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lieux communs (et autres fadaises)
2 avril 2020

CCCC17

Huhuhu vous avez bien dormi ???

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("un bon garçon dort toujours avec les mains au-dessus des couvertures")

*

Terminé ce matin le très très noir Dégradation de Benjamin Myers, polar qui présente la particularité d'avoir été écrit... sans aucune virgule (c'est, à ma connaissance, la première fois que je vois ça...)

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*

et, en parlant de noir, tiens, juste une pequeñita pensée émue pour notre

semaine latino 9

qui aurait du commencer pile-poil aujourd'hui,désormais "reportée à une date ultérieure" (dans un registre plus soutenu j'aurais pu dire ajournée sine die ) : à 16h je serais allé voir Le Colocataire (Un Rubio) -en avant-première- , pour bien la démarrer... Lo siento... Tant pis! Du coup j'en profiterai pour re-regarder encore une fois les autre films de Marco Berger... (Et je ne sais plus, rétrospectivement quelle mouche m'avait piqué pour que je décide de faire une affiche aussi noire... un funeste pressentiment ?)

*

aujourd'hui, au courrier, 4 (ou 5 ?) Libé, + Télécabluche (mon abonnement aurait dû s'arrêter, à ma demande, mais je suis content qu'ils fassent semblant d'avoir oublié), et, surtout Téléramuche avec en couv' (ah je défaille) la divinissime Florence Loiret-Caille... (Le bureau des Légendes saison 5 revient sur Canal la semaine prochaine...)

téléramuche

*

et reçu ce matin une visite-surprise (à distance respectable) celle de Manue, venue en courses à la ville, et passée me déposer un petit sac (bip bip alerte rouge alerte rouge décontaminatioooooooon...) contenant des Inrocks, un poisson à accrocher, et deux cocos tout frais des poules d'Authoison...

*

début (j'avais tapé debout) de la troisième semaine de cococonfinement... c'est comme si les choses se mettaient un peu en place, que les exacerbations des émotions se nivelaient un peu (on s'habitue, on en prend son parti), s'écrétaient (les pics d'angoisse se radoucissent, ou peut-être simplement on en fait moins cas) bref chacun(e) a commencé à s'organiser... J'ai un emploi du temps assez stable, d'un jour à l'autre : je me réveille je me lève je démarre l'ordi je fais pipi je me lave les mains je déjeune je me douche je m'habille etc. D'un jour à l'autre, la routine. Un emploi du temps normal, d'une vie normale, quoi... Ou presque.
Il faut trouver la bonne distance (comme on nour le rabache désormais dans les rapports sociaux) : par rapport à soi, par rapport aux amis, par rapport aux autres, par rapport au cocovirus. Proche, mais sans jamais l'être trop (maintenant dans les films ça me semble presque choquant, inhabituel, ces gens qui se serrent la main, qui s'étreignent, qui s'embrassent, qui se touchent... ça va faire drôle quand on reprendra une vie normale). Le confinement produit son effet sur le mental (il s'agirait presque de conditionnement, ah lala tous ces fichus mots en con-...)
J'entretiens avec mes proches un contact technologique (téléphone, sms, whatsapp) quotidien, continu, et avec la maladie j'ai  une attitude qui rappelle celle de l'autruche (en savoir désormais le moins possible) par rapport à la propagation du virus, le nombre des vistimes, les décès, les décrets, les interdictions, les verbalisations, bref se protéger, se préserver, à quoi bon se dézinguer encore un peu plus l'optimisme, déjà bien ratiboisé, et je coupe le son lors des journaux télévisés (quand par hasard je les regarde) et je n'écoute pas les spécialistes, et je fuis les éditions spéciales...) et je remets le son ... j'adooooore!
Respirons!
Paradoxalement, ce sont toutes ces institutions qui ont été depuis des années systématiquement mises à mal par les gouvernements successifs (la santé, l'éducation, la culture) qui se retrouvent ces temps-ci au premier rang pour  soigner, éduquer, distraire, bref venir en aide de toutes les manières possibles pour les gens, les confinés et leurs enfants... De première nécessité. Que soudainement on adore et on adule et on applaudit (les soignants, au tout premier rang). Il était temps qu'on s'en rende compte, et qu'on finisse par reconnaître combien ils sont indispensables et doivent donc être considérés et respectés, à leur juste valeur... et que si les moyens supplémentaires qu'ils réclament depuis des années (sans jamais avoir été entendus par ces mêmes gouvernements successifs) leur avaient été accordés, s'ils avaient été entendus, le délabrement du système hospitalier n'en serait pas là, on ne se retrouverait pas dans une merde aussi noire...

*

"La police n'a pas à être le bras armé d'une incompétence sanitaire massive." (Alain Damasio, in Libé ce matin)

*

Orne : 5
Nièvre : 3
Haute-Saône : 22
Doubs : 34

*

Pour passer les soirées avec un peu de légèreté, voilà trois soirs que je regarde Dix pour cent sur Netflixmuche (la saison 3 que j'avais manquée)... Ca fait du bien...

Dix pour cent : date, intrigues, casting... Toutes les infos sur ...

*

02

J-32 ?

7 avril 2020

CCCC22

hypocondriaques de tous les pays, unissez-vous!

*

Screenshot_2020-04-06 DIRECT Coronavirus l'attestation de déplacement au format numérique est désormais disponible

*

"Putain, c’est peu dire qu’on a envie d’un feu. Un feu de sarments pour faire griller des brochettes de rognons d’agneau ; un feu de l’amour avec un gros rondin de chêne pour recharger le poêle à trois heures du matin et lui dire "Je t’aime" et plus si affinité ; un feu pressé d’écorces de bouleau pour chasser au plus vite les pensées noires ; un feu de sapin qui sent la résine et qui vous donne des envies de tuyé, vous savez cette cheminée tipi de l’arc jurassien où l’on fume la saucisse de Morteau ; un feu de camp comme à l’époque des colonies de vacances à Boujailles (Haut-Doubs) autour duquel on s’asseyait en rond pour brailler les paroles de Jusqu’à la ceinture de Graeme Allwright : "On avait de la flotte jusqu’aux genoux et le vieux con a dit d’avancer" ; un feu de crépuscule et de bois flotté dans la crique de la Galère où l’on ferait rôtir des rougets de roche ; un feu de cheminée où l’on tournerait longtemps le gigot d’agneau perclus de gousses d’ail entre deux gorgées de la Réserve de l’Alouette, le gamay somptueux de Pascal Henriot, vigneron à Champlitte (Haute-Saône) ; un feu de bûcheron où durant l’affouage on se régale de patates cuites sous la braise ; un feu de la Saint-Jean que l’on contemplerait allongé dans l’herbe de la fenaison le ciel étoilé de la nuit la plus courte de l’année ; un feu de four à pain où l’on regarderait les flammes lécher la voûte avant d’y enfourner miches et pissaladière."
(Jacky Durand dont j'adore les chroniques hebdomadaires dans le supplément Tu mitonnes le vendredi pour les abonnés de Libé)

*

"Cocovirus : en Italie, le nombre de morts est au plus bas depuis plus de deux semaines, avec 525 nouveaux décès en 24 heures"

(dimanche soir, j'ai un peu de mal à savoir si je dois vraiment prendre ça comme une bonne nouvelle...)

*

l'esprit des murs 1:

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*

coïncidence ? : hier soir Philou m'a raconté un rêve, et voilà que ce matin, en me réveillant, je tire un fil onirique, qui s'allonge s'allonge sans se rompre jusqu'à m'amener à remplir deux feuilles A4 (des versos d'attestations de sortie), pour raconter ce dont je viens de me souvenir, avant que, justement, je ne l'oublie...

ce qui est important c'est la nomination d'un nouveau chef de gare à Vesoul, et le fait qu'il soit handicapé mental (léger), et il est aussi beaucoup question d'une femme, elle aussi handicapée, qui va être nommée à un autre poste important... je les ai vus tous les deux dans une émission sur canal (celle de mouloud Achour ?), et (?) m'apprend qu'ils sont en réalité mari et femme, ce à quoi je réponds "Je comprends pourquoi j'ai eu l'impression qu'ils se connaissaient si bien..."
Je parle avec le (nouveau) chef de gare en question (nous somme d'ailleurs sur l'esplanade devant la gare, en face de l'ancien buffet de la gare, il me dit que ce qui le caractérise ("la différence qu'il a avec "ces gens"...")c'est sa capacité à gérer son angoisse (ou à être capable de savoir qu'elle existe, me précise-t-il...).
Toujours devant la gare, mais dans l'autre sens (comme si on repartait vers le parking) on croise pas mal de gens (ceux qui descendent du bus de Besac ?) qui arrivent et vont dans l'autre sens, il y en a certains qui portent sur la tête des bonnets en laine avec un pompon (comme ceux que j'avais trouvé chez Noz il y a deux ans), l'un d'eux, notamment, porte un bonnet gris tellement étendu qu'il lui masque les yeux (je me demande comment il fait pour voir, je continue de le regarder, et il se retourne vers moi, sans doute pour me montrer qu'il m'a vu...
Le nouveau chef de gare (mais ne serait-il pas plutôt maire ?) est pris à parti par une femme blonde qui lui reproche d'avoir déclaré, lors de l'émission de télé, qu'il était supporter de l'O.M, et qu'il n'était pas question qu'elle soutienne l'O.M avec lui... Je suis un peu agacé (nous marchons sur un genre de parterre de feuilles) que lors d'un événement aussi important (la nomination d'un nouvel élu) les gens ne s'intéressent qu'au fait de savoir s'il est supporter de l'O.M ou pas...

je suis chez les Soria, mais il n'y a que Françoise, on parle d'une représentation théâtrale dans laquelle j'ai joué, mais je me sens un peu coupable, je lui dis que je trouve que les scènes où je joue sont moins bien que les autres scènes (qui les entourent) mais en réalité ce n'est pas ce que je veux lui dire...
Nous sommes de part et d'autre d'un vieux téléviseur, sur lequel est posé une petite boite rectangulaire d'où sort un fil, d'une quinzaine de centimètres (je ne sais absolument pas ce que c'est ni à quoi ça sert), et je passe machinalement mon doigt le long du fil puis des arêtes de la boîte, et, avec Fran nous nous mettons à chanter une chanson débile des années 80 (Besoin de rien envie de toi) mais en silence, juste en articulant muettement les paroles et en nous regardant (les paroles du refrain, puisque je ne connais pas celles des couplets...) et ça nous fait sourire
Arrive Philou qui nous demande ce que nous sommes en train de faire, et ce qui nous fait rire, et Françoise dit que sans doute il préférerait écouter "son" jazz...

