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lieux communs (et autres fadaises)
30 décembre 2017

diorama

219
LE MUSÉE DES MERVEILLES
de Todd Haynes

Il était normalement programmé sur la semaine (en principe 6 fois) mais voilà que ce sont les vacances de Noyel à compter de ce soir! Arghhh! Il faut être sûr que les clients spectateurs puissent ne voir que des merdes pendants les vacs, et donc il fut programmé -imbécilement- deux fois hier et deux fois aujourd'hui (dont deux séances à 13h45!) et donc circulez cochons de payants y a plus rien à voir, et je voulais juste râler et dire combien tout ça m'exaspère... Alors je fais comme dans l'histoire du Roi Midas, je fais un petit trou dans la terre le ouaibe, je dis dedans ce que j'ai à dire et je rebouche le trou...

Respirons à fond, faisons za-zen et revenons-en au beau film de Todd Haynes qui ne mérite pas tant de colère. Je l'avais raté à Besac, malgré le vif enthousiasme de Jean-Luc, et donc je l'attendais, comme on dit, de pied ferme, Todd Haynes étant à mes yeux un cinéaste plaisant dont Julianne Moore fut plusieurs fois la muse...
Donc, on a, au départ, deux films pour le prix d'un, le premier, en noir et blanc, est l'histoire d'une petite fille sourde (jouée par Millicent Simmonds, une gamine archi-bluffante), qui fugue à New-York pour aller retrouver une actrice dont on apprend qu'elle est sa mère, qui l'a visiblement laissée en dépot à la campagne et ne s'en soucie guère, le second est en couleurs, se passe dans les années 70 et raconte l'histoire d'un jeune garçon (Oakes Fegley, qui mérite presque autant d'éloges que la fillette) devenu subitement sourd à cause de la foudre, et qui fait lui aussi une fugue à New-York, pour y retrouver un père qu'il n'a jamais connu, mais sur lequel il possède de vagues indices (une publicité pour une librairie). Le film est ainsi construit en strates alternées, les deux histoires filent en parallèle, la mise en scène (et la musique) permettant des chevauchements et transitions diverses (et heureuses).
Todd Haynes n'est pas un plaisantin, et il a soigné autant ses deux histoires, aux petits oignons, on y voit vivre le cinéma des années 20 et celui des années 70, la reconstitution frôle la perfection (et qui dit parfait n'est pas loin de dire maniaque), et tout ça, comment le dire autrement, est  absolument magnifique.
Le spectateur mu (juste après lambda) se dit qu'il y a bien une raison à cette alternance d'histoires, qu'il y a forcément un rapport, un point commun, il note les années, il calcule sur ses petits doigts (ou dans sa tête) et il finit par trouver (j'avais deviné avant que le réalisateur ne finisse par nous mettre les points sur les i, mais bon ce n'était pas très difficile) ce qui s'est joué (et c'est hihi Julianne Moore la clé de l'histoire...).
(mine de rien je rédige ce post après une semaine de vacances et d'agapes, et des choses se sont évaporées, forcément).
New-York d'avant-hier et d'hier, des histoires de famille, de surdité aussi (les gens qui pratiquent la LSF auraient pu en profiter, je les y ai invités, enfin, certains, -n'est-ce pas Pépinou ?- mais, visiblement, en vain tant pis pour eux) , des enfants, des musées, des maquettes, des loups (ouh ouh!), des retrouvailles et de la musique, de la musique, de la musique (qui est comme le quatrième mur du récit), tout pour faire des heureux dans les salles obscures en cette fin d'année (s'ils ont pu, bien sûr choper au vol une des quatre malheureuses séances... bon j'arrête je me fais du mal)

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6 avril 2021

poulailler 94

MAUVAIS COÛTS de Jacky Schwartzmann

"Je suis un bâtard. Ma mère est toujours allée voir ailleurs si l'herbe des pubis était plus verte. Elle était un peu paysagiste et Papa a vite constaté que lui et moi on se ressemblait à peu près autant que Gaston Deferre et Alain Delon. Il a viré maman et elle n'a pas jugé bon de m'emmener dans ses valises. Parce que dans les années soixante-dix, la garde des enfants, c'était pas comme maintenant. On fumait dans le métro, on se rasait pas la chatte, on s'habillait en orange, on faisait tout à la zob.  J'avais trois ans, je ne l'ai jamais revue."
(premières lignes)

*

"C’est la salle Van Gogh. Je connais pas bien la peinture et je connais encore moins la relation entre une salle de réunion sans âme et un cinglé sans oreille. Je me demande d’ailleurs qui est le plus taré, un mec qui se coupe une oreille ou un mec qui donne le nom d’un mec qui se coupe une oreille à une salle de réunion avec des cloisons en placoplâtre."

*

"Dans la vie, les étrangers qui se frottent les uns aux autres pour le boulot ne s’arrêtent jamais pour se dire : "Eh mais, qu’est-ce qu’on fout là, nom de Dieu ? " On a tous envie de faire des pauses et ça nous saoule tous de faire semblant de croire à ce qu’on dit, mais on y va. On se dit que tout ça c’est des conneries et que la vraie vie on la manque et puis un jour on comprend : y a pas de vraie vie. La vraie vie, c’est justement ça : faire semblant de croire à ce qu’on dit, à ce qu’on fait."

*

"Je n'avais jamais véritablement réfléchi à toutes ces questions avant, j'étais vaguement athée, ascendant on sait jamais."

*

et je pourrais comme ça en recopier des pages et des pages... MAUVAIS COÛTS de Jacky Schwartzmann. Deux cent et quelques pages de la plus viscérale et exquise et drôle des noirceurs. Celui qui parle, le "héros", c'est Gaby, un personnage cynique, amoral, un vrai salopard, qu'on ne peut que détester d'emblée (en se demandant quand même si on va pouvoir tenir comme ça jusqu'à la fin du bouquin), qui va s'avérer ensuite être un peu moins salopard, mais, chassez la saloparditude et elle revient au galop, c'est bien connu, et ça n'est pas la fin -jubilatoire- de ce bouquin qui me contredira. Du grand art!
Et merci à Pépin de me l'avoir rappelé!

*

en ce jour de tolérance week-endepasquale pour les déplacements, nous (Dominique, Emma, Régis et moi + Félicien pour le repas) en avons profité pour nous retrouver une dernière fois, à Gy, à l'aube de ce nouveau  re-re-re-concon de quatre semaines, pour manger puis jouer ensemble (voilà un joli programme!) jusqu'à 17h et quelques, heure de retournage au poulailler... (et beaucoup d'autres gens, visiblement, avaient eu la même idée, ce qui fait que le pourcentage de connards au volant était sensiblement plus élevé que ola moyenne...

*

Dominique demande en rigolant "bon, alors, quand est-ce qu'il neige ?" et ça résonne comme pourrait résonner "bon, alors quand est-ce que tout ça va finir par s'arrêter ?"

*

Capture d’écran (2105)

Hippocrate 2.1

*

début d'un ballet sur y*utube

Capture d’écran (2107)

(exemple particulièrement éloquent de manspreading)

*

scrabble : bien que mené pendant toute la partie, je finis par gagner, grâce à FITTE et à GUR...

*

flippant : être réveillé en sursaut  dans son premier sommeil (il est minuit) par le téléphone qui sonne assez lontemps pour que vous ayez le temps de vous lever et d'aller dans l'autre pièce le décrocher mais alors il n'y a (plus) personne au bout du fil, vous faites le 31 31, une voix de synthèse vous annonce qu'il s'agit d'un numéro qui commence par 01 80..., et lorsque vous faites le 5 pour rappeler votre correspondant comme vous l'a conseillé cette même voix synthétique, vous tombez sur une autre voix synthétique qui vous dit que le numéro appelé n'est pas en service...

*

 

 

23 février 2023

prédictions de madame irma

les Cesar : avant/après

Meilleur film

Meilleure réalisation

Meilleure actrice

Meilleur acteur

Meilleure actrice dans un second rôle

Meilleur acteur dans un second rôle

Meilleur espoir féminin

Meilleur espoir masculin

Meilleur scénario original

Meilleure adaptation

Meilleurs costumes

Meilleure photographie

Meilleurs décors

Meilleur montage

Meilleur son

Meilleurs effets visuels

Meilleure musique originale

Meilleur premier film

Meilleur film d'animation

Meilleur film documentaire

Meilleur film étranger

Meilleur court métrage de fiction

  • Haut les cœurs d'Adrian Moyse Dullin
  • Partir un jour d'Amélie Bonnin
  • Le Roi David de Lila Pinell
  • Les Vertueuses de Stéphanie Halfon

Meilleur court métrage documentaire

  • Churchill, Polar Bear Town d'Anabelle Amoros
  • Écoutez le battement de nos images d'Audrey Jean-Baptiste et Maxime Jean-Baptiste
  • Marie Schneider, 1983 d'Élisabeth Subrin

Meilleur court métrage d'animation

  • Câline de Margot Reumont
  • Noir-Soleil de Marie Larrivé
  • La Vie sexuelle de mamie d'Urska Djukic et Émilie Pigeard

César des lycéens

24 février 2023

madame irma suite et fin

les Cesar : avant/après

(au début j'avais tout faux, à la fin j'ai eu tout juste!)

Meilleur film

Meilleure réalisation

Meilleure actrice

Meilleur acteur

Meilleure actrice dans un second rôle

Meilleur acteur dans un second rôle

Meilleur espoir féminin

Meilleur espoir masculin

Meilleur scénario original

Meilleure adaptation

Meilleurs costumes

Meilleure photographie

Meilleurs décors

Meilleur montage

Meilleur son

Meilleurs effets visuels

Meilleure musique originale

Meilleur premier film

Meilleur film d'animation

Meilleur film documentaire

Meilleur film étranger

21 mars 2019

fête du court 2019

064
TROP BELGE POUR TOI
Programme de 5 courts-métrages belges

Une soirée en forme de clin d'oeil conjoint à la fête du court-métrage et à la Semaine Belge qui n'aura pas pu avoir lieu cette année...

Welkom (de Pablo Muñoz Gomez) – 17’ – 2013 - avec Jean-Jacques Rausin, Simon André, Wim Willaert
Le père prend une poule pour sa défunte épouse, le fils veut donc construire un poulailler pour Maria (la poule), mais pour ça il doit avoir un permis de construire, et pour obtenir le permis il doit apprendre à parler flamand... Très drôle

Avec Thelma (de Ann Sirot et Raphaël Balboni) – 14’ – 2017 - avec Jean Le Peltier, Vincent Lécuyer, Thelma Balboni
Les parents d'une petite fille, Thelma, la confient à un couple d'amis, le temps de pouvoir rentrer de voyage. Les deux papas-poules s'organisent...Très tendre.

Kapitalistis (de Pablo Muñoz Gomez) -14’ – 2017 – avec Georges Siatidis, Nikos Saxas, Anne Paulicevich, Wim Willaert, Jean-Benoît Ugeux, Catherine Salée, Tom Audenaert
Un papa grec doit se débrouiller pour offrir pour Noël à son jeune fils le sac d'école dont il rêve... mais le sac est cher et l'argent est rare... Il ne faut pas hésiter à payer de sa personne...

Le plombier (de Xavier Seron et Méryl Fortunat-Rossi) – 15’ – 2016 – avec Tom Audenaert, Catherine Salée, Jean-Benoît Ugeux, Philippe Grand’Henry, François Ebouele et Delphine Théodore
Un doublage de film porno "maison", fait avec les moyens du bord... comme quoi on peut être très expressif en étalon porno et très timide dans la vie réelle...

L’Ours noir (de Xavier Seron et Méryl Fortunat-Rossi) – 16’ – 2015 – avec Jean-Jacques Rausin, Jean-Benoît Ugeux, Catherine Salée, Terence Rion, François Neycken, François Ebouele
Un groupe d'amis en randonnée au Québec se fait décimer par un ours qui a l'air très gentil comme ça (un ours en peluche géant) alors que pas du tout. Beauvcoup d'hémoglobine, de membres arrachés et d'humour très noir...
"Welkom"
"Avec Thelma"
"Kapitalistis", l'un des courts-métrages du programme "Trop belge pour toi"
"Le plombier"
"L'ours noir"
Un programme belgissime (je connaissais juste le dernier des cinq) et très plaisant (on reconnait des acteurs passant d'un film à l'autre, c'est rigolo...). Chaque film a sa tonalité propre (et son charme idem). J'ai un faible, personnellement, pour la poule du premier, qui est celui qui m'a fait le plus rire...
9 avril 2017

