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lieux communs (et autres fadaises)
8 octobre 2010

tiédasse

VOUS ALLEZ RENCONTRER...
de Woody Allen

Je ne peux même pas dire que j'ai été déçu, puisque je m'y attendais : le film est bien tel que l'annonce -justement!- sa bande-annonce : vieillot, ramollo, poussif, avec, en plus une lumière atroce. Au cas où je ne l'aurais pas vue (la bande-annonce), le  simple fait de mettre en accroche sur l'affiche un compliment venu du Fig*ro aurait pu un indice suffisant.
Mais bon, j'en avais envie, j'y suis allé. Et le résultat est bien à la hauteur de mes (des)espérances... Quel gâchis! Première constatation : c'est moche, indiscutablement. Mollement filmé, mal éclairé, flanqué d'une voix off sans réelle utilité. Ensuite, ce qui est plus grave, ce comme ce qui est annoncé comme une "délicieuse comédie",  n'est même pas vraiment drôle : on sourit quelques fois, on ricane quelques autres, mais juste sur une phrase qui fait mouche, de ci de là.
Au niveau du script, c'est encore plus la cata : Allen mélange plusieurs historiettes (à propos de mariages, de divorces, et d'histoires d'amours dans leurs différents états (naissance, vie et mort)...) autour d'une mamie (abandonnée par son vieux beau de mari au profit d'une plus jeune, plus blonde et -beaucoup- plus vénale) et de sa famille proche (sa fille, le mari de celle-ci, le patron de la fille, la voisine d'en face...), historiettes qui ont l'air de finir toutes plutôt pas très bien, sauf que, alors qu'un critique écrit "la manière fort élégante qu'il a de ne refermer aucune des tragédies potentielles dans lesquelles se sont engouffrés tête baissée les autres personnage", j'aurais plutôt envie de parler de "jem'enfoutisme avec lequel il laisse à la fin tout en plan  (et notamment le spectateur) pour poser là un vague happy-end pastoral,  comme s'il se désintéressait soudain tout à fait du reste."
il y a là-dedans une accumulations de thèmes qui auraient gagnés à être développés et sont juste esquissés (la voisine d'en face, la voyante, le livre volé, la défunte épouse...) mais dont la rapidité d'exécution rend -paradoxalement- l'ensemble plutôt poussif (j'ai eu l'impression que le film durait cinq heures...)
Bon, ce qui est sûr, c'est que ça ressemble assez à la vie, la vraie vie, où on n'aime jamais la bonne personne au bon moment (et réciproquement), mais je préfère Anton Tchekhov, dans le genre.
Non mais.

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(et  je trouve l'affiche très moche)

5 octobre 2010

pas le bon jour

POETRY
de Lee Chang-Dong

Comme Zabetta l'autre jour avec Happy Few.
Suis arrivé fatigué dans la salle, dimanche 20h pas ma séance habituelle du tout ça, en plus. Dès que ça a commencé, j'ai assez rapidement commencé par papillonner, puis piquer du nez, mais de la façon la plus horripilante : quelques secondes par ci, quelques secondes par là, saucissonnant ainsi le film de désagréable façon. En suivant "dans les grandes lignes" mais un peu de loin.
Impossible de lutter.
Un suicide du haut d'un pont ouvre le récit (comme pour le très beau et très triste Peppermint Candy, tu te souviens Zabetta combien nous avions les yeux rouges à la sortie de notre vieux Club 5?), celui d'une adolescente victime d'une série prolongée de viols par un groupe d'adolescents. Un de ceux-ci, spécialement ronchon et tête à claques, vit avec sa grand-mère, qui apprend toute l'histoire lorsqu'elle est contactée par les pères des cinq autres ados, afin de trouver une solution pour étouffer l'affaire.
Il s'agit pour la mamie à la fois de réunir une grosse somme (pour acheter le silence de la mère de la jeune suicidée) et de comprendre ce qui s'est passé.
Parallèlement à ça, elle continue de s'occuper hebdomadairement d'un vieillard riche et handicapé, s'inscrit à un cours de poésie, et apprend qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Beaucoup de pain sur la planche, donc.
Mais on la suit et on s'y attache, elle est vraiment adorable, cette mamie qui lutte contre l'adversité avec ses tenues fleuries ses gilets pastel et ses chapeaux crochetés.
Voilà, c'est incompréhensible, j'aurais normalement du adorer ça, et pourtant, fatigue oblige, je ne suis pas "rentré dedans" comme on dit. c'est dommage, mais ça ne m'a pas du tout touché. Pourtant, il y avait largement de quoi.

Sur la scène finale j'aurais normalement du être très en larmes (c'est très beau, quand j'y repense), pourtant je suis resté là, tout sec. Dommage, oui, dommage dommage.

Me reste une scène de raquettes, exemplaire (la mamie, le flic, l'ado), comme idée du plaisir que tout ça aurait du me procurer.

(C'est la faute à F*llon... )

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22 septembre 2010

higas

On va encore dire que j'ai l'esprit mal tourné, mais quand je vois ces deux superbes figues, rondes, lourdes, veloutées, dont le forme et l'arrondi conviennent parfaitement au creux de la main, dont la provenance est qui plus est spécifiée "de Turquie", posées chacune sur son petit papier imprimé "Mustafa", j'ai, comme qui dirait les pensées qui dérivent, et une douceur langueur m'envahit...

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(Smiley avec les joues roses...)

6 août 2010

lettres d'amour

LES MAINS LIBRES
de Brigitte Sy

On change complètement d'univers. (Je l'ai enchaîné directement après Tamara Drewe.) Un "film de prison" : Une jeune femme (Ronit Elkabetz, superbe comme d'hab') tourne un film dans une prison, avec des détenus volontaires, qui participent également à l'écriture du scénario. Une histoire d'amour va naître entre elle et Michel (Carlo Brandt, parfait), un des détenus, qui va se compliquer d'une histoire politique dirons-nous.
Le film s'écrit ainsi sur plusieurs niveaux (la "vraie vie" de B, les petits riens avec sa copine (Noémie Lvovsky, parfaite) les scènes de prison (celles de la "vie ordinaire", et celles où elle tourne) et les scènes du film, où elle fait rejouer aux détenus (et à son assistante, recrutée actrice pour l'occasion) des scènes déjà vécues (d'entretiens ou d'échanges plus intimes) scénarisées et donc re-vécues).
C'est très troublant, surtout lorsqu'on comprend à la fin du film que cette histoire serait autobiographique, que la réalisatrice a rencontré un détenu, nommé Michel, à qui elle dédie le film, d'ailleurs. Donc, quand elle a, par exemple,  dirigé la scène où la réalisatrice (Ronit Elkabetz) refait jouer par son assistante la scène qu'elle a vécue avec Michel, on se retrouve face à un fascinant jeu de miroirs.
Nimbé d'obscurité et d'une musique à la mélancolie argentine, le film progresse, sinue, s'immisce en nous, mêlant,et conjuguant l'histoire d'amour de Barbara et Michel (avec le recensement minutieux et infiniment touchant de tous ces petits rien qui font le début d'une histoire d'amour) , le tournage du film dans le film, le regard des "autorités" (inscrivant les personnages dans une réalité très concrète, même si traitée avec simplicité, avec sobriété dirait-on. Sans effets, voilà, c'est ça.)
Brigitte Sy, dans un entretien, dit que la réalité de l'incarcération, l'essence de la prison, est immontrable, tellement c'est une expérience intérieure, et elle prend donc le parti de ne la montrer que par bribes, de l'effleurer (prenant peut-être alors le risque de l'édulcorer en la stylisant ? Pas ici de hurlements ni de matons vindicatifs, "Tout est calme." En apparence.
Ronit Elkabetz est vraiment très belle.  (mais était-il besoin de le préciser ?)

