Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
lieux communs (et autres fadaises)
13 mai 2017

avec un accent grave

Le Cran d'arrêt, éditions Denoël, 1985

Un couple, éditions Gallimard, 1987

Sa femme, éditions Gallimard, 1993 (Prix Médicis 1993)

Vendredi soir, éditions Gallimard, 1998

Stallone, éditions Gallimard , 2002

Tout s'est bien passé, éditions Gallimard, 2013

Emmanuèle Bernheim est morte il y a quelques jours.
Je crois que c'est Philou qui m'avait  fait découvrir (Le cran d'arrêt) ces romans petits par la taille mais intenses de par leurs mots. Avec une tendresse particulière pour Vendredi soir,
(et le magnifique film qu'en a tiré  Claire Denis, avec Valérie Lemercier et Vincent Lindon.)
Je les ai tous lus, relus. Et plusieurs fois offerts (notamment Sa femme , à Zabetta, pour son deuxième mariage).
Le dernier, Tout s'est bien passé, n'était pas un roman, mais un essai, une chronique plutôt, sur la mort de son père.

9782070712571FS

 

30 juin 2008

soustraction

C'est mathématique. Ce blog est dans sa troisème année d'existence (il soufflera bientôt sa quatrième bougie) et, au vu des chiffres de la fréquentation (car je peux pratiquement tout voir et savoir sur vous/de vous, du haut de mon mirador informatique), il semble que, inexorablement (et contrairement à d'autres, qui semblent afficher une bonne santé et une prospérité insolentes) les chiffres de fréquentation diminuent de moitié pratiquement chaque année (a contrario de la médaille d'amûr, c'est aujourd'hui moins qu'hier et bien plus que demain). Je devrais donc, à ce rythme-là, tendre gentiment vers le zéro absolu, ou, mieux,encore, vers un nombre de lecteurs négatif. Ouah là, ça serait trop dl'a balle...
Ca doit sûrement venir de moi ("Ce n'est pas une non-lecture hostile, c'est une non-lecture de bloggeur qui n'a pas su m'intéresser...") Mais, bon,tant pis, je m'en fous, et je persiste et signe. Je maintiendrai.

naufrage2

27 mai 2008

étendards

NES EN 68
d' Olivier Ducastel et Jacques Martineau

Midinet je suis et midinet je reste. J'ai un faible pour ces épopées cinématographiques qui vous racontent quarante ans d'histoire et quelques en quelques heures à travers quelques destins. D'autant plus qu'on la connaît, celle-là, d'histoire (1968/2008) puisque c'est précisément ce qu'on a vécu, alors, normal, ça rappelle des trucs. Comme un album-photo qu'on feuillette. Et qui dit album-photo dit images, (d'autres, plus perfides diront plutôt clichés.)
Donc nos  amis Olivier et Jacques nous ont tricoté un (non, plutot deux d'ailleurs) film en forme de survol, de rétrospective, qui en fera soupirer plus d'un, de sensibilité dite "de gôche", d'abord avec l'histoire des parents (manifs, pavés, larzac, utopie, fromage de chèvre et amour libre), puis celle des enfants (sida, trithérapie, mariage foireux, téléphone portable et mai 2007...) La "grande histoire" passe, sous forme de documents d'archives (radio, journaux, télés), ponctuant la "petite" (histoire) , qui s'anime sous nos yeux, autour de deux trios de personnages successifs (à chaque fois deux hommes et une femme).
Comme en accéléré, on les verra  grandir vieillir partir se rencontrer s'aimer se quitter. se retrouver. Air connu chacun pour soi est reparti dans l'tourbillon d'la vie... Il y a du romanesque, il y a du romancé, il ya du maladroit, il y a de l'anecdotique, il y a lourdaud et il y a du fleur bleue, il ya du touchant, il y a de l'énervant, c'est inhérent au genre. Et Laetitia Casta s'en sort sacrément bien ("même quand je souris j'ai l'air triste...")
Contrairement, à Zvezdo, , je dirais que la première partie m'a plus convenu  (hi hi) que la deuxième (les manifs -riquiquitement reconstituées- sont, pour nous autres provinciaux avec de la paille dans nos sabots, aussi exotiques que la danse de la pluie dans la tribu des Dogons-Maquart, j'exagère mais presque.)
Oui, peut-être "vite oublié", mais j'aurai en tout cas passé un sacré bon moment... Et puis euh...  il y a une scène -croquignolette- de dansons dans les hautes herbes avec les zigounettes à l'air qui pourrait selon moi justifier à elle seule la vision du film (smiley aux joues roses de honte, c'est très bête je sais...)

18933991_w434_h_q80

PS angoissé (et pointilleux) : pourquoi la chanson de Sheila "Reviens je t'aime", pourtant entendue à la radio pendant le film (la première visite de Laetitia Casta à Christine Citti) ne figure-t-elle pas au générique ? Mike Brant y figure bien, lui...)

21 janvier 2012

pour être sûr

Ze Festival Téléramuche is back, bonne occasion pour vérifier que les deux films en tête de mon top17 le méritaient effectivement...

Ai donc revu Les Bien-aimés mercredi à 13h40 à besac (salle quasiment complète) et Il était une fois... le jeudi soir à 20h30 dans le bôô cinéma (une trentaine de personnes)

Réponse pour les deux : oui, oui, et oui! (et confirmation que deux films peuvent difficilement être plus dissemblables : l'intérêt du  premier concernant plutôt les actrices/teurs (en lisant la distribution, au début, j'en salivais à l'avance tellement ils sont tous bien), les chansons (c'est pas souvent que je peux chanter in extenso toutes les chansons d'un film les unes après les autres), le discours sur l'amour (qui aimes-tu ?), sur les liens affectifs, sur le temps qui passe, tandis que pour le second il s'agirait plutôt d'espace (huis-clos et panoramique(s)), d'hommes (no comment), de travail sur le paysage et la lumière, d'intérieur (mental) et d'extérieur (géographique), avec, pour chacun des deux, une scène sublime placée en son centre : pour Les bien-aimés, la scène du pont, avec le passage de relais entre les deux couples mère/fille, et pour L'Anatolie, celle de la jeune fille qui vient servir le thé, véritable apparition en clair-obscur de ce qui pourrait être l'essence de la féminité (la pureté ?) , dans un monde de brutes...

Le point commun entre les deux films ? la mélancolie, probablement.

 

19733615

19825279

 

26 octobre 2011

"Georges, il faut qu'on parle..."

THE ARTIST
de Michel Hazanavicius

Un exercice de style plaisant, qui vaut bien mieux, en tout cas, que son interminable bande-annonce (qui ne raconte heureusement pas tout., ouf!) Un film " à l'ancienne" (format 1.37, noir et blanc, muet), qui nous parle du cinéma d'avant en y mettant les formes : intertitres, gags, éclairage, expressions faciales, et même un gros  policeman comme dans le slapstick. Et en utilisant -juste accessoirement- le son comme élément sur-signifiant (le cauchemar, la scène finale), le réalisateur effectue un travail tout en finesse sur la bande-son, justement. Le film, s'il est muet, est très musical. Et toutes les références (sonores ou scénaristiques) à la parole -ou au fait de parler- sont très pertinentes. Les acteurs assurent, Jean Dujardin en tête, et Bérénice Béjo a le petit côté rétro qui sied tout à fait à son statut d'actrice 1920 (et j'adore John Goodman en gros producteur à cigare). L'histoire, si elle n'a rien de renversant, est plaisante à suivre (même si le film n'aurait pas souffert d'un petit resserrement de la durée) et les anges tutélaires du cinéma (des réminiscences de Sunset bvd, de Chantons sous la pluie, de Rebecca, entre autres) ouvrent grandes les ailes de la nostalgie à l'ombre de laquelle le film fait son nid. Un charme suranné, peut-être, mais incontestable. Bref, on ne peut qu'applaudir des deux mains (version sonore ou silencieuse ?).

