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lieux communs (et autres fadaises)
1 octobre 2016

j'aime toujours pas la musique brésilienne

(c'est physique, vraiment ça m'insupporte)
...mais j'aime toujours autant le cinéma de Kleber Mendonça Filho

AQUARIUS
de Kleber Mendonça Filho

Deux heures vingt-cinq, quand même (il m'avait bien semblé, à un moment , que ça durait "plus longtemps" qu'un film "normal"...) Après le choc de son premier film, Les bruits de Recife, j'attendais beaucoup de celui-ci. Trop, sans doute. Ce qui fait qu'il m'a fallu un certain temps pour faire coïncider la taille de mes attentes et la réalité visble de ce deuxième film. je l'avoue, au début, je me suis senti un peu déçu. Ca me semblait bien filmé mais un peu trop lisse, sage, raplapla, ça n'évoquait que de loin le souvenir flamboyant que j'avais des Bruits de Recife. Un beau portrait de femme (incarnée par Sonia Braga, dont je garde surtout le souvenir en femme-araignée, dans Le baiser... du même nom -oh que j'ai pu adorer ce roman...-) certes, mais en plus j'étais (un peu) fatigué et j'ai (un peu) piqué du nez. voilà c'est de ma faute, pas de la sienne.
Mais il est malin, KMF... Le film est divisé en 3 chapitres/parties, centrées chacune donc autour du même -superbe- personnage, Clara. Et donc je le répète, je n'étais pas hyper-enthousiaste au début. Et voilà qu'il a soudain la bonne idée, histoire de me faire un peu réagir, je pense, de me mettre sous le nez (si je puis dire), dans la deuxième partie, deux superbes QV (une pendant, de loin, et l'autre avant, de beaucoup plus près) et me voilà du coup hop! beaucoup mieux réveillé et fringuant, (même s'il n'y en aura pourtant, jusqu'à la fin, plus la queue d'une (si je puis m'exprimer ainsi).
Film brésilien oblige (à part la musqiue du même nom) KBM nous parle des rapports de classes et de pouvoir (les riches / les pauvres, les patrons / les employés, mais aussi les financiers et les quidams) mais sans monter sur ses grands chevaux revendicatifs et dénonciateurs ni vociférer / vitupérer à pleins poumons ; non, il le fait à sa manière, avec finesse, avec talent, avec talent. Il nous parle aussi de famille, de musique, d'anniversaires, de respect...
Et plus le film avançait et plus je retrouvais avec grand plaisir cette façon de filmer qui m'avait tant plu dans son premier film. Le montage soudain hâché, les plans brefs, insistants, les raccords parfois surprenants, les libertés prises avec la grammaire cinématographiques, les images fortes, bref, la liberté tout court, et le plaisir de montrer. L'insolence aussi pourrait-on dire, tout à fait à l'image de cette divine Clara (mais sans vraiment les chics types qu'on aurait pu croire...) dont il nous dresse le portrait.
Je m'engage donc publiquement à retourner le voir (2h25, tout de même) lorsqu'il passera dans le bôô cinéma (très bientôt, et pour 5€ je le rappelle, je le martèle) pour pouvoir en redire tout le bien qu'il mérite et probablement sa place dans le "top je ne sais pas encore combien" de l'année 2016)

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et, tiens, un petit clin d'oeil nostalgique... :

affiche

25 septembre 2016

le coucou

JUSTE LA FIN DU MONDE
de Xavier Dolan

Ah... Xavierchounet et moi, c'est toute une histoire. Depuis son premier film (J'ai tué ma mère) qui ne m'avait pas plus emballé que ça (peut-être même bien agacé à vrai dire) j'ai quand même suivi l'intégralité de la production du "jeune prodige" (les guillemets sont juste un clin d'oeil amical), avec des fortunes diverses, des hauts et des bas : Si j'ai beaucoup de tendresse pour Les amours imaginaires (merci Loulou d'avoir insisté pour que je le regarde) et Tom à la ferme, je serais moins enthousiaste à l'égard de Mommy ou de Laurence anyways...
L'annonce du film à Cannes m'avait d'abord échauffé, puis intrigué (quoi? il adapte Lagarce , et avec un casting hyper-bankable -Baye cassel Cotillard Seydoux Ulliel-) comme le discours de Xavierchou lors de la remise de son Grand pris du jury (qui m'a d'abord beaucoup agacé puis beaucoup ému).
Je m'étais d'abord dit que je n'irais, puis, les semaines passant, j'en ai eu envie, un peu, puis de plus en plus. (J'ai découvert par hasard, dans le même temps,  que Ducastel et Martineau avaient réalisé un film du même titre, sur la même pièce, que j'ai donc acheté illico, et qui est filmé très simplement, en appartement, avec des comédiens de la Comédie Française, et où on retrouve très précisément la si touchante musique des mots et de la syntaxe de Lagarce... Le texte y est respecté au silence près.)
J'étais donc prêt, j'avais envie de me rendre compte,  pour le voir, enfin, et hier soir il y avait foule à l'avant-première dans le bôô cinéma...
Bien installé, dans de bonnes dispositions, j'ai basculé mon fauteuil en position chaise longue (oui oui, dans le bôô cinéma on peut!)et  je me suis laissé porter.

(...)

et, une heure trente et des poussières plus tard, j'étais encore assis au même endroit, réjoui et chaviré, attentif à suivre le déroulant  jusqu'aux toutes dernières petites lettres du bout du générique... Enthousiaste, allez, carrément. Il est écrit au début (du générique de début) d'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. Lagarce, oui, certes, mais Dolan surtout. S'il a respecté la structure de la pièce et le déroulement de l'action, la succession des monolgues dialogués (à moins que ce ne fût l'inverse) il a quand même sacrément dolanisé le beau texte de Lagarce (je n'ai parlé ni de saccage ni d'irrespect).
On n'est plus tout à fait dans le jardin à Jean-Luc, qu'on connaît quand même un peu, et dont on aime les allées et contre-allées, les sentiers qui bifurquent, et les mauvaises herbes et l'apparent-et attachant- fouillis,  on est face à ce qu'en a fait Xavier, juste brin d'herbe arraché ici jusqu'à carrément un coup de tracto-pelle là-bas. Il nous a repaysagé tout ça (recontextualisé diront certains) mais je dois reconnaître que je ne m'y suis pas perdu. Plutôt retrouvé, même. Sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi. Les très gros plans, les couleurs parfois dérangeantes, l'illustration musicale, la direction d'acteurs (qui s'en sortent tous plutôt très bien), les mouvements d'appareil, les détails,les éclats, tout cela participe à homogénéiser l'hétérogénéité (à moins que ce ne fût cf plus haut) de cette re-création moi c'est Xavier. Moi-même je ne devais pas être tout à fait dans le même état que d'habitude, par exemple j'ai adoré que la musique soit si forte, c'était... nécessaire, oui, il le fallait (et je ne suis pas peu fier d'avoir réussi à retrouver, sous ses nouveaux oripeaux techno une vieille chanson de Françoise Hardy, Une miss s'immisce, lors de la scène dite "du matelas", fort réussie par ailleurs).

C'est un film juste sur la difficulté de parler -ou le refus de le faire- appliqués de façon plus ou moins voyante à chacun des personnages (Xavierchou aurait pu choisir une autre chanson de Françoise Hardy : "Tout, dire tout vraiment des effets et des causes...") parfois presque cavalièrement, avec insistance et effets de surlignage, mais à d'autres moments avec une exquise finesse, une... retenue, oui, une pudeur, une délicatesse, qui font que, par miracle peut-être (qui sait), ça fonctionne.
Louis était venu pour annoncer sa mort prochaine à sa famille, et il repartira sans l'avoir fait. (Et j'ai été bluffé par la très dolanesque dernière séquence.) En plus tout ça se clôt sur un morceau de Moby que j'adore, donc, je ne pouvais sortir de là qu'enchanté. C'était le cinquième film de Dolan que je vais voir, et je pense que c'est celui qui m'a le plus séduit. Sans que je réussisse encore une fois à faire la part de la sincérité et de la roublardise.
(Et une méchante fée me souffle alors par dessus l'épaule "Tiens, au fait, comme chanson, il aurait pu aussi prendre du Sheila, non ? "La famille ça fait partie des p'tits soucis quotidiens, et pourtant c'est une vie qu'on aime bien..." " hihihi)

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l'affiche "officielle"...

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et, je pense, l'affiche Cannoise ?
(où les acteurs ne sont pas encore rangés par ordre alphabétique)

ps : et il me fait rire aussi, le (jeune ?) journaliste de Télérama qui qualifie Jean-Luc Lagarce de "dramaturge plutôt méconnu"...

