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lieux communs (et autres fadaises)
25 juin 2023

l'événement

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LA BÊTE DANS LA JUNGLE
de Patric Chiha

(entregent / prévisionnement GNCR 4)

Curieux.
Du Henry James revisité en musical. Avec Anaïs Demoustier (toujours aussi bien) et Tom Mercier (-smiley aux joues roses- dont je me souviens surtout de l'importance de son appendice viril (SYNONYMES de Nadav Lapid) , oui c'est mal je sais mais qu'y peux-je hein je suis ainsi) mais on le verra pas du tout ici et toc). Dans une boîte de nuit qui se cache derrière un simple rideau doré, avec à l'entrée une physionomiste / pythie à capuchon noir, l'excellente Béatrice Dalle, qu'on a grand plaisir à retrouver...
Dans cette boîte vont se retrouver May et John, tous les samedis soir ou presque, pendant très longtemps (on commencera un peu avant 81 et on finira en 2004, ce qui fait vraiment beaucoup de samedis soir.) Tout au début, il lui a confié un secret le concernant, qu'il va lui demander de partager avec lui, régulièrement, chaque samedi soir, quelque chose de "plus grand que lui", qu'il attend, et cette relation énigmatique va durer au fil des années, des musiques et des danses qui les accompagnent (la moitié du film est constituée de -merveilleux- plans de gens qui dansent sur la piste, en contrebas, tandis que nos énigmatiques lovers (pas tout à fait vraiment mais un peu quand même) se retrouvent plutôt au balcon, où ils observent à la fois ce qui se passe en contrebas et comment évolue leur histoire...
A l'origine, LA BÊTE DANS LA JUNGLE est un court roman (une longue nouvelle) de Henry James, qui fut adaptée pour le théâtre par Marguerite Duras, et mise en scène par Alfredo Arias, avec Delphine Seyrig et Sami Frey (1981, une belle année), puis, un peu plus tard filmée par Benoît Jacquot, à la demande de l'INA. (Beau linge...).
Un seul regret : pour visionner le film grâce au lien fourni, j'ai dû installer Chr*me, mais hélas le visonnement a été plutôt compliqué (nécessiter de relancer régulièrement) et chaotique, et, surtout, impossibilité de faire des copies d'écran (on n'y voit que du noir). Alors que les images (toutes les images du dance-floor) sont, vraiment, magnifiques.
L'aspect "théorique" du discours (on comprend que cette histoire d'amour "sublime, forcément sublime", ait pu plaire à la Guiguitte) est contrebalancé par le filmage très frontal, très physique, très charnel des corps qui dansent.
(j'ai dû ruser pour réussir à faire des captures d'écran des différents teasers -il n'y a pas encore vraiment de "bande-annonce")

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(sortie prévue 16 août 2023)

 

23 juin 2023

au nom de l'amitié que je te porte...

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L'AMITIÉ
d'Alain Cavalier

(revu)
La première fois c'était sur l'écran de l'ordi, là c'était dans le bôô cinéma. j'avais trouvé ça un peu longuet au départ, mais c'est sans doute parce que c'était sur un petit écran, que ça ne "respirait" pas suffisamment. Ca fait belle lurette que le cinéma d'Alain Cavalier m'intéresse, voire me passionne, depuis qu'il a sa petite caméra dv à la main et qu'il filme tout ce qui bouge (ou qui, justement ne bouge pas : les choses).
Trois portraits par petites touches de trois amis très différents, chacun dans leur lieu de vie, introduits très simplement, juste comme ça, sans nom, sans numéro de chapitre. on passe de l'un à l'autre, simplement. Boris Bergman, d'abord, un des paroliers attitrés de bashung (Vertige de l'amour, qui tient particulièrement à coeur à Alain C., c'est lui), ils se connaissent depuis un bail, depuis un projet de film d'Alain cavalier sur Bashung et Bergman (non daté), qui ne s'est jamais fait.
Le deuxième c'est Maurice Bernart, l'homme qui a produit THERESE, en 1986 (on apprend que le -petit- pourcentage accordé par contrat à Cavalier sur les droits lui avait permis à celui-ci de financer ses films suivants pendant un certain temps...)
Le dernier c'est Thierry Labelle, qui a joué dans le magnifique LIBERA ME, en 1993. Et dont ce fut l'unique expérience cinématographique.
Un film de gens, de mots, d'échanges, de souvenirs, de rires aussi,  de regards-caméras, de discrétion le plus souvent, mais parfois pas ("Je préfèrerais que tu ne filmes pas ça..." dira Maurice à Alain au moment où il s'apprête à cirer ses chaussures, et Alain arrêtera de filmer), de respect donc.
Les trois amis de Cavalier, donc, dont on comprend par fragments pourquoi ils sont chers à son coeur, mais également leurs femmes, épouses, compagnes, qui apparaîtront plus ou moins selon qu'elles auront accepté ou non d'être filmées. Celle de Boris Bergman qui est japonaise et dont je n'ai pas réussi à retrouver le prénom malgré d'intensives recherches, (elle est pourtant citée à l'égal de son mari sur les jolis cartons au pastel du générique de fin), celle de Maurice Bernart qui s'appelle Florence Delay et est écrivaine, et celle de Thierry labelle qui s'appelle Malika et dont on n'entendra que la voix...
Intimité, pudeur, vie privée, pour chacun des trois portraits Cavalier a ajusté plus précisément les curseurs.
Et c'est aussi réussi que touchant.

“J’ai intensément partagé le travail cinématographique avec certains, jusqu’à une amitié toujours vive. Filmer aujourd’hui ce lien sentimental est un plaisir sans nostalgie. Nos vies croisées nous permettent cette simplicité rapide de ceux qui ne se racontent pas d’histoires, qui savent être devant ou derrière la caméra, dans un ensemble de dons et d’abandon au film.” Alain Cavalier

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26 juin 2023

à quatre mains

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FIFI
de Jeanne Aslan & Paul Saintillan

Oh le joli joli film. Et juste aussi. Avec deux acteurs magnifiques : Céleste Brunnquell et Quentin Dolmaire. On l'avait demandé, on ne l'a pas eu, je suis donc parti jusqu'au Victor Hugo pour l'y voir (et un très heureux concours de circonstance a fait que je l'ai vu à la 1 au lieu de la 2 où il était initialement prévu...)
Une jeune fille, Fifi donc (Céleste Brunnquell est exquise), vivant dans un appart surchargé avec mère, soeurs, bébé, dans une ambiance proche -on a un peu peur lors des premières scènes- des drames socio-réalistes à thèse (elle se tape quand même de la kro dès 10h du mat', hein), par un heureux concours de circonstances (comme celui qui a permis au film de changer de salle) -enfin elle y met un peu du sien- entre en possession des clés de la maison d'une ex-copine, fille de dentiste, qui part en vacances avec toute sa famille l'après-midi même, et notre Fifi projette donc de s'y installer, tranquillou(e), fuyant la promiscuité bruyante et surchargée du HLM  familial.
Et zou! le jour-même elle met son projet à éxécution, squattant la maison vide, vautrée sur la canap' en jetant ses baskets sur le tapis, puis prenant un bain de mousse voluptueux. L'été s'annonce plutôt bien...
Sauf que (bien sûr...).
Débarque à son tour un autre visiteur, mais "légal" celui-ci, parce que familial, le frère de la fille du dentiste, le fils de la maison donc, (Quentin Dolmaire, toujours aussi charmant) venu de Paris, où il étudie, pour passer un mois-là, tranquillou lui-aussi. Il entre, trouve la boîte de Kro, les baskets sur le tapis, et finit par tomber sur Fifi dans la salle de bains. Hurlements de la naïade effarouchée.
Explications. Et voilà que se met en place entre ces deux-ci un genre de modus vivendi un peu improbable, mais qui a l'air de fonctionner. Il a pris un boulot à domicile (des enveloppes à remplir pour une ONG), les cartons s'empilent, et Fifi se propose de lui donner un coup de main... Et les voilà en train de coller des étiquettes, mettre un stylo dans l'enveloppe, donner un coup de tampon, tout en papotant (plus ou moins).
Le film est très habile, équilibriste, tour à tour drôle, tendre, émouvant (et avec mon voisin de rang on a éclaté plusieurs fois de rire -pas toujours au même moment, d'ailleurs-), et culmine dans une séquence de baignade nocturne magnifique de tact.
Tout ne se passe pas toujours comme on voudrait, en amour...
A revoir bientôt, j'espère, dans le bôô cinéma!

