espace de libération où ils ne seraient pas obligés de composer avec les normes égalitaires. Un entre-soi masculin où l’on respire…

Oui c’est leur définition de la "libération sexuelle". Une forme de camaraderie hétérosexuelle masculine, sans les femmes, sans les conjointes notamment. Un espace de respiration, loin du féminisme qui étoufferait les hommes. Un groupe de copains qui se connaît depuis l’adolescence partira en week-end et regardera du porno. Une pratique adolescente qui perdure, où la blague l’emporte sur le vécu intime : ces hommes ne sont pas à l’aise pour parler de ce qui les excite réellement. Ils vont plutôt se rabattre sur des standards pornos masculins afin de partager une culture commune." (Libé)

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Après de multiples procès, le Conseil constitutionnel a consacré le 6 juillet 2018 le "principe de fraternité". Cette décision inédite vous a-t-elle rendu fier ?
Je suis un paysan, je suis fier si je fais de belles tomates. Ce n’est pas mon monde, mais on m’a dit que c’était un événement… Je suis fier évidemment de ce qu’on a fait ensemble, tous les bénévoles et moi. Et comme j’ai un côté revanchard, je suis fier aussi d’avoir gagné contre ceux qui nous attaquaient, sur leur terrain et avec leurs armes, car ce n’est pas moi qui suis allé au tribunal le premier ! Je vois cela comme une leçon sur ce qu’est la France, et ce que siginifie concrètement sa devise : « liberté, égalité, fraternité ». On ne peut être fraternel que si on est libre d’agir, et on ne peut être fraternel qu’entre égaux ; sinon, il s’agit de charité, pas de fraternité.
(Cédric Herrou, dans un long et bel entretien avec Télémaruche -oups tiens c'est pas mal comme ça aussi, Télémaruche hihihi)

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(feel good blog)

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dernière minute ("au moment où nous mettons sous presse")

3 derniers films sur la liste de Riri lalala :

- Il était une fois dans l'ouest (Sergio Leone)
- Il était une fois en Amérique (Sergio Leone)
- Les ailes du désir (Wim Wenders)

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20 novembre 2020

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Troisième et quatrième salve(s) pour Riri la Gâchette (et la cinquième aussi, tiens...) + 6ème et 7ème

- La strada (Federico Fellini)
- Boulevard du crépuscule (Billy Wilder)
- Pinocchio (Walt Disney)
- Adieu Philippine (Jacques Rozier)
- Les sept samouraïs (Akira Kurosawa)
- Une brève rencontre (David Lean)
- Fureur apache (Robert Aldrich)
- Le trésor de la sierra Madre (John Huston)
- Gens de Dublin (John Huston)
- Une si jolie petite plage (Yves Allégret)
- Les deux Anglaises et le continent (François Truffaut)
- L'enfance nue (Maurice Pialat)
- A nos amours (Maurice Pialat)
- La horde sauvage (Sam Peckinpah)
- Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia (Sam Peckinpah)
- La salamandre (Alain Tanner)
- Dans la ville blanche (Alain Tanner)
- Les années lumière (Alain Tanner)
- No man's land (Alain Tanner)
- Une flamme dans mon cœur (Alain Tanner)
- Le voyage des comédiens (Theo Angelopoulos)
- L'apiculteur (Theo Angelopoulos)
- Paysage dans le brouillard (Theo Angelopoulos)
- Taxi driver (Martin Scorcese)
- Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)
- La porte du paradis (Michael Cimino)
- Dead man (Jim Jarmush)
- Meurtre d'un bookmaker chinois (John Cassavetes)
- La maman et la putain (Jean Eustache)
- L'empire des sens (Nagisa Oshima)
- Identification d'une femme (Michelangelo Antonioni)
- Le cheval de Turin (Bela Tarr)
- Les habitants (Alex Van Warmerdam)
- Fargo (Joel & Ethan Coen)
- Il est difficile d'être un dieu (Alexeï Guerman)

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je ne me souviens plus du nom de l'effet mais je le trouve pas jojo ("peut", en fait)

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"LE CHIFFRE : 500
Comme le nombre de fois où on s'est levés très tôt pour préparer Chez Pol. Comme le nombre de fois où l'on a stressé avant d'appuyer sur "Envoyer à vos abonnés". Comme le nombre de numéros déjà publiés. Comme la quantité de litres de café / coca qu'il a fallu ingurgiter pour rester éveillés. Comme le nombre de fois où on a lancé, après l'avoir écouté : "
Attends mais Blanquer, il ne vient pas de dire une connerie là ?". Comme le nombre de fois où on s'est dit, après chaque bouclage, qu'on avait de la chance. Comme le nombre de "Mercis" qu'on vous envoie. Merci de lire Chez Pol chaque jour et vivement que le Chiffre du jour soit "1000"." (Chez Pol fête son 500ème numéro sur Libé) 

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(d'une pub à la télé qui m'a fait rire)
"déjà quand il était petit, quand il coloriait, il dépassait un peu..."

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j'étais tellement indécis pour le repas de midi (cassoulet ? moules marinières ?) que j'ai fini par jouer à pile ou face (c'était pile, les moules ont gagné)

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au scrabble contre l'ordinateur j'avais placé verticalement ENNUYER, dont j'étais assez content, et voilà-t-y pas que ce salopard me pose un H au dessus, pour jouer, horizontalement HASE (avec un joker en plus) sur le mot triple... et j'apprends ainsi le mot HENNUYER (vous aussi, je suppose, non ?)

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HENNUYER : Habitant de la province belge du Hainaut

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(et ça, on peut ?)

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(désolé, ça doit être les effets pervers du reconcon...)

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je vais peut-être arrêter de publier ici les dessins du carnet d'Eric Pessan (comme les photos de chocolats du jour, aussi, en fait, il faut savoir se renouveler...) j'ai envie de quelque chose de plus... léger, de plus joyeux, de plus enlevé, et justement ce matin en serendipitant, je suis tombé sur un, puis un autre, "feel good blog", avec juste des images, beaucoup qui ne m'intéressent pas ou m'agacent (chatons et compagnie) mais aussi pas mal qui me plaisent vraiment, et j'ai donc décidé d'en mettre une par jour, juste, pour... contrebalancer.

ça a commencé comme ça :

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(en plus ça fait un peu calendrier d'avent juste un peu en avance, non ?)

*

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19 novembre 2020

RCC20

"Le chef du gouvernement a précisé que la "phase suivante" qui s’amorce, "ne sera pas" non plus "un retour à l’anté-confinement". "C’est-à-dire qu’il y aura des dispositions de freinage qui perdureront", a-t-il expliqué, évoquant notamment les établissements recevant du public." (Libé, 18/11/20)

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effet "points chauds"
(le cul du mec est plus froid que le pis de la vache hihihi)

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St Téléramuche, priez pour nous!

Les 30 de Riri la Détente :

- Häxan, la sorcellerie à travers les âges (Benjamin Christensen)
- Nosferatu le vampire (Friedrich Wilhelm Murnau)
- Faust, une légende allemande (Friedrich Wilhelm Murnau)
- La ruée vers l'or (Charlie Chaplin)
- Loulou (Georg Wilhelm Pabst)
- La règle du jeu (Jean Renoir)
- Ivan le terrible (Sergueï Eisenstein)
- Courts métrages de (Tex Avery)
- Paisa (Roberto Rossellini)
- Le voleur de bicyclette (Vittorio De Sica)
- Jour de colère (Carl Theodor Dreyer)
- La belle équipe (Julien Duvivier)
- Les enfants du paradis (Marcel Carné)
- La femme au portrait (Fritz Lang)
- L'aventure de Mme Muir (Joseph L. Mankiewicz)
- La nuit du chasseur (Charles Laughton)
- Les contrebandiers de Moonfleet (Fritz Lang)
- La prisonnière du désert (John Ford)
- Des gens sans importance (Henri Verneuil)
- Le doulos (Jean-Pierre Melville)

(pour l'instant je n'en ai que 20...)

