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lieux communs (et autres fadaises)
3 octobre 2023

taper sur les tuyaux

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CLUNY BROWN
de Ernst Lubitsch

Oups! et encore un que j'ai oublié de chroniquer ! (quelle tête de linotte) Une jolie "vraie séance" (= au moins 12 spectateurs) dans la salle 1 (plus petite tu meurs). Il faut dire qu'avaec la programmation imbécile du programmateur, la pauvre Cluny ne passait que 2 fois (oui c'est ridicule) alors que sa copine Jeanne  (Dielman) , qui dure pourtant plus de trois heures, avait eu droit à 3!
Un Lubitsch que je ne connaissais pas (le dernier, semble-t-il) auquel Hervé tenait particulièrement (mais bon Hervé tient particulièrement à TOUS les Lubitsch, et il a bien raison...)
Ce Lubitsch-là, si je l'ai trouvé plaisant, me semble toutefois moins parfait que ses oeuvres majeures auxquelles je voue un amours immodéré (SERENADE A TROIS, TO BE OR NOT TO  BE, NINOTCHKA, notamment - mais en scrollant sa filmo sur allocinoche je réalise que je ne connais qu'une infime partie de son oeuvre!!!, et que CLUNY BROWN n'est pas son dernier, mais son avant-dernier film, après il y a encore LA DAME AU MANTEAU D'HERMINE, en 1949).
Cluny Brown, l'"ingénue libertine" du sous-titre, est une jeune brunette charmante (incarnée par la piquante, Jennifer Jones, que j'avoue ne pas connaître plus que ça) jeune fille d'extraction modeste, c'est explicitement dit dès le début (les riches avec les riches, et les pauvres ne sont là que pour servir les riches). elle servira, donc, avec le petit tablier qui va bien avec, chez une famille d'aristocrates anglais. Mais auparavant, elle va se faire remarquer à plusieurs reprise en pratiquant son activité favorite : désengorger les tuyauteries bouchées chez plusieurs messieurs, en tapant joyeusement dessus à coup de clé anglaise. Oui, Cluny Brown adore ça, et ne peut résiter à l'appel d'un tuyau bouché... Son chemin va croiser alors celui du distingué Adam Belinski (incarné par ce cher Charles Boyer, raffiné mais un peu agaçant désormais à sa faison de surjouer son accent frenchie.) il sera d'abord question d'amitié, entre ces deux-là qu'a priori tout sépare, mais, hein, on sait bien comment tout ça va finir, on est dans un film de Lubitsch, alors, champagne!

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21 décembre 2023

scooter

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L'ARBRE AUX PAPILLONS D'OR
de Pham Tiên Ân
(vu le 28 septembre)

Bon, on avait envie de le programmer, j'ai donc souhaité aller me rendre compte sur place. Il passait au Victor Hugo, en sortie nationale et (je croisais les doigts, je n'avais pas posé la question, j'ai lu ce qui était écrit sur le billet -bonheur-) en salle 1!
Caméra d'or, caméra d'or... mouais! Je vais être très franc : je me suis beaucoup ennuyé, j'ai trouvé le temps trèèèès long. On était 6 dans la salle au début, on n'était plus que 4 à la fin : ma voisine de gauche a quitté la salle au bout d'une heure, tandis que celle de droite l'a fait à une heure de la fin... (ce qui créait un genre de symétrie).
Dominique a l'habitude de parler de "film à 2 de tension", mais là c'est carrément à 0,2 qu'il faudrait descendre...

(Et pourtant...)

Le héros est un jeune homme en scooter, Thien, qui, après l'accident qui a causé la mort de sa belle-soeur (dans la scène d'ouverture), va d'abord prendre en charge le corps de celle-ci, puis son jeune fils  (qui a "miraculeusement survécu") pour finir par le confier à une école de bonnes soeurs, avant de (re)partir, toujours en scooter, à la recherche de son frère ainé, Thân, mystérieusement disparu des années auparavant...
Ce qui m'a gêné, dès le début, et dont j'ai eu beaucoup de mal à faire abstraction, c'est qu'il est beaucoup (beaucoup!) question de foi, de Dieu, de messe (d'enterrement), de cathos (oui, on apprend qu'il existe une minorité chrétienne au Vietnam) de prières, alors que c'est pour moi une problématique plutôt rebutante (= ça ne m'intéresse pas, ça ne me concerne pas, je suis farouchement athée).
Donc le début a été pour moi d'autant plus éprouvant que j'y ai, à plusieurs reprises, piqué du nez (je sentais carrément ma tête qui tombait en avant, preuve que j'essayais de résister) et dormi -par intervalles- assez copieusement.
Plus tard, lorsque j'étais éveillé, j'ai regardé ma montre à plusieurs reprises (en temps subjectif, c'est comme si le film avait duré trois fois plus que Jeanne Dielman!!!)

A partir du moment où j'ai "repris conscience" (pourquoi m'endors-je toujours au début des films?) je me suis intéressé davantage à ce que je voyais sur l'écran... j'ai trouvé que le scooter -du jeune homme- était une bonne image de la progression du film, une métaphore assez juste. Un moyen de locomotion qui permet parfois d'aller vite et de filer sur une route droite et facile, mais qui parfois a du mal avec la nature du terrain (les ornières boueuses qui rendent la route glissante et difficilement praticable, obligeant même parfois le conducteur -le réalisateur- a poser le pied par terre pour pouvoir continuer d'avancer...), voire carrément tomber en panne. Scooter en panne, film en panne ? oui oui voilà.

Sauf que, bizarrement ce fut exactement l'inverse : une très jolie scène "narrative" et un peu décalée, où, justement, le scooter du jeune homme tombe en panne, est immobilisé sur le bord de la route et est secouru par un autre jeune homme en scooter, une scène filmée d'un peu loin, en plan large, où la caméra  s'immobilise et observe: une succession de virages, les deux scooters arrêtés, les dialogues échangés entre les deux hommes, et les autres véhicules qui continuent de passer, faisant parfois juste un écart pour éviter les deux scooters. Et voilà une scène "terre-à-terre" où l'on se sent bien.

Et c'est vrai que je me suis senti bien mieux dans cette seconde partie. Des plans-séquences somptueux, parfois rectilignes parfois  plus complexes, des cadrages précis, avec des encadrements (et des recadrages) très beaux. Où la métaphysique et la problématique de la foi font place à une narration en apparence plus simple (la longue et magnifique séance où le jeune homme est sur le point de voir enfin son frère), et une très belle séquence finale, au fil de l'eau pourrait-on dire...
De quoi juste donner des regrets.

Il ne me reste qu'une solution : c'est de retourner le voir lorsque nous le programmerons dans le bôô cinéma, "prochainement", et de pouvoir ainsi, peut-être, réviser mon jugement, et d'avantage m'enthousiasmer ??

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L'ARBRE AUX PAPILLONS D'OR
de Pham Tiên Ân
(revu le 15 décembre)

Chose promise chose dûe. A force de patience et d'obstination nous avons réussi à ce que ce film (Caméra d'or, pourtant) soit -enfin !- programmé dans le bôô cinéma (pour quatre séances, durée oblige!), soit quand même près de trois mois après sa date de sortie...
Anticipant la chose, j'ai fait une sieste avant d'aller au cinéma, et, miracle, ça a été efficace, puisque je n'ai pratisuement pas piqué du nez du tout (ah si, une seule fois, quand le grand-père parle de sa guerre), et, donc, j'ai vu le film dans son intégralité, en réalisant, par exemple que je m'y étais assoupi très tôt, et qu'il me manquait donc des éléments-clés pour la compréhension.
Le film s'ouvre sur un plan-équence époustouflant, on est tous bien d'accord là-dessus.
Il parle ensuite, dans sa "première partie" effectivement beaucoup de dieu, de religion, de foi, de messe, de défunts, d'âme, de paradis, ce qui continue de ne m'intéresser que très moyennement.
A partir du moment où spoil le jeune homme en scooter a confié le jeune garçon aux bonnes soeurs débute la deuxième partie, où le jeune homme cherche son frère, qui doit beaucoup lui ressembler puisque la jeune masseuse les a confondus...
Et je suis beaucoup plus à l'aise avec cette histoire-là. Une séquence sublime de déplacements sur route dans la brume -complètement silencieuse, où les lumières des phares des véhicules croisés deviennent des objets parfaitement fantômatiques (qui est sans doute pour moi la séquence la plus belle du film), puis un long flash-back où le héros joue à cache-cache dans les ruines avec une jeune fille qui s'avèrera spoil être la même que celle qu'il a retrouvée dans les ordres quelques années après, dans une autre séquence, avant, une autre séquence que j'aime (et que j'aimais déjà la première fois) beaucoup : celle où le scooter est en panne au bord de la route et qu'un autre conducteur de scooter vient l'aider, filmé de loin, en plan fixe, avant le dernier bloc narratif (qui débute après le discours -un peu fastidieux- de la grand-mère sur les âmes confrontées à l'odeur de pourriture terrestre), qui boucle le film d'une façon aussi magistrale que mystérieuse...
Un film souvent parfaitement enthousiasmant, mais un (jeune) réalisateur qui aurait dû avoir la force de réduire un peu la voilure de ses ambitions au niveau de la gestion du temps (avec une heure de moins, franchement, c'était tout à fait regardable...)

29 septembre 2023

tortue

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BERNADETTE
de Léa Domenach

Dimanche, avant-première à la salle 8 (salle nommée dans mon coeur "des bourrineries" parce que c'est là qu'est projeté d'habitude cette catégorie d'oeuvres). Du monde, à popcorn et qui parle comme dans son salon (il a fallu que queqlu'un -non ce n'était pas moi- fasse "chhhhtt!" quand le film a commencé pour que lesdits bavards se taisent.
Un film avec Catherine Deneuve dans le rôle de Bernadette Chirac, a priori, je n'aurais pas donné cher de sa peau. Et pourtant la bande-annonce sait appâter le chaland (Podalydès, Vuillermoz dans le rôle de Chirac, bluffant) suffisamment pour qu'on ait envie d'en savoir plus (et quand lit qu'en plus au générique figurent Sara Giraudeau, Maud Wyler, Laurent Stocker, Artus) et qu'on est plutôt de bonne humeur, allez, on se laisse tenter...
Le début est un peu désarçonnant, et force un peu le trait de la comédie : chorale dont les paroles sont retranscrites en gothique, choix de la chanson du générique, (je vous laisse la surprise), on se demande si c'est du lard ou du cochon... On va donc suivre la vie du couple Chirac de 1995 (première élection présidentielle de Chichi jusqu'en, grosso modo, 2007, (l'élection du honni N.S dont je n'écrirai même pas le nom...) soit une bonne dizaine d'années de la vie politique française...
Le problème a priori de cette chronique, c'est qu'elle évoque des gens qui, au mieux, me sont indifférents, et, au pire, antipathiques. voire détestables (on peut pousser le curseur jusqu'à odieux) et qu'on s'imagine au départ qu'il va falloir des efforts (à la réalisatrice d'abord, mais au spectateur aussi) pour réussir à les trouver "agréables"... Sur ce point, Léa Domenach ne rate pas trop son coup...
Le jeu suivant, dans ce genre de reconstitution est "qui est qui, et qui ressemble le plus à qui. Bon, d'entrée, la Reine Catherine est hors-jeu, puisque, comme souvent, elle vampirise le personnage : on ne voit pas bernadette C., on voit Catherine D. entrain d'incarner Bernie.) en suite de générique, Michel Vuillermoz campe un Jacques Chirac non seulement juste, mais hyper-attachant, et ce sans trop forcer le trait... Les deux filles aussi :l'omniprésente Claude (Sara Giraudeau) et la plus effacée Laurence (Maud Wyler) sont plutôt réussies dans la ressemblance. Comme Denis Podalydès dans le rôle de Bernard Niquet (dont je n'avais jamais entendu parler...). Dans le club des ministres, le casting a été efficace : on reconnaît au premier coup d'oeil de Villepin, Bertrand, (même si on ne re-connaît pas les acteurs qui les incarnent), idem pour Karl Lagerfeld. Artus campe un David Douillet plus que vraisemblable, mais la palme de l'incarnation revient à Laurent Stocker dans le rôle du honni, du traître, du félon (plus onctueux que lui tu meurs), dont on se dit, la première fois, qu'il n'est pas très ressemblant, mais dont l'interprétation, au fil du film, devient de plus en plus "incarnée" (savoureuse)...
Une comédie, donc, qui raconte un peu de l'intérieur des choses qu'on sait, (qu'on a sues), avec des choses plus ou moins drôles (la chorale au début nous prévient que "tout ce qui est dit n'est pas vrai...") la plus plaisante étant pour moi de présenter Bernadette comme une pythie politique qui annonce a chaque coup les catastrophes à venir, qu'on n'écoute jamais, et qui a toujours raison.

