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lieux communs (et autres fadaises)
22 août 2015

moiss-batt'

LA BELLE SAISON
de Catherine Corsini

Louées soient Emma et Dominique qui avaient envie de le voir et qui m'y ont traîné ! Oui, je suis un vieux pédé sectaire, oui je l'avoue, battez-moi je le mérite, et la perspective d'une histoire d'amour entre femmes sur fond d'années 70 ne me titillait pas outre mesure (ceci est un euphémisme)...
La première partie, justement, est  une reconstitution de ces années-là, de l'agitation post-soixante-huitarde, ce terreau fertile (et utopique) où avaient germé, entre autres, les revendications féministes. Le groupe des "excitées", Debout femmes escla-aves et brisons nos entra-aves, le manifeste des "343 Salopes", la pilule, le droit à l'avortement, la remise en cause du pouvoir phallocrate, les hétéros-flics, tout était à faire, et tout cela est évoqué, entre AG enfumées, banderoles pour les manifs et duplicateurs à alcool pour les tracts. Une reconstitution à l'image de l'époque qu'elle évoque, agitée, énergique, bruyante (au risque du parfois trop.)
Delphine (Izïa Higelin), une "fille de paysans" qui se sentait à l'étroit dans la ferme parentale (enfin, surtout paternelle) est "montée à Paris", où elle fait un jour la connaissance d'un "groupe de femmes", (en pleine révolte, en pleine ébullition militante et revendicative), et plus particulièrement de l'une d'entre elles, Carole, une bien joliette pasionaria à cheveux gaufrés (Cécile de France)...
Regards, sourires, connivences, affinités, conversations, c'est une histoire qui commence. C'est un beau roman c'est une belle histoire... (rengaine, air connu de l'époque, d'ailleurs, hihihi) mais c'est bien joliment vu, ces sentiments qui naissent et croissent et s'enracinent, avec les complications inévitables (Carole vit avec un homme, qu'elle aime), et les choix parfois difficiles, oui c'est touchant cette histoire d'amour qu'on suit depuis sa semaison jusqu'à sa récolte (pour rester dans le champ des métaphores agricoles), et mon coeur d'indéfectible midinet ne s'y est pas trompé. Ce qui se passe entre Carole et Delphine nous fait passer outre à ce que la reconstitution pouvait avoir d'articifiel et de pittoresque (et parfois de presque pénible). Elles s'aiment, elles sont belles, elles sont filmées amoureusement...
Mais les prémices roucoulantes vont devoir laisser la place à une séparation provisoire des amantes, dans la seconde partie du film, bien plus intéressante à mon goût, qui se redélocalise dans la campagne (et la ferme des parents de Delphine, où celle-ci s'est sentie obligée de retourner apreès que son père ait eu une attaque, pour y aider sa mère - Noémi Lvosky, superbement éteinte-).
La réalisatrice abandonne alors ses vélléités reconstituantes et parisiennes, et le récit en acquiert du coup une certaine intemporalité d'autant plus forte. Ce retour à une simplicité campagnarde et bucolique (la lumière chaude du film est une merveille) se double pourtant pour Delphine d'une complication supplémentaire, lorsque Carole finit par venir la rejoindre, et qu'elle la fait passer pour une "collègue venue pour quelques jours", qui dort dans la chambre de la grand-mère au fond du couloir et veut bien donner un coup de main pour les foins, provoquant une certaine curiosité des autochtones, mais, en ce temps-là (et dans ces endroits-là) des "choses pareilles" (les amours saphiques) ne sont même pas envisageables, ou, tout à peine, exotiquement comme des "saloperies" de "parisien(ne)s".
Mais l'amour est une chose, et parfois on se trouve face à des alternatives qui, on ne le perçoit pas toujours clairement sur le coup, engagent toute la suite de la vie ("carrefour du destin", un peu à la Douglas Sirk en mélodrame doux), et la (dernière) scène de la gare en est un parfait exemple. Delphine est déjà partie une fois, elle est revenue, va-t-elle repartir à nouveau ?
Oui, j'aime vraiment beaucoup ce film, (et je m'en suis senti beaucoup plus proche que de, par exemple, tiens, au hasard (!) La vie d'Adèle, où je ne m'étais pas forcément toujours senti très à l'aise, notamment avec les scènes de sexe, surtout quand, après, les actrices parlaient des prothèses qu'elles avaient utilisé pour ne pas vraiment se toucher lors des scènes de sexe...Peut-être parce qu'ici, les deux femmes sont filmées par une autre femme, qui apporte forcément un regard plus proche), j'aime sa simplicité, cette façon d'avancer calmement, le bonheur la tristesse, en respectant chacun des personnages (autour du couple-vedette, il faut citer Noémie Lvovsky, qui m'a vraiment sidéré je le redis, et Kévin Azaïs (le petit blond des Combattants) dans un rôle un peu ingrat d'amoureux transi qui attend gentiment), pour réussir à faire de cette belle histoire d'amour un film tout aussi beau.

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5 mars 2016

ou à la trinité

SAINT AMOUR
de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Ouf. On revient de loin. A la fin du film (et du voyage), on a le sourire. Heureusement. Le début du film est... laborieux. Ca ne fonctionne pas. Ni le jeu, ni les dialogues, ni la mise en scène. Ca sonne faux, comme ça joue. On sourit de temps en temps en temps, mais on se demande comment ça va bien pouvoir continuer. On a l'impression d'avoir deux films différents, qui cohabitent sans jamais se recontrer. Un père, d'un côté,  qui amène son taureau de concours au salon de l'Agriculture (ou un truc du genre) et qui cherche son fils, et de l'autre un hurluberlu qui va de stand de pinard en stand de pinard  pour bien se biturer et profiter à fond du premier jour de son unique semaine de vacances annuelle, à "faire la route des vins sans quitter le Salon"...  C'est très moyennement drôle. Sur-jeu, dé-jeu, anti-jeu, on a pendant un certain temps pas mal de raisons de se plaindre et/ou de ronchonner... Depardieu s'applique, Poelvoorde en rajoute, on en est un peu mal à l'aise. Et soudain les voilà dans un taxi, qui partent en voyage. Etrangement (face à ces deux "grosses pointures"), c'est leur chauffeur, Vincent Lacoste qui s'en sort le mieux. Peut-être juste parce qu'il en fait juste ce qu'il fautn'en fait pas des caisses. Le trio cahote jusqu'à une maison d'hôtes pour y passer la nuit. Le propriétaire en est joué par Michel Houellebecq. ca fait plaisir de retrouver la présence décatie et chuintante de celui qui fut le héros du précédent Near death expérience. mais on repart, toujours en cahotant (on pourrait rajouter "en roue libre") avec nos deux relours ricanant à l'arrière du taxi. On continue d'être un peu gêné. le film fait l'apologie du pinard et des bons crus (non il n'y a pas de contrepèterie), et semble faire avec les femmes un genre de parallèle (du bonheur, oui, mais quand elles sont "bonnes"), et ça donne un discours sacrément misogyne, ou phallocrate... "Le problème avec l'alcool" et "le problème avec les femmes". La silhouette de Blier (Bertrand) pourrait presque passer très loin là-haut dans le ciel (on y reviendra d'ailleurs) en croassant tutélairement.). Je passerai notamment sous silence une scène presque pénible avec Ovidie (ex-star du X m'a-t-on dit) en employée d'agence immobilière dont on espèrait qu'ils allaient jouer le contre-emploi et ne lui feraient, justement, pas tourner une scène de cul, mais non. Dans le fauteuil, je commence à me ratatiner avec de plus en plus d'inquiétude(s).

Et puis arrive, enfin, une scène "juste" (ou, juste, qui fonctionne) avec, pourtant,  Poelvoorde qui se réveille en robe de mariée et perruque vert fluo, on aurait pu craindre le pire, et on se dit que, voilà, justement ça c'est vachement bien, et qu'il faudrait que ça continue comme ça. On se sent repris par la main, on y retourne, on s'y intéresse à nouveau, et on a raison, parce que ça va aller de mieux en mieux. Il y aura encore pas mal de bouteilles, et pas mal de femmes aussi (certaine traitées mieux que d'autres -on aurait souhaité à chacune un passage simplement radieux, comme celui accordé à Chiara Mastroianni-) mais en tant que spectateur on est désormais du bon côté (et pas du tout parce qu'on voit que le temps passe et qu'on pourrait se réjouir parce que ça sera bientôt fini, pas du tout) le pourcentage scènes pénibles / scènes réussies s'est complètement inversé, et on est (je suis) de plus en plus heureux au fil des litrons, des rencontres, et des conversations. De très jolies idées fusent et s'allument et clignotent au fil du périple (la chambre 208, les coups de fils à "ma douce", les 10 étapes de l'ivresse -au terme desquelles Benoït Poelvoorde a le courage d'initier la série des FAPTPQV -film à pauvre toute petite quéquette visible-) avec encore quand même d'autres moins bonnes (d'idées) -les rencontres féminines de Mike sont quand même moy-moy, par exemple-. Et le film gagne en longueur (en bouche) au fur et à mesure qu'il gagne en justesse (en simplicité ?)

Et l'ombre alors de Blier qui précédemment planait très haut là-bas dans le ciel fait soudain un piqué Fsjjjjjj! (je ne sais pas quel bruit fait exactement le piqué d'un oiseau de grande envergure, mais Fsjjjj! me semble pas mal.) et atterrit dans le film, là, juste sous nos yeux. Il s'agit de la rencontre avec Céline Sallette, en rousse Vénus, une histoire d'oeuf, puis d'omelette, puis d'oeufs à nouveau, où on se sent bien, où tout est en place, en phase , jeu situation et dialogues. Céline est un peu triste, comme souvent (mais là elle ne boit pas de bière ni ne zone) et elle sollicite le concours des trois hommes, (et pas juste "pour  porter une armoire"...) qui le lui prêtent de bonne grâce (avec chacun celle qui lui est particulière, de grâce, si on veut appeler ça comme ça) et ça continue d'être miraculeusement bien.

De retour juste le dernier jour in extremis au Salon d'où est parti -et c'est l'occasion d'un petit discours qui me fait même ô joie venir un peu les larmes aux yeux, mais moi c'est comme ça dès qu'il est question de papa, ça me touche déjà a priori- et la boucle est bouclée, enfin pas tout à fait, juste avant un épilogue encore plus idéaliste/irréaliste (Blier Bertrand ferait flop flop avec ses grandes ailes en repmontant tout là-haut dans le ciel avec un sourire attendri) dans le meilleur des mondes agricoles et familiaux et youp la boum.

et je sors de là ravi.

