Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
lieux communs (et autres fadaises)
17 mai 2018

slips bleus et autres caleçons ou boxers de la même couleur

063
PLAIRE, AIMER, ET COURIR VITE
de Christophe Honoré

On devait l'avoir en sortie nationale dans le bôô cinéma, et voilà-t-y pas qu'il a soudain mystérieusement disparu des radars, pfouit! et ce sans aucune explication. Tout le monde étant à Câââânnes, on n'obtiendra aucune réponse à nos questions... J'ai donc pris ma voiture et j'ai filé dès que j'ai pu au Cinéma Victor Hugo chérichéri...
Séance de 13h10 (le film fait plus de deux heures) mais déjà à la salle 3 (la plus petite) et avec visiblement un problème de sous-son (bah, on s'habitue à tendre l'oreille...) un peu comme si le sonotone était débranché.
Christophe Honoré est le papa d'une cinématographie qui, la plupart du temps m'enchante (Dans Paris, La Belle Personne,  Homme au bain, Les Chansons d'amour, Les Bien-Aimés) même si avec  de ci de là quelques baisses de régime affectives (Les malheurs de Sophie, Les métamorphoses, Non Ma fille tu n'iras pas danser, étant, pour moi, "en demi-teinte"...)
Là, on revient tout en haut et ça fait vraiment plaisir. Avec un film plus "simple" (sans chansons), où il sera question de relations (affectives, sexuelles, sentimentales, platoniques, charnelles, romantiques, tarifées, -hétéro, bi, gay, mais gay surtout quand même-) et de la façon dont, comme le résume le titre, elles naissent vivent et meurent. le début, le milieu, et la fin. Un programme simple, que Christophe Honoré fait mine de respecter à la lettre. C'est triste (parfois) mais jamais larmoyant, toujours digne
Une histoire entre la Bretagne et Paris ("Je suis beau, jeune et breton, je sens la pluie et les crêpes au citron..." chantait Grégoire Leprince-Ringuet dans Les Chansons d'amour). Une histoire (des histoires, plutôt) entre plusieurs hommes : entre plusieurs âges aussi (le plus jeune, le plus vieux, et celui du milieu) : Arthur (Vincent Lacoste, qui me réconcilie ici avec lui) est l'étudiant breton, Jacques (Pierre Deladonchamps, toujours aussi bien depuis L'Inconnu du lac) est l'écrivain parisien malade (on est en 1993), Mathieu (Denis Podalydès, un peu trop rare ici et c'est dommage) est le vieil ami/amant qui vit dans l'appart' du dessus, et Marco (Thomas Gonzales, que je ne connaissais pas mais que j'ai trouvé très touchant, et bénéficie de deux scènes de baignoire, bouleversantes chacune à sa manière) est l'ex, en train de mourir, (puis mort). Jacques et Mathieu se sont rencontrés (dans un cinéma, devant La leçon de piano me semble-t-il), ils vont s'aimer, dans tous les sens du terme, et je n'ai pas pu m'empêcher, à chaque étape, de faire le parallèle avec ma propre expérience, tout ce que j'avais vécu, et, surtout, ce à côté de quoi j'étais passé...
On ne peut ne pas faire le parallèle avec 120 bpm (les années 90, le sida) mais les deux films, même s'ils racontent, finalement, la même histoire (un couple gay / l'un meurt et l'autre pas) ne le font absolument pas de la même façon (et je fois avouer que, si je défends le film de Robin Campillo vraiment de tout mon coeur, celui de Christophe Honoré me touche encore plus), chacun sur son propre chemin narratif, le poing levé ici et la romance là, même s'il arrive qu'ils se croisent quelquefois aux fils de leurs narrations respectives.. C'est très simple, très juste. et donc très touchant. En tant que vieux pédé avec beaucoup de souvenirs (ce qui est mon cas) il est facile de s'identifier et, forcément, de faire des comparaisons (avec ce qu'on a vécu, mais, aussi et bien davantage, ce à côté de quoi on est passé...)
Mais il n'y a pas que des histoires de pédés dans Plaire, aimer et courir vite : il y a aussi, autour du beau personnage d'Arthur, qui "monte à Paris" (et qui doit avoir me semble-t-il quelques traits communs avec le réalisateur), la fin de l'adolescence, l'amitié (une scène magnifique, quand Arthur a réuni, de nuit, ses copains pour leur annoncer son départ, une scène qui sonne magnifiquement -terriblement- juste). L'amour c'est gai, l'amour c'est triste disait un titre de film de Jean-Daniel Pollet (celui-là, je crois que je le sors régulièrement, mais c'est tellement, justement, approprié...) et le film de Christophe Honoré aurait pu s'appeler comme ça (on m'a rapporté avoir entenu lors d'une interview que des pressions amicales avaient été exercées sur le réalisateur pour que le titre originellement prévu soit adouci et politiquementcorrectisé pour Câââânnes...)Bref, un beau moment de cinéma, qui rejoint au Honoré-palmarès mes préférés Les Bien-aimés et Les chansons d'amour. Et qui, justement, en parlant de chansons, a l'excellentissime idée de reprendre Les gens qui doutent, d'Anne Sylvestre, une chanson que j'adore, juste à l'image du film, simple, forte, et bouleversante.

"J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire:
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons..."

2760065

 

20 août 2014

poussins congelés

LES COMBATTANTS
de Thomas Cailley

Le résumé, je dois dire, ne me faisait pas plus envie que ça... Mais bon y avait Adèle Haenel... Comme je n'avais même pas pu voir la bande-annonce, j'y suis allé comme ça, au jugé, dès la première séance (j'avais des places à 5,50€!).
Sacré film! Il me semble que c'est le premier long du réalisateur (je n'en suis pas sûr sûr), mais tout ça fonctionne super bien! Ca commence socio docu, un peu à la Doillon, un poil à la Dardenne, deux frangins dans la menuiserie, papa mort, maman attentive, potes et bière, du solide, du vécu, de l'authentique, qui sent la sciure, la sueur de jeune homme, et tout à coup la rencontre de "cette meuf un peu zarbi" qui vient perturber le plus jeune des deux... alors le film va s'orienter vers autre chose, dans une seconde partie kaki et camouflage,jusqu'à ce que, franchissant un grillage, il  bifurque une nouvelle fois, puis  encore une autre, au bord d'une rivière, et encore encore une autre, dans un village, en réussissant à chaque fois l'exploit, non seulement de nous surprendre mais de nous posséder, nous ferrer, en réinventant, en biaisant à chaque fois la forme qu'il emprunte en apparence, choisissant l'itinéraire-bis plutôt que celui emprunté par le plus grand nombre, habituellement, pour se rendre du point A au point Z de cette fiction..
C'est vraiment du grand art cette façon de rebondir là où on ne l'attendait pas vraiment, et à chaque fois de tenir la note juste, sans forcer, et à chaque fois repartir, sans vraiment jamais nous lâcher la main.
J'ai eu un peu de mal au début avec le personnage que joue Adèle Haenel, quasiment si macho qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour pouvoir ajouter un sous-texte gay! On la sent "en force", a donf, "trop", tandis que Kevin Azaïs, qui joue le jeune homme en face d'elle serait, lui, "trop" le reste (oh que voilà une phrase obscure non , en gros, tout, les oppose) et ce bloc de granit, inattaquable en apparence, va, bien évidemment petit à petit se lézarder , oh pas beaucoup, juste de quoi laisser passer une bouffée de tendresse, celle après laquelle galope en vain le jeune homme depuis le début du film.
Très belle(s) étude(s) de personnage(s), cette fille qui joue les combattants parce qu'elle a peur de la fin du monde, ce garçon qui devient adulte sans forcer, simplement, progressivement, ce frère et cette mère qui l'aiment et tentent de lui faire comprendre... sans que jamais on piétine dans la glaise avec les sabots lourds du convenu ou du pathos poufpouf. Au contraire, Thomas Cailley et son frère ont adopté un ton délicieusement ironique, drôle à froid, par petites touches, ici le dialogue, là la situation, un peu plus loin le regard et la distance qu'il porte à ses "héros"...
Plus que plaisant. Hautement très recommandable.

Les-Combattants-affiche-13277

087544

309669

528866

 

29 octobre 2014

pariscope 5

412741

LILTING
de Hong Khaou

J'y suis allé sans rien en savoir du tout et j'ai bien fait. My god! Non mais quel festival de minauderies et de lèvres pincées chez la majorité des critiques (sans une hésitation des hétéro-ploucs, tiens je vais écrire comme dans les tracts du FHAR dans les années 70 parce qu'ils le méritent bien). Voilà un film délicieux, certes avec une grand-mère acariâtre qui a priori ne méritait pas autant d'égards, mais de jolis jeunes gens aussi, un film british avec plein de cups of tea, de politesses, de sentiments qu'on n'a pas forcément beaucoup d'aise à exprimer, de retenue, de larmes aussi, puisqu'il s'agit de la mort d'un jeune homme qui était sur le point de faire son coming-out et d'annoncer à sa mère qu'il vivait avec un autre homme... Et voilà l'autre membre du couple gay, donc le "meilleur ami" aux yeux de la mère, qui va la rencontrer dans la maison de retraite où le fiston l'avait placée provisoirement et va tout faire pour se rapprocher de la mamie revêche et faire son bonheur (elle est chinoise et ne parle pas un mot d'anglais, et il va donc engager une jeune chinoise bilingue pour traduire à la mamie les discussions avec un papy british qui n'est pas insensible à son "charme"...).J'ai trouvé ça très doux, très touchant, très émouvant, (et même très drôle parfois!). Et bien sûr j'ai versé ma petite larme (et pas qu'une, d'ailleurs). Un film tout simple et à la fois très fort. Parfaitement anglais comme on les aime, et le jeune homme survivant est singulièrement attachant...