mannequins

083
PLUS JAMAIS SEUL
de Alex Anwandter
(Semaine latino, suite...)
Celui-là a une histoire particulière, parce que nous ne l'avions, tout d'abord, même pas envisagé (sortie en mai!), que c'est le distributeur  qui nous l'a gentiment proposé (tandis qu'on galérait pour obtenir Mai morire, qu'on n'a finalement pas obtenu parce qu'il était en sortie nationale!), qu'il posait problème parce qu'on avait déjà un film chilien (Neruda), et déjà un film gay (Les amants de Caracas), mais que finalement on a pris parce qu ça nous arrangeait quand même, un des autres distributeurs prévus s'étant lâchement désisté au dernier moment (encore une histoire de sortie nationale...)  nous laissant donc un peu dans la panade... Nous avons donc décidé de présenter trois films chiliens (dont le doc Zona Franca) et de faire donc du pays l'invité d'honneur de cette sixième édition...
Il s'agit du premier film du réalisateur, qui est là-bas -au Chili- une popstar (connu comme chanteur du groupe indie pop Teleradio donoso) et qui a décidé de réaliser ce film d'après une histoire vraie (il connaissait la victime) celle de Daniel Zamudio, jeune gay victime, en 2012, d'une agression homophobe particulièrement violente, fait-divers qui a ému l'opinion et a conduit au vote, quatre mois plus tard,  d'une loi anti-discrimination qui porte son nom ("loi Zamudio"). Le jeune homme est mort.
Le réalisateur a donc repris l'histoire dans ses grandes lignes, en la modifiant  dans les détails (notamment sur le groupe des agresseurs dont il fait des connaissances de la victime, en le composant non seulemnt d'un "mâle dominant" hétéro pur jus et de  son lieutenant,  mais aussi un troisième larron, un gay, avec lequel le jeune homme a des rapports sexuels réguliers, un gay, donc, qui lui ne s'assume pas, et ne lui portera pas secours, bien au contraire, rendant l'affaire encore plus dégueulasse et plus tragique).
Il met en place un double portrait, celui de Pablo, le jeune homme, mais aussi celui de son père, (joué par l'imposant et taiseux Sergio Hernandez) homme d'une autre génération, travaillant dans une fabrique de mannequins, mais vivant avec son fils une relation forte, faite d'amour et de respect réciproques (et de non-dits).
Après l'agression de Pablo, le film se recentre donc sur le parcours du père, qui voudrait que les coupables soient punis,  mais se débat en même temps avec une multitude de problèmes annexes (avec son associé, avec la banquière, avec une voisine, avec l'assurance...) L'action se fractionne d'autant.
J'aurais aimé adorer ce film, et avec un tel sujet (et de telles intentions) je ne pourrais le ranger que dans la catégorie des inattaquables. J'avoue que ce post fait vraiment pour moi l'objet d'un cas de conscience (la preuve, ça fait une semaine que je me triture les méninges) et que j'ai tourné et retourné sept fois ma plume dans ma main, sans parvenir à prendre une décision.
Donc m'arrêter là, en précisant que le film sortira le 3 mai, qu'il est distribué par Epicentre (qui a eu la gentillesse de nous le confier, donc, en très avant-première, qu'il en soit encore remercié), et je préfère vous renvoyer sur cette  critique élogieuse, ici.
J'en reparlerai peut-être plus tard.

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20 mai 2017

qu'angola que l'amour...

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LETTRES DE LA GUERRE
d'Ivo M Ferreira

Un film dont j'ignorais tout avant qu'hervé n'en parle. Antonio Lobo antunes je connaissais juste de nom, mais je n'avais jamais fait l'effort de m'y plonger. Il s'agit ici des lettres qu'il a envoyées à se femme alors qu'il était médecin militaire en Angola. J'avoue que le résumé ne m'en avait pas fait plus frémir que ça et que je m'y suis rendu, cet aprèm', dans le bôô cinéma,  moitié par curiosité et moitié par politesse.
Et vlam! (c'est le bruit d'une claque (ou plutôt vlam! vlam! plutôt le bruit d'une bonne paire) dans la figure, pour figurer à la fois la surprise et l'intensité de celle-ci).
Ivo M. Ferreira a réalisé un film qui m'a mis doublement (voire, triplement) sur le cul. Lettes d'amour, donc D'Antonio Lobo Antunes à son épouse, lettres d'amour quotidiennes, tour à tour lyriques, embrasées, splendides, incandescentes, débordantes. Rien que ça pourrait justifier d'aller voir le film (elles sont lues le plus souvent par une voix féminine -celle de leur destinataire- mais quelques fois, aussi par une voix masculine (celle de l'expéditeur).
Et ces lettres viennent se poser sur les images de la vie de notre médecin épistolier en Angola, au sein d'une guerre où personne en comprend grand-chose. La vie militaire, quotidienne, au ras des paquerettes, filmée dans un noir et blanc à la fois simplissime et grandiose. Et le décalage entre ces deux formes narratives (au terre-à-terre de la vie des bidasses répond le ciel-à-ciel des lettres lues) produit un effet de sidération qui grandit plus le film progresse. Je m'en suis déjà expliqué plusieurs fois auparavant ici même, bien qu'étant un pacidiste convaincu je suis pourtant... séduit, très souvent au cinéma dès qu'il est question des bidasses, troufions et autres piou-pious, mais bien plus dans leur quotidien (le camp, les chambrées, l'inaction, les chaussettes sales, bref le prosaïque) que lors des attaques, représailles, et autres opérations logitisques et guerrières qui ne me passionnent pas vraiment.
Et (la référence m'avait fait peur car je n'avais pas vraiment aimé le film) le sublime noir et blanc à la Tabou (de Miguel Gomes) cisèle à merveille des ambiances à la fois triviales et lyriques (on suit le traintrain d'Antonio, le narrateur, au jour le jour, dans la rusticité moite de son camp à Chiunge, avec sa routine, ses incidents, ses rencontes) que la perfection des cadrages, des contrastes, des angles de prises de vue, viennent encore magnifier.
Et plus encore le texte de ces lettres d'amour, toujours fascinantes, mais dont quelques-unes sont carrément sublimes, tant l'écriture se fait incantation (je pense à une, notamment, qui n'est qu'une longue liste de qualificatifs de l'aimée).
Je m'en suis d'autant plus voulu d'être un tout petit peu tombé en somnolence au tout début du film, et j'ai dû me pincer avec la plus grande énergie pour, par la suite, ne plus en perdre une miette.
"Une splendeur" dit l'affiche, et c'est tout à fait juste.
Encore une fois merci, Hervé.
Top 10, probablement.

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30 novembre 2016

vendre les fermes

UNE VIE
de Stéphane Brizé

Stéphane Brizé, après le triomphe -justifié- de La loi du marché (et le couronnement consécutif, tout aussi justifié, de Vincent Lindon)  s'est lancé dans l'adaptation du premier roman de Maupassant (que j'avoue n'avoir jamais lu), a été recalé pour la sélection française de Cannes 2016, mais sélectioné pour celle de la Mostra (Venise). Et voilà que tout le monde ou presque lui tombe sur le rable : "Adaptation empâtée", "affectée et ringarde", "fatalisme dénué d'émotion", "vision du féminin forcément datée", "maniérisme", "anti-académisme appliqué"... Eh Oh Ca suffit, hein! (Et encore, je n'ai parcouru que les critiques lors de la sortie du film... celles de Venise étaient, me semble-t-il, encore plus vachardes et salopes... (Les critiques, de plus en plus en plus souvent, j'ai envie de les attraper et de les gifler. Ou bien de les prendre par les pieds et de leur taper la tête par terre jusqu'elle s'enfonce dans le sol, comme les autruches.)

Comme l'annonce clairement l'affiche, le film est centré sur Judith Chemla, et c'est une fort bonne chose. Je crains toujours les films où on voit les personnages vieillir et finir avec force perruques à cheveux gris et maquillages ridulatoires en plastoche (je suis toujours désolé par la dernière scène de The Hours, avec une Julianne Moore précisément dans cet état, qui pouse même le souci de réalisme jusquà sifflotter du dentier...). Et bien là, le vieillissement passe très bien, et on y croit, de a jusqu'à z (oui, Judith Chemla est répétons le absolument magnifique) peut-être parce qu'il est plus "stylisé".
La vie d'une femme, donc, de sa sortie du couvent pleine de jeunesse de grâce et d'illusions, à sa vieillesse solitaire et butée, mais toujours avec un minimum d'illusions. Sur un écran carré, ou presque, qui resserre ainsi le cadre jusqu'à l'étouffement, concentrant/condensant ainsi l'affect (il semblerait que le mot ne s'emploie qu'au singulier...) et toutes ses manifestations.
C'est un film "en costumes" (et, autour de Judith Chemla, tous les personnages sont au diapason : Jean-Pierre Darroussin -que je n'ai pas immédiatement reconnu- et Yolande Moreau en parents aimants mais maladroits, Svenn Arlaud, Finegan Oldfleid, Clothilde Hesme en mari, fils, et mailleure amie) et en décors naturels "d'époque", ("classiques" pourrait-on dire), pour une narration qui  l'est moins. J'aime le parti-pris de Stéphane Brizé de "tuiler" très souvent les scènes (le son de la séquence précédente vient mordre sur la suivante) mais, justement, sans craindre d'en ellipser d'autre, passant sous silence des événements importants, ou les évoquant juste par un bref plan fixe.
(Quelqu'un a évoqué l'Andréa Arnold des Hauts de Hurlevent, et c'est tout à fait juste).
C'est vrai que la demoiselle n'aura pas eu vraiment de chance dans cette Vie-là, justement, qui fut la sienne, en butte qu'elle fut au mensonge, sous toutes ses formes, avec constance, avec acharnement, avec application : de la part de son mari, de sa bonne, de sa meilleure amie, de sa mère même, et, tout au long de la deuxième et douloureuse moitié du film, de son propre fils, Paul.
Un film, donc, qui vaut, à mon sens, beaucoup mieux que ce qu'en ont bien voulu dire les critiques à bouche en cul-de-poule et à escarpins vernissés.

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(et l'affiche en est juste , qui nous montre Judith Chemla cadrée de très près, detrois-quarts dos, et -on imagine- en caméra portée...)

16 septembre 2016

texas forever

COMANCHERIA
de David Mackenzie

Celui-là, il ya avait de fortes chances que je passasse (coucou marie!) à côté, si nous ne l'avions pas programmé dans le bôô cinéma. Et il y a comme ça de beaux hasards, comme ce film-là, dont je n'attendais rien et qui m'a tourneboulé. Mi-western mi-polar disait la rumeur, mouais allons-y donc, à cette unique séance en vo quotidienne (où nous étions quatre, coucou Marie, coucou Zabetta !).
Comancheria est un film très large, très horizontal, qui remplit complètement tout le (très grand) écran de la salle 9 du bôô cinéma. Un film de paysages, de grands espaces, un film connoté et revendiqué hyper ricain, texanissime, bien plus riche que l'hybride entre deux films de genre (deux genres de film) qu'on a bien voulu nous vendre -le western et le polar, oui oui-.
D'un côté, au départ, il ya deux frérots qui braquent des banques, "artisanalement", et, de l'autre côté deux texas rangers qui les recherchent. Les deux premiers sont plutôt jeunes, et les seconds un peu plus âgés, notamment l'un d'eux, sur le point de partir en retraite (Jeff Bridges, d'anthologie). On suit en alternance l'un et l'autre couple (paire serait plus juste, virilement parlant) au fur et à mesure de leurs parcours respectifs qui vont, c'est inéluctable, les amener à se croiser. Fatalement, comme on dit. mais David Mackenzie connait son affaire. D'une part il nous dévoile progressivement les pourquois et les comments des braquages des frangins, tandis qu'en face l'enquête menée est plutôt débonnaire et plan-plan, soutenue par les dialogues et les vannes échangées par les deux rangers (dont c'est la dernière mission en commun) sorte de vieux couple d'anthologie (dont on ne saura d'ailleurs strictement rien d'autre que ce qu'ils vivent pendant le temps du film).
Et Comancheria est réjouissant à tous les niveaux.
Plastiquement d'abord (ce qui saute aux yeux) : photogénie des paysages américains, tout en longueur ou en profondeur, routes, vues aériennes, crépuscules, patelins, tout y est de l'imagerie US (d'aujourd'hui et de presque hier) qu'on aime (et à laquelle on est attaché), rien n'y manque. Avec la musique qui va juste bien avec : country-rock, folk, surtout, à guitare et à banjo, qui s'intègre parfaitement dans le décor ambiant.
Humainement, ensuite, parce que, par la qualité de son scénario, David Mackenzie parvient à remplir à ras bord d'humanité ce qui, sans cela, n'aurait pu être qu'une enfilade de beaux décors vides. Chacun des quatre personnages principaux est assez finement caractérisé, chacun à sa manière et pour ses propres raisons. Jeff Bridges a été mis en avant, et ce n'est pas sans raison. Pour moi, le personnage est aussi fort et attachant que, disons... tiens, celui joué par Frances Mc Dormand dans Fargo, c'est dire! Mais son collègue, métis, mi-indien mi chicano, est au diapason. Et pareil pour les frères (un concentré de pure virilité cool, mélange qui m'émeut toujours beaucoup en pareil cas) : si Chris Pine assure en beau gosse mal rasé (et en cerveau du gang), c'est bien pourtant son frangin qui m'a presque tout de suite décroché la mâchoire d'admiration bavatoire : ce mec, comme par hasard cumule un tas de détails parmi ceux que je trouve les plus troublants chez un mec -correction "chez un personnage de film".- On pourrait dire qu'il en possède, pour moi, toute la panoplie. Voilà, c'est dit, le personnage de Tanner (et son interprète Ben Foster) ne sont pas étrangers au surplus d'engouement généré par Comancheria.
Plus le film avance et plus le réalisateur nous fait comprendre qu'il veut nous en dire un peu plus que ce qu'il nous montre, qu'il ne s'agit pas simplement d'une histoire de flics qui poursuivent des braqueurs, que ce ne sont pas eux les (vrais) salauds, mais bien ces enfoirés de mecs en costard derrière leurs ordinateurs, et leurs mots doux : hypothèque, créance, mensualité, intérêts... C'est d'ailleurs lors de ces longs travellings paysagers ricanissimes, qu'apparaît régulièrement, au bord d'une route,  un panneau publicitaire ou un autre qui vient nous parler d'argent, de dette ou de crédit...
L'argent, on n'en finit pas de le voir passer, de mains en mains, de caisse en sac, de poche à table, billets usagés, liasses compactes, biffetons qui volent... mais le plus attachant (le plus drôle) est le parcours que lui font effectuer nos doux frérots (et que je vous laisse le soin de découvrir.)
Contrairement à ce qui a été écrit, si Comancheria est bien "un film d'hommes", il n'est pas "un film sans femmes" : Y existent, épisodiquement, pas mal de personnages "du beau sexe", moins mis en évidence que les mâles c'est vrai : l'ex-femme du frangin n°1, une serveuse de restaurant, une autre, beaucoup plus acariâtre, quelques caissières effarouchées, une dragueuse de casino, une réceptionniste douce en apparence mais tornadesque au lit, la rangère qui a succédé à Jeff Bridges...  Contrepoints (contrepoids), pas forcément de finesse d'ailleurs, à ce monde de brutes.
Pour finir, des remarques marketing : Quelle est l'utilité de traduire le titre original ("Hell or high water", certes difficilement traduisible et compréhensible*) par celui-ci, ni français ni américain (ni quoi que ce soit d'autre? ° et ne veut rien dire du tout hein ?
et pourquoi avoir remplacé la première affiche (délicieusement épurée)

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par celle-ci (beaucoup moins facilement lisible) ?

