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lieux communs (et autres fadaises)
23 février 2022

robert's box

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J'apprends la mort de Gary Brooker le chanteur (et pianiste) de PROCOL HARUM groupe  (rock prog ?) des années 70, vu live à Besac au Palais des Sports en avril 76 (j'en parlais encore récemment par mail avec ce cher J-P...).

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(le concert coûtait 25f, et un margoulin revend le ticket 30€ sur eb*y!)

                                                              
PROCOL HARUM, découvert un peu par hasard, dont j'avais acheté (et adoré) l'album GRAND HÔTEL (que j'aime et que j'écoute toujours, d'ailleurs), avec dedans, notamment, SOUVENIR OF LONDON qu'on chantait souvent avec Babeth dans les dortoirs de l'E.N (elle jouait de la guitare et je m'époumonnais).
J'aimais nettement moins le disque live avec le Edmonton Symphony orghestra, je n'ai jamais aimé WHITER SHADE OF PALE (dont je n'ai jamais été fichu de savoir exactement ce que ça pouvait bien dire), et j'ai continué à acheter encore quelques albums de Procol harum (BROKEN BARRICADES, EXOTIC BIRDS AND FRUITS, et PROCOL'S NINTH, que je me souviens encore très précisément avoir découvert, à mon grand étonnement, en fouillant dans les bacs du Drug'Tone, à BESAC (ce qui ne nous rajeunit pas, je le reconnais...)
Je les ai écoutés, mais rien n'a égalé  GRAND HÔTEL, que je trouve parfait... J'ai beaucoup écouté (et je continue de le faire encore avec grand plaisir, NOTHING BUT THE TRUTH (sur EXOTIC BIRDS AND FRUIT, album que j'ai quand même pas mal écouté), particulièrement pour les "Oooooh Yeah" de Gary Brooker, justement...

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une photo récente

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Procol Harum (Brooker est sur la gauche, et je le trouve très mimi...)

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Grand Hôtel (front)

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Grand Hôtel (back)

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Encore un morceau de mon adolescence qui s'en va...

16 février 2022

payer votre voyage

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LA FIEVRE DE PETROV
de Kiril Serebrennikov

Je suis en admiration devant ce film parce qu'il me dépasse, ce film qui m'a ravi (dans tous les sens du terme, notamment comme une soucoupe volante embarquerait un humain dans son rayons lumineux pour le transporter jusqu'à son bord). Je l'avais, un peu par bravade, mis a priori dans mon top 21 de 2021, sans l'avoir vu (exprès, en compagnie de ce très cher Memoria qui était dans le même cas), et je me dis que j'ai eu le nez creux (comme on dit par ici)...J'ai déjà, toujours a priori, pour le cinéma russe les mêmes sentiments quasi que pour son confrère  roumain : je sais que ça va être plus ou moins inconfortable, alcoolisé, violent, nihiliste, polaire, rentre-dedans, désespéré, bordélique, amer, mais déjà je les aime, ces films, et j'ai rarement été déçu (même si, des fois, un peu quand même... mais pas souvent) de la façon dont ces réalisateurs (couillus) parlent de leur(s) pays (merdiques).
Bref je l'attendais de pied ferme.Alors, ce Petrov, de quoi souffre-t-il ? Qu'est-ce qu'il nous raconte ? Et hop avant que le film démarre, déjà on remarque qu'il y a plein de producteurs/distributeurs associés, chacun avec sa petite animation (je me dis toujours qu'il faudrait que j'écrive un truc là-dessus), et que donc le sieur Serebrennikov a de l'entregent -est multi-partenaires- (j'ai même repéré le nom d'Olivier Père et entendu in fine que ce film était né sous une bonne étoile, ce dont je n'avais jamais douté...), et bon ça pique encore un peuplus notre curiosité.
Il s'agit donc d'un certain Petrov, qui tousse (puisque c'est celui du titre, qui doit aussi avoir de la fièvre), qui au début  a pris le bus (le bus en Russie, c'est quelque chose), pour une grande scène d'ouverture bien cracra, par la lumière verdasse, par les tronches, par les dialogues, c'est vraiment le "Vous qui entrez ici perdez toute espérance...", c'est clair -enfin, plutôt c'est glauque-, (on est prévenu...), puis, toujours toussotant, va changer de monture, et monter dans un corbillard, où il a été invité par des potes, de beuverie bien sûr, pour la tournée (des grands ducs)...
Mais très vite ça va se compliquer avec une bibliothécaire, entraînée aux arts martiaux et spécialement irritable (on apprendra plus tard que c'est Madame Petrov), puis un enfant (Petrov Junior, mais pas toujours), puis une fête de Noël, et hop, et hop, ça tourne et ça flonflonne (il y a beaucoup d'accordéon dans le film, comme il y avait déjà beaucoup de musique dans Leto) et -toujours- ça biberonne, direct à la bouteille (ils ne sucent pas de la glace)), et on réalise qu'en une dizaine de minutes on a déjà traversé, sans aucun panneau de signalisation, plusieurs univers différents (disparates), et qu'il ne faut pas résister, juste se laisser emporter dans cette /ces histoire(s), rouler par ces vagues successives qui déferlent, de ces univers fragmentaires et superposés qui coexistent -probablement- dans le cerveau surchauffé de Petrov : le présent, le passé, l'ailleurs, le nulle part, l'onirique, le sûrement et le peut-être, dans un récit tumultueux aux enchâssements baroques... (Il faut absolument que je me procure le bouquin dont le film est l'adaptation, mais, actuellement, Gibertuche ne veut pas en baisser le prix, alors, embusqué, j'attends...).
On pourraît être dans une fête foraine déglinguée (celle de Nightmare Alley, avec des couleurs criardes, des attractions, peut-être des monstruosités, mais en version russe, c'est à dire encore pire), sur un manège (celui de l'inconnu du Nord-express, qui a pété les plombs et tourne comme un fou, mais, encore une fois, à la russe, et donc encore plus vite) où, heureux et fasciné comme un gamin, on se cramponne énergiquement, histoire de ne pas se casser la gueule, et ça tourne et ça tourne, on a toutes ces images qui en mettent plein les yeux, qui désorientent, qui chamboulent, au fur et à mesure des déambulations mentales de ce cher Petrov. Comme en rêve (un rêve de fièvre, justement) où on est égaré, où on ne comprend pas tout, où des éléments sont parfois répétés, se répondent, avec insistance, reviennent, comme des variations sur le(s) motif(s), sans qu'on en comprenne forcément le sens...
La Fièvre de Petrov foisonne (il est comme en expansion) au fil(m) de séquences qui possèdent leur cohérence propre, leur (des)équilibre interne, La Fièvre de Petrov, donc, devrait pouvoir se visiter, posément, à tête reposée, tant il est difficile (voire inconcevable) d'être capable d'appréhender au premier coup d'oeil toute la richesse  (la complexité) de ce qui nous est montré  (suggéré) pendant ces cent-quarante-six minutes...
Serebrennikov en a les clés, les notices explicatives de chacune des salles (et/ou personnages) mais il nous laisse nous débrouiller tout seuls, au milieu de ces (ses) histoires et de ces métaphores sibyllines... Quel édifice! Quelle ampleur ! Quel vertige! Quelle sidération!
Et je n'ai pas d'autre choix donc que d'y revenir dès que possible...
Top 10, donc, je (re)confirme!

La bande-annonce française est (et une autre, en v.o, -plus "musclée"?- est )

Et un bel article de BANDE A PART, sur le film et son réalisateur

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 A la deuxième vision (je viens d'y retourner, avec Catherine et Isabelle -et Manu son fils-), le film n'apparaît pas si complexe que ça (mais me procure toujours autant de plaisir (et je viens de me rendre compte qu'une partie du premier post, au-dessus de l'affiche, a mystérieusement -et involontairement- disparu, lors de ce qui devait être juste une minimale correction de routine (saleté de souris, saleté de canalbl*g, où les modifications prennent effet sur le champ, toutes affaires cessantes... partie où j'évoquais Sokourov et Guerman, et la notion de "film-univers" (en précisant qu'elle n'était pas de moi...) voilà je suis complètement perdu dans ma phrase c'est malin...
J'en étais presque un peu déçu, c'était finalement plus "sage" que ce que j'avais cru à première vue, une fois l'effet de sidération passé... Il y a d'abord une très longue partie en scope ("chronologique", avec, oui oui des séquences très hétéroclites, dont ce fabuleux plan-séquence sur l'histoire de Sergey l'écrivain) où s'insèrent les séquences en format 4/3 (celles relatives à la fête de Noël, et donc à l'enfance de Petrov), mais on repart chaque fois au format scope et à la couleur, sans que ce soit forcément chronologique, avant cette très belle partie en noir et blanc (intitulée au générique de fin "1971" me semblait-il,  tandis que, dans le dossier de presse, le réalisateur évoque plusieurs fois 1979...), l'histoire de "la fille des neiges"), avec, au milieu, cette coquetterie stylistique (que j'adore) de télescoper (de fusionner) deux visions différentes de la même scène (la fille au téléphone), cette fois en noir et blanc et en scope, du point de vue de la fille (qu'on a déjà vue avant  en couleurs et en 4/3, du point de vue cette fois de la mère de Petrov petit), coquetterie, oui, qui me ravit.
Avant de revenir sèchement à la couleur (Petrov qui revient dans son appartement (avec ce plan surprenant de la maison de poupées), avant que la télévision ne nous ramène à l'histoire du corbillard (et du cadavre qui ne veut pas revenir dans son cercueil malgré les appels de l'ambulancier), avant l'épilogue, le -splendide- rap du générique final, encore un plan-équence ébouriffant, où le mort-pas mort finit par monter dans un bus dont il est l'unique passager, et où la contrôleuse du début lui demande de payer son voyage (contrôleuse à propos de laque Isa a émis l'hypothèse qu'elle pourrait bien être la "fille des neiges", ce qui ne m'était absolument pas venu à l'esprit, mais je pense qu'elle a raison...)
J'étais donc, à cette seconde vision du film, toujours aussi enthousiaste, même si subistent encore des dizaines de questions sans réponse (mais c'est fait pour...).

