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lieux communs (et autres fadaises)
13 mai 2019

pieds de mouton en gelée

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QUI A TUE LADY WINSLEY ?
de Hiner Saleem

J'ai une grande tendresse pour les films d'Hiner Saleem. sans doute peut-être pas pour les bonnes raisons (...). J'aime la façon dont il parle des hommes. J'aime sa façon de filmer les hommes. J'avais découvert son Vodka Lemon (que j'avais adoré) lors d'un lointain Ficâââ, et ensuite, bon an mal an, on a essayé de programmer ses films (dans le bôô cinéma) quand ils sortaient. Certains que j'ai adorés (Si tu meurs je te tue, My sweet pepperland) d'autres dont je ne me souviens pas bien (Kilomètre zéro, Le ciel de Paris).  C'est un cinéma que j'aurais envie de rapprocher de celui d'Otar Iosseliani, un cinéma qui batifole, à la seule (grosse) différence que le (gros) coeur battant dans les films d'Hiner Saleem se nomme Kurdistan, tandis que chez Iosseliani on entendrait plutôt résonner Géorgie...
Après le western (My sweet pepperland) le réalisateur aborde cette fois l'univers du polar. Un univers presque délicatement suranné, à la Agathie Christie, où une riche américaine (à grands coups de Je t'aime) a été assassinée d'un coup de révolver sur une petite île turque TDCDM (trou du cul du monde) où tous les habitants ou presque appartiennent à la même famille (et ont donc tous presque le même adn), et on a envoyé sur ladite île un Sherlock Holmes turc,  dépêché depuis Istanbul pour résoudre l'affaire, car la police locale patauge... Le Sherlock en question est un beau ténébreux au charme duquel la demoiselle qui s'occupe de l'hôtel où il est descendu ne se révèlera pas insensible...
Bien entendu, le mot kurde ne va pas tarder à faire son apparition dans l'enquête, et même en de multiples occurrences... Et sera même un élément-clé de ladite enquête. J'aime beaucoup le ton de la narration, qui fait semblant le plus souvent de se prendre au sérieux, avec, à intervalles réguliers, ces petites chorégraphies masculines que le réalisateur semble affectionner (et moi aussi d'ailleurs, énormément) et qui me ravissent (Vous souvenez-vous des sept frères au comptoir dans Si tu meurs je te tue ?) ou ces gags instantanés (j'ai adoré le "Descendez-le!", par exemple)qui font éclater de rire tandis que le récit continue, sourcils froncés, impassible en apparence. Le Sherlock a fort à faire : d'une part la résolution de l'enquête (compliquée par le fait que chaque ilien(ne) semble souhaiter lui mettre des bâtons dans les roues), et d'autre part l'amour est un oiseau rebelle (si tu ne m'aimes pas je t'aime)  avec la dame de l'hôtel, et les deux affaires seront chacune dûment menées à terme : le meurtre, élucidé, et l'amour, entériné (comme le plus miellé des baklavas). Et, mine de rien, sous ce récit plan-plan en apparence, le réalisateur réussit à aborder deux sujets qui lui tiennent (toujours autant) à coeur : la condition des Kurdes et celle des femmes, que la machocratie Turque semble traiter avec le même mépris souverain...
Un film aux saveurs orientales qui ravit donc les yeux et le palais (j'en reviens au baklava), à recommander chaudement, donc.

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l'affiche

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le baklava...

10 mars 2019

carte verte

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LUNE DE MIEL
de Ioana Uricaru
(avant-première au Kursaal à Besançon)

Au début du film, everything is OK pour cette jeune Roumaine arrivée aux Etats Unis pour un genre de CDD d'infirmière, qui vient d'épouser un de ses patients, fait venir son fils pour vivre avec elle, et attend sa carte verte... Comme chante Armstrong "And I think to myself what a wonderful world..."
Sauf que.
Eh oui, sinon il n'y aurait pas de film (et je pensais alors -naïvement- "Mais quelle va pouvoir être la problématique du film ? Qu'est-ce qui va bien ne pas pouvoir aller ?"). Un premier petit caillou va se coincer dans les rouages de cette mécanique bien huilée, sous les traits d'un agent de l'Immigration particulièrement... insistant. Puis un second, sous les traits de deux flics américains spécialement procéduriers. And so on... comme disent les Amerloques. Où l'on voit que vivre là-bas n'est pas une partie de plaisir, surtout quand on n'est pas du cru. Et chaque spectateur a eu le temps de réaliser, depuis un moment, que le titre du film était assez cruellement ironique.
Car Mara, notre héroïne, va en faire la triste expérience (le post aurait pu s'intituler De mal en pis, ou, plus lettré, de Charybde en Scylla, mais bon vous avez compris le sens général du propos) et réaliser que, Roumanie ou Etats-Unis, les mecs sont tous aussi pourris, les mêmes salopards, ici ou là-bas, kif-kif, tout ça, (on pourrait appeler ça le parcours de la combattante) jusqu'à une fin particulièrement abrupte (parce que singulièrement en suspens) qui vous donnerait presque l'impression qu'il manque un morceau. Ce n'est pas une fin ouverte, c'est une fin grande ouverte, ou, mieux, béante. Comme si la réalisatrice avait soudain fait volte-face et s'était mise à regarder ailleurs (mais bon, comme il s'agit d'un sujet plus ou moins autobiographique, on peut supposer qu'il s'agit d'une happy-end, ce qui ne saute pas des yeux -ni du balcon hihihi- à première vue.)
Le film est court (1h28) mais impitoyable. C'est presque asphyxiant de voir comment les obstacles et les déconvenues s'enchaînent pour Mara, et comment chaque tentative pour solutionner un problème en génère aussitôt un nouveau. A tel point que lorsqu'elle finit par rencontrer un personnage un peu positif, et qui semble décidé à l'aider et à la sortir de là, on est presque méfiant, en se demandant quel coup tordu il va encore bien pouvoir lui faire.
Un film amer, donc, qui n'épargne rien à son héroïne, mais un film fort et terriblement lucide -réaliste- sur la façon dont les Etats Unis perçoivent (et "accueillent") les immigrants. Tranchant. Glaçant.

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Allocinoche m'apprend que Iona Uricaru n'est pas une nouvelle venue, que j'avais déjà pu apprécier le travail de la réalisatrice dans les deux volumes des Contes de l'âge d'or (2009 et 2010) aussi roumainissimes que grinçants, où elle oeuvrait en compagnie de plusieurs réalisateurs roumains, coachés par Christian Mungiu, dont la société de production a, justement, pris en charge ce film.

26 septembre 2018

sangria

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CLIMAX
de Gaspar Noé


Ah, Gaspar Noé... c'est une longue histoire. Au début il y a eu Carne, moyen-métrage que j'avais beaucoup aimé (avec Philippe Nahonen papa boucher), suivi quelques année plus tard, avec le même Philippe Nahon, de Seul contre tous que je n'ai pas vu mais dont Pépin m'avait enthousiastement vanté les mérites. puis Irréversible, que j'ai refusé tout net de voir,tellement ça me filait les jetons, puis Enter the void que je n'ai pas eu l'occasion (ni vraiment l'envie) de voir, puis Love que je suis allé voir sur l'alléchante proposition de QV en 3D mais bof bof. Et donc celui-ci (sans doute suite à la conversation avec Jean-Luc C. -qui me les a si chaleureusement défendus- à propos de Irréversible et Enter the Void ). J'y suis allé -plouf- sans réfléchir, oui, exactement comme quand, gamin, on saute dans le grand bain sans encore être sûr de savoir nager... "On verra bien..."
Ca commence plutôt bien : après un préambule enneigé (dont on comprendra a posteriori qu'il s'agissait de la fin du film) où une jeune fille rampe au milieu de la surface neigeuse -immaculée- de l'écran -le rouge et le blanc-, des jeunes danseurs sont interviewés par une chorégraphe qui vient de les engager, c'est simplement mis en scène (plan fixe, au centre une vieille téloche, et de chaque côté des k7 vidéos et des bouquins qu'on suppose être ceux de chevet de GN (et où j'ai retrouvé avec plaisir quelques titres aimés...) et sont mentionnés à chaque fois les prénoms de chacun, mais, comme au début d'une soirée où on ne connaît personne mais où on sait déjà qu'on ne se souviendra d'aucun ou presque).
Puis ça continue, tout aussi bien : les jeunes danseurs en question sont filmés en train de danser (ce qui semble logique). Je ne connais pas exactement ce style de danse(s) dont les noms bizarres apparaissent dans les critiques, mais je dois reconnaître que c'est très agréable à regarder. Qu'ils dansent bien. Et que le réalisateur semble avoir du plaisir à les filmer
(la sangria)
Et les bonnes choses s'arrêtent là.
(la sangriaaaaaa....)
Les danseuses et les danseurs font une fête pour fêter ça. Qu'ils ont bien dansé et tout. Sauf qu'une sangria (sangria! sangria!) a été servie, et que dans la sangria quelqu'un(e) a versé de la drogue ou quelque chose de pire, et tout va partir en sucette (et le scénario, et la caméra, et la réalisation aussi). Jusqu'à la fin (il y en a encore pour une bonne heure, j'ai regardé l'heure sur mon téléphone -je le fais rarement pour ne pas déranger mais là on n'était que deux dans la salle et l'autre était assis devant, à des kilomètres de moi donc je pouvais)...
Toutes et tous pêtent les plombs, l'un(e) après l'autre à des degrés divers (et de façons diverses aussi), mais ça ne va plus arrêter, jusqu'à la toute fin (une fille se met du lsd directement dans les yeux et fondu au blanc, blanc comme l'image du tout début... aaaaah on comprend que la boucle est bouclée).
Ah ouais... subversion transgression poésie pure esthétique de la violence et j'en passe. Mouais moi je dis que c'est vraiment N'IMPORTE QUOI (et je l'écris en majuscule pour insister). Qu'ils se crient dessus ok qu'ils se foutent sur la gueule ok qu'ils baisent comme des lapins/pines ok qu'ils vomissent ok qu'ils se tailladent ok mais quand ils se re-crient, se re-foutent, se re-tailladent et re-baisent et re-vomissent, et ensuite re-re, et encore re-re-re, on commence à bailler à regarder les grains de poussière dans la lumière du projo, à pencher la tête pour pouvoir l'image avec le bon angle, à envisager de dormir jusqu'à la fin de la séance, et à se demander mais pourquoi tant de haine (et, à la fois, tant de rien) ?
Ca n'a aucun sens, comme semblent l'indiquer les couloirs (je dois reconnaître que j'aime plutôt bien les décors, cet espèce de colonie désaffectée, à la topologie complexe -un décor idéal de film d'horreur pour y dégommer des ados-) qui semblent pouvoir mener n'importe où, et même la caméra, (qui a tâté aussi de la sangria ?) qui utilise tous les angles toutes les positions toutes les postures (GN adore filmer en biais, et là il se fait plaisir et va jusqu'au bout de la révolution, et filme à l'envers, la tête en bas les pieds en haut (c'est sûrement le record du monde de durée de filmage la tête en bas dans un film je pense), et ça lui plaît tellement qu'il ne s'arrête plus.
Aucun sens, ouais, et qu'on ne me parle pas de transe, faudrait voir à pas pousser papy dans les orties quand même. le grand trip psychédélique à la fin de 2001, Odyssée de l'espace, on n'y comprenait rien non plus, mais aucun personnage n'en faisait les frais, comme hélas ici. Ca s'agite et ça s'agite de plus en plus, mais ça pourrait aussi bien être une colonie de fourmis qui s'entretuent, on n'en aurait pas plus grand chose à faire. Et ça dure et ça dure ça vire fou-furieux ou du moins on le suppose) pour une loooongue séquence en rouge et noir (ni Stendhal ni Jeanne Mas, ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs) le fameux climax (prononceze claille-maxeu) du film en question. Musique paroxystique et boum et boum et boum.Mais finalement on s'en contretamponne.
Et clic tout d'un coup c'est le matin et la porte s'ouvre et il fait jour et (toujours tout ça avec la tête en bas) entrent des (ce qu'on suppose être) des flics avec des chiens qui aboient ouah ouah tout ça au son d'une version karaoké cheap d'Angie (sans les paroles) sur un (ce que moi j'appellerais) un radio-cassette merdique.
On est content qu'il fasse jour, que les chiens aboient, et que la demoiselle se mette du lsd dans les yeux. parce que les lumières se rallument et qu'on va pouvoir sortir...
Expérience psychédélique mon cul dirait Zazie. Ave un poil de scénario en plus et une touffe d'esbrouffe en moins, ça aurait pu valoir le coup (ne me restent que les images -très graphiques- d'une jeune fille qui marche dans un couloir vert rectiligne, avec du rouge pétant au bout. a moins que ce ne soit l'inverse). C'est peu. (et la question de savoir si quelqu'un a finalement retrouvé la clé du placard électrique où le gamin a été enfermé par sa mère "pour sa sécurité"...)
Ach! Désolé ! (je prend l'accent allemand puisque le film revendique le drapeau et la nationalité français -ça fait drôle, mais c'est comme ça qu'on accorde, non ?-, c'est presque déplaisant cette cocoriquesque attitude.) Non ça n'est pas encore aujourd'hui que je vais me réconcilier avec le cinéma de GN (ça pourrait être les initiales de Gros Nounours, mais non). Dommage.

