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lieux communs (et autres fadaises)
22 octobre 2019

c'est l'amour

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VIF ARGENT
de Stéphane Batut

Je suis retourné voir Vif-argent parce que je voulais le voir "en vrai" sur grand-écran (c'était le même jour que Joker, on était à nouveau deux dans la salle -pas les mêmes que l'après-midi, et le film était comme un pansement doux après le film précédent, un antidote...) et je ronchonnais en moi-même en pensant qu'on programmait des films merveilleux et que les gens ne prenaient même pas la peine de se déplacer, et que ça c'était rageant, surtout un film d'amour magnifique comme celui-là...
Cette vision m'a confirmé tout le bien que j'en pensais...

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pour ces deux-là, magnifiques, bien sûr

Mais aussi par la façon dont même les photos du film nous racontent et mettent en scène, tout aussi magnifiquement, l'"inquiétante étrangeté" (l'insoutenable légèreté, la troublante douceur ?) de cette histoire -d'amour- qui nous est contée simplement :

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j'aurais bien voulu avoir une photo de la scène avec Antoine Chappey (dialogue entre un père et son fils disparu) qui m'a beaucoup touché...


Moralité : Restez au chaud chez vous, les gens, dormez, vous ne savez pas quelles merveilles vous manquez, c'est dommage c'est comme ça et c'est bien fait (tant pis) pour vous...

9 février 2018

après-midi dans la salle 2

Ayant eu la fainéantise d'acheter une carte 5 places et de devoir élaborer  une programmation personnelle digne de ce nom, j'ai juste utilisé les deux entrées gratuites que m'a gentiment fait passer Catherine, surtout pour aller voir 1) le film que nous avions déjà programmé mais que je n'avais pas pu voir, (et dont Jacky me chantait les louanges), et, 2) tiens, le film qui le suivait immédiatement dans la même salle, et qui était en plus, ô joie, un Naruse...

14h
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UNE FAMILLE HEUREUSE
de Nana et Simon

Oh qu'il est beau ce portrait de femme géorgienne qui décide de prendre un appartement en quittant (celui de) sa famille et de vivre sa vie. Oh qu'elle est touchante cette photo de famille in vivo (j'ai irrésisitiblement pensé au Sieranevada de Cristi Puiu pour la surpopulation de cette chronique  en appartement, il y a régulièrement une douzaine de personnes dans le cadre!). Manana n'en peut plus, en ce jour de son anniversaire, où son mari a invité -sans rien lui demander- une quinzaine de personnes, dans leur appartement où s'entassent déjà ses parents et ses enfants. On l'a vue, dans la scène d'ouverture, visiter un appartement, dans lequel elle va aller s'installer. L'annonce de ce départ provoquera quelques éclats de voix et autres vociférations au sein de la famille, mais Manana, sous ses dehors de petite bonne femme calme et peu bavarde, tiendra bon et concrétisera son projet : aller vivre ailleurs, seule, au calme. Même si c'est difficile de couper ainsi les liens. Ou, du moins, de tenter de les desserrer. Profiter du plaisir simple d'être assise, dans son fauteuil, devant la fenêtre ouverte en écoutant simplement le bruit du vent dans les branches (c'est un bruit extrêmement agréable, et qui reviendra à plusieurs reprises dans le film : y a-t-il tant de vent que ça, en Géorgie ?). Manana respire, elle est enfin seule, elle n'a pas besoin que quelqu'un d'autre veille sur elle (et pourtant ce ne sont pas les candidats qui manquent, le système patriarcal a encore de beaux jours devant lui, que ce soit en Géorgie ou ailleurs...) C'est... magnifique (à l'image du regard final de notre héroïne vers son (ex ?) mari, coupant court à l'interrogation du spectateur : Va-t-elle lui en parler ou pas ?). Jacky avait raison, c'est un film fort, élégant, bien construit, et c'eût été dommage que je ne le visse point...

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16h
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QUAND UNE FEMME MONTE L'ESCALIER
de Mikio Naruse

"Ca n'est pas son meilleur..." a sobrement résumé Catherine lorsque les lumières se sont rallumées. Et j'étais  d'accord avec elle. C'est pourtant un très beau portrait de femme. Elle s'appelle Mama, elle est hôtesse dans un bar, et elle se démène pour pouvoir vivre mieux. l'argent et les hommes sont les deux problèmes principaux auxquels elle doit faire face (le film parle beaucoup, et comme obsessionnellement, d'argent). La copie est magnifique, rien à dire, mais bon j'ai trouvé le film longuet. Les femmes japonaises n'ont pas vraiment de place, et juste le choix entre bobonne à la maison ou femme aux moeurs légères dans un bar (ou ailleurs), mais toujours et partout au service de l'homme. c'est comme ça, seigneur et maître ondit, et malheur à celle qui voudrait s'éloigner un tantinet de la voix qui est toute tracée. J'aime bien la fin, ce défilé de mâles plus ou moins penauds (celui qui lui a fait croire qu'il voulait l'épouser mais qu'elle n'aime pas, celui qu'elle serait prête à épouser mais qui ne veut pas briser son ménage, et d'ailleurs est nommé dans une autre ville, et celui qui aimerait l'épouser mais ne le fera pas...) Oui, pauvre Mama...

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3 septembre 2017

lecture assidue

Bizarre bizarre... Il y a depuis le début juillet (merci la rubrique statistiques du blogchounet) aux Etats-Unis,  une personne, là (Merci la géolocalisation grâce à adresse ip...),

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qui lit, consciencieusement, courageusement, immodérément (compulsivement , gloutonnement ?), et ce pendant des heures et des heures, qui lit, donc, toutes les pages de ce blog, l'une après l'autre (mais pas forcément dans l'ordre), mais sans jamais laisser un commentaire ou quoi que ce soit d'autre...
Ca se passe dans un patelin nomme Mountain View, aux Etats-Unis (et j'avais même dans un premier temps, le nom de la rue, Castro Street, où c'était censé se passer...)
Cette lecture a multiplié par 3 ou 4 le nombre de pages vues chaque jour et c'est d'ailleurs grâce à cette multiplication significative que j'ai pu dater avec une certaine précision l'apparition de ce lecteur (et au fait que son adresse ip soit très reconnaissable car elle ne change pas, ou si peu...)
Alors, Big Brother is watching me ? cellule anti-terroriste ? curiosité dévorante ? FBI ? CIA ? amour immodéré ?  intérêt pour la french culture ? ou bien ???
Je me perd en conjectures...

11 février 2018

gourmandises dominicales 2

... Pas convaincu par le foot roumain, je remonte d'une semaine (toujours dans la programmation d'Uncut) et j'enchaîne sur

ENNEMIS INTÉRIEURS
de Selim Azzazi (2016) 27'
Un court-métrage efficace et tendu -et glaçant- sur l'affrontement entre deux hommes, un algérien venu demander la régularisation de ses papiers pour obtenir la nationalité française, et, de l'autre côté du bureau, le fonctionnaire chargé de son dossier, d'origine maghrébine lui aussi... Nous sommes dans les années 90, et il est, déjà, question de terrorisme... Un dispositif minimal pour une efficacité maxi.
Le film a été multi-récompensé dans les festivals et était même en lice pour l'Oscar du meilleur court-métrage 2017.

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*

Ayant arrêté de regarder l'ordi et je suis descendu zapper.

Et j'ai terminé ce programme de réjouissances cinéphiliques par un imprévu
PORTRAIT D'ALAIN CAVALIER
de Vincent Dieutre
qui commençait juste (ou presque) au moment où je me suis posé sur le canapé
-et qui s'appelle aussi FRERE ALAIN (ou encore FRERE ALAIN EA5)-
(EA pour Exercice d'Admiration)
Vincent Dieutre, à Florence, parle de son admiration pour Alain Cavalier, dans une forme très "Cavalière" (mais très Dieutresque aussi) : mini-dv, monologue, objets filmés, peintures religieuses, et "St François d'Assise et la problématique du renoncement, sa pratique de l'ascèse et son désir de transcendance" (je cite eh oui le figar*.fr qui résume ça bien mieux que moi.), en parallèle avec les choix cinématographiques d'Alain Cavalier.  Dont il pourrait s'agir d'un portrait en creux (en reflet, en surimpression, en transparence) à travers, notamment les images de ses films. Et qui n'apparaîtra dans celui-ci qu'in extremis, et de fort simple et belle manière (last but not least).
Malin, ce vieux roublard de Dieutre, qui, s'il parle d'Alain Cavalier, et s'adresse même à lui, réussit en même temps à nous parler (surtout) beaucoup de lui-même, de ses propres choix, mais on ne se refait pas, n'est-ce pas, et, comme j'aime beaucoup son cinéma, celui de l'esthétique et de la pâmoison, du baroque et de l'omniprésence du désir via l'observation du quotidien (ici, par exemple, le camion des éboueurs chaque matin) il lui sera grandement pardonné, à Frère Vincent (qui constate, tout de même qu'il y a très peu d'allusions à l'homosexualité dans les films d'Alain Cavalier : il n'y en a même qu'une, et une seule, dans Le Plein de Super...)
Une belle suite florentine...

