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lieux communs (et autres fadaises)
17 octobre 2022

caviar

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L'INNOCENT
de Louis Garrel

Ah Louis Garrel.... certaine(es) adorent, d'autres détestent, j'aurais plutôt tendance à bien aimer. Je n'ai eu aucune envie d'aller voir son film précédent LA CROISADE, mais là, plein d'éléments jouaient en sa faveur : Roschdy Zem (oh) et Anouk Grinberg (aaah) d'abord, un couple qui se marie en prison (lui taulard elle visiteuse), dès le début ou presque... Et voilà que Abel (le fils d'elle) nourrit des soupçons envers lui quand, à sa sortie, il se lance dans un projet (avec elle) de magasin de fleurs... Louis Garrel en suiveur nul, genre d'Inspecteur Clouzeau, assisté par la meilleure copine de son épouse décédée (c'est Noémie Merlant qui joue la copine, et elle est GRANDIOSE...)
Le film zigzague entre les genres, et réussit à nous harponner, et même, régulièrement, à nous surprendre (une scène magnifique de répétition de discute de couple fait "décoller" le film...)
Pourtant, à première vue, je n'étais pas enthousiasmé par la qualité de l'image (il y a quelque chose d'un peu déplaisant, surtout pour les extérieurs ; couleurs froides, légère sous-exposition, contrastes durs) et même du son, bref, a priori, ça ne caresse pas l'oeil ni l'oreille. Mais bon après ça s'arrange (ou on s'habitue).
Car les acteurs sont magnifiques, et c'est eux qui emportent le film... Et le scénario est suffisamment habile et retors (Tanguy Viel est co-aux manettes) pour qu'on s'y laisse prendre sans arrières-pensées.
Et à la fin, on a envie d'applaudir, carrément.

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(et, en plus je remercie Loulou Garrel d'avoir choisi, pour le début du générique de fin, I maschi, de Gianna Nannini, que j'adore...)

15 novembre 2022

du montana à l'arizona

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SEULE LA TERRE EST ÉTERNELLE
de François Busnel et Adrien Soland

Mois du Doc 1. Au cinéma avec Catherine. Un documentaire de presque deux heures sur un vieux bonhomme qui parle. Qui parle qui parle qui parle. Voilà un pitch qui aurait a priori de quoi faire fuir. mais le bonhomme en question s'appelle Jim Harrison. Un écrivain américain (que je n'ai pourtant pas énormément lu) qui porte le film, sur ses larges épaules. Il est filmé en situation, dans l'espace, l'espace américain qui sera sillonné pendant le film, avec des images américanissimes de paysages, de pancartes de nom d'états, de highways, de grosses bagnoles, mais toujours la nature, les grands espaces, que ce passionnant vieux bonhomme arpente et nous fait découvrir, de la géographie à la dimension -mythique- d'un pays, mais aussi de l'histoire, avec notamment les Indiens (et la façon dont ils ont été purement et simplementbexterminés et dépossédés de leurs terres.)
Le film est comme son personnage principal, passionnant de bout en bout. jusqu'à la toute fin de son générique, pendant lequel les réalisateurs font intervenir quelques guests qui disent tout le bien qu'ils pensent de Jim H. et le l'influence qu'il a eu sur eux tous/toutes. Ecrivain américain, animaux américains (il y a des bisons des grizzlis et des serpents à sonnette...) paysages américains, musiques américaines (ah, cette dernière chanson de de Willie Nelson...), bref du bonheur 100% ricain pur jus.

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13 novembre 2022

double séance bisontine (2)

(j'ai commis l'erreur de ne pas commencer à écrire sur le champ, à chaud, ce qui fait que maintenant l'esprit du film est comme éventé, je vais donc faire à la manière de ce cher Georges P.

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EO
de Jerzy Skolimowski
Je me souviens que ça commence dans un cirque.
Je me souviens que le tournage a nécessité un certain nombre d'ânes
Je me souviens qu'il y a un très bel effet, avec de l'eau simplement filmée à l'envers (et qui répondait à une question que je m'étais posée depuis très longtemps)
Je me souviens d'une séquence avec Isabelle Huppert (qui joue une comtesse italienne) qui a l'air dêtre tombée d'un autre film
Je me souviens que la fin du film m'a transporté vers celle de MONSIEUR KLEIN, et m'en a, d'autant plus, bouleversé
Je me souviens que j'avais les yeux mouillés en sortant
Je me souviens que sans utiliser un mot ou un commentaire, Skolimoski parvient parfaitement à incarner cet âne, et à nous faire ressentir ce qu'il peut ressentir
Je me souviens d'avoir pensé à la poésie de Francis Jammes "J'aime l'âne si doux marchant le long des houx..."
Je me souviens du rouge récurrent
Je me souviens de la violence gratuite
Je me souviens que la musique est prégnante
Je me souviens d'avoir été régulièrement impressionné par la beauté plastique du film
Je me souviens d'avoir pensé Top 10

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BOWLING SATURNE
de Patricia Mazuy

Je me souviens que j'avais très peur avant, à cause de ce que les critiques avaient dit à propos d'une scène insoutenable (mais qu'ils taisaient en général, (sauf Libé qui a a sorti deux pages d'interviews détaillées sur le tournage de cette fameuse scène)
Je me souviens que quand cette fameuse scène a commencé, j'ai levé ma main gauche devant mes yeux et je n'ai rien regardé (mais juste le son pouvait pourtant être presque aussi impressionnant)
Je me souviens d'un flic qui bouffe des biscuits
Je me souviens d'une mauvaise herbe profondément enracinée dans le gravier au-dessus d'une tombe, et qu'il est difficile d'arracher
Je me souviens qu'un des deux acteurs principaux est le propre fils de Patricia Mazuy
Je me souviens que chaque fois que je pensais au titre du film, mon cerveau fourchait sur Bowling Columbine
Je me souviens que je n'ai pas compris pourquoi le meurtrier tenait absolument à aller déposer le nouveau cadavre précisément à l'ndroit gardé par les flics
Je me souviens que le projectionniste, qui avait assisté à la même séance que moi, n'était pas sorti très emballé du film (il a dit que "ça n'avait pas matché")
Je me souviens qu'il est beaucoup (trop ?) question de chasseurs
Je me souviens qu'il y a, régulièrement, des plans qui me sidèrent (par leur cadrage, leur composition)
Je me souviens (comme pour EO) du rouge, et de la musique prégnante (e, bien sûr, de la violence)

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26 octobre 2022

platonov

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LES AMANDIERS
de Valeria Bruni Tedeschi

C'était notre "Soirée d'ouverture de saison" (le film gratuit qu'on offre à nos adhérents "à jour de leur cotisation"), on avait réfléchi à différentes propositions (on aimait bien L'INNOCENT mais il sortait trop tôt, bref celui-ci convenait à tout le monde, et donc, hop! en voiture Simone! (enfin, Valeria, plutôt).
Je savais qu'il était question de sa jeunesse, quand elle avait intégré la (jeune) troupe du Théâtre des Amandiers, dirigée par Patrice Chéreau, et nous y voilà donc, d'abord les auditions, le concours, première et deuxième étape ("Vous êtes quarante, il n'en restera plus que douze..."), puis une fois que "les douze" sont choisis, le travail sur leur première pièce sous la direction du Maître (ce sera PLATONOV) après un passage à New-York avec stage à l'Actor's Studio de Lee Strasberg... On comprend assez vite que le jeune et blonde Stella incarne la jeune Valeria, on suppute que sa copine rousse est la fille d'Eva Ionesco, et on se dit que l'histoire d'amour avec le jeune Etienne ne va pas être de tout repos... Et on n'a pas tort.
Le film mais plaisant (j'ai vu, avec grand plaisir,tous les films de Valeria BT) mais longuet. J'en suis sorti en me disant que je n'avais pas été entièrement convaincu. Je croyais voir un film sur la troupe des Amandiers (dont je ne connaissais strictement rien), et j'ai vu (mais j'aurais dû m'en douter) un film sur Valeria BT, "ses amies ses amours ses emmerdes" (bon, les emmerdes, pas tant que ça quand même hein).
Un agréable film d'ouverture de saison, qui a semblé rallier plus de suffrages que celui de l'année dernière (le pourtant si beau PASSE MONTAGNE)

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25 octobre 2022

corbeau cuit

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LES CINQ DIABLES
de Léa Mysius

Un film étrange. Dominique l'avait vu il y a quelques temps, il me semble qu'elle avait plutôt bien aimé (mais ne m'avait à aucun moment évoqué le caractère singulier du film), et donc j'y suis allé vendredi à la séance de 13h30 (on était deux à la 2, l'autre était une dame, à l'autre bout du rang,  que j'ai priée instamment (sans doute un peu énergiquement, c'est vrai...) d'éteindre son téléphone alors que le film venait de commencer, et qui a d'ailleurs obtempéré illico) sans trop savoir ce que j'allais voir, juste qu'il y avait Adèle Exarchopoulos (toujours aussi bien, cette Adèle...) et qu'il y avait du feu (l'affiche).
Le film démarre sur une situation donnée, "aujourd'hui", (un mariage mixte, elle est blanche, il est noir, une fillette métissée, une collègue de travail défigurée, une belle-soeur qui réapparaît et s'installe au domicile conjugal...) et va progressivement remonter le fil de son histoire jusqu'à son point de départ.  Il sera d'ailleurs beaucoup question de temporalité (d'intertemporalité) dans toute cette histoire.
Le film est courageux aussi, dans son parti-pris fantastique (ou science-fictionnesque ?) qui ne sera, d'ailleurs, jamais complètement explicité...
Un film qui fait le grand écart (oups! j'avais écrit le grand écran) entre le banal et le surnaturel. Avec une fillette remarquable qui fait la jonction entre les différentes phases temporelles.
Un film très "de filles" (mère, fille, soeur, amie) et sur les amours, justement, entre filles (le mâle y a surtout le rôle du faux-bourdon).