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l'affiche

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l'héroïne

31 mai 2016

combustion inversée

ELLE
de Paul Verhoeven

Oui, je l'avoue, fouettez-moi, (je le mérite sans doute) : je n'ai jamais lu un seul bouquin de Philippe Djian (et je n'en ai absolument pas l'intention) mais par contre j'en ai vu plusieurs adaptations cinématographiques (re-fouettez moi : j'avais trouvé 37°2 le matin un peu ennuyeux... Aïe, pas si fort! ça fait mal toutes ces gifles...)
Et donc là j'allais voir (bôô cinéma, avec Marie, séance de "retraités") davantage Verhoeven+Huppert que l'adaptation de Oh!. Ceci étant posé, deux mots sur la salle, qui malgré le petit nombre de spectateurs (premier jour, première séance), s'est révélée franchement pénible, tout particulièrement ces deux cruchasses du dernier rang qui ont passé leur temps à ricanasser régulièrement et de très bête façon, à des moments qui soient les dérangeaient soit qu'elles ne comprenaient pas (ou peut-être encore qu'elles avaient le ricanateur coincé en position "on" et qu'elles ne pouvaient rien y faire, les pauvres), ce qui a encore compliqué notre "entrée" dans le film, déjà pas si facile que ça par nature.

Car ça démarre tambour battant par un bruit de verre brisé sur fond d'écran noir, suivi par des bruits qu'on identifie comme de lutte, avant que l'image ne nous révèle (on nous met à la place du chat qui assiste à la scène) qu'il s'agit d'un viol, et que c'est le personnage d'Isabelle Huppert qui en est la victime. Viol spécialement brutal, mais, qui, étrangement ne semble, par la suite, pas l'affecter plus  que ça. "Tiens...", se dit-on. Et on va ensuite, sur ses traces, faire la connaissance du petit monde dont elle est le centre de gravité (ou d'indifférence) : ses collègues (femme, Anne Consigny, et hommes, tous les autres : elle est éditrice de jeux vidéos, et elle règne d'une main de fer dans un gant de fer aussi sur tout son staff de jeunots geeks ou apparentés), son fils qui s'est mis en ménage avec une "folle" (dixit Isabelle H.) et aurait besoin d'argent pour louer son nouvel appartement, sa mère (Judith Magre, grandiose), qui se tape un magnifique et musclé jeune gigolo avec qui elle projette de convoler, son ex-mari, (Charles Berling) écrivain raté un peu dans la dèche, sa belle-fille (qui mériterait effectivement des baffes) et last but not least le couple des nouveaux voisins, elle très catholique (Virginie Efira), et lui (Laurent Laffite) qui ne l'est peut-être pas tant que ça... Ah j'oubliais, et aussi son amant, qui s'avère être le mari de sa meilleure copine.

Voilà que sont mis en place les pions de la partie qui va se jouer. Paul Verhoeven l'est très, joueur. Et il va bien jouer, avec nos nerfs, avec nos angoisses, avec le feu, avec nos santés, (on peut s'amuser à continuer la liste...). Sans quitter des yeux isabelle H, en suivant ses traces : Isabelle à la maison, Isabelle au travail, Isabelle au restaurant, Isabelle dans sa chambre, etc. Bon, il y a eu cette histoire de viol, qu'on a vue en ouverture, et qu'on reverra plusieurs fois sous plusieurs coutures, mais ce n'est pas le plus étrange (ou le plus dérangeant) dans la vie de cette femme : on dirait que tout le monde s'y met autour d'elle (à déranger, déraper, désaxer). Violences, menaces, manipulations, mensonges, provocations, tout se met en branle autour de l'épicentre de ce viol initial, comme une onde qui se propagerait, une onde de malaise (on se dit à chaque instant que le pire pourrait arriver, mais, en général, c'est autre chose. Ou pas.), insidieuse, omniprésente.

Comme souvent chez Verhoeven, il est question d'apparences (et de faux-semblants), de violence (et de sursauts), de rapports de force  (qu'est-ce que se soumettre ?), de manipulation (s), mais surtout, grandiosement, de mise en scène (celle du film tout autant que celle qu'utilisent les personnages). Isabelle Huppert démontre, sans donner jamais le sentiment d'en faire trop, qu'elle est absolument celle qu'il fallait pour crédibiliser ce personnage. Elle y est souveraine (c'est le qualificatif qui a surgi pendant la projection) mais les autres ne déméritent pas et sont tous au diapason (avec un bémolet, peut-être, pour celui qui est derrière la cagoule, mais ça n'engage que moi...).

J'en ai profité pour, après,  réviser la filmographie de Verhoeven (ceux que j'ai vus) : Turkish Delices, Spetters, Le quatrième homme, (Je l'ai découvert parce que, dans sa première époque, la hollandaise,chacun de ces films était un FAQV. A Hollywood, bien entendu, les choses ont changé...) Total Recall, Robocop, Basic instinct, Starship troopers, Black Book...Oui, Isabelle Huppert (enfin, le personnage qu'elle incarne) ne dépare absolument pas au milieu de cette galerie de créatures (a minima) et de monstres (a maxima). Ici ne se joue pas la démesure science-fictionnesque des effets spéciaux, mais tout ça n'en est que plus impressionnant. En faisant semblant de faire profil bas, simple, français, quotidien presque, Paul Verhoeven nous embobine divinement. Mine de rien, le terrain est aussi miné qu'il l'était, déjà, pour les personnages des films précédents. Où la réalité ne serait qu'un point de vue.

Double-jeu. Ou jeu à plusieurs niveaux : Il fabrique un personnage qu'il met en scène dans un certain environnement (selon des codes précis), et le souligne en faisant de ce personnage le créateur/concepteur d'un jeu vidéo qui apporte à la création de son personnage principal (une guerrière qu'on pourrait qualifiée de "très sexuée") le même soin que celui du réalisateur qui l'a créeé. (Mise en abyme, mise en scène, mise en condition). Il s'agit bien alors de programmation (dans le jeu, seul le concepteur en connaît à l'avance non seulement les rebondissements mais aussi le "but" final) mais le spectateur est un gamer captif : il n'a pas de manette pour jouer, il ne peut compter que sur son propre cinéma intime (cette capacité d'envisager le pire) pour l'aider à progresser jusqu'à la fin de l'épopée. Alors on joue le jeu, on lâche prise, on se laisse manipuler, on est ravi. Et quand game is over on peut reprendre enfin son souffle.

Le film est long en bouche (en tête, plutôt),  on y prend goût,  on le savoure, et à la fin il ne vous laisse pas  vous en sortir si facilement. On est pendant deux heures monté et descendu, sur le carrousel déglingué (déchaîné) sur lequel Paul Verhoeven nous avait ficelé, voire on aurait tourné en rond, mais qu'importe. Le train fantôme, le grand-huit, la galerie des miroirs, les autos-tamponneuses, c'est comme si on avait tout fait, sans même avoir besoin de boucler sa ceinture. Cinéma forain, cinéma malin, on est passé partout, oui, et on a un peu les jambes qui flageolent. Et il y en a une qui nous regarde partir (en réalité c'est le contraire, c'est elle qu'on regarde s'éloigner, mais ça revient au même) avec un  éclat de rire presque narquois. Du grand art.

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(euh... vous auriez le petit doigt en l'air, vous, à ce moment-là?)

3 juin 2021

CMFUBJ 52

(parcours-santé)

je suis encore retourné chez mon toubib (mercredi matin c'est consult' sans ordonnance, alors j'y suis allé de bonne heure) à cause de ces boutons apparus en rafale sur les bras voici deux nuits qui démangent horriblement et que je ne dois surtout pas gratter, me suis auto-diagnostiqué urticaire et auto-médiqué anti-histaminique : polaramine, ce que lui a formulé autrement, après observation : réaction à l'antibiotique > arrêt immédiat de l'antibotique > prescription d'un autre anti-histaminique pendant une semaine > analyse de sang samedi matin pour vérifier que l'infection ne redémarre pas (et pendant ce temps-là qui ne doit pas se gratter ? c'est moi... tout ça commence un peu à me casser les couilles)

*

j'ai une amie qui m'a conseillé de prendre rendez-vous chez sa dermato (laquelle, s'est-il avéré téléphoniquement via sa secrétaire, ne prenait plus de nouveaux patients)

j'ai un ami qui a entièrement rafistolé sa bibliothèque écroulée, et y a même ensuite rangé les bouquins par ordre alphabétique

j'ai une amie avec qui on s'est échangé nos rêves de la nuit précédente, en buvant le café

j'ai un ami qui est en train de "faire une terrasse" dans son jardin avec son frère

j'ai une amie qui, à cause du retard occasionné dans les jardins par les pluies incessantes, est obligée de travailler non seulement dans son jardin à elle, mais aussi dans celui de sa mère!

j'ai une amie qui, finalement, après mûre réflexion, en fin de compte, après avoir pesé le pour et le contre, va reprendre un chien (mais asthmatique)

j'ai une amie à laquelle on a offert deux canetons pour son anniversaire

j'ai une amie qui souhaiterait acheter des pantacourts en popeline

j'ai une amie qui n'a pas pu jouer au scrabble avec moi parce qu'elle allait à un enterrement (mais ce n'est que partie remise pour jeudi)

j'ai une amie qui a en ce moment d'adorables petits cheveux blancs qui repoussent (qu'on a envie de caresser)

(commencé en rêvassant dans le bus Besac/Vesoul)

*

un voyage-éclair (arrivé à Besac 13h40, reparti à 14h50) avec rdv à la gare pour prendre nos billets de train (j'inaugure ma carte avantages senior)

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("un café et un verre d'eau, s'il vous plaît...", ma première terrasse bisontine depuis des lustres...)

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"Le Salinois pour lequel une alerte avait été lancée, mardi, a été retrouvé au niveau de la commune de Pagnoz, mardi 1er  juin, dans la soirée. L’homme, âgé de 49 ans, a pu regagner son domicile sans encombre. Les gendarmes avaient été alertés, la veille, d’une possible disparition inquiétante. Il avait été vu pour la dernière fois vers 11 h 30, samedi 29 mai, dans la commune de Beure (Doubs). L’homme avait été par la suite inscrit au fichier des personnes recherchées. Des membres de sa famille avaient diffusé un appel à témoins sur les réseaux sociaux.
Le Salinois, habitué aux déplacements en auto-stop pour rallier Besançon, a fait les frais d’une incompréhension liée à la barrière de la langue. Il est monté dans la cabine d’un routier polonais qui n’allait pas vraiment dans la bonne direction. Il sera finalement déposé à Sarrebourg (Moselle), soit à plus de 250 kilomètres de la cité thermale. Il a fallu ensuite qu’il regagne Salins-les-Bains par ses propres moyens. L’homme n’avait pas de téléphone portable sur lui." (L'Est Répu /tw*tter)

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Vincent Macaigne est un homme comme les autres...
et quand on clique sur l'image ça donne ça :

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(Cy Twombly)

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22 octobre 2012

(à suivre!)