"En ce qui me concerne, réaliser La Fièvre de Petrov, c’était travailler avec un auteur incroyable, dont l’univers faisait écho en moi, comme j’espère en nous tous. J’ai pu collaborer avec des acteurs exceptionnels. C’était une tentative d’exprimer ce que la Russie est pour nous à travers l’empathie, le partage de nos souvenirs d’enfance, de nos peurs, de nos joies, en racontant au public ce qu’on aime et ce qu’on déteste, ce qui nous fait enrager, ce qu’on adore, en partageant notre solitude et nos rêves... Je voulais que ce film soit très sensuel, et plein d’amour. Je n’avais pas prévu de le tourner. C’est lui qui est venu à moi, qui m’a happé, et j’ai été très heureux de me laisser emporter par ce projet. C’était pendant une période sombre de ma vie, et ce film m’a donné le moyen de me changer les idées et de me concentrer sur la source principale du bonheur. Il a même peut-être été, dans une certaine mesure, ma bouée de sauvetage. Tout ce contexte l’a rendu d’autant plus sincère et franc." (Kiril Srebrennikov, Dossier de presse du film)

14 février 2022

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Le chauffeur du bus a siffloté avec constance, durant tout le trajet, quelque chose qui s'apparentait à des variations hâchées autour de Bella Ciao. on était content d'arriver.

*

"En suggérant d'ajouter des mathématiques au tronc commun en première et terminale, Jean-Michel Blanquer reconnaît que la réforme du lycée de Jean-Michel Blanquer tant vantée depuis 3 ans par Jean-Michel Blanquer n’était pas aussi parfaite que Jean-Michel Blanquer le prétendait." (touit)

*

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une pensée émue pour l'immense André WILMS (1947 / 2022), aimé au cinéma de LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE (1988) jusqu'à  LE SEL DES LARMES (2020) (un bon résumé...). On le reverra très bientôt dans le MAIGRET de Patrice Leconte (je voulais une photo où on le voit sourire)

*

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une grosse bouffée de nostalgie me revient à chaque fois que je revois cette affiche
(en première ou en terminale, je ne suis plus sûr...)

*

(sur un site de rencontres à caractère sexuel) un mec (de 30 ans!) me contacte, besoin urgent, me sollicite pour une rencontre rapide, on discute un peu, je lui demande où il habite, dans la ville qu'il a annoncé (celle où j'habite aussi) et il me répond le nom de ma rue, (déjà, étonnement) je lui réponds qu'elle est longue cette rue, à quel niveau habite-t-il ? plutôt vers le haut, ou plutôt vers le bas ? Il me repond, plutôt vers le bas, à l'angle de la rue S-G (c'est exactement là que j'habite, en face, re-étonnement, bouffée de paranoïa -ou d'inquiétude, en tout cas- je me dis que ça fait vraiment trop de coïncidences et je me déconnecte...)

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vague de froid à New-York (-20°)

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adolescents bouclés, échevelés comme des glaces à l'italienne

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Repertoire des villes disparues, de Denis Côté, disponible sur MUBI

*

 

15 février 2022

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THE CARD COUNTER
de Paul Schrader

Le voilà programmé cette semaine dans le bôô cinéma (en même temps que LA FIEVRE DE PETROV, dans le bôô cinéma c'est souvent comme ça, les films arrivent après la bataille, mais, bon, au moins ils arrivent...). Encore un film multi-louangé (un peu moins que LICORICE PIZZA : neuf ***** et dix-sept ****) et donc il fallait bien que j'allasse juger sur pièces (et sur place)...
Il a bien changé, Oscar Isaac depuis INSIDE LLEWYN DAVIS (des Frères Coen)

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(bon c'était en 2013 mais quand même...)

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Là il est froid, distant, impassible, calamistré, opaque, vaguement inquiétant (et même un peu plus) en joueur de casino solitaire, dont on apprend -progressivement- qu'il sort de prison, qu'il y a passé huit ans et demie (le temps qu'il faut pour se perfectionner dans le maniement des cartes), on apprendra ensuite pourquoi, quand il rencontre un jeune homme dont le père, militaire dans la même unité que notre taciturne héros, vient de se suicider, et qui voudrait se venger du gradé (qui était aussi le supérieur de notr héros) qu'il tient pour responsable de la mort de son père (et qui, circonstance aggravante, n'a pas été inquiété, seuls les mecs "qui étaient sur la photo" -les exécutants- ont été jugés et condamnés...) et qu'il va le prendre sous son aile.
Entre les deux hommes va se nouer une étrange relation, bientôt triangulée par un personnage féminin d'envergure : "La Linda", une professionnelle du monde des joueurs, responsable d'une "écurie" de joueurs professionnels, qu'elle "sponsorise " (et coache...), d'abord liée "professionnellement" à notre compteur de cartes buveur de whisky et emballeur de meubles (rien que pour cette lubie le film mérite d'être vu... oups j'avais écrit bu), mais hein, bon, une homme, une femme, fatalement chabadabada vous connaissez la suite n'est-ce pas... (ce qui d'ailleurs n'était pas forcément indispensable, mais bon...)
Un film noir, donc, ascétique (on dirait presque stylisé), une partie de billard à trois bandes (argent, violence, amour) qui démarre d'abord comme un film de casino (pas forcément un genre qui me transporte)en utilise dans un premier temps tous les signes et les codes (le croupier, les regards, les cartes les mains les verres)  pour bifurquer ensuite, avec beaucoup d'intelligence  vers autre chose... Et pas forcément ce qu'on aurait pu croire. Oui, Paul Schrader maîtrise les codes, il n'y a qu'à voir comment la même scène, ou quasi, peut-être filmée (appréhendée) de deux façons radicalement différentes  (le hors-champ aussi peut-être une affaire de morale...) Même si, du coup, il nous tient un peu à distance.
Un film à l'image des verres que boit son héros : double, sec, et sans glace. Neat.

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3 février 2022

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un joli jeune homme : Rabah Naït Oufella

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un autre (joli) jeune homme : Steven Spielberg, 28 ans, pendant le tournage de Jaws

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la Grèce sous la neige

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... et Au revoir les enfants

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lui ne cesse de se bonifier...

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et ces deux-là, dans le prochain Delépine / Kervern...

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l'ouverture prochaine d'un Parc Ghibli

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et ça, juste pour le plaisir...

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bon et ça j'ai finalement laissé tomber : trop de "vrais" films à voir

21 janvier 2022

bras-cassés

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LOGAN LUCKY
de Steven Soderbergh

Merci (encore) Manue! En cherchant si je pouvais trouver des films Disn*y sur My can*l, j'ai découvert que j'avais accès à tous les films de C*né +... Wow wow wow... J'ai feuilleté le catalogue des propositions et je me suis un peu à baver tellement il y avait des choses qui me plaisaient...
Et pour fêter cette découverte, je me suis offert LOGAN LUCKY, que j'adore... J'ai commencé à le reregarder tard hier soir, mais j'ai dû arrêter après plusieurs interruptions me signalant qu'il y avait "trop de connections simultanées"... et je l'ai donc terminé ce matin à la première heure (où là j'étais à peu près sûr que personne d'autre ne se connecterait simultanément eh eh).
Et c'est une excellentissime façon de bien commencer la journée...
le post originel (de janvier 2018) où je disais déjà tout le bien que je pensais du film...

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Et je confirme tout

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et je confirme tout...

17 janvier 2022

dans son carnet

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TROMPERIE
d'Arnaud Desplechin

Vu cet après-midi sans Catherine ("Elle est pas là ta copine brune... " m'a fait remarquer le caissier-propriétaire du bôô cinéma) mais avec Emma. Philip Roth est un personnage (et un écrivain, surtout) qui m'intéresse (et ce depuis que j'ai découvert, je ne sais plus par quel hasard La Tache) même si son univers est (tout de même) bien trop exclusivement hétéronormé pour que j'y trouve tout à fait mon compte...
Tromperie est un de ces films "théoriques" que j'affectionne : un jeu cérébral, une re-création, autour d'un écrivain (Philip Roth pour ne pas pas le nommer, d'ailleurs jamais il ne le sera in extenso) en train d'écrire un livre, qu'on verra d'ailleurs publié à la fin, sous le titre de Deception (qui est, merci go*glemuche, le titre original de Tromperie, que Desplechin adapte ici.) dans lequel il évoque des conversations avec des femmes.
Denis Podalydès incarne, avec autant d'élégance que de véhémence, un Philip Roth tout à fait plausible (envisageable aurait écrit  Lagarce) et tout aussi bluffant dans le registre de la caresse (verbale) que dans celui du coup de patte. Autour de lui, la distribution féminine est un rêve : Léa Seydoux (décidément en très grande forme cinématographique) est impériale en maîtresse joueuse et joyeuse (mais triste aussi parfois), Emmanuelle Devos reste la reine qu'elle était dans Rois et reine, justement, du même Desplechin, Anouck Grinberg (qu'on a grand grand plaisir à retrouver à l'écran) joue la partition (un peu plus "ingrate") de l'épouse trompée avec la plus grande finesse, et Rebecca Marder (déjà vue dans Seize printemps de Suzanne Lindon, et qu'on reverra très vite dans Une jeune fille qui va bien de Sandrine Kiberlain) et Madalina Constantin (je ne connaissais pas cette demoiselle) complètent avec bonheur cette constellation de figures féminines et parlantes (c'est le principe -j'avais commencé à écrire plaisir, lapsus quand tu nous tiens- du livre de Roth.)
Il est question d'un livre en train de s'écrire, avec des vrais personnages dont l'écrivain retranscrit les propos dans son carnet (en affirmant au besoin à sa femme qu'il s'agit de personnages imaginaires, surtout la femme qu'il présente comme sa maîtresse) et, comme me le faisait remarquer Emma à la sortie, c'est peut-être une forme de réponse de Arnaud D. à Marianne D., qui avait publié Mauvais génie,  un bouquin pour expliquer combien elle avait mal vécu que Desplechin utilise des morceaux de sa vraie vie à elle pour les mettre dans son film, et combien elle trouvait donc que c'était un sale bonhomme pour ça (et d'autres choses encore, c'était vraiment un livre à charge...).
Le film aussi se présente comme un work in progress, où rien n'est jamais complètement définitif, et c'est comme s'il nous faisait régulièrement des clins d'oeil, à propos de sa forme mouvante et changeante, de ces chapitres en trompe-l'oeil, des tripatouillages divers (il me semble avoir lu un article où le critique évoquait le plaisir visible que chacun.e avait pris à son façonnage.
Et, indéniablement, (et juste retour des choses) le film suscite, à son visionnage, une pure jubilation. La mise en scène est élégante et joueuse, les dialogues brillants, le bousculage des conventions filmiques revigorant, bref tout est à l'image de ces incontestables reines : étincelant.
Ce Desplechin-là me convainc (me séduit) beaucoup plus que celui de Roubaix, une lumère ou des Fantômes d'Ismaël.

