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lieux communs (et autres fadaises)
23 février 2020

le fez à sigmund

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UN DIVAN A TUNIS
de Manele Labidi

Et voilà. Ce que je craignais. Avec le ficâââ ce film, vu "entre les gouttes" à Besac, j'ai oublié de le chroniquer. Une comédie tunisienne vue, il faut bien l'avouer, pour les beaux yeux de Golshifteh Farahani (que j'ai toujours du mal à écrire juste du premier coup). La belle revient à Tunis pour y ouvrir un cabinet de psychanalyste. ce qui nous vaut une comédie sympathique avec des personnages parfois un peu "trop" typés (la coiffeuse trop heureuse, le boulanger qui découvre sa part féminine, l'employé au ministère revendeuse de lingerie) mais le ton bon enfant de l'ensemble porte à l'indulgence. Le noeud du problème étant Golshiftehounette réussira-t-elle à obtenir son autorisation d'exercer ? Le petit défaut du film étant, pour moi, d'avoir fait incarner le putatif amant de la belle (le personnage du flic intègre) par un acteur un peu trop transparent.
Freud est ici et Freud est là, dans la sympathique scène d'ouverture "il est juif, et c'est mon boss..." puis dans un scène de voiture elle aussi plutôt sympathique. Et même, en filigrane, dans la toute dernière scène du film. on sort de là plutôt joyeux. Le film est, finalement, à l'image du véhicule que le garagiste (ami de son père) a refilé à Golshifteh : une guimbarde qui souvent pétarade et  ne paye pas de mine, mais qui tient, finalement, plutôt bien la route...
Oui, bon enfant.

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2 juillet 2021

punaises de lit

PLAYLIST
de Nine Antico

Enfin je l'ai vu! Bôô cinéma, 18h, salle 9, 4 spectateurs.Loulou m'avait prévenue qu'elle avait adoré la bande-annonce (comme moi) et qu'elle avait été "un peu déçue par le film"... je savais donc "un peu" à quoi m'en tenir... Sara Forestier et Laetitia Dosch, un noir et blanc classieux (pour moi, allez savoir pourquoi, un film en noir et blanc, c'est -déjà- la garantie d'au moins 50% de plaisir en plus), une bande-son riche et intense et variée (une vraie playlist, quoi...), pour un film sans doute presque autobio, qui, malin, s'auto-critique à travers l'observation par un pro du carnet de dessins de l'héroïne : "ton trait est maladroit, mais on sent que tu dessines avec tes tripes...".
Chroniques(s) esquissées croquées (BD oblige) de la vie d'une jeune fille -Sara Forestier, envers qui mon capital-sympathie reste toujours intact depuis L'Esquive (2003), c'est dire -  (elle a 28 ans dans le film mais voudrait faire croire qu'elle en a 26, pour obtenir une dérogation pour passer un concours d'entrée dans une école d'art), serveuse dans un bar mais qui rêve d'être publiée et reconnue en tant que dessinatrice, flanquée d'une copine (Laetitia Dosch, excellente comme d'hab', en aspirante comédienne). Non seulement nôtre héroïne voudrait être publiée mais aussi, (et surtout ?), elle aimerait rencontrer l'amour, (le vrai, le beau), et le film est conçu comme une façon de feuilleter le récit de ses aventures, de ses conquêtes, de ses illusions, de ses désillusions (allez savoir pourquoi, je me suis pas mal reconnu -et donc identifié à elle- dans ce fonctionnement, mais, bon, "quand j'étais jeune" hin hin), via un catalogue de spécimens mâles, épinglés comme des papillons exotiques, et qui deviendront d'ailleurs la matière de sa première bd publiée.
Tout ça enveloppé, enrubanné, par la voix-off d'un narrateur élégamment désinvolte, je veux nommer Bertrand Belin, voix-off dont je me suis demandé si elle n'était pas un peu too much, et ne desservait pas un peu, finalement,  le film, plus qu'elle ne l'accompagnait (par le ton, le phrasé, la componction, l'ironie, j'ai pensé irrésistiblement à la voix -irrésistible !- de Claude Piéplu qui accompagnait les Shadocks... -Ah, les Shadocks... "je vous parle d'un temps que les moins de 60 ans..."- ).
Un chouette film en noir et blanc, donc, avec ses historiettes, ses chapitres, ses running gags (le morceau récurrent de Daniel Johnston), ses deux chouettes héroïnes (le tandem Forestier/Dosch fonctionne à merveille), auquel j'ai pris quasiment autant de plaisir qu'à disons J'ai toujours rêvé d'être un gangster, de Samuel Benchétrit, ou Je me tue à le dire, de Xavier Séron, qui concourent quasiment dans la même catégorie. C'est vrai que parfois on serait presque tenté de trouver ça un peu "lège" (même s'il est question d'avortement et de punaises de lit!), mais la sincérité l'emporte, au final.
On est ravi.

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5 juillet 2015

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Le deuxième jour, on avait décidé de partir un peu plus tôt (16h au lieu de 18h) pour profiter un peu plus, et parce Manue souhaitait voir IBEYI (Afro soul) et que je souhaitais profiter de la lumière un peu plus longtemps sur ces torses jeunes et jolis. Etait-ce vraiment une bonne idée ? Il faisait très chaud, trop chaud, encore plus chaud qu'hier, et l'idée de prendre tout de suite une grande bière très fraîche (et d'aller s'asseoir sur un banc à l'ombre pas très loin de la plage) n'en était pas forcément une très bonne : ça m'a coupé les pattes, et je suis donc resté écroulé pendant un bon moment avant que Manue, qui était allée vaquer à ses petites occupations (gagner un chapeau rose pour sa fille, aller mater deux ou trois concerts) ne vienne me récupérer à l'endroit pile où elle m'avait posé une heure avant...
On est allé grignoter au stand franc-comtois, (où, m'avait-elle affirmé il y avait de l'ombre et pas un chat) d'on on a entendu un peu de SEASICK STEVE, suffisamment pour ne pas me donner davantage l'envie d'y aller.
Alors qu'on s'est déplacé jusqu'au point de rencontre où on s'est assis en réfléchissant à la suite, nous sommes abordés par trois suisses joviaux mais bourrés (dont l'un me lèche les pieds, oui, oui) qui tiennent absolument à me trouver des pucelles, offre que je décline poliment.
Je souhaite aller m'installer pour voir ETIENNE DAHO très tôt, et nous y voilà donc. Très devant. On profite du brumisateur géant des pompiers, puis d'un groupe japonais qui passe à La Loggia, THE BAWDIES, et qui joue très fort. Juste avant le début du concert de DAHO on est rejoint par Loulou, diadème de princesse et ballon rose à la main, qui est avec plein d'amis, (ceux qu'elle souhaitait me présenter hier soir). Elle repassera quelques chansons plus tard, quittant le concert pour rejoindre ses autres amis. Très joli concert, très pro, très propre (même si souvent la voix est mal mixée et passe mal mais je m'en fiche parce que je connais toutes les paroles ou quasi!) très pop. Le public est un peu plus agé et beaucoup moins serré (et sautillant) que dans les autres concerts. Il y a beaucoup de vieux (et vieilles) fans. C'est le concert du DiskoNoir tour, ouvrant majestueusement sur Pop Satori et se refermant sur un très énergique Bleu comme toi. Je suis aux anges.
Après les choses se gâtent un peu. On espérait voir un peu de CHRISTINE AND THE QUEENS avant de remonter pour MAJOR LAZER. on descend donc mais c'est blindé, impossible d'approcher, on ne voit rien, on voit juste un peu sur un des écrans mais ça à l'air un peu fragile. Donc on remonte pour s'installer pour MAJOR LAZER qui semble être l'attraction unanime de tous ces jeunes torse-nu et plus ou moins alcoolisés (et envapés). D'abord assis, puis obligé de se lever car il arrive du monde, du monde, de plus en plus de monde, tellement de monde, et oui, oui, nos jeunes voisins nous confirment que tout ce monde va sauter. Compte à rebours, le spectacle est lancé et oui, tout le monde saute et bouge les bras, et après un échange de regards avec Manue, on fend latéralement la foule pour se sauver. La techno, c'est pas notre truc.
A partir de là, tout va aller de mal en pis : on envisageait d'attendre THE CHEMICAL BROTHERS, et on descend à la plage pour y attendre, avant le set de THE SHOES. C'est très fort, trop fort, mais Manue m'a filé des bouchons d'oreille. On réussit à somnoler un peu (moi allongé elle assise!) mais quand THE SHOES démarrent c'est encore PLUS FORT! On lève le camp pour aller éventuellement jeter une oreille à FOXYGEN. Arghhh! J'ai pourtant les bouchons, mais ça me paraît trèèèès fort. En effet, quand je les ôte c'est ENCORE ENCORE PLUS FORT, à tel point que c'en est insupportable. De dépit, on décide de lever le camp sur le champ, bye-bye tant pis pour les CHEMICAL B.
Et on s'en va, un peu déçus tout de même, en se disant que, les 3 jours, c'est trop, c'est plus de nos âges, et que l'an prochain on viendra un jour, ou (moi) peut-être même zéro jour... mais c'est peut-être à cause de la chaleur...
En repartant, c'est Manue qui conduit. trois contrôles alcootests successifs, mais elle réussit à  souffler zéro fois. yesss!

