Un thiller danois dont je ne savais encore rien la semaine dernière. un rendez-vous avec Emma et Dominique, un jour de début de canicule, séance de 13h30, zou, on file! Un film qui fera date dans la série "films qui ne coûtent pas cher à faire" : deux bureau, une porte de communication, et un couloir. Voilà le décor, et on n'en sortira pas. Film qui pourrait faire aussi date dans la série "tout est hors-champ ou presque", avec un scénario solide, des rebondissements attendus (ou pas), une tension maintenue tout le temps, bref un bon petit film danois, idéal en ce jour de grande chaleur. Le héros répond au téléphone, il est au 112 (le central téléphonique de la police danoise semble-t-il) il s'appelle Asger, on comprend qu'il n'est là en intérim que pour quelques jours, que c'est un flic de terrain, et qu'il doit passer en procès le lendemain matin... et qu'on ne va voir que lui, ou presque, pendant tout le film. Les informations sont données progressivement, l'histoire se construit sous nos yeux (enfin, nos oreilles plutôt) en même temps que ceux d'Asger, au spectateur d'être attentif et de remettre les choses dans l'ordre. Comme lorsqu'Asger reçoit un appel d'une femme dont on comprend vite qu'elle a été enlevée, et qu'elle fait semblant d'appeler sa fille... Et clic raccroche. Asger va se mettre au boulot pour en savoir plus, et tenter de savoir qui et quoi et où et de quelle couleur, dans une progression millimétrique mais impitoyablement rigoureuse. C'est parti, on est à sa merci, suspendu à ses mots, aux coups de fils successifs qu'il reçoit. On est toute ouïe. On écoute chaque mot, chaque son, chaque bruit, et, comme Asger, on interprète, on échafaude. La création sonore est méticuleuse et impressionnante. Comme la femme de la voiture, nous aussi on est pris en otage, capturé, et on s'accroche aux accoudoirs pendant que le récit avance et accélère. C'est rient de dire que la tension monte, tellement celle-ci est efficace, viscérale, et ne vous lâche plus une fois que l'histoire est lancée. C'est très fort de ne rien montrer du tout, et de forcer le spectateur à rester enfermé dans ce bureau sans pouvoir en sortir. et de l'obliger à devoir, surtout, imaginer, et quand le spectateur imagine, il a tendance à bien sûr imaginer le pire... Bref le cable se tend se tend se tend de plus en plus, attention au dénouement, ça risque de cingler! Très très recommandable. (Rafraîchissant ?)
Vu à la séance de 22h30, au bôô cinéma, pour profiter une dernière fois des tarifs de la Fête du Cinoche. On était peu dans la salle, et, c'est vrai, la journée avait été longue et riche, et j'ai un peu dormi. J'aime bien Dupieux, j'aime bien Poelvoorde, et j'aime bien l'idée de départ du film : un mec est interrogé par un flic, tout au long d'une longue nuit... Un peu, donc, comme dans l'inoxydable Garde à vue, de Claude Miller, avec Lino Ventura, Michel Serrault et Guy Marchand (et Romy Schneider!) Poelvoorde serait Lino, Ludig serait Serrault, et Marc Fraize Guy Marchand. Et Demoustier remplacerait Romy. Mais bon un Garde à vue sous acide et/ou psychotropes divers. Sauf que l'affiche, quand on la voit, provoque une drôle de sensation de déjà-vu, comme si on la connaissait déjà, comme si on l'avait toujours vue, qu'elle faisait partie de notre inconscient collectif... Et j'ai fini par retrouver : Benoît Poelvoorde prend la place (et la pose) de Bebel sur l'affiche de Peur sur la ville, d'Henri Verneuil. Sauf que l'ambiance du commissariat de Dupieux est singulièrement planplan, on pourrait dire 90% de mots pour 10% de gestes. Un homme qui a appelé la police pour prévenir qu'il avait trouvé un cadavre en bas de son immeuble est auditionné en garde à vue par un flic plutôt bonne pâte, même si plutôt procédurier et tatillon. Qui lui fait re-raconter les faits qui l'ont fait appeler les secours, et leur enchaînement, et les causes de, etc. Ca cause ça cause, et pour le reste, c'est un peu bof il me semble (pour ce que j'en ai vu)
(un blanc)
Allez, on s'y remet. J'y suis retourné mardi avec Marie, (et le ticket ciné orangemuche). Et là, bonheur je n'ai pas dormi. Et j'ai révisé mon jugement, parce je me suis aperçu qu'il m'en manquait quand même un sacré bout (tous les flashes-back ou presque, en fait) pour pouvoir me faire une opinion équitable. C'est incontestablement du Dupieux, et pas forcément si édulcoré que j'avais pu le penser à la première vision. Un presque huis-clos (le bureau de Poelvoorde et ses environs immédiats) entre un flic et un témoin (un suspect ?) Un qui pose les questions et l'autre qui répond. Un qui raconte et l'autre qui tape la déposition à la machine à écrire. Et commente. Comme si on était revenu une quarantaine d'années en arrière. Et voilà que la narration commence à se tortiller furieusement et à interférer avec elle-même. Voilà que les gens du niveau 1 (le bureau) interviennent dans le niveau 2 (les flash-backs) et on que le spectateur s'emmêle de plus en plus en plus les pinceaux (qui est qui, et quand et où), jusqu'au twist presque final qui a agacé Hervé mais que j'ai trouvé assez drôle. J'aime beaucoup ces réalités gigognes qui s'emboîtent comme dans le précédent Réalité du même Quentin Dupieux. Et les comédiens sont excellents : le couple-vedette, d'abord : Poelvoorde impeccable dans un registre qu'on pourrait qualifier de sous-régime quand on connaît l'animal, mais qui est juste parfait dans le ronrornnement fliquesque, avec un Grégoire Ludig tout tout aussi bien (avec une moustache très 70 aussi...). C'est Ping et Pong se renvoient la balle au commissariat, et on adore ça... D'autant plus que les comparses sont plaisants : Philippe Duquesne avec son attelle, Anaïs Demoustier avec sa perruque rousse, Marc Fraize et son équerre dans l'oeil, et même Orelsan, avec sa gameboy préhistorique...) Un Dupieux plaisant, à défaut d'être son meilleur, et qui a l'avantage d'être court.
le neuf...
et le vieux... (y a quand même un air de famille, non ?
060 (en VO) 061 (en VF) L'ÎLE AUX CHIENS de Wes Anderson
Un émerveillement. (Honte au bôô cinéma qui doit être le seul en france à ne l'avoir programmé que pour 5 séances, uniquement en VO (pour une fois qu'il y avait une bonne raison de programmer la VF) et presqu'un mois après sa sortie. Oui, honte!) Je n'ai pas commis la même erreur que pour Fantastic Mister Fox, du même Wes Anderson, que j'avais snobé à sa sortie en faisant "Peuh! Un film d'animation! c'est pour les enfants..." et j'ai donc couru le voir dès que j'ai pu... (dans le bôô cinéma je veux dire). Oui, un enchantement. Qui s'est confirmé quelques jours plus tard dans la très grande salle (et très chauffée) du cinéma de Mortagne-au-Perche. (et je modère -pondère ?- ce que j'ai dit à propos du bôô cinéma, puisque celui-ci ne le programme pas davantage, mais avec la bonne raison, quand même , de n'avoir qu'une seule salle). La réussite du film tient, bien sûr, à l'éblouissante virtuosité de l'animation (celle-ci incluant les décors, les personnages et les accessoires) et est encore plus complète dans la version originale, tant l'adéquation entre les voix et les personnages qu'elles caractérisent me semble encore plus parfaite. Wes Anderson avait déclaré à un(e) journaliste son envie de faire un film sur le thème des déchets, mais, comme l'a conclu Malou à la sortie "Il me semble qu'il y a dans le film bien plus de choses que ce simple thème...." et c'est vrai qu'elle a entièrement raison sur ce point...Tout dans ce film (ou presque) me ravit. Les chiens ont, bien sûr, la part belle (où il est démontré que quelqu'un qui aime les chats ne peut être que fourbe et cruel hihi) dans l'histoire, qui pourrait, pour nos plus jeunes spectateurs (ou les plus fatigués) se résumer en très peu de mots : un jeune garçon part à la recherche de son chien( sur l'île où celui ci a été mis en quarantaine avec ses congénénères canidé(e)s sous le bon prétexte d'une grippe canine et d'une fièvre truffoïde par des politiques et des financiers véreux et sans scrupules (double pléonasme).) L'histoire se passe donc en grande partie sur l'île en question (quelqu'un a fait remarquer que, phnoéntiquement, le titre original Isle of dogs, se prononçait comme I love dogs, tout ça pour dire combien on sait clairement dès le début de quel côté velu le coeur du réalisateur balance...) où traîne une troupe de chiens qui furent de compagnie dans une existence antérieure, et que la cruauté et l'insensiblité des humains a poussés à retrouver le statut de (plus ou moins) "sauvages", troupe qui va aider "le petit pilote" à retrouver son Spots chéri. C'est drôle, c'est tendre, c'est hirsute. Des fois ça grogne et ça montre un peu les dents et des fois ça fait le beau et ça donne la papatte et ça va chercher...
La première fois, c'est superbe. Et la deuxième fois, même à peu de jours d'intervalle, est tout aussi prenante. L'île aux chiens est un film que je suis sûr qu'on peut revoir et revoir encore, et qu'à chaque fois on aura le plaisir d'y découvrir, oui à chaque fois, de nouvelles choses.
L'affiche n'est, paradoxalement, ni très jolie ni très engageante ni très lisible, non ?
043 LES BONNES MANIERES de Juliana Rojas et Marco Dutra
Semaine latino 7.2 : Brésil Vu hier le film interdit aux moins de 16 ans, et cet aprèm' celui-ci, "seulement" interdit aux moins de 12a. Après, ils seront tous "tous publics". Bon je l'appréhendais un peu à cause de ce que je savais du pitch (qui en fait n'est que la moitié du film). On avait déjà programmé, lors d'une précédente semaine latina, le précédent (et premier ?) long-métrage de ce couple de réalisateurs : Trabalhar cansa (Travailler fatigue) qui distillait déjà une certaine -et réjouissante- singularité (la critiquounette est là). Celui-là vient juste de sortir (21 mars) et les critiques en sont plutôt très bonnes (il a même été primé à Locarno, eh!), et je l'ai bien aimé, oui, mais en sachant que je n'aurais sans doute pas envie de le revoir... Un bemolito, donc, mais voilà parfois j'ai un léger problème avec le cinéma "de genre" (Hammer des années 60 et toutes ses diverses créatures...) car c'est bien de film de genre qu'il est question ici (pour être dans l'air du temps, on pourrait même le qualifier de transgenre, tant il en a, avec intelligence, récupéré les codes, mais pour les transposer dans le Brésil -cinématographique- d'aujourd'hui, avec la chronique (critique) sociale et politique qui va avec.) La première partie (le film est, oui, comme déchiré de l'intérieur par une scène centrale) est la moins surprenante (mais pas la moins intéressante) : on est en terrain connu. Une femme (une employée) arrive chez une autre femme (une patronne) dans son magnifique appartement pour un entretien d'embauche (que la patronne avait d'ailleurs oublié). Malgré des références pas très convaincantes, elle est pourtant engagée par cette riche bourgeoise enceinte, qui a besoin de quelqu'un pour être là à demeure et l'aider jusqu'à l'arrivée du bébé, dont elle sera chargée ensuite de s'occuper comme nounou. La patronne en question a bien quelques comportements nocturnes bizarres, mais va vite se nouer entre les deux femmes une relation amoureuse passionnée, un peu déséquilibrée par les errances somnambuliques de la patronne (dont elle ne garde d'ailleurs aucun souvenir au matin), qui ont lieu uniquement quelques jours par mois (oui, oui, la pleine lune vous avez deviné...) mais dont l'amante ne semble pas lui tenir rigueur.... Après la scène déchirante, au sens propre, on voit d'un coup quelques années passer (juste avec du linge pendu sur un fil, idée simple mais joliment efficace) et on retrouve la nounou avec un adorable petit garçon, Joël. Et démarre une seconde partie beaucoup plus inattendue, dans un film brésilien je veux dire (mais pour qui a vu -spoiler attention- disonsLLe loup-garou de Londres, de John Landis, rien de vraiment étonnant, à part le fait qu'il s'agit ici d'un enfant-garou.) Une maman brésilienne et son fils de cinq ans, et les problèmes d'éducation que cela suppose. Car l'enfant est vaiment particulier (commez chez Rohmer, hihi, surtout Les nuits de la pleine lune, où il est davantage ... dirons-nous... agité). Et j'avoue qu'il y a dans cette moitié-là des images plutôt dérangeantes pour la petite chose sensible que je suis (et que, je pense, on voit ici pour la première fois) pas forcément les plus gore -le film reste bien plus souvent dans l'allusif et n'éclabousse jamais excessivement- juste celles relatives à la figuration de la pilosité chez le personnage en question. Mis à part ce détail, c'est très bien construit, les effets spéciaux sont là mais jamais trop abusivement, la progression de l'action est bien dosée, dans ce film au-dessus duquel volettent plusieurs ombres tutélaires bienveillantes (une très jolie scène de terreur enfantine nocturne dans un supermarché, à mi-chemin entre Nocturama et Jacques Tourneur), une scène de révolte populaire qui m'a évoqué le Frankenstein de James Whale, jusqu'à une image finale très forte, (et, somme toute, logique, inévitable) comme celle de Butch Cassidy et le Kid (oui oui!) sans oublier celle, plus diffuse peut-être, du Truffaut de L'enfant sauvage... Décidément le Brésil est très fort pour nous offrir, à chaque nouvelle Semaine latino, un film saisissant, surprenant, inclassable...