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et, pour finir, here comes mon chéri-chéri Ben Foster :

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(au premier plan)

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(celui de gauche)

1189
(mmmm je suis sans voix...)

Mimi, non ?
Comancheria restera l'excellente surprise de ce mois de septembre, pourtant déjà riche en bonheurs cinématographiques, et pourrait même bien figurer dans mon classement de fin d'année...

* après recherche, il apparaîtrait qu'existe une expression : "come hell or high water" qui signifie "Quand bien même le diable y serait...", ou, plus simplement "quoi qu'il arrive", et une seconde "through hell and high water", qui signifie, elle, "contre vents et marées"...

 

14 juin 2016

c'est bath

LA BELLE EQUIPE
de Julien Duvivier

C'était le "film-patrimoine" de notre programmation, et j'y suis donc allé, (je ne l'avais jamais vu je précise) la tête pleine de petit vin blanc et de tonnelles, de guinguettes, de Front Populaire, d'ouvriers en goguettes, d'insouciance et de plus bath des javas... il y a un peu de ça au début en effet. mais le petit vin blanc en question a plutôt un goût amer...

Cinq copains, au chômage, (mais qui cherchent des emplois!) et squattent ensemble à L'Hôtel (miteux) du Roi d'Angleterre, ont soudain un coup de chance : le billet de Loterie qu'ils avaient acheté ensemble est gagnant! en plus ils ont gagné la somme colossale de 200 000F. Que faire de ce pactole ? Après avoir d'abord somptuairement fêté ça en arrosant de mousseux tout le voisinage, les cinq potes (aux premières loges Jean, dit Jeannot -Jean Gabin-, Charles dit Charlot -Charles Vanel-, les trois autres ont moins d'importance (et moins de place au générique : il y a Mario, celui qui est recherché par la police, et les deux autres, dont je me souviens pas du prénom, mais qu'on pourrait résumer l'un par celui qui va partir parce qu'il est amoureux de la fiancée de son copain et l'autre par celui qui va tomber du toit et gâcher un peu la fête).

Car notre club des cinq (potes) a eu finalement une chouette idée : acheter une bâtisse au bord de l'eau, la retaper joyeusement ("siffler en travaillant") pour en faire une guinguette qu'ils inaugureront le dimanche de Pâques (c'est dit et répété). ils se sont mis au travail avec enthousiasme, sauf que les choses ne vont pas se passer vraiment comme prévu.

D'abord avec la réapparition de Gina, l'ex-femme de Charles Vanel (Viviane Romance dans un rôle de garce absolue, qu'on pourrait aller jusqu'à traiter de salope, oui, elle le mérite) par l'odeur des pépettes alléchée (elle réussit à soutirer à son ex 2000F. que Gabin décide d'aller récupérer, mais lorsqu'il la trouve en nuisette dans sa chambre en train de se faire ses ongles et à lui les yeux doux, il ne va pas résister, vous pensez bien...), et toute la suite du film ne va pouvoir que nous faire constater le délabrement aussi progressif qu'inéluctable du projet initial, et la démantibulation impitoyable du chouette groupe de camarades. Les défections successives, jusqu'à l'issue fatale, tout aussi impitoyablement provoquée par notre garce de service. (Un monde idéal où il n'y aurait que des hommes, semble résumer le film, serait quand même beaucoup plus simple... "Avoir un bon copain...", air connu. On peut rêver, oui...).

Tout ça est sympathique, pittoresque, mais un peu simpliste. A la façon des personnages principaux (Gabin, magnifique à casquette et à oeil de velours, et Vanel plus étonnant dans un rôle de cocu, de faible aux yeux baissés) les idéaux de 36 ont désormais pris du plomb dans l'aile, un sacré coup de vieux... On a pourtant plaisir a entendre, en situation, Gabin pousser la chansonnette "Quand on s'promène au bord de l'eau...", la nostalgie point, puis finit par se désagréger... Le schéma narratif est finalement sans surprise : le beau gosse séduit, la garce manipule, le faible se fait manipuler, les mecs sont esclaves de leur pulsions, et les femmes les mènenet par le bout de ce que vous voulez. Et l'argent ne fait pas le bonheur, bien évidemment. mais bon, un beau noir et blanc, du rire et des larmes, de la gouaille, un petit air d'accordéon, les beaux jours du temps jadis... on se laisse aller, comme une barque sur la Seine, (la Marne ?)

"Le dimanch' viv'ment
On file à Nogent,
Alors brusquement
Tout paraît charmant ! ..."

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13 juin 2016

freshmen

EVERYBODY WANTS SOME
de Richard Linklater

Sur l'affiche, il y avait des points d'exclamation au bout, mais au générique il n'y en a pas. (J'ai d'ailleurs eu des inquiétudes, puisque ce générique était en français, les intertitres en français aussi, et, les premières minutes du film étant muettes, j'ai dû attendre un peu pour m'entendre enfin confirmer qu'il s'agissait bien de la Vostf)

Linklater, j'avais adoré son précédent Boyhood, et donc il semblait logique que nous programmassions le suivant -celui-ci- dans le bôô cinéma. Boyhood suivait une famille pendant une dizaine d'années (avec les mêmes acteurs/personnages qu'on voyait ainsi grandir/vieillir), tandis que Everybody wants some (j'ai appris que c'était le titre d'une chanson de Van Halen, de 1980) se déroule sur un laps de temps beaucoup plus court (3 jours, grosso-modo) mais qu'on a aussi l'occasion de voir grandir/vieillir les personnages. Si si!

Il s'agit des quelques jours précédant la rentrée en fac d'un jeune homme (jeune jeune, donc), -le décompte du temps apparaît d'ailleurs régulièrement à l'écran- engagé dans l'équipe de base-ball locale, et qui emménage donc dans la "résidence" où cohabitent déjà les autres jeunes gens qui vont faire partie de la même équipe que lui... Histoires de (petits) mecs : on prend contact, plus ou moins amicalement, et aussitôt on prend les mesures (les mecs adorent ça, jouer à c'est moi qui ai la plus grosse), et bien sûr, on prend aussi sec (oups j'avais tapé aussi sex, ce qui n'est pas tout à fait faux, j'en reparlerai plus loin) des mesures : t'es mon pote ou pas, tu me respectes ou pas, on chasse ensemble ou pas, et il s'agit alors de sceller ces affinités ou de confirmer ces inimitiés de toutes les façons envisageables.

Le film est situé au début des années 80, et non seulement sa bande-son le confirme et l'atteste (on y ré-écoute beaucoup de choses qu'on avait, justement écouté dans ces années-là) mais également le soin apporté à la reconstitution des looks (coiffure et fringues) de l'époque. On s'y croirait. Il est surtout question des jeunes mâles (la "belle équipe" des joueurs de base-ball, des plus aguerris aux plus débutants), et, s'il règne dans le film un incontestable parfum de nostalgie, une lumière rouge clignotante s'est allumée dans ma tête car pour un spécialiste comme moi des FAQV, cette nostalgie est à double-fond, car cet univers évoque inévitablement celui des pornos gay américains de ces années-là (que je n'ai découverts qu'un peu plus tard), où les jocks (= mecs virils) sont beefy (= bien bâtis) et horny (en rut), avec des coupes de cheveux très 80, des moustaches (et parfois des barbes) très 80 aussi, et des petites chemisettes ajustées, et des petits jeans super moulants, et surtout, ô surtout, des petits shorts riquiquis qui menaceraient d'exploser au moindre mouvement un peu brusque (et je suis sûr que s'il y avait eu des QV, -rassurez-vous il n'y en a pas-, elles eussent été épilées, comme les acteurs des films gay américains ont hélas appris tôt à le faire.)

Sauf que (sauf que) ce sous-sous-texte gay ne se claironne pas,  ne se cantonne que dans les arrière-pensées, tellement le film est très strictement hétéronormé. Chambres d'étudiants, toilettes, vestiaires, ce ne sont pourtant ni les lieux ni les occasions fantasmatiques qui manqueraient. Mais non. Nos mousquetaires base-balleurs sont "normaux" (entendez "ils cherchent juste des meufs").

Et Linklater, sous le prétexte d'une comédie potache, réussit à nous faire voir un  documentaire, sur trois sujets qui me sont assez fondamentalement étrangers :
1) - les rites et rituels des fratries estudiantines US (bizuthages compris)
2) - le base-ball, ses règles opaques et ses mots de code mystérieux : butte, batte, catch, pitch, homerun et j'en passe
3) - les processus de parades amoureuses de la gent masculine (over-testostéronée, ils ont dix-huit, vingt ans, pensez...) vis-à-vis de la gent féminine, en vue d'accouplement d'abord ou plus si affinités (ensuite).

Et on va donc suivre nos coquelets (dans leurs adorables petits shorts) l'espace de quelques jours et d'aussi peu de nuits, dans leur emploi du temps de pré-rentrée : draguouille, bibine, fumette (beaucoup), entraînement (un peu) et discussions diverses (énormément). Un mélange assez plaisant de film de potes, film de fac, et film d'apprentissage (car il est tout de même, au bout d'un moment, de grandir, et d'envisager (j'avais écrit enviager, ça n'est pas faux non plus...) l'avenir), moins ambitieux que Boyhood et presque (je dis presque) aussi plaisant à regarder.

J'apprends d'ailleurs, en fouinant sur le ouaibe, qu'il (ce film) ferait référence (ou constituerait un genre de suite, ou de clin d'oeil, ou d'hommage...) à un film précédent du même Richard Linklater, Dazed and confused (en français, Génération rebelle) avec -ils étaient alors jeunets-, Ben Affleck, Milla Jovovitch et Matthew Mac Connaughey, qui raconte la même histoire,ou presque, mais en 1976 (et qu'il va donc falloir que vitement je me procure.)

Un film sympathique qu'on pourrait conclure avec une formule qui fit déjà maintes fois ses preuves lors de nos apéros entre amis "aux vacances, qui ne finiront jamais...".(private joke)

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29 mai 2016

gazaouies

DÉGRADÉ
de Tarzan et Arab Nasser

Ce post aurait pu s'appeler LE CHEVALIER RAU LION (ceux qui ont vu le film comprendront). Les réalisateurs, je vous les ai mis hier (enfin, en début de semaine...) en photo, ce sont ces aimables plantigrades jumeaux tout en cheveux en barbes et en poils, avec en sus de languides yeux de gazelle cernés au khol (mmmmh ça y est je bave).

Petit Mardi curieux entre copines (avec à la caisse une dame, inconnue, qui me fait bénéficier de son ticket orange cinéma -enfin de son demi-ticket, soit 2,90€ la séance-) pour ce joli exercice de style : un huis-clos entre femmes dans un tout petit salon de coiffure et de beauté ("de la taille de la chatte d'une fourmi" dixit une cliente) et de Gaza, tandis que dehors, dans la rue, les mâles paradent comme d'hab'  avec les jeeps et les kalachnikovs, menaces et grognements, et ce de plus en plus fort.

Le film tient du dispositif (unité de temps, unité de lieu, avec son éventail de propositions (un "panel") de personnages féminins, tous les genres (jeunes vieilles grandes petites etc.) toutes les interactions envisageables (la patronne/les clientes, la mère/la fille, les hommes/les femmes, et toutes les variations de spécimens (les voisines, la future jeune mariée, la future parturiente, l'amoureuse, la plaquée, celle qui attend, la pieuse, la provoc'), qu'on doit d'ailleurs se débrouiller pour les ranger (je ne sais pas comment corriger cette tournure syntaxiquement boîteuse), les ordonner, en ouvrant grandes les noreilles, utilisant chacun des indices qui nous sont aimablement fournis par nos nounours-réalisateurs gazaouis.) mais le tient bien.

C'est un cinéma du geste et du verbe. Les mots fusent, complices, vachards, agressifs, apaisants, ça dépend, tandis qu'à l'extérieur ça dégénère et défouraille de plus en plus bruyamment (une histoire de lion -qui s'avère d'ailleurs être une lionne, un indice que nos réalisateurs en remettraient une couche sur la notion de genre et de sexe ?-),  jusqu'à ce que schlack! le rideau de fer soit tiré, de l'extérieur ("C'est pour votre bien, sisters!" est-il dit, ou quasi), et que notre gynécée gazaoui se retrouve complètement isolé (et qu'on ne perçoive plus de l'extérieur que ce qu'on en entend). Et que la température monte encore.

