Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
lieux communs (et autres fadaises)
18 décembre 2023

"ma petite remorque"

205
LOST COUNTRY
de Vladimir Perišić

Un film serbe, déjà, a priori ça fait envie, car c'est plutôt rare sous nos latitudes.
Portrait d'un adolescent plutôt maussade et de sa relation avec sa mère. Une mère hyper-aimante, dont le seul défaut est d'être une "tête" du parti socialiste, lors des élections de  novembre 1996 (avec la grande ombre nauséabonde de Milosevic), perdues par le parti, qui s'emploie alors par tous les moyens à contester les résultats et à invvalider le scrutin, en vue d'organiser un "troisième tour" dont les résultats lui conviendraient mieux. En pleines manifestations étudiantes, Stefan (le jeune homme maussade) se retrouve le cul entre deux chaises, dans une pision d'abord inconfortable puis carrément intenable.
La caméra le suit dans ses rapports avec sa mère, avec ses copains (il a intégré l'équipe de water-polo), avec son grand-père, avec une jeune fille dont ses potes lui disent "quelle est zarbi, elle sniffe de la colle...", au fil d'un parcours qui se révèle de plus en plus chaotique et sans issue. Sans issue autre que celle qui, logiquement, clôt le film. (Plus le scénario progresse et plus on se dit que ce jeune homme est mal barré...) Simplement, sobrement, inéluctablement.
Plus le film progresse et moins Stefan parvient à trouver une place, et plus il en souffre, et plus il le manifeste, rompant progressivement les relations avec (tous) ceux qui lui étaient proches. Jusqu'au bout.
Une scène très forte, traitée a minima (j'ai pensé à Bresson).
Le réalisateur n'est pas tout à fait un inconnu, puisque nous avons déjà programmé en 2009 son premier long-métrage ORDINARY PEOPLE, aussi fascinant que glaçant.
J'ai pensé au MERE ET FILS, de Calin Peter Netzer, évoquant le même genre de rapport excessif, mais en Roumanie (on n'est pas si loin...)
Dans la salle, nous étions 3.
Sur le générique de fin, une jolie ré-interprétation au piano (et a minima) de C'est la lutte finale...
(Oui, "groupons-nous et demain...")

 

4579452

 

15 décembre 2023

boucle d'oreille

203
LES TROIS MOUSQUETAIRES I (D'ARTAGNAN)

4417568


204
LES TROIS MOUSQUETAIRES II (MILADY)

1531578

Dans le bôô cinéma, un dimanche après-midi, une double séance spéciale "thématique" : je n'avais pas vu le premier à sa sortie (il n'était pas labellisé ADC, parfois il faut faire des choix...) et le second était présenté à la suite, en avant-première, bonne aubaine dominicale, donc. Quatre heures de cinéma "des familles" aux petits oignons. Pourquoi donc bouder son plaisir ? Des Mousquetaires, j'avais surtout des souvenirs de lectures de jeunesse, dont ne subsistaient finalement que peu de choses :Athos, Porthos et Aramis ( + D'Artagnan), Constance Bonacieux, les ferrets de la reine, et Mylady est une fieffée salope. Toutes et tous étaient bien au rendez-vous (je croyais que l'histoire des ferrets consituerait la deuxième partie, alors que pas du tout, et je n'avais gardé aucun souvenir non plus de cette histoire de siège de La Rochelle. Ni de frère du roi).
Les Mousquetaires ? François Civil en d'Artagnan (jeune et fougueux), Vincent Cassel en Athos (décati et mélancolique), Pio Marmaï en Porthos (rondouillard et truculent) et Romain Duris en Aramis (ironique et classieux). Rien à (re)dire. Tous les quatre assurent, chacun avec son style / cachet personnel... Plaisir ensuite de reconnaître Lyna Khoudry en Constance, (la promo nous ayant déjà largement promu / dévoilé / survendu Eva Green en Mylady (qui ne contredira pas sa réputation, au contraire)), Eric Ruff en Richelieu (une fieffée salope(rie) aussi, mais bon il n'est pas le seul), et deux cerises sur le (gros) gâteau : Louis Garrel en Louis XIII et Vicky Krieps en Anne d'Autriche... Voilà pour l'essentiel (mais on aura le plaisir de reconnaître par la suite d'autres acteurs, notamment chez les conspirateurs protestants, même si on ne peut pas les nommer dans l'instant).
De l'action ? Il y en a, ça s'est sûr, combats à l'épée, finition à la dague, cavalcades effrénées tous azimuths (dont certaines carrément en bord de falaise), complots divers (presque tout le monde en a un sur le feu), trahisons et perfidies, on en a pour son argent (et, bon enfant, on applaudit et on en redemande...) Je me suis retrouvé, gamin, devant ces films de capédépée, àla télé, en noir et blanc, le dimanche après-midi, où on tremble pour le héros intrépide, les méchants qui sont contre lui (tous après lui) avec à leur tête le Méchant Très Méchant en chef (qui périra bien sûr à la fin au terme d'un combat -d'un duel- très cling-clingant (le bruit des épées) avant que le vaillant héros ne réussisse à délivrer sa belle, emprisonnée par le, justement, MTM. (Ils s'embrassaient, souvent à la fin). Et hop! le film était fini.
Il y a un peu de tout ça, dans ces deux LES TROIS MOUSQUETAIRES, un peu trop même presque, sans doute, pour le vieillard cacochyme que je suis devenu (comme un des deux vieux du Muppet, hihi). J'avoue qu'à la fin du premier je me sentais déjà presque rassasié lorsque le fameux A SUIVRE est apparu sur l'écran.
J'aurais quitté la salle à ce moment-là, j'aurais été content.
Même pas le temps d'aller aux toilettes (peur de perdre ma place) ni de m'acheter une glace (ce que j'ai un instant envisagé) et hop cataclop cataclop! c'est reparti!
Avec un résumé des péripéties de la première partie, avant qu'on ne redémarre sur les chapeaux (de mousquetaires) de roue (de carosse, bien sûr). En trombe. Et cling cling (les épées) et cataclop (les galopades) et gnark gnark (le rire sardonique du traitre).
Jusqu'à la résolution (presque) finale (ah lala cette façon qu'on les héros d'arriver pile-poil à la toute dernière seconde!) Un maousse combat au milieu des flammes (impressionnant) entre le héros intrépide qui donne son nom au premier film (d'Artagnan) et l'immonde -et sculpturale- traîtresse qui donne son titre au second film.
Quoiqu'une surprise finale ne laisse supposer qu'il pourrait s'agir plutôt d'un deuxième ?
Le mot A SUIVRE cette fois n'est pas écrit (ni le mot FIN non plus) et l'on pourrait presque envisager LE RETOUR DE LA VENGEANCE DE  MILADY, non ? (je ne me souviens plus comment se termine le bouquin de Dumas...)

Pour la petite histoire, me restera du film une image brève mais tendre : dans un lit, Porthos (Pio Marmaï) dort au milieu, entre une ribaude (anonyme) et... D'Artagnan, la tête posée sur son torse... Ah bon ? Voui voui. (C'est dit dans le film : "Si Porthos te prend sous son aile, c'est qu'il te veut dans son nid"). Charmant.

22 novembre 2023

une odeur de marée, de fleurs et de pisse

190
PORTRAITS FANTÔMES
de Kleber Mendonça Filho

Troisième film de notre Mois du Doc. Lui a droit à six séances (heureusement que je veillais au grain pour les horaires : on avait bien les 6 séances prévues mais aucune ne correspondait avec celles précédemment communiquées par le programmateur, et annoncées par nous - à nos adhérents et au niveau national-, et donc on serait encore passé pour des charlots, mais, ouf! tout a été promptement rectifié par le directeur dès mon signalement).
Un documentaire, par un réalisateur dont on a programmé (et applaudi) tous les longs-métrages précédents (BACURAU, AQUARIUS, LES BRUITS DE RECIFE). Celui-ci est un documentaire centré sur Recife, sa ville, qu'il aime et dont il va nous parler en long en large et en travers (mais dont il nous a déjà longuement parlé à travers ses autres films).
Un document autobiographique et intime, en trois parties (les maisons (ses maisons) / les cinémas / les lieux de culte) avec, à travers des documents personnels du réalisateur (et sa voix-off), les souvenirs de cette ville qu'il aime tant. Et, pour accompagner ce montage d'images, beaucoup de musique brésilienne (je suis désolé de le redire, mais ce n'est pas vraiment -du tout- une musique faite pour mes noreilles, voilà, c'est comme ça c'est dit qu'y peux-je...) donc qui me fait parfois me rétracter comme un petit escargot tout au fond de sa coquille.
Peut-être aussi  n'avais-je pas tout à fait la tête à ça, mais, comme dirait Dominique, euh,  "j'ai un peu rêvassé"... (et un tout petit chouïa fermé l'oeil aussi...)
Heureusement, le film se clôt sur une séquence délicieuse (dans un taxi) qui sait vous réconcilier illico avec lui (le film), en instillant un peu d'humour (et / ou de fantastique, et donc de fiction) dans ce document jusque là un peu sage,et fait en sorte que vous en garderez un bon souvenir...

2115683

 

3 septembre 2023

takatāpui

143
PUNCH
de Welby Hings

Visionnement "spécial entregent" grâce au lien aimablement transmis par le distributeur (Outplay) via Zabettina, dans le cadre de son festival LGBT (Parlons d'amours 2, à partir du 11 octobre prochain dans le bôô cinéma). un film, donc, LGBT néo-zélandais, avec Tim Roth, (trois bonnes raisons, déjà, d'avoir envie de le regarder) par un réalisateur inconnu au bataillon (j'utilise souvent, je m'en rends compte,  cette expression, sans doute à cause de la connotation de promiscuité virile, hein...) dont IMDB nous dit seulement qu'il a réalisé précédemment trois courts-métrages...
Dès les premières images, on est charmés (ravis) par une réalisation extrêmment soignée. de la très belle image. Un jeune aspirant-boxeur, à l'entraînement, coaché par son père dont on apprend assez vite qu'il est alcoolique (c'est Tim Roth qui s'y colle). Avec l'échéance proche d'un combat important pour le jeune boxeur, et, parallèlement un personnage de jeune homme atypique aux ongles vernis en noir, maori et gay assumé (deux bonnes raisons d'être stigamatisé dans cette région peuplée d'une majorité d'autochtones hétéros poilus et barbus (belliqueux et très homophobes). Ces deux-là n'ont a priori aucune raison de se rapprocher... Et pourtant.
Le film va suivre deux pistes principales : la préparation du match du jeune Jim et le rapprochement avec Wethu (l'autre garçon). Et la réalisation est toujours aussi soignée. On sait qu'il ya de fortes chances que ces deux-là finissent par roucouler. la caméra reste toutefois assez pudique pour que le film soit visible par un large public (les deux scènes de rapport sexuel - qu'il soit consenti ou pas, sont filmées avec les mêmes... précautions. Mais cela participe à l'homogénéité du projet. Il s'agit avant tout ici de violence physique (celle de la boxe, mais celle ausi des rapports humains en général) opposée à un certain romantisme (on peut oser le mot).
Et le réalisateur réussit l'exploit de signer une fin qui ne correspond pas vraiment (voire pas du tout, même) à ce qu'on avait confortablement imaginé depuis le canapé sur lequel on était installé. Et c'est tout à son honneur, de, finalement, refuser la facilité, à l'issue d'une scène "surprenante" (et sans doute mélodramatiquement excessive -excessivement mélodramatique ? ça marche aussi).De faire hop! un pas de côté et de s'en aller ailleurs que ce vers quoi nos gros sabots de spectateurs habitués nous dirigeaient. Bon ça ne finit pas forcément aussi bien que ce que les midinet(te)s espéraient, ni aussi mal que ce que les pessimistes craignaient. Juste entre les deux (et entre les deux, c'est bien connu, mon coeur balance). Cet entre-deux vaut aussi pour la façon dont le réalisateur met en parallèle deux formes de courage : celui, sportif,  de se battre avec ses poings pour affronter un adversaire, pour l'un, et celui, pour l'autre, de s'affirmer ouvertement gay dans un environnement testostéroné violemment hostile. dans un cas comme dans l'autre, la métphore habituelle soulignera qu'il faut des couilles.
Et même si la prise de conscience de Jim concernant son attirance pour wethu peut sembler aussi soudaine que trop belle pour être vraie, on s'en délectera (midinet un jour...) et oh oh cette cabane meublée de bric et de broc au milieu des bois ne pouvait pas ne pas me faire penser à celle de nos amis cow-boys dans le très cher FIRST COW...
Un film étonnant, attachant, (mi-frappant mi-caressant pour filer la métaphore) qui fera une très belle avant-première pour le Festival Parlons d'amours 2, dans le bôô cinéma, à partir du 11 octobre je le rappelle.

2481881

Capture d’écran (826)

Capture d’écran (827)

Capture d’écran (830)

le jeune boxeur a une plastique intéressante, mais ce n'est pas non plus le plus intéressant du film...

1 septembre 2023

août 2023

mardi 1er
- branle-bas tôt dans le couloir! les voisins du dessus ont commandé un nouveau frigo, il faut dégager le passage, et rentrer provisoirement ma petite étagère qui encombre)
- une paire de livreurs barbus de chez C*nforama (s'en souvenir la prochaine fois que je commande un truc hihi) tout mimis : un châtain et un rouquin (j'ai un faible pour le rouquin)

DSC00215

- repas de midi à LPC
- 15h30 on se retrouve (à Besac) avec Dominique et Emma pour boire un café
- 16h30 : LES HERBES SECHES avec Dominique
- 20h repas du soir à l'Iguane

mercredi 2
- je regarde DES AVANTAGES DE VOYAGER EN TRAIN pour lequel le distributeur nous a filé un lien de visionnage, et ça ne me plaît pas du tout

- 14h : comme planifié lundi,  café chez Co & Pépin
- une partie de "Chips" avec les Merveilles (Thelma & Ninon, les filles d'Adèle)
- 13h45 : HOW TO SAVE A DEAD FRIEND, avec Manue
- ensuite on boit un café au Bureau tellement le temps est pourri...
- le soir je tombe sur DANS LA MAISON et je le re-regarde jusqu'au bout

jeudi 3
- à midi à Gy pour repas avec Emma & Régis, Thérèse et René, et Dominique
- j'ai apporté du Cerdon pour l'apéro
- on a tout fait dedans parce que dehors il faisait moche
- je termine TERMINUS BERLIN d'Edgar Hilsenrath (une autobiographie un peu paresseuse où il décrit même sa mort)

vendredi 4
- au courrier Libé (comme d'hab') et une "vraie" lettre (parfaitement inattendue, que dis-je inespérée) de trois pages, que je relirai plusieurs fois tellement elle m'enchante (et me bouleverse ?)
- j'en parle d'ailleurs avec Catherine, à LPC à midi
- je passe rapidos chez les Bousrez pour un petit café
- 15h45 : FIFI
- le soir, je réponds à la lettre

samedi 5
- en allant au marché, je poste ma réponse à la lettre
(- ça me met un peu en ébullition cette histoire quand même...)
- suis sorti en fin d'aprem' pour acheter des citrons et récupérer deux livres tout juste achetés (un Holder et un De Kerangal)
- en passant, je tombe là-dessus, qui me laisse un peu perplexe (il y a des gens qui sont compliqués)

20230805_163306

dimanche 6
-je me mets en "tenue de dimanche", comme de coutume, mais je finis tout de même par passer un t-shirt, parce que la température a baissé, avec toute cette pluie...
- Catherine m'envoie une recettes de courgettes croustillantes, il faudra que j'essaie ça...
- au téléphone avec Emma pour mettre au point notre après-midi cinéma à Besac demain
- je commence LE MÉRIDIEN DE GREENWICH, le premier roman de Jean Echenoz (1979), que j'ai déjà commencé, en vain, à plusieurs reprises (cette fois-ci semble être la bonne!)

lundi 7
- au réveil je suis embêté : je n'ai plus de son sur mon ordi
- j'ai mis mes BBB (belles baskets bleues) pour la première fois, à la gare un mec m'a dit "Vos N*ke, elles déchirent..."

