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lieux communs (et autres fadaises)
13 octobre 2023

pancréas

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LE COLIBRI
de Francesca Archibugi

Il y a un truc que je déteste en général dans les films, c'est les scènes genre "vingt ans plus tard...", quand les personnages vieillissent, mais continuent d'être incarnés par les mêmes acteurs. Hélas, la dernière séquence du COLIBRI est de cet acabit. c'est un festival de prothèses de maquillages et de perruques (lol il n'y a que Nanni Moretti qui reste inchangé! ), et, vu le thème de la scène, j'ai trouvé ça particulièrement obscène.
Le film est long (2h08) raconte l'histoire d'un homme (et de sa famille) sur une quarantaine d'années, d'une façon un peu embrouillée (nombreux allers / retours temporels) et aurait pu se dispenser de cet appendice appareillé et affligeant... L'homme au centre du récit s'appelle Marco, et est interprété par Piefrancesco Favino (bo mâle rital - qui est à la Settimana Italiana ce que Ricardo Darin est à la Semaine Latino : un incontournable- qui fait se pâmer certaines de mes amies, n'est-il pas, Zabettina ?), qui passera sa vie entre son épouse, une blonde hôtesse de l'air aussi balkanique que volcanique (et un peu bipolaire aussi), et sa maîtresse platonique, la petite  voisine française qu'il aime depuis qu'ils étaient adolescents, mais avec qui l'adultère ne sera jamais consommé (platonique on vous a dit, ho, vous savez lire ?), interprétée par Bérénice Béjo (que j'ai trouvée très bien). Qui dit famille dit enfants, puis petits-enfants, dit scènes de ménages, maladies, décès (là on a le catalogue complet : vieillesse, suicide, accident, mort assistée). Et tout ça présenté un peu en vrac, comme un jeu de cartes qu'on aurait énergiquement battues et qu'on dévoilerait d'un coup, en arc-de-cercle. (D'ailleurs, les cartes, justement, il en sera beaucoup question puisque Marco est un joueur de poker invétéré...). Les Monthy Python ont fait La vie de Brian, Bruno Dumont celle de Jésus, eh bien nous on a celle de Marco, pour le meilleur et pour le pire.
Le pire, je l'ai déjà évoqué ; le meilleur (car bon tout n'est pas complètement à foutre à la poubelle) c'est en particulier un personnage dont je n'ai pas encore parlé, Daniele Carradori, le psy de l'épouse de Marco, qui va  rencontrer notre héros en consultation (Marco est médecin) pour le prévenir du danger qu'il court. Cet homme est interprété par Nanni Moretti, et c'est vraiment un très grand plaisir de le retrouver ici, dans un personnage finalement très... morettien! On se raccroche à lui, et il réussit même à sauver plusieurs scènes!
Le film nous offre aussi de jolies et fréquentes scènes de plage et de mer (dont une où j'ai eu le plaisir d'entendre IL Y A, de Vanessa Paradis) mais bon c'est dommage de sortir de la salle en restant sur cette scène vraiment effarante...

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7 octobre 2023

monsieur pons

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LE GANG DES BOIS DU TEMPLE
de Rabah Ameur-Zaïmèche

J'avais déjà vu le film en avant-première en nov/dec dernier (Festival Entrevues)où RZA est (enfin) venu, tout à la fin (contrairement à ce qui avait été annoncé) présenter ce film, avec une cohorte impressionnante (ils étaient au moins vingt sur scène) de membres de l'équipe du film... (Principalement des couilles, d'ailleurs, me semble-t-il). Car (comme beaucoup de films de RZA, LE GANG DES BOIS DU TEMPLES est un film de couilles. Viril, quoi. Un groupe de potes monte un casse dont ils pensent qu'il a été parfait. ils sont tous habitants de la même cité, et côtoient tous les jours Mr Pons, qui habite au même endroit qu'eux, et vient de perdre sa mère (le film débute quasiment par la scène d'enterrement). Ils le côtoient en bonne intelligence (on n'est pas dans LA HAINE ni dans LES MISERABLES), partagent des bons moments. j'avais deux mots en tête pendant la projection : humanité et fraternité, qui constituent les clés de voûte du cinéma de RZA (que j'aime tant). Les lascars ont réussi leur coup, ils sont riches, se pensent invulnérables... La suite leur prouvera que non.
Après l'avoir vu à Belfort, nous avions tous pensé plus ou moins la même chose : c'était bien, mais ça n'était pas son meilleur... Et là, à le revoir dans le bôô cinéma, dans cette salle 12 pleine à craquer (je plaisante, nous étions 3, et j'en étais malade), j'ai revu mon jugement. A la hausse. RZA aime les gens, et ça transparaît dans sa façon de les filmer, de raconter leur histoire. LE GANG DES BOIS DU TEMPLE peut apparaître comme un film hybride : polar , néo-polar ? film noir ? chronique sociétale ? Mais à la fin, on est terrassés, et on reste sur son siège jusqu'à la toute fin du générique...
Restera une séquence superbe (musicale) de boîte de nuit, où Sofiane Saïdi mixe, où on voit se déhancher ce grand escogriffe de Rodolphe Burger, où le prince s'éclate, et où des décisions radicales sont prises... Un grand et beau moment de cinéma.
Et c'est fort comme le film se termine, quasiment au même endroit où il a commencé. Dans la paix, on va dire, après être passé par une multiplicité d'états intermédiaires.
Mais je ne peux pas terminer ce post sans livrer un extrait de l'article de Luc Chessel, dans Libé :

"Toute l’histoire sera racontée, c’est promis, avec ses péripéties. Mais à la manière propre du film, de son auteur, de la bande d’acteurs (des hommes, surtout, beaucoup et comme toujours. C’est son univers, masculin pas mascu, ce qu’il préfère filmer – sauf Marie Loustalot, en femme de braqueur inquiète) qui autour de lui s’affaire et se mobilise. Manière qui atteint ici une transparence très limpide : donner à la séquence, à chaque fois, le bon flottement qui lui convient, la place (espace et temps) pour se délayer, se laisser voler un peu de simple présence, de libre parole, de chorégraphie spontanée. En sortant du film, on se souvient de la mythique chanteuse bretonne Annkrist qui chante longuement le texte perçant de la Beauté du jour à l’enterrement de la mère de M. Pons, des dialogues absolument tendres fusant entre les sept malfrats, héros et antihéros prolétaires, radieux parce qu’aimés par le film, et aimés autant que les ciels, les enfants, les nuages, les feux des voitures dans la nuit, les espoirs et les désespoirs, les destins possibles et impossibles, les cités réelles et imaginaires, tout ce qui les environne et qui passe dans les mailles du Gang des Bois du Temple. Ce film est comme un hold-up délicat, comme une lutte à mort câline, comme une tragédie qui y croirait encore, dur comme fer, rien que pour venger ses personnages, et tous ceux pour lesquels ils se tiennent en riant, tous ceux pour lesquels ils tombent."

article que je trouve particulièrement in the mood avec le film...

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4 octobre 2023

la grande bouffe

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LES PETITES MARGUERITES
de Vera Chytilova

Dernier film de notre (divine) programmation pour PLAY IT AGAIN!, un film que je ne connaissais que de nom, via Malou qui m'en avait parlé il y a quelques dizaines d'années (même si elle me soutient que non non elle n'a jamais vu ce film). Un film... libre (comme la figuration et les radicaux du même nom). Un film tchécoslovaque de 1966 (deux raisons d'être intrigué, dont le prénom des héroïnes, Marie 1 et Marie 2, est, m'apprend allocinoche, une référence au BRIGITTE ET BRIGITTE, de Luc moullet, sorti en france la même année.
Un film hybride, en noir & blanc et en couleurs, d'animation et de prise de vues réelles, avec une inventivité, un humour, une ironie constants d'un bout à l'autre, depuis le générique de début jusqu'au bout du générique de fin.
Un film, donc, plein à ras-bord (et qui dit très plein dit parfois trop-plein, avec par exemple une longue séquence avec beaucoup (vraiment beaucoup) de nourriture gâchée qui finit par tourner presque votimitive).
Un film extrêmement travaillé, tant pour l'image (les accumulations font parfois presque mal aux yeux) que pour le son. Comme un gigantesque collage.
Un film insolent, où deux godelurettes sèment leur zizanie face à des vieux barbeaux, et, d'une façon plus générale, au "vieux monde" qu'elles entendent bien dépoussiérer et faire voler en miettes.
Un film... printanier, "révolutionnaire", trépidant, parfois exténuant.
On n'était que 2 à la salle 1 à la séance de 13h40 (et j'ai quand même réussi à m'endormir presque tout au début (mais pas la faute du film, juste celle des plutôt mauvaises nuits précédentes) mais pas très longtemps, et puis ça n'avait pas vraiment d'importance... un film qui a presque 60 ans mais qui porte encore beau, sans conteste.
Un joyeux (et historique) foutoir

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26 septembre 2023

je ne sais pas si toi non plus

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LES FEUILLES MORTES
d'Aki Kaurismaki

Un bon gros bloc brut de bonheur cinématographique.  Difficile de dire autrement. Irrésistible.
Il nous avait cueillis à froid, l'ami Aki, et laissés un peu orphelins avec son sublime L'AUTRE CÔTE DE L'ESPOIR (2017) en annonçant que c'était le dernier, qu'il ne tournerait plus. Et voilà que six ans plus tard, il a un peu changé d'avis et revient à Cannes avec ces FEUILLES MORTES (qui repartiront avec le prix du Jury... c'est reparti, mon Aki ?).
Déjà j'avais adoré (et larmiché devant) la bande-annonce, en plus je venais de revoir POURQUOI PAS! et j'étais dans les dispositions émotionnelles adéquates, et voilà que le film démarre, et rien n'a changé ou presque au Kaurismakiland (ah si, il y a, désormais, chaque fois qu'on allume la radio, des nouvelles stressantes de la guerre en Ukraine...) Pour le reste : Ansa, ("elle"), une jolie blondinette un peu timide, caissière dans un supermarché, qui se fait virer de son emploi à cause d'un vigile salopard, et en face Holappa ("lui") un mec qui se fait régulièrement virer de son travail parce qu'il boit sur son lieu de travail. En fait, il boit partout, tout le temps ou presque. Evidemment ils se rencontrent, évidemment le destin cruel va bientôt les séparer, évidemment il va y avoir un accident, un hôpital, une tête pleine de bandages, et évidemment que ça va bien finir. En quatre-vingt-une minutes, tout est bouclé. Un mélodrame filmé à l'os, pas un milligramme de gras, ou d'excédent, juste ce qui est strictement indispensable.
Je me souviens qu'un critique, à  Cannes, avait fait remarquer la ressemblance -physique- entre le héros alcoolo finnois et un jeune acteur français que j'adore, Bastien Bouillon, et c'est vrai, je n'ai pas pu m'en dépêtrer de tout le film, il est tout comme, du coup je l'avais même surnommé Bastienbouillonsmaki, parce que ça me faisait sourire et que ça lui allait bien...
En plus de ces deux personnages, "nos héros", il y a quelques personnages secondaires (son pote bavard pour lui, sa copine pas dupe pour elle) et aussi  de-ci de-là (cahin-caha, bien sûr) pas mal de gens qui chantent, (des choses plutôt variées, d'ailleurs) comme d'habitude, et  aussi quelques clins d'oeil du réalisateur à son propre cinéma (on retrouve ainsi, de passage, les deux personnages principaux de L'AUTRE CÔTE DU RËVE : le gros finnois placide et le jeune syrien juste sorti du charbon - décidément quelle image sublime- et qui semble désormais tout à fait intégré (lapsus j'avais écrit intrigué, ce qui ne serait pas entièrement faux) dans son nouveau pays d'adoption. L'action est quasiment a minima, peu de paroles qui affleurent pour beaucoup de sentiments qui bouillonnent (!), en-dedans) et il n'y a plus qu'à se laisser porter.
Je suis resté béat pendant tout le film (en admiration), attentif à tout, les visages, les regards, les dialogues parcimonieux, les décors (ah toutes ces affiches de films! Et j'ai même repéré, dans un coin du panneau d'affichage, la photo de STRANGER THAN PARADISE que j'a dore (quand ils sont au bord du Lac Erié). Et c'est d'ailleurs un film de Jarmusch que nos tourtereaux iront voir, le premier soir (THE DEAD DON'T DIE, celui avec les zombies).
il est, bien sûr, question de total ravissement.
Et de Top 10, Tietysti! (ça veut dire bien sûr en finnois)

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17 octobre 2023

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"On prend tout pour des chagrins d'amour quand on est jeune et qu'on ne sait pas." (Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit )

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"(peut-être que quand on est vieux, aussi)" (moi)

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"Vivre, c'est passer d'un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner." (Georges Perec, Espèces d'espaces)

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"C’est vraiment incroyable. comme on ne veut plus faire semblant, à un moment donné." (Jeanne Moreau)

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"Travailler! Travailler! Comme si j’avais le temps." (Georges Perros, Papiers collés II)

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"Quand je tape bonheur le correcteur écrit bon dieu
Quand je tape bonheur le correcteur écrit bordel
Quand je tape bonheur
le correcteur écrit branleur"
(Philippe Guerry)

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"La guerre est un endroit où les jeunes qui ne se connaissent pas et ne se détestent pas, s'entretuent, sur la base de décisions prises par des vieux qui se connaissent et se détestent, mais ne se tuent pas... " (Paul Valéry)

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(Tarkovski)

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"Je tire une de ces gueules aujourd'hui, je ressemble à ma carte d'identité" (La Joconde, sur tw*tter)

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Lloyd Cole

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"Qui laisse une trace laisse une plaie." (Henri Michaux)

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Les Damnés ne pleurent pas

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"Mon idéal, c'est de vivre libre et qu'on me foute la paix." (Raymond Queneau)

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Tenue de Soirée

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"La rencontre de deux personnalités est comme le contact entre deux substances chimiques ; s’il se produit une réaction, les deux en sont transformées." (Carl Jung)

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"J'écris pour être aimé au fond, peut-être même parfois de tel ou tel, et en même temps, je sais que cela ne se produit jamais." (Roland Barthes)

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Rotting in the sun

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"Un souffle. Une caisse. Un peu de musique d’église. Un trou. Un peu de terre par-dessus. Et bonsoir." (Paul Léautaud, Journal littéraire)

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"Je suis ici mais au fond je ne suis nulle part et je crains d’être où que ce soit." (Nicolas de Staël)

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"La réussite est parfois le résultat de toute une série d'échecs." (Vincent van Gogh)

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"The sun is the same in a relative way but you're older
shorter of breath and one day closer to death"
(Pink Floyd, Time)

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"Même dans le bourbier de mon esprit, il y a des lotus qui fleurissent." (Fernando Pessoa)

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"À force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l’a dans le cul !" (Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Albert Naud)

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24 septembre 2023

cioran

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ROTTING IN THE SUN
de Sebastián Silva

Une exclusivité Mubi! Waouh! Un film qui restera (pour moi!) dans les annales des FAQV (il faut mettre au pluriel)  pour une scène de plage mémorable  dont voici quelques captures d'écran (comment voudriez-vous que je me retienne, hein?)