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14 juin 2023

deux sucres

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ON DIRAIT LA PLANETE MARS
de Stéphane Lafleur

(entregent /prévisionnement GNCR 1) Un film québecois, d'un réalisateur dont j'avais beaucoup beaucoup aimé un film précédent (TU DORS NICOLE, 2015). Construit sur un point de départ pas tout à fait convaincant (très artificiel en tout cas), poursuivi en vase (presque) clos sous forme  de  "film de s-f cheap à visée métaphysique des années 70" (ça m'a rappelé COSMODRAMA de Philippe Fernandez) qui compense la faiblesse des moyens par la profondeur de ses desseins, la fumosité de ses dialogues, et l'embrouillagement de ses situations (et tout ça en joual, mais rassurez-vous c'est sous-titré).
Cinq personnes comme vous et moi ont été sélectionnées en fonction de leurs profils psychologiques parfaitement identiques à ceux de cinq astronautes envoyés en mission sur Mars, David, Steven, Janet, Gary et Liz. Trois hommes et deux femmes dont les cobayes sélectionnés vont porter le prénom, endosser l'identité, pour vivre, dans un endroit isolé, ce que vivent quotidiennement les pionniers de l'expédition martienne. Sauf que, s'ils ont le même profil psychologique (ils ont été choisis pour ça), leur caractéristiques physiologiques ne correspondent pas toujours : si David et Gary sont bien des hommes et Janet une femme, par contre Liz est un homme, et Steven une femme...
Et l'expérience commence (ils sont supposés être là pour 2 ans). "Et rien ne va se passer comme prévu...". Bien sûr. (mais tout ça semble un peu moumou).
Un film juste... pas mal (dont on se demande pendant tout sa durée où est-ce exactement que le réalisateur veut bien en venir).
Qui se révèle, finalement (in extremis) plus intéressant que prévu.
(sortie prévue le 2 août 2023)

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toute la gang

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11 juin 2023

Bonniechounette et clydounet

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RIVER OF GRASS
de Kelly Reichardt

C'est grâce à Emma que j'ai pu regarder ce premier film de cette (très) chère Kelly Reichardt (daté de 1994, -mon dieu je quittais Les Capucins et j'arrivais au Montmarin...-, mais seulement sorti en France en 2019). Un film court (1h12) à peine plus que OLD JOY (1h16) la merveille qui allait le suivre 13 ans plus tard...
Ca se passe en Floride, dans les années 90 et c'est la virée "meurtrière" (enfin, ils ont un flingue) d'une jeune fille, Cozy,  (qui est aussi la narratrice, en voix-off), fille de policier, et de Lee Ray Harold (non non, rien à voir avec Lee Harvey Oswald...), un jeune homme à cheveux longs (qui dort sans pyjama et qui marche pieds-nus), qui a une grosse bagnole bleue pourrie (et qui a trouvé un révolver...)
Les tueurs de la lune de miel, Tueurs nés, True Romance, La balade Sauvage, le cinéma américain foisonne de ces roadmovies avec couple d'assassins dans le sillage de Bonnie & Clyde... Bonnie & Clyde, a priori, ok, mais ici avec des diminutifs, comme je l'ai signifié en tête de ce post... avec leur virée minuscule,  nos deux jeunes gens sont vraiment comme des bébés dans le monde des couples criminels en fuite...
D'après ce qu'en disent les spécialistes de Kelly R., le film serait en grande partie autobiographique (et quand on a fini de voir le film on se demande jusqu'à quel point...), la réalisatrice a grandi dans les coins qu'elle filme (elle filme dans les coins où elle a grandi serait plus juste), une certaine Amérique des laissés-pour-compte, des déshérités, de la démerde...
Il y a bien un couple, un flingue, une bagnole, un motel (et même un flic à leurs trousses), mais la jeune Kelly Reichardt (elle a 30 ans à l'époque) va nous brasser les cartes et les redistribuer à sa manière (qui pourrait évoquer, tiens, une cousine de Jane Campion, au nom de ses portaraits d'héroïnes un peu tourmentés.
Bon, il y a l'histoire (ou la non-histoire), la galerie de personnages, mais il y a surtout la façon de filmer, le sens du cadrage, de la couleur, de la composition impeccable des plans, qui transcende vraiment ce qui aurait pu n'être qu'un petit opus indépendant crasseux, et qui, avec vingt ans d'avance (et une sacrée détermination furibarde -mais rentrée-) préfigure déjà, à sa façon, les merveilles à venir.
Kelly Reichardt capte l'air du temps -de son temps à elle- et la capture de cette mythologie nous rend babas (ça tombe bien, c'était l'époque).
J'adore.
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8 juin 2023

double séance "surprenante"

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DÉSORDRES
de Cyril Schaüblin

Je me souvenais juste que le film était passé à ENTREVUES, que Claude W. l'avait vu et l'avait beaucoup aimé (Mimi T. aussi, non ?) mais le peu qu'elle m'en avait dit ne m'avait pas donné plus envie que ça de le voir (et je crois qu'en plus il n'y avait plus de séances)... QUELLE ERREUR! (hih lapsus -justifié- j'avais écrit QUELLE HEURE). Emerveillé je fus, complètement, parfaitement, par la manière de filmer de Cyril Schaüblin. D'un bout à l'autre. Le seul problème, c'est que je dois y retourner la semaine prochaine parce que j'ai honteusement dormi, pendant (au moins) le premier quart d'heure, au moins, un sommeil auquel j'ai tenté de résister de différentes façons mais que nenni. Ouverts, fermés, ouverts, fermés ont fait mes yeux, et ce qui m'a réveillé c'est quand j'ai vu Emma qui dormait profondément à côté de moi se réveiller en sursaut à cause d'une détonation dans le film (j'ai un repère temporel, c'est la scène de la tombola...)
Et j'ai tellement aimé ce que j'ai vu (j'ai adoré cette façon de filmer) que j'y suis retourné, quelques jours après, pour voir le film -en entier. Quel ravissement! une thématique plurielle et plutôt dense (des ouvrières dans une usine suisse d'horlogerie, un jeune géomètre russe qui va devenir (mais il ne le sait pas encore) un futur ponte de l'anarchisme, un patron d'usine qui supervise la réalisation des nouvelles photos de son futur catalogue, des contremaîtres qui chronomètrent les différentes actions des ouvrières, un photographe qui réalise des portraits et les vend, des tombolas où on peut gagner des fusils (la première), et des portaits photographiques et des réveils (la seconde), et un genre d'état des lieux établi avec un indéniable délicatesse, comme un précis de suissitude (on vous licencie, on vous interdit de voter parce que vous n'avez pas acquitté vos impôts, on vérifie vos papiers, on vous interdit de passer, d'entrer dans l'image, mais toujoursavec calme et politesse).
Surprenant et magnifique (top 10)

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(l'affiche ne rend pas justice au film)

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OMAR LA FRAISE
de Elias Belkeddar

Deuxième film surprenant de l'aprèm. Celui-ci, en séance spéciale à Cannes la semaine dernière, qu'on devait avoir en film A (et en sorti nationale) et qui avait mystérieusement -pfuit!- disparu de la programmation, et qui, après un échange de méls avec qui de droit, a donc -repfuit!- aussi mystérieusement réapparu cette semaine, pour sept séances quotidiennes à 16h... je savais juste que c'était tourné à Alger, que Réda Kateb et Benoît Magimel étaient en tête d'affiche, et jouaient une paire de malfrats, que c'était parfois un peu sanglant (et que ça évoquaint un peu Quintin Tarentino), et que, bon, séance de minuit à Cannes il devait y avoir une bonne raison...
Il y avait, effectivement.
Surprenant parce que complètement imprévisible. Le film commence plein pot avec une scène de braquage ultra-violente (il arrive qu'on se cache les yeux), repart de façon plus bonhomme, puis re-pète les plombs, puis sirote et glucose, avant de se comporter très méchamment à nouveau, puis à roucouler de la plus loukoumesque façon, bref, on n'est jamais tranquille, on ne sait jamais à l'avance à quelle sauce on va être mangé dans la scène suivante (oui, on se cachera plus sieurs fois les yeux, je précise...)
Le film se comporte comme les protagonistes (Réda K. et Benoît M.) qui nous la jouent un peu à la façon nitroglycérine, tout gentils calmes rigolards affectueux et tout et soudain sans prévenir se mettant à HURLER à speeder et à faire les méchants (enfaisant des choses très méchantes qui font détourner la tête de l'écran)...
Un film plutôt déstabilisant, qui a son charme, c'est incontestable (le duo Kateb / Magimel pétarade de la plus réjouissante des façons) mais qui a aussi, tout aussi incontestablement ses défauts (je suis d'accord avec Emma qui a trouvé que l'histoire d'amour était, par exemple, plutôt maladroite (et pas la mieux venue par rapport au reste du récit...)
Surprenant aussi, donc, mais avec des moyens (et un résultat) complètements différents que ceux du film précédent. Mais efficace dans sa catégorie (si DESORDRES traitait de suissitude, OMAR LA FRAISE traite d'algérianitude, avec une louable exhaustivité).