19806489

 

16 octobre 2011

BPM

POLISSE
de Maïwenn

Soirée d'ouverture de saison, avec un Prix du Jury Cannes 2011 en avant-première, je pensais que ça attirerait un peu plus de gens. Tant pis pour eux, hein (ceux qui ne sont pas venus). J'ai pensé aux Bureaux de Dieu, qu'on avait aussi présenté en ouverture de saison et en avant-première, me semble-t-il. A cause de la qualité et de l'homogénéité de l'interprétation, et de par le boulot que font ces gens. Toute la misère du monde & cie. Et aussi par le va-et-vient entre documentaire et fiction (si Les bureaux de Dieu, un peu exceptionnellement, étaient une réalité -les entretiens- déguisée en fiction -les actrices-, Polisse, à l'inverse, déguiserait plutôt la fiction en documentaire : un groupe de flics  à la fois dans l'exercice de leur fonction, mais aussi dans la vie privée (c'est le fait de les voir  en action, sur le terrain, pataugeant dans la plus sordide et abominable réalité (viol, violence, inceste) et de voir ensuite ces mêmes dans leur vie "normale", en dehors du boulot justement, qui nous les rend si sympathiques, au risque d'ailleurs d'un soupçon d'angélisme : oui, ces flics-là ils sont tellement bien qu'on aimerait bien boire un verre ou sortir en boîte avec eux, -d'ailleurs c'est simple, ils sont presque toujours ensemble!-)
Maïwenn les filme (et se filme) avec acuité et chaleur. Ils sont tous extraordinaires et méritent d'être cités : Karin Viard, Marina Foïs, Naidra Ayadi, Karole Rocher, Emmanuelle Bercot côté dames, et Arnaud Henriet,  Nicolas Duvauchelle, Jérémie Elkaïm, JoeyStarr et Frédéric Pierrot côté messieurs. (Je l'ai dit et je le redis : j'adore cet acteur, et le rôle qu'il a ici est (enfin) à sa mesure ; tout le monde glose et roucoule sur JoeyStarr, sur qui le film est tout de même un peu plus centré que les autres et qui le mérite, certes, mais il ne doit pas tout de même en éclipser du coup tous les autres, hein!)
Pouttant au départ, tout n'est pas joué, loin de là. Les deux scènes d'ouverture (l'entretien avec la fillette, puis l'interrogatoire du grand-père) sont suffisamment "réalistes" pour faire naître le malaise, dans leur crudité et leur quotidienneté, et le contraste avec la chanson choisie pour le générique ("L'ile aux enfants", célèbre et défunte émission enfantine, comme son nom l'indique) ne fait qu'accroître le malaise. A ce moment-là je l'avoue, je n'étais pas sûr de rester dans la salle jusqu'au bout.
Sentiment accru par le montage. Au début, comment dire, on a le sentiment que les plans ne sont pas raccordés, qu'ils sont simplement mis bout à bout, en vrac, et ce flottement est un peu désagréable. Et soudain, mystérieusement (miraculeusement) tout est là : le rythme, les scènes, le timing, les acteurs, on prend comme qui dirait enfin  le train en route, et on n'en descendra plus jusqu'à la fin (la chute finale, qui est étonnante, je n'en dirai pas plus).
Pépin à la sortie parlait de mélo : même si le terme n'est pas exact (et je n'en ai pas trouvé qui soit plus précis)  je comprend ce qu'il voulait dire : il y a là-dedans c'est vrai quelques scènes tire-larmes (un peu trop ?) (les petits roumains, le petit black) mais comment ne pas faire dans le "mélo" quand on parle d'enfants arrachés à leurs parents, hein ?
D'autant que Maïwenn n'hésite pas à recourir à l'excès inverse : la grosse rigolade (une scène mémorable de fou-rire lors du témoignage d'une ado pour un vol de portable, et ce qu'elle est prête à faire pour le récupérer) et la dérision.
Dans Les bureaux de Dieu, les instants "off" étaient traités en mineur (puisque c'étaient les seuls moments dont les dialogues n'étaient pas écrits) et ont consisté en improvisations demandées par la réalisatrice à ses actrices. Scènes de pause, en quelque sorte, respirations entre la densité de deux entretiens, épiphanies. Ici c'est un peu le contraire, et, plus on progresse dans le film, et plus les moments intersticiels prennent de l'importance, et finissent quasiment par prendre le pas sur le reste. C'est aussi le choix de la réalisatrice, qui a réalisé davantage un film sur les membres de la BPM plutôt qu'un reportage sur leur travail. (même si tous les aspects ou presque en sont évoqués). Tout ça sonne plutôt juste.  Les moments off arriveraient presque à éclipser le reste, à nous faire croire par moments qu'on serait juste face à une bande de chouettes potes, avec leurs fou-rires et leurs engueulades, leurs faiblesses , et donc leur humanité. Les copains d'abord, quoi. sauf que pas du tout.
Il faut reconnaître à Maïwenn une audace et un culot certains, dans le choix du sujet, par le casting fabuleux qu'elle a réussi à rassembler autour d'elle (et je n'ai pas parlé de ceux qui ne font qu'une apparition, Sandrine Kiberlain, Martial  Di Fonzo Bo, apparitions de luxe, tout de même...) et une évolution intéressante dans chacun de ses trois films : elle parviendrait presque à se détacher d'elle-même, à moins ne parler que d'elle, à s'autofilmer moins complaisamment, et on ne peut que l'encourager  à continuer dans cette voie...

Comme disait Robert Mitchum de façon terrifiante dans La nuit du chasseur "Children..."

 

19787873

30 décembre 2011

cancan

DERNIERE SEANCE
de Laurent Achard

Tant d'avis contraires, sur ce film, qui bien que sorti il ya une quinzaine ne passait déjà plus qu'au compte-goutte dans quelques salles parisiennes... Et quelle meilleure façon de de quitter l'année ciné que cette "dernière séance" ? Un film "petit" par la forme (peu de personnages, en-deça presque de la limite du vraisemblable, pour une économie narrative quasiment drastique. plusieurs critiques l'ont déjà fait, et je ne m'en priverai pas, d'évoquer Paul Vecchiali (et les fils de Diagonale) pour cet aspect simple, "populaire" de l'histoire et de la matière filmique, et en même temps, à sa manière, terriblement rêveuse.Nostalgique. D'une réalité grisâtre opposée à la splendeur technicolor (ou au noir et blanc glamour) de la splendeur passée du cinéma et de ses icônes. Le film regorge (raffole ?) de ces fenêtres sur l'ailleurs (beaucoup d'affiches, et autant de clins d'oeil me semble-t-il, du "Last days" en devanture du cinoche au "Playtime" sur la porte de la cave, en passant par le "Femmes femmes" dans la caisse), tout est signe et tout fait sens.
Histoire d'un projectionniste trop lisse et inexpressif pour être honnête (Pascal Cervo, vraiment impressionnant) employé dans un cinéma qui ferme (lambeaux de souvenirs du splendidissime Goodbye Dragon Inn, de Tsai Ming Liang, avec le même point de départ), projectionniste/caissier/homme de ménage le jour, et serial-killer la nuit (lorsque le cinéma, justement, ne l'occupe pas). Il tue des femmes à qui il découpe ensuite une oreille. qu'il affiche dans son musée secret, derrière justement l'affiche de Playtime.
Le pourquoi de l'affaire étant tout de même un des points faibles du film, je n'en parlerai donc pas ici.  Le réalisateur a un peu trop chargé la barque psychanalytique, en même temps qu'il dégraissait jusqu'à l'os la matière cinématographique.
A l'arrivée, un film curieux, pas aimable, un "film de genre", aussi maîtrisé dans ses cadrages qu'inégal dans sa forme, mais dont la majorité des critiques (y compris votre serviteur) a vanté la flamboyance émouvante de son ultime scène.
Le genre de scène à laquelle aucun cinéphile ne peut rester indifférent...

19841072

31 décembre 2011

top combien

Zvezdo m'ayant envoyé un lien vers un monsieur qui fait son top 136 de l'année, l'idée m'a effleuré d'en faire un du même genre (pourquoi en effet s'arrêter à un certain nombre, et comment -sur quels critères- définir ce nombre ?)

