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lieux communs (et autres fadaises)
13 janvier 2021

poulailler 11

Incroyable! Le livre-photo pour lequel je doléais hier matin vient -déjà- d'arriver via chron*post (et celui-ci est impeccable, j'ai vérifié du bout des doigts, avant de me re-laver les mains, on ne sait jamais...) Merci encore Noémie de phot*obox!

*
il neigeote
il neigeouille
il neigeasse

*

et quoi d'autre ?
ben c'est tout...

no virus
no contamination
no variant anglais
no wuhan
no chloroquine
no gestes-barrières
no aérosolisation,
no masque
no solution hydro-alcoolique
no attestation
no couvre-feu (ah si, ça, oui quand même)
no verbalisation
no police menottes prison
no reconfinement (pour le moment)
no patient zéro
no cluster
no détresse respiratoire
no urgences
no réa
no pneumo
etc.

*

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je regarde une (nouvelle) série assez plaisante de Canal : OVNI(S) (réalisée par Antony Cordier, -dont j'avais beaucoup aimé DOUCHES FROIDES, HAPPY FEW et GASPARD VA AU MARIAGE...-) un panachage étonnant : de la science-fiction, mais en 1974, sous Giscard... C'est sympathique, entre loufoque et décalé mais avec un petit air pince-sans-rire, un goût certain pour les clins d'oeil, et ça se regarde avec grand plaisir...

*

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et je lis un polar qui donne faim (ce qui est assez rare pour être mentionné): NOS DERNIERS FESTINS de Chantal Pelletier (en Série Noire), du polar d'anticipation, puisque l'action se déroule en 2044 où a été instauré un permis à points pour la bouffe...

*

et j'ai (re)fait des roulés à la cannelle (qui sont encore plus réussis que la première fois, et ça sent toujours aussi bon dans l'appart -tiens, pourquoi je me sens dimanche ?-)

*

ah si, j'oubliais : la terre a accéléré en 2020 :

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"De mémoire de satellite, le bilan annuel de la durée des jours a toujours été positif. Le dernier pic date de 2016, avec 490,76 millisecondes supplémentaires sur le temps de référence. Et depuis, ça baisse. Ça baisse régulièrement, et ça baisse vite. Jusqu’à cette année 2020 de tous les records où pour la toute première fois, le bilan est négatif. Cette année, les rotations cumulées de la planète affichent -1,28 millisecondes sur le temps de référence. Et si la tendance se poursuit au rythme actuel, 2021 devrait finir avec 35 millisecondes d'"avance". (Libé)

*

(toujours ça de gagné, hihihi)

2 janvier 2021

new year, used year

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donc une année nouvelle
(faire comme si)
le fait de passer de 0 à 1 c'est déjà un changement, une avancée, un progrès, une amélioration, une modification, une rupture, (un espoir ? hihihi)
(soyons fous)

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(nouvelle bonne année)

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(garantie?)

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(pas mieux)

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(déjà utilisée, de deuxième main)

*

avant le "nouveau" couvre-feu (NCF) profitons-en...

"voir du monde"

* hier après-midi aux Bâties, avec René, Christiane, Dominique, Emma, Régis pour le goûter (gâteau à l'orange, gâteau au chocolat, meringues, chocolat de champion du monde, arrosé d'une goutte de champagne pour la plupart (et de champomy pour certaine(e)), puis de café à gogo (parfum chocolate truffle en ce qui me concerne), bref, un moment délicieux, "comme avant" pourrait-on dire, même si au début j'ai eu un peu de mal à ôter mon masque (j'étais bien le seul) pensez : six vieilles et vieux, autour d'une table, espace confiné, fenêtres fermées, à manger des gâteaux, à boire, à parler, à plaisanter, à rigoler, à échanger des petits cadeaux, mais surtout à être là, tous ensemble, en présenciel, "en vrai" (ni étreintes ni bises, mais le coeur y était, et j'étais de surcroit enchanté d'avoir de nouveaux modèles à photographier...) bref deux heures exquises, tout comme avant, et ça m'a reboosté...

* et ce matin, Christine passe me prendre à 8h30 comme elle me l'avait proposé hier au téléphone, pour aller faire un tour de lac avec Elisabeth (on l'y retrouvera là-bas, après avoir fait un tour au marché -Christine doit acheter du pain et des poivrons...- qui est quasiment désert : la plupart des stands sont fermés, et les allées du coup sont vides...) pas plus de monde au lac, d'ailleurs (il est tôt, il fait frais et humide (c'est revigorant), Elisabeth arrive, elle a un très joli bonnet orange (en alpaga ?) et on fait le tour habituel ça fait un sacré bail que je ne l'avais pas fait) en discutant comme il est de rigueur (et ô joie on croise très peu de monde...) et ça aussi c'est "comme avant" (enfin, presque, puisqu'on garde tous les trois le masque sur le museau pendant tout le tour, sauf à deux ou trois reprises où il fait bon l'ôter quelques instants pour aspier l'air délicieusement frais à grandes goulées...

 

 

30 décembre 2020

CSDRN'E13

S'amuser ? Faire la fête ? Soit, mais dans le calme, l'ordre, et le respect des règles

 

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chapeaux pointus réglementaires

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langues de belle-mère réglementaires

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serpentins réglementaires

*

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"Le rail donne du sens au territoire, inscrit dans les lombaires les distances, et offre au nomade la douce mélodie des langues européennes. Sans oublier le plaisir de s’éveiller dans un pays(age) transformé. Comme cette fois où notre fatigue d’une nuit mouvementée, passée coincée entre deux Italiens sur un siège inclinable après s’être endormie dans la vibrante gare de Budapest, s’est évanouie en voyant apparaître les magnifiques bâtiments de Florence. Ou ce bretzel chaud croqué lors d’une escale à Hambourg. Les blanches montagnes des Alpes autrichiennes qui glissent le long des fenêtres lors d’un passage par Salzbourg, direction Vienne.

Le train éveille les sens, autant que son rival, l’avion, les anesthésie. Quand on embarque dans un train de nuit, surgit cette impression de partir pour un long voyage vers des contrées mystérieuses. "On est où là ?" interroge soudain un homme pâle, les cheveux gris aplatis, en passant la tête par la porte des toilettes qu’il n’a pas pris la peine de fermer. Comme à la maison. Il est 5 h 22 et "Montauban" s’affiche en grandes lettres blanches sur le quai désert. "Il s’arrête bien à Toulouse ? ! Je descends à Toulouse", s’exclame-t-il, inquiet. Rêve-t-il encore ?" (Libé, d'un article sur le retour des trains de nuit)

*
(rions un peu, mais jaune)

Coronavirus : comment la Chine tente de faire oublier l'origine du virus

Venu d'Europe, le "nouveau coronavirus"? C'est la dernière thèse avancée par Pékin, qui cherche à redorer l'image de la Chine, premier foyer de Covid-19. Les autorités chinoises durcissent la pression sur les "dissidents": une journaliste a été condamnée à quatre ans de prison lundi, et l'enquête de l'OMS sera timidement accueillie en janvier.

 *

je viens de recevoir, acheté sur priceministruche, un bouquin de Gérard Lefort, La Foire aux Vanités, sur la page de garde duquel je découvre, non annoncé -dans l'annonce-, un envoi manuscrit (une dédicace) de l'auteur à... Stéphane Bern (lequel, j'en déduis, n'a pas dû trouver le bouquin en question à son goût)

*

un drole de truc : une déclaration d'une personne honorablement "connue", (comme moi désormais en retraite), dans la presse locale, assortie d'une photo du personnage en question.... et me revient alors, en lisant son nom et en regardant sa photo,  un souvenir très précis, de cette même personne (bon, c'est un homme), qui remonte à l'école primaire, nous devions être en classe ensemble, au cours moyen je pense, et, je ne sais plus pourquoi, un jour en rentrant de l'école, il m'avait fait rentrer chez lui, et, dans sa chambre, il m'avait alors avoué qu'il aimait bien, de temps en temps, jouer à la poupée, (il m'en avait montrées d'ailleurs) mais qu'il comptait sur ma discrétion pour que je n'en parle à personne, et j'ai d'ailleurs tenu parole depuis plus de cinquante ans...

*

Capture d’écran (988)

(dopamine)

*

arte kino festival
CAT IN THE WALL
de Mina Mileva & Vesela Kazakova
(Bulgarie / Royaume Uni / France, 1h32)

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un film absolument délicieux
(disponible gratuitement jusqu'au 31 décembre)

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27 décembre 2020

CSDRN'E10

arte kino festival :

NEGATIVE NUMBERS de Uta Beria (1h50 / Géorgie)

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SON OF SOFIA d'Elina Psykou (1h51 / Grèce / France / Bulgarie)

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THC : CENTRAL AIRPORT de Karim Aïnouz (1h37 /Allemagne /France / Brésil)

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LESSONS OF LOVE de Chiara Campara (1h19 / Italie)

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il y a 10 films à voir, jusqu'au 31 décembre, et c'est gratuit (il suffit de s'inscrire)

 

21 novembre 2020

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Jusqu'à ce matin 5h30 environ j'ignorais ce qu'était "une queue de détente"* (Je n'avais même jamais entendu ce mot, je suis un pacifique...) . Grâce à Riri et à Sylvain, youp la! je suis désormais moins ignare à ce sujet... Merci les gars!

*

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Riri-Queue de détente ? (hihihi)

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l'esprit des murs se réveille (enfin!)

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c'est vrai que tout ça nous rajeunit, non ?

*

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(Eric Pessan)

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(feel good blog)

*

* les mots, à dire vrai, m'évoquent tout à fait autre chose

 

8 novembre 2020

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(néon rouge)

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(Eric Pessan)

*

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(avec juste le paradoxe -que j'assume-
 que je n'ai pas vraiment envie de soutenir "la" libraire locale
allez savoir pourquoi...)

