Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
lieux communs (et autres fadaises)
8 mars 2010

sidérant

LEGER TREMBLEMENT DU PAYSAGE
de Philippe Fernandez

Un film singulier. A plus d'un titre. Nous avions hier soir la chance d'avoir, dans le bôô cinéma, à la fois son unique copie en exploitation et son réalisateur en personne. Un film à la fois ambitieux dans son propos, original dans sa forme, mais hélas aussi handicapé par son manque de moyens. (On se prend d'autant plus à regretter lorsqu'on écoute son réalisateur en parler, et qu'il s'avère effectivement aussi passionnant qu'il est passionné... Les spectateurs ne sont pas déplacés, ou presque -nous étions peu dans la salle- mais c'est tant pis pour eux)
Dans un village, à la fin des années 60, chacun vaque à ses (pré) occupations : deux gamins rêvent de voyage dans l'espace et de machines à voyager dans le temps, un pilote fait des réglages pour obtenir de sa bagnole la trajectoire parfaite, son assistant tente de capter des signaux radio/télé venus d'ailleurs, un peintre peint des ciels, et modifie sa façon de peindre, une chercheuse en morphogenèse casse des vitres  au marteau,  une modèle pose et provoque des émois, un petit singe se ballade, des têtards gigotent, bref chacun s'agite et vibrionne dans son coin, interagissant parfois avec un ou plusieurs des autres éléments, dans cette plaisante et foutraque Théorie du chaos (revendiquée -et revisitée- par son réalisateur.) jusqu'à ce qu'un élément perturbateur vienne encore en rajouter dans cette agitation...
C'est... musical : minimal, répétitif, chacun jouant sa partition, avec ses variations et ses reprises. D'une drôlerie singulière, "décalée" pourrait-on dire, et plutôt  réjouissante.  Et très précisément écrit malgré ses airs de divagation et d'aléatoire. Le propos-goût double du film (entre vulgarisation scientifique tous azimuths -et certes le film l'est un tantinet, azimuthé- et réflexion(s) sur l'art -et la façon de créer-) est illustré et mis en forme par cette succession de micro-billes fictionnelles et autonomes, mais le résultat, s'il est plaisant incontestablement  ne nous en laisse pas moins  un peu sur notre faim... Parfois on le sent plus étique qu'éthique, et c'est un peu dommage...
On n'est pas trop sur d'avoir vu ce qu'on a vu  ("C'est une histoire vraie ?" a demandé un des spectateurs au réalisateur) et d'ailleurs je suis sûr qu'aucun de nous n'y a vu la même chose. Moi, j'avoue avoir suivi plus particulièrement l'itinéraire du peintre et celui des deux gamins. Les Cahiaîs ont raison (leur critique était belle) il y a un parfum de Tati là-dedans. J'aurais voulu être un mécène et avoir plein de pépètes pour les offrir à Philippe Fernandez, afin qu'il puisse  réaliser vraiment le film dont il avait rêvé...

19146625

9 octobre 2011

le petit robert qui fait que des conneries

LE SKYLAB
de Julie Delpy

J'aime beaucoup cette nana-là : Déjà, il ya longtemps, lorsque, diaphane, elle faisait de la motocyclette dans Mauvais sang de Léos Carax, jusqu'à plus récemment, un Two days in Paris de plus que réjouissante mémoire. J'avais fait l'impasse sur La comtesse, mais, celui-là, j'avais très très envie. Parce que Julie Delpy, justement, parce qu'une histoire de (repas de) famille, parce que la bande-annonce m'avait alléché, parce que la distribution était longue comme le bras,et voilà. (La promo avait, semble-t-il, bien fonctionné en ce qui  me concerne.)
En plus on est dans les années 70, et toute la famille se retrouve pour fêter l'anniversaire de la grand-mère. (En réalité, il y en a deux, de mamies, Bernadette Lafont et Emmanuelle Riva, joli pan de cinéma s'il en est...).Et on va suivre toute la famille pendant cette journée (et même la suivante), et comme ils sont beaucoup, ça fait plein de petites histoires, qu'on suit, qu'on devine, qu'on surprend, qu'on essaye de démêler, et donc de situations, de dialogues, d'échanges, de polémiques, d'engueulades, de fou-rires ou de crises de larmes.
Tout ça encadré par une pré- et une postface qui, hormis le plaisir d'y voir Karin Viard, ne me semblaient pas du tout indispensables, mais bon, -l'apologie de la famille a été suffisamment faite pendant le film sans qu'il ait besoin en plus qu'on la justifie...- qui nous permet de re-situer les choses...
Voilà, une grande famille, une petite fille, Albertine (n'aurait-elle rien à voir avec notre Julie D. quand elle était petite ?) enfin, pas si petite, elle a onze ans, tout de même! Qui va être un peu le pivot de toute cette histoire, puisque c'est de ses souvenirs dont il est question. Ses parents (Eric Elmosnino et... Julie Delpy!) ressemblent aux vrais parents de Julie Delpy (qu'on avait pu voir jouer leur propre rôle dans le Two days in Paris précédemment évoqué) sont les "brebis galeuses" de la famille : comédiens, gauchistes, soixante-huitards, alors que tous les autres semblent bien ancrés dans une droite franchouillarde et gaulliste...
C'est très plaisant à suivre, toutes ces bribes de conversations (encore une fois c'est très écrit, et les dialogues font souvent mouche), ces histoires de familles -petites ou grandes, et c'est simplement filmé. On peut dire que c'est un film mineur (comme quand on n'a pas encore dix-huit ans, qu'on est encore dans l'enfance, l'insouciance,  délicieusement irresponsable), sans enjeu scénaristique énorme (le skylab du titre on s'en tape un peu, contrairement aux personnages, et il ira d'ailleurs s'écraser bien... ailleurs), mais ça fait du bien. Comme on regarderait en douce des vieux films de famille en super huit. (Il y a la même chaleur dans les images, d'ailleurs ; bien que bretonnant, c'est un film tout à fait solaire). Les adultes, certes, mais on a aussi toute la troupe de gamins et gamines, du plus petit jusqu'au grand benêt de 17 ans qui ronchonne parce qu'on l'a encore mis à la table des mômes... avec notamment un Robert, qui donne son titre à ce post, que je n'aurais pas aimé avoir en classe...)
Et quelques sujets de satisfaction supplémentaires
- c'est un FAQV (hihi, merci Marie), avec une jolie scène, fugace, mais sympathique (et ce n'est pas celle chez les nudistes, comme on aurait pu croire...)
- une double interaction entre la fiction (sur l'écran) et la réalité (de la salle) : quand l'oncle Hubert (joué par le père de Julie Delpy, Albert) oublie les paroles de La balade des gens heureux (oui, oui, il y a aussi des chansons, comme dans tout repas de famille qui se respecte!), j'ai entendu distinctement -quoique en sourdine- ma voisine de gauche qui lui soufflait les paroles, et, de même, quand ma voisine -de devant cette fois- s'est levée et s'est mise à se trémousser dans l'allée sur Born to be alive, comme si elle était en discothèque...
- le fait que, encore une fois, ne connaissant pas les joies de la famille (ni nombreuse, ni rikiki), j'ai vécu tout ça avec grand bonheur, quasi comme une vraie expérience, (re)vécue et intime!
- le plaisir de revoir Jean-Louis Couloc'h (tout habillé, mais bon, avec un joli bouc poivre et sel)
...et le fait que, encore une fois, ce sont les femmes qui tiennent la dragée haute : Bernadette Lafont et Emmanuelle Riva que j'ai déjà citées,  Julie Delpy, Aure Atika, Valérie Bonneton, Sophie Quinton, et, tout spécialement, Noémie Lvovsky (dont je ne m'étais jamais aperçu qu'elle avait autant de conversation...)

Le Figaro (dommage) a parlé d'un film-doudou, (oui, dommage que ce soit eux qui aient trouvé l'expression, mais rendons à César...) je trouve ça très juste. (bon c'est la première et la dernière fois que je cite ce journal dans ces colonnes, j'espère, hihihi!). Comme dans les repas de famille, ne parlons pas de politique!

19735985

26 février 2011

pomme de reinette (et pomme d'api ?)