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27 septembre 2023

le cadeau de tante fernande

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JEANNE DIELMAN, 23 QUAI DU COMMERCE, 1080 BRUXELLES
de Chantal Anne Akerman
(ainsi écrit au générique)

Je suis émotif. très émotif, trop émotif (plus jeune, j'ai même été diagnostiqué hyper-é). Déjà le fait de projeter ce film-là dans le bôô cinéma me touchait, sans que je sache vraiment pourquoi, en plus on était 9 dans la salle (du même nom) à cette séance de 16h, et ça m'a fait plutôt plaisir, et voilà que nous ont été projetées les bandes-annonces des FEUILLES MORTES de Kaurismaki, et de CRIA CUERVOS de Saura (qui pourtant hélas le pauvre ne bénéficiera que de deux maigrelettes séances), qui m'ont mis carrément en hyperventilation émotionnelle (la montée des larmes, la respiration coupée, etc.).
Je n'avais pas vu ce film à sa sortie (1976) -du temps de ma folle et insouciante jeunesse-, (en plus en 1976 arghhh j'avais d'autres chats à fouetter fermons la parenthèse) je ne l'ai vu qu'une trentaine d'années plus tard, un peu par hasard, à l'occasion d'un festival parisien (j'ai d'ailleurs oublié lequel). J'avais découvert Chantal Akerman quelques années  après (le début des années 80 ?) , à Besac, au Centre Pierre Bayle (les projos post-soixante-huitardes où on était assis par terre), avec l'austère (en 16 et en noir et blanc) JE TU IL ELLE. (et Niels Arestrup en camionneur dans la dernière séquence).
Mais là! Delphine Seyrig est seule en tête de générique, dans son petit appartement aux lumières (et aux sons) très travaillés, qu'elle arpente inlassablement cloc cloc cloc le bruit des talons infatigablement. Les gestes du quotidien, leur succession qui font vingt-quatre heures de la vie d'une femme (fin du premier jour), puis re, et enfin fin. Soixante-douze heures, pas plus. L'exigence des plans fixes et de leurs axes rectilignes de prises de vue. Caméra posée, toujours immobile, plus haut que chez Ozu, (pas ici de tatami). Un dessus de lit, une serviette, une toile cirée, une soupière, une table de cuisine, avec une ou deux chaises, un canapé-lit qui se transforme en lit lorsqu'on le déplie (l'effort et l'effet produits), s'ouvre le soir et se referme au matin, un couloir, un autre, vus dans l'axe, ou perpendiculairement. La géométrie de ce petit appartement se déplie en milliers de pas cloc cloc cloc sans cesse parcourus lumière interrupteur noir, d'une pièce à l'autre ici et là, d'ici à là. Et ça recommence. Comme si ça ne s'arrêtait jamais.
Jeanne Seyrig impériale, en chemise de nuit, en blouse, puis en manteau et foulard sur la tête, car elle sort, ici et là aussi, via le sas de l'ascenseur où elle est toujours filmée dans le miroir. Les sorties de la dame semblent tout aussi ritualisées que ses déambulations appartementales.
Revenons à l'appartement, revenons-y sans fin. Les activités domestiques (ménagères) de la dame, envisagées "simplement" et montrées idem. Concrètement. Préparer, ranger, nettoyer. Faire en sorte. Se prostituer aussi, tout aussi  "simplement", (le secret derrière la porte), réglé comme du papier à musique. De la prostitution domestique considérée comme n'importe quelle autre activité ménagère (la cuisine la vaisselle le ménage). Impeccablement. Impitoyablement.
Le bel ordonnancement rigoureux du premier jour posé comme modèle (tout va bien, pour le mieux dans le meilleur des mondes) .Jeanne Dielman, en son intérieur, Jeanne D. et les autres : le bébé que parfois on confie à sa garde, la mère du bébé (qu'on ne verra jamais, le client, (à chaque jour suffit sa peine) le fils qu'on voit partir le matin et rentrer le soir, montré comme un vieil adulte, sans âge, au comportement aussi codifié, millimétré, quantifié, que celui de sa mère. Chantal Akerman ne nous montre pas tout, mais ce qu'elle montre elle nous le montre précisément. En détail(s).
La rigueur des enchaînements du premier jour, comme autant de batailles successivement gagnées, va soudain peu à peu se défaire, en douceur. Se fissurer. Il suffit de pommes de terre trop cuites pour que Jeanne / Delphine se mette soudain à tournicoter, de pièce en pièce, sa marmite à la main, comme un volatile déboussolé, dérangeant soudain le beau cahier des charges impeccable et sans rature. Et ce n'est que le début. De détail en détail va se propager comme une sournoise contamination, jusqu'à ce plan exténué, jusqu'au bout de sa fascination, avec cette femme immobile dans un fauteuil, en train de contempler l'étendue du désastre.

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25 septembre 2023

tête d'oeuf

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POURQUOI PAS!
de Coline Serreau

Celui-là j'y tenais tout particulièrement (à ce qu'il figure dans notre programmation de PLAY IT AGAIN!), et à ma grande surprise personne ou presque ne semblait le connaître (même Hervé pensait ne l'avoir jamais vu...). Un (beau) film de 1977 (j'avais 21 ans...) vu et revu, à Besançon, plusieurs fois à l'époque, tant il avait produit un genre de déflagration affective -et joyeuse- au sein du petit groupe d'amis que nous étions. Une histoire d'amour à trois, deux hommes et une femme. Sami Frey, Christine Murillo, et Mario Gonzales. Qui sont tous les trois superbes, tout simplement (j'avais acheté, et j'ai toujours d'ailleurs, le matériel publicitaire, affiche et photos d'exploitation, tellement je les aimais et les trouvais magnifiques). J'habitais à l'époque à Vesoul, au Pré des Angles, avec P., une amie dont je ne voulais pas comprendre qu'elle me désirait, et j'avais des vues sur G., qui était étudiant en médecine, découvrait son homosexualité, sa bisexualité plus tôt, puisqu'il n'était pas hostile à l'idée de dormir de temps en temps avec P. Nous étions jeunes et "pleins de sève" (et je me souviens précisément d'avoir fait l'amour pour la première fois avec G dans le salon du Pré des Angles .) Et ce film avait été pour moi en même temps comme un déclencheur et une source de bonheur. Plus de 40 ans après, et sans l'avoir revu depuis très longtemps -le film est devenu invisible quelques temps après sa sortie, les chaînes de télévision n'ayant pas eu envie de le programmer " à une heure de grande écoute", l'homosexualité étant encore à cette époque étiquetée comme un "douloureux problème" dont on débattait aux Dossiers de l'Ecran, et est donc pfuit! tombé dans les limbes- je me suis aperçu que j'en (re) connaissais encore par coeur la plupart des scènes... (plusieurs fois j'ai eu les larmes qui sont montées direct.)
La force du film c'est de présenter franco son trio amoureux. Au quotidien. Son fonctionnement "libertaire" : Fernand (Sami Frey, parfait) est l'homme au foyer (la cuisine, le ménage, la lessive, il fait le bois, reprise les vêtements), tandis que les deux autres travaillent à l'extérieur pour rapporter au foyer l'argent, notamment, du loyer : Alex (Christine Murillo, parfaite, dans la douceur comme dans l'exaspération) fait de la lecture à domicile chez des vieilles dames l'après-midi, et Louis (Mario Gonzales, celui auquel j'étais le plus affectivement attaché, parce que S., mon amant de l'époque l'avait cotoyé professionnellement, sur je ne sais plus quel projet, et semblait l'apprécier beaucoup) est pianiste la nuit dans une boîte (où il se rend en solex... toute une époque!). Le film alterne les scènes du quotidien, "domestiques" , et les scènes de tendresse, avec toutes les combinaisons affectueuses possibles : Louis et Fernand, Fernand et Alex, Louis et Alex, sans oublier les scènes de lit (le plus souvent de sommeil) où ils se retrouvent tous les trois. Ce qui pour l'époque -on est en 1977- est d'une formidable -et déconcertante- nouveauté. Et on avait vraiment adoré ça...
Le film est constamment tendre et drôle (et touchant), posant comme allant de soi une situation pour l'époque hors-normes (et c'est ce goût de l'utopie réalisable qui nous avait tant plu...) avec -en plus- l'adjonction d'un élément comique récurrent -et irrésistible- : un flic en gabardine, l'inspecteur Bricat, sous les traits de Michel Aumont, parfait ("Vous trouvez que j'ai une tête d'oeuf ?") qui, à intervalles régulier(s), va intervenir auprès du trio... Comme un élément "normal" (normé) confronté à un fonctionnement extraordinaire...
Bref j'ai pris -à nouveau- énormément de plaisir (de bonheur) à revoir ce film, et c'était comme si  le moi-même de cette époque me faisait un petit coucou, depuis là-bas, il y a quarante-six ans...

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23 septembre 2023

manuscrit

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LE CIEL ROUGE
de Christian Petzold

Oups et re-oups, je réalise que j'ai oublié de le chroniquer!
je l'ai vu le vendredi 8, avec Dominique, et il s'intercale, normalement, entre les deux séances de FERMER LES YEUX.
Et là, j'ai beau chercher, je ne trouve rien...
Je me souviens juste que j'ai vraiment beaucoup aimé ce film, que Nina Hoos est magnifique dans sa belle robe rouge, que j'avais un faible pour ce gros jeune homme qui se pique d'écriture, et que j'avais beaucoup apprécié aussi ce chassé-croisé amoureux (songe d'une nuit d'été allemande...) . Et que j'avais trouvé la construction très astucieuse.
Je suis très confus. j'en reparlerai bientôt, quand il passera dans le bôô cinéma. (Bientôt)

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20 septembre 2023

blé en herbe

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L'ETE DERNIER
de Catherine Breillat

Waouh!
Un film qui remue. Un film fort, avec un personnage féminin fort (incarné par une actrice magistrale, Léa Drucker). On sait depuis toujours que Catherine Breillat n'est pas une réalisatrice de bluettes, mais plutôt d'eau-fortes, de gravures réalisées à l'acide et au burin, pour situer la force de ses histoires (et celle de ses héroïnes) et ce depuis son premier film (UNE VRAIE JEUNE FILLE!, en 1976)  même si avec plus ou moins de bonheur -j'avais, par exemple, presque détesté son très décapant ROMANCE (1999)-
Là, on pense savoir de quoi il s"agit : une avocate (ce détail aura son importance par la suite) est en couple avec un financier plutôt surbooké (Olivier rabourdin, toujours aussi bien...), ils ont adopté deux fillettes, et tout a l'air d'aller plutôt bien, lorsque le mari a l'idée soudaine de faire venir avec eux, pendant l'été, son "autre" fils adolescent, issu d'un premier mariage, un ado tres tadzio par l'apparence (on s'apprêterait presque à entendre du Malher...), mais très crevure (ado, quoi) dans son comportement... ("Il est méchant comme la gale" le définit son père. Au début c'est un peu la guerre de tranchées entre le fiston et la belle-mère ("il ne me calcule même pas..." dira-t-elle) mais un jour, allez savoir pourquoi, crac boum hue (coup de foudre) smack (baiser) et schlika schlika (activités reproductives). Passion, romance, sexe, etc. Tout va bien dans le meilleur des mondes des plus belles amours (comme le chantait Barbara) qui sont les amours incestueueueuses (quoique techniquement, pas tout à fait, le jeune homme n'est pour elle "que" le fils de son mari. Ca devient de plus en plus chaud (dans tous les sens du terme, jusqu'au jour où une de leurs étreintes fornicatoires est surprise par la soeur d'elle (on a toujours plaisir à revoir Clothilde Courau...) qui tourne les talons et s'enfuit illico. d'où rupture (décision prise par elle) d'où chagrin et incompréhension (de lui) qui finit par tout avouer à son père lors d'un week-end "entre hommes". Fin du premier acte. (On s'interroge sur la suite des événements, mais c'est mal connaître Catherine Breillat. Je ne dirai rien du deuxième acte, ni des suivants, sachez juste que la mâchoire m'en est tombée, ou presque. je n'avais pas du tout vu venir "ça" (et c'est là que la cinéaste démontre toute sa pugnacité).
le film se referme (comme le ferait une blessure)sur un épilogue toujours aussi magnifiquement ambigu (malsain ? pervers ? délétère ?) paraphé d'un ultime fondu au noir étiré jusqu'à son paroxysme, avec juste ce dernier détail lumineux sur lequel on s'attarde... Jusqu'à extinction des feux. A mi-chemin entre ironique et glaçant.

