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lieux communs (et autres fadaises)
22 mai 2024

l'île au trésor

074
UN HOMME EN FUITE
de Baptiste Debraux

En sortie nationale (donc avec davantage de séances), un solide "polar social". (Qui charge peut-être un poil trop la barque du, justement, "social"). Avec, (c'est plus inhabituel), un double fond de récit d'aventures (L'Ile au trésor), sur lequel se construisent des amitiés enfantines, puis des amours (et des rivalités) adolescentes. Avec l'autre particularité que ses deux personnages principaux (Léa Drucker et Bastien Bouillon) ne feront que s'y croiser, une, deux, trois fois. De loin en loin. Chacun(e) menant son histoire (sa barque, on peut dire ici) seul. A la recherche chacun(e) de sa vérité. (Chacun cherche son Johnny, interprété par Pierre Lottin, très bien, qui se démarque ici des rôles qui l'ont fait connaître).
Avec une musique superbe (j'ai appris au générique qu'elle était signée par des membres de Feu Chatterton). Et j'étais pourtant seul dans la salle 3 à la séance de 13h30. (Emma était devant JUSQU'AU BOUT DU MONDE, où, me dira-t-elle ensuite, ils étaient deux!).

On est sincèrement heureux heureux pour Bastien Bouillon (la barbe lui va bien) d'être en haut de l'affiche, et de faire jeu avec Léa Drucker (qui, comme toujours, est excellente)

10 mai 2024

mille-feuilles

073
JUSQU'AU BOUT DU MONDE
de Viggo Mortensen

Oh un western bilingue! (en anglais et en français dans le texte), avec Vicky Krieps en vedette, et réalisé par Viggo Mortensen (qui y joue aussi, et qui en a même -j'ai suivi le générique jusqu'au bout- écrit la musique...).
Un western autour d'une femme forte (Vicky Krieps), de sa relation avec un homme pas bavard (Viggochounet), dont on sait déjà d'emblée presque comment elle finira (ça démarre avec une scène d'enterrement.)
Une ville-champignon du Far-West (un peu comme celle qu'on voyait dans le premier segment de EUREKA de Lisandro Alonso (qui joue d'ailleurs dans ce film-ci, je l'ai vu au générique à ma grande surprise, c'est le pianiste mexicain), segment qui avait d'ailleurs failli être réalisé par Mortensen himself), avec saloon et bureau du shérif, des chevaux, des flingues, et tout un tas de méchants (dont un tout particulièrement, vu qu'il est cinglé, joué par le sexy Solly Mc Leod, dont je n'aurais pas cru qu'il était si jeune, allocinoche lui attribue 24 ans!)
Un beau "western sentimental", (une femme, un homme, the wild wild west...) que le réalisateur a choisi, non seulement  de fractionner, mais aussi -surtout- d'en mélanger les morceaux, sans jamais nous donner aucune précision temporelle, faisant donc confiance -c'est flatteur et  ça fait plaisir- à notre intelligence de spectateur (ce qui n'est somme toute pas si fréquent...), pour la reconstituer et remettre les choses dans le bon ordre. D'où le titre de mille-feuilles donné à ce post, doublement confirmé par le fait qu'on aura l'occasion de voir plusieurs personnages en train de lire (oui oui, des vrais livres avec des vraies pages), ce qui confirme encore la singularité du film.
Pour la petite histoire, c'est une courte séquence commentée, par la journaliste de Télérama me semble-t-il, dans l'émission de cinéma de C*nal, celle de la première rencontre entre elle (Vivienne ) debout  et lui (Holger), assis, sur un coin de marché (elle vient d'acheter du poisson) où il va lui tendre successivement son couteau (pour lui faire goûter un truc), puis sa main (pour se présenter, fort civilement) et enfin son bandana, qu'il vient de dénouer, pour qu'elle puisse s'essuyer la main avec. C'est simplissime, et c'est vrai que ça en deviendrait presque torride...
 

, un long entretien avec le réalisateur, sur le site de So Film, dont le chapeau (de cow-boy hihi) est "J'ai peut-être une sensibilité féminine"

et un...
et deux...
et trois!
et le méchant très méchant (d'autant plus qu'il sait prendre l'air gentil)

 

8 mai 2024

hommes dansant le tango

071
LES CARNETS DE SIEGFRIED
de Terence Davies

On l'a eu avec un peu de délai (deux mois après sa sortie), et j'ai été surpris par le nombre -inhabituel- de spectateurs, à la séance de 17h45, dans la salle 1. J'ai un peu souffert, pour la première fois, de la disproportion entre la taille de l'écran (gigantesque) et celle de la salle (la plus petite du complexe) (j'étais au 3ème rang). J'aurais aimé pouvoir avoir un peu plus de recul , et j'ai d'ailleurs craint un moment que le film ne soit pas projeté tout à fait au bon format (surtout pour les scènes d'archives -il y est question de la guerre de 14- dont les toutes premières me semblaient presque être anamorphosées) tellement l'image projetée était grande, (et moi petit) mais bon je m'y suis fait (j'ai fini par m'y faire).
Le Siegfried du titre (en Vf, parce qu'en Vo le film s'appelle BENEDICTION) est un jeune poète, de langue anglaise, pacifiste, et gay. Toutes choses pas forcément en odeur de sainteté dans l'Angleterre puritaine et corsetée, au début de la guerre (de 14). Le film va le suivre tout au long de sa vie, qui ne sera d'ailleurs -ouf!- pas présentée linéairement, depuis sa prime jeunesse  jusqu'à ses presque derniers jours. Il sera question (beaucoup) de la guerre (et de la paix) surtout au début du film, avant qu'on ne s'intéresse d'avantage à une autre (forme de)  guerre : l'amour (ou le sentiment amoureux) dans une ambiance très "gay Paris" (gay London, plutôt), un peu dans l'esprit de VICTOR VICTORIA (on chante on danse on boit du champagne, on s'aime, ou on fait semblant), la rigolade en moins. (Quoique. Les dialogues sont de véritables tirs d'artillerie et m'ont semblé particulièrement savoureux (vous savez, quand vous avez envie de sortir votre carnet dans le noir pour noter à chaud une réplique particulièrement assassine) et drôles. Ping-pongs vocaux entre Siegfried et ses amants successifs (qui se ressemblent tous un peu (excepté le premier, Wilfried), et se trompent mutuellement, se succèdent et s'interchangent, (un peu répétitivement,certes) pour le seul plaisir, semble-t-il, de s'envoyer des horreurs à la figure. ("Mais on fait ça avec humour, enrobé dans du calembour, mouillé d'acide" chantait Charles Aznavour) et c'est vrai que cette partie-là aurait pu être (peut-être) un peu raccourcie (le film dure plus de deux heures).
Mais la mise en scène brillantissime de Terence Davies (n'en déplaise à la journaliste de Libé, qui pour le coup mérite une machine à gifles XXL*) sait nous faire patienter, et parfois même, d'une pirouette, passer à autre chose. Regarder ailleurs. Et certaines scènes sont d'authentiques bijoux (je pense à celle de la photo de mariage). Car Siegfried va, oui oui, finir par se marier, (les galipettes entre godelureaux longilignes et condescendants auront fait leur temps), il aura même un fils, auquel sera donné le prénom de Georges (son frère mort à la guerre, au début du film), ce qui pourrait d'ailleurs amener le spectateur inattentif à se poser soudain des questions de compréhension. (et là je me suis dit : "Ah oui, mais c'est bien sûr...").
Terence Davies nous laisse donc avec ce dernier film en forme -involontaire ou non- de testament, et qui se clôt d'ailleurs sur une scène particulièrement émouvante, puisqu'il est mort peu de temps après. Des critiques ont d'ailleurs dit que le personnage de Siegfried Sassoon était pour le réalisateur un genre de paravent (de garde-fou) pour évoquer sa propre histoire.
J'adorerais avoir l'intégralité des dialogues tant je les trouve brillants (et je réalise que je n'ai pas évoqué la voix-off du narrateur, tout au long du film, qui nous fait découvrir les textes écrits par ce poète et qui accompagnent l'action.
Oui, brillantissime.