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arrivage...

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observatoire

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nous deux

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oui, chaud...

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sous le brumisateur géant des pompiers

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pogoteurs roses

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ED red

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le jeune homme cambré

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ED bleu comme toi

 

16 juillet 2016

estivales

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JACKPOT
de Car Hiaasen

Après de l'orage dans l'air, j'ai tout de suite enchaîné avec celui-ci. Deux tickets de loto gagnants. Le premier par une jeune fille, le second par une paire de malfrats à la petite semaine. 14 millions de dollars c'est encore mieux s'ils peuvent en avoir deux fois plus, et ils décident d'aller voler le ticket de la demoiselle. Une course-poursuite avec tout un contingent de personnages toujours aussi déjantés, une intrigue conçue comme une mécanique de précision à l'efficacité (et à l'humour) redoutable(s), avec toujours la même sensiblité écolo, et cette façon innée de mixer le  documentaire (ici, ça tire tous azimuths sur le bizness des miracles et des pèlerins cathos) avec les scènes les plus improbables, et en prime  le retour de Skink, avec son imper fluo et son bonnet de bains à fleurs... polar, BD, roman d'aventures, loufoqueries, sans oublier un poil de sang et un zeste de noir (noir). Le bonheur! J'aime vraiment la façon dont carl Hiaasen nous tricote ces récits en forme de patchworks en apparence plus ou moins disparates mais où tout s'assemble clic clac hop merveillerusement in fine (Même si j'y mettrais peut-être quelques minusculissimes réserves sur la toute fin un tout petit peu trop roucoulante à mon goût mais bon je chipote...)

PÊCHE EN EAUX TROUBLES
de Carl Hiaasen
J'ai enchaîné avec celui-là, où l'on apprend pourquoi Skink a un oeil de verre (j'ai entrepris de les lire dans l'ordre, même si je n'ai pas pu mettre la main sur le tout premier, L'arme du crocodile...) qui se passe dans l'univers (jusque là de moi inconnu) des compétitions de pêche, plus précisément des pêcheurs de bass a large bouche, où l'enquête sur la mort accidentelle d'un pêcheur va déboucher (comme souvent) sur des scandales immobiliers (Hiaasen ne se lasse pas de nous épingler toutes les magouilles de ces affreux spéculateurs) où entreront dans la danse aussi bien un faux prédicateur télévisuel que divers pontes de la mafia, dans un récit orchestré avec la maestria qu'on connaît déjà à l'auteur (la fin est une réussite totale). Et notre Skink préféré est là, et il est en pleine forme! (même si l'évocation de ses repas est parfois susceptible de lever le coeur...) Sans oublier une prothèse manuelle des plus originales.

COUSU MAIN
de Carl Hiaasen
Et de quatre! Celui-là n'est pas en poche, mais dans la collec' "Albin-Michel Suspense" à la jaquette blanche, qui m'apporta, en son temps (par le passé), autant de bonheurs (King) que de désceptions (Higgins Clark, Mc Donald, Barker)... J'étais quand même plutôt confiant sur ce coup-là. Il sera question cette fois de chirurgie esthétique (pas mal de personnages d'ailleurs vont s'y faire refaire le portrait), d'une enquête menée par un ex-privé buriné bourrinant  supermalin trop fort comme on les aime, qui cherche à savoir pourquoi un célèbre chirurgien cherche à le faire assassiner (on le saura assez vite). Interviendra dans l'histoire un personnage de tueur extrêmement réjouissant (on pourrait même dire attendrissant, oui), surnommé Chimio, et une palanquée de personnages, dans la mise en place d'une intrigue toujours aussi chiadée et virtuose de notre cher Carl Hiaasen (le seul petit regret c'est que n'y intervient pas Skink, mais, rassurez-vous vous, il sera encore question, même si par la bande, de magouilles immobilières et de combines foireuses.) Déjà très plaisant (le roman date de 98!). Même s'il met un tout petit peu plus de temps à démarrer (quoique... quand il met les gaz, ça décoiffe grave!) Mais déjà, notre Carlounet avait le goût des prothèses manuelles plutôt originales! (cf ci-dessus)

ARRÊTEZ-MOI LA!
de Iain Levison

Après le quatrième Hiaasen (j'étais au milieu de ma pile, tout juste), j'ai décidé de faire un break, de changer d'air et j'ai pris le dernier Levison qui me restait à lire, (le sixième, donc) que je me gardais pour la bonne bouche. Comme d'hab, c'est bien une histoire de looser, racontée à la première personne, d'un mec dans la mouise, mais  cette fois il a un emploi, il est  chauffeur de taxi (le titre original du roman). Et accusé -à tort, on le sait dès le début- de l'enlèvement et d'une meurtre d'une fillette. Et tout va aller très vite. On va  suivre ça "de l'intérieur" de a jusqu'à z : arrestation, garde à vue, détention, procès, suites du procès... et ça fait froid dans le dos, le système judiciaire américain (Ca ne serait sans doute pas beaucoup plus cool en France). On sait que le narrateur est innocent, et c'est d'autant plus terrible de le vivre avec lui. Flics  incompétents, avocat qui l'est presque tout autant, médias qui s'acharnent, vindicte de la populace, tout se ligue contre notre narrateur, qui s'acharne à clamer son innocence et que personne ne veut croire, tellement il fait un coupable idéal. Pourquoi chercher plus loin ? Le ton est aussi différent des autres romans de Levison : tout ça est bien plus noir, plus amer. Plus grave. Mais tout aussi fort. Une belle et juste évocation de la vie carcérale, et (surtout ?) de ce qui se passe après, ce à quoi on ne pense pas si souvent... très impressionnant, et tendu jusqu'aux dernières lignes. Moralité : ne touchez pas les fenêtres chez les gens. ne nettoyez pas votre véhicule à la vapeur, Même si une cliente a vomi dedans la veille...
Message personnel à l'auteur : Bon ça y est, j'ai tout lu de vous, auriez-vous la gentillesse d'en réécrire bientôt un autre ? Merci d'avance, Iainchounet.

21 septembre 2018

masser la carotide

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PREMIERE ANNÉE
de Thomas Lilti

Un petit problème de dates et de chronologie d'abord : en 2014, dans Hippocrate, du même Thomas Lilti, Vincent Lacoste jouait Benjamin, un jeune interne qui effectuait son premier stage dans le service de son père chirurgien (joué par Jacques Gamblin). Dans celui-ci, en 2018, ce même Vincent Lacoste joue Antoine, un jeune étudiant qui retriple sa première année de médecine, et sympathise avec Benjamin (joué par William Lebghil, très bien), fils de chirurgien... Un peu comme s'il se rencontrait lui-même, trois ans avant. Le personnage de Benjamin dans Première année, c'est le même que dans Hippocrate, sauf qu'il n'est pas joué par le même acteur (et que l'acteur qui l'incarnait joue désormais un autre personnage).
Une fois cette petite distorsion de l'espace-temps cinématographique admise, le reste suit sans problème. Thomas Lilti sait de quoi il parle, il est passé par là, et ça ne m'étonnerait pas trop qu'il raconte, peu ou prou (on devrait utiliser cette expression plus souvent), sa propre histoire à lui.
Une histoire de fac, de préparation de concours, d'amphi, mais surtout de bachotage imbécile, tant ce concours est sélectif et l'écrémage radical, à l'issue dudit concours. Et, dans le cas présent, une belle histoire d'amitié entre deux garçons. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, j'ai dit amitié. Une histoire simple, pour un film qui l'est tout autant. Et agréable.
Les deux jeunes acteurs (Lacoste et Legbhil) sont très bien. On peut juste regretter que tout ça soit très sage. Très raisonnable. On aurait souhaité un peu plus de sel, d'assaisonnement, d'épices, de folie.
Tel que, c'est très bien, mais on a vraiment le sentiment que Lilti aurait pu réaliser quelque chose d'excellent. Alors qu'il n'est que très bon. C'est déjà très bien, d'être très bon (c'est exactement la même chose avec les résultats aux examens de nos deux deux compères...)
Finalement le plus important c'est le duo de comédiens (comme dans Hippocrate, déjà, où Vincent Lacoste faisait équipe avec le très chér(i) Reda Kateb), à côté duquel les autres personnages semblent un peu effacés. Comme si les deux étaient en couleur et tous les autres en noir et blanc.

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14 juillet 2018

zeurocks 2018

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retour à la Green Room...

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Manue...

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J-H Pascal et Corine

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Eddy!

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Eddy! Eddy!

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en montant vers la Grande Scène

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en faisant une pause en redescendant de la Grande Scène

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une petite galette forestière (et Catherine)

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en allant s'installer à la Loggia

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...vraiment tout devant! (assis contre les grilles)

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the Limiñanas

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encore The Limiñanas d'amour...

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"on se retrouve entre les lettres et la grande roue..."

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sur le E

...et c'est là que la pile de l'appareil a rendu l'âme et que j'ai réalisé que je n'avais pas emporté les autres de rechange, même si je les avais soigneusement rechargées... la suite sera donc téléphonique...

