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lieux communs (et autres fadaises)
1 décembre 2025

novembr1

vendredi 31

de très bonne heure (à partir de 4 h je crois, je copie/colle les notices des films (il y en 36 je crois),  c'est un peu fastidieux mais j'en viens à bout...

je me recouche, et, au réveil suivant je commence la mise en page de la prog 3 (6 pages!)

je passe au local pour récupérer le bazar nécessaire aux putatives nouvelles adhésions d'ados, je trouve J-C au local où j'arrive essoufflé (l'ascenseur est toujours "momentanément en panne")

je retrouve Isa à 17h15 au cinéma, elle a préparé des trucs à afficher, c'est très bien, on nous prête une petite table, on s'installe à côté de la caisse de J-Y pour plus de commodités (J-Y qui n'arrivera jamais, et les autres zozos nous disent ensuite "qu'il ne vient jamais à 18h"). non seulement on ne verra personne, mais Isa m'apprend que deux films prévus sur les 3 sont en VF (notamment MIDSOMMAR qu'on avait prévu de voir, et donc qu'on n'ira pas voir...)

on prend le temps de boire un Sunny Lassi au B*reau, et on assiste au costumage des serveuses et serveurs pour Halloween (le nouveau grand barbu avec son capuchon de moine, il me plaît bien)

ils distribuent des bonbons "Dracula" (j'en prends un dans le paquet que me tend aimablement le grand barbu...)

de retour à la maison, je terminerai la mise en page de la page centrale de la prog n° 3 (le "planning")

 

samedi premier

j'appelle "Vincent" (le fromager qui m'a donné son numéro la semaine dernière) pour savoir s'il a des saucisses au metton, qu'il m'en mette 4 de côté (et du coup (d'une pierre deux coups) j'ai la confirmation qu'il y a du marché ce matin, et donc je m'habille pour y aller)

le boulanger d'amour est ouvert (1/2 Georges et un pan de los muertos), le pâtissier-chocolatier est exceptionnellement fermé ce matin (pas de gâteau au chocolat, pas de tête de mort en chocolat non plus hélas) le BCT est ouvert mais je n'y entre pas ; sous les Halles, il manque la moitié des vendeurs au moins (chez la légumière je ne prends rien, mais je photographie ses amours de bébés navets), chez la pommière je prends 2 jus de pomme/poire et 2 belles pommes à cuire au four, chez les jolis poissonniers un gratin saumon / saint jacques, et chez le fromager, mes saucisses réservées, du morbier et du gruyère et voila c'est bien assez lourd comme ça!!!

à midi j'apprends la mort de Tchéky Kario ; je le trouvais bel homme...

avec la divine Pascale Ogier...

Il a débuté en 1982 dans TOUTE UNE NUIT, de Chantal Akerman (dans lequel je ne l'ai pas reconnu!), mais il est surtout resté cher à mon cœur pour LES NUITS DE LA PLEINE LUNE (1984) même si ensuite on s'est un peu perdu de vue, je continuais de le trouver beau gosse (et j'aimais beaucoup sa voix), et par sa notice nécro, tiens, j'apprends qu'il chantait... (je crois que c'est aussi ça qui me plaisait, le contraste entre son physique -costaud, le gars- et sa "voix de velours"...)

j'ai commencé, avec gourmandise, la lecture du dernier bouquin de Iain Levison, Les strip-teaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques (un titre pas très vendeur, je trouve, mais bon...) ; j'adore les bouquins du bonhomme, et je pense d'ailleurs que je les ai tous lus!

 

je poursuis, puis termine la mise en page de nos 36 films ! (et je souhaite bon courage à Hervé pour son édito...)

je commence à regarder HISTORY OF SOUND, d'Oliver Hermanus, que ce très cher MUBI a la gentillesse de mettre en ligne dès ce jour (je trouve que c'est un très joli film "en costumes", qui évoque à la fois MAURICE et BROKEBACK MOUNTAIN (je prends des photos des deux tourtereaux héros, interprétés par Paul Mescal et Josh O'Connor, "trop mimis" tous les deux, de leurs visages et de leurs étreintes, le film est assez sensuel mais  très chaste). L'amour qui va, l'amour qui vient, le temps qui passe, l'amour qui se chante (ou presque), le désir et sa persistance (ou pas) et la force terrible des souvenirs (comme la scène de la chemise à la fin de Brokeback...) 

au bout d'une heure je fais une pause, je prépare, minutieusement,  une compote de coings et pommes, puis je prends mon repas du soir,


et finalement je retourne à (et termine) HISTORY OF SOUND (316), que je trouve... bouleversant! Le film est moins âpre, moins brutal (moins violent) que les films précédents du réalisateur, et du coup c'est plus "grand public" (moins de violence = plus de douceur, et ça ça fait du bien), l'histoire de ces deux tourtereaux (qui courra tout de même sur 80 ans, heureusement oh heureusement qu'ils ont pris un "vrai" papy dans la -bouleversante- scène finale, plutôt que de grimer l'acteur avec force postiches et latex, en général je trouve toujours ça désolant) où il sera, finalement, autant question d'amour que de musique ! (et la comparaison avec BROKEBACK était justifiée clic clic) - au fait, patientez, braves gens, le film sortira à la mi-mars-

ou bien 

 

 

 

dimanche 2

à midi, petit gratin de chez mes poissonniers (saumon et st-jacques, pas mal mais un peu trompeur sur l'appellation je trouve) et yaourt à la grecque + compote pomme/coing (que je trouve hélas trop... compacte)

je pars au cinéma à 14h15 pour y rencontrer avant la séance Patricia M., ma voisine et collègue à Gray pdt de longues années, et prendre un peu le temps de discuter avec elle, qui est désormais investie dans l'association ADMD (pour le droit de mourir dans la dignité), je suis quand même très ému (j'ai quitté Gray en 94), et l'association propose un ciné-débat autour de BON VOYAGE (317) , un documentaire belge d'animation de Karine Birgé (55') aussi superbe que surprenant, aussi inattendu que bouleversant, sur sa grand-mère de 102 ans qui a décidé d'aller en Belgique pour s'y faire euthanasier... 

"Voulez-vous danser grand-mère...")

 

lundi 3

(toute fin du dernier rêve : nous devons tous nous déguiser avec des "tenues de moine", noires, avec capuchon, "pour faire peur", et Isabelle me montre qu'elle a apporté toute une série d'armes factices, pour compléter le déguisement...)

(tout le matin sur l'ordi...)

la serendipity m'amène, au bout d'un certain temps, à commander 3 bouquins du même auteur , David Mitchell, (tout en ayant conscience que c'était contraire à mes bonnes résolutions)

j'ai préparé 7 nouvelles pages A4 couleur à afficher sur notre panneau au cinéma (les 7 prochaines "soirées de novembre")

je passe à Repr*System pour les imprimer, puis au ciné pour les afficher

18h : L’ÉTRANGER (318) je dois avouer que je n'ai jamais lu le bouquin de Camus (c'était l'unique "rebellitude" de mes années collège / lycée : même si je lisais énormément, je n'ai jamais voulu lire un des auteurs "officiels" du programme : ni Balzac, ni Zola, ni Flaubert, ni, donc, Camus, je n'en faisais qu'à ma tête et ne lisais que ce que moi j'avais envie de lire...) Je découvre donc un film "en costumes", dans un noir et blanc très léché, l'histoire de ce Meursault, qui finit par tuer un arabe, de cinq balles dans le corps, "à cause du soleil", et du procès qui s'ensuit. Ozon produit de la belle image (je le redis encore, rien n'égale un film en noir et blanc) met en valeur ses acteurs (Benjamin Voisin en tête, amoureusement caressé par l'objectif , mais Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud, ne sont pas en reste -et on a même en prime l’ineffable plaisir, même si bien trop court, de (re) voir la divine Mireille Perrier lors d'une onirique séance de Golgotha guillotinesque-) sans que je puisse juger ou non de la fidélité (ou de la justesse ?) de son adaptation. Il y a dans le film quelque chose d'impeccable, une volonté de glamour, de rigueur, et c'est seulement sur le générique de fin qu'Ozon nous cueille (à froid) en poussant un peu loin le bouchon : utiliser Killing an arab de the Cure, tout de même il fallait oser!

20h30 : le film-surprise n° 3 : KIKA (319)
... On a enfin réussi à l'avoir, ce film-surprise (qui a entretemps été annoncé par erreur en avant-première sur le site du bôô cinéma, la bande-annonce a même été diffusée en salle, un beau pataquès, quoi, provoquant maints échanges, interrogations, corrections et rétropédalages divers...
Tout ça pour 8 spectateurs à la 4 (on n'a jamais été aussi peu!) J'ai juste présenté le film en disant qu'il "avait été réalisé par la même personne qu'un film au programme du Mois du Doc", et qu'on le reprogrammerait lors de notre prochaine Semaine Belge... La réalisatrice c'est Alexe Poukine, et l'autre film c'est SAUVE QUI PEUT, (qui aurait d'ailleurs pu servir de titre à celui-ci aussi!).
Kika (excellemment incarnée par Manon Clavel) est assistante sociale, elle a un mari, une fille, les premières scènes nous la montrent au taf puis en famille, avant que le hasard -et une clé cassée- lui fasse rencontrer un charmant black  réparateur de vélos, pour lequel elle laisse son mari (les scènes s'enchaînent très cut, avec des ellipses qui forcent le spectateur à combler les vides, et le début m'a vraiment fait jubiler) avant qu'un événement brutal ne vienne mettre un terme à tout ça (et que le film, insensiblement, change de registre) . Kika se retrouve à galérer pour survivre, trouver des moyens de gagner du fric, et va découvrir le monde du sexe tarifé (et des prestations "spécialisées", de plus en plus particulières, que la réalisatrice retranscrit avec la même finesse d'observation, même si on va de plus en plus loin dans le weird, tandis que l'actrice (le personnage) paie de plus en plus de sa personne...). Bref, Kika, elle assure ! (un personnage qu'on pourrait qualifier de "tout-terrain"!) Un film coup-de-poing, certes (et doublement!) mais qui sait aussi vous câliner, nimbé d'une incontestable tendresse...
Et en sortant de la salle, je peux vous assurer que ça discutait ferme!

