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lieux communs (et autres fadaises)
8 janvier 2006

conseils

(Ce qui suit vient de m'être aimablement communiqué par mon hébergeur, sous le titre "ce que les garçons détestent..." Je vous le livre donc tel quel , sans y changer une virgule... Prenez-en de la graine, les copines -et les copains aussi, bien sûr!-)

"1/ Gare aux poils !!!
Les poils des jambes, attention quand ça repousse !!! Rares sont les mecs, en France tout du moins, qui aiment faire l'amour avec des cactus...

2/ Penser à l'apéro avant de passer à table !!!
Les hommes aussi aiment les préliminaires, rien de mieux donc que de lancer quelques petites attaques préliminaires, avant de prendre le donjon d'assaut !

3/ Lui parler des tes ex.
Les garçons cherchent maladivement à se comparer aux autres garçons : taille de l'engin, durée du rapport... Quoi que tu dises, il l'interprétera comme ça l'arrange !!!

4/ Tétons sensibles, s'abstenir !!!
Les garçons aussi ont des tétons qui sont sensibles ; mais attention, comme pour les filles, il ne s'agit pas du joystick de ta PS2, si tu les tords dans tous les sens il y a des risques que la machine court-circuite !

5/ Le laisser se débrouiller seul avec la capote...
Ce moment délicat où il faut sortir la capote et l'enfiler peut facilement casser l'ambiance, surtout si tu le laisses s'en charger seul ! En prenant les choses en mains, il en sera d'autant plus excité. En plus, si un jour tu tombes sur un blaireau réfractaire au latex, avec ton expérience, tu pourras assurer à sa place !!!

6/ Attention aux décibels !!!
T'as l'habitude d'être plutôt bruyante ? Si ce n'est pas le cas de ton mec il risque de se demander ce qu'il t'arrive, surtout si vous faites ça sous l'auvent de la caravane familiale pendant que ses parents dorment, enfin essayent de dormir !!!

7/ Objet fragile, à manipuler délicatement !
Ses coucougnettes sont des petites choses fragiles qu'il faut manipuler avec précaution ! Attention donc quand tu te frottes avec excitation contre lui, s'il arrête de respirer pendant plus de trois secondes et qu'il devient tout bleu, c'est que t'as tapé dans le mile !

8/ Croquer n'est pas jouer !!!
Les dents servent à croquer, qu'elles cognent un peu lors d'un baiser peut passer, mais gare à la panique de Loulou si tu t'en sers aussi pendant la fellation...

9/ Caresses énervantes !!!
Evite de tripoter popol trop vivement juste après l'éjaculation. A ce moment du câlin, l'engin de ton chéri est trop sensible pour supporter de vives caresses !!!

(...)

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5 octobre 2016

"personne ne réussit seul, personne..."

MR.OVE
de Hannes Holm

J'aime les feel good movies. C'est dans ma nature. Je suis un gentil (certains diraient benêt). Et il était donc normal que je me régalasse (coucou Marie) avec ce film-là. En plus il nous vient du nord, ce qui faisait un a priori favorable supplémentaire. Soit l'histoire d'un vieux con, ronchon, grognon, tâtillon, emmerdeur qui va se transformer progressivement (c'est le principe du FGM). En (toujours, ça, ça ne peut pas changer, sauf dans les contes et légendes) vieux mais beaucoup moins con, ronchon, tâtillon, etc.
Et donc dès le début on sait grosso-modo comment tout ça va finir ("I feel goood tadadadadadadam... so good, so good..."). Sauf que le réalisateur en profite, habile, pour nous raconter toute sa vie, au vieux con,, et on a donc un deuxième film pour le prix d'un (et 5€ pour Les amis du cinéma, je le rappelle, ça incite à y aller, non ?).  Et bien sûr, elle est très touchante, cette  vie qu'on nous fait défiler. Pour moi, à mi-chemin entre Toto le héros et Amélie Poulain -deux films que -coucou Pépin- j'aime (toujours) énormément.
Et se déroule, en parallèle, l'histoire "ici et maintenant". Où le vieux con, ronchon tâtillon etc... tente désespérément (!) de se suicider, pour rejoindre sa femme chérie (je ne spoile rien c'est dit dès le début du film) et n'y arrive décidément pas, surtout à cause des nouveaux voisins qui viennent juste d'emménager (et de commencer à foutre le bordel) dans l'idyllique et rigoureusement martial lôtissement de Mr.Ove. Un couple mixte (il est suédois et elle iranienne), avec deux fillettes dont notre cher Mr.Ove va faire connaissance, et... Bon vous devinez bien ce qui va arriver.
C'est très... nordique de réussir à faire rire avec des suicides ratés (la pendaison n'est pas en soi un sujet particulièrement hilarant). mais c'est incontestbale, le film l'est, très drôle, et cet humour très noir vient rééquilibrer le glaçage de sucre émotionnel qui vient (peut-être un peu trop ?) napper l'autre moitié du film...
Oui, ça fait du bien, les histoires de riz au safran, de trains, de différence entre saab et audi (ou volvo ? je ne suis pas très cars), d'échelle à prêter, de chat à nourrir, de conduite à apprendre, de mille-feuille à 13h, de deux bouquets pour le prix d'un, et j'en passe...
Hautement recommandable donc (surtout à 5€, etc. vous connaissez le laïus). Mais bon il ne passe (déjà) plus dans le bôô cinéma... surveillez les programmations de Besac, peut-être ?

Mr. Ove : Affiche
l'affiche française, peut-être un peu trop "directe"...

Mr. Ove : Affiche
que l'affiche anglaise, plus "prudente"...

8 décembre 2014

caldavhuit : film

MUERTE EN BUENOS AIRES
de Natalia Meta

Un film... inepte, soyons honnête, mais qui ne serait pas loin de -perversement- me ravir, tellement c'est trop, un film argentin, donc, qui je pense ne sortira pas sur nos écrans et qui a -plop!- mystérieusement surgi du néant sur les miens (enfin, celui de mon ordinateur) et que je me suis donc dépêché de regarder
Qui dit film argentin dit Ricardo Darin ? Eh bien non encore une fois (la loi des séries...), mais tiens nous avons ici au générique, et en co-tête d'affiche un jeunot nommé Chino Darin (le noeud -ou la tête de noeud ?- de l'intrigue, qui n'est autre que... oui oui, le fils de "notre" Ricardo Darin, puisqu'il s'appelle, aussi, Ricardo Darin Jr.
Un film inepte, donc, (jai rarement l'occasion d'utiliser cet adjectif) mais surtout, et hélas, désespérément sérieux dans ses propos (comme si quelqu'un -que ce soit les spectateurs, ou les personnages, ou même les acteurs qui les habitent -de cheval bien sur, vous comprendriez mieux si vous voyiez le film- pouvait y croire ne serait-ce qu'une seconde) autant que le vieux flic  aux machoires serrées (soudées ?) pourtant pas dépourvu d'un certain charme.
On a donc au départ le cadavre d'un mec dans son lit et assis sur le rebord du lit un jeune flic impeccable (il a l'air de sortir du pressing)  qui se lève, prend une coupette de champagne, va mettre un disque, s'allume une cigarette (du mort) pas plus ému que ça, tandis qu'en même temps ou presque un vieux flic mal rasé buriné cuir tanné qui fait équipe avec une super vamp choucroutée hypersexy se rendent sur les lieux du crime où on les a appelés. Plaf! quand ils arrivent il y a une panne d'électricité (c'est inspiré par un fait divers authentique, et des pannes d'électricité récurrentes à Buenos Aires à la fin des années 80, ça reviendra plusieurs fois dans le film et on aura droit à chaque fois, pour bien comprendre, à un gros bruit de disjoncteur) et le vieux flic manque d'abattre le jeune flic qu'il prend pour le meurtrier dans le noir mais ouf la lumière revient, et personne ne tue personne,pour ce coup-là tout du moins.
L'enquête (du vieux flic) se poursuit, le jeune flic fougueux (ambitieux ? intéressé ?) lui colle aux basques, il voudrait enquêter aussi, d'abord le vieux dit niet,  mais comme heureusement, une nuit que le jeune a ramené le vieux chez lui, collé serré sur sa moto et que le jeune fils du vieux flic qui est somnambule a failli tuer père et mère avec l'arme de service de papa, mais que le jeune qui n'était pas reparti a entendu le coup de feu et s'est précipité chez son supérieur (qu'il s'obstine à appeler jefe) et a courageusement réussi à désarmer le bambin avec un caramel, et que, lui vouant donc une reconnaissance éternelle (c'est sa femme qui le lui a soufflé dit-il) il (le vieux) le fait nommer enquêteur plutôt que de continuer à faire le planton devant le bureau du juge...
Comme l'enquête se situe dans le milieu homosexuel (en Argentine on dit "mariposas" (papillons) pour pédés) et que le jeune est bien fait de sa personne et aime bien faire semblant d'être gay (il va en boîte, mais juste pour danser -avec des mecs torse-nu en sueur oui oui- , et il drague son supérieur dans la bagnole de service mais non il faisait juste semblant pour vérifier s'il était crédible et que son jefe d'ailleurs l'a trouvé très convaincant tss tss) il est donc chargé par le vieux d'infiltrer le milieu -il lui offre d'ailleurs un beau costume pour faire plus vrai, avec nouage de noeud de cravate langoureux les yeux dans les yeux- , pour démasquer celui qu'on soupçonne d'être l'assassin, un chanteur pas extrêmement viril -euphémisme- prénommé Kevin, qu'il est chargé de séduire, (ce qu'il réussit sans peine, il est mimi, le jeunot) lequel va lui apprendre l'usage du couteau à beurre et l'emmener au derby, mais ce n'est que le début...
Le commissaire principal se fait une ligne de coke en parlant au juge au téléphone, le juge donne au flic jefe une enveloppe pleine de biffetons de la part de la famille de la victime en lui demandant discrecion y celeridad, le flic en question a volé une cravate sur les lieux du crime, le médecin légiste fait la sieste comme un cadavre, le gérant de la boîte a des écrans de contrôle pour filmer ses clients -tous des notables de la ville- en train de baiser en slip sur des draps de soie, la fliquesse sexy roule une pelle au jeunot mais baise plus tard avec le vieux, et le grand n'importe-quoi continue...
A un moment, je suis quand même allé vérifier à la fin du film si ce que je supputais depuis le début allait bien se produire : le vieux flic et le jeune flic qui se roulent un patin de la mort comme des bêtes, et oui oui, ça se produit bien exactement comme je l'avais imaginé (craint ? espéré ? en plus, c'est justement la nuit où le jeune se marie, et même qu'il n'hésite pas à abandonner sa virginale épouse et tous les invités en pleine danse du balai endiablée pour suivre le vieux flic (qui est entré, l'a regardé et est ressorti) pour aller sur le champ (et sur le capot de la voiture) lui faire sa fête...
Ajoutez douze chevaux de course lâchés la nuit dans les rues de Buenos Aires (oooooh c'est là que je me suis dit "c'est grotesque"), un trafic de faux tableaux, un trafic de drogue (la cocaïne que sniffait le commissaire) dans les chevaux (ceux qui galopent dans les rues) un assassin qui n'en est pas un (qui tente d'ailleurs de s'enfuir à cheval dans les rues de Buenos Aires) et un qui n'a pas l'air d'en être un (mais bon le spectateur a presque tout de suite deviné) mais qui en est un pour de vrai, (ah le coup du je t'aime je te tue) et on finit par un match de polo ensoleillé (y a-t-il un message subliminal ?)
On hésite tout le temps entre se tenir les côtes de rire (et de délectation) ou se couvrir la tête de cendres en se flagellant, d'autant plus que la version du film livrée ici (vo argentine sous-titrée en français) a été semble-t-il sous-titrée à la tronçonneuse (traduction telle que des sous-titres anglais originaux, ce qui occasionne quelques perles du style :
"Je ne vous ai pas vu autour depuis un longtemps"
"Tu vas perdre ton bulot à cause de ce salaud"
"Comment suis-je censé d'investiguer ?"

et, la perle ultime (un échange) :
-Tu ferais bien de ne pas me balnaver...
-Quel douteur !