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16 octobre 2022

double séance bisontine

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LES HARKIS
de Philippe Faucon

Retour au Victor Hugo (ça faisait un certain temps) pour voir ce film de philippe Faucon "très fauconnesque" (comme m'avait résumé Dominique après en avoir vu la bande-annonce). Du cinéma social, historique, politique, àla narration épurée, à la frontière du documentaire, (un cinéma nécessaire) qui raconte, entre 1959 et 1963, l'histoire des harkis (dont j'avoue, j'aurais eu un peu de mal à dire en quoi ça consistait vraiment. le réalisateur, avant le film, nous définit les termes "harkis" et "fellaghas". Rajoutez les moudjahidin, le FLN, la guerre d'Algérie et l'armée française, au début j'étais complètement largué. il est beaucoup question de manoeuvres militaires, dont on va de mieux en mieux comprendre le pourquoi et le comment (et surtout le contre qui) au fur et à mesure que le film progresse. c'est vrai que je ne savais pas grand-chose sur cette guerre, et qu'à la fin du film on est un peu plus éclairé, et d'autant plus atterré. comme dans DE NOS FRERES BLESSÉS d'Hélier Cisterne (où l'on apprenait les saloperies de Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur) on en sait un peu plus sur la saloperie de l'armée française pendant, et usrtout après ce conflit, où elle a abandonné à leur sort (et à une mort quasi-certaine) ces soldats du cru qu'elle avait enrôlés quasiment de force, pour les faire combattre contre leurs frères d'hier, en leur faisant miroiter qu'elle ne les abandonnerait pas à l'issue de la guerre. Un texte final précise qu'on ne sait pas exactement le nombre de harkis qui ont été assassinés, on ne peut que l'estimer (entre 30000 et 80000).
Oui un film juste, nécessaire, mais plutôt glaçant.

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LE PEIT NICOLAS
"QU'EST-CE QU'ON ATTEND POUR ÊTRE HEUREUX ?"
de Amandine Fredon et Benjamin Massoubre

Du coup j'avais prévu d'enchaîner avec une autre film de guerre (en Ukraine cette fois) mais j'ai préféré changer mon fusil cinématographique d'épaule pour aller voir quelque chose de plus léger et de plus joyeux, histoire de remonter les chaussettes de mon moral, et,  ça tombait bien, LE PETIT NICOLAS était le prochain film qui commençait... j'y suis donc allé comme ça, au petit bonheur la chance, et bingo! bonne pioche (très bonne pioche même) je savais juste qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle adaption du petit Nicolas, d'après Sempé et Goscinny, mais simplement d'un making of. un film d'animation, qui parle de Sempé et de Goscinny, de l'histoire de leur amitié, et de la façon dont est né Le petit Nicolas. Et ses aventures. On est dans l'univers de Sempé, et les images sont donc comme du Sempé animé (rien que ça, c'est délicieux) -je suis un admirateur de Sempé-. Avec deux niveaux de narration : les aventures de Sempé et Goscinny, depuis le milieu des années 50 (c'est Alain Chabat qui prête sa voix à Goscinny et Laurunt Laffite (dlcf) qui fait celle de Sempé...), et, à l'intérieur, celles du Petit Nicolas, qu'on ne raconte plus (je les connais depuis 1968!). Il ya de l'humour, il ya de la tendresse, il y a de la douceur, et il y a aussi de la mélancolie (puisque les deux personnages principaux sont morts, même si l'un bien avant l'autre...). Un film doudou (qui risque de toucher davantage les parents et les grands-parents, hein...) qui fait du bien. hautement recommandable...

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5 novembre 2022

octobre 2022

samedi 1er
il pleut un peu

des sms tôt le matin entre Bernadette, Isa, Frédérique et moi, pour qu'on réussisse à se voir avec F. (je la connais depuis 1974!), qui est là jusqu'à mercredi
il pleut encore un peu
je désherbe mes étagères de livres à vendre et je vire tous les poches (3 gros sacs) que je porte à Emmaüs
je cherche, (longuement), un restau ouvert le dimanche à Vesoul (je n'ai pas envie de cuisiner) bon, ce sera chez Jane ! (pas vraiment le choix)
il pleut toujours un peu

dimanche 2
à 10h30 je suis partie chercher Frédérique chez Bernadette et je l'ai ramenée à la maison.
Emotion.
nous avons passé une partie de la journée ensemble (repas de midi Chez Jane), on a beaucoup parlé (on s'est connu en 74, mais perdus de vue il y a une vingtaine d'années, et Bernadette était heureuse d'avoir contribué à nous faire nous retrouver)

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puis je l'ai ramenée chez Bernadette, qui était en train de préparer une choucroute, qu'elle m'a invité à venir partager avec elles après le film qu'elles allaient voir à 18h

lundi 3

passé à 18h chez les Soria pour boire une bière  (dont l'étiquette fera beaucoup jaser) avec Philou, j'en suis reparti à 22h30 après avoir mangé chez eux (patates / salade / saucisse) et avoir longuement évoqué le passé (depuis 1974 ça fait un bail...) et s'être demandés si c'était ça la nostalgie...

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mardi 4

passé chez Pépin boire un café sur la terrasse, et pris rdv scrabble demain matin
le soir concert d'ALBIN DE LA SIMONE (premier de ma saison au Thév')
en partant, grâce à Fran on discute avec lui une dizaine de minutes (cette homme est délicieux)
je rentre avant l'extinction des feux (de 23h30 à 6h30 les lampadaires sont désormais éteints)

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mercredi 5

Pépin est passé le matin pour jouer au scrabble comme promis (3 parties)
13h30 : UNE FEMME DE NOTRE TEMPS
15h30 : LA TERRASSE (début de la Settimana Italiana)
je mange avec Dominique à la crêperie à la pizzéria
20h30 : LES AVENTURES DE GIGI LA LOI (Soirée d'ouverture de la Nona Settimana Italiana)
(et le pot après, avec du lambrusco et des petits gâteaux italiens)

jeudi 6

repas FJT avec Catherine et Isa (et beaucoup de vigoureux travailleurs en short -aujourd'hui il fait très beau-)
13h30 : ENNIO
16h15 : BANDITS A ORGOSOLO
je rentre à la maison pour grignoter
une visite comme j'aime à l'improviste

20h15 : ARIAFERMA
à la sortie, je bois un pot au Bureau avec J-C (qui est -enfin- rentré d'Australie)
23h30 : je rentre chez moi à nuit noire

vendredi 7

matin : j'ai enfin reçu le paquet de petits livres que j'avais commandés pour les amigos chez la dame des Editions de derrière la salle de bains
repas FJT (tout seul), il y a des petits fours pour le dessert, et des meringues pour le café (et beaucoup de travailleurs, pas mal en short, mais je ne photographie rien ou presque, je suis... zen)
je vais faire un tour sur le parking (ça fait longtemps)

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13h30 : MAMMA ROMA
15h45 : A CHIARA
20h15 :  NOSTALGIA (et ça y est j'ai vu TOUS les films)
on parle un peu devant le cinéma (il est notamment question de nuit noire et de coupe-jarrets)

samedi 8

matin marché + boucher
après midi je range un (tout) petit peu
je regarde sur MUBI GREEN ROOM
je vais me coucher très tôt (21h30) car je suis, oui,  fatigué

dimanche 9

journée comme un dimanche
un peu de ceci, un peu de cela, sors-je ? ne sors-je point ?
je finis par sortir pour retourner voir ARIAFERMA (une vingtaine de personnes!)

lundi 10

levé très tôt pour mes analyses trimestrielles à jeun pour le diabète
je m'offre ensuite un grand crème / croissant à la terrasse du Lion (une pensée -et un sms- pour Manue)

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puis au téléphone avec Malou, puis Dominique, puis Emma
(pas de Noël à Champlitte / à Paris / à Bellou cette année, on planifie une virée "plus tôt" dans le Cotentin)
comme Emma vient au cinéma cet aprèm', je lui conseille ARIAFERMA, que je retournerai donc voir avec elle à 15h45 (pour la 3ème fois donc!)
résultats hémoglobine glyquée satisfaisants : 6,7 comme il y a 3 mois (alors que j'avais ces derniers temps un peu  craqué pour le sucré...)

mardi 11

repas à la maison
je m'inquiète un peu parce que je n'ai plus beaucoup d'essence et que toutes les stations sont vides
j'appelle Pépin pour savoir "à quoi il joue cet après-midi" et comme rien n'est prévu je monte pour un après-midi scrabble

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en redescendant j'appelle Gérard (de Belfort) qui m'a laissé un message (nous n'avons pas encore réussi à nous voir depuis juin!)

mercredi 12

Oh la belle journée!
A 8h Anne-Marie m'apprend qu'il y a de l'essence à la station de l'Inter, j'y file et je fais le plein (ça, c'est réglé!)
Je rapporte des pains au chocolat pour le café.
à 11h25 je prends le bus pour Besac.
Bonne surprise, le Royal a rouvert, c'est maintenant une pizzéria (tenue par des rebeus).