* "Adoptant une structure en flash-back – à l’honorable vieillesse sépia s’entremêlent des souvenirs plus sauvages –, les Carnets de Siegfried coche toutes les cases du film biographique pachydermique, soucieux que tous les enjeux soient posés, dépliés, clarifiés. Peut-être à cause de cette précaution humble que l’on devine chez Davies, se dégage de chaque séquence (le plus souvent une suite de champs /contrechamps soporifiques) l’impression que les personnages sont condamnés à faire tapisserie, engoncés dans des poses d’un autre temps qu’aucun souffle ne parvient à décoiffer." Libération

7 mai 2024

colza 40

D'abord, l'invitation :

"Je vous invite à fêter le 40ème anniversaire du colza
Mercredi 1er mai 2024 à 12h
au bord du Champ de la Vallée, commune de Mailley
(non loin de la D474), accès facile
Long. 6°066’
Lat.47°558’
Alt. 302 m"

envoyée par Philou

*

avant
 

reflet dans la voiture
colza exagéré (comme toutes les photos, ou presque, de la série)
les premiers arrivés (dont le maître de cérémonie)


*

pendant

(1 : l'installation)

une nappe de pique-nique avec un intérêt particulier...
re-la nappe
les participants (+ votre serviteur, qui prend la photo)

*

(2 : le champagne -j'ai oublié de prendre des photos-)

*

(3 : les lectures)

Coralie a lu -en anglais- un florilège de poètes anglais utilisant le mot yellow
Pépin à lu du Grégoire Bouillier
j'ai lu du Robert Bober
Françoise a lu du Catherine Cusset (et aussi des "parfois" en guise d'intermèdes)
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Christian a lu deux fois, la première pour sa femme et la seconde pour lui-même
Philou a lu du Jonathan Littel, à propos de l'Ukraine (et des ukrainiens)

*

cinq sur la nappe, et un qui prend la photo, assis dans le coffre

(4 : le pique-nique, avec une larme de limoncello en digestif)

*

après

Bye bye le colza, à l'année prochaine!
Ce fut vraiment, vraiment, une exquise célébration...
(On a parlé de point de vue du photographe, de bagnoles, de tout-venant, de St Valbert, de moucherons, de tiques, des absent(e)s, de la citation d'un absent, justement,  qui qualifiait ce événement de "perché", des inconvénients de laisser la charcuterie et le comté au soleil, de la conservation optimale du limoncello, de l'utilité des coffre de voitures pour s'y asseoir, des gens qui passent -une fois- pendant notre célébration et qu'on ne revoit plus -cette année un cycliste et deux motard(e)s-, des frontières entre les communes, de l'effet du rire de C. sur la gestation des sangliers  dans les forêts environnantes, du niveau sonore de la petite-fille de Ch., de la couleur de mes baskets, de la différence entre "jaune" et "moutarde", et de mille autres choses encore...)

21 avril 2024

double séance comédie(s) française(s)

ET PLUS SI AFFINITÉS
de Olivier Ducray et Wilfried Meance

J'avais failli le voir en avant-première au Printemps du Cinéma (mais ça ne collait pas au niveau des horaires). C'est surtout, j'avoue, la présence de Pablo Pauly sur l'affiche qui m'a attiré l’œil (je kiffe ce jeune homme). L''affiche est cash : quatre personnes (deux couples -de voisins-, un jeune et un vieux), un canapé (on va tourner autour pendant tout le film) et Bernard Campan tout nu (mais très pudiquement, sans qu'on voit jamais sa zigounette). Et tournez manèges!
Une certaine (incontestable) parenté avec CUISINES ET DÉPENDANCES (un film uniquement "d'intérieur", théâtre filmé, humour, dialogues aiguisés, rebondissements) mais à la fin, on reste sur sa faim. Pourtant, quatre prix au festival de l'Alpe d'Huez (Prix du Public, Prix spécial du Jury, Prix d'interprétation féminine (Isabelle Carré), Prix d'interprétation masculine (Bernard Campan -c'est drôle(!) ce sont les vieux qui ont été primés, alors que les jeunots (Julia Faure, et, surtout -mais je ne suis pas objectif-, Pablo Pauly, étaient largement au diapason...-).
Bref, comme on dit par ici "comme les brochets, tout dans la gueule..." : un film qui promet (oralement) beaucoup plus que ce qu'il offre en réalité... Une volonté de "grand-publiquer" qui affadit (aseptise)le propos. Un gigot de sept heures qui promettait, pourtant, et qui, paradoxalement, manque un peu trop d'assaisonnement.

*

NOUS LES LEROY
de Florent Bernard

Tiens! Les "hasards de la programmation" nous envoient ce film qui, lui aussi...  a été primé au  festival de L'Alpe d'Huez (il a obtenu le Grand Prix). Contrairement au précédent si on commence -et on termine- dans le salon familial, on va heureusement, entretemps, voyager un peu (ça fait du bien de prendre l'air).
Comme dans l'autre film, un "vieux couple" (plus de 20 ans au compteur, deux enfants qui ont grandi), et Madame (Charlotte Gainsbourg -c'est pour elle que je venais voir le film-) annonce à ses grands enfants qu'elle envisage de se séparer de Monsieur (José Garcia, qui nous la joue sobre, et ce n'en est que plus plaisant)). Puis elle l'annonce à son mari, qui ne trouve rien de mieux que d'embarquer toute la famille en 4x4 pour un "week-end de la dernière chance", un genre de pèlerinage affectif au fil des lieux qui ont émaillé la naissance (et l'histoire) de leur couple, essayant ainsi de reconquérir sa belle... On va ainsi les suivre de lieu en lieu "pas forcément top" (le premier achélème où ils ont habité, un motel moche, un restau un peu glauque, un parking de supermarché, un square tristounet), avec à chaque fois un coup d'éclat narratif, un personnage qui détonne (le voisin au marteau, le maître d'hôtel relou, etc.) et embarque -et décale- la scène (et éloigne le père de son but roucoulant).
La distribution est très soignée (si le couple Gainsbourg / Garcia réussit à se rendre plausible, leurs enfants (Lily Aubry et Hadrien Haulmé) sont vraiment épatants, et rééquilibrent la distribution), et il ne faudrait pas oublier non plus Lyès Salem en collègue de boulot, ni, surtout, Luis Rego (qu'on ne voit plus tant que ça et c'est dommage) en papy-gâteau. Le film est bien construit, bien dosé, et largement à la hauteur de son Grand Prix (à noter qu'il a été dédaigneusement boycotté par la majorité de la critique (celle que je suis habituellement) : rien de Libé, des Inrocks, des Cahiaîs, de Popositif, du Moonde, pfff... seul Télérama s'y est collé, et a attribué **** : Bravo Téléramuche!)
La supériorité incontestable de ce film sur l'autre est qu'il ne brûle pas que ses cartouches d'humour, et sait, régulièrement, basculer dans l'émotion -et la tendresse- un peu, beaucoup, passionnément. Bien dosé, cuit à point, rosé à cœur, une recette réussie qui nous donne envie de nous resservir.
Un film très aimable, voilà.

 

23 avril 2024

micro 214

"Je ne comprends pas comment tu peux passer devant un arbre et ne pas être heureux quand tu le vois. " F. Dostoïevski.

*

De Staël (1)

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Depuis le début du siècle dernier, le lundi de Pâques n'est  tombé un 1ᵉʳ avril que six fois, à savoir en 1907, en 1918, en 1929, en 1991, en 2002 et en 2013. La prochaine fois aura lieu en 2086 ( je serai mort, tiens).

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De Staël (2)

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"La mémoire est faite de plans fixes." (Susan Sontag)

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Manu Larcenet

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quand j'arrive devant chez moi (en voiture),  il n'y a pas de place (de stationnement) libre, je fais donc le grand tour, vais jusqu'au parking Serpente, je m'y gare, je redescend à pied jusque chez moi, et, quand j'arrive, il y a une belle place libre, juste en bas de chez moi, je m'en fous, je fais comme si je ne l'avais pas vue (car si je repars à pied récupérer ma voiture pour la garer ici, il y a 99% de chances que la place en question ne soit plus libre...)