*

les 20 de Pépin :

La maman et la putain
Le mépris
Le ventre de l'architecte
Heimat
Salo ou les 120...
Blue Velvet
Arizona dream
Intimité
La nuit du chasseur
Opening night
Aguirre ou la colère de Dieu
Ken Park
M le Maudit
Melancholia
Holy Motors
Le bal
Pierrot le fou
Voyage au bout de l'enfer
Les ailes du désir
Les 7 samouraïs

les 30 de Dominique :

Les chevaux de feu, Paradjanov
L'éternité et un jour, Angelopoulos
Au travers des oliviers, Kiarostami,
To be or not to be, Lubitsch
Jour de fête, Tati
L'aventure de madame Muir, Mankiewicz
L'homme à la caméra, Vertov
Lettre d'une inconnue, Ophuls
La nuit du chasseur, Laughton
Délivrance, Boorman
Stromboli, Rossellini
Les Indiens sont encore loin, Moraz
La nuit américaine, Truffaut
La Paloma, Schmidt
Bonjour, Ozu
Pluie noire, Imamura
After life, Kora eda....
La vie est belle, Capra
Jonas qui aura vingt ans en l'an 2000, Tanner
Le journal d'une femme de chambre, Bunuel
Au loin s'en vont les nuages, Kaurismaki
Orange mécanique, Kubrick
Beau travail, Denis
Les yeux sans visage, Franju
Le tombeau des lucioles, Takahata
The host, Bong Joon-ho
O Brother, Cohen
Anna et les loups, Saura
Le Narcisse noir, Powell
The Grand Budapest hôtel, Anderson....

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mes 25 (meilleurs) films (du monde)*
(tadaaaam!)

AFTER LIFE (Kore-Eda)
AU FIL DU TEMPS (Wenders)
BAROCCO (Téchiné)
CRIA CUERVOS (Saura)
DEAD MAN (Jarmusch)
FAUST (Sokourov)

GOODBYE DRAGON INN (Tsai Ming Liang)
HEIMAT (Reisz)
INLAND EMPIRE (Lynch)

KEN PARK (Clark)
KHROUSTALIOV MA VOITURE! (Guerman)
L'AMI AMERICAIN (Wenders)
LE PAS SUSPENDU DE LA CIGOGNE (Angelopoulos)

LE SONGE DE LA LUMIERE (Erice)
LES BIEN-AIMÉS (Honoré)
LES MILLE ET UNE NUITS (Pasolini)
MY CHILDHOOD / MY AIN FOLK / MY WAY HOME (Douglas)
NE CHANGE RIEN (Costa)
NE CROYEZ SURTOUT PAS QUE JE HURLE (Beauvais)
NOCTURAMA (Bonello)
ROSEMARY'S BABY (Polanski)
SYNDROMES AND A CENTURY (Weerasethakul)
TO BE OR NOT TO BE (Lubitsch)
UZAK (Ceylan)

YI-YI (Yang)

du coup, comme Dominique a finalement mis dans sa liste L'Eternité et un jour, je peux rajouter à la mienne Le pas suspendu de la cigogne auquel je n'avais pas pensé, et qu'elle m'a rappelé...)

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(ce qui ne veut pas dire grand-chose...)

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un mercredi sur deux, à 10h, après le départ d'Anne-Marie (mon aide ménagère) j'arpente mon appart' comme si c'était un palais, tellement il est propre et bien rangé...

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alors comme ça on n'a plus le droit de montrer les visages des membres (!) des forces de l'ordre en activité sans les flouter ? Ca tombe bien, ce n'est pas la partie que je trouve la plus intéressante...

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(ça, on a le droit ?)

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(Eric Pessan)

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grâce à Dominique, j'ai passé en fin d'après-midi un looooooong (et excellent) moment sur y*utube à regarder les chroniques de Thomas VDB (en commençant par celle sur la bamboche, qui est un grand moment)

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...et ce soir (enfin, hier soir quand vous liez ceci) j'étais au théâtre (sur ZOOM) pour assister à la représentation en live sur le web de SPLENDID'S, de Jean Genet, mis en scène par Arthur Nauzyciel, directeur du TNB (Théâtre National de Bretagne), un huis-clos démultiplié (des gangsters retranchés ensemble au dernier étage d'un hôtel avant l'assaut des flics), où les acteurs -américains_ jouent ensemble & séparément, chacun dans son rectangle, avec la voix de Jeanne Moreau en narratrice choeur et voix-off), avec, en première partie, la projection de CHANT D'AMOUR, du même Jean Genet (que j'ai la chance d'avoir déjà vu plusieurs fois). Encore un moment rare, intense, nouveau, une expérience superbe (hommes entre eux, hommes qui pleurent, hommes qui s'aiment, hommes qui se tuent, hommes qui meurent...) avec ce sentiment curieux généré par le collectif individuel (parvenir à jouer ensemble alors que chacun est seul chez lui face à sa petite caméra...). Il y aura une autre représentation jeudi soir (on réserve mais c'est gratuit...)

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15 novembre 2020

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effet "cinémascope"

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coïncidences : le nom de l'effet du jour, l'invitation de la Cinétek, (à laquelle j'ai adhéré), de regarder les "films du mois" dont le thème est "Tours et détours : sur la route", dont le quatrième sur la liste est celui qui arrivait le premier (par ordre alphabétique) sur ma liste N&B de la semaine dernière : AU FIL DU TEMPS (IM LAUF DER ZEIT) de Wim Wenders, alors j'ai suivi le conseil de la Cinetek, et j'ai commencé à le regarder.
Ce film est une merveille.
Je l'aime d'autant plus qu'il a pour moi une signification particulière : c'est, un peu comme dans Alice au pays des merveilles, la petite porte qui m'a permis d'entrer dans le monde du "vrai" cinéma, c'était à Avignon, peut-être en 1975 ? ou 76? ou 77 ? et-je ne sais vraiment plus comment j'étais arrivé là, Jean-François M., avec qui j'avais voyagé, m'avait proposé d'entrer avec lui dans cette salle où on projetait ce qui était était pour moi alors quasiment un OVNI : un film en noir et blanc, allemand, sous-titré, de trois heures et d'un réalisateur inconnu, je n'étais pas a priori très chaud mais j'ai accepté... et je l'en remercie encore!
C'était comme entrer dans un monde nouveau,  une perte  de repères par rapport à ce que je savais alors du cinéma (non, je romance, je romantise et j'exagère, il me semble qu'à l'époque j'allais déjà depuis un moment aux séances hebdomadaires du Centre Socialet je savais ce que c'était l'art et essai ou un film en VO...) un lâcher-prise, un sentiment de liberté qui me fascinait, et toute une conjonction de détails, le N&B, la lumière de Robbie Muller, la route, ces deux hommes pas très bavards dans un camion (j'étais déjà friand de SSTG), l'errance, la mort du cinéma, l'Allemagne, les photos-icônes, la musique (ah le mange-disques!), les panneaux routiers et les enseignes, les phrases qui restent (le fameux -pour moi-  "Es muß alles anders werden" griffonné sur un papier  punaisé sur une porte et qui volète au vent à la fin), ç'avait été, pour moi, à l'époque, comme une révélation... oui, désormais, je serais cinéphile!
Ce film a 45 ans et c'est pour moi un pur bloc de bonheur cinématographique. Wenders est très fort pour filmer "ingénument" ces hommes qui pleurent (ainsi les qualifiait Jean-Louis Bory dans sa chronique ciné), et même si je ne comprenais pas tout, je pressentais confusément (on pressent toujours confusément, non? ) que ce qui se jouait là, entre ces personnages, c'était quelque chose qui me correspondait...
AU FIL DU TEMPS représente pour moi une forme de pureté, de perfection dans son apparente simplicité. Je l'ai regardé en plusieurs fois, avec à chaque fois le sentiment de le savourer, et, en même temps de le redécouvrir...
Une histoire de mecs, d'amitié, une trajectoire, dont les femmes ne sont pas absentes (Lisa Kreuzer, premier personnage féminin, fait son apparition à la moitié du film, à 1h24, tout de même), au contraire, on en parle, on leur téléphone, on leur rend justice, elles sont toujours là, en filigrane...
J'ai pris beaucoup de captures d'écran (merci micros*ft d'avoir inventé ça!) et j'en ferai peut-être un post spécial hors-série...

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"Toucher

C’est peut-être ce qui manque le plus à Esther depuis l’arrivée de la pandémie : «Les bises, la main sur l’épaule… Tous ces petits gestes charnels anodins, ces contacts peau à peau, les gens seuls en sont complètement privés. Est-ce que l’autre a les mains moites ? Et quelle est son odeur ? déroule la jeune femme, d’un naturel tactile et chaleureux. Maintenant, au moindre toucher, ça fait jaillir en moi des sensations… comme si on me rappelait que je suis un corps. C’est troublant de ressentir ça, ça donne le vertige.»"
(Libé, ce matin, dernier paragraphe de l'article  Confinement : l’amour est dans l’après, dont les têtes de paragraphes sont Contamination / Erotisme / Louvoyer / Internet/ Barrière / Ailleurs / Toucher)

*

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les commerçants n'hésitent pas à se mettre en scène pour illustrer le fait que les mesures gouvernementales vont les foutre à poil...

