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lieux communs (et autres fadaises)
29 août 2005

grand écart ?

Perplexe, ce soir...
Sur l'utilité de ceci. My blogchounet. Sa place, son rôle, son utilité. Il ya tout de même un paradoxe au départ : à quoi bon rendre public un journal intime ? (je ne sais plus qui a utilisé l'expression journal extime, je trouve que c'est pas mal trouvé du tout, mais, bon, tant pis c'est déjà pris!) pourquoi déballer sa petite lingerie existencielle et ses fanfreluches mentales au pays (que dis-je, au monde) entier? Pourquoi ajouter n petites pages perso aux milliers qui gravitent déjà sur le ouaibe ? Parce qu'on croit que ça peut être utile à quelqu'un ? pour se faire connaître ? pour avoir le sentiment d'être lu (et entendu) ? Pour faire plaisir à ses amis ? pour faire le malin ? Parce qu'on est persuadé qu'on a une tâche, une mission, une grande oeuvre à accomplir ?

Qui ça peut intéresser de savoir que je mange des figues, qu'il ne me reste plus que deux jours de vacances, que je suis un "vieil orphelin qui refuse de grandir" ? Hein, dites-moi, qui, qui donc? oui, levez le doigt s'il vous plait... (Personne... grand silence blanc)
Cet après-midi, j'en ai visité quelques uns, de blogs, des "inclassable", des "gay", des "pour adulte", des "journal" des "poésie" (arghh le mot me hérisse! ), et au lu de ces pages, je me disais tiens ça j'aurais pu le faire ou bien ohlala quelle épouvante ce machin ou encore comment peut-on oser montrer (ou écrire) ça ? C'est vrai que je m'astreins, ici,  depuis le début à une certaine retenue, (décence? pas certain que ce soit le bon mot, pudeur peut-être conviendrait mieux, mais ça fait un peu vierge rosissante...), un respect  esthétique, dans la mesure où je m'attache à (re)créer quelque chose qui me plaît, qui me convient, qui me ressemble.
Mais ça n'est pas vraiment moi . Ou plutôt ça n'est pas complètement moi. Il y a de ça, bien sûr, mais il n'y a pas tout. Le sommet de l'iceberg, le couvercle de la marmite, l'arbre qui cache la forêt... Il m'a fallu gommer un peu l'inquiétante étrangeté, lisser les aspérités, arrondir les angles. Pour être... clean ? propret ? conforme ? rassurant ? Mais, c'est quand même un peu de la triche : il manque tout un pan. L'autre côté, la face obscure, Mister Hyde... L'envers, l'arrière, le background quoi ! Je le sais bien qu'on est tous pareil, janus aux deux visages, celui qu'on montre aux autres et celui qu'on voit, dans son miroir,  quand on est tout seul chez soi et que personne ne regarde. Comme ça nous arrange.
Faut-il (doit-on) tout raconter ? Le sentiment de l'exhibition, l'impudeur, peuvent en effet parfois être excitants. Mais jusqu'à quel point ? Peut-être alors me faudrait-il deux blogs, public/privé, ou night and day.
Top to bottom : le trivial et le sublime...

imgp0382et   imgp1658 ,

(par exemple...)

30 avril 2006

si votre ramage...

TRANSAMERICA
de Duncan Tucker

Tout d'abord, je voudrais publiquement ici remercier mon amie Emma. Je lui suis redevable de ce grand bonheur :
Si elle ne m'avait pas prêté DESPERATE HOUSEWIVES, > je n'aurais pas eu le plaisir de dévorer l'intégralité de la série pendant ces vacances, > je n'aurais donc pas connu, entre autres, la blonde Lynette Scavo et son interprète Felicity Huffman, > et je n'aurais donc pas eu la curiosité d'aller voir, sur son nom, le film de Duncan Tucker, qui jusque là ne m'intéressait pas plus que ça (je le confesse, les histoires de transexuel(le ? )s n'étant pas vraiment my cup of tea...) > cqfd
Bon, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et donc, je le crie bien fort à tous ceux et celles qui veulent bien l'entendre (et aux autres aussi) : COUREZ VOIR CE FILM!

J'ai (sans doute) une âme de midinette, mais c'est vraiment le genre de film à la fin duquel je reste assis, sourire béat, comme sur un petit nuage, pendant que le générique se termine et que les lumières se sont rallumées, et le sourire continue de flotter, intérieurement du moins, pendant que je sors de la salle, que je marche dans la rue, ce genre de film qui redonne espoir, confiance, ce genre de film à la fin duquel j'aurais à nouveau foi en l'humanité.

Pourtant, à priori, rien de très... affriolant : un réalisateur inconnu au bataillon (ce serait pourtant son troisième film), un sujet "casse-gueule" (comme l'ont écrit la plupart des critiques), une réalisation plutôt... sage, une sortie plus que discrète (pas de plan-média tonitruant, ni promo jusqu'à l'écoeurement) because pas de giga star inside... J'ai même dû chercher dans mes tablettes pour vérifier la date de sortie : 26 avril (hier, donc!). J'y suis entré sceptique (tel St Thomas) et j'en suis sorti converti. Ce film est un miracle ! Miracle de justesse, d'équilibre, de tendresse, d'humour, de pudeur, (je pourrais en aligner encore, des qualificatifs, sur des lignes et des lignes...)

Au début du film, on apprend que Bree est une transexuelle qui doit bientôt se faire opérer (l'ultime opération) pour devenir enfin complètement la femme qu'elle se sait être au-dedans, et qu'elle tente de faire exister au-dehors (extraordinaire performance d'actrice pour Felicity Huffmann, qui aurait dû amplement lui valoir l'Oscar, à mon humble avis, pour cette composition en forme de oui-mais non-mais oui, à triple-fond en quelque sorte,  mais les décideurs de Hollywood n'ont pas daigné m'écouter, les niais...)

Bree, donc,  reçoit un appel téléphonique d'un jeune taulard, Toby, (le jeune Kevin Zegers -qui je trouve , a des airs de Joaquin Phoenix en plus jeune- assez sidérant lui aussi, dans son rôle de jeune tapineur drug-addict rêvant de devenir une star du porno gay) qui dit être à la recherche de son père (Bree, en l'occurrence, quand elle s'appelait encore Harvey, et que sa thérapiste va obliger à rencontrer et à prendre en charge le jeune homme en question (pour qu'elle puisse "régler tous les problèmes de son passé") sous peine de ne pas lui fournir la précieuse signature nécessaire pour l'intervention finale.) Elle va donc aller à New-York le sortir de taule contre 1$ de caution...

Et les voilà partis tous deux, dans une vieille américaine un peu déglinguée, pour une traversée en diagonale des Etats-Unis (et des apparences par la même occasion). Lui qui le/la prend pour un genre de bonne soeur en civil, un peu coincée, qui veut le remettre dans le droit chemin et l'aider à retrouver son père, quant à elle, elle se pose de plus en plus de questions, face à cet ado un peu destroy, dont elle se sent à la fois si proche et si lointaine, se demandant si elle aura le courage de lui dire la vérité ou pas. ( style "Je ne suis pas ta mère, je suis ton père, Honey...") Je ne vous dévoilerai pas plus le scénario (qui fut d'ailleurs primé), j'aurais trop peur que ça vous gâche le plaisir.

Sachez juste que le "cahier des charges" du road movie sera scrupuleusement respecté  (et même au-delà) : les paysages, les rencontres, bien sûr, mais aussi les disputes, les réconciliations, les coups du sort,  les vrais gentils, les faux méchants, les révélations, les rebondissements... vous en aurez pour votre argent (et même plus, je vous garantis! ) Tout ça a l'air tellement straight, tellement facile, tellement profil bas en apparence qu'on se dit que trans le film doit l'être un peu aussi à sa manière, pour avoir un charme aussi évident (sans être pour autant racoleur), un ton aussi juste (sans jamais être moralisateur). Oui, comme on devine encore Harvey sous le tailleur vieux-rose de Bree, on perçoit sous l'habillage du film simple-traditionnel-mais-de-bon-goût, presque old fashioned, un propos autrement moins consensuel, une énergie moins politically correct, employée pour dégommer tous azimuths les préjugés et les idées reçues. (Et plus on avance, et plus il y va fort, je trouve !)Avec, pour faire passer l'éventuelle amertume du discours, l'enrobage sucré et tendre de la comédie, voire du mélo. (J'ai ri autant que j'ai eu la larme à l'oeil, pas de jaloux comme ça!)

Merci encore à Duncan Tucker, à Felicity Huffman, à Kevin Zegers, et à toute l'équipe du film, d'ailleurs (oui, merci à la thérapeute, au hippie, à l'indien-cow-boy, à la famille plus-ricaine-que-ça-tu-meurs, et merci à tous les autres aussi...) pour ce délicious moment de bonheur. Merci de m'avoir un peu ouvert les yeux sur cet univers des trans, dont on ne connaît que les éléments les plus visiblement folkloriques, hélas.
La Fontaine avait écrit Le geai paré des plumes du paon, ici on serait plutôt dans Le paon déguisé en geai déguisé en paon. A moins que ce ne soit le geai déguisé en paon déguisé en geai ?
Ou le paon déguisé en paon déguisé en paon ??
A voir.
Je vais finir par y laisser des plumes!

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(Felicity Huffman & Kevin Zegers)

1 novembre 2005

désir désir

Hier j'ai revu E.
On se voit encore, de temps en temps, toujours en coup de vent. C'est une très drôle d'histoire...
On se croisait régulièrement sur les parkings et leurs environs immédiats, je le trouvais plutôt sympa, agréable de contact, câlin, c'était plutôt bien (oui, oui, je sais, j'ai l'amour buissonnier... euh peut-être devrais-je plutôt écrire "désir", mais c'est vrai que j'ai toujours tendance à  mélanger un peu tout...) On se voyait de temps en temps, oui, c'était bien...
Et puis je ne l'ai plus vu pendant un certain temps, alors je l'ai cherché, attendu, mais bon je ne savais pas où le joindre... Le jour où je l'ai croisé de nouveau, on a parlé, on s'est dit qu'on pourrait peut-être se connaître un peu plus, alors je lui ai proposé mes coordonnées, lui m'a donné son tel, on s'est donnés rendez-vous le soir chez moi... Il est venu, c'était bien, on a fait l'amour, on a beaucoup parlé, et puis on a commencé à se téléphoner et à se voir plus régulièrement...
Et ça a commencé à être moins bien... Lui se disait très amoureux (mais très occupé aussi, et ce n'était pas des bobards, j'ai jamis vu un mec bosser autant !) Les rendez-vous avaient donc toujours lieu très tard (et dieu sait si j'ai horreur d'attendre, mais là, bon, j'étais prêt à faire l'effort)
Et voilà-t-y pas rapidement que ça se met à battre de l'aile au niveau physique (alors que ça n'avait jusque là jamais posé le moindre problème entre nous,  au contraire!) : pour la première fois de ma vie, voilà mon zizi qui reste en panne. Rien. Panne sèche. Tête basse obstinément, comme un gamin puni. Une fois, puis une autre, puis encore une autre... J'ai commencé à me poser des questions, à m'inquiéter, mais, évidemment, plus j'y pensais, plus je m'interrogeais, et moins ça marchait. En rigolant, il m'avait même proposé de m'offrir un arbre pour mettre dans mon appart, qu'on puisse se retrouver dans la situation habituelle. Comment dire, je l'aimais "intellectuellement", mais mon corps ne suivait plus. (J'avais pourtant poussé l'honnêteté jusqu'à suspendre les visites régulières de mon copain routier.) Etait-ce la peur inconsciente de l'engagement, la trouille d'une vie de couple régulière ?  Je me pose toujours la question.
Il s'en est bien rendu compte que ça me minait, et que ça se détériorait, alors on s'est séparés, on a mis un peu de distance et de temps... On s'est juste promis, en souriant, qu'on finirait notre vie ensemble, d'ici quelques dizaines d'années, quand les choses seraient plus calmes de part et d'autre...
Strange, isnt'it ? J'ai toujours son numéro en mémoire sur mon tel, même si je ne l'appelle pas (lui non plus d'ailleurs...) un genre d'assurance-vieillesse, de plan-épargne affectif ???

