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lieux communs (et autres fadaises)
24 octobre 2009

au piano

UN SOIR AU CLUB
de Jean Achache

Dans la catégorie "les belles soirées auxquelles vous n'avez hélas pas assisté et tant pis pour vous", la projection, en avant-première dans le bôô cinéma, du film tiré du roman éponyme de Christian Gailly. En présence du réalisateur et d'une des actrices du film (l'exquise Maryline Canto).
Un moment fort, pour un film qui ne l'est pas moins. Un genre d'ingénieur en on ne sait pas trop quoi (Thierry Hancisse, idoine d'épaisseur et de fragilité, bref, d'humanité) en déplacement à Brest va boire un verre dans un club de jazz avant de reprendre son train de retour pour Paris, où l'attendent sa femme (Maryline Canto, donc) et son fils.
Sauf que le train en question, il ne le prendra pas. Car ce monsieur n'est pas l'ingénieur en on ne sait pas trop quoi que l'on a vu auparavant. Enfin, pas que. L'intervention ,dans le même club d'une chanteuse (Elise Caron, troublante) et d'une bouteille de vodka  vont le remettre face à face avec son passé de pianiste de jazz, qu'il abandonna dix ans auparavant, pour cause d'alcoolisme et d'autres affinités.(c'est lui qui le dit). Tiré (sauvé) de là par sa femme, et abonné / adonné depuis à une vie pépère et sans vagues. Et voilà que soudain tout ça refait violemment irruption, et qu'à nouveau sa vie bascule, ou risque de, l'espace d'une nuit.
Lui à Brest, à nouveau au piano et à la vodka, accompagné (puis raccompagné) par la chanteuse en question (avec qui il nouera, bien sûr, des liens  plus qu'amicaux), et sa femme là-bas, à Paris, à l'autre bout du téléphone (car ce n'est qu'ainsi qu'ils dialogueront tout au long de cette longue nuit.) La passion et la raison, le hasard et la nécessité, le formatage et l'improvisation, le thème et les variations, le voici à nouveau en déséquilibre, ou plutôt à la recherche d'un ancien équilibre... Il renoue le fil de sa passion passée, et sa femme le sent bien, que les dix ans qui viennent de passer sont soudain comme abolis, qu'à nouveau il va lui échapper.
Alors elle tente à nouveau de se rapprocher, de le protéger (Maryline Canto évoquait, à propos de son personnage, "les femmes qui veulent consoler des hommes inconsolables"), elle part dans la nuit, à sa rencontre. (Elle y sera toujours seule, et c'est vrai, comme le soulignait l'actrice, "que ce n'est pas facile de jouer juste avec un téléphone comme partenaire..."). Ces deux-là ne se rencontreront plus, ou en tout cas pas vraiment de la façon qu'elle aurait pu envisager. Au matin, les choses vont changer...
Il ne semblait pas évident à première vue, que soit restituée l'originalité et la spécificité de l'écriture de Christian Gailly (et des écrivains de chez Minuit d'une façon un peu générale) et pourtant Jean Achache s'est livré à un travail d'appropriation assez sidérant. Un roman est un roman (oui, oui, ce blog ne s'appelle pas Lieux communs pour rien...) et la transposition à l'écran est toujours problématique et cause de simplifications, de modifications, de déceptions, de trahison même parfois. Il n'en est rien ici. Le film respecte le bouquin, dont il a su capter l'esprit, l'essence, (même s'il en modifie le happy end originel) et conserve, par  la simplicité et l'acuité de ses images, l'imperceptible distance ironique (et l'incontestable sens rythmique) du phrasé de Christian Gailly (comme a dit mon ami Nicolas "C'est un miracle...").
Et nous étions ce soir, tous doublement heureux, d'y avoir assisté d'abord, et d'avoir ensuite pu le partager avec le réalisateur,  l'actrice, mais aussi  la distributrice, chez qui on a senti palpiter la même  ferveur, la même passion, la même petite musique, oui, au diapason, à l'unisson...
Le film sort le 18 novembre dans les salles, mais une semaine plus tôt en Bretagne, pour cause de services rendus...

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21 octobre 2009

tout le long le long le long de l'eau...

AU VOLEUR
de Sarah Léonor

Un drôle de premier film (me semble-t-il) quasiment double (ou jumeau) (une version douce de Tropical malady ?) Où dans un premier temps, Guillaume le voleur, (fils de Jacques le voleur repenti), rencontre et séduit (mais il n'a pas grand-chose à faire pour ça, la vérité serait peut-être même qu'il se laisse juste séduire) par Florence la prof d'allemand TZR (non non ce n'est pas une maladie génétique). Des fragments  (des échardes, des esquilles) inscrits dans une réalité assez réaliste. Menus trafics, allées et venues, larcins,  chapardages, qui vole un oeuf...,  billets qui changent de main, et les flics qui rôdent, et un drôle de pépiement d'oiseau en signe d'alerte ou de ralliement.
Et puis, pour une raison assez réaliste (bagnole volée, flics, etc.) voilà ceux-là qui se carapatent, en voiture d'abord (une vraie course-poursuite comme dans les polars) puis, la voiture embourbée, à pied d'abord, en courant, gibier furtif,  dans les futaies, les taillis et autres sous-bois, puis les voilà en barque, le long d'une rivière en pleine cambrousse, toujours fuyant(s), dérivant, comme si soudain le récit avait perdu pied, en tout cas le pied qu'il avait plongé dans le réel très réaliste, et, bifurquant, se prenait soudain à flâner. à se laisser porter, ou du moins à partir ailleurs. Bien qu'on sache très bien, dès le début, que cette histoire-là n'est pas forcément vouée à bien se terminer...
On s'embarque avec eux de bon gré, d'autant plus que ce conte est doublement épaulé, par une nature superbement filmée autant que par une bande-son, aussi étrange qu'originale (trop, peut-être ? semblait s'interroger mon ami Jacky lors du générique de fin...). Où l'on verrait même, à un moment, passer comme une réminiscence  du Dead man de Jim Jarmusch.
Guillaume D. fait son Guillaume (enfin, reste au diapason des personnages joués dans ses ultimes films, Versailles et autres Inséparables...) et le fait excellemment, comme d'habitude, mais j'avoue que, ce film-là, j'avais envie de le voir surtout pour la merveilleuse Florence Loiret-Caille (qui m'avais déjà quasiment tirer des larmes dans le très beau J'attends quelqu'un, de Jérôme Bonnel), et elle l'est toujours autant, merveilleuse...

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30 décembre 2009

pariscope

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HONEYMOONS
de Goran Paskaljevic

Un film serbo-albanais, le premier du genre. Deux couples, un serbe et un albanais, tentent de fuir leurs pays respectifs. Ca ne finira pas bien, ni pour l'un ni pour l'autre. Quand on lit la bio  et les intentions du réalisateur, inattaquable. quasiment. Pourtant un peu faiblard, mollasson (à la fois la mise en scène et les acteurs...). Un peu dommage, quoi. J'avais été beaucoup plus touché me semble-t-il par son Songe d'une nuit d'hiver...

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TETRO
de Francis Ford Coppola

Dans un noir et blanc magnifique (avec un peu de couleur quand même... oui oui comme dans Rusty James...), quelque chose d'énorme, qu'on pourrait résumer par, soyons honnête, un vrai mélo des familles. Avec des belles choses et d'autres plus... folkloriques dirons-nous. Je dois reconnaître que je préfère sans hésiter Coppola à Scorsese, par exemple. (qui se souvient de Peggy Sue got married ? j'avais adoré ça...) Techniquement c'est impeccable. Scénaristiquement c'est moins sûr. (La danse était-elle vraiment indispensable ?) Mais bon faut le reconnaître : le jeune frère de Vincent Gallo est mimi comme tout.

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AVATAR
de James Cameron

Ciel! J'ai pris part à un phénomène de masse!  Heureusement c'était le matin, et au MK2 Nation, et donc, ni foule ni stabulation. Tout ça hélas  pour me voir confirmer ce que je craignais depuis un certain temps : je n'ai quasiment aucune vision stéréoscopique. Dommage pour moi. Mon voisin avait l'air de se régaler. Des bonnes choses quand il s'agit d'évoquer la planète et ses habitants, mais des grosses bourrinades pour le reste (rhalala les quarante dernières minutes avec l'affreux Rambo de mes deux...). Et le (toujours) grand plaisir de revoir Sigouney Weaver, dans un rôle de grande gueule style Ripley dans Alien. Quant à l'affiche, elle m'a agréablement rappelé les vieux Anticipation Fleuve Noir que je dévorais quand j'étais gamin.

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QU'UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT
de Léa Fehner

C'est pas parce que la réalisatrice est une amie de la fille du copain de Malou, mais j'ai trouvé ça plutôt très bien. Malgré un début un peu inquiétant (ça ne joue pas très juste), le film met en place plutôt intelligemment sa triple intrigue de parloir(s) (trois situations pas conventionnelles et -a priori- invraisemblables). Une mère et l'assassin de son fils, une demoiselle mineure et le père son futur enfant, un caïd et son sosie... Apreté, émotion, amertume. Pas très loin, finalement, mais en tout cas complémentaire, du bel A côté, de Stéphane Mercurio.Une mention spéciale à Reda Kateb et une autre à Pauline Etienne.