9782070129065

(Désolé, je ne sais pas faire les o barrés , alors, j'écrirais Nesbo, au lieu de Nesbo avec un o barré...)
J'ai découvert nesbo avec Le bonhomme de neige, qui m'avait tellement emballé que j'avais rembobiné toute la bibliographie du gus, excepté les deux premiers (L'homme chauve-souris, dont je connaissais le nom du tueur, et les cafards, trop exotique), mais, bon j'ai tout lu, et à chaque fois autant apprécié... Rue sans-souci, Rouge-gorge, L'étoile du diable, Le sauveur, -les deux derniers que j'avais d'ailleurs eu la chance de trouver chez Gibert en grand format et à petit prix, juste, peut-être parce qu'ils étaient rangés sur le dernier rayon tout en haut et qu'il n'y avait pas de tabouret immédiatement accessible...- Il vaut mieux, pour qui découvre, les lire dans l'ordre...
Nesbo, c'est un style, une vraie écriture (ce qui n'est pas si fréquent chez les auteurs de polar), avec un sens de l'intrigue et de la manipulation du lecteur (il est très fort pour ça : il vous écrit une chose, et, en tant que lecteur, vous en comprenez -ou imaginez- une autre, parce que, volontairement, il vous a égaré en utilisant un terme vague ou impersonnel, et vous avez alors cru bon de croire ce que vous avez bien envie de croire...
Méfiez-vous, donc. si les choses ne sont pas dites explicitement, c'est qu'il s'agit d'un jeu de miroir, d'une duperie, d'une manipulation. Mais qu-est-ce que c'est agréable de se faire rouler dans la farine avec une telle maestria!
Nesbo, c'est aussi le héros récurrent de ses bouquins (sauf dans l'avant-dernier) un nommé Harry Hole, un vrai de vrai, un dur de dur, alcoolo plus ou moins maîtrisé, ne répugnant pas à une petite défonce de temps en temps, sacahnt se servir de son flingue, de ses points, mais aussi de ses cellules grises... Car il y a toujours une énigme à la clé de chaque roman, où comme dans tout bon thriller qui se respecte, il ya un assassin qui commet des crimes et qu'il s'agi de découvrir l'identité. Le personnage d'Harry Hole est assez fascinant : il peut être violent, très violent même, mais, aussi, des fois, il pleure. Et Nesbo maîtrise cet art du chaud et froid, avec un art consommé (comme dirait les critiques de certains journaux) et jubilatoire (comme on écrirait dans Téléramuche...)
Le léopard, c'est donc l'assassin qui nous occupe dans le roman du même nom, un pavé de 760 pages (même pas écrites plus gros que d'hab'), auquel Harry va devoir s'affonter. Assassin aux crimes relativement atroces, d'autant plus qu'ils nous sont décrits d'assez minutieuse façon (j'ai failli lâcher le roman dès le premier chapitre!). Sous une couverture en couleur, une première me semble-t-il dans la collection La Noire, mais la couleur rouge -finalement- s'y justifie doublement...
J'ai dû en fractionner régulièrement la lecture (oui, je suis extrêmement bon public...) tant l'auteur sait nous tenir en haleine, parfois jusqu'à l'intenable! De temps en temps, il fallait que je repose le bouquin pour aller prendre un peu l'air,bref, pour changer d'air, quoi..., quand la tension devenait par trop insupportable.
Le bouquin est vraiment très bien fichu, c'est passionnant de bout en bout, et Nesbo est très fort pour les révélations ou les changements d'éclairage en fin de chapitre (chapitres qu'il a la sagesse d'écrire plutôt courts, avec parfois plusieurs séquences dans la même page, juste séparées par un saut de paragraphe, pour nous faire entendre les différentes voix  (voies) qui permettent à l'intrigue de progresser... On tient un coupable qui est arrêté vers la page 500, mais non, c'est mal connaître l'auteur, qui va redémarrer après un genre de demi-tour au frein à main, suivant sa technique habituelle...
A recommander, sans modération!!!

 

25 octobre 2010

chez-soi

AWAY WE GO
de Sam Mendes

Un rattrapage en dvd. On a passé le film dans le bôô cinéma, mais, je ne sais plus pourquoi je n'ai pas pu le voir. Vacances, sans doute ? Alors j'ai profité d'autres vacances pour le regarder.
Quel bonheur ! Un "petit film" selon son réalisateur, parce que sans stars contrairement à ses précédents, mais la différence n'apparaît pas à l'écran, justement. Un film doux, incontestablement,  un film tendre et attachant.
Que d'aucuns pourront trouver naïf ou idéaliste, mais, c'est parfois tellement agréable de se laisser porter...
Une jeune fille enceinte et son copain sont, par la force des choses, obligés de partir un peu sur les routes pour trouver l'endroit idéal où ils pourraient se poser, s'installer. Ils vont donc, dans des endroits très différents, visiter des membres de leurs familles ou des amis. Ce qui leur donne l'occasion, à chaque fois, d'expérimenter de visu une problématique familiale ou affective nouvelle...
Oui, le film est conçu comme une succession de scènes indépendantes, dont le fil conducteur est nos deux tourtereaux à chaque fois on the road again.
Et la musique d'Alexi Murdoch n'est pas étrangère à la sensation de douceur, de tendresse, qu'on éprouve à la vision du film.
Une petite douceur automnale.

19165367

12 mars 2010

de l'inde et de la photographie (2)

Revenons à nos moutons photographiques, donc... Oui, vraiment, je les aime, ces images qu'on pourrait qualifier de "ratées" (techniquement et objectivement parlant : cadrage, exposition, mise au point...), mais je précise que j'ai toujours eu avec la photo des rapports embrouillés (brouillons ?) ; quel n'avait pas été mon ravissement , dans les années 70 (ououououh!) en découvrant la position "pose b" sur mon premier réflex, celle qui vous garantissait justement que vous ne sauriez pas du tout ce qui apparaîtrait dans le cadre au développement...
J'aime le flou, l'imprécis, l'approximatif (là où d'aucuns diraient "J'aime l'armée..." sur un ton qui reste encore à définir, s'pas Pépin ?). J'aime les détails, j'aime les à-côté, j'aime les objets célibataires, j'aime rendre abstraite une composition tout ce qu'il y a de concrète, j'aime essayer d'avoir un regard décalé, attentif, ou désinvolte suivant les cas...

P1100115P1100385P1100409P1100499P1100520P1100542P1100546P1100595P1110178P1110186P1110325P1110625

(de la première moitié du voyage)

1 mai 2011

huit minutes

SOURCE CODE
de Duncan Jones

(Voix plaintive : "...Oui mais il fallait que je "réamorce" ma carte P*thé, et Dominique avait trouvé des bons pour une place à 5€ à Casto, et elle avait envie de voir ce film, et il n'y avait que ça de "bien" qui passait à la séance de 16h, et tant pis si c'était en VF..."), bref, trève de gémissements et de justifications a posteriori,et  retour au présent : et ben c'était  vachement bien!
j'ai appris que le réalisateur n'est autre que le fils de david bowie, et qu'il a déjà réalisé un film de science-diction, Moon, malheureusement ici sorti directement en vidéo. L'intrigue de souce code peut sembler relativement tarabiscotée (le terme ressemble à ce qu'il veut exprimer...) C'est le problème avec les histoires de voyages dans le temps et d'univers parallèles (et c'est ce qu'il me plaît).
Le pitch ? un mec est renvoyé dans le temps, pour revivre toujours les mêmes huit minutes précédant l'explosion d'une bombe à bord d'un train de voyageurs, avec pour mission de trouver la bombe, le terroriste, et de mettre ce dernier hors d'état de nuire. Au niveau du film, ça donne un cocktail entre, disons, Un jour sans fin (pour la répétition), Je t'aime je t'aime (pour le voyageur temporel), et, euh... Piège de cristal (par exemple)  pour le superhéros qui lutte contre le méchant terroriste. Sans oublier un petit chouïa de Johnny got his gun, pour faire bonne mesure.
C'est très plaisant à suivre, même si ça peut effectivement paraître de plus en plus compliqué. La preuve, le fait que ça soit en VF ne m'a absolument pas dérangé. Dommage que (ça doit être les méchants producteurs ricains) on doive se fader à la fin une love story guimauvesque et sirupeuse (genre "l'amour est plus fort que le temps, plus fort que la mort, plus fort que tout, quoi") en même temps qu'un genre de sésame pour Source code 2, Source code 3, etc.