 

10 septembre 2016

stéthoscope

LE FILS DE JEAN
de Philippe Lioret

Lioret, j'aime plutôt bien... il y a chez lui un genre... d'honnêteté, d'intérêt pour l'humain, qui me convient. J'ai vu presque tous ses films (sauf, allez savoir pourquoi, l'avant-dernier) et c'est un réalisateur qui se maintient à un certain niveau d'exigence, qui emploie des gens que j'aime bien (Bonnaire, Gamblin, Lindon, Rochefort par le passé, Deladonchamps ici), et son parcours, depuis Tombés du ciel, a su rester cohérent et maintenir une certaine exigence narrative, même si associée à un certain classicisme formel. (J'ai même acheté un coffret de dvd du monsieur, c'est dire...)
Nous l'avions dans le bôô cinéma en presque sortie nationale, et j'y suis donc allé hier soir. il y avait dans la salle beaucoup moins de monde que pour Sparrows ou Sieranevada, pourtant le film est encore "sous les feux de l'actualité", mais bon c'est vrai qu'il ne semblait pas y avoir trop de monde dans les autres salles non plus...
J'ai trouvé le démarrage un poil laborieux, presque maladroit par moments, pour nous en présenter le personnage principal, Mathieu. Cet homme (Pierre Deladonchamps, idéal de candeur) qui apprend au téléphone par un ami de son père (qu'il n'a jamais vu) que le père en question est décédé (au Canada), disparu dans un lac, et qu'il souhaitait lui transmettre un paquet. Il part donc au Canada, est réceptionné à l'aéroport par Pierre, l'ami du père en question (Gabriel Arcand, magnifique), qui semble freiner des quatre fers à chaque tentative de Mathieu d'en connaître plus sur sa famille (son père et ses deux frères). Le film est resserré temporellement sur le peu de jours entre l'arrivée de Mathieu et son retour en France, et se passe pour l'essentiel dans "la belle province" (? )(je pensais que cette périphrase désignait le canada, mais elle ne concerne en réalité que le Québec, d'où le point d'interrogation...) : pick-ups, chemises de bûcherons, bière à foison, "côtes levées" ("Aime-tzu les côtes levées ?"), joual, châlet de pêêche, orignal et j'en passe...
Mathieu regrette de n'avoir pas connu son père, et Pierre regrette de ne pas avoir eu de fils... et les deux frères que Mathieu se découvre sont des bourrins pur jus (un, surtout), ce qui n'arrange pas les choses. Mathieu aimerait en savoir plus, avoir le fin mot de l'histoire, et ne va pas arrêter de grattouiller le passé pour y parvenir. Malgré les réticences de Pierre.
Comme toujours chez Lioret, il est -d'abord-question de gens, de famille. de filiation. Et le rapport au père est un sujet qui me touche toujours. Le duo d'acteurs principaux fonctionne excellemment, et -je ne vais pas faire mon Téléramuche et raconter la fin en trois mots- je regrette juste que cette énigme de family life se résolve, se dénoue, finalement de la façon dont on s'était dit, dès le début du film "Tiens, ça pourrait être ça, mais, non, quand même, ça serait trop facile...".
Un joli film, mais qui laisse un peu sur sa faim (mais dont la fin, par ailleurs, est très délicatement réussie, ciselée, un regard ou deux, trois fois rien, magnifique...).

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20 juin 2016

ce que les mollahs sont ?

NO LAND'S SONG
de Ayat Najafi

(Dans le cadre de notre "semaine musicale". Bonne surprise : presque une vingtaine de spectateurs à cette séance de samedi 18h dans le bôô cinéma.)
Sara Najafi, musicienne et compositrice iranienne, s'est mis en tête -quelle folie!- d'organiser un concert public de voix de femmes. Sauf que "ils" (les instances politico-religieuses, ou religioso-politiques, c'est selon, bref les vieux birbes avec les barbes) ont déclaré que c'était interdit, de faire entendre, comme ça, au grand jour, des voix de femmes solistes : pensez donc, ça risquait de provoquer des pensées impures chez la gent mâle et de nous les échauffer, les pauvres... alors, raoust : pas de concert!
Sauf que la jeune femme est entêtée, et on va suivre son projet de a jusqu'à z (on sait quand même, dès le début du film, que le fameux concert aura eu lieu), toutes ses démarches, successives (c'est pire qu'un 400m haies), tous les bâtons qu'on lui mettre successivement dans les roues, tous les refus, les arguments fallacieux, les tentatives d'intimidation, les manipulations, les suggestions hypocrites.... Tout, oui, elle aura tout vu (et entendu, surtout!), pour que l'événement ne puisse pas avoir lieu.
Sauf qu'elle a eu la bonne idée d'assoicer, assez vite, aux voix des chanteuses iraniennes, des voix de chanteuses étrangères : deux françaises (Elise Caron et Jeanne Cherhal) et une tunisienne Emel Mathlouthi), et aux musiciens iraniens leurs homologues, français. Faisant de son projet initial un pont entre les deux cultures, un échange fructueux entre les patrimoines et les techniques de chant de chacun(e). (Elle en profitera pour nous esquisser  un historique  des voix de femmes iraniennes -où l'on aura notamment l'occasion de voir un extrait de film (scopitone ?) plutôt surprenant où une voluptueuse chanteuse iranienne chante, sans voile et le verre à la main, une ode à l'ivresse... Autres temps... L'extrait en question est, me semble-t-il, daté de 1954-. Visiblement ça avait l'air de rigoler un  plus en Iran, en ces temps-là.)
Donc les femmes ne peuvent pas chanter seules, (ou devant un public exclusivement féminin), mais bon elles le peuvent en étant accompagnées par des voix mâles (devant un auditoire mixte) ou par un accompagnement musical suffisamment fort pour qu'il couvre leurs voix! Et ainsi de suite.(Une femme a été interdite de chant, mais on l'autorise à donner des cours, notamment à des homme, mais sans que ceux-ci puissent entendre sa voix! C'est plus qu'ubuesque, c'est aussi révoltant que grotesque. combien de fois je me suis retenu de ne pas crier "vieux cons!". Et pourtant, c'est comme ça, ma soeur.)
Le film fait des allers-retours entre Téhéran et Paris, au fur et à mesure que les mois passent, entre espoirs et déceptions, entre feux et contre-feux, entre tentatives de dialogues et fins de non-recevoir, entre oui on y va et non on ne peut plus y aller (menaçant de devenir non on ne veut plus y aller), les "ministres de la culture" changent, les décisions aussi, oui mais non, mais Sara Najafi tient le cap, s'acharne, persiste, infatigablement.

Jusqu'à réussir à obtenir gain de cause. Ouf, les visas sont enfin délivrés, les européen(ne)s s'envolent pour Téhéran, les répétitions commencent, jusqu'à ce qu'un pénultième rebondissement intervienne : sur son compte f*cebook, une des chanteuses a fait de la pub pour l'événement. Ach! Forbiden! Très interdit! "Ils" proposent un nouvel arrangement "amiable" : le concert ok mais dans une salle minuscule, devant un public (réduit) par eux autorisé, plus 3000€ (pour acheter leur silence). Tempêtes sous plusieurs crânes dans la salle de répèt, jusqu'à la décision unanime : on refuse de le faire dans ces conditions-là. Et on va donc reprendre l'avion.
Et la réaction alors  presque surprenante des "ils" : "Ah bon ? Mais on ne veut pas que nos amis européens repartent avec une mauvaise opinion de nous. Bon, alors, allez-y, vous pouvez..."
Et la bonne nouvelle est annoncée par Sara au reste du groupe, et c'est la joie, "ça" va se faire, on vit ce moment avec eux, et on a les larmes aux yeux quand on entend les applaudissements du public et qu'on les voit -enfin!- monter sur scène. (On aurait même aimé en voir davantage, de ce fameux concert). Oui, c'est vraiment très émouvant (il n'y a pas que moi qui avait la larmichette à l'oeil héhé). Et c'est comme une minusculissime et bienfaisante goutte d'espoir. Oui, on peut toujours réver...

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11 juillet 2016

le résultat de la finale!

