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lieux communs (et autres fadaises)
21 février 2023

cueillette

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SOUS LES FIGUES
de Erige Sehiri

Oh le beau beau beau film... Une journée en Tunisie, du lever du soleil jusqu'à son coucher.Une journée de travail, plus précisément une journée de cueillette. Cueillette de figues. Fruits délicats qu'il faut cueillir juste à maturité, et  manipuler avec précautions. Cueilleurs et cueilleuses (cueilleuses surtout) de tous âges, emmenés au boulot dès le lever du jour entassé(e)s à l'arrière d'une camionnette déglinguée, sauf une qui a le privilège de s'assoir à l'avant, à côté du "chef" un jeune coq en bermuda qui est propriétaire de l'exploitation (de figuiers), et exploite -justement- celles/ceux qui cueillent, en les payant trois fois rien.
Un film délicat et fragile (et parfumé) comme les fruits qui y sont cueillis.  Il y a des mamans, des mamies, et, bien sûr, des fifilles, des demoiselles. Et comme il y a aussi des jeunes gens, on aura droit, dès les premières scènes, à des regards en coin, des cils de gazelle,des manoeuvres d'approche, des empourprements... Une journée, une simple journée comme les autres ou chacun.e gère ses problèmes, en parle ou pas, une journée vécue ensemble,  par tous ces personnages, qui partagent un moment avec le spectateur. Amitiés, inimitiés, histoires de coeur, de gros sous, rivalités, espoirs, déceptions, tout ça brodé avec délicatesse comme sur la nappe qu'on étendrait au sol pour y pique-niquer... Sous une lumière d'une extrême douceur. la réalisatrice filme ses personnages (des femmes en majorité) avec les mêmes précautions qu celles avec lesquelles elles manipulent les fruits. C'est un film "de filles", un film au féminin plutôt. Les hommes n'y sont, finalement, qu'accessoires (coqs et coquelets paradant au milieu de l'enclos d'une basse-cour).
Un grand plaisir de cinéma, un film qui fait du bien.

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23 février 2023

le jour des cendres

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L'ASTRONAUTE
de Nicolas Giraud

Je pensais que je ne connaissais pas du tout Nicolas Giraud, je l'avais pourtant vu, il y a quelques années, acteur, dans le ANTON TCHEKHOV 1890 de René Féret, où il jouait, d'ailleurs, le rôle-titre.
J'ai découvert ce film grâce à sa bande-annonce et sa distribution (Matthieu Kassowitz, Hélène Vincent, Bruno Lochet, Hippolyte Girardot... avec les participations de Feodor Atkine et Jérémie Rénier...) aussi alléchante que délicieusement improbable (un mec veut construire une fusée ? Et sa grand-mère va l'aider ??) et, comme il était programmé en sortie nationale, et en film A, (un jour je vous expliquerai promis...) j'y suis allé dès la première séance (ici, pendant les vacances on ne programme pas de film "normal" à la première séance censée être uniquement "grand public" = merdouillasse, d'ailleur ça marche puisque le parking était presque plein) Bonne nouvelle : le film était programmé à la 1 (la plus petite salle), et nous y étions 5... le gage, finalement,  d'un certain "entre soi" cinéphile...
Dans la toute première scène, il est plutôt joli, ce Nicolas Giraud, il a une jolie barbe et un joli bonnet, et il se ressource contre un arbre... Du film je ne savais -presque- rien. J'avais (quelle erreur) juste lu une critique, celle de Libé, parfaitement méprisante, comme de plus en plus souvent  (et pourtant pas signée par l'habituellement condescendante Sandra O., qui bénéficie avec une belle régularité de ma machine à gifles), où le signataire s'est surtout crispé (arc-bouté devrais-je dire) sur les placements de produits (j'ai vérifié au générique, il y en a), dont certains, il faut le reconnaître sont un peu voyants. Mais bon à part ça, moi qui suis bon public, j'ai bonpubliqué à fond. D'autant plus que je m'y attendais pas. Cette histoire de rêve de gosse, d'envie d'espace, de rapport au papa, et même au papa du papa (avec finale dans l'espace comme le Capitaine Haddock, oui oui) ne pouvait pas me laisser indifférent. Et je ne le suis donc pas resté du tout. Larmichettes, oui oui, et plutôt deux fois qu'une!
D'autant plus que dans ce film, personne n'est méchant. C'est parfaitement irréaliste, mais ça fait un bien fou. Même les gros durs du GIGN tout testostéronés, qui débarquent juste un tout petit peu trop tard à la fin, ben ils s'arrêtent, ils regardent, ils se taisent, et, comme moi, ils écrasent une larmichette.
Oui j'ai pleuré (mais c'était un peu fait pour hein), la musique est signée SUPERPOZE et c'est joliment électronique, et, voilà, un film comme ça CA FAIT DU BIEN malgré (ou, justement à cause de) ses maladresses.

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14 février 2023

jeune fille au père

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AFTERSUN
de Charlotte Wells

Dominique n'était pas très enthousiaste a priori, j'y suis donc allé tout seul (et pourtant, c'était à la 2, où, lorsqu'une scène est un peu sombre, on n'y voit carrément plus rien du tout, ce qui fut le cas à plusieurs reprises hélas c'est dommage...), avec mission de lui faire un rapport (mais finalement, pas du tout, elle s'en contrefichait).
Le film m'a enthousiasmé. C'est un film très "formel" (une jeune femme se remémore des vacances passées avec son père, une dizaine d'années plus tôt, en visionnant des vidéos qu'elle avait filmées à l'époque). Si l'argument du film (le pitch, comme on dit) est assez simple en apparence, son traitement, dans sa complexité formelle, me ravit. De l'image, de la belle image, certaines (la majorité) qu'on identifie, et d'autres (les scènes de nuit où le père a un t-shirt rayé verticalement), récurrentes, qu'on ne "replace" ni ne comprend forcément. Un père avec sa fille, en vacances. Un père (jeune) divorcé, attentif, aimant, même s'il n'a pas les moyens de payer le "all inclusive" à Sophie, sa fille.
Un film fragmenté donc, qui ne raconte pas tout (ni ne l'explicite), qui reste -en apparence- à la surface des événements, comme on resterait, assis, au bord de la piscine, à regarder les chatoiements de l'eau sans discerner toujours parfaitement ce qui se passe en dessous (entre le presque montré et le pas tout à fait dit).
Je suis toujours sensible aux "films de père" (même si, le plus souvent, il s'agit d'une relation fils / père) et là je le répète j'ai été ravi. Parce qu'on n'en saura pas beaucoup plus à la fin de ce beau personnage paternel (l'acteur, Paul Mescal, figure d'ailleurs sur la liste des meilleurs acteurs aux Oscars pour ce rôle...) Parce que le film, par ses zones d'ombres, reste longtemps en tête (beaucoup plus, en tout cas, que la majorité des films.
Une belle surprise, donc.

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(deux versions de l'affiche)

 

10 février 2023

ay maricruz maricruz

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Carlos Saura est mort aujourd'hui, il avait 91 ans
J'ai découvert ses films dans les années 70
Il faisait partie des réalisateurs aimés de ma jeune cinéphilie
Mais surtout, surtout, je lui suis infiniment redevable d'avoir réalisé l'extraordinaire CRIA CUERVOS (Prix Spécial du jury à Cannes 1976, ex-aequo avec LA MARQUISE D'O.)
un film que j'ai vu beaucoup de fois, que je connais presque par coeur.
Un de mes films préférés sur l'enfance.
Associé pour toujours à la jeune Ana Torrent, à Géraldine Chaplin
Associé aussi, bien sûr, à la chanson Porque te vas, par Jeannette
Et aussi (mais je ne l'ai trouvé que beaucoup plus tard) à la très mélancolique Cancion n°6 de Federico Mompou, qu'on entend plusieurs fois dans le film, mais surtout, déjà, sur le sublime générique de début, qui me bouleverse toujours autant (, sur Y*tube dans une version sous-titrée en hébreu me semble-t-il)
CRIA CUERVOS, que je chéris depuis 1976, et qui fait, sans hésiter, partie de mes 10 films préférés (de toute l'histoire du cinéma, oui oui...)

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"Y, cuando me iban a matar, me desperté..."

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Coïncidence, Tamasa Distribution annonce une re-sortie du film en copie neuve restaurée pour le15 mars, avec une nouvelle affiche...

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11 février 2023

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VIVRE
d'Oliver Hermanus

Une très belle surprise. Le réalisateur, qu'on connaissait pour deux films (très noirs) traitant de l'homosexualité (et de l'homophobie) en Afrique du sud (BEAUTY en 2011 et MOFFIE en 2021) change radicalement de pays et de thème... Nous voici in England, des employés de bureau en chapeaux-melons, dans un beau récit qu'on pourrait situer entre Brazil et James Ivory (oui, l'écart est grand), le portrait d'un vieux monsieur (le chef des employés du bureau scuté au début) dans un remake d'un film de Kurosawa rescénarisé par Kazuo Ishiguro (auteur du sublime AUPRES DE MOI  TOUJOURS que je ne vous conseillerai jamais assez, au cinéma NEVER LET ME GO).
Un vieux monsieur donc, confit (ranci) dans ses habitudes, dont la vie va changer quand le médecin va lui apprendre qu'il ne lui en reste beaucoup plus, justement, de vie. Et donc va (un peu tard ? mais mieux vaut tard...) commencer à s'intéresser à ce qui se passe autour de lui, et ceux (et celles) qui passent aussi.
Un film magnifique, qui a mis tout le monde d'accord (celles et ceux qui l'ont vu : oui, c'est le mot magnifique qui revient...), réalisé avec beaucoup de délicatesse, de finesse, où la même chanson, chantée par le même personnage à deux moments différents du film, produira le même effet lacrymal (oui je suis sorti avec les yeux rouges et mouillés, et c'était délicieux...)