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27 septembre 2005

mi-teintes

Vous savez, (ou vous ne savez pas) c'est comme ça qu'on appelle les pochettes canson avec des feuilles de couleurs assorties mais pas les couleurs vives,  plutôt  les tons bleuasses verdasses marronnasses siennasses... Pas des couleurs pures, quoi, des pauvres couleurs on va dire... Ben je me sens un peu comm'ça ce soir (tiens tiens, rigole mon Jiminy Cricket assis sur mon épaule, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas fait son caliméro...) à l'issue de cette deuxième journée.Bon, c'est une semaine particulière, une semaine de rentrée, de (re)mise en route, c'est normal que les profs aient des réunions, que ça ne soit pas vraiment prévu, qu'on en soit pas vraiment informés... Qu'est-ce qu'on passe comme temps à attendre! Les étudiants ont l'air habitués, ils attendent, et discutent. Moi j'me sentais un peu seulet, en plus j'avais oublié mon bouquin délicieux, alors j'en ai profité pour aller faire un tour en ville (le matin, puisque je n'avais pas cours) et aux Sandales, plus précisément. J'ai vu Anne-Marie (je vous parlerai un jour d'Anne-Marie...) et j'ai acheté un roman furieusement pédé (je vous z'en mettrai un excerpt si vous êtes sages) AU BORD DU GOUFFRE (de David Wojnarowicz) Puis acheté un sandwich, flâné sur le marché, et bavé un peu devant les travaux (y avait des manuels, j'ai pris juste quelques photos à la sauvette...)
Cet après-midi, on a vu en cours  les 3 profs en même temps, qui ont exposé le prochain semestre de travail : un sur le texte (plutôt alphabet et calligraphie), un sur l'illustration, et le troisième sur les deux en même temps... Me voilà un peu fixé! Sorti tôt (15h30 au lieu de 18!) et donc été au ciné voir un petit bonheur : MOI, TOI, ET TOUS LES AUTRES. Chronique plurielle des relations  entre plusieurs personnages qui ont en commun le fait d'être  voisins, et d'avoir une ou plusieurs idées fixes ou soucis (une main brûlée, des vidéos d'art, le popo-pingpong, des chaussures roses, des baskets bleues, un "trousseau de l'espoir", un tableau gribouillé...) dans un joyeux méli-mélo tendre et acidulé. exercice réussi d'équilibre entre le scabreux et le rose bonbon, le genre de film dont je sors avec un sourire un peu bête sur la figure et des petites lumières dans les yeux, en me disant que le monde n'est pas si pourri que ça au fond... (et une toute petite voix qui dit "et pourquoi ça ne m'arrive pas à moi, hein ? "
C'est trop inzuste...

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"Je vois la peau brunie d'hommes en short, torse nu ; je vois les bras et les côtes d'un homme caché dans l'obscurité d'une cabine de tracteur ; je vois le dos courbé d'un homme brandissant une pioche à toute volée ; je vois la peau pâle et blanche des aisselles et la tache brune de poils humides d'un homme perché dans une grue au milieu des lignes téléphoniques et je sens naître une boule dans mon plexus solaire sous mon tee-shirt." (D.Wojnarowicz)

25 mai 2006

installation

Voilà, j'ai longuement longuement hésité. Mais j'ai fini par y aller.
Où ? aux bozarts. Pour voir l'installation-cinéma que *** présentait pour l'évaluation de fin de semestre (c'est lui qui me l'a proposé, hein, genre si tu passes par là...)
Je pensais que c'était peut-être une connerie (d'y aller!) mais, si je n'y allais pas, je risquais de le regretter. Alors j'y suis allé. Pas le choix.

On s'est très peu vus, finalement, il a passé la matinée à mettre en place, installer, brancher, bidouiller, le dispositif (pas mal du tout) que j'ai pu étrenner en début d'après-midi. Il était dans sa période gros cheveux et barbe rase (c'est p't'être ça qui me plaît chez lui, il a le poil à géométrie variable... ni tout à fait le même ni tout à fait un autre).

Et c'était comme si je sentais quelque chose d'un p'tit peu cassé. De ma part. Lui était tout pareil au même comme d'hab. Moi pas tout à fait. Vous savez, vous remplissez un verre pour boire, et vous vous rendez compte qu'il est fêlé. Qu'il se cassera bientôt. Mais bon vous buvez quand même.
Oh peut-être juste une lézarde  dans cette histoire (ou dans cette illusion appelez ça comme vous voulez) C'est peut-être ça, lâcher prise ?? Comme si enfin je reconnaissais les faits. Lui ici et moi là-bas, lui jeune et moi vieux, lui en couple et moi pas, lui hétéro et moi pédé. Des faits, des affirmations des constats. Des évidences.
Oui, comme si je me rendais à l'évidence. (D'accord, je me rends)

D'accord, il était speed, il était stressé, à mettre en place tout son p'tit fourbi avant la visite des profs. Moi j'allais et venais, en haut en bas, à tout à l'heure, buvant du café, discutant avec truc, avec machine, revenant repartant (me demandant si c'était vraiment une bonne idée d'être venu là, puis me répondant que oui finalement oui) je le regardais de loin, attendri, (apaisé peut-être aussi) et je me disais que c'était mieux quand on juste chattait sur msn ; ce n'était pas le même, je préférais l'autre, le virtuel, celui en mots plutôt que celui en vrai. Je le connais mieux.

Puis sa copine est arrivée, baiser distant, s'est assise en me tournant le dos, me suis dit alors que c'était là l'occasion qu'il le fallait... Lui ai donc offert un capuccino, nous sommes montés  et nous sommes installés à une petite table. Et me suis jeté à l'eau. J'ai pas été très bon, c'était difficile, d'ailleurs qu'est-ce que je voulais vraiment lui dire ? Que je n'avais voulu blesser personne, que je ne m'étais pas servi d'elle pour me rapprocher de lui, que je souhaitais juste qu'elle ne m'en veuille plus... C'était difficile parce qu'elle ne m'aidait pas vraiment, mais bon elle n'était pas là pour ça non plus. Ca a donc été comme un gros soulagement lorsque je l'ai vue enfin me sourire... C'est comme si j'avais réussi à désinfecter cette plaie qui menaçait se d'infecter sérieusement sous l'apparente cicatrisation.

Nous sommes redescendus, *** avait -enfin- fini d'installer, et j'ai donc pu  tester le dispositif avec elle (puisque Bernard n'était pas disponible) dispositif plutôt troublant, qui nous faisait nous regarder l'un l'autre alternativement... (*** pendant ce temps prenait des photos)
Puis quand elle et B. (l'autre copain de ***) sont partis pour acheter des sandwiches (on s'est fait une vraie bise normale, elle et moi), nous sommes donc restés en tête à tête avec *** (plutôt en voix à voix) pendant un petit moment, parlant de tout et de rien, juste comme des vieux potes. Jusqu'à ce que je décide qu'il était temps que je parte. Je n'ai pas voulu abuser.

Poignée de main virile. A la prochaine
Oui, comme des vieux potes.

(...)

Je suis reparti vroum vroum rapidos il était quinze heures et quelques il ne pleuvait pas j'ai mis la radio et je suis rentré directement... en oubliant de faire tout ce que j'avais à faire à Besac (mais non qu'allez-vous chercher il s'agit juste de distraction, l'émotion n'a rien à voir la d'dans!)

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28 août 2005

oxygène

Ben voilà!
C'était pas plus difficile que ça! De retour ce soir à la maison, joyeusement et légèrement. Parce que une belle fête champêtre, la "Fête du jardin", à Villers-Ch, parce qu'une cinquantaine de gens, des amis proches, des relations, des inconnus, des qu'on aurait  envie de connaître, certains (très peu) qu'on est fatigué d'avoir connus (un seul à vrai dire, et il semblerait en plus que ma rancoeur s'émousse avec le temps. C'était il y a si longtemps...), d'autres qu'on est heureux de retrouver...
Une tablée gigantesque, un jardin superbe, les rires et les private jokes, les plaisanteries amicales, les conversations duelles, les délires collectifs (ah les renards qui ont appris à pisser debout dans les bois pour refiler l'échinococcose au maximum de consommateurs de baies...), de la tarte aux figues et du soleil vaillant, que demander de plus ? Et, à la fin, chacun qui repart avec son petit paquet, terrine, grillade, tarte, (mais bon à cette heure je n'ai pas très faim...)
Heureux, donc, en rentrant. La preuve ? Je faisais cette fois-ci partie du dernier carré. Oui, les quatre derniers, ça n'est pas si souvent que ça arrive. J'étais... bien , il n'y a pas d'autre mot. Pas d'inquiétudes ni soucis ni nuages ni aigreurs. Léger. Le contact des gens, y a rien de tel... (Les grandes découvertes de Moi, tome 1)

Tiens, (sans aucun rapport avec ce qui précède) je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici ce paragraphe lu dans Libé de samedi, qui m'a mis en joie (certains vont encore m'accuser de sectarisme ou de parti-pris, mais tant pis! ) :
"Les manchots gay peuvent-ils adopter ? la réponse est oui. Roy et Silo, les manchots gay de Central Park qui ont fait couler tant d'encre à New-York (Libération du 27 juillet) avaient tellement envie d'un bébé manchot qu'ils couvaient une pierre traînée jusque dans leur nid. Emu, leur gardien a remplacé la pierre par un oeuf fécondé, et c'est ainsi que Tango est né. ses deux papas s'en sont très bien occupés, et tous trois vous passent le bonjour."
C'est-y pas mimi?

Une tite photo pour terminer (allégresse ou exaltation ? dommage qu'il y ait un machin en bas à droite (pas envie de recadrer : "Et c'est l'imperfection qui rend la chose humaine"...)