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Une pizza bacon/chévre, un tiramisu et un café plus tard, me voilà au Victor Hugo
13h50 : LES HARKIS (le projectionniste dit au caissier de me filer un exo, parce que mon ticket a dépassé la date...)
16h10 : LE PETIT NICOLAS "QU'EST-CE QU'ON ATTEND POUR ÊTRE HEUREUX ?"
18h10 : le bus de retour que je prèfère, parce qu'il n'y a que très peu de passagers

jeudi 13

mangé au FJT avec les filles (sauf Isa)

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je photographie mon rouquin de loin
après je passe chez Marie pour une histoire de carte-mémoire et de photos à effacer, et du coup on en profite pour faire quelques parties de scrabble
17h45 : JUSTE SOUS VOS YEUX
suivi d'un petit en-cas au MacDo
20h15 : 16 ANS en présence du réalisateur Philippe Lioret

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vendredi 14

matin : courses au Super U
midi : il pleut (et j'ai trouvé une place en bas de chez moi, et croisé la factrice qui m'apportait en colissimo un paquet de Rouen)
je n'ai pas le courage de re-sortir pour aller au cinoche alors je regarde TOURISTES sur mon ordi
je traîne sur la grande nouvelle dans le bouquin de Nesbo
le soir, par la fenêtre, longue séquence urbaine avec voiture de pompiers et gendarmes en observation (le gyrophare ça fait des belles ambiances bleues)

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samedi 15

un peu au marché comme d'hab' (et de bonne heure!), passage plaisant chez le boucher (va savoir pourquoi, on rigole beaucoup), puis le boulanger,  je reviens avec un sac très lourd
au téléphone assez longuement avec Catherine, qui aurait souhaité que je passe la voir ce week-end
je mange -tard- du filet mignon aux morilles de chez mon traiteur
en fin d'aprèm', en allant chercher un paquet, surpris par une averse soudaine, abrité sous un porche en compagnie de deux dames et d'un monsieur qui ne semble pas jouir de toute sa santé psychiatrique, nous partons dès que la pluie ralentit

dimanche 16

pas grand-chose le matin (je me suis recouché à 7h et Emma m'a réveillé à 10h20 pour savoir si je venais manger les gaufres cet aprèm, bien sûr que oui réponds-je)
10h30 je fais quelques emplettes virtuelles chez Carlotta où tout est à 50%, juste pour la journée (Edward Yang, Milos Forman, Bela Tarr)
repas léger, pas de dessert puisqu'à 16h on va manger des gaufres (Emma & Régis, René et Thérèse, Marcello et sa copine), et dehors tellement il fait beau!
j'offre à Emma, en retard, ses cadeaux d'anniversaire (dont, hihi, le Robert avec Fabienne Verdier)
je rentre avec "des figues et des noix"...

lundi 17

à midi patates au four et jambon cru
14h30 mon rdv trimestriel avec mon généraliste qui me remplit des ordonnances à la chaîne, me prend ma tension (15, plus que d'hab) me fait monter sur la balance (sans surprise, j'ai grossi) et me donne rdv dans trois mois...
16h L'INNOCENT
et je rentre tranquillou sur mon petit parking de la rue Serpente

mardi 18

échange de sms matinaux : finalement
Marie passe me prendre à 11h45 on va manger au FJT tous les deux et on part à Belfort après. Radioguidage pour la station GNV via Antonin (de Waze)
Foire aux Livres, il fait très chaud (et peu de nouveautés, quelle déception) j'achèterai 5 livres pour 14€
On boit un pot en terrasse dans le même bar que l'année dernière (ou celle d'avant)
le soir au cinéma LES AMANDIERS en séance d'ouverture

mercredi 19

un petit moment de bonheur parfait, du genre de ceux dont on se rappellera longtemps, on ne sait pas pourquoi : je rentre de chez les Soria (on a bu le café sur la terrasse) dans la voiture, musqiue douce, dehors ciel bleu et soleil, et sur le siège passager, sur les deux bouquins de Nicolas Mathieu que Philou vient de me rendre, sont posées deux roses en bouton qu'il vient juste de couper pour moi dans leur jardin

jeudi 20

"Ca rassérène..." a confirmé Philou quand je lui ai dit combien j'aimais ces réunions quasi-trimestrielles entre amis que j'ai surnommées "le club des 11" : aujourd'hui c'était à Gy, chez Emma et Régis, avec Philou, Annette, Alain, Jean-Pierre, Fran, Dominique, Pacoune, Robert, Domi (j'ai fait le tour de la table). Apéro champagne / baeckeoffe / café gourmand (desserts à l'assiette) / visite de l'atelier d'Emma (en bas) et de son espace d'exposition (en haut). On est tous sous le charme (même s'il sera davantage question de noyer)

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vendredi 21

10h je bois le café chez les Soria à qui j'ai rapporté un dictionnaire de chez N*z comme annoncé hier soir
10h30 : à la gare pour les billets de train de la semaine prochaine, y en a un que le monsieur de la SNCF n'arrive pas à prendre (j'y parviendrai chez moi mais après une heure d'efforts (j'avais décidé que je n'irais pas mangé tant que je n'y serais pas parvenu)
12h45 : moules/frites au fjt
13h40 LES CINQ DIABLES
17h je termine THE GREAT BUDDAH
un très violent orage, puis ONEGUINE au ThéV'

samedi 22

je ne suis même pas allé au marché le matin comme d'hab' (un bon coup de flemme)
suis quand même sorti l'après-midi (primeurs + boucher + boulanger, et pas mal rigolé -surtout chez le marchand de primeurs-)

dimanche 23

(je commence à perdre des boulons) je me suis levé de bonne heure j'ai petit-déjeuné, j'ai fait la vaisselle, j'ai rangé, je me suis douché, j'ai préparé le café et j'ai attendu le peintre... 8h30... 9h... personne... j'ai fini par lui envoyer un sms "Vous m'avez oublié ?" à 9h10, auquel il a répondu immédiatement "Je travaille douze heures par jour six jours par semaine, mais pas encore le dimanche"... OUPS! JE ME SUIS TROMPÉ DE JOUR!

lundi 24

le peintre est venu pour de bon, à 9h, et il est repassé en fin d'après-midi pour une deuxième couche...
entretemps ce muni (mon téléphone invente des noms de jours) à midi j'ai mangé au FJT avec Catherinechounette

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On attend la réponse de C. pour la programmation, mais elle ne vient pas.

mardi 25

le peintre est repassé en fin de matinée (3ème couche) et en fin d'après-midi (la dernière)
mangé au FJT (en dessert une tarte aux groseilles tellement peu sucrée que j'en ai encore les gencives reintries)
je suis enfin monté au grenier pour chercher ma valise.
On attend toujours la réponse pour les films  (mais toujours que nenni point du tout)
le soir, joli show impromptu des voisins d'en face avec des torses nus, des plantes et des lumières fluos.

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mercredi 26

8h le café est prêt pour Anne-Marie (mon aide ménagère)
11h25 : bus pour Besac
12h30 repas à l'ex-Royal (des pâtes carbonara très décevantes)
13h30 : EO
15h40 : BOWLING SATURNE
18h10 : dans le bus de retour je suis très agréablement surpris d'être  salué par deux anciens élèves qui ont l'air d'être copains comme cochons (mais que je n'oserai pas photographier)

jeudi 27

journée plutôt speed, programmation ciné nov/déc arrivée (enfin!) le matin, il faut donc que je boucle tout avant ce soir (je pars demain), heureusement j'avais déjà fait le mois du doc + Magdala + Armageddon, je demande de l'aide à  Frédérique pour les critiques du Monde et à Isa pour les en-têtes (encore merci Isa!) et je mets tout ça sur une clé que je porte en fin de journée à Hervé (ouf!) qui m'offre une Tsing tao bien méritée et qui prendra le relais pour la suite des événements : 20 h je me gare -chance- juste en bas de chez moi mais je n'ai toujours pas fait ma valise!!!

vendredi 28

pas très bien dormi (quels vêtements prendre, hein ? ils annoncent entre 13 et 16 dans le Cotentin),
7h30 à la gare à vesoul (suis très en avance)
12h30 je retrouve Dominique à Montparnasse, où on prendra le train pour Nogent le Rotrou, où Malou est venue nous chercher
comme d'hab' le planning est chargé : il est d'abord question de faire du jus de pomme avec un extracteur à chaud (opération peu rentable et assez décevante)
puis, après petit repas,  d'aller jusqu'à Bretoncelles assister à une conférence gesticulée (qui ne m'enthousiasmait pas a priori mais se révèlera très bien)

samedi 29

après-midi "pressoir" puis embouteillage avec Laurent (copain de Malou)-on a raté le tout début mais on restera jusqu'à la fin-

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puis comme Dominique voulait voir le four à pain on va chez le même Laurent boire du jus de pomme tout chaud pressé,puis un thé, mais nous déclinons l'invitation à leur soirée-pizza (ils sont déjà beaucoup) et rentrons à Bellou pour goûter deux poêlées de champignons (d'abord famille de bolets tout jolis trouvés par Pascal puis amanites rubescentes rapportées par Alix (de Moulicent)

dimanche 30

passage à l'heure d'hiver
Malou finalise son gâteau de compétition (socle de dacquoise, pommes confites en lamelles et noisettes caramélisées) dont on mangera la moitié à midi et le reste ce soir
marché de Boissy Maugis pour trouver du safran mais il n'y a rien
l'après-midi : Brasserie du Perche (perdue en pleine cambrousse), on y boit un coup avant une courte promenade forestière (et un peu humide)

lundi 31

ça y est le grand départ
d'abord Moulicent (où je récupère les bottes de David)
puis on roule : café à Sées, pique-nique à Vire,