*

gensquidoutent

(des archives de la sacem, via artips)

*

(transition habile)

sur l'air de
"j'aime leur petite chanson
même s'ils passent pour des cons..."

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"et au prochain confinement
je prendrai sans chocolat blanc..."

(à propos du chocolat du jour)
monochrome & monogueusique

*

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il n'est pas content (hihihi)

*

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16 mai 2016

ptolémaïque

MA LOUTE
de Bruno Dumont

Comme pour le Woodychounet, mais peut-être pas pour les mêmes raisons, j'y suis allé le premier jour dès la première séance. Rarement j'ai autant appréhendé d'aller voir un film. Sans doute à cause de ce petit problème que j'ai avec les films de Bruno Dumont. Je restais sur l'expérience plus que très malheureuse (pour moi) de P'tit Quinquin, sur les souvenirs... douloureux de L'Humanité (où j'ai failli quitter la salle), de Hadjewich, de Hors Satan (ce qui commence à faire beaucoup) et me disais en tremblotant que si le "Dumont grave" ne me convenait pas, le "Dumont drôle" me convenait encore moins (je n'ai même pas réussi à regarder un épisode en entier)..., en me promettant bien que si celui-là non plus ne me plaisait pas, ce serait le dernier que j'irais jamais voir.

J'y suis allé "tout de suite", avant de lire les critiques, les interviews de Lucchini, l'entretien avec Brubru dans Les Cahiaîs, la conférence de presse Cannoise. Viergement. Je n'en connaissais que l'affiche, le bref copie-collé d'allocinépointfre que j'avais trouvé pour la programmation, plus quelques bribes de propos flottants par ci par là, et c'est tout.

Ca commence (on est une douzaine -des vieux- dans la salle 12, normal c'est une séance "de retraités".) Titre en blanc sur fond noir (comme le Woodychou) pas de musqiue et c'est tout, on attaque. Des ramasseurs de moules (toute une famille), dont on ne comprend pas tout à fait ce qu'ils disent (ce doivent être les fameux non-professionnels chers au réalisateur) sont doublés avec force pétarades sur un petit chemin côtier par une famille en costumes (et en voiture) : Papa Lucchini avec une tête d'aviateur (casque lunettes et rouflaquettes) et Maman Bruni-Tedeschi belle et chapeautée-corsetée comme une Georgette de Magritte (plus leurs trois enfants à l'arrière). On apprendra rapidement qu'il s'agit de leurs deux filles et de Billie leur cousin/cousine (en effet il est très difficile de savoir à coup sûr quelle est sa sexuation).

Dumont nous balance ensuite deux flics (les cicatrices de la blessure du douloureux souvenir des flics à tics de P'tit Quinquin ont instantanément menacé de se rouvrir mais non finalement) un très gros et un petit maigre rouquin, tous deux en costume noir et chapeau melon, exacte -et plaisante- hybridation entre Les Dupondt d'Hergé et Laurel et Hardy, qui enquêtent sur une série de disparitions mystérieuses et balnéaires. Dumont s'est amusé comme un petit fou à faire crisser le gros flic comme une baudruche (un ballon de) à chacun de ses déplacements, tout au long du film. Soit.

Disparitions dont on va comprendre les raisons assez rapidement : la famille des pêcheurs de moules joue aussi le rôle de passeurs, à pied ou en barque, (pour que les richards ne se mouillent ni les guêtres ni les mousselines), mais va surtout révéler son moteur principal : l'anthropophagie. (Si si). On savait Dumont avoir déjà fait oeuvre d'anthropologue, voire d'antropographe, et de graphe à phage il n'y avait qu'un pas (quasiment à gué, sans de mouiller les pieds ou presque) et il l'a donc franchi à pieds joints.

Deux familles donc, les bourges et les pauvres. Une paire de flics, et la nave va (la barque, plutôt). Le film est visuellement somptueux (décors et costumes) et l'atmosphère désuète et balnéaire m'a évoqué les cartes postales vieillottes et truquées des zinzins Plonk et Replonk (dont j'ai cherché en vain le nom au générique, tant leur participation n'eut pas ici dépareillé), pour des raisons de loufoquerie, d'ahurissements divers,  d'exagérations, d'inventions, d'absurdités et autres coquecigrues.

Et soudain voilà que tadam! ça coup-de-foudrise entre le fils des pauvres cannibales, nommé Ma loute, et Billie le/la cousin/cousine de la famille des riches. (Qui s'avère être le fils de Juliette Binoche, la soeur de Lucchini, mais c'est plus compliqué que ça...) et le récit alors s'ébranle,et continue de rouler, sur le sable et dans l'eau, comme une boule qui agglutinerait au passage tout ce qu'elle rencontre (un genre de blob balnéaire), et grossit grossit tellement que je n'ai pas envie de vous raconter après, je voudrais simplement que vous le voyiez (que vous le vissiez ?).

On ne serait pas très loin de la folie furieuse (à certains moments), du grand n'importe quoi à d'autres, et de scènes sublimissimes à d'autres encore. Si si. Le film m'a tourneboulé mais tout autant bouleversé. (Si on m'avait dit un jour que je serais susceptible de mettre un film de Bruno Dumont dans mon top 10, j'aurais éclaté d'un grand rire exagéré et tonitruant, et pourtant c'est exactement ce que j'ai pensé en sortant).

Ma Loute est un film aussi sonné (comme on dit chez nous) que sonnant (au sens "boxique", percutant, du terme). Et qui dit sonnant pense tout de suite à trébuchant. Et quand on trébuche la chute n'est pas loin (on tombe beaucoup, d'ailleurs, dans Ma Loute). Chutes de slapstick, ou de cinéma d'habituelle gaudriole (le ressort comique des quatre fers en l'air). Et on peut être déstabilisé par les excès (ou les travers) de jeu auxquels les comédiens (surtout les "pro") sont soumis (avec un beau et dangereux lâcher-prise, d'ailleurs) mais ça fait, justement, partie du jeu. Dumont s'est extirpé du marécage de la grandiloquente austérité (où, oui, je le trouvais bien embourbé) rigoriste et sans concessions, pour aller patouiller un peu comme un sale gosse dans un bac à sable voisin (le pédiluve de la fantaisie ?). Taper et éclabousser, avec sa pelle et son seau. Mélanger l'épouvantable et le drôlatique, la méchanceté avec le sucré, l'eau-de-rose avec l'eau de mer, bref organiser un mariage  forcé, contre nature, entre des éléments très hétérogènes (et récalcitrants), les familles ennemies, (les pêcheurs cannibales et les bourges dégénérés), mais, plus simplement aussi, les acteurs "habituels" de Bruno (les non professionnels) et les non habitués de chez Dumont (traduisez les "célébrités" : jamais distribution de Bruno D. autant ne rutila!)

Et il y aurait encore un point commun avec le Café Society de Woody Allen, évoqué au début de ce post : leurs scènes finales, où, (malgré des histoires des moyens et des décors qui n'ont rien à voir, qui se situeraient même aux antipodes l'un de l'autre), se rejouerait, finalement, la même chose ou presque. L'un, l'autre, ensemble, séparés, et simplement un regard  (réel dans un cas, figuré dans l'autre), muet mais qui en dit long...

Le film n'est pas outrageusement comique (on y rit finalement assez peu, en tout cas d'un rire pas habituel : pour Dumont, plutôt que le rire jaune, il faudrait inventer le rire rouge, ou le bleu clair, ou etc.) il est juste peut-être comiquement outrageux. Déstabilisant, trébuchant, emballant. Fascinant. Allumé, comme des étincelles qui naîtraient du frottage de silex inadaptés, incongrus, a priori inconciliables. Des pierres d'achoppement. Du choc thermique violent entre le grotesque et le sublime. Si si.

Qui pourrait faire dire de l'auteur, au choix, qu'il est un gros malin, un grand malade, ou un grandissime manipulateur. Comme faisant s'emboîter, de force (deux forces ?) des pièces de puzzle pas vraiment conçues pour ça. En force, oui, et dérivent et flottent au fil des courants , des lambeaux, le théâtre de Courteline ou Feydeau mais regonflé à l'hélium, surrevisité façonTardieu ou Ionesco, et les aventures de Bécassine, et le fils caché de La Castafiore, et la famille de Massacre à la tronçonneuse mais sans tronçonneuse, et les paysages sublimes de la Côte d'Opale, (et l'eau, et le ciel et le sel) et les ombres déformées et/ou lointaines de Bunuel, de Fellini, de Genêt, de Visconti, ponctuellement convoquées (grinçantes, grimaçantes, ricanantes)...

Oui, j'aime ce Dumont-là (même si, comme pour Apichatpong, pas forcément pour les bonnes raisons), ce film-là de Dumont, pour être plus précis, parce qu'on a vraiment la sensation, en tant que spectateur, d'assister à une véritable (et ambitieuse) mise en chantier cinématographique, une belle prise de risque, une audace formelle, une volonté d'hybridation (d'expérimentation) qui bousculent, secouent, frappent, envoient en l'air (pour reprendre des images du film)... Oui, il faudra que j'y retourne (et ce sera une première, pour un film de Dumont)

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22 janvier 2016

tremblante

BELIERS
de Grímur Hákonarson

Une bouffée d'air frais! raccole l'affiche. Si vous vous attendez au deuxième effet Kiss Cool ou à une pub Bollywood chewing-gum ("fraîcheur de viiiivre...") vous risquez d'être désappointés... Le fond de l'air est frais, certes, et la neige est blanche, et le froid pinçant, et l'alcool réchauffant... mais bon on a des grosses barbes, des gros pulls, des gros quads pour se déplacer, et des gros moutons pour courir après. Nous sommes en Islande, le nouvel "autre pays du cinéma". Dans une vallée perdue (au fin fond d'une vallée perdue) où vivent des paysans, qui vivent principalement de l'élevage. des moutons, bien entendu (bêêêh!) Et notamment deux frangins, Gummi et Kiddi (désolé, je n'ai retenu que leurs petits surnoms), voisins mais fâchés depuis 40 ans. fâchés à mort, on ne sait pas exactement pourquoi (et peut-être même qu'eux non plus). On les voit participer au concours du plus beau bélier, et gagner d'aillerus la première et la seconde place. Le premier de triompher et le second de trogner. Tout ça pour un demi-point de différence à cause d'"un peu plus de muscles dorsaux"...