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Le héros du film est un réalisateur qu'on qualifiera de "dépressif" (il potasse De l'inconvénient d'être né, de Cioran), Sebastián Silva (joué par Sebastián Silva, le réalisateur du film) qui va faire la rencontre, sur la plage que j'ai évoquée au début de ce post, une "connaissance", Jordan Firstman, un youtubeur fameux  (joué par le fameux youtubeur -que je ne connaissais absolument pas, hein- Jordan Firstman), qui lui propose de travailler avec lui sur sa prochaine émission... Mais ce n'est là que le début des hostilités (ou des joyeusetés, c'est selon). Jusqu'à la fin de ce premier chapitre, à l'annonce de l'arrivée prochaine de Jordan chez Sebastian, qui se clôt sur une chute inattendue...
Coq-à-l'âne, puisqu'on va soudain suivre un autre personnage qui semblait jusque là secondaire. La situation se complique. Jusqu'à ce que débarque, comme promis, Jonathan Firstman, le fameux youtubeur, et qui va voler la vedette à tout le monde, y compris au réalisateur... (c'est vrai qu'il est plaisant à regarder, même habillé).
Il s'agit d'un genre d'autofiction juste déjantée ce qu'il faut (les gens (enfin, certaines gens) jouent leur propre rôle, le chien du film -je l'ai appris via allocinoche-, est vraiment celui du réalisateur, et son frère qu'on voit apparaître dans la dernière partie est vraiment son frère en vrai). Et c'est construit tout du long de façon tout aussi déjantée, sans vraiment nous laisser le temps de reprendre nos esprits (ni, pour les coeurs les plus fragiles, de respirer leurs sels). Au bazooka, quasi. Et ça dégomme tous azimuths. Et je trouve tout ce pessimisme, cette noirceur (car vraiment noir c'est noir) furieusement réjouissants!
Bien sur il y a pas mal de QV, bien sûr apparaissent régulièrement ici et là des mecs qui s'enfilent joyeusement et/ou des accessoires destinés à se faire du bien (surtout aux messieurs), mais ROTTING IN THE SUN n'est pas que ça. Ou, plutôt, est plus que ça. On a le plaisir d'y retrouver, sous le vernis de l'humour noir) et de la dérision camp,  le sous-texte, non pas gay, comme je l'écris ouvent (en général c'est plutout le SSTG, sous-sous-texte gay, tellement celui-ci est bien bien enfoui et qu'il faut gratter avec les ongles profond pour le trouver) mais politique et social. une problématique qu'on retrouve souvent dans les films brésiliens, mexicains... Les problèmes de classe (les riches et les pauvres, les pauvres qui bossent pour le salaire de misère que leurs patrons les paient), mais aussi ethniques (dans le film il y a ceux qui parlent espagnol et ceux qui parlent brésilien et ne réussissent à se comprendre que grâce au traducteur du téléphone). Jordan Firstman se fait traiter de "putain de gringo" par Mateo, le propriétaire de Sebastián Silva (le personnage).
J'aime aussi énormément le personnage de Señora Veronica (interprétée par l'excellente Catalina Saavedra, qui jouait déjà dans les premiers films se Sebastian Silva, et dont on avait fait la connaissance lors d'une Semaine Latino précédente, dans LES SOEURS QUISPE) qui est - au sens trict, la cheville ouvrière du film, celle qui connaît la vérité, qui fait tout ce qu'elle peut pour la cacher, et pour se protéger, jusqu'à la scène finale, en forme d'épilogue à l'arrache, avec confession tout aussi à l'arrache, et clac! noir. Et générique (le générique, qui reprend les délires fou-furieusement gays de Sebastian sur les murs de son appart et une merveille lui-aussi.)
Bon ce Jordan Firstman est une providence : non seulement il est mimi comme tout (avec des tenues tout aussi mimi comme tout, qui sont probablement les siennes dans la vraie vie) mais il est en plus producteur exécutif du film (et qu'il a donc mis la main au porte-monnaie pour faire avancer l'affaire.)
Top 10 (je ne peux pas faire moins)

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l'affiche est redoutablement (précisément) juste...

allez je vous remets encore une lichette de captures d'écran...

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le générique de fin

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le vrai chien et le vrai frère

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Veronica

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Jordan

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Mateo

et, tiens, pour terminer, on retourne un peu sur la plage...

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Vamos a la playa... (oh oh oh oh)
Top10

ps : pour les gens intéressés (qui m'en feront la demande) je peux fournir un lien de visionnage MUBI... Muchas gracias, MUBI!

13 août 2023

double programme wtf

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YANNICK
de Quentin Dupieux

Une fois de plus Dupieux nous surprend. Un film tourné à la sauvette (en cachette), imprévu, inattendu, avec une affiche immonde, mais, surtout, en très gros le nom de Raphaël Quenard (on ne s'est toujours pas remis de sa partition virtuose dans CHIEN DE LA CASSE, hein...). Un Dupieux "Au théâtre ce soir", unité de temps unité de lieu unité d'action, dans une salle de théâtre d'ailleurs, lors d'une représentation de "Le Cocu" une pièce bien nulle, tout à coup interrompue par l'apostrophe d'un spectateur, le Yannick du titre (et le Raphaël Quenard de l'affiche) qui était venu là "pour se changer les idées" et n'y trouve pas son compte. Et qui a un flingue (il est veilleur de nuit). La suite, vous allez la découvrir (et vous devez absolument le faire) dans la salle (au Victor Hugo cette semaine, et dans le bôô cinéma -je touche du bois- en principe la semaine prochaine).
C'est, pour moi (peut-être avec RUBBER et REALITÉ) le Dupieux le plus entièrement convaincant. Parfaitement. Sans réserves. Et jusqu'au bout. (je trouve la fin non seulement tout à fait d'actualité mais d'une extrême élégance). Raphaël Quenard confirme haut la main (haut le verbe plus tôt)  tout le bien qu'on pense de lui (un double César ?) efficacement épaulé par le trio Marmaï / Gardin / Chassagne (bon, Chassagne, que j'aime beaucoup, c'est normal qu'il ait son nom en plus petit, parce que, hein, c'est vrai, il ne fait pas grand chose, en tout cas, il mouille moins le maillot que Pio ou Blanche.). Il va beaucoup parler.  On retrouve en lui la dualité de son personnage dans CHIEN DE LA CASSE, cette morgue goguenarde sous laquelle on sent poindre une certaine fragilité, une... tendresse, oui on peut oser le mot (j'adore la scène -muette- où on le voit dans les coulisses pendant que se joue "sa" pièce.)
C'est très fort, cette façon qu'a Quentin Dupieux d'exploiter "à fond" ce décor miteux (sur la scène / dans la salle), et ce départ d'intrigue minimal, pour nous prendre, parfaitement je le redis,  en otage(s) (nous, les spectateurs des spectateurs) jusqu'au bout, sans qu'on sache jamais tout à fait, à l'avance, sur quel pied danser. Et il sait, cette fois, retirer l'échelle juste au bon moment.Noir. Petit piano. Du grand art.
Avec Emma on a réagi avec le même enthousiasme,  échange de regards et de sourires, comme des gamins ravis, pendant le générique de fin. Enthousiasmés.
Top 10!

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BARBIE
de Greta Gerwig

(Smiley avec les joues roses). Bon, eh bien voilà j'ai apporté ma modeste contribution au milliard de $ (pour l'intant) engrangé par le film (7,50€ la place, quand même, avec marqué 5,50 sur le ticket, VOLEURS!)
Le début est effectivement très drôle (j'avais la caution morale de mon gourou Swâmi Petaramesh sur twitter : "Tiens au fait si vous envisagez de voir le film "Barbie", rien que la séquence de début vaut dix fois le déplacement, tellement la référence est hénaurme Enfin bref, allez le voir."). Ca démarre avec un aimable clin d'oeil à Kubrick - tant qu'à faire voyons grand-, puis la suite est à la hauteur  (drôle), et la suite de la suite assez drôle (ça s'amenuise, ou on commence à se lasser), et puis, à partir du "ballet des Kens" ça devient de plus en plus navrant, pathétique, lamentable, racoleur, sirupeux, hyperglycémique, poisseux, bref putassier. La fin est un pensum.
Avec Emma, dès que ça s'est rallumé, on s'est regardés en soupirant, et on est partis sans même regarder le générique... On n'était PLUS DU TOUT dans le même état d'esprit qu'à la fin du film précédent.
Le gros problème du film c'est son scénar (ou plutôt son absence de) : tout va bien à peu près jusqu'au moment où B*rbie va dans "le real world", (Barbie et le chantier de construction, très bien vu lol) après (Ken qui retourne au pays après avoir découvert la male attitude, le cheval, et le pouvoir qui va avec), ce n'est plus que de la bouille prémâchée, de la vaine agitation, du caca rose. Naufrage avec gesticulation(s).Il y avait dans la première partie des très bonnes idées, des trouvailles, des références, des clins d'oeil, mais soudain tout s'écroule, et  on markète :  plus que du ressassement (finalement, ça aurait eu plus d'impact filmé avec des vraies poupées) de l'essouflement, et une gigantesque opération d'autopromotion à peine déguisée de la firme fabricante (et hégémonique) dont je ne recopierai même pas le nom. Une mascarade, une phénoménale idiotie.
"Féminisme, mon cul!" aurait conclu Zazie.
Et, parti comme c'est, il est fort à craindre de voir apparaître dans un futur proche un BARBIE 2, vu l'engouement planétaire généré (et la pompe à pépettes qui va avec.)

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10 juillet 2023

fête du cinéma : 2,5

(moyen moyen enthousiasmant, le programme de cette année, de toute façon quel intérêt puisque le tarif est le même que celui qu'on pratique déjà toute l'année chez les ADC hein)

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STARS AT NOON
de Claire Denis

Étonnant. (mais comme souvent avec Claire Denis). On est en amérique centrale, Nicaragua si je me souviens bien, mais on ne peut pas le deviner tout de suite. Ni où ni quand, d'ailleurs. Une jeune fille, une jeune américaine, bilingue, Trish (c'est vrai qu'elle rappelle Adjani dans l'Eté meurtrier) pendant les 10 premières minutes de film, baise caliente avec 2 mecs (successivement), d'abord un latino à barbe et chignon (dont elle estropie le nom en Subtenente Verga), puis, un peu plus tard, avec un english en costume blanc a priori plus quelconque (à qui elle facture le rapport 50$ (Ils ont tous des cordobas -la monnaie locale-, et ils veulent tous des dollares), tout en s'enfilant (!) -il fait soif, c'est tout moite, j'ai pensé à Equateur de Serge Gainsbourg- dans le même temps,  l'équivalent de deux bouteilles de rhum, elle a une sacrée descente, la petite. S'ensuit une histoire compliquée et nébuleuse à laquelle on ne comprend pas grand-chose, mais qu'on suit patiemment -le film dure 2h19- sans rechigner, jusqu'à la dernière image parce que c'est magnifiquement filmé.
Oui, magnifiquement.
D'où décalage, entre le presque rien qu'on perçoit de l'histoire (ou en quoi elle consiste), surtout quand on est, comme votre serviteur, (contrairement à, par exemple, ce très cher Hervé) scandaleusement inculte en géopolitique et (le premier terme de cette  phrase est déséquilibré, voici le second :) la splendeur de la réalisation.
Je ne me suis pas attardé pour regarder le générique je n'avais pas le temps : à la dernière image, j'ai regardé l'heure, il était pile 18h, l'heure à laquelle commençait ma séance suivante, à l'autre bout du cinéma. J'ai couru.