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11 janvier 2022

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france noire

vu ça ce matin
ça m'a... impressionné

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j'écris ici pour un lectorat de morts-vivants

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(Dexter)

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finalement le cinéma c'est mieux que la vie (plus facile, en tout cas) : la scène qui te plait tu peux la revoir encore encore si tu en as envie, ou la zapper le cas contraire. Dans la vraie vie, c'est pas pareil : quand c'est passé c'est passé (et pas de seconde chance).

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le concept d'"auto-confinement"

*

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 plus jamais "gratter le pare-brise"

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13 janvier 2022

big bang

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MEMORIA
de Apichatpong Weerasethakul

Et voilà, je l'ai  vu.
Je l'attendais tellement que j'ai craint un peu, forcément, qu'il ne soit pas à la hauteur de mes espérances. Et j'avoue que j'ai eu quelques inquiétudes au début : pas de Thaïlande, pas de langue chatoyante qui coule comme un petit ruisseau joyeux, pas de moinillon(s), pas de fantômes, pas de dormeurs, pas de légendes, pas de singes aux yeux rouges, pas de Jenjira Pongpas. Nous voilà ailleurs, totalement : en Colombie. Sur les pas d'une femme (Tilda Swinton, donc) qui entend un matin (très beau plan fixe d'ouverture) un bruit qui la réveille.

BAM!

Qu'elle est la seule à entendre. Oui, le sentiment, d'abord, d'être davantage face à un "film avec Tilda Swinton" qu'à un "film d'Apichatpong W.", et, en tant qu'admirateur fervent du réalisateur et de son univers "habituel" (et du sentiment "habituel", aussi, de peut-être l'aimer pas forcément pour les bonnes raisons), bref de me sentir comme  un peu dépossédé, "floué", dépaysé.
Un point de départ (comme une mise à feu -à mèche lente-) qui va d'abord la faire côtoyer un ingénieur du son (Daniel Gimenez Cacho) puis une archéologue française (la divine  Balibar, qu'on ne verra hélas finalement que très peu...), avant une rencontre décisive, plus tard, au bord de l'eau, avec un homme qui écaille des poissons (le moment magique où le film, pour moi, prend vraiment son envol, et que l'Apichaptong/Colombie fusionne avec l'Apichatpong/Thaïlande. (La vision oeil droit (l'Asie) se superpose à la vision oeil gauche (l'Amérique du sud) et naît (surgit, apparaît) alors une image commune, comme en 3D.)
Comme son titre l'indique, il sera question de mémoire. De souvenirs et de réminiscences. En touchant un caillou, en touchant une main. De la mémoire des uns et de celle des autres. Et jusqu'à une mémoire "primordiale", reptilienne (comme l'est le cerveau du même nom), préhistorique. Tilda Swinton en est l'interprète idéale, parfaite, incarnée, à la fois présente et fantômatique, atone et vibrante réceptrice de messages qu'il n'est pas forcément facile de déchiffrer (d'appréhender). Mémoire, brume, limbes, fouilles.
Mais Apichatpong est très fort (il l'a réussi déjà dans chacun de ses précédents films) pour réussir, en plus du trip poétique sensoriel hypnotique hallucinatoire auquel il convie le spectateur (d'habitude il le prend par la main, là il l'attirerait plutôt via le coin de l'oreille) à évoquer aussi, plus ou moins elliptiquement, la ("une") réalité (sociale, politique, économique) du pays dans lequel il tourne. Et si la page thaïlandaise est, pour l'instant, tournée, il explique s'être inspiré de faits-divers réels colombiens (le tunnel, les squelettes) pour construire son récit, irriguer "sa" vision de la Colombie (où il est aussi peu sûr et facile de vivre qu'en Thaïlande, d'ailleurs violence et soldats tout pareil).
Oui, il est bien question d'une expérience (comme l'ont été déjà, chacun à sa manière, Blissfully yours, Tropical MaladySyndromes and a century, Uncle Boonmee, Cemetery of splendour, oh que de souvenirs capiteux et ensorcelants...) et donc qui sollicite de la part du spectateur un certain état, une certaine forme de participation (ou plutôt de non-participation), où il faudrait juste accepter. (Le laisser-aller, le lâcher-prise, l'abandon...). Flotter, dériver (un état qui n'arrive pas si souvent au cinéma, il faut le reconnaître, mais dans quelle mesure s'agit-il encore vraiment de cinéma ?). 
Comme une séance de spiritisme dont Tilda Swinton serait le (la) médium.
Où, une fois encore, la nature aurait le dernier mot (et le réalisateur la filme toujours aussi attentivement -avec autant de respect et de fascination-).
Et lorsque cet orage qui a longtemps grondé tout autour de la salle finit par éclater et qu'il pleut, les lumières de la salle se rallument...
Et ce Memoria va rejoindre ses frères sur l'étagère des films tant aimés (et surtout que j'ai envie de revoir très vite*, comme pour s'y blottir.)

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*mais là il faudra attendre jusqu'à lundi prochain, dans le bôô cinéma on ne passe pas de films A&E le ouiqinde, le ouiqinde c'est pour se détendre -et rigoler grassement-.)

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pour celles/ceux intéressés, , un très intéressant journal de tournage de Memoria (en anglais, attention!)

*

Et voilà, je l'ai revu...
(séance de 13h30, cette fois on était 6)
Je voulais avoir quelques précisions...
Donc, à destination de Catherine :
* l'ingénieur du son s'appelle bien Hernan, et non seulement il porte le même prénom que l'homme qui écaille les poissons à la fin, mais également le même nom de famille (Hernan Bedoya, dixit le générique et la fiche casting de allocinoche précise velho et jovem, ce qui me semble être plutôt du brésilien mais bon...)
* Juan c'est celui qu'on voit au restaurant (scène de l'osso-buco) et, comme il me semblait bien, on l'a déjà vu une fois avant (scène de cafeteria en extérieur, au début,c'est lui qui examine des papiers avec Jessica et lui dit un poème sur les champignons), puis, plus tard, Hernan1  parle de lui en disant "qu'il a été son professeur"...

Je voulais aussi vérifier que je n'avais pas eu de "micro-coupures", car je n'étais pas sûr de la transition entre la scène au bord de l'eau et celle qui précède (et je me suis appliqué à transcrire les scènes dans l'ordre (je pouvais me le permettre, j'étais tout seul dans mon rang et dong personne ne pouvait être gêné par la lumière de mon portable posé sur le siège à côté) et donc je n'en ai pas eu (dans la première partie du moins, occupé que j'étais à noter, ce qui est, je le reconnais, peu recommandé au cinéma, et vous plac d'ailleurs dans une situation un peu nouvelle, vous "détache" du film, par contre ensuite, j'ai eu plusieurs fois la tentation de me laisser glisser, dans cette deuxième partie où j'avais été, la première fois, scrupuleusement  (pieusement ?) tenu en éveil.
Je modère un peu mon enthousiasme (mon exaltation), non, ce n'est pas pour moi le plus fort des films de AW (mais ça vole très haut quand même hein...).
Ca fait toujours autant plaisir de le retrouver, ce cher vieil ami (un ami de vingt ans, tout de même...), de recevoir de ses nouvelles...

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"Ceci pour dire que l’artiste plasticien et cinéaste Apichatpong Weerasethakul – récipiendaire-surprise de la Palme d’or 2010 avec Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) – quoique rétrogradé cette année en section parallèle officielle, n’a pas varié d’un iota l’invitation au voyage que chacun de ses films fait au public. Une sorte de trip bouddhique dispensateur de divines langueurs, un chant poétique lent, sourd et foisonnant lancé sous les ramures de jungles psychotropes, traversé d’animaux bizarres, de maladies tropicales, de saillies érotiques, de lumières d’outre-monde." (Jacques Mandelbaum, Le Monde, à propos de Cemetery of Splendour)

10 janvier 2022

CMFUBJ 2 oui oui

(le plaisir de reprendre les vieilles habitudes, comme on remet ses vieilles charentaises...)

la phrase tw*tter du jour : "On ferait mieux de se déclarer pays contact. Franchement on gagnerait du temps."

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autre phrase du jour : "Si ça se trouve, vous avez toujours été intelligents. Mais asymptomatiques."

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un jour placé sous le signe de l'efficacité :

* passé chez Repr* System pour la prog, et la demoiselle maîtrise enfin le maniement de la machine et j'ai pu avoir mon BAT illico : yes! (et pour la dernière prog, ça sera gratos!, suite à une chipoterie que nous avions eu tous deux à propos d'une histoire de marges et de massicotage...)

* passé chez D*rty pour rapporter enfin le four à micro-ondes acheté en 2018 mais dont la double paroi s'est soudain décollée (et pour lequel le vendeur, m'avait à l'époque refilé quasi contre mon gré une extension de garantie dont je vais du coup -alleluïa- pouvoir profiter...): yess!

* passé à la pharmacie chercher enfin mes doses mensuelles (il ne me restait plus qu'un seul cachet de metformine), j'ai eu droit en plus au cadeau de début d'année : yesss!

* passé enfin au Super u pour faire des courses, il y avait la foule des grands jours (peut-être à cause de la neigeounette qui neigeait doux qui neigeait doux) y ai croisé Manue qui venait faire les siennes (elle devait hier mais est rentrée direct) yessss!