(mais tout ceci n'est qu'une infinitésimale fraction du rêve...)

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l'esprit des murs 2:

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 *

"toutes les lignes de votre correspondant sont occupées veuillez rappeler ultérieurement... toutes les lignes de votre correspondant sont occupées veuillez rappeler ultérieurement... toutes les lignes de votre correspondant sont occupées veuillez rappeler ultérieurement..."

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au téléphone, Emma me parle de La ligne droite de Moustaki et Barbara, et me parle d'une version par Daho et Keren Ann, qui me donne envie d'aller l'écouter immédiatement... ce que je fais après avoir raccroché, et, bien entendu, je pleure un peu (joyeusement)... "Nous nous raconterons nos triomphes et nos fêtes, mais comment s'avouer nos superbes defaîtes, nos doutes répétés nos angoisses secrètes..." (et je repense à la pièce "avec les filles" - le Lagarce- que Pépin avait mise en scène et pour laquelle je lui avais fourni cette chanson qu'il m'avait demandée)

*

après le déconf', je pense que les coiffeurs risquent d'avoir autant de boulot qu'en ont actuellement, par exemple, les médecins... (et ça me fait penser à une certaine mauvaise plaisanterie qui finissait par "Et pourquoi les coiffeurs ?")

*

"allo ? oui je suis au magasin, il n'y a plus de farine... il ne reste que de la farine bio... j'en prends quand même ?"
(un papy, Monop', 10h)

*

noms qui commencent par décon- (ce pour quoi on nous prend) :

déconcentration / décondensation / déconfiture / décongélation / décongestion / déconnage / déconnexion / déconsidération / déconstruction / décontamination / décontraction /déconvenue /
(tiens c'est drôle déconfinement n'existe pas dans l'O.S avant-dernière édition... aurais-je inventé le mot ?)

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(un soignant, in Libé de ce jour, je vous aime)

*

une erreur tactique me semble-t-il (pourtant je ne suis pas stratège) voilà que le gourvernement évoque le déconfinement (même en précisant que "ce n'est pas pour demain") en ce premier week-end très ensoleillé, qui plus est début de vacances pour certains... résultat ? Image saisissantes de Paris, de Nice, etc. où les gens déambulent en masse, "comme avant", comme si de rien n'était... Eh oh! on se calme (surtout que la prochaine semaine s'annonce -voir supplément images d'hier- soleil soleil soleil...)

*

RESTEZ
CHEZ
VOUS!

(BORDEL)

*

se faire plaisir 1 :
je viens de m'offrir (sur Univers Ciné vod)

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9,99€ en HD, téléchargé légalement et tout et tout, et donc il est désormais à moi sur mon disque duret je le regarderai prochainement (pas ce soir, j'ai Bureau des légendes, merci Manuechounette de mon coeur)

*

Orne : 9
Nièvre : 5
Haute-Saône 44
Doubs : 51

*

07

*

J-27 ?

30 mars 2020

CCCC14 (supplément dominical en images)

le journal du dimanche (supplément en image)

c'est dimanche, c'est relâche (laisser-aller ?)

*

(auparavant)

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chez Co & Pépin

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café "au salon" au fjt

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sur la table où on joue au scrabble, à Cuse

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en allant chercher mon rétro (1)

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sur le parking du super-marché

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en allant chercher mon rétro (2)

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le ciel au-dessus du parking de la rue Serpente

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la dernière photo d'"avant"

*

désormais

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le monsieur qui farfouille dans sa bagnole en bas

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les lumières du voisin d'en face

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les fenêtres d'en face

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un passant

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la trace lumineuse sur le mur de la maison de l'autre côté de la rue

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un souvenir de Marie

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il s'appelle Roberto et il avait des perroquets sur son t-shirt

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un autre passant

29 mars 2020

CCCC13

c'est le ouiquinde, mais ça change rien (c'est tout pareil) -tiens c'est peut-être le(s) jour(s) où on peut éventuellement s'autoriser à traîner en pyjama, non ?

 

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*

"Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement (et tout sera réparé) que vous n’avez fait qu’un somme, pendant que ces visions vous apparaissaient. Ce thème faible et vain, qui ne contient pas plus qu’un songe, gentils spectateurs, ne le condamnez pas ; nous ferons mieux, si vous pardonnez. Oui, foi d’honnête Puck, si nous avons la chance imméritée d’échapper aujourd’hui au sifflet du serpent, nous ferons mieux avant longtemps, ou tenez Puck pour un menteur. Sur ce, bonsoir, vous tous. Donnez-moi toutes vos mains, si nous sommes amis, et Robin prouvera sa reconnaissance." (Le songe d'une nuit d'été, William Shakespeare)

*

Ce moment que j'adorais, la toute fin de la pièce, tandis que je/Puck déambulais, parmi tous les acteurs endormis, et où je terminais en funambule, sur le rebord de la scène... 

*

ohoh j'ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux ce matin (on est samedi), mais des larmes aux yeux de joie, pas de chagrin ni de  tristouillerie, non, des larmes de "bonne" émotion, d'abord avec Emma au téléphone, puis en m'aventurant à faire les courses (chaque fois que je sors ça me prend à la gorge), puis en lisant les mails de René, puis en découvrant Cinétek* (j'en reparle plus bas), puis en lisant les commentaires de Blaireau 58 sur le blog... une matinée lacrymalement riche (ou richement lacrymale ?)

*

je me sens assez à vif (mais comme une orange qu'on a épluchée ainsi plutôt que comme un supplicié moyen-âgeux ou du genre qu'on aurait écorché vif, hein)

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*

* j'adore le cinéma, j'adore aussi les listes, alors imaginez mon bonheur en découvrant () CinéTek, qui a, entre autres, demandé à des cinéastes de donner la liste de leurs 50 films préférés : quel bonheur de parcourir ces listes et de découvrir que Nanni Moretti aime Les roseaux sauvages, L'Ami Américain, et la Trilogie de Terence Davis comme moi, que Pascale ferrand aime L'Homme à la caméra, Le sixième sens et Yi-Yi comme moi, que Corneliu Porumboiu aime Khroustaliov, ma voiture! comme moi, que Raymond Depardon aime Au fil du temps comme moi, que Riad Sattouf aime Uzak et Nuages de mai comme moi, que Céline Sciamma aime Rencontres du troisième type et Un jour sans fin, comme moi, et tutti quanti... allez-y jeter un oeil, ça devrait vous plaire (onglet "les listes") De quoi bien sûr me donner envie illico d'aller la faire moi aussi, cette fameuse liste de 50 films (affaire à suivre, donc)

*

comme si de rien n'était...

*

barbe

la barbe de cet homme a un côté anxiogène je trouve, non ?

*

Pascal m'envoie de Bellou et par mail le compte-rendu de la  visite d'une pyramide, en compagnie de Malou et de Rebecca (que j'aurais sans doute trouvé, justement, un peu anxiogène  -je crains un peu hihi le confinement-), où je l'ai  imaginé en Indiana  Pascal (à qautre pattes dans le noir, à reculons, avec le télephone entre les dents) mais qui a le mérite de nous faire voyager sans bouger  et de nous dépayser agréablement

*

le plaisir de manger une salade endives / noix / pommes / comté (ça croque ça craque ça crountche) qu'on a passé un certain temps à préparer on pourrait presque dire, amoureusement (ça faisait quelques jours que je n'avais plus de légumes frais)

*

Wh*tsApp sur mon téléphone fonctionne par intermittence, par éclipse, ça m'énerve, et j'ai donc fini par l'installer sur mon ordi...

*

et c'est cette nuit qu'on change d'heure!

*

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J-36?

27 mars 2020

CCCC11

(on a un peu tendance à se perdre un peu dans les jours, hein...)

*

je lis

Cocovirus : l'aéroport parisien d'Orly sera temporairement fermé à compter du 31 mars, annonce la direction
... et tout de suite dans ma tête ça chante

"Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
La pluie les a soudés,
Semble-t-il, l'un à l'autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire «Je t'aime!»
Elle doit lui dire «Je t'aime!»
Je crois qu'ils sont en train
De ne rien se promettre
Ces deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et brusquement, il pleure
Il pleure à gros bouillons
Tout entourés qu'ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L'exploit de les juger

La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu c'est triste
Orly, le dimanche,
Avec ou sans Bécaud!"
(Jacques Brel)
(c'est Emma qui me l'avait fait découvrir, et rien qu'en relisant les paroles, j'ai eu les larmes aux yeux...)
*
rythme de croisière (j'ai l'esprit traversé de métaphores maritimes, dieu sait pourtant si je n'ai pas vraiment le pied marin (même si je n'ai jamais eu le mal de mer) : l'arche de noé l'autre jour, et maintenant la croisière, oui c'est là que nous sommes, tous embarqués sur le même bateau (pour une croisière dont ne connaît ni la destination ni la durée). Tous ensemble, mais chacun dans sa cabine, avec interdiction d'en sortir sous peine de mort d'amende de 135€, mais des fois on entr'ouvre la porte et on penche la tête et on jette un coup d'oeil sur la coursive déserte Coucou y a quelqu'un ?