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4 juillet 2010

beau temps (mais orageux en fin de journée)

Les Eurocks sont au début des vacances ce que la Foire au livre est à celles de la Toussaint : un passage obligé.  A Belfort. On avait longtemps hésité avec Manu : samedi ? dimanche ? samedi ET dimanche ? (parce qu'ici ça coûte cher : 7 fois le prix de Rencontres et racines,tout de même...)
Et puisque Libé ne faisait pas gagner cette année de places, on a donc choisi le samedi. Parce que The Hives, parce que XX, parce que Ghinzu. Et comme la dernière fois, c'est le prermier concert, vu à l'arrivée et dont on n'attendait pas forcément grand chose, qui a été une excellente surprise : Emilie Simon.
Tandis que le concert de The XX a été la déception du jour. Les voix passaient très mal (on aurait dit une sorte de grincement caverneux pour celle du monsieur) et, mais je l'avais dit à Manu avant, peut-être que la dimension intimiste du groupe passait mal la rampe du big show. On n'est pas resté jusqu'au bout, d'ailleurs.
(On a vu aussi des bouts d'Airbourne, de radio radio, et d'Hindi Zahra...)
Il faisait trèèès chaud, une menace d'orage pesait pour la soirée, avec lumières tournantes d'éclairs de chaleur de plus en plus menaçants, et ça n'a pas loupé, les premières gouttes sont tombées avant le début (annoncé) de The Hives. Il s'est mis à pleuvoir dru, ça n'a pas duré très longtemps, puis ça a remis ça, puis ça s'est arrêté, puis ça a recommencé, etc.
Les Hives n'en finissaient pas de ne pas commencer, et quand ils sont enfin arrivés, la -certes- remarquable énergie de leur set n'en a pas fait oublier la brièveté (bon, d'accord, on est partis juste avant le dernier rappel mais on avait une bonne excuse : il s'était remis à pleuvoir, et les gens partaient tous en masse pour s'abriter sous le chapiteau où le concert de Ghinzu n'allait pas tarder à commencer.
Bien sur, la terre rouge habituellement très poussiéreuse par beau temps sec s'est, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, transformée en joyeuse gouilllasse où tout le monde patouillait (les bords du chapiteaux, avec leurs gouttières y afférant, étaient spécialement et délicieusement marécageux).
Mais on n'allait pas se laisser arrêter par trois gouttes, hein ? Manu avait un joli poncho imperméable en sac-poubelle recyclable, et moi j'avais pensé à prendre mon vieux k-way, hi hi! On a réussi à se faufiler pour assister  à presque tout le concert de Ghinzu, qui a été une merveille.
On était d'accord tous les deux, en repartant - à 3h du mat!- :
1) GHINZU
2) EMILIE SIMON
3) THE HIVES
Ça faisait plaisir, à une semaine d'intervalle, de se remettre dans cette même ambiance joyeuse et décomplexée de jeunes gens (et d'autres pas si jeunes) torse-poil, chapeau de paille, élastique du calbute au vent, yeux plus ou moins vitreux mais avec généralement ce sourire et cette bonhomie qui vous donneraient envie (à moi en tout cas) de photographier tout ça avec gourmandise... Ce que j'ai fait, mais juste un peu, tant donné qu'on est quand même arrivé assez tard...

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etc.

29 juin 2010

cigales dans la fourmilière

merci à

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mes trois muses (Manu, Marie, Catherine) d'avoir un peu insisté pour m'emmener dimanche après-midi  à "Rencontres et racines" (Audincourt) où j'ai -nous avons- passé je l'avoue un moment délicieux...

On était a priori venu pour ça :

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mais j'ai assez vite réalisé que ça

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ou ça

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ou encore ça

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, par exemple, était plutôt plaisant à regarder....
J'ai donc regardé.

:o)

7 juin 2010

alone is alone

LIFE DURING WARTIME
de Todd Solondz

Bon j'avoue que j'adore ce cinéma-là. Solondz est un des réalisateurs les plus sympathiquement "méchant" (s?) d'Amérique. Il y a plus de 10 ans, il m'avait déjà bien secoué avec Happiness (je me rappelle que j'en avais parlé à Pépin comme d"un des films les plus tristes du monde", mais je ne suis plus sur maintenant que triste soit le terme exact.)
Et voilà qu'il récidive, et persiste et signe, puisque Life during wartime n'est rien d'autre qu'un Happiness 2, le retour (ils reviennent et ils ne sont pas contents), puisque le réalisateur reprend les mêmes personnages, mais dix ans après, en les faisant jouer par d'autres acteurs.
J'aime ce cinéma-là parce que cette douceur apparente (musique, lumière, même la police de caractères du titre) n'est qu'un leurre. Un glaçage  joliet recouvrant une pâtisserie pas très jolie jolie. Si  Life during wartime était une sucrerie,ça serait un bonbon à l'eau de javel. Si c'était un animal, ça pourrait être un genre de pitbull déguisé en caniche. Un truc assez méchant, assez tordu, mais aimablement ripoliné. Bien peigné propre sur lui. En surface.
On hésite entre les mots acidité, amertume, cynisme... Le réalisateur reprend peu ou prou les éléments de Happiness (le père est toujours pédophile mais il sort de prison, les soeurs sont aussi névrosées mais elles ont progressé chacune à son rythme) mais a -oui ça peut sembler paradoxal- quelque peu modifié son regard, adouci sa vision, mis du petit-lait dans son vitriol.Enfin, un peu..
Il y a là-dedans un certain humour, décalé certes, mais humour toujours (surtout le personnage de Trish et ses conversations avec ses enfants), il y a là-dedans une certaine mélancolie (une des sœurs a tout de même deux amants-fantômes à ses trousses), décalée elle-aussi, et je dirais même -si si- une certaine compassion (le personnage du père est singulièrement traité.) Sans oublier une prestation assez glaçante de Charlotte Rampling...
Oui j'aime ce cinéma-là, courageux dans son inconfort. Du poil à gratter dans le cou de la bonne conscience puritano-américaine. Rien que pour ça, il faut y aller. (mais bon, quand vous lirez ça, ça ne passera déjà plus!)

