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lieux communs (et autres fadaises)
19 mai 2006

je goûte

(...)
de la côte de boeuf
de l'artichaut
du kir-châtaigne
des garriguettes avec du sucre et de la crème
des carottes à la crème
du picon-bière
du poulet rôti (de Bougnon)
du très bon comté
des pâtisseries orientales
des chips cheese and ham flavor
du nutella à la petite cuillère
de la confiture de coings
du jus de framboise
du taboulé
des concombres à la crème
du pain complet
du roquefort avec du beurre
des moules marinières
du pâté en croûte au vin jaune
des amandes caramélisées
des anchois
des quenelles sautées à la poêle
de la crème dessert arôme biscuit
de la salade Neptune
du Lavandou
des biscuits de Montbozon
du jambon à l'os
des abricots
du lait frais
...

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21 décembre 2016

507 phoques

INUPILUK  + LE FILM QUE NOUS TOURNERONS AU GROENLAND
de Sébastien Betbeder
LE VOYAGE AU GROENLAND
de Sébastien Betbeder

Cette semaine on voyage dans le bôô cinéma, avec non seulement un long-métrage mais aussi un programme réunissant deux courts du même réalisateur, avec les deux mêmes interprètes, Thomas B. et Thomas S. L'ensemble formant une trilogie très cohérente (et à voir de préférence dans l'ordre :
1) INUPILUK : nos deux Thomas reçoivent à Paris deux inuits envoyés par le père de Thomas B. Personne ne parlant la langue de l'autre, chacun communique comme il peut... A la fin, les deux inuits se font promettre par les deux thomas  de leur rendre visite au Groenland...
2) LE FILM QUE NOUS TOURNERONS AU GROENLAND
Les deux Thomas retrouvent dans leur bar préféré (Les Idiots, déjà nommé et remercié dans Inupiluk mais aussi 2 automnes, 3 hivers) le réalisateur (mais aussi une équipe de France-Cu) pour ébaucher le scénario du film qu'ils tourneront ensemble au Groenland, puisque la promesse faite à leurs nouveaux amis inuits semble sur le point de se réaliser. Quels personnages, quels ressorts dramatiques, quelles scènes, quels enjeux etc.
3) LE VOYAGE AU GROENLAND
Où il est intéressant de constater dans quelle mesure les propositions du 2) ont été conservées, et la façon dont elles fonctionnent.

Jeudi, nous avons donc enchaîné les deux séances.
Pour Inupiluk, on était quatre (comme qui dirait en famille : Pépin, Coralie et Gigis). Pour Le voyage on était un peu plus...
On constate que ça commence exactement comme ça avait été évoqué dans Le film... , l'arrivée des deux Thomas en hélicoptère dans le village au nom imprononçable où les accueillent leurs deux copains inuit de Inupiluk ainsi que le père de Thomas B. il faut reconnaître que le Groenland c'est photogénique et ça a sacrément de la gueule sur pellicule... Nos deux amis vont donc découvrir les autochtones (ça commence assez rapidement le jour même, lors d'une fête en leur honneur, avec dégustation de foie de phoque cru, à la bonne franquette, pardon, plutôt  à la bonne groenlandette). pas facile toujours de (se) comprendre, mais chacun y met du sien. Le film est craquant, comme la croûte de neige fraîche sous les pas de nos apprentis joggeurs (la fonction du jogging suscite des questions chez les inuits...). Les parisiens découvrent les moeurs locales, et tentent -parfois avec un peu de mal- de s'y accoutumer, (mais la réciproque est vraie).
On retrouve ce qu'on aime chez Betbeder, cette attention qu'il porte aux personnages, cette tendresse, oui, pourrait-on dire (on pourrait presque voir passer les ectoplasmes transparents et bienveillants de Bastien Bouillon et Vincent Macaigne...). Et, dans le même esprit, on le remercie de ne pas se servir des inuits comme des faire-valoir folkloriques. Si couleur locale il y a, c'est le blanc. Pareil pour tout le monde. Nos deux zozos découvrent, observent, questionnent, s'interrogent (et on a du mal à se dire que tout ça n'est que du cinéma tellement ça sonne juste, simple, et "vrai"...) On pourrait parler de bouffée d'oxygène, de bulle d'humanité, de parenthèse enchantée. Oui c'est tendre et c'est drôle (la scène de Pôle -hihi c'est le cas de le dire- Emploi est, notamment, un sommet).
Le voyage au Groenland, c'est tout ça. Et c'est tout ce qu'on aime.

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17 décembre 2017

judas! judas!

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KHIBULA
de Georges Ovashvili

Georges Ovashvili est un réalisateur géorgien dont on a déjà programmé (dans le bôô cinéma) les deux premiers longs-métrages (L'autre rive et La terre éphémère), qu'on aima ici beaucoup, et il était donc logique qu'on fasse de même avec ce troisième (le programmer et beaucoup l'aimer). C'est chose faite (même si on n'était que 3 à la première séance, pour cause d'horaires non seulement inadéquats -les séances de 13h45 dites "séances de retraités"- mais également fluctuants et imprévisibles... Oui c'est comme ça dans le bôô cinéma, et de plus en plus -et j'avoue que ça commence à me courir-...)
Cette fois (revenons à notre Georges O., qui n'y est absolument pour rien) il s'agit d'une histoire vraie, celle d'un Président, Zviad Gamsakhourdia, qui a été destitué suite à un putsch (l'histoire est complexe, et j'avoue que j'ai eu recours aux services de wikipédiuche pour en savoir un peu plus) et s'enfuit, entouré d'un groupe de fidèles partisans, poursuivi par une "junte" dans une traque dont on pressent bien qu'elle ne s'arrêtera jamais... Fuir, et encore fuir... A travers les magnifiques paysages géorgiens (Ovashvili est un extraordinaire filmeur de paysages, entre autres) il se réfugie, avec son groupuscule, une garde rapprochée de rudes gaillards géorgiens, (et en compagnie de son -attendrissant- Premier Ministre), dans des fermes, des maisons isolées, rencontre des gens, mais jamais pour très longtemps... A chaque fois il faut repartir. Le voyage, dans cette marche forcée, cette fuite en avant inéluctable, est tiraillé entre le lyrique et le glaiseux, entre la poésie et le terre-à-terre.
J'aime ce film parce qu'il fait partie du genre de biopic que je préfère : le biopic allusif (ou biopic par la bande). On peut très bien voir le film sans savoir qu'il s'agit d'un vrai fait-divers, mais comme une histoire abstraite, juste cinématographique, une méditation (j'avais écrit médiation, ça n'est pas mal non plus) sur le pouvoir et la solitude qu'il engendre (même s'il est toujours entouré, accompagné, il est néanmoins très seul, ce Président), un déplacement doublé d'un survol "folklorique" de la Géorgie, ses chants et ses danses (ça chante beaucoup dans le film, des femmes parfois, des hommes souvent, on n'est pas chez Jacques Demy, mais à chaque fois ou presque c'est très émouvant), une progression dramatique rectiligne en apparence, mais dont on s'aperçoit au fur et à mesure qu'elle est délicatement trouée de lambeaux oniriques. Ces beaux surgissements émaillent le récit de chausse-trapes le rendant délicieusement instable.
Et j'aime beaucoup cette idée de laisser, à la fin, notre héros face à son miroir, le rasoir à la main, sans trancher (!) entre les différentes possiblités que le dernier déroulant nous exposera par écrit  : suicide ? assassinat ? C'est -presque- à nous de voir. La seule certitude c'est qu'il est mort, le 31 décembre 1993, dans le village de Khibula...
Encore un autre film fascinant (cette fin d'année nous les aligne), où l'on apprend plein de choses, notamment que
1) en Géorgie on boit de l'alcool de grenade
2) en Géorgie, à 19 ans, on peut déjà avoir une grosse barbe bien drue
3) en position automatique, un flingue lance toutes ses balles, mais si on appuie sur ce bouton, là, il ne part plus qu'une seule balle à la fois
(le sens du détail)

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4 janvier 2018

abc de riom

# comme #touchetaviande
une astuce racontée par Pablo, en pliant les doigts de la main pour évaluer la cuisson de la viande quand on fait un barbeuk' à laquelle je n'ai rien compris sur le coup, et qui a nécessité de multiples explications

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A comme Aire de Mirande
lors du trajet en bus Besac/Lyon, une pause de trente minutes sur une aire maussade où il n'y a pas grand chose à faire, mais Dominique y rit beaucoup (la mini-grande balade)

A comme Algues
algues de Patagonie, s'il vous plait, dont l'apparence vaguement extra-terrestre (les tentacules gluants) n'a pas attiré les foules (et l'absence de goût et le caoutchouteux de la texture non plus)

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A comme Assiette (sous le bol)
J'avoue qure je ne suis pas coutumier d'un tel raffinement au petit déjeuner

B comme Bonnet
le mien faisait envie à Dominique, et elle a fini par en trouver un à Noz, bien sûr

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B comme Bouillon
celui de la poule au riz était tout simplement sublime, j'en ai repris plusieurs fois, et le lendemain aussi d'ailleurs

B comme Buck Danny
où Pascal retrouva visiblement avec grand plaisir les bandes dessinées de son enfance et s'y plongea avec délices

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C comme Cacas de chiens
Riom est une jolie ville mais dont les trottoirs sont scandaleusement crottés, il faut regarder par terre tout le temps pour savoir où on pose le pied

C comme Casserole de lait
pour chauffer le lait le matin (pour le Ricoré), il ne faut pas prendre n'importe quelle casserole, mais celle avec le bec verseur, préconisée par Maman

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C comme Chocolats Trogneux
où il fut question, au repas, d'une "riche héritière d'une famille de chocolatiers"...

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C comme Compost
les opinions varièrent sur ce qu'il était envisageable d'y mettre ou pas, et j'ai posé toutes les questions bêtes que j'ai pu : et les kiwis ? et le gras de jambon ? et le pamplemousse ? et les pattes de langoustines ? etc.

D comme Dés
c'est avec des dés qu'on a joué pour connaître l'ordre de passage de choix des cadeaux (résultat Do, Dominique, Pascal, moi, et Malou)

D comme Dominique(s)
nous n'étions que cinq mais il y en avait deux (et elles présentent quelques points communs...)

E comme Églises
chaque fois qu'on est passé dans un patelin, on en a visité -au minimum- une, et je dois reconnaître que certaines m'ont agréablement surpris

F comme Flixbus
tout s'y est finalement très bien passé, à tel point que j'ai fort envie de rééssayer (en été ça doit être super pour photographier les routiers...)

F comme Foehn
ça a soufflé très fort, mais la maison à tenu bon (et la plupart des volets aussi), c'est "l'effet-foehn" a dit Pascal

G comme Gouroute
c'est désormais le nouveau titre officiel de Dominique pour Malou, qui a bien voulu reconnaître l'emprise spirituelle qu'elle exerce sur elle

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J comme Joseph
"le" meilleur pâtissier / traiteur de Riom pour Malou, en tout cas son préféré, qui nous a effectivement procuré plusieurs émois

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M comme Maison de retraite pour poules
Il en fut question un jour à table et le sujet en fut longuement débattu... (personnellement, je suis pour)

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M comme Menu(s)
ils étaient tous écrits sur une feuille dès notre arrivée, et furent respectés quasiment à la lettre (et j'en suis encore ému quand j'y pense...)

M comme Mozac et Marsat
deux noms que Dominique n"arrivait pas à mémoriser, et pour lesquels je lui ai fourni deux éléments mnémotechniques : Mozarella et Marsala

M comme Murol
un fromage local que je ne connaissais pas, à la croûte frottée au roucou (comme la boulette d'Avesnes, mais beaucoup plus placide pour le goût) mais qui ne vaut pas le cantal

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N comme Noz
Yes! On en a trouvé un dans la zone de Riom (techniquement il est à Malauzat) où j'ai retrouvé pratiquement toutes les mêmes choses que dans celui de Vesoul

O comme Oie farcie à la caille
à propos de laquelle fut évoqué le film Riot Club, avec ses dix (?) volatiles enfilés les uns dans les autres! (sur internet je n'ai trouvé qu'une recette de dinde farcie au canard farci au poulet...)

O comme Ottolenghi
"Ze" nouveau cuisinier coqueluche dont Malou m'a appris le nom (et la recette de chou-fleur rôti en salade) mais que, vérification faite, Zabetta connaissait, bien sûr!

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P comme Pech rouge (Corbières)
un vin rouge dont je me suis suis entiché, grâce à Pascal, et dont plusieurs bouteilles, d'ailleurs, furent joyeusement vidées...