* et en arrivant enfin en bas de chez moi, il y avait une place (pas "la" place, mais pas mal quand même) qui m'attendait gentiment, pour m'éviter de faire 50km à pied avec ce gros sac... yesssss!

*

en préparant ma petite boisson/décoction de gingembre, j'ai soudain (re)pensé à la Quintonine

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(il s'en buvait à la maison)

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DTC

un autre rébus tw*tter (très facile)

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le plaisir de revoir Jonathan Couzinié

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(mais pas que, aussi Emmanuelle Devos, Louise Chevillotte, India Hair... dans LES HAUTES HERBES, la série de Jérôme Bonnell sur arte

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tiens un film qui passe en ce moment dans le bôô cinéma...
(et que je vais sûrement aller voir...)

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oh oh rêvé cette nuit de la Combe de Passe-Montagne (celle de Jean-François Stévenin) que quelqu'un me montrait sur une carte, et j'en avais illico les larmes qui montaient aux yeux)

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j'adore quand je vois ce logo au début d'un film... (je sais d'avance que ça va me plaire)

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à Barcelone, la Cinémathèque a affiché complet pour une séance de L'Esprit de la Ruche...

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(triste) Au printemps dernier, les pompiers d'Indre-et-Loire ont été sommés de raser barbes et moustaches pour optimiser l'adhérence des masques FFP2 sur leur visage.

 

8 janvier 2022

pièces d'or

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UN HÉROS
de Ashgar Farhadi

Après LA LOI D'ISTANBUL et LE DIABLE N'EXISTE PAS ((tous deux dans mon top 20 et quelques...) j'attendais le film de Farhadi pour boucler cette boucle (strangulatoire) iranienne... C'est chose faite, juste après CHERE LEA (qui n'est pas DU TOUT dans la même ambiance), dans la même salle 9 assez copieusement garnie (pour un de "nos films"...), et j'aurais préféré inverser l'ordre de passage des deux films). Chez Farhadi, c'est comme chez tous ses potes iraniens : on sait d'avance, on est prévenu, que ça va pas rigoler... Et là, on le sent dès le début, que non seulement ça se goupille mal, mais que tout ça ne peut que mal se terminer...
Un jeune homme (une chose qui m'a gêné, dès le début, c'est que le personnage en question ne ressemble pas vraiment aux photos qu'on voit de lui, puisque, dans le film, il affiche en permanence, tout du moins au début, un sourire perpétuel, qui le ferait presque passer pour un benêt, enfin qui le rend en tout cas presque crispant) qui a une perm de deux jours pour sortir -un peu- de prison et venir voir sa famille, (mais qui retrouve d'abord sa copine -clandestinement- dans une voiture) et voilà qu'une histoire complexe (iranienne, quoi) de dette, de créancier, d'argent à rembourser, de méfiance, et surtout, surtout, au milieu de tout ça, le sac d'une femme anonyme, trouvé dans la rue, et contenant 17 pièces d'or, qui pourraient bien aider en partie le jeune taulard à régler sa dette... Que faire ? Le jeune homme gamberge, et va échafauder un plan, qui ne va pas du tout (on s'y attendait à 1000%) se dérouler comme prévu...
Une mauvaise décision en entraîne une autre, un mensonge en génère un autre, une agression idem, sauf que là, en plus, il y a les réseaux sociaux (en Iran? Voui voui!)...
J'ai pensé pendant tout le film à un film de Stephen Frears avec Dustin Hoffman dont je n'arrivais pas à retrouver le titre (Héros malgré lui, 1992, merci allocinoche), une histoire de "héros", de médias, et, surtout, de mensonge...
Le film de Farhadi dure plus de deux heures, et je dois avouer que je m'y suis presque un peu ennuyé à la longue (il y a là quelque chose d'un peu propret, en tout cas d'attendu) SAUF QUE les quinze dernières minutes (quand il est soudain question de dignité) sont absolument extraordinaires (et font que tout le monde ou presque -j'ai vérifié- sort de la salle avec les yeux mouillés.)

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là il ne sourit pas

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là (avec son fils) il ne sourit pas non plus

mais dans le film, si si si!

22 décembre 2021

k7 pour k7

LES MAGNÉTIQUES
de Vincent Mael Cardona

C'est Zabetta qui avait proposé ce film (dont je ne savais rien, et dont l'affiche n'était pas particulièrement attractive) et donc j'y suis allé avec mes copines (Emma, Catherine, et Dominique) jeudi après-midi dans la salle 10 du bôô cinéma.
Eh bien Zabetta avait raison, c'est un très chouette film. L'histoire de deux frères (c'est le plus jeune qui raconte leur histoire), et de l'admiration que le plus jeune porte à son grand frangin, avec qui il anime une petite radio locale (pirate ?). Une histoire de fratrie, et de nostalgie aussi, puisqu'elle débute le 10 mai 81, le soir des résultats à la télé de l'élection présidentielle (j'avais 25 ans en 81, et je me souviens que ce soir-là j'étais à Besac, et de l'immense joie -et espoir- que ça avait provoqué, on se congratulait par les fenêtres ouvertes avec les voisins de l'autre côté de la rue, pire qu'une Coupe du Monde!), bref, déjà rien que ça, ça remue des choses!
Philippe, le narrateur, est un bidouilleur de sons, avec les moyens du bord (à l'époque, il est surtout question de la K7 audio -autre raison de faire remonter une vieille nostalgie de mix(es) amoureusement confectionnés (souvent à Vaux, chez Emma et Régis, qui avaient été les premiers à s'équiper d'un lecteur CD et d'une platine double-k7...), de jaquettes chiadées, de lettrasets à grattouiller pour composer les titres - je vais vous faire une confidence, les miennes, il m'arrive de les écouter encore, quand j'ai déménagé, j'ai acheté une platine double K7...).
81, les K7, voilà déjà deux feux de bengale allumés (des cierges magiques, plutôt), et en voilà un troisième qui se met à phosphorer lorsque le narrateur part faire "ses 3 jours" (nous c'était à Mâcon si je me souviens bien, quelle horreur mon dieu quelle horreur) avec la ferme intention de finir P4, comme son grand frère et ses potes, mais pour qui, manque de bol, ça va foirer, et qui va se retrouver envoyé à Berlin (avec une reconstitution, qu'on suppose autobiographique, des joyeusetés de la vie de troufion et des ambiances de chambrée -cf le jeu dit "de la biscotte" qu'on n'entr'aperçoit que fugacement-).
Philippe est à Berlin, mais il pense à Marianne, au départ pourtant la copine de son frère, mais dont il est soudain tombé très amoureux (une émission de radio sera ainsi l'occasion d'une déclaration d'amour bidouillée en live, une des scènes les plus touchantes  du film...).
La multiplicité des scénaristes (ils sont 6 au générique!) explique peut-être la structure en dents de scie du film (des scènes très fortes, puis d'autres plus flottantes, pour un récit à la structure instable), mais on s'en fout on lui pardonne tout! Des acteurs non-professionnels pour la plupart- qui vous tendent le miroir où se reflète votre propre jeunesse, rien que pour ça, on les en remercie.
Et la bande originale est à la hauteur (plusieurs fois j'ai eu les larmes aux yeux en écoutant certains morceaux, certains que je connaissais -Passenger, d'Iggy Pop, toujours aussi plaisant- et d'autres non (le premier morceau de Joy Division, tout au début, qui oui m'a fait pleurer...
(Merci Zabetta d'avoir insisté pour qu'on le programme!)

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21 décembre 2021

les deux grégory

CHERE LÉA
de Jérôme Bonnel

J'étais agréablement surpris de voir le monde qu'il y avait dans la salle pour cette première séance bisontine de ce nouveau film de Jérôme Bonnell, cinéaste que je porte indéfectiblement en mon coeur (d'abord,très haut, J'ATTEND QUELQU'UN (2007), mais juste après tous les autres : A TROIS ON Y VA (2014) LE TEMPS DE L'AVENTURE (2013), LA DAME DE TREFLE (2008), sans oublier ses débuts avec  LE CHIGNON D'OLGA (2001) et LES YEUX CLAIRS (2004)...)
Jérôme Bonnell est un metteur en scène à actrices : Nathalie Boutefeu (2 fois), d'abord, puis Florence Loiret-Caille (2 fois) , Emmanuelle Devos (3 fois), et, dernière arrivée, Anaïs Demoustier (2 fois). Et, de la même façon, Jérôme Bonnel est un metteur en scène du sentiment, de la rencontre, de l'histoire d'amour, ce qui, bien sûr, me ravit.
D'autant plus qu'il prend soin, face à ses héroïnes, de placer des héroïns d'envergure (qui tiennent la route) : On a vu Serge Riaboukine,  Jean-Pierre Darroussin (2 fois), Malik Zidi, Gabriel Byrne, Félix Moati... et là il nous offre une paire de Grégory : Montel et Gadebois (deux nounours, tiens, justement, que j'affectionne particulièrement). Montel en  epistolier inconsolable, et Gadebois en cafetier attentif.

pffff mon ordi a planté je n'avais pas enregistré et je viens de perdre une demi-page de post, dont j'étais assez content... Pfut! dans les limbes du ouaibe!
Bon je m'y remets (ou plutôt j'essaie)

