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lieux communs (et autres fadaises)
4 juin 2022

la rayure sur la voiture de batman

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HIT THE ROAD
de Panah Panahi

Je n'ai pas pu m'empêcher d'y retourner dans le bôô cinéma pour vérifier si c'était toujours aussi bien.
Ca l'est.
Le gamin semble beaucoup moins énervant, la deuxième fois (on s'habitue ?)
Pour parler comme au FICÂÂÂ les paysages sont absolument mêêêêêêrveilleux (vraiment l'Iran s'y prête...), mais les personnages sont TOUS au diapason (et la mise en scène aussi...)
Du vrai bonheur ce film, d'un bout à l'autre.
Top 10 je confirme
(il fait partie de la catégorie des films que je pourrais revoir et revoir encore sans me lasser...parce que je sais que j'y retrouverais à chaque fois quelque chose de nouveau...)
Oui, des films que j'ai trop envie de revoir, simplement.

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2 juin 2022

body art

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LES CRIMES DU FUTUR
de David Cronenberg

Beurk beurk beurk ou bof bof bof ? Je suis partagé... Deuxième film d'anticipation à la suite (après le très déjanté mais remarquable JUNK HEAD), ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Vu au Beaux-Arts en compagnie de Dominique, Malou et Pascal, à la séance (en VO) de 19h, dans une salle anormalement remplie (au moins presque 30 personnes!) pour ce film qui hélas m'a perdu, dès le début pratiquement (bon le gamin qui croque la poubelle en plastique, c'est rigolo).
C'est abscons, x'est incompréhensible, c'est prétentieux, c'est arty, c'est organique, c'est chichiteux, c'est émétique, c'est grotesque, c'est ennuyeux, et, si j'avais été seul, j'aurais probablement quitté la salle. Je suis pourtant resté jusqu'au bout, presque contre ma volonté donc. Comme si ce cher David C. avait  déballé, aligné, toutes ses obsessions et les avait touillées ensemble (à main nue), pour en faire cette salade de saison cannoise hors de prix et immangeable. Galimatias, salmigondis, amphigouri* (gloubi-boulga, quoi), n'en jetez plus la cour est pleine!
Léachounette Seydoux et Viggo Mortensen font ce qu'ils peuvent (on frôle par moments le grotesque) mais j'en veux surtout à monsieur Cronenberg pour avoir réussi à anonymiser (à quelconquiser) la divine Kristen Stewart (et ça c'est vraiment impardonnable). Mi trip et mi tripes (des relents de EXistenZ et du Festin Nu, de Crash, qui avaient en leur temps provoqué déjà quelques haut-le-coeur), ou comme on dit chez nous, ni fait ni a faire (le discours sur l'art est particulièrement pénible, autant que dans The square, palme d'or d'il y a quelques années, qui m'avait particulièrement horripilé).
On oublie...

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l'affiche française est assez laide et ne reflète pas les ambitions plastiques du film

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celle-ci, si

*

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*

* L’amphigouri (substantif masculin) est une figure de style consistant en un discours, texte ou dessin volontairement obscur ou inintelligible à visée burlesque. L'origine étymologique du mot n'est pas connue, probablement forgé, à l'image de la figure, de manière à imiter un mot savant pour le détourner. Par extension, on l'utilise pour qualifier un texte confus et incohérent, ce qui est alors péjoratif (wikipedia)

31 mai 2022

dieu en personne

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JUNK HEAD
de Takahide Hori

J'ai été ravi d'apprendre qu'il était programmé au Victor Hugo en deuxième semaine d'exploitation (pour 4 séances maigrichonnes, le programmateur de cette salle est décidément très doué pour faire les choses en dépit du bon sens...) et j'y suis donc allé, à la seule séance "accessible" pour moi, celle de mercredi à 14h.
On était quatre (que des garçons) dans la salle 2 (que je n'aime pas trop), prêts à tenter l'expérience, car c'est bien d'expérience qu'on peut parler. Le réalisateur a mis 7 ans à réaliser ça tout seul, et les critiques ont évoqué une certaine parenté avec ERASERHEAD de David Lynch, autre film "ahurissant" réalisé dans les mêmes conditions... un mec tout seul qui bosse dans son grenier, invente un univers à la fois très personnel et plutôt déviant (souvent dérangeant) dans une histoire où on ne comprend pas forcément tout, mais dont la force et l'originalité contrebalancent l'éventuelle perplexité dans la quelle elle plonge le spectateur.
Un humain est envoyé sous terre (très profondément) avec mission de ramener l'adn d'une certaine créature nécessaire aux humains (d'en haut) qui, désormais immortels, ont perdu les secrets de la reproduction... En descendant, il va être intercepté par des gens du dessous, et "éparpillé façon puzzle" avant que d'être reconstituer en mode monstre de Frankenstein (un robot articulé à tête ronde) et d'être carrément pris par les autochtones pour "dieu en personne"... Notre héros va beaucoup déambuler dans les galeries de ce monde souterrain, raconter beaucoup de créatures pas toujours très bien intentionnées (rarement, en fait), subir plusieurs modifications d'apparence, pour que finalement son histoire s'interrompe suffisamment brusquement pour qu'on évoque un JUNK HEAD 2 , (en fait, il s'agirait même d'une trilogie...)
Un film de geek et d'aficionado (mais bon j'ai un peu passé l'âge) absolument digne d'éloges et de compliments pour la somme de travail démentielle qu'il représente (non seulement le réal' a fait toute l'animation mais il fait aussi toutes lés voix -ou presque- et a même été jusqu'à inventer une langue, et des "accents" (ou défauts de prononciation) pour caractériser chacun des personnages... Un tour de force...
Le personnage principal est éminemment sympathique (j'ai pensé à Wall-E), dans ses différentes apparences successives, mais le film contient suffisamment de bestioles dégueulasses pour que je n'ai pas trop envie d'y retourner...

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23 mai 2022

deux fois plus de dodo, hélas

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ÉVOLUTION
de Kornél Mundruczó

Un film hongrois que j'appréhendais un peu. (A cause de la première partie). Trois époques, trois histoires, trois façons d'aborder un même thème, la judéité (j'ai pensé au très beau Voyages d'Emmanuel Finkiel). La première partie est effectivement assez rude : des hommes nettoient une pièce (Le fils de Saül, si ça vous dit quelque chose), la deuxième plus "facile" -a priori- : une mère discute avec sa fille dans un appartement, la dernière la plus contemporaine, tournant autour d'un adolescent... Malheureusement je me suis endormi lors de la deuxième partie, j'ai été réveillé en sursaut par la fin, sans comprendre ce qui s'y était vraiment passé. J'étais donc un peu de mauvaise humeur lorsque je suis sorti, pas contre le film mais juste contre moi-même, contre le fait que je m'y étais assoupi comme un gros benêt... La dernière partie est moins clivante 'mais aussi, du coup, moins implicante.
Sommeil : 1 / moi : 0

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SUIS-MOI JE TE FUIS
de Kôji Fukada

Après le film précédent, j'avais un petit quart d'heure de battement, où j'en ai profité pour m'aérer un peu, mais ce que je craignais hélas s'est assez vite confirmé : j'ai commencé à piquer du nez, d'abord très peu, puis un peu plus, pour finir par m'y endormir copieusement, devant cette histoire un peu répétitive bien résumée par son titre : un jeune homme (qui travaille dans un magasin de feux d'artifices), bien que déjà doté de deux prétendantes sur son lieu de travail, va faire la connaissance d'une troisième dont il va tomber amoureux (après lui avoir sauvé la vie), qui a la particularité de disparaître régulièrement, mais aussi de raconter beaucoup de mensonges... J'en suis sorti un peu hagard et pâteux, en en ayant manqué une bonne moitié... Mais pas forcément davec l'envie de voir la deuxième partie, qui porte le titre inverse...
Sommeil : 2 / moi : 0

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20 mai 2022

plavac

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MURINA
de Antoneta Alamat Kusijanovic

Un premier film croate, d'une jeune réalisatrice, ça n'est déjà pas si fréquent, qui plus est Caméra d'Or à Cannes l'an dernier, oh oh, j'y suis donc allé (on était cinq, quatre dames et moi). Ca commence superbement, de l'eau bleue, des reflets mouvants pour un générique sobre, puis une séquence sous-marine (un homme, une femme) à la conclusion intriguante, avant de nous faire remonter à l'air libre, dans un endroit paradisiaque, où vit la jeune Julija, entre un père visiblement tyrannique et une maman visiblement sous sa coupe. Dès le début les relations sont tendues. Et voilà qu'arrive celui en l'honneur de qui on organise une réception, Javier, un homme, un vrai, qu'on découvre vieil ami du père (mais dont on apprendra tout aussi vite que leurs relations sont beaucoup plus complexes que ça...). Il est question d'argent (un projet de complexe immobilier balnéaire de rêve qui nécessite l'achat d'un terrain), il est question d'amour aussi, (de désir en tout cas), Javier tournicote autour de la maman, se fait tournicoter autour par la jouvencelle... Désirs, rivalité, attraction, séduction, j'ai repensé d'un coup à L'Année des Méduses (et à la jeune et incandescente Valérie Kaprisky), sauf qu'ici de méduses point, mais  il sera plutôt question de murène, un poisson menaçant d'apparence mais plutôt amical en fin de compte (m'apprend wikipedia). L'année de la murène.
Le mari la femme la fille et le bellâtre vont jouer un jeu bien connu depuis l'Antiquité, (roucoulades et jalousie, action / réaction) à la seule différence qu'ici il se jouera surtout en maillot de bain ("Il y a le ciel, le soleil et la mer..." comme disait la chanson). Et le film se clora un peu comme il a commencé, juste peut-être de façon plus sibylline (plus vague, hihi, ça tombe bien puisque c'est la mer...).