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19 janvier 2016

sérénade à trois

ET TA SOEUR
de Marion Vernoux

J'ai commencé par celui-là, parce que Marion Vernoux (que je suis et que j'aime depuis Personne ne m'aime, justement), et aussi parce que la splendide barbe de Grégoire Ludig, dont la tête me disait quelque chose alors que son nom non.
Je m'étais amusé à une rapide analyse d'image à propos de l'affiche (Il est allongé entre Virginie Efira et Géraldine Nakache, et tout est vraiment vraiment fait pour montrer combien elles sont différentes (la couleur des cheveux, la coiffure, les lunettes, la tenue, les pieds nus) et tout ç est un peu scolaire mais se prête bien à l'exercice.) la seule chose qui n'apparaît pas sur l'affiche est qu'elles sont soeurs (et la seule différente que le graphiste n'a pu signifier est que l'une est lesbienne et l'autre pas).
Je venais d'apprendre (par Libé me semble-t-il, et "plan par plan" avait persiflé le critique) que c'était l'adaptation d'un film indé américain de Lynn Shelton, Your sister's sister -en français Mon amie sa soeur et moi, mouais...- dont j'avoue n'avoir jamais entendu parler, et donc j'y suis allé d'un oeil neuf. Aiguillonné par la magnifique barbounette de Grégoire Ludig je le répète. Et puis me disant que Marion Vernoux ne saurait jamais totalement me décevoir...

Et j'ai eu raison.
L'unique étoile critique décernée à l'unisson par Libé, Téléramuche, Critikat et le Monde est quand même sévère et un peu forte de café. J'ai connu des huis-clos bretonnants plus indignes que celui-ci... Un triangle amoureux avec ses pointes, ses médailles et ses saillies. Le barbu qui vient de perdre son frère (Ludig) se voit proposer par sa meilleure amie (Nakache) d'aller se mettre un peu au vert dans la maison bretonne de son père (et d'y préparer son concours de bibliothécaire). mais quand il débarque un soir dans la fameuse maison, il y trouve la soeur de sa copine, venue panser là une blessure amoureuse. Après un premier contact un peu... frais les voilà qui se retrouvent autour d'une bouteille de vodka (puis d'autres bouteilles, beaucoup d'autres bouteilles) jusqu'à ce que, bien bourrés, ils finissent par coucher ensemble. Ok, ça n'est pas follement original, mais on a vu pire (et c'est plutôt bien fait). Le lendemain matin, panique à bord lorsque débarque la soeurette (qu'est-ce qu'elle vient faire là, d'abord, hein , puisqu'elle l'avait "envoyé au calme"... aurait-elle eu une idée derrière la tête ?) Et le fameux triangle alors de nous montrer ses possibilités et curiosités géométriques, et , de quelconque au départ, de trouver progressivement son identité propre de triangle (rectangle, isocèle, équilatéral, à vous de choisir) spécifique.

Et le paysage breton est un cadre formidable pour situer (et contrepointer) cette comédie (2/3) sentimentale (un  petit petit tiers mais je voulais continuer à filer la métaphore du triangle). Même si je ne me sentais  pas a priori d'affinité particulière avec les deux actrices (un peu synonymes pour moi de "grosse comédie populaire" -souvenir douloureux de l'atroce Sous les jupes des filles, tout de même, pour Géraldine Nakache, la filmographie de Virginie Efira plaidant -Caprice- un peu plus en sa faveur.), je dois dire qu'elles sont impeccables de justesse. Excellentes (avec quand même un bonus pour Virginie Efira, plutôt touchante en lesbienne en quête de maternité). Et notre ami barbu tire aussi son épingle du jeu, pour un premier "grand rôle" au cinéma. Il assure (il porte avec autant de naturel -et d'aplomb- la cape cycliste rouge de chaperon barbu que le pantacourt à smiley.)

Voilà, j'ai passé un excellent moment, rien à redire sur ce film (la scène d'engueulade sur la passerelle du ferry restera un délicieux souvenir...). il ne me reste plus qu'à voir l'original, pour me faire une idée.

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l'une il la regarde et l'autre pas

26 janvier 2016

assez!

En cette année 2016 commençante (et relativement dégommante) année de l'ascèse, donc (c'est la rime la plus riche, mais bon baise n'est pas mal non plus, mieux en tout cas que catéchèse ou diocèse, bien que le terme soit tout de même -par définition- ambigu, de la baise pouvant tout aussi bien s'appliquer à une activité sexuée à but ou non de procréation mais aussi comme dans "t'es de la baise" à un empapaoutage figuré mais néanmoins douloureux...)

Ascèse donc, et j'en ai profité pour aller repiocher la définition dans le Lar*usse :

ascèse :nom féminin (du grec askêsis, exercice)
-  Effort visant à la perfection spirituelle par une discipline constante de vie.
- Manière de vivre de quelqu'un qui s'impose certaines privations

Une seule citation en exemple :
"La révolte est une ascèse, quoique aveugle. Si le révolté blasphème alors, c'est dans l'espoir d'un nouveau Dieu." (Albert Camus , L'Homme révolté , Gallimard)

Ouah ça rigole pas. J'arrive même pas à comprendre ce que je viens de copier/coller.

 

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(vers l'ascèse)

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(vers l'A 16)

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(vers la Cèze)

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(verre la 16...)

On a le choix, finalement...
(et, tiens, tout ça rime avec fadaises!)

18 février 2016

plouf

MY HEART BELONGS TO YOU
par O
(Olivier Marguerit)

Un disque sur lequel je suis tombé complètement par hasard, et que j'ai d'ailleurs eu en ma possession avant de savoir ce que c'était... Le monsieur en question est un poly-instrumentiste qui est déjà intervenu dans plusieurs groupes, avant de se lancer ici en solo. Le premier morceau, L'odeur du coton, me plaisait déjà bien, et, puis, en ré-écoutant l'album et ré-ré- encore, je suis tombé en arrêt devant celle-ci, My heart belongs to you, en partie parce qu'on y trouve un petit clavier tremblotant qui m'a fait fort penser au Rock Bottom de Robert Wyatt, disque que je chéris depuis des lustres...
Un disque "à thème" (la rivière, plonge dans l'eau, un torrent la boue) et qu'on peut justement ré et ré-écouter encore tellement il est riche et qu'on y découvre des choses nouvelles à chaque écoute. Même si la voie est un peu kéké, même si les textes sont parfois un peu naïfs, même si... c'est la fragilité de l'ensemble qui le rend encore plus émouvant.  Il y a quelque chose de fascinant dans la richesse des arrangements, la succession des climats, des différentes "époques" de chaque chanson.
Et donc j'adore My heart belong to you.
Je suis allé fouiller sur le ouaibe, et, ô joie, le monsieur revendique justement son goût pour Robert Wyatt, rosit quand on le complimente d'avoir comme Albin de la Simone plusieurs arcs à sa corde, et dit son souhait de faireune disque avec Sufjan Stevens... très très recommandable, vraiment ce jeune homme...
Il précise aussi :

- Et quelle est l’histoire de My heart belongs to you ?
- Olivier Marguerit : En fait, c’est le seul morceau où je me suis dit qu’il manquait quelque chose sur ce disque. Il manquait quelque chose de léger, une pop song. Je trouvais mes morceaux un peu compliqués et il me fallait quelque chose de léger dans l’architecture de l’album. Je me suis dit qu’il fallait quelque chose qui roule. J’avais cette chanson dans ma besace et je voulais la produire. J’étais obsédé par l’album Wish de The Cure à l’époque où j’ai enregistré ce disque. Je me suis dit que j’allais lui donner ce coté là. Je voulais lui donner un coté  The Cure un coté léger et souriant mais qui pleure en même temps. Je voulais vraiment faire une pop song jolie. Cette chanson vient de cette envie là. 

(l'interview en entier est )

pop song jolie, léger, souriant, mais qui pleure en même temps... oui oui, moi en l'écoutant je l'avais qualifiée de gracieux, d'élégant, et j'en redemandais... j'ai bien du l'écouter 50 fois hier...)

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20 janvier 2016

glamourissime

CAROL
de Todd Haynes

Ah, Todd Haynes. Loin du paradis, I'm not there, Safe...
Ah, Cate Blanchet (Blue Jasmine, re-I'm not there.)
Si je rajoutais Ah Patricia Highsmith je serais en partie malhonnête puisque, si effectivement j'ai adoré lire tous ses romans, Carol est le seul que j'ai zappé (je l'ai déjà dit, je suis un vieux pédé sectaire, les histoires entre femmes, contrairement à la majorité des hétéros, ne m'intéressent pas trop, oui je mériterais des gifles, je sais bien, n'est-ce pas Brigitte et Annick...)
Mais là, alors là, je ne sais pas pourquoi mais j'en ai eu soudain une énorme envie, de ce film. Et j'ai donc enchaîné, juste après Et ta soeur. Deux films de lesbiennes à la suite, ouah, vieillis-je ? C'était rigolo, dans le hall de mon Victor Hugo chéri, il y avait une majorité de femmes qui attendaient pour la séance en question, des vieilles, des jeunes, des seules, des en couple...

Et le film commence, et je soupire d'aise, tellement c'est exquisement, divinement même, filmé. Nous sommes fin 1952, les gens font leurs courses de Noël, Jingle bells, tout ça... Dans un grand magasin, une bourgeoise en manteau de fourrure cherche un cadeau pour sa fille... Une grande blonde à la coiffure impeccable et au rouge à lèvres sublime, qui discute avec une jeune vendeuse brune affublée d'un bonnet de Père Noël... Et ce qu'elles ne se disent pas est bien plus éloquent que leur tractation "officielle" de cliente à vendeuse. Des regards, un petit signe de la main en repartant, une paire de gants oubliés sur le comptoir, et c'est parti(e)... (Ce n'est pas tout à fait la scène de début du film, mais c'est celle qui a donné naissance à leur relation.)
Je le redis, c'est divinement filmé. Dans cette Amérique des années 50 minutieusement (somptueusement) reconstituée, l'histoire de Carol et Thérèse va se dérouler en flash-back (on les a vues attablés au Ritz au tout début du film, et c'est là que le film les retrouvera, dans cette même scène, juste sous un autre angle, à la fin ou presque), tandis que Thérèse roule en taxi, et qu'on aperçoit juste son visage songeur, derrière une vitre embuée engouttée (moi aussi, quand je photographie, j'adore les gouttes sur les vitres).