20230807_163159

- 12h30 à l'Iguane, où Emma me rejoint pour le café
- j'échange quelques sms avec celui qui m'a écrit la lettre (et qui vient de recevoir la mienne)
- 14h : YANNICK

20230807_154221

- à la librairie (où mon livre n'est pas encore arrivé)  Emma m'offre très gentiment un bouquin de Schwartzmann (PYONGYANG 1071)
- 16h30 : BARBIE en VO (ce qui n'excuse rien)
- le bus de 19h10, c'est vraiment un très bon plan!
- à mon retour, quand je redémarre l'ordi, le son est revenu!

mardi 8
- le matin, tiens re-plus de son sur l'ordi ; je l'éteins, le rallume, et hop! le son est revenu!
- 9h45 : je retrouve Frédérique pour un tour de lac puis on boit un crème au "bar de la plage"

20230808_112820
(je me sens comme le Martin Parr de Vesoul hihi)

- un rdv est pris par sms avec le monsieur de la lettre (ohoh...)
- il faut que je sorte pour acheter un pack de lait mais je suis obligé d'aller jusqu'à Monop'
- (j'achète en solde une paire de très jolies fourchettes irisées)
- le soir, juste avant dodo, un échange plaisant de sms

mercredi 9
- 14h30 la réunion de programmation, avec un programme chargé (mais on réussit à en venir à bout)
- pour le repas du soir je prépare, d'après la recette envoyée par Catherine, des aubergines croustillantes (et des courgettes aussi) et c'est effectivement délicieux...
(- c'est dommage, j'ai oublié dans le four le deuxième plat que j'avais préparé -de courgettes- et il s'y est hélas calciné)
- sms du soir, avec photo qui m'inspire...

jeudi 10
- réveillé tôt (sans doute le rdv de cet après-midi me rend un peu fébrile...)
- à midi avec Catherine à LPC (un très bon menu, c'est un chef remplaçant)
- à 15h30, arrive le visiteur comme prévu, je suis plutôt ému (pour diverses raisons) pour un très très agréable moment (...)
- à 17h, comme prévu, on se dit à la prochaine
- il m'a apporté des mirabelles
- le soir, je ne sais pas pourquoi, j'ai du mal à m'endormir...

vendredi 11
- le matin je m'intéresse au petit barbu coiffé en pétard qui vient installer la fibre chez le voisin du dessus (je le prends en photo mais c'est difficile)

DSC00387

- dans le bus pour Besac je m'intéresse au jeune barbu assis sur le siège de l'autre côté de l'allée (je veux le prendre en photo mais ça n'est pas très facile)

20230811_120756

- l'Iguane est complet, je vais manger rue Morand, c'est un poil plus chicos, mais c'est bien
- 13h30 : ZONE(S) DE TURBULENCE (tout seul)
- 15h30 : LA VOIE ROYALE (avec Dominique)
- je dépense un bout du chèque-cadeau d'Emma & Régis pour acheter O de Miki Liukkonen, et j'achète 3 bouquins pour l'aanniversaire de Frédérique

samedi 12
- analyses de bon matin, cool, le labo est quasiment vide
- petit-déj' en terrasse au Lion
- après le marché, j'appelle Fred pour lui proposer d'aller finalement faire le tour de lac prévu et que j'avais décommandé (on n'en fera qu'un demi et ça me va)
- je lis  DERNIERE NUIT, une nouvelle de Salter que m'a chaudement recommandé hier le libraire de Réservoir Books, puis j'enchaîne la suivante UN DON (tiens, deux histoires de maris qui trompent leur épouse, le premier avec une autre femme, le second avec un homme)
- résultat des analyses nickel tout est ok (surtout le PSA qui m'inquiétait un peu)
- 19h barbeuk' dans le jardin de Bernadette pour fêter l'anniversaire de Frédérique (qui en profite pour s'arsouiller joyeusement au champagne)

dimanche 13
- pas très bien dormi...
- c'est dimanche, "tenue de rigueur", jour très chaud annoncé, la routine...
- j'improvise un dessert avec des mirabelles (dénoyautées), des framboises (fraîches) et des bleuets (congelés) avec du zeste et du jus de citron et même un peu de cannelle... pas mal
- je finis le Schwartzmann (et ses aventures en Corée du Nord)
- et je me rhabille finalement (19h) pour aller au cinéma à 20h15 pour voir SUR LA BRANCHE avec Frédérique et Bernadette
- et je rentre à la maison dans cette nuit d'été chaude avec La Valse des Fleurs

lundi 14
- je passe prendre Frédérique à 9h pour aller tourdelaquer une dernière fois
- puis tour dans Vesoul (en voiture) pour trouver une terrasse ouverte pour prendre notre crème (ça sera le PMU tout près de chez moi)
- je me mets à mon agenda 23/24 (que j'avais complètement zappé) tiens  je vais peut-être faire un "100% bonhommes" (on est obsessionnel ou on ne l'est pas hein...)
- j'appelle Pépin et Co mais ça ne répond pas
- tiens je vais aller acheter de la pâte pour faire une tarte avec les mirabelles qui me restent

mardi 15

- je cuisine en tenue (de jour férié) : tarte aux mirabelles et aubergines croustillantes (il vaut mieux que les tranches ne soient pas trop fines, sinon ça n'a pas beaucoup d'intérêt)
- la deuxième quinzaine d'août sera "famille/famille", m'apprend-on, soit, je prendrai donc mon mâle en patience (hihi)
- j'avance dans la potentielle prochaine programmation (que je boucle, tiens carrément)
- sur le coup de 15h ça me prend de m'habiller de prendre la voiture et d'aller faire un tour sur le parking vérifier que ne s'y trouve pas un pauvre routier en surchauffe et en perdition... (mais non)
- je lirai du coup quelques chapitres du MÉRIDIEN DE GREENWICH avant de rentrer sagement at home

mercredi 16
- 8h : le retour de vacances de mon aide-ménagère Anne-Marie
- canicule annoncée pour une dizaine de jours
- je décide de reprendre ma série "Lieux Communs" là où je l'avais laissée il y a quelques années, mais dorénavant sous forme de pdf (c'est plus simple et moins onéreux!)
- midi à Gy chez Emma et Régis (et Félicien), repas avec Za (ça faisait longtemps) et Dominique
- quelques parties de okey à trois...
- 17h je pars (en oubliant les figues et les noix!)

jeudi 17
- matin pluriel : j'arrive à tenir trois conversations simultanées (assez caliente) avec trois messieurs différents sur trois sites différents!
- économisé 10€ en changeant de pharmacie pour acheter mon nouveau "médicament de confort"
- tadam! enfin nous nous retrouvons à trois ("comme au bon vieux temps") à LPC, avec Catherine et Marie!
- je mets en page l'essentiel de la plaquette pour la prochaine Decima Settimana Italiana
- j'ai résolu le sutom du jour en 1 coup (et 30 secondes) :

#SUTOM #587 1/6
🟥🟥🟥🟥🟥🟥🟥🟥 (le mot était MOUTARDE)

- au tarot gagné 4 gardes sans d'affilée
-20h30 : DE NOS JOURS...
- en sortant je dépanne un jeune homme prénommé Jonathan que j'ai déjà dépanné il y a quelques mois (encore une histoire rocambolesque) et je le ramène au Montmarin, où, avec les 10€ que je lui ai filés, il va acheter un bidon d'essance à un mec (qui vend du rouge à son père) qui va le ramener à sa voiture, en panne rue de la Préfecture

vendredi 18
- pourtant on est vendredi, mais la température annoncée pousse à se mettre en tenue de dimanches et jours fériés, m'informe un correspondant
- je traîne en tenue, et des sms échangés me confirment que je ne suis pas le seul dans cet état
- je passe bcp de temps à préparer un, puis deux agendas, jusqu'à ce que je m'aperçoive que je les ai faits en format poche, alors que je les voulais en médium, je dois tout refaire
- je m'habille en fin d'après-midi pour aller au cinéma : UN HIVER EN ÉTÉ de Laetitia Masson
- plus tard, en début de soirée j'irai faire un tour sur le parking (jusqu'à la nuit tombée) en écoutant les différentes versions de FX OF LOVE de Rodolphe Burger

samedi 19
- au marché, oh oh ça sent la reprise : je croise Pépin, Titi, Claude W.
- je trouve des araignées de porc noir, relativement rares (et donc j'en achète lol)
- de retour à la maison, en tenue (il fait plus de 30 dehors)
- j'ai commencé TROP LOIN DE DIEU, le deuxième roman de Kim Zupan (auteur du magnifique LES ARPENTEURS)
- je me remets aux agendas (au bon format, cette fois) (je m'en fais un "eh ouais, bonhommes...")
- 22h30 : ouf! après une heure de tâtonnements j'ai réussi à trouver comment fonctionnait ma messagerie vocale! (c'est le 888)

dimanche 20
- matin, conversations diverses (...) sur le ouaibe
- je suis sorti pour acheter du pain et je suis vite rentré (que calor!)
- la prog est arrivée par mél à 11h11, j'avais anticipé l'essentiel mais je suis obligé de passer quelques heures pour tout remettre en forme
- je rappelle Gérard de Belfort (celui qui m'a gentiment hébergé pendant Entrevues) et on passe un moment au téléphone (il est très bavard) ; dans la conversation il me confirme que ça fait plus de 10 ans qu'il n'a plus de vie sexuelle (je trouve ça tristounet mais, d'une certaine façon, je l'admire)
- le soir, par contre, sympathique conversation téléphonique avec un autre, dans son jacuzzi, qui lui en a une sacrément remplie, de vie sexuelle!

lundi 21
- j'attends la (troisième tentative de) livraison, "entre 8h et 18h" (ouf! ce fut -enfin!- la bonne. C'est toujours compliqué avec dpd hihi, j'adore ce nom  -j'adore me faire livrer par dpd, même si ça ne fait rire que moi...-)
- retour de Pépin pour un café-scrabble (2/1)
- je peaufine la prog terminée (Hervé a envoyé son édito plus vite que le vent)
- ensuite une certaine frénésie libidinale sur le ouaibe et whats*pp, de ci et de là
- je sors pour porter la prog à l'imprimerie et je manque défaillir tellement il fait chaud
- je ressortirai en toute fin de journée pour aller chercher des "provisions" pour une expédition qui aura lieu demain après-mifi

mardi 22
- assez mal dormi (la chaleur, certes, mais aussi sans doute la fébrilité...)
- matin de préparatifs divers pour l'expédition festive prévue pour cet après-midi (qui est probalbement l'après-midi le plus chaud de l'année mais bon roulons...)
- je pense à mon anthurium...

DSC00592

- 14h30 : rdv sur le parking près de la pharmacie de B. (je suis un peu en avance)
- (...)
- 15h30 fin de l'expédition (un moment chaud que j'ai vécu pourtant comme une défaillance personnelle, -mais bon c'est comme ça-)

mercredi 23
- très très très chaud (lol à midi pourtant je mange du couscous)
- 14h30  avec Hervé rdv au cinéma avec R. le directeur et N. son assistante, pour poser les bases de l'avenir de notre collaboration
- après je rentre tout de suite (trop cho, oui, dedans c'est mieux)

jeudi 24
- la nuit la plus chaude (je dors mal)
- les prévisions météo pour cet après-midi :

météo
(prévue 31 : ressentie 44!)
- suis allé, en plein cagnard (mais en suivant un chemin tout à l'ombre, le long de la rue St Georges), récupérer 2 agendas, et j'en ai été récompensé en entr'apercevant un jeune rebeu barbu sublime en jogging jaune, que je n'ai pas réussi à photographier)
- j'aurais dû re-sortir, c'était planifié, mais finalement non (partie remise on va dire)
- Emma aurait pu passer mais finalement non
- 18h30 au local pour la première mizenplis de la saison
- on attend les zorages...
- quand on ressort, vers 19h45, le fond de l'air est (presque) frais!

vendredi 25
- j'ai tout ouvert pour la nuit, mais ça n'a finalement pas tant baissé que ça (il pleuvra un peu sur le matin) encore 27° dans le salon... (je m'en accommode...)
- le bonheur c'est 25° affichés (mais ça n'a pas duré longtemps)
- je passe à la poste déposer la prog de septembre
- je bosse sur la plaquette et l'affiche de la DECIMA SETTIMANA ITALIANA

samedi 26
- pris le bus à 11h25 (quasiment complet) après avoir longuement hésité sur la façon de m'habiller (pluie ? pas pluie ?)
- 12h30 repas à l'Iguane (j'aime beaucoup cette petite table 51, dont je ferai un observatoire sur une table de 4 dont un jeune papa au mollet tatoué

20230826_130856

- 14h rdv avec Dominique dans le -triste- hall du cinéma Beaux-Arts pour voir ANATOMIE D'UNE CHUTE
- 18h20 : bus de retour via Rioz (il n'y a pas de direct le samedi à 19h10 pendant les vacances)

dimanche 27
- oh oh le bonheur c'est 21° affichés dans le salon (à 6h du mat)

DSC00683

- je sors pour aller récupérer mon dernier agenda (arrivé hier après-midi)
- je cuisine pour midi une recette de circonstance : des légumes farcis (tomate / courgette / aubergine) et le résultat est bien meilleur que ma précédente tentative (penser à les prévoir petits)
- je réalise un (assez) joli paquet-cadeau "industriel" pour Catherine
DSC00723

- j'ai des envies vagues de "grand rangement" que je ne suis pas sûr de parvenir à réaliser (j'ai juste commencé ds la salle de bains...)

lundi 28
- plutôt bien dormi (5h d'affilée, pour moi, c'est rare)
- je whatsappe un bon anniversaire chanté à Catherine
- tea-time rue Miroudot St-Ferjeux (Co, Pépin, Loulou & Ali, et même Gloria)
- 18h : LES MEUTES
- (et après, tiens, je m'offre un petit Mc Do)
- grâce au lien transmis par Zabetta je visionne en avant-première PUNCH, un film LGBT néo-zélandais

mardi 29
- 9h15 : Manue passe prendre un café (elle est triste parce que le méchant renard a croqué ses poules)
- 10h03 : fin prêt devant mon ordi pour commander mes spectacles 23/24 au ThéV'
- 10h15 : tout est bouclé... (l'informatique, qu'est-ce que c'est c'est bien quand ça fonctionne!)
- plaisir d'assister à la confection d'un crumble pêches / mirabelles par L., avec les commentaires successifs de P., de R., et de C.

