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lieux communs (et autres fadaises)
22 novembre 2020

RCC23

24

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(confessionnal)

confess

je ne mettrai plus de photos de chocolats parce que je les ai tous mangés hier (4 à midi et 4 le soir...) Et voilà.

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guillemets et points de suspension

"Quelles sont les conséquences de l'épidémie de Covid-19 et du confinement sur notre bien-être ? "Pour beaucoup d'entre nous, le confinement de la première vague a constitué un choc, ravivé par le nouveau confinement", a déclaré Olivier V., jeudi 19 novembre, lors d'un point-presse sur la situation sanitaire."La santé mentale des Français s'est significativement dégradée entre fin septembre et début novembre", a ajouté le ministre de la S.

"Une augmentation conséquente des syndromes dépressifs" a été observée au cours de cette période, "pour tous les profils sociodémographiques", selon le ministre de la S. Toutefois, cette augmentation est "plus marquée" au sein de certaines populations, a-t-il précisé. C'est le cas "des personnes déclarant une situation financière difficile", des jeunes âgés de 18 à 24 ans, et des personnes "qui déclarent déjà des antécédents sur le plan psychologique", a détaillé Olivier V.

"Par ailleurs, on observe depuis fin août, une augmentation continue et globalement significative des états anxieux ainsi qu'une diminution de l'indicateur qu'on appelle satisfaction de vie", a ajouté le ministre de la S.

"Cette épidémie est stressante, anxiogène et peut générer une souffrance psychologique pour nombre d'entre nous", avait quant à lui expliqué le directeur général de la santé, Jérôme S., mardi. Plusieurs psychiatres et psychologues ont alerté sur les effets de cette situation sur la santé mentale. "Ça touche absolument tout le monde, parce que c'est un traumatisme qui nous a tous pris de plein fouet", a analysé le psychiatre Serge H., sur franceinfo."

*

[Refrain]
Faut Rigoler
Faut Rigoler
Avant qu'le ciel nous tomb' sur la tête
Faut Rigoler
Faut Rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber
(Henri Salvador)

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une jolie visite de Manue, à qui j'offre un café, dans la jolie tasse bleue et blanche d'Emma. Manue a coché sur son attestation la case stipulant qu'elle rendait visite à une personne "vulnérable", (moi) à laquelle elle apportait une portion de potiron, et quelques soleils dans un sac en papier (el sol del membrillo, un film que j'adore), parce qu'elle avait lu sur le blog que j'en cherchais (des coings)

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Suis passé deux fois dans la journée au point relay, pour y récupérer à chaque fois un bouquin que j'avais commandé

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une fois le matin et une autre l'après-midi, (et donc deux attestations, et donc j'en profite donc à chaque fois pour faire quelques coursinettes "d'appoint", du lait et du beaujolais nouveau le matin, du rhum, du miel et des patates l'après-midi...)

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(ah oui, et je me suis aussi arrêté chez Azouz (notre "champion du monde du chocolat" local) pour remplacer les chocolats honteusement gobés à la chaîne hier)

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(Eric Pessan)

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feel good blog

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"Jean-Michel Blanquer dans la tourmente après les révélations sur le syndicat Avenir lycéen

Un syndicat créé et financé par le ministère de l'Education pour servir ses intérêts ? L'affaire révélée par «Mediapart» et «Libération» ne passe pas inaperçue auprès des organisations de jeunesse. La gauche demande une commission d'enquête parlementaire.

Ce samedi matin, le ministre de l’Education s’est réveillé avec son nom dans les sujets les plus commentés sur Twitter, mais pas pour de bonnes raisons. Le #BlanquerGate est né grâce aux révélations de Libération et Mediapart sur le syndicat Avenir lycéen. Les organisations de jeunesse se sont emparées du sujet.

Le Mouvement national lycéen se dit également «sidéré d’apprendre» que l’organisation créée en 2018 était un «outil de propagande […] largement financé par le ministère pour faire pression sur les syndicats d’enseignants et d’élèves afin de les empêcher de mener à bien leurs luttes sociales».

Le syndicat de parent d’élève FCPE, de son côté, rappelle qu'«en tant qu’adulte, nous avons un devoir d’exemplarité. Si nous portons un regard bienveillant sur les activités militantes de nos enfants et leurs capacités d’autonomie, nous restons à leurs côtés pour qu’ils puissent en toute circonstance bénéficier d’un accompagnement sain, juste et honnête, à l’abri de toute tentative d’influence ou mainmise des institutions».

(...)

La semaine dernière, Mediapart révélait qu’Avenir lycéen avait touché 65 000 euros de subventions publiques du ministère en 2019 pour organiser un congrès qui n’a jamais eu lieu, préférant flamber l’argent en bouteilles de champagne, chambres d’hôtel à 300 euros et autres régalades. Le ministère a ouvert une enquête après cet article. Le site d’investigation enfonce le clou ce samedi, en publiant des échanges prouvant que le ministère était au courant des «dérapages financiers» au sein du syndicat mais n’a rien fait pour lutter contre. Aujourd’hui, Libération est en mesure de démontrer comment l’idée de créer cette organisation lycéenne a germé Rue de Grenelle, dans l’entourage proche de Jean-Michel Blanquer, pour servir la communication du ministre, et surtout rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens." (liberation.fr)

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24 novembre 2020

RCC25

26

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une petite suée nocturne, allez savoir pourquoi (sacrée fichue machine à respirer), sans prévenir, au moment de l'endormissement, et puis comme d'hab' bien sûr j'ai fini par ), comme dessinait Brétécher "c'est bon de sentir la vie bouillonner en soi..." (y compris dans la tête)

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content ce matin d'avoir trouvé une repreneuse pour la moitié de la portion de potiron d'Authoison... (merci Marie!)

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esprit de noël (réglementaire) :

pour décorer réglementairement votre sapin réglementaire,
les directives suggestions gouvernementales sont enfin arrivées !
quelle joie!

boule masquée

boule réglementaire modèle 1

boule covid

boule réglementaire modèle 2

guirlande covid

guirlande réglementaire

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(que vous pourrez trouver dans les magasins réglementaires)

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tatin de coings (Merci Dominique pour la suggestion, merci Manue pour la matière première) dont j'étais finalement très content, même si au démoulage, je l'ai trouvée un peu palotte et pas assez caramélisée

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"La gestion du Covid est-elle le plus grand moment bureaucratique de l’histoire récente ? Entre l’attestation dérogatoire de déplacement, la réduction du périmètre de circulation à un petit kilomètre et la limitation de nos ravitaillements aux "besoins essentiels", c’est peu dire que les pouvoirs publics auront su faire preuve d’inventivité administrative. De ce point de vue, le formulaire de sortie, pour ne reprendre que cet exemple, ses neuf cases à cocher et ses trois notes de bas de page, en est l’une des formes les plus abouties. "Porter à ce niveau de raffinement l’attestation dérogatoire et ses variations modales témoigne d’un génie bureaucratique qui mériterait presque le respect - celui que les papillons ont pour les entomologistes qui les épinglent sur le liège", a récemment tweeté le géographe Michel Lussault.
(...)
Le phénomène bureaucratique n’est donc pas qu’une passion de dictateur communiste. Et l’affaire ne serait pas si grave si elle n’avait pas mis le système de santé publique en pièces par une gestion comptable des lits d’hôpitaux. Celui de la recherche publique n’est pas en reste. Depuis des années, les chercheurs se disent noyés dans un trop-plein de complexité administrative et de paperasse à remplir, fût-elle dématérialisée, au lieu de se consacrer à leurs travaux. La semaine dernière encore, ils étaient dans la rue pour dénoncer, entre autres, un système d’évaluation permanente de projets de recherche, de projets de financement de recherche, d’articles scientifiques, de projets d’articles. Bref, un monde académique où l’on "évalue l’évaluation elle-même"." (Libé)

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17 novembre 2020

RCC18


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effet "années 60" (avec option "coins arrondis")

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oui, justement, "arrondir les angles"..., parlons-en

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Covid-19 : enquête sur Li-Meng Yan, la virologue chinoise qui accuse son pays d'avoir fabriqué le virus
CheckNews a retracé le parcours de la brillante scientifique, exilée aux Etats-Unis depuis le 28 avril, qui affirme avoir des preuves que le coronavirus a été fabriqué dans un laboratoire de Wuhan. Ses anciens proches et collègues la disent manipulée, et mettent en avant son nouvel entourage trumpiste. (CheckNews)

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j'ai passé, c'est vrai, beaucoup de temps d'aujourd'hui devant l'écran de mon ordi, la faute à (oui, il faut bien sûr un coupable, je n'y suis pour rien!) Téléramuche, oui oui! Qui, dès ce matin, m'a fait commander Les choses de l'amour, un livre (un album "pour adultes" dessiné par une dessinatrice qu'on connaissait plutôt "pour enfants", Dorothée de Monfreid, chez un petit éditeur (Misma), qui traite des rapports sexuels (han han! ouiiiii!) chez les objets domestiques qui nous entourent, que j'ai trouvé suffisamment irrésistible pour le désirer aussitôt,

puis Téléramuche m'a déballé des listes, des listes, et encore des listes (les 100 meilleurs films de tous les temps, les 100 meilleurs bouquins, les  100 disques inoubliables, les 10 livres préférés de 100 écrivains français, oooooooh n'en jetez plus, vous savez que j'adore les listes mais ne tentez pas de me submerger avec, tout de même...), je vous donnerai juste, dans un premier temps la liste des 10 premiers des 100 meilleurs films de tous les temps, avec qui je n'en ai pas tant que ça en commun... (je ferai donc la mienne)

puis je suis retourné sur Priceministruche car je n'avais pas pu y commander hier les deux livres que je souhaitais (Histoire du crayon et Abécédaire malveillant) parce qu'"ils" avaient retiré de la liste les points M*ndial Relay les plus proches de chez moi, j'avais cru à une erreur passagère mais ce matin c'était toujours pareil, (et un des deux livres avait d'aiilleurs été vendu entretemps..). Ce qui est bizarre c'est que la dame du petit supermarché en question où j'avais mes habitudes m'a confirmé, ce matin, qu'elle faisait toujours dépot M*ndial Relay... Alors, quel est donc ce nouveau mystère ?

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livres, livres toujours... j'ai refait un tour sur le site des Editions de l'Epure (car Dominique m'a offert récemment

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, où, dans la foulée, j'ai trouvé

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qui faisait bien la paire (hihihi) , mais  bien d'autres aussi, en fouillant,

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tous (re)commandables sur le site de la maison d'addition à 8€ pièce

SAUF le numéro 100 qui est épuisé (et un peu hors-collection aussi puisque la dame a demandé l'aide de 10 personnes qui sont précédemment intervenues dans la réalisation d'un ou plusieurs livres, dont je finis par dénicher un exemplaire sur Priceministruche, mais à 20€, ce qui freine un peu mes ardeurs...