... ce qui en rajoute encore dans le plaisir au nième degré pris au visionnement de ce film... Quel plus beau cadeau de père noël cinéphile aurait-on pu rêver, hein ?

http://www.hacerselacritica.com/wp-content/uploads/2014/05/Muerteenbsas.jpg

(même l'affiche je trouve, a un petit air toc, faisandé - nième degré, non ?)

19 mars 2007

écoute

LA VIE DES AUTRES
de Florian Henckel von Donnersmarck

(pour rester dans la stricte continuité de mon post précédent...)

Oui oui je sais j'arrive après la bataille, tout le monde ou presque l'a déjà vu, en a dit tout le bien qu'il en pensait. J'aurais pu me singulariser en rédigeant un billet assassin, mais pas du tout, je ne peux donc qu'ajouter mon son de cloche (!) au concert de louanges !
C'est un film fort parce que c'est un film habile. La seule petite réserve que je pourrais émettre est qu'il me semble parfaitement improbable que tout ça puisse arriver (non, non, je ne vais pas m'ériger en négationniste de l'abominable STASI, je veux juste parler du changement du personnage principal, surtout quand il s'agit d'un salopard aussi glacé et inhumain que celui qui nous est décrit en pré-générique) mais justement c'est le propre du cinéma de pouvoir nous conter de belles histoires fortes et édifiantes, non ?
Notre ami HGW (Hauptmann Gerd Wiesler, incarné par Ulrich Mühe, admirable) -le salopard impassible du début à l'oeil bleu dont je viens de parler, est un agent de la STASI, nous sommes en RDA -joyeuse et joliette comme vous pouvez l'imaginer- au début des années 80, et le voilà chargé par un supérieur d'observer (micros, caméras, observation jour et nuit, le grand jeu...) un metteur en scène et sa compagne actrice, tous deux en apparence irréprochablement dans la ligne du parti, (mais va savoir, hein, comme dit un gros ministre répugnant "peut-être trop poli pour être honnête"), dans l'espoir donc de découvrir quelque chose -une affaire qui pourrait bien faire la leur -d'affaire- s'il s'avérait que cet écrivain n'était pas en réalité ce qu'il semble être (un "intellectuel" mou et veule à la botte du pouvoir).
Au début, il (HGW) va s'acquitter de sa tâche, comme d'hab' avec zèle et sans états d'âme, mais très vite, quelque chose va venir dévier cette rectitude administrative et déshumanisée. C'est ce quelque chose que j'ai un peu de mal à comprendre, à croire, à accepter. L'objet du flicage et de l'observation (mis à distance en tant que tel : jumelles, micros, nom de code, rapport dactylographié clinique) devient soudain un sujet d'intérêt, et, pire, un motif d'émotion(s). Comment cette machine à ficher, à enregistrer, à dénoncer, à interroger, à humilier,peut-elle soudain -et de façon incompréhensible- se mettre à changer, évoluer, se doter de (comment appelez-vous ça déjà ? ah oui...) une conscience ? Comme si un classeur à dossiers, métallique et gris, bref règlementaire, se mettait soudain à bourgeonner et à produire des fruits des fleurs des feuilles et des branches...
Comment débute cette germination ? A quel moment ? Quand son supérieur l'emmène au théâtre ? Quand il observe la comédienne avec ses jumelles ? Quand il la voit étreindre son mari dans les coulisses ? Ce qu'on pourrait croire au début simple désir physique pour cette comédienne superbe (alors que lui vit seul et n'a droit qu'aux étreintes tarifées des péripatéticiennes du parti) vire ensuite en fascination à l'égard de ce couple, ce qui va progressivement  lézarder ses certitudes, dans un fissurage dont je vous laisse le plaisir de découvrir les péripéties.
Est / ouest, observant / observé, dominant / dominé, à chacun sa dualité, à chacun ses clivages initiaux. Car il n'y a pas que HGW qui va changer. L'écrivain aussi. Et l'actrice. Chacun va évoluer (dans un sens que chaque autre pourrait juger bien ou mal, tout dépend du point de vue). Les relations vont se déformer, par un jeu mathématique de translation, tandis que s'enchevêtrent les notions d'engagement, de respect, d'honnêteté, voire de morale. Mais personne ne sortira de là indemne (dans tous les sens du terme).
J'aime beaucoup le mille-feuilles narratif de la fin. On a d'abord la fin de l'histoire qui nous concerne. Puis un "deux ans plus tard" (la chute du mur) et un "deux ans plus tard" de plus, et un troisième encore. Pour clore avec virtuosité et force cette belle histoire ("trop polie pour être honnête" ?, -comme disait le gros ministre répugnant dont j'ai déjà parlé, qui est d'ailleurs l'instigateur, le provocateur de tout ce remue-ménage, et le seul d'ailleurs qui réussit à passer au travers des mailles du filet de l'Histoire (et de l'histoire aussi) intact, sans y laisser une plume- non non je plaisante, je me fais juste l'avocat du diable).
C'est édifiant, c'est émouvant, c'est romanesque (dans tous les sens du terme), c'est... diablement efficace.

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10 mars 2007

tournage

INLAND EMPIRE
de David Lynch

Il y a une actrice / il y a des polonais / il y a des putes / il y a un tournevis / il y a une famille de lapins / il y a un décor de cinéma / il y a un psy / il y a un studio de cinéma / il y a une salle de cinéma / il y a une jeune fille qui regarde la télé en pleurant / il y a une rue enneigée / il y a Hollywood Bvd / il y a des voisins polonais / il y a un bellâtre / il y a un mari jaloux / il y a un flingue / il y a des portes / il y a des portes portes ouvertes portes fermées / il ya un disque de gramophone avec une aiguille qui gratte en noir et blanc / il y a un salon / il y a un autre salon / il y a des changements d'éclairage signifiants / il y a des lampes qui grillent / il y a deux tasses de café à moitié remplies / il y a une vieille voisine polonaise qui vient rendre une viste de courtoisie / il y a une mini chorégraphie sur Locomotion / il y a des claquement de doigts / il y a trois (faux) homeless / il y a un coup de tournevis / il y a des bilocations / il y a des coups de téléphone / il y a des rires enregistrés / il y a des corridors obscurs / il y a un monsieur qui scie / il y a une (des) femme(s) qui se fait (font) cogner et tombe(nt) à terre / il y a des canapés / il y a des escaliers aussi sombres que les corridors / il y a des visages déformés par le grand angle / il y a une dame qui crache du sang / il y a une dame qui s'appelle parfois Nikki et parfois Sue (ou Suzanne) / il y a une rumeur hollywoodienne concernant un film maudit / il y a des lendemains bleus / il y a un remake / il y a des bruits / il y a des éclats, sonores ou visuels ou les deux / il y a des chansons des années cinquante / il y a un film dans le film / il y a des confusions temporelles / il y a des choses qui disparaissent hop! comme ça /il y a des visages en très gros plan, avec la sueur qui coule / il y a des fenêtres par lesquelles on ne voit pas toujours la même chose /  il y a un générique de fin qui est un petit film à lui tout seul, mais à part / il y a une musique sublime, un peu avant la fin / il y a des portes qui ne s'ouvrent pas toujours sur la même chose / il y a Laura Dern / il y a Laura Dern /  il y a l'INLAND EMPIRE

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(et -plop!- le dernier lecteur (ou la dernière lectrice) de ce blog vient de se volatiliser dans le néant. au secours je suis seul dans l'espace intersidéral ! je sais bien que je n'aurais pas du publier ce nième post ciné, mais c'est plus fort que moi, il FALLAIT QUE JE LE FASSE! -pourquoi donc me mets-je à hurler comme ça ? - en tout cas vous je sais pas, mais moi, INLAND EMPIRE, faut que j'y retourne, et vite...)

pour plus d'infos (?) vous pouvez allez voir (c'est étrange, c'est la première fois que je vois un blog qui met un lien vers lui-même...)

et , voici quelqu'un qui se lance carrément dans son explication du film... pas mal joué, je trouve!

8 mars 2007

ariège

LES TEMOINS
d'André Téchiné

D'aussi loin que je me souvienne (mais je peux me tromper) c'est la première fois que, en voyant un film, je m'identifie à Michel Blanc. Oui, comme je vous le dis. Dans ce film-là, précisément. Non pas que les autres personnages ne le méritent pas (je les aime tous, TOUS!) mais, bon, le pédé cinquantenaire amoureux transi d'un petit jeune, (qui veut bien lui confier son blouson à surveiller pendant qu'il va tirer un coup dans les buissons) le pédé qui se contente de peu et a la gentillesse de ne pas en demander davantage, le pédé qui vit "plus du côté de la mort que de celui de la vie", comment voulez-vous que je fasse autrement que d'avoir pour lui une certaine tendresse et de m'y identifier grave ?

Comme je viens de le dire,  les personnages sont forts, mais parce que tous les acteurs qui les incarnent  sont -déjà d'habitude excellents- mais là carrément en état de grâce (comme dirait Téléramuche.) Mention spéciale aux filles : Emmanuelle Béart, d'une grâce à couper le souffle et Julie Depardieu, de plus en plus tchékhovienne, mais la mâlitude n'est pas en reste : Michel Blanc en tête, qui  nous la joue sobrissime, sans tomber toutefois dans la glaciation de Monsieur Hire, Johan Libéreau, tout frais sorti de ses Douches froides (de torride mémoire) compose un Manu dans la lignée du personnage de Manuel Blanc (qu'est-il donc devenu ?) dans J'embrasse pas (comme lui, il vient d'ariège, ce qui me touche spécialement puisque -cocorico! j'en suis aussi!-), mais en plus souriant, en plus désinvolte, et, je crois bien que j'ai gardé le meilleur pour la fin, Sami Bouajila qui ici justifie -et même transcende- tout l'extrême bien que je pensais de lui (depuis, notamment Drôle de Félix). Ce mec-là, il est grand!

Tous sont d'une justesse extrême. Comme le film d'ailleurs. Cette chronique amoureuse et sociale des "premiers temps du sida" a le bon goût de rester digne (pas donc ici de danse au ralenti avec la perfusion sur fond d'opéra à la Philadelphia, désolé de vous décevoir les copines...), même si, justement, la partie du film qui traite de la maladie (très cliniquement, il y a l'avant, le pendant, et l'après) est peut-être -à mon goût- la moins forte, disons plutôt la plus fragile. Soleil, pluie, soleil. Vie, mort, et vie.