P comme Petit-déj'
Etant le premier levé, j'aimais bien installer la table pour le petit-déj' (les Dominique prennent des mugs, et les autres des bols)

P comme Portes
toutes celles de la maison, dont j'ai déjà parlé (les portes claquent, ciel mon mari!, cuisine et dépendances, etc.) à impérativement garder fermées

R comme Rhum arrangé (Don Papa)
un cadeau de Noël pour Malou (patagon, comme les algues, mais via les Philippines) dont tout le monde -et moi le premier- a honteusement et délicieusement profité

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T comme Tartiner
j'ai pris ma leçon de tartinage par la chef Malou (en fait il ne faut pas étaler, il faut juste en écraser une noix -une crotte- au milieu, sans que ça dépasse sur les bords)

T comme Triomino
J'aime beaucoup ce jeu, auquel on joua beaucoup mais où je gagnai peu

V comme Vitrail
la première maison où je séjourne avec les fenêtres de la cuisine sont en vitraux!

V comme Volvic
Une visite sous la pluie, mais le souvenir d'une charcutière particulièrement aimable et accorte (et la dame de l'office du Tourisme aussi)

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Y comme Yann Dedet
l'auteur du Point de vue du Lapin, livre que j'étais extrêmement heureux de me voir offrir (merci Malou), et que j'ai pris tout autant de plaisir à lire

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23 août 2017

dédicace

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RETOUR A MONTAUK
de Volker Schloendorf

Celui-là, je sais, je sais, je suis inexcusable, je me suis endormi pile-poil à l'endroit où, justement, il n'aurait pas fallu s'endormir... celui, où, justement, ils retournent à Montauk, et que j'ai ainsi perdu la quintessene du récit. Pourtant jusque-là je m'étais très bien comporté.
un écrivain allemand vient à New-York pour une tournée de promo pour son nouveau bouquin, (et les séries de dédicaces qui vont avec). Il y est pris en charge par son attachée de presse (jeune et mimi), il y retrouve la femme qu'il aime, mais avec qui il ne vit pas (jeune et mimi aussi) mais surtout il retrouve, par hasard, une femme qu'il aima (et que lâchement il abandonna). Librairies, cocktails mondains, bars branchouilles, appartement de haut standing, il fait la tournée des grands-ducs, répartissant son temps entre l'attachée, l'actuelle et l'ancienne, et les choses, évidemment, ne sont pas si simples... Surtout quand il commence à mentir à la deuxième avec l'aide la première pour aller retrouver la trosième en cachette.
Bon j'ai manqué l'essentiel, et donc le film n'avait plus guère de sens pour moi hélas, oui, je suis passé à côté, et entièrement de ma faute.
Photos, faute de mieux :

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Oui, je suis désolé d'être passé à côté...

28 janvier 2024

baxter, bella baxter

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PAUVRES CRÉATURES
de Yorgos Lanthimos

(ah) ça fait une semaine que j'ai vu le film et je n'ai pas encore écrit une ligne dessus (j'étais juste assez content d'avoir trouvé le titre du post, et je me suis arrêté là... (reposé sur mes lauriers)
Le film nous est tombé du ciel en tant que film A, moitié des sénces en VF et moitié en vo : je suis allé à la première séance en VO et j'y étais tout seul! Bon, je vais être honnête, je ne suis pas un inconditionnel du réalisateur : aucun de ses films ne m'a vraiment enthousiasmé (j'aurais peut-être une certaine indulgence envers THE LOBSTER, mais peut-être juste à cause de Colinchou Farrell), certains m'ont même au contraire franchement refroidi (MISE A MORT DU CERF SACRÉ, par exemple, le post est ). J'aurais tendance à ranger cet homme dans la catégorie des "réalisateurs méchants" (aux côtés de, par exemple, Michael Haneke)
Donc je me suis assis au dernier rang, là où on peut encore mieux étendre ses jambes, avec précautions, comme si j'avais peur de poser mes fesses sur un hérisson (j'exagère à peine : je ne savais pas du tout ce que j'allais voir, et, connaissant le bonhomme, forcément j'appréhendais un peu...).
Ca commence : il est question d'un savant genre Frankenstein (Willem Dafoe à qui on a fait, paradoxalement, la tête couturée du monstre du même nom), qui engage un jeune assistant pour s'occuper de la "créature" qu'il vient de fabriquer : une jeune suicidée de fraîche date, enceinte, morte par noyade, à qui il vient de greffer le cerveau de son bébé.
Baxter, Bella Baxter, (interprétée par la jeune Emma Stone que je n'étais pas sûr de connaître auparavant) qui revient donc à la vie et qui la réapprend. Mais rien de durassien là-dedans. Si au début on était plutôt du côté de Tim Burton (la naissance d'EDWARD AUX MAINS D'ARGENT, ce genre là) on va ensuite progressivement basculer vers la façon de voir ("désormais un peu injustement oubliée" dirait alors à son propos Téléramuche) de ce cher vieux Peter Greenaway (qui se souvient encore de Peter Greenaway, hein ?). Baroque à tous les étages, décors surchargés, costumes, accessoires, mise en page de l'image, composition, ne manquerait plus que la musqiue sautillante de ce cher Michael Nyman pour qu'on s'y croit (encore une fois j'exagère à peine...).
Bella, corps de femme et cervelle de bébé -je dis ça, je dis rien-, découvre son corps (et entend bien en profiter par tous les bouts), les autres, le désir, la fornication (gratuite ou tarifée), bref elle fait son éducation, voyageant de ci de là de par le vaste monde (de ci, de là, et le réalisateur a la gentillesse de nous préciser à chaque fois le point de chute comme titre de chapitre, dans cette typographie grêle et étirée dont je ne sais pas si je l'apprécie ou si elle m'agace...) Et donc on la suit, parfois de près (on a souvent carrément le nez dessus) et parfois de plus loin, comme le font tendrement son créateur et son mari putatif (le gentil assistant du bon docteur)...
Mais bon, tout seul dans ma grande salle, j'ai commencé par un peu piquer du nez (arghhh) puis j'ai suivi ça d'un peu loin, avec un certain plaisir, ne nous le cachons pas, mais pas non plus exagérément. Comme j'étais tout seul, je pouvais sortir mon téléphone sans vergogne pour voir l'heure qu'il était (mauvais signe).
j'ai trouvé Emma Stone (que je ne connaissais pas) tout à fait extraordinaire. L'ensemble m'a semblé (!) peut-être "un peu convenu" (ceci n'étant que pour rendre la monnaie de sa pièce à Claude W. qui avait ressenti cela à propos du Wenders, et par contre adoré celui-ci.) et trop long, sans doute. Conte noir, conte gothique, conte moral, certes, mais, au bout du conte...
Et voilà.

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21 juillet 2017

carillonneurs

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VISAGES  VILLAGES
d'Agnès Varda et JR

C'est toujours un peu délicat, ce cas de figure : aller voir un film alors que plusieurs de vos amis l'ont déjà vu, et vous ont fait savoir combien ils le tiennent en haute estime (c'est pour ça qu'en général j'essaie d'y aller le plus vite possible) : on est un peu inquiet, on se demande, on se dit et si? Et si je trouve que ce n'est pas si bien que ça ? Et si je suis déçu ? Suis-je donc si différent ?
Et puis ça commence, très vite, à la séance de 18h40 (! une première dans le bôô cinéma) et dans la salle 11 (celle avec les sièges qui s'allongent en transat) où une blonde vient s'installer juste à côté de moi avec sa copine, alors que le salle fait 400 places au moins... Mais je ne dis rien, je souris, je suis rempli de mansuétude... encore à mon inquiétude primale (et si? etc.) Et, dès le début, je sens que ça va me plaire, mieux, que ça va me faire jubiler (le truc qui monte au niveau du plexus, et les larmes aussi), et je me retrouve assez vite dans cet état intense où m'avait plongé, par exemple, Les rêves dansants (le film où des ados remontent une pièce de Pina Bausch).
J'avais pourtant souri en lisant, dans un premier temps,  les critiquettes assassines de plusieurs journaux (de mémoire Libé, Télérama et Les Inrocks, mais je peux me tromper) et l'indignation furibarde d'Hervé lorsque je lui en avais fait part. Si je me demandais, avant, de quel côté j'allais vien pouvoir me ranger, dès que le film a commencé, les choses étaient claires : sans hésiter, du côté d'Agnès V et de JR.
JR, je connaissais plusieurs de ses oeuvres sans savoir forcément que leur créateur se nommait ainsi (notamment celle avec le prêtre le rabbin et et l'imam qui font des grimaces, que j'avais d'ailleurs reproduite ici). Et sa démarche, comme du Pignon-Ernest démesuré, est de celles qui me touchent instantanément. Agnès Varda est de celles aussi qui me touchent beaucoup, même si pas à chaque fois aussi fort, et l'idée de les voir partir tous les deux sillonner la France à la rencontre des vrais gens dans un camion m'a fait faire un clin d'oeil mental à un autre photographe très aimé, l'ami Rayray (Depardon, bien sûr), même si la démarche n'est pas tout à fait la même.
C'est vrai que nos deux héros interprètent des voix off qu'on sent un peu très (trop ?) écrites, mais, puisque de jeu il est question, jouons le donc.
Comme un jeu de l'oie (ou de marelle) à travers la mémoire d'Agnès, accompagnée par JR, on roule, on cogite, on s'arrête, on visite, on recogite, on s'installe, on rencontre, on extrapole, et on laisse une trace. Et c'est extraordinaire comme ces deux-là réussissent à mélanger intimement le réel avec ce dispositif appelé art (ou l'art avec ce dispositif appelé réel).
Des mineurs, une jeune fille à l'ombrelle, Nathalie Sarraute, un agriculteur solitaire, un facteur, Guy Bourdin, les ouvriers d'une usine, une chèvre avec ses cornes, des femmes de dockers, la tombe d'Henri Cartier-Bresson (et celle de Martine Franck dont j'ai appris qu'elle s'appelait aussi Cartier-Bresson - Philou m'a fait un peu honte en me disant que même les gens qui ne s'intéressent pas à la photo le savaient-), la grand-mère de JR, et un bel absent ultime dont je vous laisse la surprise... beaucoup qu'on montre, certains dont on ne fait que parler, et parfois les deux. de ci, de là... Entre coq-à-l'âne et avatars et coquecigrues (juste pour le plaisir de placer ici ces mots) une sacré belle et riche promenade sur un double chemin : à la recherche du temps perdu, ou des moyens de le retrouver, mais aussi à la rencontre des gens (des vrais, les comme vous et moi) même si parfois avec une certaine candeur. Celle des enfants. Alors on dirait qu'on serait... Alors on dirait q'on ferait... Le grand jeune et la petite vieille, bras dessus bras dessous, qui se taquinent. Dont les silhouettes pourraient évoquer Don Quichotte photo et bah ça va être mal interprété si je la surnomme Sancha Pancetta cinéma ? Mais c'est juste très affecteux, affectueusement potache même (un peu comme parfois certains dialogues du film hihihi...)
Joueur, ludique, enjoué, (en)jeu de société, divin divertissement, des kilomètres et des années, bottes de sept lieues, passe-temps, bagatelle légère en apparence mais toujours ça et là discrètement voilée d'une plus ou moins (im)perceptible brume de nostalgie, mélancolie, appréhension, appelez ça comme vous voulez, bref le petit grain de sel qui en fait toute la saveur.
Un film magnifique, voilà, c'est dit, je peux dormir en paix.

