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lieux communs (et autres fadaises)
17 septembre 2007

précisions

Comme je l'écrivais tout à l'heure sur le nouvel emploi du temps pour ma classe : "temps de recentrage et/ou de rupture"... voui voui c'est bien dit, hein, et c'est vrai qu'il en faut, s'pas?
Comme je le disais précédemment, en même temps que ma belle humeur se ratatinait, la fréquentation de ce blog a - coïncidence ? - dégringolé dans les abysses (deux fois moins de lecteurs que l'an dernier même époque, ledit nombre de lecteurs n'étant plus qu'à deux chiffres). Moralité ? moral en berne, fréquentation terne!
C'est peut-être que que ma vie est beaucoup moins intéressante qu'avant (pas de jeune homme qui me fait palpiter aux bozarts, pas de film furieusement pédé à l'affiche, pas de travailleurs joyeusement torse nu photographiés au bord des routes, et bref pas grand-chose de palpitant à me/vous mettre sous la dent) oui oui j'avoue, même moi je m'y emmerde un peu... Mon inspiration s'est-elle donc operculée (comme les escargots en hiver), momifiée (comme les mouches prises dans les toiles d'araignées), broyée (comme les bras qui passent dans les machines-outils sans protection) sclérosée ??? Miroir mon beau miroir, dis-moi donc vite...
Mais de toute façon je m'en fous et je continuerai, au moins pour le dernier bastion de lecteurs (-trices, plutôt d'ailleurs) fidèles, oui je m'obstine et je persiste et signe, et peut-être,  enfin, un jour mon prince viendra on finira par se rendre compte combien je suis fin, léger, spirituel, bref, indispensable, et tout ce genre d'épithètes et combien je mérite d'être lu (d'être élu ? hihihi voilà que ça me monte déjà à la tête...) mais ça sera trop tard, tant pis !
Dur de me rendre à l'évidence, de réaliser que je ne suis point  le centre du monde blogosphérique, et que la visite guidée du périmètre immédiatement circonscrit autour de mon nombril n'est pas la destination la plus titillante ni la plus prisée des voyageurs ouaibesques.
D'une certaine façon, je suis trop honnête. Ce blog me tenant lieu de courrier et de coups de téléphone (oui, c'est ainsi que le plus souvent je donne des nouvelles) je ne sais pas mentir, ni broder, ni enjoliver : ce qui arrive (ou pas) je le livre tel quel. mais ça va bien finir par, justement,  arriver, un jour, non ?

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24 août 2007

glisser dans la piscine

LE PENSIONNAT
de Songyos Sugmakanan

Les films thaï se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Après un tendre et assez solaire SYNDROMES AND A CENTURY de notre ami Apichounet, voici une plutôt sombre (au sens strict) et nocturne histoire de fantômes, thaîlandais, donc. Où un gamin est envoyé par son père (qui a ses raisons) dans un pensionnat un peu inquiétant, y fait la connaissance d'une bande de pieds-nickelés qui le bizuthent règlementairement à coup d'histoires de fantômes, finit par en rencontrer un vrai, devient son ami, et l'aidera à régler son problème (car les fantômes ont généralement un problème)...

Au début du film, c'est vrai, on a très peur, mais pas vraiment de ce que montre le film ; on a surtout peur d'assister à un effrayant catalogue de clichés, de poncifs et de déjà-vu du cinéma fantastique bouh fais-moi peur asiatique. Heureusement, le réalisateur est bien plus malin, et, passé le début qui c'est vrai en remet des couches (bâtisse lugubre, directrice inquiétante, chiens qui hurlent à la mort, angoisses nocturnes, porte qui se ferme puis s'ouvre toute seule, ombre flippante...) il met en place une histoire assez  bien fichue (et plutôt très bien mise en images), en mêlant plusieurs strates narratives, chacune associant un personnage, un objet, et un sentiment  (le père / la télévision, les copains / les lampes de poche , la directrice / le disque rayé, le fantôme / la piscine), passant d'un registre à l'autre parfois abruptement (on a le sentiment, au début, que le montage a été fait un peu à la hache, moins par la suite, mais peut-être s'habitue-t-on), d'un sentiment à l'autre...

Il va sans dire que la mise en place de l'histoire est beaucoup plus intéressante que son explicitation... Quelques très belles scènes (le public à la projection de "Fantômes affamés", la piscine en temps mêlés), beaucoup de  plans léchés (avec une image sombre, à la limite de la sous-exposition) de quelques lieux très graphiques (la salle d'eau, la piscine vide, le dortoir), des interprètes (enfants, surtout) sympathiquement justes, font apprécier cette histoire qui, paradoxalement, ne fera hurler de peur à aucun moment, mais nous raconte simplement combien c'est difficile (et pas forcément plaisant) de passer du stade de petit à celui de grand.

Pour ceux qui  entendent la contrepèterie, j'ai trouvé que le titre de ce post s'imposait doublement, car, je ne sais pas si c'est parce que j'avais envie, mais il me semble que je n'ai jamais vu un film (fantastique) où on pisse autant. (Mais, désolé, pas la moindre glycine...)

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20 août 2007

hot tub

OLD JOY
de Kelly Reichardt

(Smiley avec lunettes noires) Je ne l'ai pas vu en salle (j'ai failli, tout de même, dans mon MK2 Beaubourg chéri...), je l'ai vu chez moi, sur mon ca'pé et sur dvd (pas piraté, non, non, vous savez bien que c'est mal) mais filé par la maison de production, pas à moi mais à une amie (c'est bien là qu'on reconnaît ses amis, lorsqu'ils vous font profiter des opportunités (oui, oui, hervé, je sais bien que ce mot t'exaspère mais bon), des bonnes occases, quoi!)

Trois choses me donnaient envie : le thème (deux potes partent en promenade pour un week-end entre hommes - les meilleurs! -), la durée atypique (une petite heure et quart, générique inclus) et... la bouille de Will Oldham (pour qui, je ne sais pourquoi, je ressens une indéniable sympathie).

Donc, deux potes se retrouvent (dans tous les sens du terme, puisqu'ils ne se sont visiblement pas vus depuis un certain temps) pour passer un week-end dans la nature (il est question d'une source chaude). Ils se perdent un peu au début (hmmm, deux potes, rando, ils se perdent, et tout un chacun de crier J'ai trouvé! Gerryyyyyy! Sauf que non, non, pas du tout pas du tout absolument pas.) mais donc, pas d'inquiétude, après une nuit de camping / feu de bois parviennent à destination, profitent donc de la source chaude en question, puis rentrent à la maison, chacun de son côté (mais que voulais tu donc, Chori, qu'ils se mariassent ?)

Deux potes qui ont été amis plus jeunes ("Ils sont loin, nos seize ans..."), et qui se sont un peu perdus de vue. L'un, Mark (Daniel London) s'est marié, a une maison, un chien, sera bientôt papa, tandis que l'autre, Kurt (Will Oldham) semble être resté plus flou socialement parlant, encore semble-t-il dans les limbes (parfois) douillets de la post-adolescence...

C'est la magie du cinéma (enfin, d'un certain cinéma), de vous poser, comme ça, deux mecs côte à côte dans une bagnole, et c'est votre cerveau qui prend le relais, qui fait tout le boulot, finalement, leur retricote une histoire, des souvenirs communs, un vécu, un passé, et c'est plutôt agréable...

J'ai évoqué plus haut Gerry, parce que beaucoup de monde l'a fait, mais je ne trouve pas que les deux films aient tant de points communs que ça. Ils sont même presque diamétralement opposés. Gerry progresse selon une stylisation, une désincarnation progressives, dans quelque chose de malaisé, d'angoissant, de douloureux, tandis qu'Old Joy est tout en douceur. Mélancolique, soit, nostalgique, peut-être, mais infiniment paisible en tout cas.

Un film, comment dire, humble, profil bas, un film sans forfanterie, sans esbrouffe, sans démagogie. Un film d'herbes d'arbres et d'eau. Pas d'effets, juste un récit qui fait son chemin, une caméra légère, amicale comme un animal de compagnie, des dialogues à l'avenant, et la guitare de Yo la tengo pour ponctuer ça émotionnellement... On marche simplement avec eux, on suit le sentier que le réalisateur nous esquisse.

Il s'agit juste de la vie, de la vie simple, de la "vraie vie" (... celle de deux personnages dans un film, lui-même adapté d'une nouvelle, qu'en est-il du vrai ?). De petites choses basiques, de détails (un oiseau sur un toit, un feu de camp, un petit-déjeuner, un chien qui rapporte un bâton, le récit d'un rêve qu'on fait à un copain...), bref d'éléments quotidiens, ordinaires, presque triviaux, dont la succession constitue la trame un peu lâche de cette promenade aimablement bucolique...

Oui, d'une grande douceur. Et tout deux repartiront sans s'être finalement dit grand chose. Peut-être que ce qui devait être dit n'a finalement pas été dit. On ne sait pas s'ils se reverront, ça n'a pas d'importance. On a juste vécu une tranche de (leur) présent. Dans l'instant, dans la sensation, dans le bonheur simple juste d'être là.

On reste alors peut-être  sur sa faim, on aimerait c'est sûr aller un peu plus loin en compagnie de ces deux-là, le temps a passé vite, les parenthèses sont déjà refermées, on rallume déjà... J'aime la façon dont le titre réapparaît à la fin (idem au début, où il surgit des limbes, comme une condensation de nuage, et se dissout ensuite de la même façon) ce qui me semble être une métaphore très juste du film lui-même, apparu/présent/disparu)

Les critiques sont unanimement dithyrambiques, et pourtant je mettrais un bémol. Oh, un léger, et très flou de surcroît : il me semble qu'il manque  quelque chose, un je ne sais pas quoi, je suis incapable de préciser davantage, pour que le film prenne plus d'épaisseur, de densité, passe d'agréable à inoubliable. Mais c'était peut-être là justement  le but recherché.

Quelque chose, fugitivement, a passé, qu'en a-t'on retenu ?.

"Le chagrin, ce n'est que du bonheur qui a passé"

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(Tranquillou y es-ty ?)

Hmmm j'oubliais : le STG, comme d'hab. Le sous-texte gay (dès qu'il y a deux mecs ensemble, il y a forcément un sous-texte gay) Là, justement, latitude est laissée au spectateur de tricoter toute la romance ou non qu'il souhaite, tant le champ est laissé libre aux supputations diverses. et ça n'est pas très important. Il y a juste cette scène brève de massage des épaules ("What happens ?" "Just relax") mais qui est tellement sans arrière-pensées que c'en est délicieux...