(Jean-Pierre Darroussin aussi tenait un café dans J'ATTENDS QUELQU'UN, non ?) (je suis sûr que ça commençait comme ça...)
Le café de Grégory 2 (Gadebois) est situé stratégiquement, pile en face de l'immeuble ou habite la dulcinée de Grégory 1 (Montel),  exquise dulcinée puisqu'elle est jouée par Anaïs Demoustier, mais qui vient pourtant de le mettre dehors manu militari, nonobstant une scène d'amour caliente sur le pas de la porte, et c'est donc dans ce café que Grégory 1 entre, déboussolé, un peu par hasard, pour prendre un café d'abord, mais aussi y écrire une longue lettre (il a acheté 30 feuilles de beau papier pour ça) à Léa, lettre dont on parlera beaucoup, que plusieurs personnes liront, qui provoquera divers émois (dont celui du cafetier débonnaire, cafetier qu'on rêverait d'ailleurs d'avoir juste en bas de chez soi, et on irait même y manger tous les midis,et même des endives au gratin, oui) fermons la parenthèse), sauf nous pauvres spectateurs frustrés (du contenu de la lettre mais pas de la suite de l'histoire...). Oui cet endroit est un point d'observation idéal pour avoir l'oeil à la fois sur une  fenêtre (ouverte) de l'appartement de la belle (par laquelle on l'entendra pianoter et chanter du Schumann), et la porte de l'immeuble, pour en surveiller les entrée et sorties.
Un genre de mirador, quoi, pour surveiller et même, de temps en temps, pouvoir intervenir (à plus ou moins bon escient).
L'essentiel du film va se passer dans cet espace réduit (l'intérieur du café et ses environs immédiats), avec quelques brèves incursions ça et là (excursions serait plus juste) pour "aérer" un peu le propos. Et donc, en plus de notre trio (les deux Grégory et la demoiselle Demoustier), on fera aussi la connaissance de quelques autres spécimens remarquables (des habitués pour la plupart) de ce sympathique troquet, tout au long de cette journée bien remplie (le film à commencé à l'aube dans des bureaux, et finira tard le soir dans une voiture.) Car si Grégory 1 avait pas mal d'autres choses prévues ce jour-là,  tout ou presque va être ajourné (le téléphone, dans ces cas-là se révèle un allié redoutable). Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de deux Grégory(s).
Jérôme Bonnell, le cinéaste du frémissement, de la déclaration, des hésitations, des palpitations (et des regrets aussi)  a mis en place cette aimable comédie sentimentale (romantique, allez, on va dire), dont les dialogues précis (et l'aspect presque sommaire -esquissé- des décors) ont pu faire dire à un(e) critique que la finesse de trait était celle d'un Sempé, et j'en rajouterais même un peu, de critique "littéraire" perso, en précisant que ça pourrait évoquer, aussi, un roman de chez Minuit (l'élégance, l'esprit, la rigueur, la minutie, et même de temps en temps ces bouffées d'humour à froid qui le rendent d'autant plus séduisant.).
Il y a dans tout ça comme un passage de relais affectif, qui va s'effectuer très progressivement, au ralenti presque : Grégory 1 a sans doute conscience qu'une histoire d'amour est en train de s'achever, mais sans toutefois réaliser qu'une autre est en train de naître (il lui faudra du temps, et quelques fausses pistes, pour -enfin- s'en apercevoir...)
Contrairement à ce qu'on scribouillé quelques critiques grinchouillettes (une machine à gifles d'honneur pour la journaliste de Libé, je ne le lui ferai pas -l'honneur- de recopier ce qu'elle a dit...) il est question ici d'un très bon Bonnell (plus "léger" (allégé ?) sans doute que la plupart de ses autres films, mais que la grâce de ses personnages rend parfaitement délicieux, qu'on se le dise...

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1 février 2022

janvier 2022

samedi 1er

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en rentrant de Gy

dimanche 2

Catherine nous avait invités à Cuse pour le repas de midi, mais elle avait vraiment une toute petite mine (nuit de gastro), elle n'est même pas sortie pour marcher avec les autres (et promener Sylvère) et est restée au chaud pour jouer au scrabble avec Gilbert et moi (elle a quand même gagné une partie sur deux)

lundi 3

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FJT : reprenons les bonnes habitudes

ou bien

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FJT : reprenons les bonnes habitudes

mardi 4

il a comme fait nuit tout l'après-midi, pourtant, il a bien fallu que je sorte pour faire des courses (pain fromage jambon fruits) même si je me sentais... barbouillé ; je me suis hâté

mercredi 5

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tiens il pleut! (en allant à la pharmacie)

jeudi 6

cette année, c'est Catherine qui a trouvé la fêve, c'était une jolie salamandre bleue et dorée (mais comme Manue avait acheté, avec raison,  trois parts, la vendeuse de la boulangerie ne lui avait même pas donné de couronne...)

vendredi 7

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tiens il neige!

samedi 8

on marche au centre-ville ville, soudain une voix amplifiée au haut-parleur "rappelle à tout le monde que le masque est obligatoire partout..." (bagnole de flics qui passe au ralenti dans la rue principale, comme en territoire conquis)

dimanche 9

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tiens, au Commerce, ils donnent un petit speculoos... (j'ai pensé à Malou)

lundi 10

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il sort de la voiture (version 1)

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il sort de la voiture (version 2)

mardi 11

j'avais emprunté à Coralie des tampons pour faire mes voeux, j'avais même trouvé de la peinture dorée dans une boutique pas loin de chez moi, et de l'acétone à Monop pour nettoyer les tampons, mais rien ne s'est passé comme je voulais (et j'ai découvert que l'acétone efface tout)

mercredi 12

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ça a bien gelé, j'ai mis un quart d'heure à dégivrer (version horizontale)

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ça a bien gelé, j'ai mis un quart d'heure à dégivrer (version verticale)

jeudi 13

(comme un genre de compensation) : j'ai perdu au scrabble contre Pépin, mais, au moment où j'arrivais en bas de chez moi, la grosse bagnole noire qui était garée sous mes fenêtres depuis ce matin s'en est juste allée, et m'a donc laissé sa place, toute chaude

vendredi 14

Manue étant passée fort gentiment me déposer 6 cocos de ses poules, je lui ai proposé de goûter la boisson gingembre / citron / miel / réglisse que je venais de terminer (mais n'était pas assez fraîche)

samedi 15

par la fenêtre, soudain, le brouillard partout dans la lueur des réverbères, comme si la nuit entière avait d'un coup coagulé

dimanche 16

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Les bonnes intentions, d'Agnès Jaoui (j'ai l'oeil)

lundi 17

"Le nombril orange Cara Cara, ou orange nombril à chair rouge, est un orange nombril du début à la mi-saison qui se serait développé comme une mutation spontanée de bourgeon sur un oranger nombril de Washington." (traduit -approximativement- de l'anglais, (où, je le rappelle, nombril se dit navel), mais je confirme que  l'orange cara cara est effectivement délicieuse, une des meilleures oranges que j'ai jamais mangées)

mardi 18

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les véhicules se contaminent en stationnement (et c'est toujours le plus gros qui gagne)

mercredi 19

" elle m'a parlé des coquelicots qui ne poussent que sur des terres calcaires, sur des terres remuées, retournées, aérées, de sorte qu'ils apparaissent souvent sur les champs de bataille ravagés par les combats, prospèrent sur les charniers, autour des tombes, tu savais ça ?" (Ontario, Maylis de Kerangal)

jeudi 20

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la fenêtre des voisins d'en face, toujours aussi fascinante et mystérieuse...

vendredi 21

le voisin, du haut de l'escalier, m'annonce qu'il est cas contact, précise qu'il a le covid (il vient de faire un test et il est positif) ;  il a été contaminé par sa fille, qui a été, elle, contaminée à l'école

samedi 22

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au marché, à l'étal du poissonnier

dimanche 23

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lundi 24

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TLMVPSP, un joli challenger

mardi 25

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des nouvelles du prochain film d'Alain Guiraudie, dont la bande-annonce laisse penser qu'il s'agit d'une adaptation "partielle" de son monstrueux (par le nombre de pages) Rabalaïre

mercredi 26
J'ai enfin réussi à porter à Emmaüs les deux cartons de livres que Manue m'avait confiés (et qui traînaient dans mon coffre depuis... un certain temps) et j'en ai profité pour me délester d'un certain nombre de bouquins personnels, histoire de désencombrer un peu mes étagères (résultat : deux gros sacs N*Z pleins à ras bord)

jeudi 27

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du tiramisu ce midi au JT, avec le café, inratable...

vendredi 28

"Le cinéma, c'est le bouclier lustré de Persée..." (cité dans l'abécédaire de Bad Luck Banging or Loony Porn de Radu Jude)

samedi 29

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au marché

dimanche 30

Stream Rodolphe Burger | Listen to 9 + 1 (Extraits) playlist online for free on SoundCloud

j'avais commandé la version mp3 (le disque étant épuisé) à la mi-décembre, et depuis je n'avais plus eu aucune nouvelle (heureusement j'avais payé via p*ypal, que j'ai contacté et qui a pu solutionner -enfin- le problème...)

lundi 31

" Tout va bien,
mais nous jetons à regret notre vêtement fétiche. Mais nous marchons sur l’interrupteur de la multiprise sur laquelle est branché l’ordinateur. Mais nous passons plusieurs pages d'un livre. Mais nous n’avons pas le temps de retenir la porte, et passons pour un malpoli. Mais il faut formuler plusieurs pardons pour que les bavards encombrants daignent nous laisser passer. Mais nous complétons notre achat de broutilles pour atteindre le montant minimal de paiement par carte. Mais nous prenons le chemin le plus long avant de rejoindre les autres. Mais nous picorons les cacahuètes une à une en attendant les invités, qui sont en retard. Mais chaque invité a surenchéri sur les consignes et il y a dix fois trop à manger. Mais quelqu’un nous raconte en détail les péripéties de sa journée de travail. Mais nous ne supportons plus les rires. Mais les galettes des rois n’en finissent jamais."

(ça vient de Bonheur Portatif, , -mais je ne sais pas si vous pourrez l'ouvrir- et je trouve ça absolument délicieux...)