Les premières listes rédigées m'ont montré que, finalement, 2011 n'était pas, cinématographiquement, une si grande année que ça,(peu de films "complètement sublimes") mais que, finalement, aussi, il y a avait eu pas mal de "bons" ou "très bons' films

Qu'est-ce qu'un "très bon " film pour moi ? D'abord quelque chose qui me touche (là, c'est facile, je suis, je l'ai déjà dit, plutôt bon spectateur), ensuite quelque chose qui m'intéresse -ou, mieux, me passionne- (formellement, narrativement, plastiquement, etc.), quelque chose qui m'apporte du plaisir, (du bonheur, voire de la jouissance) et quelque chose qui apporte "sa pierre à l'édifice " au cinéma en général.

Les deux premiers films (un français et un étranger, tiens) me semblent vraiment indiscutables, à l'aune du plaisir que j'y ai pris pendant toute la projection, et qui me fit d'ailleurs y retourner quasiment illico dans les deux cas. Première marche.

Deuxième marche. Le film suivant pourrait quasiment se hisser à la hauteur des deux premiers, si ce n'est que je m'étais un peu endormouillé à la première projection, et que ce n'est qu'à la deuxième vision que le film m'a semblé encore meilleur que la première fois. Le quatrième m'avait fait tellement jubiler à la première vision qu'il aurait pu figurer sur la première marche, si la deuxième vision ne m'avait pas fait redescendre mon appréciation d'un imperceptible petit cran.(Pas de hiérarchie entre les deux).

Troisième marche. Ca commence un peu à se bousculer, et les critères de sélection un peu à se flouter. Un film français que j'ai énormément aimé mais qui a peut-être un peu pâti de l'énorme battage médiatique qui a accompagné sa sortie. Un film américain que les critiques ont quasiment tous dédaigné, qui me semble pourtant être un des meilleurs de son auteur, mais qui avec le temps s'est un petit peu trop effacé, et un autre film américain dont j'aime beaucoup la réalisatrice, que j'ai énormément aimé sur le coup mais qui m'avait toutefois laissé un peu sur ma faim (sur ma fin ?)

Bon je ne vais pas faire un million de marches, voici la quatrième, et basta. 8 films, ici (mais j'aurais pu en mettre 50). Deux films français avec un titre en un seul mot, et qui parlent d'enfance, chacun à sa façon, un film danois dont j'adore le début et la fin mais dont le milieu m'agace parfois tout de même un peu, un film portugais (j'ai avec son réalisateur des rapports compliqués de je t'aime/je te hais), un vrai-faux documentaire américain passé tout de même scandaleusement inaperçu, et dont j'aime énormément l'acteur-sujet, un film belge au réalisateur chéri et aux paysages bien plus sublimes que ses personnages, et, enfin, deux films entrés ici in extremis puisque vus à Paris à la toute fin décembre : un hongrois que j'appréhendais un peu mais qui m'a laissé sans voix, et un autrichien en trois parties (mais que je suis obligé de compter comme un seul.)

et allez, pour faire mon malin, comme dans les Cahiais, je vais rajouter, pour faire bonne figure : un documentaire sorti l'année dernière, en noir et blanc sublime, un moyen-métrage,  au noir et blanc d'ailleurs tout aussi sublime, et, tiens, un film argentin vu en avant-première, et qui sortira début janvier, mais tellement aimé que je ne pouvais pas attendre

en images, et à l'envers :

mon malin :

19190734 19448994  19832884

quatrième marche :

19787873 19697284 19771826 19679273
19488877 19762456 19840106 19841228

troisième marche :

19766000 19791384 19730269

deuxième marche :

19706160 19746116

number one :

19733608 19819716

et voilà le travail... c'est finalement un top17 !

(drôle d'année ciné, tout de même, sans film roumain, sans film palestinien ou israelien, sans film nordique, sans film asiatique..., non ?)

1 décembre 2014

entrevu deux

lundi 24 novembre : relâche
Je ne vais pas à Belfort, il faut que je défasse mon sac parisien, lessive, courses etc. et tout ce qu'il faut faire d'autre quand on rentre de voyage. J'en profite pour étudier le catalogue du festival pour tenter d'établir un programme journalier, ce qui n'est pas évident vu l'offre "pléthorique"...

mardi 25 novembre : Rencontres régionales
Je viens en train de bonne heure avec Claude et Dominique B.
Je retrouve au cinéma Dominique V., en mission pour la journée, et Jean-luc, qui vient d'arriver
9h :

http://www.cinemed.tm.fr/film/images/R25774.JPG

rencontre avec Claude Duty, qui nous présente quelques-uns de ses courts-métrages, depuis la pellicule grattée des tout débuts jusqu'à son dernier, La peinture à l'huile, avec des vrais gens dedans. C'est toujours intéressant quand le réalisateur est là pour parler de son travail, de ses intentions. Claude Duty est très bien, il est drôle...

(repas collectif au restau juste à côté)

14h30 : CAVALIER EXPRESS

Cavalier Express : Affiche
Un programme de huit courts-métrages d'Alain Cavalier, choisis et ordonnés par lui-même. trois de ses "portraits de travailleuses" (au début, au milieu à la fin) et d'autres films montrant différentes facettes -directions- du travail du réalisateur (le délicieux J'attends Joël, notamment). Excellent programme (je m'enhardis même jusqu'à poser une question, si si!)

puis nous quittons les Rencontres pour rejoindre la Compétition officielle
17h :
ARCHIPELS, GRANITES DENUDES (CM)
Un film grec d'une demoiselle (qui vient nous le présenter) genre film de fin d'études, sympathique mais un peu brouillon, qui commence très très bien mais se perd ensuite un peu en route
O QUE VAI AO LUME?
Un film réalisé au portugal par un français, qui vient nous le présenter en disant qu'il "a créé un personnage de toutes pièces, et qu'il a demandé aux différentes personnes intervenant dans le film d'inventer leurs rapports avec ledit personnage imaginaire" ce qui est pour le moins maladroit, mais surtout très dommage car ça vous gâche le plaisir. Du coup, je décroche assez vite, je trouve la voix-off plate et pompeuse, mais en même temps je suis malheureux pour le réalisateur qui est dans la salle (de nombreux spectateurs ont successivement quitté le navire)
20h :
WALLENHURST
Un film dont on se demande au départ s'il était documentaire ou fictionnel, sur un groupe de jeunes allemands, qui est le premier CM en compétition que j'ai vraiment aimé (bien qu'Hervé le trouve "un peu lisse" et il n'a certainement pas tort). Des jeunes gens observés un peu à distance, avec beaucoup de références au travail, puis à ce qui lui succède, ou l'environne (les loisirs, la famille) mais du cinéma solide.
FARDA


Premier vrai bonheur en compétition, un film fantastique iranien, ce qui n'est pas a priori si courant, avec plusieurs personnages qui vont se croiser et re (le film est une succession de boucles temporelles) : une mère et sa fille en panne au bord de la route, un bandit en fuite, un médecin malade, un bûcheron inquiétant, projetés dans quelques lieux : une route, une forêt, une jetée, une cabane la nuit, l'intérieur de quelques véhicules), en une dentelle fictionnelle un peu complexe au départ mais délicieusement addictive (et intelligemment confectionnée). Du vrai plaisir de cinéma.

et encore une journée terminée, et je rentre avec Hervé (les dames ont repris le train plus tôt dans la journée)

 