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6 juin 2010

paiement en liquide

LOLA
de Brillante Mendoza

La vieille dame indigne 2 (pas le retour, mais juste qu'elles sont effectivement deux, mamies et philippines, qui vont passer le temps du film à se démener pour  régler l'affaire qui les concerne toutes deux : le petit-fils de l'une a poignardé le petit-fils de l'autre et lui a volé son portable. pour l'une il s'agit de trouver l'argent nécessaire pour l'enterrement, pour l'autre de trouver l'argent nécessaire pour un arrangement, dont on apprend que la loi philippine l'autorise, pour faire table rase de l'accusation  de meurtre, et repartir comme si rien ne s'était passé...
Le titre du post ne fait que récapituler les deux éléments omniprésents du film : le fric et la flotte. Pas un plan sans que ne soit montré l'un ou l'autre, voire les deux à la fois. Pour qui a vu John John ou Serbis, ce nouveau film de Brillante Mendoza (auteur aussi prolifique que talentueux) avance en terrain connu : caméra portée, son direct, foule, pluie, ville, trottoirs, gens... Et violence, misère, entraide, solidarité. Et magouilles, combines, usure, hypothèques, corruption.
Rien de nouveau, pourtant on est à nouveau conquis. peut-être par cette façon d'empoigner le réel à bras-le-corps, d'en faire un élément à part entière, de livrer les choses telles qu'elles sont, sans a priori d'états d'âme ni de conscience particuliers, mais avec une immense tendresse pour ces deux lolas (ça veut dire mamie en philippin) se débattant chacune pour sa cause (avec une attendrissante énergie) chacune avec ses armes propres (le mensonge en est une, la détermination aussi...)
Il y a cet argent, oui, dont on parle sans arrêt, des billets, plus ou moins miteux, plus ou moins nombreux, qui passent de main en main, roulés, pliés, dépliés, cachés, entassés... Et il y a cette pluie, tout aussi constante, acharnée, perpétuelle quasiment croirait-on. L'un comme l'autre, on "fait avec", on est bien obligé.
Et si l'argent ne l'est pas forcément, l'eau, sous toutes ses formes (pluie, inondations, eaux mortes ou eaux vives) est terriblement photo/cinégénique, et le réalisateur le sait et en profite...
Et la caméra de Brillante Mendoza accompagne et retranscrit tout ça, ce bourbier, ce merdier, ce vivier, réussissant le prodige de transcender / sublimer (quel est le mot juste ?) cette réalité cracra et plutôt flippante en un fascinant objet cinématographique (mais bon on est habitués, il nous l'avait déjà montré... et encore, les films sortis en France ne sont qu'une partie de l'oeuvre du monsieur en question... Si vous allez fouiner sur le ouaibe, vous risquez de dénicher d'autres perles, dont une -ma préférée ,- très "chaude", qui s'appelle, si je me souviens bien, Pantasya).
Mais revenons à nos mamies, nos problèmes de locomotion et d'articulations, pas trop nos scrupules moraux, non non, et c'est très bien comme ça... Lola, lola(s)...

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29 mai 2010

rouge ou noir, le 4x4 ?

YELLA
de Christian Petzold

Le titre sibyllin de ce post n'est que l'exacte transcription de l'interrogation que nous partageâmes à la sortie, concernant une scène-clé du film. Les avis aussi étaient partagés. Moi, j'ai beaucoup aimé cette histoire bleuâtre aquatique financière et glacée, même si, comme résuma Jacky "tout ça est un peu gratuit"... Par rapport au film español d'hier, celui-ci tient ses promesses.
J'avais "deviné le truc" depuis le début, mais ce n'est pas le plus important...
Une jeune femme, que son ex-mari transportait à la gare pour aller prendre le train pour aller dans une autre ville commencer  son nouveau job (elle est comptable, spécialisée dans les bilans, déjà ça c'est grave glamour) a une altercation avec le susdit ex, qui pète les plombs et les précipite illico et furieusement dans le fleuve. Plouf! Elle s'en sort, se relève vaillamment, récupère ses sacs et réussit à choper son train in extremis...
Le nouveau boulot ne va pas être celui escompté, (son ex futur patron s'est fait virer) mais elle se fait engager par un financier plus ou moins véreux qui a besoin d'une comptable lors d'entretiens avec des ex-partenaires. Il est beaucoup question d'argent, des sommes et des pourcentages reviennent régulièrement, comme on ressasse quand on rêve. L'ambiance est un poil étrange, mais sans trop tirer sur la corde.
Yella loge provisoirement à l'hôtel (un truc moderne froid et lugubre, dont les couloirs pourraient être ceux de Barton Fink ou de Shining -mais les couloirs d'hôtel ne sont-ils pas toujours anxiogènes ?), son ex-mari revient régulièrement la harceler, apparaissant et disparaissant tel un gyrophare, et voilà qu'en plus elle se met à entendre des bruits bizarres à intervalles réguliers...
Le réalisateur et son actrice préférée (qu'on avait connue en blonde brûlante  dans Jérichow -elle est ici brune et glacée-) nous racontent une histoire fantastique avec une caméra et des parti-pris très réalistes...) Comme le Petit Poucet, ils vous sèment des cailloux blancs narratifs (aditifs, visuels, musicaux). Au spectateur d'être attentif.
mais je dois dire que j'ai vraiment beaucoup aimé ça, m^me si à la fin je n'ai pas ressenti la surprise qui visiblement venait de saisir mes deux voisines de derrière.
Je ne veux pas complètement déflorer le suspense mais bon, si je dis Carnival of souls (difficile),ou Le sixième sens (plus facile) vous devinez un peu de quoi il retourne, non ? Comme le critique des Inrocks qui évoquait assez finement du regard de Janeth Leigh dans Psychose...
Oui, quoi, plouf! et c'est tout! (je peux bien déflorer le sujet, étant donné que  vous avez très peu de chances de voir le film en salle, puisqu'il vient même de sortir en dvd, c'est dire si on avait depuis longtemps envie de le passer dans le bôô cinéma!)

