photosnov.
1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
8)
9)
10)
11)
12)
13)
14)
15)
16)
17)
18)
19)
20)
21)
22)
23)
24)
25)
26)
27)
28)
29)
30)
1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
8)
9)
10)
11)
12)
13)
14)
15)
16)
17)
18)
19)
20)
21)
22)
23)
24)
25)
26)
27)
28)
29)
30)
vendredi 24
13h15 : PALOMBELLA ROSSA (311) (On est 2 à la 3) Bon, les films patrimoine ne font plus vraiment recette semble-t-il... Dans celui-ci Nanni M. est jeune (dans le film il se donne 35 ans), il y a aussi, surprise, Silvio Orlando qui lui aussi est jeune (!), et même Asia Argento qui est encore plus jeune (elle joue la fille de Nanni). Le film à l'époque m'avait paru plaisant et (mais) confus : il le reste! Une piscine, un match de water-polo, les états d'âme (complaisants ?) du réalisateur-interprète à propos du parti communiste italien (qui s'en soucie donc encore aujourd'hui ?), le film DOCTEUR JIVAGO (et surtout sa scène finale, vécue à l'unisson par le stade entier), plus une chanson de Bruce Springsteen que j'avais découverte avec le film (-I'm on fire- mais dont le sous-texte n'est pas si innocent) assez impromptue, sans oublier la jolie musiquette de Nicola Piovani... Nanni on l'aime beaucoup, alors son film on le regarde jusqu'au bout, qui est plutôt drôle, même si on n'en comprend pas toujours toutes les subtilités... (J'ai appris qu'au water-polo les adversaires étaient capables de vilénies comme tirer les poils sous les bras des joueurs de l'autre équipe pour les déstabiliser)
15h30 : VALEUR SENTIMENTALE (312) (à la 2, avec Catherine, Emma et une quinzaine de dames...) : enfin le voilà, le beau film de Joachim Trier (que nous avions injustement oublié lors de la précédente programmation). Une histoire "de famille" insérée entre deux scène très fortes : une théâtrale, au début, où l'héroïne vit une grosse crise de trac juste d'avant entrer en scène, et une "cinématographique", à la toute fin, où le même personnage tourne une scène "décisive" en plan-séquence. "Elle" c'est Nora (interprétée par Renate Reinsve, qui m'avait déjà subjugué dans LA CONVOCATION, avec sa scène incroyable de fou-rire) une actrice de théâtre, confrontée au décès de sa mère et au retour de son père, absent depuis de longues années, un réalisateur de renom qui souhaiterait qu'elle tourne dans son dernier film (il n'a pas tourné depuis longtemps...), alors qu'elle n'en a pas vraiment envie a priori. Autour d'elle gravitent sa sœur (son mari et son fils), son amant (j'ai mis du temps avant de reconnaître Anders Danielsen Lie, bouleversant dans OSLO 31 AOÛT, du même réalisateur) et une jeune actrice américaine engagée par le père pour jouer le rôle dont elle ne veut pas...
Le film est absolument magnifique, et ce n'est qu'à la toute dernière scène (lorsqu'elle regarde par la fenêtre) que j'ai senti d'un coup les larmes monter... Un film d'une grande intelligence (et en plus on y entend trois fois rien de Roxy Music "Nothing lasts forever, of that I'm sure..." juste de quoi parfaire mon bonheur...) Et j'adore cette façon récurrente de mettre des noirs entre les scènes, comme au théâtre.
Ça n'est plus très original, mais... Top10! (bon, je viens de vérifier, et nous en sommes déjà, au 25 octobre, à un Top32!)
18h : réunion de programmation : Benoît, Nicolas, Jean-Claude, Hervé, Isa et moi, pour la prochaine prog qui s'annonce plus "calme"* et, ensuite, la 6ème Semaine Belge, qu'on cale juste avant le Festival Téléramuche, et le Ficâââââ consécutif
samedi 25
au marché aux aurores (j'avais oublié que le boulanger d'amour était encore en vacances) pour ne plus avoir à sortir après : le boucher, le marchand de primeurs, la vendeuse de pommes (et de jus), la boutique italienne, le fromager (qui me donne son téléphone pour que je puisse savoir s'il y a des saucisses au metton)
et je rentre comme d'hab' avec un sac très lourd (et une jambe qui recommence à me faire des misères)
une place libre s'est libérée, juste à côté des 2 gredins, sous ma fenêtre, et je vais donc chercher ma voiture pour m'y garer avec satisfaction en me disant que je ne bougerai plus de tout le week-end (sauf que j'avais oublié que je vais à Cuse demain)
je continue à prospecter pour la Semaine Belge, je réussis à en trouver un nouveau, puis un deuxième, et je commence à plancher sur le dépliant, en tablant sur 8 films (j'adore faire ça...)
dimanche 26
je suis passé chez le pâtissier-chocolatier pour acheter 4 gâteaux (qui tiennent pile-poil dans la boîte, à 3 ils se seraient baladés à l'intérieur : 1 chocolat, 1 façon tatin, 1 tarte citron et 1 noisette) Comme nous ne serons que 3, il y a "le gâteau du pauvre"
(le hasard : presque au moment de partir, je reçois un message -coquin- d'un camarade de jeux occasionnel qui m'invite à passer le visiter, hélas je lui réponds qu'à mon grand regret je ne peux pas, et nous échangeons (assez plaisamment) pendant quelques minutes avant que je ne monte dans ma voiture) je sens qu'il est déçu (ça me flatte même un peu...) mais bon, je pars comme prévu chez Catherine!
j'arrive à Cuse vers midi et quart, Dominique est déjà arrivée, on grignote de l'apéro en discutant de tout et de rien pendant que se réchauffent au four les lasagnes apportées (et préparées) par Dominique, puis salade, fromage, et, bien sûr les gâteaux, avec un café... (celui dit "du pauvre" sera englouti sans pitié)
nous jouons au scrabble, 3 parties, Catherine gagne les 3 et moi je les perds (Dominique au milieu à chaque fois...) je n'ai pratiquement que des tirages merdiques (lettres doubles, triples, voire quadruples) "Quand ça veut pas, ça veut pas...", hein
je récupère, avant de partir, mes présents : des coings de Catherine, et un pot de confiture de groseilles de Dominique... je repars vers 17h et quelques, et j'arrive à la maison un peu avant la nuit
il y a un petit imbroglio (pataquès) au cinéma à propos de notre film surprise n°3... un peu compliqué à démêler
lundi 27
(une nuit un peu inconfortable, en tranches de deux heures...)
le matin j'appelle Hervé pour faire un peu le point, le problème c'est que Romain est injoignable, et donc aucune des deux questions en suspens ne peut donc être résolue...
échange de sms pour la soirée tarot de demain chez Co & Pépin, avec Manue et Marie
grâce à la gentille attention d'Emma, je peux regarder, sur le site de l'Opéra de Paris, Red Carpet de Hofesh Shechter
/image%2F0404298%2F20251027%2Fob_0f15e7_capture-d-ecran-1965.png)
et c'est vraiment trèéééés beau
/image%2F0404298%2F20251027%2Fob_20a78e_capture-d-ecran-2005.png)
(la musique live aussi)
je fais cuire mes "coings au four" (dont Malou m'avait redemandé la recette), et je suis (presque) content du résultat
j'ai reçu la chemise levi's noire commandée au Canada via eb*y, et, comme je m'y préparais (je suis fataliste), elle est trop petite, mais bon je ne la renverrai pas..., il suffit de la porter ouverte hein
je commence à regarder ADALEN 31 de Bo Widerberg
(...) presque deux heures plus tard je termine ADALEN 31 (313) et j'en suis si enthousiasmé que je demande à Hervé s'il peut le rajouter dans la liste des films pour la prochaine prog : une histoire de famille(s), de classes sociales, de luttes sociales, filmée avec un soin extrême, où le réalisateur nous fait passer du grand soleil initial (et bucolique et familial) aux orages sociaux qui vont faire des dégâts (beaucoup de bruit et beaucoup de morts). Top 10 (j'ai vu qu'en début d'année j'avais intitulé le post où je range mes films chéris non pas top 10 mais top 25 2025 (d'après, me souviens-je une suggestion de Pépinou)
mardi 28
de bonne heure j'ai préparé pour ce soir mon "cake aux épices" : toujours de la cardamome, toujours de la graine de chia, du zeste de citron, mais j'ai remplacé la poudre d'amandes par 1 coing râpé (cru), et j'ai rajouté dans la pâte à la fin des petits morceaux de coing préalablement confits au four (cuits ), c'est donc un cake "coing-coing" autrement dit cake Donald
le matin je déblatère pas mal avec mon AAA (ami amateur d'andouillettes) et on finit même par parler cuisine!
pour midi, petite salade pois chiches / lentilles / oignon rouge / thon / et clémentines (ce sont les agrumes dans cette salade qui interpellent mon ami)
puis je sors en ville (alors que depuis ce matin j'ai l'impression d'être dimanche) pour aller récupérer deux livres commandés : le dernier Iain Levison et le premier tome des Carnets de Paul Gadenne, et je rajoute, chez le pâtissier /chocolatier, un cadeau (en chocolat donc) pour le/la gagnant(e) du tarot ce soir (une tête de mort mexicaine)
/image%2F0404298%2F20251029%2Fob_802019_0001-f8a1405f-01d1-4f4c-8c43-409317ffe.jpeg)
(la Une de Libé, et j'ai bien sûr repensé à Thierry G. et nos années 80 bisontines...)
/image%2F0404298%2F20251106%2Fob_cab3c3_81gubihwfgl-sl1124.jpg)
18h25 pouet pouet c'est Marie en bas qui passe me prendre pour aller chez Co et Pépin, qu'on trouve dans leur cuisine en train de préparer la salade de chou qu'on mangera plus tard, en compagnie de Manu, qui elle a apporté plein de desserts (compote, biscuits aux noisettes, mousse au chocolat en verrine...) J'ai apporté les "bières des 3 ours" : une grande pour le papa -quadruple-, une moyenne pour la maman -chargeoise "petit matin"- et une petite pour le bébé ours -cubanista-
Et on attaque le tarot, d'abord une première salve, en guise d'apéro, avant le repas, puis une seconde manche qui nous mènera jusqu'au dessert, qu'on mangera fort tard (après minuit en tout cas...)
/image%2F0404298%2F20251101%2Fob_bf88bc_20251028-195301.jpg)
/image%2F0404298%2F20251101%2Fob_0dfb15_20251028-195238.jpg)
Pépin au cours de la soirée prendra 12 fois, (beaucoup beaucoup de chance, il le reconnaîtra lui-même, avec de très beaux jeux) pour atteindre au final un score stratosphérique (au-delà des 1000), pendant très longtemps il sera le seul positif, (avec Marie, on se lamentera de ne pas avoir de jeu -on ne prendra que 4 fois chacun, Manue et Co prendront 6 fois, Co qui a régulièrement elle aussi des jeux magnifiques-) et ce n'est qu'à la toute dernière partie que je gagnerai une garde qui me permettra de passer positif (de peu, mais positif quand même!) et c'est donc Pépin qui gagne la tête de mort en chocolat!
mercredi 29
(couché à presque 3h, et donc nuit en rondelles de 2h, avec réveils et recouchages qui me mèneront quasiment jusqu'à midi!)
je crois que plus je vieillis et plus j'ai du mal à récupérer après une nuit blanche (même une "demi"! ), s'est donc ensuivie une journée cotonneuse, "en tenue de week-end" à ne pas faire grand-chose : grignoter un peu, lire un peu, faire un peu de ménage sur le blog (notamment la page "photos d'octobre"), trier les nouvelles photos sur picasa, envisager de me recoucher, etc.
jeudi 30
à midi au Globe, que nous deux avec Catherine (et derrière une tablée de huit robustes travailleurs qui m'attirent un peu l’œil je dois dire)
14h : au cinéma, réunion de programmation dans le bureau de Romain avec Isa, Hervé et Jean-Claude, dont on repart avec un nombre incroyable de film -plus de 30!- (il va falloir ajouter une sixième page à la prog!!!)
On prend un café (ou autre) ensemble, au Bureau ensuite, et je rentre un peu chez moi puisqu'il n'y a aucun film "potable" à 16h...
18h : HORS SERVICE (314), premier film de la première semaine de notre mois du doc (thématique "Service public"), un film attachant où un panel de gens ayant démissionné de leur emploi (un flic, un facteur, une prof d'anglais, une infirmière, une juge, etc.) investissent -avec le réalisateur- un lieu très cinématographique (un hôpital abandonné envahi par la végétation) pour en faire un lieu d'accueil, pour eux, pour l'expression de leur mal-être, des raisons qui les ont conduit à "s'en aller", pour vivre ensemble et, y accueillir les nouveaux arrivants...