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14 mai 2022

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ALLONS ENFANTS
de Thierry Demaizière & Alban Teurlai

Je ne pouvais pas ne pas y retourner. J'ai accompagné Catherine (on était tous les deux dans la salle 10 du bôô cinéma), et on s'est dit en sortant qu'il fallait absolument que Marie voit ça aussi... ABSOLUMENT. (Ceci est un message personnel).
J'ai, encore une fois,  eu les larmes aux yeux dès l'ouverture et jusque à la fin (sur toutes les scènes de danse, quasiment), je ne sais pas pourquoi ce film me bouleverse à ce point.
Et je confirme que ce film fait déjà (incontestablement) partie de mon Top 10 2022.

je remets la bande-annonce

et je suis tombé sur le clip de ALLONS ENFANTS (Sasha feat Avia), où on retrouve les jeunes danseurs du film (relarmes aux yeux direct)

 

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19 mai 2022

ouzo

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ON SOURIT POUR LA PHOTO
de François Uzan

J'aime beaucoup Jacques Gamblin. Il fait partie de ces acteurs qui ne m'ont jamais déçu. Le voilà à l'affiche d'une "comédie grand-public", dont la bande annonce a été projetée (et re) dans le bôô cinéma, (c'est ce qui m'a permis de découvrir le film) une histoire de couple, de divorce et de famille, de vacances en Grèce "comme en 98", une comédie apparemment sympathique, qu'on imagine sans surprise(s), mais dans laquelle, bonne pioche,  on (je) découvre un jeune homme qui vous (me) fait grande impression (Pablo Pauly).
Waouh! Voilà pourquoi je suis allé à Besac pour le voir avec ma fameuse carte Megarama (où je paye 6,60€ pour un film où c'est marqué 4,60€ sur le ticket...).
On était quatre dans la salle pour la première séance, ce qui n'augure pas une carrière du feu de dieu mais on s'en fout hein... Une comédie,donc, qui commence un peu avec ses gros sabots, (contrairerement à ce que prétend la pub on ne rit pas tant que ça... A moins que je ne confonde avec un autre film ? A vérifier...), on fait la connaissance de tout le monde (les quatre de la famille + le beau-fils insupportable -pour le père, surtout-). On prend le temps de découvrir et d'apprécier chacun d'eux (le film est plutôt bien écrit), sans grande surprise je le redis (on a vu plusieurs fois la bande-annonce) mais avec un  plaisir certain, figurez-vous, plaisir qui va même aller croissant au fil du film (on aime toujours autant ça, les histoires de famille) tellement on s'y attache à ces personnages, à leurs efforts, à leurs maladresses, à leur tendresse aussi (on aime le papa qui voudrait tout rafistoler, on aime la maman, qui voudrait se barrer, on aime la fifille, qui voudrait que son père aime son copain, on aime le fiston qui aimerait réussir à draguer -à conclure- avec autre choses de des putanas, on aime le beau-fils casse-couilles qui va finir par débarquer à l'improviste, et on aime tout autant -spoil!- le happy-end qui va finir par débarquer in extremis et c'est très bien comme ça, avant un générique de fin mimi comme tout avec, justement, plein de photos de famille...
Un film pépère (parfait pour une histoire de famille) confortable comme une vieille paire familière d'espadrilles en été, plaisant et tendre comme un album de photos de famille, rafraîchissant comme un ouzo bien frais quand il fait très chaud, bref une comédie pas idéale mais presque, avec ce qu'il faut de fleurbleueterie (ça ça me convient idéalement), bref un film qu'on voit (et dont on sort) avec la tête haute et le sourire en banane (et Pablo Pauly, on se le dit et re, est vraimant craquant, il a tout ce qu'on aime et juste comme on aime, ceci explique peut-être cela...)
Et sans oublier la musique de Ben Mazué (notamment une plaisante reprise en français de I will survive, l'hymne des Bleus pour la coupe du monde 98)...

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(je ne suis pas sûr que celle-là soit dans le film...)

 

12 mai 2022

et si tu n'existais pas

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LES PASSAGERS DE LA NUIT
de Michael Hers

Memory Lane en 2010, Ce sentiment de l'été en 2016, Amanda en 2018, j'ai suivi ce cinéaste (et son oeuvre délicate) depuis son premier long-métrage, et j'étais très content de le retrouver en Film A de cette cemaine, en sortie nationale, avec tout plein de séances, dans le bôô cinéma. Catherine et Emma étaient allées à celle de 13h30 (j'ai croisé Catherine à la sortie qui avait les yeux mouillés, et m'a confirmé qu'Emma était dans le même état), tandis que j'arrivais à la suivante...
Etrangement il n'y avait que des vieux (enfin des très vieux, puisqu'ils l'étaient plus que moi) pour cette séance-là... dont trois vieilles qui jacassaient tout au bout de mon rang et auxquelles j'ai été forcé de dire Chut! au début du film...
Précisons tout de suite qu'un film qui démarre le 10 mai 1981 et au debut duquel on entend Rattle Snakes de Lloyd Cole me met illico dans les meilleures dispositions... D'autant plus qu'il s'agit d'une histoire de famille, que la maman de cette famille (un fils, une fille, un papy) est jouée par Charlotte Gainsbourg, donc meilleurs auspices bis. Le film est construit en trois strates temporelles (81, 84, 87), où l'on suit l'évolution des personnages (la petite famille plus une visiteuse, Tallulah, qui va aller et venir au fil des années...)
Comme dans les autres films de Mikhael Hers, il est -d'abord- question d'amour : amour que l'on donne, qu'on reçoit, qu'on attend, qu'on refuse, qu'on espère, le doux le tendre le merveilleux amour (je cite Brel même si on ne l'entendra pas du tout dans le film, pourvu, comme d'habitude, d'une très riche bande originale ; étonnamment ça sera une chanson de Joe Dassin (Et si tu n'existais pas) qui générera pour moi le pic émotionnel du film, oui là j'ai un peu pleuré (c'est toujours bouleversant pour moi une famille qui s'étreint), mais juste là, oui. Pour une fois j'aurai beaucoup moins eu la larmichette que mes copines, sans doute parce que c'est plus un film "de mères" (et je n'ai pas vraiment, désolé, la fibre maternelle...).
Un film doudou, réconfortant (beaucoup plus convaincant qu'Amanda, par exemple) qui a en plus la bonne idée de mentionner Les nuits de la Pleine lune, qui est quand même pour moi "le" film français des années 80 par excellence (et de faire du personnage de Tallulah une sorte de reflet lointain de la divine Pascale Ogier (la voix, surtout)... Ah, cette très chère Louise!).

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3 mai 2022

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A PLEIN TEMPS
d'Eric Gravel

Tambour battant. Plein pot. A toute berzingue. Le parcours d'une combattante (Laure Calamy, proprement stupéfiante), mère célbataire de deux jeunes enfants qui habite à Pétaouchnok mais travaille dans un palace parisien, en tant que femme de ménage-chef, et fait la route chaque jour, en courant, aller et retour, matin, soir, ce qui est déjà éprouvant en temps "normal" mais va devenir proprement invivable les quelques jours que durent le film, à cause de grèves qui paralysent les moyens de transports parisiens.
Mythologique. C'est en même temps le rocher de Sysyphe et le tonneau des Danaïdes  (il y a un moment où on n'a plus assez de doigts pour boucher tous les trous) mais Julie a la force et la volonté (la trempe) de, justement, une héroïne mythologique, et va faire le forcing, courageusement, obstinément, (aveuglément) dans cette avalanche de catastrophes, cette course d'obstacles (on serait plus proche d'un marathon que d'un 110m haies) qui représente, hélas, le combat quotidien de miliers de femmes, valeureuses héroïnes).
Le film est tendu, éprouvant, les nappes répétitives de la  belle musique électro d'Irène Drésel rythment superbement les courses (et la détermination) de son héroïne, jusqu'à une fin à double détente.
Le réveil le petit-déj' la nounou le voyage aller le taf la pause re-le taf le voyage retour re-lanounou le repas du soir coucher les enfants et dring le réveil qui sonne et c'est le lendemain et tout recommence. Au mieux, à l'identique ou au pire, en encore plus speed. laure Calamy est excellente, dans ce qui pourrait être encore un rôle à César (elle a déjà obtenu le prix de la Meilleure actrice à Venise), et montre une nouvelle fois  la qualité et la finesse des nuances de son jeu