3 mai 2018

bigoudis chauffants

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LADY BIRD
de Greta Gerwig

Un film... apaisant. Comme de la Biafine sur un coup de soleil. Un film qui fait bien la paire avec La belle et la belle, vu juste avant. Même si assez éloigné dans la forme. Un film très américain sur une jeune fille (Christine, mais qui se fait appeler Ladybird) qui vit ses derniers mois de lycée, avant de partir vivre la grande aventure en quittant son Sacramento natal pour New-York New-York (avec la petite musique qui va avec...). A ne pas confondre (ce que j'avais tendance à faire) ni avec le Ladybird de Ken Loach, ni avec Lady Hawke, femme de la nuit, ni, bien évidemment avec Bird people de Pascale Ferran.
Tout y est : les rapports parfois tendus avec les parents (la mère, surtout), les copines (enfin surtout "la" meilleure copine, avec qui on partage tout), les cours et les profs, les premiers émois avec les garçons, le club théâtre, les grandes espérances, les petites cachotteries, les "trahisons", la remise des diplômes, le bal de fin d'année, le quittage du nid... on est en terrain connu, (ça pourrait être une version au féminin du cultissime (en ce qui me concerne) Boyhood -avec ici une histoire familiale moins agitée...- Girlhood, disons donc.), et c'est peut-être pour ça qu'on trouve le film si plaisant, si rassurant, si confortable.
La demoiselle est jouée par Saoirse Ronan (aussi jolie que son prénom est imprononçable), qui est pour beaucoup dans le plaisir qu'on prend au film. j'étais aussi content d'y retrouver Laurie Metcalfe (que j'avais adorée en infirmière chef faux-cul dans la délicieuse série Getting on) en mère aimante mais pas forcément commode, et, un peu plus tard, l'adorable Timothée Chalamet (toujours aussi mimi que dans Call me by your name) dans le rôle du deuxième premier amours, qui nous la joue ici un peu poseur et beau ténebreux anti-système mais peut-être pas tant que ça dans le fond... Et le personnage du papa est parfait (Tracy Letts, je ne connaissais pas ce nounours) en parfait contrepoint roudoudou à la maman...
Je n'ai pas fermé l'oeil une demi-seconde, ce qui est plutôt bon signe et indicateur d'intérêt, pourtant, je le redis, le film n'a a priori rien d'extraordinaire. il est juste parfait dans son genre.
C'est toujours touchant de voir une adote grandir, "quitter le nid" (c'est ce qu'on dit dans ces circonstances) pour voler de ses propres ailes , à plus forte raison lorsqu'elle s'appelle Lady Bird.
Délicieux...

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2 mars 2018

je ne serre pas la main aux malfrats

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NI JUGE, NI SOUMISE
de Jean Libon et Yves Hinant

Je l'attendais d'autant plus qu'Hervé l'a présenté comme quasiment son film de l'année. La presse et les échos critiques semblaient assez d'accord, l'Amphore d'Or au Festival de Groland, et le taux de remplissage de la salle en ce dimanche après-midi semblaient confirmer cet enthousiasme...
Le portrait d'une femme assez extraordinaire (qui a déjà eu droit à deux reportages dans Strip-Tease), une juge belge qui pète le feu, qui ne prend pas de gants, et mâche pas ses mots. On la suit au quotidien, face aux prévenus (en présence de leur avocat) qui défilent dans son bureau, et, parallèlement, sur le terrain, où elle a déterré (cela s'avèrera, un peu plus tard, être au sens propre -beurk-) une vieille affaire : l'assassinat, il y a une vingtaine d'années, de deux prostituées, affaire restée inexpliquée, mais pouvant être reprise aujourd'hui grâce aux progrès scientifiques et à l'adn.
C'est vrai qu'elle vaut le déplacement, cette brave dame (plus jeune j'aurais dit "qu'elle arrache"...), et qu'elle justifie le film à elle seule. Elle cache bien son jeu, au début toute en candeur, en sourires affables et en sucreries distribuées, c'est au bout du compte une maîtresse-femme. Et c'est vrai aussi qu'au début on rit beaucoup. C'est du bonheur de la voir procéder. On repense, au début,bien sûr, à Depardon et à ses multiples instants d'audience (quand le quidam, vous, moi, est confronté à l'instance judiciaire, qui n'en fait généralement qu'une bouchée) et chacun des personnages face à Madame la Juge fait son petit cinéma et produit son petit effet, de ce côté là c'est impeccable. Et puis on rit un peu moins. Et encore moins, c'est l'effet Strip-Tease prend le dessus, ce mélange de fascination et de gêne mêlés (Bourdieu et sa Misère du monde ne sont jamais très loin...).
Car on finit, ici, par être un peu gêné aux entournures par le fait que tous ces prévenus ou presque sont maghrébins (plus jeune, j'aurais écrit "rebeus"). Et le film se continue un peu lourdement par une séance d'exhumation dont le réalisme insistant ne s'imposait peut-être pas, avant de se termine encore plus maladroitement par une audition interminable (et interminablement sérieuse) d'une mère infanticide qui ne méritait pas forcément qu'on lui consacre autant de temps (comparativement aux autres prévenus).
Un film acide, dérangeant, drôle, poil-à-grattesque, paradoxal, qui mérite bien son slogan "Ce n'est pas du cinéma, c'est pire!", qu'on ne peut qu'aimer fort (je viens d'en revoir la bande-annonce, et c'est bien l'effet produit) mais dont je suis sorti un petit poil moins ravi que j'aurais souhaité l'être.

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7 novembre 2017

backgammon

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THE WORLD IS BIG
de Stephan Komandarev

Une découverte Uncut. J'avais un peu délaissé mon abonnement depuis quelques temps, et j'ai donc pas mal de films à rattraper... Voilà un joli p'tit film bulgare, un feel-good movie, même, avec Miki Manojlovic (un habitué Kusturicien et "films de l'est" en général) en grand-père bulgare champion de backgammon qui va rechercher en Allemagne sont petit fils à l'hôpital, amnésique à la suite d'un accident où ses parents ont perdu la vie.
Deux trames d'histoire : pendant que, aujourd'hui, le grand-père et le petit-fiston font une virée en tandem de l'Allemagne vers la Bulgarie, on suit en même temps le voyage inverse, des années plus tôt, qui mena Alex (le petit fils) et ses parents de la Bulgarie vers l'Allemagne, (en passant par l'Italie).
Petite leçon d'histoire récente (Bulgarie, communisme, police, milice, c'est pas jojo), dans un film doux, touchant, attachant, plein de bons sentiments (on devrait plutôt dire de délicieux sentiments, ça paraîtrait moins péjoratif), et de tendresse, où la vie est comparée à une partie de backgammon (auquel on a envie de jouer, une fois le film fini), et la chance juste une histoire de penser aux bons chiffre avant de lancer les dés...
Plaisant.

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21 septembre 2017

"t'inquiète, ma luciole, tout va bien se passer..."

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UNE FEMME DOUCE
de Sergei Loznitsa

J'y  suis allé... prudemment, puisque je me souvenais qu'Emma et Dominique étaient parties avant la fin (bien avant) quand elles l'avaient vu à Besac. Mais bon je connais les films précédents du réalisateur (My joy et Dans la brume), et je les aime suffisamment, tout inconfortables qu'ils soient, pour avoir envie me rendre compte par moi-même. (je viens également de découvrir, via le blog d'un cinéphile espagnol, toute une poignée de courts et moyens métrages documentaires, puisque c'est tout de même la première casquette du réalisateur (le doc), en noir et blanc, qui m'ont l'air tout particulièrement intéressants.)
Wiseman observe et rend compte des Etats-Unis, et Loznitsa fait un peu la même chose avec "un pays qui est la Russie, mais considéré comme un territoire à la fois géographique et mental" (c'est lui-même qui le dit). Il est passé au film de fiction, mais garde toujours la façon de voir du documentariste. Et la Russie (et son espace géographique et mental) c'est spécialement pas jojo. C'est même démoralisant.
J'ai tenu jusqu'au bout du film sans problème (je trouve que mes amies ont été un peu trop sensibles et pas assez persévérantes, mais bon, hein, chacun voit midi à sa porte... mais peut-être ont-elles bien fait de partir avant, car la dernière partie n'est pas de tout repos... -euphémisme-).
La femme douce du titre, l'héroïne donc du film, mériterait plutôt le qualificatif de revêche, tant son petit minois est fermé (d'ailleurs, sur recommandation du réalisateur, on ne la verra pas sourire une seule fois dans le film). Ne pas sourire, elle a de quoi : un jour on lui demande de passer à la poste récupérer un colis qu'elle a envoyé à son mari, qui est en prison, colis qui lui est retourné sans explication (et pour lequel elle doit même payer pour le récupérer). elle essaye -en vain- d'obtenir des explications (tous les employés sont spécialement peu aimables), et notre héroïne décide de faire le voyage jusqu'à la ville trou-du-cul-du-monde où son mari est incarcéré, et entreprend de faire le siège des guichets où elle est à chaque fois opposée à la même épouvantable cerbère. Ayant peu d'argent, elle est hébergée par une fausse bonne âme (j'ai pensé à Pinocchio) qui se révèle être une patrone (entre patron et matrone) de bordel, ni plus ni moins (d'où scènes de beuveries russissime, celles qui ont découragé mes amies, et je les comprends un peu...). Jusqu'à ce qu'elle soit prise en main par un mac local, tout prêt à lui venir en aide (c'est fou ce que les gens sont serviables...) , qui lui fait rencontrer un parrain local, qui, etc. Charybde et Scylla, vous imaginez le parcours de notre Soeur Sourire (qui tient ses commissures serrées contre vents et marées).
Le film est inconfortable, c'est incontestable, mais, pardon ô mes amies, pas du tout insupportable. C'est juste un film russe, quoi (là je suppose qu'Hervé, penché par-dessus mon épaule, va corriger "Tsss, pas russe, ukrainien, ça n'a rien à voir...", mais bon moi je me comprends, et vous aussi j'espère). Pays de merde et gens de merde aussi (oh la scène terrible de contrôle du contenu des colis...). Pour notre héroïne, c'est un vrai parcours de la combattante. Elle tient bon, elle insiste, elle se fait rembarrer, mais elle y retourne à chaque fois vaillamment.
Au bout d'un certain temps, elle consent à repartir, baisse les bras, se rend à l'évidence. Assise dans la salle d'attente de la gare, juste avant de repartir (oui, elle a fait chou-blanc) notre jouvencelle fait un rêve, à l'onirisme un peu lourdement didactique certes, mais ça ne m'a pas plus gêné que ça (j'ai toujours eu un faible pour les scènes de rêve dans les films), avant un dernier plan-séquence loznitsien (il a déjà fait un court-métrage juste sur des gens qui dorment en attendant le train) magnifique, qu'on peut qualifier de malin (même si pas  specialement de bon augure).
Je l'adore, ce dernier plan (qui a dit fin ouverte ? là elle est carrément grande ouverte...)