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19 septembre 2023

cachetons

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LE LIVRE DES SOLUTIONS
de Michel Gondry

Bon ne tournons pas autour du pot : je suis triste. Je suis triste parce que j'ai été déçu (et être déçu par un film de Michel Gondry, j'en suis encore plus affecté...). On l'a eu in extremis en sortie nationale dans le bôô cinéma (comme un lapin hop! qui sort d'un chapeau) et on y est donc allé dès la première séance, avec Emma.
Ca commence avec un cinéaste, Marc (interprété par Pierre Niney), dont on est en droit de penser qu'il représente Michel Gondry himself, qui est soudain dépossédé de son nouveau film (on en a confié la réalisation à un rival, interprété par Vincent Elbaz) par les producteurs et autres  décideurs, et qui va donc partir illico se mettre au vert à la campagne, avec sa monteuse (Blanche Gardin, un peu en sous-effectif) et une équipe réduite (dont un machino tousseur qui m'a tout de suite plu, et dont allocinoche m'a confirmé qu'il (Mourad Boudaoud) a joué dans au moins deux films que j'ai beaucoup aimés : LA DARONNE, et surtout MALABAR un court-métrage que j'avais a-do-ré, quand on pouvait assister au festival de Clermont devant son ordi - qui se souvient du confinement, hein ?) chez sa très aimée Tante Denise (divinissime Françoise Lebrun, parfaite a minima d'un bout à l'autre).
Il aime beaucoup sa vieille tante (nous aussi, je le répète, on l'ADORE) mais par contre il n'est pas vraiment sympathique avec les autres, qui sont pourtant aux petits soins avec lui... et va l'être d'autant plus qu'il a décidé d'arrêter son traitement (on comprend qu'il est bipolaire) et va donc être en phase "haute" voire "super high" (ça m'a fait penser à certain(e)s ami(e)s) pendant tout le reste du film..., qui va hélas suivre le mouvement, et petit à petit se déliter, se désagréger, se morceler, se n'importequoitiser (voire se whathtefuckiser) au fil des humeurs maniaques de plus en plus envahissantes (contaminantes) du réalisateur. 
J'avoue que si j'ai été tout d'abord conquis par le début du film, je m'en suis progressivement désintéressé (en en étant, dans le même temps, de plus en plus déstabilisé -et donc malheureux...-) avec des scènes qui me mettaient de plus en plus mal à l'aise (la répétition d'orchestre, la scène avec Sting), peut-être que le choix de Pierre Niney était une fausse bonne idée, ou peut-être aussi que le personnage que Gondry lui a confié était injouable, va savoir... (ce qui n'enlève absolument rien aux indéniables qualités du jeune homme...)
J'ai même à un moment ou à un autre, envisagé de quitter la salle, oui oui. Ce qui sauve le film, c'est, je le redis une fois de plus, l'exquisitude de Françoise Lebrun, mais, aussi, toutes les petites Gondryseries (aussi merveilleuses  que fugaces) qu'on est content de retrouver, ces petits machins, ces bribes, ces brimborions, qui nous font les yeux écarquillés et le sourire en banane (attendris) comme des mômes...
Bilan mitigé, donc. Pas vraiment convaincu par l'ensemble, mais séduit par les détails... (mais, Michel G., je t'aime toujours va!)
Bref, un film... bipolaire ?

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(ah,Françoise...)

ps : Tiens pour une fois je serais plutôt d'accord avec les Inrocks et avec Libé...

"Une sorte de panique existentielle du bricoleur de génie pourrait faire l’intérêt autoréflexif de ce récit parfois touchant (notamment dans les moments de cruauté tyrannique du personnage) si ne s’y substituait pas une certaine complaisance." (Les Inrocks)

"Point d’autodérision ou d’autocritique sans férocité, or Gondry en manifeste bien peu envers cet alter ego, semblant finalement chanter ses propres louanges." (Libé)

mais laissons pour conclure la parole à la défense (au réalisateur) :

"L’autodérision a été un matériau qui m’a permis de construire cette histoire et de faire rire, car certaines situations sont aussi ridicules que drôles. Réaliser des films partiellement autobiographiques permet de cerner toutes les motivations des personnages. La fiction, elle, permet de créer un monde dans lequel on aurait aimé vivre, avec des gens que l’on aime. C’est pour cela que je n’utilise jamais mes films pour régler mes comptes. J’essaie au contraire d’être tendre avec mes personnages " (Michel Gondry, réalisateur).

18 septembre 2023

il pleueueueut (sur le jardin sur le rivage)

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LES OMBRES PERSANES
de Mani Haghighi

(Qui se souvient de la chanson d'Anne Vanderlove qui donne son titre à ce post, hein ?)
Bon la semaine dernière, en Turquie il neigeait, mais cette semaine en iran il pleut. Mais pas une petite pluie de rigolade, non, il pleut pleut pleut tout le temps tout le temps (et moi qui affectionne les plans de gouttes sur les vitres, j'ai été servi, puisqu'en plus on y est très souvent en voiture, avec les effets de gouttes et de condensation que j'adore tout autant). une pluie à la SE7EN, à la BLADE RUNNER...
Pour une histoire que j'ai trouvée un peu emberlificotée (longtemps que je n'avais pas utilisé ce mot, qui sied ici parfaitement), celle d'une femme, monitrice d'auto-école, qui suit un homme qu'elle voit monter dans un bus, puid le suit jusqu'à l'appartement d'une femme, qui lui ressemble (à elle!). On comprend alors -ensuite- qu'elle a suivi l'homme parce qu'il ressemblait à son mari, le soupçonnant de la tromper en voyant en cachette une autre femme, alors que, pas du tout, il était en livraison pour son beau-père à l'autre bout de la vile.
Et nous voilà avec une paire de couples (pas fréquent d'utiliser cette formule) identiques, maris et femmes, kif-kif. Sauf que si le mari du couple A (que nous appellerons le "vrai couple") est un gentil, celui du couple B est un sale bonhomme, avec sa femme, avec son fils, avec tout le monde, et c'est d'ailleurs de lui que vont surgir tous les problèmes...
J'ai trouvé ça intéressant a priori (rare que le cinéma iranien s'aventure dans ces contrées, à la lisière du fantastique (au début on est en droit de penser à L'INVASION DES PROFANATEURS DE SEPULTURE (quel titre merveilleusemnt idiot, quand même!), alors que non, pas vraiment...) , puis ensuite un peu confus ("bon alors, là c'est le mari de quel couple avec la femme de quel couple ?") avec la sensation de faire du sur-place narratif...) pour retomber plus ou moins sur ses pattes à la fin, avec un dénouement aussi immoral (ou amoral, j'ai toujours du mal avec ces deux qualificatifs) que démoralisant (bon c'est vrai, c'est rare qu'un film iranien se termine par un happy-end, hein...
Bref un film un peu confusant, mais qu'on a envie de défendre

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quand je vous dis qu'il pleut, hein...

Et je découvre, en cherchant le nom du réal sur allocinoche, que j'ai déjà vu deux film de lui : MARCHE NOIR (2022) un polar amer que j'avais vu quand le Festival du polar de Reims était visible depuis chez soi (qui se souvient du confinement ?), et, surtout, l'hénaurme PIG (2018) que nous avions programmé dans le boo cinéma (post ici) que j'avais qualifié de FHI (film hautement improbable). bon ce Mani Haghighi est incontestablement un réalisateur à suivre...

14 septembre 2023

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FERMER LES YEUX
de Victor Erice

Ca y est! on l'a eu! On a fini par l'avoir! Le dernier film de Victor Erice, présenté à Cannes 2023 (dans une section parallèle plutôt qu'en compète, ce qui avait d'ailleurs un peu irrité le réalisateur), un réalisateur espagnol que j'aime tout particulièrement : trois longs métrages en vingt ans : L'ESPRIT DE LA RUCHE (1973), LE SUD (1983), et l'extraordinaire (et très chéri) LE SONGE DE LA LUMIERE (1992), suivi de l'exposion Erice / Kiarostami "Correspondances" à Beaubourg (2007), et, ensuite,  presque plus de nouvelles...
J'étais donc un peu ému en début de séance. Déjà, le fait d'entendre parler español, ça me fait du bien, c'est comme ça. Comme si je me sentais soudain irrigué. Réhydraté, oui. En terrain de connaissance(s) et d'émotion(s). Je me suis d'ailleurs entraîné un moment à regarder le film sans les sous-titres, et (hmmm kmmm) je m'en sortais plutôt pas mal...
Le film dure presque trois heures (et, contrairement à ce que m'a dit une copine spectatrice en sortant, "je n'ai pas du tout ressenti de longueurs", mais c'est vrai que, comme je le lui ai précisé, "sur le coup, je n'étais pas objectif...") et c'est très bien comme ça. d'autant plus que c'est filmé très simplement, neutrement presque, sans virevoltages ni chichis ni effets. Juste de beaux plans-séquences avec, régulièrement, pour les clore, des fondus au noir, plus ou moins rapides.
Le film commence par un film (un film dans le film, mais on ne le sait pas encore) un "film d'aventures", comme le décrira plus tard son réalisateur, où, dans un château à Triste-le-Roi (en 1947), a lieu un entretien entre le propriétaire, un riche juif sépharade en tenue d'apparat, et son invité du jour, un homme qu'il charge d'une mission précise, celle d'aller retrouver sa fille judith à Shanghaï. Tout ça en présence de l'impassible serviteur chinois du maître de maison, derrière ses lunettes noires, dans son costume de serviteur chinois, on boira le thé, on fera la conversation, jusqu'au départ du "détective" qui quitte la propriété en emportant la photo de la jeune fille que le maître de maison lui a confiée...
Ce film est le début d'un film qui n'a jamais été complètement terminé, puisque l'acteur principal (le détective) a soudainement disparu, justement peu après le tournage de cette fameuse scène. Disparu, pfuit! Envolé, évaporé, manquant, missing. Sans que jamais personne n'ait plus entendu parler de lui... Et on va suivre le réalisateur de ce film mort-né, de nos jours, dans une émission de télé-réalité centrée sur le fameux acteur disparu. Qui va, comme le détective du film était chargé de retrouver la jeune fille, se mettre en chasse. Sur les traces de.
On suit donc ce vieux réalisateur barbu (tiens, Victor erice, le "vrai" réalisateur, est aussi un vieux réalisateur barbu...) à la recherche de son acteur disparu (avec cet effet-miroir du film dans le film, où le détective doit chercher la jeune fille disparue).
C'est un film aux résonnances -forcément- nostalgiques, mélancoliques, où des gens d'un certain âge (hmmm hmmm) sont soudain amenés, par la force des choses, à fouiller dans le(ur) passé. "Objets inanimés...". Un film sur le passé, sur le temps passé, le temps perdu (et sa recherche...), un film aussi sur le cinéma, un film sur la filiation (les rapports père / enfant). Un enfin film sur l'amitié (les vieux amis). Un film avec des morceaux de films dedans (un début au début et une fin, à la fin), et, aussi, un film "musical" avec des chansons, où, à plusieurs reprises, des gens vont se rapprocher en chantant la même chanson (chacune des séquences de chant est superbe, avec une préférence pour celle à la guitare avec le jeune homme, dont le réalisateur dit qu'elle a été improvisée au tournage!).
Un film plein de mystère aussi (qu'est donc devenu Julio Arenas ?) et / ou d'exotisme, où l'on manipule souvent des objets témoins d'un lointain (et parfois exotique) passé, sans savoir exactement ce que ces objets signifient...
Un film où la présence d'Ana Torrent (qui jouait déjà, à 8 ans, dans le premier film du réalisateur, L'ESPRIT DE LA RUCHE) serait tout sauf fortuite (à ce propos, les "hasards de la programmation" font que nous aurons le plaisir de la retrouver la semaine prochaine, dans le bôô cinéma, dans le cadre du Festival Play it again!, dans l'inépuisable (pour moi) CRIA CUERVOS (1976) de Carlos Saura, que je ne saurais trop vous recommander d'aller forcément voir...).
Un film dont la scène finale (déjà, quand ça se passe dans un cinéma, je suis, a priori, ravi) justifie à elle seule le visionnement du film entier. Un film se finit, avec la fin du film dans le film, et la triple occurrence de ce qui est évoqué dans le titre du film, fermer les yeux (Cerrar los ojos est quand même autrement plus beau, non ?)

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(en anglais aussi!)

J'y suis retourné pour la toute dernière séance (lundi à 20h), juste après avoir vu un film iranien aussi pluvieux que tarabiscoté (je les ai enchaînés, j'ai eu juste trois minutes entre les deux, pour passer de la salle 10 à la salle 2), ce qui n'était pas forcément une très bonne idée, après avoir passé précédemment une très mauvaise nuit) et j'ai eu le plaisir de constater
1) qu'il y avait plus de monde qu'aux séances précédentes (= "une vraie séance", au moins douze!)
2) que même en ayant beaucoup dormi auparavant, la scène finale était toujours aussi efficace (et susceptible de me tirer des larmes)
3) qu'un de mes amis au moins (Philou) m'avait fait l'immense plaisir de suivre ma recommandation...