Un vieux pédé, un jeune pédé, sa soeur, un bisexuel, et sa femme sont les cinq figures de proue de ce periple affectif, figures qui vont se croiser, se parler, s'aimer, se fuir, se chercher, se trouver. Se perdre aussi parfois. (Il y a même, -clin d'oeil à Barocco ? - un bébé qui reste longtemps sans prénom). Le médecin, le flic, sa femme et son amant (pour paraphraser vaguement mon ami Greenaway), ou encore  Manu, Mehdi, Adrien, Sarah, Julie, et les autres, pour clind'oeiller l'ami Sautet. Je reste exprès dans le champ des références cinématographiques extérieures, car, tel quel, le film -mais j'avais décidé d'être attentif à cet angle d'attaque-là- me semble chargé de références internes et de clins d'oeil à la filmo de Téchiné (mais peut-être sur ce coup-là me trompe-je)

Je n'ai aucune envie de vous raconter l'histoire (mais les sons de cloche des média vous auront peut-être déjà filé le bourdon à ce sujet), sachez juste que, comme je l'ai déjà dit, j'ai vraiment trouvé la première partie, solaire, sublime (heureusement qu'on était que trois, disséminés dans la salle -c'était la première séance- parce qu'il y a vraiment des moments où j'étais tétanisé d'émotion...) Sans pouvoir critiquer vraiment la seconde, je ne sais pas mais  peut-être que cette apparition / évolution de la maladie (à la fois sur le plan personnel et sur le plan public) n'est pas facile à exposer ; disons qu'elle est moins confortable, plus documentaire, parce que justement c'est difficile de réagir quand ça vous arrive, ou quand on a peur que ça ait pu vous arriver. Manu est un genre de comète qui va venir perturber un sytème solaire pré-établi (le mari, la femme, l'ami) et bousculer sa belle ordonnance un peu convenue. La vie, quoi.

Ce qui est très bien, c'est, comme souvent chez Téchiné, les petites histoires annexes (inutile de le dire : les personnages dits secondaires sont tout aussi excellents que les principaux) et cette façon de dire des choses très justes (sur le sida, la drague, l'amour, la sexualité, le vieillissement, l'homosexualité) ou plutôt de les faire dire, ces choses très justes, aux personnages, qu'elles soient prononcées, écrites, enregistrées, ou même chantées. Car on chante pas mal dans ce film. Et Philippe Sarde nous a musiqué ça (j'ai scruté le générique mais je n'y ai rien vu d'autre) avec une partition qui évoque furieusement -si ce n'est pas lui- le Philip Glass de The Hours (autre film que j'adore) autant dire si j'étais bien! Il me semble bien que c'est un de mes Téchiné préférés, juste à côté des Roseaux Sauvages...

La seule petite réserve que je pourrais émettre concerne le -relativement happy-end. A vouloir ainsi que chaque personnage trouve forcément un genre de bonheur m'a semblé un peu deux ex machina, mais, en y pensant, ça sert peut-être juste uniquement à nous prouver qu'on est bien au cinéma, et que même si ça ressemble à la vie, ça n'est pas du tout la vraie vie.
Quoique (...)

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(et aussi -à propos de réserve, mais là j'encule un peu les mouches, cette scène où les favoris de sami b. ont soudain changé de forme...-)

7 mars 2007

aphides

BUG
de William Friedkin

Mes amis Hervé et Dominique, qui l'avaient vu à Cannes, m'avaient prévenu : "C'est glauque." Je savais donc à quoi m'en tenir. Mais pas tant que ça... (ventre toujours un peu noué après coup)

Niveau 1 : La caméra subjective (mais l'oeil de qui ?) survole un motel pourri et s'en rapproche. Ambiance Oklahoma profond, climatiseur en panne, bourbon, clopes, lignes de coke, pour Agnes (Ashley Judd), une nana un peu paumée (après une tragédie personnelle) qui vit là. Sa collègue et amie, une serveuse lesbienne tatouée, lui ramène un soir  Peter (Michael Shannon), un mec un peu strange et sybillin au premier abord. Plutôt gentil, un peu paumé aussi : il voit des insectes (bugs) que personne d'autre ne voit. Le voilà qui s'installe avec Agnes. Copains!

Niveau  2 : Voilà le nid d'amour de nos tourtereaux redécoré avec force attrape-mouches et autres pièges et bombes anti-bugs. On n'a toujours pas vu  les bestioles en question, mais on on ne parle plus que de ça. Agnes, visiblement, est rentrée dans le jeu, le récit monte en pression, nos héros prennent de plus en plus les choses à coeur. Il est question de complot gouvernemental, d'expérimentations secrètes, d'insectes mutants qui pondent leurs oeufs sous la peau et qu'il faut exciser. Le ventilateur fait un bruit d'hélicoptères. On se scarifie (sacrifie ?) donc, on s'arrache quelques dents.

Niveau 3 : La chambre de môtel s'est transformée en décor de cheap science-fiction  avec du papier aluminium partout, et la lumière bleue froide des lampes anti-mouches.Ce qui se passe à l'extérieur devient presque abstrait. L'escalade du récit se poursuit, ça devient de plus en plus éprouvant (mais ce n'est pas du tout gore, juste délirant, au sens strict), on s'enfonce avec véhémence dans la paranoïa, pendant que,le récit continue son ascension fulgurante, et finit en apothéose, d'abord verbale puis calorifère. The end

Pervers, malsain, manipulateur, outrancier, comme d'habitude le travail de William Friedkin dérange, démange (c'est bien le moins qu'on puisse dire), déstabilise, divise,  (on pourrait en trouver encore pas mal d'autres dans le genre), mais ce qui est sûr et certain c'est qu'il y a là un évident et sacré beau travail de mise en scène, au service d'une histoire qu'on pourra trouver, au choix, invraisemblable, inquiétante, répugnante, oppressante, ridicule, ça dépend de l'humeur et de la sensibilité... Moi qui suis une petite chose fragile, j'avoue que j'en suis sorti assez partagé. Admiratif devant la technique, le savoir faire, mais un peu plus dubitatif (en retrait) quant au récit lui-même.
Ce récit est pour moi comme une fusée dont on serait passager : il s'agit s'abord de quitter l'attraction terrestre (1), puis de larguer le premier étage (2), avant, au terme d'une ultime et terrifiante poussée , d'une dépense d'énergie colossale, de larguer le dernier étage et d'exploser pyrotechniquement (3) .
Pour nous emmener où ? Bonne question...

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(j'ai préféré mettre l'affiche américaine, graphiquement plus forte et surtout beaucoup plus juste que l'affiche française qui est à mon avis un contresens complet...)

17 février 2007

rafistolage (vrac)

Je ne vais pas parler de cinéma ouzbek, ni de musiques lithuaniennes, ni de romanciers kazakhs, je vais parler d'amûr. non, pas vraiment, plutôt d'émoi(s). Oui oui je sais ça faisait longtemps que je me retenais, hein ? Z'inquiétez, je serai bref.
Juste des histoires de mecs comme d'hab qui m'ont fait tout chose chavirer languir and tutti quanti. Le dernier dont j'ai parlé (il ya looooongtemps) c'était ***. J'avais décidé que je n'en parlerais plus, et il m'a bien aidé dans ce sens, d'ailleurs. On se salue, on se parle, même des fois on sourit, mais on reste à distance. Et moi donc, avec un petit zeste de déception (oui oui je dois être un peu maso) je constatais que je n'en souffrais pas trop, voire même quasiment pas du tout. Hop, guéri, comme un grand ?Bizarrement, ce qui m'a conforté dans cette attitude, c'est la semaine à Clermont, quand je me suis rappelé dans quel(s) état(s) j'avais pu me mettre l'an dernier en attendant qu'il appelle, qu'il essèmesse, qu'il me dise s'il venait ou pas. Que de l'attente fébrile à surveiller le téléphone et lui crier sonne imbécile! Alors que là j'étais zen. Par comparaison. J'attendais rien.

Surtout quand j'ai croisé certain barbichu rigolard et bouclé le lundi matin devant la machine à café, et qu'après s'être croisés plusieurs fois dans la journée (et que j'ai un peu forcé le destin à la dernière séance) on a fini le soir en fumant un pétard sur le balcon. En tout bien tout honneur. Il avait un prénom impossible  -ça vient du berbère- (le premier jour je n'arrivais pas à me souvenir de son visage, et le deuxième je n'arrivais pas à mémoriser son prénom.) Il avait vraiment une tête et un sourire comme j'aime. Mais je réalisais qu'aussi sec je démarrais sur les chapeaux de roues. Les questions, les messages, les indices, les inquiétudes.C'est pas possible, comme ça, de remettre les pieds toujours dans les mêmes ornières. Ca doit être inscrit dans les gênes. Heureusement je n'aurai eu à me déchirer qu'un jour et demi, puisqu'il est très vite reparti dans son sud-ouest... On s'est connu le lundi, on ne s'est pas vu le mardi, et il est parti le mercredi...

De retour chez moi, voilà que j'ai croisé un soir sur yahoo un jeune homme (à nouveau avec un prénom impossible!) qui disait souhaiter me connaître davantage. A l'écran je lui donnais une petite trentaine (j'ai toujours énormément de mal à donner un âge aux gens) il s'est avéré qu'il en avait 23! et quand je lui ai dit le mien, il a répondu en rigolant "C'est l'âge de mon père" Arghhh... mais bon ça ne nous a pas empêché de faire plus ample connaissance (c'est ce soir-là que j'ai appris le mot wasted)

Et voilà qu'hier soir (retour en quelque sorte à la case départ), j'apprends, par un malheureux  concours de circonstances, que *** a effacé mon numéro de la mémoire de son portable, et ça me fait quelque chose la déception qui m'envahit alors me fait me dire que finalement je ne suis pas si rafistolé que ça...
Mais en y réfléchissant un peu je me dis que finalement j'aurais réagi de la même façon avec n'importe qui d'autre (de mes connaissances, j'entends.) Donc l'affaire est close, et disons que ça a le mérite d'être clair.


Alors ? A nouveau prêt dirons-nous, tel le vaillant petit tailleur, en route vers de nouvelles aventures...

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11 janvier 2007

feignasse

THE FOUNTAIN
de Darren Aronofsky

Oui j'ai voulu voir par moi même. Vérifier. Séance de seize heures, j'étais seul dans la salle (ça devient une habitude) et j'ai vu de mes yeux vu, et je confirme. C'est raté. Il y a de très belles choses, d'autres très grotesques. Des complications de narration gratuites. Et une v.f (eh oui!) encore plus calamiteuse que ne l'est la prestation de l'acteur principal selon un critique dont je n'ai pu retrouver la trace mais je l'ai lu c'est sûr (oui je sais c'est lâche de ne pas citer les sources, mais là je ne fais pas exprès. Mieux vaut revoir Pi, du même (Requiem for a dream, ça serait un peu au-dessus de mes forces.) J'ai bien aimé la musique (Kronos Quartet Mogwai et Clint Mansell!)