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divers centres-villes (St-Lo, Carentan) et arrivée à Le Vast (notre gîte) vers 17h
Le feu est allumé, on visite cette charmante maisonnette, on fait connaissance avec la proprio, tout aussi charmante
installation, courses à l'Inter voisin (Quettehou) et le soir apéritif Lula (Pascal offre le champagne pour fêter la victoire).
Soirée d'apprentissage à la canasta

11 octobre 2022

le cèdre du bilan

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UNE FEMME DE NOTRE TEMPS
de Jean-Paul Civeyrac

Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de film de Jean-Paul Civeyrac (2017 pour MES PROVINCIALES, 2009 pour DES FILLES EN NOIR, 2004 pour A TRAVERS LA FORÊT). Un cinéma plutôt sombre, avec de la nuit, des rêves et des fantômes...
Cela faisait encore plus longtemps que je n'avais pas vu de film avec Sophie Marceau (bon, excepté TOUT S'EST BIEN PASSÉ, en 2021, il faut que je remonte jusqu'à... 1994! et LA FILLE DE D'ARTAGNAN)
C'est sans doute le film d'Ozon qui a permis ces retrouvailles.
Puis les différentes émissions (j'avais commencé à écrire émotions) où je l'ai vue faire la promo de ce film-ci.
Et j'ai soudain réalisé que, contre toute attente, je m'étais entiché de Sophie Marceau. Épris de, oui.
Je trouve que c'est une sacrée belle femme. D'une sacrée belle maturité. En plus elle me fait penser à la fille aînée d'une amie très chère (Malou, si tu lis ça, je parle de Céline...). Et dans ce film, elle est parfaite.
Elle y interprète une commissaire, Juliane Crachet, qui va être brutalement confrontée à la duplicité des hommes en général, et de son mari en particulier.
Mais elle a plus d'une corde à son arc (comme le surligne un peu lourdaudement l'affiche) et va donc être amenée à prendre des mesures.
J'ai déjà parlé de mon goût pour les personnages de femmes-flics (Catherine Deneuve dans ÉCOUTE VOIR, Josiane Balasko dans CETTE FEMME-LA, Nathalie Baye dans LE PETIT LIEUTENANT) et Sophie Marceau ne déroge pas à la règle (ni ne détonne dans cette galerie).
Ni Civeyrac à ses habitudes et son univers habituel (il y aura de la nuit, il y aura des rêves, et des fantômes aussi, sans oublier une certaine violence...)
Sophie Marceau est excellente, je le répète. Le réalisateur aussi, visiblement, s'en est amouraché. Même si le film n'est pas aussi bien qu'elle, et présente quelques faiblesses (maladresses). On ne la voit que sommairement dans l'exercice de ses fonctions (j'ai repensé au film ROMANCE, où l'héroïne était censée être institutrice, et où soudain Dominique avait commenté "On ne la voit pas souvent faire ses préparations...") Ici, c'est un peu pareil, on n'y croit que moyennement...
Et puis il y a cette longue partie avec la mère en fuite avec sa fille à cause d'un mari violent, qui m'a mis mal à l'aise parce qu'on se demande un peu à quoi elle sert (à illustrer le sentiment de dépendance amoureuse ?) et qui alourdit inutilement le récit.
Qui se justifie, évidemment, par sa partie finale.
Bref un film louable mais bancal, avec une actrice somptueuse.

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14 octobre 2022

des captures...

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Jeunes Iraniennes

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BLOW-UP le flou au cinéma

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concert des Stray Cats

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webcam de la Baie des Trépassés

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Pio Marmaï dans un clip d'Odezenne

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ça je ne me souviens plus du tout d'où ça vient...

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bande-annonce TRIANGLE OF SADNESS

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bande-annonce SEULE LA TERRE EST ETERNELLE

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bande-annonce FEU FOLLET

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Vincent Macaigne en promo

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ERASERHEAD sur MUBI

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BLOW-UP le regard-caméra

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bande-annonce LA TERRASSE

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bande-annonce ACCATONE

8 octobre 2022

l'autruche

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LE FANTÔME DE LA LIBERTÉ
de Luis Bunuel

Sur MUBI (bien sûr...) comme qui dirait une petite madeleine.
J'ai vu le film à sa sortie (1974). Je n'en ai gardé que très peu de souvenirs (je n'étais alors qu'un poussinet cinéphile, et les noms de Bunuel, Carrière, Lonsdale, Brialy, Piccoli, Vitti, Rochefort, Pisier, ne signifiaient alors pas grand-chose pour moi...).
Je me souviens que si, un peu quand même, puisque j'achetais POSITIF (qui était encore à un prix décent), et qu'ils avaient fait leur couverture du mois avec, justement, cette fameuse autruche.

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(9 francs, quand même...)

Je me souviens d'avoir, à l'époque, été fasciné par la forme du récit (une genre de marabout- bout de ficelle, où on passait d'une histoire à l'autre (ça n'était, finalement, qu'un film à sketches) par un passage de relais, dun personnage à un autre croisé :on abandonnait le premier et hop! on suivait le second...)
Tout ça est sympathique mais a un chouïa vieilli, s'est couvert d'une patine un peu kitsch délicieusement seventies, et même si les histoires sont souvent inutilement étirées, globalement ça fonctionne...
Surréalisme, anticléricalisme, anarchisme, érotisme, fétichisme, quelques-une des mamelles du cinéma de Señor Luis...

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c'est cette affiche-là que j'ai connue

*

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2 octobre 2022

au judo

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LES ENFANTS DES AUTRES
de Rebecca Zlotowski

C'est par périodes : il y a quelques temps c'était Marina Foïs par ci et par là, là c'est Virginie Efira : dans REVOIR PARIS la semaine dernière, et cette fois dans cet excellent film de Rebecca Zlotowski (coup sur coup deux films forts réalisés par des femmes, quelle joie, auxquels on peut ajouter celui vu hier, LES SECRETS DE MON PÈRE, réalisé par Véra Belmont... et celui de Céline Devaux, TOUT LE MONDE AIME JEANNE... Les réalisatrices ont le vent en poupe! J'espère qu'elle vont tout rafler aux César (du moment qu'elles laissent celui d'interprétation masculine à Vincentchounet Macaigne, je reste open à toutes les  récompenses par elles méritées...) Et je n'ai même pas encore vu le prochain de Mia Hansen-Love!
Donc on retrouve Virginie Efira (qui va donc passer des bras de Benoît Magimel  à ceux de Roschdy Zem), après un générique qui aligne -pour moi- quelques surprises, sous forme de "participations exceptionnelles" : Chiara Mastroianni, Mireille Perrier, et Frederick Wiseman (en gynéco, c'est surprenant et rigolo, non, émouvant serait plus juste) ! Et, dès le début, je me suis mis à ronronner cinéphilement, en ne cessant de me répéter combien tout cela était bien filmé. Une certaine façon de cadrer (ou, justement, décadrer) les plans, un sens inné de la composition, un sens du montage impressionnant, tout de suite on est sous le charme, et on en redemande... (j'ai vu ce film après Lettre d'une inconnue, et je ne peux pas m'empêcher d'y trouver quelques similitudes...)
Oui, un extrême plaisir, de voir, dès le début, Virginie Efira (qui est, une fois de plus, magnifique est-il besoin de le souligner) en plein accès de téléphonite souriante (elle est en contact -répété- avec quelqu'un qui lui tient visiblement à coeur. On saura bientôt qui c'est.) J'aime la façon dont le film procède par bonds, sautant par-dessus les ellipses temporelles pour nous promener de scène en scène, et nous présente  ainsi les personnages plus ou moins en vrac et sans intertitres, lancé sur sa progression vigoureuse. Donc, le chéri de Virginie E., c'est Roschdy Z., qui nous livre ici une partition impeccable (aussi impressionnante -et digne d'éloges- que celle dans ROUBAIX, UNE LUMIERE), avec le bonheur supplémentaire qu'il ne soit ni flic ni voyou, juste il prend des cours de guitare...
Donc Rachel et Ali se rencontrent et ils s'aiment, et tout démarre plutôt bien, mais Ali a aussi une fille, Leila, dont il partage la garde avec sa femme dont il est séparé (et, bon, quand l'ex de ton chéri est jouée par la toujours exquise Chiara Mastroianni, tu sais qu'il va falloir s'accrocher et que la partie n'est pas gagnée d'avance, hein...). La vie amoureuse s'organise au rythme des semaines de garde et de l'alternance... Rachel s'adapte et fait tout ce qu'elle peut pour que les choses se passent bien.
La réalisatrice a la finesse de rajouter à l'histoire de Rachel deux autres fils narratifs, en rapport avec la maternité : celui où elle désire avoir un enfant (gynéco, test de grossesse, conseils, espoirs, calendrier), et celui, professionnel (Rachel est prof) où elle prend sous sa protection un jeune Dylan rétif (autre façon de materner...). Sans oublier celui (toujours dans le champ maternel) de la "mère malade" (rencontrée au judo), celle qui va, indirectement, provoquer un gros chambardement (chamboulement) émotif vers la fin du film... Mais  délicatement, sans que rien ne soit asséné. Toujours  avec autant de finesse que de maestria.
Et ça continue, et c'est toujours aussi bien filmé, et c'est toujours aussi bien joué.
Un très beau moment de cinéma.
Total respect.