DANS LA MAISON
de François Ozon

Oh quel bonheur! Le dernier film d'Ozon est mon Ozon préféré depuis... pfouououh... des lustres! (et c'est peut-être même mon Ozon préféré tout court!) Pourtant rien de pédé en apparence (ou si peu...  au niveau du sous-texte, on pourrait peut-être en charger des brouettes, mais bon...)
Enfin j'y ai pris un énorme plaisir, et ce dès la première image (et évidemment jusqu'à la dernière...) Parce que un générique brillantissime, parce que la musique de Philippe Rombi (des cordes, surtout, que j'aime à tel point que j'ai téléchargé légalement (et en payant) le cd ce matin-même), parce que les acteurs au top (Lucchini en prof de français, Scott-Thomas en directrice de galerie, Denis Ménochet -ouououh!- et Emmanuelle Seigner en papa/maman, et deux ados à faire péter l'applaudimètre,(Bastien Ughetto -oh ces yeux de cocker - en "victime" et Ernst Umhauer - parfait en tête à claques -) et une narration perversement plaisante à deux niveaux (au moins, au départ, à peut-être plus par la suite) qui vous embobine et tente de vous faire perdre vos repères, et j'avoue qu'on accepte avec délices de se laisser ainsi manipuler...
un ado raconte à son prof de français, dans sa première dissert' de l'année, la fascination qu'il éprouve pour la famille d'un de ses camarades de classe, et de la façon dont il réussit à s'immiscer dans la maison (sous prétexte d'aider son pote en maths) et la termine par un "à suivre..." qui va hameçonner le professeur qui l'incite à continuer, lui donnant des leçons de littérature, de construction dramatique, de style, mais au fond ne fait qu'attendre la suite, s'avançant surle genre de planche savonnée que lui prépare progressivement le jeune homme. On découvre une famille par ceq ue le réalisteur en montre (celle de Lucchini) et une autre parce que le jeune intrus en raconte ("les Rapha") mais le résultat est, finalement le même : des personnages de fiction(s) imbriqués dans une métafiction, qui s'enchevêtrent tant et si bien qu'on finit par ne plus essayer de comprendre dans quelle histoire on est (ou pas), et ne garder que le plaisir de toute cette énergie ciné(ma)t(ograph)ique, avec parfois un peu la tête qui tourne.
Même si ça retombe (ça patine) un tout petit petit peu sur la fin (l'ado cherchant une fin  à son histoire, du coup le réalisateur un peu aussi) l'ensemble tient excellemment la route... Brillamment plaisant ou plaisamment brillant ?

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29 janvier 2012

un whisky chaud, et un whisky en attendant...

L'IRLANDAIS
de John Michael Mc Donagh

L'avais déjà vu à Paris, le mercredi matin de sa sortie, dès la première séance (avec café offert, siiii), et j'en avais pensé beaucoup de bien. L'ai donc revu dans le bôô cinéma, avec Marie (à qui je l'avais conseillé), et en suis sorti à nouveau enchanté.
J'aime beaucoup ce film. Pour son humour (aussi black que la Guinness), sa tendresse (oui oui), son irrévérence, sa folie, voire son je m'enfoutisme débonnaire.
Polar mais pas que (l'intrigue n'est pas fondementalement vitale), western mais irlandais, buddy movie vachard, documentaire pluvieux, portrait d'un solitaire finalement assez opaque, sonate de bar enthousiaste, zigzaguant entre saillies percutantes, personnages décalés, situations parodiques, citations métaphysiques, scènes d'anthologie, bref un joyeux bordel, où chacun peut trouver à coup sûr quelque chose à son goût, à se mettre sous la dent, et  que j'ai d'autant plus envie de défendre qu'il a été assez injustement passé sous silence lors de sa sortie (la dernière semaine de décembre, ça n'était pas forcément le sésame idéal, hein...)
Brendan Gleeson, dans le rôle-titre, mérite vraiment une tournée générale, tant il n'hésite pas à payer de sa personne, n'hésitant pas par exemple à s'exhiber complaisamment en gros slip so irish, et conférant à la bonhommie équivoque de son personnage un double ou triple fond (les relations avec sa mère, avec l'IRA, avec le gamin au vélo, et cette façon de rester incorruptible, mais si politiquement et socialement incorrect) extrêmement réjouissant.
C'est peut-être le fait que John Michael Mc Donagh ait ainsi voulu jouer (gagnant) sur plusieurs tableaux qui a déstabilisé la critique et les spectateurs, chacun y trouvant (son compte) mais pas complètement ce qu'il était venu y chercher ("de l'action, des filles à poil, un peu d'humour..." dit assez ironiquement un des personnages), et c'est sans doute ça qui m'a autant plu : cette façon de raconter une histoire en n'y croyant pas tout à fait (ou justement trop) ces personnages tour à tour énervants, loufoques, attendrissants, révoltants, (et parfois tout à la fois), sans oublier d'intercaler, comme dans un club sandwich idéal, quelques belles images so irish, quelques clichés so irish, quelques vérités so irish, tout ça enrobé avec la musique pas so irish du tout de Calexico...
Oui, un incontestable gros plaisir (autant que le ventre de Brendan G, hihi).

 

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30 juillet 2011

systématique

THE NATIONAL

The National 2001 TheNationalSadSongs The National - Alligator national_boxer_cover The-National-High-Violet1-1024x1024

Voilà voilà... les 5 albums de ce groupe que je viens de découvrir, tout à fait par hasard... Quand j'aime je suis systématique , il faut que je connaisse tout ce qu'il est possible de. Je connaissais juste la première chanson du dernier album, que j'avais sur mon ordi, mais que je ne trouvais pas renversante... quelle erreur! J'ai donc découvert High violet, par un enchaînement de hasards, que je me suis mis à écouter  dans la voiture, au milieu d'autres albums, puis en boucle juste celui-là, et, après avoir un peu farfouillé sur le ouaibe et réalisé à côté de quoi j'étais passé, je me suis donc procuré les autres! J'en ai trouvé un à Besac (High Violet expanded), un autre à Vesoul (Boxer) et le reste j'ai téléchargé en payant! (presque tout... mon honnêteté me perdra).
Voilà, voilà... Comment ai-je pu vivre aussi longtemps en passant à côté de ça ? Visiblement Libé adore, et leur a même consacré une pleine page, eh bin je ne l'ai pas lue, figurez-vous, ou en tout ca ça ne m'a pas frappé.
The National, c'est d'abord une voix, celle du chanteur, une voix basse (certains disent râpée à la clope et à la bibine...) qui évoque un peu celle du chanteur des Tindersticks, c'est ensuite une batterie , musclée, virile, et puis des textes (la poésie simple du quotidien, les histoires d'amours qui finissent mal en général, un doux mal-être habituel, une tristesse à la Arab strap) pour des morceaux qui peuvent être soient des balades plutôt calmes néo-folk bord des larmes mais jamais mièvres, où au contraire des choses plus nerveuses /énervées, avec des montées de rage soudaines très souvent larmes aux yeux, et c'est, enfin, des belles guitares juste comme j'aime... Je n'ai plus qu'une envie, c'est de les voir en concert, mais bon, ils tournent actuellement en Europe de l'Est, et partent ensuite en Australie...
Si vous devez n'écouter qu'un album, je vous conseille Boxer...

30 mars 2015

le sholem du shammès

LE CLUB DES POLICIERS YIDDISH
de Michael Chabon

club des policiers yi

" Une réussite, comme si Raymond Chandler et Philip K. Dick avaient fumé un joint en compagnie d'Isaac Bashevis Singer... "New York Review of Books.

Je viens de le terminer, et c'est comme de dire au revoir à un vieux pote. Ce (gros) bouquin a une histoire. Zabetta me l'avait donné, il y a quelques années, parce qu'elle n'arrivait pas à le lire, et moi, justement, j'en avais très envie. Je l'avais commencé, je trouvais l'écriture magnifique, mais très dense. Trop, sans doute. Et comme la jubilation que me procuraient ces phrases ne me suffisait pas, j'ai dû le reposer un instant. Et l'instant a duré (quand on pose les livres, des fois, c'est juste que ce n'était pas le bon moment.) Et je suis -volagement- passé à autre chose.
Et, avant de partir en Inde, (juste avant), j'ai cherché quel bouquin je pouvais y emmener (non non non je ne veux pas de liseuse! Je veux un truc, en papier, avec une couverture en carton et des pages qui se tournent), et, après avoir passé en revue les étagères de ma bibliothèque (que les rayons des "poches"), au crible de mes critères de choix : un bouquin assez gros, pour qu'il me dure les quinze jours, mais pas trop "dur à lire", un truc plaisant, avec un héros qui me plaise, peut-être un polar, ou bien pourquoi pas de la s-f... et j'ai soudain repensé à lui, que j'ai trouvé rangé au rayon des 10/18, m'attendant patiemment entre Jorn Riel et Stephen Mc Cauley -non non je ne range pas par ordre alphabétique-. Hop donc! le voilà dans mon sac! (J'avais pris aussi un recueil de nouvelles de Stephen king que j'vais mis dans ma valise, mais il a souffert de certaines conditions atmosphériques plus qu'humides entre les aéroports de Lyon et Istanbul -neigeuses, les conditions- juste au cas où, mais celui-là je ne l'ai pas ouvert du tout, je l'ai juste fait sécher.) Sac où il est resté... un certain temps, avant que je ne l'ouvre : la journée, je n'avais pas le temps, et le soir, hop! je tombais comme une masse, mais, qu'importe, je le transportais partout avec moi, comme une relique.
J'ai quand même fini par le commencer, au bout de presqu'une semaine (il m'en restait encore autant à voyager), et je me suis replongé dedans ; je me souvenais très bien du début : un flic juif -en Alaska- tombe sur le cadavre d'un mec, avec une balle dans la nuque, devant un échiquier où une partie est en cours, dans une chambre de l'hôtel miteux qu'il habite lui-aussi. Un vieux flic, plutôt alcoolo, désabusé, le genre de personnage qui m'attire (dans la famille des Harry Bosch, des Matt Scudder, ces privés que la quatrième de couv' qualifie généralement de "cabossés", ces durs-à-cuire mais avec un coeur gros comme ça à l'intérieur) j'ai donc recommecné à zéro, et j'ai continué, essayant de me rappeler jusqu'où j'étais allé la première fois..
Lui, donc, c'est Meyer Landsman. Et il va donc commencer à enquêter. sauf que, cette histoire de juifs en Alaska, si, la première fois ça m'avait vaguement fait dresser l'oreille ("Tiens, je ne savais pas qu'il y avait une importante colonie juive du côté de Fairbanks...") mais pas plus, cette seconde fois, je me suis un peu plus questionné quand même. Et j'ai appris que, si ce bouquin est vraiment un polar, il a néanmoins gagné trois prix énormes qu'on n'attribue en principe qu'aux romans de science-fiction. Tiens donc, et pourquoi ? parce qu'il s'agit d'une uchronie.

(un blanc dans le cerveau de l'auditoire, suspendu à mes lèvres ?). Mais si, comme Pavane de Keith Roberts (en roman) ou, plus facile Inglorious bastards de Quentin T., au cinéma. Un univers qui a commencé comme le notre mais où, à un moment, un événement s'est (ou ne s'est pas passé) ce qui fait que ça a continué pas exactement comme ça a continué chez nous. Ici, ça a bifurqué tard, en 1946 :

- Dans «Le Club des policiers yiddish», vous imaginez que les juifs, dans les années 40, n'émigrent pas en Israël mais en Alaska. Comment l'idée vous est venue d'installer l'Etat juif dans cette région glaciale?

- En 1940, le Secrétaire à l'Intérieur de Franklin Roosevelt, Harold Hickes, a proposé, pour des raisons humanitaires, de permettre aux réfugiés juifs en provenance de l'Est de s'installer dans certaines parties de l'Alaska, qui était encore un territoire, pas un Etat. Il y avait aussi un intérêt économique, les Etats-Unis cherchant de la main d'œuvre pour exploiter les ressources de la région. Bref, Roosevelt s'est intéressé quelque temps à cette nouvelle Frontière dans le nord-ouest et une loi a été proposée au Congrès pour créer ce refuge. Le projet n'a finalement pas été retenu, mais j'ai imaginé les conséquences de la chose, si la loi était passée.

- Le monde que nous connaissons n'aurait jamais existé...