Patrick G. nous a informés en arrivant que Pépin  venait de se coincer le dos et donc ne serait pas (ni Co) parmi nous pour le film surprise!

 

mardi 4

(entre 3 et 4 h du mat, je termine le bouquin de Iain Levison)

... s'ensuit une journée "au chaud"

je fais des cookies beurre de cacahuète et chocolat que je trouverai (après avoir eu la patience d'attendre qu'ils refroidissent) plutôt pas mal 

je range un peu (Anne-Marie vient demain) mais, finalement pas autant que j'aurais pu (dû)

je descend à pied au ThéV' pour COUP DE GRÂCE, (mon premier spectacle de la saison) chorégraphie de Michel Kelemenis pour 7 danseurs, qui m'enchanteront de A jusqu'à Z (avec une musique très forte - dans tous les sens du terme-) oui, portés une musique extraordinaire de Angelos Liaros Copola

suivie, c'est pour moi une première, par un entretien dans le hall "La grâce peut-elle naître de la disgrâce ?" avec Didier F. un journaliste local, et Michel Kelemenis, le chorégraphe, devant une assistance attentive (beaucoup d'ados, qui pendant un moment, du coup, n'en ouvriront pas leurs portables!) sur la genèse de ce spectacle, dont j'apprends qu'il faisait référence aux attentats du Bataclan (c'est rare d'avoir l'occasion, juste après un spectacle, d'échanger avec le chorégraphe sur ses intentions...) et nous donne rendez-vous jeudi pour MAGNIFIQUES, la seconde partie de son diptyque

je les écoute en buvant du jus de pomme, puis de la bière, entre Catherine et Manue

Catherine me ramènera fort gentiment, comme à son habitude...

 

mercredi 5

8h dring! bonjour Anne-Marie! Elle m'a apporté des petits pains aux raisins décongelés qu'elle a passés au four, et je lui fait goûter mes cookies arachide / chocolat

au bout de la rue Georges Genoux, je regarde au passage un très joli jeune maçon un peu emmitouflé (casquette, capuche et barbe, mes préférés), immobile derrière la plate-forme de son utilitaire, qui du coup me regarde le regarder (dans un film, ça pourrait être le début d'une histoire d'amour hihi)

puis un peu plus loin mon petit boulanger d'amour, joliment enfariné, sur le pas de la porte de sa boutique entrouverte, discute avec le livreur, justement, de farine, et répond jovialement à mon salut ("dans un film, ça pourrait être... etc.")

via whats*pp Isa m'informe, que, suite à sa concertation avec Romain, nous avons cette semaine 16 films! ADC à l'affiche du bôô cinéma

13h15 : ARCO (320) (on est 2 à la 5, dont une grosse dame qui a loupé la première marche et me demande de l'aider à se remettre debout). Un film d'animation d'anticipation, que le réalisateur explique avoir réussi à réaliser seul contre tous, une histoire d'amitié dans le temps, (oups! je me suis endormi un peu et je n'ai pas compris du coup pourquoi soudain tout flambait (la forêt en flammes, je ne pouvais pas ne pas penser à Bambi, hein...). j'ai quand même été ému lors de la séquence finale, à base de dessins et de photos. Comme j'ai écrit ensuite à Isa, "j'ai bien aimé, même si ça n'est pas a priori ma tasse de thé". (Et j'ai vu au générique qu'il y avait la voix de Vincent Macaigne, que je n'ai pas reconnue, alors que j'ai reconnu celle de William Lebghil)

 

15h : T'AS PAS CHANGÉ (321) (toujours à la 5, on était un peu plus, peut-être 6 ou 7, pour cette première séance dans le bôô cinéma du film de Jérôme Commandeur (avec Vanessa paradis face au trio Commandeur / Damiens / Lafitte) sur une histoire d'(in)amitié à travers les âges, où les adolescents de 93 sont devenus des quinquas chauves et/ou bedonnants... Un film mi plaisant mi agaçant, avec des choses très réussies (la scène de Vanessa Paradis pompette devant la maison de son ex-mari, de nuit) et d'autres qui le sont moins. Jérôme s'est taillé un joli costume de loser suicidaire (qui finira quand même dans les bras de Vanessa P.), Lafitte est insupportable avec son personnage d'ex-star de la chanson des années 90 (à baffer, il le fait très bien) tandis que Damiens hérite du personnage le moins défini (un gag récurrent à propos de cheveux, qui m'avait déjà fait rire dans la bande-annonce). La toute dernière scène est touchante (la photo de classe d'hier remplacée par celle d'aujourd'hui, "en live") et permet de sortir de la la salle pas trop mécontent (j'étais même assez hilare, puisque j'ai entendu "la machiné à fessées" répété sans vergogne lors du dernier morceau (ça ne doit pas être ça, le vrai titre...)

 

je passe à la pharmacie pour récupérer "ma" préparation de rathania, c'est un jeune qui me sert, je demande pour la vaccination (grippe & covid) et il m'informe que c'est trop tard pour le covid, ils n'ont plus de doses, et m'invite à (re)passer demain matin... avant de me piquer, il me dit qu'il aime beaucoup mes baskets (les nike bleues, et je lui explique pourquoi elles sont uniques...)

et je termine ma journée, après avoir garé ma voiture à une distance raisonnable (tout en haut de la rue St Georges), en allant à pied chez le monsieur qui refait des clés de voitures, et me propose de mettre juste une nouvelle coque (30€) + une nouvelle pile (8€), qui met un certain temps à me bidouiller tout ça, en sortant je ne suis pas tout à fait complètement convaincu, mais, quand j'arrive près de ma voiture, je vérifie, et ouf! tout fonctionne!

je regarde (entregent) L'HOMME DE MAJORQUE (322) de Bo Widerberg, un polar (qui m'a fait penser aux bouquins de Sjöwall et Wahlöö), avec une paire de flics (potes) qui mènent l'enquête sur un hold-up (magistral) dans un bureau de poste, et vont mettre à jour des quasiment "secrets d'état" gênants pour pas mal de gens haut placés... Plaisant, même si pas inoubliable.

 

 

jeudi 6

à midi à 4 au Globe on mange de la souricette de porc

je croyais aller au cinéma à 13h30 mais je me suis trompé de jour

15h45 : CHRONIQUES D'HAÏFA (323), par le monsieur qui avait réalisé le très bel AJAMI, nous sommes deux à la 4, un joli jeune homme en jogging blanc (qui quittera la salle au bout d'une heure de film) et moi. j'ai trouvé le film un peu complexe (confus), avec deux histoires au moins qui s'enchevêtrent, et une seule certitude : Rami (le frère de la mariée) est beau comme un camion!

20h30 au Thé V' : MAGNIFIQUES, le deuxième volet de la création chorégraphiée par Michel Kelemenis, pour 9 danseurs cette fois (avec Angelos Liaros Copola, le même monsieur à la musique + un certain Jean-Sébastien Bach !) Encore un grand bonheur de spectacle, dans la continuation du COUP DE GRÂCE, vu mardi. Là j'ai carrément eu les larmes aux yeux à la fin!
Magnifiques ? parce que Magnificat (de JSB) judicieusement utilisé (en alternance / mariage avec l'électro de ALC) et qui soutient à merveille cette jubilation progressive qui va gagner la troupe... Ce chorégraphe est donc "à suivre" (et on espère le retrouver l'année prochaine!!!)

18 janvier 2023

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OÜM
Compagnie Massala
Chrorégraphie de Fouad Boussouf

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déjà l'année dernière NÄSS (même compagnie même chorégraphe, mais uniquement des garçons) m'avait enthousiasmé (voir ), et là, pareil, dès la première seconde, à peine le rideau ouvert, j'ai été embarqué. Enthousiasmé. Six danseurs (quatre homme et deux femmes), deux musiciens sur scène en jardin (guitare électrique, oud, effets electroniques, tambours) un rideau de fils, des loupiotes qui descendent du plafond, et c'est tout. Des corps, de la musique, et des voix. Et de l'énergie. Et j'ai pensé "c'est sublime", tellement cette danse, ces musiques, ces corps, ces voix  me plaisaient, et je le pensais tout autant à la dernière seconde.
Un très grand spectacle, un très grand moment.

5 décembre 2017

tournez manèges

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A L'OUEST DU JOURDAIN
d'Amos Gitaï

Une pause dans le festival entrevues, et un retour dans le bôô cinéma. Bonne nouvelle : pour la première fois depuis le début du Mois du Doc, les jours et horaires de projection sont intégralement respectés, ce qui force le respect... Wouah, c'est donc possible!
Amos Gitaï on le connaît et on l'aime depuis longtemps, hein... On a programmé beaucoup de ses films, qu'on h'a pas forcément tous appréciés de la même façon. Celui-ci se voit avec plaisir : Amos Gita¨y a composé une sorte de journal filmé, de marabout-de-ficelle sur les relations entre Israéliens et Palestiniens, où le réalisateur met bout-à-bout et renvoie parfois dos-à-dos des gens des deux bords, des deux camps, des deux factions, appelez-ça comme vous voulez,  pour montrer des fois pourquoi ça pourrait le faire et d'autres fois pourquoi ça ne le pourra pas. Ceux qui sont pout et ceux qui sont contre, ceux qui ont envie et ceux qui y sont farouchement opposés, ceux qui voudraient que ça change et ceux qui font tout leur possible, justement, pour que ça ne puisse pas changer.
Amos Gitaï utilise judicieusement l'image du manège : ça tourne ça tourne et ça ne s'arrêtera jamais, et termine judicieusement son film, ou presque, sur un tournoi de backgammon organisé entre juifs et arabes, où les gens sont réunis, échangent, partagent, et ça redonne espoir.