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Bruno Ganz

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le lait "sans lactose" me semble toujours plus sucré au goût que le lait "normal".

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Mon voisin Totoro

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(de bon matin) en quittant son stationnement, la voiture bouscule (fait valdinguer) trois ou quatre grosses poubelles (vides), accélère, et disparaît ("sans autre forme de procès")...

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Bill Murray

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après la prise de sang, l'infirmière m'a demandé si j'étais sous anti-coagulants ou si je faisais de l'hypertension, parce qu'elle trouvait "que ça saignait beaucoup", et m'a rajouté un second pansement, en croix.

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télé-réalité

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pour le glycémie, il faut obligatoirement être à jeun, mais pas pour l'hémoglobine glycquée (donc, pas besoin de venir aux aurores...)

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un trèèès vieux gingko biloba

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"Mais vos amours se faneront comme les ancolies que les frelons épuisent, comme les iris qui, déjà, sont à l’agonie" (Marguerite Burnat-Provins, Le Chant du Verdier)

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"Savoir qu'on écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas —c'est le commencement de l'écriture." (Roland Barthes)

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"N’apprends qu’avec réserve. Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre, ce que naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête – innocent ! – sans songer aux conséquences.."  (Henri Michaux)

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(Parking rue Serpente) ce mec accroupi, en jogging, en train d'ausculter sa voiture, me gratifie d'une amicale raie des fesses, avant de m'adresser, s'étant relevé, un tout aussi amical "Bonjour" lorsque je passe devant lui.

*

*

 

 

 

27 avril 2024

chaussures de sport rouges (en noir et blanc)

067
YURT
de Nehir Tuna

Je n'ai eu que des retours élogieux à propos de ce film (pareil pour les critiques, à quelques exceptions près*).
Un film turc, donc. Un beau film turc, dans un splendide noir et blanc.**). L'histoire d'un jeune homme, Ahmet, un adolescent, dont la vie ressemble à pas mal de vies d'autres adolescents (turcs ou pas, d'ailleurs), sauf qu'elle est à peine plus compliquée : si la journée il suit une scolarité "normale" dans un établissement public (et laïc) et mixte, à la fin des cours il rejoint -en catimini- un yurt (dortoir) d'obédience musulmane (et religieuse) non mixte et plutôt rigoriste, (branché prières et châtiments corporels) pour y passer la nuit (et moi tout de suite de frétiller intérieurement en salivant comme le Grand Méchant Loup : mmmmh un dortoir plein de jeunes turcs en tenue légère...) dans des conditions beaucoup plus... spartiates.
Ahmet déprime dans son yurt, mais son père (fraîchement converti) n'en démord pas : c'est ce dont il a besoin pour devenir un homme, son avenir sera pieux ou ne sera pas. Déprime d'autant plus qu'il a été pris en grippe par un des surveillants, Yakup, (qui fait tout ce qu'il peut pour l'empêcher d'entrer "dans le Cercle") dur dur donc, mais, heureusement il fait la connaissance d'Hakan, un jeune homme "issu d'un milieu défavorisé", avec qui il ne va pas tarder a devenir "copain(s) comme cochons". Et sans doute même un peu plus ***

* une machine à gifles toute particulière pour un(e) critique de Libé (" Le film, voulant trop bien faire, annule sa position intenable en ne se tenant ni bien ni mal, mais sage. Le style en est doublement académique : l’académie de l’école rigoriste, l’académisme d’un formalisme quadrillé. «Maman, qui est le plus grand ? Atatürk ou Dieu ?» Manichéen – qu’accentue le noir et blanc – et finalement confus, le passage à la couleur de la dernière demi-heure fait l’aveu que même le film en a eu assez de ses afféteries fignolées.")

** : mais pas tout à fait complètement tout le temps hihi

*** :Tous les journaux ont été circonspectement "prudents" quant à la nature de cette relation (à part TÊTU qui a osé s'avancer et affronter le sujet un peu plus frontalement). Bon, le (mâle) turc est velu, il est rude, mais il est prude, et les contacts entre mecs sont toujours évoqués avec des pudeurs et des effarouchements de demoiselles... Quoi ? Deux hommes ? Se toucher ? Oh mon dieu mon dieu mon dieu...
Sur ce plan, c'est -vraiment- une jolie chronique d'adolescence et d'éveil, de découverte des possibles affectifs et sensuels, autour d'un jeune homme non seulement très mimi mais aussi très investi dans son personnage...
Même si tout est un peu confus au début (on ne saisit pas tout de suite la différence entre les deux lieux -ni le pourquoi de cette attitude presque schizophrène pour le pauvre Ahmet-), les choses se mettent progressivement en place, et on en fin prêt à ouvrir grand les yeux pour cette dernière partie de film...

 

6 mai 2024

bête à cornes

070
LE MANGEUR D'ÂMES
de Julien Maury et Alexandre Bustillo

Première séance, 15h45, pas mal de monde dans la salle (le directeur, à ma demande, l'a gentiment classé ADC, puisqu'ils l'avaient en sortie nationale).
On est venu là pour avoir peur, pour flipper, pour sursauter, pour se cacher les yeux... Eh bien le contrat est pleinement rempli : on en a pour ses sous! Le film est efficace...
Même s'il y a des faiblesses, des maladresses, des invraisemblances, des facilités, on reste accroché jusqu'au bout à cette sombre (très sombre) histoire... (même si la fin ne justifie pas tout à fait les moyens...)
Virginie Ledoyen en commandante (de gendarmerie) et Paul Hamy (celui de l'ORNITHOLOGUE)  en capitaine (de gendarmerie aussi)se retrouve dans un patelin perdu des Vosges pour enquêter l'une sur un double meurtre particulièrement sanglant, et l'autre sur une série de disparitions d'enfants sur le même secteur... Guéguerre des polices dans un premier temps, puis ils vont s'associer et c'est quand même vachement mieux... On a aussi la toujours juste Sandrine Bonnaire avec la double casquette de médecin et de psychologue scolaire qui vient leur donner un coup de main...
Une histoire très sombre, je l'ai déjà dit, avec une tension qui va croissant, une fois qu'on a pris ses marques à l'intérieur du film, et qui culmine dans une dernière partie spécialement anxiogène (avec en prime une séance violemment gore -qui, à mon avis, n'était pas forcément indispensable). On n'est pas mécontent de voir se rallumer les lumières de la salle (je vous l'ai déjà dit, je suis très bon public, et j'avoue que j'avais un peu les jambes en coton oui oui...)

 

26 avril 2024

bang bang

064
BORGO
de Stéphane Demoustier

Celui-là nous est, heureusement, tombé du ciel en sortie nationale, avec tout plein de séances, alors qu'on comptait le demander pour la prochaine prog : et hop! une place de gagnée!
Avec Hafsia Herzi en matonne, qui débarque en Corse avec son mari et sa fille, pour bosser dans un genre de "prison ouverte". Parallèlement à son histoire (en prison mais aussi à la maison), on suit une "autre" enquête menée après un double meurtre à l'aéroport, par un commissaire pas très rigolo (Michel Fau à contre-emploi dans un rôle très atone) épaulé par un adjoint plus mimi tu meurs (Pablo Pauly avec sa belle barbe rousse).. Il va s'avérer in fine que les deux histoires ont quelque chose à voir (soupçon -légitime- du spectateur moyen, qui s'apercevra bientôt que, comme dans les romans de Teri White (REGARDE LES HOMMES TOMBER, par exemple), "les deux temporalités ne sont pas concomitantes..." (je dis ça, je dis rien, hein...)
En plus des actrices /teurs déjà nommés, je ne voudrais pas oublier de nommer cette délicieuse Florence Loiret-Caille (qu'on aime ici toujours autant, même si dans un rôle pas très sympathique (et créditée au générique d'un "avec la participation de").
Film de prison + film corse + thriller + chronique familiale : le réalisateur a les rênes bien en main, et nous mène jusqu'à la conclusion (spoil : une file de voitures dans un ferry) sans souci aucun. (Et à la fin, c'est Hafsia Herzi qui gagne, ce qui n'était pas joué d'avance, et on est bien content pour elle et pour les siens...)