29 avril 2008

colliers de fleurs

A BORD DU DARJEELING LIMITED
de Wes Anderson

"Et le désir s'accroît..."
Ca faisait plus d'un mois que j'avais envie de le voir, mais que je différais, que je me retenais, puisqu'on avait prévu d'aller le voir tous ensemble (nous les voyageurs d'Inde) quand il passerait dans le bôô cinéma. J'ai failli craquer, plusieurs, fois, mais j'ai tenu bon... et finalement c'est dimanche soir (et en comité un peu restreint, mais bon tant pis hein) que ça c'est passé. Je me méfie toujours un peu des sons de cloche tous dans le même sens et de l'unanimité critique (quoique, dans le cas présent, j'avais vu deux de ses trois  films précédents et j'avais plutôt déjà beaucoup aimé) mais j'étais donc confiant a priori, et puis l'Inde... j'étais même prêt à être indulgent.
Et bien, en sortant de la salle, j'avais un mot en tête : euphorisant (oui oui, comme les cigarettes qui font rire...) Carrément. C'est indéniable, le film de Wes Anderson fait partie de cette catégorie de films, somme toute assez rares, qui font du bien. Je ne sais pas comment le dire mieux. et je ne saurais pas dire à quoi ça tient : à l'histoire ? (pour faire court : trois frangins, qui se sont perdus de vue depuis un certain temps -l'enterrement de leur père- cherchent leur mère en Inde et en train) aux acteurs ? (Brody, Schwartzmann, Wilson, -l'ahuri, le l'amoureux et l'organisateur- , tous parfaits, avec en  prime une Anjelica Huston belle comme tout, en tout cas comme je en l'ai pas vue depuis bien longtemps), au contexte ? (l'Inde, ses trains, ses temples, ses tenues chamarrées, ses marchés, ses hommes à turban, ses cérémonies funéraires, ses temples, ses médicaments contre la toux en vente libre, ses verres de thé, ses serpents venimeux...) au thème ? (l'esprit de famille pourrait-on dire, mieux le sentiment familial ou plutôt le sentiment en général, pour faire plus court : filial, fraternel, amoureux...) à la façon de filmer  ? (c'est peu de dire que cet homme-là semble perfectionniste et méticuleux) ou au...contenu ? (On a -pour le même prix :
- un court-métrage parisien assez torride, avec une Nathalie Portmann à peignoir orange et cure-dents, et un Jason Schwartzmann droopyesque,
- une nouvelle écrite par le susdit Droopy qui s'avèrera être le flash-back central (nodal) du film,
- un road-movie quasi bollywoodien,
- plus quelques éxpériences sensorielles et mystiques, une scène de retrouvailles belle à pleurer,un conflit familial résolu (ou en tout cas précisé), un enterrement c'est beau comme là-bas dis, quelques ralentis sublimes, un clin d'oeil (Bill Murray, à croquer), des trucs avec des plumes de paon, plusieurs courses, et des moyens de transport divers et variés... - il faut quand même que je songe à fermer cette parenthèses longue à présent de quelques kilomètres...)
Sûrement à tout ça en même temps. Mais c'est magique, il doit y avoir un truc dans ce film, un ingrédient caché, rien qu'à voir la tête des gens qui en sortaient. Ils souriaient ! Mieux, on avait l'impression qu'ils avaient une petite lumière allumée en-dedans et qui brillait à travers leurs yeux !
Tiens tiens ! (après être passé par allociné point freu) : Le M*nde, Les C*hiers et P*sitif (les bibles de mon ami Hervé) n'ont pas trop aimé et font la gueule : peut-être parce que ce film est trop (cochez les cases requises) désinvolte, léger, virtuose, ironique, réjouissant, élégant, aérien, loufoque, mélancolique, gracile, chatoyant, décalé, fantaisiste, raffiné, euphémique, virtuose... (entre autres qualificatifs picorés ça et là...)

18893322_w434_h_q80

26 avril 2008

j'ai toujours rêvé d'être islandais

CHILDREN
de Ragnar Bragason

Nous a été envoyé d'Islande ce film en (très très) noir et blanc (un petit peu quand même). La sortie française à l'origine prévue a été reculée (ajournée sine die ??? pourtant, il mérite largement le détour...), mais le distributeur (gentil) a quand même accepté de nous le filer en avant-première. Donc, ce soir, à la séance de 18h, ce film passait dans une seule et unique salle en france (le bôôô cinéma) et nous étions -hélas trente mille fois hélas- quatre (oui 4 !) à vivre l'événement en direct.
Je ne connaissais pas Ragnar Bragason, mais c'est désormais quelqu'un que je vais suivre (d'autant plus que ce film -Children- est la première partie d'un diptyque, dont la seconde -Parents- devrait incessamment voir le jour, aidée peut-être par le fait que celui-là vient d'obtenir le premier prix au Festival de Copenhague...)
Le titre de la présente chronique est un clin d'oeil, finalement peut-être pas vraiment juste, au film éponyme de Samuel B. récemment vu (et aimé et chroniqué ici-même), mais c'est vraiment l'impression que ça m'a donné, au début : noir & blanc, humour à froid, musique chiadée, histoires qui se croisent, personnages un peu écornés, regard de cinéaste atypique... mais, en fin de compte, quand l'un utilise clairement la dérision et l'humour décalé comme ciment de son récit, dans le cas du second, on a un peu plus de mal à définir exactement sur quel pied il danse, tant il use de la violence   "banalisée" comme catalyseur et générateur  de ... morale (?).
Children, comme son nom l'indique, traite des rapports familiaux. Autour de Karitas (l'"héroïne", blonde) gravitent ses trois filles (blondes) (que cherchent à récupérer son ex-mari et sa nouvelle copine) et son fils Gudmundur (blond), dont son père, Gardar,(un blond razibus et teigneux) qui l'a jadis abandonné, cherche  tout à coup se rapprocher (pour se racheter une conduite ?). Gudmundur qui se fait molester à l'école par les autres gosses et a pour seul copain Marino, un quadragénaire un peu mal dans sa tête qui vit seul avec sa mère, et va péter un plomb en apprenant que la mère en question fréquente un autre homme en cachette. Bonjour la joie.
Voici grosso modo la situation "de départ", qui nous sera exposée par fragments (parfois contondants, parfois aiguisés, parfois émoussés, parfois presque tendres) juxtaposés (rajoutez quand même un chien, un poisson rouge, un ballon de foot, pas mal de nez cassés...) dans un  noir et blanc assez classieux même si minimaliste (le réalisateur, lors de la remise de son prix, a précisé qu'il n'avait pas eu de fric ni pour la couleur, ni pour les costumes, ni pour le maquillage ni pour le décor, ce qui rend la force du film encore plus imposante et digne de louanges) et dont les différentes parties vont évoluer chacune à son rythme, parfois toutes seules comme des grandes, parfois interférant, se croisant, se bousculant, jusqu'à un final...  ironique (même si j'ai regretté qu'un des personnages au moins y soit un peu laissé à l'écart... mais peut-être se dire alors que pour lui tout va aller bien ?) à l'image du plan d'ouverture, et la boucle narrative, donc, est bouclée...
Ragnar Bragason : ce mec-là a du talent, c'est indéniable, et de l'énergie (et de la rogne ?) à revendre... J'espère qu'on aura l'occasion d'y revenir bientôt ! (ce qui tendrait à prouver que l'Islande nous envoie quand même de sacrées bombes glacées : entre Children, 101 Reykjavik et Noi Albinoi, vous reprendrez bien un petit truc givré, hein ???)