11 août 2007

en bateau

LA LEON
de Santiago Otheguy

Incontestablement "la" découverte ciné de ce séjour parisien.
Un film en noir et blanc, très horizontal, à la perfection plastique bluffante (certains de mes amis d'ailleurs lui reprochent cette volonté de virtuosité...), bref, un objet filmique totalement fascinant, et ce dès la première image.
Un univers dense, touffu, étouffant qu'on n'appréhende que petit à petit (car on ne peut pas dire que le réalisateur joue la facilité en nous filant d'un seul coup et dès le début la carte du lieu ou en parsemant sa narration de poteaux indicateurs explicatifs, bien au contraire, ici c'est la jungle, semble-t-il chuchoter, et démerde-toi...) une histoire donc qui s'élabore en zigzags, se constitue se perd et se reconstitue au fil des méandres que parcourent un certain nombre d'embarcations, notamment un bateau, El Leon (celui qui donne son titre du film), dans un labyrinthe aquatique, insulaire, foisonnant, mystérieux.
Dans ce paysage moite d'eau, de roseaux, de forêts, de marécages (nous sommes en Argentine, dans le delta du Paraná) vivent (survivent) des hommes, loin de tout, vies minuscules, précaires, comme des ilots jetés ça et là au hasard sur le fleuve, et organisées en un monde clos, autonome (les Isleños), régi par ses propres règles, (qu'on ne saisit pas forcément d'emblée), et dont le seul lien régulier avec l'extérieur, la terre ferme, le reste du pays, du continent (la réalité ?) est ce bateau, celui que pilote El Turu, qui fait la navette entre les deux.
L'autre protagoniste, aussi mutique que le premier est hâbleur, aussi introverti que l'autre est jovial (?), s'appelle Alvaro. Il coupe des roseaux, file occasionnellement un coup de main à ceux qui bûcheronnent (et les mate un peu quand ils se baignent dans le fleuve ou quand ils font la sieste), et répare des livres de bibliothèque, bref, nous est signalé comme encore plus singulier, au beau milieu de cette somme déjà de singularités ambulantes. Oui c'est un puto, (un jeune homme sensible dans la rude langue locale). Et c'est entre lui et El Turu, le pilote à grande gueule, que va se jouer une partie tendue et redoutable, un duel (qui hésite peut-être à devenir un duo ? ), attraction / répulsion, chat et souris (mais qui chasse qui ?) homo & hétéro... Mais on n'est ici ni dans La meilleure façon de marcher, ni dans Le droit du plus fort,  encore moins dans Les chansons d'amour ou La cage aux Folles. A des kilomètres.
Car Otheguy, dont c'est, il faut le souligner, le premier long-métrage, a l'intelligence de ne pas faire de cet affrontement la pièce maîtresse, le mur porteur, du film, qui aurait alors beaucoup perdu de son élégance radicale et vénéneuse. Il n'en fait qu'un des éléments dans le constat  d'un combat beaucoup plus vaste, qu'il soit politique, social, ou racial. (Les Isleños, premiers habitant des lieux, voient ainsi débarquer chez eux des immigrants, les Misioneros, qui veulent profiter aussi de leur maigres moyens de subsistance, ce que certains exaltés vont percevoir comme une insupportable agression.) Aussi pauvre et malheureux soit-on, il s'en trouvera toujours un plus désemparé que vous sur l'échelle sociale, et certains auront toujours, à tort ou pas, la trouille qu'un plus bas veuille grimper sur leur barreau et leur piquer leur place.
Le film débute juste après un suicide et se termine après un meurtre. Entre les deux aura coulé, au sens propre comme au sens figuré, beaucoup d'eau. (L'eau c'est la vie ?) Le format scope (celui habituel des westerns) constitue un cadre parfait pour la rectitude (rigueur ? ) géométrique (mais pourtant violemment poétique) de son écoulement, son caractère  inéluctable. Horizontalité de l'élément liquide et verticalité de l'élément humain. Horizontalité du regard et verticalité  des roseaux, des arbres, des hommes. Horizontalité des embarcations qui glissent et verticalité des corps qui s'affrontent. Verticalité de la violence, verticalité du désir, horizontalité du rapport sexuel, et, finalement, horizontalité de la mort. Tout ça retranscrit, je l'ai déjà dit, dans un noir et blanc sublime, qui radicalise encore un récit où l'économie des mouvements de caméra (le réalisateur privilégie les longs plans fixes) s'allie à des cadrages à la rigueur (la vigueur) et à la beauté implacable(s), pour évoquer cet univers foisonnant, mi-homme mi-bête, à la beauté vaguement inquiétante, mais aussi à la tristesse prégnante. 
(J'ai pensé, à la fin, peut-être paraitra-ce ici trivial, au clip de Tanita Tikaram Twist in my sobriety, en sépia et blanc, qui évoquait un univers assez semblable. Longtemps je l'ai considéré comme le clip le plus triste du monde.) Si La Leon n'est pas bavard, il est pourtant très sonore. Beaucoup de bruissements, de chuintements, de craquements, (la bande-son est aussi extrêmement travaillée),  entre le végétal malmené et l'animal aux aguets, entre l'inquiétude et la menace, entre la caresse et le coup. Oui on est quelque part au milieu d'une jungle, perdu dans la forêt, on n'est sûr de rien, on avance à pas lents, aux aguets et rien de plus beau, de plus jouissif que cette perte-là (on ne serait plus si loin, finalement, de la deuxième partie de Tropical malady, non ? Mais peut-être là m'égare-je)
Bon, encore une fois, (smiley rosissant), j'avoue  (soyons honnête) m'être quand même très intéressé au sous-texte gay... (même si l'auteur a dit et répété que ça ne l'intéressait pas de faire un film homosexuel, et que d'ailleurs lui-même  ne l'était même pas!) En tout cas je peux vous dire que ça fonctionne, et bougrement! Tout y est, les regards, les visages, les corps, (et même le sexe, d'ailleurs... Si si! Et joliment impressionnant, avec ça), et les figures (de style) imposées des circonvolutions tortueuses de la séduction, (in)volontaire ou pas, d'autant plus efficace (à mon sens) que les protagonistes en sont très (trop ?) humains (je veux dire "normaux"), oui, simplement, ordinaires, comme vous et moi (enfin, comme moi surtout).

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Dans le top 10, et hop!

3 novembre 2007

union suit

L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD
d'Andrew Dominik

Je n'aime la maladie western qu'à travers les anticorps que périodiquement elle suscite : Silverado, de Lawrence Kasdan, Jeremiah Johnson, de Sydney Pollack, Dead man de Jim Jarmush. (Où l'on entend alors parler volontiers d'anti-westerns) Films longs, ou lents, ou barrés, ou tout ça à la fois, qui triturent les poncifs du genre et récrivent ainsi les légendes de l'ouest à leur sauce (voire leur sauce originelle). Les antimythes, quoi (parfumés au bois de cèdre ?). Dans ces films-là, j'aime les gueules, les barbes, les corps fatigués, la boue, les flingues comme substituts phalliques. Les histoires d'hommes, quoi. (Désolé, mais ici le sous-texte gay est tellement évident et insistant qu'on ne voit plus quelui, et que nos héros s'en font quasiment un manteau de fourrure!)
On est ici pile poil (!) dans cette mouvance-là. Brad Pitt incarne un Jesse James un peu malade, un peu caractériel, un peu dépressif, bref, juste comme vous et moi, quoi. Qui va se faire flinguer dans le dos par un Robert Ford (le Casey Affleck de Gerry, voui voui!) un peu timide, un peu lâche, un peu admiratif, un peu mal dans ses pompes (comme vous et moi aussi quoi!)
C'est excellemment fait (on démarre avec des nuages qui bougent comme chez Van Sant, une nature filmée avec amour et en plan large comme chez Malick...), la distribution est par-faite, bref, on savoure. Surtout quand (c'est pas souvent que je tombe amoureux au cinéma, mais là, plouf! direct! ce fut le cas) apparaît un des comparses de la bande à Jesse, un nommé Dick Liddle (dans le film) interprété par un certain Paul Schneider (jusqu'ici inconnu au bataillon), qui me fit tomber la mâchoire de saisissement dès cette première scène, où il bouffe un genre de ragoût en évoquant ses galipettes avec des squaws, tout en léchant sa cuillère de la plus émouvante des façons.
On se perd bien un peu au début, (et par la suite aussi), dans les généalogies familiales (qui est le frère de qui et le cousin de qui d'autre et qui n'est pas copain avec qui étant donné que le frère d'on ne sait pas qui a fait du mal au cousin d'on en sait pas qui d'autre) mais grosso modo on se laisse porter (même si on n'a pas vraiment tous les éléments)
Le parcours édifiant de Robert Ford, le jeune homme trop bien trop propre trop admiratif des aventures des frères James (mais surtout de Jesse), et qui fera tout pour devenir membre du gang, puis ami et confident, quitte à en payer le prix en devenant son "lâche assassin", parce qu'il y avait entre eux trop de points communs, et qu'il aurait eu envie de devenir l'autre, on le suivra pas à pas, dans la boue, dans la neige, dans les bois, de galopade en attaque à main armée, de baraque branlante en saloon, et même jusque sur les planches, dans une surprenante et finale mise en abyme de l'histoire qu'on vient juste de voir se dérouler quasiment "en vrai". (Clin d'oeil ironique à la vanité de l'entreprise ?)
Peut-être un poil longuet tout de même (surtout qu'on ne voit plus mon Dick Liddle chéri chéri pendant la dernière partie, et que c'est dommage, ce qui n'est certes pas, je le reconnais, un critère exhaustif!)
Wild wild west...