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7 février 2018

pyromane

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WONDER WHEEL
de Woody Allen

Troisième film d'affilée de l'après-midi (enfin, là j'ai eu droit quand même à 20 minutes de battement). Le dernier Woody Allen. Qui ne passera que dans un mois dans le bôô cinéma, alors autant faire affaire ici tout de suite.
Un Allen presque en costumes (les années 50 ? 60 ?) qui parle beaucoup (c'est habituel), avec un narrateur face caméra (interprété par Justin Timberlake, ce qui ne m'a pas paru une très bonne idée tellement je trouve le monsieur lisse et fadasse -on me rétorquera "mais c'est le rôle qui veut ça..." mais ouais n'empêche-). Heureusement il a en face de lui des actrices/teurs plus conséquant(e)s : (c'est un quadrille amoureux pourrait-on dire) Kate Winslet dans le rôle de l'épouse de la mère et de la maîtresse (presque aussi excellente que Cate Blanchett dans Blue Jasmine, allez, aussi bonne on va dire), James Belushi dans le rôle du mari et du père (que j'ai beaucoup aimé et trouvé très juste) et Juno Temple (que je ne pense pas connaître) dans le rôle de la fille, de l'épouse et presque de la maîtresse (ne vous inquiétez pas, ça a l'air confus comme ça, mais vous pigerez assez vite le mécanisme).
Il y a aussi des gangsters (qui cherchent une personne pour la tuer) et, bien au centre de l'histoire, mais en même temps tout à fait à côté, un gamin qui partage fifty fifty son bonheur entre le cinéma et la pyromanie (un très singulier et attachant personnage).
Il sera question de fête foraine (ah le manège -ou ici, la grandre roue- comme métaphore de l'amour et de ses vicissitudes...), mais, aussi,  beaucoup question de théâtre, celui qu'on lit, qu'on a joué, des pièces qu'on aimerait écrire pour devenir célèbre, et d'autres reliées en volume qu'on prête ou qu'on offre, mais surtout, méta-truc (je ne sais pas mieux expliquer : le réalisateur parle exprès théâtralement de la théâtralité - coucou Anton T.- et fait, mine de rien, rejouer à ses personnages des scènes d'un théâtre qu'on pourrait parfois presque reconnaître...
Il y a une lumière très belle, très pétante et très joyeuse (pas l'horrible lumière jaunasse qui m'a rostoboqué les rétines dans quelques précédents opi du Maestro), oui très... intense (parfois presque d'une précision excessive)qui vient donner du peps à toutes ces palabres, ces hésitations, ces mensonges et ces trahisons...
Et il y a surtout ce qui a achevé de me convaincre (alors qu'au début du film ça n'était pas du tout gagné et je commençais à -pffff- soupirer) une fin parfaite, très noire, -plaf!-, brutale quasiment. Sarcastique. Cruelle. Oui, soyez rassurés ça finit mal pour presque tout le monde.

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4 octobre 2017

mulanje

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GABRIEL ET LA MONTAGNE
de Fellipe Barbosa

L'Afrique, ça n'est pas trop mon truc. mais bon, vue par un réalisateur brésilien, auteur d'un film que j'avais beaucoup aimé (Casa grande), peut-être se tentait-ce... 2h11 tout de même, eh bien ce soir gogogo dans la salle 1 du bôô cinéma à 20h30, avec, surprise, un rang de jeunes derrière nous (un peu bavards d'ailleurs). Go go go! car le jeune homme en question est plutôt speed dans sa façon de voyager. Un étudiant brésilien qui visite l'Afrique (le pays est partagé en chapitres, un par pays) mais ne veut pas le faire en touriste (mgunzu), juste à la façon des locaux.
On sait dès le début (une séance que j'ai trouvée d'une beauté époustouflante, très verte, avec deux hommes qui ramassent de l'herbe de façon quasi-chorégraphique, avec une musique fascinante, sur une rythmique minimale, obsédante, progressant jusqu'à la découverte du corps, recroquevillé dans une anfractuosité rocheuse) qu'il est mort là-bas, dans la montagne, et que son corps a été retrouvé au bout de 19 jours de recherche. Donc je ne spoile rien ou presque. Mort assez mystérieuse, d'ailleurs, en tout cas inexpliquée, à mi-chemin pour moi entre Carlos Castaneda et Les documents interdits...
Le film repart ensuite soixante-dix jours avant, et on accompagne Gabriel dans son périple, du Kénya au Malawi. Les images sont somptueuses (j'ai trouvé les paysages vraiment merveilleux, sincèrement et sans ironiques accents circonflexes ficaesques) et la façon dont Gabriel voyage lui fait rencontrer les gens, les "vrais", les autochtones, il parle avec l'habitant, il loge chez l'habitant, il mange chez l'habitant. et se déplace aussi par les moyens du cru. Ca, c'est ce qu'il veut faire, croire (faire croire ?), mais il reste, pur ceux et celles qu'il croise, un petit blanc friqué qui peut se payerle luxe de voyager en faisant semblant (en rêvant) d'être pauvre et libre.
Gabriel (qui a vraiment existé, et qui était un ami du réalisateur) est un personnage à la fois agaçant et attachant. Par sa jeunesse, son énergie, sa dégaine, et l'entêtement qu'il met pour obtenir ce qu'il désire. Parvenir à ses fins. (et, au bout du compte, à la sienne aussi, même s'il ne le sait pas encore). par sa façon d'être, et par ses illusions. Ce qui pourrait bien s'apparenter au caprice d'un enfant gâté. S'il est mort là-bas, c'est aussi parce qu'il l'a bien cherché, (dans tous les sens du terme).
Plus le film avance et plus le processus s'accélère. Gabriel est un jeune homme pressé, il veut monter là-haut à toute berzingue (pour une histoire de visa qui expire le soir à minuit) et n'écoutera ni le routier qui l'a transbahuté, ni le guide qui l'a accompagné (et qu'il a renvoyé), ni la femme qu'il croise au dernier refuge avant l'ascension et qui tente de l'en dissuader.
Tant pis pour lui.
J'ai pensé, bien sûr, à Into the wild, même si les décors et les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Si les deux personnages ont la même mort, solitaire et aléatoire, Gabriel aura pris soin d'être, jusque là, toujours accompagné (je n'ai pas parlé de sa copine, en compagnie de qui il effectuera un bon tiers de son périple africain, et qui n'hésite jamais, justement à lui renvoyer le reflet de ce qu'il est :un petit bourge gentiment suffisant... oui, décidément le problème des rapports de classes est bien un thème récurrent du cinéma brésilien, même quand il est, comme ici, délocalisé en Afrique, et rejoindrait, tiens, en biaisant, le film de Claire Denis vu juste après... Isabelle / Gabriel, même combat!) Les scènes finales sont magnifiques, l'ascension, l'arrivée au sommet, les photos qu'il y a prises (à ce moment, le réalisateur fait interférer le réel, puisque ce sont les vraies photos du vrai Gabriel qu'on voit alors à l'écran) et cette soudaine prise de conscience qu 'il est perdu (il appelle à l'aide, et se couche comme un enfant, rentrant dans la mort comme dans le sommeil, en tout cas dans l'apaisement, et on l'y accompagne, et on veille sur lui -Nature berce le doucement, il a froid- ) . Une scène à la fois très simple et très lyrique.
En tout cas un sacré beau film.

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... même si je trouve que l'affiche est ratée, vraiment très moche, en tout cas qu'elle n'a pas grand chose à voir avec le film, et ne donne surtout pas envie d'aller le voir, et c'est dommage... le fond blanc incompréhensible, le personnage flou et coupé, la superposition maladroite du paysage... non, hélas, rien à sauver.

20 août 2017

oups!

Mais où avais-je la tête
pour oublier de souhaiter à mon blogchounet chéri chéri
un bon anniversaire (le douzième déjà!)
Le matin à Cuse, l'après-midi de passage à Coulevon, et le soir à Villegusien...

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(douze images du 05/08/17, pour souffler les douze bougies d'anniversaire du blog)

vitelottes / catherine et dominique / radis / vernis / mûres / ipomées /
roadie / catherine / public / ciel bleu / quatuor / oiseau d'emma

 

ce post a été rédigé le 5 août, à la date que je croyais être celle de l'anniv du blogchounet, mais la vraie date, c'est le 20!
peut-être qu'un an de blog egale douze ans d'humain, et donc, qu'à 12x12 = 144 ans,
il est bien normal je sois donc déjà frappé de sénilité ?
Ce post était très bien comme ça, je n'allais pas rechanger la date, les photos, réécrire les légendes
Je l'ai donc gardé au chaud, en l'état, et donc le (re)voilà!
Bon anniversaire, mon blog!