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SISU
de Jalman Helander

Tout à l'heure on était cinq, là on n'était plus que deux, pour ce western finlandais tarantinesque, joyeusement gore, et comme le décrit dans sa critique Le journal du Geek :
"Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Sisu – De L'Or et du Sang n'a pas pour lui un scénario original, ni même une mise en scène particulièrement marquante, mais il ne ment nullement sur la marchandise en nous proposant un survival crade et bourrin efficace. Le bonheur tient parfois à peu de choses."
Que dire de plus ? Un vieux chercheur d'or qui ne paye pas de mine a, au début du film, trouvé de l'or, et part avec son cheval et son chien pour aller mettre son or en lieu sûr, et empêcher qu'on le lui vole, sauf qu'il va croiser un des derniers bataillon ? (escadron ?) nazi surarmé avec à sa tête un gradé spécialement pugnace et déterminé. Bataillon censé rebrousser chemin (c'est la déroute, 1944)) mais qui va s'obstiner. En vain. Puisqu'il s'avère que le papy est une légende vivante en son pays, qu'il est célèbre pour avoir en son temps dégommé à lui tout seul une centaine de russes. Et le jeu commence, dans des paysages de western et le format d'image - du scope, évidemment- qui va bien avec.
Quoi qu'il lui arrive (et il va y avoir du lourd) on sait qu'il va parvenir à s'en sortir, et on sait que, comme il est dit dans le film, il n'est pas immortel, il n'a juste pas envie de mourir.
Réjouissant.

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TRENQUE LAUQUEN
de Laura Citarella

Je me suis glissé hors de la 10, après avoir savouré le générique jusqu'à la toute dernière ligne, et je suis entré en catimini à la 9, juste à côté, pour m'asseoir à côté de Manue (deuxième rang, à droite, elle était prévenue), et j'ai donc revu les 45 dernières minutes de cette seconde partie (que j'avais trouvé moins enthousiasmante que la première). Je voulais voir une chose : à quel moment précis le format de l'image change-t-il ? J'étais attentif et je l'ai vu : :après que Laura ait rendu la voiture à son propriétaire (en laissant le mot "adios adios me voy me voy") avant la dernière partie (le chapitre 12 sur l'histoire de Laura) une brève -et alerte- musiquette accompagne le changement de format de l'image, juste avant l'ultime déambulation de l'héroïne, une partie que j'aime beaucoup, et qui culmine dans cette scène finale que j'adore : Laura s'allonge au bord de l'eau, la caméra part en travelling (ou panoramique ?) vers la gauche, suivant l'eau et le paysage tandis que la lumière décroît, puis soudain s'arrête, et repart en sens inverse jusqu'au point de départ du travelling (du panoramique ?) : l'endroit où Laura s'est allongée. Sauf qu'il n'y a plus personne. Générique.

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26 juillet 2023

micro 206

"On est jeune. Puis on n'est plus rien." (Georges Perros, Papiers collés 3)

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Comment dit-on "je ne parle pas basque" en basque?
Ez dakit euskaraz

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"Hier je suis sorti. Aujourd'hui je suis resté à la maison. Je n'ai pas vu la différence. Demain j'essaierai autre chose." (Roland Topor, Pense-bêtes)

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"Si je t'écris, c'est peut-être pour ne pas rester seul avec moi, comme on allume sa lampe la nuit quand on a peur." (Gustave Flaubert)

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"Le bruit d'une braguette que l'on descend fait le bruissement de spaghettis qu'on casse au-dessus d'une casserole d'eau bouillante. On en est là." 

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rare photo de Léonard de Vinci et son modèle, Mona Lisa

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Signalement n°6002 : "Bouge ! Qu'es ce que tu me filmes là ? (...) Filme moi et je t'encule." (Un policier menace et met en joue, le LBD vers le visage, une personne les filmant à distance.) (Violences policières.fr sur tw*tter)

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du bleu...

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"Se trouver un moustique écrasé sur la joue se se rasant. Se dire “Ah oui même en dormant j'ai eu le bon réflexe, je ne me suis pas baffé tout seul pour des prunes " (Swâmi Petaramesh)
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"Mon indépendance, qui est ma force, induit ma solitude, qui est ma faiblesse." (Pier Paolo Pasolini)

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oh oh Vincent M. et Bouli L. dans le même film..
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"Donc je ferai des phrases, faute de voler des sacs à main, de balayer les pistes d'un cirque ou d'incendier Rome." (Jean Claude Pirotte, cité par Thomas Vinau)
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J'apprends à me priver
de ce dont j'ai très envie
(mais c'est pour mon bien)

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"Nous sommes les enfants des romans que nous avons aimés. Rien ne "m'appartient" de ce que j'écris, je restitue." (Lola Lafon)
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"On ne se souvient pas des jours, on se souvient des instants." (Cesare Pavese)

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"Nous sommes tous la perversion de quelqu'un, le rêve d'un autre et le regret d'un autre encore." (Charles Bukowski)

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"Aujourd’hui, ma vie de photographe est un peu ralentie, je suis fidèle à l’argentique et je veux toujours retourner sur les lieux du crime, pour voir s’il n’y a pas une dernière photo à faire." (Raymond Depardon)

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"Être souvent seul, et faire de soi tout son univers, cela peut être la source de grandes joies." (Georges Perros, Pour ainsi dire)

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"Je suis comme ça. Ou j’oublie tout de suite ou je n’oublie jamais." (Samuel Beckett)

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"Il est indispensable d'oublier le plus vite possible les visages de ceux qui vous rejettent." (Pascal Quignard, La vie n’est pas une biographie)

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Dennis Hopper, nicholas Ray & Wim Wenders sur le tournage de l'Ami Américain

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"Il semble qu'il existe dans le cerveau une zone tout à fait spécifique qu'on pourrait appeler la mémoire poétique et qui enregistre ce qui nous a charmés, ce qui nous a émus, ce qui donne à notre vie sa beauté." (Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être)

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21 mai 2023

après-midi très malle (très bien)

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AU REVOIR LES ENFANTS
de Louis Malle

1987... j'avais 31 ans. Je me souviens d'une soirée-tarot avec Thierry G. (non, pas toi Riri la Gâchette,calme-toi, l'autre!) chez les parents de Sandrine B., mais aussi de Cérémonie des César, où le film avait triomphé (7 César!) et nous avec. Je me souviens qu'on aimait beaucoup ce film, pour différentes raisons. (...) Et, par exemple, la petite phrase "Y a des loups dans cette forêt ?" nous était restée en tête. Je me souvenais de Julien Quentin (l'alter ego de Louis Malle dans ce récit autobiographique) et de Jean Bonnet (qui s'appelle en réalité Jean Kippelstein), je me souvenais des confitures, de la mère de Julien, du marché noir avec Joseph, le boîteux qui travaille aux cuisines (et de l'excellent François Négret qui l'incarnait), de cette belle histoire d'amitié entre deux gamins en ces temps pas faciles, et de la bouleversante scène finale dans la cour du pensionnat (avec ce "Au revoir les enfants" qui donne son titre au film, avec cet ultime échange de regard entre les deux garçons, et ce petit geste de la main...).Je dois dire que j'étais déjà très ému, pour ne pas dire bouleversé, avant que le film commence, c'est dire le pouvoir émotionnel de ce film est encore intact, presque 35 ans après.

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LACOMBE LUCIEN
de Louis Malle

Un autre film qui se passe en 1944, juste quelques mois après AU REVOIR LES ENFANTS, film que je me souvenais ne pas être allé voir en salle (en 1974 j'avais d'autres niaiseries en tête...), je pensais l'avoir vu, beaucoup plus tard, sur l'écran de mon ordinateur, mais je n'en avais vu, en fait que les cinq dernières minutes (qui sont bucoliquement trompeuses). Il est question ici aussi, de Boches et de collabos, de dénonciations, d'arrestations, d'assassinats... Le personnage principal, qui donne son titre au film, est un jeune acteur non professionnel. Qui atterrit dans la police allemande un peu par hasard, sans l'avoir vraiment cherché (après avoir tenté de faire partie de la résistance et de ne pas avoir été accepté...)
Voilà Lucien Lacombe doté d'un costume neuf (avec pantalon de golf), d'une carte de la gestapo et d'un flingue. Et d'un pouvoir tout aussi neuf que son costume, qu'il exerce un peu dans tous les sens, comme un gosse avec un nouveau jouet. Il est tombé amoureux de France, la fille du vieux tailleur juif qui lui a cousu son costume sur mesure, et veut se l'approprier. Il s'en arroge le droit.
Il est arrivé là un peu par accident, le premier soir on l'a fait boire, pour le faire parler, et il livre aux miliciens l'identité du chef du réseau résistant du coin, un instituteur prénommé  Robert, qui sera aussitôt arrêté et torturé. Et Lucien, sans sourciller (et sans non plus d'états d'âme) va explorer son nouveau domaine. Milicien, collabo, gestapiste. Mais, pour lui, il est surtout, désormais "quelqu'un". C'est tout ce qu'il demandait. Il en jouit, il en profite, sans savoir tout à fait jusqu'à quel point il peut aller.
Le film est cinglant, dans ce portrait minutieux qu'il dresse d'un salopard (et le film d'ailleurs, à sa sortie, en 1974 avait provoqué un tel tollé -de tous les bords politiques confondus- que le réalisateur s'en était du coup exilé aux Etats-Unis.
Et, ironiquement le seul souvenir que j'en avais était cette dernière scène, ces dernières minutes, bucolique, verdoyantes, apaisées (elle se lave dans la rivière, lui est allongé dans la prairie et la regarde en mâchonnant un brin d'herbe, les seules cinq minutes de paix du film, avant que ne s'inscrive sur l'écran l'annonce de l'arrestation et de l'exécution de Lucien Lacombe, fin 1944.

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11 avril 2023

micro 203 (spécial pâques)

"De tout, il restera trois choses. La certitude que tout était en train de commencer. La certitude qu'il fallait continuer. La certitude que tout serait interrompu. Faire de l'irruption, un nouveau chemin. Faire de la chute, un pas de dance. Faire de la peur un escalier." (Pessoa)

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(Simone...)

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"– Vous allez bien ?
– Quelle drôle de question. Bien sûr que non !" (La maman et la putain)

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"Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ?" (Günther Anders)

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"Bien sûr qu’il ne faut pas aimer, mais j’étais déjà au courant. Il ne faut pas, non plus, mourir du cancer, mais cela peut arriver. Je t’aime." (René Fallet)

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"Contribuer à discréditer définitivement le monde de la réalité." (Salvador Dalí)

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""J’ai fait quatre avant-premières, Clichy, Gennevilliers, Abbeville et Orléans. Cinq, cinq, sept, trois." Spectateurs ? ! Oui. "T’étais à Cannes, t’as l’impression que t’es devenu une rockstar, mais c’est faux ! Le cinéma d’auteur indépendant français c’est chaud de ouf."" (Martin Jauvat, réalisateur, à propos de son film GRAND PARIS)

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(curiosités juridiques) "Est placée en détention dans l'attente de son jugement la patiente de 72 ans qui débranche plusieurs fois le respirateur artificiel de sa voisine de chambre d'hôpital car le bruit l'agace, la victime ayant dû être réanimée." (Mannheim (Allemagne), 1er décembre 2022)
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"Penche-toi sur ton passé, répare ce que tu peux réparer, et tâche de profiter de ce qui te reste." (Philip Roth)

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"Quand tu n'es pas là, je suis absent." (Paul Valéry)
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"Oui, voilà, c'était la solution de ses problèmes. Elle mit ses chaussures et son manteau, s'assura qu'elle avait ses clefs et de l'argent. Une fois dehors, elle vérifia que la porte était bien fermée. Elle descendit l'escalier et sortit dans la nuit, se mit en quête d'un allié sur lequel elle pouvait toujours compter, quoi qu'il arrive.
Le chocolat." (Ian Rankin, La Colline des Chagrins)
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regardé des couvreurs travailler sous la pluie
ou
entrevu des couvreurs travailler sous la pluie
ou
observé des couvreurs travaillant sous la pluie

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je fais en ce moment des rêves de mauvaise qualité, dont la matière, trop fragile, se déchire immanquablement lorsque'au réveil, je tente de la tire (la dérouler) pour la retranscrire

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"Nous sommes la preuve du contraire
les coups de pied dans la portière (...)
Nous sommes des cartes bleurs bloquées
nous sommes des rendez-vous ratés"
(Martin Luminet)

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Nous, nous sommes la preuve du contraire
Les coups de pieds dans la portière
https://lyricstranslate.com/fr/martin-luminet-monde-lyrics.html
Nous, nous sommes la preuve du contraire
Les coups de pieds dans la portière
https://lyricstranslate.com/fr/martin-luminet-monde-lyrics.html
Nous, nous sommes la preuve du contraire
Les coups de pieds dans la portière
https://lyricstranslate.com/fr/martin-luminet-monde-lyrics.html
13 mars 2023

deux films avec zaza

(les hasards de la programmation font que sortent cette semaine deux films avec Isabelle Huppert, dans des rôles très différents (d'un côté à l'autre de l'arc-en-ciel de l'interprétariat) : rousse frisée dans l'un et blonde diaphane à mèches dans l'autre.)