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28 mai 2010

pas très normales activités

RABIA
de Sebastian Cordero

Une maison, quelqu'un qui s'y cache, des manifestations qui foutent un peu les jetons... On a déjà connu ça, avec des fortunes diverses (La maison du diable qui m'avait véritablement terrifié en son temps...) Bon, ici, ce n'est pas un poltergeist qui s'y cache et se manifeste, c'est un vrai bonhomme, comme vous et moi, (sauf que c'est un émigré sud-américain (on est en Espagne) au caractère ombrageux (on nous l'a assez vite indiqué) qui vient de tuer son chef de chantier et donc, obligé de se faire oublier pendant quelques temps, choisit de se cacher dans l'énorme et vieille bâtisse où travaille sa petite fiancée colombienne, comme bonne) qui essaie tant bien que mal de disparaître aussi parfaitement que possible (dans les hauteurs, la maison a plusieurs étages, et n'est occupée épisodiquement -et partiellement par un couple de vieux aristos aussi friqués que décatis). Et d'occuper, en quelque sorte, les lieux, sans qu'on le remarque. Sauf que, de savoir sa novia si près de lui, il ne peut s'empêcher d'écouter aux portes et de mater par les trous de serrure afin que rien de ce qui la concerne ne lui échappe.
Car la povrecita ne sait pas qu'il est là, juste au-dessus d'elle, d'autant plus qu'il s'amuse (enfin, façon de parler) à lui parler  régulièrement par le biais de la deuxième ligne téléphonique. Ajoutez à ça le fils de la maison, un bon-à-rien aussi alcoolo que sa maman (euh, dans cette maison , "on ne boit plus" : quand on veut se taper un bon gin de derrière les fagots -ce que fait régulièrement la mamie-, on demande pudiquement une "infusion"... oui oui c'est à peu près le seul détail un peu rigolo du film), qui devient violent et libidineux quand il a bu. Vous imaginez la suite -jalousie, colère, rancoeur, violence- , ça va aller mal pour un peu tout le monde : la demoiselle, le fils, et le "fantôme" dans cet ordre, d'ailleurs...
J'avoue que je suis sorti un peu bougon (mais visiblement j'étais le seul à sembler déçu par le film, bien que les autres ont tout de même fini par reconnaître que, oui, bon, d'accord, la fin n'était pas terrible terrible tout de même...) Il y a là-dedans de bonnes choses, de très bonnes choses même (des plans superbes parfois), mais l'ensemble est tout de même trop déséquilibré. Le réalisateur a un peu de mal à choisir un axe et à s'y tenir, et c'est dommage... Il court donc plusieurs lièvres, et s'en essouffle d'autant plus... (le syndrome "sur quel pied danser"...) Quel est véritablement l'enjeu de tout cela ?  L'amour ? la trouille , le constat social ? la revolucion ?
L'artificialité (la gratuité) de la situation est aussi un peu gênante (un huis-clos où les portes ne sont pas fermées / une incommunicabilité où on peut communiquer, il suffirait  en fin de compte de peu de choses pour que la situation redevienne "normale") et cette fin nunuche qui arrive avec ses gros sabots n'arrange rien, heureusement suivie par un petit exercice de plan-séquence en caméra portée en marche arrière  (à la Bertolucci ou Hitchcock) qui nous remet un chouïa d'aplomb et de meilleure  humeur...

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(et l'affiche est ratée...)

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23 mai 2010

palme

Je ne suis pourtant pas extralucide, mais, cette année pour la première fois de ma vie, j'avais annoncé depuis le début du festival (à mon ami Hervé)  qui allait gagner la Palme d'Or : Apichatpong Weerasethakul pour Uncle Boonmee who can recall his past lives.
J'en suis heureux, c'est mon Apichatpongounet à moi que j'aime (je n'arrête pas de me passer et de me repasser des bouts de Syndromes and a century, son film précédent...) Je l'avais annoncé, mais c'était juste parce que j'avais très très envie qu'il l'obtienne, et ça va permettre au film de trouver une date de sortie plus précise, puisque jusqu'ici elle était juste "indéterminée"...

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9 mai 2010

duos

NEW-YORK I LOVE YOU
film collectif

Après Eastern plays, et par contraste, ce film-ci était vraiment le film qu'il faut au moment où il faut.
Léger et joyeux. Beaucoup plus homogène que son homologue parisien (Paris je t'aime) mais néanmoins basé sur le même principe (quoiqu'il me semble qu'ici les choses sont moins nettement démarquées, les frontières sont plus perméables, et souvent, on reverra -brièvement- les personnages d'une "histoire" terminée un peu plus loin au fil du récit.
Le cahier des charges est toujours le même : un quartier de New-York, un homme et une femme (oui oui je sais, quel conformisme...), une rencontre (amoureuse de préférence), Avec deux ou trois histoires qui se détachent du lot (ou qui résonnent davantage) : celle de Jiang Wen (qui a le tort d'être tout au début du film parce que tout y va  très (trop) vite), celle de Shekhar Kapur (avec Julie Christie et Shia LaBeouf -ultra-classique dans sa forme mais sooooo glamour- dans une chambre d'hôtel entre une ex-diva et un groom boiteux), et enfin celle de mon chéri chéri Fatih Akin entre un gros peintre barbu alcoolo et une jeune vendeuse de pharmacie (interprétée par Shu Qi, tout de même!)
Bref, New-York quoi, les taxis jaunes, la 5ème avenue, Central Park, l'amour toujours l'amour... on sort de là souriant assez béatement, le cœur léger, et voilà... that's the way it is!

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29 avril 2010

roulottes (2)

LA PIVELLINA
de Tizza Covi et Rainer Frimmel

La même semaine que Liberté, un film voisin. Proche, et en même temps diamétralement opposé. Une dame aux cheveux rouges et son compagnon, qui (sur)vivent "en marge" dans des caravanes, à la périphérie d'une grande ville italienne, en faisant fonctionner tant bien que mal un petit cirque (oui oui, un peu comme celui de Fred) trouvent un jour dans un square une petit fille de deux ans, abandonnée par sa mère...
Enfin c'est plutôt la dame (Patrizia) qui la trouve, et la ramène à la maison, et s'en occupe, et s'y attache (comme le font visiblement tous les spectateurs dans la salle -moi y compris-, et gazou-gazou, et arheu-arheu... sourire attendri) en attendant que sa mère se manifeste, ou, comme le souhaite son compagnon qui bougonne un peu, d'aller la rapporter à la police...
C'est une chronique du quotidien, pas rose rose mais jamais non plus tout noir que les deux réalisateurs (une italienne et un allemand, tiens tiens, comme les protagonistes justement) nous présentent, en plans-séquences et sans effets, celle de la vie ordinaire de gens ordinaires (ou extra-, tout dépend comme on les regarde). Scènes simples d'une vie pas si simple.
Il y a aussi un beau portrait d'adolescent (Tairo, le petit voisin), et on s'aperçoit au générique de fin que chacun des personnages principaux interprète son propre rôle, et qu'on serait donc quasi face à un documentaire (la vie de ces gens) légèrement fictionné (l'arrivée de la fillette).
C'est déroutant de naturel, et terriblement touchant, attachant, émouvant, sans qu'on puisse vraiment s'expliquer pourquoi. (Oui oui, Hervé, encore une fois, tu avais raison...)

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17 avril 2010

RNI

Bon, je récapitule
Les affiches et les bandeaux sont faits, posés.
La banderole doit être terminée (incessamment ?)
Les cartes postales sont imprimées, dispatchées, envoyées (ou vont bientôt l'être)
Le "programme" vient d'être imprimé (sur un papier grisâtre exactement comme j'avais envisagé) et n'attend plus que d'être plié, puis distribué
Les réservations téléphonique ont commencé
On bosse tout le week-end prochain pour "faire le point" (ça risque d'être chaud comme disent les djeunz, mais pas chaud du tout, justement)
Et?
Rien, juste, j'ai peur (c'est plutôt bon signe)

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10 mars 2010

entre les choses et je me souviens

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Celui-là aussi je l'ai lu en Inde (enfin, en rentrant d'Inde...) Je venais de finir le dernier volume du Croque-mort, et j'avais entrepris de (re) démarrer un Murakami dont je n'arrivais finalement pas à me dépêtrer ("Murakami, c'est pas fait pour l'avion..." a résumé Dominique), et j'ai eu l'idée d'emprunter ce bouquin à Philou (je savais qu'il venait de le terminer)
J'ai donc ouvert à la première page, et hop! directos j'ai eu les larmes aux yeux en lisant la citation de Tchekov que l'auteur a mis en (exergue ?)
J'ai commencé à lire, et, au fil des premières pages, je sentais que l'émotion et le ravissement me gagnaient... à la fois ce dont elle parlait, et la façon dont elle en parlait. Je n'ai pu m'empêcher de penser que c'était là exactement le livre qu'il me fallait, à ce moment-là, dans cet avion-là, et j'ai savouré...
Le bouquin va de 1941 à 2006, en suivant la double mémoire collective (que s'est-il passé de marquant ces années-là pour les gens) et individuelle (que s'est-il passé pour l'auteur ?), mêlant donc la Grande et la petite Histoire(s), et se livrant même, dans la dernière partie, à la reconstitution (en trompe-l'oeil) de la genèse du livre qu'on est en train de lire.
Les années passent, on les revit en quelque sorte, et on voit cette fillette grandir, mûrir, se marier, divorcer, etc. Une vie se déroule sous nos yeux, sans pathos et sans effets (l'écriture d'Annie Ernaux sait rester en-deça), la force du récit à un certain moment un peu s'émousse, un peu se distend, mais l'auteur a l'habileté de terminer le livre de la même façon qu'elle l'a débuté : en refermant les parenthèses de quelques fragments de vie personnels, des choses sans importance mais qui ne résonnent que pour elle...