20h15 : SAUVE QUI PEUT (315) avec rencontre et débat (mais hélas le personnel du cinéma n'assure pas : pas assez de lumière dans la salle, micros qui déconnent, puis, après le film idem, mais en plus plus personne dans les couloirs pour régler les problèmes! Il faudra qu'Hervé tape très fort sur la porte -verrouillée et à digicode- du local technique pour qu'enfin une -la seule- apparaisse, comme tombée des nues, pour que les choses s'arrangent...), un film en forme de trompe-l’œil où des soignants (des étudiants aussi) jouent des jeux de rôle à caractère médical ou hospitalier, qui évoluent jusqu'à l'expression pure et simple du mal-être général en milieu hospitalier, des raisons qui l'ont fait augmenter exponentiellement, et du peu de moyens dont chacun dispose pour tenter (à sa toute petite échelle) d'y remédier...
* la suite lui prouva que non...
1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
8)
9)
10)
11)
12)
13)
14)
15)
16)
17)
18)
19)
20)
21)
22)
23)
24)
25)
26)
27)
28)
29)
30)
31)
8 livres, pour un total de 22€
L'AUTOFICTIF NU SOUS SON MASQUE
d'Eric Chevillard : 6,50€ (Rak*ten : 8,62€)
RAPPORT SUR MOI
de Grégoire Bouillier : 0,50€ (Rak*ten : 0,90€)
BARBES TRILOGIE
de Marc Villard : 2€ (Rak*ten : 3,25€)
IDIOTIE
de Pierre Guyotat : 2,50€ (Rak*ten : 6,53€)
LA BELLE ECHAPPÉE
de Nicholson Baker : 4€ (Rak*ten : 39,99€)
OEUVRES *
de Stefan Wul : 2€ (Rak*ten : 2€)
FIN DE SAISON
de Thomas Vinau : 2€ (Rak*ten : 4,66€)
ME VOICI
de Jonathan Safran Foer : 2,50€ (Rak*ten : 0,90€)
Comme je le fais chaque année, j'ai comparé avec ce que j'aurais payé les mêmes ouvrages chez mon fournisseur web habituel (en omettant de prendre en compte les frais d'envoi). Donc cette année je suis incontestablement gagnant...
Nous sommes donc restés sour le même toit de 11h à 17h, et comme on disait pour terminer les rédacs, "sommes rentrés fourbus mais très contents de cette belle journée".
(Et Philou a conduit valeureusement, et on l'en remercie).
d'une certaine façon, je m'autoconfine
(mais bon le temps s'y prête : soit il fait trop soleil, soit il pleut trop)
*
*
"L'enfance est le trou noir où l'on a été précipité par ses parents et d'où l'on doit sortir sans aucune aide." (Thomas Bernhard)
*
*
"On croyait avoir touché le fond, on se trompait. Les casseroles ont un fond, la vie n'en a pas." (Henri Calet, Le Bouquet)
*
*
"C'est pas ce matin qu'on pouvait me voler la boîte aux lettres... Je l'ai surveillée pendant deux heures..."
*
*
"Bon, on la joue plutôt "civil" ou plutôt "bonobo" ?"
*
*
"Quand on sort d’un profond évanouissement, on se retrouve comme au jour de sa naissance. Qu’on ait glissé hors du ventre maternel, brisé un œuf ou qu’on se soit extrait d’un cocon. Que depuis lors on gagne péniblement sa croûte sous la forme d’un être humain, d’une tortue ou d’un papillon. Après un évanouissement, une anesthésie, c’est toujours comme au commencement. Le monde est flou. Ensuite quelqu’un tourne les boutons, l’image s’éclaircit, le son se précise, l’air se rafraîchit. La vie entre en scène comme un de ces animateurs survoltés qui trouvent que tout est formidable et merveilleux. Et nous avons beau être encore ignorants, nous n’y croyons pas. D’emblée, nous doutons. Cela fait de nous, êtres humains, tortues ou papillons, des créatures sensibles, mélancoliques et tristes. Des pessimistes de la première seconde. Et, ce qui est terrible, c’est que nous avons raison." (Heinrich Steinfest)
*
*
La nuit de San Lorenzo, bien sûr...
(c'est juste une coïncidence ou bien c'était prémédité?)
*
*
l'usage étonnant qui fut fait du mot "romantique", à quelques jours d'intervalle, par deux mecs très différents, dans des circonstances très très différentes
*
le parcours des différents personnages dans Elephant de Gus Van Sant
*
"Nuit de pleine lune d'été
Un train passe
Il va à Prague
Avec arrêt au parc Chotek
Où flâne toujours le jeune Kafka" (Louis Calaferte)
*
*
"Tu n’es aimé que lorsque tu peux montrer ta faiblesse, sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force." (Theodor W. Adorno)
*
*
" - A quoi bon vivre ?
- Dois-je te répondre d'un point de vue scientifique, théologique, ou moral ?"
(Edith Wharton, Libre et légère)
*
"Les idées peuvent nous faire vivre, c’est vrai… Mais nous vivons de sentiments, que nous gardons bien secrets." (Pier Paolo Pasolini)
*
*
"Rien n’est jamais fini, il suffit d’un peu de bonheur pour que tout recommence." (Émile Zola, Germinal)
*
*
"Je voudrais que tu sois là
que tu frappes à la porte
et tu me dirais c’est moi
Devine ce que j’apporte
Et tu m’apporterais toi." (Boris Vian)
*
*
"poser mon coeur bancal dans ton bocal,
ton aquarium" (Etienne Daho)
*
(1987)
*
(1985)
*
(1973)
*
(1971)
(1970)
*
(1969)
*
Glenda Jackson est morte ce 15 juin, à 87 ans.
Son nom ne dira sans doute pas grand-chose à beaucoup de gens.
Elle fut une actrice, britishissime, comme sa compatriote Susannah York (avec qui je la confondais un peu d'ailleurs), dans les années 70, avec deux films-phares : LOVE (WOMEN IN LOVE) de Ken Russel et surtout l'extraordinaire SUNDAY BLOODY SUNDAY (UN DIMANCHE COMME LES AUTRES) de John Schlesinger.
Et, plus curieux, aussi, dans un film-fantôme (pour moi), sorti en 1973, TRIPLE ECHO, de Michael Apted, que j'ai toujours voulu voir et que je n'ai jamais réussi à. (une histoire de soldat qui se travestit en femme pour ne pas aller combattre, si je me souviens bien). Mais je ne désespère pas d'y arriver un jour...
Mais elle fut aussi (j'allais dire surtout) l'héroïne d'une nouvelle de (ce très cher) Julio Cortazar, publiée en 1980, dans le recueil du même nom...
ce qui la rend donc doublement chère à mon coeur.
111
CHIEN DE LA CASSE
de Jean-Baptiste Durand
J'y suis revenu pour être sûr. Dernier jour, dernière séance (on n'était même pas autant que les doigts de la même) pour ce film que je confirme être un des meilleurs vus cette année (et je suis abasourdi de constater que personne d'autre, parmi ceux questionnés à la dernière réunion, mais pas seulement, n'était allé voir, oui abasourdi). Mais c'est comme ça, et je comprends parfaitement que les gens ont autre chose à faire dans la vie qu'aller au cinéma (contrairement à moi).
Je vous remets le lien pour la bande-annonce là
(que je n'avais pas vue, et que je trouve vraiment adaptée au film)
Je confirme que le film mérite le top 10, et que -même si Anthony Bajon et Galathea Bellugi sont parfaitement magnifiques- c'est Raphael Quenard qui étincelle (si ce mec n'est pas nommé aux prochains César, c'est à désespérer)
j'ai été encore plus sensible que la première fois au STG, qui est vraiment... patent, mais toujours avec une certaine délicatesse (on n'est pas dans L'HOMME BLESSÉ eh oh)
pour faire des copies d'écran, j'ai re-regardé le très beau making-of de Thibaut Bayard et Hugo David, en 4 parties, que trouveront sur y*utube les ceusses qui voudron s'en donner la peine (le premier, là) et que je trouve aussi touchant que le film lui-même (mais purée sur le tournage ils ont eu l'ai de bien se cailler hein)
(en espérant de tout mon coeur retrouver CHIEN DE LA CASSE au prochain festival Téléramuche)
104
PARADISE
de Alexander Abaturov
(sortie prévue le 30 aoüt 2023)
(entregent / prévisionnement GNCR 2). Un documentaire yakoute pour le visionnement duquel j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois (mais le film n'y est pour rien.). Il est question d'incendies gigantesques qui ravagent le pays, dont le pouvoir politique se désintéresse complètement, laissant les habitants se démerder par leurs propres moyens... c'est à eux -et à leur lutte contre le "dragon" que le réalisateur va -passionnément- s'attacher. Je précise qu'il me semble impératif de voir le film au cinéma, sur grand écran, dans des conditions de projection qui feront honneur à la force, à la beauté, à la simplicité, à la splendeur, à la poésie de la réalisation...
" Interview du réalisateur Alexander Abaturov
Comment est née l’idée du film ?
L’idée m’est venue au cours de l’été 2016 alors que je travaillais sur mon film LE FILS. Nous filmions le rituel du solstice d’été, avec un grand feu. C’était la dernière séquence du tournage. Il me semble que PARADIS en était la suite naturelle. Quand l’idée a surgi en 2016, je ne m’y suis pas attelé tout de suite, car je devais d’abord terminer LE FILS. Ensuite ont suivi plusieurs années de recherches et de réécritures du projet. J’ai préparé pendant longtemps ce film qui mijotait, mutait, se transformait dans ma tête. Mon idée de départ n’avait rien de très précis, mais je savais que je voulais parler des incendies et des feux de forêt sous leur forme extrême. Ce qui m’intéressait n’était pas tant de filmer des pompiers professionnels que de raconter l’histoire de gens ordinaires luttant contre les feux de forêt. Lors de mon voyage en Yakoutie (ou république de Sakha), j’ai été témoin des efforts des locaux dans la lutte contre les incendies, parce qu’on les avait abandonnés à leur sort et laissés se débrouiller seuls. Cela m’a beaucoup impressionné.
En 2019 et 2020, j’ai fait des repérages en Sibérie ; le tournage en lui-même a eu lieu l’année suivante. J’ai pu me rendre en Sibérie, en Yakoutie, malgré les différents confinements et la pandémie. Et c’est en juillet 2021 que notre équipe est allée filmer sur place. Ça n’a pas été facile, car les restrictions liées au COVID-19 étaient encore en vigueur, mais nous avons réussi à faire le voyage et nous sommes restés à Shologon pendant 4 semaines environ.
Comment avez-vous découvert le village de Shologon où se déroule l’histoire ?
Un feu de forêt est une créature imprévisible. On ignore quand, où et comment il va se propager, car il se déplace sans arrêt, ce qui ajoute une inconnue à l’équation. Cette imprévisibilité nous donnait vraiment l’impression de courir après le Dragon. C’est sans doute cet aspect qui présentait le plus grand défi, car je ne pouvais rien contrôler. Alors nous avons mis en place une stratégie. Après avoir défini un secteur très large touché par la sécheresse et la canicule (les principaux facteurs aggravants des feux de forêt), nous nous sommes concentrés sur un petit village pour y chercher des personnalités intéressantes et y suivre les événements.
Des journalistes locaux nous ont donné des informations sur certains lieux dans la région. C’est l’une des journalistes, Elena, qui m’a parlé de Shologon. Plusieurs villages étaient menacés par les incendies, mais je n’étais pas en quête de la zone la plus exposée au danger. Ce qui m’intéressait, c’était l’endroit lui-même. Sa description de Shologon m’a intrigué : elle m’a raconté que c’était le plus petit village de la région, que la route n’allait pas plus loin. On y trouve aussi bien des personnes âgées que des jeunes qui se teignent les cheveux. L’ambiance y est ancestrale, avec un goût d’éternité, et en même temps il a une dimension très futuriste
Vous avez parlé du feu comme d’une créature imprévisible. Dans le film, de nombreux habitants du coin le voient comme une entité bien vivante. Certains l’appellent même le Dragon. Le feu rugit, traverse les bois et échappe sans cesse aux humains. Pourriez-vous nous raconter comment cette vision des choses a orienté vos choix artistiques en tant que réalisateur, ainsi que le montage du film ?
Je me souviens avoir été touché par la manière dont les gens du coin parlaient d’un feu de forêt. Le feu dort la nuit, il s’éveille, il s’enfuit, nous allons l’attraper. Il était toujours là et on en parlait constamment : de ça, de « lui », de cet être vivant. À mes yeux, c’est une merveilleuse manière de percevoir le monde qui nous entoure, d’appréhender le feu. Si l’émotion que cela a provoqué chez moi se retrouve dans le film, c’est tant mieux.