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BLACK BOOK
de Paul Verhoeven

Bizarrement, l'opus suivant m'a mis plutôt de bonne humeur (celui dont je parle actuellement, le deuxième film, quoi -à la séance de 20h- oui oui j'ai pris le temps de manger). Une grosse tranche (2h25) de gâteau hollandais. Ca se mange sans faim, et ça se suit même sans appétit... (pourquoi tant de métaphores culinaires ? aurais-je encore faim ?) C'est basé sur une histoire vraie (c'est le générique qui le dit) et comme l'héroïne raconte son histoire en un géant flache-baque, on sait au moins dès le début qu'elle -ouf!- s'en sortira. La reconstitution est minutieuse. Tout y est : les résistants (les purs, les durs, les sûrs, les jeunes et les mûrs), les officers nazis (les méchants et les un peu gentils), les juifs,  les passeurs, les attentats, les agents-doubles, voire triples, les collabos, les camarades, les vrais et les faux traîtres, les très méchants déguisés en très gentils... Du lard ou du cochon ? On se tâte. Mais on reste toujours dans le spectacle, avec un petit côté pas désagréable "Tintine fait de la résistance" ou "Indianette Jones meets The Third Reich". Oui, se regarde avec plaisir (Il y aurait me semble-t-il pourtant une certaine distance ironique, non ?). Des scènes fortes qui restent longtemps après (celle du corbillard, par exemple)

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26 novembre 2006

tendu

POUR ALLER AU CIEL IL FAUT MOURIR
de Djamshed Usmonov

Le titre est beau. Un film tadjik (pour rester fidèle à ma réputation... ), vu il ya quelques jours déjà mais que voulez-vous, comme dirait mon amie Joseline, je suis tellement speed  je n'ai pas eu le temps. Troisième film du réalisateur, après le très réussi L'ange de l'épaule droite (le ciel, l'ange... notre homme serait-il un obsédé fervent de la rédemption catholique ? Pas du tout. Du tout du tout.)

Au début du film, Kamal, notre (jeune) héros (il est joué par le cousin du réalisateur), se déshabille tout entier (oui oui c'est un FAQV) pour une consultation médicale. Il a un souci : il ne peut pas faire l'amour avec sa neuve et fraîche épouse, car il reste désespérément soft. Comme dans la (vieille) pub Vitt*l : "J'me sens tout mou, mou si mou..." A la fin du film, le même, de dos, s'affaire, et, s'il pourrait être nu - pas pour la même raison qu'au début du film-, il a pourtant gardé son calbute, et c'est là qu'enfin le Tadjik, y s'tend (hihi). Alleluia!

Entre les deux, il aura dû, sur les conseils de son docteur (qui lui a conseillé de s'entraîner avec une dame plus expérimentée), prendre le train pour aller en ville, rencontrer des dames, des demoiselles, des tarifées et des platoniques, des jeunes et des vieilles, mais sans que son colimaçon daigne lever le bout du nez (comme lui dit son copain " Mais p'têtre que t'es pédé, je peux te trouver un mec, si tu veux..." Mais non Kamal n'est pas pédé. Il a juste un peu de mal à se lancer.)

Film d'apprentissage, donc, où comment, par un tas de rencontres successives et de paliers idem, Kamal  va faire sauter les verrous et  passer du stade de jeune homme bouillant mais puceau à celui de vrai papa enfin en possession de tous ses moyens. Le film est comme son personnage principal : pas souriant mais pourtant jamais désespéré. Volontaire mais pas bavard. Film sans gras, un peu dans la veine finlandaise et flippée mais bon faut bien vivre de notre ami Kaurismaki, (chroniqué récemment dans ces colonnes comme on dit), sauf qu'ici le décor est encore plus moche et désespérant, et qu'il faut vraiment se coltiner un sacré paquet de gadoue  pour y trouver une pépite d'espoir. Les acteurs ont des gueules (peut-être un peu) moins tourmentées que celles de leurs homologues finlandais, mais purée ils ne doivent rire que quand ils se coincent le nez dans un tiroir, c'est à dire assez exceptionnellement.

Chronique qu'on pourrait presque penser en noir et blanc, le noir et blanc des choses simples, ordinaires, de l'incertitude, des alternatives, de l'adolescence qui se termine, du béton et du ciel vide, des bagnoles pourries et des gens fatigués. Pour la première fois, le réalisateur (à l'image de son personnage) a quitté le village où il tourne habituellement pour s'en aller filmer à la ville voisine. Il ne speede pas, il prend son temps (trop peut-être, surtout au début ou les choses s'étirent un peu pour se mettre en place.) Avec un esprit de simplicité et de rigueur qui le rapproche de Kaurismaki, certes, (c'est comment dire, en même temps plus simple -dans la façon de raconter- et aussi élaboré -dans la manière de filmer-) grâce à une qualité de regard (la scène où Kamal, attendant sa "dulcinée", est confronté à des bus et des bus entiers de femmes, au milieu desquelles il marche à contresens, est une vraie merveille), une identité de cinéaste d'ores et déjà forte, une singularité qui pourra désormais lui servir de signature.

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22 novembre 2006

qui c'est ce bob...

ROBERT ALTMAN

Il est mort, Bob. Il avait quatre-vingt ans. Dommage, on ne pourra jamais voir son ShortCuts 2, qui paraît-il était en chantier, tandis que sort chez nous son dernier film, titré en français (!) The Last Show (en référence à The last waltz ? ) à la place de A Prairie Home Companion, moins connoté il est vrai.
Bob et moi, c'est une longue histoire qui a commencé 1976 (à Bruxelles!) avec Trois femmes, vu et revu alors plusieurs fois ("une femme devient deux, deux femmes deviennent trois, trois femmes deviennent une") et qui restera indéfectiblement un de mes films de chevet, avec d'autres, découverts aussi à cette époque et qui m'ont donné la passion du cinéma : L'ami américain, Cria Cuervos, Barocco...), et qui m'a suffisamment touché pour que je m'intéresse de près à cet homme , je suis donc allé voir ses films suivants (et précédents), même au moment où ceux-ci sortaient un peu à la sauvette chez nous (et qu'il m'a parfois fallu aller jusqu'à Paris pour voir, par exemple, Streamers ou Reviens Jimmy Dean reviens).
Il en a réalisé, beaucoup, et comme dans toute production, il ya du bon et du moins bon, mais en tout cas c'est vraiment quelqu'un qui me tenait à coeur.

En vérifiant sa filmo sur allociné, je me rends compte que finalement je n'en ai pas vu tant que ça.
Petit classement perso :

*****
Short Cuts (1994) (les histoires de Carver, et la méga-belle distribution...)
Trois femmes (1977) (Sissy Spacek, Shelley Duvall, inoubliables...)

****
Streamers (1984) (la plus formidable envie de pisser de toute ma vie...)
Un mariage (1978) (la mariée a un appareil dentaire, le marié est sous la douche avec le garçon d'honneur)

***
Gosford park (2002) (? une chasse à courre ?)
Cookie's Fortune (1999) (Glenn Close et son Saladier)
The Player (1992) (le come-back...et Tim Robbins!)
Reviens, Jimmy Dean, reviens (1982) (une histoire de transexuel, peut-être avec Karen Black, non ?...)
Popeye (1981) (Shelley Duvall en olive : le rôle de sa vie...)
Quintet (1979) (de la s-f neigeuse et glacée, avec Vittorio Gasman)
Le Privé (1973) (Elliot Gould a du mal à nourrir son chat)
Images (1972) (Susannah York , Bozzufi en fantôme, et la ponctuation émotionnelle des tintinabulis...)
Mash (1970) ("Lèvres de feu")

**
The Gingerbread Man (1998)
Prêt-à-porter (1995)

Pas vus (et pourtant...)
Company (2004)
Docteur T et les femmes (2002)
Kansas City (1996)
Vincent et Théo (1991)
Beyond Therapy (1987)
Health (1980)
Buffalo Bill et les Indiens (1976)
Nous sommes tous des voleurs (1974)
John Mc Cabe (1971)
Brewster Mc Cloud (1970)

 

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Bye-bye, Bob!

16 novembre 2006

moustache

BORAT
de Larry Charles

Bonjour je, c'être la très étonnant chose que dans la cinéma bôô quand je vois cette film du personne qu'elle parle dans ma répondeur du message de la sonore bip que d'habitude dedans elle reste et je vois le alors dans cette film qu'il est comme ça sa visage de moustache de je ne connaissais pas le, oui très étonnant chose qu'il sort de ma répondeur je il parle dans l'image.

(finalement c'est mieux à dire sur le répondeur qu'à écrire ici, et je crains -de cheval- que le pauvre lectorat qui subsiste ici ne s'enfuie épouvanté, mais je le répète ça fait drôle, ceux qui me connaissent comprendront)

J'ai donc vu Borat, dont on nous rebattait un peu les oreilles depuis quelques temps, et j'en sors perplexe un peu je (oups excusez-moi voilà que ça me reprend) Qui donc m'a vendu ça comme le film le plus drôle de l'année ? Faudrait pas pousser tout de même. Bon, c'est sûr, le fait que je l'ai vu
1) en VF
2) dans une salle où j'étais tout seul (voui voui, à la séance de 18h!)
n'arrange pas vraiment les choses.

Résumons. Borat se présente comme un journaliste du Kazakhstan, qui part aux Etats-Unis avec son (gros)producteur pour faire un reportage culturel. il va donc en explorer les aspects les plus divers, jouer au con (avec un naturel ahurissant) dans un maximum de situations, trouver l'amour sur papier glacé, en la personne de Pamela Anderson (j'ai essayé d'ajouter un qualificatif mais je n'y arrive pas), avant de rentrer maison dans glorieuse nation Kazakh.Mais Borat c'est d'abord un personnage créé pour la télévision anglaise par l'acteur principal, Sacha Baron Cohen. Borat donc sorti télévison et rentré dans cinéma. Et c'est toujours un peu difficile de changer de format (de standard ?)

Il y a des choses très drôles, des choses très grinçantes, d'autres très noires, des qui font grincer des dents, d'autres qui tombent à plat, mais, d'une façon générale, ça décape (oui, pour décaper, ça décape). C'est trash, foutraque, allumé, déjanté, politiquement incorrect (quand ça dégomme les zétazunis à ce point, ça ne peut pas être vraiment mauvais...) Mais, comment dire c'est en même temps drôle et pas drôle. Oui mais non.
Un drôle de machin, donc (j'ai presque envie d'y retourner pour vérifier que la VO est encore plus) Une chose est certaine, il faudra en acquérir la bande-son (un sacré joyeux bordel, aussi, où on peut reconnaître, entre autres, des extraits de la bande-son du Temps des Gitans (voix d'enfants et choeurs angéliques chaque fois que Borat pense à sa fiancée américaine, Pamelachounette)

Presque tout y passe : les rodéos, les évangélistes, les femmes, les juifs, les pédés, les étudiants, les cailleras, les grosses bagnoles, les cours de bonnes manières, les leçons d'humour, les armes en vente libre... Parfois un petit zeste de Michael Moore chez ce cousin de l'humour potache à la Canal (façon Groland) ou Mtv (style Jackass light), chez ce lointain arrière-petit-fils de Desproges.