born_poster

27 avril 2008

briser la glace

DES CHIENS DANS LA NEIGE
de Ann-Kristin Reyels

Lars est un adolescent qui connaît le mot "palindrome", donc, pas le premier djeun écervelé venu. il est venu habiter avec son père dans une région froide et plutôt inhospitalière, puisque tout un chacun du cru évite soigneusement de répondre à leurs "bonjour" et autres invitations diverses (renseignement pris, pour les germanophiles où les géographes, ça s'appelle l'Uckermack)Au début du film, Lars est censé prendre le train pour Berlin pour aller passer Noël chez sa mère. Il le ratera (le train) mais rencontrera Marie, une jeune sourde-muette, qui va faire tendrement battre son coeur, et il semblerait bien que ce soit réciproque...
Quand il revient chez son père, il y trouve la soeur de sa mère (sa tante, donc), en train de roucouler avec le susdit, d'où léger malaise. La situation se complique encore de part et d'autre : le père de Marie ne voit pas d'un très bon oeil l'idylle naissante entre les deux ados, et la mère de Lars débarque à la maison avec Robert, son nouveau copain, pour comme qui dirait fêter Noël en famille...
Lars se démène au milieu de tout ça, gérant en même temps les dysharmonies (soyons pudiques) familiales et la découverte du sentiment amoureux, tout seul comme un grand, en tâtonnant, en dérapant parfois, et ça fait plaisir à voir.
La force extrême du film, c'est son décor : la campagne, l'hiver, le froid, la nuit bleue glacée, les lacs gelés, les champs enneigés à perte de vue, créent un genre de gangue hivernale, une chappe inexorable. Comme si le froid, dans un même temps mettait à distance, mais aussi mettait à vif. La réussité plastique est indéniable. (j'aime bien les films avec de la neige dedans...) Mais une violence sourde semble aussi être comme partout embusquée, pire que la menace du froid et du gel : celle des paroles et des gestes qui blessent, mais aussi celle des poings, voire des armes (qui ne tuent ici que les animaux...)
Le film alterne le chaud et le froid, le dedans et le dehors, l'affection et l'agression, et c'est ce va-et-vient, (comme se matérialise la condensation de la respiration, le souffle dans l'air glacé) qui crée  la cristallisation de toutes ces hsitoires plus ou moins familiales, jusqu'à une fin qui vous... cueille à froid. (il n'y a pas d'autre mot...) Celle-là, non, je ne l'avais pas du tout vue venir !
En tout cas  un bien beau portrait d'adolescent(s), par une réalisatrice nouvelle venue... Comme concluait mon ami Hervé, "Ils sont fort, ces allemands, en ce moment!"

18859727_w434_h_q80

16 janvier 2008

tondeuse

THIS IS ENGLAND
de Shane Meadows

Ah ces Anglais... Ils n'ont pas leur pareil pour nous concocter ce genre d'histoires, pleines d'optimisme d'espoir de chaleur humaine et de joie de vivre, à se taper sur les cuisses de rire, plaisantais-je avec des amis en sortant de la salle. Faut dire, ils ont des excuses, les pauvres, entre Maggie (Thatcher), le thé au lait, le crachin, le prix des loyers...
Années 80. Qui se souvient-encore aujourd'hui de la guerre des Malouines ? C'est pourtant là qu'est mort le père de Shaun. Shaun a 12 ans, il vit avec sa mère, dans le souvenir et l'absence de ce père mort dont ne subsistent que quelques photographies. Il va faire connaissance avec une bande de skinheads "gentils", dirigée par Woody, qui vont l'adopter. Panoplie règlementaire, bière, reggae, virées destroy mais plutôt bon enfant. Les skins font la fête. Jusqu'au retour de prison de l'un d'entre eux, Combo, qui va "reprendre les choses en main" : Violence, racisme, xénophobie, agressions, intolérance : les skins font la tête. Le jeune Shaun va ainsi sortir de l'enfance, dans une angleterre sinistrée quelque part entre le Stephen Frears de My beautiful laundrette et le Ken Loach de Sweet Sixteen...
Le discours est simple, mais pas forcément simpliste, le film  (plus ou moins autobiographique d'après son réalisateur), réalisé avec quatre shillings six pence, sait économiser ses moyens et s'en sort la tête haute, avec les honneurs. Il reste près, très près, des gens (on a une galerie de tronches plutôt impressionnantes), à leur hauteur, tout en (re)situant son récit dans un cadre aux plans plutôt composés,  assez graphique à défaut d'être idyllique. Il y a là une qualité de regard, que ce soit sur les gens (personne n'est complètement d'une pièce, ni tout blanc ni tout noir) ou les paysages (urbains ou maritimes).
Et il bénéficie surtout de la personnalité sidérante du jeune Thomas Turgoose, incroyablement juste, tout aussi enfant qu'adulte. Il m'a fait penser à Oscar, l'enfant du Tambour. Parfois un adulte en réduction ("Tu as la panoplie..." sourit Combo à leur première rencontre) et parfois un enfant à l'étroit dans son jean trop serré et ses grosses pompes, mais toujours touchant dans ses tâtonnements, qu'ils soient affectifs (ah, les premières amours...), sociaux, ou voire même politiques...

18810651_w434_h_q80

25 janvier 2008

encore noël!

... et puisqu'un bonheur n'arrive jamais seul, (et que, décidément, ça sera Noël toute l'année ?) voici ce que j'ai reçu de Paris :

DSC07496
(merci malou...)

Mimi, non ? J'étais un peu dépité de ne pas l'avoir gagné à notre pêche à la ligne (c'est Dominique qui l'avait eu)... C'est très mou, comme un vrai poulet mort, et, quand on appuie dessus, (c'est ce qui fait tout le charme de l'objet) on voit l'oeuf qui sort (le blanc glaireux et le jaune au milieu). C'est un porte-clés idéal, je trouve, non ??

21 novembre 2007

le jour de grève est arrivé

C'est fou ce qu'on peut arriver à faire de choses, un jour comme celui-là... se réveiller comme d'hab' à la sonnerie du réveil, petit-déj', et se dire alors qu'on est un peu fatigué et qu'on en reprendrait bien une couche (de sommeil), se remettre au lit, prendre le temps de lire un peu (Seul à Berlin) et hmmm se rendormir jusqu'à 9h, puis bidouiller un peu sur l'ordi, (internet est réparé), et partir pour son rendez-vous chez le dentiste (cette grosse dent au fond, qui commence à faire un peu mal quand on touche, ne serait-elle pas annonciatrice de l'abcès du siècle ? Non non, rien à la radio, juste une dent de sagesse qui fait son intéressante) puis passer chez régis boire un kir et prendre des nouvelles d'Emma, puis retour à Vesoul, commander une pizza chez mon pizzaïolo velu préféré (Bianca fine : chèvre et jambon cru), aller en ville, se garer vant la manif', profiter de l'heure qui reste pour aller faire un tour chez le coiffeur (c'est le bon moment, dira-t-il, il n'y a personne) en repartant vers le lieu de rassemblement passer devant un mgasin de koultour et dénicher un dvd de Altman avec Trois Femmes et Un mariage, l'acheter, et juste avant, un petit macaron banane/chocolat chez justement le chocolatier champion du monde, arriver enfin à la manif' (c'est drôle une manif à seize heures, non ?) retrouver les gens, les habituels qu'on connaît et les autres, prendre sa place dans le cortège qui s'ébranle, raconter des conneries sur l'uhaimepêt et les RG, trouver que finalement c'est pas une mauvaise idée, la manif de nuit, les gars de la sncf ont des feux de bengale pour illuminer, prendre des photos alors, et la pyrotechnie vous donne un côté ce soir on vous met le feu, faire le "petit tour" de ville habituel, s'arrêter devant la mairie, stabuler un peu, parler encore, à droite à gauche et à l'annonce du vous pouvez vous disperser, assister vraiment à une dispersion-éclair, avoir envie d'une bière (se dire que la pizza y est pour quelque chose), repartir à la voiture réussir à repartir (il ya des voitures partout) se dire qu'on irait bien faire un petit tour, tomber alors dans un embouteillage monstrueux, et au bout d'un quart d'heure de surplace, faire demi-tour pour revenir chez soi, la boire enfin, cette fameuse bière, et avoir encore soif après (qu'est-ce qu'elle était altérante cette pizza) grignoter et somnoler un peu sur le ca'pé en attendant l'heure du cinoche (avoir acheté son billet à l'avance), et reprendre la voiture pour aller voir De l'autre côté, y retrouver une collègue pour qui on a gardé une place, être surpris d'y voir un papa d'élève (c'est la première fois en 10 ans!) pleurer un peu  c'est beau (j'en reparle) et retour finalement maison directos, sans aucun crochet... oui, on en fait des choses, dans une journée de grève, et en plus ON N'EST PAS PAYE! (qu'on se le dise!)