Le feu est aussi un personnage du film. Je voulais éviter de me montrer trop explicite dans ma représentation d’un feu de forêt. Je ne souhaitais pas verser dans le sensationnalisme en recourant trop souvent aux images dramatiques d’un incendie géant – bien qu’elles ne soient pas complètement absentes du film. Ce qui m’aiguillonnait,c’était de créer la présence du feu, le sentiment d’une menace grondant derrière la fumée, toujours plus proche. Quand on sait qu’il est là, qu’on le sent, mais qu’on ne perçoit pas encore l’immensité des flammes dans leur totalité.
Le son est aussi une manière d’aborder l’univers du film. Comment vous êtes-vous servi du son pour façonner cette expérience sensorielle fascinante, celle d’être encerclé par un feu omniprésent sur le point de vous rattraper, comme lors d’une catastrophe imminente ?
J’adore travailler avec le son, c’est certainement l’un des aspects que je préfère dans la fabrication d’un film. J’y consacre énormément de temps, et c’était formidable de pouvoir collaborer avec Myriam René sur ce projet. Je dis toujours que l’image est le corps d’un film, tandis que le son est son âme, son esprit. On ne peut ni le voir ni le toucher ; pourtant, il a quelque chose de tangible et on doit pouvoir le sentir. L’une des décisions importantes sur le film a été de ne pas utiliser de musique dans les scènes de danger. Quant au son du feu lui-même, au lieu de l’enregistrer en direct,
Myriam l’a sculpté. L’enregistrement sur place n’aurait fait entendre que des craquements et des grondements. Il estdifficile de capter le bruit du feu (ou du vent), on reste prisonniers du micro qui nous pose des limites.
Alors on a sculpté le son.
Pour la musique et pour le personnage du dragon, nous avons travaillé avec les musiciens des Percussions de Strasbourg, qui jouent de mille et une façons avec toutes sortes d’instruments à percussion. Sans vouloir trop en révéler, je peux vous dire qu’en frottant des instruments d’une certaine manière, on obtient une vibration, un grondement des membranes. Ces effets sonores sont presque aussi imprévisibles que les feux de forêt eux-mêmes. Avec ces vibrations des membranes des tambours, nous voulions évoquer quelque chose de physique. Je me souviens très bien du moment de l’enregistrement à Strasbourg, quand j’ai entendu ces sons pour la première fois. Rien que d’en parler, j’en ai la chair de poule. J’ai pensé à ce moment-là : « Ça y est, on tient notre Dragon ! » Après l’avoir mis en boîte avec d’autres créations sonores des Percussions de Strasbourg, trois musiciens et compositeurs français, Benoît de Villeneuve, Benjamin Morando et Delphine Malausséna, ont pris le relais. On a appelé le résultat du « futurisme tribal ». C’est là que la magie a commencé.
J’ai décidé de ne pas utiliser de musique traditionnelle yakoute ni de chant de gorge. Notre choix s’est porté sur les tambours et les instruments à percussion. C’est un patrimoine partagé : dans le monde entier, les humains ont toujours joué des percussions. Elles existent partout, dans toutes les cultures. Tout comme le feu, qui a permis à l’humanité d’être ce qu’elle est. L’usage de musique traditionnelle ou « ethnique » me paraissait trop attendu. L’idée n’était pas de poser un regard exotique sur les personnes filmées, mais de montrer ce que nous avons en commun avec elles.
Les habitants semblent avoir un rapport particulier à la nature, fait d’affection et de patience. Ils ne cherchent pas à dompter les feux de forêt en les éteignant à tout prix, mais plutôt à les tenir à distance jusqu’à l’arrivée de la pluie. Ils comprennent, sans doute, l’impossibilité d’en venir complètement à bout avec les ressources et les effectifs dont ils disposent. Pourtant, on a la sensation que leur conception du monde joue aussi un rôle. Pourriez-vous nous donner votre avis sur la question, et nous dire comment vous avez
traduit cette impression dans le film ?
En Yakoutie, il ne fait aucun doute que le lien avec la nature n’a pas été rompu. Ils sont païens et animistes. Loin du christianisme, de l’islam ou du bouddhisme, la première forme de religion était l’animisme. C’est une croyance selon laquelle, dans la nature, chaque chose est un être vivant ; l’être humain n’y a rien d’un petit dieu qui contrôle tout, il n’est qu’un élément dans un grand tout. De nos jours, avec le développement des sensibilités écologiques, il y a un certain retour à cette vision des choses (toutes proportions gardées), selon laquelle tout fait partie du vivant, y compris nous, les êtres humains.
Par ailleurs, il faut comprendre que les habitants n’ont pas forcément choisi ce rôle de protecteurs de la forêt. Ils ont fait de leur mieux pour l’endosser, parce qu’il n’existait aucun système fonctionnel permettant d’enrayer la propagation des incendies et de les étouffer quand il était encore temps. La population a dû se mobiliser seule pour défendre sa terre natale parce que l’État l’a abandonnée. À la crise écologique s’ajoute une gestion gouvernementale calamiteuse, qui reflète bien l’approche coloniale que Moscou a toujours eue envers certaines régions comme la Sibérie. Il faut aussi songer qu’avec la crise climatique galopante, les règles du jeu ont changé. Les approches et méthodes ancestrales ne sont plus forcément adaptées pour affronter la catastrophe. Les feux de forêt peuvent-ils jouer un rôle régénérateur pour les écosystèmes ? D’une certaine manière, ils ont toujours fait partie du cycle de la vie ; mais aujourd’hui, sous la pression des activités humaines, ils se sont mués en force destructrice. Désormais, il y a tout simplement trop d’incendies, et les étés sont bien trop longs pour une région comme la Sibérie. Chaque année, c’est la sécheresse et si ce n’est pas la sécheresse, les inondations qui sont l’autre face d’une même situation. Alors, oui, les feux de forêt font partie d’un cycle naturel, mais l’équilibre a été brisé, et pour beaucoup d’habitants, c’est toute leur existence qui est en jeu. Je ne suis pas spécialiste en sciences de l’environnement, mais j’imagine que la planète et la nature trouveront toujours un moyen de s’adapter au changement. Pour les êtres humains, c’est une autre histoire. Dans notre cas, sauver la planète signifie aussi tenter de protéger notre civilisation.
Le tournage a dû vous placer dans des situations périlleuses lorsque vous accompagniez les volontaires qui luttaient contre les feux.
Oui, et je sentais le poids de cette responsabilité. Avec moi se trouvaient Paul Guilhaume, notre directeur de la photo, avec notre assistant caméra et notre ingénieur du son : en tout, quatre personnes pour filmer pendant l’été. Évidemment, ce n’était pas sans risques. On a tourné en deux fois pendant l’été, puis on est revenus au cours de l’hiver pour faire des prises de vues supplémentaires. Je me souviens de ma joie en retrouvant Vassia, l’un des protagonistes du film. Nous avons discuté du tournage de l’été précédent en buvant du thé. À un moment donné, en échangeant un regard, nous avons pris conscience du danger de certaines situations à l’époque. C’était seulement avec le recul qu’on prenait pleinement la mesure de ce qu’on avait traversé.
Pour beaucoup de non-Russes, l’existence de « zones de contrôle » est difficile à concevoir. On apprend que ces zones sont des territoires éloignés ou peu habités, où les autorités ne sont pas obligées d’intervenir en cas de feux de forêt, si le coût pour les éteindre dépasse celui des dommages estimés. En Yakoutie, dans le nord-est de la Sibérie, ces « zones de contrôle » représentent plus de 80 % du territoire.
Moscou voit certaines régions, et en particulier de la Yakoutie et de la Sibérie, comme des gisements à exploiter. Depuis très longtemps, le gouvernement accapare les ressources, point final. Après l’ouverture au capitalisme, la situation s’est encore dégradée, puisque c’était désormais une question d’argent, de budget, de coût des opérations.C’est la novlangue [imaginée par George Orwell dans son roman 1984] portée à son paroxysme : l’État fédéral russe invente des termes qui sont exactement l’inverse de ce qu’ils désignent dans la réalité. On ne contrôle rien du toutdans une « zone de contrôle » : c’est une zone hors de contrôle. Une telle hypocrisie revient à se moquer de nous. Il y a de quoi enrager.
Au début du film, la détresse de la population locale est présentée par le biais d’informations sur les « zones de contrôle » en Russie. Le documentaire y revient dans sa conclusion, comme s’il s’agissait d’une toile de fond, de la racine du problème, sans jamais devenir l’histoire principale. C’était précisément mon objectif. J’explique ce que sont les « zones de contrôle » russes pour faire comprendre la situation des habitants de Shologon face à la désertion d’un gouvernement qui les laisse gérer seuls des incendies dévastateurs. Mais l’histoire que je veux raconter, c’est celle de l’humanité incroyable des gens qui s’unissent devant une épreuve commune, celle des personnes qui protègent leur foyer pour ainsi dire à mains nues. *
* À la fin du film, on apprend que les incendies ont consumé 19 millions d’hectares en Russie pendant l’été 2021, et que 90 % des incendies venaient des « zones de contrôle ». Pour la première fois, on a vu des cendres voler jusqu’au pôle Nord
Une telle inaction gouvernementale en Russie se traduit-elle par un traitement médiatique biaisé des incendies ? L’ampleur et la rigueur du travail journalistique en sont-elles affectées ?
C’est particulièrement vrai ces dernières années, mais ça fait déjà une vingtaine d’années que ça dure, depuis que Poutine, qui est à la tête d’un véritable groupe criminel organisé, et ses complices, ont pris le contrôle des médias pour en faire un instrument de propagande. Quand les incendies se sont déclarés au mois de mai et se sont poursuivis en juin et jusqu’à la mi-juillet, les pouvoirs publics n’ont pas spécialement réagi. La colère des gens a fini par atteindre unpic. Les autorités régionales, qui sont censées représenter les citoyens, ont alors commencé à faire semblant d’agircontre les incendies (à grands coups d’uniformes militaires et de discours patriotiques sur la lutte contre les flammes).Cela, seulement parce que Moscou leur a ordonné de calmer le jeu face à la colère populaire, afin de pouvoir continuercomme si de rien n’était. Et encore, il a fallu un mois et demi d’incendies pour obtenir une réaction de leur part.
Pour moi qui suis originaire de Novossibirsk en Sibérie, j’ai remarqué qu’en général, l’opposition est beaucoup plus forte dans cette partie du pays, en raison des différences de mentalités, de cultures. C’est aussi sans doute l’éloignement de Moscou qui permet aux gens d’être en phase avec leur terre. Par ailleurs, on utilise des méthodes modernes pour obtenir et échanger des informations, et ça concerne tout le monde, pas seulement les jeunes. Dans le village de Shologon, tous les habitants sont membres d’un groupe Whatsapp et chacun est libre de s’y exprimer. Quand je suis arrivé dans cette région reculée en Yakoutie avec le projet d’y tourner un film sur leur situation, notre équipe a été reçue à bras ouverts. Les gens voulaient que quelqu’un s’empare de ces questions, parce qu’ils se sentaient livrés à eux-mêmes.
Pour finir, pourquoi ce titre « Paradis » ?
Selon moi, l’endroit où nous vivons est notre paradis. La vie en Sibérie est peut-être plus rude qu’ailleurs, mais c’est notre paradis et nous n’en avons pas d’autre. Il n’y a pas de solution de secours. C’est tout ce que nous avons.