Samedi après-midi, 13h30, allez je me décide et j'y vais. c'est le dernier jour où je peux utiliser mon fameux ticket à 4,90€, et j'ai bien l'intention de ne pas le laisser perdre. Allons-y pour Coco, que je ne serais pas forcément allé voir "de mon plein gré", et entrons-donc dans une petite salle du bôô cinéma , emplie d'enfants et d'adultes les accompagnant... C'est quand même un film Pixar, il a quand même été nommé meilleur film de l'année pour les lecteurs de Téléramuche, et, vers où que je me tourne, je n'en ai eu que des bons échos. Direction Mexico, l'histoire d'un petit gamin qui rêve d'être musicien, dans une famille où la musique est farouchement interdite, à cause d'un arrière-grand père qui s'était enfui pour devenir un chanteur/musicien vedette, avait réussi et n'était jamais revenu, abandonnant sa femme et sa petite fille sans jamais donner aucune nouvelle. Le jour de la Fête des Ancêtres (le seul jour de l'année où les fantômes des morts ont le droit de revenir voir les vivants, à condition que leur photo figure bien sur l'autel dédié à cet effet dans chacune des familles) va se mettre en place le noeud de l'intrigue qui va voir notre gamin transporté au royaume des morts, et avec l'obligation d'en revenir avant le petit matin, sous peine de se transformer lui-même en fantôme (je ne vous dis pas tout des pourquoi et des comment, vous verrez bien quand vous irez le voir, car vous allez aller le voir). Le film est joyeux, malicieux, coloré, musical, tendre, bon enfant, on regarde ça comme un gamin, avec les yeux écarquillés et des petites lumières qui clignotent dedans (cling cling), mais au bout d'un moment, on se dit que quelque chose cloche, tout va trop bien et une lumière rouge s'allume dans un coin de notre tête : alerte rouge! Pourquoi? Ben tiens, il n'y a pas de méchant! (et pour qu'un film soit réussi, il faut que le méchant soit réussi...). Alors on se demande si tout va continuer à aller comme ça trop bien jusqu'à la fin, quand tout à coup, les scénaristes, malins, nous le déballent, le méchant, et on ne l'avait pas vraiment vu venir de ce côté-là (enfin, en ce qui me concerne...) Ah, quand même, caramba! (soupir de soulagement) Les choses se compliquent donc un peu, heureusement, (on est dans un conte, c'est normal, il faut bien des épreuves) mais, re-heureusement, tout le monde va y mettre du sien, pour que tout finisse bien, bien sûr. en chansons, bien sûr (j'insiste, car c'est toujours ce que j'appréhende le plus chez les Disnuche...) mais on n'est pas chez Libéré Délivrée, et tout ça reste ici très supportable. Le méchant sera confondu, le gentil retrouvera la place qui lui avait été usurpée, le gamin pourra réaliser son rêve, la familia sera reunida, et on peut sortir, dignement , avec -si si- un peu les larmes aux yeux, quand même (ah les histoires de famille, de papas, de papys...) Un film, effectivement, enthousiasmant (et, si le héros, le gamin, est très bien, j'aime beaucoup l'idée du compagnon imparfait (un peu raté) qui l'accompagne, je veux parler du clébard, -au début, à chaque fois on a le sentiment qu'il est mal dessiné ou que quelque chose ne va pas- qui est moche, maladroit, mal élevé, mais tellement tellement attachant (vive les moches et les maladroits!). Et vive les grands-mères acariâtres, les squelettes rigolards, les mariachis roucoulants, les familles aimantes, les morts qu'on n'oublie pas !
"Ne m'oublie pas c'est à regret que je pars Ne m'oublie pas Quand tu entendras une guitare ! Tu ne me vois pas pourtant je suis tout près de toi ! Quand je chante tu es dans mes bras ! Ne m'oublie pas !"
Ils ont fait très fort aussi pour la campagne de pub, je trouve...
Comme je l'appréhendais, un film terrifiant. Barbet Schroeder ajoute à Amin Dada et Jacques Vergès le Vénérable W du titre. Il n'a l'air de rien, à le voir comme ça, tout sucre et tout miel, calme posé et lénifiant, avec sa robe orange il colle tout à fait à l'image qu'on se fait desdits moines et de leur religion : zenitude et respect. Sauf que, pas du tout. On est très vite fixé, dès sa toute première intervention. Cet homme-là profite de sa position de "Maître" (je mets les guillemets juste pour lui) pour proférer une haine féroce envers les musulmans. La mauvaise foi et la violence du discours en rappellent d'autres (chez nous, il n'y a pas si longtemps, certain borgne, sa fille, et consorts, et, en Allemagne, un peu plus tôt, mais de façon bien plus systématique et "rationnelle", certain autre moustachu à méche). Je cite ces deux-là pour situer le niveau de haine, de violence, de mauvoise foi et de dégueulasserie auquel leur "discours" se situe, sauf que les deux derniers le faisaient en hurlant, en éructant, tandis que notre moine safrané le fait posément, sans hausser à la fois, en ajoutant parfois même un sourire pour parapher ses déclarations. C'est terrifiant, c'est révoltant, c'est monstrueux, et le réalisateur nous raconte les choses, simplement : les images, le plus souvent documentaires, sont -soyeusement- doublées par une voix, qualifiée au générique de "petite voix du bouddhisme", et qui a la bonne idée d'être celle de Bulle Ogier. Qui se contente d'énoncer les préceptes de ladite religion, et le déroulement des événements. et le simple fait de l'associer aux images qui montrent ce qui se produit en réalité, en suivant soi-disant ces préceptes, un génocide de masse, celui des Rohingyas, rend les choses encore plus choquantes. Un film poignant.
Tahar Rahim est Brahim, un humoriste qui fait des one-man-show et est devenu célèbre. Roschdy Zem joue Mourad, son frère, qui lui sert de manager et de garde du corps. Maiwenn incarne Linda, la copine de Brahim (et aussi son metteur en scène). A ces trois-là il faut ajouter hervé (ça fait plaisir de revoir Grégoire Colin) qui a envie de prendre la carrière de Brahim en main, mais ne souhaite pas continuer à s'encombrer de Mourad (qui est quand même, faut le reconnaître, sacrément bourrin, et brutal, et soupe-au-lait, et bling-bling, et m'as-tu-vu, et autres qualificatifs encore avec des traits d'union). Brahim se (dé)bat donc sur deux niveaux : celui du show-bizz et des people, avec la gestion de sa carrière, et les effets de sa "nouveelle" notoriété, et celui de sa propre famille (tensions avec son frère, donc, et avec ses frangines qui ne voient pas d'un très bon oeil sa relation avec Linda). C'est un gentil, Brahim. Trop, peut-être. Tout va se jouer entre ces quatre-là, et Teddy Lussi-Modeste (qu'on avait découvert à travers Jimmy Rivière, avec Guigui d'amour Gouix) a orchestré, avec l'aide de Rebecca Zlotowski qui co-pilote le scénario) une histoire qui se tient, avec des rebondissements quelquefois attendus certes, mais mis en scène avec une indéniable élégance. C'est Rob (qui a déjà musiqué tous les films de Rebecca Zlotowski, mais aussi, entre autres, Rock the casbah et Je suis supporter du Central, sans oublier le très chéri Bureau des légendes, c'est dire si on l'aime) qui signe la (très belle) musique, pour laquelle on peut aussi parler d'élégance. Un film qui, même s'il est sans réelle surprise, sait nous accrocher constamment, par la qualité de ses interprètes, tous justes et touchants. Tahar Rahim est joli-joli, et tient superbement la partition sur scène / en coulisses, Maïwenn n'a pas à se forcer pour jouer -très bien- du Maïwenn (elle aussi est touchante par sa simplicité), Roschdy Zem se collette haut la main avec la brutalité de son personnage qu'il réussit à nuancer avec finesse, et n'oublions pas Grégoire Colin, qui affiche une belle et sereine maturité. Alors pourquoi donc mets-je un petit bémol (pouèt) à mon bonheur cinématographique ? je ne saurais vraiment le dire ou l'expliquer...un peu trop sage, peut-être ? sans réelle prise de risque , qui capitalise sur des visages et des silhouettes rassurantes ? bah, peut-être chipote-je. Mais, je le répète, Tahar Rahim est vraiment trop joli joli... (tu plais à ton père, tu plais à ta mère...) ça c'est vraiment incontestable.
tiens tiens, ça me dit quelque chose...
...un petit air de famille, non ? (ou bien c'est moi qui fantasme ?)
Je l'ai déjà dit 500 000 fois, j'adore le cinéma roumain, et ce film-ci, encore, ne me fera pas mentir. De ce réalisateur (Calin est un joli prénom, non ?), on avait déjà programmé Mère et fils, qu'on avait déjà beaucoup aimé (vu ma taille, j'ai droit au pluriel dit "de majesté", non ?) Familles je vous hais, pourrait-être un leitmotiv de ce cinéma-là, et Ana, mon amour ne faillira pas à la règle. C'est... chirurgical quasiment dans la démarche. En gros ça va de là :
à là :
Voilà, tout est dit. ou pourrait l'être. L'histoire d'un couple de a jusqu'à z. Où l'on serait à peu près sûr du a mais pas tout à fait du z. Je m'explique : la chronologie du film n'est pas linéaire, ça serait trop facile, mais... bordélique, mélangeant les moments et les époques (le film s'étire en gros sur 10 ans), et le seul indice un peu patent est capillaire, puisqu'il suffit de regarder le garçon pour savoir à peu près à quel moment de l'histoire on en est. Deux étudiants qui se rencontrent, dans une chambre de Cité-U (la première scène). et au début tout est merveilleux, c'est bleu c'est rouge c'est Broadway, malgré que leurs familles respectives n'y mettent pas vraiment du leur (chacune à son tour), et le fait que la jeune fille semble affligée d'un problème d'angoisse(s) chroniques(s). Et persistant. Et sil l'histoire de nos roumains tourtereaux est ainsi mille-feuillée, ce n'est pas juste pour le plaisir de faire confus mais parce que (on l'apprendra très vite, hein, donc je ne spoile pas, et de toutes façons le film ne passe plus hihihi) le monsieur a fini, sur les conseils de sa chère, par aller voir un psy (alors qu'elle a terminé la sienne, que c'est lui, d'ailleurs, qui a payée, contrairement à tous les us en usage dans la relation psy/client) et que donc ce qu'on voit c'est ce qui lui passe par la tête, que ce soient des souvenirs, des rêves, ou autre chose encore. J'aime le cinéma roumain et j'aime beaucoup, aussi, ce film-là. Et j'aurais aimé d'ailleurs pouvoir le revoir, pour tenter d'éclaircir la question, qui, finalement, nous tarauda, Catherinechounette et moi, à la sortie du cinéma. Il a la rigueur clinique du cinéma roumain "habituel" (il appelle un chat un chat, et quand il faut le montrer, il n'hésite pas à le faire, tous fluides corporels confondus...). Les critiques, toujours aussi agaçants dans leur majorité, ont un peu finebouché (surtout les parizzziens : à propos de la psychanalyse, justement, du manque de finesse et d'originalité de ce biais, de la lourdeur des explications psy et des symboles psy, et des maladies psy et autres touche-psypsy (ça n'est pas de moi, c'était dans un vieux Brian de Palma), mais moi je m'en contrefiche. J'aime bien cette idée, j'aime beaucoup comme c'est construit, ces va-et-vient mémoriels, cette tapisserie de dix ans de vie faite de fragments plus ou moins bien recousus entre eux, avec tous les blancs, tous les accrocs, toutes les questions que ça suscite, et les sentiments mêlés aussi (parfois on est joyeux, ou attendri, ou on s'énerve, ou on est ému, ou on s'agace...), c'est comme la vie, sauf que c'est la vie au cinéma, et qu'on vibre sacrément au diapason des deux personnages principaux (mais de tous ceux qui les accompagnent aussi). Un couple c'est ça, ça peut être ça, c'est sans doute aussi autre chose (je suis assez mal placé pour en parler) mais ce film en est, pour moi, une excellente approche, très... roumaine, voilà.