*

l'esprit des rues, un retour timide...

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... et le carnet d'Eric Pessan :

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chocolat du jour (parfait) :

"Trois noisettes dans le bois
Tout au bout d'une brindille
Dansaient la capucine vivement au vent
En virant ainsi que filles
De roi."
(Tristan Klingsor)

*

Confinement, saison 2: 60% des Français ont transgressé les règles
(france info)

 *

et on finit la journée aussi bien qu'on l'a commencée (et, aussi, tiens, en allemand dans le texte) avec, à 21h, un concert de Rodolphe Burger en direct de la Chapelle St Pierre sur l'Hôte, un concert en streaming payant, auquel j'assiste, avec Catherine en distanciel au téléphone et sms en direct aussi, et une petite bière pour retrouver les bonnes habitudes, un beau concert avec surtout des morceaux du dernier album, mais d'autres plus anciens aussi (Family Dingo, Que sera votre vie), où Rodolphe est accompagné par Sarah Murcia et Christophe Calpini (mais aussi avec, sur deux morceaux l'inattendue diva Jeanne Balibar) où ça faisait drôle d'applaudir tout seul devant son écran comme un demeuré... enfin, ça faisait VRAIMENT plaisir d'assister à cet évènement, en tout cas...

Capture d’écran (615)

Capture d’écran (612)

 

19 février 2019

sonar

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LE CHANT DU LOUP
de Antonin Baudry

Je l'ai déjà dit, j'adore les films de sous-marins* (enfin je devrais peut-être parler au singulier, j'adore surtout Das boot, de Wolfgang Petersen, qui est "le" prototype du film de sous-marin, surtout la version longue director's cut), la fraternité virile, l'espace clos, confiné, les mecs en maillot de corps qui se frôlent dans les coursives, les ambiances de chambrée, bref "mon" idée de sous-marin (d'ailleurs j'ai appris sur allocinoche que Das boot était, justement, le film de sous-marin préféré des sous-mariniers...) et donc quand j'ai vu la bande-annonce de ce Chant du loup, je n'ai pas pu résister.
Avant-première mardi soir dans le bôô cinéma, idéalement, ça permettait de clore l'effet-ficâââ -c'était drôle de me retrouver une nouvelle fois dans cette salle 4 bien-aimée en remarquant qu'il restait plein de places libres...-.
Et le film, alors ? Pour parler virilement, je pourrais résumer par "un film avec des grosses couilles". Ouais, Reda Kateb, Omar Sy, François Civil, Mathieu Kassowitz (et même un peu, enfin pas assez à mon goût, de Damien Bonnard) pour ce qui est des porteurs des gonades susdites, ça commence à faire lourd, avec en face juste Paula Beer (la jolie demoiselle de Frantz et de Transit) pour faire contrepoids, y a pas photo, ça penche lourdement en faveur des premiers (m'est même venue l'idée qu'elle était quasiment là juste pour faire joli, même si, heureusement, elle a droit à la dernière image...)
J'attendais un film de sous-marin pépère et voilà que je me retrouve avec un film de guerre de contre-espionnage de tactique militaire voire même de guerre nucléaire, à deux doigts de (la métaphore virile eut exigé "à un poil de cul de") l'apocalypse. Wouaaaah! La fin du monde, quasi. Et tout ça grosso-modo à cause de Daesh (Kassowitz n'est, finalement, pas parti si loin du Bureau des légendes...)
Une première partie dans le sous-marin, une seconde sur la terre ferme, et une dernière re-glouglou mais cette fois dans deux sous-marins (je ne peux pas tout vous raconter quand même...). Avec le même personnage central, Chanteraide (j'ai entendu Chanterelle pendant tout le film) dit Chaussettes -on apprend pourquoi vers la fin du film, mais à ce moment-là on n'en a plus grand-chose à faire, on est préoccupé par bien autre chose- un mec qui a un genre d'oreille absolue pour interpréter tous les bruits sous-marins. C'est son boulot, d'ailleurs, ça tombe bien.
C'est le premier au générique, donc c'est le héros, et c'est lui d'ailleurs qui va sauver le monde régler le problème insoluble qui se développe dans la seconde moitié du film.
Un film avec des grosses couilles donc, qui exalte les VVV (vraies valeurs viriles), les militaires, les marins, l'obéissance aux ordres, allons enfants de la patrie, garde à vous, hommes entre eux  et autres tutti quanti. Donc pas tout à fait assez "sous-marin" à mon goût (et un peu trop politique-fiction d'abord puis blockbusterisant ensuite). Avec quelques héros qui vont mourir en héros (héroïquement, donc) et d'autres qui vont survivre (ceux qui vont beaucoup au cinéma le savent, statistiquement, plus on est haut sur l'affiche, et plus on a de chance de s'en sortir à la fin du film, mais ça ne marche pas à tous les coups, restons dans le vague, ou la vague plutôt dans le cas présent.)
Un film où, explique le réalisateur, "les acteurs emploient le vrai jargon des sous-mariniers" (mais ils pourraient bien parler en klingon que ça ne changerait pas grand-chose, tant on n'y comprend rien à ce qu'ils racontent.)
Mais un film qui se voit plutôt avec plaisir, qui fait son boulot de film, les presque deux heures passent très vite, c'est bien fichu, on reste tendu, même si la deuxième moitié part quand même un peu en roue libre, et ce, progressivement, de plus en plus vite et de plus en plus fort (et de plus en plus n'importe quoi, j'ai envie de dire, qui finit par ressembler à du tout-venant patriotique-amerloque-avec-des-grosses-couilles, oui j'avoue que j'ai un faible pour cette expression, vous l'aurez sans doute remarqué), peut-être parce que certains acteurs, aussi, y sont plus crédibles que d'autres.
Mais bon, ne boudons pas notre plaisir.
Fermons là les écoutilles, moussaillons, et rompez.

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* je réalise a posteriori que tout ça viendrait peut-être du feuilleton Voyage au fond des mers que j'adorais regarder quand j'étais petit)

** et finalement que j'éprouve un peu le sentiment : on sait que ce n'est pas vrai, qu'ils jouent, que c'est pour de semblant, mais bon, on joue quand même avec eux...

12 décembre 2018

mon humeur dépend de la quantité de bière ingurgitée

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LETO
de Kirill Serebrennikov