Gummi (le deuxième du concours) veut vérifier par lui-même, s'introduit dans l'étable de son frère, ausculte le bélier en question, et l'aime suivante montre les vétérinaires du coin emmenant le bestiau en observation. l'animal en question serait atteint de tremblante du mouton, une maladie très contagieuse qui implique l'abattage de tout le cheptel de la vallée et du désinfectage de tout ce qui a été en contact avec les moutons. Arghh! ca ne va pas arranger les choses entre nos deux frérots, et ça se traduit illico par quelques coups de fusil  dans les fenêtres de la chambre de l'autre, avec bordée d'injures bien senties.

l'intervention (la surveillance, que dis-je le flicage des services vétérinaires n'arrange pas non plus vraiment les choses. Si Gummi s'est plié -d'assez mauvaise grâce- aux mesures demandées, Kiddi refuse toute discussion. il va pourtant bien falloir en passer par là... comme dans Des chevaux et des hommes, on est immergé dans une communauté rurale de l'Islande profonde, où l'élevage constitue pour ainsi dire toute la vie de ceux qui vivent là. Et on va assister, de l'intérieur, aux suites de l'opération, età leurs conséquences, les attendues et les plus inattendues.

Le (rude) climat islandais aura son rôle à jouer, jusqu'à un final particulièrement touchant (à la suite duquel chacun se posait la même question, mais y apportait la réponse qui lui convenait le mieux). décidément, ce fameux cinéma nordique (et au-delà) nous apporte régulièrement son lot de bonnes (et dépaysantes) surprises. Mais pas de bouffée d'air frais, par pitié, les publicitaires!

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Je ne sais pas d'où vient cette affiche, ce n'est pas celle qui a été choisie,
mais pour ceux qui ont vu le film, elle est beaucoup plus parlante...

 

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la fameuse bouffée d'air frais...
(je suis quasiment sûr que pendant qu'ils brainstormaient,
il y en a eu un pour proposer un truc du genre "béliers therapy"...)

 

 

27 août 2020

ébénisterie

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LE SEL DES LARMES
de Philippe GARREL

Encore un beau film en noir et blanc... (ça doit-être mon côté esthète décadent et/ou dégénéré, mais, c'est plus fort que moi, dès que je vois que c'est en N&B, je me dis automatiquement que c'est 50% de bonheur en plus, minimum).
Garrel, je le suis depuis... très longtemps (je me souviens d'une engueulade avec Pat P. devant une affiche du Berceau de Cristal (1975), à Paris, à propos duquel on était fort en désaccord, le plus drôle étant que je ne me rappelle plus qui attaquait et qui défendait...).
Beaucoup de temps a passé depuis ces expérimentations baroques (que j'aimerais bien pouvoir revoir juste un peu, tiens...), Philippe Garrel, s'il continue d'expérimenter, le fait à présent beaucoup plus sagement, (raisonnablement) mais je continue d'aller voir ses films quand on les programme dans le bôô cinéma (ce qui est très souvent le cas).
Il est souvent (toujours, quasiment) d'hommes et de femmes, d'amour (qui commence, qui finit, qui s'emberlificote) souvent, (de mort aussi) et aussi de famille (de parentalité et de filiation). Philippe Garrel évoque souvent son père (Maurice) et emploie aussi (a employé, plutôt) son fils (Louis).
Ici pas de Loulou mais Luc, un jeune premier (Logann Antuofermo, c'est son premier film), un beau ténébreux comme avait pu l'être en son temps Wadeck Stanczack (je ne sais pas de quelle profondeur a pu surgir cette réminiscence), mais en plus doux toutefois. Qui "monte à Paris" pour passer le concours d'entrée à l'école Boulle (il est menuisier, travaille avec son père, un mec en or, joué par le toujours excellent André Wilms, nimbé ici qui plus est d'une beauté toute Ganzienne).
Il va croiser Djemila (la pétulante Ouleya Amamra qui étincelait dans Divines mais qui joue ici dolce, même dolcissimo) , puis Geneviève (Louise Chevillotte, qui jouait déjà dans l'avant-dernier film de Garrel), et enfin Betsy (Souheila Yacoub, qui a débuté en 2018 notamment dans le Climax de Gaspar Noé). Trois femmes, trois attitudes, trois relations fragiles.
Car Luc ne sait pas qu'est-ce que c'est qu'aimer (et il aimerait bien le savoir).
Le film progresse au fil de ces trois histoires successives (dont certaines se chevauchent et provoquent des crises), avec en filigrane l'amour filial et paternel de Luc et de son père (difficile de ne pas imaginer que Garrel parle de sa propre histoire, à peine déguisée), dans un beau film plutôt mélancolique (auquel le seul reproche que je pourrais faire est la voix-off, qui ne sert souvent à rien, puisqu'elle ne fait que paraphraser (redonder) ce qui se passe à l'écran et que, à une exception ou deux,  le plus lambda des spectateurs est à même de comprendre...)
Que je rangerais sur l'étagère des "Garrel que j'ai bien aimé(s)", même si la toute fin fait tout de même bien retomber le soufflé (encore la faute de la voix-off, dont on dirait qu'elle clôt -un peu (trop) scolairement donc- une rédaction dont le sujet pourrait être "Dites à votre papa combien vous l'aimez".
Mais bon sans doute je chipote...

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27 septembre 2014

comme du bon pain

GEMMA BOVERY
d'Anne Fontaine

Oh la jolie surprise! j'avais beaucoup vu la bande-annonce (trop), et je n'avais plus vraiment envie d'y aller (pas assez), mais... le hasard a fait que je passais près du bôô cinéma aux alentours de 18h (signe), et hop, j'ai tourné le volant dans la bonne direction...
Quelle bonne idée ! Ce film m'a ravi. il est à l'image de l'écriture des mots du générique : une calligraphie  "classique", appliquée (de la cursive) mais avec des fioritures et des zigouigouis paraphant décorant joliment les mots. Avec élégance. Voilà, c'est un film élégant. Fabrice Lucchini est y est excellent (plutôt sobre dans le jeu, et appliqué dans la diction de la voix off du narrateur, comme s'il jouait à être Lucchini en train de jouer son personnage), et Gemma Arterton y est divinement exquise (avec, en plus, des participations d'Elsa Zylberstein, en pimbêche de cambrousse, Niels Schneider en nobliau local, fils d'Edith Scob, appliquée, elle, à retrouver son biscuit rafistolé (Eros), voilà qui fait plaisir à voir...).
Un bobo parisien (Frabrice L., donc) qui fait office de boulanger en Normandie, après avoir été critique littéraire, délire sur Emma Bovary, qu'il croit voir incarnée en la délicieuse et anglaise voisine  qui vient de s'installer en face de chez lui (et son mari s'appelle Charles...) Et le voilà qui retricote, à quatre mains avec Gustave Flaubert, en utilisant les moyens humains du bord (qui s'y prêtent d'ailleurs tout à fait) "sa" version de l'histoire, grandeur nature...
Pour une fois, la bande-annonce, si elle semble en dire beaucoup, ne raconte (ouf!) pas vraiment le film, et c'est tant mieux.
Comme Gemma avec le pain de Fabrice, je me suis régalé. Avec gourmandise. Un film très bien construit, tout aussi bien écrit, où la superposition des couches du récit (le réel, le supposé, l'écrit, le fictionnel) croustille en délicieux petit feuilleté.

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15 septembre 2014

bagouzes

PARTY GIRL
de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

Cas de figure peu banal : un film dont la projection m'a été malcommode (j'ai même envisagé à un moment de quitter la salle) mais pour lequel la façon dont son  réalisateur(s) (un de ses trois)  nous en a parlé m'a véritablement fasciné. Ce film, on en avait beaucoup parlé (depuis sa projection à Cannes), et les divers échos en étaient unanimement enthousiastes, et pourtant, je n'étais pas vraiment certain que ça allait me plaire -je me connais un peu, et mes goûts cinématographiques aussi, en principe-, et donc, la façon dont j'ai réagi ne m'a pas vraiment étonné...
Une ancienne entraîneuse (la mère du réalisateur) qui joue son propre rôle, décide de se "ranger" un peu, et d'accepter d'épouser un des habitués du cabaret où elle travaillait, qui vient de la demander en mariage. La mère, donc, joue son rôle (son vrai), les enfants, aussi, l'histoire du mariage lui est vraiment arrivée, mais le marié (dont je croyais naïvement qu'il était "vrai" aussi) s'avère être un comédien, recruté sur casting pour le film.
J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à l'histoire jusqu'à la scène quasi finale (le mariage, et tout ce qui s'ensuit) que j'ai vraiment trouvée magnifique (peut-être parce que c'est justement un moment "différent", sans clopes à la chaîne, sans biture, sans pétage de plombs, un temps "juste", simplement, et d'autant plus touchant) et qui justifie à elle seule la vision du film.
Sans critiquer plus avant, juste dire que ce n'est pas ma tasse de thé cinématographique, mais que, je le répète, j'aurais pu écouter Samuel Theis en parler encore pendant des plombes, tellement je l'ai trouvé pertinent et, n'ayons pas peur des mots, brillant.

 

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2 octobre 2025

photos september

1) 

gouttes...