(Et c'est là que c'est extrêmement bien fichu, parce que nous aussi, par un travail minutieux et efficace sur le son et, surtout, sa mise en espace,  on est en plein dedans. Cerné par ces  bruits de guerre armée, détonations, rafales, explosions. Comme si on y était. Sauf qu'on ne se fait pas qu'affiner les sourcils, épiler au caramel, se faire faire la demi-jambe. On écoute tout (toutes, plutôt) elles parlent de leur vie, en général, et ici et maintenant en particulier. Ce que c'est que d'être une femme à Gaza (en plus que ce que c'est que de vivre à Gaza tout court).

Car DÉGRADÉ est un film vrai de vrai palestinien, ce qui n'est pas si courant sous nos latitudes cinématographiques (A part Elias Suleyman peu de noms, comme ça, de réalisateurs palestiniens me viendraient à l'esprit) et qui a l'intelligence (la coquetterie ?) de se démarquer, de ne pas parler justement de ce dont on pensait qu'il allait parler, puisqu'il ne sera question ici "que" d'arabes, en train de faire mumuse à "c'est moi qui ai la plus grosse (foi, bien sûr)". Mais la frontière se fait poreuse entre les ébullitions mâles et belliqueuses, là, dans la rue, juste dehors, et le petit salon douillet (même si surpeuplé et surchauffé et disjoncté) de nos chéries chéries, car il y a de l'amour, entre le dedans et le dehors , et, des deux côtés, les téléphones sont en surchauffe (maris et femmes, mais amants et maîtresses tout autant) (et c'est Tarzan, un des frérots gazellouis réalisateurs, qui joue le rôle du seul "fiancé" visible de -le chevalier rau lion, c'est lui.)

On revient alors dans une narration un peu plus habituelle. L'action du film alors devient sans doute plus prévisible, mais permet aux réalisateurs d'affiner encore leurs portraits de femmes, de les nuancer, de les biaiser tout en douceur. Un film plaisant, incontestablement, auquel on a envie de faire des yeux aussi doux que ceux que nous font Tarzan et Arab...

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18 octobre 2023

l'appartement d'en face

Pour les habitués de ce blog, en face de chez moi, au rez-de-chaussée, il y a l'entrée du 12, d'agréable mémoire (...). A gauche un appartement qui fait le coin, toujours éclairé a giorno, avec des couleurs changeantes suivant les heures (des ami(e)s avisé(e)s m'ont dit que c'était typique de la culture de plantes aux effets psychotropes, mais là n'est pas mon centre d'intérêt du jour : il s'agit de l'autre appartement du rez-de-chaussée, de l'autre côté, qui correspond aux trois fenêtres à droite de l'entrée.
Cet appartement se loue, visiblement, à la semaine ou davantage, et j'y ai déjà entraperçu maints locataires occasionnels (c'est en été que c'est le plus agréable : fenêtres ouvertes et mecs torse-nu (j'en ai immortalisé quelques-uns).
Or, depuis le début septembre cet appartement a -au moins- un nouveau locataire : un jeune rebeu mimi à queue de cheval et à barbe -hélas- pas tout à fait complète, qui se ballade soit avec un t-shirt blanc soit sans t-shirt (un torse étroit et sans poils mais très appétissant) et, surtout, en pantalon de jogging, souvent rose pâle (ce qui est très attendrissant). Parfois (souvent) je l'ai vu accompagné d'un autre jeune homme glabre et à cheveux courts. Donc ils y sont au moins deux.
Le problème c'est que ce sont de jeunes gens, et qu'ils ont un rythme de vie de jeunes gens (pour moi un peu incompréhensible, mais fascinant.)
Aujourd'hui, par exemple, à 16h et quelques, les volets des trois fenêtres sont fermés.
Cette nuit quand je me suis levé pour pisser, les 3 fenêtres étaient allumées, sans qu'on n'y voie beaucoup de mouvement dans les pièces (j'ai donc supposé que l'appartement était plus grand qu'il ne paraissait et devait comporter d'autres pièces, derrière, invisibles depuis la rue). Mais à 8h30 (quand je me suis re-levé), elles étaient closes. Et je suppose qu'elles risquent de ne pas être rouvertes avant la fin de l'après-midi. Ou pas (c'est ça qui est intéressant, avec les jeunes gens, c'est qu'on ne peut jamais savoir à l'avance.)
Certains jours, elles restent fermées, ou juste un volet d'une d'elles est juste poussé (pas forcément le même), et d'autres jours, elles vont rester grandes ouvertes une grande partie de l'après-midi (vitres ouvertes et volets idem), sans que, forcément, on n'y voie  quelqu'un dedans. mais des fois si, et là c'est vraiment bien. comme un petit théâtre dont je serais le seul bénéficiaire.
L'occupant en chef semble être le jeune barbu en pantalon de jogging rose. Cela va faire à présent plus d'un mois qu'il est installé dans cet appart' sans que je ne comprenne tout à fait ce qu'il s'y passe (je n'ai réussi qu'une seule fois, la première semaine, à les surprendre (clic clic) alors qu'il quittaient l'appartement, en fin d'après-midi.)
Autrement, je ne peux m'en remettre qu'à la chance... Et au beau temps. (C'est vrai qu'avec ces chaleurs inhabituelles et "largement supérieures aux normales saisonnières", il est un peu plus plausible (envisageable) d'entrapercevoir ce jeune homme torse-nu (l'autre jeune homme semble moins enclin à tomber le t-shirt).
Et contre toute attente, ils sont restés là un mois. Et j'ai pu en profiter pour les photographier au débotté à divers moments de la journée... Je les ai même surpris une fois, au petit matin, (avant 8h) qui rentraient à pied de je ne sais quelle fête et regagnaient leurs pénates pour se coucher. (Ah, les jeunes gens...)
ils sont partis il y a quelques jours (ils ne m'ont même pas dit au revoir!) et les volets de l'appartement (les trois fenêtre qui donnent sur la rue) restent à présent obstinément clos.

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et pfuit! c'est fini!

(merci à Hervé pour ses conseils avisés)

31 mai 2023

le rose et le bleu

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GRAND PARIS
de Martin Jauvat

Je me suis retenu d'y courir hier à 18h (à la première séance) puisqu'on avait prévu d'y aller cet aprem', avec Marie (et peut-être Catherine). Finalement ce fut juste avec Marie (et jusqu'au bout, puisque nous fûmes seuls dans la salle, les deux autres personnes croisées ayant choisi d'aller voir le film de V. Donzelli (qui passe pourtant plein d'autres fois, hein...).
Ce film c'est un peu mon bébé à moi, tellement j'avais envie de le voir et que j'ai tout fait pour qu'on le programme (il s'en est fallu de très peu -une place- pour qu'on le programme la dernière fois, et donc pour moi cette fois c'étaitun point d'honneur que ce soit  la bonne... Et ce le fut.)
Soient donc deux zozos en survêts fluo, (qui disent wesh, gros, ma gueule, et fument beaucoup de weed) Leslie, le black (c'est le bleu) qui fait un peu la tronche, et Renard, peroxydé à lunettes qui se prétend à moitié rebeu par son père (c'est le rose), qui lui est aussi agressif qu'un chamallow, qui se rencontrent sous un abribus : Leslie doit convoyer de la came jusqu'à la gare rer de St Rémy Les Chevreuse (= très loin) et demande à son pote Renard s'il veut bien l'accompagner (et il lui file même 20€).
St Rémy les Chevreuse ne sera que la toute première étape d'une (longue) déambulation en transports en commun (mais pas que) qui va les mener finalement très loin (beaucoup plus loin en tout cas que ce qu'ils escomptaient...) Mais surtout parce  qu'ils ont trouvé, dans l'eau (sur un chantier du Grand Paris) un artefact (un truc en pierre avec des autres trucs gravés dessus)qui a aussitôt enflammé leur imagination (surtout celle de Renard) et dont ils espèrent tirer beaucoup d'argent...
C'est une épopée naïve, une odyssée candide (en majorité nocturne), un road-movie en transports en commun, un film de banlieue prenant l'exact et complet contrepied de tout ce qui a déjà été fait dans le genre, vraiment, et une comédie fluo et régressive (on pense aux bonbons harib*) authentiquement -et singulièrement- "décalée", avec des rencontres extra (ordinaires) : William Lebghil et Sébastien Chassagne le sont vraiment, tous les deux, et, bien sûr, (le meilleur pour la fin) un film de potes (plus juste que buddy movie), où, même en survêt, ça fait du bien de s'étreindre parfois pour se réconforter (vive le hug).
Grand Paris est un film court (1h12) mais réussit le pari de cocher toutes ces différentes cases. Sans jamais en faire non plus des caisses.  C'est... différent, c'est drôle, c'est attachant, c'est doudou, c'est mystérieux. Comme pour Leslie et Renard, (vous verrez pourquoi / comment à la fin) ça m'a vraiment ravi.
Et quand on apprend que le réalisateur (qui est aussi un des deux interprètes principaux) n'a que 27 ans, on se dit que vraiment, un Top10 est la moindre des choses pour l'encourager...

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GRAND PARIS
de Martin Jauvat

Je l'ai vu avec Marie le 2 ème jour, j'y suis retourné tout seul cet après-midi, pour la dernière séance (en espérant qu'il y aurait un peu plus de monde : bof, on était 6...) et pour vérifier que ce film me ravissait toujours autant... Mission accomplie, je confirme mon éternelle reconnaissance envers Leslie et Renard. Total respect pour ces deux branleurs adolescents, leurs improbables aventures, et l'habileté (le talent) avec laquelle est élaborée cette gourmandise, cette douceur, qui sous sa fine coque sucrée et régressivement joyeuse, acidulée, dissimule un petit noyau dense (et légèrement amer) de mélancolie. Ca rigole, ça déconne, ça vanne, et pfuit! de temps en temps, ça reprend sa respiration et ça avoue quelques faiblesses...
Oui, la deuxième fois, le film passe toujours aussi bien, et oui oui on confirme le Top 10, pour cette friandise amicale où il est notamment question de babybel de chocapic et de malabar fraise-citron... (grands) enfants de tous les pays, unissez-vous!

Tiens et je ne résiste pas au plaisir de vous offrir en prime la très enthousiaste critique de Libé...

"Leslie, banlieusard taciturne, accepte d’aller récupérer un colis à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Il entraîne avec lui Renard, un ami pas mal clownesque qu’il croise en chemin, au détour d’un Abribus. Une fois sur place, personne ne vient au rendez-vous et ils décident, faut de mieux, d’explorer les lieux. Sur un chantier de la future ligne du métro du Grand Paris, ils découvrent une étrange pierre frappée d’inscriptions cryptiques qu’ils se mettent en tête de revendre, pensant avoir trouvé une relique de l’Egypte ancienne. Mais au retour, entre bus retardés et problèmes techniques sur les voies de train, ils se retrouvent bloqués à La Hacquinière (station RER de Bures-sur-Yvette, au sud-ouest de Paris), point de départ d’une longue nuit au cours de laquelle vont se multiplier phénomènes surnaturels et rencontres d’outre-espace.

Il faudra impérativement voir Grand Paris au moins deux fois, parce qu’il y a dans le premier long métrage de Martin Jauvat deux films indistincts, qui se répondent, se mélangent et se confondent. Le premier, imparable et immédiat, est une formidable comédie, une des meilleures qu’on a vues ces dernières années en France, à la fois tendre et acide, parfaite de tempo, croisement inespéré entre les Apprentis de Pierre Salvadori et le cultissime Withnail & I de Bruce Robinson, modèles de bromance mordantes entre pieds nickelés grande pointure, auxquels Grand Paris offre un sublime contrepoint actuel, plein de néons hurlants, de joints éventés, de sandwichs steak-cordon bleu et de contrôleurs RATP conspirationnistes. Ce film-là file sans arrêts inutiles ni voyageurs sur les voies – rapide, implacable et s’offrant à mi-parcours une grosse demi-heure de délire ininterrompu avec l’arrivée d’Amin (William Lebghil), dépanneur en tout et n’importe quoi à bord de sa Renault Espace siglée "Chicken 3000", et de son ami Momo (Sébastien Chassagne).

Mieux, il a l’intelligence d’aborder des thèmes essentiels à son récit – racisme, fossé entre classes sociales, inégalités géographiques – sans jamais marquer d’arrêt, les évoquant au travers d’un geste, d’une réplique, qui en disent plus que de vaines démonstrations. Mais Martin Jauvat a surtout la bonne idée de saturer l’espace de punchlines cinglantes et de détails subreptices sans jamais étouffer ses images qui respirent toujours abondamment. Faisant apparaître, sous la comédie, un deuxième film, petit miracle de poésie occulto-shlagos, road movie en RER dont le voyage irréel s’étend par-delà des galaxies entières, parfaitement incarné par ses deux héros, Leslie (Mahamadou Sangaré), saoulé-marre-de-tout mais toujours à deux doigts de se briser, et Renard (interprété par Jauvat lui-même), crétin cosmique au cœur d’or, techniquement plus proche du jeune chiot que de l’être humain.

Jauvat montre des personnages infiniment plus denses et touchants qu’il n’y paraît, dont le périple entre pyramides, tunnels secrets et bord de mer vient révéler la magie là où on ne veut plus qu’elle existe, montrant la banlieue comme un monde englouti, des cités aux barres trapézoïdales aux arrêts de RER vides et silencieux comme des capsules à la dérive dans l’espace. Et délivre le message ultime de tout récit : croire qu’il existe une forme de miracle à l’œuvre dans le monde et, peu à peu, le dévoiler. En 1 h 12, temps record, Martin Jauvat non seulement y parvient, mais réussit aussi à communiquer quelque chose de plus large – une pulsion de vie, une électricité contagieuse."