19 septembre 2017

doigt d'honneur

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NOS ANNÉES FOLLES
d'André Téchiné

Il n'y avait pas de séance à 14h, nous y sommes donc allés à 16. André Téchiné, c'est un rendez-vous régulier depuis... pfouh! 40 ans c'est dire! Si ses derniers m'on diversement convaincu, du moins (L'homme qu'on aimait trop, La fille du RER) au plus (Quand on a 17 ans, Les témoins), celui-là serait plutôt dans une bonne moyenne. (le plus plutôt que le moins). Pour le couple vedette, d'abord, Pierre Deladonchamps, que je suis avec intérêt depuis L'inconnu du lac, et Céline Salette dont je ne manque pas une occasion d'aller admirer le beau visage triste (avec le secret espoir de la voir, un jour, dans un film où elle rirait aux éclats, et  ne serait pas malheureuse comme les pierres -mais c'est vrai aussi que la tristesse lui va bien- là, ça démarrait plutôt bien, et puis non, dommage, vers la fin... Chassez la tristesse et elle revient au galop.).
Le film s'inspire de l'"histoire vraie" d'un couple, pendant la guerre de 14, où le mari, ayant déserté pour cause d'aversion pour la boucherie (et on le comprend et on lui donne raison) est, dans un premier temps caché par sa femme dans la cave de la maison, avant d'être par elle incité à se travestir, pour que Paul se transforme en Jeanne, et qu'il puisse sortir enfin. D'abord il refuse, et fait son gros macho, puis il accepte l'idée, fait en sorte que, tenter le jeu, et finit par sortir de nuit, travesti, pour aller prendre l'air ? Non, plus directement, aller faire un tour au Bois. Où il va découvrir illico hop! les joies de la prostitution (il faut bien faire bouillir la marmite hein).
Téchiné a décidé de compliquer un peu la narration en alternant les strates temporelles, l'histoire étant racontée par le biais de la reconstitution théâtrale qu'en a fait un directeur de cabaret (Michel Fau, très bien malgré le toupet ridicule dont on l'a affublé), où le "maintenant" représente le "hier", avec tableaux successifs danses et en musique.
Cette ccomplication temporelle fragmente un peu le récit, on a du mal au début à retrouver ceui va avant ou après quoi, mais plus ça avance et mieux les repères sont posés.
D'autant que finit enfin par intervenir dans le récit le troisième nom du générique, Grégoire Leprince-Ringuet (découvert chez Téchiné en 2003 dans les Egarés, puis re- en 2007 chez Honoré dans les chansons d'amour) mais dont la carrière ensuite a été -pour moi- un peu en pointillés, d'autant que j'ai souvent, comme chez Hafsia Herzi par exemple, des petites réserves sur la qualité de son jeu, comme s'il jouait faux remarquablement juste, alors qu'ici il est parfait). Il joue un comte, richissime mais estropié, qui a fait connaissance de Jeanne/Paul  au bois (c'est un libertin), puis ensuite, par le même biais, celle de sa femme, dont il tombe éperdument amoureux.
Débute alors la troisème partie du film (oui oui je sais bien que c'est d'après une histoire vraie, mais...) ou Téchiné nous la joue un peu chanson réaliste, avec l'arrivée d'un bébé et tout ce qui s'ensuit... La stylisation dont il avait usé jusqu'alors, avec une grande intelligence, pour ses reconstitutions (le film est "en costumes" bien évidemment) donne alors le sentiment que le réalisateur traite tout ça un peu par dessous la jambe, avec désinvolture, presque, comme si cette partie-là, justement, l'intéressait moins (et pourquoi donc ai-je pensé alors à la fin de LacomBe Lucien ?).
Pierre Deladonchamps est impeccable dans son double rôle (après Balibar dans Barbara, voici encore un rôle qui pourrait être dit "à César"), tandis que le travestissement est souvent casse-gueule (surtout dans les films français) et l'ombre d'Albin/Serrault dans La cage aux folles n'est jamais très loin. Là, il est touchant, troublant, dnas cette dualité qu'il incarne et qu'il réussit à nous faire partager, aussi vraisemblable dans chacun des deux versants de son personnage.
Et, last but not least, c'est bien de se perfectionner en chansons françaises de notre enfance : Je ne connaissais que les premiers de Auprès de ma blonde, jusqu'à la caille la tourterelle et la jolie perdrix, et bien là le film nous la chante (et déchante) jusqu'à la toute fin, qui est, bien entendu une histoire d'amour, de tristesse et de séparation. "Je donnerais Versailles, Paris et St Denis..."

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14 septembre 2017

grossesse (très) nerveuse

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MOTHER!
de Darren Aronofsky

On a déjà eu Maman, Mommy, Mother, M/other, et la revoici donc avec un point d'exclamation (et une graphie chichiteuse!) J'ai quand même fait 40km pour aller voir l'avant-première, parce qu'elle était en VO (dans le bôô cinéma on n'aura droit hélas qu'à la VF),  qu'elle coûtait 7€ (avec le code 7ART) et qu'Aronofsky a déjà fait quelques films mémorables (Pi, Requiem for a dream) même si d'autres moins (The Foutain, The Wrestler) et d'autres encore que j'ai carrément zappés (Black swan, Noe).
(Le cinéma en question réussit quand même à nous projeter, en première partie, la bande-annonce du film qu'on va voir juste après! Bon, ça... met en condition, et on est prévenu, ça ne va pas rigoler!)
Le résumé allocinoche du synopsis était concis : "Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité.", et ce genre de sujet peut donner naissance à des films radicalement différents s'ils sont réalisés par, disons, Ingmar Bergman, Max Pécas, les soeurs Washowski, ou Lars Von Trier... Prise de tête, poilade, cyber-espace, dogma ? Histoire de traitement (et traitement de l'histoire, justement) Et la direction choisie par Darren Aronofsky n'est pas mal non plus...
Un couple, donc, elle blonde jeune et lisse (Jennifer Lawrence, que je trouve effectivement beaucoup trop lisse), et lui brun et massif (et plus vieux, et c'est Javier Bardem, qui a pris curieusement des faux airs de Fernandel). Un couple dans une grande maison, au milieu d'une nature apaisée et resplendissante, c'est le matin elle se réveille, elle se tourne face caméra, dit "Bébé" à son chéri, le cherche dans le lit, ne l'y trouve pas, puis dans la maison, et sort même sur le pas de la porte -pour voir la nature apaisée et luxuriante-, avant qu'il n'arrive par derrière, tout sourire après l'avoir surprise ("Je t'ai fait peur chérie ?"). Bref un petit matin ordinaire d'un couple ordinaire, dans sa grande (très grande) maison chicos avec beaucoup de pièces (et beaucoup d'étages aussi) ordinaire.
Normal, quoi... presque. Sauf que (il faut toujours un sauf que). On a vu, juste avant, des images qui ne vont pas tout à fait avec ça (je ne vous les dis pas toutes, mais, notamment, le visage d'une jeune fille à l'air furibarde et un peu cramée, filmée de très près, sur fond d'incendie, croit-on, qui paraîtrait quasi sortie d'une dystopie pour ados genre Hunger Games : L'Embrasement (où jouait, justement, hihihi,  la jeune Jennifer L. mais, fausse piste) , et on a du mal à comprendre sur le coup tout ce qu'on voit alors. Mais ça viendra plus tard.)
Dès le début, donc, on sent qu'il y a un truc qui cloche, sans qu'on puisse le situer avec précision, dans la maison, dans la relation du couple, dans le récit, ou dans la jeune fille elle-même qui semble... percevoir des trucs quand elle touche les murs (il y a aussi une cave assez angoissante, et une chaudière, comme dans Les griffes de la nuit ou Shining..., mais encore fausse piste) Aronofsky s'y entend pour mettre le spectateur mal à l'aise (je lui ai toujours trouvé un sens de l'esbroufe malaisante, remember Requiem for a dream...) et là il n'hésite pas à charger la mule sans modération et un peu dans tous les sens.
Les choses ne vont pas s'arranger, comme annoncé dans allocinoche, avec l'arrivée des fameux invités imprévus : d'abord lui (Ed Harris, un peu ratatiné), puis elle (Michelle Pfeiffer, que j'avais le sentiment de ne pas avoir (re)vue depuis des lustres (ou "qui s'était faite rare sur les écrans depuis le début des années 2000") mais que j'avais du plaisir à retrouver, en plus pas excessivement botoxée ça c'est bien, dans un rôle plutôt venimeux) qui vont rejouer Les inconnus dans la maison, ou presque... (fausse piste, nananananère) car d'autres vont arriver (ça pourrait être du Feydeau : "Tiens, On a sonné ?" mais en nettement moins drôle)et d'autres encore. La tension va aller croissant pendant toute la première partie du film, on est constamment crispé sur son siège (le réalisateur fait tout pour ça) d'autant plus que le film est assez agressivement sonore (et les possibilités du dolby astucieusement exploitées), avec une exponentialisation (ça se dit ? en tout cas vous comprenez ce que je veux dire) du sentiment d'invasion -et d'incompréhension-ressenti par la jeune fille, dont le début de grossesse (aussi soudain que radical, on pense à Rosemary's baby, mais toujours fausse piste) peut-être qualifié de pas de tout repos,  Ah j'ai oublié un détail important : Javier (le mari) est un écrivain en panne d'inspiration (on repense à Shining mais encore encore fausse piste), oh un pauvre créateur qui n'arrive pas à créer, et non ça ne va pas aller en s'arrangeant (cf début du paragraphe)... Comme l'écrivait Gainsbourg, les affreux de la création ("le génie ça démarre tôt, mais y a des fois ça rend marteau...")
(et c'est rien de le dire)
Pour ce qui est de l'ambiance générale du film, dans la première partie, Aronofsky réussit assez bien ce que Lynch avait fait il y a quarante ans, avec moins de moyens mais encore plus de force, et en noir et blanc s'il vous plaît (oui, Eraserhead) : filmer un cauchemar avec sa violence, son illogisme, ses excès, ses invraisemblances, ses questions sans réponses, son absurdité, sa gratuité aussi. Un cauchemar, un vrai, un bien flippant, le genre dont on se réveille en sursaut et en sueur, avec le coeur qui bat à cent à l'heure. Une première vague malaisante va monter monter gonfler s'hystériser atteindre son acmé, suivie d'une pause (juste le temps de permettre au spectateur de souffler un peu) d'apprécier un calme trompeur,  avant qu'hélas une deuxième vague ne coupe le poil à la racine et l'empêche de se rétracter  ne vienne remettre la pression, sur l'héroïne autant que le spectateur, en  montant encore plus haut et plus violemment (l'effet tsunami scénaristique).
Et ça devient tellement excessif qu'on est en droit, à un moment, de trouver ça grotesque. Et incompréhensible. Un salmigondis (ça change de gloubiboulga) mystico prétentieux grandiloquent (del'artiste considéré comme un messie) où le réalisateur a tellement voulu en rajouter que ça finit par lui péter à la figure. Le scénar court dans tous les sens, éclabousse, n'importe quoite et finit par s'autocarboniser. Et la façon un peu trop prévisible dont le film se clôt (enfin, façon de parler, les spectateur malins, dont je suis, hihihi, auront vu ça venir un peu gros comme une maison, re-hihihi) le dessert (le film, vous suivez ?). Et les différentes pistes laissées en plan (les taches rouges, le truc sanglant dans les toilettes, Ed et Michelle, le médicament jaune, le trou dans le mur) laissent frustré (avec le sentiment d'avoir été grugé) , tout comme le fait que le réalisateur se laisse aller à la facilité d'utiliser le jump scare (le bouh fais moi peur! avec apparition soudaine et musique qui souligne).
Si Darren A. a choisi la forme du cauchemar (bad bad dream), in extremis il se dégonfle pour une fin reformatée Hollywood. Lui qui nous avait empoignés au début du film, comme un chien choperait un chiffon dans sa gueule,  nous secouant violemment -rageusement!- dans tous les sens, soudain se lasse se ravise et nous jette là, dans l'herbe, plein de bave et de regrets, avant de partir désinvoltement japper ailleurs.
Forcément, on est un peu déçu.

