Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
lieux communs (et autres fadaises)
6 mai 2021

CMFUBJ 24

(que dire)

Capture d’écran (2193)

Capture d’écran (2195)

Capture d’écran (2206)

Capture d’écran (2200)

Capture d’écran (2199)

Capture d’écran (2202)

Capture d’écran (2204)

Capture d’écran (2203)

*

(buenas noches)

cette nuit ce fut (encore) différent : couché à 22h45, endormi à 22h46, je me réveille en sursaut parce que je tousse : j'enlève mon masque, je regarde l'affichage, j'ai dormi 20 minutes. Arghhh! Je me lève, une gorgée de sirop, et évidemment je gamberge qui dit toux dit dame aux camélias covid, et voilà, ça y est, bien sûr, je l'ai attrappé, par l'opération du saint-esprit, je commence à flipper mais pas longtemps et je me dis que je suis très con... je me recouche, je guette avec circonspection le moindre soupçon de vélléité de toux, je me recouche, mais on finalement rien, je me rendors jusqu'au réveil suivant, je ne regarde pas combien de temps j'ai dormi cette fois, je me recouche, je n'arrive pas à me rendormir, je reprends mon bouquin jusqu'à ce que je sente que mes yeux se ferment à nouveau, je me recouche, réussis à me rendormir, et suis réveillé par une (unique) quinte de toux, je me lève et je vais petit-déjeuner, il est cinq heures...

*
"Cannabis : un rapport parlementaire prône une «légalisation régulée». Légaliser le cannabis au nom du pragmatisme, pour «reprendre le contrôle» face aux trafiquants et mieux protéger les mineurs : c’est ce que recommandent les députés d’une mission parlementaire dans un rapport publié mercredi, aux antipodes de la lutte antidrogues défendue par le gouvernement. Pilotée par certains membres de la majorité présidentielle, la mission constate «l’échec» des politiques publiques. " (Libé Matin)

*

Philou est passé en fin de matinée, on a parlé du colza
Catherine est passée en milieu d'après-midi, on a parlé d'asperges des bois

*

les jours se suivent...
c'est le même infimier qui m'avait rassuré lundi qui m'a (un peu) inquiété ce matin, en me disant que ce n'était pas normal que mon pied reste aussi gonflé, qu'il y avait oedème et qu'il fallait trouver la cause de ce oedème, et m'a conseillé de retourner voir mon médecin...

*

sur les conseils du boulanger, je me suis offert pour le dessert de ce midi une tartelette rhubarbe/orange meringuée

*

"Tous les départements français sont passés sous les 400 nouveaux malades atteints du Covid pour 100 000 habitants sur une semaine. Pour le gouvernement, c’était la condition pour poursuivre son programme de déconfinement. Ce seuil est ainsi devenu le nouvel indicateur de la situation sanitaire en France. Quelques jours plus tôt, BFM TV est même allé jusqu’à colorier en vert les zones sous cette barre symbolique. Comme s’il s’agissait d’un bon résultat.

Mais que signifie ce nouveau seuil ? Depuis le début de cette épidémie, l’exécutif a fait preuve d’une grande versatilité sur la question des paliers d’alerte. Lors de la première vague, un département était considéré comme rouge quand l’incidence dépassait… 50 ! La situation épidémique n’est donc pas si rose (ou verte) que cela. D’autant plus que l’incidence actuelle, calculée sur les sept derniers jours, est fausse. Elle est en effet tirée vers le bas par le 1er mai, férié, qui a vu le nombre de test baisser.

Lors de la deuxième vague, Emmanuel Macron nous invitait également à scruter deux autres critères qui, regardés aujourd’hui, sont loin de décrire une épidémie sous contrôle. Pour alléger le deuxième confinement, le chef de l’Etat avait fixé deux objectifs : "5 000 contaminations par jour et environ 2 500 à 3 000 personnes en réanimation". Mardi, la France a dénombré plus de 24 000 nouvelles contaminations, tandis que 5 500 lits de réanimation accueillaient des malades du Covid, soit un taux d’occupation de 108,8%.

Le gouvernement impose donc seul ses seuils, ses indicateurs, les modifie et s’en affranchit sans discussions ni avec son Conseil scientifique ni avec les parlementaires, et en complet décalage avec le reste de l’Europe. Une gestion peu démocratique déjà largement critiquée.

Pour rappel, au niveau européen, les seuils maximums d’alerte sont fixés à 250 pour l’incidence hebdomadaire (la France est à 300) et à 4% pour le taux de positivité (la France est à 7,4%)." (Libé)

*

"Les scientifiques ne se font toutefois guère d’illusions. Leurs critiques se heurtent à la surdité grandissante d’un exécutif désormais plus focalisé sur les prochaines échéances électorales (les régionales ont lieu fin juin) que sur le contrôle de l’épidémie. "Au premier déconfinement, Macron a suivi les médecins, au deuxième, il a suivi les économistes, aujourd’hui il suit l’opinion, tout en espérant que la vaccination permettra d’éviter le pire, résume André Grimaldi, professeur émérite au CHU Pitié Salpêtrière et fondateur du collectif Interhôpitaux. A vrai dire, il n’a plus tellement le choix vu que tout le monde est à bout, épuisé par des demi-mesures. On n’a plus qu’à croiser les doigts."" (Libé)

 

 *

tumblr_nzpdebV4X11smmty9o1_1280

Les raboteurs de parquet de Caillebotte, première version
 (vue arrière)

*

14 mars 2021

poulailler 71

(commencer la journée avec un splendide numéro de BLOW UP sur le regard-caméra --)

*

et avoir donc un peu la larme à l'oeil en commençant ce post sur la soirée des César d'hier soir  (une soirée "très politique" dixit Téléramuche...)
Marina Foïs, maîtresse de cérémonie magistrale (à l'image de son discours d'ouverture, grandiose) Roschdy Zem en président de la 46ème cérémonie, Benjamin Biolay au piano puis à la baguette de l'orchestre sur scène, et  c'était parti,  devant une salle non pas vide comme je l'avais cru dans un premier temps mais dont les sièges -espacés, distanciation oblige- n'étaient occupés que par les nominés et les équipes techniques des films en lice de la soirée (soit beaucoup moins de monde que d'habitude, et surtout toutes et tous tous muselés -le dresscode de la soirée était "masque noir"- et c'était rigolo de les voir, toutes et tous, avec pas forcément tout le temps le masque sur le museau (souvent se rajustant quand la cam se rapprochait lors des plans dans la salle), la grande absente de ces plans rapprochés sur l'audience étant, paradoxalement la personne qui fut pourtant le plus de fois évoquée et/ou prise à parti par les remettant(e)s)ou les récompensé(e)s au micro, sur la scène, j'ai nommé Roselyne B., (mais si on s'en réfère aux années précédentes, il a toujours été de rigueur, aux César,  d'interpeler -plus ou moins vertement, depuis la scène, le ministre de la culture en poste du moment -et génralement assis dans la salle, avec gros plan de rigueur concomittant sur son visage plus ou moins marri et riant plus ou moins jaune) mais là, me semble-t-il, point de contrechamp dans la salle sur ladite ministre de la Culture (Libé confirme qu'elle n'y était pas...)
Comme brilla par son absence celui qui fut le grand triomphateur de la soirée, Albert Dupontel pour ADIEU LES CONS (7 statuettes je crois), dont la productrice -elle avait, quand elle était assise dans la salle un joli masque ADIEU LES CONS-  dépêchée pour l'occasion, montait à chaque fois sur scène pour prendre le trophée et nous informer quasi en temps réel des commentaires du récipiendaire absent (et j'ai quand même eu une petite pensée émue et tristounette pour Emmanuel Mouret, pourtant archi-favori -13 nominations pour son très beau LES CHOSES QU'ON DIT LES CHOSE QU'ON FAIT- et repartant bredouille (un seul César, celui d'actrice dans un second rôle, mille fois mérité, pour Emilie Dequenne), comme l'avait fait il y a quelques années Noémie Lvovsky pour le très aimé CAMILLE REDOUBLE)
A part l'effectif réduit, les masques et la fermeture sine die des cinémas, la cérémonie suivit le train-train habituel des cérémonie des César, peut-être un chouïa moins glamour  (je n'y connais pas grand-chose, mais je trouvais que cette année les robes des dames n'avaient rien de sensationnel), avec ses passages obligés (les hommages aux chers disparus et cette année il y avait de quoi faire...) et ses interventions un peu plus... décoiffantes (le clou de la soirée, qui restera dans les annales, est le "strip-tease punk" (re-dixit ce matin Téléramuche) de la grande Corinne Masiero, pour sa remise du César des meilleurs costumes, apparaissant en Peau-d'Âne un peu gore, puis, une fois ôtée la peau de bête, en robe ensanglantée de Carrie au bal du diable, pour terminer, carrément... à poil (oui oui, vraiment toute nue, avec des inscriptions sur le corps que je n'ai pas pu toutes déchiffrer) pour paraphraser l'état dans lequel se retrouvaient désormais les acteurs/trices et les intermittents... Un GRAND MOMENT! J'étais tellement saisi que je n'ai pas pensé à photographier, contrairement au reste de la soirée... D'autres choses furent plus convenues, d'autres encore plus ou moins moyennement drôles ("la" Huppert se tapant un bide d'entrée avec son laïus sur le genre de premier espoir féminin), ritualisées ("pour le son sont..."), attendues, bienvenues (Balibar fut magnifique), jusqu'à bon an mal an la fin de la cérémonie... (Y aura-t-il des films à faire concourir en 2022 ? la "bande-annonce" de tous ceux attendant au portillon était révélatrice : tout ça va sortir quand?)

DSC08166

DSC08140

DSC08138

DSC08134

DSC08132

DSC08126

DSC08122

DSC08121

DSC08116

DSC08111

DSC08081

(on remarquera que Vincent M. n'est pas très raisonnable...)

*

"C’est un matin plein de soleil et de promesses de frichtis dans une rue piétonne de Paris avec un beau marché de plein air et de bonnes affaires à faire pour remplir la cambuse pour toute la semaine. L’homme (jeune) rentre en trombe dans la supérette en face des primeurs. Il lance au taulier qui est à la caisse :"T’as des épinards surgelés ?" L’autre hausse les épaules : "Vas voir au fond, mais je crois qu’on n’en a plus." Le temps que l’on paie notre tube de dentifrice, le chaland revient, dépité : "Non, il n’y en a pas." "C’est pour quoi faire ?" demande gentiment le taulier. "Une pizza aux épinards." "Pourquoi, t’en achète pas des frais ?" propose le caissier. L’homme le regarde ahuri : "Où ?" "Ben en face !" pouffe le taulier, en montrant du doigt les primeurs du marché. Un ange passe. En rangeant nos courses, on ose : "Ça devrait être meilleur avec des épinards frais." L’homme nous scrute comme une poule qui a trouvé un couteau, sous le regard goguenard du caissier. On poursuit : "Vous les faites suer quelques minutes à la poêle avec un peu d’huile d’olive et d’ail." Là, c’est carrément un Scud qui nous attend vu son regard outré quand il grogne : "Qu’est-ce que j’en sais moi, c’est ma femme qui veut des surgelés !"" (Libé / Ca mitonne)

*

WMNV32NAHFEVRJI47D4YRTK6VA

le mots de la fin  : Corinne Masiero  REND NOUS L'ART, JEAN!