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15 mai 2006

expresso

FRERES D'EXIL
d'Yilmaz Arslan

Tout faux. Au début du film, (oui oui je peux faire plusieurs choses en même temps : regarder un film et penser à ce que je pourrais  écrire dessus) je me disais que j'allais commencer ce billet (ouah fastoche) par un truc du style "Comme le café turc, blabla fort et noir blabla à boire avec précaution, etc... avec peut-être un jeu de mots sur fort comme un turc et basta..."
Sauf que le film est moins turc que kurde.
(Et je ne m'y connais pas assez en café pour m'étendre sur le café kurde...)

Un jeune kurde, Azad,  part en Allemagne rejoindre son frère grâce à l'argent que celui-ci a envoyé à la famille. Or il s'avère que ledit frère en question est un sacré salopard de proxénète veule, violent, cynique, beurk quoi. Azad (celui-là même, donc, le jeune frère) rame, dort en foyer, (où il fait la connaissance d'Ibo, un autre (très jeune) kurde) exerce au black dans les toilettes son métier de barbier pour quelques clopinettes, bref tente de survivre pour le mieux. Manque de bol, il va croiser le chemin de deux frérots turcs un peu agités du bocal, et le drame de chez drame va pouvoir se mettre en branle...

C'est noir, très noir, très très noir. (Trop ?) Opaque pourrait-on dire, presque. La narration est nerveuse, heurtée, pleine d'ellipses (ce qui ne la rend que plus efficace), excessive (dans son propos plus que dans sa forme). Un pitbull hargneux, un méchant éviscéré, un gamin violé, des tripes dévidées, voire même bouffées toutes cru par le susdit pitbull, quelques tabassages en règle, une oreille tranchée, un autre méchant égorgé, bref ça charcle et ça gicle un peu à tout va.

Les méchants frangins sont très affreux, ils ont des lunettes noires des cranes rasés tribaux et des flingues gros comme des paquebots (qu'ils rangent négligemment dans leur pantalon à l'arrière et qui font un beau bruit de flingue quand ils tirent avec). En plus ils fument dans le métro et ne supportent pas qu'on les appelle "mon frère"... Et font le désespoir de leurs parents.

Mi-docu, mi-polar, mi-film à thèse (mais mais ça fait déjà plus de trois moitiés...) FRERES D'EXIL, en l'état, pourrait souffrir de la comparaison avec d'autre oeuvres similaires (HEAD ON de Fatih Akin, par exemple) plus... (solides ? abouties ??) mais, tel quel, emporte globalement le morceau (de bidoche) par l'honnêteté du regard.
On lui pardonnera ses maladresses et ses excès un peu gore en arguant que s'il a raflé le Léopard d'Argent à Locarno 2005, si le réalisateur a dédié son film à Pasolini (excusez du peu!) il doit certainement y avoir de bonnes raisons.
Beaucoup de colère, trop de rage, un peu d'amour (heureusement) : comme la vie, hélas ?

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16 novembre 2005

au loup!

Je discutais ce matin, près de la machine à café, avec ce jeune et sympathique barbichu piercé que j'ai déjà évoqué, oui, nous discutions, ma foi plutôt sérieusement, "adultement", quand, tout à coup, s'est insinuée dans ma tête la couverture d'un livre de contes, celle ou l'on voit le grand Méchant Loup, avec un sourire engageant en train (en même temps, je me demande si je ne suis pas un peu en train de mélanger avec Au loup!, de F'murr, qui me fait pisser de rire depuis des lustres...) en train, donc,  de discuter le bout de gras avec le Chaperon rouge, qui visiblement ne se doute pas le moins du monde de ce qui l'attend, ni de l'abîme de noirceur des arrière-pensées de son interlocuteur...

Dans le même temps, je me suis vu en train de l'écouter, et je n'ai pas pu m'empêcher de faire le parallèle un instant, ce qui m'a fait intérieurement sourire en silence.
Non, non, non, ce n'était pas du tout moi, ça, rien à voir :
- mes intentions sont louables (d'ailleurs, quelles intentions ?),
- ensuite, je n'ai aucune arrière-pensées,
- et surtout, à aucun moment je n'ai ressenti  l'envie de me pourlécher les babines... C'est un signe, non ?

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21 mai 2006

femmes femmes

VOLVER
de Pedro Almodovar

Il ya deux cinéastes dont je n'accepte pas de voir les films en vf : Woody Allen (à cause de l'insupportable voix nasillarde qu'ils lui avaient collé au début pour les doublages) et Pedro Almodovar, parce que c'est en español, tout simplement. et que j'aime entendre parler español.
Hier j'avais donc mon rendez-vous annuel avec l'ami Pedro (mai = Cannes = nouvel Almodovar). Je dois avouer que les deux derniers ne m'avaient pas vraiment convaincu (La mauvaise éducation était beaucoup trop -et inutilement- embrouillé au niveau de la narration et Parle avec elle ne m'avait pas semblé justifier l'engouement critique et public qu'il avait suscité -en plus je m'étais amusé à n'en faire qu'une lecture crypto-pédé entre les deux interprètes mâles-). Mon film de lui préféré c'est La fleur de mon secret, mais bon des goûts et des couleurs, hein...

Tout ça pour dire que je suis sorti de Volver avec le sourire. C'est un bon Almodovar. Avec une scène d'ouverture qui décoiffe. L'anecdote est en même temps simplissime et effroyablement compliquée (genre télénovela, familles (dé)composées, secrets du passé, incendie meurtrier, fantôme...) mais surtout, pourrait-on dire, particulièrement sage (pas de pédé, pas de transexuel, pas de cocaïne, pas de travelo... bon on a quand même un chouïa de téléréalité, un cancer, un ou deux petits pétards, mais c'est juste pour détendre, comme dit un des personnages) Que des femmes donc, ou quasiment. Qui passent le premier quart d'heure à se bécoter (jamais vu autant de bisous en si peu de temps!) Avec bien entendu comme problématique centrale (mais je ne vous apprendrai rien) la figure de la mère.
L'oeuvre de la maturité, écrira-t-on bientôt ?
Rassurez-vous, ce n'est pas encore Le Dialogue des Carmélites, hein...

Il y a une franchise almodovar, comme il ya une franchise allen. Dès le générique , (noir et blanc et jazzy chez l'un, graphique et coloré chez l'autre), on est tout de suite comme chez soi, le réalisateur vous tend les pantoufles, on s'y installe... Volver a ce charme rassurant (consensuel ?) On est en terrain de connaissance, au milieu d'une galerie des glaces où ne seraient représentées quasiment que des figures féminines (les hommes du film sont tous de passage, figures fuyantes, apparus disparus, partis ou sur le point de) . Mères, filles, épouses, tantes, soeurs, toutes elles vibrent, cherchent, bougent, pleurent, dans une sorte de ballet plutôt sombre -mais jamais morbide- en tout cas beaucoup plus serein que ce qu'on a déjà pu voir chez Almo par le passé.

Moins excessif, certes, mais toujours avec ces traits d'humour (ces saillies ?) qui font mouche à intervalles réguliers (des phrases comme "Ca sent le pet" lorsqu'une fille reconnaît olfactivement sa mère, on ne les trouvera certes pas chez Bergman) mais surtout, il y a là-dedans un argument de taille (et de charme) : Penélope Cruz. Ouahhh!!! Penélope choucroutée déstructurée sublime. Penélope l'oeil charbonneux, le popotin assassin, la larme photogénique et la poitrine accueillante... (j'avoue avoir presque été pris d'un affreux doute, en la regardant : et si j'étais un hétérosexuel refoulé ?) Bien entendu, inutile de préciser que tout le reste de la distribution est aux petits oignons. Un grand bonheur que de revoir Carmen Maura (ah... Femmes au bord de la crise de nerfs est mon autre almodovar préféré!), et un regret : l'absence de Marisa Paredes (mais comme disait ma copine Dominique Qu'est-ce qu'elle aurait pu jouer, hein, l'arrière-grand-mère ? Quand je vous dis que les femmes sont cruelles....)

Bref, tout ça est très agréable.

Le petit problème avec les films d'Almodovar, c'est que ce ne sont pas des films de garde (comme on dit d'un vin de garde). Ils sont, non pas délétères (comme je l'avais écrit -mal à propos- à propos d'un autre film, et qu'après avoir vérifié dans le dictionnaire suite à la remarque d'un lecteur, je me suis aperçu que le sens en était "dangereux" (ex : un gaz délétère) et non pas "qui  a tendance à disparaître rapidement, à s'évaporer avec facilité" comme je le croyais), mais donc plutôt évanescents (c'est ce mot qui se rapprocherait le plus de ce que je veux dire...mais si vous avez une meilleure proposition...) D'une année sur l'autre, il ne m'en reste hélas pratiquement plus rien. Pourtant c'est bien foutu, bien filmé, bien photographié...
Juste pour le plaisir ???

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16 septembre 2005

virilité(s)

BROKEN FLOWERS
DOUCHES FROIDES
VOICI VENU LE TEMPS

D'abord une petite précision sur la dénomination de cette catégorie : la première abréviation est bien évidemment celle de "pluriculturel" (quoique...) l'ambiguité sur les trois dernières lettres n'étant pas pour me déplaire, qui  souligne en quelque sorte l'imbroglio entre l'intellect et l'affect, entre le désincarné et le ... disons charnel, méli-mélo qui permettrait en partie d'expliquer (un peu) pourquoi on est sensible à tel film, tel roman, tel acteur, bref pour quelle(s) plus ou moins avouable(s) raison(s) on aime ça...

Juste pour évoquer 3 films que je viens de voir (ou de revoir) dans notre bôôô cinéma, et qui m'ont fait autant résonner (raisonner ?) que la plus grosse cloche de Notre Dame actionnée par un Quasimodo en folie : DOUCHES FROIDES, d'Antony Cordier, BROKEN FLOWERS, de Jim Jarmusch, et VOICI VENU LE TEMPS d'Alain Guiraudie.
Trois univers, trois réalisateurs, trois façons de faire...