18 décembre 2021

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L'ÉVÉNEMENT
d'Audrey Diwan

On avait vraiment une programmation d'enfer cette semaine, et en voici donc le troisième et dernier film. C'est (aussi) la troisième fois qu'Annie Ernaux est à l'honneur (après PASSION SIMPLE et J'AI AIME VIVRE LA) mais le programmateur du bôô cinéma n'a pas jugé utile d'en faire un (d'événement) avec celui-ci (d'ÉVÉNEMENT). Bon, passons.
Adaptation, donc, du roman autobiographique (de l'autofiction dirait-on maintenant) de Annie Ernaux qui raconte comment, jeune étudiante, elle a avorté, dans les années 60 (et ce n'était pas, on s'en souviendra, une mince affaire... -Jusqu'en 1974, merci Simone Veil! et sa loi qui légalisalit l'IVG-) , pour pouvoir continuer ses études de lettres. La jeune fille (Anamaria Vartolomei) qui l'incarne est saisissante, elle est de quasiment tous les plans, elle est magnifique, on fait sa connaissance dans les toutes premières semaines de sa grossesse, et on l'accompagnera jusqu'au terme (!).dans son parcours de la combattante, frénétique, au fur et à mesure que les semaines passent et que les choses deviennent encore plus difficile.
Plaisir de retrouver, autour d'elle, du beau monde (Luàna Bajrami en copine, Kacey Mottet Klein en camarade, Pio Marmaï, délicieusement atone, en prof de lettres, et, surtout, la toujours parfaite Sandrine Bonnaire (que j'avais énormément de plaisir à retrouver) en maman, sans oublier l'excellente Anna Mouglalis, et sa voix si délicieusement reconnaissable (j'ai mis un certain temps avant de retrouver son nom, j'ai dû remonter jusqu'à J'ai toujours rêvé d'être un gangster), dans le rôle de la faiseuse d'anges (Ah qu'en termes galants...).
Un film fidèle à l'écriture précise d'Annie Ernaux.
L'événement a obtenu le Lion d'Or à Venise.
Et j'en suis sorti bouleversé.
Heureusement, j'ai rencontré Manue, qui sortait elle de oranges sanguines, et nous sommes allés boire un café pour échanger un peu nos impressions...

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17 décembre 2021

micro-ondes

ORANGES SANGUINES
de Jean-Christophe Meurisse

"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres." (Antonio Gramsci)

Allez donc savoir pourquoi : c'est un film à la fin duquel les filles sortent avec un grand sourire (voire -j'y ai assisté- en applaudissant) tandis que les mecs sont un peu plus... discrets (chagrins ?), la tête baissée et sans doute les yeux affectueusement posés sur leur précieux TNP (trésor national personnel). Envisageant  peut-être de débrancher le micro-ondes dans la cuisine en rentrant, et de le ranger.  Pourquoi donc ? Allez-y et vous comprendrez... Un genre de film genré, peut-être ?
Voire...
Après IL EST DES NÔTRES (48', 2013) et APNÉE (1h28, 2016), et toujours en compagnie des Chiens de Navarre, voici le nouvel opus -qui tape fort- de Jean-Christophe Meurisse.
Des séquences éparses, au début, un récit en forme de coq-à-l'âne, des personnages et des situations a priori très disparates  dans un récit choral et fractionné, qui va progressivement se structurer (se cristalliser) et habilement retomber sur ses pattes.
Le personnage central, un avocat, est joué par Alexandre Steiger (il est en tête du générique), un "Chien de Navarre" précédemment découvert, en soigneur d'otarie, dans le magnifique Queen of Montreuil de Solveig Anspach). C'est un personnage plutôt "gentil" . Ce que ne sont pas la plupart des autres personnages : un couple de retraités au bord du gouffre, qui participe à un concours de danse, un ministre des finances qui a mis de l'argent de côté en Suisse mais sans penser à mal, une éminence grise élyséenne dont on ne connaît pas trop la fonction (très denispodalydèsque, ça tombe bien c'est lui),  la famille des vieux qui dansent, les membres du jury du concours de danse, une jeune fille innocente qui consulte une gynéco (très blanchegardinesque, ça tombe bien, c'est elle!) avant une fête où elle va probablement avoir son premier rapport sexuel et se pose plein de questions, plus un méchant (très méchant) qui va d'ailleurs faire le méchant dans deux des histoires, et un chauffeur de taxi irascible et insultant (qui revient à plusieurs reprises comme un fil rouge).
J'ai dit tout le bien que pensais de APNÉE, et je me sens pratiquement aussi enthousiaste à propos de celui-ci (avec peut-être juste le plaisir de la surprise, de la découverte, en moins). Et à la différence que, cette fois-ci, "tout se tient", tout fait partie d'une seule et unique histoire, et que le film semble (je dis bien "semble") beaucoup plus écrit, et laisser beaucoup moins de place à l'improvisation.
Après la séquence la plus dure du film (celle dite "du micro-ondes") on se laisse aller à respirer un peu, en se disant qu'on n'a pas le fin mot de toutes les histoires, mais c'est là que réapparaît l'avocat aux beaux yeux du début, et qui va boucler deux end dont l'une ne sera pas aussi happy que l'autre...
(Et c'est là que certaines filles ont applaudi...)
Férocement jubilatoire (et jubilatoirement féroce).

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16 décembre 2021

cow-boys au soleil

THE POWER OF THE DOG
de Jane Campion

Yesss! J'ai profité hier soir de mon abonnement à Netflixmuche (en fait je m'en sers assez peu, on pourrait dire que je l'ai pris surtout pour le faire partager à mes copines hihi).
Le pouvoir du chien, c'est un roman de Thomas Savage que je connais depuis assez longtemps. Bizarrement c'est ma soeur qui me l'avait chaudement recommandé (en fait c'est une des seules recommandations de lecture qu'elle m'ait jamais faites). Je l'ai lu il y a longtemps, je me souviens que j'avais beaucoup aimé, et, la seule chose dont je me souvenais c'est qu'il s'agit d'une vengeance (plutôt implacable, sans que je me souvienne vraiment d'autre chose plus précisément, par exemple qui se venge de qui...).
J'ai pris énormément de plaisir au film, la seule chose que j'ai regrettée, que j'ai même déplorée, c'est de l'avoir vu là, justement, sur l'écran de ma télé (même s'il n'est pas minuscule), alors que c'est manifestement un film fait pour les graaaaands écrans du bôô cinéma, un film de grands espaces, de paysages en scope, de galopades, bref, un film de cinéma, qui se sent ici un peu à l'étroit...

(du coup je viens de vérifier : je peux aussi le voir sur mon ordi -en encore plus petit donc- , mais avec l'incontestable avantage que du coup, je en peux faire -oh oh- des captures d'écran! Yesssss!)

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pour présenter les personnages principaux (les deux frères, l'épouse du frère n°1, et son fils, à qui le frère n°2 va mener la vie dure,- et oui tout ça finira mal dans une certaine mesure...-, je n'en dirai pas plus)

mais aussi d'autres scènes "périphériques" sur la vie des cow-boys, des vignettes  qui, vous comprendrez aisément pourquoi, m'ont... intéressé (et ému)

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(eh oui je suis frivole j'en ai bien conscience mais bon on ne se refait pas hein, et puis c'est bientôt Noël...)

14 décembre 2021

pétroglyphes

COMPARTIMENT N°6
de Juho Kuosmanen

Ah que voilà un Grand Prix du Jury bien mérité, à Cannes 2021!
Second film du réalisateur finlandais qui nous avait déjà enthousiasmés en 2016 avec Olli Mäki (Prix Un Certain Regard, à Cannes déjà). J'avais trouvé à la Foire aux Livres, pour 1€, le roman éponyme dont le film est tiré, mais je n'avais pas voulu le lire tout de suite...
Le sujet ? Girl meets boy (nous sommes en 2021, presque 22, et il serait temps de réactualiser la formule d'Alfred Hitchcock! ). Dans le Moscou-Mourmansk (1928km, tout de même...), plus précisément dans le même compartiment, pour un voyage (looong, plus de 35 heures de train, sans compter les arrêts), qui ne commence pas sous les meilleurs auspices. Elle est finlandaise, étudiante, et aurait dû voyager accompagnée (sa copine, qui n'a finalement pas pris son billet) pour aller voir des pétroglyphes à Mourmansk. Lui est russe, plutôt bourrin et mal embouché, et, s'il se rend aussi à Mourmansk, c'est pour y trouver du travail (> gagner de la thune, > et faire du business...). Ils n'ont rien en commun, à part cet espace réduit (confiné, on est en 2021, pensez à aérer 10 minutes toutes les heures), mais bon nous sommes quand même dans le domaine de la comédie romantique (on dit romcom), et donc on est à peu près sûr de la façon dont tout ca va se terminer, oui oui et que ça va tourtereauter à tour de bras (et pas que de bras d'ailleurs...), enfin on l'espère.
Quand Laura rencontre Lioha. (pour rester dans l'esprit du truc).
Un trajet interminable, avec des arrêts en gare conséquents.(Comme des pauses dans le récit, on a le temps de sortir, de marcher, de vivre un peu autre chose). Une contrôleuse russe au gabarit de lanceuse de marteau (mais en réalité bien plus douce qu'elle ne le laisse paraître au premier abord), un distributeur d'eau chaude pour pouvoir boire du thé à toute heure, un wagon-restaurant, et le voyage peut commencer ("A moi les grands trains fous qui sifflent dans la nuit!" hurlait jadis une héroïne de Brétécher), et déjà je suis enchanté (j'adore les "films de trains", la poésie ferroviaire brute, le ballast, les sifflets des locomotives, les quais déserts, les arrêts au milieu de la nuit et parfois de nulle part, les annonces incompréhensibles dans les hauts-parleurs, et, bien sûr, dans des trains "à l'ancienne", avec le couloir et les compartiments...

"L'éternelle tristesse du voyage en train, cette tristesse par coeur apprise, la ligne montante ou descendante des fils électriques ou du fossé, le surgissement subit à la fenêtre d'un arbre, d'un poteau télégraphique, d'une cabane, le glissement rapide du paysage en arrière, sa reculante incessante... alors qu'à l'horizon apparaissent une cheminée, une colline... avant de sombrer dans le néant, d'un long mouvement tournant." (Witold Gombrowicz, La pornographie)

Il y a deux grandes catégories de train au cinéma : les trains à amour, et les trains à meurtre. Et je vous laisse deviner dans laquelle des  classes on a pris notre billet. Poésie ferroviaire, celle qui me transporte, incontestable, mais qui, ô enchantement, va se doubler (comme un manteau d'hiver) d'une poésie polaire. La neige, la glace, le blizzard, les congères, comme commence soudain  à l'énoncer Lioha, lyrique, en regardant à la fenêtre une jolie tempête nocturne, et qui vont aussi donner lieu, régulièrement, à des prises de vues sublimes. (avec une mention spéciale pour toute la dernière partie à couper le souffle dont je ne vous dirai rien de plus, une épopée hivernale, une randonnée glaciaire, aussi forte et émouvante pour moi (encore plus, même) que les séquences dans la neige de Passe Montagne, c'est dire...).