Une histoire d'amour, du début à la fin (ou presque...). Carol est en train de divorcer, et son mari Harge aimerait bien la "récupérer", tandis que Thérèse est sur le point de dire oui à son soupirant et au mariage qui va avec... Chacun des deux hommes voit d'un assez mauvais oeil la naissance de cette relation, puis son enracinement, sa floraison. De visites en rendez-vous, Carol va finir par proposer à Thérèse de l'accompagner en voyage "quelque part, vers l'ouest...". Automobile, chambres d'hôtel ou de môtel, salles de restaurant, on voyage avec elles, on dine avec elles, et on est invité à assister à leur recontre "au sens biblique du terme" (je sais, ça n'est pas la métaphore ici la plus appropriée... Y a-t-il des lesbiennes dans la bible ?), tout en peau contre peau, en soupirs fiévreux et en draps froissés, c'est plutot soft et élégant (on n'est pas dans La vie d'Adèle et ses prothèses vaginales...). Mais l'amour au cinéma est pour moi bien plus affaire de suggestion que d'organes. Plus de mental que d'organique. Cate Blanchett et Rooney Mara y sont plus que parfaites, inutile de le préciser, et pas uniquement lors de cette cette scène, bien sûr.

En ce temps-là, on ne rigole pas avec les amours contre nature. Pas facile à exprimer ni à exposer en grand format et aux yeux de tous. D'où une série de variations sublimes de cadrages (dé- et re-, et même sur-) élégantissimes qui resserrent l'espace sur les personnages en ne leur octroyant souvent que le minimum requis. Elégant, glamour, raffiné, soigné, ce sont toujours les mêmes adjectifs qui me reviennent, mais le film est bien plus qu'une succession de cadrages réussis. Le lien entre ces deux femmes, (si intense malgré leurs différences, âge, rang social, expérience) y est décrit avec acuité, avec attention, avec précision, et Todd Haynes nous livre un double portrait féminin d'une belle force. L'une et l'autre. L'une par l'autre. A tel point que je me quasi-thérésifiais : plus le film avançait, plus je m'identifiais, plus j'avais envie de Cate Blanchett, de respirer son parfum délicieux, de son lipstick parfait, de sa façon de fumer, de son martiny dry avec olive, de sa conduite, de son regard. J'aime cette idéalisation d'un être que provoque l'amour qu'on lui porte. Et la force des certitudes que peut induire un premier regard, un premier échange de regards...

Mais tout n'est pas qu'amour en ce monde (surtout ce monde new-yorkais de 1953) et Todd Haynes se plaît à nous le rappeler constamment au fil de son récit : disputes (conjugales ou extra), avocats, clause de moralité, détective privé, constat d'adultère, obligation de soins, psychotérapeuthe... la procédure de "reconquête" engagée par son mari sera sans merci pour Carol (et sans pitié pour Thérèse).

Mais. A moins que. (Vertige de l'amour...)

Le film, à Cannes 2015, a rapporté un prix d'interprétation à Rooney Mara, et les deux femmes sont à cette heure encore en lice pour les Oscars...

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6 février 2016

archidiocèse

SPOTLIGHT
de Tom Mc Carthy

Les "hasards de la programmation" font qu'ont été programmés dans le bôô cinéma, la même semaine, deux films évoquant le même thème : des prêtres pédophiles protégés par l'Eglise. A la version malcommode de Pablo Larrain a donc succédé celle, moins surprenante de Tom Mc Carthy, mais tout aussi efficace dans son registre, celui du film d'investigation (des journalistes infatigables, acharnés, mènent l'enquête sur un sujet sensible, jusqu'à la publication du fruit de leur quête -qui en général fait l'objet d'un scandale retentissant- en général ça finit avec des plans de rotatives qui tournenet à toute berzingue et de plans de unes sensationnelles  de quotidiens que les lecteurs, incrédules, s'arrachent, et la vérité et la Justice triomphent, et ce film-là ne faillit pas à la règle.)
Il paraît que c'est aussi bien que Les hommes du président, mais je ne l'ai pas vu. Dans les journalistes infatigables qui se partagent le même bureau, il y a Michael Keaton qui est le boss du bureau (ce sont les journalistes de Spotlight). Michael Keaton je le trouve sympathique, mais je n'en suis pas fouu (en plus il me fait penser à Julien Lepers). Les autres sièges sont occupés par Brian D'Arcy James, Rachel Mc Adams, et, surtout, surtout Mark Ruffalo (qui est toujours aussi bien, hein Zabetta -qui fait aussi partie du fan-club, avec sa fille Catherine, d'ailleurs).
Déjà là, c'est bien.
Mais voilà que débarque le nouveau rédacteur en chef du journal, et ô ravissement (et je mets à ronronner et à fondre d'aise) il à la voix infra-basse (voir impérativement le film en vo) de Liev Schreiber, un acteur qui... m'émeut (tellement il incarne le genre de virilité au quintal qui me tourneboule), et là tout mimi avec ces petites lunettes et sa barbounette jolie...
Là c'est encore mieux.
Surtout qu'intervient un avocat interprété par un autre acteur que j'adore, Stanley Tucci (qui lui, sait changer complètement de look à chaque film)...
Là ça devient parfait.
Ils peuvent bien chercher tout ce qu'ils veulent, je les suivrai, où ils iront j'irai (air connu) ... jusqu'à destination. D'autant que la procédure est un poil complexe et embrouillée, vu que la toute puissante Eglise met tous les batons dans toutes les roues qu'elle peut pour que le scandale, justement, n'éclate pas... Et on va les regarder se démener et mouiller la chemise (bon Liev Schreiber, il reste quand même toujours le cul posé au chaud dans son bureau) pour arriver à leurs fins pendant plus de deux heures (et sans jamais ressentir la moindre lassitude spectatoriale tellement tout cela est bien goupillé.
Et ils vont réussir et la vérité finira par triompher.
C'est solide, c'est bien fait, c'est passionnant, on ne s'ennuie pas une seconde, et, en plus, j'ai trois acteurs que j'adore dans la distribution... (la voix de Liev Schreiber me fait vraiment des trucs, je vous jure!)

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30 mars 2017

bestioles

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AMERICAN HONEY
d'Andrea Arnold

2h43, séance à 20h30... Comme a dit Romain à la caisse "Vous n'êtes pas couchés...". Et sans doute la durée a-t-elle effrayé quelques clients potentiels car on était peu dans la petite salle 1 du bôô cinéma. C'est le quatrième film d'Andrea Arnold, et le quatrième qu'on programme (après Red Road, Fishtank, et Wuthering Heights). Le film est passé à Cannes 2017, y a raflé le Prix du Jury (le troisième pour la réalisatrice!) et une critique... partagée, disons (de ***** à *, tout l'éventail de notes y est, de façon assez équilibrée).
Dans ses deux premiers longs métrages, la réalisatrice a été repertoriée "cinéma social britannique" : histoires de prolos, de familles dysfonctionnelles, de grisaille, de fins de mois difficiles et de de bières et de clopes... ici on est de l'autre côté de l'Atlantique, donc moins de crachin et de fish and chips, mais question familles dysfonctionnelles et white trash, on n'est pas vraiment dépaysé.
Une jeune fille, Star, que la scène d'ouverture nous présente fouillant dans les poubelles de supermarché pour y récupérer de la bouffe, en compagnie de deux enfants, qu'on suppose être les siens, ou (on en a discuté à la sortie) ceux de sa mère, mais qui s'avèrent être ceux de sa soeur. Qui danse la country en compagnie de son copain tatoué. A qui elle va les refiler (même si l'autre n'est pas très chaude) avant de se barrer rejoindre Jake, un type chelou qu'elle a croisé la veille, dans un minibus surpeuplé, et dont elle est tombée amoureuse. (On la comprend un peu, le Jake en question étant joué par Shia La Beouf, dont je suis toujours incapable de prononcer le nom, et dont on a du mal à distinguer les frasques dans la vraie vie et celle de ses personnages dans les films mais que je trouve assez, disons le mot... bandant).
Star se barre, et le film démarre vraiment, pour moi, à ce moment-là (le prélude family life étant légèrement indigeste pour moi) à partir du moment où on monte avec elle dans le van. On s'est déjà habitué au format inhabituel du film (celui qu'aime aussi Kelly Reichardt, presque carré), à la musique (la bande-son est très impressionnante) et on fait la connaissance des jeunes gens bruyants et rigolards qui y cohabitent (et vont de ville en ville pour faire du porte-à-porte (en vendant des magazines) sous les ordres d'une chef des ventes qui n'a pas l'air commode.)
2h43 juste pour ça ? Oui oui, et on ne les sent pas passer (ou si peu). C'est vrai que ça pourrait très vite être répétitif (le bus le matin, les clients la journée et la teuf le soir) mais c'est filmé de telle manière qu'on y reste scotché. Andrea Arnold a un certain génie pour glisser régulièrement une image, un plan, sublimes, dans ce qui pourrait n'être qu'un récit somme toute planplan de road-movie un peu déjanté dans une Amérique qui l'est tout autant. C'est un film de gens, essentiellement, et le qualificatif - bateau- d'entomologiste à propos du regard que la réalisatrice porte sur ses personnages se justifierait ici, et même à double titre, puisqu'apparaissent, tout aussi régulièrement que la bite qu'un des personnages se plaît à exhiber, des insectes, papillons et autres hyménoptères, dont la jeune fille, Star, se plait à faciliter la vie (voire la sauver).
On était peu dans la salle, je l'ai dit, mais presque tous nous sommes dit, à la sortie, combien le film nous avait plu, combien il nous avaient touchés, fascinés, émerveillés... American Honey fait partie de ces films où ce qu'on raconte est moins important que la façon dont on le raconte. De l'amour amer (à défaut de l'être à mort), des kilomètres, des rencontres (la scène dite "des texans" ou celle de l'ouvrier du pétrole) des  biffetons qui changent régulièrement de main,et même... des cris de loup (Wououououh!). Saluons donc le film comme il le mérite : en hurlant à la lune tout en regardant deux abrutis alcoolisés se flanquer une peignée (si si, à la lueur d'un bon feu de camp, je vous assure, ça a son charme...)