19693276

15 mars 2015

d'inde

Une semaine qu'on est rentrés, et je viens seulement de faire ma première "vraie" nuit : de 22h à 6h non-stop (ce qui tient du prodige!)
Toutes les nuits, sans exception, je suis reparti là-bas, en rêve, comme si mon cerveau avait besoin de se purger : il y avait beaucoup de gens, des visites à faire, des choix aussi, bref, je n'ai pas arrêté!
J'ai trié les photos (1700 et quelques!) dont il a fallu jeter une certaine quantité : les flous de mise au point , ceux dûs au mouvement, à la vitesse, au manque de lumière (ah, la lumière, la "bonne" lumière...), les décadrées, les inintéressantes, les saturées, les sous-exposées, les sur-exposées, les avec Christine -ou quelqu'un d'autre- qui passe dans le champ au moment du déclencheur, les où on voit la vitre de la voiture -pourtant baissée- qui ne semblait pourtant pas apparaître sur l'écran de contrôle, les avec mise au point pas sur le bon sujet -quoique ça puisse en faire des rigolotes parfois, bref, on va commencer un peu par le rebut, donc (bien que pour certaines, qui ne pourraient jamais figurer dans un "carnet de voyage" décent et qui se respecte, j'ai une tout aussi certaine tendresse), voici donc un catalogue de "quelques façons de rater des photos en Inde" :

 

01-DSC07714

02-DSC07776

03-DSC07808

04-DSC07874

05-DSC07892

06-DSC07953

07-DSC08088

08-DSC08111

09-DSC08269

10-DSC08519

Euh... vous remarquerez une certaine... homogénéité (hihi) dans le choix des thèmes, non ? Dès le départ, j'avais prévenu mes co-voyageants (et co-photographiants), comme lors du précédent voyage : "je ne fais pas les monuments, je ne fais pas les femmes...". Me restait donc, grosso-modo, les hommes, et "le reste" (l'à-côté, les détails, les murs, les machins par terre, les reflets, les ombres, et, comme disait mon ami Philou "ce qui est intéressant, c'est ce qui n'est pas intéressant...").
J'aurais pu rajouter "je ne fais pas les temples, je ne fais pas les fermes typiques, je ne fais pas les artisans, je ne fais pas les porteuses d'eau, je ne fais pas les saris, je ne fais pas les maisons en bouse, je ne fais pas les photos de famille, je ne fais pas les jeunes mariées, je ne fais pas les morveux, je ne fais pas les singes, je ne fais pas les saddhus..." Bref je n'ai pas tout à fait déclenché au même moment que les autres (il fallait bien que je cultive ma singularité), et je suis resté quelquefois dans la voiture tandis que mes acolytes mitraillaient avec délices la populace...
chacun pratique la photo comme il l'entend...
J'ai choisi un appareil avec un gros zoom (le sony avec un x30) parce que je suis timide et délicat, et que je préfère prendre quelqu'un d'un peu loin plutôt que d'ailler lui mettre mon zoom (oups j'ai failli écrire mon zob) sous le nez et de le shooter sans vergogne, ça me donne -illusoirement- le sentiment d'un peu plus le respecter (et la sécurité de ne pas risquer de me prendre un coup de poing sur le groin - ce qui, en Inde, est relativement rarissime-, mais on se rassure comme on peut.), mais bon cet appareil m'ura un peu déçu en me montrant ses faiblesses (il me semble que mon tz7 était beaucoup plus performant pour la netteté -et la vitesse- dans les scènes en rafale, par exemple, et que son écran, surtout était plus lisible en cas de forte lumière, là, on n'y voit carrément que dalle, il faut mettre la main au-dessus comme un petit auvent pour risquer d'y distinguer à peine quelque chose...)

 

31 mars 2012

ton âme était dans le slip de V.G ?

TWO DAYS IN NEW-YORK
de Julie Delpy

Mettons les choses au point : j'adore Julie Delpy. A part La Comtesse, que je n'ai pas eu envie de voir, j'aime tout le reste. J'ai énorméméent aimé (et beaucoup ri) à Two days in Paris (même si, je me souviens, j'étais quasiment le seul à le faire dans la salle) et donc j'attendais impatiemment cette suite.
Le personnage central reste le même (Miss Delpy), mais elle a cette fois-ci changé de boy-friend. elle vit avec lui, à New-York, et, cette fois, c'est son père et sa soeur qui viennent lui rendre visite. Et c'est là que c'est un peu dommage : ils ne sont pas que deux, ils ont amené avec eux un troisième larron, l'actuel boy-friend de la soeur. Et chacun des trois personnages : Manu le beauf lourdingue, Papa le ravi et Soeurette psycho-nympho machin-chose, est un peu trop chargé. Et, hélas, le personnage laisse peu de chances à l'acteur qui l'incarne (à moins que ce ne soit le contraire...)
Julie Delpy a eu tort de penser qu'elle ne pouvait pas à elle seule constituer un centre d'intérêt suffisant avec Mingus, son amant, et en a donc ainsi rajouté quelques louches, c'est donc parfois c'est un poil lourdingue (Albert Delpy, notamment, est parfois à la limite du grotesque tellement il joue en roue libre) et  c'est dommage, sans ça, le film eut été autrement plus plaisant.
La famille est un sujet qui semble vraiment lui tenir à coeur (cf le récent Skylab dont je me suis tout autant régalé), et elle parvient même à nous tirer une larmichette à propose de sa maman (immédiatement suivie d'un éclat de rire, c'est comme ça que ça fonctionne chez julie d., et c'est très bien...)
Ce mélange de tendresse et de vacherie, de fleur bleue et d'humour noir,  me ravit, vraiment. Sans les trois frenchies caricaturaux, c'eut été encore mieux! Parvenir à faire rire avec une histoire d'âme vendue ou de fausse tumeur au cerveau, faut oser quand même! Et elle, elle le fait!
Absolument délicieux à certains moments et parfaitement indigeste à d'autres! (mais je t'aime toujours autant, Julie, va!)

20034907

 

24 mars 2012

arriba riba riba!

Que le temps passe vite! Déjà à la moitié de notre jolie semaine latina, et pas encore eu le temps de pondre un petit quelque chose! petit survol rapide des 4 films déjà vu jusque là :

19846107

EL CHINO
de Sebastian Borenzstein

Une comédie réjouissante, et pas seulement parce que je me suis identifié grave au héros (!) : il s'appelle Roberto, c'est un vieux garçon ronchon (pléonasme) et maniaque (idem). A cause d'une vache, le voilà obligé par un concours de circonstances, à cohabiter avec un chinois qui ne parle pas un mot d'argentin... En attendant de trouver -rapidement, il l'espère- une solution, voilà notre "héros" forcé de bousculer ses habitudes, ce qui ne va pas sans problèmes et difficultés diverses... Une comédie tendre, aussi idéaliste qu'idéale, qui fait du bien, simplement. Meuh!

*

AFICHE La vida util

LA VIDA UTIL
de Federico Veiroj

Un film uruguayen, charmant, en avant-première, qui plus est en présence de son acteur principal (qui arrivait quasiment directo de Montevideo pour venir nous le présenter dans le bôô cinéma) tout ça hélas devant un nombre de spectateurs que je ne n'écrirai pas tant il m'a déçu et agacé. (...) Tant pis, ils ne savent pas ce qu'ils perdent, ceux qui n'étaient pas là ! (Rendez-vous compte, on a eu l'avant-première avant le MK2 Beaubourg, où notre cher Jorge Jellinek devait présenter le film le lendemain...). Un film en noir et blanc ("muy especial") comme il fut sobrement décrit, sur un vieux garçon (encore!) qui travaille depuis 25 ans à la Cinémathèque de Montevideo, et doit soudain faire face à un incident majeur : il est viré! C'est cinéphile et cinéphilique, c'est certes un peu pointu, mais c'est en même temps tellement agréable que, décidément, on n'a envie d'en dire que du bien!