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l'affiche

mais aussi :

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14 juillet 2017

eurocks 2017

L'an dernier j'avais zappé, l'année d'avant j'avais fait 3 jours, et peut-être l'année encore d'avant aussi... Quand je n'y suis pas, j'ai envie d'y aller, et souvent quand j'y suis, ça me gonfle... (c'est toujours facile de trouver une raison : le nombre de gens, la chaleur, la pluie, le prix des bières, la qualité des concerts, l'état des toilettes, etc.). Cette année j'avais décidé a priori de ne pas y aller, et la programmation au début semblait me donner raison, quand est soudain sorti du chapeau, pour le dimanche, le nom de Bachar Mar-Khalifé, qui est un monsieur que j'aime vraiment beaucoup.
Du coup, j'ai réussi à décider Catherine de m'y accompagner, et nous nous sommes joints à l'attelage Manue/J-H qui, eux, avaient pris trois jours sur quatre. S'est joint à nous Pascal, qui, lui, n'y était pas allé depuis 25 ans (Catherine, elle, n'y était encore jamais allée). Nous sommes partis tous les cinq, direction le village où on peut se garer pas trop loin du site, joyeux et insouciants en apparence mais chacun en lui regardait avec inquiétude les nuages bas qui s'amoncelaient, puis ont commencé à donner de la pluie, qui ne s'est ensuite plus arrêtée. On se rapprochait, et il pleuvinait toujours. On est arrivé au village, on s'est garé, et on a sorti l'attirail, puisque la pluie s'entêtait : vestes de rando, capes cyclistes, ponchos imperméables, et nous voilà partis sous la pluie, mais toujours de bonne humeur. Arrivés à l'entrée du site (ou j'avais pris en photo, il y a trois ans, un groupe de jeunes gens torse-poil) crapahutait avec nous une foule compacte, en majorité imperméablisée et vulcanisée, bottée et plastiquée, même si certains mâles alpha paradaient  résolument en mode short et torse poil, (ah, jeunesse insouciante...) mais pas question de sortir l'appareil-photo.
La fouille à l'entrée fut succincte, et nous sommes entrés, (toujours en possession de tout ce qui était dans nos sacs respectifs) et nous étions juste à l'heure pour le concert à la plage du Group Doueh & Cheveu. les roadies installaient le matos, il pleuvait, la plage était déserte, et nous étions massés sous un arbre, serrés comme un troupeau d'animaux plaintifs, et ça pleuvait, et ça pleuvait. Je suis resté là avec Catherine, pendant que les trois autres allaient voir Run peu plus loin.
Le concert a commencé, il pleuvait toujours, j'envisageais morosement les heures à venir sous les auspices les plus sombres (comme je le leur ai dit plus tard, je me sentais à la limite extrême de ma "zone de confort"...) mais comme le concert était très bien, ça compensait un peu la flotte... A l'horizon est alors apparue dans le gris fuligineux une mince barre de ciel bleu (une "culotte de gendarme"), qui s'est mise tout doucement à grandir, au fil du concert. Je suivais des yeux la progression de cette barre bleue, l'espoir revenait infinitésimalement... Et voilà qu'un peu avant la fin, plocplocploc plocploc ploc, et puis        plus rien. Bonheur. Et imperméables de s'ôter, et soleil de revenir, et sourires de réapparaître...
Le ciel était bleu, j'ai même sorti illico l'appareil-photo pour immortaliser juste devant un touchant jeune homme torse nu avec un sac à dos ppikachu...Les trois autres sont réapparus, et Pascal nous a confirmé, via la météo sur son phone, qu'il ne repleuvrait plus, au moins  dans l'heure suivante... yesss! Nous sommes allés chercher notre première bière (et grâce à Manue j'ai obtenu "le" verre de l'année, merci Manue!) et nous sommes donc, avec Catherine, descendus tout au bord de la plage, contre les barrières, car le prochain c'était Bachar M-K, et  on avait envie d'être le plus près possible. Eux allaient voir Royal Blood.
On a attendu un peu, j'ai photographié les roadies au travail, on a récupéré entretemps Isa et Olivier qui eux aussi commençaient à sécher, et ça a commencé assez vite... Bachar Mar-Khalifé partageait la scène avec une chanteuse , et c'était ma foi très beau, percutant, oriental, enflammé, radouci, même si j'ai juste regretté que, du coup, il chante beaucoup moins que d'habitude. Le concert suivait son cours, mais les nuages à nouveau roulaient et menaçaient, et Isa nous a prévenus qu'il pleuvrait à 20h50. Ce qui s'est vérifié puisque tout un chacun s'est remis à déballer les impers les capes les ponchos les plastoches pour assister, tous protégés, à la fin du concert (qui s'est d'ailleurs terminé magnifiquement).
Mais bon, il pleuvait, inexorablement, le sol par endroit commençait à gouillasser, il s'agissait de monter à la scène principale pour Phoenix. On s'est arreté en chemin pour se sustenter un peu dans un machin sur-bondé, une assiette de charcuterie du haut-Doubs à un prix relativement abordable (comparé à celui de la bière : 8€ les 50cl!). La montée commençait à peine à devenir glissante t boueuse (cela n'allait faire qu'empirer au fil de la soirée) et nous sommes allés prendre notre traditionnelle place ("sous l'arbre avec les lumières rouges à gauche de la sono") pour assister au concert qui venait djà un peu de commencer. Je n'avais pas encore écouté le nouvel album de Phoenix (ni trop les autres, d'ailleurs) et donc j'ai trouvé ça plutôt agréable. Le dessus du terrain, le lieu de passage devant les banc sur lesquels je convoitais une place assise que j'ai d'ailleurs fini par obtenir devenait dangereusemnt boueux collant et glissant (mais je n'ai vu personne tomber). le concert a fini sur un morceau que j'ai trouvé extraordinaire, et s'est posé alors la question de notre avenir proche (et de plus en plus gouillasseux). on a d'abord réussi à descendre jusquau Beer Palace mais en commander une s'est avéré impossible, on est donc remonté, repassé devant les bancs (en glissant et en collant) pour redescendre la grande pente (de plus en plus encombrée) direction l'autre Beer palace, juste à côté de la GreenRoom et les autres sont allés voir Savage (moi je suis resté sur un petit ilôt métallique et stable, contre le pied d'un poteau, avec à la main une bière collective que je buvais d'abord à trois avec les filles puis tout seul). Je ne sais pas comment, mais le temps a finalement passé assez vite, les autres revenant de Savage m'ont repris et nous avons re-monté la pente (la pluie s'était en revanche arrêtée depuis un certain temps).
Le sol au-dessus semblait même avoir séché un peu, et nous avons repris notre place à gauche de l'arbre, sur un terrain relativement sec (par contre, tout en haut, devant les bancs c'était toujours aussi pire). Je savais par isa qu'ils étaient beaucoup plus devant, entre la scène et l'écran de gauche, mais on ne s'est plus revus ensuite... Arcade Fire, je ne connaissais pas plus que ça, et j'abordais donc le sujet avec curiosité, c'est effectivement une grosse machine à festivals, un méga-show hyper bien rôdé, où la majorité du peublic était chaleureusement conquise, et j'ai écouté ça avec intérêt, même si a un moment il a fallu que j'affronte le no-man's-land glaiseux du dessus pour me trouver absolument une place assise sur un banc, tant j'avais mal à mes vieilles jambes... La fin a été particulièrement belle, puisque pendant le dernier morceau le feu d'artifice qui marque la fin des Eurocks a commencé, tandis que le  chanteur d'Arcade fire continuait tout seul, à capella, sur la scène éteinte, accompagnant les pétarades pyrotechniques (sacré beau feu d'articie, d'ailleurs!)
Ne restait plus ensuite qu'à repartir, comme une grande partie des 30000 spectateurs de la journée...
Bye les Eurocks 2017!

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fin de Group Doueh & Cheveu

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le jeune homme avec le sac Pikachu

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les roadies

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Bachar Mar-Khalifé

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ravitaillement 1

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Beer Palace

2 juillet 2017

gros chien noir

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AVA
de Léa Mysius

On voulait voir Ana, mais la séance était à 15h30, et donc, à 13h30, on a eu Ava. Un film dont j'avais découvert la bande-annonce quelques jours plus tôt, et dont Mimi m'avait dit qu'il ne devait pas être mal... Munis de ce viatique, nous voici 'Dominique, pacoune et moi) installés dans cette salle du Victor Hugo, où il ya avit plutôt pas mal de monde (pour une séance de mercredi 13h30). La bande-annonce bande-annonçait un film estival, le pitch l'histoire d'une gamine qui devenait aveugle, et donc à qui sa mère (jouée par Laure Calamy, qui nous ramenait vers le très estival et apprécié du mère/fille d'Un monde sans femmes) promet le plus merveilleux et le plus inoubliable des étés avant qu'elle ne perde définitivement la vue...
Le film est curieux et attachant, comme l'est l'interprète principale, une adolescente à cet âge où on n'est pas encore complètement sorti de l'enfance, mais pas du tout non plus complètement rentré dans l'âge adulte. Chrysalide, nymphe, les métaphores entomologiques ne manquent pas. Un zeste de Pauline à la plage, certes (la jeune fille, un soupirant envisageable, puis un second) où Rohmer serait talonné par Raul Ruiz, puis rattrappé par Tony gatlif (pour schématiser beaucoup beaucoup).
Il y a la vie d'Ava, il y a ses rêves et ses cauchemars récurrents, il y a ses aventures, ses fugues et ses révoltes, et la narration fait un petit pas de polka entre le naturalisme réaliste qui file tout droit, et les séquences fantas(ma)tiques qui virevoltent de ci de là (et, parfois aussi, cahin-caha va chemine va trottine)

Mais mais mais mais

comme pour son prédécesseur jarmuschien, j'ai le regret et la honte d'avouer que j'y ai beaucoup dormi. irrépressiblement, et surout au début, ce qui m'en a donc un peu haché (et gâché) la compréhension.
Me restent quelques jolies scènes  (celle de l'affiche, notamment), une très jolie QV nocturne ("On dirait une petite bête...") et le goût salé d'un film de plage et d'été (et de jeune fille en fleur et en révolte) un peu brouillon mais enthousiaste. (de ce que j'ai pu en voir, bien sûr).

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23 janvier 2016

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L'ETAGE DU DESSOUS
de Radu Muntean

Oui oui, je sais, je ne suis pas objectif sur le coup. J'adore le cinéma roumain (le "nouveau cinéma roumain", ne connaissant de l'ancien que celui de Lucian Pintilié, qui est quand même celui par qui j'y suis venu, donc...), et on essaye d'en projeter la quasi-intégralité dans le bôô cinéma, et c'est vrai que peu nous ont échappé.

De Radu Muntean, on avait déjà passé le très beau Mardi après Noël, roumainissime. Et beaucoup aimé. Et donc celui-là j'en avais plutôt envie.

C'est l'histoire de Pătrașcu, un brave type qu'on découvre prenant un peu d'exercice avec son chien, puis qui, rentrant chez lui, passe devant l'appart' de la voisine du dessous, où il perçoit les bruits d'une dispute. Comme il s'arrête sur le palier, la porte s'ouvre et en sort un jeune homme, celui qui était en train de s'alterquer bruyamment avec la demoiselle (qu'on ne verra jamais), qui le toise d'un air... peu amène, tandis qu'il reprend sa montée des marches vers son appartement. Le lendemain, on le suit (notre Pătrașcunet) sur son lieu de travail (et on met un peu de temps à comprendre justement de quel travail il s'agit, mais pas grave) : il reçoit alors un appel qui l'informe de ce qui vient de se passer dans son immeuble (on le comprendra assez vite : la voisine invisible (mais pas muette!) a été retrouvée morte...)

Le cinéma roumain a un rapport très particulier avec la réalité. Il est question d'une vie "normale", dans un cadre "normal", avec des soucis "normaux" (mais dans le "normal", il faut bien entendu comprendre "normal roumain", qui n'est peut-être pas exactement tout à fait le même normal que nôtre normal à nous, parce que les us et coutumes, parce que la mentalité, parce que le pays...). Ainsi, le poids du communisme, de la Stasi, de la surveillance généralisée, des pratiques de démerde tout aussi généralisées, ont façonné un certain comportement "normal". Qui produit des conséquences, un déroulement, un traitement, que n'aurait pas forcément produit le même évènement,  survenu dans notre France jolie (mais, surtout, filmé par un réalisateur français tout aussi joli -et normal-).

Car c'est exactement ça que j'adore dans les films roumains (dans leur grande majorité, car tous ou presque -je ne vois pour l'instant qu'Aférim! qui fasse exception- traitent de "l'ici et maintenant, avec les moyens du bord". Cette réalité banale, quotidienne, presque triviale, qui soudain, comme observée de très près (de beaucoup plus près) se transcende, se catalyse, se transmute pour devenir un curieux et surprenant élixir de cinéma. Je suis face à ces films dans un état de sidération : les faits eux-même, le rythme, les interrogations (les suppositions, les doutes, les soupçons), il suffirait de peu pour qu'on puisse taxer ça d'ennuyeux, de minimaliste, d'inintéressant (d'ailleurs certain(e)s ne s'en sont pas privé(e)s), mais, mystérieusement, on reste sur le fil ("la corde raide", que le réalisateur semble avoir tendue de toute ses forces, pour parvenir à ses fins) et on y avance, (et même parfois on y danse on y danse) mais on va come que comme jusqu'au bout.

Pourquoi Pătrașcu n'a-t-il pas dit au flic ce qu'il avait entendu ? Pourquoi est-il aussi serviable envers celui que, justement, il semble soupçonner ? Pourquoi l'autre, justement, vient s'incruster chez lui ? Pourquoi renoue-t-il soudainement (et sans raison) avec un ancien voisin, commissaire ? Le dénouement, qu'on peut qualifier d'"abrupt" -comme assez souvent chez nos amis Roumains- nous laisse le bec dans l'eau, avec toutes nos questions. Sans réponses. Mais je peux vous dire que ça gambergeait, quand on a discuté en sortant de la salle...

Encore une belle réussite. d'autant plus que c'est un grand plaisir de retrouver Teodor Corban (Pătrașcu), dans un rôle très différent (beaucoup plus taiseux, et beaucoup moins con) que celui qu'il tenait dans le magnifique (et Top10é) Aferim!.

Pupici , românii ! (Merci à Zabetta pour l'idée et à gougueul traduc pour le complément)

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L'affiche est aussi belle que juste...

22 mars 2021

poulailler 79

(en direct depuis Toulouse...)