*

vozimage

et une jolie photo non créditée sur Téléramuche
à propos de podcasts de femmes me semble-t-il

*

13 mars 2021

poulailler 70

* mon ami Philou qui hier me rappelle que nous nous sommes trouvés ensemble un jour (il y a longtemps) dans une librairie du Boulevard St Germain (La Hune ?) avec Francis Ponge en chair et en os, en train de dédicacer

md22602505810

ce dont je n'ai absolument aucun souvenir...

*

Hier soir j'étais au Grand Rex (virtuel) pour une soirée autour de MULHOLLAND DRIVE de David Lynch (pour ses 20 ans et quelques...) avec projection et discussion, séance qui m'était offerte par la 25ème heure parce que j'avais aimablement répondu à un questionnaire...
J'ai un peu raté le début parce que je n'ai pas vu l'heure passer, et j'ai donc pris le film "en route", avec "la" scène du diner et de la créature qui se cache derrière... j'ai suivi le film jusqu'au bout (j'avais l'impression de le connaître par coeur et pourtant j'allais de surprise en surprise, je me souvenais encore d'avoir assisté à l'avant-première, au Victor Hugo, avec Dominique me semble-t-il, et du sentiment alors éprouvé : la première partie est "linéaire", accessible, compréhensible, jusqu'à l'escamotage dans la scène dite "de la boîte bleue", et du sentiment qu'après on était quasiment dans un autre film, où l'on avait perdu tous nos repères...) et la discussion aussi (avec Axel Cadieux, rédacteur en chef adjoint de SO FILM, à l'occasion de la sortie de leur numéro spécial conscré au film de Lynch, qui a fort bien mené sa barque et su évoquer plein de choses, et notamment confirmé que le film était bien hybride -avant et après le Silencio- sans toutefois fournir trop de clés d'interprétation), jusqu'au bout...

fa5902c9-8cae-4eca-85a1-3681fea7d706

bref une bonne et belle soirée de cinéma... avec (inévitablement) quelques captures d'écran :

Capture d’écran (1895)

Capture d’écran (1894)

Capture d’écran (1892)

Capture d’écran (1890)

Capture d’écran (1889)

Capture d’écran (1888)

*

"Ne jouez pas trop vrai avant que ça le devienne..."
(Mulholland Drive)

 

10 décembre 2020

RCC41

*

Pour être sincère, je ne comprends pas l’emballement médiatique qui se passe actuellement. Nous n’avons reçu aucun signe qui pourrait nous faire croire que le gouvernement pourrait prendre la décision de ne pas ouvrir les cinémas, et je ne vois pas ce qui pourrait venir s’y opposer. Nos interlocuteurs habituels au gouvernement ne nous ont donné aucune info, alors que, pour le couvre-feu, on l’a vu arriver, le confinement précédent aussi. Je ne suis pas épidémiologiste, la seule chose que je sais, c’est que les cinémas sont des lieux sûrs, dans lesquels le protocole sanitaire est bien plus strict que dans les avions par exemple, puisque le masque et la distanciation physique sont obligatoires. Ou alors, ça veut dire qu’on ne déconfine plus du tout au 15 décembre, et c’est toute l’étape du déconfinement qui ne peut avoir lieu, y compris la possibilité de circuler à Noël! Demain, il va y avoir le comité de défense, on va bien voir, mais nous, on ne travaille absolument pas sur un plan B, rien de tout ça n’a été évoqué avec les syndicats. On vient de produire un nouveau petit film publicitaire qui dit "Retournez dans les salles!", et à aucun moment, on. ne nous a dit "Arrêtez tout, il y a un risque que ça ne rouvre plus!"» (Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français 08/12/20)

*

42

effet "retoucher"

*

«Il y a l’amour et les preuves d’amour» : à Créteil, des policiers très remontés contre Macron

1352310-prodlibe-2020-1797-rassemblement-policiers-pref-de-creteil

*

"Brook se souvient: «En cherchant quelque chose d'inattendu qui serait comme un défi à tous les metteurs en scène, j'ai dit: Il y a une pièce que tout le monde connaît et a envie de monter, c'est Hamlet. Et chacun voit bien que le sens de cette pièce est inséparable du fait que l'histoire est lancée par un spectre. Mais quelle apparence lui donner? Les vieilles recettes, tulles, lumières vertes, ne sont plus possibles, qu'est-ce que vous proposez? On a fait toutes sortes d'expériences. Pour l'un, le spectre devait être pur et digne, pour un autre sale et dégoûtant parce qu'il sort de la terre, etc. Le plus convaincant fut quand Yoshi et Sotigui (deux acteurs de Brook, l'un japonais, l'autre burkinabé, ndlr) ont introduit tout simplement dans leur manière de marcher quelque chose d'une autre qualité. En les voyant, tout le monde a senti que l'acteur,­ l'un Africain, l'autre Japonais ­avait, dans sa manière de marcher, une capacité plus forte pour évoquer l'imaginaire que tous les effets extérieurs que l'on pouvait inventer.»

(…)

La boucle se boucle comme par enchantement: Brook ou le mystère de l'évidence. «Il y a finalement deux mises en scène, l'une visible, l'autre invisible, conclut-il en poursuivant un leitmotiv de Gordon Craig. La mise en scène invisible est celle qui se construit peu à peu à l'intérieur de l'ensemble et c'est la mise en scène principale. Cela rejoint ce que disait Matisse citant Renoir: Quand je veux peindre des fleurs, j'arrange soigneusement mon bouquet et puis je passe de l'autre côté pour le peindre. Pour moi, c'est la clef.»."

(deux extraits d'un très bel article (très long, très passionnant) sur Peter Brook et la création de Qui est là, en 1995, exhumé par Libé dans son supplément Culture d'hier,(je ne suis pas certain que le lien fonctionne, peut-être n'est-il valable que pour les "abonnés"...))

*

""Tout peut être amené à changer, à évoluer en fonction de la donnée épidémique (...) Noël n'est pas le nouvel an, et nous devons faire encore sans doute plus attention" mais "je crois au bon sens et à l'esprit de responsabilité des Français", a déclaré pour sa part le ministre de la Santé Olivier Véran sur LCI mardi soir. 

Quant à se faire tester avant le réveillon, ce n'est pas forcément une bonne idée selon lui: "Il y a l'illusion de la protection, quand on est asymptomatique, il y a quand même entre 25 et 30% de tests peuvent être négatifs (...). Vous allez relâcher les mesures de vigilance et de protection"." (actu.orange.fr /7h)

*

"Olivier Véran a laissé entendre que la menace concernait plutôt le Nouvel an. "Noël n'est pas le Nouvel an. Le Nouvel an n'a pas la même portée culturelle dans notre pays, ça reste un moment festif. Mais nous devons faire encore sans doute plus attention parce que le Nouvel an, contrairement à Noël, c'est souvent des fiestas", a-t-il détaillé." (actu.orange.fr/10h)

*

repris un peu pied dans la "vie réelle", en prenant ma voiture deux fois ce jour (et perdant du coup "ma" sacro-sainte place juste en dessous de mes fenêtres), pour aller "en courses" (la totale : Super U, la boulangerie des Haberges, Noz, dans un premier temps, puis Le Grand Leclerc, Tout Occase et Esprit Paysan dans un second), et c'est étrange de se promener dans ce monde pré-hivernal peuplé de chirurgien(ne)s, de doct(oresses)eurs, d'infirmier(e)s, -et de filles et de garçons de salle, la hiérarchie est partout...- comme si le mond eétait devenu un vaste blog opératoire (ou, mieux, complexe hospitalier), avec en fin de journée les mains  cartonnées de toutes ces giclées successives (je ne peux m'empêcher d'avoir alors des images mentales) de gels, aux consistances et textures diverses et variées, et donc, comme d'hab' dans la vie normale, j'ai trouvé en rentrant une place au petit parking de la rue Serpente, et c'est très bien la vie normale comme d'hab'

*

ému en écoutant et regardant Les jeux interdits, la chanson de Jane Birkin, dont le disque Oh pardon tu dormais sortira après-demain...

Capture d’écran (857)

"Étrange cérémonie
Porcelaines échangées mais assassines
Couronnées d’églantines
Cruelles se cavalaient sur la colline
Sécrètes et clandestines"

*

encore un peu de ma jeunesse qui s'enfuit

maxresdefault

Harold Budd est mort aujourd'hui, à 84 ans. Pour beaucoup d'entre vous son nom ne vous dira sans doute rien... Je l'avais découvert au (bienheureux) hasard d'une "Nuit de la Musique Répétitive", sur France-Cu je crois (tiens, en ce temps-là j'écoutais donc la radio ???), qui fut en quelque sorte mon dépucelage musical dans ce domaine-là, des musiques électroniques, minimalistes et/ou répétitives, puisque figuraient dans la même nuit Phil Glass, Steve Reich, et d'autres encore dont j'ai oublié le nom (Nyman ? Galasso ?) qui allaient vite devenir mes copains (enfin, vite... le temps déjà que je trouve leurs disques! -en ce temps-là c'était beaucoup plus compliqué...) Je me souviens que j'avais acheté plusieurs disques de lui lors de mon premier voyage à New-York (j'allais à Tower Records pour échanger mes eurochèques... hihihi). En tapant ce post j'écoute First Light qui est pour moi son morceau le plus emblématique... Les premières notes de piano me transportent illico, et la suite m'émeut toujours autant, jusqu'à cette fin très douce, comme une extinction... (7'06)

*

"Si tout est moyen
Si la vie est un film de rien
ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien..."
(Alain Souchon, Le baiser, qui venait juste après)

*

(deux heures après j'étais encore sur y*utube)

*

 

2 décembre 2020

RCC33

Ouch! Il est sept heures du matin et je viens par accident d'effacer la totalité de cette page!
(enfin, telle qu'elle était hier soir quand je l'ai terminée)
Je vais donc m'employer à la refaire aussi vite que je peux (heureusement il n'y avait pas grand-chose...)

*

le problème sur canalblog c'est que quand on efface, on efface à jamais

*

34

ça c'est l'effet sépia
(temps qui passe, nostalgie, regrets, etc.)