 

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(tiens, j'ai pensé à Virginie Ledoyen dans La Fille seule, de Benoît Jacquot (1994))

2 mai 2022

in extremis

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HIT THE ROAD
de Panah Panahi

J'avoue que tout tout au début, j'étais un peu inquiet du syndrome "fils de". Papa Jafar nous a déjà ravis à maintes reprises (dernières nouvelles  en date, pour mémoire, Trois Visages (2016) et un des segments de Celles qui chantent (2020). Alors, quid de son fils ? Mais ça, c'était bien avant de voir le film.
Et puis il y a eu l'avis très enthousiaste d'Hervé qui l'avait vu au FICÂÂÄ 2022 (dont je me suis  prudemment (sanitairement) dispensé) et j'ai donc couru (enfin j'ai pris le bus) à Besac, dès la première projection (mercredi à 13h20) pour le voir.
Dès la première scène (dans une voiture, un gamin pianote sur le plâtre de la jambe de son père où est dessiné un clavier, en jouant, exactement les notes de piano qu'on entend au même moment.), et on se dit tout de suite qu'on va être heureux de faire ce voyage-là.*
Une voiture, donc. Et une famille : maman à l'avant, sur le siège passager, papa à l'arrière, avec sa jambe plâtrée, et deux fils : le petit, qui n'arrête pas une seconde (limite saoulant, c'est lui qui est sur l'affiche), et le grand, qui conduit (et ne parle, lui,  que parcimonieusement), plus un chien, un vieux chien, qui aurait dû être euthanasié avant le voyage, mais que le papa n'a pas eu le courage de.
Une famille donc, une voiture, un trajet, des paysages admirables, et nous spectateurs, passagers clandestins, observateurs silencieux  embarqués de ce périple familial,  au sujet duquel on se pose plein de questions, dont les réponses seront données (égrenées) au fil du film...
Ca parle beaucoup, ça se chamaille, ça s'apostrophe, ça se titille, ça s'invective avec une certaine tendresse bourrue, et le film file, merveilleusement mis en espace, en lumière, en matière, cadré, scénarisé par Monsieur Panahi Junior avec un talent superbement bluffant.
On est bien dans un film iranien, c'est incontestable, et pourtant on est ailleurs (et le réalisateur épure parfois son image jusqu'à l'abstraction...), avec, régulièrement, des images posées (composées) qui déboulent  au milieu d'images plus réalistement normales, et qui font à chaque fois comme un doux clin d'oeil cinématographique. Et de la même façon, ça et là des embardées loufoques (de dialogues ou de situations) qui m'ont fait éclater de rire.
J'ai pensé à la fois à Little Miss Sunshine (de Jonathan Dayton et Valérie Faris) et à A bout de course (de Sidney Lumet), et pensé aussi à deux anges gardiens tutélaires : Hitchcock (pour le récit entre soupçons et paranoïa) et Kiarostami (pour l'évidence graphique des paysages iraniens) on pourrait rêver pire parrains....
De la même façon que le récit semble tiraillé entre la nostalgie (vieilles chansons-loukoums iraniennes qui interviennent à intervalles régulers) et la modernité, voire l'anticipation (2001 Odyssée de l'espace), et c'est ça qui fait sa force, sa nouveauté.
Un grand bonheur de film. Qui fait son petit bonhomme de chemin. Vers un ailleurs jamais nommé, un espoir sûrement.

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* "films en voiture" (ou en camion) : je repense en vrac à Thelma et Louise, Taxi Téhéran, Ten, Il était une fois en Anatolie, Le plein de Super, Little Miss Sunshine, Au fil du temps, Le goût de la cerise, Personne ne m'aime, Holy Motors, Night on earth, Drive my car, Eldorado...

28 avril 2022

cmfubj (audio)

M*cron a été élu avec 58% des voix
42 % de ceux qui ont voté pour lui disent l'avoir fait pour contrer la GGS
Donc 58% de 58% ont "vraiment" voté pour lui

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tournage de Psycho

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J'ai repris mon carton de k7 audio (oui oui je les ai gardées) et en ce lundi pluvinailleux, je les ai réécoutées... J'étais un jeune homme assez soigneux, limite maniaque, pour ce genre de choses (jacquettes chiadées, titres, etc.) et il faut reconnaître qu'elles ont grave bien passé l'épreuve du temps... celles où j'ai mentionné l'année ont autour de trente ans! et elle sont nickel : je connais (et re) la plupart des morceaux, mais j'ai le plaisir de redécouvrir certains titres ou interprètes, et, du coup, c'est magique, me voilà avec trente ans de moins (et des "trucs" qui remontent)...

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Lou, Mick et David...

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(k7, suite) il y en a certaines pour lesquelles j'ai une tendresse particulière, par exemple celle intitulée "red mix" (elle est toute rouge, comme son nom l'indique, mais aucun morceau n'est mentionné à l'intérieur de la jaquette) à vrai dire c'était un private joke, un jeu de mot entre red et raide, eh oui c'était un mix que j'avais spécialement élaboré pour l'écouter vautré sur le canap' après avoir fumé un ou plusieurs bon gros pétards (je suis -j'étais- très sensible à la musique quand j'étais dans cet état-là...), et m'est revenue alors l'odeur du chichon, les câlins sur le canapé, l'acuité auditive incroyablement augmentée, (on peut suivre un intrument en particulier) ces moments de partages si délicieux (même si ce que je vivais à cette époque était un peu compliqué, quand je réécoute cette fameuse k7 je me dis que ça en valait la peine...)

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le genre de photo de vacances qui me fait craquer...

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(k7 audio encore) il est bientôt 22h et je continue d'en écouter : elles induisent un rapport particulier au temps, la durée de chaque face (auto-reverse ou pas) et la quasi obligation d'écouter en continu (le passage d'un morceau au suivant est beaucoup plus laborieux qu'avec un lecteur cd, où il suffit d'appuyer sur un bouton, ici il faut rembobiner (avance rapide) sans être vraiment certain de là où on va tomber...) et le temps subjectif aussi (comme si chacune était comme une bulle contenant l'air (les airs) de ce temps-là, où déjà pourtant j'écoutais certains morceaux que je continue d'écouter...)

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une pochette de disque que j'ai toujours beaucoup aimée...
(Marianne Faithfull, Broken English)

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Il va y avoir un timbre pour célébrer Alain Resnais!
(sortie le 7 juin 2022)

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22 avril 2022

CMFUBJ (cinéma, cannes et ailleurs)

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Fenêtre sur cour

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no comment

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l'incendie d'un cinéma, il y a très longtemps...

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mort de David Freel, le chanteur et guitariste du groupe SWELL
(encore un peu de ma jeunesse qui s'enfuit...)

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la vierge parturiente de Brioude

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un Jésus nu

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un Anton Tchékhov colorisé

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j'adore leurs chapeaux...

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l'affiche de Cannes 22

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le prochain Woody Allen

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Quinzaine des Réalisateurs Cannes 22

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Semaine de la Critique Cannes 22
(décidément cette année tout est très bleu...)

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12 avril 2022

cigarette et chocolat

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HISTOIRE DE MA FEMME
de Ildiko Enyedi