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10 février 2023

aux bains

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STELLA EST AMOUREUSE
de Sylvie Verheyde

J'avais vu STELLA en 2009, et ça m'avait bien plu (voir). Avec Karole Rocher en maman de Stella et Benjamin Biolay en papa. Hmmm années plus tard, si le papa est resté le même (B.B) c'est désormais la toujours aimée Marina Foïs (dotée d'une création capillaire... intéressante) qui joue la môman, et, bien sûr la jeune Léora Barbara, dans le rôle de Stella, est désormais remplacée par la piquante (et délicieuse) Flavie Delangle, découverte il y a peu dans la série MYTHO.
Le film est construit de la même façon que le précédent (la voix-off de Stella qui fait le lien entre les différentes séquences) sauf qu'on est, cette-fois ci au royaume de l'adolescence, des copines, des premiers émois, du "passe ton bac d'abord", ... et des sorties en boîte. Stella découvre en même temps Les Bains-Douches et le bel André qui y danse toutes les nuits ou presque... Une bande-son qui fera sans doute vibrer le coeur et les oreilles de celles/ceux qui ont connu ces années-là (les 90', en gros), un film (on n'a plus l'habitude) où on allume au moins un million de cigarettes (pour m'autociter "on a l'impression de puer la clope en sortant"). Un film, enfin, gentiment amoral (bon, elle est amoureuse, elle procrastine au boulot ("le trimestre prochain je m'y mets"), et elle réussit quand même à avoir son bac (à l'oral de rattrapage, quand même), on serait tenté de dire qu'il n'y a pas de justice, hein... mais la jeune Stella est tellement mimi qu'on lui pardonne tout, hein...)
Donc on est tout à fait partants pour un troisième opus de la série, genre "Stella se marie" ou "Stella fait du cinéma" (puisque les films de Sylvie Verheyde semblent très autobiographiques...)

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9 février 2023

flammes

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ASHKAL, L'ENQUÊTE DE TUNIS
de Youssef Chebbi

Un film destabilisant. Inquiétant. Un premier long-métrage qui nous met, spectateurs, en situation instable : ça commence comme un polar, avec deux flics (une fliquesse et un flic, plus ou moins bien assortis) chargés de l'enquête sur la mort d'un homme qu'on a retrouvé calciné, mais, très vite, ça évolue vers "autre chose", avec une autre, puis deux, bref la multiplication de morts violentes avec le même mode opératoire, avant de virer (d'obliquer) vers le fantastique (il faut se rappeler -merci gougueul- que la révolution en Tunisie a commencé avec un homme qui s'est immolé par le feu...)
(Celui qui vient avec l'espoir de voir une enquête policière rondement menée, avec coupable arrêté à la fin, mobile explicité et tout et tout risque de se sentir frustré (contrarié)). Ce qui est très fascinant dans ce récit essentiellement nocturne, c'est son décor : un genre de méga-complexe immobilier qui a été commencé, puis brutalement interrompu, créant des images aussi fantômatiques que fascinantes (non seulement le réalisateur a le sens du cadrage, mais on sent qu'il prend un grand plaisir à nous montrer de la belle image.)
J'avoue avoir été un peu décontenancé par la fin -très- ouverte du film.
En tout cas un objet filmique à la fois sombre et brûlant. Dérangeant.

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3 février 2023

comme dans blow up

Paul Vecchiali est mort le 18 janvier 2023, à 92 ans

Comme dirait Luc Lagier, voici un hommage en 10 petites madeleines

1) D'abord Paul Vecchiali ce fut un film, CORPS A COEUR, en 1979, avec Nicolas Silberg et Hélène Surgère. L'histoire d'amour entre un mécano et une pharmacienne, qui commence sur le Requiem de Fauré, avec un fameux "travelling coudé".
(J'y avais été aussi sensible à une autre histoire d'amour, en filigrane, à demi-mot, celle que portait à  ce même mécano  son patron au garage)
J'avais acheté l'affiche et le jeu de photos d'exploitation (que j'ai toujours)

2) Paul Vecchiali, c'était aussi la maison de production qu'il avait créée, DIAGONALE, que j'ai suivie passionnément, de 1975 à 1994, où il permit à Jean-Claude Biette, Jean-Claude Guiguet, Marie-Claude Treilhou, Noel Simsolo, Gérard Frot-Coutaz, et Jacques Davila (particulièrement cher à mon coeur, mais dont je découvre qu'il ne faisait  partie de "l'écurie" Diagonale qu'à travers le film à sketches ARCHIPEL DES AMOURS) de réaliser leurs films...

3) Paul Vecchiali, ce fut aussi une rencontre, un repas à la Tour de la Pelote, pour lequel tout le monde s'était défilé (nous étions quatre, je ne me souviens plus de qui étaient les deux autres) à l'occasion d'un cycle "Cinéma et sexualité" organisé par le CICS.  Je me souviens qu'il avait parlé de pornographie, en évoquant TAXI ZUM KLO qu'il allait bientôt distribuer, et aussi, paradoxalement, en évoquant le fin de GARDE A VUE (de Claude Miller) dont l'ultime arrêt sur image constituait, pour lui, la véritable pornographie

4) Paul Vecchiali, d'ailleurs, a réalisé un film pornographique, interdit aux moins de 18 ans, avec Sonia Saviange et "introducing" (c'est au générique) Jean-Chritophe Bouvet, CHANGE PAS DE MAIN (ou CHANGE PAS DEMAIN), film longtemps pour moi invisible mais qu'à force d'obstination j'ai réussi à voir...

5) Paul Vecchiali, c'était, toujours lors de ce fameux repas à la Tour de la Pelote, la phrase, à propos du sida "Je préfère mourir vivant que vivre mort..."

6) toujours au cours du même repas, les gentils compléments qu'il m'avait faits à propos d'un texticule de présentation que j'avais écrit (dans la brochure annonçant ce Festival Cinéma & Sexualité) à propos de SIMONE BARBES OU LA VERTU, de marie-Claude Treilhou, en mme disant qu'il le lui transmettrait

7) Paul Vecchiali, c'est celui qui m'a permis de découvrir la divine Hélène Surgère (dans CORPS A COEUR, dans FEMMES FEMMES, et dans beaucoup d'autres films de Vecchiali, mais aussi dans LES BELLES MANIERES (de Jean-Claude Guiguet), film dont j'avais aussi acheté l'affiche, et, plus surprenant, dans BARROCO d'André Téchiné, où elle joue l'assistante de Jean-Claude Brialy. Elle a aussi joué dans SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOME, un film que je me suis promis que je ne reverrai jamais...

8) Paul Vecchiali, c'est aussi le réalisateur du très inconfortable LE CAFE DES JULES, où je fis la connaissance cinématographique de Jacques Nolot et de Brigitte Roüan

9) Paul Vecchiali c'était, une autre fois, quelques années plus tard, ma copine Christiane B., directrice de salle à Dijon, qui l'avait reçu, hébergé, et m'avait raconté qu'il "aimait bien aller se promener la nuit dans les jardins de l'Arquebuse..."

10) Paul Vecchiali, enfin, c'est une rétrospective de ce qu'on pourrait nommer la "première époque" (de L'ETRANGLEUR au CAFE DES JULES) deux coffrets chez SHELLAC, de quatre films chacun.

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17 février 2023

micro 201

"On n'est malheureux que parce qu'on a une idée trop nette sur le bien et le mal." (Emil Cioran)

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"Quand tu ressens de la nostalgie, ce n'est pas un manque, c'est une présence, c'est une visite, des gens, des pays arrivent de loin et te tiennent un peu compagnie." (Erri de Luca, Montedidio)

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"Je serais déjà satisfait si seulement j’apaisais mon conflit intérieur." (Franz Kafka, Le Terrier)

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"Je me suis à peu près fait à l'idée que j'étais une simple apparition." (Coleridge)

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"L'actrice a en effet accueilli une petite fille avec son compagnon, le réalisateur Julien Rambaldi, dont le prénom plutôt original, Martha, semble avoir fait débat. Mais la jeune femme assume : dans une interview à Madame Figaro ce week-end, elle a même expliqué à qui ils avaient voulu faire référence. "Elle s'appelle Martha, comme une chanson des Beatles, comme la pianiste Martha Argerich, comme la chorégraphe Martha Graham, comme le premier amour de Tom Waits, qui lui a consacré une chanson", a-t-elle expliqué.
De belles héroïnes pour la petite Martha, aujourd'hui âgée de 8 ans et à qui sa mère voulait donner un certain caractère : "Je me dis qu'un prénom insuffle une part du caractère. On souhaite à toutes les petites filles d'avoir de la force, une force de résistance. C'était mon fantasme de mère.""

