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lieux communs (et autres fadaises)
7 mars 2006

diary

Il ne neige plus (enfin) mais on n'est pas pour autant sorti de l'auberge. Les tas de neige ont gelé, partout les trottoirs bords de routes et chemins divers sont bordés festonnés hérissés de ces moches monticules blanc sale. Attendre, maintenant. Le temps maintenant que tout ça fonde...
Patience.

Reçu aujourd'hui de mon ami Philippe une lettre (oui, oui, j'ai la chance immense d'avoir un ami qui m'écrit des vraies lettres) avec dedans un texte qui m'a mis les larmes aux yeux (tiens tiens un certain temps qu'il n'avait pas été question du bord des larmes... mais ça n'a rien à voir je vous assure...). Il s'agit d'un extrait de l'interview de Pierre Bergounioux au Monde des Livres, à l'occasion de la publication de son Journal.

" J'ai découvert vers 30 ans que l'oubli marchait sur nos talons, qu'il emportait tout. C'est pourquoi j'ai éprouvé le réel besoin de m'en retourner vers le passé parce qu'il y a des instants heureux dont les blandices n'étaient pas épuisées, et puis aussi des événements, pas seulement malheureux, mais qui étaient énigmatiques lorsque je les ai vécus : celui que je suis devenu dans l'intervalle peut, après coup, s'efforcer d'éclairer et de libérer cette partie de lui-même prisonnière des instants révolus. Il me semble que me suivent toutes sortes d'êtres de moi-même : ils sont inconsolés parce que le sens de ce qui leur est arrivé leur a échappé. Imperceptiblement ils me tirent par la manche pour que je leur prodigue par-dessus l'abîme du temps les lumières qu'ils n'étaient pas susceptibles de recevoir parce qu'ils n'avaient pas vécu suffisamment. En celà, oui, un Journal sert à réparer le temps. Celui qu'on est aujourd'hui confie à celui qu'on deviendra demain le soin de dissiper ce qu'il ya de ténèbres, d'incompréhension donc, de douleur, dans le temps présent."

blandices : charmes, séductions (P.L.I 2000) (J'avoue, j'ai recherché le sens de ce mot dans le dictionnaire, parce qu'eh oui, ça m'arrive, je ne le connaissais pas!)

Troublé que ce texte me parvienne précisément aujourd'hui, ce matin où je me suis réveillé avec des images d'oignons épluchés et de strates temporelles successives (ah la la dur pour un petit matin, non ?), pour exprimer un peu la même problématique. En ce qui concerne le passage du temps, d'abord. Si j'ai toujours un carnet sur moi, ce n'est pas pour y relater fidèlement ce qui m'arrive au jour le jour,  c'est juste pour y noter des fragments, des bribes, des citations, des notations, bref des choses éparses dont j'ai envie de garder les traces. C'est cette même envie qui fait que je ne me déplace plus sans mon appareil photo dans mon sac... Daniel Biga écrivait Ne pas rater l'instant suffit.
Il faut que je sois toujours prêt (toujours près ?) à déclencher, à fixer l'instant, à archiver. A conserver. Depuis très longtemps,oui, je m'astreins à faire de la confiture de temps, des pots de tailles et formes diverses avec des dates dessus, écrites à l'encre plus ou moins effacée sur des étiquettes plus ou moins défraîchies. Tenter de conserver (espoir illusoire ? ) la saveur (les saveurs, plutôt, tant ces blocs de passé ne sont jamais homogènes) de ce que furent un instant, un jour, une histoire...
Mots & images sont alors complémentaires pour aider à la tentative de reconstitution.

Quand j'étais petit, je me souviens de la première fois où j'ai voulu éplucher un oignon. On défait l'enveloppe la pellicule extérieure orange et sèche, bruissante, et on dénude un épiderme blanc verdâtre luisant (et qui fait pleurer ! déjà j'aimais ça je suppose), mais qui n'est qu'une nouvelle couche que, si on l'a entamée par mégarde, on doit à nouveau ôter pour rendre à notre oignon sa lisse rotondité originelle. Et on s'aperçoit que sous cette couche, il y en a une autre, et encore une autre, et, si on n'y prend pas garde, on pourrait continuer ça jusqu'à la nudité première : hop, plus d'oignon! (quand je vous disais que ce blog s'appelle lieux communs, hein ?)
Eh bien, je me disais que mes "états mentaux" (ou peut-être "phases de vie" ou "étapes successives", je ne sais pas trop quel terme employer) étaient exactement comparables à ces épidermes consécutifs. A chaque fois, j'ai le sentiment de vivre une certaine période, d'agir d'une certaine façon, de ressentir certaines choses, avec certaines raisons, et tout celà me semble juste, raisonnable, définitif. Jusqu'à ce que, quelque part, un Grand Eplucheur Anonyme décide d'ôter cette couche et de passer à la suivante. Alors je passe à une autre période, où je vis d'autres choses (parfois les mêmes qu'avant) mais avec d'autres raisons, un autre regard, qui me semblent aussi justes, raisonnables et définitifs que l'étaient ceux de la couche précédente. Couche sur laquelle (puisqu'elle est terminée, désormais peau morte, vide, inutile) je peux alors me permettre d'avoir un regard critique. Chaque couche ne peut s'appréhender, se justifier, se comprendre, que par rapport à la/aux couche(s) précédente(s).

(Hmmm ça y est c'est malin, j'ai un peu mal à la tête, à me mettre à réfléchir comme ça, à froid, sans précautions...) Tout ça pour dire -mais bon j'enfonce encore là une porte ouverte on dirait-bien- l'importance pour moi de tous ces machins que je jette -parfois un peu en vrac- sur ce blogchounet (ce n'est pas mon jumeau astral, c'est plutôt mon double en ligne) c'est juste pour me permettre de m'y retrouver (ou de retrouver un autre moi-même) , cf plus haut P.Bergounioux ) d'y voir -rétrospectivement ? - un peu plus clair, et qui sait (mais là j'en doute) d'éviter de refaire les mêmes conneries ? (Non, là, c'est vrai, j'avoue, je n'y crois pas une seconde, vu la régularité et l'empressement et la délectation avec lesquelles je me vautre à chaque fois dans les mêmes ornières comportementales.)
Euh... on se refait pas, hein ?

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(merci à Pablo S. dont je me suis permis de reproduire -sans son assentiment- l'oeuvre originale)

8 juin 2006

trucs chiants

à faire quand on est tout seul :

- se mettre du collyre
- mettre la couette dans la housse de couette
- étendre les draps pour les faire sécher
- plier les draps (ou les housses de couette)
- transvaser les courses du tapis roulant dans les sacs plastique
- pousser la bagnole quand on est en panne
- aller au restaurant
- faire la vaisselle
- trouver une idée de repas, s'y tenir, et le préparer
- transporter une cuisinière ou un frigo
- aller à la gare à pied (ou bien laisser sa voiture sur le parking pendant une semaine) quand on part en voyage
- refaire son pansement
- se lever ou se recoucher quand on a un lumbago
- retapisser
- faire les courses quand on est malade
- installer correctement une antenne ou une parabole
- attacher un gros chargement sur un véhicule
- trouver des surgelés potables en conditionnement "special célibataire"
- remonter les hmmm sacs de course depuis le coffre de la voiture jusqu'à l'appartement
- se prendre en photo (sans retardateur)
- ...

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16 mars 2006

la cultura

France-Mu
Ca clavecine et ça hautboïse. Des dames roucoulent, probablement vêtues en marquises ou en bergères, titillant vocalement des gros messieurs, vraisemblablement emperruqués idem, qui ne se font pas prier (enfin, si, un peu) pour leur répondre sur le même ton. Paisiblement donc, hors de la réalité désolante de l'actualité.
J'ai réussi hier soir in extremis à faire ce que j'avais à faire pour ce matin (procrastination, quand tu nous tiens...), que Bernard a résumé comme un Warhol à la Matisse, ... et un Matisse dans l'esprit de Warhol (ce qui n'est pas faux du tout!)
J'avais dans mon sac Mystic River (le troisième Dennis Lehane que je lis d'affilée) qui m'a permis de discuter avec plusieurs personnes des mérites respectifs du film éponyme et du bouquin en question.
J'ai commencé à dresser une liste de films comportant un "film dans le film" (pour B.)
Récupéré Permanent Vacation et Ghost Dog, prêté à la place Night on earth. (Derniers échanges, la semaine prochaine, finito!)
L'après-midi, j'ai assisté à la projection de L'Avventura (d'Antonioni, que je n'avais jamais vu, et que je rangeais -sur mes étagères mentales- dans la catégorie des "films dits chiants") Je me suis un peu endormi au début (ces chaises sont pourtant très inconfortables...) j'ai suivi un moment, j'ai regardé l'heure plusieurs fois et finalement je suis sorti de l'auditorium, agacé. Par le film et peut-être autre chose (...)
Je suis remonté dans la bagnole.
France-Mu, comme ce matin, clavecinait et hautboïsait, et mes copines et mes copains en costumes de marquis faisaient toujours rourourrrou et lalalalaaaa.
Juste le temps de lire encore un peu de Mystic River (dans un endroit pas vraiment prévu pour ça...).
Réunion des Cinéphiles Anonymes à 19h ("bonjour, je m'appelle R. et je suis cinéphile..."), pour la prochaine programmation. Comme la dernière fois, rien de vraiment très très enthousiasmant à se mettre sous la dent. (le Guy Maddin, peut-être ?)
Mangé des raviolis chinois à la vapeur en grignotant la nouvelle formule (bof) des Inrocks. (J'ai pensé à Nouvelle Cuisine, qu'on passera la semaine prochaine, et je l'ai un peu regretté ensuite, parce que j'ai eu du coup un peu de mal à finir mes raviolis...)
No tv, no book ensuite. (mais regardé un peu comment allait le monde à travers l'écran de mon ordi) et préparé un flyer pour un pot de départ que je donnerai mardi (le jour du printemps) aux bozarts. J'ai écrit "pour fêter le retour des hirondelles et le départ d'un autre oiseau"
Extinction des feux (comme on dit dans les -mauvais ? - romans pour "un sommeil sans rêves".)