J'aime ça, un film sorti d'un peu nulle part, comme un lapin du chapeau d'on ne sait pas trop quel(le) magicien(ne), un film hongrois (en anglais), de presque 3 heures, en compétition à Cannes 2021 et passé complètement sous les radars, avec Léa Seydoux pourtant. Et le voilà pour une poignée de séances dans le bôô cinéma. Et donc je m'y suis rendu (assez comiquement la séance était annoncée à 13h27, il fallait donc être précis).
Un passage rapide par allocinoche me rafraîchit la mémoire : Ildiko Enyedi, la réalisatrice, nous a déjà présenté, il y a quelques années le très beau (et singulier) Corps et âme, où un couple se retrouvait la nuit en rêve sous forme animale (cerf et biche)... On reste à nouveau, ici, dans une problématique de couple : un capitaine de cargo (avec la barbe, le caban et la barbe idoines) en vient à parier avec son pote qu'il épousera la prochaine femme qui franchira la porte : coup de bol (comme le faisait remarquer Hervé dans son édito) c'est Léa Seydoux...
J'adore vraiment la première partie du film,qui alterne les deux moitiés de l'existence du capitaine : en mer avec ses marins (ambiance "virile", j'adore) et sur terre avec sa dulcinée. Froid et chaud, sec contre humide, "vrais hommes" et "petites femmes"...C'est un film "en costumes" (que je me serais laissé aller à dater "des années folles", alors qu'il semblerait qu'il soit plutôt situé à la la fin du XiXème, il n'est de toute façon pas précisément daté).
Au départ donc une histoire de couple, surtout (re)présentée du point de vue du mari  (le "ma" femme du titre), qui va, après cette première partie (terre/mer) éblouissante, poser un peu ses valises, lorsque le couple s'installe à Hambourg (et que le fringant capitaine se mue en gratte-papier sédentarisé. Il travaille, et commence à s'interroger sur ce que fait sa petite -et fringante, Léa Seydoux est, je le redis, absolument et constamment parfaite- épouse, tout au long de ces longues journées, pendant qu'il remplit des quittances et des quittances, et ce qu'elle peut bien faire de l'argent qu'elle lui réclame à chaque fois lorsqu'elle "sort"... le capitaine gamberge, et le voilà qui devient jaloux, un peu, beaucoup, passionnément, d'autant plus que réapparaît dans les parages (et souvent dans les jupons de sa femme), un gandin gominé, Mister Louis Garrel himself, idoinement veule en gommeux (il semble vraiment être l'incarnation de la définition du mot).
Le film prend alors ses quartiers mondains (les soirées, la musique, les raouts, j'aime toujours autant ce mot), et le couple devient le ring d'un combat, feutré au début, puis de plus en plus intense (où l'on rend coup pour coup), jusqu'à se hisser jusqu'à l'impensable, ou quasi, pour l'époque : le divorce. Et cette bataille conjugale finit par faire long feu (malgré le charme incandescent de mademoiselle Seydoux), la belle alternance du début (où les joies saines -simples- de la mer (des hommes, un bateau, un port de temps en temps) faisaient contrepoids avec les convenances et autres obligations (pesanteurs) terriennes. Le film s'étiole un peu, au diapason avec son personnage principal, le capitaine qui s'ennuie, la mer le reprend, il accepte une croisière vers l'Egypte pour s'y faire accompagner par sa femme qui dédaignera la proposition, évitera une catastrophe maritime, et reviendra au domicile conjugal où sa belle pense visiblement à tout à fait autre chose. Déception, incompréhension, trahison ? Les choses se précipiteront, et la situation se dénouera dans un train, où se retrouvera un dernière fois le fameux ménage à trois.
Le capitaine aura récupéré son dû, l'épouse avoué son méfait, le gandin tâché sa belle chemise blanche avec le sang de son nez, et les choses pourraient se terminer là.
Pas tout à fait. Cinq ans plus tard, on aura droit à un épilogue touchant, ou l'épouse volage mais tant aimée fera un dernier petit tour (un très joli plan) avant que de repartir dans les limbes de la mémoire. Et les trois heures auront passé sans qu'on s'en rende compte. Et on a envie de rester au chevet du capitaine inconsolable...

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5 avril 2022

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PETITE SOLANGE
d'Axelle Roppert

et tiens on s'est retrouvé, à 3, dans la petite salle 1 (avec Catherine et Emma, mais d'autres dames sont venues après) pour voir ce joli film d'Axelle Roppert (qu'on aime plutôt bien par ici...). Un joli personnage d'adolescente en train de grandir, entre un père et une mère qui n'arrêtent pas de s'engueuler, et un grand frère qui va préférer prendre la tangente pour aller étudier à l'étranger...
Un "petit détail" singulier: le film débute sur une scène en cours de français, où la prof demande à Solange de lire un poème de Verlaine, puis repart en flash-back quatre mois plus tôt, jusqu'à revenir à cette même scène, avec la même prof, avec le même poème, mais qui ne se déroulera pas de la même façon... La jeune fille est très bien, les parents tout autant, et le frère aussi, avec ses lunettes rondes, je me suis tout de suite dit que son visage me disait quelque chose, mais son nom au générique ne me disait rien, et il a fallu que je gougle pour avoir la réponse : c'est dans Scènes de Ménages, sur la 6, où il joue Ulysse !).
Une famille aimante, plutôt aisée (maman est actrice de théâtre, papa a un magasin de musique) dont l'équilibre aimant commence à se fissurer : papa et maman se prennent la tête à répétition, papa a peut-être une nouvelle copine, papa oublie de souhaiter une bonne fête à Solange, et voilà que plus rien ne va bien pour notre héroïne (la jeune Jade Springer, dont c'est me semble-t-il le premier film, y est phénoménalement épatante, une nouvelle perle sur le collier des charmantes jeunes filles en fleurs, -"exquises esquisses" disait Gainbourg- vues récemment : aux côtés de, par exemple, Suzanne Lindon dans son propre film, Rebecca Marder dans celui de Sandrine Kiberlain). En plus du tangage parental, de la fuite son frérot, voilà qu'en plus notre Solangeounette va tomber amoureuse d'un godelureau bouclé amateur de claviers... Bref, Ma jeunesse fout le camp... mais qu'est-ce que c'est agréable! Un film solide, touchant, jamais mièvre, qui a été récompensé par le prix Jean Vigo, ce qui est plutôt bon signe...

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27 mars 2022

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L'OMBRE D'UN MENSONGE
de Bouli Lanners

(sur le coup) Je dois reconnaître que j'ai pas mal trépigné (intérieurement) au début du film. Bouli L., les gens qui viennent par ici le savent, est vraiment quelqu'un que j'adore (comme acteur mais aussi bien sûr comme réalisateur : Ultranova (2004), Eldorado (2008), Les géants (2011), Les premiers, les derniers (2016) m'ont successivement tous enthousiasmé) et donc j'ai voulu y aller voir dès la première séance (avec, tout de même je l'avoue aussi une légère appréhension, au vu du titre (Nobody has to know), du genre -"drame, romance" annonce allocinoche-, du lieu -une île écossaise tiens donc-, du pitch (quand il est question d'amnésie dans un résumé, c'est comme quand il est question de jumeaux, je crians toujours qu'il n'y ait de grosses ficelles dans le scénar), de l'affiche aussi, bref un peu de tout...).
On retrouve dès les premières images le goût de Bouli pour le scope et les grands espaces (qu'il filme toujours aussi classieusement). On le retrouve tel qu'on le connaît et qu'on l'aime (la barbe, les cheveux, les tatouages la stature) on l'entend parler un anglais tout à fait vraisemblable, on découvre les autres personnages qui vivent sur la même Ile Lewis (c'est par Dominique que je l'ai su), et, là, je commence à piaffer. Et à me tortiller sur mon siège. Les paysages sont magnifiques mais l'histoire qui s'y déroule me semble toute riquiquite. J'ai trouvé ça beau mais mou mou mou... Comme si elle n'était pas vraiment à la hauteur des lieux. Quand les lumières de la salle se rallument, je ronchonne, alors qu'Emma et dominique ont ma foi l'air plutôt contentes.

(après coup) C'est sans doute ça qu'on appelle laisser décanter. J'étais en train de relire des critiques sur ce film pour notre prochaine programmation (spoiler), d'une part elles sont toutes grave élogieuses, et d'autre part je réalise que j'ai réagi comme un idiot, à chaud, simplement parce que le film ne m'avait pas embarqué exactement là où je pensais qu'il allait le faire. J'étais désarçonné, alors j'ai renâclé. Peut-être aussi parce que pour la première fois (dans un film de Bouli Lanners, une femme est entête d'affiche, et fait irruption -brillamment- dans ce que je considérais jusqu'alors comme des films d'hommes (et comme si du coup je m'en trouvais un peu dépossédé) et j'ai eu tort. C'est un film qui infuse lentement, et c'est seulement au bout d'un certain temps que j'en perçois toutes les saveurs. Et l'intérêt. Et donc je sais que je retournerai le voir, à partir du 20 avril (oui je sais, c'est loin...) dans le bôô cinéma.