"Nous sommes de l'étoffe dont les songes sont faits, et notre petite vie est cernée par le sommeil." (William Shakespeare)
"C'est l'amour, c'est l'amour, c'est l'amour-mour-mour..." (Léopold Nord et vous)
Grand plaisir que de voir ce film dans mon Victor Hugo chérie, assis aux bonnes "places de vieux", entre mes amies Emma et Dominique... Comme un petit roi. C'est rare de voir un film doublement primé à Sundance et à Beaune, mais on peut comprendre les raisons qui ont guidé ce double choix, ici et là. Le Caire, Egypte, juste avant les événements qui ont rendu célèbre la Place Tahrir (un calendrier annonce régulièrement le décompte des jours)... Une chanteuse a été assassinée dans sa chambre du Hilton, une femme de chambre a vu sortir l'assassin mais a depuis disparu, et l'enquête est menée par un inspecteur pour lequel on n'éprouve pas, au début, la moindre sympathie, qui va découvrir que ça n'est pas si simple. Un postulat de départ plutôt classique (avec un enquêteur qui l'est à peine un peu moins), et l'affaire devrait être résolue en trois coups de narguilé, sauf que. On est en Egypte, justement. Et la corruption semble être un sport national, une discipline dans laquelle tous se livrent une compétition féroce. Du flouze, du flouze, du flouze... on arrose à tous les étages. Et bien entendu à celui de notre héros gominé, Nourredine, qui va progressivement s'affirmer (normal c'est lui le héros) comme un pourri certes, mais un chouïa moins pourri que tous ceux qui l'entourent, et que le réalisateur va ainsi nous rendre de plus en plus sympathique et attachant. Cette corruption généralisée finit par donner la nausée : tous en croquent, chacun à son échelle, depuis le plus petit tout en bas jusqu'aux puissants tout là-haut là-haut. (rien de nouveau sous les palmiers). Et la petite histoire du film va rencontrer la grande, (j'ai pensé à La bataille de Solférino), puisque le film se clôt sur un affrontement entre deux personnages, au beau milieu de manifestants de la Place Tahrir. la fin, d'ailleurs est plutôt cynique, mais... réaliste. Le film a affolé la critique, à raison. Les lauriers sont mérités, même si la couronne finale est un peu lourde à porter pour la tête du cinéaste. L'acteur principal (Farès Farès) en mérite une bonne moitié, il faut le reconnaître
Mais comment a-t-on pu passer à côté de ce film épatant ? (Encore une fois un grand merci à Uncut -j'adore ce nom- l'offre d'unviersCiné).Un premier film, sorti en 2013. L'histoire de Raisa, qui perd son boulot dans une usine de salades (elle est licenciée) et en cherche désespérément un autre. Le sujet, l'héroïne, la caméra portée qui la suit, et tout le monde de rouler des grands yeux effarés et de les lever au ciel en répétant "Rosetta"... C'est vrai, les frères Dardenne se seraient pas complètement étrangers au tableau, SAUF QUE le ton du film est aux antipodes. Rosetta m'avait laissé le souvenir d'un film tendu, opressant, barbelé. Désespéré. Alors que celui-ci semble aller plutôt en sens contraire. Grâce à son actrice principale, Nermina Lukac, carrément sensationnelle (mais qui n'a hélas plus rien re-tourné depuis), grâce à la qualité des autres personnages autour d'elle (une mention spéciale pour son père, et pour son copain Billy), et grâce à l'énergie joyeuse qui sous-tend le film (Raisa et son père ont des origines monténégrines, ceci explique-t-il en partie cela ?). La réalisatrice a choisi de nous montrer, clés en mains, que la situation en Suède n'est pas aussi youp la boum qu'elle le fut il y a un certain temps, et que le beau rêve scandinave non seulement a fait long feu, mais n'a pas hésité à péter à la gueule d'une bonne partie de ses habitants. Les petites gens, bien évidemment, on les piétine, ici, comme partout. Raisa a bien la même volonté que Rosetta, la même niaque, la même détermination (farouche, la détermination est toujours farouche), seulement elle n'en fait pas tout un plat. La rage au coeur, mais avec le sourire. Et même des chatouilles. Encore une fois, on reste scotché devant l'abattage de la demoiselle. D'autant plus qu'elle est affectueusement filmée. Pas de la caméra qui tressaute et soubresaute (et qui par le passé put à l'occasion nous donner mal au coeur), il s'agirait ici bien plutôt d'accompagnement. oui quelque chose d'affectueux et de joueur, dans le frôlement et la proximité. Une très belle surprise.
061 ET LES MISTRALS GAGNANTS de Anne-Dauphine Julliand
Vu ce samedi après-midi dans mon Victor Hugo chéri ce très beau film (qui m'a entre autres permis de relativiser mes (tout petits) problèmes intestinaux). La réalisatrice y va franco : cinq enfants (Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual) vivent (et se racontent) sous nos yeux. Chacun d'eux est malade, une saloperie de maladie au nom plus ou moins compliqué, dont il nous explique d'ailleurs les symptomes, avec laquelle il doit vivre, pour le temps qu'il lui reste. C'est dit, simplement, les yeux dans les yeux. Les jeux, les conversations, les soins, la famille, les soignants... Les moments de rigolade, mais aussi, tout autant, les chagrins, les douleurs, les souffrances. Un film magnifique, aussi simple que touchant. Film "inattaquable" certes (Le Monde pourtant a été assez puant sur le coup "On ne peut que compatir, faute de se voir proposer un autre rôle." écrit la journaliste, mais quel rôle justement voulait-elle donc qu'on lui attribuât, du haut de sa condescendance ?) mais profondément justifié. La réalisatrice, qui a perdu une enfant dans les mêmes circonstances, a eu l'envie de donner simplement la parole aux enfants, à leurs parents. C'est un film bouleversant qui parle de la vie (même si leur mort est un thème "habituel", présent, que les enfants n'hésitent pas à évoquer, avec leurs mots et leur philosophie à eux), de la façon dont dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. "Qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si..." Avec intelligence, avec tact, avec délicatesse.
Il ne passera dans le bôô cinéma que le 1er mars, mais, allez savoir comment, je l'ai regardé ce matin sur mon ordinateur. Mystère des arcanes du ouaibe, hein. un film que j'avais entendu présenter par Yann Barthez, il y a déjà quelques temps, en présence de son élégant réalisateur, et dont les critiques semblaient plutôt élogieuses. 1h51 qui me donnent l'envie de revoir la même chose sur un grand écran, assis dans un fauteuil rouge, parce que le film le mérite. On y voit un gamin grandir, en trois moments de son existence. Simplement. Chiron, il s'appelle, mais il est aussi surnommé "Lil" (petit) ou "Black" pas besoin de traduire, dans le plan-titre de chacune des parties. L'histoire est simple, mais le traitement l'est moins. Ou plutôt si. Barry Jenkins la filme avec sa simplicité à lui (qu'on pourrait qualifier de désarmante) alliée à une technique admirable. J'ai ressenti plusieurs fois en moi ce genre d'hyperventilation esthétique, où mes poumons me signaleraient soudain que là, c'est sublime. Un genre de spasme esthétique. Et ça n'arrive pas qu'une fois. J'ai été frappé par la qualité et la force des mouvements de caméra, et rarement dans un film j'y aurai été aussi sensible auparavant. La façon dont elle se déplace, virevolte, décrit des arabesques autour des personnages, avec une grâce, une légèreté (et là je suis obligé de réécrire le mot) admirables. Mais Barry Jenkins maîtrise tout autant les cadrages, la mise au point (la profondeur de champ), les couleurs, les déplacements des personnages, à tel point qu'il faudrait absolument revoir le film tout de suite, pour en apprécier encore plus tout le reste, tout ce qu'on a pu en manquer... Le travail sur le son et la musique fascine, de la même façon. Tout est d'une extrême élégance, et de la même justesse. Rien de gueulard ni de revendicateur. Juste cette intense simplicité (jamais je crois une scène de flirt entre garçons n'aura été filmé avec autant de force et de délicatesse. Et, quasiment, d'abstraction (ah cette main sur le sable...). De pudeur aussi.) Je me souviens qu'à l'époque, Spike Lee avait déclaré qu'il y aurait des blancs dans ses films quand il y aurait des blacks dans les films de Woody Allen... Barry Jenkins adopte la même posture (et la même revendication) : Tous les personnages de Moonlight sont "de couleur", et c'est comme ça. Et ils sont magnifiques, il faut le dire et le redire. La vie de Chiron n'aura pas toujours été rose, et la violence souvent présente, à chacun des âges de son histoire. Violence due à la relation familiale, violence due au regard des autres, violence physique, violence morale, rien (ou pas grand chose) ne lui sera épargné. mais avec, en parallèle, à chaque fois, des "rencontres" qui rééquilibrent un peu la balance. Le gamin buté et maigrichon deviendra un ado mutique et maigrichon, qui se transformera en armoire normande avec des muscles et des chaînes en or, mais toujours aussi taiseux*. Il y a tout de même une grosse ellipse dans le récit, entre la deuxième et la troisième partie (je ne sais pas si c'est la même chose dans le roman) mais c'est peut-être mieux, finalement, d'avoir évité de passer par la case "prison" puis "prise de fonctions dans le business" (le personnage l'évoque juste en quelques mots, dans la dernière partie) pour nous montrer, d'un seul coup (avec encore une fois un sens du raccourci saisissant) la transformation entre les deux états. Malgré les coups, les injures, les arcades sourcillères fendues, les chaises fracassées sur la tête, Moonlight est aussi (surtout ?) une histoire d'amour (et la dernière partie tout entière en est une démonstration éblouissante) et du genre très précisément de celles qui me font fondre... Top 10
*(oui je prends des libertés avec l'accord : une armoire normande devrait être taiseuse, mais ça faisait moins joli...).
Je suis allé voir un film dont j'ignorais tout avant qu'il ne soit programmé dans le bôô cinéma (toutes les séances en vf mais une quotidienne en vo à 18h, à laquelle j'ai assisté aujourd'hui, tout seul comme un grand dans la salle 10). Tom Ford est quelqu'un de very famous semble-t-il (et donc very rich, re-semble-t-il) mais à part son nom je n'en sais pas beaucoup plus. Artiste ? Couturier ? Les deux ? (ah peut-être que je confond avec Steve Mc Queen, me souffle-t-on dans l'oreillette). Bon on s'en fiche. Le film est tiré d'un roman policier que je pense avoir dans ma bibliothèque mais que je n'ai jamais lu (je viens de vérifier, c'est le cas). DONC revenons à notre film. La dernière fois que j'ai vu Jake Gylenhaal au cinéma, il était face à une araignée géante avec un demi-sourire énigmatique. Là il est en plus mauvaise posture. Conduisant de nuit dans une zone où le téléphone ne capte pas (c'est dire) avec sa femme et sa fille, le voilà qui se fait embêter puis accidenter par trois rednecks inquiétants. c'est très anxiogène comme situation sauf que c'est dans un livre. Qui a été écrit par le personnage joué par Jake G., l'ex-mari de l'héroïne, et envoyé à sa femme pour qu'elle le lise et lui dise ce qu'elle en pense. Et donc quand elle lit, notre blonde et froide héroïne, ce qu'on voit à l'écran est ce qu'elle imagine. Le conducteur est joué par son ex-mari, elle-même joue l'épouse, et sa fille est jouée par leur vraie fille (enfin, vraie dans le film). Le film fait donc des va-et-vient entre le roman et la "vraie vie" de la lectrice (à laquelle il faudra bientôt rajouter les souvenirs de ladite lectrice : comment elle a rencontré son ex-mari, comment elle l'a épousé, contre l'avis de sa mère, comment elle l'a laissé tomber pour un jeune bellâtre, etc.) De plus la dame est galeriste, et on suit son quotidien et ses états d'âme de galeriste (ce qui fournit entre autres au réalisateur le prétexte d'un générique sur fond de majorettes vieilles et obèses pas vraiment ragoûtant c'eût été des majorets que çela l'eût été aussi peu, ragoûtant : le troisième âge est flasque, on n'y peut rien, alors, quand en plus il est obèse je vous laisse imaginer...) Avec ce générique, Tom Ford fait un peu son malin, mais on peut dire qu'avec le reste du film aussi... Il règne sur le film un aspect assez déplaisant "magazine de mode et papier glacé". Dollars, fashion, cocktails mondains, tout le monde est très riche très hautain très glacé très mondain et très bitch. Et du coup on a le sentiment que le réalisateur a mis tout autant de soin, mais en sens inverse, dans sa reconstitution de l'histoire qui se joue dans le livre lu. Regardez comme ils sont méchants, et veules, et cracra, semble-t-il vouloir nous fredonner. Et je suis sûr qu'ils puent. Et de rajouter un personnage de flic cancéreux en phase terminale (et que je fume et que je tousse et que j'expectore avec complaisance). Ca crée une ambiance un peu bizarre. Comme si on avait essayé de faire entrer au chausse-pied Comancheria dans Café Society (je parle ici de la forme plus que du fond de chacun des films). Ca se regarde sans déplaisir, on participe (la première partie est vraiment très anxiogène, pour moi du moins), on suit, on admire parfois même les trucs du réalisateur, mais on se dit, en définitive (vous avez déjà remarqué que c'est souvent en définitive qu'on se dit ça justement) à quoi bon tout ça (le fait d'écrire un bouquin, de le faire lire à son ex-femme, et de raconter ce qu'on y raconte), juste pour ça ? (la scène finale, que je trouve d'ailleurs plutôt plaisamment réussie...). Comme si le réalisateur refermait là-dessus les pages en papier glacé de son luxueux opuscule. (de arty à artificiel il n'y a pas si soin...)
une campagne d'affichage que je trouve plutôt réussie...