 

28 avril 2024

séance double yin / yang

065
MADAME HOFMANN
de Sébastien Lifshitz

(Salle 3 du Victor Hugo, séance 1) Un nouveau documentaire du très aimé (par nous) Sébastien Lifshitz, à propos des derniers mois de travail d'une infirmière (spoil : à la fin, elle part à la retraite) infatigable et charismatique, qui œuvre à l'hôpital depuis 40 ans, et termine sa carrière en passant plusieurs années dans un service de soins palliatifs. On le sent déjà dans la bande-annonce (qui "vend" très bien le film) : on va l'aimer, cette Madame Hofmann, en exercice à l'hôpital, bien sûr, mais dans tout le reste de sa vie aussi... Et comme disait Dominique à la sortie : Sébastien Lifshitz a eu bien de la chance de trouver cette infirmière-là, avec la vie qu'il faut, la famille qu'il faut (la mère qu'il faut, la fille qu'il faut, le mari qu'il faut), et qu'il a vraiment réussi à dénicher l'oiseau rare. Et qu'il nous le montre, avec attention, avec précision, avec empathie. Joliment. Bien qu'il soit question de maladie, de fin de vie, d'analyses, de cancer, on sort de là véritablement ravi :la force et l'énergie de cette femme font la force et l'énergie du film. Et on aime toujours autant Sébastien Lifshitz. Autant que, visiblement, il aime Sylvie Hofmann..

*

066
LAROY
de Shane Atkinson

(toujours dans la salle 3 du Victor Hugo, deuxième séance, mais cette fois sans Dominique) pour un film que je ne connaissais encore pas une semaine plutôt, et qui est l'exact opposé du film précédent : après la réalité, la fiction, mais une fiction tonitruante et excessive, au scénario bien tordu, dans un patelin américain que n'auraient pas renié les Frères Coen (ils n'auraient d'ailleurs pas renié non plus ni les personnages ni les dialogues), avec une invraisemblable galerie de con(ne)s et de méchant(e)s. Et de flingues aussi.
Le nom qui m'a décidé et donné immédiatement envie de voir ce film, c'est celui de John Magaro (Comment ? Ca ne vous dit rien ? Tsss C'est lui qui incarnait le personnage de Cookie Figowitz, le cow-boy pâtissier voleur de lait dans le sublime FIRST COW de Kelly Reichardt, qui trôna en tête de mon top 10 il y a deux ou trois ans). Il n'a plus de barbe, mais on le reconnaît bien, il incarne ici un pushover (un mec qui se laisse faire, qui se fait avoir, une bonne pâte, une mauviette, quoi... surtout dans ce contexte lourdement testostéroné de bouseux bourrins ricains...) qui va se trouver impliqué malgré lui dans une histoire qui le dépasse, mettant en jeu une grosse mallette pleine de gros billets, pour laquelle tout le monde va joyeusement s'entretuer pendant cent-douze minutes. Un film qui démarre doucement (une conversation dans une voiture, la nuit, entre le conducteur et le mec qu'il a pris en stop, où il est question de sérial killer) mais qui, ensuite, n'arrêtera pas d'accélérer (on a le droit de penser à FARGO, et même à BURN AFTER READING) , sans nous laisser un instant de repos.
On sort de là tout aussi ravi que du film précédent, même si par des moyens totalement opposés. C'est ça le cinéma!.
Vraiment, une après-midi cinématographique qui fait du bien. Un incontestable double bonheur de spectateur.
 

 

9 avril 2024

six jours sur 7

035
JEUNESSE
de Wang Bing

On en rêvait, sans trop y croire, on l'a demandé, une fois, et re, et re-re, et voilà qu'il nous tombe du ciel! Dans le bôô cinéma, pour quelques séances. je suis allé à la première, on y était quatre (Hervé tout à droite, deux dames tout à gauche et moi un peu au milieu...)
J'ai toujours eu un faible pour ces films "monumentaux", excédant les durées "normales", on s'y sens privilégié, on vit un événement particulier, on jubile (enfin, c'est mon cas...). Trois heure trente-cinq, on rentre déjà dans une durée "sérieuse", hein..., ça rigole plus... Enfin si, dans le film, justement, ça rigole quand même.
Le film est un documentaire sur des jeunes gens qui travaillent dans l'industrie textile, à fabriquer des trucs et des machins, des vêtements, des fanfreluches, ils bossent six jours sur sept, 14h par jour, et sont, bien sûr, payés une misère... Mais voilà, ils sont jeunes, et la caméra les suit, des ateliers où ils sont courbés sur leurs machines aux dortoirs sur place, au même endroit- où ils sont hébergés, et la joyeuse agitation qu'ils génèrent.

Je l'ai été, (jeune), et vous l'avez été aussi (si si, rappelez-vous!) alors vous savez ce que c'est, les histoires de garçons et de filles (au printemps surtout hihi), les rigolades, les chamailleries, et les espoirs, et les rêves, et les désillusions parfois aussi...

On les voit travailler (d'arrache-pied), on les voit négocier avec les patrons pour gagner davantage (ils sont payés à la pièce), et on les voit aussi tout le reste du temps.

Trois heures trente cinq de vie, de vraie, cliquetantes (les machines à coudre), pétillantes ici, tonitruantes là (des fois, aussi, démoralisantes), et, comme la vraie vie, des fois (souvent) ça se répète, et, d'autres fois, ça s'échappe.

Du sacré beau boulot, en tout cas.

 

15 avril 2024

pink rose

046
UN ÉTÉ AFGHAN
de James Ivory
(et Giles Gardner)

Un ravissement, il n'y a pas d'autre mot. A la sortie, Hervé bichait. C'était lui qui avait exigé suggéré qu'on programme le film dans le cadre de DIVERSITÉ. Il y avait pas mal de monde pour cette séance unique (ce"one shot", comme tous les films de DIVERSITÉ cette année) à 18h dans la (grande) salle 4.
Soixante-douze minutes de plaisir cinématographique. D'autant plus plaisant qu'inattendu. James Ivory revient sur un film qu'il a tourné en 1960 à Kaboul (et qui n'a jamais été terminé) et se rappelle (nous raconte) non seulement l'Afghanistan (disparu) de cette époque-là, avec les images qu'il y a tournées, mais également sa jeunesse, comment lui est venue l'envie de faire des films, et last but not least sa rencontre - affective et professionnelle - avec Ismail Merchant (qui fut et restera non seulement son producteur mais aussi -et ça je l'ignorais- son amant)
Le film alterne les images réalisées par James Ivory (Afghanistan, années 60) et celles, contemporaines, avec James Ivory, réalisées, avec beaucoup de délicatesse,  par Giles Gardner.
Ajoutez à cela (une success story "sooooo british"  - même si Ivory est américain - entre deux gays) une musique divine -pour l'essentiel pianotée- de Alexandre Desplat, et vous avez un genre de film parfait.
Je sais que j'ai parfois l'enthousiasme facile (je m'embrase facilement) mais là c'est comme si toute la (grosse) boîte d'allumettes s'était enflammée d'un coup. Feu de joie, bien sûr, et, tiens, Top10 pour la divine surprise...

 

8 avril 2024

141 images

j'ai passé un certain temps ce matin à visionner les 16517 images que j'ai trouvées, rangées dans le dossier "album système" (qui recense TOUTES les images utilisées ici), dont pas mal sont, je ne sais pas trop pourquoi, disponibles en plusieurs exemplaires (et parfois il y en a vraiment beaucoup...), des images qui m'évoquent toutes (ou presque) quelque chose de précis, et composent donc ainsi un genre d'autoportrait fragmenté... j'en ai choisi un certain nombre que j'avais envie de vous (re)présenter, certaines qui vous "parleront", et d'autre, sans doute, moins (je suis le seul, en fin de compte, à avoir toutes les clés...)
Dans la colonne de droite, dans la catégorie "albums-photos", se trouve un unique album, "images du blog",que vous pouvez visionner en cliquant dessus, sous forme de diaporama...
141 images, de ci de là (cahin-caha, bien sûr), de gens et de choses qui me sont chers...