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17 novembre 2006

chapeau(x) !

LE PRESTIGE
de Christopher Nolan

And now ladies and gentlemen...
La dernière fois que j'ai vu Hugh Jackman, c'était dans X-Men3 (smiley avec les joues rouges de honte), la dernière fois que j'ai vu Christian Bale, c'était dans The Machinist (smiley qui se tape sur la tête avec une masse en signe d'enthousiasme), donc je me disais que le fruit de cette... rencontre risquait d'être hybride. J'ai pas été déçu!
J'avais déjà vu les autres films de Christopher Nolan (enfin, deux sur quatre!), et je sais combien cet homme est habile dans le tripatouillage d'histoire, la manipulation de spectateur, la construction tordue, le retournage de situation comme un doigt de gant, bref, cette histoire semblait devenir diablement intéressante entre ses petites papattes.
Là, on suit l'itinéraire de deux magiciens d'abord amis puis rivaux, ("je suis le meilleur, non c'est moi!"), puis ennemis, au moyen de tout un tas de flashes-back induits par la lecture, par chacun des deux, du carnet secret de l'autre, (c'est un peu compliqué, d'autant plus qu'on est vraiment dans des strates temporelles hétérogènes), avec Michael Caine en vieux magicien deus ex machina qui ouvre et ferme (quasiment) le film. Bien entendu, il y a un truc, et je ne peux pas trop en raconter sans gâcher un peu la... magie du spectacle.

Car bien entendu qui dit magie dit illusion, secret, tours de passe-passe, escamotages, chausse-trappes,... et autre chose aussi (dont je ne peux pas vous parler ici), et qui dit duel dit tous les coups sont permis. Vous vous souvenez du combat de Merlin contre Madame Mim (oui, je sais c'est pas tout jeune, ça m'avait émerveillé quand j'étais môme, donc il y a très longtemps oui oui je sais!), dans Merlin l'enchanteur du même nom ? Eh bien là c'est un peu pareil, sauf que les deux gars, ils rigolent nettement moins : il s'agit pour chacun des deux adversaires de réussir à saboter à chaque fois le "meilleur tour" de l'autre. et ce pendant des années durant. Il est question de noyade dans un aquarium, de doigts écrasés, d'enterrage vivant, de jambe brisée, oui the show mst go on, et tous les coups sont bons (rassurez-vous, rien de gore, on n'est pas dans Saw, tout de même). Et les acteurs aussi, d'ailleurs le sont (bons, vous suivez ?). En plus des deux susnommés (avec un petit surplus d'applaudissements -mais suis-je vraiment objectif ?- pour le sidérant Christian Bale), le reste est très bien aussi. J'avais bien reconnu David Bowie, mais, benêt que je suis, j'ai été étonné de voir au générique Scarlett Johanssonn (c'était vraiment elle, cette charmante blondinette joufflue ?)

Bon je dois avouer que, contrairement à d'habitude, j'avais un peu/beaucoup deviné le fin (et même le tout fin) mot de l'histoire, (peut-être à cause du tout-début du film ? ou parce que j'ai trop lu Bob Morane quand j'étais petiot ? ) mais ce n'est pas très important. Comme dit Michael Caine au début, "Un tour se compose de 3 parties : la promesse, le revirement,(la disparition, par exemple), et le prestige (la réapparation, toujours dans le même exemple)." Le film de Nolan suit strictement ces recommandations, puisqu'il y réussit à nous embrouiller, nous  mystifier, avec cette histoire (ou -mieux- cette double histoire) qu'il nous présente au début comme un illusionniste nous deploierait son jeu de cartes, qui rebondit ensuite comme une balle rouge en caoutchouc rouge (exactement comme celle qu'on voit dans le film)  mais pas toujours dans le sens qu'on aurait supposé, pour nous laisser finalement bouche-bée (bon public) quand le lapin (du coup de théâtre) sort du chapeau (du scénario).

Comme dans tout bon tour (celui que le réalisateur nous joue) le décor est important, la mise en condition du spectateur idem. Une élégante reconstitution du Londres victorien (?), calèches, redingotes, rouflaquettes, crinolines, sert de fond à cette histoire à double-fond (au moins) tirée d'un roman de C.Priest (écrivain de science-fiction). La mis en scène ? le montage ? Je ne suis pas assez érudit (ou chichiteux) pour disséquer tout ça en détail, sachez que quelques-uns chipotent et ronchonnent (cf), mais ce sont des critiques professionnels, moi je ne suis que le spectateur lambda, surtout ici ; (devant les prestidigitateurs j'ai toujours été  bon public, à regarder bien là où on me disait de regarder, pour ne pas voir en réalité ce qu'on ne voulait pas que je voie...) et je n'y ai vu -comme dirait l'autre- que du feu (hihi). Il est question, dans le film,  du numéro dit "de l'homme transporté". Sans conteste, le spectateur l'est aussi.
Chapeau!

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26 septembre 2006

sauterelles

CITIZEN DOG
de  Wisit Sasanatieng

Vu le lendemain de Flandres dont c'est l'antithèse (l'antipode ? ) parfaite. Film thaï (de guêpe ? ), barjo, frappé, secoué, zinzin, drelin drelin et compagnie...

Ca pourrait être un  pop-hop, un de ces livres animés de mon enfance, où, quand on ouvrait les pages, hop! surgissait et se dépliait entre elles un élément, comme jailli en relief. Sauf que là, le texte de l'album (qui bénéficie même d'un narrateur en voix off ) serait écrit en thaï (langue écrite assez jolie à regarder, avec des bitonios qui se tortillent au-dessus des lettres) que chaque image a l'air d'avoir été coloriée à la main tellement ça paraît somptueusement chromatique et merveilleusement artificiel, et que l'histoire est suffisamment... inhabituelle pour avoir des airs de conte des mille et une nuits sous acide.

Ca pourrait être une sorte d'abécédaire déjanté : D comme doigt dans une boîte de sardines,  G comme grand-mère réincarnée en gecko, M comme montagne de bouteilles en plastique, N comme nounours qui clope, P comme pluie de casques de moto, Q comme queue (celle qui vous pousse au derrière si vous allez dans la capitale...), S comme sauterelles sautées (à la poêle),T comme taxi-moto serviable (mais un peu zombie)... A chaque lettre sa surprise, et hop on tourne la page et ça continue, que va-t-on découvrir ?

Ca pourrait raconter l'histoire de Pott le jeune héros, qui quitte sa province natale pour "monter" à Bangkok, malgré la menace de sa grand-mère s'il réalise son projet (voir à la lettre Q)... Il y perdra un doigt dans une conserverie de sardines, en retrouvera un autre aussi sec, mais surtout rencontrera l'amouuuuur en la personne de Jin, une demoiselle rencontrée dans l'ascenseur, toujours plongée dans la "lecture" d'un livre blanc qu'elle ne comprend pas (et pour cause, il est écrit en italien!)...

Ca pourrait être aussi un genre de catalogue, de fourre-tout cinématographique, de bazar à la Méliès, où l'on expérimente/inventorie les différents  effets, techniques, de style, de caméra, de narration, de lumière, en les illustrant à chaque fois , mais sans volonté didactique lourde, juste comme ça, pour voir, pour  le plaisir...

Ca pourrait donc être un petit film charmant, naïf, plein de trouvailles, de n'importe quoi(s) ravissants, drôles, attendrissants. Avec juste une petite réserve : la musique (car c'est aussi parfois une comédie musicale!) un peu  trop proliférante à mon goût avec les choeurs chabadadada mais bon dans toute chanson, aussi thaï et fine qu'elle soit, il faut bien aussi des bémols de temps en temps... Hard candide ?

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19 septembre 2006

chut!

Le silence peut être la meilleure et la pire des choses.
Le silence de la fin de la journée de travail (quand tout le monde est parti) ou du début de week-end est un silence merveilleux.
Le silence qui règne ici est devenu assourdissant, insupportable.

(silence...)


J'ai vraiment l'impression de parler tout seul, comme un con.
tout le monde s'en fout (et tout le monde a  bien raison)
Autant retourner écrire dans mon carnet. Et fermer ma gueule.
Silencio!