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LE PERE DE MES ENFANTS
de Mia Hansen-Love

On ne devait pas tous aller voir ça, au début. Pour cause d'affluence avatarienne au MK2 Bibli, on est restés "groupés". Le film n'a pas convaincu dans l'ensemble. (Les trois filles étaient quasiment contre moi et me sont tombées sur le râble à la fin). Agréable, mais ne mérite certes pas la couronne de dithyrambes tressée par les Cahiaîs. Personnellement j'ai plutôt bien aimé, et préféré la première partie (avant la mort). Une chronique familiale touchante mais bon, sans plus quoi (avec quelques scènes horripilantes de bonnes intentions...)

PRIMITIVE
d'Apichatpong Weerasethakul

Une installation vidéo de mon Apichatpongounet au Musée d'Art Moderne, je n'allais pas manquer ça... Je suis resté -véritablement- scotché dans la dernière salle, où deux -grands- écrans voisins diffusent deux films peut-être aussi voisins : celui de droite a la parole (et les sous-titres), avec de splendides images rouges où il serait question de jeunes gens et de machine à voyager dans le temps, celui de gauche n'a que les images et les bruits (d'autres jeunes gens). On peut tenter de les regarder tous les deux en même temps, ou d'abord l'un (en entier) puis l'autre (idem) ou enfin tous les deux alternativement. J'ai essayé les trois solutions. Je n'arrivais plus à quitter la salle. Après être sorti pour visiter l'expo de peinture voisine (j'avais pris un ticket groupé) que j'ai parcouru au petit trot, je n'ai pas pu m'empêcher de revenir voir Primitive une dernière fois. Je ne comprends pas pourquoi ce cinéma-là me fascine aussi manifestement. J'ai retrouvé des sensations éprouvées devant Syndromes and a century : une certaine douceur extrême, une façon de voir (et donc de montrer), quelque chose de très simple en apparence et de très beau (de très mystérieux aussi), et qui (je l'ai déjà écrit juste en dessous) me débarbouillerait l'âme, d'une certaine façon sans que je puisse du tout expliquer pourquoi ni comment.

21 décembre 2009

poils

MAX ET LES MAXIMONSTRES
de Spike Jonze

C'était en quelque sorte une séance pédagogique, avec Marie, ce mercredi, nous étions là pour vérifier si nous avions bien fait de décider de ne pas y emmener tous nos enfants... Spike Jonze a réalisé un film de sale gosse (et nous le souligne graphiquement dès le prégénérique) mais, pour le voir, il me semble qu'ils doivent avoir un certain âge, sous faute de les voir s'enfuir de la salle en hurlant (comme la légende veut que cela se soir produit aux premiers screen tests) ou, à défaut, de se piquer une sacrée trouille (il ya quelques scènes susceptibles "d'impressionner les plus jeunes"...)
Le bouquin adapté est un classique, et, il faut reconnaître que les images en ont été adaptées au petit poil près (les Maximonstres ont été fidèlement reconstitués, ainsi que Max avec son petit costume de chat (qui m'avait fait un peu rêver lorsque j'étais plus jeune))
Le hic d'une possible adaptation, au fil de toutes ces années, était la minceur de l'intrigue de l'album originel (les images ici ont beaucoup plus d'importance que les mots) mais Spike Jonze a relevé le défi et a su "étoffer" chacune des pages, faisant de sa chaque image un vrai petit chapitre, en y rajoutant donc des péripéties  (induites par le contenu de l'image, ou carrément inventées.)
C'est très plaisant, même en VF (j'aurais bien voulu entendre en VO ce gros poilu de James Gandolfini doublant ce gros poilu de Carol) où, bizarrement une seule voix de doublage est connue (et immédiatement reconnaissable) celle de Charlotte Gainsbourg (qui double KW), ce qui m'a d'ailleurs un peu gênouillé, car on n'entend  que la voix de Charlotte, et plus celle du personnage), gentiment iconoclaste...
Les Maximonstres sont fidèles à leur réputation : des joyeux fêtards, des gros bordelleurs, mais aussi  en fin de compte, des sensibles sous leur aspect... monstrueux, toujours sur le fil entre violence et passion, juste une petite troupe d'esseulés, des grands / gros enfants sans parents qui cherchent surtout quelqu'un qui les aime, à défaut de les fédérer ("Tu es le premier roi qu'on n'aura pas mangé" lui dira Judith, au moment de le remettre dans son bateau.)

Comme le chantait France Gall : "au secououours, j'ai besoin d'amououour..."

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1 février 2010

des équilibres

ÖPER ÖPIS
Von Zimmermann / de Perrot

La neige annoncée en boucle à la météo (vigilance orange blabla franche-comté blabla épisodes neigeux blabla jusqu'au lendemain blabla) m'a fait hésiter avant le départ, presque faire demi-tour à la moitié, mais en fin de compte comme un bon petit cheval dans le mauvais temps, j'y suis allé jusqu'au bout et d'assez bonne grâce finalement.
Bien m'en a pris. Dés le début, ces deux énergumènes (un qui danse & un qui mixe) m'ont rappelé quelque chose, un des spectacles qui m'avaient enthousiasmé il y a deux ans, Gaff aff (j'ai retrouvé le nom ensuite) Ici, il est question d'un plateau en équilibre instable (il est au début en position de plan incliné de jardin vers cour), mais on verra par la suite qu'il peut prendre beaucoup d'autres positions, (puisque juste posé sur un pivot central), et de musique, d'abord créée puis mixée en live (j'avoue que cette partie-là, dès le début m'a spécialement enthousiasmé.)
Il sont deux au début, donc, comme la dernière fois, "un qui danse et un qui mixe", et un plan incliné sur lequel toutes choses glissent, inexorablement, quand soudain vont surgir successivement de nulle part, ex nihilo, une petite blonde raide comme une planche à pain, un grand costaud frisé en veste de survêt verte, une brune voluptueuse en robe rouge, un bellâtre en blanc, et une petite chose qu'au début on a du mal à identifier, avançant sur deux (mains ? pieds ?) dans un sweat jaune à capuche XXL, mais qui se dépliera progressivement pour révéler une superbe danseuse, tous intervenants qui vont modifier à chaque fois l'équilibre du plateau sur lequel ils évoluent, dans une folie de chorégraphie / acrobatie (des glissades, des chutes, des affrontements, des complicités, des réactions en chaîne, des apparitions/disparitions, des jeux de miroirs, des agilités, des rencontres, des séparations...) qui vous oblige bien souvent à faire des choix visuels, tant le regard ne peut par moments tout embrasser à la fois de cette folie furieuse, drôle, communicative, enthousiasmante, bref, de ce qui fait le charme habituel des sieurs Zimmermann et de Perrote, sauf que cette fois-ci, ils sont allés recruter du monde supplémentaire,  et du beau...
Un coup de coeur spécial pour l'Hercule frisé (celui-là, ohlala il est vraiment fort, mais il a l'air en même temps tellement gentil, avec ses cheveux frisés, ses yeux doux, et cette manie attendrissante de toujours tirer sur sa veste de survêt' pour cacher son ventre...), un autre pour la brune qu'on pourrait qualifier de "forte" aussi, mais qui est une incarnation parfaite de l'énergie vitale, souriante, pétulante, enjouée. (Et ça fait toujours plaisir de voir des danseurs aux physiques autres, utilisés pour danser vraiment et non pour faire tapisserie -je me souviens d'un spectacle de Régine Chopinot qui m'avait foooooort énervé mais passons il y a prescription...-) Car pour ce qui est d'être physique, le spectacle l'est, indubitablement!
Öper Öpis nous fait partager un bonheur de gosses, un genre de cour de récréation (des miracles ,ou autres) qui parlerait, mine de rien, de la vie, des rencontres, de celles qui modifient un équilibre, qui le perturbent, qui le mettent en danger, ou qui le confortent au contraire, le stabilisent, comme se calme de temps en temps le jeu, et se ménagent des pauses, des suspensions, des ralentissements, ( mais aussi des bifurcations, des rebondissements, des césures), pour finir  en décélération bienvenue (on ne voudrait pas que ça s'arrête tellement on est bien, là, avec eux), ça s'apaise, petite musique répétitive mélancolique goutte-à-gouttant tandis qu'ils sont tous là, deux par deux ou presque, qui jouant, qui pirouettant, qui soufflant, tandis que, au coin supérieur gauche, la demoiselle en robe rouge lance des paillettes dorées... c'est beau, c'est beau, on adore on en reveut...