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19 août 2017

médaille de communion

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QUE DIOS NOS PERDONE
de Rodrigo Sorogoyen

Un film español, quel bonheur, joder! Un polar, en plus, dont la bande-annonce a suffisamment de cojones pour vous donner envie d'en savoir plus... Et, au Victor Hugo, il était en sortie nationale et j'y suis donc allé (un peu grâce à Emma tout de même). ca se passe en 2011, à Madrid (le film est précisément géo-chrono-localisé puisque 2011 c'est la visite du pape Benoît XVI aux jeunesses communistes oups catholiques madrilènes façon grand-messe "J'ai vu jésus en sortant d'la chapelle..." jouons de la guitare et embrassons-nous youp la boum.
Mais pendant que les cathos effervescent (juste avant pour être plus précis), on fait la connaissance de deux flics, en tandem, (non non ils ne font pas du vélo pffff) qui comme tous les tandems de flics du monde 'enfin, celui des films et des romans dits "noirs") ne sont pas vraiment assortis : d'un côté un bourrin baraqué très très... impulsif (mucho violento, quoi) avec pectoraux apprents sous la chemisette, et en face un partenaire en costard, un peu étriqué, dont on s'aperçoit vite qu'il bégaye (et un peu plus tard qu'il peut lui aussi être sujet à des accès de violence). celui-ci faisant office de cerveau et l'autre étant les muscles de la paire (je n'ai rien dit) qu'ils composent.
Le film démarre très fort, et on sent qu'on va se régaler, et que la bande-annonce ne racontait pas de mentiras. Nos deux lascars vont être amenés à enquêter sur une affaire sordide (une mamie tombée dans un escalier et donc kaputt mais un examen plus approfondi révèle qu'elle a été violée, et par un pénis démesuré en plus...) qui va se révéler reliée à une autre, puis une autre, et une autre encore, et les voilà partis sur les traces d'un fantomatique (et de plus en plus violent) sérial killeur (et violeur) de mamies, chacun avec les méthodes qui lui sont propres, qui le bourre-pif et qui l'examen minutieux à la loupe des fibres du tissu... et la pose de questions à la Columbo ("Mais qui a nourri le chat ?")
Je ne vais pas vous en raconter plus, pour ne pas gâcher votre plaisir, mais dites-vous bien que vous n'êtes pas à l'abri de vos surprises (c'est normal, on est dans un polar, noir, de plus en plus noir, et glauque, de plus en plus glauque aussi). mais le réalisateur est assez malin pour nuancer son propos, et aérer son discours de petites vannes plaisantes (j'avais commencé à taper saillantes, et c'est vrai qu'elles le sont aussi, d'une certaine façon)...
Et il nous balade de droite et de gauche, nous fait valdinguer, nous coupe le soufle dans de brusques accélérations, et même carrément des changements de voie inopinés et des demi-tours au frein à main du scénario. C'est fort, ça roule un peu des mécaniques, c'est noir, et c'est extrêmement violent (très, trop, je suis sans doute chochote mais pour moi deux scènes au moins frisent la complaisance malsaine...).
Mais bon c'est efficace, et du coup on ferme les yeux sur les ficelles du scénario un peu voyantes parfois, en même temps que sur certains excès un peu sanguinolents.
Je ne connaissais pas  Rodrigo Sorogoyen, mais ce film fait plus que nous appâter sur son devenir cinématographique... L'Espagne décidément regonfle son cinéma, avec, ces derniers temps, quelques polars couillus et tonitruants, et mon coeur de Chori ne peut que (triplement) s'en réjouir : J'aime les hommes, j'aime le polar, et j'aime l'España... 

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14 juillet 2017

merci momo

 et tout le monde s'en fout

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je suis allé voir, après avoir lu dans ce blog-ci tout le bien que mon ami Momo en pensait...
Et il avait raison!
Et pourtant, il y a avait le mot "philo" et pourtant  je ne me suis pas enfui!
et je les ai presque tous regardés à la file (l'argent/ le bonheur / le désir sexuel / le vote blanc / le racisme / le vih / etc.)
c'est tout simplement EXCELLENT

Allez-y...

12 janvier 2018

hétéro-agressivité

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12 JOURS
de Raymond Depardon

En séance unique, ce mardi soir, dans la salle 12 du bôô cinéma (où il y avait beaucoup de monde, Zabetta, qui organisait la soirée, a de l'entregent...). Je ne suis spécialiste ni de la justice ni de la psychiatrie, et je ne suis pas sûr non plus qu'on en sache beaucoup plus sur ces deux vénérables institutions en sortant de ce film, tant Raymond nous le joue à la Depardon : avec le double regard du chroniqueur (celui qui constate, qui relate) et du photographe (celui qui cadre, qui met en scène, qui nous donne à voir).
Oui, il y a deux films dans 12 jours : d'abord le petit théâtre procédural (institutionnel) (que Depardon a déjà approché à plusieurs reprises : Délits Flagrants, Muriel Lerferle, 10ème chambre, mais qui continue visiblement de le fasciner) qui se tient entre le juge, le patient et l'avocat, où tout se (re)joue quasiment à l'identique (en gros, le juge informe le patient, avant la date-limite des douze jours,  qu'il autorise les médecins à poursuivre l'internement, après lui avoir donné la parole et avoir fait mine de l'écouter, et l'informe, toujours selon la procédure, qu'il peut bien sûr faire appel -en confirmant un peu plus tard que cela ne servira absolument à rien-), ensuite (ou d'abord)  le regard de Depardon sur ces lieux de la psychiatrie qu'il a déjà approchés par le passé (San Clemente, Urgences) qu'il cantonne fort judicieusement à des couloirs, des portes et des bruits hors-champ (ah le magnifique travelling ambulatoire d'ouverture, qui avance dans des couloirs et des couloirs pour terminer, littéralement, dans le mur...).
Deux films pour le prix d'un, deux films qui m'ont touché chacun à sa manière. Cinématographiquement, j'ai adoré cet état des lieux, ces couloirs vides ou quasiment, ces portes closes, cette déambulation vaguement inquiétante (on pourrait presque se croire dans Shining). Humainement, j'ai été bouleversé par ces patients successifs, qui tentent de dire, de se dire, de répondre, dans un ping-pong verbal qui est à chaque fois perdu d'avance, et la façon dont Depardon les filme "objectivement", sans intention, comme un genre de greffier cinématographique (et revient alors le titre du bouquin de Bourdieu, Toute la misère du monde) rend les choses encore plus fortes. Le film est construit selon une imparable progression dramatique (on part du plus anecdotique pour grimper jusqu'au plus poignant) le constat est sans appel (même si on a, hihi, dix jours pour le faire), et on sort du film, remué, en se disant qu'on vient d'assister à une chose "rare" qu'on n'aura plus jamais l'occasion de voir (même si elle continue de se produire, quotidiennement, derrière les portes closes de l'Institution.
Froid dans le dos.
Et,post-scriptum, je regrette un peu (mais comment pouvait-il faire autrement ?) que Raymond D. ferme son film en l'ouvrant, en sortant du bâtiment pour finir par cinq minutes -oh très joliment graphiques- sur Lyon au petit matin, lampadaires, brume, quais, passants, cinq minutes, oui, qui sont juste jolies (façon de dire "et pendant ce temps-là, dehors, la vie continue, comme si de rien n'était..." ?)
Et, re post-scritum, la musique d'Alexandre Desplats n'était absolument pas indispensable...