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28 juin 2023

mon caleçon me serre

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FAIRYTALE
d'Alexandre Sokourov

Mouais.
Allocinoche le range en "expérimental", ce qui n'est pas si fréquent comme catégorisation. (Pourtant, voir là, bien pratique pour y ranger ce dont on ne sait pas trop quoi faire, le fameux "c'est bien mais c'est spécial", avec pêle-mêle des pointures (Cavalier, Godard, Akerman, Weerasethakul, Garrel) et d'illustres inconnu(e)s -plaisir d'y retrouver, par exemple, le divin A BAS BRUIT de Judith Abitbol, avec -et rien qu'avec- la non moins divine Nathalie Richard...
Ici il est question, dans un décor apocalyptique, de Staline, Mussolini, Hitler, devant les portes du Paradis, en compagnie de Churchill(s) ils sont plusieurs), et de Jésus, (mais on le voit moins que les autres). On est au purgatoire, et tous attendant devant la porte (du paradis) pour savoir qui va être autorisé à y entrer (spoiler : seul les Churchill y auront droit, en compagnie de la Reine s'il le souhaite "parce qu'ici -au paradis- on aime les jolis chapeaux").
Si le pitch est riquiqui, la mise en scène est grandiose, dans ses décors, dans le travail des images, et surtout l'"animation" vraiment bluffante des personnages principaux qui parlent, bougent, se déplacent, (radotent aussi), se démultiplient parfois, se croisent, s'apostrophent... C'est vraiment hallucinant.
Mais bon, en sortant de là, j'avais presque envie de vomir, après avoir regardé Hitler bavasser pendant plus d'une heure, oui, vraiment. (je suis très primaire).
En se disant que le film pourrait donner une idée assez juste du Purgatoire, si celui-ci par hasard existait...

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20 décembre 2022

boîte à bébé

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LES BONNES ÉTOILES
d'Hirokazu Kore-Eda

Voilà encore un réalisateur  qu'on aime depuis des lustres (MABOROSI, 1995, AFTER LIFE 1998, furent, en leur temps, de véritables éblouissements), qu'on continue à suivre amicalement, même si sa production, régulière, festivalière ou non, est moins souvent juchée sur les cîmes de notre admiration béate (STILL WALKING, 2009, I WISH, 2O12) elle continue de nous intéresser, de nous toucher, de nous faire sourire, bref, c'est un cinéma qui fonctionne. Un réalisateur qui fait partie de nos habitués, partie de la famille, et c'est, justement la famille qui est le point central de sa filmographie...
Ici, il s'est délocalisé pour aller tourner en Corée (sans que ça change vraiment grand chose fondamentalement à son cinéma).
Cette fois il est question d'un bébé, et d'une boîte à bébé, devant laquelle puis à l'intérieur de laquelle il a été posé. et récupéré par deux hommes, le genre de bras cassé (pied nickelé) qu'on retrouve souvent chez le réalisateur... Les deux zigotos veulent revendre le bébé en question (qu'on va voir passer de main en main, plutôt placidement, pendant tout le film), sont rejoints par la mère du bébé en question (j'ai un peu piqué du nez à ce moment-là, donc je ne sais pas comment ça s'est fait...) Un trio donc, qui trimballe ce bébé, afin de lui trouver un couple d'aquéreurs. Ils ne le savent pas mais ils sont suivis par une fliquette du genre tenace et sa collègue, et vont progressivement se retrouver flanqués d'autres personnages, qui vont re-composer avec eux ce genre de famille déglinguée / recomposée / chère à Kore-Eda, ici tout particulièrement attachante, vi chacun de ses membres.
Le plus drôle, c'est que (mais ce n'était pas du tout un sommeil hostile) j'ai régulièrement piqué du nez, de ci, de là, mais sans vraiment perdre le fil de l'histoire (et en me disant que je retournerais le voir début janvier quand nous le passerons dans le beau cinéma...
Tel que, un très bon Kore-Eda, j'attends de l'avoir vu dans son intégrale intégralité pour moduler mon appréciation...

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23 février 2022

ferry

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OUISTREHAM
d'Emmanuel Carrère

C'est grâce à Emma que j'ai fini par y aller. J'appréhendais, pour des raisons "éthiques", et en fin de compte je crois que  j'avais tort. Emmanuel Carrère a vraiment bien goupillé son affaire (le mensonge c'est un peu son fond de commerce) et Juliette Binoche réussit à gagner sur tous les tableaux, à être aussi vraisemblable en écrivaine parisienne qu'en femme de ménage qui nettoie la merde des autres. Le film est l'adaptation du livre Le quai de Ouistreham, de Florence Aubenas, qui n'a accepté d'en vendre les droits qu'à la condition que ce soit Emmanuel Carrère qui le réalise.
Binoche incarne, le film nous l'apprend assez vite, une écrivain (c'est ainsi qu'elle se définira) Marianne Winckler, qui déménage à Caen et s'inscrit à Pôle Emploi pour trouver un job tout en bas de l'échelle, et va devenir femme de ménage, dans un camping d'abord, puis des bureaux, pour passer ensuite à "l'enfer", sur le ferry, avec un nombre invraisemblable de chambres à nettoyer, à raison de 4 minutes par chambre (pas le temps de chômer).
Elle va s'intégrer dans un groupe de femmes qui font le même job, se rapprocher de quelques-unes d'entre elles en particulier, qui lui servent en quelque sorte de "sujets d'étude" pour le livre qu'elle est en train d'écrire, avec lesquelles elle va nouer des liens particuliers, d'amitié, rendant de plus en plus inconfortable sa position de vraie-fausse travailleuse (tandis que les autres le sont "en vrai", et le sont même doublement puisqu'il s'agit d'actrices non professionnelles qui re-jouent leur propre rôle (et qui sont d'ailleurs toutes tout à fait bluffantes. Mais qui à la fin du film, dans la vraie vie, sont retournées à leur boulot de merde.).
Le film nous la joue quasiment documentaire (il en a la sècheresse et l'apparente objectivité), il reste presque toujours très près de ses personnages, avec juste ce qu'il faut de voix-off au début (de Binoche) pour nous "mettre dans le bain", et l'intervention, in fine, sur le ferry, de Louis-Do de Lencquesain, dans son propre rôle, comme deus ex machina par qui la fin de l'histoire (la révélation) arrive...
Les conditions de travail de ces femmes sont dures, voire épouvantables, elle sont payées une misère (et leurs employeurs sont des gros cons), et le réalisateur les filme à juste distance (ni trop d'affect ni trop de pathos), tandis que le personnage joué par Binoche  les observe et vit "un peu" la même chose qu'elles (avec la certitude, terrible, et qui fait toute la différence que pour elle ce n'est que provisoire, elle le sait bien, qu'il n'est question que de jouer -le mieux possible- un rôle, et c'est là qu'Emmanuel carrère est très habile...) et c'est le vivre ensemble (comme on disait autrefois dans les projets d'école) qui fait la différence, qui compense -un peu- la dureté de ces vies précaires, les scènes "entre filles" (hors taf) et on a même droit à une très jolie scène d'anniversaire (dans un genre différent, mais aussi émouvante que celle de La jeune fille qui va bien, décidément, les scènes d'anniversaire...).
Mais, tel que, le constat est amer, ("Que veux-tu qu'j'y fasse c'est un problème de classe..." chantait Patrick Juvet, qui ne voulait pas du tout dire ça, mais qui résume pourtant assez bien le film...) et nous laisse -sur le quai- avec un certain malaise ("Surtout ne dis pas "à bientôt"..." dira Christelle en montant dans la navette qui l'emmène au taf sur le ferry à Marianne qui ne peut que la regarder partir, impuissante...)

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17 février 2022

robots

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BIG BUG
de Jean-Pierre Jeunet

Tiens donc! Netflixmuche me prévient que vient d'y sortir le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet. Ah bon ? Je vais donc y jeter un oeil (samedi soir à la maison, canapé, rien de mieux à faire), négligent au début, voire suspicieux, mais voilà, bien qu'en me trouvant plein de bonnes raisons de zapper et d'aller voir ailleurs, je suis quand même resté jusqu'au bout (jusqu'au bout du bout même, car je voulais savoir qui était cet acteur incarnant le méchant très méchant robot et dont le visage m'était (si) familier, et j'ai fini par le savoir, ouf!).
Premier constat, d'abord, visuellement c'est très laid. Un univers dystopique (2040) en couleurs saturées flashy où on a vite mal au coeur (et  aux yeux) devant cet empilement polychrome.
Il s'agit d'un huis-clos (une "famille" se retrouve piégée dans son propre appartement, dont les issues ont été bloquées par leurs propres robots domestiques, inquiets du risque potentiel généré -en cas de sortie, justement- par des nouveaux robots méchants très méchants qui veulent remplacer l'homme, où il sera question, pendant presque tout le film, de savoir comment faire pour en sortir... Chacun gamberge et y va de sa solution...
Le synopsis est mince, mais la distribution est sympathique (Isabelle Nanty, Elsa Zylberstein, Stéphane de Groodt, Youssef Hajdi, Claire Chust pour les humains, Claude Péron et Alban Lenoir pour les robots (une robote intendante qui voudrait devenir humaine -et éprouver des sentiments-) et un robot coach sportif et romantique -que sa propriétaire considère déjà (a déjà programmé) comme tel -humain- ou presque-), et François Levantal (numériquement multiplié, comme dans Matrix) en robot méchant très méchant, plus ça et là (à la télévision, surtout) quelques brèves apparitions amies que je vous laisse le plaisir de découvrir), les effets spéciaux sont chiadés (cette phrase est un peu complexe, vais-je réussir à m'en dépétrer ?), la variété robotique plaisante (tout ceux qu'on voit sur l'affiche), sans oublier une louchette d'humour, et voilà quoi, on passe un (très) bon moment de cinoche du samedi soir devant sa téloche (manquaient le popcorn et le soda...)