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13 février 2009

au-dessus de l'armoire

RICKY
de François Ozon

Certains diront que ça ne vole pas haut, d'autres que ça ne casse pas trois pattes à un canard, d'autres encore que ça manque d'envergure... Laissez-les donc jacasser. Le dernier film de François Ozon (après le superbe Le temps qui reste et l'insupportable Angel) est -littéralement- un OVNI. 
C'est un exercice périlleux que d'en parler sans en déflorer le sujet, sans dévoiler ce qui, au bout d'une demi-heure, fait soudain bifurquer l'histoire suivant une direction qu'on n'aurait pas forcément attendue. (mais je me rends compte que maints critiques n'ont pas eu ce genre de scrupule, et je trouve que c'est dommage de ne plus avoir la surprise...)
Une mère célibataire (Alexandra Lamy) élève seule sa fille, vit ric-rac, à l'étroit dans son appart, avec des loyers de retard, bosse dans une usine de produits chimiques. Elle rencontre Paco (Sergi Lopez, large et confortable comme une armoire normande... J'attends avec impatience le jour, où, dans un film, Sergi Lopez se prénommera Georges ou raymond ou Otto), ils font rapidement connaissance dans les toilettes de l'usine  se mettent en ménage, et les voilà à trois, jusqu'à ce qu'arrive un joli bébé, rigolard (et vraiment très expressif), Ricky, portant la petite famille à 4. Et c'est là que tout commence...
Une vie très banale et morne et prosaïque, comme vous, comme moi,qui va soudain se transformer, à cause (ou grâce à) ce bébé. Ozon filme des prolos, avec des vies de prolos et des problèmes de prolos, dans des décors de prolos (finalement, huhu, on ne serait pas si loin de Louise-Michel...) comme il filmerait des spécimens ornithologiques dans un zoo. Tout ça est un peu grisâtre, un peu froid, un peu aigre, jusqu'à ce qu'un élément fantastique vienne, non pas transfigurer (on n'est pas, yop la boum,  chez Disney) mais juste un peu la dévier de son ornière. Cette vie lugubre (HLM, loto, poulet du dimanche, clic-clac, engueulades) avec des problèmes strictement terre-à-terre va être amenée à prendre un certain essor, et voir soudain s'élever un peu son propos...
Je suis sorti de là avec un sentiment assez mitigé (le film a cassé deux fois, dont, la première juste avant la "révélation", on aurait dit un coup de pub...) Tout ça ne m'a pas vraiment fait rêver, ni sourire, ni vraiment énervé. Juste bof. Ozon nous tend un miroir, au reflet assez pathétique, sur lequel il aurait gribouillé un genre de sourire, un peu crispé parfois... Il est beaucoup question d'amour et d'affection, de manifestations d'amour, de celles qu'on attend, qui manquent souvent, dont on est frustré, ou sur lesquelles on se méprend, et tout ça finit par vous coller à la longue un peu le moral dans les chaussettes.

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30 janvier 2010

"la vie a commencé, réveille-toi..."

SUMO
de Sharon Mayman et Erez Tadmor

Je n'aime pas trop les films survendus. L'affiche qui vous accroche avec "la comédie israélienne de l'année " survend mais bon comme je ne l'ai vu(e) qu'après avoir vu le film, c'était un peu raté, niveau com'.)
Au début j'ai eu un peu peur, je l'avoue, cette histoire de gros(s) israéliens qui décident de devenirs sumos, la suite n'est pas franchement rassurante tant tous les archétypes et poncifs y figurent (la mère juive possessive, le copain macho qui soupçonne sa femme d'infidélité, le patron de restau asiatique ayant fui son pays à cause des yakuzas...) tout ça est un peu lourdaud et balourd (oui oui, comme les sumos du titre, justement, je sais...), et puis la mayonnaise prend, on ne sait trop pourquoi ni comment (on se laisse avoir ?) : les quatre copains aspirants sumos ont tous quelque chose à y gagner : le héros l'amour de sa copine, son copain macho, la confirmation qu'il est un gros con de phallocrate, le troisième aspirant réalisateur l'assurance qèu'il est capable de réaliser endin le fameux documentaire après lequel il court depuis des années, et le dernier, homo honteux, le courage de sortir enfin du placard, quand il découvre que les gays aiment les bears...
Une comédie édifiante, en quelque sorte, bon enfant, sur les exclus, le dépassement de soi, la rédemption par l'effort, le mensonge c'est pas bien, etc. Un film pour lequel, pourtant, allez savoir pourquoi (...), j'ai envie d'être indulgent. Voilà.

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18 novembre 2008

procès d'intention

C'EST DUR D'ETRE AIME PAR DES CONS
de Daniel Leconte

Le fameux "procès des caricatures de Charlie-Hebdo" vu de l'intérieur, jour après jour. C'est bien fait, rapide, nerveux, ça se regarde comme un vrai polar... C'est complexe et  protéiforme, la défense, l'accusation, les témoins, chacun apportant sa vision de l'événement, les musulmans, l'intégrisme, l'intolérance, les religions en général, et les politiques qui défilent (ce n'est forcément le meilleur moment!)... On n'est jamais trop sûr de bien comprendre tous les enjeux, d'un côté comme de l'autre, mais,  on se dit que c'est un document salutaire.

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"On est mal placés pour parler des acteurs puisque c'est nous. Mais on a trouvé le film génial, palpitant et on a envie que tout le monde se précipite pour le voir."

19 décembre 2008

sur la plage abandonnée...

LES PLAGES D'AGNES
d'Agnès Varda

J'y suis allé, poussé par la curiosité et aussi par l'enthousiasme extrêmement laudatif de mon ami Hervé, tout en me posant la question "Peut-on aimer ce film si on est réfractaire à l'univers de Jacques Demy ?". La réponse est oui (avec quelques nuances). Agnès Varda y raconte sa vie, la dépeint la repeint la recrée la scénarise l'accommode la réinvente. Parler de soi est un exercice périlleux, sans tomber dans la complaisance le nombrilisme ou la flagornerie. Moi je. Ainsi, la scène d'ouverture (celle des plages belges, avec les miroirs) qui m'a quasiment cueilli à froid, m'a vraiment subjugué, ravi (au sens propre), émerveillé. Comme un gosse. En quelques minutes, j'avais déjà les larmes aux yeux devant la beauté et la force de cette installation, et ce qu'elle répercutait en moi. Il y a plusieurs moments, ainsi, qui sont extraordinaires, et d'autres plus... ordinaires.
Ce qui est bien, c'est que ça m'a permis de réviser le cursus d'une cinéaste que je ne connaissais pas forcément si bien que ça (enfin si, livresquement : je connaissais  les titres de ses films, (La pointe courte, Lion's love, Murs murs, Documenteur...) tout en en ayant vu très peu). C'est un peu comme si je ne l'avais jamais vraiment rangée parmi les "vrai(e)s" cinéastes.)
Le film est un Je me souviens en images (ou en marabout de ficelle), une re-création / récréation, de l'enfance à aujourd'hui, avec des trucs et des machins, des dispositifs, des installations, des coq-à-l'âne. Agnès Varda, pour moi, c'était surtout la copine à Jacques Demy, et donc quelqu'un dont l'univers a priori  ne m'intéressait pas plus que ça. Mais là, force est de reconnaître qu'on y prend beaucoup de plaisir, que c'est vrai qu'elle a une façon extrêmement sympathique agréable et originale de raconter tout ça, sous forme de pêle-mêle, de fourre-tout. Entre collage et bricolage. Elle parle, elle parle d'elle, elle nous parle d'elle, de ce qui lui tient à coeur : de son père, de ses soeurs, de son compagnon, de ses enfants, de ses voisins, de sa société de prod, de ses copines, avec la même simplicité souriante :des photos et des extraits de films, des documents d'archives, mais aussi des vidéos confectionnées sur mesure pour l'occasion. C'est touchant, attendrissant, et plusieurs fois oui oui j'ai eu les larmes aux yeux.
J'en ai appris  un peu plus sur Jacques Demy, sans que cela  ne me donne forcément davantage envie de voir ses films, ni sans le connaître vraiment mieux (il y a des zones d'ombre chez ce monsieur, desquelles Agnès V. s'approche mais avec des prudences de chat...)
Disons-le, la seule chose qui m'a un peu gêné (agacé ?) c'est le name dropping qui revient régulièrement, comme une soirée diapos en famille où l'on entendrait "là c'est mon copain Jim Morrison, là c'est  mon voisin Calder qui m'offre un mobile pour me remercier, là c'est Jean Vilar qui vient boire le café, là c'est Brassaï qui me prend en photo, là c'est Fidel Castro qui me fait coucou..." (mais peut-être est-ce juste de la jalousie de ma part ? Tss tss.) Ca prouve au moins qu'elle a bien vécu.
On sort du film, paradoxalement, avec le coeur plutôt aérien,  dans les cheveux le vent du large et dans la tête le bruit du ressac. Paradoxalement, parce que s'il y est, finalement, beaucoup question de mort, rien de morbide n'y subsiste. Juste la joie (de vivre). Et beaucoup de balais.
Moi aussi j'aime beaucoup les plages...