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24 août 2017

les oies dans la baignoire (de sang)

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ON THE MILKY ROAD
d'Emir Kusturica

Ca faisait un bail qu'on n'avait pas eu de nouvelles de Kustu. Ou, du moins, que je n'en avais pas pris. J'ai l'impression d'en avoir raté quelques-uns des derniers (ou, si je les ai vus, de les avoir oubliés). Je me souviens de l'avoir vu comme acteur il n'y a pas si longtemps dans 7 Jours à la Havane, où il jouait son propre rôle, et comme réalisateur il faut remonter à 2004 (La vie est un miracle) ou, encore mieux, à 2001 pour le très très aimé Super 8 Stories, un doc "rugueux" en noir et blanc sur le No Smoking Orchestra, son groupe...
Cet homme-là a quand même gagné la Palme d'Or à Cannes et autres menues friandises, et voilà qu'il sort un nouveau film et que beaucoup regardent ailleurs en sifflottant, voilà qu'il ne semble plus être en odeur de sainteté, et que la critique parisienne en escarpins vernis et perruques de courtisans se met à faire la fine bouche, à se pincer le nez, à l'expédier manu militari en quelques lignes assassines sur le ton de "Ah quand même c'était -bien- mieux avant..."
J'y suis allé le dernier jour, pas très sûr de mon coup, donc, et Catherine à midi, pas hyper-enthousiaste non plus, ne m'avait pas  beaucoup plus rassuré. Et voilà qu'Emma arrive au débotté dans la salle juste au moment où le film commence, et que je l'installe à côté de moi, et ça démarre plein pot. On n'est pas dépaysé, tout de suite on en prend plein les oreilles, et les yeux aussi. Toute une ménagerie : un faucon, un troupeau d'oies, un cochon qu'on va saigner, des mouches, un âne, un serpent qui boit du lait, pas de doute on est bien dans le Kusturica Land. Et c'est plutôt plaisant comme retrouvailles (et entrée en matière).
Au générique, on a vu qu'il y avait principalement Monica (Bellucci) et Emir. Lui est laitier et débonnaire, elle émigrée italienne et avenante. Elle est là pour épouser le frère de la femme qu'Emir est censé épouser le même jour. Une guérillère athlétique. Le frère est à la guerre, et on attend donc qu'il en revienne. Car la guerre est là, autour, partout, tout le temps, une bonne guerre bien imbécile où chacun pense que c'est la faute de l'autre, où on affronte un ennemi invisible, mais surtout où chacun continue aveuglément de la faire, même les civils, surtout les civils. Volatiles, musique, alcool, guerre et amour, bref the show must go on...
Les oies cancanent, la musique tzigane, et les mecs défouraillent. Des trognes, des matrones, des beuveries, et toujours une certaine même bonne humeur balkanique expansive et explosive. Pas dépaysés, je vous l'avais dit...

La paix est déclarée, et le frérot revient, les deux mariages se préparent (le frérot en question a des airs de Saddam Hussein, et sans doute le même sens de l'humour), sauf qu'on sent que aïe aïe aïe le laitier est plus attiré par la belle italienne que par la pasionaria serbe (celle qui elle est gymnaste et révolvériste). Et voilà que tout va voler en éclats et partir en fumée avec l'irruption de "vrais" soldats (avec du camouflage sur la figure et des kalach') qui vont mettre le mariage à feu et à sang (la même chose que j'ai déjà vue dans un autre film des pays de l'Est dont je n'arrive pas à me souvenir du titre). Emir et Monica s'enfuient, poursuivis par trois soldats, jusqu'à la fin du film... Par monts et par vaux (et par moutons aussi), sur terre et dans les airs (et sous l'eau aussi...)

On regarde tout ça, en pleine immersion, (le dolby dans la salle augmente encore plus cette sensation), béat, alternant sourire et larmes, heureux comme des gamins devant leur première histoire de Tintin (ah, les pailles pour respirer sous l'eau...). C'est vrai que, question scénar, on a déjà eu affaire à plus complexe... Mais la mise en scène se déploie, flamboie, rutile, et, question d'équilibre, si certaines scènes sont monumentalement belles, d'autres tout aussi épouvantablement dégueulasses. On suit, on avance, on tient la main qu'Emir nous a tendue, on s'envole sans perdre des yeux la robe de mariée que Monica a ôtée, ça zigzague ça louvoie, ça se convulse, comme ce gros serpent un peu insistamment récurrent (et plutôt moche, en plus) mais on reste toujours accroché derrière.

Le programme kusturicien est respecté à la lettre, et même s'il en fait des fois un poil trop, tout ça est compensé par le lyrisme déglingos de l'ensemble (et il a même la gentillesse, Emirchounet, d'apparaître -enfin!- barbu, comme je l'aime, dans la dernière scène, que je trouve, personnellement, magnifique...) alors pourquoi alors bouder notre plaisir ?

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Je cite quand même les Cahiaîs (cités par allocinoche) :
"Tout semble ici si kitsch, fatigué, faux et forcé qu’il semble peu probable que Kusturica nous inflige à nouveau ce genre de mascarade sans révéler, sous le vernis décati de ses atroces visions numériques, l’obscénité idéologique de ce cinéma."
oh et puis le Figharo, tiens aussi (allocinoche again) :
"Ici, le trop-plein étouffe. Pour rien. Il faut être juste, Kusturica a une qualité: la galanterie. Il est encore plus mauvais que Monica Bellucci. Ça n'était pas gagné."

Si c'est pas du dézinguage en règle, ça...

19 juillet 2017

écran total

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SUNTAN
de Argyris Papadimitropoulos