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26 mai 2023

dordogne

"fais de mon âme une branche, de mon corps un talus..."

Dordogne

L'ange déchu

Amours débutants

Col de la Croix Morand

La momie mentalement

 

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(1989)

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(1991)

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(1993)

+

Par mégarde (découvert ce jour!)

Jean-Louis Murat est mort hier à 71 ans... Me sont revenues des réminiscences, entre 1989 et 1993 surtout... (c'est surtout à ce moment que je l'ai aimé...).
Ces trois albums-là, surtout, intensément écoutés (ooooh et on fumait pas mal à l'époque je me souviens aussi, à la maison bleue...)
Je me souviens d'avoir offert à Fabienne F. le maxi de "Amours débutants" parce qu'elle le trouvait beau (Murat)
Je me souviens d'avoir gagné un cd d'inédits pour les nouveaux abonnés des inrocks, et d'avoir été déçu parce que Dordogne n'y figurait ps, contrairement à ce qui avait été annoncé
Je me souviens que j'étais un peu agacé par le "vierge espace", dans Amours débutants
Je me souviens que j'avais enregistré une version live de Dordogne où le présentateur disait en intro "des chansons qui sont de belles hémorragies, écoutez c'est très fort et ça s'appelle Dordogne..."
Je me souviens que ce morceau figure au début de la face b de la K7 intitulée "Red mix" (Oui, on fumait pas mal, d'où le titre hihi)
Je me souviens que j'avais été un peu étonné qu'il fasse un duo avec Mylène Farmer, Regrets, mais que j'aimais beaucoup le morceau (et le clip aussi)

Pour moi Dordogne est sans doute une des plus belles chansons que je connaisse.
une autre version (dans "Murat en plein air")
(des souvenirs de nuits d'été, de piscine, de pétards, d'"écouter dans le noir")

ps : sans oublier une reprise magnifique (supérieure à l'original, que pourtant je trouve très bien) de MARIE-JEANNE (créée en français par Joe Dassin) (dans une compilation en hommage à Joe D.)

 

23 mai 2023

les feuilles mortes

(un article que j'ai trouvé magnifique -particulièrement le dernier paragraphe allez savoir pourquoi- ce jour dans le supplément Cannes de Libé)

"Le jour où Aki Kaurismäki fera un mauvais film, on saura qu’il n’y a plus d’espoir pour rien ni personne, mais ce jour n’est pas arrivé. On peut même s’estimer heureux qu’il ait refait un film tout court (et il l’est), après avoir dit «adios» au cinéma, déclarant en 2017 : «Je suis fatigué. Je veux commencer à vivre ma propre vie, enfin.» Phrase très grave et très drôle, ce mélange kaurismäkien de solennité et d’humour dans l’économie de mots, qui sonnait vraiment comme une réplique d’un de ses 18 longs métrages de fiction – en comptant celui-ci, présenté en compétition à Cannes. Arrêter le cinéma pour commencer à vivre. Rechuter, sans perdre de vue l’objectif. Le cinéma est peut-être un art, mais c’est aussi une addiction. Est-ce un hasard si Kuolleet Lehdet, en français les Feuilles mortes, raconte en partie l’histoire d’un homme qui décide d’arrêter de boire pour commencer enfin à vivre ?

En partie, parce qu’il raconte aussi l’histoire d’une femme qui prend le risque de retrouver le sourire. Bouleversements liés à leur rencontre, qui connaîtra quelques adversités et embûches de mélodrame, d’ici à ce que l’amour triomphe. Qui connaissait la décision du cinéaste finlandais de prendre sa retraite, à 60 ans comme il se doit, peut supposer, en découvrant le film, une raison à cette reprise du travail. Le récit a lieu en février-mars 2022, daté par les actualités que les personnages entendent passer, chacun chez soi, à la radio tout au long du film : donnant des nouvelles des premières semaines de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, en particulier des bombardements touchant des civils. "Maudite guerre", dit Ansa – avec ses 1 340 km de frontière commune avec la Russie, le traumatisme de deux guerres avec l’URSS tentant d’envahir son territoire, la Finlande et sa population se trouvent ces temps-ci à l’avant-poste de l’inquiétude.

Le monde du précariat

Les Feuilles mortes donne l’impression d’avoir été écrit et tourné sous l’impulsion de cette peur et de cette impuissance d’auditeur entendant, ce que confirme la petite note d’intention sublime, et bien sûr blagueuse, par laquelle l’auteur présente son film : "Même si j’ai acquis aujourd’hui une notoriété douteuse grâce à des films plutôt violents et inutiles, mon angoisse face à des guerres vaines et criminelles m’a enfin conduit à écrire une histoire sur ce qui pourrait offrir un avenir à l’humanité : le désir d’amour, la solidarité, le respect et l’espoir en l’autre, en la nature et dans tout ce qui est vivant ou mort et qui le mérite." Une séquence montre Ansa (Alma Pöysti) et Holappa (Jussi Vatanen, le Bastien Bouillon finlandais) penser tendrement l’un à l’autre alors que la bande-son déroule, dans le poste, les décomptes des atrocités. Pas pour mettre l’accent sur quelque insouciance coupable, sur la dissonance entre un amour naissant et une guerre, au contraire : c’est ici le seul antidote, et si Kaurismäki cite Chaplin, donnant son nom au chien adopté par Ansa, c’est qu’il a dû revoir le Dictateur.

Annoncé comme le quatrième volet "perdu" de sa fameuse "Trilogie du prolétariat" (Ombres au paradis, 1986, Ariel, 1988, et la Fille aux allumettes, 1990), les Feuilles mortes a lieu, trois décennies plus tard, dans le monde du précariat, suivant ses personnages se faire virer sans ménagement de leurs emplois temporaires successifs, décrivant à chaque fois en peu de mots et de signes les situations qui leur sont faites par un capitalisme sans garde-fou ni droit du travail, autre contrepoint et obstacle à l’idylle qui tente d’avoir lieu entre eux. Le principal étant que Holappa – dont ni l’aimée ni le film ne connaîtront le prénom, n’apprenant même son nom que très tard – boit systématiquement, mécaniquement, ce qu’Ansa ne peut supporter (apprendre pourquoi, c’est la comprendre, voir un peu plus clair dans sa tristesse). Il arrêtera, se redonnant une vie et lui en proposant une. D’autres péripéties l’attendent, rythmées par beaucoup de chansons (plusieurs sont d’Olavi Virta, le grand chanteur de tango finlandais, dont la reprise de celle de Prévert et Kosma donne son titre au tout).

L’art de la litote et du surlignage

Pour faire filer tout ça, limpide, en direction de la fin du film, Kaurismäki peut compter sur le ton qu’on lui connaît, cocasse et mélancolique jusque dans chaque plan à la fois ultra-lisible et mystérieux, dans chaque demi-réplique à la fois insignifiante et décisive, ordinaire et hilarante. Art à la fois de la litote et du surlignage, donc paradoxal, mais qui s’explique par ce qui le provoque et le soutient : il n’y a que les sentiments qui comptent, ils sont le matériau et la visée de chaque seconde de film, or il n’y a rien de plus insaisissable et de plus schématique à la fois, de plus complexe à vivre et de plus bête à dire qu’un sentiment. Pour ce faire, les petits éléments de langage du cinéma classique, le jukebox des tropes du mélo, de l’amour, du visage derrière la pluie sur les vitres, marchent à plein tube sur nos affects, sur notre mélancolie pleine de distance et de larmes, tout ça à ras bord. Mais ce qui gagne, c’est la légèreté à toute épreuve donc la détestation discrète et résolue de tout ce qui veut passer en force, dans les films, dans la vie, chez les hommes ("un dur ça ne chante pas", tant pis pour lui), c’est la très bonne raison pour laquelle, bien qu’il ne donne aucun gage direct de trahison de l’hétérosexualité sur le plan manifeste, et qu’il ne figure donc pas dans sa sélection cannoise annuelle du meilleur film LGBTQ +, on donnerait à Kaurismäki la "Queer Palm"." (Luc Chessex)

En compétition. Les Feuilles mortes d’Aki Kaurismäki avec Alma Pöysti, Jussi Vatanen… 1h21.