223864

LA BALADE ENTRE LES TOMBES
de Scott Franck

C'est drôle d'aller voir un film qui n'"existe" quasiment pas (critiquement parlant). Oui, presque personne ne l'a chroniqué, et pourtant! Bon je l'avais repéré depuis un moment, non pas pour Liam Neeson (quoique...) mais parce que c'était l'adaptation d'un roman de Lawrence Block, avec ce héros, Matt Scudder que j'adore et que j'ai suivi sur une quinzaine de bouquins, depuis une (oups!) trentaine d'années. Au début de la série, c'est un pochetron fini, mais, à partir du moment où il décide d'aller aux AA, c'est fini, il tient bon (mais comme ça a été un peu traduit dans le désordre, des fois il ne buvait plus, et d'autres il rebuvait parce que c'était avant). Ici, il est sobre (sauf dans le flash-back initial où il est joyeusement beurré), et le voilà charger d'enquêter sur des méchants serial-killers en minibus qui kidnappent et zigouillent des petites amies de dealers notoires... C'est bien de voir incarné de façon vraisemblable un héros de polar qu'on chérit particulièrement. Le film est bien fichu, et prenant de bout en bout, "à l'ancienne" diront certains, mais c'est vraiment bien, comme disait Malou, rien que pour la vision de ce New-York des bas-fonds comme si on y était. Une enquête, un privé sans licence, des meurtriers tordus, des comparses attachants (ça fait plaisir aussi de voir incarner TJ, du coup on aurait presqu'envie, aussi, de voir Elaine, la "copine" de Scudder). recommandé, donc, (mais en VO, bien évidemment!)

24 août 2013

comiques

KICK-ASS
de Matthew Vaughn

Avec tout le battage concernant la sortie de Kick-Ass 2, et la vision réitérée de la bande-annonce du susdit (avec cette fameuse réplique du coup de pied dans la chatte qui m'avait un peu surpris la première fois, et plutôt réjoui les suivantes), j'ai eu envie de jeter un oeil au premier (avant d'aller éventuellement voir l'avant-première du 2) et je l'ai donc téléchargé acquis malhonnêtement. Las! savez-vous qu'il n'existe qu'en VF ? J'ai donc laissé de côté provisoirement mes codes moraux, et ai commencé à le visionner sur mon ordi, bien qu'il fut alors assez tard. (Mais bon c'est les vacances, et on fait comme on veut). Et bien figurez-vous que pour un film ricain, en vf, qui parle de super-héros, ça m'a plutôt bien scotché, puisque je l'ai visionné direct jusqu'au bout, et que, par sa faute, me suis donc couché très tard (mais bon, c'est les vacances, etc.)
L'histoire ? Un ado typique américain décide de devenir un "super-héros", bien qu'il n'ait aucun super-pouvoir (après avoir acheté son costume sur le ouaibe!). il réalise assez vite combien il est douloureux (et vain) de vouloir lutter contre le crime. Nous sommes dans un univers qui se définit comme "réel" par opposition à celui des comics, univers où le culte qui leur est voué (aux comics) est omniprésent. Il y a dans le film un méchant super-méchant (genre d'hyper-boss mafieux), dont le traitement "excessif" et la stylisation rappellent... les méchants des comics, bien entendu, et une autre paire de super-héros (mais qui, eux, bastonnent réellement, enfin, dans la réalité du film, et ce de façon hyper-violente) : Big Daddy et Hit Girl. J'ai oublié d'évoquer  un autre personnage important, celui du fils du super-méchant, qui va devenir provisoirement (et sur son initiative propre, pour aider son papounet que Kick ass n'arrête pas d'embêter) un autre "super-héros" , Red Myst, ceci pour mieux venir à bout de Kick Ass dans un premier temps, puis des deux autres, (BD et HG) dans un second.
(là je suis un peu énervé parce que j'avais rédigé tout une partie qui -pfuit!- vient de s'évaporer dans le néant. Donc je reprends le fil (ou je tente de) et je continue).
Tout le début du film, (la mise en route et les débuts de K-A) est absolument et parfaitement jubilatoire (et pas uniquement parce que le héros est mimi,  ni qu'il est fait état de l'importance des hormones des ados (mais bon ça caractérise aussi l'ensemble de la gent masculine, non ?), ou autres considérations désopilantes via sa voix off. C'est vraiment drôle, trash, enlevé, bien fichu, cet "accouchement" de Kick Ass (qui, à chacune de ses premières sorties, provoque quasi infailliblement l'hilarité de ceux qu'il croise "t'es qui, toi ? la capote Verte ?"), où intervient à chaque fois le narrateur pour commenter d'abord les déconvenues puis les innombrables bastons qui vont envahir le récit.
Car c'est là que réside un peu le problème (du moins en ce qui me concerne) : à partir du moment ou Kickounet va se trouver comme qui dirait en état de marche, ça ne va plus arrêter. Bastons, meurtres, violences en tous genres. Super méchant boss veut éliminer chaque bâton en travers de ses roues de ses mafieuses activités, et comme par un fait exprès, à chaque fois K-A se retrouve sur sa route. Pièges, traquenards et autres combines se succèdent, chacun voulant la peau de l'autre. d'autant plus que Big Daddy et HitGirl sont aussi entrés dans la danse.  Heureusement que la quantité d'hommes de mains du Super boss  semble quasi inépuisable, car il va s'en dégommer par dizaines... (Big Daddy et HitGirl ont un faible pour la perforation à la lame, de préférence bien profonde et bien éclaboussante, tandis que Kick-Ass n'a que des bâtons et -je cite- "un taser de fiotte", ce qui est tout de même bien moins gore.) Ca décime à tout va (mais bon, c'est justifié, ce ne sont tous des méchants sbires et sous-fifres) et, à prpos d'agression, le réalisateur en profite pour placer un petit couplet sur le fait que d'une part la plupart des gens ne léveront pas le petit doigt si quelqu'un se fait agresser devant eux, et d'autre part qu , le plus important, c'est d'être vu sur yout*ube et faceb**k, notions par forcément contradictoires.
Et le film continue sur sa lancée, ça charcle, ça cogne , coup de poing américain, bâtons, battes de base-ball, ça défouraille, ça incendie, etc., suivant une ligne de récit ascendante, qui ne peut que, comme prévu, déboucher sur l'affrontement final entre les gentils (ceux qu'il en reste) et le super-méchant (ça se terminera au bazooka!)
La deuxième partie est donc beaucoup moins originale, et ne fait que suivre quasiment à la lettre le ccahier des charges des films dits "de super-héros", avec, toujours, heureusement, la légère distance créée à la fois par la voix off et l'humour goguenard des dialogues et/ou des situations...
Je l'avais vu sur mon petit écran d'ordi, et je suis revenu avec grand plaisir le revoir sur grand écran (même si hélas toujours en VF) lors de cette "soirée Kick Ass" (K-A 1 + avant-première de K-A 2 pour 10,90€) organisée dans le bôô cinéma... Il ya avait dans la salle une grande majorité de djeunz (dont j'ai pu entrendre les commentaires à l'entr'acte, et qui visiblement -les boys surtout- étaient dingue de cet humour, et appréhendaient d'ailleurs un peu que "le 2 soit tout pourri, tellement ils avaient adoré le premier..."

(à suivre)

19397107

KICK ASS 2
de Matthew Vaughn

Après un petit quart d'heure d'entracte, le suspense est levé, et, enfin, le film démarre. Dès le début, on sent que c'est plan-plan, que le réalisateur reste dans son fonds de commerce, qu'il sait qu'il parle à des fans, geeks en majorité, et qu'il peut donc y aller sur les vannes les références et les clins d'oeil. On est content de retrouver les personnages (enfin, ceux qui sont encore vivants, et de suivre leur évolution. Les scénaristes ne se sont pas cassé la tête et n'ont fait que dévider les fils scénaristiques qu'ils avaient commencé à tirer dans le 1. Avec des variations sur le motif. alors que Kick-Ass a envie de remettre ça parce quil s'ennuie, et veut denir le Robin de Hitgirl, voilà que celle-ci, suite à on ne sait quel contrat moral, décide de déposer les armes, la baston et les gros mots, pour devenir une vraie dille, oui, avec des robes, du rose, des yeux de biche et des premières surprise-parties. voilà un peu le souci : on suit chacun des personnages avec ses petits tracas, et les scènes s'empilent assez paresseusement (mais sympathiquement) enchaînanats bastons, of course, vannes pourries, jets de vomis, remarques acerbes, etc.
Le plus gros plantage du film, pour moi, est le choix du méchant. Vous connaissez bien le truc : "plus le méchant est réussi, et meilleur le film est", et bien là, c'est dommage, mais il ne l'est pas du tout. On retrouve l'ex red Myst, qui, décidé à se venger de K-A qui a fait du mal à son papa avec le bazooka, devient MotherFucker (une sorte de follasse cuir tordue avec des fermetures éclairs et les talons qui vont avec)  lève une armée de "bad guys" (genre public pour un concert de death metal) pour aller casser la gueule (et plus) à Kickounet, qui de son côté, a rejoint une bande de "super-héros" comme lui (des gentils donc, il y a même un Super Gay!). Et le problème c'est que ces méchants sont vraiment grotesques (surtout avec M-F à leur tête), spécialement Mother Russia, un croisement entre Terminator et Ilsa la tigresse du goulag (je parle aux connaisseurs), quasi indestructible. Et donc on se fout un peu de tout ça (les combats et tout), on rigole aux vannes bien nazes, et, (pendant toute la fin) on attend le moment où va servir ce requin mollasson qui roupille au fond de son aquarium, et bon, même là, il aurait pu mieux faire!
Mollasson, voilà, ça pourrait être le qualificatif de ce K-A 2, (finissons tout en finesse) agréable comme un verre de soda frais en plein cagna : on connaît le goût, ça fait du bien sur le coup, mais, bon, une fois qu'on l'aura pissé, on l'aura aussi vite oublié... Autant retourner voir le 1! (en attendant le 3 ?)