Le paradis, ce n’est pas un lieu imaginaire auquel on aspire. Non, c’est là où on est. C’est l’ici et le maintenant. Mais le paradis est aussi fragile et peut se transformer en enfer."
(dans le -très beau- dossier de presse du film, chez Jour2Fête)
061
DAYS
de Tsai Ming-Liang
Oh oh. J'en suis sorti tout tourneboulé (c'est ce que j'ai dit à Hervé au téléphone en sortant). Son précédent LES CHIENS ERRANTS m'avait laissé sur une note de désespoir profond et persistant -et excessif- (je garde cet ultime plan-séquence sur un homme, de dos, sous la pluie, en train de regarder on ne sait pas quoi, pendant de trèèèès longues minutes) disons que le film ne m'avait pas totalement convaincu (et m'avait même presque amené à me questionner sur le cinéma de TM-L : ne serait-il pas parvenu à un point de non-retour, too much ?)
J'ai vu passer (sur MUBI ? sur ARTE ? un court-métrage intitulé THE NIGHT, que je n'ai pas, dans un premier temps, regardé jusqu'au bout, tant il m'avait semblé... vide. Je viens de vérifier, c'est sur MUBI, ça dure 20 minutes et je l'ai regardé jusqu'au bout avec, cette fois, intérêt et, oui, fascination, tant ce court-métrage complète parfaitement le long.)
J'ai exagéré, j'ai dit à mes copines ce midi qu'il y avait en tout 5 plans-séquences, mais il y en a en réalité 46! Pour la plus grande partie des plans fixes, parfois sans personne, parfois avec un personnage, immobile, avec ou sans son, ou en train de faire quelque chose, parfois deux, avec ou sans son aussi. Il n'y a d'ailleurs que deux noms d'acteurs au générique de fin, les autres sont juste des passants.
Deux personnages, donc, deux hommes : un vieux qui a mal au cou (Lee Kang-Sheng, l'acteur fétiche du réalisateur, qui le filme depuis... son premier film, LES REBELLES DU DIEU NÉON (1992)), et un jeune qui va lui faire du bien (Anong Houngheuangsy, jeune homme dont c'est la première apparition au cinéma). Deux hommes dans la ville, et filmés en tant que tels : chacun dans son plan-séquence, d'abord. Isolément. Puis ensemble, dans deux plans-séquences (un en intérieur/nuit, l'autre en extérieur/nuit) avant que -chacun pour soi est reparti dans l'tourbillon d'la vie- de regagner chacun leurs plans-séquences respectifs (quelques billets et une boîte à musique auront changé de main).
Il n'y a plus, me semble-t-il, cette insistance sur le désespoir absolu qui plombait LES CHIENS ERRANTS (ou bien alors me suis-je habitué ?). Le réalisateur semblerait vouloir faire davantage preuve de neutralité. La caméra est posée, le cadrage est choisi, et ça tourne. un certain temps. d'aucuns diront trop. C'est parfaitement fascinant, hypnotique comme chez le cousin Apichatpong. Il s'agit d'un genre de cinéma de l'extrême, de l'extrémité. Du bout du bout.
Le générique de début (calligraphié sur fond blanc, en symétrie de celui de THE NIGHT, qui l'est sur fond noir) précise que le film a été intentionally unsubtitled (intentionnellement non sous-titré). Le spectateur n'en sera pas gêné tant les dialogues en sont parcimonieux.
TM-L a d'ailleurs inséré dans le film une séquence strictement "documentaire" où l'on suit Lee Kang-Sheng qui marche au milieu de la foule, une minerve au cou, et la main appuyée sur la joue, suivant elle-même une autre séquence où le même est soigné (son dos et son cou) avec un système de plaques chauffées et d'aiguilles...)
Chacun des plans-séquences, oui, prend son temps c'est vrai (les gens pressés fuiront), et chacun génère (recèle) sa propre beauté (et sa fascination propre). Certains m'ont fasciné, d'autres ému, d'autres agacé, d'autres encore laissé indifférent. Il s'agit d'expérimentation.
La scène entre les deux hommes est parfaitement magnifique les scènes, (d'abord le massage, puis la douche, puis la chambre), puisqu'elle contiennent des changements d'axe, et donc de plan, en même temps très sensuelle et très pudique. même si -excessivement ?- longue, et celle qui suit (dite "de la boîte à musique") me touche et m'émeut tout autant (peut-être même encore plus ?).
Où serait justifiée l'expression "Le tout est supérieur à la somme des parties".
Bref (!), presque à ma grande surprise, j'ai vraiment adoré ça...
Pour information, le film est visible encore quelques temps sur arte tv (là), ainsi que, là, RIZI, une brève rencontre avec le réalisateur à propos du film.
Top 10
014
TAR
de Todd Field
Après VIVRE, j'ai enchaîné avec celui-ci. de l'Angleterre à l'Allemagne, avec une cheffe d'orchestre allemande (fictive), interprétée par Cate Blanchet, impériale, avec une assistante italienne (jouée par une française, Noémie Merlant, dont le rôle rappelle un peu celui de Kristen Stewart, par rapport à Juliette Binoche, dans le SILS MARIA d'Assayas) avec qui elle a noué semble-t-il de tendres liens, et une épouse (jouée par Nina Hoss), violoniste dans son propre orchestre. Et voici que va débouler une jeune violoncelliste russe... Carré de dames, donc, qui va bientôt tourner à la bataille rangée.
Beaucoup de musiques, beaucoup de paroles aussi (au début ça parle parle parle beaucoup, façon talkshow, puis ça continue de parler parler parler, cette fois-ci façon masterclass, et après bon quand même ça démarre, mais ça parlera toujours beaucoup. Et ça va pugiler sévère, même si à fleurets mouchetés, en gants de soie (d'une façon fort civile, comme dans Le rat des villes et le rat des champs). Au départ, c'est Lydia Tar qui tient le monde dans sa main, et le film va -spoiler- être le récit clinique -protéiforme- de sa désagrégation... On se dit qu'elle a quand même fait tout ce qu'il fallait faire pour en arriver là, hein...).
torse d'homme
*
fillette sortant de la boulangerie
*
mot de passe (je me suis reconnu!!!)
*
(du peintre dont j'avais vu une reproducetion dans Libé)
*
la reproducetion dans Libé
*
*
rugby... je ne m'en lasse pas
*
un gros câlin japonais
*
allégorie iranienne
*
Shining (mais il me semble l'avoir déjà mise, non ?)
*
soldiers
*
sur le tournage de Jason et les Argonautes
*
Samuel Beckett
*
Gigi la Legge
*
j'ai toujours adoré cette photo de William Klein (découverte dans Photo ou dans Zoom)
*
sur le tournage de BLOW-UP
*
comme au bon vieux temps du conconfinement
*
135
LES PROMESSES D'HASAN
de Semih Kaplanoğlu
On est content (très) d'avoir des nouvelles du réalisateur (après son excellent tryptique YUMURTA (2007) -chroniqué, fort enthousiastement, là- , SÜT (2008) et BAL (2010 -l'oeuf, le lait, et le miel-), de retrouver ce qui fait le sel (l'essence) de son cinéma : la nature, les plans-séquences, les rêves,et la durée (le film "fait" plus de 2h20, soit 40 minutes de plus que ses films précédents).
S'il fallait ne retenir qu'un élément du film, ce serait le vent (ça tombe bien, j'adore ça) qui est, littéralement omniprésent. Qui souffle sur les champs et les vergers d'Hasan, mais aussi dans sa mémoire et même dans ses rêves (Yusuf, le héros de la trilogie, rêvait déjà beaucoup, et Hasan fait de même...).
Le petit souci que j'ai avec le film, c'est qu'il est difficile de s'identifier (de s'attacher) à un personnage principal qui ne l'est pas trop, justement, attachant. Hasan a des vergers (de pommiers) des champs de tomate, qu'il cultive intensivement (et agressivement) via des arrosages généreux de pesticides (faut ce qu'il faut). Et voilà qu'on lui annonce qu'on va venir planter un pylone en plein milieu de son champ de tomates à lui. Alors que le champ juste à côté reste vide... Ni une ni deux, Hasan va faire tout ce qu'il peut pour faire déplacer le fameux pylone (dans le champ voisin), tout en magouillant à propos d'un autre champ, un verger de pêchers d'un voisin surendetté qui va être saisi par la banque... S'ajoutent à ces spéculations et magouilles des soucis -financiers toujours, l'argent est comme le vent, il est omniprésent- concernant le prochain pèlerinage à la Mecque que vont effectuer prochainement Hasan et son épouse (ils ont été tirés au sort) et pour la préparation duquel il faut régler toutes ses dettes et obtenir le pardon de tous ceux qu'on a offensés. Au boulot! Le film donc reproduit cette dualité : magouilles et grenouillages dans un premier temps, puis recherches des différents pardons, dans une subtile gradation, le dernier étant evidemment le plus fort et le plus difficile à accomplir... Question de vocabulaire : entre "se donner bonne conscience" ou "se racheter une conscience". De l'argent, mais pas toujours.
Tous les spectateurs étaient d'accord à la fin de la séance : "C'est très lent... Mais c'est très beau aussi" (il y a eu un genre de discussion improvisée dans la salle à l'initiative de la caissière quand les lumières se sont rallumées à la fin du générique). La lenteur ne m'a pas gêné (ça serait plutôt un élément positif), même si j'étais un peu réticent au départ (à cause du personnage d'Hasan), mais j'aime finalement d'autant plus la façon dont le film se construit dans la durée.
Des tomates, des pommes, des dettes, des rêves, et du vent, beaucoup de vent... Et, comme dans LES NUITS DE MASHHAD vu peu après, la confirmation du statut endémique de la corruption, y compris (et surtout) chez les juges. Mais bien sûr (hihihi) tout ça se passe très loin de chez nous...
071
ALLONS ENFANTS
de Thierry Demaizière & Alban Teurlai
Encore un beau film, vu au Beaux-Arts, alors que c'était évidemment, une fois de plus un film pour le Victor Hugo (effets collatéraux de l'éternelle guéguerre entre -vieux- exploitants rivaux) et donc dans la salle, à 14h, hélas, on était 4.
Le Lycée Turgot, à Paris, accueille des "jeunes de quartiers défavorisés" dans un détonnante section à dominante hip-hop. Une équipe de profs -et un proviseur- extraordinaires (d'habitude je fuis les films qui se piquent de pédagogie mais ceux-là m'ont laissé admiratif) pour un groupe de gamins qui ne le sont pas moins. Fort habilement (et pédagogiquement) le film se partage entre les disciplines "essentielles"(scolaires) et la pratique du hip-hop, mais aussi entre les relations enseignants/élèves, autant que celles des élèves entre eux (l'alternance, quoi), et a tout bon partout.
Une série de portraits bouleversants (chacun(e) des élèves se raconte, à sa façon, on les écoute, on les regarde vivre et surtout danser et c'est formidable.
La bande-annonce est là.
Un film MAGISTRAL
(allocinoche m'apprend -me rappelle- que les deux réalisateurs n'en sont pas à leur coup d'essai dans le domaine du documentaire : ils ont déjà réalisé ROCCO en 2016 (hélas non vu), RELÈVE : HISTOIRE D'UNE CREATION en 2017 (sur et avec Benjamin Millepied) et l'extraordinaire LOURDES en 2018, qui m'avait parfaitement bouleversé (là). Une trajectoire ascendante, qui réussit l'exploit de monter encore d'un cran dans l'excellence.)
Et pour les abonnés à N*TFLIX, ils y ont aussi réalisé MOVE, une série en 5 épisodes sur le monde de la danse...
* je cite Gide mais c'est sans rapport avec le film ; je n'ai pas lu le bouquin, je connais juste cette phrase, et c'est juste le prénom d'un des protagonistes qui me l'a évoqué...
064
AZURO
de Matthieu Rozé
Tiens tiens, voilà que les hasards de la programmation nous jettent une nouvelle fois sur les rivages durassiens... Valérie Donzelli, Florence Loiret Caille, Thomas Scimeca, Yannick Choirat, que du beau monde, en maillot de bain sur l'affiche... Le film est l'adaptation des Petits chevaux de Tarquinia, dont le réalisateur a, si j'ai bien compris, repris tous les dialogues à la virgule près, mais en les dépouillant de leur pâmoison habituelle, et des tics agaçants non moins habituels rattachés d'ordinaire à leur diction -voix blanches, incarnées / désincarnées, etc.-.