(Sortie prévue : 20 septembre 2023)

 

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26 mai 2023

la créature

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JEANNE DU BARRY
de Maïwenn

Ira ? ira pas ? Je suis passé par toutes les phases de l'hésitation, et, ce qui a finalement emporté ma décision, c'est juste le fait que le film était projeté en avant-première, à 20h15, dans le bôô cinéma, en même temps qu'il l'était en ouverture du Festival de Cannes. Pas besoin de smoking ni de tapis rouge ni de montée des marches, et hop! nous les manants les gueux les serfs les va-nu-pieds, les obscurs les sans-grade, on pouvait, pendant deux heures, vibrer au diapason des belles dames en robe du soir pleines de paillettes et des producteurs à lunettes noires et à gros cigare (oui, j'ai une vision assez simpliste du public des soirées d'ouverture cannoises...), bref on se sentait... privilégié (et ceci pour la modique somme de 5€!)
On était à la 4 (la même salle que la soirée Emmaüs), et il y avait tout de même un peu de monde (une trentaine, je dirais)... au générique de début, il y a du beau linge dans la distribution (mais j'avais cru comprendre qu'il était surtout question de Maïwenn (la favorite) + le Roi Johnny Depp (dont je me suis demandé jusqu'au bout le pourquoi de la chose : pourquoi engager un american actor pour incarner un roi français, hein ? (A part que
1) il coproduit le film (qui a coûté bonbon), c'est déjà un argument recevable, et
2) peut-être que Maïwenn fantasmait de faire des galipettes avec ce cher Johnny -quoique de ce point de vue là le film est étonnamment sage : à peine quelques bisous et puis s'en va, la seule saillie un peu... vigoureuse étant filmée hors-champ, et n'étant même pas le fait du roi mais du Duc de Richelieu si je ne m'abuse, et encore han han han et fondu au noir...)
Donc, Jeanne "du Barry", au départ fille du peuple, sans manières et sans particule, se retrouve propulsée, par le bon vouloir du Roi ("il est ardent" confiera Laporte, son valet personnel à tout faire, incarné par le splendide Benjamin Lavernhe, vraiment excellent dans ce rôle...) en plein milieu de Versailles et de sa faune (la famille royale, les courtisans) ainsi que de sa stricte étiquette...
Je ne suis pas très "film en costumes", encore moins du genre "Si Versailles m'était conté...", mais j'ai tout de même quelques notions : Marie-Antoinette de Sofia Coppola, La mort de Louis XIV d'Albert Serra, Les jardins du Roi d'Alan Rickman,  sans oublier (et surtout) les films d'animation de Walt Disney, oui, surtout Cendrillon... pour ce qui est des perruques, des froufrous, des maquillages, des escarpins. Le cahier des charges en est ici respecté, (presque trop, serais-je tenté de dire...). L'ennui c'est qu'on a deux univers qui cohabitent : les têtes d'affiche sont "vraisemblables" tandis que, par exemple, pour ce qui est de la famille royale (les trois soeurs) on tombe dans une outrance quasi disneyenne (on ne peut pas ne pas penser aux soeurs de Cendrillon.)
On suivra donc l'ascension de la Du Barry, et la descente qui suivra, immanquablement (the rise and fall of...) La voix-off (car voix off , gentiment pédagogique comme dans les contes) nous apprendra ainsi (à moi en tout cas) qu'elle a été guillotinée un peu après Louis XVI et Marie-Antoinette, (mais que faisait-elle donc encore là ?).
Bref on a vu le film, comme les Cannois(e)s smokingués et robedusoirés, et il s'avère que c'était plutôt pas mal du tout (en tout cas beaucoup mieux que ce que je m'étais imaginé...) On ne va donc pas faire la fine bouche, n'est-ce pas, et ne pas bouder notre (royal) plaisir.
Maïwenn s'aime (à tout vent) et on prend un certain plaisir à la voir interpréter (avec des hauts et des bas) un personnage qui a tout de même, au début, la moitié de son âge, comme une gamine qui jouerait à la princesse pour de faux (ou pour de semblant). Et cultiver l'art agaçant de ricanasser comme une cruchasse. Mais intelligente, cultivée, toujours avec un livre à la main (même dans sa baignoire)...
On a le sentiment qu'elle essaie de nous faire passer un message, qu'elle serait au cinéma ce que la Du Barry fut à la cour de Louis XV : une frondeuse, une femme affranchie, rebelle, faisant fi des règles, piétinant les conventions, lançant les modes, et que c'est pour cette raison qu'elle est à la fois devant et derrière la caméra (sur tous les fronts), oui, c'est incontestable, non seulement la demoiselle s'aime, mais aime qu'on l'aime (mais n'est-ce pas notre lot à tous ?). Ok, on l'aime, mais on est en même temps un peu triste(s) pour India Hair (ridiculisée), Pascal Greggory (idem), Noémie Lvovsky (sous-employée), Pierre Richard, Patrick d'Assumçao (idem) -tiens si j'ai bonne mémoire ce dernier n'était-il pas déjà un médecin au service de Louis XIV chez Serra ?- ... Et il y a même, au début du générique, Robin Renucci que je n'ai même pas vu, ou reconnu, dans le film...
bon, c'était le film d'ouverture (en grande pompe), voilà...

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elle se la pète un peu quand même , non?

 

16 mai 2023

beuh, chamallows et guitares hawaiennes

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HAWAII
de Mélissa Drigeard

Je connaissais déjà un film avec le même nom, celui de Marco Berger, (sorti direct en vidéo en 2014, et que j'aime toujours autant : je viens de le revoir ce matin, et je m'en suis régalé...) Là, rien à voir ; je ne connaissais pas ce film avant que je voie Nicolas Duvauchelle dans EN APARTE, venu en faire la promo juste avant sa sortie... Une troupe d'amis (Bérénice Béjo, Elodie Bouchez, Eye Haïdara , Emilie Caen pour les "elles", et Manu Payet, Nicolas Duvauchelle, Pierre Deladonchamps, Thomas Scimeca et (ce très cher) William Lebghil pour les "ils", excusez du peu voilà une distribution qui dépote...) se réunit, comme tous les ans, une semaine dans l'hôtel que l'un d'eux (Manu P.) tient à Hawaïi. Seulement cette année-là, au début du film, l'annonce soudaine sur tous les médias d'un missile tiré par la Corée du Nord, et fonçant, justement, sur Hawaï, génère des scènes de panique, et, surtout, chacun croyant sa dernière heure venue, se livre à certains aveux plus ou moins embarrassants. et que l'heure suivante, justement, quand il est annoncé qu'il s'agissait d'une erreur, et que personne n'est mort, il va s'agir pour chacun / chacune de gérer lesdites confessions ou attitudes...
Le titre résume l'ambiance du film (j'aurais pu ajouter en sous-titres "cocktails coucheries et chantilly") et donne le ton, la matière, la consistance, de cette comédie... mollassonne, mais pas déplaisante (je ne vais pas bouder mon plaisir, hein, il y a des situations, et des répliques, bien senties et  qui m'ont fait rire) mais bon pas non plus inoubliable.
Un "film de potes" (que certains ont rapproché des Petits mouchoirs de Guillaume Canet, mais je dois avouer qu'à aucun moment de la projection je n'ai eu cette idée, hein...)
Le plaisir qu'on a à suivre les actrices, et (je suis partial), les acteurs compensant les faiblesses (facilités, fainéantises) du scénario, avec une mention spéciale au délicieux William Lebghil -ce mec est vraiment excellent-, et une autre (je ne suis pas objectif) à Thomas Scimeca (des Chiens de Navarre) qui nous gratifie de quelques QV (ça fait toujours plaisir à regarder).
Un détail curieux (et qui ne joue pas en faveur du film) c'est que le jour de sa sortie il était impossible ou quasiment de trouver des critiques presse (comme si le film n'avait pas été montré au préalable) et d'ailleurs à l'heure actuelle, on en trouve encore très peu sur allocinoche...

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15 mai 2023

couveuse

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LE RETOUR DES HIRONDELLES
de Li Ruijun

Revu dans le bôô cinéma (près de deux mois après sa sortie, mais ça arrive : on le demande, on le re-demande, on le rere-demande, en vain, et puis un jour, ce cher programmateur "C'est moi qui décide" finit par céder nous le donner, le phénomène se reproduira dans quelques semaines pour LA FEMME DE TCHAÎKOVSKI, de Kirill Serebrennikov)
Je reste sidéré par la beauté incroyable (et la tristesse tout aussi incroyable) de ce film. Deux éclopés de la vie  mariés par leurs familles respectives, et se mettent sans sourciller au boulot, à la dure tâche de "paysans très pauvres" que sera leur vie. Trimer, ramer, vaillamment, sans rechigner ni jamais se plaindre, même s'ils n'arrêtent pas d'en prendre plein la gueule (socialement), par le reste de la famille, les petits parrains locaux, qui non contents de les exploiter et de les saigner à blanc (on est dans un système quasi-féodal, avec le seigneur et le serf) en profitent même pour ponctionner régulièrement le mari parce qu'il possède un sang rare (dit "sang de panda") pour transfuser un petit magnat local).
J'ai déjà chroniqué -rapidement- le film, là, et donc je ne vais pas me répéter, je préfère vous laisser des images...
Juste redire, quand même, que les deux acteurs principaux sont absolument magnifiques, et que le réalisateur, Li Ruijun, mérite qu'on retienne son nom (même si le film a connu un beau succès à sa sortie, il a ensuite été censuré par les autorités qui l'ont retiré des listes de diffusions en ligne, et plus ou moins charcuté la fin aussi...)
Et Top 10, donc.