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12 août 2021

rauter

BERGMAN ISLAND
de Mia Hansen-Løve

Avec Emma, nous étions d'accord à la fin de la séance : un film d'une intelligence rare. Encore plus plaisant dans le cas d'une réalisatrice qui jusque là ne m'avait jamais pleinement ni convaincu ni séduit (Tout est pardonné, Le père de mes enfants, Eden, L'Avenir). Mais là, la démonstration est brillante. Imparable.
Un couple de cinéastes débarque sur l'ile de Fårö, où vécut Bergman. Lui, Tony (Tim Roth) est un réalisateur célèbre et reconnu, elle, Chris (Vicky Krieps) l'est un peu moins. Ils s'installent en villégiature dans la maison du vieux maître suédois (on se dit qu'ils ont dû payer bonbon pour la location, mais bon ça n'a pas l'air d'être un problème...) , pour y écrire chacun leur nouveau scénario...
De Bergman il sera beaucoup question (Bergman week, Bergman Safari...), mais en creux,  et de cinéma aussi (en gestation puis en post-production pourrait-on dire). Et donc bien sûr, aussi, fatalement, (mais tangentiellement) de Scènes de la vie conjugale...
Les choses deviennent passionnantes lorsque Chris entreprend de raconter à Tony le scénario de son prochain film, dont elle n'arrive pas à trouver la fin, et que la réalisatrice, fûtée (et affutée aussi) nous entraîne dans l'histoire d'un second couple, Amy (Mia Wasikowska) et Josep (Anders Danielsen Lie), qui prend place sur les mêmes lieux quasiments (Fårö, la ville Bergman, etc.) en semant dans son récit (dans ses deux récits) des détails a priori surprenants, qui se mettent à entremêler les deux niveaux de narration...
De la même façon que la réalisatrice parle sans doute un peu d'elle à travers ce personnage de jeune réalisatrice qui a du mal à écrire son scénario, chacun de ces deux récits réussit à parler un peu de l'autre.
C'est du grand art. D'autant plus que j'ai toujours eu un (gros) faible pour "les films avec un film dans le film", et que là c'est construit avec une maestria éblouissante. Mais sans effets tonitruants. Juste le calme et la tendresse. Le cinéma (de l'écriture à la réalisation) appréhendé dans son essence.

"Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rames
Et qui peut quitter son ami
Sans verser de larme"
(eu le plaisir de retrouver cette vieille chanson de feu de camp que je n'avais pas chantée depuis longtemps)

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"Comment la vie nourrit la fiction et réciproquement, voilà la vraie raison d’être de ce film puissant et vibrant, recelant des caches et des secrets. On peut le lire comme une œuvre à clé, entre autres lorsqu’il est dit que Tony est un cinéaste qui filme les fantômes… (Mia Hansen-Løve, on le sait, a partagé la vie du réalisateur Olivier Assayas). Il y a ici l’aboutissement d’un regard singulier porté par une cinéaste sur ce qui la fonde et la fait avancer. Un regard personnel et si généreux qu’il devient universel, nous renvoie à nos rêveries, nos désirs, nos choix. Et à la puissance de nos imaginaires." (Bande à part)

*

"La force d’Hansen-Løve est de s’en tenir aux pointillés et d’adopter au pied de la lettre la phrase de Flaubert citée à Vicky Krieps par Tim Roth en forme de vacherie : « Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps. »" (Nouvel Obs)

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"De surface à surface, couche sur couche, tout glisse, donc, et c’est précisément la limite du film que de ne trouver aucune résistance – ni sociale, ni pulsionnelle, ni réelle – à cette fluidité qui s’accomplit dans la pure stratosphère des sentiments et des idées désincarnées." (Les Cahiaîs, qui ont, encore une fois, fumé la moquette, colle y comprise)

*

 

11 juillet 2021

CMFUBJ

Nouveau chapitre jeudi 8 à 10h30 où j'avais -enfin- rendez-vous chez le Docteur C., à Gray, chaudement recommandé par Malou depuis quasiment le tout début de l'affaire.
(j'aurais effectivement dû y aller plus tôt, peut-être les choses auraient tourné autrement...)

Cet homme est effectivement comme Malou me l'avait décrit : posé, patient, attentif, m'a écouté raconter mon histoire, a posé les bonnes questions, observé les résultats des différentes analyses que j'avais apportées, a réagi quand j'ai mentionné l'épisode des tiques, m'a examiné, attentivement, et plusieurs fois je l'ai entendu soupirer en répétant que "vraiment je n'avais pas eu de chance..." (sans préciser s'il s'git de l'érysipèle en soi ou la façon dont j'avais été pris en charge...)

toujours est-il qu'il m'a prescrit des nouvelles analyses (notamment une sérologie de Lyme), des trucs pour me nettoyer le pied et la jambe, conseillé de consulter un dermato, et prescrit 15j de piquouzes d'antibio en IM (= dans les fesses) ..., et m'a laissé sortir (après paiement... 60€ tout de même!) en me demandant que je le rappelle dès que j'avais le résultat des analyses...

et j'étais souriant en sortant quand j'ai retrouvé Emma qui m'attendait, parce que j'avais eu le sentiment d'avoir en face de moi quelqu'un qui m'avait écouté, qui prenait soin de moi...

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(la salle d'attente du Docteur C.)

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en même temps, il me semble(rait) que ça va plutôt mieux à propos de ma jambe (ou peut-être que je m'habitue!) : c'est rouge mais pas trop, gonflé mais pas trop en tout cas ça n'est pas douloureux et ça ne démange presque plus jamais

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retrouvé mes chers infirmiers jolis (deux sur les trois, le dernier est en vacances) et commencé donc les piqouzes dans les fesses (on alterne, droite, gauche, à chaque jour)

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analyses à jeun : je me pointe au labo à 7h30 pétantes, et il y a une dizaine de personnes qui attendent déjà (dont une mfemme avec ses quatre enfants qui se fera refouler par la secrétaire quand elle dira qu'ils viennent se faire tester parce que les petits ont le nez qui coulent (le dépistage avec signes, ce n'est pas dans ce labo-ci, c'est pourtant écrit sur la porte!).

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(résultats) : double bonne surprise : CRP à 4,7 (elle doit être <5) et glycémie à jeun à 1,07 (elle doit être <1,10) pourtant je serai TRES raisonnable à la fête de Manue qui a lieu ce soir...

 

13 juillet 2021

tous ensemble ! tous ensemble!

Comme au cinéma : les "hasards de la programmation" (de la vie) ont fait que, quasiment coup sur coup (à deux jours d'intervalle) j'ai pris part à deux réunions festives en compagnie de pas mal de gens, une le soir et l'autre le midi, avec à chaque fois le sentiment (fallacieux ?) que "tout était redevenu comme avant" (enfin presque). Deux fêtes réussies, deux fêtes auxquelles j'étais heureux d'avoir participé, deux fêtes qui m'ont fait du bien (endorphines...). Deux fêtes sans masque, deux fêtes sans gel, deux fêtes sans distanciation sociale ni mesures-barrières... Deux fêtes "à l'ancienne", quoi...

CLUSTER AUTHOISON
09/07/21

Manue fêtait sa liberté professionnelle nouvelle (en español : jubilacion) ce vendredi soir, et avait invité une trentaine / quarantaine de personnes : collègues, famille et amis. A partir de 19h (et je savais que certain(e)s avaient projeté de tenir toute la nuit...) Nous (= Catherine, Marie, et moi), malgré notre grand âge,  avons tout de même tenu jusqu'à 2h du mat! Pas mal pour nous...)
Arrivées des gens à partir de 19h, salutations, cadeaux, installation(s) diverse(s), "on" a trouvé place sur un banc dans l'herbe, où J-H nous a rejoints...
J'ai expérimenté (ça faisait longtemps) une soirée "à l'eau" (je n'ai rien bu d'alcoolisé avant un fond de champagne, pour fêter ça, quand même...) et c'était assez rigolo de voir tous les gens, ou presque, toujours un verre à la main (ou presque) et le degré d'alcoolémie grimper dans les yeux (et pas que) au fur et à mesure que la température baissait (et que la nuit avançait)...
J'ai été "à la sono" pendant un certain temps (j'avais concocté un "jeu des intros"..., avec une soixantaine de titres, de Mistral Gagnant à Papa jouait du rock'n'roll) et ça faisait plaisir aussi de voir les gens chercher à reconnaître le titre (Marie fut très forte à ce petit jeu-là) plus ou moins rapidement, demander qu'on laisse le morceau en entier, danser dessus ou pas, commenter... (le morceau qui a eu le plus de succès est Alice et June, d'indochine, puisque j'ai même dû le remettre! ) Pas mal de monde était serré autour du barbeuq' que Manue avait fait ramener tout près, donnant à l'assemblée un aspect un peu... préhistorique. J'ai très peu bu, peu mangé, mais je me suis bien amusé... (tout ça était assez zen et tranquillou pépère, c'était bien...)