C'est tricoté assez lâche, (un peu comme le slip de Borat), filmé assez par-dessous la jambe (Comme dans C'est arrivé près de chez vous, il y a un caméraman qui est est censé accompagné Borat et le filmer partout, il est pris à parti verbalement plusieurs fois par les acteurs, mais le reste du temps n'existe pas en tant que personnage, c'est dommage et c'est un peu gênant pour -comme diraient les Cahiais ou Pozitif- le dispositif fictionnel.) De même, on ne sait jamais où on en est vraiment, si c'est de la reconstitution poilante, du vrai-faux reportage, du faux-vrai documentaire, de l'authentique foutage de gueule (de qui, d'ailleurs ? des Ricains, c'est sûr, et c'est un bon point. Mais des personnages filmés, c'est un peu plus gênant, et des spectateurs, ça serait encore plus désagréable) ou du simple fendage (de gueule, voir plus haut avant la parenthèse). Bon, je reconnais, il y a des trucs qui m'ont vraiment fait hurler de rire, et d'utres moins, quoi.

D'ailleurs, s'il est si politically incorrect que ça, pourquoi donc se cache-t-il la zigounette lors de ce long match de catch à poil avec son copain qui doit peser deux cent kilos ?  De le voir se battre comme ça, avec un genre de salami noir qui se balade sur son anatomie, pour cacher cette teub que je ne saurais voir, ça gâche un peu le plaisir (quand il court de dos on a un peu l'impression de voir un castor ou un raton-laveur) Un vrai timide ou un faux pudique ? En tout cas, le film aurait pu aller jusqu'au bout dans sa volonté de ne "rien nous cacher." Dommage...

(le lendemain matin) Bon j'ai l'air de ronchonner comme ça, mais réflexion faite, il vaut mieux ce drôle de machin bizarrement fichu, de traviole et qui se barre un peu dans tous les sens qu'une fadasserie ambiante lisse et inodore. Merci je de tu aimer mon film (Y aura-t-il un Borat 2 le retour ?)  Et le générique de fin est un pur bijou.

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7 novembre 2006

ministère (et boule de gomme)

JARDINS EN AUTOMNE
d'Otar Iosseliani

Comme promis, donc, j'y reviens. J'y étais allé, je le redis, en traînant un peu la patte. Le précédent film du Monsieur m'avait passablement ennuyé, agacé, je ne sais plus en tout cas j'étais sorti déçu. Là, pourtant, même si les données restent grosse modo les mêmes, voilà que j'en suis sorti ravi. Pourquoi donc ? Mystère

L'histoire : un ministre, doté d'une épouse frivole, apprend qu'il est révoqué. Il quitte donc les lieux, sa femme le quitte aussi, il va voir sa mère, ses maîtresses, il boit des canons, se saoule avec ses potes (ce film fait du proséthylisme!) Son appart est squatté par des blacks, son successeur leur envoie un huissier. Il va un peu sous les ponts (...) Il fait un peu de roller, le poirier aussi, de temps en temps pour se détendre. A la fin, il rencontre celui qui lui a succédé, et vient à son tour d'être limogé. Il y a aussi un guépard, un toucan, des sangliers, une statue d'Aphrodite (?), des popes à lunettes noires en vélo, un cafetier collectionneur de figurines automates, un pope débraillé qui danse, un fabricant de cerceuils diplomate...

Ce cinéma-là est un cinéma à part (à part entière aussi d'ailleurs). Un univers comme rafistolé, fait de bouts de ficelle (et de marabouts aussi, à l'occasion), de bric-à-brac, de bribes d'histoires, de morceaux de personnages. Un petit côté Gaston Chaissac, tiens, pour l'aspect (en apparence) naïf, candide, simple(t) , pour les trognes aussi, un peu de guingois des fois, remarquables tout le temps, et pour l'aspect de l'ensemble un peu récupération papiers collés, ou, comment, à partir d'un matériau pluôt fruste, réussir à mettre sur pied une représentation aussi personnelle que néanmoins élaborée.

Ce cinéma-là est à côté. Un cinéma sans obligations, sans séduction formatée assistée par ordinateur, il ne vous demande rien, et pourtant, généreux, il donne tout. il existe parfaitement sans vous, en-dehors de vous, tel un petit iceberg : ce qui est sur l'écran c'est juste l'apparence, la partie émergée, ce que Iosseliani veut bien nous montrer. Comme ces images qu'on pourrait voler en passant, à la volée, quand on se promène un peu au hasard, le long des maisons et des volets entrouverts où l'on entrevoit des bribes de vies des gens, chacun avec sa/leurs petite(s) histoire(s) entrecroisée(s).

Ce cinéma-là est terrien, terrestre, humain, mais dans le même temps rêveur, tête-en-l'air, lunaire (on ne peut pas s'empêcher d'évoquer Tati) , oui, à contrepied du tout-venant, pronant l'humanité comme valeur de base, pour parer soudain ce ministre geai (quoiqu'on en ait connu -et c'est souvent- des plus grisâtres, des plus tristos, des plus méchants) des plumes du paon de l'hédonisme, du je prends mon temps, du ah la belle vie, du prenons notre plaisir où il se trouve, du pour moi la vie va commencer... Gentiment, tendrement anar, entre Le droit à la paresse et Le fantôme de la liberté.

Séduisant, sans conteste. Aussi surprenant, drôle, décalé (je n'aime pas trop ce mot) que le personnage de la mère du ministre, incarnée par un Michel Piccoli en grande forme (et grande jupe aussi), seul acteur re/connu  (avec Iosseliani lui-même, dans un rôle de peintre qui ne suce pas que de la glace) au sein d'une distribution aussi cabossée que mémorable ; bref, tout simplement, tout ça fait un bien fou, encore mieux qu'un ouikinde de thalasso : on sort de là dénoué, décontracturé, léger... heureux, quoi!

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l'avis de zvezdo

5 novembre 2006

oui

PRETE MOI TA MAIN
d'Eric Lartigau

Délicieux! Une petite gourmandise sucrée pour finir les vacances en douceur (smiley qui éclate en sanglots). Alors, au fait, vous voyez bien que je ne vais pas voir que des films moldaves en noir et blanc et sans sous-titres, à trois copies/France, hein ? L'autre soir, la grande salle du bôôô cinéma, elle  était pratiquement pleine...

Ce qu'on appelle une comédie romantique.  Et le film remplit parfaitement son double rôle : on rit souvent (comique de situations, de dialogues, de personnages...) sans que ça soit jamais ni trop lourd ni trop gras, tout en sachant parfaitement depuis le début comment tout ça va (bien) finir. Chabat chabate à la perfection, entre Gazon maudit et La science des rêves, Charlotte Gainsbourg est mimi délicieuse et tout et tout avec ses jambes de faon (c'est Paul Guimard qui l'écrivait, il y a longtemps, à propos de Françoise Hardy) et son sourire craquant, Bernadette Lafont nous la joue à donf Super Mamy (serait-elle notre nouvelle Denise Grey ? non non ne me frappez pas, je plaisantais...), pour une heure et demie de film "du vendredi soir" comme on les aime (oui oui ça fait du bien de rire et sourire, et même -oui oui à la fin je l'avoue j'ai fait mon midinet grave- de verser sa petite larme, quand la Pretty Charlotte roule enfin à Chabatounet le patin  maison qu'on attendait depuis un certain temps) légère, facile, facilement oubliable certes aussi peut-être, mais vraiment impeccable...
Les critiques qui disent que Charlotte est -enfin- à contre-emploi exagèrent un peu me semble-t-il. C'est pas parce qu'on l'entend prononcer des phrases comme "Je vais faire caca" ou "faut que j'aille me faire raser la chatte" qu'elle a soudain viré Mathilde S. ou Clara M., rassurez-vous. C'est toujours la même jolie voisine que dans le film de Gondry. Elle est, ma foi, toujours aussi gracieuse et émouvante. Et même si l'idylle avec Chabat (et son gros pif) est vaguement improbable, et bien on accepte, on joue le jeu, on  marche (ou on fait semblant de marcher) et on est content à la fin!
Voilà, tout est bien qui...

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3 novembre 2006

à paris

UN CAMION EN REPARATION
d'Arnaud Simon
ETOILE VIOLETTE
d'Axelle Ropert
(MK2 Beaubourg)

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J'avais envie de voir le premier, pour cette phrase lue dans le dossier de presse "Je voudrais être un camion en réparation, au moins, on s'occupe de toi...". Une rencontre estivale entre deux mecs, un jeune et un un peu plus âgé.Un peu plus de quarante minutes, une histoire comme la vie. Ni plus ni moins, Eugène et Pierre, l'étudiant et le jardinier, je t'aime moi non plus, et les vacances finissent. Très bien.
Je n'ai pas aimé le deuxième, l'histoire d'un tailleur qui va a des cours du soir de littérature, où l'on rejoue la vie de Jean-Jacques Rousseau. Rien à en sauver. C'est comme la veste que rapporte à Simon une de ses clientes : "le tissu est bon marché, c'est monté n'importe comment et cousu (de fil blanc) en dépit du bon sens".Quarante et quelques minutes qui durent des plombes. Dur dur! (n'en déplaise à mon ami hervé)

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MALA NOCHE
de Gus Van Sant
(MK2 Beaubourg)
Vu le même après-midi (et dans la même salle), puisqu'il ne passe plus que dans quelques malheureuses salles. Le premier film de Gus Van Sant (1985), invisible chez nous. Il y a quelque chose de fascinant dans ce noir et blanc très noir (l'image est souvent comme consumée tellement elle est sombre) au débraillé un peu punk un peu arty entre le no future et le je t'aime moi non plus. Un pédé tombe amoureux d'un jeune latino. Road-movie sans road, love story sans vraiment de love. Une pépite. ("incandescente" diraient les Cahiais ou Téléramuche) Paradoxalement, peut-être le film le plus sincère de notre ami GusGus. J'ai adoré le générique de fin (filmé en couleurs, genre on rigole et on fait les cons pour notre pote qui filme. Un régal)

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NE LE DIS A PERSONNE
de Guillaume Canet
(MK2 Gambetta)
La taille au-dessus. D'un polar à hyper-rebondissements d'Harlan Coben, Guillaume Canet a tiré un film avec une distribution plus de monde au balcon tu meurs : Cluzet (quel bonheur de le retrouver à chaque fois cet homme) en tête, dans la peau d'un homme qui voit soudain réapparaître par l'intermédiaire d'une webcam sa femme, dont il porte le deuil depuis huit ans, assassinée par un sérial killer au bord d'un lac. La police rouvre le dossier, de nouveaux éléments semblant impliquer sa culpabilité (au mari).
S'engage alors une course-poursuite contre la montre (l'action du film est très resserrée dans le temps, une fois le flash-back initial de huit ans -qui n'apparaît pas dans le roman- terminé), où s'agitent beaucoup de gens (flics plus ou moins malins, petits malfrats plus ou moins sympathiques, gros méchants, sérial-killer, avocate, procureur... pas chien, le réalisateur, s'il a choisi d'apparaître aussi aussi en tant qu'acteur, n'a pas pris le personnage le plus joli joli) , où le coeur du spectateur moyen fait des montagnes russes, et où notre ami François prouve qu'il est à l'aise dans les rôles physiques.
Comme toujours chez Coben, ça coup-de-théâtre à chaque chapitre, le film rebondit donc un peu dans tous les sens (il y a même le rebondissement ultime de la dernière seconde, qui devient ici de l'avant-dernière seconde, pour cause de happy-end, mais ne vous inquiétez pas, tout sera expliqué à la fin (même s'il faut vous y reprendre à deux fois pour être bien sûr...)
C'est plutôt compliqué à remonter, d'ailleurs la scène qui permet au "coupable" d'expliciter tout est un peu laborieuse : "alors truc est venu voir machin mais le bidule était dans la poche de chose qu'il avait enterré pour faire croire que trucmuche s'était servi de machintruc parce que c'était bidulemachin qui avait frappé georgette... " (vous suivez ?)
Mais bon, n'en déplaise au Zinrockchounets (qui trouvent ça raté raté) moi je dis qu'il ne faut pas hésiter à prendre son plaisir où il se trouve, et là, vraiment, rien à dire, il y en a, du plaisir :  François Cluzet, Marie-Josée Croze, André Dussollier, Nathalie Baye, François Berléand, Kristin Scott-Thomas, Jean Rochefort, Jalil Lespert, Olivier Marchal, Gilles Lellouche (mhh... soupir) vous allez quand même réussir à trouver chaussure à votre pied, non ? Ils sont tous per-fect! Dites-le à tout le monde! (hihi)