"Sauver quelque chose du temps où on ne sera plus jamais."

(...)

26 février 2010

régime sec

Retour de voyage, et retour aussi à la réalité : mille merdouilles qui s'accumulent, notamment une coupure d'internet de presque quatre jours -c'est là qu'on réalise combien on est dépendant de ce machin- (renseignement pris, il s'agissait de travaux sur ma ligne pour augmenter mon débit), la voiture qui manque de rendre l'âme (problème de liquide de refroidissement) , le passeport qui passe à la machine à laver, la machine à laver en question qui est sur le point elle-aussi de rendre l'âme, le téléphone qui refuse la tonalité après une chute malencontreuse, l'ordi qui s'essouffle, le site pour faire les bouquins photos qui plante... Ok ok je suis de retour!

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PS : pour le voyage, j'y reviens bientôt...

22 mars 2015

de quoi on parlait quand on parlait d'amour

BIRDMAN
d'Alejandro Iñarritu

Si Marie ne m'avait pas filé sa carte de ciné avec une place à utiliser le jour-même, je n'y serai peut-être pas allé. Je n'en avais pas plus envie que ça (il est arrivé qu'Iñarritu m'agace, l'affiche est très laide, les films à oscars bof, et surtout Michael Keaton en slip -c'est l'extrait que j'en avais vu-, bof-bof). Donc, merci à Marie, parce que j'y ai passé vraiment un sacré bon moment...
Au début, ça démarre comme une espèce de comète, de feu de bengale, de paroles, d'allées et venues dans un théâtre, et le sentiment que quelque chose me mettait un peu mal à l'aise, presque m'oppressait. Et j'ai fini par mettre le doigt dessus : il n'y avait aucun changement de plan visible, tout s'enchaînait, tac tac tac, sans aucune rupture (ni, donc, aucune respiration, et c'est ça qui me gênait, ce besoin d'oxygène. Si Hitchcock avait déjà fait ça pour La Corde, l'effet produit n'était pas du tout le même, on n'avait pas la sensation d'un film en apnée, asphyxiant quasi, tellement c'était plan-plan chez Hitch alors que là c'est quasiment cocaïné (survitaminé, en tout cas).
On a donc Michael Keaton, ex star de cinéma (il a tourné 3 films sous le déguisement de Birdman, et a refusé le quatrième), qui tente de (se) remonter sur les planches, à Broadway, en mettant en scène l'adaptation d'une nouvelle de Raymond Carver On prend le train en route, juste la veille de la première générale (visiblement, à Broadway, il y a toute une série de générales publiques avant la première) avant qu'un projecteur ne casse la tête d'un des quatre acteurs de la pièce, qui va être remplacé au pied levé par le copain (Edward Norton) d'une des actrices (Naomi Watts), un mec assez imbuvable qui va mettre assez vite le bazar dans cette ambiance déjà assez survoltée avant qu'il n'y intervienne. Tout le monde est -plus ou moins- énervé, et le fait donc savoir à Michael K -ses acteurs, donc, mais aussi sa fille, son ex-femme, sa nouvelle copine -qui lui annonce qu'elle est enceinte- Il y en a un qui reste zen, son avocat (Zach Galifianakis, en Jiminy Crickett barbu à lunettes et à poil doux, magnifique de sobriété), contrebalancé (la dualité ange/démon) par la voix qu'il entend régulièrement (et qu'il est le seul à), celle de Birdman, le personnage qu'il a autrefois glorieusement incarné, et qui vient lui donner des conseils, -un peu comme le chat dans The voices si vous voyez ce que je veux dire-.
J'aime les films qui parlent de théâtre (il y en a plein que j'adore, Vanya 42 ème rue, La fausse suivante, To be or not to be, par exemple) et j'aime aussi les films qui parlent de cinéma, tout autant. Birdman fait les deux, même s'il parle du théâtre plus frontalement que du cinéma. C'est en apparence un film sur le théâtre, mais c'est aussi -et plus profondément- un film sur le cinéma. (Broadway versus Hollywood), sur le star-system, sur les studios, sur les films de super-héros, sur la fugacité de la "gloire", et l'utilité -désormais indispensable, l'indispensabilité, donc- des réseaux sociaux, aujourd'hui.
Le choix des comédiens est plus que judicieux (Keaton avec derrière lui l'ombre de ses deux Batman, Norton avec sa réputation d'artiste duel, Naomi Watts en écho à Mulholland Drive -et dont j'apprend, par wikipedia, qu'Edward Norton est effectivement un de ses ex, (pardon pour les autres actrices dont je ne connais pas le nom), et... j'en remets une louche, Zach Galifianakis, plus que parfait dans le naturel et la simplicité).
On suit donc, dans le bruit et la fureur, Michael Keaton au centre et son cortège autour (pour parler cosmogonie, on aurait le soleil, peut-être un peu vieilli et refroidi, et son staff de planètes, comètes et satellites, se préparant à briller de tous leurs feux pour le jour de la première) bim bam, les couloirs, les coulisses, la scène, re-les couloirs, hop! sur le toit, paf! on redescend, zou! on remonte, whizzz! on entre et on ressort,  sans que le réalisateur ne nous laisse le temps de reprendre notre souffle (et j'avoue que j'étais tellement obnubilé par cette idée de plan-séquence que je me suis mis à surveiller de plus en plus attentivement l'apparition des fameuses coutures (il n'a pas pu tourner deux heures comme ça d'un seul coup sans reprendre sa respiration! (Sokourov est assez secoué pour l'avoir fait dans L'arche russe, mais il y avait une continuité, logique, topologique qui justifiait "le" long travelling qui constitue le film), ou, tout du moins, les respirations, les "appels d'air". On peut en trouver deux, simples et très visibles (les plans sur le ciel avec le passage du jour à la nuit, et vice-versa) et une troisième, (avec un plan de couloir vide, où finit par apparaître, me semble-t-il, Michael Keaton)... mais à la fin j'étais beaucoup trop pris par ce qui se passe -se joue- sur l'écran pour penser encore à disséquer la façon dont c'était fait. Après un petit passage à vide (disons, dans le cas présent, une légère baisse de tension et d'énervement) au milieu, un genre de léger sur-place, le film repart très fort, très très fort, de plus en plus haut, vous empoigne et ne vous lâche plus.
Iñarritu, ici, m'a, pour une fois, pleinement convaincu. C'est noir, c'est acide, c'est tendu, ça s'agite, ça lévite, ça gravite, ça virevolte, ça survolte, ça palabre, ça se cabre, ça tourne, ça entourne, c'est un peu comme le manège à la fin de L'inconnu du Nord-express, qui devient brindezingue et se met à tourner de plus en plus vite... on se cramponne, comme les gamins, on est en même temps étourdi et émerveillé, et on en redemande...
Quand ça ralentit et que ça finit par s'arrêter, on descend, on a les jambes un peu en coton, un peu la tête qui tourne, mais avec un sourire grand comme ça... Ca c'est de l'attraction!