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28 septembre 2022

typhus

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LETTRE D'UNE INCONNUE
de Max Ophuls

Deuxième film du festival PLAY IT AGAIN.
Un classique en noir et blanc, déjà vu il y a longtemps.

"Rien n'existait pour moi que dans la mesure où cela se rapportait à toi ; rien dans mon existence n'avait de sens si cela n'avait pas de lien avec toi." (Stefan Zweig, Lettre d’une inconnue)

A la veille d'aller se battre en duel (et de probablement se faire tuer), un bellâtre reçoit une lettre qui commence par "Quand vous lirez ces mots je serai peut-être morte...", celle d'une femme qui l'a aimé depuis toujours, et qui va lui raconter sa vie, depuis leur première rencontre, où elle n'était encore qu'une très jeune fille -il déménageait et est venu habiter dans le même immeuble qu'elle - et était déjà follement amoureuse de lui. Toute une vie.
Elle, c'est Joan Fontaine, époustouflante dans son incarnation de ce personnage, aussi crédible en gamine qu'en femme à l'âge adulte, avec bijoux et fourrures, et lui c'est Louis Jourdan, au début jeune pianiste célèbre promis à un grand avenir, dandy, mondain, frivole, séducteur, à la fin cynique et déchu. Au fil de c"ette longue lettre, on assiste à leur histoire, la recontre, puis la brève histoire d'amour qu'ils vivent (nocturne, viennoise et tourbillonnante) , avant qu'il ne doive partir pour l'Italie "juste pour quinze jours" et qu'il ne l'oublie hélas définitivement (il est frivole)... Elle, elle ne l'oubliera jamais, et lui raconte donc la suite, sans lui, puis re, puis sans (ils se recroiseront bien plus tard un soir à l'Opéra tandis qu'elle a fait un mariage "de convenance" pour légitimer un fils (qui est de lui) avec un homme qui lui offre une vie fastueuse, avec, justement, bijoux et fourrures (on pense à une cousine de Madame de...) mais le malheur va continuer de s'acherner sur elle (on est tout de même dans un mélo flamboyantissime, alors il faut bien qu'il y ait des gens qui meurent, des innocents de préférence...)
Il lira donc cette lettre jusqu'au bout de la nuit, comme revoyant sa misérable égoïste et petite existence par le petit bout de la lorgnette. La reconsitution historique (le film a été tourné en 45, mais l'action se passe en 1900) est superbe (ah le bruit inimitable des fiacres sur le pavé mouillé la nuit...) les toilettes somptueuses, les sentiments exacerbés, mais la perfection de tout ça est un peu gâchée par la musique, omniprésente à tel point qu'elle en devient saoûlante... (le monsieur s'appelle Daniele Amfitheatrof), comme trop de chantilly sur un dessert finit par vous écoeurer légèrement (à tel point qu'on est tout surpris, à la fin, quand on sort dans le couloir, de n'entendre plus que le silence...).
Beau film, belle copie, belle histoire (je ne peux m'empêcher d'avoir un faible, de ressentir un penchant coupable, pour ces histoires d'amours malheureuses, de destins contrariés, d'inclinations sans retour, de destin funestes, hollywoodiennes, glamourissimes, ça a tellement plus de gueule et d'allant que nos pauvres historiettes personnelles, hein...) mais, de grâce, baissez un peu la musique!

 

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*

de là

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à là

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en passant par là

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et bien sûr, par là...

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toute une vie, quoi... (je précise que le film est en noir et blanc...)

27 septembre 2022

détonation(s)

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2016

J'avais pris un billet/ jour pour ODEZENNE, le vendredi,  mais quand j'avais vu l'heure de passage je n'y étais allé!
Quel idiot! (J'aurais pu voir aussi THYLACINE, tiens) Je regrette...

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2017

Là on y était allés carrément 2 soirs! (avec Manue et sans Catherine ??)

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On avait loupé LYSISTRATA sur la toute petite scène (une sombre histoire de changements d'horaire impromptu) mais on avait découvert DBFC (LAST TRAIN aussi c'était bien)

*

2018 : On y est allé deux soirs encore! (Catherine, Manue, et aussi J-H je pense...)

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J'ai découvert SOMBRE SABRE et FEROCES, j'ai adoré ARNO...

*

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2019 : re-deux soirs (avec Catherine mais sans Manue...)

JEUDI 26 SEPTEMBRE : Bon Entendeur / Guts / Vendredi sur Mer / Black Voices B2B Zerolex

VENDREDI 27 SEPTEMBRE : Deluxe / Sleaford Mods / Flavien Berger / Alpha Wann / Mix Master Mike / Pépite / Samba de la Muerte / Casual Gabberz / Bad Fat Feat. Napoleon Maddox / Pongo / Ouai Stephane / Mauvais Oeil / Zenobia / EDRF / Aphrodisiacs DJs

SAMEDI 28 SEPTEMBRE : Jeanne Added / Fat White Family / Salut C’est Cool / ØRKESTRA / ToDieFor / Stolen / Dombrance / Irène Drésel / Mattiel / Oktober Lieber / The Rising Sun / TH Da Freak / Blue Orchid / Voyou / L-XIR / Leopard Da Vinci / Ghetto 25 B2B Boyd Goosman

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2020 : y a pas eu

*

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2021

j'y vais pas... rien ne me faisait vraiment envie
(Catherine et Manue, si!)

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2022

un soir, avec Manue et Catherine (après avoir longuement hésité...); offert par Manue en plus!

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On a eu de la chance, il n'a pas plu du tout
J'ai vu, (sur la petite scène qui s'appelle Le Bal et est couverte) GWENDOLINE qui m'a emballé (je venais pour ça à vrai dire) et la moitié de VITALIC...

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26 septembre 2022

le parrain

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LEILA ET SES FRÈRES
de Saeed Roustaee

(Déjà, un fait extraordinaire (du jamais-vu dans le bôô cinéma) : grâce à Catherine et à Télérama, la séance était gratuite ! (oui oui), de quoi mettre déjà dans de bonnes dispositions.)
Saeed Roustaee est le réalisateur de l'époustouflant LA LOI DE TEHERAN ("2021 / 2h14 / Action, Drame, Policier" étiquetait allocinoche) et le voilà qui récidive dans un film encore plus long (2h39) mais tout aussi époustouflant, même si dans un genre un peu différent. La came est présente plus périphériquement (le papa est accro à l'opium),le film est surtout un film de parole(s) autant que l'autre pouvait l'être d'action(s). Quoique. En y repensant, ça tchatchait déjà beaucoup en iranien (et j'adore entendre parler en iranien, autant qu'en hébreu ou en arabe d'ailleurs).
Le film démarre TRES FORT (comme un passage de relais avec LA LOI DE TEHERAN) : une scène musclée d'évacuation d'usine par les forces de l'ordre, une belle grosse scène de foule, montée en alternance avec la séance d'une jeune fille sur une table de kiné... Déjà là, on est rapté. La jeune fille en question est la Leila du titre, on va faire la connaissance de ses quatre frères (ça pourrait avoir des allures de conte) et de leur vieux con de père.
Et il est question d'argent. De pièces d'or (quarante) que le père destine a un cousin qui va marier son fils pour devenir le parrain (une tradition iranienne d'entubage institutionnalisé que le film explique bien) un peu comme dans les films de mafia, oui, mais à l'Iranienne... Et ces pièces conviendraient tout à fait aux frérots et à la frangine pour compléter l'apport nécessaire pour l'achat d'un futur commerce (et je vous laisse le plaisir de découvrir lequel...). Chacun/chacune racle ses fonds de poche, à sa manière,  pour compléter le capital, on discute, on s'engueule, on argumente, on filoute, et on rediscute encore, jusqu'à la fameuse scène -grandiose- dite "du mariage du cousin", où va s'opérer un premier rebondissement, le premier de toute une série d'ailleurs...
On ne voit pas passer les 2h39 tellement ça file, et, justement, ça rebondit... (dans des directions, en plus qu'on n'aurait pas forcément vu venir, d'ailleurs).
Et ça fait plaisir de retrouver deux des comédiens principaux de LA LOI DE TEHERAN (ils étaient aussi, déjà, dans le premier film du réalisateur, LIFE AND A DAY, (2016) hélas toujours pas sorti en France...) dans des rôles -et avec des looks - sensiblement différents... (je ne les ai pas reconnus tout de suite, surtout celui qui jouait le rôle du flic...)
Et j'adore tout particulièrement la scène du mariage (ah la la, ces hommes qui dansent, c'est d'une sensualité...)