19 avril 2024

sans drillon 7

Au Japon
On aime la langue française – un peu employée au hasard, il faut l’admettre, par des boutiques à la mode ou des marques :
« Comme ça blanc d’œuf » (magasin de vêtements)
« Petit bit » (marque de gommes à mâcher)
« Jouir de bijou » (magasins de colifichets)
« Ruisselant de joie » (marque de lait)
« Co-labo » (enseigne de café)
La dernière est assez jouissive :
« Femme fontaine » (marque de perruques).

*

Les gens qui tendent leur télécommande au maximum, à bout de bras, vers la télévision, pour que la bête entende mieux le message.

*

– Vous avez très mauvaise mine, et pourtant vous riez.
– Je sors de l’hôpital. On m’a fait une coloscopie. L’anesthésie m’a laissé un peu groggy.
– C’est douloureux ? Pourquoi riez-vous ?
– Non, pas douloureux. La préparation est pénible. Il faut laver le côlon, voyez-vous. Le laver très bien ! Pour qu’ils y voient quelque chose. On vous demande donc de boire, dans l’après-midi de la veille, deux litres d’une boisson infâme, et en une heure. Deux litres en une heure ! Et de recommencer le soir après dîner… On passe la nuit à rejeter tout ça. Pas drôle. C’est à vous dégoûter pour la vie de boire une goutte de quelque liquide que ce soit.
– Alors pourquoi riez-vous ?
– Parce que je repense à ce que j’ai lu sur la notice du médicament qu’on dissout dans l’eau, dans toute cette eau qui vous gonfle le ventre.
– Et qu’avez-vous lu, qui vous fait rire ?
– Dans la liste des effets indésirables du médicament, il y en a un qu’on n’attend pas.
– Et qui est ?
– La soif. Oui, monsieur, la soif.

*

Ce fort des halles catalan, dans le film de Bigas Luna, qui casse des noix dans le pli de son coude, rien qu’en repliant le bras.

*

Claudio Magris, qui raconte à propos de Sissi : « Il y avait aussi [en elle] la poétesse, auteur d’un grand nombre de poèmes délicats et vaporeux, dont les vers, boiteux, lui étaient selon elle dictés de l’au-delà par Heine, par l’entremise d’un médium dont elle utilisait les services. Ce qui avait inspiré à un conseiller de la cour cette remarque spirituelle, malheureusement restée anonyme : “Force est de constater que Heine écrit moins bien depuis qu’il est mort.” »

*

Les saligauds qui prennent des After Eight et laissent, vides dans la boîte, les petites enveloppes noires. On croit qu’il y en a encore, et soudain la boîte est vide.

*

Avant le vêlage, on entre son bras dans la vache, on sent le museau du veau ; si on lui tend un doigt, il se met à téter.

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Les belles étymologies.
Une cagne est un mauvais chien, notamment un chien paresseux. De là un cagneux, un paresseux. On a donc appelé cagneux les candidats au concours de l’École Normale Supérieure, connus pour passer deux ans dans une intensive oisiveté. Piqués, ils ont caché le terme moqueur sous une orthographe pseudo grecque : khâgne, khâgneux.

*

Pour s’informer auprès du fisc sur le « droit à l’erreur », il faut se connecter sur un site nommé oups.gouv.fr. Oups, oui, oups.

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Le torchon, qui brûle entre les lesbiennes et les transsexuels – autrefois unis comme les doigts de la main dans une même série de consonnes : LGBT et la suite. Les lesbiennes reprochent aux hommes devenus femmes de se jeter sur le maquillage, les jupes moulantes, les cheveux permanentés, les talons aiguilles, autrement dit d’entretenir les pires stéréotypes sexistes. Si c’est pour rester hommes, répliquent-ils·elles, c’était pas la peine de se faire opérer.
En sorte que le torchon brûle aussi entre transsexuels : il y a ceux qui font tout pour avoir l’air de femmes, et ceux qui revendiquent une apparence de transsexuels : mâchoire carrée, rasage approximatif…
La question est : doit-on, peut-on, admettre des femmes trans dans les réunions de féministes femmes ? C’est un dilemme atroce. Il avive la querelle des féministes universalistes et des féministes intersectionnels…
Peut-on, doit-on, admettre les anges dans ce type de réunion, alors qu’on ne sait toujours pas de quel sexe ils sont ? Créons dans les universités, pour répondre à cette question, les angel studies.

*

Patrick Besson, qui se demande « quel missionnaire a eu l’idée de la position ».

*

Les plantes grasses, qui aiment une chose par-dessus tout : qu’on les oublie.

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Personne ne sait
Ce que signifie « discours amoureux », dans le titre de Barthes Fragments d’un discours amoureux. À quoi cela peut-il bien ressembler, un discours amoureux, même fragmenté ou fragmentaire ?  Comment un discours peut-il être amoureux ? On se perd en conjectures.

*

Bach, cantate BWV 197 :

Bien entendu, il ne faudrait pas prendre le post-copulationem pour le post-coïtum. Il s’agit ici de la « réunion du chrétien et de l’Église », et voilà tout d’un coup que le soufflé retombe. Post copulationem, animale triste.

*

Le moment de l’année où l’on trouve en même temps des cerises, des fraises et des framboises.

*

Les gens dont on découvre qu’ils étaient encore vivants quand on apprend qu’ils viennent de mourir.

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Prière d’insérer des Contes du chat perché, de Marcel Aymé :
« Ces contes ont été écrits pour les enfants âgés de quatre à soixante-quinze ans. Il va sans dire que par cet avis, je ne songe pas à décourager les lecteurs qui se flatteraient d’avoir un peu de plomb dans la tête. Au contraire, tout le monde est invité. Je ne veux que prévenir et émousser, dans la mesure du possible, les reproches que pourraient m’adresser, touchant les règles de la vraisemblance, certaines personnes raisonnables et bilieuses. À ce propos, un critique distingué a déjà fait observer, avec merveilleusement d’esprit, que si les animaux parlaient ils ne le feraient pas du tout comme ils le font dans les Contes du chat perché. Il avait bien raison. Rien n’interdit de croire en effet que si les bêtes parlaient, elle parlerait de politique ou de l’avenir de la science dans les îles Aléoutiennes. Peut-être même qu’elles feraient de la critique littéraire avec distinction. Je ne peux rien opposer à de semblables hypothèses. J’avertis donc mon lecteur que ces contes sont de pures fables, ne visant pas sérieusement à donner l’illusion de la réalité. Pour toutes les fautes de logique et de grammaire animales que j’ai pu commettre, je me recommande à la bienveillance des critiques qui, à l’instar de leur savant confrère, se seraient spécialisés dans ces régions-là.
Je ne vois rien d’autre à prier qu’on insère
M. A. »

*

 

14 février 2024

la voleuse de bicyclettes

016
SCRAPPER
de Charlotte Regan

Celui-là, quand il est apparu -plop!- dans notre programmation, je ne savais même plus d'où il sortait. Un genre de champignon (hallucinogène ?) anglais, primé à Sundance, une histoire d'orpheline débrouillarde qui tient tête aux services sociaux locaux. Et survit. En suivant le programme "Comment faire son deuil en n leçons." Un genre de Fifi Brindacier brittonne, dans un décor de cité multicolore et flashy (brittonnissime). Du"cinéma social" brittonnissime lui aussi. Mais une réalisation nerveuse, énergique (et énergisante) qui tire le récit vers la comédie sociale vacharde et tonique, alors qu'il y avait a priori tout ce qu'il fallait pour un faire un bon gros mélo ramollo.
Alors que, pas du tout.
La jeune Georgie (Lola Campbell, une nouvelle venue, impressionnante) a un pote, Ali, vivant dans une barre HLM voisine, avec qui elle fait les 400 coups (principalement chourer des vélos pour les revendre et se faire un peu de thune). Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes socio-britton si ne débarquait, un beau matin, Jason, un genre d'ado attardé, bermuda, peroxydé, qui dit être le père de Georgie... et qui s'installe avec elle dans son petit cottage quasiment manu militari.
Georgie est partagée entre le souvenir de sa mère (elle a un peu organisé la maison comme un cénotaphe) et l'énergie nécessaire et indispensable pour se protéger (et donc survivre) au jour le jour, et la cohabitation avec ledit Jason ne va pas être facile à mettre en place (mais on est quand même dans un genre de feelgood movie, donc on anticipe que ça ne va pas se terminer trop mal (on a un peu l'habitude de ces social studies à l'anglaise, alors on a bon espoir.
D'autant plus que le réalisatrice (29 ans au compteur) n'y va pas avec le dos de la cuillère (à thé, of course) cinématographique et empoigne son film avec la même énergie (la même détermination) que son interprète principale, truffant son récit d'apartés humoristiques (décalés), de procédés, certes, mais efficaces pour tirer le film du côté du sourire, de la lutte, de la victoire (alors qu'avec un tel sujet, répétons-le, ça n'était pas gagné d'avance...). Un récit hypertonique, qui parfois pique un sprint juste pour s'empêcher de pleurer (ou qu'on n'y pense même pas).
Bref, encore un bonheur de cinéma. Bonne pioche, très bonne pioche.