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(Eric Pessan)

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LES 10 MEILLEURS FILMS DE TOUS LES TEMPS D'APRES TELERAMUCHE :

1) SUEURS FROIDES

2) LE MÉPRIS

3) L'AURORE

4) MULHOLLAND DRIVE

5) VOYAGE A TOKYO

6) MADAME DE...

7) CHANTONS SOUS LA PLUIE

8) LA MAMAN ET LA PUTAIN

9) ANNIE HALL

10) LA NUIT DU CHASSEUR

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chocolat d'avant-hier
la toujours même lectrice attentive
(et amatrice de chocolat)
me fait que remarquer que manquait la photo...
la voici

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quant à celui d'aujourd'hui
je l'avais oublié figurez-vous
et je l'ai mangé à 21h30

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tiens, et à propos de gourmandise,
un joli candidat ce midi chez Naguy

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ps
(sans rapport avec ce qui précède)
qu'est devenu Riri la Gâchette ?

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15 novembre 2020

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(on n'y voit goutte)

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(un joli texte...)

On sort toujours rincés d’un festival, lorsqu’on a la mission et le rare privilège d’en piloter un.

"Lors du Grand Bivouac 2016, lorsqu’il s’était agi de planter des agents de sécurité devant toutes les salles au sortir d’un mois de juillet d’horreur, je me souviens avoir prononcé ces drôles de mots en clôture : «Celle-là, il a fallu la sortir», en évoquant l’édition du festival qui s’était déroulée en mode blockhaus anti-voitures-bélier et hommes en armes aux abords des salles.

Lorsqu’on a la chance de sortir d’un festival produit en 2020…

Lorsqu’on ressent qu’on est passé tout près du pire, passé au travers des gouttes, au propre comme au figuré…

Lorsqu’on a le plaisir d’avoir vu des larmes, des sourires, des mots sincères, touchants, profonds de plusieurs milliers de spectateurs accueillis, tous plus sages, respectueux, responsables et compréhensifs des dispositifs et aménagements mis en œuvre…

Lorsqu’on peut sortir d’une édition se disant qu’on sera là –c’est sûr– l’année prochaine parce que la pérennité structurelle et financière de l’association porteuse a été sauvegardée, certes difficilement mais sauvegardée quand même, au moins pour un temps…

Lorsqu’on a pu maintenir en ébullition et en action ce bouillon de cultures, cette intelligence collective, ce laboratoire, cette ruche de fourmis de bénévoles, collègues, de partenaires, tous encore plus engagés, vivants, compétents, cohérents et responsables que d’habitude…

Lorsqu’on a eu la chance de pouvoir accueillir des réalisateurs, des auteurs, des artistes et j’en passe, pour sortir la tête d’une actualité qui nous éprouve.

Lorsqu’on a pu respirer, s’évader, réfléchir, s’émouvoir au contact d’œuvres diffusées en salles. Ce frottement si particulier aux docus qui fait qu’on ne sort jamais tout à fait pareil que quand on est entré…

Alors, oui, on sort encore plus rincés.

Mais on se fait petit. Très petit. Tout petit.

Et on pleure un peu. Beaucoup.

Parce qu’on est rincés, oui.

Mais surtout, on pense à tous les collègues ici ou ailleurs emportés par une spirale infernale dont nous ne voyons pas le bout, à laquelle l’horreur et l’invraisemblance de l’actualité viennent s‘ajouter.

On pense à Yangji Sherpa au fin fond du Népal dont l’activité à l’arrêt ne permet plus de nourrir sa famille élargie…

On pense à la salle de cinéma du coin qui hier, a fait des «bulles» –des zéros pointés spectateurs en salles dont on se passerait bien…

On pense aux amis des musiques actuelles, aux compagnies et toute l’activité dérivée constitutive de nos modes de production et de diffusion : tourneurs, bookers, prestataires en tous genres…

On pense à tous ceux, théâtres, scènes chorégraphiques, bureaux d’accompagnement, compagnies, artistes – comme nous tous mentalement, physiquement et psychologiquement épuisés par une réadaptation totale au printemps – et en train de se plier en quatre pour réussir à accueillir du public plus tôt en salle, pour éviter le couvre-feu qu’un Français sur trois va subir sans doute pour longtemps…

On pense au «poseur» de banderoles partenaires fraîchement arrivé ce matin récupérer celles de son client et qui te dit que toute son activité est annulée jusqu’en mars a minima…

On pense aux documentaristes du réel et tous les maillons de la chaîne du cinéma documentaire, producteurs, distributeurs, à l’arrêt ou en difficulté pour les tournages présents et à venir…

En fait, on pense à tous…

Et on re-pleure un peu.

Mais cette fois avec les larmes du phœnix que nous partageons avec tous

Tenons, tenez."

(Jean-Sébastien Esnault, délégué général du Grand Bivouac d'Albertville, 21 octobre 2020, Libé d'aujourd'hui)

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pour changer les draps, les taies d'oreiller et la housse de couette, je vous recommande Le Boléro de Ravel (surtout à la fin, quand ça s'emballe et que, synchrone vous êtes en train de secouer énergiquement la couette pour qu'elle se répartisse bien dans la housse...)

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chocolat du jour

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(la photo est floue et je n'en ai pris qu'une)

il cachait bien son jeu :
sous le chocolat, le nougat...

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sur le rebord de la fenêtre, un rapprochement semble avoir lieu
entre la menthe (de Catherine) à gauche, et son voisin, l'oxalys (de Pépin)...

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à midi j'ai mangé deux endives au jambon, mais dommage il restait pas mal de béchamel (au comté, en plus), et c'était dommage de gâcher, n'est-ce pas, d'autant qu'il me restait aussi deux endives, une cuite à la vapeur et l'autre crue, pas de quoi en faire un plat en l'état, et j'ai donc résolu de transformer tout ça en crème d'endives (poélé un oignon, puis les deux endives, en ôtant la base pour éviter l'amertume, puis cuit tout ça dans un litre de bouillon de poule une vingtaine de minutes, et enfin mixé en ajoutant le reste de béchamel au comté, et le résultat est juste... parfait), une soupe idéale pour un soir qui sentait l'hiver

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14 novembre 2020

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vendredi 13 novembre
un jour moche

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et voilà qu'au courrier
un paquet colissimo J+2
Barré ou Larcenet ?
(j'ai commandé les deux à peu près en même temps la semaine dernière)
et aussi un mail...

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Les Rêveurs (quel beau nom pour une maison d'édition) ont gagné!
L'album de Larcenet sortait le 13
et je l'ai reçu le 13!

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J'ai pour Manu Larcenet une grande admiration mêlée de tendresse
(à moins que ce ne soit l'inverse)
Ce mec-là me touche, m'émeut, me fait sourire, pleurer, hurler de rire, écraser une larmichette, flipper, trembler, ça dépend des fois...

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donc je corrige :
vendredi13,
un jour pas si moche que ça...

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Eric Pessan continue de dessiner dans son carnet les choses qui lui font peur, et il a bien raison de nous les faire partager...

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(au Monop')
on fait la queue à la caisse, distancesocialement bien comme il faut ("on" : à part moi, il n'y a que des vieilles (trois devant moi et deux derrière), chacun(e) prenant son mal en patience, quand arrive soudain comme un ouragan, de la droite, une nouvelle vieille qui hop! s'installe sans vergogne devant la caisse, s'interposant entre les vieilles 2 (celle qui passe) et 3 (celle qui va passer), la vieille n°3 le lui fait vertement remarquer, lui montrant l'arrière de la file, en lui disant de faire la queue comme tout le monde, mais la pirate, ne voulant pas perdre contenance ni rétropédaler dans la file jusqu'au milieu du magasin, continue sur sa lancée et fait comme si, en vrai, elle avait juste voulu se frayer un chemin vers les caisses automatiques, et commence à poser ses trucs et ses machins et à lire le mode d'emploi car visiblement 1) elle ne connaît pas la marche à suivre et 2) elle n'y voit goutte et c'est là que ça commence à devenir assez drôle puisque tout le monde (la caissière, les vieilles 1, 2, et 3, moi-même, et aussi j'en suis sûr celles qui font la queue derrière) a désormais la tête tournée et les yeux fixés sur la pauv'dame qui n'y comprend pas grand-chose, et, visiblement, surtout pas ce qu'est un code-barre : vieille 2 et 3 la conseillent, la caissière la briefe sur les étapes successives, vieille 3 vient même en personne lui tourner la boîte qu'elle tient, pour lui montrer comment faire pour que le code-barre soit placé comme il faut, et, un peu plus tard,  même moi je suis mis à contribution lorsqu'elle veut scanner le code-barre de sa boîte de nourriture pour chien, qu'elle me la montre interrogativement, et que je lui réponds "Non non ça c'est pas un code-barre c'est un dessin de patte de chien...", et ça continue pendant que je range mes courses et que je les paye, tout en échangeant avec la caissière un sourire de connivence muette...

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et voilà que je reçois un sms m'informant que mes livres sont arrivés au Point Relay du bout de ma rue, et donc je dois refaire une attestation pour re-sortir (j'ai essayé de camoufler le 10h15 de ce matin en 16h15 mais le résultat est un peu voyant à mon goût)... Tant qu'à être dehors, autant pousser jusqu'à la poissonnerie (yesss! ils ont des moules!), où j'attendrai patiemment qu'une blonde méchée et minaudante (le jeune poissonnier qui la sert est très mimi) ait fini de se faire expliquer les subtilités et les différences de goût entre toutes les espèces où presque qui sont sur l'étal, longuement,  avant de pouvoir faire mes petites emplettes à moi (et, tiens, je m'offre, allez, des St Jacques (en coquille), dont un reportage hier soir vantait les mérites, la taille et l'exquisitude... Et hop! (c'est la poissonnerie où j'avais acheté du homard lors du premier confinement...)

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"(...) On peut dire que toutes les collaborations ne sont pas bonnes à prendre. Bruno, lui, préfère se rendre au Franprix où, dans l’arrière-boutique, on s’assoit sur des rouleaux de PQ afin de regarder la projection clandestine de Garçon Chiffon de Nicolas Maury, et d’essuyer ses larmes directement avec un paquet acheté. Délicieux. Ah la culture, ce mot disparu des radars (ou peut-être inventé de toute pièce dans les rêves de Brubru?), qui continue éhontément de vouloir vivoter par de menues combinaisons. La culture et ses librairies, restées ouvertes à condition d’aménager un rayon charcuterie. La culture et ses saltimbanques sur échasses qui vous apportent désormais le courrier. La culture et ses cinéastes qui piratent distributeurs de billets de banque et écrans publicitaires urbains afin d’y diffuser leur dernier film. Elle ferait n’importe quoi, la culture, pour exister, même attendre désespérément que Castex dise son nom, lui renvoie qu'elle existe, quand il s'adresse aux Français. Culture, tu as pourtant le droit d’espérer." (Libé Culture)

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chocolat ? aujourd'hui orangette /lait
café fait à 13h mais bu à 17h11
en raison de l'activité centrifuge et exogène

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5 novembre 2020

RCC6

J'ai très mal dormi car je craignais la réélection de

donald trompe

(trouvé ici sur le blog glougueule
un blog qui cause de pinard...)