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24 septembre 2022

myxomatose et blennoragie

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LA MAMAN ET LA PUTAIN
de Jean Eustache

Waouh ! On l'a, pour 3 séances dans le bôô cinéma, dans le cadre du Festival PLAY IT AGAIN... Première séance jeudi à 13h30, salle 10, on était 4 (dont 3 dames). Pour moi, un moment empreint d'émotion, voire d'une certaine solennité, quand apparaissent sur l'écran, en blanc sur noir et sans musique, les lettres du titre.
Je me souviens que, quand on était plus jeunes, c'est Pépin qui m'en avait parlé, louangeusement, mais je ne suis plus sûr d'où et quand je l'ai vu. (Et même, en sortant de la salle, si je l'ai seulement vu "en entier" une fois quelque part). Trois heures quarante, il ne faut pas se mentir, c'est long (j'ai regardé l'heure au bout d'1h50, puis de 2h40).
Voir ce film en copie neuve et restaurée, c'est un peu comme visiter un monument historique dont l'entrée aurait été condamnée depuis des lustres.
Oui, monument historique. J'en connaissais surtout des photos : Léaud, Lafont, Lebrun (tiens, 3 L). Le premier est soulant (parle parle parle) la seconde est divine et la dernière sublime. Ils sont jeunes, ils sont beaux, et ils sont magnifiques. Alexandre vit avec Marie, il rencontre Véronika. Essaie de s'arranger avec ça. Un homme, deux femmes...
(Tiens tiens, les "hasards de la programmation" font que j'ai vu ce film juste après celui d'Emmanuel Mouret, avec qui il présente, curieusement des points communs, au-delà du triangle amoureux : le même goût de la langue et du verbe (les dialogues des deux films sont écrits minutieusement, et ont dû être appris par les acteur de la même façon, à la virgule près...), l'utilisation récurrente de la musique (savez vous que dans LA MAMAN... il est question de LA BELLE HÉLÈNE à deux reprises ? Une fois on l'écoute, une fois on en parle...)
Donc le film démarre, le temps suspend son vol... un ange passe en noir et blanc; je suis dans mes petits souliers de cinéphile admiratif, et voilà qu'on attaque sur une scène épouvantable de fausseté entre Jean-Pierre Léaud et Isabelle Weingarten, qui fait craindre le pire (sans doute est-ce pour ça que Jean Eustache l'a mise en ouverture? ), mais tout s'arrange ensuite avec la scène suivante (la rencontre avec Véronika à la terrasse du Flore) puis, enfin, le retour à la maison de la "maman" (mon dieu que Bernadette Lafont est belle...), et on se trouve enfin "embarqué", et on vogue gaiement sur les flots noirs et blancs de cette loghorrée germanopratine post-soixantehuitarde (on est en 1972, et, mon dieu, alors j'avais 16 ans).
Je regardais le film, certes, mais en même temps je regardais mon adolescence envolée,   j'accomplissais en quelque sorte une performance : voir LA MAMAN ET LA PUTAIN, en salle, en copie neuve restaurée. Comme si, tout en regardant le film (en le re-découvrant) je me regardais en train de le regarder. (Si j'avais été seul dans la salle j'aurais pu tenir un genre de "journal de visionnement"...)
La copie restaurée est scandaleusement belle. (Quasiment plus belle que l'original, en tout cas que celles vues "avant", à la téloche, vhs baveuse, copie de copie de copie, bouillie). L'image est impeccable, le noir et blanc al dente, le contraste parfait, la bande-son visiblement "nettoyée" elle-aussi, bref un vrai bonheur de spectateur. Et ces actrices /teurs mon dieu mon dieu on voudrait presque que ça ne s'arrête pas (je ne suis même pas sorti pour aller aux toilettes, presque quatre heures pourtant...). On regarde vivre ces personnages, on les écoute parler, on sait que ça relève de l'intime, que ce sont les mots d'Eustache, les amours d'Eustache, les femmes de sa vie, et les lieux aussi (cet appartement comme un ventre, et ces terrasses de café, Flore, les Deux Magots) cette vie d'il y a cinquante ans et pourtant si... moderne... La quantité incroyable de clopes fumées (les personnages en ont pratiquement toujours une à la main est remarquable et sate sans doute le film (on fume partout, on fume tout le temps) de la même façon qu'on boit  aussi beaucoup (whisky et pernod principalement... tiens, ça existe encore, le pernod, au fait ?).
J'étais un peu chiffonné (mais de ma faute) pendant le film en me remémorant que j'avais rajouté sur notre plaquette que figuraient dans cette version "10 minutes supplémentaires" ce que je me souvenais d'avoir lu sur un site (que je n'ai plus jamais ensuite retrouvé), avec notamment une scène où Léaud et Lafont vont au cinéma, une scène assez courte, qui existait dans la version originale de 1973, puis avait été coupée par Boris Eustache dès sa resortie de 1982..., la scène au cinéma, celle-là, je l'ai bien vue, et c'est vrai qu'elle n'était pas forcément indispensable...
Il y a vraiment de très beaux moments, des moments magnifiques de cinéma pur, il y en a aussi de plus anecdotiques, notamment la toute dernière scène qui nous laisse un plan, qui nous abandonne, comme si Véronika nous disait "Bon ben là ça va hein vous m'avez assez vue..."
(et noubliez pas le guide...)

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23 septembre 2022

enlever ses chaussures

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CHRONIQUE D'UNE LIAISON PASSAGÈRE
d'Emmanuel Mouret

Premier jour, première séance dans le bôô cinéma, avec Catherine. Le dernier film d'Emmanuel Mouret, à propos duquel je n'ai rien voulu lire auparavant, je connais juste son titre, son affiche, ses deux interprètes principaux, Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne (et Pépin m'a appris il n'y a pas très longtemps que sa partenaire de Bussang, Georgia Scalliet (celle qui jouait Ophélie) jouait le "troisième rôle"  dans le film (mais je ne sais pas du tout de quel personnage il s'agit).)
Elle c'est Charlotte, lui c'est Simon (on n'apprendra leurs prénoms qu'assez tard dans le film, en présence du troisième personnage, justement), ils se retrouvent, au tout début, dans un bar (la rencontre est précisément datée, comme le seront toutes les suivantes), ils se parlent, beaucoup, ils bougent aussi, elle est solaire, pétillante, souriante, lui semble plus "plan-plan", pataud, hésitant, bafouillant, un peu mal à l'aise, et, dès cette première scène, l'alchimie fonctionne entre ces deux-là...
Ils vont se revoir, rapidement, dans un autre lieu, puis un autre, en intérieur, à l'extérieur, et toujours avec cette complicité bienveillante, cette apparente légèreté : vivre dans l'instant, juste carper le diem, ne penser juste qu'à ça. Si lui est marié, a des enfants, est avec sa femme depuis longtemps et avoue ne l'avoir jamais trompée jusque là (cette relation est une chose très nouvelle pour lui), elle est célibataire annonce un enfant, puis un autre, se définit comme femme libre, ne supportant pas la passion et les grands élans sentimentaux, et à chaque fois ils parlent ils parlent ils parlent (l'ombre bienveillante, elle-aussi de Tonton Rohmer pourrait survoler tout ça à la façon d'un ange tutélaire, comme elle le faisait déjà au-dessus de LES CHOSES QU'ON DIT, LES CHOSES QU'ON FAIT, film précédent que je tenais jusque là en assez haute estime mais qui  à mon goût n'arrive pas à la cheville de celui-ci), mais ils se déplacent aussi (comme disait je ne sais plus quel critique "dans des appartements scandaleusement grands", j'ai trouvé une interview passionnante du chef-op' de Mouret, Laurent Desmet, qui en parle très bien, ), dans des espaces à chaque fois nouveaux, de la même façon que leur sentiments, aussi, se déplacent, chaque nouvelle rencontre change un peu la donne dans cet arpentage de la Carte du Tendre, auquel Emmanuel mouret nous a déjà si bien habitués, mais qu'il maîtrise ici de façon sidérante...
Car il s'agit ici de haute voltige : non seulement le film est charmant, élégant, intelligent, mais s'il réussit aussi à être très très drôle (la scène de la rencontre dans le musée, celle de la première visite), en même temps il nous habitue à entrevoir la gravité qui est le revers (la doublure) de toute reation chamarrée et chatoyante.
Et Kiberlain et Macaigne s'entendent comme larrons en foire... Et ça fait des étincelles. Pourtant on connaît (on connaissait) déjà leurs personnages respectifs (la blonde pétillante et le barbu aux yeux de cocker) mais le fait de les avoir fait se rencontrer est vraiment une idée de génie... Tout comme celle de ne montrer qu'eux  et leurs rencontres (on ne verra jamais ni leurs conjoints ni leurs enfants).
Le film est alerte, comme le sont sa musique et ses rebondissements (je ne savais absolument pas ce que j'allais voir, surtout dans las deuxième moitié du film...) Mouret découpe aussi bien l'espace qu'il le fait avec le temps (il y a des filmages de séquences vraiment jubilatoires -que ce soit avec les personnages ou sans, mais là j'en ai déjà trop dit sans doute sur une séquence en particulier que je trouve ma-gn-fi-que, et dont je ne dirai rien de plus...)
Le film a suscité une kyrielle d'épithètes louangeuses et de dythirambes divers. Et il les mérite! (Tiens! Les Cahiaîs et Pozitif sont pour une fois d'accord, à 4 étoiles,  et il n'y a que Libé -re tiens tiens- et cette pimbêche de Sandra O. pour se fendre de deux méprisantes étoiles, et de ce commentaire imbécilement incompréhensible "Si l’indifférence s’invite, c’est que le film paraît surtout se régaler ou s’émouvoir de ses propres idées, comme s’il se portait très bien sans nous." Pffff Machine à gifles directos).
En tout cas, mon film préféré d'Emmanuel Mouret.
Bref, j'ai adoré ça
(Et hop, encore un top 10!)

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lLa bande-annonce (à voir ) est tout à fait à l'image du film, et pour une fois, ne vend pas la mèche! En plus elle est avec sous-titres!