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21 décembre 2008

verre pilé

MY MAGIC
d'Eric Khoo

J'avais adoré Be with me. Celui-là je l'appréhendais un peu, au vu du résumé. Dans Be with me, il était question d'amour (trois ou quatre histoires enchevêtrées, heureuses ou malheureuses). Dans My magic aussi il est question d'amour, mais filial, cette fois-ci, celui d'un père pour son fils. Vu hier soir, donc, et c'est un film d'une insondable tristesse. Construit autour d'un personnage impressionnant (un magicien -un vrai, d'ailleurs-, qui croque du verre, se transperce aux endroits les plus divers avec des accessoires idem, allume spontanément ses mains et autres joyeusetés) alcoolique (très alcoolique), qui vit avec son jeune fils depuis le départ de sa mère, (à qui il téléphone régulièrement alors que depuis longtemps la ligne en a été coupée), et va soudain cesser de penser à lui, et à sa souffrance, pour tenter d'offrir à son fils un avenir plus reluisant que le sien.
Un film effroyablement réaliste, où le calvaire de cet homme qui souffre (de plus en plus) pour de l'argent (qu'il destine à son fils) nous met, spectateurs, à la même place que ce boss aux yeux fixes et cruels, qui ne cillent jamais, mais semblent se repaître de cette souffrance donnée en spectacle, et revendiquée en tant que tel, puisqu'elle est monnayée.
Pour Eric Khoo, la réalité, le présent, ne sont qu'une mince cloison entre les souvenirs et les rêves, cloison contre laquelle pourtant on ne cesse de se cogner la tête, de la plus violente et la plus absurde des façons. Douloureusement. Le monde est cruel, dira à un moment le père à son fils. Le film se clôt pourtant sur une scène très douce, muette, apaisée (la scène originelle ?) où le présent (le réel) est aboli, où l'on se réfugie dans l'ailleurs, comme on se coucherait dans la neige lorsqu'on est très fatigué. L'illusion du secret, c'est le secret de l'illusion.(Cette phrase, qui me fascine depuis longtemps, était citée en ouverture d'un film, que j'aimai beaucoup, il ya longtemps, et que je n'ai jamais revu. Il s'appelait Trompe-l'oeil. Et, miraculeusement, elle résume celui-ci...)

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6 octobre 2016

pile et face

CLASH
de Mohamed Diab

Que des bons films cette semaine! Après la Suède, l'Allemagne, un petit tour en Egypte. Dans le précédent film du réalisateur, il était question de bus, et des femmes qui s'y faisaient harceler par la gent masculine surchauffée. Il sera aussi question ici de véhicule, de promiscuité et de surchauffe. mais dans un autre registre.
Le véhicule est un fourgon de police, un panier à salade, et la caméra va réussir l'exploit de ne pas le quitter de tout le film. Pendant les émeutes de 2013, où s'affrontent deux camps, d'un côté l'armée et ses partisans et de l'autre les intégristes religieux, avec, pris en tampon entre les deux, tous les autres, les citoyens lambda. Dans le fourgon de police en question vont entrer tour à tour deux journalistes (les premiers arrêtés) puis ceux qui ont caillassé le fourgon, puis des intégristes, etc., comme des lasagnes sociétales à la sauce égyptienne (épicée) et les conditions de cohabitation vont devenir de plus en plus précaires, la tension montant progressivement avec la chaleur, la soif, l'angoisse, et les escarmouches diverses entre les divers passagers.
Une situation confuse, éprouvante, inhumaine, insupportable, à l'image de celle du pays au même moment. Une violence aveugle, absurde, imbécile, de chacun des camps pour celui d'en face. Où la plus minuscule étincelle est susceptible d'embraser le plus explosif des brasiers. Chosir entre l'armée ou l'intégrisme. (tu parles d'un choix!). C'est comme jouer sa vie à pile ou face, en éatnt quasiment sûr de perdre à tous les coups.
Mohamed Diab respecte son unité de lieu et de temps, et les compense en multipliant les micro-histoires qui naissent dans le confinement de ce fourgon. Micro-incidents éthiques, affectifs, organiques, sociaux, familiaux, dans ce vase-clos  qui ne fait que reproduire, à sa petite échelle claustrophobique, l'irrespirabilité littérale du pays tout entier. peut-être d'ailleurs a-t-il voulu en mettre un peu trop mais qu'importe...
Plastiquement (esthétiquement je devrais dire) j'étais plutôt comblé : une population moyen-orientale majoritairement de sexe mâle, cils de gazelle, barbes de 3 jours, j'étais plutôt ravi (même si le récit ne prête globalement pas à la rigolade -il y a quand même quelques "gags"- ni à la roucoulade -bien qu'il y en ait aussi un chouïa, ça et là-) et on a même droit lors de la scène dite "des lacrymos" à un torse-nuage plaisant de tous ces jeunes gens (oui je sais je sais j'ai honte de faire passer l'esthétique avant l'éthique, hein...) Les femmes sont plus minoritairement représentées, et c'est peut-être d'ailleurs dommage...
Toute la dernière partie du film prêtera de moins en moins à la rigolade, d'ailleurs (on se doutait quand même un peu que ça n'allait pas finir à la Mary Poppins, n'empêche...).
Un film courageux qui mérite qu'on le défende. Avec acharnement et conviction(s).

Clash : Affiche

 

9 octobre 2009

nos dragons sont peut-être des princesses

36 VUES DU PIC SAINT-LOUP
de Jacques Rivette

J'y allais un peu en traînant des pieds (il faisait un peu froid, ce dimanche soir, et puis j'aime pas le cirque, et puis un Rivette de 1h28 c'est vraiment riquiqui...) et j'en suis sorti, finalement, ravi. Un joli petit film, c'est exactement ça. Ca parle beaucoup et c'est mystérieux, c'est normal, on est chez Rivette. Jane Birkin est fragile et vulnérable, à nu (vingt ans après, la revoilà avec les cheveux courts en pétard et le maillot de corps de Je t'aime moi non plus...), et Sergio Castellito, ritalissimo, essaie à la fois de percer son secret et de la sauver. Tout ça sur la scène microcosmique d'un tout petit cirque, sur laquelle on ne verra, quasiment, que l'entrée des deux clowns Tristos et Patheticos (bon, j'invente, mais c'est bien l'esprit du numéro en question, à base d'assiettes cassées et de balle de révolver tirée dans la bouche..), joués par un André Marcon et un Jacques Bonnaffé, qui, (comme d'hab' ?) sont au-delà du perfect. (Oui, ces deux-là sont trop excellents!) Il y a, dans ce petit cirque, des personnages théâtraux, des situations théâtrales, et du théâtre parfois même, revendiqué et assumé. Il y a une salade de fruits qu'on prépare sur une table bleue, il y a un fouet, il y a une voiture en panne, il y a le Pic st-Loup...
Trois petits tours et puis s'en vont, on en aurait bien redemandé un peu, juste un petit rappel, après les applaudissements... mais ce Rivette ci est comme un condensé, un précipité (de sa problématique), et se devait donc, forcément, de nous laisser sur notre faim, avec la lune, ironique, au dessus du pic St-Loup.

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1 janvier 2010

niouille heure

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On ne voit pas très bien, mais c'était cette nuit, dans la voiture de Marie, à 3h du mat', voilà, c'était 2010, on roulait dans le brouillard mais c'est pas grave, personne sur la route, une certaine quiétude, après avoir terminé l'année de délicieuse façon, en rigolant comme des baleines (on a joué à Time's up! Je vous le recommande, c'est du bonheur...). Oui, quelle meilleure façon de passer à l'année suivante aurait-on pu souhaiter...
Comme le fut celle de commencer l'année suivante, 2010, donc, en se réveillant presque à midi, et, pour reprendre contact avec le monde environnant, en lisant  une nouvelle, puis deux, du Naufrage de la Vesle Mari, le dernier dernier volume des racontars arctiques... que du bonheur vous dis-je!

Et vous en souhaiter, donc, à vous, lecteurs réguliers ou occasionnels, ou même passant(e)s de hasard sur ce blogchounet, la meilleure des années 2010 (ou tout au moins la moins pire!)

1 octobre 2009

jaune, bien sûr!