Les rencontres (cinématographiques) miraculeuses. C'est la conjonction, en général inattendue, d'un film et d'un état d'esprit, à un instant précis, une correspondance , une coïncidence, une juxtaposition. Un embrasement. C'est précisément ce qui c'est produit avec Olli Mäki. C'est d'autant plus intense lorsqu'il s'agit, comme ici, d'un film dont on n'a pas vraiment entendu parler, qu'on ne connaît pas très bien, qu'on n'a pas forcément très envie de voir... "D'après une histoire vraie ", mouais,"l'histoire d'un boxeur et d'un match de championnat du monde en 1962" re-mouais... Et pourtant, je suis quand même allé jeter un oeil sur la bande-annonce, et là il s'est produit un petit je-ne-sais-quoi qui aurait comme allumé la mêche d'un pétard à combustion lente... Quelque chose, quelque part, s'était, oui, allumé. Il n'y avait donc plus qu'à attendre la confirmation du feu d'artifice ou le pfschhhhht du pétard mouillé... Et, dès la première image, le premier son, les premiers mots, je me suis senti soupirer d'aise intérieurement. Et ça a continué pendant tout le film. Oui, je ronronnais. Le noir et blanc, d'abord (c'est comme ça, je dois être affreusement snob mais J'ADORE -et donc oui je le crie- les films en noir et blanc. Le finnois, ensuite, langue aussi belle qu'impénétrable, qui fait -on n'a pas beaucoup d'imagination- qu'on a le sentiment qu'un ange kaurismakien (un bon génie, plutôt) vous fait un clin d'oeil amical depuis derrière la pellicule. Et les personnages du film, ensuite. Le héros : un boxeur que son entraîneur vient d'inscrire dans la catégorie inférieure à celle de son poids habituel (de moins de 61, le voilà dans les moins de 57), un petit gabarit trapu avec une bonne bouille, qui attire tout de suite la sympathie. Son entraîneur aussi, ex-boxeur mais aussi homme d'affaires. Et sa petite amie (du jeune boxeur), Raija, une demoiselle souriante mais qui n'a pas la langue dans sa poche. L'histoire commence quelques semaines avant le mirifique match de championnat du monde (le premier de son espèce a avoir lieu en Finlande) et concerne l'entraînement de notre petit boxeur, quia une obligation, celle de perdre du poids pour passer en dessous de la barre des 57kg, à la pesée. mais plus le temps passe et plus il pense à sa chérie, et donc moins il s'occupe de sa perte de poids. c'est un film de boxe, mais ça n'est pas un film de boxe habituel, brutal, testostéroné, et hagiographique. Je n'avais rien lu là-dessus avant (sur la "vraie" histoire je veux dire) et je ne savais donc rien de l'issue du fameux match. mais j'ai le sentiment que j'étais, à cet égard, comme notre boxeur d'amour : s'il gagnait, c'était bien , mais s'il perdait, c'était bien aussi. Là n'était pas -vraiment- l'intérêt du film. Olli Mäki (c'est le titre français du film, le titre original étant "le jour le plus heureux dans la vie d'Olli Mäki") est autant un film sur la boxe qu'un film sur l'amour, ou sur la vie en général, et la façon qu'on a de la passer, et des choix qu'on est amené à y faire. Mais rien de sentencieux, de pontifiant ou de doloriste. Une vie comme ça, juste. Juste une vie, mais le film l'est, miraculeusement et de bout en bout, juste. Justement simple, et simplement juste. Ca finit avec une scène de ricochets, et c'est très bien comme ça... C'est simple, c'est émouvant, c'est décomplexé, c'est réjouissant. Avec ce noir et blanc charbonneux somptueux (un critique a évoqué l'atmosphère des premiers films de Forman et l'analogie semble assez juste -d'autant plus que la reconstitution de l'époque est virtuose (trop, a soupiré un autre critique) et fait que vraiment on s'y croirait.-. Bref un moment de cinoche délicieux, qui fait autant plaisir qu'un saladier d'oeufs à la neige, c'est dire (oui, je confirme que c'est mon dessert préféré...) Comme ça, à vue de nez, je dirais "Top 10", oui oui.
"Le mauvais cinéma, qui a une longue histoire, aura quand même inventé cette chose incroyable dont on a encore du mal à évaluer les effets : la figure d’un mensonge non langagier, une catégorie audiovisuelle du «faux». Un film ment, mais par rapport à quoi ? Il n’y a pas au cinéma de critère logique du vrai, qui serait l’autre absolu de ce faux, il n’y a que la dialectique interne du succès et de l’échec." (Oui, il y a un "critique" de "cinéma" qui a écrit ça dans un journal, à propos de ce film. Et c'est le genre de jargon/glose qui m'énerve.)
(je dois avouer que pour cette fois j'ai un peu triché... je n'ai pas mis la première image qui me venait en tête,parce que vraiment c'eût été TROP facile, mais la deuxième... mais c'est encore très facile, quand même, non ?)
pour le plaisir, je vous mets quand même :
sans oublier :
(non, je n'ai pas mis le singe avec les yeux rouges, qui est la première qui m'est pourtant venue à l'esprit...)
... d'ailleurs je pleure en écoutant "Painkillers and alcohol" de Judah Warsky. Merci à Libé d'avoir publié vendredi un article (à la lecture éminemment énervante, mais c'est normal c'est du Bayon) sur le nouvel album de ce monsieur -argentin et barbu- que je ne connaissais absolument pas. En cherchant à en savoir plus sur le ouaibe, je suis tombé sur une notice sur le premier album du monsieur, puis sur un extrait de ladite chanson, qui m'a tellement sidéré que j'ai acheté l'album mp3 sur amaz*n. Et cette première chanson de l'abum, c'est 6'14 de bonheur lacrymal (Emma, tu sais ce qui te reste à faire...). un petit clavier, une petite voix triste, il n'est pas très loin le Robert Wyatt de Rock bottom (et c'est peut-être pour ça qu'elles surgissent les larmes...) Lire ici l'interview du monsieur, qui évoque justement, entre autres, Robert Wyatt... J'adore l'histoire du majeur cassé, du clavier juste avec la main gauche... la théorie du bel accident.
Ah, quand il n'y a plus de jeu, on fait moins le malin, hein ? (Je parle pour moi, bien sûr). Surtout quand il s'agit d'un week-end style "automne éteint" (par opposition aux quelques jours d'"automne allumé" qui précédèrent, avec le ciel bleu lumineux, le soleil, les couleurs des feuilles qui pètent, etc.) destiné à faire la transition avec le temps dit "de Toussaint" s'annonçant imminemment (froides ténèbres, chocs funèbres, étés trop courts, pleurnichait à ce propos Baudelaire) où en suis-je à présent de ma phrase ? ah oui, "automne éteint", automne mouillé serait peut-être plus juste, en d'autres temps j'évoquais la tisane tiède en écoutant Erik Satie et en regardant la pluie tomber, mais cette année l'écoute de Damien Saez (le dernier et triple album) produit un effet encore plus intense, radical, et immédiat : la pendaison ? le cyanure ? l'immolation par le feu ? Octobre est d'ordinaire plaisant (surtout parce qu'il précède novembre et l'extinction des feux) mais je viens de remplir le calendrier (la page de) et je m'aperçois que, s'il ne s'y produit quasiment rien la première quinzaine, la deuxième, au contraire, voit presque chaque case journalière se remplir d'une voire de deux, ou même exceptionnellement trois annotations de "trucs à ne pas oublier". Si septembre était l'habituation au fait que les (grandes) vacances sont finies (oh les beaux jours) et que le travail recommence, octobre serait plutôt celle (l'habituation) au fait que la vie sociale - comme dit l'autre - a repris tous ses droits et que c'en est fini des soirées peignoir - savates - bigoudis - canapé... : désormais, c'est cinéma! théâtre! soirée d'ouverture de saison ! invitation(s) ! danse ! conseil d'école ! formation école & cinéma ! repas(s) ! Bref, revivons! (enfin, surtout tâchons de ne rien oublier...)
9h30 : dring! c'est Pépin pour le café-scrabble : il gagne la première, je gagne la deuxième, et il gagne la belle... Il repart avec Connemara, de Nicolas Mathieu (aucune relation de cause à effet...)
15h30 LES TOURMENTÉS (274) de Lucas Belvaux (on est 2 à la 12) un film... étonnant, surprenant (la perspective de revoir un remake des Chasses de la Comtesse Zaroff ne m'intéressait qu'à moitié), et après un début "documenté" qui nous y ferait presque croire, le film se détourne habilement et regarde ailleurs, et nous raconte autre chose (et c'est plutôt bien fichu, les acteurs (Niels Schneider, Deborah François, Linh Dan Pham) sont excellents mais Ramzy Bedia est encore meilleur...)
17h45 SE7EN (275) : première séance du Festival PLAY IT AGAIN : on est 5 à la 10 (Hervé, moi, et trois ados!!!) Le film n'a pas pris une ride, la copie est flamboyante, bref un plaisir intact! (et j'ai mis un certain temps à retrouver le nom de l'acteur qui incarne le méchant très méchant, puisqu'il ne figure pas au générique de début -que j'aime toujours autant-)
le soir je continue de regarder le film de Serebrennikov, en me posant des questions...
samedi 20
9h30 : au marché ALC, mais c'est toujours aussi pénible en revenant... (récupéré deux livres achetés : Le Journal de Gideen Pléiade, -si, si- sur lesquels j'entasse :
1/3 de Georges graines et une part de brioche, une portion de paella et un quignon de gigot (en tranches), 2 chèvres demi-secs et 4 yaourts au lait de bufflonne, 4 ou 5 crevettes (pour compléter la paella), deux aubergines dodues et quatre tomates, du gruyère et deux saucisses au metton, des quetsches, deux poires et quatre "Belles de Salins" dans le même sac en plastique, et tout ça fait un sac très lourd.
ensuite, un samedi un peu comme un dimanche (...)
j'ai terminé LA DISPARITION DE JOSEPH MENGELE (276) en me posant beaucoup de questions : bon c'est le portrait d'une ordure intégrale (mais LA ZONE D’INTÉRÊT l'était aussi), mais la démarche est-elle justifiable ? D'autant plus qu'en plein milieu du film fleurit soudain (c'est vraiment le terme exact) une séquence en couleurs, à l'intérieur du camp d'Auschwitz, en 1943), une séquence dégueulasse -dans ses intentions plus que dans ce qu'elle montre-, sur laquelle j'ai failli interrompre le visionnage du film, qui retourne ensuite à son noir et blanc (il y aura, vers la fin, une autre séquence en couleurs, plus "anecdotique" -et nostalgique-, pour le personnage principal.) Serebrennikov, une fois de plus, n'y va pas de main morte (heureusement qu'il y a le personnage du fils, qui vient jouer les contrepoids moraux...). Dans quelle mesure peut-on programmer ce film ? (sans précautions particulières ?) Je suis perplexe...
dimanche 21
(ça serait-y pas l'automne ? Non, renseignement pris, ce sera demain...)
à midi, comme prévu, paella "améliorée" de mon BCT, et yaourt au lait de bufflonne pour le dessert)
et je regarde les deux derniers épisodes de la saison 1 de MINDHUNTER sur N*tflix
je bidouille un peu sur les progs et dépliants à venir et je m'occupe -enfin !- des têtes d'impression de mon imprimante
puis je reviens à MINDHUNTER saison 2 (dont j'ai découvert la première séquence grâce au sujet sur David Byrne dans le toujours aussi aimé BLOW UP) et j'en regarde 1, 2, 3, 4, 5 épisodes d'affilée! (ce qui s'appelle bingewatcher sérieux!) Et je finis par aller me coucher en ayant un peu peur de rêver de crimes horribles et de serial killers...
lundi 22
(mais non, je n'ai pas du tout rêvé de ça...)