Excitant
Euphorisant
Enthousiasmant.
En russe ça veut dire l'été. Un film d'été, de jeunesse, de musique, et de rock même (mais de rock made in USSR : le film s'ouvre sur une scène de concert plutôt drôle, où chacun(e) est assis(e) sagement sur sa chaise tandis qu'au bout du rang la police veille et traque les spectateurs trop enthousiastes...). Mais un film d'une insolente liberté de forme, dans un beau noir et blanc mais avec, ça et là des couleurs (du rouge, souvent, d'ailleurs).
Ca se passe à Léningrad au début des années 80, et (j'ai appris par la suite en lisant les critiques que) c'est un biopic (mais on peut très bien et tout à fait -la preuve!- le voir sans savoir que tout ça c'est vrai, d'ailleurs, à intervalles réguliers apparaît un jeune homme qui porte un panneau "mais ceci n'a jamais existé"), biopic  qui raconte l'histoire de Mike  Naumenko (leader du groupe Zoopark) et celle de Victor Tsoi (leader du groupe Kino) avec, entre les deux, Natasha Naumenko, épouse de Mike mais pas non plus insensible au charme de Victor (et réciproquement). Et, pour la petite histoire, j'apprend que celui qui joue le rôle de Mike est Roma Zver, un vrai musicien de rock de là-bas, qui rejoue avec son group Zveri la plupart des compositions de Mike.
Une histoire pleine de musique (et d'amour aussi). Celle que joue Mike sur scène, lui est déjà un peu "officialisé" comme rock-star russki, et celle que Victor compose et joue aussi, et à qui Mike va mettre le pied à l'étrier... La musique aussi qui vient de l'ouest, de l'ennemi capitaliste, qui s'échange et se collectionne sous le manteau -du rock à la new-wave- (Bowie, Talking Heads, Velvet Underground, Blondie, T-Rex, Iggy Pop) à laquelle de multiples hommages sont rendus tout au long du film (dont une série de covers, clips où l'image est surlignée, redessinée, électrifiée, bidouillée, lors de réinterprétations collectives et joyeusement bordéliques, -où justement apparait à chaque fois le petit bonhomme qui précise "mais tout ça n'a jamais existé"- qui m'ont fait à chaque fois venir les larmes aux yeux tellement c'est bien : Psycho Killer des Talking Heads, Passenger d'Iggy Pop, Just a perfect day de Lou Reed).
J'ai hélas un peu piquouillé du nez au début (j'ai notamment raté le début d'une joyeuse scène de plage où tous finissent la zigounette à l'air) mais je me rattraperai en janvier (le film fait partie de la sélection du Festival Téléramuche 2019) pour ne pas en perdre une miette...Le réalisateur a tenu à garder jusqu'au bout son ton insouciant et mentionne, comme ça, juste en passant, les dates de naissance et de mort des deux rockstars (Victor est mort à 28 ans dans un accident de voiture et Mike à 36  "dans des circonstances restées troubles" (dixit allocinoche), mort qu'on peut supposer provoquée par ses excès de  bibine).
Un film plein de jeunes gens, d'années 80, de musique, d'énergie, de vent de liberté (un certain esprit punk, qu'on n'aurait pas forcément soupçonné / cru possible au pays de Kalinka et de Poutinovich...), des jeunes qui se battent contre les vieux machins et tous les carcans les verrous et les interdictions par eux (les vieux) mis en place,  avec ce goût adolescent (et post-) de la contestation et celui de braver les interdits, et surtout l'envie de foutre en bas le vieux monde, bref une belle tranche de plaisir cinématographique (le noir et blanc, tout seul, déjà, a priori ça a de la gueule, mais alors le noir et blanc retravaillé, (parfois gribouillé à même la pellicule, parfois avec juste un peu de couleur) c'est encore plus bandant!)
Le réalisateur est actuellement assigné à résidence et n'a pas pu venir à Cannes monter les marches pour présenter son film, il est soupçonné officiellement de fraude fiscale (et officieusement d'homosexualité disent les médias, même si ça n'apparaît pas vraiment dans son film).
Si vous ne pouvez pas le voir dans l'immédiat, rongez votre frein jusqu'au Festival Téléramuche (16 janvier je crois)...

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2 décembre 2018

tombé du ciel

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HEUREUX COMME LAZZARO
d'Alice Rohrwacher

Mon dieu qu'il est beau!
Je veux parler du jeune Adriano Tardiolo qui incarne le rôle-titre du film (et dont me semble-t-il c'est le premier rôle au cinéma aussi tout court). Qu'il est beau, ce Lazzaro, que le synopsis ne présente que comme "extrêmement bon" (mais chez nous on dit "trop bon trop con" et ce gros bon sens populaire s'applique ici à la perfection) et à qui on le fait payer.
Le film a été inspiré à la réalisatrice par une histoire réelle, celle d'une marquise qui maintenait quasiment en esclavage tout un groupe de paysans, complètement coupés du monde, taillables et corvéables à merci comme dit une autre expression connue, en ayant oublié de leur préciser que le servage avait été aboli depuis belle lurette. Dans le film c'est pareil, une marquise (on retrouve Ottavia Piccolo, émotion, un peu perdue de vue ici depuis Mado...) fait bosser les paysans, et les paysans font bosser Lazzaro, qui n'arrête jamais. L'esclave des esclaves.
Tout ça dans une ambiance cinématographique qui nous ramènerait, par exemple,  vers les rugueuses ambiances paysannes des films des frères Taviani (encore un soupir d'émotion), avec une tonalité moins grave -mais puisqu'il est question de famille (cinématographique) on pourrait aussi bien évoquer le tonton Federico (Fellini), ou le tonton Dino (Risi.) -.
Le film est un conte, une parabole, une allégorie, et nous entraîne sur les pas de ce beau jeune homme aux grands yeux, qui va se révéler -progressivement- un personnage hors du commun, avec son beau visage, ses beaux yeux, sa belle voix (oh cette façon de prononcer cafè...),  et même ses belles fesses aussi (oui oui j'ai regardé, le thème me fascine, des fesses des messieurs) jusqu'à sa façon de marcher! (ça m'était arrivé une seule fois avant, de vouloir à la fin d'un film marcher comme le personnage principal, c'était pour Ghost Dog de Jim Jarmusch).
Lazzaro s'exécute, il fait, il fait, chacun(e) a toujours un ordre à lui donner, une tâche à lui confier, un autre truc à lui faire faire, et, comme si ça ne suffisait pas, il va -en plus- être réquisitionné par Tancredi, le blondinet fils de la Marquesa (le marquesino, donc), qui décide de simuler son propre enterrement, en espérant soutirer des millions à sa mère... et qui entretient avec Lazzarochounet des rapports qu'on pourrait qualifier d'ambigus (et la tentation du SSTG* n'est jamais très loin chez moi je l'avoue).

et crac!

Là le film va connaître une rupture, une césure, un trou noir qui va nous mettre, nous spectateurs, dans la même situation d'incompréhension mêlée d'émerveillement que celle de Lazzaro, pour nous faire comprendre petit à petit ce qui s'est passé. Une première rencontre avec une paire de brigands qui m'a fait penser à ceux de Pinocchio (le plaisir de retrouver Sergi Lopez dans un rôle énorme et tonitruant d'affreux sale et méchant -même si en fait pas si méchant que ça...-) va mettre en route cette deuxième partie du film (que j'ai trouvée encore bien plus emballante que la première, où l'on avait tout de même des fois envie de lui donner des gifles, à ce gentil Lazzaro, tellement il était, justement, gentil...) qui prend les mêmes mais nous les transbahute ailleurs. A un autre moment. Mais toujours dans la même panade.
Et j'aime énormément ce qui joue dans cette seconde partie, où la place (le rôle) de Lazzaro n'est plus tout à fait la même, où on a le plaisir de retrouver la belle Alba Rohrwacher (qui joue dans tous les films de sa soeur). Où l'innocence de Lazzaro sera d'abord mise à contribution, avant que ce ne soit son savoir sur les choses, et même, enfin, son pouvoir, dans une dernière partie qui commence au son de l'orgue dans une église...
Je n'ai pas fermé l'oeil une seconde, je n'ai pas vu le temps passer (le film affiche pourtant deux heures) et j'ai vraiment été ravi d'avoir été ravi par ce jeune homme au regard si doux et à la candeur si exquise. La fin de l'histoire m'a un tout petit peu surpris, je ne m'y attendais pas, et pourtant elle avait été évoquée plusieurs fois, dès le début de l'histoire et j'aurais dû m'y attendre, c'était bien là en quelque sorte le prix à payer...
Lazzaro! Lazzaro! Lazzaro! (une multitude de  voix qui appellent et chuchotent au milieu des champs de tabac...)

*Sous-sous-texte gay

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27 septembre 2018

phalanstère

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LES FRERES SISTERS
de Jacques Audiard