- Non. Parce que des millions de juifs auraient été sauvés, et auraient immigré aux Etats-Unis. L'Allemagne n'aurait pas été obligée de consacrer autant de moyens, en hommes et en matériel, pour tuer les juifs. Ils n'auraient peut-être pas perdu la guerre contre la Russie, parce que les soldats allemands, affectés dans les camps, auraient pu être déployés sur le front de l'Est. La guerre, du coup, aurait sans doute été plus longue, et les Etats-Unis auraient été obligés de lâcher une bombe atomique sur Berlin en 1946. Quant à Israël, il y aurait eu moins de pressions, après la guerre, pour la création de cet Etat, car les Etats-Unis ne se seraient pas sentis aussi coupables de n'avoir sauvé personne. De toute façon, en 40, Eleanor Roosevelt et Harold Ickes étaient les seuls à se préoccuper des juifs. Le secrétaire d'Etat de l'époque ne voulait rien entendre.
(extrait d'un entretien avec Michael Chabon)


Donc, pas d'Israel dans cet univers-là, mais des millions de juifs entassés dans le district de Sitka (oui oui, ça, par contre, ça existe en vrai). Je reviens donc à mon privé, Landsman, qui va donc mener l'enquête avec son cousin Berko (un autre dur-à-cuire cabossé, lui aussi, moitié juif et moitié indien) et sous la supervision de Bina qui est son supérieur hiérarchique mais aussi son ex-femme. Rajoutons que tout le monde est un peu nerveux parce que l'attribution des territoires alaskais avait été faite pour une durée limitée dans le temps, et voici qu'est arrivée ou presque l'heure imminente de la rétrocession...
En même temps que Landsman poursuit son enquête, le lecteur le suit, le découvre, s'attache à lui, et découvre aussi progressivement  l'hstoire de ce district de Sitka, à travers les personnages que Landsman rencontre et contre lesquels son enquête rebondit. La perception de la personnalité du mort, notamment, évolue sans cesse au fil du roman. Il sera beaucoup question de juifs, certes, mais aussi d'échecs (le jeu). Tout ça est d'une richesse et d'une virtuosité incroyables. Landsman, son cousin, sa soeur, son ex-femme, son père, une chronique familiale intense, touchante, solide, drôle, émouvante...
Car ce qui caractérise ce bouquin, à part le fait qu'il soit une uchronie déguisée en polar,  encore plus que son intrigue touffue (qui, vous vous en doutez va se ramifier de plus en plus jusqu'à déboucher sur... non non je ne vous dirai pas quoi) c'est la qualité de son écriture, son style, son humour -à froid- : ça m'avait déja ravi la première fois (mais pourquoi donc l'avais-je interrompu ?).  Chabon a truffé son texte de mots d'argots yiddish (ne vous inquiétez pas, il ya un glossaire à la fin) et la façon même dont tout ça est raconté est ju-bi-la-toire : descriptions, énumérations, comparaisons, états d'âme, coups de blues, coups de sang, considérations sur l'existence, combien de fois me suis-je arrêté pour le plaisir de relire ce que je venais de lire. Je me suis mis à faire des cornes sur les pages, pour pouvoir retrouver plus facilement ces pépites. L'écriture de Michael Chabon, enfin, l'écriture de ce roman, est comme une épicerie fine, où l'auteur vous ferait goûter à des douceurs jusqu'à satiété. C'est une écriture riche, gourmand, calorique, à la façon des pâtisseries extrême-orientales... Un bouquin qui se déguste, véritablement.
Dans le prochain post, je vous recopierai quelques extraits, pour voir si le coeur vous en dit...

22 novembre 2016

radicaux libres

APNÉE
de Jean-Christophe Meurisse

Celui-là, je l'attendais de pied ferme. Ces trois-là, plutôt (deux mecs et une nana) qui déboulent en robe de mariée avec fracas dans la scène d'ouverture du film, face à un maire à qui ils vont rapidement faire ses moyens. parce qu'ils veulent se marier, ensemble tous les trois, et que ça n'est pas prévu par la loi ("On vous parle d'amour, et vous nous parlez de loi..." lâche la demoiselle, passablement agacée). Ca démarre fort, avec cette porte qui claque et ces trois robes de mariés. Le la est donné. Qui permettra éventuellement de chantonner ensuite puisque s'ensuit ex abrupto une scène de patinage à poil, à trois toujours (un bonheur pour l'oeil, QV obligent) sur je ne sais plus quelle saison de Vivaldi (et c'est vachement mieux comme ça que de le subir sur le répondeur d'une administration quelconque, non ?) , suivie  d'une visite d'appartement exigu (de gourbi, plutôt) à quatre cette fois, avec vendeur en sueur, que notre trio va tenter de circonvenir (non, non, pas de circoncire, relisez). Puis on change d'endroit pour une scène de baignoire (à trois bien sûr), mais en vitrine d'un magasin, dans une rue passante (avec conversation fort civile, -dans la baignoire toujours- sur les préférences sexuelles de chacun(e) -que pensez-vous du doigt dans le cul ?- )
Nos trois tourtereaux (Céline Fuhrer, Thomas Scimeca, Maxence Tual, également magnifiques)  continuent donc leur petit bonhomme (et petite bonne femme) de chemin iconoclaste, libertaire, jem'enfoutiste.... Au fil des rencontres et des échanges qui s'ensuivent (certains fonctionnant mieux que d'autres). Sur des sentiers pas trop balisés jusque là dans notre cinéma français cocorico. Ca part dans tous les sens, ça tire dans tous les coins, de ci de là, cahin-caha, va chemine va trottine va petit âne (à chanter, bien sûr). Cour d'école maternelle, bureau de banque, quad sur les routes de Corse, apéro en bord de route avec les flics, village abandonné.... Et nous, on y va. Entre coq-à-l'âne et cadavre exquis, on trottine sur leurs talons, (ils cherchent toujours à se marier, voilà le -parfois lâchement détendu- fil conducteur, (ou, mieux, déconstructeur). Et ils y parviendront d'ailleurs -avec Olivier-Martin Salvan en maire (presqu'étonnamment "raisonnable", quand on connaît le lascar...) -
Jean-Christophe Meurisse (le réalisateur) a crée la compagnie (théâtrale) des Chiens de Navarre, à laquelle appartiennent nos trois héros, et le film, si j'ai bien compris, en est la transposition cinématographique. Improvisations collectives. On a un point de départ, une proposition  (un lieu, une phrase, un personnage, une situation) et on joue. On y joue, on en joue, on se renvoie la balle, on rebondit, des fois ça se combine miraculeusement bien, des fois c'est juste une étincelle et puis pffft ça fait long feu, et d'autres fois encore on rame, on essaie de tenir la distance mais ça ne fonctionne pas tout à fait... Il y a tous les cas de figure dans Apnée qui bout-à-boute ses vignettes (tout ça aurait un peu à voir avec la bande dessinée), et chacun(e) y trouvera c'est certain des choses qui lui plairont beaucoup beaucoup et peut-être d'autres moins.
Et puis le rythme. C'est comme la vie, finalement, on ne saurait être tout le temps au top, ou à donf, ou à fond de cale, il faut savoir (être capable d') accepter les modulations de l'énergie, de l'intérêt qu'on y porte, du plaisir (ou dé-) qu'on peut y prendre . Mais c'est la succession des moments et des situations (et leur interaction) qui produit l'énergie folle à laquelle le film carbure. Apnée est un générateur (de folie) de secours, qui pétarade et fait parfois de la fumée noire, mais qui génère -justement- un plaisir fou. Les Cahiaîs (avec lesquels, tiens, pour une fois je suis d'accord) lui trouvent une accointance avec le Peretjatko de La fille du quatorze juillet (que j'ai détesté) et de la loi de la jungle (que j'ai mieux aimé), et l'apparenteraient donc avec le "new burlesque à la française". Soit.
C'est vrai que le film est difficile à ranger précisément dans une case, un genre précis, une définition, il y a toujours un bout qui dépasse, qui accroche. Oserait-on parler de  "nouveau surréalisme" (ou créer une nouvelle case, celle du sous-réalisme ? ou, mieux encore, uber-réalisme ?)
En tout cas, tout cinéphile patenté et dûment certifié ne peut pas, en voyant apparaître l'autruche dans les rayons du supermarché, ne pas penser à la même (enfin, sa grand-mère voire même arrière-grand) qui clôturait Le fantôme de la liberté, de Luis Buñuel (autre joyeux agité/allumé/déconstructeur) et avait même eu à l'époque les honneurs de faire la couv de Pozitiff. Bigre! Un grand bonheur de cinéma, donc. Avec une étoile supplémentaire pour la justesse (et l'évidence) de ses choix musicaux, toujours percutants.
Et l'on est en droit, à ce moment, de reprendre son souffle...

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30 octobre 2016

junk food

SAUSAGE PARTY
de Conrad Vernon & Greg Tiernan

(Ce post a failli s'appeler simplement La saucisse et le petit pain.)
J'adore Seth Rogen, je l'ai dit et je le répète. Ce qui n'était au début qu'una pure attirance physique a évolué au fil des années, même s'il a perdu des kilos et intégré à donf et bien comme il faut le monde d'Hollywood et ses mirages dorés, avec ses potes acteurs et/ou cinéastes (James Franco, Jonah Hill, Michael Cera, Evan Goldberg) qu'on retrouve d'ailleurs tous ici plus ou moins dans ce Sausage Party (y aura-t-il un autre titre français ??). Ce qui m'a plus et continue de me plaire chez Sethchounet, c'est le côté ado attardé : gros mots, apologie de la fumette, de la baisouille, humour (pas forcément fin et subtil) et saillies à tous les étages, vannes entre potes, bref, tout ce que j'aime (il ne manquerait que les QV pour que mon bonheur soit parfait, mais bon faut pas rêver quand même hein...)
Il s'agit donc d'un film d'animation mais "pas vraiment pour les enfants" (parce que plutôt sexué et cru au niveau des dialogues, voire même des situations) dont il a co-écrit le scénario (avec Evan Goldberg, entre autres), qu'il co-produit (re avec Evan Goldberg entre autres), et où il prête sa voix à un des personnages principaux, Franck, une saucisse (oui oui, no comment) qui aimerait savoir ce qu'il y a dans l'au-delà derrière les portes du supermarché.
Les protagonistes de cette histoire sont principalement des produits alimentaires, et une grande partie du film se déroule à l'intérieur-même du supermarket. (On en sortira un peu pour aller zoner -un peu- dans les bas-fonds la nuit, passer une soirée avec un défonceman dans sa piaule, mais on y reviendra pour un final apocalyptique -ce qu'on pourrait appeler "une orgie de bouffe", littéralement...-)
Le film doit finalement sortir en France (où il n'a été interdit qu'aux moins de 12 ans, contrairement aux USA et au Canada où il fut respectivement aux moins de 17 non accompagnés et aux moins de 16 -et où il a fait un joli carton-) le 30 novembre, mais, j'ignore comment, il est déjà visible -et en vostf s'il vous plait- sur le ouaibe, pour ceux qui se donneront la peine de fouiner un chouïa, et donc je n'ai pas pu résister et ce matin-même me suis fait ce petit plaisir.
C'est drôle, voire très drôle, c'est en même temps très bourrin et extrêmement subtil (c'est bourré de clins d'oeil et de private jokes, et même de jeux de mots dont je crains qu'on n'arrive pas à les faire figurer dans la vf -pour laquelle on a juste annoncé -aïe- la voix de Cyril Han*una- : par exemple sur l'assonance entre Juices (les jus de fruits) et Jews (les Juifs) et le plaisant usage qui en est fait dans le film ?)
De la belle animation "3"d à la pixar (avec, lors des flash-backs un recours à la 2d "à l'ancienne" plus que judicieux) des personnages plaisants : Franck, le héros, saucisse à hotdog de son état (et séparé de ses potes saucisses lors d'un cataclysme de caddie) en pince pour la belle Brenda (un petit pain à hotdog aux formes très suggestives, et dont la bouche est... verticale), qui est courtisée également par l'ardente Teresa del Taco (qui à être taco n'en est pas moins femme). Ajoutez comme accompagnateurs les frères ennemis Sammy Bagel Junior et Karim Abdul Lavash (un bagel et un pain pita, pour figurer les nationalismes et leurs exacerbations, autant juifs qu'arabes, mais qui sauront aller largement plus loin -plus profond ?- que la simple réconciliation...), tous unis pour lutter contre un méchant pas piqué des hannetons, El Douche (le jeu de mots résistera-t-il à la vf ?), une ... poire à lavement (douche signifie, aux USA, cet instrument utilisé pour la toilette intime, vaginale, ou autre -ici, bien sûr, ça sera autre...-) atteint de mégalomanie et de foile meurtrière lors du même accident de caddie...
Bref, j'ai passé 90 excellentes minutes (il y a plein de scènes très réjouissantes, de la comédie musicale du début, à l'ouverture du grand magasin, à la partouze finale qui en salue la fermeture, sans oublier les scènes d'horreur -la mort des aliments- ou de comédie plus classique.) et il est ici tout à fait justifié de dire "Je me suis régalé...".
Simplement on peut se poser la question de savoir si en France le film va réussir à trouver son public (et quel créneau il va cibler... Les ados, sans doute ?) en tout cas je le lui souhaite, et je suis sûr que je vais avoir beacoup de plaisir à me le revoir (et je sais déjà que je ne tenterai même pas la vf, si si...)

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non seulement je vous mets les deux affiches, mais je ne peux pas résister au plaisir d'y ajouter des photos...

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Moutarde au miel, celui par qui le scandale arrive...

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Beurre et sa copine Confiture (dommages collatéraux)

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au premier plan nos deux héros, encore emballés chacun dans son sachet

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A droite, El Douche quand il est encore gentil...

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mes deux préférés, bien évidemment...