Antony Cordier (j'ai vu sa photo dans Libé, il est tout mimi tout comme j'aime, mais ce n'est pas forcément que pour ça que j'ai autant apprécié son premier long!) tourne autour d'un trio d'ados (le prolo, le bourge et la nymphette) à la justesse sidérante dans un filmage précis, aigu, ("sharp") et constamment sensuel. Jim Jarmusch, quant à lui, suit à la trace Bill Murray tristounet-comme-on-aime, dans un film élégant et attachant, avec le recul nécessaire pour rester juste à bonne distance de l'émotion, avoir la force de sourire alors qu'on pourrait très bien avoir envie de pleurer, tandis qu'Alain Guiraudie, lui, nous bricole un ovni foutraque et bandant, tout à fait étonnant, en même temps complètement ailleurs mais tout à fait ici, où on joue à guerriers et brigands, accroché aux basques de Fogo Lompla, le vaillant héros aussi bien dans son corps qu'il est un peu confus dans sa tête...
(pourquoi me suis-je donc lancé sans cet exercice de critique comparée, ça me fait faire des phrases de quinze kilomètres...)
Trois approches d'une même notion. Virilité(s) donc, qu'elle soit décrite dans ses fondations (construction d'une identité), ou dans sa représentation mature, qu'elle soit "normale" ou "fantasmée". Chez Cordier il y a des corps adolescents, de la testostérone (ah ces scènes de douche), avec un poil de fierté exhib' (et parfaitement justifiée). Chez Jarmusch, deux portraits d'hommes mûrs, Bill Murray -peut-être désormais comme d'hab' un petit poil trop monolithique c'est vrai- et son voisin black, son exact contraire, rigolard, hâbleur,extraverti. Ils sont voisins et amis. (Je pense que "amitié virile dans les films de Jim Jarmusch" pourrait faire un beau sujet de mémoire). Amitié virile, donc, sans aucune arrière-pensée... Avec les femmes, dans ses films, il y a toujours un peu de souffrance quelque part, tandis qu'entre mecs, tout est clair, simple. Fort,direct (straight and strong). Pas d'embrouilles. Ni remords ni regrets. Juste l'amitié. Cette image-là me fait craquer. Je voudrais avoir un pote mâle comme dans les films de Jim...
Tandis que chez Guiraudie, cette virilité "normale", ordinaire, a la particularité d'être associée à un goût - naturel et complètement assumé dans cet univers-là semble-t-il (nous sommes en Obitanie) pour les personnes de son sexe (mâle), sans ostentation ni provocation, d'ailleurs (la seule quéquette visible  se manifestera lors d'une tentative -plutôt drôle d'ailleurs- d'échange manuel et hétérosexué). Le héros (Eric Bougnon) est certes plutôt... plaisant à regarder, et le réalisateur semble d'ailleurs du même avis que moi (ce qui ne gâche rien)...

Entre les trois pistes, je ne choisis pas. Elles me paraissent (ces approches de la virilité) toutes trois nécessaires et complémentaires.
Les corps, les esprits, les relations...

Et une, et deux, et trois images, et un petit jeu en prime (redonne à chaque photo le titre de son film)

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"Regarde autour de toi, tu verras que tu n'es pas tout seul" (réplique finale de Voici venu le temps)

16 décembre 2005

20/20

Après beaucoup de tergiversations je me lance (merci encore Tiger de ce cadeau empoisonné!), voici donc "vingt vérités plus ou moins embarrassantes me concernant" :

1) Je suis un gros fainéant. Pour me décrire, je pourrais reprendre la formule que m'avait envoyé un mec il ya très longtemps : "le genre branleur épris de jouissance."

2) Je suis nul de chez nul en bricolage (en mécanique aussi).

3) Je n'aime pas inviter des gens à manger chez moi. (Faut faire le ménage, faut ranger, faut cuisiner, faut faire la vaisselle...)

4) J'aurais  tendance à être plutôt insatisfait et à penser que les autres sont toujours mieux lotis que moi. Toujours le syndrome Calimero...

5) Je ne pratique aucun sport. C'est ainsi que je prépare mon infarctus.

6) Quand j'étais gosse, j'ai été élevé dans des conditions d'hygiène déplorables. "On" ne m'a jamais expliqué qu'il fallait se brosser les dents ou se peigner, par exemple.

7) Au CP, j'ai été pris un jour en flagrant délit de coloriage de zigounette à l'encre .

8) Je suis mauvais perdant. J'ai arrêté de jouer au scrabble en ligne tellement je me foutais en rogne quand je perdais une partie. Il m'est arrivé d'insulter mes partenaires tellement j'avais la rage. J'ai donc tout arrêté.

9) J'ai un gros complexe d'infériorité ("je ne vais jamais y arriver") alors que dans le même temps je pense souvent que je suis un genre de génie méconnu.

10) Il ya une personne qui lit ce blog qui a  fait le pari (il y a un certain temps) de réussir à me faire jouir trois fois en un quart d'heure. Et qui a gagné son pari.

11) Je suis incapable de réagir à la violence, verbale ou physique. Ca me paralyse. Qu'on hausse le ton  et je me liquéfie, je bavasse. Comme écrivait Jules Renard "N'écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda bien d'intervenir.".

12) Je suis fasciné par le cul des mecs (surtout quand ils sont en jeans). Et les films de cul aussi.

13) Je suis tellement émotif que je perds tous mes moyens, par exemple quand je fais pour la première fois une chose que je viens d'apprendre et que quelqu'un me regarde le faire.

14) J'ai beaucoup de mal à pisser dans les toilettes publiques s'il ya quelqu'un à côté de moi. Non pas que j'ai peur de montrer ma quéquette (au contraire, à ce genre d'exercice je serais plutôt aguerri!) mais simplement parce que je bloque.

15) Je ne supporte pas l'idée que quelqu'un puisse ne pas m'aimer. Alors, dans ce cas-là, le quelqu'un en question, je ne l'aime pas!

16) J'ai perdu pas mal de relations amicales et épistolaires par négligence de ma part. Loin des yeux, avec moi, c'est souvent loin du coeur. Mais bon, c'était peut-être réciproque, non ?

17) J'ai une espèce de champignon bizarre qui vient régulièrement me faire des "ampoules sèches" sur les pieds.

18) J'ai cessé de croire en dieu vers douze ans, le jour où j'ai volé un télérama dans une église et que je n'ai pas été foudroyé sur place. (c'était pour récupérer une photo de l'acteur allemand, Raymund Harmstorf , qui jouait dans Le loup des mers.

19) J'ai commencé à me masturber avant même d'avoir des éjaculations.

20) J'ai pris quasiment 20 kilos en 20 ans. (avant j'étais très maigre!)

Voilà. Je passe le relais à deloin, tiens...

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27 novembre 2005

intimité (1)

(avant)

Comme tous les mecs, (non non ne dites pas le contraire) j'aime les photos pornographiques, enfin, pas exactement : je préfère les photos de messieurs tout nus plutôt que celles d'actes sexuels. Et cela me plaît d'autant plus que ces photos en question ne sont pas "directement" et intentionnellement sexuées.
Je m'explique.
Avant Internet, c'était beaucoup plus difficile pour voir -simplement- des images de messieurs le kiki à l'air. Il y avait la ressource des magazines dits "de cul" , toujours un peu gênants à acheter (je suis un peu timide et rougissant dans ces cas-là) mais lesdits magazines étaient
1) rares
2) américains
et les modèles y présentés étaient peu ou prou des variations sur des (stéréo)types comme fabriqués à la chaîne et sortant du même moule : épilés, musclés gym, circoncis, couilles rasées : le modèle idéal américain (je me souviens néanmoins de l'émotion qui m'avait saisi lorsque, adolescent, j'avais découvert dans un recoin de notre Maison de la Presse locale mon premier numéro de Playgirl... je ne pensais pas que ça pouvait exister, un journal avec des photos de monsieurs tout nus! il me semble bien que , du coup, je l'avais volé... Un souvenir plus ancien encore  me revient, mon premier contact à vrai dire avec la nudité photographiée : un magazine naturiste qui s'appelait Health & Efficiency, mais qui m'avait rapidement déçu après les premiers émois : il s'agissait davantage d'une revue "familiale" et donc il y avait beaucoup plus de photos de mamans que de papas, j'avais déjà réalisé que je préférais nettement les papas -mais enfin c'est quand même là que j'ai vu mon premier kiki de monsieur en photo-...bon je ferme à présent cette parenthèse gigantesque qui commence bien plus haut...) modèle américain, donc, des bestiaux solides et bien nourris, estampillés 100% prime beef.
Après, j'ai découvert des magazines français (j'ai eu une adolescence très studieuse...) dont une, notamment, en noir et blanc, qui s'appelait initialement Nous les hommes, puis, plus sobrement, Hommes et qui présentait des modèles plus "européens" , plus ordinaires, plus accessibles, quoi!
J'aimais énormément ces images en noir et blanc. D'autant plus que, dans les premiers numéros surtout, les kikis des monsieurs n'étaient pas visibles, et restaient cachés sous de mystérieux triangles de tissu plutôt prometteurs (parfois retouchés directement à la main par des "correcteurs" consciencieux... la censure en ce temps-là ça ne rigolait pas!)

Je suis ensuite passé au stade suivant : la photographie (c'était une façon de m'appropier davantage cette imagerie virile, de la produire.) Je me suis donc beaucoup intéressé à la télévision, dès que j'ai eu un appareil potable, et je suis vite devenu incollable sur
- les techniques de prise de vue spécifiques
- la recherche d'émissions "porteuses" (vestiaires de rugby, championnats du monde d'haltérophilie, ou de lutte, reportages chez les naturistes, enquêtes chez les mineurs... tous ceux qui se sont ntéressés un tant soit peu au sujet peuvent ici rajouter leurs propres suggestions!) J'ai encore sur une étagère un classeur plein de ces clichés, et j'avoue que certains m'émeuvent toujours.
J'avais entre temps, parallèlement, découvert -un peu par hasard je dois dire- le cinéma pornographique , j'allais à l'époque régulièrement à Dijon passer des après-midis dissipées (d'autant plus qu'un ami m'avait gentiment informé que le spectacle n'était pas que sur l'écran, mais aussi dans la salle, mais ceci est un autre sujet, sur lequel je reviendrai une autre fois...)
Pour en revenir aux photographies et au corps des z'hommes (ce fut -et c'est toujours- chez moi un leit-motiv dont j'ai toujours soupçonné qu'il devait faire sourire certains de mes amis dans mon dos oui oui...) j'enrichissais donc perpétuellement mes collections, la photocopieuse aussi était devenu une aide précieuse pour reproduire, déformer, recadrer, ces images qui me parlaient.

Parallèlement étaient apparus les magazines et les livres de photos, avec, (dans l'un ou l'autre support) des gens dont je sentais immédiatement qu'on avait les mêmes affinités (Lucas Samaras, Duane Michals, Arthur Tress, Bruce Weber...) que si d'aventure un jour je les rencontrais je pourrais leur faire un clin d'oeil complice clic clic copains !
Et aussi les cartes postales, les bouquins d'art, les catalogues d'expo...
Je n'ai -longtemps- fait que les regarder puis je me suis mis à les acheter. A les ranger dans ma bibliothèque (la section "male art" ... tiens faudrait un jour que j'en fasse l'inventaire, du plus ingénu au plus explicite...)
Je pense que je si je ne devais garder qu'une partie de ma bibliothèque, ce serait celle-là : tout ce qui a trait à cette iconographie virile (plutôt que rayon gay).
J'ai toujours trouvé, dans ce domaine, que les images me convenaient mieux que les mots...
Mes hommes...