Je dois dire que, sortant de Climax, et, comme aurait pu dire Molière "tout échauffé de mauvaise bile", j'appréhendais un peu de voir ce nouveau film de Jacques Audiard, envers qui mon coeur a toujours plus ou moins balancé (je reste un inconditionnel de son premier, Regarde les hommes tomber, mais j'ai un peu de mal parfois, souvent, avec sa fascination pour la violence virile des suivants) mais en même temps, comme aux courses, je plaçais tous mes espoirs dessus.
La bande-annonce, vue maintes fois (même si, dans le bôô cinéma, uniquement en v-f : pfffff! tout de même) m'avais mis en appétit : Joaquin Phoenix, John C.Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed, dans un ouesterne,  ça faisait baver... (J'ai appris dans un entretien que c'est John C.Reilly qui détenait les droits du bouquin et l'a proposé à Audiard, qu'il souhaitait travailler avec Joaquin P., et comme Audiard aussi, les choses se sont, comme on dit, bien emmanchées...).
Noir dans la salle, ça démarre, et dès le début (un paysage nocturne coupé en deux horizontalement, et un échange de coups de feu, presque abstrait), oui, dès les premières secondes, j'ai senti que c'était bon. Et ça continue tout pareil. Plus le film avançait et plus je m'envolais, avec un sourire béat,comme après un shoot d'hélium. Je ne reconnaissais pas tout à fait mon Jacquounet, tout allait trop bien, quel bonheur quel plaisir. Mais c'était compter sans la dernière partie qui n'hésite pas à nous faire redescendre promptement, les deux pieds dedans, jusqu'à même nous cacher les yeux parfois, heureusement avant un final aussi doux et plaisant que la panna cota du fjt.
J'ai adoré le film, et j'ai trouvé (comme d'hab') Joaquin Phenix absolument sensationnel, voilà, c'est dit. (Mais tous les autres sont excellents aussi).
Je n'ai pas vraiment connu les westerns "originels" (ceux des années 50), ni même les spaghettis (ceux des années 70), j'y suis venu un peu plus tard, par la tangente. le mythe en tant que tel ne m'intéressait pas. Puis plus tard,j'ai beaucoup apprécié un film comme Silverado, par exemple, qui était pour moi comme une relecture, une façon de se réapproprier le mythe (en en utilisant tous les archétypes et les figures imposées) qui frisait la perfection (Kevin Kline et Brian Dennehy, en ce temps-là, suffisaient à mon bonheur, j'avais des plaisirs simples), et j'ai donc continué à m'intéresser à ces revisites occasionnelles, par-ci par-là, quand l'occasion se présentait, via les films des Coen, de Kelly Reichardt, de Thomas Arslan, d'Andrew Dominick, de Clint Eastwood...
Là, dès le départ, on a l'essentiel : deux mecs assez crades (l'Ouest c'est pas pour les fillettes, on le sait), des chevaux, des révolvers, des galopades et bam bam bam. Mais on a, tout de suite, plus que ça : deux bourrins, ok, tueurs à gages (ou chasseurs de primes c'est kif-kif) mais, déjà, qui ont les têtes de John C. Reilly (que j'ai toujours beaucoup aimé) et de Joaquin Phoenix (que j'ai toujours encore plus aimé), -et qui vont ici combler toutes mes espérances- qui non seulement parlent, oui, des cow-boys avec des dialogues, des vrais, mais aussi, quasiment, philosophent. L'action supposée du film étant quasiment un prétexte pour leur permettre d'échanger.
Les frères Sisters, ce sont eux, ils ont été chargés par le Comodore (un genre de grand manitou local ) de récupérer un mec qui lui aurait pris quelque chose. Ca commence tendu entre les frangins puisque Eli, l'ainé, vient d'apprendre que c'est Charlie qui a été nommé chef de leur gang, parce qu'il faut bien un chef, et qu'il en conçoit comme qui dirait une certaine amertume (il est l'aîné, quand même).
Comme dans Regarde les hommes tomber, on suit, parallèlement, l'homme qu'ils recherchent (incarné par Riz Ahmed, découvert dans l'iconoclaste et jubilatoire We are four lions), et la façon dont il est "pris en charge" par un détective (Jake Gyllenhaal, qui a déjà tâté du western, du côté de Brokeback Mountain) qui doit le garder sur le feu et le livrer aux deux frères pour qu'ils "finissent le boulot". Le poursuivi est un chimiste et le détective se pique de littérature... et voilà qu'entre lettrés les choses ne vont pas se passer tout à fait comme prévu.
Et voilà mis en marche un quatuor de haute volée. De haute chevauchée plutôt devrais-je dire, vu le contexte. Clataclop clataclop.
Road-movie à cheval, avec passages obligés du western (ou figures imposées : j'ai toujours rêvé de manger des haricots dans une assiette en fer blanc, auprès du feu, à la nuit tombée, tandis qu'au loin hurlent les coyotes...) les deux poursuivants ont toujours quelques longueurs de retard sur les poursuivis, chacune des deux paires vit sa vie (vis-à-vis) jusqu'au moment où, on l'espérait celui-là, ils finissent par se retrouver. Et encore une fois les choses ne vont pas tout à fait se passer comme on aurait pu penser.
On jubile de voir la façon dont Jacques Audiard a lâché la bride à ses dadas habituels et comme desserré les mâchoires pour esquisser, oui, un sourire (et les poings, aussi, desserrés) et aussi déboutonné le dernier bouton, celui qui serre en haut, pour laisser passer un peu d'air. Par un certain sens du détail, par une façon d'évoquer les choses en creux (Pas souvent, par exemple, que, dans un western, il est question de brosse à dents, et la façon de s'en servir...) Les frères Sisters, pendant un grand moment, c'est drôle, c'est touchant, c'est inquiétant, c'est réjouissant, oui, mais souvent avec le  sourire (ou une arrière-pensée de sourire ?). A un moment, (une scène où tous les quatre sont assis sur une barrière et se fendent la poire) le SSTG a même affleuré au grand jour (et m'a illuminé comme un sacré filon aurifère) et j'ai même pensé que ce Jacques Audiard-là n'avait plus grand-chose à voir avec celui de Deephan ou de De rouille et d'os). Quel bonheur de cinéma! Je rayonnais, littéralement, dans le noir, je ronronnais tellement je trouvais ça bien.
Mais bon, chassez le naturel... et il finit par vous revenir en pleine gueule, et ça ne loupe pas. Jacques Audiard, quand même... A un moment la gravité mâchoires serrées se repointe (c'était trop beau ?), dans tous ses films, il y a un moment où ça doit faire trop mal : et le réalisateur nous ressort un peu (trop) de pathos de dessous le tapis (personnellement j'aurais adoré que ça reste léger jusqu'au bout mais en sachant que c'eût  été un peu illusoire (irréaliste), genre Quand les hommes vivront d'amour..., mais le coup du phalanstère (phalansquoi ? s'interroge Charlie/Joaquin) et de la société utopique, moi, ça me parlait... et je n'aurais rien eu contre le fait de, par exemple les voir se monter tous les quatre en ménage, hein, moi je dis ça...).
Donc la jubilation retombe un peu, parce que ça saigne, mais pas trop, ni trop longtemps, et ça repart en force (au galop, quoi), et toute la fin est somptueuse. D'abord par la façon (goguenarde) dont nous est évité, justement, l'inévitable (en principe) duel final entre nos héros et le méchant-très-méchant (rien que ça c'est du bonheur), avant le couronnement d'une scène finale élégiaque où le réalisateur a tellement remisé son arsenal habituel qu'on a presque du mal à y croire tellement c'est yop la boum genre La petite maison dans la prairie  (mais qu'est-ce c'est bien!).
Pour la petite histoire (je ne m'en suis aperçu que la seconde fois que j'ai vu le film -et lu son interminable générique de fin-), la vieille dame au fusil est interprétée par Carol Kane, découverte dans Les Jeux de la Comtesse Dolingen de Gratz, l'unique -et fascinant- film de Catherine Binet -la compagne de Georges Perec, en -aïe- 1982!)
A la seconde vision, j'étais toujours aussi bluffé par le jeu de Joaquin Phoenix (et cette façon  dont il réussit à évoquer un gamin, juste par un regard ou un demi-sourire) mais j'ai été plus attentif à celui de John C.Reilly, qui fait haut la main jeu égal avec son partenaire en nous livrant une composition toute en nuances et en délicatesse.
Un grand grand bonheur de cinéma, incontestablement.

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 *SSTG : Sous-sous-texte gay...

 

6 juin 2018

arrête de toucher ta barbe

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LES RIVES DU DESTIN
de Abdolreza Kahani