1) COMME UN AVION Yza
2) NOUS TROIS OU RIEN Marie
3) VALLEY OF LOVE Catherine
4) BORGMAN Marie
5) TAXI TÉHÉRAN Yza
6) CEMETERY OF SPLENDOUR Catherine
7) ASPHALTE Hervé
8) HISTOIRE DE JUDAS Hervé
9) PRIDE Hervé
10) CHAÎNES CONJUGALES Hervé
11) MICROBE ET GASOIL Yza
12) SILS MARIA Catherine
13) TU DORS NICOLE Yza
14) LA PEAU DE BAX Marie (Pépin ?)
15) LE PROCHAIN FILM Pépin
16) THE TRIBE Zvezdo
17) QUE VIVA EISENSTEIN! Zvezdo
18) NI LE CIEL NI LA TERRE Marie
19) LE DOS ROUGE Zabetta
20) COMMENT C'EST LOIN Sylvain
21) BELGICA! Coralie
22) MY SWEET PEPPERLAND Hervé
23) FIDÉLIO Marie
24) LES ARDENNES Marie
25) LES JOURS VENUS Catherine
26) ROSEMARY'S BABY Pépin
27)
L'ÉTREINTE DU SERPENT Catherine
28) BACK SOON Catherine
29) MIDNIGHT SPECIAL Yza
30) LES DERNIERS LES PREMIERS Catherine
31) UNE HISTOIRE AMÉRICAINE Yza

 

Tadam! Les jeux sont faits, et ça donne

1 point  : Coralie, Sylvain, Zabetta
2 points : Zvezdo
3 points : Pépin
4 points :
5 points : Hervé
6 points : Marie, Yza
7 points : Catherine

Catherine est donc la vainqueuse vainqueresse vainquitrice grande gagnante de cette édition, et on la félicite donc chaleureusement!
De même que Marie et Yza, tout près, ex-aequo juste derrière!
Et tous les autres aussi, bien évidemment...

Grand merci à toutes celles / ceux qui ont joué le jeu! Et rdv pour la prochaine édition en 2017!

 

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5 juillet 2016

encore mieux que le riz au lait

L'EFFET AQUATIQUE
de Solveig Anspach

J'ai réussi à tenir un jour! Avant de courir à Besac au Victor Hugo pour le voir, enfin, le voir... Ce film posthume de Solveig Anspach, qui a été projeté à Cannes et y était apparu nimbé d'opinions positives et enthousiastes. C'est le dernier volet d'une trilogie entamée avec Back Soon (2007, que nous avons programmé) et poursuivie avec Queen of Montreuil (2013, programmé aussi dans le bôô cinéma (mais -jmelapétos-  j'avais eu la chance de le voir en avant-première, en présence de l'équipe du film, à l'UGC Les H*lles ("mon" UGC), mais bon j'étais à des kilomètres dans cette immense salle, j'avais essayé de prendre des photos mais c'était nul, je me souviens juste qu'ils s'étaient toutes/tous affublés de fausses moustaches, rapport au film) et revu avec enthousiasme et passion.

Trilogie ? Back soon se passait en Islande (l'histoire d'Anna), Queen of Montreuil se déroulait à Montreuil (l'histoire d'Agathe, qui croisait celle d'Anna), tandis que L'effet aquatique commence à Montreuil (l'histoire d'Agathe) et retourne en Islande (recroise l'histoire d'Anna), et la boucle est bouclée. Le personnage de Samir (le grutier) figurait déjà dans Queen of Montreuil. Trois ans séparent les films, et on peut supposer que trois ans ont passé de la même façon dans la vie des personnages. Ce qui explique peut-être par exemple, entre autres, la disparition du nounours Caruso (qu'on regrette, bien évidemment). Agathe (divine Florence Loiret-Caille) est à présent maîtresse-nageuse à la piscine Maurice Thorez, à Montreuil (elle était cinéaste dans Queen of Montreuil, que je viens de me revisionner pour le plaisir ce matin). Et Samir (le suave Samir Guesmi), toujours grutier, vient de tomber amoureux d'elle. Et pour l'approcher lui fait croire qu'il ne sait pas nager et veut prendre des cours... Un avatar scénaristique l'obligera à dévoiler son mensonge, provoquant la fuite d'Agathe, tandis qu'un autre lui fera prendre l'avion à sa poursuite, vers l'Islande où se tient un congrès de maîtres-nageurs.

Ce film est un vrai doudou. De la même veine (aussi tendre que mélancolique) que Queen of Montreuil (qu'on a donc aussitôt envie de revoir). La partie française est focalisée (resserrée) sur Agathe et et Samir, et l'univers clos de la piscine (dont le scénario étoffera tout de même le décor en y insérant quelques nouveaux personnages  : le directeur (Philippe Rebbot), le caissier (Esteban) et une seconde maîtresse-nageuse délicieusement obsédée (Olivia Côte), tous délicieusement "anspachesques" et affectueusement croqués.) on regrettera de ne pas revenir faire un tour chez Agathe.) La partie islandaise va permettre au film de prendre un peu d'espace, du champ, du grand air. Symétriquement au film précédent, c'est cette fois Anna qui hébergera Agathe (et Samir, dont elle avait fait la connaissance.) Anna qui est à présent conseillère municipale, mais par alternance : un jour sur deux elle est la supérieure de Frosti (un nouveau venu, je pensais, mais il me semble bien qu'on le voyait déjà, dans Queen of Montreuil, en copain islandais d'Anna en visio-conférence) tandis que c'est lui qui commande l'autre jour sur deux (démocratie à l'islandaise ?).

Et le film est délicieux. C'est comme le riz au lait que j'évoquais dans le titre, à la fois tout simple, presque sans enjeu (on sait très bien comment tout ça va -bien- finir) et extraordinairement gratifiant. Euphorisant, oui. On peut juste regretter qu'il passe trop vite (un peu plus d'1h20), peut-être que le décès de Solveig Anspach n'a pas permis d'y mettre tout ce qui avait été prévu d'y mettre, je ne sais pas, mais, en l'état, on se régale de tout ce qu'on nous y propose. Et Florence Loiret-Caille est toujours aussi mimi, et Samir Guesmi offre un contrepoint attendrissant (pour filer la métaphore de la recette du titre, on peut toujours se demander qui serait le riz et qui serait le lait, et en allant jusqu'au bout, on pourrait conclure que c'est l'Islande toute entière qui sservirait de troisième ingrédient nécessaire : à savoir le sucre, mais sans oublier la petite pointe de sel toujours indispensable dans ce genre de préparation.)

Bref, il est question d'amour, mais aussi de rapports entre les gens. L'effet aquatique est un film de regards, de rencontres, d'échanges (ah, le projet Together). Un film tendre, qui débute dans l'eau chlorée et finit dans une source chaude en pleine nature. L'effet aquatique, c'est que ça fait du bien, et que ça donne furieusement envie d'aller nous aussi faire trempette.

Je ne saurais que vous inciter/inviter à le voir, et à revoir aussi les deux autres. (Que je tiens à votre disposition.)

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30 juin 2016

fête du cinémadeux

Nous continuons notre après-midi avec Joseline. Après le consternant The witch, où je l'avais accompagnée, c'est cette fois elle qui m'accompagne pour voir