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4 mars 2013

permis de séjour

ALATA
de Michael Mayer

Hmmm c'est bien, notre assoc' commence aussi à avoir de l'entregent, et j'ai donc eu le plaisir de pouvoir visionner très en avance (le film sort le 22 mai) ce bien joli film ma foi, que j'ai quasiment arraché à Hervé lorsque j'ai vu sur le document de presse les mots palestinien et homosexuel. On ne se refait pas... "ALATA" en hébreu signifie ténèbres, et c'est bien l'ambiance dans laquelle évoluent nos deux héros Nimr et Roy.
Déjà pas facile a priori de vivre une histoire d'amour, qui est plus est entre mecs (quoique ça tendrait visiblement à se démocratiser, non ?) et alors si l'un des deux est israélien et l'autre palestinien, je vous laisse imaginer la complexité de la situation.
Roméo et Julietton, donc, le juif et l'arabe, tous les deux aussi mimi mal rasés l'un que l'autre, embringués dans une relation née sous le signe du coup de foudre, mais appelée à se tendre de plus en plus de jour en jour (permis de séjour, police secrète, frère terroriste, parents peu ou pas du tout compréhensifs, etc.), au fil des allers et retours de Nimr entre Ramallah et Tel aviv.
Une belle histoire d'amour entre hommes, je suis toujours preneur (midinet un jour midinet toujours). Quand elle est située dans un tel contexte historico-politico-religieux c'est encore mieux (l'ambiance essentiellement nocturne évoque le très beau Ajami), et ça me rappelle toujours ce que disait mon ami américain Jim, à propos justement des juifs et des palestiniens : "Mais ils feraient pas mieux de se rouler des patins et de se faire des câlins, plutôt que de se foutre sur la gueule, tous ces beaux barbus ?"
Décidément la religion quelle saloperie, décidément la famille, décidément l'intolérance ("les bites juives ne te suffisent plus ?") et l'incompréhension (mais où ces mères et ces frères vont-ils donc ainsi placer leur honneur ?) ... et nos deux tourtereaux sont salement dans la panade quand tout se ligue ainsi contre eux, mais, n'y aurait-il pas, in extremis (et contre toute attente) une minuscule étincelle d'espoir, tout à la fin ?
Un film agréable, touchant, aussi séduisant (et agréable à regarder) que ses deux protagonistes (mais pas qu'eux), fait avec passion et sincérité, mais auquel manquerait peut-être la petite étincelle qui mettrait vraiment le feu aux poudres.Trop "sage", peut-être, trop centré sur le nombril des faits, où ferait défaut un regard véritablement original, mais il s'agit d'un premier film, profitons, et attendons donc. Avec bienveillance.

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2 février 2013

merci gentiment

YOSSI
de Eytan Fox

J'aime beaucoup Eytan Fox. Au moins doublement, parce qu'il est israélien et parce qu'il est pédé, et, les deux ensemble composent un cocktail irrésistible. Oh que je l'attendais ce Yossi là, et comme je m'en suis délecté. (Tiens, d'ailleurs, pour les gens qui me connaissent, je n'ai pas fermé l'oeil une seconde alors que, juste avant que le film ne commence, j'étais dans un état semi-comateux 18h/18h30, mon pire créneau d'endormissement garanti de la journée). exactement le film dont j'avais besoin : l'histoire d'un nounours solitaire et malheureux (et pédé, bien sûr!) qui rencontre par hasard un jeune Tadzio bidasse (avec des oreilles décollées et un sourire craquant) qui va lui faire reprendre goût à la vie et davantage et même que ça finit irréalistement bien.
Eytan Fox reprend le personnage survivant de son Yossi & Jagger d'il y a une dizaine d'années (un moyen-métrage sur une histoire d'amour entre deux soldats), et le film aurait d'ailleurs pu s'intituler Yossi sans Jagger (comme a failli le faire cette chronique). Yossi a donc vieilli (bon, 34 ans c'est pas dramatique), pris quelques kilos (mmmmh il est parfait comme ça ce roudoudou aux yeux tristes et en blouse verte, puisqu'il est devenu cardiologue - tiens, les problèmes de coeur... -) et mène une petite vie tiède et solitaire de pédé moyen (les films pornos sur l'ordi, le chat sur internet, les rencontres d'un soir plus moins satisfaisantes, les soirées à ronfler sur le canapé... tout ça ne peut pas ne pas me rappeler des choses eh eh) jusqu'à ce qu'il rencontre  inopinément - et opportunément - un groupe de bidasses (joyeusement bourrins comme savent l'être les bidasses, surtout en bande) qu'il va d'abord prendre en stop, et pour qui il va remplacer la virée au Sinaï qu'il avait initialement prévu par un séjour "paradisiaque" dans un hôtel genre centre de thalasso... Car il y a dans ce groupes de quatre jeunes gens rigolards et bruyants un jeune Tom, homosexuel ouvertement et naturellement revendiqué, auquel il va s'intéresser, et qu'il va croiser de plus en plus souvent, au bord de la piscine, dans les couloirs ou au cours des soirées musicales et festives (tiens! un concert de Keren Ann, qui a par ailleurs réalisé la bande origniale du film).
Tout  cette deuxième partie (regards, invites déguisées, concupiscence, manoeuvres d'approche) est malicieusement placée par le réalisateur - comme un clin d'oeil complice - sous le signe de Mort à Venise (la musique de Malher dans la voiture, le roman au bord de la piscine, la  présence de l'eau, le parallélisme des thèmes) sauf qu'il s'agit dans le cas présent de la trajectoire inverse, celle qui va permettre à Yossi, au contraire, de vivre - et de retrouver le sourire -.
Un film impeccable, ni pleurnichard ni revanchard, ni trop acide ni trop sucré, juste humain, profondément humain (la scène centrale de la visite de Yossi aux parents de Jagger est à la fois extrêmement simple et totalement bouleversante, c'est  la clé de voûte du film), et, en plus qui se paie le luxe d'être optimiste (la scène finale, dans la chambre d'hôtel, j'allume / j'éteins / je rallume est tout aussi touchante)...
Yesss! On en redemande!

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12 septembre 2012

"c'est spéciâââl..."

LAURENCE, ANYWAYS
de Xavier Dolan

Il y a ceux qui s'écoutent parler, Xaveir Dolan, lui, est du genre de ceux qui se regardent filmer. Ce jeune homme est extrêmement doué, il le sait (et n'en doute pas une seconde) et nous en fait profiter, certes, mais sans aucun sens de la retenue voire de l'économie : deux heures quarante c'est long (surtout vers la fin, dirait Woody Allen), et le film eut été aussi intense, voire encore plus efficace, avec, disons, une heure de moins.
D'autant plus que, si la première partie est vraiment réussie, la deuxième moitié du film ne fonctionne que sur la répétition d'un même schéma (on se sépare / on se retrouve / on se re-sépare / on se re-retrouve / on se re-re... etc.) répétition qui n'apporte rien de nouveau à la narration, nous faisant au contraire ressentir, malgré les mouvements de caméra aux petits oignons, les éclairages chiadés et les cadrages raffinés un désagréable sentiment de surplace. (ah! le fameux "ni avec toi ni sans toi")
La situation est quand même dès le début voué à l'échec : lui voulant assumer la femme qui est en lui, mais une femme qui aime les femmes (il veut être lesbienne, quoi!), tandis qu'elle a besoin d'un homme : comment voulez-vous que ces deux-là réussissent à s'entendre ?
Il ya un truc qui est super efficace chez Dolan, c'est la musique, ou plutôt l'utilisation de la musique. Alors que dans la majorité des films la musique est un élément qui arrive après, qui accompagne, qui s'intègre au reste, il semblerait qu'ici ce soit l'inverse, que  la musique soit l'élément important, préexistant, et que ce soit alors le reste de la scène qui vienne s'assujettir à elle. Souvent, ça fonctionne je dirais presque trop bien (je pense à l'extraordinaire première scène du film, un travelling en caméra subjective sur toute une série de visages de mecs en regard-caméra, sur une musique qui justement "porte" et transcende la scène (mais que je n'ai hélas pas eu le temps de noter au générique...) Non seulement Dolan est doué pour filmer, mais il l'est aussi pour choisir les musiques de ses films! lui reste à se doter d'un peu d'"humilité" cinématographique pour être vraiment un excellent réalisateur... remarquez, il a le temps, vu l'âge qu'il a, hihihi! C'est drôle, finalement : le personnage de Laurence, qui, devant ses élèves, trouve Proust trop long ("300 pages pour expliquer que Tuture encule Tatave...") aurait peut-être pu suggérer à son réalisateur que "2h49 pour ni avec toi ni sans toi", c'est un peu longuet aussi, non ?
(je ne suis pas très original : je viens de retomber sur le post que j'avais écrit sur Les amours imaginaires, et j'y utilisais déjà les mots "se regarder filmer"...)

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25 juin 2012

fête du c

Me suis finalement décidé à vaincre mon indécrottable mollesse, et sur le coup de 13h30, suis parti direction le bôô cinéma pour m'en taper trois :

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PROMETHEUS
de Ridley Scott

Comme je désespérais de le voir un jour en VO, j'y suis allé là, en profitant que la séance était en 2D (j'aime pas la 3D, pour la bonne raison que je ne peux pas en profiter...) Pour qui connaît le cahier des charges (Alien, notamment), toutes les attentes seront comblées. Du grand cinoche intersidéral, avec, justement, un petit goût du fameux Alien en question, que ce soit au niveau de l'histoire, des personnages, des situations, allant même jusqu'au clin d'oeil (la tête arrachée qui continue de parler) voire à la citation (la dernière image, qui boucle la boucle, quoi que...) Comme pour l'ancêtre Alien, on reste tendu pendant pratiquement tout le film, mais bon, on est venu pour ça, et on en redemande. La mimi Noomi Rapace ne peut pas ne pas faire penser à la Ripley qu'incarnait magistralement Sigourney Weaver, et le fait avec autant de maestria. Le film n'est ni un décalque (quoiqu'il y ait vraiment beaucoup de points communs -le vaisseau, l'équipage, la planète, la découverte de machins dégueulasses, les conflits d'intérêt, etc.-) ni vraiment un prequel, disons un hybride, une créature mutante... Quelques scènes sont vraiment affolantes, et j'ai sursauté tout de même quelques fois... Avec grand plaisir. Bouh! Et il pourrait même, vu les circonstances, y avoir un Prometheus 2, me semble-t-il.