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face au méchant

9 octobre 2014

en suivant le patron

SAINT LAURENT
de Bertrand Bonello

Saint Laurent(s).
On a passé le "premier", dans le bôô cinéma. Ouais, bon... Performance de Pierre Niney, ok, mais tout ça était bien "sage"... (et assez vite oublié). Le deuxième, on a cru qu'on le passerait, et en sortie nationale même,  mais non, le dstrib'a pas voulu, et j'ai donc du aller à Besac pour le voir... Bonello fait partie des cinéastes pour qui j'ai énormément de respect, mais avec les films desquels j'ai toujours un peu de mal (ceux que j'ai réussis à voir, en tout cas) et j'appréhendais un peu, tout de même.
Mais non, pas du tout, j'avais tort.
(oui oui ça m'arrive de temps en temps je le reconnais...)
J'aime cette façon destructurée d'aborder le sujet, les scènes les plans qui se succèdent se juxtaposent s'entrechoquent, le temps qui passe qui va et qui vient les années 70 surtout, les fragments de l'histoire (en éclats) de cet homme fatigué qui revient sous pseudonyme à l'hôtel "pour dormir" et qui est prêt à donner une mystérieuse interview (scène qui ouvre et clôt la boucle du film, comme une boutonnière qu'on ouvrirait et refermerait)...
YSL : Yves Se Lâche... couture et création, certes, mais aussi vie mondaine, night-clubs, champagne, drogues diverses, mais encore drague, bosquets, regards, chantiers, baises nocturnes, mais toujours cachetons, dégringolade, décomposition à vue d'oeil presque pourrait-on dire.
Gaspard Ulliel y est  magnifiquement magnifique, c'est vrai, et tout aussi magnifique est l'idée de faire jouer le Saint Laurent "de la fin" par Helmut Berger  (les interférences et les résonances entre les deux personnages deviennent alors presque comme des plaies doublement à vif.) Pour qui a vu le "premier", on retrouve des choses communes (normal, ce sont des biopics et donc forcément on y a des passages obligés, des événements, des lieux, des personnages qui reviennent) même si elles sont traités (plus ou moins) différemment), on n'est donc jamais désarçonné (quoique j'avoue que cette scène de légionnaires m'a laissé un peu perplexe, et je ne suis pas le seul...)
C'est un film extrêmement élégant. Il serait facile de filmer la métaphore avec la haute-couture, ou même la couture (j'avais écrit la coupure hihi) tout court : modèle original, étoffes choisies, matières luxueuses, couture minutieuse et discrète - rien ici ne serait cousu de fil blanc, c'est certain-, tombé à tomber, ou bien simplement avec les défilés -de haute-couture, vous suivez ? - la succession des mannequins parfaits -et numérotés- sur une musique choisie, les démarches, les poses, les attitudes, le parterre des spectateurs conquis et enthousiastes, bien sûr le clou du (défilé, eh oh!), etc.
Mais non, Bertrand Bonello n'a pas conçu son film comme un catalogue quadrichromie sur papier glacé qu'on feuilletterait presque distraitement, un coffee table book comme disent les zaméricains. S'il est oversized (les livres de table à café se doivent d'être énormes, -et à ce propos je placerais bien un clin d'oeil à mon amie Zabetta, qui m'avait laissé entendre que lors de la projection à Cannes, pas mal de réactions d'adimration incrédule s'étaient produites lors de l'exhibition de certain appendice saintlaurentesque justement hors d'assez commune mesure fermons la parenthèse) par la durée -et je vous promets que, hormis les discussions financières un poil ennuyeuses (où ça fait plaisir de retrouver, à quelques jours d'intervalle, dans le rôle d'un financier, justement, le jeune homme mimi qui jouait le metteur en scène dans Sils maria et dont le nom m'échappe, ici blondement -et joliment- barbu) on ne voit pas le temps passer- il n'est jamais ni pesant ni complaisant ni relou, et on ne peut prendre à son visionnement qu'un plaisir sans cesse incontestable et renouvelé.
(quand je pense que Pépin ne verra pas ça parce qu'il ne va pas voir "les films de mode"...)
On le savait depuis le premier (film) la vie d'YSL n'a pas été simple (mais une vie d'artiste ne peut être ni simple ni rectiligne) et j'admire la façon dont Bertrand Bonello a fait oeuvre de créateur pour aborder (j'avais écrit abordel, et c'est assez juste...) le portrait de cet autre (créateur, justement).
Et j'adore la façon dont le film se clôt sur ce sourire-caméra, aussi énigmatique que sublime, (comme un Chat du Cheshire version haute-couture) qui resterait encore là, magique, flottant sur l'écran alors que tout le reste a disparu depuis longtemps...

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28 septembre 2014

vendredi soir

"- Pourquoi tu m'aimes ?
- Ben, je sais pas. Je t'aime, c'est tout, c'est comme ça.
- Qu'est-ce que tu préfères chez moi ?
 -Je me sens bien avec toi. Ben, tu me respectes. Tu me fais pas trop chier, aussi. Puis tu me stimules, t'as de l'esprit, tu es honnête. Puis j'aime bien tes yeux. J'aime bien le goût de ta peau. J'aime bien te caresser juste ici, là. Là, en bas de ton visage. Et ici, au début de ta nuque. Puis j'aime bien tes mains rêches.
- J'ai pas les mains rêches.
- Si, t'as les mains rêches.  Et aussi, parce qu'avec toi, je me sens pas oblige de jouer un jeu. Puis... t'es cochonne. Et impudique. Et forte, et fragile. Tu me fais rêver à un monde idéal.
 - Oui, c'est un peu con.
- Oui, mais tu me fais quand même rêver à un monde idéal. Et je trouve que tu te poses de bonnes questions. Je sais pas, avec toi, j'ai l'impression d'être quelqu'un de bien. Puis, contrairement à ce que tu peux croire, de toutes les personnes que je connais, t'es la plus douée, mais alors de très, très loin... pour la vie. Et c'est tout ?
- Oh, ça va, attends. "C'est tout" ? Putain...
- Et mes pieds ?
- Ça va. Tes pieds, ça va."

un extrait des dialogues du téléfilm de vendredi soir sur arte, trouvé ici

*

J'étais spécialement heureux de voir

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l'adaptation de

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(le roman graphique autobiographique de Frederik Peeters, qui raconte l'histoire d'amour d'un dessinateur de BD qui rencontre un demoiselle séropositive et son fils, séropositif aussi, et qui raconte son histoire, sa vie en images...)

spécialement heureux parce que'il y avait dans ce téléfilm, donc,

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la divine Florence Loiret-Caille qui joue elle et le non moins divin Guillaume Gouix qui joue lui

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il en faut peu parfois pour être heureux...

Pilulesbleues

 

19 janvier 2014

louie louie louie louiiiiie

Merci tout spécialement aux Cahiaîs qui m'ont permis de découvrir cette sitcom qui ne ressemble à rien mais que j'adore.
Orange city a la bonne idée d'en diffuser 3 épisodes le dimanche soir (de la saison 1) . Evidemment je n'ai pas pu attendre et je suis allé télécharger récupérer les deux saisons suivantes.
Je déguste la saison 1, MAIS il y a des étrangetés au niveau des sous-titres, puisque ce sont visiblement nos amis kébékois qui s'en étaient chargés (pour les épisodes de la saison 1 que j'avais récupéré, donc.) Il suffit de traduire pot par beuh, char par voiture, beigne par beignet, et surtout, surtout gosses par couilles (hors contexte, une phrase comme "il a envie de mettre ses gosses dans ta chatte" peut être prise à contresens, car, oui, oui, j'ai oublié de le dire, Louie est une des seules séries que je connaisse où le héros (un quarantenaire rouquin divorcé) parle de façon récurrente de choses dont on ne parle pas forcément dans les séries (masturbation, trou du cul, chatte, foutre et autres joyeusetés. Car dans chaque épisode, on suit Louie dans sa "vraie vie" de père divorcé qui cherche fortune (sentimentale), mais aussi on assiste à des extraits scéniques, car c'est le métier de Louie, puisqu'il est comédien de stand-up. Et ça s'arrête en génral crac! à un moment après lequel on attendrait peut-être quelque chose...
A ne pas mettre entre toutes les oreilles donc, mais qu'est-ce que c'est bon!

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louie

Louie-Middle-finger

28 mai 2013

brochettes

ONLY GOD FORGIVES
de Nicolas Winding Refn

La bande-annonce réussit le prodige d'être fidèle au film sans en dévoiler grand-chose, tout en en disant l'essentiel. Du bleu et du rouge, d'abord. Only god forgives est un film incontestablement chromatique, bipolaire qui plus est, mais où le rouge serait la couleur primaire, primale. Omniprésent, et esthétiquement stimulant. Des personnages, ensuite, Ryan Gosling, bien sûr, fabuleux d'atonalité : malgré tout ce qui se passe à l'intérieur, quasiment rien ne dépasse, dehors. Et pourtant il lui en arrive, des trucs, sur le coin de la tronche : en premier lieu, sa mère (Kristin Scott-Thomas, telle qu'on ne l'a jamais vue - et qu'on ne la reverra sûrement jamais -), qui débarque à Bangkok, le Bankok interlope de la came, des putes et des vilains garçons (tout le film se passe là-bas, où Ryanchounet tient une salle de boxe avec son frangin, qui ne va faire que des conneries, le payer cher, et déclencher une épouvantable cascade de vengeances et d'exécutions en tout genre) pour soi-disant reconnaître le cadavre de son fiston, mais surtout pour obtenir du deuxième frangin qu'il venge la mort du premier. Ajoutez une fiancée asiatique de Ryanchou, et, surtout, un flic-samouraï-amateur de karaoké qui devient l'autre centre de gravité du film.
C'est un film très curieux. Soigneusement mis en scène, calligraphié, agencé, où les personnages sont souvent immobiles ou quasiment, face caméra, figés autant dans l'atmosphère rouge que dans le bain quasiment amniotique de la musique électro qui nappe le film. Une pose à la fois naturaliste et extrêmement antinaturaliste. dans les champ-contrechamp, les personnages ne se regardent pas entre eux mais regardent à chaque fois le spectateur. Il y a là comme une théatralisation, une stylisation rituelle qui pourrait mettre le spectateur dans une posture contemplativement indolente, si n'y intervenaient pas, à intervalles réguliers, des bouffées d'extrême violence (vous vous souvenez de la scène de l'ascenseur, dans Drive ?) comme des giclées quiviendraient parapher de rouge les compositions graphiques (et plastiques) de Nicolas Winding Refn.
Comme si le réalisateur, devant son scénario relativement simple, s'était amusé à le fragmenter, puis à fractionner de nouveau les morceaux obtenus, puis une nouvelle fois, jusqu'à obtenir des unités fictionnelles minimales qu'il aurait ensuite soigneusement positionnées. Comme Raul Ruiz construisant ses petits théâtres de carton. Only god forgives n'est pas vraiment une continuité, mais plutôt une juxtaposition de bribes ? d'actions ? de postures ? qui créent un univers très particulier, un train fantôme pour adultes où on ne serait jamais vraiment en sécurité, mais où on ne comprendrait pas vraiment toujours ce qui se passe.
Raconté linéairement et platement, le film aurait pu n'être qu'un truc de baston, de sabre et de vengeance de plus. Passé à la moulinette et au glacis par Nicolas Winding Refn (ça y est je me souviens de son nom), il devient un objet superbe, vénéneux, mais incontestablement fascinant. Délétère, mortifère, anxiogène. Et poignant. La dernière partie avec notre héros impavide tout tuméfié allant jusqu'au bout de sa vengeance avec ses petits poings, est tout bonnement stupéfiante. Notre Ryanchounet n'hésite pas une seconde à casser son image de beau gosse, et c'est tant mieux. Je ne dirais pas qu'on en redemande (le sabre et les brochettes à viande, finalement, très peu pour moi) mais une chanson romantique qui parle de l'amour qui s'est enfui dans les nuages ou je ne sais plus où, ça m'évoquerait pre'sque Apichatpongounet, c'est dire!

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5 décembre 2006

(p)références

SHORTBUS
de James Cameron Mitchell

Pour faire le lien avec ma chronique ciné précédente, disons que ce film serait pour moi une version plus (dé)culottée de Coeurs. Si si! Il vous montre tout ce que le film de Resnais n'envisage même pas de vous suggérer.

Pour des raisons d'embouteillage sur le calendrier et de pas sûrage que ça passe encore la semaine prochaine, j'y suis allé hier soir  (à Besac!) à la séance de 22h (je ne vous raconte pas l'heure du coucher...) C'était un peu surréaliste en sortant du ciné vers minuit, pas un chat dans les rues, un silence quasi parfait avec juste mes chaussures qui faisaient tip tap tip tap. et j'ai réalisé que c'était peut-être la première fois que je faisais 100 bornes aller/retour pour aller voir un film à la séance de 22h un lundi soir (alors que je bosse le lendemain).