Cas de figure pas si fréquent : un film vu par défaut, à la séance de 13h30 (Dominique avait déjà vu Une année polaire, et dans la troisième salle,  Nanouk l'esquimau, merci, on avait déjà donné, en séance scolaire, en plus...). Donc film inconnu, en sortie nationale, réalisateur inconnu, titre et affiche moyennement attractifs, mais bon on y est quand même allés (et on était d'ailleurs les deux seuls spectateurs, et, donc, on ne s'est pas gênés pour faire comme les deux vieux du Muppet Show et commenter à voix haute quand on en avait envie...).
Et une excellente surprise, pour résumer notre expérience en trois mots.
Un film iranien bref (1h15 tout mouillé), résolument contemporain, iranianissime a priori (les femmes sont voilées, les hommes sont velus) mais, on s'en est rendus compte assez vite, puis tout au long du film, un film surprenant. Par la façon qu'il a d'aborder frontalement des choses qu'on ne voit pas si fréquemment abordées dans les films iraniens, justement : tiens des hommes torse-nu qui jouent au foot, tiens deux potes qui piquent un fou-rire en fumant un pétard, tiens le mot "gay" qui est prononcé, même si c'est sur le ton de la boutade, et tiens tiens quelques petits métiers abordés, ancrés résolument dans la technologie et, surtout, l'illicite (récepteurs et paraboles pour "avoir toutes les chaînes"...)
Un beau portrait de femme forte, Samira, dont on comprend assez vite qu'elle a divorcé, qu'elle était partie à la campagne, et qu'elle revient à Téhéran avec sa fille, où dès son arrivée elle est "accueillie" par son ex-mari, Hamed, qui lui prend la gamine et lui annonce qu'il va lui pourrir la vie.
Ca démarre fort. On va donc suivre parallèlement Samira qui fait tout son possible pour s'installer,reprendre sa vie d'avant comme avant, et le hargneux Hamed (mais pourquoi est-il si méchant ?) qui va tout faire pour, justement l'en empêcher (et c'est vraiment un salopard). Le film est ancré dans un quotidien réaliste, bien souvent même de l'ordre de l'intime, et on est notamment, comme Samira, témoin des scènes de ménage du couple qui l'aide, Davoud (lui) et Rezvan (elle) tous les deux formidables. Comme le film, oui, formidablement juste. On suit Samira, mais aussi  les gens qui gravitent autour d'elle, de plus ou moins près, et les démarches, et les tentatives, et les complications. Le film sait n'être pas grave, ou, en tout cas, pas que grave. j'aime beaucoup la proximité et la simplicité avec laquelle les personnages sont traités. On pourrait presque parler de familiarité, et ça c'est bien.
Le seul bémol formel est la "parenthèse" (qui ouvre et ferme le film), genre de pirouette narrative qu'on pourrait qualifier de maladroite ou, mieux, désinvolte, (et dont il est difficile de parler davantage sans déflorer l'intrigue). un peu comme un gamin qui aurait joué avec un truc pendant un certain temps, lui accordant tout son intérêt, puis à un moment le bazarderait parce que ça ne l'intéresserait plus. Comme la place de Samira dans le film. Elle est présentée comme le personnage central, mais, finalement, le réalisateur ne lui accorde pas tant d'importance que ça, elle ne "porte" pas le film, elle n'en est qu'un des piliers, à égalité avec les autres personnages.
Mais bon, semble se résigner le réalisateur, la vie continue à Téhéran, un seul être vous manque mais ce n'est pas pour autant que tout est dépeuplé, hein, la preuve... Et du coup, à défaut d'attendre Les rives du destin 2,  on a très envie de voir tous les films qu'il a fait avant, ce cher Abdolreza Kahani, dont aucun ne semble être sorti en France (voilà une idée intéressante pour un prochain Ficâââ, non ? Moi je dis ça je dis rien, hein...)

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8 avril 2018

tombé du ciel

Encore un qui s'en va...
Ce grand machin de Jacques Higelin, comme un frérot, ou un cousin, enfin, quelqu'un de la famille,  qui m'aura tenu compagnie parfois de très près, et d'autres un peu peu loin, grosso-modo, d'abord de 1974 à 1982 -là, un trou de deux albums, Higelin 82 et - puis de 85 à 88 (après 88 c'est vrai je l'ai écouté de façon plus lointaine, mais toujours en le trouvant terriblement attachant...)
Je ne l'ai jamais vu en live (je me souviens même d'un soir uù j'avais profité de la voiture d'amis qui allaient le voir en concert et préféré aller au cinéma!)
Juste un petit survol de notre histoire, tiens, avec deux ou trois (voire quatre, allez) titres par album...

la préhistoire Saravah :

* L'OURS
* J'AURAIS BIEN VOULU
* REMEMBER
* CHOPE LA SOUPAPE

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(1969, mais découvert bien plus tard)

J'ai découvert Higelin par le biais de Fontaine et Areski. A l'époque, pur(s) et dur(s) on écoutait L'Incendie (byg Records) avec sa rigoureuse pochette noire et blanche, et il fut donc normal de glisser vers cet album-ici (aussi rigoureusement noir et blanc, mais c'est Higelin qui apporte la seule note de couleur) l'univers Areski dans toute sa splendeur vocale et instrumentale. Un disque dépouillé presque jusqu'à l'os, mais toujours aussi fort ("cet ours continuait de tourner en rond dans sa cage...")

*


* I LOVE THE QUEEN
* TIENS J'AI DIT TIENS

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(1971, mais découvert bien plus tard)

les années babos dans toute leur splendeur (eh oui), suite, sabots, gilets de berger, chemise de grands-pères, chapeaux qui volent, et higelin qui revient désormais tout seul, dans  ce disque un peu déjanté mais attractif malgré tout, que je ne savais pas précisément dans quelle case ranger

*

le virage rock :

* PARIS NEW-YORK
* CIGARETTE

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(1975)

 

Découvert sans doute via Pacoune (?), je me souviens d'un concert de fontaine et areski ou brigitte expliquait qu'elle avait un ami nommé Jacques Higelin mais qu'il l'avait trahie en devenant rocker... un album plaisant, où Cigarette ("elle a la rondeur d'un sein qu'on mord ou qu'on tête...") rassurait les amoureux de l'époque saravah tandis que Paris New-York faisait joyeusement se secouer les popotins et disait qu'il était passé à autre chose

*



*ROCK IN CHAIR
*L'ANGE ET LE SALAUD

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(1975, mais découvert plus tard)

Cet album-là je l'ai en fait découvert plus tardivement, grâce à Charlie (ah les vacances au Soler...) L'ange et le salaud ("Sale et déchiré du sans séché sur son jean...") c'est à lui que je le dois... j'aime aussi beaucoup Rock in chair pour ses paroles ("je me balance et je bande pour une fille qui s'en branle...") et son cool, le reste de l'album est un peu trop hargneux pour moi...

*

L'année 1976 et la suite (de Vaux-le-M à Ste Marie en Ch.):

* LE MINIMUM
* AUJOURD'HUI LA CRISE

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(1976)

Si je devais n'en garder qu'un ce serait sans doute celui-là. Pas forcément parce que c'est le meilleur mais parce qu'il m'a, au sens propre, aidé à survivre (avec, aussi, au même moment, l'attention bienveillante de Philippe et Françoise) lors d'une redoutable première année de boulot sur laquelle je ne reviendrai pas... Les premières mesures de Le minimum me font encore frissonner quasiment, tandis que je prenais Aujour'hui la crise comme une potion magique et une promesse ("C'est dur aujourd'hui peut-être, demain ça s'ra vach'ment mieux...") un mantra et un message d'espoir... J'ai survécu.

*


* DENISE
* LETTRE A LA P'TITE AMIE DE L'ENNEMI PUBLIC n°1

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(1978)

celui-là, c'est drôle, aucun souvenir géographique précis ne s'y rattache... Vesoul, le Pré des Angles, peut-être ? Deux chansons que j'adore et qui me sont restées, en tout cas, Denise ("Avec c'que t'as, y en a qui seraient heureux comme des rois, si pour toi c'est trop peu, c'est déjà beaucoup pour moi..."), pour son énergie et La lettre à la p'tite amie... pour sa rythmique fanfaresque et son lyrisme désabusé ("à moins que j'finisse au cyanure mélangé à d'la confiture de groseilles...")

*



* CHAMPAGNE
* DANS MON AEROPLANE BLINDÉ

* L'ATTENTAT A LA PUDEUR
* JE NE PEUX PLUS DIRE JE T'AIME

champagne higelin

(1979)

celui-là c'est très clair précis et daté : j'habite à Ste Marie en C., avec Babeth dans son logement de fonction, j'ai de récurrents problèmes automobiles, on achète de la limonade par caisses, elle me fait découvrir beaucoup de choses en musique (des filles surtout) mais aussi Starmania, et ce double album qu'elle rapporte un soir... On l'a écouté couchés dans son lit (il devait faire froid), en tout bien tout honneur, et j'ai tout de suite préféré l'album Champagne à l'album Caviar (qui se glissait dans la pochette du premier). Sur le second album, je n'écoute que le magnifique Je ne peux plus dire je t'aime, dont je trouverai plus tard une version que j'aime encore plus, en duo avec Adjani (qui faisait pourtant moins bien les fadadoudaï)... Je n'ai par contre jamais cessé d'écouter L'attentat à la pudeur qui reste pour moi un sommet de l'oeuvre higelinesque

*

la reprise (les retrouvailles) :

* FOLLOW THE LINE
* TOM BOMBADILOM
* TOMBÉ DU CIEL
* POIL DANS LA MAIN

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(1988)



Me semble que c'est le premier Higelin  acheté en cd... Des retrouvailles. Pour moi les années ce sont les années Gray mais surtout Vaux (le retour), Emma et Régis, la nouvelle platine c-d, les après-midis jeux, les nuits vidéo (avec location de magnétoscope), les clopes, les mix sur k7 audio pour écouter dans la voiture,  la trentaine plutôt insouciante quoi... J'aime toujours bien écouter cet album... je chantonne très souvent Poil dans la main ("Poil dans la main, payé à rien foutre, regarder la poutre dans l'oeil du voisin...") sans oublier le cas de Tom Bombadilom que j'avais détesté dès la première écoute, et pendant longtemps, (peut-être juste parce qu'il disait "des asticots dans le tuyau de son shilom"...) jusqu'à ce que je me réveille un beau matin en réalisant que je l'aimais beaucoup...