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20 septembre 2022

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PLAN 75
de Chie Hayakawa

Je suis allé à Besac spécialement pour le voir, parce que le sujet m'intéressait. un film japonais très japonais, avec des courbettes, des excuses, des arigato et des moshi moshi, pour une histoire située "dans un futur proche" (donc, potentiellement bientôt) où le gouvernement a mis en place ce fameux "Plan 75" qui est un plan de suicide assisté, d'euthanasie, pour les personnes de plus de 75 ans qui le souhaitent. Où on signe un contrat, où on touche une prime, où des jeunes gens en costume assis derrière leur bureau vous informent avec force sourires et hochements de tête... Où on peut se dédire jusqu'à la dernière minute, aussi.
Le spectateur va suivre plusieurs personnages, plusieurs "cas de figure" (après une scène d'ouverture (très floue) que j'ai particulièrement appréciée.) Une vieille dame, qui envisage de s'inscrire au fameux plan, une jeune fille, qui s'occupe des personnes en fin de vie et s'occupe de leurs affaires après leur décès, un jeune homme (qui fait signer les contrats, et son vieil oncle...
La force du film c'est qu'il est traité quasiment comme un documentaire, et, donc, plausible... Dans un même temps le procédé permet de tenir le spectateur à une certaine distance, lors de certaines scènes qui pourraient évoquer d'autres moments spécialement épouvantables de l'histoire mondiale (la récupération, -le "dépouillage" des affaires des défunts).
On s'intéresse (et on s'attache) beaucoup au personnage de la vieille dame, qui constitue la colonne vertébrale du film, mais les autres personnages sont tout aussi dignes d'intérêt.
Il s'agit du premier long-métrage de cette réalisatrice.

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19 septembre 2022

réparation

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REVOIR PARIS
d'Alice Winocour

Un film qui suscite le débat, en tous cas la diversité des opinions (entre le catégorique "de toute façon je n'irai pas le voir" de D., le "il y a des scènes où je me sentais de trop, où je n'avais pas envie d'être là" d'E., le "j'ai trouvé ça fade" de F., et le "absence totale de ressenti et d'émotion" de P., tout un arc-en-ciel de, justement, ressentis).
J'y suis allé lesté d'un a priori très négatif (dû à l'avis de P. qui venait justement de le voir), avec Catherine (et un certain nombre de dames, dans la salle à part moi il n'y avait qu'un seul autre monsieur) et j'avoue, dès le départ,  m'être laissé embarquer par le film, par Virginie Efira, par l'évocation de l'attentat, et des conséquences produites sur ceux qui en avaient fait partie, par la recherche d'un inconnu en guise de tentative de reconstruction, par l'intéressant travail sur le son, par l'attention portée aux personnages.
Plus le film avançait et plus j'étais dedans (et moins je comprenais les réticences de P.), et quand les lumières se sont rallumées, les yeux de Catherine m'ont confirmé ce que j'avais perçu, qu'elle avait pleuré, je lui ai dit que je l'avais entendue, et elle m'a dit que non seulement elle m'avait aussi entendu renifler (la scène finale, c'est vrai) mais qu'elle avait aussi entendu son voisin (l'autre monsieur) sangloter...
Visiblement, de l'émotion, il y en avait...
Il est donc question d'une jeune femme, à moto, qui à cause de la pluie (et de son compagnon qui l'a plantée là fort peu diplomatiquement, tiens revoilà Grégoire Colin, dans un rôle pas vraiment plus sympathique -ni souriant- que celui qu'il tenait dans AVEC AMOUR ET ACHARNEMENT) est entrée dans un bar-restaurant  pour boire un verre de vin en attendant que ça cesse (la pluie), et va être prise dans un des fameux "attentats" terroristes du 13 novembre 2015.
On a déjà eu un aperçu -terrifiant- de l'attentat contre Charlie-Hebdo, raconté -de l'intérieur- par Philippe Lançon dans LE LAMBEAU. Alice Winocour tente une reconstitution "vécue de l'intérieur" via le personnage interprété par Virginie Efira, un moment de confusion et de terreur,  qui va la laisser amnésique (comme Sara Giraudeau au début de LA PAGE BLANCHE, mais pas pour les mêmes raisons.), une amnésie partielle, un black-out complet sur ce qu'elle a vécu lors de ces minutes-là.
Le film se déroule après, et l'histoire se reconstitue par bribes et fragments, minutieusement, au fil d'images qui resurgissent accompagnées souvent des bruits qui les accompagnaient (je l'ai déjà souligné, le travail sur le son est remarquable...) Tout ça est bien construit, une genre d'enquête personnelle avec recherche d'indices, le film qui se structure au fur et à mesure que la jeune femme se reconstruit, et Virginie Efira est excellemment au service de son personnage (impressionnante...). mais la réalisatrice nous montre qu'un certain nombre d'autres personnages sont eux-aussi inverstis dans le même genre de quête... (et qu'il est parfois difficile de conjuguer deux traumas individuels...
Le seul reproche que je pourrais faire au film, c'est l'histoire d'amour avec Benoît Magimel qui n'était pas vraiment indispensable (et n'apporte rien à l'histoire), mais bon, un peu de romance vient juste ajouter ce qu'il faut de sucrosité pour compenser l'amertume du récit...

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13 septembre 2022

et mes affiches tu les aimes ?

JLG est mort à 91 ans, ça va faire encore une belle une pour Libé (je parierais bien sur "à bout de souffle" ?)
Je voulais juste préciser que je n'ai jamais été un godardophile excessif (godardolâtre) mais si je ne devais garder qu'un film du monsieur, ce serait LE MÉPRIS (merci Pépin!)...
Et en cherchant une repro de l'affiche pour la mettre ici j'ai trouvé ça :

le mùépris

aff le mépris

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mais aussi

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Ah, cette Brigitte, ah ce Michel, ah ce Jean-Luc, ah cet Alberto, ah ce Fritz, ah ce Jack...

16 septembre 2022

gett

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CAHIERS NOIR 1 : VIVIANE
de Shlomi Elkabetz

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CAHIERS NOIRS 2 : RONIT
de Shlomi Elkabetz

Remarque préalable : Il vaut mieux voir les deux films dans l'ordre (ce que la programmation dans le bôô cinéma ne facilite pas (vendredi, il passait le 2 à 13h40 et le 1 à 18h!). J'étais très heureux (et très fier) qu'on puisse le programmer mais aussi plutôt déçu par le peu de spectateurs intéressés (d'autant plus que je suis prêt à parier qu'au prochain FICÂÂÂ ça fera salle comble et même qu'on refusera du monde...).
Ronit Elkabetz et son frère Shlomi ont réalisé ensemble trois films entre 2004 et 2014 : PRENDRE FEMME / LES SEPT JOURS / LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM, mais on avait déjà eu l'occasion de découvrir la superbe Ronit dès 2001 dans le non moins superbe MARIAGE TARDIF de Dover Koshashvili , on l'avait revue (et toujours autant aimée) dans MON TRÉSOR (2004) puis dans LA VISITE DE LA FANFARE (2007).
Ronit Elkabetz est morte en 2016, et son frère a entrepris de lui rendre hommage à travers deux films qui sont un montage très impressionnant d'archives publiques et privées (Shlomi filmait sa soeur beaucoup, souvent, depuis très longtemps) le premier évoquant "les débuts", (la famille, comment le disent les inetertitres : LA MERE, LE PERE, LA FILLE, LE FRERE) jusqu'au film LE PROCES DE VIVIANE AMSALEM, le second évoquant plutôt la maladie, en revenant beaucoup plus en détail sur le tournage de ce même film, puis la vie de l'actrice avec cette maladie, attentivement, jusqu'au bout (on apprend qu'un nouveau film basé sur le personnage de la Callas était prévu...)
Un très beau portrait de femme forte (jusqu'au bout, là aussi), doublé d'un portrait de famille touchant aussi (les 3 films co-réalisés racontent l'histoire de la mère de Ronit et Shlomi) avec en filigrane  le récit d'une relation forte entre un frère et une soeur, retranscrite à l'écra avec une "romantisation" de leur histoire (via l'utilisation de la musique de Bernard Herrmann, notamment pour le VERTIGO de Hitchcock). Shlomi Elkabetz nous montre tout ce qu'il a pu filmer de sa soeur, professionnellement (les films, leurs tournages, leurs sorties, les rushes, les affiches, les campagnes de promo, même les projections refilmées depuis la salle), mais tout autant ce qui relève de la sphère privée (les "films de famille") intime et familiale (le frère et la soeur, mais aussi les parents, et, surtout leur mère) dans un travail de montage fascinant (30 ans d'archives, tout de même!).

 

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21 septembre 2022

images + ou - sans paroles (from tw*tter)

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cimetière de doudous

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la jeunesse...

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procès du docteur Petiot

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supporters de foot

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la montre connectée de cet hiver

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la baignade

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Julie Delpy in "Mauvais Sang"

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Bernadette L. par Jean-Loup S.

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Federico et Marcello

 

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"Eh les mecs, est-ce que ça coule un peu au bout?"