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(c'est exactement l'image que j'avais en tête...)

Croisière donc, trajet au long cours, et cabines individuelles, où chacun(e) est plus ou moins bien loti(e), comme dans la vraie vie, comme dans les vraies croisières, tout pareil.

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(non-respect de la distance règlementaire 1)

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(non-respect de la distance règlementaire 2)

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(la distance règlementaire)

*

et pour continuer de filer la métaphore maritime : écrit ce matin sur un petit papier en prenant mon petit-déj'
"tenir le bon bout / Tiens bon la barre et tiens bon le vent hisse et ho..."

*

appels :

entrants : Emma, Christine, Catherine P., 2 appels masqués (tiens, ça recommence ?)
sortants : le cabinet de mon médecin, Emma, Catherine P., Dominique

*

J-37 ?

26 mars 2020

CCCC10

début de la deuz' semaine

(le monsieur interviewé à la téloche sur le b.a.ba du confinement dans un sous-marin insistait sur le fait de la nécessité d'un emploi du temps rigoureux ("on ne fait pas n'importe quoi n'importe quand") et d'une spécificité assignée à chacun des espaces...)

*

suite à la remarque de Pépin, je me suis occupé un certain temps ce matin à chercher encore des images de perroquet chez Hergé... Bon an mal an, j'ai des provisions jusqu'au 24.04 ... pas mal non ? avec des recadrages, des traductions, des variations, des un peu hors-sujet mais pas tant que ça finalement... et je réalise que je trouve le Capitaine Haddock très sexy... peut-être que je finirai avec lui... (pour illustrer cette CCCC, je voulais dire, bien sûr)

*

on démarre la deuxième semaine, on monte d'un cran (et les contraintes et l'espoir). Dehors aujourd'hui  il a fait très beau (mais encore, je le perçois quand j'ouvre la fenêtre, très froid), et j'ai vu, par la fenêtre, que ma proprio m'avait sorti un fauteuil de jardin... j'irai bientôt. ("eh bien, j'irai demain..." comme disait la soeur d'Antigone)

*

ohohoh (pour rebondir sur le sujet)  je l'apprends à l'instant, aujourd'hui (mercredi 25) est la journée mondiale de la procrastination... et ça m'a fait penser à ce tote bag qu'Emma m'a offert, il y a quelques temps déjà (à Coulevon) en me disant "je ne pouvais pas ne pas te l'offrir..."

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*

retrouvé un semblant de normalité (le "comme avant") et donc  en début d'après-midi rejoint Marie via internet sur scrabble pro (deux parties, avec la voix de l'autre au bout du fil, c'était presque comme les fois  (le lundi le mardi le jeudi) où on jouait chez moi (dans la cuisine...) rdv vendredi!

*

et, histoire de continuer à se projeter dans l'avenir, Catherine m'apprend que Bertrand Belin sera le parrain du prochain Festival Jacques Brel à Vesoul... bonne nouvelle!

*

sans rapport avec ce qui précède : "Etre philosophe n'empêche pas d'être con..." (Babeth)

* appels

entrants : Emma / Brigitte (ma soeur) / la dame de l'hôpital qui me prévient que mon rdv chez le (joli) dermato (barbu) du 14 avril est reporté / Dominique
sortants : mon médecin traitant (qui ne consulte pas le mercredi après 11h) / Brigitte / Marie / Catherine P. (répondeur)

*

un regain d'énergie

*

26

J-38 ?

25 mars 2020

CCCC9

Quarante jours (et quarante nuits...) bon sang mais c'est bien sûr! L'Arche de Noé! (enfin, le temps du Déluge, mais bien aussi celui que le petit père Noé a passé enfermé sur son bateau! ) Et après il s'est arrêté de pleuvoir et il est descendu de son fichu bateau... Nous avons encore de beaux jours devant nous! Naviguons...

*

(tiens trouvé ça  ici je me dis que ça pourrait en intéresser certains (j'ai pensé à Pépin) : le journal (sonore) de 'finement (comme dirait Philou, j'ai désormais du mal à utiliser le vrai mot) de Wadji Mouawad (Théâtre de la Colline)

*

par la fenêtre j'ai salué ma proprio, en bas dans la cour en train de tailler la haie contre le mur dont les branches désormais hautes bougent et au moindre coup de vent, la nuit, font fonctionneur le détecteur de présence, qui passe alors la nuit à s'allumer et s'éteindre comme un petit fou, (et la fenêtre de ma chambre est juste en face), elle m'a -très gentiment, proposé de me sortir un fauteuil dans la cour pour que je puisse venir y prendre un peu l'air (et le soleil), et, surtout, m'a proposé l'accés à son (magnifique) jardin, quand je le souhaitais, il suffisait que je lui envoie un sms pour la prévenir pour qu'elle ouvre la porte... cette gentillesse me touche beaucoup

*

Dom m'envoie ça en me prévenant que c'est "un peu limite et qu'elle a quand même bien rigolé" ... je confirme ! (j'adore...) Ca vient de ce blog

*

les grandes découvertes : pour moi qui suis plutôt un inactif (ENaP au test de personnalité de Mr Luc à l'EN en 1974), je découvre que quand on fait, eh bien on pense moins. L'action toute simple, banale, quotidienne (prendre une douche, changer les draps, laver le sol, trier les chaussettes, etc.) permet , (me) permet en tout cas de débrancher provisoirement le cerveau, et donc de l'empêcher ainsi, provisoirement de gémir, de conjecturer, de se lamenter, de radoter, de pleurnicher, et, par exemple de ne plus faire attention à ma respiration. (le reste du temps, si j'y suis trop attentif, je flippe en guettant si je vais m'asphyxier ou pas, ce qui est totalement idiot et irraisonné je le sais, mais voilà parfois ça me panique) donc je vais faire, faire tout ce que je peux faire, ce que je n'ai pas eu le temps de faire, pas eu envie de faire (parfois même pas eu l'idée de faire : par exemple j'ai lavé mon fer à repasser, qui en avait bien besoin, et qui brille désormais à nouveau de mille feux...)
Faisons, faisons, faisons...

*

ré-installé scrabble pro, et retrouvé mon profil et mes scores de 2014! Mais je ne veux plus jouer que contre l'ordi ou avec des amis  (on va s'organiser pour jouer avec Marie, et peut-être Catherine P. aussi)

*

appels :

entrants : Anne-Marie, mon aide-ménagère (qui devait se faire opérer aujourd'hui, mais dont l'opération est reportée, Les Soria, Catherine
sortants : Catherine P., Marie, Pascal et Malou (bon anniversaire Pascalou) Dominique

*

UN PERROQUET FAIT CROIRE QUE LE BATEAU COULE

 J-38 ?

 

23 mars 2020

CCCC7


mon ami Philou est un observateur, je serais plutôt juste un chroniqueur

*

deux jours avec la boîte aux lettres vide : where is my téléramuche ? where are my two Libé ?

*

chaque jour ça change : les gens qu'on appelle et les gens qui vous appellent
(et dimanche relâche / à part mon appel quotidien avec dodo)

*

j'ai fini par me décider et je suis sorti à 8h et quelques pour aller faire des courses de malade au Monop* (j'avais prix deux gros sacs, mais bon quand on est à pied les sacs ça pèse lourd (surtout avec 6 litres de lait d'un côté et quelques kilos de patates de l'autre...) suis rentré (en m'arrêtant fréquemment et en soufflant comme un phoque) en m'arrêtant chez le boucher-charcutier-traiteur du coin, et revenu jusque chez moi en ahanant et en soufflant et en pestant. Scrogneugneu (Marie, ceci est, je viens de l'apprendre, une déformation de sacré nom de dieu, proféré par un vieux militaire bougon)
PUIS ayant posé mes courses à la maison, muni toujours de ma fameuse attestation dûment datée et signée, je me suis dit "tiens pourquoi pas en profiter ? " et suis ressorti pour aller chez le boulanger (deux baguettes encore toute chaudes et... des madeleines faites maison), en passant -de loin- par le marché (aussi désert que tristounet).

* au Monop, scène prise sur le vif : une vieille chieuse, restant, pour bien exprimer son mécontentement et sa désapprobation,  à au moins 5m de distance des clients précédents, trois jeunes serrés l'un contre l'autre, qui passaient en caisse avec des grandes bières (et, probablement, beaucoup de petites pièces car l'opération a pris des plombes)

*

sfr de merde : il semblerait que quand je suis à l'intérieur, je ne reçoive quasiment aucun sms mms ou autre whatsapp, du coup quand je sors, comme ce matin, dès que je mets le pied dans la rue j'en reçois vibreur vibreur vibreur etc. au moins 20 d'affilée

*

changer la déco intérieure :

remplacé

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par

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(qui est a priori plus sybillin : non non je n'ai rien contre la haute-couture (quoique) ni contre les films d'animation ricains (re quoique) mais bon vous m'avez compris (puisque d'aucuns ont parlé de guerre...)