 

1 juin 2023

mai 2023

lundi 1er

complot casseroles
(envoyé par Thierry G., ça m'a bcp fait rire...)
- mais bon je ne suis pas allé manifester à Lure...
- et pas non plus hélas à l'anniversaire du colza (pour la première fois depuis des lustres) pour cause de maladie

mardi 2

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(hommage au colza, en passant...)

- j'ai pris le bus pour aller à Besac
- BEAU IS AFRAID d'Ari Aster (en toussant bcp au début)

mercredi 3

je suis sorti assez joyeux de chez les B., léger parce que, pour moi, cette histoire compliquée avec or*nge était enfin ré-glée (et le bébé refilé), et la musique écoutée dans la voiture aà ce moment-là allait dans ce sens (notammant La Sieste, de Françoise Hardy, qui m'a fait d'ailleurs, en arrivant chez moi, réécouter en entier le cd Décalages)

jeudi 4

Emma à 9h (café), Pépin à 10h (café-scrabble), Catherine et Isa à midi (LPC), voilà une journée bien (agréablement) occupée...

vendredi 5

aujourd'hui sur MUBI le film du jour était FIRST COW de Kelly Reichardt, qui est (pour moi) au cinéma ce que les beignets du FJT sont à la pâtisserie : une gourmandise irrésistibl

(c'est très énervant d'attendre ainsi le bon vouloir de C.  pour la prochaine programmation, qui n'en a visiblement rien à foutre, et de se sentir ainsi pieds et poings liés)

samedi 6

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LA NUIT OU LAURIER GAUDREAULT S'EST REVEILLÉ (1 et 2) de Xavier Dolan

(c'est très énervant d'attendre ainsi le bon vouloir de C. qui n'en a visiblement rien à foutre, pour la prochaine programmation, et de se sentir ainsi pieds et poings liés)

dimanche 7

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LA NUIT OU LAURIER GAUDREAULT S'EST REVEILLÉ (3 à 5) de Xavier Dolan

(c'est très énervant d'attendre ainsi le bon vouloir de C. qui n'en a visiblement rien à foutre, pour la prochaine programmation, et de se sentir ainsi pieds et poings liés)

lundi 8

(c'est très énervant d'attendre ainsi le bon vouloir de C. qui n'en a visiblement rien à foutre, pour la prochaine programmation, et de se sentir ainsi pieds et poings liés)

- heureusement ... elle a fini par arriver, en fin d'après-midi, et contre toute attente elle m'a ravi : tout ce qu'on attendait y était! (heureusement que j'avais anticipé)

- "Je connais ces types par coeur : des brutes de velours. ils renvoient une image âpre mais sont tellement humanistes qu'à l'intérieur c'est tout du chamallow. Ils ne peuvent pas s'empêcher de paraître virils, gros durs, vrais mecs, alors qu'ils ont un logiciel d'assistante sociale.

Celui-là me toise. Il pose à terre ses outils, sort un chiffon de la poche arrière de son jean et commence à se frotter les mains avec. Il me fait penser à un garagiste qui cherche les mots pour m'annoncer qu'il va me la mettre très profond. Il m'est immédiatement sympathique." (Jacky Schwartzmann, SHIT!)

mardi 9

- réveillé de très bonne heure, j'en profite pour terminer le bouquin de Jacky Schwartzmann (que je ne peux plus lâcher jusqu'à la fin)
- puis je vérifie la mise en page de la nouvelle programmation (oui j'avais pris de l'avance, je suis opé)
- LE RETOUR DES HIRONDELLES au cinéma
- je pense enfin à aller à l'hôpital pour prendre rdv chez mon pneumologue : j'ai rdv en juillet 2024!

mercredi 10

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- un beau courrier presque "de ministre" : dans la boîte, Libé, téléramuche, le calendreier bimestriel de Pépin, et... une belle enveloppe à bulles bleu métallisé, avec l'ep de Martin Luminet, MONSTRE, dédicacé, plus son album DEUIL(S), (en cadeau), dédicacé aussi, j'en suis tout ému...
- HAWAII
- LA FILLE D'ALBINO RODRIGUE
- et, pour finir la journée, une mizenplis à 5, tranquillou, de notre nouvelle (et superbe) programmation

jeudi 11

- c'est très compliqué, à la Poste, quand madame S. est en vacances, pour faire notre envoi (mais bon, on a quand même réussi!)
- j'en ai profité pour retenter une nouvelle fois de contacter la police municipale vésulienne (toujours injoignable) à propos de cette voiture garée depuis plus d'un mois en bas de chez moi
- il y avait tellement de monde pour la soirée autour du film LE CHANT DES VIVANTS, co-organisée avec Emmaüs 70, qu'on a dû changer de salle, et passer de la 2 à la 4!

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des jeunes gens d'Emmaüs 70

vendredi 12

- mon cadeau d'anniversaire (personnalisé) est arrivé ce matin (livré à domicile, et j'ai eu un peu de mal à trouver mon pantalon pour pouvoir ouvrir décemment au -joli- livreur)
- le jeune couple (avec bébé) qui a laissé sa voiture garée là depuis plus d'un mois est arrivé avec une nouvelle voiture, et s'est garé juste à côté de l'autre (l'abandonnée), l'air de rien, sans sourciller mais (j'ai trouvé le papa si joli que je me suis gardé d'intervenir)

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samedi 13

- après avoir longuement hésité, j'ai pris le bus pour aller à Besac
- repas à l'Iguane (à l'intérieur), c'est vrai que j'aime bcp cet endroit (et ses serveurs)
- AU REVOIR LES ENFANTS de Louis Malle

au revoir les enfants

- LACOMBE LUCIEN de Louis Malle

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premiers coquelicots, à la gare, par la fenêtre du bus

dimanche 14


- je re-regarde HAWAII de Marco Berger (2014) et je fais bcp de captures d'écran... (et j'y repense toute la journée), j'adore ce film qui, je pense, a été réalisé juste pour moi
- je traîne en pyj' jusqu'à 17h, heure à laquelle je vais me doucher (en me disant que ça ne vaut pas la peine de me rhabiller à cette heure, n'est-ce pas, et je reste donc en peignoir)
- lu un petit commentaire affectueux de Pépin sur le blog (ça fait toujours plaisir, hein), y répondu

lundi 15

- ETERNAL DAUGHTER de Joanna Hogg

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Claude W., dans la salle 1, ton sur ton

- une petite heure à traînasser sur un parking, pour pas grand-chose, (au moins admirer le ciel d'orage...) mais bon...

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- deux derniers épisodes de BRI (le dernier laisse à penser qu'il y aura une saison 2...)

mardi 16

- très tôt le matin (ou très tard dans la nuit, c'est selon) commencé L'EFFONDREMENT, sur les conseils d'Isa
- Malou m'envoie la photo de son premier coquelicot :

coquelicot malou

- un café-scrabble avec Pépin (2/1) post-opératoire (tout s'est bien passé)
- j'ai très envie de réécouter le premier album de Nina Hagen, que je commande sur le ouaibe
- pendant ce temps (entre 17 et 19h) la fameuse voiture bleue stationnée abusivement en bas qui me prenait la tête depuis des semaines a disparu, hop là! sans tambour ni trompette...
- après avoir bcp hésité, je suis finalement allé voir l'avant-première de JEANNE DU BARRY (en même temps que la projection Cannoise) et c'était bien mieux que ce à quoi je m'attendais

 mercredi 17

- au courrier une carte de Dominique V. qui me touche beaucoup
- reçu des boîtes de pâté commandées (hier!) chez Tête de lard (charcuterie artisanale)
- quelques jolies photos de travailleur(s) en activité, juste en face

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jeudi 18

- oh oh il ya de nouveau du pralin en pot chez ex-Quevy! (et désormais décliné en quatre variétés)
- un après-midi "scrabble et goûter" à Cuse, chez Catherine, avec Dominique et Gilbert
(- la soirée sera écourtée car nous voyons Catherine littéralement tomber malade sous nos yeux...)
- Dominique m'offre gentiment une petite boîte de calissons (elle me dit qu'elle n'aime pas ça, et Catherine non plus)

vendredi 19

- très bien commencer la journée en écoutant l'intégralité de ROCK BOTTOM de Robert Wyatt sur y*utube (me recoucher ensuite)
- un petit apéritif dînatoire à 18h30 chez les Soria (on ne s'était pas vu(s) depuis avant le colza!)

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samedi 20

- préparé des hamburgers maison avec les pains à hamburgers de mon petit boulanger d'amour (soldé d'hier, en plus!)
- regardé sur arte tv le court DES MAUVAIS GARCONS avec Raphael Quenard
- un coup de fil de Catherine P. qui m'apprend qu'elle a le covid, j'envoie donc un sms aux Soria, pour transmettre la nouvelle
- commencé à regarder DES GENS BIEN, toujours sur arte, sur les conseils de Philou

dimanche 21

- bien commencé la journée en regardant le début du film du jour sur MUBI : ONCLE BOONMEE, d'Apichatpong Weerasethakul (ça m'apaise et ça me fait du bien)
- un dimanche "poulets/frites" à Gy comme on aime, chez Emma & Régis, avec Dominique (on mange dehors, il fait beau, en compagnie de Félicien et sa copine Solène)

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Dominique et le reflet dans la bouteille

lundi 22

- au courrier une carte (sous enveloppe) de Phil et Fran
- 13h40 : SHOWING UP de Kelly Reichardt
- entre les deux films, observé (et photographié) des travailleurs en plein travail... (il y avait même deux chantiers simultanés!)

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oui oui j'aime les travailleurs...

- 16h : LE PRINCIPAL de Chad Chenouga

mardi 23

- une très belle critique du prochain Kaurismaki (LES FEUILLES MORTES), signée Luc Chessex, que je mets illico en ligne sur le blog
- (le chou chantilly de LPC, qui m'avait naguère enthousiesmé, a été déclassé : dedans, aujourd'hui,  il y avait dedans -hérésie- de la crème pâtissière, cachée sous la chantilly!)
- le grand plaisir de rejouer au scrabble avec Marie, revenue toute hâlée de son trek cotentinois (2-1)

mercredi 24

- repas de midi à L'Iguane (en terrasse, pas mal de monde..., et même des jeunes gens en short)

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- WAR PONY de Gina Rammell & Riley Keough (arghhh à la 2 du Victor Hugo)

jeudi 25

- regardé (tôt) le très beau et très touchant WENDERS EN 10 MINUTES de BLOW UP ()
- repas "service minimum" à LPC avec les filles (l'équipe au complet)
- re-scrabble chez Marie (1-2)
- en revenant de chez Marie, juste avant chez le bouquiniste, la vision d'un cul magnifique d'artisan, fort penché dans sa camionnette, bronzé, jovial, amplement dévoilé, mais dont l'extrême proximité (à 50cm de mes yeux) rendait parfaitement impossible l'acte de le photographier
- je termine L'EFFONDREMENT, et presque DES GENS BIEN (encore un épisode)

vendredi 26

- Jean-Louis Murat est mort à 71ans, ça me touche (je rédige un post en hommage sur le blog, qui me vaut un commentaire de Riri la Gâchette, ce qui me fait très plaisir) et j'y repense toute la journée
- GRAND PARIS de Martin Jauvat, avec Marie (séance privée pour nous deux)
- chez le marchand de primeurs "pour les bourges", j'achète des gros abricots et des pêches plates (et je me régale)

samedi 27

- rdv avec Manue pour notre grand crème du samedi matin, mais cette fois à Coffee Song (rue du Breuil), on devait être en terrasse, mais on rentre parce que dehors est attablé MGJP, à côté de qui je n'ai pas envie de m'asseoir
- ça y est! j'ai rempli ma déclaration! On va me rembourser 300€ et je passe à un taux de 4,6%
- je vois soudain réapparaître un "correspondant" du web que je pensais disparu à jamais, et ce qu'il me raconte me fascine et me démoralise...
- en rentrant, je vois sous le porche une maousse lucane cerf-volant (c'est un mâle, les mandibules servent à combattre contre les autres mâles)

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- 20h30 : Cérémonie de clôture du Festival de Cannes (sur scène tout le monde à l'air de faire un peu la gueule...)
- je finis de regarder DES GENS BIEN

dimanche 28

- oui, il avait l'air de faire très beau dehors mais je n'ai pas eu du tout envie de sortir (c'est dimanche, c'est comme ça... il est 18h41 et je suis toujours en pyjama, voilà)

lundi 29

- jour férié ? exceptionnellement, je me douche je m'habille et je sors (si si, exceptionnel pour un jour férié!)
- à midi je m'arrête à Authoison où je me suis fait inviter par Manue
- apéro et café dehors, derrière la maison, moments délicieux
- j'ai pris la voiture pour continuer jusqu'à Besac, pour voir
TRENQUE LAUQUEN parte 1
TRENQUE LAUQUEN parte 2
- retour à la maison à 21h (sagement)

mardi 30

- 9h je reçois -déjà- les nouvelles vieilles baskets bleues commandées sur ebay
- 9h30 chez ma coiffeuse pour un "rafraîchissement"
- 10h chez Pépin pour un café-scrabble dehors à la fraîche (sous le parasol, quand même)
- 13h40, GRAND PARIS encore une fois
- puis je m'attarde sur le parking du cinéma pour prendre des photos des travailleurs sur le chantier de l'autre côté de la rue (et quand je les regarde le soir, je suis très déçu parce qu'il y a du grillage et que je l'avais oublié)

mercredi 31

- je fais un genre de point sur ma vie, d'état des lieux, de questions sans réponses (et de réponses sans questions) et de liste des choses que je pourrais changer / auxquelles je pourrais remédier (ça fait du bien de temps)
- je sors avec toute une série de choses à faire et ma foi je les fais toutes
- croisé à la terrasse du Globe deux anciens élèves, Sofian K. et Semih O. qui me saluent avec des sourires comme des bananes (ce qui me réconforte à chaque fois)
- après mûre réflexion -et avoir été sur le point de le faire- finalement je n'irai pas voir L'AMOUR ET LES FORÊTS (ni refaire des photos du chantier en face du cinéma, donc.)
- réunion de programmation en petit comité (4) , Hervé nous fait son compte-rendu Cannois

25 avril 2023

avec ou sans crème, les carbo ?