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"MIEUX QUE RIEN
CEST PAS ASSEZ"
(un slogan à la manif')

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"TU NOUS
METS 64
ON TE
MAI 68"

(une autre pancarte à la manif)

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"La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient." (Gabriel García Márquez)

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"Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout." (George Orwell, 1984)

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"Personne au monde n'empêchera les gens de parler dans ton dos. Le principal, c'est qu'ils se taisent quand tu te retournes." (Michel Audiard)

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22 janvier 2023

mykonos

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LES CYCLADES
de Marc Fitoussi

Pendant que Dominique regardait MUSIC HOLE (que j'avais vu deux jours plus tôt et que je n'avais pas envie de revoir) il fallait bien que j'aille voir quelque chose, ce fut donc ce film, (au vue du nom de Laure Calamy sur l'affiche) une comédie estivale hellénique et mollassonne, autour d'un trio de comédiennes (Laure Calamy, Olivia Côte, Kristin Scott Thomas) qui réussissent à faire un peu redémarrer l'ensemble lorsqu'elle se retrouvent -enfin!- ensemble (la troisième n'arrive qu'au bout d'une heure de film). Sympathiquement longuet (longuettement sympathique ?)

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(tout est dit dès l'affiche : les trois copines, le soleil, la plage, et Laure Calamy qui sort légèrement du cadre...)

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7 janvier 2023

les ours

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RMN
de Christian Mungiu

Premier film de l'année, donc. et qui donne plutôt bien le ton et le mood.(Ambiance générale froid dans le dos). Transylvanie (rien que le mot, déjà, fout un peu les chocottes). Le film annonce la couleur dès le prégénérique : les dialogues en blanc sont en roumain, ceux en jaune sont en hongrois, et ceux en rose sont "d'autres langues" (l'allemand et le français, mais aussi l'anglais le sri-lankais), pour souligner la pluriethnie du village où revient Matthias (incarné par le sexy l'impressionnant  Marin Grigore).
Le film est très noir, l'image que donne le réalisateur de ses compatriotes est peu flatteuse (mais celle du personnage français "payé pour venir compter les ours" ne l'est pas davantage). C'est du cinéma roumain pur jus (comme j'aime, donc) avec deux scènes d'anthologie : un plan-séquence hallucinant dans la salle des fêtes municipale ou chacun/chacune va s'écharper sur le sort de de trois nouveaux employés à la boulangerie industrielle locale (ils sont sri-lankais et les autochtones (hongrois et roumains) ne "souhaitent pas qu'ils touchent leur pain (j'ai pensé au sketch de Fernand Raynaud, il y a très longtemps, sur le même sujet) et une scène finale aussi nocturne qu'opaque, qui a fait s'interroger chacun.e des spectateurs.trices (et ça, c'est bien, de susciter ainsi les questionnements et les émissions d'hypothèses à la sortie de la salle, oui, tout le monde était perplexe...)
Un grand film (qui aurait intégré le top 10 20 30 si je l'avais vu avant le 31 décembre, et que donc j'inscris en premier pour celui de 2023...)

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j'ai décidé qu'en 2023 je serais plus concis, et ne chroniquerais d'ailleurs pas forcément tous les films in extenso, même si je continuerai d'en tenir le décompte précis...)

1 février 2023

janvier 23

dimanche 1er
levé tard, petit-déj, puis le rituel "scrabble du nouvel-an" (on en a fait plusieur)
après le repas ("on finit les restes") on joue encore un peu (le lièvre et la tortue)
je rentre en fin d'après-midi
(non finalement je n'irai pas au cinéma ce soir)

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lundi 2

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une petite visite rapide comme j'aime "pour présenter ses voeux"
puis à 17h45 premier film de l'année RMN (on discute assez longuement ensuite à propos de la fin...)
je m'aperçois que le(s) calendrier(s) que j'ai faits sont faux (j'ai repris le modèle de l'année dernière) et j'en suis consterné

mardi 3

 

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je vais tester "La petite cuisine" où on ira manger jeudi avec les filles
je découvre que le fils de Nicolas et Myriam y travaille
(formule entrée / plat / dessert à 12,50€, rien à dire)
Je passe boire la café chez les Soria et ON JOUE!

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mercredi 4

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Anne-Marie à 8h
à midi à La Petite Cuisine
18h réunion ADC au local (plein de choses à y faire, notamment, à la fin, on mange la galette!)

jeudi 5

à midi à 4 à LPC : Catherine, Isa, Marie (l'après FJT, quoi...)

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vendredi 6

morosité ambiante et soudaine, (presque sans raison), d'ailleurs
bon, je photographie l'amaryllis

samedi 7

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Manue passe à 11h avec (c'est une tradition que nous respectons chaque année) deux parts de galette (griottines / pistache) et c'est moi qui ai la fêve (mais on n'a pas de couronne, c'est très bien comme ça!)

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dimanche 8

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matin un coup de fil de Dominique
dimanche en pyjama (mais les pieds nus, donc je me ré-enrhume)
le soir je regarde SPLIT sur N*tflix

lundi 9
de bonne heure, au labo pour les analyses trimestrielles (hémoglobine glyquée)

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(elle lit le Journal de Mickey)

le matin, un long coup de fil de Malou
à midi à LPC
17h30 : je bois un chocolat au Bureau
je me suis trompé d'heure pour la séance, et finalement c'est à 18h que je vais voir LE SERMENT DE PAMFIR

mardi 10

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matin : à 9h chez Pépin, le premier "café-scrabble" de l'année (OUILLANT, x9)
au courrier un beau t-shirt rouge acheté aux USA par Malou
17h et quelques : ma proprio vient gentiment réparer la lumière du plafonnier de la salle de bains, avec son grand escabeau (et en même temps je fais entrer ma visite en douce, comme dans une pièce de Feydeau)
visite, donc "comme j'aime"
20h30 OÜM au Thé V'

mercredi 11

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 je termine (enfin) REQUINS D'EAU DOUCE de Heinrich Steinfest, commencé depuis fort longtemps
début de la SEM4INE BELGE:
18h : MUSIC HOLE
20h30 : POULET FRITES
après, on offre de la bière aux spectateurs dans le hall du bôô cinéma

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jeudi 12

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à midi avec les copines au Restaurant Inter Administratif (forfait à 12,60) (nous faisons désormais partie du bureau 313 au Conseil Général comme précisé sur notre ticket de caisse)
puis au cinéma avec Manue :
13h45 : HABIB
16h : UNE VIE DÉMENTE
(et pendant ce temps le plombier doit être en principe en train de réparer les fuites dans les tuyauteries de ma salle de bain)

vendredi 13

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rdv à midi devant LPC avec Dominique
Je l'emmène ensuite au cinéma voir un film belge (que j'ai déjà vu) moi je vais voir LES CYCLADES et je la ramène à la gare
bilan de la journée : un t'shirt noir NON (Libé) 4XL, une bouteille de liqueur St Germain (à cause de Marina Foïs), un livre-photo (2022.2), un bouquin de Pasolini (L'ODEUR DE L'INDE), des dosettes d'encre de seiche, et... 4 noix de St Jacques avec lesquelles je ferai une tite poêlée

samedi 14

à 13h30 les Soria sont en bas de chez moi pour m'emmener à Cuse, chez Catherine, où nous passerons l'après-midi et la soirée (galette(s), promenade, jeu, apéro, repas du soir, on a failli rejouer mais il était un peu tard...) repartis à 23h et quelques
(Catherine, Dominique, Françoise, Philippe -sans oublier ce cher Sylvère!-)

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dimanche 15

je suis quand même sorti pour récupérer un paquet (oui le petit Carref*ur au bout de la rue est ouvert le dimanche) et j'en profite pour acheter un truc pour midi (oh oh des croque-monsieur(s))
Je ne ferai pas grand-chose de plus
(si, un peu de rangement)
un dimanche, quoi...

lundi 16

le matin, une petite visite comme j'aime (hi hi ça change, le matin...)
* rdv (gentiment bidouillé le matin par la secrétaire) l'après-midi chez le docteur pour renouvellement ordonnance
* des courses interminables au Super u (seules 2 caisses sont ouvertes, et il y a au moins 50 personnes)
sur les conseils de Manue, je regarde en aparté avec Chiara Mastroianni (j'avais oublié à quel point j'aimais cette dame)

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et je mets en page une nouvelle programmation (assez peu exaltante) qui vient juste de nous arriver transmise par Virginie H. (depuis Douai!)

mardi 17

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13h30 LES HUIT MONTAGNES (5 ème -et dernier pour moi- film de la Semaine Belge)
quand je sors du cinéma, les voitures sont blanges : il neigeouille!
projet de me faire un chocolat chaud (avec la brioche qui va bien avec) mais finalement non)
reçu l'édito d'Hervé, et après quelques tâtonnements, je finalise!

mercredi 18

8h : Anne-Marie aime bien les ferrero roche d'or (en promo Super U) avec le café
je termine EN SALLE de Claire Baglin
je file à repro System pour le tiragede la nouvelle prog
repas complet à LPC
je retourne fissa à la maison où m'attend le monsieur qui doit prendre les mesure pour les poses de rideaux (3 paires) + 1 store dans la chambre
16h : YOUSSEF SALEM A DU SUCCES (séance à 2, avec Zabetta)

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jeudi 19

le matin : 9h à la manif' sur le pont de la 19a (avec les filles, et beaucoup de monde)
à midi : (et quart, plutôt) repas à LPC, avec les filles
à 13h30 : LA CONSPIRATION DU CAIRE (Festival Téléramuche)
à 18h : réunion de mizenplis au local (d'où je sors un peu désublimé)

vendredi 20

de bon matin, touché par un très beau numéro de BLOW UP sur (qui l'eût cru ?) Le foot au cinéma...