Deux couples (dont l'un avec enfant(s)) plus une copine célibataire passent des vacances au bord de la mer dans un pays non précisé (méditerranéen mais on n'en saura pas plus, d'ailleurs les autochtones parlent une langue d'autant moins reconnaissable qu'elle n'existe pas réellement : "C'est un mélange de corse, d'italien, de croate, de grec. C'est une sorte d'esperanto estival." précise le réalisateur) et font donc leur petite cuisine estivale (farniente, baignade, campari(s)), lorsque débarque, tel Neptune, dans leur crique, un beau barbu dans son beau bateau, qui va déclencher un certain bouleversement affectivo-sexuel au milieu de cette torpeur moite et alanguie.
Qui a envie de coucher avec qui, qui va coucher avec qui, qui trompe qui, en toile de fond de ces dialogues que Dominique a trouvés "datés" (le livre date de 1954) et peu intéressants (je savais qu'elle n'aimait pas le film, je l'entendais soupirer et bailler à côté de moi et ça m'a donc un peu gâché mon plaisir, même si je n'étais pas loin de le trouver, moi-même (le film) un peu ennuyeux longuet, elle m'a d'ailleurs confirmé à la sortie que si elle avait été seule elle serait partie...).
Je ne suis pas un Durassolâtre, bien au contraire, je l'ai déjà dit et répété (m'est soudain revenue l'expérience traumatisante d'un 10h30 du soir en été, de Jules Dassin, d'après la même Guigitte Duras, vu "par erreur" avec ma demi-soeur dans l'ancêtre du bôô cinéma, qui s'appelait d'ailleurs déjà le Majestic, où, -j'avais 10 ans-, je m'étais épouvantablement ennuyé, oui Duras pour moi c'est une très longue histoire de soporification), mais la perspective de Duras dédurassisée aiguillait, forcément, ma curiosité.
Il y est question, beaucoup, d'amour(s), de vacances, d'excursions (il est question d'aller uhuhuh à Tarquinia pour y contempler ces splendides petits chevaux...) et, tiens, de flammes aussi (un incendie s'est déclaré derrière les montagnes et prend de l'ampleur au fil du film) C'est donc un film sur le rien (ou plutôt le presque rien) du sentiment amoureux estival et tutti quanti, bref d'une certaine oralité qui rend l'écrit vain (désolé -smiley avec les joues roses et les yeux baissés- je n'ai pas pu m'en empêcher...).
Je précise qu'en sortant du film, j'avais envie de lire le bouquin : je l'ai ensuite trouvé à l'Intranquille, je l'ai feuilleté, il était un peu plus gros que je n'aurais cru, j'ai lu un peu de la quatrième de couv', et je me suis dit que je risquais de m'ennuyer, je l'ai donc reposé...
Je me dis que, s'il était question de dédurassiser (désacraliser) la sacro-sainte musique de la Guiguitte, de le mettre "à plat" le réalisateur a tout à fait réussi son coup... Un peu (trop) rouge, un peu (trop) sucré, un peu (trop) amer : Campari vendredi dimanche pleurera... (vous connaissez le proverbe).
035
VIENS JE T'EMMENE
d'Alain Guiraudie
(Probablement le programmateur du bôô cinéma n'est pas copain avec Les films du Losange, en tout cas on n'a pas pu l'avoir en sortie nationale (ni différée, d'ailleurs!) et j'ai donc dû aller au ciné à Besac, dans le concurrent du Victor Hugo (c'était pourtant un film pour le Victor Hugo!), concurrent que je n'apprécie pas et qui vend du cinéma comme d'autres vendraient des saucisses : au mètre!, et même, en plus, prendre une carte de 10 entrées, pour ne pas payer 10 balles ! (tarif plein) fin de la parenthèse introductive)
J'ai lu l'année dernière l'énorme bouquin d'Alain Guiraudie, Rabalaïre, et il m'avait semblé en reconnaître des éléments dans le synopsis de Viens je t'emmène (et dans la bande-annonce aussi...) Gagné! Guiraudie a adapté environ un tiers de son énorme opus : surtout ce qui se passe à Clermont-Ferrand (l'attentat), chez le héros (dans son appart' et son immeuble) et à l'hôtel (mais il y a des absences de taille, notamment celle de Maurin, personnage que j'avais beaucoup aimé dans le bouquin).
Autre différence : dans le bouquin le narrateur pédalait, ici il court (bon, on reste dans le sportif). Et si dans le roman il était explicitement défini surtout comme homosexuel, ici il semble le plus clair du temps hétéro (comme vous et moi (enfin, surtout comme vous). Et l'homosexualité ressemble à une mauvaise excuse.
Le héros, Médéric (incarné par l'excellent Jean-Charles Clichet, qui n'est pas sans rappeler -bonheur- Vincentchounet Macaigne) déclare tout de go (scène d'ouverture!) sa flamme a Isadora, une prostituée (la toujours excellente Noémie Lvovski), puis apprend par la télévision qu'un attentat terroriste a été perpétré en plein Clermont-Ferrand, et fait la connaissance, devant la porte de son immeuble, d'un jeune beur, Sélim, qui lui demande s'il veut bien le laisser entrer dans le hall pour y passer la nuit...
Médéric / Isadora / Sélim : est posé le triangle désirant "de base", autour duquel se cristallise (ou se dissémine, c'est selon) cet alerte récit de désir(s), d'inquiétude, d'espoir, d'incompréhension (mais de son contraire aussi), où j'ai retrouvé pas mal d'éléments du roman. Qui aime qui, qui a peur de qui, qui désire qui, qui ment à qui, qui fait du mal à qui (mais du bien aussi)...
Comme dans les vaudevilles "classiques", il y a des amants, des femmes et des maris, des portes qui claquent, (on se cache même dans un placard -enfin, un confessionnal- pour y faire de plaisantes cochonneries), ou d'autres sur lesquelles "on" vient frapper, toujours au "mauvais moment" (un genre de running gag), selon un plaisant processus d'accélération du phénomène, au moins pour les voisins de Médéric (au sein desquels j'ai eu le grand plaisir de retrouver Philippe Fretun, fort aimé de moi depuis le très beau Nadia et les hippopotames (2000) de Dominique Cabrera) Il y aura, dans les couloirs de cet immeuble, de plus en plus d'allées et venues, au fur et à mesure de la progression du récit (et de la multiplication des intervenants, jusqu'à quasiment la surpopulation...
Guiraudie accommode le tout à sa sauce, qu'on aime tant, (une certaine façon de voir les choses, et de parler d'amour, à rebrousse-poil) mais délaisse un peu son terroir rural (et fantasmatique) habituel (dourougnes et autres chasseurs d'onayes), et secoue, actualise (pimente) l'habituelle mécanique de la ronde boulevardière avec des épices qui ne figuraient pas dans la recette originelle : des chaînes d'info en continu, des attentats, et surtout, surtout, des jeunes arabes, comme s'il en pleuvait, sous toutes les formes, (qui peuvent se décliner en squatteur, en jeunes gens à cagoule (du quartier), en djihadistes, en dealers, ou juste en objet(s) de désir (ça dépend pour qui) "Je pensais que vous aimiez les jeunes arabes..." dira avec un sourire complice à Médéric son voisin du dessus.)
Le film sort avec juste un avertissement ("des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs") peut-être pour quelques scènes de sexe plutôt joyeuses où seront révélés surtout les seins de Noémie Lvovsky et les fesses de Jean-Charles Clichet, mais aussi, sans doute à cause de quelques "vraies" images -presque subliminales heureusement - d'atrocités de l'état islamique et consorts...
Du coup, on se prend à espérer Viens je t'emmène 2, où serait porté à l'écran le reste de Rabalaïre (sa partie "bucolique" et champêtre, encore bien plus folle et guiraudienne, dont la partie clermontoise ne serait -finalement- que la partie immergée de l'iceberg).
LE FILS DE L'EPICIERE, LE MAIRE, LE VILLAGE ET LE MONDE
de Claire Simon
Mois du doc 2. Par rapport au film de la semaine dernière, on a multiplié les effectifs par trois (là on était carrément 3 au début, même si plus que 2 à la fin). Je partais avec la peur de m'ennuyer un peu (au vu de critiques*,remplies de morgue parisienne en escarpins vernis) et finalement non non (encore une fois, on n'a pas vu le même film): la Claire Simon's touch, qui tant de fois m'a ravi, est une nouvelle fois au rendez-vous, et elle réussit son coup une fois de plus.
Je ne vais pas mentir, hein, je me suis pourtant inexorablement assoupi un peu dès le début, impossible de lutter (le confit de chou de ce midi devait y être pour quelque chose) mais, une fois ce nécessaire (légitime) besoin de somme assouvi, je n'en ai plus perdu une miette.
Ca tombe bien, c'était justement pour le jour de la mise en route, l'instant de la mise en ligne de Tënk, la plate-forme vidéo dont il est question dans le film. Tënk est dédiée au documentaire d'auteur. Au cinéma documentaire, et, de cinéma, il en sera beaucoup question, puisque tout ça se passe à Lussas, petit patelin ardéchois où ont lieu chaque année, au mois d'août, les États généraux du film documentaire (un festival auquel le film donne irrésistiblement envie d'assister, tout comme il donne tout aussi irrésistiblement l'envie de s'abonner à Tënk).
Claire Simon, comme à son habitude, inscrit son sujet numérico-cinématographique dans une réalité de terrain. Profondément rurale. Lussas est aussi un village ardéchois, avec ses histoires, sa vie, ses tronches et ses problèmes de village ardéchois. Et ses bonheurs aussi. A l'instar d'un Wiseman, Claire Simon regarde tout, voit tout, enregistre tout (il me semble avoir lu que le projet était, à l'origine, une série de 20 heures!), et à Lussas y a pas que la culture dans la vie, y a aussi (surtout ?) l'agriculture! On nous présentera ainsi plusieurs paysans,avec leurs problèmes de paysans, tout aussi attachants que le fils de l'épicière, que le maire où que celui qui porte à bout de bras Ardèche Cinéma, l'association qui gère la fameuse plate-forme : il sera ainsi question de raisins et de vignes (et de vins bios), de poires (abimées par la grêle), de marrons (pardon, de châtaignes (la ministrette de la Culture, alors en visite -et en robe blanche- pour l'ouverture des fameux "Etats Généraux" raffole, apprendra-t-on, des marrons glacés, et une boîte des meilleurs lui en sera offerte...). Les vergers, la cchaleur, l'orage, la lune, la nuit, à chaque fois la caméra est là...
Il sera beaucoup question de culture et d'agriculture, mais on parlera aussi de subventions, de loyers, de salaires, de tarifs d'abonnements, bref de la phynance chère à ce cher Ubu, et des prouesses à exécuter pour parvenir à équilibrer un budget.
On est sur la brèche, sur tous les fronts, avec l'amie Claire, qui a l'excellentissime idée de finir son film sur un sirtaki (celui de Zorba le grec, dont on verra quelques secondes) aussi joyeux que généralisé (et qui m'a tout de suite fait penser au bal, tout aussi entraînant, qui avait suivi dans le hall du bôô cinéma la projection du Grand Bal, de Laetitia Carton...)
là je me suis réveillé
les poires
le tracteur
le bâtiment à la construction duquel on va assister
* (machine à gifles) :
"Hormis le talent propre de la réalisatrice (...) rien ne distingue vraiment le film d'un rapport d'activité ou d'une bande institutionnelle, faute d'un regard plus critique, dont l'adhésion avec son sujet ne serait pas acquise d'emblée." (Le Monde)
"Certes, on est de tout cœur avec les organisateurs de ce projet dans une France très rurale, mais assister aux discussions, à la recherche de fonds, au travail de construction, c’est tout sauf un spectacle. Sujet d’article ? Oui. Sujet de film ? Non." (Le Nouvel Obs)
(Non, on n'a pas vu le même film...)
ILLUSIONS PERDUES
de Xavier Giannoli
Vu à la première séance avec Emma, sans rien en savoir de plus que ce dont je m'en rappelais. (En 1966 avait été diffusé parl'ORTF, en 4 épisodes de 100 minutes chacun, un "feuilleton" -on disait comme ça à l'époque-, avec, dans le rôle de Lucien de Rubempré, le jeune premier Yves Rénier, dans le rôle de Coralie, Elizabeth Wiener, et dans celui de Mme de Bargeton -qui dans mon souvenir s'appelait Anaïs mais ici se prénomme Louise, Anne Vernon, et il y avait aussi François Chaumette (qui à l'époque m'effrayait un peu) et Bernard Noël dans le rôle de Lousteau...) C'est d'ailleurs le seul contact que j'aie eu durant ma scolarité avec Honoré de Balzac...