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15 mars 2014

listes et fragments

"Les hasards de la programmation" (de la vie) font que, quasiment au même moment, je me suis retrouvé à lire 3 livres qui se ressemblent :

 

 

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Le premier m'a été conseillé (et prêté) par Pépin, qui le tenait de Loulou
Les deux autres me furent, à une semaine d'intervalle, conseillés par Libé (le Piccolo, c'est sûr, peut-être le pagès m'est-il parvenu aux yeux par d'autres pistes ? téléramuche ? je ne sais plus trop).
Il est, à chaque fois, question d'un petit livre (par l'épaisseur) consistant en une accumultation de fragments, plus ou moins longs, ayant trait à la mémoire et/ou au plaisir
Françoise Héritier écrit à un ami, et se prend a énumérer toutes les "petites choses" de la vie qui font, que cette vie-là, justement est agréable et mérite d'être mémorisée
Francesco Piccolo (ça fleure bon le pseudo, non ?) recense, lui, aussi des "petits moments de bonheur", à la taille très variable (de quelques lignes à quelques pages, ce qui fait que quelque autre, plus puriste, plus à cheval sur la définition, l'aurait sans doute ôté de la rubrique)
Yves Pagès se tient stricto sensu à la formule des "je me souviens", en ayant juste malicieusement modifié la formule initiale qui se répète. Si le titre est "Souviens-moi", chaque fragment débute par "de ne pas oublier".

3 livres (je les ai achetés tous les trois) que j'irai pieusement ranger sur l'étagère dite "des livres qui disent que je (me souviens)" (j'ai fusionné la liste des "je me souviens" et autres variations avec celle des "je quelque chose" (je pense que, j'aime, je n'aime pas, je sais, j'ai peur de...), mettant ainsi sur le même rayon tous ces livres, en général de petite taille mais d'une grande densité, le plus chéri d'entre eux  étant, bien évidemment, le I remember de Joe Brainard, que Georges Perec a honteusement copié (si, si! tsss).

 

 

11 novembre 2006

le thé aux larmes

Hulul prit la bouilloire dans le buffet.
"Ce soir, dit-il, je vais faire du thé aux larmes." Il posa la bouilloire sur ses genoux. "Là, dit-il, je vais commencer."
Il était assis, bien tranquille. Il se mit à penser à des choses tristes.
"Des chaises aux pieds cassés" dit-il. Ses yeux commencèrent à se mouiller. "Et des chansons qu'on ne peut pas chanter, ajouta-t-il, parce qu'on a complètement oublié les paroles." D'autres larmes encore tombèrent dans la bouilloire.
"Et aussi, dit Hulul, des livres qu'on ne peut plus lire parce que plusieurs pages ont été déchirées."
"Et des pendules arrêtées, continua-t-il, parce que personne n'est là pour les remonter." Hulul pleurait et de grosses larmes tombaient dans la bouilloire.
"Et le matin, disait-il en sanglotant, personne ne comprend pourquoi tout le monde continue à dormir."
"Et, poursuivait-il, la purée de pommes de terres restée sur une assiette parce que personne n'a envie de la manger. Et les crayons trop courts pour écrire."
Hulul pensait encore à beaucoup d'autres choses tristes, et n'arrêtait pas de pleurer.
Bientôt, la bouilloire fut remplie de larmes jusqu'au bord.
", dit Hulul, ça suffit! "
Il s'arrêta de gémir, et mit la boulloire à chauffer sur le poêle pour préparer son thé. Il se sentait heureux en remplissant sa tasse.
"Il a un goût un peu salé, reconnut-il, mais le thé aux larmes est toujours agréable !"

(Arnold Lobel)

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(encore mieux qu'un temps de Toussaint : un temps d'Armistice!)

5 novembre 2006

t-time

T comme tribal
T comme transe
T comme tellurique
T comme testostérone
T comme très très fort...

T comme Tambours du Bronx, vus en concert ici-même (enfin, juste à côté)
Quatorze bidons en demi-cercle pour dix-sept gaillards en noir (ils se relaient!), un clavier en hauteur, au centre, pour les zinzineries ambiantes électroniques, deux "percussionnistes" de part et d'autre, pour donner le rythme, c'est assez pour générer deux heures (ou presque) d'un show qui séduit autant les oreilles que les yeux.
L'objet à priori n'offre pourtant que peu de possibilités sonores (le boum boum quand on frappe sur le bidon et le tchik tchik quand on frappe les "baguettes" -il s'agirait plutôt, d'ailleurs, de rondelles de manches de pioche-) Mais ici c'est l'union qui fait la force. La maestria de ces mastards tient à leur extrême coordination pour canaliser cette folle énergie, à l'ensemble stupéfiant qu'ils ont dans cette chorégraphie primale, ce rituel barbare. Ces mecs cognent sur leurs bidons avec une force communicative, créant ce rythme, cette pulsion, qui vous poussent à sauter sur place, comme possédé, avec le coeur qui tape et les tripes qui vibrent. C'est très... physique. Dès la fin du premier morceau, il y en a deux qui tombent la chemise, et l'apparition des torses nus va rendre encore plus intense ce processus viril. A la fin, ils sont quasiment tous torse-poil (quelques-uns seulement (des frileux ? des timides ?) ont gardé pourtant le haut jusqu'au bout. J'ai d'abord regretté de ne pas avoir pris l'appareil-photo, devant tous ces torses, ces bras, ces poils, ces muscles, ces tatouages, cette sueur, exposés, donnés, offerts. Et puis me suis dit que c'était mieux, que j'aurais perdu quelque chose, à vouloir capturer l'image de ces gaillards plutôt qu'à vivre pleinement l'événement au présent.
Avec les copines, on faisait nos commentaires, comparaisons, chacun(e) précisant ses choix dans cette extraordinaire biodiversité virile. Cent pour cent mâle, comme a dit Isa à leur entrée sur scène. Encore plus impressionnant du fait qu'on était vraiment tout près, (ils se relaient aussi dans le rôle de "chanteur" (éructeur, performer serait plus juste, tant, là encore, la performance est physique et tient plutôt de Roger Daltrey que de Jack Lantier) et qu'on pouvait donc vraiment bien les détailler ; en tendant les bras, on aurait presque pu les toucher.

Une soirée, donc... parfaite : un spectacle extraordinaire, des ami(e)s qu'on aime pour partager ça... Bon il est deux heures du mat (arghhh bientôt trois) je vais aller me coucher, la tête pleine encore du fracas métallique, mais juste se dire encore que ça valait la peine.

(photos from the ouaibe)

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12 novembre 2024

une double séance émotionnante

SUR UN FIL
de Reda Kateb

Bien qu'on en ait vu la bande-annonce (et même, vers la fin, les deux bandes-annonces) au moins douze mille fois, j'ai eu tout de même  envie d'aller le voir (après avoir raté l'avant-première en présence du réalisateur -et de son chien Polo- pour cause de Mademoiselle Rodolphe Burger).
On connaît l'histoire, on sait à quoi s'en tenir (à un fil, justement), mais allez, on y va, on se lance, dès la première séance de la semaine).
On connait aussi le casting, les minois d'Aloïse Sauvage et de Sara Giraudeau, (héroïnes), accompagnées de Philippe Rebot (clown 1) et Jean-Philippe Buzaud (clown 2, mais qui est un "vrai" clown en vrai dans la vraie vie, et que j'ai trouvé vraiment magnifique, justement, simplement, magnifique, oui) et de l'impressionnante Elsa Wolliaston (Tamara). Ah, et  Samir Guesmi, impeccable (comme toujours) en papa du petit Yassine (magnifique).
On est à l'hôpital, la plupart du temps, à regarder à l’œuvre ces fameux clowns, et je dois avouer que ça m'a beaucoup touché, ému, bouleversé... (déjà, quand ils commencent à chantonner Une souris verte à deux puis à trois voix, j'ai écrasé une larmichette...) alors que d'ordinaire, les clowns, ça n'est pas trop mon truc...)
Tous ces gens-là jouent juste, simple, et c'est d'autant plus fort...
Reda Kateb a réalisé un film qui lui ressemble, et ça fait du bien.

 

ANORA
de Sean Baker

Celui-là je n'en avais vu la bande-annonce qu'une seule fois (et en VF en plus!), une semaine plus tôt je n'en connaissais à peu près rien, à part la rumeur Cannoise, la Palme d'or "surprise", et le fait que le réalisateur avait dédié ladite Palme "à tous les travailleurs du sexe, passé, présents, et à venir"...
Donc, avec les yeux encore un peu rouges (à cause de SUR UN FIL que je venais de voir), je me suis installé avec Isa, dans une salle plutôt confortablement remplie (pour une séance en VO en fin d'après-midi).
Ça démarre fort, il est en effet question de travailleuses du sexe, et d'une parmi elles plus précisément, Anora, qui préfère qu'on l'appelle Ani, et que le première demi-heure va nous présenter, sous toutes les coutures, -on commence par un gros plan de ses fesses, si je me souviens bien- dans l'exercice de son taf, qui est, avant-tout, extrêmement répétitif (et pas forcément très lucratif). Elle rencontre un jeune russe, chien fou, des biffetons à la pelle, qui ne pense qu'à faire la fête (et en a visiblement les moyens) qui s'amourache d'elle, la loue un soir, puis un autre, puis carrément une semaine, jusqu'à finir par sur un coup de tête l'emmener à Las Vegas pour l'y épouser...
Pendant toute cette introduction, je ronchonnais dans ma tête, et je soupirais... J'ai trouvé tout ça complaisant, excessif, pénible, me demandant comment on avait bien pu palmer d'or ce film, et j'étais quasiment prêt à quitter la salle, ("Pas la peine de soupirer et de ronchonner davantage devant "ça"...", pensais-je) QUAND SOUDAIN
sans prévenir, c'est comme si un autre film commençait, avec l'arrivée des trois "hommes de main" envoyés pour annuler ce mariage, dans la scène dite "dans la maison", scène qui va durer presque une demi-heure, et nous véhicule dans un film soudain divin, un film qui devient comme "un escalier pour monter dans le bleu du ciel" (avec des marches taillées dans les nuages, hi hi), où chaque scène se situe un peu plus haut (= encore mieux) que la précédente, nous surprend, nous transporte, (nous transbahute) et génère un authentique (et durable) bonheur de cinéma (comme si le réalisateur nous avait branché une perfusion "spectateur ravi"...
A partir du moment où le godelureau russki disparaît, en fait, et que tout le monde se lance à sa recherche... Et que la démonstration de cinéma nous éclate à la figure comme un vrai feu d'artifice (et qu'on se dise alors que, oui, cette palme, elle était absolument -et parfaitement-  justifiée...)
Une scène finale MAGNIFIQUE (en ce moment je suis très sensible aux belles scènes finales) pour nous lâcher la main plus ou moins en douceur -confirmer ce que j'avais imaginé et que j'attendais depuis un moment- (et débrancher notre perfusion de spectateur heureux) avant de nous laisser définitivement devant le générique de fin (avec juste un bruit d'essuie-glaces...)