16h : HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN (277)(tout seul dans la salle...) le plaisir de revoir le Sergi Lopez (qui sait être inquiétant avec peu de choses...) d'il y a 30 ans, en compagnie des Laurent Lucas, Mathilde Seigner, Sophie Guillemin, Liliane Rovère... d'il y a 30 ans aussi, mais le film ne m'a pas vraiment passionné à vrai dire (j'aimerais tellement, plutôt, revoir son premier film, INTIMITÉ, que très peu de gens ont vu à l'époque -il était passé au Central, et je me souviens que son directeur, à l'époque, J-F Masseron, l'aimait beaucoup...-)
puis à 18h une loooongue réunion avec Romain (d'abord le point sur Parlons d'Amours, puis notre prog " à nous" : film d'ouverture, le point sur Le Mois du Doc, le point sur Diversité, et il ne reste plus que quelques cases à remplir sur notre prog "ordinaire" (on a les deux films de Radu Jude, ce dont je suis enchanté...)
avec, en fin, pour se remettre de nos émotions (et en remerciement pour l'effort fourni ?) un rafraîchissement "aux frais de la maison" proposé par Romain (je prends une Hoegarden rosée en 25cl, parfaite...)
on regarde, en avant-première, la bande-annonce du Festival PARLONS D'AMOURS, que je trouve plaisante, même si les concepteurs eux semblent déçus (une histoire de changement de vitesse de déroulement...)...
et, à la maison, je "liquide" MINDHUNTER saison 2 (qui n'aura pas de saison 3, contrairement à ce que laissait pourtant supposer le dernier plan du dernier épisode...), les deux derniers épisodes, donc, qui me laissent un peu "sur ma faim"
mardi 23
tôt le matin j'ai précuit des aubergines au four, puis une tarte aux quetsches, mais je n'ai rien mangé de tout ça à midi, étrangement...
je me suis attelé aux 5 pages x2 de la nouvelle prog, ce qui m'a conduit quasiment jusqu'à 17h et quelques, le temps de me doucher, de m'habiller pour aller au ciné (j'ai finalement zappé LE TERRORISTE à 16h, mais j'étais là à 18h15 pour IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST (278), (que je n'avais jamais vu) en compagnie d'une vingtaine de personnes, dont trois adorables jeunes rebeus (barbounettes, chignons, survêts, toute la panoplie quoi) dûment nantis de popcorn et de soda, sagement installés au troisième ou quatrième rang, (qui, à la sortie m'ont paru particulièrement enthousiastes). Isa est venue s'asseoir à côté de moi, et Manu, son fils, quelques rangs devant (il n'allait quand même pas s'installer à côté de sa mère, n'est-ce pas ?)
Oooh et en rentrant, quelle coïncidence, j'apprends le décès de Claudia Cardinale ce jour, à 87 ans (qui flamboie dans IL ÉTAIT UNE FOIS..., elle est même en tête de générique!)
mercredi 24
8h dring! bonjour Anne-Marie...
un long coup de film de Dominique (qui envisage de venir à Vesoul pour voir OUI)
Philou, en réponse à mon sms, me propose de passer cet après-midi à 14h pour le café
14h dring! (moi chez les Soria), le café est fait, et Philou a même préparé une tarte aux pommes... Ça fait un bail qu'on ne s'est pas vus, ils ont donc plein de choses à me raconter... Philou m'explique le processus de collecte des "tampons"
jeudi 25
itinéraire : le matin, je dois aller chez le dentiste (reporter un rdv ?) à la pharmacie et au Super U, mais comme le cabinet de ma dentiste est fermé, je fais les deux autres, et je finis par le S*per U où je croise Manue, et nous faisons des affaires (pour 30€ de vin acheté, 10€ en bon d'achat, je craque pour du Pinot noir de chez Guillaume)
à midi au Globe, à 4 (Isa arrive à la bourre), cette fois c'est moi qui ne prendrai pas de plat du jour (palette à la diable) mais à la place une grosse entrecôte, (l'appellation n'est pas mensongère) que j'aurai d'ailleurs presque du mal à terminer...
(je fais preuve de volonté en ne prenant aucun bonbon dans le petit ravier de harib* que la gentille serveuse nous a apporté avec le café)
13h30 : UNE BATAILLE APRÈS L'AUTRE (279) en VO à la 4 (on doit y être 5 ou 6...), j'appréhende un peu (P.T Anderson ne fait pas partie de mes cinéastes chéris), d'autant plus que le début me met "un peu" mal à l'aise (pourquoi faire de cette terroriste black une folle du cul insatiable?), mais bon dès que DiCaprio se pointe, tout va mieux... (il passera tout le film en vieille robe de chambre, comme Bruce Willis avait passé tout DIE HARD en marcel (et les pieds nus!)), et les 2h40 vont passer très vite ("tambour battant"), être un délice (action, humour, émotion, suspense, poursuite époustouflante en bagnole(s), salopards de tous acabits, rien n'y manque...) et voici donc mon film préféré de PTA (Sean Penn est terrifiant en sale con facho suprémaciste, Benicio del Toro plus zen que lui tu meurs, et Leonardo DiCaprio est juste parfaitement parfait, qu'on se le dise!
Troisième semaine de notre Mois du Doc, et programmation double (deux films à trois séances chacun). Après CORPS la semaine dernière, là il était question d'ART, avec un focus sur deux artistes chacun par un réalisateur. Jeudi après-midi, on a donc commencé par celui-ci (j'étais avec Catherine). Anselm Kiefer vu par son "jumeau" Wim Wenders. J'avais découvert Kiefer au Grand palais Ephémère, en 2021, dans une expo monumentale (dans tous les sens du terme), grâce à Dominique, qui nous y avait emmenés. (J'ai d'ailleurs retrouvé dans le film des fragments de cet accrochage très très impressionnant, ou qui en tout cas y ressemblaient beaucoup.) d'après ce que j'ai pu en voir. (Oui oui je dois l'avouer, je n'ai pas été du tout à la hauteur, sur le coup, tellement j'ai été terrassé par le sommeil... Pourtant je luttais. Mais dans ces cas-là, vous savez comme c'est : on n'y peut rien, on ne peut pas lutter. J'ai aimé tout ce que j'ai vu (ce mec est quand même un sacré bonhomme, et on sent l'admiration que WW lui porte), découvert que la dernière exposition n'était que la partie émergée de l'iceberg d'une oeuvre gigantesque et protéiforme qui évolue et se ramifie depuis les années 70. Sur l'écran c'était passionnant, mais j'étais juste un peu gêné par la musique. Que j'ai trouvé par moments (surtout au début quand j'étais encore les yeux grands ouverts) pompeuse et envahissante. A la toute fin, quand les lumières se sont rallumées (bien entendu juste avant le générique de fin) mes yeux aussi avaient fait la même chose, mais je me trouvais un peu... déplacé. Ahuri, ne méritant pas ma place là, ni bien sûr le droit d'émettre la moindre critiuqe ou remarque (j'ai quand même parlé de la musique, mais ça n'avait pas du tout dérangé Catherine, dont les yeux brillants me signifiaient combien elle avait -beaucoup- aimé le film... Et moi comme un gros benêt, j'en ai manqué plus de la moitié.)
à bicyclette
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193 194 RICARDO ET LA PEINTURE de Barbet Schroeder
Celui-ci, c'est Hervé qui l'avait -avec une certaine insistance- suggéré, dès le départ, pour faire la paire avec le Wenders, et j'avoue que le projet ne m'enthousiasmait pas plus que ça : un peintre que je ne connaissais pas, filmé par un cinéaste qui ne m'était pas plus proche que ça... "Eh bien allons-y donc voir..." me suis-je dit. Je n'en attendais rien, et j'en ai donc pris une claque d'autant plus phénoménale, à la hauteur de la dernière phrase prononcée par le réalisateur, Barbet Schroeder, avant qu'il ne disparaisse du champ : "CE SERAIT BIEN DE POUVOIR CONTINUER DANS CE BONHEUR TOUS LES JOURS..." (Il me semble bien que le film a produit ce même effet euphorisant sur TOUS les spectateurs, d'après les discussions que j'ai pu saisir à la sortie de la salle). Soit donc un peintre (d'origine argentine), Ricardo Cavallo, qui parle (beaucoup, avec un délicieux accent argentin) de peinture et de peintures (de la sienne et de celle des autres), qu'on voit peindre, aussi (il réalise des images monumentales qu'il fractionne en centaines de carrés ou de rectangles juxtaposés, avec ou sans solution de continuité -terme qu'il me semble utiliser à contresens mais bon- .) Qu'on voit peindre, qu'on écoute parler, et qu'on regarde vivre aussi. Des choses simples : on marche, on discute, on mange, on se souvient. Les deux hommes (le peintre et le cinéaste) se connaissent depuis longtemps, sont amis de très longue date, et le film, donc, évoque autant le thème de l'amitié que celui de la peinture. (Est passée d'ailleurs fugitivement, dans le champ de ma mémore, l'aile tutélaire et amicale de l'ange bienveillant Alain Cavalier, surtout dans son tout dernier opus, le bien nomme L'AMITIÉ, justement). On en apprend de belles. Hygiène de vie spartiate de celui qui s'est habitué à manger du riz à tous les repas, à dormir par terre et avec la fenêtre ouverte quelle que soit la saison. Goûts picturaux (notamment une admiration immodérée pour Velasquez, dont plusieurs tableaux seront commentés, notamment le -déjà connu mais néanmoins fascinant- LA FORGE DE VULCAIN.) Cet homme pour qui la peinture -et l'acte de peindre- constituent la majeure partie de sa vie. Et qu'on ne se lasse pas d'écouter, médusés, émerveillés, enthousiastes (même sans être forcément aussi subjugués par ce qu'il peint). La peinture, entre vocation et religion. Avec, en plus, vers la fin, une scène touchante, où il nous ouvre les portes de son "école de peinture" (gratuite) où il donne à des gamins la possibilité de peindre ("avec du bon matériel") et de représenter les animaux en plastique qu'ils auront choisis (leurs sujets). La séquence est particulièrement plaisante, d'autant plus qu'elle est montée en parallèle avec Ricardo en train de peindre, dans sa grotte (qu'on verra depuis le début jusqu'à la toute fin du film) mettant à plat, sur le même plan, les coups de pinceaux, les tracés, les à-plats, des tout petits et du grand (du papy). Une sorte d'universalité de la trace colorée qu'on pose et de la force qu'elle génère. Sans oublier l'autre parallèle, cette fois induit délibérément par le réalisateur, entre le tableau en train de se faire et le film, lui aussi, en train d'être fait. Work in Progress. On voit les techniciens, la perche, le réalisateur qui passe -cavalièrement hihi- dans le champ. on cherche le meilleur angle de prise de vues, on visionne des séquences, on filme le clap de début de séquence. On fait feu de tout bois, tout fait sens pour que naisse l'image juste "parfaite", celle qu'on a en tête et qu'on aimerait matérialiser de la manière la plus juste possible. Vous aurez sans doute remarqué qu'il y a deux nombres avant le titre du film, car, eh oui, je l'ai vu deux fois, le lundi à 13h30 et le mardi à 18h. car j'étais frustré de m'être un peu laissé surprendre par le sommeil à la séance de 13h30, et je voulais être bien sûr d'avoir tout vu. J'avais en effet, je m'en suis rendu compte à la deuxième séance, zappé une séquence entière, celle chez le viticulteur / mécène, où il est question d'arbre, de tableau, de racines, et de fûts de chêne, justement. Tout est dans tout. Oui, "ça serait bien de pouvoir continuer dans ce bonheur tous les jours..." Top 10, pour le bel effet de surprise, et la totale jubilation. Et Velasquez.