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2 septembre 2023

asturias (et aspirine)

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ANATOMIE D'UNE CHUTE
de Justine Triet

Oh oh, le voilà enfin ce film dont on a beaucoup beaucoup  parlé depuis Cannes 2023, sous le double signe des films dits" de procès" (pour laquelle j'ai un certain faible) et des films "palmedorisés" (pour laquelle c'est, dirons-nous, plus fluctuant... avec quelques cruelles désillusions au fil des années   entrecoupées de réels ravissements). En ce qui concerne le film de procès, on en connaît aussi grosso-modo la structure et le mode de fonctionnement (de fabrication) : on écoute les dépositions, témoins à charge, témoins à décharge, des plaidoiries, l'accusation, la défense, avec ce qu'il faut de coups de théâtre et de révélations (sinon le film de procès serait raplapla), car, en fin de compte, il n'y a pas trente-six mille cas de figure : coupable ou innocent, Vothe Honneur (et de me souvenir de certains coups de théâtre sensationnels : celui de MUSIC-BOX, de Costa-Gavras, celui de FAUTE DE PREUVES, de Simon Moore, celui de TEMOIN A CHARGE, de Billy Wilder -qui m'avait flanqué une sacrée frousse quand j'étais gamin-). Mais Justine Triet est beaucoup plus fine mouche que ça.
Refaisons un peu le film : d'abord une scène d'ouverture plutôt... déstabilisante, pour nous présenter l'héroïne (Sandra Hüller est parfaitement parfaite) suivie d'un générique beau à pleurer (c'est ce que j'ai fait d'ailleurs...) pourtant sur une idée toute simple,  avant que ne survienne cette fameuse chute, (que, bien sûr on ne verra pas) et que se mette en place le fameux procès. D'abord les réactions "à chaud" des différents protagonistes, puis "un an plus tard" (dixit l'intertitre) nous y voilà. Sandra Hüller est l'accusée, Swann Arlaud son avocat, et (on ne le découvrira qu'un peu plus tard) Antoine Reinartz, l'avocat général. C'est tout à fait... étonnant (et magistral) ; pour parler comme l'avocat général j'aurais presqu'envie de dire qu'il s'agit d'un film de procès sans être un film de procès tout en étant un film de procès. Voilà.
On le suit attentivement, ce procès, la caméra y est très attentive, avec parfois des prises de vues étonnantes, décalées, décentrées, comme si la caméra était un petit oiseau voletant de ci de là dans la salle d'audience... Rien que cette façon de filmer nous permet de prendre de la distance, et, comme le volatile, de choisir en fin de compte notre point de vue... C'est le film des paradoxes : en même temps très simple d'apparence mais redoutablement complexe, au ras des paquerettes mais en même temps d'une vertigineuse hauteur, et je dis dire que le scénario de Justine Triet (et d'Arthur Harari) fait merveille. Tout comme la réalisation. J'ai vu tous les films précédents de la la réalisatrice, depuis l'initial LA BATAILLE DE SOLFERINO (2013), auquel j'étais venu surtout, au départ, pour Vincent Macaigne...) et je les ai tous appréciés. Mais là, mais là! Je suis resté sidéré pendant les cent-cinquante minutes que dure le film, avec des moments de sur-sidération même, c'est dire! (la déposition de l'enfant).
Avec une séquence finale que j'ai trouvée sidérante dans sa simplicité apparente, d'autant plus forte qu'à ce moment précis, soudain,  on réalise (enfin, je réalise) que ce qu'on tenait pour acquis ne l'est plus du tout, et peut finalement être interprété de façon tout à fait connaître. Et que, finalement, on s'en fout un peu de savoir si oui ou non. La vérité est ailleurs, et on se souviendra longtemps de ce personnage féminin magnifique (grâce à Sandra Hüller).
Top 10

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cette affiche est vachement bien, parce qu'elle est complètement "à rebours" du film
(de la même façon que le film est "à rebours" de nos certitudes)

 

22 août 2023

un p'tit whisky, une p'tite cigarette...

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DE NOS JOURS
de Hong SangSoo

Ce cher Hong est de retour... En relisant sa filmo, je réalise que le programmateur du bôô cinéma nous en a zappés deux : INTRODUCTION (2022) et A CHAQUE ÉTAGE (2023). C'est qu'il tourne vire, l'oncle Hong, et même de plus en plus, (et corollairement, de plus en plus légèrement, aussi).
Celui-ci est en couleurs, découpé en chapitres avec intertitres, mais ne raconte en fait que deux histoires : celle d'une actrice (tiens comme dans JUSTE SOUS VOS YEUX) et celle d'un (vieux) poète (tiens, comme dans HÔTEL BY THE RIVER). L'univers des films (récents)  de HSS tourne souvent autour des mêmes éléments : acteur / actrice, réalisateur, écrivain, amitié, amour parfois, dialogues, et... soju! Les scènes de beuverie reviennent régulièrement chez le réalisateur (et la légende dit que, justement, il fai(sai)t boire ses acteurs "pour de vrai"...) et sont même un élément constitutif de l'ADN de ses histoires. On parle, on boit, on re-parle, on re-boit, et ainsi de suite. Que ce soit à la maison, au bar, au restaurant... Et glou et glou le soju.
Et patatras! voilà que le point de départ de la deuxième histoire (celle du poète) concerne l'abstinence forcée de celui-ci. Pour raisons de santé, il est, au début du film, au régime sec. Doublement : ni alcool ni clopes. Dur dur. Une jeune fille est chez lui pour réaliser un film sur lui (elle a besoin de scènes de vie, prises sur le vif) et voici que débarque un admirateur plein d'admiration, de déférence, et de questions pour le vénéré poète. A qui il a apporté des présents (qui resteront hors-champ pendant un certain temps...). Toute la question est : Tiendra-t-il ? Tiendra-t-il pas. Tandis que, question questions, justement, le jeune admirateur sort le grand jeu : Et la vie? et l'amour ? et la vérité ? (on se croirait chez Jacques Chancel, hi hi -mais qui se souvient de Jacques Chancel ? - "Et pour finir, pour vous, qu'est-ce que Dieu?").
On va donc suivre ces deux histoires légères, badinantes, en alternance : celle du vieux poète, déjà évoquée, et celle de l'actrice, qui séjourne chez sa copine qui a un gros chat (qui aura son importance dans la suite de l'historiette) et va, elle-aussi recevoir la visite d'une jeune admiratrice, qui lui a apporté divers cadeaux  et va lui demander des conseils pour exercer son métier (il sera beaucoup question de sincérité).
C'est... plaisant (pour les habitués -les aficionados- de HSS, les autres risquent de ne pas forcément tomber sous le charme.)
Jusqu'au générique (qui devient de plus en plus court, puisque HSS fait de plus en plus de choses dans le film).
Un seul bémol (mais le réalisateur n'y est pour rien) : les lumières de la salle se sont rallumées presque dix minutes avant la fin du film... (mais visiblement les spectateurs étaient suffisamment sous le charme pour rester assis tranquillous au lieu de se lever pour aller récriminer (avec le risque d'en rater un morceau...))

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21 août 2023

le sexe (et les oiseaux)

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SUR LA BRANCHE
de Marie Garel-Weiss

Oh que voilà un film, comme son titre l'indique, joliment perché. Comme Mimi, son personnage principal (Daphné Patakia), une jeune fille fraîchement sortie de l'hosto psy, souffrant de troubles mentaux, et en cours de traitement, qui va être amenée à faire équipe avec un avocat dépressif (Benoît Poelvoorde, qu'on a énormément de plaisir à retrouver ainsi, en quasi-sous -régime) par l'intermédiaire de l'ex-femme de celui-ci (Agnès Jaoui, toujours excellente) pour sortir de prison un innocent injustement accusé (Raphaël Quenard, si bien peigné qu'on peine à le reconnaître dans sa première scène, pour la troisième fois à l'écran en peu de temps - CHIEN DE LA CASSE, et, plus près de nous, YANNICK, et donc qu'on aime toujours autant, même si dans un plus petit rôle...).
Voilà pour les quatre principaux danseur de ce quadrille à mi-chemin entre anxyolitiques et bouffées délirantes (et donc éclats de rire -en ce qui me concerne- à contre-temps parfois, donc encore plus précieux).
Un film instable, comme l'est la psyché de notre chère Mimi (Daphné Patakia est vraiment bluffante), mais dont le ton "décalé" dirons-nous s'accorda divinement à notre humeur du jour. Et toujours surprenant : dans son tempo, dans ses rebondissements, dans ses emballements, dans ses ralentissements aussi -oh la scène avec les bagnoles de flics tous gyrophares allumés roulant à la queue-leu-leu paisiblement à 30 à l'heure...- et ce jusqu'à sa toute dernière scène, voire son tout dernier plan...
Une narration de traviole, de guinguois, mais infiniment attachante, touchante, troublante. Qui ne montre pas toujours ce qu'elle dit, et ne dit pas toujours ce qu'elle montre.
On est séduit par cette souriante inquiétante étrangeté autant qu'on est parfois surpris.
"J’admire les films de Billy Wilder, et j’ai revu en écrivant La Garçonnière, dans lequel Shirley MacLaine possède ce côté mi-fille mi-garçon qui nous a inspirés. J’aime ces films qui fabriquent de la comédie avec la petite cruauté de la vie et des autres, qui magnifient des personnages aux destins pâles, tout ça dans un écrin hyper simple mais finalement théâtral, car irréel." (Marie Garel-Weiss)
Avec l'ultime plaisir d'entendre, sur cette fameuse dernière scène,  Good-bye je reviendrai, cette chanson de Christophe que j'étais très content de retrouver (oh oh 1972) et de découvrir qu'elle avait été écrite par Balavoine...

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24 août 2023

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UN HIVER EN ÉTÉ
de Laetitia Masson

Hmmm... (on se racle la gorge)
On l'attendait plus tôt (quelques mois auparavant) et la sortie en a été repoussée au 26 juillet. Soit. Donc dans le bôô cinéma on ne l'a eu que quelques semaines plus tard. Re soit. Pour notre "brochure", j'avais eu du mal à trouver une critique vraiment enthousiaste, sauf celle de mondociné dont je vous livre ici le début :

"Quand on évoque Laetitia Masson, on a l’impression de remonter le temps, comme si la cinéaste appartenait à une autre époque. Qu’elle semble loin aujourd’hui la fraîcheur de son cinéma. On se rappelle encore de ses En Avoir Ou Pas, A Vendre ou Love Me avec sa complice d’alors, Sandrine Kiberlain. Mais parce qu’une résurrection tardive n’est jamais impossible, Laetitia Masson revient avec probablement l’un de ses plus beaux films. Porté par une distribution impressionnante, Un Hiver en Eté est la chronique d’une poignée d’êtres abîmés dans un étrange été où une terrible vague de froid s’abat sur le pays. Certains pensent que c’est bientôt la fin du monde. "Dix personnages comme dix fragments d’humanité" clame la note d’intentions."

Soit, au départ, une distribution époustouflante :

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(à laquelle il ne faut pas oublier d'ajouter

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que j'aime énormément)

Dix personnages,  (au NORD au SUD à l'EST à l'OUEST, et aussi à PARIS -on reconnaît les capitales rouges qu'affectionne la réalisatrice), une nuit d'été où il fait très froid (-10° annoncés), et n petites histoires qui vont se nouer entre eux. En principe à deux, mais il s'avérera plus tard, à plusieurs reprises, qu'un troisième (personnage) y est associé. Des histoires de rencontre, des histoires de couples, des histoires d'amour(s), presqu'exclusivement (à une exception près) hétéronormées. Et plus ou moins intéressantes. Certains personnages sont plus ou moins inexistants et on le regrette vivement (quel plaisir de revoir Hélène Fillières, mais quel dommage de la voir aussi peu), ou assez inintéressants (Hamzawi, Poésy), voire carrément insupportables par le rôle qu'ils ont à jouer (Biolay, Duvauchelle, et, surtout, Judith Chemla, qui assument un vrai chemin de croix personnagistique... pour Laurent Stocker j'ai encore un peu de mal à me prononcer), tandis que j'ai personnellement beaucoup plus aimé Elodie Bouchez, Pablo Pauly, et, surtout, Cédric Khan, qui réussit chaque fois ou presque à me bluffer en tant qu'acteur).
On passe d'une histoire à l'autre, l'espace d'une nuit glacée (Toute une nuit, comme dirait Chantal A.) et on est un peu comme sur des montagne russes. Laetitia Masson (qu'on retrouve par ailleurs régulièrement dans BLOW UP sur arte) nous a installé un beau dispositif sur le thème du gâchis, et dont le macguffin (ou le point de ralliement) serait Les Nymphéas (le tableau). Et du gâchis, il y en a, dans les histoires sentimentales de ces gens-là.
Et peut-être que pour pousser le bouchon encore plus loin (enfoncer le clou), la réalisatrice a orchestré un genre de gâchis supplémentaire : la dernière demi-heure en est un, énorme, patent, pathétique, et on en est -sincèrement- fort attristés.
D'autant plus que, pour se mettre au diapason, le projectionniste du bôô cinéma a rallumé les lumières de la salle dix minutes avant la fin du film (comme il l'avait déjà fait la veille pour le film de Tonton Hong...).
Voilà, on est vaguement tristounet en sortant du cinoche... Le gâchis, oui.
(chose exceptionnelle, le film est arrivé sur allocinoche sans aucune photo d'exploitation... curieux, non ?)

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20 août 2023

happy birthday mon blog

(comme aurait dit Pépin "pour public averti", (mais bon y a pas non plus de quoi fouetter un chat hein))

Eh oui, il en frétille, et pour cause : mon blog fête aujour'hui ses dix-huit ans!
l'âge de raison ?
L'occasion, tiens, de me lâcher un peu et d'affirmer haut et fort mes intérêts et passions...
Chastes yeux passez votre chemin donc :

 

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ah la mécanique...