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MON CRIME
de François Ozon

Ficââââ remballé, hop! Retour à la vie normale (et le plaisir de retrouver des salles vides ou presque). Celui-là je l'avais raté en avant-première du Festival Téléramuche (j'avais théâtre) et donc allons-y et ce dès la première séance.
Ozon tourne pas mal, et ça ne matche pas forcément à tous les coups (mais je viens de regarder sa filmo et je dois reconnaître que si, souvent quand même dans l'ensemble). Après un Peter Von Kant fassbinderien, nous voici dans un Paris des années 30 et une vieille pièce de théâtre (le réalisateur nous indique ses sources -et ses intentions- dès le début avec un rideau rouge très Au théâtre ce soir...) pour une comédie en costumes et à froufrous : deux demoiselles (Rebecca Marder et Nadia Trezkiewicz, qui étaient toutes deux en lice pour le Cesar du meilleur espoir féminin) partagent un -pauvre- appartement, l'une aspirante actrice, l'autre avocate débutante, et c'est à l'occasion du procès de la première (qui s'est accusée d'un crime qu'elle n'a pas tout à fait commis), défendue par la seconde, que leur vie à toutes deux va changer.
C'est assez plaisant, ça virevolte, les bons mots fusent, d'autant plus qu'on reconnaît, en face d'elles, un certain nombre de seconds rôles "à couilles" (Fabrice Luchini, Olivier Broche, Daniel Prévost, Michel Fau, Jean-Christophe Bouvet, André Dussolier, sans oublier un très plaisant Dany Boon -avec l'accent marseillais-), jusqu'à ce que se manifeste, enfin, la grande Zaza (si vous êtes très attentif, vous pouvez la voir, très fugacement, au début du film, quand Madeleine sort de la maison du méchant producteur libidineux) qui vient réclamer son dû, et ses 300 000 francs (allez voir le film et vous saurez pourquoi...)
Ozon s'amuse, ses comédiennes aussi (ses comédiens idem, d'ailleurs) et le spectateur se laisse mener par le bout du nez (ou tirer par le bout de l'oreille, ce qui revient au même) Du théâtre revendiqué donc, et ce, jusqu'au bout, avec en plus à l'intérieur, bonne pioche,  une deuxième couche de cinéma (le réalisateur d'est amusé à insérer de délicieux films en noir et blanc pour illustrer les propos de ses personnages...
Huppert joue une vieille gloire du muet (on est dans les années trente) qui cherche à remonter sur scène (Sunset Bvd n'est pas loin, mais en plus joyeux...), et, théâtre oblige, tout est bien qui finira bien (pas forcément pour tout le monde) et la série finale de unes des journaux est parfaitement irrésistible...

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LA SYNDICALISTE
de Jean-Paul Salomé

Le lendemain, à 13h30, j'ai retrouvé Emma pour le second film. Alors là ça rigole beaucoup moins. Avec pourtant un point commun, pour deux films pourtant extrêmement différents : à nouveau un crime qui "pose problème", et duquel va découler un procès où une femme sera jugée... (je n'en dirai pas plus)
Madame Huppert est Maureen Kearney, la syndicaliste du titre, qui s'occupe des intérêts des travailleurs, et notamment ceux d'AREVA, dirigée à ce moment-là (on est sous le quinquennat de Sarko) par Anne Lauvergeon (les gens portent leurs vrais noms, même s'ils sont incarnés par des acteurs) interprétée par une impressionnante Marina Foïs. Côté distribution, on a ici aussi du beau linge : le toujours juste Grégory Gadebois incarne (confortablement) le mari de Zaza (Gadebois / Huppert c'est vraiment une belle idée de couple!), Yvan Attal le méchant  (et colérique) successeur de Mariana Foïs à la direction d'Areva, Pierre Deladonchamps le flic chargé de l'enquête, François-Xavier Demaison le pote syndicaliste... bref plein de jolis fils dorés dans la chatoyante étoffe de cette narration, un peu vampirisée, il faut le reconnaître (mais impérialement) par Isabelle H. (On repense un peu à son rôle de "vraie personne" (juge)  -et ses gants rouges- dans L'IVRESSE DU POUVOIR de Claude Chabrol). Elle est magnifique, difficile de le dire autrement : cheveux blonds, chignon hitchcockien, rouge à lèvres, boucles d'oreilles, lunettes, elle nous fait le show, le grand show, et on ne peut pas s'empêcher d'être bluffé. Cette façon grandiose de nous la jouer toute simple. Je dois avouer que, au début du quinquennat Hollande, j'avais eu vaguement vent de cette affaire (je connaissais les noms d'Areva, de Lauvergeon, d'EDF, de Montebourg) mais vraiment vaguement. 
Jean-Paul Salomé (dont le dernier film, LA DARONNE, était déjà construit autour de la même actrice, même si pas tout à fait sur le même ton) nous en fait un thriller, deux heures sous tension, avec une construction qu'on ne peut que qualifier d'habile. Là aussi, on passe un bon moment de spectateur (moi, pas de problème : il faut être tendu, je suis tendu à donf), avec, à la sortie, encore des questions plein la tête...
Efficace et réussi, donc.

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20 mars 2023

micro 202 (spécial printemps)

(toutes les citations viennent du compte de Marie-Laure Dagoit, weekend poetry (@poetry_weekend, sur tw*tter), qu'elle en soit vivement remerciée!)

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"Ceux qui brûlent les livres finissent tôt ou tard par brûler les hommes." (Primo Levi)

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LÉpouvantail-générique

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"Je ne sais lequel est le plus poète, de celui qui écrit ou de celui qui lit" (Jean Cocteau)

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"Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant." (Bernard de Fontenelle)

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"Lorsque viendra le printemps, si je suis déjà mort, les fleurs fleuriront de la même manière et les arbres ne seront pas moins verts qu'au printemps passé. La réalité n'a pas besoin de moi. J'éprouve une joie énorme à la pensée que ma mort n'a aucune importance." (Fernando Pessoa)

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"Qu’était-ce – cette façon de brûler, de s’étonner, de ne jamais pouvoir faire autrement, de sentir la douce, la profonde, la rayonnante montée des larmes ? Qu’était-ce ?" (Rainer Maria Rilke)

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"Nous étions l'illusion qu'on nomme souvenir." (Yves Bonnefoy, Une pierre)

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"Il m'est encore plus difficile de régler mon humeur que mes comptes." (Jules Renard, Journal)

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"Les coups de fouet guérissent vite. La mauvaise conduite, elle, s'enracine." (The River)

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"Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon." (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

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"Ce n'est pas dans la nouveauté, c'est dans l'habitude que nous trouvons les plus grands plaisirs." (Raymond Radiguet, Le Diable au corps)

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"- VLADIMIR: “Nous sommes heureux.”
- ESTRAGON: “Nous sommes heureux. (Silence). Que faisons-nous maintenant, maintenant que nous sommes heureux?”" (Samuel Beckett)

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"La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste." (Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer)

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Tenue de soirée, de Bertrand Blier

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"Et puis, il est doux de se croire malheureux, lorsqu'on n'est que vide et ennuyé." (Alfred de Musset)

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(ficâââ^)

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"Le désespoir est mon état normal. Il faut une violente distraction pour m'en sortir. Et puis, je ne suis pas naturellement gai. Bas-bouffon et obscène tant que tu voudras, mais lugubre nonobstant. Bref la vie m'emmerde cordialement, voilà ma profession de foi." (Gustave  Flaubert)

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(projet de locomotive atomique, 1955)

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"Ça m'est égal, de manquer ma vie. Je ne vise pas. Je tire en l'air, du côté des nuages." (Jules Renard, Journal)

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"Mon cœur bat doucement comme un souvenir." (Romain Gary, Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable)

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"Qu'est-ce que l'enfer ? Je raisonne ainsi : c'est la souffrance de ne plus pouvoir aimer." (Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov)

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"J'aime mieux les êtres qui saignent. J'aime les forts, bien sûr, mais pas tout à fait les forts. J'aime les forts au regard tremblant - tremblant d'amour." (Jean-René Huguenin, Journal)

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"Le juste milieu. Quelque part entre s’en foutre et en crever. Entre s’enfermer à double tour et laisser le monde entier entrer. Ne pas se durcir, mais ne pas se laisser détruire non plus. Très difficile." (Romain Gary)

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1 mars 2023

février 2023

mercredi 1er

(le technicien pour la fibre)
Son arrivée était annoncée "entre 8h et midi", il est arrivé à 11h25. Impressionnant (une tête de plus que moi), gabarit Denis Ménochet, pas bavard, (un je ne sais quoi d'accent des pays de l'est peut-être), très calme, très pro, il a fait tout ce qu'il fallait faire, proprement (dehors on ne voit rien, à l'intérieur juste deux petits trous et un petit boîtier), après il a réussi à remettre en route la télé ("il faut être patient" a-t-il commenté, tandis que je piaffais), et, à ma demande expresse, a même supervisé la reconnection de mon ordi à la box par wifi (en me disant qu'"en principe il n'était pas censé faire ça"), et puis il est reparti, en déclinant poliment le café que je lui proposais.

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jeudi 2

(les catalogues)
j'étais dans le hall du cinéma et j'attendais Catherine, je l'ai vu arriver portant un gros sac plastique de supermarché  visiblement très lourd, j'ai ouvert la porte et la lui ai tenue (en le saluant) pour qu'il puisse passer sans encombre. Je l'ai suivi jusqu'au guichet où il a posé son gros sac et a commencé à en déballer le contenu : des catalogues du prochain FICÂÂÂ. et des dépliants avec toutes les séances de la semaine, par jour, pour faire sa programmation, j'en ai pris un de chaque (non, réflexion faite j'ai pensé à Catherine P et je suis allé en rechercher un de chaque) et suis allé m'asseoir sur le banc dans le hall pour commencer à le feuilleter...

vendredi 3

(la famille)
à l'arrêt Justices sont montés dans le bus (dans cet ordre) un gros papa, une grosse maman, un gamin pas très gros mais avec un énorme nounours (gamin qui ne quittera d'ailleurs pas son bonnet et sa capuche de tout le voyage, sauf à deux minutes de l'arrivée), et une grosse belle-maman : il ne restait plus que trois strapontins disponibles au centre du bus, plus une place à côté de moi et une autre à côté du jeune homme de l'autre côté de l'allée : j'ai proposé la place à côté de moi au papa, qui l'a proposée à la maman, qui l'a déclinée en disant qu'allait arriver une personne handicapée (la bonne-maman), qui elle aussi  a décliné à son tour en disant qu'elle préférait s'asseoir sur un strapontin, en chassant le papa qui est venu du coup s'asseoir à côté du jeune homme (et donc personne n'est venu s'asseoir à côté de moi) en continuant joyeusement la conversation avec la grosse maman et la grosse belle-maman

samedi 4

(le câble)
depuis que le technicien de la fibre est venu, je n'avais plus de tonalité sur mon téléphone fixe (alors que tout le reste fonctionne ma foi très bien), j'ai lu des tutos, j'ai procédé par élimination, j'ai bidouillé débranché rebranché, tout ça ne pouvait  venir que du vieux cable de mon téléphone qu'il avait raccordé à la box fibre (alors que lesdits tutos sur internet préconisent l'utlisation d'un cable rj11, mais que celui-ci est désormais non fourni par ces rats de SFR), je suis donc allé voir chez Catherine comment elle avait branché ses trucs, elle s'est souvenue qu'elle avait eu aussi des problèmes de téléphone, m'a proposé de venir chez moi  dans l'après-midi avec "son" cable (le fameux rj11), pour l'essayer : quand on l'a branché eh bien tout allait bien la tonalité était revenue! je suis donc allé chez D*RTY pour en acheter un (et j'ai même 5m de cable!)

dimanche 5

(les beignets)
j'avais acheté les premiers il y a une dizaine de jours, le mercredi soir , en sortant du cinéma, à la boulangerie 1904 à nos jours, avant de prendre le bus ; ensuite, les jours d'après,  j'en ai vus à la boulangerie St Martin (en sacs de 100g ou 200g) mais ne les ai pas trouvés à mon goût (des carrés qui avaient l'air assez gras), n'empêche que les jours suivants, quand je me suis décidé, chaque fois que j'arrivais, le comptoir était vide et les beignets tous vendus. Le mercredi suivant, j'ai racheté une boîte à la même boulangerie (que j'ai rangée dans mon sac puis consommée à la maison, j'ai même pris une photo), le samedi matin, j'en ai acheté un petit sac chez mon boulanger, que j'ai apporté chez Catherine (ils étaient plutôt bons mais très gras), ce dimanche à Gy, j'ai goûté ceux que Dominique avait apportés d'une autre boulangerie bisontine, très bons (mais, le matin même, en achetant les gâteaux pour midi, j'en avais acheté un petit sachet chez (anciennement) Quévy, -on pouvait même les goûter et je les ai trouvé exquis-, sac que j'ai laissé sur la table de la cuisine chez moi et que j'ai retrouvé le soir, impeccable, pas gras du tout (et j'ai tout mangé). Bilan des courses : les meilleurs ? indiscutablement ceux de chez Quévy!!! (presque aussi bons que ceux du FJT, qui restent les plus chers à mon coeur)

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(le loup déguisé en grand-mère)
dans les rayons du Super U j'ai croisé deux anciens élèves, Loutfi G. et Yannice B., qui ont d'abord tourné devant moi dans un rayon sans me voir. Un peu plus tard, alorsque j'attendais à la caisse, ils sont repassés, Loutfi m'a salué par mon prénom, je lui ai répondu avec le sien, et j'ai fait de même avec Yannice, qui en a eu l'air tout étonné, et qui (je l'ai guetté du coin de l'oeil) continuait de me regarder lui aussi en coin en attendant à sa caisse. Je les ai trouvés très beaux, ces deux jeunes hommes (qui font désormais une tête de plus que moi). Et je n'ai pas pu m'empêcher de penser (c'est plus fort que moi, quand je crois deux anciens élèves ensemble) qu'ils étaient peut-être désormais, oui,  ensemble, et qu'ils faisaient leurs petites courses en amoureux...)