THE NEON DEMON
de Nicolas Winding Refn

(qui signe son film, au générique de début, par son monogramme NWR, pas j'me la pète mais presque...). On change radicalement de lieu (Los Angeles) d'époque (aujourd'hui) et de milieu (les mannequins)... mais on garde quelques points communs : la fraîcheur blonde et virginale de l'héroïne, l'utilisation de rites plus ou moins sanglants, les perturbations animales (un lièvre diabolique et un bouc là, un chat sauvage ici) (sans oublier un petit geste aussi, quelqu'un qui recrache quelque chose -une pomme là, et un oeil ici-...).
Le film de NWR est hyper sophistiqué. Hyper mis en scène (scénographié d'habitude c'est pour le théâtre mais s'applique parfaitement ici.) Et ultra référencé. D'un côté le Lynch de Mulholland drive -pour l'aimable bécasse blonde qui débarque à L.A la tête pleine de rêves de gloire, et pour les ébats saphiques (que dans ma tête je me suis résumé : gouineries glamour, c'est mal je sais) - et Cronenberg (le deux : le père David de Map to the stars pour son dézingage des moeurs hollywoodiennes, mais un chouïa du fils Brandon aussi pour son Antiviral).
On s'en prend plein les yeux et autant pour les oreilles (Cliff Martinez signe un joli score technoïde parfaitement adapté). Le casting est principalement composé de femmes (je pourrais aussi bien écrire phasmes tellement elles sont toutes identiquement blondes et brindillesques -et pugnaces, on le vérifiera dans la dernière partie du film-. Dernière partie sur laquelle je reviendrai plus bas). Il y a peu d'hommes dans le film, donc, un fiancé par ici, un photographe par là, un grand couturier, mais, surtout, jouant le contrepoids question virilité, ce bon vieux Keanu Reeves en gérant d'hôtel pas trop regardant sur l'hygiène ou la moralité.
Notre jouvencelle donc, Jesse (jouée par Elle Faning, jeune soeur de la Dakota du même nom mais que je ne connais pas plus que ça) débarque donc comme ça à L.A avec juste ses jolis yeux et ses non moins jolis cheveux blonds. un genre de perfection angélique et diaphane (comme Julie Delpy dans Mauvais sang...) et voilà que tout lui sourit et lui réussit, tout le monde est impitoyablement séduit charmé désarmé comme quand la petite chèvre de Mr Seguin arrive dans la montagne : "Ce fut un ravissement général"...
Mais les places sont chères, et les coulisses des défilés et des shootings vont se révéler des passages dangereux et/ou propices aux embuscades...
Le film tient son cap "Mulholland Drive" pendant un moment jusqu'à un certain défilé où vont se passer des choses qu'on ne comprend pas tout à fait (un peu à la façon du "c'est bleu c'est rouge c'est Broadway!" cher à Reiser) et ça ne fait que commencer. La mise en scène est toujours aussi sublimement sublime, mais c'est comme au détriment de la narration, qui commencerait à se fendiller, à devenir instable, et dont l'épiderme trop lisse et bien trop (bien trop ?) maquillé apprêté laisserait entrapercevoir des choses qu'on ne soupçonnait même pas, alors les comprendre, pensez donc...
Jesse a commencé à prendre ses marques dans cet univers fabuleusement factice, elle gère son reflet comme une pro, et sa candeur camomillée idem. Et je ne parlais pas de la chèvre de Mr Seguin tout à fait par hasard, parce que bien sûr le loup va se ramener, et il va faire passer un sale quart d'heure à qui de droit.
Le fameux quart d'heure final, qui a fait tant glapir gloser hurler hystériser s'époumoner cannesquement que, finalement, on en resterait presque, pervers glouton spectatorial affamé qu'on est, sur sa faim, justement. "Ah bon c'est ça, le scandalous ?". NWR nous la joue un peu trop chic et timoré semble-t-il, et du coup ça perd un peu de sa force. La scène "de la baignoire et de la douche" est quand même plutôt soft et retenue, comme si le réalisateur ne s'était pas autorisé à en montrer juste un peu plus (Bruno Dumont l'a bien osé -et réussi-, par exemple, ah oui pardon Ma Loute était une comédie donc ça passe mieux...). Je n'avais pas voulu trop en lire avant (le minimum donc, juste la bande-annonce et quelques mots glanés dans les échos  cannois) ce qui fait que je m'étais fait un film, et qu'il ne correspond pas vraiment (tout à fait) avec ce que j'ai vu.
Une seule certitude : ça secoue. (Les copines qui m'ont vu à la sortie ont trouvé que j'en faisais une drôle de tête...) Et c'est un peu plus convaincant que Only god forgives. Même si la seconde partie n'est pas totalement convaincante (euphémisme pudique).

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1 mars 2021

poulailler 58

pour fêter la fin de février, tiens, un peu de cinéma
(je voulais en mettre 28, mais, visiblement canalbl*g renâcle...)

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*

un peu de vidéo aussi
(la "carte blanche" à Apichatpongounet se composait de deux vidéos, la première SHORT CIRCUIT de Mikhail Bazov, la seconde ASHES d'Apichatpong himself, réalisée en 2012, produite par MUBI -mais pas visible en ce moment pourtant sur MUBI, et ça m'a intéressé suffisamment pour que, cette fois, je n'abandonne pas pour aller jouer au tarot avec Malou...)

du premier :

Capture d’écran (1783)

Capture d’écran (1782)

du deuxième :

Capture d’écran (1797)

Capture d’écran (1794)

*

et voilà ouf! février est terminé
et dans 3 semaines c'est le printemps!

*

pour rester dans les images :

EvTSphaXIAgqdVk

(les bords de Seine, hier...)

*

 

4 juin 2016

doudous

LA SOCIOLOGUE ET L'OURSON
de Etienne Chaillou et Mathias Thery

Oh que voilà un film charmant! (comme dans prince Charmant), oh que voilà un film mignon! (comme dans péché mignon) oh que voilà un film optimiste! (comme euh... comme quoi, tiens ? Ben comme le film vu précédemment, Comme des lions, qui bien que sur un thème différent (grève dans une usine là-bas, loi sur le mariage pour tous ici) et avec des moyens non comparables (vrais gens là-bas et peluches et marionnettes ici) produit pourtant le même effet (un enthousiasme indéfectible) avec un sujet qui se suscitait pas a priori un enthousiasme sautillant et laudatif et qui se manifeste de part et d'autre par les mêmes formes d'actions : les manifestations, justement!

Je me suis affalé dans mon fauteuil en ronronnant quasiment, tellement tout ça (je reviens au film du jour) est filmé de façon plaisante. Je résume : le réalisateur (Mathias Thery, qui espère bientôt se marier avec son ami) a une maman (Irène Thery) qui est sociologue, et à qui il va poser beaucoup de question (en tant que Candide) à propos du mariage pour tous, avant, pendant, et après que cette loi, justement soit votée. Ce furent des conversations téléphoniques, entre mère et fiston, qui sont rejouées par des peluches, utilisant les voix d'origine. L'effet est enthousiasmant.

Parce que la maman en question n'est pas la première sociologue venue, elle a pignon sur rue, et opinion sollicitée (elle est reçue à l'Elysée, par un président lui aussi marionnettisé, elle intervient à la radio, à la télévision, bref, c'est une tête ! Et ce que qu'elle explique à son fils (et à nous du même coup) est passionnant : sur le mariage, sur la famille, sur la notion de "parents", sur la procréation. J'étais toute ouïe (l'intelligence est une chose fascinante, surtout quand elle est alliée à un esprit de synthèse et qu'elle sait aussi bien expliquer -résumer- les choses).

Elysée, radios (les journalistes sont figurés par des oiseaux, d'envergures variables), Assemblée Nationale, mais aussi, la rue, et ses manifestants (les pour et les contre, d'ailleurs, avec notamment Frijide B. en chair et en os, mais aussi en schtroumpfette...), le film varie les décors (les vrais et leur représentation) et les personnages (idem).

Ce film est un régal, à recommander absolument. Et je dois, encore une fois, remercier publiquement Hervé de nous l'avoir conseillé...) j'avoue que je n'étais pas très tenté, peut-être juste le titre ne donne pas franchement envie, mais c'est la bande-annonce qui m'a énormément plu, séduit même, instantanément, à tel point que j'étais très impatient de voir le film (bon, jeudi 18h on était 3... tant pis pour eux, les autres, qui ne sont pas benus, il leur reste encore deux séances pour se rattraper!)

Vous savez ce qu'il vous reste à faire, hein ?

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13 juin 2016

tu sais celui... 4

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Oups, désolé pour le retard, voici donc le quatrième!

je vais préciser un peu les modalités (soyons organisés) : la première photo sera publiée à 7h, et le résultat, s'il a été trouvé, sera confirmé à 19h (que chacun puisse chercher à son rythme!). Une deuxième photo sera éventuellement publiée à 13h...

je mets donc la seconde photo, juste pour le fun... à votre santé!

5

9 mai 2016

cdi

MERCI PATRON!
de François Ruffin

Presque (grande) salle comble pour cette séance unique en multi-partenariat dans le bôô cinéma. Pour ce film qui avait pas mal fait parler de lui lors de ses premières semaines d'exploitation (et continuait fructueusement une carrière inattendue).
On comprend d'emblée ce qui plaît : comme chez Pierre Carle (ou Michael Moore) le réalisateur brocarde les puissants, ironise sur les hyper-nantis, les plus riches que riches, (plus ils en ont plus ils en veulent, c'est bien connu), se pose en défenseur des petites (et valeureuses, et émouvantes) gens, et réussit à se payer la tête de Bernard Arnault , "l'homme le plus riche de france". Auquel il réussit à faire cracher au bassinet 40000€ pour venir en aide à un couple sacrément dans la mouise suite à son licenciement (suite à la délocalisation en Pologne de l'unité de production de costumes Kenz*). Couple qui n'a plus que sa maison au début du film (et pas un rond pour bouffer), laquelle maison menace de leur être saisie.
Ruffin a alors une idée : les faire écrire au big boss Arnault en expliquant leur situation, leur précarisation, et la responsabilité de leur licenciement dans cette affaire, et donc de Bernard A., et en le prévenant qu'ils ont préparé plusieurs courriers pour informer tout le monde de cette situation (du Président de la République à Fakir -le journal de Ruffin- en passant par Le Canard Enchaîné et autres vecteurs d'information).
Incroyablement, l'appât tendu est aussitôt gobé, puisqu'ils vont recevoir la visite à domicile d'un responsable de la sécurité du big boss, qui leur propose (en caméra cachée) une "indemnisation" conséquente (pour eux) + un cdd pour monsieur. (Où l'on voit comme il peut être facile de décrocher un job lorsqu'on a affaire à la bonne personne qui sait téléphoner elle-aussi à la tout aussi bonne personne de l'entreprise en question) avec la condition expresse que personne n'en sache rien (genre mécénat anonyme et généreux donateur), et qu'ils s'engagent à signer une "clause de confidentialité".
Tout va bien, mais Ruffin va pousser le bouchon encore un peu plus loin, en bataillant sur deux points : réussir à faire annuler cette fameuse clause de confidentialité, et transformer en cdi le cdd du papa en train de se terminer (le cdd, pas le papa), et il va d'ailleurs réussir sur les deux fronts. Et ça fait grand plaisir.
Le film est drôle, tonique, plaisant, ironique, encourageant, lucide, cynique, stimulant... et c'est le mélange de tout ça qui fait son charme. Du bon cinéma poil à gratter. On peut juste regretter que ce soit une expérience unique, hélas "non modélisable", être tout à fait ravi que la famille Klur ait pu être sauvée de la mouise (en étant conscient que 40000€ pour Señor Arnault c'est vraiment du pipi de chat) mais un peu sceptique sur le fait que l'histoire en question serve de point de départ à une discussion (une grand-messe ?) syndicaliste (à laquelle d'ailleurs on n'assista pas).