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24 juillet 2007

fine gueule

RATATOUILLE
de Brad Bird

Depuis le temps qu'on voyait la bande-annonce (ça fait bien 6 mois!) je savais qu'il fallait que j'y aille dès l'avant-première, sinon il serait trop tard. Ce fut donc chose faite, ce soir à 18h, dans le bôôô cinéma, dans la plus grande des salles, remplie d'ailleurs à ras bord de n'enfants (je ne vous raconte pas le nombre des allées et venues dans la salle pendant la projection pour aller faire pipi) et de leur(s) parent(s) correspondant(s) (car bien souvent, seul un des deux avait fait le déplacement, et il me semble d'ailleurs qu'il y avait davantage de papas...)
Et alors ? Ben disons juste qu'encore une fois Pixar a frappé très très fort. L'animation est fabuleuse, plus aucun effet de texture ne semble leur faire peur, le rendu est saisissant, la qualité de l'image est esbrouffante, l'animation d'une grande fluidité, et le film pourrait d'ailleurs tourner en démo de leur virtuosité technique, mais il est plus malin que ça.
L'histoire est ce qu'elle est (comment réussir à vivre son rêve, quand tout semble au départ contre vous, même votre famille, surtout que vous êtes un rat) ciblée "enfants dès 6 ans" (selon la signalétique allociné, mais bon, 1h50, pour les chtiots, ça commence à faire long...) donc assez prévisible (il y a un très méchant, pas le plus réussi du lot d'ailleurs, et un autre méchant mais c'est pas de sa faute, d'ailleurs il deviendra gentil à la fin) et se termine d'ailleurs comme on souhaitait qu'elle se terminât (grosso modo, tout le monde est heureux...)
Les personnages sont attachants (surtout les rats, qui semblent, paradoxalement, plus fouillés que les humains) avec un gros faible pour les deux principaux, Rémi, le héros, et (surtout) Emile, son gros frangin rouquin et un peu bas de plafond. Mais tout ça n'aurait-il pas gagné à être un poil plus ramassé ? Il y a d'ailleurs une première "fausse fin" (Disney ancienne manière : le méchant est puni et le gentil récupère ce qu'on lui avait usurpé) mais hop, non, on avait oublié le dessert, et le réalisateur  en remet donc une bonne louche (Disney nouvelle manière : la transfiguration de celui qu'on croyait méchant ?) occasionnant une petite baisse de régime entre les deux... on se dit que s'ils continuent, ils ne finiront jamais à temps!
Mais bon, le dosage du cocktail est quasi  perfect : tant pour cent d'humour (j'ai pas mal rigolé, encore une fois, à tel point que le gros papa assis à côté de moi se sentait par moments obligé de rire pour m'accompagner), tant pour cent d'action et de speed, tant pour cent d'émotion, tant pour cent de peur, tant pour cent de découragement, tant pour cent d'amour (si si! mais pas chez les rats... eux semblent tous être de sexe mâle (ou plutôt non sexués, seraient-ce des anges-rats ?!) et tant pour cent de "tout est bien qui...". Comme la ratatouille du titre (et du film), on a pris un plat (une recette) classique, et on vous le sert façon nouvelle cuisine. Mais ça vaut largement l'addition! Le seul petit reproche (mais c'est personnel) : pourquoi donc ont-ils choisi de faire au héros la tête de Stéphane Bern ?

Et ne manquez pas, en guise d'amuse-bouche, le petit film d'extra-terrestres (Pixar aussi) en première partie, qui est vraiment à pisser de rire!

18780105_w434_h289_q80 (Rémi et Emile)
18780108_w434_h289_q80 (Rémi et Stéphane B.)

18 juillet 2007

cliché(s)

DELIRIOUS
de Tom DiCillo

Tiens, encore une histoire de sdf! Après celui de Tsai Ming Liang à Kuala Lumpur, voici le homeless made in Hollywood, mais ça n'a strictement rien à voir... (Ah si dans un cas comme dans l'autre il s'agit de cinéma. Mais c'est tout.)
Tom DiCillo, je le connais... ouououh! au moins depuis qu'il est tout petit! Non, bien sûr je plaisante, je l'ai découvert en tant que chef-op du superbe Stranger Than Paradise (1985) (et aussi, allociné vient de me l'apprendre, de End of the Night, de Keith Mc Nally, (1990), film qui ne semble plus exister d'ailleurs que dans ma mémoire, n'ayant laissé nulle autre trace.) C'est donc avec une certaine curiosité que j'avais découvert ses films en tant que réalisateur, deux d'entre eux, tout du moins, Ca tourne à Manhattan et Box of Moonlight. Puis les aléas des sortie ont mis quelque distance entre nous pour les films suivants, mais, allez savoir pourquoi, j'avais très envie de voir celui-ci...
Et alors ? (les curieux) Alors ?  ben, euh... c'est sympa!  Cette histoire d'amitié entre un paparazzo et un sdf, amitié démolie lorsque le sdf tombe amoureux d'une chanteuse à ados genre Br*tney Sp*ars (et que c'est réciproque!) commence chez Zola et finit comme dans Gala. Un peu plus de venin, d'acide, de méchanceté eussent été les bienvenus. D'autant plus que Buscemi buscémise (Lui et Tom DiCillo, c'est un peu comme Sergi Lopez et Manuel Poirier...) dans son costume sur mesure de looser hâbleur, et Michael Pitt est bien agréable à regarder avec sa petite gueule duvetée (quoique parfois, avec ses grands yeux bleus étonnés, il fasse penser à un petit veau, non ? Tss c'est la jalousie qui me fait médire) surtout sortant du bain et nous exhibant son petit tatouage à l'aîne (mais quand la serviette tombe, dommage, c'est hors-champ...)
Il y a dans les films de  DiCillo un sous-texte gay toujours pour moi assez réjouissant (d'ailleurs, ici, lorsque, tout au début, Buscemi demande à Pitt "Are you gay ?" l'autre répond "No, but...", et tout est dans ce "but...", bref, finalement, il est juste question d'amitié virile , comme déjà dans Box of Moonlight (où, là, c'était John Turturro qui s'y collait...) Le départ fonctionne plutôt bien, mais dès que l'amûr (et donc le roman-photo) vient parasiter le récit, ça se gâte hélas, et la satire d'Hollywood (ses stars et leurs  agents tout puissants, son glamour, ses parties, ses happy fews...) fait long feu. Ca commence en fable, ça continue en conte de fée et ça finit... en eau de boudin ? (Non, je suis dur, là)
Prenons ça juste comme une sympathique comédie estivale, sans lui demander, en plus, un discours révolutionnaire!  Juste Heaven, I'm in heaven...

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13 juillet 2007

traduction simultanée

2 DAYS IN PARIS
de Julie Delpy

Ce qu'on appelle une excellente surprise.
J'y suis allé sans rien en connaître du tout, juste le nom de la réalisatrice, et  ne m'attendais pas du tout à ça. Cette petite bonne femme, que j'avais quittée sublimement diaphane et translucide dans Mauvais Sang de Carax révèle ici une énergie, un humour, une vacherie que je n'aurais pas soupçonnés.
Dès la première image, qui sert de fond au générique, (un couple qui dort dans le train, lui, délicieux  barbu angélique, avec à ses côtés une demoiselle blondinette tout aussi charmante, portant un t-shirt sur lequel est dessiné un flingue, comme par hasard pointé sur le monsieur) le ton est donné : lui, elle, et boumboum la guéguerre du couple.
C'est visiblement "un peu" autobiographique. Marion (Julie Delpy), une française expatriée aux Etats-Unis, et son "fiancé" Jack (Adam Goldberg) un vrai de vrai américain, sont sur le chemin du retour vers New-York (après un voyage romantique à Venise écourté pour raisons intestinales), et passent deux jours à Paris. Et c'est tout ? Oui, en gros, c'est tout. Et ça fait longtemps que je ne m'étais pas autant bidonné au cinéma (mon voisin proche, qui semblait dans les mêmes dispositions m'y a bien aidé aussi !)
Les critiques ont évoqué Woody Allen, Nanni Moretti, Jim Jarmusch même (excusez du peu!), personnellement j'y ajouterais un zeste de Rohmer, tant c'est davantage un film de paroles que de cinématographie "pure".
Une vraie française (comme on dirait une vraie jeune fille ?) face à un ricain idem (quoique... s'il l'est par la caractérisation de ses phobies, microbes, terrorisme, etc., il ne l'est pas par ses données physiques :  barbu touffu, plein de tatouages, qui fume comme un pompier... on a connu plus politically correct! ) c'est forcé que ça fasse des étincelles, surtout quand tout est prétexte à discussions et affrontements, et que l'environnement proche s'en mêle (le papa, la maman, la frangine, les ex, (beaucoup d'ex! ), et même le chat!) surtout quand s'y rajoute la barrière de la langue, et que seule Marion possède la traduction simultanée,  forcée donc de jouer l'interprète dans les deux sens .
Diarrhée, capotes, lapin au vin blanc, attentats, DaVinci Code, photographie numérique, régime pour chat, pulls de pompiers, vernissage, lécher la chatte, repassage des jeans, épilation en ticket de métro, Jim Morrisson, aucun sujet (ou presque) ne fait peur à Mam'zelle Delpy. Ca a l'air tellement proche de sa vie (elle a même embauché ses propres parents pour jouer les parents de son personnage), qu'on finit  par se demander ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. En tout cas, ça joue plus vrai que nature!
Ca démarre très fort, et, si le film faiblit un peu vers la fin, perdant un peu de sa vacherie et de son goût du sarcasme (ou peut-être qu'on s'y habitue ?) il n'en reste pas moins un pur moment de jubilation (comme a sans doute du écrire téléramuche), qu'on suit comme une visite guidée de Paris organisée par un tour operator un peu allumé , un parcours touristico-affectif , une Carte du (pas si) Tendre (que ça) mais si au fond quand même, toute en répliques choc et scènes cultes. Avec, en fil rouge,  un échantillonnage assez croustillant de chauffeurs de taxis, contre qui la dame semble avoir gardé une certaine dent.
Embarquez-y donc de ma part, je vous le recommande, c'est un vrai petit bonheur estival, un coup de soleil pour nos cerveaux obscurcis, un coup de jeune pour cet été... pluvieux! (huhu j'ai pas pu m'en empêcher)

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6 juillet 2007

beignets de patates douces

THE BUBBLE
d'Eytan Fox

Les juifs seraient-ils plus cool envers l'homosexualité que ne le sont les arabes ? Il semblerait bien, se dit-on en sortant du film d'Eytan Fox. Noam, Yali, et Lulu, non non ce ne sont pas les trois petits cochons, ni les neveux de Donald, ce sont juste trois jeunes coloc' qui vivent à Tel Aviv (la Bubble du titre) : deux mecs, gay,  (l'un Yali,  plutôt sensible extraverti (pour ne pas dire follasse) et le second, Noam, plutôt look hétéro flexible / je cache bien mon jeu) et Lulu, une superbe demoiselle hétérote et vendeuse dans une parfumerie, tous trois aux amours un peu... instables, compliquées (mais n'est-ce pas le propre de la jeunesse ? ).