DSC00743

- plaisir de manger des mûres sur le parking de la rue Serpente
- 19h ds le bôô cinéma une big avant-première (UNE ANNÉE DIFFICILE) en présence (brève) des réalisateurs (Nakache et Tolédano) et de l'acteur principal (Marmaï) dans une salle 5 blindée des grands jours

DSC00802

DSC00835

mercredi 30
- porté à Catherine son cadeau d'anniversaire
- trouvé par hasard, chez N*Z, le sac à dos quasi "de mes rêves" (en cuir pour une vingtaine d'euros) pour remplacer mon vieux qui a fait son temps
- à la boulangerie, rivalisé de civilité et de politesse avec deux pompiers (avec un, surtout) devant le dernier sandwich au jambon cru, qu'ils m'ont aimablement laissé
- en guise d'apéro, picoré à nouveau quelques mûres sur le parking de la Rue Serpente

DSC00751

- au courrier, une plaisante carte postale "plurielle" de Brioude (j'aime bien la formule de Malou "On t'embrasse comme on t'aime"...)
- envoyé d'"amicales pensées" à un vacancier

jeudi 31
- à midi à LPC avec Marie (Catherine est excusée "pour raisons médicales " hihi) : menu minimal (poisson / chou-fleur) moy-moy
- j'ai voulu prendre rdv chez l'ophtalmo par téléphone, je suis tombé sur le répondeur, j'ai résolu d'y aller en voiture, et après avoir démarré, j'ai réalisé que ce n'était pas le bon jour, qu'on était jeudi, et que c'était hier que j'aurais dû le faire!)
- un après-midi pas mal oqp sur whatsapp, qui devrait déboucher sur du concret à deux reprises (...)
- et ce soir, dans l'appart', en t-shirt, j'ai presque froid...

22 juillet 2023

cannelle / gingembre

121
VERS UN AVENIR RADIEUX
de Nanni Moretti

Il y avait un peu de monde, à 18h, dans la salle 10 du bôô cinéma, ce 14 juillet, (et pas forcément les ADC habituels) et déjà ça mettait de bonne humeur. Et puis le film a commencé, et je n'en ai pas cru mes yeux : j'ai jubilé à chaqu seconde, parfaitement, jusqu'au bout. Quel bonheur! C'est que, après quelques films amers, délétères, en demi-teinte, ça faisait plaisir de retrouver "le" Nanni, "mon" Nanni! Pile-poil trente ans (enfin presque, je me crois déjà en 2024) après JOURNAL INTIME, qui m'avait déjà bien fait ronronner.
Et le distributeur (Le Pacte) a d'ailleurs eu l'idée judicieuse de reprendre (tous) les codes de l'affiche de JOURNAL INTIME pour réaliser l'affiche de celui-ci. Comme un énorme clin d'oeil (qu'il faut avoir un certain âge pour saisir)

s-l1200

2135618

Etonnant, non ? En 94, Nanni partait en scooter, et voilà qu'il nous revient en trottinette en 23. Les temps ont changé, le réalisateur aussi (et nous donc!) mais pas tant que ça en fin de compte... Ou en tout cas il l'assume. Presque, il le revendique. C'est comme s'il nous faisait un clin d'oeil complice à travers la caméra. "Oui, je suis plus vieux, mais, hein, regardez-vous,je ne suis pas le seul...".
Le film parle de cinéma, d'amour (ou de dés-), et de communisme. (Comme d'habitude chez Moretti, hein...)
Mais il le fait à sa façon, à sa sauce. Un réalisateur, Giovanni, (Moretti) tourne un film "d'époque" à propos du communisme (l'invasion de la Hongrie en 1956, Staline, etc.) tandis que sa femme, pour la première fois, produit un film -plutôt violent- d'un jeune réalisateur (avec des capitaux coréens). Si Giovanni flotte un peu dans son film, il flotte aussi dans sa vie conjugale et parentale.
Et on passe du film au film dans le film, à l'autre film dans le film, d'une façon si virtuose et -lâchons le mot, pardon Téléramuche- ju-bi-la-toire-, qu'on en est tout tourneboulé, on perd ses repères narratifs, on lâche pied, on éclate de rire (j'ai vraiment beaucoup ri), on est attendri, exaspéré, bouleversé, surpris même parfois, bref, il n'y va pas de main morte et on adore ça... Le cinéma vu à la fois comme symptôme, comme maladie, comme prescription, comme remède et comme antidote. On ne peut pas mieux dire.
D'autant plus que le clin d'oeil narratif de Nanni continue tout au long du film, où il sème des petits cailloux blancs en référence à ses films précédents. Oui, on jubile. Et que je fais des longueurs dans la piscine (clic clic) et que je joue au foot tout seul (clic clic) sur du Joe Dassin... car les chansons et la musique ont toujours autant d'importance chez lui, et peut-être même encore plus dans celui-ci...
Il n'hésite pas à carrément nous mettre des scènes de comédie musicale, collectives, joyeuses, avec (c'est très fort) tout de même en filigrane un petit quelque chose de désenchanté, un zeste de "je ne suis pas dupe...".
Jusqu'à cette quasi-fellinienne procession finale en fanfare, en forme de rétrospective bonhomme (de l'oeuvre de Moretti). Qui participe aussi à ce sentiment de joie.
Et cette jubilation m'a d'autant plus surpris qu'elle était pour moi complètement inattendue.
Inespérée, oui.
(C'est, pour moi, incompréhensible que le film n'ait rien obtenu à Cannes. Injuste.)

Top 10!

122
J'y suis retourné quelques jours après.
J'ai un tout petit peu modéré mon exaltation (ça vaut mieux), tout en y prenant toujours beaucoup beaucoup de plaisir (peut-être simplement n'avais-je plus le plaisir de la découverte, mais je gagnais celui de la redite...).
J'ai oublié de parler des apparitions récurrentes du couple gay qui m'ont ravi (ça il me semble que ce soit une grande première chez Moretti, qui a quand même d'ordinaire un cinéma très hétéronormé. Comme s'il nous disait "Oui, il y a bien eu des communisti en italie en 56, et même parmi eux des communisti gays!")
J'ai oublié de dire que j'avais trouvé une seule scène un peu longuette (mais c'est comme ça qu'elle fonctionne) celle où il intervient sur le tournage de l'autre réalisateur, et qui finit au petit matin avec les croissants, mais que là elle ne m'a plus semblé si longue que ça (le plaisir de la redite...)
et j'ai oublié aussi de dire tout le bien que je pensais de Margherita Buy que je trouve absolument parfaite (comme à chaque fois) de simplicité, de fluidité, de bon sens...
tandis que Moretti a un peu chargé son personnage à lui (question articulation, surtout, c'est presque un peu forcé)

Mais je maintiens sans hésitation le Top10!

5 août 2023

double programme "dispositif"(s)

129
UNE NUIT
d'Alex Lutz

Il avait été annoncé, puis déprogrammé, et finalement le revoilà, sorti des limbes. Karin  Viard et Alex Lutz, une nuit, dans un film d'Alex Lutz, et voilà. Le programme est simple, et la promesse tenue. Un homme et une femme, une nuit, un film. (J'ai pensé à ces films "de nuit" que j'aime : NUIT D'ÉTÉ EN VILLE, de Michel Deville, TOUTE UNE NUIT, de Chantal Akerman, EXTERIEUR, NUIT de Jacques Bral). Une femme et un homme se rencontrent dans le métro, s'engueulent, puis baisent dans une cabine de photomaton, (ça, c'est fait), avant de continuer la nuit ensemble, une nuit urbaine, affectueuse, déambulatoire, complice, qui prendra fin au matin sur la passerelle Simone de Beauvoir à Paris (un lieu que j'aime bien). Avec un petit twist de dernière(s) minute(s) que j'avais un peu vu venir (pressenti, disons). Deux interprètes au diapason pour un film tendre et discret.

0544940

130
LES FILLES D'OLFA
de Kaouther Ben Hania

Vu juste après, un film étonnant par la forme, un documentaire sur une mère tunisienne de quatre filles dont les deux aînées "ont été mangées par le loup" nous dit-elle (Sont parties en Syrie rejoindre les djihadistes). La réalisatrice commence un tournage avec la mère, (la "vraie" Olfa) et ses deux plus jeunes filles, mais aussi deux actrices engagées pour jouer les rôles des deux filles manquantes, et une autre qui va doubler Olfa pour certaines scènes. Et un unique acteur pour jouer tous les rôles masculins. Un documentaire fort, touchant, un beau film de femme(s), très réussi dans sa forme et dans son propos (documentaire scénarisé / scénario documentarisé). Brillant.
Le film, en compétition officielle à Cannes 2023, a remporté le Prix de la Citoyenneté, le prix L'Oeil d'or du meilleur documentaire, le Prix de la 8ème semaine du cinéma Positif, ainsi que la mention spéciale du 27 ème Prix François Chalais.

5611737

1 avril 2023

mars 2023

1er mars

(au ficâââ)
des vieux qui tremblotent
(qui crachotent)
des vieilles qui papotent
(qui grignotent)
des jeunes qui textotent
(qui gigotent)
beaucoup de monde dans cette allée centrale
(qui toussote, qui tournicote, qui s'emberlificote)

2 mars

20230302_105700

NO END (lors d'une interruption pour un problème de sous-titres)

3 mars

ah que la vie (parfois) est bien faite! J'avais prévu pour aujourd'hui un après-midi "sans rien" (puisque je vais ce soir au concert de Florent Marchet), et c'est justement juste avant cet après-midi là que ma propriétaire m'informe qu'elle a croisé la secrétaire du chauffagiste, qu'elle en a "remis une couche", secrétaire qui m'a illico rappelé deux fois pour me dire qu'elle m'envoyait -enfin- quelqu'un ce jour entre 14h et 18h... Perfecto! Et il est venu comme annoncé! Et tout est arrangé!

4 mars

20230303_230113

Florent Marchet, hier soir, après le concert (détail)

5 mars

20230304_125758

FICA, début d'aprem'

6 mars

20230305_154029

FICA, Semih Kaplanoglu

7 mars

20230307_172240

FICA, la dernière séance...

8 mars

(oh oh oui je crois bien que je me suis amouraché... mais bon il faut que je me désamourache, hein, et rapidos!)

ou bien

ce midi, dans la boîte aux lettres, un Libé, un Téléramuche, et la grande enveloppe bimestrielle de Pépin, tous bien rangés, contre le fond, comme si le facteur (ou la factrice) était soudain de meilleure humeur, avait pris le temps de, (ou avait quelque chose à se faire pardonner ?)

9 mars

20230309_123526

"Et moi c'qu'il me faut c'est d'la douceur..." (Françoise Hardy) : un chou sublime de LPC

10 mars

ça s'était allumé, le 7 mars, sans qu'on sache trop comment (un flash d'appareil-photo), ça s'était mis à briller fort tout d'un coup (une supernova), et puis doucement, la lumière avait commencé à baisser (un cierge magique qui se termine), ça ne pouvait pas être autrement (car les embrasements comme à l'adolescence, hein, à nôtre âge, c'est ridicule, non ?) bref ça n'avait pas de raison d'être

11 mars

petit plaisir du soir, tiens (il faut bien) : du filet mignon aux morilles de chez mon traiteur préféré (réchauffé 15' à 150°), délicieux

12 mars

un dimanche en pyjama (en t-shirt plus exactement) où je n'ai même pas mis mes chaussettes de contention (un peu froid aux pieds)... Tsss. J'ai quand même fait la liste (mentale) des choses que je dois acheter demain)

13 mars

(Molière n'a rien inventé)
Au Super U, devant le rayons des produits soldés. Il la salue (visiblement ils se connaissent) et demande in petto des nouvelles de son minou ("le petit chat", précise-t-il), et elle lui répond tout de go que, le chat, il est mort, et détaille alors l'évolution de sa maladie, ses derniers jours, et la décision de l'euthanasier qu'elle a dû finir par prendre, pendant que le monsieur acquiesce à tout (et que je continue de farfouiller dans les produits, n'en perdant pas une miette)

ou bien

(en hommage aux "trois trucs bien" de Fabienne Yvert)
- fait une rencontre, certes trop courte, sur le parking où je retournais pour la première fois depuis belle lurette
- filmé un orage vraiment carabiné (avec mon nouveau téléphone)
- enfin réussi à faire un peu de rangement sur la grande étagère du bureau

14 mars

(idem)
- un "café-scrabble" avec Pépin (quatre parties)
- trouvé une place de stationnement libre juste devant chez moi en rentrant
- mangé des tartines de pâté d'amour sur du petit-épeautre (d'amour lui aussi) du petit boulanger (qui a la grippe, tiens)

15 mars

(idem)
- le passage d'Anne-Marie ("Madame Propre") après le départ de laquelle, à chaque fois, mon appart' étincelle comme dans les dessins animés (ou les pubs de produits ménagers)
- la préparation d'une "salade fraîche concombre / pamplemousse / avocat"
- (début de) rangement & tri du placard à dvd (tiens je vais faire don aux ADC de tous ceux d'Ecole & Cinéma)

16 mars

(idem)
- le monsieur des rideaux est -enfin- venu les poser (et aussi le petit store dans la chambre), ce matin
- DAYS, de Tsai Ming-Liang l'aprés-midi au cinéma, un ravissement
- LES LIMBES, de Étienne Saglio , le soir au Thé V', idem

17 mars

(idem)
- enfin pensé à remplacer mon justificatif d'assurance sur le pare-brise (je n'avais jamais que deux mois de retard...)
- oh oh voilà que s'élèvent divers échafaudages pas loin de chez moi : du joli spectacle en perspective ?
- (à la pompe à essence) il secoue précautionneusement le tuyau pour qu'en sortent les dernières gouttes dans son réservoir, de la même façon qu'il doit le faire avec sa bite

18 mars

(idem)
- terminé LE RADIATEUR D'APPOINT d'Alex Lutz (avec ensuite le plaisir redoublé  d'en entendre des extraits lus par l'auteur, à la Maison de la Poésie, )
- reçu, via Thierry G. (sur Wh*tsapp), un très beau texte de Nicolas Mathieu, à propos du 49.3 et de ses suites
- Cabadzi en concert (pour la 5ème fois!), à Scey-sur-Saône, avec Catherine et Manue

19 mars

(idem)
- réussi à faire ce qui ressemblait à une "vraie" mayo pour accompagner les (8) premières asperges (2ème choix, à 10€le kg tout de même)
- un long coup de fil dominical... de Dominique
- Isa nous apprend que son mari lui a appris que des élèves migrants (à lui) lui auraient dit "qu'ils mangeaient au FJT comme avant, depuis trois semaines..."

20 mars

(idem)
- un peu par hasard, de bon matin,  je commence à re-regarder MOONLIGHTING de Jerzy Skolimoski, (sur MUBI) et je suis sidéré par la qualité du film
- bon, c'est le printemps quand même, hein
- un(e) après-midi café-discute avec les Soria

21 mars

(idem)
- la libération d'Olivier Dubois, journaliste en captivité au Mali depuis 23 mois
- au courrier une "vraie" lettre de Philou, écrite à la main, avec une vraie-photo ("à Baden-Baden...")
- oh oh! un nouveau polar de Jacky Schwartzmann (Shit!) que je cours acheter à L'Espace Culturel Lecl*rc

22 mars

(idem)
- bon y a pas à tortiller : je suis très content de l'affiche que j'ai conçue pour la 11ème SEMAINE LATINO (qui commence aujourd'hui)
- le velouté de courgettes, ce midi, à LPC, était délicieux
- découvrir un film ACID (GRAND PARIS, de Martin Jauvat) dont je n'avais jamais entendu parler jusque là, et l'envisager pour la prochaine programmation

23 mars

(pour changer, tiens, trois trucs pas cool)
- annoncer aux copines que je viendrai pas à la manif cet aprem ("en mon âme et conscience")
- le nombre de spectateurs aux trois séances latinos : 4, 6, et 12
- des problèmes (de plus en plus problématiques) avec la marche arrière de ma voiture

24 mars

(oups)
une chose me souciait : le fait que j'avais soudain de plus en plus de mal à passer la marche arrière (bien que mon embrayage ait été changé) j'ai appelé mon garagiste hier soir, expliqué le problème, il m'a dit de lui déposer la voiture ce matin, qu'il allait regarder ça... je repasse le soir pour la récupérer, elle est garée dans la rue, c'est donc qu'elle est réparée, et le garagiste m'explique qu'il l'a essayée, et qu'elle n'a rien, qu'il n'a trouvé aucun problème avec la marche arrière, et il me rappelle qu'il faut bien soulever légèrement le pommeau du levier pour pouvoir l'enclencher, et je réalise que j'avais oublié ce détail (c'est pour ça que lorsque je la passais machinalement, il n'y avait jamais aucun souci), purée, j'avais oublié ça!