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ADIEU BERTHE
de Bruno Podalydès

Je suis redescendu sur terre avec douceur et légèreté avec l'enterrement de Berthe, la grand-mère du personnage joué par Denis Podalydès dans le film de son frère. J'ai beaucoup de tendresse, voire d'indulgence (Bancs publics, le dernier, m'avait tout de même déçu) pour les films "des" Podalydès. C'est un cinéma, comment dirais-je... un peu indolent  (nonchalant ?) au niveau de l'histoire et de la construction (souvent lâche, avec des grosses mailles), mais compensé par un sens inné du détail qui fait mouche, une extrême homogénéité du casting (on y retrouve des "habitués", avec dans le rôle de la cerise sur le gâteau une Valérie Lemercier souveraine) et une écriture aiguisée à souhait. On y prend beaucoup de plaisir, on flâne  avec eux (la pharmacie, les pompes funèbres, la maison de retraite) on exhume une vieille histoire d'amour, on assiste à des tours de magie, on incinère un mulot, et finalement on exalte des "valeurs éternelles" (l'amour, le couple, la famille...) , bouclant ainsi la boucle d'Eros et de Thanatos. Comme toujours cjhez Podalydès, des personnages hauts en couleurs, des dialogues qui font mouche, et des situations soudainement à pisser de rire. Du bonheur.

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LE PRENOM
de Alexandre de la Patelière et Matthieu Delaporte

J'avais vu la bande-annonce maintes fois,et je ne savais plus trop si j'en avais envie, mais bon j'y suis allé pour les 3 B (Berling, Benguigui, Bruel). Un petit air de déja-vu, entre  le Carnages de Polanski et le Cuisine et dépendances des Bacri-Jaoui. Un appartement, un repas, une soirée qui dégénère où chacun/chacune vont successivement s'affronter, se dire leur quatre vérités plus ou moins aimablement, où on en viendra même aux mains, avant que le rideau ne soit tiré, suite à un joli monologue de la maîtresse de maison. D'ailleurs c'est l'adaptation ciné d'une pièce de théâtre (par ceux qui l'ont écrite) et l'origine théâtrale est d'ailleurs assez lourdement ressentie (on parle on parle on parle...). Les acteurs sont plutôt très bons, mais la situtation ne fait que s'étirer en rebondissant mollement. Agréable, sans plus.

 


5 juin 2009

tu danses comme un grec

JERICHOW
de Christian Pedzold

Film noir, schéma classique, histoire connue : le mari la femme et l'amant, la belle la brute et le bellâtre, le riche l'endettée et le sans-le-sou, le bon con la salope et le joli coeur, (etc. etc. et etc.) à décliner à l'envi, selon le mood du moment. Dans un film au profil de lame : aiguisé et tranchant. Plutôt film-poignard que film-sabre, d'ailleurs. Sec et noir, dense, ramassé, allant à l'essentiel, et ne rajoutant à la trame initiale (le squelette de l'histoire) que le minimum de chair mais tous les muscles (indispensables),  sans un poil de "graisse" narrative.
J'avoue avoir été plus... sensible au personnage d'Ali, le mari (un salopard aussi pourtant, mais tout en jovialité et en rondeurs moyen-orientales), opposé physiquement à Thomas le "héros", qui, s'il est jeune et beau et barraqué et tout, n'a l'air de sourire que lorsqu'il se coince le nez dans un tiroir, c'est à dire assez peu souvent. Un beau bloc, mais un bloc tout de même...
Le film s'attache à l'évolution de leur relation (comment procède l'"amitié virile"), parallèlement à celle de Laura (la belle épouse délaissée, froide dehors et brûlante dedans) et Thomas (qui est, on le voit bien, la cheville ouvrière du film). On n'est pas du tout dans une "psychologie" commode et facile, non, juste des faits. Des trajets, des allers et retours, de dialogues parcimonieux en  étreintes brèves mais intenses, des scènes plutôt répétititives, "banales", avec parfois une échappée, comme cette scène de pique-nique dominical sur une plage venteuse, avec un mec saoul en chemise blanche qui danse face à la mer -et qui je crois l'image que je garderai du film-) Au spectateur de se mettre dans la tête des personnages pour tenter de deviner et de comprendre leurs raisons : est-ce l'amour, la lassitude, le désir, la cupidité qui les poussent à agir ainsi  ?
J'avoue que je ne connaissais pas du tout le réalisateur, mais là, franchement, ça donne envie d'en voir davantage (et notamment Yella, l'autre film, sorti en même temps, avec Nina Hoss, la même actrice principale)
Ach! Zes allemands, ils nous veront touchours rire! (avec l'accent de Papa Schultz)

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11 octobre 2009

thanksgiving

FUNNY PEOPLE
de Judd Apatow

Bon, finalement, je suis allé voir ce qu'il valait, ce Judd Apatow que les Inrocks, Libé et consorts tentaient de me refourguer, avec insistance, depuis quelques mois, en tant que "renouveau de la comédie américaine." Pourquoi j'y suis allé ? Déjà parce que ça faisait 2h30, et donc ça ne devait pas être si "calibré" que ça...
En tant qu'ado attardé, le côté humour "teub couilles branlette et pets" n'est pas pour me déplaire (et je ne me suis pas privé d'en rire d'ailleurs, tellement ça fuse dans le film, et pas forcément de la plus poétique des façons, vous imaginez...)
L'histoire ? Un comique connu (spécialiste du stand up) apprend qu'il a une maladie mortelle. Il fait la connaissance d'un jeune comique (aspirant -justement-  à être connu). Le jeune comique pauvre vit avec deux potes, eux aussi aspirants-comiques, un gros et un maigre, (tous deux excellents) comme Dustin Hoffman avec Bill Murray dans Tootsie (je n'essaierai même pas de dater, JR!). Donc le vieux comique mourant lui demande (au jeune, vous suivez ?) de devenir son assistant, de lui écrire des textes qu'il n'a plus l'énergie de trouver lui-même, et, accessoirement de jouer la nurse, le confident, l'homme à tout faire, voire peut-être l'ami (mais faut pas exagérer quand même) . Le comique connu en question n'est finalement qu'un sale con, égoïste, bourrin, macho, et tout et tout. Ce que l'apprenti comique aimerait visiblement devenir (surtout avoir beaucoup de thunes et tirer beaucoup de meufs, vu, que, de ce côté-là, c'est un peu le désert de Gobi.) Le comique célèbre essaie de faire avec sa maladie (et tente vaguement de se racheter une conduite avant le grand saut). Première, partie, nickel. Drôle, acide, méchante à point, aussi terriblement réaliste que joyeusement nihiliste.
Deuxième partie, où hélas, ça se gâte un peu : le comique connu (il s'appelle Georges) apprend soudain qu'il n'est plus malade. Atermoiements et léger flottement scénaristique (le "ventre mou" du film, où on ne sait pas trop dans quel sens ça va partir) on se retrouve dans un genre de garden-party (le comique connu, son ex que soudain il raime, Ira, les deux filles de son ex, et bientôt le mari de l'ex qui rentre à l'improviste) qui va finir en pugilat. On s'ennuierait presqu'un peu, les saillies sont moins vives, le terrain scénaristique plus convenu (et d'autant plus meuble, donc) jusqu'à l'inévitable séparation des deux "potes", (après une inévitable scène d'engueulade dans la bagnole), chacun alors retournant à l'exacte situation où il était au départ, l'un reprenant son boulot au fast-food et le colocatariat avec les potes, et l'autre reprenant ses habitudes de riche-et-con, jusqu'à un ultime (et pas très vraisemblable ?) quasi happy-ending réconciliatoire, où il est montré qu'être potes c'est quand même 'achement bien, et que, ben, on peut s'entraider , et réciproquement.
Voilà, je suis sorti de là, plutôt content (d'autant plus, que je dois bien l'avouer, je ne suis pas entièrement objectif, ce n'est pas uniquement pour des raisons cinématographiques : voilà que, je ne sais pas pourquoi, j'ai très vite réalisé que le comédien qui joue Ira ne me laissait pas de glace. Oh que je l'ai trouvé mimi, et c'est rien de le dire! Sa tête me disait pourtant quelque chose mais son nom, au générique, Seth Rogen, m'est strictement inonnu. Des recherches ouaibesques m'ont appris qu'il serait l'acteur fétiche de Judd Apatow. Je vais donc persévérer dans la filmo de ce monsieur!)

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28 juin 2009

fête du cinéma 1

(samedi, deux comédies:)

FAIS-MOI PLAISIR
d'Emmanuel Mouret

Comédie française. A quoi ça sert, finalement  de se fatiguer à écrire des critiques quand d'autres le font bien mieux, ou, mieux encore, l'ont déjà fait, et disent exactement ce que vous auriez eu envie de dire? (je fais ma feignasse, et je préfère me laquer les ongles sur ma méridienne) vous avez le choix entre la version longue ici ou la version brève . tout le monde semble d'accord, Mouret, c'est très bien, c'est même de mieux en mieux (j'ai vraiment beaucoup beaucoup ri pendant les deux premiers tiers du film...)

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VERY BAD TRIP
de Todd Philips

Celui-là, j'avais envie, bien que craignant la grosse bourrinade. J'aime bien ce genre de film en marche arrière, de reconstruction (puisque tout ne sera montré en détail qu'au générique de fin...) où trois "potes" qui étaient partis à las Vegas fêter l'enterrement de vie de garçon du quatrième se réveillent au matin du mariage avec une monstrueuse gueule de bois, et sans le quatrième en question... Question, justement : que s'est-il donc passé cette nuit-là ? Un tigre dans la salle de bains, un bébé inconnu, une dent arrachée, une voiture de flics volée, un chinois à poil enfermé dans un coffre, Mike Tyson, 80 000 dollars... on va de surprise en surprise, et ça continue joyeusement comme ça pendant une heure trente. Inutile de préciser que la VF est  calamiteuse, mais bon, ça se laisse voir sans aucun déplaisir, avec un sous-texte suffisamment ambigu (surtout le personnage du -hmmm je sais qu'il y en a qui vont baver- gros barbu, qu'on aperçoit même cul nu en jockstrap... ce qui n'est pas -je le reconnais- un argument très cinéphile mais bon).