30 octobre 2006

filtre

THANK YOU FOR SMOKING
de Jason Reitman

Un générique de toute beauté (graphismes chiadés évoquant à chaque fois des paquets de clopes -connues ou pas-) bravo pour le packaging!
Et dedans ? Du tabac, bien sûr, il sera beaucoup question, avec une bose dose d'humour (noir, comme les poumons des fumeurs) et une sacrée dose de cynisme : à ce degré là de concentration, ça devient de la gourmandise, pour un film sacrément roublard, mais finalement pas si politically incorrect que ça.
Notre héros, Nick Naylor, est lobbyiste. Au service des fabricants de clopes. Son job c'est d'aller se faire haïr sur les plateaux de télé et ailleurs. Comme il le dit à la fin "Michael Jordan joue au basket, Charles Manson tue des gens, moi je parle". C'est un cador de l'argumentation, un as de  la dialectique, un pro dans l'art de retourner l'opinion en sa faveur, quelles que soient les circonstances. Jusqu'à ce qu'il rencontre plus rusé(e) que lui et qu'il se fasse rouler dans la farine... Avant de rebondir.
C'est très ricain : on parle pendant tout le film du tabac, du danger des cigarettes, mais pendant 1h32, on n'en verra pas une seule à l'écran! Des paquets, oui (celui que sort John Wayne dans un vieux film avant de mourir bêtement, celui que notre héros sort -vide- de sa poche, et celui qui sert de démo pour le débat portant sur l'adoption ou pas du logo "poison" 'illustré, s'il vous plaît) de la fumée aussi (dans le cauchemar post-attentat) des patches, des publicités (le célèbre cow-boy M*rlb*r*), mais de cigarette, point, nicht, nada, rien! On attendrait presque dans le générique de fin la mention "aucune cigarette n'a été maltraitée pendant le tournage de ce film". Bref, c'est un peu comme si on organisait une conférence sur (au hasard) le kiki des rugbymen,  et que toutes les photographies se cantonnaient prudemment au-dessus du nombril. Frustrant, non ?
J'ai l'air de pinailler et de chichiter mais, bon, c'est tout de même assez brillant et enlevé (bref, efficace) pour se laisser voir sans déplaisir. On rit même, pas mal, de l'humour light garanti sans agent de texture ni clause de conscience. Ne nuit pas gravement, donc.
ps : Le gosse est insupportable (mais c'est pas de sa faute -quoique...- : la dernière fois que je l'ai vu c'était dans un nanar fantastique prétendument mais à chier pour de vrai...)

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13 octobre 2006

petite laine

L'HOMME DE SA VIE
de Zabou Breitman

Deux hommes assis côte à côte discutent longuement dans une nuit américaine et provençale à la fois. C'est la scène qu'on pourrait retenir du film. Deux hommes, deux voisins. Un hétéro et un homo. Cette scène originelle, elle va courir tout au long du film, fragmentée, fractionnée, façon cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.

Sous l'objectif (de son microscope), la réalisatrice a placé un personnage, Frédéric (Bernard Campan) qu'elle va observer ensuite sous des éclairages divers (lumière rasante, polarisante, noire...) ou dans des milieux variés (repas de famille, conversation entre potes, relation de couple...) pour voir ce qu'il devient alors. Comment il réagit. Puis ajoute un second élément, un électron libre. S'ensuit l'étude du cas dans la perspective Tout corps vivant placé dans le champ d'un attraction amoureuse subit de la part de l'objet produisant ce champ... Bref, un genre d'expérimentation sensible, (un essai de déchiffrage de partition pour The man I love ? ) Mais nos deux compères ne sont pas seuls,  sertis/embringués qu'ils sont dans leurs diverses relations familiales, vicinales, dominicales, vacancières, avec toute une flopée d'autres gens qui ont chacun leurs petits soucis, leur théma, leur problématique propre, ce qui forcément agit, réagit, interagit,  et qu'il faut bien gérer tout ça.

Le film s'ouvre sur une successions de plans larges, vents, champs, enchaînés mais tous vides. Nature, calme, (on suppute luxe et volupté) d'abord, puis apparaît l'élément humain. C'est tout de suite plus bordélique. Et ca continuera à l'identique (à l'amiable). Visiblement, Zabou Breitman s'est fait plaisir, et nous fait plaisir,avec cette caméra là. Le paysage, les personnages, les instants, les détails, les gros plans, les surprises,tout ça maille à l'endroit maille à l'envers organisé dans un charmant petit tricot, le montage opérant par décomposition / recomposition, bref le genre d'ouvrage de dame (le terme n'est pas péjoratif, Catherine, tu l'auras compris) suffisamment douillet et confortable pour qu'on ait envie de s'y prélasser un peu, d'en étudier la composition, la façon de monter les côtes (de maille, of course!).

En tant que pédé, je craignais un peu le traitement grand public qu'on allait réserver à  ce sujet qui me touche (huhu) de près : un homme amoureux d'un homme (ou le contraire). Classicos à la  Mort à Venise , pathos à la L'homme blessé, vulgos à la Pédale Douce ? A l'arrivée on est plutôt rassuré, mais presque. La réalisatrice a pris tellement de paires de gants et de précautions oratoires et de de circonlocutions et d'entrechats et de pirouettes qu'on finit par ne plus être très sûr de savoir de quoi elle veut parler, à la fin.(Non que j'eusse aimé forcément qu'ils s'affairassent en grognant virilement comme grizzlis en foire, mais peut-être juste un peu plus de..., un peu moins de..., comment dire... voilà tel quel c'est un peu trop aseptisé, désinfecté, clinique.)

Bernard Campan, très crédible et parfait dans le rôle de l'hétéro flexible, est peut-être juste un peu trop en-deça, tandis que Charles Berling, dans celui du pédé moi je m'affirme nous la joue symétriquement un peu trop au-delà (il me semble l'avoir connu plus simple et plus juste). Mais ce qui est bien, c'est qu'à aucun moment le film ne verse dans le ridicule. C'est déjà ça dont on peut remercier Zabou Breitman.

Le film, dans son esprit, est à peu près inattaquable, sauf peut-être, suivant le le vieux proverbe "le mieux est l'ennemi du bien". Trop, oui. Trop de coquetteries de filmage, de joliesses, d'effets de style, de tiens et si j'essayais ce truc là pour voir comment ça fait viennent un peu alourdir le récit. Qui va progressivement se trouver contaminé par ces diversions, narratives, esthétiques, poétiques, gratuites. Trop de trous de joliesse dans le gruyère de la matière filmique. Jusqu'à la dernière partie (là, dommage, c'est devenu vraiment un peu trop longuet) qui semble prendre des poses, alanguie, pâmée dirais-je presque, au détriment de l'histoire.

J'aime les rideaux qui volent, j'aime les champs de tournesols, j'aime les jeux de lettres, j'aime un doigt qui remet en gros plan une étiquette à l'intérieur d'un pull, j'aime les nuages qui roulent en accéléré, j'aime les images floues, j'aime les personnages pris en flagrant délit, j'aime les conversations nocturnes qui n'en finissent pas, j'aime quand deux épidermes se touchent, j'aime un sms qui fait battre le coeur plus vite, j'aime  quand on est perdu bref, je ne pourrais donc pas ne pas avoir aimé ce film

(il faudrait alors là que je sache m'arrêter hihi)

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7 octobre 2006

big

J'étais sorti parce que la nuit était claire et qu'il faisait doux, pleine lune, ciel dégagé, on y voyait presque comme en plein jour, un vieil instinct de chat de gouttière si vous préférez, comme de se dire que c'était peut-être une des dernières belles soirées, avant d'embrayer sur les temps de Toussaint...
Sur le parking, quelques voitures, des habitués (ou pas) qui discutent, et, un peu plus loin, un bahut. Lumière dans la cabine, rideaux tirés à l'avant, mais pas sur les côtés, et, obscurité aidant, ça vous fait comme un petit théâtre de lumière qui accroche irrésistiblement l'oeil. Moustique devant un lampadaire urbain, je m'approche. Côté chauffeur (donc côté "passage public", le rideau à moitié tiré ne laisse voir, dans le coin, que la tête ronde d'un mec à lunettes et cheveux courts, sans doute allongé sur sa couchette, en train de regarder vaguement (il somnole) un film dont on n'entend que la bande-son. (ce n'est pas un porno)
MAIS en faisant le tour, donc côté "passager" (ou privé) la rideau n'est pas tiré du tout et offre le spectacle charmant de la cabine, aménagée comme une chambrette, et, sur la couchette, d'un genre de gros bébé taille XXL, plutôt d'un bouddha, tant il est voluptueusement allongé (quel est le masculin de odalisque ?), comme un Botero, à poil, face à un film (que je ne reconnais toujours pas).
De temps en temps il se retourne, entr'ouvre un oeil, le referme, s'étire, se met sur le ventre, puis sur le côté, et touche machinalement sa bistouquette au repos, un peu, comme pour vérifier qu'elle est toujours bien en place. Rien de plus.
Attendrissant... je contemple un moment.
(Je regrette de ne pas avoir apporté l'appareil-photo...)

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30 septembre 2006

pouce sain

AGE DIFFICILE OBSCUR
de Mike Mills

Au moment où j'écris ceci (29 septembre) je réalise, via allociné, que le film en question, sorti le 06 septembre (soit, grosso modo depuis 3 semaines) ne passe plus que dans une salle en France, la nôtre. Stupeur et perplexité...