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le titre original est plus... réaliste : "Retour à la poussière"

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8 mai 2023

en pyjama

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BEAU IS AFRAID
d'Ari Aster

Un barouf médiatique assez conséquent pour accompagner la sortie de ce troisième film d'Ari Aster, "débutant" plutôt doué (Heredity, Midsommar) dans le genre du "film de genre", qui délaisse cette fois un peu la susdite niche de l'horreur / terreur / épouvante (je ne sais jamais lequel employer) pour un film en pyjama (le dernier que j'ai vu ans cette tenue, n'était-ce pas Léos Carax au début de HOLY MOTORS ?), une odyssée en chambre, celle du toujours impressionnant Joaquin Phoenix, qui n'hésite pas ici, une fois de plus, à mouiller le maillot (pardon, le pyjama).
J'ai vécu -assez mal- le début de ce film, dans des conditions extraordinaires (pour moi), puisque j'ai été pris de telles quintes de toux que j'ai dû quitter la salle au bout d'une demi-heure, j'ai fait alors le grand tour (j'étais au Victor Hugo), jusqu'à me retrouver dans le hall, provoquant un écarquillement des yeux de surprise de la part du projectionniste-caissier, suivi d'une brève discussion avec la caissière-projectionniste, qui m'équipa gentiment de deux comprimés de lysopaïne avant  de m'inciter à tenter un retour dans la salle, (à propos duquel je m'interrogeais), qui s'avéra cette fois définitif. Je me suis installé tout en bas (4ème rang, tout au bord, prêt à bondir en cas de quinte) et j'ai donc retrouvé Joaquin dans sa baignoire, (sans pyjama donc), juste avant qu'un mec au plafond ne lui tombe dessus (à cause d'une araignée sur son front si si). Et je l'ai suivi, finalement, jusqu'au bout (dans un canot à moteur de plus en plus en piteux état, donc, de la baignoire au lac on était toujours plus ou moins dans la flotte), pour une scène finale qui m'a évoqué celle de THE HOUSE THAT JACK BUILT, film qui m'avait laissé un sentiment de profond inconfort, notamment dans cette scène -aux Enfers et avec Bruno Ganz en Charon, si si...-. Donc jusqu'au bout (la scène est grandiose / grandiloquente en tout cas impressionnante, mais tout autant agaçante) mais en partant comme un voleur dès les premiers noms du générique (oui, un bus à prendre...),  avec un sentiment un peu indéfinissable, ("eau chaude, eau froide, eau mitigée...") globalement, sur la façon dont je l'avais reçu, ce film (d'autant plus que je savais que Dominique attendait un avis de ma part...)
Difficile à dire. je suis oui oui mais je suis tout autant non non. Je l'ai traduit à Dominique en 50/50 (sans trop me mouiller hihi). de toute façon, il faudra que je le revoie, d'une manière ou d'une autre,  puisqu'il m'en manque un bout (deux même : celui de la toux, et celui où j'ai dormi un peu... mais là c'est la faute du sirop!).
Le début est très bien (même si très stressant), avec ses péripéties rebondissantes et cette avalanche d'emmerdements sur le pauvre Beau, (qui n'en peut mais) qui l'empêchent de rejoindre sa maman (c'est le pitch du film). Beau et sa maman. Avant, pendant, après. ici et maintenant, ailleurs et demain. De la naissance d'un à la mort de l'autre. un champ d'expérience pltôt illimité mais en même temps tout riquiqui (le cerveau de Beau). Joaquin au pays des Merveilles de dans sa tête... oui, il faut que j'y retourne...
Et je n'ai même pas parlé de ce très cher Denis Ménochet, en poste derrière la fenêtre...

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26 avril 2023

étoile de mer

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REMORQUES
de Jean Grémillon

Ca n'était pas prévu au départ (je sortais de CHIEN DE LA CASSE et je voulais en profiter), mais si j'étais parti à 16h je n'aurais jamais retrouvé mon affiche, hihi). Grémillon, 1941, Gabin / Morgan, un couple mythique, et bien figurez-vous que je ne l'avais jamais vu.
Une copie magnifiquement re-restaurée, une histoire de bateaux, de tempêtes, avec force éléments déchaînés, aussi déchaînés que la passion qui va embraser Jean Gabin (capitaine de remorqueur, marié (avec Madeleine Renaud) et scrupuleusement fidèle -mais il ne sait pas qu'elle est mourante, c'est de sa faute à elle, qui le lui cache), et Michèle Morgan, épouse du capitaine de l'autre bateau (maispas un gentil, un malhonnête qu'elle s'apprêtait justement à quitter). Trois ans après QUAI DES BRUMES (et son mythologique "-T'as d'beaux yeux tu sais ? -Embrassez-moi..." le couple Gabin / Morgan, donc, se reconstitue, et ils sont toujours aussi mythiques. Et toujours avec Jacques Prévert aux dialogues. Et avec beaucoup d'embruns (on s'étonne presque d'être sec en sortant de la salle). Un mélo de chez mélo, avec un homme entre deux amoureuses qui n'arrive pas à se décider (Le beau Gabin qui roucoulera de la même façon, oeil de velors, avec Morgan vivante et avec Renaud mourante.) mais "c'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme...". Un chouïa vieilli mais, comme les bons vins, toujours plaisant.

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c'est vrai qu'ils sont beaux...

24 avril 2023

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LES ÂMES SOEURS
d'André Téchiné

André et moi, c'est une longue histoire : ving-cinq films, depuis le cultissime -pour moi, mais pas forcément pour tout le monde- SOUVENIRS D'EN FRANCE, en 1975, quand ma cinéphilie gazouillait encore dans son berceau (j'avais 19 ans!). Presque 50 ans rendez-vous compte!
Je l'ai suivi, toutes ces années,  passionnément d'abord, aveuglément, puis au fil des ans (des décennies) avec un peu plus de distance, mais je crois que j'ai vu chacun de ses films dès sa sortie. Les derniers m'ont paru un peu "en-deça" peut-être, enfin n'avaient pas tous provoqué cet effet de sidération enthousiaste qui a accompagné celui-ci.
Téchiné, ça me parle, ça me parle souvent, toujours même, parce que l'Ariège, parce que l'amour (la passion), parce que l'homosexualité, d'abord. Parce que la famille aussi (la relation parent/enfant, ou frère/soeur) parce que, aussi, (surtout ?) un certain grand élan romantique (qui se traduit, musicalement, quand je l'évoque, par la musique bouleversante (les cordes) de Philippe Sarde dans BARROCO -pour moi une des plus belles musiques de film jamais écrite) lyrique et romanesque qui souvent me submerge. M'emporte.
Oui, j'ai beaucoup beaucoup aimé LES ÂMES SOEURS. En sortant de la salle, on était quatre à échanger nos impressions, et personne n'était du même avis : de ++ (moi) à -- (Michelle T. qui s'est déclarée "très déçue"), et deux autres avis intermédiaires venant nuancer (Dominique et Jean-Luc).
De quoi ça parle ? De qui, plutôt ? Un frère (Benjamin Voisin), soldat au Mali, est rapatrié en France où sa soeur (Noémie Merlant) va s'occuper de lui... (en Ariège, bien sûr). Sa soeur est logée par un vieil excentrique (André Marcon) solitaire. Le quatrième personnage "important" est celui de la mairesse du village (Audrey Dana). Non seulement le frère a besoin de soins (sa rééducation a été très longue) mais il souffre d'amnésie.
Et j'ai aimé chaque minute, chaque scène, chaque plan. Non qu'ils soient spécialement extraordinaires ou virtuoses ou... J'ai juste beaucoup aimé cette histoire, et la façon dont elle est racontée. J'ai aimé ce réapprentissage de la vie d'un homme condamné à vivre juste dans le présent (comme dirait Tchekhov “L'incertitude, c'est quand même mieux, il reste un peu d'espoir.). Cette force de l'amour que lui porte sa soeur. Ces problèmes immobiliers (la vieille maison va être vendue, il faut en trouver une nouvelle). Cette longue convalescence. Physique et mentale. Ce propriétaire / voisin qu'on découvre soudain à double face (je suis souvent un spectateur benêt, je l'avoue, et la première scène, avec le manteau de fourrure, m'avait juste laissé plein d'interrogations par rapport justement à ce manteau, la bascule étant pour moi peut-être un peu soudaine). Le jeu fiévreux (et intense) des deux acteurs principaux (Noémie Merlant et Benjamin Voisin). Le mot fiévreux, comme le mot passion ou le mot lyrique semble s'accorder parfaitement au cinéma d'André Téchiné.
J'avais entendu parler du film depuis un certain temps, l'été dernier (ou celui d'avant ?) à l'anniversaire de Marcello, lorsque son fils, Victor, nous avait annoncé que son mariage figurait dans le film -qui s'appelait encore alors Les pieds sur terre- (et c'était une émotion supplémentaire de le voir à l'écran, même si je l'ai attendu longtemps -il arrive très tard dans le film- et cette collision entre le réel et la fiction rendait le film encore plus désirable).
Bref, mystérieusement, (j'ai vraiment du mal à expliquer pourquoi) ce film m'a complètement séduit. Jusqu'à sa toute fin qui nous laisse, délicieusement, (littéralement) entre deux eaux...