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2 décembre 2005

petite nature

(moi) ... à peine trois jours de festival et voilà que je me traîne comme un panda asthénique... il faut que je me serve de ma main gauche pour qu'elle soutienne la droite lorsqu'elle frappe sur les touches du clavier. Ma tête est lourde, ma machoire a failli se décrocher plusieurs fois , je pique des sommes express de temps en temps, entre deux images pas tout à fait consécutives, et surtout, je n'ai pas le temps de MANGER... (Je ronchonne, mais c'est surtout pour vous, ô lecteurs chéris, pour que le récit de ces aventures festivalières et belfortaines ne vous brise pas trop le coeur)

aujourd'hui donc :
14h00 : LA PEAU TROUEE (Julien Salmani / 51')
           MIGUEL ET LES MINES (Olivier Zabat / 55') parti avant la fin : énervant
16h00 : FAIS DE BEAUX REVES (Marilyne Canto / 24')
           LE PASSAGER (Eric Caravaca / 1h30')
18h00 : MARIE ET LE CURE (Diourka Medveczky / 35')
           PAUL (Diourka Medveczky / 1h32')
20h30 : BUNGALOW (Ulrich Köhler / 1h24')

... ce qui ne représente QUE sept heures de film, mais pour lesquels je serais peut-être un peu moins enthousiaste qu'hier (quoique...) sous forme d'inventaire, en zoom arrière, ça donnerait : de rudes pêcheurs de requins-taupes (hmm la sortie de la couchette...) une dame triste en lunettes noires avec des grosses guitares des Feelies, une Nathalie Richard en chanteuse de night-club, une petite chorégraphie entre M. Bénichou et J.Depardieu, un curé qui fait de la balançoire, puis qui fornique sous un piano, un Jean-pierre Léaud Jeunet et ma foi fort joli, et pour terminer un jeune déserteur allemand qui tient absolument à nous montrer son kiki... (sympathique pour terminer!) parce que, pour tout dire, si les films nous laissent à peine le temps pour pisser et de temps à temps pour manger, il ne reste rigoureusement plus de temps libre pour AUTRE CHOSE (mon esprit va commencer à s'emplir de pensées luxurieuses) d'autant plus que la nuit en rentrant IL GELE (et je ne suis -de plus- pas seul dans la voiture) donc nicht gaudriole. Pourtant j'ai envie.
Mais nicht de nicht...

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10 février 2006

post mortem

ODETE
de Joao Pedro Rodriguez

O FANTASMA (qui signifie je le rappelle "le fantôme" et pas "le fantasme"), le premier film de ce jeune réalisateur, avait déjà provoqué de vives discussions, et m'avait laissé sur un sentiment mitigé, de fascination troublée dirons-nous, (j'aime bien quand je trouve un réalisateur qui aime et sait filmer les hommes) mais la radicalité et l'extrémisme de la dernière partie du film ne m'avaient pas permis d'adhérer totalement au propos, en tout cas d'en sortir complètement satisfait.

Je dois reconnaître que c'est encore une fois le cas ici.
Il y a dans ODETE deux trames narratives au départ hermétiquement disjointes : Rui, un jeune homosexuel vient de perdre son amant Pedro dans un accident d'automobile. Odete, jeune fille en rollers dans un supermarché, désire maladivement avoir un enfant, mais, pas de chance, son amant (fort appétissant ma foi...) vient juste de s'enfuir, suite à une nouvelle scène de ménage.
La nuit et le jour, le deuil et la naissance, le cimetière et la maternité, difficile de faire plus grand écart, et pourtant Joao Pedro Rodriguez va y parvenir, usant de toutes les ressources d'un scénario tordu, tout cela fusionnant dans une scène ultime qui m'a -une fois de plus- légèrement mis mal à l'aise. (plutôt comme maladresse que comme mal au coeur)
Le réalisateur, c'est indéniable, prend plaisir à filmer les corps de ces jeunes gens nous gratifiant de quelques images délicieuses.Comme le baiser des deux amants en gros plan qui fait l'ouverture du film, le pré-générique, scène infiniment plus sensuelle à mon goût que celle, quasi-identique pourtant -trouvez l'erreur !-  qui  clôture quasiment le film, mais en beaucoup moins fort.
Au couple du début (Rui et Pedro) qui n'en finit plus de se séparer en embrassades passionnées et en attentions exquises (je t'aime tu m'aimes on s'aime etc) mais qui va être séparé illico par la force des choses va succéder le couple d'Odete et de son délicieux ami-dont-j'ai-oublié-le-nom-mais-qui-vaut-vraiment-le-coup d'oeil (oserais-je qualifier cette scène dun tantinet exhibitionniste ? en tout cas j'en redemande...) qui vont être eux aussi séparés, manu militari, d'un commun accord d'Odete. Et le film va continuer ces allers-et-retours entre l'univers de Rui et celui d'Odete.

Le film nous fournit un panorama quasi-exhaustif de la vie homo (le bar, le sauna, le parking, la boîte...), en suivant les pérégrinations plutôt nocturnes de Rui, dans ses tentatives successives de faire son deuil. Ce jeune homme agit comme nous agirions tous en pareil cas, je pense, comme nous pourrions nous comporter dans cette situation de douleur maximale, il agit dirons-nous normalement, alternant douleur et violence, souvenirs et regrets, larmes et coups, recherche désespérée du plaisir et pulsions suicidaires...
Tandis que la demoiselle, l'Odete du titre, nous est présentée dès le début, comme un tantinet déséquilibrée. De par son métier, d'abord, (elle est "patineuse" dans un supermarché) puis par son comportement dans les premières scènes (son obsession de la maternité, sa violence quand elle jette son petit ami tout nu sur le palier, si si!), attitude qui ne va pas se "normaliser" au long du film, bien au contraire... Puisqu'elle oscille perpétuellement entre l'envie de vie (son bébé) et la fascination de la mort (un de ses apports principaux à l'histoire pourrait d'ailleurs se résumer par "tout ce qu'on pourrait bien faire dans un cimetière")

C'est un rideau bleu soulevé par un coup de vent qui va servir de point d'intersection aux deux récits : Odete va s'immiscer (on ne sait pour quelle raison) dans la soirée de veillée mortuaire de Pedro, puis à la cérémonie de l'enterrement, jusqu'à y revendiquer une place dont le spectateur en vient à se demander si c'est bien ou non la sienne. Dans une trame narrative au départ "réaliste", Joao Pedro Rodriguez glisse quelques éléments qui pourraient s'apparenter au surnaturel : les rideaux bleus déjà évoqués, le doigt d'un mort qu'on suce pour lui voler sa bague (hmm Bunuel aurait adoré...), un bouquet d'anthuriums, une tombe transformée en catafalque avec des bougies, un appel téléphonique d'outre-tombe, une grossesse miraculeuse... mais qui à chaque fois peuvent aussi se justifier pragmatiquement.
Non seulement Odete va se déclarer enceinte de Pedro, mais elle  va par celà mettre en route un processus irrévocable , une machinerie minutieuse dont le réalisateur va illustrer les différentes étapes.
Chacune des rencontres entre Rui et Odete est comme un nouveau palier dans cet escalier de l'étrange (des mauvaises langues diraient "du n'importe quoi", mais ce sont des mauvaises langues...) qui met le spectateur à chaque fois un peu plus en déséquilibre, sensible au vertige fictionnel qui fait trembloter l'édifice de la narration. (comme d'un immeuble très haut on hésiterait à se pencher par la fenêtre.)

Pour en arriver, somme toute, à une conclusion du style "l'amour est plus fort que la mort", (oups! d'ailleurs je viens de m'apercevoir que c'est ce qui est écrit en accroche sur le bandeau du film) mais attention, relevée aux épices de Joao Pedro Rodrigues : un peu d'érotisme, un zeste de surnaturel, un poil d'étrangeté, et un je-ne-sais-quoi de... (Comment dit-on too much en portugais ?)

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(ps : tiens pour une fois je trouve que l'affiche est très honnête : on pourrait dire que tout y est.)

14 novembre 2005

territoire

Rions un peu, et c'est encore du France-Cu...
En rentrant ce soir des bozarts, j"écoutais donc la radio, d'hab c'est France-Mu, c'est reposant, ça ne parle pas, mais là ce n'était pas de la jolie musiquette, où ça ne passait pas je ne sais plus, toujours est-il que je suis rentré en écoutant France-Cu...
Je tombe sur un monsieur et une dame, qui au début parlent de l'univers, et de ses frontières, c'est passionnant, je me dis que ça doit être une émission d'astrophysique, lui évoque un scientifique qui demandait "Et que ce passe-t-il si je passe mon épée à travers la frontière de l'univers ?" (j'ai un peu mal à la tête en essayant d'imaginer ça), La dame évoque alors la sonde Voyager, partie il ya plus de trente ans et qui vogue à présent hors des frontières du système solaire, ils parlent ensuite de l'univers qui est "fini mais en expansion"...
Et c'est alors que ça dérape : je ne sais à quel moment le monsieur a prononcé le mot "territoire", mais il a du faire à ce moment-là un clin d'oeil complice -clic clic-  à la dame, parce que le trajet de la discussion a fait comme une violente embardée, et la dame aussi sec a rebondi en glosant sur le mot territoire, qu'il ne faisait pas partie de son vocabulaire patia patia parce que c'était un mot de l'univers masculin patia patia et que ce mot-là elle ne se l'était approprié qu'en découvrant Steinbeck et hop on abandonne les histoires d'univers et d'étoiles et on embarde sec sur la littérature américaine (je devenais un peu perplexe)...
Et la dame dit je ne sais plus quoi et le monsieur  alors ah ah c'est très drôle ce que vous/tu (je ne sais plus s'ils avaient des relations amicales) viens/venez de dire, ça me fait justement penser à une citation  (un commentaire ? il a employé un terme précis mais je ne sais plus lequel) du "Gai Savoir" de Nietzche...
Et hop, il cite Nietzche, comme ça, à sec, sans sourciller... Bon là,  j'ai coupé la radio parce que j'étais arrivé... c'est vrai que Nietzchounet, c'est vraiment à se taper le cul par terre, mieux que l'Almanach Vermot, tiens je vais le mettre dans mes toilettes, le Gai Savoir, pour les jours où...
Un petit coup de pompe ? Nietzche et ça repart !

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13 décembre 2005

crocodile

(des larmes, de leurs causes et de leurs conséquences...)

J'entretiens avec les larmes un rapport privilégié. Je crois, finalement,  que j'adore ça, pleurer.
Je pleure dans diverses circonstances et lieux tout aussi divers.
Au cinéma, ça ne loupe pas.
Devant la télé, aussi. (les infos, parfois)
En lisant un bouquin, également.
Dans un musée, devant un tableau, itou.
En écoutant de la musique ou des chansonnettes (de fillette, de préférence) pareil.
Et des fois, simplement, comme ça, dans la rue.

(C'est grave docteur ?)