 

12 août 2007

micro33

On se remet bien en question. Pourquoi ne se remet-on jamais en réponse ?

*

Pendant une semaine j'ai fait le con, maintenant je peux passer au structif.

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Cinéma :
C'est assez gênant qu'après doublage Gandhi ait la même voix que l'âne de Shrek.

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"Vous êtes priés de ne pas secouer le portail en cas d'oubli du code."

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un bonbon chinois : comme manger de la laine de de verre sucrée, avec au milieu l'étincelle d'une paillette de piment.

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Escalier roulant neurasthénique.

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Des chapelles funéraires aux portes mystérieusement entrebaillées.

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"Mon canapé est comestible." (mal lu)

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to (un)pack my stuff

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"Ce fut comme de demander à un fan de foot de réciter un poème de Rilke."

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Devenir extrêmement attentif au bruit des marteaux-piqueurs et autres pelleteuses.

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L'homme doit apprendre à muscler son périnée.

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"Un rêve est un cadeau bien au-dessus de tout désir"

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J'y vois plus clair quand je sombre.

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("Casino", Annette Messager)

9 janvier 2010

soda

LA FILLE LA PLUS HEUREUSE DU MONDE
de Radu Jude

Les Roumains ont eu un passé (douloureux) mais ils ont aussi un présent, avec lequel aussi il faut bien composer. Après les années Ceaucescu, voici la rencontre avec la société de consommation : la publicité, le cinéma, les belles bagnoles, les boissons glamour, le rêve, les paillettes. sauf que. Sauf que. La publicité en question est faite pour une marque de boisson "aux fruits" qui a fait gagner une L*gan break à une demoiselle de la roumaine campagne, venue donc tout exprès à Bucarest pour retirer son lot et (on n'a rien sans rien) tourner dans une pub pour le jus de fruit en question.
Oui, la pauvre Delia est venue en voiture avec ses parents jusqu'à la capitale, et la voilà confrontée à l'équipe du film de plus en plus agitée, aux sponsors de plus en plus tâtillons et exigeants, à ses propres parents de plus en plus manipulateurs et avides... tout ça pour une malheureuse L*gan. En valait-ce vraiment la peine ?
Radu Jude nous la joue vraiment cinéma roumain à fond : De longs plans fixes, scènes de ménage(s) plus ou moins virulentes entre deux personnages (en général, Delia et un de ses parents, voire les deux), entrecoupées par le film dans le filmréalisme réaliste à fond : son direct, omniprésent urbain à la Mendoza (avec les coupures dans la bande-son produites par le montage), passants spectateurs, dialogues virils, machinos torse poil passant dans le champ en très gros plan et flous, bref tout y est... et on (je) aime ça...
Il nous a bien indiqué ses intentions dès le générique, additionnant à ces bruits industrio-urbains une chanson des Pet Shop boys, Rent ("Je t'aime, tu payes mon loyer..." susurre le refrain...), à l'ironie aussi vacharde que son film, et tient donc ses promesses. Tout ça est plus noir que rose, plus amer que souriant, et  plus cynique qu'attendri, sous des airs de ne pas y toucher.
En tout cas, ça fait mouche.
(répétition de scènes jusqu'à l'absurde) en poussant le bouton

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10 octobre 2005

conserver

On devrait pouvoir conserver sous vide, dans des sacs hermétiquement scellés, ou plus durablement encore, dans des sacs congélation, ces moments de bonheur de joie de plénitude d'allégresse de satisfaction de contentement (qu'ils aient ou non une raison, qu'ils soient ou non, comme ce texte, justifiés) pour pouvoir les retrouver intacts, plus tard, quand on voudrait, ou quand on en aurait besoin...

Par exemple, en vrac, ces derniers jours :
- cette petite virée à St Louis
- Claude W. qui est venue jusque là pour nous voir jouer
- le journaliste des DNA qui nous dit des choses gentilles
- le film Paradise now
- Kais Nashet, un des deux personnages principaux de Paradise now (...)
- Le grand gaillard qui insiste pour m'offrir un café, aux bozarts, alors que j'en ai déjà bu 53
- l'autre petit (!!!) qui me fait un sourire chaque fois qu'on se croise
- l'envoi du lieux communs 81
- un petit café à Coulevon samedi matin
- un encouragement  fleurdebachien d'élisabeth
- la brume dans les champs, hiers soir en rentrant, et ce matin en repartant...

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8 septembre 2005

sinistre ?

D'aucune(s) trouvèrent le panneau stop sur la photo de mon dernier message "sinistre" et me le firent d'ailleurs savoir (merci à elle)...
Réflexion faite, je confirme : je ne le trouve pas sinistre du tout, ce panneau. Pas joyeux, non, je ne peux pas dire (qui donc d'ailleurs se soucierait des états d'âme éventuels d'un panneau de signalisation ?) En photographie, hormis les manuels* (sujet déja que quelques fois ici j'effleurai...) j'ai une prédilection pour ce que je nomme les "natures mortes, mais mortes!" Des choses plus ou moins vieilles cassées, abîmées, laissées à l'abandon, oubliées... ce genre de choses qu'on trouve sur les accotements* , dans  les caves, les vide-greniers, voire dans les friches industrielles. Oui j'éprouve une grande tendresse pour tous ces laissés-pour-compte. M'intéresse la trace de l'humain, son résultat. Je ne photographie pas, en général, les objets neufs, ils ne présentent pour moi pas grand intérêt.
Par contre, tous les vieux machins, journaux déchirés, panneaux éraflés, paquets de cigarettes écrabouillés, affiches lacérées, murs taggés (gués?), bagnoles embouties, fenêtres borgnes, jouets hors d'usage, vêtements jetés ou perdus, toutes ces choses  me fascinent, et ce depuis longtemps. (Dès que j'aurai un scanner à diapos digne de ce nom, je pourrai remettre en circulation une série d'images prises il ya ...euh... longtemps, intitulée "hors-service"...)
Comme si l'usage de l'objet n'avait qu'une issue : sa mise au rebut.
Photographier ces "fins de course" n'est-ce pas (discours de café du commerce ?) leur offrir un peu d'éternité ?

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13 octobre 2009

piolet

THE DESCENT (PART 2)
de Jon Harris

Plaisir coupable des soirées de mi-octobre... avec mon ami Pépin on va se voir, comme ça, ensemble, un film d'horreur par an ; l'an dernier c'était The Descent, il était donc logique que cette année ce soit The descent 2 (ce qu'on appelle une piqûre de rappel huhuhu). Vendredi soir c'était donc l'avant-première dans le bôô cinéma (à vrai dire, ils repassaient le premier à 20h, mais bon comme on l'avait déjà vu, on a préféré entrer  directement dans le vif du sujet à 22h30).

Première surprise (de ma part) : pour voir ce genre de film, un soir de mi octobre il y a devant le cinéma -il  fait quand même frisquet- des mecs en marcel -on n'est pas des gonzesses- en train de fumer avec les biceps à l'air et les dessous de bras ventilés (mais ne nous laissons pas distraire par ces   testostéronales apparitions).
Deuxième surprise, en rentrant dans la salle : oh lala il doit y avoir là bien quasiment trois cent personnes, entre quinze et vingt, on est les deux seuls vieux! (pour mémoire, lors de l'avant-première du 1, on était dans un petite salle et on devait être 30 à tout casser...) Non, toutes les têtes ne se tournent pas vers nous avec une parfaite synchronisation et les yeux rouges qui s'allument à l'instant où nous entrons, mais bon, mon dieu pourvu qu'ils ne nous attaquent pas!
Troisième surprise : il y a des bandes-annonces! un plein quart d'heure quasiment. Des bourrinades, certes (nous dirons juste qu'elles sont ciblées) mais des bandes-annonces tout de même! d'habitude pour "nos" films art et essai (habituels), nous avons droit juste à la pub et des fois même rien du tout (surtout quand le film ne dure qu'1h11...)
Quatrième surprise : le son est abominablement fort! (et comme les bandes-annonces bourrinent, ça y va  velu questions explosions et flinguages et musique qui tonitrue) On est obligé de se boucher les oreilles avec nos petits doigts pour supporter le niveau... Les djeunz ne doivent pas avoir les mêmes tympans que nous, ça a l'air de les laisser parfaitement insensibles Pépin, inquiet, se renseigne auprès de la voisine qui le rassure, non non pour le film le son n'est pas aussi fort... (Ouf...)
Et finalement les lumières s'éteignent, dans les bruissements de popcorn qu'on mâchouille de soda qu'on sirote à la paille et de conversations quasiment à voix haute que certains continuent, comme s'ils étaient dans leur salon.