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"ni tout à fait la même; ni tout à fait une autre..."
(j'ai déjà fait le coup en mars/avril)

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"Voici la liste des commerces qui pourront rester ouverts :

- Entretien et réparation de véhicules automobiles, de véhicules, engins et matériels agricoles
- Commerce d'équipements automobiles
- Commerce et réparation de motocycles et cycles
- Fourniture nécessaire aux exploitations agricoles

- Commerce de détail de produits surgelés
- Commerce d'alimentation générale
- Supérettes
- Supermarchés
- Magasins multi-commerces
- Hypermarchés
- Commerce de détail de fruits et légumes en magasin spécialisé
- Commerce de détail de viandes et de produits à base de viande en magasin spécialisé
- Commerce de détail de poissons, crustacés et mollusques en magasin spécialisé
- Commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé
- Commerce de détail de boissons en magasin spécialisé
- Autres commerces de détail alimentaires en magasin spécialisé
(- Les distributions alimentaires assurées par des associations caritatives)

- Commerce de détail de carburants et combustibles en magasin spécialisé

- Commerce de détail d'équipements de l'information et de la communication en magasin spécialisé
- Commerce de détail d'ordinateurs, d'unités périphériques et de logiciels en magasin spécialisé
- Commerce de détail de matériels de télécommunication en magasin spécialisé
- Commerce de détail de matériaux de construction, quincaillerie, peintures et verres en magasin spécialisé

- Commerce de détail de textiles en magasin spécialisé

- Commerce de détail de journaux et papeterie en magasin spécialisé

- Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé
- Commerce de détail d'articles médicaux et orthopédiques en magasin spécialisé
- Commerces de détail d'optique

- Commerce de détail d'aliments et fournitures pour les animaux de compagnie

- Commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés, sauf décision contraire des préfectures

- Commerce de détail de produits à base de tabac, cigarettes électroniques, matériels et dispositifs de vapotage en magasin spécialisé" (france info)

devinette : qu'est-ce qui manque ?

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deux rêves de cette nuit

les jeunes gens

depuis la fenêtre de mon salon, je vois deux jeunes gens en train de s'intéresser, en rigolant, aux fenêtres du voisin d'en face, celles qui sont de toutes les couleurs (il fait nuit)
je les vois alors, toujours en rigolant et en parlant fort, traverser la rue et venir vers chez moi (je les entends d'ailleurs dans le couloir, vont-ils essayer d'enfoncer la porte ? Je commence à avoir peur)
Ma chambre est devenue comme un espèce de grand dortoir (comme chez la soeur de Manue) en bois, avec des poutres au milieu et je vois alors, au bout, dans son lit, mon  voisin du dessus prendre son téléphone, pour appeler les flics...
Je dois être dans un commissariat, je discute avec François des deux jeunes, il va mener l'enquête, je le suis dans les couloirs, tiens c'est drôle il y a aussi Isabelle
je suis à présent dans la maison où je vivais qd j'étais enfant, j'ouvre la porte et je trouve deux ados, le premier (une quinzaine d'années), est particulièrement penaud et s'excuse, je reconnais un de mes anciens élèves, mais je ne me souviens plus de son prénom, je le lui demande, et il me le dit, il est avec un autre jeune que ne connais pas, je comprends que ce sont les deux  zigotos de la nuit précédente

sac à dos jaune

le sac à dos

j'ai trainé un moment dans un grand magasin labyrinthique, vraiment gigantesque, j'ai même acheté trois dvd qui sont dans mon sac à dos (le bleu, comme dans la vraie vie, le rêve est très réaliste) je trouve une sortie (c'est vraiment labyrinthique) et je pars pour prendre le métro (il est question de retrouver Malou à 11h...)
Avant de sortir du (bus ? métro?) je prends le sac à dos (en toile jeune) du mec qui était assis à côté de moi, qui a l'air surpris mais qui part tout de même sans rien dire. Est-ce que c'est vraiment mon sac ? Je vérifie à l'intérieur, il y a bien trois dvd, je suis rassuré... Mais un peu plus tard je réalise que je n'ai plus mon "vrai" sac, le bleu, que j'ai donc perdu tout ce qu'il y avait dedans (papiers, argent, appareil-photo, chéquier...), et que j'ai à la place le sac à dos jaune du mec (je vérifie à l'intérieur, les trois dvd ne sont pas les miens, et le porte-feuille non plus...) il faut que je retourne au magasin pour aller demander s'ils n'auraient pas par hasard trouvé mon sac (ils doivent bien avoir un service "objets trouvés"), mais j'ai marché un moment et je suis largué, je n'arrive pas à retrouver la route du magasin...
Je croise un groupes d'ados à qui je demande s'ils savent où est ce magasin gigantesque, elle me dit "Torstein -ça doit être le nomdu magasin, alors que je pensais plutôt être aux Nouvelles Galeries-, un monstre... c'est par là, ..." et m'indique un bâtiment du doigt, puis ils m'accompagnent même un moment (il y a notamment un passage mi-toboggan mi-escalier).
J'ai ouvert une nouvelle fois le sac à dos jaune, et je n'avais pas vu avant qu'il y a un sac en papier, et dedans un "truc" au chocolat que le monsieur avait acheté,  mais (il fait très chaud) le chocolat est en train de fondre et risque de tout tâcher... je retire le sachet du sac à dos, le froisse, je veux le jeter à la poubelle, mais c'est curieux, je n'en trouve aucune.
Je croise beaucoup de gens, notamment un groupe d'ados au milieu desquels se trouve un jeune qui porte ce que je crois être mon sac, mais non je me suis trompé, il est beaucoup plus petit, il me le montre en rigolant...
Je suis de plus en plus fébrile, il y a beaucoup de monde partout, je ne reconnais pas les lieux, j'ai le sentiment que je suis perdu, que je n'y arriverai pas, je rentre sous un porche (genre hall de gare) mais j'ai dû me tromper, ça doit être le rayon vêtements, je ressors, je continue, je cherche toujours le rayon disques, toujours autant de gens dehors, partout, je passe devant une maison (devant laquelle se tient une femme) peinte en bleu blanc et vert, dont la façade, probablement en papier mâché se décroche alors et lui tombe dessus, mais elle passe à travers la découpe de la porte (comme dans le film de Buster Keaton)
J'arrive sous un nouveau porche, sous une des arches je vois en l'air un panneau BACH, et d'autres derrière, je me dis que ça y est je dois être enfin au bon endroit... A plusieurs reprises j'aperçois des entassements de sacs à dos et il y en a toujours un qui ressemble au mien mais non...
Je suis très inquiet parce que je n'arrive pas à me rappeler à quel moment ni dans quelles circonstances j'ai pu le perdre, et que c'est sans doute un des premiers signes d'Alzheimer... Et je suis effondré en me disant qu'il va falloir refaire tous les papiers, et que toutes mes photos sont perdues...
Au milieu des gens qui se pressent, j'avise un mec qui foit faire partie du personnel, je lui demande s'ils ont un service "objets trouvés", je lui explique que j'ai perdu mon sac à dos, il me regarde bizarrement puisque je porte à l'épaule le sac à dos jaune, et m'explique que, chaque soir, il publie un récapitulatif des objets trouvés dans la journée, et que, régulièrement ils trouvent des sacrés trucs, tiens là, par exemple, on lui a ramené un sac... Bleu ? je lui demande, et il acquiesce. Avec un appareil-photos, un chéquier ? Il continue d'acquiescer, je lui donne mon nom et je me dis que je l'ai convaincu de ma sincérité, et il s'éloigne pour aller le chercher...

*

peg-leg-pete

(le retour de Riri la Gâchette...)

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(sur le carnet d'Eric Pessan)

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(là hélas il manque un truc à propos du chocolat du jour...)

4 novembre 2020

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6

(c'est tous les jours pareil, en gros, mais c'est quand même toujours un peu différent, non?)

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sérendipité (hier soir)

ça commence avec cette photo du supplément culture de libé (rézervé aux zabonnés) et à ce morceau d'article intriguant :

libécul

je comprendrai après que le monsieur sur la photo ci-dessus
est le même que celui dont on parle dans l'extrait ci-dessous :

caretaker

(je ne vous en mets qu'un extrait, je vous connais, bande de feignasses, vous ne le liriez pas en entier...)
mais bon tout ça m'intrigue suffisamment pour que j'ai illico envie d'en savoir plus... Le monsieur s'appelle Leyland Kirby, alias The Caretaker, est un musicien spécialisé dans l'ambient, et l'oeuvre dont il est question, qui est écoutable sur y*utube (mais non récupérable car trop longue) s'intitule Everywhere at the end of time, et s'étend sur six disques (et autant d'années) pour une durée totale de 6h 30' 31"!

youtube

je fouine encore un peu, et je finis par (re)tomber sur le site de (ce très cher à mon coeur) Bandcamp, où je peux même, si je le souhaite, l'acquérir pour un prix plus que raisonnable (et on peut d'ailleurs y écouter tous les morceaux si on a envie...), j'écoute plusieurs morceaux la musique est... étrange (le début a été inspiré par la scène finale de Shining, le bal sur la photo), tour à tour émouvante, intriguante, flippante, et plus on progresse plus ça devient dark et malaisé...

bandcamp

quand voilà que y*utube (sur le quel je suis revenu entretemps), dans sa bande latérale de propositions, m'allèche avec cette accroche, toujours à propos de la même oeuvre :

feldup

... que je vais écouter (le tuto, pas l'oeuvre) jusqu'au bout, tellement je trouve ça intéressant et bien fait... Le monsieur s'appelle Feldup, je découvre (merci Libé entre autres) que ce (très) jeune homme au visage poupin, est "de la région", musicien, et youtubeur spécialisé dans la zik et les trucs qui font (un peu) peur, et qui en trente minutes va vous décortiquer ce fameux Everywhere at the end of time... en vous expliquant chacun des disques  du processus de désagrégation mentale dans le cerveau d'un homme décrit (et si vous avez lu quand même en entier l'extrait de Libé ci-dessus vous saviez déjà de quoi il est question...) pendant les premières 6h25, jusqu'aux "fameuses" 6 minutes finales qui laissent la plupart des auditeurs/trices en larmes...
Et me voilà donc, à la fin de la vidéo, dans un drôle d'état... j'en commence une autre du même jeune homme, et de sa série Findings

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... mais je ne la regarderai pas juqu'au bout parce qu'il commence à se faire tard et que j'ai envie de me coucher plus... joyeux! (mais j'y reviendrai, promis...)

*

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(double page aujourd'hui, faut dire que l'actu s'y prête...)

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le chocolat d'aujourd'hui était sympathique (carré lait avec feuille de nougatine) mais le café était dégueulasse à tel point que j'ai dû le jeter et manger le chocolat tout seul (j'avais entamé un nouveau paquet dont la taille de la mouture ne semble pas convenir...