Surtout à partir du moment où Noam ramène à la maison le tout mimi Ashraf, palestinien rencontré au début du film à un check-point (ou Noam patrouillait en treillis, sous les ordres d'un gradé aussi borné qu'imbécile - pléonasme ? - et qu'on  retrouvera d'ailleurs par la suite, toujours autant l'un que l'autre), et que la cohabitation va devoir s'organiser en conséquence : Ashraf est en situation irrégulière, c'est un clandestin, il faut l'aider, et Yali va donc l'embaucher comme serveur dans son café. Mais, comme les scénaristes bossent, le destin veille... (comme on dit.)

La narration est a priori, disons... (j'ose le mot, hihihi!) hétérogène (le réalisateur s'en explique d'ailleurs à propos des différents formats employés (vidéo, super8, hd, etc...) mais ce n'est pas vraiment de la forme dont je veux ici parler), on a par instants (et surtout au début) le sentiment de mater une sitcom pour djeunz..., intelligente, dirons-nous, en suivant le quotidien de nos 3 + 1 héros (auxquels il faudrait rajouter l'amant de Yali, le premier amant de Lulu, par qui la cata arrive, le deuxième amant de Lulu...) dont les préoccupations, faut-il le préciser, tournent beaucoup autour des histoires de coeur et de cul, et donc, a priori encore une fois, futiles peut-être mais vitales sûrement. La violence, la guerre, les attentats, la cohabitation, tout ça est, au début du moins, plutôt loin des préoccupations de nos jeunes amis, assourdi, en toile de fond pourrait-on croire.

Car la suite de l'histoire ne va ménager ni les uns ni les autres : fuite, rupture, passage et repassage de frontière, portable qu'on laisse sonner, coming out, pressions familiales, mensonges, provocations, tout va être mis en place pour, si j'ose dire,  le bouquet final. Oui,  car la bulle va - plop! - péter, et les choses vont se gâter, progressivement, mettant à nos jeunes amis les deux pieds dans le réel, et parfois même le nez dedans, jusqu'à cette fin certes stupéfiante, mais, à mon goût, plutôt malcommode et à double tranchant (on n'est plus très loin de Roméo et Juliette, auxquels je n'ai pas pu m'empêcher, tout du long, de penser : un juif et un arabe, les familles ennemies, les Capulet de Tel Aviv et les Montaigut de Naplouse...) Leur amour contrarié sert de fil blanc (attention, je n'ai pas dit que c'était cousu de!) à  cette histoire, où heureusement, les amours des deux autres (celles de Yali et celles de Lulu) - moins dramatiques mais pas moins embrouillées ! - viennent heureusement jouer en contrepoint pour diluer un peu le pathos.

Je ne sais pas comment on dit bobo en israélien, mais, je pense que les ceusses qui, par exemple, avaient attribué ce qualificatif à, disons... Les chansons d'amour pourraient sans doute le dégaîner à nouveau propos de celui-ci : Noam est disquaire, il est question de Michel Foucault, de théâtre (une scène de Bent permet de retrouver cet acteur délicieux dont je ne retrouve pas le nom, déjà présent dans Tu marcheras sur l'eau et que j'avais beaucoup aimé aussi dans les films de Koshashvili Mariage tardif et Cadeau du ciel) de rave contre la violence, de magazine culturel, on cite Jules et Jim... Je précise tout de même que, personnellement ça ne me dérange absolument pas : au contraire, même (je crains d'en être aussi un peu quand même, quoique sans pépètes : un bobo pauvre, comment ça s'appelle ? un pov'bobo???)

Décidément, cet Eytan Fox mérite qu'on garde un oeil sur lui (pff dire que j'avais enregistré Yossi et Jagger, son premier, et que je n'arrive pas à le retrouver!), même si ce n'est pas complètement complètement émerveillant, c'est quand même suffisamment bien foutu pour que, non seulement on ne s'ennuie pas, mais qu'on soit constamment tenu en haleine devant cette histoire à strates multiples, qui dépasse bien vite le simple cadre de la comédie romantique de djeunz...

Et il y a, de plus, dans le film, deux chansons jolies oui très jolies (clin d'oeil pour Emma si elle me lit)  : une version pour le moins... originale de The man I love, et une autre, lo-fi, de Song to the siren de Tim Buckley, et qui, toutes les deux , midinons, midinons, m'ont collé la chair de poule et les larmes z'aux z'yeux. Hmmm, oui, exquis comme les beignets de patates douces qu'on sert chez Yali...

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4 juillet 2007

futbol

EL CAMINO DE SAN DIEGO
de Carlos Sorin

Ah, si la vie était comme dans les films de Carlos Sorin...
Après Historias Minimas et Bonbon el perro, voici le troisième... message ? clin d'oeil ? sourire ? que nous fait parvenir d'Argentine ce réalisateur. Pour ceux qui ont aimé les deux précités, vous pouvez allez voir El camino... sans inquiétude, vous ne serez pas dépaysés!
Comme d'hab' il est question de route à faire (visiblement le pays s'y prête). Ici c'est un jeune bûcheron fan de Maradona, qui, après avoir trouvé dans la forêt une souche à l'effigie de son idole, décide de l'apporter en personne à Diego M. qui vient justement d'entrer en réanimation, pour le guérir. De bus déglingué en camion poussiéreux, il va donc entreprendre le voyage jusqu'à Buenos-Aires, sa précieuse cargaison sur le dos, et faire tout un tas de rencontres : des ouvriers, un prêtre, des pèlerins, un camionneur brésilien, une pute, un aveugle... dans un picaresque et patagonien road-movie (et buddy movie aussi, bien évidemment) On est toujours dans la même veine humaniste, ces gens-là survivent avec trois fois rien (et parfois même moins!), se démerdent pour subsister, d'une certaine façon, grâce à leurs idoles, qu'elles soient religieuses ou footballistique.
Il est question de ferveur, et pourquoi pas, d'espoir (qui, on le sait bien, fait vivre) sans jamais rien de condescendant dans l'attitude du réalisateur, qui sait toujours se placer à la bonne hauteur face à ses personnages (et leurs interprètes, non professionnels), avec un mélange touchant d'attention, de candeur, un genre de réalisme souriant (même si assez souvent édenté) et en apparence peut-être mal fagoté (mais l'habit ne fait pas le moine), qui en dit finalement bien plus qu'il n'en montre...

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20 juin 2007

le jeu de l'amour et du portable

ET TOI, T'ES SUR QUI ?
de Lola Doillon

Agréable, rafraîchissant, sympathique. Djeun mais pas démago. Réaliste mais pas raccoleur.
Une excellente surprise en tous cas, d'autant plus que je n'avais pas a priori très envie d'y aller.
Chassés-croisés sentimentaux et chamailleries affectives au sein d'un groupe d'ados (tous si je ne m'abuse non professionnels et -par là même ? - très justes), ou, quand deux copines (dont une "gothique") décident de "le " faire avant la rentrée, elles constatent que c'est plus facile à dire qu'à faire. Car les choses se compliquent quand il y a celui qu'on aime, celui qui vous embrasse, celui avec qui on baise, celui qui vous aime, celui que votre copine aime, celui que vous pensez que votre copine aime, celui que votre copine pense que vous aimez... sans que ça soit forcément la bonne personne, la même, surtout, quand viennent se rajouter divers défis, mensonges, vantardises, provocs', susceptibilités, quiproquos, amours-propres blessés et j'en passe...
Oui, tout ça a un petit côté Marivaux en baggy (ou Tchékhov en troisième pratique ?) délicieux, dans ce méli-mélo entre les sentiments et le cul, les indécisions, les volte-faces...
Oui, la "première fois" , (les premières fois, faudrait-il dire, tant ici on différencie la première fois du coeur et la première fois du sexe) c'est quelque chose quand même, non ?
Allez, faites un effort, rappelez-vous...

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15 juin 2007

d'hommage(s)

SHREK LE TROISIEME
de Chris Miller
BOULEVARD DE LA MORT
de Quentin Tarentino

Allez zou, dans le même sac! Parce que vus à deux jours d'intervalle, parce que dans les deux cas déception : une petite (Shrek) et une grosse (Tarentino), et parce qu'il y serait question de classiques, de franchise et de fond de commerce.

Shrek 3 reprend l'histoire juste après la fin du 2. C'est un plaisir de retrouver Shrek, Fiona, l'âne, le roi grenouille, l'affreux Charmant, les divers personnages de conte (Au fait, quelqu'un pourrait-il me dire de quel conte est tiré(e) la princesse-travelo? ), mais bon, on n'a plus le plaisir de la surprise ni de la découverte (le scénar feignasse plus qu'un peu) et il me semblait que l'opus précédent était plus truffé de références et de sous-entendus. Chris Miller nous refait donc un Shrek 2 1/2, en quelque sorte. L'animation est époustouflante, rien à dire, il y a des moments vraiment très drôles, des catastrophes en série, des parodies (quelques-unes), mais l'ensemble est vraiment trop plan-plan tranquillou : pas de risques, quoi, vivons sur nos lauriers et exploitons la franchise Shrek (et gling gling le tiroir-caisse!) .