 

2)

candidat joyeux

 

3)

une entrecôte de belle taille

 

4)

accident de funiculaire à Lisbonne

 

5)

reflet complexe

 

6)

au garage

 

7)

le cinquième plan de La Jetée

 

8)

joli ciel, un mercredi matin

 

9)

un travailleur...

 

10)

gravats devant la banque, un jeudi...

 

11)

happy hours, avec M. et C.

 

12)

joli ciel, au même moment

 

11)

au cinéma (tout seul dans la salle)

 

12)

au M*cDo...

 

13)

à la cafét' de l'hôpital...

 

14)

trois jeunes rebeus

 

15)

l'automne, rue Miroudot St Ferjeux

 

16)

travailleurs

 

17)

"bleu, jaune, et blanc"

 

18)

cambré, non ?

 

19)

dans la cour : Gustave Kervern

 

20)

Dans la cour : Pio Marmaï

 

21)

Claudia dans la boîte

 

22)

les très méchants... (on dirait pas)

 

23)

Blow Up

 

24)

Bertrand Belin clip

 

25)

Goodbye Dragon Inn (la fin)

 

26)

"Un jour, Pina a demandé..."

 

27)

porno LFC

 

28)

je ne sais plus qui, je ne sais plus quand, je ne sais plus où

 

29)

Inferno

 

30)

Je le jure

 

31)

3 frangins écossais à la rame...

 

14 juillet 2020

conconfinement

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HOMEMADE
sur Netflix

à l'initiative de Pablo Larrain, une collection de 17 films réalisés pendant le conconfinement ("en respectant les règles", c'est dit dans le générique)

1) LADJ LY (7')
2) PAOLO SORRENTINO (7')
3) RACHEL MORRISON (5')
4) PABLO LARRAIN (11')
5) RUNGANO NYONI (10')
6) NATALIA BERISTAIN (8')
7) SEBASTIAN SCHIPPER (9')
8) NAOMI KAWASE (7')
9) DAVID MACKENZIE (9')
10) MAGGIE GYLLENHAAL (11')
11) NADINE LABAKHI (7')
12) ANTONIO CAMPOS (8')
13) JOHNNY MA (8')
14) KRISTEN STEWART (11')
15) GURINDER CHADHA (10)
16) SEBASTIAN LELIO (8')
17) ANA LILY AMIRPOUR (1O')

*

mes quatre préférés:

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15 juillet 2020

rideau

057
CELLES QUI CHANTENT
de Sergei Loznitsa, Karim Moussaoui, Julie Deliquet, Jafar Panahi

Celui-là a eu beaucoup de chance (et moi aussi, donc, du coup) je n'avais pas prévu de le voir, et voilà que c'était la seule séance que je pouvais choper au cinoche à cette heure-là (13h!), puisque le film roumain que j'avais très envie de voir n'était pas visible ce jour-là.
Quatre films courts avec dedans des voix de femmes, quatre univers très différents, et quatre moments de plaisir en tout cas. J'y allais surtout sur les noms de Loznitsa et de Panahi (qui ouvrent et ferment le film d'ailleurs), les "aînés", mais j'ai tout autant aimé les deux jeunes (Moussaoui et Deliquet, je connaissais le premier pour En attendant les hirondelles, mais la seconde pas du tout), qui font largement aussi bien (chacun dans sa partition...)
Quatre façons d'aborder le thème, quatre manières de (re)présenter une femme qui chante dont je ne vous dirai rien de plus pour ne pas gâcher votre plaisir (celle de Panahi, l'ultime, étant l'exact contraire, à des années-lumière, dans tous les sens du terme, de celle de Loznitsa, la première) et je suis très content de me dire que j'aurai peut-être la chance et le plaisir de le revoir quand il passera dans le bôô cinéma (en principe, c'est prévu)...

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9 mai 2020

CCCC54

l'esprit des murs 1 :

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*

"Cocovirus : les pharmaciens étaient autorisés à vendre des masques depuis fin mars et l'ignoraient

Les particuliers peuvent désormais se procurer des masques à usage unique en pharmacie… mais ils auraient pu en acheter beaucoup plus tôt. Des pharmaciens ont découvert récemment qu'il n'y avait pas d'interdiction légale de vendre des masques issus de l'importation, contrairement à ce que l'administration avait laissé entendre."  (franceinfo)

*

l'esprit des murs 2 :

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*

"Déconconfinement : "On en train de faire quelque chose" de "maltraitant pour les enfants de maternelle", estime une directrice d'école" (franceinfo)

*

L'ESQUIVE

Intense moment de gêne pour Jean-Michel B., ce matin sur France Inter. Le ministre de l’Education nationale, qui ne vit décidément pas sa meilleure vie durant cette crise, était interrogé sur le respect des gestes barrières avec les tout-petits, de retour en classe progressivement dès lundi. "Un enfant de 3 ou 4 ans qui a un gros chagrin et qui se met à pleurer, est-ce que la prof peut venir le consoler, le toucher ?", lui demande d’abord Léa Salamé. "Ah écoutez, je crois que… Moi, si j'ai mon enfant de 4 ans à la maison qui pleure, je le prends dans les bras", tente d’abord le ministre, jouant la carte perso. "Oui, mais vous êtes dans le même foyer", lui fait remarquer la journaliste. Et là, c’est le drame. Et une réponse en forme de fuite : "Oui, oui. Bon. Écoutez, sur des sujets comme ceux-là, je crois qu'il faut qu'on fasse preuve de bon sens et de pragmatisme et c'est pas au ministre de donner une consigne sanitaire sur un point comme ça." Esquive level 12000." (Libé/ChezPol)

*
STAWUGS

(partie de scrabble sur le ouaibe) il me met ça, je tombe des nues, je réagis ironiquement par "bravo l'anagrammeur" (pas de réaction) puis "je  supporte pas les tricheurs" auquel il répond par "et moi je supporte pas les connards", je continue à jouer,  j'ai 80 points d'avance, je viens de tirer le y, je vais le placer fructueusement, j'attends, lui me laisse un dernier message dans le même esprit, et finit par quitter la partie (abandon, c'est moi qui gagne...) et je le mets, bien sûr en liste noire.

*

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(d'un blog avec des collages dont hélas je n'ai pas relevé le nom)

*

 

 Image

 *

le 11 mai nous agirons sans précipitation :

précipitation1
nom féminin
  1. 1.
    Grande hâte, hâte excessive.
  2. 2.
    Caractère hâtif et improvisé.
    Dans la précipitation du départ, elle a oublié son passeport.
précipitation2
nom féminin
  1. 1.
    Phénomène à la suite duquel un corps solide insoluble (précipité2) se forme dans un liquide sous l'effet d'un réactif.
  2. 2.
    Précipitations atmosphériques
    chute de l'eau provenant de l'atmosphère (météores : pluie, brouillard, neige, grêle).

09

 J-2?

15 avril 2020

CCCC30

(cinquième semaine, premier mois... on se dit qu'on a déjà fait la moitié ?)

*

les murs ont moins d'esprit ces derniers jours je trouve (est-ce parce que les gens sortent moins pour écrire sur les murs, ou bien parce que d'autres gens sortent moins pour les prendre photographier ?)

*

Je viens de terminer L'Hiver du Commissaire Ricciardi, de Maurizio de Giovanni, le premier roman de la série mettant en scène le commissaire en question, qui fait, d'emblée, partie des héros hyper-attachants, pour ne pas dire inoubliables. Il a la particularité de voir (et d'entendre) les morts, un don qu'il appelle "La Chose". Ca se passe à Naples, dans les années 30, dans le milieu du théâtre lyrique : un ténor a été assassiné juste avant la représentation, dans sa loge, de bien singulière façon. Ricciardi va se mettre en chasse, finira par tout résoudre, mais là n'est pas le plus important...
Si le déroulement et l'écriture sont plutôt classiques, le personnage de Ricciardi est, je le répère, inoubliable. Et, quel bonheur, j'avais  pris soin d'acheter tous les autres volumes de la série (sauf, allez savoir pourquoi, Le Printemps du Commissaire Ricciardi que je suis sûr et certain d'avoir pourtant tenu lors d'une précédente Foire aux Livres, et qui n'est hélas pas achetable à ce moment à un prix décent...) Tant pis, j'attendrai le printemps hihi. J'ai de quoi voir venir...

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*

* l'esprit des murs 1 :

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j'ai eu ce matin ma livraison du Super U (commandée et réglée en ligne) : surprise, d'abord ce n'était pas un livreur mais une livreuse, qui m'a gentiment monté  les deux sacs (et le pack d'eau)  jusque devant la porte (biiip biip alerte rouge alerte rouge décontaminatiooooon), vérification faite ensuite sur la liste jointe, manquaient trois choses : le pack de lait, les noisettes coque, et la farine (bio, pourtant!)

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l'esprit des murs 2 :

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"«Le 11 mai est une date que nous devons conquérir encore avec le confinement», explique Christophe Castaner ce matin sur France Inter. Et le ministre de l’Intérieur d’insister : «Ce qu'a annoncé le Président, ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai."
Subtil, isn't'it?

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"Aucun pays au monde n'est capable de dire le pourcentage de la population et le nombre d'habitants qui ont contracté le virus et quelle part du pays est immunisée", a-t-il d'abord rappelé, avant de poursuivre : "Nous disposons d'estimations. Il y aurait environ 10% de la population qui présenteraient une immunité à cette date"." (le ministre de la santé, mardi matin)"

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sur pinabausch.org, on peut voir actuellement "Palermo Palermo"

 

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(c'est Libé qui l'a dit, et je vais y aller de ce pas...)