Comme dans Coeurs, on a affaire à des couples (deux mecs, un roudoudou et l'autre un peu suicidaire, qui cherchent un troisième pour épicer leurs rapports ; une sexologue que son mari pourtant habile tacticien n'a jamais pu gratifier d'un orgasme), et des célibataires (une dominatrice mi mélancolique mi lesbienne, un voyeur comme dans Fenêtre sur co(e)ur, un travesti propriétaire de la boîte de nuit où tous ces gens vont notamment se croiser et qui donne son nom au film, le ShortBus.)

Dans la catégorie des FAQV, le film remporte haut la main la médaille d'or pour cette année (et pour les précédentes, aussi. Le nombre de kikis aperçus est assez impressionnant, et attention, ce n'est pas du kiki furtif rabougri honteux fugitivement entr'aperçu dans un coin de plan, non non, c'est du kiki en plan rapproché, du kiki qui assume, qui prend son temps, du kiki jovial, du kiki la tête haute, du kiki qui fait coucou à ses copains aussi des fois. Non, décidément, rien à redire de ce côté là.

On a également un éventail assez varié de différentes pratiques sexuelles, qu'elles soient solitaires (masturbation -basique ou assistée-, auto-fellation (ah le rêve viril de l'autogestion parfaite, du circuit fermé, du vase clos) plutôt acrobatique), à deux (rapports variés -traditionnels ou plus acrobatiques-, toutes combinaisons de sexes envisageables) ou à bien plus (sérénade à trois sur canapé ou joyeux ébats pluriels où l'on peine à dénombrer exactement les participants, et où on ne comprend pas toujours au premier regard que c'est le truc de machin qui s'emboîte dans le bidule de chose.)

Bon mais y a pas que le cul dans la vie, c'est bien connu, donc il arrive aussi que les personnages parlent, puisqu'ils se rencontrent. Et des fois ils parlent beaucoup. Chacun ses petits problèmes, ses tics, ses obsessions, ses hobbies. Qui déteignent un peu sur la forme du film, sa pose arty, son côté mais oui on est tous créateurs (un tel bidouille un film sur son ordi, une telle des polaroïds, un autre des photos volées) rend en définitive tout ça plutôt  plaisant. J'aime bien aussi la maquette avec tous ses petits immeubles en carton (et il y en a vraiment beaucoup) et ses petites fenêtres qui s"allument et s'éteignent pour représenter New-York (d'ailleurs le réalisateur aussi, puisqu'il l'utilisera à plusieurs reprises) qui en rajoute encore dans le bricolé trois fois rien bouts de ficelle et matos de récup' qui donne son unité au film.

Ne serait-ce pas là un authentique film queer ? Sous-texte genre "homo, hétéro, homme, femme, autre, bourge soumis, lesbienne camionneur, pédé travesti, ancien maire de N-Y, bourgeoise bècebège, on est tous pareils, on cherche tous la même chose,allez..." Surtout que, à la différence de Coeurs, chacun à la fin ne repart pas avec son coeur sous le bras ou bien dans le caniveau cassé en mille morceaux (le coeur...) Le réalisateur fait ce qu'il a prévu de faire : il montre. Le sexe n'est un lien social parmi les autres. La façon dont il le fait n'est pas vraiment le problème le plus crucial qu'il se pose. Tout ça est, je l'ai dit, fort plaisant.

Il manque, pourtant, je ne sais pas quoi, peut-être trois fois rien, le petit coup de rein de Monsieur Plus (vous vous rappelez de la pub de B*hlsen...), -ou peut-être au contraire Monsieur Moins ?-,  pour transformer cette entreprise souriante, sympathique, salutaire, attachante, en vrai grand bon film-culte, pur et dur et tutti et quanti...

"Tel qu'il est il me plaît il me fait de l'effet et je l'aiaiaiaiaiame..."

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(pour le même prix, vous avez les deux affiches!)

26 octobre 2005

woody et les dardenne

L'ENFANT
de Luc et Jean-Pierre Dardenne
MATCH POINT
de Woody Allen

Quelques lignes pour parler de deux films que je viens de voir, MATCH POINT de Woody Allen , cet après-midi, et L'ENFANT , des Dardenne Brothers hier soir (film qui m'avait suffisamment collé le bourdon pour que j'écrive en rentrant un tout petit blog-gribouillis que je n'ai pas posté finalement, qui disait, du genre "Il y a des jours où on s'aime et des jours où on s'aime pas : ce soir je ne m'aime pas." Ce qui était lapidaire et relativement exact, mais pas uniquement dû à la vision de ce film, but passons...)

Deux films en apparence aux antipodes l'un de l'autre mais finalement pas tant que ça quand on y fait un peu attention, deux films en tout cas qui m'ont autant titillé et fait gamberger l'un que l'autre...
J'essaierai de ne déflorer l'intrigue ni de l'un ni de l'autre (contrairement à ce qu'ont super bien réussi à faire des critiques idiots en ce qui me concerne : il y a au moins une chose à ne pas savoir pour chacun des films,sinon ça gâche un peu le plaisir, eh bien, bingo, je les savais toutes les deux en rentrant dans les salles... Ca m'énerve!!!!)
Généralités d'abord : Autant L'ENFANT peut se reconnaître immédiatement comme un film avec l'étiquette  Dardenne collée dessus (belgique / misère / saloperie humaine /  jérémie rénier / olivier gourmet / etc...) , autant pour MATCH POINT, si ce n'était le générique-noir-et-blanc-avec-la-même-typo-depuis-vingt-cinq-ans (quoique... l'observateur scrupuleux et maniaque que je suis aura déjà remarqué qu'en lieu et place des standards jazzy habituels, on n'a droit là qu'à de l'opéra crachotant soixande-dix-huit-touresque... tiens tiens), eh bien on pourrait être en droit de ne pas reconnaître du tout la patte de notre vieux maître new-yorkais (que j'avais personnellement trouvé de plus en plus fatigué et cacochyme rabâchant lors de ses derniers opi (un opus / des opi ?), et je ne cèderai pas à la facilité d'écrire que c'étaient même pas des opi lents (non non, pas de quoi rire, mais je ne sais plus du tout où j'en suis de ma phrase et de mes parenthèses...) à tel point que j'en ai même loupé quelques-uns parmi les derniers je l'avoue oui oui fouettez-moi, eh bien là, donc, chapeau ! Table rase quasiment  de ce qui faisait son pain quotidien cinématographique, on n'est plus du tout ni dans l'humour yiddish, encore moins dans l'introspection post-bergmanienne, on est... rigoureusement ailleurs. Autres lieux, autres acteurs, autre problématique... la blondeur de Scarlett Johanssen serait-elle pour quelque chose dans ce nouveau départ ?
La même blondeur,  celle de Déborah François, (une non-professionnelle époustouflante) semble éclairer de l'intérieur le film des Dardenne, lui donner un peu d'air, avec cette grâce quasiment enfantine, oui, comme une petite loupiote dans cet univers gris de portes fermées et d'eau glacée...

Dans les deux films il sera question d'enfant, (en avoir ou pas) dans les deux films il sera question d'argent,(comment faire pour en gagner plus), dans les deux films il sera question de culpabilité (et des différentes façons d'y faire face), et de rédemption (ou pas), dans les deux films il sera fait le portrait d'un sacré beau salaud (alors qu'il me semble que, sur les deux, l'un ne l'est -en apparence- que par légèreté, par accident, par la force des choses, alors que l'autre l'est authentiquement, sciemment, d'un bout à l'autre, avec une rigueur maniaque qui fait froid dans le dos...)
Le monde de la jetset londonienne de MATCH POINT (blinis au caviar, opéra tous les soirs, appart de 25000 mètres carrés -merci papa-, limousine avec chauffeur et j'en passe) nous est quasiment aussi extérieur que celui de L'ENFANT (combines miteuses, foyers d'accueil, junk food,vol à la tire, piaules sordides) .
On est pratiquement aux deux extrémités de l'échelle sociale. Grand écart. Là, en tant qu'observateur je me sens moyen (et d'une certaine façon plutôt bien content de l'être!) , et, dans un cas comme dans l'autre, déplacé parmi ces gens, leurs soucis spécifiques de castes , leurs codes et leurs signes de reconnaissance.

Et dans chacun des cas, le(s) réalisateur(s) nous trace le portrait d'un homme (Jérémie Rénier /Jonathan Rhys-Meyers, également bons) qui se débat pour s'en sortir (ou pour progresser), avec, pour chacun, des moyens que la légalité ou la moralité pourraient -dans les deux cas- parfois légitimement réprouver.
C'est vraiment ça le point commun entre les deux films : ces deux personnages masculins qui pourraient n'en faire qu'un, oui qu'on pourrait quasiment permuter, interchanger, faire passer d'un film à l'autre (peut-être d'ailleurs Jérémie Rénier ne serait pas mécontent de batifoler avec la petite Scarlett, et idem pour Jonathan, mais bon là je crois que je m'égare). Dans le genre prêt à tout (pour survivre/pour réussir même combat...) combinard, magouilleur ... à la seule différence qu'au bout du compte, l'un est sincère et l'autre pas.
Un dernier mot sur le filmage, sans surprise je le disais (et ce n'est pas du tout une critique!), mais de haut niveau, dans un cas comme dans l'autre ( pas de musique, plans-séquences, caméra à l'épaule, prédilection pour le dos des gens,décors grisâtres et fout-le-bourdon pour les uns, tandis que lumières, décor, musique nickels, montage raffiné, découpage léché pour l'autre) Pour résumer ? A ma droite, un film noir de noir comme un expresso stretto, à ma gauche, il semblerait qu'à la noirceur initiale du breuvage on ait rajouté in extremis un peu de sucre (voire un nuage de lait soyons fou) pour en atténuer l'amertume.
Alors, jeu, set et match pour qui ?
Comme au tout début de Match Point, je fige l'image, et j'arrêterai la balle en suspens au-dessus du filet. A vous de trancher.
Tombera, tombera pas ?

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23 août 2012

livres

"rien fait", peut-être, cet été , en tout cas au moins j'aurai eu le temps de bouquiner, et peut-être autant dépuis début juillet que je ne l'avais fait depuis le début de l'année! ainsi lu, coup sur coup :

UN EMPLOYE MODELE
de Paul Cleave
une découverte, un choc, un grand plaisir de lecture, la prouesse de faire d'un sérial jiller un narrateur plausible, mais aussi un personnage sympathique... délicieusement ambigu ? (et une scène qui fait mal aux couilles)

VANILLA RIDE
de Joe Lansdale
enfin en poche, ce volume des dernières aventures de Hap et Léonard (l'hétéro et le pédé), dans une langue toujours aussi jubilatoirement imagée et drôle ; bastons homériques et gros mots à la pelle, j'adore...

L'URGENCE ET LA PATIENCE
de Jean-Philippe Toussaint
des texticules où l'auteur parle de lui, de l'écriture, de son rapport avec sa maison d'édition, de Beckett... Léger, estival, quoi!

UN PERE IDEAL
de Paul Cleave
moins fort que le précédent du même auteur, pas de la même hauteur, donc!

LA VIE SEXUELLE DES SUPER-HEROS
de Marco Mancassola
une belle écriture à la Philip Roth pour une belle uchronie, un monde où les super-héros sont désormais vieillis et menacés... du sexe, certes, mais aussi beaucoup de sentiments... touchant, passionnant

LE LIVRE DES MEMOIRES
de Peter Nadas
un monument, de part le nombre de pages (750), l'intensité et la densité fiévreuse de l'écriture, un livre univers, multiple, foisonnant, bouleversant, avec plusieurs strates temporelles et/ou fictionnelles, des pages belles à pleurer... nécessitant une lecture attentive pour n'en pas perdre le fil...

COLD IN HAND
de John Harvey
retrouvé avec plaisir ce bon vieux Charlie Resnick, ça commence planplan mais Harvey sait y faire, et on reste scotché jusqu'au bout... Angleterre à terre, toujours ce climat délétère et chronique sociale à la Loach... ça sent la bière, la clope, le thé plus ou moins chaud, les sandwiches improbables... du bonheur!