25 mars

(re-trois trucs bien)
- dans le bus, commencé LE GRAND NEZ DE LILLI STEINBECK, de Heinrich Steinfest, dont l'écriture me ravit toujours autant
- le nouveau patron de l'ex-Royal est vraiment très très très mimi, avec sa jolie barbe et son attendrissante démarche de plantigrade, mais c'est hélas la seule chose bien dans son restaurant
- pour voir EMPIRE OF LIGHT, dans la salle 3, on a bénéficié d'une réduction sur le prix des billets, parce que des gouttes tombent dans la salle très régulièrement (ploc! ploc!), et les couvreurs ne reviendront que lundi

26 mars

(idem)
- simplement j'adore ça (et le fait de pouvoir me le permettre) : traîner toute la journée en "pyjama", sans sortir, c'est mon "sunday off"
- en rangeant, tombé sur le coffret Lars Von Trier, et regardé du coup le vol 1 de NYMPH()MANIAC (director's cut)
- un petit St Eve au dessert, tiens, parce que c'est dimanche...

27 mars

(idem)
- trouver du premier coup, ce soir, en rentrant, ce livre que j'ai pourtant cherché toute la matinée dans ma bibliothèque
- voir (enfin) se terminer un film de 2h où on s'est bien ennuyé (j'ai regardé bcp de fois ma montre...)
- avoir des nouvelles de cet ami routier dont on était sans (nouvelles), depuis presque trois semaines

28 mars

(idem)
- bien commencé la journée avec ce très réussi BOLERO de Ravel, par l'Orquesta Joven de la Sinfónica de Galicia, dirigé par Vicente Alberola (à voir)
- toujours la même chose, en général, dès que j'arrive sur le lieu de la manif, je repère  un mec que j'ai envie de prendre en photo, et je le prends et re
- (après la manif) le réconfort : un riz au lait au four (avec un peu de riz et beaucoup de lait), mis à cuire bien avant (javais anticipé), et prêt à déguster au retour...

29 mars

(idem)
- préparé une sauce maison pour les spaghettis (qui n'a pas hélas vraiment tenu ses promesses malgré les ingrédients et tout le coeur que j'y avais mis)
- JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES (j'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ce film)
- la scène de danse à 3 devant la fenêtre dans LE BLEU DU CAFTAN

30 mars

(idem)
- cuisiné "de printemps" : un bol de radis et un saladier de fraises/kiwis
- j'avance dans le bouquin de Steinfest et je me régale (envie de recopier des passages entiers, notamment celui sur le réveil au Yémen)
- une petite visite impromptue rapidos (mais "mieux que rien")

31 mars

(idem)

- Pépin passe en sortant de chez le coiffeur, qui lui a fait une nouvelle coupe très réussie (il est tout mimi)
- le temps d'aller chez les Soria, me suis pris un orage aussi violent que bref (oui, j'adore ça)
- plusieurs fous-rires avec Phil et Fran (sans que je parvienne, après coup,  à m'en rappeler la cause)

3 mars 2023

altona

031
L'ENGRENAGE
de Fatih Akin

Si je vous mets ces captures d'écran, vous allez vous imaginez un certain film :

Capture d’écran (34)

Capture d’écran (33)

Capture d’écran (28)

si je vous rajoute celle-ci (attention les chastes yeux) vous pouvez partir sur une autre hypothèse

Capture d’écran (30)

mais si j'ajoute celle là, ça rigole moins, hein...

Capture d’écran (36)

MUBI propose (depuis un certain temps déjà) une section "PREMIERES FOIS" avec les premiers films de réalisateurs de tous pays. Ici c'est donc le premier de Fatih Akin (quand même un peu disparu des radars, ces derniers temps...) Il est question de trois potes : un grec, un serbe, et un turc. Costa, Bobby et Gabriel. Qui se retrouvent (au mariage du frère de Gabriel) alors que Gabriel sort tout juste de prison et a l'intention de se tenir à carreau, que Costa, (qui sort avec la soeur de Gabriel), prend -justement- des bonnes résolutions et décide d'arrêter de voler et de fumer du shit, tandis que Bobby, lui, au contraire, envisage de se faire embaucher par un parrain mafieux local albanais... J'ai rarement vu un film où les mecs se font autant de hugs et de bisous (c'est charmant a priori), surtout dans la première partie, mais les choses vont vite partir en couilles (il faut se souvenir que quelques années plus tard, Fatih Akin réalisera HEAD ON, dont les éléments caractéristiques (la violence, l'acool, et les trucs illégaux) sont déjà bien présents dans ce premier film (à propos duquel les critiques ont écrit "à la façon de Scorsese", mais, n'étant pas amateur de films de mafia, je ne peux pas juger). Des bisous, oui, mais pas mal de coups, de sang, et plusieurs flingues aussi... Les mecs ne se refont pas, hein. A mâle dominant, mâle dominant et demi, hein... Le virilisme, chez Fatih Akin, a toujours été de rigueur. Heureusement il y a les dames, qui viennent mettre un peu de baume au coeur et nettoyer les plaies à l'alcool. Un film... efficace, "viril mais correct", quoi. Le film a été Léopard de bronze à Locarno en98, quand même...
Et merci MUBI!!!

l_engrenage

19291234

14 décembre 2022

irrésistiblement

230
LE LYCÉEN
de Christophe Honoré

Honoré, c'est plutôt ma tasse de thé. Des réussites éclatantes (LES CHANSONS D'AMOUR, LES  BIEN AIMES) d'autres un peu moins éblouissantes mais très très bien quand même, donc j'adhère, et j'y vais les yeux fermés. Là j'y étais avec Manue, à 13h30. Doublement content donc.
L'histoire d'un jeune homme qui perd son papa (le papa étant joué, dans la scène d'ouverture, par Chistophe Honoré himself, on se dit que c'était quelque chose qui devait lui tenir à coeur...)  Il est soutenu par sa mère (Juliette binoche, très bien), puis pris en charge par son frère (Vincent Lacoste, tout aussi bien) qui va l'héberger quelques temps dans son petit appartement parisien. Le jeune homme est joué par un nouveau venu, Paul Kircher, qui se révèle vraiment sidérant.
Un film qui commence comme un film sur le deuil, continue comme un film sur l'adolescence, puis sur la souffrance, et se termine comme un film sur l'espoir. Avec toujours la même intensité, la même fièvre, la même force. Un film qui finit cut sur une image (une photo) très joyeuse. Un film très pédé (donc c'est vrai que des fois je pourrais ne pas trop aimer, parce que quand c'est trop pédé ça m'agace) mais sans prosélytisme, juste par nécessité. Le jeune homme est gay de la même façon qu'il est adolescent. Naturellement. Et c'est sans doute ce qui m'a le plus touché.
La mort du père, et c'est toute la famille qui valdingue. De ce père, on ne saura finalement pas grand-chose, et c'est autour de son absence que vont se (re)construire les personnages, chacun.e à sa façon. Mais l'amour y sera pour beaucoup, en tout cas de plus en plus.
Comme toujours chez Honoré c'est joliment musiqué, il y a au moins deux choses qui me sont restées en tête : le très joli morceau de Andrea Lazlo de Simone Conchiglie (qui sera interprété deux fois), et, de façon plus surprenante, une chanson qui m'a ramené instantanément à mes 12 ans : Irrésisitiblement, par Sylvie Vartan, qu'on entend en entier, d'ailleurs (et je me suis dit que cette chanson n'était sans doute pas là par hasard et qu'elle rappelait à Christophe Honoré quelque chose de précis...).
Le jeune homme est vraiment bien, mais tous sont au diapason, (et Binoche a l'élégance de rester à sa place, de ne pas la prendre toute (la place) et de ne pas vampiriser le film) et l'émotion est assez souvent à fleur de peau (comme, tente-t-on de se rappeler, lorsqu'on était soi-même adolescent, non ?) Un film en tout cas très élégant.

1037135

4115903

0158707

 

 

2 décembre 2022

entrevues 2022

jour1

195
WESH WESH QU'EST-CE QUI SE PASSE ?
de Rabah Ameur Zaimèche

cela semblait logique de commencer cette édition "chronologiquement", (et respectueusement) par le premier film (2002) de RAZ, et de constater combien il a bien vieilli... Oui, respect.

wesh-wesh-qu-est-ce-qui-se-passe

196
VARIETY
de Bette Gordon

à propos de la "pulsion scopique", un film de la section contreculture générale, l'histoire d'une ouvreuse de cinéma porno qui se met à suivre un client en costume trois pièces qui semble tremper dans des affaires louches (avec Nan Golding, pas encore célèbre,  dans son propre rôle) un peu décevant néanmoins

197
PASSION
de Jean-Luc Godard

section "désobéissances", un film dont j'ai vu l'affiche pendant longtemps chez Pépin et Za : Huppert, Piccoli, Schygulla, Radzilowicz... et Laslo Szabo! Un film à propos d'art(s), un fil de heurts, de ruptures et de hiatus... pas étonnant que ça lui ait tant plu (à Pépin!)

passion

198
DIRTY DIFFICULT DANGEROUS
de Wissam Charaf

premier film en compét', d'un réalisateur pour la dernière fois à Entrevues (c'est son quatrième passage), dont j'avais adoré le précédent TOMBÉ DU CIEL. Ici (toujours au Liban) Roméo est syrien, Juliette est éthiopienne, et comme dit le réalisateur "tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes"... Magnifique (le film repartira d'ailleurs avec le prix du public)

MV5BNzdkZWIwZDgtNmQ5ZC00ZjliLThkOTctNjE5ZTM1M2NmZWZiXkEyXkFqcGdeQXVyNTU5Mzk0NjE@

199
FALCON LAKE
de
Charlotte Le Bon (A-P)

première des avant-premières en soirée, un film candaien (québecois ?) de Charlotte Le Bon qui m'a laissé un (vague) souvenir agréable mais un peu diffus (cinquième film de la journée, j'ai un peu roupillé...)

jour 2

200
LE DESTIN
de Youssef Chahine

une splendeur, dans la salle 15 scandaleusement vide -on était une dizaine- un film historique à grand spectacle (il est question d'Averroès) avec plusieurs numéros -exquis- chantés et dansés, des jeunes gens voluptueux à cils de gazelles, des fils de calife, des complots, des méchants, et -déjà!- une secte d'intégristes (mais l'amour triomphera, bien sûr!). Splendidissime!

MV5BZDQzNWE4NDQtNGE3YS00OTNkLTk3YjEtYTdkYTYyNDhkNDYwXkEyXkFqcGdeQXVyMjI4NzAzNjg@

201
WON'T YOU CRY ?
de Alireza Motamedi

deuxième film en compét', un iranien, à propos d'un homme qui ne parvient pas à pleurer le décès de son frère et cherche à y remédier... Surprenant, drôle, décalé, en tout cas très très différent de la production iranienne "habituelle".

202
SLACKER
de Richard Linklater

entre CHARLES MORT OU VIF et celui-ci, j'ai choisi celui-ci. un des premiers films du réalisateur de BOYHOOD, filmé à la façon du FANTÔME DE LA LIBERTE : une histoire commence, on suit les personnages, mais quand ils en croisent un autre, la caméra suit l'autre... : très très plaisant(s) ces jeunes glandeurs...

MV5BZjc4ZTBiOTYtYjYwYi00ZWQwLWJlOTQtZTI0OTFiMzNmYzVlXkEyXkFqcGdeQXVyMTQxNzMzNDI@

203
GOUTTE D'OR
de Clément Cogitore (A-P)

la première salle archi-blindée : l'avant-première du film de Cogitore en présence de Karim Leklou : le film est fort (et particulièrement bien construit) et Karim L. est à la ville comme il est à l'écran : parfait.

5911869

jour 3

204
SON COUSIN D'ÉCOSSE
(Laurel & Hardy)
/
205
JE NE VOUDRAIS PAS ÊTRE UN HOMME (Ernst Lubitsch)
Je m'étais trompé d'horaire, et donc j'ai rejoint cette séance en catastrophe. Le L&A est bof (ressort comique : un homme qui porte un kilt), le Lubitschou est mieux, même si c'est un Lubitsch mineur : l'esprit de Victor Victoria (une jeune fille se travestit en homme pour pouvoir sortir la nuit, en compagnie de son précepteur qui ne sait pas que c'est elle et lui roule des pelles quand elle est en mec. culotté!)

206
LE CRI DE TARZAN
de Thomas Bardinet

l'avant-première d'un film qui ressort en copie neuve, un film sympathique de 95, entre Rohmer et Rozier dirons-nous... Un jeune homme, bidasse et pistonné, hésite entre deux demoiselles, déserte, par sur l'île aux oiseaux avec l'une d'entre elles, et réussit à mécontenter à peu près tout le monde

19138577

207
NIGHT MOVES
de Kelly Reichardt

la grande Kelly R. dans ses oeuvres (même si on a manqué les 10 premières minutes et qu'on s'est retrouvé coincés près de la porte, avec voisins plutôt bruyants et va-et-vient incessant). Pas mon film préféré d'elle, mais il faut reconnaître que c'est toujours aussi superbement filmé...

418492

208
RITA SUE ET BOB AUSSI
d'Alan Clarke

une erreur de casting (la première) un film britton avec surtout des histoires de cul et de coucheries, c'est lourd, pas drôle, répétitif, on a quitté la salle au bout d'une demi-heure...

209
EL AGUA
d'Elena Lopez Riera (A-P)

une avant-première avec une salle bien rempli, un film espagnol sur trois femmes (la grand-mère, la mère, la fille) et une histoire mystérieuse de fleuve, d'inondation, et d'eau à l'intérieur. Coup de coeur du GNCR. (Qui ne m'a convaincu qu'à moitié)

jour 4

210
TOUT VA BIEN
de Jean-Luc Godard

1972, Montand + Fonda, j'avoue que j'étais un peu perplexe au préalable, mais c'est finalement un film qui se voit très bien (comme toujours chez JLG certains moments fantastiques, vraiment, et d'autres qui le sont moins...)

4157217


211
PAUVRES MAIS BEAUX
de Dino Risi

Dans une salle 15 blindée de scolaires (section "Les Vitelloni premières épreuves") un beau film rital, dans une belle copie restaurée et un très beau noir et blanc...

310960

212
VINCENT MIT L'ÂNE DANS UN PRE
(ET S'EN VINT DANS L'AUTRE)

de Pierre Zucca

j'étais persuadé de l'avoir vu à sa sortie mais je n'en avais gardé AUCUN souvenir : le premier film de Lucchini (déjà formidablement agaçant), avec Michel Bouquet, Virginie Thévenet, Bernadette Lafont! Une curiosité, que j'ai trouvé un peu vieillie mais très attachante...