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en voilà 3 différentes, ils ont choisi la plus  moche, me semble-t-il...

 

19 février 2011

la peau de l'ours

 

Comme quoi, il suffit de pas grand-chose pour une soirée  tout simplement miraculeuse (ou miraculeusement simple)...
Un concert à Luxeuil, pourtant prévu de longue date, mais où, peut-être je n'aurais pas eu le courage d'aller, si je ne m'étais engagé moralement à y transporter des amis dans ma Twingouille. Et j'aurais raté tout ça. Je ne l'aurais pas regretté, puisque je ne l'aurais pas su, mais quand même...
Simplement, le fait de partir de nuit, comme ça, simplement, à quatre (Pépin, Loulou, Emma), avec la musique, ça vous avait déjà un petit air de vacances, de on part à l'aventure...
Le concert, c'était Florent Marchet , dans son "Courchevel Tour" (accompagné, donc, du Courchevel Orchestra), la salle était agréable, on était au quatrième rang, assez idéalement placés, le public était bon enfant, et visiblement convaincu (y figuraient plusieurs personnes que j'aime aussi de bien à beaucoup). Sur scène, un décor à peine scénarisé (peau d'ours, téléphone, avec une bande-son de feu qui crépite), comme le furent d'ailleurs les musiciens (hmmm ces petits débardeurs  jacquard, l'arrivée sur fond de grelots de traineau -chacun le sien- ) et Florent M lui-même (oh ce petit pantalon trop court et ces chaussettes rouges...), qui parle au public mais dans un rapport lui-aussi à peine scénarisé...
Je me suis régalé d'un bout à l'autre dans ce concert parfois surprenant (présentation des musiciens dès le deuxième morceau, envoi du "tube" (Benjamin) dès le troisième) mais toujours touchant dans sa simplicité bonhomme. Avec ses envolées rock juste ce qu'il faut, et ses variations sur le thème. On eut ainsi le bonheur d'entendre non pas juste  le dernier album en promo (Courchevel) mais un survol des autres opus (Gargilesse et Rio Baril).
Tout s'est passé comme sur des roulettes, les musiciens ont mouillé la chemise (oh qu'il était mimi ce guitariste costaud  aux avant-bras velus, avec des airs de Sergi Lopez dans ses bons jours (avec la barbe de 3)!), j'aime vraiment l'écriture de Florent Marchet (paroles & musique) où jamais tout n'est exactement complètement dit, et laisse une petite marge d'incertitude à l'auditeur...
C'était d'autant plus agréable qu'au moment, par exemple, où je me suis dit "tiens, j'aimerais bien qu'ils jouent Je n'ai pensé qu'à moi", et bien hop, justement ils l'ont joué, et quand, avant le rappel, j'ai chuchoté à Emma "j'aimerais bien Le terrain de sport" et bien hop, re on l'a eu, suivi d'ailleurs d'une reprise d'Aucun express, de Bashung, chanson que j'aime tout particulièrement aussi...

 

Bref, c'était bien, c'était vraiment bien...

J'ai pensé très fort à ma copine Isa...

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22 avril 2010

je contracte, je décontracte...

MAMMUTH
de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Tous aux abris! Les complices d'Aaltra et de Louise-Michel ont récidivé! On retrouve Yolande Moreau et Bouli Lanners, mais cette fois c'est notre Gros GG qui s'y colle dans le rôle-titre (le Mammuth valant autant pour le véhicule que pour celui qui le pilote). Une banale histoire de retraite et de bulletins de salaire à récupérer est le prétexte à une promenade et toute une série de rencontres du susnommé Mammuth avec ceux qui firent son passé (et ses souvenirs).
Road-movie again, nostalgie forever.
Ce film est un paradoxe. Où, comment, à partir d'une image si (volontairemen)t calamiteuse (le grain, le flou, la couleur tout pareil que dans les petits film super 8 "de famille" que l'on revoit longtemps après avec le sourire et/ou la larme à l'oeil) les deux réalisateurs parviennent à créer un univers à l'image de leur héros : brut et pas aimable en apparence mais tout doudou dedans. Cette histoire plonge ses racines dans le terreau de notre désespoir "ordinaire" et fait pousser ses fleurs de misère sur le fumier d'un quotidien "ordinaire". Humanité, petites gens, exploitation.
On passe de l'humour (entre acide, acerbe et corrosif, on ne sait pas quel qualificatif choisir) -dans la première partie du film- à une émotion toute aussi palpable, prégnante, qui gagne progressivement (en même temps que se fige le rire), mais quand on réalise il est trop tard, on ne peut plus lutter
Le Gros Gérard est comme un somnambule doux, un pachyderme rêveur, en sous-régime  tout de retenue (et ça fait tout drôle -encore une fois je ne suis pas sur que le mot soit juste- de le voir retrouver Isabelle Adjani trente cinq ans après Barocco (oui, oui, 1976, un des fleurons de ma -jeune alors- cinéphilie, mais que je chéris toujours autant- -ça tombe bien, elle n'a pas changé d'un pouce, mais comme dit mon amie Emma, c'est pas gênant  puisqu'elle joue une morte...-) il y aurait comme un effet de contamination de la gaudriole par... autre chose... (du laisser-aller, laisser-filer, laisser-couler, perdre pied ?)
De l'art brut au cinéma brut, il n'y a qu'un pas, et Mammuth le franchit allègrement (quoique la joie et ses synonymes ne soient pas ici vraiment de mise).
C'est un.film violemment poétique, et donc profondément  mélancolique (ou l'inverse ?)
"La beauté sera convulsive ou ne sera pas" écrivait un surréaliste.
Mammuth, lui, se contente d'être.