*

 

19720368

REVOLUCION
de dix réalisateurs différents, pour les 100 ans de la révolution mexicaine

Qui dit programme composite dit intérêts partagés...
Mes préférés ?
LA BIENVENUE de Fernando Eimcke, LE PRÊTRE PENDU d'Amat Escalante, (deux très  beaux films en noir et blanc, chacun avec un univers singulier, et chacun mettant en oeuvre une dimension particulière,  l'un le temps et l'autre l'espace), R-100 de Gerardo Naranjo (un univers coloré/contrasté, muet et  sanglant : des mecs, des bagnoles, des accidents... viril, quoi!) , et 7TH STREET AND ALVARADO de Rodrigo Garcia (un essai poétique et urbain : un coin de rue, aujourd'hui, où passent soudain les fantômes des révolutionnaires, dans un fabuleux plan-séquence, au ralenti. Bluffant)
Des films sympathiques, mais pas entièrement convaincants :A NOTRE BIEN-AIME, de Patricia Riggen, LUCIO de Gael Garcia Bernal,  LE MAGASIN DE L'HACIENDA, de Mariana Chenilo, 30/30, de Rodrigo Pia, et PACIFICO de Diego Luna, plus classique dans leur forme et dans leur narration, et dont on se demande parfois (surtout pour le dernier) de quelle façon ils se rattachent au thème...
Et, inclassable CECI EST MON ROYAUME, de Carlos Reygadas, qui fait tellement son Reygadas que ça peut en devenir insupportable... (je détestais franchement au début, puis -peut-être parce que je me suis dit "tiens ça doit être le Reygadas..."- j'ai mieux aimé ensuite.) Mais c'est assez incompréhensible, et formellement éprouvant.

*

 

trabalhar-cansa-22385-22159200
TRABALHAR CANSA
de Juliana Rojas et Marco Dutra

Un autre film en avant-première (il doit sortir début avril). Brésilien (ce qui, en ce qui me concerne, ne joue déjà pas en sa faveur hihi). Un film qui commence dans le social-réaliste-contemporain-urbain (un jeune couple avec fillette, la dame veut racheter et remettre en état une supérette à l'abandon tandis que son mari se fait justement virer de son emploi...) Et va se mettre soudain à dériver par bouffées vers le fantastique-inquiétant-zarbi-épouvante, sans qu'au bout du compte on  soit vraiment sûr de ce qu'on vient de voir. Beaucoup de pistes ébauchées (à l'image du titre, attirant, et de l'affiche, singulière) : le travail, les relations de pouvoir, le travail au pouvoir, le pouvoir au travail, le pouvoir du travail, le travail du pouvoir... et ces machins innommables cachés derrière ce mur pourrissant...
Les réalisateurs se promènent, et nous promènent, parsemant leur récit "normé" (le travail, au Brésil, aujourd'hui) de clins d'oeil (facétieux ?) macabres et/ou fout-les-jetonnesques, mais on peut regretter, au final, que tout ça s'éparpille un peu trop (et que certains  personnages (la fillette, la bonne) soient insuffisamment exploités). cette scène finale qu'on n'est pas certain de savoir comment elle se rattache au reste exactement.
Intriguant, prometteur, mais, au final, un peu frustrant, au vu des potentialités entrevues.

*

14 mars 2012

reconstitution

38 TEMOINS
de Lucas Belvaux

Il y au moins trois films dans celui de Lucas Belvaux :  la relation  d'un fait divers (une femme se fait assassiner une nuit sans que personne ne réagisse à ses cris et ne vienne lui porter secours, et l'enquête qui y fait suite, jusqu'à la très très impressionnante reconstitution qui la clôt) ; un documentaire sur l'activité portuaire du Havre, graphiquement et plastiquement somptueux ; et , enfin, la chronique d'un couple (Yvan Attal et Sophie Quinton), et c'est là que le bât blesse, qui semblent hélas avoir été inscrits au Grand Concours des Meilleurs Clichés et Poncifs des Dialogues de Romans-Photos, tant leurs "échanges", les pauvres, sont d'une sottise et d'une platitude à pleurer, et c'est dommage.
Yvan Attal (qui co-produit d'ailleurs le film), qui joue celui qui a tout vu mais qui n'a rien dit -le 38ème témoin du titre-  s'est fait une tête à la Steven Seagal, un masque monoexpressif "regardez comme je suis malheureux et rongé par la culpabilité", on l'a connu plus souriant et on aimait ça! Sophie Quinton et Nicole Garcia (l'épouse qui n'a rien vu et la journaliste qui voudrait savoir) sont très bonnes toutes les deux, même si elles souffrent aussi hélas des ineptes dialogues qu'on leur fait débiter.
Le fait que le film soit basé sur un "fait-divers authentique" n'enlêve rien à la déception ressentie. Lucas Belvaux a déjà réalisé des films inconestablement plus justes, plus humains, pour réussis. Trop de pathos tue le pathos, comme dirait l'autre. Restent une scène de reconstitution glaçante et des très très belles images du Havre. C'est déjà pas mal, me direz-vous...
(Tiens, et pour une fois, Pierre Murat est d'accord avec moi, hihihi!)

20024468

6 octobre 2011

paquets de couches

UN HEUREUX EVENEMENT
de Rémi Bezançon

(Mettons tout de suite les choses au point : je ne serais pas du tout opposé, moi non plus, à avoir un bébé de Pio Marmaï, fermez la parenthèse).
Je l'ai vu mardi soir, pour 5€, je me sentais l'âme indulgente et bon enfant du mardi soir, et je dois dire que j'ai plutôt passé un agréable moment. Je serais donc tenté d'être plus indulgent que mon amie Emma qui m'a dit avoir vu un film "épouvantable". Certes, la féminitude, l'enfantement et la maternité sont pour moi de virginales terrae incognitae, et j'ai donc suivi tout ça, le processus de a à z, depuis la rencontre au vidéo-club (une scène que j'ai vraiment beaucoup aimée), jusqu'à la fin des haricots avec... curiosité. C'est une femme qui est la voix off (le personnage incarné par Louise Bourgoin, mimi comme tout, certes, mais... philosophe ? Wittgenstein ?), qui tombe amoureuse de Pio Marmaï (je le redis, oui, on peut comprendre...), est enceinte des oeuvres d'icelui, et hop, la vie continue, plus ou moins bien dans cet état de choses...
Certes, il ya là-dedans sans doute beaucoup de clichés et de lieux communs, (mais c'est le nom et l'essence même de ce blog, les clichés et les lieux communs, et je ne peux donc m'en désolidariser tout à fait.) D'autant plus -je serais malhonnête de renier mon plaisir- qu'il m'est arrivé a maintes reprises d'éclater de rire (le film est mieux dans le rigolos que dans le pathos).
Soyons indulgents, donc. On a vu pire! On a vu mieux, certes, mais aussi bien plus pire!
(Allez, viens dans mes bras, mon petit Pio, et raconte-moi ce qui ne va pas, que je te console...)

19792498

3 septembre 2011

nez-percés

LA DERNIERE PISTE
de Kelly Reichardt

Encore un beau film. décidément, on est dans une période faste. Un format inhabituel (proche du carré) un générique inhabituel (brodé au point de croix!) pour un film inhabituel : un "western" quasiment autiste, économe, minimaliste, mais beau comme tout. Exigeant certes, mais, hein, on n'a rien sans rien...
C'est le troisième film de la réalisatrice (on a donc projeté son intégrale dans le bôô cinéma!) après Old joy (une balade en forêt entre deux copains) et Wendy & Lucy (une balade dans les faubourgs entre une jeune routarde et sa chienne), et celui-ci est aussi déambulatoire : la "balade" d'une troupe de pionniers paumés dans la cambrousse américaine, suivant un soi-disant guide, en 1845. trois familles avec chariots, armes et bagages, marchant toute la journée à travers de mornes et arides paysages, voyant leurs provisions et leurs réerves d'eau s'amenuiser inexorablement sans que l'eldorado tant espéré ne se manifeste...
Comme dans ses autres films, kelly reichardt ne met pas véritablement en jeu de palpitantes péripéties ni de rebondissants rebondissments. Juste une progression, rectiligne, de plusieurs personnages observés le plus objectivement possible. La vie de ces "pionniers" n'est effectivement pas a priori d'un grand  intérêt, leur quotidien est plutôt morne et répétitif (l'évènement le plus "pittoresque" en sera la rencontre avec un indien, un seul, égaré là, et dont chacun se demande bien comment il va falloir s'arranger de celà.)
De cette trame rustique, terrienne, minimale, Kelly Reichardt tire un film d'une beauté plastique impressionnante, d'une splendeur majestueuse, tirant vers le superbe un quotidien poussiéreux et progressivement de plus en plus désespérant. Où les éléments naturels transcendent la mocheté suffoquée de cette errance (ils ne savent jamais vraiment ni où ils sont, ni où ils vont, et ne se projettent que par rapport à ce qui les attend juste après la prochaine colline. Derrière l'horizon, les illusions, quoi.)
Un beau portrait de femme (Michelle Williams, celle qui jouait la routarde du film précédent), de maîtresse- femme même, dans ses rapports avec le "guide", avec l'indien, pour un bien beau film, je le répète, qui a de plus le courage (la force) de nous abandonner à la fin, sans ménagement,  exactement comme,  justement, ce groupe perdu.
Superbe.