213
ASTRAKAN
de David Depesseville (A-P)

j'ai longuement hésité, et finalement j'ai très bien fait d'y aller : un "gamin placé" débarque dans une nouvelle famille d'accueil et, malgré des problèmes récurrents de comportement, tente d'y faire sa place. la surprise -heureuse- vient des dix dernières minutes du film, qui prennent littéralement leur envol, et restent durablement, (malgré une musique peut-être un peu trop connotée)

0449307

jour 5

214
LES SURVIVANTS
de Guillaume Renusson (A-P)

une séance particulière, un film sans ticket, à 9h du mat', dans le cadre des journées professionnelles : on était 4 dans la salle! Dommage pour ce beau grand film enneigé avec un Denis Ménochet magistral qui s'en prend plein la tronche (les chasseurs de migrants ne rigolent pas...)

phpThumb_generated_thumbnail

215 ASHRAF MILLE FIGURES
de Guillaume Bordier

Un jeune autiste qui ne s'exprime que par grognements se promène en sous-bois, et c'est filmé avec beaucoup de soin et d'attention. Touchant.
/
216 TUTTO  APPOSTO GIOIA MIA
de Chloé Lecci López

la réalisatrice évoque son père emprisonné, et c'est très attachant (m'a dit Michelle qui a beaucoup aimé), je ne peux rien en dire puisqu'hélas j'ai dormi presque tout du long...

217
BLED NUMBER ONE
de Rabah Ameur Zaimèche

Quel immense plaisir de revoir ce deuxième film de RAZ (l'homme au bob orange) avec notamment cette scène de musique "live" par Rodolphe Burger, qui m'a fait encore une fois monter les larmes aux yeux, et le non moins immense plaisir de voir -enfin- apparaître en vrai le réalisateur (qui a l'air d'être extrêmement timide)

media

218
LA ROMANCIERE LE FILM ET LE HEUREUX HASARD
de Hong SangSoo (A-P)

une des deux avant-premières que j'attendais le plus : dans un beau noir et blanc (mais avec des petits sous-titres souvent difficilement lisibles), Hong Sangsoo nous parle d'une romancière, d'un cinéaste et d'une actrice, (et d'un poète, aussi) qui parlent eux aussi beaucoup (et boivent tout autant) en se disant tout le bien qu'ils pensent les uns des autres. Plaisant mais pas inoubliable.

5106977

219
LE GANG DES BOIS DU TEMPLE
de Rabah Ameur Zaimèche (A-P)

la deuxième avant-première que j'attendais le plus, et la deuxième occasion de voir RAZ "en vrai" sur scène (cette fois accompagné d'ue quinzaine de personnes de la troupe du film...) Les bois du temple c'est une cité HLM où vivent un certain nombre de gens qui vont intervenir dans ce polar urbain à tendance sociale (et humaine) un peu long à démarrer mais plaisant à voir. (visiblement je suis le seul à avoir du mal avec la dame qui chante à l'enterrement)

jour 6

220
LA SAISIE de Philippe Cuau

un documentaire sensible -et rare, l'original en a disparu et il n'en reste qu'une copie vidéo) du père d'Emmanuelle Cuau, que j'ai hélas pris en route, mais qui est visible sur Tënk. (je voulais voir CIRCUIT CAROLE mais je n'en ai vu que la toute première image, avec Laurence Côte, car il me fallait aller manger)

3632

221
LES BASILISCHI
de Lina Wertmuller

Hervé m'en avait fait l'éloge, et il a encore une fois raison : un très beau film en noir et blanc sur des jeunes gens ritalissimes, dans les années 50, bien supérieur au film de Risi vu il y a peu. Magnifique, vraiment (et la copie restaurée est à tomber).

222
UN PETIT CAS DE CONSCIENCE
de Marie-Claude Treilhou (A-P)

Le film va bientôt ressortir en circuit commercial en copie neuve restaurée , je l'avais vu à sa sortie (2002), ce "film de cinéastes", et j'étais content parce qu'étaient annoncées sur la scène Marie-Claude Treilhou Ingrid Bourgoin et Dominique Cabrera, mais finalement on n'a eu que le producteur, Gaël Teicher, un grand bonhomme sympathique.

223
LA COLLINE DES HOMMES PERDUS
de Sidney Lumet

dernière séance 2022, un film fort en noir et blanc sur la connerie humaine en général et militaire en particulier, avec un Sean Connery en icone virile et révoltée (dès la première image je me suis souvenu que je l'avais déjà vu). Très impressionnant et très noir.

 

6 octobre 2022

pls (2)

165
FEU FOLLET
de João Pedro Rodrigues

Tout pour (me) plaire. C'est tout à fait ce que j'espérais (que j'attendais, que je subodorais, que je supputais). Ca ne ressemble à rien qu'on connaisse, mais c'est extrêment réjouissant, ce que son auteur définit comme une "fantaisie musicale". Quand on aime un film, c'est quand on aime quelqu'un, on l'aime inconditionnellement, avec ses qualités et ses défauts, et c'est bien comme ça que je l'aime, ce film : je lui pardonne tout.
Je l'ai vu, comme d'hab' avec une certaine candeur, sans savoir (je l'ai appris par la suite, en lisant les critiques les trucs et les machins) qu'il y était question de l'histoire du Portugal et de son passé colonialiste, ni même qu'il reprenait un discours de Greta Gerwig, je l'ai pris au pied de la lettre : comme un conte (moral ?) follement gay (ça c'est sûr) une histoire d'amour entre Alfredo, un prince blondinet bouclé et barbu (trop trop mimi) et Afonso, un jeune pompier black chargé de faire son éducation (ses éducations, pour être plus juste). et chacun es deux, Mauro Costa et André Cabral est délicieusement parfait (il s'agit d'un premier rôle au cinéma pour chacun).
Le film commence (et finira) en 2069, où Alfredo git sur son lit de mort, et où un gamin jouant avec une voiture de pompiers (bombeiros en portugais, c'est beaucoup plus doux, beaucoup plus sensuel) va initier une série de flashes-back sur sa (folle jeunesse) de prince, avec d'abord le roi son papa qui lui fait visiter une forêt d'"arbres royaux" (qui vont provoquer une érection au jeune prince), avec une jolie chanson écolo et la ronde enfantine en sous-bois qui va avec, puis des scènes de repas en famille royale (que certain critique a qualifié de "très brechtiennes") où les chiens se nomment "Maria-Pia" et où le jeune homme confie à ses royaux parents son désir d'être pompier...
A laquelle succède le "noyau dur" du film, le clou du spectacle, son coeur battant, sa zone érogène : l'entraînement du jeune prince à la caserne des bombeiros, où la très robuste capitaine l'a confié aux soins du viril Afonso... puis il sera question de sexe (et d'amour) entre les deux jeunes gens, avant de revenir, (après un détour par la forêt brûlée et la variété des espèces sylvicoles lusitaniennes) au présent (en 2069) pour l'enterrement de ce "pauvre roi sans épouse et sans descendance", avec une dernière chanson qui finit en annonçant le règne du phallus. (On a vu pire comme programme...).
Le film de João Pedro Rodrigues est à l'image de son héros princier : charmant. un genre de parenthèse enchantée, un conte pour grandes personnes aux dialogues souvent  hallucinés, et, comme tous les autres films du réalisateur, une ode enamourée au corps masculin (ce que donc je ne peux qu'applaudir avec la dernière énergie...)

Top 10 (en rose évidemment) malgré (ou à grâce à) ses maladresses

4870881

6 septembre 2022

bonne nuit, doux prince

07/08/22

Donc on est allé(s) à Bussang passer la journée
Emma nous avait pris des (très bonnes) places en ligne, au rang K, (où on peut étendre ses jambes) et on est arrivés tôt pour grignoter sur place et profiter du parc avant le pestacle
RDV sur le parking du FJT, Dominique arrivant de Besançon (mais m'ayant en bas de chez moi pris au passage), Emma & Régis de Gy, Catherine de Vaivre, on part à deux voitures, c'est mieux (à 5 on aurait été sans doute un peu serrés... il y a vingt ans, on l'aurait fait, hein, mais bon...)

avec Catherine on est arrivés les premiers, suivis de peu par la voiture de Dominique, on s'est -rituellement- garé en marche arrière, comme instamment recommandé, et on est partis à pied vers le théâtre, tout aussi rituellement (non sans avoir salué Pépin qui passait par là en vélo pour aller boire son café)

on récupère les places (la sixième est pour Annie, une copine de Dominique, qui nous rejoindra plus tard), on achète de quoi grignoter, Emma nous dégotte deux tables rondes avec les cinq chaises vertes autour, qu'elle a placées à l'ombre accueillante d'un gros arbre qui n'attendait que nous, et on casse la croûte (j'ai pris une "formule" : pan bagna / bière / tarte aux myrtilles)

Pépin nous rejoint pour le café, puis nous laisse pour aller se faire coiffer maquiller et costumer, et on zone encore un peu en attendant l'heure de début

DSC02236

DSC02233

DSC02237

(...)

nous y voilà, on est effectivement très bien placés, je suis en K10, à côté de moi la K8 est libre, et les deux places du bout sont occupées par deux charmantes vieilles dames qui m'annoncent que la K8 restera vide car elles n'ont pas réussi à la revendre... Joie ; SAUF QUE arrive un mec, un vieux, avec à la main  justement la place en question (il avait une autre place mais la dame de la billetterie lui a proposé celle-ci), qui ronchonne et fait tout un barouf (et se déplacer tout le rang) parce qu'il estime qu'il n'a pas assez de place en K8 pour caser ses augustes fesses ; tout le monde s'exécute, il s'installe,  et je murmure à Catherine qu'il m'a déjà gâché la moitié de mon plaisir

les portes se ferment, le metteur en scène s'avance fait son laïus d'introduction, (et chacun de vérifier que son portable est bien coupé) les lumières baissent... et c'est parti!

première scène devant le rideau fermé, et quand il s'ouvre je vois enfin le fameux décor qui a tant plus à René  : une enfilade de parallélépipèdes blancs, des deux deux côtés de la scène, ménageant un espace central et permettant des entrées et sorties latérales, et voilà qu'apparaît un chien (qui évoque fortement un loup) -qui s'avèrera, Pépin nous l'apprendra ensuite, être une chienne-louve - qui traverse de jardin à cour, en trottinant avec une certaine majesté (cabotinage ?), suivi par un spectre, (le papa de Hamlet) qui disparaît lui-aussi sur ses traces

c'est à la fois très simple et très impressionnant, monumental, tout ce blanc, d'autant plus que tous les personnages sont vêtus de noir (excepté la douce Ophélie qui est en rouge), oui, ce noir et blanc est très classieux, et voilà que tous les divers personnages entament des traversées du plateau (les traversées, ça le fait toujours...) multiples, fiévreuses, pour que nous fassions un peu leur connaissance visuellement avant qu'ils ne prennent la parole...

entretemps (assez rapidement) mon horrible voisin (j'exagère à peine) a commencé à toussotter, puis tousser plus franchement, puis se moucher (je suis enchanté d'avoir gardé mon masque), et finira -soulagement- par quitter la salle (je lui laisserai tout de même libre la place K8 jusqu'à l'entracte, pour rien) ouf!

la langue de Shakespeare est toujours... shakespearienne, les formules ampoulées, les tirades grandiloquentes, les images et les périphrases mais c'est ici la plupart du temps un bonheur de l'entendre, je réalise que je ne connais pas vraiment -en entier- toute l'histoire de Hamlet : je me souviens d'Elseneur, je me souviens du spectre, je me souviens d'Ophélie, je me souviens de "Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", de "Hélas pauvre Yorick", de "dormir rêver peut-être", et bien sûr de "être ou ne pas être" (que l'interprète d'Hamlet, Loïc Corbery, fera passer comme ça, mine de rien, sans effet, en toute légèreté...), je me souviens de Rosencrantz et Guildenstern, de Polonius caché derrière le rideau et pris pour un rat et couic!, je me souveins aussi qu'Ophélie couic! aussi, à cause du vers de Rimbaud (c'est wikip*dia qui m'a confirmé de qui c'était) "la blanche Ophélia flotte comme un grand lys" (je ne connaissais pas le -très beau- premier "Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles"), bref je savais qu'elle mour(r)ait,  mais je connaissais moins la suite (et j'ai honte je l'avoue) pas vraiment la fin, cette ribambelle de meurtres, cette (excessive ?) hécatombe (le mot est justifié)...

Bussang, c'est un rituel, instauré de longue date, mais là c'est spécial, on est venus ici aussi pour voir le sacre en quelque sorte de notre ami Pépinou, dans le rôle de Claudius (l'oncle qui a tué le père d'Hamlet et épousé sa mère), un fieffé salopard sacré personnage (et un sacré rôle!) et il faut reconnaître que c'est vraiment... impressionnant : on le regarde évoluer, avec une certaine admiration (et peut-être aussi, soyons honnête, un peu d'envie aussi) , comme tous les autres acteurs certes (la distribution est irréprochable) mais avec un petit pincement au coeur spécial

(c'est ça aussi Bussang, le mélange des professionnels et des amateurs, mais bon avec ce rôle, notre Pépinou il passe incontestablement dans la cour des grands...)

comme on est en bas installés commes des princes (du Danemark) il n'est hélas pas question de sortir le moindre appareil-phoo, et j'en suis un peu tristounet, mais bon...

à la fin de la première partie (1h45) je suis sorti très enthousiaste (Emma aussi l'était tout autant que moi, et Catherine aussi) et j'ai couru aussitôt -trivialement- m'acheter un coussin parce que, il faut le reconnaître, les bancs sont durs et sans pitié pour nos royaux séants.

185236-hamlet4_jeanlouisfernandez_055

La seconde partie apporte une nouveauté de taille sur la scène : un énorme crâne (qui va constituer, avec une toile peinte descendue des cintres, une saisissante  vanité, en taille réelle, modifiant crânement l'espace, accentuant encore le caractère relativement ... solennel de la représentation. Vanitas vanitatum, certes, mais le fait de faire jouer les acteurs au milieu de ce tableau (le crâne occupe vraiment beaucoup de place), d'inverser l'échelle,  casse soudain la perspective, et modifie (module) astucieusement (subtilement) la lecture un peu austère qu'on aurait pu être tenté d'en faire a priori (ne vous inquiétez pas, il y a des moments drôles, si si si).

Je suis vraiment admiratif de la finesse de la mise en scène de Simon Delétang, alliant le respect du texte, de l'habituel mélange shakespearien de trivial et de sublime, à la rigueur d'un décor très épuré, minimal, janséniste, presque. tous les excès de l'âme humaine, passions, violence, jalousie, folie, meurtre, empaquetées dans ce décor furieusement blanc, et muet, et impassible. Les murs de l'asile ? (Ce qui préfigure peut-être, en pointillés, en clins d'oeil, clic clic, le HAMLET MACHINE qui va suivre, bientôt, le soir...)

je ne me suis pas ennuyé une seconde, j'étais dedans, j'étais bien, j'essayais de mémoriser les noms fonctions et relations de chacun(e) des personnages (c'est bien sûr avec Ophélie que ce fut le plus facile!)