Avec une petite précision : il s'agit très très rarement de chagrin. La première fois, le premier vrai, c'était à l'enterrement de mon père. Puis, plus tard, à d'autres enterrements. Mais le chagrin (de plus ou moins grande intensité) chez moi est d'ordinaire plutôt solitaire et introverti. Les grandes douleurs etc...
Dans le cas général, je parlerais plutôt d'émotion (et hop! nous revla dans le cliché pédé = garçon sensible... Sorry, I feel so cliché!) Faisons un subtil distinguo sémantique : je ne me sens pas sensible au sens de sensiblerie, je le serais plutôt comme un papier sensible. Un genre d'éponge à émotions. J'absorbe, je m'en nourris, j'assimile, et je restitue ça sous la forme des larmes. (J'ai déjà écrit un Lieu Commun qui s'appelle être ému, je ferais donc mieux d'y mettre un lien directement, pour éviter les redites... mais qui, dans la salle, sait si on peut faire un lien vers un fichier Publisher, hein ?)
Quand j'étais gamin, j'aimais bien me forcer à pleurer. Spontanément, c'est quasi impossible, mais en écarquillant bien les yeux suffisamment longtemps, on peut par venir à produire quelques larmes, à amorcer la pompe, pourrais-je dire. Ou bien en frottant discrètement l'oeil avec le doigt. J'étais assez fort dans le domaine de l'apitoiement. Le petit racho orphelin à lunettes sécu, c'est assez stimulant comme point de départ pour briller (!)  en société de cette façon. Ca m'a sauvé de quelques punitions et/ou engueulades paternelles. Ou permis d'attirer l'attention de qui je voulais l'attirer. Quelques fois...
Je sais que je suis encore plus sensible quand j'ai canonné et que je suis seul : oui, j'ai l'éthylisme solitaire plutôt pleurnichard, tandis que en société, ce serait plutôt l'inverse. J'aurais plutôt le vin gai. Mais d'une façon générale, je bois, depuis quelques années, extrêmement peu : Boire ou conduire fumer, il faut chosir. J'ai choisi.
Certains de mes amis me qualifient d'écorché vif. Peut-être bien.
L'hyperémotivité (et donc hyper réactivité) font partie intégrante de ma personnalité. Rien de pire je trouve que d'avoir toujours les yeux secs. Chacun son truc!

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15 décembre 2005

rose pourpre

Si je devais continuer de filer la métaphore de Tiger dans son dernier commentaire (le loup qui aiguise ses dents) je devrais préciser que, après avoir ouvert tout grande la gueule, quand je l'ai refermée gnap! mes mâchoires n'ont claqué que sur du vide.
Il y a des jours, comme ça, qui vous font sans prévenir une soudaine embardée, alors que le trajet planifié semblait en apparence sans surprise et tout tracé...

Je suis parti à Besac en milieu de matinée, après avoir réglé diverses histoires de cates postales, d'affiches, de photocopies laser ou pas, de chèques, d'agendas ratés plus ou moins, bref je partais l'âme joyeuse et la fleur au fusil avec au coeur la satisfaction des affaires rondement menées.
J'avais dans mon sac la liste de dvd pour APP... Et c'est lui que j'ai vu quasiment le premier en arrivant d'ailleurs, qui venait de montrer son boulot au prof et partait à l'amphi pour apporter un soutien logistique en connections vidéo et informatique (voilà un homme de ressources!)
On l'y a donc suivi avec Bernard, et vu encore quelques vidéos sympa... à la fin je lui ai fait passer (à APP) la liste, un peu cavalièrment par l'intermédiaire de Bernard justement qui se trouvait entre nous deux. Et j'ai pu alors encore parler un peu de cinéma avec lui (La rose pourpre du Caire, tiens, qui est aussi un de ses films préférés!)
J'ai rejoint Bernard en salle informatique, et au bout de quelques instants... APP s'y est pointé! (il venait montrer je ne sais quoi sur l'ordi à une demoiselle punkette qui le lui avait demandé (la rue des Lilas). J'en ai profité pour solliciter de sa part une aide logistique en janvier sur Photoshop et Premiere, qu'il a accepté aussitôt. On s'est quittés là pour aller manger (il était midi et demie) en se disant à cet après-midi.

Repas au RU avec Bernard, en tête à tête comme j'aime. Au café, il me reparle avec un sourire en coin de la liste de dvd que je lui avais promise à lui aussi "bon alors faudra que tu me la refasses puisque..." Je comprends qu'il a compris... Il sourit encore.
Je pique un fard comme un collégien pris en faute. Pas besoin de mots supplémentaires.

Sauf que (embardée) le cours de peinture de l'après-midi a été annulé, et que donc APP n'est jamais revenu. (J'ai attendu attendu zaï zaï zaï zaï...) J'ai donc passé mon temps à l'imprimerie, avec Pierre et Marielle, j'ai aidé Marielle pendant que Pierre me composait et m'imprimait des cartes de visite sublimes. Du coup (smiley angélique faux-cul) faut que j'y retourne demain pour récupérer mes cartes! On verra bien, hein...

Mais je me dis que finalement, c'est pas plus mal comme ça. Coupé net. Pas d'effusions ni de larmouilleries loukhoumesques. Je ne sais pas où le joindre, lui non plus (à la différence que lui,  il en a sans doute rien à foutre...)
Très bien ainsi.
Juste les vacances, point barre.
Rendez-vous en janvier!

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15 octobre 2005

aqueux

Sortez les mouchoirs, ouvrez les parapuies, dépliez les kleenex, étendez les serpillères, préparez les essuie-tout... je vais m'épancher! Un message très "samedi-soir-vingt-et-une-heures-il-commence-à-faire-froid-tiens-je vais-m'écouter-un-petit-stabat-mater-de-derrière-les-fagots"... Voyez un peu l'genre ?
L'humaine nature : ce matin je chantonnais tralala pouet pouet que je n'avais pas été aussi heureux depuis longtemps, et là je vais vous faire le coup du chien battu, de la pauvre chose, du laissé-pour-compte, du personne ne m'aime et du c'est trop inzuste (Caliméro, on y revient fatalement!) Ben justement, celà (la première partie de la phrase, loin donc) explique ceci (qui est juste avant) : C'est parce que je me sens très heureux que (soyons fou) j'aimerais l'être complètement. (Oui oui, je sais, "on" est jamais content..)
Et je regarde autour de moi , et je sais qu'il manque quelque chose. Juste un quelque chose. (On pourrait plutôt appeler ça un quelqu'un, non ? )
Oui, quelqu'un donc.
Quelqu'un... (soupir)
A mon âge déjà presque (un peu) canonique, il me vient parfois (comme ce soir) des velléités un peu spleenesques et vaines de petit repas en amoureux, de discussions animées en sortant du ciné, de soirées télé/canapé à deux, de réveil avec un corps aimé à côté de soi (comme disait il y a longtemps un copain américain "la seule chose qui soit meilleure que s'endormir dans les bras de quelqu'un est de se réveiller dans les bras de quelqu'un..."), de vrai rapport sexuel dans mon lit (les frondaisons, ça va un moment), de courses faites à deux (un qui vide le caddie et un qui remplit les sacs...) de bonheurs à partager (c'est ça le plus difficile : quand on est heureux, -beaucoup plus que quand on est triste- et qu'on n'a personne avec qui le partager) de petits mots qu'on laisse sur un coin de table, d'attentions, de bisous dans le cou, de mains tenues, de...
(patatras la rêverie dégringole comme une baie vitrée qui se fracasserait bruyamment)
Ben y aurait p'têtre fallu y penser avant, non ?
me morigéne-je (c'est comme le gant de crin, se frictionner ça fait du bien de temps en temps) Mais je l'ai fait! me réponds-je illico (à vivre seul, hélas, on prend l'habitude de parler idem) J'ai essayé, j'ai cherché, depuis longtemps, tellement longtemps si vous saviez mais ça ne devait pas être au bon endroit, ni dans le bon sens, ni avec le bon mec... Sûrement. Tout faux. D'autant plus que je suis très strictement "hors-ghetto" (ni bars, ni boîtes, ni sauna) Je suis juste un mec "normal" qui cherche un mec "normal" . Un mec qui aime les mecs. Point. Basta.
Faute de trouver l'amour, j'ai trouvé le cul. Dans des endroits "réservés" (ça fait un peu zoo, ou réserve naturelle, je trouve...) C'est pas mal souvent, très bien quelquefois, très con d'autres... Mais au moins ça occupe. Les mains, l'esprit, et le reste... Même si ça ne suffit pas (et en plus l'été est fini, le syndrome dit "de la bouillotte" réapparaît)
Donc il manque...
Mais comment fait-on, hein ?

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ps (sans rapport avec ce qui précède) : c'est vrai qu'ils ont des zigouigouis tout riquiquis!

21 juin 2006

appétit(s)

dans la série "on a bien le droit de regarder, hein, mais pas plus, rêver oui oui on peut ça ne fait de mal à personne" (ce qui fait tout de même un titre un peu long, tout de même non ?), quelques plaisirs de l'oeil, récents.
Pour fêter l'été, disons...

Au Super U, Le papa de M., qui venait acheter une salade. Tout beau tout propre, bien rasé le poil noir bien peigné la chemisette repassée oh les avant-bras la toison drue (je le préfère en tenue de travail et pas rasé mais bon... agréable aussi la version "du dimanche"... ) Il était à la caisse un peu devant moi, quand il m'a vu en se retournant a souri légèrement pour me saluer, puis levé un sourcil interrogatif en voyant mon gros pansement, et articulé un "ça va ? " avec juste cette petite pointe ineffable d'accent turc qui venait comme loukhoumer sa voix. Il a payé sa salade, est sorti du magasin, impérial. Je l'ai regardé partir,  cette façon de marcher, sereine, terrienne, le déhanchement imperceptible, oui juste conçu pour m'attirer l'oeil sur son centre de gravité, me faire remarquer qu'il est peut-être un peu bas du cul, mais  justement je les aime comme ça...

Auparavant croisé dans les rayons cet autre monsieur (un copain du papa de L.) qui m'intrigue et m'attire (et m'intéresse pour tout dire.) Il bosse à l'Equipement et vient faire ses courses à midi en tenue de travail (l'unif vert et le gilet fluo). Farfouillait au rayon des pizzas à la recherche d'une Reine. (...) Il y a peu de temps qu'on se salue, puis qu'on se serre la pogne, mais là carrément on s'est tutoyés (lui m'a, et j'ai embrayé). Le genre du papa de M. mais en version marocaine plutôt que turque. Noir d'yeux et de poil, et surtout un sourire vraiment craquant.

En rentrant à la maison, croisé le jeune T., le fils de la voisine, sortant de chez lui pour raccompagner son pote. Heureusement que j'étais fermement arrimé à mon carton de Crémant du Jura. Comme dans une film de Larry Clark : jeune homme torse poil, bien bâti, jean baggy,  avec cette evidence/beauté de la djeunesse, me gratifiant d'un bonjour souriant dont je ne sais jamais s'il n'est pas un tout petit poil ironique. Comme une esquisse des deux messieurs précédents : encore un brun (décidément y a plus de doute...) mais plutôt en version un zeste de portugal...