FAUNA
de Nicolas Pereda

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Un film mexicain étonnant (pléonasme?), placé dès le début sous le signe de l'inquiétude, du malaise : une demoiselle et son copain arrivent en voiture chez les parents de celle-ci, mais ils n'y sont pas. Ils sont rejoints par le frère de la demoiselle, ils attendent devant la porte... Les parents finissent par arriver, s'ensuit une soirée pénible (surtout pour le fiancé de la demoiselle). Au petit matin, la soeur et le frère discutent d'un bouquin que le frère est en train de lire, et qui va constituer la seconde partie du film, où les personnages ont le même prénom (ou pas) mais (re)jouent une histoire différente, vaguement polar, achevant de déstabiliser le spectateur... Puis une scène nocturne avec juste la lumière des phares de motocicletas, et une conclusion qui nous laisse, volontairement dans le flou, avec quasiment une citation de Broken Flowers, sans qu'on en sache plus sur le niveau de réalité (ou de fiction). Curieux, par un réalisateur dont je pensais connaître le nom, alors que pas du tout...

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Capture d’écran (1958)

*

SIRENA
de Carlos Piñeiro

Dans un noir et blanc somptueux, un film bolivien (ce qui n'est pas si fréquent) à propos d'une expédition de quatre hommes sur une ile (au milieu d'un lac - ô ignare que je suis le catalogue m'apprend qu'il s'agit du Titicaca...), expédition comme dans les films de F-J Ossang, quatre hommes qu'on apprend à connaître par leur nom ou leur métier : un ingénieur, un officier de police, un passeur (Poma, qui servira aussi d'interprète), et Diego, le quatrième dont on ne sait pas très bien en tant que quoi il est là. Le film s'ouvre sur la traversée en bateau (et se terminera d'ailleurs, bouclage de boucle, par le trajet inverse) des quatre hommes, puis leur crapahutage dans l'île sompteusement filmé, souvent de très près (les chaussures) parfois  de très haut, à travers ce paysage rocheux et accidenté (au début on ne sait pas très bien ce qu'ils cherchent), jusqu'à ce qu'ils rencontrent des autochtones (les aymaras, qui ne parlent qu'aymara) et que tout ça commence à prendre un sens. (Mais sans forcément se stabiliser). Un film qui m'a passionné, déjà par la qualité -et le soin- de son filmage (noir et blanc, lumière, cadrage).

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Capture d’écran (1962)

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Capture d’écran (1966)

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NOUVEL ORDRE
de Michel Franco

Un film mexicain terrifiant (pléonasme ?), qui maintient le spectateur dans un état de tension perpétuelle, qui plus est va croissant tout au long du film. Ca commence par un mariage somptuaire et ça finit par des exécutions. La dichotomie riches/pauvres qui bat son plein au début de cette  uchronie/dystopie (un mariage en très grandes pompes) cède soudain le pas à cet ordre nouveau, où l'armée a soudain pris les pleins  pouvoirs pour mater la révolte populaire qu'on aura vu soudain en action lors du fameux mariage (méfiez-vous de la peinture verte...). C'est rès anxiogène et terriblement violent, et je suis quasiment sûr que je ne reverrai jamais ce film, tant la représentation de cette violence (qu'on pourrait presque qualifier de complaisante) à l'écran m'insupporte. (dans une interview donnée par Yves Cape, le chef-op', celui-ci déclarait que, dans ses sources d'inspiration le réalisateur avait revendiqué Salo de Pasolini -que je me suis promis de ne jamais revoir, et j'ai tenu parole!-). Le film a obtenu le Lion d'Argent à Venise.

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Capture d’écran (1969)

Capture d’écran (1971)

Capture d’écran (1972)

*

(ce qui, tout naturellement m'amène à ça, hihihi)

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(je suis vite allé chercher sur le ouaibe les nouvelles attest' "première version", avant qu'elle ne disparaissent dans les limbes...)

 

18 janvier 2016

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Journée de prévisionnement ACID / Diversité à Dole

3 films :

JE SUIS LE PEUPLE
d'Anna Roussillon

Déjà vu (et fort apprécié) à Belfort / Entrevues 2014. La réalisatrice (française) a posé sa caméra (Ozu en Egypte) pour filmer le quotidien d'un poignée d'habitants d'un village égyptien, pendant les "événements" (et la révolution) de fin 2011 à l'été 2013. ces gens assis, face caméra, et qui s'entretiennent avec la réalisatrice (qui est derrière, qu'on ne voit jamais, mais qu'on entend, et dont on partage le regard.

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L'affiche est assez laide (et confuse), je trouve, et risque de desservir le film

L'image utilisée à Belfort était me semble-t-il beaucoup plus forte (et donc efficace) :

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CRACHE COEUR
de Julie Kowalski

Un premier film... malcommode, portrait d'une adolescente pas sympathique du tout, qui agit toujours "contre" la situation en cours, systématiquement, tant et si bien qu'on est content quand, aux trois-quarts du film, son gentil papa (qu'elle n'appelle que "connard") finit par lui coller une tarte, (on lui en collerait bien aussi sec un autre pour la peine). Elle réussit quand même à fiche le bazar avec son père, sa petite soeur, l'ouvrier polonais qui bosse chez eux, le fils dudit ouvrier polonais, en accumulant les mensonges et la mauvaise foi... Le film a été tourné en grande partie en France, avec une dernière partie, en Pologne, souhaitée par la réalisatrice (il s'agit d'un premier film) "pour aller à rebours des clichés". Mouais...

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DE L'OMBRE IL Y A
de Nathan Nicholovitch

Celui-là je l'attendais (Hervé et Dominique m'en avaient dit grand-bien en revenant de Cannes, où il figurait dans la programmation ACID). On était prévenu(s) que "le debut était raide"... Il l'est, à plus d'un titre. Mirinda, un travesti prostitué français d'un certain âge est amené à rencontrer, au cambodge, aujourd'hui, une fillette cambodgienne, prostituée, (et mutique) avec qui il va faire une 'traversée" du pays. Le film est rude, cahotant, sans concessions, âpre, dense (plusieurs fils narratifs s'y nouent et entremêlent, sans qu'on en voie forcément, le dénouement -dénouage ?-) et soudain, au détour d'une scène, assez tard dans le film (la fillette tend  à l'homme ("le vieillard") les billets qu'elle a conservés jusque là, billets qu'il refusera) les larmes sont montées, sans prévenir, et sans que je puisse les arrêter. Et j'ai reniflé, comme ça, jusqu'à la fin, (qu'Idir nous avait qualifiée de "touchée par la grâce") et qui est parfaitement magnifique. C'est rare qu'un film me secoue à ce point-là (la dernière fois, c'était -déjà avec Dominique et Hervé- La guerre d'un seul homme, d'Edgardo Cozarinsky, qui n'a absolument rien à voir), et j'en étais  d'autant plus touché que nous avons  ensuite eu la chance de rencontrer le réalisateur (qui avait fait spécialement le déplacement) mais nous avons hélas dû repartir avant la fin...

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David d'Ingéo...

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et David d'Ingéo...

18 janvier 2021

poulailler 16

(c'est dimanche, et la neige tombée hier soir a déjà presque totalement fondu)

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une (superbe) photo d'André Kertész qui devait illustrer le post sur la photo et la Culture et que j'ai oublié d'insérer... il serait dommage de s'en priver

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"Une bonne hygiène de vie et des habitudes simples peuvent pourtant permettre d’apaiser le sommeil et de mieux récupérer. Alors, comment faire en sorte de bien dormir ?

1/ Couper les écrans (le "couvre-feu digital ")

"Il va falloir se préparer pour s’endormir et cette préparation nécessite un sas de décompression car on ne peut pas s’endormir de façon brutale en passant d’une hyperactivité à plus rien", poursuit Marc Rey.
Ce "sas de décompression" va comporter un arrêt des écrans au moins 1h avant l’heure souhaitée du sommeil. Ca, on le sait, mais savez-vous pourquoi exactement ? "Les écrans sont mauvais car ils sont enrichis en lumière bleue pour avoir un meilleur contraste. Or, cette lumière - qui peut signifier au cerveau que le ciel est bleu - bloque la sécrétion de mélatonine qui est une hormone secrétée pendant la nuit. Cet arrêt de sécrétion va dire au corps "c’est le matin" ce qui n’est pas une bonne chose quand vous comptez aller vous coucher…", raconte le neurologue.
Il y a aussi l’aspect contenu sur les écrans : certaines personnes n’ont pas de limite entre l’activité professionnelle et la vie privée. Lire un mail de travail avant d’aller dormir peut générer du stress et donc gêner l’endormissement. Les séries, qui ont un format très court, vont aussi vous hyper stimuler.qui s’ignore."

2/ Réduire les stimulations sensorielles

Il est important de n’avoir qu’une activité avant de dormir : entre lire ou écouter de la musique, il faut choisir. "Un seul sens doit être stimulé pour permettre aux autres de s’endormir", poursuit le docteur.

3/ Ne pas mettre le chauffage à fond !

Pour bien dormir, la température de la chambre ne doit pas être trop élevée, entre 18 et 20 degrés. "Pendant la nuit, le corps se refroidit. Si vous êtes dans une ambiance surchauffée, vous n’arrivez pas à la sortir la chaleur. C’est ce qui se passe l’été."
De même, évitez donc de prendre une douche ou un bain trop chaud avant d’aller dormir : vous aurez du mal à faire chuter la température de votre corps.
L’équation est simple : il est plus facile de s’endormir en hiver qu’en été ! "En hiver, il fait nuit plus tôt, donc la sécrétion de mélatonine commence aussi plus tôt. C’est aussi plus facile d’avoir une ambiance froide dans la chambre."

4/ Manger léger

Pour bien dormir, il faut que le repas du soir soit léger. "Il doit être plus riche en sucres lents pour éviter la fringale qui nous réveille la nuit. De plus, le sucre est plus facile à digérer que les protéines. La digestion des protéines produit plus de chaleur et est plus stimulante. Il vaut mieux en manger le matin et à midi."
Pour les boissons : arrêtez de boire un café ou thé après 16 heures pour ceux qui ont beaucoup de récepteurs à la caféine ou théine. En effet, la caféine bloque l’action de l’adénosine, une molécule qui met nos neurones au repos. L’effet du café intervient 1h après l’ingestion.
Enfin, l’alcool est un faux somnifère. Après vous avoir excité, il vous endort, mais d’un mauvais sommeil, fragmenté par de nombreux éveils." (estrepublicain.fr / via twitter)

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(bonne nuit les petits, 1965)

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""On ne va rien changer", a assuré samedi 16 janvier sur franceinfo Hervé Guihard, le maire de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), du mouvement Place Publique, alors que le couvre-feu à 18 heures est en vigueur depuis samedi sur tout le territoire métropolitain par le gouvernement pour lutter contre la propagation du Covid-19. "On va continuer à ouvrir les écoles, les crèches, les centres de loisirs, les centres d'accueil jusqu'aux horaires classiques. Parce que sinon, ce sont toujours les plus défavorisés qui trinquent", explique l'édile.

"On n'est pas encore dans un territoire en crise"

Hervé Guihard ironise sur la volonté du Premier ministre de "graduer la riposte" à l'épidémie : "Tout le monde à 18 heures partout en France, il considère que c'est gradué." Le maire de Saint-Brieuc va donc "mettre en place un 'gradué proportionné', mais sur le territoire".
L'élu souligne que sa ville a eu "50% d'augmentation" d'hospitalisations en réanimation. "C'est vrai, mais on est passé de 0 à 2 en réanimation. On n'est pas encore dans un territoire en crise. Si nous étions en crise, je n'aurais pas du tout cette réaction." Hervé Guihard ne compte donc rien changer aux règles sur sa commune, d'autant plus qu'il est "en manque d'agents", parce qu'il y a "aussi des personnes vulnérables" parmi ces agents.

Une absence de concertation, selon le maire

"On a le droit de déroger, alors faisons-le", lance le maire de Saint-Brieuc qui permet ainsi "à toutes les familles de mieux s'organiser, de continuer à vivre un peu mieux, d'aller chercher leurs enfants un petit peu plus tard" et qui vont en "profiter pour faire leurs courses un peu plus tôt et aller dans les quelques commerces qui seront ouverts et ça va les aider".
Selon le gouvernement ce couvre-feu a été pris en concertation avec les élus locaux. Hervé Guihard s'inscrit en faux. "Absolument pas, martèle-t-il. J'ai beaucoup de respect pour notre préfet avec qui on travaille très bien. Si on en avait échangé, on aurait trouvé une mesure qui serait adaptée." Selon lui, "les préfets n'ont aucune liberté. Ils agissent sous ordre de l'État et c'est leur fonction. Mais il n'y a pas de dialogue sur cette proportionnalité qu'évoque notre Premier ministre, qui ne se joue pas sur le territoire. Pour lui, proportionnelle, c'est juste le créneau horaire."" (francetvinfo.fr)

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(extrait d'un entretien avec Charles Juliet à l'occasion de la parution de son Journal X 2009-2012, "Le jour baisse")

"Vous faites souvent référence à des penseurs…

J’ai surtout lu Tchouang-tseu. J’ai beaucoup médité là-dessus, quand il dit : "Le savoir ne sait pas." Et encore : "Ce qu’on peut enseigner ne mérite pas d’être appris." J’ai des notes prévues là-dessus. J’ai tout dans ma tête. Des choses comme ça ne peuvent pas s’effacer pour moi. De même, j’ai une note sur Rimbaud quand il dit : "La vraie vie est absente." Je triture ça depuis longtemps.