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je passe à la Poste déposer les progs à cette chère Mme S.
13h30 : BABYLON
20h : je me décide et me rachète -enfin!- un nouveau téléphone, l'ancien est quasiment mort (je passe du S5 au S10!)

samedi 21

les courses du samedi matin
il refait froid c'est bien ("un temps de saison", etc.)
je fais une lessive (notamment de pantalons) donc je reste en négligé et je ne ressors pas
le soir je regarde DRÔLE sur Netflix (3 premiers épisodes d'affilée)

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(tiens il a reneigeouillé un peu...)

dimanche 22

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(la fenêtre des voisins, la nuit)

un coup de fil de Dominique le matin
un coup de fil d'Emma l'après-midi, (j'ai un peu honte, c'est presque toujours elles qui appellent)
j'essaie de présenter l'un à l'autre deux amis virtuels que, séparément j'aime beaucoup, mais ça ne se passe pas si bien que j'avais escompté...
je regarde les trois derniers épisodes de DRÔLE

lundi 23

à 8h je manque de me faire arnaquer téléphoniquement
au tarot, plus tard, je finis 1er sur 100 (à 4!)
16h : Emma passe boire le café
pour l'apéro le soir je prépare des palmiers vache qui rit / chèvre

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(pas mal, mais pas assez de fromage...)

mardi 24

à LPC il n'y avait plus de table libre, mais une dame qui mangeait seule sur un "mange-debout" m'a fait signe que je pouvais venir partager sa table
j'ai loupé la livraison de mon téléphone (ah, DPD...) mais je le refais livrer demain en relais
j'ai pensé -ouf!- à fêter l'anniversaire de Philou
je ne sais pas pourquoi mais j'ai -comme ça- commencé à me sentir de+ en + de bonne humeur
le soir je vais voir CHAMONIX par les 26000 couverts (quasiment tout le mieux-disant culturel vésulien s'y presse...)

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(la fin des haricots pour l'amaryllis)

mercredi 25

à midi, au CAFÉ CAFÉ avec Dominique (cuisse de canard aux épices et semoule à l'orange et en dessert fromage blanc avec crème de marrons et pommes caramélisées)
puis je découvre la nouvelle bouquinerie (tout à 3€, 4 pour 10)
je trouve ensuite, à la librairie (la "vraie") exactement le bouquin que je voulais offrir à Philou pour son anniv'
15h40 : ASHKAL, au Victor Hugo
17h30 je bois un grand crème au Bar de la Poste (désert), et je vais prendre le bus de 18h10 (où, inexplicablement, comme hier à la même heure je ressens -sans raisons particulières- un sentiment de bien-être (endorphines ?))

jeudi 26

le matin, une partie et demie de scrabble avec Pépin
(je vais chercher mon nouveau téléphone)
à midi, avec les copines à LPC
le soir Isa passe à la maison pour me donner un coup de main pour démarrer mon fameux nouveau téléphone (c'est pas gagné!)

vendredi 27

(à midi j'ai cuisiné des vieux légumes du panier anti-gaspi acheté à Monop' (2kg pour 3€) et je fais une vieille soupe (navet / poireau / oignon) pas mal du tout
14h chez les Soria, café, j'offre à Philou son cadeau d'anni acheté à Besac mercredi (Les Anachroniques, d'Eric Holder, au Dilettante), et on joue au SkyJoe (et on rigole beaucoup -ça fait du bien-)
je continue la prise en main de mon NT (nouveau téléphone)
le soir je me bats avec ma box, mon décodeur, et ma télé (1-0, victoire des machines) j'en dors du coup assez mal

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(le monsieur, l'oxalis, et la vitre sale)

samedi 28

- un cable HDMI défectueux à un bout (serait-ce de là que venait la panne ?)
- un flacon de I12 de Halston (l'eau de toilette que je mettais il y a bien 30 ans) commandé il y a peu et reçu ce jour
- une modification de contrat / changement d'offre signé ce matin chez SFR (raccordement à la fibre mercredi matin)
- un "menu étudiant" récupéré dans Libé que je vais préparer demain midi
il neigeote, quasi imperceptiblement

dimanche 29

le matin en cuisine (rillettes de maquereau / morteau aux lentilles / gâteau aux pommes à la poêle)
à midi je mange ce que j'ai préparé (comme les recettes sont données pour 4 j'ai une quantité phénoménale de lentilles)
l'après-midi, toujours en pyjama je joue (et je perds) au tarot
je continue d'apprivoiser mon téléphone
le soir je recycle une partie des lentilles en soupe : très bien!

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lundi 30

ce midi à LPC, en rafale : "La blonde" m'invite à sa table (sa copine n'est pas là), puis le maire arrive, lui souhaite bon appétit et va s'installer pour manger, avant que n'arrive une "table de 3" qui s'installe juste à côté de nous et où je reconnais, de dos, l'ami Bébert (avec sa chaise) que je salue...
13h40 : STELLA EST AMOUREUSE

mardi 31

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non sans une certaine mauvaise conscience (mais pas trop quand même), je ne suis pas allé manifester, et à la place je suis allé au cinéma :
13h30 : VIVRE
15h30 : TÁR
(où, à ma grande surprise, je suis rejoint par Manue (et Claude W. qui, elle, arrive de la manif'))

(bye bye janvier!)

 

 

 

 

 

 

 

6 janvier 2023

avant que l'ombre

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CARAVAGE
de Michele Placido

Celui-là, il s'en est fallu de peu qu'on ne l'aie, très en avant-première, pour notre SETTIMANA ITALIANA... Bon là on l'a en sortie nationale (deux séances en VO quotidiennes!) et donc il fallait que j'aille voir de quoi il retournait. Je l'ai déjà dit et je le répète, je ne suis pas, a priori, un grand amateur de biopics (mais bon je me souviens que j'avais été plutôt séduit par le MICHEL-ANGE de Konchalovsky...)
Quelques jours après GODLAND, voici un nouveau film bilingue, transalpin cette fois, puisque si réalisateur et acteur principal italien, le générique affiche aussi Louis Garrel (qui me semble-t-il parle italien), et Zaza Huppert (qui joue une Contessa, comme dans le récent EO de Skolimowski, mais qui elle a tourné en français, puis a été doublée ensuite en italien.
C'est le vigoureux -et talentueux- Ricardo Scamarcio qui incarne ce fameux Caravage, peintre et amateur de bas-fonds, artiste talentueux et brigand invétéré, le personnage appelle la curiosité, ainsi que son appétence pour les "pauvres", les gens du peuple, les déshérités (les prostituées aussi) qu'il utilise comme modèles dans ses tableaux à caractère religieux, sans oublier les "jeunes gens" dont il semble faire une consommation régulière (mais le film restera pudiquement très "grand public" puisque l'on n'y verra pas l'ombre d'une QV, à part celles peintes par l'artiste bien sûr)...
Il a été condamné pour meurtre, attend l'absolution (la clémence, le pardon) du Pape, se cache donc en attendant, mais voilà qu'il est poursuivi par l'Ombre, un genre de détective privé mandaté par l'Inquisition qui doit trancher ou non s'il doit être papalement pardonné ou pas... Et c'est -surprise- Loulou Garrel qui s'y colle, mâchoires serrées, et on n'a pas l'habitude de le voir en méchant très méchant comme ça...
C'est du grand spectacle (l'écran d'ailleurs est rempli au max, à ras bord) et le récit du pourquoi et du comment, a priori assez simple, est complexifié par la structure du film qui enquille et télescope les sauts temporels (mais le réalisateur a la gentillesse de nous préciser à chaque fois le lieu et l'année).
Il y a des bas-fonds, des truands, des catins, des clairs-obscurs superbes (le chef-op' a chiadé les éclairages à la Caravage, justement), des pontifes patelins et d'autres qui le sont moins, des rapières qui ferraillent, des estafilades (ou plus grave) en gros plan, des saints et des Madones, des corps d'hommes en petite tenue, et des tableaux du Caravage, justement, en veux-tu en voilà... bref, on sort de là content (même si avec l'arrière-pensée qu'on a vu un trux un peu formaté).

 

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"L’histoire qui nous est contée du Caravage participe, dans le film, à l’élaboration progressive d’une large fresque qui épouse les contours, le grain, les couleurs et les clairs-obscurs de l’œuvre du peintre. Mais qui, aussi, restitue la misère, la saleté, la violence et la beauté qui, parfois, surgissent au milieu du chaos. Malgré quelques postures théâtrales et certains traits esthétiques empesés, ce parti pris parvient à protéger le film de l’académisme fréquemment adopté en pareil exercice." (Le Monde)

"Des dangers de la truculence : soucieux de ne pas soumettre à un traitement trop léché le subversif Caravage, qui déclarait "je cherche le réel", Michele Placido signe une cinecittàde débordante de crasse académique, de rousseur généralisée, et de Contre-Réforme hypostasiée." (Les Cahiaîs)
euh... "contre-réforme hypostasiée"...  ça c'est bien les Cahiaîs hihi...