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23 avril 2023

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DE GRANDES ESPÉRANCES
de Sylvain Desclous

C'est Emma, finalement, qui m'a convaincu. Les films qui traitent de politique politicienne, tactiques, manoeuvres, candidats, premier ministre, Elysée, projets de loi, ENA, magouilles et contre-magouilles, en général ça ne me passionne pas... Là, on est en plein dedans, et pourtant je m'y suis intéressé. Pourtant l'histoire n'est pas a priori follement originale : une jeune fille brillante, pleines d'idées (et sans doute, aussi, d'ambition(s), d'où les grandes espérances du titre) est prise sous son aile par une ancienne secrétaire d'état (ambitieuse elle-aussi), intéressée par son cursus et ses idées, qui l'embauche dans sa garde rapprochée (qu'on pourrait situer, politiquement, plutôt à gauche) devenue députée "Madame la Députée", fait-elle préciser), avec un poste de Madame la Ministre  au bout de la lorgnette.
La jeune, c'est Rebecca Marder, la plus agée c'est Emmanuelle Bercot (toutes deux impeccables), avec, au centre du débat, une usine dont les ouvriers réclament le contrôle plutôt que le démantèlement et les licenciements envisagés. La jeune fille est très forte, et redoutablement pugnace. tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes de la politique politicienne (et on commencerait d'ailleurs un peu à baîller) s'il n'y avait une toute autre histoire qui se mettait en place : celle entre la jeune fille et son cher et tendre (lui aussi, ENA et compagnie, avec en plus un papa très riche, ce que la jeune fille n'a pas) : tout allait bien  dans la politique politicarde jusqu'à ce que, suite à un incident en Corse, qui s'est soldé par la mort d'un autochtone (son copain s'est comporté comme une chiffe molle, c'est elle qui s'est emparée du fusil de l'autochtone, et, un peu par hasard, lui a tiré dessus. Et l'a tué) tout n'aille plus si bien que ça. On met ça dans s poche et son mouchoir par-dessus ? On est deux, on se serre les coudes et on va s'entraider ? Tut tu pouet pouet, que nenni... Et on va suivre les trajectoires soudain divergentes de ces deux tourtereaux politiques, lui incarnant (c'est Benjamin Lavernhe qui s'y colle pour ce rôle peu gratifiant) tour à tour la lâcheté, la couardise, la veulerie, jusqu'à basculer dans la saloperie pure et simple... La blanche colombe et le noir corbeau.
On suit Rebecca Marder de a jusqu'à z, depuis les roucoulades corses du début jusqu'à l'affrontement final, corse lui-aussi... Et elle crée un personnage fascinant, parfaitement ambigu, (elle passe son temps à mentir, c'est une seconde nature chez elle, mais toujours de la plus naturelle -et exquise-des façons), adans ses relations complexes avec son entourage (celle avec son ex-petit ami, celle avec la députée, et, last but not least, celle avec son père (Marc Barbé y est comme d'hab', excellent).
Un film agréable, habile, manipulateur, à l'image de son héroïne, dont on est sûr qu'elle ira loin, la bougresse, avec ses grands yeux candides...

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17 avril 2023

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L'ORIGINE DU MAL
de Sébastien Marnier

Ca faisait un moment que j'avais envie de le voir... le programmateur du bôô cinéma nous l'a refusé à plusieurs reprises ("c'est moi qui décide..."), le Festival Téléramuche ne l'avait pas sélectionné, nicht les César, et donc plus que mes yeux pour pleurer. Et voilà qu'il passe sur C*nal+. (et que je peux y accéder) l'aubaine! Et donc je me le mate aussitöt...
Laure Calamy, Dominique Blanc, Dora Tillier, Suzanne Clément, Céleste Brunnquell, Véronique Ruggia Saura... non pas 5 femmes autour d'Utamaro (rien à voir) mais bien six femmes , non pas pour l'assassin, mais autour de Jacques Weber, le patriarche richissime mais qui pourrait ne plus avoir toute sa tête, et dont la fortune en fait saliver plus d'un(e). Six femmes, donc, six "personnages", (l'épouse, la fille, la petite fille, la bonne, la fille cachée, la copine de la fille cachée) dans un film que les critiques ont qualifié de "vénéneux", à juste titre, certain(s) allant jusqu'à le situer entre Chabrol et De Palma, toujours à aussi juste titre.
Un scénario retors, pour un polar pervers, dont on ne peut finalement pas dire grand-chose sans risquer de spoiler. Disons juste que la jeune femme jouée par Laure Calamy, ouvrière dans une usine de poiscail, prend son courage à deux mains pour appeler son père, qui l'a visiblement abandonnée dès sa naissance, et pour le rencontrer...
Et la caméra précise de Sébastien Marnier suit avec attention ce qui pourrait être un genre de combat de mantes religieuses dans un vivarium... En n'oubliant pas de rouler tout de même, c'est de bonne guerre, le spectateur dans la farine de ce qu'il "croit...". Il y aura ainsi, au fil du récit, quelques "surprises" scénaristiques (dont une au moins -la première- que je n'avais pas du tout vue venir) pour ce polar qui n'hésite pas à aller "jusqu'au bout", mais pas forcément -hihi- le bout que vous auriez envisagé (la dernière scène est un modèle d'efficacité).
Tout le casting est au diapason (avec des applaudissements nourris pour toutes ces dames, chacune parfaitement aux petits oignons dans sa performance, mais notre ami Weber, qu'on croirait sorti de la dernière saison de EN THERAPIE, est tout autant digne d'éloges) et, donc, un film hautement recommandable.

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7 avril 2023

essence

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HARKA
de Lotfy Nathan

Les hasards de la programmation (et le festival Diversité) font que nous proposons, à une semaine d'intervalle, un second film tunisien où il est à nouveau question d'immolation par le feu, (pour, hélas, juste trois petites séances riquiqui dont deux le même jour, ce qui n'est pas une fenêtre de programmation optimale...) Dommage dommage (mais, comme dit le programmateur "C'est moi qui décide...")
Je restais sur la conversation sibylline que je venais juste d'avoir au téléphone avec Hervé, qui l'avait vu la veille (lui : "on en reparlera plus tard", moi "en général quand on dit ça, c'est pas bon signe...", lui "non non, tu verras...")
Et j'ai compris dès les premières images (et la musique qui les accompagne) : ce film m'a tout de suite enthousiasmé, vraiment, avant de m'atomiser (ou quelque chose du genre, fortement secoué, en tout cas) dans le climax de sa dernière scène (que je connaissais pourtant, à laquelle je m'attendais). Terrifiante. Implacable.
Un film qui, chronologiquement, pourrait se situer juste avant l'impressionnant ASHKAL, projeté il y a peu.
L'histoire du jeune Ali, qui était parti ailleurs pendant trois ans mais qui revient pour s'occuper de ses soeurs, à la mort de son père. Qui survit en faisant de petits boulots (il vend de l'essence au détail), mais qui galère de plus en plus. il a besoin de plus d'argent, parce que la banque les met en demeure de rembourser un prêt contracté par le père sous peine d'expulsion, et ne va trouver que les moyens illégaux pour ramasser un peu de flouze. En se heurtant à chaque fois à la corruption généralisée qui fleurit (surtout chez les flics, mais, visiblement, pas que.)
Asphyxiant. Le film tout entier est à l'image de son jeune personnage principal (et de l'impressionnant acteur qui l'incarne) : tendu, serré, sec, hargneux presque dans cette volonté de réussir à faire quelque chose pour s'en sortir... Exister.
Mais le film n'est pas juste qu'un portrait ou un documentaire social. c'est bien plus. Et, en même temps, toujours plastiquement superbe. Simplement extraordinaire. Le jeune acteur a gagné un prix d'interprétation masculine (section Un certain regard) à Cannes 2022. Le réalisateur a, me dit allocinoche, réalisé avant juste un documentaire (non sorti chez nous), mais on a vraiment envie d'avoir très vite de ses nouvelles...
Enthousiasmant.