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7 janvier 2012

phynance

UNE VIE MEILLEURE
de Cédric Kahn

Je n'y peux rien, c'est comme ça, j'ai pour Guillaume Canet acteur un capital sympathie indéniable, plus que j'en ai en tout cas pour Cédric Kahn en tant que réalisateur. En toute partialité, certes. Aucun de ses films ne m'a véritablement fait vibrer.
Celui-là ne fera pas exception. On y parle de surendettement, de credit revolving, de précarité, et de fric, de fric, et de fric. Ceux qui en manquent cruellement, et pourtant ont des projets, et ceux qui font semblant de vouloir leur en prêter. On suit ainsi la trajectoire descendante et exponentielle d'un Guillaume Canet cuisinier dans une cantoche qui veut absolument ouvrir le restau de ses rêves, mais la réalité (bancaire) va s'employer à lui prouver que non.
Il y a aussi une histoire d'amour, avec une jeunette (Leila Bekhti) et son fils qu'elle va confier à Guillaume le temps d'aller se renflouer un peu au Québec.
Et qui va les laisser sans nouvelles un certain temps.
Je ne trahis rien, je m'arrête grosso modo où s'arrête la bande-annonce.
Le film est réaliste, cruellement pourrait-on dire, et sa description de la mouise, de la dèche, de la loose, est assez objective. Guillaume Canet y excelle aussi. On a même l'immense plaisir d'y voir un salopard de marchand de sommeil s'y faire casser la gueule et délester d'un substanciel magot (qui ne sera pas perdu pour tout le monde hum hum je n'en dis pas plus...)
Le film alors zigzague, prend l'avion (et de la distance ?)nous gratifie d'une scène de retrouvailles (à laquelle, mécréant, je n'ai pas cru une seconde) pour s'achever sur une motoneige (dans un fondu au blanc attendu et tout à fait justifié) dans une fin aussi ouverte que le paysage qui l'incarne.
Ni chaud ni froid serait exagéré (il fait froid, dans ce film, c'est normal, les pauvres se les gèlent) mais à quoi bon ? serait plus juste. Du cinéma qu'on pourrait qualifier de social, sociétal (certains critiques ont évoqué Pialat, d'autres Loach, carrément) qui a toutefois plus envie de raconter une histoire (narration) que de s'interroger sur la façon de le faire (cinématographie).
D'où ses limites (et mes réserves).

 

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22 septembre 2014

programme télé

A prévoir cette semaine : petits bonheurs et pépites diverses

lundi 22 septembre
20h45 : Les rencontres d'après minuit (Ciné+Club)
21h05 : La tortue sur le dos (TV5Monde)
22h15 : The we and the I (Ciné+Club)
23h50 : Les yeux sans visage (France 2)
00h00 : Suspiria (Ciné+Club)

mardi 23 septembre
20h45 : Eldorado (Ciné+Club)
22h05 : On the road again, le cinéma de Bouli Lanners (Ciné+Club)
22h25 : Quand Hollywood monte au front (Arte)
23h05 : Reality (Ciné+Club)

mercredi 24 septembre
20h40 : Elena (OCS City)
22h25 : Le retour (OCS City)
22h45 : La bataille de Solférino (Ciné+Club)

jeudi 25 septembre
20h50 : P'tit Quinquin (Arte)
22h30 : Les nuits rouges du bourreau de jade (CinéFX)
23h40 : Bof, anatomie d'un livreur (Ciné+Classic)

vendredi 26 septembre
20h50 : Pilules bleues (Arte)
22h25 : Les barbouzes (Ciné+Classic)
0h30 : Le monstre est vivant (CinéFX)
0h55 : La chatte à deux têtes (Ciné+Club)

On the Road Again : le cinéma de Bouli Lanners - 1 

11 novembre 2007

régress(i)ons

Un vouikinde sous le signe du rajeunissement (hihi...)
C'est la bande-annonce du film de Coppola qui m'y a fait penser :
1) Je me suis commandé sur PriceMinist*r l'album "Pop Satori 20ème anniversaire" d'Etienne Daho. (Je m'en souviens encore comme si c'était hier : j'avais acheté le (arghhh!) disque noir et je l'avais offert à Emma) J'ai toujours aimé cet album, et donc une version collector avec des versions maxi, live rares et inédites ne pouvait que me titiller... et à ce prix-là, même pas la peine d'hésiter!

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2) Je me suis ouvert un compte sur MySpace, pour pouvoir explorer la page de... Pascal Brutal (dont j'ai trouvé l'URL sur un blog mais je ne sais plus lequel). Déjà deux volumes parus de ce personnage de BD créé par Riad Sattouf dans ma bibliothèque (c'est rare que j'achète de la BD!) et j'adore ce personnage. Un bourrin avec un p'tit bouc et une gourmette en argent (sans oublier les adidas torsion vintage 92) qui se définit comme le maitre-étalon de la nouvelle virilité Et je ne suis pas le seul à l'aimer visiblement ! Un fan-club énamouré se presse sur sa page. Il semble bien que Pascal B. soit devenu une icone übersexuelle!

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3) Je suis allé au ciné hier soir (euh oui une amie m'avait filé sa carte sur laquelle restait une place à utiliser le jour même et je n'avais pas envie de me prendre la tête...) et après verte réflexion, je suis allé voir... SUPERGRAVE! (Non, non, Hervé ne me tape pas!)... Et bin figurez-vous que j'ai trouvé ça plutôt pas triste. Très cru pour les dialogues (là, la VF ne m'a pas dérangé!) même si très prude pour les images. J'ai rigolé, si si, passé un bon moment avec ces trois ados (j'ai un faible pour le petit gros) qui veulent du cul (ça m'a rappelé des trucs). J'aime bien aussi les personnages des deux keufs bien barrés, et un film dont le générique de fin se déroule sur fond de teubs dessinées (de toutes tailles origines positions religions) ne peut que mériter mon indulgence... Ah, ça nous change d'Apichatpongounet c'est sûr (mais rassurez-vous je l'aime toujours autant!)

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27 mai 2007

ti amo...

LES CHANSONS D'AMOUR
de Christophe Honoré

Halte! Ne bougez plus! Reculez, s'il vous plaît, oui oui circulez, ceci est MON film, mon film à moi, rien qu'à moi... Dire que j'ai hésité l'autre soir, entre APRES LUI et LES CHANSONS D'AMOUR (sot que j'étais, mais je ne savais pas, alors...) Les films de Christophe Honoré sont pour moi comme un ascenseur : il y a Louis Garrel presqu'à chaque étage, et, à chaque fois on monte un peu plus  haut que la fois précédente. Là, en ce qui me concerne, j'ai le sentiment que le sommet est atteint. Oui oui je sais c'est vachement prétentieux et tout et tout mais c'est vraiment comme si il avait réalisé ce film-là rien que  pour moi.

Je partais quand même avec un sentiment mitigé (une certaine méfiance vis à vis des films chantés, mais contrebalancée quelques mots encourageants de Malou - genre ça devrait te plaire, mais on en reparlera... -) d'autant plus que nous n'étions que trois dans la salle à la séance de 16 heures (grmblll ville de bourrins mais non mais non c'est peut-être l'orage qui les a dissuadés), mais dès le tout début vraiment j'étais plouf! dedans, et si bien dedans qu'il m'a été un peu difficile à la fin de le quitter (et surtout avec les yeux secs! si j'avais été une fille, j'aurais eu les joues toutes barbouillées de rimmel... ah bon ? maintenant c'est waterproof ?)

Un générique nocturne et tout en noms communs (pfff il faut qu'il fasse son malin cet Honoré, c'est plus fort que lui, hein ?) et hop c'est parti. Première surprise : tiens mais ils parlent! Je pensais qu'il n'aurait pas fait les choses à demy, et que ça chanterait tout le temps... Mais non, au début, ils parlent, comme vous et moi. Et quand les chansons arrivent, c'est tout naturellement, sans hiatus. Et je dois dire que j'ai été bluffé par la qualité desdites chansons, et ce dès la première (j'ai commandé la BO aussitôt dès qu'en sortant, vive le ouaibe!) C'est  pop ? rock? Plutôt ligne claire, en tout cas, ça sonne très juste, naturel. Je le redis (faudrait-il que je vous le chante ?) je n'avais encore jamais entendu de chansons aussi bien intégrées dans un film...

Et de quoi que ça cause, à part ça ? Et bien ça parle des relations entre les gens d'une façon générale et d'amour en particulier. D'amour boum quand votre coeur fait boum et de sexualité il faut bien que le corps exulte aussi. Mais d'une (bi)sexualité comment dirais-je... adolescente, angélique et... rêveuse (?) J'emploie à dessein le mot adolescent, non pour le côté acnéique et mal dans sa peau, mais plutôt pour son approche ludique, funambule, désinvolte... Décomplexée. Insoutenable légèreté et tout ça... Pourquoi rêveuse ? Euh juste parce que je trouvais que "angélique et rêveuse" ça sonnait bien...

Un ménage à trois, une famille, des collègues de travail, un voisin de concert, un couple hétéro, un couple homo... tout ça, ce sont juste des manières différentes d'être ensemble. Des regroupement affectifs. Pour ne pas vivre seul... Sans qu'il soit fait vraiment de hiérarchie morale sur ce qui est bien ou ce qui est mieux. Juste un besoin vital, quoi. Au début, Ismael (Louis Garrel, ce gars-là est énervant tellement il est bien) partage son lit (et sa vie) avec Julie (Ludivine Sagnier) et Alice (Clotilde Hesme). Et c'est assez joyeux, (et joyeusement filmé aussi) d'ailleurs. Première partie : on s'ébat.
Puis quelqu'un va mourir (tiens, encore un film où il est question de cimetière) et la donne affective est donc modifiée, l'équilibre (précaire) chamboulé. Séisme dans le couple, dans la famille, flottements... Deuxième partie : on se débat.
Le temps, justement, de réussir à  faire son deuil, de se reconstituer, d'accepter de (re)prendre position (et figure humaine), et d'être capable d'aimer à nouveau, grâce à (oui c'est bien le mot) un genre de séraphin breton. Troisième partie : on combat ?

Ca a l'air théorique et chiant, dit comme ça, mais ça ne l'est pas du tout du tout. La pose dramatique est  éludée (on y pleure très peu, finalement), le pathos n'est jamais lourdement surligné, bref sans cesse le film chantonne sussurre fredonne (même quand les acteurs ne font que parler), avec peut-être ce genre de légèreté apparente, d'insouciance, qu'affectent les équilibristes. Qui sifflotent, mine de rien. Et se produit ainsi pour le spectateur une osmose empathique, une contamination positive. On m'a parlé de drame musical, de solitude glacée, désolé quand à moi je n'ai vu / entendu qu'une mélodie complice, un gazouillis (oui, parce que gay comme un pinson ?) une ritournelle de galopin dont le dernier couplet se terminerait par les histoires d'amour finissent mal en général mais ici pas vraiment. Et toc!