Et plus tôt, ces deux mecs que je n'ai pas osé photographier : shorts, croquenots, barbes de trois jours, en train de bidouiller je ne sais pas quoi au pied de la devanture d'une boutique, tout en matant les demoiselles qui passaient, en robes lègères et virevoltantes, avec des sourires carnassiers et complices de grands méchants loups bonhommes...

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28 novembre 2005

neigeux (deux)

Retour des Boozarts sous la neige. Ciel plombé. Et soudain j'ai un peu le moral dans les chaussettes (mais plutôt celles du genre en acrylique qui glissent et qu'on retrouve le soir en tire-bouchon tout au fond des godasses)
Pourtant, jusque-là, c'était plutôt bon jour. Resté maison ce matin, profité pour faire plein de choses utiles (nouveau scope -merci jean-Fran- , carte abonnement bus, Poste pour lettre recommandée -ô surprise- une lettre de Chine qui contient le dvd de Tsai Ming Liang que j'ai si envie de voir...) Puis arrivé à Besac à midi pour y manger chez un vieil ami (soyons franc : un vieil amant!) qui comme d'hab m'a fait écouter et découvrir plein de belles choses en musique. (Vous connaissez Grand Corps Malade ? J'en profite, je fais mon malin!)
Quant aux Boozarts, j'y ai vu comme d'hab des gens sympathiques et souriants, et j'y fus un peu rassuré par rapport au boulot dont auquel je n'étais pas très fier (mais qui m'avait quand même pris la tête tout le ouikinde, ce 'tain de calendrier de novembre...)

Chiffonné du soir, donc. Peut-être entré trop rapidement et trop fort dans l'hiver (y a une semaine, on était encore quasiment en techouirt!) Je dois être photosensible ; sitôt  privé de la lumière solaire (et surtout aussi soudainement) il me faut un temps d'adaptation. Une transition. Entre chien et loup comme on dit...
Heureusement, comme d'hab', rions un peu avec nos amis de France-Cu : trajet fait en écoutant un truc à se taper l'cul par terre pensez donc : un reportage sur les dentelières neuchateloises au XIXème siècle. Mais où vont-ils chercher des sujets si comicogènes ? J'en ris encore -nerveusement, certes-... bon, au moins, je suis désormais quasiment incollable on ze subject!
Photos du trajet suivront (je vais faire des courses, ça m'occupera.)

(une heure plus tard) Ben non finalement.
La majorité des tofs ( prises en conduisant) étaient désespérantes, et j'ai donc tout effacé (bouillasse très grise mochasse et flouououe). N'auront survécu que celles prises quand je me suis arrêté sur un parking pour faire pipi (si si) qui sont plus... pimpantes ?.

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20 décembre 2005

après/midi

Je l'ai déjà dit et répété, me sens souvent/toujours le cul entre deux chaises, comme si composé de deux moitiés hétéroclites (hmmm homoclites serait plus adapté mais bon) et plus ou moins bien assemblées. Bringuebalantes. Au risque  d'avoir le sentiment parfois d'être en train de perdre des boulons.
Mais si vous savez bien blanc/noir, le trivial et le sublime, Jeckyll et Hyde...
Cet après-midi fut ainsi.

(première chaise) J'ai apporté à des amis l'agenda (l'almanach dirait P.) qu'ils m'avaient commandé. J'étais un peu penaud, mais bon ils avaient déjà lu ici-même l'étalage de mes malheurs concernant ce putain de bordel de nom de dieu de merde fichu agenda, alors c'était moins difficile quand on l'a regardé (c'est bien simple, je n'en voyais plus que les défauts).
On a bu du café, et encore du café, et encore encore du café, en mangeant des gâteaux (notamment un gâteau aux noix qui confinait au sublime) et on a surtout beaucoup parlé. On ne se voit pas très souvent alors normal quand on se voit on en profite. Agenda, bozarts, création, subventions, éditions, artiste, métier alimentaire, amitié, tout-venant, écriture, biture, blogs, programmation cinéma, cinquantaine, et j'en passe...
C'est... rassurant, les amis. Quelque chose de si solide, de stable, de durable. Je ne sais pas pourquoi, mais en sortant de chez eux, c'est comme si je repartais avec quelque chose en plus. Oui, comme si j'avais gagné quelque chose. Par rapport au moment où j'étais arrivé chez eux. Quoi, je ne peux pas le dire, mais c'était là, c'est sûr (je ne l'ai réalisé qu'après coup)

(deuxième chaise) j'ai donc repris la voiture et, tiens, voilà qu'elle a tourné toute seule comme une grande à gauche au mauvais endroit, le chemin qui n'allait pas directement à ma maison mais.. ailleurs.
Je suis donc allé ailleurs.
Brouillard, froid, flaques gelées, (ce qu'on appelle un choc thermique) et là plus ni café ni conversation. Du silence (beaucoup) et des regards (parfois) Comme une cour de récréation où on ne serait pas sûr de savoir à quoi on joue ni avec qui on va jouer. Ca rappelle un peu quand on jouait au béret, à l'école primaire. On est deux, face à face, un bras replié dans le dos, et il faut ramasser le béret et regagner son camp sans se faire toucher par l 'autre. Sauf que là, rien à ramasser, et il serait plutôt question de se faire toucher, justement.
Mais j'étais là un peu de loin, en tant qu'observateur plutôt qu'acteur, presque je me regardais faire (et les autres aussi) comme si pour une fois j'avais envie de prendre ça à la rigolade, désinvoltement, comme un môme... Superficiel et léger.
Pourtant il y aurait eu -habituellement- de quoi (de qui plutôt) m'énerver. Les parkings, c'est comme tout lieu social, il ya des inimitiés plus ou moins justifiées mais fortes (et définitives) qui s'y créent. C'est comme ça. Et il y en avait un, justeemnt, celui-là, je l'achèterais pour le battre. J'ai fait comme s'il était pas là.
Dans l'humeur joviale du moment, j'ai lié conversation avec un troll rigolard : bonnet de traviole, large sourire, bon bedon sous pull un peu jacquard destroy, un petit (mais large) routier breton, aimable comme tout, avec qui on s'est dit qu'on aurait pu aller au chaud s'il avait eu davantage de temps... Pas grave, la prochaine fois!
Il a démarré, geste de la main, et coup de warnings en réponse à mon appel de phares. Juste comme j'aime.

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17 février 2006

d'hommages...

13 TZAMETI
SAUF LE RESPECT QUE JE VOUS DOIS
BUBBA HO-TEP

Ne croyez pas tout ce que racontent les médias ! Elvis Presley (le vrai, Ze King) n'est pas mort du tout : il se ratatine dans une maison de retraite à Mud Creek, et il a une excroissance sur la bite. (C'est lui-même qui le dit !).  John Fitzgerald Kennedy a bien été abattu a Dallas, mais il a été réincarné dans le corps d'un papy black, lui aussi en maison de retraite ! Et quand on vous dit que les vieux tombent comme des mouches, ce n'est pas la canicule, non non, c'est une momie qui vient se nourrir de leurs derniers souffles vitaux. Ce joyeux n'importe quoi est le point de départ du réjouissant BUBBA-HO-TEP, de Don Coscarelli , sorti aujourd'hui (mais pas pour longtemps je pense! Une première semaine avec juste une séance quotidienne à 22h, ça signifie en général pas de deuxième semaine du tout! en plus on était cinq dans la salle (dont un délicieux petit barbu qui distribuait des michoko...)

C'était la dernière étape, la cerise on the gâteau d'un après-midi très ciné-friendly, puisque j'y avais vu précédemment (et successivement) 13 TZAMETI de Gela Babluani et SAUF LE RESPECT QUE JE VOUS DOIS de Fabienne Godet. S'enquiller trois films d'affilée, hop hop hop, comme on goberait coup sur coup 3 cachetons contre le mal de tête... Gourmandise ? Boulimie ? Juste les hasards de la programmation dirons-nous (et p't'être un je-ne-sais-quoi de nostalgie de festival, peut-être aussi !)

Le premier, donc,  m'a laissé un peu perplexe, un truc viril (bourrin ?) en noir et blanc juste-comme-j'aime, un truc ludique mais qui rigole pas (genre les films de truands, les polars des années cinquante, ceux où on plaisante pas avec les codes de l'honneur, où les demoiselles sont là juste pour faire joli, où on se la joue mâle-grave-sa-race-je-suis-un-dur-un-vrai-tâte-mes-muscles-et-renifle-un-peu-mon-tshirt-hein-on-est-pas-des-gonzesses-con, un truc un peu surprenant, mais pas toujours prenant, un truc un peu faisandé au niveau de l'intrigue mais bon les bronzés 3 hein..., bref un truc qui se laisse voir sans réel déplaisir, mais qui se la pète un peu trop peut-être pour complétement fasciner. Comme un gamin qui aurait mis le costard et les pompes de son papa et qui prendrait un air méchant pour nous en mettre plein la vue. Trop petit mon ami. Question de pointure, quoi. Attendons donc le film suivant de ce jeune homme  pour nous prononcer définitivement...

Le deuxième m'a laissé un peu sur ma faim. Portrait d'un homme en pleine désagrégation (le toujours excellent -à mon goût- Olivier Gourmet) qui commence plutôt pas mal, mais bifurque violemment à mi-chemin du constat social (la vie dans l'entreprise, ses joies et ses peines...) au fait-divers polardeux et se prend un peu les pieds dans le tapis, et c'est dommage. Les acteurs sont excellents (mention spéciale à Marion Cotillard, saisissante en "asociale" et au toujours mimi Jean-Michel Portal (là c'est forcément subjectif), et juste deux petits regrets concernant Dominique Blanc, hélas sous-employée, dans un rôle un peu trop bobonne-en-mineur et Julie Depardieu, un peu sacrifiée aussi) Si la première partie est nickel, la deuxième déçoit, ça manque de rythme, ça se ramollit, et hélas plus on va vers la fin et plus ça freine, plus ça n'en finit plus de finir. Oui, dommage...

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12 janvier 2006

verglas fréquent

Une journée bien bien.
(Passée avec ***, ceci, je pense, justifiant cela.)
Conséquence et suite logique de celle d'hier (que le hasard n'a point voulu que je vous racontasse.)

Suis donc arrivé aux Bozarts comme une fleur en dépit d'un verglas carabiné (dont je ne me suis aperçu hélas/heureusement que bien trop tard pour faire demi-tour!) Le nombre d'étudiants était plutôt réduit, mais il était là aussi. Comme promis, un peu plus tard m'a donné mon petit cours perso de Photoshop, mais , bon, je reconnais que j'étais pas franchement concentré!
Surtout quand ma main était juste à hmmm centimètres de son bras, ou quand il a  trouvé plus drôle de retravailler, pour l'exemple, sur une de ses photos.