mardi 7

(la manif, évidemment)
j'étais devant la gare à 10h (avec le souvenir joyeux de plusieurs autres "grandes manifs" précédentes), il faisait très froid, j'ai croisé Maria avec qui j'ai bu un café, puis quand la manif a commencé a avancer j'ai appelé Catherine (qui m'avait déjà laissé un sms) qui m'a répondu qu'elles étaient "au rond-point suivant, à droite", où je suis allé les retrouver (il y avait derrière nous -brrr- un flic en t-shirt!) avant de les laisser repartir, avancer avec le gros de la manif, vers le rond-point suivant, et j'ai -tristement- tourné à droite, remontant la rue que bloquait le flic en t-shirt, marchant doucement (ma jambe me faisait mal) dans cette rue vide, faisant ainsi en quelque sorte  ma toute petite manif à moi, à mon rythme (mais qui aurait certainement autant d'effet que la grande)

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mercredi 8

(le bouquin)
ce livre à propos duquel je me suis fait tout un cinéma, parce que j'ai d'abord cru ne pas l'avoir commandé (alors que finalement si, il était dans mon panier et quand j'ai cliqué pour commander autre chose (un câble!) il s'est du coup commandé tout seul), et je pensais que le vendeur (Gibert pour ne pas le nommer) avait voulu se faire pardonner mes trois critiques "déçu" concernant ma dernière commande... Je puis donc passé le chercher en allant à LPC, l'ai sorti du carton, mis le carton dans la poubelle, le livre dans mon sac, et j'ai pu, du coup, en lire une bonne partie en attendant ce midi au restau... Le livre, c'est Petit éloge de la gourmandise

jeudi 9

(manger)
ça m'a pris sur le coup de 11h30, une furieuse envie de steack/frites, je suis donc sorti spécialement pour, j'ai acheté des frites "spécial micro-ondes" au petit Carrefour (ils n'en avaient hélas pas des à cuire au four), et j'ai poussé jusque chez mon boucher pour une entrecôte, espérais-je, mais il n'avait que du faux filet, mais bon (ça m'allait), et je suis vite rentré me préparer ce festin impromptu

vendredi 10

(le cake au citron bergamote)
la recette précisait "façon Pierre Hermé", mais ce fut plutôt "à ma façon à moi" : 200g de sucre ? non, 120 suffiront. 190g de farine ? idem, 150 suffiront. Crème fleurette ? bah non  du beurre suffira bien! 2 cuillères à soupe de rhum ? à quoi bon... Par contre pour le sirop (pour imbiber le cake à la sortie du four) j'ai respecté respectueusement les proportions : 30g de sucre, 75g d'eau, et trois cuillères à soupe de jus de citron bergamote. Et le résultat fut par-fait!

samedi 11

(à l'improviste)
Catherine P. me téléphone à 10h et quelques pour me demander si j'ai quelque chose de prévu à midi, et, comme non,  m'invite à venir manger à Cuse avec les Soria et Dominique, comme je suis encore en pyjama (enfin, en t-shirt) je dois faire fissa pour appeler Fran pour fixer un rdv (Philou vient en vélo), appeler Quévy pour réserver des beignets, me doucher me raser m'habiller, passer chez Quévy, passer au tri pour déposer un paquet dans la boîte, et oufff! on avait dit 11h25 et j'arrive à 27! (mais on arrivera les premiers, puisqu'en fin de compte c'était à midi trente le rdv et pas à midi!)

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dimanche 12

(regarder quoi ?)
me suis retrouvé devant la télé vers 21h en me demandant ce que j'allais bien pouvoir regarder :  STARSHIP TROOPERS ? déjà vu et trop hyper-réaliste à mon goût, ALIBI.COM ? je mate quelques minutes et ça ne m'arrache pas un sourire, LES CHORISTES ? pas vu et toujours pas envie de voir, je zappote, et je finis devant mon ordi ou je regarde le premier épisode d'une série españole et polaire, THE HEAD

lundi 13

(deux alexandrins)
"Mes voisins du dessus sont partis en vacances
me voici désormais seul dans le bâtiment..."
(qui me sont venus en montant au grenier pour suspendre ma lessive, et auraient pu constituer le début d'un beau poème épique, mais que j'ai préféré laisser en l'état)

mardi 14

(clés usb)
je les avais commandées -en Chine- il y a quelques temps, et j'avais fini par me résoudre à l'idée que je ne les recevrais jamais : eh bien si! ce fut hier chose faite : une vache marron, une vache orange, un mouton, une poule, un coq, un zizi, un biscuit, un cran de chocolat, un hamburger... pour 2€ en moyenne chacun(e)

mercredi 15

(chocolats)
cette boîte de chocolats que m'a tendue, hier soir à l'improviste, le joli jeune homme (barbu à bonnet mmmmh) qui fait des travaux juste à côté "en dédommagement du préjudice", (quand il avait tapé à 3h du matin), boîte qu'il a sortie de sa voiture, en s'excusant "que ce n'étaient pas les meilleurs", boîte que quelqu'un donc avait dû lui offrir plus tôt dans la journée, que j'ai donc ramenée chez moi, en remerciant, et que, après réflexion (et lui avoir raconté toute l'histoire, en disant que je ne trouvais pas ça  très poli de ma part) j'ai offert(e), le matin suivant, à mon aide-ménagère, qui en a été enchantée

jeudi 16

(la manif, bien sûr)
rendez-vous était pris à 17h30 sur la Place Pierre Rénet, pour un rassemblement qui précédait une "marche aux flambeaux", j'étais content -et un peu ému- de me retrouver là, avecmes copines de toujours,  les anciennes de la Maternelle du Montmarin (Catherine, Marie, Manue, -Isa en Suisse avec ses enfants avait un billet d'excuse-), et de pouvoir ainsi me régaler à tester les possibilités de l'appareil-photo de mon téléphone (qui me semble plutôt doué...) Bref c'est beau une manif la nuit, surtout avec ces centaines de torches...

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vendredi 17

(zic)
commencer la journée "bien" (en écoutant de la musique) : découverte, d'abord, de Martin LUMINET, dont j'aime autant les morceaux que les clips, et, de fil en aiguille, finir par retomber (ah les suggestions y*utube) sur ONE WAY OR ANOTHER, de Blondie, découvert dans MEMORY BOX de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas, que j'ai tellement aimé (surtout de voir danser dessus deux fois les mêmes personnes, à des dizaines d'années d'intervalle)

samedi 18

(boulanger)
je ne savais pas ce qu'était le "pain Georges" avant que Catherine ne m'en parle, à la manif, à propos de ce boulanger qui venait de reprendre ("il bosse tout seul") la boulangerie fermée depuis quelques temps, avec "un concept inédit" (farines bios et locales) et des horaires qui le sont aussi (les jours de marché de 8h à 12h30, les autres jours à partir de 16h), et donc ce matin j'y suis allé à 8h et quelques : quatre personnes dans le magasin, et autant qui attendaient sur le trottoir, et dedans un petit boulanger (tout seul) très sympathique

dimanche 19

(salade)
d'une boîte de pois-chiches cuisinés "graines de courges et touche de romarin", améliorée d'un oignon rouge, d'une orange cara-cara (les suprêmes et le jus), de crevettes fraîches, de persil (déshydraté), de cumin, de graines de fenouil, de feuilles de coriandre, de graines diverses (lin, sésame, tournesol, courge, sarrasin) assaisonnée d'un trait d'huile d'olive et d'un autre de vinaigre de cidre

lundi 20

(vêtements)
voici revenu le temps déjà (avec un mois d'avance, d'habitude c'était plutôt mi-mars) où "on ne sait plus comment s'habiller", entre les petits matins frisquets où l'on supporte encore bien la polaire et les après-midis très ensoleillés où on serait quasiment prêt à se mettre en t-shirt. Quand on part pour la journée, c'est cornélien...

mardi 21

(re-boulanger)
à 16h j'y suis retourné (je trouve ça incroyablement courageux -ou inconscient ?- de se lancer dans cette aventure, au moment, justement où la plupart des boulangers pleurent misère et appellent à la révolte), j'ai pris un morceau de "blé rouge", un morceau de "grand raid" (épeautre avec fruits secs) et, après coup, un truc délicieux, dont j'ai oublié le nom, à base de pâte à pain à laquelle il a ajouté du sucre de canne et du chocolat), que j'ai mangé tout entier pour le goûter

mercredi 22

(programmation)
beaucoup de coups de téléphone avec Hervé à propos de cette fichue programmation de mars (déclinée en trois volets : 16 pages de programmation "normale", 8 pages pour la Semaine Latino 11, et 4 pour le Festival Diversité, avec des mises en pages qui ont changé plusieurs fois, à cause, souvent, d'un programmateur qui s'en fout (je dirais même qui s'en contrefout))

jeudi 23

(sénescence)
quel idiot fais-je! je me suis installé tout frétillant sur le canapé, devant ma téloche à 9h, content d'avoir réussi à tenir les horaires, j'ai zappé sur la 4, et, tiens, ce n'était pas du tout le programme attendu, tiens tiens... après vérification sur l'ordinateur, il s'est avéré que j'étais juste en avance d'un jour : les César, c'est demain!(et du coup j'ai éteint la tévé.)

vendredi 24

(beignets, der)
ça n'était pas prévu, mais en partant pour Gy (et en passant devant chez Quévy) j'ai décidé d'entrer pour acheter, au cas où, les derniers beignets de l'année ; il n'y avait personne dans le magasin, un pâtissier rondouillard (et jovial) est venu me prévenir qu'il n'allait pas me servir parce qu'il ne savait pas le faire, mais que la patronne était au téléphone... Au bout de quelques minutes, il est revenu avec un sac duquel il a tiré une poignée de quelque chose qu'il m'a tendu et mis dans la main "pour patienter.." C'étaient des petits ronds de chocolat noir "bio" m'a-t-il précisé

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le dernier beignet!

samedi 25

(fenêtre / frénette)
les deux choses que je retiendrai du goûter d'anniversaire chez Dominique, c'est que je n'aurai pas pu voir le visage de René qui était assis en face de moi, à contre-jour devant la fenêtre, et que la frénette que Dominique nous a fait goûter est potentiellement aussi explosive que la nitroglycérine

dimanche 26

(ampoule)
l'ampoule du salon, qui me semblait avoir rendu l'âme il y a quelques temps déjà au moment où j'appuyais sur l'interrupteur (et que je n'ai pas changée parce qu'elle est trop haute), s'est soudain rallumée,  mais "à moitié", pas complètement, et l'effet est assez inquiétant (heureusement que ça ne s'est pas produit en pleine nuit)

lundi 27

(météo)
tiens il refait froid! Alors que le grand soleil de la semaine dernière appelait plutôt le t-shirt, la bise polaire nous contraint à remettre les quatre couches règlementaires (il faisait même froid dans la salle de cinéma!)

mardi 28

(à l'improviste)
j'avais téléphoné à LPC pour réserver pour une personne, mais, à côté de ma table, il y en avait une de quatre, avec une place libre, et parmi les  trois dames qui mangeaient l'entrée  j'ai reconnu Laurence H., qui m'a invité à leur table, et, avec les deux jeunes collègues (une instit' et une membre du RASED) nous avons évoqué mon ancienne école (qui est désormais la leur) et nos connaissances communes, (notamment l'odieuse O., qui continue de l'être, et de faire chier des générations de gamins, année scolaire après année scolaire)

27 janvier 2023

serpent à sonnette

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BABYLON
de Damien Chazelle

3h09. Waouh. Le voilà dans le bôô cinéma, en sortie nationale, avec même quelques (faut pas exagérer, hein...) séances en VO! Je m'amusais à lire sur touitter depuis quelques temps les écharpages et crépages de chignons ou autres accessoires capillaires entre ceux qui adoraient et ceux qui détestaient... et j'ai donc préféré y aller et me faire mon opinion!
C'est vrai qu'au début c'est un peu excessif (en moins de cinq minutes un éléphant a fait un énorme caca et une nymphette a fait pipi sur le ventre d'un gros libidineux) et qu'ensuite ça braconne un peu sur les terres tarantinesques (Margot Robbie qui passe de Sharon Tate à Nelly LaRoy, et Brad Pitt de Cliff Booth à Jack Conrad), mais la démesure de la chose fait que je n'ai pas fermé l'oeil une seconde (alors que, juste avant le film, pendant les pubs, je dodelinais et j'ai failli m'endormir directos...)
Hollywood, années 20, le monde du cinéma muet, de la démesure (et de la débauche qui va avec). On va suivre les destinées de plusieurs personnages emblématiques : un acteur célèbre, une débutante ambitieuse, un mexicain qui l'est tout autant, un black qui est trompettiste, une asiatique lesbienne qui calligraphie des intertitres (ces deux derniers un peu moins bien traités par le scénario, un peu plus par-dessous la jambe) et, last but not least une vieille critique reine du gossip, et leur quasi parallélisme (ascendantes puis descendantes, grosso-modo). A cause (ou grâce à, ça dépend pour qui) du passage du muet au parlant (oui, oui, comme évoqué dans SINGING IN THE RAIN, par ailleurs assez largement évoqué...) Un film plein de bruit et de presque autant de fureur, plein de cinéma à ras-bord (une ultime séquence que j'ai trouvée inoubliable), un film, enfin, qui ne peut laisser indifférent quelqu'un qui aime le cinéma (se définit comme cinéphile).
Rien de forcément nouveau, mais démesurément.
Un éblouissement, quasi.