9h30 : café-scrabble à domicile : Pépin gagne de très peu les deux premières (la première en faisant un scrabble sur triple au dernier coup -B(L)(I)NDEES avec deux blancs- alors que je menais depuis le début (ça c'est une remontada!), ça m'apprendra, la deuxième à peu près le même scénario : transformant POSTEES en APOSTEES, et en mot triple dans les deux sens!) mais heureusement (ouf!) je gagne la dernière...
je n'irai pas au cinéma cet après-midi, je préfère aller faire un peu la sieste
je me pique au jeu de continuer mon histoire commencée (pour mon correspondant amateur d'andouillettes)
je prépare un cake aux amandes (poudre) et pistaches (pâte) qui ne montera pas assez (et sera "ciré" en bas, mais très bon)
samedi 6
je décide d'aller au marché à pied, ce qui n'était pas forcément la meilleure des idées : ma jambe droite me fait mal, mais, surtout, elle "lâche" de temps en temps (et ce de plus en plus souvent, et cette sensation est désagréable)
j'achète du pain Georges, des tranches de gigot (déjà cuit), du gruyère, des quetsches, du sirop de thym...
le retour du marché sera très long très lent et très laborieux, j'ai l'impression d'avoir 100 ans (ma jambe se dérobe, et ce de plus en plus) et je provoque même la sollicitude des quelques passants qui me doublent (ou qui me croisent) et me demandent si "ça va" et je continue vaillamment en répondant "on fait aller" (mais je suis vraiment content d'arriver chez moi!)
je "mangeouille" (darne de saumon / brandade de morue) mais je trouve que ça n'est pas terrible mais il faut bien un repas, au milieu duquel prendre mes antibios!)
je prends ma canne pour retourner jusqu'à ma voiture (et ça facilite un peu ma marche c'est vrai) et je vais retrouver Emma au cinéma (en fin, au McDo, d'abord, puisque le Bureau est désormais fermé l'après-midi jusqu'à 18h)
16h : je retourne voir avec elle MIROIRS N°3 (264), que j'aime encore plus que la première fois
(un latte frappé avant, et un autre après, et je rentre, pendant qu'Emma elle retourne au cinéma pour voir un troisième film...
quand j'arrive chez moi, et que je me gare sur la jolie place libre juste en dessous de mes fenêtres, je réalise que j'ai oublié de passer chez B*ulanger pour racheter une cartouche de gaz pour ma machine à bulles, mais tant pis, hein, "j'irai demain"... et je ne boirai pas d'eau à bulles ce soir!
dimanche 7
dormi huit heures en deux ou trois fois, je ne sais plus, c'est bien
à midi je réchauffe en cocotte au four une portion (pantagruélique) de paella de mon boucher, à laquelle j'ai rajouté quelques crevettes achetées hier chez le poissonnier
au lieu de faire la sieste, je regarde le beau film de Dominique Cabrera LE CINQUIÈME PLAN DE LA JETÉE (265),que j'aimerais bien qu'on programme pour le Mois du Doc...
le soir je regarde d'affilée (je binge watche) plusieurs épisodes de MINDHUNTER de David Fincher, jusqu'à m'endormir devant
lundi 8
j'ai pris la voiture pour aller faire quelques courses (Boulanger puis Super U) et quand je reviens je réussis à ne pas me garer trop loin (tout en haut de la rue st Georges) mais ce simple court trajet (avec le sac de courses d'un côté et le pack de lait de l'autre s'avère pourtant malaisé
(le joli monsieur qui se gare en merde (sur les zébras) juste devant chez lui, traverse la rue et rentre dans une cour de l'autre côté de la rue en sifflant un animal, en vain, puisqu'il retraversera la rue en ronchonnant après ledit animal ("il ne veut pas venir, tant pis pour lui s'il se fait écraser...") et hop! rentre chez lui)
il y a désormais du nouveau au-dessus (c'est Nelly qui me l'a confirmé) le voisin a trouvé une nouvelle copine (avec une petite fille que j'entends galoper dans l'appart') et la nouvelle copine -c'est bien- préfère les volets et les fenêtres ouverts, ça change
20h et quelques je pars au cinéma pour notre film-surprise coup de cœur n°1: MÉTÉORS (266)d'Hubert Charuel et Claude Le Pape (une vingtaine de personnes à la 4, on était la salle la plus remplie du cinoche!). Un film au titre énigmatique, une belle affiche bleue, un trio de potes (Paul Kircher, Idir Azougli, Salif Cissé), la Haute-Marne, la "diagonale du vide" (titre du premier court-métrage d'Hubert Charuel, déjà à St Dizier), un récit qui a un peu de mal à démarrer, mais sait trouver les ressources et la force pour se construire sous nos yeux, et réussit à nous embarquer... mention spéciale à Idir Azougli, assez époustouflant, Salif Cissé est superbe, comme d'hab', et Paul Kircher finit par réussir à habiter son personnage de façon très juste, ce qui fait plaisir...
mardi 9
à 8h et quelques je pars déposer ma voiture au garage (vidange / plaquettes / pré contrôle technique), où je suis rejoint par Pépin qui vient gentiment me chercher pour me ramener chez moi (juste avant je suis tombé sur Claude W qui venait déposer sa voiture ici aussi, et on a parlé un peu de cinéma, surtout de MIROIRS N°3)
en revenant je croise l'ex du voisin du dessus, qui n'arrive visiblement pas à ouvrir la porte, et, un peu après ça va de nouveau crier (je ne sais pas si c'est avec l'ancienne ou avec la nouvelle...)
j'aime plutôt bien Vincent le nouveau champion de TLMVPSP (4 victoires au compteur)
vers 16h je pars à pied au garage, avec ma canne, c'est vrai que ça va quand même mieux..., je retire en passant un livre commandé (L'ENVERS DE LA GIRAFE, de Pascal Dessaint), et en cours de route, je croise Claude W. qui vient de récupérer sa voiture au garage et donc fait gentiment demi-tour pour m'y déposer...
400 et quelques euros, c'est ce que j'avais prévu, mais, bonne nouvelle, le contrôle technique n'est pas pour le 08.09.25, mais le 08.09.26! YESSS! (Et je gagne un an)
je regarde 3 épisodes d'affilée de MINDHUNTER, je commence vraiment à y prendre goût!
mercredi 10
agaçant : se réveiller avec dans la tête le début de Casatchok par Rika Zaraï ("C'est l'hiver qui frappe à notre porte..."), s'apercevoir qu'on pourrait grosso modo la chanter en entier, chercher les paroles sur le ouaibe (les scientifiques appellent ça un ver d'oreille -ear worm-).
8h : Dring! c'est Anne-Marie, mon aide-ménagère
J'avais envisagé d'aller au cinéma à 13h30 mais non, finalement, sieste plutôt!
18h : réunion urgente de programmation, impulsée par Hervé, afin de se déterminer rapidement pour les films programmés au Mois du Doc (et à Diversité qui tombe en même temps, et pour la soirée d'ouverture) Nous sommes 8 et le programme est chargé! (mais bon, on y arrive!)
jeudi 11
(bon anniversaire, Zabetta!)
retourner à Repr*system pour signer le chèque que j'ai déposé hier...
je suis en avance, je vais dans quelques magasins, (à la boulangerie de Frotey où j'achète un seigle-noisettes, je suis ému à la vision des guibolles du jeune vendeur, aimablement frisottées de poils noirs)
je finirai sur le parking de la Poste, comme si j'étais dans mon bureau, un quart d'heure au téléphone avec plusieurs appels à passer...
à midi au Globe avec les girls - sauf Isa qui est en concertation- (où je mange en dessert une île flottante par-faite! je n'en ai pas mangé d'aussi bonne depuis un bail!)
13h30 LIBRE-ÉCHANGE (267) un film américain dont j'avais vu plusieurs fois la bande-annonce, que son affiche survend un peu en tant que "meilleure comédie de l'année", et qui passe en VO, et donc j'y vais (et nous sommes deux, et il y a plusieurs fois où j'éclate de rire et je me sens bien seul car l'autre monsieur ne rira jamais de toute la séance). Deux hommes, deux femmes, deux couples (le premier qui ouvre le film et risque de se défaire puisque la dame explique au mari qu'elle veut divorcer, le deuxième qui s'affiche "couple ouvert" chez qui le barbu du premier (couple) va se réfugier, puisque le mari en question (celui du deuxième) est son meilleur ami... S'ensuivra une très longue (et très drôle) scène de bagarre entre les deux coquelets, avant que le film ne s'amuse à jouer les permutations et le(s) comique(s) dit(s) "de situation" mais bon ("comme d'hab" ont ricané mes copines, j'ai un peu piqué du nez, et j'ai ensuite eu du mal à raccrocher les wagons (les épouses respectives se ressemblent, en plus), mais bon l'ensemble est plus que plaisant. ricain et plaisant, oui, ça peut-être compatible (et -smiley honteux aux joues roses- le barbu de premier couple a une grosse -et jolie- QV. je sais ce n'est pas un argument, mais si quand même)
15h45 SIRÂT (268) avec Manue et Catherine (et, bonne surprise on est une dizaine dans la salle 12!) Le film est unanimement annoncé comme une "grosse claque" et l'est, vraiment. Luis (Sergi Lopez, magnifique) se retrouve dans une rave gigantesque aux portes du désert, en compagnie de son jeune fils Esteban, à la recherche de sa fille disparue, et qui pourrait peut-être se retrouver là... Ambiance gros son (j'adore) teufeurs torse-nu (j'adore aussi), transe, bibine fumette, jusqu'à ce que l'armée débarque pour virer tout le monde et que le film (et Luis) n'effectue sa première embardée... Et après je ne dirai plus rien parce qu'il faut absolument voir ça sur grand écran et se le prendre dans la figure "jusqu'au bout du bout" a dit un critique (qui a aussi écrit qu'idéalement il faudrait voir le film deux fois : la première pour le plaisir et la puissance de la déflagration, et la seconde pour avoir le temps de s'attacher aux détails...) Top 10 (impossible de faire autrement...)
après (18h) le Bureau vient (enfin!) d'ouvrir, et on se fait une Happy Hour (avec Manue et Catherine) en terrasse, bravant les éléments (on sera bien les seuls d'ailleurs!)
9h30 je monte chez Co & Pépin pour notre habituel café-scrabble (et nos 3 parties rituelles)
avant que je parte, nous parlons de cinéma et, de fil en aiguille, nous voilà à nous avouer nos premiers émois érotiques cinématographiques : lui c'était Claudia Cardinale dans IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST et moi c'était Patrick Dewaere (en maçon) dans un extrait du THEMROC de Claude Faraldo (vu dans Monsieur Cinéma) j'avais regardé cette séquence, fasciné, et je me souviens très précisément que j'avais réalisé à ce moment que mon zizi ne servait pas qu'à faire pipi!
13h30 : SORRY BABY (269) (tout seul à la 12) qui me ravit (tout particulièrement le chapitre "l'année du bon sandwich", mais les autres chapitres sont tous très bien aussi...) Un beau portrait de femme (dans un univers d'universitaires qui rappelle David Lodge), une histoire en fragments, dont un, particulièrement délicat, est traité de façon très particulière ("rester à distance"). Une histoire de reconstruction (même si le mot est galvaudé). J'aurais aimé que beaucoup de monde voie ce film...
je retrouve ensuite brièvement Emma au Mc Do (sa séance est à 15h30) elle m'offre un somptueux (et énorme) bouquin sur Cy Twombly (en fait, le catalogue de la très belle expo à Beaubourg qui nous avait enthousiasmés) qu'elle a trouvé "en solde" à Gray et j'en suis très très ému (de cette attention) -cette visite d'expo avait été, je m'en souviens, un vrai bonheur...-
15h45 : Catherine me retrouve à la 4 pour L’ÉPREUVE DU FEU (270), film "de vacances" qui me met à l'épreuve pendant toute la projection (mon dieu que ces jeunes gens sont cruels et sans pitié pour leurs semblables!) mais dont les dix dernières minutes, heureusement, viennent mettre un peu de baume sur mon cœur haché menu et remettre un peu les choses à leur place... Et toc!
samedi 13
(en plein milieu de la nuit, je suis sur le point de réaliser un clafoutis "tutti-frutti", mais, après vérification dans les placards, je n'ai qu'un œuf, et c'est donc mort pour la séquence-pâtisserie ("Eh bien, j'irai demain", pensé-je en me rendormant...)
sur le pont à 8h (je suis parti avec ma canne, presque première sortie officielle en l'état), au labo à 8h30 pour les analyses trimestrielles d'hémoglobine glycquée (où je craignais de poireauter des heures mais où je suis passé en 5 minutes!)
puis tour de marché (le premier officiel "avec la canne" aussi) très matutinal donc, et j'arrive à la terrasse du Lion, toujours A.L.C (avec la canne!) où je m'attable avec Christine et ses amis les C. (j'ai rdv au même endroit avec Manue et un de ses amis d'Authoison, Bernard, mais à 10h)
Les C. partent et Christine me tient compagnie pour "faire le joint" jusqu'à l'arrivée de Manue et Bernard (elle reprendra même un café en notre compagnie...)