21001555_20130425123115863 

21023868_20130801122022746

 

 

 

6 novembre 2005

rien à jeter

Chez les pédés, c'est comme chez les top-models, les footeux ou les actrices américaines : il faut penser tôt à la retraite , et donc à la reconversion ( "Qu'ça va qu'ça va qu'ça va durer toujours ce que tu te gourres...") Ben vi.
Agenda oblige (j'y ai encore passé du temps) me vlà encore en train de parler de l'âge et du temps, mais pas sur un ton bourdonnesque et spleenant (comme semblerait l'insinuer le mystérieux laisseur de commentaires qui signe "de loin") non, non, juste comme ça, lucidement et réalistement.
Dans cette civilisation de la performance et du "progrès", du toujours plus et j'en veux encore plus vite, où l'on paie des gens par exemple pour réfléchir à l'obsolescence programmée des biens de consommation (en bref, il y a vingt ans -arghh ça y est je vais me faire traiter de vieux con!- on construisait des trucs faits pour durer longtemps (voire toute la vie, vous vous rendez-compte ?), maintenant, on fabrique des machins qui ont une durée d'existence programmée, calculée (au plus juste) pour que ça casse et qu'on jette le vieux truc et qu'on en rachète un tout neuf ("d'avoir des quantités de choses qui donnent envie d'autre chose...") Ben c'est partout pareil, que ce soit sur le marché du travail, ou celui de l'affectif (euh... "marché de l'affectif" ça fait un peu zarbi ; vous comprenez ce que je veux dire, mais peut-être vaut mieux "marché de la séduction", non ?)
Bref, comme une machine à laver déglinguée, une vieille Panhard rouillée, une locomotive à vapeur au dépôt, passé un certain âge, il semblerait qu'on ne soit plus bon a rien, affectivement ou sexuellement... Je ne sais pas comment ça se passe exactement chez les hétéros, mais chez les pédés, c'est patent ! Allez casse toi vieux schnock, semblent grimacer du bout des lèvres ces damoiseaux fringués fringants et voiturés agressifs, limite que t'aurais même pas le droit de lever un oeil (torve, les vieux ça doit forcément  avoir l'oeil torve, et pis chassieux, aussi, tiens!) sur leur frais minois.
Ben raté! (rire bête) En ce qui me concerne, j'ai toujours eu un faible , non seulement pour les mecs inaccessibles (genre hétéros grand teint qui ne déteignent jamais au lavage) mais principalement pour les mecs plus agés (oui, oui merci Maâme Dolto, je sais, je cherche un papa, un papounet, mais, euh,  au train où ça va, il  me faudra bientôt aller à l'hospice (re-rire bête) pour le dénicher!)
Bon, certes, je mentirais en disant que je ne regarde que les papys,(vous me connaissez, je suis un contemplatif, on m'a appris ça quand j'étais petit, à "toucher avec les yeux", alors j'ai pris l'habitude, je mate TOUT...) des fois c'est vrai il ya des  jeunôts plus qu'agréables à regarder, mais j'ai pour habitude de rester sur mes terres, et  j'ai un instinct plutôt sûr de ce qui est chassable (car c'est bien sous l'angle de l'affût et de la proie que j'aime envisager la chose) ou pas ("chassable" n'étant pas du tout pris dans le sens péjoratif de, par exemple, "elle est skiable" (ou "chopable"), expression utilisée par de miens hétéros amis)
Bref, avec les djeunz, je sais très bien me la jouer "renard et les raisins" (ils sont trop verts dit-il, et bons pour des goujats... voyez le genre...) Mais j'avoue que -tout au fond de moi, très perfidement je le reconnais- des fois/souvent je ricane en douce, parce que je SAIS que, dans quelques années, tiens, eux aussi, ces godelureaux, ils feront moins les malins, avec quelques tailles de jeans en plus , et la crème de jour anti-cernes anti-rides  et l'oméga 3 je te dis pas... et ça sera pas faute de ne pas les avoir prévenus!
Tu verras, quand tu auras mon âge (re-re-rire bête)

imgp4800

(merci C., pour m'avoir incité à prendre la photo qui illustre ce post!)

27 février 2024

"Gay" ou pédé ?

020
SANS JAMAIS NOUS CONNAÎTRE
de Andrew Haigh

Le nom du réalisateur me disait quelque chose... J'ai déjà vu WEEK-END (2012) -critiquette - et également la série LOOKING (2014). Très étiqueté "gay" (ou pédé ?). Et voilà que débarque ce film que je n'avais absolument pas vu venir, et que les critiques que je lis (pour mettre dans notre programmation papier) sont vraiment très élogieuses... (4 *****, et plein de ****).
Quoi, quoi, quoi ? Pourquoi donc cet emballement pour un film "gay" (ou pédé ?), soudain sorti du ghetto, et qui plus est distribué par une compagnie maousse avec des grandes oreilles (Walt D*sney pour ne pas le nommer...) Est-ce dû à l'efficacité d'un attaché de presse particulièrement zélé ???
Je suis donc allé au Victor Hugo, même si les conditions de proj' n'étaient pas optimales ce jour, à la séance de 13h10 (sur l'écran de la salle 2 c'est toujours bien sombrinet, si le film ne se passe pas en extérieur au soleil en plein midi, hein...
Mais bon, on y va, vaillamment, hop hop, et là on est tout de suite happé... Adam vit dans une tour, à Londres, où il n'y a visiblement pas grand monde d'autre, quand soudain, un soir, on frappe à la porte... C'est Harry, un voisin du 6ème étage, une bouteille de whisky entamée à la main, qui vient lui demander l'hospitalité, et peut-être (sans doute) un peu plus... Mais Adam refuse l'invitation de Harry à partager la bouteille  (et le reste aussi), le repousse gentiment et referme la porte...
Et voilà.
Je devrais m'arrêter là et ne rien vous en dire de plus.
C'est un film qui parle d'une relation entre hommes, c'est sûr, mais qui ne peut (ne veut) pas être réduit à ça. Et si on parlait d'amour, hein ?
Il y a aussi les parents d'Adam, à qui il rend visite dans leur petite maison (sa maman c'est Claire Foy et son papa Jamie Bell, qu'on a découvert il y a un certain temps dans le rôle de BILLY ELLIOT, dans le film du même nom (en 1999)). Il y a le train, dans lequel il voyage souvent, et il y a les rêves, qu'il fait tout aussi souvent...
Ne lisez pas de critiques, ne cherchez pas à en savoir davantage... Juste allez voir le film, et laissez vous porter, transporter, jusqu'à ce final superbe sur THE POWER OF LOVE de Frankie Goes to Hollywood (1984)...
Les maris, les amants, les parents, les enfants...
Une très belle réussite, qui déborde largement du cadre de la gay romance, et que je retournerai voir dans le bôô cinéma dans 15 jours, pour voir si c'est toujours aussi sombre...
Top 10 pour l'émotion générée (et le soin extrême apporté à la réalisation)

0426597

3506636

1365471

5533351

0763440

5669068

 

3 janvier 2022

tout ce que j'aime (sur tw*tter et ailleurs)

pensée du jour sur tw*tter :
"Quand ta femme est enceinte, ses copines  lui caressent le ventre en disant félicitations, mais aucune vient te caresser les couilles en te disant bien joué!"

*

FIHQtlVXIBErS8l

voeux de mécano

FICBPTfWYAMT03r

no comment...

U4YJCLO6YNBHVJPPRS5FA6T7JI

let's party!

FH2F6O0XoAAbpN4

le prochain film de Bouli L.

FHzjyQHWYAIvNfg

vaccin

5991462

affiche russe de La fièvre de Petrov

FHzn0O9XsAow0iW

potes

FH2V4v7WUAY5J7N

bar

FIDUSAqXEAA30LU

affiche iranienne de La loi de Téhéran

FHoQOaRXoAAdhMO

Piccoli / Bardot en tenues de Mépris

FH188GNXEAUeAOE

jeune ouvrier turc

FH2syIUX0AEcAVu

un rébus facile...

FH36cvDWYA4R3yx

le temps des fêtes

FHjNeqPXsAQFOb8

le nouveau film d'Eytan Fox

15 mai 2020

DDDD5

Orne : 34
Nièvre : 25
Haute-Saône : 75
Doubs : 136

*

Je pense à celles/ceux qui ont repris le travail dans les écoles
et se réfèrent au protocole

*

attestation

(ça j'adore, et je m'y réfère, c'est mon protocole à moi)

*

floraisons :

wa2

 Catherine m'a envoyé du sureau en fleur

wa1
Dominique,  des ancolies

wa6

Emma,  du muguet

wa5
Manue, son premier arum

wa3

et Philou des coquelicots
(de sa première virée en vélo)

*

wa4

et ça c'est les fraises
du jardin de la Thérèse!
(Manue aussi)

*

aigrettes

*

je sais pour quoi ça va mal, je viens d'en comprendre la cause : j'ai perdu mon bonnet!
(et je ne sais ni où ni quand)

*

le PQ, les pâtes, la farine, le lait, les oeufs, tout est revenu dans les rayons à Monop', sauf les pâtes à tarte (l'autre jour il n'y avait que des pâtes feuillétées, et aujourd'hui que des pâtes à pizza)

*

quelle chance, il y a à nouveaux des travaux au 12 (juste en face de la fenêtre du salon) : j'en ai compté deux les premiers jours (un jeune rebeu, l'arpète, et un plus vieux, le boss) quand il s'agissait de descendre des trucs à jeter dans la benne du camion de location (cloisons en placo, gravats, radiateurs, etc.) et ce matin deux supplémentaires, des costauds, pour aider à monter tout un stock de ce qui ressemblait à un stock de panneaux en contreplaqué (l'appartement est tout en haut)

*

aujourd'hui au courrier ni Libé ni Téléramuche, mais -enfin-, une grande enveloppe marron avec dedans les deux masques promis par la municipalité, et une autre grande enveloppe, blanche,  avec les deux premiers bouquins de Benjamin Whitmer

*
aujourd'hui St Matthias,
quatrième saint de glace, 
ça commence à bien faire
(bon, ça nous en fera deux paires)

*

15

 

 J+4

 

 

 