 

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12 juillet 2011

t-shirt

ABSENT
de Marco Berger

Celui-là, j'avais vraiment envie de le voir. J'ai même sacrifié l'unique séance du film de Panahi Ceci n'est pas un film, c'est dire! D'autant plus que j'ai failli ne pas y rentrer -j'avais pourtant une invitation pour deux personnes- (une histoire de liste pas actualisée par le distributeur...) mais tout s'est arrangé, avec beaucoup de gentillesse, et on a finalement pu s'asseoir (la salle était comble, et, ô surprise, il y avait une majorité de messieurs, plutôt  par deux, d'âge, apparence et style variés (j'étais le seul représentant de la catégorie "vieux pédé de province" hihihi). J'ai même échangé quelques mots avec mon voisin de gauche sur le premier film de Marco Berger, Plan b, que nous avions tous les deux apprécié, mais qu'il souhaitait maintenant faire voir à son camarade mais, vainement, puisqu' "ils ne le donnent plus", tant pis c'est dommage...
Le film commence, alors, et commence très fort, sur une scène d'anthologie (en ce qui concerne ma cinémathèque intime perso) : un portrait en pièces détachées (et plans rapprochés) d'un jeune homme en train de passer (on l'apprend assez vite) une visite médicale sportive. Le jeune homme fait de la natation, il nous est donc présenté sous toutes ses coutures (qu'il a velues, d'ailleurs, et fort appétissantes, nous ne sommes pas en Argentine pour rien...). On le voit ensuite, dans les vestiaires, manifester de l'intérêt pour un de ses congénères, et le profil grec qu'il présente au niveau du caleçon (ça y est, j'ai grandi, je n'écris plus "calbute"). Pas de doute donc en ce qui concerne le jeune homme : il a beau avoir seize ans, il n'en semble pas moins doté d'un naturel gourmand et curieux.
Et voilà-t-y pas que le jeunot en question va se faire accompagner chez le médecin par son prof (il a chopé un truc dans l'oeil, normal avec tout ce qu'il mate...), puis de fil en aiguille (le prof est tout de même bien aimable et arrangeant), va se retrouver amené à passer la nuit chez le prof en question (en tout bien tout honneur, il dormira sur la canapé du salon...), sans que le spectateur ne soit tout de même étonné par cet enchaînement de coïncidences qui laissent à penser que le jeune homme a une idée derrière la tête...
Je ne vais pas en raconter davantage (je m'arrête même bien avant le virage au frein à main qu'opèrera le scénario), simplement dire que Marco Berger persiste dans la veine qui avait fait mon bonheur déjà dans Plan B. Ce mec-là sait filmer un homme aussi bien que Terrence Malick des herbes qui ondoient sous le vent : amoureusement (il n'y a pas d'autre mot). On sent qu'il sait de quoi il parle et qu'il maîtrise la façon d'en parler. Il sait aussi, incontestablement, filmer deux hommes : histoires de regards, de peau, de tissu, d'approche, d'attente...
Il gère habilement son petit fonds de commerce qui me touche tout spécialement (grosso modo comment des hétéros sont amenés à voir soudain leurs certitudes fissurées et un beau jour se barrant en couilles, comment le désir naît et comment il se manifeste, et comment on peut filmer ça...) sauf qu'ici, au lieu des deux jeunes chiens fous à barbes et à poils longs de Plan B, qui se tournaient autouret se reniflaient comme de jeunes chiens, justement, il est surtout ici question d'un adolescent, mineur, d'où prudence et oeufs sur lesquels on marche. Je précise que l'ado en question (celui de la scène d'ouverture) est plus poilu et viril que je ne le serai jamais, par exemple, ce qui change tout de même encore un petit peu la donne.
Marco Berger abandonne les coquetteries stylistiques  de son premier film et opte plutôt pour un récit relativement rectiligne, avec juste quelques retours en arrière toujours justifiés, il tient le cap de son histoire, même si le spectateur moyen risque d'être un peu désarçonné au beau milieu du film (non non je ne dirai rien), et rassure en quelque sorte les spectateurs qui lui avaient fait confiance à l'issue de son Plan B, nous démontrant entre autres, encore une fois, comme c'est beau un homme qui dort, (et encore plus s'il est hétéro hihihi)
Top 10

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13 août 2009

back from (gay? ) parisss

L'escapade est terminée, et les vacances donc quasiment aussi (passé le quinze août...)
De retour à la maison donc, souffler un peu, reprendre ses esprits... (la semaine fut dense)

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(en face de Beaubourg)

dans un premier temps,vous laisser méditer sur cette phrase de Jeanne Moreau, recopiée dans un vieux magazine, qui m'a beaucoup touché :

" La plupart des gens n'ont pas assez d'énergie pour l'amour. Ils préfèrent aller au cinéma."

C'est vrai, je suis beaucoup allé au cinéma.
J'en reparle, donc, et du reste aussi.

12 octobre 2008

dans le plâtre

It's back! What ?
... le cul le plus sympathique du FJT! Hier, à midi, Isa va chercher de l'eau dans la deuxième salle (on s'était installé dans la première, qui est plus petite mais qui a l'avantage de permettre de voir tous les arrivants) et revient avec un large sourire à mon adresse, en me disant "C'est plein de plâtre, à côté...". Il faut donc que j'aille chercher aussi sec un second pichet d'eau. En effet,  ils sont installés, à la première table en entrant, cinq ou six, de tous les gabarits, en train de manger (assez joyeusement d'ailleurs) en tenue de travail donc, le vieux pull tâché, le pantalon de travail idem, les croquenots... et au milieu de la troupe, "il" est là. Je m'émeus.
Ce mec a l'avantage d'être sympathique de tous les côtés (par tous les bouts ?) : une bonne bouille ronde, souriante, cheveux courts, des yeux clairs... et de l'autre côté, un cul magnifique. Pour l'instant je ne vois que la moitié supérieure. Je prends donc de l'eau en essayant de ne pas trop baver.
Quelques instants plus tard, ayant fini leur repas, ils passent dans l'allée de notre salle, à la queue-leu-leu, plâtrés, bruinés de peinture ou de solvants (c'est là que je regrette de ne plus avoir d'odorat pour pouvoir les humer), pour aller boire leur café,  et cette caravane, aussi débonnaire qu'appétissante, ne manque pas de me faire tourner la tête un peu longuement dans leur direction, indiquant muettement du regard à Isa l'objet de ma convoitise (gourmandise ?) ...
Quand, à notre tour, nous allons boire le café, dans la salle bruyante, il reste une seule table libre, à l'entrée, juste en face du bar, où ils sont installés. On s'y assoie, et j'ai donc cette rangée de workpants juste en face de moi, et le sien, au milieu, qui trône, impérial, dans la toile bleue qu'il tend, et qui semble me faire un geste amical, comme un sourire vertical... Le temps que je sorte mon portable pour immortaliser l'instant, les voilà qui tournent casaque et quittent la salle... Tant pis, les gars, mais à bientôt j'espère !
Du coup, j'ai photographié les suivants, mais c'était pas pareil.

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(photos prise au téléphone, puis rephotographiées à l'app-phot'!)

18 juin 2007

l'argent

A CASA NOSTRA
de Francesca Comencini

Un film pluriel, rayonnant autour d'une femme-flic (la toujours craquante Valeria Golino), avec tellement de voix qu'au début on se dit que ça ne va pas être choral mais plutôt cacophonique. Et bien pas du tout, la réalisatrice nous emballe tout ça, mine de rien, hop, hop, embarquez c'est pesé, ficelé, bouclé!
C'est... très rital : il y a Milan, il y a des bellâtres noirs de poil, des expressi stressi, des pâtes, de l'opéra (Verdi), des politiques corrompus (mais là ce n'est plus un sport uniquement national, il y a belle lurette que ça a dépassé les frontières...) C'est très contemporain (et peut-être un peu glouton aussi) aussi, dans les préoccupations : le pouvoir, les magouilles,l'amour, la prostitution, la mondialisation, la violence, la solitude, la maladie, la mort... et le fric, bien sûr, omniprésent, omnipotent, sous toutes ses formes. 
La structure du film serait celle d'une spirale parcourue de l'extérieur vers son centre : au début, on a affaire à plusieurs histoires simultanées mais complètement dissociées (le banquier véreux, la fiancée top model, la femme-flic qui veut un enfant, la pute malheureuse, le repris de justice amoureux, le papi qui revend ses livres, le magazinier qui en a marre d'être pauvre...) jusqu'au dernier plan qui réussit à faire figurer au même moment et au même endroit la quasi totalité du casting, d'où un réseau de croisements et de coîncidences qui se fait de plus en plus serré au fil de la progression de l'intrigue. La réalisatrice en joue aussi d'ailleurs, au montage, qui crée des transitions limite biscornues en faisant se succéder des plans qui jouent sur une similitude visuelle (on passe d'une voiture où monte un personnage à une autre d'ou descend un autre, d'un couple qui s'embrasse à un autre qui baise, d'un agenouillement... profane, au même, très orthodoxe, etc.)
J'avais peur, en arrivant, de devoir me taper une ènième histoire de mafia (et dieu sait si j'ai horreur de ça) mais en fin de compte,  ça n'est pas ça du tout. Honnêtement, on passe un bon moment face à ce cinéma-là, que je ne sais pas exactement où situer (moins radical que Bresson, malgré le titre de cette chronique, moins bavard et racoleur que Tarentino -je ne suis  pas encore remis du dernier-, moins démonstratif que  Costa-Gavras, moins bucolique mal rasé que Taviani... et je pourrais comme ça en aligner d'autres...), qui entrelace dénonciation et romance, politique et mélo, (me taxera-t-on de sexiste si je le qualifie d'ouvrage de dame) et dont la multiplicité des histoires fait que chaque spectateur en trouvera au moins une à son goût, même si on peut penser qu'elles n'étaient peut-être pas toutes indispensables (d'ailleurs elles ne sont pas toutes traitées également) et que certaines péripéties finales (hospitalières notamment) sont presqu'un peu cousues de fil blanc, mais bon, ce soir, je me sentais une grande âme,  d'humeur à être indulgent (mais pour des raisons absolument pas cinématographiques...)
Oui, il semblerait que, ces derniers temps, ça aille plutôt mieux pour le cinéma transalpin, le climat politique délétère (et sa dénonciation) y étant sans doute pour quelque chose. Ca devrait aussi bientôt valoir pour la France, aussi, logiquement, non ???

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14 mai 2021

CMFUBJ 32

(10h) merde j'ai presque plus de pain... et il flotte... et c'est férié... bon je vais quand même essayer d'aller jusqu'à la boulangerie, "ma" boulangerie, voir si elle est ouverte, et sinon je pousserai jusqu'à Monop... Je m'habille, je prend mon sac en plastoque fleuri, et me voilà parti... dehors il pleuvine, et les nu-pieds avec les chaussettes c'est limite pas terrible par ce temps, mais bon... pas grand monde dans les rues, j'arrive près du bouquiniste, et là je réalise qu'il y a un truc qui ne va pas... oups j'ai oublié mon masque! et je n'en ai pas de rechange dans les poches! quel con je me dis, tant pis, y a plus qu'une chose à faire : je fais demi-tour et je repars vers la maison... il pleuvine toujours... bon ben je me passerai de pain, hein...

*

"Le Covid occupe nos esprits... Oui, "le", et pas "la". Contredisant les préconisations de l’Académie française, Le Petit Robert vient de trancher en faveur du masculin – tout en autorisant le féminin. Pour le plaisir taquin de contrarier les Immortels ? Non, simplement parce que "l’usage fait loi". Et force est de constater qu’en effet, dès qu’il est devenu un sujet de préoccupation majeure, c’est bien "le" Covid qui s’est imposé dans les conversations privées comme sur les plateaux de télé. Pour rectifier le tir, l’Académie française aurait dû se réveiller plus tôt ; mais, pas plus pressée que d’habitude, elle n’a émis son avis qu’au mois de mai 2020. Le sale virus avait déjà fait son trou dans notre vocabulaire." (Téléramuche)

*

"Cela fait plus de 3 heures que l’homme, libre après le renvoi mi-avril de sa comparution immédiate, est à la barre, pour répondre de trois exhibitions sexuelles, quand la présidente M., qui vient de l’essorer comme jamais, s’adresse à lui : "Monsieur , la sévérité de mon instruction est à la hauteur de la qualité de votre fonction". F. (ndlr : prénom modifié), 43 ans, est policier. Gardien de la paix, plus précisément, dans l’agglomération nancéienne. Le 12 avril dernier, ses collègues l’ont interpellé à son domicile, dans une résidence nancéienne. Le jour même, une voisine a assuré qu’elle l’avait aperçu en train de se masturber sur son canapé, placé à côté d’une large baie vitrée démunie de rideaux.
Deux jours plus tôt, M-E, après avoir chargé son coffre sur le parking de Cora d’Essey-lès-Nancy, avait constaté qu’un homme se livrait à la pratique de l’onanisme. Ni une, ni deux, elle avait pris la plaque d’immatriculation en photo. Une simple vérification avait permis de déterminer que le véhicule était la propriété de Fabrice.
Voisine du prévenu dans la résidence, O., elle, s’est attachée à faire de la vidéo. Un soir de mai 2020, alors qu’elle se trouvait sur la terrasse proche d’une amie, elle avait constaté que Fabrice, avec qui elle entretenait des rapports de voisinage plus que détestables, avait, alors qu’il était nu sur son balcon, arrosé ses fleurs puis s’était donné livré au plaisir solitaire…" (tw*tter / est répu)

*

retrouvé ça sur un bout de papier, et il m'a fallu quelques temps pour retrouver le pourquoi du comment :

Document égaré
Décentrage mou
Courage dément

(démontage reçu
remontage déçu)
Rage, doucement

(je n'ai pas trouvé ça tout seul, je vous rassure
mais ça, c'était "avant"...)