Le train, la neige... Et puis il y a l'amour. Et celui dont on parle dans ce film, c'est vraiment le genre d'amour que j'aime aimer. (Midinet un jour...) Un truc improbable qui soudain émerge, se cristallise, se brise parfois puis se recompose, se défait, s'en va, renaît, se rétracte, se diffuse, reviendra peut-être (les dernières minutes, dans la voiture et juste avant, sont belles à tomber). Et quelle meilleure métaphore de l'amour, du dialogue amoureux justement, que la barrière de la langue (je t'aime en russe, je t'aime en finlandais) quelle meilleure illustration que ces deux pages de carnet, tout à la fin...

J'étais avec Catherine et Emma et nous avions à la fin, toutes les trois (hihi), quand les lumières se sont rallumées, des sourires larges comme des bananes, et avec dans les yeux des cristaux de neige qui étincelaient...
Top 10

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8 décembre 2021

de nouvelles gambettes

"La plus grande partie de la vie passe à mal faire, une grande partie à ne rien faire, et toute la vie à faire autre chose que ce que l'on devrait." (Sénèque)

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je viens d'apprendre par la pub à la télévision que ma poêle Tef*al était munie d'un "témoin de température de cuisson". Waouh! c'est le bitonio rouge avec un dessin au milieu

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7h30 : je les observe, sortant à la queue-leu-leu de l'appart (au 12!) pour partir travailler (ils sont garés plus haut). Le troisième s'arrête soudain, descend du trottoir, s'allonge sur la route, et fait quelques pompes -hop hop!- vite fait dans le petit matin frisquet avant de se rétablir athlétiquement et  d'aller rejoindre les autres (un homme un vrai).

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esprit de noël oh oh

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"d'avoir des quantités d'choses
qui donnent envie d'autre chose..."

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une place de stationnement libre en bas de chez moi ne le reste généralement que moins d'une minute.

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"Placo parquets lambris moulures finitions"
(c'est beau comme du Perec, on cherche la contrainte)
(et c'est un alexandrin, en plus!)

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Take one and see the Fuji-Yama (Duane Michals)

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j'étais tellement content de rejouer au scrabble "en vrai" avec Marie que le fait qu'elle gagne 2 parties sur 3 ne m'a pas affecté le moins du monde

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"L'espoir soulève les braguettes..." (La Vie et rien d'autre)

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le plaisir de revoir Louis C.K (le chéri de Blanche Gardin)

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"Parce qu'il n'y a rien à faire d'autre qu'à vivre, jusqu'à la fin." (Laetitia Masson)

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4 décembre 2021

les gens

NÄSS
chorégraphie de Fouad Boussouf
Compagnie Massala

décidément, la belle thématique proposée (ça ne peut pas être par hasard) cette année au Théâtre confirma une fois de plus son orientation (hommes, virilité, SSTG), et sa progression en forme d'ascension (chaque nouveau spectacle se situant, affectivement, un peu plus haut que le précédent)
UN POYO ROJO, puis CAR/MEN, puis, GARDENIA m'ont ainsi successivement ravi, et hier c'était NÄSS (les gens)

et ce fut extraordinaire

sept danseurs, tous magnifiques

qui ne quittent pas le plateau pendant l'heure que dure le spectacle et se dépensent sans compter (ils mouillent le maillot, c'est sûr, ça se voyait)

une belle énergie virile, entre pulsation et pulsion, quelque chose  de primaire, de terrien, de tribal,

de puissant, tous ensemble, chacun, à un, à deux

l'un contre l'autre, un contre tous,

chacun pour soi souvent et chacun pour tous le reste du temps

c'était... sidérant

derrière mon masque, dès la première seconde du spectacle (d'abord un vrai noir très noir, puis la lumière monte lentement  sur un vrai plan fixe de dos des sept en fond de scène -j'ai pensé "la danse immobile" - sur fond de musique éléctronique magnifique) jai eu la sensation d'avoirlittéralement la mâchoire qui tombait (comme a dit Co, "avec le masque, ça ne pouvait pas se voir...") tellement j'étais fasciné, et, conscient de la même fascination exercée aussi sur les spectateurs autour de moi

le spectacle commence et finit par sept hommes de dos (immobiles au début (à l'aube ?), et en train de sauter inlassablement (au crépuscule?) tandis que la lumière baisse...

et sous un tonnerre d'applaudissements, ils s'avancent, saluent longuement , sortent, puis reviennent pour une ultime petite chorégraphie de salut (en rythme avec les applaudissements, avec cris, frappés de pieds, et montée progressive) qui vous laisse ravi, terrassé, dans votre siège (comme a dit Manue "Je n'avais pas envie de me lever, il a juste fallu que je bouge pour laisser passer mes voisins...")

Bref, du bonheur, parfait pour couronner cette journée, placée sous le signe, justement, des bonheurs, petits et grands...

(j'avais pensé (tout au début du spectacle) commencer ce post par "une preuve de plus, je ne vais pas me faire que des copines, que, comme la maçonnerie, la danse est une affaire de mecs...")

et, de retour à la maison devant l'écran de mon ordi, j'ai découvert, en cherchant des photos du spectacle pour illustrer ce post, qu'il était disponible en intégralité sur france tv... (quel bonheur!) et je l'ai donc vu illico une deuxième fois...

le recevoir, "en vrai", frontalement, dans la salle, fut un grand bonheur de spectateur, mais le revoir et le capturer ssur son écran en fut un autre...

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(car qui dit captation dit captures d'écran -décidément je ne m'en lasserai jamais...-)

et NÄSS est donc visible, en intégralité, sur france-tv

29 novembre 2021

corbeau

TRE PIANI
de Nanni Moretti

Eh oui on vieillit (on "apprivoise la mort", n'est-ce pas, Ririchounet ?). Mais pas que nous, heureusement, les autres aussi vieillissent. Coups de vieux. Après Clintchounet la semaine dernière (91a) voici carissimo Nanni (mais non, j'exagère, allocinoche me dit qu'il est très jeune, il n'a que trois ans de plus que moi...) qui a l'air vieux et fatigué. et se donne dans son dernier film un personnage de juge vieux et fatigué. c'est vrai qu'on l'a connu plus jeune, fougueux et révolté (le "plus" se rapportant aux trois qualificatifs.)
Tre piani, ce sont les trois étages d'un immeuble (comme l'indique le titre original), mais il sera question aussi de trois étages temporels successifs, où on verra grandir et/ou vieillir les personnages de ce fameux immeuble.
Le film démarre très fort (c'est le cas de le dire) avec, de nuit, une voiture qui percute un appartement après avoir aux passage fauché une piétonne, sous les yeux d'une femme partant accoucher. En quelques minutes on a vu pratiquement tous les personnages. puis on va s'intéresser séparément à chacune des histoires des personnages de chacun des appartements de ces tre piani. Celui dont l'appartement a été percuté (ou vit un couple avec sa fille), celui de la femme enceinte, et celui du jeune homme qui a causé l'accident, qui y vit avec son père et sa mère (avec un quatrième appart': celui où vit un couple âgé de voisins sympathiques, auxquels le couple confie detemps en temps sa fillette.
Le décor de ce drame en trois actes est posé, les personnages à leurs places, et les trois coups peuvent donc retentir.
Nanni Moretti signe ici une film grave, aussi démoralisé que démoralisant (à peu près tout ce qui peut arriver de désagréable, déplaisant, douloureux au sein d'un couple finira par se produire) et donc on est en droit d'en repartir avec le moral parfaitement dans les calzini... Même si Nannichounet nous glisse in fine (in extremis, même!) quelques notinettes d'espoir ensoleillé autour du personnage de Dora (le femme du juge) incarnée par Margherita Buy, qui nous avit déjà fort touchés dans le très beau Mia Madre du même Nanni Moretti.
Ce qui est curieux (merci allocinoche et le blog en attendant nadeau, ) c'est que le roman* dont le film est tiré est israëlien, (il se passe à Tel Aviv) mais, bon, ça ne change finalement pas grand chose, le malheur n'a pas de nationalité.(ni de pays).
Et le blog, citant un personnage du roman (la femme du juge, qui est elle-même juge) apporte une troisième explication de ces tre piani, à laquelle je n'avais absolument pas pensé :

"Les fréquentes allusions à Freud, le dispositif de parole qui revient dans les trois textes, incitent aussi à un certain type de lecture. Rêves et fantasmes alimentent enfin les récits des divers personnages. Mais partons de la clé que Déborah utilise : « L’Encyclopedia Universalis m’a aidée à me souvenir qu’au premier étage se situent nos pulsions et nos instincts, le Ça. À l’étage du milieu réside le Moi qui tente d’établir un rapport entre nos pulsions et la réalité. Et au troisième, trône sa majesté le Surmoi qui nous rappelle à l’ordre, la mine sévère, et exige que nous prenions en compte l’influence que nos actes exercent sur la société. »"

(et qu'il n'est, finalement, pas forcément indispensable de connaître.)

* Eshkol Nevo, Trois étages. Trad. de l’hébreu par Jean-Luc Allouche. Gallimard, 316 p., 22 €

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25 novembre 2021

gambettes

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les regrets (souchon)

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je suis passé à Esprit Paysan en revenant de Besac, c'était la toute fin d'après-midi, mais ô bonheur  il restait un morceau d'araignée (que j'ai bien cru que la vieille qui se faisait servir avant moi allait me piquer sous le nez, mais non elle voulait une "entrecôte, pas trop épaisse, mais pas trop fine non plus...", et donc j'ai pu repartir avec mon morceau convoité...)

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Capture d’écran (3382)
dans un clip de Julien Doré (je refléchis en ce moment à la notion de "ridicule")

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le jeune poissonnier barbichu à l'oeil pétillant m'a confirmé en rigolant que les St Jacques en coquille à 8,90€ /kg et les St Jjacques décoquillées à 45,60€/kg, ça revenait exactement au même

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"Les Séminaristes"

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Finalement j'ai fini par retrouver -un peu par hasard- à quoi correspondait ce que j'avais noté il y a fort longtemps sur un carnet "Rhys Chatham orchestre de guitares", l'album s'appelle A Crimson Grail, sous-titré Version for 200 guitars, et c'est assez hypnotisant...