30 mai 2015

de la semaine

EVERY THING WILL BE FINE
de Wim Wenders

LE DOS ROUGE
d'Antoine Barraud

Les deux films qu'on programmait cette semaine dans le bôô cinéma. Deux films diamétralement opposés, l'un d'un réalisateur chevronné (comme on pourrait le dire d'une maison, avec des poutres et des chevrons), d'un réalisateur qu'on connait depuis quarante ans, qu'on a beaucoup adoré au début, et dont on s'est progressivement éloigné au fil des années, et l'autre d'un réalisateur parfaitement inconnu au bataillon, et à propos duquel on ne pouvait donc avoir le moindre avis.
Un film qui raconte l'histoire d'un écrivain, et l'autre celle d'un cinéaste. Le premier ne l'est pas vraiment -écrivain- (il est incarné par James Franco, dont je ne suis pas persuadé qu'il soit un immense acteur, et que je préfère lorsqu'il fait l'idiot cul nu dans les champs avec son pote Seth Rogen) le second l'est vraiment -cinéaste- puisqu'il s'agit de Bertrand Bonello, dans son propre rôle, ou presque, et qui ne l'est pas "vraiment", acteur. (Au jeu des comparaisons, si on met côte à côte James Franco et son jeu minimaliste (mais bien peigné) et de l'autre Bertrand Bonnello, avec sa petite tête de poussin  dépeigné, il n'y a pas photo, c'est vers B.B que penche notre coeur).
Dans le premier film il y a aussi Charlotte Gainsbourg qui toujours me touche, (mais que je trouve ici plutôt singulièrement sous-employée) et dans le second Jeanne Balibar que j'adore tout autant (mais qui disparaît beaucoup trop vite à mon goût, dans un genre de clin d'oeil à Cet oscur objet du désir, si je ne m'abuse). Si Charlotte chuchote, Jeanne, elle, vocalise et roucoule et se la joue, nous la joue, d'assez grandiose façon. Balibarissime, comme dirait Hervé.
Le film de Wenders fait un peu moins de deux heures, celui de Barraud un peu plus (de deux heures), et pourtant le premier, en "temps subjectif" semble durer beaucoup plus longtemps que l'autre. Je l'ai trouvé (le film de WW) très mou, académique et sententieux, tandis que celui de Barraud semble toujours sur la brèche, fureteur, inventif (furetif, inventeur), alerte (même s'il semble de temps en temps un peu trop approximatif, mais c'est toujours mieux de tenter, d'expérimenter, que de rester assis sur ses certitudes, non ?).
Dans les deux films la musique a une grande importance. Celle de Wenders est signée Alexandre Desplats (j'ai envie d'écrire "comme un film sur deux désormais"), et, s'il lui arrive parfois d'être sublime (cf celle du générique de fin), on est en droit de la trouver un peu trop omniprésente, asphyxiante, même, parfois. Un beau cadrage, une ample louchée de musique là-dessus, et hop, on se regarde filmer... (tandis que, spectateur, un peu on s'assoupit, zzz...) Chez Barraud, elle est... différente, intriguante, énervante parfois, chatoyante, sautillante (ça dépend des fois) et on s'aperçoit au générique de fin qu'elle est quasi-intégralement signée par... Bertrand Bonnello. et, en parlant de musique, on a en prime celle de la voix-off, follement classe, de Charlotte Rampling.
Un autre signe qui ne trompe pas : je suis à peu près sûr que j'achèterai le dvd du Dos rouge (si un jour il existe!) et que je reverrai le film si je peux, tandis que Every thing... mouais, bof. Ce qui est dommage, dans le film de Wenders c'est qu'il est désespérément lisse : poli, astiqué, sans rien qui dépasse. Rien qui accroche, rien à quoi se raccrocher. C'est magnifiquement filmé (soyons honnête, quand même) mais c'est hélas un peu sans âme, et il faut attendre les dernières scènes (avec le fils de Charlotte) pour que surgisse enfin une belle émotion véritable.
On pourra arguer que Wenders est sérieux (que son sujet est sérieux) et que Barraud pas (forcément), et que ce n'est pas malin de vouloir comparer des choses si différentes : sérieux / pas sérieux. Mais j'ai démarré ce post sur les deux, et je suis bien obligé de le continuer ainsi, à cloche-pied.
Tandis que Barraud crapahute sur des chemins de traverse, nous promène dans divers musées parisiens, nous syndrôme de Stendhalise, cherchant l'objet nodal de son propre film avec le même entêtement que met Bertrand B. à trouver le sujet du sien. (la notion de monstre) Wenders nous déplie les jolis paysages du Canada (le début, dans la neige, est splendide) à différentes saisons, en étiqutant bien ses sauts temporels (deux ans plus tard, quatre ans plus tard...). Le dos rouge, ça part un peu dans tous les sens, mais c'est ça qui fait du bien, les strates temporelles comme les sautes d'humeur, ou les baisses d'énergie, les chansons qui fleurissent tout à coup, le sentiment de work in progress, bref l'énergie étrange (et l'étrangeté énergique, parfois) qui nous fait tendre la main pour nous accrocher au cul du véhicule qui taille la route et courir derrière malgré les cahots.
Avec Barraud, on se sent sollicité, titillé, chatouillé, en tant que spectateur, avec Wenders, hélas, on reste juste en position de. (Wim, Wim, nous nous sommes tant aimés, pourtant...)

566270 131138

 

15 août 2006

sous quinzaine

"Au 15 août
des vacances tu vois le bout"
(vieux proverbe que je viens d'inventer)

Oui oui on y est. Un rapide calcul (je ne suis qu'au cycle 1) permet de réaliser qu'on a déjà pris trois fois plus de bon temps qu'il ne nous en reste encore à. Ou qu'il nous reste encore l'équivalent du tiers de ce qu'on a déjà eu. Ce qui n'est pas si mal mais bon. (Oui oui, je sais, salauds d'enseignants, deux mois de vacances,  plus de la moitié de l'année à se les rouler, et encore ça vient se plaindre oui oui je sais , et moi de répondre mais c'est bien les seuls avantages qui nous restent...)

Récapitulons...

A) Le temps (weather)


- La canicule pendant que j'étais en Bretagne (oui je sais là-bas il faisait frais mais disons que j'ai souffert par empathie, par solidarité, par compassion, par grandeur d'âme)
- La pluie depuis mon retour (la température a baissé de moitié par ici, dès le jour où je revins, comme pour fêter l'événement)
- Et là, hop, quinze août, narquois, voilà que se pointe le... soleil! Salaud de soleil, provocateur ! J'en ai profité pour faire une lessive à toute vitesse comme un fou et la suspendre pendant que ça dardait (comme les feuilles jonchent, le soleil darde... tss tss!)
Là, il fait au moins... 18°, c'est Byzance! (et dire que dès qu'on aura repris le boulot, il va refaire 30°, ciel bleu sans nuages, soleil sans partage, vieux avec brumisateurs, ouvriers torse-nu, piscine trop chaude, glaces fondues, températures nettement au-dessus des normales saisonnières, vous connaissez le tableau... mais on ne pourra plus en profiter! (loi de Murphy n° 1)

B) Le temps (time)

Quinze jours, c'est le temps que durent les vacances "standard" (= pendant l'année scolaire) et rappelez-vous combien ça représente. Des fois si rapidos et des fois trop ramollo (encore une fois histoire de bouteille vide ou pleine).
N'empêche qu'il semble bien que ce soit la date-butoir, le passage à gué (guet ? gay ?) après lequel plus rien ne sera comme avant ("Quand il eut passé le pont..."), le sésame, bref, ze day, qui agit magiquement comme le baiser du Prince Charmant de la Rentrée venant éveiller la Belle au Bois Dormant des Vacances.
Voui voui, tout s'éveille tout s'ébroue et s'étire et se met en marche à tâtons, (à regrets ?), et s'ébranle, bref, tout, doucement, revient à la vie, de l'épicier du coin au contrôleur des z'impôts, en passant par le garagiste, le cinéma, les restaurants, les places de stationnement, les saisons théâtrales et/ou musicales, les réunions d'associations, bref comme écrivait Lucie Delarue-Mardrus Tout luit tout bleuit tout bruit... (Debout là d'dans! , en quelque sorte)
Bref, ça ne fait jamais que quinze jours. Quinze jours encore où le réveil ne sonnera pas (c'est pour moi un des signes les plus importants des vacances). quinze jours, heureusement, c'est énorme! Hmmm (sourire béat) allez, j'y retourne! (je n'ai pas fini de rranger mon bureau hihi!)

DSC01441

(nan nan, cest pas moi DU TOUT...)

14 juin 2018

mais si, tu sais bien... le retour 1

Grâce à la suggestion d'Isa, avec le retour de la Croupe du Monde, voici le retour de notre jeu cinéma...
30 jours, 30 titres de films à retrouver.
Je m'étais dit que je n'aurais pas le temps, et puis si finalement...
Donc on joue comme d'hab
Un peu de tout, du neuf (relativement) et du vieux (relativement aussi)
(entre 2018 et 1946)
Des films que j'ai beaucoup aimés, que même, pour certains, on a dû voir ensemble...
La majorité ont été programmés dans le bôô cinéma, mais pas tous tous tous...
Du trouvable et de l'introuvable, sans doute
Vous connaissez le principe, je mettrai d'abord une image (à 17h, tiens, pour changer, c'était l'heure du premier match...), puis, une deuxième, si ça n'est pas trouvé, des fois une troisième mais pas toujours.
même si le film du jour n'est pas trouvé, le lendemain je proposerai quand même l'image du film suivant
(the show must go on)
donc plusieurs films en même temps peuvent être à trouver...
A vous de jouer,
voici la première image du premier (celui-là, fastochissime)
Allez go! (Et amusez-vous bien):

001

18 juin 2018

big and tough

072
THE RIDER
de Chloe Zhao

Tout simplement bouleversant.
Poignant, impressionnant. Attendrissant.
Il y a des configurations (j'avais écrit conjonctions par erreur, mais vérification faite ça pourrait convenir) affectives (comme il y en a des astrales), inattendues (inespérées) qui tiennent du miracle. Et la vision de ce film en fut une. J'ai été en larmes quasiment dès le début, comme je l'étais à la toute fin (bon rassurez-vous,  j'ai eu quand même les yeux secs entretemps, mais c'est vrai que c'est remonté plusieurs fois...)
Pourtant les chevaux, ça n'est pas vraiment mon truc, et les rodéos a priori non plus. mais là, allez savoir pourquoi, là, j'ai -vraiment- adoré tout ça. tout du long.  C'est drôle de voir ce film quelques jours après celui de Samuel Collardey, car ils relèvent tous deux, quasiment, de la même démarche : des gens vrais, avec leur vrai nom (ici on a juste changé le nom de famille des trois personnages principaux), et leur vraie histoire, sur leurs vrais lieux de vie, avec les vrais gens qu'ils côtoient. Mais allez savoir pourquoi, celui-ci (The rider) m'a fait fondre, alors que celui-là m'a, si je puis dire, laissé (plus ou moins) de glace.
Le héros, celui qu'on voit sur l'affiche, c'est Brady, un jeune cowboy indien, un jeune espoir du rodéo (qui vit sa vie "huit secondes à la fois"), un jeune homme qu'on trouve au tout début du film amoché, traumatisme crânien après une chute en, justement, rodéo, et qui doit gérer une convalescence pas forcément très joyeuse, lorsqu'il réalise qu'il a gardé des séquelles de sa chute et qu'il ne pourra probablement plus jamais faire ce qu'il aime : rodéer.
Et Brady ne sait faire que ça : dresser (on dit débourrer) des chevaux. On le voit à l'oeuvre, et c'est fascinant. Il va s'agir alors, pour lui, d'abord de continuer à vivre (de trouver les raisons de) , mais de trouver un moyen  de gagner de quoi vivre, un job alimentaire, ou deux, histoire de tenir, tandis que son rêve continue de couver sous la cendre. Et on va l'accompagner, au quotidien, au jour le jour, avec sa famille, avec ses amis, avec les chevaux... c'est juste c'est simple et c'est beau.
Brady est interprété par Brady Jeandreau (de la même façon que sa soeur Lily est interprétée par Lily Jeandreau, et Tim, son père, par Tim Jandreau) d'une simplicité et d'une justesse exceptionnelles (il est pour beaucoup dans la force du film). Rien n'est inventé, il est vraiment dresseur, il a vraiment eu un accident, de la même façon que sa soeur est vraiment atteinte du syndrome d'Asperger et que son ami Lane Scott, est vraiment paralysé suite à une chute de rodéo (taurin, celui-là).
Le personnage et la vie de Brady sont au centre du dispositif (comme le personnage et la vie d'Anders étaient au centre d'Une année polaire) et la réalisatrice nous les retransmet avec infiniment d'attention et de délicatesse. La majorité des personnages sont des indiens de la tribu des Lakotas, vivant dans la même réserve. Là encore, on peut faire le parallèle entre ces deux univers "colonisés"  et la triste façon dont on les laisse survivre (Les Inuits avec le Danemark, Les Indiens avec les USA).
Je suis allé sur le ouaibe pour trouver un peu plus de renseignements sur Brady Jeandreau : des interviews pour la promo, le dossier de presse du film... et ce petit gars-là, il est dans la vie comme il est dans le film : émouvant. Il confirme que l'histoire du Brady du film est bien la sienne (la scène d'accident de rodéo est la sienne, vraie), que la réalisatrice a souhaité la raconter à l'écran (ils s'étaient déjà croisés lors du tournage du premier film de Chloé Zhao, Les chansons que mes frères m'ont apprises) après qu'il lui ait eu raconté ce qu'était sa vie après ce fameux accident, mais il établit une différence entre le vrai Brady et le Brady de cinéma qu'il incarne ("mon personnage a dans le film des réactions que je n'aurais pas forcément eues dans la vie, mais la réalisatrice a bien précisé que, justement, c'était le personnage du film, et pas moi...").
Même s'il est plutôt triste, le film n'est jamais insistant dans le pathos. Les scènes de l'histoire de Brady, filmées bien souvent de très près, contrastent avec les paysages somptueux en plans très larges, cieux, nuages, prairies, comme d'amples respirations qui viendraient adoucir le propos. Et la musique de Nathan Alpern (quoi qu'en dise le tâtillon critique de Libé) participe aussi à cet enveloppement soyeux et mélancolique.
Top 10