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CHIEN DE LA CASSE
de Jean-Baptiste Durand

Encore un film que j'ai beaucoup aimé, un premier film dont j'ai appris l'existence assez tard, sur tw*tter, et de la main même d'un de ses acteurs principaux, le très aimé Anthony Bajon, et que le Victor Hugo a eu la très bonne idée de programmer -hop!- en sortie nationale (bon, un peu mesquinement à une séance par jour, mais c'est mieux que rien).
Un buddy movie, pourrait-on sytnthétiser, où deux potes, Morales (incarné par Raphaël Quenard, parfaitement sidérant) et Dog (Anthony Bajon en mode lo-fi, toujours aussi touchant) glandouillent dans un patelin de L'Hérault (Le Pouget), genre de trou du cul du monde rural (que le réalisateur connaît bien), au milieu de rien dans la province sud-ouestoise. Mais bon quand on y est, il faut bien s'arranger pour y vivre. S'en accommoder. Et c'est ce qu'ils font.
Dog et Morales sont deux amis d'enfance, engagés dans une relation amicale curieusement déséquilibrée (mais, finalement, les relations le sont souvent, au cinéma, dans le genre buddy movie, n'est-ce pas ?), dominant / dominé, où Morales tient la laisse et Dog suit. Morales parle beaucoup (Raphaël Quenard, vu il n'y a pas très longtemps -même si pas pendant très longtemps- en frére pas bavard d'Adèle Exarchopoulos dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, est ici, je le redis parfaitement sidérant), il vanne, il chambre, parfois avec assez de cruauté, il parade. C'est sa façon d'exister, de supporter / d'enluminer une vie pas terrible terrible, auprès d'une mère dépressive dont il s'occupe (pour laquelle il cuisine). Heureusement, il a aussi un chien, Malabar, qu'il adore. Et, en parlant de chien, son pote Dog, qu'il traite un peu de la même façon : il le sort, il lui parle, il l'"éduque". Exigeant mais affectueux on va dire.
Dog lui, est tout à l'opposé (Anthony Bajon a, une fois de plus, cette apparence presque enfantine, cette corporalité assez fascinante, dans un rôle très intériorisé et peu bavard),  il ne parle pas beaucoup, et quand il prend la parole, on ne l'entend presque pas, il marmonne. On sait juste qu'il a décider de s'engager dans l'armée, pour faire quelque chose de sa vie... Et la vie passe, plan-plan, au Pouget. Jeunes gens désoeuvrés, effet de bande, reclus dans ce périmètre resserré, qui se retrouvent le soir parce qu'ils n'ont pas grand-chose à faire d'autre.
Le réalisateur croque tout ça de façon très juste (on pense qu'il sait de quoi il parle), met (rigoureusement) en images ces "petites" vies, sans grand espoir (mais sans grand désespoir non plus), juste la moyenne quoi. Tout est formidablement maîtrisé
Et voilà que déboule dans cette histoire Elsa, une étudiante de Rennes, (master de littérature comparée) prise un jour en stop par Dog. Elle vient passer quelques temps dans le village. Elle est interprétée par Galatea Bellugi (excellente elle-aussi, découverte par le réalisateur dans L'APPARITION, de Xavier Giannoli, la même semaine dit-il où il avait découvert Anthony Bajon dans le formidable LA PRIERE, de Cédric Khan, on apprend ça et plein d'autres choses dans une très belle rencontre avec Le réalisateur et deux de ses acteurs, à Angers, où le film a reçu le Prix du Public,)
Moralès, Dog, et Elsa (et Malabar, bien sûr). Il suffit que Dog et Elsa se rapprochent un peu pour que toute la belle mécanique amicale entre les deux glandouillous se déglingue., glissant du buddy movie vers le plus tout à fait buddy movie. Et c'est là qu'on réalise que J-B Durand, le réalisateur, est vraiment très fort. Auscultant les comportements de l'un et de l'autre (et de la troisième) qui ne semblent plus (re) trouver leurs marques, et cherchant -en vain ? - une nouvelle façon de s'accommoder (de se raccommoder ?). Cette relation duelle (à propos de laquelle je me suis -bien entendu- posé - avec raison- la question du SSTG*, et c'est à ce propos très intéressant d'entendre, dans le même entretien angérois, le réalisateur parler d'amitié et d'amour ensemble) cette relation duelle donc (la parenthèse était longue) étant tout de même incluse dans celle d'une "relation de bande" où chacun a ses petits projets, son petit bizness, ses propres aspirations... Ca pourrait être un pur film de banlieue et de jeunes gens en bas des immeubles, sauf que ça a été transbahuté à Le Pouget. Ce qui change, tout de même, un peu la donne.
Un film qui, au départ, ne paye pas de mine, mais qui se dépl(o)ie progressivement, avec beaucoup de puissance (même si, comme le reconnaît le réalisateur, avec assez peu de moyens) et de plus en plus d'envergure.
Top 10

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* SSTG : sous-sous-texte gay


(Pour celles et ceux qui sont intéressés, on trouve aussi sur youtubemuche un très beau CA TOURNE, depuis le Festival international music & Cinéma  de Marseille, , qui met en image la joyeuse relation entre les acteurs et le réalisateur, et quatre petits modules de CSur le Tournage de Chien de la casse, proposés par Occitanie Films, dont voici le premier, .)

19 décembre 2021

sextape

BAD LUCK BANGING OR LOONY PORN
de Radu Jude

C'est le film qui m'a fait revenir à Besac au cinéma (je n'y étais pas venu depuis début novembre!).
J'ai déjà dit, et répété, et clamé, et ressassé mon amour pour le cinéma roumain (et ses réalisateurs, majoritairement en -u : Puiu, Mungiu, Porumboiu, celui-ci, Jude,  faisant un peu office d'exception qui confirme la règle).
Radu Jude (dont l'avant-dernier film, UPPERCASE PRINT,  est présenté en ce moment par arte dans le cadre de son arte kino festival) est peut-être moins connu,(justement!) mais il a réalisé des films foutrement forts (et je charge l'adverbe à dessein) : "PEU IMPORTE QUE L'HISTOIRE NOUS CONSIDERE COMME DES BARBARES" (2018), AFERIM! (2015), PAPA VIENT DIMANCHE (2012), LA FILLE LA PLUS HEUREUSE DU MONDE (2009), tous caractérisés par une certaine folie, virant d'ailleurs, le plus souvent, à la folie furieuse. FFF, même (folie furieusement féroce, mais on pourrait y adjoindre le J de joyeusement aussi...).
Le film se décompose en trois parties, après une introduction (!) plutôt hot (-la fameuse sextape qui va pourrir la vie de la prof qui l'a tournée-  vue "de l'intérieur", QV incluse) qui "justifie" l'interdiction aux moins de 16 ans dont a écopé le film (en Roumanie, c'est aux moins de 18!), et avant un épilogue décliné en trois propositions...
Trois partie très différentes : une marche dans Bucuresti fraîchement déconfiné(e), puis un abécédaire "image & son" (une grosse parenthèse, ou une façon de faire le point sur le sujet), et, enfin, la confrontation finale de la fameuse prof (celle vue dans la sextape) et les parents d'élèves, fort remontés.
Trois partie séparées (et introduites) par un écran rose bonbon (ou rose porcelet, au choix) avec les titres à rallonge (et la surprise d'entendre une chanson en français, je vous laisse la surprise de laquelle, car c'est bien la plus belle, la plus sensationnelle...).
La bande-annonce, , peut vous en donner une petite idée.
J'ai parlé de jubilatoire et de féroce dans un précédent post (sur Oranges sanguines) , on y est à nouveau, plouf! mais encore un cran au-dessus (ou plus profond, ça dépend comment on regarde). Mais c'est normal, on est en Roumanie, hein... Ce cinéma est du cinéma de sale gosse, turbulent, indiscipliné (dans téléramuche ils ont dit foutraque et brindezingue, et ils ont raison je trouve...) et, une nouvelle fois, ça me ravit.
La première partie, qui est une sorte de déambulation dans Bucuresti, tient quasiment du documentaire, la caméra suit l'héroïne qui marche dans la ville, le plus souvent masque sous le menton (c'est un film qui est très covid-marqué, et ça aussi c'est bien), et elle enregistre (la caméra) la prolifération de signes, d'enseignes, de messages publicitaires, tout un environnement visuel envahissant, coloré, abrutissant -qui donne, paradoxalement, envie d'aller s'y promener-, sans oublier non plus les autochtones, avec ou sans masque, dont on sait qu'ils ont -surtout les conducteurs- l'humeur ombrageuse et le recours au "Va te faire enculer, connard!" facile (et fréquent).
Dans la partie suivante, Radu Jude retire l'échelle et s'amuse -et nous surprend- en abandonnant son héroïne -et son récit- pour un genre de collage ("comme en faisait Jean-Luc Godard dans les années 60" dixit le journaliste de téléramuche mais je n'ai ici aucun avis sur la question, n'ayant pas assez vu -ni même pas vu du tout- les fameux "films de JLG dans les années 60" dont il est ici question -je ne suis pas godardien (godardiste ?)à mort du tout, au contraire : à part Le Mépris, hein...). Donc, où en étais-je ah oui un abécédaire où il semblerait que le réalisateur recense tout ce qui pour lui relève (ou est censé relever) de l'obscénité), avec des choses très drôles et d'autres qui le sont moins (je n'ai toujours pas compris l'histoire du taureau et du veau, en écrivant je me dis que ça doit être un truc en rapport avec les couilles, mais je ne suis pas sûr). Mais bon ça n'est pas si fréquent d'avoir dans un film une liste (ou une énumération) aussi conséquente(s), les listes j'adore  et donc je suis preneur.
Dans la troisième partie, on retrouve notre prof, cette fois dûment masquée, assise derrière un bureau, face à une meute de parents d'élèves diversement (et joliettement, souvent) masqués qui font son procès (sans autre forme de), après avoir demandé à voir une nouvelle fois, sur la tablette d'une des parents d'élèves ("je savais qu'ils allaient la supprimer, alors je l'ai téléchargée pour qu'on puisse la re-voir") la fameuse sextape incriminée...
Autant la première partie bougeait beaucoup et parlait assez peu, autant celle-ci prend le contrepoint, en usant d'un dispositif très théâtralisé. Ca parle beaucoup, beaucoup, mais chacun-e reste assis-e. Question dialogues et turpitudes, le réalisateur n'hésite pas à charger encore un peu plus la mule, et dégomme tous azimuths... Le sexe, le racisme, les roms, l'holocauste, l'inceste, et bam! et bam! et bam!
Il va de soi que, pour le spectateur moyen, cette histoire de sextape, c'est quand même du pipi de chat, par rapport aux saloperies  proférées par tous ces parents d'élèves qui tombent sur le rable de cette pauvre prof, et qui sont, au moins tout aussi "dégueulasses" que celle sur laquelle ils s'acharnent...
On n'en est donc que plus réjoui lorsque explose enfin la "troisième fin", proposée par le réalisateur à sa "farce" (ainsi que lui-même la décrit) et qu'on peut décrire comme salutaire...

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25 décembre 2021

tabouret

LE DIABLE N'EXISTE PAS
de Mohammad Rasoulof

Il y avait ce vendredi l'unique séance à 14h de la semaine, et j'ai donc repris le bus pour pouvoir en profiter.
Le cinéma de Rasoulof est un cinéma puissant, lucide, dénonciateur, amer, il montre et démontre que c'est toujours aussi difficile de vivre en Iran aujourd'hui. UN HOMME INTEGRE et encore plus  LES MANUSCRITS NE BRÛLENT PAS (découvert grâce au FICÂÂÂ) étaient des films éprouvants, tendus, désespérés, et LE DIABLE N'EXISTE PAS est de la même trempe.
Quatre histoires se succèdent, mettant à chaque fois en scène un personnage (masculin) confronté à l'exécution d'un ou plusieurs autres. On l'a vu récemment avec LA LOI DE TEHERAN (qui va d'ailleurs revenir pour le Festival Téléramuche) : là-bas (en iran), ça ne rigole pas avec la peine de mort.
Quatre personnages, quatre situations, et, à chaque fois, une exécution capitale. Ou plutôt l'exécution d'une sentence.
Chaque histoire commence par un plan noir avec le titre en blanc, à bas à droite. L'histoire d'un bon père de famille, un bon gros nounours adorable dont on se demandera pendant un certain temps le rapport qu'il a avec la peine de mort, puis celle d'un jeune appelé qui passe une nuit difficile (et fait chier tous ses camarades de chambrée -mmmmh une chambrée de bidasses iraniens comme ça, moi, je meurs... c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait pas lequel choisir en premier, mais on est sûr qu'on les mangera tous), puis celle d'un autre bidasse, en perm, qui revient voir sa fiancée pour fêter son anniversaire, et, enfin, celle d'une jeune fille qui vient en week-end chez le meilleur ami de son père...
L'éxécution est au centre de chacune des quatre histoires, et y apparaîtra à chaque fois d'une façon différente. Et chaque histoire aussi possèdera son propre mode opératoire (et narratif). La première vous prend par la douceur, et vous surprend par la brutalité de sa chute finale (de ses chutes, même, pour être plus précis) , la seconde, la plus agitée, la plus tendue, conçue comme un fait d'armes, va monter progressivement en pression, jusqu'à une issue à laquelle, jusqu'à la fin, on aura du mal à croire, la troisième et la quatrième mettent en place une situation où c'est le fait d'avoir accepté -ou bien refusé- d'exécuter la sentence (ce qui se "résume" à pousser un tabouret) modifie brutalement le cours (le sens) de la vie de chacun des personnages. Personne n'en sortira indemne. Même si les dommages collatéraux varieront.
Mais ce que je retiendrai surtout du film, comme je l'ai déjà dit plus haut, ce sont ses personnages, ou, plus précisément, les acteurs qui les interprètent... Les mâles à poil dur à oeil noir et à cils de gazelles. Je n'ose imaginer l'état... émotionnel dans lequel je serais si j'étais en voyage en Iran (ce qui n'a que très peu de chance de se produire, et c'est très bien comme ça...).Bref, c'est comme les pâtisseries orientales (les friandises) : il faut les consommer (succomber) en pleine conscience (c'est très à la mode), mais on peut aussi se contenter de les contempler -en salivant un peu- derrière la vitrine de la boutique.
Comme quoi il peut m'arriver (et c'est de plus en plus fréquent) de réaliser que j'aime sans doute un film pour "les mauvaises raisons" (en tout cas pas les bonnes raisons officielles.)
Top 10, nonobstant.