*

et là je vous prévenais que je n'avais pas eu le temps de faire grand-chose sur cette page parce que j'ai passé beaucoup de temps à préparer un calendrier d'avent animé dont chaque page sera publiée aux alentours de midi (à 12h12 pour être précis), et que donc le numéro 1 est paru, hier, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué

*

et je parlais ensuite d'une mort qui m'a attristé : celle d'Anne Sylvestre (elle avait 86 ans)

Je l'ai connue depuis là :

33e0c966cda25aef637cb95580f4b2be

(c'était un disque noir qu'on écoutait au Square...) (alexandrin, tiens)

et jusqu'à la :

anne_sylvestre_c_anne-marie_panigada

c'est à dire pendant longtemps...
c'était juste une grande dame

j'aimais la simplicité et la force de ses textes,
(son engagement pour la cause des femmes)

ceux qui faisaient sourire
et ceux qui faisaient un peu pleurer aussi
ceux pour les petits bien sûr
(les fabulettes, que j'ai fréquentées... professionnellement)
et ceux/celles pour les grand[e]s
que je découvrais de ci de là

même si je ne lui ai pas été fidèle tout le temps
il y avait régulièrement des chansons d'elle qui revenaient
m'accrocher l'oreille

je vous mets une des dernières que j'ai adorée(s?) :

Les calamars à l'harmonica

Quand j'étais mère de famille
Riez pas, les filles, j'ai bien aimé ça !
Quand j'étais mère de famille
J'en ai fait des choses, vous n' le croiriez pas !

J'ai fait du ménage et du repassage
Même quelquefois des lits au carré
J'ai lancé la mode des raccommodages
En forme de fleurs sur des jeans usés

Laver les carreaux, c'était pas mon fort
Mais on y voyait bien assez dehors

Là où j'étais bonne, où j'étais fortiche
C'est pour la cuisine, mais pas celle des richez

Les trente-six façons de cuire les patates
Des gratins de tout et surtout de pâtes
Des soupes de courge et de tapioca
Et des calamars à l'harmonica

La la la…

Quand j'étais mère de famille
Boudez pas, les filles, on n'en est plus là
Quand j'étais mère de famille
J'en ai fait des choses, je les r'ferais pas !

On en tricotait des mètres et des mètres
De pulls en mohair qui grattaient, qui grattaient
Des pulls roses et verts qu'on n'oserait plus mettre
Et des beaux jacquards pris dans "100 idées"

Avec des galons comme s'il en pleuvait
Des robes à volants qui nous envolaient

Là où j'avais pas volé ma cuillère
Dans mes tabliers de satin fermière
Pas besoin du livre de Mathiot Ginette
Je nous cuisinais des ragoûts de restes
Avec du safran et du paprika
Et des calamars à l'harmonica

La la la…

Quand j'étais mère de famille
Souv'nez-vous, les filles, on riait beaucoup
Quand j'étais mère de famille
On manquait de rien, on fabriquait tout

Parfois j'embarquais cinq ou six gamines
Dans la Méhari pour aller danser
Avec les violons chez La Blanche Hermine
Chez les Berrichons taper la bourrée

Elles tourbillonnaient dans leurs jupes en soie
Les petits bonnets tombaient quelquefois

On se ramassait quelques écorchures
En dévalisant les buissons de mûres
Les rosés des prés avec les girolles
Fricassaient gaiement dans mes casseroles
Mais les jours de fête, on faisait grand cas
De mes calamars à l'harmonica

La la la…

Quand j'étais mère de famille
Pleurez pas, les filles, je n' regrette rien
Quand j'étais mère de famille
J'avais pas le temps de lire des bouquins

Puis j'ai découvert des livres de femmes
Je n' savais même pas qu'elles écrivaient
Quoi, c'était pour moi, tout ce beau programme ?
J'avais une tête et je m'en servais

Et pour éviter tous les quolibets
J' m'en allais les lire dans les cabinets

J'ai pas pour autant quitté ma cuisine
Je philosophais parmi mes bassines
Chantais des chansons abolitionnistes
Comme une très méchante féministe
Avec ma voisine j' dansais la polka
Et j' prenais des cours d'harmonica

La la la…

Quant à la recette, ne la cherchez pas
Celle des calamars à l'harmonica

À part dans mon cœur, elle n'existe pas
Celle des calamars à l'harmonica

*

tumblr_4ff4aa10486987710e96605c952f1cfb_c9736013_640

Eric Pessan

*

un feel good

attention "pour public averti" comme dirait Pépin

tumblr_f848ae17e73bda66fdafd6663f58d1cb_5ca0fdf5_400

(j'aime beaucoup le sourire complice au moment du croisement)

*

Et hop! Ni vu ni connu, voilà c'est bouclé!
(direction RCC34!)

*

 

30 novembre 2020

RCC31

*

"La chanson que vous avez honte d’écouter avec plaisir ?
Hung Up de Madonna. Mais dès l’arrivée des basses, j’oublie que j’ai honte : c’est juste irrésistible !" (Laurent Gaudé, Libé)

*

32

*

aujourd'hui il sera question de musique : tout est parti, hier soir, d'un sms de Catherine m'informant de la diffusion sur arte  concert, dans Open Stage, d'un... concert, justement, de JESSICA93 (qui contrairement à ce qu'on pourrait penser est le nom d'un groupe, constitué en plus d'un mec tout seul (Geoffroy Laporte)) que j'avais découvert grâce à Echo System, le 14.10.2016, à Scey-sur-Saône, en double programmation avec GRAND BLANC (à l'origine d'ailleurs, c'est eux que je venais voir...), et qui m'avait complètement soufflé (je le raconte ).
Donc je vais voir ça (c'est annoncé à 20h30 mais ça débutera... un peu plus tard) et après quelques cafouillages webesques, ça y est, ça commence (coïncidence, j'avais justement une Guinness prête, que j'avais déjà ouverte, pas forcément dans ce dessein). Et tout de suite, (même si les conditions sont vraiment différentes), dès les premières notes de guitares distordues, en boucle, je suis happé, (presque) autant que la première fois que je l'ai vu "en vrai" (à la différence que j'étais beaucoup plus entouré, et, que, surtout, c'était BEAUCOUP PLUS FORT : mais là, sur l'ordi,  j'avais beau avoir poussé le son au maximum, je n'arrivais pas à cette sensation de muraille sonique) , alors que ce qu'on voit est anti-spectaculaire au possible : un mec tout seul ("au système plieux développé" ont écrit certains, "avec un look de clodo grunge" ont écrit d'autres, mais bon, comme chantait Sttellla "Tel qu'il est il me plaît..."), seul en scène, avec une guitare et une basse dont il joue en alternance (le seul "jeu de scène" c'est poser l'une pour reprendre l'autre), au sol des pédales d'effet qu'il manipule avec les pieds, un micro, et c'est tout, et les cinquante minutes et quelques (c'est un peu court jeune homme...) passent trop vite, c'est touchant cette sensation -ça l'avait déjà fait il n'y a pas longtemps avec Rodolphe Burgerchounet- d'assister à un concert "en live" où pourtant l'artiste ne peut pas vous voir, on le regarde jouer tout seul, il manque quelqque chose, l'interaction, on a d'ailleurs le sentiment que lui non plus n'a pas forcément l'habitude de jouer en face de personne, d'une salle vide, et des efforts qu'il fait pour gérer ça... Il fait même le coup du "dernier morceau" en arrêtant tout -aussi brutalement qu'il l'avait fait à Scey-, et du rappel qui suit (pour lequel, bonheur, il joue Away, son morceau pour moi le plus emblématique...).
Et puis voilà c'est fini (pour les gens intéressés c'est ). Merci encore Catherine pour ce moment de bonheur sonique!

Capture d’écran (758)

Capture d’écran (755)

Capture d’écran (767)

Capture d’écran (771)

*

(le lendemain matin, la suite, encore en musique)

sur y*utube ce matin je trouve un concert de Jessica93, et on me propose ensuite de regarder les autres vidéo du mix dans celui-ci est inclus (mix conçu spécialement à mon intention me semble-t-il, via des raisonnements algorithmiques...) et moi, curieux, (en plus j'ai le temps c'est dimanche matin, et de reconcon en plus...) je m'exécute...

youtubejessica

 

le premier clip qu'il me proposent, (quelle merveilleuse idée), c'est I LOVE YOU SO, des Thugs, autre groupe français que j'adore, même si je n'ai jamais eu, hélas, l'occasion de les voir en live (et que j'ai découvert il y a longtemps, dans une nuit du métal sur M6 et en vhs, huhuhu c'est dire...)

suivi par S.S.D, un clip de La Femme que je ne connaissais pas, et qui me fascine tellement ce qu'il (re)présente (la nuit les bars la musique la picole les gens ensemble qui font la fête) me semble désormais parfaitement irréaliste et prend valeur de document sociologique, de témoignage, sur "comment c'était avant"...

puis les retrouvailles avec Grand Blanc et SAMEDI LA NUIT

suivi par un morceau que je ne connaissais absolument pas mais qui m'accroche, YOU'RE SO COOL par Jonathan Bree

et d'un autre idem -inconnu au bataillon- (Arne Vinzon pour JE N'ACCROCHE PLUS) mais dont j'adore la vidéo (et cette façon de filmer, par exemple, les traces, les détails, les ombres sur les murs...)

tiens mais c'est DIMANCHE (et c'est de circonstance) le clip des Limiñanas avec Bertrand Belin et le monsieur barbu en costard qui danse (il s'appelle Anton Newcombe)

suivi d'un vieux truc des mêmes Limiñanas, VOTRE CÔTÉ YÉYÉ M'EMMERDE, toujours aussi efficace

et, tiens, coucou  Dominique A qui revisite LE COURAGE DES OISEAUX

et, oh,  re-Les Thugs avec LOVING SON

et oh oh re-The Limiñanas avec ISTANBUL IS SLEEPY (et encore le monsieur barbu qui danse)

and so son...Vous avez compris, ça ne s'arrête jamais (la liste en question semble infinie, et vous présente toujours de nouvelles suggestions, (et j'avais d'ailleurs lu l'interview d'un mec -qui s'était ensuite repenti mais bon le mal était fait- qui avouait qu'il avait été payé pour inventer un truc pour faire passer aux gens le plus de temps possible sur y*utube...).
J'ai arrêté au bout de deux heures (je devais faire cuire mes patates) mais sinon je crois que je pourrais y être encore...