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CLUSTER VILLEFRANCON
11/07/21

Marcello fêtait son anniversaire et avait invité 26 personnes : collègues, famille et amis. Je ne connaissais pas les collègues, mais dans la famille et dans les amis, ça m'a tout de même fait drôle de (re)voir certain(e)s que je n'avais pas vu(e)s depuis trente ans! Oui, ça fait drôle... Changement complet de public (j'étais le seul invité commun aux deux fêtes).
On était invité(s) à midi pour un apéro, et, vu les provisions (en liquide et en solide) on aurait pu venir à quatre ou cinq fois plus. Le soleil "était de la partie" (ce qui ne semblait pas gagné d'avance ce matin-là quand on s'était réveillés), il y a avait plein de place sur la terrasse, et par bonheur, un très gros arbre à l'ombre duquel de plus en plus de gens sont venus progressivement s'installer... (au fur et à mesure que le soleil cognait). On pensait venir pour un apéro (qui était déjà copieusement monstrueux (monstrueusement copieux, ça va aussi) mais après il y a eu des salades, puis du fromage, puis du gâteau (un aux fruits rouges et l'autre aux trois chocolats) tout ça en proportions gargantuesques... Un vrai repas, quoi. On est resté sur la terrasse (certain(e)s avaient préféré descendre s'asseoir dans l'herbe) quelques bonnes heures, les conversations se faisaient et se défaisaient en foncton de quelle chaise vous occupiez et par qui la chaise à côté de vous était soudain occupée... (il y a quelques personnes qui n'en ont pratiquement pas bougé de l'après-midi, mais, dans l'ensemble, ça circulait pas mal.) On est repartis vers 19h, après avoir salué Marcello et les gens qui restaient encore, et je me sentais d'humeur assez joyeuse, comme si, par le biais de cette invitation j'avais soudain rajeuni, ou effacé d'un seul coup trente ans (avec le temps, on ne garde que le meilleur, dans les souvenirs...) et je me sentais, oui, guilleret...

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30 novembre 2021

première vache

FIRST COW
de Kelly Reichardt

j'y suis retourné, en début d'après-midi, avec Catherinechounette que j'étais trop content de retrouver (on venait juste de manger ensemble au fjt, ce qu'on n'avait pu faire depuis un certain temps, et j'avais même, du coup, fait un écart glycémique conséquent :  un tiramisu -parfaitement irrésistible-, et, la douceur dudit tiramisu, comme un câlin doudou sucré, avait appelé, en quelque sorte, à ce que je la prolonge -logiquement- avec son équivalent cinématographique, ce film FIRST COW que Catherine avait décidé d'aller voir, et je l'y ai donc accompagné, à la fois pour prolonger le plaisir -et pour vérifier que c'était vraiment mon film de l'année...-).

(un blanc...)

Oui, oui, oui ça l'est!

(ouf!)

même si, comme à chaque fois que je l'ai vu, je trouve qu'il demande juste un (tout petit) peu de temps pour s'y acclimater (comme ce bateau, dès la toute première séquence, qui traverse l'écran, de jardin à cour, en temps réel, tranquillou, en prenant, justement, tout son temps de bateau, comme pour nous dire "slow down, ralentissez, respirez, prenez votre temps, habituez-vous, c'est à ce rythme-là qu'on va progresser...".

une autre indication visuelle importante est donnée, juste après la scène dite "de la tombe", quand on découvre notre héros (Cookie Figowitz, je vais me faire broder ça sur un techouirt), via un très gros plan de sa main qui cueille -délicatement, on a le bruit,chrrr chrrr- des champignons (des chanterelles), avant qu'on ne le découvre en entier (le script original le décrit ainsi "He's bearded, tentative and dirty." (Il est barbu, hésitant et sale).) Et j'aime déjà beaucoup ce mélange de délicatesse et de vague inquiétude, que la suite du film ne fera qu'approfondir et confirmer...

je crois que c'est justement ce que je j'aime tant dans le film, non seulement ce personnage de Cookie Figowitz (que je trouve inimaginablement réussi, comme l'avait été en son temps Marge Gunderson dans Fargo), mais surtout la douceur qui le caractérise dans son rapport au monde. Au monde qui l'entoure (la forêt  -qui restera omniprésente jusqu'au bout- pour ce qui est du végétal, la vache pour ce qui est de l'animal (il faut voir avec quelle tendresse il lui parle en la trayant),  et, pour ce qui relève de l'humain, une cohorte de brutes crasseuses et gueulardes -et brutales-).

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Cookie qui, au milieu de la forêt, va soudain trouver un pote (ça aussi, ça me plait...). Le dénommé King Lu, un partenaire lui aussi singulier, qui rêve de faire fortune au milieu de la gadoue de ce "nouveau monde", et d'ouvir avec son associé un hôtel à San Francisco, (pas un hôtel de luxe, non, un hôtel pour simples voyageurs). Et comment vont-ils faire ? Avec des beignets, qu'ils vont vendre au marché. Des beignets arrosés d'un peu de miel et d'un soupçon de cannelle râpée ("parce que c'est encore meilleur comme ça..."). Douceurs que vont s'arracher tous les cow-boys et trappeurs du coin... Qui vont venir chaque matin faire la queue pour faire l'emplette de leur petit bonheur sucré (dans la limite des stocks disponibles...).

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Faire de la pâtisserie un ressort dramatique pour un "western" nous conforte encore dans le bonheur douillet de cet "adoucissement"  du monde entrepris par Cookie. Après les beignets, il sera question d'un clafoutis (dont on suivra longuement la préparation, alors que, bizarrement, on n'assistera pas à sa consommation...) commandé par (et livré à la demeure de) Factor Chief, (pour le tea-time). Factor Chief est le (petit) notable du coin, propriétaire de l'unique vache (aux beaux yeux mélancoliques), dont le lait est trait en douce (!) chaque nuit par Cookie...

A ce fameux tea-time assistent aussi un capitaine (en l'honneur de qui ce clafoutis a été préparé) ainsi qu'un chef Indien, Totillicum, qui devrait être cher au coeur des cinéphiles attentifs : il est joué par Gary Farmer, qu'on vit jadis incarner le sublime Nobody dans le non moins sublime Dead man, de l'ami Jarmusch.)

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la dernière partie du film sera la plus mouvementée : une branche qui casse, King Lu qui tombe et se fait mal, l'alerte nocturne donnée dans la maison du petit chef par son domestique indien, et la fuite nocturne de nos deux héros, poursuivis par une petite troupe furibarde cornaquée par un Chief Factor tout aussi furibard et désireux de se venger dans les grandes largeurs...

Chacun des deux fuyards recevra de l'aide (un indien pour King-Lu, dans une scène de marchandage -en indien non sous-titré-, et un couple de vieillards fantômatiques - dont un papy amateur de taï-chi- pour Cookie), avant que la boucle ne soit bouclée. Avec -paradoxalement- , encore une fois, la plus grande douceur...

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"We’ll go soon. I’ve got you."
Noir.
Générique.
(et la violence restera -doucement- hors-champ).

(Et je viens d'apprendre que le prochain film de Kelly Reichardt Showing up, se fera, entre autres,  avec Michelle Williams (Wendy & Lucy, La dernière Piste, Certaines femmes) et John Magaro (qui interprète ici Cookie) , et c'est vraiment  une excellente nouvelle...)

* Et ce matin, sur tw*tter, le top ten des Cahiaîs :

FFIXuhsWUAMwCb-

qui me met du baume au coeur... (waouh on a 5 films en commun)

29 septembre 2022

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(oups j'ai pris trop de retard, je ne pourrai pas chroniquer tout ça raisonnablement dans les temps...)

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LA VIE DE CHATEAU
de Jean-Paul Rappeneau

Jamais vu. (J'avais 10 ans à sa sortie). Je découvre que le film est en noir est blanc (ce qui n'est pas pour me déranger, au contraire) que le générique survend Deneuve (on n'y voit qu'elle), qu'alain cavalier a collaboré au générique, que, si Deneuve est belle, Philippe Noiret l'est aussi, et que Mary Marquet et Pierre Brasseur campent  un duo de personnagse forts en gueule (comme chien chat) inoubliables. Par contre le"héros" parachutiste (Henri Garcin) est fadasse et son alter ego (l'officier allemand) ne vaut pas vraiment mieux (pour mieux nous convaincre que le vrai héros n'est pas en définitive celui qu'on aurait pu croire...)Non seulement une mécanique de précision scénaristique (qui dit marivaudage dit chassés-croisés et quiproquos), mais surtout  une délicieuse (et alerte) comédie, dont je ne comprends pas pourquoi je ne l'ai pas vue plus tôt. (J'étais tout seul dans la salle).