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BoJo qui pète complètement les plombs dans son dernier discours, ça m'enchante...

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j'ai réussi à concocter cet itinéraire à pied (de quelques kilomètres) sans repasser par les mêmes rues : garage > poissonnier > Quévy  > Monop > Banque Pop > re poissonnier > marchands de primeurs > maison (je marchais dans le froid mais à l'arrivée j'avais très chaud)

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(Ste Catherine) : suis sorti de très bonne heure (7h) pour aller au pain, dans le froid coupant, avant de ne plus pouvoir circuler du tout ; le vendeur (aux yeux bleus) m'a annoncé que la vendeuse (qui s'appelle Catherine) était en burn out, et que le boulanger (le patron) ne valait guère mieux...

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1 an de prison avec sursis et 75000€ d'amende...

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le film de Jane Campion, sur N*tflix le 1er décembre, c'est, au départ, un roman de Thomas Savage, (Le Pouvoir du chien, chez Belfond, puis en 10/18 puis chez Gallmeister) qui m'avait été chaudement recommandé par ma soeur (et que j'avais beaucoup aimé)

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31 décembre 2021

top ciné 2021 (22+2)

une liste, cette année, un peu inhabituelle, à l'image de l'année en question, une liste sans doute plus... oecuménique (quoique...),  où  j'ai voulu rendre hommage, notamment, à chacun des festivals -en ligne- auxquels j'ai eu la chance (et le bonheur) de pouvoir assister...

(par ordre alphabétique)

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pour citer les festivals en ligne 1 (Champs-Elysées Film Festival)

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parce qu'un top 20 n'est jamais complètement réussi sans un film roumain...

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le film, et le film dans le film (et le film dans le film dans le film ?)

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(Voyage voyage éternellement...)

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(encore et encore)

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(Festival Téléramuche avant-premières, (en salle) puis MUBI (en ligne), puis le bôô cinéma) et la course en tête ici (n'en déplaise aux fâcheux)

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(eh oui, Bruno Dumont encore une fois...)

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(une sortie MUBI, donc inédite en salle, et australienne avec ça...)

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pour citer les festivals en ligne 2 (Angers Festival Premiers Plans)

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(mois du Doc 1,et j'étais tout seul dans lsa salle)

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Pour citer les festivals en ligne 3 (Festival du Film Policier (Reims))

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(doc encore, mais dans notre Settimana Italiana)

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(une affiche assez laide, pour un film qui vaut mieux que)

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(entregent : d'abord vu sur Vimeo via lien aimablement fourni par le distributeur, puis bôô cinéma)

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pour citer les festivals en ligne 4 (Festival du Film Policier désormais de Reims)

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(ah, les Iraniens... -soupir-)

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(merci encore, Hervé!)

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pour citer les Festivals en ligne 5 (Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand)

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(une des affiches les plus authentiquement laides de l'année, pour un film "de reprise" qui valait beaucoup mieux)

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pour citer les festivals en ligne 6 (Gérardmer Festival International du Film Fantastique)

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pour citer les festivals en ligne 7 (Festival CinéLatino de Toulouse)

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(Netflixmuche, eh oui, mais quand même...)

et, tiens,  pour la première fois (toute première fois) je serais tenté d'y ajouter à titre exceptionnel deux films que je n'ai pas encore vus (mais ça ne saurait tarder...) parce que je me connais...

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23 novembre 2021

lithium

LES INTRANQUILLES
DE Joachim Lafosse

Le titre pourrait résumer toute l'oeuvre de Joachim Lafosse : un cinéma de l'intranquillité, et de l'instabilité, du malaise, depuis l'inaugural (pour moi) Nue Propriété (2006), où les deux frères Rénier jouaient les fils de Isabelle Huppert...
J'aime beaucoup Damien Bonnard, l'homme et sa trajectoire cinématographique (Alain Guiraudie, Pierre Salvadori, F-J Ossang, Dominik Moll, Ladj Ly, Anne Fontaine...), qui compose ici un personnage de peintre bipolaire plus vrai que nature, prénommé Damien (de la même façon que Leila, sa femme est interprétée par Leila Bekhti (impeccable), et son père, Patrick, par Patrick Descamps  (excellent comme toujours). Seul le fiston Amine, n'a pas gardé son prénom de la vraie vie (il est interprété par le joufflu Gabriel Merz Chammah, le petit fils d'Isabelle H.). Un couple avec enfant donc, mais on est chez Joachim Lafosse, et on va assez vite réaliser que malgré le soleil les vacances et l'insouciance, les choses ne sont pas aussi simples...
Joachim Lafosse, dans une (longue) interview à Téléramuche, précise "Je n'ai pas fait un film sur la bipolarité, j'ai fait un film sur l'amour..." (interview où il précise que beaucoup de ses films sont assez ouvertement autobiographiques, que son père est bipolaire, et qu'il a vécu cette situation, enfant, avec son frère jumeau -il devait d'ailleurs y avoir au départ deux enfants dans le film.).
Le papa est peintre, la maman restaure des meubles (j'ai pensé à Co & Pépin, on la boit beaucoup poncer hihi),et au début du film, il semble que le papa soit en période de "montée" (il refuse de prendre son lithium et donc monte en pression, inéluctablement, jusqu'à se retrouver en situation de crise aigüe, puis ambulance, puis hôpital.)
Le film est impressionnant, les deux personnages principaux y sont pour beaucoup, et la façon dont l'enfant entre les deux est ballotté d'un extrême à l'autre, chacun tirant de son côté et en demandant beaucoup à ce pauvre minot.  A la façon de Leila Bekhti le spectateur est témoin de chacun des actes de Damien, de leur incongruité progressive, et de l'inquiétude croissante qu'ils suscitent. C'est un combat perpétuel, pied à pied, constant, épuisant.
C'est beaucoup plus qu'une étude de cas, et j'avoue m'y être senti progressivement de plus en plus mal à l'aise (c'est fait pour), en faisant le parallèle avec le cas d'une amie pour laquelle le diagnostic de  bipolarité avait soudain été posé il y a une trentaine d'années,  et la façon dont on a pu "partager" cette expérience avec elle, notamment quand "elle était haute...". De n'avoir vécu cette situation qu'à une certaine distance permettait déjà d'appréhender la difficulté qu'implique de vivre (et faire vivre) ça au quotidien (à soi et à son entourage). Cet ajustement entre le "trop haut" ou "trop bas".
Joachim Lafosse demande beaucoup à ses acteurs (ce n'est pas pour rien un disciple de Pialat et de Haneke...), et Damien Bonnard est vraiment bluffant juste dans le rendu du personnage (dans chacune des phases, la maniaque et la dépressive) et Leila Bekhti impressionne aussi beaucoup dans ce genre de combat perpétuel qu'elle est amenée à livrer, contre sa volonté...
J'ai suivi tout le film avec attention, et, étrangement ce n'est qu'à la toute dernière image, après l'ultime réplique de Damien Bonnard que les larmes sont montées, sans que vraiment je m'y attende.
Et c'est très fort de la part du réalisateur et de ses scénaristes (ils sont cinq ou six au générique!) de terminer presque abruptement par une scène  ainsi, en demi-teinte (ni pathos ni youp la boum), juste, sur le fil, ça n'était pas facile de laisser le spectateur sortir de cette histoire...

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20 novembre 2021

envoi français

THE FRENCH DISPATCH
de Wes Anderson

Quelle tristesse! Pour cette première séance de THE FRENCH DISPATCH, à 18h, on était trois dans la salle 9... Remarquez, vu le nombre de voitures sur le parking, ils ne devaient pas être beaucoup non plus dans les autres, SAUF dans la 8 (par nous dite "la salle des bourrins") où on passait... LES B*DINS!. Oui, quelle tristesse...
Je n'ai rien voulu lire de précis sur le film (j'aime bien me faire mon idée par moi-même) mais j'avais vu un titre dans Téléramuche qui disait "Faut-il encore aimer Wes Anderson ?" (ou quelque chose du genre), ce qui m'avait déjà un peu agaçouillé et je me souvenais qu'à cannes l'accueil avait été... mitigé (mais comme dit Zabetta -qui a de l'entregent- "A Cannes, c'est particulier...")....
Et donc j'y suis allé confiant.
Et j'ai eu bien raison.  Et donc, tout en gardant intactes pour le sieur Anderson mon estime et mon admiration, je suis sorti de la salle en même temps joyeux et émerveillé (comme très souvent en sortant d'un film de W.A, non, pas osuvent, A CHAQUE FOIS), mais aussi avec quelques regrets :
1) on n'en a pas assez!: Ne nous sont racontées que trois histoires, (plus un préambule et un postambule), on en aurait juste aimé davantage...
2) y en a trop ! (je veux parler des sous-tires) comme d'hab' chez W.A, ça parle beaucoup (la fameuse voix-off) ce qui fait que lorsqu'on le voit en VO il faut parfois choisir entre la lecture des sous-titres et le contenu de l'image (qui est en général assez dense)
3) ça va trop vite ! : les sous-titres, l'action, le passage à l'écran de certains acteurs français (qu'on ne voirt parfois que pour quelques secondes), et, surtout, le défilement des noms au générique de fin, qui est spécialement illisible tellement il défile avec célérité...
4) (là c'est de ma faute) : comment se termine la deuxième histoire ? j'ai (épuisement) brièvement piqué du nez, fermé mes petits yeux l'espace oh d'un soupir,  et quand je les ai rouverts, j'ai compris que la troisième histoire avait démarré car je ne reconnaissais personne... arghhh!
5) dans quelle histoire Vincent Mcaigne (qui a été -re-arghhh- coupé au montage pouvait-il bien apparaître ?
Mis à part ces brimborions, bien obligé de constater que le plaisir est intact...
Donc donc donc je vais donc devoir retourner le voir, pour toutes les raisons susdites (et avec un très grand plaisir...)

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une campagne graphique très très très classieuse...

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