Je mange les deux croissants que je m'étais achetés en guise de petit-déj (avec mon second grand-crème), puis Christine s'en va, et nous voyons passer Pépin 'au ralenti comme dans un film" sur son beau vélo (qui pèse des kilos), on discute quelques temps avant de lever le camp (et après avoir mis sur pied un projet de prochaine soirée-tarot dont je suis chargé de gérer l'harmonisation du choix dans les dates (Manue assure "que je sais très bien faire ça...")
on se salue et je repars vaillamment A.L.C (c'est vrai que ça va mieux que la semaine dernière, incontestablement...)
je fais une chose que je n'avais pas faite depuis très longtemps : je lave une salade! (celle donnée par Manue)
me retrouvant avec beaucoup d’œufs (Manue m'en a donné 6), je prépare ce fameux clafoutis (où la farine est remplacée par poudre d'amandes et maïzéna)
en fin de journée, les résultats d'analyses reçus ne sont pas aussi bons qu'espérés... (je me maintiens à 6,7)
et le fameux clafoutis, refroidi, n'est pas aussi bon qu'espéré non plus -la poudre d'amandes donne une texture bizarre-
dimanche 14
"relâche"
tout dépend de quelle façon on lit...
(à midi mangé du magret aux morilles de mon BCT, et le soir une barquette de salade de gambas aux mandarines du même, et, à quatre heures, une part de clafoutis tutti frutti qui n'est en fin de compte pas si mal que ça...)
lundi 15
un coup de fil à Repr*System pour régler un problème qui en fait n'avait pas du tout besoin d'être réglé (il y a des gens doués pour compliquer les choses...)
13h30 : MAH JONG (271) que j'avais commencé à regarder (entregent...) mais qui m'avait semblé complexe, confus, impression qui s'est confirmée, avec une copie à l'image très bien restaurée, mais au son désagréablement nasillard dans les aigus... Elle était mimi comme tout, Virginie Ledoyen, en 1996! comme nous en avons convenu, avec l'unique autre spectatrice (Florence M., une habituée) "On n'est pas dans YI YI, hein..."
le soir, je continue MIND HUNTER sur N*tflix (et directement sur mon ordi) et je trouve ça de mieux en mieux!
mardi 16
deux excellentes surprises (hélas "que rigoureusement ma mère m'a défendu d'nommer ici") une par écrit et la seconde en images
le matin, je prépare des aubergines au four (coupées en deux, quadrillées, huile d'olivisées, avec en fin de cuisson un peu de fromage râpé (et c'est excellent)
repas de midi : les fameuses aubergines
après-midi "parcours santé (publique)" :
14h30 rdv chez mon généraliste (enfin, sa remplaçante) puis passage à la pharmacie (où il faudra que je repasse demain) puis à l'hôpital pour refaire des étiquettes (qui sont valables 1 mois mais, à compter du 6 octobre, seront valables 1 jour!), puis je vais prendre un rdv en cardio ("laissez votre numéro, on vous rappellera...") puis je vais ALC essayer de prendre rdv avec le Dr M. mais je ne le trouve pas à l'endroit escompté, et je reviens à l'hosto attendre mon rdv chez le pneumologue devant un très grand crème, qui me dira (le pneumologue, hein) que ça va plutôt pas mal, me fait refaire un test du souffle dans la foulée, dit que là aussi ça va, et me donne rdv en 2027... ouf! à 17h30 je suis chez moi!
Quelle bonne surprise! "pour me remercier de ma fidélité" SFR m'offre un mois gratuit sur HBO Max, "sans engagement", et après avoir consulté l'offre, je me décide pour le premier épisode de IRMA VEP (d'après le film d'Assayas) avec une distribution assez éblouissante...
19h : j'apprends le décès de Robert Redford, pour moi surtout associé, en tant qu'acteur, à BUTCH CASSIDY ET LE KID et à L'ARNAQUE, et, surtout, surtout, en tant que réalisateur, à l'excellentissime MILAGRO
je regarde à la suite 4 épisodes d'IRMA VEP
mercredi 17
je continue de me régaler avec IRMA VEP (5ème épisode, je vais me rationner un peu, il n'y en a que 8!)
13h30 : DALLOWAY (272), un bon petit thriller parano avec Cécile de France en écrivaine à bout et Mylène Farmer en IA. Efficace. Pas déplaisant à voir, Cécile de France est impeccable, Anna Mouglalis a la voix trop grave pour être honnête et Mylène Farmer n'en fait qu'à sa tête, et on va jusqu'au bout (c'est plus ou moins ce qu'on attendait / craignait, et très graphiquement filmé...
après je dois passer à la pharmacie pour récupérer deux tubes de crème,
j'en profite pour (re) commander deux paires de chaussettes de contention,
et tiens, tant que j'y suis je me fais vacciner contre le zona...
et je continue un peu de regarder IRMA VEP (je garde le dernier épisode pour demain)
jeudi 18
le matin, très tôt (6h) je commence à regarder LA DISPARITION DE JOSEPH MENGELE, mais il est vraiment (trop) tôt, et je retourne me coucher
à midi au Globe (tout le monde est là : les filles sont allées vaillamment manifester et je suis venu ALC)
13h30 : LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP (273) à la 10 avec Catherine (et que nous, ce qui me permet de me lâcher un peu et d'invectiver de temps en temps les personnages sur l'écran...) un film iranien, une vieille dame, le pouvoir des mâles, la solidarité entre couilles, et une très belle scène finale remplie d'espoir (une femme qui danse sans fin, le vent qui se lève...)
puis je passe chez Repr*System pour imprimer 2 jolis A3 sur PLAY IT AGAIN pour les afficher sur notre panneau... (et du coup je retourne au cinéma pour ce faire)
le soir je regarde le dernier épisode d'IRMA VEP (déjà...) comme je me l'étais programmé...
9h30 : c'est la prérentrée, avec Pépin on reprend les cafés-scrabble . Je gagne la première de 1 point (c'est rageant), la deuxième d'un tout petit peu plus, et c'est Pépin qui gagne la dernière, sans que je ne puisse rien faire pour le rattraper
au courrier, une carte postale d'Emma et Régis, qui décompressent en Bretagne...
13h30 ; LA GUERRE DES ROSE (257)en VO (nous sommes 2 à la 12, j'ai d'abord cru en arrivant que ma voisine c'était Manue, mais point du tout... Un remake "light" de celui de Danny de Vito avec Michael Douglas et Kathleen Turner (1989), qu'il reprend en en édulcorant la violence (et la méchanceté). Olivia Colman et Benedict Cumberbach sont bien, jouent le jeu et constituent le versant "british" de cette histoire à l'origine américaine. Petite curiosité, le film se termine comme LE MARIAGE DE MARIA BRAUN.
je passe ensuite à l'imprimerie récupérer les 3 cartons pour la prochaine programmation (et je les laisserai dans mon coffre jusqu'à jeudi)
je pars ensuite chez ma commande de livres de chez Gibert qui est arrivée au petit Carrouf, et j'ai vraiment alors beaucoup de mal à revenir jusque chez moi (j'ai mal à la jambe, je souffle comme un bœuf, j'ai chaud, j'ai soif, il me faudra me poser sur le canap un certain temps (et même y piquer du nez en zappant) pour que je retrouve un rythme respiratoire rassurant...
samedi 30
j"ai pris le 11h25 pour Besac, je dois retrouver Dominique "au bout de la rue Gambette", le souci est que ma jambe me fait (sérieusement) mal quand je marche...
on va manger des focaccia dans un nouvel estaminet (ça m'enthousiasme moyennement, je ne finirai même pas la mienne)
après on s'achète une glace (pour moi deux boules chocolat/pistache) qui ne m'enthousiasme pas vraiment non plus
on arrive au Victor Hugo où on va voir FANTÔME UTILE (258), de Ratchapoom Boonbunchanchoke, une histoire de fantôme (dame) qui se réincarne en aspirateur, qui commence de manière plutôt plaisante puis commence à s'étirer, s'étirer, et comme je suis toujours aussi moyennement enthousiasmé, je pars d'ailleurs avant la fin, laissant Dominique toute seule dans la salle
je pars à pied vers chez ma bouquiniste, et j'ai toujours du mal à marcher, et ma jambe me fait mal, je fais un tour de magasin rapide je ne trouverai rien d'intéressant (rien de très enthousiasmant, quoi)
(du coup j'ai quasi une heure d'attente avant le bus... je me pose en terrasse au Bar de la Poste devant un P*rrier-rondelle)
retour par le bus de 16h20 qui, tiens, pour une fois, passe par la gare...
je prépare cette tarte prunes / reine-claude à laquelle j'ai pensé pendant tout le voyage de retour
(mais bon, vous l'avez deviné, elle ne m'enthousiasmera que très moyennement)
dimanche 31
(réveillé au bout de 2h avec le t-shirt trempé tellement j'ai transpiré... Bouffée de chaleur ? Fièvre ? Pourtant mon thermomètre sans contact affiche 36.6 imperturbablement. Incroyable...)
j'avais d'abord décidé de ne rien écrire aujourd'hui ("ce fut un dimanche, ce fut un beau dimanche" écrivais-je il y a longtemps) pour ne pas risquer de tomber dans la jérémiade ou la ronchonnance (on a sa dignité, quand même)
le moment le plus fort et le plus digne d'intérêt fut les 20 minutes où je me suis trempé les pieds dans une bassine d'eau chaude, en lisant une partie (c'est le plus long du livre) du chapitre "central" d'Apeirogon, qui m'a à plusieurs reprises fait venir les larmes aux yeux, tout ça pour tester la nouvelle pince-sécateur pour les ongles durs que je me suis payée en pharmacie, mais hélas si j'ai à peu près réussi avec le gros orteil gauche, je n'ai abouti à rien avec le droit... Tant pis, quand même, du coup la moitié du problème est résolue...
lundi 1er
(après une nuit vraiment pas terrible, (j'ai du mal à poser ma tête sur l'oreille gauche comme d'habitude -je dors sur le côté gauche, sur le côté gauche du lit-) l'oreille (toute la zone de l'oreille ) est chaude et douloureuse, j'ai mal à la jambe, j'ai de nouveau trop chaud, bref je suis résolu à courir chez le médecin demain matin
le matin je m'alarme un peu plus en regardant ma figure, non seulement la zone autour de l'oreille est enflée, mais une espèce de grande tache rouge est en train de se former, qui remonte jusqu'au front
les "hasards de la programmation" de la vie font -ironie!- que c'est précisément le jour de la rentrée que je prends la voiture en direction de mon ancienne école
devant chez le médecin, personne n'attend, mais plusieurs maçons sont déjà à pied-d'oeuvre, et l'un d'eux me montre le panneau indiquant que le cabinet est fermé toute la semaine pour travaux
la pharmacienne me renvoie vers le médecin de nuit, ou les urgences, ou un autre médecin du quartier, et je tente le cabinet médical (où je connais déjà les infirmiers et la pédicure!) où j'explique mon cas à la secrétaire qui revient en me disant que oui, la docteure me prendra, mais à 11h50...
je reviens pour 11h50, j'attendrai une bonne heure mais je m'en fous (j'ai lu Apeirogon à la fin pour éviter d'entendre une ado qui bavassait dans son téléphone)
c'est une jeune doctoresse qui m'a pris en charge, je l'ai remercié d'avoir accepté de me recevoir, et elle s'est occupé de moi : tension (15!), symptômes, prescriptions, prise(s) de sang, et elle me revoir jeudi matin pour voir si le traitement antibio fait effet (elle voulait me prescrire de l'augmentin, mais je lui ai expliqué que "je ne le gardais pas"...)
et, sur les chapeaux de roues, à 13h30 au ciné (à peine le temps d'acheter de quoi me sustenter un peu à la boulangerie), où je retrouve Catherine pour voir YIYI (259) que je trouve toujours aussi merveilleux (en plus je suis content nous sommes 17 à la 1)
à17h15 réunion pour le Festival LGBT avec Romain (on arrive tout de même à s'entendre pour mettre en place la grille de diffusion!)
et puis je rentre (et je me prépare à manger pour, au milieu du repas, prendre mes deux premiers antibiotiques!