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MATERNITÉ ÉTERNELLE
de Kinuyo Tanaka

Là nous étions cinq (que des dames et moi). Deuxième film en noir et blanc de l'après-midi (je suis toujours aussi conquis), par une actrice d'Ozu passée à la réalisation, (six films entre 1953 et 1962), qui nous présente un audacieux -pour l'époque- portrait de femme dans un très beau mélo (la dame en question est mariée avec un sale bonhomme, écrit de la poésie, se séparle de l'affreux jojo, fait garder ses enfants par sa soeur, voit ses premières poésies (des haiku, en fait) publiées grâce à un très gentil monsieur qui hélas va décéder, tandis qu'elle va se faire opérer suite à un cancer du sein, voit son premier recueil publié ("perte du sein"), rencontre un journaliste venu spécialement de Tokyo pour elle, et je m'arrête là pour ne pas avoir l'air cavalier). On sent que la réalisatrice est familière d'Ozu et de son cinéma, et nous livre un très beau film, très "japonais", touchant, d'une incontestable modernité. Splendide.

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27 septembre 2015

le gamin au vélo

UNE ENFANCE
de Philippe Claudel

Je viens de le voir (première séance dans le bôô cinéma) sans rien en savoir, et ça m'a mis le moral dans les chaussettes (et peut-être même encore plus bas (que le trente-sixième dessous).
J'ai d'abord connu Philippe Claudel en tant qu'écrivain (c'est Philou qui me l'a fait découvrir, au temps des Âmes grises, qui n'étaient pas non plus un prototype de rigolade), je l'ai ensuite moins connu en tant que cinéaste (quelque chose, à l'époque, m'en a écarté, mais je ne sais plus exactement quoi...) Ai-je déjà, d'ailleurs, vu un de ses films ?

C'est l'histoire de Jimmy, un gamin d'une douzaine d'années, et de son jeune frère Kevin, qui vivent avec leur (jeune) mère et le nouveau copain de celle-ci. La mère vient de "sortir" (dixit la grand-mère, sans qu'on sache précisément s'il s'agit de prison ou d'hosto). Jimmy souhaiterait pouvoir aller chez sa grand-mère plus souvent, car à la maison, ça n'est pas de tout repos. Bières, pétards, soirées, beuveries, fumette, on le comprend. Philippe Claudel a d'ores et déjà bien chargé la barque de ce "réalisme social" qu'on a déjà pas mal vu ces derniers temps (La tête haute). Sa mère n'assure pas, et Jimmy gère (comme il peut...) parce qu(il l'aime, sa mère, et c'est le plus important (on dirait un discours d'éduc').
C'est l'histoire d'un gamin qui ne compte pour personne, ou presque, et qui doit se démerder pour grandir avec ça. Ca m'a assez démoralisé de voir (à nouveau) sur l'écran des situations que j'ai reniflées lors de ma vie professionnelle. Ces mères trop jeunes qui rencontrent un mec, se retrouvent enceintes, se font plaquer,re- retrouvent un mec, se re-retrouvent enceintes, se re-font larguer, et re-re-retrouvent un mec, etc. Services sociaux, éducateurs, assistantes sociales, dèche...
C'est sans fin, c'est sans fond.
Et la position du réalisateur est plutôt ambigue. Ou plutôt le déséquilibre entre sesdifférents choix. On navigue entre le voyeurisme presque malsain (mi-fasciné, mi méprisant), pour toutes les scènes qui se passent à la maison,  et la neutralité bienveillante et ensoleillée pour  Jimmy et sa recherche d'"autre chose", son aspiration à un monde "normal" (la fête d'anniversaire, le court de tennis) où les parents aiment leurs enfants, et où les gamins ont des préoccupations de gamins.
Les deux gamins (comme dans le récent La vie en grand) sont vraiment parfaits de naturel et de justesse, le petit dans la gouaille et le grand dans une intériorité plus grave, où l'on sent, derrière une façade presqu'impassible, s'accumuler une violence de plus en plus oppressante (et il y a de quoi.)
Une surprise dans le film, celle de retrouver Pierre Deladonchamps et Patrick d'Assumçao (qu'on avait découverts ensemble dans L'inconnu du lac) dans deux contre-emplois parfaits (l'un en chômeur/zonard/beauf/mac et j'en passe, et l'autre en joyeux instituteur plus passionné et plus sympa tu meurs).
A noter que le réalisateur s'est, pour la première fois, donné un rôle dans son film : celui du professeur de tennis (grâce auquel apparaît, in extremis, une minusculissime étincelle d'espoir, avec ce regard-caméra (et ce sourire, le premier du film) du jeune Jimmy. (ces prénoms, quand même... il était vraiment obligé d'autant enfoncer le clou ?).
Bref, un chouïa de Dardenne(s), un poil de Dumont, un zeste de Fishtank, un brin de Géant égoïste, un soupçon de La tête haute, un doigt (d'honneur) de La Merditude des choses... Je crois que je suis juste un peu fatigué des films soci(ét)aux sur l'enfance malheureuse.
Toute la  misère du monde, j'ai juste envie d'autre chose au cinéma, voilà.

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4 décembre 2018

punisseur

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DONBASS
de Sergei Loznitza

Deux heures en Ukraine, pour un film en éclats (sur un pays qui a lui-aussi volé en éclats). Je l'ai déjà dit, j'ai de grosses lacunes en histoire et en géopolitique. J'ai donc abordé le film avec candeur. Loznitsa est un cinéaste que j'aime vraiment beaucoup (My Joy et surtout Dans la brume ; le dernier, Une femme douce ne m'ayant qu'à moitié convaincu -surtout dans sa longue deuxième partie (le rêve)-), même s'il produit un cinéma a priori peu aimable (très ukrainien, en fait) et qui peut faire froid dans le dos (ou claquer des dents c'est selon). Les échos Cannois (paradoxaux comme d'hab') avaient encore augmenté mon envie de me faire un avis, et donc le voilà pour trois séances dans le bôô cinéma (ce qui est chiche, il faut bien le reconnaître).
Film "en éclats" parce que constitué d'une suite de plans, séquences, plans-séquences, chacun portant en bas à gauche la localisation, qui en sera la seule explication fournie, à la fois suffisamment précise et suffisamment floue. Des petites histoires. Ce qu'on pourrait nommer "Chroniques de la haine ordinaire" si le titre n'était pas déjà pris. Chroniques d'une guerre hybride entre deux factions au sein d'un même pays (Loznitsa nous laisse entendre de quel côté son coeur balance, qui n'est pas celui soutenu en douce par les russes). Violence, mensonges, corruption, saccages, humiliations, dans ce panorama d'une extrême noirceur, habituel pour ceux qui connaissent et apprécient le cinéma de l'auteur.
La société civile est foulée aux pieds par la militaire, omniprésente et omnipotente aussi. mais, comme on dit par ici "y en a pas un pour racheter l'autre". C'est grinçant, c'est glaçant, glaçant, cette exposition systématique de toutes les façons dont un homme (ou une femme) peut être con. Et dieu sait qu'il y en a. Et de toutes les formes de violence invisageables aussi, ou presque (Loznitsa nous feuillette sous les yeux un sacré catalogue).
La situation est confuse, et quasiment incompréhensible pour l'occidental benêt que je suis, et j'ai eu besoin d'une petite session explicative de rattrapage par l'ami Hervé dans le hall après la séance, pour m'en donner quelques clés (par exemple, quels sont ces trois soldats ne souhaitaient pas figurer sur les photos de groupe du journaliste allemand...).
Un film saumâtre, quasiment sans espoir (cf la dernière scène), mais un sacré film. Du grand cinéma qui nous chantonne, à sa façon, comme Prévert Oh Barbara Quelle connerie la guerre... même si ça, on le savait déjà.
Un film insalubre et pourtant salutaire.

 

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Un très bel article dans Libération, ici.

3 avril 2014

bananes frites (semaine latino 6)

PELO MALO
de Mariana Rondón

La dernière avant-première de notre semaine latino (de justesse, puisque le film sort dans les salles aujourd'hui). une nouveauté pour nous, puisque le film nous vient du Vénézuela, qui ne nous envoie pas si souvent de films que ça. L'histoire d'une maman qui cherche à récupérer son job de vigile, maman de deux enfants, un bébé blondinet grassouillet et son frère aîné, prénommé Junior, plus brun de peau et noir de cheveux, qu'il a de surcroît frisés (les "mauvais cheveux" du titre), et qu'il passera tout le film à essayer d'avoir lisses (car il veut être chanteur). Le conflit avec sa mère durera pendant tout le film (elle semble inquiète que cette obsession capillaire cache une "déviance", elle craint que son fiston soit homosexuel, et elle fait peut-être bien de s'inquiéter -hihi- vu la façon dont il lorgne avec intérêt -et c'est rien de le dire- le jeune épicier en marcel qui est installé en bas de chez eux.) et ne m'aura pas suffisamment galvanisé puisque je me suis endormi comme une grosse bouse au milieu, et ne peut donc émettre un jugement argumenté et objectif. Juste disons que je l'ai trouvé un peu répétitif, mais que plus j'y repense (et pfff que je suis influençable et girouettisant après avoir lu la belle -et juste-  critique de Lefort dans Libé) et plus je me dis que c'était quand même très bien, et, qui plus est, très bien vénézuéliennement !