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5 février 2018

tout pour plaire

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GASPARD VA AU MARIAGE
d'Antony Cordier

J'aime bien ce réalisateur, même s'il produit peu (Douches froides et Happy Few) et donc zou! direct première séance de l'après-midi au Victor Hugo. Oh lala ce casting d'amour! Félix Moati! Laetitia Dosch! Guillaume Gouix! Marina Foïs! Johan Heldenberg (découvert dans Alabama Monroe) et Christa Théret! (la seule que je ne connaissais pas), avec en prime quelques apparitions d'Elodie Bouchez.... Oui, déjà, rien que de voir tous ces gens-là ça me fait fondre...
D'autant plus qu'il s'agit de l'histoire d'une famille atypique, d'une tribu : Gaspard retourne chez les siens, qu'il n'a pas vus depuis longtemps, pour le mariage de son père. Les siens c'est Coline et Virgil. Coline c'est sa soeur, qui se trimbale sous une peau d'ours, et Virgil, c'est Guillaume Gouix, joliment barbu comme je le préfère. Son père, Max, doit épouser Peggy (Marina Foïs, subtilement "normale") mais auparavant se mettre en régle (au clair) avec toutes ses maîtresses. De maîtresse, justement, Gaspard s'en fabrique une via Laura, jeune fille tout juste rencontrée dans le train (Laetitia D.) Et, chose importante, j'ai oublié de préciser que tout ce monde habite au coeur d'un zoo (un vrai) avec des animaux qui se baladent... Et dont certains se font attaquer nuitamment par des chiens...
C'est... fantasque, baroque, surprenant. Et j'ai adoré ça. Antony Cordier nous a déjà montré qu'il est attiré par les structures affectives pas banales (un trio adolescent dans Douches froides, deux couples qui permutent dans Happy Few) ici, ce parti-pris de non-conventionnalité semble avoir contaminé l'ensemble des personnages. Chacune chacun a son propre petit grain de folie, de fantaisie, sa singularité spécifique, et du coup les inter-actions entre les personnages sont souvent comme des réactions chimiques imprévisibles ou des petits chocs électriques provoquant des étincelles plus ou moins conséquentes (des arcs électriques)
Oui, j'ai adoré ça. Parce que sous la légèreté apparente de cette couvée post-soixante-huitarde se niche une délicate mélancolie de fin d'enfance (qui a fait pincer la bouche au critique des Cahiâis. -entre parenthèses ceux-là ils commencent sérieusement à m'agacer je ne renouvellerai pas l'abonnement-), oui, un certain désarroi.Mais sans ostentation.  Et que tous (toutes devrais-je dire) actrices et acteurs sont au diapason de cette chorale pas toujours accordée mais tellement touchante (un mot en passant sur la musique, qui est signée Thylacine et qui tient divinement son rôle, et aussi, tiens une petite chorégraphie entre frères et soeur qui m'a spécialement touché -tiens ça c'est vrai, je n'arrête pas de voir des films avec dedans au moins une petite scène de danse qui m'émeut...).
Cerise sur le gâteau (n'en jetez plus!) le film est à QV (le père puis un des fils...), mais sans ostentation non plus (à l'image du désarroi cité plus haut) et ça aussi ça me touche (ne nous voilons pas la face).
Animal on est mal chantait il y a longtemps Gérard Manset, mais dans le cas présent,  dans le zoo gentiment déglingué d'Antony Cordier on est bien. Tellement bien.
C'est pour ça que je ne pouvais intituler ce post que de cette façon (et le titre m'est d'ailleurs venu très tôt en regardant le film...)

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11 janvier 2018

Ich habe genug

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EN ATTENDANT LES HIRONDELLES
de Karim Moussaoui

C'est bien de commencer l'année-ciné avec un beau film comme ça. Bon, il ne passe que trois fois, il fallait donc s'organiser, et j'étais content de voir qu'il y avait pas mal de monde dans la salle, à cette séance de 20h30 un dimanche soir dans le bôô cinéma... Un (premier) film algérien assez bluffant : on va y suivre trois histoires, consécutives, qui n'auront aucun rapport entre elles sinon par leur effet de transition (où, à chaque fois, il sera question de voiture et de déplacement). Trois récits prenant place dans le même pays, l'Algérie, qu'on n'a pas l'habitude de voir ainsi filmée, à mi-chemin entre le craspec' de la réalité des bidonvilles et des déchets et le yrisme grandiose des paysages.
Karim Moussaoui (avec l'aide de Maud Ameline -c'est rare que je puisse me vanter d'avoir déjà vu "en vrai" une scénariste et pourtant c'est le cas) nous parle d'une réalité algéroise, d'un quotidien "concret" au fil de trois récits : celui du promoteur témoin d'un tabassage violent mais qui n'ose pas intervenir, celui d'un chauffeur obligé de passer une nuit à l'hôtel en compagnie de la jeune fille qu'il transporte vers son mariage, et, enfin, celui d'un médecin, lui aussi sur le point de se marier, mais soudain confronté à la réapparition d'une "histoire" de son passé. Avec, en cadeau, ce qui pourrait être comme le début d'une quatrième histoire...
Et c'est filmé magnifiquement.
Très simplement mais avec ce petit quelque chose en plus (j'ai pensé au magnifique Rome plutôt que vous, de Tariq Teguia, mais, aussi, dans une moindre mesure, au nerveux C'est eux les chiens d'Hicham Lasri, sans oublier le sublime - et "matriciel" Bled Number One, de .Rabah Ameur-Zaïmeche, tous trois programmés en leur temps et par nos soins dans le bôô cinéma) qui vient comme transfigurer l'histoire. C'est à la fois une façon de regarder les événements (et la façon dont les personnages s'y inscrivent) et aussi de les structurer (les événements), de les mettre en jeu, parfois simplement en bougeant juste la caméra un poil vers la droite (la scène de comédie musicale qui nait soudain dans le désert). Le réalisateur met simplement en scène des personnages qui vivent simplement leur(s) histoire(s) mais la façon dont il le fait nous suggère qu'il en raconte beaucoup plus que ce qu'il a l'air de vouloir dire.
Il est question de famille, de traditions, de pouvoir, de corruption, de la guerre aussi, sans que jamais le spectateur ait la sensation d'empilement, de volonté de démonstration, d'insistance démonstratrice, et c'est ce qui fait la délicatesse, la légèreté (et, pourtant, la force)  du cinéma de Messaoui.
Et l'utilisation magnifiquement intelligente de la musique dans le film (les plus beau moment étant, pour moi, bien sûr, dans la deuxième histoire, la façon dont la musique de Bach vient se superposer à (et remplacer) une musique de danse, pour accompagner la plus tendre -et muette- des scènes, devant la porte de la chambre de la jeune fille).
Symboliquement, c'est important de mettre ce premier film de l'année dans un top quelque chose à venir. Comme une première pierre.

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Et merci aux copines qui m'ont donné une petite leçon sur les subtilités de la langue germanique, le Ich habe genug du titre de ce post (et du morceau de Bach) pouvant se traduire -au choix- par "Je suis comblé(e)" ou "J'en ai assez!" -au sens de ras-le bol!. Malin!