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5 avril 2023

bâton de parole

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JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
de Jeanne Herry

J'ai vraiment adoré ce film. (J'ai repensé aux BUREAUX DE DIEU, de Claire Simon, que j'avais adoré aussi, un film qui fonctionne (un peu) sur le même principe : une "institution" (là le Planning Familial, ici la justice restaurative -j'avoue que j'ignorais complètement jusque à que ça existait-), et une palanquée d'actrices/teurs connu(e)s pour défendre le sujet.)
Miou-Miou, Adèle Exarchopulos, Leila Bekhti, Elodie Bouchez, Suliane Brahim côté dames, et, en face, Dali Benssallah, Gilles Lellouche, Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Birane Ba, sans oublier la "participation" de Denis Podalydès... dans deux histoires (illustrations) différentes, en rapport avec, justement, la justice restaurative : celle d'une jeune fille qui, enfant, a été violée par son frère, et celle d'un groupe de rencontre entre auteurs de hold-up et victimes d'agressions.
Comme dans le film de Claire Simon, on suit les intervenants à la fois sur le terrain, mais aussi dans leur vie privée, "extérieure".
C'est très bien joué, très bien construit (le rythme ne faiblit pas, et, signe, je n'ai pas fermé l'oeil une demi-seconde!). C'est vrai qu'on a plus que grand plaisir à voir évoluer ces personnages (et les acteurs qui les incarnent) (on peut parler de film choral). Au début, au vu de l'affiche, on se demande qui sera dans quelle équipe (les agresseurs / les victimes), après avoir vu la bande-annonce on est déjà un peu plus fixé, mais on peut se tromper quelquefois (comme Miou-Miou en voiture la première fois qu'elle voit Gilles Lellouche et qu'elle refuse de répondre à son bonjour... Lellouche en victime, c'est une bonne idée). On ne peut que féliciter l'intégralité du casting, en précisant -mais était-ce justement nécessaire de le préciser ?- combien une fois de plus Adèle Exarchopoulos est, une fois de plus, grandiosement excellente (rendez-vous aux César 2024 ?  Je l'espère de tout mon coeur.) Mais on ne peut pas ne pas y associer sa partenaire de combat, Elodie Bouchez, toujours aussi magnifiquement radieuse.
J'ai trouvé ça passionnant d'un bout à l'autre. Et je réitère donc l'enthousiasme ressenti à la vision de son précédent PUPILLE (). Avec aussi un minusculissime bémol : le côté très très youp la boum de la fin, peut-être un peu excessif mais bon ça fait tellement de bien!!!
Un film que je sais que je reverrai avec beaucoup de plaisir.
TOP 10?

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 (logiquement je devrais mettre des photos de TOUS les actrices/teurs)

30 mars 2023

cinéma, cinéma

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EMPIRE OF LIGHT
de Sam Mendes

J'ai fait le voyage en bus juste pour aller le voir puisqu'il passait -quelle bonne idée du programmateur, pour une fois- tous les jours en début d'après-midi. Sam Mendes est une réalisateur britannique que je connais -et que j'aime- depuis 2000, AMERICAN BEAUTY (je viens d'apprendre sur allocinoche que c'est Spielberg qui lui en avait confié l'adaptation du scénario), où, entre autres, ce qui m'avait particulièrement plu, il filmait la course d'un sac plastique voletant de ci de là. Je l'ai suivi pendant un certain temps (je parle du réalisateur, pas du sac en plastique), et là j'y reviens après une dizaine d'années de désaffection (depuis le plaisant -- AWAY WE GO, en 2010)
Il est question d'un vieux cinéma, l'Empire, dans une station balnéaire so british, en 1981 (j'adore les films qui se passent dans des stations balnéaires so british). Le cinéma est géré par une femme (Olivia Colman) sous les ordres (et à la botte ?) d'un directeur (Colin Firth), et voilà qu'est engagé dans ce cinéma un nouvel employé, black (Micheal Ward) que la dame va prendre un peu sous son aile. Travaille aussi dans le cinéma, comme projectionniste, le so british Toby Jones (BERBERIAN SOUND STUDIO, FIRST COW). Il va s'avérer que la dame est la maîtresse du directeur, qu'elle va s'amouracher du jeune homme black, et qu'elle est d'une santé mentale fragile... Et les choses vont donc se compliquer...
Encore un film qui parle du cinéma, de la "magie du cinéma" plus précisément (comme BABYLON et comme THE FABELMANS, mais chacun à sa manière, puisqu'il sera ici davantage question du lieu que de ce qui y est projeté, le film n'intervenant que fort tard dans le récit, la fin, quasiment, pour signifie que l'héroïne est "guérie") mais le film de Sam Mendes n'est pas celui qui crie le plus fort (juste, peut-être, dans une scène ou deux, quand même) mais en tout cas un film qui marque, dans lequel on reste (en sortant, je marchais dans la rue bisontine mais j'étais encore dedans...), avec des choses qui touchent (aussi diverses que le pigeon à l'aile cassée, les skinheads, l'avant-première des CHARIOTS DE FEU, le rituel du changement de bobine)
Un film plaisant et soooo british, quoi...

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2 mars 2023

bolex/arriflex

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THE FABELMANS
de Steven Spielberg

(des effets insidieux de la propagande de masse)
Si Spielberg a été un des piliers de ma cinéphilie adolescente (grosso modo jusqu'à E.T (1982), fidélement, puis jusqu'à LA LISTE DE SCHINDLER (1993), avec des trous, de plus en plus conséquents), le dernier film vu de lui était LA GUERRE DES MONDES, en 2005, c'est dire si ça faisait un certain temps qu'on ne se fréquentait plus trop...
Et voilà que depuis quelques mois a été orchestré  un battage médiatique conséquent, qui enfle, de plus en plus insistant et dithyrambique, (wow wow wow ce matin tout le monde ou presque était à *****!) qui a fait que je ne pouvais qu'y aller dès la première séance en VO dans le bôô cinéma, ce jeudi à 13h30...
Pourquoi celui-ci et pas ceux d'avant ? Parce qu'on m'a, d'une certaine façon, forcé la main (les yeux plus tôt), on m'a obligé, oui, moi, pauvre victime innocente des médias sans scrupules et sans états d'âme. Je n'avais pas le choix...
On était une petite dizaine dans la salle 11 (celle avec les sièges qui s'allongent en chaises-longues et je me suis donc mis en position). Je n'ai (encore) lu aucune critique, pourtant je sais qu'il s'agit de son film le plus autobiographique, qu'il s'agit d'un hommage à ses parents (à sa mère surtout), que ça raconte comment lui est venu le goût du cinéma, qu'il est aussi question de sa judéité, que ses parents sont joués par Michele Williams et Paul Dano, que ça se passe dans les années 50/60, aux Etats-Unis, et voilà. (Déjà pas mal!)
Ca démarre, la famille Fabelman va au cinéma, et emmène le petit pour son premier film en salle : SOUS LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE, et du traumatisme initial subi par le gamin en visionnant une certaine scène...
Puis, lors d'une scène de repas en famille, assis à table, un certain tonton Bennie, mailleur ami du papa, en lequel je reconnais, avec un peu de mal... Seth Rogen (que j'adore, même si je ne l'ai pas vu depuis des lustres) méconnaissable tellement il est adulte et sage et bien coiffé et bien rasé... (je regrette quand même un peu le joyeux histrion barbu velu rigolard et amateurs de pétards  découvert dans 40 ANS ET TOUJOURS PUCEAU, (2006) par exemple...).
C'est du beau cinéma. Incontestablement. Spielberg réalise un genre d'autobiographie, explique le pourquoi et le comment de sa passion pour le cinéma (ah le tout premier film sur l'accident de train, comme un écho de celui entrant en gare de la Ciotat, l'instant primordial), mais aussi les è-coté, qu'il n'y a pas que le cinéma dans la vie : la famille, les déménagements,  l'adolescence, les premiers émois, la judéité, l'antisémitisme, la violence (celle des coups et celle des trahisons), et la fascination pour cette mère "instable" (Michelle Williams , en Louise Brooks blonde, y est magnifique)...
Un film parfaitement dosé, (ni trop ni trop peu), puissant, (je me souviens que j'ai eu les larmichettes aux yeux plusieurs fois même si, hors contexte, je ne peux pas me rappeler devant quelles scènes).
Et je me souviendrai d'une scène, que je trouve extraordinairement réussie, celle dans les vestiaires, après la projection du film d'été, où le bully engueule tendrement le jeune réalisateur, ne comprenant pas pourquoi il l'a ainsi magnifié, alors que lui, dans la réalité, n'aura passé son temps qu'à lui pourrir la vie, et le jeune Fabelman lui répond que ce n'est pas lui, c'est juste la caméra...
grand cinéma ou pas, ce film aura au moins eu le mérite de me donner envie de revoir les films de Spielberg que j'ai déjà vus, mais surtout de voir ceux que je n'ai pas encore vus..
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27 février 2023

gilet hanté

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PROYECTO FANTASMA
de Roberto Doveris