3144541

17 juin 2018

los angeles

Effets-indésirables-couv

EFFETS INDÉSIRABLES
de Larry Fondation

J'avais déjà lu deux livres du même monsieur (Sur les nerfs et Criminels ordinaires) et je convoitais celui-là, attendant juste qu'il se vende à un pix décent. Merci à PriceMinistruche. J'ai réussi à l'avoir.
On reste dans le même univers, Los Angeles et ses petites gens pourrait-on résumer, simplement l'habillage (du bouquin) change : les deux précédents étaient noirs (Fayard), celui-ci est blanc (Tusitala), mais à l'intérieur, la couleur d'ensemble est restée la même : noir c'est noir (il n'y a plus -vraiment- d'espoir, mais si des fois un peu quand même...).
C'est un grand plaisir de lecture, même si c'est le plus souvent assez désespéré. Petites gens, donc, et petites histoires. Par l'espace occupé. Textes brefs, acérés, une page ou deux le plus souvent, mais parfois juste à peine quelques lignes. Des fragments, des éclats. Cinglants souvent, amers, tendres parfois, comme un chorus de monologues où percerait de temps en temps une note plus aigue. J'adore ces instantanés de vie, saisis, justement, sur le vif, où c'est au lecteur de se faire une idée. Où tout n'est pas forcément donné, ni au début, ni à la fin (quelques fois c'est "à chute" et d'autres fois pas).
Un livre idéal pour poser sur sa table de nuit, (plus on vieillit et moins on lit de pages avant de s'endormir) tellement on peut en picorer à volonté, le soir, avant de s'endormir (non pas que ces histoires, justement, nous aident à faire de beaux rêves). C'est la vraie vie, dans la rue, dans les bars, dans les pavillons miteux, dans les bagnoles, dans les chambres d'hôtel, et, souvent, juste dans la tête des gens. De la violence, souvent, du sang des coups des flingues des couteaux, mais pas toujours.
Une sacrée manière de regarder la réalité en face, une écriture remarquable (dans tous les sens du terme) avec un lyrisme sec capable de vous sidérer au détour d'une phrase.
Du grand art.

 

16 juin 2018

QV

NU
série de Olivier Fox

J'en ai rêvé, merci Orange, Olivier Fox l'a fait.
La première série à quéquette(s) visibles! Et je me suis empressée de la regarder de bout en bout (si je puis dire) gloutonnement, en deux soirs. Dix épisodes, de 20' minutes chacun, avec une fin de dernier épisode qui semble appeler une suite (et, donc, une saison 2).
Bon, c'est un fait, la publicité ne ment pas sur la marchandise : des quéquettes, il y en a. Chaque épisode apporte son quota de birds in the nest (j'ai trouvé cette expression sur un blog américain, même si elle n'a pas été attestée depuis sur beaucoup d'autres, mais elle me plaît, soulignant le côté attendrissant qu'a pour moi la chose en question.)
Le héros se réveille dans une chambre d'hôpital après 8 ans de coma, il a la zigounette (qu'il a fort jolie) à l'air, et apprend que les choses ont changé : contre le terrorisme a été votée une loi "transparence" qui oblige les citoyens à se promener à poil, pour qu'on soit bien sûrs qu'ils ne portent pas d'arme... Le monsieur en question, qui était flic avant de tomber dans le coma en se portant au secours d'une collègue, ne veut pas en entendre parler, (de se promener à poil) il est resté so 2018 dans sa tête, et va mettre quelques épisodes à se décider à l'assumer en public, sa zigounette jolie. Ca c'est le premier fil narratif.
Comme il est flic, il y a en a un second en parallèle, une vague enquête policière (le père de la loi transparence a été assassiné, et retrouvé, vêtu, dans un bois, et on soupçonne les réfractaires, ceux qui n'ont pas voulu se plier à la loi, les rebelles, et vivent camouflés, au milieu des bois justement, emmitouflés du haut jusque-z-en bas, mais bon comme en 2018 les magouilles politiciennes vont bon train...).
Bon, vous me connaissez, je suis bon public. Une série s'annonce "à quéquettes visibles" et donc je vais en profiter, et ne pas me priver, puisque j'aime ça, pour les regarder. C'est vrai  que c'est ce qu'il y a de plus intéressant, visuellement (plastiquement), dans cette série, et que, si elles n'avaient pas été là, j'aurais été très malheureux, et je n'aurais sans doute pas regardé jusqu'au bout... D'ailleurs, ces fameuses, quéquettes, si elles font bien le taf lors des premiers épisodes, il semble que par la suite elle deviennent plus timides, oui, plus épisodiques, plus dissimulées, plus hors-cadre, et c'est un peu dommage.
L'idée est plus que plaisante, mais la réalisation a du mal à suivre. malgré le capital sympathie indéniable que provoquent les acteurs (et pas juste à cause de leurs birds in the nest) et les actrices aussi bien sûr (mais je le redis, désolé, mais les zigounettes c'est mieux!) . Non seulement le format est -un peu- court mais la thématique est hybride : la série est rangée dans la case "comique" sur le présentoir à série d'Orange, je ne suis pas sûr que cela la serve vraiment (personnellement je n'ai pas trouvé ça drôle de voir des gens se balader à poil). La case polar ou anricipation, n'aurait pas tout à fait convenu non plus , c'est vrai que c'est difficile de trouver la case idoine, peut-être aurait-il suffi d'un "décalé", c'eut été plus juste...
Non, ce que j'aime, vraiment, ce qui fait très plaisir (en plus ds QV), c'est l'aspect "égalitaire" de la vision, parce qu'elle donne à voir des gens de tous âges, (et ça c'est culotté!) et agrège des acteurs/trices venu(e)s de quelques séries télé d'horizons divers, de Vestiaires à Scènes de Ménage  (ceux-là j'ai reconnu tout seul) en passant par Caméra Café (là c'est les critiques qui me l'ont appris)... Ils méritent tous des applaudissements, parce que ce n'était pas forcément si simple que ça à faire, je suppose...
Avec une mention spéciale  pour Satya Dusaugey, le personnage principal. Qui paie de sa personne et fait bien le job. En plus d'être plaisant à regarder. Parce qu'en cherchant sur le ouaibe plus de choses sur lui, j'ai appris qu'il avait déjà réalisé un court-métrage, intitulé Tapette, dans le quel il joue aussi -et où il montre déjà sa zigounette, oui oui- mais surtout je suis tombé sur cette image

tapette

qui ne vous dira sans doute rien, mais que j'avais repérée il y a plusieurs mois en couverture d'une programmation de la MJC Les Oiseaux, que je trouvais sympathique mais énigmatique, puisqu'aucun nom n'était cité. Et un mystère de résolu, un ! c'est Satya Dusaugey dans son court! ( court que j'aimerais pouvoir voir!)

tumblr_p32e0udFe51wolroio8_1280


Pour en revenir à NU, (ah oui, au fait, la série est interdite aux moins de 16 ans, si si...) concluons que c'est un premier essai intéressant (les amateurs/trices de QV, allez-y !), une idée, formidable,  dont on espère qu'il prendra un peu plus d'envergure (d'amplitude) dans la Saison 2 que, bien sûr, on espère...