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ah les jeux vidéos

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ah le téléphone

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ah la piscine

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ah les roadies

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ah les selfies

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ah les travailleurs

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ah les jeux vidéo (2)

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ah les plumber's cracks

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ah les photos de profils (même si c'est de face, c'est comme ça que ça s'appelle)

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ah les footeux

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ah les chauffeurs

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ah les voyageurs

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ah les routiers

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ah les photographes

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ah les couvreurs (version peinte)

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ah les couvreurs (version photographique)

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ah les gouttes

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ah les joujoux

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ah les sourires

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ah les pansements

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ah les joggings

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ah les fanfreluches

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ah les hésitations

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ah les routiers (2)

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ah les boules

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ah les rugbymen

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ah les pompiers

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ah les signes de bienvenue

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ah les amis

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ah les tétons

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ah les douches

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ah les bisous (1)

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ah les bisous (2)

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Voilà, mon blog a 18 ans
et j'aime les mecs dans tous leurs états

9 août 2023

böreks (tout chauds)

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LES HERBES SECHES
de Nuri Bilge Ceylan

Enfin je l'ai vu! Ca n'a pas été simple mais j'ai réussi (dans le cinéma où on paye 7,50€ pour le ticket, mais où c'est écrit 5,50 sur ce même ticket...)
Le film commence par un plan sublime.
Déjà, on est dans de bonnes dispositions pour les presque 200 minutes qui vont suivre. On assiste à l'arrivée de Samet, jeune prof (d'arts plastiques), dans le collège où il travaille, à son retour de vacances plus exactement. Où il retrouve ses collègues, ses élèves, dans les conditions de vie un peu spartiates, hivernales, de son établissement.
Le réalisateur nous invite dans la première partie de son récit (qu'on pourrait nommer Les risques du métier) autour de Samet et de Kenan, son colocataire. Avec l'entrée en scène de Nuray, elle aussi enseignante, qui va mettre un certain temps à intervenir, -prendre sa place- dans le récit (on se demande pendant un certain temps pourquoi elle a obtenu le prix d'interprétation féminine à Cannes 2023, ensuite on comprend), pour une seconde partie qu'on pourrait nommer Jules et Jim (ou Sérénade à trois, c'est selon).
Comme souvent chez Nuri Bilge Ceylan, on alterne les scènes d'extérieur(s) (des plans d'ensemble qui en général me ravissent) et des scènes d'intérieurs, beaucoup plus longues, où les personnages parlent, parlent, parlent, beaucoup le plus souvent).
La première partie du film peut paraître un peu "anecdotique" a priori (des histoires d'enseignants, quoi, et j'ai pensé à ce très beau film turc, ANATOLIA, qui se passe aussi dans un établissement scolaire, en Anatolie, et en hiver), mais prendra un retentissement particulier lors de l'"épilogue", tandis que le vrai coeur battant des Herbes Sèches se révèle dans la longue (et magnifique) histoire qui va se nouer  entre Samet, Nuray, et Kenan. Avec un sens de la progression dramatique sidérant. Où chaque scène surpasse, surmonte, celle qui l'a précédée. Pendant l'avant-dernière scène, j'ai eu dans la tête le mot stratosphérique. Oui, la mise en scène de NBC y atteint, pour moi,  des sommets.
La fin c'est du Tchekhov pur jus (c'est pour ça que j'aime autant ça). S, K et N. Qui aime qui, qui attend quoi, qui est jaloux de qui, qui espère quoi. De longues séquences dialoguées, d'abord à deux, où on parle de beaucoup de choses (parfois même, souvent, ça philosophe dur...) sans aborder frontalement le vrai pourquoi de l'échange, puis, finalement à trois, une visite tardive à domicile où on n'est plus sûr(e) de rien...
Avec un épilogue qui vient enrubanner tout ça avec une certaine élégance -un certain aplomb-  (et beaucoup -trop ?- d'intelligence.)
Top 10

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23 juillet 2023

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L'ÎLE ROUGE
de Robert Campillo

Oups! heureusement que Catherine m'en a reparlé, sinon il passait à l'as. (Si on ne note pas tout de suite, on risque d'oublier...). Robin Campillo évoque le souvenir de son enfance à Madagascar, dans le milieu clos et préservé (pour quelques temps encore) d'une base de l'armée française, dans les années 70.
Il y est un garçon "sensible" (il est fasciné par les aventures de Fantômette...), avec des parents de cinéma idéaux (maman c'est Nadia Tereszkiewicz, et papa Quim Gutiérrez).

(là je l'ai une nouvelle fois laissé en plan, si je ne reprends pas tout de suite il sera définitivement trop tard)
Un film en deux parties, et, du coup, un peu déséquilibré. La vie à la base, à travers le regard de l'enfant, la vie de famille, le petit monde fermé des colons, la vie nocturne et /ou imaginaire (les aventures de Fantômette), tout ça j'aime beaucoup, et soudain le regard se décale, se décentre,  l'enfant "disparaît", laissant place à la jeunesse malgache révoltée.C'est un autre film. et ça m'intéresse moins.

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(j'aime beaucoup Sophie Guillemin, et j'aime beaucoup aussi David Serero, qui joue son mari...)

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 Je me souviendrai surtout d'une scène, celle de la "soirée dansante", où les couples permutent (comme au quadrille, "échangez vos cavalières...") où se jouent beaucoup plus de choses que ce qui se passe en apparence...
Je suis un peu confus de livrer un post aussi riquiqui pour un film qui méritait amplement mieux. oui, confus.

1 août 2023

juillet 2023

samedi 1er
-"Aujourd'hui Premier juillet, la terre a huit milliards d'habitants..." (Brigitte Fontaine revisitée et corrigée : dans les années 70, il n'y en avait que 3)
- au marché de très bonne heure pour donner à Christine ce bouquin de Pasolini sur l'Inde que j'ai pour elle depuis des mois, et que j'ai mis dans mon sac exprès pour elle ; manque de bol, pour la première fois depuis des mois elle s'est réveillée tard et ne viendra donc pas de bonne heure au marché...
- je vais terminer UNE DISPARITION INQUIÉTANTE à la fraîche, sur le parking, où il commence d'ailleurs à pleuvoir...
(et hop, une tite photo de gouttes...)

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dimanche 2
- (le matin je perds un peu mon temps, de façon obsessionnelle, mais bon j'ai l'habitude)
- un coup de fil de Dominique, suivi d'un autre d'Emma
- l'après-midi je "travaille à mon oeuvre" (comme dirait Philou) en peaufinant mon livre-photos 2023.1
- je ne suis pas sorti, donc je ne me suis pas habillé du tout
- j'ai commandé mon bouquin-photo(s)

lundi 3
- je fais une "vraie" tarte aux myrtilles
- Fête du Cinéma :
15h45 : STARS AT NOON,
18h : SISU,
- et  après je rejoins Manue en douce à la 9 pour (re)voir la fin de TRENQUE LAUQUEN 2
- je lui paye une bière au Bureau pendant qu'elle me fait son compte-rendu des Eurocks

mardi 4
- cette tarte aux myrtilles est décidément délicieuse... (je vais même en congeler deux parts)
- 10h30, coiffeuse : pour la coupe d'été, le sabot c'est 9.
- je commence le traitement bi-quotidien préconisé par la dentiste
- je fais du rangement en écoutant des albums de Bashung à la chaîne

mercredi 5
- 11h : (Fête du Cinéma) ASTEROID CITY en vo sauf qu'ils se sont trompés et que c'est en vf!
- Je me fais rembourser et je repars
- l'après-midi je galère avec des problèmes de tuyauteries bouchées sous l'évier de la cuisine
- vers 16h , panne d'électrcité
- comme Anne-Marie ne peut pas entrer chez Nelly (nicht électrcité, nich digicode) elle vient chez moi et démonte et nettoie les différentes partie du siphon MAIS ça ne fonctionne toujours pas
- c'est dans la dernière partie du tuyau que ça bloque, et elle me suggère d'aller acheter du Dest*p
- arrivé au mini Carrouf, au moment de payer je réalise que mon portefeuille n'est plus dans mon sac
- heureusement Alain B. est là, à la caisse, et m'avance 5€
- je rentre à la maison, Nelly est là avec Anne-Marie
- 17h : le portefeuille est retrouvé, le dest*p est versé... OUF!

jeudi 6
- 7h59 je réussis à avoir le chauffagiste (plombier) pour ma tuyauterie, il ne peut pas aujourd'hui mais demain oui promis
- 9h30 café-scrabble chez Pépin (Annick est là pour qq semaines)
- midi à LPC avec Marie et Catherine
- à la fin du repas je vois arriver Za, avec ses parents, que je vais saluer, très ému
- la maman de Za me confie que "c'est dur de vieillir..."
- 15h45 L'ÎLE ROUGE, avec Catherine
- 18h DISCO BOY (avant je m'offre un magnum tout choco)

vendredi 7
- courses "de quartier", faites avec bcp de bonne humeur
- récupéré (déjà!) mon bouquin-photos 2023.1
- oh miracle! vers 14h sont arrivés deux ouvriers de chez mon chauffagiste (dont un jeune assez très joli) qui sont repartis 3/4 d'h plus tard après avoir débouché mes tuyauteries (qui en avaient bien besoin lol) me laissant du coup très soulagé (le coeur léger,oui)

samedi 8
- à 9h15, assis en terrasse avec Manue, rue du Breuil, assistons à un vrai théâtre de rue (à base de panneau publicitaire qui virevolte en hauteur et de camion de pompiers...)

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- à 11h25  dans le bus complet pour Besac (oh oh le jeune homme au bob noir)
- à 12h30 sur la terrasse de l'Iguane, avec Emma et Dominique (qui m'offre un cadeau d'anniversaire dans une enveloppe qu'elle a décorée à la main -avec les 67 bougies!-)
- à 13h30 ASTEROID CITY au Victor Hugo (j'y dors hélas)
- à 15h40 chez ma bouquiniste  le dernier roman de Lola Lafon  que je voulais justement lire
- à 16h20 retour en bus (ouf! un peu moins rempli)
- à 22h je me fais plaisir en préparant un clafoutis aux myrtilles comme dans FIRST COW

dimanche 9
- le matin, je traîne à poil comme un dimanche estival tradi
- 15h45 : ASTEROID CITY dans le bôô cinéma (sans dormir)
- retour à la maison (et au dimanche estival tradi)
- le clafoutis aux myrtilles est vraiment pas mal
- je commence le livre de Lola Lafon QUAND TU ENTENDRAS CETTE CHANSON

lundi 10
- je termine la dernière part de clafoutis (de très bonne heure)
- un lundi qui commence comme un dimanche
- je m'habille en début d'après-midi pour aller faire des courses
- au courrier une "vraie belle lettre" de Philou
- je termine le livre de Lola Lafon

mardi 11
- un mardi matin encore comme un dimanche (il fait très chaud dehors, quel plaisiir de rester à poil dedans)
- une délicieuse salade estivale à midi (pois-chiches, oignon blanc, tomates-cerises, pêche blanche, huile d'olive et jus de citron, cumin, coriandre)
- le soir, météofrance a lancé une alerte rouge pour orages violents pour 5 départements, dont le notre, et la préfecture envoie à chacun des sms anxiogènes, mais finalement ça ne sera pas si pire...
- je prépare pour demain une soupe froide courgette /menthe

mercredi 12
- un café à 7h30 avec Anne-Marie qui m'apporte des myrtilles
- un autre café à 9h30 avec Emma qui va à Belfort
- finalement je ne prendrai pas le bus pour aller à Besac, à la place je tombe sur le dernier numéro de BLOW UP de la saison consacré à la divine Jeanne Balibar ()
- la soupe froide courgettes/menthe est délicieuse
- Milan Kundera est mort hier
- le soir un rdv manqué à cause d'un sms envoyé trop tard (mais ce n'est que partie remise)

jeudi 13

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- à 9h30 le peintre vient pour reposer les volets (avec l'aide d'un jeune -et vigoureux- employé
- je découvre sur y*utube (grâce aux recommandations de Manue qui l'a vu aux Eurocks) les concerts de NTO (et ça me fait envie)
- à midi avec Catherine au Globe (la portion de fagotini était un peu chiche mais le dessert était bien)
- après je vais lire un peu "à la fraîche" sur le parking (LE DORMEUR, de Didier da Silva)
- je prépare un taboulé pour demain

vendredi 14
- l'aimable (et délicate) insistance de Loulou m'amène à transiger à la sacro-sainte loi dite "des jours fériés" (= on ne s'habille pas / on ne sort pas) et je monte donc vers 13h pour boire le café avec elle, en compagnie d'Ali et de tata Annick
- après je vais divaguer un peu sur les parkings, en vain(s), je continue un peu le livre de Da Silva
18h : VERS UN AVENIR RADIEUX, de Nanni Moretti, qui me met d'excellente humeur
- le taboulé, qui ce midi m'avait paru presqu'un peu sec, à présent revisité, m'a semblé parfait (et, tiens, je me suis ouvert une bouteille de Viognier bien frais), et la tarte aux myrtilles -décongelée- itou

samedi 15
- ce moment vraiment très plaisant : un grand crème en terrasse au Coffee Song, d'abord avec Manue, puis Catherine nous rejoint, dun côté, puis de l'autre, (et on en a même repris un deuxième!)
- Manue m'a apporté trois gigantesques courgettes toute fraîches cueillies de ce matin (j'een ferai une en soupe, une farcie et une en tagliatelles)
- la nouvelle prog est arrivée dans l'après-midi : pas mal! (et je m'y suis attelé dare-dare -j'avais déjà un peu anticipé et fait toutes les en-têtes-)
- fini de congeler le kg de bleuets apportés par Anne-Marie (en 3 fois)

dimanche 16
- je commence "comme un dimanche" (je dois avouer que je m'interroge un peu sur mes affinités -nouvelles ?- avec le naturisme mais bon le temps s'y prête)
- je termine LE DORMEUR de Didier da Silva + je regarde les 3 courts-métrages
- 9h30 : je dois sortir pour récupérer deux livres expédiés par Gibert (et j'en profite pour acheter du beurre)
- le soir, taglatelles de courgettes sautées à l'huile d'olive, avec le reste de sauce crème / morilles du filet mignon de midi (traiteur)
- content d'avoir le nouveau livre de Kim Zuppan, dont j'avais tant aimé LES ARPENTEURS

lundi 17

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- de bonne heure pour labo pour les analyses trimestrielles d'hémoglobine glyquée
- je m'offre un petit-déj' pantagruélique
- porté la prog à l'imprimerie
- le soir je retourne voir VERS UN AVENIR RADIEUX, où je retrouve Hervé

mardi 18

- dans le bus aller pour Besac, on était un peu comme des glaçons dans un freezer (clim' à un niveau déraisonnable)
- 13h20 IL BOEMO
- 15h40 LIMBO
- dans le bus retour on était plutôt comme des morceaux de poulet dans un tajine

mercredi 19
- à 8h le café avec Anne-Marie, mon aide, ménagère, à qui je fais goûter ma tarte aux myrtilles (la denière part, que j'ai décongelé tout exprès)
- à midi à LPC avec Catherine qui m'offre un joli cadeau d'anniversaire (le cd de Jeanne Balibar + du chocolat isolé thermiquement avec de l'alu) -en plus en suggestion il y a du foie de veau...-
- à 15h je récupère les progs
- à 16h, PASSAGES, qui est bien en V.O (enfin, en version mixte)

jeudi 20
- 9h15 chez le médecin (enfin, c'est la remplaçante) pour renouvellement médocs diabète (et j'en profite pour demander un p'tit truc en plus...)
- 12h : le monsieur qui avait posé les rideaux revient, à ma demande, pour consolider les attaches du premier des trois (celui du salon)
- 13h30 : le café chez les Soria, dont il était question depuis quelques temps (Fran a préparé une petite coupe genre tiramisu revisité)
- 15h je file à la mizenplis, où Hervé et Alex sont déjà à l'oeuvre depuis 14h30 (c'est moi qui avais fixé l'horaire)
- 16h je suis pile-poil à l'heure pour déposer la caisse orange à la Poste (et signer un nombre tjrs plus important de feuillets!)