Oui, je le redis, cette chanson de gestes (et de mémoire aussi) fait un bien fou, peut-être parce que, comme dans les "vraies" chansons d'amour, on s'y retrouve on s'y reconnaît, on y entend des mots faciles des mots fragiles qui font écho, et surtout parce qu'elle est sans cesse tirée vers le positif, du côté de la lumière (alors que c'est un film plutôt nocturne), du côté de l'espoir. Oui, Ismael a beau zébulonner, faire le clown, le marionnettiste, sauver la face, il n'en est pas moins malheureux perdu pendant un certain temps. Parce que ça n'est jamais forcément facile de se donner les moyens d'être heureux. Je n'ai parlé jusqu'ici que de Louis Garrel mais ne vous y méprenez pas, tous les autres autour sont au diapason, à l'unisson (pour rester dans les métaphores choralesques) et tous chantent avec leur vraie voix et on a vraiment envie d'applaudir toutes ces belles âmes qui papillonnent de concert. Ludivine Sagnier, hyper parapluies de cherbouresque, Chiara Mastroianni  retrouvée avec un immense plaisir, impériale, et le tit mimi Grégoire Leprince-Ringuet (le séraphin que j'évoquais plus haut), celui par qui l'amour (qui est un enfant de bohème) arrive (sur la pointe des pieds, la première fois on ne verra de lui que ses mollets velus) et qui va en faire fondre plus d'un(e).

Car ça faisait longtemps que je n'avais pas vu ainsi représentée une relation entre deux mecs (donc homosexuelle) vécue aussi simplement, égalitairement, tendrement. Normalement devrais-je dire (devrait-on TOUJOURS dire). Et ce final de comédie musicale avec son duo d'amour sur le balcon me terrasse (!) complètement. "Il va falloir dire je t'aime..." . Et ce qui n'était qu'une scène banale (quoi de plus normal que deux mecs qui se chantent qu'ils s'aiment sur un rebord de fenêtre ?) se transfigure, grâce à un travelling arrière et le rond de lumière d'un coup de projo hollywoodien, en sublime moment de cinéma. Je vous jure, j'ai failli rester assis pour assister à la séance suivante. Je sais bien pourquoi Malou m'a dit que ça devrait me plaire...

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12 avril 2006

travaux manuels

(pardon pour les oreilles sensibles...)

de l'écriture et de la branlette considérées comme des activités jumelles, ou du moins fort semblables. Les deux se pratiquent à la main, (seul(e) de préférence), procurent un certain plaisir,  ne sont -finalement- que des succédanés, (ou des pis-allers) et (oh c'est élégant) trouvent toutes deux leur finalité (leur achèvement ? leur concrétisation ?) sur le papier (il n' y a pas loin du kleenex au couché mat...)

étant adepte des deux, je peux m'estimer relativement bien placé pour en parler, non ?

(j'en entends déjà qui vont pousser les haut cris : quoi ? l'écriture ravalée au rang d'une vile activité, si basse, si  communément définie comme honteuse ? l'écriture, alors que c'est un sacerdoce, une vocation, un élan qui tiendrait quasiment du divin ? )

oui oui, je persiste et signe.

l'une comme l'autre ne sont finalement qu'une façon -plus ou moins agréable- de passer le temps (si ce n'est pas de le perdre -car il fut perdu, tout ce temps-). On se, si j'ose dire, caresse dans le sens du poil, on s'auto-congratule, on s'agite, on se donne l'illusion d'agir, d'être en train de produire (des mots dans un cas, et des petits mozarts mort-nés dans l'autre...), de servir à quelque chose.

car toutes deux n'existent qu'en vase clos, en autarcie. On écrit pour soi, et on se branle idem. En maths, on parlerait de réflexivité. Juste moi et moi-même, quoi. Mes mots me touchent, ma main me touche. J'existe donc puisque je.

si je vais jusque au bout de cet embryon de raisonnement, cela impliquerait plus ou moins que le lecteur est en dehors du coup, qu'il surprend le résultat d'une activité à priori destinée à rester secrète... bon c'est là que le bât blesse un peu je le reconnais mais bon je ne vais pas tout recommencer à zéro pour vos beaux yeux (oui oui ô paradoxe vous êtres, lecteur, trice, en train de lire précisement ce que nous ne devriez potentiellement pas être capable de lire, puisque, si vous avez bien suivi, en principe, vous n'existez pas... mais en même temps c'est moi même qui me met un peu dedans, puisque, si vous n'existez pas, pourquoi donc alors au moment même suis-je en train de vous interpeler, et donc de supposer que vous existez ?)

non, la vérité c'est que j'écris d'abord (comme la majorité, non ?) pour moi. Pour me souvenir, pour me faire plaisir, pour me faire sourire, pour me donner envie de mourir, ou pour le délire ou pour le désir (ça dépend des cas) L'écriture comme la branlette sont des petits plaisirs égoïstes.

pour conclure : ça ne fait de mal à personne (jusqu'à preuve du contraire) ça n'est pas désagréable (dans la mesure où on le fait parce qu'on en a envie) alors, hein, pourquoi donc s'en priver ?

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6 avril 2023

cousu de fil doré

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LE BLEU DU CAFTAN
de Maryam Touzani

Vu juste après JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES (l'enchaînement est même un peu juste, puisque j'ai manqué la première minute du film), ce beau film en a sans doute un peu pâti. Un triangle amoureux entre un mâalem (un maître) en broderie, son épouse, et son nouveau (et très joli) nouvel employé. Ca démarre plan-plan. Le mari cache un secret "honteux" (il va régulièrement au hammam pour faire des choses que la morale réprouve, son épouse quand à elle est malade, appren-on vite, mais beaucoup plus gravement que ce qu'on pensait, et elle a, au début, encore la force de s'opposer à la romance naissante (farouchement pudique, juste à base d'échange de regards brûlants) entre les deux mâles, le maître et l'apprenti...
On parlera beaucoup chiffons. Il est beaucoup question de tissus (ah le coupon de satin rose...), de fils, de broderies, de mesures,  de finitions (notamment ce caftan bleu sur lequel Halim travaillera pendant tout le film). Bref on parle boutique (normal, on y est!) avec en doublure de ce tissu chamarré et un chouïa folklorique, les mal-être(s) et les non-dits du trio, (les deux zigotos et la zigota.) Sur cette trame de parfait mélo (le secret honteux, la maladie qui ronge, l'amour "interdit") la réalisatrice a construit un film délicat, dont il faut, au début, avoir la patience de suivre les lenteurs (les langueurs ?). C'est joliment dit, délicatement montré (je réutilise à dessein le mot délicat) et il arrive qu'on ait le sentiment parfois de faire un peu du sur-place (mais, en amour comme en maladie les choses ne sont jamais très faciles...).
Le film, progressivement, se déplace de la boutique vers l'appartement, à petits pas, jusqu'à une très belle (la plus belle du film, en tout cas, pour moi) scène de danse à la fenêtre, d'abord pour faire chier la voisine acariâtre, qui devient danse à trois, solaire, somptueuse où des choses sont dites sans qu'aucun mot ne soir prononcé... (je m'aperçois -tiens donc- que c'est cette scène qui est reproduite sur l'affiche).
Je suis moins séduit par la partie finale (qui appuie fort sur la pédale -si je puis me permettre d'utiliser cette métaphore automobilistique- du pathos et des larmes) et qu'on voyait un peu venir à des kilomètres, mais bon, si elle peut permettre que se mette en place cette image finale (deux mecs assis en terrasse -en tout bien tout honneur-) alors ok je veux bien l'accepter.

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21 août 2022

claquettes

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LE CHIGNON D'OLGA
de Jérôme Bonnell

C'est grâce à Emma (elle a acheté le dvd et elle me l'a prêté) que j'ai pu voir ce premier film d'un réalisateur que j'aime beaucoup. Comme souvent chez lui, il s'agit -déjà- d'un film choral (carrément polyphonique!) où vont s'entremêler plusieurs histoires sentimentales d'un certain nombre de personnages.
Soit un père (Serge Riaboukine) en stand-by affectif après le décès de son épouse, sa fille (Florence Loiret-Caille), un peu larguée, qui se demande entre autres si elle est lesbienne ou pas et l'expérimente avec sa copine (Clotilde Hesme), son fils (Hubert Benhamdine, qu'on reverra par la suite surtout sur le petit écran) qui est amoureux d'Olga la libraire (qui donne son titre au film) mais qui traîne surtout avec sa copine qui fait des claquettes, Alice (Nathalie Boutefeu) qui elle a des problèmes sentimentaux avec Grégoire (Jean-Michel Portal), dont on entreverra le frère (Grégory Gadebois) à deux reprises. Il y a aussi Pascal (Marc Citti) un ami de la famille, et Nicole (Valérie Stroh) une vieille amie du papa... Beaucoup d'actrices / teurs qu'on connaît et qu'on aime (à part Hubert Benhamdine que j'étais un peu étonné de trouver en tête de générique parce que je ne le connaissais pas du tout) et qu'on est content de retrouver là, et, en plus si jeunes, et donc si attendrissants (le film date de 2001).
Julien, le fils, en pince vraiment pour sa libraire, dont il hallucine la présence un peu partout, au point d'élaborer des stratagème idiots pour qu'elle le calcule enfin (mais bon on ne devait pas dire ça en 2002). L'histoire de Julien et d'Olga c'est un peu l'ossature principale du film (un film où personne n'a de téléphone portable et où les prix sont en francs, quel ravissement, quel bonheur, quelle satisfaction...) mais il y a plein d'autres histoires qui se ramifient tout autour, à tel point que -premier film oblige- on a parfois le sentiment que c'est un petit peu trop rempli, à ras-bord, et du coup que certaines histoires sont traitées plus désinvoltement que d'autres... Mais c'est trop bien de baguenauder avec tous ces personnages (et, surtout, les acteurs qui les incarnent), dans ce qui pourrait être considéré comme un genre d'esquisse de J'ATTENDS QUELQU'UN, qui viendra six ans plus tard.
Ravissant.

aff


 

18 avril 2022

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LA REVANCHE DES CREVETTES PAILLETÉES
de Cédric Le Gallo et Maxime Govare

Je devais voir  deux films cet après-midi-là, mais j'étais tellement réjoui en sortant de celui-ci que je n'ai pas eu envie d'en remettre une couche de quoi que ce soit d'autre sur le champ (en plus j'avais les yeux rouges et gonflés et tout mon rimmel avait dû couler). Le film m'a enthousiasmé, et même davantage : la scène finale est rentrée directement dans mon panthéon personnel des "100 choses qui me resteront du cinéma")
J'avais bien aimé le premier, avec quelques réserves quand même (), le fameux "peut encore mieux faire", mais, là, cette fois-ci, (les deux réalisateurs ont dû entendre ma prière) rien à redire ou presque, je me suis complètement laisser emporter, d'un bout à l'autre (et pas forcément -mauvais esprits que vous êtes si si je suis sûr que vous y aviez pensé- de la tête à la queue, pour filer la métaphore crevettesque).
Première excellente surprise, le film est beaucoup plus que la somme des extraits qui composent sa bande-annonce (très judicieusement conçue, multi-vue, et dont je ne me lasse toujours pas, cf "quelle chance d'avoir si peu de couilles..."), et s'implique beaucoup plus, à tous les niveaux, que le premier opus... On est dans le registre de la "comédie" (j'ouvre les guillemets) "grand public" (idem), et j'en rajoute une paire (de guillemets) "à message", et dans chacune des catégories, ça coche toutes les cases, c'est drôle, touchant, engagé, et oui à chaque fois ça fait tilt!