*

deux feel good, c'est bien parce que c'est vous et que c'est dimanche...

tumblr_1da57344dac4ef1052258333c8053080_f8df1afa_500

*

tumblr_74edbd77fe3894b5e629512d9947b7cb_ea5389e9_540

*

tarot à 4

aaaaah (soupir de satisfaction) on a tout de même réussi à la faire, cette fameuse partie virtuelle à 4! et j'ai eu des beaux jeux en plus! expérience à renouveler, donc... (il manque la parole, et les commentaires "en vrai", quand même...)

*

29 octobre 2020

RCC-1

!!!reconcontumblr_2fd332a02a8e3c7e0b82efd417c35560_dcb9452a_1280

reconcon (finement) 1

Ben voilà on y est (plutôt on y rest, du verbe rêtre), on ne l'a pas vraiment vu arriver, enfin pas arriver si vite. Il y a quelques jours encore nous étions gais légers et insouciants, des lucioles dans la nuit d'été, et bam voilà que ça nous tombe sur le coin du museau. On regardait la couleur des départements (ouf pour une foi on n'était pas rouges) histoire de se rassurer, on sentait bien que ça frémissait, que ça se rapprochait, on entendait parler de couvre-feu, d'abord là-bas, très loin, comme une vague rumeur, un ronron, un bruit de guêpes lointain, faut dire que depuis mai, hein, on s'y était habitué, on était ressorti, à petits pas, on avait rangé la cabane et son syndrome au grenier (et au rayon des accessoires), on avait même fait des livres-photos sur le temps du con(con)finement, on avait remisé aussi (au fond de sa poche et avec son mouchoir par dessus) les prédictions -dès mai- de ceux qui jouaient les Cassandre (ainsi les catégorisait-on), en parlant de nouvelle vague (oups, de deuxième vague voulais-je dire), au changement de saison, de "plus dure encore", mais bref, la vie comme dit l'autre avait repris tous ses droits (merci Georges!), enfin, "presque" tous, hein, sérieusement rognés les droits en question, surtout le secteur de la night et de ses environs (spectacles vivants et concerts surtout avaient bien morflé) on avait repris tant bien que mal le chemin du dehors et des autres, histoire de re-vivre, on avait retrouvé des habitudes, le ciné, le fjt, la libre circulation, les spectacles, l'insouciance presque, tout ça en prenant et respectant les nouvelles consignes, et le masque, et le gel, et la distance, en s'y conformant, aux règles de cette nouvelle vie qui essayait désespérément de ressembler à l'ancienne mais qui n'y réussissait pas tout à fait, on faisait comme si, il le fallait bien, et pourtant on sentait bien que les Cassandre gémissaient de plus en plus fort, et les journaux télévisés aussi se mettaient à hululer au diapason, les choses n'allaient pas si bien que ça, les choses n'allaient pas bien, les choses allaient de mal en pis, et c'était bien sûr de la faute des gens, et pas de l'incurie de la gestion de la crise par les hautes instances en escarpins vernis qui nous gouvernent, et on constatait l'impuissance des médecins et des scientifiques et du personnel hospitalier face à cette... chose, cette maladie ce virus machin qu'on ne comprend pas, qu'on n'arrive pas à cerner, et donc alors qu'il y a deux trois jours on évoquait ce fameux couvre-feu à venir (cela semblait inévitable) -Zabetta m'avait prévenu, le tenant de J-Y qui le tenait de la préfecture du Doubs, ce serait couvre-feu pour le Doubs en fin de semaine et couvre-feu pour nous en fin de semaine suivante-, voilà-t-y pas qu'en une journée à peine le mot ("reconcon-finement") est soudain apparu, ex nihilo, d'abord chuchoté infinitésimalement par on ne sait qui puis de plus en plus fort jusqu'à tonitruer partout, à l'unisson, de tous les côtés, alors qu'on ne devrait -en principe- être prévenus que ce soir par Son Eminence...
Reconcon! Reconcon! Bon, allez, on y retourne!
(C'est drôle, quand même, il me semble que, quand j'ai dit à Dominique, il y a deux jours que "j'aurais du mal à supporter un nouveau confinement", tout ça me semblait à des années-lumières... Ben faut croire que non, puisqu'on y est...)

24 janvier 2019

du genou

011
LA PRIERE
de Cédric Khan

Le titre et l'affiche m'avaient, à sa sortie, c'est vrai, dissuadé d'y aller, à cause de la viscérale méfiance que j'éprouve envers tout ce qui ressemble à ce que je nomme "les bondieuseries", mais il y a comme ça, tous les ans, lors du Festival Téléramuche, un miracle, un film auquel je donne une deuxième chance, un film envers lequel j'ai l'occasion de me racheter (introduction biblique à souhait, raccord avec le film, à dessein).
Cette année, c'était le seul que je n'avais pas vu, et ça m'a donc fait une bonne raison supplémentaire d'y aller. Au début, justement, il est question d'un jeune homme (au visage à la fois dur et poupin), somnolant dans un bus, qui va quelque part, on apprendra très vite qu'il s'agit d'un centre de rééducation pour toxicomanes, un centre "à la dure", sans médicaments ni médecins, dirigé par un prêtre, où, selon le programme qu'on lui annonce, le sevrage se fera grâce au travail, à la prière, et à la camaraderie. Ouch! Les débuts en effet  sont plutôt durs pour lui. Une communauté d'hommes, tous anciens drogués ou alcooliques (chacun son addiction), qui vivent selon les règles strictes qu'ils se sont fixées, (bref un genre de monastère mais sans les robes de bure ni la tonsure), règles que Thomas aura dans un premier temps énormément de mal à accepter, tant il est rempli d'une fureur mal contenue, toujours prête à exploser, envers chacun des autres, mais aussi envers lui-même.
Le film est aussi passionnant que les décors naturels où le réalisateur a placé son histoire sont impressionnants (la montagne, ici, est magnifique) et Cédric Khan a le mérite de filmer cette histoire simple de façon tout aussi simple, directe, brutale presque parfois pourrait-on dire. Où tout ne se passera pas, finalement comme, en spectateur malin, on avait cru l'anticiper. Et toc! L'évolution du personnage de Thomas est touchante (et il faut souligner à quel point le jeune Anthony Bajon qui l'incarne y est exceptionnel, et a bien mérité son prix d'interprétation à Berlin...) parce qu'elle se fait à hauteur d'homme, et avec les moyens du bord (ici les prières, les chants, les psaumes, la foi, Dieu, tout ça...).
Un bus qui arrive au début du film, un bus qui repart à la fin, avec le même jeune homme dedans, mais dont l'itinéraire est beaucoup plus complexe que ce que pourrait suggérer cet aller-retour. Les bondieuseries que j'appréhendais sont bien là (on prie souvent, et in extenso) mais Cedric Khan les film à la juste distance, soulignant de quelle façon la prière, les chants religieux, la liturgie, relèvent de la pose, du décorum (cet aspect-là m'a beaucoup plu), tandis que ce qui relève de la foi (qui aurait à mon avis été un titre plus judicieux, mais sans doute encore moins vendeur) est strictement à usage interne, difficile à montrer comme à quantifier.
Je ne suis pas croyant, mais j'ai été très touché par ce personnage de Thomas, et je remercie une nouvelle fois le Festival Téléramuche pour cette belle découverte.

0253908

 

 

22 janvier 2019

pendule-éléphant

010
LA DERNIERE FOLIE DE CLAIRE DARLING
de Julie Bertuccelli

Hasards de l'actualité (en guise de préambule) : le personnage du film, Claire Darling (jouée par Catherine Deneuve), vide sa maison et vend toutes ses affaires en provoquant un certain émoi ds le village, et voilà que Catherine Deneuve, en vrai, provoque l'émoi de la webosphère en organisant une vente aux enchères de 250 de ses robes YSL parce que les gens se demandent qu'est-ce qu'elle va faire de tout cet argent... (elle a d'ailleurs très vite réagi -sainement- en répondant "je fais ce que je veux de mon argent...")
Claire Darling, donc, s'est réveillée un matin en entendant une voix (on apprendra plus tard que c'est celle de Dieu, pas moins) qui lui annonce que c'est son dernier jour (nous on ne l'entend pas, cette voix, c'est bien) et décide donc de vider sa maison (qui est très encombrée, autant de bibelots de trucs et de machins que de souvenirs) en organisant un vide-grenier dans sa cour (qui est de taille à accueillir tout ce bric-à-brac) et ce déballage est un prétexte pour raconter -pour reconstituer- l'histoire familiale de Claire (et, notamment, celle de sa fille Marie, jouée par la propre fille de Catherine, Chiara Mastroianni) par bribes et fragments (on aura la mère et la fille aujourd'hui, mais aussi hier, et même avant-hier) en suivant quelques objets emblématique, notamment un automate, une pendule, une bague, générateurs de flash-backs...
Un joli film, nostalgique, un peu encombré (à l'image de la maison familiale de C.D tiens c'est rigolo elle a les mêmes initiales que son interprète) mais jamais déplaisant à regarder (on est content d'y retrouver Laure Calamy, Alice Taglioni, Samir Guesmi...) et dont on sort avec, tiens, un léger vague-à-l'âme (le bandonéon ça me fait toujours cet effet-là...)
Avant-première au Festival Téléramuche : merci le Festival!

4411491

 

23 décembre 2018

canne-épée

173
LES LARMES DU CLOWN
de  Victor Sjöström

Un ciné-concert au théâtre (une fois ici n'est pas coutume). Un film de Victor Sjöström (qui là, au générique, s'appelle Seastrom), qui a eu récemment les honneurs d'un autre ciné-concert à Besac pour un aautre de ses films, Le vent. Un film de 1924 dont le titre original est He who gets slapped ("celui qui reçoit des gifles") et dont le personnage-titre est interprété par Lon Chaney ("l'homme au mille visages").
Un bon drame de derrière les fagots avec un scientifique  spolié du résultat de ses travaux par un baron sans scrupules à cause d'une femme perfide qui survit au déshonneur en se déguisant en clown qui reçoit des gifles, jusqu'à ce que le baron réapparaisse un soir dans le public du cinéma et que les choses aillent de mal en pis. A la fin,il meurt en scène dans les bras de la femme qu'il aime (mais qui ne l'aime pas) en lui disant qu'il meur heureux. Et Yop la boum...
Le film est ciné-concertisé en live par Gaël Mevel, Jacques Di Donato et  Thierry Waziniak  (un clarinettiste, un pianise/bandoneoniste et un batteur) qui ont composé une éémouvante partition. Belle et triste. Comme le film.
Le bandonéon de la scène finale tirerait des larmes à une pierre. Le film s'achève, et les trois musiciens continuent encore un peu de jouer, prenant le temps pour s'arrêter, jusqu'à l'expiration, jusqu'au silence.
"C'est beau mais c'est triste..."