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1 novembre 2013

fifty-fifty (prévisionnement Pont-de-Roide)

(tentative de critique "deux pour le prix d'un")

LE GEANT ÉGOÏSTE
de Clio Barnard

LES GARCONS ET GUILLAUME, A TABLE!
de Guillaume Gallienne

Deux films qui m'ont plutôt plu, mais aussi un peu déçu, chacun à leur manière.
Le premier est un film "socio-britton", d'obédience Ken Loach ou Andrea Arnold -déjà deux rigolos- mais que, ces deux-là, à côté c'est quasiment les Bisournous). Le deuxième est un film dont on parle beaucoup depuis Cannes (et avant ?) et c'est l'adaptation par Guillaume Gallienne de son one-man-show du même nom, qu'il réalise qu'il joue -et peut-être même qu'il produit ?-).
Dans les deux films il est beaucoup question de mère (celle des différents personnages principaux) et accessoirement de chevaux (dans les deux films, coïncidence, le même plan ou quasiment d'une tête de cheval dont on voit surtout l'oeil.)
Chez Barnard, les deux héros sont des gamins / jeunes ados "en rupture" (familles dans la mouise, absentéisme scolaire, alcoolisme, surpopulation, chômage, joggings crasseux, clopes, etc.) -un petit blond maigrichon teigneux en colère contre la terre entière et un petit gros placide qui aime les chevaux, qui vont essayer de "s'en sortir" (surtout en volant du cuivre et en se mettant en cheville avec des ferrailleurs), tandis que chez Galienne le héros est Guigui lui-même, tout propre et bien frisotté, son problème étant qu'il est considéré dans sa famille (et par sa mère) comme une fille, et tentant donc de se comporter comme tel(le).
En Angleterre on essaye de s'en sortir en grattant du fric par-ci par-là avec des combines plus ou moins légales et honnêtes (plutôt  moins que plus, d'ailleurs), tandis qu'en France, il s'agit pour le héros juste de faire son coming-out en tant qu'hétérosexuel, ce qui n'est pas évident non plus, certes, mais pas exactement sur le même plan.
Le film de Clio Barnard est une reconstitution poignante et immersive, extrêmement vériste, jusqu'au moindre cheveu gras et autres ongles en deuil, tandis que celui de Gallienne est avant-tout  une aimable -et hallucinante- prouesse technique, puisque l'acteur joue simultanément son rôle et -c'est là que ça dépote- celui de sa mère omniprésente et castratrice -hallucinante, je le répète-).
Peut-être que le premier (film) est trop noir-noir-noir et répétitif dans les hurlement les fucking bastard et les coups de vache, et que l'autre au contraire est trop gentillet et égocentré... Mais c'est incontestable, on flippe autant devant l'un qu'on rigole ou sourit devant l'autre...

Dans Le géant... il faut attendre les quinze dernières minutes (après une catastrophe qu'on pressentait quasi depuis le début du film) pour que tout ça s'apaise un peu (c'est vrai que, par opposition avec tout ce qui a précédé la fin est comme une respiration, un appel d'air, un apaisement) et acquière une certaine grandeur, alors qu'on contraire j'ai le sentiment un peu flou (je n'ai plus exactement le souvenir) que, chez Gallienne, c'est la fin, au contraire qui serait un peu ramollo-planplan, et, du coup, pêcherait...

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5 septembre 2018

dans la boue

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UNE PLUIE SANS FIN
de Dong Yue

Un film magnifique. Désespérément magnifique. On le sait bien, grâce au cinéma, que la vie en Chine n'est pas rose tous les jours (euphémisme). On avait déjà le très cher Jia Zhang Ke qui vient régulièrement nous en donner des nouvelles (et il est un de mes réalisateurs chéris chéris). La misère la crasse la violence. Et voici qu'un nouveau venu met la barre encore plus haut. Plastiquement c'est somptueux (la Chine se prête admirablement aux scènes collectives -ici un bal puis une salle de congrès dans une usine-), le réalisateur a enchassé tout son film dans une gamme chromatique aussi tristounette qu'oppressante (et là encore une fois la Chine s'y prête merveilleusement).
Un film où il pleut quasiment tout le temps, excepté à la fin où il se met à neiger (ne hurlez pas, je n'ai rien spoilé du tout). Un film où on suit le même héros pendant dix ans (on commence aujourd'hui, on repart en arrière pour un très long flash-back, et on revient à l'aujourd'hui initial du film, pour un épilogue qu'on peut qualifier d'intense.)
Le héros, au début du film, se présente à une employée pénitentiaire comme "Yu comme vestige, Guo comme nation et Wei comme glorieux". Il s'occupe de la sécurité dans une usine où ont été commis plusieurs meurtres de prostituées, et sa réputation d'"oeil" le pousse à mener sa propre enquête.
Les critiques ont a plusieurs reprises (et ils n'ont pas sur le fond véritablement tort) furieusement ding-ding-dongué à propos de Memories of Murder (le magnifique film de Bong Joon-Ho, dont j'avoue ne toujours pas avoir compris la fin...) allant de la référence au -carrément- plagiat (pour le monsieur du Fig qui mériterait une bonne fessée, comme, d'ailleurs, celui de Libé mais bon passons). Oui, bon, et alors ? Et on peut parler de Black ice, oui, et De Jia-Zang Ké aussi (moi-même je ne m'en suis pas privé), et allons-y carrément, oui on peut parler d'Hitchcock, et, tiens, moi je rajouterais même un doigt de David Lynch, si si...
Tout ça pour dire qu'au milieu de tout ce beau monde, Dong Yue, le réalisateur, est parfaitement à sa place.
Et surtout pas en tant que plagiaire.
Moi, je vous le redis, j'ai carrément adoré tout ça, l'extrême cohérence du désarroi qui cimente (opacifie) toute cette histoire. Avec ses soudains embrasements furieusement romantiques (ou épouvantablement violents c'est selon) qui nous maintiennent vissés scotchés cloués à nos fauteuils, avec nos capuches baissées, en train de courir aux basques de Yu Guowei, lui même courant derrière son rêve (ou son cauchemar plutôt)... Avec cettte hétérogénéité, cette façon de mélanger les styles -ou plutôt de passer de l'un à l'autre  (qui a re-fait ding-donguer certains critiques) : le polar, la chronique sociétale, le thriller, l'histoire d'amour, le film d'horreur, au final n étages d'un même échafaudage narratif.
Un film très graphique (l'affiche en donne une petite idée), un héros attachant (même si parfois effrayant), un criminel mystérieux, une histoire retorse... Oui, je me suis régalé...

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4 septembre 2018

la piscine

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PAUL SANCHEZ EST DE RETOUR!
de Patricia Mazuy

On hésitait, on tergiversait, on n'y croyait pas trop, on tournait autour du pot... De Patricia Mazuy on se souvenait d'un emballant Peaux de vaches intiial, puis d'une carrière consécutive un peu en pointillés. Celui-ci, avec Laurent-Laffite-de-la-Comédie-Française en tête d'affiche semblait peut-être plus attractif. Donc on l'a programmé. Et j'y suis allé.
Et bon j'en suis ressorti quand même un peu dubitatif, un peu bof bof.
En plus, comme je n'ai rien écrit tout de suite me voilà fort dépourvu (une semaine a passé) et je n'ai plus grand-chose à en dire.
Il est question d'un mec qui a tué sa famille et disparu depuis dix ans et qui soudain refait surface et le fait savoir au journaliste qui est aussi le narrateur du film (qui espère en faire le scoop de sa vie qui va faire décoller sa carrière), mais se retrouve (le criminel) dans le collimateur d'une jeune fliquette bien résolue à mener l'enquête et à résoudre l'affaire toute seule comme une grande (en rêvant elle aussi de faire décoller sa carrière ?) et qui va prendre les choses en main.
Ca commence plutôt pas mal (l'exposition de chacun des personnages) mais ça se gâte un peu lorsque le scénario se met à utiliser des ficelles cousues de fil blanc et des coïncidences grosses comme une maison (la fliquette fait son jogging sur le chemin où, justement, le fugitif a caché -ah ah- son véhicule, par exemple).
Et plus ça avance et plus ça devient quasiment du grand n'importe quoi.
Laurent Lafitte de la Comédie Française est plutôt bien dans son rôle d'homme fatigué et pourchassé, et Zita Hanrot tout aussi plausible en fliquesse mimi et joggeuse, mais bon voilà, les à-côtés de l'histoire dans laquelle ils évoluent sont de moins en moins crédibles, et c'est dommageable pour le film.
Je ne m'acharnerai pas plus sur la déception causée par ce retour de Paul Sanchez... (dont j'avais d'ailleurs -je fais mon malin- assez vite anticipé le fin mot de l'histoire...)