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13 février 2024

par où je passe ?

014
LA TETE FROIDE
de Stéphane Marchetti

Si Salvador Dali était fou du chocolat Lllllanvin, moi je suis fou de Florence Loiret Caille. Je la révère, je la vénère. Elle fait partie d'un tout petit groupe d'actrices que j'ai placées sur le même piédestal et dont le nom à l'affiche d'un film justifie immédiatement le fait d'aller voir ce film : Nathalie Richard, Jeanne Balibar, Agnès Jaoui, Elodie Bouchez, en ont fait partie les premières...
Depuis sa première apparition (pour moi) dans le somptueux J'ATTENDS QUELQU'UN de Jérôme Bonnell, en 2007 (je n'ai découvert que par la suite ses apparitions antérieures au cinéma : TROUBLE EVERYDAY en 2001, où elle est croquée par Vincent Gallo, et VENDREDI SOIR en 2002, où elle joue au flipper).
J'ai eu l'immense plaisir de la retrouver un peu plus tard en Marie-Jeanne dans LE BUREAU DES LEGENDES, et là, bingo! voilà un film où elle a le rôle principal...
Et donc j'y cours.
Et je m'aperçois que co-figure au générique un acteur que j'aime beaucoup : Jonathan Couzinié (découvert dans un court extraordinaire au festival de Clermont 2015 : TON COEUR AU HASARD, de Aude-Léa Rapin, et revu récemment sur arte avec Emmanuelle Devos dans LES HAUTES HERBES). Donc j'y cours de plus belle!
Un film qui s'annonce plein de neige (autre point positif), où une jeune femme (Florence) vivote en faisant du traficounet de clopes entre l'Italie et la France, avec l'aide son amant, douanier, (Jonathan) qui la renseigne à chaque fois sur la route à emprunter pour éviter les contrôles... La vie est duraille et l'argent pas facile à gagner. Jusqu'à ce que la route de la demoiselle croise celle de Souleyman, un migrant, et que le trafic de clopes ne se transforme en trafic beaucoup plus "grave"...
Dès le début on pressent que les choses ne vont pas forcément aller dans le bon sens... Une jeune femme presque "en rupture", qui n'en fait qu'à sa tête, qui se débat, qui est prête à tout pour s'en sortir, sans rien demander à personne. Têtue, obstinée, bec et ongles. Mais l'histoire passe un peu au second plan tant on a de plaisir à voir (le personnage interprété par) Florence Loiret Caille, qui est pratiquement de tous les plans, et qu'on suivrait, comme ça, sans hésiter, sans mégoter, jusque tout en haut de la montagne, jusqu'au milieu de la tourmente, jusqu'à un petit trou creusé dans la neige pour se faire un abri, pour survivre, pour résister...
Un beau personnage (âpre, tendu, sans concessions ou presque) pour une actrice magnifique. une surviveuse (et ça lui va très bien, à cette très chère Florence...).

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8 février 2024

krav maga

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LE DERNIER DES JUIFS
de Noé Debré

Un film sorti comme ça, "au petit bonheur", sans qu'on l'aie vraiment demandé, et que je ne serais pas forcément allé voir, s'il ne s'était pas ainsi retrouvé -pfuit!- soudain "magiquement" dans notre programmation... Un film avec Agnès Jaoui en mère juive (premier argument) et un film à défendre parce que plusieurs des salles où il était programmé ont frileusement -lâchement- refusé de le projeter, à cause -que c'est con- du dernier mot de son titre (deuxième argument).
Agnès Jaoui, on l'aime depuis trèèèèèèès longtemps en tant qu'actrice (depuis CUISINE ET DÉPENDANCES, 1992), puis scénariste, réalisatrice... Cette dame, elle a tout juste, et on l'aime d'autant plus qu'elle tient bon le cap, telle que, sans manipulations chirurgicales ou botoxives, assumant d'une très belle façon son corps de femme mûre (ce que beaucoup de ses congènères n'ont pas le courage de faire), simplement. Agnès Jaoui est "une belle personne", voilà, c'est dit.
Et la voici en appartement, dans une cité lambda, vivant avec son fils (le papa au début on ne sait pas où il est est) fiston prénommé Bellisha (et interprété par un nouveau venu, remarquable en tous points de vue, Michael Zindel, au physique singulier, à la voix et au jeu idem, qui m'a évoqué le tout aussi singulier -et tout autant aimé- Bastien Ughetto).
Tout va commencer d'une certaine façon comme dans le très aimé BEAU TEMPS MAIS ORAGEUX EN FIN DE JOURNEE où un couple (ah Micheline Presle & Claude Piéplu) se chamaillait à cause d'un poulet halal acheté par erreur par le mari (qui je me souviens bien, finissait à la poubelle), tandis qu'ici la mère houspille le fils à cause d'un poulet halal acheté en douce à la place d'un poulet kasher (puisque le petit commerçant kasher du quartier a fermé) et qui finira lui aussi à la poubelle (et le fiston devra chercher sur internet comment rekashériser toute la batterie de cuisine).
Bellisha est, visiblement, le dernier des juifs (dans la cité) qu'évoque le titre du film.
Giselle, sa mère, ne quitte pratiquement plus l'appartement, et se réfugie en permanence derrière l'idée de déménager. Ce qui va devoir finir par se faire...
Noé Debré a tricoté (avec la complicité de ces acteurs) un étonnant film "familial" à la fois tendre et lucide, attendrissant, désabusé,  drôle, nostalgique, émouvant, et les interprètes principaux font merveille...
On rit souvent, un peu, beaucoup, passionnément (l'acmé étant pour moi une hilarante scène de krav maga entre le fiston et son professeur, sous les yeux de la mamma -j'adorerais combattre comme ça...-), jusqu'à un final en demi-teinte, qui retire doucement l'échelle avant de s'en aller sur ses petites pattes d'oiseau...
Excellente surprise, donc. (Si on m'avait dit qu'un jour j'aurais une larmichette en écoutant Enrico Macias...)
Pour cette excellence (de la surprise), un petit top10 en guise d'encouragement.