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3 janvier 2023

sel d'argent

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GODLAND
de Hlynur Pálmason

Ce nom me disait quelque chose... Je gougle donc  et bingo! Du même réalisateur nous avons déjà programmé le très beau UN JOUR SI BLANC, l'année du conconfinement (et beaucoup aimé, critique ), et on retrouve d'ailleurs son acteur principal, Ingvar E. Sigurdsson. Autre point commun entre les deux films, dans le premier on (re)construisait une maison, dans celui-ci c'est une église qu'on bâtit, mais tout aussi en bois...
Après deux légères déconvenues préalables (non seulement le film est projeté en salle 2, mais il semble avoir été tourné en 16mm, ce qui donne une petite imageounette carrée aux coins arrondis...), on s'embarque dans cette histoire doublement dialoguée en danois et en islandais (même si à l'oreille on ne fait pas la différence, la police des sous-titres sera là pendant out le film pour nous le préciser).
Un film en deux parties nettes (comme les deux langues qui le soutiennent), sur un jeune prêtre (danois) amateur de photographie (on est tout au début de cet art, et le matériel utilisé est affreusement lourd), qui est envoyé (par ses supérieurs) tout au nord de l'Islande très loin tout là-bas pour y construire une église (impérativement avant l'arrivée de l'hiver), et on lui fournit les services d'un guide du cru qui lui ne parle que l'islandais (tandis que le prêtre ne parle que danois) dans un voyage (au long cours) à cheval, une véritable expédition, mais comme vue par le petit bout de la lorgnette, vu la taille de l'image, et la distance à laquelle les personnages sont filmés. Un voyage dantesque.
Puis le voilà qui se réveille dans la maison d'un homme qui vit avec ses deux filles, après avoir dormi un certain temps (la construction de l'église a bien avancé...). Le personnage du jeune curé n'es pas vraiment sympathique, et, d'ailleurs, plusieurs personnages dans le film déclarent ne pas l'aimer (c'est vrai qu'il ne fait rien pour...) Après la première partie itinérante (j'ai pensé aux films d'Herzog avec Kinski, ou, plus proche, à LA LEGENDE DU ROI-CRABE) la seconde moitié du film pourrait sembler plus planplan, plus "convenue", plus... habituelle, mais non, au contraire. Il sera question d'affrontement, de plus en plus violents, de plus en plus frontaux. Entre hommes. Et les hommes de là-bas ont des comportements virils. Il sera aussi pas mal question de chevaux (comme ça l'avait été dans un autre film islandais de 2014, DES CHEVAUX ET DES HOMMES, -avec, je le découvre, le même acteur principal ! (Ingvar Sigurdsson)-, ça doit faire partie de l'ADN islandais.)
A partir de la scène que je nommerai "de la confession", tout l'enchaînement des dernières séquences du film m'a ravi. Avec, comme on l'avait déjà vu dans son film précédent, des références plastiques fortes à propos du passage du temps...
Un film qui reste juste à l'entrée du top 10 20 30 à cause de la salle 2 du Victor Hugo (mais si on le programme dans le bôô cinéma, on pourra toujours en reparler...)

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4 janvier 2023

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LE PARFUM VERT
de Nicolas Pariser

Une plaisante fantaisie. Mi-Hitchcock (période L'homme qui en savait trop) et mi-bd. Ceci aurait pu être dessiné par Floc'h... (voire Hergé, voire Swarte...).
Un acteur "de la Comédie Française" meurt en scène, empoisonné, sous les yeux d'un autre acteur ("de la Comédie française" aussi, joué par Vincent Lacoste, qui gagne ici un nouveau  premier rôle), un indice mystérieux communiqué juste avant de trépasser, une rencontre avec une auteure de bande dessinée un peu fofolle (actualisation -en contrepoint- de la "blonde hitchcokienne" typique, à laquelle la scène d'ouverture aura d'ailleurs fait au préalable un clin d'oeil -ou de chignon plutôt- plutôt appuyé, et qui, bonheur, est jouée par Sandrine Kiberlain, toujours aussi pétulante), tous les deux vont affronter une organisation mystérieuse, un méchant tout aussi mystérieux, collectionneur "d'images de rongeurs en BD",  avec l'accent allemand (qui fut, tiens,  un de mes amours de jeunesse au cinéma, c'est Rudiger Vogler, le réparateur itinérant de matériel de projection cinématographique dans le toujours aussi beau AU FIL DU TEMPS de Wim Wenders, mais bon il a lui aussi, désormais, une bonne cinquataine d'années de plus...), une conspiration, une tueuse à gages, un mcguffin, une course-poursuite dans un train, quelques assassinats, un suicide, jusqu'à une représentation de l'Illusion Comique (de Corneille), sous tension et sous écoute, et puis une plutôt happy end, la boucle est bouclée (à moins que, comme nous le suggère la dernière image, il  puisse y avoir un PARFUM VERT 2 ?), le contrat est rempli, les personnages sont contents, et le spectateur aussi (il y avait -effets vacances oblige ?- un nombre inhabituel de spectateurs dans la salle.) Le réalisateur s'acquitte avec tous les honneurs de la tâche qu'il s'était fixée, lui aussi semble s'être fait plaisir, en réussissant tout de même à parler d'Europe, de géopolitique et d'antisémitisme...
Du beau travail propre, du beau linge minutieusement repassé. Rien à redire (et pourtant beaucoup de critiques ont chichité et ci et ça... et auraient  bien mérité que je remonte la machine à gifles de la cave...) C'est le genre de film qui fera plaisir à être revu, histoire d'être attentif à toutes les multiples  références qui s'y nichent.

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22 décembre 2022

dans la forêt

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COMA
de Bertrand Bonello

Quel plaisir d'avoir des nouvelles de B.B!
2016 : NOCTURAMA (2h10), 2019 : ZOMBI CHILD (1h43), et 2022 : COMA (1h20)
Ce qu'on pourrait considérer comme une trilogie sur l'adolescence (ce que sembleraient confirmer les sous-titres de la première partie), de plus en plus anxiogène(s) et de plus en plus court(s). Le splendide NOCTURAMA fonctionnait d'après une narration plus "normalisée" (quoique, quand on voit le film pour la première fois, on a un peu de mal à comprendre du premier coup ce qui se trame dans la première partie du film (l'"avant")).
Ce COMA est beaucoup plus expérimental, et nous emmène très ailleurs, dès la scène d'ouverture. On retrouve la jeune actrice qui tenait le rôle principal dans ZOMBI CHILD,(Louise Labeque), désormais recluse dans sa chambre (on comprend qu'on est dans un futur plus ou moins proche où les gens ne peuvent plus sortir de chez, températures terrifiantes obligent) .
La demoiselle suit une certaine Patricia Coma (jouée par l'excellente Julia Faure, dont on re-connaît le visage sans pouvoir dire où est-ce qu'on l'a déjà vue...), qui officie semble-t-il sur y*utube (ou un truc qui lui ressemble), y délivre des bulletins météo affolants, vend des objets (un certain Révélateur dont il sera beaucoup question), et pose des questions, ou expose des situations, mystérieuses.
L'adolescente (qui est la seule du film à ne pas être nommée) fait des voyages (immobiles, sans quitter sa chambre) dans une forêt mystérieuse (très sombre et plutôt flippante), dialogue avec ses copines via zo*m, tandis que la narration est régulièrement entrecoupée par des extraits de sitcoms jouées par des poupées genre Barbie (et Ken), doublés par des acteurs et actrices connus (j'avais reconnu les garçons, mais aucune des filles), des soap-operas nunuches soulignés -ou pas- par des rires enregistrés. (J'ai pensé au scène "des lapins" dans le dernier David Lynch)
Oui, c'est très expérimental, désorientant, déstabilisant, mais on se laisse entraîner par la main dans la fameuse forêt qui fait peur, et il y a même des moments où on sursaute parce qu'on n'avait pas du tout prévu ce qui se passe (et d'autres où on se cache les yeux parce qu'on ne veut pas voir ce qui va se passer (mais qui heureusement restera hors-champ). Un film sur les adolecent(e)s, la place qu'elles occupent et les dangers qu'elles courent...
Bertrand Bonello s'adresse à se fille, nous explique, au début, qu'il lui a dédié NOCTURAMA, mais qu'elle ne l'a certainement pas vu, et s'adresse à nouveau à elle à la fin, de la même façon (des sous-titres silencieux sur des images absconses) pour évoquer une futur aussi noir et désespéré qu'inéluctable.
Glaçant.
Comme d'habitude Bonello s'est occupé de la musique (idoine) et on a même le plaisir de re-voir (après le film d'Honoré) Andrea Lazslo de Simone (qui est très dans l'air du temps) et un morceau du clip de son Immensita...

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21 décembre 2022

tuer un enfant

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BONS BAISERS DE BRUGES
de Martin Mc Donagh

Revu sur MUBI, avant de voir prochainement son nouveau LES BANSHIES D'INISHERIN, qui sort en toute fin d'année (et dont on dit le plus grand bien).
C'est toujours aussi bien.
Lire tout le bien que j'en avais pensé en -déjà!- 2008

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Bon c'est vrai que Colin Farrell y est un peu pour quelque chose mais pas que.
J'avais gardé le souvenir d'une comédie, mais c'est finalement plutôt mélancolique... (toute la deuxième partie, et la fin aussi)
Si vous ne l'avez pas vu et que vous avez envie de, je peux vous l'offrir ( + 1 semaine gratuite) via MUBI. Qu'on se le fucking dise!