*

Je pense souvent à mes amies Manue et Isa qui ont repris vaillemment le boulot dans leurs classes
et m'envoient des... nouvelles du front (quelle honte mais quelle honte cette histoire...)

*

1 décembre 2020

novembre 2020

dimanche 1

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(Dario Argento, sors de ce salon!)

lundi 2
"Pour autant, assure également le ministère, «en cas de contrôle, les forces de l’ordre feront preuve de pédagogie et de discernement». Laissant entendre que des consignes allant en ce sens ont été données aux fonctionnaires de police." (Libé, CheckNews, dans la réponse (qui est non) à la question "Peut-on encore utiliser les attestations du mois de mars?" )

mardi 3

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Feldup (il est pas mal ce jeune homme...)

mercredi 4
à chaque fois que je le fais, je repense à cette suggestion de Pépin qui m'avait bien fait rire, (parce que je l'avais verbalisée exactement dans les mêmes termes), de tourner l'oxalis de temps en temps, pour lui faire faire un peu d'exercice...

jeudi 5

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ou bien

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(camion de pompiers stationné très longtemps à l'entrée de la rue St Georges, 2h30)

vendredi 6
"Plus généralement, les violences diverses que je dépeins, je les dessine depuis très longtemps. Les comportements sexistes, les rituels masculins, c’est ce qui est déjà au cœur de Pascal Brutal. Je n’intellectualise pas au point de me dire : "Tiens, je vais en parler parce que personne ne le fait !". Si je commence à théoriser, je sais déjà que je vais rentrer dans le groupe de tous ces livres idéologiques que je déteste. Je n’ai pas envie de rejoindre ce continent." (Riad Sattouf / Libé)

samedi 7
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jeune gens on tv

dimanche 8

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(à propos de vin, sur le site Glougueule)

lundi 9

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la gymnastique de l'oxalis...

mardi 10
"Si je ne te regarde plus, tu disparais
Si tu fermes les yeux, je m’évanouis
Il faut se tenir éveillé, jour et nuit
Si tu t’endors, je te réveillerai"
(Dominique A, Les Eveillés)

mercredi 11

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(souvenir d'un magret exquis, "étiquette orange" à Monop')

jeudi 12
suffisamment rare pour ne pas être ici rapporté : aujourd'hui, dans la boîte aux lettres, en plus du Libéchounet et du Téléramuche, deux "vrais" courriers : une carte postale (de Besançon) de Dominique, particulièrement bien écrite  puisque j'arrive à tout lire, et une lettre de Philou de sa série UNE SF SANS SF, avec cet envoi manuscrit au crayon de papier "Remember quand on pouvait aller aussi loin qu'on voulait, aussi longtemps qu'on voulait..." qui me tire, allez, oui, une larmichette. Merci les amis

vendredi 13

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(le retour des oiseaux d'Emma -au plafond-)

samedi 14

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(il n'a pas mis son masque comme il faut, mais son visage n'en que plus expressif)

dimanche 15
"La nostalgie est ce qu'elle n'était plus." (d'après Simone Signoret)

lundi 16

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(Dorothée de Monfreid / Les choses de l'amour)

mardi 17

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apéro à 1 000 000 de calories (merci Dominique de me l'avoir suggéré...)

mercredi 18
" Le cinéma est en effet essentiellement impudique. Puisqu'il a cette faculté de grossir les gestes, servons-nous d'elle. La caméra peut ouvrir une braguette et en fouiller les secrets. Si je le juge nécessaire, je ne m'en priverai pas." (Jean Genet, "Chant d'amour", cité par Arthur Nauzyciel)

jeudi 19

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Hmmmmm.... rien que pour le plaisir

vendredi 20
"J'ai en tête pour référence permanente quelques mots de La chanson des vieux amants de Brel "et chaque meuble se souvient, dans cette chambre sans berceau, de l'éclat des vieilles tempêtes." En trois lignes, l'auditeur ressent tout ce dont la chanson parle. Je trouve ça très fort.
Souchon aussi a ce talent. Il chante quelques mots, et c'est comme si on avait lu les cent premières pages d'un livre. Parvenir à susciter une telle impression est très difficile." (Albin de la Simone / "La marmite")

samedi 21

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(fleur d'oxalis)

dimanche 22

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(WW / END / Au fil du temps, ou comment finir un film à la perfection)

lundi 23

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"J'ai ramassé des champignons..." (air connu) / échangé ce jour sur whatsapp

mardi 24

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(presque comme si je lisais par dessus son épaule)

mercredi 25

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(qui prend bien la lumière)

jeudi 26

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(in ze pocket)

vendredi 27
(comme qui dirait le sens de la vie) : "On est tous en visite... On débarque, on fait un peu de tourisme, et puis on repart..." (Alphonse Tram / Buffet froid)

samedi 28
"all helpless dealing with many troubles. hand in hand never leads to that same old goal. I can repeat your name, endless. until it lost its lovely sense. oh no. just let it go. everything with you seems so easy. Eden has never been my kind of harmony. you can repeat my name, endless. until it turns meaningless. oh no. just let it go." ("Endless"/Jessica93)

dimanche 29

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les litchis de Nouvelle-Calédonie sont effectivement délicieux...

lundi 30

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(novembre se termine comme il a commencé...)

 

10 juin 2021

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(c'est joli, aussi, les images sur tw*tter... ou ailleurs)
ce matin :

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(immanquable! encore sur arte.tv jusqu'au 26 juin!)

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bon on ne va pas se mentir l'événement le plus important aujourd'hui c'était la réouverture au public du FJT! (la dernière fois qu'on y a mangé ça devait-être à la mi-octobre, ça en fait des mois!), et finalement j'y suis allé tout seul (on n'était même pas sûr que c'était effectivement open), alors, pour faire bonne mesure (et bonne conscience aussi) j'y suis allé à pied!
ouf c'était bien ouvert, les cuisiniers étaient tous là, la caissière blonde aussi, c'était bien de redémarrer (gel sur les mains, écrire son nom et son téléphone sur le cahier -encore une fois le diablotin rouge sur mon épaule me susurre que hmmm je pourrais en récupérer, des numéros de ces robustes travaileurs, surtout qu'il y en avait un qui répétait à l'envie qu'il laissait exprès son numéro "parce qu'il était célibataire, très célibataire!"- j'ai expliqué en deux mots mes soucis de santé au cuisinier (en un seul mot, d'ailleurs, "diabète"), et il était triste alors de ne pas pouvoir m'offrir l'apéritif de bienvenue (rosé-pamplemousse) qu'ils avaient préparé pour tous les clients... Je me suis assis à "ma" place (de choix), avec mon petit plateau, et j'ai mangé paisiblement mon repas en profitant du spectacle habituel... (je ne m'en lasse pas!)
Ensuite, une fois le café bu (sans sucre, brrrr, là j'ai fait l'unique accroc au contrat : j'ai mangé le chocolat pour le faire passer), je suis reparti comme j'étais venu : à pied, en passant par le Jardin Anglais (l'autre côté), il commençait à faire chaud,  et j'étais un peu rouge et suant (et claudiquant) en arrivant à la maison...
bon, ça, c'est fait...

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 *

 

3 novembre 2020

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5

*

voilà c'est reparti... "pour de vrai"

*

(tiens, en parlant de (re)partir, je me suis amusé à tracer des périmètres de gens qui me sont proches... ou moins :

marie

(M)

pépinco

(C&P)

soria

(F&P)

catherine

(C)

... et des plus lointains :

manue

(M)

emmarégis

(E&R)

dom

(D)

Nous ne sommes pas tous égaux devant le périmètre...

*

avec cette histoire de périmètre d'autorisation déambulatoire, j'ai commencé à gamberger sur les distances maximum éventuellement parcourables (pour ceux qui décideraient de sortir, bien évidemment!) :

* d'abord, pour les fainéants, 1 aller rectiligne de 1km + un retour idem = 2km
* pour les un peu plus vaillants : 1 aller de 1km, puis un parcours circulaire sur le périmètre du cercle ( Dx3,1416) = 6,2832km, puis un retour de 1km = 1+ 6,2832 +1 = 8, 2832km ... déja mieux!
* MAIS pour les plus sportifs entre les sportifs, on peut, imaginer, encore mieux, un nombre n d'allers et retours sur un rayon de 1km, soit n x 2km, n étant supposé tendre vers l'infini... ce qui laisse à rêver, non ?

*

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(Eric Pessan)

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(Jean-Michel B., décidément, c'est comme Rantanplan, je ne me lasse pas de ses facéties...)

"Ce matin, les enseignants vont lire aux élèves la lettre - ou un extrait - de Jean Jaurès «aux instituteurs et institutrices», à l’occasion de l’hommage à Samuel Paty. Une lettre largement et étrangement tripatouillée, comme l’a raconté Libé. «Il y a un peu de complotisme dans cette interprétation», répond sur France Inter Jean-Michel B. Pour le ministre de l’Education nationale, c’est «typique de ces procès d’intentions absurdes». Certes, reconnaît-il à demi-mots, il y a eu caviardage, mais ce n’est pas de sa faute à lui et il ne faut pas chercher la petite bête. «Vous imaginez bien que je ne l’ai pas fait personnellement, j’ai des journées assez remplies», lance-t-il, se défaussant sur «les services».

#Passages caviardés

Comme Libé le rapporte, de nombreux enseignants ont eu la surprise de découvrir qu’il leur avait été envoyé une version raccourcie du texte de Jaurès. Une version tronquée - diffusée par plusieurs rectorats, a minima dans la région Centre et en Occitanie - des passages où Jaurès défend l’autonomie de l’enseignant et critique le recours excessif aux évaluations. «Bien entendu, ces paragraphes n’ont rien de tabou. C’est pour ça qu’on publie la lettre complète. Elle est accessible à tous, ce serait absurde de vouloir enlever des paragraphes», se justifie B. Qui poursuit : «Comme c’est une lettre très longue, il y a des paragraphes qui sont enlevés. J’ai lu les paragraphes enlevés. Ça a trait au certificat d’étude que Jaurès critique. Il a disparu depuis longtemps, peut-être sous l’effet de la critique de Jean Jaurès d’ailleurs.» Mais pas que. Et rappelons que la lettre de Jaurès date de 1888 et que le certificat d’étude a été supprimé officiellement en… 1989.

#Fierté qui devient fermeté

Autre élément surprenant, un extrait où la «fierté alliée à la tendresse», mentionnée par Jaurès pour expliquer la «grandeur» de l’enseignant, devient la «fermeté alliée à la tendresse». «C’est sur le site d'une académie, ça date de plusieurs années», esquive le ministre. Effectivement, cette version émane d’un espace de ressources pédagogiques de l’académie de Poitiers, et, selon la communication de ce rectorat, «a été mise en ligne en 2016 dans le cadre de la semaine pour la laïcité». «Essayons d'être unis plutôt que d’aller chercher des polémiques de ce genre», conclut B., agacé."
(Chez Pol / Libé 02/11/20)

*

il n'y a pas d'heure pour les braves : je me suis habillé à 16h12, histoire de descendre sortir chercher le courrier en tenue décente.