Pour Tarentino, c'est une autre paire de manches. Conçu à l'origine comme un hommage aux double features de nanars des drive-in, et donc réalisé et distribué tel que aux states avec Planet Terror le film de Robert Rodriguez (qui lui ne sortira chez nous qu'en octobre) avec fausses bandes-annonces entre les deux, le double film a été donc coupé en deux, les distributeurs ayant jugé qu'en europe on ne comprendrait pas le concept -c'est vrai on est cons!- et préférant sortir d'abord le Tarentino tout seul (et donc rallongé, pour durer un vrai film ?), bref tout ça sent encore gling gling! le tiroir-caisse, non ?
Le problème c'est que ça dure à présent 1h50, et que, à mon humble avis, sont supportables disons les cinq premières minutes et le dernier quart d'heure (ce qui fait peu, au prix du billet). Si Shrek recycle les contes pour enfants, Tarentino lui recycle le nanar seventies, et je dois dire que ce n'est pas du tout mon cinéma. Je me suis emmerdé copieusement (on nous y vante plusieurs fois les mérites des "classiques" Point limite Zéro et Larry le Dingue et Mary la garce, que je n'ai pas vus et que je n'ai d'ailleurs aucune envie de voir...) Il y a une esthétique furieusement 60/70, du bourbon, des juke-boxes, des grosses bagnoles qui font vroooaaarrrr, des filles au cul moulé dans leur mini-short, des chansons d'époque, un humour bien gras et bas de plafond, et surtout des dialogues que l'Huma qualifie d'une verdeur à toute épreuve mais que j'ai surtout trouvés  insupportablement interminables. Ce film est si  bavard qu'il en est à claquer. En court-métrage (la poursuite finale) il aurait été par-fait! (Tout ça me conforte dans mon opinion que notre ami Quentin est un faiseur certes sympathique mais plutôt surestimé, mais bon vous me connaissez, c'est parce que je n'ai aucun deuxième degré...) Bref tout ça n'est pas ma tasse de thé (ou de bourbon plutôt) du tout du tout.
Shrek, au moins, c'est marrant!

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29 juin 2007

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"Travailler plus..." : leurres supplémentaires.

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Tout (ne) va (pas si) mal.

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Mecs comme des pigeons : bagués.

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"la différence entre l'art et la pornographie, c'est que l'art est plus cher."

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Avoir envie de pleurer, à la façon des gouttes d'eau sur les feuilles , qui ne tombent que si on secoue l'arbre.

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le désir, comme une démangeaison perpétuelle,  un genre d'eczéma.

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J''ai réalisé avec horreur qu'il ne me restait qu'une semaine de bonheur, alors que la personne qui est dans ma classe a dû réaliser avec bonheur qu'il ne lui restait qu'une semaine d'horreur.

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Elle est très jolie, cette petite aquarelle.

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"Je vais devenir une salope..."

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Il va pleuvoir toute la semaine.

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5 juin 2007

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Fin mai / début juin : les talus s'échevèlent (que les coquelicots piquettent).

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Elle s'est installée dehors pour prendre une photo de dents.

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Deux camions garés côte à côte en plein soleil, et devant, assis, leurs conducteurs côte à côte aussi.

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Bande-t-il dans son treillis, le flic penché derrière ses jumelles, jambes légèrement écartées, en train d'attendre le prochain contrevenant pour excès de vitesse ?

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Pourquoi me suis-je endormi hier soir dans un état d'euphorie parfaitement irraisonné (et irraisonnable ?) ?

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Est-ce le jogging blanc qui leur fait le cul plus rond et plus attirant ?

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La bonne humeur, soudain à marée basse.

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"Le rap est au mental ce que la râpe est à l'emmenthal."

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Mon appart est devenu un genre de campement, un bivouac.

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Plus sûrement que du cancer ou du sida, je mourrai d'abord de dessication affective.

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18 mai 2007

grande bouffe

NOTRE PAIN QUOTIDIEN
de Nikolaus Geyrhalter

18743256_1_Depuis le temps que j'en avais envie, j'ai enfin réussi à voir ce documentaire, frère de WE FEED THE WORLD, (déjà vu en prévisionnement) mais, lui,  cette fois, sans paroles ni musique. Muet, mais éloquent. Là où WE FEED THE WORLD interviewait, informait, quantifiait, dénonçait, s'emportait, NOTRE PAIN QUOTIDIEN ne fait que montrer. Avec une apparente et silencieuse objectivité. Mais il le fait de façon à la fois belle et terrible. Belle parce que c'est un film d'artiste, plastiquement  et graphiquement  (les images et les cadrages sont toujours rigoureusement composés), utilisant souvent la perspective (lignes de fuite, oui, c'est exactement celà dont il est question, de fuite en avant, de fuite éperdue) et la symétrie axiale pour structurer des images qui deviennent - le montage lui aussi a été extrêmement bien pensé - de plus en plus terribles.
Il est question d'alimentation et, donc, de produits alimentaires. Qu'ils soient végétaux ou animaux, on assiste à la succession immuable des phases : germination (naissance) / croissance (nutrition) / récolte (abattage) / conditionnement (préparation). Qu'il s'agisse d'un concombre, d'un poulet, d'un saumon, d'une vache, ou d'une pomme, l'aliment (puisque tel est bien son nom générique) est traité par l'humain (qui la plupart du temps semble bien minuscule dans ces décors démesurés) avec le même respect et la même indifférence. Pas d'états d'âme. Il n'est question que de production, et en quantité. Remisez au placard ces visions illusoires (je parle encore une fois pour moi) des potagers d'antan, des vergers familiaux riquiquis, des basses-cours et des étables à dimension humaine... et des maraîchers, et des quatre-saisons, et de la criée. Ce monde-là hélas, est caduc. Out! Kaputt!
On est de plus en plus, d'accord, alors c'est normal, il nous faut de plus en plus à bouffer. Mais tant que ça ? Et à quel prix ? Nikolaus Geyrhalter nous parle des nouvelles chaînes alimentaires, celles de l'automatisme et de la démesure, celles de la surproduction et de l'industrialisation, il nous les montre, sans froncer les sourcils, sans se pincer le nez, sans faire les gros yeux. On y apprend beaucoup de choses, (il y en a même qu'on ne comprend pas tout de suite) notamment sur certains métiers pittoresques dont on n'aurait peut-être pas soupçonné l'existence : castreuse de porcelet, récupérateur de sperme de taureau, trieuse de poussin, cueilleur de concombres en hauteur
Au spectateur donc de faire son marché, et de réagir - ou pas - face à ces images industrieuses, la plupart du temps, je l'ai dit déjà, tirées au cordeau, (mais tirant parfois éprouvantes : je me suis voilé la face quelques fois) qui se déroulent, imperturbables, comme une bande de papier pour orgue de barbarie. Avec ouf! des pauses, des respirations, qui  toujours sont humaines. Qui cassent la croûte, sur (ou juste à côté de) leur lieu de travail, seuls le plus souvent, ou en tout petit groupe. Qui tchatchent pendant une pause, un déplacement (je n'avais jamais vu de mine de sel). Il y a encore un peu besoin de l'élément humain dans ce secteur...
Le film s'ouvre et se ferme sur un homme en train de nettoyer, et fait donc comme s'il plaçait entre ces parenthèses hygiéniques l'horreur tranquille et la beauté définitivement déshumanisée (quoique, pas toujours... il y a notamment un petit ramasseur de poivrons jaunes, torse nu avec la combi ouverte jusqu'en dessous du nombril qui, lui, est bien humain très humain miam) qu'il nous aura dépeintes pendant ses quatre-ving douze minutes. Comme pour revenir à la réalité, comme un atterrissage en douceur (en douleur ?), comme pour laver un peu aussi la mémoire du spectateur. (Oups! Qui a dit "kärcher" ?)

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(site du film)

5 mai 2007

Paris (perdus ? )

A comme Arts & Métiers, la station où il faut descendre pour finir à pied la rue Beaubourg, quand on va au MK2 Beaubourg, justement.

B comme boudin aux pommes (qui était un peu inquiétant à contempler, explosé dans la poêle, mais qu'on a mangé sans sourciller).

B comme BOUGE PAS, MEURS ET RESSUSCITE, enfin trouvé en dvd chez Gibert.
B comme BUTT magazine, journal pédé hollandais acheté aux Mots à la bouche. Ce papier rose est divin...

C comme Charléty (comme dit Céline : "On y était!" )

C comme chinchard : faisait partie des nombreux et délicieux sushi (un susho des sushi ?) que nous mangeâmes chez l'ami GB en regardant (plus ou moins) "le" débat et en buvant qui un excellent Saumur, qui de la bière Asahi.
C comme Chine : vu (au MK2 B.) trois films chinois, STILL LIFE de Jian Zhang Ke, UNE JEUNESSE CHINOISE de Lou Ye, et DONG de de Jian Zhang Ke. En principe, j'y reviens...
C comme contrôle technique (il en fut pas mal question)

D comme débat : on a tout dit, tout et son contraire même, qui attaqua et qui n'attaqua pas, qui regarda l'autre et qui ne le regarda pas, qui se planta dans les chiffres... en tout cas j'étais devant (et c'est, si je me souviens bien, la première fois que ce genre de chose m'arrive!)
D comme DESTRICTED (mais aussi comme décevant) : Le propre de la pornographie est d'être bandante, me semble-t-il. Y ajouter des prétentions AAArtistiques, en quelque sorte, la désamorce… Tout le monde est déçu: les cinéphiles (dont je suis) et les pornophiles (dont je suis aussi.)

G comme gingembre confit : j'en ai, à tout hasard, acheté un sac de 500g dans une merveilleuse épicerie exotique !
G comme guimauve (au safran et au piment d'Espelette pour Malou, acheté rue Rambuteau, c'est hyper tendance…)

I comme italique : où l'on me fit la remarque, tout à fait justifiée, que j'en use et abuse dans mes écrits, et qu'il ne faut peut-être pas prendre le lecteur pour un con.

L comme Libé, acheté tous les matins pour suivre l'actualité Ségolénesque

M comme macaron : mais qui donc a piqué ce fameux macaron à la sauge des marais et au fromage de chèvre que Malou a payé mais n'a jamais retrouvé ??
M comme MK2 Beaubourg : si j'étais un cinéma, je serais définitivement celui-là (excellente programmation mais salles trop petites et merdiques avec fauteuils vieillots qui grincent)

P comme Porte(s) : comme dans la vraie vie, toujours entre deux : ici ou là ? elle ou lui ? avant ou après ? Porte de Bagnolet ou Porte de Montreuil ?
P comme postcard : je n'en ai envoyé qu'une seule!

R comme Rick Moody : ma patience a été récompensée et j'ai enfin trouvé son dernier bouquin, Le script, à moitié prix.

S comme sandwich et comme sardines : et donc comme "le" sandwich aux sardines du même nom, une spécialité (délicieuse) de Malou
S comme Snivel : on aurait presque pu se rencontrer alors, hein ?
S comme Spider solitaire : et vous, alors, votre record, c'est combien ?

T comme Turquie et Turcs : il en fut question à plusieurs reprises et dans des contextes très divers (europe, voyages, force, passage sur le corps...)

V comme vernissage : l'artiste m'y avait pourtant invité en personne, mais ça tombait mal, et je n'y suis pas allé...
V comme voiture en rade à Pétaouchnok : comme le contrôle technique*, il en fut beaucoup question...