C'est donc Xavier Giannoli (que j'aime plutôt bien, même si je ne connais pas si bien que ça la carrière, hormis l'excellent Quand j'étais chanteur, avec, déjà Gros Gégé) -qui a repris le flambeau, 55 ans plus tard, pour une nouvelle adaptation au casting plutôt... inoxydable (autour des jeunes amants Benjamin Voisin et Salomé Dewaels gravitent rien moins que Cécile de France, Jeanne Balibar, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Jean-François Stévenin, Louis-Do de Lencquesaing, André Marcon, Gérard Depardieu... Waouh!
2h30 de Balzac en costumes et en mots notamment (une voix-off qu'on n'identifiera qu'à la toute fin, qui, bien qu'utilisant je suppose les mots que lui prêta Balzac, réussit régulièrement à résonner très contemporainement (oui, faire echo, n'y est-il pas question, par exemple, d'un banquier devenu président, ou, même d'un canard... enchaîné ?) et c'est assez drôle d'entendre comme les mots de Balzac peuvent sonner cruellement juste (une scène d'anthologie de critique littéraire entre Lousteau et Lucien).
Lucien, un modeste jeune provincial d'Anhoulême (né Chardon mais aspirant à de Rumbempré -le nom de sa mère) "monte" à Paris pour y suivre une nobliaute elle aussi de province, Madame de Bargeton, avec dans sa poche un recueil de poèmes dédiés à sa protectrice (Les marguerites) qu'il compte bien faire éditer et qui, pense-t-il lui apportera la gloire et la richesse.Ils y sont suivis par le baron du Châtelet, amoureux transi de la dame, et vont bientôt se frotter à la puissante marquise d'Espard, qui va prendre en main l'éducation parisienne de Mme de Bargeton (une soirée mémorable -cuisante pourcertain(e)s- à l'Opéra), en l'amenant notamment à cesser de fréquenter Lucien (pour son bien et sa "renommée")... Celui-ci fait dans un premier temps l'apprentissage à la dure de cette fameuse "vie parisienne" et va rencontrer un journaliste sans scrupules et sans états d'âme, Lousteau, qui va lui mettre le pied à l'étrier dans ce monde de la "presse à scandales" (finalement pas si éloigné de nos actuels magazines people et autres réseaux sociaux) dont il va rapidement -avidement-) gravir les échelons. Mais (pour filer la métaphore escaladatoire (ou hippique), "plus dure sera la chute"...).
Un film historique, en costumes donc, très précisément reconstitué, qui nous fait follement virevolter, entre la petite histoire (splendeurs et misères de Lulu de Rubempré) et la"grande" (royalistes vs libéraux), entre mondanité(s) et intimité, entre richesse et déchéance (le fameux quart d'heure de gloire warholien y est dépeint avec acuité) où notre bel inconscient plein d'illusions (d'où le titre) fera les frais d'un jeu cruel dont on apprendre in fine par qui il a été organisé (au bowling social, il s'agit véritablement d'un strike, ou comment, en une seule soirée, faire voler en éclats une apparente réussite, sans pitié, et en se réjouissant de la chute -la déchéance- de son adversaire terrassé).
Les 2h30 du film passent sans effort (ni d'ailleurs que j'y aie la moindre velléité de m'y endormir, c'est dire), les actrices et acteurs s'y donnent sans compter (et à coeur joie), notamment notre duo de duchesses (Cécile de France comme sortant du Mademoiselle de Joncquières d'Emmanuel Mouret, tout en soupirs et en regards baissés, accompagnée à grands froufrous de "la" Balibar, absolument, divinement grandiose, dans ses atours et son maintien de paonne) mais tous, vraiment, y sont au diapason (Lacoste démontrant sans effort, une nouvelle fois, combien il est excellent, face au benjamin Voisin, découvert dans le Eté 85 de Françoi Ozon, que je n'aie -aïe- toujours pas vu).
On est au bal mondain. Du beau monde, du beau linge, des belles ritournelles, un ballet virevoltant (endiablé) étourdissant, Honoré en eût sans doute été flatté, de se voir ainsi adapté (adopté), en Cassandre de la presse en général et des critiques -littéraires et cinématographiques- en particulier. Quel beau ramassis de pourris, même si tout ce beau linge est impeccable (je ne vais pas mettre en pratique les théories lacostiennes sur la critique en ajoutant "peut-être trop... ", non non), bref c'est du cinéma aussi classique que classieux. Qui m'a paru correspondre assez fidèlement au(x) souvenir(s) vague(s) que j'avais des Illusions perdues de mon enfance...
Et tiens, cadeau, je ne résiste pas au plaisir de vous recopier le bout de "critique" des Inr*ocks dans allocin*oche :
"Le film est desservi par la plupart de ses acteur·trices, qui n’habitent que maladroitement leurs rôles et donnent à l’ensemble un air de mascarade parodique, exécuté en pilote automatique selon les standards boisés et jaunis de l’adaptation littéraire confortablement produite."
Et toc!
Et je concluerai en citant, en réponse, un extrait des dialogues du film :
"C’est juste une façon d’esprit à prendre… Si le livre est émouvant, tu dis qu’il est larmoyant. S’il est léger, tu dis qu’il est frivole. S’il propose des idées, il manque de chair. S’il a un style classique, il est académique… Tu peux t’en prendre à la longueur, aussi. Tout est toujours trop long…"
(Les critiques n'ont pas apprécié qu'on critique la critique, hihihihi)
(j'ai pris ma 'oiture pour aller à Besac, car je voulais voir deux films, peut-être trois, ce qui me situait forcément hors horaires de bus)
DRIVE MY CAR
de Ryusuke Hamaguchi
Un film qui devrait plaire -au moins- quadruplement à Pépin : Murakami + théâtre+ Tchekhov + langue des signes (impressionnant, non ?). J'avais eu plusieurs échos favorables de copines qui l'avaient vu avant moi, et je confirme : ce film est absolument magnifique. La narration se divise en deux parties, séparées par "deux ans plus tard", débute par un récit fait par une femme à son mari, et se clôt (presque) avec une représentation théâtrale mise en scène par le même mari. Une épouse scénariste, un mari théâtreux, un jeune assistant admiratif (impulsif), une chauffeuse taciturne composent les figures marquantes de ce récit (de ces récits devrais-je préciser).
Entre ces deux mises en scène (l'initiale où on parle et la finale où l'on ne dit rien), du temps a passé, des sentiments ont infusé, des confessions ont été mises à jour, des questions restent sans réponse (ou pas), pas mal de choses auront changé, beaucoup de mots auront été échangés (ou pas), de multiples histoires auront été évoquées, mais toujours, toujours, le plaisir du spectateur reste vif et constant, un plaisir à la fois très simple et très cérébral (je n'ai pas envie d'en dire davantage). Prix de la mise en scène à Cannes 2021. (Et m'est revenu, par la tangente, le -très beau- personnage de Cora (Christine Boisson), chauffeuse de taxi dans le non moins beau Extérieur nuit de Jacques Bral.
*
L'ECHIQUIER DU VENT
de Mohammad Reza Aslani
Un incunable, une curiosité. Un film iranien disparu depuis depuis des lustres, car interdit à l'heure de sa sortie (1976). Disparu pendant des lustres, retrouvé, puis restauré.
Voici ce qu'en dit France-Cu (les mots en gras ne sont pas de mon fait):
"Réalisé en 1976 par Mohammad Reza Aslani, L’Échiquier du vent est une œuvre unique, du fait de son esthétique qui la place parmi les rares films d’auteur iraniens d’avant la révolution de 1979, et du fait de son destin particulier dans l’histoire de ce cinéma. Son avant-gardisme va déclencher les réactions négatives de la critique iranienne, marginalisant le film et son cinéaste avant sa progressive réhabilitation à partir des années 2000.
Avec son atmosphère de conte gothique où l’influence de la peinture rejaillit sur chaque plan, L’Échiquier du vent est un splendide jeu de massacre, un tour de force visuel au confluent de l’esthétique viscontienne et bressonnienne. Multipliant les rebondissements, son scénario ose même s’affranchir de la chronologie, une première pour un film iranien.
À travers le récit de cette lutte pour la richesse et le pouvoir, Mohammad Reza Aslani livre une critique sociale et culturelle puissante, anticipant la révolution de 1979 et dessinant avec clairvoyance l’échec social et économique de l’Iran à travers ses personnages finement caractérisés et merveilleusement interprétés."
Voilà, j'ai été appâté aussi par la bande-annonce (qui n'hésite pas à convoquer Visconti et Carpenter), mais j'ai vite déchanté au vu du film, qui, s'il a été -effectivement- magnifiquement restauré, se traîne il faut bien l'avouer, un peu poussivement, et cette chronique familiale (variations autour de la cupidité) ne méritait peut-être pas un tel enthousiasme rétrospectif... Je m'y suis ennuyé, voilà...
VERS LA BATAILLE
de Aurélien Vernhes-Lermusiaux
(note pour les mauvaises langues et les esprits mal tournés : le titre de ce post ne fait absolument pas référence à la réussite -ou non- du film, il s'agit juste d'un élément spécifique de langage (de dialogue) qui m'a marqué)
Re-au cinéma cet aprèm avec Catherine (et grâce à elle aussi), pour un film aux antipodes du précédent : un film en couleurs (ça commence avec des charbons ardents), épique, plein de bruit et de fureur, avec un Malik Zidi (qu'on ne voit pas assez souvent) ici complètement transfiguré (halluciné pourrait-on dire) dans le rôle d'un photographe français, qui, au XIXème, parti au Mexique pour y "photographier la guerre", ne la trouve pas vraiment, et se met alors à errer, dans des paysages aussi grandioses que désolés, avec en fond sonore le fracas régulier des affrontements invisibles, en compagnie d'un indigène (un Mexicain) qui ne parle pas plus le français que lui ne parle l'espagnol, perdu dans une sorte de quête mystique dont il finira par trouver la raison (à la fois le pourquoi et le comment...)à l'issue de ce vrai/faux western (on a les chevaux, on a les bottes on a les carabines, mais l'enjeu n'est pas du tout le même).
Un film... impressionnant (évidemment, quand on parle de plaque photographique...) où je n'ai pas dormi du tout (heureusement quand même que Catherine était là, à un certain moment où j'ai failli chavirer...) mais qui, étrangement, a semblé durer beaucoup plus longtemps en "temps subjectif" (1h45 ? 2h ?) qu'en temps réel (1h30) avec le fameux syndrome des "fins successives" (une scène où on se dit "tiens, là c'est la fin..." et non, une autre arrive ensuite...).
J'aime le récit de cette errance, avec ce qu'elle peut avoir de répétitif (les paysages, les rencontres, la violence), et la façon dont le récit parfois semble s'ancrer dans une réalité terre-à-terre qui n'est pas toujours ce qu'elle a l'air d'être (la scène du bordel) ou qui au contraire l'est "trop" : les scènes successives avec les soldats semblent à la fois esquissées et manquant d'un je-ne-sais-quoi qui les rendrait plus crédibles (plusieurs fois m'est venu le mot "reconstitution", d'autant plus quand on y reconnaît Mathieu Chabrol en général ou Sébastien Chassagne en troufion).
Mais je n'ai pas grand-chose d'autre à reprocher à ce film faits de déambulations et d'arrêts sur image (c'est quand même là la fonction de la photographie), qui, c'est vrai, sait vous emporter et vous transporter sans forcément vous donner toutes les clés de cette déambulation tout à la fois sublime et dérisoire (et j'ai ADORÉ -même si elle n'est pas nouvelle, et peut-être pour ça, justement, à cause de la connivence souterraine qu'elle suggère, l'idée des yeux rouges qui apparaissent régulièrement dans la nuit...).