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2 février 2024

... et c'est là que je me suis réveillé

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DAAAAAALI!
de Quentin Dupieux

Dernière séance du Festival Téléramuche dans le bôô cinéma, (et c'est là que j'ai pris (enfin) mon pass...) Belle salle, une trentaine de spectateurs (et peu d'ADC)... Je suis venu quand même, alors que j'avais le nez qui coulait et que je toussais (j'ai quand même mis un masque, hein...) J'ai eu un peu peur quand j'ai commencé à avoir des quintes au tout début du film, mais bon finalement ça n'a pas été si pire que ça (personne à la sortie ne m'a fait les yeux noirs ni n'a tenté de m'étrangler, ouf)
Avec Dupieux, on ne peut jamais dire à l'avance : il y a les films que j'adore d'un bout à l'autre (RUBBER, REALITÉ, YANNICK), ceux que je déteste d'un bout à l'autre (WRONG COPS) ceux que j'aime plus ou moins (FUMER FAIT TOUSSER, MANDIBULES) et ceux que j'aime moins ou plus (INCROYABLE MAIS VRAI, AU POSTE!) bref on ne peut jamais dire à l'avance.
Icic par exemple,on est déstabilisé dès le début : une scène d'ouverture nonsensiquement parfaite (le couloir de l'hôtel), suivie d'un pataugement actoriel et scénaristique qui nous fait un instant craindre le pire, jusqu'à ce que le curé raconte son rêve, permettant au film de redémarrer (et de redémarrer, et de redémarrer... vous comprendrez quand vous le verrez) et d'aller de mieux en mieux dans tous les sens et vers le grand n'importe quoi surréaliste, tel que l'ami Bunuel, par exemple, aurait pu le pratiquer... l'endroit, l'envers, le réel, l'imaginaire, l'avant, l'après, le ci, le ça, Dupieux s'en fout, s'en contrefout, et le film du coup n'en devient que plus jouissif...
La multiplicité des Dali n'apporte rien à l'histoire (Edouard Baer est le premier, et le plus juste dans la démesure de l'incarnation, les autres étant "plus ou moins" convaincants) mais la succession en mille-feuille des rêves dans le rêve dans le rêve m'a paru tellement plaisante qu'elle tire définitivement le film vers le haut (et j'avoue que j'espérais presque une ultime intervention à la toute fin du générique...)

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31 janvier 2024

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UN SILENCE
de Joachim Lafosse

Depuis 2006 et NUE PROPRIETE, on a rendez-vous régulièrement avec Joachim Lafosse et son cinéma entre corrosif et contondant. Là, encore une fois, ça ne loupe pas. Une histoire de famille pesante, avec un secret de famille encore plus pesant. Un père avocat et manipulateur (Daniel Auteuil, impressionnant), une mère qui se tait depuis des années -c'est elle, le silence du titre (Emmanuelle Devos, excellente comme d'hab')-, et, entre les deux, un fils inculpé de tentative de meurtre contre son père (le film est un long flash-back pour expliquer comment il en est arrivé là, comment, d'ailleurs, ils en sont tous arrivés là).
Un film mal commode (comme tous les films de Joachim Lafosse).
Mais qui ne me laissera pas plus de trace que ça (ce malaise, justement...) . Ah si, et la surprise de découvrir Jeanne Cherhal en très convaincante commissaire (je ne l'ai découvert(e) qu'au générique...)

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31 janvier 2024

fortune cookie

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FREMONT
de Babak Jalali

Effectivement, c'est délicieux... C'est ma copine Frédérique (depuis 50 ans, rendez-vous compte!) qui m'en avait parlé la dernière fois qu'on s'est vu, alors que j'ignorais complètement de quoi il s'agissait... Et voilà, grâce à elle dans une certaine mesure, qu'on le programme cette semaine dans le beau cinéma (six petites séances, précipitez-vous!).
Il est question de Donya, une jeune réfugiée afghane, qui a atterri a Fremont, petite ville américaine de Floride,  plutôt trouduculdumondesque. De son quotidien (elle bosse dans une petite entreprise de handmade fortune cookies, d'abord à la fabrication, puis, coup de pouce du destin, à la rédaction des messages qui sont à l'intérieur de ces fameux biscuits), et le soir elle rentre chez elle après avoir mangé chez un vieux restaurateur solitaire qui regarde toujours la même série sur son vieux téléviseur. En noir et blanc. Enfin, on le suppose puisque le film tout entier l'est, en N&B, avec tout le plaisir que cela provoque (chez moi en tout cas : je l'ai dit et je le répète, j'adore les films en noir et blanc).
Une critique aimable a dit, pour nous donner envie :
"Fremont parvient alors peu à peu, jusqu’à son dernier tiers renversant de beauté, à trouver un équilibre à la croisée des chemins entre Aki Kaurismäki et les premiers Jim Jarmusch. La mélancolie infusée y est jumelée d’une volonté positive : être paumée n’est pas si grave, ou en tout cas pas une fatalité." (les Inr*cks)
Bingo c'est ça, c'est -miraculeusement- ça. Le noir et blanc est jarmuschien, la galerie de personnages tout à fait kaurismakienne (les collègues, le patron, la patronne, le voisin sympa, le voisin pas sympa, le psy...), mais, le tout c'est vraiment du Babak Jalali! (je pensais qu'il s'agissait d'une premier film, mais c'est en fait de son quatrième!!!).
Un film tout à fait à l'image du fortune cookie : une friandise qu'on doit briser avant de la déguster, pour découvrir à l'intérieur une "petite phrase" en général positive (optimiste mais pas trop). Où, effectivement il serait question d'espoir (pour la jeune Donya, mais pour pas mal d'autres personnages du film). Et de hasard aussi (et de la façon dont celui-ici, selon la formule convenue parfois "fait bien les choses"...).
Oui, délicieux.

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27 janvier 2024

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MAKING OF
de Cédric Kahn

J'ai toujours adoré les films avec un film dedans (depuis LA NUIT AMÉRICAINE, ça ne nous rajeunit pas). Cédric Kahn est un homme que j'aime (il porte beau) comme acteur (je le trouve toujours juste) et comme réalisateur (là, ça dépend des coups, il y a des films sublimes (LA PRIERE, LE PROCES GOLDMAN), d'autres que je trouve très bien (FÊTE DE FAMILLE, ROBERTO SUCCO) et d'autres que j'aime moins (VIE SAUVAGE, L'ENNUI), et même certains que je n'ai pas vus et que j'aimerais bien voir (TROP DE BONHEUR, BAR DES RAILS).
Tout ça pour préciser que ce film-ci se situerait plutôt dans le haut du panier Kahnien.
Parce qu'il parle de cinéma donc, et de film dans le film (et, comparé à, par exemple, LA NUIT AMERICAINE, il n'a pas du tout à rougir) et parcequ'il aligne une distribution rutilante : autour du réalisateur (Denis Podalydès, parfait), de son acteur principal masculin "bankable" (Jonathan Cohen) et de son actrice principale féminine (Souheila Yacoub) gravitent Emmanuelle Bercot (en chargée de production bien les pieds sur terre), Xavier Beauvois (inénarrable en producteur "douteux"), et surtout surtout, d'après ce qu'a dit le concerné en interview, en alter ego de Cédric Kahn, Stefan Crépon, découvert en assistant gominé (et plutôt tongue in cheek) de Denis Ménochet dans le PETER VON KANT de François Ozon, oui, Stefan Crépon que j'ai carrément qualifié d'"atomique" en visionnant le film... Là, il est parfait, il casse la baraque. Carrément. un grand acteur pour un grand rôle.
On a -déjà- toutes les raisons d'être ravi(s) et voilà que nous tombe du ciel, via l'écran de l'ordinateur, la cerise sur ce gâteau cinématographique cette toujours aussi aimée Valérie Donzelli, en infirmière loin de son mari (Denis P.) qui voudrait bien réussir à lui rappeler qu'ils sont en instance de séparation.
Et le film dans le film, ça raconte quoi ? "Basée sur des faits réels", l'histoire est celle des ouvriers d'une usine qui ont fait grève jusqu'à obtenir la reprise de leur usine en autogestion. Sauf qu'en vrai ça a foiré, ils n'ont rien obtenu du tout, l'usine a été délocalisée, les patrons ont continué à s'en mettre plein les fouilles, et les ouvriers n'ont eu plus que leurs yeux pour pleurer.
Ca c'est l'histoire "vraie", et la version que le réalisateur a commencé à tourner. Sauf que ce n'est pas cette version-là du script qui est parvenue sur le bureau des producteurs (affectueusement surnommés "Boule et Bill"), mais une autre, (avec une fin couleur rose bonbon, où les ouvriers obtiennent gain de cause, reprennent l'usine et youp la boum tout va bien dans le meilleur des mondes), honteusement caviardée par l'enfoiré de producteur (Beauvois est grandiose dans le rôle).
Et c'est là que ça devient délicieux : les deux niveaux des l'histoire (la fiction tournée d'une part, et les gens qui la tournent d'autre part) vont commencer à s'autocontaminer... et je ne vous en dirai rien de plus, parce que j'ai trouvé ça à la fois très intelligent et très fort... Bref ce Cédric Kahn là figurera  sans conteste parmi mes préférés, avec, je le répète, des félicitations pour l'ensemble des acteurs.
Je ne sais pas si c'est parce que c'est le début de l'année et qu'il faut encourager, mais j'aurais, du coup, presque des envie des top10, si si...