18 décembre 2022

la mer la nuit

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SAINT OMER
d'Alice Diop

Voici un film qui m'a laissé perplexe (ainsi que d'autres spectatrices, puisque j'étais le seul garçon parmi la dizaine que nous étions), avec tout un tas de questions en suspens, à la fois sur ce que le film racontait et sur l'effet qu'il me produisait (avec un certain étonnement à propos du fait qu'il représente la France aux Oscars, tellement il me semble être un film intime...). J'ai tranché, en sortant, que c'était un "film de filles", centré sur le rapport mère/fille (sur la maternité aussi) et donc c'est pourquoi j'en suis resté relativement à distance...
Alice Diop je ne la connaissais que grâce à un film, le beau NOUS qu'on a programmé dans le cadre du festival  Diversité (et qui figure d'ailleurs dans mon Top de l'année).
Il est question d'une jeune femme... (de plusieurs jeunes femmes, de plusieurs femmes tout court) une jeune écrivaine, qu'on rencontre au début du film en famille, puis qui part assister au procès d'une femme femme jugée pour avoir tué sa fille (en l'abandonnant sur la plage la nuit à marée montante), et on va alors assister à un gros bout de procès, non-stop (une juge, une avocate de la défense, seuls l'avocat général et les gendarmes sont des hommes), où elle va faire la connaissance de la mère de la prévenue. La prévenue en question est une jeune femme visiblement cultivée, peu bavarde, qui est incapable d'expliquer pourquoi elle a accompli ce crime, à part l'expliquer par la sorcellerie et le maraboutage...
L'audience est levée, on suit la jeune fille dans son hôtel, puis re-procès, et ainsi de suite. Sauf que, bizarrement, tout à coup, après la (superbe) plaidoirie de l'avocate de la défense, face caméra, les yeux dans les yeux, voilà que la réalisatrice laisse tout ça en plan et se désintéresse de l'issue dudit procès, pour se centrer juste sur la jeune écrivaine, qui est, elle-aussi, enceinte.
J'ai repensé au slogan de TROIS FEMMES de Robert Altman ("Une femme devient deux, deux femmes deviennent trois, trois femmes deviennent une.") sans être certain qu'il s'applique vraiment ici, mais bon  il y a un rapport...
Un film qui je qualifierais de poseur, parfois. Parfois aussi c'est magnifique. Mais je suis resté trop à distance.

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17 décembre 2022

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AUCUN OURS
de Jafar Panahi

Je voue à cette homme une grande admiration, et j'étais donc là à la première séance dans le bôô cinéma.
Et j'ai été une nouvelle fois sidéré par l'intelligence de ce réalisateur, et la puissance de son "cinéma / non cinéma", la preuve au bout de quelques minutes à peine j'avais déjà les larmes aux yeux, et à la fin du film je les avais encore. Il y a chez moi ce symptome "physique" du fait que je suis particulièrement bouleversé par un film, ce sentiment de bonheur cinéphilique intense qui s'exprime par le fait que j'ai la sensation d'avoir le souffle coupé tellement je trouve ça fort (je pourrais nommer ça l'apnée admirative).
le Jafar Panahi du film a quitté Téhéran et s'est installé dans un village près de la frontière, où il loue chez l'habitant une sympathique piaule aimablement biscornue (la porte-fenêtre est tellement de traviole que ça en devient attendrissant). Il tourne aussi (à distance, les critiques m'ont appris que c'était en Turquie, moi je m'étonnais juste que toutes les femmes soient "en cheveux"), par ordinateur et réseaux de communication, un film sur deux amoureux qui veulent quitter Téhéran (?) (il vient de lui trouver un faux passeport, mais elle ne veut pas partir seule sans lui), mais comme le réseau laisse à désirer et que les communications sont souvent coupées, jafar P. s'occupe, et prend aussi beaucoup de photos, partout dans ce village où il réside (où il est "invité"). Et c'est justement une des ces photos qui va déclencher un esclandre villageois (on y est très attaché aux traditions ancestrales, mêmes si elles peuvent sembler complètement stupides, comme celle qui consiste à promettre une fillette à un époux au moment où on coupe son cordon ombilical...), dans un effet boule de neige plutôt plaisant. Le film alterne des séquences du film tourné par Panahi à distance et de ce qu'il est en train de vivre dans le village, (qui est un autre film), qui est censé être la "réalité",  et les deux histoires se télescopent, et interfèrent,  de façon de plus en plus intime et vertigineuse.
Il y a des moments particulièrement beaux, comme la longue séquence nocturne où le réalisateur lui apporte en main propre le disque dur externe contenant les rushes, et où ils vont tous les deux se rapprocher très dangereusement de la frontière, mais l'ensemble du film est de la même étoffe (comme dirait Shakespeare "celle dont les songes son faits"), et on ne peut pas s'empêcher de penser à l'ami Kiarostami, notamment pour tout ce qui concerne la chronique villageoise et le scandale à propos de "la" photo.
C'est remarquable comme les Iraniens (enfin, ceux du film) sont, a priori, aimables et souriants et polis lorsqu'ils sont en visite chez quelqu'un (ou lorsqu'ils reçoivent quelqu'un) : on salue, on se déchausse, on invite à entrer, à s'asseoir, on offre un thé, juste au moment où on ne donne pas à leur requête la réponse qu'ils attendaient et qu'ils se lèvent brusquement en refusant de boire le thé comme des goujats...
En apparence il n'est question que de cinéma et de photographie (et de traditions), mais Jafar Panahi est suffisamment rompu à l'exercice (et, par la force des choses,  coutumier du fait) qu'il sait magnifiquement en dire bien plus que juste ce qu'il montre. Le film a été tourné à la sauvette, sans aucune autorisation, avant les événements (la révolte) qui secouent le pays, mais aussi avant que Jafar Panahi ne soit incarcéré lui aussi, pour être venu témoigner en faveur de deux autres cinéastes qui l'étaient déjà, Mohammad Rasoulof et Mostafa Al-Ahmad.
Il a été condamné à 6 ans d'emprisonnement...

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25 décembre 2022

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"La lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori : lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d'un auteur." (Paul Auster)

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"Je suis un peu comme si un 38 tonnes m’était passé dessus" dit Patricia Mazuy dans le dernier numéro des Cahiers, à cause de Bowling Saturne qui n’a pas marché, ça fait vraiment de la peine…

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"Il y a deux façons de se tromper : L'une est de croire ce qui n'est pas, l'autre de refuser de croire ce qui est." (Sören Kierkegaard)

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"Beaucoup de très belles choses nous attendent, sans jamais s’impatienter de nous voir venir. " (Christian Bobin)

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(Curiosités Juridiques) Est condamnée à 2 ans de prison ferme celle qui tente de mettre le feu à son banquier car il refuse de lui donner sa prime de Noël qui pourtant n'est pas encore arrivée sur son compte en banque. (Tribunal de Marseille, 28 janvier 2020)

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"Je crois à mes obsessions personnelles, à la beauté de l’accident de voiture, à la paix des forêts englouties, à l’émoi des plages estivales désertes, à l’élégance des cimetières de voitures, aux mystères des parkings à étages, à la poésie des hôtels abandonnés." (J.G Ballard)

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"Chaque soir, une fois le bureau fini, une fois le restaurant fini, une fois les amis partis – revient la joie féroce, le rafraîchissement d’être seul. C’est l’unique vrai bonheur quotidien."  (Cesare Pavese, Le Métier de vivre)

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pour la température extérieure ce matin, mon ordinateur affiche crânement -9°, le thermostat de la chaudière  lui, plus réalistement -3°

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"Certains restent en vie seulement par timidité." (Henri Michaux)

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"Il ne sert à rien d'éprouver les plus beaux sentiments si l'on ne parvient pas à les communiquer." (Stefan Zweig)

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"La puissance même dont dispose l'homme moderne rend impérieuse l'exigence de vie intérieure." (Gustave Thibon, Les Hommes de l'éternel)

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"J’ai des rapports assez amicaux avec moi-même, je me supporte, mais je ne me passionne pas." (Françoise Sagan, Répliques)

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"Les deux allers-retours d'Emmanuel Macron au Qatar pour la Coupe du monde de football, pour assister à la demi-finale contre le Maroc et à la finale contre l'Argentine, ont coûté environ 501 000 euros au contribuable, soit 31 ans de smic. Ce chiffre est issu des calculs du Point, à partir des coûts par heure de vol fournis par la Cour des comptes et l'Élysée ainsi que des données de déplacement des deux avions présentiels impliqués, l'A330 et le Falcon 7X."Notre estimation de l'empreinte carbone des trajets présidentiels dédiés à la Coupe du monde s'élève pour sa part à 480 tonnes d'équivalent CO2, soit 53 ans de l'empreinte carbone moyenne d'un Français."

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"En mon cœur idiot, l'idiotie chante à gorge déployée." (Georges Bataille, Le Bleu du Ciel)

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"Moi, dont je ne sais rien, je sais que j’ai les yeux ouverts, à cause des larmes qui en coulent sans cesse." (Samuel Beckett, L’Innommable)

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"Être heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections." (Aristote)

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("J'ai vomi dans la cuisine.")

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15 décembre 2022

changement d'époque en cours...