DSC02258

DSC02267

 

Il y a bien sûr le moment tant attendu où le fond du théatre s'ouvre (il le fera, d'ailleurs, à deux reprises), de façon particulièrement approprié : la forêt, qu'on connaît, mais peuplée de crânes, avec à l'avant un fossoyeur en train de creuser une vraie tombe (je ne vous spoilerai pas laquelle hihihi) tandis que sur scène, désormais ouverte à tous les vents,  ça complote, ça éructe, ça fomente, ça ferraille, ça empoisonne, ça invective, et ça décime! Un, deux, trois, quatre hop! hop! hop! hop! ça dégomme ça décime ça décarre...

et quand presque tout le monde est mort, ne reste qu'Horatio, le pote d'Hamlet,  pour sa dernière réplique, d'ailleurs coupée en son milieu (il me semble que les essaims d'anges ont disparu, non ?), la pièce se termine et (ça m'a toujours posé un léger problème d'éthique, au théâtre, quand les morts se relèvent et viennent saluer...) les applaudissement -mérités- se déchaînent...

oui, j'en suis sorti enchanté

après on a pris le temps de se poser, (on s'est payé des glaces, avec Catherine et Emma) on a trouvé un banc en attendant le retour de ce fieffé salopard de Claudius notre héros Pépin du jour, ça aussi ça fait partie du rituel de Bussang, lui la bière, nous le cône trois chocolats, tout en devisant et sans oublier de prendre  des photos (tiens, notamment, allez savoir pourquoi cet alerte barbu en kilt, tout là-bas... ah quel bonheur d'avoir un gros zoom!) oui tout ça fait partie du plaisir aussi...

DSC02278

DSC02282

DSC02288

DSC02280

DSC02297

02/09/22
Donc on est retourné(s) à Bussang pour voir HAMLET MACHINE
(Catherine, Emma, Manue et moi, sur une impulsion de Manue qui voulait savoir à quoi ça ressemblait, et c'est Emma qui nous y a conduits).
Gros changement : l'après-midi, il avait PLU! (un bon gros orage), qui avait bien rafraîchi l'atmosphère (et laissé des énormes falques à l'entrée du parking).
Comme l'autre fois, on a récupéré nos places (cette fois-ci on était au balcon), puis on a acheté à manger, on a discuté un peu avec Pépin qui, tiens tiens, passait par là, on a devisé avec Yvain et Marie-Claire, et on est allé s'installer.
Le premier rang du balcon, c'est aux petits oignons (surtout quand il n'y a pas trop de monde et qu'on n'est pas serrés comme des sardines. J'ai échangé au dernier moment ma place avec Manue (AA7 contre AA10), et j'étais du coup... encore mieux!
Je savais très peu de choses en fin de compte sur HAMLET MACHINE et j'ai donc eu le plaisir d'une totale découverte. TOUS les acteurs de la pièce de l'après-midi mais en "civil", sauf, en tout début, s'avancent en costume et saluent (sous des applaudissements factices qui s'interrompent brutalement).
Le metteur en scène, Simon Delétang, a pris la parole, sur scène, pour nous parler du texte qui va être joué, de son auteur, et introduire le "spectacle", détaillant les différentes parties, les nommant, et va jouer les Maîtres de cérémonie, les Monsieur Loyal, car ce spectacle -là c'est tout de même bien sa créature à lui...
D'après ce que nous a dit Pépin ensuite, le spectacle a été "monté" relativement vite (je n'ose plus dire "pièce" depuis que Marie-Claire m'a fait les gros yeux parce que j'utilisais ce terme, commettant visiblement un crime de lèse-Muller) mais bon de théâtre il est question tout de même, puisque de scène, d'acteurs, de décor (et de texte(s) et de didascalies aussi, même si souvent -la plupart du temps- cotoyant la folie furieuse...)

les acteurs débarquent s'installent  se démènent se bousculent s'apostrophent, ils déclament ils vitupèrent ils contextent (avec souvent de plaisants effets de choeur), on retrouve les parallélépipèdes blancs et mobiles du décor, on retrouve les costumes, on retrouve le(s) couteau(x) (une chorégraphie extraordinaire), on retrouve le(s) crâne(s), on retrouve aussi -bien sûr- l'ouverture des portes (sur la fraîcheur -conséquente- de la nuit, j'ai remis ma petite laine...) au service d'un texte qu'on ne comprend pas forcément (mais Simon Delétang nous a prévenus), on a le grand plaisir d'entendre du Einsturzende Neubauten (j'ai pensé à Régis, qui m'a fait découvrir le groupe il ya au moins trente ans, quand ils étaient encore, justement, fous-furieux) et déjà la -sublime- scène finale arrive trop vite

Une "belle énergie", oui, une incontestable, formidable pulsion de vie, de jeu, pour ce groupe (ce n'est pas souvent dans l'histoire de Bussang que les acteurs amateurs sont aussi conviés pour la pièce la représentation du soir...) cette meute, plurielle et soudée, dans une puissante déflagration émotive et sensorielle qui finit soudain dans un doux clair-obscur, prend son temps pour rayonner, briller de mille feux sous ce sidérant crâne à facettes, nous associant mentalement, nous autres spectateurs, commeà venir danser avec eux, à les tenir, à les étreindre, parce qu'on a envie de rester là, parce qu'on n'a pas envie de partir...

oui Loulou avait raison dans son sms en me précisant que l'incipit et la conclusion étaient particulièrement extraordinaires...

hamlet-machine-au-theatre-du-peuple-photo-vm-eric-thiebaut-1660729144

lancement-ce-vendredi-a-20-h-d-hamlet-machine-d-heiner-muller-photo-vm-eric-thiebaut-16602913593

lancement-ce-vendredi-a-20-h-d-hamlet-machine-d-heiner-muller-photo-vm-eric-thiebaut-16602913592

lancement-ce-vendredi-a-20-h-d-hamlet-machine-d-heiner-muller-photo-vm-eric-thiebaut-1660291359

hamlet-machine-au-theatre-du-peuple-photo-vm-eric-thiebaut-16602913594

hamlet-machine-au-theatre-du-peuple-photo-vm-eric-thiebaut-166072914410

hamlet-machine-est-un-spectacle-en-cinq-tableaux-photo-vm-eric-thiebaut-16602913598

hamlet-machine-est-un-spectacle-en-cinq-tableaux-photo-vm-eric-thiebaut-16602913597

hamlet-machine-au-theatre-du-peuple-photo-vm-eric-thiebaut-166029135912

hamlet-machine-au-theatre-du-peuple-photo-vm-eric-thiebaut-166029135911

hamlet-machine-au-theatre-du-peuple-photo-vm-eric-thiebaut-166029135914

hamlet-machine-au-theatre-du-peuple-photo-vm-eric-thiebaut-166029135915

(toutes les photos ci-dessus sont d'Eric Thiébaud, de Vosges Matin)

moi, je garderai ça

Capture d’écran (2374)
(au salut on avait le droit de sortir l'appareil!)

et, tiens, ça aussi

DSC03015

et voilà

DSC03014

 bonne nuit, doux prince...

24 juillet 2022

double programme (spécial canicule)

125
LA TRAVERSÉE
de Varante Soudjian

(Je me suis trompé d'horaire pour la séance en VO du Allen, et comme je n'avais pas envie de repartir pour revenir à 18h en pleine cagna, je suis allé voir ce qui me semblait le moins pire parmi ceux que je n'avais pas vus... en me disant qu'au pire je pourrais toujours dormir... eh bien figurez-vous que je n'ai pas dormi du tout!). Ca démarre moyen pourtant : un groupes d'ados dits "à problèmes", deux éducs (professionnellement je n'ai jamais vraiment porté cette profession-là dans mon coeur, c'est ainsi et donc ça me faisait plutôt plaisir de les voir dézinguer...), un black et une jeunette qui en veut, vont embarquer pour quinze jours sur un bateau dont le skipper est un ancien flic de la BAC... Ambiance trèèèès tendue au départ, comme vous pouvez l'imaginer, (fils de pute et nique sa mère et j'en passe comme vous pouvez encore l'imaginer) mais, comédie sociétale oblige, fin trop youp la boum, comme vous pouvez (toujours) l'imaginer aussi. De la marque (de sport ou street wear), du shit, du coca comme s'il en pleuvait, et à la fin tout le monde s'aime... Mais ça donne un film pas désagréable, même si jamais surprenant (et puis j'avoue que j'ai un faible pour Alban Ivanov)

4550266

5222344

 

126
RIFKIN'S FESTIVAL
de Woody Allen

Il semble (pour les critiques) ne plus être de très bon ton d'aimer Woody Allen, il n'y a qu'à lire... les critiques justement, et que je chipote, et que je soupire, et que je pince les narines, et que je fais des petites mines en regardant la pointe de mes chaussures vernies... Et  pourtant la bande-annonce m'en semblait plutôt sympathique, et plutôt positifs les échos de ceux qui l'avaient vu avant moi (Catherine, les Bousrez...). Commeon retrouverait ses charentaises, la typographie du générique et la musiquette type jazz qui l'accompagne indéfectiblement nous rassurent et nous signifient que non non rien n'a changé, ou presque.
Woody Allen vieillit, comme nous tous d'ailleurs, et il nous a ficelé un film qui -tiens donc!- parle d'amour et de cinéma (encore plus du second que du premier me semble-t-il), et de son nombril aussi, via l'acteur qui l'alter égote. Un festival de cinéma (San Sebastian) où Madame se rend "professionnellement" (elle est assistante (public relation ?) de réalisateurs), pour coacher son nouveau poulain, un réalisateur français assez agaçant (Loulou Garrel, plus vrai que nature), avec qui il va assez vite s'avérer qu'elle roucoule, tandis que Monsieur, qui venait juste en tant qu'accompagnateur, va tomber en amour, hypocondriaque qu'il est, pour une jolie doctoresse española, mais il va faire aussi pas mal de rêves (en noir et blanc), qui sont des hommages (plaisants) à des réalisateurs chéris du réalisateur : Godard, Buñuel, Bergman, etc., dans des séquences "à la manière de", de films connus, qui ajoutent un incontestable petit plus affectif au film... Plaisant petit plaisir estival (et coupable ?) avec, en plus, le plaisir de voir passer Sergi Lopez, qu'on retrouve toujours avec autant de plaisir...

0430396

4150567

 

16 juillet 2022

la rafle du vel d'hiv

« Se souvenir, ce n’est pas cultiver la haine comme on le ferait avec un ennemi héréditaire. C’est surtout marquer un jalon de l’histoire et chercher à comprendre pourquoi l’homme est capable d’exactions telles que l’imagination est insuffisante pour les concevoir. » (Maurice Rajsfus)

Il y a quatre-vingt ans, la saloperie bureaucratique à l'oeuvre :

FXv6Ps0UEAELnyv

FXv6PtKUcAIDATE

FXv6PtSUsAAieEd

FXv6Pt1UEAAhByM

La Rafle du Vel d'Hiv
16/17 juillet 1942

« Nous ne savions pas que c’était la police française que nous devions craindre.
Nous ignorions que cette institution irait au-devant des revendications des nazis.
Comment pouvions-nous envisager que les chefs de la police française allaient suggérer à la Gestapo, non seulement l’arrestation des femmes, mais également celle des enfants.
Hypothèse invraisemblable.
Complices forcenés des bourreaux, les responsables de la police française estimaient qu’il ne devait pas rester de traces de leurs méfaits.» (Maurice Rajsfus)

15 mai 2022

bec et ongles

078
PLUMES
de Omar El Zohairy

Un peu décontenancé je l'avoue par ce film égyptien. Le Monde annonçait "Une fable grinçante d'une drôlerie furieuse". Pour la drôlerie je suis resté sur le quai. Ah bon ? Peut-être ne rions-nous pas des mêmes choses, ni, sans doute, de la même façon. Je suis plus un peu plus d'accord avec le Journal du Dimanche  "Omar El Zohairy transcende la critique sociale pour signer une fable déroutante irriguée par un humour très particulier, à la frontière du réalisme crasseux et de l’absurde poétique". Surtout pour ce qui est de la fable déroutante. Me restera surtout de ce film l'image d'une femme silencieuse et très triste, l'omniprésence des liasses de billets crasseux (comme a dit Benoït à la sortie "On dirait que c'est le sport national..."), l'omniprésence aussi de la télévision (et qui sans interruption diffuse de la merde), et l'omniprésence des mecs, aussi, dans la figuration d'un patriarcat lui aussi institué en sport national... Dans un univers assez réalistement sordide (sordidement réaliste, ça le fait aussi), celui des petites gens en Egypte : boulots de merde, logements de merde, et donc vies de merde qui vont avec... N'en déplaise au critique du Monde, j'ai trouvé ça beaucoup plus démoralisant que furieusement drôle. (sans doute encore une fois à ma cause de mon satané premier degré.)
Avec la sensation -fascinante- que le film en même temps m'agaçait, m'ennuyait, voire m'énervait, et que dans le même temps il me, justement, fascinait. Par sa force cinématographique. Sa puissance. Je crois que c'est un premier film, ce qui semblerait prouver que, dans ce cas, le cinéaste est sacrément doué. Que le film ne raconte peut-être pas tout à fait ce qu'il semble juste montrer.
Que cette histoire très improbable d'une femme dont le mari est transformé en poule par un magicien minable (qui n'est pas capable de le retransformer en homme, et disparaît en laissant la poule sur place, et l'épouse démunie se débrouiller avec ça) est capable, contrairement au triste magicien, de nous faire basculer de la chronique réaliste au conte fantastique, aller et retour, sans qu'on soit davantage étonné dans une situation que dans l'autre. De la croyance au doute, et vice-versa. Avec un sens du cadrage, de la couleur, de la composition des plans proprement sidérant.
Et qu'il est envisageable de préférer une poule qui chie partout à un mari chiant tout court.
Et les gamins sont superbes (et m'ont rappelé d'anciens élèves), et saisis à la perfection à chaque fois par le réalisateur... (D'eux pourrait venir le salut ?)
Un film paradoxal, donc, salutaire et inconfortable comme un peu de poil à gratter dans notre bonne conscience de spectateur occidental cinéphile au cul bien posé dans son fauteuil de la salle 1 du bôô cinéma...

4342626

Capture d’écran (1545)

Capture d’écran (1544)

Capture d’écran (1543)

Capture d’écran (1549)

Capture d’écran (1548)

Capture d’écran (1547)

9 mai 2022

colza 38

vendredi 6 mai 2022 à 19h
au bord du champ, commune d’Andelarre près du bois de La Longère
(non loin de la départementale 474)
Long. 47.58
Lat. 6.09
Alt. 323 m

Il y avait deux voitures garées l'une derrière l'autre dans un chemin de champ, entre un champ de colza et une forêt (l'orée)

il y avait six participants (trois d'origine, et trois invités)

il y avait une (des) toile(s) posée(s) sur les troncs  le long de la sente (pour qu'on ne se salisse pas les fesses)

il y avait des moustiques (moucherons ?) en grappes au-dessus de nos têtes

il y avait beaucoup de circulation sur la nationale départementale  en contrebas

il y avait du champagne, une bouteille, puis autre encore (qu'on a été obligé de finir puisqu'on l'avait débouchée)

il y avait un monsieur qui est passé, qu'on a salué, qui a continué mais qu'on n'a plus revu ensuite ("il devait faire une boucle")

il y avait donc six personnes, qui ont lu, chacune leur tour, "à voix haute dans le champ" (enfin, plus précisément, devant le champ)

il y avait des textes (ou des extraits de texte) de Orhan Pamuk, de Georges Brassens, de Charles Juliet, de la maman de G., d'Alexeï Salnikov, et last but not least, de Hubert Mingarelli, qui bouclait particulièrement bien la boucle puisqu'il y était question d'un champ de colza dans lequel son propriétaire interdisait formellement aux randonneurs d'aller chier

il y avait Emma, Geneviève, Didier, Fran, Philou, et votre serviteur

il y avait des gressins au sésame avec du tatziki, des tomates-cerises, des radis, de la quiche (faite maison), des charcutailles variées, du comté d'anthologie, du très bon pain

il y avait l'oscurité qui progressait lentement, et nous a poussés à plier bagage

il y avait enfin, au chaud chez les Soria, de la glace pour le dessert (menthe / pépites de chocolat pour certains, vanille pour d'autres) avec boisson chaude d'accompagnement (café / tisane) pour ceux qui le souhaitaient

il y avait, ce 6 mai, une soirée d'autant plus délicieuse qu'elle était unique (je pense que personne d'autre dans le monde ne devait être en train de lire au bord d'un champ pour célébrer l'anniversaire du colza...)