*

Tandis qu'ici on re-re-re-déconfine, au Japon est annoncée une quatrième vague...

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J'en avais déjà entendu parler quand la série était passé sur POLAR, et la voilà qui arrive sur Canal. Il s'agit de ANTIDISTURBIOS, première série de Rodrigo Sorogoyen, le réalisateur de Que dios nos perdone, El Reino, et Madre -qu'on avait d'ailleurs programmés tous les trois- autour d'une brigade anti-émeutes, en mauvaise position après une procédure d'expulsion qui a mal tourné, et sous le coup d'une enquête interne de la police des polices, dans laquelle intervient une jeune fille à laquelle la série va s'intéresser de près... Six épisodes, j'en ai déjà vu deux, et je trouve ça très emballant (et pas dépaysant, pour les gensqui ont vu les films du réalisateur), avec, en plus l'extrême plaisir (mais bon ça doit être dans les gênes) d'entendre parler en español.

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26 mars 2021

poulailler 83

(O Toulouse...)

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(o dos ballenas se encuentran en la playa)
de Jorge Cuchi

Un film... dégueulasse.
Enfin, que je range dans la catégorie des "films qui me semblent dégueulasses " (entre Funny Games et Benny's video, -tiens, deux films de Haneke- ), par le rapport qu'ils ont à la violence et à sa figuration, entre injustifiable et impardonnable. J'en ai regardé une heure (il en fait deux), en me tortillant de plus en plus sur mon siège, puis je suis allé à la fin (pour me rassurer ? ou pour voir les dégats?), puis je suis revenu en arrière, pour assister à une scène de meurtre (une exécution, une mise à mort, très dans la "tradition mexicaine" sauf qu'ici ce sont deux adolescents à l'oeuvre) particulièrement dégueulasse, juste avant que le jeune homme (Felix) découvre que tout ça (le jeu du défi de La Baleine Bleue, qui l'incite depuis le début à répondre à des défis numérotés dont le dernier -le n°50- consistera à se suicider) est du pipeau, et qu'il se fait depuis le début mener en bateau -et manipuler- par Elisa (ce que le spectateur un minimum attentif aura compris depuis un bail, se posant juste la question du pourquoi)... Mais bon le nigaud il ne va pas changer d'avis pour autant, hein... Un film glacé glacial glaçant ("d'après des faits réels" est-il affirmé en ouverture) par un réalisateur dont c'est le premier film... Une apologie de l'automutilation, du crime gratuit, du suicide au nom du "mal de vivre adolescent" (adolescent mon cul dirait Zazie) qui se prend très au sérieux, et m'a mis d'abord mal à l'aise, puis en colère, carrément. Arrêtons-là les frais donc, et cessons de nous imposer ça. Dans le genre (même si lointainement) je préfère Le diable probablement...

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L'affiche nous vend une bluette romantique entre adolescents, ce qui est une façon de voir les choses...

Capture d’écran (2007)

Capture d’écran (2009)

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Tiens, j'ai bien pensé à Hervé, et j'ai pris toutes les Pilsner Urquell qui restaient en rayon chez N*z...

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dans la série Caliméro, "Caliméro achète une chemise en jean sur eb*y" :

Le vendeur vous a répondu

Bonjour xxx,

xxxxxxx vous a envoyé un message concernant votre demande :

bonjour il y a une erreur d'entrepôt votre chemise est partie en finlande si vous pouvez fermer le colis je vous enverrai une étiquette d'expédition à mettre dessus afin que je récupère le mauvais colis et nous vous ferons livrer le bon dont nous nous excusons le désagrément xxxxxx xxxxxx

Pour répondre immédiatement, consultez les détails de la demande.

Si vous n'avez pas trouvé une solution d'ici le 31 mars 2021, vous pouvez nous demander d'intervenir. Si vous avez besoin de plus de temps pour trouver une solution avec le vendeur, votre demande restera ouverte jusqu'au 28 avr. 2021.

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(de Toulouse, otra vez)
LOS BOLOS EN CUBA
de Enrique Colina

Un documentaire alerte (et rythmé) sur les trente ans d'"indéfectible amitié soviético-cubaine", (jusqu'en 1991). c'est plaisant, documenté, on y aprrend plein de choses, on écoute de multiples témoignages, tout ça en cinquante-deux petits minutes. Plaisant. Ce qui est curieux c'est qu'on trouve le film sur youtube, dans une version qui fait dix minutes de plus (, pour les gens curieux...) En étant un peu attentif, je m'aperçois que par exemple a disparu toute la séquence sur Estereo Segura artisto plastica.... Pourquoi donc ? Mystère... Les Bolos du titre ne sont pas les Boloss dont parlent certains jeunes gens : ça veut dire les Quilles, et, par extension cubaine, les Russes...

Capture d’écran (2010)

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c'est Catherine P. qui me l'a appris, et ça m'a un peu désarçonné : la mort de Bertrand Tavernier, à qui je dois, depuis tant de temps, tant de plaisirs cinématographiques : depuis 1974 (mais je ne suis plus très sûr d'avoir effectivement vu l'Horloger de St Paul...) jusqu'au récent Voyage à travers le cinéma français... J'y reviens demain plus en détail.

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et ce soir à 20h concert au Lieu Unique, à Nantes, dans le cadre du Festival Variations, mais visible en direct sur y*utube, de ce très cher Bachar Mar-Khalifé , c'est toujours aussi beau, mais, faut le reconnaître, toujours aussi court, et c'est dommage...mais du coup ce très cher y*utube m'a proposé, en complément de programme impromptu Chapelier Fou et Bachar Mar-Khalifé jouent Erik Satie (), 3trente-deux minutes trente-trois assez magiques, en décembre 2019 (donc sans masque pour le public), et tant qu'on y est, si vous voulez pleurer un peu, continuez avec Ya balad en live session au Petit Palais, Paris ()

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Capture d’écran (2025)

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25 janvier 2021

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Festivals en ligne : un autre!
Catherine m'a fait penser au Festival Premiers Plans d'Angers que j'avais oublié :

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du 25 au 31 janvier, en ligne, et qui a choisi une formule hybride : les films en compétition sont ouverts au public et gratuits sur réservation (sur le site de la 25ème heure), à raison d'un film et une séance par jour mais il faut penser à réserver 2 jours avant, sinon couic!), tandis que les films de la section Rétrospectives sont payants, et accessibles "autrement" :

"Le Festival Premiers Plans s’associe au Forum des images et à LaCinetek pour son hommage à Chantal Akerman.
Les hommages à Federico Fellini et Christian Petzold auront lieu à Angers et dans plusieurs salles du département de février à août 2021.
Quant à la thématique de l’Évasion, elle sera reportée à l’édition 2022. Mais du 25 janvier au 24 février 2021, LaCinetek proposera une programmation en ligne consacrée à Chantal Akerman ainsi qu’un Pass - Premiers Plans permettant d’accéder aux œuvres majeures de la cinéaste, ainsi que plusieurs films de Fellini et sur l'évasion."

du coup mon calendrier "festivals" s'enrichit (se complique) encore :

lundi 25 : ANGERS (séance complète hélas)
mardi 26 :ANGERS (Courts-métrages à 18h & "The earth is blue as an orange" à 20h30)
mercredi 27 : GERARDMER & ANGERS
jeudi 28 : GERARDMER & ANGERS
vendredi 29 : GERARDMER & CLERMONT-FERRAND & ANGERS
samedi 30 : GERARDMER & CLERMONT-FERRAND & ANGERS
dimanche 31 : GERARDMER & CLERMONT-FERRAND & ANGERS
Lundi 1er : CLERMONT-FERRAND
mardi 2 : CLERMONT-FERRAND
mercredi 3 :CLERMONT-FERRAND
jeudi 4 : CLERMONT-FERRAND
vendredi 5 : CLERMONT-FERRAND
samedi 6 : CLERMONT-FERRAND

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(avant)

Capture d’écran (1162)

(après)

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Voilà, j'ai vu chez moi le dernier film de Fred Wiseman, CITY HALL, (4h32 au compteur effectivement) un film passionnant (même si parfois avec quelques séquences un peu longuettes, il faut le reconnaître) sur la mairie de Boston, dans tous ses états, et, surtout, son maire, Marty Walsh (élu en 2013, réélu "haut la main" en 2017, et qui vient d'être nommé ministre du travail dans le nouveau gouvernement Biden), dans tous ses états lui-aussi, un mec vraiment fascinant, un orateur-né, presque trop bien pour être vrai (mais c'est bien, ça fait un contrepoint idéal avec le précédent film de Wiseman que nous avions programmé, MONROVIA, INDIANA, qui était consacré à la bourgade du même nom, qui avait la "particularité" (?) qu'un pourcentage effarant de ses habitants avaient voté Trump...). Un film puissant qui redonne de l'espoir quant à la "grandeur de l'Amérique"...

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Marty Walsh

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"Au milieu de cette course de fond, Wiseman suit un personnage récurrent, ce qui n’est pas dans sa manière. Entorse à la méthode ? La force du personnage de Marty Walsh explique le choix du réalisateur qui signe avec City Hall un de ses films les plus fictionnels. Le maire démocrate, élu en 2013 et réélu très largement en 2017, fait figure de véritable bourreau de travail, présent partout à la fois, toujours en train de retrousser ses manches, courant d’un chantier de construction à un dîner de Thanksgiving pour les plus démunis, où il sert lui-même à manger. Son passé douloureux (un cancer lorsqu’il était enfant, l’alcoolisme qu’il a vaincu, toutes choses qu’il évoque dans ses discours) lui donne une profondeur particulière, tout comme son air tristoune et sa présence de héros ordinaire, faisant de lui un cousin du personnage de Matt Damon dans Promised Land de Gus Van Sant (l’acteur est d’ailleurs originaire de Boston et démocrate revendiqué).
Quittant le point de vue de recul critique qui est sa marque de fabrique, Wiseman se laisse aller à une admiration ambiguë, notamment lors d’une des séquences finales, où le maire est filmé comme dans un Capra, seul à la tribune, en légère plongée, face à une salle comble qui lui donne une standing-ovation - on comprend qu’il plaide pour sa réélection. La scène est très réussie parce qu’elle laisse entrevoir combien le maire est avant tout un orateur hors pair, un acteur très doué, sans que l’on puisse démêler avec quel degré d’honnêteté il croit au rôle que les électeurs s’apprêtent à lui redemander de jouer. City Hall se conclut par un retour à la bouillonnante centrale d’appels de la mairie, où Wiseman avait commencé par tirer le fil de l’action municipale. D’où l’impression d’un film bouclé, plein, réconcilié, qui approuve la formule démocrate - professionnalisme et efficacité - comme remède aux délires du président en place." (Libé)

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"Marty Walsh n’en apparaît pas moins un maire quasi idéal. Et il n’est pas anodin que vous vous soyez attelé à ce sujet alors que l’élection présidentielle américaine se profile…

C’est le contraste avec Trump, ce putain d’idiot psychopathe, qui fait apparaître Marty Walsh si formidablement héroïque. Si City Hall était sorti sous Obama, Marty Walsh serait apparu comme un bon maire, et voilà.

Mais auriez-vous fait ce film sous Obama ?

Bien sûr ! Mon intention initiale n’était pas de réaliser un brûlot anti-Trump, mais de me pencher sur une mairie, parce que cela avait un sens au sein de ma série consacrée à des institutions. Mais le résultat a en effet pris cette dimension supplémentaire sans que je le cherche. Merci, monsieur Trump, d’être un tel connard ! (rires)"
(extrait d'un entretien avec Fred Wiseman / Libé)

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Capture d’écran (1159)

Capture d’écran (1157)

Capture d’écran (1155)

Capture d’écran (1153)

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