vendredi 21
- 9h30 je pars à Gy
- on part Régis et Emma m'emmènent à Mesmay chez Evelyne
- repas dehors, sous la pergola, puis dedans (avec aussi Fanette, la fille d'E. et Lorenzo, le copain d'E.)

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- 15h à Arc-et-Senans pour la rituelle visite des jardins (le cercle est à présent complet), l'expo Folon, la non moins rituelle bière "après l'effort le réconfort"
- on envoie une carte à Dominique
- je rapporte chez moi un anthurium, cadeau d'Evelyne

samedi 22
-marché du samedi matin (je rentre avec un sac très lourd...)
- l'après-midi, je fais comme si on était dimanche (...) mais je dois quand même me rhabiller pour sortir pour récupérer un livre que j'avais commandé (TERMINUS BERLIN de Edgar Hilsenrath)
- après, je re-fais comme si on était dimanche, et j'en profite pour faire une lessive...
- sur le blog, plusieurs messages de Riri la Gâchette

dimanche 23
- 10h30 : OPPENHEIMER (en VO) avec Emma
- 13h30 : un petit en-cas rapide au MacD*, toujours avec Emma
- en fin d'après-midi je me lance dans la préparation de courgette farcie (de Manue) mais le résultat ne sera pas à la hauteur de mes attentes hélas (j'en ai mangé une demie, quand même)

lundi 24
- plutôt mal dormi (réveils multiples)
- pour midi je fais une pizza "a minima"
- l'événement marquant de la journée qui devait être le rendez-vous chez ma nouvelle dentiste est, je l'apprends par la secrétaire en arrivant, repoussé au 11 août (elle a essayé de me joindre plusieurs fois, elle m'a même laissé un message, j'identifie donc son numéro sous le contact DENTISTE, ça simplifiera les choses)
- toute la journée, un peu mal aux jambes, et un peu mal au dos...

mardi 25
- encore assez mal dormi (toujours ce mal au dos et aux jambes)
- je cuisine (clafoutis aux bleuets, salade avocat / pamplemousse), mais les résultats sont moy-moy
- regardé par la fenêtres la police venue embarquer un voisin du 15 qui avait pourtant l'air placide (ils sont venus à 3!)
- je ne sais pas trop comment être bien : assis, debout, allongé, alors j'alterne (ça m'inquiète un peu quand même...)
- vers 17h une petite visite comme j'aime : eh bien je n'ai plus du tout pensé ni à mon dos ni à mes jambes c'est drôle lol
- je n'irai pas voir l'avant-première de LA MAIN ce soir, j'ai trop peur d'avoir trop peur...

mercredi 26
- troisième nuit difficile, toujours pour les mêmes raisons (mais j'arrive à m'endormir sur le matin)
- finalement je n'irai pas du tout voir LA MAIN (ou peut-être avec Pépin quand il reviendra ?)
- un courrier "conséquent" : deux Libé, une carte de vaches de Dominique et un très joli envoi maritime de Coralie et Pépin

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- l'anthurium d'Evelyne a l'air de se plaire chez moi : deux nouvelles fleurs sont en train de pousser!
- au téléphone avec Catherine P. (convenons d'une visite d'un après-midi scrabble à Cuse dimanche)

jeudi 27

- un peu moins mal dormi cette nuit (ouf!)
- à midi avec Catherine à LPC (risotto de blé et île flottante)
- 15h45 : MASTER GARDENER

vendredi 28
- nuit moyenne... (mais dans la moyenne...) je me recouche "sur le tôt" et je redors jusqu'à 9h30
- pendant la journée ça va beaucoup mieux, question dos et jambes
- je continue de profiter du plaisir (du privilège) très simple et gratifiant de pouvoir traîner à poil chez moi
- le hasard (et le temps qui s'y prête) font que je re-vois, sur MUBI, CEMETERY OF SPLENDOUR, d'Apichatpong W., un film qui "fait du bien"
- sur le net je passe un certain temps à observer, fasciné, un maçon espagnol trabajar en pelotas
- et sur le coup de 17h, je me décide à faire des crêpes...

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samedi 29
- dormi mieux (réveillé une seule fois)
- mangé les trois dernières crêpes au petit-déj' (j'avais un peu chargé en rhum, quand même)
- à midi je cuisine des "petites pizzas de grosse courgette" (et j'en suis enchanté)

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- Marie m'apprend le décès de Joël D., le copain de Cathy C.

dimanche 30
- 13h30 : pour le café à Cuse chez Catherine P. où je passerai l'après-midi (et la soirée!), avec, successivement, Agnès (la soeur de Catherine), puis Hélène (la fille de l'autre soeur de Catherine), et finalement Louise (la fille d'Agnès)
- trois partie de scrabble (j'ai de la chance)
- toujours le même plaisir de manger des mûres..
- nous écrivons une carte postale à Dominique

lundi 31
- bien dormi... (parce que couché tard)
- un appel de Dominique, rentrée de vacances
- UNE NUIT
- LES FILLES D'OLFA
- en sortant du cinéma je passe chez Co & Pépin qui m'offrent une soupe "au débotté" et un sachet de figues...

18 juillet 2023

"you can't wake up if you don't fall asleep..."

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ASTEROID CITY
de Wes Anderson

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ASTEROID CITY
de Wes Anderson

Quel dommage! J'étais allé à Besac samedi pour le voir au Victor Hugo (et manger avec mes copines à l'Iguane), et voilà que je m'y suis calamiteusement endormi, et ce pratiquement dès le début (allez, au bout de 5 minutes!) et ça a duré pendant une bonne demi-heure, le régime yeux fermés / yeux rouverts par surprise, où je saisissais à la volée quelques images avant de replonger... oui, quel dommage! (lea deuxième partie du film c'est allé beaucoup mieux, à part de ci de là quelques vélléités de rendormissement... Bref, quand emma m'a demandé mon avis par sms, j'ai bien dû lui dire la vérité : "j'ai dormi au début, après j'ai trouvé ça très artificiel, mais avec des morceaux que j'aime énormément (il y a chez Wes Anderson un potentiel de folie sous-jacente -ou affleurant- qui me séduit (m'enchante) toujours...)

Qu'à cela ne tienne! Je savais qu'il passait le dimanche à 15h45 en vo dans le bôô cinéma, et j'y suis donc retourné (après avoir fait la sieste avant, pour être plus sûr de ne pas la faire dans la salle). Eh bien figurez-vous que
1) je n'ai pas dormi
2) c'est comme si je n'avais pas vu le même film!
3) j'ai vraiment beaucoup aimé

C'est vrai que c'est aussi artificiel que barré : Il est question d'une pièce de théâtre, en couleurs pastellisées (comme on dirait javellisées) qui se passe dans la "ville" qui donne son nom au film. mais il y a aussi dans le film pas mal de séquences en noir et blanc, qui nous narrent la genèse et les répétitions de cette fameuse pièce, avec un commentateur officiel (comme à la radio) qui, donc, annonce, commente, explique, explicite...
Donc il suffit d'accepter que le film (tourné comme tel) est en fait une pièce de théâtre, et voilà.
Mais il y a plusieurs histoires qui se croisent autour de ce fameux cratère.
(C'est tout ce qui en fait le charme andersonien).
Une famille, une autre famille. Un adolescent d'un côté, et une adolescente en face (j'aime énormément les personnages d'adolescent(e)s chez Wes Anderson, cette espèce de spleen improbable et à demi-exprimé (implicite) qu'ils trimballent. j'aurais adoré être ado dans un film d'Anderson). On a des représentants du gouvernement, on a un concours d'inventions de jeunes scientifiques, on a une institutrice qui veut absolument parler des planètes du système solaire, on a une scientifique en apparence pas rigolote, on a un papy, et on a même un extra-terrestre. Tout ça dans une ambiance un peu western / stetson / danse country / banjo (mais sans cheval), un genre de quintessence américaine stylisée.
En définitive, fascinant, comme d'hab' (Et Scarlett Johansson perfect, comme d'hab' aussi. J'adore son lipstick).
Allez hop, top10!

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(si vous cherchez bien sur la photo, vous devriez voir Damien Bonnard...)

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16 juillet 2023

À quelle distance on n’entend plus pleurer

Jana Birkin est morte à 76 ans

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encore un morceau de mon adolescence, de ma jeunesse, qui s'éboule et qui disparaît...
juste quelqu'un d'adorable
d'iconique, d'attachant

des disques... en désordre

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ces deux-là je les avais achetés en "disques noirs"

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et ce 45 tours-là aussi! (en 1985!)

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(tous les autres, je les ai écoutés, en vinyl ou en cd, surtout à Gy chez Emma et Régis (enfin, à l'époque c'était plutôt à Vaux!)

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celui-là je l'avais en vinyl et je l'ai donné, me semble-t-il
(je l'ai racheté en cd, et j'ai ensuite beaucoup craqué sur Cargo Culte
"Au hasard des courants, as-tu déjà touché
ces lumineux coraux des côtes guinéennes ?")

*

au cinéma, à rebours

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de 2021...

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jusqu'à 1973...

(elle nous a accompagnés pendant 50 ans!)

 

17 juillet 2023

louma

LE DORMEUR
de Didier da Silva
DE LUXE EDITION

Je viens de le terminer, et le hasard fait que ce livre entre en résonnance avec le dernier film vu, celui de Nanni Moretti, qui m'a enthousiasmé. Quel rapport ? Tous les deux parlent de cinéma, et d'une certaine folie que celui-ci génère (ou qui est, justement générée par celui-ci).

D'abord parler de hasard et de coïncidences. Je connais (et je lis) Didier da Silva, surtout depuis son mémorable DANS LA NUIT DU 4 AU 15 (2019) que j'adore. Je le suis aussi sur tw*tter (même s'il n'est pas très prolixe). Il a fallu que sois adhérent à la FN*C pour que celle-ci me prévienne qu'il y avait des soldes ; je scrolle, et je tombe sur ce livre, vendu 5€, qui m'évoque vaguement quelque chose, je me renseigne : il y est question du cinéaste Pascal Aubier (que je connais de nom, VALPARAISO VALPARAISO, mais sans plus...) Je le mets dans mon panier, mais je ne finalise pas immédiatement la transaction... Quelques jours plus tard, bien sûr, la FN*C me recontacte en me demandant eh oh si j'ai oublié mon panier... Il apparaît que je peux le faire livrer ds un Relais Chr*nopost tout près de chez moi, pour peu, et donc je finalise, et deux jours plus tard, je vais chercher l'objet.

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Incontestablement un bel objet. Relié "en dur", imprimé sur du couché mat crème, numéroté (j'ai le numéro 78) avec en gros sur la quatrième de couv' cette question Où étiez-vous pendant l'été 74? qui m'interpelle (et me fait sourire) et, à l'intérieur, un dvd comprenant 3 courts-métrages de Pascal Aubier : LE DORMEUR, PUZZLE, et LA CHAMPIGNONNE. Le livre fait un peu plus de 120 pages, découpé en chapitres assez courts, et me ravira de plus en plus au fil de sa lecture (on découvre Pascal Aubier, les années 70, et l'entreprise délirante qu'a été le filmage du DORMEUR... puis la suite!)
Un très beau bonheur de lecture. Et là, je vais regarder les courts-métrages...