* dimanche :

"Les enfants s'ennuient le dimanche
Le dimanche les enfants s'ennuient
En knickerbockers ou en robes blanches
Le dimanche les enfants s'ennuient

Vienne, vienne
La semaine
Lundi, mardi, jeudi
Car la rue est toujours pleine
De lumière et de bruit!"
Charles Trénet
mais Dimanche c'est aussi un super morceau des Limiñanas avec Bertrand Belin, et un beau clip en noir et blanc avec les mêmes, + Emmanuelle Seigner et un beau barbu en costard, visible sur youtubemuche
*

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J-40

21 mars 2020

CCCC5

quand la télé est éteinte le silence me siffle aux oreilles

*

se surprendre : apprendre à se surprendre soi-même, c'est important

décider à l'improviste, (à brûle-pourpoint, au débotté, au dépourvu, abruptement, sauvagement,  de façon imprévue, de façon inattendue, de façon inopinée, merci les dicos de synonymes en ligne) ce qu'on va faire (ou pas) hop! Tiens aujourd'hui je ne vais pas rester en pyjama! ou bien Tiens, aujourd'hui je vais rester au lit toute la journée! (les deux n'étant pas forcément incompatibles)
il y a dans chaque journée une certaine routine, une certain canevas, un certain ordonnancement a priori qu'il convient de parfois respecter, ou bien, au contraire, de bousculer (oui, l'effet de surprise)
et c'est là l'inappréciable avantage d'être seul (je prêche pour ma paroisse, dirais-je, même si, vous me connaissez, tout ce qui touche à la religion me rend extrêmement circonspect) c'est qu'on a absolument toute latitude à le faire. Vraiment toute latitude, puisqu'on n'a (provisoirement, J-43), plus de compte à rendre à personne. On est libre. Libre dedans, libre dans ses soixante-quinze mètres carrés mais libre tout de même.

*

visionnages :
Mubi (ici) offre un abonnement à 1€ pour 3 mois (ça laisse le temps de voir venir, après ça sera 9,99€ par mois) avec une offre cinéphilique de (très) haute volée : une trentaine de films proposés dont la liste change chaque jour (un film ajouté, et un film supprimé, chacun des films ayant la même durée de visiblité), mais, également, ô bonheur pour les cinéphages pointus (et gloutons), une offre de vod plus qu'alléchante : par exemple, possiblité de voir quatre ou cinq films de Lav Diaz, pour 2,20€ chacun (ce qui ne fait pas cher de l'heure)
Madelen (ici) , plate-forme de l'INA, vous propose gratuitement (pendant trois mois, ensuite ce sera 2,99 par mois) toute une flopée de séries françaises des années 70 (avec des incunables incontestables), de fictions, de documents, qui fait très très envie (nostalgie quand tu nous tiens...)

*

MAIS MAIS MAIS avec tout ça il est un peu passé à l'as me semble-t-il... qui? LE PRINTEMPS bien sûr... j'ai pensé à ce sher rené Bresson et à ses illustrations de livres de lecture :

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puis de fil en aiguille (le ouaibe étant, n'est-il pas, le lieu idéal pour serendipiter (isnt'it, Co & Pépin ?) j'ai pensé à ces chères têtes blondes qu'il faut bien occuper (en restant dans le même thème)

Delandre, Locqueneux, Le Livre de français du Cours Moyen-0197

et toujours avec le même illustrateur...

Delandre, Locqueneux, Le Livre de français du Cours Moyen-0196

(ce qui s'appelle chanter à gorge déployée, hein?)

*

(un mail touchant reçu ce matin de Sacha Marjanovic du Centre Image de Montbéliard)

"Chers Amis du cinéma,

j'espère sincèrement que vous vous portez bien.

Le festival Diversité n'aura pas lieu cette année, ainsi va la vie... Voici le communiqué envoyé sur les réseaux sociaux et ailleurs :

"Bonjour,

le Festival Diversité ne soufflera malheureusement pas sa dixième bougie demain soir.

La déception de ne pouvoir vous faire découvrir une programmation éclectique et engagée s'est vite estompée face à la gravité des événements que nous traversons. Faisons preuve de responsabilité et d'intelligence : ON RESTE CHEZ SOI !!! Vous aurez ainsi l'occasion de prendre le temps de dire je t'aime, d'enfin pouvoir faire la sieste avec le chat, de lire tous ces livres qui prennent la poussière, d'écouter de la musique ou de voir Homeland : Iraq Year Zero pour la première fois.

La onzième édition sera encore plus belle et combative et d'ici là nous aurons, espérons le, ouvert les yeux et commencé à construire un autre monde plus solidaire et avec de nouvelles règles du jeu.

Prenez soin de vous chers amis spectateurs et rendez vous l'année prochaine.

Hauts les cœurs !"

Au plaisir d'imaginer de nouvelles séances ensemble.

Amicalement.

Sacha"

*

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J-42

20 mars 2020

CCCC4

(Avez-vous lu la très belle "Lettre aux Français depuis leur futur", signée francesca Melandri, publiée dans le CCCC3?)

*

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(merci Mr Quévy!)

*

purée c'est que le deuxième jour, et j'ai l'impression que ça en a duré au moins vingt, mais non... "Prendre son mal en patience", gérer, ça en principe je sais faire (on sait faire) mais n'empêche que je sens que ça va être long, très long... A défaut d'espace (mes 3 trois pièces cuis sdb + le grenier + l'escalier du dehors qui descend jusqu'à la boîte aux lettres + (éventuellement la cour (de ma propriétaire) fermée par un solide portail mais dont je possède le code puisque c'est là que je vais mettre mes poubelles + ah oui! la cave de ma proprio, dont elle m'a autorisé l'accès et le rayon du bas pour y stocker mes (quelques) boutanches) c'est bien plutôt le temps dont on dispose ad (plus que) libitum et qu'il s'agit, justement, de passer, d'occuper, de structurer (l'"emploi du temps") différemment selon qu'on est un, deux, ou davantage (une histoire de conventions sociales et d'obligations).
A un, c'est le plus facile (déjà on se dit qu'on est celui qui risque le moins de ce faire coco-contaminer, ce qui est censé nous mettre de meilleure humeur) parce qu'on est libre de s'organiser absolument comme on veut. Complètement. On peut faire ce qu'on veut quand on veut comme on veut (là, en gros, c'est quand même déjà ce que je pouvais faire jusqu'ici, sauf que dorénavant ça doit se faire dedans.
Je n'ai pas encore fait usage de ma belle attestation gouvernementale pour sortir (je me suis attribué (accordé ?) une semaine entière sans sortir (sauf évidemment pour boîte aux lettres / poubelles / pinard, ça ça se fait sans attestation) donc je m'organise dans cet espace du dedans (où, finalement chaque pièce à ses spécificités.)

*

un très beau mail d'Annette, reçu ce matin,qui se termine par "je rêve de la vie d'après qui aura la saveur de la vie d'avant"

*

LE FESTIVAL DU COURT, annulé, qui se transforme en FESTIVAL DU COURT... A LA MAISON et vous propose, du 25 au 31 mars de visionner des courts-métrages chez vous (allez voir )

*

revu sur arte vod, ce matin, le touchant VENUS BEAUTE (INSTITUT), de (et en hommage à) Tonie Marshall, que je n'avais pas revu depuis longtemps (1999) , une incontestable bulle de plaisir nostalgique, un film d'actrices et d'acteurs (le trio Nathalie Baye, Audrey Tautou, Mathilde Seigner parfaites, Bulle Ogier sublime -tout comme, même si on la voir beaucoup moins, Hélène Fillières, que je voyais sans doute pour la première fois-, le défilé des "avec la participation de", et puis, toujours parfait, Jacques Bonnafé, et la première apparition de Samuel Le Bihan, surtout au début quand il a encore la barbe, qui nous la joue berger briard ou apparenté, et qui m'avait, je m'en souviens à l'époque beaucoup... ému)

*

"L'amour c'est un moyen comme un autre de priver quelqu'un de liberté" (Nathalie Baye, in VENUS BEAUTE (INSTITUT) )

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"J'ai demandé un tranquillisant à madame Buis, et c'est comme les chocolats, t'en prends un et tu finis la boîte..." (Mathilde Seigner  in VENUS BEAUTE (INSTITUT) )

*

 

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 (J-43)

19 mars 2020

CCCC2

(tiens je rajoute un c : Chronique d'un Confinement Concomitant au Cocovirus )

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c'est donc le premier "vrai" jour de CCC (hier n'était qu'un demi-jour)

"Les jours sont comme des années-lumière" (Etienne Daho)

J'ai fait ce qu'on attendait de moi (ce que je devais faire) et je reste donc confiné chez moi. Mais qu'on ne m'en demande pas davantage : j'ai décidé de me dispenser dorénavant et jusqu'à nouvel ordre des journaux télévisés et autres chaînes d'actualité en continu, je ne suis pas obligé de me taper la sempiternelle bouillie anxiogène qu'ils déversent (qu'ils ressassent). Je revendique le droit de me couper du monde.

"laissons bercer
d'illusions berner"
(re-Etienne Daho)

une dame, que je ne connaissais pas, m'a appelé pour me demander si je savais que la bible pouvait m'aider, je lui ai souhaité une bonne journée et j'ai raccroché pour ne pas être agressif

(pour Catherine) j'ai fait un riz au lait dé-li-cieux (un peu de riz beaucoup de lait) au micro-ondes (juste un peu trop sucré)

"On est appelés à s'appeler" (au tel avec Zabetta)

(mais on est appelés à se rappeler n'est pas mal non plus, surtout avec les deux sens sens du verbe rappeler)

je suis tout seul dans mon (joli) appartement, mais j'ai une pensée émue pour mes voisins du dessus, qui eux sont à trois avec une pièce de moins (la fillette ne va pas tenir 45j comme ça...)