19730269

4 août 2011

continuons le combat

SALE TEMPS POUR LES PÊCHEURS
de Alvaro Brechner

(Je croyais faire le malin avec un film en hyper avant-première, vérification faite, il est sorti depuis mars 2011! Bien fait pour moi). Un lutteur professionnel neurasthénique et atteint par le limite d'âge (ceci expliquant cela ?) est coaché par un matamore hâbleur (sur le retour lui-aussi) et tous deux débarquent dans une petite ville trou du cul du monde d'un pays sud-américain pour y organiser un match truqué avec à la clé 10000 dollars (qui n'existent pas) si le challenger réussit à tenir tête trois minutes au champion du monde (enfin, à l'ex-).
Le début n'est pas très emballant : on a l'impression d'assister à un truc mille fois déjà vu : petit film indé sans moyen, exposition plate, couple masculin mal assorti sur lequel planerait l'ombre de Macadam cow-boy, situations prévisibles, personnages convenus, poncifs narratifs, bref, on soupire déjà et on s'apprête à prendre son mal en patience, quand  tout à coup, suite à une scène nocturne entre le catcheur dépressif et son "entraîneur", le film sort de la convention, passe à la vitesse supérieure, prend de la hauteur, aussi mystérieusement qu'indiscutablement, et, du coup, on n'a plus envie de zapper, on est harponné, chevillé, touché, attendri, par ce qui se joue devant nous. On est passé de l'anecdotique vaguement pathétique à l'émotion vraie.
Voir un film uruguayen n'est pas si courant, adapté d'une nouvelle de Juan Carlos Onetti qui plus est, et drôle en plus (ce qui est singulier chez Onetti, qui n'est pas vraiment le chantre de la rigolitude...) pour qu'on n'ait pas envie de le défendre. Malgré un début maladroit, le réalisateur nous livre in fine le portrait d'un looser magnifique, d'un has-been mythomane au coeur plus gros que le ventre, qui ne peut que nous attendrir (ah, ce geste magnanime qu'il a juste avant de partir...). Et l'acteur qui l'incarne (Gary Piquer, qui a participé aussi à l'écriture du scénario) n'y est pas pour rien, tant le personnage qu'il a composé nous touche, finalement, après nous avoir maintes fois agacés... Attendrissant.

19616760
(l'affiche est très laide, on dirait qu'elle a été composée en quarante-cinq secondes...)

14 mai 2011

into the wild (wild wild)

ESSENTIAL KILLING
de Jerzy Skolimowski

J'aime beaucoup Vincent Gallo. Comme Joaquim Phoenix, il a "quelque chose", comme une lumière qui brûle à l'intérieur. Et là, en plus, comme ça, avec la barbe et les cheveux, il m'a curieusement fait penser, tout au long du film, au jeune homme en t-shirt, et j'en ai conçu... une certaine émotion. J'avais comme deux films pour le prix d'un (pour 5€, vraiment pas de quoi se plaindre!), et quel(s) film(s)!
Essential killing commence comme un film de guerre basique (minimaliste ?) : trois soldats américains, un hélicoptère, un taliban (ça fait drôle au début, parce que le taliban, c'est Vincent Gallo, qui a une aura assez forte pour qu'on sache que c'est Vincent Gallo, mais bon on s'y fait assez vite et on joue le jeu...). Comme une version "sérieuse" de Four lions ? (j'exagère, oui, oui, je sais...)
On continue à Guantanamo, (ou équivalent) où notre barbu est détenu, puis on va ailleurs (de toute façon rien n'est jamais nommé précisément) quand un bienvenu accident de camion permet à notre Taliban Gallo de se faire la malle, pieds-nus et dans la neige, et s'enfuit, ce qu'il va faire jusqu'à la fin du film.
Il y avait un film qui s'appelait La course du lièvre à travers les champs, c'est tout à fait ça. Un homme (on se saura son prénom qu'au générique de fin) fuit, et les autres essaient de le rattraper, par tous les moyens (et ils en ont, des moyens! Au début la partie semble déséquilibrée, et jouée d'avance, mais notre fugitif est visiblement expérimenté, et il a comme qui dirait de la ressource...)
Il avance, il avance, il zigzague, il se cache, il surgit. (il survit). Il mange des oeufs de fourmi, du lichen, des baies toxiques, un poisson cru, et finit même pas téter directement une grosse dame saoule. Plutôt que de killing, il est question de survival. L'instinct vital. Comme un jeu absurde et cruel, où, pour progresser, notre héros barbu et chevelu (et mutique) doit éliminer des gens pour récupérer des points de vie ou de confort supplémentaires...
Tout ça est filmé de manière très graphique, dans un quasiment noir et blanc (et rouge) splendide (la neige est toujours extrêmement photogénique), sans qu'une seule parole soit prononcée par le fuyard (ni d'ailleurs par la femme qui va lui venir en aide, qui est jouée par Emmanuelle Seigner.)
Skolimowski m'avait  déjà ravi la dernière fois dans son très beau Quatre nuits avec Anna, il m'a ici, à nouveau, fortement impressionné. Sur un canevas minimaliste,  il met en place une oeuvre forte, âpre, viscérale, dense. Quasiment théorique, presqu'à la limite de l'abstraction, mais pourtant terriblement physique, humaine.
Intense et splendide.

19700535

6 mai 2011

"highly employable"

THE COMPANY MEN
de John Wells

Ben Affleck, c'est dommage.
C'est un peu l'équivalent de Julien Boisselier en version américaine. Un acteur sympathique, je l'aime bien, mais il est... raplapla, transparent ou quasi,  il lui manque quelque chose. Impersonnel (à propos de JB, j'avais écrit "avec un charisme de pomme golden"). D'aucuns (critiques) l'ont qualifié (Affleck) de "fade", et c'est d'autant plus flagrant lorsqu'il est confronté, comme ici, à un Tommy Lee Jones en très grande forme, ou même un Kevin Costner grandiosement ressuscité.
Une histoire de gros sous, money money money, où on suit en parallèle les destins de trois employés d'une même multinationale, à des postes de responsabilités assez importants, qui vont avoir le point commun d'être successivement virés tous les trois, et d'avoir donc à réagir à cet état de fait...
Profits, actionnaires, dividendes, DRH, points d'indice, actions, toute la sale mécanique financière est exposée. Inhumaine, cynique, ça on le savait déjà, mais jusque là on connaissait plutôt les histoires de pauvres ouvriers au cômage, tandis que là on s'attache davantage aux états d'âme des pauvres cadres qui se retrouvent dans la charrette. Et la vie continue...
Comme les trois petits cochons ; le premier va se reconvertir dans les métiers du bâtiment (et retrouver youp la boum le sens des vrais valeurs de la vie), le deuxième va virer alcoolo et finira par se suicider dans son garage, le troisième va en profiter pour se séparer de sa femme, emménager chez la DRH (plus jeune et plus blonde), et créer une vraie entreprise humaine avec toutes les stock options et toutes les subprimes et toutes les plus-values qu'il a accumulées -il n'est visiblement pas dans la misère, lui, et n'a pas de problème d'échéance de prêt immobiliers et de traites pour la Porsche, contrairement aux deux autres- et embaucher, tiens donc, justement in extremis le premier petit cochon, qui va devenir gentil directeur de cette gentille entreprise humaine. Et re youp la boum.
C'est très... ricain. Ca se regarde avec plaisir, ça n'est pas indigne, c'est juste moral, manichéen, prévisible,  les méchants sont très méchants (comme dans la vraie vie), et les gentils ont des soucis qu'ils arrivent à régler parce qu'ils sont entourés d'une famille aimante (on pense au clip de Peter Gabriel Don't give up, avec Kate Bush), probablement parce qu'ils sont bien blancs, qu'ils ont  la foi dans leur pays -ils ne sont pas ricains pour rien, hein!- et parce que G*d bless America, voilà. (Placer là l'hymne national). Pas forcément comme dans la vraie vie.
J'exagère, je plaisante, mais à peine.