(bon désolé pour les quelques pékins égarés jusqu'ici qui souhaitaient que je leur parlasse du film, cette introduction est je l'avoue assez longue, je me suis un peu laissé emporter...et je remets donc le titre là :)

THE DESCENT (PART 2)
de Jon Harris

On reprend donc les choses exactement où The descent les avaient laissées. On prend les mêmes ... (non, pas tout à fait, le réalisateur est parti, et c'est le monteur qui continue la descente... funny, isnt'it?) Une demoiselle couverte de sang surgit à l'improviste à la fenêtre du pick-up d'un redneck arrêté au milieu de la route en plein bois pour laisser un chevreuil (oui, comme dans Un prophète). C'est la seule rescapée de The descent (pour mémoire, ou pour ceux qui ne l'auraient pas vu, toutes ses copines ont été zigouillées dans la grotte par des espèces de créatures aveugles mais très affamées). Tandis que les secouristes s'affairent pour essayer de les retrouver, voilà-t-y pas qu'un bêta de shérif (la suite ne fera que le confirmer) décide de la faire redescendre dans ladite grotte pour lui faire retrouver la mémoire (elle est en état de choc), en compagnie de son adjointe (au shérif) et d'une équipe de trois secouristes, qui décident de rentrer à nouveau dans cette maudite grotte mais, cette fois, par le côté où la jeunette est ressortie...
Et nous revoilà embarqués dans les ténèbres des profondeurs en compagnie de ces six victimes potentielles...Et  c'est reparti comme en 40, le noir, les machins qui passent en frôlant dans l'obscurité, les bruits plus ou moins inquiétants (la bande-son est très efficacement travaillée), les passages trop étroits, les pierres qui roulent, les rochers qui s'éboulent, et surtout, surtout, les machins qui surgissent -toujours du côté où on ne les attend pas- en faisant bouh! toutes dents et bave dehors (ils sont affamés, les pôvres), et qui vont commencer à -c'est un peu pour ça qu'on est là tout de même- décimer jet boulotter oyeusement et successivement tout cette bande de sauveteurs (qui vont très vite déchanter.) (Mais qui a-t-on prévu pour sauveter les sauveteurs, hein?)
Rien de bien nouveau par rapport au premier, donc, mais, comment dire, c'est toujours aussi efficace! Les filles assurent (c'est vraiment elles qui sont mises à l'honneur, les gars (j'avais écrit les gras ) je l'ai déjà dit sont assez benêts, et font plutôt office de faux-bourdons), oui, elles y vont à fond nos petites reines, et la boue, le sang, la sueur, tout ça les rend encore plus délicieusement guerrières et mutines... Un peu plus gore peut-être, on a droit à quelques effets spéciaux en gros plan dont on aurait pu se passer, mais, indéniablement le contrat est rempli, jusqu'au dénouement, brutal comme un coup de pelle en pleine figure, qui laisse supposer que tout ça est peut-être to be continued...

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25 octobre 2024

parlons d'amours 3

Quel bonheur, quel plaisir, quelle fierté!
Un Festival LGBTQI+ ici, dans le bôô cinéma, à Vesoul!
(La 3ème édition, déjà, dédiée à cette très chère Elisabeth Ducos "sans qui ce Festival n'existerait pas" comme il était précisé à la fin de la bande-annonce, et qui nous manque toujours terriblement -mais qui doit être super contente, assise sur le rebord de son nuage, en voyant que son "bébé" se porte bien...-)
Quatorze films, dont cinq avant-premières, du 10 au 15 octobre, une programmation construite par Gérard Marion, ami d'Elisabeth, et déjà présent sur les deux premières éditions, et qui est d'ailleurs venu nous en présenter plusieurs...

jeudi 10

MISÉRICORDE
d'Alain Guiraudie
(en avant-première)
Celui-là, forcément, on l'attendait, un peu plus que les autres... Non seulement une avant-première, pour "ouvrir le bal", mais avec en plus la présence d'un des acteurs du film, Jacques Develay, qui y incarne le curé, personnage important s'il en est, crucial je dirais même, dans le roman Rabalaïre, du réalisateur, dont le  film adapte -encore- une partie (30 % ? il reste encore de la matière...) C'est le début du roman (le "héros" revient au village pour l'enterrement de son ex-patron) et, comme d'habitude chez Guiraudie, il y a des mecs, de tous âges, des corps de tous les formats, et une perpétuelle circulation de désir à laquelle le réalisateur nous a habitués... La dernière partie du bouquin (et la plus folle ?) n'est pas abordée...

vendredi 11

TROIS KILOMÈTRES AVANT LA FIN DU MONDE
de Emanuel Parvu
(en avant-première)

Un film roumain qu'on avait, de toute façon, prévu de programmer (et donc qu'on programmera bientôt). Dans un endroit paradisiaque (et filmé paradisiaquement), tout au bout d'une presqu'île aux pimpantes couleurs, un jeune homme s'est fait tabasser par deux jeunes bourrins locaux "parce qu'il était pédé" (ils l'ont vu embrasser la main d'un autre garçon...) Émoi des parents quand ils voient comment on l'a amoché. Le père montre son fils aux médecins,  va voir le chef local de la police, qui va voir un "homme de pouvoir" (ce sont ses fils, les deux jeunes bourrins), on envoie sur place une enquêtrice sociale... bref voilà tout le monde ou presque en ébullition (on a droit même à une séance d'exorcisme!) au détriment de ce pauvre Adi, qui est quand même, au départ, la victime. Chacun des protagonistes défend son bout de gras (son intérêt) et justifie par là-même les "bonnes raisons" de son homophobie. Filmé avec beaucoup de soin (et de jolie lumière, même si très noir) très grinçant, très... roumain, quoi!

samedi 12

MOI, MA MÈRE ET LES AUTRES
de Iair Said
(en avant-première, sortie prévue le 02.04.25)

Un film argentin (je ne sais pas pourquoi, je l'avais étiqueté brésilien), un film ACID, qui plus est "accompagné" (qui devait l'être, mais, à cause de la tempête qui provoqua des inondations, et donc supprima des trains, ne put l'être...) autour d'un personnage pas forcément très aimable qui a étrangement résonné pour moi (ce gros mec en recherche affective capable de sauter sur le premier venu). Le film s'appelle aussi, d'abord, LA PLUPART DES GENS MEURENT LE DIMANCHE, d'où la difficulté pour le référencer... Grinçant, acide, un film très... ACID qui aurait effectivement bénéficié d'être accompagné!

dimanche 13

VIET AND NAM
de Minh Quý Trương

Un film vietnamien, où deux mineurs s'aiment (des mineurs majeurs, je précise...). G. Marion, a l'issue de sa présentation, l'a qualifié de "perché", pour nous préparer à la perplexité dans laquelle nous plongerait peut-être la projection. Un incontestable -et doué_ cousin d'Apichatpong Weerasethakul (le titre au bout d'une heure de film, les plans-séquences, la nature, les fantômes...) Et une fin inattendue (où il est -tristement- question de pastèques). A revoir très bientôt dans le bôô cinéma.


BABY
de Marcelo Caetano
(en avant-première, sortie prévue en mars 2025)

Celui-ci était vraiment brésilien. Un jeunot qui sort de prison est pris en main par un escort plus âgé, rencontré dans un cinéma porno, et devient escort à son tour, mais ça ne va pas, jusqu'à ce qu'il rencontre un daddy sympa et friqué qui l'héberge chez lui, mais ça ne va pas non plus... Le monde de la nuit, des travestis, de la came,  de la violence, et des rapports conflictuels, filmé à Sao Paulo (ce qui n'est pas si fréquent nous a appris G. Marion) centré sur un jeune homme joli certes mais qui mériterait des gifles  (toujours insatisfait) et qu'on pourrait qualifier d'"ingrat" (comme dans la chanson de Souchon : "jamais content")

 

ARISTOTE ET DANTE DÉCOUVRENT LES SECRETS DE L'UNIVERS
de Aitch Alberto
(en avant-première ; sortie hélas non encore prévue à ce jour!)

Un film avec un distributeur mais pas de date de sortie, et une incontestable surprise. Après la semi-déception du précédent, un éblouissement, en tout cas un gros bonheur de cinéma. Une histoire entre deux ados mexicains qui deviennent amis au premier coup d’œil, mais bon, de l'amitié à l'amour hein il n'y a qu'un pas... Deux familles -mexicaines- très différentes (j'ai même reconnu, dans l'une des mamans, cette chère Eva Longoria, de Desperate housewives!), et donc deux gamins très différents, différemment éduqués,  qu'on prend énormément de plaisir à voir grandir. Et se rapprocher sur leurs petites pattes d'oiseaux. Délicieux à tous points de vue (et comme dit Gérard M. à la fin "Celui-là il fait pleurer, hein!". Mais "à bon escient") A reprogrammer dès que c'est possible!)

lundi 14

DANS LA MÊLÉE
de Matt Carter II

Une (relative) déception. Love story entre deux rugbymen, (qui ont pourtant déjà chacun un copain) et jouent dans la même équipe (ou presque, c'est un peu embrouillé), a priori ça promettait d'être affriolant. Que nenni. Les tourtereaux sont mimis mais bon le film est très long, trop long (2h14) et trop répétitif : sur le terrain, au lit, dans les vestiaires, au pub, et on recommence... Une bluette, délicieusement mal rasée et -hélas- excessivement pudique (ce que ne sont pas, en principe, les rugbymen). Et longuette. Avec 45mn de moins, on aurait tout autant apprécié...

LES ROSEAUX SAUVAGES
d'André Téchiné

Celui-là je ne m'en lasse pas, que voulez-vous, plus je le revois et plus je l'aime. Le trio de tête (Élodie Bouchez, Gaël Morel, Stéphane Rideau) et toujours aussi parfait (auquel il ne faut pas oublier d'adjoindre l'excellentissime Frédéric Gorny, même s'il a depuis un peu disparu des radars). L'adolescence, les premiers émois, la maladresse, l'internat, la Guerre d'Algérie, le Parti Communiste... Et le plaisir de voir les très chèr(e)s Michelle Moretti, Jacques Nolot... Une merveille.

mardi 15

UN JOUR FILLE
de Jean-Claude Monod

Un film historique sorti au printemps 2024 et passé -de nous- complètement inaperçu. Le procès d'une jeune fille née hermaphrodite, conseillé(e) par son confesseur de prendre une identité masculine à cause de son goût pour les femmes, est accusée de tromperie par un autre curé. Et donc, procès. (On y croise Isild le Besco, François Berléand, Thomas Sciméca, Thibaut de Montalembert, autour de la jeune Marie Toscan, qui incarne Anne/Jean-Baptiste, et qui, par une coïncidence extraordinaire était à Vesoul en même temps, où elle jouait dans une pièce avec Marie-Christine Barrault, sa grand-mère dans la vraie vie!).