(J-44)

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18 mars 2020

chronique d'un coco-confinement (CCC)

j'hésitais à sortir ce matin, dernière demi-journée de liberté, pour pousser jusqu'à Monop (filtres à café / beurre / vinaigre blanc / farine / levure de boulanger avais-je écrit sur mon post-it rose) et finalement vers 10h30 je me suis lancé...
Ambiance étrange, presque tous les magasins fermés, beaucoup moins de gens sur les trottoirs, la bouche protégée pour la plupart, qu'on croise à distance respectueuse, regards suspicieux...
Contrairement à mes craintes, pas de panique particulière en vue au Monop, quasi comme d'hab', juste devant les caisses (les 3 sont ouvertes, ça c'est exceptionnel) des traits pour matérialiser la distance à respecter entre customers, sinon kif-kif, rombières et rombiers qui badent dans les rayons, (sans doute comme moi à la chasse des fameuses étiquettes oranges), et, en fin de compte, à part la levure de boulanger (quoi, ils se préparent tous à faire leur pain ? à vivre de chasse de pêche et de cueillette?) j'ai réussi à trouver tout ce que j'avais prévu (en rajoutant tout de même deux trois douceurs -faut bien marquer le coup-, par-ci par-là, mais en raison gardant, je me souviens par exemple d'avoir reposé une barre de rochers pralinés...)

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pièce jointe 001 dite "dernier ticket de caisse du temps de liberté"...


Sur le chemin du retour, j'ai repris du pain (épautre bio tranché) que je vais congeler, puis, dans l'autre boulangerie (puisque la première n'en avait pas et est donc une fausse boulangerie) de la levure de boulanger ("l'équivalent d'un cube ?" m'a demandé la vendeuse) et un petit gâteau que je mangerai, tiens, avec le café...
Je me sens à peu près "paré" question provisions (il me manquera des patates -déjà-  et, bientôt, des oeufs (ah, les poules de la Manue...), et dans 21 minutes (il est 11h39) je pourrai déclarer officiellement ouvert ce tout premier confinement...

Tadammmmm!

(ah merde j'ai oublié la purée! quel con! c'est bon la purée! bon je tacherai d'y penser la semaine prochaine...)

je déclare donc officiellement ouvert ce premier coco-confinement (si j'ai bien compris donc, J-45)

 

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17 mars 2020

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J'ai tendance à paniquer assez facilement, je le reconnais, et ce fut un peu le cas, ce jeudi soir à 20h et quelques, en écoutant -bruit de Marseillaise tadam tadam ta ta ta taaa ta dam- le discours officel du président.
Waouh! Tous les établissements scolaires, de la crèche à l'université, fermés à partir de lundi, c'est quelque chose que je n'avais encore jamais vu de ma vie "en vrai", et ça m'avait déjà des petits airs d'apocalypse... Comme on trouve dans les mauvais romans, j'avais l'impression de vivre un mauvais rêve, je me disais que j'allais me réveiller, que tout ça c'est du pipeau. Eh bin non.
(d'abord, surtout, ne pas céder à la panique)
La déclaration du premier ministre en a remis une couche. fermeture des restaus, des bars, des cinémas, et de tout ce qui n'était pas indispensable à compter de samedi soir minuit.
Pour une durée indéterminée (un mois au minimum).
Restez chez vous. Mais par contre dimanche allez voter. Pffff n'importe quoi.
Cette épidémie, cette pandémie, pendant longtemps ça m'a semblé très loin (la Chine) puis un peu moins loin (l'Italie) puis trop près (Mulhouse), avec toujours ce sentiment d'irréalité. De se dire, comme dans cette ancienne campagne à propos du sida "il ne passera pas par moi"...
Avec toutes les incertitudes, et approximations (et rumeurs et contre-vérités) concernant le cocovirus (c'est la maman de Manue qui l'a baptisé ainsi...) , sa transmission, ses symptomes, la conduite à tenir, les numéros à appeler, le dépistage, les soins, et les probabilités de guérison (Bon, si je le chope, j'ai 2% de chances de mourir, en principe) c'est dur de se faire une idée précise du truc.
Le moyen le plus sûr, finalement c'est de rester chez soi. Encore plus lorsqu'on est tout seul. Si on est deux, trois ou quatre, (la famille, quoi) les risques de contamination sont multipliés d'autant, non ? Alors que si tu restes tout seul chez soi, peinard, ("et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard...", Léo Ferré, Avec le temps) tu risques d'autant moins, non ? (Me semble-t-il.)
Confinement, donc.
Comme avant un départ pour un long voyage dont on ne sait pas combien de temps il va durer... Check bouffe ? ok! boissons ? ok! PQ ? ok! Dvds? ok! Bouquins ? ok! Abo Netflix ? ok! Compte à rebours et go !
(nous sommes lundi après-midi et on annonce une nouvelle inervention présidentielle pour ce soir... m'étonnerais pas qu'on nous annonce le confinement "sérieux", en plus de l'annulation des législatives... la suite confirmera si je suis devin ou pas...)

L'allocution était un peu embrouillée, pas franche du collier, puisque n'a été annoncée que pour 15 jours une "réduction des déplacements" (n'ont pas été prononcés les mots "confinement total" ni même "à l'italienne" alors que c'était de ça qu'il aurait dû être question...) il a par contre été dit et répété "nous sommes en guerre..."
CONFINEMENT c'est comme ça qu'il aurait fallu dire
(C'est vrai que quinze jours c'est beaucoup moins long -ça fait beaucoup moins peur- que quarante-cinq...)

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13 mars 2020

tonie & didier

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Tonie Marshall, déjà, d'abord, c'était la fille de Micheline Presle.
Je l'ai d'abord connue actrice, dans les années quatre-vingt, dans les très aimés films de chez Diagonale : d'abord le -pour moi- mythique QUI TROP EMBRASSE, de Jacques Davila, en 1986, puis, la même année, le touchant BEAU TEMPS MAIS ORAGEUX EN FIN DE JOURNEE, de Gérard Frot-Coutaz, puis, en 1989, toujours Diagonale, LE CHAMPIGNON DES CARPATHES, de Jean-Claude Biette, et encore Jacques Davila, en 1990 pour LA CAMPAGNE DE CICERON...
Puis ce fut la découverte de Tonie Marshall réalisatrice, avec le sympathique PENTIMENTO (1989, avec Antoine de Caunes), puis l'intriguant PAS TRES CATHOLIQUE (1994, avec la grande Anémone en détective) avant l'emblématique (et très réussi) VENUS BEAUTE INSTITUT, (1999, Nathalie Baye Audrey tautout et Mathilde Seigner, et un casting en béton armé -et fémisinissime- coté clientes) qui lui valut quatre César (et le statut particulier d'unique réalisatrice récompensée dans ladite cérémonie, hihi)
J'ai toujours eu beaucoup de sympathie pour cette dame.
Elle est morte hier, "des suites d'une longue maladie"...

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*

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Hier aussi, et lui aussi "des suites d'une longue maladie" est décédé Didier Bezace, acteur de théâtre, habitué des seconds rôles au cinéma (LES VOLEURS d'André Téchiné, CA IRA MIEUX DEMAIN, puis C'EST LE BOUQUET de Jeanne Labrune, ) mais surtout cher à mon coeur cinéphile pour sa solide -et très juste- prestation dans le magnifique L.627 de Bertrand Tavernier...

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25 février 2020

trémières

 

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"Comment fleurit la rose trémière : de bas en haut de sa haute tige, à mesure que l’été passe (tandis qu’au pied de la plante les larges feuilles rouillent, se déchirent, quelquefois tombent en loques), cette façon de la floraison de se réfugier de plus en plus haut, cela m’a surpris, un jour de juin, et fait penser au soleil du soir qui fleurit en or au sommet des arbres, en rose à la cime des montagnes, de plus en plus haut, lui aussi."

Philippe Jaccottet (dans un livre acheté à la Foire aux livres, qui sera bien mieux désormais dans la bibliothèque de mon ami Philou que dans la mienne...)

24 février 2020

vive le vent vive le vent...

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ECHO
de Rúnar Rúnarsson

J'aime beaucoup le cinéma islandais. Et je ne suis pas surpris d'aimer aussi beaucoup ce film, même s'il obéit à une logique différente de la plupart des autres. On part d'un carwash pour finir sur le pont d'un bateau en haute mer. Entre les deux (il s'agit à chaque fois d'un plan fixe, la caméra est posée et enregistre la scène qui se déroule) on aura presque une soixantaine d'autres plans-séquences, chacun racontant une petite histoire - sa petite histoire-, sans rapport avec celle qui précède ni celle qui suit, à part le lieu (l'Islande), l'époque (le "temps des fêtes", de Noël au Nouvel An grosso-modo), et une vague chronologie qui relie entre eux les micro-événements de cette saga nordique.
Le film est court (1h19) et on aurait adoré qu'il continue encore, tant ce coq-à-l'âne est plaisant. Il est sorti (quelle drôle d'idée du distributeur, qui s'appelle, justement, Jour2Fête !) le 1er janvier, a donc été peu -et mal- chroniqué, le plus souvent même "expédié" en quelques lignes, entre le boudin blanc et les huîtres (la palme de l'acidité gastrique, de la mauvaise foi,  et du n'importe quoi "juste pour le plaisir de dézinguer" à une "journaliste" des Zinrocks, qui aurait mérité qu'on fasse le déplacement pour aller la gifler).
J'ai d'autant plus adoré ces presque soixante historiettes que j'honnis ce, justement, fameux "temps des fêtes", et que le réalisateur nous en offre autant d'éclats (de miroir), qui nous renvoient chacun, à sa manière, à notre triste et humaine condition. La structure (et la situation géographique) font évidemment penser à Roy Andersson (de la Suède à la Norvège il n'y a qu'un pas) et à son Nous les vivants (que j'avais, déjà, adoré en son temps), à la seule (petite) différence qu'ici, chez Rúnarsson, on joue plutôt sur le flottement entre réalité et fiction, entre documentaire et scénario (alors que chez Andersson tout relevait clairement de la scénarisation). Et que c'est la plupart du temps beaucoup moins caustique (cynique) a priori. Si méchanceté il y a, c'est davantage celle des personnages entre eux que celle du réalisateur envers ses personnages, qu'on sent même parfois -souvent ?- empreint  d'une certaine bienveillance -ou objectivité ?- à leur égard.
C'est un peu le principe, aussi des Microfictions de Régis Jauffret, mais, encore une fois, en beaucoup beaucoup moins méchant. Cinquante et quelques histoires qu'on saisit, comme ça, au vol, certaines dont on ne fait qu'une bouchée, d'autres qu'on savoure plus longuement. Des plans magnifiques, aussi, certains "typiquemen" islandais et d'autres plus anonymes... Mais tout ça fait du bien à l'oeil, indiscutablement.
Encore, donc, une excellente nouvelle de là-bas...