20220506_190842

DSC00346

20220506_190653

DSC00352

DSC00347

20220506_195114

20220506_201617

20220506_190854

5 mai 2022

escaliers

074
CONTES DU HASARD ET AUTRES FANTAISIES
de Ryusuke Hamaguchi

Je l'avais vu au Victor Hugo dans de pas très bonnes conditions, et en plus je m'étais copieusement endormi lors du dernier segment. C'est donc en partie pour lui que je suis retourné dans le bôô cinéma. Avec Emma à la séance de 18h. Si j'ai trouvé les deux premières histoires plaisantes et toujours aussi... bavardes, j'ai été enchanté par la troisième, tout simplement. Si la première histoire tendait plutôt vers Rohmer (ou peut-être Mouret, pour cette triangulation amoureuse), la deuxième avait un petit côté délicieusement (cérébralement) pervers (un "guet-apens sexuel" en tant que vengeance, un petit je-ne-sais-quoi des Liaisons dangereuses), la dernière histoire évoquerait plutôt Pirandello (ou le peu que j'en connais) : deux anciennes camarades de classe se croisent par hasard (dans un double escalier qui monte et qui descend...), se retrouvent, se reconnaissent, vont même prendre le thé chez l'une des deux, pour finir par s'apercevoir qu'il y a eu erreur sur la personne, mais vont en profiter pour essayer de dire ce qu'elles n'ont pas réussi à dire, avant, à la personne absente, que chacune va alors s'employer à joueur pour l'autre, et c'est juste magnifique (et je n'y ai pas dormi du tout!!!)

1546366

075
INEXORABLE
de Fabrice du Weltz

On dit "gros comme une maison", (pour qualifier un truc fracilement prévisible, grossièrement évident) c'est le cas ici et celle d'Inexorable est énorme... Ca démarre un peu comme un Shining bis, avec écrivain en panne d'inspiration, femme et enfant, qui arrivent, donc, dans cette demeure gigantesque (d'ailleurs la voiture du héros, Benoît Poelvoorde, est filmée à l'identique, du dessus, comme celle de Jack Nicholson dans le film de Kubrick...) Mais c'est une fausse piste.
La famille s'est installée dans la (grosse) maison du beau-père tout juste décédé, chacun(e) prend ses marques dans cette demeure disproportionnée (avec une insistance manifeste du réalisateur à nous montrer qu'il y a un problème avec les escaliers (comme dans La maison du Diable, de Robert Wise ?), et d'autre part que les plombs ont tendance à y sauter souvent, et qu'il faut donc régulièrement (clic clic comme dans tout film d'horreur qui se respecte) aller à tâtons dans le noir pour remettre le compteur en marche,  avec le risque de croiser un serial killer ou autre personne mal intentionnée...)
Les parents ont acheté pour leur fille un beau chien blanc, adorable, qui va être le début de tous les problèmes qui vont leur dégringoler dessus  en cascade. C'est une mystérieuse jeune fille brune (qu'on a vu auparavant arriver et s'installer dans un hôtel du voisinage (tenu clic clic ce qui n'est pas bon signe chez Du Weltz, par Jackie Berroyer, mais c'est une fausse piste.)) qui va le leur ramener un jour où ils croyaient qu'il s'était sauvé (alors qu'on a l'impression qu'il était simplement assis là et qu'il l'attendait, la mystérieuse jeune fille, comme s'il la connassait déjà. Mais c'est une fausse piste.), mystérieuse jeune fille qu'on soupçonne illico (allez donc savoir pourquoi) de nourrir de noirs desseins (surtout après une séance d'auto-remodelage facial à la Titane, mais c'est -encore- une fausse piste) et qui va -tout aussi illico- les mettre à exécution pour foutre le bordel dans la grande maison et dans la jolie famille. Et ça va partir en sucette, grave. La jeune fille sympathise avec la gamine, évince l'employée de maison, se fait engager à sa place, fouine partout, chauffe le père, énerve la mère (il n'y a guère qu'avec le chien qu'elle se comporte de façon normale), vole des lettres, ment tout ce qu'elle peut, provoque, se mord, délire... Tout ça, de plus en plus gros comme une maison. Insupportable plutôt qu'inexorable.
Le pauvre Marcel (Benoît Poelvoorde) n'en peut mais, et ce de plus en plus, et tout ça le devient -de plus en plus- embarrassant pour le pauvre spectateur pris en otage dans le film, alors que les choses deviennent (de plus en plus) confuses, et violentes, et paroxystiques, et n'importe quoi... à tel point que j'ai fini par quitter la salle en levant les yeux au ciel (trop c'est trop), avant la toute fin du film (je subodorais un truc avec les escaliers, vu l'insistance du réalisateur, mais Les Fiches du Cinéma, dans leur résumé exhaustif ne l'évoquent même pas...) en me disant que tout ça c'était quand même du temps et de l'argent gâché(s), et avec le rouge de la honte qui me montait aux joues quand je me suis soudain rappelé que c'était  moi qui l'avait proposé  pour notre programmation.
Ouch! Pas taper!

0826142

18 mars 2022

chichon

045
ENQUÊTE SUR UN SCANDALE D'ÉTAT
de Thierry de Peretti

Un titre pas très emballant, mais pourtant extrêmement juste. Encore une fois Thierry de Peretti tape fort (Les Apaches (2013), puis Une vie violente (2017) nous avaient bien secoués). Du cinéma maquisard, insulaire, teigneux, des histoires viriles formidablement filmées (un sens du cadrage -et aussi de l'ellipse-  qui me laisse(nt) pantois.)
Jusqu'ici, Thierry de Peretti, c'était la Corse, et voici qu'il délaisse le maquis pour un marigot politico-machin, mais continental, où grenouillent un certain nombre de prédateurs, de bandits, et de flics censés les arrêter, gendarmes & voleurs qui de temps en temps échangent leurs rôles et leurs places respectives, tout ça avec des cargaisons de shit qui se chiffrent en dizaines, voire en centaines de tonnes (ça n'a rien à voir avec votre petit dealer habituel en bas de la tour B.).
Le film démarre avec, justement, une grosse livraison de shit, arrivée par la mer, transférée dans des grosses bagnoles, sous la surveillance de Hugues (Roschdy Zem, remarquable) puis livrée dans une propriété dont le même Hugues referme la porte derrière lui (pour le spectateur lambda, il s'agit d'un trafiquant.). Le spectateur l'a vu aussi, il est témoin, il sait ce qui s'est passé.
Sauf que le même Hugues, quelques temps après, contacte Stéphane, un journaliste de Libé (Pio Marmaï, plus joliment barbu que jamais) pour lui faire des révélations fracassantes sur le vrai "commanditaire" de cette cargaison, et celui qui l'a embauché comme "infiltré". L'Infiltré c'est justement le livre de Hubert Avoine et Emmanuel Fansten dont le film s'est inspiré. Et va s'intéresser à l'histoire qui va lier ces deux hommes.
Procédant par sauts brusques dans les lieux et dans les dates, le film progresse à un train d'enfer, et l'utilisation de l'ellipse par le réalisateu ra toujours un effet aussi fort (brutal). Une distribution soignée (Vincent Lindon en sphynx omnipotent, Alexis Manenti en collègue de Libé, Julie Mourier en directrice de rédaction, Valéria Bruni-Tedeschi en procureur(e), Maryline Canto en juge, Sofian Khammes en journaliste tv) soutient énergiquement cette histoire en forme de réquisitoire (justifié).
Au cours d'un procès en diffamation, le plaignant (le salaud faux-gentil, Lindon splendide en contre-emploi) s'emploiera à démontrer que ce que le spectateur a vu au début du film est faux (ou n'a jamais existé). La vérité n'est plus ce qu'elle était, mais le cinéma, heureusement, continue de s'employer à la faire exister. Dans la mesure de ces possibilités.
Un constat très amer (socio-politiquement), mais en fin de compte l'histoire d'une belle amitié (virile, celles qu'on préfère.)

2711733

En plus, la B.O est magnifique (mais, hélas n'existe pas en tant que telle, et la liste des morceaux au générique de fin est vraiment très longue...)

 

11 avril 2022

main dans la main

065
EN MÊME TEMPS
de Gustave Kervern et Benoït Delépine

J'en sors, avec un grand sourire.
On l'a finalement eu en sortie nationale, ce qui n'était pas initialement prévu.Ca fait un moment qu'on entend parler du film en promo (les réals et les acteurs) et je n'en avais que plus envie (oh oh Macaigne et Cohen collés, vous imaginez...) et donc j'y étais dès la première séance, à 15h45 (oui, dans le bôô cinéma les premières séances du mercredi ne sont dévolues qu'aux merdouillasses de gamins et/ou d'ados c'est comme ça...)
Kervern et Delépine je les suis depuis AALTRA, et j'ai tout vu (ou presque, sauf le film où Poelvoorde a une crête, oui c'est comme ça...) avec des "fortunes diverses", des bonheurs cinématographiques plus ou moins patents, on ne sait jamais à l'avance (mais j'ai le souvenir de quelques déceptions, peut-être dûes à la forme choisie -et revendiquée- de filmage des deux zigotos, où un point de départ du feu de dieu -ou de tous les diables- se ratatine parfois ensuite par désinvolture ou jem'enfoutisme ), mais bon ici, les curseurs sont au beau fixe. J'aime d'autant plus les gaillards qu'ils ont choisi -ici- une posture à priori intenable (deux mecs collés ensemble) et que pourtant ils la tiennent jusqu'au bout (et même au bout du bout).
Et quand je parle de position intenable, c'est au sens propre : deux politiciens (un de droite et un de gauche, un néo sarko et un écolo ramollo) se retrouvent collés ensemble, l'un derrière l'autre, la bite de l'un dans la raie des fesses de l'autre (ne vous inquiétez pas, on ne verra jamais rien), et vont passer la nuit comme ça. Devant, le vert mollasson, c'est Vincent Macaigne, et derrière, le droitier décomplexé c'est Jonathan Cohen, une sacré belle paire, qui fait des étincelles (Imaginez la Grande Vadrouille, avec Bourvil et de Funès dans la même position...).
Ce que j'aime chez K/D c'est qu'ils filment à hauteur de gens, de petites gens de vrais gens (mais mais, finalement, c'est masculin ou féminin ? Justement, tiens, ce film-ci se penche, autant que la position de ses héros le lui permet, sur les questions de genre : masculin / féminin, écriture inclusive, féminisme contre machisme, et suit son petit bonhomme de chemin, plan plan, parfois à un train de sénateur, mais avec toujours cette façon de filmage lo-fi, où régulièrement des choses sont tentées et des questions posées (tiens, pourquoi pendant toute le scène dite "de la tête de veau", est-il filmé derrière un poteau rouge ?), sans qu'elles appellent, d'ailleurs, forcément une réponse...
Il y a donc, d'un côté, nos deux bonhommes collés qui vont chercher plusieurs solutions pour ne plus l'être (et rencontrer plusieurs personnages pour ce, avec quelques rencontres, et donc quelques numéros d'acteurs.trices réjouissant(e)s, Thomas VDB en véto, François Damiens avec chapeau de cow-boy dans son diner délaissé, Laetitia Dosch aux huiles essentielles et aux ouvertures de chakras), et, de l'autre, trois "féministes" dans une voiture, dont celle (India Hair) qui les a facétieusement glués dans la backroom du FMI (la boîte glauque tenue par Yolande Moreau), et qui veulent leur remettre la main dessus (on n'est pas trop sûrs de savoir pourquoi). A noter que les deux réalisateurs font des caméos, l'un en restaurateur inconsolable et l'autre en photographe animalier.
Le film cahote mais il progresse, drapé dans son nihilisme bon enfant comme les deux zozos dans leur écharpe de maire, avec des accents à la Blier (celui de Buffet Froid ou de Tenue de Soirée) et les D/K dégomment, comme à leur habitude, tout ce qu'ils peuvent dégommer, et réussissent leur coup, en grande partie grâce à leurs acteurs.trices.
Et dans la mesure où, lors d'une scène furtive, il s'érige en visionnaire (celle de la pompe à essence, en arrière plan, où soudain les prix s'envolent, ça c'est quand même très fort...) on se prend (à deux mains) à souhaiter qu'il en soit de même pour tout le reste, (on est surpris de la tendresse (de la candeur ?) de leur plaidoyer final pro-féministe).
Un de mes K/D préférés.

2322243

Capture d’écran (1026)

Capture d’écran (1025)

Capture d’écran (1024)

Capture d’écran (1023)

Capture d’écran (1022)

28 février 2022

deux gg pour le prix d'un

032
MAIGRET
de Patrice Leconte

L'affiche est claire : un fond gris-verdâtre sur lequel se découpe une silhouette reconnaissable, un nom, MAIGRET, (mais ç'aurait pu tout aussi bien être DEPARDIEU) pour ce nouveau film de Patrice Leconte, lancé à grand renfort de battage publicitaire. (On en a parlé par-tout!). Adaptation de Maigret et la jeune morte, le film installe au centre de son dispositif un Maigret démesuré mais tout en retenue, face au cadavre ensanglanté d'une jeune fille en robe de soirée que personne ne semble vouloir (re)connaître, dans une ambiance délicieusement surannée (années 50 ?), au sein de décors aux couleurs tristounettes, atones. Tout est joliment en place, joliment reconstitué, les dialogues joliment ciselés, l'intrigue joliment chantournée, et donc on est en droit d'être, nous spectateurs, joliment satisfaits. Depardieu nous la joue placide, en retenue, à demi-voix, et on ne peut pas s'empêcher d'être impressionné par la bête... On a plaisir aussi de retrouver Elizabeth Bourgine, André Wilms, Aurore Clément, de noter des répliques plaisantes ("Quand on commence une enquête au blanc, on la finit au blanc..."), de se dire que, plus que Maigret, on voit Depardieur qui joue (à) Maigret, et qui réussit, en jouant a minima, oui qui réussit encore à nous toucher... (mais à savoir s'il apporte une valeur ajoutée à ce Maigret, c'est une autre paire de manches, hein...)