Qu’est-ce que vous diriez ?

La vraie vie est absente tant qu’on ne s’est pas trouvé soi-même. Alors on est toujours dans un état de manque, tout ce qui vous est offert ne peut pas vous convenir, donc, dans un mal-être perpétuel. Mais dès l’instant qu’on vit en fonction du vrai en soi-même, eh bien, on ne va plus dire que la vraie vie est absente. Vous voyez, là, tout se met en place. Je crois que beaucoup de personnes ont ce sentiment que la vraie vie est absente. D’où alcoolisme, drogue ou quoi que ce soit, enfin, vous voyez, toujours une fuite en avant. C’est ça aussi le désordre du monde, de la société, et la douleur partout, souvent derrière une sorte de jovialité factice. Sans compter bien sûr les problèmes économiques.

Page 220 : «Penser à la mort ne m’effraie pas.»

A l’adolescence, la mort me préoccupait beaucoup. A tel point que parfois, je ne pouvais plus rien faire à l’école militaire. A quoi bon, puisque je vais mourir un jour ? Maintenant, ça ne me préoccupe plus du tout. Peut-être parce que, dans ce travail sur soi-même, il y a la nécessité de mourir à plein de choses pour se détacher. Se détacher, c’est une forme de mourir à certains souvenirs, à certains états, à certaines personnes, enfin que sais-je. Donc, à la fin, je crois qu’on finit par intégrer cette évidence que la mort est là, forcément, et dès lors, il n’y a plus à s’angoisser à ce sujet.
(…)

Quel effet vous a fait le confinement ?

J’ai été confiné toute ma vie, donc je ne peux pas dire que j’en souffre. Mais je comprends bien que pour beaucoup de personnes, c’est une épreuve. Les gens qui ne lisent pas, que font-ils ? A remâcher, à cafarder ? Ou alors se battre avec le conjoint ou la conjointe ? C’est inéluctable. C’est terrible. Et curieusement, j’ai appris aussi qu’un couple d’une cinquantaine d’années sur le point de divorcer a été obligé de cohabiter. Et là, leurs problèmes se sont résolus et ils ont décidé de vivre ensemble maintenant, en vrais amoureux.

Vous avez eu un grand amour dans votre vie.

Oui, parfois aussi, c’est très déstabilisant, l’amour. Ça surgit sans prévenir et ça peut être très imprévisible, c’est vrai, c’est très bizarre."
(Libé)

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Cascades de Consolation-Maisonnettes

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(estrepublicain.fr / twitter)

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François Ruffin : "Quand on échoue sur les masques, les tests, les vaccins, ce n’est plus une coïncidence"

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28 décembre 2020

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(c'est dimanche, on va faire léger...)

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“This is not my style, this is who I am.” – Jackson Pollock

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L'hiver dans le Jura
/ Gustave Courbet

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" Les hommes politiques et les couches doivent être changés souvent. Et pour les mêmes raisons. "
(Mark Twain)

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(celui-là je le trouve spécialement fascinant)

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esprit(s) de noël (1 & 2)

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(la pub, comme la mode est cyclique)

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6 janvier 2021

rien de grave

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Rien de grave, de Marguerite Bordat et Pierre Meunier, un lien envoyé par Pépin hier soir, une pièce marquante, à la fois très simple et très forte, visionnée jusqu'au bout, du sourire jusqu'aux larmes, et au sourire encore, et qui m'a ce matin transporté (sérendipitons...) de cette page jusqu'à cette page, qui m'a elle-même emmené jusqu'à celle-là, que je ne pouvais pas ne pas vous reproduire dans son intégralité :

Monologue du virus

"Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence."

 paru dans lundimatin#234, le 21 mars 2020

 Faites taire, chers humains, tous vos ridicules appels à la guerre. Baissez les regards de vengeance que vous portez sur moi. Éteignez le halo de terreur dont vous entourez mon nom. Nous autres, virus, depuis le fond bactériel du monde, sommes le véritable continuum de la vie sur Terre. Sans nous, vous n’auriez jamais vu le jour, non plus que la première cellule.

Nous sommes vos ancêtres, au même titre que les pierres et les algues, et bien plus que les singes. Nous sommes partout où vous êtes et là où vous n’êtes pas aussi. Tant pis pour vous, si vous ne voyez dans l’univers que ce qui est à votre semblance ! Mais surtout, cessez de dire que c’est moi qui vous tue. Vous ne mourez pas de mon action sur vos tissus, mais de l’absence de soin de vos semblables. Si vous n’aviez pas été aussi rapaces entre vous que vous l’avez été avec tout ce qui vit sur cette planète, vous auriez encore assez de lits, d’infirmières et de respirateurs pour survivre aux dégâts que je pratique dans vos poumons. Si vous ne stockiez vos vieux dans des mouroirs et vos valides dans des clapiers de béton armé, vous n’en seriez pas là. Si vous n’aviez pas changé toute l’étendue hier encore luxuriante, chaotique, infiniment peuplée du monde ou plutôt des mondes en un vaste désert pour la monoculture du Même et du Plus, je n’aurais pu m’élancer à la conquête planétaire de vos gorges. Si vous n’étiez presque tous devenus, d’un bout à l’autre du dernier siècle, de redondantes copies d’une seule et intenable forme de vie, vous ne vous prépareriez pas à mourir comme des mouches abandonnées dans l’eau de votre civilisation sucrée. Si vous n’aviez rendu vos milieux si vides, si transparents, si abstraits, croyez bien que je ne me déplacerais pas à la vitesse d’un aéronef. Je ne viens qu’exécuter la sanction que vous avez depuis longtemps prononcée contre vous-mêmes. Pardonnez-moi, mais c’est vous, que je sache, qui avez inventé le nom d’ « Anthropocène ». Vous vous êtes adjugé tout l’honneur du désastre ; maintenant qu’il s’accomplit, il est trop tard pour y renoncer. Les plus honnêtes d’entre vous le savent bien : je n’ai d’autre complice que votre organisation sociale, votre folie de la « grande échelle » et de son économie, votre fanatisme du système. Seuls les systèmes sont « vulnérables ». Le reste vit et meurt. Il n’y a de « vulnérabilité » que pour ce qui vise au contrôle, à son extension et à son perfectionnement. Regardez-moi bien : je ne suis que le revers de la Mort régnante.

Cessez donc de me blâmer, de m’accuser, de me traquer. De vous tétaniser contre moi. Tout cela est infantile. Je vous propose une conversion du regard : il y a une intelligence immanente à la vie. Nul besoin d’être un sujet pour disposer d’une mémoire ou d’une stratégie. Nul besoin d’être souverain pour décider. Bactéries et virus aussi peuvent faire la pluie et le beau temps. Voyez donc en moi votre sauveur plutôt que votre fossoyeur. Libre à vous de ne pas me croire, mais je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence. Je suis venu suspendre le fonctionnement dont vous étiez les otages. Je suis venu manifester l’aberration de la « normalité ». « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie à d’autres était une folie »… « Il n’y a pas de limite budgétaire, la santé n’a pas de prix » : voyez comme je fais fourcher la langue et l’esprit de vos gouvernants ! Voyez comme je vous les ramène à leur rang réel de misérables margoulins, et arrogants avec ça ! Voyez comme ils se dénoncent soudain non seulement comme superflus, mais comme nuisibles ! Vous n’êtes pour eux que les supports de la reproduction de leur système, soit moins encore que des esclaves. Même le plancton est mieux traité que vous.

Gardez-vous bien, cependant, de les accabler de reproches, d’incriminer leurs insuffisances. Les accuser d’incurie, c’est encore leur prêter plus qu’ils ne méritent. Demandez-vous plutôt comment vous avez pu trouver si confortable de vous laisser gouverner. Vanter les mérites de l’option chinoise contre l’option britannique, de la solution impériale-légiste contre la méthode darwiniste-libérale, c’est ne rien comprendre à l’une comme à l’autre, à l’horreur de l’une comme à l’horreur de l’autre. Depuis Quesnay, les « libéraux » ont toujours lorgné avec envie sur l’empire chinois ; et ils continuent. Ceux-là sont frères siamois. Que l’un vous confine dans votre intérêt et l’autre dans celui de « la société », revient toujours à écraser la seule conduite non nihiliste : prendre soin de soi, de ceux que l’on aime et de ce que l’on aime dans ceux que l’on ne connaît pas. Ne laissez pas ceux qui vous ont menés au gouffre prétendre vous en sortir : ils ne feront que vous préparer un enfer plus perfectionné, une tombe plus profonde encore. Le jour où ils le pourront, ils feront patrouiller l’armée dans l’au-delà.

Remerciez-moi plutôt. Sans moi, combien de temps encore aurait-on fait passer pour nécessaires toutes ces choses inquestionnables et dont on décrète soudain la suspension ? La mondialisation, les concours, le trafic aérien, les limites budgétaires, les élections, le spectacle des compétitions sportives, Disneyland, les salles de fitness, la plupart des commerces, l’assemblée nationale, l’encasernement scolaire, les rassemblements de masse, l’essentiel des emplois de bureau, toute cette sociabilité ivre qui n’est que le revers de la solitude angoissée des monades métropolitaines : tout cela était donc sans nécessité, une fois que se manifeste l’état de nécessité. Remerciez-moi de l’épreuve de vérité des semaines prochaines : vous allez enfin habiter votre propre vie, sans les mille échappatoires qui, bon an mal an, font tenir l’intenable. Sans vous en rendre compte, vous n’aviez jamais emménagé dans votre propre existence. Vous étiez parmi les cartons, et vous ne le saviez pas. Vous allez désormais vivre avec vos proches. Vous allez habiter chez vous. Vous allez cesser d’être en transit vers la mort. Vous haïrez peut-être votre mari. Vous gerberez peut-être vos enfants. Peut-être l’envie vous prendra-t-elle de faire sauter le décor de votre vie quotidienne. A dire vrai, vous n’étiez plus au monde, dans ces métropoles de la séparation. Votre monde n’était plus vivable en aucun de ses points qu’à la condition de fuir sans cesse. Il fallait s’étourdir de mouvement et de distractions tant la hideur avait gagné de présence. Et le fantomatique régnait entre les êtres. Tout était devenu tellement efficace que rien n’avait plus de sens. Remerciez-moi pour tout cela, et bienvenue sur terre !

Grâce à moi, pour un temps indéfini, vous ne travaillerez plus, vos enfants n’iront pas à l’école, et pourtant ce sera tout le contraire des vacances. Les vacances sont cet espace qu’il faut meubler à tout prix en attendant le retour prévu du travail. Mais là, ce qui s’ouvre devant vous, grâce à moi, ce n’est pas un espace délimité, c’est une immense béance. Je vous désoeuvre. Rien ne vous dit que le non-monde d’avant reviendra. Toute cette absurdité rentable va peut-être cesser. A force de n’être pas payé, quoi de plus naturel que de ne plus payer son loyer ? Pourquoi verserait-il encore ses traites à la banque, celui qui ne peut de toute façon plus travailler ? N’est-il pas suicidaire, à la fin, de vivre là où l’on ne peut même pas cultiver un jardin ? Qui n’a plus d’argent ne va pas s’arrêter de manger pour autant, et qui a le fer a le pain. Remerciez-moi : je vous place au pied de la bifurcation qui structurait tacitement vos existences : l’économie ou la vie. C’est à vous de jouer. L’enjeu est historique. Soit les gouvernants vous imposent leur état d’exception, soit vous inventez le vôtre. Soit vous vous attachez aux vérités qui se font jour, soit vous mettez la tête sur le billot. Soit vous employez le temps que je vous donne maintenant pour figurer le monde d’après à partir des leçons de l’effondrement en cours, soit celui-ci achèvera de se radicaliser. Le désastre cesse quand cesse l’économie. L’économie est le ravage. C’était une thèse avant le mois dernier. C’est maintenant un fait. Nul ne peut ignorer ce qu’il faudra de police, de surveillance, de propagande, de logistique et de télétravail pour le refouler.