31 juillet 2015

balalaïka

LES NUITS BLANCHES DU FACTEUR
d'Andrei Konchalovski

(le même lundi que La isla minima) Juste 5 min pour faire pipi, et hop on change de salle pour enchaîner. Nous voici en Russie (ça sent déjà la vodka à plein nez) au bord du lac Kenozero, pas très loin d'Arkhangelsk (je ne fais que recopier ce que je viens de lire, je suis nul en géo.) Il y a des gens qui vivent là  une communauté qui suit un train-train qu'on pourrait qualifier d'immémorial (ici ça serait plutôt un bateau-bateau, because le lac) et vit de façon simple et rustique (chasse, pêche, cueillette et vodka pour les plus jeunes, et pension de l'état et vodka pour les aînés). Vie simple, plaisirs simples, -tout ça dans des paysages "grandioses" qui donnent envie d'aller crapahuter là-bas, et autour de ce lac précisément (enfin, plus à Dominique qu'à moi hihi)- et, donc, film simple : on pose la caméra (des fois c'est même un peu de traviole) et on enregistre le quotidien, chaque jour qui commence (vue subjective des savates au pied du lit) et se continue plutôt comme d'habitude, comme chacun de ceux qui l'ont précédé, et chacun de ceux qui le suivront. On fait aller comme ça va...
Le facteur du titre, c'est justement celui qui regarde ses savates chaque matin, et il a la particularité, par rapport à ses concitoyens, d'avoir arrêté de boire depuis deux ans (et donc, pour compenser, il fume). C'est lui qui est chargé de distribuer le courrier dans la région et, comme le lac est grand, il le fait en bateau. Ca fait du boulot, et ça fait du monde...
Et on suit donc, simplement, le quotidien et les tournées de Lyokha, le débonnaire facteur à jeun. Et on croise les gens qu'il croise, qui ont la particularité d'être les vrais gens qu'il croise (hormis une "vraie" actrice, tous les autres, facteur y compris, sont des non-professionnels). C'est du documentaire plutôt bien documenté, et finalement assez joyeux. Enfin, pour un film russe, c'est plutôt léger et badin (ce qui tendrait à prouver que, là-bas, au pays aimé de Gros Gégévitch, il fait nettement meilleur habiter la campagne).
Konchalovski (dont j'étais bien incapable de citer un autre film que Maria's Lover) a mis la pédale cinématographique douce, et le film avance paisiblement (ma voisine a dormi pendant les trois quarts du film, et j'avoue avoir moi-même un peu piqué du nez, mais juste pendant les premières minutes), la plupart du temps, il coupe même le moteur et se laisse aller au fil de l'eau. Il nous met quand même soudain la pression (je n'ai pas osé dire les gaz) en introduisant un élément de fiction échevelé : un beau matin, Lyokha s'aperçoit que quelqu'un a volé le moteur de son bateau pendant la nuit. Que va-t-il faire ? Comment va-t-il se débrouiller ? Le suspense est quasiment insupportable, non ? et je vous vois déjà,  fous d'inquiétude derrière vos écrans, les cheveux en bataille les yeux hagards et les ongles rongés...
Je plaisante, comme ça, mais, sans rire,  ça fait du bien, ce genre de film. Les rapports de Lyokha avec chacun des personnages - le vieux Brioche, la belle Irina , et, surtout,  le jeune Timur (le fils d'Irina) - sont justes et touchants. Les scènes avec le gamin (la sorcière de la rivière, les cigarettes, la glace) sont parmi les plus réussies. On est du côté du minimalisme, mais rien de figé ni de démonstratif, juste simple et juste un peu rugueux (j'ai déjà pensé que je devrais écrire un post sur l'utilisation de certains épithètes dans les critiques, comme rugueux, par exemple, et aussi cabossé, pour parler des gens.).
Et on a même droit à une touche de fantastique, avec l'apparition régulière dans les nuits du facteur  d'un mystérieux chat gris, qui le regarde fixement ("alors que, explique-t-il à sa soeur, il n'y a aucun chat gris dans le village..."). Et aussi au désamorçage désinvolte d'une scène "à faire", qu'on attendait, grosse comme une datcha : va-t-il succomber à la tentation et se remettre à boire ? dont la chute est très plaisamment torchée (!) (comment dit-on Jiminy Cricket en russe ?) ce qui est encore plus rare dans un film vodakaïsant.
Et du coup il est d'autant plus étonnant, dans  ce bout du monde bucolique mais qui sent un peu la fin de règne, aux maisons qui s'écroulent, de voir soudain dans un coin de l'écran s'élever une fusée, comme si le réalisateur, soudain transformé en statue à la gloire du communisme, pointait soudain vers le ciel un index triomphant, et nous disait, en roulant les r  "glorrrieuse Rrrrussie technologie" tandis que retentirait l'hymne national et que tous les camarrrrades se donneraient la main en dansant le kazatchok tout en  lançant des pétales de rose sur une photo de Poutine. Ca fait comme un petit coup de propagande tellement appuyée (oh cette fusée toute blanche qui monte toute droite dans ce ciel tout bleu) qu'on en vient à l'espérer être du second degré, tellement elle (d)étonne au beau milieu de ce qui était jusque là un survol pépère (et objectif) d'une certaine déglingue habituellement soviétique, de tous ces gens qui semblent en avoir pris leur parti...
Un film dont il restera des détails : la plus belle toilé cirée paysagère jamais vue (j'aimerais la même pour la table de ma cuisine), la musique surnaturelle et la citation de Shakespeare qui va avec, et une question : pourquoi sont-ils tous habillés en treillis ? plus un très beau -et très juste- générique de fin, et cette constatation d'un des personnages (citée de mémoire) : "On touche notre argent tous les mois, on trouve de presque tout dans les magasins..." (sous-entendu : "Que demander de plus ?")
Comment dit-on "Santé!" en russe ?

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Tiens, une nouvelle catégorie d'affiches : les affiches sur fond bleu avec grosse typo blanche majuscule et justifiée sur plusieurs lignes...

29 juin 2015

sombre dimanche

Istanbul (AFP) - La police anti-émeutes turque a violemment réprimé dimanche une Gay Pride, lançant des gaz lacrymogènes et utilisant des canons à eau pour disperser des milliers de manifestants rassemblés pacifiquement dans le centre d'Istanbul.
Lorsque des manifestants portant des drapeaux d'arc-en-ciel ont scandé des slogans dénonçant "le fascisme" du régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, la police, présente en nombre à l'entrée de la grande artère piétonne d'Istiklal, a chargé en force la foule, utilisant par endroits des balles en caoutchouc.
Avant le lancement de la marche, de nombreux policiers en tenue ont fermé l'accès à la place Taksim, sur laquelle s'ouvre la rue d'Istiklal, centre de la contestation contre le régime islamo-conservateur de l'été 2013.
Depuis, tout rassemblement est interdit sur la place et ses abords.
(...)
Pourtant cette marche devait constituer la 13è édition de la marche des fiertés homosexuelles pour soutenir les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) qui s'étaient dans le passé déroulées sans incidents graves en Turquie, où l'homophobie reste répandue, surtout dans les zones rurales.
"Nous voulions simplement marcher. Cela fait des années que nous marchons ici en paix. nous n'avons ni pierre ni arme, nous voulons juste marcher", a expliqué, très incrédule, à l'AFP, Can, un jeune militant LGBT.
(...)
"Attaquer des gens qui défilent pour soutenir l'amour n'a pas de place dans la démocratie. C'est tout simplement une honte", a lancé sur son compte Twitter Erdem Yener, un comédien connu de Turquie.

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29 mai 2015

grande distribution

LA LOI DU MARCHE
de Stéphane Brizé

La bande-annonce m'avait agacé, "Je ne peux pas croire que Vincent Lindon va vivre avec 500€" m'étais-je dit. Je suis très premier degré, je sais, et il s'agit alors de son personnage (mais bon, n'empêche c'est lui qu'on voit, hein), et j'en étais là de ma (!) réflexion, lorsque je me suis laissé influencer par la lecture d'interviews du même Vincent Lindon (l'acteur, donc), et de Stéphane Brizé (le réalisateur), et de certains échos critiques cannois (peut-être était-ce pour compenser le fait que contrairement à l'ensemble du monde du cinéma, je n'étais pas à Cannes, mais à Paris). J'y suis donc allé (le dernier matin, quand même, le temps de me décider!) et j'en suis sorti plutôt admiratif. Carrément. Lindon est de tous les plans, c'est le seul "vrai" acteur (professionnel) du film, et il est vraiment impressionnant. Autant des fois il ne me convainc pas (récemment dans Journal d'une femme de chambre) autant là il est d'une force et d'une plausibilité qui laissent baba.
C'est l'histoire d'un mec qui galère, une histoire simple, chronologique, rectiligne, que le réalisateur raconte en plans-séquences, en blocs pas toujours consécutifs, laissant des espaces dans la narration comme l'eau entre les pierres posées en travers d'une rivière qu'on devrait traverser. Le réalisateur prend d'autant plus de temps à l'intérieur de chaque plan-séquence qu'il peut ensuite ne pas en accorder du tout à une scène "à faire", une scène qu'on attendait et qui, finalement, s'est déroulée en off, hors du temps du film (et c'est très bien comme ça). Pôle emploi, banquière, entretien d'embauche via skype, session de commentaire de vidéo de demande d'emploi, tout y est. (Le parcours du chômeur est aussi balisé ici que l'était celui du jeune délinquant dans La tête haute, mais l'esprit -et le résultat- sont complètement différents, et le fait d'utiliser des acteurs non-professionnels qui jouent leur propre rôle y est pour beaucoup.)
Après un de ces "sauts de pierre" dont je parlais plus haut, on retrouve notre héros en fonction (et en costard-cravate) : vigile dans un grande surface. Ce sera toute la seconde moitié du film : l'observation au plus près de ce microcosme, de la façon dont les "petites gens" sont pressurées (pas seulement les voleurs de marchandises, mais le personnel même du magasin, fliqué lui aussi par les caméras de surveillance.) Encore une histoire de pouvoir, de politique, et de gros sous. L'exigence du rendement, de la rentabilité. Le même jeu, toujours, du mépris et de la manipulation. De l'asservissement. Une observation clinique d'une situation tristement banale, de la capacité d'encaisser tout ça sans broncher, de faire monter doucement le curseur sur l'échelle de l'indignité jusqu'au point de rupture.
Du cinéma "social", donc, mais avec une approche moins roublarde, moins "glamour" que La tête haute, juste plus sec, plus frontal (et, paradoxalement, plus violent), dans cette volonté d'insérer un unique personnage de "fiction" dans un environnement documentaire (et j'adore toute le partie en caméras de vidéo-surveillance).
Vincent Lindon incarne vraiment ce personnage-là, il est extraordinaire dans cette proximité (familiale et professionnelle), dans cette densité, dans cette justesse (à défaut de justice).
Et la scène finale est à la hauteur du film...