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en france, en italie, et en azerbaïdjan

"(...) Il ressort de nos recherches qu’à l’exception des attestations professionnelles pour les personnes qui ne peuvent pas effectuer de télétravail, la grande majorité des pays qui ont mis en place des mesures de confinement n’exigent pas de document particulier pour justifier sa présence à l’extérieur. Ainsi nous avons trouvé mention d’une telle pratique en Italie, où nos confrères de Pagella Politica nous signalent l’obligation de remplir depuis le 10 mars une déclaration personnelle, qui ressemble à celle qui est utilisée en France.
La journaliste Arzu Geybulla nous explique qu’en Azerbaïdjan un système similaire existe, "ce n’est pas un papier en soi, mais les citoyens doivent informer les forces de l’ordre par SMS". Pour pouvoir sortir les Azerbaïdjanais doivent envoyer un SMS avec leur numéro de carte d’identité et justifier qu’ils vont "recevoir un traitement médical ; acheter des médicaments ou des produits alimentaires ; se rendre dans une banque ou un bureau de poste ; ou assister aux funérailles d’un proche parent". Ils reçoivent alors un code qui pourra leur être demandé lors d’un contrôle de police." (cheknews.fr)

*

poésie

j'ai reçu d'une amie une "chaîne poétique" impulsée par un sien ami, chaîne assez facile de fonctionnement : une liste de 2 personnes, il s'agit d'envoyer à la première un poème (ou texte, ou phrase ou tirade,) puis de recopier le mail en mettant en n°1 la personne qui était n°2 (celle qui vous envoie le mail) et votre adresse mail en n°2, puis de copier et d'envoyer ce mail à 20 personnes, et, si tout fonctionne bien, vous êtes supposé recevoir 20x20 = 400 poèmes (ou phrases ou tirades ou que sais-je), et vous êtes juste censé prévenir si vous ne vous sentez pas de participer à l'opération... c'était il y a deux jours, et depuis j'en ai déjà reçu(s ?) quelques-uns, dont, ce matin, celui-ci, qui m'a tout particulièrement ému

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*

- moi (chochotte) : "je crois que je ne vais pas sortir au jardin cet après-midi, il fait un peu frais je trouve..."
- moi (me répondant) : "un peu frais... mais ce sont juste des températures de saison mon pote, c'est avant que ce n'était pas normal..."
- moi :  "ah bon, si tu le dis..." (et je referme la fenêtre)

*

Le plus haut plateau : le Tibet

"Nous sommes sur un haut plateau "
(franceinfo aujourd'hui)

*

"C'est désormais une certitude : l'édition 2020 du festival des Eurockéennes de Belfort est officiellement annulée en raison de l'épidémie de cocovirus, a-t-on appris ce lundi soir. Les organisateurs du festival préciseront les modalités de remboursement le lundi 20 avril."
(france bleu)

 

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snif...

(cette année ça aurait été Vald et Massive Attack...mais bon, peut-être qu'il aurait plu...)

*

Orne : 19
Nièvre : 12
Haute-Saône : 51
Doubs : 80

*

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J-27
(ou quelque chose dans ce goût-là)

22 février 2020

chorégraphies

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LES ENFANTS D'ISADORA
de Damien Manivel

(ohlala j'ai pris du retard)

Un film d'un extrême élégance : autour d'une chorégraphie créée par isadora Duncan après la mort de ses enfants, quatre femmes qui dansent, dans un récit en trois parties dont un voisin a dit in fine "Mouais, c'est quand même un peu intello...", tandis que je trouvais ça juste parfait.
Dans le premier segment, une jeune fille (Agathe Bonitzer, très agathebonitzérienne) répète la chorégraphie en question dans un studio de répétition immaculé, après s'être beaucoup documenté sur l'histoire et de isadora duncan et de cette danse en particulier (et de son codage)
Dans la deuxième partie, une chorégraphe fait répéter le même solo à une touchante demoiselle  qui peut être qualifiée de "déficiente légère" jusqu'au soir de sa représentation, dont on ne verra que les spectateurs attentifs, et la caméra à la fin s'attardera sur une spectatrice en particulier, une vieille mama black qui a du mal à se déplacer mais qu'on suivra jusque chez elle (dernier tiers), où, après avoir allumé une bougie devant un petit autel où est posé la photo d'un jeune garçon, et fermé les rideaux de l'appartement, réexécutera "pour elle-même'" (et donc, pour nous) cette même chorégraphie, à sa façon (et je pense que c'est impossible à ce moment de ne pas pleurer...)
Après Le parc et Takura, Damien Manivel confirme la singularité (et, je le répète, l'élégance) de sa démarche (j'ai appris qu'à l'origine il est danseur)
Bouleversant.

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13 novembre 2019

la mouche

171
J'AI PERDU MON CORPS
de Jérémy Clapin

Sidérant.
Parfaitement sidérant. De l'animation pour adultes. Et qui nous traite comme des gens intelligents. Un film d'animation avec une main qui se carapate, oui, comme dans la Famille Adams et dont on suit les pérégrinations, de très près et dans une ambiance de film noir...
Avant de le voir, on s'interroge, on se demande, on gamberge... Et dès que ça démarre on n'a plus le temps de se poser des questions, tellement on est embarqué par la narration de cette histoire (de ces histoires). Parallèlement aux déambulations de cette main baladeuse on va suivre l'histoire du jeune Naouphal, livreur de pizzas de son état, (...), qui nous sera délivrée progressivement, en strates en bouffées temporelles aujourd'hui / hier / avant-hier, qui nous permettent de remettre en place les morceaux du puzzle (le film mérite d'être vu plusieurs fois tellement il est d'une richesse narrative, graphique, cinématographique, incroyable).
C'est incroyablement chiadé, et ça provoque un sentiment de jubilation de spectateur rarement atteinte à ce niveau (en tout cas, pour un film d'animation).
Non seulement la qualité de l'animation laisse pantois, mais la façon dont le réalisateur (dont c'est rappelons-le, le premier long-métrage) fait appel à l'intelligence du spectateur est extrêmement stimulante. Il ya tant de choses à regarder, tant de détails signifiants auxquels faire attention qu'à la fin du film, Dominique m'a parlé de choses que je ne me souvenais pas d'avoir vues (j'y retournerai, avec un immense plaisir, lorsqu'on le programmera, en décembre, dans le bôô cinéma...).
Encore une précision : tout ça n'est pas très joyeux ni guilleret (on n'est pas au niveau de tristesse du Tombeau des Lucioles, mais bon, tout ça est quand même sujet à tirer la larmichette -et même, autre fait rarissime, une scène où je me suis caché les yeux, oui oui...)
Du top 10, donc, avec une grande évidence.
On peut faire la fine mouche (pardon, la fine bouche) comme le critique de Libé (qui ne se fend que d'un pingre ***, tout en bas de la liste des ****** (12) et des **** (13) en écrivant "Mais à mesure que J’ai perdu mon corps se fixe dans une intrigue (en l’occurrence une romance) et qu’il élargit son cadre en délaissant ses plans très serrés, le film semble se dévitaliser, se figeant jusqu’à la calcification dans une poésie très convenue." mais c'est dommage d'être à ce point cul-serré (et de bouder son plaisir).
Mais c'est vrai que j'ai été beaucoup plus émerveillé par la première partie du film, celle de la main, que je trouvée, je le rappelle, parfaitement sidérante. Mais quand même faut pas pousser hein... Tout ça est sans conteste d'un très haut niveau.

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21 octobre 2019

comedian

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JOKER
de Todd Phillips

Mystères de la programmation dans le bôô cinéma : on espérait des séances en VO pour AD ASTRA et on n'en a pas eu, du coup on n'osait pas en espérer pour JOKER, et voilà qu'il nous en est tombé une par jour : joie! Mais bon, on ne va pas se mentir : celui-là, il nous faisait quand même un tout petit peu peur. Je ne suis pas très "films de super-héros", et donc pas très "films d'ennemis de super-héros" non plus, et c'est pourtant l'objet du présent film : nous expliquer la genèse du personnage du Joker (qu'on a précédemment vu incarné par Jack Nicholson, puis, en version un peu plus "décomposée", par le regretté Heath Ledger, -mais il peut y en avoir d'autres éventuellement, je ne suis pas incollable sur le sujet-).
Et là, Joaquin Phoenix. Dont j'ai déjà dit par ailleurs tout le bien que je pensais (j'adore cet homme-là, je ne peux pas dire autrement). Le film a été primé à Venise, et la performance de Joaquin P. est époustouflante. Mais le film est glauquissime. Malaisant. Gotham City, grève des poubelles, violence, rats, foule, (ça ressemble quand même drôlement à New-York, et rien que ça ça fout les jetons), où on fait la connaissance de notre Jokerchounet le jour où, déguisé en clown, il joue les hommes-sandwich, se fait voler sa pancarte en pleine rue par un groupe de jeunes qu'il poursuit pour la récupérer, et par qui il se fera copieusement casser la gueule (et la pancarte aussi).
Arthur Fleck (c'est le nom de notre héros) habite seul avec maman (qui le surnomme Joyeux, on comprendra plus tard pourquoi et c'est pas triste - pour les amateurs, la maman en question est jouée par Frances Conroy, la maman de Six feet under) dans un très vieil appartement (tiens on dirait une chanson d'Aznavour hihihi rue Sarasaaaaaate) vieille maman qui n'a plus l'air d'avoir toute sa tête mais dont il s'occupe avec vaillance et abnégation. Arthur Fleck a un job de merde, une vie de merde, dans une ville de merde (les choix du réalisateur pour ce qui est de la lumière, des couleurs, et de l'ambiance générale insistent d'ailleurs presqu'un peu lourdement dans ce sens). Il est aussi (Arthur Fleck, pas le réalisateur) affecté d'un trouble mental qui le pousse  à rire de façon incontrôlable dans n'importe quelle situation (et surtout celles où il ne le devrait -justement- pas)  Que ce soit à son boulot, dans la rue, dans le métro ou dans le bus, il est traité comme un moins que rien (et physiquement, Joaquin Phoenix a composé un personnage dérangeant -il a beaucoup maigri visiblement pour le rôle- qui inspire la pitié ou le mépris (en plus avec ces cheveux gras et mi-longs qui pendouillent il m'a évoqué un certain vrai personnage de notre bonne ville de V., que je croise assez souvent surtout dans les salles de spectacle, ce qui m'a mis encore plus mal à l'aise).
Il voudrait devenir un acteur de stand-up, un comique, et regarde d'ailleurs tous les soirs avec sa maman le show télévisé de Murray Franklin (Robert de Niro, gigantesque, que j'ai eu du mal à reconnaître dans un premier temps) dans lequel il rêverait d'être invité... Il va suffire d'un flingue, confié par un de ses collègues pour qu'il "puisse se défendre", pour que l'histoire du Joker démarre vraiment, un soir, dans le métro, alors qu'il vient de se faire virer (et qu'il est encore maquillé et en costume) il va défendre une jeune fille persécutée par trois yuppies et bam bam bam abattre les trois mecs. Devenant ainsi, sans vraiment l'avoir voulu, le symbole du début d'un mouvement social (le clown qui tue les riches) de protestation -et de violence-. mouvement social qu'il va en quelque sorte reprendre à son compte, en allant jusqu'au bout (c'est à dire carrément pas de main morte!), et même plus loin.
Le film traite, dans un même mouvement, de la désagrégation mentale d'Arthur Fleck et de la construction progressive de son personnage de Joker (le rire, le costume, le nom), de par les événements et traumatismes divers et successifs qui vont lui dégringoler dessus, professionnellement et personnellement (et même familialement),et il faut reconnaître que Joaquin Phoenix est vraiment très impressionnant par cette façon qu'il a d'être pathétique (ment grandiose).
Oui le film est malaisant (parce que le personnage du Joker l'est tout autant a priori), et, en sortant, il est normal que le spectateur -qui s'est un minimum identifié- se sente déstabilisé (je me sentais doublement mal à l'aise, à la fois la crainte d'être agressé et de se sentir ridicule/pathétique, mais peut-être ai-je pris les choses trop à coeur...) mais bon, en y réfléchissant, avec son histoire, les révélations qu'il reçoit sur son enfance et son histoire familiale, la façon dont il vit et dont il est traité, on se dit qu'il a raison de bam bam bam et qu'on aurait peut-être (sans doute) fait pareil...
Un seul petit reproche au film : la musique qui est trop présente, parfois même insupportablement envahissante (et encore, on a eu de la chance -ah oui au fait, on était deux dans la salle, à la séance en VO-, le projectionniste, habituellement si taquin, n'avait pas poussé le son à donf, et donc nos tympans n'ont pas trop souffert ni risqué l'implosion, comme ce fut déjà le cas quelques fois par le passé, ouf!)