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FUMER FAIT TOUSSER
de Quentin Dupieux

Mmmmmh... le film le plus authentiquement idiot nonsensique frappadingue (et gore aussi) de Quentin D. depuis... un certain temps, (un bail) (je pourrais presque remonter jusqu'à RUBBER pour parler de l'intensité du plaisir ressenti). Et pourtant je ne donnais a priori pas cher de sa peau (un peu comme la marmotte rectifiée dans les buissons qu'on y entraperçoit à un moment). Des super-héros comme dans les séries japonaises bécasses (bêtasses) de notre jeunesse luttent contre des créatures infâmes qui veulent détruire le monde, et les font exploser en unissant leurs forces. Ils composent la Tabac Force, portent chacun le nom d'un élément qu'on trouve dans les cigarettes, et sont coachés par un genre de rat baveux (avec la voix d'Alain Chabat), qui leur conseille soudain d'aller se mettre un peu au vert, de faire une pause, afin de mieux renforcer leur cohésion.
Lellouche, Demoustier, Lacoste, Amamra, Zadi (une distribution ju-bi-la-toire), nos super-héros sont fatigués, et vont donc partir se ressourcer, en compagnie de leur robot domestique. A en être super-héros on n'en est pas moins homme (ou femme) et il est donc question d'amour, de jalousie, de colère, de mensonge, mais toujours sous la loupe déformante du réalisateur.
Et ça vire soudain "et bien moi je vais vous raconter une histoire qui fait peur...", où chacun / chacune y a de sa petite histoire (et Dupieux, donc, du coup du sketch qui va avec). Et le film va continuer impavidement sur son sale air de la peur, mi sérieux mi loufoque, pour notre plus grand plaisir de spectateur ravi. On aura même droit à l'apparition (tardive et fugace) de benoît poelvoorde en Lézardin,un extraterrestre qui veut détruire la terre. (mais qui -heureusement ?- ne parviendra pas à ses fins.
J'ai trouvé ça prodigieusement idiot, mais extrêmement tenu (même si ténu pourrait parfois ici convenir)et, du coup, tout aussi extrêmement plaisant. Un grand bonheur de film, et certainement pour moi un des meilleurs de Dupieux (mais n'avais-je pas déjà terminé de la même manière mon post sur son avant-dernier film ? -réponse,, : non))
Et j'adore la fin... (qui va même encore plus loin que la toute fin du générique...)

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13 décembre 2022

et bam!

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COW
d'Andrea Arnold

Dernier film du Mois du Doc. (En fait on a fait un doublé "semaine vache(s)", avec le film VEDETTE, et le distributeur de COW, trouvant l'idée d'Hervé sympathique, nous l'a gentiment donné en sortie nationale, et ce pourtant pour juste trois séances!).
Je suis un inconditionnel du cinéma rugueux (abrasif) d'Andrea Arnold (de RED ROAD, 2006, à AMERICAN HONEY, 2016), y compris ses premiers courts-métrages. Elle aime les personnages féminins en marge et/ou en révolte (souvent des adolescentes, d'ailleurs), mais là, allez donc voir, elle choisit une vache (nommée Muna) et la filme de A à Z avec la même proximité, le même intérêt (la même empathie) qu'envers ses plus "bornées" héroïnes habituelles.
COW est un film poignant et infiniment triste, on ne va pas se mentir, on pourrait même parler de démoralisant. On avait déjà eu un petit aperçu avec BOVINES (2011) mais c'était (au moins dans mon souvenir) plus vert, plus bucolique, plus "joyeux" (et peut-être filmé d'un peu plus loin.
Ici on est "le nez dedans". Mufle contre mufle. Et on patauge dans la merde (n'ayons pas peur des mots) (il me semble avoir connu quelques étables françaises un peu plus soignées...)

" COW nous invite à porter un autre regard sur les vaches, à nous en rapprocher, à contempler leur beauté mais aussi la réalité de leur vie. Sans fard. Ceci est l’histoire d’une réalité, celle d’une vache laitière, et un hommage à l’immense service qu’elle nous rend. Quand je regarde Luma, notre vache, c’est notre monde que je vois à travers elle. " (Andrea Arnold)

C'est du vrai grand beau cinéma, ça parle d'une vache, et ça nous bouleverse...

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10 décembre 2022

pauline et zy

(j'ai pris beaucoup e retard dans mes posts ciné...)

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PACIFICTION
d'Albert Serra

Ah, Albert Serra... HONOR DE CAVALLERIA m'avait ennuyé, LE CHANT DES OISEAUX m'avait horripilé, HISTOIRE DE MA MORT m'avait intrigué, et LA MORT DE LOUIS XIV m'avait fasciné... Qu'allait-il en être de celui-ci ? D'autant plus que d'une durée annoncée de 2h45, et programmé riquiquitement pour deux séances à 20h dans le bôô cinéma, et j'y suis donc allé à celle du dimanche soir (alors que, rentrant de Belfort j'aurais plutôt envisagé de me coucher de bonne heure -comme je l'ai fait longtemps-), avec la double appréhension de m'endormir et/ou de m'ennuyer...
eh bien PAS DU TOUT! (Ouf x2)
Serra démarre par une image magnifique (mais bon quand on est à Tahiti au moment du coucher de soleil, c'est facile, hein, mais bon ça fait plaisir...) histoire de planter le décor, puis on voit des marins qui accostent (et, facile de se repérer, ce sont ces mêmes marins qu'on verra repartir 2h48 plus tard -oui le film est long- pour nous signifier clic clic! que le film en question  est fini). Entretemps (ce qui en fait quand même beaucoup, de temps, je le répète) on aura vu le personnage principal, De Roller, un haut fonctionnaire français en Polynésie (interprété par un Benoit Magimel anthologique) faire son travail de haut fonctionnaire français en Polynésie, c'est à dire parler, beaucoup, de tout et de rien, à beaucoup de gens, des autochtones, et d'autres pas, notamment à propos d'une prochaine reprise des essais nucléaires que la rumeur juge possible. Ce monsieur-là est toujours en représentation (et la méthode de Serrat étant de laisser les acteurs improviser, c'est donc parle parle parle... et c'est il faut le reconnaître plus ou moins intéressant) et la caméra l'accompagne dans ses diverses promenades.
Il va faire aussi la connaissance d'une créature divine, Shannah, une garçon-fille, avec qui il aura une certaine relation... Le film est doté -par osmose ? - d'une certaine langueur polynésienne, et, s'il démarre un peu plan-plan tranquillou (oui c'est vrai ça parle beaucoup), se dote très vite d'une musiqiue fascinante, avec des scènes de boîtes de nuit qui vont avec, de plus en plus fascinantes elles-aussi, avec cette façon qu'a le réalisateur d'étirer le plan jusqu'à, quasiment, extinction des feux narratifs.
On bascule dans un autre univers (que certains critiques ont qualifié de psychédélique) que je trouve de plus en plus fascinant (même si -on est chez Serrat- on ne comprend pas toujours tout.)
Toujours est-il que je n'ai pas dormi, que j'ai suivi jusqu'au bout ces cent soixante dix minutes qui finissent par devenir parfaitement hypnotiques (addictives), et que, à ma grande surprise (et avec un certain émoi) je n'ai pu faire autrement que de le classer dans mon top10, si si...
J'aime la façon dont Serra filme les hommes (et sa façon de tourner autour du pot de la masculinité).

 