19625865
(l'affiche est à l'image du film : jolie, parlante, imagée, littérale...)

21 février 2011

décalage horaire

ET LA-BAS, QUELLE HEURE EST-IL ?
de Tsai Ming-Liang

Un film que j'avais raté quand il était passé au Bôô Festival (je me souviens juste d'une discussion post-proj' entre Hervé et Mireille, qui m'avait donné envie de le voir.) Invisible ensuite, difficile à acheter (en tout cas à un prix décent),  Et je suis donc resté (depuis 2001) assez longtemps sur ma faim, mais j'ai enfin réussi à le télécharger malhonnêtement récupérer en tout bien tout honneur, et en  VO.ST anglais (mais vu le peu de dialogues qu'il y a, la VO seule eut été quasiment envisageable...)
Chronologiquement (...) il vient dans la filmo de Tsai Ming Liang, juste avant Goodbye Dragon Inn, qui est -justement- pour moi son film que je préfère.
J'aime les films qui n'ont pas d'enjeu (visible, tout du moins) et donc j'aime énormément Et là-bas quelle heure est-il ?
Formellement, le film est proche de la perfection (chaque cadrage est virtuose dans sa simplicité, sans pour autant le crier sur les toits), le rythme typique des films de Tsai Ming Liang est incontestablement présent (les  fameux "plans-séquences" qui s'étirent, parfois voluptueusement, et parfois douloureusement) et réussit, dans le même temps à nous fasciner (perception de la durée) et à nous surprendre (par cette façon abrupte de couper la scène et de passer à autre chose, au moment où, justement, nous spectateurs, on aurait pensé que ça allait continuer).
Et les thèmes de prédilection du réalisateur : solitude, incommunicabilité, mais aussi cinéma, nourriture et... "traditions"  (rituels ?) sont tous là, fidèles au rendez-vous. Avec une imperceptible -mais indispensable- touche d'humour, une infinitésimale distance, qui rend l'ensemble d'autant plus fascinant.
La trame narrative est mincissime : le "héros" (Lee Kang-Shen, acteur récurrent de tous les films du réalisateur, alter ego comme le fut Jean-Pierre Léaud pour François Truffaut, ça tombe bien on les verra tous les deux passer dans le film), qui vient de perdre son père, vend des montres à la sauvette, et passe son temps à remettre à l'heure toutes les pendules, montres horloges et réveils qu'il croisera dans le film, à l'heure de Paris, ou est partie une jeune fille tristounette qui a tenu auparavant absolument à lui acheter sa montre (qui est double time). Il vient de perdre son père, et voilà que sa mère, avec qui il habite, a du mal à gérer l'évènement en question, et pète un peu les plombs, persuadée que son défunt mari va lui rendre visite post mortem et reincarnationem incessamment sous peu, et s'y préparant donc (sauf s'il s'est réincarné en bestiole et que son fils l'a écrabouillé par inadvertance).
Trois personnages, la mère, le fils, la jeune fille,  trois histoires singulières qui cohabitent dans le récit sans vraiment s'y mélanger. Ultramoderne solitude, légers troubles (dérèglements) physiques, moraux et sociaux, événements minuscules, comme trempés du bout des baguettes dans l'amertume contemplative, sous le glaçage léger de la perfection graphique.
Fascinant, hypnotique dis-je. Un film idéal pour cette fin d'hiver, et une lacune enfin comblée. Merci Tsaïchounet!

286799whattimeisitthere

5 février 2011

mauvaise foi

INCENDIES
de Denis Villeneuve

Vu chez moi (grâce à mon amie Zabetta qui a de l'entregent). Commentaires élogieux de tous les gens que je connaissais et qui l'avaient déjà vu. Ne serai pas tout à fait aussi dithyrambique qu'eux, mais c'est excellent quand même. Avec un twist final que je n'avais pas vu venir mais alors pas du tout (et que je n'ai d'ailleurs -ô benêt que je suis- pas immédiatement saisi.)
Deux jumeaux, à l'ouverture du testament de leur mère, apprennent qu'ils doivent partir à la recherche, qui de leur père, qui de leur frère (dont ils ignoraient l'existence), dans un pays ensoleillé qui a connu la guerre  et qui ne sera jamais nommé (euh, moi qui suis benêt -re- j'ai eu besoin de lire les critiques pour savoir que je m'étais trompé, il s'agit en réalité du L- - -N), "pour que leur mère puisse être enterrée décemment". Les voici donc partis (enfin, elle d'abord, lui ne la rejoindra que plus tard) à la recherche des traces du passé de leur mère (que d'aucuns considèrent comme folle), passé qui est raconté parallèlement par le réalisateur (le spectateur a, pendant un certain temps, juste un peu d'avance sur les jumeaux), au cours de "chapitres" portant chacun un titre écrit en grosses lettres rouges.
Évidemment, plus on avancera dans le film, et plus ils en apprendront de belles sur leur maman (Lubna Azabal, idéalement blessée joue cette "femme qui chante"), prise dans les guerres fratricides et absurdes (mais quelle guerre n'est ni fratricide ni absurde, hein ?) qui déchirent (ont déchiré) (déchireront encore) les chrétiens et les musulmans.
C'est très bien filmé,( c'est une "grosse machine"), c'est efficace (le dosage entre le mélodrame et le "film à thèse") mais il y a un je ne sais quoi de roublard , tout au fond, qui m'empêche d'adhérer tout à fait au projet. Un je ne sais quoi que j'aurais du mal à définir d'ailleurs (on va m'accuser de racisme, de sectarisme et de simplisme si je dis que c'est parce que le film est québécois (canadien , je ne sais jamais), ce qui implique
1) un accent à décorner les bœufs, plutôt plaisant à entendre, certes, mais par trop connoté et "dépaysant" (imaginez-vous un grand drame romantique avec l'accent marseillais ?)
2) un sérieux inébranlable (et une application idem), doublés d'une volonté pédagogique  très premier degré. La fameuse (en ce qui me concerne) didactique canadzienne : "Viens lô, j'm'en vô tout t'expliquer..."
Voilà, le scénario peut être béton, la tragédie poignante, la lumière superbe, la musique touchante, je ne suis pas complètement submergé d'admiration et d'émotion, et je ne peux m'empêcher d'être étonné par la profusion de ***** dans les critiques (mais, encore une fois, peut-être est-ce moi qui devient un incurable vieux con?)

19628698


26 janvier 2011

vingt-cinq ans

DANS SES YEUX
de  Juan Jose Campanella

Festival Téléramuche, dernière! Avec ce film argentin qui était passé tellement longtemps à Besac que j'avais fini par ne plus avoir envie de le voir... Là, je ne pouvais pas refuser, hein... J'aime bien les films sud-américains, et tout particulièrement les films argentins, j'aime beaucoup entendre parler les argentins, cette façon qu'ils ont de remplacer les "ll" par des "j"... Mais bon, ça ne suffit pas à faire un film, hein , alors le réalisateur a conçu une histoire en deux parties qui se répondent, l'une en 1974 et l'autre 25 ans plus tard (ce qui devrait nous emmener aux alentours de 1999...) Avec les mêmes acteurs, de plus (je me suis demandé s'ils avaient plutôt choisi des acteurs jeunes qu'il a fallu ensuite grimer en vieux, ou bien au contraire des vieux qu'il aura fallu rajeunir... je pense qu'ils sont restés sur une hypothèse intermédiaire, ce qui n'en rend les choses que plus vraisemblables...)
De nos jours, un (je n'ai pas réussi à trouver quel boulot il exerce véritablement... greffier ?) est de retour à Buenos-Aires, et reprend contact avec la juge avec qui il travaillait, en lui annonçant qu'il a décidé, profitant de sa retraite, d'écrire un livre sur une affaire sur laquelle ils ont bossé ensemble, donc, vingt-cinq ans plus tôt.
Le film alterne les scènes des deux époques : l'enquête menée en 1974 sur le meurtre et l'assassinat d'une jeune fille, et on n'a aucun mal à suivre tout ça, étant donné que c'est plutôt bien filmé, avec au moins un double niveau (la recherche du meurtrier de l'époque, certes, mais aussi le(s) sentiment(s) amoureux entre le héros et la jugesse (qui est tout aussi mimi , genre  "aujourd'hui plus qu'hier..." ) , et une surprise finale (on se doute qu'il y a "quelque chose" mais je vous défie de le deviner avant de l'avoir vu, huhuhu) avec en plus des jolies idées (la machine qui ne tape pas les A, les photos retournées, la perpétuité...) sans oublier une -brève mais imposante- QV...
Un très bon moment, bien plus personnel, touchant  et "authentique" que le Polanski vu il y a quelques jours (même si un peu moins "haletant", il faut le reconnaître). Avec deux doigts de mélo romantico-glamour pour adoucir un peu la noirceur et l'amertume de tout ça ... ("les souvenirs et les regrets aussi...")