(REIMS POLAR 1)
LA TROISIEME GUERRE
de Giovanni ALOI
(sortie : 8 septembre 2021)
avec Anthony Bajon, Karim Leklou, Leila Bekhti
Anthony Bajon toujours aussi bien (Karim Leklou, élargi, aussi), ils jouent deux (jeunes) militaires qui patrouillent sans fin dans les rues de Paris l'arme en bandoulière (Opération Sentinelle, suite aux attentats de janvier 2015), sous les ordres de Leila Bekhti, leur sergent, se posant plus ou moins des questions sur leur utilité.Film qui se joue a moitié dans les rues et à moitié à la caserne (j'adore ces ambiances viriles de chambrée), autour de ces trois personnages et de leurs ambiguïtés. Une progression dramatique impressionnante (on part du "plan-plan" des premières scènes, on se demande même pourquoi le film est rangé dans la catégorie "polars", on aurait plutôt affaire à une étude de cas, puis la tension monte progressivement pour culminer dans une dernière partie parfaitement bluffante.
*
WANDER
de Tim DOIRON
(sortie : prochainement)
avec Aaron Eckhart, HeatherGraham, Tommy Lee Jones
On change complètement d'univers : l'Amérique, les grands espaces, une scène d'ouverture plein pot, et une enquête menée par un personnage qui visiblement souffre de troubles psychiatriques (Aaron Eckhart, délicieusement barbu) à propos d'une -puis de plusieurs- morts bizarres, qui pourraient se rattacher à la mort de sa femme et de sa fille. Il part donc dans la ville de Wander, épaulé de loin par un vieux pote (Tommy Lee Jones, qui, comme Anthony Bajon, est toujours aussi bien), dans une ambiance furieusement paranoïaque et complotiste (j'ai pensé à Bug, de William Friedkin) ou personne n'est tout à fait vraiment ce qu'il/elle semblait être au départ et où on ne sait jamais vraiment si ce qu'on voit est "en vrai" ou juste dans la tête du monsieur... Hallucinations, manipulations, expérimentations, ouh ouh méfions-nous...
*
SONS OF PHILADELPHIA
de Jérémie Guez
avec Matthias Schoenaerts, Paul Schneider
(sortie : 26 mai)
Après Anthony Bajon et Tommy Lee Jones, voici Matthias Schoenaerts, toujours aussi bien lui aussi en Irlandais frère cousin, pardon d'un gangster un peu ... instable, avec qui il a grandi après la mort de son père, tous deux plongés dans une histoire noire et forte à la James Gray : liens familiaux, truands, traumatisme initial (beaucoup de flash-backs où on le voit enfant), rapport au père, boxe, amitié virile, au milieu d'une guerre des gangs entre Irlandais et Italiens, où notre héros trimballe son imposante et monolithique silhouette (avec barbe et bonnet, donc, comme j'aime), son mutisme et ses blessures d'enfance, dans un contexte de rivalité et de coup-pour-coup de plus en plus violent (et imbécile) jusqu'à un inévitable -et attendu- affrontement final (et il y a aussi Paul Schneider, déjà beaucoup aimé par le passé dans L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, et aussi dans Les Bien-aimés, et que j'ai toujours autant de plaisir à revoir...)
*
trois films pour la journée (enfin, à partir de midi), ça me semble pas mal comme moyenne...)
(objectif : vert!)
MANDIBULES
de Quentin Dupieux
Le tout dernier film vu avant l'avant-dernier confinement s'appelait Adieu les cons, il eut été donc logique, par effet de symétrie, que le premier revu au dernier déconfinement s'intitulât Bonjour les cons. Ca rééquilibrait les pendules. Si le titre n'y est pas, l'esprit si. mandibules, c'est vraiment, littéralement, le portrait de deux cons. Deux benêts, deux nigauds, deux imbéciles heureux.
Qui trouvent une mouche géante dans le coffre de la vieille bagnole qu'un des deux vient de voler pour transporter une mystérieuse valise chez un non moins mystérieux Michel-Michel. Une mouche géante qu'ils décident de dresser pour se faire de la thune.
Et c'est tout ? Oui, c'est à peu près tout. Après ils se font héberger dans un villa par une jeune fille qui croit avoir reconnu en l'un d'eux un ancien camarade de classe, villa occupée par un petit groupe de gens en vacances, qui, chacun avec ses raisons propres, ont du mal à accepter les nouveaux-venus.
Ah j'oubliais : la mouche s'appelle Dominique (ça m'a beaucoup fait rire), et un petit chien va être mangé...
Aux plusieurs personnes qui m'ont demandé "Et alors, Mandibules ?", j'ai répondu invariablement "Ben, c'est du Dupieux...". Et c'est la stricte vérité. Depuis son premier long-métrage Steak (en 2007, mais que je n'ai pas vu, pour cause d'Eric et Ramzy ce qui est assez bête comme raison je l'avoue), il empile une filmographie étonnante, détonnante, pétaradante, ahurissante, (foutraque, loufoque, déjantée, les mêmes épithètes peuvent s'appliquer aux films), avec des sommets incontestables (Rubber, Réalité), des réussites a posteriori (Au poste!), et quelques "machins" dont je ne savais pas trop quoi penser (Wrong, Wrong Cops, et le dernier Le Daim) que j'avais qualifié d'"atypiques" et qui ne m'avaient pas complètement ravi (voici un bel alexandrin). Que je ne savais pas où ranger. Et que j'ai d'ailleurs assez complètement oubliés...
On retrouve en haut de l'affiche Grégoire Ludig (qui co-tête-d'affichait avec Poelvorde dans Au poste!), qui compose un genre d'épigone du Dude de The Big Leboswki, en chemise rose mais en bien plus con. Avec son compère David Marsais (ils ont l'habitude d'écrire et de jouer ensemble les sketches de leur Palmashow) il incarne (ils incarnent) un duo d'abrutis flamboyants (regardez là une très intéressante interview des deux, où on en apprend un peu plus sur la méthode de Dupieux), de vieux potes, de gamins attardés avec leurs rites et leurs tics neuneus ("taureau"...); aussi attendrissants qu'exaspérants. (c'est Grégoire Ludig qui dit qu'il faut beaucoup s'investir pour jouer un con...).
La trame du film est très linéaire, rectiligne, avec un seul "niveau" de récit (contrairement à Réalité ou Au poste!) et on serait en droit de trouver le scénario indigent tellement il est mince. Mais, aussi mince soit-il, il réussit à nous intéresser à son propos (à défaut de nous y faire adhérer). Peut-être la partie centrale, estivale et vacancière qui nous incite à la chaise-longue et au rafraîchissement. et donc à être indulgent. J'ai été un peu gêné par le personnage d'Adèle Exarchopoulos (que je trouvais un peu "en force") mais je suis semble-t-il le seul, tant la plupart des critiques semblent trouver l'actrice excellente (il y en a même un qui écrit carrément que c'est le meilleur rôle de sa carrière!)
Le film est court (1h17) mais on finit par regretter de ne pas en avoir plus (Mandibules 2 , ?)
Bon il semblerait que c'est en bonne voie.
Ca s'améliore doucement, et on va donc s'en réjouir -prudemment-
Je verrai avec le toubib en fin de semaine (là il n'est pas là)
*
ce matin j'avais mon (premier) rendez-vous chez la pédicure/podologue et ça m'a fait du bien (la même sensation que quand on sort de chez le coiffeur (ce sentiment que quelqu'un s'est occupé de vous pour votre bien), mes pieds sont "comme neufs" (bon, enfin, faut pas exagérer quand même, je suis vieux et j'ai des pieds de vieux)
*
consigne : faut que j'hydrate! (c'est ce qu'ils me répètent tous)
*
après mon rendez-vous, suis passé à Coulevon (où je n'étais pas allé depuis un bail...) prendre un petit café "comme au bon vieux temps" (avec le masque, quand même -sauf pour boire le café, bien sûr!-) on s'est raconté nos bobos et un peu montré nos blessures de guerre
*
le signe incontestable que ça va mieux : j'ai descendu (et remonté) les escaliers tout à fait normalement (en début d'aprèm')
*
mmmmh au ministère, y en a des qui ont dû mouiller leur culotte de joie, à rédiger tout ça, non ?
*
lundi 1er