Et voilà, ensuite c'est fini pour moi Parlons d'amours n°3! Je n'irai pas à la soirée de clôture (après PRIDE en VF...) et je ne goûterai pas les macarons de Thomas, tant pis pour moi!
 

 

16 mai 2010

groumph

Comme le temps...

Pourtant un looong week-end de quat'jours (bon, pour lequel, tout de même on a dû en travailler trois complets d'affilée... Ca nous donne une idée de ce que ça sera, bientôt, de se lever cinq matins d'affilée, au lieu de 2+2... mais non j'extrapole, sans doute, hein, bien sûr!)
Quatre jours que j'ai un peu le sentiment d'avoir perdus, gaspillés. Avec ce gros jour férié tout mou au milieu (j'aime pas les jours fériés).
Quatre jours à me traîner, à me vautrer, à me sentir, sans vraiment de raison triste, tristoune, tristasse (retour de la veine saumâtre)
parce que les choses ne vont pas comme on voudrait (mais sait-on vraiment comment on voudrait qu'elles aillent ?)
parce qu'obligé de faire des choses qu'on aurait pas forcément eu envie de faire
parce que pas vraiment réussi à faire celles qu'on devait faire
Parce que des nouvelles un peu tristes par ci par là, dans les blogs et dans la vraie vie
Et pourtant quelques bonnes aussi mais bon on préfère tout voir en noir, en grisâtre tout du moins...
Oui, comme le temps
"ça passera..."

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9 juin 2023

moteur de bateau

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BEAU IS AFRAID
d'Ari Aster

J'y suis retourné pour le voir en entier (la première fois je suis sorti tellement je toussais, puisquand j'ai fini par revenir dans la salle j'ai quand même pas mal roupillé). Mission accomplie, et mêmes sentiments que la première fois. Confirmations. La première heure (dans l'appartement de Beau, jusqu'à l'accident) est tout à fait enthousiasmante, la deuxième (après l'accident) l'est un peu moins, la suivante (le théâtre dans la forêt) l'est encore un peu moins, l'avant-dernière (dans la maison de la mère de Beau) l'est encore encore moins, avant -heureusement- le final qui me réconcilie avec le film...
ps : la bande-annonce () est assez réussie, mais ne vend pas tout à fait le même film...

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20 octobre 2022

de la lune de miel ?

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TOURISTES
de Ben Wheatley

Allez, je n'ai pas eu le courage de sortir pour voir L'INNOCENT (bah il passe tous les jours à toutes les séances...), du coup je me suis offert un plaisir coupable via MUBI... (de la section BLOODY HELL : LES FILMS DE BEN WHEATLEY). Je connaissais dejà de lui A FIELD IN ENGLAND et KILL LIST, qui m'avaient tous les deux passablement secoué, et je me suis donc lancé prudemment dans celui-ci...
C'est très très très british... et très très noir aussi (mais en version english humour). Soit une dame -so british- qui annonce à sa mère (qui lui en veut parce qu'elle a -même si involontairement- tué son chien) qu'elle va partir en randonnée touristique en caravane dans celle de son nouveau copain, so british aussi, un barbu rouquin à qui la maman, un peu caractérielle quand même, va annoncer tout de go, juste avant le départ, qu'elle ne peut pas l'encadrer.
Et voici Chris et Tina partis le long de leur itinéraire touristique (soooo british aussi) dans leur caravane, avec, assez vite, un petit chien blanc qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celui, défunt, de la mère de Tina. Comme le dit assez drôlement l'affiche fançaise ("Mortels randonneurs"), il va s'avérer que les cadavres fleurissent autant que les attractions touristiques au fil du périple de nos héros. Ca dégomme, ça écrabouille, ça défenestre, ça fracasse le crâne, au fil des états d'âme (conjugaux) de nos bloody tourtereaux... L'un s''y est mis d'abord (par accident ? vraiment ? on n'y croit pas tout à fait...), puis l'autre décide de l'imiter, ce qui va créer des tensions sur le modus operandi. mais bon, ça occit de préférence de façon contondante et /ou avec beaucoup de sang.
Et ma foi tout ça se regarde il faut bien le dire avec un certain plaisir... English humour, c'est comme le belge, je suis toujours preneur...

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24 mars 2022

crûment

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PETITE NATURE
de Samuel Theis

Sous les augures doublement positives de Dominique puis d'Emma, j'y suis donc allé (pris le bus spécialement pour ça, arrivée 14h45, séance à 15h15, et re-départ 17h10). Samuel Theis on l'avait découvert en 2014 en tant que co-réalisateur de Party Girl (Caméra d'Or à Cannes) qui ne m'avait que moyennement enthousiasmé -le film, voir ici- , mais dont le réalisateur m'avait par contre sidéré...
Nous voici donc (on ne se refait pas...) sur le même terreau familial, malcommode, autobio, dans lequel a grandi le jeune Johnny, dix ans, visage d'ange, longs cheveux blonds -la première fois que j'ai vu la bande-annonce, j'ai cru qu'il s'agissait d'une fille- mais pas sa langue dans sa poche, comme on dit, qu'on saisit, au début du film lors d'un nième déménagement (sa mère semble coutumière du fait), en compagnie de son grand-frère Dylan et de sa petite soeur, tous les bras chargés de sacs, cartons, et baluchons, vers un nouvel appart' hlm (et un nouveau mec pour maman)...
Johnny a dix ans mais doit, par la force des choses, parfois se comporter en adulte (il s'occupe beaucoup de sa soeurette, pour cause de mère défaillante et/ou bourrée), et on le découvre dans sa nouvelle classe, où vient d'arriver un nouvel instit', Monsieur Adamski (joué par l'intense Antoine Reinartz) avec lequel va se nouer une relation particulière.
Je venais de voir Ali et Ava, que j'avais vraiment beaucoup aimé, et voilà que je retrouve, toutes proportions marquées, pas mal de ressemblances, notamment -surtout- dans la structure duelle du film : une chronique sociale (familiale) "réaliste" doublée d'une histoire d'amour (de désir, plutôt).

"C’est tout ce que Petite Nature refuse: il décrit l’effraction du désir, ses conditions précises d’apparition, les sensations et les impasses qu’elle provoque, esquisse le cinéma qui pourrait l’incarner (penchant plutôt De Palma que Dardenne ou Dolan) et s’arrête, laissant la vie continuer quelque part sans chercher à la résoudre. Film "fragile", comme dit le jargon de la profession, qui porte cette belle fragilité, dès son titre, en étendard, et prend très bien lui-même sa propre défense, avant de prendre la tangente." (Libération)

Un film fort, dérangeant (un thème rarement abordé au cinéma, le désir d'un enfant pour un adulte, aimant (pour chacun de ses personnages et des acteurs.trices qui les interprètent). Adamski est pour le jeune Johnny le levier (inconscient ou pas) qui va lui permettre d'envisager de changer de vie (ce qui est déjà énorme, incommensurable). J'ai pensé à La merditude des choses, et aussi à Eddy Bellegueule, films qui se disputent le même contexte de familles "atypiques" au sein desquelles un enfant grandit plus ou moins "différemment".

Un film très impressionnant, grâce à (j'allais écrire "surtout", mais c'est vrai qu'il étincelle tout au long) Aliocha Reinert que j'ai vraiment trouvé extraordinaire dans la justesse perpétuelle de son jeu (les critiques ont tous vanté ses mérites et ils ont bien raison...). Petite nature, peut-être, mais incroyable force d'un jeune homme qui mériterait incontestablement qu'on le revoie très vite...

, une belle interview de Samuel Theis, à propos du film. (Et , encore une autre)

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7 décembre 2021

séance double : spécial filles

Après toute la testostéronitude de la danse de NÄSS vu la veille, il fallait bien, pour rétablir l'équilibre, voir au moins deux films "avec des filles dedans", et il en fut donc ainsi  : j'ai vu coup sur coup JULIE (EN  12 CHAPITRES) avec Catherine, puis LA JEUNE FILLE ET L'ARAIGNEE avec Emma. Après-midi girly, quoi...

JULIE (EN  12 CHAPITRES)
de Joachim Trier

Après OSLO, 31 AOÛT et BACK HOME (ex LOUDER THAN BOMBS), c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé Joachim Trier (et Anders Danielsen Lie, et, accessoirement aussi, Oslo). Et aussi de Julie. C'est donc l'histoire de Julie (pas "qui avait une ombre de garçon" comme dans un vieil album jeunesse dont je me suis soudain souvenu), une demoiselle de presque 30 ans, qui a du mal a faire des choix, tant da sa vie professionnelle que  sentimentale. La demoiselle (joliment interprétée par Renate  Reinsver, qui y gagna le Prix d'interpétation féminine à Cannes 21), est souvent dans l'entre-deux : médecine ou psycho pour ses études ? Aksel ou Einsvar comme homme de sa vie ? Oui, elle hésite, elle a du mal à faire des choix, à trancher, et Joachim Trier (et son co-scénariste de toujours Eskil Vogt) ont ainsi constrruit 12 chapitres (comme l'indique le titre français (l'original étant plus direct : Verdens verste menneske -le pire être humain au monde- !) plus un prologue et un épilogue (ce qui nous fait 14...) des éclats, des nuances, (James Joyce aurait pu dire des épiphanies), parfois de simples moments de vie, parfois des embrasements.  Pour Julie c'est l'indécision qui fait la vie (et aussi le hasard, ou la force des choses). Ou bien ou bien. Mais le problème, quand on fait un choix, c'est qu'on privilégie, du coup, une seule hypothèse, un seul itinéraire, et, du coup, forcément, on en perd une autre (ça ne vous est jmais arrivé de vous demander "Et si à ce moment précis, j'avais fait ce hoix-là au lieu de celui-ci ? Que serait devenue ma vie ?", non ?). Dans le chapitre 5 (une question de timing, si ma mémoire est bonne), mon préféré, Joachim Trier illustre comment pourrait se vivre -idéalement- cette dualité, cette bipolarité romantique, et c'est magnifique (même si illusoire).
Un film très riche, très dense, (comme un plat -pourquoi avais-je spontanément écrit dessert ?- très élaboré, avec beaucoup d'ingrédients, d'épices, de saveurs) qui aborde beaucoup de thèmes (l'amour ; pourquoi on aime ? pourquoi on n'aime plus ?, la maternité -et la paternité-, la famille -le parents et les enfants-, la fidélité -"et ça, c'est tromper ?"-, le travail -son intérêt et la place qu'il prend dans la vie (et la vie de l'autre!)-, le sens de la fête, la maladie), pose beaucoup de questions, sans apporter forcément de réponses (mais ce n'était pas forcément ce qu'on lui demandait.
Julie est superbe, ses copains ne le sont pas moins (finalement, quand j'y repense, c'est la version norvégienne du Journal de Bridget Jones, non ?) et c'est très bien, mine de rien, de nous remettre, mine de rien, nous spectateurs, face à nos propres choix de vie...
"Et si j'avais...?"