Comme il était tard, sommes allés manger ensemble au restau U (accompagnés d'une damoizelle un peu minaudante, de ses copines, mais bon c'est comme ça)

Après le café (enfin, il boit du chocolat), nous sommes allés au cours de peinture.
Comme d'hab, il s'était fourré dans son coin habituel, au fond, et c'est là que je me suis installé pour discuter avec lui. On n'a fait que ça, parler. Cinéma, bien sûr, puis sujets divers, jusqu'à :
(il parle en noir, je parle en bleu)

- Et toi,t'es marié ?
- Non
- Divorcé ?
- Non
- Mais t'as des enfants ?
- Non
- T'as pas d'enfants ? (l'air très surpris)
- Non
- ...
- Chuis pédé...
- Désolé d'avoir autant insisté..."
(et on passe à autre chose)

On a continué de parler de choses et d'autres, de fil en aiguille le cours se terminait, les gens sont partis, on a parlé de l'agenda, je l'ai sorti de mon sac, le lui ai montré, il l'a feuilleté, m'a fait des remarques (justifiées et constructives), me l'a rendu, jusqu'à ce que je lui montre qu'y figurait une photo d'un boulot qu'il avait fait, ce qui a paru lui faire plaisir, et qu'à ce moment-là je pose l'agenda sur son sac, qu'il le prenne en souriant, et me remercie "sincèrement".
(Normalement, à moins qu'il ait de la peau de saucisson devant les yeux, il devrait se rendre compte qu'y figure aussi une photo de lui, il devrait comprendre, non ? ...)


Je lui ai alors proposé de le redescendre en ville, ce qu'il a accepté.
On a encore parlé dans la voiture (de petite taille, de lait, d'anosmie, de psy, de besoin de solitude...)
Et voilà, trop court, on était arrivé, l'est descendu, m'a serré la main "merci et bonne soirée... "
Viendra peut-être, m'a-t-il dit, peut-être donc samedi après-midi pour le casting aux bozarts (auquel je lui ai dit que j'étais invité...)

Et je suis reparti en silence (Il était dix-huit heures et la radio crachotait du jazz et autres France-Cuteries mais la nuit était soudain comme plus douce) surtout sans me retourner.

Oui, il me... fascine.
Bon, d'accord il est hétéro et maqué, (et en plus j'aime beaucoup sa copine... arghh!) mais n'empêche. Je pense qu'en ce qui me concerne, ça doit être une des conditions de base : hétéro et maqué. Mais comme c'est trop facile, je coup-là je rajoute encore une difficulté supplémentaire : l'âge. Viendrait-ce de ce que je pourrais appeler mon démon de midi ?
Je ne sais plus, jusque là j'ai plutôt toujours frayé "dans ma tranche d'âge" (et plutôt plus agé, d'ailleurs)
En tout cas, il est ce qui m'est arrivé de mieux depuis un sacré moment.
Moi qui ai pratiqué déjà bien trop souvent  le sexuel sans l'affectif, j'pourrais, juste une fois, avoir l'affectif, et pas forcément le sexuel ? (je suis en train de me demander , et je m'en inquiète rétrospectivement, si, déjà, une fois, j'ai réussi à avoir les deux, en même temps, avec la même personne... (silence, assez long, je réfléchis.)
EH BIN SI, finalement. (Et pas qu'une fois, même!)
Affaire à suivre...
(Journal d'un midinet, soixante-quatorze-millième épisode)

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11 décembre 2005

vautours

Comme dans Lucky Luke, vous savez, les oiseaux noirs au cou décharné, généralement perchés à côté du croque-mort, impassibles en apparence. Patients...
Hier soir étais invité à un repas chez des amis : quatre couples (avec moi ça fait neuf, donc... pfff faut toujours que je fasse l'impair!) tous disons dans la tranche d'âge supérieure (5 personnes au tour de la table étaient à la retraite tout de même!)
Pensé alors au Dolce Agonia de Nancy Huston (un repas de Thanksgiving, où le narrateur, omniscient, au début de chaque chapitre, explique au lecteur la mort à venir de chacun des convives) . Nous étions comme perchés chacun sur son arbre, avec de la mort qui rôdait là-bas, en bas, qui roulait et qui sinuait comme une petite rivière boueusee et glacée qu'on aurait regardée un peu de haut, avec convoitise, en se frottant les pattes de satisfaction.
Apéritif au champagne, repas excellent. Tout le sel du truc est dans les conversations. "La" conversation, plutôt. Ce n'est pas un dîner formel, on est entre amis/copains. On n'est donc pas trop guindés, on se connaît plus ou moins bien , chacun a avec chacun des autres, plus ou moins, des connivences, des private jokes, des souvenirs, toutes ces inter relations se mélangent en un genre de minestrone parlé, chacun y apportant son grain de sel (certains ne parlent pas, ou très peu, néanmoins).
On a commencé avec la politique (depuis que j'ai joué Créon dans Antigone, ce mot résonne toujours en moi d'une façon particulière...), et Sarkozy, et le PS et les perspectives de 2007 (l'ensemble des personnes présentes faisant partie , je le précise, de la gauche grand teint et bien pensante), avec des tribuns plus ou moins véhéments et démonstratifs (à la quatrième coupe de champagne, t'es forcément plus chaud et plus sûr d'avoir raison), ce qui nous a bien occupé(s) jusqu'à la fin du foie gras. Certains semblaient plus optimistes que d'autres, à propos de 2007 (je faisais partie du clan adverse...)
Puis, avec les croûtes aux champignons, il fut question des rapports conjugaux, des rôles meuf/keum à partir d'une histoire de carnet où une femme mariée, sur les conseils de son psy, s'était mise à noter toutes les heures qu'elle consacrait au foyer (vaisselle, ménage, repassage) et qui, à la fin de chaque semaine, facturait à son mari ses "heures de travail". Chacun alors d'évoquer ses pratiques domestiques respectives sur le ton de la plaisanterie (on riait alors beaucoup), et l'histoire du carnet d'ailleurs courra en guise de fil rouge jusqu'à la fin du repas...
En attendant le rôti de veau (avec accompagnement de carottes, oignons confits, et haricots verts en fagot) ce fut le quart d'heure langue de pute : vous savez, on passe un peu en revue les gens qu'on connaît ensemble et qui ne sont pas là, et on les assaisonne... ("mais on fait ça avec humouuuuur, enrobé dans du calembouuuuur mouillé d'aciiiiiiideu") Connaissez tous le genre, hein ?
A ce moment-là, j'avais un avantage (certain ?) sur tous les autres : j'étais le seul à jeun, quasiment (j'ai tourné à l'eau après l'apéritif, malgré un amphytrion qui nous ouvrait force bouteilles plus choisies et plus goûteuses les une que les autres), alors que l'alcoolémie grimpait à vue d'oeil chez les autres convives (plutôt les mâles, d'ailleurs). Furent alors évoqués successivement les cas  de personnes plus ou moins très malheureuses et/ou ayant raté leur vie, de risées professionnelles, d'antipathies individuelles (hmmm tous très forts pour dégommer les autres... moi ? j'observais, je n'ai quasiment pas pris la parole à ce moment...)
Jusqu'au fromage (où j'ai goûté - au grand plaisir enfin du maître de maison- un peu de vin). Là, on en était arrivé sur le sujet des cuites, les plus grosses bitures qu'on ait prises, les choses les plus insensées qu'on ait faites sous l'emprise de l'alcool, les black out, les quasi-comas éthyliques (et chacun de jurer que ça ne m'est arrivé qu'une seule fois... sous-entendant vous voyez je peux aussi être très transgressif quand je le veux!)
Au dessert (glace, fruits rouges, crème anglaise et chantilly) on a évoqué l'âge, notre âge, la cinquantaine (ceux qui avaient des problèmes ou pas pour passer ce cap), et la soixantaine, jusqu'aux âges canoniques (furent évoqués divers parents et aïeuls, soixante-dix, quatre-vingt, quatre-vingt-dix... on alla même jusqu'à un poilu de 113 ans!) La chronologie étant un sujet fédérateur, on remonta ensuite dans le temps, vingt, trente ans en arrière, pour évoquer certains souvenirs plus ou moins drôles et/ou touchants.
Le dessert fini, un des couples a pris congé, juste avant le café. Mon voisin de droite et sa femme. Mon voisin de droite qui était resté étonnamment silencieux pendant le repas, que sa femme n'a pas quitté des yeux de toute la soirée. Nous avons alors parlé de lui, et d'eux. Il a eu des ennuis de santé récents, et la situation visiblement s'aggrave un peu chaque jour...
Nous étions alors remontés prudemment chacun sur notre arbre, comme pour regarder cette saloperie de mort un peu de loin. C'est comme si l'obscurité s'était rappochée, compactée, opacifiée, et qu'elle rôdait en grondant juste au-dessus de nous, chacun attendant, faisant le gros dos, que la foudre tombe. A côté. Toujours à côté, on espère...
J'ai pris congé, il était presque deux heures. nuit glacée. J'ai gratté le pare-brise et je suis rentré sans musique.
Perplexe.

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19 décembre 2005

vrac

question  : Pour commencer (une fois n'est pas coutume) une petite annonce, mais, non, rien de sexuel, je suis sérieux (idem parenthèse précédente) : Je cherche quelqu'un qui ait canal+ (ou ses dérivés sur canalsat) ainsi qu'un scope (ou -encore mieux- un enregistreur dividi) et qui, remplissant ces deux conditions, pourrait donc m'enregistrer L'ENNEMI NATUREL de Pierre-Erwann Guillaume, avec Aurélien Recoing et Jalil Lespert, film que je n'ai pas pu voir en salle (il n'est jamais arrivé jusque chez nous) et qui n'existe pas non plus en dividi. Ca passe  demain soir aussi, (à 0h30) et d'autres soirs encore... Ca me ferait vraiment très très très très plaisir. (Ce film fait partie,si les critiques ne mentent pas, de la catégorie dite des "films à quéquette".) Bien entendu je rembourse, k7, dividi, frais postaux, temps passé etc...

consternation ensuite, avec un truc très énervant : hier matin un sondage sur la page d'accueil de mon fournisseur d'accès : Qui est selon vous l'homme de l'année ? d'après les différentes propositions je vote Florence Aubenas, (pas mal comme homme de l'année, non ?) je clique pour voir les résultats et ARGHHH avec 4000 votants c'est nicolas sarkozy qui est en tête, avec plus de 20%. Je me dis "allez allez, ce n'est que le matin, les gens ont encore la tête dans le cul, ils vont se ressaisir..." Quand je repasse le soir, avec 14000 votants, il est toujours en tête, mais à plus de 30%. Faut-il en conclure qu'il ya dans ce pays 30% de fachophiles ??? Ca fait peur pour 2007...

prévisions météo pour le matin et pour ici :
hier : -3°
ce matin : -5°
demain : -8°
(ça y est c'est parti...)

décision : mettre sur des post-it chacun des trucs que j'ai à faire pendant les vacances, pour tout gérer simultanément, ne rien oublier, et voir les progrès...

indécision : vaut-il mieux un petit post chaque jour ou un gros et beau post super chiadé grave de la mort et tout mais un peu moins fréquemment ? La quotidienneté ne serait-elle pas un piège ?

promotion : look ce que j'ai "gagné" en achetant une petite terrine de lapin au Super U :

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