(500) JOURS ENSEMBLE
de Marc Webb

Pour faire un bon petit film film indépendant primé au Festival de Sundance, prenez deux acteurs sympathiques repérés dans d'autres productions indépendantes, avec un nom difficile à écrire du premier coup ou à retenir : lui c'est Joseph Gordon-Levitt (très bien, repéré dans le vénéneux Mysterious Skin), elle c'est Zooey Deschanel (très bien aussi, vue dans Phénomènes et L'assassinat de Jesse James...), choisissez un thème simple, voire simplet (ici, l'immarcescible "Boy meets girl"), tripatouillez-le un peu dans tous les sens comme une pâte à pizza (malaxez énergiquement, en cassant la chronologie, par exemple, avec un compteur de jours qui vous permettra d'aller et venir librement au fil de l'histoire sans vous en tenir à la stricte et straight chronologie), laissez gonfler un peu, rajoutez des personnages secondaires attachants et plus ou moins folkloriques (ici une jeune soeur sportive et sentencieuse, deux potes un peu bras cassés, un boss compréhensif...), n'oubliez pas de saupoudrer votre composition d'effets techniques malins et en situation (le split-screen "ce qui pourrait arriver / ce qui arrive réellement"), de clins d'oeil (les extraits de films "à la manière de"), de bons mots et de phrases qui font mouche, faites un peu parler les acteurs à la caméra, rajoutez une voix off, qu'on imagine de vieux cow-boy buriné, dont on ne sait pas vraiment (la voix off) si c'est du lard ou du cochon, emballez-le tout avec une bande-son  pop, astucieuse et attachante (entre les Smiths et Carla Bruni, si si...), sans oublier quelques scènes de karaoké. c'est toujours bien, les acteurs qui chantent dans un film, hein , Pépin ?) et même une de comédie musicale, n'oubliez pas non plus la dédicace au générique (c'est pas souvent qu'on voit écrit "Connasse", avec un C majuscule!, au début d'un film, juste après le nom de la demoiselle à qui le film est dédié), et d'ailleurs, pendant que vous y êtes, mitonnez un petit générique à la Amicalement votre (c'est mon amie Dominique qui me l'a soufflé), avec les deux héros/héroïne qui grandissent sous nos yeux, et faites de tout ça une comédie sentimentale (ou comédie romantique ? qui pourrait m'expliquer la différence ?) moderne (un genre de Quand Harry recontre Sally de 2009 ?) où on peut tout à loisir réfléchir sur l'amour, le désir, l'engagement, le couple, le destin, le coup de foudre, le sexe, les rôles, avec quasi toujours le sourire aux lèvres, en ayant justement (et habilement), pour une fois, inversé les rôles (c'est lui qui serait blonde et elle qui porterait la culotte...), servez frais et pétillant (comme l'ont qualifié quelques critiques) aux Festivals de Sundance et de Deauville (n'oubliez pas de le mentionner sur l'affiche, ou vous n'oublierez pas non plus d"étaler un à-plat jaune, histoire de rappeler subliminalement -et peut-être de croiser les doigts supersticieusement en espérant que ça rapporte autant de pépètes que- Little Miss Sunshine, of course...)

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(version américaine / version française)

28 septembre 2007

marchand de glaces

LES MEDUSES
de Shira Geffen et Etgar Keret

(à chaud). J'étais curieux. Je connaissais Etgar Keret dont j'avais apprécié les nouvelles ("Crise d'asthme"), et j'ai en général un faible  pour la "Caméra d'or" (qui est pour moi au cinéma ce que le prix Médicis est à la littérature). Oui, j'y allais donc curieux, et de plus alléché par une bande-annonce sybilline.
J'aime beaucoup la première scène, qui nous plante  en peu de temps mais avec force le personnage de Baya. C'est presque trop gros, presque trop beau : elle est trop malheureuse, elle est trop triste, le film va prendre l'eau se dit-on. L'eau qui sera, d'ailleurs, partie prenante de chacun des segments du film (une petite fille rousse et muette sortie des vagues, plop! comme ça, une lune de miel ratée dans un hôtel où on veut voir la mer, et une maman philippine expatriée qui veut acheter un bateau pour son fils), segments au départ nettement distincts, sur les traces simultanées de plusieurs personnages féminins de divers âges et conditions, mais au bout du compte peut-être pas tant que ça (finalement).
Car ça devient intéressant à partir du  moment où le film arrête de se la raconter, où il prend un peu la tangente. Ne suit plus le droit fil des histoires. Chacun des récits sème des cailloux blancs de petit poucet qui vont parfois rouler jusqu'au récit voisin. (Bon, je sais, c'est le propre du film choral que de faire se rencontrer ses partenaires par des artifices scénaristiques plus ou moins grossiers). Le réalisme initial se gauchit subtilement, à l'image des petites choses incongrues qui soudain (se) passent, en arrière-plan. Et le film prend corps à partir du moment où il s'effrite, devient poreux, un peu se désagrège (se réagrège ?). Tout est dans les détails.
Trois (quatre ? cinq ? six ?) portraits de femmes légèrement à la dérive. (La semaine dernière les pieuvres, cette semaine les méduses. Tsss, encore que des filles ? Non non, il y a quand même un jeune marié plutôt agréable et mal rasé qui passe le film en marcel blanc). La partie courons après cette bouée est plutôt douce mais assez tristounette, celle de changeons de chambre chérie plutôt statique mais assez grinçante, et celle de ô mon bateau plutôt effleurée mais assez sans surprise. Et cette nostalgie balnéaire en super 8 (ah, le marchand de glaces...) m'a, je dois dire, plutôt ému.
L'une trouve une copine, l'autre démarre assez mal son mariage, la troisième rompt avec sa mère. La quatrième repart chez elle...
Et, sur la plage, le marchand de glaces est toujours là.

Alors d'où vient le fait que je sois sorti de là un peu flottant ?  Cette grand-mère comme dans Depuis qu'Otar est parti, cette fête de mariage comme dans Mariage Tardif, ce portrait en creux de Tel Aviv comme dans The bubble ? C'est vrai que j'ai beaucoup pensé à d'autres films, par association ou par ricochet. Sans que les références soient forcément en défaveur des Méduses,d'ailleurs. La méduse est un animal plutôt inerte en apparence mais à la mobilité singulière, fascinant, translucide, inoffensif au premier abord, un peu inquiétant malgré tout. De tout ça le film est un peu. J'en aurais voulu plus... Plus d'urticant, plus de dérive. Plus de temps, aussi, simplement peut-être.

(un peu plus tard) Reste surtout, c'est vrai, le visage de touchant de cette petite fille silencieuse aux cheveux roux et mouillés, aux yeux immenses et au sourire énigmatique, et cette bouée rouge et blanche qui soudain traverse l'écran, comme le lapin blanc d'Alice...

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10 août 2007

paris à re(beau)bours

films
SYNDROMES AND A CENTURY (Apichatpong W.) MK2 Beaubourg *****
WORDLY DESIRES (moyen-métrage du même) Cinémathèque ***
PLATFORM  (Jia Zhang Ke) MK2 Beaubourg ***
MARIAGE A L'IRANIENNE (de Hassan Fatih) Projection de presse Club Publicis **
YOU KILL ME (John Dahl) UGC Les Halles ****
BLISSFULLY YOURS (Apichatpong W.) MK2 Beaubourg ****
LA LEON (Santiago Otheguy) MK2 Beaubourg *****
LE JARDIN DES FINZI-CONTINI (Luchino Visconti) St Germain ***
CE QUE JE SAIS DE LOLA (Javier Rebollo) St André des Arts ***
TIME (Kim Ki-Duk) MK2 Beaubourg **
LA FIANCEE ERRANTE (Ana Katz) MK2 Hautefeuille ***

expos
L'IMAGE D'APRES à la Cinémathèque ****
ANNETTE MESSAGER à Beaubourg *****
PIERRE ET GILLES au Jeu de Paume ***

lieux
La rue Léon Frot, la rue du Faubourg du Temple, la place de la République, St-Michel, le Père-Lachaise, la rue de l'Ermitage, la  rue Jean Cocteau, la rue St André des arts, le Palais Omnisports de Bercy, Le Pont-Marie, la Cinémathèque, le parvis de Beaubourg, la rue Ste Croix de la Bretonnerie, la place de l'Etoile, le jardin des Tuileries et son bassin, le parc de la Cinémathèque, la Seine, L'Ile St Louis, Gibert, Mona Lisait, le Monop', le G20...

things and thoughts and pictures
les digicodes, l'Officiel, le plan du métro, les pantalons et les pompes des maçons, les voisins d'en face de la rue d'Aix, un bonbon chinois, des fourchettes en plastique, un monsieur assis dans sa voiture de très bonne heure, le chantier du Columbarium, les crevettes sel et poivre du traiteur asiatique, le libé du matin, les après-midi d'un fonctionnaire très déjanté, la semelle des baskets qui se décolle, Mortelle randonnée et La cage aux folles sur une télé merdique, les cinq étages sans ascenseur, le "pain arabe", le bar de ligne, les cartes postales à 10 pour 1€, Nirvana express, le sac à roulettes, la tisane de sauge super forte, un croustillant de boudin et sa purée maison, les deux Cy Twombly à Beaubourg, le chargeur de piles, le coup de fil d'Emma, celui de Zab, celui de Christine, les sms d'Isa et de Malou, le bouquin de photos d'Harry Gruyaert, les trois footeux de Pierre et Gilles, le dvd d'Elephant (édition prestige) qui ne fut jamais soldé, les sandwiches de chez Paul (le sésame-camembert et le pavot-jambon cru), le café frappé, le black qui pissait dans la rue Serpente, le vendeur de journaux clic clic, les mecs allongés sur le parvis, le dvd d'Etienne-Jules Marey...

