maison de retraite
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VOUS ÊTES JEUNES, VOUS ÊTES BEAUX
de Franchin Don
(entregent) C'est par Zabetta que j'ai eu le lien pour visionner le film (le film sort début octobre). Elle n'avait pas voulu trop m'en dire, je connaissais le nom des acteurs (Darmon Balasko Bouchitey Lavant) et je savais "qu'il était question de boxe"... Dès les premiers plans du film le ton est donné : Balasko au bord d'une route, près d'une voiture accidentée, cheveux gris, visage nu, puis c'est au tour de Darmon qui apparaît, tout autant sans apparat, en train de s'habiller pour aller à un enterrement. Le poids des ans, le visage fermé, la solitude, la tristesse.
Pourtant, au départ, dans l'inconscient collectif cinéphilique, accoler ces deux noms en tête d'un générique (et on est content qu'ils soient en tête, ils le méritent), Balasko / Darmon, on pencherait plutôt pour un truc joyeux, qui va vous dérider les zygomatiques. un truc sympathique, qui vous caresse dans le sens du poil, qui va vous faire du bien... On les aime, ces deux-là, et ce qu'ils ont représenté jusqu'ici dans le cinéma français (pour lequel les scénaristes et les directeurs de casting manquent, on le sait, cruellement d'imagination). Donc on se dit que.
Mais là non, pas du tout. Du tout. Contrepied, contre-emploi. On est aux antipodes de ce qu'on imaginait. Josiane Balasko s'était déjà aventurée sur ce terrain au moins une fois, avec l'impressionnant (et très sombre) Cette femme-là, de Guillaume Nicloux, mais il s'agissait une initiative isolée, tandis que si on pense "Gérard Darmon" on pense automatiquement "comédie" (avec quand même quelques fleurons de la spécialité : La cité de la peur, bien sur, Astérix, Le coeur des hommes...). Mais là non.
Gérard Darmon est vraiment impressionnant dans un rôle très fermé (dans un film lui-même très fermé, à la limite de l'asphyxie). Il joue un vieux bonhomme qui décide, pour se faire un peu d'argent, de prendre part à des combats de boxe clandestins entre vieux ... Rien que cette idée est (pour moi) révoltante, et la voir matérialisée dans un sous-sol avec un Denis Lavant,tout en blanc, tonitruant en maître de cérémonie cynique face à un public de parieurs qui le sont tout autant, fait froid dans le dos. La mort rôde, surplombe, enveloppe, et le désespoir aussi.
Le film est d'une tristesse infinie, tout le temps ou presque, et c'est un peu dommage que le réalisateur (Franchin Don, sur lequel on sait très peu de choses, même allocinoche reste muet à son sujet) reste quasiment tout le temps sur cette note-là.
Question démoralisation, c'est réussi, on a le moral bien bien plus bas que les chaussettes à la fin (bien avant, même).






































