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le chocolat du jour : pas mal
(je ne suis pas très chocolat blanc)

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le chocoalt du jour,*

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2 novembre 2020

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un jour triplement nul : re(con)con, dimanche, et jour férié! trois raisons de traîner en pyj' toute la journée (je n'ai aucun cimetière à visiter)

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si mon cerveau est assez agile pour mélanger les lettres et trouver les scrabbles, il l'est en revanche beaucoup moins pour déco(co)der la complexité du monde environnant... (et à vrai dire ça m'intéresse aussi beaucoup moins)

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cuisine : testé hier soir (merci merci Manue pour le nouveau four!) le chou-fleur en popcorn, et, contrairement à ce que j'ai pu dire à Dominique au téléphone pendant que ça cuisait, j'ai finalement trouvé ça pas mal du tout (mais il faut vraiment qu'il soit émincé fin!) j'en ai même refait une fournée ce matin! (mais bon là il était émincé trop fin!

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(du carnet d'Eric Pessan)

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le chocolat numéro 3 était délicieux (et pareil pour le café de la nouvelle cafetière, ça devient bon...)

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"Un kilomètre à pied..." (air connu)

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...et voici donc mon périmètre d'action pour le mois à venir
(le gougouvernement a bien précisé "oui oui, à vol d'oiseau")

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25 octobre 2020

coiffeuse

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ADIEU LES CONS
d'Albert Dupontel

On l'avait en sortie nationale et donc, rituellement, j'y suis allé le premier jour à la première séance, d'autant plus vite que j'avais entr'aperçu quelques critiques assez dézingueuses (Libé, les Inrocks, Téléramuche) l'une d'elle allant carrément jusqu'à qualifier le film de moisi, j'ai donc voulu en avoir le coeur net le plus vite possible.
Et j'ai drôlement bien fait. Contrairement aux pisse-froid et aux culs-serrés susnommés (c'est peut-être eux les cons auxquels le titre dit adieu), je me suis tout de suite senti à l'aise dans ce conte moderne qui met en scène un trio plutôt dézingué : une coiffeuse qui apprend qu'elle n'a plus beaucoup de temps à vivre (et veut en profiter pour retrouver son fils qu'elle a dû abandonner à la naissance, ayant accouché à 15 ans), un informaticien burn-outé que son suicide raté va faire prendre à tort pour l'ennemi public numéro un (et qui souhaite rétablir la vérité), et un aveugle relégué dans d'obscures archives suite à un accident de flashball qui lui a ôté la vue (et collé une sainte frousse de la police), qui  demande aux deux autres de l'emmener avec eux. (Dans le rôle, Nicolas Marié est extraordinaire...)
Chacun cherche quelque chose, et chacun a besoin des deux autres, dans une fuite effrénée à la fois pour trouver ce qu'ils (re)cherchent, mais aussi pour échapper aux flics (on se souvient que Dupontel ne les aime pas, mais là il a encore plus mis le paquet, tellement  ceux-là sont spécialement cons, bourrins, violents, gueulards, bref, juste comme on aime les détester...)
Dupontel a toujours le filmage survolté, il se délecte des éclairages polychromes, des cadrages biscornus, des scènes-choc (dans tous les sens du terme, ça fait boum! à plusieurs reprises) et n'aime rien tant que zigzaguer (louvoyer) entre la comédie noire, le mélo tire-larmes, la comédie tendre-doudou, et le blockbuster pyrotechnique à effets spéciaux, en prenant soin de pousser les curseurs toujours un poil trop loin... Ceux de la folie souvent, ceux de la facilité quelque fois, mais ça fait du bien.
Car ça fonctionne, indiscutablement.
Bien entendu, la quête de Suze Trappet (placement de produit ? Hihi)- incarnée par une Virginie Effira délicieusement délicieuse- va aboutir (grâce notamment à un Jackie Berroyer paradisiaque qui redonnerait l'espoir à tous les malades d'Alzheimer -ou plus précisément à ceux qui doivent gérer ce type de malades-, dans une séquence merveilleusement irréaliste et délicieusement à larmichettes, je l'avoue oui là j'ai fondu...), elle va retrouver son fiston perdu, mais le film ne va pas s'arrêter là, heureusement, et après une brève pause (le temps de reprendre son souffle ?) ça va redémarrer, doucement d'abord, puis en mettant les gaz à fond jusqu'à un final à la fois très attendu et très surprenant, où Dupontel va jusqu'au bout (du polar, du mélo, de la love story) et réussit à nous emporter (nous émouvoir) avec cet ultime Adieu les cons... Et bam bam.

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21 octobre 2020

je jarte

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GARCON CHIFFON
de Nicolas Maury

Ca y est on a réussi à la faire notre Soirée d'Ouverture de Saison, luttant bravement contre l'adversité (film oublié dans le flyer hebdomadaire de programmation du cinéma, et donc personne à part nous, en gros, ne pouvait le savoir) qui a réuni environ 70 personnes -masquées et distance-socialées- dans une salle "pas trop grande" qui du coup s'est retrouvée bien bien remplie (je n'aime pas trop me retrouver au 3ème rang, heureusement il n'y avait pas de sous-titres, et, donc, on risquait moins le torticolis!)
Un film en avant-première, qu'on avait souhaité à l'origine chacun avec ses raisons personnelles (Hervé parce que Maud Ameline était co-scénariste, et moi-même juste parce que Nicolas Maury...) et que le distributeur (les films du Losange) a accepté de nous "prêter" à une semaine de sa sortie officielle, qu'il en soit remercié...
Nicolas Maury, donc, est un acteur qu'on peut qualifier de "singulier", et on a déjà programmé quelques-uns de ses films  en commençant par Les Rencontres d'après minuit, de Yann Gonzalez, (2013) film tout aussi singulier, où il crevait l'écran en donnant naissance à un personnage... troublant de "soubretton" (qui m'avait fort impressionné) :

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Il est ensuite apparu dans plusieurs films que j'ai beaucoup aimés (Le dos rouge, Jacky au royaume des filles, Un couteau dans le coeur, Perdrix, Les envoûtés) alternant  personnages flamboyants et d'autres plus... neutres de l'au-delà à l'en-deça), et surtout est apparu à la télévision dans la série Dix pour cent (qui, coïncidence, tiens, redémarre, justement, ce mercredi, sa saison 4...)
Et le voilà qui réapparaît ici avec la double casquette d'acteur et de réalisateur (Nicolas Maury dans un film de Nicolas Maury...) portrait, en plus, d'un acteur dont le personnage ressemble beaucoup à ce qu'on connaît déjà de lui. Ce qui fait déjà, au départ, un peu beaucoup (trop) de Nicolas Maury...
D'où le premier reproche qu'on a pu faire au film, en discutant ensuite dehors devant le cinéma, comme Dominique (mais j'ai partagé son avis, au moins dans un premier temps) qui l'a nommé complaisance. Ca m'a un peu gêné dès le début, c'est vrai, justement, cette omniprésence de Nicolas Maury (et c'est le mot que j'avais moi-aussi utilisé). Jérémie Meyer (le personnage du film) est un jeune acteur, à la voix et au phrasé immédiatement reconnaissables, avec une certaine tendance à l'auto-apitoiement et à la pâmoison. Un jeune homme maladivement jaloux (ce en quoi il a ma bénédiction, car il fut des temps où je fonctionnai un peu de la même façon, même si le traitement de la jalousié au cinéma - El, L'Enfer- ne m'a jamais totalement convaincu...) qui a du mal à trouver sa place, affectivement et professionnellement (il ne s'est pas choisi n'importe quel mari, hein, Arnaud Valois, tout de même...) et qui après une rupture douloureuse (entièrement de sa faute) décide de partir à la campagne pour prendre un peu de distance et répéter un rôle pour une audition, celui de Moritz dans l'Eveil du printemps de Franck Wedekind), et retourne chez sa mère (Nathalie baye, qui est MAGNIFIQUE, les majuscules sont de rigueur).
A partir de ce moment, le film, qui, jusque là, pour moi cahotait, patinait, brinquebalait, sans véritablement trouver ni son ton ni son rythme, passe -miraculeusement- à un niveau supérieur, à partir de la scène dite "de la piscine", que je trouve d'une précision et d'une rigueur -d'une intensité- absolument inespérées, et qui fait basculer le film -plouf!- dans mon adhésion totale et inconditionnelle, pour tout ce qui va suivre, même si, de ci de là quelques stridences narratives peuvent encore de temps en temps me crier dans les oreilles, mais, à partir de ce moment, je lui pardonne tout, tout, absolument tout, à partir de cette cristallisation qui a lieu au tour de cette italienne du texte de Wedekind (que le film donne d'ailleurs furieusement envie de lire), une scène pour moi anthologique, et suivie bam bam d'une autre scène d'anthologie (qui a d'ailleurs donné son affiche au film) celle entre la mère et le fils (je redis combien j'ai énormément aimé Nathalie Baye dans ce film.).
On pourrait, par exemple,  se dire que l'idée du chiot était un peu too much (comme dit un des -beaux- personnages : "Là c'est trop girly pour moi...") mais, sans lui, les deux dernières scènes auraient sans doute été moins fortes...
Un film, donc, à la progression dosée, qui démarre dans le  cafouillage (j'ai au départ très peur de l'accident industriel, (et de l'immense déception qu'il aurait généré), comme avait pu l'être en son temps Merveilles à Montfermeil de ma très chérie chérie Jeanne Balibar) et chemine ensuite vers la sérénité et l'harmonie. Et on se dit que, finalement, il avait raison de se filmer, car je n'imagine pas vraiment qui d'autre aurait pu jouer son rôle, tellement le créneau qu'il occupe est particulier...
Oui, Nicolas Maury (malgré sa coiffure affreuse, ses pulls épouvantables et ses poses récurrentes de diva) a réussi son coup brillamment (et je suis du coup rassuré dans mon coeur de midinet...) et je vais donc ce soir regarder les épisodes 1 et 2 de Dix pour Cent.4

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l'affiche (qui, allez savoir pourquoi, m'a fait penser à celle de Mommy, non ?)

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"ce mec est too much, ce mec est trop..."
(et, pour faire le lien, coucou Hong sang Soo!)