Z comme zoom (x12) : pratique pour photographier les jeunes gens qui jouent au foot torse nu en contrebas très loin.

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9 mai 2007

du passé faisons table basse

NUE PROPRIETE
de Joachim Lafosse

(C'est le film que je suis allé voir dimanche à 18h, histoire de ne pas trop stresser en attendant les résultats, et je dois dire qu'il a été suffisamment intense et efficace pour m'éviter de ressasser des choses politiques dans ma tête.) Il faut bien reconnaître que ça ne m'a pas redonné en sortant une énergie de tous les diables, ni ne m'a usé les zygomatiques tellement c'était drôle. (Pas du tout du tout...) un film de circonstance, quoi.
Dans une Belgique joliette mais humide, à peine un peu moins sinistr(é)e que d'habitude (cinématographiquement, s'entend) Isabelle Huppert joue une mère de famille divorcée qui vit avec ses deux fils (Jérémie Rénier joue - ça devient une habitude - un salopard et Yannick Rénier - son vrai frère donc - joue son frère, relativement plus cool...) dans une maison qu'elle a soudain envie de vendre pour voler de ses propres ailes, et peut-être refaire sa vie ailleurs avec le gentil voisin cuisinier (avec qui elle fait des galipettes en cachette).
C'est le grain de sable qui va venir gripper le beau mouvement d'horlogerie de cette cellule familiale faussement paisible du début (les deux frangins -et leur mère- semblent en effet coincés dans un processus d'immaturité en circuit fermé : fous-rires, complicité, repli sur soi, activités réduites : manger & regarder la télé, l'extérieur en devient quasiment abstrait : Isabelle Huppert a "un boulot", Jérémie Rénier a "des cours", on n'en saura jamais plus.) et faire voler en éclats ce charmant vase clos.
Les scènes de repas en famille, qui rythment le récit, vont progressivement s'envenimer, s'abîmer, et la belle entente va se désagréger, se transformer en guéguerre, puis virer au cataclysme, au fil d'un film intense, constamment sur la brèche, sur le qui-vive, sur le fil, servi par des acteurs (Isabelle Huppert, sublimissime, en tête, mais, encore une fois, je ne suis pas objectif) comme on dit constamment inspirés.
C'est fort, c'est noir, c'est lucide, bref, c'était par-fait! pour ce dimanche 6 mai de triste mémoire.

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10 novembre 2007

noir c'est noir

LE RÊVE DE CASSANDRE
de Woody Allen

Tiens, un film qui colle le bourdon comme ça, un vrai de vrai, ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. (Mais peut-être n'était-ce dû qu'à une conjonction : celle du film lui-même, certes, mais aussi du dernier jour de ces vacances, de la baisse brutale des températures, de l'écoutage des infos sur france-imper, de la nuit noire et sans lune, du vague à l'âme caliméresque, etc.) Ou c'est peut-être juste que je me suis empathiquement trop identifié à Colin Farrell (qui joue ici le dépressif torturé de service, si si je vous jure)

Deux frères pas très riches s'achètent un bateau qui donne son titre au film et son huis-clos final au même (comme quoi, dans un film, rien n'est jamais gratuit, n'est-ce pas Hervé ?), ils ont donc des problèmes de liquidité, (l'un est un joueur compulsif et l'autre un ambitieux) qu'ils vont résoudre grâce à un genre de providentiel Tonton d'Amérique. Tonton qui (pourquoi tu tousses ?), en échange, va leur demander un petit coup de main. Que la morale bien sûr réprouve (il faut bien que le bât blesse quelque part). Ce qui va provoquer des flottements chez les deux frangins, qui ont bien du mal à passer à l'acte (et la scène dudit passage à l'acte va être tendue au maximum par notre Woodychounet (encore un peu plus et je faisais un arrêt cardiaque) qui remarquez, nous avait déjà un peu fait le coup dans Match Point.)
Mais ici pas d'ironie glacée glaçante, pas d'humour pas de clins d'oeil, plus ça avance plus on s'enfonce dans le drame (et le pathos.) Alors qu'Ewan Mc Gregor semble avoir plutôt aisément négocié le virage que lui (im)posait sa conscience, le pauvre Colin pédale de plus en plus dans le cambouis (il est garagiste en plus, so sexy le p'tit gars avec sa combi crade et ses mains noires) et on a mal pour lui, et de plus en plus, d'autant que tout va aller -bien sûr- de mal en pis, car il est dit que :
1) l'argent ne fait pas le bonheur
2) le crime ne paie pas
3) les pauvres ont tout intérêt à rester pauvres, c'est plus dans leurs cordes...
sans oublier (dernier plan)
4) les femmes n'ont rien dans la cervelle : inconscientes du drame qui se déroule, les voilà qui minaudent en essayant de la petite lingerie (Tss, Woody, tu vas pas te faire que des copines, sur ce coup-là!).
Mais, je le répète, au moins pour Colin Farrell, on peut y aller (ahlala ces sourcils en accent circonflexe et cette lippe de chien battu... Allez, viens là, Colinchou, viens  raconter tous tes malheurs à Tonton Chori...) et aussi pour la musique, plutôt surprenante pour un film d'Allen, puisque c'est l'ami Phil Glass qui s'y attelle (ça change du jazz de d'hab', et pour moi du moins ça n'est pas plus mal!)

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13 avril 2007

labyrinthe de la passion

ANNA M.
de Michel Spinosa
LE LABYRINTHE DE PAN
de Guillermo Del Toro

Je les chronique ensemble, parce que je les ai vus le même jour, mais parce que d'une certaine façon ils se ressemblent : deux films que je trouve fort estimables mais que je n'ai pas adorés, qui ne m'ont pas fasciné, dans lesquels je ne suis pas totalement entré, auxquels je n'ai pas vraiment adhéré.
(Peut-être juste parce que pendant le premier, je me disais que ça ferait juste à la sortie pour être aux bozarts avant seize heures (la suite me prouva qu'effectivement) et que pendant le deuxième (pourtant tard) je pensais à ma bagnole que j'avais, au bout de vingt minutes, fini par garer comme un gorêt et dont je me demandais si j'allais la retrouver après. Des fois, il n'en faut pas plus pour vous déconcentrer, et après on reste désespérément de l'autre côté, dans la salle quoi, et on regarde un peu sa montre en cachette.)
ANNA M, c'est Isabelle Carré qui joue une amoureuse folle quasiment furieuse (de Gilbert Melki), tandis que dans LE LABYRINTHE... c'est Sergi Lopez qui nous compose un capitaine violent, franquiste et facho (pléonasme), un salopard hallucinant de réalisme. Deux performances d'acteur donc qui forcent le respect  mais pour des personnages tellement... éprouvants qu'ils mettent mal à l'aise. Une histoire d'amour virtuel (puisque non partagé) pour la première et une histoire de haine bien réelle (contrebalancée par l'existence d'un monde virtuel) pour le second. Difficile de s'identifier, dans un cas comme dans l'autre (même si j'ai pu avoir un peu tendance -au début- à identifier certains des symptômes d'ANNA M. comme pouvant être possiblement miens, à la seule différence que suis un peu plus réaliste... -smiley au sourire gêné-)
Le film de Spinosa suit une ligne droite (illumination / espoir / dépit / attente) , celui de Del Toro se tortille et sinue, réel / féérique, mais finalement, la trop grande prévisiblité / rectitude du scénar de l'un aboutit au même résultat que la complexité foisonnante mythologico-militaire du second : on se sent, dans les deux cas, un peu pris en otage, et on perd progressivement pied.
On se demande "qu'est ce qu'elle va bien encore pouvoir inventer  pour lui pourrir la vie ? ", on se dit "quelle pourriture de salopard, qu'est-ce qu'il va encore bien inventer pour faire du mal aux gens ?" dans un processus de tension de plus en plus stressant, dans un cas comme dans l'autre. On ne s'ennuie pas, on est juste tenu à distance, tant par le sujet de l'un, (trop tous mes oeufs dans le même panier) que par la mise en scène de l'autre (trop le cul entre les deux chaises du réalisme et du fantastique), et on attend la fin (en se demandant avec un peu d'inquiétude si ça ne va pas trop éclabousser, mais non... (enfin, l'un quand même un peu plus que l'autre, mais je ne vais quand même pas vous dire lequel, hein ?)

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30 mars 2007

révolution ?

12H08 A L'EST DE BUCAREST
de Corneliu Porumpoiu

Un film de chenapan, de galopin, à l'image (!) de la clarinette qui lui sert de musique de générique. Acide, moqueuse, acerbe. Le réalisateur n'a pas eu beaucoup de pépettes mais il a eu plein d'idées. Et réussit à emporter le morceau avec trois francs six sous.
Il nous décrit peu ou prou le même monde que LA MORT DE DANTE LAZARESCU (la Roumanie jolie colorée et riante -non non je plaisante- tellement qu'on a envie de faire illico ses valises aussi sec pour ne pas y aller), mais pas par le même bout de la lorgnette. LA MORT était un film de nuit, d'attente, de descente aux enfers hospitaliers, alors que le film de Porumpoiu serait plutôt un film de matin. Pas un matin qui chante très fort, non non, plutôt un matin un peu vaseux, genre lendemain de cuite. Un matin où, comme un des personnages principaux, on ne se souvient plus de ce qu'on a fait la veille. Un matin où on fait contre mauvaise fortune bon coeur. Mais plutôt coeur à rire alors. A sourire disons. Mais ça fait du bien.
C'est une émission de télé (locale & cheap cheap cheap) destinée à commémorer la fin de la dictature avec la fuite de Ceaucescu à 12h08, le 22 décembre 89 (sur le thème "avons-nous vraiment fait la révolution ce jour-là ?" ) qui va occuper une bonne moitié du film, se posant en point d'orgue (que pourrait-il donc y avoir de plus palpitant ?) d'une journée d'hiver somme toute banale en Roumanie, à quelques jours de Noël.
Le présentateur ex-entrepreneur (qui a des problèmes de voisinage avec les mômes qui lancent des pétards) a eu aussi des problèmes d'invités pour cette fameuse émission, qui se sont débinés (il passe la matinée au téléphone, et conclue par un sentencieux et concis "je chie sur ton répondeur" ) a donc invité ses potes : Manescu, un prof d'histoire un peu alcoolo et Piscoci, un papi solitaire (dont le seul titre de gloire est de faire le Père Noël dans les écoles depuis la nuit des temps) qui aussi des problèmes avec les mmômes et les pétards, pour un débat dérisoire, que les coups de fil des téléspectateurs vont faire virer au règlement de compte personnel, dans une émission un peu à la déglingue, de plus en plus oblique (la trépied de la caméra est cassé(e)...) et drôle.
Porumboiu, au travers de ses personnages, nous livre un portrait sans complaisance de l'aujourd'hui de son pays, mais non sans une certaine tendresse. Pour ses contemporains, pris dans leur mouise quotidienne (les cuites, les dettes...) Et avec une indéniable virtuosité, pour tirer visuellement le meilleur parti de tout ça. Car il y  a là un sens certain de l'image forte, parfois quasi-surréalisante (un père noêl qui lance des pétards, une fanfare  roumaine qui dézingue un morceau latino, des réverbères qui s'allument ou qui s'éteignent) qui justifie la Caméra d'Or qui a récompensé le film à Cannes.
Ca tire dans tous les sens, mais ça fait mouche à tous les coups. C'est visuellemnt, humainement, cinématographiquement fort. Et c'est un premier film!