Larmes_de_clown

l'affiche originale

631031_les-larmes-du-clown-cine-concert_233434

le ciné-concert (pas chez nous)

article-les-larmes-du-clown

la fin du film

 

5 décembre 2018

Fårö (prononcez : [foːrøː])

165
A LA RECHERCHE D'INGMAR BERGMAN
de Margarethe Von Trotta

Un film agréable, plaisant.
Instructif & pédagogique.
Qui aurait pu s'intituler Margarethe Von Trotta à la recherche d'Ingmar Bergman, tant la réalisatrice n'hésite pas à s'y montrer, s'y mettre en scène (et même s'y complimenter - à juste raison, son film Les années de plomb figure dans la liste des 10 films préférés du Maître, et elle ne se prive donc pas de nous le faire savoir...-)
J'y ai réalisé que si j'en connaissais bien les titres et les images (et les actrices) j'avais, en réalité très peu vu de films d'Ingmarchounet. Et, pas de bol, le premier que j'ai vu (sur, me semble-t-il me souvenir, sur les conseils de ma chère soeurette) et qui m'avait fort impressionné, Cris et chuchotements, n'est même pas mentionné...
Le film est bien construit, bien documenté, alternants extraits de films, entretiens (d'archives) avec le Maître, et échanges (causettes) avec différent(e)s intervenant(e)s : ses actrices, bien évidemment, ses enfants, aussi, et même quelques réalisateurs/trices français (Mia Hansen-Lowe et un Olivier Assayas spécialement frétillant et enthousiaste).
On y apprend des choses, on ne s'ennuie pas, et ça m'en a confirmé une (de chose) : que le cinéma de Bergman est bien quand même un cinéma chiant sérieux qui m'est resté un peu étranger (qui ne me convient pas forcément), mais que je devrais sans doute faire un effort quand même aussi pour le découvrir avant de mourir... (ce qui me laisse tout de même du temps)

Et ça m'a rappelé que je dev(r)ais depuis un certain temps regarder la version longue de Fanny et Alexandre, qui était un film que Thierry G. adorait (et que je crois avoir réussi à me procurer, mais que j'ai stocké je ne sais plus trop où...)

Et donc c'est ainsi que s'est terminé Le Mois du Doc dans le bôô cinéma, dans une salle où, ironiquement, nous étions deux : Hervé et moi (et nous nous sommes mutuellement avoués, à la sortie, y avoir un peu piqué du nez tous les deux, mais ce n'était pas du tout de la faute du film ou de la réalisatrice, juste de la notre...)

1921274

17 octobre 2018

assis sur le toit de la voiture

124
DOVLATOV
d'Alexei Guerman Jr

Je suis penaud : j'ai terriblement dormi, et ai donc manqué (par petites tranches) au moins les deux-cinquièmes du film (pour ne pas dire la moitié) donc c'est difficile d'être objectif pour le chroniquer. Dovlatov est un "vrai" écrivain soviétique (même s'il est inconnu par chez nous, comme on dit ici) et le film raconte quelques jours de sa vie, en 1971 (au moment, comme il le dit lui-même, en voix-off, "du re-gel, juste après le dégel"). Dovlatov écrit et veut publier, mais le "pouvoir" non seulement ne le lui permet pas, mais fait comme s'il n'existait pas (comme on le lui dit au début "si tu n'as pas ta carte, tu ne seras jamais publié...") et donc Dovlatov fait ce qu'il peut pour vivre.
On suit donc quelques jours de sa vie, filmés en amples plans-séquences (j'étais étonné de découvrir que le film était en couleurs) aux couleurs un peu passées, un peu fanées, comme dans un salon un peu vieillot où la poussière au fil des ans se serait accumulée et donnerait envie d'éternuer. La reconstitution est très soignée, les plans-séquences très chorégraphiés (calligraphiés) et le personnage de Dovlatov est attachant (et encore plus via l'incarnation qu'en donne Artur Beschastny, toute en rondeur bonhomme, en apparence tout du moins) voilà donc a priori réunis tous les ingrédients nécessaires pour faire un bon biopic, destructuré juste ce qu'il faut et hagiographique juste ce qu'il faut aussi...
Mais bon voilà, j'ai dormi et je le regrette.

0779795

12 octobre 2018

sous l'eau

122
VOYEZ COMME ON DANSE
de Michel Blanc

Il y a 16 ans (déjà, oui, 2002...) Michel Blanc réalisait Embrassez qui vous voudrez, film choral (d'après Joseph Connolly) avec (notamment) Charlotte Rampling, Karin Viard, Carole Bouquet, Jacques Dutronc, Michel Blanc, et voici qu'aujourd'hui il nous présente Voyez comme on danse (qui vient de la même chanson enfantine), film choral, encore d'après Joseph Connolly, avec (encore notamment)  Charlotte Rampling, Karin Viard, Carole Bouquet, Jacques Dutronc, Michel Blanc, qui retrouvent leurs personnages d'antan, seize ans après. Il s'agit des adaptations de Vacances Anglaises et de sa suite N'oublie pas mes petits souliers*. On retrouve donc les mêmes personnages (mais bon, seize ans après, on a un peu tout oublié...) avec, quand même, des petits nouveaux, notamment Jean-Paul Rouve et William Lebghil (qu'on commence à voir de plus en plus, ce qui me ravit car c'est un jeune acteur que j'apprécie depuis déjà un certain temps - Jacky au royaume des filles, Cherchez la femme, Première année-, que je trouve toujours aussi bon -acteur, je veux dire-, et qui sera d'aileurs au générique des prochains Sébastien Betbeder et Benoît Forgeard / mais bon il ne faudrait pas non plus qu'on se mette à le voir trop, le syndrome Vincent Lacoste, par exemple...).
J'avoue n'avoir aucun souvenir du précédent Embrassez qui vous voulez, mais je trouve Michel Blanc sympathique et plaisant une fois extrait de sa gangue du Splendid et des Bronzés (ce qu'il a d'ailleurs très bien su négocier : Monsieur Hire ou Tenue de Soirée en tant qu'acteur, ou Grosse fatigue / Mauvaisse passe en tant qu réalisateur).
La bande-annonce annonçait du beau linge et des dialogues acérés, et le film (vu hier soir en avant-première avec Isachounette et un ticket orange) tient ses promesses : c'est une comédie chorale, familiale, aux dialogues hyper-écrits (et qui font mouche, Blanc est aussi dialoguiste), aux personnages gentiment foldingues (ou plus ou moins agités du bocal), aux situations attendues mais efficaces elles aussi, bref pour moi ça fonctionne, j'ai ri/souri souvent, et c'est le principal. Car c'est bien ce qu'on lui demandait au film, hein : l'action des zygomatiques. Promesse tenue. C'est réglé comme du papier à musique, les situations s'enchaînent sans temps morts, les rebondissements, les révélations, les coups de théâtre, les catastrophes, les contre-révélations... J'ai passé un très bon moment (même si Isa à la fin ne semblait pas tout à fait aussi enthousiaste ; je lui ai soufflé "C'est parce que c'est un film de vieux...").
Oui, quand on décortique un peu, c'est construit -impeccablement- (on peut parler de mécanique) comme du Feydeau ou du Labiche, à la sauce 21ème siècle (les photos sur les portables remplacent les amants dans les placards). Les portes claquent, rien de nouveau sous le soleil de la dramaturgie conjugale cinématographique, mais bon  tous les acteurs ont tellement l'impression d'être contents d'être là, qu'ils donnent à leurs personnages la capacité d'exister à coeur joie.
Et quel bonheur aussi pour le spectateur d'assister à une "comédie française" qui ne soit ni basse de plafond, ni xénophobe, ni misogyne, ni racoleuse, ni cruchasse, ni débilisante, ni... (je pourrais continuer encore un moment comme ça, et j'ai quelques titres de films en tête que je prendrai bien soin de ne pas citer tant je refuse de leur faire la moindre publicité...). Bref un film de divertissement (qui, c'est sûr, ne révolutionnera  pas la grammaire filmique, mais restons simples) et dont on peut sortir la tête haute.
Mission remplie, zygomatiques dérouillés. et cerveau pas en berne, que demander d'autre? Etre indulgent, peut-être (vu la tonalité des critiques que je viens de lire. A Libé, par exemple, ils devraient se calmer, et, je ne sais pas moi..., tiens, prendre un bon bain de siège à l'eau glacée...)
Bon, ceci dit, il y a un tout petit truc qui me gêne, c'est le personnage du fils de Karin Viard, inexplicablement lisse et parfait, à propos duquel j'ai attendu, jusqu'à la toute fin, un révélation un peu croustillante, ou, du moins, une réponse aux questions qui restent en suspens...

1810259

 

* Plates excuses : je viens de lire qu'en réalité les personnages de ce film-ci sont juste des personnages de Joseph Connolly, mais que les pérpéties scénaristiques ne sont que du Michel Blanc, et ne sont, donc, l'adaptation d'aucun bouquin que ce soit

 

 

23 septembre 2018

camion-poubelle à cinq heures du mat

112
TULLY
de Jason Reitman

Un joli film. Très joli, même. Une histoire de famille, de bébé(e), de maman fatiguée. Chauffe-biberon, tire-lait, couches à changer, babyphone. Très exotique pour moi, donc. Maman surmenée, sur les rotules (en plus du bébé qui vient d'arriver, il y a deux autres enfants, dont un garçon "adorable mais particulier" (lovely but corky) et la pauvre n'en peut plus mais alors plus) à qui son frère offre une "nounou de nuit" qu'elle finit par accepter. Se pointe alors, un soir, une jeunette blonde, Tully, qui va prendre les choses en main et s'occuper, non seulement du bébé mais aussi de la maman.
L'histoire est simple, les dialogues délicieusement acerbes, le déroulement tranquille et plutôt attendu (les deux femmes sympathisent, malgré leur différence d'âge, la maman reprend figure humaine, et recommence progressivement à ressembler à la Charlize Theron qu'on voit d'habitude dans les films, glamour blondeur et tout) jusqu'à ce que.

(un blanc)

Le réalisateur nous prend par surprise (personne, parmi les gens que je connais, n'avait vu "ça" venir, et, youp la boum encore mieux, pour une fois aucun(e) critique n'avait vendu la mèche), avec un rebondissement scénaristique presque final qui remet les choses en perspective et modifie le point de vue du spectateur sur ce qui vient de lui être raconté. Et on ne l'en aime que plus, du coup.
(J'avoue que je me suis décidé le dernier jour à la dernière séance, et ce qui a pesé dans la balance c'était la blondeur et la voix de la comédienne qui incarne Tully  (Mackenzie Davis) "I'm Tully and I'm here to take care of you...")
Et le réalisateur aussi a su prendre soin de nous..

4397667

(l'affiche est assez laide, tout de même, non ?)