19 octobre 2020

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NEVER RARELY SOMETIMES ALWAYS
de Eliza Hittman

On connaissait "un temps de Toussaint", voici à présent un film de Toussaint.
Un film... peu aimable, mais plutôt efficace dans son genre, avec une longue partie de zone dans un New-York nocturne, moche, peu accueillant, anxiogène et froid (un New-york de Toussaint, quoi...). Où se retrouvent Autumn (c'est l'héroïne, normal, une héroïne de Toussaint) et sa cousine qui l'accompagne. Autumn (qu'on a découverte -c'est le début du film- sur scène guitare à la main et yeux maquillés avec des paillettes chanter une chanson d'amour et se faire traiter par un jeune con dans le public) qui découvre qu'elle est enceinte (elle pense que c'est de 10 semaines mais en réalité on l'a trompée, et c'est plutôt de 18) et qui vient là pour se faire avorter...La jeune fille en question a un physique spécialement lisse et atone (mais -je viens de re-regarder les photos sur allocinoche-, la jeune fille qui l'interprète, Sydney Flanigan, dont c'est le premier rôle au cinéma, mérite tous les éloges, tant elle est capable de mettre une troublante intensité à jouer presque rien, vraiment on est bluffé). Je ne pense pas qu'on la voit sourire une seule fois dans le film (bon la situation ne s'y prête guère hein, mais, hein, il y a quand même de la joie, oh même un petit peu, en ce bas-monde, non ?)
Un film glacé, (glaçant), opaque, parce que clinique, documentaire, où la part de fiction culmine dans une séquence impressionnante d'entretien avec QCM (Never Rarely Sometimes Always), répété comme un mantra et qui donne son titre au film) où la demoiselle laisse de fissurer son masque (sa carapace) d'impassibilité pour laisser passer quelques larmes..
Si je résume en disant que c'est "un film de filles", je risque encore de me faire taper par mes copines et pourtant c'est le cas (j'ai pensé, de loin, à Christian Mungiu et à son 4 mois, 3 semaines, 2 jours, au moins pour la situation de départ, même si la Roumanie de 1987 est bien plus glauquissime que le New-York de 2020 -on met d'ailleurs un certain temps avant de pouvoir dater l'action de ce film-ci).
C'est drôle (!) j'étais un peu resté arc-bouté sur ces sensations d'un film froid, et, en regardant les photos sur allo-cinoche, je le re-découvre, via ses deux interprètes féminines (les mâles, je le redis n'ont pas grand-chose à y voir) comme profondément humain, touchant, émouvant (comme si l'émotion avait mis son temps pour infuser...)

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les deux cousines (Autumn à droite -mais si elle sourit, tu vois bien...)

PS : sans rapport ou presque avec ce qui précède, un extrait de la critique dégueulasse de Libé, celui qui est cité par allocinoche :
"Le troisième long d’Eliza Hittman est de ces films qui se déroulent tout seuls et sans nous. Autosuffisants et complets, sous leurs airs frêles ce sont des bulldozers. La bonne conscience du cinéma à sujet, limité, mal contraint, d’une paresse politique qu’évince son esprit de sérieux." Si quelqu'un peut me traduire et m'expliquer la phrase en gras, je suis tout ouÏe.

 

14 octobre 2020

habitat à loyer modéré

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MANO DE OBRA
de David Zonana

Un (premier) film fort, mais qui m'a un peu... abattu (un peu paradoxal quand on parle de construction). Et comme c'est mexicain, on peut dès le début être quasiment certain que ça va mal finir... (vous connaissez, vous un film mexicain qui finit bien ?) Et ça ne loupe pas.
Ca démarre sur un chantier, dans une très belle (et très grande, le détail a son importance) maison où s'affaire(nt) toute une équipe de travailleurs sous-payés (on va le savoir très vite), chantier brièvement interrompu lorsqu'un des hommes tombe du toit. Et se tue. C'est le frère de Francisco, le héros du film, qui laisse une jeune épouse enceinte et complètement démunie, les "experts" ayant refusé de classer le décès en accident du travail, des "analyses" prouvant selon eux que l'homme était tombé du toit parce qu'il était ivre, alors, que Francisco sait que son frère ne buvait jamais.
Francisco essaye d'obtenir réparation, via le contremaître, puis via le (riche et seul, autre détail qui a son importance) propriétaire, en vain. Il décide alors de régler le problème à sa façon...
Un peu de fil électrique, d'abord, et une "bonne idée"...
C'est là, bien sûr que les choses vont se gâter. Car au Mexique (comme partout ailleurs, d'ailleurs, mais tout particulièrement ici  au Mexique) la loi des castes est immuables : les pauvres doivent rester pauvres (et dans la merde) et les riches riches (et dans leurs grandes et belles maisons) Et tout le reste n'est qu'utopie. Et David Zonana, le réalisateur, en fait le constat glaçant et sans appel.
Même Francisco, son héros, n'échappe pas à la dure loi du sport : il y a des moments où il est montré, sans concessions, comme un mec pas très sympathique... Un mec "normal", quoi...
En sortant de la salle, je me disais qu'il (le réalisateur) était bien dur avec eux (les pauvres), mais non il est juste... réaliste. Quand on n'a rien ou presque, on voudrait un petit peu plus, et quand on a plus on voudrait encore (un petit peu) plus, et badaboum.
Pourquoi donc ? Comme dans la chanson du monsieur qui chantait Marly-Gomont et dont le nom m'échappe (non, Kamini ça vient de me revenir) "Parce qu'on est con." cqfd.

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10 octobre 2020

carnet de croquis

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JOSEP
d'Aurel

Un film qui m'a bouleversé (et pas uniquement parce que ça parle d'Espagne et d'espagnols), l'histoire d'un artiste que je ne connaissais pas, réalisée par un dessinateur que je ne connaissais pas non plus... Aurel (de son vrai nom Aurélien Froment) a réalisé un "film de dessins" (comme il le dit lui-même) plus qu'un film d'animation (mais ne vous inquiétez pas ça bouge quand même!) pour raconter Josep Bartoli, "combattant anti-franquiste et artiste d'exception" (comme le résume allocin*che), depuis son arrivée en France en 1939, et son internement dans ce qui ressemble furieusement à un camp de concentration jusqu'à la rétrospective de ses oeuvres dans un grand musée.
L'histoire devient encore plus intéressante quand elle est racontée par un grand-père mourant à son petit-fils, surtout qu'il s'agit non pas de Josep devenu vieux, mais, bien plus habilement, de celui qui, à l'époque, était un jeune gendarme, qui a sympathisé avec un de "ces saletés d'espagnols" (c'est ce que disent les autres flics, chargés de la surveillance, et qui rivalisent en beauferie et en dégueulassitude -François Morel, qui en double un, prend visiblement plaisir à incarner ces lointains grands-parents des Deschiens, qui étaient peut-être aussi bêtes mais certainement pas aussi méchants-)
Une belle histoire d'amitié, avec la grande Histoire en toile de fond (je ne savais pas que les Tirailleurs Sénégalais avient été appelés en renfort), qui va d'avant-hier (1939) à après-demain (l'ado qui écoutait l'histoire est devenu adulte, et, clôt, avec panache, cette belle histoire, où je ne m'attendais pas du tout à croiser Frida Kahlo).
Plastiquement, c'est une merveille (ce qui, rajouté à la grande humanité du projet -et au bonheur d'entendre la voix de Sergi Lopez- fait du film un choc et une découverte, aussi forte qu' avait pu l'être l'année dernière J'ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin.)
Un bien beau choc.
Inratable.
Sans doute Top 10!

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l'affiche

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le réalisateur

Josep-Bartolí

Josep Bartoli

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une tête de Bartoli

9 octobre 2020

chant / contrechant

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A COEUR BATTANT
de Keren Ben Rafael

J'aime beaucoup Judith Chemla, et je suis donc allé voir ce film (avec Emma) sans savoir de quoi il retournait ou presque (juste un résumé en diagonale sur allocinoche). J'ai donc été surpris, étonné, et séduit. On a connu les romans épistolaires, voici désormais les films skypesques. Une petite famille (maman, papa, et fiston), on fait la connaissance de papa et maman, d'abord, qui sont au lit et font un câlin, lorsque bébé se met à pleurer, et donc maman se lève pour aller s'en occuper.
Et on réalise que deux sont à Paris (maman et bébé) et que le papa est loin, en Israel. Ce qu'on va voir sur l'écran, c'est ce que chacun des deux voit de l'autre sur son écran. Il s'agit de petites scènes du quotidien, à divers moments de la journée, comment ça se passe ici, à Paris, et comment ça se passe là-bas, loin... Lui qui est d'abord empistrouillé par des problèmes de visa, et ne peut donc pas repartir aussi vite qu'il l'aurait espéré, dans un premier temps, puis qui va commencer à se poser des questions, à lui en poser à elle aussi, en essayant de tout régenter, de tout voir de tout savoir d'avoir la main-mise sur elle et sur le fiston... Et les choses se compliquent, et le climat devient délétère, et on se raccroche au nez de plus en plus régulièrement, quand on ne refuse pas carrément de répondre... Se met en place un genre de désynchronisation du sentiment amoureux, où tous les deux sont de moins en moins en phase, voire complètement décalés... Comme a dit Emma à la sortie "L'amour ne suffit pas forcément...".
Judith Chemla et son partenaire Arieh Worthalter sont absolument magnifiques, d'une profonde -et touchante- justesse et portent le film (à deux deux, c'est le principe, ils occupent pratiquement tous les plans -excepté quelques scènes avec la mère d'elle, jouée par Noémie Lvovsky, qui est excellente elle-aussi, même si elle fait froid dans le dos- et les scènes finales, qui ne sont pas tournées selon le même principe, et m'ont évoqué -et donné envie de revoir, du coup- le très bon 5x2, de François Ozon).
Une très belle surprise (même si tout ça n'est pas très guilleret, mais, hein, n'est-ce pas, L'amour c'est gai, l'amour c'est triste...)

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 à noter le très beau travail de cadrage / recadrage / surcadrage...

8 octobre 2020

faire ailleurs

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IL MIO CORPO
de Michele Pennetta

Settima Settimana 4 et 6
Un film à côté duquel j'ai failli passer, et expédier d'un lapidaire "au début j'ai dormi, et après je me suis ennuyé...", mais qui vaut en réalité beaucoup, beaucoup mieux que ça. La réalité, tiens, c'est bien de ça dont il est question dans le film, qui traite de deux histoires distinctes, de deux groupes de personnages distincts, chacun dans son histoire -différente- et avec ses propres problèmes, mais aussi avec leurs points communs. Deux narrations disjointes, parallèles,  qui vont juste se croiser, comme ça, au point de fuite on pourrait dire, presqu'à la fin du film, dans une scène à la fois très simple et très forte (la nuit noire, et deux lumières qui se croisent et se répondent en silence). Et même un petit peu plus que ça encore (à la deuxième vision, où je n'ai pas fermé l'oeil du tout) mais cette fin, ces scènes de la fin, sont -pour le moins- très elliptiques, et je ne suis pas sûr que s'y passe réllement ce qu'on pourrait penser qu'il s'y est peut-être passé...)
Le film faisait partie de la sélection acid au festival (fantôme et masqué) de Cannes 2020, et le distributeur (Nour films) a bien voulu nous le confier en avant-première (le film sort le 11 novembre, il me semble).
Un film âpre (presqu'autant que Una promessa, mais avec tout de même un peu de violence -physique- en moins), avec d'un côté une famille de ferrailleurs (où le père d'ailleurs n'est pas spécialement tendre) et de l'autre un jeune africain qui garde des moutons en espérant obtenir un permis de séjour (à la deuxième vision : en réalité c'est son copain qui espérait un permis de séjour, et ne l'a pas obtenu). Tout le monde est à la même enseigne : mouise, galère, démerde, et petits boulots de merde pour survivre...
Les petits ferrailleurs n'ont pas de bol : en plus de passer leurs journées à trimer, ils ont en plus écopé d'un père qui se pique de prétentions capillaires (la tonsure qu'il inflige à Oscar est proprement immonde -oui oui je sais, j'ai un problème avec les tonsures, et, encore plus, avec les crêtes-, et Hervé m'a fait remarquer, à la sortie, ce qui ne m'avait pas forcément sauté aux yeux : la chronologie capillaire, justement, dans le film, ne serait peut-être pas strictement respectée...) donc on comprend que de temps en temps, les pauvres,  ils ressentent le besoin d'aller voir ailleurs...
Le film avance donc comme en skis de fond, avec ses deux traces parallèles (les gens sont des vrais gens, jouent leur propre rôle, et sont crédités de leurs vrais noms au générique et dans le film...) ce qui aurait pu n'être que deux documentaires voisins devient, par le système de lasagnes que le récit induit, un objet différent, comme si la juxtaposition des deux vérités construisait une méta-fiction ("le tout est supérieur à la somme des parties"...).
Comme si, simplement en écoutant les gens parler, en leur (re)donnant la parole, en les observant, de façon assez neutre, objective, il atteignait une certaine grandeur...
J'étais vraiment très content d'y être retourné le lendemain, et de ne pas en avoir perdu une miette...