Face à moi, ne cédez ni à la panique ni au déni. Ne cédez pas aux hystéries biopolitiques. Les semaines qui viennent vont être terribles, accablantes, cruelles. Les portes de la Mort seront grand’ouvertes. Je suis la plus ravageuse production du ravage de la production. Je viens rendre au néant les nihilistes. Jamais l’injustice de ce monde ne sera plus criante. C’est une civilisation, et non vous, que je viens enterrer. Ceux qui veulent vivre devront se faire des habitudes nouvelles, et qui leur seront propres. M’éviter sera l’occasion de cette réinvention, de ce nouvel art des distances. L’art de se saluer, en quoi certains étaient assez bigleux pour voir la forme même de l’institution, n’obéira bientôt plus à aucune étiquette. Il signera les êtres. Ne faites pas cela « pour les autres », pour « la population » ou pour « la société », faites cela pour les vôtres. Prenez soin de vos amis et de vos amours. Repensez avec eux, souverainement, une forme juste de la vie. Faites des clusters de vie bonne, étendez-les, et je ne pourrai rien contre vous. Ceci est un appel non au retour massif de la discipline, mais de l’attention. Non à la fin de toute insouciance, mais de toute négligence. Quelle autre façon me restait-il pour vous rappeler que le salut est dans chaque geste  ? Que tout est dans l’infime.

J’ai dû me rendre à l’évidence : l’humanité ne se pose que les questions qu’elle ne peut plus ne pas se poser."

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dans la série "nos chers grands comiques -qui commencent par B-" (quand c'est pas Blanquer, c'est Buzyn)

"ET SINON Nouveau job pour une nouvelle vie pour Agnès Buzyn en 2021. Comme le révèle l’Opinion ce matin, l’ex-ministre de la Santé défaite aux municipales à Paris déménage pour Genève et va intégrer le cabinet du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour s’occuper des «affaires multilatérales». Au passage, Buzyn va devoir démissionner de son mandat de conseillère du XVIIe arrondissement de Paris (sans avoir jamais siégé)."(Chez Pol / libé)

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(pas mal aussi pour des voeux, non ?)

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26 décembre 2020

CSDRN'E9

(ego-système)

(eh bin voilà ça y est c'est fait! j'ai survécu à ce premier réveillon de 24 décembre seul - ça faisait plus de trente ans, presque quarante! que ça ne m'était pas arrivé!- et c'est vrai il faut bien reconnaître que les programmes de la télé le 24 décembre au soir ne sont pas conseillés aux diabétiques, mon dieu mon dieu tout ce sucre ces roucoulades glycémiques ce glaçage sirupeux d'empathie compassionnelle cette ambiance fête et cotillons à marche forcée, soyez heureux souriants bienveillants ou disparaissez! j'ai finir par m'endormir la zapette à la main en regardant je ne sais plus quoi ah si! Vos 20 albums de diamant préférés -j'ai vu Souchon, j'ai vu Farmer, j'ai vu Notre Dame de Paris, et j'ai piqué du nez... (bon le Crémant du Jura rosé y était peut-être pour quelque chose...) - je me suis couché plutôt tôt et j'ai -tiens donc!- très mal dormi, par rondelles de 2h, les escargots et le gâteau au chocolat (que j'avais trouvés excellent(s)) n'y étaient peut-être pas pour rien non plus...)

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(ne pas oublier ce cher Capitaine Haddock)

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soupe du soir de noël (composite et roborative)

le reste des trois purées de ce midi (céleri, la blanche / carotte, l'orange /et la verte, je ne suis pas sûr : haricot vert? épinard ? brocoli?), détendu avec un peu d'eau + tiens, le reste des flageolets d'hier midi + épices (il paraît que le cumin va très bien avec les carottes) + un peu d'eau pour détendre tout ça, on fait chauffer, on mixe, on rajoute un peu d'eau parce que ça fait vraiment épais, on remixe, et on sert avec un chouïa de crème (légère), on goûte (avec un peu d'appréhension), et c'est vraiment très bon : ça ne sent ni le céleri, ni la carotte, ni le (brocoli ?) ni le flageolet, non, c'est juste... bon (et on mange ça avec le reste de saumon fumé "façon gravlax" sur toast, etun petit verre de crémant du Jura rosé (il en restera un pour l'apéro de demain, j'ai trouvé un bouchon génial qui permet la conservation des bulles...) et voilà

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(on trouve de tout sur twitter : cette oeuvre bluffante et grand format a été réalisée juste  avec des confettis de journal, annonce l'Est Répu, et l'artiste de préciser que le bleu a été "picoré dans les chemises des politiques")

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(du lard ou du cochon ?)

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et voilà
(comme disait Michèle S., mon atsem, il y a longtemps,
"passée la fête, adieu le saint...")

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25 décembre 2020

CSDRN'E8

Le Top 9 des sorties de route du gouvernement sur la crise sanitaire

"Outre les municipales, les retraites, le séparatisme ou les violences policières, l’année aura été principalement marquée par le Covid-19 et ses confinements. Une période où il n’y a que des mauvaises décisions à prendre, disait Edouard Philippe, Premier ministre durant la première partie de la crise puis reparti humer l’air iodé du Havre pour laisser place à Jean Castex. Mais, du conseil des ministres extraordinaire du 29 février aux préconisations d’auto-confinement avant Noël, le gouvernement, quel qu’en soit son chef, s’est notamment illustré par ses bourdes, ses approximations, sa com’ défaillante ou ses couacs. Retour sur le worst of gouvernemental de 2020 sur la crise sanitaire. 

49.3

Peut-être le péché originel. Samedi 29 février, le gouvernement est convoqué à l’Elysée pour un conseil des ministres extraordinaire consacré, officiellement, au coronavirus. Les nouvelles provenant de Chine et d’Italie sur la pandémie naissante ne sont pas rassurantes. Et que ressort-il de ce rendez-vous imprévu ? La décision de recourir aux masques au 49.3 pour faire passer la très critiquée réforme des retraites.

Les bons tuyaux

Agnès Pannier-Runacher a sorti une des premières belles boulettes gouvernementales de la crise sanitaire. La ministre déléguée à l’Industrie, pour qui le libéralisme est "la meilleure façon d'être de gauche", était alors secrétaire d’Etat quand, le 10 mars, elle a lâché, avec beaucoup de vista, au moment où les bourses commençaient à s'effondrer : "C’est le moment d’investir en bourse." Outre le fait que tout le monde n’a pas les moyens d’investir en bourse, le confinement de la France une semaine plus tard puis de près de la moitié de la planète dans les semaines suivantes feront chuter les marchés mondiaux. Qui ne s’en sont pas encore remis malgré une reprise en novembre.

La pénurie démasquée

On vous parle d'un temps que les moins de un an ne peuvent pas connaître mais dites-vous qu'en mars dernier - une éternité - le gouvernement assurait haut et fort que le masque ne sert à rien. Le 6 mars, le ministre de la Santé Olivier Véran insistait : "L'usage des masques en population générale n'est pas recommandé et n'est pas utile." "Il n’y en a pas besoin dès lors qu’on respecte la distance de protection vis-à-vis des autres. [...] Lorsque nous ne sommes pas malades ou pas soignants, ce n’est pas utile", estimait quant à elle Sibeth Ndiaye, alors porte-parole du gouvernement d'Edouard Philippe, le 25 mars. Les temps ont changé et le masque - vous l'avez remarqué - est désormais très utile, et rendu obligatoire, même dans la rue, pour limiter la propagation de l'épidémie.

Les profs dans les champs

La déclaration est mal passée. Alors que Sibeth Ndiaye précisait en sortie de conseil des ministres l'appel aux personnes sans activité à venir "rejoindre la grande armée de l'agriculture française", un des exemples utilisés a provoqué l'ire des enseignants. "Nous n'entendons pas demander à un enseignant qui aujourd'hui ne travaille pas compte tenu de la fermeture des écoles de traverser toute la France pour aller récolter des fraises", a lancé la porte-parole du gouvernement, reprise de volée par Jean-Michel Blanquer et contrainte de faire son mea culpa.

Le théorème de Blanquer

Tel est le théorème de Blanquer : si Blanquer = x et Réalité = y, alors y ≠ x. Autrement dit : lorsque le ministre de l’Education nationale s’est avancé sur la suite des événements liés au Covid-19, c’est souvent l’inverse qui s’est produit. Un exemple parmi d’autres ? Le 23 avril, l'Elysée expliquait que la reprise des cours le 11 mai se ferait sur la base du volontariat, "sans obligation de retour à l'école". Et que disait Blanquer le 15 avril ? Ceci : "L'école est obligatoire, c'est la loi qui le dit. Je n'ai pas dit, contrairement à certaines interprétations, que ça n'est pas obligatoire. En revanche, c'est progressif donc tout le monde n'y va pas tout de suite."

StopCastex

Fin septembre sur France 2, Jean Castex le reconnaissait : il n'avait pas téléchargé l'application StopCovid recommandée par le gouvernement de Jean Castex. Le Premier ministre avait alors expliqué ne pas en avoir besoin parce qu'il ne prend pas le métro. Note de crédibilité : 2/10. Quelques jours plus tard, sur France Info, le même Castex se plantait carrément de nom et parlait - deux fois - non pas de "StopCovid" mais de "TéléCovid". A ne pas confondre avec Téléfoot ou Téléachat. "J'ai pris un portable sécurisé donc je n'ai pas téléchargé TéléCovid. En réalité, TéléCovid, indépendamment de ma personne, n'a pas eu les effets escomptés", avait déclaré le chef du gouvernement tout en annonçant qu'il y aurait, d'ici fin octobre, une nouvelle appli. Mais, rappelons les propos d’Emmanuel Macron qui expliquait que StopCovid n’était pas un échec mais n’avait simplement pas marché.

M. Auto-confinement

On le connaissait comme le monsieur Déconfinement. Puis, devenu Premier ministre, il a dû mettre le costume de monsieur Reconfinement. Tout ça pour porter quelques semaines plus tard la casquette de monsieur Redéconfinement. Mais tout cela n'était sans doute pas assez. Et avant les fêtes, Jean Castex a voulu essayer un nouveau costume : bonjour monsieur Auto-confinement. Le boss de Matignon avait, en effet, conseillé aux Français de s'auto-confiner huit jours avant Noël. Et le même de déclarer que les écoliers, collégiens et lycéens, pourraient ne pas aller à l'école - où on ne se contamine pourtant pas plus qu'ailleurs selon le gouvernement - les 17 et 18 décembre.

Passations de pouvoir très Covid-friendly

A l’image d’un dîner "de travail" à l’Elysée à plus de 6 personnes après l’heure de couvre-feu que doit respecter chaque français, les passations de pouvoir entre ministres après l'avènement de Castex 1 ont fait tiquer. Alors que le gouvernement et les autorités sanitaires préconisaient, malgré l’été et le déconfinement, de respecter les gestes barrières, on a vu de partout des embrassades sans masque et autres poignées de mains prohibées. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Ne pas parler trop vite

Dans une période aussi instable, mieux vaut ne jamais trop s’avancer. Jean-Baptiste Lemoyne l’a appris à ses dépens, lui qui encourageait les Français à réserver pour les vacances de la Toussaint deux semaines seulement avant que le pays ne connaisse son confinement numéro 2 au milieu des vacances de la Toussaint. Ce n’est évidemment pas sans rappeler Emmanuel Macron, le 10 mars, qui s’affichait au théâtre pour inciter les Français à continuer à sortir malgré le naissant "nouveau coronavirus", comme on l’appelait, alors que l’Italie et la région Grand-Est voyaient déjà la première vague déferler. Souvenons-nous aussi de Sibeth Ndiaye, encore elle (dur dur d’être porte-parole du gouvernement dans une telle crise), le 5 mars sur LCI : "Il faut avoir conscience que 80% des malades ont un gros rhume, une grosse grippe au maximum. Il y a 20% de cas qui sont compliqués. On ne va pas arrêter le pays." Bah si, et plutôt deux fois qu’une."

(Chez Pol / Libé)

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je retrouve une coquille de moule collée tout en haut du sac-poubelle, comme si elle avait essayé d'en resortir par ses propres moyens...

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24 décembre, 10h : 50m de queue devant chez le boulanger, 50m de queue devant chez le poissonnier, à peine moins devant le traiteur et le marchand de primeurs (leurs trottoirs sont plus courts et malaisés)

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le Libé d'aujourd'hui est un numéro quadruple (jeudi 24 / vendredi 25 / samedi 26 / dimanche 27)

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finalement, tout ça n'est qu'une affaire de conventions : ici, sans aucun signe extérieur de "noélisme", j'ai vraiment l'expression que c'est un soir "normal", exactement comme tous les autres soirs...

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Kim Ki Duk, Claude Brasseur, Rika Zaraï, Ivry Gitlis...
ça dégomme sec en ce moment

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Père Nono à toutes les sauces...