Capture d’écran (718)

Capture d’écran (719)

LE DORMEUR en apparence,n'a rien de sensationnel : pendant quelques minutes la caméra se promène dans un paysage : rivière arbres montagne ciel bleu graminées, jusqu'à tomber sur un homme qui dort... Jusqu'à, finalement, nous montrer ce qui fait qu'il a l'air de dormir... l'illustration parfaite d'un poème que j'adore.

PUZZLE nous montre l'envers de cette épopée, le chantier qui a précédé le tournage (trimballer des travées de chemin de fer et des rails pour que puisse progresser le premier prototype de louma créé pour le projet (on n'est pas loin de la folie de Herzog et d'Aguirre...) dans un making-of tout à fait plaisant et au diapason du film (années 70, cheveux longs, pattes d'eph', 4L, etc.)

LA CHAMPIGNONNE est un dernier petit plaisir coupable que s'est fait Pascal Aubier (cet homme aime les femmes) sur les lieux du tournage en filmant "simplement" une jeune fille (24 ans, en fait une technicienne du film) au bain dans la rivière et ses alentours... Moins intéressant pour moi.

12 juillet 2023

la plaisanterie ?

Milan Kundera est mort le 11 juillet, à 94 ans.

Je l'avais connu en 1982, un peu par hasard, grâce à ma voisine, Patricia M. qui était abonnée à un club de livres, et venait d'en recevoir la sélection mensuelle, L'INSOUTENABLE LÉGERETÉ DE L'ETRE, (dont j'ignorais tout) qu'elle m'avait alors proposé de lire.

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Je l'ai lu, et ça m'a enthousiasmé, à tel point que je me suis renseigné sur le bonhomme, et j'ai commencé à lire ses autres romans , réalisant que c'était lui qui avait écrit LA PLAISANTERIE, que je voyais depuis des années sur les rayons ou les présentoirs des bibliothèques, et qu'il ne me serait jamais venu à l'idée de lire, auparavant.
Comme je le voyais depuis longtemps, je pensais que ce bouquin était vieillot, et je me trompais. Je l'ai lu mais je ne me souviens plus dans quelle édition, ni en Folio (ça m'aurait dérangé de lire un bouquin avec une couverture pareille ) ni en NRF (ce qui est sûr c'est que je l'ai lu dans la "mauvaise" traduction. Quand il a eu appris le français, Kundera s'est aperçu que les traductions françaises de ses premiers romans ne correspondaient pas du tout avec ce qu'il avait écrit en tchèque, et il a donc entrepris de les co-retraduire).
J'ai aussi (pourtant) beaucoup aimé LA PLAISANTERIE

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(que je devrais relire dans la "bonne" traduction)


J'ai ensuite lu (et acheté, certains en Folio : LA VALSE AUX ADIEUX, LA VIE EST AILLEURS,

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d'autres, cher, dans la collection blanche de la NRF, parce que je ne les trouvais pas en Folio, RISIBLES AMOURS, LE LIVRE DU RIRE ET DE L'OUBLI)

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Et après, c'est curieux, je me suis arrêté, je suis passé à autre chose.
J'avais pourtant aimé tout ce que j'avais lu.
Je n'ai plus rien lu d'autre de Kundera après L'INSOUTENABLE LÉGERETÉ DE L'ETRE.
Pourquoi? je ne sais pas...

Il y a eu, un peu plus tard

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le beau film de Philip Kaufman, (avec cette sublime Juliette Binoche) qui nous avait enthousiasmés.

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J'ai racheté L'INSOUTENABLE... pour trois fois rien à une récente FAL...

9 juillet 2023

fête de la musique

(ohlala je retrouve ce post en l'état, c'est à dire vide, à part les titres -sans même les noms des réalisateurs!- et je réalise à quel point j'ai été négligent -ou j'ai pu avoir la tête ailleurs...- Je ne vais donc pas trop m'étendre...)

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CHRISTOPHE DÉFINITIVEMENT
de Dominique Gonzalez-Foerster et Ange Leccia

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116
DANCING PINA
de Florian Heinzen-Ziob

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Ces deux films ont fait l'objet d'une "programmation spéciale" (en compagnie d'un troisième, REWIND AND PLAY, d'Alain Gomis, que je n'ai pas vu), à l'occasion de la Fête de la Musique, avec 2 ou 3 séances chacun.
C'était il y a trois semaines, et je m'aperçois que je n'avais toujours rien écrit, malgré le plaisir qu'ils m'avaient provoqué tous les deux.

Un film qui chante, d'abord avec des images de concerts et de répétitions, où on voit le maître (Christophe) le dandy un peu maudit un peu vieilli à l'oeuvre une dernière fois, et c'en est très émouvant, avec des images "sur le vif", comme volées, des images palpitantes, floues, nocturnes, électriques, dans un etrès belle "pâte" cinématographique (le force du message vient autant de ce qui est montré que de la façon dont c'est montré, dès qu'il ya du flou de la "pause b" je me régale...)

Un film qui danse, ensuite, sur la création (et re-) de deux oeuvres Pinabauschiennes : IPHIGENIE EN TAURIDE en Allemagne et LE SACRE DU PRINTEMPS au Sénégal. Deux travaux mont(r)és en parallèle. Deux poids deux mesures aussi. En Allemagne il y a un théâtre, un orchestre, des danseurs "professionnels", et toute une logistique plus qu'impressionnante, tandis qu'au Sénégal, à l'Ecole des sables, les conditions sont beaucoup plus... rustiques : des interprètes jeunes et moins expérimentés, les moyens du bord pour ce qui est de la technique, mais, avec, dans les deux cas, la "supervision" de danseurs et de danseuses du Tanztheater originel de Pina B., dans les années 70, et qui continuent vaillamment de porter la bonne parole pinabauschienne et d'assurer la transmission, la perpétuation de l'oeuvre (on les avait déjà vu(e)s dans le magnifique LES RÊVES DANSANTS, de Anne Linsel & Rainer Hoffmann, en 2010, quand la patronne était encore là).
C'est... magnifique (tout le monde était unanime à la sortie) et c'est tout à l'honneur des réalisateurs de clôre le film sur LE SACRE DU PRINTEMPS, créé en décors naturels (la plage) et sans autre spectateur(s) que la caméra. Oui, la fin est sublime...

1 juillet 2023

juin 2023

jeudi 1er
- ON DIRAIT LA PLANETE MARS de Stéphane Lafleur (LIEN GNCR1)
- à midi avec Catherine et Isa à LPC (pfff ils mettent de la crème pâtissière dans tous les desserts!)
- je revois mes deux anciens élèves à la même table (au Globe) assis cette fois avec deux autres jeunes gens (qui eux ne me calculent pas du tout)
- 13h30 DÉSORDRES avec Emma
- 16h10 OMAR LA FRAISE avec Emma, et Catherine qui nous y rejoint

vendredi 2
- le matin je commence à regarder RIVER OF GRASS, le premier film de Kelly Reichardt, dont Emma m'a gentiment prêté le dvd
- 13h30 : BEAU IS AFRAID (en entier!)
- tandis que je manoeuvre pour me garer sur "la" place passe sur le trottoir un jeune homme avec un short jaune de travailleur, et comme la rue St Georges est toute droite, je le regarde s'éloigner un bon moment, parfaitement centré au milieu de mon rétroviseur (profitant de l'instant plutôt que de chercher à le photographier)
- je termine RIVER OF GRASS

samedi 3
- au téléphone avec Dominique, qui rentre enchantée de sa semaine de marche
- à 10h mon petit tour de marché habituel samedien
- un peu plus tard j'ai discuté par la fenêtre ouverte avec Coralie et Pépin qui rentraient, à leur tour, du marché (ça m'a rappelé le confinement, tiens)
- comme il fait très soleil dehors, j'ai tiré les rideaux pour être dans une semi-pénombre et j'ai traîné toute la journée sans même mettre un pyjama (à poil donc) ni faire grand chose d'avouable (ou de productif), c'était dimanche avant dimanche quoi

dimanche 4
- même config météo qu'hier (ils annoncent toutefois un peu moins ensoleillé donc j'ai ouvert un peu les rideaux de la cuisine), et je vaque donc à mes occupations dites "internes" en tenue légère
- je me délecte de l'énorme (dans tous les sens du terme) LE POIL DE LA BÊTE de Heinrich Steinfest, je viens de passer la moitié, j'adore l'usage des comparaisons et des métaphores de cet homme
- tiens je vais commencer ("empiriquement") la mise en forme de la prochaine prog (n°9 / juin juillet)

lundi 5
- PARADISE (lien GNCR2)
- DÉSORDRES au cinéma
- NUMERO 10 (lien GNCR3)

mardi 6
- LA BÊTE DANS LA JUNGLE (lien GNCR4) de Patric Chiha
- un "café gourmand à ma façon" avant le cinéma (un café /deux boules de glace chocolat noir & café / on verse le café dans la coupe et on déguste à la petite cuillère)
- VOYAGES EN ITALIE de Sophie Letourneur

mercredi 7
- (avec mon aide-ménagère, chasse aux asticots de mites alimentaires dans le placard de droite (elles étaient dans le paquet de gerbes de blé)
- une petite visite comme j'aime, avant d'aller prendre le bus (le plein de vitamines et de sels minéraux)
-un jeune voisin de bus magnifique mais hélas inregardable et intouchable
- repas de midi en terrasse (bondée) à l'Iguane avec Dominique
14h : WAHOU! de Bruno Podalydès
- avant de reprendre le bus je m'offre une bière en terrasse, j'entends "Robiche!" (deux fois même) et en y regardant à deux fois, je réalise que mes voisins de table sont Didier R. (que je n'ai pas vu depuis 30 ans) et son compagnon (qui va passer un cap de brodeur)

jeudi 8
- café-scrabble avec Pépin (qui me fait remarquer que j'ai été multiplement piqué dans le cou et que c'est probalement une araignée ohoh)
- avec Isa et Catherine à LPC (la cuisse de poulet est délicieusement grillée mais les haricots sont a minima)
- (on testera Le Globe la semaine prochaine)
- en discutant avec Catherine avant de nous dire au revoir, on finit par échanger sur... la vacance (ce qui me touche beaucoup, pour raisons personnelles, m'a soudain ramené au temps de ma folle jeunesse, et m'a fait tout à coup réaliser que, finalement, on pouvait appeler comme ça ce qu'était ma vie à présent...)

vendredi 9
- L'AMITIÉ d'Alain Cavalier
- une petite séance improvisée de photos du chantier en face du cinéma (où un jeune homme -il fait vraiment chaud- travaille torse-nu)

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- et un passage à C*ra pour acheter des pièges contre les mites alimentaires et quelques autres babioles (oh! de la Tsintao!)

samedi 10
- 10h30 rdv à Coffee Song, rue du Breuil, avec Manue (qui vend tous ses vinyles) et Catherine, qui nous y rejoint, en terrasse, à l'ombre, au frais (de l'autre côté de la rue) : un crème d'abord, puis un demi ("la petite dernière"), tout ça aux frais de la princesse (Manue, bien sûr)

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(- je continue la guéguerre aux mites alimentaires, dans le placard de droite, cette fois ce ne sont plus les asticots mais les papillons, et ça me prend la tête... )

dimanche 11
(-encore des mites alimentaires, ici et là dans la cuisine, je ne comprends pas d'où elles viennent, et, surtout pourquoi elle refusent de se coller sur les cartons prévus à cet effet)
- surprise! à 11h est arrivée la réponse du programmateur, avec donc la prochaine programmation, (moins enthousiasmante que la précédente - cet homme sait décidément y faire pour nous rouler dans la farine-)
-rdv à partir de 17h à Gy pour fêter l'anniversaire de Régis (sont invités Dominique, Marcello et sa copine, René et Thérèse, et Félicien se joint à nous pour le goûter (Emma a fait des crêpes, beaucoup de crêpes c'est très bien, et on les accompagne avec du cidre dont les bouteilles ont quasiment gelé - du granité au cidre-)
(-j'ai un peu mal derrière l'oeil gauche, j'ai peur d'avoir un truc comme ce qu'avait eu Fran, et j'ai du mal à dormir -mais parce qu'il fait trop chaud, aussi...)

lundi 12
- de très bonne heure je finalise pour Dominique B. les deux documents E&C, primaire et maternelle, je les lui envoie
- j'envoie à Hervé le pdf de la prog 9 pour lui signifier qu'il ne manque plus que son édito...
- sinon routine, rideaux tirés, il fait très soleil dehors, je traîne à poil dans l'appart', y a que comme ça que je suis bien

mardi 13
- le matin je reçois l'édito d'Hervé, je pourrai aller à Repr* System
- avant d'aller au cinéma je passe chez Gem* m'acheter une "chemise de Carlos" en viscose
- devant le cinéma, quelques photos depûis la voiture d'ouvriers torse-nu de l'autre côté de la rue
- CHIEN DE LA CASSE de J-B Durand

mercredi 14
- à midi trente rdv à l'Iguane avec Dominique et Catherine P. (et Sylvère!)