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1 mai 2015

le scooter

(juste en phase d'endormissement)


J'entends distinctement, dans le garage qui est juste en-dessous de ma chambre, du bruit : quelqu'un est en train de faire démarrer un véhicule, mais pas ma voiture, plutôt un deux-roues... Un solex , une mob ? Non, un scooter, mon scooter... (J'aurais donc au fond de ce garage un scooter que j'y aurais oublié ?)
Dans un sursaut, je me réveille : il n'y a aucun garage en dessous de ma chambre (ça, c'était dans l'appartement d'avant), et je n'ai absolument jamais eu aucun scooter que ce soit...

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(la nuit dernière, très flou, mais ça m'a mis en joie lorsque je m'en suis rappelé aujourd'hui)

Je suis avec des jeunes filles plutôt joyeuses. Parmi elles je réalise qu'il y a Adèle Haenel (et il doit y a voir aussi une autre jeune actrice que j'aime beaucoup, peut-être "l'autre" Adèle (Exarchopoulos), mais je ne suis pas sur). Je suis en même temps très joyeux moi aussi d'être avec elles, mais plutôt un peu impressionné : qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur dire, il ne faut pas les décevoir...

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11 septembre 2016

oups!

Avec toutes ces émotions de fin d'août, j'ai complètement zappé l'anniversaire du blogchounet!

11 ans!
Bonze anniversaire, le blogchounet, tiens avec onze images!

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2005, Portugal

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2006, Montmarin

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2007, Bozarts

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2008, Paris

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2009, manifs

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2010, India

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2011, ipomées

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2012, Paris

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2013, école

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2014, Belfort

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2016, colza

 

28 avril 2016

caïpirinha

ADOPTE UN VEUF
de François Desagnat

Vu après Les malheurs de Sophie. Je savais à quoi m'en tenir après la bande-annonce, et je n'ai pas été déçu. Le contrat est rempli. C'est simple, tendre, drôle, émouvant. Tout le monde y est gentil ou presque, et chacun s'enrichit (humainement) au contact des autres. Comme le récent Five il s'agit d'un film de colocation (mais peut-être plus pépère, même si tout aussi attendu). Où un veuf inconsolable (Dussolier, très bien sans forcer) est, par un concours de circonstances scénaristique, amené à prendre une colocataire (la blonde et pétulante Bérengère Krief) -qui va dépoussiérer sa vie et son chagrin-, puis deux, puis trois (Arnaud Ducret et Julia Piaton) qui vont continuer le boulot entrepris.
Un film où il sera beaucoup question d'amour, et de respect, et d'humanité (et un peu de mort aussi). Avec en plus un running gag (plutot un quatre-quatring gag) plutôt plaisant -en ce qui me concerne- (Sam, le copain de Dussolier).
Bref, pas forcément un "grand" film, mais un film agréable, un film qui fait du bien. Et ça ça compte! On peut non seulement y prendre du plaisir, mais sortir de la salle la tête haute! (Et la salle était quasiment pleine... bon, d'accord, il pleuvait fort dehors...)

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24 avril 2016

les yeux qui s'allument

MIDNIGHT SPECIAL
de Jeff Nichols

Je me suis régalé... Un vrai plaisir de gamin, comme quand j'avais découvert E.T ou Rencontres du troisième type (je ne cite absolument pas ces films au hasard, mais, sur l'échelle pu plaisir cinéphile, ça concorde tout à fait. Malgré une fin, j'ai fini par l'admettre quand on a discuté, à la fin, devant le cinéma, un peu emphatique, et pas vraiment indispensable (mais on peut toujours se dire que ce n'est pas de la faute du réal, que ce sont les vilains producteurs (comme pour Night of the  demon de Jacques Tourneur) qui l'ont forcé à mettre en images ce qu'on aurait tout aussi bien pu juste imaginer.
Le démarrage est par-fait. On est tout de suite dedans (même vanat le début du générique!). Deux hommes en fuite avec un enfant (on en entend parler à la télévision dans une chambre de motel, et on suit les deux hommes et le gamin en question qui quittent cette même chambre de motel en catimini.) Ce qu'on en dit, puis ce qui se passe. On comprend vite que ce gamin (dont les journalistes déplorent n'avoir "aucune photo à montrer") est quelqu'un de très important, puisqu'il est aussi recherché par le gourou d'une secte ("The ranch"), par le FBI, par un scientifique de je ne sais plus quel acronyme ( NSA ?). Bref le pays tout entier est en alerte, à la recherche de l'Alton perdu. On réalise aussi que l'enfant en question est doté de pouvoirs mystérieux (il a les yeux qui s'allument -c'est pour ça qu'il porte en permanence des lunettes de piscine-, il est capable de réciter ce qui passe à la radio même quand elle est éteinte, il peut perturber l'orbite des satellites, bref tout le mond le veut, tout le monde est est sur les dents.)
Il est accompagné par son père (joué par Michael Shannon, acteur fétiche du réalisateur, toujours bien) et un copain à lui (joué par Joel Edgerton, que j'ai trouvé spécialement bon), et ils s'efforcent d'aller retrouver la mère biologique du gamin (joué par chérie-chérie Kirsten Dunst, que je n'ai pourtant pas reconnue lors de sa première scène).
Et le film est formidable, parce que formidablement écrit et formidablement filmé. Comme on début : ce qui se passe et ce qu'on en dit. C'est un film fonctionnel, mais pourtant pas réduit à l'action pure ni aux bourrinades. C'est un film efficace, mais qui bombe le torse (et sait aussi baisser la tête) avec son t-shirt "C'est du vrai cinéma". On a connu Jeff Nichols plus mutique et plus pittoresque ( Louisiane, bayous, etc.) plus "mesuré". mais on s'installe sans rechigner dans le véhicule quasi-hollywoodien dont il nous a ouvert la portière et qui roule à tombeau ouvert la nuit avec les phares coupés (si si!).
Et on prend plaisir à comptabiliser les bornes (cinéphiles) sur l'accôtement, les balises, les clins d'oeil/hommages/références à Spielberg (qui ne peuvent pas tous être des coïncidences): le personnage s'appelle Roy, comme dans Les Rencontres..., il y a un intervenant-clé au nom français, comme celui que jouait François Truffaut dans Rencontres... (tiens j'ai appris qu'initialement c'était Godard qui avait été pressenti pour jouer le rôle, mais vu qu'il demandait beaucoup trop cher, Spielberg s'était alors "rabattu" sur Truffaut), il est question d'un gamin et d'un extra-terrestre, comme dans E.T, et d'un extra-terrestre qui veut "téléphone maison" et repartir chez lui comme dans E.T aussi. Et des militaires qui bouclent la zone où va se passer "quelque chose" en obligeant les civils à évacuer dans un interminable convoi, comme dans Rencontres... et un lieu précis qu'il est vital d'atteindre, oui, comme dans Rencontres...
Les gentils sont en cavale, et doivent se méfier de tout (et de tous), et Jeff Nichols sait parfaitement entretenir la tension, et alterner les moments de poursuite et de parano avec des scènes "familiales" plus calmes, auxquelles succèdent des scènes-choc avec effets sonores et/ou pyrotechniques qui vous font sursauter sur votre fauteuil. (Je me suis fait avoir plusieurs fois).
A la fin j'étais "fin heureux" comme on dit par ici (même s'il ya avait un petit quelque chose qui me dérangeait, et sur lequel les autres ont tout de suite mis le doigt : c'est vrai que la fin "n'en finit pas de finir" (dixit H.), que la longue scène de "matérialisation" n'était pas forcément si (longuement) nécessaire, ou peut--être si justement, pour pouvoir finir en beauté sur ce plan  magnifique sur un champ vide (les Inrocks ont adoré, et moi aussi...). mais même avec ce bémol, Midnight Special reste quand même un film jubilatoire, oui, oui!

(Et ce qui est drôle, c'est qu'à la fin, sur le parvis, chacun(e) faisait "son" classement des trois films de Nichols nous avons projetés, et personne n'avait le même... A priori, le mien serait
1) Midnight Special
2) Take Shelter
3) Mud
mais ceci reste à revoir dans quelques temps...)

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de dos...

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... et de face (beaucoup plus flippant, non ?)