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LA JEUNE FILLE ET L'ARAIGNÉE
de Ramon & Silvan Zürcher

J'avais découvert, un peu par hasard, ce film (le post que j'avais écrit il y a quelques semaines est ) sorti de nulle part, grâce à la gentillesse de son distributeur (qui nous avait fourni gracieusement le lien de visionnage et son code archi-secret, en en faisant du coup le plus précieux des sésames, et nous donnant un instant l'illusion -délicieuse- d'être privilégiés), portrait d'une jeune fille avec un bouton de fièvre, une jeune fille un peu énigmatique, toujours ou presque immobile au centre de l'écran, tandis que s'agite(nt) autour d'elle toute une kyrielle de personnages (dont beaucoup sont féminins, c'est bien on reste dans la thématique de l'après-midi) dans un film -"de filles"- de pure mise en scène, millimétré (qui a tellement plu aux Cahiaîs qu'il figure dans leurs top 10 de l'année). Dé(sem)ménagement. Il n'y a pas que les meubles qu'on transbahute, il y a aussi les affects, et, pas plus que les meubles ne sont capables de parler (sauf, parfois, en montrant de ci de là une blessure éloquente), les sentiments ne sont forcément capable d'être précisément dits (ou montrés). Un autre film dense, mais pas exactement à la manière de Julie vu juste avant (nous sommes à présent en Switzerland). Un certain nombre de demoiselles (et de dames aussi), un certain nombre de messieurs aussi (et de damoiseaux, pour respecter la parité) et donc une multiplication des liens affectifs possibles (comme un schéma saggital) encore augmentée (la multiplication) par le fait que le film ne serait pas strictement hétéronormé (mais juste pour les dames semble-t-il, même si on a le plaisir d'y voir une des plus charmantes -attendrissante- QV de l'année, vive le cinéma suisse!). Qui aime qui ? (qui a aimé qui ?) Qui couche avec qui ? Non seulement très mis en scène, mais aussi très dialogué, avec un certain humour (suisse ?) qui confine souvent à une certaine cruauté (scène dite "de la mouche" : "Et maintenant il n'y a plus personne qui t'aime..."). Avec, en prime (et en guise de fil rouge) l'histoire d'une locataire chimérique, ayant abandonné dans l'appartement son piano pour partir faire le ménage sur des bateaux de croisière... ("Voyage voyage éternellement..." entendra-t-on ainsi en deux versions de la ritournelle synthétique emblématique des années 80...)
Un film tout en éclats, lui-aussi. Et qui pratique avec bonheur et justesse la maxime de mon ami Philou : "Ce qui est intéressant, c'est ce qui n'est pas intéressant..."
Des détails...

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2 novembre 2024

31 jours, 31 photos (octobre)

1

pile-poil

2

buée

3

elle est pas belle, la vie ?

4

machin

5

F.A.L 1 (avec les Soria)

6

dans le hall du cinéma (en hommage à C. Baechtold on va dire)

7

Parlons d'Amours 1

8

comme la rose de La Belle et la Bête

9

entraînement escalade au Sabot (75?)

10

à la place du banc de l'E.N

11

avant "Dans la solitude des champs de coton"

12

téléphone 1

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téléphones 2

14

au Bouillon à midi 1

15

au Bouillon à midi 2

16

au même moment, en face

17

dans le 201, occupés, comme il se doit

18

au "Pôle Multimodal"

19

Parking du cinéma

20

sous l'eau, à la télé

21

marquage au sol (mais pas que)

22

il était dur à écaler, cet oeuf mollet...

23

au 12...

24

téléréalité (je ne sais plus laquelle)

25

rue St Georges

26

"soirée d'ouverture de saison"

27

chercheurs d'opales

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il attend devant la porte

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Ugo en plein effort...

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F.A.L 2

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"les feuilles jonchent"

 

22 mars 2020

CCCC6

le mot du jour, tiens , "hygiène" : physique (se laver) mentale (positiver, être zen -faire de la relaxation ?-) sociale (entretenir du lien : téléphone, sms, mails) et voilà que s'y rajoute (téléramuche ou les zinrocks)  l'hygiène numérique (seposer des limites)

*

paradoxalement, je me rends compte que, finalement je lis (très) peu, je vois (très) peu de films... justement, je suis un peu beaucoup collé à mon écran d'ordi, mais c'est "pour la bonne cause" (ma bonne cause, en tout cas)

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(vu sur mubi)
FUITE de Jules Cruveiller (20')
(et trouvé ça vraiment très bien)

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Deux mecs assis sur un tronc d'arbre, le premier attaque "je pense que l'époque nous submerge, le monde est devenu trop compliqué..." , le second renchérit, et ils décident de quitter la ville et de disparaître dans le maquis... (le deuxième énumère alors la liste de tout ce dont ils auront besoin, ça m'a beaucoup lu...) Les voilà au milieu de nulle part, dans le maquis corse donc, on suit leur quotidien jusqu'au jour où l'un des deux disparaît... l'autre le cherche, mais (où il est, c'est montré dans le dernier plan, que j'ai trouvé magnifiquement surprenant...). Le film a obtenu le Grand Prix au Festival Côté Cort et le prix André S.Labarthe

*

hier soir nouvelle expérience multi-média (il faut savoir s'étonner -soi-même-, je le redis) : au salon, dans mon dos, la télé était allumée sur Koh-Lanta (pourtant cette année je n'y crois plus du tout, tellement toutes ces péripéties sont surscénarisées, trop de surprise tue la surprise, j'attend juste que le fourbe Ahmad soit éliminé c'est tout le reste je m'en fiche...) donc ça me braillait un peu par derrière, tandis qu'assis à mon ordi (dans la pièce du fond qui est donc mi-chambre mi-bureau) je re-regardais le one-man-show de Kyan Khojandi, Pulsions, dispo en libre-accès et en intégralité sur youtube (ici) -c'est Téléramuche, je crois, qui m'y a re-fait penser, à moins que les Zinrocks ?- ,  spectacle que je trouve toujours aussi drôle, touchant, tendre, juste, et bien fichu. Ce mec-là (le "mec de Bref") c'est une vraie perle, et son spectacle fait du bien.

*

en italie on dit isolamento c'est plus joli que confinement

*

on ne dit plus  quarante cinq jours, on dit quarante cinq jours au minimum (sur mon calendrier hebdomadaire j'ai même compté, ne soyons pas chiches, dix semaines, pour faire comme en Chine, comme le disait un spécialiste -c'est fou ce qu'on croise comme spécialistes de tous poils- ce matin, je ne sais plus où)

*

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24 septembre 2009

alienation

DISTRICT 9
de Neil Blomkamp

Un film incontestablement efficace. Un produit hybride, composite, à l'image de son protagoniste principal. Un genre de greffe réussie entre blockbuster bourrin et film à thèse, entre faux documentaire et fiction survitaminée, entre effets spéciaux et constat humanitaire, entre course-poursuite et faits de société. Une synthèse assez hallucinante entre Alien, (pour les extra-terrestres), Cry freedom (pour les conditions d'accueil), E.T (pour le vaisseau et le "Maison..." ), Welcome (pour l'amitié entre les deux héros "pourtant si dissemblables") et Transformers (pour la bestiole du dernier combat), sans oublier La mouche (pour la transformation), plus quelques bourrinades viriles que je ne vais pas assez voir pour en donner un titre correct (genre bidasses, action, sueur, testostérone, hélicoptères, gros flingues etc.)
L'humain est décrit dans toute sa veulerie ordinaire (con, raciste, violent... ordinaire, vous-dis-je) et le héros, au début est vraiment présenté (j'avais écrit "plaisanté"!)  comme un spécimen de beauf benêt, (on le claquerait volontiers) sûr de lui, de sa puissance et de son impunité dans la mission de "relogement" des aliens (d'un bidonville à un  camp de concentration) dont il a été bombardé responsable (par son beau-père, c'est donc bien doublement un beauf'). Mais, comme chez Brassens, "la suite lui prouva que non..."
C'est par la force des choses (et de sa propre connerie aussi) qu'il va -heureusement et bien malgré lui- passer "de l'autre côté" et découvrir quel effet ça fait de se retrouver au milieu des parqués, des pourchassées, des traqués, des humiliés...
Je ne sais toujours pas ce qui l'emporte, du gros sabots ou de la finesse de l'analyse, (je suis si premier degré, vous savez...) simplement, je n'ai pas décroché une seconde : j'ai été surpris, inquiet, dégoûté, révolté, réjoui, haletant, ému (oui, oui, même, et surtout peut-être, ému...) C'est en cela que je parlais d'efficacité. Un seul petit regret  : ne pas avoir pu le voir en VO (mais bon c'était la seule possibilité par ici!)