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23 janvier 2024

la terre dans la gourde

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L'INNOCENCE
de Hirokazu Kore-Eda

Un récit un peu trop emberlificoté à mon goût (la même histoire racontée suivant le point de vue de trois personnes différentes: une mère inquiète (et surprotectrice)puis dépassée, un professeur fatigué, puis harcelée (et qui prend les choses trop à coeur), et, finalement le jeune garçon fils du premier et élève du second, qui - on le comprendra dans la dernière partie- s'ébat, "simplement" (et joyeusement) dans le "vert paradis des amours enfantines"...)
(Ok, j'ai dormi au début, ça m'a un peu démotivé... mais c'est tout de ma faute hein) .Bon, et les histoires d'école, d'enseignement, de profs et d'équipe éducative ça commence à -je me demande bien pourquoi d'ailleurs hihi- un peu me gonfler.
Pas mon film préféré de Kore-Edachounet, mais, en y repensant (et en me laissant influencer avec les autres spectateurs avec qui j'en ai parlé) plutôt bien quand même

En plus, j'aime beaucoup l'affiche.

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(mais l'affiche originale n'était pas mal non plus :)

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18 janvier 2024

la voir en peinture

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LA FILLE DE SON PERE
de Erwan Le Duc

Ca fait du bien de commencer l'année cinématographique par un film exquis, surtout en compagnie de mes copines Catherine et Manue... Du même réalisateur, on avait adoré le délicieux -et surprenant- PERDRIX, en 2019. Là aussi il est question d'une famille, d'abord déséquilibrée par le soudain départ de la mère, et devenir relation fusionnelle entre le père et la fille du titre, avant qu'une nouvelle arrivante ne vienne tenter de rééquilibrer leurs rapports.
Bonne nouvelle, la fille c'est la -toujours aussi- bluffante Céleste Brunnquell (cette damoiselle ira très très loin, ça se sent et on lui souhaite), le père c'est le lunaire et toujours aussi délicieusement singulier) Nahuel Perez Biscayart, qu'on aime d'un amour pur et inconditionnel depuis l'excellentissime JE SUIS A TOI de David Lambert (2014), qui fit les beaux jours d'une Semaine Belge, et la "nouvelle" c'est la toujours juste (mais toujours trop rare aussi) Maud Wyler, que j'aime, elle, depuis le merveilleux 2 AUTOMNES, 3 HIVERS (2013) de Sébastien Betbeder.
Trois bonnes raisons, donc, d'être déjà de bonne humeur. Après qu'une voix-off nous ait narré les prémisses de l'histoire (voix-off qu'on n'identifiera d'ailleurs que bien plus tard, a posteriori en ce qui me concerne) nous voilà introduits dans la maison où vivent père et fille, au quotidien, une maison blanche avec beaucoup de couleurs : Rosa peint. Lui est entraîneur de foot,un entraîneur lunaire et décalé, entre citations philosophiques  sur lesquelles méditer en faisant des tours de stade et conseils paradoxaux donnés aux joueurs, d'une équipe qui ne gagne jamais, quant à la nouvelle arrivante, elle est chauffeur de taxi...
Comme PERDRIX le film est délicieusement loufoque, ajoutant au comique des situations l'improbabilité des personnages et leurs dialogues vigoureusement (et rigoureusement) très écrits, tout ça avec une remarquable dose de tendresse, du réalisateur envers ses personnages autant que des personnages entre eux. La maturité de Rosa, face à la fragilité de son père induirait presqu'un renversement des rapports parentaux / filiaux.
Bref on se régale, d'un bout à l'autre (même si la parenthèse portugaise finale n'était finalement pas si indispensable) et on jubile, comme si on avait inhalé une bouffée d'hélium, un gaz qui a le double avantage de vous faire rire en même temps qu'il vous rend plus léger.
Dans les discussions post projection est revenu plusieurs fois le mot subtilité. Oui, c'est très juste. Chaque personnage, par son fonctionnement, ses idées fixes, ses singularités, aurait pu ne se réduire qu'à une simple étude de cas, mais il n'en est rien, c'est beaucoup plus subtil que ça. Et beaucoup plus touchant aussi.

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17 novembre 2023

héron pélicans et perruches

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LE GARCON ET LE HÉRON
de Hayao Miyazaki

Oh oh, il passe à Vesoul dans le bôô cinéma avec 2/3 de séances en VF et le reste en VO. Et je me disais que ça ne m'aurait pas extrêment dérangé de le voir en VF (MOI VOISIN TOTORO, découvert via Ecole et Cinéma, je ne l'ai pratiquement vu que comme ça, en VF).
Pour cette séance en VO de 15h30 nous étions deux dans cette très grande salle 11 (moi tout en haut et un autre spectateur presque tout en bas).
J'ai vu pas mal de films du sieur Miyazaki, j'ai été sensible à leur poésie, mais j'ai eu toujours une certaine résistance vis-à-vis de ses "monstres" : les vieillards boursouflés, qui reviennent souvent, et les créatures magiques.
Ici il va y en avoir pléthore (le film dure plus de deux heures, et il en est plein à ras bord, tellement que parfois ça déborde et ça submerge.) Je dois avouer que j'ai fini un peu par me lasser, et qu'une demi-heure de moins m'aurait laissé dans un état plus... léger.
Partout, des gens crient au génie, au sublime, au chef-d'oeuvre, se prosternent, déchirent leur chemise en signe d'adoration... Mouais. Je serai beaucoup plus modéré dans mon enthousiasme. A cause des monstres de Miyazaki, je l'ai écrit plus haut. Les vieux et les vieilles (déjà dit aussi), et, surtout, le pire : réussir à transformer un magnifique héron en gnome au gros pif rouge boursouflé (qui vit à l'intérieur).
L'histoire est plutôt très complexe (il est clair que ce n'est pas tout à fait un film pour les enfants), avec mort de la mère (ça, ça ne peut que me bouleverser) voyage initiatique, univers parallèles, grouillement et multiplication des assaillants, (une fois des pélicans, et l'autre des perruches) péripéties échevelées (et j'avoue que je ne me souviens déjà presque plus de la fin...)
Voilà, c'était très bien. Mais c'était pas géniâââââl, faut quand même pas pousser le bouchon trop loin hein. Un peu trop (auto-) référencé pour moi (qui ne connaît pas assez, en détail, l'oeuvre de Miyazaki). Bouillonnant, foisonnant, péripétant (comme péripéties, hein, pas comme péripatéticienne...) tonitruant, parfois boursouflé comme ses vieillardstrès riche, trop riche (si j'ose écrire saoulant je vais me faire taper... hein). Alors que, comme le chante Françoise Hardy dans LA SIESTE "Et moi c'qu'il me faut c'est d'la douceur..."
Je préfère retourner pour la centième fois me lover dans les bras de TOTORO, hein...

(mais si vous voulez en savoir -beaucoup- plus, je vous renvoie à cette très belle -et très fouillée- critique -

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le garçon

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les mamies

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(Belle-)Maman c'est toi, la plus belle du monde...

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un petit côté Alice, non ?

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le vilain Roi-Perruche

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les warawaras (eux ils ont trop mimis...)