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26 janvier 2023

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MUSIC HOLE
de Gaëtan Liekens & David Mutzenmacher,

C'est vrai, j'appréhendais un peu... Le trash à la belge, ça peut être déstabilisant. Et le début du film m'a encore un peu plus inquiété... Mais bon, ce qui semblait, au départ, partir dans tous les sens, se structure sur la durée... C'est trash, c'est belgissime, (on a le droit de penser à DIKKENEK) avec des rebondissements improbables, des têtes coupées dans les congélateurs, des petits biscuits au chocolat, de la bière, et bon on y rit, c'est indéniable, même si parfois jaune, et on s'attendrit devant les coquetteries de montages tout autant qu'on se bidonne devant les dialogues -ou les situations- qui dépotent...

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POULET FRITES
de Jean Libon & Yves Hinant

Plusieurs personnes nous l'avaient demandé, et c'est le film qui a fait la soirée d'ouverture, une enquête policière belgissime, en noir et blanc, où on a le plaisir de retrouver la juge qu'on avait beaucoup aimé dans NI JUGE NI SOUMISE, mais qui là n'a pas la place centrale, c'est un flic qui l'occupe... une enquête donc, avec des vrais flics, des vrais interrogatoires et des vrais indices, et des ordinateurs antediluviens qui permettent de dater le film à quelques années (-lumière) en arrière... Plaisant, drôle, attachant, certes, mais n'a pas réussi à m'empêcher de piquer du nez...

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HABIB
de Benoît Mariage

C'est Dominique qui l'avait repéré (dans le festival bisontin de films africains), et donc, nous avons (entregent zabettien oblige) réussi à le caser dans notre programmation, toujours en avant-première. Un jeune rebeu un peu lunaire (joué d'ailleurs par un acteur pas rebeu mais avec des airs de Barton Fink, ce pour quoi le réalisateur l'a casté) galère pour trouver des rôles au cinéma, en même temps qu'il peine pour incarner François d'Assise dans un pièce montée par un metteur en scène tête à claques... Et voilà qu'il a soudain la possibilité de tourner une scène avec Catherine Deneuve... C'est drôle, c'est tendre, c'est émouvant, bref j'ai beaucoup aimé ça...

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UNE VIE DÉMENTE
de Ann Sirot & Raphaël Balboni

Vu juste après HABIB (on se dit au départ que la concurrence va être rude, mais finalement les deux films génèrent le même genre de plaisir.) Un jeune couple consulte pour avoir un enfant. La mère de lui, une femme fantasque directrice de galerie, comment à présenter les premiers symptomes de dégénérescence mentale. Alzheimer point, et la vie de nos tourtereaux va en être chamboulée, sous la surveillance bonhomme de Kévin, le garde-malade aux t-shirts de métalleux. Une façon originale (un ton particulier) pour aborder le problème, avec un soin extrême apporté aux couleurs et aux décors (un travail exceptionnel)).

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LES HUIT MONTAGNES
de Charlotte Vandermeersch & Felix Van Groeningen

Dernier film vu (cinquième sur les 6 de la programmation), film dont les échos critiques étaient si variés (grand écart) qu'ils me laissaient un peu perplexe, comme d'ailleurs le projet du film : un livre italien adapté, en Italie, avec des acteurs italiens, par un réalisateur belge et sa copine itou. On avait d'ailleurs failli le programmer dans notre Settinana Italiana! Une histoire d'amitié virile (aaaaah) qui dure toute la vie, sur une looongue durée (2h30) (aïe), où on se demande où est-ce que tout ça va nous mener, et surtout combien de temps ils vont-ils mettre (les deux amis) pour ne pas y arriver. Me restera du film l'image -jolie-  de deux BAB (barbus à bonnet) à moto, et surtout l'ennui (l'inintérêt plutôt) qui m'a plombé pendant toute la dernière heure... Avec quarante minutes de moins, c'eût été mieux...

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24 janvier 2023

micro 200 (voeux ?)

(avant noël) Je rentre dans la pharmacie : pas un chat. une dame attend au comptoir et s'adresse à quelqu'un dans l'arrière-boutique qui est censé(e) être en train de lui préparer ses gouttes, vu la façon dont elle l'apostrophe.J'attends cinq minutes, toujours personne, passe une dame en manteau dans l'arrière-boutique qui nous dit bonjour, puis qu'elle va "prévenir les gens". Encore quelques minutes et arrive une jeune employée, avec un serre-tête rouge festif figurant des bois de renne. je lui donne mon papier, elle va me chercher mon reliquat de commande, et je lui souhaite de joyeuses fêtes

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Né un 5 janvier: David Douche (1973 - 2015), french actor. Héros de LA VIE DE JESUS de Bruno Dumont, qui reste son seul rôle, ce couvreur perd son travail après le film, fait un peu de prison, devient SDF, puis meurt dans l'incendie de son appartement avec son épouse.

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"Je m'ennuie tellement ce soir que je suis allé trois fois de suite dans la salle de bains pour me laver les mains." (Franz Kafka, Journal)

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"Le #macronisme : on saccage tous les services vitaux, on ne construit rien, ne gère rien, ne planifie rien et une fois que tout est parti en couille, on propose des rustines lamentables, on dit que c'est la faute des smicards, des chômeurs et des étrangers et on ouvre un n° vert."  (Swâmi Petaramesh)

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"Être différent n'est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même." (Albert Camus)

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"On atteignait l'heure entre loup et chien où les gens sensibles se confient, où les criminels avouent, où les plus silencieux eux-mêmes luttent contre le sommeil à coup d'histoires ou de souvenirs." (Marguerite Yourcenar, Le Coup de grâce)

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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus pour deux raisons. C’est la seule chose qu’il comprenne. Et du pied gauche, ça porte bonheur." (Jacques Chirac)

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"Il y a pas d'innocents. Les hommes sont coupables. Ils viennent au monde innocents, mais ça ne dure pas." (in Le Cercle Rouge)

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"Le désespoir de toute manière n'est jamais une solution."  (Philip K. Dick, Ubik)

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"Politiques" : par définition, tous ces gens-là me dégoûtent.

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"Mieux vaut mourir incompris que passer sa vie à s'expliquer." (William Shakespeare)

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"Car je crois que seul vit véritablement celui qui vit son destin comme un mystère." (Stefan Zweig, La nuit fantastique)

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(à propos du fjt)

"C’était le top", résume Maxime Rodeschini, patron de la société du même nom. "C’était facile d’accès, on pouvait se garer facilement avec les poids lourds et les horaires étaient souples". Sur les 50 salariés que compte sa société, "une quinzaine y mangeaient chaque jour ". "Les gars mangeaient bien, ils étaient au chaud, ils prenaient le café. Maintenant, on doit rechercher une autre solution", déplore-t-il. Même cas de figure pour l’entreprise Henry Travaux publics, basée à Varogne. "On pouvait venir sans réserver, c’était pratique", glisse le responsable, Thomas Henry, qui se retrouve à chercher chaque matin un lieu de restauration pour ses salariés. L’annonce de cette fermeture a aussi mis un coup à Suzanne Lambert. Ancienne présidente de l’association, désormais retraitée, elle y déjeunait tous les jours depuis 45 ans. "Pour moi, c’est toute ma vie", lâche-t-elle. "Ça me permettait de garder le lien avec mes collègues"." (L'Est Républicain)

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(lapsus) au lieu de taper "l'abondance", je tape "l'abandondance"...

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"La politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu'on croit à l'intelligence de l'autre." (Roland Barthes)

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"La poésie, comme le soleil, met de l'or sur le fumier. Tant pis pour ceux qui ne le voient pas." (Gustave Flaubert)

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"Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ?" (Günther Anders)

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11 décembre 2022

double séance familiale

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LES MIENS
de Roschdy Zem

J'aime vraiment  beaucoup monsieur Zem (le bonhomme), même si j'ai toujours du mal à orthographier correctement son prénom,  connu jusqu'ici surtout en tant qu'acteur (toujours impeccable et digne d'éloges, surtout en jouant, comme il le fait le plus souvent, a minima...) mais voilà qu' allocinoche me rappelle qu'il a pourtant réalisé un certain nombre de films, dont j'ai surtout vu le premier, MAUVAISE FOI, en 2006, que j'avais plutôt beaucoup aimé (post ) et qui, tiens tiens, était déjà une histoire de famille...
LES MIENS, c'est donc la famille de Roschdy (enfin, du personnage qu'il interprète dans son film, du personnage qu'il s'est attribué, puisque c'est lui le chef.), famille rebeu dans tout son réalisme (sa réalité), sa multiplicité, qui se retrouve soudain recentrée autour d'un des siens, qui suite à une chute a commencé à changer de comportement (de personnalité), l'agneau doudoux qu'il était auparavant ayant soudain viré de bord, et le voilà vieux con désagréable qui blesse tout le monde en disant tout ce qu'il pense (il est désormais sans filtre). Donc tout ça fait du barouf affectif, chacun en prend pour son grade (de façon plus ou moins imméritée) et du coup, par ricochet(s) le fonctionnement même de la fratrie est soudain remis en question, et les pendules ding dong sont -parfois sévèrement- remises à l'heure. D'autant plus  que le personnage joué par Roschdy, celui qui a "réussi", parce qu'il anime une émission de foot sur une célèbre chaîne cryptée, est pété de thune et (du coup) a souvent tendance à oublier un peu les autres...
Un détail attendrissant : la femme de Roschdy est jouée par Maïwenn, qui a aussi participé à l'écriture du scénario, et du coup, les mauvaises langues pourraient persifler que ça ressemble beaucoup à un film de Maïwenn (le dernier, surtout, où elle voulait changer de nationalité), mais bah c'est très bien comme ça. Vraiment très bien. Dont on se demande juste  qu'il y manque pour en faire un grand film,  sans savoir vraiment quoi...

 

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LE TORRENT
d'Anne Le Ny

Un autre film "familial" vu le même jour, à la suite.
Le père et la fille -José Garcia, que je n'avais pas vu au cinéma depuis longtemps, et capucine Valmary, très bien  (la mère a disparu au début du film, sous nos yeux, et ceux de son mari, et on sait qu'il s'agit d'un accident., mais aussi que la fifille a, d'une certaine façon, quelque chose à y voir) affrontent une policière pugnace (c'est la réalisatrice, Anne Le Ny, qui tient le rôle) car le papa a mouillé sa fille en lui faisant faire un faux témoignage. Et voilà que le beau-père (André Dussolier) s'en mêle, et veut lui aussi savoir le fin mot de l'histoire... Vérité et mensonges, jusqu'où peut-on aller pour défendre quelqu'un qu'on aime, chacun manipule plus ou moins chacune (mais l'inverse aussi est vrai et à la fin youp la boum tout rentre à peu près dans l'ordre. Bref un film plutôt sympathique (j'aime beaucoup sa réalisatrice), bien goupillé, mais voilà. Rien de trop.

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5 décembre 2022

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"When I was younger, I wanted to be older. Now I am older, I am not quite so sure." (Tom Waits)

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"Je ne suis pas idiote... Je préfère que vous gardiez une femme dont je suis sûre que je n'ai rien à craindre..." (Diane de Poitiers)

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la vie ça devrait être toujours en descente.

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(curiosités juridiques) "Doit verser 500€ de dommages et intérêts celui qui dit à l'infirmière qui mesure sa tension qu'elle devrait plutôt "prendre la tension de sa bite" alors qu'il est à l'hôpital complètement ivre avec la police." (Cour d'appel de Douai, 29 mai 2008, n° 07/03242)

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Je suis client de cette poissonnerie où tous les vendeurs sont de jeunes barbus rigolards

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"Que je l'appelle Allah ? Et pourquoi pas Marcel ?" (Le cri de tarzan)

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peur : vécu personnel dans un contexte social

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Tiens ils ont arrêté d'arrêter les lumières la nuit..(à cause des illuminations de Noyel?)

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"Je veux m'obliger à regarder en face la certitude qu'il n'y a rien, rien pour aucun de nous. Travailler, lire, écrire, ne sont que des déguisements ; de même les relations avec les gens." (Virginia Woolf)

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un événement exceptionnel :  ce soir, la (vieille) batterie de mon (vieux) téléphone était ce soir -enfin- chargée à 100%, ce qui ne lui était pas arrivé depuis des semaines... (ça a quand même pris la journée, hein...)

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"Dans ce monde il y a une sorte de tristesse qui ne vous permet pas de verser des larmes. Cette tristesse est inexplicable et, sans changer de forme,elle s'accumule silencieusement dans ton cœur comme la neige qui tombe lors d’une nuit sans vent. " (Haruki Murakami)

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(en Iran...)

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21 novembre 2022

double séance bôô cinéma

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FLEE
de Johan Poher Rasmussen

Mois du Doc 2, et dans la salle on était 3 (pourtant je trouve que notre programmation est juste exceptionnelle). Un film d'animation documentaire (un film documentaire d'animation, plutôt) ce qui n'est déjà pas très fréquent,  danois de surcroît (ou plutôt du Danemark, France, Norvège, Suède, U.S.A., Zambie, Slovénie, Estonie, Espagne, Italie, Finlande, ça c'est de la coproduction!) autour du personnage -réel- d'Amin, un jeune afghan gay réfugié au Danemark après avoir fui son pays (et séjourné un certain temps, notamment, en Russie... le canevas du film est tiré d'une série d'entretiens que le réalisateur a eu avec le jeune homme, où il raconte son odyssée (ça commence avec un gamin qui court en robe dans les rues de Kaboul en écoutant dans son walkman rose Take on me d'A-ha -un des premiers vidéoclips à mélanger prises de vues réelles et séquences d'animation eh eh- et ça finit dans le beau jardin danois de la maison où il vit désormais avec son mari), son histoire qui -heureusement- finit bien, qui est aussi celle de milliers de migrants et de réfugiés (qui n'ont pas forcément tous eu autant de chance que lui...) Le film alterne scènes d'animation et prises de vues réelles ("J’ai voulu intégrer des images d’archives, déclare le réalisateur, pour rappeler régulièrement au spectateur qu’il s’agit avant tout d’un documentaire, et non d’une fiction. Ces images permettent de mieux contextualiser le film en l’encrant dans une réalité historique."). Et c'est parfaitement réussi, et tout aussi parfaitement bouleversant. j'ai pleuré (et j'ai entendu qu'à côté de moi Catherine renifflait un peu aussi) il est non seulement question de mentir à propos de son identitté sexuelle ("en Afghanistan, il n'y a même pas de mot pour désigner ça, l'homosexualité "n'existe pas""), mais de mentir aussi sur sa propre histoire (à son arrivée dans son pays d'accueil). Et de la saloperie des flics russes, et tout autant, de celle des passeurs.