Après c'est vrai que j'ai un peu perdu le fil...

6 avril 2018

valet de carreau

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7 PSYCHOPATHES
de Martin Mc Donagh

Mais comment ai-je pu passer à côté de ce film? J'avais pourtant adoré Bons baisers de Bruges, le premier film du réalisateur, et c'est 3 billboards, son troisième, qui m'a donné l'envie d'aller voir ce qui se cachait entre les deux (même si, si j'ai bien compris, ledit réalisateur le désavoue maintenant plus ou moins).
Résumons : comme dans Bons baisers... on a Colinchou Farrell en vedette, une sacrée bonne dose d'humour (noir) et des mecs avec des  flingues qui s'entretuent mais pas de façon conventionnelle ; et comme dans 3 Billboards, on a Woody Harrelson et Sam Rockwell, une histoire à rebondissements, encore des mecs avec des flingues, et toujours une sacrée dose d'humour (noir). Avec, ici, en prime, un Christopher Walken anthologique, un Tom Waits idem, plus la présence en ouverture de Michael Pitt et de ce très cher Michael Stuhlbarg, qu'en ce moment j'ai tendance à voir -et à aimer- un peu partout, et qui reste bien de devenir ma prochaine coqueluche...
Ajoutez un scénario tordu, oui, au sens propre, vrillé comme un ruban de Möbius (en gros l'histoire d'un scénariste qui écrit un film mais va finir par s'y retrouver en plein dedans, 7 psychopathes pourrait être au polar ce que Scream fut au film d'horreur : une mise en abyme maligne,où le cinéaste examine les  "codes" sous un angle théorique et complice mais les intègre finalement en tant qu'éléments de son propre film). Un scénariste écrit le scénario d'un film qui s'appelle 7 Psychopathes (comme dans paludes, Gide écrivait un bouquin qui s'appelait paludes, mais dedans il y a avit beaucoup moins de flingues).
C'est le premier film qu'a réalisé Martin Mc Donagh aux Etats-unis (qui nous le signifie bien dès l'ouverture, avec un plan sur l'inévitable HOLLYWOOD à flanc de colline) et il nous offre (voir, plus bas, la campagne d'affichage américaine) un casting inoxydable, où chacun(e) tient son rôle de jubilatoire façon (bon, c'est "un film de mecs" : la critique d'un des personnages sur le manque d'épaisseur des personnages féminins dans le scénario -Ô Pirandello- n'est pas totalement injustifiée, et le réalisateur saura d'ailleurs s'écouter (en tenir compte) et rectifier le tir en offrant à Frances Mc Dormand le rôle principal en or massif de son film suivant).
Le récit est un peu déconstruit, et avance, au moins au début, un peu de bric et de broc, avec différentes histoires que le cinéaste ou un de ses personnages nous raconte(nt), histoires qui ne se situent pas toutes, d'ailleurs sur le même plan fictionnel mais qu'on suit toujours avec grand plaisir (tout le début du film ferait un peu penser à une compilation, une anthologie d'histoires de psychopathes) qu'après il est plus ou moins facile de relier entre elles. Mais le réalisateur y vas de bon coeur.
Martin Mc Donagh pratique une forme d'humour (et de distanciation) que j'adore : il met en scène des personnages (ou des situations) qui sont des clichés, mais ont suffisamment de force pour regarder en face le spectateur et lui dire "Oui, je sais, je suis un cliché mais regardez comme j'en suis conscient..." Oui, qui le revendiquent. Et bam bam! (les mecs et leurs gros flingues, pour un amateur de sous-sous-texte gay comme moi, c'est du vrai grand bonheur, tellement ils aiment les sortir et les braquer, leurs gros machins rutilants et chromés, pour un oui pour un non, c'est ça les vrais z'hommes hin hin).
Bref, 7 psychopathes est un film ludique, facétieux, ironique. un film qui, même s'il ne tient pas toutes ses promesses, m'a, en l'état, grandement réjoui.

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un casting inoxydable vous disais-je...

3 avril 2018

dans la cabane

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LA RÉGION SAUVAGE
de Amat Escalante

Semaine latino 7.1 : Mexique
Et nous entrons de plain-pied dans notre querida Semaine Latino (la 7ème déjà!). Plain-pied est d'ailleurs une façon de parler, et pas forcément la plus appropriée puisque le pied n'est pas l'organe (le membre ?) le plus sollicité dans le film (pour entrer, je veux dire). Interdit aux moins de 16 ans il est. Diantre. C'est cul, c'est cru, et ça démarre en fanfare : premier plan : une demoiselle se caresse avec un chose pas très bien identifiée, deuxième plan une autre demoiselle, dans son lit, se fait matinalement et de dos honorer par son mari, troisième plan (ou presque) un homme est assailli tout aussi par derrière et énergiquement par un  autre monsieur (qui y va de bon coeur...) bref, on rentre dans le vif du sujet (et des sujettes) avec vigueur. L'appétence sexuelle est une chose nous concerne tous, partout, géographiquement, mais on peut dire qu'elle est spéciquement intensive ici, (enfin, là-bas, quand on regarde depuis chez nous) au Mexique. (L'amateur attentif de langues étrangères apprendra notamment, via sms, que baiser se dit coger... et notre héros aime ça, coger...) Comme je l'ai déjà écrit, ailleurs, Mexico, Mexiiiico, serait-on donc à même de chanter à pleins poumons au moment de la jouissance. On comprend assez vite que le monsieur avec la dame et celui avec l'autre monsieur sont le même, Angel, puis que la dame et l'autre monsieur qu'il honore sont frère et soeur... Donc, voci le trio : la femme, le mari, et le beau-frère. Plus la demoiselle du début, qui va assez vite les rejoindre.
Il est aussi question d'une cabane au milieu des bois où un couple de vieux scientifiques hébergent quelque chose, qui provoque le plaisir -et l'addiction- de celles (d'abord), puis ceux qui en font la connaissance, et qui nous sera révélé (le quelque chose) aussi progressivement que la bestiole dans Alien, pour vous donner un ordre d'idée (pour ceux qui se souviennent de Possession, avec isabelle Adjani, ce sera aussi le même ordre d'idée...). Et cette fameuse cabane va accuieillir, l'un(e) après l'autre, chacun des principaux protagonistes.
Amat Escalante, on l'aime aussi beaucoup ici (Sangre, Los bastardos) et on a passé presque tous ses films. mais qui dit Mexique pense aussi forcément Carlos Reygadas,  qu'on a aussi  toujours beaucoup aimé par ici (Japon, Batalla en el cielo, Post tenebras lux), auquel ce film ici emprunte non seulement ses paysages matinaux verdoyants embrumés et humides mais également une certaine folie furieuse. Les deux hommes se connaissent (Escalante a été l'assistant de Reygadas, et Reygadas a co-produit les films d'Escalante) leurs univers cinématographiques respectifs sont un peu poreux, perméables l'un à l'autre, et leurs films ont en commun une certaine violence, une frontalité, une crudité qui peut en désarçonner certain(e)s (mais qui, personnellement ne m'est pas du tout inconfortable...) à la seule différence que, chez Escalante, on n'a jamis de QV.
On a donc un récit extrêmement réaliste et prosaïque (des gens qui travaillent, qui préparent à manger, qui prennent leurs repas, qui vont chercher les enfants à l'école) dans lequel vient interférer un élément "autre" qui va bien sûr perturber -parasiter- cette réalité terre-à-terre et ordinaire ("normale", quoi) comme une maladie contaminerait progressivement une population donnée (et deviendrait visible au même rythme). Comment la fatalité affecte, en ricochet, une série de personnages diversement maussades (on ne sourit pas beaucoup dans le film, et c'est rien de le dire... Le récit se situe dans le registre de l'excès, qu'il soit de malheur, de violence, ou de sexe. Où le plus monstrueux finalement, ne serait pas forcément celui qu'on croit... Avec au centre du récit ce personnage masculin particulièrement double (il baise en douce le frère de sa soeur mais tient officiellement un discours macho et outrageusement homophobe), dualité qu'on retrouve aussi, in fine, en écho, chez la bestiole... (Premier film mexicain, à ma connaissance, avec un alien. En tout cas, un film qui marque.)