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J'avais oublié de parler (et c'est l'affiche qui m'y fait penser) à la façon récurrente dont le réalisateur nous montre Phoenix/Fleck en train de danser, et le sentiment mitigé d'admiration et de gêne généré à chaque fois... Trop fort, Joaquin, trop fort!

26 octobre 2025

septembre4

vendredi 26

de très bonne heure, je commence à regarder L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE, d'Eugène Green, et, à ma grande surprise, je trouve ça très bien (la surprise plaisante, entre autres,  -le film est en portugais-, de voir y*utube traduit par "vous-tuyau", ce qui est pourtant logique, mais pas très courant...)

9h30 café-scrabble : Pépin gagne les deux premières, et moi la dernière (avec un scrabble tout en bas au dernier coup : ENROULEE je crois) ce qui me permet de repartir le cœur léger et de bonne humeur, même si dehors il continue de pleuvoir...

 

13h30 : LE BOUCHER (280) à la 1 (on doit y être 5 ou 6) que je trouve excellent ; Stéphane Audran et Jean Yanne font la paire, fument comme des pompiers (gauloises et gitanes, et un briquet a d'ailleurs une certaine importance dans l'intrigue) et sont formidables (Yanne réussissant à être aussi inquiétant à certains moments que bouleversant à d'autres, Stéphane Audran est juste merveilleuse tout du long), et c'est comme si je n'avais déjà vu le film qu'à moitié, tant la dernière partie m'en semblait quasiment inconnue... Un grand Chabrol, avec la France de province bien dans son jus (tout le film se tient entre un mariage et un enterrement...)

 

15h30 : 2046, encore à la 1 -on y est 2- (je ne mets pas de numéro parce que je suis sorti avant la fin (ça me gavait)), je me souvenais vaguement que le film ne m'avait pas enthousiasmé quand je l'avais vu la première fois, mais je n'étais pas sûr, j'avais peur de confondre avec My Blueberry nights... Autant le Chabrol m'a tenu parfaitement en haleine, autant celui-ci m'a dans un premier temps copieusement endormi, et ennuyé ensuite, progressivement mais sûrement, avec ces ouvertures de portes (un film où l'on passe son temps à entrer et sortir, et pas seulement des chambres...). Gong Li et Tony Leung ont beau être glamourissimes, et filmés en tant que tels, autant tout ce filmage semble très chichiteux, répétitif, vain et juste formel (et sans véritable fil conducteur). Quand j'ai regardé ma montre et réalisé qu'il restait encore plus d'une demi-heure, j'ai fui...

 

 

samedi 27

la jambe va mieux certes (plus besoin de canne), mais voici que me tombe dessus une nouvelle calamité (attention spoiler) une crise hémorroïdaire carabinée (titan*réine et dafl*n, certes, mais bon pour le moment ça fait quand même mal quand je suis assis...)

 

pas de marché ce matin, j'ai préparé à manger -un peu tard- avec les moyens du bord : salade de tomates, salade de pois-chiches, une boîte de cassoulet réchauffée au four (que je n'aurais pas le temps de manger ce midi...)

 

13h30 : CONFIDENTE (281) (je suis tout seul à la 11), que je trouve pas mal mais pas aussi très bien que j'aurais souhaité le trouver... En plus je me tortille un peu sur mon siège (cf plus haut crise h...) ce qui nuit un chouïa à la concentration et à l'entièreté de mon plaisir...

 

passé un assez long moment à la relecture des différents fascicules prévus pour le prochain envoi, en même temps que je gère plusieurs conversations simultanées -mais strictement compartimentées- sur wh*tsapp...

 

et le soir, j'ai soupé de ce fameux cassoulet ajourné de midi (réchauffé au four) accompagné d'un -excellent- verre de Pinot noir de chez Guill*ume

 

après j'ai repris L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE mais j'ai trouvé ça moins bien -un peu ennuyeux même, le morceau central dans le château de la reine- (et je me suis même endormi devant...)

 

dimanche 28

(rêves à tiroirs plutôt agréables, mais, hélas évaporés au réveil)

 

un dimanche... "comme un dimanche"! (je ne m'habillerai que vers 16h, après la douche et les soins, en prévision d'une séance ciné à 18h)

 

j'ai omis de la préciser, mais cela doit faire à présent une dizaine (quinzaine ?) de jours sans plus aucune mite alimentaire (le piège neuf posé dans le placard est resté vierge), la dernière que j'ai occise était une jeune (j'imaginais une mite ado en train de se faire chier comme un(e) rat(e) mort(e), toute seule en plein milieu du mur blanc de la salle de bain... et finalement, je lui ai rendu service!!!

 

grâce aux infos communiquées par Dominique, je commande 4 cartes postales gratuites sur Jean-Luc Lagarce sur le site lagarce.net 

 

18h : BLACKMAIL (282) : (on est 3 à la 1) un très vieil Hitchcok (1929, bientôt 100 ans!), son premier parlant (a "talkie"), que j'ai trouvé... laborieux, même si épatamment restauré (très beau travail sur la lumière et les ombres. Rejoint dans la salle par le grand Alex (avec qui nous sommes, pour une fois, du même avis)

 

(en voiture) je rentre chez moi, je fais le tour du pâté de maisons trois fois, quatre fois, toutes les places sont prises, je me résous à aller me garer au parking de la rue Serpente (ça ne me fait plus mal quand je marche), et juste quand j'arrive devant chez moi, je vois s'allumer les lanternes de la voiture garée sur "la" place, qui s'en va, juste sous mon nez, mais bon je reste digne je fais comme si je n'avais rien vu et je monte chez moi.

 

je dîne d'une salade de pommes de terre improvisée que je trouve par-faite!, avec les deux derniers œufs de Manue, cuits n'importe comment, et, pour ce, mollets parfaitement

 

(la façon dont les livres se cachent dans ma bibliothèque : après avoir passé la soirée à chercher (c'est la publication de Philippe Guerry sur les mots intraduisibles qui m'y a fait penser)

je suis d'abord tombé sur ça, "par hasard", 

(livre que j'adore juste parce qu'il y a dedans un texte lu au CM2, qui commence par "Huruhu Nycta Chrysosthome Rustaud de la Merlaudière, merle de première classe à la merlerie des taillis merlicoles...", sur lequel que je cherchais depuis assez longtemps à remettre la main, que je savais avoir dans ma bibliothèque, mais que je désespérais de pouvoir (re)trouver un jour...)

et je n'ai retrouvé le premier que lors d'une ultime tentative désespérée, presque "par surprise")

 

lundi 29

à Repr*system pour quelques copies couleur pour notre panneau au cinéma

 

16h :TKT (283) (à la 10, où je suis seul) au début on voulait le voir parce qu'on a vu Emilie Dequenne dans la bande-annonce), ensuite Isa a réalisé que c'était un film belge et qu'on aurait pu le garder au cho pour la prochaine Belge Semaine, et finalement le voilà en sortie nationale
Le film n'est pas tout à fait ce que la bande-annonce raconte en partie, il est question d'une ado, de ses copines ados, de ses copains ados aussi, de leurs petites histoires (un peu) de leurs téléphones (beaucoup), et, finalement on se retrouve devant un film qui dénonce le harcèlement, intention louable et qui l'honore, mais le film hélas n'est pas tout à fait à la hauteur (pas mal de maladresses hélas)

 

 

mardi 30

un long mail de Romain (suite à la relecture que j'avais demandée) envoyé hier soir mais que je n'ai lu que ce matin me met sur le pied de guerre : changements, suppressions de films, modification de dates, etc... Il faut tenir compte de beaucoup de paramètres! Non seulement je modifie assez vigoureusement la prog n°2, mais je décide en plus de faire un petit dépliant spécial exprès pour DIVERSITÉ (chaque film n'ayant droit qu'à une seule séance)
Du coup j'y passerai déjà toute la matinée...