Tout démarre lors d'une escale en Russie  : l'équipe déjà connue, avec en plus un nouveau joueur tout juste recruté par le coach hétéro -qui n'a pas osé lui dire toute la vérité à propos de ladite équipe-, (le dit nouveau joueur est un beau rebeu tout vénère, trop homophobe pour que ça ne cache pas quelque chose moi je dis ça je dis rien clic clic...) l'équipe, donc, est coincée pour la nuit en attendant la correspondance pour les Gay Games de Tokyo qui ne partira que 24h plus tard,  et donc on va se les geler sur place, en compagnie de nos copines pailletées, au cours de la looongue nuit qui va suivre.
On a retrouvé chacun des membres (de l'équipe) chacun/chacune avec ses spécificités et/ou ses cachotteries (chacun/chacune a au moins quelque chose à cacher) dans l'hôtel où ils sont censés se confiner ("Ici l'homophobie est un sport national, alors on se met en mode furtif...") mais, crevettes oblige, certain(e)s ne vont pas pouvoir s'empêcher de sortir pour vivre leur "vie nocturne", et tout va, bien évidemment dégénérer, au-delà de toutes leurs espérances (et des notres aussi, du coup).
On est en Russie (et pour être encore plus -doublement- raccord avec l'actualité, le film, "en vrai", a été tourné en Ukraine), il va être question, suivant deux narrations parallèles, d'une paire de crevettes parties pour un rendez-vous grinder, et, de l'autre, d'un trio parti à la recherche d'une hypothétique boîte gay (et friendly), les crevettes restant(es) à l'hôtel pour y gérer leurs petites affaires internes sentimentales et plus si affinités.
On va faire la connaissance de gros russkoffs bourrins pur jus ("I love Grindr... to kick the gays"), des bons gros cons armés de battes de base-ball et autres joyeusetés,  et il s'en faudra d'un cheveu (enfin, d'une voiture de police) pour que ce beau monde ne soit victime d'un lynchage en règle...
Mais pour affronter un nouveau péril, bien plus sournois (et dégueulasse), celui de la "remise dans le droit chemin sexuel" dans un établissement (avec, pourtant, directrice qui parle français) qui ressemble énormément à une prison (et aussi, au réfectoire, à un certain clip de Mylène Farmer, ce qui n'a pas échappé à certains critiques, et à moi non plus huhu...)
La deuxième partie du film est donc consacrée à la fois à ceux qui sont internés, et à celles et ceux, qui, dehors, mettent sur pied un plan pour les faire évader... Et tout tient, tout tient merveilleusement, miraculeusement, on passe du rire aux larmes comme on changerait ses baskets pour des talons-aiguilles (où son slip de bain pour une robe du soir), du constat social pas jojo (le "guérissement" de l'homosexualité) au rocambolesque tout terrain, en passant par le mélodrame pur jus (le lac gelé).
Tout est bien qui finit bien, ceux qui devaient partir partent, celui qui devait coming-outer coming-oute, les couples s'accouplent, bref ça finit encore mieux que le premier, hein, où il y en avait quand même un -attention spoil- qui mourait à la fin, hein (mais bon même celui-là on le revoit -en hommage- à la fin de celui-ci...)
Et il y a cette scène finale que j'ai trouvée sublime, et qui emporte tout sur son passage...
Je le redis je suis sorti de là ENTHOUSIASMÉ...

J'aime trop cette façon de parler de l'homosexualité (de la gayitude, plutôt), sans en faire tout un plat, en construisant un récit autour d'un groupe où c'est elle qui est la "norme", dans un discours (apparemment) apaisé, ni hystérie façon La Cage aux Folles (avec le soupçon de mépris qui va avec) ni drame façon Mort à Venise (avec le découragement qui va avec), ni chronique politique façon Le droit du plus fort (et l'amertume qui va avec...)

Mais, comme le synthétise le journaliste du Nouvel Obs :
"Ce nouvel épisode combat avec une virulence joyeuse tous les ostracismes dont est encore et toujours victime cette communauté. Le rythme est inégal, mais la bienveillance militante règne. Et la mise en scène fait de beaux clins d’œil à Désenchantée, de Mylène Farmer. Reste que l’humour au ras du string et au second degré ultra-gay n’aura pas la même saveur ni la même valeur selon qu’on est homo, "friendly" ou nullement concerné."

Je n'aurais pas mieux dit...

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* Lesbiennes / Gays / Bi / Trans / Queer / en Questionnemment / Intersexe / Pansexuel / 2 Spirit / Androgyne / Asexuel /

4 mars 2022

1988

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VITALINA VARELA
de Pedro Costa

Un film particulier, surtout qu'on en a (re)vu deux fois les dix premières minutes (L'image au départ était tellement grande... qu'on ne voyait pas les sous-titres! On a donc recommencé, mais au bon format cette fois). Un film d'obscurité, de ténèbres, de nuit, d'orage. Un "objet", un dispositif, qu'on pourrait qualifier de "à l'extrême bord du cinéma". Une forme.
Vitalina Varela c'est le titre du film, c'est le nom de son personnage principal, et celui aussi de la femme qui l'interprète... Comme il l'avait fait avec les Straub/Huillet en plein montage dans Où git votre sourire enfoui ?, et avec les Balibar/Burger en plein enregistrement dans Ne change rien, Pedro Costa centre son film sur ce beau personnage (ici, de femme), s'y attache, tourne autour, ne le lâche plus.
Le film est d'une perfection formelle parfaitement sidérante. Un univers très sombre, opaque, étouffant (la plupart du temps ; il faudra attendre la toute fin pour apercevoir, quasiment, la lumière au bout du tunnel) lugubre, mortifère, et chacun des plans amoureusement composé (et admirable en tant que tel) vient comme une déflagration sensorielle et/ou émotive.
Vitalina Varela vit au Cap-Vert, son mari a fui au Portugal (l'a abandonnée) des années auparavant, et voilà qu'il est mort. Vitalina a pris l'avion, mais est arrivée trop tard. Trois jours après son enterrement. La voilà donc débarquant (gros plan -très épuré- de son pied nu en bas de la passerelle) au Portugal, seule ("il n'y a rien ici pour toi"), qui va rencontrer le prêtre qui a célébré l'enterrement de son défunt mari (dont certains disent, au début du film "que c'était un sacré fils de pute..."), prêtre un peu angoissant (j'ai pensé aux zombies dans les films de Tourneur, et aussi à l'inquiétante étrangeté chère à Sigmund F.).
Le film est long (plus de deux heures) austèrement magnifique (et magnifiquement austère) et peut, parfois inciter un peu à rêvasser (comme dirait Dominique), comme on peut (on en a le droit) penser à autre chose en contemplant une image splendide. "C'est bien mais c'est spécial...".
J'ai été très admiratif même si parfois un peu vagabondant (on ne comprend pas forcément du premier coup tout ce qu'on voit, même si c'est -je le répète- formellement parfait. (le travail sur la lumière, la composition des plans, tout est beau à tomber).
Pedro Costa a fait de la vie de Vitalina Varela un livre d'heures (la religion y est très présente, en tant que cérémonial, cérémonie) somptueux, et transfigure son héroïne en icône cinématographique.
Un film qui sollicite constamment votre attention, laisse votre oeil se laisser accaparer par l'extrême acuité de sa perfection plastique, comme enluminant -paradoxalement en l'obscurcissant- la vie dure de ces gens simples ("misère noire")  et le parcours de cette femme extraordinaire. Sidérant.

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Festival de Locarno 2019 • Léopard d’Or du Meilleur Film & Léopard de la Meilleure Actrice

 

2 février 2022

pouet pouet camion

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LICORICE PIZZA
de PaulThomas Anderson

Aïe. J'y allais un peu à reculons (après avoir passé sa filmo en revue, j'ai finalement assez peu d'affinités avec le cinéma de Paul Thomas Anderson), la bande-annonce ne m'avait emballé outre mesure, mais les critiques étaient si enthousiastement unanimes (17 fois ***** et 17 fois ****, quelle mouche les a donc tous piqués ?) que j'y suis donc allé, hop! Bon, je ne vais pas cracher dans la soupe et dire que j'ai détesté, ce qui serait faux, je vais juste dire que ça ne m'a pas enthousiasmé. J'ai regardé ça avec plaisir, même parfois grand plaisir, (et même, allez, très grand plaisir) mais bon voilà... Je ne comprends pas vraiment ce qui a pu provoquer ce raz-de-marée admiratif (le lobby des fabricants de waterbeds ? ou de flippers ?) Qu'est-ce que ce film a de plus qu'un grand nombre de comédies américaines teenage ? J'ai pensé à des trucs vraiment enthousiasmants, comme La folle journée de Ferris Bueller (1986), de John Hugues, ou, un peu plus récent Supergrave (2007) de Greg Mottola. Les ados (garçons) boutonnent et sont titillés par les hormones et rêveraient de passer à l'acte, pendant que les filles de leur côté (oh so cliché -à prononcer avec l'accent américain-) ne rêvent que de princes charmants et de soirées trop romantiques... Et il y a beaucoup beaucoup de musique (la bande-son est blindée, mais bon la musique des années 70 n'est pas ce qui me titille le plus -ni me fait le plus tortiller du croupion)
Ici le garçon est trop jeune (15 ans) et la fille ne veut pas sortir avec lui parce qu'elle est plus vieille, et ils vont passer beaucoup de temps avant de pouvoir concrétiser... C'est la grande question que je me posais : "mais quand vont-ils finir par s'embrasser ?" (bon, spoil attention, à la fin ils se marient... ah bon ? -air étonné-). Il y a des péripéties étonnantes (la longue scène du camion), il y a des apparitions plaisantes (j'ai un faible pour Bradley Cooper en fiancé de Barbra Streisand, mais Benny Safdie en sénateur gay in the closet n'est pas mal non plus...), et il y a à l'arrivée un filmounet plutôt sympathique, certes, mais qui ne mérite pas forcément toutes ces révérences et ces sourires pâmés...

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