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2 octobre 2020

rester avec papa

(oups! oublié de le poster en temps et heures requis, celui-ci va après le 085, Ana, du coup je ne sais plus si je me suis equivocado en numérotant les suivants...)

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LES MEILLEURES INTENTIONS
de Ana Garcia Blaya

Les hasards de la programacion ont fait que j'ai vu, le même jour, deux films latinos avec beaucoup de musica, où il était mucho question de familia... Nous voici en Argentine. Une famille avec trois enfants (deux filles, Amanda et Lala, et un garçon, Manu) où les parents sont séparés : le papa fait partie de la famille bien connue des "gentil mais irresponsable" (s) (un musicien fumeur de pétards, un joyeux et sympathqiue branleur, quoi. Attachant.) La maman, Cecilia est bien plus responsable (et passe du coup quasiment pour la psycho-rigide de service alors qu'elle est juste attentive et concernée par l'éducation de ses enfants.)
Le film est double car la narration "normale" (les petites histoires de la famille, aux couleurs légèrement désaturées, comme des souvenirs qu'on serait un peu en train d'oublier) est régulièrement interpolée avec les vidéos réalisées par le papa (des genres de clips "faits maison" avec une musique assez brutale : du punk-rock argentin, ça déménage, en plus comme dans le bôô cinéma le projectionniste facétieux (je l'ai déjà évoqué) a tendance à monter le son, il y a des moments où je me suis bouché carrément les oreilles tellement c'était fort). C'est... agréable, sans véritable enjeu dramatique (le problème qui se pose est que la maman souhaiterait partir au Paraguay avec son nouveau copain, et les enfants si possible, pour y mener une vie meilleure, et voilà qu'Amanda décide qu'elle préfère rester là avec son papa... Partiront ? Partiront pas ? Restera ? Restera pas ?) Et on sort de là d'assez joyeuse humeur, sans être toutefois complètement tourneboulé. Des fois c'est bien de voir un film, comme ça, qui semble juste fait pour vous faire passer un bon moment...

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5 octobre 2020

chocolats mozart

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LES APPARENCES
de Marc Fitoussi

Un thriller "à rebondissements" plutôt bien goupillé. A Vienne, dans la bonne société des expat's, une femme, directrice de la médiathèque française (Karin Viard, au brushing lissement impeccable) découvre par hasard que son mari, directeur de l'Opéra  (Benjamin Biolay, délicieusement de plus en plus amphibien) la trompe avec la maîtresse de leur fils Malo (Laetitia Dosch, superbe comme d'hab'). Et tombe des nues. Sans rien perdre de son imperturbabilité bourgeoise, ni (con)descendre de son piédestal (mais en surjouant à peine un poilchounet...). Mais voilà qu'elle commet l'erreur, quand elle apprend la nouvelle, de sortir pour aller boire dans un bar, où un jeune homme énigmatique lui paiera un premier verre et l'accompagnera jusqu'au bout de la nuit... (Un jeune homme à visage d'ange dont vous vous doutez bien qu'il n'est pas vraiment ce dont il a l'air, et la suite vous prouvera que vous aviez raison). L'histoire peut démarrer, quand elle (l'épouse, pas l'histoire) se met, de plus, à ourdir une vengeance somme toute un peu irréaliste... (vous savez tous n'est-ce pas ce qu'est une adresse ip, non ?)
Elle, lui, la maîtresse de lui, le soupirant de elle, voilà de quoi danser un aimable quadrille (bon nous sommes à Vienne, une valse s'imposerait, mais en permutant régulièrement les cavalier/e/s) avec en fond, toujours les regards des amies de madame, tout aussi impeccablement brushinguées lisse qu'elle (on penserait vaguement aux Femmes de Stepford, d'Ira Levin), leurs commérages et persiflages, et, un peu plus loin, de leurs maris bien sûr...
Le film est construit musicalement (premier acte : elle et lui, deuxième acte : lui et elle, troisième acte : tous les deux, et coda) et se regarde -s'écoute- sans aucun déplaisir. (C'est quand même un tout petit peu lisse (à l'image du brushing impeccable de ces dames...)
Entre gens bien nés, entre gens bien élevés* chantait, il y a longtemps, la petite France Gall...

les-apparences-2020

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Madame, Monsieur, et une amie de Madame

*chanson "à compléter" (par France Gall) :
"Il m'a laissé tomber à l'eau
C'est un beau petit (...)
D'autant plus qu'il est naturellement parti
Avec ma meilleure amie
Il l'appelle son petit lutin
Et c'est une jolie (...)
Qui a déjà dépassé sur son chemin
La diligence, l'autobus et le train

Oui mais, oui mais
On ne s'est pas fâchés
On est, on est
Entre gens bien élevés

Il va lui faire la vie dure
Car c'est une belle (...)
Ce n'est pas pour elle qu'il a de l'appétit
C'est pour ses économies
Mais après tout si elle écope
C'est bien fait pour cette (...)
Qui avait déjà l'âge de la retraite
Quand je roulais encore en patinette
Oui mais, oui mais
On s'invite à dîner
On est, on est
Entre gens bien élevés

Je l'ai rencontré la rue
Elle m'a traitée de (...)
On voit clairement à ses bonnes façons
Qu'elle a vendu du poisson
J'ai profité qu'on était seules
Je lui ai cassé (...)
Car je ne connais pas de meilleure apprêt
Que le beurre noir
Pour une gueule de raie

Mais je dois l'avouer
Je l'ai regretté
Depuis ce jour là plus jamais
Ils n'ont téléphoné
Mais quelle idée de rester fâchés
Entre gens bien é
Entre gens bien é
Entre gens bien élevés
Ils ne savent pas ce qu'ils perdent
Après tout je les (...)"
mimi, non ?

4 octobre 2020

chi pensa deve agire

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LE DÉFI DU CHAMPION
de Leonardo d'Agostini

Settima Settimana 3.
Le bôô cinéma l'avait déjà programmé, mais uniquement en VF, et on s'est dit que ça serait une bonne idée de le reprendre en VO. Bonne idée. Un film sur les bienfaits de l'éducation ne pouvait pas laisser insensible un ancien instit', fut-il en retraite comme moi. On (= le président du club de foot de Rome) confie à un mec d'un certain âge (le genre de Robin Williams dans le cercle des poètes Disparus, quoi...) le soin de prendre en main et d'éduquer (et de conduire jusqu'au bac) un jeune footeux aussi plein aux as que tête à claques (c'est la vedette de l'équipe, une superstar footballistique qui se la pète grave).
Le prof c'est Stefano Accorsi qu'on a déjà croisé plusieurs fois dans nos Semaines Italiennes me semble-t-il (Tous les soleils, Fortunata) et le jeune footeux, plus vrai que nature,  est interprété par Antonio Carpenzano, tout à fait plausible dans le rôle... Au début c'est un peu difficile, bien sûr : le jeune con le prend de haut, jusqu'à ce que le deal lui apparaisse clairement : s'il ne réussit pas à chacun de ses exams, il ne joue pas le dimanche suivant... Evidemment, les choses vont aller en s'améliorant (il s'agit d'un conte édifiant), chacun va y mettre un peu du sien, et chacun va, donnant-donnant, apporter quelque chose à l'autre, à propos de la façon dont il mène sa vie. Un feel-good movie avec un joueur de foot et un ours ronchon, ça n'était pas joué d'avance, mais ça fonctionne... Même si c'est assez prévisible (on sait qu'il va finir par passer le bac, hein) c'est suffisamment bien fait (et bien construit) pour qu'on y prenne autant de plaisir qu'eux (qui à avoir 8 sur 10 à son exam sur les débuts de la première guerre mondiale, qui à conduire une Lamborghini pour la première fois de sa vie, qui à préférer un gros sandwich de gargotte à des plats chichiteux de restau de luxe, qui à avoir le courage de rappeler son épouse partie), un film dont la pub a raison de dire qu'il fait du bien...
En plus il y est à nouveau question de paternité (et des différentes façons de concevoir les rapports père/fils et ça ça me touche toujours autant...)
Encore une bonne soirée italiana...

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29 septembre 2020

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CITOYENS DU MONDE
de Gianni di Gregorio

Première séance de la Settima Settimana Italiana, mercredi à 18h avec une salle plus qu'honorablement remplie (presqu'une trentaine de personnes), avec ce film très sympathique d'un réalisateur à qui on a déjà fait appel une ou deux fois, dans le cadre de notre Settimana Italiana... Une comédie du troisième âge (comme souvent chez le réalisateur) avec en plus un chouïa de préoccupations sociales, que demander de mieux pour démarrer, comme ça, tout en douceur, et le sourire aux lèvres.
Trois papys : deux pensionnés (Il professore et Giorgetto) , qui tirent le diable par la queue avec les pensions maigrichonnes, et un troisième, (Attilio), sans pension mais avec beaucoup de bagoût, un antiquaire traficoteur, aqu'ils vont intégrer dans leur projet de quitter l'Italie pour aller finir leur vie ailleurs...
Les conseils avisés d'un quatrème larron, encore plus cacochyme, vont les aiguiller vers les Açores, et les voilà qui commencent à prendre leurs dispositions (des scènes hilarantes avec des fonctionnaires pas dans les meilleures dispositions dirons-nous) avant le fameux grand départ, qui en même temps leur fait envie et leur flanque la frousse...
Une comédie plaisante, ritalissime, où ces papys italiens vont nous faire rire avec leurs problème de papys et d'italiens (ce qui redouble la difficulté), mais aussi réussir nous toucher, en prenant -grâce à Attilio- la décision qui s'imposait...
Une très bonne façon de s'embarquer pour l'Italie, en tout cas, dans la salle 3 (c'est là que, visiblement, ça se passera toute la semaine...)