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DE NOS FRÈRES BLESSÉS
d'Hélier Cisterne

Avec Emma on a continué (juste cinq minutes entre les deux films histoire de prendre un peu l'air) et on est passé de l'Ecosse romantique de Bouli Lanners à l'Algérie historique d'Hélier Cisterne (jeune réalisateur qu'on avait reçu en 2013 dans le bôô cinéma pour son beau Vandal, en avant-première). Je ne savais rien du film, la bande-annonce m'en avait appris un peu plus (Vincent Lacoste, Vicky Krieps, Guerre d'Algérie, exécution), mais j'ignorais qu'il s'agissait d'une histoire vraie, celle de Fernand Iveton, "guillotiné pour l'exemple" le 11 février 1959

"Exécuté pour l'exemple, Fernand Iveton était accusé d'avoir tenté, selon l'expression du ministre résident en Algérie, le socialiste Robert Lacoste, d'avoir voulu "faire sauter Alger". Or, s'il a, certes, déposé une bombe dans les vestiaires de l'usine de gaz d'Alger, elle ne devait exploser qu'une fois les employés partis. Selon Jacqueline Guerroudj, qui lui a remis la bombe, Iveton avait exigé qu'elle ne fasse aucune victime civile. Il voulait des "explosions témoignages" pour faire avancer la cause de l'indépendance sans faire de victimes civiles. De ce fait, la bombe, de faible puissance, avait été réglée pour exploser le 14 novembre 1956 à 19 h 30. À cette heure, il n'y avait plus personne sur les lieux de travail, rapporte l'enquête. D'ailleurs, les artificiers l'avaient désamorcé vers 18 heures.
Arrêté sur dénonciation, le 14 novembre 1956, Iveton est présenté devant le tribunal permanent des forces armées d'Alger dix jours après, le 24 novembre, rasé, sans moustache, le visage marqué par les coups. Le procès se déroule dans une atmosphère de haine. La presse coloniale titre "Iveton le dynamiteur". Quand il fait son entrée dans le tribunal, des insultes fusent à son endroit, le public exige sa mort et ses avocats sont menacés. Le procès est expéditif : il est condamné à mort le jour même pour terrorisme. En vérité, son sort avait été réglé en France. Sur proposition du garde des Sceaux, François Mitterrand, le gouvernement socialiste de Guy Mollet avait décidé que l'examen des recours des militants du FLN serait accéléré et que ceux dont la grâce était refusée par le chef de l'État seraient exécutés au plus vite. Le 10 février 1957, son recours en grâce est rejeté par le président René Coty." (L'Humanité)

Le film d'Hélier Cisterne suit Fernand (Vincent Lacoste, impressionnant -un prochain César ?-) et sa femme Hélène (Vicky Krieps, tout aussi excellente) depuis leur rencontre jusqu'à l'éxécution de Fernand, après un simulacre de procès (où tous les gens de la Cour sont en kaki et disent "Rompez!" au lieu de bonjour). Un film fort,investi, documenté, inattaquable. Il est juste un peu dommage que le réalisateur (avec sa coscénariste Katell Quillévéré) ait (aie ?) décidé de complexifier -inutilement- le récit en emberlificotant la narration (on passe sans arrêt d'une époque à l'autre, sans aucun repère temporel).

"En 1956, en pleine guerre d’Algérie, un ouvrier français communiste, Fernand Iveton, est condamné à mort pour terrorisme. Il sera le seul Européen guillotiné (mais 221 Algériens seront ainsi exécutés). L’histoire, inspirée par le livre (2016) de Joseph Andras, est d’une puissance explosive : la machine coloniale, la pression politique, la mise en place de lois d’exception, et la décision du ministre de la Justice (François Mitterrand), tout contribue à une issue tragique. Le film, passionnant, est porté par une conviction d’airain, un acteur formidable (Vincent Lacoste) et un désir total de s’élever contre l’indignité de l’Etat. On sort de là brûlé par la mort d’Iveton et la honte d’une justice asservie." (nouvelobs.com)

(Ils ont dit très bien tout le bien que j'en pense...)

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26 mars 2022

printemps du cinéma

(sur le principe du marabout -bout de ficelle...)

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BELFAST
de Kenneth Brannagh

Le film vu avant était Petite Nature de Samuel Theis, et le point commun en est évidemment le personnage central, un gamin blondinet, vivant avec sa mère et son frère (et ponctuellement son père, qui travaille en Angleterre et ne rentre qu'un week-end sur deux) en Irlande du nord, dans les années 70, un gamin qui fait de son mieux à l'école (pour avoir de bonnes notes et pouvoir se rapprocher de la blondinette qui finit toujours première, dont il est amoureux et à qui il n'ose pas parler) et découvre l'effroyable violence imbécile des hommes (en l'occurrence la guerre des protestants contre les catholiques mon dieu quelle connerie). Un blondinet touchant, au sein d'une famille aimante devant faire face à beaucoup d'éléments déstabilisants, et que le réalisateur filme autobiographiquement, semble-t-il, dans un noir et blanc soigné, agrémenté de coquetteries stylistiques autour de la couleur, et avec l'affirmation d'un amour du cinéma -et du spectacle- (tout ce qui est vu dans une scène ou un écran est reproduit en couleurs, avec des effets à la Spielberg -La liste de Schindler- ou à la Coppola -Rumble Fish- assez sophistiqués -trop ?-, comme dans la scène au théâtre, en noir et blanc, où la scène -en couleur- se reflète, en couleur aussi, juste dans les lunettes de la grand-mère, beaucoup de chichis pour pas grand-chose). Grand-mère qui s'avère être un personnage important de l'histoire, au même titre que son mari, un grand-père jovial, attachant et roublard. Tous ces gens-là s'aiment (une belle histoire familiale) et tentent de vivre (ensemble) le mieux possible, en évitant (le mieux possible) les obstacles, dans une reconstitution soignée, précise, stylisée (millimétrée) plutôt plaisante. Le monde vu par les yeux d'un enfant, au cinéma, pour moi, ça le fait toujours... (On a les histoires de famille qu'on peut, hein...)

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UN PEUPLE
d'Emmanuel Gras

Le point commun avec ce film-ci, vu immédiatement après, c'est la violence des scènes d'affrontements (pas entre protestants et catholiques, mais entre manifestants et forces de l'ordre -gilets jaunes vs crs-). Le réalisateur a suivi leur mouvement (enfin, celui d'une section locale) depuis son surgissement sur un rond-point à Chartres en 2018, jusqu'à son extinction dix-huit mois plus tard (l'impressionnant -et signifiant- plan final, vu d'en haut, du même rond-point, désormais vide de toute présence humaine, (plus que quelques traces) autour duquel ça tourne tourne tourne bien... (tant qu'il y aura du carburant, hein...)
Le réalisateur filme, de l'intérieur, de tout près, la naissance (ou quasi) d'un mouvement social spontané et joyeusement citoyen, révolté, au départ, par les hausses du prix des carburants (pour mémoire à l'époque un litre de gas-oil coûtait 1,50€!). Et voilà que des gens se retrouvent sur les ronds-points, le mouvement fait tâche d'huile, s'étend, s'étoffe, prend de l'ampleur, tente de se structurer, mais, dès le départ, la multiplicité des identités, la singularité de chacun.e, montre que d'ores et déjà ce mouvement (cet élan) tangue, pris en quelque sorte à son propre piège de tous les pouvoirs au peuple, et va sembler de plus en plus dépassé par la gestion de sa propre ampleur.
Emmanuel Gras filme les gens, qui se retrouvent, qui parlent, qui se parlent, les rassemblement informels autour des feux sur les ronds-points et les tables rondes avec les représentant.es des différents comités régionaux. Lors des actions les plus représentatives (gratuité des péages d'autoroutes). Puis lors de ces fameux "week-ends", à Paris, où on voit grandir de la même façon le nombre des participants, l'inquiétude des "organisateurs" par rapport à la difficulté de canaliser, (et au risque de se faire dépasser par des éléments extérieurs de plus en plus perturbateurs) et la violence de la répression (j'ai repensé au film Un pays qui se tient sage). Jusqu'à cette ultime scène d'affrontement, avec une montée inexorable des brutalités policières (et de la musique -que j'adore- de Glenn Branca -la Symphonie n°1- à base de guitares préparées) jusqu'à finir, ironiquement -et littéralement- en fumée, cette fumée noire qui monte au ciel. Et s'y dissout.

, un bel entretien avec Emmanuel Gras, le réalisateur

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(revenir sur les conditions -indignes- de l'organisation des soirées avec intervenants, dans le bôô cinéma, puisqu'au bout d'un certain temps d'échanges, des gens ont commencé à entrer dans la salle, ceux de la séance suivante, les micros ont été coupés et la musique d'ambiance relancée, et Hervé a dû sortir et batailler pour qu'on obtienne vingt minutes de discussion supplémentaires...)

29 mars 2022

CMFUBJ12 (printemps)

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 (candeur) des fois, on aimerait que la vie soit comme ça :
juste mimi

*

" (...)
V'là l' printemps et ça se voit
Ça dégouline de feuilles
Et ça vient sans qu'on le veuille
Mais l' printemps ça sert à quoi?

V'là l' printemps gnangnan
V'là l' printemps, Denise
V'là l' printemps, Fernand
V'là l' printemps, qu'on se le dise!

V'là l' printemps pour un tas d'gens
Faut voir comme ça les énerve
V'là l' printemps, y faut qu' ça serve
Mais l' printemps c'est dégoûtant!

V'là l' printemps, monsieur l'abbé
V'là l' printemps, sœur Marie-Ange
C'est-y qu' vous, ça vous dérange?
C'est-y qu' ça vous fait rêver?

V'là l' printemps gnangnan
V'là l' printemps, Huguette
V'là l' printemps, Florent
V'là l' printemps, faisons la fête!