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2 décembre 2022

pour fêter la semaine belge 4

jeanne dielman

The Critics’ Top 100 Greatest Films of All Time

1. “Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles” (Chantal Akerman, 1975)
2. “Vertigo” (Alfred Hitchcock, 1958)
3. “Citizen Kane” (Orson Welles, 1941)
4. “Tokyo Story” (Ozu Yasujiro, 1953)
5. “In the Mood for Love, Wong Kar-wai, 2001)
6. “2001: A Space Odyssey” (Stanley Kubrick, 1968)
7. “Beau travail” (Claire Denis, 1998)
8. “Mulholland Dr.” (David Lynch, 2001)
9. “Man with a Movie Camera” (Dziga Vertov, 1929)
10. “Singin’ in the Rain” (Stanley Donen and Gene Kelly, 1951)
11. “Sunrise: A Song of Two Humans” (F.W. Murnau, 1927)
12. “The Godfather” (Francis Ford Coppola, 1972)
13. “La Règle du Jeu” (Jean Renoir, 1939)
14. “Cléo from 5 to 7” (Agnès Varda, 1962)
15. “The Searchers” (John Ford, 1956)
16. “Meshes of the Afternoon” (Maya Deren and Alexander Hammid, 1943)
17. “Close-Up” (Abbas Kiarostami, 1989)
18. “Persona” (Ingmar Bergman, 1966)
19. “Apocalypse Now” (Francis Ford Coppola, 1979)
20. “Seven Samurai” (Akira Kurosawa, 1954)
21. (TIE) “The Passion of Joan of Arc” (Carl Theodor Dreyer, 1927)
21. (TIE) “Late Spring” (Ozu Yasujiro, 1949)
23. “Playtime” (Jacques Tati, 1967)
24. “Do the Right Thing” (Spike Lee, 1989)
25. (TIE) “Au Hasard Balthazar” (Robert Bresson, 1966)
25. (TIE) The Night of the Hunter” (Charles Laughton, 1955)
27. “Shoah” (Claude Lanzmann, 1985)
28. “Daisies” (Věra Chytilová, 1966)
29. “Taxi Driver” (Martin Scorsese, 1976)
30. “Portrait of a Lady on Fire” (Céline Sciamma, 2019)
31. (TIE) “Mirror” (Andrei Tarkovsky, 1975)
31. (TIE) “8½” (Federico Fellini, 1963)
31. (TIE) “Psycho” (Alfred Hitchcock, 1960)
34. “L’Atalante” (Jean Vigo, 1934)
35. “Pather Panchali” (Satyajit Ray, 1955)
36. (TIE) “City Lights” (Charlie Chaplin, 1931)
36. (TIE) “M” (Fritz Lang, 1931)
38. (TIE) “À bout de souffle” (Jean-Luc Godard, 1960)
38. (TIE) “Some Like It Hot” (Billy Wilder, 1959)
38. (TIE) “Rear Window” (Alfred Hitchcock, 1954)
41. (TIE) “Bicycle Thieves” (Vittorio De Sica, 1948)
41. (TIE) “Rashomon” (Akira Kurosawa, 1950)
43. (TIE) “Stalker” (Andrei Tarkovsky, 1979)
43. (TIE) “Killer of Sheep” (Charles Burnett, 1977)
45. (TIE) “North by Northwest” (Alfred Hitchcock, 1959)
45. (TIE) “The Battle of Algiers” (Gillo Pontecorvo, 1966)
45. (TIE) “Barry Lyndon” (Stanley Kubrick, 1975)
48. (TIE) “Wanda” (Barbara Loden, 1970)
48. (TIE) “Ordet” (Carl Theodor Dreyer, 1955)
50. (TIE) “The 400 Blows” (François Truffaut, 1959)
50. (TIE) “The Piano” (Jane Campion, 1992)
52. (TIE) “News from Home” (Chantal Akerman, 1976)
52. (TIE) “Fear Eats the Soul” (Rainer Werner Fassbinder, 1974)
54. (TIE) “The Apartment” (Billy Wilder, 1960)
54. (TIE) “Battleship Potemkin” (Sergei Eisenstein, 1925)
54. (TIE) “Sherlock Jr.” (Buster Keaton, 1924)
54. (TIE) “Le Mépris” (Jean-Luc Godard 1963)
54. (TIE) “Blade Runner” (Ridley Scott 1982)
59. “Sans soleil” (Chris Marker 1982)
60. (TIE) “Daughters of the Dust” (Julie Dash 1991)
60. (TIE) “La dolce vita” (Federico Fellini 1960)
60. (TIE) “Moonlight” (Barry Jenkins 2016)
63. (TIE) “Casablanca” (Michael Curtiz 1942)
63. (TIE) “GoodFellas” (Martin Scorsese 1990)
63. (TIE) “The Third Man” (Carol Reed 1949)
66. “Touki Bouki (Djibril Diop Mambéty 1973)
67. (TIE) “The Gleaners and I” (Agnès Varda 2000)
67. (TIE) “Metropolis” (Fritz Lang 1927)
67. (TIE) “Andrei Rublev” (Andrei Tarkovsky 1966)
67. (TIE) “The Red Shoes” (Michael Powell & Emeric Pressburger 1948)
67. (TIE) “La Jetée” (Chris Marker 1962)
72. (TIE) “My Neighbour Totoro” (Miyazaki Hayao 1988)
72. (TIE) “Journey to Italy” (Roberto Rossellini 1954)
72. (TIE) “L’avventura” (Michelangelo Antonioni 1960)
75. (TIE) “Imitation of Life” (Douglas Sirk 1959)
75. (TIE) “Sansho the Bailiff” (Mizoguchi Kenji 1954)
75. (TIE) “Spirited Away” (Miyazaki Hayao 2001)
78. (TIE) “A Brighter Summer Day” (Edward Yang 1991)
78. (TIE) “Sátántangó” (Béla Tarr 1994)
78. (TIE) “Céline and Julie Go Boating” (Jacques Rivette 1974)
78. (TIE) “Modern Times “(Charlie Chaplin 1936)
78. (TIE) “Sunset Blvd.” (Billy Wilder 1950)
78. (TIE) “A Matter of Life and Death” (Michael Powell & Emeric Pressburger 1946)
84. (TIE) “Blue Velvet” (David Lynch 1986)
84. (TIE) “Pierrot le fou” (Jean-Luc Godard 1965)
84. (TIE) “Histoire(s) du cinéma” (Jean-Luc Godard 1988-1998)
84. (TIE) “The Spirit of the Beehive” (Victor Erice, 1973)
88. (TIE) “The Shining” (Stanley Kubrick, 1980)
88. (TIE) “Chungking Express” (Wong Kar Wai, 1994)
90. (TIE) “Madame de…” (Max Ophüls, 1953)
90. (TIE) “The Leopard” (Luchino Visconti, 1962)
90. (TIE) “Ugetsu” (Mizoguchi Kenji, 1953)
90. (TIE) “Parasite” (Bong Joon Ho, 2019)
90. (TIE) “Yi Yi” (Edward Yang, 1999)
95. (TIE) “A Man Escaped” (Robert Bresson, 1956)
95. (TIE) “The General” (Buster Keaton, 1926)
95. (TIE) “Once upon a Time in the West” (Sergio Leone, 1968)
95. (TIE) “Get Out” (Jordan Peele, 2017)
95. (TIE) “Black Girl” (Ousmane Sembène, 1965)
95. (TIE) “Tropical Malady” (Apichatpong Weerasethakul, 2004)

Waouh! Jeanne Dielman meilleur film du monde!!!
(mais bon c'est vrai que, comme tout classement, celui-ci est contestable...)

"The British Film Institute’s magazine Sight & Sound’s poll has been active since 1952. The poll has more than 1,600 film critics, academics, writers, distributors, and programmers voting on the best film of all time. Jeanne Dielman, which was earlier in the 36th position, jumped to take the top spot in 2022. Notably, the film will be available to stream on BFI Player from Thursday."

 

 

23 novembre 2022

décloisonnement

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TEMPS MORTS
de Vincent Dieutre et Julien Thèves

Celui-là c'est moi qui l'ai déniché et l'ai proposé pour le mois du doc, car il est visiblement sorti à la sauvette, et selon allocinoche, a quitté l'affiche au bout de deux semaines (et 90 spectateurs), et, encore plus curieux, sans avoir obtenu aucune critique dans les journaux (dixit toujours allocinoche). Comme si personne ne l'avait vu (chez les critiques)
Un film mort-né, un film fantôme, et pour souligner le fait, j'étais tout seul dans la salle à la séance de 13h30, et toujours aussi seul quand je suis sorti dans le hall à 15h : personne! (je n'ai pas pu me plaindre que les lumières s'étaient rallumées dans la salle à 5 bonnes minutes de la fin.
Vincent Dieutre, c'est un peu un chouchou aux ADC (surtout pour Hervé et moi soyons honnête), on a programmé de lui tout ce qu'on pouvait ou presque (avec en point d'orgue le sublime JAURES, en 2012), et donc on ne pouvait pas laisser passer celui-là, même nanti d'un distributeur inconnu au bataillon (A Vif Cinémas).
Et le voici donc, entre FLEE et BABI YAR.CONTEXTE (oui nous sommes éclectiques).
Le film est une correspondance via téléphones portables entre deux hommes, le temps du (premier) confinement (le vrai le seul le grand l'unique hihi), l'un resté à Paris (Julien Thèves) l'autre parti -in extremis- au Moulin d'Andé (une résidence d'artistes) par crainte de ne pouvoir supporter le confinement dans son studio parisien (Vincent Dieutre). Le rat de ville et le rat des champs, qui chaque jour filment une minute de vie (de vidéo) qu'ils envoient à l'autre, un échange, donc, de vraies minutes de vraie vie vécues par chacun lors de ce vrai confinement. Et qu'ils vont -gracieusement- partager avec nous.
Un joli cadeau. On ne peut s'empêcher de comparer avec ce qu'on a vécu (personnellement) comme confinement, ce temps particulier qu'on ne revivra sans doute jamais (enfin, sous cette forme), et de se dire que, par exemple Vincent D. a vécu le sien dans des conditions scandaleusement privilégiées (la campagne, la Seine, l'espace) même s' il ne peut s'empêcher quand même de chouiner un peu au début (ça aussi on l'a tous fait).
Le film alterne donc les images de l'un et de l'autre (à Julien Thèves les HLM, les applaudissements pour les soignants chaque soir à 20h, mais aussi les attestations de déplacement, les flics, les contrôles, à Vincent D. l'herbe, les roses, les promenades en barque ou dans les sous-bois...)qui se répondent, se complètent, se renvoient, et on ne peut s'empêcher d'être attentif, de plus en plus, et touché, en tant que troisième destinataire de cet échange intime. Une minute par jour, c'est peu, on parle de ci, de ça, on le montre ou pas, il sera beaucoup question de temps (le time et le weather, comme distinguent nos amis anglais), mais de plein d'autres petites choses (Perec aurait nommé ça l'infra-ordinaire), de roses, de lune, de jogging, de sexe virtuel, on citera Duras, Rimbaud et Tsai Ming Liang, bref un film triplement attachant (par son sujet, par ceux qui le font, et par le fait que personne ou presque ne l'aura vu et ça c'est tellement dommage...).On voit même Dieutre se lâcher, danser, chanter (a capella ou en playback), pianoter, et même faire l'abeille qui se promène de fleur en fleur c'est dire!
Ce qui me touche, aussi, c'est que le film est un fleurissement incessant (et cela me renvoie à mon propre confinement, lorsque mon exquise propriétaire m'avait invité à venir dans son jardin l'après-midi, aussi souvent que je le voulais, ce qui m'avait été d'un grand secours.)
Un film à protéger et à défendre. Et donc je ne peux pas faire autrement que le ranger symboliquement dans mon Top 10.

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