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21 mai 2007

orphelinat

AFTER THE WEDDING
de Susanne Bier

Et de trois! Troisième film, donc, de la réalisatrice Susanne Bier (et de son scénariste Anders Tomas Jensen (connu aussi pour son scénario pour RED ROAD, et ses propres films, dont notamment l'excellent ADAM'S APPLES), oui le Danemark est petit...), après OPEN HEARTS (que j'avais adoré) et BROTHERS (qui m'avait laissé un peu plus dubitatif.)
Il y a incontestablement un style, une patte (une "franchise" ?) Susanne Bier : un cinéma de gens, de visages, de sentiments ; une dramaturgie familiale, avec, à chaque fois, un problème moral, une question d'éthique, un cas de conscience, posé au(x) personnage(s) (là aussi, d'ailleurs, on retrouve souvent les mêmes acteurs, notamment l'intense et polymorphe Mads Mikelsen) ; une caméra attentive, proche, très proche (là, si elle avait été juste un peu plus proche, elle risquait carrément de cogner les acteurs), et, enfin,  une tonalité d'ensemble frémissante mais jamais franchement guillerette, toujours sur le fil du rasoir du (mélo)drame, et servie par une musique parfaitement ad hoc (les airs de Sigur Ros, en début et en fin de film, m'ont carrément -je le reconnais- fichu les larmes aux yeux).
Alors ? Et bien, disons qu'OPEN HEARTS reste toujours mon préféré, de la part de la dame, et BROTHERS le plus faible, et qu'AFTER THE WEDDING vient se ranger entre les deux. Mais, c'est difficile à justifier... Comme si je me disais que, quand même, trop c'est trop, et que, avec un quart d'heure final et un demi-seau de larmes en moins, l'entreprise aurait mieux fonctionné. Oui, sans doute que Trop de pathos tue le pathos, comme dirait un jeune homme que je connais (...)
Les comédiens ne sont pas en cause (des solistes chevronnés qui jouent avec intensité cette marche funèbre, toujours précis, même dans une ou deux scènes que je trouve peut-être too much), c'est juste peut-être la dramaturgie (elle ne nous épargne quasiment aucun rebondissement fille cachée, père alcoolique, adultère juste après le mariage, maladie mortelle, manipulation, l'argent contre l'amour, confiance trahie, I don't wanna die, j'veux pas qu'tu t'en ailles...), sur une trame qui, quand on y pense, évoque quand même pas mal celle d'un certain film d'Isabel Coixet.
Ou c'est peut-être moi, qui n'étais  pas en état de réceptivité maximale. Ou peut-être que l'Inde ne fait pas bon ménage avec le Danemark. Ou que la mort d'un père est un sujet qui me touche tellement que j'avais envie de quelque chose de plus light... Bon, je ne voudrais quand même pas avoir l'air de me livrer à un dézinguage systématique : Ce film, je l'ai aimé, j'y ai même pleuré copieusement (à la fin un peu moins).  Mais bon, comme dirait mon amie Emma. Humain, trop humain, ai-je d'ailleurs coutume d'écrire, mais ne serait-ce pas plutôt ici Humanitaire, trop humanitaire ? En tout cas, on sort de là sonné. C'est sans doute le but recherché.

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3 mars 2007

solidarité

J'ai acheté des basquettes.


(Oui oui, je sais, je persévère dans les révélations fracassantes, je vous laisse donc le temps d'encaisser le coup et de vous remettre.)


Je les ai achetées d'une part parce qu'elles étaient (très) soldées, et que j'ai eu l'impression, en approchant de la petite étagère où elles étaient rangées (bien sagement, par taille, c'était -ô merveille- justement la mienne) avec leurs consoeurs d'infortune, j'ai eu l'impression donc qu'elles me faisaient des signes désespérés avec leurs petites mains : emmène-nous ! prends-nous avec toi! tu ne le regretteras pas!, et d'autre part (oui c'est une phrase sinueuse) parce que je les ai trouvées... attendrissantes, tellement elles étaient, certains diraient atypiques, et d'autre diraient simplement moches : je me suis dit si Quasimodo avait eu des basquettes, je crois que ça aurait été ce modèle-là, si Michel Simon quand il était vieux avait eu des basquettes, si Alice Sapritch... oui, ils auraient eu sans doute celles-là, commes eux j'ai été attendri par la découpe pour le moins originale (c'est quoi ces espèces de bubons sur les côtés, et ces coutures en biais ?) et leur semelage idem ; je ne sais pas pour pratiquer quel sport sophistiqué elles furent conçues à l'origine, mais ça devait être complexe, pour induire un look pareil, bref, si au début je les ai un peu prises en pitié, (comme quand j'étais petit et que je voyais Mireille Mathieu à la télé) à présent je les aime, parce qu'elles sont grooosses  et j'ai un faible pour les grosses basquettes (j'aime retrouver ce sentiment d'avoir quasiment des gants de boxe aux pieds), avec des vraies semelles (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c'est de plus en plus dur de trouver des basquettes avec une vraie semelle, pas un machin plat plat plat à mi-chemin entre la limande et la feuille de papier à cigarettes, et parce que (je continue d'énumérer les raisons de mon choix) dedans on est bien comme dans des charentaises (hmmm mon idéal de bonheur pédestre), et, de plus, éminemment singulières puisque l'une (le pied droit, qui devait être à l'origine l'exemplaire destiné à l'essayage, et qui a donc visiblement été essayé, encore et encore tandis que le gauche restait tristement enfermé dans la boite en pleurant pendant tout ce temps sans voir la lumière du jour des néons du magasin) n'est plus tout à fait semblablement identique à l'autre, ce qui justifie peut-être justement l'incroyable prix de soldes pour lequel je les ai emportées : moins cher, c'eut été quasiment impossible. (je préciserai juste qu'à l'origine l'étiquette du prix affichait 120€! arghh à ce prix-là, je meurs). En plus, comme dirait les djeunz, c'est de la marque (ce qui n'est pas vraiment un argument pour moi, heureusement, ça ne se voit pas au premier coup d'oeil, mais ce sont des zadidasse, si si!)

Je me souviens que dans un film (La provinciale, je crois) Bruno Ganz vient d'acheter une paire de basquettes blanches flambant neuves et qu'il saute en rigolant dans une flaque pour les salir...
(Fin des révélations apocalyptiques pour aujourd'hui)

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12 décembre 2006

micro21

Réchauffement climatique ? Ce matin pourtant la première gelée blanche.

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" et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous..."

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La station-service démolie me manque comme une dent arrachée.

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Une fenêtre s'éteint sur la façade de l'immeuble juste au moment où je passe devant.

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Hécatombe de pigeons.

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Si une semaine fait sept jours, pourquoi deux semaines en font quinze ?

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A l'entrée de l'école, trois chaises vides...

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Je rêvais que cet événement soit l'étincelle qui mettrait le feu aux poudres de la guerre civile.

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Y a plus d'saisons.

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Le pâtissier ce matin avait un peu laissé brûler ses croissants, il les a vendus à moitié prix.

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Lumière vacillante des bougies allumées chaque soir devant la préfecture : une image très juste.

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L'histoire de l'homme qui ne se reconnaît plus sur les photographies.

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"Pourquoi mes parents ont grandi avant moi ? " (Mehdi S.)

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Aujourd'hui un suédois a lu 50 pages de ce blog en 5 minutes.

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(Coïncidence : je poste à 12.12 et je relis à 13.13)

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6 décembre 2006

mieux du stade

Ca n'a plus grand chose à voir avec le rugby, mais bon, c'est parfois assez... charmant (et parfois risible, je ne sais pas...)
Ca vient du dvd du making off de l'édition 2007 du plus célèbre des calendriers... sportifs (?)

Attention, ô chastes yeux, point plus bas ne descendez!

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(je mets le reste dans un album...)

17 mars 2006

ménage de printemps

Oui, il est temps de penser à laisser ces six mois de bozarts, comme on rendrait une résidence de vacances à son propriétaire. Il faut faire un peu le ménage, trier les choses, ce qu'on jette et ce qu'on garde, faire le tour consciencieusement pour vérifier qu'on n'a rien oublié, vérifier la liste des recommandations du proprio, ranger un peu, quoi... (Et dieu sait si j'aime pas faire le ménage, mais là, obligé, c'est quasiment écrit dans le contrat.)
Oui oui ça sent la fin... C'est les derniers jours, la dernière semaine... il est question de savourer. Pas de nostalgie, non, juste des souvenirs de vacance(s). Tout ça un peu dans un brouillard, une petite soupe de mémoire ou mijotent des choses plutôt agréables.

En parlant de ménage et de rangement, je viens de passer un certain temps à rechercher un vieux texte que j'avais écrit il y a longtemps, et qui commençait par "c'est drôle comme ces histoires, dès qu'elles sont terminées, scindées, s'éloignent en travelling arrière...", ce qui résumait (à l'époque) mon sentiment sur la fin d'une liaison (the end of an affair... en anglais ça sonne mieux), sentiment qui n'a, actuellement, pas vraiment varié d'ailleurs. Je n'ai pas retrouvé ce texte (pourtant je suis sûr de l'avoir remanié au moins deux fois),
Mais, pour faire écho à deloin, j'en ai profité pour me  plonger (me vautrer serait plus exact...) dans ma série de petits carnets (dont les plus anciens ont au moins vingt ans!)
Carnets où j'écrivais beaucoup de récits de rêves (marrant de voir comme pour certains j'ai encore très précisément les images qui me viennent en tête lorsque je les relis...), des citations venues de bouquins ou de films (ou de chansons nunuches), des poaîmes de mon acabit (question dimensions, j'ai toujours été plus proche du dystique que de la chanson de geste... oui oui, pendant très longtemps, j'ai eu le sentiment de ne pouvoir écrire que des grumeaux.) ou bien la relation de faits quasi quotidienne quand l'événement en valait la peine (histoire d'amour ou  journal de voyage principalement). Bain de jouvence ? Ca m'a au moins permis de comparer que pas grand chose n'avait changé à propos de fins d"histoires, il y a vingt ans et maintenant...