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29 juin 2021

quenotte

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MILLA
de Shannon Murphy

(titre original Babyteeth)

un film australien un peu déroutant (un peu long à se mettre en place) avec une héroïne qui évoque celle du RESTLESS de Gus Van Sant (si vous avez vu le film vous comprendrez, sinon je préfère vous laisser la surprise ne pas trop vous mettre les points sur les i). Un film qui commence en comédie et finit... un peu autrement. Je n'étais pas au mieux de ma forme jambesque (j'avais déjà vu NOMADLAND quelques heures avant) et donc je pense qu'il faudra que je revoie le film à tête reposée (à jambe reposée pour être plus précis). je ne le chroniquerai donc pas plus, je préfère vous en mettre des images... Disons que j'avais le sentiment a priori de ne pas l'avoir trop trop aimé, et d'avoir éprouvé un sentiment tout à fait contraire, en regardant, justement, ces photos...

 

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18 juin 2021

fentanyl

MÉDECIN DE NUIT
d'Elie Wajeman

Ahhhh... "Cousin..." : un hug et un bisou entre Vincent Macaigne et Pio Marmaï, déjà rien que ça, quel bonheur! Le nouveau film du réalisateur d'Alyah (2012, avec, déjà, Pio Marmaï, mais aussi Cédric Khan, Adèle Haenel, Guillaume Gouix), que j'avais beaucoup aimé (voir ).
Là on va suivre, l'espace d'une nuit, Mikaël, un médecin à l'éthique "politique" (il s'occupe, en plus de tous les petits ou gros bobos nocturnes, des toxicomanes, auxquels il délivre des ordonnances après consultation dans sa voiture). Mikaêl est incarné (le mot est juste) par Vincent Macaigne, pour la première fois tout en haut de l'affiche (ce qui me ravit) et qui le mérite bien. Son (beau) personnage habituel de trentenaire doudou(x) aux yeux tristes et à la voix si reconnaissable est, ici, sous-tendu par une violence inhabituelle, comme perpétuellement contenue. Et qui explose par accès. Beaucoup plus de noir. D'autant plus que la nuit où se déroule le film va se révéler cruciale pour le personnage, puisqu'il va devoir y faire face à un certain nombre de choix, puis de révélations, pas forcément tous agréables... Personnels, familiaux, et professionnels. Ce qui fait beaucoup pour un seul homme (et une seule nuit, surtout).
Deux hommes : Mikaël et Dimitri (le cousin pharmacien). Et deux femmes aussi entourent Mikaël : son épouse (Sarah le Picard), qui se démène pour maintenir à flot la cellule familiale, et sa maîtresse (Sara Giraudeau, qu'on est en droit de trouver ici un peu sous-employée, joliment décorative dirons-nous).
Beaucoup de trajets, de rendez-vous, dans cette longue nuit cartographiée dans un Paris interlope (noctambule, insomniaque) pas spécialement glamour (cette nuit-là est vraiment remplie à ras-bord tant y seront vus / croisés / aidés / cognés / soignés (entourez l'épithète qui convient, selon la séquence) par ce bon Mikaël que l'affiche se plaît à nous souligner quasiment en émule  de Ghost Dog (il est aussi questionde Mafia,  des mafieux de l'Est, à qui on ne peut tout de même pas imputer tous les crimes, oh eh hein..., beaucoup, oui, mais pas tous quand même) ele paradoxe étant que, si la nuit est longue, le film lui est court (1h22), et, donc, particulièrement dense (et intense).
Vincent Macaigne est somptueusement bien (c'est vrai que ça aide bien pour regarder le film), et qu'il est aussi le personnage le plus attentivement scruté, peut-être un peu au détriment de celles / ceux qui l'entourent, qui se retrouvent du coup un peu moins finement dessinés...
La critique est hyperenthousiaste, j'adhère, certes, mais je trouve quand même le film un poil survendu. Un bon polar, bien noir, bien serré, avec de beaux éclairages urbains  nocturnes, certes, mais peut-être un peu trop sage (timide ?) dans sa mise en scène. On y passe en tout cas un excellent moment (allocinoche prévient que certaines scènes peuvent impressionner les spectateurs sensibles, et c'est vrai), on est embarqué dans cette habitacle avec gyrophare, jusqu'au bout de la nuit, on se dit encore une fois que Vincent M. tient sans doute là un "rôle à César", et on en est trèèèès content pour lui.

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médecins de nuit (comme des théâtreux)

 

17 mars 2015

comme chien et chat

THE VOICES
de Marjane Satrapi

J'avais failli aller le voir à Paris,  lors de sa projection à l'Etrange Festival (ou il gagna d'ailleurs le Grand Prix...) mais je n'en ai finalement rien vu (de l'Etrange Festival, puisque je n'y étais pas). De Marjane Satrapi j'avais énormément aimé Persépolis, un peu moins Poulet aux prunes (dont me restent surtout Isabella Rossellini et de la fumée de cigarette) et donc, allez savoir, celui-là me faisait envie.
Je connaissais le pitch (un homme devient serial-killer en écoutant la voix de son chat) et j'en ai vu par hasard une scène dans une émission de ciné sur Canalsat (Ryan Reynolds dialogue avec la tête coupée de Gemma Arterton), qui ne me semblait pas tout à fait raccord avec le résumé du film, par son côté acidulé, clinquant, et quasiment rigolard.
Comme ça passait à Besac, qu'il y avait une unique séance en v.o quotidienne et qu'elle était justement programmée à l'heure où j'étais là (je dois dire que je m'étais un peu arrangé pour ça), et qu'en plus, Dominique m'avait filé sa carte 10 entrées (qu'elle avait du mal à solder), j'y suis donc allé.
Si le film est le portrait d'un schizophrène (meurtrier), il (le film) le devient aussi un peu à son tour  (schizophrène, beaucoup plus que meurtrier) par osmose/porosité. Si Jerry vit dans un univers joyeusement coloré, flashy, glamour, ripoliné, c'est juste l'effet que produisent les cachetons qu'il doit prendre régulièrement. (S'il les arrête, les choses deviennent catastrophiques, et, bien sûr, il va les arrêter, contre l'avis de sa psy...). Jerry dialogue régulièrement avec ses deux animaux de compagnie, un chat et un chien (c'est comme dans Tintin, quand le personnage est tiraillé, et dialogue avec ses deux doubles : le petit ange et le petit diable, perchés sur son épaule ; ici, l'ange c'est un bon gros chien gentil gentil, et le diable c'est une saleté de chat pervers, asocial, pousse-au-crime et j'en passe...) Jerry est schizo, mais il est aussi très lucide : il sait que les voix du chien et du chat ce sont ses voix à lui (d'ailleurs c'est le comédien lui-même, Ryan Reynolds, qui les fait toutes, avec en prime celle du cerf et du lapin-chaussette... oui oui il y a pas mal de bestioles dans le film!) mais il l'assume, comme deux garde-fous de chaque côté de la route au milieu de laquelle il s'évertue à marcher droit. Il y a quelques demoiselles zigouillées puis découpées (le film pourrait faire une jolie pub pour les magasins de bricolage et leur outillage varié), et il y a ce personnage... tourmenté (et c'est rien de le dire) que l'éclairage choisi par la réalisatrice rendrait quasiment sympathique et attachant. Avec un traitement graphique "ligne claire", lorgnant donc vers le comic, quelque part entre Dick Tracy de Warren Beaty, (mais qui s'en souvient ?) et The Grand Budapest Hôtel (on a vu pires références...)
Paradoxalement, donc, ce film, qui aurait pu donner quelque chose d'effroyable entre les mains de quelqu'un de plus mal intentionné (un Gaspard Noé, un David Lynch, un David Cronenberg, par exemple) reste relativement sage (il n'est interdit qu'aux moins de douze ans, autant dire, pour les ados, à ranger entre Bambi et La petite maison dans la prairie) en tentant de concilier, ce qui n'est pas si facile, les chemins souvent contraires de l'humour et de l'horreur (je repense à la prestation ahurissante de Kathleen Turner dans le délicieusement frappé Serial Mother, de John Waters, qui officiait somme toute quasiment dans les mêmes eaux...). Marjane Satrapi y apporte sa girly touch, tricotant l'étude de cas, le polar, la comédie, les objets tranchants, et même, oui oui ! la comédie musicale en touche finale (on aura  eu au préalable, joliment, l'animation en ouverture!)

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11 février 2015

3 films à paris

oui quand on est retraité,fatalement, on prend du retard...
trois films vus la journée passée à Paris avant d'aller à Clermont :

SNOW THERAPY
de Ruben Östlund

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On m'en avait dit le plus grand bien, j'ai commencé donc par celui-ci. Une histoire de famille suédoise en vacances à la neige où les relations entre personnages vont être remises en question parce que le papa, à l'arrivée d'une avalanche, a tourné les talons pour se sauver, ne pensant qu'à sa petite gueule, au lieu d'essayer de protéger ses enfants et sa femme (qui s'en sont d'ailleurs très bien sortis sans lui...) Tempête dans un verre d'eau conjugal (et dans les couloirs d'un hôtel) un poil trop longuet à mon goût. Heureusement qu'on part ensuite skier en famille dans le brouillard puis qu'on monte dans un bus conduit par un chauffeur inexpérimenté. Mouais.