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l'équipe du film à Berlin
(sans le réalisateur, privé de son passeport et "empêché" par "les autorités")

les femmes Iraniennes aussi sont très belles, mais "ça n'est pas pareil..."
(et c'est cette obligation de mettre à chaque fois ce maudit foulard qui me hérisse, mais c'est une autre histoire...)

"J’ai pris conscience que la censure opère bien plus sournoisement qu’un simple coup de ciseaux. Elle crée un état d’esprit, impose des critères esthétiques, qui vous poussent à agir en fonction de ce que le pouvoir vous a inculqué. Au cinéma et en littérature, cela produit un art du récit détourné. J’ai décidé de me débarrasser de cette esthétique de l’évitement pour m’exprimer de façon plus directe. " (Mohammed Rasoulof)
(extrait d'un bel article sur lui dans Téléramuche : )

 

9 novembre 2021

t'es chiante à bitcher tout le temps

LES OLYMPIADES
de Jacques Audiard

Sous le charme. C'est vraiment l'état dans lequel j'étais à la sortie du film. Et Isa aussi (dont j'ai découvert à la fin de la séance qu'elle était assise juste derrière moi). Ce que nous ont aussi confirmé Dominique et Hervé qu'on a croisés dans le hall d'entrée.
Un très beau noir et blanc (j'ai dit et répété déjà tant de fois combien j''y étais attaché) qui m'a évoqué le cinéma de Garrel. Tout autant que la circulation des sentiments et leur (re) transmission au sein d'un triangle de personnages magnifiques : Emilie (Lucie Zhang), Camille (Makita Zamba) et Nora (Noémie Merlant) (incarné.es) par trois actrices.eurs tout aussi magnifiques. Auxquels on se doit d'ajouter, dans le quatrième angle de l'écran, Amber Sweet (Jehnny Beth) pour que la structure se stabilise et s'équilibre.Du noir et blanc, donc, des jeunes gens (dont une majorité de filles!) Céline Sciamma en co-scénariste, on ne le reconnaît plus ou presque notre Jacquounet Audiard d'ordinaire si sévèrement burné. Et du coup, je n'ai, pour une fois, absolument aucune réserve à l'encontre du film (réserves que j'avais presque à chaque fois à chaque fois vis-à-vis des opus précédents, à cause de cette visible fascination pour la violence qui me mettait mal à l'aise), contrairement à certain(e)s critiques (voir plus bas la machine à gifles*)
Le film est l'adaptation de trois nouvelles (graphiques me semble-t-il), et s'articule donc grosso-modo en 3 parties (A avec B, B avec C, et, alors que j'envisageais un C avec A, logique pour boucler la boucle, on passe à C avec D -avec, en guise d'épilogue, un dernier recours (retour) à A et B)- et hop! la musique de Rone ronronne une dernière fois et hop c'est le générique, qu'on suit avec un genre de sidération béate jusqu'à tout à la fin.
Ces jeunes gens qui s'aiment on vraiment tout pour eux (la frimousse, le corps, les fringues, les dialogues, les décors) et la caméra d'Audiard les suit avec enthousiasme (avec passion, allez). Un film à la fois moderne et intemporel (nonobstant la prolifération des signes "visibles" de ladite modernité (la lumière des écrans des portables, les sms, les applis, les sites de cul), le cinéphile happy serait quand même en terrain de connaissance, j'ai évoqué Garrel, mais on ne serait pas très loin non plus de Rohmer ou de Mouret, pour cette inflorescence de sentiment(s) amoureux, (infusion aussi, avec la notion du temps que ça prend pour que les saveurs se libèrent) où le marivaudage s'enracinerait dans un socle (un terreau) beaucoup plus physique (on baise beaucoup dans Les Olympiades, même si, paradoxalement, d'assez pudique façon (pas la moindre QV!), on parle beaucoup , aussi, de cul souvent, de désir presque autant, mais d'amour aussi quelquefois...

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Et je trouve ça injuste que ce film, infiniment séduisant, n'ait rien obtenu à Cannes. Ill le méritait.
(top 10 ?)

* machine a gifles :

"Si l’on se sent finalement peu concerné par l’issue des idylles des Olympiades, c’est qu’elles ressemblent bien trop aux prétextes d’un projet de mise en scène et de positionnement fabriqués, où les intentions positives affichées comptent finalement plus que les expériences traversées." libé

"Ultra-volontariste dans ce désir d’être en tout synchrone, le film peine à dépasser la simple accumulation des signes de l’époque. Et on glisse sur sa surface comme comme on swipe sur un écran tactile." les inrocks

10 août 2021

CMFUBJ ?

(ça leur fait une belle jambe à tous)

le généraliste a dit "voyez avec l'angiologue", puis "voyez avec le diabétologue", le diabétologue a dit  "voyez avec avec l'angiologue" puis "voyez avec le dermato", le dermato va sûrement dire "voyez avec le diabétologue" ou "voyez avec votre généraliste" ou "voyez avec l'angiologue", l'angiologue m'avait dit (pour 80€, quand même) que tout allait bien que je n'avais pas de problème de circulation,  (le diabétologue était sceptique quand je lui ai dit ça...) mais qu'elle aussi avait eu un erysipèle -au bras- et que ça avait duré très longtemps...

(un fait-divers comme j'aime)

"Un voleur est entré au domicile d’un couple de la rue Jean-Jaurès à Vesoul, dans la nuit de mardi à mercredi, pour dérober divers objets électroniques. L’occupante des lieux a été réveillée par le bruit mais c’est son mari, dans le plus simple appareil, qui a poursuivi le voleur dans la rue afin de récupérer le cabas contenant les affaires dérobées. Il a ensuite prévenu les forces de police. Par chance, le voleur avait laissé dans le cabas son téléphone portable. Il contenait, en galerie photos, une image d’une convocation en justice où figurait son nom. Les policiers n’ont plus eu qu’à cueillir ce Vésulien âgé de 33 ans, le lendemain, à son domicile et à le conduire au commissariat où il a été placé en garde à vue. Le parquet décidera des suites de cette affaire." (L'Est Répu)

(depuis très longtemps écrit sur mon "sous-main")

"Je comprends que si on n'est pas capable de garder son propre secret, on ne peut pas demander à quelqu'un d'autre de le garder."
(mais je ne sais plus du tout d'où ça vient)

(from tw*tter : le sens de l'humour)

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 (à la pharmacie)

suivant les conseils de Dominique, j'ai demandé des chaussettes de contention en coton (pour l'été) et la pharmacienne m'a proposé celles-ci, en précisant qu'un supplément de 10€ était demandé par paire, et qu'elle n'était pas sûre que la MGEN prenne en charge ledit supplément (mais elle m'a quand même fait une facture)

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(renseignement pris, Dominique m'a assuré que la MGEN avait toujours tout pris en charge pour elle...)

(à propos de jouissance)

Rien ne semble mieux partagé que la volupté. Dans toutes les espèces où les mâles exhibent des organes «emphatiques», les femelles "sont dotées de papilles formant un tubercule analogue au clitoris", dit Lodé, en citant pêle-mêle les cas d’autruches, marsupiaux, rats ou tortues capables de mouiller. Reste à savoir pourquoi. En vue d’éclairer sa fonction secrète, le biologiste propose d’en finir avec quelques idées reçues concernant la jouissance : on a trop longtemps cru que l’homme était le seul détenteur de ce privilège. On croit encore toujours que la copulation animale n’est qu’une forme particulière de la lutte pour la vie. Faux, rétorque l’auteur qui s’appuie sur le cas surprenant des canards colverts, connus pour leur impressionnant pénis spiralé. S’agit-il d’un atout sur le plan de la sélection naturelle ? Pas vraiment, explique l’auteur, soulignant que les canards TBM (très bien membrés) ne sont pas forcément les "mieux pourvus dans la fécondation". Et pour cause : durant la danse de séduction, le mâle n’exhibe pas ses attributs qui restent parfaitement invisibles. "La grandeur du pénis a peu d’impact sur sa performance reproductive." La femelle ne le voit pas. Quand elle convole avec un mâle, il se sert de son pénis comme d’un crochet pour prendre le contrôle, mais cette ruse elle-même n’a pas grand effet car la femelle possède un "cloaque labyrinthique", un "vrai dédale de plis" permettant d’éviter la fécondation. En cas de pénétration forcée, la femelle peut donc non seulement piéger l’organe phallique dans un cul-de-sac, mais le tordre méchamment dans une douloureuse direction anti-horaire. Et si, par malheur, une femelle se fait fertiliser par un mâle qui refuse de prolonger le badinage, elle pond ses œufs puis les abandonne afin d’aller convoler ailleurs. Délaissant l’incubation, il arrive donc que la femelle "annule la descendance d’un géniteur trop pressé pour séduire". Conclusion : la nature n’est ni bien ni mal faite. Elle est un ensemble ahurissant de contradictions, de gaspillage et d’improductivité.

"Qu’y a-t-il de plus saugrenu que le sexe ?, se demande Thierry Lodé. Quelle incongruité a pénétré l’évolution biologique pour avoir ainsi verrouillé notre vitalité dans un mécanisme aussi complexe qu’insensé ?" Balayant d’un revers de manche le mythe d’une "programmation" rationnelle cachée dans les jeux de conquête, le biologiste propose de voir le plaisir comme une force qui conditionne l’histoire évolutive du vivant. Ce n’est pas la reproduction qui nous guide, insiste-t-il, mais la pâmoison. "Si, sans plaisir, la puissance d’exister s’amenuise, n’est-ce pas que le ravissement est nécessaire à sa biologie ?" (Libé)
Histoire naturelle du plaisir amoureux de Thierry Lodé

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14 juillet 2021

griottines

Bon. une fois de plus la preuve qu'il ne faut pas (trop) se fier aux critiques, ni les écouter. Cette Cerisaie de Tiago Rodrigues dans la cour d'honneur du palais des papes, avec la papesse Isabelle Huppert, cette pièce que les criticaillons ont accueillie tièdement avec des bouches en cul de poule et des petites mines contrariées, cette Cerisaie dont je connais pratiquement par coeur (pour des raisons personnelles) la totalité des deux premiers actes, cette Cerisaie que j'avais tant envie de voir, eh bien j'ai finalement pu y assister, non le 9 à 22h15 sur France 5, date de sa diffusion "en direct", mais le lendemain, chez moi, devant mon ordi, sur france télévision (où elle sera encore visible jusqu'au 17/07, pour ceux que ça intéresse).
Là-aussi, souvenirs souvenirs...
La pièce commence par une arrivée (on revient à la maison, on défait les bagages) et finit, en mouvement inverse, par un départ (on a refait les bagages, on quitte la maison).
Tiago Rodrigues remplit la scène de LCD'HDPDP avec des chaises, pas toutes de la même couleur, celles qui, justement, avant la rénovation étaient installées face à la scène, sur les gradins, pour accueillir les séants des spectateurs, chaises qu'on va successivement ranger, déranger, aligner, bousculer, jeter, entasser, re-ranger etc. Et ces chaises vont accueillir toute la troupe de La Cerisaie, qui, hormis la toute première scène (entre Lopakhine et Douniacha) restera toujours à vue, même si pas "en jeu" (dans ce cas ils resteront simplement assis et immobiles). Avec, "en plus" -mais ce sont certains des acteurs qui l'assurent-, une partie musicale qui courra tout le long de la pièce, (notamment une superbe guitare électrique), et des chansons, et même des danses...
J'adore le dernier acte de La Cerisaie (à partir de l'annonce de la vente) et la façon dont alors les choses se défont (et je la trouve, ici, simplement magistrale -autant que magistralement simple-). Et dans cet acte, j'ai un faible pour une courte scène, celle entre Lopakhine et Varia (où se joue tout à fait autre chose que ce qui s'y dit). Elle est, ici, parfaite.
Et cette phrase* de Firs, qui conclut : "La vie, elle a passé, on a comme pas vécu..." que j'aime toujours autant.

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* (J'en ai relevé une autre, (qui me concerne d'une certaine manière) : "Quand on propose un grand nombre de remèdes pour guérir une maladie, ça veut dire que la maladie est incurable...")

Je viens de revoir encore une fois ce fameux dernier acte, pour prendre les captures d'écran, et j'en ai encore eu les larmes aux yeux...