DSC06292 DSC06296 DSC06303

15 novembre 2007

in the mood

ACTRICES
de Valeria Bruni Tedeschi

Début de la semaine chargée culturellement : hyper-avant-première (le film sort le 24 décembre!) du film de Valeria BT. Bon, une petite trentaine de personnes dans la salle, pas le flop total, mais indéniablement moins de monde que pour l'avant-première de C*mping ou du Coeur des H*mmes 2. Tant pis pour eux. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent.
J'aime bien Valeria et ses états d'âme de petite fille riche. Longtemps cantonnée (en tant qu'actrice) dans les rôles plus que border border line, ou tout du moins décalés dirons-nous, la voilà (en tant que réalsatrice)qui se (re)met en scène (comme on se remettrait en selle après un accident de cheval ?) et le résultat est sans conteste plus que plaisant. Son premier film (Il est plus facile pour un chameau...) parlait des difficultés d'être riche pour une demoiselle qui lui ressemblait plus qu'un peu. Ce film-ci traiterait des difficultés d'être actrice, mais aussi (et surtout ?) d'être une femme de quarante ans sans enfants. Pour une demoiselle qui continue de lui ressembler.
Elle joue ici Marceline, une actrice engagée pour jouer Natalia Ivavnovna dans une pièce de Tourgueniev (Un mois à la campagne) sous la férule d'un metteur en scène caractériel (Amalric). Marceline a quelques problèmes pour entrer dans la peau (et la robe verte, surtout) de son personnage. Marceline voudrait avoir un enfant (mais ce n'est pas dans ce film-là qu'elle l'aura), et envisagera, à cette fin, plusieurs PPP (pères porteur putatif). Marceline s'interroge...
Alors elle parle. Elle cherche, elle hésite, elle s'emporte, se rapporte, fait le point, perd le cap, tergiverse... Avec sa mère, avec la Vierge Marie, avec son père mort (Maurice Garrel), avec Jean-Luc le machiniste, avec son personnage (Valeria Golino), avec l'assistante du metteur en scène (Noémie Lvovsky, également co-scénariste du film), avec le jeune premier ténébreux de service (Louis Garrel), avec sa gynéco à qui elle raconte ses rêves, et même avec le joli maître-nageur de la piscine où elle va régulièrement nager.
C'est un bien beau film sur les actrices, mais aussi sur le théâtre, (la vie d'une pièce, de la première lecture à la représentation finale), un film sur la représentation, justement, théâtrale, certes, mais celle, plus personnelle, qu'on offre aux autres de soi-même.

Le film débute avec un piano qui s'élève dans les airs et se termine quasiment avec la chute d'un corps dans l'eau. La pesanteur et la grâce, contraires, contrariées. Ascendant descendant, action, réaction... Heureusement, il y a Glenn Miller.

18765007_w434_h_q80 (pas encore d'affiche)

21 septembre 2007

marries et femmes

18796846_w434_h_q80

LE MARIAGE DE TUYA
de Wang Quan An

Bergers mongols (des vrais, seule Tuya est jouée par une actrice professionnelle) in situ : yourtes, moutons, gnôle, clopes, bottes, troupeau, chameau (mais celui-là, me semble-t-il, ne pleure pas...), rien ne manque. Tuya est une femme, comme on dit, de caractère ; comme son mari est devenu infirme suite à un creusage de puits qui a mal tourné et qu'elle même vient de manquer de s'estourbir les vertèbres en tentant de relever seule une charrette de foin renversée (quand je vous disais qu'elle a un sacré tempérament!), elle décide donc de divorcer pour se retrouver un autre mari, mais qui l'accepterait comme elle le souhaite, c'est à dire avec armes, bagages, les deux enfants, mais surtout aussi avec son ancien mari qu'elle chérit malgré tout tendrement. Pour Tuya, c'est tout le paquet-cadeau ou rien. Bon si vous avez vu la bande-annonce, vous savez déjà qu'elle convolera (le suspens -minuscule- étant est-ce bien avec celui auquel je pense ?). Mais là n'est pas le plus important. Cette chronique mi-ethno, mi-doc, sait dépasser les frontières du didactique en y mêlant les éléments de la romance. C'est pittoresque, c'est dépaysant, c'est touchant, c'est drôle parfois. Avec un petit côté rustique, 100% naturel et fait maison, comme celui du tord-boyau local que semblent affectionner tous les protagonistes (qui, comme on dit, n'ont pas l'air de sucer que de la glace). Après coup, ça vous laisse en bouche un petit goût couleur locale plutôt agréable. Plutôt gai ?

18775467_w434_h_q80

LA FACE CACHEE
de Bernard Campan

Le dépaysement fut total en passant de la steppe à la "civilisation", de la yourte à l'appartement, de Tuya à Isa (Karin Viard), épouse de François (Bernard Campan), dans un film réalisé par lui-même.On pourrait même parler de choc thermique. Le seul point commun est que, si Tuya avait quelques soucis (le mari, le troupeau, la marmaille...) Isa semble avoir aussi les siens, dont il faudra attendre un bon moment pour  avoir l'explication. Le récit est centré sur son mari, soudain face à un genre de crise existencielle de la quarantaine qui aurait quasiment les symptomes d'une dépressionnette (oui ça m'a rappelé des choses) genre mais tout cela a-t-il donc un sens ? Soudain réalisant qu'il se délite, et se contemplant en train de sombrer. Le mari, sa femme, et l'ami du mari (qui doit bientôt justement se marier) nous jouent des variations pas désagréables sur le couple, ses aléas, ses doutes, ses malheurs, mais en opérant, bizarrement, à la  fin, une bifurcation étrange, un changement d'éclairage (et aussi de fusil d'épaule), comme si le réalisateur n'avait pas osé aller jusqu'au bout de sa propre histoire et y apportait in extremis une justification pas très convaincante. Interviennent aussi régulièrement dans le récit et face caméra des gens sans rapport avec l'histoire qui viennent exprimer leur malaise (on comprendra  tout à la fin). Avec un grand moment de suspense lors de l'exécution d'un morceau de Bach.Tout ça un peu trop franco-franchouille psycho machin, ou peut-être je n'ai pas bien saisi le message. Plutôt triste ?

20 septembre 2007

un "vrai" mercredi

Hmmm... rentrer chez soi le soir avec un sourire aux lèvres et comme du ciel bleu soudain dans la tête. Comme ça, sans raison particulière, juste le sentiment d'avoir vécu une vraie bonne et grande journée...
Soyons clair : un mercredi qui commence par un sms "je t'm tant", même si c'est une erreur de destinataire de la part de la part de l'expéditrice, ne peut pas être un jour complètement mauvais...
Un vrai mercredi , quoi, (comme disait Pépin, "les mercredis redeviennent des mercredis et les dimanches  des dimanches" ), où l'on part à besac (le coeur léger parce qu'on a préparé son boulot pour le lendemain) faire un peu de shopping aussi (circuit habituel : librairie, soldeur, disques) sans oublier le cinoche (avec l'opération "la rentrée du cinéma", on a pu allervoir caïman deux films pour le prix d'un...) Un restau pour finir, delicious, et même pas de pv sous l'essuie-glace, alors qu'on n'avait pourtant mis que 1,50€. En plus, il ne pleuvait pas!

DSC05581

26 septembre 2007

alleluïa!

Ca y est! Je peux mourir tranquille!
Pourquoi ? Je l'ai enfin reçue... (j'en bave d'émotion)
Quoi ? mais enfin, la quintessence, la substantifique moëlle, l'aboutissement ultime, le nirvana, l'omega de l'alpha, le whalala (? orthographe à confimer ce me semble), la bible du travailler plusse pour gagner plusse, le sésame du réconfort pédagogique, la clé merveilleuse du paradis des certitudes apprenatoires (hmmm je suis tellement ému que j'en invente des mots...)
Regardez si elle est belle :

la_lettre_dos (vue arrière)

la_lettre (vue avant)

... Elle est belle, non ? Je suis tellement content que je vais la mettre sous globe et ne plus jamais la toucher, de crainte que les miasmes et germes divers dont je suis porteur ne risquent un jour de l'altérer, de la souiller, de la contaminer!