4861683

3753371

 

033
ADIEU PARIS
d'Edouard Baer

Les hasards de la programmation font qu'on aura vu consécutivement deux films avec Depardieu : un film où il est au centre, et l'autre à la périphérie...) Dès le début on a le sentiment de quelque chose qui ne va pas. On dirait que le film n'est pas projeté au bon format, tant certains cadrages sont problématiques, et coupent, par exemple, le haut de la tête des personnages (gênant) surtout dans les scènes au bar, puis on se dit que ça a peut-être été filmé comme ça...).
Les personnages, ensuite. Benoît (Poelvoorde), qui interprète un acteur belge prénommé Benoït (lui-même donc ?) est convié à un repas à la Closerie des Lilas, qui se tient rituellement chaque année avec le même groupe de vieux amis plus un "nouveau", et cette année c'est lui le nouveau.  Avant lui sont arrivés d'autres invités (on reconnaît Jackie Berroyer, Bernard Lecoq, Daniel Prévost, Pierre Arditi, François Damiens, (face au patron du lieu interprété par Jean-François Stévenin), qui eux portent d'autres prénoms que le leur "vrai" (et font autre chose que le métier qu'on leur connaît, ce sont donc des personnages de fiction). Qui se retrouvent et discutaillent au bar (en étant ,je l'ai ditplus haut, plus ou moins bien cadrés). Finit par arriver Benoît, un peu alcoolisé, qui fait une entrée fracassante qu'il pense drôle mais qui laisse les autres sans voix (ce qui pourrait être reposant), excepté Pierre Arditi qui se met à lui hurler dessus en refusant absolument qu'il déjeune avec eux dans ce même restaurant...
Et on commence à penser à un mot : "embarrassant". C'est non seulement filmé -et raconté- à la va-comme-je-te-pousse, mais ça l'est également joué. Excepté Jackie Berroyer qui compose un personnage déboussolé et joliment lunaire, les autres vocifèrent éructent ricanent en font des tonnes...
Le spectateur, lui, se dépite. Au bout d'une demi-heure de ronchonnements (internes) divers, on envisagerait presque de se lever et de quitter la salle tant on se dit qu'il n'y aura décidément rien à tirer de ce salmigondis. Non seulement ça n'est pas drôle, mais ça en deviendrait même presque pathétique. Voire gênant. On pourrait être dans un genre (très) daté de théâtre de l'absurde (puisque huis-clos il y a), mi-Beckett (puisqu'on attend un certain Michael -joué par Depardieu- qui jamais ne viendra) et mi disons Ionesco, puisque les acteurs jouent et parlent chacun pour soi, comme s'ils venaient de tirer chacun dans un chapeau un thème pour une joute d'improvisations (et chacun en roue libre dans son histoire, ça fait beaucoup de roues pour un seul -et cahotant- attelage...), et n'avaient  pour mission que de clouer le bec à leur(s) partenaire(s). Et les rebondissements de l'action eux-aussi semblent participer du même tirage aléatoire de thèmes dans un chapeau.
Pendant un assez long moment la consternation va croissant, on en est même doublement désolé, eu égard au capital-sympathie qu'on a pour le réalisateur, on sortirait presque son téléphone pour savoir combien de temps il reste, on soupire, on renâcle, et soudain  -oh!- on a sous les yeux une jolie petite scène qui fait mouche, qui tombe juste, qui tombe un peu le masque, et on en est d'ailleurs tout surpris, mais la grosse artillerie repart tagada tagada sur ses ses grands chevaux de vieux cons, jusqu'à ce que ting! en voilà encore une autre, de petite scène qui non seulement est juste mais nous touche... et ce sera comme ça jusqu'à la fin, un vaste torrent de n'importe quoi(s) où le tamis apportera régulièrement à la lumière quelques pépites... Des étincelles (bienvenues) dans l'obscurité d'un magma narratif... Au sein duquel apparaît même le réalisateur (qui interprète un personnage nommé Edouard qui donc doit être aussi, comme pour Benoît, au début, peut-être lui-même), qui s'amuse au bar quelques instants avec, justement Benoît, avant de décider d'aller manger ailleurs... (ce qu'on avait un peu envie de faire...)
Il y aurait dans tout cela comme des airs de Blier (celui, misogyne et pas finfin -excessif- de Calmos)  mais pas vraiment bien assimilé. Régurgité.  Et ce pauvre japonais (Yoshi) au centre du dispositif ne semble pas vraiment savoir ce qu'il est censé y faire... Bref, peut-être ne serait-on pas si loin d'une version "bis" de Maison de retraite (que je n'ai pas voulu aller voir à cause de Kev Ad*ms)...

5914491

3699342

11 décembre 2021

gambettes encore

(les tableaux de ce post ont été aimablement fournis par téléramuche)

*

_judith-et-holopherne2

*
c'est le même pharmacien qui m'a vacciné pour la 3ème dose (moderna), qui m'a a vacciné contre la grippe, et enlevé cet été une dizaine de tiques... ça crée un genre d'intimité!

*

_le_radeau_de_la_meduse

*

il me dépasse précipitammant et tourne à gauche dans la petite rue de l'église, avec sa grosse boîte de filtres (à cigarettes) et son short en molleton (il doit faire aux environs de zéro degré, quand même...)

*

tumblr_343ea389b598e840343cf450868cb083_a2eb3078_1280

*

c'est embêtant d'être pris en tenaille(s) au milieu de la dispute entre deux vieilles amies...

*

van_eyck_-_arnolfini_portrait_0_0

*

je ne m'intéresse qu'à ce qui m'intéresse (je me comprends, hein)

*

apercu-couleurs-pantone-pms-2

*

j'ai du mal à nommer la couleur exacte de ma nouvelle toile cirée (et encore plus à la retrouver dans la gamme pantone)

*

une double pensée pour mon boulanger qui, non seulement fabrique un pain aux 14 céréales, mais s'est également fendu d'une "décoration de noël" particulièrement adaptée pour sa vitrine...

20211210_174752
(esprit de noël, esprit de noël... on va encore dire que j'ai l'esprit mal tourné, mais surtout pensé à une grosse paire de couilles...)

*

9 juin 2021

broche

DES HOMMES
de Lucas Belvaux

Lucas Belvaux, je l'aime bien (comme on dirait "C'est un mec bien."). Je l'ai déjà aimé comme acteur (le postier mimi de POULET AU VINAIGRE) puis comme réalisateur (de 1996 (POUR RIRE) jusqu'à 2017 (CHEZ NOUS)) c'est donc un homme de cinéma qui jouit pour moi d'un capital-sympathie quasi-inentamé. J'avais très envie de voir DES HOMMES, même si je savais à l'avance que ça ne serait pas une partie de rigolade (adaptation d'un roman de Laurent Mauvignier qui traite de la Guerre d'Algérie et des séquelles qu'elle a laissées chez certains...)
Ca commence en force à une fête d'anniversaire où Feu-de-Bois (Gérard Depardieu, colossal dans tous les sens du terme) vient semer sa zone, bourré en plus, en offrant à sa soeur (Catherine Frot) une broche en or, qui provoque la colère des autres invités de la fête, il faudra un certain nombre d'hommes pour le maîtriser et le foutre dehors ("il a le vin mauvais...") avant qu'il ne continue sa route comme un cyclone belliqueux et n'aille terrifier une famille maghrébine, qu'il insulte et qu'il menace physiquement. Un autre protagoniste a assisté à la scène de la broche en restant en retrait, volontairement, c'est Rabut (Jean-Pierre Darroussin), qui va être sollicité par les gendarmes pour aller chercher Feu-de-Bois le lendemain matin, chez lui, où il s'est retranché...
Le récit va alors se fragmenter, entre aujourd'hui et hier, un hier précisément situé : la Guerre d'Algérie, où, entre autres, les deux hommes ont servi ensemble. On les voit vieux et on les voit  jeunes, et on les entend aussi. (Il y a un très beau travail sur le son, sur les voix plus précisément, voix d'hier et voix d'aujourd'hui, en off, qui se répondent, se croisent, se superposent, commentent, avec, notamment des lettres écrites par Feu-de-Bois à Solange sa soeur, et qui seront parfois lues à plusieurs voix...)
Je n'ai pas lu le roman de Laurent Mauvignier, mais le film de Belvaux donne envie de le faire (il semblerait que le film soit très fidèle au roman) et j'avoue que je connais très mal le sujet (la guerre d'Algérie), m'étant toujours tenu prudemment à distance du sujet...
J'ai regretté (mais j'en suis le seul responsable) d'avoir un peu piqué du nez au début (et ainsi manqué un peu les toutes première scènes en Algérie, justement) et donc il y a des choses que je n'ai pas comprises tout de suite (ou mis un certain temps à comprendre, ce qui revient au même) : qui était qui, par exemple. Tout ça est extrêment violent j'ai trouvé, et, par contraste, j'ai trouvé la toute dernière scène (un homme, dans sa voiture, qui attend) extrêmement touchante, simple et forte, et bien sûr j'ai pleuré...

5633138

6 juin 2021

CMFUBJ 55

(que dire)

jour de pluie temps de merde moral dans les cho7 (calcetines en español)

* très mal dormi cette nuit à cause des démangeaisons (allez savoir pourquoi, ça gratte davantage la nuit) j'ai fini par me lever à 3h, fait de l'ordi pour penser à autre chose (ne pas me gratter ne pas me gratter ne pas me gratter) et recouché à 5, relevé à 7, recouché jusqu'à 9...bref n'importe quoi
* glycémie à jeun ce matin : 141 (pas bien)
* prise de sang ce matin au labo, du monde partout (autant de gens debout qu'assis) je viens d'avoir les résultats :  CRP à 6,9 (5,2 la dernière fois), ce qui signifie que l'infection a -un peu- redémarré, depuis l'arrêt (mercredi) de l'antibiotique pour cause de réaction allergique, DONC je ne sais pas ce qu'il faut faire et tout ça tourne un peu en rond je trouve
* dès que je marche un peu (je suis allé acheter du pain), je ressens exactement les mêmes douleurs qu celles qui m'avaient poussé à consulter juste avant l'érysipèle : derrière le mollet et le long de la cuisse jusqu'à la hanche

on va donc parler d' (penser à) autre chose...

*

tumblr_38239e3add75fdcfb45fa3e849c8b52b_1e4a7d61_1280

tumblr_aad94cfba155d94ab658ab31dc7bee9b_b57794fe_640

tumblr_6f5a681ef1f5ef078b480e5d52f3e263_aeffa43b_1280

tumblr_d92579febea0b2b32282f761b7d1eb5a_bf6bc624_1280

(j'adore ces vieilles images, elles m'apaisent)

*

E3HSptKXIAk5g4N

Où est la maison de mon ami ? d'Abbas Kiarostami

*

E3Gjp4tXoAECJZF

La Cerisaie, d'Anton Tchekhov
mise en scène de Tiago Rodrigues
Avignon 2021

*

(et je vais me coucher, beaucoup plus serein
car j'ai décidé de m'en foutre et c'est beaucoup mieux comme ça...)

 

31 mai 2021

CMFUBJ 49

(P38 4)

UNIDENTIFIED
de Bogdan Georges Apetri
avec Bogdan Farcas, Dragos Dumitru, Vasile Muraru, Ana Popescu, Olimpia Malai, Kira Hagi
(sortie "prochainement")

Mmmhhh, un film roumain, ça faisait longtemps... Quand je vois les mots film roumain, c'est comme quand je vois "film belge" , mon petit coeur de cinéphile gigote de joie illico. C'est quasiment à coup sûr l'assurance d'une gourmandise de cinéma. Il est ici question de Florin, un grand flic au visage aussi amène que celui du fiston dans le film turc d'hier (et encore, ce n'est que le début du film, quand vous le verrez à la fin...), et avec le même caractère aussi visiblement... "prompt à s'emporter" dirons-nous,  qui, au début du film tanne son supérieur à propos d'une enquêtre sur des châlets incendiés, pour qu'il la lui confie, parce qu'il il pense avoir découvert le coupable, Banel, un gitan. L'utre refuse, mais, contre l'avis de son supérieur, Florin s'entête à enquêter, harcèle Banel, quitte à prendre des libertés avec la réalité, et le film, en même temps, commence à dévier de sa trajectoire, insidieusement d'abord, impitoyablement ensuite, jusqu'à ce que le spectateur commence -enfin- à comprendre ce qui est vraiment en train de se préparer, et se sente du coup encore plus impuissant dans son fauteuil, jusqu'au climax final, précédant l'ultime pirouette, aussi cynique qu'inattendue. Très très roumain, quoi.

Capture d’écran (2340)

Capture d’écran (2342)

Capture d’écran (2346)

*

DELIVER US FROM EVIL
de Hong Won Chan
avec Hwang Jung-min, Lee Jung-jae, Park Jeong-min, Choi Hee-seo
(sortie : "prochainement")

Waouh! Après la Roumanie, la Corée... Et ça dépote sévère ! Ce qui frappe d'abord c'est l'extrême qualité de l'image, comme un genre d'ultra-ultra HD, ultra-chiadée, quoi, pour un face-à-face (une course-poursuite plutôt) entre un tueur à gages (à l'impassibilité kitanoïenne quelle que soit la situation) qui cherche sa petite fille enlevée par un affreux gang de trafiquants d'enfants, et un autre tueur surnommé "Le Boucher" (pour ses méthodes d'éviscération de ses victimes pendues la tête en bas) dont il a tué -couic!- le frère dans la scène d'ouverture, tout ça avec des moyens techniques invraisemblables, de la pyrotechnie, et, régulièrement, des scènes de baston et de fusillades de plus en plus too much au fur et à mesure que le film progresse (le mec vient tout seul à bout de 50 ninjas déchaînés) ... Sans oublier, pour tempérer un peu la testostéronade ambiante, un personnage attachant de travesti(e) au grand coeur. Du grand spectacle qui vous en met plein la vue, un plaisir un peu régressif comme avaler un paquet entier de nounours harib* (mais à consommer sans modération, ne serait-ce que pour voir le héros se rafistoler les estafilades à l'agrafeuse...)

Capture d’écran (2347)

Capture d’écran (2344)

Capture d’écran (2350)

*

HASTA EL CIELO (SKY HIGH)
de Daniel Calparsoro
avec Miguel Herran, Carolina Yuste, Asia Ortega Leiva, Luis Tosar
(sortie : "prochainement")

Après la Roumanie et la Corée j'ai eu envie de finir la journée en Espagne. Mais bon. C'est l'histoire de l'ascension d'un jeune (truand) con ambitieux qui part de tout en bas, avec la rage et l'intention d'arriver tout en haut, (hasta el cielo, justemeny), et prêt à tout pour ça, même à être un sacré hijo de puta chaque fois qu'il le faut. Une sorte de manuel du parfait petit salopard truand en 10 leçons. L'histoire de l'ascension d'Angel (Angelito pour les intimes) , de ses rapports compliqués avec les femmes (Estrella sa maîtresse, Solé sa femme, Mercédes son avocate), de ses différents casses avec ses potes (ou pas), et de la façon obstinée (et plutôt drôle) dont un flic "Caramba! encore raté!" le suit pendant toutes ces années, sur place à chaque fois, mais avec juste un poil de décalage pour se faire à chaque fois rouler dans la farine. Bon ça fait trop plaisir d'entendre parler español (surtout qu'ils jurent tous comme des charretiers) mais ce petit coq est tout sauf attachant (et les autres, coquelets ou vieux coqs, pareil, avec leurs histoires -toujours- de C'est moi qui ai la plus grosse), et tout ça est un peu trop répétitif (le langage pareil, avec ses incessantes allusions virilistes et homophobes) pour qu'on se sente intéressé jusqu'au bout de ce polar "formaté"... Lo siento...

Capture d’écran (2355)

Capture d’écran (2358)

Capture d’écran (2359)

*

 

 

 

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
Archives
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 394 474