 

29 mai 2023

corrigé

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LE PRINCIPAL
de Chad Chenouga

La constante perfection des rôles de Rochdy Zem de ces trois dernières années (ROUBAIX UNE LUMIERE, ENQUÊTE SUR UN SCANDALE D'ETAT, LES MIENS, LES ENFANTS DES AUTRES, L'INNOCENT) ne peut que donner envie d'aller voir cette nouvelle incarnation, même si ni le titre ni l'affiche ne semblent a priori très attrayants.
J'y suis allé en deuxième semaine (c'est l'avantage des films A en sortie nationale, c'est qu'ils ont en principe la chance de pouvoir rester à l'affiche plusieurs semaines, chance que n'ont pas hélas les autres films de notre programmation (dits B et C), pour qui ce sera, inexorablement, six petits tours (maxi) et puis s'en vont...).
Les histoires d'école, de lycée, de collège, moi, hein, bon... ça ne me passionne pas trop (j'y ai baigné longtemps, hein, quand même...). mais bon, pour Rochdy, allez, on y va. Première bonne surprise : oh oh Yolande Moreau au générique! Et, tiens, Marina Hands aussi... Et il y a aussi ce "tonton chelou" (Hedi Bouchenafa, tout à fait dans mes cordes...) qu'on découvre lors de la première scène dans un fast-food, (à qui Rochdy conseille de bien mâcher, ce qui pose tout de suite un certain cadre...)
Au début, le réalisateur nous lâche sans aucun indice, comme un élève dans un nouvel établissement le jour de la rentrée, et c'est très bien comme ça. Débrouille-toi. On comprend assez vite que Sabri bosse dans l'enseignement, que son fils est dans le même établissement (je ne sais jamais si c'est lycée ou collège), que Yolande Moreau est la principale (Sabri n'est qu'adjoint), que Marina Hands qui joue son ex-femme, y est aussi prof, et qu'il a des petits problèmes avec un prof de son fils en particulier (Yannick Choirat, qu'on voit d'ailleurs pas mal en ce moment...).
Le cadre, donc, est posé, les différents protagonistes aussi,  on se demande qu'est-ce qui va leur tomber dessus... (première fausse piste totale : au vu de l'affiche et du début du film, j'ai pensé soudain à un film de 1987, LE BEAU-PERE, l'histoire d'un sérial-killer tueur de familles successives, en costard, car notre Sabrilà, justement, dans son petit costard, a quand même des petits airs de psycho-rigide, hein, mais non non le film va partir dans une toute autre direction (ouf ! Rochdy n'est pas un psycho-killer!).
Le principal se fait du souci pour son fils, qui n'a pas eu les félicitations ce mois-ci, ce dont il ne comprend pas la raison (le père, pas le fils qui semble avoir bien d'autres centres d'intérêt). Le père, le fils, l'ex-épouse, le tonton, la principale, une jeune élève de SEGPA récidiviste : se mettent progressivement en place tous les éléments d'une histoire bien construite, qui part dans plusieurs directions possibles (envisageables dirait Lagarce).
Notre principal est au centre d'un dispositif narratif  où la relation qu'il a avec chacun des autres personnages (son frère, son fils, sa femme, sa supérieure) présente à chaque fois une nouvelle facette de son personnage (des nouveaux sentiments, un nouveau comportement).
Sur un coup de tête (un coup de dés, plutôt) l'irréprochable principal va franchir la ligne blanche de la légalité et faire une grosse connerie, lançant la deuxième partie du film : les conséquences du coup de dés, qui vont impacter tous les participants de façon plus ou moins violente.
Le réalisateur réussit, plutôt habilement, à suivre chacune de ses pistes narratives, jusqu'à une conclusion qui, si elle ne me semble pas tout à fait vraisemblable (surtout quand on connaît la "maison" de l'éducation nationale) a le mérite d'être suffisamment amorale pour confirmer que, décidément, le personnage de Sabri n'est pas vraiment sympathique.

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27 mai 2023

le pigeon

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SHOWING UP
de Kelly Reichardt

j'avais eu la chance de le voir en prévisionnement grâce au GNCR et à Diaphana, sur l'écran de mon ordi, avec la mention "PROPRIÉTÉ DE DIAPHANA qui prenait tout le faut de l'écran) et donc il falllait absolument que je le revisse "en vrai" dans le bôô cinéma. 13h40, salle 1 (la plus petite), six spectateurs (dont, exceptionnellement Alain K. ce qui compte donc double), et me voilà réembarqué dans cette nouvelle expérience, après l'éblouissement de FIRST COW le film précédent de la réalisatrice, dont je ne me suis pas encore tout à fait remis...).
A priori, à la première vision, le film semblait "moins fort" : Michelle Williams (qui joue pour la quatrième fois avec Kelly Reichardt) interprète une artiste céramiste en train de préparer sa prochaine exposition (un des sens possibles du swowing up du titre). Ce qui est frappant, quand on revoit le film, c'est la façon dont elle tire tout le temps la tronche : on ne verra jamais l'ombre d'un sourire sur son frais minois.
La deuxième chose, c'est que le film, à première vue, pourrait être considéré comme ressemblant à son personnage principal : mal fagoté (allez, pas très bien fagoté) et pas très souriant non plus en apparence. Un film qui n'aurait a priori rien d'aimable mais, allez savoir, qu'on se plairait pourtant à aimer, c'est comme ça, ça ne se discute pas.
La demoiselle est artiste, céramiste, et elle travaille aussi dans une école d'art (dirigée par sa mère), dans les couloirs de laquelle on aura plaisir à se balader, à découvrir les oeuvres qui y naissent et les étudiant(e)s qui les conçoivent (ce qui m'a ramené bien sûr en 2005, au temps bienheureux des Bozarts -et du jeune homme en t-shirt vert, et toc).
Lizzie a pour propriétaire Jo, qui est encore plus charrette qu'elle (j'ai appris l'expression dans le film) puisqu'elle prépare deux expositions en même temps, et qu'elle n'a donc pas le temps de réparer la chaudière de Lizzie, ce que la Lizzie en question lui demandera pendant tout le film, avec de plus en plus d'insistance, voire de nervosité.
Comme si cette fichue chaudière était la chose la plus importante du monde pour elle.
Comme si tout ça ne suffisait pas, voilà qu'un pigeon à l'aile cassée (attaqué par le chat de Lizzie) va être recueilli par Jo, qui va lui faire un joli pansement impeccable et le mettre dans un carton pour qu'il se rétablisse (et le confier à Lizzie puisqu'elle est trop charrette...)
On fera aussi connaissance du père de Lizzie, dont la maison est occupée par un couple de vieux squatteurs professionnels, et aussi (surtout) de Sean, le frère de Lizzie, qu'on pourrait qualifier de mentalement fragile, et qui est interprété par John Magarro (le Cookie Figowitz de FIRST COW) qu'on reconnaît d'autant mieux qu'il a conservé la même apparence (excepté le chapeau) et dont j'ai eu grand plaisir à retrouver la voix caractéristique.Encore un personnage magnifique.
Le film se partage en deux, avant l'expo, et pendant l'expo. Fidèle à elle-même Lizzie est mal fagotée (allez, pas très bien fagotée) et elle tire un peu la tronche (il sera pas mal question de fromage...). on est d'autant plus scotché devant ce historiettes qu'on a du mal à reconnaître Michelle Williams (à des années-lumière, par exemple, de son rôle / personnage dans THE FABELMANS de Spielberg), qu'elle a vraiment  réussi à faire naître un personnage complètement -et parfaitement- autre. Et on l'en aime d'autant plus.

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25 mai 2023

rosalind & julia

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ETERNAL DAUGHTER
de Joanna Hogg

Un film gothique, du brouillard, un hôtel sans clients, de la nuit, une mère et sa fille (plutôt une fille et sa mère) toutes deux jouées par l'intense Tilda Swinton, (pour les plus observateurs -les plus curieux-, les deux personnages figuraient dans THE SOUVENIR, de la même réalisatrice, où seule la mère était jouée par Tilda S.), une réceptionniste pas très coopérative, un chien qui n'arrête pas de se sauver, et qu'on doit chercher la nuit, un anniversaire, où sera soudain révélé, mine de rien, ce qu'on appréhendait depuis le début du film...
Je ne devrais pas en principe écrire grand-chose de plus sur ce film puisque j'y ai, hélas, beaucoup dormi (surtout dans la première partie) mais ce que j'ai vu je l'ai plutôt bien aimé (soooo british), et Tilda Swinton est excellente, comme d'habitude...