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23 décembre 2015

encore et toujours

MARGUERITE ET JULIEN
de Valérie Donzelli

C'était mon troisième film de la journée (après Blade runner et Comment c'est loin), et j'y allais, au départ, par solidarité. (J'ai bien fait, parce que on était un dans la salle, et sinon il y aurait eu zéro spectateur pour cette séance dans le bôô cinéma). Ici, Valérie Donzelli, on l'aime plutôt très bien/beaucoup, on a passé tous ses films en tant que réalisatrice dans le bôô cinéma (La reine des pommes, La guerre est déclarée, Main dans la main), -pas Que d'amour qui est un artéléfilm, une captation télévisuelle de Marivaux mais que j'avais enregistrée-, et aussi pas mal de ses films en tant qu'actrice (les votres, mais aussi ceux des autres, Belleville-Tokyo, Pourquoi tu pleures, Les grandes ondes), c'est dire que de l'amour pour elle j'en ai (on en a), et que ça a fait mal au coeur de voir le retour de manivelle critique bam dans la figure! par elle subi lors de la présentation du film à Cannes, et la façon dont ça a ôté l'envie de le voir à pas mal de gens.

Je reconnais -l'humain est grégaire- que je n'en avais moi non plus pas forcément très envie, l'amour incestueux n'étant pas forcément pour moi un sujet attractif (mais bon, dans Peau d'âne, il est question d'un roi qui veut épouser sa fille quand il se retrouve veuf, hein ?), alors puisqu'on le passait, j'ai fait l'effort.

Et j'ai bien fait.

("Effort" dont j'ai été récompensé, au générique de fin, qui se déroule sur le Midnight summer dream des Stranglers, un morceau que j'adore, et c'était comme si elle me faisait un clin d'oeil, avec son petit sourire mimi, en me disant "Tiens, tu vois, tu as bien fait de venir, ça c'est juste exprès pour toi!")

C'est vrai que, comme toujours chez elle, ça parle d'amour, mais pas de n'importe quel amour tout-venant ou comme chez tout le monde. Ici c'est l'amour entre un frère et une soeur, au XVIIème siècle. Waouh! Mais c'est aussi une histoire racontée, "plus tard", une nuit,  dans le dortoir d'un pensionnat de fillettes par une demoiselle en chemise de nuit, et illustrée avec la fausse naïveté stylisée d'un conte. Conte acidulé, fable pop, les premiers mots qui me sont venus à l'esprit. C'est vrai que j'ai pensé à Peau d'Âne (et les critiques aussi, visiblement) pour le traitement et la mise en images du récit (il me semble me rappelle avoir lu dans une de ses interviews que la référence l'agace). Chez Demy, il y avait une marraine bonne fée jouée par Delphine Seyrig ("J'épouse votre père, tout est arrangé...") grâce à qui tout allait bien, tandis qu'ici il y a un espèce d'oiseau noir de malheur, par qui justement tout va de plus en plus mal (de mal en pire, plutôt qu'en pis), le curé (joué par un Samy Frey des grands jours).

Et je pense que Frédéric Pierrot et Aurélia Petit devraient être engagés pour jouer les parents dans toutes les futures adaptations cinématographiques de contes de Perrault et consorts tellement ils sont parfaits dans leur(s) rôle(s). Mais ils ne sont qu'au diapason ("à l'aune" ai-je failli écrire) d'une distribution parfaite : autant on est habitué  à voir Jérémie Elkaïm dans un film de Valérie D. (et qu'on en est ravi), autant on est heureux d'y voir s'intégrer avec délicatesse Anaïs Demoustiers (dont je suis épris depuis que je l'ai vue se transformer en moineau chez Pascale Ferrand), comme avait pu le faire Valérie Lemercier dans le précédent Main dans la main. J'ai déjà évoqué le corbeauesque Samy Frey, mais je ne voudrais oublier ni Catherine Mouchet, ni Bastien Bouillon, ni Serge Bozon, ni Gérardine Chaplin en mère-duègne... un patchwork chatoyant de personnalités qui rehaussent encore l'éclat de ce récit fougueux et emballé comme le pur-sang qu'on voit galoper furieusement dans une scène du début.

J'ai beaucoup aimé (encore de l'amour, tiens) la façon dont c'est filmé, cadré, monté, musiqué tout ça. C'est le style-Donzelli, pur jus, et pourquoi donc s'ils l'avaient tant apprécié (et s'étaient tant pâmés) devant La guerre est déclarée, pourquoi ici ont-ils tous jeté le bébé (le frère et et la soeur) avec l'eau du bain, et l'ont-ils piétiné rageusement à la pointe de leurs escarpins vernis, ces pisse-froid de critiques, hein ? Les mots sont cruels en bas du classement : assommant et vain (positof), verbeux et atonal (poris-môtch) embarrassant (le novel obs), tandis qu'à l'autre bout, heureusement clignotent -tiens!- les louanges à la fois des Cahiaîs et des Zinrocks, incestueusement (presque) main dans la main et les yeux dans les yeux, pour une fois...

J'ai été très content d'apprendre que mon amie Zabetta (oui, celle qui a de l'entregent) était du même avis que moi. Et j'avais donc envie de le dire et le confirmer bien haut : Marguerite et Julien, comment c'était trop bien (excusez mon langage, j'ai vu Comment c'est loin juste avant -encore un sacré grand-écart de cinéma!-) J'ai déjà écrit fougueux, un peu plus haut, je pourrais écrire romanesque, passionné(l) incandescent (mais quel qualificatif pourrait décrire un récit comme Les hauts de Hurlevent ? C'est dans cet état-même que le film nous met, le furieusement fiévreux, (fiévreusement furieux?) mais nimbé, paradoxalement de toute la candeur inhérente à l'enfance. Même si c'est tiré de faits réels, c'est une belle histoire qui nous est narrée, un conte qui, en plus de la voix de celle qui nous le raconte, convoque toute la magie, les trucages, les effets, (du plus rustique au plus élaboré) pour en écheveler encore le lyrisme. Pour en décaler la vision. Un film en pop-up, avec des trucs qui se déplient, qui apparaissent, qui se transforment, des machins qu'il faut tourner, des languettes qu'il faut tirer, bref des effets parfois plutôt culottés pour encadrer/décadrer un récit plus solennel. Valérie D. ose. Et c'est important d'oser oser, quand on est cinéaste. Au risque de parfois se casser la figure au coin d'eune scène ou être juste sur le point de.

Et j'ai vu encore comme un clin d'oeil le fait qu'il se termine comme Chant d'hiver (de Iosseliani) commence : en chemise et en place de grève. Et tschack! Chant d'hiver que j'ai vraiment beaucoup aimé... L'amour, on y revient... Et la boucle est bouclée.

Oui, encore et toujours...

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29 novembre 2020

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Si j'étais rigoureux, je devrais changer de titre et nommer ce post RCCAA1 (reconcon avec assouplissement 1), mais bon je suis incorrigiblement fainéant et je continue donc sur la lancée d'hier, RCC c'est très bien (et de toute façon hein y a pas grand-chose qui change...)

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(aujourd'hui surtout ne pas sortir)

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c'est le ouiqinde alors vous aurez des images

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esprit de noël d'abord (une salve)

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et comme avez été bien sages, tiens, quelques sites:

un site pour jouer  : vous pensez à quelqu'un (ou quelque chose),
Akinator vous pose des questions,
et au bout d'un moment, il trouve (ou pas)... essayez c'est rigolo

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un site si vous avez envie d'entendre de la pluie et de l'orage

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et, tiens,  un site avec générateur de "strips" (de bandes dessinées)

(voilà bien déjà de quoi vous amuser hein...)

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et tiens, en parlant de jouer

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 aujourd'hui on se retrouvaitavec Malou et Manue
(mais demain on sera quatre...)

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28 novembre 2020

RCC29

"DÉCONNE Depuis qu’il est ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin veut montrer qu’il se met au niveau des veaux Français. Alors il adopte un langage des plus crus. Déjà critiqué pour cela, il a récidivé au JT de France 2 hier, estimant que les policiers que des vidéos montrent en train de tabasser un homme noir avaient "déconné". L’avocate de l’intéressé, Michel Z., "trouve ça scandaleux". Sur RMC ce matin, Me Hafida El Ali s’élève contre ce choix des mots, "trivial" de la part du ministre et "insuffisant" au regard "de la violence et du choc" des images : "Ce terme, "déconner", c’est dégueulasse. Les policiers n’ont pas "déconné", ils ont commis des infractions, en l’occurrence des violences. Ce sont des délinquants." Gérald Darmanin avait déjà utilisé le verbe "déconner" au sujet de l’évacuation de la place de la République, lundi soir. Ce terme vient donc remplacer les sempiternelles "brebis galeuses" dans le lexique de l’exécutif pour ne surtout pas parler de "violences policières"." (Libé / Chez Pol)

*

"Déconner déconner déconner
On peut pas toujours déconner..."
(Sarcloret)

*

30

effet "N&B partiel"

*

"Flânerie de dadais
À l’usage des naïfs
Bouquet de poncifs
En offrande aux benêts

Poème ballot
Histoire bébête
Chanson galipette
(poil à la quéquette)"
(Gotainer)
voilà ce que j'avais en tête cet aprèm' en faisant les courses...

*

d'habitude, à peine réveillé et mon ordi allumé, je viens joyeusement sur le blog, en chantonnant aussi gaillardement que les nains de Blanche-Neige heigh ho heigh oh on se met au boulot... (oui oui vous avez remarqué, j'adapte...), je vais d'abord chercher la photo de vache du jour (si je ne l'ai pas déjà fait la veille), je regarde ce que j'ai déjà collecté, et je pars relever mes méls d'abord puis sérendipiter pour remplir mon panier... *ais aujourd'hui non, et là, il est seize heures et quelques, et rien

je n'avais même pas préparé la nouvelle page, celle numéro RCC29. Non rien de rien, alors je m'y mets. Et je vous mets les choses dans l'ordre où elle sont apparues, d'abord le truc sur Déconner (ce mec me débecte autant que son modèle ("père spirituel") politique), et aussitôt après la chanson de Sarcloret (dont je ne connais que la rengaine/refrain mais dont je n'ai pas réussi à trouver les paroles sur le ouaibe...)
J'ai mis a photo d'aujourd'hui, ensuite, un effet sympathique, mais j'aurais peut-être dû faire le contraire, couleur sur la vache et N&B sur le mec... mais peut-être l'ai-je déjà dans les tuyaux (à vérifier)
Puis re-chanson, celle de Gotainer, c'est la dernière de la face B de l'album Contes de traviole, et le poil à la quéquette en principe n'est pas inscrit dans les paroles mais clairement audible en voix-off tout à la fin, on reconnaît la voix et l'accent de Gotainer)

(là je viens encore de passer un quart d'heure à retrouver, justement, l'album de Gotainer, puis de fil en aiguille à y rajouter suffisamment de morceaux à écouter pour arriver à une liste de 25,6 heures (je ne sais pas comment ils calculent le ,6) et me voilà en direct et sans filet le doigt au-dessus du clavier...
Presque 17h déjà, je devrais peut-être faire une pause, ça va bientôt être l'heure du téléphone avec Dominique...
Il est bien, cet album de Gotainer (holala , 1979...) et me ramène à des souvenirs plutôt agréables (et insouciants : Babeth, Petite Mauve, Avignon, les Angles, les glaces Baskin Robbins chocolat/amandes/guimauve...).

Pour écrire quoi ? Juste constater. Voilà quasiment un mois, un mois qu'on est (maintenus) dans cet état de torpeur, (c'est la ouate...) de quant-à-soi, d'éteignoir social, d'infantilisation, de répression contonneuse, d'anesthésie générale, où on nous appuie sur la tête de plus en plus fort pour bien rester sous l'eau, bien sagement, bien profond, un mois déjà, une assez confortable asphyxie cathodique, tandis que se profilent encore deux semaines du même tonneau, avec ce fameux assoup(l)issement du conconfinement

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(confinement)

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(assouplissement du confinement)

bah, on (s'en) sortira, va...

*

et ce samedi 28 annoncé comme la fête du slip, avec l'ouverture de tous les magasins

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même les mannequins s'y préparent...

*

 à cette occasion je vous offre quelques feuilles de calathea

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(une plante, tiens, qui symbolise un nouveau départ)

*

sans oublier

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(esprit de noël)

*

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(Eric Pessan, d'hier et d'aujourd'hui)

*

et pour finir, l'irremplaçable Libé-Culture :

RÉTROPÉDALAGE Y a-t-il quelqu’un de charitable dans l’assistance, avec encore assez de sève dans les méninges à ce stade avancé de la semaine et de l’année, pour démêler la question nébuleuse des dernières séances et représentations du soir à l’aube du futur couvre-feu? On n’était pas peu fière d’avoir compris, ou du moins cru comprendre mardi soir, lors de l’adresse présidentielle. A propos du déconfinement de la culture daté au 15 décembre (sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire), Emmanuel M. annonçait alors dans un passage cryptique en voie de devenir culte: "Un système d'horodatage permettra l'organisation des représentations en fin de journée." On en oublierait presque, désormais, de relever l’incongruité totale de ce genre de coups de tête lexicaux dans les éléments de langage politique, toujours habillés d’un sérieux imperturbable quand bien même ils emprunteraient au dialecte d’un moniteur d’auto-école ou d'un agent de voirie affecté aux infractions de stationnement automobile.