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14 août 2018

parents-profs

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HOW TO TALK TO GIRLS AT PARTIES
de John Cameron Mitchell

Comme a dit Titi en sortant : "Un film comme ça, ça fait du bien...". Et comment! Déjà, la bande-annonce annonçait clairement le jeu : grosso-modo, de la musique (du punk), de l'amour, et des extra-terrestres. Tout ça, oui. d'un réalisateur qui n'a fait que trois films auparavant : hedwig and the angry inch, que je n'ai pas vu, puis les formidables -mais très différents- Shortbus et Rabbit Hole.
Un film qui démarre à trois sur un vélo et se termine à beaucoup  dans une librairie quinze ans plus tard (avec un personnage en commun entre les deux). Une histoire d'amour entre Enn, un jeunot tendance punk (mais -ouf- sans crête, je suis désolé j'ai un problème avec les crêtes) et Zan, une extra-terrestre à macarons à qui Elle Faning prête son exquise et diaphane blondeur -mon dieu que cette demoiselle est belle!-
Mais les deux ne sont pas tout seuls comme ça là à roucouler les yeux dans les yeux, ils sont accompagnés chacun, Enn par ses deux potes punks (et une tripotée d'autres punks plus ou moins potes) et Zan par toute une flopée d'extra-terrestres -rangés par couleur, on comprendra bientôt pourquoi-, en voyage touristique avec une grosse bouffe à la clé, on comprendra aussi bientôt de quoi il est exactement question. Des punks, des alien(e)s, et, donc  de la musique qui va avec. Et entre les deux clans, qui s'entendent plus ou moins bien, s'ébat la reine punk du film, Boadicea, grandiose, en qui j'ai quand même mis presque trois quarts d'heure à reconnaître Nicole Kidman (je le savais, mais je l'avais oublié), qui livre une partition furieusement éblouissante (elle m'avait déjà bluffé, dans un rôle diamétralement opposé, dans le précédent Rabbit Hole du même réalisateur)oui là il faut bien reconnaître qu'elle est géniale, y a pas à tortiller.
La partie alien (trop lisse et trop vinyle) est un peu moins convaincante que la partie keupon, mais bon, l'un dans l'autre ça s'emberlificote comme il faut, et ça fonctionne (et j'ai mis aussi du temps à reconnaître, dans le rôle de Waldo, Tom Brooke, génial en vampire dans la série Preacher...)
Un joyeux bordel, une bande-son au diapason, l'amour toujours, god fuck the queen, et tout va pour le mieux dans le plus britton des mondes... Fuck yesssss! (and sod off!)

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19 juillet 2022

robot pour être vrai ?

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AFTER YANG
de Kogonada

J'aime attendre les films, mais j'aime aussi être surpris par le surgissement de certains qui sortent à l'improviste, et dont je n'avais même pas entendu parler avant leur sortir. Oh oh mais qui vois-je c'est "mon" joli Colinchounet (pas vu depuis un certain temps, non ? allocinoche me confirme : 2016 (Les Proies, Mise à mort du Cerf Sacré) et m'apprend qu'il va jouer le Pingouin dans le prochain Batman (mais,tsss, suis-je bête, je l'ai vu, et je ne l'y avais d'ailleurs même pas reconnu!). Là on le reconnaît bien, il a bien sa (belle) tête de Colin Farrell, et le voilà au coeur d'un film d'anticipation feutré, un peu atone, une histoire de famille et de robot (oh oh, tout de suite je fais la connection avec le très beau SAYONARA de Koji Fukada, dans lequel un personnage de dame robot  était interprété par un "vrai" androïde, tandis que celui de ce film-ci est interprété par un "vrai" acteur. )
Donc, dans un "certain futur", une famille, Maman, Papa, la petite soeur et le grand frère, dont chacun des membres appartient à une ethnie différente. Le grand frère, c'est Yang, un robot qui a été acheté pour s'occuper de l'éducation de Mika, la petite adoptée. Or voilà que Yang tombe en panne, et que Papa Jake (Colin F.), en cherchant absolument comment le faire réparer, tant sa disparition affecte la fillette, va être amené à visiter de l'intérieur les circuits mémoriels de Yang... Découvrir ce qu'il avait dans la tête, la façon dont il voyait les choses (les gens), et les différentes personnes successives qui avaient pu faire battre son petit coeur d'androïde, ses "autres vies"...
Oui un film à feu doux (la seule scène un peu tonique -et assez drôle aussi- se passe pendant le générique de début), un peu "à distance", avec une certaine tristesse / mélancolie diffuse, qui, même si les deux films n'ont absolument rien à voir, m'a (re) fait penser au très très beau AUPRES DE MOI POUR TOUJOURS (en vo NEVER LET ME GO) de Mark Romanek.

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24 mai 2022

c'est une vraie hache !?

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COUPEZ!
de Michel Hazanavicius

Coupez! est un film très très malin. Partant d'un bluffant plan-séquence de trente deux minutes et quelques, (à un moment où le spectateur se demande -avec candeur- qu'est-ce qui va bien désormais arriver après ce qu'on vient de voir, puisque  le film est fini, non ?) voilà que ça rembobine soudain, (et on repart en arrière de deux mois) pour nous en conter la genèse, avant que, feu d'artifice final, de revenir à ce même plan-séquence initial, mais vu d'une autre façon (le point de vue du hors-champ?).
Montage, démontage, remontage, quoi. Le film est présenté comme une comédie, et j'y ai effectivement bien rigolé, mais, comme on était peu dans la salle (six spectateurs pour une avant-première "comme à Cannes", dis...) et que les spectateurs étaient peut-être un peu (jeunes) décontenancés, pensant être venus voir un film de zombies "classique", et donc ne s'autorisaient pas à rire (ou, plus grave, ne trouvaient pas ça dröle ?), souvent j'étais le seul à rire, et ça résonnait un peu étrangement dans la salle... (mais je me souviens que ça m'avait fait le même effet devant le film de Julie Delpy Two days in Paris, où j'étais tout seul à pleurer de rire, et, tiens justement, l'effet inverse pour l'avant-première de Camping (mais qu'étais-je allé faire dans cette galère ?) où tout le monde riait grassement tandis que je restais, seul, aussi impassible que Buster Keaton...)
Je m'enthousiasme d'autant plus que je ne fais pas vraiment partie des aficionados de Michel Hazanavicius, réalisateur que je respecte depuis ses débuts sur Canal, mais dont je n'ai jamais attendu les films avec fébrilité, mais alors là, vraiment, allez savoir pourquoi j'adhère j'adhère j'adhère (oui oui, trois fois!)
Ce film est le remake d'une dinguerie (Ne coupez pas ! de Shin’Ichirô Ueda, sorti très confidentiellement en 2019) dont on connaît le pitch : un réalisateur tourne un film (fauché) de zombies, et voilà que des vrais zombies débarquent sur le tournage... eh bien Hazanavicius remet le couvert (je ne dirai rien de plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte et le pourquoi du comment c'est malin...)
Dès le début on est ailleurs (oh ces couleurs gueulardes, qui bavent presque...) et on n'en sortira pas vraiment... La distribution est aux petits oignons : Finnegan Oldfield et Matilda Lutz (le couple vedette), Bérénice Béjo et Romain Duris (la maquilleuse -femme du réal-  et le réalisateur), Grégory Gadebois, Sébastien Chassagne (les techniciens / les zombies), Raphaël Quenard (l'ingénieur du son), Lyes Salem (le producteur), mais aussi (allez voir le film et vous comprendrez le aussi) Simone Hazanavicius, la fille du réalisateur (qui joue d'ailleurs aussi la fille du réalisateur), Agnès Hurstel (tout juste découverte dans On sourit pour la photo), Luana Bajrami... toutes (surtout) et tous s'en donnant à coeur-joie (à sang qui gicle-joie et à tête ou bras coupé(e)s-joie) et n'hésitant pas à donner de leur personne (des morceaux différents hihihi), jusqu'à la toute fin...
Et tout ça à quelque chose à voir avec l'énergie primale du cinéma, son essence, l'énergie (et le sens du partage) que ça suppose d'en faire (du cinéma), et, rien que ça, c'est très très très plaisant.

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27 février 2022

ukraine

"La guerre que la Russie mène contre l’Ukraine est un acte de folie suicidaire, qui entraînera inévitablement l’effondrement du régime russe criminel. Ce à quoi nous assistons actuellement est le Combat du Bien et du Mal, ou de la Vérité et du Mensonge, une lutte véritablement biblique. L’Ukraine vaincra ! Je suis par ailleurs profondément choqué par le manque évident de réactions dont font preuve de nombreuses institutions, personnalités publiques et gouvernements, qui sont en mesure d’aider la cause du peuple ukrainien non seulement par leurs paroles, mais aussi par leurs actions rapides et décisives. Le terrible drame qui se déroule actuellement est, dans une large mesure, le résultat des politiques hypocrites visant depuis trop longtemps à calmer le monstre, notamment en faisant du business avec la Russie. Depuis des années, les politiciens occidentaux détournent le regard des crimes commis par le régime russe en Tchétchénie, en Géorgie, en Crimée, dans le Donbass et dans d’autres régions d’Europe et du monde, et font des compromis au nom d’une politique du "pragmatisme". Je pense qu’il est temps pour la communauté internationale de se réveiller, de tirer les leçons qui s’imposent et de vaincre le monstre russe." (Serguei Loznitsa/ Libé)

Capture d’écran (3847)

(Rothko, 1954, Yellow and blue)

 

 

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