Celui-là, je l'avais vu sur mon ordi, il y a quelques mois, lors d'un festival arte de cinéma européen on line me semble-t-il, et ça m'avait bien plu. Autant que peut "plaire" un film entre l'acide et l'amer, avec un zeste de cruauté et le reste de désillusion... Pas un film joyeux joyeux, donc, et pourtant très solaire : sea sex and sun à donf, au mois d'août, sur une île grecque. une île sur laquelle  exerce en tant que médecin local (il est venu s'y installer au début du film) Kostis, un petit bonhomme au physique de nounours (poilu, ventru, mal rasé, pâlichon), quarantenaire plutôt renfermé, pas très bavard, secret, dont l'intensité du regard pourrait d'ailleurs, provoquer dès le départ un léger malaise...
On l'a vu débarquer là, en hiver, s'installer, au milieu des 800 habitants que compte l'île, paisible et somnolente à cette saison, avant le grand rush du mois d'août avec l'arrivée des touristes, jeunes, bronzés, fêtards, insouciants, quéquette à l'air et sourires à dents blanches, plage le jour et teuf la nuit...
Kostis va faire la connaissance d'Anna, 21 ans, débarquée un matin dans son cabinet avec ses potes pour se faire soigner la jambe après un accident de moto, et plus rien ne sera comme avant... Le quadragénaire solitaire et mélancolique va se rapprocher de la bande d'Anna, se faire accepter par eux, sympathiser avec ces jeunes fêtards qui le voient comme le "bonhomme", à mi-chemin entre docteur et papa-gâteau...Oui, Kostis va se prendre (plus que) d'affection pour la jeune Anna, et je m'arrête là de la narration...
Je l'avais déjà vu, sur mon ordi, je l'ai déjà dit, et j'avais envie de le revoir en vrai, dans le bôô cinéma, sur un écran de quinze kilomètres. Et c'est vrai que ça en jette. (Bon, c'est vrai, j'avais le vague souvenir que c'était un FAQV, et ma mémoire ne m'avait pas trompé sur ce point...) Sauf que je ne me souvenais pas tout à fait que c'était aussi noir.
Le personnage de Kostis, sur lequel le réalisateur nous incite à nous interroger (à nous en inquiéter) dès les premières images, est, en ce qui me concerne, plutôt touchant (parce que, d'une certaine façon, prenons des gants... euh... je m'y retrouverais un peu, oui de loin mais quand même "obliquement", tiens) et, si je ne cautionne pas son évolution, je peux la comprendre (hum hum, un vieux qui tombe amoureux d'une jeunesse dont il a deux fois lâge tiens donc ça me rappellerait des trucs... smiley avec les joues roses et les yeux baissés).
Le film, je le redis, est amer (certains diront aigre, ça dépend des goûts), et si certains critiques ont évoqué Ulrich Seidl,  le réalisateur, lui, se réclamerait plutôt de Michel Houellebecq. Et il faut saluer la performance de l'acteur qui interprète Kostis (il s'appelle Makis Papadimitriou) qui livre une composition absolument saisissante, dans l'incarnation de ce pauvre gars d'apparence atone qui soudain se  prend à rêver tellement fort que ça finit par le réveiller...
Un grand coup de chapeau, donc (de bob, en l'occurence...) pour ce grand petit bonhomme...

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14 juin 2017

soufflerie

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HARMONIUM
de Kôji Fukada

Nous programmons la même semaine deux films du même réalisateur, un très récent (Sayonara) et un plus vieux (celui-ci), qui n'est sorti pourtant qu'il y a quelques mois. Un film très... japonais, avec excès de politesses, courbettes, non-dits, scènes de repas qui font très envie (tous ces petits bols, ces soupes, ces plats, ces choses qui croquent...), et un certain sens de la cruauté, lui aussi incontestablement nippon.
Soit une famille "moyenne", papa, maman et leur fille. papa travaille dans son atelier, Maman s'occupe de la maison, et la fillette bosse son harmonium pour un concours qu'elle va bientôt présenter (et pour lequel sa maman est en train de lui coudre une splendide robe rouge). Tout va pour le mieux dans le plus japonais (et lisse) des mondes, jusqu'à ce qu'un grain de sable vienne érafler cette surface idyllique et bien polie. Le grain de sable s'appelle Yasaka, il a une chemise blanche impeccable et un pantalon noir idem. Il débarque dans l'atelier du papa, s'y fait engager, puis se voit offrir l'hébergement dans l'appartement de la jolie famille, chambre et repas.
On apprend successivement qu'il est un "vieil ami" du papa, qu'il sort de prison, qu'il a commis un meurtre, qu'il n'était pas tout seul au moment du meurtre, qu'il n'a jamais dénoncé son complice, etc. (arrêtons là les révélations). A la façon de Théorème, Yasaka prend possession des lieux et des personnages qui les habitent. Discussions ambiguës avec le papa, manoeuvres de séduction avec la maman, et cours d'harmonium pour la fillette. Ceci pour la première moitié du film, jusqu'à l'incident grave qui va y mettre fin.
La seconde partie s'ouvre huit ans plus tard. Les personnages ont vieilli, tous ont gardé des séquelles plus ou moins visibles (et plus ou moins graves). La vie de la petite famille continue, mais n'est plus  aussi lisse qu'au début du film. Le nouveau grain de sable qui va à nouveau précipiter le drame est un jeune homme, le nouvel assistant du papa à l'atelier. Il va s'avérer, rapidement, qu'il est le fils de Yasaka, qu'il n'a jamais connu son père (dont il sait juste qu'il a travaillé quelques mois avec le papa), et qu'il a un faible pour la demoiselle de la maison.
Les parents n'ont toujours pas abandonné les recherches, et Yasaka, disparu est comme la pièce manquante, centrale, d'un puzzle, indispensable pour comprendre l'intégralité de ce qui se joue. Les malaises et les souffrances des un(e)s et des autres vont interférer et atteindre leur paroxysme lors d'une virée en voiture à 4, vers l'endroit où le détective pense avoir localisé Yasaka...
Rien ne finira très bien (nous sommes bien dans un film japonais) et le film se clôt, au noir, sur un bruit de respiration qui renvoie ironiquement à celui de l'harmonium qui en faisait l'ouverture.
Le film est particulièrement soigné (certaines critiques parlent d'élégant, ils ont raison), et je trouve que le travail sur le son est vraiment magnifique (de par sa précision et son intelligence). Un thriller virtuosement calligraphié, donc, (une eau-forte, plutôt) avec exactement ce qu'il faut de malheur (de violence) et de la juste distance critique nécessaire pour l'observer.

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13 mai 2016

laissés-pour-compte

Quel plaisir de découvrir un auteur qui vous emballe, et de se lancer dans la lecture de son intégrale... Dans le cas présent, il y en a 6. et l'heureux élu se nomme Iain Levison.

Je l'ai découvert un peu par hasard (et à rebours). Par son dernier roman, dont j'ai lu des critiques sympathiques sympathiques et enjouées sur divers blogs de polar que j'aime bien, qui était aussi en "coup de coeur" chez un libraire, et qui se présente ainsi :

ils savent tout de vous

et qui, dixerunt les blogs, ne ressemble pas tout à fait à ses bouquins précédents, qui étaient publiés comme "polars" (tous chez liana Levi), tandis que celui-ci a, en plus, une coloration s-f puisque le "héros" en est un flic télépathe. Je n'avais d'ailleurs l'intention de lire que celui-là, (puisque je ne connaissais pas les autres) qui m'a vraiment  bien bien plu même si je l'ai trouvé un peu short et rapidos sur la fin, mais voilà que, de ci, de là, je tombe, en me promenant dans les critiques, sur des commentaires élogieux sur tous ses bouquins précédents, que je me procure aussitôt chez un unique vendeur (qui ne demande pas de frais de port), et de qui je reçois quelques jours plus tard (c'est un vendeur rapide) lesdits ouvrages dans 2 grandes enveloppes matelassées :

- UN PETIT BOULOT
- UNE CANAILLE ET DEMIE
- TRIBULATIONS D'UN PRECAIRE
- TROIS HOMMES DEUX CHIENS ET UNE LANGOUSTE
- ARRÊTEZ-MOI LA!

et je m'y mets illico, en les lisant dans l'ordre...

Ce sont des livres brefs, qui se lisent assez vite (et qu'on preut prendre le temps de savourer). Un style plaisant, des dialogues tout aussi (plaisants), et  ce qui ne gâche rien, un humour omniprésent, allant du noir clair au noir noir. Iain Rankins parle des Etats-Unis, des victimes du rouleau-compresseur du capitalisme, des petites gens, des licenciés, des habitants des faubourgs miteux, des banlieues pourries, ce qu'on nomme avec des pincette et des guillemets "les quartiers défavorisés".
Dans Ils savent tout de vous, le héros est un flic (qu'on a) doué de télépathie
Dans Un petit boulot, le héros est un chômeur (il s'est fait licencier) qui devient tueur à gages par hasard (autant que par nécessité).
Dans Une canaille et demie, le héros est un braqueur multi-récidiviste qui rêve d'aller s'installer en Alberta pour élever des poulets.

Des mecs simples, "de base", que l'auteur croque avec justesse et délectation. (ça sonne toujours très juste), qui se retrouvent dans une situation plus ou moins  inhabituelle et qui réagissent (ou tentent de).
Il m'en reste encore trois à lire, et je m'en réjouis d'avance (et je diffère un peu ce plaisir que j'anticipe).