29 mars 2008

vitrages

LA FABRIQUE DES SENTIMENTS
de Jean-Marc Moutout

Inconfortable.
Ca m'a rappelé quelqu'un. Du besoin de normalité sociale (crédibilité ? formatage ?) et du "prêt(e) à tout pour ne pas être seul". Bonheur de (re)voir Elsa Zylberstein (parfaite), un peu injustement oubliée ces années passées, et désormais nantie d'une bien belle maturité. Idem (comme toujours) pour l'ami Bonnaffé (faudrait que j'écrive un jour tout le bien que je pense de cet homme) dans cette histoire simple d'une clerc de notaire trentenaire et célibataire (ça rime...) qui se lance dans le speed dating, parce que, à son âge, elle se dit qu'elle devrait vraiment rencontrer quelqu'un...
Un film entre cynisme et désabusement (désabusion ?), entre quotidien et fantasmé, entre désillusions et lucidité, servi par un récit assez étonnamment fluide (lissé), et ce malgré des ellipses sidérantes dans la narration, aussi abruptes que salutaires (des lignes de failles qui viendraient soudain s'ouvrir au flanc d'un discours qui continuerait pourtant comme si de rien n'était...), un peu glacé, peut-être, à l'image de ces multiples vitres, miroirs, parois, fenêtres, qui viennent sans cesse séparer (protéger) notre héroïne de tout ce qui l'entoure, non pour l'encadrer (la recadrer) mais plutôt pour l'isoler. A distance.
Le générique de début (impressionnant dans le cliché et le sans âme) a peut-être le tort de vendre la mèche trop vite (on sait bien, question d'ordre, lequel, entre les deux prétendants, malgré toutes les apparences, va "bien" finir...) mais tient finalement plutôt bien ses promesses, oui, tout est dans le fake, le faux-semblant, l'apparence. L'impression (l'image) qu'on donne. Mentir plus pour aimer plus ? Aïe, à l'image des temps que nous vivons...

18889753_w434_h_q80

1 octobre 2006

lieder

LES AMITIES MALEFIQUES
d'Emmanuel Bourdieu

film de chambre (je l'ai vu avec un son mono, et donc très plat, peut-être est-ce délibéré de la part du réalisateur, peut-être que ça merdait sans le cinoche, toujours est-il qu'il fallait tendre l'oreille, ça vous change de l'hypra dolby à fond de la mort),  genre petite musique plus ou moins de nuit, avec trio à cordes (sensibles) et chef d'orchestre.

un groupe d'étudiants en lettres, jeunes khâgneux, la semaine de la rentrée universitaire (où il sera donc question d'écriture, de DEA, de sujet de mémoire, de maîtrise) voilà pour les solistes. Parmi eux un gars, brillant, semble-t-il (il est capable d'improviser un exposé sur le besoin d'écrire dès le premier cours), arrogant, sûr de lui, avec un avis -définitif- sur tout, de l'écriture au théâtre en passant par la meilleure façon de boire le café, et qui va très vite s'imposer comme chef charismatique du petit groupe. Modèle, idole, gourou, leader, décideur. (Le genre de mec que j'abhorre, adepte typique du faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais...) C'est à lui que les autres -implicitement- confient la baguette du chef, et délèguent le pouvoir de décider, la souveraineté de décision, ce qui est bien, ce qui n'est pas bien, l'érigeant ainsi en référence absolue, en centre de gravité de leur petit cercle d'identités créatives en construction. Jusqu'au jour où...

Emmanuel Bourdieu, dont je connais pas le(s) précédent(s) films, fut également co-scénariste de Desplechin, et on n'est pas très loin ici de Comment je me suis disputé..., du même. Même univers, mêmes obsessions, mêmes relations. C'est plutôt un film d'hommes (ou comment se cristallise le besoin d'identité masculin) basé, lit-on ci et là sur l'observation de modèles - et d'amis- réels dans la vraie vie (on a parlé de Denis Podalydès comme source du personnage d'Alexandre) sans qu'on sache si quelqu'un en vrai a pu inspirer le personnage d'André (André Mornay, la décomposition lacanienne serait ici trop facile et pourtant...)

oui il est ici question (encore une fois) de perdre ses illusions, d'ouvrir les yeux, pour grandir. Et de se dire que, non, jamais, décidément, les autres ne doivent décider pour vous, à votre place, ce que doit être votre vie...

bref un film à l'image de son sujet, et du milieu qu'il décrit, un peu intello, un peu timide, un peu raide, un peu  bavard, un peu inquiet, porté par un sans faute de casting, tant pour le quatuor (Malik Zidi, Thibault Vinçon, Thomas Blanchard, Alexandre Steiger) que pour les "participations exceptionnelles" (Natacha Régnier en bibliothécaire, Jacques Bonnafé en prof, et Dominique Blanc en maman-écrivaine), et bouclé avec une maîtrise formelle plutôt classique, à défaut d'être méta-quelque chose...

18660708_1_

11 janvier 2007

what's on tv

RED ROAD
d'Andrea Arnold

Déjà vu en prévisionnement, mais j'avais envie de vérifier si ça tenait aussi bien la route que la première fois : yess! (je suis encore sorti avec les yeux rouges, on continue à commencer 2007 avec des films youp la la youp la boum sortez les chapeaux pointus et les langues de belle-mère : pour la déconne, les écossais n'ont visiblement rien à envier aux serbes!)
Ce film est le premier du projet Advance Party,  proposé par Lars Von Trier : la règle du jeu est de proposer à trois réalisateurs différents de mettre en scène le même groupe de neuf personnages (qui seront joués de la même façon par les mêmes acteurs, si j'ai bien compris) mais pourront être scénarisés de façon différente. Voici donc le "premier volet", les suivants seront réalisés par Lone Scherfig (Open Hearts,d'émouvante mémoire) et Anders Thomas Jensen (Adam's apples, qui fut également fort aimé par ici).Let's wait and see.
On connaissait l'Ecosse de Ken Loach, on n'en est pas ici très loin. Le constat de la désagrégation sociale, de la misère humaine, du délabrement urbain, nous est retransmis au début du film à travers les caméras de vidéo-surveillance devant lesquelles travaille Jackie, une brunette un peu tristoune avec des airs de Maryline Canto, dont on va suivre pendant quelques temps le quotidien pas très emballant. La réalisatrice a l'habileté de nous fournir au départ beaucoup d'éléments, de (fausses) pistes, parmi lesquels il va falloir faire le tri pour parvenir à reconstituer l'histoire de cette jeune femme, le pourquoi de ses agissements envers Clyde, cet homme qu'elle a repéré un soir, sur un de ces écrans, et qui fait, semble-t-il, douloureusement partie de son passé.
Mais tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir. Red Road traite des apparences et de comment aller au-delà. Derrière ses écrans, Jackie est comme l'Alice de ce Pays pas des merveilles du tout, où elle va tomber, en courant à la poursuite de ce lapin roux qui boit du whisky. Red Road traite du deuil, et des différentes façons de le gérer. Red Road parle de l'amour, du chagrin, de la violence, à travers des personnages forts parce pas faits d'une pièce, mais au coeur desquels coexistent au contraire les sentiments les plus paradoxaux. et les comédiens sont pour beaucoup dans la force de leurs personnages.
A la fin, les choses ont été dites, de part et d'autre. Toute la dernière partie est extraordinaire par sa construction, par l'intelligence de sa progression dramatique, et l'émotion enfin libérée permet au spectateur de respirer -en pleurant un peu, mais en pleurant doucement, à l'image de la chanson du générique de fin, une reprise très apaisée, très douce, du sombre Love will tear us apart de Joy Division.