FOXCATCHER
de Bennett Miller
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Celui-là j'en avais envie, non pas seulement à cause des maillots de lutteurs et des positions ambigues que ceux-ci adoptent parfois pendant les matches, mais surtout à cause de la présence de Mark Ruffalo-chérichéri dans le rôle du frangin. Steve Carell est perversement inexpressif (et inexpressivement pervers) en milliardaire manipulateur, mais Channing Tatum aussi l'est, (dans le rôle du lutteur manipulé). "D'après une histoire vraie" n'est pas forcément pour moi un plus, au contraire. mais j'avoue que j'étais à la fin un peu perplexe (et qu'il a fallu que j'aille farfouiller à droite à gauche pour en savoir (réussir à en comprendre) un peu plus. Re-mouais.


LISTEN UP PHILLIP
d'Alex Ross Perry

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Celui-là, pour être franc, je n'avais au départ pas du tout prévu de le voir, (même son titre ne me disait rien) mais une affiche de pub dithyrambique dans le métro + le fait que je ne pouvais plus choper le Larry Clark pour des histoires d'horaires ont fait que j'y suis donc finalement allé (salle 37 ou 39 je ne suis plus sûr, en tout cas la toute dernière à l'UGC). Il y a Jason Schwartzman, il y a un entêtant parfum de David Lodge dans sa très drôle trilogie d'Un tout petit monde (universitaires, admirations, jalousies, bouquins, sentiments) et un indéniable estampillage "indépendanto-sundancien" (et un personnage qui m'a évoqué le Philip Roth de La Tache, mais je peux me tromper). Re-re-mouais.

27 janvier 2015

les chaussures / le fil du micro

(un rêve qui me laisse, au réveil, passablement agacé)

je suis avec (?) , on a acheté chacun une place pour aller au cinéma mais la séance n'est qu'à 13h (ou 15 ?) et on a le temps donc on va (?)

(on se retrouve aux Beaux-Arts, ou peut-être plutôt chez Thomas (le jeune homme dont je m'étais entiché, il ya 10 ans) ambiance de fin d'année, les étudiants préparent des cartes, ou des feuilles A4, qu'ils vont s'échanger, où ils inscrivent chacun leur tour leurs coordonnées, nom, adresse, numéro de téléphone, pour rester en contact (je me réjouis de savoir que je vais avoir les coordonnées de Thomas), tout ça de manière très graphique, très "artistique"

il arrive, d'ailleurs, le voilà, il est entre deux filles, c'est drôle, je me souvenais qu'il était petit, mais là il est vraiment très petit,  il a changé de coiffure, n'a plus "la touffe" qu 'il avait aux beaux-arts ni le crâne rasé qu'il avait ensuite, il a juste des cheveux mi-logns, et raides, ce qui lui fait une drôle de tête ça me fait drôle de le revoir après tout ce temps, je me demande s'ils se souvient que j'ai été amoureux de lui, et je me demande si je suis toujours amoureux, et j'ai du mal à répondre non mais je vais faire comme si de rien n'était
en tout cas, il est très aimable
(je fais quelque chose avec une feuille de papier qui est déjà peinte et sur le bord de laquelle je voudrais laisser une traînée de peinture blanche)


au moment de partir, je m'a perçois que je n'arrive plus à remettre la main sur mes chaussures que j'avais enlevées en entrant, je me souviens que j'avais des sabots, et il n'y en a pas pas, parmi la multitude de chaussures qui sont posées par terre

nous sommes dehors, devant la maison de Thomas, il y a un énorme monticule de terre (comme ceux qu'on obtient en creusant pour faire les fondations d'une maison) on grimpe dessus, un de ses copains  essaie de reconstituer le trajet que j'ai fait, pour essayer de retrouver mes sabots mais c'est compliqué

je suis embêté, j'ai à présent aux pieds une paire de chaussures qui semblent être des chaussures de fille, un peu, pas trop, plus ou moins, ça dépend des fois quand je les regarde

on est en train de marcher à plusieurs dans la rue (ou sur un chemin plat comme un bord de canal), et soudain j'enlève une de mes chaussures (ce sont alors quasiment des talons-aiguilles, mais un peu vieillots, style dame des années 50, gris perle, me semble-t-il), et en la regardant de plus près, je m'aperçois que le nom de sa propriétaire (et son adresse) sont calligraphiés dessus, sur le côté : il s'agit d'une américaine, et je me dis que c'est donc elle qui a dû partir avec mes chaussures (mes sabots)

 

grey shoes

(un autre bout de rêve, le lendemain, sans rapport)

je suis sur une scène, toute en longueur, comme posée sur les douves d'un château (d'ailleurs, par l'espace entre le bord de la scène et les murs, on voit qu'il y a de l'eau en dessous)
je dois faire un duo avec un chanteur japonais (il arrive sur scène) je ne sais absolument pas ce que nous allons chanter et je men inquiète un peu, mais il me fait un clin d'oeil complice, en souriant, genre "ne t'inquiète pas, tout va bien se passer..." La musique commence, je ne reconnais toujours pas la chanson... Nous avons chacun un micro, avec un très looooooong fil, et j'essaie de me dépêtrer du mien, pour changer de place, en le faisant passer dessus ou dessous des obstacles qui sont sur le bord, il me semble que nos deux fils de micro, qui passent par dessus un fil tendu très haut entre les murs, en travers de la scène, sont en réalité reliés ensemble, et que je suis, en quelque sorte un contrepoids pour le chanteur japonais, je m'en rends compte d'ailleurs brutalement puisque, ayant réussi à libérer mon fil d'un obstacle, je réalise que du coup le système de contrepoids ne fonctionne plus, et que, du coup, le chanteur, déséquilibré, tombe à l'eau de façon misérable, (ce n'est ni trop haut ni trop profond) il a l'air humilié, et les gens rigolent...
Arrivent des coulisses des membres de son équipe, dont une dame asiatique qui a l'air plutôt en colère après moi, et ne mâche pas ses mots pour me faire comprendre que c'est de ma faute, parce que j'aurais du venir plus tôt pour les répétitions (comme lui est célèbre et moi pas, c'était à moi de me déplacer, de faire le premier pas)

micro

 

26 janvier 2015

"ce film n'existe pas encore"

REALITE
de Quentin Dupieux

Oh le plaisir! Oh le bonheur! Oh la jubilation! C'était  le premier film de la journée de prévisionnement à Lure, et ce n'était pas forcément celui dont j'attentais le plus. Après un Rubber que j'avais adoré, puis un Wrong en demi-teinte, et un Wrong cops encore en demi-teinte (on en était donc au quart-de-teinte), je ne savais pas trop à quoi m'attendre...
Le système Dupieux dès l'ouverture (de la chasse ?) se met en place : au départ un bout-à-bout de scènes qui n'ont rien à voir entre elles : un papa qui tue un sanglier pendant que sa fille l'attend dans la voiture, un animateur avec un costume de rat qui se gratte en questionnant son invité pendant une émission culinaire, un des cameramen de cette émission qui va présenter son projet de film d'horreur à un producteur, un grand monsieur barbu habillé en femme dans une jeep militaire qui s'arrête pour cueillir des fleurs...
Puis chacune des scènes se dérègle légèrement : dans le sanglier, il y a une cassette vidéo ; l'eczéma du présentateur semble imaginaire ; l'entretien entre le réalisateur et le producteur se fragmente et se recompose ; le grand monsieur jette les fleurs qu'il vient de cueillir devant la porte d'une maison où il vient de sonner...
Puis surgissent les interférences, entre les différents segments, et le film se dérègle encore légèrement plus : la petite fille et son papa sont dans un film regardé par le producteur, et pourtant ont croisé en voiture le grand monsieur habillé en femme qui est pourtant dans un rêve que ce monsieur raconte à sa psy, qui n'est autre que l'épouse de... Bon je ne vais pas faire mon Télérama et vous raconter toute la suite (ni toute la fin) mais tout ça va s'emberlificoter de plus en plus inextricablement (et jouissivement) : le "réel", le filmé, le raconté, le rêvé, l'imaginé, à tel point qu'à la fin on ne sait plus du tout qui est vraiment qui, qui filme qui et qui rêve de qui... Tout ça délicieusement nappé de "la musique qui rend fou" (Phil Glass, Music with changing parts) -dixit Jean-Luc-.
On peut s'amuser à (essayer de) compter, par exemple, combien il y a de films dans Réalité (ah, au fait, c'est juste le prénom de la petite fille, hein) et tenter de tracer un diagramme sagittal (ou un diagramme de Carroll -Lewis!- vous vous rappelez des maths modernes ?), sauf qu'on se rapprocherait plutôt, ici, de la folie douce, voire de la furieuse...
Contrairement à ses précédents films, Réalité est "rigoureusement" cohérent dans son incohérence (à moins que ce ne soit le contraire) et c'est pour moi, sans aucun doute, le meilleur film de son réalisateur. Et peut-être celui qui, grâce à la présence d'Alain Chabat, pourrait peut-être lui permettre (sans doute, je l'espère) de trouver son premier grand succès public (il le mérite!).
Pour citer Poe (ou Propaganda) : "Just a dream within a dream"... Mais à la puissance n (ou même n+x ?)

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24 janvier 2015

entregent

MOMMY
de Xavier Dolan

"Les sceptziques seront confondzus..." disait la dame dans la bande-annonce, et j'aimais bien cette phrase, transcendée par cet ineffable accent québecois. Je l'étais (sceptique) puisque je n'y étais pas allé (voir Mommy), et je le fus (confondzu) parce que j'ai fini par y aller, mercredi, premier jour du Festival Télérama où, dans le bôô cinéma, on passe, cette année, tout. Les 16 films. Et puisque j'en avais tout vu, sauf le garçon et le monde et, donc, Mommy, les 3,50€ furent donc un bon prétexte pour y aller, ainsi que la perspective de le voir assis entre mes amies Manue et Catherine.