mardi 2
(orteils) je me résous à appeler ma podologue pour prendre un rendez-vous pour régler le sort de cet ongle du gros orteil droit incoupable, et, par un coup de chance extraordinaire elle me répond qu'elle a eu un désistement et que si je peux venir tout de suite elle me prend! Je m'y précipite. Elle s'occupe de mes pieds et on papote, et j'ai les deux ongles de gros orteils de mes rêves ("et sans pansement" a-t-elle ajouté quand je l'ai remerciée)
(repas) il faut que je mange absolument, pour pouvoir prendre les antibios au milieu du repas, et ce sera fait à la maison (je demande téléphoniquement l'autorisation de stationner devant la grille "pendant une heure") même si pas très diététiquement (biscuits apéritif au boursin / burger au charolais sauce poivre / pêche plate)
(mizenplis) : nous serons 4, puis 5, puis 6, puis jusqu'à 7 pour mettre les progs dans les enveloppes (et c'est l'exquis J-C qui se chargera de les déposer demain à la poste auprès de Madame S. avec qui rdv a été pris)
mercredi 3
(multiples choses prévues, il faut que je m'organise)
par sms je souhaite un bon anniversaire à Marie en m'excusant d'avoir raté le bon jour (je pensais que c'était le 2) mais elle me répond que c'est justement le bon jour! (alors c'est bien)
(je passe à la librairie du coup pour lui offrir un petit chèque-cadeau)
13h30 : FILS DE. (260) une comédie "politique" vaguement anar sur l'effervescence de la classe politique franco-française (les grenouillages, les chausse-trape et autre coups de putes) avant la nomination d'un nouveau premier ministre (ou nouvelle, comme cela pourrait être le cas ici) c'est bordélique, ça fait sourire, on ne comprend pas toujours tout, ça surprend même parfois, mais ça offre surtout l'immense plaisir de voir Nathalie Richard en, justement, future ex-premier(e) ministre(e)
j'ai le temps de repartir au labo pour la nouvelle analyse de sang prescrite par ma docteure
et je reviens juste pour VOYAGE AU BORD DE LA GUERRE (261) d'Antonin Peretjatko, en séance privée, à la 11 : je suis obligé de sortir une première fois pour expliquer à maya que le son est à un niveau insupportable (elle l'a baissé depuis son ordi, est venue dans la salle vérifier mais c'était encore trop fort, donc elle est partie le remettre à un niveau acceptable) mais ce n'est pas tout : je mets un certain temps que ce film, réalisé par un français (avec une voix-off française), avec des intervenants ukrainiens, anglais ou français, est toujours sous-titré en anglais (sauf lorsque ce sont des anglais qui parlent, où, là, c'est rien sous-titré du tout), je retourne donc voir maya, lui explique le problème, c'est donc la version anglaise qui a été téléchargée, mais elle n'en a pas d'autre sous la main donc, aimablement, elle me rembourse ma place, en me disant que je peux aller voir la fin du film si je veux (il dure à peine une heure, et j'en ai donc manqué une bonne partie...), et j'apprécie le geste
le soir je commence à regarder sur N*tflix la série MINDHUNTER S1.E1 de David Fincher
je reçois mes résultats d'analyse : encourageants! (les antibios ont commencé à faire de l'effet)
jeudi 4
8h45 : rdv chez ma docteure, qui me fournit quelques ordonnances et lettres pour des spécialistes (bien plus que ne m'en a donné mon généraliste) puis me dit au-revoir en me confirmant qu'elle ne prend pas de nouveaux patients
midi au Globe c'est la rentrée! tout le monde est là! Je donne son petit cadeau à Marie. j'ai envie d'une grosse entrecôte, et je prends donc une grosse entrecôte (ça fait du bien, oui, il m'arrive d'être un viandard)
chaque fois que je marche, ma jambe droite déconne, soit me fait mal, soit se dérobe, c'est mieux lorsque je marche à tout petits pas (j'ai l'impression d'avoir 100 ans)
13h30 : MERLUSSE (262) un très vieux Pagnol inconnu, magnifiquement restauré, qui commence de peu attirante façon (un vieux prof borgne et qui pue, selon les élèves est chargé de surveiller un groupe de gamins) et se transforme en hyper-conte de Noël d'autant plus délicieux qu'on ne l'avait pas du tout vu venir (moi, en tout cas). Oui, délicieux.
15h45 : EXIT 8 (263)un film japonais classé "horreur et épouvante", ce qui est un peu excessif (à part une scène, c'est vrai, quand même), l'adaptation d'un jeu vidéo, et un pitch intéressant : pour trouver la sortie 8, un homme doit effectuer un parcours sans erreur (chaque fois qu'il en remarque une, il doit faire demi-tour, sinon ils est impitoyablement renvoyé au départ. Le film m'a laissé... perplexe.
et je rentre à la maison en marchant à tout petits pas (j'ai trouvé une place devant le Palais de J.)
Hmm quelques degrés supplémentaires, ça réchauffe par ces temps de novembre en août. Vu cet après-midi le très beau film de Claire Simon, en suis sorti un peu troublé, ai essayé d'en comprendre un peu le pourquoi. La réalisatrice, comme on dit, "vient du documentaire", et ça se sent, tant la caméra est proche des personnages, attentive, tant les cadrages sont minutieux, composés, tant la narration est documentée.
Livia est une adolescente qui, tombée de cheval (très beau premier plan que cette chute off), est ranimée par Jean, un pompier (que le spectateur -bonjour l'identification arghhh déjà je bave- découvre par l'intermédiaire de Livia) et va illico en tomber amoureuse (se persuadant en même temps que cette passion est réciproque), et qui va faire tout ce qu'elle peut (et qu'il ne faut pas) pour que son beau pompier la puisse tenir dans ses bras. Elle ira jusqu'au bout... (lui aussi d'ailleurs)
La djeun, c'est Camille Varenne, une nouvelle venue (peut-être un peu trop regardez comme je fais la gueule à mon goût mais bon je ne suis pas réalisatrice). Le pompier c'est Gilbert Melki (là ,je pense que les sourcils de certain(e)s vont commencer à se dresser, en signe d'intérêt soudain) toujours aussi craquant (je n'y peux rien, il me fait fondre, surtout qu'ici Gilbert a la délicatesse de nous exposer -fugitivement- son Melkiki lors d'une scène de douche aussi frontale qu'humide...) Il y a aussi, en contrepoint, la mère de Livia et sa copine, le père de Livia et son copain (?), et, surtout le groupe des ados désoeuvrés -c'est le début des vacances- au sein duquel évolue Livia (copains, copines, dérapages en scooter, premiers émois, mise en commun des infos ("alors, t'as vu sa queue ?") premières leçons de bisou avec la langue, et j'en passe...)
Le téléphone portable (et les sms) joue(nt) un rôle important dans l'échafaudage de cette passion (un peu comme dans la partie adolescente du très beau Be with me d'Eric Khoo). Echange de numéros, attente de l'appel de l'autre, envoi de sms auxquels l'autre ne répond pas, conversation téléphonique alors qu'on pourrait se parler directement (très belle scène solaire au téléphone entre Jean, torse nu sur le toit et Livia, juste en dessous -elle le voit, mais lui pas- ). Et le feu aussi, bien evidemment, a une grande importance, qui ira croissante au fil du film. On l'attend, on sait qu'il ne peut pas en être autrement. Car, à force de souffler sur les braises, ça finit par cramer, et, c'est bien connu, les petites flammes font les grands incendies...
Tout ça est très juste : justement vécu, justement filmé. Sans insistance moralisatrice ni procédurière. Que ce soit la famille pour le moins bringuebalante/recomposée de Livia, le foyer de la caserne des pompiers, les soins aux chevaux, une balade dans la garrigue, une alerte au feu, tout est filmé avec la même acuité, la même attention. Avec ici et là les balises sonores de la superbe musique de Martin Wheeler, quelques boucles râpeuses, guitare électrique, clavier. Comme posées en équilibre instable. Prudence.
Et quoi de plus touchant/troublant que ces premiers émois d'une adolescente, face à un adulte à peine croisé, qui va subitement dans sa vie prendre de la place, puis toute la place, où chaque geste ou mot ou silence ou attitude de l'autre est interprété (bien sûr dans le sens qui l'arrange) par Livia comme un signe, une preuve de plus, elle se bâtissant ainsi une cathédrale chimérique, refusant de se plier à la réalité des mots, des signes, jusqu'à préférer tenter d'infléchir cette réalité, justement, pour la rendre conforme à son espoir.
(Hmmm à mon âge si c'est pas malheureux de m'identifier ainsi et de projeter, et de midinettiser... Tiens, on dirait que je me mettrais à faire du cheval, et que j'aurais un accident ???)
Euh c'était quoi ? hein, ça racontait quoi ? Dans ce dernier film, on a l'impression que Kitano a pété les plombs. Grave. Drôlement. (Drôlement grave ou gravement drôle ?) On sort de là un peu ahuri, mais -en ce qui me concerne- RA-VI! , devant l'objet en question. Kitano l'acteur, c'est ce personnage de tueur glacial et impassible (le premier vu, Hana-Bi, en 97, en compagnie de plusieurs japonais qui se marraient comme des baleines nippones pendant tout le film, ce qui m'avait déjà fait me poser quelques questions sur le sérieux de l'entreprise) à lunettes noires et gros flingue qu'il a utilisé dans plusieurs films, avec quelques variations. Kitano le réalisateur, lui, a su nous entraîner, doucement, progressivement,vers un ailleurs plus improbable (parti de l'hybridation entre la violence la plus brutale avec l'humour le plus saugrenu, il a su bifurquer vers la tendresse lacrymale ou l'esthétisme bluffant) à travers des films aussi différents que A scène at the sea (très zen), L'été de Kikujiro (très drôle), ou Dolls (très beau, très triste). Zatoïchi, l'avant-dernier que j'ai vu, faisait déjà l'effet d'un sacré drôle de machin, entre l'ultra-violence tellement ultra-violente qu'elle en devenait drôle, (ah, ces bras tranchés au sabre avec les arabesques du sang qui gicle...) et la scène finale, où répparaissaient tous les personnages du film pour une apothéose aussi chorégraphique que bordélique. Déjà là on aurait du un peu se douter...
Spatialement (pour simplifier -?- les choses) Takeshis' est comme un oignon percé de clous de girofle : on peut en faire le tour de l'extérieur, et, dedans,il y a toute une série de pelures concentriques, de plus en plus serrées, qu'on peut traverser indifféremment dans un sens ou dans l'autre, pour passer d'un plan de réalité à un autre, au moyen d'objets ou de personnages qui sont autant de clés ouvrant des portes potentielles (on ne sait jamais ce qu'on va trouver derrière) : un flingue, un bouquet de fleurs, une chenille, un cuisinier acariâtre, une groupie énamourée, un clown triste, deux sumotori, des joueurs de mah-jong... Poussant jusqu'au bout sa logique schizoïde, Kitano y interprète deux rôles : le sien "en vrai" (qui est déjà double : l'acteur Beat Takeshi et le réalisateur Takeshi Kitano) et celui de son sosie, acteur raté, qui enchaîne les auditions ratées, travaille peut-être dans une supérette, porte un joli blouson croquignolet rose et vert, et visiblement passe son temps à se faire son cinéma... Les deux alter ego vont se croiser plusieurs fois, mais au bout d'un moment on ne saura plus vraiment qui est qui et qui fait quoi (et vice-versa) Un genre de version nippone de La science des rêves ? Ben, on n'en est pas très loin... vous savez, comme ces rêves où on rêve qu'on rêve, et qu'on se réveille, et qu'on raconte son rêve dans le rêve. Sauf que là, pas de bricolage (aïe, je ne vais pas me faire encore que des amis!), que du cinéma, et des artifices de cinéma ! Et que ce(s) rêves(s) éveillé(s) n'a (n'ont) pas tant pour objet l'amour (et la jolie voisine) mais plutôt le film et la place qu'on y tient. (D'ailleurs Kitano avoue avoir utilisé deux vrais rêves lui appartenant pour les inclure dans le film) Donc ça flingue à tout va (quand est-ce que c'est vrai/vrai et quand est-ce vrai/faux ?) ça auditionne, ça joue au mah-jong, ça mange de la soupe (ou des spaghettis bolognaise ?) ça met des yakusas à la poubelle, ça fait le clown, mais surtout, ça ne se prend pas au sérieux (ou -nuance- ça fait semblant de)
Bref, ça m'a séduit, conquis, emballé, par ce côté extrêmement léché, élaboré, mais, en même temps, très coq-à-l'âne (certains diront confus), bordélique, do it yourself.
Vous connaissiez déjà l'auberge espagnole, venez visiter l'auberge japonaise!
(ps : ce post a été écrit complètement à jeun, je le précise)
Ce matin, j'amène au garage ma vaillante 306, pour toute une série de réparations pré-contrôle technique. Je la monte donc "sur le pont" (j'ai horreur de ça) grâce aux instructions manuelles d'un jeune mécano, puis on établit ensuite ensemble la liste des trucs et machins à changer (enfin, surtout lui, moi je dis juste "oui oui" ou "ça va encore me coûter bonbon...") Devant la liste des travaux à faire qu'il m'énumère (train avant, pot d'échappement, pneus arrière, clignotant...) je rétorque que je ferais peut-être mieux d'en acheter une autre... Et le jeune homme à peine pas rasé (il a quoi, vingt ans ? vingt-cinq maxi ?) me répond tout de go, en continuant d'ausculter le silencieux, un définitif "Les voitures, c'est comme nous, elles vieillissent..." Et je me retiens alors de ne pas l'assommer à coup de démonte-pneus en lui hurlant dans les oreilles "Oui, oui, sauf que toi t'en a à peine vingt-cinq et moi deux fois plus!" mais je réussis à rester de glace. Voilà, je peux revenir ce soir. Et payer en plusieurs fois si je veux, m'a dit le patron qui a une tête qui me revient bien.
(composition bucolique sur le capot de ladite 306)