18653851_1_

29 octobre 2005

vecteurs

J'étais nul en maths, mais il y avait un truc qui m'avait fasciné (en 5ème je crois...) : les espaces vectoriels. Pour moi qui étais (et suis toujours) bordélique, cet univers ou tout était rangé nickel, bien dans le même sens, ordonné et tout (c'est comme ça que je me le figurais) ça représentait un espèce d'absolu. Depuis, j'ai conservé (mais un peu déformé je le crains) ce concept. Il y a des journées vectorielles (ou vectorisées ?) où tout va dans le bon sens (enfin, celui qui est bon pour moi) et les autres. Aujourd'hui, par exemple, c'était pas ça du tout, ça allait plutôt dans tous les sens, ou à rebrousse-poil, enfin pas du tout comme j'aurais voulu... Y en a, des jours comme ça, et plus qu'on le voudrait, mais ça ne dure pas, heureusement (cf théorie dite "de la demi-journée', pour les fidèles qui suivent depuis le début)...
Aujourd'hui, in fine, tout s'est polarisé positivement aux alentours de 18h (je préfère ne pas raconter le "précédemment"!) quand j'ai retrouvé mes amies Dominique et Emma devant le cinéma. Puis quand j'ai vu Batalla en el cielo , de Carlos Reygadas (film dont je vous reparlerai très bientôt promis). Et le petit repas au Gourmand (restau qui reste pour moi "le restau de quand on était jeunes") qui a suivi, et la soirée délicieuse à discuter entre copines, et le retour de nuit avec en fond sonore le final pianissimo de chez pianissimo (comme justement, la disparition de ma ronchonnerie coîncidant avec l'apparition d'un genre de paix, de calme) de la 2ème Symphonie de Malher, pour finir avec le (...) bucolique (et un peu frisquet, mais c'était exactement comme à la fin de, justement, Batalla en el cielo) avant que de retrouver la mayson (ce qui explique l'heure... tardive de ce post)...
La boucle était bouclée, et les vecteurs bien revectorisés, parallèles, bien rangés...

imgp5224

28 février 2006

vous reprendrez bien un peu d'hiver ?

(Où comment les joyeux frimas et tutti quanti viennent , de façon plutôt inopinée, en quelque sorte au secours de votre narrateur.)

Ce matin il neigeait (comment disait Victor H.? On était vaincu par sa conquête, non ? ) et j'ai donc résolu, pour me rendre aux Bozarts (où je n'avais pas vraiment cours ce matin mais rdv à midi avec Bernard pour manger) de ne pas prendre la voiture (s'il y a une chose que je déteste et qui me terrorise, c'est bien de conduire sur route enneigée ! ) mais le bus : j'ai déjà essayé, c'est idéal, une heure gagnée à l'aller (et donc une autre au retour) où on peut au choix, dormir, rêvasser, lire le journal, bouquiner, discuter avec ses voisins, grignoter, téléphoner, bref tout ce qu'on nous interdit de faire d'habitude en voiture parce qu'on nous dit que c'est mal, et ce sans souci de radar ou autre contrôle fliquesque et énervant.

J'arrive donc à la gare routière avec 10 minutes d'avance, perfect, j'ai même trouvé une place au parking d'à côté pourtant toujours plein (le genre de chose qui vous donne envie de crier yesss! vous savez, vous arrivez, la queue basse, tout les places ont l'air prises, et plutôt deux fois qu'une, avec des voitures garées en merde sur des non-emplacements, vous avez quasiment la langue levée pour ronchonner avec énergie, il y a même une autre, voire deux, bagnoles qui tournent derrière vous, mauvais signe, quand SOUDAIN juste devant, vous apercevez les phares de recul d'une bagnole qui quitte précisément sa place au moment où vous arrivez, et  et donc cqfd la place alleluïa est pour vous)

A la gare, tiens, pas de bus. Renseignement pris auprès de la dame derrière son guichet, il arrivera, mais avec beaucoup de retard, il est coincé à hauteur de V. J'attends un peu, je laisse deux SMS à Bernard, mais assez rapidement excédé par un vieux beau à chapeau "d'aventurier" (et regard concupiscent sur les jeunes filles) qui n'arrête pas de se plaindre à haute voix sur l'incompétence des pouvoirs publics en général et l'imprévoyance des services municipaux de déneigement des villes concernées et que c'est toujours pareil qu'on nous prend pour des cons et qu'on pourrait au moins nous tenir au courant et ragna et ragna et ragnagna. J'ai envie de lui faire avaler ma carte magnétique de bus (et le cache plastique rigide inclus) mais,  au bout d'une demi-heure d'attente (j'en ai profité pour prendre quelques tofs), je préfère m'en aller que de mettre mes projets cartophages à exécution.

Retour donc au parking, où je rends la politesse qui m'a été faite précédemment (au moment où je démarre, une voiture arrive juste derrière et prend ma place (je n'ai pas vérifié, peut-être était-ce moi-même, comme dans The Twilight Zone...) et je rentre à la maison.
Coup de fil de Bernard qui confirme qu'à Besac il neige il neige il neige, je choisis donc de faire l'impasse sur l'ARC de cet aprèm'.
Je travaillerai à la maison.
(Merci l'hiver!)

imgp78961 imgp79051 imgp78951

11 mars 2006

terre!

LA TERRE ABANDONNEE
de Vimukhti Jayasundara

Je reviens d'ailleurs.
Un autre espace, un autre temps.
Encore un de ces films-qui-ne ressemblent-pas-à-grand-chose-de-connu que j'affectionne. Si le réalisateur est sri-lankais, le lieu précis de l'action n'est jamais nommé explicitement. Un no-man's-land, quelques bicoques, un peu de végétation, de la poussière... Quelques civils et pas mal de militaires... C'est peut-être la paix, mais ça a sans doute été la guerre...
Quand le film commence, il donne au spectateur l'impression de prendre l(es) histoire(s) en route, que tout ça a déjà débuté sans lui, bien avant le générique. Et le même sentiment  resurgit à la fin, qu'au-delà de cet écran noir avec une voix off qui énumère impavidement sa litanie de disparus, ça va continuer sans nous...
Bon, vous l'avez compris, on n'est pas du tout ici dans Les Bronzés au Sri-Lanka. Ni glamour, ni gaudriole ni popcorn ni bons mots. On est ici dans le noyau central, l'épicentre, l'essence même de ce qu'est le cinéma. Des plans-séquences étirés avec une infinie patience, des dialogues parcimonieux, une lumière somptueuse, un  regard de poète (ou de peintre) de la part de ce jeune réalisateur ; on sort de là, quelque part entre béat et béant.
La chronique naturaliste qu'on voyait s'esquisser dans la première partie du film va progressivement se muer en constat de la violence (militaire ? ) ordinaire, dans tout ce qu'elle a d'absurde er d'injustifié.

On est un peu perdu, au début, face à cette succession de scènes amples à la beauté incontestable, mais au contenu narratif pas immédiatement assimilable, à cette poignée de personnages dont on a du mal au début à définir les liens et les interactions ; on craint que le réalisateur ne nous livre qu'un bout-à-bout de moments beaux (ce qui serait déjà pas mal !), qu'il délaisse la narration au profit de la seule contemplation. Il n'en est rien. Détail par détail, l'édifice va se construire, exigeant il est vrai du spectateur une attention constante (mais comment réussir à ne pas rester fasciné devant tout ça ? ).

C'est peut-être le film lui-même, dans sa globalité, qui  pourrait apparaître au spectateur comme une énigme. Ou plutôt la question, qui serait posée au même spectateur, à savoir s'il accepte de déposer là ses oripeaux d'occidental rationnel, ses accessoires dérisoires, pour oser s'immerger dans le cours d'eau nocturne et bleu (c'est une image du film...) de LA TERRE ABANDONNEE, pour s'abandonner à ce que mon voisin a fort justement nommé une autre temporalité...

18460461_1_

Les personnages esquissés lors des lambeaux initiaux de la fiction (le garde, sa soeur, sa femme, le copain à vélo, l'écolière, le vieil homme, Petit-Oiseau, les militaires...) vont progressivement acquérir épaisseur, densité, netteté (comme dans un labo photo on voit monter dnas le bac de développement l'image en train d'apparaître) mais je ne vous ferai pas croire que vous aurez tout compris à la fin. Certains des personnages du début n'y seront plus, mais il n'est pas question ici de whodunit ni de résolution d'énigme...
Archives
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 394 474