3 septembre 2018

comme des conquérants

099
L'ÎLE AU TRÉSOR
de Guillaume Brac

Guillaume Brac, ici, on a pour lui un certaine et indiscutable tendresse. Et pas seulement parce qu'il a eu la bonne idée de tourner (et de re-tourner) avec Vincenchounet Macaigne d'amour (Un monde sans femmes, Tonnerre). Et voilà que de lui cet été sortent coup sur coup deux films, un documentaire (celui-ci) et unlong court (fait de trois petits films) la semaine suivante, Contes de Juillet.
Nous les avons programmés dans le bôô cinéma en respectant la chronologie des sorties.
L'île au trésor est la chronique d'une base de loisirs (celle de Cergy-Pontoise), et la démarche de Guillaume Brac pour nous la faire découvrir m'a  évoqué celle de Claire Simon, arpentant son superbe Bois dont les rêves sont faits. Là-bas c'était les arbres, ici ça serait plutôt l'eau...
Une approche sensible, plurielle, d'un lieu, et de toutes les facettes qu'on peut utiliser pour l'aborder : les gens, les lieux, les visiteurs, les institutionnels : ainsi, il est dans un premier temps beaucoup question de resquiller (comment passer sans payer, tromper les gardiens, négocier le tarif d'entrée)  le réalisateur nous fait pénétrer dans son film un peu par effraction, comme les fraudeurs dont il décrit les stratagèmes. Une fois dans les lieux, on continue le même jeu :  faire ce qu'il n'est pas forcément permis de faire, aller où on n'a pas forcément le droit d'aller, bref les mille et une façons de jouer avec les règlements, les tarifs et les impératifs commerciaux, et on le verra de chacun des points de vue (en gros, ceux qui attaquent et ceux qui défendent).
Et justement, au début, on voit surtout des ados, pour qui cet espace est le terrain de jeux (on y revient) idéal : truander, s'affirmer, rouler des mécaniques, s'affronter, ransgresser, mais aussi (et surtout ?) draguouiller, déployer tout l'attirail de la parade amoureuse, bref, grandir.
C'est ensoleillé, rieur, estival, et profondément attachant. Guillaume Brac reste très près des gens (comme quand il filmait Vincent Macaigne sur la plage) et réalise un film attentif et tendre. Affectueux.
Un documentaire précieux, gracieux. Délicieux.

2097466

15 août 2018

le baiser de la chouette

094
096

UNDER THE SILVER LAKE
de David Robert Mitchell

Un film pop*.
Comme dans Tout est pop, d'Alain Chamfort (oui oui, j'assume mes références). Décidément, ces derniers temps,  au cinéma ça déménage, entre Le ciel étoilé au-dessus de ma tête, A genoux les gars, Le poirier sauvage, et How to talk to girls at parties, vu avant celui-ci, ça fait fort et ça part dans tous les sens! Pschhhttt! Un vrai feu d'artifice!
D'autant plus que celui-ci (le film) n'est pas sans présenter quelques ressemblances avec le précédent : un jeune homme amoureux d'une blondinette, de la musique plus ou moins furieuse, un auteur de comics, du show-bizz et du mystère. Rappelons que le réalisateur est aussi celui du très très aimé It follows vu il y a trois ans (et qu'il a aussi un nom en trois parties que je n'arrive pas à mémoriser).
Le jeune amoureux (et l'une des raisons, pour moi, de voir le film), c'est Andrew Garfield (dont je me suis amouraché depuis Boy A -2001- , mais qui m'a séduit à jamais pour son rôle de Bobby dans Never let me go, dont je ne répéterai jamais assez combien ce film est sublime). Là, c'est Sam, un jeune branleur (il a désormais passé la trentaine) qui vit à Los Angeles dans un appart dont on lui réclame sans cesse le loyer, sans qu'on ne le voie jamais rien faire qui ressemble à un travail quelconque, et s'occupe surtout à mater ses voisines avec des jumelles.
On voit défiler, au démarrage du film, en plus du grand zoo humain de L.A, toute une série d'animaux, un perroquet dont on ne sait pas ce qu'il dit, un caniche câlin, un écureuil suicidaire, un putois farceur... Le film s'ouvre comme un genre de cabinet de curiosités. Il faut regarder partout, être attentif, ne rien manquer. Il y aura, par la suite d'autres animaux déterminants : une chouette inquiétante, un coyote indicateur...
Ça regorge de détails de citations de clins d'oeil de messages plus ou moins sibyllins, et ça tombe bien puisque c'est tout à fait le thème du film : la blondinette a disparu et l'appartement a été vidé pendant la nuit, ne reste plus qu'un signe cabalistique tracé sur le mur, point de départ du jeu de pistes auquel va se livrer notre héros.
A partir de ce simple signe (deux carrés accolés par un sommet) Sam va mener l'enquête sur la piste d'un pirate, puis de jeunes actrices qui jouent les escort girls, rencontrer un auteur de comics spécialiste de la théorie du complot et autres joyeusetés, le groupe musical Jesus et les femmes de Dracula, comme en suivant l'échiquier d'un jeu de l'oie (j'avais écrit de joie, et c'est bien l'effet que le film procure) très lynchien, avec ses bonifications et ses pénalités ("allez directement à la case machin", "passez un tour", "reculez de trois cases") auquel notre Sam se plie de bonne grâce, tout tendu qu'il est vers la dernière case, celle où il retrouverait la blondinette...
On se régale. On ne comprend pas tout, mais ça fait, justement, partie du jeu... De la même façon que, dans How to talk to grils at parties, la partie alien me semblait légèrement inférieure à la partie punk, ici, c'est un peu pareil, la dernière partie un peu new-age machin me semble légèrement moins à la hauteur que le reste... Moins perchée, quoi.
Mais c'est quand même du grand grand plaisir cinématographique, hein, et il serait vraiment dommage de s'en priver. par ces temps de fortes chaleurs inconsidérées, Under the Silver Lake est comme un dessert rafraîchissant, un sorbet aux saveurs plurielles et aux couleurs idem.
"Goûtez-moi..." nous dit-il, comme le champignon d'Alice...

0800062

 ... Et on y revient!
J'ai revu le film quelques jours après, lors d'une journée-ciné intensive, et j'y ai re-pris autant de plaisir.

11 décembre 2019

microbes

200
LES MISÉRABLES
de Ladj Ly

j'en remets juste une petite couche, parce que j'y suis retourné avec Emma (encore une séance de l'après-midi, sans pub aucune, ce qui fait que vous avez grandement intérêt à arriver à l'heure!), et j'étais surpris -et bien sûr, énervé, de voir que j'en avais, la première fois, raté sept minutes.
Sept minutes! Et le film, du coup, n'était plus tout à fait le même. J'ai raté cette séquence d'ouverture (et de générique) d'euphorie footballistique, qui, croit-on, va donner le ton (donner le la) pour la suite alors que c'est justement l'effet inverse (il n'y a qu'à repenser aux dernières images de la dernière séquence), j'ai raté l'arrivée du personnage de Damien Bonnard, son premier contact avec ses co-équipiers, et je n'avais fait qu'entrevoir Ihssa, en entrant dans le commissariat, où son père est en train de lui hurler dessus parcequ'il avait volé des poulets... pour moi le film démarrait, grosso-modo, avec "la" scène avec la Balibar (balibarissime et pourtant ultra-crédible en commissaire).
Et j'avais beau connaître tout le déroulement du film, je n'ai pas pu m'empêcher d'être aussi stressé que lors du premier visionnement, tellement cette machine narrative est efficace (un vrai char d'assaut, finalement), et encore plus peut-être parce que j'entendais Emma réagir à côté de moi, et je savais ce qui allait suivre...

Un grand film, je le redis. dont on vient d'apprendre qu'il allait représenter la France aux Oscars (et auquel je prédis un destin de multi-récompensé aux prochains César..)

2459655

les "microbes"...

13 décembre 2019

mère des arts

203
SÉRÉNADE A TROIS
de Ernst Lubitsch

Les hasards de la programmation ont fait que ce film était programmé à 16h, j'avais donc juste le temps de m'y rendre, juste après la séance de LE BEL ÉTÉ... Ce qu'on pourrait appeler un chaud-et-froid cinématographique, tant le contraste entre les deux films était saisissant...
Je ne l'avais pas revu depuis extrêmement logntemps (sans doute une quarantaine d'années! C'est ma copine Freddy qui m'y avait emmené, alors que j'étais venu la voir à Paris, et je me souvenais juste que j'avais adoré ça, mais sans me souvenir de grand-chose de plus...) et j'avais très envie de. J'avais même noté l'horaire de la séance sur mon agenda, et, donc, j'étais dans mes petits souliers de cinéphile impatient...
En plus on a eu droit à la présentation d'un film par un sympathique monsieur, dont j'ai eu peur qu'il n'en raconte trop (et tout par le menu) mais qui intelligemment a su s'arrêter à temps et fort à propos. Du film je ne me souvenais que de la scène du début, qui se passe dans un compartiment de chemin de fer (français!) et constitue la "mise en route" du trio magnifique du film. Une demoiselle (Miriam Hopkins) et deux messieurs (Gray Cooper et Frederic March). Un trio au début qui se finira en ménage à trois (à prononcer avec l'accent américain et un air gourmand -et entendu-). Un auetrur de pièces de théâtre (qui ne se jouent pas) et un peintre (auteur de tableaux qui ne se vendent pas) sont co-locataires d'un galetas, dans un Paris d'opérette. La demoiselle est dessinatrice publicitaire, pleine de pétulance, d'énergie, et d'effronterie, suffisamment culottée pour prendre en main le sort de ses camarades et les sortir de la mouise chacun à son tour. Gilda aime Georges et Tom, d'abord alternativement, puis tous les deux ensemble (ils se sont rencontrés dans un train, et c'est en voiture qu'ils repartiront tous les trois vers un avenir amoureusement radieux...
Le film est on ne peut plus lubitschien (champagne!), d'autant plus qu'il a été réalisé, et a pu sortir, juste avant la mise en place du trè puritain (et faux-cul) code Hays, qui allait museler pendant des lustres la soi-disant "immoralité" des films, et règlementer (régimenter) ce qu'on pouvait montrer et ce qu'on ne pouvait pas. le ton est donc libre, et Lubitsch se permet tout ou presque, notamment dans les dialogues et les situations.
J'y ai pris extrêmement de plaisir -et retrouvé du coup provisoirement un peu de ma jeunesse enfuie...-

0231092


Une excellente -et copieuse- critique du film, avec plein de photos, est disponible ici.