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29 janvier 2024

règles de conduite

010
BIENVENUE A ZOMBIELAND

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011
RETOUR A ZOMBIELAND
de Ruben Fleischer

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Un (double) plaisir coupable, ces deux dvd prêtés par Pépin.
J'ai eu très peur pendant les premières minutes (du premier film), car
1) je ne suis pas très "zombies"
2) c'est vraiment très gore (tripes et sang qui giclent)
mais, s'il est (beaucoup) question d'horreur (et de violence), il est aussi (et surtout) question d'humour! Et là aussi (autant et même plus que les fusils à pompe et autres armes d'attaque et d'assaut) ça fait mouche à tous les coups!!! Grâce à une distribution excellente, fabuleuse, faramineuse! Je commence (oublions la galanterie) par les hommes, parce qu'ils le méritent : Jesse Eisenberg incarne un geek maigrichon plus trouillard qu'un lapin (c'est lui le narrateur du film), qui fait équipe avec un Woody Harrelson  supersonique (c'est lui, le véritable noyau atomique du film) ou, comme dirait Téléramuche "au-delà de tous les superlatifs" (ce mec est troooooop fort!). Ils vont rencontrer deux soeurettes avec lesquelles ils vont être amenés à faire équipe (pour le meilleur et pour le pire, pourrait-on dire) : la grande c'est Emma Stone (que je viens juste de découvrir dans PAUVRES CREATURES), parfaite, et la petite c'est Abigail Breslin (mais si, rappelez-vous, la blondinette à lunettes qui livrait un show mémorable à la fin de LITTLE MISS SUNSHINE...) qui l'est tout autant.
Une fine équipe, qui taille la route dans des véhicules divers, dans un monde infesté de zombies cannibales où il s'agit, pour survivre
1) de ne pas se faire mordre
2) d'en dégommer un maximum (toutes les armes et tous les coups sont permis)
3) éventuellement de gagner la médaille du Meilleur Dégommage de Zombies de l'année
Et ça fonctionne du feu de dieu! des dialogues de haute volée, des scènes de dégommage ultraviolentes mais méchamment drôles, en suivant un scénario qu'on peut qualifier de "minimaliste", mais qui n'abandonne jamais le spectateur en route avec, en plus, cerise sur le gâteau, (dans le premier opus) la participation "amicale" d'un très grand, B.M, j'ai nommé ce très chez Bill Murray! (à l'origine du verbe -on l'apprendra dans le 2 "se faire murrayiser", regardez le film, vous comprendrez...)
Le deuxième film reprend les mêmes dix ans plus tard, avec un scénario pas plus épais: l'une est partie, et les autres la cherchent, mais ça le fait, une nouvelle fois! Avec l'adjonction de deux nouveaux personnages : une nunuche écervelée puissance 10 et un baba barbu à cheveux longs gratteur de guitare et fumeur de beuh, tous deux plus vrais que nature...
Idéal pour une soirée cinéma/popcorn (et bière) entre potes...

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24 janvier 2024

l'ukraine est trop loin et je suis trop vieux

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TESTAMENT
de Denys Arcand

Oh l'excellente, la divine surprise! c'est Hervé qui avait proposé ce film à la réunion de programmation, film qui était passé (complètement) sous mes radars perso, dont l'affiche ne me disait rien, et donc dont je n'attendais rien. (quand on attend trop, souvent on est déçu...), raison de plus pour que ça matche.
Nous sommes dans une "résidence d'ainés" (c'est plus joli qu'EHPAD, non ?), et nous faisons la connaissance de Jean-Michel, un des résidents de cet établissement, via la voix-off de son discours intérieur. Jean-Michel est vieux (70 ans), désabusé, et n'attend plus grand-chose de la vie, il va servir de porte-parole au réalisateur, Denys Arcand (qui nous régala jadis du DÉCLIN DE L'EMPIRE AMERICAIN). Oui, Jean-Michel est un vieux con désabusé, et voici que je me suis reconnu -identifié- avec effroi et délices dans ce qu'il raconte sur sa (fin de) vie et sa vision du monde.
Ca commence par les ronchonnades d'un vieux con (qui râle contre à peu près tout, vu qu'il est , comme je viens de l'écrire -moi aussi je suis un vieux con qui ressasse et rabâche-, en fin de vie ou presque), ça continue avec une histoire hilarante de fresque à faire disparaître (avec le retour de bâton consécutif en sens inverse) - comme quoi le ministère de la Culture québecois n'a rien à envier au français, surtout l'actuel-) et ça se termine (contre toute probabilité) en romcom*, avec roucoulades serments yeux humides et baisers qui vont avec.
Nickel, quoi.
C'est caustique, acide, mais aussi lucide, réaliste.
Donc, en vertu de notre âge canonique, nous lui décernons le premier Top10 de l'année.

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* comédie romantique, quoi

20 janvier 2024

micro213

*

"Après une longue dispute, si ta femme te dit "OK, fais ce que tu veux !", ne fais surtout pas ce que tu veux, ne bouge pas, ne cligne pas des yeux, ne répond rien, ne respire pas, fais le mort." (tw*tter)

*

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*

"Je cultive la haine de l'action comme une fleur de serre." (Fernando Pessoa, Fragments d’un voyage immobile)

 

1 février 2024

photos de janvier

lundi 1er janvier

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oxalis

ou bien

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chemise

mardi 2

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dans la rue

ou bien

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candidat (oui c'est le même qu'hier)

mercredi 3

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sapin

ou bien

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flaque

jeudi 4

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t-shirt

ou bien

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à Gy

vendredi 5

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j'ai beaucoup bouge cette nuit

ou bien

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à La Femme du Boulanger

samedi 6

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Co et Calo

ou bien

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les copines dans le hall du ciné

 dimanche 7

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dans la rue

ou bien

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téléréalité

lundi 8

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anthurium by night

ou bien

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salle d'attente B

mardi 9

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jolie bosse

ou bien

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jolie terrasse (du Bureau)

mercredi 10

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photographier le paysage

ou bien

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frais du jour

jeudi 11

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au labo, à 8h

ou bien

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le houx de Manue

vendredi 12

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tirage

ou bien

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au Globe avec Emma

samedi 13

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téléréalité

ou bien

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fêves

dimanche 14

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parking

ou bien

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Sylvère! Sylvère!

lundi 15

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la petite fabrique de cartes de voeux

ou bien

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joli barbu au Super U

mardi 16

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salle d'attente (de mon généraliste)

ou bien

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fossette

mercredi 17

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voiture (côté passager)

ou bien

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anthurium et fenêtre bleue

jeudi 18

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la galette à Manue

ou bien

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buée in the car

vendredi 19

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hommage matinal à Manue

ou bien

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photo Cathy

samedi 20

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dans la rue

ou bien

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soirée télé...

dimanche 21

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panneau et papillons

ou bien

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aux Bâties

lundi 22

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noir & rouge

ou bien

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strange fruit

mardi 23

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oeufs

ou bien

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oxalis & houx

mercredi 24

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ça pointe (amaryllis)

ou bien

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ça pointe aussi (hihi)

jeudi 25

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le nouveau film de Marco Berger (Les Agitateurs)

ou bien

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la poussette (tout est rose)

vendredi 26

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en attendant le résultat du test

ou bien

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Catherine sur le parking

samedi 27

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le magret séché S+3

ou bien

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l'étalage du poissonnier

dimanche 28

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l'ombilic des limbes

ou bien

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téléréalité

lundi 29

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la chambrette

ou bien

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les gnocchis

mardi 30

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souvenirs souvenirs...

ou bien

Capture d’écran (1681)
TLMVPSP

mercredi 31

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garbage

ou bien

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rue du Breuil

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