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8 mai 2010

tuyau(x)

LE JARDIN
de (et avec) Jean-Paul Lefeuvre et Didier André

Oh la merveille de spectacle que voilà!
A Besançon, c'était tellement complet qu'ils ont même rajouté un soir supplémentaire!
Pourtant d'habitude le mot "cirque" me fait fuir,alors que là, non non non!
De ces deux compères, j'avais vu le "Bricolage érotique" en ouverture de saison dernière, et j'avais craqué pour leur univers (et peut-être le sous-texte que j'en avais) : deux hommes, donc, deux corps plutôt (l'étroit et le large, le sec et le trapu, le nerveux et l'indolent) et des objets. Sans un mot ni un sourire (mais ce n'était pas nécessaire de l'afficher, ce sourire, tant il était  omniprésent) mais avec une inventivité et une fantaisie délicieuses.
Je suis donc venu voir Le jardin avec impatience et curiosité. Il s'agit en réalité d'un spectacle antérieur, qui avait déjà été présenté ici il y a quelques années, et dont le succès ne s'est toujours pas démenti puisqu'ils venaient donc le re-présenter.
Un lieu (une serre) (ça débute en ombres chinoises avec la chanson "Petit homme c'est l'heure de faire dodo...") avec une fermeture-éclair, nos deux bonhommes (dont on ne verra qu'un dans un premier temps), et tout un tas d'objets auxquels ils vont successivement s'affronter (un magnétophone à cassettes, une brouette, un pavé, un seau et un tuyau d'arrosage, des cagettes, une part de gâteau, un journal...) dans un spectacle d'une drôlerie, d'une simplicité, d'une force tendre  qui ne se démentent jamais. Ils s'affrontent aux objets, mais aussi l'un à l'autre, dans un rapport de rivalité perpétuelle, d'autant plus exacerbé que parfaitement muet..
Celui qui commande et celui qui exécute, celui qui mange et celui qui le regarde, celui qui est vêtu et celui qui est nu, celui qui fait et celui qui se repose, le spectacle joue successivement sur ces rapports d'affrontement, avec un message, finalement, aussi politique que sa forme est poétique. Jusqu'à un étonnant numéro de magie avec interversion des deux personnages quasiment à vue (je n'en suis toujours pas revenu...) où les rôles donc soudain s'inversent l'espace d'un instant , le temps d'un numéro (l'humilié devenant l'humiliateur -j'ai trouvé le numéro dit "du journal" absolument merveilleux) mais le temps de la revanche ne dure qu'un temps et tout rentre dans l'ordre...
Un spectacle chiadé dans ses moindres détails (jusqu'au point sur le i du mot fin, par exemple), avec des numéros millimétrés (jonglages, acrobaties) et des effets calculés au millimètre. On est partagé entre le rire et l'émerveillement.
Deux clowns tristes qui sans cesse s'épient, se défient, s'affrontent mais parfois aussi unissent leurs effort pour notre plus grand bonheur. Le seul moment où ils se touchent est un rapide numéro de trapèze, hop, comme ça, mine de rien, dont le trapu, une fois de plus, tentera de récupérer les honneurs.
Un bijou.

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2 mai 2015

concombre, banane et tofu

CUCUMBER
de Russell T. Davies

C'est une série british que j'ai découverte il y a peu de temps, et dévorée en aussi peu de temps ou presque. Ça doit être dans les inrocks, un article sur les gays dans les séries... et un encart grisé m'avait attiré l'oeil "Cucumber, la série pansexuelle"... Mmmmh diante, qu'est(ce donc ? Je fouine donc sur le web (j'essaie d'abord honnêtement mais ce n'est même pas la peine...)
Il y a donc, huit épisodes, c'est une série british, dont le héros est un quarantenaire pédé, qui vit avec son compagnon (un vieux couple presque sans histoire sauf que son copain souhaiterait qu'ils se marient, mais lui, surtout pas.)
Dès le premier épisode (dès la première scène!) j'étais séduit. Hilare et conquis. Henry (c'est le héros) fait les courses à la supérette du coin, et, en poussant son caddie, il fantasme sur tous les mâles qu'il croise, en nous expliquant que des sexologues ont étbli un classement de la dureté des pénis en 3 groupes :1) le tofu (c'est le mou-mou)
2) la banane (on devient plus ferme)
3) le concombre (cucumber du titre) là c'est le plus dur, et d'illustrer lascivement ces 3 notions en les mettant en image (le tofu fait flotch quand le mec du rayon fromage lui tranche et lui sert sa portion, la banane est épluchée et dégustée par un jeune homme appétissant, et le concombre est frappé virilement dans la main par un autre jeune homme encore plus appétissant...)

On va donc suivre les aventures de Henry, de Lance (son boyfriend). Et des autres, autour. Henry et Lance s'aiment, vivent ensemble, mais sont un "vieux couple". Une certaine soirée va apporter comme un vent de folie sur leur histoire... J'ai regardé les 3 premiers épisodes sans encombre, et plutôt avidement. Le personnage d'Henry me plaisait énormément, sa presque cinquantaine, son indépendance, son désir permanent, son peu de goût pour la pénétration, et je suivais donc ses -leurs- aventures, quand, au 4ème épisode, me  semble-t-il, les choses ont commencé à se gâter : les sous-titres étaient, au bout d'un moment, un peu décalés, puis encore un peu plus, puis affreusement, et je passias mon temps à titiller la flèche pour essayer de les re-synchroniser. Mais ça me plaisiat tellement que je voulais vraiment voir la suite...
Le 6ème épisode est une énorme baffe, et vous oblige à reprendre votre respiration, à reconsidérer les choses sous un angle nouveau. J'ai regardé vite le 7ème et là... tout s'arrête

Le huitième épisode n'était pas, allez savoir pourquoi, disponible. Nulle part (j'ai pourtant effectué des recherches poussées), ne trouvant que des liens morts, ou des fakes, ou même rien du tout.
Je suis donc allé sur amaz*n, et là, ô bonheur, non seulement la série existait en dvd, mais un mec la vendait pour quasiment trois fois rien. Oh joie ineffable! Je commande, je le reçois assez vite (merci le gentil vendeur) et je peux enfin regarder à quoi ressemble ce fichu dernier épisode!
Le seul petit détail est que, s'il y a bien des sous-titres , ils ne sont qu'en version "anglais pour les malentendants". Ca ne m'a pas dérangé outre mesure, mais ça oblige à être très attentif.
Bon, il semblerait qu'il n'y aura pas de Cucumber saison 2, mais ça n'est pas une raison d'être triste (le dernier épisode est très très bien fichu, je trouve...)

Un bijou, cette série (si on aime les histoires de gay, bien évidemment) moins idéal(ist)e que Looking, plus terre-à-terre, moins bien peignée, plus bloody fucking british, à consommer comme le tea (ou le gin) : sans modération. (et en plus, ça vous fait un légume supplémentaire par jour! hihihi)

Cucumber - Cover
la jaquette...

Cucumber - Inside
la fanfare...

Pour la petite histoire, le monsieur qui a écrit Cucumber a créé en même temps deux autres "séries" qui vont avec : Banana, un format plus court (26'), qui est un genre de spin-off mettant en scène des jeunes gens qu'on voit aussi dans Cucumber, mais de façon indépendante, et Tofu, un format encore plus court (10') où, simplement, des gens, comme vous et moi (des acteurs de la série et d'autres) parlent de leur sexualité. Il y a peu de chances qu'on puisse voir ça un jour en France! Banana existe en dvd, mais pas Tofu

7 octobre 2011

"tu aimes les glaces, canard ?"