V'là l' printemps, monsieur l' préfet
V'là l' printemps, mâ'me la comtesse
V'là l' printemps pour toutes les fesses
Et pour tous les porte-monnaie

V'là l' printemps pour les matons
V'là l' printemps pour les bidasses
Et pour les marchands d' godasses
Et pour les marchands d' canons

V'là l' printemps gnangnan
V'là l' printemps, Simone
V'là l' printemps, Gontrand
Et l' printemps, moi, ça m'étonne
(...)
(Anne Sylvestre)
*

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d'un spectacle, mais je ne sais plus lequel (une pensée pour Manue)

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"Doit dédommager son patient à hauteur de 187 963 € l’hôpital qui, après avoir diagnostiqué un cancer inexistant, lui fait subir trois chimiothérapies puis le retrait de sa prostate et de sa vessie."
Cour administrative d’appel de Nantes, février 2022

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Wilfried qui casse un oeuf

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ce cher Bouli...

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photo de famille

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Pier Paolo Pasolini

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Je crois que j'aimerais bien vivre dans un film de Kaurismaki

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22 mars 2022

le sabre et les bottes

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ALI ET AVA
de Clio Barnard

La charge émotive (affective) d'un film.
Celui-ci c'est Zabetta qui nous en a parlé pour la première fois, Zabetta qui nous l'avait recommandé très énergiquement (et très en amont, elle a de l'entregent). Je voulais donc le voir le plus tôt possible. Coïncidence, elle y était aussi... On a dit qu'on s'en reparlerait donc à la sortie.
Il y a des films, comme ça, dès la première image, on sait qu'on va les aimer trop.
Et ce fut le cas. Dès la première image.
Ava est irlandaise, maman de plusieurs enfants de plusieurs papas, Ali est pakistanais, il est marié, mais sa femme, après la mort de leur bébé, commence à s'éloigner de lui (ce que la famille ne doit surtout pas l'apprendre).
Ces deux-là vont se croiser, se rapprocher, millimètre par millimètre, partager leurs différences, via leurs goûts musicaux (au départ diamétralement opposés : elle plutôt country et folk, lui plutôt punk rock et electro), apprendre à se connaître (ça c'est le plus facile) mais surtout à gérer les réactions de leurs familles respectives (ça l'est beaucoup moins...).
Un cocktail puissant (50% chronique sociale, brittonissime, (avec tout le râpeux et l'art de la mouise qu'on connaît, entre Ken Loach, Andrea Arnold, le Stephen Frears du début, Mike Leigh, Shane Meadows, sans oublier le grandissime  Bill Douglas) et 50% -ce qui est un peu plus étonnant vu le contexte, justement - comédie romantique (une dame, un monsieur, chabadabada, roulez jeunesse, sauf qu'ici on est à des années-lumières des roucouladeries de, disons, Julia Roberts et Hugh Grant -pour rester sur le sol britannique- et qu'il va s'agir d'un vrai parcours du combattant avant que les deux tourtereaux ne finissent -attention spoiler- par se retrouver).
Il fallait pleurer, et, bon public, j'ai bien sûr pleuré (et à plusieurs reprises).
Clio Barnard conserve l'âpreté et le réalisme social de son Géant égoïste (2013, critique "goût double", ) qui m'avait fait émettre quelques réserves à son encontre, mais l'amour, ici, heureusement, vient un peu enchanter (et, finalement, chabadabader) tout ça (et qu'est-ce que ça fait du bien!).

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21 mars 2022

vincent, lyna, jeanne, sarah, william et les autres

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VIENS VOIR LES COMÉDIENS
programme de 5 courts-métrages

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Bon, on y était, même si la séance n'était même pas annoncée correctement sur les écrans de contrôle du bôô cinéma (chacun.e s'en est inquiété de la même façon en arrivant à la caisse).
Du coup on n'était même pas une "vraie" séance, puisqu'on n'était pas la douzaine règlementaire...
Cinq films avec dedans, à chaque fois, au moins un/une acteur/trice qu'on connaît, et hop! voici un programme agréable et plaisant (même si, à chaque fois ou presque, j'ai eu le sentiment que la fin nous laissait un peu "en plan"...)
J'en connaissais  déjà  deux (On n'est pas des animaux et Le sang de la veine) , le premier et le dernier, vus à l'édition en ligne de Clermont me semble-t-il (car j'en avais des copies d'écran, c'est vrai que j'ai un gros faible pour Macaigne et Lebghil)

ON N'EST PAS DES ANIMAUX
de Noël Debré (16')

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LE SANG DE LA VEINE
de Martin Jauvat (18')

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et voici les autres :

BRÛLE
d'Elvire Munoz (23')

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CA PASSE
de Yassine Lassar Ramdani, Elsie Otinwa, Florence Fauquet, Ismail Alaoui Fdili, Eloise Monmirel, Lailani Ridjali, Ming Fai Sham Lourenco (16')

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NOS GÊNES
de Salim Kechiouche (18')

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Une soirée plaisante (même si pas révolutionnaire) avec ce qu'il faut de jeunes gens (mais de moins jeunes aussi), de sourires, de tendresse, de franchise, de fraîcheur, de roublardise, de candeur. Et d'humour plus ou moins vachard...

23 mars 2022

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le chauffeur du bus a klaxonné parce qu'il y avait un chat couché immobile au milieu de l'esplanade la la gare

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" Le Covid-19, une pathologie cérébrale ? La question peut paraître incongrue. En deux ans, le virus SARS-CoV-2, qui a touché 452 millions de personnes et déjà fait officiellement 6 millions de morts, a clairement affiché la couleur : c’est par le nez et par la gorge qu’il nous infecte ; par les poumons qu’il nous tue. En deux mots, une maladie respiratoire. Pourtant, plus le temps passe, plus les médecins et les chercheurs découvrent que le pathogène touche d’autres organes. Des atteintes des reins, du système digestif ou encore du cœur ont été mises en évidence. Mais c’est désormais et surtout les conséquences du Covid-19 sur le cerveau qui sont au centre de l’attention de plusieurs équipes à travers le monde.

En janvier, Serena Spudich et Avindra Nath, respectivement chercheurs à l’université de Yale et aux Instituts américains de la santé, ont ainsi souligné, dans la revue Science, la "myriade de complications neurologiques manifestées au cours des phases sévères de la maladie". Accident vasculaire cérébral, délire, inflammation cérébrale, encéphalopathie ou encore confusion et désordres neuromusculaires… La liste des pathologies observées qu’ils dressent est impressionnante. D’autant, insistent-ils, que "beaucoup des personnes qui subissent ces symptômes neurologiques ont moins de 50 ans et semblaient en bonne santé avant leur infection".
(Le Monde -la suite est réservée aux zabonnés-)

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retrouvé cette une qui m'avait beaucoup marqué...

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"Una insalata piccola e un mezzo di Valpolicella, prego..."
(souvenir du trentanuovesimo Festival di Locarno)

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sans doute la prochaine carte des ADC (22/23)

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deux routiers (un gros un maigre) que je suppose des Pays de l'Est font une série d'étirements, comme s'ils s'échauffaient avant un match de boxe.

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Pépin a une scie à onglets, mais dans une boîte.
(le genre de phrase que je ne peux pas comprendre si je n'ai pas vu la photo)

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couché à deux heures trente je me suis endormi immédiatement et j'ai dormi jusqu'à dix heures quarante (en trois fois, tout de même)

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20 mars 2022

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RETOUR A REIMS (FRAGMENTS)
de Jean-Gabriel Periot

Démarrage pas très en fanfare puisque nous ne sommes que 5 dans la salle1 du bôô cinéma (à vrai dire il n'y a pas grand monde non plus dans les autres salles...) pour cette avant-première du nouveau film de Gabriel Périot, d'après le livre du même nom* de Daniel Sibony. Les extraits sont lus par Adèle Haenel (on en est toute ouïe) et illustrés par des extraits de films très divers (fictions, puis docs). (J'ai été personnellement très ému par le tout premier qui est aussi, coïncidence, le tout premier film que je me rappelle avoir vu, avec mon père, au cinéma, et dont je n'avais gardé que, justement, cet écriteau au mur "Maman ne m'abandonne pas..."). Une histoire illustrée, en courts chapitres numérotés, de la condition ouvrière et des luttes de classes, au fil des ans et des films (documentaires ou pas), avec des choses qui font plus tilt! que d'autres (ah, 1981... Et son émerveillement enthousiaste et inconscient), avec pour finir en fanfare  une belle montée musicale pour ce qui ressemblerait à un appel à l'insurrection (et qui fait particulièrement du bien).
Mais bon, 5, on était cinq!

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NOUS
d'Alice Diop

Deuxième séance one shot (un coup, pardon) et on double quasi les effectifs : 9 spectateurs, carrément! Un film sympathique, que ses quelques maladresses (ses candeurs) finissent en fin de compte par rendre encore plus sympathique (et émouvant)! La (jeune) réalisatrice (qui se filme parfois en train de filmer) veut témoigner de la vie des gens, de plusieurs "gens", qu'elle a filmés (et qu'elle nous présente)  en suivant l'itinéraire des Passagers du Roissy-Express, de François Maspéro (le RER B, du haut en bas). Pour qui ignore le dispositif, le film pourrait sembler, au moins au début (ce fut mon cas), un peu déstabilisant, et  n'apparaître que comme une suite de "portraits" mis bout à bout. D'intérêt variable (pourquoi le suiveur de la chasse à courre a-t-il droit à deux occurrences ?), mais bon,par exemple,  les jeunes rebeus torse-nu qui improvisent sur La foule d'Edith Piaf justifieraient, à eux seuls, le déplacement (je ne suis pas objectif : il y a aussi le très touchant Pierre Bergounioux). Un film plein d'humanité à ras bord, ce qui fait toute sa force.