9 mai 2017

le congélateur, etc. (additif : "sans oublier le bazooka")

(pourquoi va-t-on revoir les films ? suite)

(- parce qu'on en a fait beaucoup de publicité à tous ses amis et aux autres, et qu'on voudrait être bien sûr que ça le mérite...)

099
TOMBÉ DU CIEL
de Wissam Charaf

Manue m'avait smsé qu'elle l'avait vue la veille au soir et qu'elle était toute seule dans la salle. Vendredi à 16h, avec Marie, nous étions quatre (encore trois femmes et moi, hihihi). Autant Aurore est un film de femmes, autant celui-ci se revendique comme un film d'hommes (c'est sans doute une des choses qui m'ont fait tant l'aimer quand je l'ai vu à Belfort/Entrevues en décembre dernier ; je me souviens que j'avais jubilé de façon quasi continue pendant tout le film (comme vous pouvez le revoir ici)). Là, il s'avéra que je ne jouissais plus de l'effet de surprise (qui est sans doute pour beaucoup dans le plaisir qu'on prend au film) et que je l'ai donc revu plus...  posément (avec moins d'exaltation que la première fois). Preuve que j'étais redevenu calme, j'ai même pris conscience de certains -oh, minimes- défauts, (je devrais plutôt dire "fragilités") dans la structure, dans l'enchaînement des séquences. Et le sentiment, finalement (comme dans Aurore!) qu'il ne manque pas grand-chose pour que de très bon ça devienne excellent.
Non pas que je  regrette de l'avoir fait figurer dans mes films de l'année (je persiste), mais je ne (me) mentirai pas non plus en reconnaissant que le fait que le héros ait une si jolie barbe poivre et sel n'y est pas non plus tout à fait étranger. (midinet un jour...).Là je suis resté un poil (!) (le film est pourtant pileux) sur ma faim, peut-être justement parce que j'en aurais voulu plus (de temps).
Wissam Charaf a écrit le scénario, mis en scène, réalisé, composé la musique (une des choses qui m'avaient, aussi, beaucoup plu la première fois) de son premier long-métrage de fiction (il a auparavant réalisé quelques courts puis un documentaire, All in Lebanon), et j'aime sa façon de dire (et de montrer) les  choses. En lui conseillant juste, peut-être, d'étoffer son propos.
Ce qui m'a beaucoup intéressé (fait réfléchir), ce fut la discussion qui suivit, avec Marie, devant le cinéma. Et de voir que sa manière de digérer (d'accepter) les éléments surnaturels du film n'était pas du tout la même que la mienne. Moi je suis bon public, j'ai joué le jeu,et accepté implicitement l'aspect surnaturel (et non expliqué) de certains faits. C'est comme ça, parce que le réalisateur l'a souhaité. Sa façon à lui de chantonner, comme Bourvil "C'était tout juste après la guerre..."
Les hommes, la guerre, la mémoire, le désir... Et le bazooka.
(la bande-annonce )

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(les deux frérots)

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la nouvelle affiche (dont je ne suis pas certain qu'elle serve vraiment la cause du film...)

26 avril 2017

le choeur et le taureau

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L'OPÉRA
de Jean-Stéphane Bron

Emma avait été tellement enchantée par ce film qu'elle est revenue le voir avec moi. J'aime bien ce genre d'expérience immersive dans un milieu donné, comme ont déjà pu en produire Nicolas Philibert chez nous (Un animal des animaux, La Ville-Louvre, La Maison de la radio, La moindre des choses, Le pays des sourds) et Fred Wiseman aux USA (il y en a beaucoup trop pour que je les nomme, je vous recommande le volume 3 de ses oeuvres). Etre comme une petite souris (les américains disent fly on the wall) et assister à ce qui se passe un peu partout, à tous les niveaux, depuis le tout-en haut (les bureaux de la direction) jusqu'au tout-en-bas (les coulisses et les arrière-salles). Ce qui se dit, ce qui se fait, ce qui se met en place, ce qui coince, ce qui change,  C'est très plaisant, très agréable, on se sent presque un privilégié de pouvoir assister à tout ça (oui, le prix des places à l'Opéra est prohibitif, et vu le taux de remplissage, les happy few semblent beaucoup plus nombreux qu'on pourrait le penser). En cette période pré-électorale, ça retourne bien le couteau dans la plaie (et ça pourrait le replacer entre les dents) : les riches à l'Opéra, et les pauvres au bistrot!. mais revenons à l'art lyrique et au chorégraphique, puisqu'on passera, avec le même bonheur, des entrechats aux contre-ut (c'est invariable), et on aura donc la chance et le plaisir d'assister à la gestation -et à la naissance- de plusieurs créations (Moïse et Aaron, La Bayadère, Les Maîtres-Chanteurs), chacune apportant son personnel et ses problèmes spécifiques, entre lesquels le réalisateur et sa céra vont et viennent, batifolent, virevoltent : un choeur de longue haleine, un taureau, un élève-chanteur russe, une ballerine, un responsable qui ne sait plus s'il veut l'être encore, une jeune demoiselle qui se contient avec son violoncelle, et qne sait faire que teuh!, un moment d'émotion à propos des victimes du Bataclan...
C'est très très agréable, parce que très bien construit (on est d'abord un observateur extérieur, et plus ça va plus on s'approche des choses -et des personnages-) et les presque deux heures passent sans qu'on s'ennuie une seconde.

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25 avril 2017

proactive

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CORPORATE
de Nicolas Silhol

D'abord, j'étais content de revoir Céline Sallette. Et d'autant plus que pour une fois, elle ne taille pas la zone en buvant des bières et en étant très malheureuse. Bon là, elle est habillée classe, elle a un beau bureau, des chemises blanches impeccables qu'elle change souvent (plusieurs fois par jour), des chaussures de dame, et c'est une killeuse. (elle le dira elle-même, un peu plus tard dans le film). Elle est chargée des RH dans une entreprise où Lambert Wilson est son supérieur. Oui, c'est une killeuse, et elle a été embauchée pour killer.
Et, justement, un des employés dont elle avait la charge va se défenestrer sous ses yeux (et ceux de tous), dans la cour de l'entreprise. Elle l'avait croisé dans la rue quelques instants plus tôt, et avait été plutôt sèche envers lui (un employé "placardisé" dont on avait fait en sorte qu'il finisse par proposer lui-même sa démission, mais qui avait la mauvaise idée de résister et de ne pas le faire...). Ca fait tâche (dans tous les sens du terme). Débarque alors une inspectrice du travail qui se met... au travail pour déterminer les circonstances, les causes, du décès en question. Et la faute à qui donc est-ce. La frontalité initiale du choc entre les deux forces en présence (l'inspectrice / la RH) va se moduler, comme évolue le comportement de la DRH lorsqu'elle prend conscience qu'on veut lui faire endosser toute la responsabilité, alors que, selon elle, elle n'a fait qu'obéir aux ordres.
Céline Sallette incarne vaillamment le personnage de la RH glaciale qui s'humanise progressivement (d'abord pour sauver sa peau, peut-on penser) pour finir par se transformer en Zorette (féminin de Zorro) justicière, comme lui dit son patron "soudain douée d'une conscience"...
Le film démarré en chronique sociétale ("les personnages sont fictifs mais les modes de management sont réelles" est-il dit en ouverture)  continue en thriller efficace jusqu'à son épilogue attendu (qui n'avait guère que deux options possibles : soit ça finissait tout blanc, soit ça finissait tout noir)  mais irréaliste (schématique) un chouïa, non ? (je suis perso assez youp la boum, mais bon, là, e dénouement évoque quand même trop Fantômette et la multinationale). La question humaine, de Nicolas Klotz, avec le même point de départ ou presque, était autrement fort et dérangeant...
Mais le film se voit sans problème, suscite une saine -et justifiée- indignation mais bon les choses dans ce domaine ne semblent pas prêtes de changer (et ce n'est pas le résultat du premier tour de la présidentielle qui va me contredire, hein ?)

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3 mars 2016

tiens tiens

"Il y a un mystère chez Sacks. A côté de sa grande facilité à se lier avec toutes sortes de gens et malgré plus de quarante ans en analyse, il aura vécu dans une extrême solitude personnelle, affective et sexuelle. Il raconte comment il vit son homosexualité dans le climat très répressif de l’Angleterre des années 50, avant de découvrir la divine tolérance d’Amsterdam puis de la Californie. Mais ce qu’il appelle sa «timidité» persiste. En réalité, il a une quasi-incapacité à avoir des relations intimes. Peut-être a-t-il, comme d’autres ex-enfants évacués, «un problème avec les trois A : l’attachement, l’appartenance et l’assurance». Après avoir décrit une délicieuse semaine avec un jeune homme rencontré en se baignant dans un étang de Londres le jour de son 40e anniversaire, il annonce : «Je n’allais plus avoir de rapport sexuel dans les trente-cinq années suivantes.» Oui, trente-cinq. Il lui faudra attendre d’avoir 75 ans pour rencontrer Bill Hayes avec qui, pour la première fois de sa vie et jusqu’à sa mort, il aura une vie de couple."
(Libération, 03/03/16)

accompagné de cette photo (qui m'a donné, bien sûr envie de lire l'article)

olivier sachs

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