6 mars 2016

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TEMPÊTE
de Samuel Collardey

Il est trop fort, ce Samuel Collardey. C'est son troisième film et demi et ça fait toujours autant du bien. Après le documentaire L'apprenti et le fictionnel Comme un lion, il a souhaité remettre les mains dans le cambouis cinématographique avec un sujet plus fictionnel que son documentaire, mais plus documentaire que sa fiction.
Tempête est l'histoire d'un marin-pêcheur, Dominique Leborne, et de ses deux enfants, Maylis et Mathéo (et de son ex-femme aussi), qui est jouée par le vrai Dominique Leborne et ses deux vrais enfants dans la vraie vie. (Mais, si j'ai bien compris, l'histoire racontée dans le film n'est tout à fait exactement la la vraie histoire de Dom dans sa vraie vie.)
Le boulot de marin-pêcheur n'est pas vraiment vraiment propice à l'épanouissement d'une vie de famille stable, surtout quand on est divorcé, qu'on a en principe la garde des enfants, qui ont préféré venir vivre chez leur père que rester chez leur mère dépressive. La JAF (juge aux affaires familiales) est venue mettre son nez (la mère l'a peut-être un peu aidée) dans l'arrangement  qui avait été mis en place et le remet en cause si Dominique ne modifie pas ses horaires et le peu de temps qu'il passe ainsi près de ses enfants.
Le voilà donc à chercher des solutions, à reprendre des études, à diminuer le temps qu'il passe sur l'eau loin des siens (ce qui visiblement lui coûte), à faire des projets, à tenter de mettre en place des financements pour se payer un "ptit bateau" dont il serait le commandant, ce qui lui permettrait de rentrer tous les soirs. Les paperasses s'entassent, mais le banquier fait grise mine, il manquerait un apport personnel. Dominique s'entête, s'endette encore plus, fait des économies, rame, et continue de se démener.
Un marin ne reste jamais (trop) longtemps sur la terre ferme ? Et c'est ce qu'on va voir...
Samuel Collardey aime les gens, et nous montre combien en les filmant passionnément. Sa caméra est très proche d'eux, amicale, affectueuse. C'est très touchant. le cinéma "social" au sens strict, en tant que tel n'est pas forcément mon style de cinéma préféré. La mention "d'après une histoire vraie" ou "inspiré de faits réels" (qui n'apparaît d'ailleurs pas ici) n'est pas du tout pour moi un gage d'intérêt, bien au contraire. Il y a besoin d'une identité forte derrière la caméra, de choix affirmés. Et Samuel les a. Avec, toujours, ce lien fort entre l'adulte et l'adolescent, le thème de la transmission (de l'apprentissage), des rapports père/fils (et ici, aussi, père/fille), du partage de la complicité (où se répartissent équitablement les fous-rires et les coups de gueule). Un cinéma très humain, très près du réel, mais portant en lui la part de rêve qui se déplie et claque comme une belle caravelle qui filerait dans le vent.
Du cinéma passionnant, simplement, sans doute, parce que passionné. (Et c'est à chaque fois un grand plaisir de dialoguer avec le réalisateur, quand il vient nous présenter son film, dans le bôô cinéma (rendez-vous est pris le dimanche 13 mars, à 20h30)

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13 mars 2018

micro177

*

Résultat de l'expertise :
"le jeune homme n'a pas été violé par le policier
(mais son sphincter est tout de même déchiré sur 10 cm)
: il a tapé légèrement à côté"
...
Ben voyons...

*

"Faites tout ce que vous pouvez pour être heureux..."
(Laurie Anderson, dans l'émission de Laure Adler)

*

 Ce que je préfère, dans Charlie-Hebdo, c'est le strip de Vuillemin qui a entrepris de traduire Proust en rébus

*

 {\displaystyle R_{C}=13,12+0,6215\;T_{C}+(0,3965\;T_{C}-11,37)\times {v_{km/h}}^{0,16}}
(pour le calcul de la température ressentie)

*

"je suis dégoûté il reneige"
(un sms envoyé à plusieurs personnes en ce vendredi matin)

*

"Se laver les mains immédiatement après l’application
(sauf si vous utilisez la pommade pour traiter vos mains)"
(sur la notice pour une pommade)

*

"depuis la nuit où il avait gardé ce très vieux chien dont on lui avait dit qu'il puait mais qu'il ne sentait pas"
(phrase surgie en beurrant une tartine, puis notée sur un coin de Libé et conservée pour ses qualités rythmiques)

*

 J'avais des moules, j'avais du fenouil, j'avais des oranges,
et j'ai donc cuisiné des moules au fenouil et à l'orange...

*
"le commis qui vivait au-dessus de l'étable comme en 1900
sa silhouette torse-nu à la fenêtre le soir
dans la lumière blanche de l'ampoule au plafond de sa chambre"
(Corps de ferme à l'abandon, Dominique A)

*

 (Les nouvelles de Laura Kasischke, entre cinglées et cinglantes)
 Les nouvelles de Laura Kasischke, aussi cinglées que cinglantes

*

météo prévue pour la semaine :
tous les jours averses ou rares averses

*

me suis recouché de 8h30 à 10h
et  réveillé en me disant que ce sommeil-là avait été
le meilleur depuis longtemps

*

 

18 décembre 2012

calendrier d'avent 18 : photo

le plaisir d'avoir sous les yeux cette photo à prendre, (le sujet en est sur le mur derrière moi) et de s'y reprendre donc à plusieurs fois, en faisant varier les paramètres (j'ai un ami qui dit "je ne recadre jamais mes photos", mais bon, lui, il a un bon réflex - et probablement de bons réflexes aussi! -)

P1890020 (premier essai : définition insuffisante)

P1890023 (on retente avec une définition correcte)

P1890024 (on change l'orientation, et on essaye le flash)

P1890026 (variations de cadrage)

P1890027 (idem)

P1890030 (on prend du recul : pas mieux)

P1890029 (on se remet comme au début)

P1890028 (juste une petite variation de cadrage...)

10 octobre 2012

talion

LES ENFANTS DE  BELLE VILLE
d'Ashghar Farhadi

Le succès d'Une séparation aura permis aux autres films du réalisateur de sortir chez nous. A l'envers, mais au moins ils sont sortis ! Ainsi en est-il de ce film-ci, le premier chronologiquement (2004, en fait le deuxième de Farhadi) mais le dernier en date sur nos écrans. Qui vient confirmer l'indéniable talent de son réalisateur.
A partir d'un pitch simple : le père de la jeune fille assassinée va-t-il accorder son pardon à l'assassin de celle-ci, lui permettant ainsi de ne pas être exécuté, puisqu'il vient d'atteindre sa majorité. a noter qu'on ne verra la jeune fille en photo et le jeune homme uniquement dans la première scène du film, mais que les remplaceront à l'écran la soeur du meurtrier et le copain de celui-ci, sorti de taule avec la ferme conviction qu'il va réussir à arracher son pardon à l'inflexible barbu. première modification d'éclairage scénaristique, où le background de chaque personnage va progressivement révéler des complications supplémentaires : la soeur est mariée à un "moins que rien" dont elle a eu un bébé, le père est remarié à une femme qui lui a donné une fille handicapée, le meilleur copain tombe bien évidemment amoureux de la soeur, (en plus, tous les deux, la demoiselle et le damoiseau, sont jolis comme des coeurs, elle, Taraneh Alidoosti qu'on reverra dans les deux films suivants du réalisateur, et lui, Babak Ansari, qu'on ne reverra hélas nulle part... - dans ce film iranien typique, avec iraniens velus et iraniennes voilées) et cette histoire d'amour naissante (ah les échanges de regards silencieux mais si éloquents, de part et d'autre des cils de gazelles...) n'est pas, comme dirait l'autre, gagnée d'avance...
Il est aussi question d'argent, puisque le père doit payer le prix du sang (s'il choisit defaire exécuter le meurtrier de sa fille - on y apprend ainsi que la vie d'un homme vaut deux fois plus que celle d'une femme -) ou au contraire  recevoir la somme équivalente de la famille du meurtrier, pour accorder son pardon, mais bien sûr aucun des deux partis ne possède ladite somme...
Le film est rythmé par les visites successives chez le père de la victime, avec toutes les variations possibles (elle seule, eux deux, lui tout seul, ) tandis que progresse l'histoire d'amour (jamais mièvre ou eau-de-rosesque), on suit tout ça passionnément (je suis ainsi en mesure de claironner que, bien que le film fut projeté à 20h30 dans le bôô cinéma, je n'ai pas fermé l'oeil une seconde, ou quasiment, c'est dire si j'étais accro)
le film se termine comme je n'aime pas trop (les inrocks disent "élégamment par des points de suspension"). J'aurais préféré que les choses fussent un peu plus claires (moins sybillines), mais bon, il est clair que, dancs ce pays-là, et dans ces conditions, ces deux-là ne sont pas forcément partis pour la plus belle des histoires... (Va-t-elle finir par lui ouvrir ? Va-t-il se dévouer pour son copain ? Vont-ils roucouler ? Va-t-il se mettre en ménage avec son gros éducateur barbu ? non non là je m'égare...)
Bref, un beau film iranien de plus.