Toujours est-il que, traduction de la députée LREM Aurore Bergé à l’appui, et un coup de fil au syndicat national des exploitants plus tard, Libé se faisait une joie d’arroser le retour de la providentielle séance de 20 heures avec les exploitants de cinéma, apparemment exaucés de la doléance qui leur avait été sèchement refusée par Jean C. et Bruno le M.lors du premier couvre-feu. Mais voilà qu’hier, après deux jours de signaux de plus en plus embrouillés du côté de l’exécutif, la ministre Roselyne B. profitait de la conférence de presse de Jean C. pour mettre les points sur les i: toutes séances et représentations devront strictement s’achever à 21 heures, contrairement à ce que semblaient encore croire les patrons et gérants de salles dans les starting-blocks de la réouverture. (...)

Peut-on parler d’un rétropédalage, quand l’annonce initiale déployait de tels trésors d’enfumage? Sans avoir accès à la boîte noire de Google, on est prêt à parier que le mot "horodotage" a fait un bond au top des recherches les plus populaires d’Internet ces derniers jours. D’aucuns relèveront même que les dates et horaires de films et spectacles figurent déjà sur les billets: de quoi renforcer doublement l’inanité du vocable, qui laissait croire à la mise en place d’un "système" ad hoc d’une grande ingénierie adaptative... Lors du premier déconfinement, le retour en vogue des ciné drive-in avait établi que le monde d'après signerait la revanche de la bagnole. Mais c’était sans compter encore sur l’inventivité de la période, qui s’apprête donc à transformer tout spectateur en potentielle place de parking." (Libé Culture)

*

Tiens , et pour conclure (et bien couronner la journée) une déception : Bachar Mar-Khalifé organise un concert le 3 décembre à 20h30 via le site salle virtuelle/la 25ème heure (là). Pour 5€. Chic! Renseignements pris et inscription faite je déchante : il appert que vous ne pourrez y assister que si vous habitez Paris ou Beyrouth et c'est tout (ce qui n'est pas mon cas et c'est dommage).

bachar concert

zone geo

Sur ce, bonne nuit à vous...

 

1 janvier 2021

décembre 2020

mardi 1

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première neige

mercredi 2

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oxalis

jeudi 3

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tandem

vendredi 4

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télé

samedi 5

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en bas

dimanche 6

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en face

lundi 7

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utilitaire

mardi 8

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clope

mercredi 9

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jean-bonhomme

jeudi 10

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coco d'authoison

vendredi 11

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nature morte

samedi 12

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givre

dimanche 13

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roulés à la cannelle

lundi 14

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installateur de fibre

mardi 15

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les bâties

mercredi 16

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les Soria

jeudi 17

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il en faut peu...

vendredi 18

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gy

samedi 19

Capture d’écran (797)
twist in my sobriety

dimanche 20

Capture d’écran (886)
negative numbers

lundi 21

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batir*b

mardi 22

Capture d’écran (889)
son of sofia

mercredi 23

Capture d’écran (918)
nadia et les hippopotames

jeudi 24

snoop de dos
no comment

vendredi 25

Capture d’écran (929)
vous avez gagné la partie

samedi 26

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huitres

dimanche 27

Capture d’écran (997)
losing my religion

lundi 28

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salle d'attente

mardi 29

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d'Emma

mercredi 30

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impressions du soir

jeudi 31

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voeux

13 novembre 2020

RCC14

15

je ne sais plus le nom de cet effet mais il n'est pas très remarquable...

*

""La clause de revoyure n'est pas une clause de réouverture", confirme-t-on à Bercy."
(france info)
ben r'voyons...

*

, Tantine France Info résume très bien le topo :
devez-vous faire tester ou pas ?

(et ça finit comme ça :)

test france info

(je ne vous mets que la conclusion, mais c'est bien d'avoir une vue d'ensemble...)

*

(s'instruire en s'amusant / s'amuser en s'instruisant)

clinamen

dans ma dernière partie contre l'ordi, (où il m'a encore une fois battu à plate couture, si si...) ce dernier a fait un scrabble avec... CLINAMEN (mot cher aux oulipiens)

"Dans la physique épicurienne, le clinamen est un écart, une déviation (littéralement une déclinaison) spontanée des atomes par rapport à leur chute verticale dans le vide, qui permet aux atomes de s'entrechoquer. Cette déviation est spatialement et temporellement indeterminée et aléatoire, elle permet d'expliquer l'existence des corps et la liberté humaine dans un cadre matérialiste. Bien que cette théorie  ne se retrouve que dans le De natura rerum de l'épicurien latin Lucrèce elle est attribuée à Épicure lui-même, son œuvre ayant été en grande partie perdue depuis l'antiquité romaine.
(...)
Dans les Gestes et opinions du docteur Faustroll, roman à clefs, bible des Pataphysiciens, Alfred Jarry parle précisément de l'éjaculation de " la bête imprévue Clinamen " (livre VI, chapitre XXXIV intitulé justement " Clinamen "). O. Votka, pataphysicien, écrit qu'Épicure a saisi qu'au centre de toute pensée comme de toute réalité (qui n'est jamais pour quiconque qu'une pensée de réalité), il y a une aberrance infinitésimale, une inflexion indispensable, qui cependant oriente et désoriente tout. Le clinamen est donc bien autre chose qu'un hasard ou qu'une chance comme on le dit souvent. C'est une notion dérisoire qu'Épicure a mis au principe...
Et l'oulipien Paul Braffort commente : Ce texte ouvre une polémique (…) sur la relation possible du clinamen avec les relations d’incertitude de la Physique quantique. Mais pour Perec le clinamen intervient surtout comme " mode d’emploi complémentaire " à la mise en œuvre des contraintes oulipiennes." (techno-science.net)

*

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d'Eric Pessan, que je trouve de plus en plus anxiogène,
(Mais ne l'est-il pas, justement, ce monde-ci où nous vivons,
de plus en plus anxiogène ?)

*

reconcon c'est mon mot à moi  pour ce confinement 2 le retour
mais plus ça va et plus je le trouve  juste :
on a d'abord été traités commes des concons (mars/avril/mai)
et nous voilà re-traités (hihi) comme des reconcons (novembre)
N'aurait-on donc que ce qu'on (qu'on) mérite ?

*

"UNE SACRÉE PATATEFin septembre alors que l’horizon n’était plus qu’un immense parpaing fonçant inexorablement à travers l’espace, destination: Terre, le monde s’est pris de passion pour une vidéo TikTok de 25 secondes dans laquelle un type nommé Nathan Apodaca, ouvrier d’une usine de conditionnement de pommes de terre dans l’Idaho, rentrait de sa journée de travail en skateboard en sirotant du jus de canneberge au son du Dreams de Fleetwood Mac. La vidéo, vue plus de 60 millions de fois, montrait ce qui avait disparu depuis six mois: un monde simple, insouciant, libre de toute contrainte, qui réapparaissait l’espace d’un instant dans sa forme la plus brute, réelle, palpable – Nathan Apocada n’avait pas exactement un physique de jeune premier, il était vêtu d’un simple sweat à capuche et le décor dans lequel il évoluait était un bord d’autoroute morose. Une madeleine de Proust tombée du camion ou retrouvée dans le carton à chaussettes – le souvenir du bonheur dans ce qu’il a de plus désespérément ordinaire. Soit précisément aussi ce qui pousse, à l’heure des deuxièmes ou troisièmes confinements, le monde à plonger de plus en plus ouvertement dans la nostalgie, puissant antalgique permettant d’occulter des jours encore trop incertains." (du supplément Libé Culture, qui m'est chaque soir un grand plaisir)

*

le chocolat du jour fut très bon, même si je n'ai pas vraiment réussi à identifier dans son garnissage le petit plus qui en faisait l'originalité...

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*

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1 juillet 2021

CMFUBJ

covid 30 juin

voilà, pour ce qui est de la france métropolitaine, on y est!
(l'outremer, c'est loin....)

*
sur tw*tter :

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une affiche de cinéma

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le visuel de l'affiche des Nuits de Fourvière 2021

*

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*

ET j'ai eu soudain envie de changer la bannière
(mon nombril ne ressemblait PLUS DU TOUT à ça, il a bien changé en seize ans...)

*

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(à Beyrouth)

*

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au Canada

*

14 octobre 2015

booze

LES CHANSONS QUE MES FRERES M'ONT APPRISES
de Chloé Zhao

Un premier film de grands espaces et de galops, de paysages sublimes et de gens tristes aussi, de mélancolie et d'espoir(s). C'est comme chaque fois qu'on va voir un film qui parle des Indiens, des Eskimos, des Aborigènes, le constat souvent frontal, brutal, d'une misère sociale, de la disproportion entre les grands espaces d'avant, de ce qu'était leur cadre de vie, leur territoire, et dont ils ont été dépossédés au profit des colons, des envahisseurs, et désormais la réserve dans laquelle  ils sont cantonnés, cet ultime espace qu'on leur a concédé, cette misère révoltante où on les laisse croupir, ce riquiqui lopin de présent où les regarder s'éteindre.
Le film est l'histoire d'un frère et d'une soeur vivant ensemble avec leur mère, une des neuf épouses de leur père, père dont ils apprennent la mort dans l'incendie de sa maison au début du film.  Johnny et Jashaun, le frère et la petite soeur. (Le film est vu par le regard de la fillette). Lui vit grâce à des petites combines (il trafique de l'alcool dans la réserve, où a été instaurée la prohibition) et rêve de prendre bientôt le large avec sa copine, direction L.A dans un pick-up pourri. Le film raconte leur quotidien, entre le décès de leur père et le départ du jeune homme...
Ce film, le premier de sa réalisatrice, a la particularité de s'être tourné sur le vif (sur le fil)  dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du nord) où la demoiselle a passé quatre années (et n'est donc pas autobiographique, contrairement à ce qu'on pourrait supposer en le voyant, tant il sonne juste et beau et réel) d'ailleurs plusieurs de ses personnages portent, au générique, le même nom que celui qu'ils ont dans la vie.
Comme dans Zaneta, le film a été réalisé "de 'l'intérieur". De la communauté Rom pour l'un, de la communauté Indienne pour l'autre, et,  même si les problèmes des uns et des autres ne sont pas tout à fait les mêmes, les regards des réalisateurs témoignent du même investissement affectif pour la communauté qu'ils filment, de cette volonté de rester au plus près des gens (des vrais et des "presque vrais") et de raconter leur vie (la vraie et la filmée). Dans les deux cas, la trame scénaristique est mince (pour ces Chansons... le film s'est construit jour après jour, au fil d'improvisations successives) mais c'est ce que vivent ces personnages qui compte..
La vie dans la réserve est confinée, démoralisée, contrairement à ce que pourraient laisser penser les splendides paysages written in the west qui émaillent régulièrement le récit. Des images surnaturellement belles, précises, précieuses, qui accentuent encore le contraste avec la mouise dans laquelle vivent les habitants. Terre à terre profond. L'alcool et la drogue, les petits boulots merdiques, les bagarres, la vie en vase clos, accentués par le fait que tout le monde ou presque est le frère ou la soeur ou le cousin ou le fils de. Mais la vision de Chloé Zhao n'est jamais misérabiliste. Le frère et la soeur qu'on suit ont des tempéraments suffisamment forts pour en faire des personnages passionnants, profonds, touchants. lui qui ne pense qu'à s'en aller, et elle, au contraire, qui se fait coudre une robe de cérémonie pour aller au prochain pow wow chanter et danser comme ses ancêtres. Mais rien de folklorique non plus (ou de folklorisant) : les choses sont présentées et filmées telles que. Et des scènes fortes émergent ainsi, au milieu des choses simples de ce quotidien (pour eux), sans que le film cherche forcément à nous prendre en otages affectifs.
Partir, revenir ?
Et, comme le dit Johnny : Comment avoir envie d'autre chose quand on n'a rien connu d'autre ?
La fin est magnifique (et j'ai versé ma larme, comment faire autrement).

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14 mars 2020

six paires de

Chutes historiques des bourses européennes, le CAC 40 perd 12,28%

(Libé)

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Cor*navirus: Les Bourses asiatiques continuent de plonger
(20 Minutes)

4

Cor*navirus : comment réagir à la chute des Bourses
(Le Républicain Lorrain)

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Pandémie, spectre de récession mondiale: les Bourses d'Asie piquent du nez

(ImazPress)

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Le cor*navirus fait tomber les bourses mondiales

(Tunisie Numérique)

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Bourses : les places européennes rebondissent à l’ouverture

(Le Monde)

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