Une histoire de famille, donc (la troisième en très peu de temps, après Little Miss Sunshine et Les Berkman se séparent). Traitée sur le mode d'une chronique... charmante, autour d'un ado qui suce son pouce (d'où le titre original Thumbsucker) au début du film plutôt tristement, et, à la fin, plutôt joyeusement. Entre les deux ? Il a grandi. Et au sein de quelle famille! Entre Maman-Tilda Swinton et Papa-Vincent d'Onofrio, moi je retourne tout de suite au stade d'ado! (Vincent d'Onofrio, pour moi, c'était juste le gros gars qui se flinguait dans les chiottes, la nuit,à mi-chemin de Full Metal Jacket... eh bin il a sacrément bien vieilli le gars en question... Waouh ! j'en veux un tout de suite, un papounet comme ça! (Voilà c'est tout moi ça, je vois un film sur un ado et je craque sur le papa... tss tss!) quand à Tilda Swinton, sa tête me disait vraiment vraiment quelque chose, et quelque chose de bien, jusqu'à ce que je m'aperçoive -encore merci allociné- qu'elle jouait dans Broken Flowers, autre grand plaisir, n'en déplaise à certains...Ici, elle est rien moins que parfaite.)

Un ado qui (se) cherche, qui hésite, qui se construit, qui expérimente, et qui finit (peut-être) par trouver... entre un petit frère qui ne mâche pas ses mots une ex-future petite copine, et quelques autres adultes référents (Vince Vaughn, méconnaissable, en prof de débat, Keanu Reeves, dans le rôle d'un assez improbable orthodontiste hippy) mais l'ultime atout du film c'est bien l'ado en question, joué par un jeune homme au registre assez impressionnant (il a d'ailleurs déjà été récompensé pour son interprétation de ce rôle) : Lou Pucci. (un genre de Steve Buscemi, en plus jeune et plus joli)

Bref, c'est peut-être beaucoup moins drôle que Little Miss Sunshine, mais c'est tout aussi touchant, en tout cas c'est aussi beaucoup moins triste que Les Berkman, juste plus... neutre. Rassurez-vous (?), il y sera aussi question de ritaline, de sexe, d'embrasser avec la langue, de fumer de la dope, de boire de l'alcool, de batailles de polochons en sous-vêtements, d'adultère, de mensonges, d'illusions et de désillusions aussi. La vie, quoi, le bordel... (comme chantait Higelin)

Le film ? Mineur, peut-être, mais bien foutu, et agréable.
Et la musique est bonne... (Elliot Smith).
Et j'étais tout seul dans la salle (si si!), ce soir, à la séance de 18h.

Et j'étais donc le seul en France à voir ce film là à ce moment là...
(yesss!)

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22 septembre 2006

bus jaune

LITTLE MISS SUNSHINE
de Jonathan Dayton et Valerie Faris

version courte :
C'est vraiment vraiment vraiment bien, allez-y!

version longue :
Dans la famille "Bus jaune" je voudrais... toute la famille! La fille, Olive, gamine un peu boulotte mais fondante, qui s'exerce devant la télé à reproduire la gestuelle de Miss America, le fils, ado à mèche noire et oeil torve qui pratique la muscu et le voeu de silence à cause de Nietzche, la maman, qui fume en conduisant (et en téléphonant!) et prétend que non non elle n'est pas en train de fumer, le père, gentil looser persuadé d'avoir trouvé la formule imparable pour ne plus looser, et, pour faire bon poids, je rajoute le grand-père, renvoyé de l'hospice pour cause de caractère de chien, et qui se cache dans les toilettes pour se sniffer une petite ligne d'héroïne rapidos, sans oublier  le tonton gay droopyesque, spécialiste numéro un de Proust sur le continent américain,  qui vient pourtant de rater son suicide...

Ce petit film est délicieux, ce petit film est miraculeux. Il devrait devrait être remboursé par la sécu, tellement il est énergisant, euphorisant ( voire anabolisant ?) . Allez le voir un jour où vous vous sentez un peu gris gris ramolli rabougri, vous verrez, ça devrait vous faire de l'effet, genre cigarettes qui font rire, mais en  mieux encore ! Pourtant, c'est filmé à la va comme je te pousse (ou poussé à la va comme je te filme ?), enfin je veux dire rien de particulièrement chiadé au niveau filmage, juste du simple, du basique (comme ce fut le cas, pour Transamerica, il y a quelques temps, autre petit film indie de la même catégorie les buddy road movie-), mais combien plus efficace et touchant que bien des grosses machines prédigérées sans états d'âme mais les deux mains dans le tiroir-caisse comme le cinoche ricain sait nous en pondre -et je suis poli- à la chaîne.

Olive, donc -par un heureux coup de pouce du hasard- peut participer à l'élection de Little Miss Sunshine, et après un conseil de famille aussi dinatoire qu'agité, il est décidé que tous - chacun avec ses raisons (plus ou moins) propres- prendront le (vieux) van familial jaune (et un peu pourri), direction la Californie. Bien entendu, ils n'ont pas beaucoup de temps, et ce périple va devenir de plus en plus une course contre la montre, au fur et à mesure que s'accumulent les pépins et les imprévus (mécaniques, humains, familiaux) inhérents à ce genre de road movie (le film ouvrirait-il la voie à un nouveau genre, le family road movie ?) Enfin, ils vont finir par y arriver, à ce fameux concours, et c'est là que tout va commencer vraiment à péter les plombs sérieux...

Pour moi qui suis un vieil orphelin, en voyant ça j'ai vraiment une envie forte, une soudaine nostalgie de famille. Surtout de celle-là. On s'engueule, on se réconcilie, on se prend le chou, on se met en colère, on se serre les coudes, on s'explique, on se console, on rassure. Bien sûr, ça a quelque chose d'idéal, c'est une famille de cinéma, mais qu'est-ce que c'est bien ! La structure est simple, le film est une succession de chapitres (la présentation / le repas / le conseil de famille/ le départ/ la panne / etc...) les situations sont prévisibles peut-être mais drôlement bien amenées, les personnages existent, énergiquement (aucun ne restera  pétrifié dans le carcan de ses gimmicks), les interactions (orageuses parfois) sont  plutôt bien (d)écrites (question dialogues, ça dépote !) Bref, on voudrait que ça dure, encore et encore! Et le  scénario -malin- alterne astucieusement les émotions, de la tendresse à la tristesse, de l'éclat de rire au coup de blues... Jaune le bus, mais un vrai arc-en-ciel, ce film! Comédie habile, finalement plus acide (au sens de chlorhydrique) qu'acidulée, avec gags qui -comme dirait téléramioche- font mouche (je me suis surpris à maintes reprises à rigoler comme une baleine).
Bref, très chaudement recommandé!

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25 août 2006

questionnaire

(Sur une suggestion de Snivel.)

1°) Attrapez le livre le plus proche de vous ; allez à la page 18, qu’y a-t-il d’écrit à la 4ème ligne ?
"enfants fut acclamée par la masse immense des"
(from "La mort du roi Tsongor, de laurent gaudé)

2°) Etirez votre bras gauche aussi loin que possible….
(en arrière, donc) Au bout de l'étagère, dans une boîte à "cartes diverses", une carte de vœux pour 2007 "je suis en retard mais je suis en avance"

3°) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la TV ?
J'ai zappé…

4°) Sans vérifier, devinez quelle heure il est…
12h30

5°) Maintenant, vérifiez, quelle heure est il réellement ?
12h10

6°) En dehors du bruit de votre ordinateur, qu’entendez-vous ?
Pour le moment rien, et c'est en effet assez surprenant

7°) Quand êtes-vous sorti pour la dernière fois ? Qu’avez-vous fait ?
Ce matin, je suis passé à la Poste pour poster des "Lieux Communs", puis je suis allé faire un tour, pour finir "Berg et Beck" au soleil

8°) Avant de commencer ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Le ciel bleu (extraordinaire! Ça fait quelques heures qu'il n'a pas plu!) par la fenêtre

9°) Que portez-vous ?
Jean, t-shirt , chemise en jean, baskets

10°) Avez-vous rêvé la nuit dernière ?
Oui et ce n'était pas très agréable, d'après ce dont je me souviens. Ma défunte marâtre , (la seconde femme de mon père) qui venait frapper à la porte de mon appart', en peignoir et bigoudis, en me priant de "laisser entrer une vieille femme très fatiguée…"

11°) Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
Il y a quelques instants, en lisant le comm' que m'avait laissé Laurie

12°) Qu’y a-t-il sur les murs de la pièce où vous vous trouvez ?
Du bazar (beaucoup!) : des photocopies d'images que j'aime (une photo de famille, une photo de film…) des sous-verres avec des images que j'aime, des machins et des trucs (voir photos)

13°) Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Pas encore… (j'espère toujours!)

14°) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
"C'est comme dans toute chose, y a du bon et du moins bon…. Suffit de savoir choisir!"

15°) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Au cinéma , Miami Vice de Michael Mann
En dvd, Ni d'Eve ni d'Adam, de Jean-Paul Civeyrac

16°) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, qu’achèteriez vous ?
Un cinéma.
Et une librairie

17°) Dites-nous quelque chose que nous ne savons pas à propos de vous
En ce moment, j'adore regarder des films gay latinos en coupant le son et en mettant "Hung Up" de Madonna à la place…

18°) Si vous pouviez changer une chose dans le monde, en dehors de la culpabilité ou de la politique, que changeriez-vous ?
Supprimer l'argent et les banques

19°) Aimez-vous danser ?
Je pense que j'ai horreur de ça
(Un certain été, j'ai quand même dansé la valse une trentaine de fois, et ce devant de nombreux spectateurs)

20°) George Bush ?
- Georges Qui?
- Georges Beurk
- Ah! Celui-là!

21°) Quel serait le prénom de votre premier enfant si c’était une fille ?
(pas d'enfant)

22°) Quel serait le prénom de votre premier enfant si c’était un garçon ?
(idem question 21)

23°) Avez-vous déjà songé à vivre à l’étranger ?
Oui, ça m'a effleuré, en rentrant du Portugal, par exemple

24°) Que voudriez vous que Dieu vous dise quand vous franchirez les portes du Paradis ?
"T'es vraiment sûr de vouloir entrer, fiston ? "

25°) Quelles sont les quatre personnes qui doivent faire ce questionnaire sur leur blog ?
- Catherine "à l'ouest"
- Deloin
… et qui qui ne veut!

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18 mai 2006

dancing

D'aucuns appelleraient ça valse-hésitation.
Trois pas en avant, trois pas en arrière, trois pas su'l'côté, trois pas d'l'aut'côté.
A contre-temps, à contrario.
Chaque fois que je veux faire le plan non merci je ne danse pas je garde le sac de ma copine, c'est comme s'il venait me faire un clin d'oeil complice pour me faire venir sur la piste

Par à-coups. C'est vrai que c'est plus facile quand il est sorti complètement de ma vie.
Une semaine, voire des fois dix jours, où je ne pleurnichouille plus sur les traces, où même son souvenir reflue, marée basse, repli, et parfois même finit par disparaître. (la télé en veille qui se coupe automatiquement au bout de 4 minutes. Clic! Noir)
C'est vrai qu'alors je suis bien plus calme, stable, plat, égal.
Pas d'inquiétude, la vie petite, le quotidien les affaires courantes.
C'est plus calme, c'est sûr, mais bien moins intéressant.

C'est lui qui à chaque fois vient me rechercher, (comme on attrape un lapin par les oreilles), me faire coucou (hello plutôt) sur msn. Une fois c'est pour parler des vacances, une fois c'est pour une correction orthographique, une fois c'est pour me demander si je n'aurais pas par hasard des dvd à lui, une fois c'est pour m'inviter à venir voir son installation aux bozarts (si je passe par là bien sûr), une autre fois encore (ça c'était hier soir) juste pour me dire que O Superman (de laurie anderson) l'aide beaucoup.