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(je trouve l'affiche très réussie)

 

18 septembre 2017

mes lunettes

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LE REDOUTABLE
de Michel Hazanavicius

Quand il est sorti à Cannes, j'avoue que ça ne me faisait pas plus envie que ça : je n'avais pas envie de voir Louis Garrel avec une moumoute, je ne suis pas un inconditionnel de Godard, ni de Michel Hazanavicius, non plus, et puis Stacy Martin dans le rôle d'Anne Wiazemsky m'évoquait plutôt Chantal Goya...
Et en lisant les critiques pour mettre dans la plaquette, j'ai réalisé que les mots humour et  gag revenaient plusieurs fois, et puis Manue avait envie de le voir et moi de l'y accompagner, et donc hop! en voiture Simone.
Le film est effectivement drôle (voire très drôle), même si l'histoire en est tout de même finalement un poil tristoune : il s'agit tout de même d'une histoire de séparation. Sur fond de mai 68 et des désillusions qui ont suivi. Pour ce qui est de l'incarnation de Louis Garrel, je dois dire que si la vision de la moumoute est immédiatement intégrée, banalisée (on ne voit plus Louis Garrel avec une moumoute, on voit juste le personnage de JLG) par contre le travail sur la voix m'a moins séduit (je ne connais plus trop la voix de Godard, mais je trouve, surtout au début, que Garrel en fait un peu des caisses avec le zézaiement et le zozottement -ou peut-être qu'ensuite on s'habitue ?- .
Le film en tout cas ne mérite ni d'être cloué au pilori pour apostasie filmique ni grillé sur le bûcher par la Sainte Inquision Cinéphilique (oh les cris d'horreur poussés en choeur par les chapelles d'idolâtres devant le crime de lèse-Godardie), et prenons-le donc juste pour ce qu'il est : un biopic de chemin de traverse, à l'ironie tendrement drôle (et, bien sûr, drôlement tendre), à l'humour plaisant, souvent potache (qui m'a rappelé qu'Hazanavicius avait démarré sur Canal avec un film de détournement très très drôle, Ca détourne, justement) parfois à pisser de rire et d'autres fois (pas souvent) juste à se retenir, et avec, tout de même, dedans, plein plein de choses positives : un film co-produit par Riad Sattouf, avec Grégory Gadebois dedans, avec, en cerise sur le gâteau, une myse en abyme -avec deux y c'est mieux- et en images de la très jolie QV de Louis Garrel, suivie d'une deuxième, celle d'un acteur italien dont je n'ai pas retenu le nom au générique, un film avec des regards-caméra très malins, et des intertitres en forme de clins d'yeux, et un running gag à propos de lunettes cassées, un film comme ça, donc, ne peut pas être tout à fait mauvais, non ?
J'avoue que je ne savais pas grand-chose sur l'engagement maoïste de JLG (et que je m'en contrefiche tout de même un peu) mais il ne s'agirait pas de bouder son plaisir : une comédie française qui fait effectivement rire, ça n'est pas si souvent. Alors, rions un peu et laissons-nous aller...

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et reconnaissons aussi que l'affiche est relativement moche, et, tiens qu'il a tét jugé bon d'y préciser qu'il s'agissait d'une "comédie"...

20 août 2017

papa maman

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LOLA PATER
de Nadir Moknèche

(Tiens, c'est drôle, il me semblait que j'avais commencé un post... Y aurait-il un ghost sur ce blog?)
Un jeune homme,moderne rebeu et à chignon de samouraï, assiste à l'enterrement de sa mère, et part à la recherche de son père, qu'il n'a jamais connu. Il retrouve assez facilement sa trace mais est très surpris : ce n'est plus Farid, mais c'est Lola. Son père est devenu femme et enseigne la danse (et, accessoirement, il a la plastique et la voix de Fanny Ardant). D'où étonnement, choc, réaction violente, rejet... mais on ne va pas en rester là.
Un joli film doux qui sert d'écrin à la magnifiquissime Fanny, toute en crinière et en féminité ("Tu n'as pas lésiné sur les nichons...") qui réussit, oui, à nous faire croire à son personnage, et à la possibilité qu'elle ait été un homme, avant...
Il est question d'accorder des pianos (c'est le métier du fiston, qui est très bien lui aussi, avec des airs de Sagamore Stévenin) et donc de se mettre au diapason l'un de l'autre, c'est ce que réussiront père(mère) et fils. A l'éternelle question "Eut-il mieux valu faire jouer un personnage transgenre par un acteur transgenre ?" il sera répondu qu'avec toute autre interprète que Fanny Ardant, le film eut sans doute été moins touchant... Bref, les puristes trancheront.

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10 février 2018

gourmandises dominicales 1

Oui, la flemme, sans doute, de me rendre au Ficââââ.
J'en profite pour lézarder devant mon ordi, et mettre à jour les films à voir de mon offre Uncut : Bouchées doubles cette semaine : une sélection de courts (Clermont-Ferrand oblige, tiens, là aussi j'ai eu la flemme...) + une sélection "Sport"
J'en profite pour voir (ou revoir)

TRAM
de Michaela Pavlatova (2011) 7' Un film d'animation rigolo où une conductrice de tram plutôt gironde est portée à l'incandescence par une rêverie à propos de ses voyageurs mâles...

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CE N'EST PAS UN FILM DE COW-BOYS
de Benjamin Parent (2011) 12'
celui-là, la première fois que je l'avais vu, je n'avais pas remarqué qu'y figuraient (pour la première fois ?) Finnegan Olfield (revu bien plus tard dans Nocturama, Marvin, etc.) et Garance Marillier (revue bien plus tard dans Grave), tous deux encore enfants... Attendrissant. En plus il est question de père gay et de Brokeback Mountain...

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puis je me lance dans

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MATCH RETOUR
de Corneliu Porumboiu (2014) 1h37
mais il s'agit vraiment de cinéma pointu pointu pointu : Le réalisateur et son père (Adrian Porumboiu) regardent ensemble et commentent un match de foor de 1988, arbitré justement par le père du réalisateur. On ne voit que le match, en qualité vhs d'époque, et qui a la particularité de s'être déroulé entièrement sous la neige, et qui sera d'ailleurs diffusé en intégralité, les commentaires du père et du fils sont en off, évoquent le foot, l'arbitrage, la notion d'"avantage", le communisme, la police secrète, les informateurs... C'aurait pu être la première fois de ma vie que je suivais un match de foot dans son intégralité, mais j'ai regardé patiemment la première demi-heure, puis j'ai sauté aux cinq dernières minutes, ou non non rien n'avait changé...
Pas ma passe de thé, donc, et je me suis alors  amusé ensuite à regarder les critiques dans allocinoche : je cite in extenso :

"C’est tout vu : outre ses attraits anecdotiques (…) Match retour recèle, nichée dans la nudité de son dispositif, une séduisante allégorie, à la fois primitive et radicale, de la mise en scène de cinéma." (Libé)

"Match Retour pense donc ensemble le football, la politique et le cinéma, avec cette ironie très roumaine selon laquelle tout ce qui est représenté tombe sous le coup d'une fatale illusion." (Le Monde)

"Un coup de maître conceptuel et ludique. (...) Match retour est tout sauf chiant : un excellent contrepoint au mondial brésilien, un film aussi simple, ludique, enfantin que puissamment conceptuel." (Les Inrocks)

"Porumboiu signe un film sobre, froid et stérile, mais auquel il accorde in fine une extase cinématographique : le ressentiment en violons de L'Hiver de Vivaldi. Il ne nous montre pas un match de foot. Il donne un requiem." (Positif)

... Waouh, les parisiens, mais qu'est-ce qu'ils ont fumé, tous ?
Téléramuche redescend un peu sur terre :

"Pour les cinéphiles qui sont ­aussi amateurs de foot vintage, nostalgiques des exploits techniques de Hagi ou de Lacatus, c'est un régal. Les autres risquent de trouver le temps long."
En effet. Bien vu...

et le coup de sifflet final est pour aVoir-aLire.com:

"Vaste plaisanterie que ce commentaire audio d’un match de football roumain datant de 1988. Ou comment repousser les limites du néant cinématographique."

 

(à suivre)

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