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- puis cinéma à 13h20 : FIFI
- et retour par le bus de 16h20

jeudi 15
- à midi rdv au Globe (on teste!) avec les filles (plutôt bien!!)
- 13h40 : FAIRY TALE de Sokourov
- 18h : mizenplis au local
- Zabetta passe et m'offre mon cadeau d'anniv' (le catalogue du Festival de Cannes 2023) dans un beau tote-bag rose flashy
- 22h : après un long dialogue avec mon copain routier qui s'apprête à passer une folle soirée, je décide de sortir à mon tour sur le parking (où je ne suis pas allé depuis des lustres), où je profiterai, finalement, de l'ombre propice et des buissons pour passer aussi un agréable moment

vendredi 16
- 11h à la Poste je croise Bernard C. qui est sur le point de faire un esclandre parce qu'il n'y a personne derrière "son" guichet
- Madame S. a entendu "Jim Harrison" et a compris "Jim Morrisson"
- Après, on boit un demi au Globe avec le même Bernard C., calmé
- 13h40, LE PROCESSUS DE PAIX, de Ilan Klipper, avec Emma
(- 21h : j'aurais mieux fait de regarder TOOTSIE pour la 50ème fois comme je l'avais prévu plutôt que de me livrer à cette conversation (web) oiseuse qui est devenue de plus en plus déstabilisante ; c'est sûr je n'ai pas l'esprit de répartie)

samedi 17
- au marché je re-croise Bernard C devant le stand de la poissonnerie (il est moins énervé qu'hier à la poste)
-  une discussion cinéma avec Claude W. sur le pas de la porte des Halles (où sont passés un certain nombre de gens que je connaissais
- je suis, allé savoir pourquoi, faire un tour sur le parking (très ensoleillé) où j'ai assisté, photographiquement, à la toilette d'un routier étranger
- en dessert une "spécialité de Romain" (le petit boulanger d'amour) au très joli nom que j'ai oublié : un genre de brioche garnie d'une "crème montée au citron", très fraîche (que je finirai à 16h pour le goûter)
- j'ai emballé 11 livres (j'en ai mis un pour moi aussi) d'été pour notre repas du "Club des 11" mercredi prochain

dimanche 18
- il y a un peu moins de (ces saloperies de) mites alimentaires (il serait temps hein!)

- un dimanche à poil, que dire de plus (pourtant il faisait moins chaud que ces derniers jours, moins soleil aussi, le ciel est resté plutôt gris toute la journée)
- je finalise la carte 23/24 des ADC (hésitation entre deux images de Trintignant, mais une des deux photos a vraiment trop de grain me semble-t-il)
(- j'organise sur le web un genre de meeting dont je ne suis finalement pas très fier, je m'enfuis d'ailleurs avant la fin)
- je prends à nouveau des résolutions (hihihi) -ce qui à mon âge, avouons-le, est assez risible-

lundi 19
- 14h : café chez les Soria
- ensuite quelques achats ici et là (pièges anti-mites alimentaires, carte SD et chemise en viscose!)
- pour ce qui est de la carte des ADC, je m'en remets au hasard : tiens, ce sera la graphiste qui choisira! (on verra bien)

mardi 20
- ce matin, pour la première fois, aucune mite dans les placards...
- 12h15 : premier rdv chez ma nouvelle dentiste (bcp d'attente, car j'apprendrai plus tard pas la patiente suivante que la dame était en stage et n'était pas rentrée...) : des soins coûteux se profilent...
- du coup j'ai raté la séance de 13h30 de NORMALE, et j'irai donc à 15h30 voir L'AMOUR ET LES FORÊTS
- quelques photos des ouvriers sur le chantier d'en face...

mercredi 21
- c'est l'été!

- que vois-je ce matin sur le mur (blanc) en entrant dans la cuisine , deux mites alimentaires en train de forniquer (première fois que je voyais ça) sans vergogne ; j'ai exterminé la femelle tandis que le mâle se carapatait (sur ses petites pattes) mais je l'ai occis aussi, plus tard
- avec Anne-Marie mon aide-ménagère nous avons mené la chasse sans pitié (elle surtout)
- juste après son départ (d'Anne-Marie) une petite visite comme j'aime (il était déjà passé 10 minutes avant mais c'était trop tôt)
- 11h15/30 : rdv chez les Soria qui me transportent aimablement à Besac
- à partir de 12h30 : Le club des 11 chez Dominique (Pacoune est co-hôtesse) avec les Vuillerez, les Gaberel, les Soria, les Fiat/Scherrer, Pacoune, Dominique, et moi
- j'offre à chacun un livre avec le mot été dans le titre
- je reçois un petit bouquet, une carte originale, un livre sur Sophie Calle, un tricotin et un porte-clé radis, et un tour de cou en laine bleue pour l'hiver

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jeudi 22
- c'est mon anniversaire, et, curieusement, une journée que j'attaque d'excellente humeur
- Emma passe à 9h30 pour un café (et me le souhaiter)
- au Globe à midi avec les copines, j'offre 3 livres restants avec le mot été dans le titre (et je reçois un cadeau d'anni par Marie)
- du granité de pastèque pour le dessert
(- mes baskets neuves me serrent horriblement)
- Les Soria passent le soir pour me souhaiter un bon anniversaire (avec une bouteille de Saumur-Champigny comme présent)

vendredi 23
- la carte de Dominique est arrivée avec un jour de décalage
- 16h : CHRISTOPHE, DEFINITIVEMENT
- je télécharge beaucoup d'images qui me plaisent beaucoup... (smiley aux joues roses)

samedi 24
- un café (non, deux) au Lion avec Christine et les C.+, après un petit tour de marché
- après le marché je vais faire un tour sur les parkings (deux sont fermés pour cause de travaux), tandis que -bonne pioche-, le troisième, qui était impraticable depuis des lustres, a été refait de frais (ce qui augure que les camions vont pouvoir à nouveau s'y arrêter)

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- j'y retournerai même le soir, "à la fraîche", pour voir si... mais non, en vain.

dimanche 25
- les mites alimentaires c'est (presque) tout à fait fini!

- c'était parti pour un dimanche à poil ordinaire mais à 11h50 lancé dans la confection d'un cake au citron, je m'aperçois que je n'ai plus (assez) de farine, je dois donc m'habiller  fissa pour aller en chercher au petit Carrouf'
- le cake était un peu ciré, le filet mignon aux morilles (du traiteur) en légère surcuisson, (heureusement la Tsin tao était fraîche)
- j'ai fait, une nouvelle fois, le point sur les chimères auxquelles je me raccroche
- j'ai rédigé une réponse au joli mél d'Annette
- enfin terminé l'énorme (750p!) LE POIL DE LA BÊTE d'Heinrich Steinfest

lundi 26
-ouf les mites alimentaires ça a l'air ter-mi-né!
- à midi j'ai acheté un gros sandwich et je suis allé le manger "à la fraîche" (oui, à l'ombre) sur le parking de P., où il y avait 2 bahuts stationnés : un à double remorque que je connaissais déjà, et l'autre, plus loin, qui devait dormir, rideaux tirés, j'ai fini mon gros sandwich et je suis reparti
- parking du cinéma, quelques jolies photos sur le chantier
- DANCING PINA
- après je voulais reprendre qq photos mais une voiture rouge s'était interposée (et le conducteur resté à l'intérieur  visiblement appréciait autant que moi le spectacle des ouvriers) je n'ai donc pas insisté
- à 17h30 un très joli pot de retraite (celui de Marie-Hélène V.) qui me réconcilie avec les pots de retraite...

mardi 27
- occis la dernière des mites alimentaires (qui m'a fait un joli ballet avec ses ailes dans le placard)

- pour me changer les idées, je suis parti d'assez bonne heure sur le parking, où j'ai commencé UNE INQUIÉTANTE DISPARITION de Dror Mishani (toujours avoir un bouquin dans le sac...)
- retrouvé le plaisir de l'affût, même si le résultat n'a pas été vraiment concluant (mais ce n'est qu'un début)
- y suis retourné l'après-midi, où j'ai lu, à la fraîche (oui, à l'ombre avec un petit peu de vent) pendant quelques heures, puis discuté avec un autre papy que je connaissais de vue (nous avons joué à "c'était mieux avant...") -et qui, quelle horreur m'a avoué ne pas aimer lire!) assis sur la table de pique-nique, entouré d'une certain va-et-vient de routiers (qui ne faisaient que leur travail les pauvres) mais sans autre résultat
- l'ampoule du salon que je pensais grillée depuis des lustres (!) s'est soudain rallumée, mais faiblement, produisant une lumière d'outre-tombe, étrange, comme dans un film de David Lynch...

mercredi 28
- tiens il en restait une! (cette fois-ci je crois que c'est bon)
- le matin je m'occupe à nouveau un peu des dépliants E&C (et de ces fichus logos)
- je commence l'après-midi en portant -enfin!- 4 gros sacs de bouquin à Emmaüs

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- ensuite, je vais un peu enchaîner les déceptions : le chantier en face du cinéma a pris une toute nouvelle allure (j'aurais dû venir hier), le (deuxième) parking est à nouveau fermé pour travaux, sur le troisième il n'y a personne (je lis une heure à l'ombre), et je finis par décider, pour couronner tout à fait ce  deceptive afternoon, de pousser jusqu'au parking de Vellefaux, où je passerai 2h plutôt agaçantes (mais bon juste comme avant, hein...)

jeudi 29
- avec les filles à midi au Globe (comme d'hab')
- l'après-midi je reste à l'ombre en tenue légère, me disant que je re-sortirai ce soir à 20h30 pour voir la séance de SISU -De l'or et du sang à 20h30
- pas de bol (je m'en aperçois peu de temps avant de partir) c'était à 18h. Quel idiot je fais!
- je vais en profiter pour finir mon bouquin-photo... (mais non finalement pas)
- (une nouvelle discussion sur le ouaibe qui me mets hors de moi)

vendredi 30

- et voilà! encore une fois juin est passé trop vite!
- Pépin passe pour un café-scrabble et je me prends une volée (3-0!)
- une visite impromptue comme j'aime (mais il fait très lourd quand on s'agite!)
- je finis le bouquin-photo 2023.1

 

27 juin 2023

raymonde et robert à vulcano (avec le routard)

107
VOYAGES EN ITALIE
de Sophie Letourneur

(Rho lala)
en déroulant les pages de posts du blog je trouve (je découvre) celui-ci, daté du 06 juin (nous sommes le 24!) et resté complètement vierge... Aaaaargh! Que faire ?)
j'avais juste mis -par dérision, ce titre-là, en référence -affectueuse- aux Bidochon, en référence à la façon dont Sophie Letourneur nous racontait ce fameux voyage en Italie qu'elle (elle se joue elle-même dans le film, enfin, elle joue une réalisatrice de films, dont on suppose-donc- qu'elle lui ressemble un peu) finit par faire avec son mari (Philippe Katherine), son mari dans le film (qui n'est pas du tout son vrai mari dans la vraie vie).
Les voyages du titre sont au pluriel, parce que lui y est déjà venu avec une (ou des) ex, mais il ne sera question que d'un seul (plus, dans les dialogues dans la voiture, pendant qu'elle conduit, une question pare rapport à celui de Rossellini, du même nom, qu'elle dira ne pas connaître.
Donc nos deux tourtereaux ont fini par partir quelques jours en Italie (après avoir, dans un prologue, longuement hésité sur les destinations éventuelles), et ils arriventdonc en Sicile, location de voiture, hôtel, restaurants, excursions, italianeries, tout ça en se fiant à ce qui écrit dans le routard... il est question d'un couple en "délicatesse", dans une période de calme plat question désir, où un retour de flamme passionnelle est justement escompté suite à ce court séjour.
Letourneur est impitoyable et scrute les flottements, les erreurs, les interrogations, les plantades, bref tout le "vrai" quotidien d'un couple en excursion touristique...
Et c'est très plaisant. comme l'est la construction du film : pendant un assez long moment on les suit "en vrai" dans leurs péripéties aigres-douces, jusqu'à ce que la réalisatrice change soudain son fusile d'épaule et qu'on les retrouve tous les deux au lit, ("après"), et ce sera un comte-rendu oral de toute la fin du périple auquel ils vont se livrer, une reconstitution, avant de faire l'amour, "simplement" ("justement", sans en faire des caisses...)
Un film dont je garde un souvenir agréablement plaisant, avec deux acteurs en phase, et la confirmation que j'aime beaucoup le cinéma de Sophie Letourneur...

"En décidant de plonger son cinéma dans le bain du tourisme romantique de masse, Letourneur a trouvé un terrain de jeu propice à son sens de l’autodérision et à son goût pour les microdétails matériels, sur lesquels elle fait glisser un regard plissé de malice. Ainsi de ces zooms et dézooms qui font la grammaire du film et lui permettent de décentrer en permanence notre attention, de passer du particulier au général, de la parole à la notation visuelle, de rire tantôt avec les personnages et tantôt à leurs dépens, de ce qui leur échappe, et notamment de ce manque sexuel qui se voit comme le nez au milieu de la figure. Sexe de bronze sur lequel se brûle Sophie, irruption du Stromboli toutes les vingt minutes, plan volé sur le caleçon de Jean-Phi, les allusions sexuelles se multiplient tandis qu’on parle d’autre chose et qu’une tension monte de ce trop-plein de vide et de non-événements, de cette accumulation presque écœurante de souvenirs dérisoires. Assumant une facture visuelle à la limite de l’ingrat, Sophie Letourneur ne se contente pourtant pas de la 2D d’une comédie brinquebalante construite sur le seul fil du quotidien ; à l’image de sa méthode – peaufinée de film en film, elle consiste à minutieusement construire sa partition dialoguée à partir d’une matière documentaire et de nombreuses improvisations –, le film n’est qu’en apparence échevelé et dilettante." (Libération)

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