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29 août 2009

garanti sans bisounours

(le titre de ce post a été honteusement piqué sur le blog de Swâmi Petaramesh...)

UN PROPHETE
de Jacques Audiard

 Je suis rentré dans ce film en étant sur mes gardes, vu la cohorte de louanges unanimes qu'il avait suscitée(s) à Cannes, vu le genre du film "histoire de prison", et vu la prudence que je manifeste vis à vis de son réalisateur, Jacques Audiard, qui réalise des films très forts mais qui me laissent toujours un petit arrière-goût de malaise (oui je sais c'est voulu...).
Et j'en suis sorti sidéré.
C'est un film qui perdure, qui vous reste longtemps après la projection, de par son histoire (un jeune blanc-bec, en prison pour six ans, se transforme), de par la violence reconstituée du monde carcéral (celle des lieux et celle des hommes), de par la force de l'interprétation (Tahar Rahim est saisissant, Niels Arestrup est parfaitement terrifiant) et, surtout, de par le biais que Jacques Audiard a choisi de donner à cette histoire, en y ajoutant un "point de vue" autre, un contrepoint fantastique  (il y a un fantôme, il y a des chevreuils...) qui vient (dés)équilibrer le triste "réalisme" nauséeux de ce qui n'est finalement que l'ascension d'un caïd.
Il y a toujours, chez le réalisateur, la même fascination (que je ne partage pas) pour la violence considérée comme l'expression de la virilité, pour les rapports père/fils (quoique pour celui-ci il s'en soit défendu, et préfère parler des rapports maître/esclave) et ce regard froid, hivernal, glacé/glaçant sur ce zoo désormais sans espoir qu'est devenue notre humanité, et tous ces (mauvais) garçons dans leurs cages.
Il ne reste plus qu'a se taper la tête contre les murs suffisamment fort, en espérant que quelqu'un vous entende.

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21 août 2017

abc du perche

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2 comme 205
("On prend la 205 ?")

A comme ALBIZIA

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A comme AOÛTATS
(beaucoup furent piqués...)

B comme BANC ROUGE
(celui qui est au fond du jardin, au bord de l'Huisne)

B comme BANC VERT
(celui que Malou a acheté au vide-grenier)

B comme BELLOU
(ça rime avec Malou, et c'est très bien comme ça...)

B comme BEURRE DE KARITÉ

B comme BOUDIN
(celui de Rémalard ne fut pas mal non plus...)

B comme BOURGUEUIL
(le vin que souhaita Dominique)

C comme COMPOST
("Et ça, ça va dans le compost ?")

C comme CONSOUDE
(la sole végétale)

E comme ÉTRILLES
(J'ai tout bien mangé, même le jus marron!)

G comme GUÊPES

H comme HUISNE
(qui coule au fond du jardin)

I comme ITINERAIRE BALISÉ
(bien souvent un peu désinvoltement)

K comme KALANCHOE
(la plante qui s'auto-multiplie)

L comme LAGAVULIN
(mon whisky préféré, que Pascal prodigua...)

M comme MÉTÉO
(qu'on consulta chaque matin et même, ensuite, plusieurs fois par jour)

M comme MOULICENT

M comme MÛRES

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O comme OKEY

O comme ON NE SE RESSERT PAS
(Sauf pour les légumes. Et dérogation aussi quand il faut absolument finir le plat)

O comme ON VA FAIRE UNE GRANDE BALADE

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P comme PLANTAIN
(souverain contre à peu près tout)

P comme PUNTI
(plat auvergnat adapté par Alissa)

P comme PURÉE-FARINE
(une des spécialités de Pascal)

R comme RÉMALARD
(pour le pain, le boudin, et le marché nocturne)

S comme SCRABBLE

S comme SIESTE
(en principe de 15h jusqu'à...)

S comme SORBET (AUX MÛRES)
(une merveille)

S comme SPRITZ

T comme TRIOMINO

V comme VIDE-GRENIER

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Z comme ZAZOUNETTE 
(la reine de la maison...)

28 décembre 2016

bulles

SOUVENIR
de Bavo Defurne

On avait passé le premier film du monsieur, Sur le chemin des dunes, dans notre première semaine belge, un joli film au charme un peu rétro, un peu mélo, un peu kitsch,un peu queer, où un jeune garçon, doté d'une mère un peu fantasque, découvrait l'amour dans les bras de son ami d'enfance... Dans une époque imprécisément datée, mais reconstituée avec soin.
Il nous revient avec l'histoire d'un jeune homme (Kévin Azaïs, décidément très bien) qui rencontre une dame (qui pourrait être sa mère) dans l'usine de pâté où elle travaille, et reconnaît en elle une chanteuse qui eut son heure de gloire trente années plus tôt en représentant leur pays (qui n'est jamais précisément nommé) dans un "concours européen de la chanson". Lui est boxeur, intérimaire dans le pâté, elle, ex-chanteuse, a fait de ce pâté son quotidien, tout comme le whisky qu'elle écluse le soir assise seule devant sa téloche.
Qui a vu Sur le chemin des dunes sera ici en terrain de connaissance. Même approche formelle, conjonction d'une stylisation (à la fois de l'histoire et du décor) et d'un sens méticuleux du détail. Et toujours cette volonté de ne rien dater précisément (il y a la télévision, ils ont des téléphones portables). Le choix de Pierre et Gilles pour réaliser l'affiche semble aller tout à fait dans ce sens. Avec l'iconisation de Laura / Huppert sur un fond kitsch/glamour très rose, où le "réel" serait transcendé, sublimé, par une "mise en forme".
J'adore Isabelle Huppert, et, comme d'hab', elle tient sa partition haut la main (oui, même en ouvrière de l'entreprise de pâté, ce qui a fait hurler à la mort certain critique de Libé, l'accusant par ce rôle de trahir la mémoire de toutes les ouvrières du monde ... décidément les critiques de L. devraient un peu se calmer je pense...). L'affiche ne ment pas, elle est au centre de tout ce rose, elle prend toute la place (avec un rôle de star déchue comme celui qu'elle tenait dans Asphalte, face au jeune Benchétrit). Presque toute la place, car face à elle (le jeune) Kévin Azaïs, avec sa moustachette, ne démérite pas.
C'est quand même délicat, l'histoire d'une relation entre une dame mûre et un jeunot plein d'hormones. Que ça fonctionne et qu'on y croie. Le blé en herbe est passé par là. Mais c'est bien que les rôles soient inversés, ils ne le sont finalement pas si souvent.
L'imagerie "Pierre et Gilles" confirme cette stylisation, cette volonté de tirer le film vers un "réalisme irréaliste" (ou un hyper-réalisme excentré. Baroque.). Comme Personal Shopper, bien que dans un univers très différent, il s'agit surtout d'un film de genre, et donc de codes, et l'obligation pour le spectateur d'accepter ces codes, de bien vouloir jouer le jeu.
Souvenir, de par sa mise en scène, sa construction, son montage, et même de la typographie de son titre, s'assume entre mélo et roman-photo (bluette même diront certains méchants) dont Isabelle Huppert deviendrait la caution arty. Dès le début ou presque on sait comment tout ça va se terminer, mais ça n'est pas gênant. Tout ça est fait avec amour.
L'amour, l'hopital, le couloir, la perfusion, l'étreinte, tout ça est presque trop beau pour être vrai. Et le réalisateur vient justement, avec finesse, nous le rappeler, que ça ne l'est pas, "vrai", puisque c'est, justement, du cinéma. En prenant juste la distance nécessaire.
"Joli garçon, je dis oui..."

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23 octobre 2008

figurines

RUMBA
de Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy

Là, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. J'avais raté leur précédent Iceberg, à mon grand dam, mais les échos que j'avais à propos de celui-ci étaient tellemnt en grand écart que je me suis dit qu'il fallait vraiment que j'y aille moi-même je personnellement, pour me faire une idée.
Comme je l'écrivais à mon copain Pépin (qui fait partie des "j'adore"), c'est indéniablement... atypique. Au début je l'avoue je n'avais pas le sentiment d'être dans un "vrai" film, ou, plutôt, dans un film habituel. C'étaient comme des petites images animées dans des décors et des couleurs quasi d'un autre âge, très peu de mots, beaucoup de corps, des chorégraphies américano-latines, des gags à répétition, non-sensiques et loufoques. On se sent désorienté, oui, on a perdu des repères, déstabilisé. Comme la dame avec ses béquilles. Dans un univers nostalgique et épuré, quelque part entre les décalcomanies sur un frigo vintage et le présentoir à sucettes Pierrot Gourmand. Un univers coloré et quasiment plat, des images très frontales, où évoluent des personnages d'autant plus stylisés qu'ils en deviennent, paradoxalement, furieusement humains.
Elle enseigne l'anglais, lui la gymnastique, ils s'entraînent pour un concours de danse (qu'ils gagnent), mais en rentrant ils ont un accident, à cause d'un malabar dépressif et sentimental. Elle se réveille entièrement plâtrée, avec une jambe en moins, lui se réveille entier mais la mémoire en moins. D'où problème(s) divers... (Sans rire, il y a très longtemps, j'ai voyagé avec un copain qui, suite à une encéphalite, avait perdu la mémoire immédiate, et je peux vous assurer que ce n'était pas très facile à vivre...) Pour une histoire de pain au chocolat, ils vont se perdre de vue, jusqu'à ce que... (oui, bon, hein, vous vous en doutez que ça va quand même plutôt bien finir, hein ?) après maints et maints bondissements, rebondissements, chutes, cabossages et raccomodages divers.
Malgré quelques scènes qui semblent un peu inutilement étirées (l'incendie, notamment) l'ensemble est incontestablement plutôt agréable. Toute la scène finale (la plage) est une merveille de drôlerie, d'une précision et d'une maîtrise qui forcent le respect. Noir mais jamais cynique, touchant mais jamais nunuche. Singulier, je dirais même singuliérissime, à l'image de sa musique latino-décalée et de ses personnages, comme déchirés et rafistolés ensuite au scotch, un peu de traviole mais bon tant pis.

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