(...)

(vous vous rendez compte ? O Superman ? ma chanson à moi que j'aime tellement ??)

alors ok je corrige l'orthographe, je réponds que je n'ai pas les dvd, je dis que oui je viendrai, j'envoie les lyrics d'O Superman mais surtout surtout je n'interprète aucun signe (ni ne signe aucune interprétation, d'ailleurs). Zen.

Bien sûr, ça me fait plaisir qu'il fasse signe, qu'il ait envie de garder le contact, ça me fait plaisir qu'il me témoigne de l'attention, ça me fait plaisir qu'il pense à moi.
Comme danser la valse : je ne suis pas doué pour guider, je préférerais que ça soit lui qui conduise. Je me laisse donc.

C'est sans doute juste ça dont j'ai/dont il a besoin.

Bref, pas grand chose de neuf (j'allais écrire sous le soleil et voilà qu'au même instant il se met à pleuvoir comme vache qui pisse), hein ?

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29 octobre 2007

vrais rêves

PAPRIKA
de Satoshi Kon

(Bon, dommage, je n'ai pas pu intituler ce billet "Un rêve à la Kon" puisque Libé l'a déjà fait. Mais le coeur y est.)
On dit que y a que les imbéciles qui changent pas d'avis. En ce qui me concerne, j'éprouvais, jusqu'à une date assez récente, un inintérêt,une méfiance,un mépris, voire une aversion, pour tout ce qui relevait peu ou prou de l'animation nippone (asiatique dirons-nous pour élargir le débat).
Et voilà que ces certitudes avaient largement vacillé grâce à MON VOISIN TOTORO, du sieur Miyazaki (que j'étais allé jusqu'à rajouter comme outsider à mes films de l'année). Et  le film de ce soir en remet encore carrément une couche. Me voilà con-quis! J'aurais dû m'en douter en rentrant dans la salle : il y avait au moins 15 spectateurs, et pas les mêmes que d'habitude, pas nos cinéphiles habituels et cérémonieux, non, des djeunz! (des djeunz avec un seau de popcorn! des djeunz avec des jambes tellement longues que quand ils sont assis, même si la distance entre les rangs de fauteuils est pourtant conséquente, ils arrivent quand même à foutre des coups de pieds dans le rang de devant... des vrais djeunz, quoi!)

Revenons à nos épices... Il est question de rêve(s), d'une machine appelée mini-dc qui permet de les visualiser, de les enregistrer, et même d'y intervenir. D'un prototype, plutôt, qui n'est pas parfaitement au point selon son génial (mais obèse) concepteur. Et voilà-t-y pas qu'une nuit les 3 exemplaires existant sont dérobés. Il s'agit de les retrouver au plus vite, puisqu'entre des mains mal intentionnées, le mini-dc peut s'avérer redoutable (le rêve de chacun, de moi en tout cas : aller dans le rêve du voisin et pouvoir y intervenir et le modifier à son gré -le rêve, pas le voisin, quoique...-) Nous avons donc une équipe de scientifiques (le professeur, la belle assistante, le génial concepteur) partis à la recherche du voleur de rêves. Tandis que parallèlement, un flic qui n'aime pas le cinéma suit une thérapie onirique grace au mini-dc, menée par une certaine Paprika, qui n'est autre (on s'en doutait et on l'apprend d'ailleurs assez vite) que le double de Atsuko, la virginale assistante évoquée plus haut.
Très vite ça va devenir sacrément le bazar, avec les passages du rêve à la réalité (au bout d'un moment on ne sait plus vraiment où on est) les mélanges de rêves (les gens passent joyeusement dans les rêves des uns et des autres comme on joue à saute-mouton, et on ne sait plus à la fin qui rêve de qui) et les différents niveaux de narration, les gens qui souffrent d'anaphylaxie onirique et se mettent à débiter n'importe quoi (on y parle même du foie des équerres!), les vrais méchants, les faux gentils, les doubles,  on est un peu largué (de plus en plus, même) mais on s'en fiche  et on est très content comme ça.
Voilà un film d'une richesse,  d'une inventivité, d'un foisonnement, sans cesse renouvelés. C'est stupéfiant, allumé, hallucinogène, ahurissant, avec sans cesse des trouvailles, des clins d'oeil, et des rebondissements à la pelle. un vrai maelstrom, je vous dis ! Si la narration s'emmêle un peu les pinceaux, l'animation est vraiment un régal. on a à peine le temps de reprendre son souffle, tellement ça démarre sur les chapeaux de roue (on commence par un rêve récurrent du flic) et que ça continue pareil. Au grand galop, la parade monstrueuse des frigos et des micro-ondes, les cauchemars qui contaminent la réalité, les faux-semblants qui se fracassent, les dames qui ont une deuxième couche à l'intérieur, les morts qui n'en finissent pas de tomber au ralenti dans un couloir à la Shining, les sphynx, les grenouilles, les papillons bleus, les tentacules (il y en a, de très beurk...) je vous jure, je n'ai rien fumé!
Et en plus la morale, qui nous fait croire que même les gros ont droit à l'amour, nous la joue politically incorrect et cerise sur le gâteau. Ca vaut son poids de cacahuètes, non ? (ou de têtes de poupées, c'est selon)

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13 octobre 2007

c'est la lutte (finale)

L'HISTOIRE DE RICHARD O.
de Damien Odoul

Pas complètement réussi (et c'est rien de le dire) mais pas complètement  raté non plus. Un machin bizarre, bizarrement (mal) fichu mais en cela attachant, à l'image du grand échalas squelettique qui a pour ami le Richard du titre (Mathieu A. pour ne pas le nommer, qui, comme on dit, n'hésite pas ici à mouiller le maillot  -et même le reste- ni à payer de sa personne.)
Le film a du mal à remplir sa petite heure quinze (on trouve parfois le temps long, on a parfois l'impression que certains plans sont juste là pour), un collage qui voudrait tordre le coup à la narration, qui progresse de traviole entre érotisme cru et réalisme poétique (ou poésie burlesque ?) Porte-à-faux, bric à brac, laisser-aller, association d'idées... la forme est lâche. Ca commence bizarrement tordu et glauque dans un rade, puis on a le sentiment d'être dans une sorte de suite adultérine mais plus explicite du bon vieux Sexe mensonges et vidéo (mais les scènes de cul ne sont pas forcément ce qu'il y a de plus intéressant dans le film). Là où le vidéaste ne filmait les confessions des femmes que pour son plaisir masturbatoire, le Richard du film va, lui, s'y colleter, pour réaliser leur(s) fantasme(s). Ou peut-être pas. Puis ça semble s'alléger, ça rebondit de façon inopinée, et ça fait semblant, d'être en colère, d'être perdu, ou bien ça rit sous cape, on ne sait plus trop. Extrême liberté ou jem'enfoutisme?
Quelques scènes plutôt drôles (tout ce qui a trait à la lutte, y comprise la vietnamienne hystérique au cinéma), des trajets à vélo dans Paris (une crypto pub pour les Vélib?), la zigounette de Mathieu A. dans tous ses états -et tous ses ébats - (tiens il se branle de la main gauche), une courte scène que j'aime plutôt dans une fontaine ("je suis un animal!"), quelques jolis plans de ciel bleu avec nuages... ça n'est déjà pas si mal, non ?

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(je trouve l'affiche très laide)

22 septembre 2007

regarder le plafond

NAISSANCE DES PIEUVRES
de Céline Sciamma

Troublant...
A priori pas trop pour moi : une histoire de filles, avec que des filles, des adolescentes, des qui s'aiment et d'autres pas, des premiers émois, des djeunz, de la natation synchronisée, du gel et des paillettes, des petits dessous (non non rassurez-vous on n'est pas chez David Hamilton...) bref je craignais de bailler au bout de cinq minutes et de m'enfuir au bout du quart d'heure. Pas du tout. Marie, Floriane et Anne. Environ 45 ans à elles trois. La plate, la belle et la dodue, pour résumer trivialement les choses. L'une est amoureuse de l'autre et copine avec la troisième, qui convoite un mec de l'équipe de water-polo qui lui est attiré par la belle en question (comme visiblement tous les mâles du coin). Car l'originalité du film est de présenter les mecs de loin, comme des organismes étranges et étrangers, des quéquettes à pattes, des joyeux bourrins juste bons à ahaner, à sentir la sueur, à faire les cons avec leur maillot sur la tête ou à ricaner en bande. Pas idyllique comme vision, mais plutôt... réaliste, non ?
Serait alors comme l'envers du film de Lou Doillon (Et toi t'es sur qui ?) où il était aussi question de copines qui voulaient le faire. La tchatche et la verve en moins. Mais une intensité poétique indéniable. Un regard juste sur la confusion des sentiments. On aime, mais on ne sait pas exactement ce que ça veut dire. Le corps et le coeur, le cul et les sentiments, à cet âge-là, c'est compliqué, c'est embrouillé. On ne sait pas sur quel pied danser. L'une veut passer pour une salope, mais ne couche pas, l'autre est amoureuse mais ne parvient pas à l'exprimer, et la troisième voudrait qu'on l'aime mais se débat dans sa solitude.
Et avec tout ça, il faut en plus se débrouiller seule(s). Car si le film est focalisé sur ces demoiselles, les adultes n'y existent quasiment pas, les parents en sont tout à fait absents, abstraits. C'est un autre monde. Et son centre est la piscine, un univers idéalement géométrique et désincarné, où justement les troubles  et les désirs vont idéalement prendre corps. Que ce soit dans l'eau, lors des compétitons, dans les vestiaires, sous les douches, c'est là, au milieu des carrelages humides, que ça se noue, que ça se joue.
J'aime ces frémissements, ces maladresses touchantes de faons, ces frôlements, (un regard qu'on croise, une main qu'on cherche, un baiser ébauché) ces espoirs flous, ces égarements, ces attentes, ces déceptions (où le contenu d'un sac poubelle jeté par l'autre sera conservé comme une preuve d'amour puis jeté à nouveau, où le mec qu'on convoitait vient finalement à vous, mais juste parce qu'il n'a pas pu faire son affaire avec l'autre, où le baiser reçu, pourtant tant attendu, sera finalement lavé et effacé à l'eau chlorée de la piscine, où un bijou volé - dans la bouche! - aura un curieux itinéraire circulaire...)
Les friselis électroniques de la bande-son (par le groupe Para One dont je n'avais jamais entendu parler jusque là je dois l'avouer mais dont il serait bien de bientôt reparler) viennent idéalement parfois accompagner, parfois envelopper et parfois juste chatouiller la narration, contrepoint sonore d'une idéale finesse (tristesse ?) .
Et, contrairement à certains ces derniers temps (pas mal de réalisateurs à vrai dire), je ne dirais, non pas que ça finit bien, mais plutôt que la réalisatrice le finit bien. Oui, Céline Sciamma sait boucler parfaitement son affaire. La dernière scène est l'aboutissement logique, le point d'orgue. Et montrée comme telle. Tout y est, le rythme du montage, la force des contrastes, la précision, la musique. On en sort quasiment chaviré. Troublant...

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