 

Un coup de fil à Hervé pour avoir quelques précisions, et je copie, je coupe, je colle, je déplace, pour faire un truc nickel (comme j'aime bien que ça soit)

 

(un commentaire de Pépin sur le blog à propos de mes films chéris me fait plutôt plaisir...)

 

(je le trouve très sympathique, Vincent, le nouveau champion de TLMVPSP)

 

je me remets sur la prog tout l'après-midi (j'ai décidé de consacrer un peu plus de pages à PARLONS D'AMOURS 4)

résultat : à 16h44 je suis toujours en pyjama! (bon ça ne vaut plus le coup que je m'habille!)

 

mercredi 1er

(dormi 7h30, en 2 gros blocs, le premier où j'ai rêvé que j'étais en Chine -je traversais la route-, et le second où il était question de sucreries -une échoppe où on vendait des spécialités-...)

 

(coïncidence(s) : c'est précisément au moment où je passe devant la fenêtre et que je regarde en bas que je vois Pépin passer en bas au coin de la rue St Georges, lever la tête vers ma fenêtre et voir que, justement, je le regarde, et me faire un signe amical de la main, auquel je réponds...)

 

11h : je suis dans mes petits souliers (chez ma dentiste pour me faire arracher cette prémolaire qui bouge et commence à me faire un peu mal, et penaud parce que je n'ai pas bien fait consciencieusement les soins quotidiens recommandés. La dent sera arrachée, et la dentiste me répète qu'il faudra dans un avenir plus ou moins proche envisager d'enlever les autres (molaires et pré-) pour poser un appareil... Je ramène la dent en souvenir...

 

je passe au Super u acheter des trucs liquides à manger et à téter

 

18h15 : UN SIMPLE ACCIDENT (284) de Jafar Panahi, qui me bouleverse jusqu'à sa toute dernière image, et voilà qu'en sortant presque par surprise, je ne peux m'empêcher d'éclater en sanglots... J'aime beaucoup les films de Jafar Panahi (surtout tous les derniers : AUCUN OURS, TROIS VISAGES, TAXI TEHERAN...) et celui-là m'a fait jubiler de bout en bout, avec cet incroyable (improbable ?) huis-clos dans un van, avec une série de personnages qui s'interrogent à propos d'un présumé tortionnaire enfermé dans une caisse en bois (l'homme est reconnaissable au bruit de la prothèse qu'il porte à la jambe) : quel réaction peut-on avoir face à un homme qui vous a longuement torturé ? Le film est tout juste parfait, c'est un genre de petit tribunal DIY, où chacun(e) va pourvoir exprimer son point de vue sur la question, et réagir à sa façon, mais tout ça est tellement difficile... Une suite d'événements inattendus vont venir infléchir la trajectoire -déjà incertaine- du fameux van blanc... Magnifique et top 10!

 

et j'enchaîne aussi sec (même si les yeux encore mouillés) avec le film FOLLEMENTE (285), (en avant-première), pour la "soirée d'ouverture" de la Semaine Italienne (des gens ont confondu avec notre Soirée d'ouverture de saison...), une version "adulte" du VICE VERSA de Disney, plutôt plaisante (en tout cas je ris beaucoup!) et les spectateurs ont l'air contents! un rendez-vous galant "normal" (le monsieur est invité à souper pour la première fois chez la dame) avec, d'un côté comme de l'autre, quatre personnages qui commentent l'action, vus de l'intérieur. Très plaisant, oui

après le film, un peu de prosecco et le plaisir de taper la discute avec pas mal de monde

 

jeudi 2

a midi au Globe avec les filles je me mets "un peu" au régime (bistèque haché et épinards) à cause de ma dent fraîchement extraite (oui, bon, je fais un peu la chochotte...)
 

 

13h30 : DIAMANTI (286) de Ferzan Özpetek (Settimana 2) encore une belle avant-première (sortie prévue le 31 décembre!) d'un réalisateur pour qui j'ai une incontestable tendresse, qui serait comme une version turco-italienne de Almodovar (il raconte des histoires de femmes, beaucoup de femmes, mais passent souvent dans le champ de charmants adonis et autres jeunes gens souvent mal rasés..., et cet opus ne faillira pas à la tradition...) Un peu inquiet au départ (tant de personnages, tant d'histoires) mais incontestablement séduit à la fin...
 

Catherine et Marie, qui sont allées voir UN SIMPLE ACCIDENT, m'ont gentiment attendu à la sortie, et nous discutons du film, et surtout de sa scène finale qui m'a vraiment vraiment impressionné...
 

le soir, sur mon ordi je zappe sur N*tflix, qui me prévient que SIX FEET UNDER quittera l'antenne le 31 octobre... Je lance le "pilote" de la première saison, et je le regarde jusqu'au bout, et je trouve que c'est toujours aussi bien!!!

20 octobre 2020

makgeolli

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LA FEMME QUI S'EST ENFUIE
de Hong Sang Soo

Le film s'ouvre sur des poules caquetant dans leur poulailler, ce qui est plutôt inhabituel dans les films de HSS, et, le précédent étant sorti à peine il y a quelques mois, on se dit que c'est comme s'il nous faisait un clin d'oeil et nous évoquait le nouvel oeuf -cotcot- qu'il venait de pondre. Je m'égare. Le très beau noir et blanc hivernal et graphique de Hotel by the river a laissé la place à des couleurs plus chaudes, nous voici à Séoul, une nouvelle fois sur les pas de Kim Min-Hee (comme dans à peu près les dix derniers films du cher Hong), qui va profiter d'une journée où elle est seule (alors qu'avec son mari, elle le dira et le redira, ils n'ont jamais été séparés même une journée, parce que "les amants doivent rester proches") pour aller ici, puis là, et encore là, discuter avec des copines (le film est en trois parties, trois récits, toujours avec ces dialogues entre femmes, avec à chaque fois l'intervention plus ou moins bienvenue (plus souvent moins que plus) d'un homme qui vient s'interposer dans la conversation...
C'est simple, c'est joli, c'est délicat, très agréable,  c'est... ajouré, dentelle, passementerie, un ouvrage de dames en tout cas, indiscutablement. On en avait eu un avant-goût dans Hotel by the river, où hommes et femmes faisaient fifty-fifty, chacun le plus souvent dans son quant-à-soi (le père et ses deux fils/ les deux copines entre elles), mais là c'est encore plus flagrant : c'est un film de femmes, les hommes sont à l'arrière-plan, plus ou moins silhouettés, et du coup avec moins de scènes de beuveries entre mecs, la preuve, il n'est cette fois plus question de soju, mais de makgeolli (je l'ai saisi au vol dans un sous-titre), qui est aussi un alcool mais, parce que sucré, blanc et laiteux est plutôt considéré comme un alcool de filles...
J'ai parlé de dentelle et c'est bien ça qui m'a plus dans le film : les trous dans la trame, les blancs, les manques (comme en poésie, le silence entre les mots, ou, en calligraphie le visible de l'écriture et le blanc du papier). J'ai beaucoup aimé ce film-là, la place -l'importance- qui est donnée aux femmes, et la façon dont l'histoire de celle qui sert de fil blanc entre les différentes séquences émerge -se construit- progressivement. Sans que rien ne soit vraiment dit ou explicité davantage. J'aime aussi énormément que certaines scènes, touchantes, soient montrées comme mine de rien, à distance, recadrées par des caméras de surveillance, histoire dans l'histoire.
Oui c'est un film très simple (et juste) et qui m'a ravi. Parce que les poules, parce que une pomme qu'on épluche (puis une autre) parce que le goût de la viande grillée, parce qu'il faut bien nourrir les chats, parce qu'on finit dans une salle de cinéma, où est projeté (je n'avais pas reconnu, ce sont les critiques qui l'ont écrit) Woman on the beach, de HSS (la scène finale et son très beau plan de mer au crépuscule...), parce que les manteaux des héroïnes (si j'étais une femme j'aimerais être actrice dans un film de Hong Sang Soo) que je trouve à chaque fois d'une folle élégance, parce que, finalement, c'est un film qui existe pour lui même, qui donne l'impression d'avancer légèrement comme s'il n'avait pas d'enjeu dramatique (s'il n'avait rien à vendre) et vous harponne irrémédiablement avec élégance (je le redis) et délicatesse... Plus qu'un "film de filles" (aïe!) un "film de copines"... Et un titre qu'on peut comprendre à deuxième vue. Encore une merveille de Tonton Hong, quoi.