13 janvier 2020

cassate

001
LA VÉRITÉ
de Hirokazu Kore-Eda

On aura beau dire ce qu'on voudra, c'est toujours un plaisir de voir un film avec "la Mère Deneuve" (c'est comme ça qu'on dit par ici). Ca tombe bien, elle en joue justement une, ici. (De mère, vous suivez ?). Celle de Juilette Binoche, oui,  Et une autre encore, dans le même temps, dans le film qu'elle est en train de tourner, ("Souvenirs sur ma mère").
Ca tombe bien,  mieux même, j'adore les films où il y a un film dans le film (La nuit américaine, La Patinoire,L'Etat des Choses, Irma Vep...). Surtout, comme ici, quand le réalisateur est Mister Kore-Eda (Maborosi (1995), After Life (1998), Still Walking (2008), I wish (2012)),  jalonnant à intervalles réguliers de ses petits cailloux (bijoux) le chemin de ma mémoire cinéphile.
Ici on pourra objecter (les âmes chagrines et les facheux) que ce n'est "pas tout à fait" un film de Kore-Eda, puisque nous ne sommes pas au Japon mais en France (comme quand Kiarostami avait quitté l'Iran pour venir tourner en Italie, avec, tiens, justement déjà Juliette Binoche (Copie Conforme, 2010)), et, qu'au début du film, justement, on se sent vraiment dans un film franco-français-cocorico et qu'un oeil non averti pourrait avoir du mal à se rendre compte que le réalisateur est japonais, surtout qu'on y voit Catherine Deneuve, qu'on a rarement vue sur tatami ou en kimono...
Deneuve qui dépote dès le début, interprétant une vieille actrice une actrice d'un certain âge, Fabienne, -mais une vraie star- qui parle aussi sec qu'elle boit et qu'elle fume, un genre de mégère non apprivoisée, de gorgone blonde en manteau panthère, de Tatie Danielle (en plus jeune) , aux yeux de laquelle personne ne trouve grâce, à part elle-même.
Sa fille Lumir (qui est scénariste, ceci aura une certaine importance pour la suite) est venue de New-York, avec son mari et sa fille, pour lui rendre visite à l'occasion de la sortie de son livre de souvenirs. Où elle raconte sa version de sa vie. Souvenirs souvenirs, sans doute, mais tout n'est pas rose ni agréable dans les rapports entre les deux femmes... D'autant plus que Fabienne est en plein tournage d'un film (nommé Souvenirs sur ma mère), mettant en scène les rapports d'une fille et de sa mère, tournage auquel Lumir assiste, et, voilà, tout est en place pour un récit à plusieurs étages (comme la grande maison qu'occupe Fabienne ("It looks like a castle...") ) et à tout autant de niveaux de lecture(s). Mère(s) et fille(s) à tous les étages. Et toutes sont parfaites.
Mais il s'agit d'un réalisateur japonais, et donc tout est bien plus délicieusement feutré et retenu que cela aurait pu l'être avec un réal' occidental... Des comptes se règlent, mais à griffes rentrées. En tout bien tout honneur (et parfois en toute mauvaise foi aussi...)
Il s'agit d'un film de femmes, d'un film d'actrices (les vraies, qui jouent, et les personnages qu'elles interprètent), et les coqs, dans ce poulailler-là, font un peu de la figuration (avec une certaine prestance il faut le reconnaître).
J'ai passé un très agréable moment. Même si, comme dit Fabienne Deneuve à son mari qui se pique de cuisine italienne et a préparé ce jour-là une cassate pour le dessert "Je préfère ton tiramisu...".
(Sans doute est-ce une position d'excessivement puriste que de préférer qu'un réalisateur japonais fasse des films au Japon en japonais avec des acteurs japonais ?)

1794989

 

 

Recette de la cassate

Pour le gâteau :

- Ricotta de brebis – 800 g (ça, ça serait Catherine D.)
- Génoise – 500 g (ça, ça serait Juliette B.)
- Sucre glace – 280 g (ça, ça serait Manon Clavel)
- Chocolat noir – 100 g de pépites (ça, ça serait Clémentine Grenier, la fillette)
- Oranges confites – 50 g (facultatif) (ça, ça serait Ludivine S.)

Pour le trempage de la génoise :

- Eau – 150 ml (ça ça serait la distribution mâle du film)
- Citrons – 1 zeste (idem)
- Sucre – 50 g (idem)
- Marasquin (ou autre liqueur) – 5 cl (idem)

Pour le glaçage fondant :

- Sucre glace – 350 g (ça, ça serait le film dans le film)
- Eau – à discrétion (ça, ça serait le film)

 

 

 

 

 

8 avril 2018

bébés (ou pas)

047
COLOMBIENNES
programme de courts-métrages

Semaine Latino 7.6 : Colombi
Cinq courts-métrages, donc, tout à fait dans ce qui fut l'humeur moyenne de cette programmation : tristounette! Comme le nom du programme l'indique, cinq portraits de personnages féminins dont la spécifité est d'être colombienne(s) : une fillette que sa mère envoie chercher de l'eau ""au ruisseau, pas à la mare" (dans Camino del Agua), une adolescente qui hésite à se remettre en couple (pour la nième fois) avec son copain qui l'aime mais qui la trompe gaillardement (Solecito), une autre, (hébergée chez sa tante, amatrice de grande musique) qui hésite à garder le bébé qu'elle porte (Flores), une autre qui a déjà accouché mais a bien du mal à savoir où est le papa (et ce qu'il a fait la nuit dernière) et le cherche un peu partout (Leidi, palme d'or du court-métrage, tout de même), et, enfin, une mère qui n'est carrément pas là puisqu'elle a émigré en Espagne, en laissant son jeune fils aux soins de son ex-mari (Rio).
Bref un joli programme, et une sympathique façon -pour moi- de clore cette 7ème Semaine Latino par un genre de bouquet. Couleurs variées, certes, mais avec une certaine -et incontestable- amertume comme point commun. Comme Manue a résumé "Ca n'est pas rigolo d'être colombienne aujourd'hui!"

1150573
l'affiche est joliette je trouve
(ce programme a été composé et diffusé par l'Agence du Court-Métrage, à l'occasion de l'Année de la Colombie)

2 mai 2018

personne n'est personne

057
LA BELLE ET LA BELLE
de Sophie Fillières

Il y a des films attendus plus que d'autres... un test : après en avoir vu soixante fois (au moins) la bande-annonce dans le bôô cinéma, j'en avais toujours autant envie (et elle me plaisait toujours autant...). Sandrine Kiberlain et Agathe Bonizer, il faut dire, et que je n'ai jamais vues, l'une comme l'autre, aussi splendidement chevelues (la réalisatrice parvient à fétichiser cet aspect-là, en ce qui me concerne du moins). Et puis un Hervé particulièrement enthousiaste depuis qu'il nous l'avait recommandé, il y a longtemps ((il voit les films très en amont, lui-aussi a de l'entregent...). et puis (surtout, peut-être) un pitch comme je les adore : une Margaux se rencontre elle-même, à 20 ans d'intervalle : la Margaux 1.0 fait la connaissance d'elle-même (Margaux version 2.0). Ce qu'elle sera rencontre ce qu'elle fut (à moins que ce ne soit le contraire). Si on peut dire de certains films qu'ils n'ont pas lieu d'être, on pourrait dire de celui-ci qu'il n' a pas temps d'être. Et ce pitch délicieusement tiré par les cheveux (qu'elles ont, je le répère, splendides) fait loufoquement tout notre bonheur. Comme celui de Melvil Poupaud, troisième sommet du triangle, qui fut l'amant de l'une et sera l'amant de l'autre (mais bon, puisque c'est la même fois deux...)
Contrairement à Dominique, qui m'a dit avoir été un peu déçue, j'ai été ravi. Mais vraiment VRAIMENT ravi. Sophie Fillières, on a quasiment tout pasé d'elle dans le bôô cinéma (et même dans l'autre,  le vieueux, avant). Et on a rarement été déçus. Cette femme a un sens des situations, des personnages, des dialogues, qui m'enchante. Et qui fait mouche, et même fine mouche, à chaque fois ou quasi.
Là, normalement, j'aurais dû chipoter : mais on est dans le passé de Kiberlain ou le futur de Bonitzer ? Et Poupaud reste-t-il égal à lui-même par le biais d'une faille saptio-temporelle ? Ca ne peut trop pas exister (comme dirait Esther, qui est à la fois la meilleure amie à qui on raconte tout et celle qu'on vient d'enterrer et qu'on avait un peu perdue de vue...), hein. mais c'est égal, et on s'en fout. on jubile en galopant derrière les donzelles, on arrondit les ellipses, on sourit aux clins d'oeil, et on est trop bien en sortant. très jolie bonne idée que celle du quai de gare et du train qui s'en va. pour conclure ce qui n'est finalement peut-être qu'une rêverie pleine de fantaisie sur le passé, la mémoire, les souvenirs, et les regrets (ou pas).
Grand bonheur (en version rouge et en version bleue).