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ARMAGEDDON TIME
de James Gray

J'ai vu tous les films de James Gray depuis 1994 (LITTLE ODESSA), je pense que nous adû tous les programmer. C'était donc une très bonne nouvelle que nous ayons celui-ci en sortie nationale, mais une nettement moins bonne de n'avoir que 3 séances en VO, et tout le reste en VF, oui, trois pauvres séances à 18h... mais finalement c'était peut-être un bon choix pour l'exploitant, puisqu'à la premièrenous nétions que 6 dans la salle...
C'est un film de James Gray, donc, mais qui ne ressemble pas tout à fait aux films précédents du réalisateur, même s'il aborde des thèmes qui sont familiers, je le qualifierais de "plus doux", parce que plus personnel, plus intime. Une histoire de famille avec Ann Hathaway en maman et Anhony Hopkins en Papy gâteau, pour le jeune Paul Graff, dans le Queens et dans les années 80. un film avec une légère patine vintage (restituée superbement par le chef opérateur Darius Khondji.)
Le point nodal de l'histoire, c'est l'amitié entre le jeune Paul Graff, qui est blanc et le jeune Johnny Davis, qui est noir. Et les difficultés de cette relation à exister, en ces années où les parents s'inquiètent de l'avenir parce qu'un certain Ronald Reagan risque d'être bientôt élu...
Il s'agit d'une reconstitution, d'une reconstruction, de l'enfance du réalisateur (et donc de son histoire propre et on comprend qu'il a eu de la chance d'avoir un papy pareil...)
Le générique final nous laissera quitter le film presque sur la pointe des pieds, en paix, avec un thème infiniment doux de, me semble-t-il, (si j'ai bien regardé le générique) Tchaikovski.

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13 octobre 2022

jass

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GREEN ROOM
de Jeremy Saulnier

Encore merci MUBI! Qui met désormais en ligne, pour le mois d'octobre, des films d'horreur (ou apparentés) pour fêter Hall*ween. Celui-là m'a fait un peu peur au début (un groupe punk qui croise la route de sales nazis et doit faire ce qu'il peut pour réussir à survivre (ils ont été involontairement témoins d'un crime et le méchant très méchant  -mais très calme- chef des salopards (ça fait drôle de retrouver dans ce personnage glaçant Patrick Stewart, qui incarnait le valeureux capitaine Jean-Luc Picard dans les dernières saisons de Startrek) qui souhaiterait que les choses soient réglées au plus vite, et sans laisser de témoins a rameuté toute une troupe de salopards avec des armes, et, surtout, des chiens..
Au début ils sont 6 ou 7 dans une pièce (la green room du titre), dans laquelle on va passer un long moment avec eux -enfermés-  ils ont un flingue et 5 balles), et les assaillants, de l'autre côté de la porte.
On va finir par sortir de cette pièce, mais on ne va pas vraiment s'en éloigner beaucoup. Il s'agit, pour chacun, de dégommer ceux du clan adverse, et bien sûr, le nombre de vivants va se réduire inexorablement...
(Bon à la fin, il n'en reste que deux...)
Le réalisateur (qui nous avait déjà fait trembler avec BLUE RUIN en 2014, qui m'avait bien enthousiasmé, ) frappe encore une fois très fort.
Un film glauque, brutal, mais prenant.

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12 octobre 2022

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(j'ai vu les huit films en trois jours)

mercredi :

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LA TERRASSE
d'Ettore Scola

Vu à sa sortie (1980), mais je ne me souvenais que de la structure ("répétitive") et du suicide de Serge Reggiani (sous la neige artificielle). Ca fait très plaisir, cet empilement de stars (Mastroianni, Tognazzi, Gassman, Trintignant, Reggiani, oui oui c'est plutôt un film "de couilles", on verra quand même, Stefania Sandrelli ("Venite, é pronto...") et la toute jeune alors Marie Trintignant), les maschi, donc,  qui chantent autour du piano pendant que la caméra recule, tout à la fin... Un état des lieux du cinéma italien de l'époque, par ceux qui le font, une certaine mauvaise conscience, la tristesse qui point derrière le sourire forcé, et, oui, une certaine mélancolie... J'aime beaucoup l'idée de revenir à chaque fois à cette même soirée, mais de ne jamais nous la faire revivre tout à fait de la même façon, ni d'y entendre les mêmes choses (ce sera à chaque fois très-théâtralement- fragmentaire...) J'ai trouvé que ça avait plutôt bien vieilli (ils/elles sont tous très bien...)

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LES AVENTURES DE GIGI LA LOI
de Alessandro Comodin

On l'avait choisi pour la soirée d'ouverture, parce que c'était le seul où c'était marqué comédie (même si, juste à côté, documentaire). une comédie documentaire primée à Locarno. on devait se douter qu'il ne s'agirait pas du tout-venant de la comédie. Gigi la legge (titre original) c'est un flic (original lui aussi), déjà avec une si bonne bouille que je l'ai mis sur l'affiche et sur la plaquette. Flic dans un petite patelin, filmé dans son quotidien (souvent dans sa voiture de fonction, le jour, et dans son invraisemblable jardin la nuit -l'occasion d'une des plus belles scènes du film pour moi, où on ne serait pas si loin du Apichatpong Weerasethakul de Tropical malady). Un personnage très attachant dont le portrait se construit au fil du film, avec un drôle de rythme, et une façon de couper les plans abruptement. D a failli partir, moi j'ai un peu dormi vers la fin et qualifié le film de "ténu", Hervé était quant à lui enchanté. le film a été "diversement apprécié" par la quarantaine de spectateurs présents à la soirée d'ouverture. mais plus j'y pense, et plus il m'a touché ce Gigi...

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jeudi :

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ENNIO
de Giuseppe Tornatore

Magistral, c'est le premier mot qui vient, devant ce film qui donne la parole au principal intéressé, qui nous raconte sa vie et sa carrière, avec tout un tas d'extraits de films (des western-spaghetti, mais pas que...). plus de deux heures trente, mais on ne voit pas le temps passer, et on se sent comme le petit gamin face à l'écran dans le CINEMA PARADISO, les yeux écarquillés et la mâchoire tombante, ébahi face à l'écran.Beaucoup de ces films, je ne les ai pas vus, mais, d'entendre le maestro les évoquer avec tant de, justement,  maestria (de précision, d'intelligence, d'humour), ça donne envie de les (re)voir tous. illico presto. Un grand plaisir de cinéma. (c'est rare de voir quelqu'un nous expliquer en détail comment est né telle ou telle musique de film, et lui en a composé tellement...)

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BANDITS A ORGOSOLO
de Vittorio de Seta

Celui-là on peut dire que c'était le bébé d'Hervé, qui a "beaucoup insisté" pour qu'il figure dans la programmation. Un cinéaste que je ne connaissais pas (mais dont Carlotta a réédité, le même jour que ce film-ci, LE MONDE PERDU, un programme de dix courts-métrages documentaires, du même réalisateur), un "poète du réalisme" (dixit la pub sur l'affiche). Un film à cheval (à mouton plutôt) entre la fiction et le documentaire, comme on les aime, dans un noir et blanc splendide, qui évoque la traque par les carabinieri d'un berger qu'ils ont pris à tort pour un brigand (à cause d'un demi-cochon trouvé dans son sac,) alors qu'il n'y est pour rien. Le berger fuit avec son jeune frère et tout son troupeau (ce qui ne facilitera pas les choses, on s'en doute...). Bref, une très belle découverte (si le film marche bien, on pourrait même envisager de projeter les courts l'année prochaine, non ?)

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ARIAFERMA
de Leonardo di Costanzo

Bon, je ne vais pas mégoter : j'ai ADORÉ. Les films "de prison" c'est comme les films "de sous-marin" : j'ai un gros faible pour ça (promiscuité virile, etc.) mais celui-là n'est pas tout à fait comme les autres. Le seul personnage feminin (la directrice) disparaît assez vite après avoir laissé les clés de la vieille prison où va se dérouler le film à un groupe de gardiens, qui doivent surveiller l'ultime douzaine de prisonniers qui n'ont pas été transférés, dans l'attente, justement de l'arrivée de l'arrêté qui devrait les fixer sur leur sort. Il s'agit donc de la gestion du "vivre ensemble" entre matons et détenus, dans des circonstances un peu exceptionnelles... Parmi tous ces hommes, figurent deux ténors (cadors) du ciné transalpin : Toni Servillo et Silvio Orlando, chacun à la tête de son clan, le premier des gendarmes et l'autre des voleurs. Et le réalisateur de mettre minutieusement en place l'observation de ce nouveau modus vivendi, toujours à la limite du déséquilibre, et de la fragile -mais de plus en plus prégnante- fraternité qui se met progressivement en place et culmine dans les quatre dernières scènes (une séquence sublime de repas, suivie d'une autre qui l'est tout autant, sur le Clapping Music de Steve Reich, puis celle de Fantaccini, et enfin celle du jardin). Ce qui s'est passé est pour moi assez rare : à la fin des presque deux heures du film, lorsque, après un dernier gros plan sur un des deux visages (mais le compère a eu le sien juste avant), lorsque le générique a commencé, je me suis senti frustré, parce que je ne m'y attendais pas, là, et que j'en aurais voulu PLUS.
(Top 10).
(Et pourtant, malgré l'avant-première, on n'était que six dans la salle! Quelle misère!)
Revu quelques jours plus tard, cette fois on était presque une vingtaine!
Et le film m'a tout autant bouleversé (et donné à nouveau ce sentiment de "C'est trop court!")
Et comme Emma venait mardi après-midi, eh bien je l'y ai accompagnée (oui, je l'ai vu trois fois!!)

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vendredi :

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MAMMA ROMA
de Pier Paolo Pasolini

Troisième "Patrimoine" de la semaine, ce film de Pasolini, qui vient de bénéficier d'une re-sortie en copie neuve restaurée (Merci Carlotta!) à propos duqel on aun peu hésité : on voulait un Pasolini, oui, mais lequel ? On a cogité, et celui-ci a parfaitement fait l'affaire. Ah, la Magnani dans ses grandes oeuvres (je ne la connais finalement pas tant que ça : la dernière fois c'était dans ROME VILLE OUVERTE), l'histoire de Mamma Roma, une pute au grand coeur, qui n'a pas sa langue dans sa poche, et qui s'affranchit -en chansons- de son souteneur lors de la première scène (un mariage).
Et qui, comme aurait dit quelqu'un que je connais, "va boire le calice jusqu'à la lie, y compris les crachats..." (il est très fort en métaphores christiques). Sa liberté reprise, elle va récupérer son fils, Ettore, un ragazzo qui ignore tout du passé de sa mère, avec qui elle va s'installer dans un nouvel appartement, avec des rêves de "normalité" et d'avenir radieux pour son fils et elle. Evidemment la réalité va la rattraper au galop (et même la percuter assez violemment). On pourrait dire qu'on restera dans la métaphore christique jusqu'au bout ... Pasolini n'aimait pas beaucoup ce film, qu'il considérait comme une copie de Accatone, son premier. mais nous on trouve ça plutôt très bien...

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A CHIARA
de Jonas Carpignano

On revient à la couleur et à notre époque  pour l'histoire de cette adolescente (elle donne son titre au film) dont le père disparaît soudain, après une longue exposition familiale et plutôt joyeuse (c'est d'ailleurs une vraie famille qui joue celle qui est dans le film) où l'on fait connaissance avec toute la famille. Une ado qui a du caractère, et qui cherche absolument à savoir le fin mot de l'histoire. Elle apprend, en même temps que sa disparition, qu'il fait partie de la mafia locale. D'habitude ce simple mot suffit à me faire rentrer dans ma coquille comme le plus effarouché des escargots, mais bon là ça n'est pas tout à fait comme d'habitude. Une très jolie scène de retrouvailles sous le vent et la pluie (qui commence avec des gouttes sur la vitre, comment voulez-vous que je résiste...)

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NOSTALGIA
de Mario Martone

... Et c'était déjà le huitième et dernier film de cette Settimana (de grand cru), avec cet acteur que Zabetta avait trouvé magnifique dans Le Traître, qui interprète un personnage qui revient dans sa ville (Napoli) des années après l'avoir quittée, retrouve sa vieille mère, et cherche absolument à rentrer en contact avec un certain Oreste, qui fut son meilleur ami avant qu'il ne quitte la ville, (et avec qui il partage un secret) mais qui, il va l'apprendre grâce à un curé sympathique (en soutane!) qui l'aide, est devenu un sale bonhomme, un caïd de la mafia locale... infréquentable, inapprochable, à fuir. Ils vont finir par se rencontrer, et le film, très noir, va hélas finir comme on se doutait bien qu'il allait finir... Une scène finale curieusement déshumanisée, en silence, traitée comme l'aurait été un fait-divers au journal télévisé.