(sur MUBI)

Un film chilien LGBT un peu... décousu, à propos d'un jeune homme dont le précédent coloc vient de déménager (en lui laissant ses plantes vertes et un gilet hanté, oui oui) et qui doit donc en retrouver vite un(e) autre. Le jeune homme, qui est acteur, intervient aussi dans des cours avec de futurs médecins, (où il interprète des rôles de malade, en répondant aux questions de l'aspirant-toubib) mais voudrait être "vraiment" acteur. Le fantôme du gilet intervient, et a aussi sa place dans cette histoire (il a la particularité d'être juste dessiné, ce qui produit d'assez plaisants effets) et on a le plaisir de réentendre LUKA, de Suzanne Vega, dans une jolie version envoyée en vidéo par la voisine, pour s'excuser de faire trop de bruit...
Décousu, oui, mais attachant. (all*cinoche indique "prochainement" pour la sortie... Semaine Latino 12 ?)

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(en español, fantasma signie fantôme...)

proyecto

le fantôme

Capture d’écran (8)

Capture d’écran (9)

 

26 février 2023

se mordre jusqu'au sang

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FALCON LAKE
de Charlotte Le Bon

Mouais.
Je me sentais un peu honteux vis à vis du film, que j'avais vu en avant-première à Belfort (au Festival Entrevues), mais c'était le 6ème de la journée, et j'avais le sentiment de m'y être endormi très vite, et de ne m'être réveillé qu'à la toute dernière image, et donc de n'en avoir rien vu ou presque. Et de me sentir un peu frustré au vu (au lu) des critiques plutôt élogieuses que le film avait ensuite suscitées.
J'ai profité que nous le programmions dans le bôô cinéma pour tenter de réviser mon jugement (ou plutôt de m'en faire un tout court) en le voyant "en entier".
Sauf que.
J'ai réalisé que je n'avais pas tant dormi que ça, et qu'il y avait une majorité de scènes dont je me souvenais. Un adolescent et une adolescente, un lac au Québec (au Canada ?), des premiers émois, un (faux) fantôme, d'autres adolescents, de nouveaux émois... Rien de très nouveau, et, bon, un sentiment... mitigé.
Le film est "maîtrisé", incontestablement, les ados (le couple vedette) jouent juste, mais (re)bon. Ca ronronne, pour moi, quoi...
J'aime bien la scène finale, et beaucoup la dernière image, même si je ne suis pas sûr de comprendre sa signification (ni les intentions de la réalisatrice)...

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25 février 2023

le petit cirque

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LA GRANDE MAGIE
de Noémie Lvovsky

J'ai discuté avant  la séance avec Caroline, la caissière/projectionniste, et j'ai conclu en disant que j'aimais tellement Noémie Lvovsky que j'étais prêt à être indulgent. C'est vrai que le film est peut-être foutraque (le terme revient dans plusieurs critiques), bancal, inégal, soit, l'argument est tiré d'une (j'imagine) vieille pièce de théâtre, mais c'est une des premières fois où je suis ravi, comme ça, par l'excellence de l'intégralité d'une distribution. Mon dieu que tous ces gens-là sont bien, et me touchent, et m'émeuvent. Le film, de ci de là, (cahin-caha, va chemine va trottine...) est parsemé de numéros musicaux un peu casse-gueule, fragiles, incertains (vous souvenez-vous de la chorale qui tenait lieu de choeur dans LES SENTIMENTS, de la même Noémie Lvovsy ?) mais a l'excellente idée de se terminer par le plus réussi d'entre eux (la fin, c'est vraiment un délicieux grand beau moment de cinéma, le plus beau peut-être du film).
Le film est en trois actes. Une épouse (Judith Chemla, ah on l'aime celle-là...) profite d'un numéro de magie un peu miteux (le magicien s'est Segi Lopez, son assistante Noémie Lvovsky, eux-aussi on les aime) pour disparaître réellement (et échapper à un mari jaloux, incarné , comme les ongles du même nom, par Denis Podalydès, bien aimé lui aussi). Le mari harcèle le magicien pour récupérer sa femme, qui (le magicien) lui donne alors une boîte dans laquelle il affirme que sa femme est enfermée, mais qu'il ne doit l'ouvrir que lorsqu'il aura vraiment confiance en elle. Dans ce petit cirque interviennent aussi une jeune fille (l'exquise Rebecca Marder), que, dans un roman du début du siècle on aurait qualifié de chlorotique, ainsi que deux très aimables zigotos (dont on ne sait pas trop la fonction, et c'est ça qui est un peu dommage : l'excellent François Morel (qui aura droit à la chanson du Cerf) et le non moins excellent Damien Bonnard dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'a, hélas, pas grand-chose à jouer... mais on est ravi qu'il soit là!)
Quatre années passeront (un intertitre nous le précisera) et la situation aura un peu été modifiée, dans un chateau cette fois, accentuant encore le caractère théâtral de l'entreprise... et, oui oui la fameuse boîte finira par être ouverte (sans que je ne vous précise davantage dans quelles conditions), et l'on aura vu passer encore une belle pléthore d'acteurs...
Jusqu'à cette splendide scène finale. Qui emporte véritablement le film, et nous embarque sur les routes avec ce chouette petit cirque...

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24 février 2023

la groupie du pianiste

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LA FEMME DE TCHAIKOVSKI
de Kirill Serebrennikov

J'avais beaucoup aimé son premier (LETO), j'avais adoré son deuxième (LA FIEVRE DE PETROV), et donc j'attendais beaucoup (trop ?) de son troisième, et j'ai donc le droit de m'estimer un peu déçu. Si le film est très bien, il est en-deça des deux autres, voilà. Un film "en costumes", à la mise en scène plus "sage", plus lisse, en majestueux (somptueux) plans-séquences.
C'est l'histoire de Antonina Miliukova, une jeune musicienne folle amoureuse de Piotr Ilitch (Tchaikovski), et fermement (follement) décidée à l'épouser. Bon, elle parviendra à ses fins, mais à quel(s) prix...
Le film est très beau, très costumé, et très long aussi (2h23). Avec ce regret, qu'on ressent dès le départ : tout est joué d'avance (elle l'aime, il ne l'aime pas) et ne déviera pas de cette ligne jusqu'à la dernière seconde (c'est dommage). La demoiselle est déterminée, et m'a rappelé, par son apparence et son attitude, une actrice française que j'aime bien, Céline Salette, avec souvent ce même genre de personnages de femmes battantes sans doute mais avec les yeux tristes...
Voilà, ce film n'a pas résonné dans mon (petit) coeur comme les précédents (c'est la vie) mais m'a donné envie de voir le film que ken Russell (qui se souvient de Ken Russell ?) lui avait consacré, MUSIC LOVERS...
Et de celui-ci, que m'en restera-t-il ? (smiley avec les joues roses de honte) bah la scène dite "des cinq messieurs tout nus" ... (là, pour une fois, j'aurais bien aimé prendre la place de Madame Tchaïkovski, hihi)

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20 février 2023

M.D

Michel Deville est mort le 16 février, il avait 91 ans.

Juste un petit top 10, comme ça, de ses films qui m'ont le plus touché, entre 1978 à 2002 (j'avais vraiment beaucoup beaucoup aimé son -avant- dernier film). Un réalisateur plutôt discret, qui eut son heure de gloire dans les années 80 (c'était toujours un plaisir d'aller voir chacun de ses films à sa sortie), et qu'on pourrait un peu classer comme hélas tombé dans l'oubli... Ses films ont été édités en plusieurs coffrets.( Il faudrait écrire sur le rapport entre les films de Michel Deville et la littérature, les romans, la "chose écrite"...)

affiche

2002

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1994

19818188

1990

la lectrice

1988

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1986

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1985

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1982

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1981

le voyage en douce

1980

0218333

1978

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