Deux heures et quart plus tard, me voilà assis à la fin du générique, remué par ce que je viens de voir, et agité par tout un tas de pensées. Oui, Xavier Dolan m'exaspère toujours autant, mais il faut reconnaître que tout ça est très bien fait. Bien conçu, bien réalisé, bien filmé, (avec toujours ce sens  aigu du réalisateur qui nous dit "regardez comme je sais bien filmer..."). Peut-être le fait que je ne sois pas un parent, d'une façon générale, ou une mère, plus précisément, fait qu'il y a là-dedans quelque chose que je ne pourrai jamais réussir à appréhender, de la même façon que, étant athée (ou agnostique) je ne pourrai jamais comprendre qu'un musulman ne puisse supporter la représentation du visage de son prophète. On est un peu dans le même genre de ferveur, quand je pense au visage de mes amies (Marie, Isabelle, Dominique, Fabienne...), comme il s'illumine lorsqu'elles parlent du film (et me vient alors le visage de Catherine Mouchet dans Thérèse...).
J'avoue que le premier quart d'heure, j'étais sur la défensive. S'habituer au flot de joual (les sous-titres sont bien utiles, quand le gamin se lâche), à la violence de chacun des deux personnages (la mère/le fils, oui voilà bien une problématique qui me restera - hélas ? - à tout jamais étrangère) principaux, au format carré, qui confine notre oeil de spectateur blasé habitué aux grands horizons du scope, à la répétitivité de l'alternance du rythme (méchant/gentil, calme/énervé), et puis paf! une scène de skate avec une morceau voix/piano (Craig Armstrong, si j'ai bien lu le générique) fait mouche (je me surprend à penser "ça c'est très bien, d'utiliser en accompagnement une musique qui a priori ne va pas du tout avec ce qui est montré..." et je me rappelle que Xavier Dolan est toujours très doué pour les bandes originales de ses films (j'ai adoré celle de Laurence, anyways alors que je n'ai pas aimé le film -oh cette grandiose séquence d'ouverture en caméra subjective sur A new error de Moderat...) , et cette idée de faire écarter le cadre par le gamin (et, bon, de tirer ensuite un peu sur cette corde, et c'est drôle de constater que beaucoup de spectateurs/trices ne s'en rendent pas compte, des changements de largeurs successifs, même moi, par exemple, je ne pourrais pas être absolument certain de celle de la dernière scène : wide or narrow ?), puis, un peu plus tard, cette très belle scène dans le karaoké, et ainsi de suite...
Oui oui je fais amende honorable : Mommy est un film fort, un excellent film (même si je ne le rangerais pas tout en haut de l'étagère en tant que film de l'année comme beaucou(e)p le firent dans leurs différents top 10 de 2014), et Xavier Dolan est un jeune homme aussi doué qu'il est exaspérant (et cela explique sans doute ceci.) Il faut lui reconnaître qu'il a la chance d'avoir un trio d'actrices/teurs extraordinaires, des stradivarius de l'acting (si les deux actrices sont vraiment bluffantes, on les connaissait déjà, on savait qu'elles étaient capables du meilleur, mais le môme, enfin, le jeune, est tout aussi magnifique, et ce d'autant plus que c'est la première fois qu'on le voit, et qu'il nous laisse, contrairement à lui, sans voix...) Il faut lui reconnaître, sans doute, tout autant, un sens du marketing, un don certain pour se vendre et (sur)vendre son film, et une roublardise  d'autant plus confondante qu'elle est déguisée en naïveté (il y a quand même quelques scènes que je rangerais entre racolage et putasserie, non ?)

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..et je ne peux résister au plaisir de vous citer les deux critiques qui n'ont pas succombé à la folie du ***** (cinq étoiles : magnifique et indispensable) :- le résumé d'écran large :
"Mommy se voudrait enlevé, coloré et pop. Mais Dolan accouche d'une souris cramoisie, hystérique et vulgaire."
- et l'article de critikat, ici, que je trouve plutôt juste et bien fichu, non ?

PS : ça y est Pépin, j'ai rempli ma part de notre contrat! et toi?

etoyenne

17 janvier 2015

pied-de-biche

PASOLINI
d'Abel Ferrara

C'était le dernier jour, la dernière séance, et justement la bonne heure... Je n'avais pas eu l'envie (ni l'occasion, ça tombait bien) de voir le dernier, avec Gros Gégé, mais celui-là si... La mort de Pasolini, pour moi, c'est d'abord et surtout cette scène magnifique de Journal intime de Nanni Moretti ("Je n'avais jamais vu l'endroit où Pasolini a été assassiné..."), avec le trajet en scooter et la jolie musique (de Keith Jarrett me semble-t-il).
Ferrara nous raconte la dernière journée de PPP, des faits, dans l'ordre chronologique, ce que l'on sait, d'abord, puis ce qu'il imagine, et c'est un Willem Dafoe tout à fait splendide qui l'incarne, de façon hallucinante (où le mot "incarnation" serait vraiment justifié).
On commence par le visionnage d'un extrait de Salo (une copie curieusement doublée en français, d'ailleurs), le film doit sortir prochainement, et il est question des réactions qu'il ne va pas manquer de produire, puis on va suivre Pasolini au fil des rencontre et des actions de cette dernière journée (une très belle critique dans Libé sur le fait que Ferrara ne filme que des "fins de quelque chose", dans tous ses derniers films).
Il est question de  mots, de parole, de création, au fil de cette journée : un roman en cours d'écriture, une interview à domicile avec un journaliste, un projet de film raconté dans un restaurant, Pasolini est présenté comme un auteur, un artiste, un "politique" aussi, d'une certaine façon, mais aussi comme un homme, juste comme un homme, avec des besoins d'homme, des relations d'homme qu'elles soient sociales, affectives ou sexuelles (concentriquement : les gens,  les connaissances, les amis, sa mère, et, bien sur, les ragazzi).
Ferrara réussit à rester très simple dans la forme, prudent presque, respectueux il semblerait.
"Scandaliser est un droit, être scandalisé, un plaisir." fait-il dire à son personage, en ayant, paradoxalement, l'extrême intelligence de, justement, ne pas cherche le scandale, l'esbrouffe, la provocation. Le paparazisme. Un beau portrait, d'une simplicité désarmante, excellemment soutenu (porté) par un Willem Dafoe exceptionnel.

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16 janvier 2015

chrono (pas si) logique

CAPTIVES
d'Atom Egoyan

Je suis Atom Egoyan depuis... longtemps (The adjuster est le premier de lui que j'ai vu, à l'Eldo à Dijon) Il n'y a finalement pas eu tant de films que ça depuis ! Et l'intérêt des débuts s'est progressivement dilué, jusqu'à disparaître complètement pour les derniers films. Mais là, allez savoir pourquoi, la bande-annonce, les paysages enneigés, l'aspect thriller paranoïaque (retors en tout cas), Ryan Reynolds, bref j'avais envie, et hop! je me suis lancé (une séance en VO aux Bozarts!) sans en lire aucune critique.
Une fillette est enlevée dans la voiture de son père pendant que celui-ci achetait des tartes cerise-rhubarbe dans un truck stop au milieu d'un nulle part enneigé. Plus tard, on comprend qu'elle est séquestrée on ne sait où (ni elle non plus) par un affreux et chichiteux pédophile (difficile de rendre un personnage plus insupportable d'emblée), qui l'utilise pour appâter de nouvelles jeunes victimes via internet.
Huit ans après sa disparition, son père n'a pas perdu espoir et continue la traque, espérant parvenir à la (re)trouver, après avoir pu brièvement la rencontrer au milieu d'un autre nulle part tout aussi enneigé. Il y a aussi sa femme, qui lui en veut toujours depuis huit ans d'avoir laissé perdre leur fille, et aussi une fliquesse noire, qui depuis huit ans aussi continue de s'intéresser à l'affaire, secondée par un autre flic blond et tough qui a eu visiblement une jeunesse tourmentée... (comme une piste de scénario dont le réalisateur se dirait Je l'utilise ? Je ne l'utilise pas ?)
Voilà grosso modo le tissu narratif du film que le réalisateur, hélas, s'ingénie à tordre, découper, recouper, empiler à la va-comme-je te-pousse, complexifiant encore une narration déjà au départ pleine de trous d'air et de zones d'ombre. Quel intérêt y a-t-il a ainsi mélanger exprès les strates temporelles, juste, pour, semble-t-il, le plaisir d'emberlificoter le spectateur?
Il y a toujours eu, chez Egoyan, plusieurs constantes, sur la forme (complexification plus ou moins gratuite de la narration) autant que sur le fond (une certaine fascination pour le mal, les différentes façons de le faire, la transgression des interdits, avec toujours l'apparence du "bien", du normal, du conforme, du rassurant ...). Là, le "cahier des charges" egoyanien est respecté, bien trop scrupuleusement même, avec une curieuse -et maladroite- accélération finale, une dernière ligne droite à toute berzingue où hop hop hop tout est soudain éclairci découvert arrangé réglé happy-endé, tellement vite d'ailleurs, que le réalisateur laisse arriver le générique final sans même se donner la peine de régler le sort d'un des personnages qu'on sait en pas trop bonne posture mais dont un autre personnage dit à son propos que "ça va s'arranger". Une ou deux minutes de plus, ça n'était pas grand-chose, et ça permettrait au spectateur de partir avec le sentiment que la boucle était bouclée, comme on dit. Là, c'est presque méprisant de la part du réalisateur, à la fois pour le spectateur et pour le personnage...

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L'affiche est réussie, la neige est cinégénique et Ryan Reynolds l'est tout autant...

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