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PINGOUIN ET GOÉLAND ET LEURS 500 ENFANTS
de Michel Leclerc

Dernier film en une seule séance, et 15 spectateurs à la 9, à 13h45, pas mal du tout sur un créneau pas très porteur... (En plus je m'étais trompé de salle au début, et croyais que nous n'y serions que  3!). Heureusement que la bande-annonce pour Diversité est longue, et donc je n'ai rien manqué de ce très beau film (au bout de quelques minutes j'avais déjà les larmes aux yeux) sur l'histoire d'un couple d'enseignants qui ont accueilli des enfants (et recueilli d'autres aussi, moins officiellement, qu'ils cachaient) dans leur Maison d'Enfants de Sèvres, pendant la guerre 39/45, elle Goéland, lui Pingouin, y pratiquaient une pédagogie avant-gardiste (Decroly) prônant l'autonomie des petiots (la débrouillardise, le libre-arbitre, l'entr'aide, la solidarité), avec le témoignage, d'autant plus poignant, de ces mêmes "petiots", soixante-dix ans après. Le réalisateur du Nom des gens (qu'on a, du coup, très envie de revoir) raconte avec des étoiles dans les yeux  l'histoire de ces enfants dont sa propre mère a fait partie... un film indispensable, salutaire, qui résonne d'une façon toute particulière en ces temps troublés et poutinassiers...

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LA VOIE NORMALE
de Erige Sehiri
La dernière des trois séances de ce film-ci (oui, je sais, cette année c'était un peu compliqué...). On était 7 à la 1. En général c'est plutôt (très) bon signe lorsqu'à la fin d'un film (surtout d'un documentaire) tu as le sentiment que c'était trop court, que tu en aurais bien (re)pris encore une louchette. Là c'était le cas. Un film sur une ligne de chemin de fer tunisienne appelée "la normale" par les cheminots qui y travaillent alors qu'elle est toute pourrie, que de nombreux accidents y ont lieu, que certains s'emploient à les dénoncer à la direction qui non seulement fait comme si elle n'entendait rien mais en plus les licencie pour "divulgation d'informations confidentielles"... Un film "sur le terrain", sur la voie, dans la cabine du conducteur (de la conductrice) avec celles et ceux qui vont au charbon, les mains dans le cambouis (figures de style à prendre au pied de la lettre) et font du mieux qu'ils peuvent avec le peu qu'ils ont (clé à molette et fil de fer...). Poésie ferroviaire ++, alors bien sûr je suis enthousiaste. Le film aurait pu figurer en bonne place (la tête haute) dans la sélection de la Cinétek du mois dernier sur le thème du train.

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10 mars 2022

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La sélection du mois dernier de la Cinétek avait pour thème le train...
Parmi les 10 films proposés, j'ai revu avec plaisir des morceaux de CERTAINS L'AIMENT CHAUD, film que j'aime beaucoup (même si je trouve qu'il est très long à démarrer), mais j'ai découvert

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LE HASARD
de Krzysztof Kieslowski
(1987)

Que j'avais envie de voir depuis longtemps, comme L'IRONIE DU SORT (d'Edouard Molinaro) tous deux basés sur le "Et si..." (ou plutôt l "ou bien..." de Smking / No smoking) à savoir les différentes versions de la vie d'un même personnage selon qu'il arrive ou non à prendre un train...
Dans Le Hasard, la même scène se reproduit trois fois à l'identique (lejeune homme arrive en courant à la gare, il bouscule un homme qui tient une bière, et court après le train qui vient de démarrer... Une fois il le prendra, deux fois il n'y arrivera pas, et donc Kieslowski nous propose trois versions différentes de sa vie (bien symbolisées sur l'affiche ci-dessous).
Un film très kieslowskien, très polonais, où il est question d'amour, de politique, de religion, de milice, bref tout le "joyeux" arsenal de l'univers socio-politique de ces années-là.
Plaisant.
(à noter que le train, s'il joue un rôle décisif dans la narration, n'apparaît finalement que très peu dans le film...)

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LES RENDEZ-VOUS D'ANNA
de Chantal Akerman
(1978)

Que j'avais vu à sa sortie (on avait découvert peu de temps avant l'inaugural -et impressionnant- JE, TU, IL, ELLE, de la même réalisatrice). J'en gardais le souvenir d'un film un peu ennuyeux (j'avais 22 ans...) et, paradoxalement, si j'en avais complètement oublié l'histoire, il m'en restait des images très précises (d'Aurore Clément, surtout), parce que -je m'en suis souvenu- j'avais acheté, je ne sais plus où ni vraiment pourquoi, des photos du film.
J'envisageais d'y jeter juste un oeil, et finalement je suis resté jusqu'au bout.
D'abord pour Aurore Clément. L'incroyable pureté de son visage. Elle joue ici une cinéaste, la trentaine, qui parcourt l'Europe pour aller présenter ses films. Elle voyage en train (au contraire du film de Kieslowki, le train sera beaucoup utilisé dans le film, avec toute cette mythologie ferroviaire que j'aime tant : compartiments, quais de gares, rails, arrêts nocturnes, sifflements, crissements, bruit des freins, couloirs avec voyageurs qui fument et discutent le visage à la fenêtre, vraiment j'adore ça...) et va d'une ville à l'autre (d'un pays à l'autre) : l'Allemagne, la Belgique, la France (sa destination). Et rencontre des gens (un(e) à la fois) avec qui elle parle : des hommes, des femmes, des inconnu(e)s ou pas. De train en hôtel (et d'hôtel en train).
Chantal Akerman n'a alors que 28 ans (l'âge du personnage interprété par Aurore Clément) et le film est vraiment impressionnant (j'ai trouvé qu'il avait excellemment vieilli, et ne correspondait pas vraiment au souvenir que j'en avais...) Pendant un long moment du film, la réalisatrice filme des lieux cadrés de façon impeccablement symétrique, puis elle se libère de cette contrainte, en restant focalisée sur son actrice (que j'ai trouvée vraiment extraordinaire), en tournant essentiellement de nuit, et créant ainsi un objet aussi fascinant que paradoxal : il n'y a pas toujours vraiment d'échanges entre deux interloctuteurs, entre Anna et les autres. Chacun est dans son monologue, son bloc de mots, sa pose hiératique et sphingienne (c'est peut-être l'aspect le plus systématique, et parfois un peu aussi agaçant, "poseur" justement, du film), sauf peut-être dans la scène avec sa mère (Léa Massari, qu'on est un peu étonné mais ravi de trouver là), et encore.
Finalement, tout est fascinant dans ce film, qui est comme un écrin nocturne au milieu duquel rayonne cette pierre précieuse et mystérieuse (et du coup j'ai cherché d'autres films où elle joue).
Chantal Akerman utilise le "réalisme" comme dans Jeanne Dielman (réalisé quelques années avant) mais en en cassant le rythme, en jouant la durée, un peu, mais pas trop (il s'agit d'actes banals, ordinaires, communs, dans des lieux qui le sont tout autant), dans ce bel ojet cinématographique ou ferroviaire rime avec solitaire.
Magnifique.

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9 mars 2022

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RIEN A FOUTRE
de Emmanuel Marre et Julie Lecoustre

Un film... inconfortable (comme les sièges des avions de la compagnie low cost dans laquelle est employée la jeune Cassandre, incarnée   par la magnifique Adèle Exarchopoulos), film qu'il serait judicieux de voir conjointement à par exemple, Un autre monde de Stéphane Brizé, pour en avoir le moral bien bien ratiboisé.
Un film "social" (les conditions de travail dégueulasses quand on est hôtesse dans une compagnie low cost), un film "à l'arrache" (terme revendiqué par les deux réalisateurs, et repris en interview par la belle Adèle) qui bascule, dans sa seconde moitié, en film "familial", tout en demi-mots, en ellipses et en pointillés, avant un épilogue qui vient conclure "en beauté" (?) le portrait de cette jeune fille solitaire...
Un film amer, rugueux, et pourtant attentif.
Un film quasiment scindé en deux (c'est la même personne pourtant, interprétée par la même actrice, et on n'a pourtant pas le sentiment de voir le même personnage, il faut reconnaître que les deux ambiances de jeu sont très différentes : (tout ce qui concerne le vol -et le job- dans la première partie, bien âpre, bien contondant, alterné avec les soirées "off", à Lanzarote, le soir on danse on boit on draguouille on s'éclate, on fait la teuf et tant pis si les petits matins déchantent, tandis que la suite, en Belgique, est -réellement- beaucoup plus terre-à-terre, terrienne plutôt, juste une famille, des recherches, des démarches, des formalités, des préparatifs, des hésitations où Cassandre semble être beaucoup plus investie (présente) que lorsqu'elle était en l'air...) Des (beaux) moments volés, des scènes fragmentaires mais d'autant plus touchantes, avec le père, avec la soeur, avec les deux.
Et Adèle Exarchopoulos qui rayonne...