Les histoires terminées sont comme rangées dans des cartons, soigneusement emballés, étiquetés, scotchés. On y a enfermé, en général, tout ce qu'on avait pris le soin de collectionner pendant la phase dite première : les signes, les prodiges, les indices, les confirmations, les preuves que oui oui vous vous aimiez et vous aviez partagé ça et ça aussi et vous étiez allés là et vous aviez fait ça... Toutes choses que vous avez pris un malin plaisir à épingler, à mettre sous vitrine, à exposer, dans ce premier temps, (comme dans les polars, sur le lieu du crime, quand les flics ramassent des machins et les mettent dans des petits sacs en plastique avec sur l'étiquette preuve numéro tant...) et toutes choses que, paradoxalement, vous avez du ensuite vous efforcer de faire disparaître, parce que justement elles vous font penser à et à et à ça aussi et que ça vous fait mal, en voyant cette photo, en lisant ce prénom écrit dans un livre, en passant devant ce cinéma, bref des fois les yeux rouges et le coeur en fragments, pendant la phase dite finale.

Je suis donc en train de ranger bien comme il faut dans un carton ad hoc tout ce qui a fait -de près ou de loin- partie de mon histoire terminée 2005/2006. Faut vraiment que j'en passe par là pour pouvoir envisager d'en revenir un jour au "copain/copain". J'ai bien essayé, ces derniers mais c'est trop tôt (j'en ai déjà parlé) ça joue faux, ça ne fonctionne pas. On n'est pas dupe. et je  n'ai pas plus envie de jouer le rôle du vidéo-club que celui du correcteur orthographique (private joke adressée -logiquement- à quelqu'un qui ne la lira jamais...)

(Oui oui, je suis très les histoires d'amour finissent mal en général... mais ça ne dure pas ! D'ailleurs, si vous voyiez, dehors, il fait un de ces soleils...)

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5 avril 2006

non stop

LE BOURGEOIS, LA MORT ET LE COMEDIEN
Compagnie La Nuit surprise par le jour
Mise en scène d'Eric Louis

Bref retour sur une expérience théâtrale inoubliable, vécue samedi 1er avril par les spectateurs du CDN (dont j'avais l'extrême bonheur de faire partie) : trois pièces de Molière montées en enfilade : LES PRECIEUSES RIDICULES, LE TARTUFFE, LE MALADE IMAGINAIRE. Rentrés dans la salle à 15h, nous en sommes sortis, un peu à contrecoeur mais hélas définitivement, à 1h45 le lendemain... dix heures et quarante-cinq minutes plus tard, oui oui! (rassurez-vous, nous eûmes tout de même des entractes, pour faire pipi, fumer un clope, grignoter (tout avait été prévu, même si le nombre de consommateurs semblait avoir un peu (largement)  excédé les prévisions de l'intendance...) boire un coup, se dégourdir les jambes, mais à chaque fois, l'envie d'y retourner, de voir la suite, de découvrir ce qu'"ils " avaient encore bien pu inventer était la plus forte...

"Ils", c'est les 13 brillants et joyeux allumés de la Compagnie La Nuit surprise par le jour, qui nous avaient déjà offert, il ya deux ans, dans ce même CDN Violences (reconstitution) dans une mise en scène de Yann-Joël Collin, événement de début de saison qui ne durait "que" 6h30 (à la façon dont ils progressent, la prochaine création devrait friser les 15 heures !)
Ces gens-là, ils peuvent tout faire. Tout, oui.
Rien que, dès le début, dans cette façon d'accueillir les spectateurs en les regardant s'installer, en silence, plateau nu quasiment, de partir de rien, l'immobilité, le silence, pour construire, élaborer, échafauder devant nous, déjà, on touche à l'essence même du théâtre, la naissance de la représentation. "Tout celà n'est qu'illusion, certes, mais cette illusion est vraie." semblent-ils nous dire, drôles et graves à la fois.

Les Précieuses Ridicules vont ainsi surgir devant nous ex nihilo. Un gaillard qui s'avance et reste muet, un second qui le rejoint et lui donne la réplique (et la parole en même temps), un praticable à roulettes, quelques rideaux, et c'est parti pour 90 minutes de montagnes russes à toute berzingue, où vous n'aurez  pas le temps de reprendre votre respiration. C'est speed, c'est déjanté, ça déborde d'une énergie complètement zinzin... on sort de la salle comme on descendrait d'un bobsleigh ou d'un autre bolide de même genre... On se demande ce qui vient de se passer, mais on en redemande !

Tartuffe nous permet de remettre le couvert (d'ailleurs les comédiens sont en train de casser la croûte quand on revient dans la salle) illico, et démarre de la même façon, plateau quasiment nu, juste une grande table où tous sont assis, quelques praticables en fond, des rideaux qui s'ouvrent et se ferment furieusement, et c'est parti ! La pièce est à priori plus austère que la précédente, on y parle en vers et on s'y déchire plutôt sérieusement, mais nos zigotos parviennent tout de même à y insérer leur(s) grain(s) de folie, et j'avoue que j'ai rarement pris autant de plaisir à entendre des alexandrins.

Quelques trois heures plus tard (entractes compris), en entrant dans la salle, on les retrouve tous, méconnaissables (le look hésite entre l'Alcazar et le Grand Magic Circus) pour le dernier à-pic du tryptique : Le Malade Imaginaire, qui démarre en musique(s) (deux nouvelles recrues sont venues grossir les rangs) , pour un genre de "spectacle total" (prologue, intermèdes, musique, danse, happening, comédie musicale et j'en passe...) qui saura encore une fois souffler le chaud et le froid, l'énergie et la retenue, la gravité et le folie furieuse... jusqu'au bout.

Voilà, si vous en avez l'occasion, si vous les voyez passer pas très loin de chez vous, n'hésitez pas, courez-y (comme dirait télérama "toutes affaires cessantes" , qui rajouterait "tellement c'est jubilatoire...")

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4 décembre 2005

cordons et prises

E finito il cine.
Reprendre les habitudes, donc...

Eté manger ce midi chez Pépin et Za (j'ai dû un peu les saoûler avec mes histoires de cinoche!)
... C'est un petit peu ça le problème quand on vit seul, c'est pas tant quand on est tristounet que c'est difficile (non non, là en général je gère, j'ai... l'habitude hihi!) c'est plutôt quand on est très joyeux et qu'on aimerait bien pouvoir partager tout ça.

Après-midi "comme d'hab d'avant" : un peu de ouaibe/blogchounet(s), puis prise de tête monumentale pour réussir à brancher ensemble le nouveau scope, la télé, le dvd, le décodeur canalsat, sans oublier l'ampli pour avoir le super son de la mort comme j'aime. Chaque fois c'est pareil, je regarde les péritels et autres cables avec dans les yeux le vide infini de ceux d'une vache normande (c'est pas de moi) ou encore la perplexité d'une poule devant un seau de boulons (c'est pas de moi non plus). J'essaie de raisonner.
Bref, à quatre pattes, en train de compulser fébrilement les divers manuels d'installation (chacun, très égoïstement, donnant sa version propre, sans absolument s'intéresser aux problèmes du voisin), les cables qui font des noeuds avec un air narquois, la prise mâle truc qui veut pas rentrer dans la prise femelle machin,la péritel pas assez enfoncée... J'essaie d'abord calmement, pragmatiquement, logiquement...
Tout marche SAUF (ah la la toujours pareil il y a toujours un sauf) que je n'arrive pas à enregistrer canalsat (or c'est PRECISEMENT pour cette fonction que j'ai fait l'achat de ce scope, c'est donc relativement bête et agaçant très). Très.
Je permute ensuite les péritels,fébrilement, en essayant toutes les combinaisons (mais avec deux prises disponibles sur chaque appareil et quatre cordons, les combinaisons, sont quand même nombreuses!) avant d'abandonner, hagard, exsangue, quasi désespéré, envisageant de lancer le scope par la fenêtre et/ou de mettre le feu au reste...
Pause. Hmffff...  (je respire à fond, c'est ça le bruit, avant de décider une ultime permutation entre les deux péritels qui partent du décodeur (haut/bas)... puis je re-tente l'enregistrement sans trop y croire, (si je vois encore une fois apparaître cet écran bleu je sens que je vais imploser...) je rembobine, j'appuie sur PLAY et...
(ô miracle)
ça maaaaaarche!
Ah que la vie est belle... (oui oui je le sais il m'en faut peu!!!!)

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(finalement, ça a l'air vachement simple sur la photo, mais ne vous y fiez pas hin hin)

16 février 2006

naturellement...