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copines avec pomme

24 mai 2019

tanta agua

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LOS SILENCIOS
de Beatriz Seigner

Nous l'avions programmé très en avant-première dans notre dernière Semaine Latino, à condition, avait dit la distributrice, que nous le reprenions par la suite dans le bôô cinéma. Et ce fut chose faite, cette semaine (en même temps, o coïncidences de la programmation, que El Reino, autre film en langue españole, mais c'est à peu près le seul point commun entre los dos).
Je l'avais donc vu à ce moment-là, mais j'y avais aussi un peu dormichouné, ce qui fait qu'il me manquait quelques clés pour en saisir toute la subtilité, et je tenais donc à le revoir, car même en l'état, avec les trou(ée)s de sommeil, il me semblait déjà être un des plus intéressants de cette Semana Latina 8.
Et j'y suis donc retourné cet aprèm', au lieu d'aller marcher avec les copines...
Et j'ai trouvé ça encore plus magnifique (vu dans son intégralité). Los Silencios est un film fantastique dont on ne s'aperçoit qu'à la toute fin (ou presque) qu'il s'agit d'un film fantastique. Une femme arrive sur La isla de la Fantasia (en bateau de nuit) avec ses enfants, pour fuir la guerre, elle y est accueillie par sa tante, (qui lui confie un cabanon pour s'y installer), et va faire ce qu'elle peut pour y faire son trou (se loger, trouver un travail, donner à manger à ses enfants).
Sous des dehors très terre-à-terre (démarches administratives, avocats, statut de réfugiés, bonnes soeurs, négociations, maire, boulots de merde, misère au quotidien) Los Silencios est un film qu'on pourrait qualifier plutôt d'eau-à-eau (et la réalisatrice la filme magnifiquement, cette eau, sous tous ces états, et à de nombreuses reprises), un film qui ne raconte pas tout à fait ce qu'on pense être en train de voir.
Un film à revoir, donc, une fois qu'on en connaît la clé (on a quand même eu plusieurs fois la puce à l'oreille, et on s'est questionné) pour réaliser à quel point c'est bien construit et ça tient bien la route (enfin plutôt la mer dans le cas présent).
La scène finale est absolument magnifique (et pourtant, encore une fois, très simple, dans sa façon de signifier -de justifier- le fin mot de cette histoire (qui se finit d'ailleurs plutôt paisiblement, là même où on l'a vu commencer, oui, une fin apaisée et digne, où la boucle de la narration est simplement nouée) qui m'a vraiment vraiment beaucoup impressionné.
Un beau film, qui me restera de 2019 c'est certain.

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29 avril 2019

revus

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LES ÉTERNELS
de Jia ZhangKé

Bôô cinéma, ticket orange, Catherine et Ssa, quatre bonnes raisons de retourner voir le beau film de JZK sur un écran presque trop grand. J'avais un petit peu dormouillé à Besac, mais je voulais avoir tout vu, et je suis donc revenu pour profiter de tout. Hélas "ça"  m'a un peu repris (mais heureusement pas aux mêmes endroits). L'odyssée de Qiao et de Bin (qui l'aime sans l'aimer tout en l'aimant) est toujours aussi impressionnante, humainement, socialement, cinématographiquement, mais qu'est-ce que ça ne donne pas du tout envie d'aller voir en Chine ! (ce que les films précédents du réalisateur exprimaient déjà à merveille). Il manque un minuscule je-ne-sais-quoi pour le Top 10... (peut-être juste un héros masculin plus attachant ?)

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Y a de la joie... 1

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Y a de la joie... 2

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SYNONYMES
de Nadav Lapid

Tom Mercier est toujours aussi beau, sa quéquette toujours aussi sympathique, sa voix toujours aussi chavirante, et le film toujours aussi peu aimable (mais comme quoi c'est parfois salutaire (et ça fait parfois un peu plaisir aussi) de se faire un peu rudoyer). Nadav Lapid n'aime pas son pays de naissance, mais ne porte pas vraiment dans son coeur non plus son pays d'adoption. Il est par contre toujours aussi fasciné par le corps (viril) de son héros, et celui de ses compatriotes (et la façon dont entre eux ils s'auto-fascinent) et sur ce point je ne saurais lui donner tort. Un film (pourtant) intensément poétique, encore plus que politique. Un film en colère, comme une omelette norvégienne (!) à l'envers : glacé dehors et incandescent dedans, bref, Top 10 confirmé.

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Yoav tire sur Notre Dame...

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sur les ponts de Paris...

4 février 2019

alors on danse genre

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PREMIERES SOLITUDES
de Claire Simon

J'aime beaucoup les films de Claire Simon. On les a tous  ou presque programmés dans le bôô cinéma (et même déjà avant dans le vieux moche) et on a même, grâce à l'entregent de cette chère Zabetta, eu l'occasion déjà à plusieurs reprises de l'inviter à venir accompagner ses films (et même encore mieux, après, à partager un aligot, toujours chez cette chère Zabetta).
La dernière fois qu'on a pu parler (et que j'ai réussi à articuler quelques mots, je suis un incorrigible émotif) c'était après avoir vu Le bois dont les rêves sont faits, qui m'avait vraiment fait forte impression. Avec sa caméra, la réalisatrice arpentait les sentes et les chemins de traverse du Bois de Vincennes, à la fois dans l'espace et dans le temps, et nous en faisait découvrir les coins et recoins, les mystères, la poésie, la magie,mais aussi les habitants, les autochtones et les visiteurs, et tout ça avec attention et curiosité bienveillante(s).
Et voici cette fois qu'elle défriche un nouveau territoire, une terra incognita bien plus vaste et mystérieuse que ce bois de jubilatoire mémoire : l'adolescence. Mais, cette fois, sans presque se déplacer.
Il y a quelques années elle avait réalisé un film magnifique, Récréations, circonscrit dans l'espace de la cour d'une école maternelle, et ce film-ci pourrait presque en êtreen quelque sorte le prolongement, une dizaine d'années après. A l'école maternelle succède le Lycée Romain Rolland d'Ivry-sur-Seine, et (zoomons) plus spécialement la classe de Première, spécialité cinéma et (zoomons encore un peu plus) dix élèves de cette classe, partie prenante dans un projet initié par une de leurs professeures.*
Huit filles et deux garçons qui parlent entre eux (hormis une séquence d'ouverture à l'infirmerie, entre une des demoiselles et une infirmière scolaire), dans un atelier destiné à "mieux se connaître". Une parole libre, spontanée, des échanges avec une vraie qualité d'écoute que la réalisatrice filme de très près (les visages, certains détails vestimentaires) mais dans une proximité qui n'a rien d'intrusif (je pourrais reprendre exactement l'expression utilisée plus haut -attention et curiosité bienveillante(s)-). La parole de ces filles (en majorité) et de ces garçons (juste quelques) est importante.
Et de quoi parlent-ils ? De famille(s), d'abord. De familles bien souvent monoparentales, le plus souvent gérées par les mères (les pères sont souvent absents, -partis, congédiés, ou simplement pas là-) des familles où il n'est pas toujours facile de s'exprimer, de communiquer. J'étais étonné du nombre de familles dites "dysfonctionnelles" apparaissant dans les confidences de ces jeunes gens.
Le dispositif mis en place par Claire Simon permet des échanges en tout petits groupes, souvent à deux, à trois, rarement à plus. Dans le cadre d'un espace scolaire suffisamment vaste pour que ses différents espaces (ses coins et ses recoins) permettent de s'isoler un peu, de se mettre à l'écart. De s'épancher, de partager. Simplement.
On parle de familles, on parle d'amour, on parle d'avenir aussi (et de la peur, parfois, justement de cet avenir) comme le résume très bien le Alors on danse (de Stromae, que la réalisatrice utilisera judicieusement) pour tracer les grandes lignes d'un avenir a priori pas forcément très rose  :

"Qui dit études dit travail,
Qui dit taf te dit les thunes,
Qui dit argent dit dépenses,
Qui dit crédit dit créance,
(...)
Qui dit Amour dit les gosses,
Dit toujours et dit divorce."

Oui, alors on danse. J'aime bien l'idée d'avoir repris ce morceau qu'on peut croire très enjoué si on ne fait pas attention aux paroles. Ca ressemble à l'adolescence, oui. Ca ressemble à la vie.
On peut juste regretter (certains critiques l'ont fait) que tout ça finalement soit un peu lisse, que cette vision de l'adolescence reste un peu trop proprette (pas de sexe, pas de drogue, pas d'alcool), que le dispositif ne reste qu'un dispositif, mais bon je m'en fous. Telles que, toutes ces histoires constituent un bel objet de cinéma, et c'est surtout ça qui compte

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* (qui avait, dans un collège précédent, initié un autre projet cinéma avec une autre classe, une rencontre avec le cinéaste Olivier Babinet qui avait débouché sur le film Swagger)

18 septembre 2018

le redon le retour

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DE CHAQUE INSTANT
de Nicolas Philibert

Nicolas Philibert, on l'aime. et on le connaît depuis longtemps, il était venu, il y a très longtemps justement, pour présenter La moindre des choses dans le vieueueux cinéma, et il était reparti très fâché parce qu'il trouvait que l'écran de la 2 était tout pourri (et il avait bien raison) (et d'ailleurs l'écran en question, coïncidence, avait été rapidement changé suite à sa visite...).
Voici donc son nouvel opus, après La maison de la radio, et il est ici question des infirmier(e)s, de leur formation, de leur leurs stages et de leur évaluation. Simplement, comme ça. Trois parties, donc, avec de jolis titres (que je n'ai pas retenus), attentives, filmées tout près des gens, on le connaît, on le sait. Les films de Philibert sont des documentaires doux, sensibles.
Le réalisateur se pose en observateur, pas en attaquant ni en polémiste. Comme chez Depardon ou Wiseman (que j'aime tout autant), la caméra permet au spectateur d'assister à ce qui se passe : la théorie et l'apprentissage (comment se laver les mains, comment faire une piqûre), la mise en pratique (les réalités de la vie hospitalière et le contact avec les "vrais" patients) et le bilan (le faceà-face avec le/la responsable).
Avec, comme très souvent chez Nicolas Philibert, des plans de coupe le plus souvent bucoliques (un petit tour à l'extérieur, un coup de vent, une averse, bref une respiration)  aussi apaisants que bienvenus.
Et ce film-ci résonnait tout particulièrement pour moi, venant comme prolonger la lecture du magnifique livre de Philippe Lançon, Le lambeau, que je venais juste de terminer et qui m'a ô combien bouleversé...)
Le cinéma de Philibert est toujours aussi humain, aussi touchant, aussi efficace.

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