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3 mars 2006

quatre-quarts

Hier journée de prévisionnement
(ça tombait bien, il neigeait tellement le matin qu'on aurait pu se croire au Festival de Vladivostok)

Quatre films :

1) THE WOODSMAN de Nicole Kassell (sortie prévue 15 mars)
2) WASSUP ROCKERS de Larry Clark (sortie le 05 avril)
3) REMBRANDT FECIT 1669 de Jos Stelling (resortie en copie neuve le 29 mars)
4) LE PASSAGER d'Eric Caravaca (sortie le 22 mars)

Quatre phrases pour (tenter de) résumer :

*1)  Un pédophile en liberté conditionnelle a bien du mal à reprendre une vie normale.
*2)  Un groupe de skaters latinos va passer la journée (et foutre gentiment le bordel) à Beverly Hills.
*3)  Une reconstitution de la vie du peintre à Amsterdam, de son arrivée jusqu'à sa mort (en 1669).
*4)  Un homme affronte les problèmes consécutifs au suicide de son frère.

Quatre rapides appréciations personnelles :

*1) Sur un sujet plutôt dérangeant, un film assez pudique et fort, comme en recherche perpétuelle d'équilibre. Très travaillé (montage, bande-son). Interprétation saisissante (et implication personnelle dans le projet) de Kevin Bacon. La réinsertion n'est pas facile, surtout quand on bosse dans une scierie, et qu'on habite juste en face d'une école. Doutes, inquiétudes, rejet, soupçons, violence, expiation... Personne n'est ni tout blanc ni tout noir (sauf peut-être la dame au sandwich.). Poignant et malcommode.

*2) Ca va vite, très très vite, les skates ferraillent, la musique dépote, le montage speede. Vingt-quatre heures de la vie de sept skaters gentiment chiens fous, depuis le réveil (en calbute et les cheveux en pétard) jusqu'au retour, le lendemain matin, la queue entre les jambes, desdits "chiots" (qui ne seront plus que cinq), en passant par une journée "de rêve" (?) dans le quartier huppé de Beverly Hills. Une belle énergie, pour un opus quasi documentaire, où Larry Clark une fois de plus dans son élément, filme des ados pas mainstream (ceci dit le film est beaucoup plus "grand public" que Ken Park, d'ailleurs les djeunz ont participé à l'écriture du scénario...). Un genre de cocktail énergétique et plutôt agréablement relevé...

*3) La reconstitution est stupéfiante de beauté. On passe d'une image réelle à un détail peint sans hiatus. Le travail sur la lumière est extraordinaire, chaque scène (qu'elle soit intime ou publique) est traitée, agencée, reconstituée, comme un tableau du Maître,  la caméra saisit la lumière comme un pinceau, et c'est admirable. Mais l'exercice (virtuose) porte en lui ses  limites : ce film rare (tournée en 1979, mais qui ressort en copie neuve à l'occasion du 400 ème anniversaire de Rembrandt) est aussi un peu longuet (un quart d'heure en moins n'eut pas été gênant, la fin se traîne un peu) et peut-être un peu vieilli aussi.

*4) Pour son passage derrière la caméra, Eric Caravaca se révèle être un réalisateur aussi intéressant qu'il est un acteur convaincant. Il adapte le roman d'Arnaud Cathrine La route de Midland avec une distribution nickel : Julie Depardieu, Vincent Rottiers, Maurice Bénichou, Philippe Garrel, et la trop rare Nathalie Richard. Belles prises de vues très horizontales (front de mer, piscine vide, perpective de route...) et couleurs douces pour une histoire un peu grise (comment faire le deuil d'un frère, comment guérir une blessure de l'adolescence, comment terminer une histoire d'amour...) Superbe.

Quatre affiches :

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24 mars 2006

last day

Ben voilà ça y est.
Game over.
Dernier aller et dernier retour "officiels" aux bozarts.
Bon, je dois reconnaître que hélas tout ça c'est un peu fini en couilles, mais comme m'a dit Bernard "ça se finit toujours en couilles, c'est normal...." (si tu le dis...)
La journée avait mal commencé de toute façon : grosse flotte moche, je pars tôt pour pouvoir retirer du fric : premier distribanque "opération refusée" deuxième distribanque idem, troisième re... ben alors ? Pourtant suis pas plus à découvert que d'hab, je n'ai même pas encore dépassé mon autorisation! Tant pis j'y vais comme ça...
Dans le bus m'aperçois que j'ai oublié de prendre Gone, baby, gone que je me faisais pourtant un plaisir de terminer...
A Besac, rebelote "opération momentanément indisponible" je rentre dans la banque, explique mon blème au guichet, et le gentimonsieur me dit que non non pas grave ça vient de l'ordi, et me donne tout de même mes sous. Merci, gentimonsieur!
Arrivée bozarts, y a Pierre et Bernard au café, et c'est quasi tout.
Chuis revenu là, aujourd'hui, spécialement pour dire au revoir et y a personne ! En attendant, je prends des photos, plein, et clic et clic. Et là, hop, soudain horreur fausse manip', et l'appareil d'un coup d'un seul efface tout! arghhh!!!
Je me remets consciencieusement à l'ouvrage et clic clic je photographie...
J'ai offert un dictionnaire à Pierre : un Robert (ça s'imposait !) lui m'offre un tout petit livre blanc (2x2cm) qu'il a fabriqué.
Quelques étudiants apparaissent au fil de la matinée, je me dis que j'aurais pt'être mieux fait de rester à la maison. Je vais reprendre le bus de 13h30 me dis-je, pour bosser un peu c't'aprem'...
Dernier repas au R.U : saucisses frites et coca! (vive la diététique, je soigne ma taille de guêpe)
Je vais dire au revoir à Pierre et Marielle, évidemment ça s'étire un peu, larmozyeux, tout ça, et bien sûr je rate le bus de 13h30 !
Bernard me descend en ville, galerie d'art, marchand de vin, librairie, et on finit par se séparer rapidos sinon je vais aussi rater le bus de 16h...
Je suis un peu déçu quand même que qui-vous-savez ne se soit pas pointé ce dernier jour (il avait un dvd à me rendre) mais non finalement ça prouve qu'il avait certainement des choses BEAUCOUP plus importantes à faire que de penser à venir dire au revoir à un vieux machin (j'en prends note) et puis c'est mieux que je parte comme ça en me disant que c'est un petit con. Plus facile.
Le bus de 16h10 a des sièges encore plus serrés que ceux du Théâtre, c'est dire ! Assis normalement, on a les genoux qui touchent le siège de devant, et quasiment juste en-dessous du menton! J'essaie de dormir un peu.
Le garage appelle, ma bagnole sera pas réparée demain et celle qu'il devait me prêter en échange de l'éléphant à roues vient de tomber en panne... je garde donc la 405 pourrave jusqu'à mardi.
Chez le photocopieur, ya quelques problèmes au tirage du bouquin pour Claire, je repasse donc quasi une heure au magasin en compagnie du monsieur...
Suis passé à l'école, où j'ai commencé à réaliser un peu ce qui va se passer lundi.
(Bord des larmes)
Idem ensuite au supermarché, en faisant les courses.
Retour maison, trouve un mess de toujours-le-même qui m'explique que désolé il n'était pas aux bozarts et n'a donc pas pu me rendre les dvd.
Merci, je m'en étais aperçu...

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6 mars 2006

vieux (flot) con

Ensevelissement / expectative.
Comme voisins, deux mots longs et qui font un peu les malins. (A partir de quatre syllabes, en ces temps de sms, on n'est jamais loin -fatalement- du pédantisme.) Deux mots blancs, deux mots lourds, qui se feraient écho. Au phénomène météo faisant face le phénomène mental, à usage interne.
Le paysage est recouvert, et je suis perplexe.
Je n'aime pas les choses qui finissent, encore moins celles qui n'en finissent pas de finir. J'aime les ruptures nettes, sharp, les cassures, les the end et hop on passe à autre chose. Raté
car voilà cet hiver qui n'en finit pas, et les bozarts idem, et cette histoire pareil avec toujours le même j'en parle même pas (je l'avais d'ailleurs promis il me semble que j'en parlerais plus... je m'y suis presque tenu, non ? mais à part le dire tout haut devant ma glace, hein, à qui d'autre voulez-vous que j'en parle ? allez disons qu'aujourd'hui c'est le clinamen de ma résolution.)
Je n'aime pas me sentir pris en otage par les choses. Par le temps, par les obligations, par les souvenirs, par les intempéries, par quelqu'un, par les dates-butoirs...
En finir.
S'en sortir.