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7 novembre 2012

triangle japonais

LIKE SOMEBODY IN LOVE
d'Abbas Kiarostami

Je ne devrais pas normalement rédiger un post sur ce film, tant j'y ai dormi. Mais pas un sommeil boum! où on tombe comme une masse, non, celui, beaucoup plus vicelard, où on fait des efforts désespérés pour rester éveillé : on voit une image où deux, hop! black les yeux se sont fermés (on s'en rend compte quand on les ouvre, on tente de de persuader qu'on ne va pas dormir, qu'on ne peut pas dormir, qu'il ne faut pas dormir, puisque c'est la dernière fois, que le film ne passera plus, etc. Mais le cerveau n'en a cure, et vous sentez que vous ne pouvez pas garder les yeux ouverts, et donc le film devient une série d'images avec plus ou moins de sens entrecoupées de micro-sommes. très très énervant, et il n'y a rien à faire, on n'a même pas l'energie nécessaire pour, par exemple, se lever et aller marcher un peu (remarquez, la même chose m'arrive dès que je m'assied sur mon ca'pé, la zapette à la main, et, lorsque je me relève, c'esten général pour aller me coucher...)
Tout ça pour vous dire combien ça m'a énervé de roupiller ainsi, tellement ce que j'ai vu du film m'a (énormément) plu. Bon j'ai vu la première demi-heure en entier, la dernière idem, et le milieu un peu en rondelles... Plastiquement, c'est magistral (pour moi, bien sûr) lumières, cadrages, beaucoup de reflets (c'est beau Tokyo la nuit) de fenêtres, vitres, (de rideaux, même aussi) qui viennent encadrer recadrer décadrer les personnages et/ou les scènes qu'ils jouent. C'est filmé avec tact, avec délicatesse, avec grâce et intelligence (on est, du coup, et plusieurs fois, très loin de Téhéran, qu'on a connue d'ailleurs presque toujours filmé de jour (mais peut-être mes souvenirs me trahissent). Tout est lisse, laqué, uni, comme précieux dirait-on, et le filmage du coup en redouble d'élégance.
J'avais -paradoxalement ? - le sentiment de retrouver -enfin !- mon Abbassounet chéri chéri, après un Copie conforme qui ne m'avait absolument pas convaincu (peut-être parce que Binoche irradiait tellement qu'elle cramait tout autour d'elle, ainsi avait-elle du aussi carboniser le scénario...)
Non pas qu'ici le scénario soit beaucoup plus complexe (trois personnages : une jeune prostituée, son jeune copain bouillant et un vieil intello, client de la demoiselle, et c'est tout. Ah si, un quatrième personnage, qu'on ne verra qu'à peine quelques secondes, mais qu'on aura auparavant beaucoup entendu : celui de la grand-mère de la demoiselle, venue passer la journée à Tokyo pour la voir, et qui passera la journée justement à l'attendre en lui laissant des messages. Ce contrepoint familalo-affectif (et téléphonique) est véritablement poignant, et nimbe  le film d'une sourde émotion que, sans lui, il aurait peut-être eu  plus de mal à générer.
Chacun des sommets du triangle a quelque chose à voir avec chacun des deux autres. Mensonges, illusions, interrogations, faux-semblants. Une partition presque musicale, pour un orchestre de chambre, un ballet d'ombres mouvantes, où les choses ne seraient jamais complètement explicites, arrêtées.
C'est non seulement un film d'images (lumières reflets je me répète) mais c'est aussi un film de son(s). De paroles surtout. Tout un  jeu presque, sur le(s) décalage(s) entre ce qu'on voit et ce qu'on entend, le décadrage sonore, le rapport entre les choses qu'on voit et celles qu'on entend, ou le contraire. Sans compter celles qu'on ne dit pas.

Le film ne passe plus nulle part, je n'ai plus qu'à attendre qu'il sorte en dvd... pfff mon cerveau, tu m'énerves! Eh, Abbas, tu me pardonnes ?

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3 octobre 2012

canitie

DAVID ET MADAME HANSEN
d'Alexandre Astier

Je l'avoue, au départ, l'affaire ne me tentait guère, (surtout après une conférence de presse ou Adjani m'avait passablement terrifié, avec son visage en plastique où ne bougeait que sa bouche, bizarrement tordue d'ailleurs, et peut-être ses yeux, mais qu'on ne pouvait voir derrière ses grosses lunettes noires...) mais, bizarrement, pour des histoires de commodité d'emploi du temps, c'est celui que je suis finalement allé voir cette semaine...
Alors ? Ben c'est assez étrange : ça commence assez catastrophiquement (une réunion de personnel soignant dans une clinique psy avec un médecin-chef spécialement énervant) pour nous présenter à la fois les protagonistes en lice : la richissime patiente zinzin (Isabelle A.) et le jeune ergothérapeute qui vient de débarquer (Alexandre A) et la situation de départ : il doit l'accompagner en ville pour acheter des chaussures. on ne sait pas sur quel pied danser, entre la rigueur médicale réaliste (les soignants), le demi-sourire narquois (lui) et l'agressivité mi-froide mi-minaudante (elle). Et tout ça se met en route, chacun avec son problème (elle souffre d'un choc post-traumatique, et lui est suivi par sa copine et son jeune frère, dont ils avaient prévu de fêter l'anniversaire), mais, finalement, tout ça tient plutôt bien la route, avec, justement, des sorties de route, des accélérations, des embardées, pour se transformer en road-movie entre la Suisse et la France, suivant en apparence la trame du thriller psy (le jeune ergothérapeute va-t-il découvrir le secret du mystérieux traumatisme de la vieille dame âgée qui a l'air toute jeune ?) mais pour mieux l'accomoder à sa sauce : bons mots vachards pour les dialogues ceux qu'il place dans la bouche d'Adjani à son égard, et qui ne l'épargnent guère ("Vous avez eu de la chance de trouver une copine aussi belle, avec votre tête de pizzaïolo..."), seconds rôles intéressants (la copine, le jeune frère) pour une intrigue parallèle qui vient jouer le contrepoint (l'anniversaire / la mort du père), avec au moins un contrechamp irrésistible : celui du gâteau d'anniversaire..., tous les fils se nouant pour faire passer la nuit à notre joyeuse équipe dans une demeure mystérieuse, nuit à l'issue de laquelle le jeune ergothérapeute trouvera bien entendu le secret du traumatisme de la richisssime patiente mystérieuse (sans grande surprise pour le spectateur), en touchant le fond de la piscine, et notamment grâce à un deus ex machina rouge et à quatre roues (contrairement au réalisateur, les belles bagnoles me laissent de glace.) Une scène postcure avec des glaces (mangue et cassis) et le docteur énervant du début, et hop, scène finale, plutôt goguenarde et réussie dans son déroulement, mais avec joli plan final...
Alexandre Astier réussit presque à faire oublier le roi de Kamelot, ce qui n'est pourtant pas facile avec sa voix et ses intonations caractéristiques  (et lors des scènes de lit, on est presque surpris de ne pas le voir avec son bonnet de nuit habituel). Adjani suscite physiquement un certain malaise (il faut dire que je l'ai tant aimée, dans les années 70/80, Barocco, Mortelle randonnée,Subway... et c'est drôle de retrouver en 2012 ses yeux sublimes -la seule chose vraiment vivante- au milieu de ce plastique immobile qui imite la peau (de pêche ? de fesse ?) de jeune fille en tout cas, sans en avoir l'élasticité (un critique a évoqué Edith Scob et Les yeux sans visage, et c'est très juste comme comparaison) mais n'a pas été aussi bonne (aussi juste ?) depuis des lustres (ah si, en fantôme dans Mammuth)
Bref on est arrivé au bout de ce film -courageux- sans décrocher, et il faut tout de même en féliciter Alexandre Astier, dont c'est tout de même le premier long-métrage, pour son courage et sa constance (on dirait un discours de remise de médaille d'ancien combattant, avant l'accolade de rigueur : je m'exprime maladroitement, mais le coeur y est). il ne mérite ni les boulets rouges, ni la volée de bois vert, juste les encouragement du jury pour l'opus 2, va !

 

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28 septembre 2012

en tongs

CAPTIVE
de Brillante Mendoza

Isabelle + Brillante, la rencontre ne pouvait être que forte. Je suis  enchanté par le cinéma extrêmement... brillant de ce réalisateur philippin, que je suis déjà depuis un certain nombre de films. Encore un qui joue à "oui mais non" entre les deux registres de la fiction et du documentaire, ou plutôt qui ensemence le terreau du doc avec des graines de fiction, et les arrose (il y a beaucoup d'eau dans les films de B. Mendoza) pour filmer l'histoire qui en résulte (John-John, Serbis, Lola, nous sont ainsi parvenus).
Mendoza tourne vite, beaucoup, mais ce rythme relativement soutenu ne nuit pas à la qualité de ses films, au contraire, comme si l'urgence ici était une stimulation... Dans Captive, dès le générique (ce mot + le nom d'Isabelle Huppert), tout semble déjà dit, joué d'avance. Une "humanitaire" française est enlevée, avec un groupe d'autres touristes, dans une hôtel philippin par un groupe de terroristes (islamistes), et nous allons suivre ce groupe "mixte" d'abord sur un bateau, puis à travers la jungle, au fur et à mesure de ses déplacements, et que le temps passe aussi (le film est basé "sur des faits réels", ils sont restés ensemble très longtemps) que les négociations s'éternisent, que les rançons se payent ou pas, que certains meurent et d'autres pas, que certains sont libérés et d'autres pas...
Le film est éprouvant, comme a dû l'être cette villégiature forcée entre otages et ravisseurs, on le suit avec une boule au ventre, tiraillé entre les attitudes changeantes des terroristes, les attaques régulières des soldats, l'omniprésence inquiétante de la faune et la flore locales (araignées, scorpions, frelons, sangsues). Les conditions plus que précaires de survie du groupe sont rendues dans une savante alternance de violence et d'apaisement, de tension et de désespoir, d'accalmie et de gravité, de banal et d'exceptionnel, où tout, à chaque fois, sonne très juste (on mesure encore une fois l'extrême profondeur de la connerie humaine, via le double faisceau de la religion et des armes).
Isabelle Huppert, jungle queen ? Pas tout à fait, très justement. Comme d'hab', elle est parfaite, mais avec, ici, l'extrême intelligence de se fondre, sans détonner, au sein du groupe, de n'être qu'une otage parmi d'autres, de la jouer profil bas, avec humilité presque  (évidemment, lors de plans plus rapprochés, elle rayonne, elle illumine, tant dans le registre de la douceur que celui de la véhémence.)
C'est peut-être, paradoxalement, le plus rectiligne et le plus "simple" des films de Brillante Mendoza, le moins "philippin", peut-être aussi. Mais cette immersion est un acte fort. La musique est parcimonieuse,le montage minutieux, la lumière sublime,pour rendre  la menace constante et omniprésente. Et la libération, qu'on attendait, - qu'on espérait - depuis le début du film, est expédiée en une scène et un arrêt sur image, sans aucun effet ni recherche de larmoyance, le réalisateur signifiant bien par là que ce n'était pas ce moment-là qui l'intéressait, mais tous les autres avant.
Une autre scène, sublime celle-là, d'endormissement et de réveil d'Isabelle H. me restera longtemps.