14 juin 2018

pas d'oiseau dans le nid de l'automne passé

069
L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE
de Terry Gilliam

Clataclop clataclop, il a fini par arriver. Qui donc ? Eh bien non pas Zorro, mais Don Quichotte (dont j'ai réappris que son nom prenait deux t en français), bien sûr, suivi de son fidèle Sancho Panza (Pança croyais-je aussi). Enfin soyons précis : un certain nombre de Don Q., accompagnés du même certain nombre de Sancho(s).
Disons tout de suite les choses, Terry Gilliam est quelqu'un que j'aime fort et depuis fort longtemps, à qui je dois un certain nombre de grands bonheurs cinématographiques (Bandits Bandits, Brazil, les Aventures du Baron de Munchausen, et, surtout, surtout, FisherKing) et que je continue de suivre assidûment, vaille que vaille, (coûte que coûte), même si les films suivants peuvent parfois prêter à confusion et/ou provoquer (parfois) un peu moins d'enthousiasme. J'aime le bonhomme, point. Et je suis donc depuis un certain temps les rebondissements quichottesques dans sa filmographie (qu'on vit résumés dans Lost in la Mancha, il y a déjà tout de même -déjà- quinze ans! (je tiens le dvd à votre disposition), ce qui dit quand même que ça fait déjà un bail que cette affaire traîne...)
Le barouf médiatique à Cannes 2018 en rajouté une louche (des démêlés un peu compliqués avec Paulo Branco le producteur historique du premier, si j'ai bien compris...) sur, d'abord la projection cannoise ou pas, puis la diffusion en salle idem. Bon le film est donc sorti, avec un carton explicatif en ouverture (mais qui ne clarifie pas vraiment les choses), et le voilà dans notre programmation, dans le bôô cinéma, et nous étions quelques-un(e)s, en petit comité, pour la première projection (à 118h dans la salle 1) et j'étais très content de me retrouver là assis à côté de mes amis Pépin et Régis.
Et nous voilà partis en Espagne. un grand maigre sur son cheval, un petit gros sur son âne, des moulins à vent... Clataclop clataclop, oui, Don Quchotte et Sancho. sauf qu'il s'agit d'un film, tourné par un réalisateur pas extrêmement sympathique (joué par Adam Driver, ce gaillard-là je l'aime aussi, Paterson ne sors pas de ce corps!). On est sur le tournage, et on laisse un instant Quichotte accroché à l'aile du moulin (une image qui reveindra à plusieurs occasions) pour suivre le dit pas très sympathique réalisateur, dont on apprend qu'il a tourné quand il était jeune une autre version de Don Quichotte, dans un village voisin, avec des acteurs non professionnels du cru, qu'il va soudain avoir envie d'aller retrouver (en vrac le village, Don Quichotte, Dulcinée, sa jeunesse enfuie), en moto cette fois, et nous voilà parti (vroum vroum, pas cataclop) à sa suite. Celle du réalisateur du film dans le film, mais aussi celle du réalisateur du film dans le film dans le film, Terry Gilliam himself. Le début est un peu embrouillé, mais, assez vite on est embarqués, et on jubile, de ces incessants allers/retours entre ce qui est vrai dans le film (mais qui, pour nous, est filmé, et donc, déjà,  fictionnel) et ce qui relève de la pure fiction (rêve, fantasme, hallucination, film), et qui est donc, pour nous spectateurs ébahis, doublement ou triplement- fictionnel.
Ca devient du grand Terry Gilliam. On jubile, oui, pendant un grand moment.
Et ça retombe hélas un poil à la fin (la looooongue scène dans le château n'en finit pas de ne pas finir), et c'est comme si soudain Terrychounet ne savait plus trop comment se dépêtrer avec panache de sa narration, et donc l'appliquait juste point barre.
Tous les trois, en sortant (Régis , Pépin et moi-même donc) on a fait la même remarque : que c'était longuet, platounet et un peu inutilement délayé.
Mais bon le sentiment de jubilation qu'on avait ressenti avant était suffisamment puissant pour nous laisser, tout de même, tous les trois, devant le bôô cinéma, avec un large sourire.

0798456

4 juin 2018

de nos jours les victimes se croient tout permis

066
THE THIRD MURDER
d'Hirokazu Kore-eda

Il passait dans le bôô cinéma, et l'occasion donc était trop belle d'y retourner, pour voir cette fameuse première heure pendant laquelle, avec Dominique, nous avions copieusement dormi, et donc de pouvoir nuancer sans doute mon jugement initial...
Comme dans le bôô cinéma on n'ouvre qu'une caisse (même le mardi, jour des tickets orange) et que ladite caisse ouvre à 13h25 pour la séance de 13h30, qu'il ya foule à ladite caisse et que le caissier (qui est aussi le propriétaire du cinéma) aime discuter le bout de gras avec chacun, tout en jouant à la marchande, eh bien tout cela a fait que ju suis entré dans la salle 9 au bout de cinq bonnes minutes de film. Et ça m'exaspère. (heureusement, la scène d'ouverture était la seule dont je me rappelais. mais bon, positivons, j'étais merveilleusement éveillé, et le réalisateur a su me mettre tout de suite au diapason pour apprécier pleinement cette fameuse première heure manquante. Si, apparemment, Kore-eda semble avoir changé de créneau (il s'agit principalement des rapports entre un homme accusé de meurtre et le -grand- avocat chargé de le défendre) la très chère problématique "familiale" du réalisateur refait très vite surface. La famille oui, les rapports familiaux, plus précisément, et, avec encore plus d'acuité, les rapports des pères avec leur filles (chacun des personnages masculins principaux -le triangle victime / assassin / avocat- a, justement, unr fille, et chacune de ces filles pose, d'une manière ou d'une autre, problème, justement, à son géniteur, à un moment  du film.
Le film parle beaucoup, c'est toujours vrai, mais il fonctionne surtout grâce à l'affrontement (le plus souvent le face à face, au sens littéral puisuq'ils se parlent à travers une vitre, situation que le réalisateur exploitera assez habilement sous tous les axes possibles) entre l'accusé et son avocat, joute verbale assez impressionnante, où il sera souvent question de vérité, de mobile, (de motivation) et surtout du fait de croire (ou pas) et de comprendre. Comme le dit l'avocat au début du film "pas besoin d'empathie pour défendre un client...". Voire.
Tout celà est assez solide, brillant, même si je pense toujours que, formellement) le film aurait sans doute gagné à être un peu resserré.
Avec une mention spéciale pour ce personnage de meurtrier, à double voire à triple fond.

5598611

23 mai 2018

road to nowhere

065
TRANSIT
de Christian Petzold

Un nouveau film de Christian Petzold, sans Nina Hoos, mais toujours sur le thème de l'imposture (ou du changement d'identité). Avec la très charmante Paula Beer (découverte dans le Frantz d'Ozon) et le très intéressant Franz Rogowski (découvert dans le Victoria de Sebastian Schipper), avec, comme narrateur, la voix immédiatement reconnue de notre Jean-Pierre Darroussin préféré.
Tout ça dans une uchronie (et pas du tout une dystopie, comme je l'ai affirmé à Catherine, quoique...) légère : une histoire qui se passe en 1940, filmée et racontée dans une ville de Marseille filmée de nos jours, dans ce qui pourrait n'être, finalement,  qu'une légère accélération de notre réalité contemporaine.
Le personnage masculin principal, Georg, est incarné par un acteur au physique (et au phrasé) tout à fait particulier(s), sans que je puisse portant préciser vraiment en quoi, qui me l'ont rendu attachant dès le tout début du film. L'utilisation de la voix-off (qui plus est, celle de Darroussin), sans que l'on puisse, au moins au tout début, identifier précisément ce narrateur, met en place une certaine distance (après tout, il est question d'un écrivain disparu, et d'un homme qui emprunte l'identité du défunt) "littéraire", un peu mystérieuse, précieuse, et très plaisante. Comme l'est la décision du réalisateur de filmer dans une réalité contemporaine ces faits qui se sont produits il y a bientôt quatre-vingt ans.
L'usurpation d'identité, la fuite vers le Mexique, le consulat, les billets, les visas, tout cela aurait un fort parfum de roman d'aventures (surtout si on y rajourte une histoire d'amour, et triangulaire de surcroit, avec cette femme mystérieuse qui est l'épouse d'un fantôme et la maîtresse d'un autre) sauf que tout cela n'est que le produit d'une sinistre réalité historique. (l'omniprésence des flics, des refles, des contrôles d'identité, des arrestations, des "fachistes" et des "camps").
Le récit qu'a tiré Christian Petzold du roman d'Anna Seghers (que je n'ai pas lu) fait ainsi la part belle au romanesque (littéraire et/ou littéral) avec cet homme et cette femme qui se croisent sans cesse, (et vont mettre un certain temps avant de réaliser qui ils sont), comme mis en scène par le narrateur omniscient, avec ce que cette intention peut parfois avoir de théorique, et donc de mécanique (la fin, notamment, est  comme un petit feuilleté littéraire, avec son empilement d'allées et venues, de départs, de retours, gourmand, sans doute, mais peut-être un -tout petit- peu lourd à digérer.).
Et je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle avec Mes Provinciales, vu la veille: tant les deux films peuvent être considérés comme symétriques : d'abord par la mise en place ce décalage temporel (aujourd'hui vu comme les années 70 pour l'un, et les années 40 vues comme aujourd'hui pour l'autre) qu'ils ont en commun, par l'utilisation de la littérature (beaucoup de livres pour le premier, et un unique pour le second) et par l'approche de la passion qu'ils ont, de part et d'autre : si Etienne cherchait "la" femme à travers toutes celles qu'il rencontrait successivement, Georg, au contraire, fait de Marie, instantanément ou presque, la seule, l'unique, un objet d'amour fou, (et toutes les femmes à la fois).
(Et ils ont aussi tous les deux en commun de finir par une scène magnifique en plan fixe sur leur héros).