SHINING
de Stanley Kubrick

La version longue (director's cut), que j'avais déjà vue plusieurs fois. Comme la version courte d'ailleurs. C'est peut-être ça le problème, que je le connais trop, ce film. Plutôt qu'un film d'horreur, c'est un Festival Jack Nicholson auquel on assiste. Même au début, quand il est "gentil", il fout déjà les jetons. Quelque chose dans le regard, ou un sourire un peu trop appuyé, ou on se sait pas trop quoi, mais c'est sûr, il fout la trouille, et je n'irais pas passer l'hiver avec lui dans un hôtel perdu dans les neiges... Brrr!
Le roman de Stephen King m'avait vraiment fait peur aussi (je l'ai lu quand j'étais jeune!), et j'avoue que j'avais été un peu déçu quand j'avais vu le film, car, il ne fait pas "vraiment" peur. il s'agit d'autre chose, une tension, une intellectualisation de la trouille, une terreur "abstraite", cérébrale, que la musique tonitruante (pour une fois, je ne suis pas sûr que les choix musicaux aient été parfaitement judicieux : à part le thème de Shining, pompé d'ailleurs honteusement par Wendy Carlos sur Berlioz mais bon passons, et la chanson "Home" de la fin, c'est un gloubiboulga électronico-vocalo-contemporain plutôt éprouvant pour les nerfs et les oreilles), que la musique disais-je souligne et paraphrase lourdement.


A part ça

Ça m'énerve toujours autant que le pauvre Halloran passe la moitié du film à venir jusqu'à l'hôtel pour se prendre une hache en plein coeur à peine arrivé
Ça m'agace que Jack Nicholson arrive inexplicablement à sortir de la chambre froide alors que sa femme l'y a enfermé (c'est le seul effet vraiment surnaturel du film, finalement)
Ça me plaît toujours autant ce plan fixe grossissant sur la photo, à la fin (même si c'est un poil insistant)
Ça me fait toujours autant plaisir que Kubrick ait choisi Shelley Duvall, qui, hormis ses rôles chez Altman, n'a pas eu la carrière qu'elle méritait.
Ça m'interroge toujours autant que le monsieur de la VF ait choisi de traduire "Doc" par "canard" (à part l'assonnance en anglais, le sens n'a rien à voir, ni le mouvement des lèvres pour le prononcer.
Ça me fait toujours autant frémir délicieusement lorsque Jack défonce la porte de la salle de bains à la hâche en faisant le grand méchant loup...
Ca me semble toujours aussi esthétiquement réussi, le sang qui sort au ralenti des ascenseurs
Ca me semble toujours aussi inquiétant, les plans du gamin qui fait du vélo dans les couloirs

mais bon ça ne fait pas (tout à fait) peur, hein ?

 

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30 mars 2010

printemps RNI

On serait censé parler du printemps : ciel bleu bourgeons giboulées herbe neuve pâquerettes and so on...
Euh, on n'a pas vraiment le temps, occupé qu'on est à composer et re des affiches, des bandeaux, des cartes postales (tout ça pour ROUGE NOIR ET IGNORANT (oups pépin j'allais encore écrire "innocent"!) la pièce qu'on va bientôt jouer, occupé qu'on est à copier et à envoyer les différentes machins à différentes personnes qui vont en faire différentes choses, occupé qu'on est à composer un livre-photo(s)sur le VoyajenInde parce que chez Pixmachin y a une super offre ; toutes les pages supplémentaires gratos, mais évidemment y a un hic c'est jusqu'à mercredi 31/03 à 0h, occupé à finir l'autre livre sur le VoyajenInde qu'on avait promis à Dominique pour son anniversaire, occupé qu'on est à se dire que cette bagnole, à la fin, est-ce qu'elle va finir par arriver, hein ,, occupé qu'on est à lire SEUL LE SILENCE, sur les conseils conjugués de Zabetta et de sa fille, occupé qu'on est à finir des trucs et des machins à/pour l'école, occupé qu'on est à faire des paquets et des envois divers pour Pricemachinnister, occupé à écrire que oui oui on est occupé, mais bon dans une semaine... ahahah

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25 août 2014

toujours du cinéma...

:o)

Pour fêter le 9ème niversaire de ce blog, 100 bougies!
100 films qui ont compté pour moi au fil de ces années (qui m'ont plu, ému, marqué,esbroufé, fasciné, remué, retourné,  impressionné, enthousiasmé, ravi, ébloui, subjugué, ébranlé, éclaboussé, émotionné, commotionné, transporté, étonné, attendri, bouleversé, empoigné, enflammé, secoué, enivré,  saisi, ébahi, éberlué, charmé, enchanté, enfiévré, enivré,  sidéré, stupéfié... -merci le dictionnaire des synonymes sans qui j'aurais eu le souffle un peu plus court-, entre le 1er janvier 2005 / 31 décembre 2013)

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27 mars 2012

los dos ultimos

de la semana latina...

deux opposés : un que je n'ai pas aimé, et un que j'ai adoré...

*

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SANTIAGO 73
de Pablo Larrain

Bon j'étais fatigué, sans doute, mais dès le début, je me suis pensé "comment peut-on faire des plans si ennuyeux ?" (plan 1 : le héros regarde par la fenêtre (vu de face), plan 2 : le héros regarde par la fenêtre (vu de dos), plan 3 : le héros tient son tuyau d'arrosage...) C'est long, c'est plat et c'est... vain ? Qui plus est avec un "héros", justement anti-charismatique au possible...  Me suis donc irrémédiablement endormi, en relevant la tête de temps en temps pour saisir une image que je ne comprenais pas (un monsieur et une dame qui pleure de manière forcée, une autopsie, une autre...) Au réveil, les autres spectateurs s'arrachaient un peu les cheveux pour comprendre ou expliquer ce qu'ils venaient de voir (et ressentir). Bon, je ne pouvais pas les aider c'est vrai, et je ne devrais donc pas chroniquer ce film, puisque je ne l'ai pas entièrement complètement (vraiment) "vu". Ok, ok...

*

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LES COULEURS DE LA MONTAGNE
de Carlos Cesra Arbelaez

Là, j'y allais sur la pointe des pieds : Hervé l'avait chaudement recommandé, le film a concouru pour l'Oscar du meilleur film étranger... Fallait voir ! et bien c'est tout vu ce film est une merveille! Les films colombiens ne sont pas si fréquents (je crois que je ne serais même pas capable d'en citer un seul), et la situation politique du pays n'est pas très glamour a priori, mais, avec ce portrait d'une communauté paysanne prise vraiment- entre deux feux (ou entre la peste et le choléra) : l'armée et les guerilleros, le réalisateur parviendrait à tirer des larmes à une pierre. Il utilise le biais d'un groupe d'enfants, qui jouent au football (dans la boue) avec un ballon pourri, jusqu'au jour où le héros (un gamin aussi charismatique que le fut en son temps la petite Ana Torrent dans Cria Cuervos), s'étant vu offrir un ballon neuf par son papa pour son anniversaire, est bien marri lorsque ledit ballon est expédié dans le pré voisin, transformé en champ de mines. Avec deux de ses copains ils vont tout tenter pour essayer de le récupérer, pendant que leurs parents subissent au quotidien les menaces de l'armée et des terroristes, qui les poussent à quitter la région les uns après les autres...
Un film vraiment magnifique, avec des gosses attachants, une jeune institutrice pleine d'entousiasme et d'illusions, et des militaires / terroristes hélas aussi cons et bornés que dans la vraie vie. Indiscutablement, mon film préféré de cette semana latina...

 

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