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11 mars 2022

rata alada

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THE BATMAN
de Matt Reeves

My god!
Je l'ai vu à la séance de 13h30, en VO, comme un pacha, tout seul vautré dans la salle 10, sans masque, j'aurais même pu mettre les pieds sur les sièges de devant si j'avais voulu (mais je ne l'ai pas fait)
Et, et ?

CA M'A ESTOMAQUÉ!

Trois heures, quand même (si on va jusqu'à la toute toute fin du générique, hein) et bien j'ai été en état de sidération presque tout le temps (excepté une scène imbécile de poursuite en voitures -passage obligé dans les bourrineries semble-t-il-, et une autre de roucoulade et pâmoison bécoteuse entre super-héros, toutes deux tout à fait dispensables, la poursuite d'ailleurs assez confusément filmée (fallait bien que tout pète à la fin), et le bisou final tellement attendu qu'il en fait sourire (de mièvrerie), ce qui n'est pas mal finalement parce qu'on n'a pas vraiment eu l'occasion jusque là d'exercer ces muscles là (dans ce film, je veux dire). Ah et aussi Batman en Mère Thérésa, ça aussi ça prête à sourire. Mais sinon noir noir noir.
Bon, c'est du grand public, hein (le film a déjà fait 1 000 000 d'entrées en une semaine) mais en VO (tout de suite ça a plus de gueule) et on ne se sent pas complètement stupide et popcorné comme si on matait Fast & Furious 18. Même si je ne suis pas vraiment fan des films avec des mecs en collants (disons que j'ai passé l'âge...) . Mais celui-là a de la gueule.
Donc je récapitule : Batman, c'est Bruce Wayne, un jeune homme, orphelin, (ses parents ont été assassinés quand il était petiot), très riche, alors il a décidé de mettre un super costume noir noir noir et de devenir Batman, le justicier (mais des fois aussi le Vengeur) pour arrêter tous les méchants. Et à Gotham -City c'est pas de la tarte parce que (presque) tout le monde l'est, méchant, veule, corrompu, menteur, violent (par exemple dans les flics il y en a UN qui n'est pas pourri, coup de bol c'est celui-qui mène l'enquête, en compagnie de Batman (qui, tiens, là, n'a pas de jeune ami nommé Robin...) mais du coup on va s'inquiéter jusqu'au bout pour lui.)
Pour l'ambiance générale et la déréliction, on en aura déjà eu une petite idée dans le flippant Joker de Todd Phillips (d'ailleurs dans la scène d'ouverture, on peut voir dans le métro -clin d'oeil référencé ?- toute une flopée de délinquants grimés en jokers...). Gotham City est une mégalopole (du futur) fuligineuse (oui, c'est exactement ça...) Et notre batmanchounet y est donc ton  sur ton (ce qui favorise les choses). Mais, à ce propos, ce qui me gêne un peu, c'est comme pour Superman ou pour Zorro : que jamais personne ne s'étonne de ne jamais voir en même temps le justicier masqué et le personnage public qui l'incarne en secret... ET AUSSI la vitesse et la facilité avec laquelle ils passent d'une identité à l'autre (pour Batman, c'est particulièrement frappant..), et le fait qu'il y a toujours -comme c'est pratique-  une bouche d'ombre à disposition à proximité, pour qu'il puisse surgir du néant et de l'obscurité pour taper sur (et faire fuir) les méchants, mais bon ne chipotons pas, et plions-nous de bonne grâce aux règles et codes du genre...)
Car il y a, dans cette ville, quelqu'un qui a décidé de s'attaquer à tous les puissants corrompus (pléonasme) et va commencer à les zigouiller de façon "originale" (inspirée), l'un après l'autre, en laissant à chaque fois une lettre pour Batman, avec des codes à déchiffrer, des devinettes à résoudre (un peu le genre de ce qui s'était fait, virtuosement, avec SE7EN) pour pouvoir passer au cadavre suivant. C'est le Grand Méchant, on va  l'appeler Scotchman, vu la prédilection qu'il semble avoir pour ce matériau...
Donc voici Batman et le flic honnête sur la piste du mystérieux ScotchMan. Ils vont aller de surprise en surprise (plutôt dans le genre mauvaises, les surprises), jusqu'à ce que se dévoile une vérité que même le scénariste, je suis sûr, il ne l'avait pas imaginée au début... Pire que ça tu meurs. (Et ça s'épluche comme les oignon : on croit qu'on est arrivé au bout, mais non, il y a à chaque fois une couche supplémentaire...)

J'ai l'air de rigoler, hein, mais c'est juste parce que je suis sorti du cinéma, parce que, hein jusqu'à 16h30 j'étais moins fier (je faisais moins le malin...) tout seul dans ma salle en pleine pyrotechnie.
Un film noir, très noir (sombre, très sombre) où le pessimisme n'y va pas avec le dos de la cuillère... Le budget est colossal, les décors sont pharaoniques, et on se dit qu'on en a vraiment pour ses 6,60€ (ça fait du 2,20€ de l'heure)
Robert Pattinson fait parfaitement le taf (waouh les gros biscottos!) les combats (comme les gueules des méchants) semblent vraiment venir directement d'un comic (manquent juste les grosses onomatopées PAF! BANG WHIZZZZ! du bruit des coups au-dessus des adversaires), et l'ambiance est aussi chiadée que le scénario est nihiliste (Tous pourris, tous tous tous... Même... ? Voui voui, même lui! (vous verrez bien de qui(s) il s'agit quand vous irez le voir!)
Voilà donc comment j'ai passé cet après-midi un excellent moment. Du cinoche à grosses burnes certes, mais pas tout à fait que. Je précise que je le vois en tant qu'objet singulier, je ne connais rien à la saga Batman, et je ne compte pas d'ailleurs forcément m'y intéresser davantage à l'avenir, mais je suis obligé de re-reconnaître que j'ai bien flippé ma race pendant ces trois heures...
Et j'ai eu la surprise de découvrir au générique de fin que dans le film jouait COLIN FARRELL et je ne l'avais absolument pas reconnu!!!
(C'est pas le flic, c'est pas le majordome, c'est pas Catwoman...), et c'est une excellente idée d'avoir fait jouer le méchant Scotchman par le doux Paul Dano (l'ado mutique de Little Miss Sunshine), avec ses lunettes en plastique et son visage poupin.
Je suis sorti ravi (et content de (re)voir la lumière du jour!).

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24 février 2022

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la famille Stévenin, dans un touit qui a, ensuite, mystérieusement disparu

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(critique dégueulasse)
"Le come-back cinéma de XXXX après, pfiou, sept ans d’absence (XXXX, fin 2014) sans que ça nous ait manqué, est paré de la tonalité crépusculaire du «style tardif» (le cinéaste – qui fut un temps, entre autres fait d’armes, chroniqueur chez ­XXXX sur Europe 1 – a 74 ans). XXXX est adapté de XXXX, comme l’était hier son cireux XXXX en 1989. L’auteur des XXXX embarque XXXX dans le rôle-titre et neutralise dans la naphtaline de l’adaptation surdécorée et accessoirisée la véhémence résiduelle de la star en roue libre et totalement désinvestie (ou bourrée…)." (Didier XXXX, Libé, ce jour)
Rien que pour ça, tiens, j'irai voir le film...

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"Plus de 1 000 P*rsche, quelque 200 B*ntley, des A*di et des Lamb*rghini… Environ 4 000 voitures haut de gamme du groupe V*lkswagen se promènent dans l’Atlantique nord, au large de l’archipel des Açores, dans un cargo en feu, vide de toute présence humaine. Jeudi, la marine portugaise a récupéré sains et saufs les 22 membres de l’équipage, des marins russes et philippins." (Libé, ce même jour)

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maladresse (gaucherie) de la camaraderie virile

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c'est... attendrissant

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l'extraordinaire coïncidence de la baisse quotidienne du nombre des contaminations et du rapprochement de la date des prochaines élections... C'est ahurissant, non ?

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je ne me lasserai jamais du couple Tintin / Haddock

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❝La valeur des choses n’est pas dans la durée, mais dans l’intensité où elles arrivent. C’est pour cela qu’il existe des moments inoubliables, des choses inexplicables et des personnes incomparables.❞ (Fernando Pessoa, retouité chez Rithy Panh)

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ça m'a tellement plu que j'ai acheté l'album en version numérique sur bandcamp

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