19282029


25 janvier 2011

manuscrit

THE GHOST WRITER
de Roman Polanski

Et hop! Encore un merci au Festival Téléramuche! Je n'avais pas pu/voulu voir ce film-là  à sa sortie, et j'ai donc réparé cet oubli à la séance de 18h (dans une salle archi-complète! il semblerait que ça marche mieux à Besac que dans le bôô cinéma...). Les critiques en étaient élogieuses, et ma foi elles étaient plutôt justifiées : dans le genre thriller politico-paranoïaque, ça fonctionne, et même de mieux en mieux.
Polanski prend son temps pour tout mettre en place, et, quand il décide de serrer la vis, il le fait, et impitoyablement!  Et couic! Plus on avance et plus on se pose de questions, et plus on a les jetons pour notre blondinet d'Ewan mc Gregor, qui n'a pas idée du  merdier dans lequel il s'est fourré..., et plus on est tendu (il y avait des moments où j'en oubliais presque de respirer...)
En plus , c'est superbement filmé, ce qui  ne gâche rien (une série de plans beaux à couper le souffle, vers la fin, devant la gare maritime vide). Bon,  on a sans doute connu plus original et plus personnel de la part du réalisateur du locataire ou de Rosemary's baby, mais bon (re), n'allons pas bouder notre plaisir. Diaboliquement efficace, même si les histoires de CIA, de premier ministre et d'anti-terrorisme ne sont pas, a priori, ma tasse de thé.
Pour le reste...

 

19238405

(je viens d'aller voir  sur allociné les échos critiques et je dois dire que j'hallucine un peu : tout le monde -ou presque) y va carrément de son cinq étoiles : *****! Bon, Polanski a des démêlés avec la justice, tout le monde il est méchant avec lui,  et il faut peut-être lui soutenir le moral, mais, hé ho, quand même, faudrait pas pousser, hein!)

23 janvier 2011

casquette (à l'envers ?)

AU-DELÀ
de Clint Eastwood

Celui-la, c'est rien de dire que je l'attendais : quand j'ai vu la bande-annonce pour la première fois, j'étais déjà en larmes quasiment à la fin. le post mortem est un sujet qui me touche (et la bande-annonce était du genre -hélas de plus en plus fréquent- de celles qui vous racontent quasiment tout le film.) Trois personnages, un américain qui est -vraiment- médium et qui en souffre plutôt, une jeune française qui a fait une expérience post-mortem, justement, et un jeune britannique dont le frère jumeau vient de mourir. Et les trois histoires vont (voui voui on s'en doutait un peu) se rejoindre à Londres lors d'un genre de salon du livre.
Ca démarre sec avec le tsunami (glouglou), ça continue avec un attentat dans le métro londonien (boumboum), j'ai craint un instant qu'on ne nous refourgue le 11 septembre, mais non...
Le film fait 2h05 me semble-t-il et se passe  bien pendant, disons, les deux premières heures, plutôt bien ficelé, même si des fois grosses ficelles, mais voilà, ça se gâte -et gravement- pendant les cinq dernières minutes, justement , avec happy-end à tous les étages et zou! rallumez-la lumière (c'est ce qui s'est passé d'ailleurs dans la salle du bôô cinéma) et hop! générique de fin. et dehors circulez! Comme si Clintounet avait soudain réalisé qu'il avait assez perdu de temps comme ça, et avait demandé au scénariste de lui gribouiller 2 3 lignes pour boucler ça. Une fin scandaleusement expédiée et calamiteusement ratée.
Pour un film qui a tous les atouts du mélo flamboyant et spectaculaire (putassier ?), mais qui, justement, hormis le tsunami du début, n'essaie pas de nous en mettre plein la vue (j'ai failli écrire plein la vie), c'est vraiment dommage, et on se demande un peu, rétrospectivement, de quoi Clint a voulu exactement nous parler. (Un truc rigolo : dans toutes les "vraies" critiques ou presque il est question de la coiffure de Cécile de France...). La vie, l'amour, la mort ???

 

19623706

ps : je viens de lire ici une critique que je trouve très juste (notamment à propos de la fin), par Rob Gordon

15 janvier 2011

gosses de riches

SOMEWHERE
de Sofia Coppola

(Je tiens quand même à préciser que j'ai  payé 9,10€ pour le voir!)

Je voulais me "rendre compte par moi-même" (j'aime plutôt bien bien la demoiselle Coppola, et le film en question avait me semble-t-il reçu des critiques plutôt... diverses. il fallait donc.)
Je dois dire que ça commence plutôt mal : en 10 minutes on droit à deux "ballets" de demoiselles jumelles avec des toutes petites robes et des tout aussi petites culottes qui font de la danse synchro autour de barres métalliques comme dans les clubs pour hommes-les-vrais, plus un troisième, mais cette fois-ci par une fillette sur des patins à glace, et tout ça au bénéfice du même homme, le héros du film. C'est un acteur en pleine gloire (avec un patronyme sonnant américano-rital), mais qui, après s'être foulé le poignet, doit prendre un peu de repos (dans un hôtel de luxe de chez luxe) et -faisant le point- soudain perçoit comme un flottement dans sa "divine" existence, et se laisse aller (pour la petite histoire, il porte le même t-shirt pendant pratiquement tout le film, les ligues puritaines et hygiénistes américaines (pléonasme) ont de quoi s'indigner...) à un certain... laisser-aller, justement, mais heureusement Cléo, sa fille de 11 ans, va (peut-être) l'aider à "réagir".
Je pensais à cette vieille rengaine de Claude François (! pfouh, les références!) "Pauvre petite fille riche"... C'est exactement ça. Un père séparé (on ne saura jamais vraiment de qui) passe quelques temps avec sa fille, sauf qu'ici c'est déplacements en Ferrari, en avion, ou en hélico, hébergement dans des suites princières avec piscine privée, invitation à des soirées de gala, bref rien que de très normal pour "ces gens-là"... Et un peu énervant pour nous autres spectateurs lambda et pauvres cloportes du tout-venant des classes dites moyennes (ou "petites moyennes"). mais que, finalement, ces lieux successifs sont pour les personnages juste un "somewhere", justement, rien qu'un quelque part, parce qu'il faut bien vivre là et comme on a l'habitude de vivre.

DONC un film insupportable au début (si je n'avais pas payé cette somme astronomique pour le billet, peut-être serais-je sorti ?) et qui,  au fur et à mesure qu'il ralentit, (qu'il prend son temps, fait moins de bruit en passant les vitesses, épure sa syntaxe), devient de plus en plus simple, "banal", et (donc ?) attachant. Car, voilà, tout ça est raconté (un peu à la première personne) et filmé par Sofia Coppola, et (je sais, je ne suis pas objectif, mais je pourrais lui pardonner presque tout), on ne peut que se rendre à l'évidence : qu'est-ce que c'est bien fait!
Ce mec à qui on a envie de donner des gifles dès les premiers images (re)construit petit à petit (magistralement) son rôle  (son personnage) au long du film. Plus ça avance (dans l'histoire) et mieux ça va (pour le spectateur), qui a craint un instant un numéro spécial de la vie des animaux sur "les pauvres riches" mais non pas du tout. Un père et sa fille. Du quotidien -ou c'est tout comme-. Des petites choses, minuscules souvent, presque invisibles parfois. Petits bonheurs partagés, des fois simplement juste le temps qui passe, et qu'on passe ensemble.
Il y a une indéniable élégance, que ce soit à propos de la façon de voir, de la construction du film, et, bien évidemment, de ce qui est montré. Même si on a pu -un peu hâtivement à mon sens- faire un parallèle avec Lost in translation, le film navigue un peu ailleurs, dans d'autres eaux. Et plus on approche de la fin et plus ça touche, plus ça émeut.  avec de moins en moins d'effets. Les deux dernières scènes , aux petits oignons. Une avec un hélicoptère et quelque chose qui aura du mal être entendu, et la dernière, tellement (in)attendue qu'on n'osait pas l'espérer, qu'on est content que ça finisse comme ça tout en n'étant pas très sûr de comprendre pourquoi...
Et qui donc a parlé d'un "film sur l'ennui" ? (mais bon j'ai peut-être dû mal comprendre...). C'est drôle, plus j'y pense, et plus j'ai envie de retourner le voir.