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27 avril 2023

la colonie pénitentiaire

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L'EDEN
de Andrés Ramirez Pulido

On l'avait envisagé pour notre semaine latino il y avait cette année plusieurs films colombiens), mais, pour une histoire de date de sortie (nationale) on n'a pas pu, et on a donc pris notre mal en patience. Et le voici dans le bôô cinéma, pour une programmation -pas très heureuse- de quatre séances sur deux jours. (Dans le bôô cinéma, les vacances scolaires durent trois semaines, et les spectateurs n'ont pas le droit de voir nos films avant 18h, c'est comme ça...).
Un film très impressionnant. Aussi sombre qu'étrange. Bon on sait que c'est colombien et donc qu'on ne va pas rire à gorge déployée, déjà. Sur une problématique voisine de celle de UN VARON (adolescent meurtrier ou sur le point de l'être) sauf qu'ici le héros l'est (meurtrier), il voulait matar a su papa mais, défoncé,  il s'est trompé de bonhomme. Et le voici envoyé dans un genre de camp de travail au milieu de la jungle où des ados (un petit groupe) , envoyés là depuis leur prison, se partagent entre des travaux d'intérêt général (vider une piscine craspec devant, et débroussailler derrière un pavillon appartenant à un bonhomme souhaitant en faire un hôtel) et des séances collectives  de prière / méditation / taïchi menées par un genre de gourou un peu illuminé. Le héros s'appelle Eliu. Et endure son sort stoïquement.
Et voilà qu'arrive une nouveau petit groupe de princesses (c'est comme ça que les matons surnomment les prisonniers), au sein duquel Eliu reconnaît El Mono, l'autre ado avec qui il a commis son crime. Les retrouvailles ne sont pas franchement joyeuses, d'autant plus qu' El Mono refuse en bloc tout ce qu'on attend de lui dans ce "centre de rééducation". Les rapports sont tendus, l'ambiance intriguante. L'image est souvent très sombre, et le film l'est tout autant, et même de plus en plus...
Adolescents, gardien(s) armé(s), matons, responsable illuminé tout un chacun peut être la source d'un conflit ou d'une agression... Ce qui est très colombien, c'est cette fascination viriliste, tout au long du film, mais le réalisateur (qui sait de quoi il parle) a traité son récit de façon presque fantastique (de plus en plus angoissante, en tout cas), dans une sorte de réalisme poétique assombri. C'est brutal, c'est violent, c'est désespéré, mais la toute dernière image (ouf!) suggèrerait presque un minusculissime espoir...
J'étais (je l'avoue) venu appâté par l'affiche et la perspective de voir s'ébattre des jeunes gens torse-nu (le titre français est trompeur, l'original, La jauria -la meute- annonce plus frontalement la couleur), mais plus le film avance et moins j'y ai pensé, et plus je suis resté cloué sur mon fauteuil (dans lequel je me suis d'ailleurs de plus en plus enfoncé) face à cet enchaînement inéluctable -en cascade- de violence(s). Culminant dans une image de groupe très forte (dont je ne peux rien dire de plus) en clair-obscur, juste avant la scène finale
Très fort.
(le film a été primé à Cannes 2023)

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20 avril 2023

toucher

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BRIGHTON 4TH
de Levan Koguashvili

De fil en aiguille... C'est en venant voir LES ÂMES SOEURS que j'ai appris l'existence de ce film... J'aime bien les réalisateur dont le nom se finit par -Shvili : Kosashvili (MARIAGE TARDIF, CADEAU DU CIEL, Ovashvili (LA TERRE EPHEMERE, KHIBULA, et j'ai même trouvé une réalisatrice : Ekvtimishili (EKA ET NATIA). J'aime le cinéma géorgien (dont le précurseur en france fut ce très cher Iosseliani, même si son nom ne finit par par -shvili : Iosselianishivili?)
BRIGHTON 4TH est très géorgien, même si l'essentiel du film se passe à New-York. Où un père géorgien ex champion de lutte, Khaki (joué par Levan Tedaishvili, un vrai ex-champion de lutte) part à New-York pour voir son fils Soso, qui fait croire à sa famille qu'il fait des études de médecine alors que c'est juste un joueur compulsif, qui vient de jouer et de perdre l'argent pour son futur mariage, et doit de l'argent à des gros mafieux russes pas très aimables du tout...
Le début du film (devant un match de foot anglais) est plutôt surprenant puisqu'il se concentre d'abord sur un premier homme (lémotif gueulard) avant d'en suivre un deuxième (celui qui veut l'affronter), avant de parvenir à Khaki, qui est le vrai héros du film, mais sans qu'on le sache encore...
Match de foot, entraînement de lutte, on est dans un contexte virilo-sportif (sportivo-viril ?) pas du tout désagréable - pour moi en tout cas, je précise que j'ignorais complètement ce que j'allais voir, que les choses soient claires), et je me suis dit que Dominique, à côté de moi, allait peut-être s'ennuyer.
J'aime les films géorgiens, et j'aime les personnages des films géorgiens. Spécialement ceux comme Khaki, un gros nounours qui a l'air très doux, comme ça, qui a le sens de la famille, qui aide son frère, puis son fils, qui paie de ses économies d'abord, de sa personne ensuite...
Un film plutôt mélancolique, mais sans en faire étalage, avec des hommes qui jouent, des hommes qui boivent, des hommes qui se battent et des hommes qui chantent. Un film justement mélancolique (et, bien sûr, mélancoliquement juste). A propos de cet environnement originel, et de celui recréé presqu'à l'identique à des milliers de kilomètres. L'effet diaspora, et les illusions qu'il entretient...
Une belle surprise. pleine de tendresse bourrue (juste comme j'aime, bien sûr).
(et avec de jolis BAB -barbus à bonnets- comme j'aime, tout autant).

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31 janvier 2022

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LES PROMESSES
de Thomas Kruithof

Au début elle marche. Juste elle marche. Clip clop clip clop le bruit des talons (je repense illico au début de Valley of love). Rien que ça, elle est magnifique (et elle continuera de l'être tout au long du film. Qui ça ? Mais Isabelle Huppert, bien sûr. Qui campe ici une mairesse dévouée à sa ville et à ses habitants, qui arrive à la fin de son second mandat (elle a annoncé qu'elle ne se représenterait pas), assistée de son dir'cab' Yazid (Reda Kateb, impérial comme d'hab') et de son adjointe Naidra (Naidra Ayadi), prévue pour lui succéder... Mais voilà qu'une sombre (et complexe) affaire de réhabilitation du quartier des Bernardins (pour laquelle ladite mairesse se bat depuis un certain temps déjà) va empoisonner (sous diverses formes) sa fin de mandat, pendant que certains rendez-vous seraient susceptibles de modifier complètement son avenir politique, à notre très chère mairesse... Entre les magouilles et tractations politico-politiciennes, les locaux insalubres, les habitants révoltés, les marchands de sommeil abjects, les huiles des partis qui veillent au grain, les ambitions personnelles, les amitiés (ou inimitiés) qui le sont tout autant, Thomas Kruithof nous monte, avec la dextérité d'un grand chef, une sacrée mayonnaise, goûteuse et bien assisonnée, et réussit l'exploit de romantiser toutes ces saloperies afférentes au(x) pouvoir(s). La distribution, de haut vol, l'y aide grandement (en plus des déjà nommés autour de la reine Isabelle, on peut ajouter Laurent Poitrenaux et Hervé Pierre, idoines dans l'onctuosité para-élyséenne, sans oublier le jeune Stefan Crepon, en dir'cab du Premier ministre (dont Emma a réussi à retrouver qu'on l'avait vu dans la saison 5 du Bureau des légendes). On suit ça comme un polar, un thriller, monté sans temps morts, passionnant jusqu'au bout (et Reda Kateb fait vraiment le job, et même davantage, et nous laisse une fois de plus admiratifs et sur le carreau...)

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017
UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN
de Sandrine Kiberlain

Le temps d'un café (ou d'un chocolat) et on passe de Huppert à Kiberlain. (A Rebecca Marder, plutôt, puisque Kiberlain, elle est derrière la caméra, et Rebecca Marder, c'est Irène, la jeune fille qui va bien du titre.) On passe aussi des années 2020 à des années bien antérieures, qu'on aura d'abord du mal à dater précisément -et c'est fait pour- , le film est dans un premier temps, à dessein, très ambigu à cet égard. On est en 1942, pendant la guerre (qui restera, pendant tout le film, quelque chose de très vague, à la périphérie, hors-champ quasiment). Mais c'est la vie d'irène qui va nous intéresser dans un premier temps (et ce jusqu'à la toute dernière image du film) : elle trottine, papillonne, virevolte, elle prépare son examen d'entrée au Conservatoire (une scène de Marivaux), elle se chamaille avec son frère (Anthony Bajon), se confie à sa grand-mère (Françoise Widhoff), tient un peu tête à son père (André Marcon, cette famille est décidément miraculeuse), bref une demoiselle de seize printemps (tout juste comme l'était Suzanne Lindon, la propre fille de Sandrine Kiberlain, dans son propre film du même nom) dans toute sa jeunesse, sa beauté, ses élans et ses doutes (elle découvre l'amour et elle hésite). Le temps, qui était depuis le début comme "suspendu" va progressivement se préciser, des indices sont délivrés, avec parcimonie, il est question de l'obligation d'apposer en rouge le terme JUIF sur les cartes d'identité de chacun des membres de la famille (le père, fonctionnaire, se soumet, la grand-mère n'accepte pas, le frère trouve ça dégueulasse, et Irène ne semble pas prendre la pleine mesure de, justement, ces mesures bureaucratiques vichyssoises et immondes, toute à son effervescence théâtrale et amoureuse d'adolescente...
La caméra, à de rares exceptions près (le plan d'ensemble des vélos et des radios) reste très proche des gens, et se concentre sur l'intime, ce qui se passe à l'intérieur (une scène d'anniversaire sur le pas de la porte, belle à pleurer), et l'histoire de cette famille juive est sans doute un peu stylisée, idéalisée (la guerre est commencée depuis trois ans...), nous prêtant sur le film un regard qui ressemble à celui d'Irène (Rebecca Marder est vraiment magnifique) qui ne réalise pas tout à fait (ou ne veut pas se rendre compte) de ce qui est en train de se passer.
Jusqu'à la fin, inéluctable sans doute mais pourtant aussi renversante que brutale, par le choix de mise en scène qu'a fait Sandrine Kiberlain, et qui nous a laissés tous deux (Emma et moi) pétrifiés sur nos sièges... Dans le même élan de larmes (de la même façon que j'avais éclaté en sanglots à la fin de La guerre d'un seul homme, d'Eduardo Cozrainsky.)

