nous voici enfin arrivés aux fameuses "Journées Exploitants", le sacro-saint noyau dur de ce séjour à Entrevues, cinq films prévus pour la journée -je zappe comme d'hab' le repas de midi à la salle des fêtes-)
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LA FILLE AU BRACELET
de Stéphane Demoustier
Du beau linge : Rochdy Zem et Chiara Mastroianni sont les parents d'une jeune fille, Lise (Mélissa Guers, impressionnante) accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie de sept coups de couteau... Un "film de procès" (et, tiens, Anaïs Demoustier joue l'avocat général, et, re-tiens, c'est la première fois qu'elle interprète un personnage pas folichonnement sympathique...). Un film de prétoire et de plaidoiries, d'interrogatoires et de témoignages de spécialistes, de beaucoup de questions et pas forcément de réponses, bref un film solide, un beau portrait de jeune fille, un constat (celui du fossé de plus en plus grandissant entre les adultes et "les ados"), un très touchant dernier plan, bref un film qui tient ses promesses... (Sortie prévue le 5 février 2020)

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NUESTRAS MADRES
de
Guatémala. Un jeune homme est employé à reconstitue les squelettes des victimes de massacres organisés, retrouvées dans des charniers, pour les rendre à leur famille. Et aussi à recueillir les témoignages de celles qui ont perdu un proche lors de ces mêmes exécutions sommaires. Mais ce jeune homme est aussi à la recherche de son père, à propos duquel sa mère n'a jamais été très bavarde. L'audition d'une femme lui donne un espoir, il va suivre cette piste qui lui est donnée... Un film magnifique, impressionnant, touchant. Poignant (sortie prévue le 8 avril 2020)
(pause de midi au Bistroquet avec Mimi et sa cousine, jambonneau/lentilles, avant le retour aux projections, mais nous sommes désormais dans des salles avec des "projections publiques", donc il faut anticiper et faire la queue tô si on veut être sûrs d'avoir des places...)

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TOUTES LES VIES DE KOJIN
de Diako Yazdani
Un film qui m'a laissé un peu perplexe : le réalisateur, kurde iranien, exilé à Paris depuis 2011, retourne au Kurdistan irakien pour y faire un film sur Kojin, un jeune homosexuel de 23 ans (et de ses amis). C'est très courageux d'avoir le projet de parler de l'homosexualité dans un pays où officiellement, elle n'existe pas. Mais deux choses me posent problème : le fait que le réalisateur ait choisi un personnage bien trop "emblématique" qui dans un premier temps évoque plus un trans qu'un gay, et aussi, plus gênant, que ce même réalisateur prenne à plusieurs reprises ses distances avec son sujet, "je ne suis pas comme ça" affirme-t-il (paradoxalement ?) en farsi sur une pancarte joyeusement colorée, lors d'une gay pride parisienne. un film qui a le mérite d'exister et le revendique (l'évocation des traitements réservés aux gays est proprement terrifiante) mais qui donne un peu le sentiment que le réalisateur s'est un peu fourvoyé, en parlant finalement davantage de lui (sans que pourtant toutefois toutes les choses soient dites) que de Kojin (qui est abandonné à son sort en quelques lignes à la fin du film). une sacrée sensation de malaise en tout cas. (sortie prévue le 12 février 2020)

(on change de salle et hop! on y retourne...)
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APRES LA NUIT
de Marius Olteanu
un film roumain en compèt', forcément j'étais curieux. un film en trois parties, sur l'histoire d'un couple. Part 1 : Dana, l'histoire de la femme. Part 2 : Andrei, le mari. Si le film s'était arrêté là, ou à peine un peu plus loin, je lui aurais mis la note maximale, tellement je trouvais ça magistral. Mais il y a, c'est dommage, une part 3 : Monstres (mari et femme), qui n'en finit plus de s'étirer de sinuer et de louvoyer (et de s'apesantir), avec le -pour moi- tragique syndrome dit "des fins successives", où à la fin de chaque plan on se dit "là, ça y est, c'est fini", ou plutôt "ça serait bien que sa foit fini" mais non hélas ça dure dure dure... Dommage, j'ai vraiment adoré les deux premiers tiers, le premier -la femme et le chauffeur de taxi- très "Drôle d'endroit pour une rencontre" est juste parfait, et le second -le mari et Alex- plutôt "drôle de rencontre", drôlement et idéalement roumain (glaçant et grinçant sous ses apparences cliniques). Avec un bout en moins (le film fait presque 2h) oui vraiment c'eût été parfait...


(nous ne sommes pas allés voir Solo, le dernier film prévu, puisque nous savions que nous le verrions le lendemain matin "en privé"... C'est moi qui ai plus ou moins proposé le film de remplacement, parce que j'avais vu qu'y figurait au générique ma chérie-chérie Françoise Hardy...)
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UNE BALLE AU COEUR
de Jean-Daniel Pollet
Le film annonce en tête de générique Sami Frey et Françoise Hardy, et on pourrait presque parler d'escroquerie : si Sami Frey est quasiment de tous les plans, françoise hardy (alors tout jeunette) n'apparaît qu'au bout de 45 minutes (et, encore furtivement, la première fois on la voit trente secondes) et n'a droit ensuite qu'à quelques scènes par-ci par là (alors que c'est l'autre interprète féminine du film, jenny Karezi , qui aurait mérité d'être créditée en tête de générique, mais c'eût sans doute été moins vendeur... Dans la section "chasse à l'homme", une histoire avec des tueurs à gages qui poursuivent le pauvre Sami, (nobliau dépossédé (spolié)de son vieux chaâteau par un affreux maffieux) et beaucoups de bouzoukis. Mais cher Mikis Theodorakis (qui a composé la musique) vous n'êtes pas sans savoir que trop de bouzouki tue le bouzouki... Folklorique, vous avez dit ? Allez, dansons un petit sirtaki, sirotons un petit ouzo et oublions...



(et rentrons à l'hôtel pour la -déjà- dernière nuit de ce belfortain séjour...)