maria!
087
PORORORA
de Constantin Popescu
Pour débuter "joyeusement"(!) notre programmation estivale, un "petit" film roumain de derrière les fagots (2h32)... Dont je ne connaissais rien ou presque (et je ne remercie pas Les Cahiaîs qui, dans une notule condescendante à la limite du mépris, dévoilent la fin en trois mots et sans ménagement, ce qui est vraiment insupportable). Le cinéma roumain, je l'ai dit et je le redis, est un cinéma j'adore, de par ses diverses éminences (le chêne Pintilié) pousses et rejets (Pui, Porumboiu). Une façon de voir les choses (de les montrer, plutôt) telles qu'elles sont. Une certaine "simplicité", une certaine cruauté, très souvent tempérées par un humour certain lui aussi. En dépit de sa noirceur de sa lucidité et de sa frontalité, c'est rare qu'un film roumain pourtant me mette mal à l'aise. Là ce fut le cas.
La fin est très abrupte (on dirait que le réalisateur -ou le monteur- a coupé en plein milieu d'un plan, tranché à vif dans le muscle, en plus dans le bôô cinéma ça ne rigole pas, les lumières se rallument impitoyablement alors que le générique démarre à peine), et j'avais, dans mon siège, un peu les jambes en coton. Pourtant grâce aux Cahiaîs, je savais à quoi m'attendre. Mais justement peut-être que trop c'est trop.
Au début, un couple, une famille même, maman, papa, deux enfants, un appart xxl, du travail, des petits matins qui chantent, bref ils ont tout. Et à la fin plus rien. Même pire que ça. Un matin Tudor (c'est le mari) a emmené les deux enfants au parc (un très longue séquence de plus d'un quart d'heure à l'issue de laquelle Maria, la fillette, a disparu, malgré l'attention que lui portait son père et la centaine de personnes présentes autour. Volatilisée, et personne n'a rien vu.
Le film va s'attacher ensuite à Tudor, le papa, à ses recherches, à ses démarches, à ses conversations avec le policier chargé de l'enquête. Le film est très roumain (et ça j'adore) et prend son temps (les scènes durent ce qu'elles doivent durer, et parfois même un peu plus longtemps, et le spectateur assiste, impuissant, à la désagrégation d'un homme. Et j'ai repensé alors à Alice, de Marco Martins (2005), qui racontait la même histoire (la disparition d'une fillette et le comportement consécutif d'un père) et m'avait, déjà, fort impressionné (et m'avait ensuite émerveillé à nouveau dans le splendide Saint Georges, autre tragédie d'un homme seul).
Il me semble que le film de Constantin Popescu fonctionne parfaitement pendant presque toute la durée, observant de plus en plus méticuleusement (obsessionnellement) cet homme en train de perdre pied, se laissant engloutir par son idée fixe de retrouver à sa fille, ou plutôt celui dont il pense qu'il a enlevé sa fille, et entreprenant de détruire méthodiquement tout ce qui l'entoure et lui tenait jusque là lieu de réalité.
Et la fin me terrifie.
Glaçant, sans doute, mais le film aurait été encore plus efficace, me semble-t-il, sans cette ultime complaisance nihiliste.

Et Téléramuche a raison : si le stitre original est abscons, le sous-titre français est mièvre...







































































































































































































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