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23 janvier 2022

touiteries

"C'est un crime de ne pas faire ce qu'on a envie de faire. Chaque fois qu'on fait un cinéma libre, une image libre, une phrase libre, on est un bagnard qui s'évade." (Marguerite Duras)

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vous je sais pas mais moi ça me fait toujours plaisir...

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(pour Isa)

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"Est-ce que je viens de voir un film de deux heures sur deux homosexuels pudiques, un chinois et l’autre américain, qui volent du lait de la vache d’un anglais installé en Oregon pour faire DES BEIGNETS ET UN CLAFOUTIS AUX MYRTILLES ? Oui. Est-ce que j’ai grave kiffé ? OH OUI" (from tw*tter)

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"Quand je vois les futilités que je suis capable d’acheter uniquement parce que je craque sur le marketing, je comprends mieux pourquoi j’avais succombé à mon ex malgré son QI d’huître. Je suis une victime de l’emballage." (from tw*tter)

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(la vie, comme dans les recettes de cuisine)

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a priori, c'était censé ressembler à ça...

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en réalité, ça ressemble à ça...

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avec les masques noirs, de loin j'ai l'impression que tous les mecs sont barbus...

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20 janvier 2022

en hommage

(en hommage à Gaspard Ulliel)

"ÉPILOGUE

LOUIS — Après, ce que je fais,
je pars.
Je ne reviens plus jamais. Je meurs quelques mois plus tard,
une année tout au plus.
Une chose dont je me souviens et que je raconte encore
(après j’en aurai fini) :
c’est l’été, c’est pendant ces années où je suis absent,
c’est dans le Sud de la France.
Parce que je me suis perdu, la nuit, dans la montagne, je décide de marcher le long de la voie ferrée.
Elle m’évitera les méandres de la route, le chemin sera plus court et je sais qu’elle passe près de la maison où je vis.
La nuit, aucun train n’y circule, je n’y risque rien
et c’est ainsi que je me retrouverai.
À un moment, je suis à l’entrée d’un viaduc immense,
il domine la vallée que je devine sous la lune,
et je marche seul dans la nuit,
à égale distance du ciel et de la terre.
Ce que je pense
(et c’est cela que je voulais dire)
c’est que je devrais pousser un grand et beau cri,
un long et joyeux cri qui résonnerait dans toute la vallée,
que c’est ce bonheur-là que je devrais m’offrir,
hurler une bonne fois,
mais je ne le fais pas,
je ne l’ai pas fait.
Je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier.
Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterai."
(Juste la fin du monde / Jean-Luc Lagarce)

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la belle une de libé...

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(Les Confins du Monde, de Guillaume Nicloux)

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19 janvier 2022

peaux mortes

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BLISSFULLY YOURS
d'Apichatpong Weerasethakul

Merci à MK2 (ah le bon vieux temps où j'allais à Paris au(x) cinéma(s), mes deux MK2 préférés étaient le MK2 Beaubourg ("ma" salle chérie) et le MK2 Bibliothèque) MK donc qui, en ligne, , diffuse gratuitement des films (qu'il propose pour une semaine). C'est le MK2 Curiosity (joli nom). L'émanation on line de Trois couleurs, le journal "cinéphile, défricheur et engagé" des salles MK2. On peut s'inscrire à la newletter pour être tenu au courant...
Et, cette semaine, étaient ainsi proposés -gratuitement- KUNG-FU MASTER (Jane B. et Charlotte G. jouant chez Agnès V.), LE PAIN ET LA RUE (le premier court-métrage d'Abbas Kiarostami et ce BLISSFULLY YOURS, le premier film (ou presque) de ce cher APICHATPONG W. (2002, pile 20 ans, et je me souviens de la première fois où Alain M. nous l'avait évoqué à demi-mot, avec une petite lueur dans l'oeil (une très jolie scène de QV).
Je m'y suis donc replongé, et c'est vrai que tout l'univers d'A.W était déjà là : la jungle, les jeunes gens (les plus agés aussi), les sentiments, les consultations médicales, les substitutions soudaines, les subtilités lexicales (linguisitiques) pour nous incompréhensibles (différence entre le thaï et le birman), une certaine langueur (moiteur torpeur) tropicale (la longue scène au bord de l'eau qui clôt le film), la durée des plans, l'omniprésence du végétal (et la richesse de la bande-son), sans oublier  les coquetteries de fabrication (le générique qui arrive au bout de 45 minutes).
Trois personnages : autour de Min, jeune Birman qui a fui son pays et émigré clandestinement, jeune homme filmé en tant qu'objet de désir (même s'il a des problèmes de peau...) deux femmes : Rong, la plus jeune, et Orn, la plus âgée (Jenjira Pongpas, interprète fétiche d'A-W, qu'on retrouvera dans tous ses films suivants, jusqu'à Cemetery of Splendour). De la tendresse, du plaisir, du bonheur... Simples (simplement). Enchassés dans un récit peut-être plus complexe qu'il n'y paraît (mais peut-être pas, justement).
Le film avait fait sensation à Cannes, dans la section Un Certain Regard dont il avait remporté le grand prix. J'ai eu grand plaisir à le revoir. Et il est toujours aussi rempli de lenteur et de mystère (et de questions aussi, mais à chaque spectateur d'apporter ses propres réponses) et j'avoue que j'ai dû en fractionner le visionnement à plusieurs reprises car le piquage de nez n'était pas loin...

affiche

Capture d’écran (3745)

Capture d’écran (3750)

Capture d’écran (3751)

à un moment est apparue cette mention "the video no longer exists" alors que, curieusement, le film continuait sans problème...

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et la fin n'est pas si loin de celle de Memoria, n'est-ce pas ?

15 janvier 2022

J-JB

Jean-Jacques Beineix est mort...
Il n'avait plus tourné depuis 20 ans...

1981 : j'ai adoré DIVA
1983 : je n'ai pas été voir LA LUNE DANS LE CANIVEAU, mais je me souviens que Pépin portait ce film aux nues
1985 : je suis allé voir 37°2 LE MATIN mais je n'ai pas adoré tant que ça (on en a beaucoup trop parlé).
1989 : je suis allé voir ROSELYNE ET LES LIONS et je me souviens que ça m'avait énervé et même fait ricaner
1992 : je ne suis pas allé voir IP5
1994 : je ne suis pas allé voir OTAKU : FILS DE L'EMPIRE DU VIRTUEL (j'ignorais même que ce film-là existât)
2000 : je ne suis pas allé voir MORTEL TRANSFERT (idem)

Mais bon, DIVA quand même, hein...

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diva

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5 février 2022

sextoy

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BAD LUCK BANGING OR LOONY PORN
de Radu Jude

J'y suis retourné avec Catherine, et j'ai autant apprécié que la première fois. Les trois partie sont toutefois inégales (si la première -je ne parle pas de la scène d'ouverture qui est à part- est toujours aussi magistrale : une femme marche dans Bucarest et on s'en prend plein les yeux et les oreilles, jusqu'à saturation, la seconde -un abécédaire narquois de l'infamie et de l'obscénité- est toujours aussi percutante, la troisième -le procès de l'aspirante actrice porno- la plus théâtrale, est aussi la plus longuette, en tout cas la moins forte pour moi...) mais l'ensemble constitue un excellent paquet-surprise (même si parfois hénaurme) et un réjouissant dézinguage en règle de toutes les saloperies, qu'elles soient typiquement roumaines, ou plus universellement juste humaines. (Ah, la faux-culterie dans toute sa splendeur...)

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