(quelques heures et un repas plus tard)

PS (sans rapport avec ce qui précède ?) Après une nième promenade au hasard balthazar sur les blogs gays des copains/copines (et les autres aussi d'ailleurs), je constate avec effroi qu'à priori je serais seul dans mon cas, (à savoir vieux et pédé, allez, tiens j'en rajoute une louche et provincial, pour faire bonne mesure). A les lire à les voir, personne là-dedans n'a plus de 30 ans allez trente cinq grand maxi arghhh j'en ai quasiment (bientôt) vingt de plus et quand tu penses qu'un jeune con (que je ne nommerai pas) parlait avec quasiment une moue de dégoût de vieux de quarante ans et plus RE-ARGHHHH!
Devrais-je illico presto m'immoler par le feu purificateur (ce qui aurait pour effet de faire fondre cette neige et de provoquer un raz-de-marée salutaire qui pourrait heureux hasard submerger tous ces vous-savez-qui) ou bien me mettre un moule à tarte sur la figure (c'est à ça que me faisait penser le Masque de Fer quand j'étais plus jeune), des fers au pieds et m'enfermer à double tour dans une sinistre geôle pleine de rats et de rhumatismes où je moisirais jusqu'à la fin de mes jours sans que personne ne s'en préoccupe ? ou bien encore me botoxer, mettre un chapeau et des lunettes blanches avec une chaîne comme Michel Serrault dans la Cage aux Folles et fréquenter les salons de thé (avec mon caniche nain) où je pourrais à loisir glapir en apprenant à tartiner virilement des biscottes ?

Comme écrivait Tiger (mais aussi, me semble-t-il, un peu avant lui, Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe, me trompe-je ? ) et le pauvre chori, réalisant dans un accès de lucidité combien il était moche et mal fichu (et je rajoute "et vieux"!) décida alors courageusement d'en finir avec la vie...

Sauf que...
Pas du tout ! nan nan nan y en des qui seraient trop contents (et d'autres aussi qui pleureraient ? allez rêvons un peu, cortège funéraire, chevaux blancs, catafalque, pleureuses, gerbes d'arums, et  -important-, ensuite,  en fond sonore Tightrope de Laurie Anderson, suivi de C'est comme ça, pour que ça swingue un peu pendant la crémation... fin de l'intermède funèbre. C'est bien ce mot, funèbre,presque aussi irrésistible que lugubre, fin définitive de la parenthèse sinon on n'en sortira jamais... Soupir.)

Vieux blogueurs (bloggers ? ) de tous les pays, unissez-vous!

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Ce matin (je ne pouvais pas aller aux bozarts) j'en ai profité pour guetter derière ma fenêtre...  c'est beau un homme au travail (en plus, avec le jaune (lapsus : j'avais écrit le jeune ! no comment) fluo, on ne risque pas de les confondre avec un orignal ou un gnou, et de tirer sans sommation...)

Conclusion (ou PS2) : Ca fait vraiment du bien, un petit post n'import'quoi comme ça de temps en temps, non ? (Ah bon, parce qu'aujourd'hui c'était pas comme d'hab' ? le lecteur lambda et dubitatif)

22 novembre 2014

from paris november

samedi 15

1) DER SAMURAI **
(Marais Festival)
Est-ce raisonnable d'aller voir un film juste parce qu'on a lu dans la critique de Libé qu'il se terminait par une superbe érection ? L'érection est belle (et bien là), mais elle dote un personnage qui aura traversé la nuit (tout le film) en robe longue blanche et katana à la main, décapitant joyeusement tout ceux qui s'en approchent, et qu'on retrouve finalement - au petit matin- à poil, à quatre pattes, en train de bouffer de la viande crue destinée au loup... Réponse : non. (Pourtant le réalisateur en était extrêmement mimi).

Der Samurai : Affiche

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dimanche 16

2) LAST SUMMER ***
(Marais Festival)
Une jolie chronique estivale dans le midwest américain (et les années 70) entre deux (jeunes) amants qui vont être séparés à la rentrée car l'un part en fac et l'autre redouble... Le dernier été, l'été dernier, "J'aurais aimé que tu me demandes de rester". Précis, attentif, avec un travail minutieux sur l'image et le son. Pas que des roucoulades, donc, ni des geigneries. Et c'est encore une fois l'été, comme dirait Brigitte Fontaine. Un joli film sensible (comme photosensible).

Last Summer : Affiche

 

3) LOVE IS STRANGE ***
(UGC Les Halles)
Encore une histoire de couple gay, sauf qu'ils ont 70 ans et habitent à Manhattan, et que l'un d'eux est joué par John Lithgow qui a été méchant et/ou tueur dans trois films de Brian de Palma. Là il est tout gentil, et malheureux, parce qu'à cause de son récent mariage avec son compagnon de 30 ans, voilà l'ami en question viré de son boulot chez les curetons, et donc obligation de revendre le bel appart et de loger séparément en attendant des jours meilleurs... Emouvant, bien fait, juste, inattaquable.


Love is Strange : Affiche


4) UNE NOUVELLE AMIE **
(MK2 Beaubourg)
Demoustier émoustille mais Duris me laisse de glace (tandis que Raphael tient bien son Personnaz). Je n'avais pas vraiment prévu d'y aller mais il pleuvait et j'avais un trou (dans mon emploi du temps). Le battage éhonté autour de la performance de Romain D. a nui à l'intérêt porté au film. Je n'ai pas trop compris où Ozonchounet voulait en venir, en tout cas, tout ça ne m'a pas véritablement intéressé. 

Une nouvelle amie : Affiche

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lundi 17

5) INTERSTELLAR ****
(UGC Les Halles)
Je ne m'attendais pas à ça, mais j'ai adoré ces presque trois heures très ricaines de SF qui m'ont ravi. Du Spectacle (avec un grand S) sur un écran gigantesque, encore mieux, avec des thèmes pas nouveaux nouveaux mais qui m'ont rappelé ma jeunesse de lecteur assidu de SF : extinction de la race humaine, voyage intergalactique, univers parallèles, paradoxes spatio-temporels (j'avais vu venir le coup gros come une maison hihihi) Mc Conaughey est un beau héros et Matt Damon un beau salopard... et, y a pas à dire mais c'est vraiment filmé avec des grôôôs moyens. Plein la vue.

 

Interstellar : Affiche



6) A DEMI MOTS ****
(Marais Festival)
Un autre film allemand, mais, à l'opposé du Samuraï. Attachante chronique d'une rencontre qui prend son temps, capte avec attention (et quasi en temps réel) les hésitations de ces deux mecs pour leur première fois. Attendrissant parce que très juste. Plans-séquences qui prennent leur temps, parole rare, et surtout les tâtonnements, pas de côté, et volte-faces de nos deux héros. Les mains qui se frôlent par hasard, les tartines de nutella, le concerto de guitare désaccordée, les maladresses, oh que c'est plaisant ces désarrois adolescents...

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7) THE NORMAL HEART **
(Marais Festival)
3 fois 52' HBO mises bout à bout pour faire un film qui raconte les débuts du SIDA aux USA. Formaté, quand même (en plus j'avais très faim et très envie de faire pipi) et vu dans une salle archicomble (la séance de clôture était offerte par les organisateurs, donc ça s'est furieusement bousculé au portillon... trouvé un peu le temps long la dernière heure... (oh mon dieu -je viens de récupérer l'affiche - je n'avais pas une seule seconde reconnu mon Mark Ruffalo chéri-chéri (je me disais bien que son visage m'évoquait quelque chose de plaisant) alors que Julia Robert, si si!)

The Normal Heart : Affiche

*

 

26 novembre 2005

to be (or not)

(suites d'une proposition de travail aux Bozarts... Mercis Thomas H-M!)

je suis fifty/fifty je suis désaffecté je suis pâle je suis mal dégrossi  je suis toujours assis le cul entre deux chaises je suis impatient je suis exalté je suis naze je suis un imposteur je suis approximatif je suis perplexe je suis incommensurable je suis imperceptible je suis désespéré je suis serein je suis grincheux je suis las je suis un procrastinateur je suis presque je suis ici et là je suis simple(t) je suis interrogatif je suis célbataire je suis dense je suis effrité je suis pas sûr je suis une tanche je suis qu'un grain de poussière je suis parti je suis un branleur je suis assis je suis muet je suis unique au monde je suis bancal je suis soupçonneux je suis revenu je suis caché je suis louche je suis présent/absent je suis incongru je suis hyperémotif je suiscelui je suis attendrissant je suis quelconque je suis au troisième dessous je suis rassuré je suis inconfortable je suis apathique je suis crevé je suis zélé je suis négatif je suis conceptuel je suis à la bourre je suis cyclothymique je suis maladroit je suis insatisfait je suis égoïste je suis attentif je suis en grande forme je suis en suspens je suis vain je suis un incorrigible rêveur je suis raide je suis un contemplatif je suis debout je suis matinal je suis obsolète je suis invisible je suis navré je suis incompétent je suis compatible je suis en-dessous je suis à-peu-près je suis délimité je suis close to the edge je suis à la recherche je suis en pièces je suis à la masse je suis presque je suis à genoux je suis en admiration je suis inconnu je suis illuminé je suis nuageux je suis béat je suis exquis je suis très demandé je suis orthodoxe je suis pluricul/multimed je suis nonobstant je suis formaté je suis  en bonne voie je suis recousu je suis encore en activité je suis convalescent je suis emporté je suis fracturé je suis tout riquiqui je suis noué je suis paraplégique je suis une bonne pâte je suis l'alpha et l'omega je suis assoiffé je suis influençable je suis meurtri je suis indolent je suis dupe je suis incompétent je suis à l'affût je suis nouille je suis pressé je suis faussé je suis à la masse je suis aride je suis en plein dedans je suis mélancolique je suis affamé je suis étendu je suis nouveau ici je suis transparent je suis limite je suis un pervers polymorphe je suis trop petit mon ami je suis en stand-by je suis illicite je suis repertorié je suis incommensurable je suis despotique je suis arrondi je suis glabre je suis délocalisé je suis urticant je suis ramolli je suis passé à côté de pas mal de choses  je suis couenne je suis sans histoires je suis the man next door je suis en voie d'extinction je suis lubrique je suis régional je suis walking and falling je suis déroulé je suis apocryphe je suis assuré je suis déboulonné je suis débraillé je suis attentif je suis indifférent je suis ignifugé je suis raplapla je suis désolé je suis out of order je suis raccommodé je suis déhiscent je suis surnuméraire je suis furibard je suis collatéral je suis alcoolisé je suis mécréant je suis stoïque je suis économique je suis décalé je suis centrifuge je suis alternatif je suis décomposé je suis curieux  je suis prolixe je suis en calbute je suis au bord des larmes je suis enthousiasmé je suis capital je suis en quinquonce je suis débroussaillé je suis écoeuré je suis perspicace je suis endolori je suis plouc je suis sectaire je suis hypocondriaque je suis cloisonné je suis au taquet je suis cahotique je suis lézardé je suis hypothétique je suis presque...

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