5739516

15 mai 2018

zeitgeist & polonium

062
9 DOIGTS
de F.J. Ossang

On a navigué encore une fois, dans le bôô cinéma. Sur un bateau, en noir et blanc. Pas de tout repos. Tiens, comme dans Les garçons sauvages. Et on finit aussi par aborder sur une île mystérieuse. Dont tout le monde tiens tiens ne repartira pas non plus. Deux films cousins, par leur atypisme, leur esprit d'aventure(s) leur façon de raconter et de se situer soit à contre-courant soit à la marge d'une cinématographie "ordinaire". Aux confins. Des films ailleurs, des films "autrement".
J'avais vu il y a quelques années, à Belfort me semble-t-il*, du même réalisateur, Le trésor des Îles Chiennes, qui m'avait plutôt enthousiasmé (le même noir et blanc, le même décalage, et la même musique, signée MKB fraction provisoire -le groupe de F.J. Ossang-, qui m'avait d'ailleurs fait remuer ciel et terre et mettre le ouaibe sens dessus-dessous pour réussir à m'en procurer un exemplaire). Et j'avais donc envie de retenter l'expérience.
D'autant plus que la bande-annonce était séduisante. Qui raconte d'ailleurs pas tout à fait le même film au spectateur. Au début j'ai pensé à l'écriture de Jean Echenoz (que j'adore) et à sa façon à la fois réaliste et ironique de se confronter à un genre donné (ici on en aurait plusieurs, et on glisserait de l'un à l'autre : polar, braquage, aventures maritimes, science-fiction (avec, en prime un mcguffin à la hitchcock sous forme de machin radio-actif dans un sac comme dans le En quatrième vitesse (Kiss me deadly) de Robert Aldrich).)
Paul Hamy (L'ornithologue), Damien Bonnard (Rester Vertical), Pascal Greggory (Dans la solitude des champs de coton) et Gaspard Ulliel (Juste la fin du monde) indiquent ainsi les quatre points cardinaux d'une cartographie cinématographique exigeante (où je me repère de façon assez précise et référencée). Les rôles féminins sont un peu plus stylisés (image-ricochet : j'ai pensé à Véra Clouzot dans Les Diaboliques...) et auraient sans doute gagné à être plus étoffés (les films de F.J. Ossang sont des films d'hommes, qu'y peux-je?)
Le héros à qui surviennent toutes ces aventures est un certain Magloire, qui à affaire à un certain Kurtz, et tout est est téléguidé (les ficelles sont tirées) par un mystérieux et occulte 9 Doigts (dont on n'en saura jamais plus).
Si j'ai adoré la plastique irréprochable du film (oh ce noir et blanc sublime, oh ces cadrages anxiogènes, oh cette lumière réaliste/irréaliste, oh ces personnages comme dessinés façon ligne claire, oh ces intérieurs suffocants oh ces extérieurs fabuleux) j'ai tout de même été un peu gêné par les dialogues (enfin, une grande partie des dialogues) qu'on croirait situatonnistement découpés/recollés d'un autre film, d'une autre histoire (et deviennent à la longue pénibles et sentencieux -pontifiants, oui oui- était-il besoin de convoquer ici Lautréamont et les Chants de Maldoror ?), pièces rapportées, recousues (de fil blanc) de façon un peu voyante et maladroite (et, en ce qui me concerne, déplacée), et je reste persuadé que le film aurait été tout aussi (voire même encore plus) fascinant, avec juste ses images (très fortes, je le répète) et, bien sûr, ses intertitres. Car, comme aurait pu dire Lagarce "car intertitres et rien d'autre"... Avec le curieux sentiment de décalage provoqué par un film qui fait appel (du pied, mais appel d'air aussi) à l'iexpressionnisme et à ce qu'on pourrait nommer "le cinéma des origines", au temps du muet ou presque, donc, et l'alourdit en y rajoutant de la parlotte...
Là, en plus d'être étrange, on rajoute au récit -déjà fort mystérieux- via les mots des personnages, une couche d'abscons, qui charge sérieusement la barque, et risque pour certain(e)s de devenir décourageante et de donner l'envie de quitter le navire (on était 7 au début, et plus que 3 à la fin...)
Mais bon, on a mérité de rester jusqu'au bout, et on en est récompensé, après un mystérieux coup de feu, par un générique en musique très MKB comme j'aime (post-rock ? indus ? électro ? en tout cas y a des guitares qui déménagent) qui nous électrise et, sans doute, frevenir à la réalité  (et m'a fait me tortiller de plaisir sur mon siège...)

* Entrevues 2005, j'ai vérifié...

2812434

25 juillet 2021

CMFUBJ

dehors il pleut (enfin)
par la fenêtre ouverte entre un peu de fraîcheur
et je traîne à poil dans l'appart' (quel bonheur!)

*

Kaamelott_Premier_volet

*

Bon alors, si j'ai bien compris : pour rentrer dans la salle de cinéma, il faut un Pass sanitaire, mais une fois dans la salle on a le droit d'enlever son masque ? Tiens je vais tester ce matin, en allant voir Old...

*

où il est question de manifestations (et donc quasiment des perspectives d'émeutes et de guerre civile à en croire les infos -que pourtant je ne regarde plus- ) contre les atteintes à la liberté individuelle. J'ai eu une pensée pour F., qui refusait de faire mettre la ceinture à son très jeune fils quand il s'asseyait -devant, bien sûr- dans sa 4L, pour ne pas porter atteinte à sa liberté individuelle.

*

j'avais déjà une jambe gauche un peu rouge avec cette plaque que je traîne depuis des années (à propos de laquelle aucun médecin ou spécialiste n'a été fichu de me dire ce que c'était vraiment), j'aurai désormais aussi (et pour toujours je le crains) une jambe droite encore plus rouge -et plus gonflée- , heureusement l'été sera bientôt fini...

*

testé ce matin ma glycémie à jeun : 114 (pas mal!)

*

DSC00166

(voilà tout ce que l'infirmier m'a laissé)

*

j'ai croisé dans la rue le seul de mes élèves dont je pense qu'il était psychopathe (et donc apte à virer serial killer), il était avec sa mère, comme d'habitude en train de gueuler, j'avançais vers eux, sans masque, il m'a regardé, j'ai vu dans ses yeux qu'il m'avait reconnu, j'ai continué ma route en me disant qu'il pourrait éventuellement lui prendre la fantaisie me suivre pour me zigouiller...

*

 

 

2 décembre 2019

ça tourne

197
STILL RECORDING
de Saeed Al Batal & Ghiat Ayoub

Des images brutes, tirées d'une matière-monstre (4 ans de filmage, 450h de rushes) accumulée par deux jeunes réalisateurs, témoins de la vie au quotidien (et donc, hélas,  de la guerre au quotidien) dans leur pays, la Syrie (et plus précisément dans (et autour de) la ville de Douma. Une immersion saisissante, au milieu d'une ville en ruines, qui zigzague entre bâtiments dévastés et rues trop exposéées. Combattants, snipers, embuscades, explosions rythment le film de leurs scansions sonores et mortifères, la mort est omniprésente, mais la pulsion de vie aussi, qui intervient à proportion égale pour rééquilibrer le propos (et c'est tant mieux).
Vivre c'est parler, manger, fumer, boire, danser, et c'est réjouissant (réconfortant) de voir vivre  cette belle jeunesse syrienne et barbue (ces jeunes gens, en plus, sont indéniablement très beaux, du genre de beauté indéniable -barbounettes, cils de gazelle, et cette toujours touchante façon de danser- que j'affectionne, en tout cas). La vie dans tous ses états. Combattants, snipers, observateurs, interviewés, chacun à sa façon témoigne, s'exprime, et nous bouleverse (j'ai même rencontré des snipers sentimentaux pourrait-on paraphraser). Le montage alterne les moments de stress et d'accalmie, l'adrénaline et la rigolade, et on se sent à chaque instant aux premières loges. Tout près de, au coeur de.
On parle de la guerre, de Bachar, mais aussi (surtout ?) d'art(s) (le film s'ouvre sur un cours de cinéma, il y sera question de sculpture, de peintures murales), de comment s'exprimer, c'est résister.  Un film important, de par sa démarche, et que je ne pouvais donc pas ne pas faire figurer dans mon Top 10 (qui commence sérieusement à déborder.

5090549

Still_recording

"Sois patiente ô ma Patrie..."

Still recording ╕ Tous Droits Réservés (7)

Still recording ╕ Tous Droits Réservés (15)

42443897_2140999436139706_2833529176600870912_n

ac27-AUG-still-recording05

les réalisateurs

4 novembre 2019

baguette magique

167
LA FAMEUSE INVASION DES OURS EN SICILE
de Lorenzo Mattotti

Vu un jour de semaine, curieusement, à 11h15 (ah oui c'est vrai c'était les vacances) dans la plus petite salle du bôô cinéma, en présence d'autant d'adultes que d'enfants, pratiquement c'était vraimentma dernière chance (après il ne passait plus) et j'ai d'ailleurs assez longuement hésité. Une histoire quand même assez complexe, adaptée d'un conte pour enfants de Dino Buzzati, avec un récit dans le récit, un graphisme assez particulier -un peu déstabilisant quand on est -c'est mon cas- plus habitué aux rondouilleries de chez Pixar-, un conte moral qui exalte les valeurs, et tout et tout, et qui explique aux enfants comment bien grandir.
J'ai trouvé ça agréable mais j'ai commis l'erreur de ne pas écrire dessus tout de suite (rien que ça c'était un signe) et tout ça c'est un peu évaporé... Me resteront de ce film la voix de Jean-Claude Carrière, des images d'ours qui dansent, et, surtout, la voix d'une gamine assise derrière moi, juste quand les lumières se sont rallumées, ce cri du coeur "Maman, c'est le pire film que j'ai vu de ma vie!" (elle devait avoir au moins 7 ans!) .
Bon, elle exagérait la donzelle, hein, moi j'ai passé un excellent moment, voilà. Mais j'étais content de ne pas avoir d'enfant, et de m'être ainsi évité la corvée de répondre à des milliers de questions, hihihi.

4013592

l'affiche

3022144

Le Roi Léonce (de près)

5305621

Le Roi Léonce (de loin)

31 octobre 2015

tout pour pleurer

YA BALAD
de Bachar Mar-Khalifé

bachar mar

(la pochette, déjà, m'émeut)

Oui, tout est parfaitement en place ici pour.(pleurer)
Troisième album de Bachar Mar-Khalifé. C'est Emma qui m'avait fait découvrir son deuxième (Who’s Gonna Get the Ball from Behind the Wall of the Garden Today?) qu'elle avait découvert d'ailleurs je ne sais pas trop comment.
Album qui m'avait tellement plu (et qui ne ressemble tellement à rien qu'on puisse "facilement" étiqueter) que j'avais illico été acheter sur le ouaibe son premier, Oil Slick.
Et voilà qu'on nous annonce il y a peu la sortie du 3ème, Ya balad, que j'ai donc décidé d'acheter aussi. Ce ne fut pas chose facile puisque, (bien que l'ayant vu en vente sur amaz*n), j'ai voulu l'acheter chez le petit commerçant local à Besançon, qui bien sur ne l'avait pas en rayon et me proposait de le commander (moyennant une semaine minimum de délai), et je l'ai donc commandé mais chez moi le soir-même et c'était le bazar sur  amaz*n qui mélangeait la version cd et la version vinyle (je me suis trompé d'ailleurs et j'aid'abord commandé celle-ci, avant d'annuler la commande et d'aller finalement à la fn*c, où le port était gratuit, la version digitale offerte, sauf que le disque était en précommande, ne devant sortir que le 22 (alors qu'à Besançon le vendeur m'avait affirmé qu'il était sorti le 16) et donc que la version téléchargeable ne serait disponible que prochainement...

Tout est arrangé ce matin, j'ai pu télécharger la version digitale (que j'écoute en ce moment). Et je pleure comme je m'y attendais. Mais pas à tout. Je suis beaucoup réceptif aux morceaux  plus calmes,  plus "intimes", avec le piano et juste la voix (le plus souvent en arabe mais même une fois en français, Dors mon gâs, une berceuse de Théodore Botrel, le dernier morceau du disque, à faire dresser les poils tellement on le sent près de nous) : Ya balad, Madonna, Kyrie Eleison, que ceux qui sont plus rythmés, plus enlevés, plus... jazzy ? (arghh).