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les compères

28 septembre 2020

patrick

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ANTOINETTE DANS LES CÉVENNES
de Caroline Vignal

Un film... charmant. On aime bien Laure Calamy et on la suit, au cinéma, depuis 2011 (Ce qu'il restera de nous, de Vincent Macaigne, et Un Monde sans femmes, de Guillaume Brac) et on est content de l'avoir vue à la télé dans Dix pour cent... Et on l'est encore plus (content) de la voir en tête de distribution dans cette plaisante comédie... (Qui, contrairement à ce qu'annonçait, par exemple Enorme, de Sophie Letourneur, est une vraie comédie). Une maîtresse de CM2 qui en pince pour un papa d'une élève de sa classe (et s'arrange pour l'exprimer à la face du monde -et des parents d'élèves- lors de la fête de l'école et du pestacle de fin d'année), qui se réjouissait de profiter des vacances qui arrivent pour passer quelques jours avec lui, et voilà qu'il lui annonce qu'il part avec femme et enfant dans les Cévennes pour faire comme Stevenson, une rando avec âne... Ni une ni deux l'amoureuse transie réagit en décidant de faire la même chose, espérant l'y retouver, ce qu'elle va illico raconter aux autres randonneurs pendant le repas,  le soir de son arrivée (et on est alors  enchanté, vraiment, de reconnaître, au milieu de l'assistance attablée, en muse tutélaire des sentiments tire-bouchonnés l'exquise Marie Rivière (Le rayon vert), qui a toujours d'aussi beaux yeux, et place bien sûr immédiatement le film dans un sillage rohmérien.
Antoinette va d'abord devoir faire connaissance avec Patrick, l'âne qu'elle a choisi pour faire son périple, et, rien que ça, ça vaut le coup d'oeil... Bon an mal an, elle parvient à apprivoiser l'animal (mais se faire, dans le même temps, apprivoiser par lui) et à boucler plusieurs étapes, même si elle prend du retard, et bien lui en a pris, d'ailleurs, de prendre du retard puisque bingo! le hasard va faire en sorte que l'élu de son coeur  débarque dans le même refuge, avec sa femme, sa fille, son âne...
Evidemment, les choses vont se compliquer... Antoinette c'est Laure Calamy, le chéri c'est Benjamin Lavernhe (ne pas oublier le rituel "de la Comédie française), absolument parfait dans le rôle du petit mâle pris entre deux feux (le conjugal et l'extra-), et l'épouse c'est la toujours plaisante Olivia Côte (j'aime son acidité) ils vont s'en donner à coeur-joie lors des rebondissements scénaristiques et le passage par toutes les nuances de l'arc-en-ciel du tendre : l'amour, le désir, le respect, la tendresse, le refus...)
N'oublions pas non plus l'âne, qui aura son rôle -important- à jouer lors desdits rebondissements (En plus c'est malin cette ombre tutélaire de Stevenson, dont on apprendra au passage pourquoi justement il avait fait ce fameux voyage avec un âne dans les Cévennes).
Un film malin, drôle, touchant, ensoleillé, optimiste... allez-y, quoi!

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après...

24 septembre 2020

je désire le désir de l'autre

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LES CHOSES QU'ON DIT, LES CHOSES QU'ON FAIT
d'Emmanuel Mouret

Un film de sentiments, plutôt qu'un film d'amour. Emmanuel Mouret (qu'on aime beaucoup ici et dont on a programmé quasiment tous les films) met en place une charmante (et impeccable) mécanique, comme ces boites à musique qui se mettent à jouer lorsqu'on en souléve le couvercle, où des figurines en porcelaine tournent et tournent encore sur la petite musique en rejouant sans fin la même ronde...Oui, à mi-chemin entre La Ronde (justement) de Max Ophüls, et, disons... Tu me fais tourner la tête d'Edith Piaf. Tourner, danser, ivresse...
Le mot de mécanique peut sembler mal choisi, avec ce qu'il évoque, à tort, d'artificiel, de rigoureux, d'inhumain, mais il est plutôt ici employé au sens que j'ai trouvé ici dans ce très cher wikipédioche :
"La mécanique (du grec ancien Μηχανική / mèchanikê, « l'art de construire une machine ») est une branche de la physique dont l'objet est l'étude du mouvement, des déformations ou des états d'équilibre des systèmes physiques. Cette science vise ainsi à décrire les mouvements de différentes sortes de corps, depuis les particules subatomiques avec la mécanique quantique, jusqu'aux galaxies avec la mécanique céleste."
Emmanuel Mouret se place au juste milieu, ni quantique ni cosmique, un entre-deux humain (trop humain)  qu'on pourrait nommer mécanique romantique (ou sentimentale). Cet homme progresse à chacun de ses films, dans l'avant-dernier il nous avait sidérés par le récit de la vengeance d'une femme (Mademoiselle de Joncquières) -déjà une mécanique, mais ici implacable-, ici il met en scène (sans pour autant, jstement se mettre en scène) un récit en forme de manège, avec, dans la boîte à musique évoquée plus haut, plusieurs couples qui  se font, et se défont, -échangez vos cavalières- et se refont, et tournent tournent follement (mais, dans le même mouvement très sagement pourrait-on dire) jusqu'à ce que le mécanisme s'arrête, et la musique aussi. Tout cela en fonction de la circulation du désir. Désir qui naît, (ou qui n'est pas hi hi) désir qu'on observe, qu'on décortique, qu'on espère, qu'on refuse, qu'on provoque, et même, oui, qu'on désire.
C'est... délicieux. comme de feuilleter Fragments d'un discours amoureux, mais avec des images, et des gens, des "vrais" gens (vrais gens de cinéma, s'entend) qui parlent parlent (comme des gens de cinéma) racontent se dévoilent s'interrogent, (le film est très écrit, autant qu'il est très musiqué), et la distribution de cet orchestre de chambre(s) ne pouvait qu'être chère à mon coeur : Vincent Macaigne, Guillaume Gouix, Niels Schneider côté garçons (à tous seigneurs tout honneur) et, chez les filles, Camélia Jordana (qui bâtit mène une jolie carrière), la toujours excellente Emilie Dequenne, et la débutante Jenna Thiam (découverte dans Les Revenants).  (Mais je me dois aussi de citer, même s'ils sont moins connus, Julia Piaton et Jean-Baptiste Anoumon qui bouclent divinement la boucle de ce quatuor de sentimentaux...)
Au départ, un garçon (Schneider) vient passer quelques jours chez son cousin (Macaigne) qui est absent mais à confié à sa compagne (Jordana) le soin de l'accueillir, et les voilà tous deux qui sympathisent, et commencent à se raconter leurs histoires sentimentales, qui son bonheur, qui son malheur. Et la ronde démarre. L'un commence à raconter, l'autre suit et raconte, ce qui nous offre l'occasion de suivre l'histoire de chacun et celle aussi des deux (car bien sûr il est question de sentiments, et de circulation du désir). L'histoire dans l'histoire (et parfois même dans l'histoire de dans l'histoire...)
Entre ce qu'on sent, ce qu'on pressent, et ce qu'on n'avait pas du tout vu venir, le spectateur est tout entier à son bonheur de spectateur.
C'est... jubilatoire. C'est drôle, émouvant, raffiné, sentimental, pudique, effronté, et ce fut pour moi un plaisir de chaque instant

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avec un petit côté rohmérien (entre contes pas tout à fait moraux, mais presque pas encore tout à fait immoraux)

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mais non qu'allez-vous donc vous imaginer tss tss tout ici est très hétéronormé, (mais ça ne me dérange absolument pas) : les filles aiment les garçons, et les garçons aiment les filles, et, même moi, avec la meilleure volonté du monde, n'ai pas réussi à y dégotter le plus riquiqui SSTG (à part peut-être, lorsque Guigui Gouix, en kimono, vient poser sa tête sur l'épaule compréhensive de Nielsounet, en plein questionnement amoureux, mais c'est vraiment fugace...)
Bref un très grand bonheur de cinéma
(top 10 sans doute)

les-choses

 

23 septembre 2020

la pianiste

081
ÉNORME
de Sophie Letourneur

Letourneur ça rime avec esprit frondeur, et, jusqu'ici j'avais plutôt aimé les travaux de la dame.
Mais là, arghhhhh! (râle de désespoir) ça ne m'a pas plu. Mais alors, pas plu pas plu. Je l'ai vu juste après La daronne, pensant que celui-ci serait encore plus drôle (le film est présenté partout comme une réjouissante comédie) eh bien pas du tout. Du tout du tout.
Et je l'ai senti dès le démarrage, dès la première scène, où, déjà, tout est en place, tout est joué (c'est triste, mais ça restera comme ça juste à la fin) Marina Foïs joue une pianiste virtuose, et Jonathan Coen son mari, impresario, attaché de presse, directeur de cabinet, décontractant sexuel, intendant en chef, etc. Il fait tout. Et lorsque l'employée de l'hôtel (ou qui que ce soit d'autre) s'adresse à la pianiste, c'est lui qui répond. La pauvre pianiste (qui est tout de même censée être une pianiste de génie) est présentée comme une petite chose grisâtre et rabougrie, presque autiste, sans autre envie dans la vie que jouer du piano et basta.
Et voilà que le mari a soudain envie d'un bébé (on repense à Marcello Mastroianni et à L'événement le plus important...) et va tout mettre en oeuvre (avec les conseils de sa mère) pour que sa femme tombe enceinte.
Le début était agaçant (j'avais pourtant adoré Jonathan Cohen dans Terrible jungle, mais là il est beaucoup moins intéressant, parce que beaucoup plus en roue libre) mais la suite -la grossesse- va l'être bien plus encore. (J'ai même envisagé à un moment de quitter la salle tellement ça m'agaçait...) Le film reste sur son parti-pris de départ (elle derrière et lui devant) et réitère le même fonctionnement dans  les mêmes scènes, avec la gynéco, avec l'infirmière, avec la dame qui donne les cours d'accouchement etc (c'est toujours lui qui parle à la place de sa femme, ok on a compris, hein, c'est bon) et ça devient de plus en plus pesant. (Comédie ah bon ? Je n'ai pas ri du tout.)
Lorsque le ventre de Marina Foïs devient vraiment énorme, comme il est dit sur l'affiche, le film en devient même quasiment déplaisant, et de filmer un accouchement quasiment "en réel" ne va pas le rendre plus attachant, loin de là...
Peut-être que c'est simplement le sujet qui m'en est très étranger. En tout cas, je préférais Sophie Letourneur avant.

2650220

ps : il y a juste un scène que j'adore, une seule, dans la cuisine, le soir, quand Jonathan Cohen revient et que sa femme lui annonce qu'elle a fumé, qu'elle a bu et qu'elle a mangé du fromage, et qu'il se met à lui hurler dessus avec une voix aigue en répétant que le fromage "c'est du poison!"

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