LE NOUVEAU MONDE
de Terrence Malick

Vu mardi soir l'avant-première du nouveau film de Terrence Malick : LE NOUVEAU MONDE. Malgré la V.F , suis encore sous le charme...
Depuis LES MOISSONS DU CIEL, je savais que cet homme sait parfaitement filmer la nature, mais là, carrément, ça dépasse les bornes : chaque plan est sidérant de beauté. Carrément.
Partant d'une histoire vraie (qui finalement n'a que peu d'importance, à part celle d'illustrer parfaitement la position du réalisateur sur "le sauvage / le civilisé") celle de la princesse Pocahontas (non, non, je vous en prie, ne vous enfuyez pas déjà en hurlant et en lacérant vos vêtements de désespoir... ici pas de jérémiades ni roucoulades ni mélopées sucrées, on n'est pas chez W.D! d'ailleurs son prénom ne sera même jamais prononcé dans le film... "Princesse" c'est mieux, non ?) et de John Smith, un aventurier chevelu barbu tatoué (ouahhh Colin Farrel confine ici quasiment au sublime dans l'archétype viril... allez, je remonte ma mâchoire qui risque ici une dislocation texaveryenne)

Il est anglais, elle est indienne, c'est un soudard, elle une princesse, tout les sépare, et pourtant (hmmm finalement c'était pile poil un film à voir en ce 14 février, non ? ) ben oui, ils vont s'aimer (et qui s'aime le vent...)
La réussite du film tient sa conception même : le récit proprement dit (grosso modo partagé en quatre : l'arrivée / le camp indien / le fort anglais / le retour au pays... trame qui rappelle d'ailleurs curieusement celle du précédent film de l'auteur : La ligne rouge, ça vous dit quelque chose ? ),s'il progresse suivant une chronologie et une narration peu ou prou rectilignes (l'histoire, je l'ai déjà dit est connue et a déjà été "vulgarisée" par ailleurs, mais là n'est pas le plus important...), est sans cesse  illuminé, déformé, magnifié, contaminé, par les autres éléments filmiques : le traitement des images et celui de la bande-son (j'ai un peu le sentiment d'enfoncer des portes ouvertes et d'égrener des lieux communs, mais je suis incapable de l'expliquer mieux que ça!)

Les colons anglais ont débarqué dans ce "nouveau monde" où vivent des "bons sauvages" avec qui ils vont tenter de cohabiter -par la force des choses- dans un premier temps, avant de retomber dans leurs petits travers habituels, violence, massacres, etc... Dès les premières images, on retrouve (dans ce format gigantesque qu'il utilise si bien) le goût de Malick pour les éléments naturels (l'eau, le vent, la lumière, les herbes qui frémissent, les nuages qui bougent). tout lui est bon pour nous émerveiller : la mer, la végétation, la forêt, le ciel, chaque plan est extraordinairement, maniaquement, précieusement, composé et filmé. Plus d'une fois , ébloui, bluffé, on se dit mais comment il a pu parvenir à filmer ça ?
Dans ce décor édénique , il a bien fallu placer des protagonistes (des antagonistes, même!) à ma droite les casques, les armures, les poulaines et les haut-de-chausses (un peu ridicules, il faut bien le reconnaître) de nos braves colons anglais (qui vont progressivement devenir de plus en plus hirsutes et dépenaillés au fur et à mesure que leur situation se précarise), et, en face nos valeureux amis indiens, tout en muscles, peintures tribales, grâce féline, plumes et petits pagnes en peau de bête...

Où il est ensuite question de choisir son camp. John Smith, envoyé en expédition, se retrouve "prisonnier" des indiens, et va vivre parmi eux quelques mois qu'il qualifiera rétrospectivement de "rêve". Cette partie du film est d'ailleurs quasiment filmé en tant que tel : accumulation de couleurs, de textures, de sensations contradictoires, montage nerveux... Par opposition, son retour au fort anglais fait l'effet d'un bain saumâtre : tout n'est que boue, flaques, moisissure, décomposition, misère... Les pauvres colons y sont décimés par la la famine, les épidémies, et surtout ces terriblement habituelles maladies humaines que sont l'ambition, la jalousie, la violence... A l'épisode "John Smith chez les Indiens" va succéder son symétrique "Pocahontas chez les colons", où comment apprendre à revêtir une stricte robe boutonnée presque jusqu'aux yeux, marcher avec des chaussures, bref se comporter en "civilisée", hélas.

Tout au long de cette histoire (dont je ne vais pas tout tout vous raconter ) courent , en contrepoint, les voix off des deux amants (et même une troisième, un peu plus tard dans le récit) qui se répondent mais sans véritablement dialoguer. il ne s'agit pas d'un commentaire ou d'un résumé de l'action (sauf dans le cas de la troisième voix off), il s'agit plutôt d'un discours intérieur tout en souvenirs, interrogations, frémissements, exactement le genre de choses qu'on a dans la tête lorsqu'on est amoureux... si si ! Tout ça enchassé (j'avais écrit enchanté !) dans une musique somptueuse, ample (quelqu'un a écrit élégiaque, ça me semble assez juste, d'autres ont dit trop présente, là je ne sais pas) quelque part entre la Pastorale de Beethoven et les draperies sonores de Phil Glass. Sans oublier la bande-son, extrêmement présente, prégnante, à chaque instant, minutieusement travaillée (à ce propos, restez jusqu'à la fin du générique, c'est délicieusement apaisant..), comme un catalogue grandeur nature (vive le dolby !) de tous ces bruits, chants, sonorités qui composent un paysage...

Un seul regret, tout de même : la partie finale, du récit (en Angleterre) fait certes un peu grise mine après les magnificences d'avant, mais surtout, elle semble pressée, déséquilibrée. Le film, annoncé comme très long ne dure en réalité que deux heures et une dizaine de minutes... Y aurait-il un peu de coupe sauvage pour le "formater" (et gagner ainsi une séance par jour ?  ces gens-là ont parfois je vous jure des calculs un peu sordides...) On a le sentiment que tout ça est un peu expédié, on vous résume en quelques phrases ce qui arrive à un tel et à une telle, et hop, c'est plié, bâché, générique! Par bonheur, il est superbe... On en ressort apaisé, flottant, rasséréné... Merci Monsieur Malick!

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13 mars 2006

pataugeant

Genre de Twilight Zone.


Interstice entre le réel et le virtuel, entre le je suis au travail et je reste à la maison. Mais z'où donc ? Lundi matin, j'aurais pu aller aux bozarts (à quoi bon puisque j'arrête la semaine prochaine ? ) suivre ce cours d'histoire de l'art auquel je m'étais promis d'assister depuis quelques semaines à présent (mais il y a eu la neige, les vacances, puis re-la neige, etc...) mais finalement je suis resté at home. Un peu inerte un peu mollusque ? pas vraiment : pas d'amertume pas de tristesse non non... mais rien d'autre non plus. Sec. Vide, comme coquille d'escargot abandonnée par son propriétaire (on voit souvent des coquilles sans escargot dedans, mais jamais d'escargot sans coquille autour... Strange, isn't'it ? ). Abandonné, désaffecté. Non, je ne ressens rien de précis, je ne pense à rien de particulier, juste je ne sais pas,  j'ai même du mal ici à écrire quelque chose. M'exprimer (le tube de dentrifice qu'on presse à la pince pour en extraire encore quelques milligrammes de pâte rose et fluorée)
Dehors fait soleil (on va vers le printemps) mais froid (un froid sec est sain). Il faudrait peut-être que je m'habille (on ne traîne pas en peignoir un lundi matin , sauf
a) si on est malade
b) si c'est un jour férié
c) si c'est les vacances...)

et que je sorte.

(plus tard, le même, habillé)
Suis sorti donc un peu (c'est vrai qu'il fait froid). De derrière la vitre le grand soleil/ciel bleu fait illusion mais dès qu'on sort on sait. Ca caille. C'est l'hiver, quoi, pas de quoi en faire un plat.J'ai pourtant bien deux trois choses à faire (bon, rien d'absolument vital primordial) et d'autres choses auxquelles je pourrais penser (idem) mais bon c'est pas pour ça que je vais me bouger hein.
Un deux trois soleil. C'est moi qui m'y colle. Je reste toujours dans cet entre-deux un peu floconneux, planté comme un nain de jardin au milieu de mon carré de gazon synthétique. Aux aguets mais je ne sais pas de quoi. A l'affût d'un signe, d'un présage, de... quelque chose, merde! J'assure pour le quotidien, les affaires courantes : la bouffe le courrier les factures les rendez-vous avec les amis le cinéma la lecture l'ordinateur (ouais finalement, ça en fait quand même pas mal tout ça, non, me fais-je la remarque à demi-voix) et pour le reste... (mais quel reste resterait-il, hein ? rajoute la même voix intérieure) Ouais d'abord, quel reste ?
Bon c'est vrai que j'ai peut-être trop tendance à m'écouter parler, à m'ausculter le nombril, à voyager en rond au bord de ma tête, oui peut-être. Mais c'est le fruit d'une longue (mauvaise ? ) habitude. Pas d'ma faute, eh...

(Manque de magnésium, manque de carburant, manque d'énergie, manque de motivation ???)
Faut juste que je me déplie un peu, que je prenne l'air, que je prenne de l'envergure, que je prenne de l'altitude.
Un peu de recul, aussi.

C'est bientôt la fin de l'hiver !

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