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17 octobre 2022

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“On devrait toujours être légèrement improbable” (Oscar Wilde)

*

"…que mon enterrement soit superbe et farouche,
que les bourgeois glaireux bâillent d’étonnement
et que Sadi Carnot, ouvrant sa large bouche,
se dise : « Nom de Dieu ! le bel enterrement ! »"
(Georges Fourest)

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"C’est tout ce qu’on peut espérer, en fait : être heureux quelque temps, et puis s’en souvenir après." (Philip K. Dick)

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(curiosités juridiques) Est justifié le licenciement de celui qui tente sa chance avec une collègue en lui déclarant : "J’ai un secret à te dire, le coeur de ma bite bat pour toi ". (Cour d'appel de Paris, 22 septembre 2020, n°18/08054)

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(curiosités juridiques) Doit verser 8.000€ de dommages et intérêts à son abonné, l'opérateur internet qui lui a envoyé un message l'informant que son nouveau mot de passe est : "salearabe". (Tribunal de police de Bordeaux, 28 mai 2009)

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"Ma femme est triphasée." (pour "Ma femme est bipolaire.")

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"Vous n’avez cessé d’essayer ? Vous n’avez cessé d’échouer ? Aucune importance ! Réessayez, échouez encore, échouez mieux." (Samuel Beckett)

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"La vieillesse n’est pas pour les lâches."  (Bette Davis)

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Une légende japonaise dit que, si vous ne pouvez pas dormir la nuit, c’est parce que vous êtes éveillé dans le rêve de quelqu’un d’autre...

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"On écrit parce que personne n'écoute." (Georges Perros, Papiers collés II)

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"Je m’ennuie tellement que j’étais à deux doigts de faire du sport. Je me suis ressaisie heureusement et je suis allée me faire un petit sandwich au morbier. Mais putain, on est passé à ça du drame." (Madame Nin, tw*tter)

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(20h et quelques, juste avant d'arriver chez moi) un lampadaire qui clignote, comme dans un film de David Lynch...

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"Il était de ces hommes qui ont vingt-cinq ans pendant cinquante ans. Son âme ne comprenait pas tout le sérieux du social." (Jean Giono)

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"Je suis doué d'une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire." (Gustave Flaubert)

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décidément je ne suis pas un bon influenceur : parmi toutes les personnes à qui j'avais envoyé une recommandation via sms pour aller voir ARIAFERMA, aucune ne s'est déplacée (deux m'ont tout de même répondu).

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(curiosités juridiques) Est justifié le licenciement du chef d'équipe qui fait remplacer le nom d'un salarié homosexuel par la mention "Petit Pédé" sur les documents distribués aux réunions. (Cour de cassation, chambre criminelle, 26 novembre 2002, n°02-81.727)

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(au scrabble) "ZOO, ça se met au pluriel ?"

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comme l'univers, je suis en perpétuelle expansion (d'une certaine façon, ça me rassure...)

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croisé un très joli jeune homme frisotté de la barbe et du chignon

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"Ça soûle plus que le vin, le bonheur. Ça devrait pouvoir se garder en tonneau."
(René Fallet)

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(petit) bonheur du dimanche soir : retrouver vacante, à 19h30, la place de stationnement qu'on avait libérée un peu avant 15h.

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"Vieillir veut dire aussi perdre de plus en plus ce qui nous était promis quand nous étions jeunes, surtout l'inconnu." (John Cassavetes)

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5 octobre 2022

in den wolken

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SANS FILTRE
de Ruben Östlund

... Eh bien ce fut une surprise.
Et plutôt une bonne surprise. J'y suis allé avec la conviction que j'allais le détester, ce film. Et, finalement, pas tant que ça. Au moins, en tout cas, je suis resté jusqu'au bout (même si je trouve que la fin, justement, est plutôt bâclée), je ne me suis pas endormi, et j'ai même ri (bon, on n'était pas beaucoup dans la petite salle 1, et j'ai eu souvent l'impression que je riais seul, ou presque -il y avait juste quand même un mec, derrière, qui a pas mal ri avec les scènes de gerbe-). J'ai vu les deux films précédents du gus (Mouais pour SNOW THERAPY, et Beurk pour THE SQUARE), j'avais été très surpris quand celui-ci a obtenu la Palme d'Or à Cannes 2022, et c'est finalement la curiosité qui l'a emporté (parce qu'on a eu le film en sortie nationale ET en VO) : est-ce que j'allais partir en courant ? (j'en ai même parlé avec le caissier/propriétaire à l'arrivée).
J'avoue que j'ai été surpris (au début d'icelle) par la troisième partie du film (que j'aurais pu pourtant supputer d'après quelques plans de la bande-annonce). Après les castings de mannequins mâles, la vie privée d'un couple d'influenceurs (et savoir qui paye au restau et comment et pourquoi), et la croisière (de luxe) s'amuse, cette version suédoise -et très grinçante- de Koh-Lanta (d)étonne.
Mais toujours ce sentiment de malaise qui persiste, dans ce troisième film, toujours ce sentiment que ce réalisateur narquois et provoc'  n'aime pas ses personnages, qu'il s'en fout même, carrément. (Il n'y en a pas un(e) de tout le panel à sauver, quand même, et le moins qu'on puisse dire est qu'on a forcément du mal à s'identifier). Le film est construit comme une succession de points de vue (images du monde hihi), des univers disjoints, comme juxtaposés, sans rapport, dont Yaya et Carl seraient le seul dénominateur commun (les Aventures de Yaya et Carl aurait été un titre plus approprié, et facile à mémoriser): Yaya et Carl vont au restaurant, Yaya et Carl en croisière de luxe (sans payer), Yaya et Carl sur l'île déserte, etc.
J'ai déjà parlé de réalisateurs qui étirent le plan jusqu'au point de non retour, qui l'épuisent (en France Rabah Ameur Zaimèche fait ça magnifiquement, mais le champion toutes catégories est asiatique, j'ai nommé Tsai Ming Liang), Ruben Östlund fait la même chose mais ça ne produit pas du tout le même effet : au lieu de fascination il serait plutôt question d'agacement, voire d'énervement, parce qu'il n'étire pas le plan, il étire la situation (la conversation pour savoir qui devait le restau, l'échange de citations  entre le capitaine et le russe...) et on a du mal à le supporter (cf l'interminable scène finale avec le singe dans THE SQUARE).
Un film qui se veut provocant, provocateur (il faudra un jour que je réfléchisse à la différence entre ces deux mots...), un film plein de morgue, qui veut en foutre plein la vue, et qui parfois y réussit (on ne peut que constater que cet homme sait filmer...). comme si un peintre avait réussi une tableau hyper-réaliste, brillant, virtuose, de, disons, une décharge publique. (La forme et le fond).
Un film avec un titre français idiot et une affiche mochasse (comme si ce parti-pris de morgue avait aussi contaminé la comm'...)
Mais un film auquel on aura "quand même" pris du plaisir, et c'est quand même ça qui compte, non ? Dans ce domaine, j'ai un faible pour le gros russe "who sells shit".
(Même si on se demande d'où a bien pu surgir l'idée stupéfiante -et irraisonnée- de lui décerner une (deuxième) Palme d'Or...)
Me restera de ce film une séquence plastique tout à fait gratuite (les mecs torse nu sur lesquels on jette de la peinture de façon très graphique) mais jolie.

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4 octobre 2022

les trois frères

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ATHENA
de Romain Gavras

Le film, depuis quelques jours sur netflixmuche a -c'est rien de le dire- généré immédiatement un énorme buzz... beauccoup de gens qui hurlent dans tous les sens, qu'ils ont adoré, détesté, qu'ils ont même ri (cette chère Sandra O. de Libé machine à gifles) donc hier soir je me suis mis sur mon canapé et hop j'ai lancé le film.
Romain Gavras, je connaissais par son archi jubilatoire film de 2018 LE MONDE EST A TOI (dans mon top 10 de 2018). Là, première constation, ça ne rigole plus du tout mais alors plus du tout. Ca démarre très fort et toute testostérone dehors par une mise à sac de commissariat à la John Carpenter, carrément (un "hallucinant plan-séquence" disent les critiques, et c'est plutôt vrai).
Une cité de banlieur imaginaire (ATHENA,dééesse de la guerre, tiens tiens), où des jeunes gens so nt très en colère parce qu'une vidéo virale (lapsus j'avais écrit virile) montre un des leurs, le jeune Idir, se faire tabasser à mort par un groupe de flics, et veulent donc en découdre. Ambiance LES MISERABLES (tiens tiens Ladj Ly est au générique, crédité au co-scénario et à la co-production aussi, et re-tiens tiens on reconnaît Alexis Manenti, un des baqueuex des MISERABLES justement, dans le rôle du mystérieux Sébastien, qui fera un peu plus tard parler de lui, très fort). On est donc en terrain de connaissance(s). D'autant qu'on reconnaît assez rapidement, dans le camp d'en face, ceux qui chargent avec des casques des boucliers des matraques et des lacrymos (et, accessoirement, des flingues) un bébé CRS, quasiment, l'excellent Anthony Bajon, qui a le don d'attirer sur lui l'immédiate sympathie du spectateur... (Bajon en CRS ? Tiens tiens tiens...).
Bon là je dois préciser que, vieillissant, je deviens un peu sourd et que j'avais du mal à comprendre tout ce qui se disait. Et que j'ai activé la fonction "français avec sous-titres", et là du coup ô merveille tout allait vachement mieux, non seulement je lisais -et je comprenais- ce qu'ils se disaient "enculé", "fils de pute", "va niquer ta mère", "petit pédé", "je vais te faire un deuxième trou du cul", et autres viriles joyeusetés, mais je savais en plus QUI le disait : Abdel, Karim, Moktar (les trois frères), et du coup c'était un peu plus facile pour la comprenette, d'autant plus que les dits sous-titres poussent même la gentillesse jusqu'à vous préciser le style de musique qu'on entend... DONC j'étais mieux armé. (hihi je ne l'ai pas fait exprès).
DONC, voici les trois frères de celui qui a été tué "par les flics" : Kamel, le bidasse ? flic ? qui ouvre le film (et le fermera aussi, d'ailleurs), Karim le plus jeune et le plus vénère qui va devenir le meneur et à un moment, torse-nu, chignon défait et tous cheveux au vent (très très très mimi, soyons honnête) quasi le Christ des jeunes révoltés (en tout cas il en aura le look), et Moktar, l'aîné, le dealer qui pense surtout à protéger ses stocks... un petit souci supplémentaire pour moi : je trouve que les deux ainés se ressemblent et j'avais parfois du mal à les différencier...
Scènes d'émeutes, de bagarres, de poursuites, anti-flics, sans qu'on comprenne vraiment tout à fait les variations (re-c'est beaucoup comme dans LES MISERABLES quand même, hein), sauf qu'à un moment, les émeutiers capturent un CRS (et qui c'est qui ? Anthony Bajon, bien sûr, on s'en doutait un peu...) et la violence grimpe encore d'un cran, puis un autre, inexorablement...(comment s'appelait ce film, déjà ? Ah oui TICK TICK TICK ET LA VIOLENCE EXPLOSA... sauf que là ça a tellement explosé déjà dès le départ que c'est difficile d'en rajouter, et donc, forcément ça devient parfois un peu confus...)
Le réalisateur se réclame de la tragédie grecque. Mouais... Les trois personnages masculins n'en ont pas forcément la carrure. Il y a au moins deux choses qui desservent son propos : d'abord la musique, beaucoup trop présente (presqu'autant que celle de LETTRE D'UNE INCONNUE, c'est dire), qui vient napper tout ça avec d'angéliques choeurs de séraphins, et, pour rester dans le domaine de l'angélisme, mais là c'est peut-être moi qui suis mauvaise langue, les rapports -téléphoniques- que les trois héros entretiennent avec leur MAMAN (oui oui oui, ces mecs sévèrement burnés armés jusqu'aux dents, avec les mâchoires serrées, l'oeil mauvais, pleins de haine à ras bord, ne peuvent pas s'empêcher d'essuyer une larmichette quand elle leur téléphone, et ces moments-là, pour moi, virent carrément au grotesque... ("Maman c'est toi, la plus belle du monde..." etc.)
J'ai regardé l'heure au bout d'un moment, me disant que ça serait bientôt fini, il restait encore ving-cinq minutes de film... Aïe.
Mon patiençomètre était peut-être déjà trop sollicité, et c'est vrai que la dernière demi-heure n'est pas vraiment ce que je préfère dans le film... Mais bon je l'ai regardé jusqu'au bout, et, paradoxalement, même si j'ai un peu l'air de ricaner ci et de ronchonner là, je n'ai pas envie de le descendre...
Je trouve que c'est inégal, il y a des gros morceaux de bravoure qui fonctionnent nickel, qui vous scotchent à votre fauteuil (un peu comme si ATHENA commençait là où LES MISERABLES s'était arrêté, reprenait le flambeau -le cocktail molotov plutôt-avec la même véhémence) et d'autres qui retombent, qui se répètent, et d'autres encore dont on ne comprend pas l'utilité, mais on reste un peu fasciné par toute cette force, cette ébullition, cette rage, même si on ne la comprend pas toujours non plus... D'autant plus que le traitement du personnage d'Anthony Bajon -toujours aussi bien lui, hein...- étonne un peu, puisqu'il va quasiment assister au film en tant que spectateur, on n'a pas l'habitude de le voir aussi passif...
(Et je ne peux m'empêcher de trouver miteuses les cinq dernières minutes...)

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