20181380(sur l'affiche, le nom de l'actrice est plus gros que celui du réalisateur...)

11 septembre 2012

sucer les orteils (ou embrasser les pieds)

CHERCHEZ HORTENSE
de Pascal Bonitzer

On était juste deux dans la grande salle, à 13h45 avec Marie, et c'était très bien comme ça, on s'est vraiment régalé(s).
J'avais vu plusieurs fois la bande-annonce, et donc le film était à peu près quasiment sans surprise, et pourtant il se savoure d'un bout à l'autre. Bacri est parfait, Scott-Thomas est divine, Carré délicieuse, Berroyer impeccable, Rich ad hoc, le gamin trop bien, etc. Chacun tient sa partition sans fausse note, la distribution est un vrai bonheur. Le scénario du film évolue habilement de la comédie pure (et "abstraite") à la chronique contemporaine, sociale-amoureuse, douce-amère. avec bonheur. Avec une  petite faiblesse à la fin, mais pas suffisamment toutefois pour gâcher le plaisir.
Vraiment, un film très plaisant, où les atermoiements (et les acrimonies) d'un Bacri (par rapport à son père, à sa compagne, à une blondinette croisée dans la rue, à ses vieux camarades joueurs d'échec), sont habilement entrecroisés avec d'autres histoires (souvent amoureuses, en tout cas affectives) en paralèle (le metteur en scène et le jeune premier, le vieux et la jeune, le père et le serveur, le fils et sa mère, etc.) dans un cocktail savamment dosé d'humour, de désenchantement, de lucidité voire de tendresse fleur-bleue (et même de réalisme politico-politicard!).
Un film humain trop humain, (il aura tout de même été question de sans-papiers, de contrôles d'identité, de sorbet au thé vert, de tentative de définition de l'homosexualité, sans oublier la montre rouge de maman...) comme je les aime, où il m'est même arrivé d'avoir soudain les larmes qui montent aux yeux, où on pardonne les invraisemblances a priori (Isabelle Carré en serbo-croate) et les "stéréotypes" des personnages - bobos ou autres - (mais peut-être justement est-ce ce qu'a voulu Bonitzer), pour n'en conserver que le plaisir qu'on y prend et le sourire ravi qu'on arbore à la sortie de la salle... Et le tendre clin d'oeil de Pascal Bonitzer de faire jouer à se fille Agathe le (petit) rôle d'une jeune actrice dont la metteuse en scène n'est pas sûre qu'elle soit assez bonne pour le rôle...

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(je trouve par contre que l'affiche, même si elle est "juste", est assez laide... Floc'h a déjà été mieux inspiré...)

 

17 avril 2017

gant qui fume

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LA BELLE ET LA BÊTE
de Jean Cocteau

Séance exceptionnelle à 18h, l'unique occasion de revoir sur grand écran et en copie neuve restaurée ce classique, soixante-dix ans après sa sortie. J'avais eu l'occasion, il y a quelques semaines, d'en faire une présentation, dans le cadre du dispositif Ecole et Cinéma, devant un groupe d'enseignants bienveillants. Seuls dix d'entre eux sont venus assister à cette séance pourtant gratuite et à eux destinée. Tant pis pour les autres, hein. C'était la première fois je crois que j'avais l'occasion de le voir en vrai, sur un grand écran, et ce fut l'occasion d'un genre de révision (ce que j'avais dit, ce que j'avais oublié de dire, ce que j'aurais dû dire) d'un film que je connaissais, pour l'avoir visionné maintes fois sur mon ordi, quasiment par coeur.
La restauration en est absolument magnifique, et rend grâce, enfin, à l'intensité du contraste (densité sublime des noirs) souhaitée par Cocteau et réalisée par le grand Henri Alekan.
Le fait de voir le film en intégralité, d'une traite, permet de percevoir des choses que la vision fractionnée occultait : combien, par exemple, la première partie (le "monde réel"), est drôle et joueuse (et le fait que le personnage joué par Michel Auclair y est pour beaucoup) et combien le fantastique (pourtant réalisé avec des bouts de ficelle) fonctionne toujours avec autant d'efficacité (je ne me lasse pas des séquences de l'arrivée de La Belle au château, cette sublime course au ralenti, et ce mouvement inexpliqué qu'elle a de se plaquer soudain contre le mur, toujours au ralenti, avant que d'entrer dans la chambre, (pour moi c'est  la quintessence même du cinéma, ces quelques secondes sublimissimes). Et j'adore tout autant les poses de Josette Day (mais a-t-elle, finalement, joué dans autre chose ?), ce mélange d'envie et de répulsion, de provocation et de soumission, traduit corporellement par des tensions, des ports de tête, des regards détournés. (j'avais écrit sur mon carnet "obliquité des pâmoisons"). Toute cette partie (dans le noir du château) reste toujours pour moi une perfection, un enchantement, une férie. Bon, certes, on peut ricanasser à la scène finale (l'érection -dzoïng!- du Prince Charmant, l'envol dans les nuées), mais ça reste un sacré beau moment de cinéma, y a pas à tortiller (ni à relever sa mèche en disant Quoi ?, comme le fait si bien Avenant / Jean Marais dans le film quand il est en colère...).

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tu sais, celui... 17

 

(pour les amateurs, ça devrait être hyper-fastoche)

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Un film assez réjouissant, pas "parfait", mais très plaisant...
d'un réalisateur que j'ai beaucoup aimé au début, et de moins en moins par la suite...

La dame blonde est en train de se faire taillader dans un ascenseur par une mystérieuse tueuse blonde au rasoir...

19 décembre 2011

lever le voile

NOCES EPHEMERES
de Reza Serkanian

Bonheurs : on avait le film, il y avait une cinquantaine de spectateurs dans la petite salle, et on avait la chance d'avoir le réalisateur!
Il y a deux choses qu'on n'avait encore jamais vues, à ma connaissance, dans un film iranien : un tableau de Bruegel et un personnage féminin "en cheveux" (qu'elle a fort jolis, d'ailleurs), sans son voile. Les deux sont dans le film de Reza Serkanian, (homme délicieux qui parle excellemment le français), ainsi qu'une foultitude d'autres petites choses, plus ou moins compliquée à comprendre / à accepter pour un occidental moyen, et qui constituent pourtant le quotidien de tout iranien moyen : la circoncision, la religion, le mariage, la religion, les funérailles, la religion, la mosquée, la religion, le mariage temporaire, la religion,le vinaigre alcoolisé, la religion,  le voile, la religion, les autorités religieuses, les mille et uns interdits et diktats religieux, et les mille et une façons de contourner (ou tenter de) en toute discrétion lesdits interdits et diktats.
Le film pourrait n'être que quasiment documentaire (et ce serait déjà très bien), si ne venait en plus s'y greffer  une histoire d'amour en sourdine, en taille-douce et en extrêmes pointillés entre nos deux héros : un jeune homme qui rentre du service militaire et doit se marier plus tard avec sa promise, qu'il connaît depuis l'enfance, jeune homme donc en qui on sent bouillonner les hormones de la mâlitude et de la jeunesse (on pourrait le définir comme chô-bouillant!) mais qui n'a hélas aucun exutoire autorisé et/ou légal pour évacuer les dites hormones (comme on dit chez nous, il n'a donc plus qu'à se la mettre sous le bras), avec, en face de lui, une jeune femme (une belle-soeur) qui se trouve dans une situation délicate parce que veuve de fraîche date, et donc seule, et donc elle-aussi soupirant au clair de lune comme la biche dans la poésie, sans pouvoir assouvir son besoin de tendresse et de câlinous... Dur dur (si je puis me permettre).
On va donc les suivre, eux et le reste de la famille, pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'on revienne au tableau initial, et qu'un détail alors nous mette les points sur les i.
C'est très tendre, très joliment filmé -le réalisateur est aussi chef-op' et ça se voit, par son indéniable sens du cadrage de la composition et de la couleur-, très attachant. Un film "fragile" au tournage mouvementé comme beaucoup de films iraniens , avec tours et détours censuresques obligés, autorisations et refus, etc.
A défendre, donc, en applaudissant haut et fort, et en attendant avec intérêt le prochain film de Reza Serkanian...

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