3021034

27 avril 2018

oies blanches et verre cassé

055
J'AI MÊME RECONTRE DES TZIGANES HEUREUX
d'Aleksandar Petrovic


Play it again, le Festival, on y rejoue cet année. Le premier film des trois que nous avons choisis. Zabetta l'avait proposé, et j'étais d'accord avec elle : ce film, je ne l'avais pas vu à sa sortie (j'avais treize ans) ni même plus tard, et c'était donc l'occasion. d'autant plus que je me suis rendu compte qu'y figurait un amour de jeunesse : Bekim Fehmiu (que je suivais passionnément à la télévision dans le rôle d'Ulysse, dans le feuilleton justement nommé L'odyssée) y tient un des rôles principaux (en costume blanc).
D'abord les ronchonneries : c'est vrai, je suis sorti du film en disant que ça m'avait saoulé, surtout pour des histoires de niveau sonore. Pourquoi donc s'obstinent-t-ils, dans le bôô cinéma  à passer les films à un volume excessif ? Ont-ils donc peur que, étant vieux, nous soyons donc tous sourds ? Sourd, c'est ce qui risque d'arriver, justement, pendant ces projections : il y a carrément des scènes où j'ai été obligé de me boucher les oreilles tellement j'ai trouvé ça insupportable. D'autant plus que la copie a été restaurée, ce qui est sans doute bien pour l'image mais pas forcément pour le son, tellement on est souvent ici dans un registre de stridences métalliques et désagréables (car, dans le film, ça chante beaucoup, et, donc souvent, ça sature. question volume sonore, mais aussi, en ce qui me concerne, question supportage de ça... Oui donc j'étais saoulé...)
Mis à part cette histoire de chansons et de décibels exagérés, le film est plein de qualités. Une histoire de tziganes, donc, (pleine de bruit, de fureur et de plumes d'oies) comme c'est dit dans le titre. Surtout d'un (celui avec le costume blanc) qui vit grâce à la traite des blanches au plumage des oies, dont il a fait son bizness, et qu'il supervise dans un certain nombre de cantons (dix, je crois), autant que celui de son partenaire et rival (un gros moustachu) qui supervise le même nombre d'autres cantons. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes tziganes (chansons, raki de prune, verres jetés, roulage de mécanique des mâles, gouillasse par terre partout à la ronde, et pains distribués tout aussi à la ronde (mais bon, surtout aux femmes)), si une série d'incidents fâcheux ne venait soudain gripper cette belle mécanique : un souci d'abord au niveau du commerce des plumes d'oies, justement, qui implique une mise au point et un remontage de bretelles, puis, surtout, l'apparition d'une belle jeunesse fougueuse, qui est la fille du moustachu, et sur laquelle notre héros en costard blanc va se mettre à concupiscer, et à monter sur ses ergots de coq pour parader et lui prouver combien il est désirable et combien elle le mérite. Sauf que le gros moustachu n'est pas du tout d'accord et que tout ça va dégénérer (des couteaux seront sortis...). Ah la la les hommes... comme dira, plusieurs, fois, la chanson dans le film...
Conclure en disant que les oies sont doublement photogéniques, en tant qu'animal en troupeau d'un blanc virginal qui traverse l'écran très chorégraphiquement, mais aussi en tant que fournisseuse de, justement, des plumes, des monceaux de plumes au sein desquels (les monceaux) vont se jouer plusieurs scènes fortes du film... Et se dire que (le coup de pied de l'âne) oui que, finalement, Emir Kusturica, les oies, dans ses films, (enfin, l'idée d'en mettre) il n'a pas eu besoin d'aller les chercher très loin, hein... Moi je dis ça, hein...
Mais c'est vrai qu'en sortant je ne me sentais pas vraiment au diapason (!) des autres spectateurs  : finalement je suis assez peu sensible à cette apologie "folklorique" du virilisme, où les mecs se pavanent et où les femmes n'en sont réduites qu'aux stéréotypes de base : à droite la bobonne (vieille) à gauche la bombasse (jeune). Et si le film reste encore aujourd'hui intéressant c'est surtout grâce son aspect quasiment documentaire.
Mais bon...

1572165
la nouvelle

355422
et la vieille...

A remarquer qu'entre les deux, le réalisteur a retrouvé son prénom originel qu'on avait alors francisé), que c'est le gros moustachu qui a pris la place du mec en costard blanc, et que les deux affiches évoquent, par des moyens très différents, les chants et la musique -celle du bas avec un petit côté flamenco plutôt à côté de la plaque...-

26 avril 2018

le jus de la pêche

054
CALL ME BY YOUR NAME
de Lucas Guadagnino

Le plaisir de (re)voir un film dans le bôô cinéma (l'écran est 3 ou 4 fois plus grand que celui du Victor Hugo, et Dominique m'a fait remarquer que le le lui re-redis à chaque fois). Le plaisir de le suivre, d'y reprendre du plaisir, et de pouvoir en profiter pour s'attacher un peu à comment c'est fait... ce sentiment, très vite, que le film progresse de la façon dont le personnage d'Elio se déplace : de façon à la fois nerveuse (impétueuse, fougueuse, il y aurait là-dedans quelque chose du jeune cerf au printemps) et imprévisible (des petites pauses, des mouvements de danse fugaces, des accélérations (des emballements), des changements subits). Le film suit le même rythme, par bribes, par éclats, des scènes (ou des fragments de) montés très cut, bam bam! On ne s'attarde pas, ou rarement. même lors de plans dits "d'ensemble". Oui des éclats (j'ai pensé, un peu lacanien, "des accès" -film des accès, film désaxé hihI- Des échardes, donc, des bris de verre, des petits machins pointus, aigus, qui piquent, qui coupent qui peuvent faire saigner, qui laissent des traces. Le film procède la plupart du temps par bonds, par saccades. Soubresauts comme on peut en ressentir pendant l'orgasme (quand on est jeune, surtout).
Il y a très peu de scènes qui dérogent à ce rythme (et ce sont sans doute les plus belles) les plus significatives étant la -sublime- scène entre Elio et son père (je n'en suis toujours pas revenu) mais, aussi, le très long plan fixe squi accompagne le générique final (mais la scène entre Elio et Marzia, entre les deux, est tout aussi touchante, même si elle est à peine plus découpée).
J'ai aimé ce côté sec des enchaînements, des transitions, qui, s'il est parfois étonnant, n'est jamais déplaisant.
Et j'ai revu tout ça avec un immense plaisir. Et j'ai encore souri aux pudeurs -hollywoodiennes- de jouvencelle de la caméra qui s'en va regardé par la fenêtre la nuit d'été alors que dans la chambre, sur le lit, se passent des choses bien plus palpitantes et véhémentes...
Et je redis mon plaisir devant l'homogénéité de la distribution (tout le monde est tellemnt bien...)
Et je confirme, oui, le top 10 (même si à un niveau d'enthousiasme juste un poil - oh un tout petit petit poil- inférieur à celui qu'il avait pu être à la première vision...)

4076138

7 avril 2018

une mite au plafond, un chien sans laisse, et un chat nommé chat

044
ALBA
de Ana Cristina Barragan
Semaine latino 7.3 : Equateur
Portrait d'une fillette de 11 ans qui doit soudain aller vivre avec son père, parce que sa mère est malade. Le papa en question, elle ne le connaît pas, d'ailleurs elle ne lui parle pas, et lui non plus. Il a l'air vieux, tristounet, malade. On découvrira progressivement que ce père, s'il n'est pas très expansif, fait, en silence, patiemment, tout ce qu'il peut pour le bien de sa fille. Un film lent, attentif, juste, à propos d'une fillette qui grandit (j'ai eu comme l'impression qu'elle me rappelait queqlu'un...) avec un intéressant travail sur la couleur et le rythme. Un film à l'image du père, pas bavard (sauf dans les scènes avec les enfants, qui résonnent de jacasseries comme autant de volières) mais doté d'une indéniable tendresse. Un film, enfin, qui s'épanouit et nous bouleverse dans une très simple et touchante scène finale.

Alba_(film)

 

045
MARIANA (LOS PERROS)
de Marcella Saïd
Semaine latino 7.4 : Chili
Portrait d'une femme de la haute bourgeoisie chilienne pétée de thunes, qui tombe amoureuse de son prof d'équitation, qui s'avère être un ex-colonel "responsable de la sécurité" (et donc de multiples disparitions) sous Pinochet. Une saloperie, donc. Trouble, fascination, ambiguïté, dans cette relation naissante entre celle qui ne supporte pas qu'on lui donne des ordres et celui qui avoue qu'il ne connaît pas la peur, et encore moins les remords. Où les chiens du titre ne sont pas uniquement ceux qu'on voit y courir ou qu'on entend (avec insistance) aboyer.  Par la réalisatrice de L'été des poissons-volants (projeté dans la Semaine Latino 3, et dont la critique est ), une étude soignée, grinçante, et plutôt glaçante. Moralité : les riches (ou les puissants) ont toujours le dernier mot.

363845

046
NOTRE ENFANT
de Diego Lerman
Semaine latino 7.5 : Argentine
Portrait d'une femme médecin de Buenos Aires (encore un personnage de femme forte) qui parcourt 800km (après une belle scène d'ouverture nocturne à base de bruit d'essuie-glaces et de gouttes sur les vitres) pour aller chercher le bébé qu'elle a entrepris d'adopter et qui va vite déchanter en réalisant le traquenard dans lequel elle est tombée, et tenter l'impossible : se révolter, face à un trafic très organisé où les notables locaux s'en mettent plein les poches. Ce qu'on croyait être au départ une simple chronique sociétale se transforme quasiment en thriller où l'on est, à chaque instant, de plus en plus tendu et inquiet. a chaque nouveau rebondissement je me crispais un peu plus sur mon siège. Oppressant. Moralité : comme ci-dessus, les riches (ou les puissants) ont toujours le dernier mot.

3164300

 

25 octobre 2019

tromper son mari avec son mari

164
CHAMBRE 212
de Christophe Honoré

Oh oh...
Comment parler de l'excellent nouveau film de Christophe Honoré (qui, -potin from Jean-Luc C.- d'ailleurs, tiens, est toujours fâché avec l'excellent Alex Beaupain) sans en dévoiler trop, pour ne pas gâcher le plaisir du futur spectateur ? Pas si facile...
On peut parler de Chiara Mastroianni, de Benjamain Biolay, de Vincent Lacoste et de Camille Cotin, et préciser qu'ils vont danser une sorte de quadrille dont les figures (plus ou moins) imposées vont de plus en plus en plus ravir le spectateur au fur et à mesure qu'elles se complexifient, s'interpellent, se recoupent...
Il est question d'un couple (Chiara/Benjamin) qui un soir, comme ça, va soudain battre de l'aile lorsqu'il découvre qu'elle l'a trompé avec le jeune Hasdrubald Electorat, un de ses étudiants  (en partie parce qu'elle était tombé amoureuse de son nom...) alors que lui ("il") lui déclare qu'il ne l'a jamais trompée, pas une fois en vingt-cinq ans.
Elle décide donc d'aller "prendre l'air" et prend une chambre (la 212) dans l'hôtel qui est juste en face de leur appartement (oui, comme Jean Rochefort quand il veut espionner sa femme qu'il soupçonne de le tromper...) et où elle va passer la nuit (et le pont : "Quand elle eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre...")
Ouvre le bal, accordez les violons, c'est là que ça va commencer à guincher (sans que je ne puisse vous dire quoi que ce soit de plus ni sur les chorégraphies, ni sur le carnet de bal, sachez juste que j'ai vraiment adoré tout ça, et retrouvé "mon" Christophe Honoré des grands jours, celui des Bien-aimés et des Chansons d'amour...).
C'est drôle, c'est malin, c'est touchant, c'est rythmé, tiens, Lubitsch et Capra pourraient ne pas être loin... Dans un autre registre (plus grave plus fiévreux), Chantal Akerman avait réalisé Toute une nuit, une histoire d'amour(s) estivale et nocturne bruxelloise. Christophe Honoré fait ça très bien en hiver, à Paris, entre le Cinéma des 7 Parnassiens et le Café Rosebud. Le cinéma, l'amour, et les souvenirs. Avec, en prime,  l'apparition d'un presque Charles Aznavour qui m'a ravi (et réconcilié avec le vrai).
Cette semaine dans le bôô cinéma. (Cours-y vite cours-y vite...)
Top 10

0290287

*

3347499

1

3333459

2

3302258

3 (mais 2)

5287652

3

3729752

(...)

 

 

Archives
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 394 474