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Humphrey Bogart (qui ressemble à mon Tonton Paco)

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j'ai pensé à Manue hihihi

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15 septembre 2022

PLS

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ANATOLIA
de Ferit Karahan

Brrrr... on frissonne, et pas uniquement parce qu'il neige tout le temps dans ANATOLIA, ni parce que le chauffage est en panne dans ce pensionnat de garçons, ni parce qu'on impose à certains garçons des douches froides pour les punir, ni parce que "la région Kurde n'existe pas", ni encore parce que les adultes de l'équipe qui encadre (on ne peut pas parler d'"éducative"..) rivalisent d'incompétence, de bêtise, de mauvaise foi, de veulerie, non, on frissonne, surtout, parce que le combat est par trop inégal, et que c'est toujours le plus grand (le plus con) qui a le plus de pouvoir, qui a le dernier mot, et qui gagne à la fin (la dernière image est glaçante).
Le film suit le jeune Yusuf, voisin de lit (et ami) du jeune Mehmet, qui un matin ne peut pas se lever parce qu'il est malade, et Yusuf va passer le film au chevet de Mehmet, tandis que face à lui défilent les adultes de l'équipe (plus ou moins responsables), pratiquant la politique du "c'est pas moi c'est lui", et du fusible (chacun cherchant à chaque fois celui sur qui rejeter la faute), bref comme un grand vivier d'autruches turques (de sexe mâle), et un superbe festival de faux-culs (ça m'a évoqué un certain gouvernement par rapport à la gestion d'une certaine crise sanitaire...). Et au milieu, un gamin qui s'inquiète pour son copain.
Le film est basé sur l'expérience personnelle du réalisateur, qui a passé six ans dans ce genre d'internat. Un film plutôt sombre, qui commence et finit dans les douches, et le reste du temps, il neige. Et pas de la neige d'opérette. Avec de temps en temps des scènes ou des images (des détails) qui font sourire (les gens qui glissent systématiquement en entrant dans l'infirmerie, le directeur obligé de se percher sur une chaise près de la fenêtre pour avoir du réseau...) histoire d'alléger un peu ça et là la tension...

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8 septembre 2022

françois françois

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AVEC AMOUR ET ACHARNEMENT
de Claire Denis

C'est une d'autant plus belle surprise que d'être ravi par un film dont on n'attendait pas forcément grand-chose sur le papier (Denis + Angot + Binoche = ouais pourquoi pas faut voir). Leur première collaboration UN BEAU SOLEIL INTÉRIEUR ne m'avait pas pleinement convaincu (je vais retourner voir ce que j'en avais dit, tiens c'est , et tiens finalement c'est plutôt positif...), enfin c'est le vague souvenir que j'en avais, l'autre film avec Binoche (et Robert Pattinson), HIGH LIFE, m'avait plutôt mis mal à l'aise. Quant aux collaborations Lindon /Denis, c'était quasiment le grand écart entre le très beau VENDREDI SOIR (d'il y a très longtemps) et le détestable LES SALAUDS (surtout pour une scène dégueulassement injustifiable)... Donc en y allant ,je demandais à voir...
Peut-être est-ce -enfin- le grand film de la réconciliation entre Claire et moi ? (Et, pour moi, de la reddition totale et sans conditions...) Alors que, souvent, dans ses films, il y a le caillou dans la chaussure, de taille plus ou moins conséquente, qui fait plus ou moins claudiquer, eh bien pour celui-ci je n'ai absolument aucune réserve. Tout est divinement au diapason : les acteurs, le filmage, la musique(la voix de Stuart M. Stapples me bouleverse toujours autant...) et j'y ai même trouvé une des plus magnifiques scènes au cinéma cette année, celle dite "du nouveau bureau". (Une scène que j'ai trouvée sublime).
Binoche et Lindon composent une couple parfaitement vraisemblable, aussi touchant dans la roucoulade (la scène du début) que dans l'engueulade (le début de la fin). Vraisemblables aussi, et d'autant plus touchants, leurs échanges (avec, bon, peut-être un minusculissime bémol sur les voix-off de Juliette Binoche -notamment le François François... du titre qui m'a immanquablement fait penser aux mêmes mots, chuchotés et pâmés, par la divine Danièle Lebrun à propos de Vidocq, dans le feuilleton du même nom- qui sont -peut-être- un petit peu trop sur-écrits, mais bon je n'en suis pas tout à fait sûr...)
Soit donc un couple, elle et lui, qu'on découvre, superbement amoureux, au début du film, dans la mer, se câlinant et se disant des mots tendres, et qu'on quittera, à la presque toute fin, autour d'une baignoire, (elle dedans et lui dehors), plus tout à fait exactement dans le même état d'esprit (quoique). Car est venu se planter entretemps dans le talon de leur belle histoire l'épine du troisème homme, le précédent amour d'elle, qui réapparaît brusquement. Et précipite (chimiquement) la réaction. Le fameux, donc, François (ce cher Grégoire Colin, qui a bien grandi, qu'on a vu grandir, d'ailleurs, au fil des films de Claire Denis (j'ai compté 7 occurences), depuis son apparition dans Nénette et Boni (1996)
L'amour, toujours l'amour... Ce film a pour moi quelque chose de miraculeux dans son (dés)équilibre, dans sa justesse, dans la façon de le filmer, de le regarder, le montrer, le dire (ou pas), oui quelque chose de miraculeux. Pour parler de l'amour(de sa naissance, de sa résurgence, de sa rémanence), comme dans ces formules que j'adore ("C'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas") . J'ai lu je ne sais plus où que Claire Denis avait envisagé d'adapter au cinéma les Fragments d'un discours amoureux, de Roro Barthes, mais que cela n'avait pu se faire à cause des ayant-droit(s)...) et ce film pourrait avoir quelque chose à y voir...
J'ai pleuré deux fois, deux belles fois, la première fois lors de la scène évoquée plus haut (que je ne préciserai pas davantage), où la savante progression du montage débouche sur un climax qui m'a fait venir les larmes aux yeux à la fois de surprise et de ravissement, et la seconde, presque à la toute fin, un extérieur nuit urbain sur elle, de dos, moins fiévreux, plus distant, et là c'est  la voix de Stuart Staples qui en a été le déclencheur.
Top 10.

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j'avoue que l'affiche ne me donnait pas particulièrement envie...

3 septembre 2022

la salle de réveil

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c'est pareil à chaque fois (après chaque anesthésie je veux dire) : j'adore me retrouver en salle de réveil....
(déjà, avant tout, parce que je me suis réveillé -et donc que je ne suis pas mort, et d'une-)
Une grande salle, claire, avec un certain nombre de lits alignés, avec, dedans, des gens assoupis, et en face des placards et des étagères avec plein de matos médical, et des infirmières (et du personnel hospitalier
il y a la radio, pas trop fort, mais tout de même audible, en fond sonore
il y a, surtout, les discussions des "personnels soignants" (le plus souvent des infirmières, mais de temps en temps passe un élément mâle qui met son grain de sel dans la conversation), conversations entre elles, parfois strictement hospitalières, parfois plus personnelles (et sans rien à voir avec le job), échanges avec les patients aussi (il y en a un qui était particulièrement bavard, une histoire de bagarre dans un magasin, de main -cassée ?-, et j'ai fini par comprendre que lui, il n'arrivait pas du bloc mais il allait y partir...)

je suis là, allongé tranquillou, mon doigt dans le pince doigt, au bras le cathéter vide par lequel on m'a anesthésié, et à l'autre bras le brassard qui prend la tension se gonflant et se dégonflant régulièrement, j'écoute ce qui se passe, je me remets sur le dos (j'ai ouvert les yeux exactement dans la même position que lorsque je me suis endormi) je me tourne et je regarde le mec à ma droite toujours profondément endormi, on a amené un autre brancard, et installé à ma gauche (un peu plus loin quand même) une dame, elle aussi endormie, couchée en chien-de-fusil sur son côté gauche

je rêvasse, je suis à l'écoute, je me sens bien réveillé, pas du tout cotonneux, je n'ai mal nulle part, j'ai l'impression que je viens juste de fermer les yeux, comme s'il ne s'était rien passé

une infirmière m'a dit qu'on allait me laisser là encore un peu de temps
j'ai l'impression de me trouver dans une série médicale, et ça me fait sourire
et, oui, je me sens trop bien
(je n'avais même pas faim, alors que ça faisait pourtant vingt-quatre heures que je n'avais rien absorbé de solide...)

30 août 2022

christine pascal et autres disparues

On se posait la question l'autre jour...

et ce matin je vois ça sur mon fil tw*tter :

"le 30 août 1996 décès à Garches de Christine Pascal actrice, scénariste et réalisatrice, soignée pour des troubles psychiatriques, elle se donne la mort dans la nuit du 30 au 31 août en sautant par une fenêtre de l'établissement, 8ème division du cimetière du Père Lachaise"

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j'y apprends que Jean Seberg est morte le même jour

"le 30 août 1979 disparition à Paris de Jean Seberg actrice, son corps est retrouvé plusieurs jours après dans sa voiture enroulé dans une couverture avec un mot dans sa main, le rapport d'autopsie indiquera qu'elle a succombé à une surdose, cimetière du Montparnasse"

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le monsieur s'appelle Stef (@stefdesvosges pour le retrouver sur tw*tter), il est visiblement un amateur (un spécialiste) de tombes et de cimetières, souvent du Père Lachaise (un endroit que j'adore) et donc je m'abonne donc à son fil...

j'y découvre aussi la photo de la tombe de Christiane Rochefort

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et celle de Monique Wittig

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deux romancières qui bercèrent mon adolescence et ma jeuneadulterie , la première avec PRINTEMPS AU PARKING, ARCHAOS ou Le jardin étinecelant, ENCORE HEREUX QU'ON VA VERS L'ETE, LES PETITS ENFANTS DU SIECLE, C'EST BIZARRE L'ECRITURE, , la seconde avec juste un bouquin -mais quel bouquin! - L'OPOPONAX (que j'adore -et que je relis- toujours autant)

 

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