19584769

13 novembre 2010

guerres de religion

HASSAN ET MORKOS
de Rami Imam

Juste un peu déçu, à la sortie, déjà, parce que le film était annoncé de 2h40 et qu'il en fait en réalité une de moins. Un peu frustrant. Surtout quand il s'agit d'une grosse pâtisserie moyen-orientale, qu'on espère genre L'immeuble Yacoubian, un bon mélo des familles, ruisselant de  bons sentiments, épicé de conflits sentimentalo-familiaux, nappé de musique sucrée, bref un million de calories cinématographiques à chaque bouchée.
Le film n'est donc pas tout à fait ça. Les deux héros du titre sont joués par Adel Imam (superstar là-bas dis, déjà dans le pré-cité Immeuble Yacoubian) et -surprise, tiens- Omar Sharif, dont on s'est demandé, d'ailleurs avec Dominique, quel âge il pouvait donc avoir maintenant...).
Ils sont symétriques. l'un est musulman (avec épouse et fille) et l'autre chrétien (avec épouse et fils). par un enchaînement de circonstances "dramatique" (et scénaristiquement providentiel), ils vont être amenés chacun à travestir son identité religieuse, le chrétien (et sa famille) se faisant passer pour musulman, et réciproquement. Ça démarre vraiment en grosse comédie hyper calorique, avec effets appuyés, surjouages divers, gags un peu lourdingues, et puis, on s'abandonne, on accepte les codes, de jouer le jeu.
Oui, c'est comme les pâtisseries, on se laisse aller, avec un plaisir un peu perversement coupable, quand ça tourne mi mélo roucoulant mi théâtre boulevardier avec quiproquos,  méprises et révélations, et toujours avec ce rigoureux motif, presque agaçant à force d'être systématique, de la symétrie, de la duplication...
Jusqu'à une scène finale qui vous prend aux tripes et par surprise, et au cours de la quelle on ne rigole plus vraiment. Et un film dont le message est "Quel que soit votre dieu, ne croyez pas que les choses vont s'arranger...", qui se bat contre toute forme d'intolérance religieuse, qui dénonce toute forme de fanatisme, même en assez gros sabots, ne peut pas être tout à fait mauvais, non ?...

Paix sur la terre... et vous reprendrez bien un loukoum?

IMAM_Rami_2008_Hassan_and_Morqous_poster_arab
(le film doit "sortir prochainement", selon allociné point freu)

5 novembre 2010

multinationales

FOOD INC

Un documentaire dans le cadre du Festival AlimenTerre, qui fait le point (assez terrifiant) des pratiques (et des dérives) de l'industrie agro-alimentaire aux Etats Unis (mais bon chez nous ça doit pas être vraiment mieux.
De quoi vous dissuader de manger du poulet, du bœuf (surtout haché) et donc des hamburgers et donc au fast food (mais bon ça on le savait déjà, hein ?)
De quoi vous donner froid dans le dos face à ces toutes puissantes et opaques multinationales (M*nsanto, par exemple) et aux moyens (de pression, notamment) colossaux dont elles disposent  (proportionnels à leur chiffre d'affaire).
Money money money...
De quoi donner envie de suivre tous les bons conseils que propose le film, à la fin.

19188589

12 octobre 2010

parti en sifflotant

CHANTRAPAS
de Otar Iosseliani

En sortant j'étais plutôt ravi, alors qu'en entrant j'avais peur de m'ennuyer un peu. J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé tout le début, même si la suite s'effiloche un peu, se désagrège, enfin surtout s'étire un peu trop (j'ai ressenti le redoutable symptôme dit "des fins successives" : tiens ça pourrait s'arrêter là, ça serait bien (et puis non) ou alors là , ça serait bien aussi, (et re-non), ou encore là...  Tel quel , le film est certes un tout petit peu longuet (n'aurions nous pas, d'ailleurs, deux films pour le prix d'un  ?), mais c'est aussi, pourtant, en l'état, un de mes préférés de l'auteur!
C'est un cinéma que j'ai du mal à définir : "autre", "différent", "décalé", "en marge", "à côté", aucun ne lui convient exactement. Un cinéma de sourire en coin et d'espoirs silencieux, un cinéma d'exigence et de poésie, un cinéma de réalisme et d'ironie, un cinéma de clopes et de gnôle (oui, il semble que les Géorgiens brûlent la vie par tous les bouts : non seulement ils fument tous comme des pompiers, mais ils boivent comme des trous. Ils boivent de tout, du fort de préférence, partout, tout le temps. -Il faudrait compter les plans "sans bouteille" du film! -  Serait-ce donc ce qui caractérise la fameuse "âme slave" ?)
En plus, raison supplémentaire pour ceux qui me connaissent (et ce qui n'a pas échappé à Dominique) c'est en plus un film avec "un film dans le film" (Et quel film ! et quel film (écho) on ne sait plus trop duquel on parle...). Un réalisateur géorgien (qui a un copain et une copine depuis avec qui il partage tout qu'ils sont tout petits, genre Jules et Jimshivili...) essaie de réaliser un film, d'abord sur place (en Géorgie, donc), et ensuite à Paris où il est parti  / on l'a expédié parce que ça arrangeait un peu tout le monde.
Et c'est tout ? Oui c'est à peu près tout, mais c'est vraiment délicieux. C'est, comment dire, du vrai cinéma cinématographique (et à double titre!) Du qui vous fait sourire, qui vous attendrit, qui vous remet d'aplomb dans vos baskets, sans qu'on puisse vraiment expliquer comment la magie opère.
Il y a du Tati (c'est explicite et revendiqué), il y a du Pierre Etaix aussi (qui joue dedans, un monteur démonté, mon dieu je ne savais pas qu'il était encore vivant...) oui, on est dans un registre doux-amer, un peu en sourdine.  Drôle mais pas que. Attendrissant. Entre vraie roublardise et fausse maladresse...

19502059

10 octobre 2010

c'est quoi la vie

bBEAUTIFUL PEOPLE
de Jasmin Dizdar

C'est Marie qui m'a prêté le dvd . Qu'elle avait acheté chez Noz. (je l'y avais reposé, me semble-t-il, le jour où j'étais tombé sur un arrivage de MK2 et qu'il avait fallu faire des choix. Je n'ai semble-t-il pas fait le bon,à cet instant.)
Un film de 99, qui m'avait complètement échappé, et que je viens de regarder. Un film à 3 B : british, bordélique, et bisounours (on pourrait aussi rajouter le B de Bosnie, mais ce serait fâcher les serbes et les croates).
British indeed, rien n'y manque, le thé, le foot, les pubs, l'humour, la petite pointe délicieuse de mauvaise foi, le zeste de mauvais goût, le flegme, l'excès...
Bordélique parce que c'est compliqué, tout du moins au début, de suivre et de démêler les destins plus ou moins entrecroisés de tous ces personnages.
Bisounours parce que le réalisateur réussit le tour de force (bon, c'était peut-être parce que j'étais très près de l'écran) de me faire venir les larmes aux yeux à plusieurs reprises, et surtout à terminer toutes ces histoires de façon assez youp-la-boum et totalement irréaliste (happy end général, les méchants deviennent gentils, les tourtereaux s'épousent, les bébés sont aimés, les ennemis se réconcilient, il y a de l'alcool et de la musique genre fanfare bosniaque (ou serbe ? ou croate ? enfin, ex-yougoslave) et c'est tellement bien que ça finisse comme ça... oui  vraiment j'adore.
Surtout quand tout ou presque dans le film renvoie au conflit en ex-Yougoslavie, et que ce n'est pas forcément facile  a priori d'en rire, ou tout simplement d'avoir un avis sur la question...

3700173221307

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
Archives
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 394 474