25 janvier 2023

chapeau(x) rouge(s)

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LA CONSPIRATION DU CAIRE
de Tarik Saleh

Enfin! Nous l'avons demandé, en vain, un certain  nombre de fois (au programmateur), et voici que le Festival Téléramuche nous l'apporte enfin! (le film est sorti en octobre). Tarik Saleh on l'aime depuis son puissant LE CAIRE CONFIDENTIEL (2017) ,  et donc on piaffait, légitimement. Le réalisateur enfonce le clou sur ses personnages de flics corrompus (mais pas qu'eux, tout le monde ou presque l'est, là-bas, en Egypte, corrompu). Une intrigue complexe (il est question de toutes les magouilles, manoeuvres, et manipulations mises en oeuvre avant l'élection du prochain Grand Iman) où l'utilisation d'un personnage de Candide (un fils de pêcheur qui a obtenu une bourse pour entrer à "la" grande école coranique) va nous aider à naviguer à vue dans les noeuds de l'histoire. Il est beaucoup question de religion, de corruption, de pouvoir (pour résumer c'est comme si chacun des protagonistes en tenait un autre par les couilles (et pas tendrement), mais était lui-même tenu (aux couilles) par un autre,au-dessus de lui. C'est douloureux, mais aussi sans espoir. Mais le réalisateur réussit la prouesse de ne pas terminer son film dans le noir total (oui, il y aurait presque une petite lueur d'espoir...)
Mais bon pendant tout le film, en plus d'essayer de tout comprendre, je n'ai pas cessé de m'interroger :  "Mais qui est-donc cet acteur ?" dès que j'ai vu apparaître dans le film le personnage (pas très sympathique) de Soliman

Capture d’écran (2846)

... non seulement je savais que je le connaissais, mais son visage, malgré le personnage,  m'inspirait une indéniable sympathie... Je me suis dit qu'il jouait peut-être dans le précédent film du réalisateur, mais non, c'est, plus tard,  allocinoche qui m'a aiguillé sur la bonne voie : il s'agit de Sherwan Haji, acteur né en Syrie mais désormais de nationalité finlandaise, découvert dans le sublime L'AUTRE CÔTE DE L'ESPOIR d'Aki Kaurismaki...

Le film confirme -avec, ce qui ne gâche rien une incontestable maestria cinématographique- que la situation en Egypte est assez irrespirable (pour ne pas dire délétère), mais que les hommes en blanc (ou noir) avec un chapeau rouge, en grand nombre, sont extrêmement cinégéniques...

Capture d’écran (2852)

Capture d’écran (2854)

 

28 février 2023

on ne meurt plus d'amour

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DES GARCONS DE PROVINCE
de Gael Lépingle

(entregent) oh oh on avait dans nos méls, grâce au distributeur,  le lien de visionnement, et j'en ai donc profité (on avait aussi reçu le dossier de presse au local). je suis gay mais hors ghetto (ce qui signifie que je suis aussi invisible qu'un cafard qui se carapate le long d'une plinthe.) je suis un mec qui aime les mecs "normaux" (donc ceux qui en principe ne sont pas intéressés par les mecs comme moi, mais c'est une autre histoire), pas les follasses, pas les travelos, pas les drag-queens, pas les ceux/celles qui surjouent. ce qui fait qu'au début de ces Garçons de province, j'ai un peu peur. Toute une troupe de follasses, travelos, etc. tout comme la liste du dessus, qui débarquent à la gare de pétaouchnok, pour y jouer le soir lur spectacle dans une boîte locale. C'est comme PRISCILLA FOLLE DU DESERT, en à peine moins tonitruant. On vient les chercher à la gare en pick-up, on les amène à l'hôtel, ils sont "pris en charge" par un jeune black qui est le copain du patron de l'hôtel (qui doit bientôt racheter la boîte) et qui va tomber amoureux d'un(e) des artistes... Ca c'est la première histoire. Dans la deuxième, un jeune homme gracile en mini short en jeans va se prendre d'affection pour la très féminine paire de sandales à semelles compensées qu'il rapportait à une amie, les chausser, et passer avec tout l'après-midi, sillonnant le village et suscitant  regards et  commentaires. Avant la troisième histoire, qui va mettre en scène un autre jeune homme, qui vient chez un inconnu (en bus, sous la pluie) pour poser pour des photos "artistiques", et de ce qui va leur arriver ensuite, toujours dans le même genre de petit patelin bien "France profonde"...
J'aime la façon de voir (et donc, de montrer) du réalisateur, cette façon d'être à la fois "dans" le folklore et le cliché, et, subtilement (subitement) à côté, un pas de côté. il ya du strass des plumes et des paillettes (surtout dans le premier segment), mais il ya aussi des histoires, simplement, de désir et d'amour.
Comme l'écrit ce critique des Inrocks "ces trois courtes histoires teintées de mélancolie tchékhovienne forment un kaléidoscope enveloppé de douceur sur l’expérience homosexuelle dans un cadre rural."
Bref on est simplement séduit.

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l'affiche n'est pas terrible je trouve c'est dommage

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première histoire

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deuxième histoire

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troisième histoire

4 avril 2023

identification d'une femme

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DALVA
de Emmanuelle Nicot

Je croyais que c'était une adaptation du DALVA de Jim Harrison. Pas du tout. Il s'agit d'un scénario original, et d'un premier film. D'une jeune réalisatrice, Emmanuelle Nicot. Un film puissant. Un truc qui cogne. Ici on aime le cinéma belge, on lui consacre même une Semaine dès que ça nous est possible. Le cinéma belge, en général, ça ne prend pas de gants, ça ne s'embarrasse pas de salamalecs ni de ronds-de-jambe, c'est franco, c'est cash, que ce soit dans la trashitude de l'humour noir, oiu dans la noirceur du constat (social, en général).
Ici on est dans le registre "social" : on va suivre une gamine (12 ans) attifée et maquillée comme une femme, qu'on enlève à son père (qui part en prison pour inceste) et qu'on place en foyer. De la difficulté de s'adapter et d'échapper progressivement à l'emprise de son géniteur (Jean-Louis Coulloc'h, très impressionnant, en juste deux scènes), grâce à l'aide d'un éducateur attentif qui mouille le maillot (Alexis Manenti, excellent) et va aider la gamine (incarnée par la nouvelle venue Zelda Samson, qui est totalement sidérante). Grâce aussi à sa voisine de chambre, une grande black pas commode (mais, en fin de compte, pas si pas commode que ça...) l'ambiance générale (la vie au foyer) fait refleurir le souvenir du délicat (et mémorable) MA VIE DE COURGETTE.
Comment redevenir une "simple jeune fille", repasser du statut de Barbie (d'objet de fantasmes) à celui de vraie personne.C'est quoi l'amour ? Sur un sujet casse-gueule (et aussi dérangeant que brutal) la réalisatrice réalise (réussit) un film plus qu'attachant. Impeccable. Et tout le monde participe au succès de l'entreprise.

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1 août 2020

juillet2020

mercredi 1er (cinéma)
et voilà, c'est fait, après le Rex à Nogent le Rotrou pour la première séance, je suis retourné dans le bôô cinéma pour voir Le Colocataire de Marco Berger (qui sait me provoquer toujours les mêmes émotions... anatomiques)

jeudi 2 (promotions)
j'étais content d'être le premier à annoncer à Manue qu'elle était promue à la hors-classe (elle ne le savait pas encore, ses collègues ne lui avaient rien dit, et je venais juste de le lire sur le courrier syndical). Champagne!

vendredi 3 (Cuse)
c'est toujours avec un grand plaisir que je vais passer l'après-midi avec Catherine et Dominique (et Erika!), celui-ci fut plutôt "musical" entre les messieurs qui tondaient, puis la moto des cassos, puis la musique des cassos, et re-la moto, mais bon il faisait beau et cela prêtait à l'indulgence

samedi 4 (traîner à poil)
c'est vraiment le plaisir estival par définition pour moi, celui de (les volets sont fermés) pouvoir traîner à poil toute la journée ou presque dans l'appartement (il a fallu tout de même fallu que je m'habille en fin de journée pour aller chercher un paquet...)

dimanche 5 (mon oeil)
honte à la greluche qui a menti effrontément sur le ouaibe en affirmant qu'elle avait réussi à faire des gougères par-faites grâce au plat crisp de son micro-ondes (le même que le mien) : en réalité, les miennes ressemblaient à des petits tas de boue (mais j'en ai quand même mangé pas mal)

lundi 6 (parking)
j'y suis allé, je ne sais pas pourquoi (il était vide, puisque la route est coupée en amont), toujours est-il que j'ai trouvé un billet de 10€ dans l'herbe, et, un peu plus loin, une paire de croc's bleues à ma taille

mardi 7 (bzzz)
c'est très très agaçant, cette unique mouche ou presque, (on n'est pas certain) et qui est pourtant emmerdante comme cent mille, à toujours vous  tournicoter autour, se poser, repartir, revenir, vrombir au creux de l'oreille, sans qu'on puisse réussir à l'occire

mercredi 8 (Besac/Vesoul)
alors là c'est incroyable : avec Zabetta nous avons pris le même bus, celui de 16h20, et à aucun moment (ni à la montée, ni à la descente, ni pendant le trajet) nous ne nous y sommes vus

jeudi 9 (démocratie eh oui)
comme c'était 'l'année des femmes", Piccoli a été écarté d'office, mais, comme je le craignais, Edith Scob n'a pas fait le poids face à Anna Karina, pour figurer sur notre carte de membre de la saison 20/21

vendredi 10 (Les Bâties)
à l'initiative de Dominique, nous nous sommes retrouvés à midi pour partager avec René le repas que nous avions apporté, on a mangé dehors, un vent délicieux  tempérait la chaleur, et ça faisait du bien de parler comme ça (premier repas sans Francette, avec toute l'émotion sous-jacente que ça implique)

samedi 11 (laquelle ?)
ça m'a pris comme ça : et si je m'achetais une tablette, pour pouvoir rester connecté même quand je ne suis pas à la maison, je suis donc allé dans une grande surface (quelle énergie!) j'ai tourné j'ai farfouillé j'ai gambergé j'ai comparé, et je suis reparti sans rien

dimanche 12 (sérénade à trois)
la dame dans la rue crie très fort envers un monsieur à casquette en t-shirt gris, juste à côté d'elle est assis un monsieur en t-shirt rouge, qui a l'air de s'en foutre pendant qu'ils s'engueulent, jusqu'à ce que le t-shirt gris s'éloigne d'un côté, que la dame, toujours criant, parte d'un autre, accompagnée par le t-shirt rouge, toujours aussi impassible, qui est passé devant (il a soulevé son t-shirt et s'aére le ventre) pour lui montrer le chemin (mais t-shirt gris reviendra sur ses pas pour prendre le même chemin qu'eux)


lundi 13 (au menu)
on se retrouve à midi avec Catherine dans un fjt quasiment désert (beaucoup d'habitués ont fait le pont, et les cuisiniers et la caissière, visiblement, auraient bien aimé le faire eux aussi...)

mardi 14 (blablabla)
enfin réussi à jouer à Coco blanc-manger chez Co & Pépin, avec Loulou et ses deux copines, et ce fut effectivement assez drôle (et pas uniquement parce que j'ai gagné...)

mercredi 15 bruns & embruns 1

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jeudi 16 bruns & embruns 2 (en allant faire les courses)

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vendredi 17 bruns & embruns 3

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samedi 18 bruns & embruns 4

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dimanche 19 bruns & embruns 5

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lundi 20 bruns & embruns 6 (chez Alain)

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mardi 21 bruns & embruns 7 (en revenant de marcher dans la mer)

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mercredi 22 bruns & embruns 8 (coucher de soleil à la baie)

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jeudi 23 bruns & embruns 9 (coucher de soleil à la baie)

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vendredi 24 bruns & embruns 10 (aire de La Réserve)

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samedi 25 (dans la nuit)
difficile de dormir, après le calme breton,  dans cette nuit urbaine et bruyante (les fenêtres sont ouvertes pour laisser entrer un peu la fraîcheur, j'assiste à une interpellation policière en direct live au coin de la rue, juste en face de chez moi, "comme dans les films")

dimanche 26 (choix)
passé un loooong moment à comparer différents modèles de sacs à dos (puisque la bretelle du mien a définitivement rendu l'âme) avant de me décider à en commander un nouveau, bleu et waterproof

lundi 27 (aération)
je monte dans la voiture en sortant du fjt, je pose le masque sur le siège passager, j'ouvre les fenêtres (il fait très chaud) je démarre, et au bout d'une centaine de mètres le masque s'envole par la fenêtre (je ne peux pas m'arrêter car une voiture me suit)

mardi 28 (comme au théâtre)
au cinéma Beaux-Arts, quand on achète son ticket, le caissier vous fait désormais choisir sur un écran le numéro du siège que vous souhaitez occuper, qui est alors imprimé sur votre billet

mercredi 29 (merci Catherine)
en rentrant du concert privé à Authoison (merci Manue) j'ai récupéré (et emporté à la maison) un magnifique pot (bleu) de menthe (deux variétés) qu'elle y avait plantée(s) pour moi

jeudi 30 (contrôle technique)
comme chaque fois que je le vois (une fois tous les deux ans), il me fait penser à Peter Falk dans Les ailes du désir par sa gentillesse un peu bourrue, et d'autant plus touchante (un ange mal rasé)

vendredi 31 (canicule)
pour me rafraîchir un peu (mentalement) et pour me dépayser, je regarde sur mon ordi, sur les indications de Catherine, la webcam de la Baie des Trépassés, qui tourne en temps réel

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