Bref c'est un monsieur infiniment aimable.
Même si l'album me semble moins immédiatement séduisant au premier abord que ne me l'avait paru son précédent (peut-être aussi parce que le choc de la découverte ne joue plus aussi fort : Bacharounet, on le connaît déjà un peu, on sait donc déjà un peu à quoi s'attendre...) mais les frissons qu'il procure sont d'un tel niveau qu'on ne va tout de même pas lui reprocher que ça ne fonctionne pas à tous les coups, hein...)

7 novembre 2010

suppléments

Un truc que je voulais dire depuis un certain temps, et puis à chaque fois j'oublie : alors voilà. il y a dans Libé, que je reçois chaque jour dans ma petite boîte aux lettres, deux suppléments que j'apprécie tout particulièrement (je pourrais quasiment dire que c'est pour eux d'ailleurs que je me suis abonné) : celui du mercredi, pour le cinéma et celui du samedi/dimanche, pour "le mag".
Et dans chacun de ces deux suppléments, il y a, à chaque fois, une page qui est particulièrement chère à mon coeur :
dans celui du mercredi, c'est le "séance tenante", où un invité répond du tac au tac à des questions variées
dans celui du samedi c'est la page "regarder", avec les brèves d'"instants télé", mais surtout, surtout, l'inénarrable BOURRE-PAF de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, dont je me délecte toutes les semaines, alors que l'univers dont il est question là-dedans (les people téloche, pour faire bref) ne m'intéresse pas vraiment a priori. C'est drôle, c'est vachard, c'est très bien écrit, bref, c'est mon petit régal du samedi. cette semaine, il est titré "Oulipo mon fils en costume", et il tient vraiment ses promesses (d'une semaine à l'autre, le niveau varie -on ne peut pas être génial à tous les coups- mais, là, c'est du haut vol!)
Hautement recommandé

Et, puisqu'on est dans la chose écrite, je suis en train de lire un (gros) roman délicieux (et norvégien) qui s'appelle "BUZZ ALDRIN mais où es-tu donc passé ?", imprimé sur le beau papier saumon des éditions Gaïa, et que j'ai déjà eu envie d'en recopier plusieurs extraits, ce qui est plutôt bon signe...
Recommandé aussi!

9782847201376

22 janvier 2010

"tsoures"

A SERIOUS MAN
de Joel & Ethan Coen

Impeccable. Je viens de voir un film impeccable. Nickel. Propre sur lui. Virtuose. Rarement eu ce sentiment-là, de choses autant filmées au petit poil. Le cadrage, la composition des plans, les mouvement de caméra, le rythme, les transitions, rien n'a été laissé au hasard. Soigneusement. Pour nous raconter l'histoire... d'un père de famille (encore!) avec deux enfants, une fille et un fils qui lui causent du souci (encoore!) et une femme qui le trompe avec un proche (encoooore!) Sauf qu'on n'est ici ni chez Axelle Roppert ni chez Alfred Machin, on est chez les Coen.  Ambiance. Régal!
S'il s'agit encore une histoire de famille, ce serait aussi, tout autant, une histoire de religion (mais à des années-lumière d'Hadewichj, puisqu'ici les croyances pourraient être sujettes à caution, bien plus proche par contre du Gainsbourg (vie héroïque), posant la judaïté comme axe central, comme question aussi, sans forcément y apporter de réponse(s)).
Une Amérique chromo de petite ville de fin des années 60, les belles bagnoles, les chouettes pavillons, les pelouses qu'on tond, les rapports de voisinage, les lunettes-papillon des secrétaires, les repas en famille, les étudiants bien sages, les enfants bien peignés, voilà l'univers de Larry Gopnik, notre héros (un genre de Harold Lloyd sans chapeau),tout ça aussi précis, rassurant et lisse en apparence qu'un dessin de Norman Rockwell, mais bien trop lisse justement, pour ne pas cacher son jeu, bien trop joli pour être honnête... Comme un jardin à la française qui serait peuplé d'arbustes toxiques.
Car l'univers de notre Larry va soudain se lézarder de tous les côtés en même temps, à tel point qu'il n'aura d'autre issue que d'essayer d'aller chercher (du réconfort) la réponse au pourquoi de ses multiples malheurs auprès de trois rabbins successifs. (Le film a l'air de partir du principe que tout un chacun est au courant des subtilités de la religion juive et ne s'en embarrasse donc pas -de subtilités-, ni ne fait appel à une traduction en cas de mots difficiles -comme celui qui donne son titre à cette chronique, aux erreurs de transcription près-, mais cela fait partie du charme et du mystère de ne pas tout comprendre, comme c'est par ailleurs le cas pour le délicieux conte yiddish qui ouvre le film -et dont on ne reparlera plus jamais ensuite-)
Larry, ses hésitations, ses doutes, ses soucis, ses inquiétudes,  ses questions, ses cauchemars... (j'ai un faible pour ses cauchemars, surtout le dernier, qui m'a vraiment fait sursauter!)
Car la vraie réponse serait probablement qu'il n'y en a pas, et la parabole alors n'en serait que plus fascinante dans son "hermétisme" (cf la fabuleuse image finale, -encore un exemple de virtuosité-, un plan qui, quoi qu'il en soit, vous laisse en plan, justement, et retire l'échelle en vous laissant le soin de bien vouloir apporter vos réponses personnelles à toutes les questions que vous ne manquerez pas de vous poser...)
Mon film préféré des Coen depuis un bout de temps sans doute -oui je sais je suis enthousiaste- (pourtant Hashem sait si je les aime depuis longtemps...)

19155581

3 décembre 2009

le bruit de la mer

A PROPOS D'ELLY
d'Asghar Farhadi

Idées reçues... Etonnant de voir un film iranien résolument inscrit dans une contemporanéité à laquelle on n'est pas habitué (pour moi, d'habitude, c'est essentiellement des histoires de gamins qui n'ont pas de souliers, de femmes voilées et maltraitées, de paysans marchant à côté de leur âne...), et voilà des 4x4 (pour faire plaisir à GB), des téléphones portables, des week-ends de rigolade au bord de la mer entre couples amis... Non, la middle class iranienne, on n'y est pas habitué.
Parmi ces huit adultes, et leurs enfants, il y a deux célibataires : Ahmad, (un charmant garçon, réglons  d'ailleurs une fois pour toutes le problème de ces messieurs iraniens "à poil dur" : ils sont, je le confirme, tout à fait mon type -d'ailleurs la syntaxe ne voudrait-elle pas que j'accorde et que j'écrive tout à fait mes types? - fin provisoire de la parenthèse), tout frais divorcé (tiens, d'ailleurs, on divorce, en Iran ?) et Elly, la charmante, rosissante, et si discrète institutrice de la fille de Sepideh (celle qui a tout organisé), que d'aucuns souhaiteraient voir tomber dans les bras l'un de l'autre. Car, après tout, on est quand même venus là pour ça, non ?
Ca commence dans une ambiance de Sautet iranien (qui se souvient de Vincent, Francois, etc. ?), en une longue et chahuteuse exposition (on voit même -mmmh- les messieurs qui dansent, avec cette troublante sensualité moyen-orientale qui s'exprime en mouvements de bras et de bassin...), jusqu'à -rupture dans le discours- un soudain climax émotionnel et aquatique (un peu surmédiatisé, peut-être ?) : l'un des enfants manque de se noyer, qui va en dévoiler un autre : Elly a disparu.
Noyée ? On la recherche, en vain. Vexée ? Repartie à pied ? Son sac est encore là, et son portable aussi.  On s'interroge... A chaque fois, Sepideh, l'organisatrice (et entremetteuse) est en cause... Dans le groupe, ça s'engueule, sur la suite des évènements, la tension monte, certains frappent leur épouse, d'autres flippent, veulent repartir à Téhéran toutes affaires cessantes, d'autant plus qu'Elly semble de moins en moins être ,en réalité, la jeune fille discrète obéissante et bien rangée qu'elle paraissait. La voici fiancée, émancipée  (ses parents ne sont pas au courant), prise en flagrant délit de mensonge, de dissimulation... Ce qui n'est pas fait pour plaire aux différents membres du groupe (les mâles, mais pas que), d'autant plus que -aïe aïe aïe!- voici le fiancé (et non le frère comme elle avait voulu le faire croire) qui arrive pour demander des comptes, au tout du moins qu'on lui explique ce qui s'est passé.
(Parenthèse "iraniens jolis ": celui-ci est vraiment un amour de (entre loukhoum et roudoudou... quelqu'un connaitrait-il un nom de bonbon iranien ?) sur pattes, oeil de gazelle en sus -on ne comprend pas d'ailleurs comment on pourrait bien avoir envie de le larguer...- on a juste envie de le caresser tellement il a l'air à poil doux) dans une dernière partie qui est peut-être celle qui m'a le plus touché, où le réalisateur met en place cet affrontement entre cet homme et le groupe des amis, entre un amoureux et ses (dés)illusions (le face à face final dans la cuisine avec Sepideh m'a vraiment bouleversé), dans sa recherche de la vérité, jusqu'à la révélation finale (qui n'est pas vraiment une surprise mais clôt dignement le chapitre.)
Le film, tel qu'il est, je le répète, m'a beaucoup plu (et pas uniquement à cause des messieurs à poil dur je le répète aussi), montrant qu'il est possible de parler de l'Iran d'aujourd'hui sans misérabilisme folklorique (mais d'aucuns déploreront sans doute cette mondialisation cinématographique, en quelque sorte... vont-ils trouver quand même leur compte de mêêrveilleux paysages ?), que les problèmes entre hommes et femmes sont un thème universel (et l'amour aussi), même s'ils revêtent là-bas une spécificité que nous autres ici ne sommes pas forcément à même de comprendre, et que, finalement, un bon réalisateur est toujours un bon réalisateur, d'où qu'il soit. Je ne connaissais pas Asghar Farhadi,  mais j'avoue que ce film a suffisamment piqué ma curiosité pour que j'ai envie d'en voir autre chose. C'est vraiment très bien filmé, je trouve, et, alors que j'étais vraiment crevé, j'ai trouvé la force de ne pas me laisser aller et de ne pas fermer l'oeil ne serait-ce qu'une seconde. L'Iran est un pays qui a été ces derniers temps sous les feux de l'actualité, pas pour des raisons très joyeuses, mais ce film a l'honnêteté de tenir sa note propre, et juste, en se tenant sans cesse dans un  équilibre (il n'est jamais, par exemple, question de religion) pas forcément facile.

19146667

Archives
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 394 474