rue des archives
mardi 2

scrabble avec Pépin
mercredi 3

premières asperges
jeudi 4

l'arum offert par Manue fleurit comme un fou
vendredi 5

à Besac
samedi 6

Loulou au soleil
dimanche 7

palmiers salés au fromage de brebis et aux tomates séchées (mais bof)
lundi 8

la grille
mardi 9

huit fleurs
mercredi 10

la chicorée c'est la santé
jeudi 11

café gourmand chez les Soria
vendredi 12

le bitonio dans la salade qui a failli m'étouffer
samedi 13

Koh Lantuche c'est reparti!
dimanche 14

habituelles splendeurs nocturnes chez le(s) voisin(s) d'en face
lundi 15

travail d'équipe
mardi 16
mercredi 17

ce truc pour faire sécher les couverts ira très bien pour faire cuire les asperges
jeudi 18

stationnement interdit, non mais vous savez lire ?
vendredi 19

salle d'attente (avant le vaccin)
samedi 20

le joli muffin de la rue Miroudot-St Ferjeux, mangé a posteriori
dimanche 21
lundi 22

printemps deux fois (en haut et en bas)
mardi 23
mercredi 24
jeudi 25

retour à l'envoyeur (caliméro achète une chemise)
vendredi 26
samedi 27
dimanche 28
lundi 29

juste pour dissimuler habilement le panneau "place handicapé", hein?
mardi 30

en faisant la queue devant la boulangerie
mercredi 31
(trucs et machins)
le bonheur, c'est prendre une grande goulée d'air frais juste après avoir enlevé son masque.
*

la chicorée c'est la santé!
et grâce à Catherine, qui m'en a fait goûter hier après-midi, ma vie est peut-être à un grand tournant (au moins en ce qui concerne le petit-déj) : depuis 50 ans au moins que je bois le matin du ricoré avec du lait, je viens peut-être de me rendre compte que le goût qui me plait, c'est celui de la chicorée!
*
devinette : chez qui suis-je passé hier après-midi, et chez qui j'ai pu photographier sa collection de Stabat Mater ?

*
un autre petit grand plaisir ça a été celui de retrouver BLOW UP de Luc Lagier (que j'avais un peu délaissé ces derniers temps, ce qui fait que j'ai un tas de merveilles à visionner... ), retrouvé un peu par hasard grâce à la Cinetek (là) qui dans sa sélection du mois (thème "huis-clos") présente notamment un film dans les suppléments duquel j'ai justement trouvé un module de BLOW UP ("5 bonnes raisons de revoir..." Mais de quel film s'agit-il donc ?)

*
là c'est un clip, (HERE COMES COMUS! de Arab Strap, sans doute mon morceau préféré du disque) qui m'a par ricochet évoqué un tableau.... mais de qui donc ? *

*
des mêmes Arab Strap (je sais je sais je peux parfois être un poil obsessionnel)

la pochette (que j'aime beaucoup) du dernier single
(mais qui semble hélas n'exister que virtuellement)
*
sans rapport avec ce qui précède
(et alors, il lui roule une pelle...)
(non ?)

juste une pensée émue pour la soirée des César demain (enfin, ce soir quand vous lirez),que je ne manquerai(s), bien sûr, pour rien au monde...(ça va être trop strange)
*

(juste puisqu'il est en ce moment beaucoup question de vaccination...)
*
tiens dans une semaine, on pourra fêter le premier anninniversaire du premier conconfinement!

(et là j'ai un trou : dans quel film ai-je vu -c'était il y a une trentaine d'années je pense- Diane Keaton en train de souffler une pauvre bougie fichée sur une biscotte en chantant "Joyeux anniversaire moi...")
*

* de Magritte, bien sûr!
*
Clermont : ça sent la fin. On peut voir les films de la programmation jusqu'au 6, MAIS les films primés seront visibles encore une semaine... J'ai voté ce matin in extremis à 7h54 pour les prix du Public, avec clôture des votes à 8h!, (un film en compét' nationale, un en international et un en labo...), et du coup à présent je suis moins motivé pour en voir d'autres, puisque même si j'en vois un que je trouve génialissime, je ne pourrai plus voter pour.
En plus, en parlant de Festival, j'apprends in extremis et juste trop tard -c'est fini depuis hier- que j'aurais -peut-être- pu aussi assister à celui de Sundance, mais les modalités d'accès avaient l'air plus complexes, et ça aurait été trop cher -pour donner une idée, le mug de Clermont, que je me suis offert -il est joli-, coûte 10€ tandis que celui de Sundance 20, carrément le double (et il est beaucoup moins joli) argh ces ricains, DONC j'ai encore économisé plein de sous...)
*

(revenons doucement à la réalité...)
*
du coup je suis allé voir ailleurs... sur arte.tv, pour voir un film qui n'était dispo que jusqu'au 07.02 (et je devais donc faire fissa)

IN MY ROOM
de Ulrich Kohler
que j'avais, en son temps et sans succès, essayé de faire intégrer dans notre programmation (ces temps-là me semblent aussi lointains -et révolus- que si je parlais de l'Age de Pierre...)
Un film allemand d'un réalisateur moins... "présent" que Christian Petzold, mais qui gagnerait donc à être davantage connu, si on en croit ce film-là, que j'ai beaucoup aimé.
Qui commence comme un film "normal, avec l'exposition prolongée- qui nous présente le personnage principal, Armin, avec ses plantages divers (la premère scène est étonnamment délicieuse), dans à peu près tous les domaines, et la façon dont il semble s'accommoder de cet état de faits. Jusqu'à ce que.
Un matin, Armin se réveille et plus rien n'est comme avant, oui, au bout d'une quarantaine le film bascule dans une dystopie, et Armin avec lui. Et commence un autre film, pourrait-on dire, avec la façon dont notre héros fait face et s'installe dans son nouvel univers (enfin, le même qu'avant, grosso-modo, à un seul et unique détail près...)
Je me suis régalé (et j'en ai encore profité pour prendre quelques captures d'écran supplémentaires (ce truc me fascine, j'ai dû en prendre 500 -c'est bien, elles se numérotent automatiquement- depuis fin décembre, et j'aim expérimenter ce média qui se trouve à l'exact mi-chemin entre photo et ciné) puisque le film a, en plus, l'excellente idée d'être AQV.


(Mais bon je suis désolé, quand vous lirez ces ignes il sera sur le point de n'être plus diffusé...
*

*